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PSYcause(s)3 -

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Théâtre, Contemporain

Josiane Pinson - PSYcause(s) 3 Jusqu'au 10 mars 2019 - Studio Hébertot

Dans ce troisième et ultime opus de PsyCause(s), Josiane Pinson reprend son personnage de psy naviguant entre les névroses de ses patientes et ses propres doutes et interrogations. Entre le récit de ces vies chaotiques et les soubresauts de la sienne. Si, dans le précédent spectacle, elle entendait « niquer la mort », aujourd’hui, elle cherche juste à garder l’équilibre face à des turbulences inattendues. Comme toujours avec Josiane Pinson, l’humour est subtil et l'écriture ciselée. Seul en scène classieux, PsyCause(s) 3 conclut avec élégance une trilogie originale et attachante. Michèle Bourcet (M.B.) Mercredi 14 novembre 2018


Psycause(s) : la thérapie de choc de Josiane Pinson Par Nathalie Simon - Mis à jour le 26/11/2018 à 12:10 - Publié le 25/11/2018 à 15:05

Josiane Pinson enchaîne des saynètes humoristiques à la portée existentielle. Fabienne Rappeneau

CRITIQUE – SEULE EN SCÈNE Dans Psycause(s), l'actrice Josiane Pinson campe une galerie de personnages drôlement névrosés. Cette femme-là a plein de problèmes. Les cordonniers sont les plus mal chaussés, et justement cette psychanalyste a du mal à gérer son quotidien. Divorcée, mère de trois enfants, elle «partage» sa vie privée «entre Catherine et Pierre», ses ex, dont Philippe, son mari, le père de sa progéniture, et ses patients. Forte de trente ans d'expérience, elle est tentée d'abandonner le métier pour partir à la campagne. Gaillarde, drôle et tendre, Josiane Pinson incarne une analyste de choc dans le troisième opus de sa trilogie baptisée Psycause(s), commencée en 2002. Toujours installée sur son fauteuil orange et vêtue de noir, la sexagénaire s'inspire de son expérience d'ancienne patiente pour interpréter des personnages décalés, névrosés, perturbés et perturbants.

Avec de nouvelles inquiétudes Il y a cette petite fille qui se perd dans l'arbre généalogique de sa famille sans cesse recomposée ou cette vieille dame habillée comme une bimbo qui cherche l'orgasme avec les routiers. Présente dans les deux Psycause(s) précédents, Madame Gras, qui vomissait sur son divan est de retour avec de nouvelles inquiétudes. Lunettes juchées sur le bout du nez, Josiane Pinson habite le plateau sans efforts. Fluide, la mise en scène de Gil Galliot laisse libre cours à ses allers-retours entre son appartement et le cabinet (la scène est nue). La fine actrice « autodidacte » ne cherche pas à délivrer de messages, juste à distraire et partager ses interrogations sur l’être humain, en particulier féminin. Dans la peau de la thérapeute, elle vide son cœur de femme mûre trahie, mais qui veut s’émanciper et confie ses angoisses existentielles. Elle se surprend à répondre à sa mère (la voix de la pétillante Judith Magre) qu’elle vient d’enterrer et choque ses trois enfants avec sa liberté d’esprit. Que ce soit sur la mort ou la vie, les illusions perdues ou l’espoir qui perdure, Josiane Pinson écrit bien et ne prend pas de gants pour faire tomber les murs d’un cabinet intime. Malicieuse, directe, elle enchaîne les saynètes dans des lumières changeantes pour un auditoire complice, parfois un peu voyeur, mais toujours bienfaisant. Studio Hébertot, Paris XVIIè). Tél : 01 42 93 13 04 www.studiohebertot.com


PSY CAUSE(S) 3 De et avec Josiane Pinson Mise en scène de Gil Galliot au Studio Hébertot Bd des Batignolles Paris du 21 Octobre 2018 au 10 Mars 2019 – Lundi 19 H – Samedi 17 H – Dimanche 19 H 30 – Publié le 22 octobre 2018 par theatreauvent

De et avec Josiane Pinson Mise en scène de Gil Galliot Avec la complicité de Judith Magre, Anie Balestra, Achille Orsoni et Bruno Magne Savez-vous que les psys sont des gens comme les autres, pour ainsi dire. En tout cas, la psy que campe Josiane PINSON fait partie de celles que nous voudrions prendre dans les bras pour la dorloter, lui faire passer son stress avec quelques berceuses. La pauvre vient de perdre sa mère (nous l’entendons à travers la voix aguicheuse et gouailleuse de la charmante Judith MAGRE), ses enfants se moquent d’elle, son amante la délaisse et elle ne supporte plus les confidences de ses patients. Faire office de machine à laver pour essorer les fantasmes, les malheurs, les frustrations affectives et sexuelles de sa clientèle, a fini par l’épuiser moralement. Il est vrai que sans quelques démangeaisons existentielles, l’être humain serait voué à l’ennui. De toute façon, il n’a guère le choix, vu du ciel psychanalytique, Dieu est mort et Lacan semble atteint de la maladie d’Alzheimer. Autrefois, il y avait le confessionnal. Il était possible de se taper soi-même en hurlant « Mea culpa », aujourd’hui, vous pouvez, si le cœur vous en dit, frapper à la porte d’une psy, qui secret professionnel oblige, ne racontera jamais toutes les insanités que vous déchargerez devant elle. Est-ce si sûr ? Un doute nous assaille. Josiane PINSON est vraiment douée pour la caricature. Elle est féroce ! Et inquiétante, comment cette femme au visage si affable, à l’allure si élégante peut-elle changer de visage en un tour de scène, se transformer en harpie hystérique puis reprendre sa posture de psy charismatique fouaillant dans la poubelle de ses fiches freudiennes, lacaniennes, doltoniennes etc. Faut croire que ça l’amuse ! Sa cure psychanalytique, ce sont ses jeux de rôles qui lui permettent de scénariser sa vie de la façon la plus risible possible. Et les spectateurs qui rient de ses débordements font office de psys à leur corps défendant. Ils répondent par le rire qui est le meilleur antidote à l’ennui, la morosité. Les salades existentielles que leur offre Josiane PINSON ont beau être fort juteuses, c’est son petit côté fleur bleue et tendre qui allume la mèche, décidément Josiane PINSON est irrésistible ! Paris le 22 Octobre 2018 Evelyne Trân


dĂŠcembre 2018


Josiane Pinson Auto proclamée psy pour le meilleur et pour le rire Outre sa carrière à l’écran, cette formidable comédienne ne cesse d’explorer une même thématique au théâtre, la femme, à travers ses propres textes (La quarantaine rugissante, PSYcause(s)), ou ceux des autres (« La femme qui frappe » de Victor Haïm…). Dans PSYcause(s)3, au Petit Hébertot, Josiane Pinson est Elle, la psy si fragile, et elles, ses patientes, dont les névroses nourrissent les siennes. On y est parfois touché en plein cœur mais surtout, on y rit. « PSYcause(s)3 » commence par un enterrement et finit par une renaissance. Entre les deux, elle règle pas mal de ses problèmes et ses patientes lui font perdre patience. Quelle peut être la suite ? Il n’y en aura pas ! En trois étapes, j’aurais fait exister quelque soixante femmes, dressant ainsi un portrait le plus universel possible de la Femme, avec toutes ses contradictions, envies et fantasmes jamais conciliables et sa quête perpétuelle de bien-être et d’équilibre remis en question jusqu’à la mort car plus on avance en âge, plus nos désirs changent. Cependant, pas question d’en faire un principe commercial. C’est le dernier volet de ce qui restera donc une trilogie ! J’ai voulu ce clap de fin entier et extrême, quitte à heurter quelques sensibilités. Dès le début, un enterrement ? Grâce à Gil Galliot, metteur en scène intelligent et exigeant, j’ose ! quid de la liberté sexuelle évoquée à travers la polysexualité de mes personnages ? En ces moments de rétrécissement de la pensée, ça fait du bien ! TaTouVu.Mag – N°91

D’où vous vient cet attrait pour la psychanalyse ? On a tous, sans le savoir, des cases plus ou moins ouvertes à des matières. Ainsi, j’étais nulle en maths mais première en philo. Pourtant ma prof m’enlevait toujours deux points « c’est un devoir de psychanalyse » me disait-elle sans cesse… mais je n’avais jamais ouvert un bouquin de psy de ma vie ! alors j’ai potassé le sujet. Puis devenue jeune maman et pas du tout en phase avec ma propre vie, j’ai commencé une analyse. Comment est né le premier PSYcause(s) ? Il y a en moi une petite case auteur toujours à l’affût, parfois inconsciemment. Ainsi, en sortant de mes séances d’analyse, j’ai pris le pli de m’asseoir dans un troquet pour noter ce qui venait de se passer. En écrivant, j’ai trouvé le moyen de distancier mes propres malheurs et, plus tard en 2010, de faire rire avec eux. Pourquoi explorer l’inconscient de la psyché féminine ?

Au départ, c’est celle que je connais le mieux. J’aime le fait que, que l’on ait 20, 40 ou C0 80 balais, on puisse se retrouver dans un ou plusieurs des portraits que j’ai dressés. Mon public est composé de gens qui viennent et reviennent, parfois jusqu’à six fois ! Cela lui parle donc fort et profondément. Si je peux, avec beaucoup d’humilité, contribuer un petit peu à la cause féminine qui en a plus besoin que jamais, je suis heureuse ! A noter, Josiane vient d’écrire, pour Alexis Victor (vu dans « Le repas des fauves ») un « PSYcause(s) en version masculine… On ne se refait pas Caroline Fabre


PSY cause(s) 3, l’impayable cabinet psy de Josiane Pinson Par Amaury Jacquet

Déc 4, 2018

PSY cause(s) 3 de et avec Josiane Pinson © Fabienne Rappeneau

Josiane Pinson reprend son rôle de psy dans “PSY-Cause(s) 3”. On l’a retrouve toujours confrontée à l’inconscient gratiné de ses patientes. Où leurs maux l’a renvoient sans concessions à sa vérité de femme en quête d’elle-même à la fois : fille, mère, amante, aux prises avec sa propre vie et ses choix irréconciliables avec son entourage. Il y a là sa mère dont Judith Magre prête sa voix et qui, d’outre-tombe, continue à l’observer et à la juger mais aussi ses enfants qui prennent un malin plaisir dans leur vie d’adulte à s’opposer à cette mère considérée comme toxique et castratrice, avant de décider de rompre définitivement avec elle. La comédienne prend place au centre du plateau dans son fauteuil ergonomique orange, tournant, qui est une pièce maitresse du dispositif scénique. Il offre différentes positions ou angle de vue : assise, allongée, vide, qui sont autant d’indicateurs sur la psyché à décrypter, à s’approprier, à s’émanciper tant du côté du thérapeute que de l’analysée, où les affects et les paroles se croisent et se répondent. Dans son cabinet des patientes donc qui se succèdent où s’exhortent sans filtre et face au thérapeute, les névroses, fantasmes ou autres pulsions qui font aussi échos à son parcours chaotique de vie. On croise notamment une femme qui se débat avec un arbre généalogique aussi complexe qu’explosé, une vieille dame mariée depuis 50 ans mais toujours vierge et suicidaire ou encore une bourgeoise en recherche de sensations fortes auprès de chauffeurs routiers ! Hilarant et introspectif Et si les fêlures secrètes, sont traitées avec humour, elles n’en demeurent pas moins transgressives, interrogeant par la même la neutralité du sachant qui est une femme comme les autres, confrontée elle aussi à une remise en cause de sa situation personnelle – malmenée et aliénante – dont elle éprouve les limites. Josiane Pinson, portée par son écriture acérée mâtinée d’humour noir, excelle en psychanalyste posée, très professionnelle, et au bord de la crise existentielle. Elle endosse tour à tour avec une aisance naturelle ces personnages névrosés et son propre rôle où sa gestuelle et ses intonations changeantes cristallisent toute la psychose et la perdition qui se jouent. La mise en scène précise de Gil Galliot avec sa direction d’acteur, son univers sonore, sa lumière, assure une fluidité parfaite entre les scènes et focalise cette urgence à dire, à vivre enfin et contre tous. INFOS Dates : du 21 octobre 2018 au 10 mars 2019 l Lieu : Studio Hébertot (Paris) Metteur en scène : Gil Galliot l Avec : Josiane Pinson


Cela fait maintenant plus de dix ans que Josiane Pinson nous accompagne dans les méandres de notre inconscient, sous les traits d’une psychanalyste. Le temps a passé, elle est désormais grand-mère et vient de perdre sa mère. Elle navigue des vies chaotiques de ses patientes à son propre parcours de vie, guère plus tranquille, entre ses ex et leurs nouvelles compagnes et ses enfants qui lui disent qu’ils auraient préféré, quand ils avaient mal à la tête, qu’elle leur propose un Doliprane plutôt qu’une psychanalyse. Sans compter les petits-enfants et une mère qui s’obstine à lui parler de l’au-delà. Elle arrive à nous faire rire non seulement de ses patients plutôt déjantés mais aussi de ses propres frustrations, de son angoisse du vieillissement et de la solitude et même de la perte de sa mère, béquille si encombrante, mais aussi si tendre.

Josiane Pinson a écrit le texte de « PSYcause(s)3 » et l’interprète. Son texte est drôle, cachant parfois la gravité sous un humour aigre-doux qui titille l’émotion. Elle est le reflet de nos questionnements quand elle évoque le besoin d’amour, la difficulté d’être « une bonne mère » ou d’être « fidèle à la polyfidélité » ! Elle incarne la psy et ses patientes, utilisant son grand fauteuil orange et ses lunettes pour nous faire passer avec virtuosité d’un personnage à l’autre. Il y a toute une smala autour d’elle, entre ses clientes et cette famille, décomposée et recomposée, à géométrie très variable qui l’entoure. La mise en scène de Gil Galliot est discrète, mais efficace. Des voix off accompagnent la psy. Judith Magre en particulier est délirante, mettant sa voix moqueuse au service de sa mère qui s’adresse à elle de l’audelà. À la fin, elle nous quitte. « Fuck la psychanalyse », elle part avec sa valise, la saga est terminée et on regrette de la quitter, elle et ses patients. Avec finesse, Josiane Pinson nous a fait rire, en trois saisons, de nos petitesses, de nos failles, de nos inquiétudes, de nos déceptions, bref de « notre pauvre condition de mortels », comme elle le dit. C’est à la fois drôle et émouvant et elle est superbe.

Micheline Rousselet (24 janvier 2019) Le lundi à 19h, le samedi à 17h et le dimanche à 19h30 Studio Hébertot 78 bis Boulevard des Batignolles, 75017 Paris Réservations : 01 42 93 13 04


"PSYcause(s) 3" : un effet miroir cru, cruel, entre humour corrosif et infinie tendresse ! "PSYcause(s) 3", Studio Hébertot, Paris Pour la troisième fois, un "deux sur scène" renouvelé : le fauteuil, assise-coque accueillante aux multiples positions, protagoniste à part entière, et la comédienne auteure Josiane Pinson, tour à tour psy ou patiente, aux multiples évasions, aventurière en terrain connu dans les dédales de l'inconscient, cet autre en nous. Confessions, états d'âme, états de femmes, états de soi aussi, cette fois-ci, pour se raconter, pour conter la Femme, celle d'aujourd'hui, de l'unique à l'universelle, de la sphère familiale à la sphère amoureuse, de la maturité à la sagesse, et retrouver sa place dans une société pas encore féministe mais déjà un peu moins masculine. De la petite Chloé, enfant de couples homo, et ses trois arbres "général logique" à l'éternelle patiente "nympho onaniste patho" et à l'amante © Fabienne Rappeneau préservant toujours son hymen après cinquante d'amour platonique, en passant par ses propres filles pour des règlements de comptes familiaux ayant pour origines quelques carences maternelles, Josiane Pinson fait de nouveau passer les maux de la tête par ceux du corps, avec ironie, souvent avec humour - jusqu'au burlesque - mais toujours en y associant une bienveillance toute féminine, rendant les personnages mis sur le gril sympathiques ; et nous amenant insidieusement, mais sans facilité ni manichéisme, à l'empathie. Débutant pour ce troisième opus par les obsèques et la crémation de sa mère - parce que l'urne, c'est plus rigolo ! -, l'auteure comédienne nous conduit immédiatement dans une description détaillée, peu orthodoxe, et avec une réjouissante insolence, des travers de femmes névrosées - ou inadaptées à des situations générées par une société en folie -, des lâchetés des mâles amants provisoires ou réguliers ; et, joviale autodérision oblige, d'elle-même, de ses échecs familiaux - moments savoureux de ses altercations avec sa mère qui lui parle d'outre-tombe - et amoureux. L'écriture de Josiane Pinson, auteur et comédienne, a cette légèreté élégante, particulière, qui lui permet d'aborder avec esprit et délicatesse des sujets sérieux tenant tant aux doutes, aux peurs féminines, voire aux tabous encore présents ; et d'aller se promener d'un pas aérien dans les sentiers parfois tortueux de l'inconscient. À noter, car présent dans ses trois créations, dans les différents cas présentés apparaît de manière récurrente un questionnement sur la tolérance : de l'autre, de ses orientations, de ses actes, de ses choix, couple homo, couple avec différence d'âge, etc.

© Fabienne Rappeneau

La mise en scène épurée de Gil Galliot, d'une simplicité élaborée, permet les va-et-vient qu'oblige une partition polyphonique à multiples rôles, multiples situations, et dualité entre patient et psychanalyste. Entre humour noir décapant et compassion pour nos contemporains, la musique jouée est une balade dans les profondeurs labyrinthiques de certaines de nos folies, crues, cruelles mais touchantes et drôles à la fois.

Au final, après les PSYcause(s), la psy craque et retourne sur le fauteuil, la psy redevient patiente, tente de sortir du cadre, de faire un nouveau départ… rencontre un patient à l'identique d'elle-même, même histoire, même situation. Effet miroir. "Fuck la psychanalyse !" La boucle est bouclée. Troisième et fin. Le 12 février 2019


PSYcause(s) 3 29 OCTOBRE 2018 Rédigé par Yves POEY et publié depuis Overblog

Vous avez aimé le 1 ? Vous avez adoré le 2 ? Vous allez kiffer grave ce Psycause(s) 3 ! C'est bien simple, je me demande si ce n'est pas l'opus que j'ai préféré. Dans ce nouveau seule-en-scène, Josiane Pinson s'est surpassée ! Ce sera un festival drôlissime, une grande bouffée d'humour corrosif soufflant sur le Studio Hébertot, une nouvelle heure et trente minutes de rire sain, intelligent, salvateur. Avec également beaucoup d'émotion. Cette conclusion de la trilogie (en sera-ce vraiment une ?...) sonne comme une apothéose, un climax, le bouquet final d'un feu d'artifices ! Elle est de retour, cette psy longiligne, à l'apparence sévère, avec son cortège de patients. Des névroses, des psychoses, des obsessions, des troubles de l'âme humaine, en veux-tu en voilà ! Mais elle aussi va traverser de sacrées turbulences ! Pour secouer, ça va secouer ! Sur et à côté du fauteuil ! Le fauteuil, justement. Peut-être le personnage principal... Toujours aussi orange et fonctionnel. Il est là, ce magnifique K10, designé en 2000 par Toshiyaki Kita pour Cassina. Elle là, cette commodité de la consultation ! Josiane Pinson quant à elle a repris son « uniforme », bottines, pantalon, chemisier/tunique, noirs, petites lunettes à monture rouge. Comme nous les attendions ces codes-couleurs là ! Nous avions quitté notre héroïne avec une petite musique en tête : « Nique la mort, nique la mort, nique la mort, mort mort ! Mort aux trousses, mort aux trousses, mort aux trousses, trousses, trousses... » C'est justement par la mort que commence le spectacle. La mort, qui a niqué la Mère de la psy. Pour autant, cette mère-là sera omniprésente, truculente,


C'est la voix reconnaissable entre toutes d'une immense comédienne qui l'incarnera, cette mère tout aussi absente qu'envahissante. Je vous laisse découvrir... Et les consultations de commencer... Une petite fille avec un arbre « généralogique » plus compliqué tu meurs illustrant à merveille les nouvelles familles décomposées-recomposées, une dame qui a laissé son soupirant espérer consommer une hypothétique relation charnelle depuis... quelques années déjà (là encore je ne déflore pas (si l'on peut dire) la séquence, un sculpteur très lacanien aux lunettes à la Elton John, j'en passe et des meilleures... Nous allons hurler de rire ! Josiane Pinson, les lunettes sur le bout du nez, les yeux plissés comme pour démontrer physiquement la capacité d'écoute de son personnage, ses « Ah! » d'étonnement effaré suivi d'un silence à l'annonce de certaines énormités, Josiane Pinson est hilarante ! L'écriture de l'auteure-comédienne est toujours aussi affûtée, pointue et acérée. Je suis à chaque fois fasciné par cette capacité qu'elle a en quelques mots à installer un personnage et une situation. Un exemple : en faisant s'exclamer et en jouant de façon merveilleuse ces seuls sept mots « Ah mais moi, j'ai fait Compostelle ! », Melle Pinson nous campe brillamment et avec une phénoménale économie de moyens cette dame qui va ensuite évoquer son « souci » avec la religion ! C'est grandiose ! Nous allons retrouver des personnages bien connus : Mme Gras (qui désormais a changé de nom ! ), Pierre, le mari, Nico, Fanny, Margot, les trois enfants, et bien d'autres. Tous ont évolué, certains vont régler des comptes, d'autres vont vouloir à leur tour aider la psy (autre séquence hilarante et déjantée...). La mise en scène de Gil Galliot, qui poursuit l'aventure avec sa comédienne, est très vive, très enlevée. Il parvient parfaitement à mettre en forme et ordonner ce chaos intérieur et parfois extérieur qui agite ce cabinet pas comme les autres et sa propriétaire... Ce dernier (?) volet sera également vecteur de beaucoup d'émotion. Nous rions, certes, mais tous ces personnages nous touchent toujours autant. Parce que ce sont des hommes, des femmes. C'est nous ! C'est un miroir que nous tend Josiane Pinson, finalement. Et puis, cette fois-ci, le personnage de la psy prend davantage de profondeur. J'ai été troublé, comme un peu peiné pour elle, par ce qu'elle va devoir encaisser. On l'aime, cette psy. La voir s'en prendre tellement plein la figure, ça fait quand même un choc. Bien entendu, l'auteure assume et nous rend ainsi son personnage encore plus attachant, encore plus « aimable » au sens premier du terme. C'est avec une réelle virtuosité que la boucle sera bouclée. L'auteure Josiane Pinson conclut sa trilogie avec à la fois une vraie trouvaille dramaturgique et scénographie. (Avec notamment l'apparition d'un nouvel accessoire orange...), et une mise en abyme du métier de psy... Courez, courez au Studio Hébertot, vous dis-je ! Ne manquez pas ce dernier volet, ne laissez pas passer le fin de cette trilogie. Je vous promets que vous le regretteriez !


PsyCause(s) 3 de/avec Josiane Pinson Mise en scène par Gil Galliot Paris, Théâtre du Studio Hébertot Jusqu’au 9 mars 2019

Son style, on le reconnait et l’énergie de son personnage, seul en scène est un plaisir retrouvé. Quel bon moment de revoir notre Psy préférée au théâtre et ses patientes dans son cabinet, antre bienveillant des élaborations psychiques les plus intimes. PsyCause(s) 3 vient clore la trilogie écrite et interprétée par Josiane Pinson qui nous ouvre la porte sur les méandres de la psyché. Le texte et l’interprétation sont remarquables, bouquet de vérité et de fantaisie mis en scène par Gil Galliot portant avec sobriété et justesse les notes graves et l’humour étincelant de la dame au divan.

Photo Fabienne Rappeneau

C’est un rendez-vous émouvant, celui du recul et d’une grande décision. Notre Psy revient avec une lucidité saisissante sur son parcours. Les retrouvailles sont authentiques, comme toujours. Et l’auteure reste fidèle à son sens de la dérision, tendre et perspicace qui fait rire d’une humeur à détendre les nœuds névrotiques en chacun.

Photo France3/Culturebox

Du côté de ses patientes, elles aussi, ont cheminé depuis PsyCause(s)2. On entend le dépassement de leur problématique existentielle et leur inventivité. Chacune assume ses réalités. L’effet de surprise est assuré, non sans une pointe de poésie. Le transfert entre la psy et ses patientes a solidement opéré. Le terme du chemin est annoncé. Pour qui ? Pour quoi ? C’est avec une humanité indéfectible que notre Psy cause du désir. Josiane Pinson nous livre un troisième volet délicieux de PsyCause(s), avec ici une coloration différente des deux précédentes périodes. Un rendez-vous mémorable avec la Psy la plus célèbre du théâtre. A ne pas rater, à moins d’en faire un acte manqué. *https://www.lesartsetdesmots.net/ Ecrit par Aurore Jesset* Février 2019


LOEILDOLIVIER.FR PSY cause(s) 3, l’inénarrable retour de Josiane Pinson Olivier Fregaville-Gratian d'Amore 25 octobre 2018 Chroniques, Théâtre

Elle revient la Psy la plus déjantée du théâtre. Et elle est particulièrement en verve et en forme. Si les aléas du quotidien, tristes comme heureux, viennent chambouler sa vie bien réglée, elle ne se laisse pas abattre et continue à conter avec espièglerie et malice ses expériences intimes comme professionnelles, réelles comme fictionnelles. Une comédie douce-amère hilarante que mène de mains de maîtresse, l’impayable et gouailleuse Josiane Pinson. Sur une scène vide, trône un grand fauteuil orange. Il attire tous les regards. Il symbolise autant le siège où la psy s’installe pour écouter les confidences de ses patients que le divan où ils s’allongent. Il est l’élément central autour duquel vont d’articuler toutes les histoires de vie que relate par le menu notre sympathique et un brin débridée conteuse. Elle en voit de toutes les couleurs. Au Studio Hébertot, Josiane Pinson Tout commence par l’enterrement de sa regrettée mère, une réveille avec malice la psy qui est elle enquiquineuse de première, qui a la voix espiègle si reconnaissable de Judith Magre. Même morte, cette dernière est bien décidée à empoisonner encore et encore l’existence de sa progéniture en continuant à lui prodiguer d’outre tombe ses « bons » conseils, lui asséner ses petites phrases sibyllines. Alors que ses patients se succèdent, de la petite fille de divorcés qui ne supportent pas ses beaux-parents, à la vieille dame encore vierge et suicidaire, en passant par la nympho qui s’épanouit dans les bras de son mari, ses proches ont décidé de lui régler son compte, de lui en faire baver. Ses deux filles et son fils décident de couper les ponts estimant qu’elle est castratrice. Son amoureuse, une actrice débridée, prend du bon temps dans les bras d’une jeunette. Son cher et tendre se tape tout ce qui bouge. En gros, tout va à vau-l’eau. Il est temps pour la stoïque psy de prendre le large. Avec malice et gourmandise, Josiane Pinson délecte son auditoire de ses histoires de fous, de toqués, de dézingués. Amoureuse de la gaudriole, passionnée du genre humain, elle croque les névroses de son temps et pour notre plus grand plaisir les égratigne avec tendresse et humour. Plume acérée, verbe haut, drolatique, elle esquisse des portraits de genre et de gens, tous plus décalés les uns que les autres. Portée par la mise en scène sobre de Gil Galliot, qui souligne juste ce qu’il faut le propos en évitant l’écueil d’un trait trop appuyé, l’irrésistible Josiane Pinson tel un poisson en eaux

Entre famille et patients, la vie de la psy, la plus déjantée du théâtre, est loin d’être un long fleuve tranquille © Fabienne Rappeneau


troubles, s’amuse et amuse le public de ses bons mots, de ses répliques fines qui font mouche à tous les coups. Disons-le tout net… On adore ses histoires de cœurs, ses délirants récits, sa façon de voir la vie. un spectacle jouissif à voir de toute urgence ! Par Olivier Fregaville-Gratian d’Amore PSY cause(s) 3 de Josiane Pinson Studio Herbertot 78bis, boulevard des Batignolles 75017 Paris jusqu’au 10 mars 2019 Le lundi à 19h00, le samedi à 17h00 et le dimanche à 19h30 Durée 1h20

Furieusement drôle, terriblement attachante, Josiane Pinson amuse la galerie avec un plaisir jouissif © Fabienne Rappeneau

Mise en scène de Gil Galliot avec Josiane Pinson Avec la complicité de Judith Magre, Anie Balestra, Achille Orsoni et Bruno Magne La collaboration artistique de Marie-Céline Nivière


Le journal de toutes les psychologies PsyCause (s) 3 de/par Josiane Pinson jusqu’au 10 mars 2019 théâtre du Studio Hébertot Paris et Festival d’Avignon 2019.

Notre psy préférée revient pour le volet 3 de PsyCause(s) avec Josiane Pinson. Attachante et authentique, cette spécialiste des méandres psychiques accompagne avec un humour implacable et une tendresse infinie ses patients dans l’exploration de leurs maux. Confrontée elle-même à l’épreuve, cette fois celle du deuil, elle ne fait pas l’impasse des résonances affectives entre ses patients et elle, avec une perspicacité sans concession. Le divan, avec sa position centrale sur scène, devient le lieu de toutes les introspections. La mise en scène de Gil Galliot fait place belle à la parole et à ce qui cause le désir. Un seul en scène hilarant, subtil, profond sur la complexité humaine. Une expérience sans gravité avec beaucoup de rire ! Aurore Jesset 26 février 2019


Qu'est-ce qu'elle "cause" bien, et avec quelle élégance ! De et avec Josiane Pinson Mise en scène : Gil Galliot Avec la complicité de Judith Magre, Anie Balestra, Achille Orsoni, Bruno Magne, Pascal Bodin et Marie-Céline Nivière INFOS & RÉSERVATIONS Studio Hébertot

78bis, boulevard des Batignolles Tél. : 01 42 93 13 04 http://www.studiohebertot.com lundi à 19h –samedi à 17h - dimanche à 19h30 ATTENTION: dernière, le 9 mars Lu / Vu par Danielle Mathieu-Bouillon Publié le 25 fév . 2019

RECOMMANDATION

Excellent

THÈME Cette Psy, pleine de fantaisie et de dérision, est tout et son contraire, sauf qu'elle nous entraîne, avec désinvolture et élégance, dans un prisme de kaléidoscope, dévoilant une multitude de personnages aussi perturbés qu'elle, avec leurs petites névroses, leurs grandes angoisses. Elle les conjugue le plus souvent au féminin, avec une lucidité féroce, mais beaucoup de tendresse.


POINTS FORTS 1 – Josiane Pinson a du charme, de l'élégante, elle bouge bien, sa voix est belle, sa coupe courte entoure un visage pétillant d'intelligence. Commençant cette nouvelle séquence de sa vie autour de la soixantaine, par la mort de sa mère, elle aborde un point sensible et sérieux, ouvrant d'autant plus de questionnements, que sa mère, dès lors, grâce à la voix de Judith Magre, ne va cesser de lui parler depuis l'au-delà, dans un interventionnisme de redresseuse de torts, qui lui crée plus d'embarras que de réconfort. C'est très drôle. 2 – Cette auto dérision est à mon sens l'un des points essentiels de ce spectacle ; Il fait que cette psy, à la lumière des problématiques de ses patientes, ne va cesser de se remettre elle-même en question, notamment au plan de la famille : elle croyait avoir fait le bien, elle découvre des désastres d'incompréhension. Aurait-elle tout raté ? 3 – Le plus cruellement drôle tourne autour de ses relations de mère, ses enfants la rendant responsable de tout. Ne parlons pas de son côté grand-mère qui aborde les petits enfants comme d'étranges créatures surgies d'un autre monde. Son mari, psy lui aussi, l'a quittée ; elle semble s'être consolée depuis peu, dans des amours féminines, auprès d'une intermittente du spectacle, qui est partie en tournée et qui s'offre une aventure amoureuse qu'elle ose savourer comme une « tarte aux fraises » ; ce qui va l'exaspérer plus encore. 4 – C'est la première fois que je vois Josiane Pinson seule en scène dans son fauteuil orangé. Je découvre la chronique de Culture-Tops pour son opus 2 et constate qu'elle a dû sensiblement progresser, à la fois dans son écriture et son sens de l'humour - le véritable humour, celui de l'auto dérision -, omniprésent, qui devient presque philosophique. Je ne veux pas trahir la surprise finale, mais une nouvelle attitude mentale sera au rendez-vous d'une vie réinventée.

POINTS FAIBLES Je n'en n'ai pas remarqué.

EN DEUX MOTS … Une femme psy qui parle surtout des femmes, les égratigne là où cela peut faire mal, mais qui ose également s'aider de cette expérience pour faire son autocritique, c'est drôle, jubilatoire, élégant, j'insiste sur ce mot, qui n'est pas toujours au rendez-vous de ce genre de spectacle.

L’AUTEUR Josiane Pinson est une comédienne qui depuis 16 années parcourt la vie de cette psy, chic et pleine d'humour. Autodidacte, elle a joué dans une vingtaine de pièces, elle en a écrit quelques-unes, tourné autant de films et plus de téléfilms. Sa belle voix participe aussi au doublage de films étrangers. On la sent très attachée à cette Psy fantasque.... En tous les cas, c'est un personnage qui a une réelle présence en scène et va certainement inspirer des réalisateurs.


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CULTURE

32 N° 2332 JEUDI 22 NOVEMBRE 2018

CNEWS.FR

SEUL EN SCÈNE

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Josiane Pinson remonte sur scène pour une nouvelle séance de psychanalyse déjantée. Après le succès de Psycause(s) 1 et 2, qu’elle a écrites et interprétées plus de 700 fois depuis 2002, la comédienne à l’humour férocement efficace, s’apprête à présenter le dernier volet de cette trilogie. Toujours mise en scène par Gil Galliot, et de nouveau affublée de son fauteuil rouge, elle retrouve les oripeaux d’une psy, et de la trentaine de ses patientes, qu’elle sait camper comme personne. Si ces dernières pensaient avoir vécu le pire, c’était sans compter sur l’imagination de Josiane Pinson, pour rire des méandres de l’âme humaine. ■

2018-11-21T21:50:05

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Psycause(s) 3, jusqu’au 10 mars, Studio Hébertot, Paris 17e studiohebertot.com

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© DAVD KRÜGER

UNE


Au Studio Hébertot - PSYcause(s) 3, le burn-out étourdissant d’une psy féroce et drôle ! Les psys aussi ont des problèmes irrésolus… Et celle-ci n’échappe pas à la règle. La preuve dans ce solo époustouflant où elle déballe ses misères et ses ras le bol en évoquant ses patients et en déclinant toute la gamme de sentiments mêlés d’humour. En ce moment au Studio Hébertot de et avec Josiane Pinson dans une mise en scène de Gil Gaillot. Par Catherine Gary

Elle vient de perdre sa mère, incarnée par la voix d’outre-tombe et moqueuse de Judith Magre en un dialogue fictif face à sa tombe. Commence alors un monologue incarnant avec brio et successivement les personnages de la vie professionnelle et privée de cette psy au bord de la crise de nerfs. Son seul partenaire, un fauteuil en cuir orange qui s’adapte à toutes les postions. En plus d’une heure ses mots et intonations vont incarner les patients qui rabâchent leurs éternels problèmes, les enfants qui n’ont pas résolu les leurs, les hommes et une maîtresse qui la délaissent… Stop, elle est au bout, le disque dur est saturé !

Josiane Pinson actuellement au Studio Hébertot dans PSYcause(s ) - @ Studio Hébertot

Les fantasmes, les malheurs, les frustrations de ses patients qui s’ajoutent aux siens et la voilà près du burnout ! Ces inconscients malades la laissent vide et déprimée une fois la porte refermée. Elle fait le bilan de ces années d’impuissance et de doute et se demande si elle n’est pas passée à côté de sa vie ? Et si elle plaquait tout pour s’évader loin du monde dit civilisé ? Peut-être…

Josiane Pinson, une comédienne plurielle et seule en scène Avec cette troisième session de PSYcause(s) l’actrice et auteure nous embarque une nouvelle fois dans le labyrinthe inextricable des complexités de l’âme humaine à travers ces jeux de rôles dans lesquels elle excelle, passant en permanence d’un personnage à l’autre. Derrière sa succession de portraits qui la renvoient comme psy au questionnement de sa propre identité Josiane Pinson fait écho à nos propres fêlures tout en demeurant dans la légèreté. La mise en scène très sobre de Gil Galliot accompagne de ses jeux subtils la direction d'acteur. « La pièce sur laquelle se jouent fantasmes, douleurs et pulsions oscille en permanence entre comédie et tragédie personnelle pour chaque protagoniste. La forme d’écriture quasi polyphonique permet également un traitement scénique loin du “seul en scène“ pour offrir au contraire des émotions en action » explique-t-il. C’est ce que rend parfaitement le traitement de la lumière et du son. C.G


Spectatif Mais qu’est-ce donc que ce spectacle ? Un énième onewoman-show ? Non pas. Un spectacle d’humoriste supplémentaire qui se moque d’autrui comme le font les blagues de fin de banquet arrosé ? Non plus !... Mais c’est quoi alors ? Bon j’arrête, ce n’est pas votre jour de chance. D’ailleurs, il serait opportun de s’interroger sur cette guigne qui s’empare de vous tout à coup à la lecture de ce questionnement. Est-ce une situation fréquente pour vous ? Cela aurait-il un lien avec l’enfance ? Des soirées de « Mille Bornes » en famille peut-être, où vous perdiez trop souvent ? Non ?... Allons, allons, je m’égare et ne veux agacer. Mademoiselle Pinson est une roublarde. Elle nous roule dans la farine les failles identitaires et existentielles qui se baladent ici ou là par chez elle ou par chez nous. Les mélangeant ensemble avec des mots aigres-doux et des phrases sucrées. Au début, on sourit poliment mais très vite elle nous entraîne dans un flot d’humour cru et cruel où les vraisemblances se bousculent et sont trop efficaces pour qu’on ne finisse pas par en rire tout notre soûl. Mademoiselle Pinson est une finaude. Elle dessine finement les contours de la carte de l’énonciation sans jamais franchir les frontières. Elle se dévoile sans doute un peu. Elle nous dévoile certainement aussi. Une autrice de rêve à l’écriture ciselée. Elle dit si bien tant de choses qui interpellent que nous nous sentons aussitôt proches, voire complices. Dans tous les cas concerné·e·s. Avec ce petit dernier P S Y C A U S E ( S ) , Josiane Pinson ouvre ici son troisième volet des élucubrations d’une analysante-analysée-en-analyse. C’est un somptueux et hilarant florilège de séances de psychothérapie d’une vraisemblance amusée et criante de véracité qu’elle joue seule à la perfection. Une théâtralité riche et jubilatoire. Elle nous entreprend avec des allures de raconteuse captivante et drôle, campant tous les rôles, comme une aède qui viendrait rencontrer les gens pour leur donner de leurs nouvelles. Sur un ton qui cisaille net toute velléité de s’installer dans une écoute alanguie et gentiment attentionnée, elle nous interpelle la bougresse ! Ah ça mais, elle vient nous chercher là où on pensait cacher tranquillement nos oublis bien enfouis sur les femmes de notre vie, celles que nous avons croisées comme celles que nous avons sublimées sans


doute. Dans des cachettes aux secrets refoulés ou frustrés que même notre mémoire ne saurait plus trouver. Avec un abatage implacable, redoutable et élégant à la fois, elle nous surprend tout à fait. Ça dépote et ça dévoile à tout va, comme un jour de grand vent. Voilà une artiste qui sait très bien nous dire ce qu’elle veut nous faire entendre. La catharsis fonctionne à plein régime. Ce qu’elle nous dit d’elle(s), nous dit aussi. Une fouine de la conscience je vous dis. Bien sûr, le rire se fait protecteur et filtre autant qu’il peut. Mais reconnaissons qu’il peut peu quand il s’agit de regarder comme dans un miroir presque, et de se reconnaitre sans le vouloir. Ses propos nous troublent et nous touchent parce qu’ils sont vrais et irrésistiblement drôles. Le texte est façonné avec truculence et percute avec précision. Fluide et parsemé de saillies efficaces, il déroule une farandole de tableaux que nous dégustons avec gourmandise. Le plaisir est immédiat, nourri de rires et de fous-rires et, si l’on veut bien les entendre, de questions importantes sur la femme aujourd’hui, ses conditions et ses choix de vie, sa reconnaissance sociale. La mise en scène de Gil Galliot accompagne avec adresse le flux enthousiaste et le rythme cadencé des différents tableaux. Tout semble spontané, frétillant et espiègle. Sans appui ni effet inutiles. Le texte. La comédienne. Des voix off. Un spectacle savoureux par sa hardiesse et sa vélocité, sa joie et son intelligence. Magnifiquement interprétée par son autrice Josiane Pinson, tout en plaisir de partage que nous acceptons volontiers. Un spectacle que je conseille vivement. Spectacle vu le 20 janvier 2019, Frédéric Perez De et avec Josiane Pinson. Mise en scène de Gil Galliot. Avec la complicité de Judith Magre, Anie Balestra, Achille Orsoni et Bruno Magne. Samedi à 17h00, dimanche à 19h30 et lundi à 19h00 78 bis boulevard des Batignolles, Paris 17ème 01.42.93.13.04 www.studiohebertot.com Le spectacle de ce dimanche 20 janvier a été suivi de la remise à Josiane Pinson de la médaille de Chevalier des Arts et des Lettres par Juliette Noureddine, l’illustre chanteuse « qui n’aime pas la chanson ». Félicitations à Josiane Pinson ! C’est pas beau ça ? Deux dames de l’art réunies sur le même plateau du Studio Hébertot.


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PSYcause(s)3 - by LaCompagnie delaDeuxiemeVie - Issuu