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Construction février 2020

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Construction

Le mensuel de l’entrepreneur • Une publication de la Confédération Construction • Rue du Lombard 34 - 42 • 1000 Bruxelles

POUSSIÈRE DE QUARTZ

Règles plus strictes

ANNIVERSAIRE

Notre Confédération verviétoise a 100 ans

INNOVATION

Lean Construction Café

DOSSIER

Performances remarquables pour la construction en 2010-2019  /confederationconstruction www .confederation­construction.be @ConfedConstruct

Confederatie Bouw - Confédération Construction

FÉVRIER

2020 BUREAU DE DÉPÔT GENT X – €6


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CST2020

KORTRIJK XPO 25 & 26 MARS 2020 InfraTech et Matexpo, deux salons leaders aux Pays-Bas et en Belgique dans le domaine de la construction et des infrastructures, organisent les 25 et 26 mars 2020 le nouveau salon professionnel Techni-mat. Techni-Mat est destiné à tous les acteurs spécialisés dans les infrastructures et le gros oeuvre. Ce nouveau salon sur les techniques et les matériaux est le lieu de rassemblement des connaissances et du savoir-faire pour l’ensemble du secteur. www.techni-mat.eu

Techni-Mat

@technimat

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ÉDITO

Le Green Deal fait du parc de logements existants sa priorité

À

la fin de l’année dernière, Ursula von der Leyen, la nouvelle présidente de la Commission européenne, a lancé le Green Deal. Il s’agit d’un ensemble ambitieux de propositions politiques devant mener à une Europe zéro carbone en 2050. La Commission souhaite que l’Union européenne soit une économie compétitive d’ici 2050. Mais pas à n’importe quel prix. Cette économie doit utiliser efficacement les ressources et ne plus émettre de gaz à effet de serre.

« Plus de 90 % des logements existants ne répondent pas aux objectifs du Green Deal  »

Le secteur belge de la construction a déjà pris des mesures dans ce sens. Nos entrepreneurs ont réussi la prouesse de construire des bâtiments dont la performance énergétique ne semblait pas à portée de main, il y a dix ans à peine. La Confédération s’en réjouit. Sous son impulsion et celle des Confédérations régionales, des initiatives ont été développées, comme Walterre en Wallonie et Tracimat en Flandre. Nous adhérons à 100% au Green Deal. Mais une question majeure doit être résolue en profondeur : la performance énergétique de nos logements existants. Un chiffre pour illustrer le constat. Plus de 90 % des logements ne répondent pas aux objectifs du Green Deal. Pour les rendre économes en énergie d’ici 2050, le rythme des grosses rénovations actuel doit être triplé. Les gouvernements de ce pays doivent donc prendre des mesures qui soient, à la fois ciblées et suffisamment stimulantes. La politique climatique sera sociale ou ne sera pas. La rénovation du parc ne se fera que si les ménages sont en situation d’y pourvoir et de la financer. Des mesures doivent être prises pour permettre au plus grand nombre de mettre son logement aux normes énergétiques, sans quoi les ambitions resteront lettre morte. Mais ces mesures doivent aussi être ciblées. Lorsqu’un ménage acquiert un nouveau logement, il place bien souvent toutes ses économies dans l’achat du bien et les moyens manquent pour mener à bien les travaux de rénovation qui s’imposent. La Confédération demande donc que les incitants soient appliqués aux travaux qui améliorent réellement la qualité énergétique du logement. Les logements sont, par ailleurs, parfois en si mauvais état qu’une rénovation complète n’est ni écologiquement ni économiquement rentable. La « construction de remplacement » doit dès lors être encouragée. Le taux de TVA réduit à 6 %, pour une démolition suivie d’une reconstruction, doit s’étendre à tout le territoire. Cette TVA réduite doit également s’appliquer à la démolition-reconstruction qui conduit à la vente du logement. Seule une approche intégrée, qui prend en compte ces différents aspects, fera du Green Deal la réussite qu’on en attend.

Robert de Mûelenaere Administrateur délégué février 2020 • Construction 3


SOMMAIRE

19 Dossier : Performances remarquables pour la construction en 2010-2019

Nous avons entamé une nouvelle décennie. Moment idéal pour jeter un coup d’œil dans le rétroviseur. Et voir ce qu’il s’est passé au cours de la période 2010-2019. Les circonstances économiques n’étaient pas favorables au début. Mais la construction a montré un remarquable dynamisme.

12 Poussière de quartz : règles plus strictes

Depuis le 17 janvier, certaines mesures de protection sont toujours obligatoires en cas de libération de poussières de quartz, lors du traitement de matériaux. Le terme « toujours » a toute son importance. Auparavant, l’employeur devait prendre des mesures sur la base d’une analyse de risques. 4 Construction • février 2020

34 La CCW a rencontré le ministre Willy Borsus

Fin de l’année dernière, une délégation de la CCW a rencontré Willy Borsus, vice-président de la Région wallonne et ministre wallon de l’Economie, de la Recherche, du Numérique et de l’Aménagement du territoire. Plusieurs thèmes essentiels pour le secteur ont été abordés lors de cet entretien.

44 24.000 m² de réparation de béton pour le tunnel Léopold II Dans un peu moins d’un an, les réparations de béton du tunnel Léopold II, à Bruxelles, devront être terminées. Un petit groupe d’entrepreneurs a récemment eu l’occasion d’examiner de près la réparation de ce béton.


Construction

Le mensuel de l’entrepreneur • Une publication de la Confédération Construction • Rue du Lombard 34 - 42 • 1000 Bruxelles

14 Documents Nouvelles attestations pour prouver vos compétences professionnelles. 16 Fiscalité Une exonération pour compenser les licenciements plus onéreux.

FÉVRIER

2020 BUREAU DE DÉPÔT GENT X – €6

POUSSIÈRE DE QUARTZ

Règles plus strictes

ANNIVERSAIRE

Notre confédération verviétoise a 100 ans

INNOVATION

Lean Construction Café

DOSSIER

DOSSIER

Performances remarquables pour la construction en 2010-2019 /confederationconstruction www .confederationconstruction.be @ConfedConstruct

Confederatie Bouw - Confédération Construction

3 Édito Le Green Deal fait du parc de logements existants sa priorité. 6 Evénement Batibouw 2.0, une édition plus courte avec de nouveaux horaires. 9 Point de vue regional 2020, une année clé pour la CCW.

VOS INTÉRÊTS

10 Sécurité Moins d’accidents de travail dans la construction en 2018. 12 Bien-être au travail Règles plus strictes en cas d’exposition à la poussière de quartz.

VOS CONTACTS Construction est le mensuel de l’asbl Confédération Construction Rue du Lombard 34-42, 1000 Bruxelles Editeur responsable : Filip Coveliers, Rue du Lombard, 34-42, 1000 Bruxelles. Bureau de dépôt : Gent X Rédaction : Edition francophone : Construction Marc Guéret - tél. 02 545 57 31 marc.gueret@ confederation­construction.be Edition néerlandophone : Bouwbedrijf peter.graller@confederatiebouw.be Mise en page : Abder-Razzaaq Boujdaini abder-razzaaq.boujdaini@cnc.be Nikka Cuypers nikka.cuypers@cnc.be Secrétariat de rédaction : secretariatredaction@confederation­ construction.be

19 Introduction Performances remarquables pour la construction en 2010-2019. 20 Conjoncture Dans quel contexte nos entrepreneurs ont-ils dû travailler ? 23 Economie Comment a-t-elle réagi après la crise ? 24 Production de la construction Plus de croissance que l’économie belge. 26 Prix de l’immobilier Relativement haut mais pas de bulle. 28 Coûts de construction Ils n’ont pas déraillé. 29 Nouvelles constructions Logements plus petits et nombreux appartements.

SECTEURS & MÉTIERS

30 Anniversaire La Confédération verviétoise a 100 ans.

Impression : Graphius Réactions-questions : communication@ confederationconstruction.be Avec la collaboration des services d’études de : • Confédération Construction Morgane Halleux tél.02 545 56 33- fax 02 545 59 09 morgane.halleux@confederationconstruction.be • Confédération Construction Wallonne Katia Bogaard tél. 02 545 56 75- fax 02 545 59 05 katia.bogaard@ccw.be • Conféderation flamande de la Construction Johan Walewijns, tél. 02 545 57 49 - fax 02 545 59 07 johan.walewijns@confederatiebouw.be • Confédération Construction Bruxelles-Capitale Morgane Cendoya,

32 Energie/Environnement « Le métier d’isoleur se professionnalise ». 34 Politique La CCW a rencontré le ministre Willy Borsus. 36 Greenwin Première édition de Construction 4.0, l’innovation au service du bâti. 37 Prix « je construis mon avenir », campagne de l’année. 38 Innovation Parlons Lean au…Lean Construction Café ! 40 CSTC • « Structures en béton » et « Géotechnique » au menu des cours du CSTC pour cet hiver. • Cours d’hiver du CSTC : « Chaufferies et cheminées ».

PROJETS & ENTREPRISES

44 Tunnel Léopold II 24.000 m² de réparation de béton. 46 Avantages membres Votre affiliation se rentabilise. 49 Marché de la construction • Renson • Deceuninck • Technimat 50 Marquant • Distinctions pour le groupe Willemen. • Chiffre du mois.

tél. 02 545 58 29 - fax 02 545 59 06 morgane.cendoya@confederationconstruction.be

Membre de l’Union des Editeurs de la Presse Périodique.

Abonnements : Claude Bernaerts, tél. 02 545 56 88 - fax 02 545 59 00 claude.bernaerts@confederationconstruction.be Publicité : Kristel Dekempeneer, tél. 02 545 56 99 - fax 02 545 59 08, kristel.dekempeneer@confederation­ construction.be Prix abonnement annuel Membres de la Confédération Construction, compris dans la cotisation Non-membres : 137,80 euros (TVA et frais de port compris) / Etranger : 300 euros (TVA et frais de port compris)

Par la présente publication, la Confédération Construction asbl s’assigne comme but de vous communiquer des informations adaptées, fiables, complètes et exactes. Toutefois, elle ne peut pas être tenue responsable en cas d’un manquement quelconque à cet objectif. Tous les éléments de cette publication sont protégés par le droit d’auteur de la Confédération Construction asbl. Toute reprise d’articles, en tout ou en partie, n’est permise qu’après autorisation expresse et avec la mention explicite de leur provenance.

Vot re mensuel Construction est dorénavant imprimé sur du papier issu de la gestion durable des forêts. Le label Forest Stewardship Council veille à la préservation de l’écosystème forestier ainsi qu’au respect des droits sociaux des populations indigènes et des travailleurs forestiers.

février 2020 • Construction 5


ÉVÉNEMENT

Batibouw 2.0, une édition plus courte avec de nouveaux horaires La 61e édition de Batibouw se tiendra du 29 février au 8 mars inclus. La durée du salon a été raccourcie de deux jours. Les journées professionnelles sont supprimées et les horaires de l’événement ont également été revus. Le monde de la construction évolue. Et Batibouw doit s’adapter. Tout en maintenant l’humain au centre de l’événement. « La digitalisation s’impose à nous mais elle n’empêche pas la nécessité du contact humain. Malgré tous les services digitaux, ce salon reste une nécessité absolue ». C’est en ces termes que Philippe Lhomme ; le patron de Deficom, organisateur du salon ; a d’ailleurs introduit la présentation du plus grand salon belge de la construction et de la rénovation. Evolution

Pas mal de changements à signaler pour cette édition Batibouw 2.0. « Le salon doit évoluer en fonction du secteur », a précisé Frédéric François, le directeur de Batibouw. Tout d’abord, à la demande des exposants, le salon a été

amputé de deux jours. Exit les journées consacrées aux professionnels, celles qui donnaient traditionnellement le coup d’envoi de l’événement. Notre Forum Construction ne lancera donc plus le salon. Il aura lieu le jeudi 5 mars, en début d’après-midi (15h), et aura pour thème « Les métiers de demain »/« Take the future into your hands ». Horaires revus

Les horaires ont, dans leur ensemble, été revus. En semaine, Batibouw n’ouvrira plus ses portes en matinée mais à partir de 12h jusqu’à 20h30. « Les visiteurs pourront ainsi repartir plus tard et éviter les files sur le ring de Bruxelles aux heures de pointe », a précisé Frédéric François. Il y aura également la possibilité d’obtenir un ticket gratuit à partir de 16h, en s’enregistrant au préa­

lable. Une nocturne aura lieu le jeudi 5 mars et le week-end, les portes de Brussels Expo seront ouvertes de 10h à 18h30. Thèmes

Quels seront les traditionnels thèmes de cette année ? L’occupation des halls a été repensée et trois thèmes seront mis en avant. Le premier Green Building en lien avec la réduction de l’empreinte écologique, la construction circulaire et l’habitat alternatif. Le second Smart Heating & Cooling pour optimiser le choix d’une ventilation et de systèmes de chauffage. « Il faut prendre con­science que l’Internet of things et la connectivité des maisons permettent de faire chuter la baisse de la facture d’électricité et d’énergie », a souligné Frédéric François. Enfin, Small is Beautiful sera la troisième thématique. « Car les tendances sont un logement plus petit, des plus petites chambres et des plus petites salles de bain. Les fabricants font déjà les choses plus petites et plus étroites », a indiqué le directeur de Batibouw. 256.958 visiteurs

En 2019, Batibouw avait attiré 256.958 visiteurs (199.257 particuliers et 57.701 professionnels), soit 10 % de moins que l’année précédente. Autre statistique intéressante : 62 % des visiteurs viennent de Flandre, 26 % de Wallonie, 9 % de Bruxelles et 3 % hors de la Belgique. Enfin, concluons sur une note digitale. Durant votre visite, n’oubliez pas de télécharger la nouvelle application du salon pour obtenir le plan des halls et faciliter vos déplacements. Bonne édition 2.0!

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INFO: www.batibouw.com 6 Construction • février 2020


La sĂŠcuritĂŠ au travail : faisons bloc !

Participez sur safetymypriority.be


POINT DE VUE RÉGIONAL

2020, une année clé pour la CCW

À

l’aube de cette année nouvelle, je tiens avant tout à souhaiter à chacun d’entre vous une heureuse et prospère année 2020, tant pour votre famille et votre entreprise que pour vous-même.

« 2020 est surtout l’année des 30 ans de la CCW  »

Pour la CCW, 2020 est une année « clé ». Elle a déjà commencé sur les chapeaux de roue avec une série de rencontres avec les nouveaux ministres wallons issus des élections régionales de 2019. La CCW noue avec chaque ministre un dialogue nourri, voire de nouveaux partenariats. Je suis présent à chaque rencontre et je peux témoigner du savoir-faire du staff CCW pour défendre au mieux le secteur et nos affiliés, notamment dans les matières qui me tiennent à cœur : circuits courts, économie circulaire, qualité, numérique, environnement, emploi et formation… Il existe, en effet, une longue tradition de dialogue entre votre confédération et les exécutifs wallons successifs. Plusieurs de mes prédécesseurs peuvent aussi en témoigner. Ce dialogue se traduit toujours en avancées concrètes et en soutiens pratiques pour nos affiliés, en synergie avec nos confédérations locales et fédérations de métier. 2020 est la dernière année complète de mon mandat de président CCW. Dans une bonne année, en mars 2021, je cèderai le flambeau à un successeur. Entre-temps, je veillerai à concrétiser au maximum les priorités rappelées ci-dessus, sans oublier la nécessaire consolidation de l’organisation professionnelle à travers les projets « CC 2020 » et dorénavant « CCW 2021 », ce dernier visant à rapprocher CCW et CC locales dans un esprit coopératif et solidaire. La qualité du service aux membres implique un meilleur fonctionnement de l’organisation professionnelle dans son ensemble, vu la rigueur budgétaire qui s’impose à nous tous. Je tiens d’ailleurs à remercier ici les affiliés et les représentants de CC locales et fédérations qui investissent de leur temps pour défendre le secteur en synergie avec la CCW. 2020 est aussi l’année où démarreront, sur le terrain, des services préparés de longue date, comme la certification et la traçabilité des terres (Walterre), le démonstrateur de technologies numériques (Build4wal), ou encore l’amplification de services économiques avec la Sowalfin. En 2020 aussi, la CCW reprend la présidence de BoP@wallonie, instance paritaire essentielle pour assurer un dialogue franc avec les syndicats. Mais 2020 est surtout l’année des 30 ans de la CCW, avec une édition spéciale « anniversaire » du traditionnel Rendez-vous de la construction wallonne, le 15 octobre prochain, où nous afficherons la santé et l’unité de notre organisation professionnelle dans le sud du pays autour de tous nos organismes partenaires, avec quelques surprises à la clé…Bloquez déjà la date dans votre agenda ! Luc Mohymont Président de la Confédération Construction Wallonne février 2020 • Construction 9


SÉCURITÉ

Moins d’accidents de travail dans la construction en 2018

En 2018, notre secteur a été légèrement plus sûr qu’en 2017. C’est ce qu’il ressort des chiffres officiels. Mais il reste encore beaucoup à améliorer. Une raison de plus pour participer activement à Safety my Priority, la campagne de sécurité de la Confédération Construction.

L

es chiffres des accidents de 2018 ont été publiés par Fedris, l’Agence fédérale des risques professionnels, à la fin du mois d’octobre de l’année dernière. L’année 2018 était déjà bien derrière nous. Mais récolter des données fiables demande du temps.

10 Construction • février 2020

En 2018, on a dénombré, dans la construction, au total 14.600 accidents avec au moins un jour d’incapacité de travail. C’est un peu moins de 10 % du nombre total d’accidents dans l’ensemble du secteur privé belge. Ce pourcentage est relativement élevé car les entreprises de

construction ne créent qu’environ 5 % des emplois dans le secteur privé. On note toutefois une améliora­ tion. Le taux de fréquence, qui indique l’ampleur du risque d’accident, a diminué de 34,1 en 2017 à 32,5 en 2018. Il s’agissait déjà de la troisième baisse con-


TAUX DE FRÉQUENCE ET TAUX DE GRAVITÉ Trois normes différentes sont ­utilisées pour décrire les accidents de travail.

sécutive dans la construction. Dans le secteur privé dans son ensemble, le taux de fréquence reste le même depuis trois ans. Mais cela ne signifie pas que nous faisons mieux que les autres secteurs. Notre taux de fréquence reste deux fois plus élevé que la moyenne du secteur privé. Dans aucun autre secteur, le risque d’accident n’est plus grand que dans la construction.

Même tendance

Notre taux de gravité réel s’améliore également. Il est passé de 1,09 en 2017 à 1,06 en 2018. En 2016, il s’élevait encore à 1,19. Il était donc 12 % plus élevé qu’en 2018. Mais là encore, le taux de gravité réel dans la construction est resté le plus élevé de tous les secteurs. La moyenne dans le secteur privé était de 0,44. Le taux de gravité global reflète la même tendance. Statu quo en 2018, après une diminution notable en 2017. Dans un aucun autre secteur, le taux

Le taux de fréquence. Dans la construction, il s’élevait à 32,5 en 2018. Cela veut dire que 32,5 accidents ont eu lieu par millions d’heures prestées. Seuls les accidents entraînant au moins un jour d’incapacité de travail sont comptabilisés. Le point faible du taux de fréquence est qu’il ne décrit que le nombre d’accidents. Il ne dit rien sur la gravité. C’est pourquoi il existe une deuxième référence. Le taux de gravité réel. Celui-ci tient compte de la durée d’incapacité de travail et donc de la gravité d’un accident. Dans notre secteur, il était égal à 1,06 en 2018. Cela veut dire que pour 1.000 heures travaillées, 1,06 jour ouvrable a été perdu à la suite d’un accident. Le taux de gravité réel présente également un inconvénient : il ne tient pas compte du fait qu’une incapacité temporaire peut devenir permanente ou même conduire à un décès. Le taux de gravité global, qui est également exprimé en jours de travail perdus par 1.000 heures, en tient compte. Le site web de Fedris indique comment il est calculé.

« Notre taux de fréquence reste deux fois plus élevé que la moyenne du secteur privé » de gravité global n’est plus élevé. En 2018, on a enregistré deux fois plus d’accidents mortels que dans le secteur privé dans son ensemble.

Votre engagement est nécessaire

En résumé, nous progressons mais nous avons encore beaucoup de chemin à parcourir. Les accidents sont

mauvais pour les entreprises qui doivent faire face à toutes sortes de coûts. Ils nuisent aussi à notre image, ce qui complique la tâche pour attirer de la main-d’œuvre prometteuse. Mais surtout, ils sont inacceptables d’un point de vue humain. C’est pourquoi la Confédération a lancé une campagne de sécurité, Safety my Priority. L’organisation professionnelle souhaite que nous réduisions l’écart avec les Pays-Bas, la Suède, le Royaume-Uni et l’Irlande. Il s’agit des pays où le secteur de la construction est le plus sûr dans l’Union européenne. Nous vous invitons à signer la charte Safety my Priority. 1.800 membres de la Confédération se sont déjà engagés. Depuis peu, il existe également une charte pour les autres partenaires de la construction. En effet, nous voulons étendre l’action aux grands maîtres d’ouvrage, aux coordinateurs de sécurité, aux architectes et aux bureaux d’études. Mais nous ne nous arrêtons pas à la charte. Nous allons également renforcer les contacts avec les écoles, les hautes écoles et les universités proposant des filières construction. En septembre 2019, lors de Matexpo, le salon des engins de chantier, nous avons organisé un séminaire sur la sécurité en collaboration avec Samurai. Cela se poursuivra sous forme d’ateliers dans les confédérations locales. La sécurité était également au programme des salons professionnels Install Day, Roof Day et Journée du Parachèvement. Est-ce que Safety my Priority provoque une rupture de tendance ? Nous ne pouvons pas encore le dire. La campagne a démarré lors du Forum Construction, début 2019. Et pour cette année-là, nous ne disposons pas encore de statistiques fiables. Les premières données suggèrent une diminution sensible du nombre d’accidents. Mais la marge d’erreur est tellement grande que nous ne pouvons pas tirer de conclusions.

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BIEN-ÊTRE AU TRAVAIL

Des règles plus strictes en cas d’exposition à la poussière de quartz Depuis le 17 janvier de cette année, certaines mesures de protection sont toujours obligatoires en cas de libération de poussières de quartz, lors du traitement de matériaux. Le terme « toujours » a toute son importance. Auparavant, l’employeur devait prendre des mesures sur la base d’une analyse de risques.

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C

ela signifie que les dispositifs de traitement des matériaux doivent être équipés d’un système d’extraction de poussière ou d’un système permettant à la poussière de retomber grâce à l’eau. Si cela n’est pas possible, les travailleurs exposés doivent porter un masque offrant le plus haut degré de protection, à savoir un masque jetable FFP3 ou un masque équipé d’un filtre anti-poussière P3. Insistons bien sur le fait que cela concerne tous les travailleurs exposés, non seulement les utilisateurs de machines mais aussi tous ceux qui se trouvent dans la même pièce ou dans le même environnement.

Code modifié

La nouvelle situation résulte d’un changement, à première vue mineur, dans le Code du bien-être au travail. Il s’agit du livre VI du code, consacré aux « agents chimiques, cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques » (les substances reprotoxiques sont des substances qui conduisent à une altération de la fertilité ou à des anomalies des embryons ou des fœtus). La silice cristalline figurait jadis à l’Annexe 3 du livre VI, titre 2. La conséquence concrète était que l’employeur devait procéder à une analyse de risque de l’exposition à la poussière de quartz. Sur cette base, il devait prendre les mesures de prévention appropriées. Mais un arrêté royal a désormais transféré la silice cristalline inhalable à l’Annexe 2 du livre VI, titre 2. Cela signifie qu’à partir du 17 janvier 2020, tous les outils de travail utilisés pour le broyage, le forage ou le traitement de matériaux contenant de la poussière de quartz doivent être équipés d’un système d’extraction de poussière ou d’un système d’addition d’eau qui provoque le dépôt de cette poussière. Si un tel équipement n’est pas possible, les travailleurs exposés doivent porter un

masque avec un filtre anti-poussière P3 ou un masque jetable FFP3.

Comment se conformer aux règles ?

Dans ce qui précède, « tout outil de travail » désigne, notamment, toutes les machines de forage, de meulage et de fraisage utilisées pour le traitement sur des matériaux pierreux. En cas d’extraction de poussière, l’aspirateur doit être équipé d’un filtre M ou H. Il est conseillé de contacter le fabricant ou le distributeur de l’appareil utilisé pour déterminer le type d’aspirateur le mieux adapté à l’outil de travail en question.

La poussière de quartz (presque) partout

Dans les travaux de construction, la poussière de quartz est beaucoup plus répandue qu’on ne le croit. Le dioxyde de silicium (ou silice) est d’ailleurs la substance la plus répandue sur terre. Il se retrouve dans presque tous les matériaux pierreux.

« Dans les travaux de construction, la poussière de quartz est beaucoup plus répandue qu'on ne le croit » Ce qui pose problème ? Principalement les très fines particules de poussière dégagées lors du meulage ou du perçage de ce type de matériaux durs. Les particules peuvent pénétrer profondément dans les poumons et s’y fixer. Cela rend le tissu pulmonaire

moins élastique, entraînant, dans un premier temps, un essoufflement. Mauvaise nouvelle : même lorsque l’exposition à la poussière de quartz cesse, les dommages causés au tissu pulmonaire continuent. Finalement, le patient souffre de silice.

Recrudescence

Heureusement, le nombre de cas de silicose, déclarés comme maladie professionnelle, a considérablement diminué, dans notre pays, ces dernières années. Malheureusement, on assiste actuellement à une recrudescence dans certains pays. C’est notamment le cas dans les pays alpins, en raison des nombreux perçages de tunnel. L’usage de nouveaux matériaux tels que la pierre composite, qui est actuellement très utilisée dans la fabrication de plans de cuisine, de meubles de salle de bain et de parois de douche, contribue à sa réapparition. Une adaptation de la directive européenne en matière d’exposition à la silice cristalline inhalable a voulu y mettre le holà. La réglementation européenne, plus stricte, a entretemps été transposée en un arrêté royal belge qui entrera en vigueur le 17 janvier 2020.

Evitez les sanctions

Mieux vaut se préparer à temps. Mettez l’équipement de protection collective et individuelle nécessaire à disposition de vos travailleurs. La Confédération a appris que les Inspecteurs du Bien-Être au Travail accorderont une attention particulière, dans les mois à venir, au respect de cette nouvelle réglementation. Celle-ci a pour seul objectif de limiter au maximum les risques pour la santé liés à l’exposition à la poussière de quartz.

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INFO: marc.dewilde@confederationconstruction.be

février 2020 • Construction 13


DOCUMENTS

De nouvelles attestations pour prouver vos compétences professionnelles Votre fédération professionnelle a développé trois types d’attestations qui confirment votre professionnalisme et votre sérieux en tant qu’entrepreneur : une attestation d’affiliation, une attestation d’agréation et une attestation avec vos activités et la compétence professionnelle. D’autres pourraient venir s’ajouter à l’avenir.

D

ans un contexte toujours plus concurrentiel, ces trois attestations constituent un argument supplémentaire pour obtenir la confiance du consommateur. Elles sont gratuites pour les membres de la Confédération et valables pour toutes les entreprises, peu importe leur taille. AFFILIATION

Cette attestation confirme que vous êtes membre de la Confédération Construction et de votre organisation professionnelle. AGRÉATION

Ce document atteste des agréations dont l’entreprise dispose dans le cadre des marchés publics. Il mentionne les activités et la classe. ACTIVITÉ ET COMPÉTENCE PROFESSIONNELLE

Cette attestation reprend les activités de construction et des informations sur la compétence professionnelle incluses dans la Banque Carrefour des Entreprises (BCE). Il est donc capital que les données dans la BCE soient correctement mises à jour. Si vous 14 Construction • février 2020

Générer une attestation n'est pas difficile. Allez dans la partie membres du site www.confederationconstruction.be et cliquez sur le bouton Attestations et Chartes (entouré en rouge sur la photo). Sur le site, dans la partie accessible à tous, il y a un manuel d'utilisation qui vous guide tout au long de la procédure.

souhaitez les contrôler ou les modifier, n’hésitez pas à prendre contact avec Formalis, le guichet d’entreprises de la construction. Les entreprises peuvent mentionner volontairement leur compétence professionnelle dans la BCE,

même si cela n’est pas requis par la loi. Certaines entreprises ont des activités hors construction, avec les codes Nacebel autres que 41, 42 ou 43. Cellesci ne se retrouvent pas sur l’attestation de la Confédération. Notez que cette


L'attestation d'agréation ressemble à cette illustration.

attestation réfère aux compétences professionnelles définies par l’Arrêté royal de 2007. Il est donc possible que l’attestation ne mentionne pas des compétences prouvées précédemment.

Générer une attestation

Pour générer une attestation, surfez sur www.confederationconstruction.be et cliquez sur Attestations et Chartes. Ce bouton se trouve dans la partie membres car elles ne sont accessibles qu'à eux. Vous pouvez ensuite préparer une attestation personnalisée. Par exemple, vous pouvez choisir les rubriques : uniquement les données de la BCE, à la fois la BCE et les agréations…Selon l’entreprise et le choix, une attestation peut couvrir différentes pages. Générer une attestation sur notre site web se déroule en cinq étapes faciles :

1 choisissez la langue ; 2 choisissez les attestations souhai­ tées ; 3 choisissez les activités, les fédéra­ tions et les catégories d’agréation qui doivent se trouver sur les attestations. Les deux boutons Tous et Aucun facilitent la sélection ; 4 Cliquez sur Générer les attesta­ tions. Les attestations seront dès lors téléchargées en format PDF par le browser et disponible en bas de l’écran ou dans vos téléchargements. Si vous demandez les attestations d’affiliation et d’agréation, elles seront dans le même fichier l’une après l’autre. 5 Vous pouvez imprimer les attesta­ tions, les envoyer par mail… Trop confus ? Vous pouvez bien évidemment demander votre attestation à

votre confédération locale. Elle se fera un plaisir de vous aider. Un plan étape par étape, qui vous aide dans la procédure simple, est également disponible sur la page d’accueil de notre site. Attention : vous devez d’abord vous déconnecter pour cela car pour le moment, ces informations se trouvent dans la partie du site accessible à tous et non dans la partie membres. Au-dessus, cliquez sur NEWS et ensuite sur Inspirez confiance avec les nouvelles attestations de la Confédération Construction.

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INFO: www.confederationconstruction.be. Vous y trouverez les adresses des confédérations locales. Formalis, le guichet d’entreprises de la construction, vous aide à contrôler et modifier vos données dans la BCE. Voir www.formalis.be. février 2020 • Construction 15


FISCALITÉ

Une exonération d’impôt pour compenser les licenciements plus onéreux Le statut unique rend le licenciement des travailleurs plus onéreux. Mais en compensation, une partie des bénéfices de l’entreprise sont exonérés d’impôt. Vous pouvez déjà commencer à constituer ce passif social en vertu du statut unique.

L

e passif social en vertu du statut unique se résume comme tel : un employeur peut, chaque année et par travailleur, exonérer dans sa déclaration d’impôts une partie du bénéfice imposable comme étant exonérée d’impôts. En conséquence, il paie moins d’impôts, ce qui correspond en quelque sorte à une réserve individuelle par travailleur qui se constitue année après année. L’exonération pour un travailleur spécifique est levée dans la période imposable au cours de laquelle il a été licencié ou qu’il démissionne. Le montant total qui était exonéré pour lui pendant toutes ces années est ensuite ajouté au bénéfice imposable. L’exonération d’impôt vaut pour tous les employeurs, non seulement pour les sociétés mais aussi pour les indépendants. Elle vaut également pour tous les travailleurs, peu importe leur fonction, statut, salaire ou date d’engagement.

Date d’application ?

Cette exonération ne vaut que pour les travailleurs ayant au moins cinq années de service depuis le 1er janvier 2014, date à laquelle le statut unique est entré en vigueur. Autrement dit : dès qu’un ou plusieurs travailleurs ont presté cinq ans dans le statut unique, l’employeur peut profiter de cette exonération. Le travail16 Construction • février 2020

obtenue qu’après cinq ans (voir ci-dessous). Pour les travailleurs ayant une ancienneté comprise entre cinq et vingt ans, cette exonération totale correspond à trois semaines de salaire par an. À partir de 20 ans, il s’agit d’une semaine de salaire par an. Mais attention, le salaire dont nous parlons ici n’est pas toujours le salaire réel. Pour le calcul de l’exonération, le salaire est déterminé comme suit : • 100 % du salaire mensuel brut s’il est inférieur ou égal à 1.500 € ; • si le salaire brut est compris entre 1.500 et 2.600 €, l’exonération est égale à 1.500 € plus 30 % du montant supérieur à celui-ci ; • le salaire brut supérieur à 2.600 € n’entraîne plus d’exonération supplémentaire.

leur peut être entré en fonction avant ou après le 1er janvier 2014. Peu importe que l’employeur utilise un exercice comptable normal ou un exercice à cheval. Compte tenu de ces cinq années de service, l’exonération sera généralement appliquée pour la première fois à partir de l’année d’imposition 2020, c’est-à-dire pour les exercices se terminant le 31 décembre 2019.

Exonération importante

Le système fonctionne avec une exonération maximale ou totale qui n’est

Ces montants doivent ensuite être réduits à trois semaines. En pratique, l’exonération annuelle pour un travailleur ne peut dépasser 1.267 €. À l’origine, l’idée était que l’employeur puisse bénéficier de l’exonération d’impôt à partir de la première année. Mais la mesure a été rendue moins attrayante en étalant l’accumulation de la totalité des prestations sur cinq périodes imposables. Lors de la première année, l’em­ ployeur ne pourra exonérer que 20 % du montant total pour un travailleur spécifique. Lors de la deuxième année, ce sera 40 %...Il faudra attendre la cinquième année pour les 100 %. La première année au cours de laquelle l’employeur commence à constituer le passif social, l’exonération pour un travailleur spécifique ne s’élève donc jamais plus haut que 20 % de 1.267 €, soit 253,4 €.

•


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DOSSIER

Performances remarquables pour la construction en 2010-2019 Nous avons entamé une nouvelle décennie. Moment idéal pour jeter un coup d’œil dans le rétroviseur. Et voir ce qu’il s’est passé au cours de la période 2010-2019. La dernière décennie a commencé sous un ciel sombre. En 2007-2008, une crise financière et économique mondiale avait éclaté. Pourtant, au cours de ces dix dernières années, notre secteur a remarquablement bien performé pour toute une série de facteurs économiques. Il y a bien évidemment eu des problèmes. L’emploi a, par exemple, subi de fortes pressions à un certain moment. Mais nos entrepreneurs se sont retroussé les manches. L’année 2020 peut démarrer sur des bases solides. Vous le constaterez par vous-même, ce dossier est inondé de chiffres. Mais il s’agit surtout d’un dossier qui illustre la dynamique de notre secteur. février 2020 • Construction 19


CONJONCTURE

Crise

La période 2010-2019 est la décennie au cours de laquelle les stigmates d’une énorme crise économique et financière ont dû être effacés. À l’approche de cette crise, des prêts hypothécaires à risque (subprimes) ont été accordés à grande échelle aux Etats-Unis. Les prêteurs ont habilement transmis les risques aux investisseurs, souvent peu méfiants, par le biais d’instruments financiers. Mais au cours de l’été 2007, ce château de cartes financier s’est soudainement effondré. Ce contexte a engendré une crise mondiale. Pourquoi ? Il s’agit d’une question bien complexe. Toujours

sans surévaluations majeures, dans notre pays. Mais ces dernières années, la Banque nationale a néanmoins demandé, à plusieurs reprises, une politique de crédit hypothécaire plus restrictive.

Ouvriers/employés

Pendant de nombreuses années, le statut unique du travailleur, occupé sous contrat de travail, a empoisonné la concertation sociale. Les partenaires sociaux ont, plus d’une fois, remis l’ouvrage sur le métier sans réellement parvenir à un compromis. Après l’ultimatum de la Cour constitutionnelle, le gouvernement est finalement

Dans quel contexte nos entrepreneurs ont-ils dû travailler?

La dernière décennie n’a pas été une période de tout repos pour les entrepreneurs. Les changements de réglementation et toute une série de facteurs économiques et sociaux ont exigé une grande adaptabilité de leur part. Dans cette première partie du dossier, nous allons décrire le contexte dans lequel ils ont dû travailler. est-il que, partout dans le monde, les marchés financiers ont plongé dans le rouge. Ce qui a engendré des conséquences dramatiques pour un certain nombre de pays européens. En premier lieu la Grèce mais aussi des pays comme le Portugal, l’Espagne, l’Italie et l’Irlande. Surtout en Irlande, où la bulle du marché immobilier a très fortement explosé. En Belgique, la crise a principalement frappé les banques. Entre autres Fortis et Dexia qui ont dû être sauvées par l’Etat. Finalement, la banque française BNP Paribas a largement repris Fortis. Heureusement, le marché de l’immobilier était relativement sain, 20 Construction • février 2020

parvenu à un compromis, en 2013. Au 1er janvier 2014, le jour de carence pour les ouvriers a été supprimé, la période d’essai a disparu et les délais de préavis ont été harmonisés. Le licenciement doit désormais être motivé. L’harmonisation des délais de préavis rend le licenciement d’un ouvrier beaucoup plus onéreux pour les entrepreneurs. Pour les différents secteurs d’activité qui connaissaient des délais de préavis courts, une période transitoire de 4 ans a été instaurée pour leur permettre d’absorber le choc. En outre, le secteur de la construction craignait que cela n’ait un impact négatif sur l’emploi. Grâce au travail de

lobbying de la Confédération, le gouvernement avait également prévu un régime structurel de préavis plus courts pour les ouvriers occupés sur des « chantiers temporaires et mobiles », régime qui a malheureusement été annulé par la Cour constitutionnelle. Suite à cela, depuis le 1 er janvier 2018, des délais de préavis identiques s’appliquent aux ouvriers et employés des entreprises de construction. Pour les ouvriers et employés qui étaient déjà en service avant le 1er janvier 2014, le préavis se compose de 2 parties (anciens délais de préavis en vigueur avant le 1er janvier 2014 et nouveaux délais de préavis d’application à partir du 1er jan-


vier 2014. En outre, une indemnité en compensation du licenciement est accordée aux ouvriers.

6 %. Lorsque l’acheteur rend le logement existant économe en énergie, cela devient 5 %.

Suppression du bonus logement

Normes de performance ­énergétique

Le bonus logement, l’avantage fiscal pour le premier achat d’un logement, est devenu une compétence régionale suite à la sixième réforme de l’Etat. À partir du 1er juillet 2014, la Flandre, Bruxelles et la Wallonie ont dû financer, elles-mêmes, le système. La Wallonie a été la première à réformer le bonus logement. Pour les prêts immobiliers conclus à partir du 1er janvier 2016, il existe désormais un chèque habitat. Son montant dépend du revenu et du nombre d’enfants à charge. La Région bruxelloise est allée plus loin et a supprimé le bonus logement le 1er janvier 2017. Au lieu de cela, les acheteurs ne paient plus de droits d’enregistrement sur les premiers 175.000 € lorsque le prix du logement reste inférieur à 500.000 €. En Flandre, le « woonbonus » est celui qui a existé le plus longtemps, bien que les montants ne soient plus indexés depuis 2015. En 2016, il a été réformé en un bonus logement intégré qui s’appliquait aux logements uniques ou non. Mais depuis 2020, il a aussi été supprimé. En compensation, les droits d’enregistrement sont passés de 7 à

En 2002, l’Europe a adopté une directive sur la performance énergétique des bâtiments. Elle a obligé les Etats membres à imposer des exigences minimales, à partir de 2006, et à introduire un certificat de performance énergétique. La Wallonie a introduit la réglementation PEB au 1er mai 2010. À Bruxelles, depuis le 1 er janvier 2015, une norme passive locale, et adaptée à la métropole, est obligatoire.

« Le bonus logement,

l'avantage fiscal pour le premier achat d'un logement, est devenu une compétence régionale suite à la sixième réforme de l'Etat »

Le règlement PEB est entré en vigueur en Flandre, le 1er janvier 2006. E100 était le niveau E (performance globale de l’édifice) et correspondait à l’exigence minimale pour les logements, les bureaux et les écoles. Les exigences sont devenues plus strictes au fil des ans. En Flandre, par exemple, une part minimale d’énergie renouvelable doit aujourd’hui être générée pour les nouvelles constructions. À partir de 2021, les nouveaux logements doivent être Q-ZEN (Quasi Zéro Energie), avec un niveau E plus petit ou égal à E30. Entretemps, l’Europe souhaite rendre les bâtiments existants plus performants. Ils devraient également répondre à des exigences minimales d’ici 2050.

Taux bas

Les taux hypothécaires diminuent depuis plus de 10 ans. Entretemps, ils ont même atteint un taux historiquement bas. La Banque nationale a examiné les emprunts hypothécaires dont le taux d’intérêt est fixe pour dix ans ou plus. En 2008, ce taux pour les nouveaux emprunts s’élevait encore à environ 5 %. En 2018, il avait diminué jusqu’à un peu plus de 2 %. C’est surtout la baisse rapide entre un peu plus de 3,5 % et 2 %, entre 2014 et 2016, qui a été frappante. La baisse s’est poursuivie en 2019. Le cabinet de conseil Immotheker, qui surveille les taux d’intérêt dans seize banques, a déclaré en juillet de cette année-là que l’intérêt hypothécaire à taux fixe moyen d’une durée de dix ans n’était que de 1,22 %. En conséquence, les familles peuvent emprunter un montant relativement important, sans que le remboursement mensuel soit trop élevé. C’est l’un des arguments avancés par le gouvernement flamand lors de la suppression du « woonbonus ». Le taux d’intérêt à long terme constitue un autre indicateur, une indication pour l’intérêt que les investisseurs reçoivent sur les obligations. En juillet 2019, le taux d’intérêt à long terme belge est ››› février février2020 2020 •• Construction 21


CONJONCTURE ››› tombé en-dessous de zéro pour la pre-

mière fois de l’histoire. Cela avait également été le cas juste avant aux Pays-Bas, en Autriche, en France et en Finlande. En Allemagne, le taux d’intérêt à long terme est depuis longtemps inférieur à zéro.

Pensions et emplois fin de carrière

La population vieillit. C’est visible dans la pyramide des âges de la construction. Elle s’est sensiblement déplacée vers des âges plus élevés. Mais il faut aussi peut-être tenir compte du fait que certaines mesures compliquent davantage le départ précoce du marché du travail. Les conditions pour les prépensions et des emplois fin de carrière étaient moins généreuses en 2019 qu’en 2010. Ainsi, en 2010, un ouvrier de la construction pouvait basculer vers un emploi fin de carrière, à 50 ans. Désormais, il doit avoir au minimum 55 ans et même 57 ans s’il s’agit d’un emploi fin de carrière à mitemps. En 2010, un ouvrier de la construction pouvait prendre sa prépension à 58 ans s’il avait au minimum 37 ans de service. Il pouvait même la prendre à 56 ans s’il avait, à cet âge-là, une carrière de 40 ans ou s’il pouvait présenter un certificat d’inaptitude du médecin du

travail. Pour une prépension à 60 ans, une carrière de 30 ans était suffisante. En 2012, le terme prépension a été remplacé par « régime de chômage avec complément d’entreprise » (RCC). En 2019, ce régime était possible à partir de 62 ans, à condition que la personne ait une carrière de 40 ans, à l’époque. Pour les ouvriers de la construction, il existe un système différent dans lequel une personne ayant une carrière de 40  ans peut partir en RCC dès 59 ans. Ce régime est également possible, à partir de 59 ans, avec une attestation du médecin du travail.

Impôt des sociétés

C’est arrivé tard dans la décennie. Mais on le mentionne quand même : la réforme de l’impôt des sociétés. Le taux normal est passé de 33 à 29 % pour l’année fiscale 2019 (c’est-à-dire tous les exercices clôturés à partir du 31 décembre 2018). Le taux a encore été réduit pour les PME. Sur les premiers 100.000 € de leur résultat fiscal, elles paient 20 % à partir de l’année fiscale 2019. Sur le surplus, elles paient le taux normal. Le système à taux croissant pour les PME a donc disparu. Dans ce contexte, le terme « PME » a également été défini différemment,

Investissements publics 05%

Réduction des charges

Au cours de la dernière décennie, il est devenu de plus en plus évident que le système de détachement mettait nos entreprises de construction en concurrence déloyale avec les Etats membres de l’UE, où des cotisations de sécurité sociale plus faibles doivent être payées. À cela s’ajoutent les nombreuses pratiques illégales commises sous prétexte de détachement légal. C’est pourquoi la Confédération a insisté pendant des années pour une réduction des charges dans le secteur de la construction. Avec succès : en 2017, le gouvernement a approuvé une réduction des charges pour le travail en équipes, c’est-à-dire pour deux personnes ou plus qui travaillent ensemble sur un chantier de construction. Cela est entré en vigueur à partir de 2018. L’employeur retient le précompte professionnel, selon les barèmes normaux, mais est dispensé d’en verser une partie. L’exonération est un pourcentage de la rémunération imposable, le salaire brut après déduction des cotisations personnelles de sécurité sociale. Depuis cette année, ce pourcentage est de 18 %.

Investissements publics

05% 04% 04% 03% 03% 02% 02%

Belgique

Allem agne

France

Pays-Bas

01% 01% 00%

permettant à davantage d’entreprises de bénéficier du taux PME. Mais elles ne peuvent le faire qu’à condition de payer un salaire minimal (revu à la hausse) au gestionnaire.

Source: AMECO (Commission européenne)

2008

2009

2010

2011

22 Construction • février 2020

2012

2013

2014

2015

2016

2017

2018

Enfin, la tendance des investissements publics en pourcentage du PIB a, dans l’ensemble, été légèrement positive, sur la période 2010-2019. Il s’agit d’une bonne nouvelle car les investissements publics belges sont trop faibles depuis des décennies, ce qui menace notre compétitivité. Ne soyons tout de même pas trop enthousiastes ! Les investissements restent faibles par rapport à la moyenne européenne et à nos pays voisins, à l’exception de l’Allemagne. Rattraper le retard ne sera pas facile. La Confédération continuera d’insister sur ce point dans les années à venir.

•


2010-2019

Comment l’économie a réagi après la crise ? Naturellement, la construction ne peut être considérée séparément du contexte économique général. Malgré la crise de 2007-2008, il n’a pas été défavorable au secteur de la construction dans notre pays, pendant toute la décennie. Il y a eu de la croissance et le chômage a diminué. L’économie a crû de 13,5 %

Une crise financière mondiale a éclaté en 2007. Pour procéder à une analyse du secteur de la construction, dans la décennie qui a suivi, il faut partir de la question suivante : comment l’économie belge, dans son ensemble, a réagi face à cette crise ? La réponse est, dans l’ensemble, assez bien. En 2008, la première année après le déclenchement de la crise, la Belgique a connu une faible croissance de 0,4 %. C’est à peu près aussi bien, ou mal, que la France avec ses 0,3 %. Mais l’Allemagne, et certainement les Pays-Bas, ont mieux résisté avec respectivement 1 % et 2,2 %. Mais en 2009, lorsque l’impact de la crise s’est fait le plus ressentir, notre PIB n’a diminué que de 2 %. C’est un chiffre peu encourageant mais dans ce contexte, nous pouvons quand même écrire « seulement 2 % ». Le PIB allemand a perdu 5,7 %, le néerlandais 3,7 % et le français 2,9 %. La zone euro, dans son ensemble, a subi un coup dur de 4,5 %.

La chute du PIB n’a pas été trop importante. En conséquence, la Belgique n’a pas beaucoup progressé lorsque l’économie européenne s’est remise de la crise. Notre croissance a atteint 2,9 % en 2010, mais en Allemagne, elle était de 4,2 %. Notre pays a été particulièrement stable au cours de la dernière décennie : c’est une constatation qui revient régulièrement dans ce dossier. La croissance du PIB a montré des fluctuations sur la période 2007-2018. Mais celles-ci ont été généralement assez modérées. Nous n’avons jamais fait vraiment mieux que nos voisins mais jamais moins bien non plus. Ceci est également illustré par la période 2012-2013. L’Europe était alors en proie à une crise de la dette souveraine. La Grèce n’a pu être sauvée que par une intervention internationale. L’économie a reculé, dans toute la zone euro, de 0,9 % en 2012 et de 0,2 % en 2013. En Belgique, par contre, la crois-

sance était faible mais restait positive (respectivement 0,7 % et 0,5 %). Il ne s’agit pas d’excellents chiffres mais nous avons quand même progressé plus que l’Allemagne. L’économie néerlandaise s’est, quant à elle, contractée. Si nous regardons l’ensemble de la période 2007-2018, nous constatons que nous avons connu une croissance de 13,5 %. C’est juste un peu moins que la première économie européenne, l’Allemagne, où le PIB a crû de 14,9 %. La Belgique a fait mieux que la France (10 %) et les Pays-Bas (11,8 %). Ce ne sont bien sûr pas les chiffres des années 60. Mais malgré la crise qui a éclaté au cours de la dernière décennie, le contexte économique a été relativement favorable pour la construction belge.

Le chômage a diminué de 3 points de pourcentage

Concernant le chômage également, la Belgique est un pays sans fortes fluctuations. Au cours de la dernière décennie, chaque année, il a été inférieur à la moyenne de la zone euro. Ce qui ne signifie pas nécessairement que notre pays a remarquablement bien performé. Nous avons fait mieux que la France. Mais en même temps, le chômage était plus élevé chez nous, au cours de la période 2010-2018, qu’en Allemagne et ››› février février2020 2020 •• Construction 23


2010-2019 Croissance du PIB belge

››› aux Pays-Bas. En Allemagne, il y a eu

une diminution 9 années de suite et, selon les chiffres d’Eurostat, seulement 3,4 % de la population active étaient au chômage en 2018. En pratique, notre taux de chômage plus élevé résulte principalement de la situation en Wallonie et en Région bruxelloise. En 2010, 5,2 % de la population active étaient au chômage en Flandre. En Wallonie ; 11,4 % et à Bruxelles même 17,4 % avec 8,3 % comme résultat global. Lorsque nous avons rédigé ces lignes, il n’existait pas encore de statistiques complètes pour 2019. Mais il était clairement question d’une tendance positive dans la deuxième moitié de la décennie. Si nous regardons l’année 2018, nous constatons qu’encore 6 % de la population active belge étaient au chômage. Il subsistait toujours de grandes différences entre la Flandre (3,4 %), la Wallonie (8,7 %) et Bruxelles (12,8 %). Mais le chômage a baissé dans toutes les régions et lors du troisième trimestre de 2019, le chômage belge s’élevait encore à 5,4 %, soit le plus bas niveau depuis les années 80. Ceci dit, il y a eu une baisse dans toute la zone euro qui a commencé, pour la plupart des pays, vers 2015.

04%

03%

02%

01%

00%

2007

2008

2009

2010

2011

2012

2013

2014

2015

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2018

-01%

-02%

-03%

Source: Eurostat

Les faibles chiffres du chômage doivent être quelque peu nuancés. Un chômage de 5,4 % ne signifie pas que 94,6 % de la population est au boulot. Le taux d’emploi, qui détermine quelle partie de la population âgée de 20 à 64 ans a effectivement un emploi, était de 70,7 % au troisième trimestre de 2019. En Flandre, celui-ci s’élevait à 76 % ; 64,2 % en Wallonie et 61,8 % à Bruxelles. Le taux d’emploi a également montré une tendance à la hausse vers la fin de la décennie. Lors du troisième tri-

mestre de 2019, il se situait 0,8 % plus haut qu’un an auparavant. Mais malgré cette augmentation, nous n’avons pas atteint le niveau des pays les plus performants de l’UE. On peut néanmoins conclure que sur ce point également, l’économie belge a connu, au cours de la seconde moitié de la dernière décennie, une dynamique favorable pour le secteur de la construction. Si les gens ont un emploi, leur revenu disponible augmente normalement et ils sont susceptibles d’investir dans des projets de construction.

La production de la construction remarquables. C’est ainsi que nous pouvons décrire a augmenté Performances l’évolution du secteur de la construction belge au cours de la

C

omme il fallait s’y attendre, le secteur de la construction belge n’a pas été insensible à la situation économique générale du pays. C’est ce qu’il ressort des chiffres d’Euroconstruct. En 2009, notre production de construction a diminué de 2,1 %. C’est plus qu’en Allemagne (moins 2,3 %). Mais nous devons constater, à nouveau, que différents pays voisins ont été plus durement touchés. 24 Construction • février 2020

dernière décennie. Depuis la crise de 2007-2008, nous avons mieux performé que l’économie belge dans son ensemble. Le nombre d’employeurs du secteur est resté assez stable et, malgré une baisse en 2016, nous avons continué à créer de nombreux emplois, avec un glissement remarquable vers des employés. La construction française, par exemple, a perdu 7,2 % pendant que la néerlandaise perdait 5,8 %. Un an plus tard, en 2010, la croissan-

ce était à nouveau au rendez-vous en Belgique (0,4 %) et en Allemagne (2,5 %). Dans les autres pays voisins, la crise de la construction a duré plus longtemps. En


Production de construction 10% 8% 6% 4% 2% 0%

2007

2008

2009

2010

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2012

2013

2014

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2017

2018

-2% -4% -6% -8% Belgique

-10% -12%

France

Allemagne

Pays-Bas

Source: Euroconstruct

Emploi construction 250,000

200,000

150,000

100,000

50,000

0

2008

Source: ONSS

2009

2010

2011

2012

2013

Ouvriers

2010, la production de la construction a diminué de 5,6 % en France et de pas moins de 9,7 % aux Pays-Bas. De 2010 à 2018, une croissance ininterrompue a eu lieu dans le secteur belge de la construction. L’année 2013 était la seule exception – année de la crise de la dette souveraine européenne – lorsque la production a diminué de 0,9 %. Si nous comparons 2007 avec 2018, notre économie de la construction semble avoir progressé de 16,1 %, un peu plus que l’économie allemande (plus 15,2 %). Des pays de l’UE, seules la Pologne (plus 60,8 % dans cette pé­riode) et la Suède (plus 24,1 %) ont fait mieux. L’économie de la construction néerlandaise a stagné (plus 1,4 % dans cette période) et la française a subi un coup dur, dont elle ne s’est toujours pas remise (moins 13,5 %). Remarquable : la construction belge a davantage tiré que suivi la tendance économique générale. Notre produc-

2014

2015

2016

2017

2018

2019

Employés

tion a augmenté davantage au cours de la période 2007-2018 que l’économie belge dans son ensemble. Cela contraste avec nos pays voisins. En Allemagne, la construction a suivi à peu près le même rythme que l’économie, mais pas aux Pays-Bas et sûrement pas en France. Si nous regardons non seulement nos pays voisins mais aussi les grands Etats membres de l’UE, le contraste est encore plus frappant. Malgré une légère amélioration, la production de construction italienne et espagnole n’est toujours pas au même niveau qu’en 2007.

Nombre d’entreprises

Malgré la croissance de notre économie de la construction, le nombre d’employeurs dans notre secteur est resté globalement stable. On en dénombrait 27.733 dans la première année de la décennie et 27.648 dix ans plus tard. Le nombre le plus élevé a été atteint en

2012 avec 28.407 employeurs de construction. Mais trois années « maigres » ont suivi. Le point le plus bas a été atteint, en 2015, lorsque 26.788 entreprises de construction ont créé des emplois. Cela a été suivi d’une reprise pour ensuite rester à un niveau stable dans la période allant de 2017 au deux­ ième trimestre de 2019. Dans notre secteur, il y a eu une augmentation notable du nombre d’indépendants : de 65.401 en 2010 à 79.669 en 2018, la dernière année avec des statistiques complètes. Il s’agit d’une augmentation de 21,8 %. Il n’y a pas de corrélation claire avec le nombre d’employeurs de la construction : le nombre d’indépendants a augmenté indépendamment des diminutions et des augmentations chez les employeurs. Cela peut être dû à la demande accrue de flexibilité dans le secteur pour mieux répondre aux variations du volume de travail et donc également améliorer la rentabilité.

Glissement vers des employés

Au cours de la dernière décennie, notre secteur a continué de créer de nombreux emplois, bien que l’emploi total des salariés ait légèrement diminué. Au premier trimestre de 2010, on dénombrait 211.000 travailleurs, 206.500 au deuxième trimestre 2019, soit une réduction d’environ 2 % (différentes sources donnent des chiffres différents mais ce sont des ordres de grandeur fiables). Le pic de l’emploi total des salariés a été atteint, fin 2011 début 2012, avec plus de 216.000 salariés. Une diminution a ensuite commencé et s’est aplanie début 2016 avec 200.000 salariés. Depuis lors, le nombre d’employés dans l’industrie de la construction a de nouveau augmenté. Mais 2010-2019 a également été la décennie d’un changement structurel : un glissement des ouvriers vers les employés. Début 2011, le ratio ouvriers/employés était toujours de 83/17, fin 2018 il était devenu 76/24. ››› février février2020 2020 •• Construction 25


L'EXPERTE 2010-2019 ››› Cela s’explique par le fait que la con›››

struction est devenue plus complexe et que de nouvelles technologies numériques ont été introduites. Les statistiques compilées par Constructiv montrent également une forte augmentation du nombre de travailleurs intérimaires dans la construction, passant de 2.110 au deuxième trimestre

2014 à près de 4.000 au deuxième trimestre 2019. Il est également intéressant de noter l’évolution des travailleurs détachés de l’étranger sur nos chantiers. Selon les estimations de Constructiv, leur nombre est passé de 36.500 au deuxième trimestre 2014 à près de 50.000 au troisième trimestre 2017, soit une aug-

mentation de 37 %. Une baisse a ensuite commencé et au deuxième trimestre 2019, il y en avait 35.600, soit à peu près le niveau de 2014. Pourquoi cette baisse ? À noter qu’à l’été 2017, le gouvernement a approuvé la baisse des charges dans le secteur. La Confédération luttait depuis des années pour l’obtenir.

Quid des transactions immobilères? Le nombre de maisons existantes qui ont changé de propriétaire a connu des fluctuations au cours de la dernière décennie, mais est resté relativement stable à long terme. Il y a eu une diminution des appartements existants. Une bulle sur le marché ne semble pas avoir émergé, bien que les prix soient élevés.

A

u cours des années précédant le début de la dernière décennie, le nombre de transactions immobilières a fortement diminué. En 2007, 68.171 maisons existantes ont été vendues. Ce chiffre était de 61.689 en 2009, soit une diminution de 9,5 %. Le nombre d’appartements vendus est passé de 40.357 à 37.258 (moins 7,7 %). Et le nombre de villas de 17.188 à 16.120. Il est probable que cette baisse soit due à la crise et à la situation financière et économique. Mais les données de la période 2010-2019 suggèrent qu’il n’y a pas que les facteurs économiques glo-

26 Construction • février 2020

baux qui jouent un rôle dans les transactions immobilières. En 2015, les ventes de maisons ont subi un énorme coup (un recul de 22,4 %), suivi d’une augmentation tout

aussi remarquable de 18,7 % en 2016. Au cours de ces deux années, l’économie belge a connu une croissance saine et le chômage n’a pas augmenté. L’explication est presque certaine : ce ne sont pas seulement les facteurs économiques qui déterminent si les maisons sont achetées. Au cours de la période susmentionnée, le bonus logement a été transféré du niveau fédéral


aux régions. Pendant longtemps, on ne savait pas si les régions conserveraient ce bonus logement, ce qui a peut-être incité un certain nombre d’acheteurs à adopter une attitude attentiste en 2015, ce qui a réduit la vente de maisons. Lorsqu’il y a eu plus de clarté au niveau des régions, les transactions ont de nouveau augmenté. Ceci dit, en 2014-l’année précédant le transfert du bonus logement-il y a également eu une forte augmentation. À cette époque, 9,8 % de maisons en plus avaient changé de propriétaire par rapport à l’année précédente. Cela concernait probablement des acheteurs qui souhaitaient tout de même bénéficier rapidement du bonus logement. Le consommateur anticipe. Nous le remarquons également très clairement en Flandre. Un an avant un durcissement des exigences PEB, il y a toujours eu une augmentation frappante des demandes de permis pour les maisons neuves. À plus long terme, l’effet de cette attitude d’anticipation est effacé. Malgré les fluctuations, le nombre de maisons qui ont changé de propriétaire a relativement peu changé. En 2018, il y avait 3,6 % de plus qu’en 2010. La vente d’appartement se situait à un niveau élevé de 2010 à 2014 mais a ensuite commencé à décliner. La différence entre 2010 et 2018 est de moins 13,5 %. Deux remarques. Les chiffres pour l’année 2018 n’étaient pas encore connus lorsque nous avons écrit ces lignes. Nous avons donc pris les chiffres du troisième trimestre 2017 au deuxième trimestre 2018. Il est également important de signaler que le gouvernement flamand a supprimé le « woonbonus » depuis le 1er janvier 2020. Tout indique qu’il y a encore eu un effet d’anticipation en 2019 et que de nombreuses familles ont effectué un achat rapidement. Il est donc très probable que la décennie ait fait ses adieux avec un pic de vente de logements existants.

Prix : pas de grande surévaluation

les croissances démographiques et les principaux changements des impôts fonciers. Selon ce modèle, les prix dans le passé récent étaient légèrement supérieurs au niveau d’équilibre théorique. En 2015, l’écart par rapport à la valeur d’équilibre était de 11 %. Mais en 2016, cet écart est tombé à 7,8 %. En 2017 et 2018, les prix des logements auraient été supérieurs d’environ 6,5 % à la valeur d’équilibre. La conclusion semble être qu’il n’y a pas de sur­é valuation significative : les prix supérieurs à la valeur d’équilibre mais proches de celle-ci. La vigilance est toujours de mise, mais rien n’indique

Malgré la crise de 2007, il n’y a pas eu de baisse significative des prix des logements dans notre pays en 2008 et 2009. En 2007, le prix moyen d’une maison existante était de 164.155 € et 172.277 €, en 2009. Nous constatons une augmentation similaire dans les appartements. Les villas constituent la seule exception. Elles étaient 2,5 % moins chères. Mais si nous regardons tous les types de logements ensemble, la hausse des prix entre 2007 et 2009 était entièrement conforme à la hausse enregistrée les années suivantes, lorsque les effets de la crise financière ont diminué.

Prix de l’immobilier

400,000 350,000 300,000 250,000 200,000 150,000 100,000 50,000 0

2007

2008

2009

2010

2011

2012

Maisons d'habitation ordinaires

2013 Villa's

2014

2015

2016

2017

2018*

Appartements

Source: SPF Economie (sur base du plan cadastral) *2017 T3 - 2018 T2

En général, les prix des maisons ont augmenté plus rapidement que l’indice des prix à la consommation. Est-ce à dire que le marché du logement est surévalué ? La réponse à cette question suppose que nous connaissons le « prix d’équilibre » d’un logement, mais en pratique, il n’est pas facile à déterminer. La Banque Nationale utilise un modèle qui prend en compte un certain nombre de facteurs de demande tels que le revenu disponible des ménages, les taux d’intérêt hypothécaires,

que le marché immobilier belge soit une bulle sur le point d’éclater. La Banque Nationale l’explique par le ralentissement de la croissance des prix de l’immobilier, mais aussi par l’expansion du parc immobilier. Après tout, entre 2010 et 2016, le nombre de logements a augmenté de 5,5 % tandis que celui des ménages était de 3,7 %. Cela semble indiquer que l’offre et l’évolution démographiques sont mieux alignées (rapport Macro­ prudentiel 2018). février 2020 • Construction 27


2010-2019

Les coûts de construction n’ont pas déraillé Une comparaison de l’indice des prix à la consommation avec les indices des coûts de construction et des salaires, dans le secteur, montre que les coûts de construction n’ont pas déraillé au cours de la dernière décennie.

28 Construction • février 2020

suivi. Une nouvelle baisse a commencé en 2012 et elle ne s’est transformée en augmentation qu’en 2016. Compte tenu du calendrier de ce moment, on peut supposer que la conjoncture internationale a été un facteur déterminant : la demande de matériaux de construction en Europe a d’abord baissé en raison de la crise de 2007-2008 puis de la dette

Coûts de construction (salaires et matériaux) par rapport à l'indice des prix à la consommation 130 125 120 115 110 105 100

Valeur I (indice des matériaux de construction)

95

Valeur S (indice du coût salarial) Indice des prix à la consommation

90

Indice Abex

85

souveraine, ce qui a eu un effet favorable sur les prix. La forte baisse de 2009 est également due au fait que les prix des matériaux de construction, au cours de cette période, provenaient d’un pic historiquement élevé. De plus, il y a eu des moments, au cours de la période 20122015, où les prix des matières premières étaient relativement bas. Quelles conséquences cela a-t-il engendré pour les nouvelles construc-

2018

2017

2016

2015

2014

2013

2011

2010

2009

2008

Sources: SPF Economie, Confédération Construction et ABEX

2007

80

2012

Indice (2007=100)

E

n moyenne, l’indice des prix à la consommation a augmenté d’un peu moins de 2 % par an, entre 2007 et 2018, sans pics ni creux majeurs. La valeur S, une mesure du coût salarial dans l’industrie de la construction, a (en l’absence de réelle marge salariale au cours de cette période) suivi de très près cette évolution jusqu’en 2015. A cette date, le saut d’index, décidé par le gouvernement qui souhaitait améliorer la position compétitive des entreprises belges, a provoqué une stabilisation temporaire du coût salarial et une réduction du coût salarial réel dont les entreprises bénéficient toujours aujourd’hui. Les conséquences de la crise financière et économique de 2007 et de la crise de la dette souveraine de 20122013 sont visibles dans le graphique de la valeur S comme des périodes de faible croissance. Sans pic ni creux. L’économie belge dispose de nombreux stabilisateurs économiques tels que la protection étendue contre les licenciements, la sécurité sociale et les allocations de chômage. En conséquence, les salaires suivent moins l’évolution de la conjoncture internationale. Ceci dit, cela fonctionne dans deux directions : si les choses vont mal, la baisse est ici généralement plus faible que dans les pays voisins ; mais un travailleur constate moins l’augmentation de la productivité sur sa fiche de paie. La valeur I, une mesure du prix des matériaux de construction, n’a pas montré une telle stabilité au cours de la dernière décennie. On a constaté une forte baisse en 2009, suivie d’une augmentation rapide dans les années qui ont

tions ? L’indice ABEX en donne une indication. Il est établi par une commission nationale, sur la base des prix de construction pour des travaux après sinistre (incendie en particulier). L’augmentation de l’ABEX est légèrement inférieure à celle de l’indice des prix à la consommation, mais est presque parallèle. L’évolution des prix des matériaux de construction est peu visible sur le graphique. Cela est logique car la construction était encore un secteur à forte intensité de main-d’œuvre au cours de la dernière décennie et les coûts salariaux pèsent donc plus lourd. Deux remarques à ce sujet. Il s’agit du prix de construction, pas du prix payé par un acheteur. Ce dernier inclut également des aspects tels que le prix du terrain, éventuellement la marge bénéficiaire du projet…La hausse des prix des terrains à

bâtir est en partie responsable de la différence entre le prix de la construction et le prix payé. Notez également que les réglementations PEB plus strictes laissent peu de traces dans l’ABEX. Cela peut avoir avec le fait que l’ABEX parle principalement des coûts de construction de logements équivalents. Pour le dire simplement, il indique ce qu’il en coûterait en 2019 pour construire un logement de 2010.


Entretemps, des exigences PEB supplémentaires ont été imposées aux nouvelles constructions, ce qui a eu un effet d’augmentation des prix. Mais cet

effet n’a rien à voir avec un secteur de la construction qui ne maîtriserait pas ses ­coûts de construction.

Logements plus petits, nombreux appartements

s’est quelque peu atténuée au cours de la période 2010-2018. La hausse du prix des terrains n’est a priori pas étrangère à cette hausse de la part des appartements (les terrains doivent alors être mieux exploités, la densité de logement recherchée est alors plus élevée). Mais d’autres facteurs démographiques ou culturels (le retour à la ville) jouent aussi. En Wallonie, l’augmentation du nombre d’appartements apparait également liée à une diminution du nombre de demandes de maisons. Deuxième tendance frappante : la diminution de la superficie moyenne des logements en Flandre. La surface habitable moyenne d’une maison est passée de 134,6 m² en 2010 à 124 m² en 2016, soit une baisse de 8 %. A nouveau, ce mouvement a commencé au cours de décennie précédente. Nous constatons une diminution similaire dans les appartements flamands. En Wallonie, ce phénomène joue moins et la surface habitable moyenne n’a pas beaucoup changé au cours des dix dernières années.

C’est logique, quand vous vous intéressez à l’évolution des prix, vous devez comparer des pommes avec des pommes.

Par rapport à la période 2000-2009, il n’y a pas eu de baisse des permis de construire au cours de la dernière décennie. Ce qui frappe, c’est l’avancée des appartements et en Flandre, la taille décroissante des maisons et des appartements. L’évolution du nombre de permis de construire pour les nouveaux logements a été particulièrement irrégulière au cours de la dernière décennie. En Flandre, la cause était la réglementation PEB que le consommateur a anticipée. Au cours des années précédant un durcissement des exigences de la PEB flamande, le nombre de permis a augmenté en Flandre. Les particuliers ont ainsi tenté d’éviter les coûts de construction plus élevés qu’attendus. L’année suivante, il y avait généralement une baisse notable des demandes. Les demandes de permis flamandes

ont une forte influence sur le total belge. Les fluctuations flamandes étaient donc également visibles au niveau national. Dans l’ensemble, dans notre pays, il y a eu, en moyenne, 50.600 demandes de permis de bâtir pour des logements neufs au cours de la période 2010-2018. Cela concerne les maisons et les appartements, complétés par un nombre limité de cas particuliers tels que les monastères et les chambres d’étudiants. En 20002009, la moyenne était de 49.600. Les appartements étaient en hausse. Cette tendance a déjà commencé au cours de la décennie précédente mais

Bâtiments non résidentiels

Nouveaux logements autorisés 70,000 60,000 50,000 40,000 30,000 20,000 10,000 0

2007

2008

Source: SPF Economie

2009

2010

2011

Unifamiliaux

2012

2013

2014

Appartements

2015

2016

2017

2018

Pour terminer ce dossier, jetons un œil aux bâtiments non résidentiels. En 2010, 43 millions de m³ ont été autorisés. Le point bas était 2016 avec 34 millions de m³. En 2017, nous avons de nouveau atteint le niveau de 2010. Mais en 2018, une chute soudaine a suivi pour atteindre 38 millions de m³. La relation avec la production de construction ne peut pas être établie immédiatement car différents types de bâtiments non résidentiels génèrent une quantité de travail différente. Un bâtiment de bureaux peut être plus favorable pour le secteur qu’un bâtiment d’usine plus grand mais plus facile à construire. février février2020 2020 •• Construction 29


ANNIVERSAIRE

J

our spécial que ce 22 novembre 2019 pour nos collègues verviétois. C’est qu’un siècle d’existence et d’histoire, ça se fête ! Collègues, partenaires, membres, sympathisants et amis de la Confédération Construction Verviers s’étaient donc réunis pour marquer le coup. Pour se remémorer tous ensemble le chemin parcouru depuis le début du siècle dernier. Et aussi pour se tourner vers l’avenir.

Un petit bout d’histoire

Il faut remonter à plus d’un siècle pour trouver les origines de la Confédération actuelle. Vers la fin du 19e siècle, les premières associations de métier voient le jour : les maçons, les peintres… Très vite, elles comprennent qu’elles ne pourront faire face, seules, aux nom-

la construction fondaient la « Chambre Patronale ». Avec quel objectif ? Déjà à l’époque, il était de défendre les intérêts des entrepreneurs. Les sujets dont elle s’occupait principalement concernaient surtout la gestion d’entreprise et les spécificités liées au secteur de la construction : les assurances, les questions syndicales (comme le temps de travail, les salaires, les barèmes…), la création d’une institution de médiation, l’organisation de formations continues, le partenariat avec les centres de formation professionnelle, la planification des congés…

Missions

Cent ans plus tard, ses missions sont-elles toujours les mêmes ? « Lorsqu’on compare les tâches de la ‘Chambre Patronale’ d’antan à celles qu’on remplit à

La Confédération Construction de l’Arrondissement de Verviers a 100 ans Fin de l’année dernière, la Confédération Construction de l’Arrondissement de Verviers – Konföderation Baufach des Bezirkes Verviers a fêté ses 100 ans. Près de 550 personnes s’étaient rassemblées au cinéma Intermills, à Malmedy, pour fêter l’événement. Moment choisi par Frank Ganser, le président sortant, pour passer le relais à Michel Thérer, le nouveau président. breuses mutations d’une société en pleine évolution et toujours plus complexe dans de nombreux domaines. Elles ressentent donc le besoin de s’associer. À Verviers, rappelons-le capitale mondiale de la laine, l’industrialisation était très développée à cette époque. L’arrondissement était donc très prospère et les constructions fleurissaient un peu partout dans la région. Logique donc que l’une des premières asso­ciations de la construction naisse à cet endroit. C’est précisément le 16 avril 1919 que tout a officiellement commencé. Ce jour-là, des entrepreneurs actifs dans 30 Construction • février 2020

l’heure d’aujourd’hui au sein de la Confédération Construction, on peut constater que les changements restent mineurs. Nous sommes encore et toujours une Confédération qui est là pour soutenir les entrepreneurs du secteur de la construction afin qu’ils puissent se concentrer sur leurs tâches essentielles », a expliqué Frank Ganser, le président sortant.

650 membres

Forte d’un réseau très large, la Confédération verviétoise a bien grandi au fil du temps. Et de plus en plus d’associations professionnelles se sont

joint à elle. Résultat, aujourd’hui elle compte 650 membres. Qui peuvent compter sur elle pour recevoir tous types d’informations relatives au secteur.

Conseiller, informer et représenter

Paul-Philippe Hick, le directeur, a résumé les missions de la Confédération en trois mots : « Conseiller, informer et représenter », a-t-il indiqué. « Grâce à notre réseau étendu, nous disposons de différents spécialistes respectifs, afin de conseiller nos membres d’une manière compétente et personnalisée dans des questions liées à la législation sociale, fiscale ou encore dans


De g. à dr. Frank Ganser (président sortant de la Confédération Verviers), Michel Thérer (nouveau président de la Confédération Verviers), Paul Depreter (président de la Confédération Construction) et Paul-Philippe Hick (directeur de la Confédération Verviers).

les domaines spécifiques de la construction ou nous proposons du soutien dans les marchés publics. Nous informons nos membres, dans leur langue, sur des changements de législation, des évolutions dans le secteur de la construction, que ce soit par des publications ou lors des séances d’informations ou autres manifestations…Enfin, nous représentons leurs intérêts auprès de la politique, ainsi qu’auprès de différentes institutions ».

Passage de témoin

Cette soirée anniversaire était marquée par le passage de témoin entre l’ancien président, Frank Ganser, et le nouveau président, Michel Thérer. Ce dernier est administrateur de la so­ciété Henkens Frères SA, une entreprise spécialisée dans la chaudronnerie industrielle, la technique de la vapeur et de la réfrigération industrielle ainsi que dans le chauffage, et basée à Henri-Chapelle (commune de Welkenraedt). La nouvelle vice-présidente sera Astrid Convents, gérante de l’entreprise du même nom, située à Eupen.

L’ancien…

Au cours de l’événement, l’ancien président a tenu à adresser de nombreux remerciements. « En fait, je voudrais

tout simplement vous dire merci. Merci pour votre confiance, participation, soutien et aussi pour votre respect. J’ai essayé de donner de mon mieux pour honorer ce soutien et de vous servir en adaptant notre structure. L’adapter pour qu’elle puisse faire face aux défis actuels, ceux de ma législature et ceux du futur proche. Hélas, je n’ai pu tout achever à ce jour. Mais il ne manque plus grand-chose. Le peu qui manque sera encore fait. La suite, c’est pour mon cher successeur Michel et notre vice-présidente Astrid. Et je peux m’estimer heureux de pouvoir céder le mandat en pleine confiance dans des mains aussi compétentes. Je tiens aussi à remercier mon épouse Christel. Merci à toi pour toutes ces années de compréhension et de soutien. Enfin, mon cher Michel, je te souhaite une belle présidence, pleine de bons moments et de succès ».

…et le nouveau

Le nouveau président a, de son côté, salué le travail réalisé par son prédécesseur. « Nous bénéficions d’un bel héritage, dont nous sommes responsables. Un héritage à transmettre et à faire évoluer. C’est ce que tu as fait Frank. Je sais que tu as passé du temps et de l’énergie au profit de nos membres, de notre fédération et plus

généralement du secteur. Nous avons eu la chance de pouvoir compter sur tes compétences et ton engagement. Au nom de notre conseil d’administration, de nos membres, et en mon nom personnel, je t’en remercie sincèrement », a indiqué Michel Thérer. Avant d’évoquer l’avenir et les en­jeux, dont un point d’attention adressée à la communication. « Je suis confiant pour nos métiers. Certes, nous aurons des défis à relever mais les besoins d’infrastructures, d’aménagement et d’amélioration de nos logements sont là. Nos artisans et nos entrepreneurs sont reconnus. Nous pouvons en être fiers. Être fiers de la valeur ajoutée que nous apportons à nos clients et, plus généralement, à la société. La construction est un grand secteur. Je me plais à le rappeler ici. Les missions de notre Confédération sont informer, conseiller et représenter. Ces missions sont encore bien actuelles. Le souci n’est pas d’accéder à l’information mais bien de la cerner, de la traiter, et d’être certain qu’elle soit fiable. Pour informer, il nous faut bien communiquer. C’est un défi à l’heure actuelle car la communication est à la fois très accessible et très complexe. Nous devrons renforcer cette communication vers nos membres ».

L’alternance

Le président de la Confédération Construction, Paul Depreter, a également pris la parole au cours de cette soirée anniversaire. Il a notamment parlé de formation en alternance. « La Flandre et la Wallonie développent ce système depuis plusieurs années et l’un des grands précurseurs a sans aucun doute été la Confédération de Verviers. En 2015, selon Syntra, il y avait dix fois plus d’apprentis dans la partie germanophone du pays qu’en Flandre ou en Wallonie ». Enfin, il a souligné que « si, selon les normes belges, la distance entre Verviers, Eupen et Saint-Vith, d’une part, et Bruxelles, d’autre part, peut sembler grande, cette chambre a toujours été un membre actif de notre organisation professionnelle nationale ». Nous vous souhaitons encore un très joyeux centenaire, chère Confédération verviétoise !

•

février 2020 • Construction 31


ÉNERGIE/ENVIRONNEMENT

« Le métier d’isoleur se professionnalise » Laurent Ruidant est le nouveau président de la Plateforme wallonne de l’Isolation qui regroupe tous les professionnels de l’isolation. Il succède à Dominique Bonsang. À la tête de l’entreprise OTRA, nous avons profité d’une visite de celle-ci, qu’il a organisée à la fin de l’année dernière, pour faire sa connaissance et évoquer la plateforme. Entretien.

L

aurent Ruidant, vous voilà nouveau président de la Plateforme wallonne de l’isolation. Pourquoi avez-vous accepté cette mission ?

Parce que je crois qu’il est important que le client reçoive un travail de qualité. Un travail réalisé avec une bonne méthode par un professionnel. Il faut également faire en sorte que le métier d’isoleur soit valorisé. Ce n’est pas encore assez le cas, selon vous ?

On rencontre de temps en temps, sur les chantiers, des malfaçons dues à une méconnaissance ou une mauvaise compréhension du bâtiment. Car l’analyse et le travail réalisés par la personne qui a isolé ne sont pas bons. Il est important de savoir qu’il existe des professionnels qui proposent une bonne isolation pour éviter les dommages. Le métier ne s’improvise pas. Il faut maîtriser les points de rosée, les risques d’humidité, le choix des matériaux, l’étanchéité à l’air…pour réaliser une mise en œuvre correctement. En quoi est-ce important de regrouper

Le nouveau président de la plateforme souhaite que le métier d’isoleur soit valorisé.

32 Construction • février 2020


les professionnels de l’isolation ?

Le but est de mettre tout le monde autour de la table et d’échanger ses propres expériences et connaissances. Tous les professionnels de la plateforme devront travailler selon une « charte qualité » qui nécessite, entre autres, de mettre en place des procédures strictes de suivi de projet afin de garantir la qualité des travaux. Enfin, pour ceux qui voient ça comme une contrainte de temps, je les rassure, ils n’auront que quatre réunions par an. Quelle évolution a connu le métier d’isoleur ces dernières années ?

Je pense que pendant pas mal d’années, on a isolé les maisons en pensant et en voulant bien faire, sans que cela soit forcément mis en œuvre correctement. On a aussi pu isoler sur base de primes. Maintenant, on se retrouve avec des professionnels qui vont pouvoir réfléchir aux problématiques et proposer des solutions cohérentes. L’évolution est la professionnalisation : le métier d’isoleur se professionnalise. L’isolation fait d’ailleurs de plus en plus partie des cursus construction.

politiques très fortes. Une bonne isolation peut être la solution.

La dynamique politique est d’essayer d’isoler le maximum de maisons pour économiser de l’énergie. Attention qu’on ne pourra calculer l’économie réelle que si l’isolation est bien réalisée. Si quelqu’un isole mal sa maison, il aura dépensé de l’argent et il ne réalisera pas d’économies d’énergie. Au contraire, avec une isolation mal étanchéifiée, par exemple, le bâtiment va pourrir. C’est important de savoir que des bâtiments peuvent pourrir à cause d’une mauvaise isolation. On l’a remarqué au cours de la pré-

La charte vient d’être finalisée et les isoleurs devront la valider et la suivre

Qu’allez-vous essayer de mettre en place durant votre mandat ?

Une dynamique est mise en place depuis trois ans et nous sommes dans une phase de concrétisation et de développement. La charte vient d’être finalisée et les isoleurs devront la valider et la suivre. On espère qu’un label qualité, géré par un organisme de contrôle indépendant, sera mis en place, début 2021. Les politiques devront suivre et adhérer à la démarche. Nous développons aussi un site internet qui aiguillera le client vers telle ou telle entreprise spécialisée dans tel ou tel type d’isolation. Outre ces projets, il faudra essayer de rassembler le maximum d’entreprises qui garantissent de la qualité au client. Les enjeux de la rénovation énergétique des bâtiments sont capitaux pour les années à venir avec des exigences

sentation de votre entreprise, vous privilégiez les matériaux biosourcés : chanvre, chaux, paille de riz…Constituent-ils l’avenir de l’isolation ? Ces matériaux ne sont-ils pas trop coûteux ?

Certains peuvent effectivement les trouver un peu plus chers. Mais ils présentent de nombreux avantages. Le déphasage chaud/froid est très bon. En été, ils évitent la surchauffe du bâtiment et en hiver, l’inverse, surtout pour les maisons passives. Aussi, avec ce type de matériaux, le bâtiment respire. Il n’est pas fermé à la vapeur d’eau. Ils permettent également une très bonne régula-

tion de l’humidité et enfin, ils ont une empreinte carbone proche de zéro. Je précise à ce sujet, et c’est important, tout le monde est le bienvenu dans la plateforme quel que soit le matériau utilisé. La seule condition est le respect des règles et une mise en œuvre correcte, peu importe ses convictions. Vous avez déjà évoqué les primes à l’isolation. Il en existe beaucoup. Ne sont-elles pas sous-utilisées ?

La plateforme aura également un rôle à jouer à ce sujet, aussi bien pour le client que pour l’administration. L’objectif sera de faciliter la demande de primes via une entreprise labellisée et l’auditeur PEB. Le label doit être un facilitateur de primes. Nous sommes conscients que le système reste encore un peu complexe. Mais la volonté est de rendre les choses plus simples. La collaboration de la plateforme avec les autres fédérations est très importante. Comment l’envisagez-vous ?

Via une bonne communication, de nombreuses rencontres, des conférences, des salons et des visites d’entreprise comme celle réalisée aujourd’hui. Le but est d’augmenter les contacts et les collaborations afin de s’assurer que ce qui est développé par la plateforme soit en phase avec les initiatives menées par les autres fédérations. La CCW nous aide pas mal à ce sujet. Un dernier petit mot sur votre prédécesseur Dominique Bonsang, le premier président de la plateforme ?

Je suis assez fier de lui succéder. Il est à l’initiative de la plateforme, il s’est beaucoup impliqué, ce qui prend pas mal de temps. Il s’implique d’ailleurs encore beaucoup car il fait partie du comité de gestion. C’est une très personne très agréable, très engagée et comme moi, neutre. Il a la volonté de représenter chaque acteur du métier, quel qu’il soit. Merci pour son travail !

•

février 2020 • Construction 33


POLITIQUE

La CCW a rencontré le ministre Willy Borsus

Fin de l’année dernière, une délégation de la CCW a rencontré Willy Borsus, vice-président de la Région wallonne et ministre wallon de l’Economie, de la Recherche, du Numérique et de l’Aménagement du territoire. Plusieurs thèmes essentiels pour le secteur ont été abordés lors de cet entretien.

La délégation CCW, emmenée par Francis Carnoy et Luc Mohymont, a abordé plusieurs thèmes avec le ministre Willy Borsus.

L

a CCW a tout d’abord indiqué qu’elle se réjouissait de voir le maintien de la politique d’investissements publics. Mais elle a demandé de la clarté quant aux montants et à la programmation de ces investissements. En effet, l’an dernier, en additionnant les différents plans, on arrivait à 9 milliards d’€ (5 pour le Plan wallon d’investissements ; 2,4 pour le Plan hôpitaux et 1,6 pour le Plan Infrastructures). Et le gouvernement a annoncé la réalisation d’un programme d’investissements nouveaux de 4 milliards d’€ sur l’ensemble de la durée de la législature. Le ministre a confirmé la volonté

34 Construction • février 2020

du gouvernement wallon de maintenir sa politique d’investissements publics, notamment en plaidant au niveau européen pour une déconsolidation des investissements indispensables (énergie, mobilité durable, formation et innovation).

Circuits courts/labels

La Confédération wallonne a précisé qu’elle saluait la volonté annoncée d’immuniser les projets d’investissements (sur la base des normes SEC) de type productif, énergétique et/ou durable, tant au niveau régional que local. Pour elle, il est également important d’optimiser les retombées régionales des travaux.

Dans cette logique, la notion d’économie circulaire doit être liée à la notion de « circuits courts » afin de valoriser au mieux l’emploi local, les filières de matériaux et systèmes constructifs locaux. Implémenter le concept de circuit court peut se faire via des labels, notamment le label « menuiserie durable », en cours de préparation.

Pénurie de main-d’œuvre

La pénurie de main-d’œuvre qualifiée persistante est un enjeu préoccupant pour notre secteur. La CCW n’a pas manqué l’occasion de le rappeler lors de cette entrevue politique. L’IFAPME et les centres de compétences liés à


notre secteur sont des pierres angulaires pour la qualification des professionnels présents et futurs. La CCW souhaite un rôle accru des centres ConstruForm (centre de compétences de la construction) pour qu’ils deviennent, à terme, un pôle d’attractivité sectorielle incontournable. Ainsi les centres ConstruForm verraient leurs missions de sensibilisation, d’information, d’orientation (jeunes et demandeurs d’emploi), de formation (vers le public de l’enseignement, de l’IFAPME, du Forem et des travailleurs du secteur) et d’évaluation des compétences renforcées.

CoDT/SDT

Concernant le CoDT (Code du Développement territorial), malgré quelques progrès restant à faire pour les

projets de plus grande ampleur, la CCW a salué les avancées positives engendrées par la réforme, notamment en termes de délais de délivrance pour les permis octroyés pour des petits projets. En outre, elle propose des améliorations contre les recours abusifs, les délais de recours, les motifs d’incomplétude et les charges d’urbanisme arbitraires. Si la task force, mise en place pour évaluer le CoDT, a pris fin, le ministre a indiqué qu’il était favorable à sa réactivation afin de procéder à une évaluation permanente. La CCW demande d’y inclure les représentants du secteur de la construction. Au sujet du SDT (Schéma de Développement territorial), et plus particulièrement la mesure du « stop à l’étalement urbain », la CCW (en commun avec l’UPSI et l’UWA) avait

déjà remis un avis sur cette mesure, reprise dans la DPR. Elle comprend le souci de densification, mais y procéder dans l’urgence et sans les mesures d’accompagnement préconisées par le secteur risque de conduire à une situation ingérable.

Autres thèmes

D’autres thèmes ont été abordés au cours de cette rencontre : le partenariat CCW/Sowalfin, le dispositif des clauses sociales qui doit mener à une insertion plus efficace, l’évaluation du dispositif d’accès à la profession maintenu en Wallonie, l’intégration des menuisiers wallons dans l’OEWB (Office Economique Wallon du Bois), l’innovation et la cartographie numérique des réseaux enterrés demandée par le secteur.

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février 2020 • Construction 35


GREENWIN

Première édition de Construction 4.0, l’innovation au service du bâti Fin 2019, le pôle de compétitivité GreenWin a organisé la première conférence consacrée à l’innovation dans la construction : Construction 4.0. L’événement s’est tenu au centre du CSTC, à Limelette. 181 participants ont pris part à cette conférence organisée en association avec la CCW, le CSTC, l’AdN, des centres de recherche et clusters wallons ainsi que plusieurs entreprises privées.

L

es exigences en ma­tière de réduction des émissions de CO2 impliquent une accélération de la rénovation du bâti wallon. Pour rappel, il faudra passer de 0,7 %/an, actuellement, à 3 % d’ici 2030. Une nouvelle manière d’envisager la construction est également indispensable. Avec la numérisation du secteur, les méthodes artisanales devront faire place à d’autres, plus « high tech ». Ce contexte montre clairement l’intérêt pour le secteur d’organiser un tel événement. Au cours duquel ; après une introduction d’Olivier ­Vandooren, directeur général du CSTC et de Véronique Graff, directrice générale de GreenWin ; une séance plénière organisée par Besix, différentes conférences et deux tables rondes sur la construction du futur et l’accélération de la rénovation ont été organisées.

Deux tables rondes

Mélanie Léonard, conseillère technologie, innovation et numérique à la CCW a animé la pre­mière. « Cette rencontre entre le monde numérique et celui de la 36 Construction • février 2020

technologique qui permettra de relever les défis tout en saisissant aussi des opportunités économiques et sociales, de manière éco-responsable, locale et durable », a indiqué Marc Van Den Neste, le président de GreenWin,

Politique

Olivier Vandooren (CSTC) et Véronique Graff (Greenwin) ont lancé la première édition de Construction 4.0.

construction est assez unique. Elle est essentielle afin de cerner les besoins de chacun pour remettre les enjeux au centre de la table afin de mieux collaborer et avancer ensemble. J’ai pu me rendre compte que les deux mondes ont beaucoup à apprendre l’un de l’autre », a-t-elle indiqué. « Aujourd’hui, nous entendons beaucoup parler de technologie. Mais, comme différents intervenants l’ont souligné lors de cette journée, elle ne constitue que l’un des outils de l’innovation. Il y en a d’autres. J’insiste également pour dire

que l’humain restera toujours au centre de cette innovation. La robotisation, par exemple, doit enlever le travail pénible et en même temps, être porteuse d’emplois ».

Opportunités ­économiques et sociales

Cette nouvelle ère offre donc des perspec­tives réjouis­ santes quant à l’émergence de nouveaux métiers ou à de nouvelles manières de les pratiquer. « Les en­jeux environnementaux et énergétiques sont colossaux. Le secteur est mûr et prêt pour un bond

Enfin, le monde politique s’est également intéressé à Construction 4.0. Willy Borsus, vice-président du gouvernement wallon et ministre ­wallon de l’Economie, de la Recherche, du Numérique et de l’Aménagement du Territoire, était présent et a déclaré. « L’ensemble de ce que l’innovation va produire en nouveaux matériaux, les efforts portés par les entreprises et l’optimisation des financements des pouvoirs publics, permettront la mise en œuvre de programmes plus structurants et accélérateurs de rénovation (…). La formation initiale et continuée mise à jour, l’environnement, l’économie, le numérique, l’aménagement du territoire…sont des compétences qui constituent le socle d’une approche intégrée et décloisonnée des enjeux (…) ».

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PRIX

« je construis mon avenir » remporte le titre de campagne de l’année ! Belle récompense pour la campagne « je construis mon avenir » ! Fin de l’année dernière, elle a remporté le titre de campagne de l’année. Lancée en avril dernier par la CCW et ses partenaires, son objectif était de valoriser l’image des métiers de la construction pour résorber la pénurie de main-d’œuvre.

S

elon les derniers chiffres et différents scénarii, la construction wallonne pourrait avoir besoin de 8.000 travailleurs supplémentaires d’ici 2024. Or, avec 5.000 postes vacants, le secteur souffre déjà d’une pénurie de main-d’œuvre qualifiée. Bien consciente de ce problème, la CCW et ses partenaires sectoriels (IFAPME, Le Forem et la Wallonie pour le volet public, et WorldSkills Belgium, Constructiv, CEFORA et Volta pour le volet privé) ont décidé d’agir en lançant, notamment, la campagne « je construis mon avenir », au mois d’avril 2019. Objectif ? Casser les clichés et briser la mauvaise image des métiers de la construction auprès des jeunes de 15 à 25 ans.

Hungry Minds

Cette action de sensibilisation a été réalisée par l’agence de communication

Hungry Minds. Et le moins que l’on puisse écrire est qu’elle a visiblement été appréciée. Notre partenaire dans ce beau projet a, en effet, reçu le titre de Campaign of the Year, décerné par FEWEB, la fédération des métiers du web. L’originalité de la campagne et son approche auprès du public ont été particulièrement appréciées. Il ne s’agit pas d’une première ! En 2018, l’agence créative francophone s’était déjà illustrée en remportant le bronze dans la catégorie B2B pour le site corporate de la Sonaca.

Stratégie digitale

Comment a été organisée cette campagne ? Hungry Minds a créé un site one-page www.jeconstruismonavenir. be, où la cible ainsi que les parents peuvent discuter avec un chatbot afin de découvrir les possibilités du secteur de la construction. L’agence a également développé

toute une stratégie digitale afin de toucher les jeunes et de les informer de l’existence de la plateforme : des gifs animés, des interviews de professionnels …ont été diffusés sur les réseaux sociaux pendant six semaines, de juin à août. Sans oublier des spots radio sur NRJ et un affichage sur les bus du TEC.

4.000 visiteurs uniques

Résultat : pas moins de 4.000 visiteurs uniques, dont 60 % ont utilisé le chatbot de la plateforme, se sont déjà rendus sur le site de la plateforme. La CCW félicite Hungry Minds pour ce beau prix, décerné dans le cadre d’une action de sensibilisation qui touche au plus près notre secteur. Et elle vous fixe déjà rendez-vous dans le courant de cette année pour d’autres actions de ce type. Avec toujours le même objectif : résorber la pénurie de main-d’œuvre

février 2020 • Construction 37


INNOVATION

Une quinzaine de personnes ont participé au premier Lean Construction Café.

Parlons Lean au… Lean Construction Café ! Le CSTC ; en collaboration avec la CCW, la CCBC, le CEFORA et Innoviris Brussels ; a mis en place le concept de Lean Construction Café. Objectif ? Faire se rencontrer les entreprises wallonnes et bruxelloises dans un…café pour échanger leur expérience respective sur le Lean. Explications.

L

e Lean Construction est une philosophie de travail visant à créer plus de valeur pour le client en éliminant les gaspillages (pertes de temps) qui parasitent les processus organisationnels de l’entreprise. Elle s’inscrit dans le cadre d’une démarche systématique et rigoureuse d’amélioration continue, mais aussi d’implication et de responsabilisation des collaborateurs. Cette philosophie, et les principes qui la sous-tendent, sont mis en pratique au quotidien au moyen d’outils collaboratifs de gestion tels que le Last Planner® System, les 5S, le BIM, l’analyse VA/NVA ou encore la logistique Lean, par exemple. 38 Construction • février 2020

Groupes de discussion

Avec ses partenaires, le CSTC souhaiterait que cette philosophie se répande au sein de toutes les entreprises de construction, aussi bien petites que grandes. D’où l’idée de créer un lieu de rencon-

tre, quelque peu insolite, pour parler de la thématique : un café. « C’est nous qui coordonnons cette initiative dont l’objectif est de créer des groupes de discussion autour du Lean », indique Florent Suain, coordinateur du Lean Construction Café.


A g., Dominique Pirlot (CSTC) et Florent Suain à dr., coordinateur du Lean Construction Café.

« IL EST ESSENTIEL QUE LA PHILOSOPHIE LEAN SE TRANSMETTE À TOUT LE SECTEUR » Willliam Dockx est technicien planning et responsable de l’implantation du Lean chez Jacques Delens. Après un stage d’un an chez Besix, dans la cellule Lean, et un TFE ayant pour thème « Analyse des gaspillages sur chantier dans le cadre de l’application du Lean », il a désormais la mission de coordonner le Lean au sein de la filiale de Besix. « Notre entreprise a

Ne pas être novice

Une condition pour participer : ne pas être novice dans le concept de Lean. « Il ne s’agit pas d’une formation qui reprend le b.a.-ba du Lean. Ce n’est pas l’objectif. Les entreprises participantes doivent connaître les concepts de base et déjà, en partie tout du moins, les implanter dans leur entreprise », indique-t-il. « Elles font part de leur expérience, aussi bien positive que négative. Qu’est-ce qui fonctionne bien et moins bien ? Quelles sont les difficultés rencontrées et les obstacles auxquels elles se heurtent ? L’objectif est d’échanger et de débattre en faisant mûrir des idées. Ceci afin d’améliorer les connaissances des entreprises et, d’une certaine manière, contribuer à faire avancer le secteur vers plus de compétitivité, à la fois en termes de productivité mais également en termes de condition de travail ».

Productivité du poste de travail

Le premier Lean Construction Café a déjà eu lieu. La première thématique abordée était la productivité du poste de travail. Les discussions ont porté sur l’importance des pertes de temps

toujours eu une volonté d’innovation et de prendre les devants sur les enjeux du secteur de la construction. Nous sommes déjà impliqués dans le développement du Brussels Construction Consolidation Centre (ndlr : voir édition de Construction de décembre/janvier pp.3839) pour réimaginer la logistique des livraisons des chantiers. Notre département BIM tente de valoriser au maximum l’utilisation des maquettes 3D et nous allons bientôt tenter de développer les maquettes 4D liées au planning. C’est dans cette logique d’innovation et d’amélioration conti-

nue que s’inscrit notre intérêt pour le Lean et la participation à ce Lean Construction Café », explique-t-il.

Avantages du Lean Pour lui, la philosophie Lean présente de nombreux avantages. « Elle a comme idéal de diminuer les gaspillages en améliorant la collaboration tant en interne ; entre nos équipes présentes sur chantier et nos supports en bureaux, qu’en externe ; vis-à-vis de nos parte-

naires sous-traitants. Ils ont également un rôle important à jouer. Cette meilleure collaboration est bénéfique pour tout le monde ». Des outils comme le Make-Ready, le LPS ® (Last Planner ® System) et le micro-zoning sont déjà bien implantés au sein de l’entreprise. « Avec le Make-Ready, un chantier n’est plus censé démarrer tant que tous les prérequis de désignation de sous-traitants ou d’achats ne sont pas en ordre. Grâce à cette meilleure préparation, nous comptons tendre vers des chantiers avec zéro délai de retard.

sur chantier et les méthodes pour les mesurer. Avant de mettre en place des solutions, il est en effet fondamental d’identifier et de qualifier les gaspillages à éliminer. « Il y avait une quinzaine de participants dont pas mal d’entreprises générales de classe 8 ». Ces participants prendront part aux prochains rendez-vous, fixés aux mois de mars, mai et septembre. « L’idée est

L’outil LPS, des post-it placés sur un tableau de chantier où chaque couleur représente un corps de métier, permet de savoir qui fait quoi à quel moment et de diminuer nos stocks de bâtiments en arrêt de production. Enfin, grâce au microzoning, chaque partie du bâtiment est constamment occupée et se retrouve dans un flux continu de travail ».

Belle initiative C’est donc fort logiquement que l’entreprise a décidé de participer à cette initiative de Lean Construction Café. « Je remercie le CSTC et tous ses partenaires pour cette belle initiative. Il est essentiel que la philosophie Lean se transmette à tout le secteur. C’est un beau défi avec de belles opportunités de réduire le stress du chantier ainsi que les coûts. Un autre défi sera de récolter des données pour savoir précisément où se trouvent les gains et pour mieux cibler les investissements ».

d’effectuer un travail de groupe, sur la durée, avec des gens qui se revoient et échangent autour de la thématique. Je lance d’ailleurs un appel car il nous manque encore quatre à cinq sous-traitants pour le parachèvement et les techniques spéciales. En effet, la philosophie Lean concerne tous les professionnels et partenaires de la construction », conclut Florent Suain.

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février 2020 • Construction 39


CSTC

«Structures en béton» et «Géotechnique» au menu des cours du CSTC pour cet hiver Le Centre scientifique et technique de la construction (CSTC) diffuse ses connaissances acquises grâce à la recherche. Comme chaque année, des cours et soirées d'étude sont organisés à travers tout le pays. Les entrepreneurs de construction ne sont pas le seul public cible. Architectes, professeurs de l'enseignement technique et tout professionnel impliqué dans la construction sont également concernés. Pour les cours d’hiver de cette année, le CSTC organise deux cycles, l’un sur le gros œuvre (avec une soirée «structures en béton» et une soirée «géotechnique») et l’autre sur les chaufferies et cheminées (voir les pages qui suivent). Chaque cycle fait, dans chaque région, l’objet de deux soirées.

Soirée sur les structures en béton

40 Construction • février 2020

est essentielle pour obtenir la résistance escomptée, mais également pour la mise en œuvre et la durabilité. Une bonne maîtrise de l’exécution est tout aussi primordiale pour la qualité de l’ouvrage. À ce chapitre, le cours abordera les classes de résistance, de consistance et d’environnement, le diamètre maximal des granulats et les exigences complémentaires relatives, par exemple, à la prévention de la réaction alcali-silice ou à l’absorption d’eau. L’aspect «livraison» sera par ailleurs présenté avec une énumération des points à vérifier sur un bon de livraison et des ajouts autorisés sur chantier. Les coffrages, leur étanchéité et leur propreté seront ensuite expliqués.

Les recommandations des nouvelles normes sur le délai de décoffrage, de même que les tolérances et les mesures de protection du béton contre l’évaporation (durée de cure), contre la pluie, le

(© photo : CSTC)

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ors du cours d’hiver, Vinciane Dieryck, ingénieur au CSTC, évoquera la technologie du béton (ciment, eau, granulats, rapport eau/ciment, adjuvants, …) ainsi que sa mise en œuvre (hauteur de chute, vibration, cure, …). L’évolution des normes relatives au béton sera ensuite passée en revue avec la nouvelle Note d’information technique (NIT) que publiera prochainement le CSTC sur l’exécution des structures en béton et qui se basera sur les nouvelles normes relatives à la spécification du béton (NBN EN 206 et NBN B 15-001) et à l’exécution des structures en béton (NBN EN 13670 et NBN B 15-400). Une spécification adéquate du béton lors de la commande

froid et le gel ou contre les fissures d’origine thermique seront passées en revue. Quelques exemples de pathologies illustreront l’importance de bien suivre toutes ces recommandations.

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CALENDRIER DES COURS D’HIVER «GROS ŒUVRE» DU CSTC

Les cours d’hiver se donnent: À GRÂCE-HOLLOGNE: les soirs du lundi 10 février («Structures béton») et du lundi 17 février («Géotechnique»)

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(© photo : CSTC)

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Soirée sur les fondations : «De la mécanique des sols à la géotechnique»

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ors de cette seconde soirée de cours qui sera présentée par Nicolas Denies, docteur et ingénieur au CSTC, les principes fondamentaux de la mécanique des sols seront expliqués et illustrés au moyen de cas pratiques. Dans ce cadre, les thématiques principales de la géotechnique seront abordées : reconnaissance des sols, techniques de fondation, excavations, renforcement des fondations existantes et soutènements. Une attention particulière

sera apportée aux mouve­ ments des sols (gonflement, retrait, tassement, …). Certains sols, comme l’argile, sont plastiques : selon leur teneur en eau, qui dépend elle-même de la nature du sol, de la saison ou encore de la présence d’arbres à proximité, ils peuvent gonfler ou se contracter. Lorsque ces variations s’opèrent dans les couches situées sous l’assise des fondations, elles peuvent engendrer des tassements différentiels qui provoqueront des fissures dans le bâtiment.

Au vu de l’étendue du domaine, l’objectif du cours n’est pas d’entrer dans les détails de la théorie ou du dimensionnement géotechnique. Il s’agira plutôt de mettre en évidence les aspects auxquels il faut prêter attention lors de la réalisation d’un ouvrage, et de proposer aux participants des outils et sources d’information pratiques leur permettant d’aborder un projet géotechnique avec un maximum de ressources.

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À PERWEZ: les soirs du mercredi 12 février («Géotechnique») et du mercredi 19 février («Structures béton») À BRUXELLES (ECAM) : les soirs du lundi 23 mars («Structures béton») et du lundi 30 mars («Géotechnique»).

L’INSCRIPTION se fait de préférence via le site www. cstc.be à la rubrique Agenda. Vous pouvez aussi contacter le Service Formation du CSTC tél.: 02/655.77.11 fax: 02/653.07.29 mail: info@bbri.be).

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RÉFÉRENCE Ce texte est partiellement basé sur Les Dossiers du CSTC 2019/4.1 «La réaction alcali-silice : de nouvelles mesures de prévention», Les Dossiers du CSTC 2019/2.1 «Réétaiement des dalles en béton : bien vérifier la répartition des charges» et Les Dossiers du CSTC 2018/3.2 «Fissuration dans les bâtiments due au retrait ou au gonflement des sols plastiques». Seuls ces articles originaux peuvent être cités en référence.

février 2020 • Construction 41


CSTC

Cours d’hiver du CSTC : «Chaufferies et cheminées» À côté du gros œuvre (cf. pages précédentes), le Centre scientifique et technique de la construction (CSTC) a choisi un second thème pour ses formations hivernales 2020 : celui des «chaufferies et cheminées» expliquées au cours de deux soirées animées par les ingénieurs du CSTC, Xavier Kuborn et Vincent Jadinon. Que vous soyez entrepreneur, chauffagiste, architecte et/ou spécialiste de ce sujet, n’hésitez pas à vous y inscrire, car les exigences de sécurité incendie relatives aux conduits de fumée font l’objet de nombreuses questions de la part des entrepreneurs et le sujet sera, pour cette raison, traité sous un angle très pratique et concret…

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uand on place un conduit de fumée dans une gaine technique formant un compartiment résistant au feu, il faut s’assurer que la gaine restera bien étanche au feu quand le conduit sera raccordé au générateur de chaleur. Les Dossiers du CSTC 2019/4.12 expliquent bien ce principe essentiel qui consiste à cloisonner les espaces par des éléments de construction étanches au feu ou, à tout le moins, résistant bien au feu. C’est le principe du compartimentage. Pour atteindre cet objectif, tant en construction neuve qu’en rénovation, il faut respecter un certain nombre de bonnes pratiques qui, entre autres sujets, seront abordées lors des cours du soir de cet hiver..

Aération pour l’incendie

Dans les bâtiments collectifs tels que les immeubles à appartements, les conduits de fumée sont placés dans une gaine technique dont les parois doivent résister au feu. Plusieurs configurations de gaines techniques sont acceptables, mais nous nous bornerons ici à décrire la plus fréquente. La gaine technique est continue sur toute la hauteur du bâtiment, ses parois verticales constituant la 42 Construction • février 2020

(© photo : Nicolas Oldenhove)

limite du compartiment coupe-feu. La gaine est équipée à son sommet d’une ouverture d’aération (voir schéma de la figure 2) dont la section vaut au moins un dixième de celle de la gaine, avec un minimum de 400 centimètres carrés. Cette ouverture permettra d’évacuer la fumée en cas d’incendie. Elle peut être permanente ou actionnée par un clapet motorisé. Des valeurs de résis-

Fig. 1 Conduit collectif situé dans une gaine technique dont une paroi doit encore être maçonnée. Le conduit horizontal, qui traversera cette paroi pour faire le lien avec le générateur de chaleur est déjà présent.

tance au feu REI 60 et (R)EI 60 sont habituelles pour les parois respectivement horizontales et verticales de la gaine dans un bâtiment bas ou moyen. Pour un bâtiment élevé, ces exigences (cf. arrêté royal du 7 juillet 1994) sont


Fig. 2 Exigences relatives à la ventilation d’une gaine technique contenant un ou plusieurs conduits de fumée.

Fig. 3 Exemple de trappe d’accès résistant au feu.

CALENDRIER

DES COURS D’HIVER «CHAUFFERIES ET CHEMINÉES» Les cours d’hiver relatifs aux chaufferies et cheminées se donneront : À VERVIERS : les soirs du mercredi 4 mars et du mercredi 11 mars

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À CHARLEROI : les soirs du jeudi 19 mars et du jeudi 26 mars À BRUXELLES : (ECAM) les soirs du mardi 10 mars et du mardi 17 mars À GEMBLOUX : (IFAPME) les soirs du mardi 4 février et du mardi 11 février.

L’INSCRIPTION se fait de préférence via le site www.cstc.be à la rubrique Agenda. On peut aussi contacter le Service Formation du CSTC : tél.: 02/655.77.11 fax: 02/653.07.29 mail: info@bbri.be).

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plus contraignantes. La ventilation de la gaine se fait par deux ouvertures d’au moins 50 centimètres carrés situées si possible aux extrémités de la gaine pour favoriser le renouvellement de l’air,

comme on le voit sur notre schéma (figure 2A). Si l’orifice pour l’évacuation de la fumée en cas d’incendie est ouvert en permanence, il peut aussi servir d’ouverture de ventilation haute. Si l’on opte pour la ventilation naturelle, les deux ouvertures doivent mettre la gaine en contact avec l’extérieur du bâtiment. Si la ventilation est assurée par extraction mécanique, l’ouverture d’amenée d’air de la gaine peut déboucher à l’intérieur du bâtiment, car l’utilisation d’un ventilateur limite le risque de refoulement, par l’amenée d’air, de l’air vicié contenu dans la gaine technique. Lorsqu’on traverse une gaine pour la ventiler, il est nécessaire de maintenir la résistance au feu de la paroi traversée.

Accès à la gaine technique

Une gaine technique doit pouvoir être accessible à des fins d’inspection et d’entretien. On prévoira donc des trappes d’accès qui auront elles-mêmes une résistance au feu compatible avec celle de la paroi dans laquelle la trappe est placée.

Séparation des conduits dans la gaine

Une gaine technique dont les parois résistent au feu et qui contient au moins

un conduit de fumée (qu’il soit destiné à l’évacuation des fumées ou à l’amenée d’air comburant) doit répondre à l’une des exigences suivantes : • soit la gaine est exclusivement dest née aux conduits de fumée • soit le ou les conduits de fumée sont séparés des autres conduits par une paroi résistant au feu EI 30 • soit le ou les conduits de fumée présentent eux-mêmes une résistance au feu EI 30. Ces exigences s’appliquent, sans exception, à tout type de conduit de fumée (simple paroi, double paroi isolée, double paroi concentrique, …) et à tout type de matériau (métal, béton, matière synthétique, terre cuite, …).

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RÉFÉRENCE Ce texte est partiellement basé sur Les Dossiers du CSTC 2019/4.12 «Exigences de sécurité incendie relatives aux conduits de fumée placés dans une gaine technique». Seul cet article original peut être cité en référence.

février 2020 • Construction 43


Le tunnel s'étend sur une distance de 2,5 km.

PROJET

24.000 m² de réparation de béton pour le tunnel Léopold II Dans un peu moins d’un an, les réparations de béton du tunnel Léopold II, à Bruxelles, devront être terminées. Un petit groupe d’entrepreneurs a récemment eu l’occasion d’examiner de près la réparation de ce béton. À ce sujet, il s’agit du plus grand chantier du pays, avec la durabilité comme critère principal.

L

e tunnel Léopold II a été construit en 1986. Il s’étend sur une distance de 2,5 kilomètres et il est le plus long tunnel du pays. Vers 2010, il s’est avéré très clairement que des réparations étaient nécessaires. Les premiers morceaux se détachant ont été signalés en 2014.

Enorme projet

Le maître d’ouvrage, Bruxelles Mobilité, a confié les travaux au consortium Circul 2020, qui se compose de Besix, le groupe Jan De Nul et Fabricom. Besix et le groupe Jan De Nul ont effectué les travaux de génie civil et Fabricom Engie les travaux électromécaniques. Denys renforce ce consortium pour les réparations de béton. Simon Scharlaken (Denys), chef de projet pour la rénovation de béton, a décrit l’énorme ampleur de la tâche. La toiture du tunnel a une superficie de 70.000 m². De cette surface, 5.000 m² doivent être réparés localement et au total, 23.460 m² de protection cathodique sont placés. 44 Construction • février 2020

En outre, 9 conduits de ventilation, 2 salles de pompage et 13 sorties de secours doivent être rénovés. De plus, 17 nouvelles issues de secours doivent être ajoutées, conformément aux règles de sécurité européennes. Enfin, toute la surface de la route sera renouvelée et des revêtements muraux et un plafond résistant au feu seront installés. Ce dernier offre quatre heures de protection.

DBM en 25 ans

Intéressant dans ce projet : il s’agit d’un DBM (DesignBuild-Maintain). La rénovation est liée dans le contrat à une période de maintenance de 25 ans. Les coûts de construction et d’entretien pendant les travaux s’élèvent à 230 millions d’€. Le contrat total s’élève à 426 millions d’€. La formule DBM a des conséquences majeures pour la réparation du béton. Les entrepreneurs ont une obligation de résultat. Ils restent également responsables du bon fonctionnement du tunnel pendant ¼ de siècle. Ils ont donc été


5.000 m² de béton doivent être réparés localement.

La visité a été organisée par la VCB.

Protection cathodique

confrontés à la délicate mission de combiner durabilité et rentabilité à long terme. Le choix des bonnes techniques pour la réparation du béton s’est donc avéré très important. Un coût initial plus élevé est justifié s’il faut effectuer moins de réparations imprévues par la suite.

Diagnostic

Les entrepreneurs se sont basés sur une enquête béton, menée par la SPRL Sanacon. Le directeur Matthias Maes a notamment expliqué qu’un bon choix pour la réparation de béton était impossible sans un diagnostic très précis. Différents problèmes ont été identifiés : fissures, délamination (morceaux de béton qui se détachent) et corrosion de l’armature, souvent causées par la carbonatation (voir plus loin). Mais il n’y a pas que les dommages qui doivent être déterminés. Il faut également en étudier la cause. Dans le tunnel Léopold II, par exemple, on a constaté de l’infiltration à de nombreux endroits. Il faut trouver les causes de ce phénomène. La réparation durable aura toujours comme objectif d’éliminer la cause du phénomène. Cela n’a pas toujours été possible dans ce tunnel. Les vibrations de la ligne de métro voisine n’ont pas pu être éliminées. À certains endroits, des parkings se trouvent au-dessus du tunnel. De là, en hiver, l’eau, mélangée au sel de voirie, s’infiltre vers le bas.

Carbonatation

Le sel de voirie est essentiellement du chlorure du sodium. Et ces chlorures étaient une cause importante des dommages. Il était aussi question de carbonatation. La chaux dans le béton réagit avec le CO2 dans l’air, ce qui provoque le carbonate de calcium. Lorsque celui-ci atteint l’armature, il attaque la couche de passivation autour du métal. Il s’agit d’une couche protectrice créée automatiquement autour de l’armature. La protection diminue et de la rouille peut apparaître.

Sanacon a proposé différents scenarii de rénovation pour différentes zones. Une proposition a ensuite été faite à Bruxelles Mobilité sur cette base. Pour déterminer la durée de vie, on a calculé quelle probabilité de défaillance a une réparation. Les deux techniques de rénovation les plus importantes sont la classique réparation de béton et la protection cathodique. Il existe une différence de potentiel électrochimique dans le béton armé qui conduit à la corrosion en présence d’eau et d’oxygène. La protection cathodique réduit cette différence de potentiel. À cette fin, 75.000 mètres de bandes de titane sont installés dans le tunnel et sont mis sous tension. Un robot de pulvérisation automatique les a recouverts de 2 centimètres de béton.

Contre la montre

Lors de la visite du tunnel, Simon Scharlaken a évoqué un défi supplémentaire : les conditions de travail. La construction d’origine a été effectuée par différentes entreprises. Et pour autant que l’on sache, il n’existe pas de plans complets pour l’ensemble du tunnel. Par conséquent, un scan 3D complet a d’abord été effectué. Un modèle BIM complet du tunnel existe désormais. Il sera aussi utile dans la phase de maintenance. De plus, le tunnel Léopold II est un axe de circulation d’importance supra-locale. Une fermeture définitive pendant longtemps n’a pas été possible. Une fermeture estivale a bien permis aux entrepreneurs de travailler 24h/24 pendant trois mois. Mais de septembre à juin, le travail doit être concentré dans une période nocturne, de 22h à 6h du matin. Le trafic traverse le tunnel pour le reste de la journée et ce dernier doit donc répondre à certaines exigences fonctionnelles minimales en termes de ventilation, d’éclairage, de caméras… En réalité, les travaux ont commencé début 2018 avec le désamiantage. Normalement, l’ensemble du tunnel devrait être opérationnel en février 2022.

•

INFO : Cette visite exclusive était l’une des visites de chantier organisée par la VCB (Confédération flamande de la Construction) dans le cadre du projet ‘Réparation durable du béton’. Ce projet encourage l’application de techniques durables et innovantes, tant en termes de diagnostic que de choix de matériaux et de mise en œuvre. Il s’agit d’une initiative de la VCB, de l’organisation flamande des architectes (NAV), du CSTC et de l’Association belge des spécialistes dans le domaine de la réparation, la protection et le renforcement du béton (FEREB). Elle a reçu le soutien de VLAIO (l’Agence flamande pour l’innovation et l’entrepreneuriat). Intéressé ? Envoyez un e-mail à tim.vanhelden@confederatiebouw.be. février 2020 • Construction 45


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MARCHÉ DE LA CONSTRUCTION

Deceuninck lance

Le Fixscreen de Renson a soufflé ses 15 bougies

une nouvelle gamme PVC et aluminium Deceuninck, fabricant de profilés en PVC et en aluminium, lancera un concept novateur et unique en 2020 : iCOR. Avec iCOR, l’entreprise lance le tout premier bloc de construction universel pour les profilés de porte et de fenêtre en PVC. Le successeur des séries Zendow et Zendow#neo, basé sur ce principe iCOR, s’appelle Elegant et propose divers styles modernes de portes et de fenêtres en PVC.

Grâce à sa conception sophistiquée, le bloc de construction iCOR peut être combiné sans problèmes avec n’importe quelle série d’ouvrants. La performance technique de cette nouvelle série est assez impressionnante. Elegant atteint le plus haut niveau de résistance à l’eau et au vent. Les cadres et les ouvrants sont d’excellents isolants thermiques et sont durables. Deceuninck a présenté ses nouveaux profilés Elegant et Decalu, une nouvelle collection en aluminium, lors du salon Polyclose.

www.deceuninck.be

Le store Fixscreen de Renson a 15 ans. L’entreprise vient donc de fêter cet anniversaire, à l’occasion du salon Polyclose, avec ses partenaires et ‘Ambassadors’ qui ont contribué à son succès. Avec un retour en arrière vers 2005 lorsque Renson était, à cette époque, pionnier dans le domaine des stores de protection solaire avec le Fixscreen, store qui se distinguait par son incomparable résistance au vent, dans toutes les positions. Mais également avec un regard tourné vers l’avenir. Car le Fixscreen, fort de ses caractéristiques uniques mais adapté aux

besoins d’aujourd’hui et de demain, a encore de belles années devant lui. Renson vient effectivement de lancer le Fixscreen Minimal, étape suivante dans l’histoire, déjà très riche, du Fixscreen. Avec ce nouveau store, Renson repousse encore plus loin les limites du minimalisme de sa célèbre protection solaire. Il existe désormais une solution qualitative et pérenne pour les murs-rideaux et l’installation ultérieure sur des ‘fenêtres minimalistes’existantes. En route pour 15 nouvelles années de succès pour le store Fixscreen !

www.renson.eu

Infratech et Matexpo lancent un nouveau salon professionnel :

Techni-Mat

Techni-Mat, une organisation conjointe d’InfraTech et Matexpo, aura lieu du 25 au 26 mars prochains à Courtrai Expo. Ce nouveau salon sur les techniques et les matériaux destinés aux infrastructures et au gros-œuvre est né d’une demande concrète du secteur de la construction. Il s’adresse aux entrepreneurs généraux et de la construction routière, aux directeurs techniques, aux acheteurs, aux calculateurs, aux gestionnaires de sites et de projets, à la direction générale, aux pouvoirs publics et aux clients privés. Une petite centaine d’exposants vous accueilleront pour répondre à vos

besoins. La Confédération Construction est partenaire de Techni-Mat.

www.techni-mat.eu février 2020 • Construction 49


MARQUANT

Le groupe Willemen reçoit deux distinctions aux FIDIC Contract Awards Au mois de décembre dernier, le groupe Willemen s’est distingué à la toute première remise des FIDIC (Fédération internationale des ingénieurs-conseils) Contract Awards qui s’est déroulée à Londres. L’entreprise belge a effectivement remporté deux prix : ‘Projet de l’Année’ et ‘Entrepreneur de l’Année’. Le prix ‘Projet de l’Année’ a été décerné à l’APM Terminals MedPort Tanger, l’un des terminaux à conteneurs les plus avancés au monde. « Nous l’avons livré au printemps dernier dans le port de Tanger, au Maroc », a expliqué le groupe dans un communiqué. « Douze grues ship-to-shore télécommandées à distance, les plus grandes au monde, sont responsables du chargement et du déchargement rapides, efficaces et sûrs des navires avec au moins 22.000 conteneurs à bord ». Le jury a motivé son choix par ces mots. « Ce projet a été réalisé selon

les normes de qualité et de sécurité les plus élevées et selon les conditions contractuelles du Livre Rouge de la FIDIC. De plus, le terminal a été livré dans les délais, le budget et avec d’excellents chiffres de

1,3% EN 2019

sécurité », a-t-il indiqué. Au cours de la soirée, le groupe Willemen est monté une deuxième fois sur le podium pour recevoir le prix ‘Entrepreneur de l’Année’. Le jury a salué l’approche

proactive et de résolution de problèmes adoptées par l’entreprise aussi bien avec les clients qu’avec les maîtres d’ouvrage. Aussi, la manière dont le groupe utilise les contrats FIDIC et l’importance attachée aux principes de coopération de la FIDIC ont été appréciées. Au cours de l’événement, sept prix ont été décernés. Willemen était la seule entreprise à recevoir deux prix. « Avec cette nouvelle initiative, nous voulons accroître la visibilité des contrats FIDIC et de ceux qui les utilisent. Les prix récompensent les meilleurs exemples pratiques », a indiqué la FIDIC. La Fédération internationale des ingénieurs-conseils propose, depuis 1957, des contrats qui sont utilisés par les employeurs du secteur international de la construction. L’organisation est basée à Genève, en Suisse, et compte des membres dans 104 pays.

Selon le magazine économique de la Banque Nationale, l’économie belge a bien résisté en 2019, avec une croissance de 1,3 %. Pour 2020, la Banque Nationale table sur 1,2 % pour atteindre 1 %, en 2022. En 2019, la croissance a été soutenue par la consommation privée, en partie grâce à l’augmentation du pouvoir d’achat. Entre 2019 et 2022, les revenus disponibles des ménages augmenteraient cumulativement de 6,8 %. Il s’agit d’une véritable augmentation, corrigée pour l’inflation. Le marché du travail favorable, la croissance de l’emploi, mais aussi le tax shift, mis en place en 2019, en sont responsables. En revanche, l’investissement des entreprises soutiendra moins la croissance, car une modération du cycle d’investissement habituel est attendue.

50 Construction • février 2020


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