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JUIN 2019

Association professionnelle pour tous les kinésithérapeutes

Exclusif

À LA UNE

Kinésithérapie du sport Magazine réservé aux membres. Pour et par les kinésithérapeutes


SOMMAIRE

EXXTRA

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Littérature spécialisée

LITTÉRATURE SPÉCIALISÉE Manuel de palpation osseuse et musculaire Points gâchettes, zones de projection et étirements Par Joseph E. Muscolino

AXXON EN ACTION

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EXXTRA

L’activité physique, un outil de santé publique Le point sur les chantiers juridiques d’Axxon

EXXPERT

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La kinésithérapie du sport : un domaine basé sur 6 piliers de compétences

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Traitement chirurgical versus traitement conservateur pour une lésion du ligament croisé antérieur

Indispensable pour poser un diagnostic lors d’une douleur musculaire et osseuse, la palpation ne doit pas se réduire à la connaissance des insertions des muscles et à la façon de positionner les doigts: le praticien doit savoir aller au-delà et être certain d’avoir trouvé la bonne localisation, le bon muscle cible. Le Manuel de palpation osseuse et musculaire est la seule méthode fiable pour isoler le muscle cible, le mettre en contraction et être certain que les doigts de palpation sont correctement situés. Cette 2e édition enrichie et mise à jour détaille les points gâchettes, les zones de projection de ces points et les étirements répertoriés pour chaque muscle du corps humain.

Retrouvez dans cette édition :

AXXON EXCLUSIF PUBLICATION DE L’ASBL AXXON – JUIN 2019 TRIMESTRIEL, ANNÉE 11, IMPERIASTRAAT 16 – 1930 ZAVENTEM,

BUREAU DE DÉPÔT: BRUXELLES, NUMÉRO D’AGRÉMENT: P910666 ÉDITEUR RESPONSABLE: PETER BRUYNOOGHE, IMPERIASTRAAT 16 – 1930 ZAVENTEM – RÉDACTEUR EN CHEF: SÉBASTIEN KOSZULAP, REDACTION@AXXON.BE – COORDINATION GÉNÉRALE: SÉBASTIEN KOSZULAP – COPYWRITING: KAREN THIEBAUT, SÉBASTIEN KOSZULAP – TRADUCTION: EMILY VAN COOLPUT – CONCEPT ET RÉALISATION: C3CREATIES – IMPRESSION: SYMETA – ADRESSE DE CORRESPONDANCE: AXXON IMPERIASTRAAT 16 – 1930 ZAVENTEM, T 02/709.70.80 WWW.AXXON.BE, NUMÉRO DE COMPTE POUR LES COTISATIONS BE18 3631 0868 1365 Vous recevez cette revue en fonction du nom et de l’adresse qui se trouvent dans notre base de données. Suite à la mise en application de la loi du 8 décembre 1992 sur la protection de la vie privée, vous avez la possibilité et le droit de modifier vos données. Les articles/publicités paraissent sous la responsabilité des auteurs/firmes. Axxon se réserve le droit de refuser des textes et/ou publicités qui pourraient nuire à la profession. © Tout texte ou partie de texte ne peut être copié/photocopié sans l’autorisation écrite de l’éditeur, quelle qu’en soit l’utilisation.

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• Des questions de révision et de réflexion qui permettent à chaque étudiant d’évaluer les concepts et de synthétiser les informations contenues dans le chapitre. • Des études de cas qui fournissent aux étudiants l’opportunité d’avoir un raisonnement clinique intégratif. • Des dessins expliquant les étirements pratiqués par le thérapeute montrés sur des patients en situation réelle de pratique quotidienne. Ainsi, cet ouvrage destiné aux kinésithérapeutes et à l’ensemble des praticiens de médecine naturelle et rééducative constitue un outil indispensable pour l’apprentissage

des techniques palpatoires pour la pratique au quotidien et pour l’amélioration de la prise en charge des patients. Editeur : Elsevier-Masson Date de publication : 2018 Nombre de pages : 580 ISBN : 9782294754852

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TV  € 4 74,3 incluse

(Prix normal : 82,60 €) Commandez en ligne avec le code de promotion AXXON10GZ0419 via www.acco.be/manueldepalpation Cette réduction est valable jusqu’au 31 août 2019.

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BERNARD LAPLANCHE PRÉSIDENT F.F. AXXON QUALITÉ EN KINÉSITHÉRAPIE

ÉDITO

L’objectif d’Axxon reste inchangé : défendre au mieux notre profession Pour des raisons personnelles, le président de l’aile francophone d’Axxon, Patrick Wérrion, a choisi de démissionner de ses fonctions et mandats au sein de l’association professionnelle. Je tiens, en mon nom et en celui de tous les administrateurs d’Axxon, à le remercier chaleureusement pour son investissement au service de notre profession durant toutes ces années et à lui souhaiter le meilleur pour ses projets futurs.

professionnelle, mais ils ne réalisent pas qu’Axxon ne peut être forte que si elle est massivement soutenue par ceux qui constituent sa raison d’être : les kinésithérapeutes. Nous le répétons inlassablement : plus nous compterons de membres, mieux nous pourrons nous faire entendre. C’est pourquoi je profite de cette tribune pour vous inviter à nous aider à convaincre nos consœurs et confrères de l’importance de leur soutien.

Conformément aux statuts de l’association, il me revient la tâche d’assurer l’intérim de la présidence d’Axxon Qualité en Kinésithérapie jusqu’à la prochaine assemblée générale. Ce qui ne change en rien l’objectif que nous poursuivons depuis toujours : défendre « bec et ongles » notre profession. Faire en sorte qu’elle soit reconnue à sa juste valeur, aussi bien par l’ensemble des acteurs de soins que par nos instances dirigeantes. C’est grâce à vous, qui êtes membres de l’association professionnelle, que nous pouvons assurer notre mission. Mais ce n’est malheureusement pas suffisant : trop de kinésithérapeutes sont encore, pour diverses raisons, réticents à nous soutenir. Ils comptent sur nous – et sur vous ! – pour être les acteurs de leur défense

Vous avez pu lire qu’Axxon a gagné un combat face à l’INAMI : le Conseil d’État nous a donné raison concernant la validité de la convention M 16, reconduite de force sous la pression de la ministre de la Santé. Vous savez également que, grâce à nos actions, la kinésithérapie est le seul secteur des soins à avoir bénéficié d’une augmentation budgétaire (25 millions  €), qui a permis de valoriser certaines prestations. Dernière victoire en date, les amendements déposés au parlement concernant la suppression de la discrimination pour les patients d’un kinésithérapeute non conventionné (remboursement diminué de 25%) ont été votés positivement. Nous attendons maintenant la parution des arrêtés royaux.

« Aidez-nous à convaincre nos consœurs et confrères de l’importance de leur soutien »

Pour autant et malgré ces acquis, Axxon ne peut se satisfaire des résultats obtenus et continuera à se battre pour encore valoriser l’ensemble des activités des kinésithérapeutes. Nous comptons sur votre soutien pour nous donner les moyens de maintenir la pression, continuer notre lutte et défendre au mieux la kinésithérapie, les kinésithérapeutes et les patients.

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AXXON EN ACTION

FABIENNE VAN DOOREN

L’activité physique, un outil de santé publique

Ces derniers mois, Axxon a travaillé activement avec le député André du Bus à une proposition de résolution visant à assimiler l’activité physique régulière à un outil de santé publique. Cette résolution a été approuvée au Parlement de la Communauté française en date du 26 mars dernier.

Le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles : A Vu la résolution WHA57.17 de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) du 22 mai 2004 intitulée « Stratégie mondiale pour l’alimentation, l’exercice physique et la santé », qui recommande aux Etats membres de promouvoir et de renforcer les programmes d’activité physique dans le cadre de leur politique nationale sociale et de santé publique en vue d’accroître le niveau d’activité physique de leur population ; B Vu la Stratégie 2016-2025 de l’OMS sur l’activité physique pour la Région européenne afin d’agir contre la diminution continue des niveaux d’activité physique et réduire les inégalités d’accès à l’activité physique des populations ; C Vu le Plan d’action mondial pour la lutte contre les maladies non transmissibles 2013-2020 de l’OMS dont un objectif est d’atteindre une réduction relative de 10% de la prévalence de l’inactivité physique d’ici 2025, ainsi qu’une réduction de 25% du risque de mortalité prématurée imputable aux maladies cardiovasculaires, au cancer, au diabète et aux affections respiratoires chroniques ; une réduction de 25% de la prévalence de l’hypertension artérielle ; et un endiguement de la prévalence du diabète et de l’obésité ; D Vu le Global Action Plan on Physical Activity 20182030 de l’OMS intitulé « More active people for a healthier world » estimant que, dans le monde, un adulte sur quatre, et trois adolescents sur quatre (âgée de 11 à 17 ans) n’atteignent pas les recommandations de l’activité physique pour la santé, et se donne pour objectif, d’ici 2030, d’atteindre une réduction globale de 15% de l’inactivité chez les adultes et les adolescents ;

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E Vu le décret du 3 avril 2014 relatif à la prévention des risques pour la santé dans le sport ; F Vu la Proposition de résolution du 28 janvier 2014 déposée au Sénat et ayant pour objet de définir une nouvelle prestation de kinésithérapie, axée sur la prévention et la promotion de la santé par le soutien et l’encadrement d’activités physiques, à l’attention des personnes affectées d’un pré-diabète ; G Vu le décret français n°2016-1990 du 30 décembre 2016 relatif aux conditions de dispensation de l’activité physique adaptée prescrite par le médecin traitant à des patients atteints d’une affection de longue durée ; H Considérant que tous les pays sont confrontés aux défis des maladies chroniques ; I Considérant que les maladies chroniques sont une priorité pour les Autorités belges ; J Considérant que les actions de promotion de la santé et de prévention primaire font partie d’une approche intégrée des soins aux malades chroniques et doivent être renforcées ; K Considérant que les effets positifs de la pratique du sport sur la santé ne sont plus à démontrer ; L Considérant l’existence d’un effet positif d’une activité physique sur les processus épigénétiques ; M Considérant la crainte de nombreux patients chroniques d’avoir une activité physique ou une pratique sportive ; N Considérant qu’il existe un lien entre pratique d’une activité physique régulière et une meilleure adhérence thérapeutique ; O Considérant que le kinésithérapeute occupe une place prépondérante et spécifique dans les soins de santé ;


P Considérant que le professionnel en sciences de la motricité avec spécialisation en Activité Physique Adaptée occupe une place prépondérante et spécifique dans la dispense de programmes collectifs de mise en mouvement adapté à des publics présentant des caractéristiques connues pour limiter ou compromettre l’adhésion et le maintien à long terme de l’activité physique (patients âgés, faible niveau socio-économique, précarité sociale. . .) ; Réitère sa volonté de rassembler les différents niveaux de pouvoir et politiques concernés par le sport, l’enseignement obligatoire, l’enseignement supérieur et la santé, afin d’inscrire ces politiques dans un cadre législatif régissant notamment les questions du suivi, des modalités d’intervention, de la catégorie des intervenants susceptibles de dispenser une activité physique aux patients, dans l’objectif de reconnaître ce phénomène et de lui donner les moyens de se développer en Fédération Wallonie-Bruxelles.

Demande au Gouvernement de la Fédération WallonieBruxelles : A De promouvoir le sport sur ordonnance afin d’assurer son déploiement et l’harmonisation de la méthodologie médicale et sportive en Communauté française (au sein des communes, des clubs sportifs, des centres sportifs locaux (intégrés), etc.) ; B De se concerter en Commission interministérielle de la Santé publique sur la question de la prescription médicale d’activités physiques à des fins thérapeutiques ainsi que sur les outils de communication et de promotion à mettre en oeuvre pour assurer une bonne information des professionnels de la santé sur l’existence du sport sur ordonnance ;

C De se concerter avec la Commission interministérielle Enseignement ainsi qu’avec le/ la Ministre de l’Enseignement supérieur sur la sensibilisation des étudiants en kinésithérapie et en éducation physique à propos des enjeux de l’activité physique à visée thérapeutique lors de leur formation initiale, sur la question de la création de filières en « Activités physiques adaptées  » et en «  Exercise Medicine » pour les étudiants en éducation physique et en kinésithérapie, ainsi que sur la formation et la sensibilisation des étudiants en médecine générale à la question de la prescription d’activités physiques à visées thérapeutiques ; D De se concerter avec le/ la Ministre de l’Education pour que se développe une culture de l’activité physique au sein du milieu scolaire en veillant notamment, via le Pacte d’Excellence, à augmenter les heures d’éducation physique et en intégrant les principes de promotion et d’éducation à la santé ; E De réfléchir à un système de labellisation des ASBL spécialisées en Activités physiques adaptées et des salles de fitness bénéficiant

du personnel sportif et médical formé pour accompagner des patients atteints de maladies métaboliques (obésité, diabètes, etc.) et cardiovasculaires ou de cancers (ou en rémission). De par l’accompagnement et le suivi médical de plusieurs professionnels de la santé et du sport au sein des salles de fitness, ces activités de «  rééducation sportive » garantiraient l’amélioration du capital santé des patients, entre leur sortie de l’hôpital et leur reprise d’une activité physique normale et régulière ; F D’assurer la promotion du concept du «  sport sur ordonnance  » par l’Adeps, au travers des campagnes d’information sur son site internet, sur les réseaux sociaux, en radio, etc.

De par cette résolution, le besoin en santé publique de prise en charge via l’activité physique adaptée se fera dorénavant par des personnes qui en ont la compétence, comme bien entendu les kinésithérapeutes. Une nouvelle voie s’ouvre à ces derniers, en dehors de l’assurance soins de santé.


AXXON EN ACTION

PETER BRUYNOOGHE

Le point sur les chantiers juridiques d’Axxon Au cours des derniers mois, Axxon a mené et remporté plusieurs batailles juridiques. Voici un récapitulatif des dernières actions entreprises avec succès par l’association professionnelle. Arrêt du Conseil d’État Le 1er mai 2017, après que le secteur se soit vu imposer la Convention M17 par le Comité de l’Assurance, Axxon a lancé une procédure auprès du Conseil d’État. Notre requête portait principalement sur des erreurs juridiques et de forme dans le texte de la convention et la circulaire qui l’accompagnait. Les règles qui s’appliquent au remboursement des prestations bafouent les articles 10 et 11 de la Constitution belge, qui entérinent respectivement le principe d’égalité et le principe de non-discrimination : le premier stipule en effet que tous les Belges sont égaux devant la loi, le second que la jouissance des droits et libertés accordés à l’ensemble des Belges doit être garantie sans discrimination. Dans son arrêt du 7 février 2019, le Conseil d’État a surpris tout le monde en annulant les articles 11 et 12 de la « Convention proposée par le Comité de l’Assurance pour les kinésithérapeutes [M17] », ainsi que les points 2.1 à 2.3 de la Circulaire 2017/01 du 10 mars 2017 adressée par l’INAMI aux kinésithérapeutes. Les articles susmentionnés concernent le mode d’adhésion à l’accord tarifaire pour 2017 (Convention M17) et la détermination du quorum de 60 %, avec toutes les conséquences qui en découlent. Le Conseil d’État a estimé que la convention 2015 ne pouvait PAS faire l’objet d’une reconduction tacite en 2016. De ce fait, la détermination du quorum et le

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remboursement réduit de 25 % pour les patients des kinésithérapeutes non conventionnés en 2016 étaient injustifiés. Il en va de même pour la Convention M17. L’annulation des articles 11 et 12 de cet accord et des points 2.1 à 2.3 de la Circulaire du 10 mars 2017 signifie également que les patients des kinésithérapeutes non conventionnés ont vu leur remboursement injustement réduit de 25 % par rapport à celui des personnes faisant appel à un kinésithérapeute conventionné. Le caractère illégitime de cette mesure découle des art. 45, 49 et 51 de la loi SSI. Pour Axxon, la prolongation tacite de l’accord tarifaire de 2015 à 2016 relevait clairement d’une interprétation fautive des autorités. Pour les kinésithérapeutes non conventionnés, la discrimination au niveau du remboursement s’est soldée par une perte de patients et donc de revenus. Les patients qui ont fait appel à un kinésithérapeute non conventionné en 2016 ou 2017 peuvent quant à eux réclamer aux autorités les 25 % de remboursement qu’ils n’ont pas reçus. Les conséquences de l’arrêt du Conseil d’État ont été abordées lors de la réunion du Comité de l’assurance du 25 février 2019. Dans une note distribuée au cours de la séance, les juristes de l’INAMI ont exposé deux possibilités, l’une « minimaliste », l’autre « maximaliste ».


Les membres du Comité de l’assurance ont été invités à prendre connaissance de ladite note et à se positionner sur les mesures à prendre en conséquence de l’arrêt du Conseil d’État. • L’hypothèse minimaliste part du principe que ce sont les articles 11 et 12 de la convention M17 qui sont annulés – ce qui, d’après Axxon, était clairement l’intention du Conseil d’État. De ce fait, les conditions d’adhésion à l’accord ne sont plus valables et la règle du remboursement réduit de 25 % ne peut pas être appliquée pour 2017. Le remboursement de ces 25 % aux bénéficiaires concernés par les mutuelles aurait un impact budgétaire de 9,401 millions €. • L’hypothèse maximaliste part du principe que c’est la convention M17 qui est annulée dans son ensemble. Là aussi, les bénéficiaires concernés devraient être correctement remboursés… mais l’INAMI réclamerait en outre aux kinésithérapeutes conventionnés le remboursement des montants qui leur ont été versés sous la forme du statut social (25,153 millions €), de la prime télématique (6,908 millions  €) et de la prime de qualité (2,635 millions €), ce qui correspond à un montant total de 34,696 millions €.

Luk Dieleman, le représentant d’Axxon, a rappelé que l’affaire de la convention M17 a commencé lorsque la ministre De Block a décidé en février 2017 d’annuler une décision prise à la majorité des 2/3 des voix au Comité de l’assurance et de soumettre un projet de son cru aux kinésithérapeutes individuels, arguant qu’il fallait offrir la possibilité aux prestataires qui le souhaitaient de bénéficier des avantages sociaux INAMI et de la prime télématique. L’option maximaliste exposée lors de la séance par l’INAMI s’inscrit en porte-à-faux avec cette position et est inacceptable pour Axxon, d’autant qu’elle ne correspond pas non plus à l’interprétation que les juristes de l’association professionnelle donnent de l’arrêt du Conseil d’État. Il va sans dire que le complément de remboursement de 25 % doit être versé aux bénéficiaires concernés, puisque c’est là la conséquence directe de l’annulation des articles 11 et 12 de l’accord. Les kinésithérapeutes non conventionnés en 2017 ont en outre subi des dommages qui devraient donner lieu à une compensation. Au cours d’un débat d’une heure, Axxon a bénéficié du soutien des autres prestataires de soins, tandis que les mutuelles étaient d’avis qu’il fallait retenir l’option maximaliste.

En définitive, le Comité de l’assurance a décidé de ne pas se prononcer et il a été convenu qu’une concertation serait organisée prochainement entre les deux parties (Axxon et l’INAMI), accompagnées de leurs conseils juridiques respectifs, afin de parvenir à un accord correct quant aux mesures à prendre suite à l’arrêt du Conseil d’État. Cette proposition sera ensuite soumise au Comité de l’assurance. Cette rencontre entre les représentants d’Axxon et de l’INAMI s’est tenue le 25 mars 2019. Les juristes d’Axxon ont ouvert le bal en exposant leur interprétation de l’arrêt, ainsi que l’impact budgétaire potentiel. Ceux de l’INAMI n’avaient guère d’éléments à avancer pour infirmer cette position, mais il n’a malgré tout pas été possible de dégager une décision consensuelle au terme d’1h30 d’âpres débats. Il n’y a donc plus qu’à attendre de voir quelle sera la proposition de M. De Cock, l’administrateur général de l’INAMI. Les autorités (c’est-à-dire l’INAMI) sont néanmoins tenues de publier l’arrêt, assorti des articles annulés résumés dans les conclusions. L’INAMI est également condamné au paiement de 400 € de frais de justice et de 700 € aux parties gagnantes. Affaire à suivre !

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AXXON EN ACTION

Deux amendements à la loi-qualité : un premier pas pour mettre fin à la discrimination entre patients au niveau du remboursement Au cours de sa séance plénière du jeudi 28 mars 2019, la Chambre des Représentants a adopté la Loi sur la qualité de la pratique des soins de santé (« Loi Qualité ») avec ses amendements. Les partis de l’ancienne coalition, en ce compris la N-VA, ont voté pour avec 79 voix, tandis que 69 députés se sont abstenus, dont ceux du PS, du sp.a, d’Ecolo et de Groen. Il n’y a eu aucun vote contre. Le point crucial dans ce dossier réside surtout, pour Axxon, dans les deux amendements introduits par les députées Catherine Fonck (cdH) et Yoleen Van Camp (N-VA). L’un rejoint une proposition de loi introduite en 2018 par la députée Nathalie Muylle (CD&V), mais rejetée sous la pression de la ministre De Block. Ces deux amendements figurent dans les articles 85 et 86 de la dernière version de la Loi Qualité et abrogeront les dispositions de la loi SSI (art. 49 §5) qui prévoient un ticket modérateur plus élevé pour les patients qui font appel à un kinésithérapeute, une sagefemme, un infirmier indépendant, un logopède, etc. non conventionné. Au cours des débats menés précédemment en Commission Santé Publique de la Chambre autour de la Loi Qualité, Maggie De Block s’est une nouvelle fois opposée avec véhémence à ces amendements, arguant que la levée de cette discrimination induirait une augmentation des dépenses pour l’INAMI et pourrait en outre inciter davantage de kinésithérapeutes à se déconventionner, avec à la clé une moindre sécurité tarifaire pour les patients.

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L’avis du Conseil d’État du 7 février 2019 a manifestement amené la ministre et son parti, l’Open Vld, à changer leur fusil d’épaule. Bien que Maggie De Block ait réitéré son plaidoyer en séance plénière, elle a finalement voté en faveur du texte avec le reste de son parti ! Les députés du CD&V et du cdH ont également été mis sous pression par les mutuelles pour rejeter les articles 85 et 86, mais l’abrogation d’une législation discriminatoire et défavorable aux patients a finalement primé pour eux aussi. Ces deux articles ont par contre amené Anne Dedry et toute la fraction écologiste (Ecolo et Groen) à s’abstenir lors du vote sur la Loi Qualité. Sous la pression écrite du Collègue Intermutualiste, en la personne de Jean Hermesse, les partis socialistes furent également fermement opposés à la levée de cette discrimination à l’encontre des patients des prestataires non conventionnés. Ce sont surtout les partis de gauche qui voient dans cette évolution une incitation, pour les prestataires, à ne pas adhérer à l’accord tarifaire. La députée Catherine Fonck a toutefois fait remarquer que c’est le patient qui est actuellement sanctionné pour la non-adhésion de son prestataire, alors qu’il n’est évidemment en rien impliqué dans l’élaboration des conventions. On est en droit de se demander si les mutuelles défendent réellement les intérêts des patients… Étant donné qu’un gouvernement en affaires courantes n’est pas habilité à prendre des mesures ayant un


impact budgétaire, il faudra attendre la prochaine législature pour la mise en application de l’article 85. C’est pour cette raison qu’a été prévu un article 87, qui stipule que le Roi fixera, sur décision du Conseil des Ministres nouvellement constitué, la date d’entrée en vigueur des articles 85 et 86. Nous ne pouvons donc qu’espérer qu’un nouveau gouvernement fédéral sera très rapidement mis sur pied après le 26 mai. L’adoption des articles 85 et 86 de la Loi Qualité représente une première étape importante dans le long combat d’Axxon pour mettre un terme à la discrimination. Après la décision du Conseil d’État, c’est une nouvelle victoire au bénéfice de nos patients.

Procédure auprès de la Cour Constitutionnelle Le 11 août 2017, la Chambre des Représentants a approuvé un certain nombre de modifications des art. 45, 49 et 51 de la loi relative à l’assurance obligatoire soins de santé et indemnités, coordonnée le 14 juillet 1994. Ces changements avaient surtout pour but d’offrir un ancrage juridique au recours à l’application informatique pour le refus d’adhérer à une convention. Étant donné que tout citoyen belge a la possibilité de contester une nouvelle loi devant la Cour Constitutionnelle dans les six mois qui suivent sa publication, Axxon a fait usage de cette opportunité pour introduire une requête en février 2018. Les art. 45, 49 et 51 de la loi SSI ne s’appliquent en effet pas aux médecins et dentistes, ce qui engendre d’importantes discriminations entre les kinésithérapeutes d’une part et les médecins/dentistes d’autre part.

• Les patients d’un médecin non conventionné bénéficient d’un remboursement identique à celui des patients d’un médecin conventionné – une discrimination qui, espérons-le, devrait disparaître dans le futur grâce aux amendements à la Loi Qualité. • Contrairement à un kinésithérapeute non conventionné, un médecin non conventionné n’est pas tenu de respecter l’accord tarifaire chez les patients bénéficiaires de l’intervention majorée. • Les médecins ont la possibilité de se conventionner de façon partielle en conservant le droit aux avantages sociaux INAMI. Cette possibilité n’existe pas pour les kinésithérapeutes. • Lorsque plus de 40 % des médecins rejettent l’accord tarifaire, celui-ci ne s’applique pas. Chez les kinésithérapeutes, il s’applique même lorsque 100 % des prestataires le rejettent, la seule différence étant que le remboursement est alors identique pour tous les patients et que le ou la ministre compétent a la possibilité d’imposer des plafonds tarifaires. Les juristes d’Axxon ont rédigé un mémoire en réplique en décembre 2018. Le 6 février 2019, l’affaire a été prise en délibéré par la Cour Constitutionnelle, qui devrait se prononcer dans le courant du mois de juin.

Des actions juridiques de ce type, doublées de dossiers de fond soigneusement étayés, resteront dans le futur une arme importante dans la lutte pour l’émancipation de la kinésithérapie. Pour cela, Axxon a besoin du soutien de tous les kinésithérapeutes !

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EXXPERT

SÉBASTIEN KOSZULAP

La kinésithérapie du sport : un domaine basé sur 6 piliers de compétences Promotion de la santé et du fair-play sportif, réhabilitation, prévention, collaboration pluridisciplinaire, management et respect du patient centered care et de la recherche scientifique : ces domaines de compétences font partie du bagage acquis par les kinésithérapeutes du sport durant leur formation. Que leurs patients soient des sportifs amateurs ou professionnels, les kinésithérapeutes spécialisés en kinésithérapie du sport évaluent leurs besoins et capacités afin d’adapter leur prise en charge et permettre à chacun de récupérer sa fonctionnalité puis de reprendre l’ensemble de ses activités le plus rapidement possible. Compétents pour la prise en charge aiguës de nombreux types de blessures (entorses, déchirures, fractures, luxations, tendinopathies, …), ils accordent une attention particulière à la prévention de certaines

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de ces lésions, ce qui apporte un bénéfice important en matière de santé publique. Ci-dessous, vous découvrirez les abstracts de 5 études publiées dans des revues scientifiques internationales et traitant de sujets se rapportant à plusieurs piliers de compétences de la kinésithérapie du sport : vous les retrouverez en version complète sur le site web d’Axxon, afin que vous puissiez prendre connaissance de l’ensemble des informations présentes dans ces publications de qualité.


Ligament croisé antérieur du genou : comment améliorer la compliance des sportifs non professionnels à suivre le processus de réhabilitation jusqu’à validation des critères de retour au sport et contribuer à diminuer le risque de re-rupture de la plastie ? 1

S. ABELLANEDA (A,B) B. BAILLON (C,D) P-Y. DESCAMPS (C,B) D. FLORENTZ (A,B,D) O. GAILLY (C,B) M. VANCABEKE (E,D) Après reconstruction chirurgicale du ligament croisé antérieur du genou, le processus de réhabilitation est long. Des sportifs non professionnels, estimant avoir récupéré suffisamment de fonctionnalité, mettent un terme au processus avant d’avoir validé les critères de retour au sport recommandés dans la littérature scientifique. Nous proposons de mesurer l’impact d’évaluations fonctionnelles régulières sur le niveau de récupération musculaire et la compliance des patients à suivre le processus jusqu’à validation de ces critères. Les deux cohortes de patients bénéficiaient de tests isocinétiques à 3 et 6 mois post-ligamentoplastie, mais seuls ceux de la deuxième cohorte bénéficiaient également d’évaluations fonctionnelles régulières. À 6 mois postligamentoplastie, seuls ces derniers avaient poursuivi le processus jusqu’à recouvrer un niveau de récupération musculaire en accord avec les critères de la littérature. Les résultats montrent qu’un processus de réhabilitation incluant des évaluations fonctionnelles régulières impacte favorablement la récupération musculaire et la compliance des patients à suivre ce long processus. Nous proposons que ces résultats puissent contribuer à diminuer le risque de re-rupture de la plastie.

Il s’agit d’une étude rétrospective, avec deux cohortes de patients. Le niveau d’évidence est III. • S. Abellaneda, PhD, Docteur en Sciences de la Motricité, Kinesitherapeute - Diensthoofd • B. Baillon, Orthopedisch chirurg - Diensthoofd • P-Y. Descamps, Orthopedisch chirurg - Diensthoofd • D. Florentz, Kinesitherapeut • O. Gailly, Orthopedisch chirurg • M. Vancabeke, Orthopedisch chirurg • (a). Service de Kinésithérapie et Revalidation Fonctionnelle, Centre Hospitalier de la Haute-Senne, Chaussée de Braine-49, Soignies • (b). Clinique du sport et Pôle de l’Appareil Locomoteur, Process Spécifique du Ligament Croisé Antérieur du genou, Centre Hospitalier de la Haute-Senne, Chaussée de Braine-49, Soignies • (c). Service de Chirurgie Orthopédique, Centre Hospitalier Joseph Bracops, Hôpitaux Iris Sud, Rue Docteur Huet-79, 1070 Anderlecht (Brussel) • (d). Centre Pluridisciplinaire MedinSport, Boulevard Sylvain Dupuis-229, 1070 Anderlecht • (e). Service de Chirurgie Orthopédique, Centre Hospitalier CHIREC, Hôpital Delta, Boulevard du Triomphe-201, 1160 Oudergem

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EXXPERT

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La dyskinésie scapulaire chez le sportif

B. FORTHOMME, C. TOOTH, J.-L. CROISIER, J.-F. KAUX, C. SCHWARTZ DÉPARTEMENT DES SCIENCES DE LA MOTRICITÉ, UNIVERSITÉ DE LIÈGE Le rôle joué par la scapula dans la gestuelle sportive d’armer-lancer ou de frappe d’un projectile apparaît fondamental ; il concerne le placement et la mobilisation scapulaire adéquate pour faciliter la fonctionnalité de l’épaule. À l’inverse, une position ou une mobilisation inappropriée de la scapula lors de la gestuelle pourrait limiter la performance ou exacerber la lésion [1]. L’altération de la position scapulaire au repos ou lors des mouvements du bras correspond à la notion de « dyskinésie scapulaire ». Quelle que soit son étiologie, cette dysfonction scapulo-thoracique s’observe chez des athlètes pathologiques, mais aussi dans l’épaule sportive asymptomatique. La prévalence rapportée de la dyskinésie scapulaire a été démontrée significativement supérieure (61%) dans les sports utilisant l’armer-lancer (overhead) comparativement aux «  non-overhead athletes » (33%) [2]. L’évaluation clinique de la dyskinésie fait partie intégrante de l’examen clinique de l’épaule [3]. Dans le but de détecter une dyskinésie, la démarche clinique se base sur : • l’observation visuelle, les bras au repos et en mouvement ; • l’effet sur la dyskinésie de la correction manuelle (Scapular Assistant’s Test ou Scapular repositionnal Test) ; • l’identification des structures anatomiques (le plus souvent, la raideur du petit pectoral et de la coiffe postérieure) ou musculaires (généralement, la perturbation de la contractilité ou la faiblesse des trapèzes moyen et inférieur et du dentelé antérieur) pouvant induire la dyskinésie.

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Des examens complémentaires, comme l’électromyographie, s’avèrent indispensables en cas de suspicion d’une atteinte neurologique périphérique. À la suite du bilan clinique spécialisé, le thérapeute définit ses objectifs de traitement. Dans la prise en charge de la dyskinésie d’une épaule pathologique, les facteurs de raideur ou de faiblesse et manque de coordination neuromusculaire identifiés lors du bilan doivent être pris en charge dans le traitement conservateur [1]. L’approche préventive s’avère également indispensable, étant donné les liens mis en évidence par des études prospectives entre la présence d’une dyskinésie et la survenue lésionnelle [4]. De plus, le bénéfice de l’intervention préventive apparait démontré lors d’un suivi longitudinal de sportif intégrant un programme préventif par rapport à un groupe contrôle [5].

Références [1] Forthomme B et al. Sports Med 2008; 28(5):369-86. [2] Burn MB et al. Orthop J Sports Med 2016;4(2):2325967115627608. doi:10.1177/2325967115627608. [3] Forthomme B et al. J Traumatol Sport 2018;35:158-162. [4] Hickey D et al. Br J Sports Med 2018;52(2): 102-10. [5] Andersson SH et al. Br J Sports Med 2017;51:1073-80.


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Stratégies préventives et blessures sportives

F. DELVAUX, J.-F. KAUX, B. FORTHOMME ET J.-L. CROISIER DÉPARTEMENT DES SCIENCES DE LA MOTRICITÉ, UNIVERSITÉ ET CHU DE LIÈGE La recherche sur la thématique de la prévention lésionnelle a connu ces dernières années un développement important. Les recommandations à fournir aux praticiens se basent sur une évidence scientifique qui, bien qu’imparfaite, peut désormais être qualifiée de solide. Pour maximiser l’efficacité de mesures préventives, il apparaît essentiel de suivre un modèle théorique spécifique à la prévention de blessures. Parmi ces modèles, nous pouvons notamment pointer l’Operational framework for individualizing injury risk management in sport [1] ou le Team-sport Injury Prevention [2]. La Sequence of Prevention de W. van Mechelen [3] est assurément le modèle le plus connu et répandu dans le monde. La première étape de ce modèle, qui en comporte quatre, consiste à recenser les données épidémiologiques telles que l’incidence et la sévérité des blessures au sein d’une population cible ; en deuxième lieu, il s’agit d’identifier les facteurs de risque et les mécanismes lésionnels de la pathologie en question ; la troisième étape consiste en la mise en place effective des mesures préventives et la quatrième étape nécessite une mesure de l’efficacité des mesures préventives introduites en répétant l’étape 1. À côté de l’utilisation d’un modèle théorique, plusieurs éléments-clés devraient idéalement faire partie de tout programme préventif [4] :

Enfin, l’action préventive pourra être groupée (standardisation des mesures préventives comme par exemple les programmes FIFA 11+ ou Prevent Injury and Enhance Performance) ou plutôt individualisée sur base de screening tests (tests de force, tests de contrôle neuromusculaire, …) qui permettent d’identifier des sportifs présentant un éventuel profil à risque et de proposer ainsi une action préventive ciblée. Cependant, il est nécessaire de garder à l’esprit que la prédiction exacte de blessures sportives est probablement aussi utopique que la prédiction des conditions météorologiques[5] : identifier un sportif à risque élevé de blessures ne signifie pas automatiquement que ce sportif va se blesser, tout comme un sportif à faible risque lésionnel peut toujours se blesser.

• une action coordonnée sur plusieurs facteurs de risque lésionnels  : l’origine multifactorielle d’une blessure nécessite d’agir de concert sur un ensemble de facteurs de risque ; • un bilan médico-sportif de pré-saison ; • une compliance maximale des différents intervenants  : athlètes, staff sportif et médical, … ainsi qu’une communication optimale entre eux ; • une quantification et une gestion rigoureuse de la charge de travail.

Références [1] Roe M, et al. A six stage operational framework for individualising injury riskmanagement in sport. Inj Epidemiol. 2017;4(1):26. [2] Pruna R, et al. Muscle injury guide : Prevention and Return to Play from Muscle Injuries. 2018. Ed. Barça Innovation Hub. [3] van Mechelen W, et al. Incidence, severity, aetiology and prevention of sports injuries. A review of concepts. Sports Med. 1992 ;14(2) : 82 99. [4] Delvaux F, et al. La prévention des blessures sportives: modèles théoriques et éléments-clés d’une stratégie efficace. Journal de Traumatologie du Sport. 2018 ; 35(3) :152-7. [5] van Dyk N, Clarsen B. Prevention forecast: cloudy with a chance of injury. Br J Sports Med. 2017 ; 51(23) : 1646 7.

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Critères de reprise de l’activité sportive après une entorse latérale de la cheville : revue systématique et synthèse narrative 4

B. TASSIGNON, J. VERSCHUEREN, R. MEEUSEN VRIJE UNIVERSITEIT BRUSSEL, BRUXELLES, BELGIQUE, E. DELAHUNT UNIVERSITY COLLEGE DUBLIN, DUBLIN, IRLANDE, M. SMITH, B. VICENZINO THE UNIVERSITY OF QUEENSLAND, ST LUCIA, QUEENSLAND, AUSTRALIE E. VERHAGEN VRIJE UNIVERSITEIT AMSTERDAM, AMSTERDAM, PAYS-BAS

Introduction L’entorse latérale de la cheville compte parmi les blessures les plus couramment associées à la pratique d’un sport, mais elle est aussi associée à un important taux de récidives. On peut supposer que ce dernier découle principalement des limitations sensorimotrices persistantes engendrées par l’entorse initiale, en combinaison avec une reprise du sport (return to sport ou RTS) trop rapide. Il semble donc indiqué de développer et d’appliquer des critères evidencebased pour soutenir la prise de décision en matière de RTS chez les sportifs victimes d’une entorse latérale de la cheville. L’objectif de cette revue systématique était d’identifier des études prospectives ayant eu recours à de tels critères pour étayer la prise de décision dans ce contexte spécifique.

Méthodes Nous avons effectué une recherche dans les bases de données PubMed (MEDLINE), Web of Science, PEDro, Cochrane Library, SPORTDiscus (EBSCO), ScienceDirect et Scopus jusqu’à la date du 23 novembre 2018. Ont été retenues les études qui appliquaient de façon prospective un processus de prise de décision basé sur des critères de RTS chez des patients victimes d’une entorse

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latérale de la cheville ; ont été exclues celles qui se bornaient à enregistrer les résultats au moment de la reprise ou qui portaient sur des patients en cours de récupération après une fracture de la cheville, d’une entorse haute, d’une entorse médiale, d’une instabilité chronique ou d’autres lésions complexes de la cheville.

Résultats Nous n’avons identifié aucune étude ayant recours à des critères prospectifs pour étayer la décision de reprise du sport chez les athlètes victimes d’une entorse latérale de la cheville et nous n’avons donc pas pu réaliser de synthèse quantitative ou de méta-analyse. Au cours de notre processus de recherche systématique, nous avons néanmoins identifié 47 questionnaires pertinents et 45 tests cliniques et fonctionnels, sur la base desquels nous avons rédigé une synthèse narrative qui dresse le tableau de la complexité de cette décision de RTS et formule des recommandations pour l’étayer.

Conclusion En dépit du grand nombre de questionnaires, de tests cliniques et de tests fonctionnels actuellement disponibles, il n’existe pas à l’heure actuelle de critères evidence-based validés de manière prospective pour étayer les décisions de reprise

de l’activité chez les sportifs après une entorse latérale de la cheville. Il semble que celles-ci restent à l’heure actuelle largement dépendantes du temps, qui est souvent le seul critère utilisé. Des données récentes ont toutefois démontré que cette décision était en réalité beaucoup plus complexe et nous suggérons donc les variables suivantes, qui pourraient être utilisées pour développer un algorithme décisionnel basé sur des critères concrets pour la reprise du sport : • facteurs de risque accroissant le risque de rechute et facteurs pronostiques renforçant le risque d’instabilité chronique de la cheville  ; • examen clinique en quête d’une éventuelle instabilité mécanique et fonctionnelle de la cheville ; • questionnaires axés sur le patient ; • tests de prestations fonctionnels et spécifiques au sport concerné, en ce compris une analyse du mouvement qualitative et prise en compte de l’impact de la fatigue aiguë en tant que critère supplémentaire ; • surveillance de la charge ; • facteurs psychologiques et psychosociaux ; • variables susceptibles d’infléchir la décision (p.ex. motifs économiques).


Références

Des recherches futures devront se concentrer sur l’obtention d’un consensus (international) autour de ces variables et sur leur application à des décisions de RTS concrètes dans le cadre d’études prospectives. Enfin, nous suggérons que la théorie des systèmes complexes et le continuum de RTS puissent être utilisés pour soutenir le développement d’un algorithme décisionnel pour les sportifs après une entorse latérale de la cheville.

Tassignon B, Verschueren J, Delahunt E, Smith M, Vicenzino B, Verhagen E & Meeusen R. (2019) CriteriaBased Return to Sport Decision-Making Following Lateral Ankle Sprain Injury: a Systematic Review and Narrative Synthesis. Sports Med. 2019;49(4):601-619.

Clairement PAS prêt pour la RTPa

Seuil maximal pour le RTPf

Seuil minimal pour le RTPf

Seuil maximal pour la RTS

Seuil minimal pour la RTS

Seuil maximal pour la RTPa

Seuil minimal pour la RTPa

Revalidation/prévention

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Prestations

L’étude complète et la liste des références ont été publiées dans la revue « Sports Medicine »

Clairement prêt pour le RTPf

Clairement prêt pour la RTS Clairement PAS prêt pour le RTPf

Clairement prêt pour la RTPa Clairement PAS prêt pour la RTS

Temps - Blessure : début du chemin vers le rétablissement : rééducation + examen clinique (recueil d’informations concernant l’état initial du système) - Progrès du patient : pas d’amélioration linéaire. Il existe une certaine variabilité d’un jour à l’autre dans le processus de RTPf - Prise de décision partagée : athlète, équipe médicale, entraîneurs

Figure – La voie vers le rétablissement suivant le continuum de RTS. L’axe x représente le « temps », l’axe y le champ de tension constant entre revalidation/ prévention et prestations. Le RTPf est un processus non linéaire ; la figure ci-dessus illustre un scénario plus ou moins idéal. La courbe de progression est obtenue grâce au profil de RTS dynamique. Une interprétation possible des seuils maximaux et minimaux pour les décisions de RTS pourrait être que les sportifs avec un faible risque de rechute peuvent déjà passer à la phase suivante alors que leur revalidation est moins avancée, tandis que ceux qui présentent un risque plus élevé de rechute pourraient retirer un bénéfice d’une

- Profil RTS dynamique - Zone de transition d’une phase à l’autre ; une relative incertitude survient lorsque l’équipe doit décider si l’athlète est prêt ou pas à passer à la phase suivante - Niveau des prestations avant la blessure

revalidation plus poussée avant de passer à la phase suivante. Il pourrait également être bénéfique pour les athlètes professionnels de faire usage des données de surveillance de la charge antérieures à l’entorse, puisque celles-ci comportent des informations sur l’état du système (niveau de l’athlète). Cette information peut également représenter une aide précieuse pour fixer les objectifs de revalidation, de prévention et de prestation. RTPa = reprise de la participation ; RTS = reprise du sport ; RTPf = retour aux performances.

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Lésions aux ischio-jambiers chez les footballeurs professionnels : les critères effectivement utilisés par les cliniciens pour la reprise de la compétition 5

J.-L. CROISIER, J.-F. KAUX ET F. DELVAUX DÉPARTEMENT DU SPORT ET DES SCIENCES DE LA RÉADAPTATION, UNIVERSITÉ ET CHU DE LIÈGE, BELGIQUE Le taux élevé de récurrence des lésions aux ischiojambiers chez les footballeurs professionnels force les thérapeutes à réfléchir aux interventions les plus adaptées pour éviter qu’une même blessure ne se reproduise. Dans ce contexte, la décision de reprise de l’activité sportive de compétition (return-to-play ou RTP) représente un tournant déterminant. L’objectif de cette étude était d’analyser comment les cliniciens décident, dans le cadre de leur pratique quotidienne, quand un joueur de football professionnel victime d’une lésion aux ischio-jambiers est totalement prêt à revenir sur le terrain. Pour ce faire, un questionnaire a été soumis à 37 médecins du sport rattachés à des clubs de football professionnels masculins français (Ligues 1 et 2) et belges (1ère division). Les répondants ont été invités à classer une liste de critères de RTP après un étirement aigu des ischio-jambiers en fonction de leur propre pratique médicale quotidienne et à répondre à des questions plus précises pour certains d’entre eux. Nous avons constaté que près de 80 % des médecins interrogés utilisaient au moins sept critères pour évaluer la capacité d’un joueur à reprendre l’activité sportive sans restriction. Une disparition complète de la douleur était considérée comme le critère le plus important, vraisemblablement parce que sa persistance aurait indiqué une guérison incomplète. Une évaluation des performances sur le plan de la force musculaire était également considérée comme un critère de RTP capital – un résultat qui n’a rien de surprenant, puisqu’il a été démontré qu’une anomalie au niveau de la force musculaire accroît la probabilité d’une récurrence de l’étirement aigu des ischio-jambiers. Néanmoins, la manière de mettre en évidence une telle anomalie semble parfois différer considérablement d’un médecin à l’autre parmi ceux qui encadrent des clubs professionnels (dispositif d’évaluation, paramètres à analyser). L’impression subjective rapportée par le joueur semblait également revêtir une grande importance pour les médecins interrogés. Au-delà de leur impact négatif sur la performance, l’appréhension, la peur et l’anxiété semblent en effet associées à un risque accru de nouvelle lésion. Le quatrième critère de RTP par ordre d’importance était la flexibilité des ischio-

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jambiers. Même si le lien entre un manque de flexibilité et un risque accru de lésion musculaire n’est pas encore clairement confirmé, certaines études récentes tendent en effet à établir une corrélation positive entre ces deux paramètres. Les résultats des examens d’imagerie, par contre, n’étaient pas considérés comme un critère essentiel pour la reprise d’une activité sportive de compétition. En conclusion, même si les données scientifiques probantes disponibles à ce sujet ne sont actuellement pas suffisantes, de grands axes de réflexion ont pu être proposés et peuvent être implémentés dans le but d’abaisser le taux de récidives.

Classement Critères de return-to-play

1

Disparition complète de la douleur

2

Performances de force musculaire

3

Sensation subjective rapportée par le joueur

4

Flexibilité musculaire

5

Performances à un test spécifique pour le football

6

Respect d’une période théorique sans compétition

7

Analyse de la course

8

Forme physique générale

9

Évaluation du contrôle de l’équilibre

10

Imagerie médicale

11

Performances au test fonctionnel dynamique

12

Correction d’une dysfonction potentielle de l’articulation sacro-iliaque ou lombaire

Références • Croisier, Sports Med, 2004. • Croisier et al., Am J Sports Med, 2008. • Delvaux et al., J Sports Sci Med, 2014.


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EMMANUEL SIMONS (1, 2) MARTINE GOOSSENS (1) TRUDY BEKKERING (1)

Traitement chirurgical versus traitement conservateur pour une lésion du ligament croisé antérieur Les patients présentant une lésion du ligament croisé antérieur doivent-ils être traités par chirurgie ou de façon conservatrice ? C’est la question clinique développée dans cette revue.

Contexte

Résultats

Les lésions du ligament croisé antérieur (LCA) surviennent principalement chez les adolescents et les adultes physiquement actifs. Les patients souffrant d’une lésion du LCA présentent principalement une instabilité de l’articulation du genou, ce qui réduit leur qualité de vie. Les lésions du ligament croisé antérieur sont souvent associées à une arthrose secondaire du genou. Les réponses trouvées dans la littérature scientifique sont contradictoires quant à la façon de traiter cette lésion, par chirurgie ou de façon conservatrice.

Cette étude n’a révélé aucune différence significative au niveau du score subjectif du genou (échelle allant de 0, symptômes extrêmes, jusqu’à 100, aucun symptôme) entre le traitement chirurgical et le traitement conservateur à 2 ans après l’intervention (DM - 0,20, intervalle de confiance (IC) à 95% - 6,78 à 6,38 ; N = 121) et 5 ans après l’intervention (DM - 2,0, IC à 95% - 8,27 à 4,27 ; N = 120). De même, aucune différence n’a été mise en évidence par rapport à la qualité de vie (domaine physique).

Cette revue Cochrane n’a trouvé qu’une seule étude portant sur 141 jeunes patients souffrant d’une lésion du LCA. Ces patients ont été randomisés en 2 groupes : un groupe ayant subi une chirurgie suivie d’une rééducation spécifique (N = 62) et un groupe de traitement conservateur avec seulement une rééducation spécifique (N = 59).

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Les complications survenues dans les deux groupes n’ont pas été clairement rapportées. Les complications majeures dans le groupe de chirurgie concernaient 3 patients avec rupture du ligament croisé opéré  ; dans le groupe de traitement conservateur, une instabilité du genou a été observée chez différents patients. Au cours des deux premières années, 23 des

59 (39%) patients du groupe de traitement conservateur ont quand même été opérés pour reconstruction du LCA. Après cinq ans, ce nombre était de 30/59 (51%). Les patients opérés souffraient plus souvent d’arthrose du genou que les patients traités de façon conservatrice (19/58 (35%) par rapport à 10/55 (18%)). Au bout de 2 ans, les patients opérés reprenaient un peu plus souvent leurs activités quotidiennes ou leur niveau sportif antérieur (RR 1,22 ; IC 95% 0,78 à 1,91). Or, cet effet n’était pas significatif et l’intervalle de confiance était large.


Remarques

Recommandation pour la pratique

Cette revue Cochrane ne prend en compte que les données provenant d’une seule étude. De plus, le risque de biais dans cette étude est élevé, principalement parce que l’insu n’avait pas été mis en place pour les patients et les thérapeutes. La qualité des preuves est donc faible (pour le score du genou, la qualité de vie et le retour aux activités) et très faible (pour le risque d’arthrose). De futures recherches pourraient modifier cette conclusion.

Il n’est pas certain que le traitement chirurgical d’une lésion aiguë du ligament croisé antérieur donne de meilleurs résultats qu’un traitement conservateur. Le choix du traitement repose donc sur la préférence du patient.

Conclusion Le traitement chirurgical, comparé à un traitement conservateur, d’une lésion aiguë du ligament croisé antérieur n’a probablement aucun effet sur la fonction du genou et la qualité de vie. Une opération peut augmenter les possibilités de retour aux activités quotidiennes et au niveau sportif antérieur. L’interprétation de ce résultat tiendra compte du fait que de nombreux patients sont restés symptomatiques ; environ la moitié des patients sous traitement conservateur ont opté pour un traitement chirurgical endéans les 5 ans.

Référence Monk AP, Davies LJ, Hopewell S, Harris K, Beard DJ, Price AJ. Surgical versus conservative interventions for treating anterior cruciate ligament injuries. Cochrane Database Syst Rev. 2016 Apr 3;4:CD011166. doi: 10.1002/14651858.CD011166.pub2. Review. PMID: 27039329 1. Belgian Centre for Evidence-Based Medicine (Cebam) 2. UVC-Brugmann

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