SEPTEMBRE 2019
Association professionnelle pour tous les kinésithérapeutes
Exclusif
À LA UNE
La kinésithérapie périnatale Magazine réservé aux membres. Pour et par les kinésithérapeutes
SOMMAIRE
EXXTRA
AXXON EN ACTION
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La CDLH, un avantage qui ne manque pas de panache ! Prestations remboursables et non remboursables : mode d’emploi Assemblée générale et congrès de la WCPT à Genève
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À vos marques, prêtes… PARTEZ ! Assurer les jeunes mamans qu’elles sont prêtes à reprendre leur sport (de course) préféré Entraînement des muscles du plancher pelvien chez les femmes souffrant d’incontinence urinaire
LITTÉRATURE SPÉCIALISÉE Evaluation clinique de la fonction musculaire – 8e édition
Par Lacôte M., Chevalier A.-M., Miranda A., Bleton J.-P. Ce livre de synthèse traite de l’évaluation analytique des muscles de la face, du tronc et des membres et des bilans musculaires en cas de pathologies du système nerveux central. Ce recueil d’évaluations des affections neurologiques et/ou neuromusculaires permet aux professionnels de la rééducation/ réadaptation et aux médecins de déterminer les thérapeutiques appropriées. La présentation claire et didactique concourt à faciliter la consultation d’un livre riche en informations qui fait référence en son domaine. La huitième édition d’Évaluation clinique de la fonction musculaire comprend : • l’actualisation des données dans toutes les parties ou chapitres de l’ouvrage (face, tronc, membres, adulte/enfant) ; • une évaluation enrichie dans les pathologies d’origine centrale, grâce à de nouvelles méthodes scientifiques d’investigation ; • des notions d’évaluation musculaire chez le nourrisson et des stades d’évolution motrice du petit enfant jusqu’à l’âge de trois ans ; • de nouvelles coupes anatomiques afin d’aider le lecteur pour le repérage des muscles et leur palpation manuelle ; • des planches schématisées de l’innervation, des territoires sensitifs et zones métamériques ;
AXXON EXCLUSIF
PUBLICATION DE L’ASBL AXXON – SEPTEMBRE 2019 TRIMESTRIEL, ANNÉE 11, IMPERIASTRAAT 16 – 1930 ZAVENTEM, BUREAU DE DÉPÔT: BRUXELLES, NUMÉRO D’AGRÉMENT: P910666 – RÉDACTION & COPYWRITING SÉBASTIEN KOSZULAP – SOPHIE JANS – REDACTION@AXXON.BE – TRADUCTION: EMILY VAN COOLPUT – CONCEPT ET RÉALISATION: C3CREATIES – IMPRESSION: SYMETA – ADRESSE DE CORRESPONDANCE: AXXON IMPERIASTRAAT 16 – 1930 ZAVENTEM, T 02/709.70.80 WWW.AXXON.BE, NUMÉRO DE COMPTE POUR LES COTISATIONS BE18 3631 0868 1365 Vous recevez cette revue en fonction du nom et de l’adresse qui se trouvent dans notre base de données. Suite à la mise en application de la loi du 8 décembre 1992 sur la protection de la vie privée, vous avez la possibilité et le droit de modifier vos données. Les articles/publicités paraissent sous la responsabilité des auteurs/firmes. Axxon se réserve le droit de refuser des textes et/ou publicités qui pourraient nuire à la profession. © Tout texte ou partie de texte ne peut être copié/photocopié sans l’autorisation écrite de l’éditeur, quelle qu’en soit l’utilisation.
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• les points moteurs ; • une nomenclature élargie des termes anatomiques dans des tableaux synthétiques permettant une recherche facilitée des équivalences entre les classifications française nouvelle, française ancienne, latine et anglo-saxonne.
PROMOTION MEMBRES D’AXXON
55 € TVA 6% incluse (Prix normal : 59 €) Editeur : Maloine Date de publication : 2019 Nombre de pages : 696 ISBN : 9782224035723
OUS POUVEZ COMMANDER CE LIVRE EN LIGNE AVEC LE CODE DE PROMOTION AXXON10GZ0419 VIA WWW.ACCO.BE/EVALUATIONCLINIQUE
BERNARD LAPLANCHE PRÉSIDENT AXXON QUALITÉ EN KINÉSITHÉRAPIE
ÉDITO
Certains ont oublié de passer à l’heure d’été Il est parfois utile, voire nécessaire, de remettre les pendules à l’heure. Axxon Physical Therapy in Belgium est bel et bien la seule association représentative reconnue par l’INAMI pour défendre les intérêts des kinésithérapeutes. De tous les kinésithérapeutes, n’en déplaise à ceux qui veulent vous faire croire le contraire. Composée de deux ailes linguistiques, Axxon compte en effet 25 % de membres francophones. Et en tant que président d’Axxon Qualité en Kinésithérapie (l’aile francophone), ma voix a autant de valeur que celle de mon collègue néerlandophone qui préside Axxon Kwaliteit in Kinesitherapie (l’aile néerlandophone).
la nécessité de valoriser les autres prestations également. Il est bien entendu illusoire d’espérer obtenir gain de cause en un coup de baguette magique pour l’ensemble de nos revendications, mais c’est avec ténacité – et votre soutien ! – que nous remettons sur la table des négociations nos exigences vis-à-vis des pathologies E et Fb et des prestations en maison de repos notamment.
J’ose espérer que cette mise au point permettra aux kinésithérapeutes de constater objectivement qui sont les acteurs présents autour des tables de négociation. En 2019, le budget global de notre secteur a été majoré de 25 millions €. Avec l’index, cela fait au total 39 millions € supplémentaires qui ont été redistribués entre les différentes prestations que nous effectuons au bénéfice de nos patients. Si les honoraires des prestations les plus utilisées ont été majorés, nous sommes parfaitement conscients de
Axxon compte 25 % de membres francophones
Nouveauté en Wallonie, la création de la Plateforme Première Ligne Wallonne (PPLW), qui a pour objectif de défendre les intérêts de l’ensemble des acteurs de première ligne grâce à une concertation optimale. Récemment consultée au niveau fédéral pour la formation de notre futur gouvernement, son équivalent bruxellois est quant à lui en cours de création. Avant les élections, les différentes rencontres que nous avons eues avec les parlementaires fédéraux ont mis en évidence le manque de considération accordée aux kinésithérapeutes en matière de prévention. Axxon souhaite que cela change et œuvre pour qu’une plus grande place soit attribuée à la kinésithérapie notamment au niveau des projets « maladies chroniques » en cours. Souhaitant être toujours plus proche des acteurs de terrain, Axxon Qualité en Kinésithérapie travaille également sur différents projets allant dans ce sens. Nos représentants provinciaux viendront bientôt à votre rencontre afin de répondre à vos questions mais aussi de vous écouter et prendre connaissance de votre opinion : ensemble, œuvrons à construire l’avenir.
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AXXON EN ACTION
SÉBASTIEN KOSZULAP
La CDLH, un avantage qui ne manque pas de panache ! En tant que membre d’Axxon, profitez de cette superbe offre : l’accès gratuit à l’ensemble de la Cebam Digital Library for Health (CDLH). L’accès à cette bibliothèque médicale électronique coûte 100 € par an et par utilisateur.
Sauf pour les membres d’Axxon : votre association professionnelle vous offre en effet la possibilité d’utiliser la CDLH gratuitement ! Ne manquez pas l’occasion de profiter de cette mine d’or regroupant de multiples sources d’information, fruit de la collaboration entre l’INAMI et le Centre pour Evidence-Based Médicine (CEBAM). Vous y retrouverez en quelques clics :
• des guides de pratique clinique nationaux et internationaux ; • des revues systématiques ; • de prestigieuses revues médicales internationales ; • des résumés et critiques de la littérature ainsi que des traités EBM ; • des informations sur les médicaments ; • une banque de données de 3000 ouvrages médicaux de référence.
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Prenez le temps de surfer sur www.cdlh.be afin de vous rendre compte de tout ce que cette bibliothèque digitale peut vous offrir. Accéder aussi facilement à de l’information scientifique objective et indépendante en soins de santé ne peut qu’être bénéfique pour la pratique sur le terrain. Pour obtenir vos identifiants de connexion et consulter gratuitement la CDLH, rien de plus simple : il vous suffit de contacter notre secrétariat. Un coup de fil ou un email et à vous le libre accès à d’innombrables informations médicales validées scientifiquement !
N’attendez plus : rejoignez vous aussi vos consoeurs et confrères qui utilisent déjà la CDLH ! info.fr@axxon.be
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PETER BRUYNOOGHE
Prestations remboursables et non remboursables : mode d’emploi Avec l’élargissement des compétences des kinésithérapeutes, la pratique actuelle évolue de plus en plus vers un modèle de revenus global qui se déploie tant à l’intérieur du cadre de l’assurance maladie qu’en-dehors. Une évolution qui répond pleinement au profil de compétences actuel du kinésithérapeute qui, en sus de son rôle de soignant, endosse également celui de gestionnaire et d’entrepreneur.
Cet automne, Axxon veut donc prendre des mesures pour soutenir la profession dans le développement de ce modèle de revenus à l’intérieur et à l’extérieur de l’assurance maladie, dans les limites d’un cadre légal. Les modalités concrètes de cette évolution devront être harmonisées avec les obligations fiscales qui vous incombent en tant que dispensateur de soins.
Prestations remboursables Au sens de la loi SSI, on entend par prestations remboursables celles qui ont été négociées et définies dans le cadre de la convention. Elles sont reprises dans des tableaux de nomenclature. Pour le remboursement de ces prestations (honoraires), une distinction est opérée entre les kinésithérapeutes conventionnés et non conventionnés, l’intervention de l’assurance étant abaissée de 25 % chez les patients qui font appel aux seconds. Comme le prévoit la convention conclue entre les organismes assureurs
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et l’organisation professionnelle, une série de compléments – les pseudocodes – viennent s’ajouter aux prestations remboursables sur la même attestation de soins donnés.
Suppléments En vertu de l’article 53 § 1/2 de la loi SSI, les suppléments sont considérés comme une contribution supplémentaire à charge du patient en sus des honoraires et tarifs réglementaires. Le terme de supplément désigne alors le montant porté en compte en sus de la prestation remboursable. Les suppléments peuvent être appliqués uniquement par les prestataires non conventionnés, à condition que le patient ne fasse pas partie des assurés dits « préférentiels ». Le patient devra de plus toujours en être informé au préalable. La facturation d’un supplément par un kinésithérapeute qui a adhéré à
la convention est considérée comme punissable et ce, peu importe qu’elle émane du prestataire lui-même, de sa société ou de son association.
Consommables, éventuellement accompagnés d’un acte supplémentaire (prestation non remboursable dans le cadre de l’assurance maladie) Axxon estime qu’il est indispensable de dresser une liste du matériel qui sort du cadre de l’équipement normal du cabinet et qui doit être facturé en sus au patient. Nous parlons ici de produits qui doivent être achetés au préalable par le kinésithérapeute, qui présentent un caractère individuel et qui ne sont utilisés (une ou plusieurs fois de suite) que par un seul patient pour des raisons d’hygiène. On peut citer l’exemple des sondes anales ou vaginales, des électrodes à coller, du matériel de taping, du matériel d’exercice individuel, du theraband, etc.
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L’indemnité d’utilisation couvre les frais de ce matériel spécifique. Il s’agit d’un poste distinct de l’utilisation des appareils et produits qui font normalement partie du traitement et sont déjà pris en compte dans le montant des honoraires prévus dans la nomenclature. Cet automne, Axxon publiera une liste de produits de ce type, accompagnés d’un prix indicatif. Dans certains cas, une indemnité supplémentaire peut également être prévue pour un acte accompagnant l’utilisation du « consommable » – on songe par exemple ici à la pose des bandes de taping. Nous parlons ici des prestations non remboursables dans le cadre de l’assurance maladie.
Les prestations non remboursables sont celles qui ne bénéficient pas d’une intervention de l’assurance maladie et ne font donc pas l’objet d’un code de nomenclature. On peut entendre par prestations non remboursables celles qui sont mentionnées à l’art. 7 § 6 de la nomenclature des prestations de kinésithérapie :
• La gymnastique oculaire ou orthoptique,
la magnothérapie, la sonothérapie (à distinguer de l’ultrasonothérapie), la réflexologie plantaire, l’auriculothérapie, l’hippothérapie, les applications de chaud et/ ou de froid exécutées seules, les prestations d’acupuncture, les tractions vertébrales par table mécanique ou à moteur électrique ou par suspension. Le dry needling (puncture à sec) a été tout récemment ajouté à cette liste (Moniteur belge du 10 juillet 2019).
• Sont également exclues du remboursement dans le cadre de l’assurance maladie les prestations à caractère purement esthétique ou d’hygiène individuelle (p.ex. la gymnastique d’entretien, le fitness, les séances de sauna et de bronzage) et les prestations d’accompagnement et de préparation d’une activité sportive.
• Les techniques physiques dans le cadre de
l’électrothérapie, la thérapie par ultrasons, la thérapie laser et les autres techniques d’application de chaleur ne peuvent pas bénéficier d’un remboursement de l’assurance maladie lorsqu’elles sont appliquées seules (et pas en complément d’un autre acte).
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Nous pourrions élargir cette liste de prestations non remboursables à une série de nouvelles techniques utilisées dans la pratique actuelle de la kinésithérapie. De nombreux actes auxquels les kinésithérapeutes sont formés et qui relèvent de leur champ d’activité, mais pour lesquels il n’existe pas de code de nomenclature, doivent donner lieu à une indemnisation légitime. On peut citer à titre d’exemple la prestation intellectuelle qui accompagne la pose d’un tape : au-delà du coût du matériel, couvert par l’indemnité d’utilisation, sa pose correcte et professionnelle devrait également être rémunérée. Il en va de même pour toutes les activités de prévention, de coaching, d’éducation et d’accompagnement des patients/clients. Dans les mois à venir, Axxon va s’atteler avec les Axxon Belgian Clinical Interest Groups (ABCIG) et les structures de formation à dresser la liste des actes de kinésithérapie qui font partie des prestations non remboursables dans le cadre de l’assurance maladie, c’est-à-dire ceux qui ne peuvent pas être catalogués dans la nomenclature de l’INAMI. Nous souhaitons également définir un prix indicatif pour ces prestations non remboursables dans le cadre de l’assurance maladie.
Justificatif
• Si vous effectuez uniquement des
prestations remboursables (liées à un code de nomenclature), un justificatif n’est pas nécessaire, puisque vous délivrez déjà au patient une attestation de soins donnés (ASD).
• Si vous portez en compte à la fois
la demande de l’administration des impôts, le prestataire doit être en mesure de produire une copie de ce document reprenant toutes les informations qui figurent sur l’original – à l’exception de celles qui concernent l’identité du patient, RGPD oblige.
des prestations remboursables et non remboursables, vous êtes tenu de délivrer en sus de l’ASD un document justificatif simplifié.
Une facture peut également faire office de justificatif pour l’ensemble des prestations (remboursables et non remboursables).
Certains logiciels disposent déjà d’un modèle de justificatif conforme aux obligations financières et comptables auxquelles les kinésithérapeutes sont soumis. À
Le patient recevra le justificatif simplifié, qui reprend un aperçu des prestations remboursables et non remboursables. Il n’est pas nécessaire de l’envoyer à la mutuelle. Précisons
encore que la réglementation des soins de santé n’exclut pas que le justificatif soit fourni au patient par voie électronique. Si vous facturez moins de 25.000 € par an en prestations non remboursables, vous n’êtes pas obligé de facturer la TVA. Ceci ne vous dispense toutefois pas d’être en règle avec la législation sur la TVA. Mieux vaut pour cela vous adresser à votre comptable.
Document justificatif simplifié (suivant la loi SSI) Ce document justificatif peut être remis lorsqu’une ASD reprenant l’ensemble des prestations remboursables a été remise au patient. Il comprend :
• le montant total à payer (y compris les acomptes déjà acquittés) • le montant total à payer pour les prestations remboursables (dont le détail n’est pas repris puisqu’il se trouve sur l’ASD) • la liste des prestations non remboursables concernées avec pour chaque prestation : • le libellé • le montant à payer. Ce justificatif simplifié ne peut pas être scindé. Il reprend le montant total à payer pour les prestations tant remboursables que non remboursables (soit un montant unique pour les deux types de prestations).
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PETER BRUYNOOGHE
Assemblée générale et congrès de la WCPT à Genève
Le meeting quadriennal de la WCPT à Genève a eu lieu ces 8 et 9 mai 2019. Le président d’Axxon PTiB, Peter Bruynooghe, y représentait la Belgique. Voici un aperçu de ce qu’il faut retenir de l’événement. Pas moins de 13 nouvelles organisations ont été approuvées lors de l’assemblée générale : le Bénin, le Bhoutan, le Costa Rica, la Géorgie, Haïti, la Côte d’Ivoire, le Kosovo, Madagascar, le Mali, le Maroc, Myanmar, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, le Sénégal et le Soudan portent à présent le nombre total d’organisations membres de la WCPT à 121. Le représentant du Bénin a pris place aux côtés de Peter Bruynooghe, ce qui a permis d’immédiatement établir des contacts entre les deux pays. Une soixantaine de kinésithérapeutes béninois ont suivi leurs études en Belgique et il nous a été demandé de soutenir le développement de la kinésithérapie au Bénin. En mai 2020, le congrès de la WCPT pour le continent africain aura justement lieu dans ce pays francophone et Axxon y apportera sa contribution. En plus de la confirmation des sous-groupes de la WCPT existants, de nouveaux ont été reconnus : l’International Organisation of Aquatic Physical Therapists (IOAPT), l’International Federation of Physical Therapists working in Occupational Health and Ergonomics (IFPTOHE) et l’International Physical Therapy for HIV/AIDS, Oncology, Hospice and Palliative Care (IPT-HOPE). Des discussions ont ensuite été entamées à propos des nouveaux statuts de la WCPT. De nombreuses consultations ont précèdé l’apparition de ceux-ci. Un groupe de travail sur l’examen de la gouvernance s’est penché sur les anciens statuts, en collaboration avec la consultante juridique Margaret Grant (Australie). Roland Craps, représentant d’Axxon, faisait partie de ce groupe. Au cours de l’année écoulée, les organisations, les régions et les sous-groupes membres ont reçu beaucoup de commentaires lors de différentes sessions. Les nouveaux statuts sont devenus très volumineux (96 p.) car presque tous les commentaires ont été inclus de façon transparente.
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L’élément le plus important au niveau de l’adaptation des statuts est la proposition de reconnaître l’adhésion d’une organisation supplémentaire par pays (articles 7 et 8), à condition qu’elle réponde aux critères et que le nombre de ses membres soit supérieur à celui de l’actuelle organisation membre. De cette façon, il y aurait plus d’adhésions et donc plus de revenus provenant des cotisations. Cela créerait alors un droit de vote multiple : il pourrait y avoir pour un même pays des votes différents. Enfin, cela ouvrirait également la porte aux ordres des kinésithérapeutes et permettrait donc de compter facilement des milliers de membres supplémentaires, ce qui rendrait la situation financière de la WCPT beaucoup plus aisée. Après d’intenses débats lors de l’assemblée générale, la motion ci-dessus a été retirée par le conseil exécutif de la WCPT. L’ancienne situation reste en vigueur et seule une organisation membre par pays est tolérée. Bien entendu, le comité des membres et le conseil d’administration devront être très attentifs à l’interprétation de la définition d’une organisation membre. Après l’assemblée générale, nous avons entendu dire qu’un arrangement avait eu lieu entre les ordres français et polonais, qui comptent respectivement 95.000 et 65.000 membres : ils pouvaient remplacer les associations membres existantes par 3.853 et 2.300 membres ! La WCPT est-elle une organisation d’ordres ? Oui et non. Ceux qui sont devenus membres de la WCPT le sont car il n’existe pas d’autre organisation dans les pays concernés ou parce qu’un accord national à ce sujet a été conclu. La grande crainte de la WCPT est que les ordres soient regroupés sous une organisation parallèle concurrente, ce qui aurait bien entendu un impact financier. Axxon a bien reçu le message et en tiendra compte à l’avenir.
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organisations membres
+ de 4.300 kinésithérapeutes présents
80
participants belges
Après cela, le professeur Emma Stokes (Irlande) a été réélue à la présidence pour une période de 4 ans avec environ 80% des votes. Après un second tour de scrutin, Melissa Locke (Australie) a quant à elle finalement été élue vice-présidente. Après un certain nombre de motions, les déclarations de politique ont été votées et approuvées. Il était alors temps de présenter un certain nombre de prix importants. Le programme de remise de prix de la WCPT reconnaît les excellentes contributions des kinésithérapeutes pour la profession et/ou la santé mondiale. Il existe plusieurs types de prix, décernés tous les quatre ans lors de l’assemblée générale. Ceux-ci sont remis lors du dîner de gala et les gagnants sont mis en valeur lors de la spectaculaire cérémonie d’ouverture. Après cette dernière, tous les participants ont été invités à une réception dans le hall d’exposition. Nos compatriotes présents sur place se sont rapidement rendus au stand ER-WCPT où Marina Gasten, la directrice générale de l’aile néerlandophone d’Axxon, a eu durant 3 jours la lourde tâche de promouvoir le Congrès ER-WCPT qui aura lieu à Louvain les 11 et 12 septembre 2020. Le dimanche après-midi, un court moment de networking a pu avoir lieu, durant lequel les 80 participants belges ont échangé leurs expériences. Des contacts ont été noués et des rendez-vous ont été pris pour l’avenir. Au total, plus de 4.300 kinésithérapeutes issus de 130 pays différents ont participé à ce congrès de la WCPT. Pas moins de 12 salles ont accueilli les nombreuses conférences, les ateliers et les débats et certaines de ces activités ont pu être suivies grâce à la retransmission vidéo en direct. De nombreux résumés de celles-ci sont disponibles via www.wcpt.org/wcpt2019.
Le comité scientifique du congrès ER-WCPT à Louvain, responsable d’un programme fascinant durant deux jours.
Le congrès de la WCPT fut passionnant, instructif et enrichissant.
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HEDWIG NEELS
À vos marques, prêtes… PARTEZ ! Assurer les jeunes mamans qu’elles sont prêtes à reprendre leur sport (de course) préféré La course à pied séduit aujourd’hui un public plus large que jamais – un succès qui doit sans doute beaucoup au nombre croissant de femmes et de jeunes filles qui la pratiquent de façon active (Lynch en Hoch 2010). Il faut dire que ce sport présente pour elles des avantages uniques, qu’elles s’entraînent en vue d’une compétition ou simplement pour le plaisir : au-delà de son impact bénéfique sur la condition physique et sur la ligne, il peut les aider à prendre du temps pour elles et même leur apporter une certaine satisfaction sociale. Autant de facteurs qui peuvent sensiblement améliorer la qualité de vie de celles qui cherchent, après l’accouchement, un nouvel équilibre en tant que jeunes mamans !
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La course à pied après la grossesse L’étiologie de la dysfonction du plancher pelvien au cours du postpartum est multifactorielle et reste souvent assez floue dans la littérature actuelle, tout comme sa pathophysiologie exacte. La prévalence élevée de ses symptômes (sur lesquels nous aurons l’occasion de revenir plus loin dans cet article) est toutefois reconnue un peu partout dans le monde et de mieux en mieux mise en avant, bien que le tabou ne s’estompe malheureusement que lentement et que nombre de femmes restent encore très mal informées (Neels et al, 2016). Les troubles périnéaux peuvent notamment se manifester lorsqu’une jeune maman n’a pas bénéficié d’une réhabilitation adéquate avant de reprendre un exercice à impact élevé comme la course à pied.
Emma Brockwell, Gráinne Donnelly et Tom Goom tiennent toutefois à souligner que, pour pouvoir reprendre la course à pied en toute sécurité après un accouchement, il convient d’abord de s’arrêter sur un certain nombre d’éléments. La jeune maman est-elle, par exemple, bien consciente des possibles facteurs de risque de dysfonction du plancher pelvien ? Cette problématique recouvre un large éventail de symptômes fort peu agréables, dont l’incontinence urinaire ou fécale et les flatulences incontrôlées sont sans doute les plus connus. Elle peut toutefois également provoquer des descentes d’organes, une constipation, des dysfonctions lors de la miction ou de la défécation, des douleurs et une hyperactivité des organes ou des muscles pelviens (Neels et al, 2018).
En dépit de l’attention croissante accordée à ces problèmes (encore souvent perçus comme « honteux »), ils restent fréquemment sous-estimés et mal compris dans le secteur de la santé et dans celui du fitness. Notre formation à tous s’inscrit pourtant dans le cadre des principes du rétablissement des lésions et de la rééducation, en ce compris s’agissant de la charge optimale durant une période optimale. Il ne nous viendrait jamais à l’idée, par exemple, de renvoyer un footballeur sur le terrain après une entorse ligamentaire de grade 2 ou une lésion du LCA avant que la rééducation n’ait débouché sur la progression voulue, qu’il n’ait été soumis à un screening basé sur les critères de reprise du sport et qu’il n’ait été jugé prêt à reprendre la compétition ! Nous avons tous recours à des guides de pratique clinique reconnus et à des déclarations de consensus pour nous guider dans ce processus de prise de décision (Adern et al. 2016)… Pourquoi ne prenonsnous donc pas en compte les énormes implications physiques et psychologiques d’une grossesse et d’un accouchement avant de donner le feu vert à une jeune maman pour faire de l’exercice ou reprendre la course ?
Reprendre la course à pied après l’accouchement : une directive En mars 2019 a été publiée la toute première directive britannique proposant des recommandations evidencebased spécifiques pour les femmes ayant récemment accouché qui souhaitent se (re)mettre à la course à pied : « Returning to running postnatal – guidelines for medical, health and fitness professionals managing this population » (Goom, Donnelly & Brockwell 2019). Le texte de cette directive est consultable en ligne dans son intégralité sur https://mailchi.mp/38feb9423b2d/ returning-to-running-postnatal-guideline.
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À propos de la « santé pelvienne » Nombre de lecteurs ne sont peut-être pas parfaitement familiarisés avec la santé pelvienne, les problèmes de périnée et toute la terminologie qui les entoure. Quelques notions dans ce domaine représentent toutefois une plusvalue non négligeable pour tous les professionnels de la santé et du fitness amenés à travailler avec des patientes et à évoquer avec elles les fonctions et la santé des muscles, organes, nerfs et tissus conjonctifs de la région du bassin… et nous ne parlons pas uniquement ici de recommander des exercices de Kegel ! Environ 15 à 30 % des primipares (les femmes qui viennent d’accoucher pour la première fois) sont confrontées à un problème d’incontinence urinaire (Milsom et al. 2014) et une femme sur cinq se plaint encore d’incontinence fécale un an après l’accouchement, en particulier parmi celles qui avaient déjà présenté des symptômes au cours de la grossesse (Johannessen et al. 2014). Trois à six mois après la naissance, 56 % des jeunes mamans présentent en outre un affaissement du plancher pelvien de grade 2 ou plus (Bø et al. 2017), ce qui signifie en clair qu’un ou plusieurs organes pelviens (vessie, intestin ou utérus) peut descendre dans le vagin jusqu’au niveau de l’orifice vaginal.
Quels sont les changements qui se produisent dans la région pelvienne pendant et après la grossesse ? Pour mieux saisir l’impact de la grossesse et de l’accouchement sur le corps de la femme, il est capital de bien comprendre les modifications qui se produisent au cours de cette période dans la région du bassin. On assiste au cours de la grossesse à une distension du hiatus des releveurs de l’anus, qui augmente encore de façon conséquente lors d’un accouchement par voie vaginale. On estime qu’il faudra quatre à six mois aux tissus pour récupérer (Shek et al. 2010, Stær-Jensen et al. 2015), soit bien plus que dans la vision traditionnelle, qui part du principe d’un rétablissement complet après un contrôle postnatal positif réalisé six semaines après l’accouchement. Si l’on tient également compte des résultats de la littérature concernant le rétablissement après césarienne, on peut supposer que les fascias de l’abdomen n’ont récupéré que 50 % environ de leur résistance à la traction après six semaines (post-opération abdominale) et 73 % à 93 % après six à sept mois (Ceydeli et al. 2005).
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Partout dans le monde, des kinésithérapeutes spécialisés dans le plancher pelvien et le suivi périnatal s’efforcent de susciter une meilleure prise de conscience de la nécessité d’une période de rétablissement plus longue. Trop souvent, on continue par habitude – ou pour des raisons juridiques – à voir les six premières semaines après l’accouchement comme un premier cap important ou comme une case à cocher pour confirmer l’aptitude à reprendre des activités physiques pouvant aller d’un niveau « normal » à des entraînements ambitieux ou même de (très) haut niveau. Le processus de rétablissement ne s’arrête toutefois pas là et il est donc capital que le discours à ce sujet évolue pour mieux correspondre à l’intérêt réel de nos sportives. L’accent devrait donc se déplacer, chez les mamans sportives, d’une approche jusqu’ici axée principalement sur la prévention secondaire des troubles du plancher pelvien (ceux-ci étant traités après l’apparition des plaintes) vers une vision nouvelle qui fasse de la prévention primaire (éviter que les symptômes ne se manifestent) une priorité. Les données probantes scientifiques laissent entendre que des stratégies nouvelles plus attentives à comprendre (prise de conscience accrue) et à encourager les femmes à prendre leur santé pelvienne en main (et donc à les aider à mieux se prendre en charge) débouchent sur des soins de meilleure qualité. Elles permettraient dans le futur de prévenir bien des problèmes ou à tout le moins de les mitiger s’ils devaient malgré tout se manifester, ce qui aura vraisemblablement aussi un impact positif sur la capacité des femmes de tous âges à poursuivre leurs activités sportives sur le long terme. La grossesse et l’accouchement devraient bénéficier du même niveau d’attention que le rétablissement réfléchi que nous ne cessons de promouvoir pour les lésions ligamentaires, tendineuses, nerveuses et musculaires ailleurs dans l’organisme. La directive que nous avons évoquée plus haut conseille d’attendre au moins 12 semaines après l’accouchement avant de commencer à planifier la reprise de la course à pied – un cadre temporel recommandé au titre de guide clinique, mais qui n’est pas pour autant généralisable à toutes. S’en écarter sur la base d’arguments clairs et reposant sur des motifs cliniques fondés est donc évidemment toujours de l’ordre du possible !
CONSIDERATIONS TO GUIDE RETURN TO POSTNATAL RUNNING Subjective screen and use of validated outcome measures e.g. Australian pelvic floor questionnaire Objective Screening
Is the mother at least 3 months postnatal?
Pelvic Floor Screen via a Specialist Physio
Strength testing
Load and impact screening +/- video analysis
RED-S screen
Abdominal Screen for DRA including functional dynamic/load tests
BMI <30
Yes Continue screen - potential to return to running if recommended tests are passed but screening may highlight she isn’t ready
Additional considerations Psychological screen (breastfeeding/scar tissue/ for PND sleep)
Screening passed?
No
No
Continue screen if >6 weeks postnatal informing that the minimum recommended recovery prior to return to running is 3 months
Yes
Rehabilitation programme to address dysfunctional areas or signposting to relevant professionals e.g. physio, GP or Uro-gynae consultant
Graded return to running e.g. couch to 5K
Source - Goom T, Donnelly G & Brockwell E. Returning to running postnatal - Guidelines for medical, health and fitness professionals managing this population. March 2019
EXAMPLES OF EXERCISE PROGRESSION IN THE POSTNATAL RUNNER Weeks Postnatal
Examples of Exercise Progression
Weeks 0-2
Pelvic floor muscle strength & endurance
Weeks 2-4
Progress walking, pelvic floor muscle/ core rehab
Weeks 4-6
Low impact exercise static cycling
Walking for Cardiovascular exercise
Basic core exercises e.g. pelvic tilt
Introduce squats, lunges & bridging in line with day-to-day requirements Low impact - cross trainer Individualise according to postnatal recovery, mode of delivery, perineal trauma & saddle comfort
Weeks 6-8 Power walking
Scar mobilisation
Weeks 8-12
Introduce swimming
Increase low impact exercise
Add dead lift
Add resistance to lower limb & core
Dependent if lochia stopped & wound healing satisfactory
Spinning if comfortable sitting on a spinning sadle
Week 12 & Beyond Graded return to running
Goal specific
Consider running coach
Consider risk factors e.g. obesity
Modify according to signs & symptoms
Source - Goom T, Donnelly G & Brockwell E. Returning to running postnatal - Guidelines for medical, health and fitness professionals managing this population. March 2019
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Le syndrome RED-S existe aussi chez les mamans Comme n’importe quelle autre blessure ou processus de revalidation, le rétablissement après un accouchement n’est évidemment pas qu’une affaire de calendrier. Le rétablissement de la jeune maman fait au contraire intervenir une foule de facteurs importants, comme notamment la qualité du sommeil, l’alimentation, l’allaitement, le poids ou encore l’état psychologique. Il faut aussi se garder de sous-estimer le risque de RED-S (Relative Energy Deficiency in Sport) après un accouchement. Autrefois connu sous le nom de « triade de l’athlète féminine », ce syndrome fait référence à une perturbation de l’équilibre entre les apports énergétiques (alimentaires) et la consommation énergétique nécessaire au maintien de l’homéostasie, de la santé et des activités quotidiennes, de la croissance et du sport (Mountjoy et al. 2014). Cette perturbation débouche sur un déficit énergétique, qui influence à son tour de nombreux aspects du fonctionnement physiologique dont notamment la vitesse du métabolisme, les règles, la santé osseuse, l’immunité, la synthèse des protéines et la santé cardiovasculaire et psychologique. Avec tous les changements de mode de vie qui peuvent accompagner la maternité (en ce compris le manque de sommeil et de routine, l’impact de l’allaitement et les éventuelles modifications des habitudes alimentaires), il n’est pas difficile de prédire comment un manque d’énergie peut se manifester… sans compter que de nombreuses mamans sportives ont l’impression d’être mises sous pression pour retrouver la forme, reprendre l’entraînement et revenir à leur constitution antérieure, ce qui peut parfois favoriser des choix que l’on peut interpréter comme des facteurs de risque de RED-S. Pour plus d’informations sur ce syndrome, nous vous invitons à consulter le récent blog du British Journal of Sports Medicine (Dudgeon 2019). Le message-clé à retenir de cette nouvelle directive internationale ? Toutes les jeunes mamans, peu importe comment s’est déroulé leur accouchement, devraient idéalement être évaluées par un kinésithérapeute spécialisé en santé pelvienne avant de reprendre un sport à impact élevé. Les signes ou symptômes de dysfonction périnéale constituent une indication claire à des examens et évaluations spécialisés et approfondis, qui pourront offrir une base utile en préalable ou parallèlement à la poursuite de l’entraînement.
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L’élaboration d’une analyse spécifique de la charge/ capacité de charge, les examens complémentaires et le possible impact de ces résultats sur le plan de traitement et/ou d’accompagnement lors de la reprise du sport sont abordés dans la directive. La nature des exercices d’impact que la jeune maman souhaite se fixer comme but et les possibles signes de dysfonction musculo-squelettique et/ou pelvienne y jouent un rôle déterminant. Parmi les symptômes fréquents, citons notamment les fuites d’urines ou de selles, une impression de pesanteur ou d’affaissement dans la région pelvienne, des douleurs lors des rapports, une dyschésie, une séparation abdominale qui perturbe les fonctions abdominales (diastase des grands droits) ou des douleurs lombo-pelviennes présentes avant, pendant ou après la course. Il conviendrait donc de s’efforcer de proposer à chaque jeune maman une prise en charge personnalisée. Le nombre de séances, les accents spécifiques et le timing peuvent varier sensiblement d’une patiente à l’autre, tout comme les motifs justifiant de proposer une réévaluation. La directive encourage les professionnels de la santé et ceux du fitness à collaborer au-delà des limites traditionnelles de leurs spécialités et à viser une approche plus holistique du rétablissement postnatal. Ces recommandations et directives peuvent être consultées et appliquées par nombre de partenaires dans le domaine de la médecine du sport et de la médecine physique, par les médecins et les kinésithérapeutes qui se concentrent sur des aspects musculo-squelettiques et par bien des coaches et entraîneurs qui collaborent avec succès avec des kinésithérapeutes disposant d’une compétence particulière en rééducation pelvienne et périnatale et capables d’évaluer avec expertise où en est la jeune maman dans le processus qui la mènera à la reprise de la course. Pour conclure, nous tenons à insister sur le fait que cet article ne vise en aucun cas à faire peur ou à décourager la promotion d’une saine activité physique chez les jeunes mamans, mais veut au contraire vous offrir une motivation consciente et réaliste pour vous renforcer dans votre travail en tant que professionnels de la santé. Aidons ces courageuses mamans sportives à reprendre l’activité de leur choix… mais avec l’accompagnement qu’elles méritent !
Auteurs Emma Brockwell @emma_physiomum est kinésithérapeute spécialisée en santé féminine. Gráinne Donnelly @ABSPhysio est spécialiste en kinésithérapie pelvienne et périnatale en cabinet privé et responsable en santé pelvienne au Western Health and Social Care Trust en Irlande du Nord. Tom Goom @tomgoom est chef de service clinique et propriétaire de la chaine de cabinets « The physio rooms ». Il est spécialisé dans les lésions de course à pied. Hedwig Neels @HedwigNeels est spécialiste en kinésithérapie pelvienne et périnatale à l’UAntwerpen (recherche postdoctorale). Elle exerce au sein des hôpitaux universitaires d’Anvers (UZA). Nous remercions @SportsMedNI pour les infographies.
Références
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• Goom, T.,
Donnelly, G. and Brockwell, E. (2019) Returning to running postnatal – guideline for medical, health and fitness professionals managing this population. [https://mailchi.mp/38feb9423b2d/ returning-to-running-postnatal-guideline]
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TRUDY BEKKERING (1) SIMONS EMMANUEL (1, 2)
Entraînement des muscles du plancher pelvien chez les femmes souffrant d’incontinence urinaire Quel est l’effet de l’entraînement des muscles du plancher pelvien (EMPP) chez les femmes souffrant d’incontinence urinaire ? C’est la question clinique développée dans cette revue. Contexte L’entraînement des muscles du plancher pelvien (EMPP) cible principalement les femmes souffrant d’incontinence à l’effort et moins souvent les autres types d’incontinence urinaire. En cas d’incontinence à l’effort, les femmes perdent de petites quantités d’urine pendant un effort physique. Ceci est dû à une augmentation de la pression par un choc soudain par exemple ou encore en toussant, éternuant, riant ou poussant. Une autre forme d’incontinence urinaire est celle par impériosité, qui se traduit par une envie soudaine d’uriner, faisant en sorte que les femmes arrivent parfois trop tard aux toilettes. En cas d’incontinence mixte, on souffre à la fois d’incontinence à l’effort et d’incontinence par impériosité. Cette revue Cochrane a inclus des études contrôlées randomisées portant sur des femmes souffrant d’incontinence à l’effort, d’incontinence par impériosité ou d’incontinence mixte. Ces études ont comparé l’EMPP à l’absence de traitement, à un placebo ou à d’autres traitements de contrôle inactifs.
Résultats La revue comprenait 31 études contrôlées randomisées portant sur 1.817 femmes. Le contenu et la durée du traitement, le nombre de participants et les mesures de résultats variaient considérablement entre les études. Le suivi était généralement inférieur à 12 mois. La plupart de ces études se sont concentrées sur une population de femmes souffrant d’incontinence à l’effort ou incluaient un mélange de patients. Seulement une étude portait spécifiquement sur des femmes souffrant d’incontinence par impériosité et une autre étude n’a inclus que des femmes atteintes d’incontinence urinaire mixte. Les femmes souffrant d’incontinence à l’effort ayant reçu l’EMPP étaient 8 fois plus susceptibles d’être sans
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plainte (auto-déclarée) que les femmes n’ayant reçu aucun traitement ou ayant reçu un traitement de contrôle inactif (56% contre 6% sans plainte, RR 8,38 ; IC à 95% 3,68 à 19,07 ; 165 femmes). Les femmes souffrant de tous les types d’incontinence urinaire étaient 5 fois plus susceptibles d’être sans plainte (35% contre 6% sans plainte, RR 5,34 ; IC à 95% 2,78 à 10,26 ; 290 femmes). Les femmes souffrant d’incontinence à l’effort ayant reçu l’EMPP étaient plus susceptibles de présenter une amélioration significative des symptômes spécifiques à l’incontinence (7 études portant sur 376 femmes) ou une amélioration significative de la qualité de vie liée à l’incontinence (6 études portant sur 348 femmes) par rapport aux femmes n’ayant reçu aucun traitement ou ayant reçu un traitement de contrôle inactif. L’EMPP a permis de réduire d’un épisode le nombre d’épisodes de perte urinaire en fin de traitement chez les femmes incontinentes à l’effort (différence moyenne 1,23 en moins ; IC à 95% 1,78 à 0,68 en moins ; 432 femmes). Pour les femmes présentant tous les types d’incontinence urinaire, la différence moyenne était également 1 épisode en moins (différence moyenne de 1,0 ; IC à 95% de 1,37 à 0,64 en moins ; 349 femmes). L’EMPP a également permis de réduire la quantité d’urine perdue lors des tests de courte durée (jusqu’à 1 heure) chez les femmes souffrant d’incontinence à l’effort. Elles avaient perdu en moyenne 9,71 grammes d’urine en moins (IC à 95% de 18,92 à 0,50 en moins ; 185 femmes). C’était également le cas pour les femmes atteintes d’autres types d’incontinence (différence moyenne : 3,72 g moins d’urine ; IC à 95% 5,46 à 1,98 en moins ; 146 femmes).
Les femmes ayant reçu l’EMPP étaient plus satisfaites de leur traitement (3 études). Sept études ont rapporté des effets secondaires ; cinq n’ont trouvé aucun effet secondaire de l’EMPP. Deux autres études n’ont mis en évidence que des effets secondaires mineurs (augmentation initiale de l’incontinence qui a disparu par la suite, douleurs, sensation d’être mal à l’aise pendant les exercices et ne pas vouloir se sentir constamment confronté au problème).
Remarques La qualité des preuves était élevée pour le résultat « auto-déclarée comme étant sans plainte » pour les femmes souffrant d’incontinence à l’effort, mais faible pour le résultat « qualité de vie liée à l’incontinence » et moyenne pour tous les autres résultats. Des problèmes méthodologiques tels qu’une mise en aveugle défectueuse ont eu un impact sur la qualité des preuves pour la plupart des mesures de résultats. Il existe une incertitude quant aux effets à long terme en conséquence de la durée de suivi limitée.
Conclusion L’EMPP atténue les symptômes de l’incontinence à l’effort et semble également efficace pour les autres types d’incontinence. L’EMPP réduit probablement le nombre d’épisodes de perte d’urine, la quantité d’urine perdue et les symptômes spécifiques à l’incontinence chez les femmes souffrant d’incontinence à l’effort et les femmes présentant tous les types d’incontinence urinaire. Peu d’effets secondaires ont été observés. Il y a une incertitude quant aux effets à long terme.
Recommandation pour la pratique L’EMPP est utile en tant que traitement conservateur de première intention pour les femmes souffrant d’incontinence urinaire.
Le texte intégral de cette revue est disponible via la Cebam Digital Library for Health (www.cebam.be/fr/cdlh).
Référence Dumoulin C, Cacciari LP, Hay-Smith EJC. Pelvic floor muscle training versus no treatment, or inactive control treatments, for urinary incontinence in women. Cochrane Database of Systematic Reviews 2018, Issue 10. Art. No.: CD005654. DOI: 10.1002/14651858.CD005654.pub4. 1. Belgian Centre for Evidence-Based Medicine (Cebam) 2. UVC-Brugmann
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