MARS 2021
Association professionnelle pour tous les kinésithérapeutes
Exclusif
À LA UNE
Kinésithérapie et diététique - Partie 2 Magazine réservé aux membres. Pour et par les kinésithérapeutes
SOMMAIRE
EXXTRA
EXXTRA
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Littérature spécialisée
LITTÉRATURE SPÉCIALISÉE Traumatologie en pratique sportive
AXXON EN ACTION
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Ouvrage collectif – fruit de l’expérience clinique de plus de 80 spécialistes – le contenu aborde toutes les régions anatomiques, les spécificités de la pathologie traumatique de l’enfant et les pathologies par sport. Le niveau sportif est aussi pris en compte, car la prise en charge du professionnel sera différente de celle du sportif de loisir.
Les 6 grandes lignes du plan pluriannuel pour la kinésithérapie
EXXPERT
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La collaboration entre kinésithérapeutes et diététiciens : la clé pour la prise en charge du patient sarcopénique ?
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Influences directes et indirectes du COVID sur la sarcopénie Réduire les apports en graisses saturées dans les maladies cardiovasculaires
AXXON EXCLUSIF PUBLICATION DE L’ASBL AXXON MARS 2021 TRIMESTRIEL – ANNÉE 12 – N° 49 – IMPERIASTRAAT 16 – 1930 ZAVENTEM BUREAU DE DÉPÔT: BRUXELLES X NUMÉRO D’AGRÉMENT: P910666 ÉDITEUR RESPONSABLE: PETER BRUYNOOGHE – IMPERIASTRAAT 16 – 1930 ZAVENTEM RÉDACTION & COPYWRITING: SÉBASTIEN KOSZULAP & SOPHIE JANS – REDACTION@AXXON.BE TRADUCTION: EMILY VAN COOLPUT CONCEPT ET RÉALISATION: C3CREATIES IMPRESSION: SYMETA ADRESSE DE CORRESPONDANCE AXXON: IMPERIASTRAAT 16 – 1930 ZAVENTEM – TÉL : 02 709 70 80 – WWW.AXXON.BE NUMÉRO DE COMPTE POUR LES COTISATIONS: BE18 3631 0868 1365 Vous recevez cette revue en fonction du nom et de l’adresse qui se trouvent dans notre base de données. Suite à la mise en application de la loi du 8 décembre 1992 sur la protection de la vie privée, vous avez la possibilité et le droit de modifier vos données. Les articles/publicités paraissent sous la responsabilité des auteurs/firmes. AXXON se réserve le droit de refuser des textes et/ou publicités qui pourraient nuire à la profession. © Tout texte ou partie de texte ne peut être copié/photocopié sans l’autorisation écrite de l’éditeur, quelle qu’en soit l’utilisation.
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Pratique et didactique, l’ouvrage est très richement illustré par plus de 280 dessins et clichés en couleurs.
Discipline au carrefour de plusieurs spécialités, la traumatologie du sport a beaucoup évolué ces dernières années avec les progrès réalisés en diagnostic clinique, imagerie, traitement conservateur et techniques chirurgicales. Traumatologie en pratique sportive fait le point sur tous les aspects diagnostiques, les indications et contre-indications et la thérapeutique de la traumatologie en pratique sportive. Qu’il s’agisse d’une lésion tendineuse ligamentaire osseuse ou cartilagineuse, le traumatologue du sport – médecin ou chirurgien ayant suivi une formation spécifique – est au coeur de la gestion de la blessure du sportif, de l’accident sur le terrain à la reprise de l’activité au meilleur niveau, qu’il s’agisse d’activité de santé-loisir ou de compétition.
Il s’adresse aux médecins du sport, aux chirurgiens orthopédistes, aux médecins de médecine physique et de réadaptation, aux rhumatologues, aux kinésithérapeutes du sport mais aussi aux neurologues, podologues et mésothérapeutes.
AXXON : PROMOTION MEMBRES D’ RÉDUCTION DE 10 % EN UTILISANT LE CODE: AXXON10GZ1501 Auteurs : Yves Catonné, Frédéric Khiami, Frédéric Depiesse Editeur : Elsevier Masson Date de publication : Mars 2021 Nombre de pages : 472 ISBN : 9782294768194 Prix : 55,00 €
COMMANDEZ CE LIVRE EN LIGNE DIRECTEMENT SUR WWW.ACCO.BE RÉDUCTION VALABLE JUSQU’AU 31 JUILLET 2021
BERNARD LAPLANCHE PRÉSIDENT AXXON QUALITÉ EN KINÉSITHÉRAPIE
ÉDITO
Vaccination anti-COVID-19 : pour ou contre ? Moi je suis pour ! La pandémie en cours, que nous espérions de courte durée, est bien loin d’être derrière nous. Une première vague en mars 2019, une deuxième vague qui se termine, une troisième vague qui s’annonce… Les chiffres démontrent que la deuxième vague a été plus meurtrière que la première ; aujourd’hui, nous sommes sous la menace des variants au virus qui, selon les experts scientifiques, s’ils ne sont pas plus dangereux, sont certainement bien plus contagieux.
Je vous invite toutes et tous à vous informer sur les sites scientifiques, qui doivent à eux seuls vous convaincre de la pertinence et de l’importance de se faire vacciner. Oubliez le bouche-à-oreille, la consultation de sites douteux, la désinformation et la mauvaise presse. La newsletter d’AXXON du 21 janvier vous a
Mais à présent, nous avons une nouvelle arme de lutte efficace : le vaccin. Avec son arrivée se pose alors une série de questions et d’affirmations : « Vais-je me faire vacciner ? », « Quels sont les risques ? », « Il n’y a pas assez de recul ! », « Je suis anti-vaccin ! », « Je vais attendre de voir les effets sur les autres ! », « On a “trouvé” ce vaccin trop vite ! », etc. Celles-ci sont légitimes et la liberté de choix reste de mise. Tout en pouvant comprendre et admettre qu’individuellement, nous avons toutes et tous cette liberté, nous avons également des devoirs à respecter envers nos patients. Le premier devoir et certainement le plus important est de les protéger par tous les moyens possibles. Le vaccin est indéniablement l’un de ces moyens.
« Nous avons une nouvelle arme de lutte efficace : le vaccin. »
donné les références utiles. Nous sommes des scientifiques, avec tout ce que cela implique : à la fois la capacité d’analyser les données scientifiques confirmées, tout en gardant notre libre arbitre mais aussi notre sens du devoir. Autour de ce(s) vaccin(s), il y a des certitudes et des incertitudes. Avant tout, il protège la personne vaccinée, mais il n’empêche pas de véhiculer le virus si on ne respecte plus les gestes barrières. Mais si les autres sont également vaccinés, ils sont alors eux aussi protégés… Tous les scientifiques sont maintenant parfaitement d’accord pour dire que si nous voulons reprendre une vie la plus normale possible, il n’y a qu’avec la vaccination de la majorité de la population (le pourcentage minimum le plus souvent cité est de 70 %) que ce sera réalisable. Il est temps maintenant de faire un choix. Tout en respectant les libertés individuelles au sens le plus large, je vous invite à faire celui qui me semble être le bon : soyons ambassadeurs auprès de nos patients, de nos familles et de nos proches ; soyons convaincus que le retour à notre « vie d’avant » passe par la vaccination du plus grand nombre. Mon choix est fait : je me vaccine dès que possible. Et vous ?
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AXXON EN ACTION
PETER BRUYNOOGHE
Les 6 grandes lignes du plan pluriannuel pour la kinésithérapie 2021 devrait être une année charnière pour la kinésithérapie. Au cours du mois de décembre de la difficile “année du coronavirus”, l’INAMI et la cellule stratégique du cabinet Vandenbroucke ont été le théâtre de négociations acharnées pour parvenir à une nouvelle convention, après la dénonciation par AXXON de l’accord M20. Les discussions sur l’accord M21 ont aussi été l’occasion d’insister encore et encore sur la nécessité d’un plan à long terme pour la kinésithérapie. L’objectif d’AXXON n’était pas uniquement d’obtenir des budgets supplémentaires pour 2021, mais aussi de forcer les autorités à ouvrir les yeux en insistant une nouvelle fois sur les nombreux problèmes auxquels notre secteur est confronté depuis de longues années. Dès 2017, un groupe de travail a été institué au sein du Comité de l’Assurance de l’INAMI pour aborder les points de friction connus, mais malheureusement sans parvenir à dégager une solution dans un certain nombre de domaines. C’est pour cette raison qu’AXXON est repassée à l’action. Ceci a finalement débouché sur un avant-propos passablement éloquent dans lequel les autorités déclarent, par la bouche du Comité de l’Assurance, vouloir prendre des engagements qui ouvrent un certain nombre de perspectives pour l’avenir de la kinésithérapie. D’ici au 30 juin 2021, un plan pluriannuel pour le secteur devra notamment être soumis au Comité de l’Assurance pour discussion. Pour AXXON, ce plan pluriannuel repose sur 6 grandes lignes de force qui seront élaborées au cours des prochains mois au sein d’autant de groupes de travail.
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1. Eu égard au fait que le vieillissement de la population
va être amené à se poursuivre dans les années à venir, la kinésithérapie gériatrique va inévitablement encore gagner en importance. Comment pouvonsnous renforcer l’attrait de cette discipline, aussi bien en première ligne que dans les maisons de repos et de soins et les hôpitaux ? Des aspects comme le profil de fonction, les compétences et les barèmes salariaux vont certainement être abordés, mais il faudra aussi trouver une solution au problème des honoraires en MRPA par rapport au financement forfaitaire des MRS.
2. Le 2e volet des avantages sociaux INAMI doit être
déployé sans délai. De nombreux confrères actifs au sein des hôpitaux réalisent, à côté de leurs prestations relevant de la nomenclature M, des traitements qui relèvent de la nomenclature K. De ce fait, ils n’atteignent pas forcément les seuils requis de valeurs M et passent donc à côté de leurs avantages sociaux INAMI. Une solution peut être trouvée en concertation avec les partenaires d’AXXON, Amonis et Curalia.
3. Un cadre financier et budgétaire pluriannuel doit être mis en place pour la kinésithérapie. Qu’est-ce qu’un honoraire suffisant pour couvrir les coûts – dans les différents cadres d’activité et compte tenu de divers paramètres (nouvelles technologies numériques, qualifications professionnelles particulières, vastes compétences du kinésithérapeute…) – et celui-ci estil axé sur l’avenir ? Un partenaire externe pourrait guider AXXON dans cette analyse des coûts. Par ailleurs, l’honoraire doit être aligné sur celui de professions de soins comparables. Nous avons également besoin d’une méthodologie correcte pour le calcul des éventuels gains d’efficience au sein du budget de la kinésithérapie. Oseronsnous ouvrir le débat sur la nécessité – ou non – de continuer à rembourser l’ensemble des traitements de kinésithérapie dans le cadre de l’assurance maladie ? Une autre grande question est de savoir comment p r é s e r v e r, dans le futur,
l’accessibilité financière des soins chroniques pour les patients. Serait-il par exemple possible d’envisager dans ce cadre une rémunération forfaitaire en sus du paiement à la prestation pour les soins aigus ?
4. Une modernisation de la nomenclature s’impose. Le
groupe de travail évoqué plus haut a constaté dès 2017 que le contexte sociétal de la kinésithérapie s’est profondément modifié. Le Conseil Fédéral de la Kinésithérapie a élaboré des propositions concrètes pour le profil professionnel du kinésithérapeute, propositions qui recouvrent notamment un élargissement des compétences. Ces idées n’ont toutefois toujours pas trouvé de point d’ancrage concret dans la réglementation de l’assurance soins de santé. La nomenclature dans sa mouture actuelle n’en tient aucun compte et n’est pas non plus adaptée aux applications numériques innovantes, aux possibilités préventives inexploitées (coaching), à la volonté d’une collaboration multidisciplinaire entre prestataires (trajets de soins), aux séances collectives pour certains groupes-cibles ou – last but not least – aux qualifications professionnelles particulières.
5. Un projet-pilote « lombalgies » a été élaboré dans
le cadre de l’Art. 56 de l’INAMI - en collaboration avec les universités francophones et néerlandophones et sous la direction du Pr Lotte Janssens (UHasselt) - et devrait débuter le 1er avril 2021.
6. Un dernier chantier important pour 2021 sera celui de l’informatisation dans le domaine de la kinésithérapie. Ce point concerne non seulement le déploiement de la feuille de route de l’informatisation et la mise au point du dossier de kinésithérapie électronique (eDK) - qui doit notamment rendre possible les échanges avec d’autres soignants et la facturation électronique avec les organismes assureurs - mais aussi l’introduction de nouvelles technologies numériques pour optimiser les soins du kinésithérapeute.
Par ailleurs, AXXON continuera encore et toujours en 2021, en s’appuyant sur les articles 85 et 86 de la Loi Qualité, à se battre pour forcer le gouvernement belge à supprimer définitivement la législation défavorable aux patients en matière de remboursement (qui est réduit de 25 % pour les patients des kinésithérapeutes déconventionnés).
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EXXPERT
CHARLOTTE STOFKOOPER DIÉTÉTICIENNE NUTRITIONNISTE AGRÉÉE, MEMBRE ACTIF DU GROUPE DES DIÉTÉTICIENS DU SPORT (GDSPORT) DE L’UPDLF
La collaboration entre kinésithérapeutes et diététiciens : la clé pour la prise en charge du patient sarcopénique ? Une activité physique adaptée et une alimentation saine et équilibrée sont deux prérequis essentiels pour prévenir la sarcopénie : la collaboration entre kinésithérapeutes et diététiciens semble donc capitale. La sarcopénie (ou dystrophie musculaire liée à l’âge) est une pathologie définie de manière consensuelle par le groupe européen EWGSOP (The European Working Group on Sarcopenia in Older People), résultant d’une perte : progressive et élevée de la masse musculaire ; de la force ; de la fonction musculaire au cours du vieillissement. La sarcopénie est reconnue comme maladie par l’OMS dans la classification internationale des maladies (M62.84). Le terme sarcopénie a été initialement utilisé pour désigner une perte musculaire liée à l’âge. Actuellement, sa définition s’étend aux pathologies chroniques, aux situations d’inactivité et aux troubles de la mobilité et de la malnutrition.
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La sarcopénie est donc un syndrome multifactoriel complexe, avec de multiples causes interdépendantes qui contribuent au développement et à la progression de cette pathologie. Certains auteurs distinguent la sarcopénie primaire liée au vieillissement et la sarcopénie secondaire qui peut être liée à l’inactivité physique (sédentarité, alitement et déconditionnement), à une pathologie (maladie inflammatoire, cancer, endocrinopathie) ou liée à la nutrition (apports inadéquats, anorexie, malabsorption, troubles gastrointestinaux,etc.). En pratique, cela reste difficile de faire la distinction étant donné que le vieillissement est le plus souvent associé à de multiples comorbidités. Ces divers facteurs contribuent, à des degrés variés, à la perte de masse et de force musculaires : les modifications du métabolisme des protéines, qui induisent que
les protéines alimentaires ne sont plus utilisées efficacement par l’organisme ; des apports nutritionnels inadaptés aux besoins de l’organisme au cours du vieillissement suite à une inappétence, au choix de viande de mauvaise qualité, à des problèmes de mastication, à des moyens financiers insuffisants, etc. ; l’effet des hormones anaboliques est fortement perturbé au cours du vieillissement : soit la concentration en hormone circulante est réduite, soit la sensibilité du muscle à l’action de certaines hormones telle que l’insuline apparaît diminuée ; une dénervation ainsi qu’une perte de la fonctionnalité des unités motrices est observée au cours du vieillissement et ceci entraînerait une moindre constructibilité des fibres musculaires.
Etroitement proche de la cachexie, qui est aussi un syndrome complexe multifactoriel mais qui se caractérise cette fois par : un état d’hypercatabolisme au cours d’une pathologie chronique sévère sous-jacente avec une inflammation de haut grade ; une perte de poids incluant une perte musculaire avec souvent une perte de masse grasse ; des désordres métaboliques ; une anorexie. Cette définition de la cachexie, dont le critère principal est la perte de poids, est mise en défaut dans plusieurs pathologies chroniques comme la polyarthrite rhumatoïde (PR), au cours desquelles la perte de masse musculaire est associée à une stabilité voire une majoration de la masse grasse se caractérisant par l’absence de perte de poids. Nous retrouvons parfois ce phénotype clinique appelé aussi « obésité ou adiposité sarcopénique », qui sousentend un lien étroit entre muscle et tissu adipeux, qui altère aussi la fonction et la qualité musculaire. Le poids n’est donc pas un indicateur à suivre de façon isolée. Il est intéressant de se fier à la composition corporelle (masse maigre/musculaire/osseuse/grasse) et à la fonction musculaire.
APPORTS PROTÉIQUES
ACTIVITÉ PHYSIQUE
HORMONES ANABOLIQUES
INFLUX NERVEUX
MASSE MUSCULAIRE FORCE MUSCULAIRE PERFORMANCE PHYSIQUE
EXTRACTION SPLANCHNIQUE
SARCOPÉNIE Issu du site : www.toutsurlasarcopenie.fr
À partir de l’âge de 30 ans, le tissu musculaire connaît une dégénérescence progressive de l’ordre de 3 à 8 % par décennie, avec une accélération dès 50 ans. Vers 70 ans, la moitié de la masse musculaire est perdue au profit du tissu adipeux. Différentes études estiment que 25 % des personnes de plus de 70 ans et 40 % des plus de 80 ans seraient sarcopéniques. À l’hôpital, la sarcopénie touche 21 à 44 % des personnes de plus de 65 ans dénutries ou à risque de dénutrition.
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Une activité physique adaptée et une alimentation saine et équilibrée sont deux prérequis essentiels pour prévenir la sarcopénie.
CAS TROUVÉS
La EWGSOP a établi un consensus pour définir le diagnostic de la sarcopénie sur base d’un arbre décisionnel en 4 étapes :
SARC-F OU SUSPICION CLINIQUE
NÉGATIVE
PAS DE SARCOPÉNIE
NORMALE
PAS DE SARCOPÉNIE
POSITIVE ÉVALUATION
FORCE MUSCULAIRE FORCE DE PRÉHENSION TEST CHAISE
FAIBLE
En pratique clinique, cela suffit pour déclencher l’évaluation des causes et commencer l’intervention
PROBABLE SARCOPÉNIE
CONFIRMATION
QUANTITÉ ET QUALITÉ MUSCULAIRE (DXA ; BIA ; CT ; MRI)
NORMALE
FAIBLE SARCOPÉNIE CONFIRMÉE
GRAVITÉ
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PHYSICAL PERFORMANCE (GAIT SPEED ; SPPB…)
FAIBLE
SARCOPÉNIE SÉVÈRE
Première étape : examen clinique par le médecin traitant ou questionnaire SARC-F Le diagnostic consiste à identifier les patients pour lesquels une sarcopénie peut être suspectée, soit à l’aide d’un examen clinique du médecin, soit par le questionnaire SARC-F (acronyme pour Strength-Assistance in walkingRise from a chair-Climb stairs-Falls) qui repose sur cinq questions et permet un diagnostic rapide et facile de la sarcopénie.
Un score ≥ 4 doit faire supposer la présence d’une sarcopénie et doit être suivi d’un diagnostic plus approfondi. Si le score est ≤ 3, le patient est diagnostiqué « non sarcopénique », mais des tests seront à refaire régulièrement.
Composante
Question
Score
Force
Avez-vous des difficultés pour lever et transporter 4,5 kg ?
Aucune = 0 Un peu = 1 Beaucoup ou incapable = 2
Troubles de la marche
Avez-vous des difficultés pour traverser une pièce ?
Aucune = 0 Un peu = 1 Beaucoup ou incapable = 2
Lever d’une chaise
Avez-vous des difficultés pour vous lever d’une chaise ?
Aucune = 0 Un peu = 1 Beaucoup, avec aide ou incapable = 2
Monter des escaliers
Avez-vous des difficultés pour monter 10 marches ?
Aucune = 0 Un peu = 1 Beaucoup, avec aide ou incapable = 2
Chutes
Combien de fois êtes-vous tombé dans les 12 derniers mois ?
Pas de chute = 0 1 à 3 chute(s) = 1 ≥ 4 chutes = 2
Deuxième étape : évaluation de la force musculaire Cette évaluation repose sur plusieurs indicateurs, soit la mesure de la force de préhension à l’aide du dynamomètre (Handgrip), soit à l’aide du test de lever de chaise (se lever à 5 reprises de la chaise en un temps chronométré). Il faut s’inquiéter quand les résultats sont faibles, c’est-àdire, une force de préhension < 30 kg chez l’homme et 20 kg chez la femme et/ou bien quand les levers de chaise sont réalisés en plus de 15 secondes. Si la force musculaire est diagnostiquée comme faible, il y a une sarcopénie probable. Cela suffit déjà pour mettre en place un traitement et chercher les causes de la sarcopénie. Si la force musculaire est normale, il faudra tout de même réévaluer régulièrement l’individu.
Troisième étape : confirmation du diagnostic L’évaluation de la qualité et de la quantité musculaires grâce à des mesures de composition corporelle ou à l’aide des techniques d’imageries médicales permettront de confirmer la présence d’une sarcopénie. La composition corporelle peut être évaluée par absorptiométrie biphotonique (DEXA) ou par impédancemétrie. Le but est de mesurer la masse squelettique appendiculaire (MSA), c’est-à-dire la masse musculaire des membres inférieurs et supérieurs ou l’indice de MSA (IMSA : MSA/taille²). La sarcopénie est confirmée si : MSA est < 20 kg (homme) et < 15 kg (femme) ou avec IMSA est < 7 kg/m² (homme) ou < 5.5 kg/m² (femme).
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1. LES TESTS D’ÉQUILIBRE Debout pieds joints pendant 10 secondes
POINTS < 10 s (0 pt)
Aller au test de vitesse de marche
< 10 s (0 pt)
Aller au test de vitesse de marche
10 s (+ 1 pt)
Debout pieds en semi-tandem pendant 10 secondes
Quatrième étape : gravité de la sarcopénie
Test 2 : _____pt Test 3 : _____pt
10 s (+ 1 pt)
Cette dernière étape permet d’évaluer la gravité de la sarcopénie par des tests de fonctionnalité musculaire.
Debout pieds en tandem pendant 10 secondes 10 s (+ 2 pt) 3-9 s (+1 pt) < 3 s (0 pt)
La vitesse de marche, dont le résultat est faible si < 0.8 m/s.
2. TEST DE VITESSE DE MARCHE
Le test du get up and go est le test le plus simple en consultation et une très bonne fiabilité pour évaluer la mobilité.
POINTS _____pt
Mesurer le temps requis pour effectuer 4 mètres à un rythme normal (utiliser le meilleur des deux tests) < 4,82 s (4 pt) 4,82 - 6,20 s (3 pt) 6,21 s - 8,70 s (2 pt)
Un résultat >30 secondes indique la présence d’une sarcopénie sévère.
> 8,7 s (1 pt) incapable (0 pt)
POINTS
3. TEST DE LEVER DE CHAISE Pré-test: le patient croise les bras et essaie de se lever une fois de la chaise
Le test du SPPB (Short Physical Performance Battery) pour lequel un résultat ≤ 8 indique la présence d’une sarcopénie sévère.
Incapable : STOP (0 pt)
_____pt
5 levers de chaise: mesurer le temps requis pour réaliser 5 levers de chaise aussi vite que possible bras croisés < 11,19 s (4 pt) 11,20 - 13,69 s (3 pt) 13,70 s - 16,69 s (2 pt)
La EWGSOP stadifie la sarcopénie pour mieux guider la prise en charge.
Test 1 : _____pt
Étape
TOTAL POINTS
> 16,7 s (1 pt) > 60 s ou incapable (0 pt)
Masse musculaire
_____pt
Force musculaire
Performance
Présarcopénie Sarcopénie
Ou
Sarcopénie sévère Alfonso J et al., Age and Aging, 2010
Critères diagnostiques du consensus européen du EWGSOP
Critères
Performance physique
Force musculaire
Masse maigre appendiculaire (MMA)
Sarcopénie
Vitesse de marche:
ou Force de préhension
MMA/taille2
< 0,8 m/s
Homme: < 30 kg Femme: < 20 kg
Homme: ≤ 7,23 kg/m2 Femme: ≤ 5,67 kg/m2
Vitesse de marche:
et Force de préhension
MMA/taille2
< 0,8 m/s
Homme: < 30 kg Femme: < 20 kg
Homme: ≤ 7,23 kg/m2 Femme: ≤ 5,67 kg/m2
Sarcopénie sévère
Alfonso J et al., Age and Aging, 2010
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Qui sont les acteurs de prise en charge ? Même si la fonte musculaire liée à l’âge touche tout le monde, il est essentiel de collaborer entre médecin, kinésithérapeute et diététicien pour prévenir et/ou optimaliser ensemble la prise en charge des patients sarcopéniques, car le muscle est une réelle cible thérapeutique. La structure du muscle n’est pas la seule à être atteinte : c’est également le cas de sa composition en fibres de types 1 et 2. La sarcopénie serait liée principalement à l’atrophie des fibres musculaires de type II, à contraction rapide. Quant à la densité des fibres de type I, celleci serait moins affectée et même en proportion plus importante dans les muscles de personnes âgées. Ces modifications se traduisent par une réduction de la force musculaire malgré un certain degré de préservation de l’endurance. Sachant que la taille, la fonction et la composition du muscle dépendent de la quantité et de la qualité des protéines le constituant, dont l’évolution est liée essentiellement à des variations des activités de synthèse et de catabolisme des protéines au sein de ce tissu, une couverture des besoins énergétiques et protéiques est déterminante pour augmenter la masse musculaire en activant la synthèse protéique. L’augmentation de la concentration sanguine en acides aminés issus de la digestion des protéines alimentaires stimule la synthèse et diminue la dégradation musculaire. Un surdosage en protéines n’est pas intéressant, étant donné que l’excès en acides aminés sera éliminé dans les urines.
Cependant, de nombreuses personnes âgées ont une diminution des ingesta souvent associée à un dégoût des protéines lié à la mauvaise santé bucco-dentaire, à la polymédication, aux régimes restrictifs (pauvre en sel, pauvre en cholestérol, régime amaigrissant) et à des raisons socio-économiques. Cette aversion gustative pour les protéines peut également être liée à une carence en zinc, qui peut facilement être suppléée par l’alimentation ou des compléments. Des apports alimentaires insuffisants ou le jeûne (comme le jeûne nocturne) favorisent la néoglucogenèse, qui consiste à puiser les acides aminés du muscle pour faire du glucose. L’hypercatabolisme des protéines augmente et la quantité des protéines dans le muscle diminue. Après un repas, les acides aminés provenant des protéines alimentaires sont utilisés pour la synthèse de protéines musculaires uniquement si l’apport énergétique (glucides et lipides du repas) est suffisant. De plus, l’apport recommandé en protéines pour les personnes âgées en bonne santé devrait être de l’ordre de 1 à 1,2 g.kg-1 (de poids corporel).jour-1 contre 0,8 g.kg-1.jour-1 pour une personne de moins de 65 ans et non sportive. L’augmentation de ces apports pourrait être un moyen de limiter les pertes de protéines musculaires. Cependant, il faut être attentif à la quantité et à la qualité des protéines, en tenant compte des facteurs suivants qui peuvent altérer l’activation de la synthèse des protéines :
l’immobilité et la sédentarité ; la déficience endocrine (GH et IGF-1) ; la déficience en vitamine D ; l’insulino-résistance (diabète de type 2, obésité) ; l’anorexie, la malabsorption, l’extraction splanchnique des acides aminés ; l’inflammation, qui augmente les besoins en protéines ; la sénescence. Les stratégies nutritionnelles spécifiques à la nutrition du sportif seront indispensables pour prendre en charge le patient sarcopénique. Comme pour les sportifs, la couverture des besoins nutritionnels reposera sur l’alimentation équilibrée et variée. L’apport protéino-calorique sera majoré et fractionné sur la journée. Les besoins seront adaptés en fonction du statut nutritionnel du patient (dénutrition, carence en protéines, altération de la fonction rénale, diabète, etc.). Nous adapterons également le moment des prises de collations en fonction du programme d’entraînement pour optimaliser la synthèse musculaire. Nous choisirons des protéines animales de qualité pour leur teneur en acides aminés essentiels (limiter les viandes hachées qui sont souvent consommées chez les personnes âgées).
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L’activation de la synthèse protéique, qui est médiée par la voie mTOR, sera favorisée en ayant recours à des aliments naturellement sources d’acides aminés ramifiés, tels que la leucine, l’isoleucine et la valine. Ces derniers sont regroupés sous le terme de BCAA (Branched Chained Amino Acid) et favorisent la synthèse musculaire. La leucine est souvent citée pour son pouvoir insulinotropique : cet acide aminé va augmenter la concentration en insuline, activer la voie mTOR et donc favoriser une balance protéique positive. L’apport en BCCA en récupération se fera avec des protéines de lactosérum pour leur excellente vitesse d’assimilation. Il faut rester vigilant quant à l’utilisation de poudres protéinées qui ne sont pas toutes de qualité et sans danger. Pour optimaliser la récupération, les collations seront donc une association de glucides et de protéines de qualité. Une collation sera également conseillée dans la soirée afin de lutter contre le jeûne nocturne. Certains ont eu l’occasion d’entendre parler de « Nutrition pulsée ». Cette stratégie nutritionnelle consiste à apporter sur un repas un apport élevé en protéines (80 % des besoins journaliers). Cela a donné de bons résultats sur l’augmentation de la masse musculaire chez les patients hospitalisés. Mais cela reste compliqué à mettre en place dans la pratique (à domicile ou en maison de repos). De plus, les patients âgés ont souvent une diminution de l’appétit, sans tenir compte du fait que les protéines sont très satiétogènes. Les deux leviers d’action pour favoriser l’anabolisme musculaire sont donc l’activité physique adaptée et la nutrition. La prévention grâce à l’exercice physique est un bras de levier non négligeable pour activer la synthèse musculaire mais également la fonction musculaire. Les exercices physiques en résistance améliorent rapidement la qualité musculaire et n’augmentent que tardivement la masse. Il est donc essentiel de poursuivre les exercices au quotidien. De nombreux travaux démontrent que l’exercice en résistance augmente la synthèse des protéines musculaires, la masse et la force des muscles. Les activités physiques d’endurance augmentent la synthèse des protéines musculaires mais contribuent peu à
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l’accroissement de la force musculaire : une fonte musculaire persiste même chez les sujets âgés les plus actifs. Néanmoins, elles permettent d’augmenter les capacités respiratoires ainsi que l’adaptation musculaire et participent à l’amélioration de l’équilibre, de l’appétit et de nombreux facteurs de risque associés à l’âge. Il convient donc de s’entourer de vrais professionnels de la nutrition et de la mobilisation physique et de ne pas faire confiance à des pseudo-coachs pour garantir une prise en charge de qualité. Certains diététiciens agréés sont spécialisés en nutrition du sportif, après avoir suivi une formation supplémentaire validée après le baccalauréat en diététique. Le Groupe des Diététiciens du Sport (GDSport) regroupe ceux-ci et fait partie de l’Union Professionnelle des Diététiciens de Langue Française (UPDLF). En conclusion, le diététicien permettra de corriger le statut nutritionnel du patient pour qu’il puisse participer activement à la récupération musculaire. Pour ce faire, il veillera à : couvrir les besoins énergétiques et protéiques qui sont majorés chez les personnes âgées : 1 à 1.2 g protéines/kg poids corporel souhaité et jusqu’à 1.5 g lors de pathologies aigües ou chroniques, en tenant compte de la filtration glomérulaire ; choisir des protéines adaptées en matière de qualité (acides aminés essentiels) ; fractionner les protéines sur chaque repas (dont le petit-déjeuner) et introduire des collations protéinées qui pourraient stimuler l’anabolisme protéique musculaire en post-prandiale ; optimaliser la mobilisation du patient par des exercices adaptés grâce à l’intervention d’un kinésithérapeute.
CONTACT Pour plus d’informations, vous pouvez contacter Charlotte Stofkooper : 0479/07.78.07 charlotte.stofkooper@gmail.com
Références : Munro HN. Adaptation of body protein metabolism in adult and aging man. Clin.Nutr. 1982 ;1:95 108. Tenover JL. Testosterone and the aging male. J. Androl. 1997 avr ;18(2):103-6. Boirie Y. Physiopathological mechanism of sarcopenia. J Nutr Health Aging. oct 2009 ;13(8):717 723. Boirie Y, Gachon P, Beaufrère B. Splanchnic and whole-body leucine kinetics in young and elderly men. Am. J. Clin. Nutr. 1997 févr ;65(2):489-95. Cerri AP, Bellelli G ,Mazzone A et al., Sarcopenia and malnutrition in acutely ill hospitalized elderly: Prevalence and outcomes. Clinical Nutrition, August 2015 ;34(4) :745–751 Jourdan M, Cynober L, Moinard C, Blanc MC, Neveux N, De Bandt JP et al. Splanchnic sequestration of amino acids in aged rats: in vivo and ex vivo experiments using a model of isolated perfused liver. Am. J. Physiol. Regul. Integr. Comp. Physiol. 2008 mars ;294(3):R748-755. Perrini S, Laviola L, Carreira MC, Cignarelli A, Natalicchio A, Giorgino F. The GH/IGF1 axis and signaling pathways in the muscle and bone: mechanisms underlying age-related skeletal muscle wasting and osteoporosis. J. Endocrinol. 2010 juin ;205(3):201-10. Guillet C, Boirie Y. Insulin resistance: a contributing factor to age-related muscle mass loss ? Diabetes Metab. 2005 déc ;31 Spec No 2:5S20-25S26. Vandervoort AA. Aging of the human neuromuscular system. Muscle Nerve 2002 janv ;25(1):17-25. Mathias et al. Balance in elderly patients : the « get-up and go » test .Arch Phys Med Rehabil. 1986 ; 67:387-9. Guralnik JM, Ferrucci L, Pieper CF, Leveille SG, Markides KS, Ostir GV, et al. Lower extremity function and subsequent disability: consistency across studies, predictive models, and value of gait speed alone compared with the short physical performance battery. J. Gerontol. A Biol. Sci. Med. Sci. 2000 avr ;55(4):M221-231. Alfonso J. Cruz-Jentoft, Jean Pierre Baeyens , Jürgen M. Bauer , Yves Boirie , Tommy Cederholm , Francesco Landi , Finbarr C. Martin , Jean-Pierre Michel , Yves Rolland , Stéphane M. Schneider. Sarcopénie: consensus européen sur la définition et le diagnostic: rapport du groupe de travail européen sur la sarcopénie chez les personnes âgées .Age and Aging , volume 39, numéro 4, juillet 2010, pages 412–423 Consulté le 15/12/2020 : http://www.toutsurlasarcopenie.fr/ P L Greenhaff 1, L G Karagounis, N Peirce, E J Simpson, M Hazell, R Layfield, H Wackerhage, K Smith, P Atherton, A Selby, M J Rennie. Disassociation between the effects of amino acids and insulin on signaling, ubiquitin ligases, and protein turnover in human muscle. Am J Physiol Endocrinol Metab. 2008 Sep ;295(3): E595-604.
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LIONEL REINIS DIÉTÉTICIEN-NUTRITIONNISTE DU SPORT AGRÉÉ, MEMBRE ACTIF DU GROUPE DES DIÉTÉTICIENS DU SPORT (GDSPORT) DE L’UPDLF
Influences directes et indirectes du COVID sur la sarcopénie Depuis un an, le COVID a provoqué énormément de changements dans notre manière de vivre. Ceux-ci ont-ils un impact sur la masse musculaire de la population ? La crise sanitaire actuelle oblige la population à s’adapter à de nombreux niveaux : le confinement, les gestes barrières, la limitation des contacts sociaux, les quarantaines, les fermetures provisoires ou définitives de certains commerces (entraînant des queues dans les magasins restés ouverts), les interdictions ou limitations de voyager, les fermetures de l’HORECA et des salles de sports, etc. Toutes ces modifications ont eu pour conséquence une augmentation énorme du temps passé à la maison, ce qui a provoqué une modification des comportements et des apports alimentaires ainsi qu’une diminution des activités physiques. Des changements qui pourraient mener à une perte de masse musculaire pour la population en général et de manière plus spécifique chez les sujets âgés, chez qui la réserve est plus faible.
Effets indirects du COVID sur la masse musculaire Changements des habitudes alimentaires
Une étude polonaise (Sidor, 2020) montre que les personnes en surpoids ou obèses (IMC > 25kg/ m²) ont une plus grande tendance à prendre du poids pendant la période de confinement. Le phénomène inverse s’observe chez les personnes en « sous poids » (IMC < 18.5kg/m²).
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Gain de poids
Une prise de masse grasse pourrait impliquer un amenuisement de la masse musculaire, en réduisant la capacité à se déplacer et à effectuer des activités physiques. Une personne obèse souffrant de sarcopénie et ayant une alimentation inadaptée risque d’augmenter son poids par le biais de sa masse grasse et de voir ainsi sa masse maigre s’amoindrir. La diminution de l’apport en protéines peut être expliquée par le fait qu’en temps de stress, il est plus facile de se diriger vers de la nourriture réconfortante (snacks salés ou sucrés, plats en sauce ou plus gras), qui est moins riche en protéines. Ces deux facteurs combinés entraîneront une altération de la force physique et un poids plus conséquent à mobiliser, ayant pour effet une réduction des activités physiques.
Perte de poids
Chez certaines personnes (dont les personnes « à risque »), la peur de sortir du domicile aurait un impact sur la qualité et la quantité de nourriture disponible chez elles. Leurs réserves pourraient ne plus suffire à maintenir un état nutritionnel satisfaisant. De plus, les personnes âgées auront moins le réflexe de commander en ligne pour des livraisons à domicile. Un autre facteur entrant en compte est la diminution des aides, notamment pour
les courses et la cuisine, qu’elles soient professionnelles ou familiales. Tout ceci peut avoir comme conséquence une perte de poids, dont particulièrement de la masse maigre dans cette catégorie de la population.
De cette manière, sa fonction musculaire pourrait être diminuée pendant 2 à 3 semaines, ce qui conduirait à une sarcopénie secondaire, accentuée par le manque d’exercices de revalidation.
Activité physique des personnes âgées
Sarcopénie et COVID avec hospitalisation
À la base, les personnes âgées vivant seules et n’ayant pas ou peu de contacts sociaux sont plus sédentaires que les autres. Le COVID a pour conséquence une activité physique encore diminuée pour tous les sujets âgés à domicile.
Une des conséquences directes du COVID sur le patient est une perte de masse musculaire au niveau des muscles squelettiques. Celle-ci résulte de plusieurs facteurs, dont l’inflammation (entraînant une résistance anabolique), l’immobilisation, les apports protéino-énergétiques insuffisants, les traitements anti-inflammatoires (corticoïdes), etc. Cet effet est accentué chez les patients sous respirateurs. Il est à noter également que l’alitement et l’intubation peuvent mener à une sarcopénie sévère, même après guérison.
De plus, d’autres facteurs qui ne seront pas détaillés ici pourraient avoir un impact sur la perte de masse musculaire, tels que la mauvaise qualité du sommeil, le stress, la fragilité psychologique, la démence, etc.
Effets directs du COVID sur la masse musculaire Sarcopénie et COVID sans hospitalisation
La personne âgée à domicile diagnostiquée positive au COVID, développant la maladie de manière symptomatique mais ne nécessitant pas de soins hospitaliers, sera amenée à être alitée en raison de la fatigue que la maladie provoque.
Sur le plan physique, en début et en cours de prise en charge, il serait intéressant de pouvoir mesurer régulièrement la force musculaire, la performance physique et la quantité de muscle, afin de repérer un éventuel changement et par conséquent un risque de sarcopénie.
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Le dynamomètre ou le test de la chaise peuvent être utilisés lorsque l’état du patient le permet. Dans le cas contraire, la mesure du périmètre du mollet peut également être un bon indicateur. Autant que faire se peut, il est primordial que les patients soient les plus actifs possible dès le début de leur hospitalisation grâce à des exercices respiratoires, de la mobilisation articulaire passive, des étirements, de l’électrostimulation des muscles, la station debout près du lit et la marche. Tout cela dans le but d’augmenter le pronostic vital, de diminuer la durée de séjour (et donc le temps de réhabilitation) et d’éviter d’autres complications. Sur le plan diététique, selon la Haute Autorité de Santé (HAS), tous les patients âgés de plus de 75 ans atteints du COVID sont considérés comme étant, au minimum, à risque de dénutrition. En effet, le COVID induit un état catabolique et une résistance anabolique. Les besoins nutritionnels - et particulièrement les besoins en
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protéines - sont donc augmentés. Ces objectifs nutritionnels sont difficilement atteints à cause de la perte de goût et d’odorat, conduisant à une perte d’appétit. Ce phénomène peut toucher jusqu’à deux tiers des patients. La sarcopénie provoque de plus une faiblesse au niveau des muscles masticatoires, ce qui aggrave encore la situation. Une adaptation de la texture sera donc nécessaire. Le rôle du diététicien sera de s’assurer que le patient reçoive une alimentation adaptée et couvrant ses besoins nutritionnels majorés. Pour ce faire, il tiendra compte de l’altération du goût, des éventuelles difficultés de mastication et il aura recours à une supplémentation nutritionnelle orale, un enrichissement des préparations, un fractionnement des repas et dans certains cas à l’alimentation entérale. Dans des cas particuliers, le patient sera nourri par alimentation parentérale. Cette nutrition devra aussi être adaptée à son état et à ses complications éventuelles.
Avant la sortie de l’hôpital, les exercices devront être de plusieurs types : respiratoires, résistance, aérobie et équilibre. Le but étant de faciliter la reprise des activités quotidiennes. En fonction de l’état de fatigue du patient, ces exercices devront éventuellement être répartis sur la journée. Dans ce contexte de sarcopénie, les exercices de résistance sont particulièrement efficaces pour améliorer la fonction et la force musculaire ainsi que pour reconstruire la masse musculaire chez les sujets âgés. Ces derniers ayant de plus grandes difficultés à récupérer tout cela lorsqu’ils ont été musculairement inactifs pendant une longue période. Il est conseillé d’évaluer le patient avec l’échelle SARC-F (voir l’article « La collaboration entre kinésithérapeutes et diététiciens, la clé pour la prise en charge du patient sarcopénique ? » en page 06) avant la sortie de l’hôpital ainsi que 3 mois après, afin d’adapter son suivi.
Pistes de réflexion Afin de prévenir au maximum les risques de sarcopénie en général et en particulier en période de confinement ainsi qu’en cas d’isolement, il serait important de mettre en place certaines stratégies. Sur le plan de l’activité physique à domicile, une revalidation encadrée par un kinésithérapeute ne peut être que bénéfique. Néanmoins, des programmes d’exercices de résistance (ne nécessitant pas ou peu de matériel) à pratiquer seul chez soi pourraient être créés pour les personnes à risque. À titre d’exemple, il pourrait être conseillé de pratiquer des exercices avec des élastiques. Marcher dans le quartier, jardiner ou encore faire le ménage sont des activités du quotidien qu’il serait bon de promouvoir. Sur le plan nutritionnel, étant donné que l’appétit est souvent diminué chez les personnes âgées, un
fractionnement des repas sera nécessaire et une attention sera portée sur les sources et apports en protéines. L’hydratation bien souvent insuffisante chez les personnes âgées doit également être stimulée tout au long de la journée. Enfin, il est primordial d’atteindre les recommandations nutritionnelles en certaines vitamines (A, C, D, B6, B9, B12) et minéraux (zinc, fer, cuivre, sélénium) qui participent activement à maintenir une bonne immunité. En conclusion, l’amélioration des habitudes alimentaires et l’augmentation de l’activité physique pourraient permettre de limiter les risques de sarcopénie, surtout en période de confinement.
CONTACT Pour plus d’informations, vous pouvez contacter Lionel Reinis : lionelreinis@hotmail.com
Références : M. Yamada, Y. Kimura, D. Ishiyama, Y. Otobe,M. Suzuki, S. Koyama, T. Kikuchi,H. Kusumi, and H. Arai. Effect of the COVID-19 Epidemic on Physical Activity in Community-Dwelling Older Adults in Japan: A Cross-Sectional Online Survey. J Nutr Health Aging. 2020 ; 24(9) : 948-950 W. Sepúlveda-Loyola, I. RodríguezSánchez, P. Pérez-Rodríguez, F. Ganz, R. Torralba, D. V. Oliveira, and Leocadio Rodríguez-Mañas. Impact of Social Isolation Due to COVID-19 on Health in Older People: Mental and Physical Effects and Recommendations. J Nutr Health Aging. 2020 ;24(9):938947 J.E. Morley. Covid-19 – The Long road to recovery. J Nutr Health Aging. 2020 ; 24(9) : 917-919
J. M. D’Andréa Greve, G.C. Brech, M. Quitana, A. L. de Seixas Soares, A. C. Alonso. Impacts of COVID-19 on the immune, neuromuscular, and musculoskeletal systems and rehabilitation. Rev Bras Med Esporte vol.26 no.4 São Paulo Jul./Aug. 2020 A. Bonadias Gadelha, R. M. Lima. COVID-19 Quarantine in Older People: The Need to Think About Sarcopenia-Related Phenotypes. J Frailty Aging. 2020 Jun 12 : 1–2 J. E. Morley, K. Kalantar-Zadeh, S. D. Anker. COVID-19: a major cause of cachexia and sarcopenia ? The Journal of Cachexia, Sarcopenia and Muscle. Volume11, Issue4,August 2020 : 863-865 C. Welch, C. Greig, T. Masud, D. Wilson, T.A. Jackson. COVID-19 and Acute Sarcopenia. Aging Dis. 2020 Dec ; 11(6): 1345–1351
A. Sidor, P. Rzymski. Dietary Choices and Habits during COVID-19 Lockdown: Experience from Poland. Nutrients. 2020 Jun ; 12(6): 1657 R. Kirwan, D. McCullough, T. Butler, F. Perez de Heredia, I. G. Davies, C. Stewart. Sarcopenia during COVID-19 lockdown restrictions: long-term health effects of short-term muscle loss. GeroScience volume 42, pages1547–1578(2020) Haute autorité de santé (HAS). Réponses rapides dans le cadre du COVID -19 – Pathologies chroniques et risques nutritionnels en ambulatoire.2020 Avr S. Galmés, F. Serra, A. Palou. Current State of Evidence: Influence of Nutritional and Nutrigenetic Factors on Immunity in the COVID-19 Pandemic Framework. Nutrients. 2020 Sep 8 ;12(9):2738.
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TRUDY BEKKERING, PATRIK MULLIE BELGIAN CENTRE FOR EVIDENCE-BASED MEDICINE (CEBAM), COCHRANE BELGIUM
Réduire les apports en graisses saturées dans les maladies cardiovasculaires Quel est l’impact d’une réduction des apports en graisses saturées sur les maladies et décès cardiovasculaires ? C’est la question développée dans cette revue.
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Contexte
Synthèse des résultats
Les directives alimentaires générales suggèrent que réduire la quantité de graisses animales saturées dans notre alimentation est bénéfique pour la santé. On sait que consommer moins de graisses saturées abaisse le taux de cholestérol sanguin, mais l’effet sur les résultats cliniques est moins clairement établi. On ignore aussi si remplacer les graisses saturées par des équivalents insaturés, par des glucides ou par des protéines représente une bonne stratégie.
La revue a inclus 15 essais randomisés et contrôlés (RCT) portant sur un total de 56.675 sujets soumis à diverses interventions. Dans certaines études, les participants recevaient simplement des conseils pour réduire leur consommation de graisses saturées ; dans d’autres, tous leurs aliments leur étaient fournis.
Critères de sélection des études Cette revue Cochrane a inclus des essais randomisés évaluant, chez des adultes avec ou sans pathologies cardiovasculaires, l’effet d’interventions alimentaires de longue durée (min. 24 mois) et plus précisément d’une intention de réduire la consommation de graisses saturées ou de modifier les habitudes alimentaires dans le but de parvenir à une telle réduction. Les interventions contrôles étaient une augmentation des apports en lipides ou le maintien d’une alimentation normale. Les critères d’évaluation retenus étaient la mortalité et la morbidité cardiovasculaire ; la dernière recherche dans les bases de données a été effectuée en octobre 2019.
La réduction des apports en graisses saturées abaissait le risque d’événements cardiovasculaires* de 17 % (RR 0,83, IC à 95 % 0,70 à 0,98 ; 12 RCT, 53.758 participants, niveau de certitude modéré). L’effet ne différait pas suivant la durée de l’étude, le sexe ou le risque initial d’événements cardiovasculaires, mais la réduction du risque était la plus marquée chez les sujets dont la consommation de graisses saturées avait diminué de façon marquée. Ces bénéfices de santé s’observaient surtout lorsque les graisses saturées étaient remplacées par des graisses polyinsaturées ou des glucides. La réduction des apports en graisses saturées n’a probablement pas ou guère d’impact sur la mortalité, que l’on considère la mortalité de toutes causes (RR 0,96, IC à 95 % 0,90 à 1,03, 12 RCT, 55.858 participants, niveau de certitude moyen) ou la mortalité cardiovasculaire (RR 0,94, IC à 95 %
0,78 à 1,13, 11 RCT, 53.421 participants, niveau de certitude modéré). La réduction des apports en graisses saturées pourrait n’avoir guère ou pas d’effet sur le risque d’infarctus du myocarde non fatal (faible niveau de certitude). Aucune information n’était disponible quant aux éventuels effets délétères de la réduction des apports en graisses saturées.
Conclusion La réduction prolongée des apports en graisses saturées abaisse probablement le risque d’événements cardiovasculaires combinés (-17 % en moyenne). Les remplacer par des graisses polyinsaturées ou des glucides semble être une stratégie utile.
Implications pour la pratique Chez les personnes qui souhaitent abaisser leur risque d’événements cardiovasculaires, il peut être utile de réduire la consommation de graisses saturées – par exemple en choisissant des produits laitiers moins gras ou en limitant la consommation d’autres produits très riches en graisses saturées, comme les biscuits ou les cakes, le beurre, les sauces, les en-cas salés, les fromages à pâte dure ou le chocolat.
* Décès ou morbidité cardiovasculaire (infarctus du myocarde, angor, AVC, insuffisance cardiaque, etc.) et interventions cardiovasculaires non planifiées (pontage ou angioplastie)
Référence Hooper L, Martin N, Jimoh OF, Kirk C, Foster E, Abdelhamid AS. Reduction in saturated fat intake for cardiovascular disease. Cochrane Database of Systematic Reviews 2020, Issue 8. Art. No.: CD011737. DOI: 10.1002/14651858. CD011737.pub3. Accessed 13 January 2021. Consultez le texte intégral de cette revue Cochrane via la Cebam Digital Library for Health : www.cebam.be/fr/cdlh Cochrane Corner En collaboration avec le CEBAM, Cochrane Belgique : www.cebam.be
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