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Perfectio — Résilience (Édition automne 2020)

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votre référence en formation des adultes

RÉSILIENCE

AUTOMNE 2020


ta b l e d e s m at i è r e s

INTRODUCTION 4 Mot de la rédactrice en chef 5 Mot du président

ADAPTATION

RELANCE

6 La COFA en temps de COVID-19

24 L'AFB au secours de la relance économique

8 Un réseau qui sait rebondir

26 Du face-à-face vers la formation à distance : l’avenir après la COVID-19

13 L’AFB et la COVID-19 en quelques statistiques

27 Aller au-delà de la formation de base

14 Outils d’aide à l’enseignement à distance

29 Les relations : la nouvelle économie de la pandémie

16 Facebook : un outil promotionnel puissant 18 Les compétences des adultes, au cœur d’une société résiliente 23 « L’apprentissage et l’éducation des adultes, un outil pour endiguer les pandémies » : un article qui souligne l’importance de l’AFB

31 Gérer la détresse émotionnelle 32 La communication : une voie pour des relations professionnelles authentiques et satisfaisantes

PRODUCTION Rédactrice en chef : Gabrielle lopez // révision linguistique : Pascale lacelle correction d’épreuves : Lydienne guidoin // Graphisme : marie-eve séguin // Impression : Bradda Printing Services inc. Cette publication est conforme à la nouvelle orthographe. ~ Dans cette revue, le générique masculin est employé dans le simple but d’alléger le texte.


MOT DE LA RÉDACTRICE EN CHEF

résilience [RÉZILJÂS] être capable de rebondir et de se reconstruire après un moment difficile SOURCE : LINTERN@UTE1

Gabrielle Lopez Avec cette édition du Perfectio, nous avons voulu capter un moment de l’histoire du réseau de la Coalition ontarienne de formation des adultes (COFA) en soulignant sa résilience face à la COVID-19, cette bête microscopique qui a viré notre monde à l’envers. Nous sommes tous à vivre des transformations profondes de nos façons de faire en milieu de travail et en société ainsi que de nos manières d’être en relation les uns avec les autres. Tout cela vient avec son lot de bon et de moins bon.

La lecture se poursuit avec la deuxième partie de l’édition, Relance, dont les articles nous offrent quelques pistes de solutions pour la remise sur pied de l’économie, où l’AFB jouera un rôle important. En gage d’avenir, nous partageons aussi quelques ressources en santé mentale avec vous afin de vous aider à renforcer votre résilience et de vous soutenir durant cette période de pandémie qui se poursuit et qui, semble-t-il, sera de longue durée.

En parcourant la première section de cette édition intitulée Adaptation, vous trouverez des articles qui témoignent des efforts considérables déployés par le réseau de l’alphabétisation et de la formation de base (AFB), en particulier celui de la COFA, et de la créativité dont ceux-ci ont fait preuve pour traverser la première vague de cette tempête et assurer le service de formation auprès de leurs clients. Parmi les messages forts qui émergent des constats présentés, c’est que la formation à distance n’est pas une panacée, qu’elle doit être conçue pour être livrée à distance si elle est pour porter de réels gains, préférablement en combinaison avec la formation en présentiel, et que la connectivité demeure un enjeu important pour plusieurs, mais surtout pour les plus vulnérables. Ce sont là des leçons pour l’avenir, un avenir à très court terme, puisque nous sommes sur le point de traverser une seconde vague.

J’espère qu’après la lecture de ces articles, vous serez en mesure de constater le travail acharné des acteurs du secteur de l’AFB, qui n’ont ménagé aucun effort pour assurer le lien avec les personnes apprenantes souvent vulnérables en raison de faibles niveaux d’alphabétisme. Alors que nous entrons dans une seconde vague de la COVID-19 et que la relance économique est amorcée, le réseau de la COFA continuera à s’employer à former les adultes francophones de l’Ontario afin de leur permettre d’accéder à de l’emploi et de vivre avec dignité et en toute sécurité.

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https://www.linternaute.fr/dictionnaire/fr/definition/resilience/

Bonne lecture! 


MOT DU PRÉSIDENT Renaud Saint-Cyr Le titre de cette édition du Perfectio ne pourrait être plus approprié, car cette année peu commune nous aura bel et bien montré la résilience de notre réseau. Il aurait été facile d’accepter la défaite devant une situation aussi bouleversante qu’une pandémie mondiale, de fermer nos portes et de nous avouer vaincus jusqu’à ce que les choses redeviennent « normales ». Le changement dans nos façons de travailler et de livrer nos services a été brusque et déstabilisant, mais nous n’avons pas baissé les bras. Nous avons promptement développé diverses stratégies pour nous adap­ ter au mieux de nos capacités et rester à flot devant tant d’incertitude, comme en témoignent les articles dans cette revue. C’est ce qui nous a permis de traverser ces premiers mois difficiles et de faire en sorte que nos services aient pu continuer malgré tout.

Je vous salue, chers membres, pour votre souplesse et votre ténacité lors de cette période d’ajustement. Notre travail n’est toutefois pas terminé; il faut continuer de faire preuve de résilience, car la vague de changements qu’a déclenchée la COVID-19 n’est pas encore passée. Il est d’autant plus important maintenant de continuer à adapter nos services d’alphabétisation et de formation de base, de les perfectionner et de faire valoir leur importance. Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture! 

En reconnaissance de leurs efforts exceptionnels déployés en temps de pandémie, nous tenons à souligner le travail sans relâche, la ténacité et la créativité des gestionnaires et formateurs du réseau de la COFA.

Renaud Saint-Cyr Pr é si d e n t

Gabrielle Lopez

D ir e c tr ic e g é n é ra le d e la C O FA


La COF

EN TEMPS DE COVI Pa r G a b r i e l l e L o p e z / / D i re c t r i c e g é n é ra l e , C O FA

Bien que la Coalition ontarienne de formation des adultes (COFA), l’organisme de soutien provincial des centres membres d’alphabétisation et de formation de base (AFB), n’ait pas échappé aux effets de la COVID-19, elle figure parmi les privilé­giés de cette crise, n’ayant eu aucune mise à pied à faire. Au contraire, elle a connu une poussée de croissance du côté de ses activités de formation en ligne. À titre de directrice générale de la COFA, mon rôle était double : de veiller au bon fonctionnement de mon équipe ainsi que du réseau de la COFA. Suivant la logique de la consigne donnée dans les avions en cas de manque d’oxygène, où il nous est conseillé de mettre notre masque d’abord, puis celui de notre enfant, je me suis donc penchée sur mon équipe avant tout. En raison de notre service de formation en ligne et de la prévoyance de mes prédécesseurs, toute l’équipe de la COFA était déjà outillée de portables afin d’être en mesure de travailler de la maison et ainsi éviter des bris de service. Cela a fait en sorte que nous avons pu fonctionner en mode télétravail sans problème, et ce, dès les premiers jours de la pandémie. J’avais aussi le souci d’assurer le bienêtre de mon équipe afin qu’elle puisse travailler de façon optimale dans des conditions parfois extrêmes : anxiété, travail de la maison avec les enfants ou complètement seul, environnement de travail limité en ce qui concerne l’équipement, charge de travail augmentée et demande de temps plus grande pour effectuer des opérations qui, normalement, prenaient moins de temps. Pour faciliter le tout, nous avons donc encouragé nos emplo­ yés à venir chercher l’équipement informatique et bureautique dont ils avaient besoin pour travailler confortablement de la maison. Nous avons aussi ajouté un petit montant mensuel additionnel à leur salaire pour leur permettre d’augmenter leur service Internet et d’effectuer d’autres dépenses que leur causerait ce télétravail forcé.

Du côté du Programme de formation à distance (F@D), depuis le début de la pandémie, nous voyons une augmentation importante de la clientèle inscrite. Nous avons aussi constaté une demande d’accompagnement accrue auprès des centres de formation membres de la COFA, qui nécessitaient de l’appui additionnel dû à l’exigence pour eux de passer de la formation en présentiel à la formation en ligne. Cette situation nous a forcés à embaucher un nouveau formateur et à chercher de l’appui auprès de ressources externes pour le travail d’évaluation de la nouvelle clientèle. Les gens s’imaginent parfois que le travail de formateur s’arrête à la préparation et la livraison de cours ainsi qu’à la correction des travaux. Cependant, comme nous travaillons avec des plateformes de livraison en ligne sophistiquées qui nous permettent d’effectuer plusieurs opérations de façon virtuelle, telles que l’inscription, l’offre de vidéos d’instructions, le suivi de l’activité de la personne apprenante, et j’en passe, nos formateurs ont énormément de suivis à faire au-delà de la livraison de la formation, tant en mode synchrone qu’en mode asynchrone, pour alimenter et maintenir à jour la base de données du ministère et celle interne à la COFA. De plus, nos formateurs travaillent au développement de cours et sont impliqués dans les divers projets que gère la COFA. Là où la tâche s’est simplifiée pour nous, c’est que nous n’avons pas de clientèle externe qui vient se former dans nos locaux. Comme pour plusieurs, nous avons connu une augmentation exponentielle des rencontres web et des courriels, à un point tel que nos journées et semaines se sont rallongées considérablement. Pendant les premiers mois de la pandémie, nous avons tenu des rencontres d’équipe trois fois semaines : deux rencontres avec points d’information et une rencontre où l’équipe se réunissait virtuellement pour diner ensemble. Puis, une fois le gros de la crise passé, nous avons limité nos rencontres à deux fois par semaine, que nous maintenons à ce jour.


FA ‘‘ D-19

ON NE BAISSE PAS LES BRAS ET ON TENTE PAR TOUS LES MOYENS QUI NOUS SONT POSSIBLES D’ASSURER LE SERVICE OU, À TOUT LE MOINS, LE CONTACT AVEC LA CLIENTÈLE.

Avec la rentrée et le retour dans les bureaux, la COFA a élaboré un protocole à suivre pour les employés souhaitant venir travailler au bureau, bien que nous ne l’exigions pas pour le moment, et une politique en temps de pandémie a aussi été développée. Une fois l’équipe de nouveau opérationnelle et prête à travailler de façon optimale malgré le contexte, j’ai rapidement redirigé mon attention au réseau de la COFA. Notre rôle étant essentie­ llement un rôle de soutien, nous avons fait, la gestionnaire du Programme F@D et moi, une ronde d’appels aux centres de formation pour voir comment cela se passait pour eux, et ce, dès les premières semaines de la pandémie. Nous avons aussi produit un sondage en avril pour voir comment les centres s’organisaient et se débrouillaient avec le passage de la formation en présentiel à un mode de formation à distance, et nous avons travaillé de concert avec nos homologues anglophones pour fournir en français leurs sondages liés à l’AFB et la COVID-19. Dès le 1er avril, nous avons tenu une seconde rencontre de la Communauté de partage. Cette nouvelle initiative instaurée en janvier 2020 a pour but d’informer, de partager les meilleures pratiques et de sonder les besoins des membres trois fois par année. Nous avons augmenté la fréquence de ces rencontres à deux fois par mois pour assurer un soutien adéquat de nos membres en temps de pandémie. Ces rencontres étaient l’occasion pour eux de mettre en commun leurs mei­lleures pratiques et d’être confortés par le partage d’expérience commune en temps de crise. Par ces rencontres, la COFA s’est assurée de fournir de l’information utile à la gestion des centres de formation et à leur livraison de services. Le mot d’ordre était et demeure : « On ne baisse pas les bras et on tente par tous les moyens qui nous sont possibles d’assurer le service ou, à tout le moins, le contact avec la clientèle. » Afin de tenir nos membres informés, nous avons également ajouté un onglet d’information et de ressources de toutes sortes en lien avec la pandémie sur la page d’accueil du site

de la COFA. Et bien sûr, nous avons partagé par courriel toutes les ressources et informations qui nous ont été envoyées en ce qui concerne le travail en temps de pandémie. Bref, nous avons tenté d’appuyer nos membres au meilleur de nos capacités, et nous continuons de le faire. D’ailleurs, nous sommes actuellement en train d’examiner l’utilité et la faisabi­ lité d’offrir à nos membres certains de nos services en ligne, tels que la gestion des tâches jalons et l’évaluation diagnostique. Quant aux rencontres de la Communauté de partage, elles ont fait relâche pendant l’été, mais ont repris en aout dernier et se poursuivront à fréquence réduite. Avec son lot de bouleversements, la COVID-19 nous aura forcés à repenser nos façons de faire et à adopter de nouvelles pratiques. Pour la COFA, le télétravail sera surement une pratique qui demeurera dans une certaine mesure. Plusieurs de nos processus administratifs sont maintenant en ligne et le demeureront. Cette pandémie a mis en lumière pour moi l’importance de la polyvalence, de l’autonomie et de la solida­rité afin d’être agile et capable de réagir rapidement et efficacement à tout changement et, certes, à un changement aussi brutal que celui entrainé par la COVID-19. Cette solida­ rité et cette résilience sont des caractéristiques que j’ai vues maintes fois à l’œuvre au sein de mon équipe, du réseau de la COFA et chez nos homologues anglophones avec qui nous collaborons sur plusieurs dossiers. J’en profite pour remercier mon équipe de son travail acharné et de sa créativité dans la recherche de solutions, ainsi que pour saluer ces mêmes qualités présentes chez les membres de notre réseau qui n’ont pas baissé les bras et qui ont fait preuve de solidarité et de résilience peu communes en temps de crise. 


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Adaptation

UN RÉSEAU QUI SAIT REBONDIR Afin de mettre en valeur les forces du réseau de la COFA en ce temps de COVID-19, nous avons recueilli les témoignages de certains centres qui ont bien voulu nous partager les défis et les succès qu’ils ont connus durant cette période ainsi que les leçons qu’ils ont apprises. Voici les réponses obtenues lors de ces entrevues.

La Clef, Conseil scolaire catholique de district des Grandes Rivières (Timmins) — Natalie Poitras VOTRE PLUS GRAND DÉFI Notre plus grand défi lors du confinement la certainement été la communication avec nos apprenants. Puisque la COVID-19 s’est ajoutée au stress que vivaient les apprenants et aux obstacles auxquels ils étaient déjà confrontés, plusieurs se sont renfermés. Le contact a été difficile à cause du stress, mais aussi en raison du manque de technologie disponible de leur côté. Une fois que nous avons pu leur fournir des outils, la communication s’est améliorée quelque peu.

VOTRE PLUS GRAND SUCCÈS Notre plus grand succès a été le partenariat que nous avons établi entre le Programme de formation à distance (F@D) et les gens d’entretien du Conseil scolaire catholique de district des Grandes Rivières (CSCDGR). Ces personnes ont pu suivre des formations en informatique à leur niveau, et ce, à distance et avec l’appui des formateurs et formatrices du Programme F@D. Cela leur a été très utile, car une large partie de leur travail se réalise maintenant en format électronique, que ce soit pour passer des commandes, faire des demandes de congé ou envoyer des courriels, entre autres. Ces habiletés se transfèrent aussi à leur vie personnelle. À la suite de leur formation, plusieurs employés ont affirmé qu’ils aimeraient suivre d'autres cours en alphabétisation et formation de base offerts par le programme; d’autres ont même exprimé le désir de terminer leurs études secondaires avec La Clef.

SI C’ÉTAIT À REFAIRE...

COMMENT ENTREVOYEZ-VOUS LE RETOUR AU BUREAU?

C’est difficile de répondre à cette question, car, d’après moi, l’équipe a très bien réagi à ce qui nous a été présenté comme défi. Je crois que nous avons fait le mieux que l’on pouvait dans les circonstances.

Le retour au bureau ne sera pas sans ses défis, mais en mettant en place un plan sécuritaire et bien songé, nous nous assurerons au moins que les apprenants retrouvent l'endroit stable, calme et familier qu'ils connaissaient avant la pandémie. Comme nous sommes un centre de formation au sein d'un conseil scolaire, nous devons suivre les directives et le plan du conseil et du ministère.


Adaptation

La Cité – Programme Formation de base de l’Ontario (Ottawa) — Amélie Gagnon VOTRE PLUS GRAND DÉFI

VOTRE PLUS GRAND SUCCÈS

Un de nos plus grands défis, si on parle du service de formation de base comme tel, c’est que tout le matériel qu’on utilisait était en format papier. Bien sûr, on avait certaines activités d’apprentissage de base où, parfois, on faisait de petites capsules d’information en ligne, mais la majeure partie des activités étaient conçues pour être faites en personne.

Un de nos plus grands succès a été notre capa­cité de rebondir rapidement en utilisant le portail e-Cité et en mettant tous les modules de formation en ligne. C’est certain qu’on n’a pas eu le temps de tout mettre sur le portail au début de la pandémie; ça a plutôt été fait de façon progressive, et même maintenant, on conti­ nue toujours de mettre de nouvelles choses en ligne, comme des activités d’apprentissage, pour bonifier l’expérience de nos étudiants. Mais le fait qu’on ait trouvé des procédures pour tout faire en ligne afin que nos apprenants puissent continuer leurs études, ça a été un grand succès.

Il s’agissait donc de s’adapter à cette nouvelle réalité de travailler entièrement en ligne. On a mis nos modules en ligne sur le portail e-Cité, la plateforme du collège, pour que tous les étudiants du programme Formation de base de l’Ontario (FBO) puissent y avoir accès grâce à leur matricule et leur mot de passe du collège. Et maintenant, ils peuvent naviguer et suivre leurs professeurs dans Teams, où se font toutes les communications. La compétence numérique a été un autre défi à surmonter. Même si une majorité d’apprenants avaient les outils pour s’adapter à la formation en ligne, ils n’avaient pas nécessairement eu à les utiliser autant avant. Ils devaient donc apprendre à utiliser cette nouvelle plateforme, et ce, à distance. Ce qui a pris le plus de temps, c’est cette première étape-là, où on devait leur expliquer le fonctionnement de Teams à distance, en plus de tout le processus d’inscription, d’identification et le plan d’action. Alors, voilà comment la transition s’est faite. La vitesse à laquelle on a pu s’adapter et aider nos apprenants de FBO a toutefois été pour nous un très grand succès.

SI C’ÉTAIT À REFAIRE... Je ne pense pas qu’il y ait beaucoup de choses que je ferais autrement. Cependant, nous avons dû changer de technologie en cours de route, sautant d’une plateforme à une autre, ce qui a exigé de la part des étudiants et du personnel qu’ils s’y ajustent rapidement. L’idéal aurait été de partir tout de suite avec la même licence, mais on naviguait dans quelque chose de nouveau. On devait faire des recherches, valider le meilleur outil, s’adapter aux décisions du collège, aussi, puisqu’on en fait partie. Ce changement de plateforme a donc fait en sorte que les étudiants ont eu à s’ajuster à quelque chose de nouveau deux fois plutôt qu’une seule.

Une autre réussite est qu’on a fait notre premier camp de révision au début du mois de juillet, où on a accueilli 50 personnes dans un premier atelier via Teams. C’est un camp pour réviser les notions de base de préparation au postsecondaire et développer les compétences essentielles nécessaires pour bien réussir ses études. On organise plusieurs camps où différentes leçons et thématiques sont abordées, et chaque camp dure de trois à quatre jours. C’était vraiment bien.

COMMENT ENTREVOYEZ-VOUS LE RETOUR AU BUREAU? C’est certain qu’on doit respecter les politiques et recommandations du ministère et du collège en ce qui concerne la réouverture. Je crois toutefois que la formation hybride sera une option alléchante pour plusieurs apprenants. Certains étudiants ont besoin de ce premier contact-là en personne pour avancer. D'autres n'ont pas ce besoin-là et sont plus autonomes en ce qui concerne les technologies de l'information. Donc c’est vraiment du cas par cas; il faut s’adapter à la réalité de chaque apprenant. Puis, il y a aussi le côté famille. Si les écoles et les garderies ne sont pas ouvertes, ça pourrait être difficile pour les apprenants qui ont des enfants à leur charge de se déplacer. Même chose pour ceux qui ont des enfants en bas âge à la maison. Donc, il faudra s’ajuster à cette réalité-là et garder en tête que plusieurs apprenants ne pourront pas nécessairement venir en classe. C’est pour ça, je crois, qu’il y aura de plus en plus d’intérêt pour l’apprentissage hybride.

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Adaptation

Le centre de formation ABC Communautaire de Welland (Welland) — Normand Savoie VOTRE PLUS GRAND DÉFI Notre plus grand défi a été de rester aussi performants en travaillant à partir de la maison que si nous étions au bureau. Depuis le début de la pandémie, tout le personnel travaille presque exclusivement de la maison. On peut y faire presque tout ce qu’on fait habituellement au bureau, mais on réalise toutefois qu’il n’y a rien de mieux que d’être en face à face. Nous sommes habitués au fait qu’il y a toujours de nouvelles personnes qui se présentent sans rendez-vous au centre, mais là, ce n’est plus le cas. Aussi, ce n’est pas tout le monde qui est à l’aise de nous appeler ou d’aller sur notre page Facebook pour s’inscrire à une formation ou s’informer des services que nous offrons. Ça va jusqu’à maintenant, mais on ne pourra pas toujours fonctionner de cette façon.

VOTRE PLUS GRAND SUCCÈS

SI C’ÉTAIT À REFAIRE...

En début de pandémie, certains de nos apprenants ne pouvaient pas con­tinuer leur formation parce qu’ils n’avaient pas d’ordinateur. On s’est posé plusieurs questions : Est-ce qu’on en achète pour eux? Est-ce qu’on leur en prête un? Finalement, on a acheté deux ordinateurs, et ce, même avant que le ministère se penche sur la question. On ne voulait pas que la formation de ces apprenants s’arrête trop longtemps. On a apporté les ordinateurs à deux apprenantes, sans entrer dans la maison, afin que celles-ci puissent continuer leurs travaux. Ça fonctionne toujours très bien. On pense même prêter un ordinateur à un membre du conseil d’administration qui n’en a pas. Cela nous permettrait de faire nos réunions du conseil par Zoom lors d’intempéries, par exemple. Jusqu’à présent, on a acheté deux ordinateurs, mais si la situation perdure, on pourrait bien aller en acheter d’autres. On veut que le plus de gens possible aient accès à la formation. Pour nous, c’est donc notre plus grand succès, puisqu’on n’avait jamais fait ça avant. Depuis le début, on discute avec d’autres centres et on essaie de voir les bonnes pratiques qui se font ailleurs pour les implanter chez nous. On est fiers d’avoir fait ça.

Si cette expérience était à refaire, on s’assurerait que tous les appre­ nants aient l’équipement technologique nécessaire en main. Certains de nos apprenants étaient très dépendants de nous. Pour les faibles lecteurs, c’était plus difficile. Une de nos formatrices est donc allée leur porter des devoirs sur leur perron. On n’avait pas le choix, et ça, on continuerait de le faire. Mais pour ceux sans équipement technologique, on aurait pu s’assoir avec eux et leur enseigner les bonnes pratiques de la formation à distance.

COMMENT ENTREVOYEZ-VOUS LE RETOUR AU BUREAU? Avec beaucoup d'appréhension! Même s'il y a déconfinement, il n’en demeure pas moins que le virus est encore présent. Tant et aussi longtemps qu’il n’y aura pas de vaccin, il y a un risque. On a recueilli beaucoup d’informations, tant de la COFA que de la chambre de commerce locale, pour savoir comment rouvrir nos bureaux, et on ne sait toujours pas exactement comment on va le faire. Je profite de la période estivale pour lire toute cette documentation et rencontrer le personnel et le conseil d’administration. Ensemble, nous déciderons d’un plan d’action. Il y a aussi de l’inquiétude au sujet du nombre de personnes que l’on pourra accepter au centre. On pense peut-être alterner les journées de travail du personnel afin qu'il n’y ait qu’une seule personne sur place chaque jour. De cette façon, le centre pourrait être ouvert cinq jours semaine. Il y a aussi toute la question de la désinfection des lieux. À quelle fréquence doit-on procéder à la désinfection? Une fois par jour, plusieurs fois? Est-ce que c’est nous qui allons le faire? Est-ce qu’on va imposer le port du masque? Ce sont plusieurs questions qui, pour l’instant, restent encore sans réponse. C’est dommage, mais notre plus grande préoccupation en ce moment n’est pas l’apprentissage des apprenants, mais plutôt la santé et la sécurité de ceuxci ainsi que de notre personnel. J’ajouterais qu’en septembre, pour nous aider dans l’atteinte de nos cibles, nous allons emprunter une idée de Renaud Saint-Cyr d’Alpha-Toronto, soit de tenir des présentations Zoom avec les organismes de la région afin de faire connaitre nos services. De plus, les services du Programme de formation à distance (F@D) seront encore plus importants dans une situation de crise comme celle-ci. Pour nous, c’est ce qui va nous permettre de survivre.


Adaptation

Centre Moi j’apprends (Casselman, Clarence-Rockland, Cornwall, Hawkesbury, Ottawa) — Louise Lalonde VOTRE PLUS GRAND DÉFI L’expression « virer sur un 10 cents » résume bien le défi que nous avons tous eu à surmonter depuis le mois de mars. Au départ, nos ateliers avaient pris relâche pour le congé de mars, mais nous avons réalisé très tôt que le congé se prolongerait. Autant notre personnel que nos personnes apprenantes ont eu à changer de direction, de façon de faire, et ce, rapidement.

VOTRE PLUS GRAND SUCCÈS Nous étions à mi-chemin dans la livraison de notre programme Préparation au travail dans le domaine de l’hôtellerie lorsque la pandémie a commencé. En peu de temps, nous avions donné aux participantes du programme l’accès à de l’équipement informatique et notre personnel avait adapté le matériel pour le livrer en ligne. Malgré un retard de deux semaines, toutes les participantes ont complété leur formation avec succès. De plus, notre personnel a acquis de nouvelles compétences qui leur serviront bien dans cette nouvelle ère de fonctionnement. Les membres du personnel ont joué un rôle important auprès de nos personnes apprenantes. En employant différents moyens de communication tels que des envois par la poste, des échanges de courriels, des appels téléphoniques et des rencontres sur différentes plateformes comme Messenger, Facetime, Skype et Zoom, entre autres, ils ont pu continuer à donner de la formation, à appuyer les apprenants inscrits au Programme de formation à distance (F@D), à prendre de leurs nouvelles et s’assurer que tous avaient reçu et suivaient les directives des bureaux de santé et avaient accès aux ressources qui leur étaient disponibles. Ainsi, les membres du personnel ont non seulement joué leur rôle de formateur, mais ont aussi agi à titre de soutien communautaire. Plusieurs de nos personnes apprenantes ont avoué avoir apprécié cet appui.

SI C’ÉTAIT À REFAIRE... Si nous avons appris quelque chose, c’est bien d’être plus vigilants en ce qui concerne les listes d’adresses courriel, de numéros de téléphone et d’adresses postales de nos clients, car nous avons eu des difficultés à joindre quelques-unes de nos personnes apprenantes. À part ça, je pense que nous avons bien tiré notre épingle du jeu.

COMMENT ENTREVOYEZ-VOUS LE RETOUR AU BUREAU? Envisager le retour au bureau n’est pas évident, mais nous avons déjà fait de petits pas pour nous y préparer. Comme plusieurs organismes, nous avons : › développé des procédures et protocoles en nous inspirant des directives émises par les bureaux de santé et fait les achats nécessaires; › entamé des démarches pour louer des espaces supplémentaires, là où c’était possible; › révisé nos ententes pour avoir un meilleur accès à l’Internet; et › entamé des discussions avec notre personnel pour recevoir leurs suggestions concernant la rentrée. Certaines de nos personnes apprenantes sont déjà de retour dans nos locaux. Riches de cette expérience, nous pourrons alors apporter les correctifs nécessaires pour assurer une rentrée en septembre la plus sécuritaire possible.

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Adaptation

Centre de formation pour adultes de Greenstone (Geraldton) — France Martineau VOTRE PLUS GRAND DÉFI

VOTRE PLUS GRAND SUCCÈS

Notre plus grand défi a été de passer de la formation en présentiel que nous offrions à une formation exclusivement en mode virtuel, qui s’imposait face à la situation. Cela n’a pas été facile au début, car tout est allé très vite avec la pandémie et nous n’avons pas eu le temps de nous y préparer. Nous avons cependant pu relever ce défi en gardant un contact constant avec nos appre­ nants et en les tenant informés de la programmation en cours, ce qui nous a permis de continuer à donner des cours en ligne. D’ailleurs, nos apprenants ont pu poursuivre leur formation avec le Programme de formation à distance (F@D), tout en restant chez eux. Le formateur du centre assistait à ces cours en direct en tant qu’invité et s’assurait d’apporter un appui aux apprenants et aux formateurs du Programme F@D.

Le plus grand succès de notre centre durant cette période a été la rétention de nos apprenants. Plus de trois quarts de nos apprenants ont continué leur formation avec nous à partir de chez eux. Nous avons pu garder le contact avec eux par téléphone et par Internet. Le fait de garder le centre ouvert de façon virtuelle nous a même permis d’avoir de nouvelles inscriptions!

SI C’ÉTAIT À REFAIRE... Nous avons été surpris par la première vague, ce qui fait que le changement a été brusque et que nous n’avons pas vraiment eu le temps de tout faire comme il se devait. Ce que nous aurions fait de plus pour faire face à cette situation aurait été de mieux outiller nos apprenants. Donc, si c’était à refaire, nous leur donne­rions plus d’outils afin qu’ils puissent continuer leur formation sans problème. Certains apprenants n’ont pas pu continuer leur apprentissage parce qu’ils n’avaient pas l’équipement informatique requis; d’autres n’ont pas pu continuer parce qu’ils n’avaient pas l’Internet chez eux. Nous avons cependant pu garder les trois quarts de nos apprenants actifs, donc vu la situation, c’est quand même très bien.

COMMENT ENTREVOYEZ-VOUS LE RETOUR AU BUREAU? Le retour au bureau se fera de façon très progressive. Nous avons déjà fait un certain nombre de choses pour nous y préparer, incluant la conception d’affiches sur les consignes à respecter et l’achat de produits désinfectants et d’équipement de protection, qui seront disponibles au centre lorsque celui-ci rouvrira. Nous restons cependant prudents, au cas où il y aurait une nouvelle vague de cas, comme cela se prédit.


L’AFB ET LA COVID-19

en quelques statistiques Les statistiques qui suivent reflètent la situation en début de pandémie des membres de la Coalition ontarienne de formation des adultes (COFA), selon les réponses des gestionnaires de centres ayant répondu au sondage envoyé en avril 2020 (15 répondants sur 27).

FAÇONS D’APPUYER LES APPRENANTS À DISTANCE

73,3 %

13,3 %

26,7 %

86,7 %

100 %

93,3 %

13,3 %

20 %

Plateformes de rencontre en ligne (Zoom, Skype, Teams, FaceTime, etc.)

Outils Google (Google Docs, Hangouts, Classroom, etc.)

Outils en ligne variés (sites web, vidéos, etc.)

Envoi de documents électroniques/ ressources et outils téléchargeables

Téléphone, message texte et courriel

Réseaux sociaux

Plateformes d’apprentissage à distance (Moodle, Programme F@D)

Autres (documents envoyés par la poste, travaux dans des cahiers)

BARRIÈRES AUXQUELLES FONT FACE LES APPRENANTS POUR ACCÉDER À LA FORMATION À DISTANCE

30,43 %

21,74 %

Compétences de base en informatique

47,82 %

Barrières personnelles (manque de temps et de motivation, situations difficiles à la maison, désir d’un contact humain plutôt qu’en ligne, manque de suivis immédiats) Accès limité ou inexistant aux technologies de l’information (Internet, matériel informatique)

FAÇONS DONT SE PASSE LE PROCESSUS D’INSCRIPTION ET D’ÉVALUATION DIAGNOSTIQUE 37,5 %

Téléphone

12,5 %

Zoom

25 %

Courriel

25 %

En personne avec des mesures sanitaires de distanciation

SOLUTIONS TROUVÉES POUR RÉDUIRE LES BARRIÈRES Encouragement/ communication pour lutter contre le manque de motivation et la solitude

Achat ou prêt d’équipement informatique

FAÇONS DE SUIVRE LES PROGRÈS DES APPRENANTS Manque d’information au sujet de la façon de donner les tâches jalons

5,25 %

Suivis réguliers

10,5 % 15,80 %

Communication générale par divers moyens (courriel, téléphone, vidéoconférence)

31,60 %

Leçons/travaux/tâches jalons en ligne ou par téléphone

36,85 %

Entrée des progrès des apprenants

12,5 % 20,83 % Adaptation à l’horaire des apprenants

4,16 %

20,83 %

Formation sur les nouvelles technologies

20,83 % 20,83 %

Envoi de documents/leçons par la poste ou à la porte

Communication/formation par téléphone ou courriel

En juin, AlphaPlus a envoyé un sondage à tous les groupes culturels du réseau d’AFB de l’Ontario afin de voir comment ils avaient réussi à adapter leurs services. Un des constats d’intérêt pour les francophones est que le saut vers l’apprent­issage en ligne s’est fait plus aisément à cause de la place déjà bien établie du Programme F@D et d’Apprentissage en ligne dans leur réseau. Il est toutefois important de noter que les données pertinentes aux francophones ne sont pas entièrement représentatives, puisqu’elles ne tiennent pas compte des membres n’ayant pas répondu au sondage ni ceux ayant répondu en anglais, dont les réponses ont été analysées comme faisant partie du réseau anglophone. Pour consulter le rapport : https://alphaplus.ca/fr/download/le-passage-soudain-a-la-prestation-a-distance-en-afb/


Outils d’aide À L’ENSEIGNEMENT À DISTANCE

La COVID-19 a vite bousculé nos façons de faire en nous obligeant à offrir nos services entièrement à distance. Il y a plusieurs aspects à considérer pour bien implanter ce nouveau mode de fonctionnement : création de site web, partage de documents, vidéoconférences… Bref, c’est tout un autre monde qui s’ouvre à nous, et c’est normal de ne pas trop savoir par où commencer! Voici un aperçu de quelques plateformes et outils qui sauront vous aider à tirer le meilleur de cette situation et de faire en sorte que votre prestation de services en ligne soit réussie. Pour plus d’information sur ces outils et bien d’autres, veuillez consulter la présentation « Outils d’aide à l’enseignement à distance » de Guylaine Vinet d’AlphaPlus, présentée lors de la Communauté de partage organisée par la Coalition ontarienne de formation des adultes (COFA) en mai 2020. Celle-ci peut être trouvée sous la rubrique Ressources COVID-19 du site web de la COFA au www.coalition.ca.

GOOGLE Les outils suivants sont inclus avec tout compte Google personnel (compte Gmail), qui est gratuit, à moins d’indication contraire.

Google Drive Permet facilement de partager du contenu avec les personnes apprenantes, qui peuvent collaborer directement dans le même document (Google Docs, Google Sheets, Google Slides et Google Forms). En rendant publics les documents que vous partagez, vous pouvez facilement les envoyer à tout un groupe d’apprenants, et alors, tout le monde peut suivre et collaborer dans un seul document.

Google Meet Permet de lancer une vidéoconférence à partir d’un ordinateur ou d’un appareil mobile. Vous pouvez même planifier une vidéoconférence dans Google Agenda en créant un évènement dans celui-ci et en y ajoutant les personnes que vous voulez inviter à la vidéoconférence.

Google Classroom Permet de créer des cours, donner des devoirs, avoir des discussions, partager des ressources, échanger des documents, effectuer des suivis de travaux, et même ajouter d’autres formateurs à un cours. S’intègre à Google Docs et Google Drive.

Google Sites *Nécessite un compte G Suite (payant) Outil de création de site web qui ne nécessite pas de création de compte de la part des personnes apprenantes. On peut ajouter des images, des feuilles de calcul, des formulaires, des présentations, des vidéos YouTube et d’autres types de vidéos et de documents.


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WEEBLY & WIX Deux plateformes de création de site web gratuites offrant des possibilités de mise en page intéressantes ainsi que des fonctionnalités comme l’ajout d’images, de formulaires de contact, de fichiers et de vidéos YouTube. Bien que similaires, ces plateformes ont quelques différences, Weebly étant un peu plus facile d’utilisation, mais possédant moins d’options de personnalisation que Wix.

MICROSOFT Les outils suivants sont inclus avec toute licence Office 365, qui est payante, à moins d’indication contraire.

Microsoft OneDrive et SharePoint Permettent le stockage et le partage de contenu sur le nuage de Microsoft. Avec SharePoint, toutes les personnes qui se trouvent dans votre organisation peuvent collaborer directement dans le même document (Microsoft Word, Excel, PowerPoint, OneNote). En rendant publics les documents que vous partagez, vous pouvez facilement les envoyer à des gens de l’extérieur, qui peuvent alors collaborer dans un seul document.

Microsoft Teams Plateforme collaborative qui permet facilement de partager des fichiers, d’envoyer des messages instantanés et de faire des vidéoconférences. La personne n’a pas besoin de faire partie de votre entreprise pour participer à une vidéoconférence ou avoir accès aux discussions et aux fichiers; elle peut être invitée à participer, tant et autant qu’elle ait un compte de messagerie personnel ou professionnel (Gmail, Outlook, etc.).

Microsoft Teams – Éducation Microsoft Teams fait partie de la suite Office 365, mais pour avoir accès aux fonctionnalités d’éducation (créer des classes, ajouter des étudiants, tenir des forums, avoir accès au clavardage et aux appels vidéos et assigner des devoirs), il est nécessaire d’avoir un compte Microsoft Éducation.

Microsoft PowerPoint Utile pour créer des présentations et les partager avec d’autres personnes. Vous pouvez même convertir votre présentation en vidéo et enregistrer un diaporama avec une narration.

RÉFÉRENCE : VINET, Guylaine. « Outils d’aide à l’enseignement à distance », présentation AlphaPlus livrée lors de la Communauté de partage organisée par la COFA, mai 2020, [En ligne]. [https://docs.google.com/presentation/d/1N-ln8nJ-j8tohXMMUN1qG_BqUGtajxuX-bWhax1jeXs/edit#slide=id.g3c7601b41c_0_0] (Page consultée le 1er juin 2020).

CANVAS Plateforme d’apprentissage inté­ ressante offrant une version gratuite pour les formateurs, dans laquelle sont incluses les fonctionnalités suivantes : devoirs, discussions, questionnaires, options de stockage et réception de notifications par courriel ou SMS. Une version plus complète existe également, mais est plutôt dispendieuse. Bien que la page d’inscription soit en anglais, l’interface de la plateforme est en français.

ZOOM Vidéoconférences, sondages, par­ tages d’écran… Zoom a tout ce qu’il faut pour vous permettre de donner un cours en ligne ou vous rencontrer avec vos personnes apprenantes.

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Adaptation

FACEBOOK :

UN OUTIL PROMOTIONNEL PUISSANT P a r P e g g y M o r i n / / E A O , Tr a d . A . , C o o r d o n n a t r i c e , Centre d’éducation des adultes Ce que nous avons appris pendant la pandémie est que nous devons être capables de nous adapter rapidement. Mainte­ nant plus que jamais, il faut promouvoir nos services pour bien informer nos personnes apprenantes, nos partenaires, nos collec­tivités et notre future clientèle. Alors, comment faire cette promotion dans une période de crise comme celle qu’on connait?

aideront à faire la promotion de votre centre sur Facebook. Voici quelques-uns de nos conseils quant à l’utilisation de cette plateforme comme outil de markéting.

SOYEZ VISIBLES GRÂCE AUX VIDÉOS

Avant la pandémie, notre équipe au Centre d’éducation des adultes de New Liskeard utilisait surtout la distribution d’affiches dans les écoles, les messages dans les bulletins paroissiaux, les envois ciblés par courriel et plusieurs autres stratégies sans frais. Dans notre nouvelle réalité, l’incertitude liée à la COVID-19 nous pousse à explorer davantage les réseaux en ligne, un défi que notre équipe a su bien relever dès le début de la pandémie. Nous partageons donc nos meilleures pratiques avec vous pour vous aider à promouvoir vos services dans cette ère nouvelle. Il existe bien évidemment plusieurs ressources, réseaux sociaux et outils que vous pouvez utiliser pour faire la promotion de votre centre. Ce qui est important est d’utiliser les ressources qui vous sont accessibles et que vous pouvez bien utiliser, sans être obligés d’y consacrer une quantité industrielle de temps. Vous devez également considérer plus d’un outil pour atteindre le plus de personnes possible. Facebook, Instagram, YouTube et Tik Tok font partie des réseaux les plus populaires à l’heure actuelle. Comme l’équipe du Centre d’éducation des adultes avait choisi d’utiliser Facebook comme plateforme de distribution et de markéting bien avant la pandémie, nous nous pencherons plus particulièrement sur celui-ci dans cet article. En effet, Facebook est devenu une plateforme incontournable pour les centres d’alphabétisation et de formation de base des adultes. Ce site web de réseau social sans frais est facile à navi­ guer, et selon les plus récentes statistiques Google, il compte 1,79 milliard d’utilisateurs actifs chaque jour dans le monde. Mais connaissez-vous les outils markéting de Facebook? Pour avoir accès aux options avancées de Facebook, vous devez avoir une page entreprise. Cette étape importante se fait lorsque vous choisissez une catégorie de page, au début de la création d’une page Facebook. Une fois cette étape franchie, vous pouvez explorer les multiples fonctionnalités qui vous

En quelques clics, vous pouvez maintenant convertir un diaporama de photos en vidéo. Voici comment faire : 1. Cliquez sur Créer une publication. 2. Choisissez Photo/Vidéo. 3. Cliquez sur Créer un diaporama. 4. Ajoutez des photos. 5. Modifiez les paramètres pour prolonger la durée de chaque photo. 6. Ajoutez de la musique à votre vidéo. 7. Cliquez sur le bouton Créer un diaporama. Bravo! Vous venez de créer une vidéo sur Facebook! Conseils : Choisissez environ six photos selon l’intention de votre publicité. Ajoutez du texte ou quelques mots à vos photos. Vos photos seront ainsi plus aptes à capter et garder l’attention de votre auditoire.


Adaptation

OBTENEZ DES RÉSERVATIONS DE RENDEZ-VOUS Vous pouvez donner la possibilité à vos clients de réserver une séance d’inscription ou d’information par Facebook. Cette fonction vous offre la chance de décrire vos services et de faciliter l’aiguillage et la communication en ligne. Voici comment configurer les réservations de rendez-vous par Facebook :

Conseils : Soyez respectueux, professionnels et pragmatiques lorsque vous répondez aux messages ou commentaires sur Facebook. Si quelqu’un s’informe au sujet d’un de vos programmes, envoyez-lui un message avec des renseignements supplémentaires ou une affiche en format PDF, par exemple, afin que cette personne puisse « passer à l’action » et venir s’inscrire à votre centre.

ENGAGEZ VOS FUTURS CLIENTS ET VOS PERSONNES APPRENANTES Suscitez l’engagement des utilisateurs sur votre page Facebook. Organisez des concours et des évènements, publiez du contenu engageant, invitez les utilisateurs à aimer votre page, encouragez les partages et optimisez votre visibilité en ligne.

1. Cliquez sur le bouton bleu Envoyer un message et changez à Réserver maintenant. 2. Sous l’onglet Rendez-vous, créez des créneaux pour la prise de rendez-vous en cliquant sur Paramètres de rendez-vous. 3. Ajoutez des services. N’oubliez pas d’inclure une image ou une photo descriptive pour chaque service. 4. Gérez les demandes de rendez-vous sous l’onglet Demandes. Conseils : Faites la promotion de votre bouton Réserver maintenant. Si vous avez un agenda Google, vous pouvez synchroniser les rendez-vous pris sur votre Page Facebook et votre agenda Google.

SOYEZ ACCESSIBLES ET PROFESSIONNELS

Si vous souhaitez maintenir une présence en ligne grâce à Facebook, il est important d’établir des liens avec vos clients et vos personnes apprenantes. Répondez aux messages de façon professionnelle et en temps opportun. Facebook tient compte des taux et des temps de réponse. Cette fonction peut vous aider à connaitre vos habitudes de réponse. N’oubliez pas que les utilisateurs Facebook aiment avoir de vos nouvelles, mais pas trop souvent, non plus!

Conseil : Consultez les statistiques Facebook pour en savoir plus sur les abonnés de votre page, les actions, les mentions « J’aime », les portées de publications, etc. Facebook est un outil promotionnel puissant et en constante évolution. Les fonctions avancées présentées dans cet article pourraient faire partie de vos stratégies de markéting. Soyez curieux et explorez davantage les fonctions de cette plateforme. Qui sait? Elles sauront peut-être répondre à vos besoins, surtout en ces temps incertains. Il va sans dire que nos milieux de travail et nos centres d’apprentissage ont été transformés par la pandémie et que nous devons évaluer nos pratiques, nos comportements, nos habitudes de travail et nos stratégies de markéting. Cette transformation ne sera pas de courte durée, mais fera partie de notre quotidien pour plusieurs années à venir. Personne n’a trouvé de solution unique qui peut s’implan­ ter dans tous nos milieux de travail. La polyvalence est donc recherchée. N’oublions pas aussi qu’une grande partie de notre clientèle n’utilise pas ou utilise très peu la technolgie; c’est pourquoi avoir un ensemble d’outils promotionnels à notre disposition est crucial. Qui plus est, nous sentons une date de péremption sur nos formations en sens unique. Nos personnes apprenantes auront davantage besoin de compétences en informatique, non seulement pour savoir comment utiliser la technologie, mais bien pour savoir comment survivre dans un monde pandémique. Mais cette pandémie nous a montré que plusieurs outils de communication existent : Zoom, Teams, GoToMeeting, FaceTime, Groupes Messenger, etc. Quel outil devrions-nous adopter? La réponse : tous les outils possibles et selon nos budgets. Si nous voulons survivre et atteindre nos cibles, nous devrons offrir des formations à « multi­­c­om­pé­ tences » qui développent plus d’une compétence essentielle et transversale et qui sont axées sur les technologies actuelles, avec des prestations en ligne et en présentiel, pour rejoindre toutes nos personnes apprenantes. Bref, il faut s’adapter et embrasser les nouvelles technologies. 

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LES COMPÉTENCES DES ADULTES,

au cœur d’une société résiliente Par Louise Brossard // Chercheuse en éducation des adultes et Hervé Dignard // Agent de recherche et de développement, Institut de coopération pour l’éducation des adultes Avec l’approbation des auteurs concernés, nous avons repris ici l’article publié originalement sur le site web de l’Institut de coopération pour l’éducation des adultes (ICÉA). Bien que les constats émis dans cet article s’appliquent plus particulièrement à la province du Québec, ils sont toujours pertinents pour le milieu de l’alphabétisation et de la formation de base (AFB) de l’Ontario. Pour voir l’article intégral : https://icea.qc.ca/fr/actualites/enjeux-et-constats-en-lien-avec-la-crise-de-la-covid-19.

Le contexte de confinement et de crise sanitaire a été pour l’ICÉA une période riche d’observations dont nous tentons aujourd’hui de tirer des leçons. Cette situation exceptionnelle commandait de souligner les forces sur lesquelles nous pouvions compter et de relever les lacunes qui freinent les efforts à déployer. L’ICÉA a donc publié de nombreuses analyses de la situation de l’éducation des adultes au Québec entre le 15 mars et le 3 juin. Ces analyses nous ont permis d’identifier les impacts de la crise sanitaire et de mieux comprendre leurs effets à l’égard des services éducatifs qui sont habituellement offerts aux adultes du Québec. Il est rapidement apparu que cette crise allait bouleverser l’ordre établi des choses. En effet, pour satisfaire aux conditions

de distanciation physique prônées dans les directives émises par la santé publique, il a notamment été nécessaire de fermer les lieux de formation et de trouver — dans l’urgence — des solutions alternatives pour assurer la continuité des apprentissages. Aujourd’hui, au terme de cette veille documentaire inédite et sur la base des analyses publiées au cours des dernières semaines, l’ICÉA formule six constats en lien avec les grands changements qui sont survenus en éducation des adultes au Québec. Ces constats sont révélateurs des enjeux qui marqueront les développements à venir en matière d’éducation des adultes au Québec et ailleurs dans le monde, en particulier, lors de la reprise des activités éducatives à l’automne 2020.


Adaptation

CONSTAT 1 : LE PEU D’INTÉRÊT ACCORDÉ À L’ÉDUCATION DES ADULTES

CONSTAT 2 : UNE FORMATION À DISTANCE ORGANISÉE DANS L’URGENCE À PARTIR DE BASES INÉGALES

La crise sanitaire a rappelé le peu d’intérêt qui est accordé à l’éducation des adultes dans notre société.

La fermeture des institutions d’enseignement entraînée par la crise sanitaire a forcé les personnes responsables à trouver des solutions permettant d’assurer la continuité des appren­ tissages à distance. Les personnes enseignantes, pro­fesseures et chargées de cours ont donc utilisé dans l’urgence les connai­ssances, les compétences et les ressources mises à leur disposition afin de convertir leur enseignement en mode non présentiel. Ces personnes ont agi au meilleur de leurs connaissances et, même si elles avaient accès à un soutien technopédagogique et à des formations, les ressources nécessaires pour créer une véritable formation à distance (FAD) leur faisaient défaut.

Les services publics d’éducation des adultes sont demeurés absents de la première vague de décisions prises par le gouvernement. Par ailleurs, certaines conditions favorisant la poursuite des apprentissages chez les enfants et les jeunes n’ont pas été offertes aux adultes. Par exemple, le prêt de matériel numérique aux élèves de la formation générale des adultes (FGA), comme cela a été prévu pour les élèves du primaire et du secondaire. Qui plus est, le soutien accordé aux adultes en appren­ tissage hors du secteur formel (communautaire, populaire et autres) est insuffisant et parfois même inexistant. Ces adultes apparaissent souvent laissés à eux-mêmes : une logique d’autoformation prime dans les démarches d’apprentissage proposées. Parents désormais tuteurs, population s’éduquant à la santé, personne en autoformation en ligne, dans une situation d’apprentissage par les pairs, en milieu familial ou dans un cadre intergénérationnel, travailleuses et travailleurs en forma­ tion ou redéployés dans de nouvelles fonctions de travail : voilà autant de profils d’adultes qui sont en apprentissage depuis le début de la pandémie.

Note pour le contexte ontarien : Il est vrai qu’en général, à travers le Canada, le domaine de l’AFB est traité en parent pauvre du milieu de l’éducation. L’Ontario n’échappe pas à cette réalité, tel qu’en témoigne le rapport d’évaluation de son programme produit en 20161 par le ministère de l’époque, soit le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Formation professionnelle. Selon ce rapport, le Programme AFB de l’Ontario est celui qui coute le moins cher et qui rapporte le plus pour l’investissement. Cependant, lors de la pandémie, l’Ontario s’est démarqué de son homologue provincial en maintenant le financement de base offert à ses organismes de soutien et fournisseurs de services en AFB. Le ministère a aussi fait preuve de flexibilité et continue de le faire en assouplissant certaines règles du budget d’appui aux personnes apprenantes, permettant ainsi aux fourni­ sseurs de services d’acquérir des ordinateurs pour qu’ils soient prêtés ou donnés aux personnes apprenantes.

Comme le soulignait le Syndicat des chargées et des chargés de cours de l’Université du Québec en Outaouais (SCCC-UQO) durant la crise sanitaire, le temps qui a été consacré à la transformation de l’enseignement en mode non présentiel ne correspond en rien à celui qui est nécessaire pour créer une véritable formation à distance. Les résultats obtenus étaient « plus artisanaux et moins aboutis que s’ils avaient été conçus en mode FAD »2. Dans les circonstances, cet enseignement organisé dans l’urgence ne devrait pas être qualifié de véritable formation à distance. Qui plus est, les bases qui ont permis d’offrir cet enseignement en mode non présentiel étaient inégales.

CONSTAT 3 : LES LIMITES DE LA FORMATION À DISTANCE ET L’IMPORTANCE DE L’ENSEIGNEMENT EN PRÉSENCE La formation à distance (FAD) et la formation en présence offrent des possibilités communes, mais aussi des possibilités en propre que l’autre ne possède pas. Ce faisant, nous considérons que l’une ne peut se substituer à l’autre, mais qu’il faut plutôt profiter des apports des deux formules. Ainsi, la FAD est très bien adaptée aux situations où l’enseignement en présence n’est pas possible. Comme le souligne le Consortium d’animation sur la persévérance et la réussite en enseignement supérieur (CAPRES), la FAD permet aux personnes de surmonter des contraintes liées à l’accès aux lieux d’apprentissage ou à leur éloignement ainsi que des contrain­ tes d’horaire, de rythme d’apprentissage ou d’articulation entre les études et la vie personnelle, familiale et professionnelle3. Cela dit, la FAD « exige la maîtrise et le développement de certaines habiletés et compétences en littératie numérique des étudiants, qui ne sont toutefois pas tous au même niveau. Une récente recherche de Vincent et coll. (2019) montre que

Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Formation professionnelle de l’Ontario, Évaluation du Programme d’alphabétisation et de formation de base (AFB), novembre 2016, [En ligne]. [http://www.tcu.gov.on.ca/fre/eopg/publications/lbs-eval-report-2016-fr.pdf] (Consulté le 22 septembre 2020). 2 Syndicat des chargées et des chargés de cours de l’Université du Québec en Outaouais (SCCC-UQO), « L’enseignement en mode non présentiel n’est pas de la FAD », SCCC-UQO, 3 mai 2020, [En ligne]. [https://www.sccc-uqo.ca/2020/05/03/lenseignement-en-mode-non-presentiel-nest-pas-de-la-fad/] (Consulté le 15 juin 2020). 3 CAPRES, « Mythes de l’enseignement et de l’apprentissage à distance | Enjeu », Formation à distance en enseignement supérieur, 2019, [En ligne]. [https://www.capres.ca/dossiers/fad/ mythes-de-lenseignement-et-de-lapprentissage-a-distance/] (Consulté le 15 juin 2020). 1

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Adaptation les étudiants possèdent un “bagage numérique hétérogène”, c’est-à-dire que leurs compétences numériques ne sont pas égales ou équivalentes.4 » Comme l’explique Marcelle Parr dans un guide produit pour le Réseau d’enseignement francophone à distance (REFAD), les compétences développées par l’utilisation quotidienne d’outils numériques ne sont pas un gage de performance en situation d’apprentissage : « le traitement de l’information que l’on fait dans la sphère privée diffère de celui qui s’opère en situation d’apprentissage, si bien qu’apprenants comme enseignants réussissent mal à transférer ces compétences technologiques de base en contexte éducatif.5 » La FAD commande par ailleurs la maîtrise de compétences spécifiques liées à la capacité d’apprendre à apprendre à distance : « Étudier à distance demande de l’autonomie intellectuelle et des compétences méthodologiques acquises. Si ce n’est pas le cas, les [personnes] ont besoin du temps pour “s’autonomiser” et pour acquérir ces compétences méthodologiques, dont certaines sont spécifiques à une discipline, d’autres plus “transversales”.6 » Compte tenu des précisions apportées ici, il est possible de soutenir que la FAD ne convient pas à toutes les personnes apprenantes, notamment à celles qui ont de faibles niveaux de compétences en littératie, qui sont aux prises avec des problèmes d’apprentissage ou qui ont vécu par le passé des situations de décrochage7; ce qui est le cas de nombreuses personnes qui fréquentent la formation générale des adultes, des organismes d’alphabétisation, d’éducation populaire ou des milieux alternatifs de scolarisation. Aux yeux de ces personnes, l’enseignement à distance diffusé à l’aide d’outils numériques pourrait rappeler un déficit de compétences essentielles à la réussite de leur apprentissage; ce rappel pourrait constituer une raison de décrochage. Les ten­ dances observées en mai concernant la participation à distance des élèves de la formation générale des adultes accréditent cette thèse. De fait, le Journal de Québec rapportait le 29 mai qu’une forte proportion des élèves de la formation générale des adultes ne participait pas à la formation donnée à distance8.

LA FORMATION À DISTANCE (FAD) ET LA FORMATION EN PRÉSENCE OFFRENT DES POSSIBILITÉS COMMUNES, MAIS AUSSI DES POSSIBILITÉS EN PROPRE QUE L’A UTRE NE POSSÈDE PAS.

CONSTAT 4 : LA TRANSFORMATION DES RÔLES SOCIAUX ET L’ARTICULATION DES DIFFÉRENTES SPHÈRES DE LA VIE DANS UN MÊME LIEU ET UN MÊME TEMPS La crise sanitaire a provoqué une transformation des rôles sociaux joués traditionnellement par les adultes. En plus de devoir apprendre à apprendre à distance, les adultes ont dû faire de nombreux autres apprentissages en accéléré, souvent par eux-mêmes. Qui plus est, cette transformation des rôles sociaux était pour plusieurs accompagnée de l’obligation d’exercer dans un même lieu et un même temps des responsabilités liées à différentes sphères de leur vie.

La transformation des rôles sociaux Un grand nombre de travailleuses et de travailleurs ont été contraints d’apprendre rapidement de nouvelles pratiques ou fonctions de travail. C’est notamment le cas des personnes qui œuvrent dans les domaines de la santé et des services sociaux. Les responsables de l’enseignement des jeunes et des adultes ont pour leur part dû transformer leurs pratiques pour poursui­ vre la formation à distance. À l’enseignement supérieur, ces personnes ont dû apprendre à enseigner à distance en un temps record souvent avec des ressources et une expertise limitées. Cette transformation des rôles sociaux a entraîné une demande de connaissances et de compétences nouvelles; une demande accrue qui a été ressentie dans de nombreuses sphères de notre vie : la santé et les normes sanitaires, le numérique, les finances personnelles, la parentalité, l’apprentissage, etc. Malheureusement, cette demande n’a pas été accompagnée par la mise en œuvre de mesures d’accompagnement et de soutien éducatifs.

L’articulation de différents rôles dans un même lieu et un même temps Parallèlement à cette demande, le confinement des familles a entraîné une multiplication des rôles qu’une personne pouvait auparavant assumer dans différents lieux et à différents moments. Le confinement a fait en sorte qu’une personne pouvait jouer plusieurs rôles en un même lieu et un même temps : elle pouvait être tout à la fois parent, accompagnatrice scolaire de ses enfants, travailleuse devant apprendre à travailler à distance, étudiante et même proche aidante. L’articulation de responsabilités propres à chacun de ces rôles commandait la mise en œuvre de mesures d’assouplissement et de soutien, notamment en ce qui concerne les exigences liées au travail à la maison ou à l’apprentissage à distance.

Ibid. Marcelle Parr, Pour apprivoiser la distance. Guide de formation et de soutien aux acteurs de la formation à distance, Réseau d’enseignement francophone à distance du Canada (REFAD), 2019, p. 46, [En ligne]. [http://www.refad.ca/wp-content/uploads/2019/05/Pour_apprivoiser_la_distance__-_Guide_de_formation_et_de_soutien_aux_acteurs_de_la_FAD.pdf] (Consulté le 15 juin 2020). 6 Béatrice Pudelko, « Étudier et enseigner à distance : trois leçons apprises utiles au temps de la crise », Syndicat des professeures et professeurs de la Télé-université (SPPTU), 7 avril 2020, [En ligne]. [https://spptu.teluq.ca/etudier-enseigner-a-distance-trois-lecons-apprises-utiles-temps-de-crise/] (Consulté le 15 juin 2020). 7 Lire « Arrêtons de totémiser le numérique! » de Philippe Meirieu, professeur de sciences de l’éducation et de la pédagogie à l’Université de Lyon-II, au https://www.politis.fr/articles/2020/04/philippe-meirieu-arretons-de-totemiser-le-numerique-41796/?fbclid=IwAR35F4poFF8p9Iwl96Ox-OVdey_eY-nnjHw5lKzMZOfyXPhddBgK1DRy-Qc. 8 Daphnée Dion-Viens, « Jusqu’à 70 % des élèves ont déserté les cours à l’éducation aux adultes », Actualité éducation, Journal de Québec, 29 mai 2020, [En ligne]. 4 5


Adaptation Toutes et tous n’ont pas été en mesure de bénéficier des avantages de telles mesures.

CONSTAT 5 : DES INÉGALITÉS SOCIOÉCONOMIQUES EXACERBÉES ET DES GROUPES SOCIAUX INVISIBILISÉS La crise sanitaire a révélé et exacerbé les nombreuses inégalités socioéconomiques déjà présentes au sein de la société québécoise. Une des conséquences des inéga­ lités sociales est l’invisibilisation des populations concernées. Ainsi, les Autochtones, les personnes en situation de handicap, les personnes appartenant à une minorité sexuelle ou de genre (LGBTQ2+), les personnes immigrantes ou racisées ont très peu occupé sinon pas du tout l’espace médiatique durant la pandémie. Et pourtant, les conséquences de la COVID-19 sont souvent multipliées pour ces populations. Au sein même des organismes d’éducation des adultes, les réalités de ces personnes sont peu ou pas connues. Afin de remédier, un tant soit peu, à cette méconnaissance, nous avons soulevé un certain nombre d’enjeux pour chacun de ces groupes sociaux dans plusieurs articles. Citons, par exemple, l’exacerbation des inégalités d’accès à l’éducation, tant pour les adultes que pour les jeunes. On observe à ce titre que : › L’apprentissage à distance est parfois limité par l’absence ou l’insuffisance de matériel informatique ou de la connexion Internet. Par exemple, au Canada, les ménages ayant les plus faibles revenus sont plus susceptibles d’avoir moins d’un appareil connecté pour l’ensemble du ménage comparativement aux ménages ayant des revenus plus élevés9. › Les personnes ayant de faibles compétences en littératie peuvent avoir de la difficulté à apprendre à distance. Selon des intervenantes du terrain, les personnes en formation générale des adultes (FGA) possédant moins d’une deuxième année du secondaire, les personnes avec des problèmes d’apprentissage ou de santé mentale sont plus susceptibles d’avoir de la difficulté à poursui­ vre leurs apprentissages à distance. Bien qu’elles soient généralement capables d’utiliser un cellulaire, Facebook, Messenger ou Skype, des opérations comme télécharger des documents, installer un logiciel ou utiliser un document Word ou Excel sont souvent trop complexes pour elles. › Les plateformes numériques en éducation postsecondaire ne sont pas toutes universellement accessibles aux personnes en situation de handicap. La plateforme « École ouverte » n’était pas accessible aux parents en situation de handicap (pas compatible avec le logiciel de synthèse vocale). › La difficulté de bien comprendre toutes les consignes et les informations pour les personnes immigrantes nouvellement arrivées ou qui ne maîtrisent pas bien le français

ou l’anglais. La maîtrise de la langue commune est un frein à l’apprentissage à distance. Les effets de ce frein sont par ailleurs multipliés dans les familles où parents et enfants poursuivent une formation en francisation. Souvent, le nombre d’appareils informatiques n’est pas suffisant pour répondre aux besoins de toutes et tous. Par ailleurs, les personnes immigrantes en attente d’un statut sont assurément un groupe qui a été fortement invisibilisé au cours de la pandémie. Ce groupe se compose de personnes souvent plus scolarisées que les personnes nées au Québec, mais qui sont proportionnellement moins nombreuses à être en emploi et plus nombreuses à être en chômage ou inactives que les personnes nées au Québec10. Plusieurs d’entre elles œuvrent actuellement sur la ligne de front, dans des hôpitaux, des CHSLD et d’autres établissements de soins aux personnes. Elles y occupent des postes pour lesquels elles sont souvent surqualifiées. En temps normal, ces personnes sont déjà confrontées à la difficulté de faire reconnaître leurs acquis et leurs compétences; la fermeture des lieux de formation et de reconnaissance des acquis en situation de crise n’a pas contribué à améliorer leur situation. Pourtant, de nombreux mécanismes déjà en place per­ mettraient de reconnaître rapidement les acquis professionnels de ces personnes ainsi que la maîtrise des compétences qu’elles utilisent en situation de travail.

CONSTAT 6 : LA RECONNAISSANCE PARTIELLE DU RÔLE MAJEUR DU MILIEU COMMUNAUTAIRE Le gouvernement a reconnu la valeur essentielle de plusieurs services offerts aux populations vivant des conditions socio­économiques difficiles par des organismes du secteur communautaire. Cela dit, cette reconnaissance demeure limitée à des secteurs précis, comme l’action bénévole, l’aide alimentaire, l’itinérance, la violence conjugale ou envers les enfants et la santé mentale. L’ensemble du milieu communautaire a fourni un soutien inégalé au cours de la crise sanitaire, que ce soit en matière d’éducation populaire, pour la défense des droits ou pour maintenir des liens sociaux qui favorise une meilleure santé mentale et physique. Le milieu communautaire a joué un rôle majeur afin d’assurer la sécurité et la santé des populations en situation de précarité. Toutes et tous n’étaient pas égaux devant la pandémie. De nombreuses personnes vivaient dans des conditions socio­ économiques difficiles. D’autres avaient moins facilement accès à l’information. Enfin, certaines ne possédaient pas tous les outils leur permettant de bien comprendre l’information et les consignes. Le milieu communautaire a ainsi contribué à rehausser le niveau de connaissances de ces populations, notamment par

Statistique Canada, « Fermeture des écoles et préparation des enfants à l’apprentissage en ligne pendant la pandémie de COVID-19 », Aperçus économiques, Marc Frenette, Kristyn Frank et Zechuan Deng, no 11-626-X au catalogue, issue 2020001 no 103, avril 2020, ISSN 1927-5048, ISBN 978-0-660-34485-0. 10 Indicateur de l’ICÉA, Emploi et chômage chez les personnes immigrantes, année de référence 2016, [En ligne]. [https://apprendre-agir.icea.qc.ca/index.php/INDICATEUR_29c]. 9

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Adaptation l’éducation à la santé, le maintien d’activités éducatives et de soutien comme la francisation. Des organismes ont même offert des services qui ne font habituellement pas partie de leur mandat. Par exemple, des groupes d’alphabétisation ont assuré la distribution de paniers d’épicerie.

Le maintien de liens sociaux et d’une bonne santé physique et mentale Le milieu communautaire a aussi fait preuve de souplesse et d’originalité durant la crise sanitaire afin de contrer l’isolement social provoqué par le confinement. Il était essentiel de maintenir le tissu social et de créer des occasions de partage entre les personnes. Toutes des mesures qui préviennent la détresse psychologique et favorisent une meilleure santé mentale et physique.

La défense des droits La période de crise nous rappelle qu’il est plus facile de bafouer les droits des personnes vivant des conditions difficiles. Un organisme de défense des droits des locataires a déploré que certains propriétaires profitent de la réduction des acti­ vités de la Régie du logement pour procéder à des évictions illégales. Devant le nombre important de pertes d’emploi, les organismes de défense de droit des personnes en chômage ont été d’une grande aide. Les organismes de défense des personnes non syndiquées ont assuré la poursuite de l’information et de l’éducation au sujet des normes minimales du travail et les organismes d’économie familiale travaillent sur l’endettement grandissant des ménages.

La demande accrue de connaissances et de compétences soulignée par nos constats se poursuivra, engendrant par le fait même de nouvelles inégalités éducatives et sociales au sein de certaines populations adultes. Au nombre des personnes qui vivront ces inégalités, il est possible de compter les personnes adultes les moins scolarisées, celles qui sont peu ou pas à l’aise avec l’écrit, celles qui ne connaissent pas le français, celles qui ne disposent pas des outils numériques pour apprendre à distance, celles qui sont aux prises avec des difficultés d’apprentissage ou encore toutes celles qui vivent des inégalités socioéconomiques, politiques et culturelles. Certaines de ces inégalités ont déjà été relevées. Statistique Canada, par exemple, a produit des analyses qui mettent en évidence le fait que plus les personnes sont scolarisées, plus elles ont accès à des emplois pouvant s’exercer à domicile11. Par ailleurs, de nombreux établissements scolaires constatent que peu d’adultes participent à la formation à distance qui est donnée à la FGA12. De nombreuses autres inégalités éducatives et sociales apparaîtront dans les mois à venir et il faudra y faire face. À ce titre, l’éducation des adultes apparaît être un levier très efficace. Dans les circonstances, le rôle de l’éducation des adultes est d’autant plus stratégique que notre capacité à atténuer les conséquences de cette pandémie et à parvenir à une sortie de crise acceptable repose entre autres sur les connais­sances et les compétences acquises et en voie d’acquisition par les adultes13. 

Pensons aussi aux organismes pour personnes immigrantes qui continuent à guider les personnes en processus d’immigration et qui ne connaissent ni l’anglais ni le français. Pour les personnes en situation de handicap, les organismes s’assurent de diffuser l’information qui n’est pas accessible et réexpliquent certains concepts. Ils voient également à la défense de leurs droits.

EN CONCLUSION Le cours de nos activités revient tranquillement à la normalité au terme de cette période de confinement. Cependant, la crise sanitaire se poursuit et ses effets se font toujours sentir. À ce titre, la distanciation physique, les mesures de désinfection des mains, le port du masque dans les lieux publics, les restrictions relatives aux rassemblements et à certains types de déplacements, le télétravail ainsi que l’apprentissage en mode non présentiel apparaissent être des consignes qui continueront de s’appliquer dans les mois à venir. Derek Messacar, René Morissette et Zechuan Deng, « Gestion de l’économie à distance : Potentiel du travail à domicile pendant et après la COVID-19 », StatCan et la COVID-19 : Des données aux connaissances, pour bâtir un Canada meilleur, no 00026. No 45280001 au catalogue de Statistique Canada. Ottawa : Statistique Canada, 2020, [En ligne]. [https://www150.statcan.gc.ca/n1/ pub/45-28-0001/2020001/article/00029-fra.htm] (Consulté le 15 juin 2020). 12 Daphnée Dion-Viens, op. cit. 13 Daniel Baril, « L’essentiel et le stratégique : la reconnaissance incertaine de l’éducation des adultes dans les politiques publiques », ICÉA, 28 mars 2020, [En ligne].[https://icea.qc.ca/fr/actualites/lessentiel-et-le-strat%C3%A9gique-la-reconnaissance-incertaine-de-l%C3%A9ducation-des-adultes-dans] (Consulté le 15 juin 2020). 11


Adaptation

« L’APPRENTISSAGE ET L’ÉDUCATION DES ADULTES, UN OUTIL POUR ENDIGUER LES PANDÉMIES » : UN ARTICLE QUI SOULIGNE L’IMPORTANCE DE L’A FB Par Pascale Lacelle // Rédactrice-réviseure pigiste

Le combat que l’on mène actuellement contre la COVID-19 ne sera pas gagné de façon individuelle; c’est tout le groupe – toute notre communauté, toute notre société – qui doit y contribuer.

La relation entre l’individu et le groupe a été mise en évidence depuis le début de la pandémie, les actions de l’un ayant des effets directs sur la vie de tous. Pour réduire le nombre de nouvelles infections, les citoyens doivent se responsabiliser, mais ils doivent premièrement savoir comment éviter l’effet boule de neige que chacune de leurs actions peut avoir sur les gens autour d’eux. L’accès à l’information est donc crucial en des temps aussi incertains, et la compréhension de ces informations, d’autant plus. Alors, qu’arrive-t-il si un individu n’a pas les compétences de base en lecture, en écriture et en calcul nécessaires pour décortiquer ces informations? C’est le sujet sur lequel touche l’article « L’apprentissage et l’éducation des adultes, un outil pour endiguer les pandémies : l’expérience du COVID-19 »1. Selon les auteurs de celui-ci, les personnes dites analphabètes ou peu alphabétisées seraient moins ouvertes à l’éducation en matière de santé. Et c’est pourquoi « l’apprentissage et l’éducation des adultes, en particulier la promotion de l’alphabétisation sanitaire dans le cadre de l’apprentissage et de l’éducation des adultes, sont nécessaires pour permettre aux individus de prendre des décisions éclairées en matière de santé. » Cet article paru dans le International Review of Education nous souligne l’importance de « considérer l’apprentissage et l’éducation des adultes comme faisant partie intégrante de toute stratégie d’urgence nationale » comme celle que nous vivons présentement.

Afin d’avoir une société prête à lutter rapidement et pleinement contre une pandémie comme la COVID-19, il faut d’abord que les personnes qui la composent soient bien out­i­l­lées et informées. Et pour ce faire, celles-ci doivent avoir les compétences de base en matière d’alphabétisation, soit la lecture, l’écriture, le calcul et l’informatique, qui leur permettront de prendre des décisions éclairées face à de telles situations. Il va sans dire que le travail du réseau d’alphabétisation et de formation de base (AFB) est important en tout temps, puisqu’il aide les Ontariens à trouver de l’emploi, à utiliser les outils de communication en ligne et à s’investir avec confiance dans leurs communautés. Toutefois, ce dont on prend conscience à l’heure actuelle, c’est qu’en temps de pandémie, les services d’AFB deviennent des services essentiels. Je vous invite à lire cet article dans son intégralité. Notez qu’il existe un résumé de celui-ci en français, mais que l’article en soi est en anglais. 

Henrique Lopes et Veronica McKay, « Adult learning and education as a tool to contain pandemics: The COVID-19 experience », International Review of Education, 66, 575-602, 2020, [En ligne]. [https://link.springer.com/article/10.1007/s11159-020-09843-0#citeas] (Consulté le 21 septembre). 1

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L'AFB AU SECOURS DE LA

RELANCE ÉCONOMIQUE Pa r Pa u l D e c i u s / / Fo r m a t e u r , C e n t re Mo i j ’a p p re n d s

L’impact du coronavirus sur les économies du monde a été douloureux, sans précédent et sans comparaison. Les pays développés comme les États-Unis d’Amérique, le Canada, la France, etc. ne font pas exception à cet entrechoquement, même qu’ils représentent ceux les plus affectés par cette pandémie. En fait, ces pays connaissent des taux de chômage très élevés suite à la fermeture en masse d’entreprises et au confinement de la population qui a forcé les gens à rester chez eux. Face à cette situation chaotique, les décideurs du monde entier qui ont déjà tiré les leçons de cette pandémie s’attèleront à remettre en marche l’économie de leur pays. Ainsi, il est évident que les entreprises seraient le choix judicieux de secteurs à considérer pour la relance de l’économie. Le but poursuivi par cet article est de démontrer comment le domaine de l’alphabétisation et de la formation de base (AFB) pourrait être une source d’approvisionnement pour les entreprises et contribuerait à la relance économique au moyen de la formation continue des employés.


Relance

L’AFB, SOURCE D’APPROVISIONNEMENT POUR LES ENTREPRISES À l’heure où l’attention et les efforts de tous sont orientés vers la reprise économique, les acteurs socioéconomiques vont devoir accorder une place de choix aux entreprises afin de remettre la machine en marche. Ce choix qui permettra à l’économie de reprendre du poil de la bête est impératif; sans quoi, on risque de laisser cette dernière s’enfoncer inexorablement dans l’abime. Donc, dans les créneaux des grandes décisions, les gestionnaires vont tabler sur des actions devant permettre à leurs entreprises de rebondir le plus vite possible. Aussi, dans leurs efforts pour surmonter les obstacles provoqués par la crise sanitaire, les entreprises vont devoir mieux gérer leur capital humain. La gestion du capital humain est définie par Zula et Chermack comme étant « le recrutement, la sélection, l’allocation, la formation et la rétention des talents qui, liés aux objectifs stratégiques de l’entreprise, permettent de développer un avantage compétitif et de générer un retour sur l’investissement supérieur à la moyenne1 ». De plus, selon Carmeli et Schaubroeck, « afin de développer un capital en ressources humaines productif, les gestionnaires concentrent habituelle­ ment leurs activités de recrutement et de sélection en embauchant de nouveaux candidats ayant un degré de connaissances, de compétences et d’habiletés élevé2 ». Ainsi, dans cette conjoncture de crise mondiale, les gestionnaires auront surement une prédilection pour une main-d’œuvre qualifiée.

pas les compétences pour composer avec un apprentissage en ligne, vont recourir à un centre de formation des adultes afin d’améliorer leurs compétences. De plus, les adultes ayant perdu leur emploi dans des secteurs où la main-d’œuvre est souvent peu scolarisée, comme le service à la clientèle, et où les pertes d’emploi ont été considérables pourraient chercher à obtenir une formation d’appoint pour décrocher un emploi dans un autre secteur. Ainsi, avec la formation qu’ils recevront, ces adultes deviendront plus compétents, et les employeurs qui les embaucheront gagne­ront en compétitivité et en efficience. Autrement dit, avoir une éducation et une bonne formation de base constitue un élément majeur pour une meilleure productivité et pour assurer la compétitivité économique des entreprises. De ce fait, la formation de base des adultes est donc un élément important pour la relance économique. En somme, il n’est plus à démontrer que la formation de base des adultes favorise le développement économique, social et culturel d’un pays, car en améliorant le capital humain de la nation, les centres de formation de base contribuent à la dynamisation des entreprises. D’un point de vue socioéconomique, l’AFB permet non seulement aux employés de maintenir leur employabilité, mais permet aussi aux entreprises d’accroitre leur performance. Alors, l’AFB reste et demeure un outil incon­tournable qui aidera à relever les défis actuels et futurs auxquels l’économie est confrontée. 

De nos jours, une main-d’œuvre qualifiée doit absolument être dotée de personnes qui ont une bonne connaissance en technologies de l’information et de la communication (TIC). Dans ce contexte, les centres d’alphabétisation, qui, depuis plus d’une décennie, offrent à leur clientèle une bonne formation en TIC, font partie des institutions qui sont prêtes à fournir aux gestionnaires une main-d’œuvre qualifiée. Pour cette raison, l’AFB sera indubitablement une source d’approvisionnement pour les entreprises et contribuera à coup sûr à la relance de l’économie.

L’AFB, UN ATOUT INCONTOURNABLE À LA RELANCE ÉCONOMIQUE Il est évident que la crise sanitaire nous amènera vers une société et une économie fortement édifiées par la compétitivité et les avancées technologiques. Dans un tel contexte socioéconomique, les employés se trouvent dans l’obligation de se former tout au long de leur vie afin que leurs compé­ten­ ces soient mises à jour régulièrement. De nombreux adultes qui n’ont pas eu la chance d’obtenir un diplôme universitaire ou collégial ou dont le parcours scolaire s’est vu abruptement arrêté à cause de la pandémie, ou encore qui n’ont Nathalie Balthazar, Geneviève Nolin et Christyne Turcot, La gestion du capital humain : un avantage compétitif durable, Université de Sherbrooke, Canada, septembre 2009, p. 5, [En ligne]. [https://www.usherbrooke.ca/gef/fileadmin/sites/gef/documents/synthese_projets_recherche/2009_Gestion_du_capital_humain_-_rapport.pdf] (Consulté le 2 septembre 2020). 2 Ibid., p.8. 1

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Relance

DU FACE-À-FACE VERS LA FORMATION À DISTANCE :

l’avenir après la COVID-19 Par Chantal Hudon // Directrice générale, La Route du Savoir

Génératrice de perturbations sans précédent dans le monde de l’alphabétisation et de la formation de base (AFB), la pandémie COVID-19 nous a donné l’occasion de faire preuve de résilience et de créativité. Cette crise nous aura prouvé que l’AFB est essentielle au parcours d’apprentissage d’une personne qui recherche des conditions de vie adéquates et des possibilités d’épanouissement au sein de sa communauté. Face à cette situation, des méthodologies d’enseignement innovatrices et efficaces dans les programmes d’AFB ont été mises sur pied. Grâce à un enseignement virtuel, La Route du Savoir a pu poursuivre ses opérations sans interruption, et ce, depuis le début de la pandémie. Au-delà des évènements, il était essentiel pour nous de préserver l’intérêt des apprenants dans leur formation. Notre organisme n’est pas une simple expression de l’acquisition de connaissan­ ces; pour notre clientèle, c’est également un espace de relations sociales et d’interactions entre pairs. C’est pourquoi il nous fallait encourager nos apprenants à demeurer motivés et poursuivre les ateliers auxquels ils étaient inscrits. Ce lien essentiel avec La Route du Savoir est aussi l’occasion pour eux de développer de nouvelles compétences et du savoir-être. Tout comme bien d’autres centres de formation en Ontario, nous avons pris les mesures qui s’imposaient afin de surmonter la crise à laquelle nous faisions communément face. D’entrée de jeu, les interventions auprès des apprenants ont eu un rôle clé dans la continuité de notre offre de services. Durant cette période où il a fallu maintenir une distanciation sociale et physique, nos façons de faire et nos relations interpersonnelles ont été grandement bouleversées. Certaines personnes plus âgées ou moins scolarisées se sont trouvées démunies face à ces nouveaux standards. D’autres avaient du mal à composer avec la pandémie, ce qui a non seulement engendré de l’inquiétude, mais surtout de l’angoisse et de l’anxiété chez eux. La forma­trice de La Route du Savoir, madame Julie Brisson, a dû s’efforcer de les rassurer, de leur dire que leurs craintes étaient normales et que tout le monde devait composer avec les changements, suivre les directives données et faire preuve de résilience. Cela nous aura pris deux semaines pour développer un plan d’attaque, soit de passer entièrement à la formation virtuelle, et convaincre notre clientèle qu’elle était capable de le faire. La formatrice a passé du temps à expliquer et montrer aux apprenants la façon dont ils poursuivraient leur formation à distance. Nous avons pu ainsi recourir à des outils en ligne pour mettre à la disposition de nos clients un certain nombre

de nos services et faire en sorte que tous nos apprenants se sentent à l’aise de prendre part à cette initiative. Sur une base hebdomadaire et de façon virtuelle, nous avons donné de la formation en groupes, fait des suivis individuels et vu au maintien de la vie socioculturelle des apprenants. Aucun groupe n’a cessé ses rencontres. On a même pu inscrire de nouvelles personnes apprenantes et deux de nos clientes se sont trouvé du travail. Cette façon de faire devrait continuer encore pour un bon moment, puisqu’une grande partie de la clientèle se dit inquiète face à l’avenir et a pu se prouver qu’elle était capable de faire de l’apprentissage en ligne. Afin de garder le cap sur une formation de qualité, nous devons nous pencher sur des méthodes d’enseignement dans une ère d’après-COVID-19. C’est pour cette raison que madame Julie Brisson a conçu un tout nouvel atelier intitulé Adieu au stress, à l’angoisse et à l’anxiété pouvant être enseigné tant en mode virtuel que présentiel. Cet atelier est inspiré de ses interactions avec les apprenants durant la pandémie. Il a été créé pour aider les gens affectés par ces émotions fortes et ceux qui ont souffert des conséquences liées à l'isolement. Nous le recommandons fortement en cette période de déconfinement, mais aussi pour toute personne qui lutte contre l’angoisse et l’anxiété dans sa vie de tous les jours. Ce nouvel atelier et cette nouvelle méthode d’enseignement permettent à un plus grand nombre d’appre­nants de s’inscrire à une formation de qualité offerte à La Route du Savoir. Madame Brisson est détentrice du Prix d’andragogue émérite 2019 de la Coalition ontarienne de formation des adultes et a également reçu des commentaires positifs de la part de clients et professionnels de la santé quant à la qualité de son atelier Affrontez vos émotions, qu’elle a conçu l’année dernière. Afin de répondre aux attentes de notre clientèle en matière de formation, nous continuons donc d’augmenter et de diversifier notre offre d’enseignement à distance. Nous évaluerons toutefois en continu la possibilité d’ajouter des formations en salle de classe au cours de l’année, si les circonstances nous permettent de le faire en toute sécurité. Aujourd’hui, l’enjeu est de limiter au mieux les répercussions de la pandémie sur l’apprentissage, mais aussi de s’appuyer sur cette expérience pour progresser par la suite. L’objectif est double : continuer à gérer la crise actuelle et réfléchir à des moyens de développer des systèmes de formation robustes et efficaces, afin de garantir à chaque personne apprenante une formation de qualité. 


ALLER AU-DELÀ DE LA FORMATION DE BASE Pa r J u l i e B r i s s o n / / Fo r m a t r i c e , L a R o u t e d u S a v o i r

Comment pouvons-nous mieux répondre aux réels besoins des personnes apprenantes? Depuis plusieurs années maintenant, je me pose régulièrement cette question. Oui, le français, les mathématiques, l’informatique et les autres matières sont des sujets importants, mais les besoins des apprenants dans la région de Kingston sont souvent bien différents de ceux des apprenants d’ailleurs. Puisque nous accueillons majoritairement des personnes apprenantes de niveau 3, je voyais le besoin de réinventer un peu notre programmation et donner libre cours à ma créativité afin de donner le gout aux gens de s’inscrire aux autres cours offerts dans notre centre. Mais comment? Les adultes qui se dirigent vers l’alphabétisation et la formation de base ont une réalité bien différente de la clientèle du primaire et du secondaire. Au-delà d’un besoin de formation

ou de mise à niveau des compétences, on remarque souvent chez ces adultes un malêtre plus profond que ce que les apparences laissent paraitre : manque d’estime de soi, inquiétude, stress, angoisse, difficulté à s’affirmer et à exprimer leurs émotions, et j’en passe. Comment peut-on faire de réels apprentissages quand on manque de savoir-être? Cette compétence parfois trop peu valorisée est pourtant essentielle pour composer avec la vie de tous les jours. C’est pour cette raison que j’ai commencé à développer une série d’ateliers dont le but est de mieux outiller les apprenants à devenir la meilleure version d’eux-mêmes. Pourquoi est-ce que je vous parle de tout cela, me demanderez-vous? Eh bien, parce qu’il s’avère qu’au cours des derniers mois, devant l’ampleur de la pandémie liée à la COVID-19, nos centres ont dû repenser leurs activités d’enseignement et explorer de nouvelles avenues dans


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Relance l’accompagnement pédagogique des personnes apprenantes. De nombreux défis ont dû être relevés et beaucoup de positif est ressorti de toute cette folie. Les webinaires gratuits, les formations en ligne et la Communauté de partage ont donné lieu à de belles occasions d’apprentissage pour les formateurs en alphabétisation et formation de base, et plusieurs ont appris sur les nouvelles technologies. Au travers de la crise, nous avons su saisir les occasions pour construire des liens plus forts au sein de notre réseau et partager des ressources. En effet, en juin dernier, j’ai eu l’occasion de présenter mes ateliers à la Communauté de partage. À la suite de cette présentation, un nouveau partenariat entre La Route du Savoir et le Centre Moi j’apprends est né. C’est donc pour cette raison que je vous parle de mes ateliers, afin de vous inspirer à développer de tels ateliers et partenariats dans vos centres ou même de vous donner le gout d’inscrire vos apprenants à l’une des formations en ligne que nous avons développées ici. Voici donc une courte description de celles-ci. L’un des besoins les plus criants que j’ai décelés chez les personnes apprenantes dans mes débuts est le manque d’estime de soi. J’ai donc développé un premier atelier, Estime de soi, qui est devenu quelques années plus tard Actualisation de soi. Cet atelier de développement personnel traite de différents sujets et est conçu pour aider les personnes apprenantes à faire des prises de conscience reliées à leur vie et, plus important encore, de découvrir qui elles sont vraiment. À l’aide de lectures, de réflexions, d’exercices, de vidéos et de discu­ ssions, il permet d'abord de mieux se connaitre, puis de faire le point sur ses valeurs, ses besoins, ses envies, ses croyances, et plus encore. Un autre obstacle sur le plan du développement personnel que j’ai décelé chez ma clientèle est la difficulté à communiquer. Nous savons tous que la mauvaise communication est à la base de la majorité de nos problèmes, autant sur le plan personnel que professionnel. C’est pour cette raison que j’ai créé l’atelier Action communication, qui explore les outils et stratégies de communication afin de favoriser de meilleurs échanges. Plusieurs sujets sont abordés : l’importance de poser des limi­ tes et dire non, l’art de convaincre, l’empathie, les techniques de reformulation, la critique constructive et beaucoup d’autres. Le prochain atelier a été suggéré par une de mes apprenantes plus âgées. Elle désirait connaitre des astuces pour avoir une meilleure mémoire. Une partie de ma clientèle étant plus âgée, certains d’entre eux expriment avoir peur de faire de l’alzheimer ou de la démence. L’atelier Développer et optimiser sa mémoire a donc vu le jour. La première partie de celui-ci est un peu plus théorique; on explore la biologie du cerveau et son fonctionnement. La deuxième partie met l’accent sur les choses à privilégier et celles à éviter pour le bon fonctionnement de notre cerveau. Maintenant, mon préféré : Affrontez vos émotions! Quelle est l’utilité des émotions? Apprendre à les reconnaitre est important, mais nous n’avons jamais vraiment appris comment le faire. Notre société nous a appris à refouler et cacher nos émotions et nous dit constamment que nous devons apprendre à les gérer. Mais est-ce vraiment la meilleure chose

pour notre santé émotionnelle? Cet atelier a été réalisé pour faire prendre conscience aux personnes apprenantes de l’importance d’écouter le message que nos émotions nous révèlent, ainsi que les façons de mieux vivre et exprimer nos émotions. Au travers d’activités, de lectures, de vidéos et de discussions, nous voyons les impacts que les émotions non exprimées peuvent avoir sur notre santé mentale, physique et émotionnelle, ainsi que les moyens d’en faire nos alliées. Finalement, mon bébé qui est en cours de développement : Adieu au stress, à l’angoisse et à l’anxiété. La COVID-19, cette crise qui est accompagnée de tant d’incertitude et de peur et qui provoque beaucoup de stress, d’angoisse et d’anxiété pour plusieurs, m’a inspiré le besoin de créer cet atelier, et je vois cela comme un point positif. Ce nouvel atelier sera offert dès cet automne pour faire découvrir aux gens des techniques pour se calmer et passer au travers de situations difficiles. Nous verrons les effets que le stress, l’angoisse et l’anxiété ont sur nos vies et comment on peut utiliser ces « états négatifs » comme un tremplin de croissance personnelle. Enfin, je veux vous laisser avec une petite réflexion : et si la COVID-19 était un moteur qui propulse la formation des adultes à un autre niveau? Et si, dans toute cette incertitude, se cachait une occasion en or pour votre centre d’en faire plus, d’aider plus de personnes apprenantes? Au-delà du gain personnel que vos apprenants auront en participant à un de ces ateliers, ou à un atelier du genre que vous pourriez créer, je pense que nous allons être témoins de beaux progrès dans le monde de la formation des adultes et de la formation en ligne. La force de notre réseau réside dans le partage de nos idées, de nos ressources, de nos ateliers, maintenant plus que jamais. Si vous désirez plus d’information sur l’un de ces ateliers, n’hésitez pas à communiquer avec moi. 


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Les relations : LA NOUVELLE ÉCONOMIE DE LA PANDÉMIE Par Chantal Binet // Présidente, Leadership d’impact

Nous avons tous été frappés de plein fouet par l’arrivée du nouveau coronavirus. Avec le confinement et ses répercussions, nous avons perdu notre sentiment de sécurité, nos points de repère, notre vitesse de croisière, nos habitudes et notre connu. Par conséquent, tous les jours depuis le mois de mars dernier, nous faisons face à l’adaptation, aux nouvelles contraintes et à un futur plus flou que jamais. Certes, nous avons été fortement bousculés émotionnellement. Mais toute crise ou période de chaos est aussi une invitation à aller à la recherche des cadeaux (mal emballés, j’en conviens!) que sont ces nouvelles occasions qui nous sont présentées : c’est-à-dire l’occasion de faire des examens de conscience sur soi-même, son style de vie et ses valeurs, l’occasion de revoir ses réelles priorités et de se réinventer, l’occasion de réaliser à quel point les relations sont importantes, surtout dans une telle période. En effet, ce qui nous a surtout permis de passer au travers de ces derniers mois a été notre niveau de connexion émotionnelle avec nos proches, nos pairs, nos employés, nos clients, même si, bien souvent, nos entretiens n’étaient que virtuels. Lorsque nous sommes en mode survie, nous avons besoin des autres pour nous en sortir plus rapidement et avec le moins de séquelles possible. Nous avons besoin de nous rassembler, consciemment ou inconsciemment, virtuellement ou en personne, car nous cherchons un sentiment d’unité pour nous sentir plus forts face à l’inconnu et à l’imprévu. Toutes ces observations m’amènent à dire que maintenant, la nouvelle économie qui permettra aux organisations de bien s’en sortir et d’émerger encore plus fortes qu’avant la pandémie sera composée des relations que nous entretiendrons avec nos réseaux. C’est grâce à notre connexion émotionnelle avec nos restaurateurs préférés que nous avions le gout de les encourager. C’est grâce à notre connexion émotionnelle avec nos réseaux

personnels et professionnels que nous avons pu adoucir la courbe d’apprentissage à laquelle nous faisons toujours face. C’est grâce à la connexion émotionnelle que les entrepreneurs, les dirigeants et les gestionnaires entretiennent avec leurs employés qu’ils pourront et sauront mieux faire face aux prochains mois, qui ne seront pas de tout repos. Et c’est grâce à la qualité de relation que nous avons su entretenir avec nous-mêmes (ou pas) que la crise a eu moins (ou plus) d’impact émotionnel et physique sur nous. Enfin, c’est cette qualité de relation avec soi, lorsque bien entretenue, qui nous poussera à avoir un impact positif dans notre propre vie, dans la vie de ceux qui nous sont chers et dans la vie de notre équipe de travail. Cette période difficile a aussi été une occasion pour chacun d’entre nous de réaliser ce qui fait sortir le meilleur et le pire de nous et de ceux qui nous entourent. Même en mode « survie », on a su émerger, à titre de société canadienne, comme un peuple qui sait se soutenir, qui est respectueux des règles et qui est créatif et innovateur. À l’heure où les cas sont nouvellement à la hausse un peu partout dans le monde et que l’on semble à l’aube d’une deuxième vague, c’est le moment idéal de s’observer et de vérifier si nos « nouvelles » valeurs de solidarité, de coopération et de leadeurship vont passer l’épreuve des peurs et de la frustration accumulées depuis le début de cette pandémie. La peur et la colère sont toujours de mauvaises conseillères; il faut être alerte à ne pas se laisser entrainer dans l’émotion négative des gens autour de nous qui font peut-être preuve d’un manque de maturité émotionnelle. Nous sommes sensibles à la « fréquence » des autres, souvent sans même nous en apercevoir, ce qui veut dire que nous sommes facilement affectés par l’humeur des gens et le ton par lequel ils s’expriment. Alors, il est plus important que jamais d’être alerte à soi et à sa propre intelligence et maturité

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MAINTENANT, LA NOUVELLE ÉCONOMIE QUI PERMETTRA AUX ORGANISATIONS DE BIEN S’EN SORTIR ET D’ÉMERGER ENCORE PLUS FORTES QU’AVANT LA PANDÉMIE SERA COMPOSÉE DES RELATIONS QUE NOUS ENTRETIENDRONS AVEC NOS RÉSEAUX.

émotionnelles afin de se donner les conditions idéales et les outils nécessaires pour rester solide, confiant et un leadeur positif qui agit en tant que ressource et fait partie de la solution au lieu de se sentir impuissant face à la menace et aux changements constants que la COVID-19 nous impose. Les semaines et les mois à venir vont être caractérisés par une constante : le changement. Et quand on y pense bien, le changement constant faisait déjà partie du quotidien avant la crise. À moins grande échelle et avec probablement moins d’impacts élargis, mais il était là. C’est juste que maintenant, le changement semble plus gros, car il a comme intention de « garantir » notre survie physique et financière. Alors, les prochains mois et années nous demanderont de créer des relations encore plus solides, vraies et durables si on veut faire de cette pandémie une « mise à jour » positive pour soi, sa famille, son entreprise, ses employés, sa clientèle, sa communauté et sa société. Face aux défis qui cognent à nos portes, exerçons un leadeurship d’impact : soyons à l’écoute, soyons patients, soyons conciliants, révisons

nos attentes, gérons nos peurs, soyons courageux et prenons soin de nous comme de nos relations. Même si tout ne va pas bien, que rien n’est et ne sera parfait, ayons de la gratitude pour ce qui va bien aller et soyons ouverts et curieux pour trouver des chemins plus faciles afin de réinventer nos vieilles habitudes et nos vieux réflexes d’avant la crise, qui sont maintenant désuets. Oui, on peut penser que l’on a beaucoup perdu à cause de la COVID-19… Et nous avons tout autant à gagner, sinon plus, à ramener les relations de qualité au centre de nos vies personnelles et professionnelles pour une santé, une économie et une société plus fortes. Qu’est-ce qui vous permettrait dans les prochains mois de participer activement et positivement à la prospérité de votre organisation par le biais des relations? 


Relance

GÉRER LA DÉTRESSE

émotionnelle Par Pascale Lacelle // Rédactrice-réviseure pigiste Si un mot peut bien décrire les derniers mois, ce serait bien l’incertitude. Et face à tant d’incertitude liée à une situation aussi extrême que la COVID-19, il est normal que notre santé mentale ne soit pas au sommet de sa forme. C’est pourquoi il est important plus que jamais d’y porter une attention particulière. Savoir gérer les émotions fortes qui nous bousculent — anxiété, détresse, colère, impuissance — est une compétence clé pour nous aider à traverser cette période difficile. Le Manuel sur la tolérance à l’incertitude liée à la COVID-19 : Un guide pour accepter vos émotions, tolérer la détresse et vous épanouir, rédigé par Dre Sachiko Nagasawa, vise justement à nous aider à développer cette compétence.

ACCEPTATION RADICALE

Ce présent article se veut un aperçu de chacun des cinq chapi­ tres de cette ressource indispensable et riche en informations, qui comprend aussi des exercices de réflexion dont on peut se servir pour être plus tolérants face à l’incertitude qui habite nos vies.

L’acceptation et l’atténuation de la détresse sont deux choses bien différentes. Pour favoriser notre tolérance à la détresse, il est important de maintenir un équilibre entre les deux; il faut d’abord accepter cette nouvelle réalité, puis calmer notre réaction émotionnelle face à celle-ci. Ce chapitre nous montre donc comment atténuer la détresse en trouvant des activités pour s’activer, s’apaiser et se distraire.

La COVID-19 est notre nouvelle réalité, et plutôt que de lutter contre celle-ci, nous devons l’accepter. L’acceptation est importante lorsqu’on est confronté à une situation qui nous dépasse. Ici, on cherche à nous faire comprendre qu’il y a des choses qui sont hors de notre contrôle, des situations qu’on ne peut pas changer. Il faut accepter ce fait tout en prenant conscience de ce qui est sous notre contrôle, de ce qu’on peut changer.

ATTÉNUATION DE LA DÉTRESSE ÉMOTIONNELLE

COMPRÉHENSION DE LA DÉTRESSE ÉMOTIONNELLE ET PLANIFICATION DU MIEUX-ÊTRE AUTOCOMPASSION D’emblée, le manuel nous souligne l’importance de comprendre les émotions qui guident notre comportement et de les écouter pour mieux les gérer. Pour ce faire, il faut éviter les stratégies de fuite émotionnelle dans le piège desquelles on peut facilement tomber, comme l’évitement, le refoulement, la colère, le repli sur soi-même, et adopter plutôt des stratégies d’adaptation saines, qu’on nous présente dans ce chapitre.

RÉGULATION ÉMOTIONNELLE Pour savoir contrôler et influencer la façon dont on exprime nos émotions, il faut d’abord les reconnaitre et les comprendre. Dans ce chapitre nous sont présentés une roue des émotions pour nous aider à prendre conscience de celles-ci ainsi que divers systèmes de régulation émotionnelle qui peuvent nous être utiles.

L’autocompassion est étroitement liée à notre santé mentale et notre bienêtre. Pour faire preuve d’autocompassion, il faut vivre dans le moment présent (agir avec pleine conscience), être bienveillant envers soi-même et reconnaitre que tout le monde a des défauts et peut évoluer. Afin de mettre en pratique les compétences et notions présentées dans les cinq chapitres, un plan d’action pour améliorer notre mieux-être est inclus à la fin de la ressource. Nous vous invitons à consulter le Manuel sur la tolérance à l’incertitude liée à la COVID-19, cet outil tant intéressant qui peut vous être utile pour créer des repères dans cette période incertaine. Voici le lien : https://bit.ly/34bTfCa. 

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La communication : UNE VOIE POUR DES RELATIONS PROFESSIONNELLES AUTHENTIQUES ET SATISFAISANTES Par Monika Salek // Coach professionnelle, Esprit Korzen e t Ma r i o n S é ré / / Fo r m a t r i c e e n c o m m u n i c a t i o n et résolution de conflits et médiatrice

La crise actuelle bouscule depuis des mois déjà nos habitudes, nos émotions et nos comportements. De nombreux changements mis en place pour s’adapter à cette nouvelle réalité nous forcent à réinventer notre quotidien afin de préserver ce qui est le plus précieux à nos yeux : notre santé.

C’est pourquoi mieux nous connaitre nous offre la possibilité de comprendre notre mode d’interaction et son impact sur ceux qui nous entourent. De même, nous pouvons modifier, avec bienveillance, ce qui ne nous convient plus en utilisant nos for­ ces pour vivre des relations satisfaisantes et être plus heureux.

Au moment où la santé mentale et le mieux-être des employés préoccupent un nombre grandissant d’organisations, il est difficile de prévoir quelles seront les conséquences réelles de ces évènements sur la santé psychologique des individus. L’employeur qui souhaite préserver la saine performance de ses équipes est à la recherche de stratégies gagnantes pour le bien de tous. En choisissant de valoriser un climat organisa­ tionnel qui permet à l’individu de montrer sa vulnérabilité et d’être authentique, il contribue à créer un environnement de travail plus agréable et productif grâce à la créativité et la connexion générées. C’est ce qui est démontré par l’étude réalisée par Mark Fotohabadi et Louise Kelly publiée dans le Journal of General Management. En effet, l’authenticité favorise une résolution productive et positive des conflits par l’adoption de comportements actifs et constructifs. De plus, cette capacité émotionnelle aurait tendance à diminuer les risques liés à l’épuisement professionnel en permettant à l’individu de reconnaitre et de gérer efficacement le stress.

Développer nos compétences relationnelles nous permet également de prévenir et d’apprendre à mieux gérer le conflit. Le processus de la communication non violente, développé par Marshall B. Rosenberg, vient enrichir ces compétences. Cette approche, que nous vous présentons ici, permet d’ouvrir l’espace de dialogue nécessaire à l’échange afin d’amener plus de compréhension, d’empathie, d’authenticité et de connexion à notre mode de communication.

Ainsi, afin d’entretenir des liens professionnels authentiques et sains, une communication consciente et responsable peut jouer un rôle clé, car la communication est à la base de toute relation, et nous communiquons que nous en soyons conscients ou non. Tous nos comportements, verbaux et non verbaux, reflètent nos expériences, nos perceptions, nos besoins et nos émotions. Ils témoignent de ce qui se passe en nous et influencent consta­ mment la qualité de notre relation à la fois à soi et à l’autre.

LE PROCESSUS DE LA COMMUNICATION NON VIOLENTE L’importance des faits Lorsqu’un conflit survient à partir d’une perception différente, prendre le temps de revenir aux évènements factuels recadre et apaise la situation. Prendre du recul et démêler les faits de l’histoire qu’on se raconte rétablit aussi le pont entre les personnes qui sont en conflit : au moins, on s’entend sur les évènements.

L’autorisation des sentiments Ensuite, on peut se demander : qu’est-ce que cet évènement stimule chez moi comme émotions? C’est important de se poser la question, car nos émotions sont normales et légitimes. Elles sont aussi un signal qui nous indique qu’une réaction à un stimulus est enclenchée, qu’elle soit agréable ou désagréable.


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CHOISIR L’APPROCHE DE LA COMMUNICATION NON VIOLENTE COMME MODÈLE DE COMMUNICATION PEUT RÉELLEMENT TRANSFORMER NOTRE REGARD SUR LA VIE. Quand le « parce que » change de place On peut alors se poser la question de l’origine de nos émotions. Par exemple : « Est-ce vraiment parce que la réunion est reportée à la semaine prochaine que je me sens si contrariée? » Si c’était le cas, tout le monde réagirait tout le temps de la même manière lors d’un report de réunion. Mais ce n’est pas la réalité : certains pourraient en être soulagés, surtout si leur horaire est déjà surchargé. L’évènement est en fait un stimulus externe. Il n’est pas la cause de nos émotions. L’émotion ressentie est plutôt un signal pour quelque chose de plus profond en nous, soit l’expression d’un besoin, d’une valeur ou d’un désir intrinsèque. Une émotion agréable est le signal d’un besoin comblé, tandis qu’une émotion plutôt désagréable indique un manque, quelque chose à l’intérieur de nous qui demande de l’attention.

Empathie envers l’autre personne Quand on prend conscience de ce qui réagit en nous, de nos besoins, quelque chose s’apaise et se relâche dans notre corps. On reconnait la légitimité de notre réaction et on en comprend l’origine. On a alors plus d’espace intérieur pour regarder la situa­tion avec un pas de recul. Ainsi, au lieu de contrattaquer ou de rester fâché contre la personne avec qui on est en conflit, on peut plutôt considérer son point de vue. Que s’est-il passé pour elle? Quelles émotions se sont déclenchées chez elle? Pourquoi? Qu’est-ce qu’elle essayait d’atteindre quand elle a choisi d’agir de cette manière? On émet des hypothèses, car on ne peut jamais être certain de ce que l’autre ressent. Et même si sa stratégie ne nous convient pas, on peut au moins comprendre ses possibles besoins. Cette démarche pour comprendre l’origine de nos émotions, au-delà du stimulus initial, n’est ni une psychothérapie, ni le fait de vouloir analyser les autres et être supérieur. Il s’agit plutôt de comprendre nos vraies motivations, celles qui nous poussent à agir, celles qui nous font réagir, car c’est à partir de cette compréhension que l’on cesse de voir l’autre comme un ennemi et que l’on peut voir l’humain en face de nous. On est aussi capable de se responsabiliser et d’agir comme tel.

Vers le changement : faire des demandes Après ce processus intérieur, nous saurons plus facilement exprimer à l’autre ce qui a été difficile pour nous et l’écouter. Cela augmente les chances d’avoir un dialogue vrai, constructif et qui débouche sur des actions concrètes. Et si nous faisons des demandes à l’autre, il est important qu’elles soient claires et réalisables pour qu’il sache à quoi il dit oui ou non.

Pour la partie qui suit, nous relatons une situation qui aurait le potentiel de dégénérer et voyons comment nous pouvons l’aborder si nous mettons ces nouvelles lunettes qu’est le processus de communication non violente. Nous vous invitons à trouver une situation difficile que vous avez vécue impliquant une autre personne et à faire le même travail que dans notre exemple. Votre situation peut être un commentaire qui vous a été fait ou un « non » que vous avez reçu et qui suscite encore aujourd’hui de la colère, de la peine, de la frustration, des émotions disons « désagréables ».

Scénario Marion a fini de rédiger un rapport de projet qu’elle fait lire à sa collègue. Après l’avoir lu, celle-ci lui répond de la façon suivante : « Ça ne va pas. Cette section du rapport est incomplète! » Frustrée, Marion pense : « Ma collègue a encore critiqué mon travail, comme à chaque fois que je lui présente quelque chose. Elle est incapable de reconnaitre et valoriser le travail des autres et cela me démotive complètement! Je ne veux plus travailler avec elle! »

Observations Est-ce que la collègue de Marion critique vraiment son travail « à chaque fois »? Quels sont les faits objectifs, ici? Quelle est l’histoire que Marion se raconte et qui amplifie peut-être sa réaction?

Émotions Quelles émotions sont suscitées chez Marion quand elle entend ce commentaire de sa collègue? Qu’est-ce qu’elle ressent? Pour Marion, le signal ressenti est une grande frustration. Estce qu’elle se sent frustrée parce que sa collègue critique son travail? Ou l’origine de sa frustration est-elle ailleurs? En prenant le temps de s’arrêter quelques instants, de regarder la situation et ses émotions avec curiosité et sincérité, Marion constate qu’elle se sent frustrée parce qu’elle aimerait qu’on reconnaisse qu’elle met tout son cœur dans ce travail et souhaiterait que l’on voie ses efforts et ses compétences à leur juste valeur. Qu’en est-il dans votre situation? Qu’est-ce que l’émotion ressentie vous dit de vous, qu’est-ce qu’elle vous signale?

Empathie envers l’autre En touchant à l’origine de ses émotions, Marion a maintenant la clarté et l’ouverture suffisantes pour regarder la situation du point de vue de sa collègue. Que s’est-il passé pour elle?

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Relance Marion émet des hypothèses : elle sait que sa collègue a lu le rapport complet et elle se sent peut-être stressée de voir qu’une section est, selon elle, incomplète. Ressent-elle une pression d’être elle-même bien vue par leurs supérieurs? Se pourrait-il qu’elle veuille être rassurée sur son travail, sur sa place dans l'équipe? Pouvez-vous faire le même travail pour votre situation? Regardez avec curiosité quel besoin l’autre personne a essayé d’exprimer, peut-être maladroitement.

Dialogue et demande Une fois que Marion a exprimé ce qui n’a pas été bon pour elle et entendu ce qui est important pour sa collègue, au-delà de ce commentaire qui l’a blessée, elle aurait peut-être envie de préciser à sa collègue de quelle manière elle aimerait recevoir des rétroactions et commentaires sur son travail à l’avenir. Et vous, quelle demande aimeriez-vous faire, à vous-même ou à l’autre personne? Comme vous pouvez le constater, ce type de communication nous demande de prendre un temps d’introspection afin d’agir au lieu de réagir, ce qui augmente nos chances d’entretenir des relations satisfaisantes. Cela fonctionne même lorsque notre interlocuteur n’est pas initié à cette approche. On peut ainsi devenir un leadeur responsable, authentique et empathique du dialogue au service de la relation, tout en demeurant cohérent avec soi-même. Choisir l’approche de la communication non violente comme modèle de communication peut réellement transformer notre regard sur la vie. Les prises de conscience qui l’accompagnent nous guident pas à pas vers une meilleure version de nousmêmes où l’authenticité, la bienveillance et la connexion deviennent des fondations solides de nos relations personnelles et professionnelles. À l’ère où le télétravail contribue d’un côté à la conciliation travail-famille et, de l’autre, nous isole du reste du monde, le fait de mieux se connaitre, de s’appuyer sur ses forces et de développer de nouvelles compétences relationnelles nous aide à préserver l’équilibre et prendre des décisions éclairées. Les occasions sont nombreuses pour choisir l’impact que nous souhaitons avoir dans notre vie et, par effet même, préserver notre santé. 

RÉFÉRENCE : FOTOHABADI, Mark et Louise KELLY. « Making conflict work: Authentic leadership and reactive and reflective management styles », Journal of General Management, vol. 43, no 2, 2018, p. 70-78. DOI : 10.1177/0306307017737363.


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