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JUIN 2021

Association professionnelle pour tous les kinésithérapeutes

Exclusif

À LA UNE

La kinésithérapie orthopédique, rhumatologique et traumatologique Magazine réservé aux membres. Pour et par les kinésithérapeutes


SOMMAIRE

EXXTRA

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Littérature spécialisée

AXXON EN ACTION

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EXXTRA

LITTÉRATURE SPÉCIALISÉE Thérapie de la main

Examen clinique et outils de prise en charge rééducative avancée du poignet et de la main À propos de l’auteur

Accès direct à la kinésithérapie dans les lombalgies aiguës : une étude pilote pragmatique en Belgique

EXXPERT

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Intérêt de la Rééducation Posturale Globale dans les lombalgies liées à la position assise

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Chaînes de tension myofasciale, posture et dysfonction articulaire Kinésithérapie Analytique : application à la coxarthrose Programme d’exercice pour la spondylarthrite ankylosante

AXXON EXCLUSIF PUBLICATION DE L’ASBL AXXON JUIN 2021 TRIMESTRIEL – ANNÉE 12 – N° 50 – IMPERIASTRAAT 16 – 1930 ZAVENTEM BUREAU DE DÉPÔT: BRUXELLES X NUMÉRO D’AGRÉMENT: P910666 ÉDITEUR RESPONSABLE: PETER BRUYNOOGHE – IMPERIASTRAAT 16 – 1930 ZAVENTEM RÉDACTION & COPYWRITING: SÉBASTIEN KOSZULAP, SOPHIE JANS & HELENA D.MILONAS – REDACTION@AXXON.BE TRADUCTION: EMILY VAN COOLPUT CONCEPT ET RÉALISATION: C3CREATIES IMPRESSION: SYMETA ADRESSE DE CORRESPONDANCE AXXON: IMPERIASTRAAT 16 – 1930 ZAVENTEM – TÉL : 02 709 70 80 – WWW.AXXON.BE NUMÉRO DE COMPTE POUR LES COTISATIONS: BE18 3631 0868 1365 Vous recevez cette revue en fonction du nom et de l’adresse qui se trouvent dans notre base de données. Suite à la mise en application de la loi du 8 décembre 1992 sur la protection de la vie privée, vous avez la possibilité et le droit de modifier vos données. Les articles/publicités paraissent sous la responsabilité des auteurs/firmes. AXXON se réserve le droit de refuser des textes et/ou publicités qui pourraient nuire à la profession. © Tout texte ou partie de texte ne peut être copié/photocopié sans l’autorisation écrite de l’éditeur, quelle qu’en soit l’utilisation.

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La rééducation de la main nécessite une prise en charge spécifique et fait partie intégrante d’une équipe pluridisciplinaire permettant au patient d’être suivi efficacement, de son traumatisme à la reprise de ses activités professionnelles et sportives. Cet ouvrage est le fruit de l’expérience de l’équipe de l’Institut Sud Aquitain de la Main et du Membre Supérieur, qui traite les pathologies de la main et du poignet depuis plus de 20 ans. Ce premier tome traite de l’examen, du raisonnement clinique et des techniques orthétiques et rééducatives les plus valides, permettant au thérapeute d’optimiser son efficience dans la prise en charge des patients souffrant de pathologies de la main et du poignet.

Grégory MESPLIÉ est kinésithérapeute DE et orthésiste spécialisé dans le traitement des pathologies de la main et du poignet. Il exerce son activité spécialisée depuis 2001 à l’Institut Sud Aquitain de la Main et du Membre Supérieur de la clinique Aguiléra de Biarritz. Membre titulaire de la Société Française de Rééducation de la Main, il est diplômé universitaire de rééducation du sport (DU Bordeaux 2003), de rééducation et appareillage en chirurgie de la main (DIU de Grenoble 2005) et de biomécanique (DIU de Toulouse 2015). Formateur certifié en formation professionnelle, il est également enseignant et conférencier universitaire et post-universitaire en France et à l’étranger.

AXXON : PROMOTION MEMBRES D’ RÉDUCTION DE 10  % EN UTILISANT LE CODE AXXON10MZ2503 Auteur : Grégory Mesplié Editeur : Sauramps Medical Date de publication : Février 2021 Nombre de pages : 312 ISBN : 9791030302806 Prix : 65,00 €

COMMANDEZ CE LIVRE EN LIGNE DIRECTEMENT SUR WWW.ACCO.BE RÉDUCTION VALABLE JUSQU’AU 31 JUILLET 2021


BERNARD LAPLANCHE PRÉSIDENT AXXON QUALITÉ EN KINÉSITHÉRAPIE

ÉDITO

La défense de la profession n’est jamais en pause Aujourd’hui, il n’y a plus qu’un seul sujet de conversation : « COVID, COVID, COVID…  ». C’est compréhensible, puisque le monde entier est encore et toujours dans la tourmente de cette pandémie.

2021 sera une année déterminante pour l’évolution et l’avenir de notre profession. Comme toujours, vous serez tenus informés de l’avancée de nos démarches au travers de nos revues et de nos newsletters.

Pour autant, la vie continue : nous avons toujours des patients à soigner, des activités à suivre, des informations à transmettre, des dossiers à élaborer et des combats à mener. AXXON Qualité en Kinésithérapie continue sans relâche à défendre au mieux vos intérêts. Du côté de l’INAMI, nous œuvrons actuellement à l’adoption d’un plan pluriannuel qui rendra plus efficace la défense professionnelle. Chaque année, les négociations budgétaires pour établir les conventions sont en effet chronophages et énergivores, ce qui retarde l’avancée de certains de nos projets. Il n’est plus tenable de remettre en question nos acquis chaque année : définir un cadre financier et budgétaire pluriannuel nous permettra d’avoir une vision à plus long terme de l’évolution des dossiers que nous voulons mettre sur la table. Une étude sur la revalorisation de nos salaires, aussi bien pour les salariés que pour les indépendants, sera intégrée dans ces négociations pluriannuelles. Nous vous avons consultés à ce sujet au mois de mars et nous vous remercions pour votre participation, qui nous a permis d’affiner concrètement certaines données.

« Il n’est plus tenable de remettre en question nos acquis chaque année » Pour en revenir au COVID – impossible d’y échapper – la campagne de vaccination suit son cours, lentement mais sûrement. La Task Force Vaccination nous a

demandé de relayer un maximum d’informations à ce sujet, raison pour laquelle vous trouverez avec vos revues AXXON une pancarte pour votre cabinet. L’adhésion de la population est primordiale si nous voulons sortir de cette crise et l’objectif est d’ouvrir un dialogue constructif avec les patients qui hésitent encore à se faire vacciner. Enfin, vous aurez comme moi certainement suivi les décisions prises par notre gouvernement quant à la réouverture progressive des différents secteurs tout au long des dernières semaines. Ce n’est qu’en passant par là que nous pouvons fonder l’espoir de sortir de la crise, en respectant à la fois les besoins et les risques que nous courons et que nous faisons courir aux autres. La santé mentale de la population mérite la plus grande attention et nous devons être vigilants, tant pour nos patients et notre entourage que pour nous-mêmes. La deuxième édition de notre brochure « Formations » accompagne d’ailleurs comme l’année passée nos publications de juin et vous propose de suivre de nombreux cours divers et variés : de quoi revenir petit à petit vers nos habitudes « d’avant ». S’il est difficile de faire le moindre pronostic sur la fin de cette pandémie, je veux en effet rester optimiste et me dis que le pire est maintenant derrière nous.

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L. JANSSENS, A. TIMMERMANS, W. DANKAERTS, N. ROUSSEL, L. PITANCE, W. MARNEFFE, J. LUYTEN

Accès direct à la kinésithérapie dans les lombalgies aiguës : une étude pilote pragmatique en Belgique Deux millions de personnes souffrent de lombalgies dans notre pays. Améliorer le trajet de soins des patients atteints de ce mal serait synonyme de nombreux bénéfices : l’accès direct à la kinésithérapie peut-il constituer un moyen d’y parvenir ? Pourquoi est-il urgent d’améliorer le trajet de soins pour les lombalgies ? Les lombalgies constituent la première cause d’invalidité à l’échelon planétaire et on estime qu’elles touchent actuellement quelque 672 millions de personnes à travers le monde (10  %)1. Il est frappant de constater à cet égard que la morbidité mondiale associée à cette problématique a progressé de plus de 54  % entre 1990 et 20152. Dans notre pays, les chiffres sont plus dramatiques encore : pas moins de 2 millions de Belges souffrent actuellement de lombalgies (soit 18  % de la population), auxquels s’ajoutent chaque année 6.715 nouveaux cas pour 100.000 habitants1. Ceci fait peser une pression énorme sur nos soins de santé et sur notre système de sécurité sociale. Ainsi, près d’un tiers (29  %) des jours de congé-maladie enregistrés en Belgique sont attribuables aux lombalgies3 et les patients qui en souffrent représentent un coût moyen de près de 1.000 € pour la sécurité sociale4. Face à ces chiffres inquiétants, on ne peut que conclure à l’urgence d’une amélioration du trajet de soins pour les lombalgies !

Que disent les directives ? De nouvelles directives pour la prise en charge des lombalgies ont été publiées récemment, tant au niveau international5 que dans notre pays (Centre Fédéral d’Expertise des Soins de Santé – KCE)6,7. Elles accordent notamment une attention accrue à l’identification en première ligne des patients à risque de développer des lombalgies chroniques. En substance, elles recommandent, après une évaluation clinique approfondie (comprenant un dépistage des éventuelles pathologies graves sous-jacentes), de référer

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ou de traiter les patients souffrant de lombalgies au départ d’une perspective biopsychosociale. La chronicisation des plaintes s’explique en effet principalement par des facteurs psychosociaux (pensées, émotions, comportements) plutôt que par des facteurs biologiques tels que des dommages structurels au niveau du dos. Les directives préconisent notamment de s’attaquer aux convictions et perceptions erronées (ex. : l’idée que bouger serait mauvais pour le dos) et au recours excessif aux examens d’imagerie (ex. : IRM). Pour y parvenir, il est capital que les patients souffrant de lombalgies aiguës puissent être rapidement évalués et correctement conseillés par un prestataire de soins professionnel. On s’accorde depuis un moment déjà sur le fait qu’il est souhaitable, au stade aigu d’un problème lombaire, que le patient reste le plus actif possible8,9. Et pourtant, les premiers concernés restent souvent convaincus qu’ils doivent se ménager en évitant autant que faire se peut de bouger ou de charger leur dos au cours de cette phase ! Il est également assez paradoxal qu’il n’existe pas encore de vrai consensus autour du renvoi des patients souffrant de lombalgies aiguës vers un kinésithérapeute ou du meilleur moment pour cela. Ceci peut s’expliquer par le fait que la majorité des directives concernant la phase aiguë ne conseillent pas immédiatement le renvoi au kinésithérapeute5-7,10. Il n’est pas rare d’observer un rétablissement substantiel au cours du mois qui suit un épisode aigu11, mais l’analyse de sous-groupes révèle que ce n’est pas le cas pour tous les patients12. Il semble aussi que les rechutes soient fréquentes chez ceux qui ne sont pas référés en temps utile, ce qui se solde notamment par davantage de jours d’absence pour cause de maladie13.


L’accès direct à la kinésithérapie, une solution ? Il est certain que les patients atteints de lombalgies aiguës s’adressent parfois directement au kinésithérapeute, quitte à aller éventuellement demander une prescription à leur médecin a posteriori, mais cette situation peut être une source de frustrations pour toutes les parties concernées (patient, médecin et

kinésithérapeute). En Belgique, il n’existe toutefois pas (encore) de cadre légal autorisant l’accès direct aux services du kinésithérapeute, alors que la littérature scientifique confirme pourtant les bénéfices qu’un tel système peut avoir pour le patient. Oakley et al. ont notamment démontré que l’accès direct à la kinésithérapie pour les douleurs rachidiennes musculo-squelettiques débouche sur des délais d’attente

plus courts et sur « une satisfaction accrue aussi bien chez le patient que chez le généraliste »14. Il ressort également d’autres recherches que l’utilisation des services de santé – et donc le coût des soins – « diminue de façon considérable » lorsqu’un patient souffrant de lombalgies aiguës (avec ou sans sciatique) s’adresse d’emblée au kinésithérapeute et peut entamer son traitement dans les trois jours15,16.

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Enfin – et ce n’est évidemment pas sans importance – des études ont pu établir que l’initiation précoce d’un traitement de kinésithérapie chez les patients atteints de lombalgies (sub)aiguës débouchait sur de « meilleurs résultats cliniques ». En comparaison avec un trajet de soins traditionnel, les patients souffrant de sciatique rapportaient moins de limitations dans leurs activités quotidiennes (ex. : soulever des charges, conduire, rester assis) jusqu’à un an plus tard17.

Qu’en est-il de l’accès direct à la kinésithérapie dans d’autres pays ? Pour toutes ces raisons, plus de la moitié des pays d’Europe (ex.  : Pays-Bas, Royaume-Uni) prévoient aujourd’hui un accès direct à la kinésithérapie dans leur législation de santé nationale18. En Belgique, l’efficacité de cette approche et son impact sur les coûts n’ont toutefois pas encore été étudiés, en dépit du fait que nos formations en kinésithérapie comptent parmi les meilleures au monde et accordent notamment une grande attention à la détermination du niveau de préoccupation (« level of concern »), avec par exemple la recherche des signaux d’alarme ou drapeaux rouges.

Quelle est la recette du succès ? En résumé, nous pouvons affirmer que la littérature consacrée à l’accès direct à la kinésithérapie dans la lombalgie aiguë démontre une satisfaction accrue tant du côté du patient que de celui du médecin de famille, une réduction conséquente du coût des soins et de meilleurs résultats cliniques14-17. En sa qualité d’expert de la motricité et de la fonction, le kinésithérapeute est particulièrement bien placé pour évaluer et prendre en charge de façon rapide et ciblée les troubles (aigus) ou limitations fonctionnelles (fréquentes en présence de lombalgies)19. Chez un patient confronté à un épisode de lombalgie aigu, des soins de qualité ne peuvent se limiter à des recommandations globales comme celle de « rester actif ». En plus de le rassurer et de lui fournir des informations ciblées et spécifiques à sa situation, le kinésithérapeute se chargera de l’encadrer dans la reprise de ses activités quotidiennes au départ d’une approche biopsychosociale individualisée. Une bonne communication entre le médecin (généraliste) et le kinésithérapeute concernant le statut, le traitement et l’évolution du patient revêt dans ce cadre une importance capitale. Comme le mentionne l’avis du Conseil Fédéral de la Kinésithérapie, le kinésithérapeute a l’obligation de référer le patient à l’intervenant approprié lorsque, dans le décours du processus thérapeutique, il observe d’importants motifs d’inquiétude (ex. : signaux d’alarme), une évolution défavorable ou la présence de signes ou symptômes inexplicables20. Lorsqu’il s’avère au terme de

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la prise de contact que la situation le justifie, il devra par ailleurs s’efforcer de mettre en place une prise en charge multimodale complémentaire du patient souffrant de lombalgies aiguës. Les connaissances, attitudes et convictions des soignants (kinésithérapeute et médecin) à propos des lombalgies semblent également revêtir une grande importance pour parvenir à un traitement optimal. La recherche a en effet démontré qu’elles se reflètent de façon directe dans les conseils dispensés au patient21. Parmi les malentendus fréquents, on peut citer l’idée qu’une mauvaise posture contribue aux lombalgies, que les résultats de l’imagerie sont déterminants pour la suite de la prise en charge, que la chirurgie est souvent un passage obligé en cas de douleurs irradiantes ou encore que les mobilisations rachidiennes «  redressent  » le dos22. D’abondantes recherches ont entre-temps démontré que ce sont surtout les prestataires de soins qui ont un bagage biomédical23 ou une propension à l’évitement de la peur24 qui ont tendance à ne pas respecter les directives pour le traitement des lombalgies et qui conseillent – à tort – à leurs patients de limiter leurs activités ou de ne pas reprendre rapidement le travail21.

Comment savoir si l’accès direct à la kinésithérapie serait une approche plus efficace pour les patients souffrant de lombalgies aiguës dans notre pays ? En dépit des avantages susmentionnés de l’accès direct à la kinésithérapie pour les patients souffrant de lombalgies, des recherches plus poussées restent à conseiller25,26. Ni la plus-value clinique, ni le rapport coût - efficacité de l’accès direct n’ont en effet été étudiés dans notre pays ; c’est pour cette raison que la récente convention M21 prévoit qu’un essai-pilote examine l’efficacité de l’accès direct à la kinésithérapie dans les lombalgies aiguës, avec le soutien financier de l’INAMI. Le protocole de cette étude a été élaboré dans le cadre d’une collaboration entre l’université d’Hasselt (UHasselt), l’université d’Anvers (UAntwerpen), la Katholieke Universiteit Leuven (KU Leuven), l’Université Catholique de Louvain (UCLouvain) et AXXON. D’une durée de trois ans (2021-2023), elle a pour objectif de comparer l’efficacité de l’accès direct à la kinésithérapie à l’itinéraire conventionnel de soins chez les patients souffrant de lombalgies aiguës (> 24 heures et < 6 semaines). Dans ce cadre, une comparaison sera réalisée entre 300 patients qui auront la possibilité de s’adresser directement à un kinésithérapeute et 300 patients qui se seront d’abord présentés chez leur médecin. Les investigateurs analyseront l’effet sur la douleur et les limitations, ainsi que le rapport coût - efficacité (à l’aide d’une évaluation économico-sanitaire).


Références 1. Disease GBD, Injury I, Prevalence C. Global, regional, and national incidence, prevalence, and years lived with disability for 354 diseases and injuries for 195 countries and territories, 1990-2017: a systematic analysis for the Global Burden of Disease Study 2017. Lancet 2018;392 10159:1789-858. 2. Hartvigsen J, et al.; Lancet Low Back Pain Series Working Group. What low back pain is and why we need to pay attention. Lancet. 2018;391:2356-67. 3. van Zundert J, van Kleef M. Low back pain: from algorithm to cost-effectiveness? Pain Pract 2005;5:179-89. 4. Nielens H, et al. Chronische lage rugpijn. Good Clinical practice (GCP). Brussel: Federaal Kenniscentrum voor de gezondheidszorg (KCE). KCE reports 48 A (D/2006/10.273/63); 2006. 5. NICE guideline [NG59]. Low back pain and sciatica in over 16s: assessment and management. London, UK: National Institute for health and Care Excellence (NICE), 2016 (updated Dec 2020). 6. Jonckheer P, et al. Low back pain and radicular pain: development of a clinical pathway. Health Services Research (HSR) Brussels: Belgian Health Care Knowledge Centre (KCE). 2017. KCE Reports 295. D/2017/10.273/87. 7. Van Wambeke P, et al. Low back pain and radicular pain: assessment and management. Good Clinical Practice (GCP) Brussels: Belgian Health Care Knowledge Centre (KCE). 2017. KCE Reports 287. D/2017/10.273/36. 8. Hilde G, et al. Advice to stay active as a single treatment for low back pain and sciatica. Cochrane Database Syst Rev. 2002:CD003632. 9. Malmivaara A, et al. The Treatment of Acute Low Back Pain - Bed Rest, Exercises, or Ordinary Activity? N Engl J Med. 1995;332:351-5. 10. Koes BW, et al. An updated overview of clinical guidelines for the management of non-specific low back pain in primary care. Eur Spine J. 2010;19:2075-94. 11. Pengel LHM, et al. Acute low back pain: systematic review of its prognosis. BMJ. 2003;327:323. 12. Dunn KM, et al. Characterizing the course of low back pain: a latent class analysis. Am J Epidemiol. 2006;163:754-61. 13. Enthoven P, et al. Clinical course in patients seeking primary care for back or neck pain: a prospective 5-year follow-up of outcome and health care consumption with subgroup analysis. Spine. 2004;29:2458-65.

14. Oakley C, Shacklady C. The Clinical Effectiveness of the Extended-Scope Physiotherapist Role in Musculoskeletal Triage: A Systematic Review. Musculoskeletal Care. 2015;13:204-221. 15. Foster NE, Reddington M. Early Referral to Physical Therapy: A Reasonable Choice for Primary Care Patients With Sciatica. Ann Intern Med. 2021;174:107-108. 16. Liu X, et al. Immediate Physical Therapy Initiation in Patients With Acute Low Back Pain Is Associated With a Reduction in Downstream Health Care Utilization and Costs. Phys Ther. 2018;98:336347. 17. Fritz JM, et al. Physical Therapy Referral From Primary Care for Acute Back Pain With Sciatica: A Randomized Controlled Trial. Ann Intern Med. 2021;174:8-17. 18. Bury TJ, Stokes EK. A global view of direct access and patient self-referral to physical therapy: implications for the profession. Phys Ther. 2013;93:449-59. 19. WCPT. Policy statement: Description of physical therapy. http://www.wcpt.org/policy/psdescriptionPT#appendix_1 20. Avis du Conseil Fédéral de la Kinésithérapie relatif à l’accès direct à la kinésithérapie (ADK), 1er octobre 2015. https://organesdeconcertation. sante.belgique.be/sites/default/files/documents/ avis_adk_version_20151026.pdf 21. Bishop A, et al. How does the self-reported clinical management of patients with low back pain relate to the attitudes and beliefs of health care practitioners? A survey of UK general practitioners and physiotherapists. Pain. 2008;135:187-95. 22. Lewis JS, et al. The Elephant in the Room: Too Much Medicine in Musculoskeletal Practice. J Orthop Sports Phys Ther. 2020;50:1-4. 23. Houben RM, et al. Health care providers’ orientations towards common low back pain predict perceived harmfulness of physical activities and recommendations regarding return to normal activity. Eur J Pain. 2005;9:173-83. 24. Linton SJ, et al. The back pain beliefs of health care providers: are we fear-avoidant? J Occup Rehabil. 2002;12: 223-32. 25. Babatunde OO, et al. A systematic review and evidence synthesis of non-medical triage, self-referral and direct access services for patients with musculoskeletal pain. PLoS One. 2020;15:e0235364. 26. Buchbinder R, et al. The Lancet Series call to action to reduce low value care for low back pain: an update. Pain. 2020;161:S57-S64.

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MYRIAM ONGENAED KINÉSITHÉRAPEUTE RPG, MURIEL ANDRÉ KINÉSITHÉRAPEUTE ET ENSEIGNANTE RPG

Intérêt de la Rééducation Posturale Globale dans les lombalgies liées à la position assise L’analyse biomécanique de la position assise sert de base au traitement proposé par la Rééducation Posturale Globale pour traiter et prévenir les lombalgies chroniques. Il est généralement admis que rester assis longtemps provoque un tassement ou un affaissement du tronc. Il semble donc tout à fait logique d’y répondre par du renforcement musculaire1. Or, la musculation concentrique peut parfois devenir un facteur aggravant de nos déformations. Celles-ci peuvent aller jusqu’à la lésion articulaire et la chronicisation des pathologies comme les lombalgies. La Rééducation Posturale Globale (RPG) propose une approche originale et complémentaire aux autres techniques de réadaptation.

La flexion coxo-fémorale à 90° sera freinée par la tension des pelvitrochantériens, ce qui demandera une contraction excessive de la masse commune pour tenter de récupérer la position idéale d’appui sur les ischions. Cette contraction de la masse commune (crêtes iliaques et sacrum) va provoquer une horizontalisation du sacrum (libre des insertions des ischio-jambiers), qui va compenser la restriction du bassin.

Pour étirer correctement les ischiojambiers nous devons essayer d’obtenir l’extension des genoux mais sans compensation périphérique. La globalité des étirements est essentielle pour venir à bout d’une telle lombalgie.

Les principes de traitement en RPG rapport 1. La traction passive, manuelle et

La perturbation du bassin  -  sacrum aura une répercussion sur les tensions des spinaux à tous les niveaux de la colonne vertébrale.

douce.

2. Le travail respiratoire avec La position assise aura des flexibilisation du thorax. conséquences morphologiques Les compensations vont chroniciser et lésionnelles au niveau la lombalgie et la statique appelant 3. La décoaptation et le recentrage lombaire articulaire. la statique, celles-ci vont être Selon les principes de la RPG, les lombalgies chroniques sont souvent le résultat de la rétraction de certains groupes musculaires, limitant la mobilité et perturbant la position d’un élément de l’ensemble bassin - sacrum - lombaires (ligaments iliolombaires).

« reportées » à la station debout, car les muscles adaptent leur longueur en fonction des activités dans lesquelles ils sont le plus sollicités2.

La fixation d’un de ces éléments va immanquablement perturber leur équilibre, entraînant une accentuation ou une diminution des courbures, avec une répercussion dommageable sur l’ensemble de la colonne vertébrale.

Le stretching des ischio-jambiers avec les genoux tendus ne permet pas d’enlever les freins musculaires, qui gênent le bon fonctionnement de l’ensemble articulaire en limitant la mobilité. Cela va provoquer la postériorisation du bassin par traction sur les ischions (insertion proximale).

Dans le cas de la position assise, la rétraction des ischio-jambiers engendrée par la flexion des genoux va fixer l’insertion proximale (ischions) en rétroversion de bassin, donnant aux pelvi-trochantériens la possibilité de se raccourcir à leur tour.

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C’est en se basant sur ces principes biomécaniques que la RPG traite les lombalgies.

Si nous ne sommes pas attentifs, cette extension des genoux aura récupéré la longueur prise dans le segment sus-jacent (bassin, lombaires) et il n’y aura pas d’étirement efficace.

4. La globalité des étirements  : utilisation de postures en ouverture/fermeture d’angle coxo-fémoral et ouverture/ fermeture des bras avec en permanence la correction des compensations.

5. La création de sarcomères en série3 et l’allongement du tissu conjonctif4 par des contractions isométriques dans la position la plus excentrée, durant le travail en posture.

6. Le temps de l’allongement. 7. La participation active du patient. 8. Maintien

des résultats et éducation du patient grâce à l’apprentissage des auto-postures par le Stretching Global Actif5.


Principes de correction proposés par la Rééducation Posturale Globale (Philippe Souchard) Le principe fondamental de la RPG est la revalorisation du rôle de la fonction statique, puisque c’est d’elle que dépend notre équilibre et notre morphologie, c’est-à-dire notre posture6. En libérant la fonction statique, l’objectif est de faciliter la fonction dynamique. Cela signifie libérer notre morphologie pour améliorer le mouvement. La fonction de maintien est au service de la fonction du geste. La RPG vise donc à retirer les freins musculaires qui dévient la morphologie et inhibent les muscles de la dynamique. Cette fonction statique est assurée par des fibres musculaires lentes, ayant une physiologie particulière. Leur hypertonicité va se traduire par des rétractions7.

Celles-ci seront à l’origine de compressions articulaires avec modification des axes et la perte d’élasticité affaiblira le muscle par diminution de la restitution de la force passive8. Cette physiopathologie des fibres lentes nécessite de les travailler avec une approche différenciée de celle des fibres dynamiques9, dites rapides. En kinésithérapie « classique », les muscles sont renforcés en contraction concentrique ou excentrique et de manière analytique. Mais, si les ischio-jambiers et les fessiers sont travaillés en excentrique, ce sera au prix d’une importante contraction concentrique des spinaux au-dessus du sacrum, avec compression des dernières lombaires et des articulations sacro-iliaques. En RPG par contre, les muscles de la statique sont toujours exercés en allongement10, avec une contraction isométrique11 dans la position la plus excentrée au-delà du point de raideur et avec une force minimale,

à la fin d’une expiration relâchée. L’utilisation des postures permet un alignement réfléchi des segments et une réaxation articulaire. Ensuite, le maintien dans le temps est indispensable à l’allongement des structures statiques et le moment actif sera assuré par des contractions isométriques. Chaque individu utilise des schémas de compensations qui lui sont propres face à la douleur, la tension et la perte de mobilité. Le corps s’adapte pour continuer ses activités malgré les (micro) traumatismes, les mouvements répétés ou les positions longtemps maintenues (comme la position assise). Le travail postural permettra d’étirer simultanément tous les muscles impliqués dans les compensations provoquées par une douleur ou une restriction de mobilité. C’est la définition de globalité en Rééducation Posturale Globale.

Références 1. Limousin Sport Santé (2021), Quel est l’impact du renforcement musculaire, https://www.limousin-sportsante.fr/QUEL-EST-L--IMPACT-DU-RENFORCEMENTMUSCULAIRE, consulté le 03/03/2021 2. Goldsprink G. et coll (1974) Effect of denervation on the adaptation of sarcomere number and muscle extensibility to the functional length of the muscle. J. Physiol. 733-742 3. Bonnar B.et coll. (2004) The relationship between isometric contraction durations during hold-relax stretching and improvement of hamstring flexibility. J Sports Med Phys Fitness 4. Proske U, Morgan DL. (2001) Muscle damage from eccentric exercise: mechanism, mechanical signs, adaptation and clinical applications. J Physiol 5. Souchard P. (2011). La Rééducation Posturale Globale- La méthode. Elsevier-Masson, p.153-161 6. Souchard P. (2011), Rééducation Posturale Globale, RPG-La méthode. Elsevier-Masson p.135-137

7. Ettema G., Huijing P.A. (1994) Skeletal muscle stiffness in static and dynamic contractions, J. of Biomechanics, vol 27, I.11, pp. 1361-1368 8. Eisenberg B.R., Salmon S. (1981), The reorganisation of subcellular structure in muscle undergoing fast-to-slow type transformation : a stereological study. Cell Tissue Res. 449-471 9. Gollnick P.D. et coll (1972). Enzyme activity and fibres composition in skeletal muscle. J. Appl. Physiol. 312-318 10. Goldsprink G. et coll (1974) Effect of denervation on the adaptation of sarcomere number and muscle extensibility to the functional length of the muscle. J. Physiol. 733-742 11. Goldsprink G. et coll (1974) Effect of denervation on the adaptation of sarcomere number and muscle extensibility to the functional length of the muscle. J. Physiol. 733-742

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PHILIPPE CAMPIGNION KINÉSITHÉRAPEUTE, ENSEIGNANT DU CONCEPT DES CHAÎNES MUSCULAIRES ET ARTICULAIRES G.D.S., DIRECTEUR DU CENTRE DE FORMATION PROFESSIONNELLE CAMPIGNION C.F.P.C.

Chaînes de tension myofasciale, posture et dysfonction articulaire La méthode des chaînes musculaires et articulaires G.D.S. remonte à l’origine de nombreuses pathologies et propose des stratégies d’entretien pour éviter les récidives. La notion de solidarité musculaire a été introduite dans le domaine de la kinésithérapie par S. Piret et M.-M. Béziers1, auteurs d’un ouvrage et de publications sur la coordination motrice. Les méthodes de Bobath2 et de Kabat3 ont elles aussi mis l’accent sur la notion de schémas moteurs globaux attestant d’une certaine solidarité musculaire. La notion de chaîne musculaire est réellement apparue comme technique de soins avec les découvertes de Françoise Mézières4, qui parlait surtout d’une chaîne postérieure. Godelieve Denys-Struyf, kinésithérapeute et ostéopathe belge, a de son côté développé les notions de chaîne articulaire et de chaîne de tension myofasciale dans un concept auquel elle a donné son nom : le concept G.D.S.5. Cette notion s’est répandue depuis, sous différentes formes, mais G. Denys-Struyf reste la seule à considérer le muscle comme outil de l’expression psycho-corporelle, au-delà bien sûr de ses attributions habituelles. Le corps est langage, exprimant dans sa posture et sa

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gestuelle ce que nos mots ne parviennent pas toujours à exprimer. G.D.S. a défini 6 familles de muscles pour que le corps puisse s’exprimer, mais qui peuvent engendrer la constitution de chaînes de tension myofasciales et enchaîner le corps dans une typologie (Figure 1). Nous distinguons deux stades dans ce processus : le stade du langage parlé et celui du langage gravé.

Au stade du langage parlé du corps Le corps exprime une motivation en se propulsant dans une direction donnée par activation inconsciente d’une famille de muscles, en un endroit précis du corps qu’elle a nommé pivot primaire de la pulsion psycho-comportementale. Cette activation déséquilibre le corps dans une direction spécifique et oblige celui-ci à se suspendre aux muscles les mieux placés pour contrôler ce déséquilibre. Ces derniers vont s’organiser en chaînes, se recrutant l’un l’autre, par le réflexe postural6 et par aponévroses interposées.

Tant que la raideur n’est pas installée, le passage dans une autre position n’est pas encore entravé et l’adaptabilité est toujours de mise.

Au stade du langage gravé La pulsion est exagérée et le déséquilibre devient alors permanent. Le pivot primaire enraidi ne permettant plus le rattrapage d’équilibre, les muscles recrutés pour le contrer vont encore augmenter leur tonus et progressivement travailler en corde d’arc (point fixe au milieu du muscle). Par cette modification du point fixe, ils en arrivent paradoxalement à fixer le déséquilibre qu’ils étaient censés freiner. Il est intéressant de noter l’importance donnée à la notion de point fixe dans ce phénomène. Pour chaque pulsion, il y a une paire de chaînes spécifiques capables de contrôler le déséquilibre, à condition que les muscles qui la composent puissent bénéficier d’un point fixe adéquat.


AP PA AM

PM !"#$

Ph.C

Ph.C

GDS

Ph.C

Chaînes Postéro-Médianes PM

Chaînes Postéro-Antérieures PA

Chaînes Antéro-Postérieures AP

Chaînes Antéro-Médianes AM

PL

G.D.S

AL

Ph.C

Chaînes Postéro-Latérales PL

Ph.C

GDS

GDS

Figure 1

Ph.C

Chaînes Antéro-Latérales AL

6 familles de muscles qui s’expriment au niveau d’un pivot primaire

Fig.1 6 familles de muscles qui s’expriment au niveau d’un pivot primaire et et la peuvent engendrer de chaînes de tension myofasciale peuvent engeandrer constitution de chaînesla deconstitution tension myo-fasciale

Dynamique et statique Nous considérons que tous les muscles du corps ont une « double casquette » : ils interviennent dans la dynamique, résultat d’une contraction volontaire, mais aussi dans la statique, sans faire appel à la contraction volontaire, mais en répondant au réflexe d’étirement6. C’est cette régulation qui permet de maintenir le tonus musculaire. Un muscle sans tonus s’étirant sans opposer de résistance ne serait pas de grande utilité dans le maintien de la posture. Expérimentalement, il a été montré que la boucle myotatique peut se déclencher lorsque le muscle est soumis a une charge de seulement 3 grammes7. Dans le domaine de la statique, il ne s’agit pas de contraction, mais de tensions toniques posturales induites par une pulsion soumise à la pesanteur (notre posture n’étant pas l’unique reflet de notre lutte contre la pesanteur, mais l’expression de nos pulsions dans un système de pesanteur). Par cette activité inconsciente, nos muscles participent à l’équilibre général du corps et en modèlent la forme.

Idéalement, ces tensions se combinent et s’équilibrent dans un partage judicieux du territoire, constituant un système proche de celui défini dans la notion de bio-tenségrité, dans lequel les muscles se donnent mutuellement point fixe. Nous parlons de pentacoordination entre les chaînes. L’équilibre et – au-delà – la forme du corps dépendent donc de nos muscles mais aussi du point fixe que ceux-ci adoptent. Il ressort de cette démonstration qu’il ne suffit pas de lever les tensions : encore faut-il essayer de reprogrammer, pour chacun, le bon point fixe. C’est ce que nous nommons les accordages.

Terrain prédisposant Nous allons maintenant pouvoir aborder la notion de terrain prédisposant, que nous cherchons à préciser afin de guider nos interventions. Au stade du langage gravé, les chaînes, devenues chaînes de tension myofasciales par leur hyperactivité permanente, vont peu à peu marquer le corps d’empreintes spécifiques.

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La figure 2a illustre la dégradation des chaînes postérieures et médianes (PM) et matérialise les changements de point fixe qui l’accompagnent. Les para-vertébraux hypertoniques, travaillant en corde d’arc, installent un dos plat et, l’emportant sur les grands fessiers, parviennent à horizontaliser le sacrum alors que ces derniers avaient pour vocation de le maintenir ancré entre les os coxaux8. La figure 2b cible une des empreintes les plus caractéristiques de l’excès de tension de ces chaînes postéro-médianes : le sacrum est entraîné en nutation (horizontalisation) par la tension qu’exercent en permanence les muscles para-vertébraux sur le tendon commun des érecteurs du rachis. Celui-ci se désencastre, instabilisant les articulations sacro-iliaques, d‘autant plus que les os coxaux retenus par les muscles ischio-tibiaux ne suivent pas le sacrum. La nutation sacro-iliaque qui en résulte met en tension certains ligaments : les ligaments sacro-tubérositaires et sacro-épineux sont étirés vers le haut par la bascule

antérieure du sacrum ; le premier faisceau du ligament sacro-iliaque postérieur ainsi que le deuxième, encore appelé ligament axile et auquel se suspend le sacrum en se désencastrant, sont étirés aussi. Les ligaments ilio-lombaires seront d’autant plus étirés que l’os coxal sera maintenu en arrière par les ischio-tibiaux. La grande majorité des ligaments du corps sont doublés par des muscles que nous considérons comme de véritables ligaments actifs. Il suffit qu’ils aient la même direction de fibres, voire les mêmes insertions que le ligament, pour pouvoir remplir cette fonction. Le muscle piriforme a sensiblement la même orientation que le ligament sacro-tubérositaire et est contre-nutant (verticalisation) du sacrum, à partir d’un point fixe fémoral. Il subit donc le même étirement que ce dernier, du fait de la nutation sacrée mais, contrairement au ligament qui n’est pas contractile, il est sujet au réflexe d’étirement. Il va donc augmenter son tonus et cela peut aller jusqu’à déclencher une sciatalgie, étant donné les rapports étroits que ce muscle

Figure 2 Semi-épineux et longissimus de la tête

Semi-épineux et longissimus de la tête

Para-vertébraux de PM Para-vertébraux point fixe en bas

Carré des lombes Ligament ilio-lombaire

Para-vertébraux en corde d’arc

Articulation sacro-iliaque

Piriforme Le grand fessier prend point fixe sur le sacrum

Le grand fessier prend point fixe sur le fémur

Ischio tibiaux point fixe en bas

Chaîne articulaire du membre inférieur

Ligament sacro-épineux Coccygien Ligament sacro-tubéral

Ischio tibiaux en corde d’arc

Les ligaments distendus par la nutation et leurs ligaments actifs

a. PM physiologique point fixe en bas

Le soléaire et les fléchisseurs des orteils freinent la chute du tibia en avant

b. PM en excès inversion de point fixe du grand fessier

PM de l’équilibre à l’excès

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Le soléaire et les fléchisseurs des orteils verrouillent le tibia en recurvatum


entretient avec le tronc sciatique. La levée de tension de ce muscle est de tous les protocoles, ce qui effectivement peut soulager rapidement d’une sciatalgie. Cela nous semble néanmoins quelque peu réducteur, laissant la porte ouverte à la récidive puisqu’il s’agit, le plus souvent, d’une réaction de défense vis-à-vis d’un étirement ligamentaire. Il en va de même pour les fibres ilio-transversaires du muscle carré des lombes, qui sont les ligaments actifs du ligament ilio-lombaire. Le lumbago n’est le plus souvent que secondaire à la distension des ligaments iliolombaires, ce qui entraîne la réactivité du muscle carré des lombes à partir de son faisceau ilio-tranvsersaire destiné à L4, qui adhère carrément au faisceau supérieur de ce ligament ilio-lombaire9.

Conclusion Ne se fier qu’à la tension, voire à la douleur, pour établir un diagnostic, risque de conduire à l’erreur de confondre la « victime » avec le « coupable ». Dans le cas qui nous intéresse, la responsabilité revient aux chaînes postérieures et médianes qui ont instabilisé l’articulation sacro-iliaque et mis à mal ses ligaments ; le muscle piriforme, se comportant comme ligament actif, n’est que réactif. Seule l’analyse posturale et gestuelle peut nous permettre de déjouer ces phénomènes d’action - réaction. S. Piret et M.-M. Béziers1 ont écrit : « Le geste influence la posture. » ou encore « Tout geste est empreint de psychisme.  ». Nos pulsions comportementales s’expriment dans le corps à notre insu et peuvent en fausser les mouvements, au niveau des articulations qu’elles utilisent comme pivot primaire. Au stade du langage gravé, cela va encore plus loin : nos chaînes marquent le corps de leurs empreintes qui, lorsqu’elles deviennent dérangeantes, favorisent des disjonctions articulaires spécifiques. Le blocage de ces articulations n’est autre qu’une réaction de défense du corps pour mettre un terme à l’étirement ligamentaire. Débloquer soulage temporairement la douleur mais, pour éviter la récidive, il est nécessaire de recourir à une analyse plus globale du geste et de la posture. En se basant sur la notion de terrain prédisposant, la méthode des chaînes musculaires et articulaires G.D.S. remonte à l’origine de nombreuses pathologies et propose des stratégies d’entretien pour éviter les récidives.

Références 1. Piret S, Béziers M-M. La coordination motrice. Paris : Masson, 1971. 2. Bobath. Anomalies des réflexes de posture dans les lésions cérébrales. Paris : Maloine, 1973. 3. Kabat, Viel E. La facilitation neuro-musculaire par la proprioception. Monographies de Bois-Larris. Paris : Masson, 1986. 4. Mézières F. Gymnastique statique. Paris : Imprimerie polyglotte Vuibert, 1947. 5. Denys-Struyf G. Les chaînes musculaires et articulaires. Bruxelles : I.C.T.G.D.S., 1987. 6. Sherrington. Carpenter M.B. Human neuro-anatomy. William Wilkkins, 1985 7. Pearson L. The role of proprioceptive feedback in the regulation and adaptation of locomotor activity. In: Gandevia SC, Proske U,Stuart DG (eds.) Sensorimotor control of movement and posture. Springer Science & Business Media, 2012: 518p. 8. Campignion Ph. les chaînes musculaires et articulaires. Notions de base, 2019, Ed Ph. Campignion. Les chaînes de l’axe vertical - Tome 2 - Les chaînes postéro-médianes, Ed Ph. Campignion 2013 9. Testut. Traité d’anatomie humaine. 6 e édition. Paris : Éditions Octave Doin et fils,1912. et vérification en dissection.

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BAÏOLET MAXIME, HAYE MICHEL, KOPER MANON

Kinésithérapie Analytique : application à la coxarthrose Cet article a pour objet de vous présenter un mode de pensée et de pratique de la Thérapie Manuelle et de la kinésithérapie, baptisée « Kinésithérapie Analytique » il y a déjà fort longtemps par son concepteur R. Sohier18. premier est de récupérer une cinématique articulaire optimale en normalisant l’environnement physique des tissus. Cette récupération de la cinématique articulaire a pour conséquences :

1. Les fondements La Kinésithérapie Analytique se donne comme finalité d’agir au niveau de la cause et sera indiquée dans différentes pathologies : Les pathologies inflammatoires non systémiques : ostéochondrites, arthrite, ténosynovites, etc. Les pathologies dégénératives ou dystrophiques : arthrose, algodystrophie, etc. Les traumatismes articulaires et abarticulaires : luxations, ruptures tendineuses, fractures, etc. Les pathologies orthopédiques : scoliose, hyperlordose, séquelles chirurgicales, varus/ valgus du genou, etc. Le concept Sohier part de l’idée fondamentale selon laquelle on ne peut réellement soigner une articulation que si on a le potentiel de ramener à l’équilibre biologique les tissus lésés ou malades. L’objectif

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d’équilibrer les tensions capsulo- ligamentaires et donc la mécano- réception de lever les contractures des muscles stabilisateurs et diminuer les excès de tension de réduire la nociception de réduire les déséquilibres vaso- moteurs d’améliorer le rendement fonctionnel de retrouver les programmes initiaux des automatismes moteurs Comme les autres approches de Thérapie Manuelle Orthopédique, son intervention se fonde sur des justifications théoriques (biomécanique, physiologie neuromusculaire, etc.) et un raisonnement clinique rigoureux. L’originalité réside ici dans le fait que Sohier et son concept complètent et conditionnent l’approche symptomatique classique par un raisonnement mécanobiologique à finalité plus causale et donc riche en données déterminantes

pour le pronostic et la rééducation fonctionnelle spécifique.

Qu’est-ce que la mécanobiologie ? Voyons ce qu’en dit la littérature. «  La mécanobiologie est une discipline jeune qui étudie les rapports entre les paramètres mécaniques et les fonctions cellulaires. » P. Valdiguié 20045 « Elle essaye de prévoir l’évolution de la microstructure et de la constitution biologique d’un tissu suite aux conséquences de son environnement mécanique.  » U. de Québec. École de technologie Supérieure 20045. La lettre d’information de l’observatoire de mouvement parue en 20045 fait la synthèse de nombreux travaux sur le sujet. Parmi ceux-ci, les conclusions des équipes de J.F.Stoltz (Nancy) et J.P. Pujol (Caen) ont particulièrement retenu notre attention. Les chercheurs de la première équipe étudient les différentes étapes de la conversion du signal mécanique en signal physiologique intra-cellulaire. Ce signal transmis au noyau (notamment par déformation de la matrice extracellulaire et du cytosquelette) fait réagir celui-ci par une activation transcriptionnelle, provoquant en retour une synthèse ou une dégradation de protéines ou de glycosaminoglycane.


C’est donc de la qualité du signal mécanique et de sa transduction que dépendra la « production » normale du chondrocyte. J.P. Pujol et son équipe ont étudié l’influence des déformations cycliques et statiques sur le métabolisme du cartilage articulaire. Ils constatent qu’une compression continue, statique (encore appelée constance d’appui par Sohier13) diminue la synthèse de protéoglycanes et de collagène, alors qu’une compression cyclique stimule l’activité métabolique. De même, pour que le cartilage de synthèse puisse présenter les mêmes propriétés mécaniques que le cartilage normal, il faut qu’il soit formé dans des conditions de pressions cycliques comparables à celles subies in vivo. Cette notion de rythme des contraintes mécaniques qui a son influence sur l’homéostasie tissulaire est fondamentale pour Sohier. Les mêmes chercheurs observent que des stress de cisaillements induisent la production d’acide nitrique qui, lorsqu’il est formé en quantité excessive, favorise la dégradation du collagène et des protéoglycanes (matrice) et diminue leur biosynthèse. Il est noté que, dans une hanche dysplasique, le stress mécanique et les forces de cisaillements déforment et étirent les chondrocytes. On retrouve dans les couches superficielles du cartilage du collagène de type 1, caractéristique du tendon et normalement absent du cartilage, qui ne contient que du collagène de type 2 adapté aux propriétés mécaniques physiologiques du cartilage. Les forces de cisaillements excessives ou déséquilibrées sont également combattues par notre approche thérapeutique.

2. L’effet chondroprotecteur de la Kinésithérapie Analytique proposée par Sohier au niveau de la coxo-fémorale Les conclusions des travaux des chercheurs en mécanobiologie ressemblent à s’y méprendre à celles de Sohier, obtenues par raisonnement, observations, analyses, déductions et implications thérapeutiques. Il parlait alors de « biologie mécanogène ». Comme le concevait Sohier, pour soigner l’articulation, il faut être en mesure de retrouver l’équilibre biologique des tissus malades ou lésés. Sinon on fait de l’adjuvance, on

limite les effets des compensations, on essaie de réduire la douleur, mais on ne s’attaque pas au problème primitif ayant perturbé la physiologie des tissus articulaires et péri-articulaires. Les mécanismes déterminant l’équilibre biologique, c’est-à-dire les mécanismes qui régissent la biosynthèse, la dégradation et la reconstruction cellulaires, sont inscrits dans les gènes et influencés par les rapports qu’a la cellule avec son environnement1. Au niveau des tissus articulaires et péri-articulaires (tissu conjonctif), l’environnement influençant (épigénétique) est en grande partie physique, mécanique5,7. Là est la justification fondamentale de notre intervention, car un trouble biomécanique (état pathomécanique) suffit à lui seul pour déclencher une affection articulaire. La Kinésithérapie Analytique, R. Sohier7, se donne pour l’environnement physique des fonctionnement biomécanique, réponse biologique.

telle que la conçoit but de normaliser tissus, c’est-à-dire le afin d’optimaliser la

Nous parlons ici d’une biomécanique qualitative, non encore mesurable. Celle des forces qui traversent les tissus et dont le signal mécanique va être transformé en signal biologique qui va faire réagir la cellule. Les forces qui transitent par l’interligne articulaire s’expriment en matière de pressions et de cisaillements, dont la distribution dépend de la cinématique (roulements, glissements et translations) elle-même gérée par les rappels ligamentaires et la musculature stabilisatrice (contrôle moteur). Une cinématique physiologique est donc essentielle, d’un point de vue mécanobiologique, pour transmettre des signaux mécaniques reconnus cohérents par la cellule, qui dès lors produira le bon collagène et se renouvellera normalement dans des tissus qui ne s’useront pas voire se répareront. À l’opposé, un trouble de la cinématique sera responsable de stimulations aberrantes conduisant à des réponses inappropriées responsables de la dégradation du cartilage (production de collagène de type 1 au lieu de type 2), de sclérose osseuse sous-chondrale, de géodes osseuses, d’ostéophytes, etc. Une question découle naturellement de ce qui précède : quelles sont les composantes fonctionnelles (importantes pour la rééducation) qui engendrent une cinématique physiologique ?

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C’est en observant nos automatismes moteur (marche, gestuelle de préhension, etc.) a que Sohier7,13,16,17,18,19 compris que la fonction idéale, donc « biomécanogène », était parfaitement rythmée en distribution de forces de pressions et de cisaillements.

Un impact inverse doit exister au niveau des hanches si les forces descendantes postériorisent le sacrum. Tout autre rythme mécanique du trigone est pathologique et induit à long terme la coxarthrose par perte d’amorti articulaire.

Chaque geste alterne et répète une phase rigidifiante, où l’appui articulaire et les tensions ligamentaires augmentent (contrôle moteur faible), suivie d’une phase dérigidifiante, où l’appui et les tensions ligamentaires diminuent (contrôle moteur fort). C’est par le choix et la chronologie des muscles qui entrent en action, c’est-à-dire nos programmations neuro-motrices automatiques, que la dynamique de ce rythme se produit, induisant les pressions cycliques dont nous avons déjà dit toute l’importance. De plus comme les surfaces articulaires se déplacent dans des sens opposés et en alternance, les forces de frictions (cisaillements) s’annulent, en moyenne fonctionnelle, pour une fonction équilibrée.

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Dans le cas contraire, un rythme pathomécanique conduira vers la coxarthrose.

3. Le traitement La récupération d’une cinématique articulaire normale ne peut toutefois pas être obtenue d’emblée de manière gymnique, globale. En effet, l’altération de la cinématique, fixée par la contracture musculaire, bloque certains maillons des chaînes articulaires et musculaires.

Figure 1 : gravité antérieure et hanche en rotation médiale

Nous commençons donc nos traitements par des mobilisations spécifiques visant à libérer l’interligne de ses coincements et décentrages dans les trois plans de l’espace. Ce sont des mobilisations douces, progressives, tangentielles aux surfaces articulaires et réalisées à partir de positions initiales ne mettant pas en tension les tissus mous périarticulaires. Cela permet d’éviter la manipulation thrustante.

Ainsi, au niveau de la hanche, l’impact acétabulaire dépend du type d’architecture du cotyle, de celle de la tête fémorale ainsi que de l’épiphyse fémorale. Il tient aussi compte du type de prédominance fonctionnelle, à savoir soit une marche venant du haut, soit une marche venant du bas. Dans la marche venant du haut, les forces (gravifiques et d’inertie) antébasculent le sacrum. Pour que le rythme soit physiologique, il faut que la poussée céphalo-acétabulaire soit postérieure et sollicite dès lors l’iliaque dans le même sens.

Dans la marche par le bas, le phénomène inverse se produit, à savoir une bascule postérieure du sacrum et une poussée céphaloacétabulaire antérieure, qui sollicitent l’iliaque dans le même sens.

C’est à ce stade que les techniques adjuvantes à but anti-inflammatoire et antalgique ainsi que les conseils d’hygiène de vie sont donnés.

Figure 2 : marche par le haut

La récupération d’une fonction physiologiquement rythmée constitue le deuxième temps de traitement. Le réveil et la tonification sélective des muscles stabilisateurs sera suivie d’une rééducation posturale après équilibration des chaînes musculaires, d’une rééducation fonctionnelle, neuromotrice et proprioceptive de


Références 1. Ameisen J.C La sculpture du vivant Ed. Seuil 2OO 4.

la marche ou de la gestuelle perturbée. Une rééducation toujours progressive allant du geste lent au rapide, du simple au complexe, du décomposé au fluide, en espérant retrouver et pérenniser la stratégie motrice initiale, celle qui respecte les rythmes mécanobiologiques.

2. De Meur Th. Contribution à l’analyse de la marche par l’étude statistique entre la localisation de la gravité et la rotation des hanches / in Mains libres, 1 (février 2012) 3. Haye. M. Effets immédiats d’une technique de recentrage articulaire sur l’épaule du joueur de hand-ball. Mémoire U.L.B. Bruxelles 1987 4. Koper M. Mesures par échographie et algomètre du triceps sural, avant et après normalisation d’une restriction en flexion dorsale au niveau de la cheville, selon la Kinésithérapie Analytique proposée par R. SOHIER. T.F.E H.E.P.H Condorcet Montignies-sur-Sambre 2019 5. La mécanobiologie. L’Observatoire du mouvement . Lettre d’information sept. 2004 N°13 6. Laudon. D. Etude de la contraction et de la contracture par l’analyse du bruit musculaire. T.F.E H.E. Condorcet Charleroi 2002 7. Sohier R. Le rythme biomécanique fondamental justifie la kinésithérapie analytique.KS N° 444 mai 2004 8. Sohier R. Kinésithérapie analytique de l’épaule. Ed. Kiné-Sciences La Louvière 1959-1985 9. Sohier R. Kinésithérapie analytique de la colonne vertébrale T.1 . Ed. KinéSciences La Louvière 1960

Figure 3 : pincement antéro-supérieur

10. Sohier R. Kinésithérapie analytique de la colonne vertébrale T.2 . Ed. KinéSciences La Louvière 1960 11. Sohier R, Heureux P. La kinésithérapie du rachis scoliotique. Ed. Kiné-Sciences La Louvière 1978 12. Sohier R. Kinésithérapie analytique de la hanche. Ed. Kiné-Sciences La Louvière 1974 13. Sohier R et J. Concept Sohier . Ed. Kiné- Sciences La Louvière 2000 14. Sohier R. Kinésithérapie analytique de la lombalgie. Ed. Kiné-Sciences La Louvière 1999 15. Sohier R. Kinésithérapie analytique de la gonarthrose. Ed. Kiné-Sciences La Louvière 2001 16. Sohier R. Biologie mécanogène. Ed. Kiné- Sciences La Louvière 1996 17. Sohier R. La dynamique du vivant. Ed. Kiné- Sciences La Louvière 1995

Figure 4 : gravité antérieure et hanche en rotation latérale

18. Sohier R. de la biomécanique à la biologie mécanogène. Du concept Sohier à la Kinésithérapie analytique 1946-2010 19. Sohier R. Haye M. Deux marches pour la machine humaine. Ed. Kiné-Sciences La Louvière 1989 20. Stubbs-Harris-Solomonov-Zha-Baratta et Lu. Ligamento-muscular protective reflex in the lumbar spine of the feline. Jl of EMG ans Kinesiology 8 (4) 197-204 1998 21. Thibaut S. Echographie de la réponse mus culaire après normalisation de l’articulation gléno-humérale (mobilisations spécifiques selon Sohier). T.F.E H.E. Condorcet Charleroi 2015

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TRUDY BEKKERING1, EMMANUEL SIMONS1,2, MARTINE GOOSSENS1

Programme d’exercice pour la spondylarthrite ankylosante Quels sont les effets (souhaités et indésirables) des programmes d’exercice pour les personnes atteintes de spondylarthrite ankylosante ? C’est la question développée dans cette revue.

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Contexte

Critères de sélection des études

La spondylarthrite ankylosante (SA) est une inflammation rhumatismale chronique, principalement des articulations vertébrales et sacro-iliaques axiales, qui provoque des douleurs dorsales caractéristiques. Les programmes d’exercice sont souvent recommandés pour les personnes atteintes de SA afin de réduire la douleur et d’améliorer ou de maintenir le fonctionnement.

Cette revue systématique Cochrane a inclus des études randomisées comparant l’effet des programmes d’exercice chez les adultes atteints de SA par rapport à un groupe témoin inactif (absence de traitement, liste d’attente) ou à des soins habituels. La dernière recherche documentaire a eu lieu en décembre 2018.

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Résumé des résultats La revue compte 14 études avec un total de 1.579 participants atteints de SA. La plupart étaient du sexe masculin, avaient entre 39 et 47 ans et souffraient de SA depuis 9 à 18 ans. Les programmes d’exercice ciblaient principalement la force musculaire, la flexibilité, les étirements et une meilleure respiration. De nombreux participants prenaient en même temps des médicaments ou des agents biologiques pour leur maladie. Neuf études ont comparé un programme d’exercice à l’absence de traitement et cinq l’ont fait par rapport aux soins habituels (kinésithérapie, médicaments ou autogestion). Comparaison par rapport à l’absence de traitement Le fonctionnement physique, l’activité de la maladie et la mobilité de la colonne vertébrale ont été mesurés sur des échelles de 0 à 10 ; un score plus faible signifie une meilleure mobilité de la colonne vertébrale, un meilleur fonctionnement physique et une moindre activité de la maladie. Les personnes dans le groupe «  exercice  » ont évalué leur fonctionnement à 1,3 point en moyenne en moins (amélioration absolue de 13   %) par rapport au score du groupe « absence de traitement » (4,1 points). Elles ont évalué l’activité de la maladie à 0,9 point en moyenne en moins (amélioration absolue de 9   %) par rapport au score du groupe «  absence de traitement  » (3,7 points) et ont évalué la mobilité de la colonne vertébrale à 0,7 point en moyenne en moins (différence absolue de 7  %) par rapport au score du groupe «  absence de traitement » (3,8 points). La douleur et la fatigue ont été mesurées à l’aide d’échelles visuelles analogiques (EVA, de 0 à 10, un score plus faible signifie moins de douleur ou de fatigue). Les personnes dans le groupe « exercice » ont

évalué la douleur à 2,1 points en moyenne en moins (amélioration absolue de 21  %) par rapport au score du groupe « absence de traitement » (6,6 points). Elles ont évalué la fatigue à 1,4 point en moins (différence absolue de 14  %) par rapport au score moyen dans le groupe « absence de traitement ». Comparaison par rapport aux soins habituels Les personnes dans le groupe «  exercice  » ont évalué le fonctionnement à 0,4 point en moins (amélioration de 4  %), l’activité de la maladie à 0,7 point en moins (amélioration de 7  %) et la mobilité de la colonne vertébrale à 1,2 point en moins (amélioration absolue de 12  %) par rapport au score du groupe « absence de traitement ». En ce qui concerne la douleur, les personnes dans le groupe «  exercice  » l’ont évaluée en moyenne à 0,5 point en moins par rapport au score du groupe « absence de traitement » (amélioration absolue de 5  %). Aucune de ces études n’a évalué la fatigue. En ce qui concerne les effets indésirables, seul un participant des groupes « exercice » en fait mention, par rapport à aucun dans les groupes témoins. Nous ne sommes néanmoins pas certains du risque d’effets indésirables en raison du faible nombre rapporté et du nombre

limité d’études qui les ont évalués.

Conclusion Par rapport à l’absence de traitement, un programme d’exercice est susceptible d’améliorer légèrement le fonctionnement et l’activité de la maladie (niveau de certitude modéré) et pourrait également réduire la douleur (faible niveau de certitude). Nous ne sommes pas certains de l’effet d’un programme d’exercice sur la mobilité de la colonne vertébrale et la fatigue (très faible niveau de certitude). Comparé aux soins habituels, un programme d’exercice est susceptible d’avoir peu ou aucun effet sur le fonctionnement ou la douleur (niveau de certitude modéré) et pourrait avoir peu ou aucun effet sur l’activité de la maladie (faible niveau de certitude). Nous ne sommes pas certains de l’effet sur la mobilité de la colonne vertébrale (très faible niveau de certitude).

Implications pour la pratique Un programme d’exercice semble être utile pour les personnes atteintes de SA, en particulier celles qui ne bénéficient pas d’autres soins. Cette revue systématique ne précise cependant pas quel type d’exercice permet d’obtenir les meilleurs résultats.

Références 1. Centre Belge pour l’Evidence Based Medicine (Cebam), Cochrane Belgique 2. CHU Brugmann Regnaux JP, Davergne T, Palazzo C, Roren A, Rannou F, Boutron I, LefevreColau MM. Exercise programmes for ankylosing spondylitis. Cochrane Database of Systematic Reviews 2019, Issue 10. Art. No.: CD011321. DOI: 10.1002/14651858.CD011321.pub2. Accessed 25 March 2021. Consultez le texte intégral de cette revue Cochrane via la Cebam Digital Library for Health: www.cebam.be/fr/cdlh Cochrane Corner En collaboration avec le CEBAM, Cochrane Belgique: www.cebam.be

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