ÉDITION SPÉCIALE
votre référence en formation des adultes
CONVERGENCE
HIVER 2021
ta b l e d e s m at i è r e s INTRODUCTION ONTARIO
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Mot de la rédactrice en chef
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Le programme d’alphabétisation et de formation de base : un atout dans l’accès aux services gouvernementaux informatisés
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L’Ontario à l’ère du numérique
10 Quand le numérique nous divise : l’accès inéquitable est une pandémie 12 Littératie en Ontario : quelques statistiques 13 Le fossé numérique en Ontario 17 La technologie numérique et la littératie : le point de vue de Contact North | Contact Nord 18 Fournisseurs de formation à distance en Ontario 20 Contact Nord : un soutien à la formation à distance 21 « Notre succès est le leur » 22 Fonce.ca : une nouveauté numérique pour les adultes francophones dans le cadre de la reprise économique en Ontario
CANADA 25
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Plateforme de formation à distance et compétences numériques (PCFAD) : une combinaison gagnante pour les personnes apprenantes des communautés de langue officielle en situation minoritaire
28 Le pédagonumérique au cœur des dispositifs en réponse à la pandémie 30 La confidentialité et la sécurité des données numériques dans les organismes communautaires
RÉFLEXIONS 31
32 Équité numérique et solidarité communautaire pendant et après la COVID-19 36 « Les plateformes de formation numériques : la pointe de l’iceberg, un labyrinthe… ou un archipel? » 38 Le télétravail : protégera-t-il nos foyers et nos droits? 41 Promouvoir l’emploi, c’est une question de prospérité économique et de justice sociale
Rédactrice en chef :
révision linguistique :
Gabrielle Lopez
Claire Mazuhelli
correction d'épreuves : lydienne guidoin
Graphisme :
Impression :
marie-eve séguin
Bradda Printing Services inc.
Cette publication est conforme à la nouvelle orthographe. ~ Dans cette revue, le générique masculin est employé dans le simple but d’alléger le texte. Les opinions exprimées dans cette publication n'engagent que les auteurs et ne représentent pas nécessairement celles de la Coalition ontarienne de formation des adultes (COFA).
mot de la
RÉDACTRICE EN CHEF
convergence
[KÔVÈRZÂS]
Action de tendre vers un même but. Convergence des efforts1.
Gabrielle Lopez Le thème de cette édition porte sur la littératie et le numérique, sujet déjà important au tournant du siècle, devenu critique lors de la dernière décennie et maintenant incontournable depuis la pandémie. À la suite de cette récente crise, si nous n’étions pas déjà des internautes expérimentés, nous avons été incités à le devenir et ainsi, à passer à la vitesse supérieure. En fait, avonsnous tous été en mesure de suivre le rythme de cette accélération? Ou avons-nous plutôt contribué à accroître le nombre de laissés-pour-compte, ces adultes ayant de faibles niveaux d’alphabétisme, qui se trouvent en milieu urbain ou rural, sans connectivité Internet ou encore sans les revenus nécessaires pour faire partie du « club des branchés »? Sommes-nous en train de marginaliser encore plus ces adultes?
Cette édition vous propose un bref tracé de l’histoire du dévelop pement des politiques publiques concernant le numérique et les services gouvernementaux en Ontario, au Canada puis ailleurs, en plus d’un regard sur plusieurs des enjeux qui entourent la question de la littératie et du numérique. Ce contenu nous a inspiré le titre Convergence. La convergence entre la formation en présentiel et la formation en ligne, pouvant devenir d’excellentes partenaires, la convergence entre notre milieu de travail et notre milieu de vie et finalement, la convergence en une même édition des divers points de vue et expériences évoqués par nos auteurs qui sauront, je l’espère, éclairer votre réflexion face à l’avenir de l’apprentissage pour tous, tout au long de la vie.
En revanche, comme toute crise, elle vient aussi avec son lot d’occasions, si on pose un regard le moindrement optimiste. Elle nous aura permis de prendre la pleine mesure des écarts existants, d’améliorer la connectivité de plusieurs, de découvrir les innovations en matière d’apprentissage en ligne, d’apprécier les avantages de travailler de chez soi, d’explorer l’univers des plateformes de formation à distance et de nous aguerrir en matière de cybersécurité.
Bonne lecture! t
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Dictionnaires Antidote.
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Évolution du réseau
ONTARIO
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LE PROGRAMME D’ALPHABÉTISATION ET DE FORMATION DE BASE :
un atout
DANS L’ACCÈS AUX SERVICES GOUVERNEMENTAUX INFORMATISÉS Pa r G u y L e v e s q u e / / C o o rd o n n a t e u r d e p ro j e t s , C O FA
Dans les trente dernières années au Canada, et plus parti culièrement en Ontario, le développement de stratégies et de politiques sur le numérique dans les services offerts par le secteur privé et public s’est fait à la vitesse de la lumière.
dans un format numérique. Stratégies et politiques ont été développées afin de mettre en place une architecture respec tant la sécurité des données et bloquant toute intrusion de malfaiteurs du numérique.
Vers la fin des années 1990, un premier signe de l’importance de l’infrastructure numérique s’est présenté lorsqu’est né un mouvement de panique mondial où l’on s’est demandé si tous les ordinateurs allaient s’arrêter le 31 décembre 1999 avant de passer à l’an 2000. L’ensemble des gouvernements de la planète ont investi des sommes astronomiques dans leurs systèmes informatiques afin de garantir que leurs bases de données allaient continuer de fonctionner au nouveau millénaire, et que les données n’allaient pas être effacées.
En 2008, les deux paliers gouvernementaux ont offert au secteur communautaire des incitatifs financiers pour transformer des sites Web en portails informatifs, accessibles à toute communauté utilisant la toile. Ils ont ensuite dû accélérer la cadence dans la transformation du numérique pour l’offre de services et de programmes ainsi que la cueillette et l’utilisation de données confidentielles à des fins de présentation de statistiques publiques, ce qui nous amène au cheminement adopté par ces deux paliers gouvernementaux.
Depuis cet évènement, des transformations majeures se sont produites auprès des gouvernements canadien et ontarien, plus particulièrement dans l’offre de programmes et services
Du côté du fédéral, la Politique sur les services et le numé rique du Conseil du Trésor a été publiée dans le cadre du Plan d’action national du Canada pour un gouvernement ouvert de
convergence : ontario 2018-20201. Ce plan d’action intègre les exigences en matière de services, de technologies de l’information, de gestion de l’information et de données, ainsi que les composantes de la cybersécurité, et met l’accent sur l’importance de « respecter les principes d’ouverture, de transparence et de responsabilité dans l’adoption de technologies et de services numériques2 » et de garder le tout axé sur le citoyen. Du côté de l’Ontario, le numérique relève du Secrétariat du Conseil du Trésor de l’Ontario. Depuis 2012, le gouvernement de l’Ontario a fait du chemin, grâce au lancement de sa plateforme, ontario.ca, et à la création en 2018 des Services numériques de l’Ontario « dont la mission ambitieuse à l’échelle du gouvernement est d’enrichir l’expérience en ligne qu’offre [celui-ci] et de le guider vers des services simplifiés, accélérés et améliorés3 ». En effet, le 6 aout 2019, une nouvelle Loi sur des services plus simples, plus rapides et meilleurs est entrée en vigueur afin d’améliorer le mode de fonctionnement du gouvernement et les services offerts aux particuliers. De plus, les Services numériques de l’Ontario ont lancé des normes de services numériques pour leur prestation de services en ligne s’appliquant aux politiques, aux programmes et aux services offerts par le gouvernement de l’Ontario.
EN SE SERVANT DES PROGRAMMES D’A FB POUR FORMER LA COMMUNAUTÉ, ON S’ASSURE DONC QUE CELLE-CI SE PRÉVAUT DES SERVICES INFORMATISÉS GOUVERNEMENTAUX ET QU’ELLE LES UTILISE À PLEIN ESCIENT. Au plan international, « des gouvernements de partout dans le monde ont compris la nécessité d’offrir des services en ligne mieux adaptés et davantage axés sur les personnes4 », et avec raison. Selon les Services numériques de l’Ontario, 92 % des Ontariens utilisent l’Internet, et 66 % des Canadiens estiment économiser du temps grâce aux technologies5. Effectivement, grâce aux technologies, il est plus facile que jamais de vérifier des applications en temps réel comme la circulation, de prendre des rendez-vous, de payer des factures, de partager des photos, de trouver de l’information et de communiquer. Mais qu’en est-il des gens qui ont de faibles compétences en informatique?
les gens à utiliser de plus en plus le numérique, il faut en revanche s’assurer que de la formation leur soit offerte, puisque les compétences numériques des citoyens ne sont pas toutes au niveau requis pour y accéder. Alors, comment veiller à ce que la population avec de plus faibles compétences numériques soit en mesure d’utiliser toutes ces ressources en ligne? C’est là où le Programme d’alphabétisation et de formation de base (AFB) joue un rôle important. Ses cours en ligne « permet[tent] d’améliorer l’accès pour les Ontariens et les Ontariennes qui choisissent de suivre une formation à distance autonome ou qui en ont besoin. En particulier, les services par voie électronique procurent un meilleur accès aux personnes handicapées ainsi qu’à celles qui vivent dans des collectivités rurales ou éloignées6 ». Et surtout, les organismes de formation du Programme AFB permettent aux personnes qui sont à la recherche de formation continue d’acquérir ou de perfec tionner leurs compétences technologiques. Les programmes de formation, ainsi que la façon d’enseigner des formateurs, cadrent bien avec les besoins de la population dont le niveau de littératie numérique est plus bas. En se servant des programmes d’AFB pour former la communauté, on s’assure donc que celle-ci se prévaut des services informatisés gouvernementaux et qu’elle les utilise à plein escient. Comme on peut le constater, bien de l’eau a coulé sous les ponts depuis l’an 2000. La transformation du numérique dans le secteur public et gouvernemental a touché autant les utilisa teurs que les concepteurs. Les organismes publics et communautaires ciblant un format numérique pour offrir leurs services se doivent d’adopter des principes favorisant le développement des compétences technologiques au sein de leur organisme. Le service à la clientèle, tout en répondant aux besoins des apprenants adultes, représente de nouvelles valeurs que les organismes doivent acquérir pour manœuvrer dans l’univers numérique. La Coalition ontarienne de formation des adultes en a fait son cheval de bataille avec son réseau de centres membres d’AFB, son Programme de formation à distance et surtout avec son projet pilote FONCE.ca, qui offre aux futurs apprenants adultes du Nord du soutien en matière d’information, d’évaluation et d’aiguillage en ligne dans le domaine de l’éducation et de la formation des adultes francophones de l’Ontario. t
La population doit accéder à plusieurs services dorénavant informatisés. Et malgré les plans d’action et politiques des gouvernements quant à la simplification de ceux-ci, si on incite Gouvernement du Canada, « Plan d’action national du Canada pour un gouvernement ouvert de 2018 à 2020 », 18 septembre 2019, [En ligne]. [https://ouvert.canada.ca/fr/contenu/plandaction-national-du-canada-pour-un-gouvernement-ouvert-de-2018-2020#toc2] (Consulté le 23 janvier 2020). 2 Ibid. 3 Services numériques de l’Ontario, Concrétiser ensemble la vision, un utilisateur à la fois. Vers des services gouvernementaux simplifiés, accélérés et améliorés en Ontario, 2018, [En ligne]. [https://files.ontario.ca/books/plan_numerique.pdf] (Consulté le 23 janvier 2020). 4 Ibid. 5 Ibid. 6 Ministère des Collèges et Universités de l’Ontario, « Alphabétisation et formation de base (AFB) », 1er mars 2019, [En ligne]. [http://www.tcu.gov.on.ca/fre/eopg/programs/lbs.html] (Consulté le 23 janvier 2020). 1
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L’Ontario
convergence : ontario
À L’ÈRE DU NUMÉRIQUE Par Susanne Bergmann // Rédactrice pigiste
Le Plan numérique de l’Ontario, Concrétiser ensemble la vision, un utilisateur à la fois - Vers des services gouvernementaux simplifiés, accélérés et améliorés en Ontario1 a été publié en 2018. Sous l’égide de Services numériques de l’Ontario (SNO), le Plan a pour objectif d’offrir des services de bout en bout simplifiés, accélérés et améliorés au sein d’un gouvernement axé sur les personnes, de proposer une expérience en ligne cohérente, inclusive et agréable, et d’accroitre les possibilités d’économiser. Le Plan numérique arrive à point nommé, compte tenu de l’expansion des services en ligne et de leur utilisation. Les faits parlent d’eux-mêmes : › Quelque 92 % des Ontariens utilisent Internet2. › On compte plus de 175 000 visites quotidiennes sur la plateforme ontario.ca. › Un total de 66 % des Canadiens estiment économiser du temps grâce aux technologies3. Le Plan numérique de l’Ontario repose sur des principes directeurs qui encadrent les efforts des quelque 60 000 personnes qui travaillent à l’avènement du numérique dans toutes les sphères du gouvernement.
LES CINQ PRINCIPES DIRECTEURS POUR UNE EXPÉRIENCE EN LIGNE COHÉRENTE, INCLUSIVE ET AGRÉABLE 1 › Les personnes sont au cœur de la conception des services et des politiques, participent activement à l’élaboration des programmes gouvernementaux en nous disant ce dont elles ont besoin et ce qu’elles utiliseront.
2› Les personnes s’identifient de la même façon à l’échelle du gouvernement pour interagir en ligne, soit avec une identité numérique unique.
3› Les personnes n’ont pas à informer les différents ministères lorsqu’elles déménagent ou modifient leurs renseigne-
ments personnels : le gouvernement utilise une approche aux données et à l’information fondée sur le principe « une fois suffit ».
4› Les personnes peuvent réaliser plus facilement des transactions avec le gouvernement grâce à des éléments communs à tous les services en ligne (paiements, avis, etc.) conçus pour être interchangeables et fondés sur des normes ouvertes.
5› Les
personnes peuvent suivre nos progrès puisque des mesures de rendement ouvertes sont accessibles en ligne pour tous les services.
Gouvernement de l'Ontario. « Concrétiser ensemble la vision, un utilisateur à la fois », [En ligne], le 12 janvier 2021. [https://www.ontario.ca/fr/page/concretiser-ensemble-la-vision-un-utilisateur-la-fois]. 2 Statistique Canada. « Internet et les technologies numériques », [En ligne], le 25 mars 2021. [https://www150.statcan.gc.ca/n1/fr/pub/11-627-m/11-627-m2017032-fra.pdf]. 3 Statistique Canada. « La vie à toute vitesse : Les Canadiens arrivent-ils à s'en sortir?, 2016 », [En ligne], le 27 novembre 2017. [https://www150.statcan.gc.ca/n1/daily-quotidien/171114/ dq171114a-fra.htm]. 1
convergence : ontario
L’ÉMERGENCE D’UNE VISION Le Plan numérique de l’Ontario énonce que le passage au numérique implique l’adoption d’une vision axée sur les personnes et les résultats, qui illustre une nouvelle façon d’offrir des produits et des services et d’atteindre des résultats de façon à répondre aux besoins des utilisateurs finaux. Cette vision tient compte des dimensions suivantes : Services et programmes axés sur les personnes : Au cœur de cette vision se trouvent des services en ligne simplifiés, accélérés et améliorés pour les gens, les collectivités et les entreprises de l’Ontario. Inclusion, équité et accès : Si l’Ontario est numériquement inclusif, c’est que toute personne a accès aux technologies numériques et peut en profiter, où qu’elle soit et quelles que soient ses compétences, ses habiletés et sa situation socio économique. Seulement 62 % des Ontariennes et Ontariens dans le quartile de revenu le plus faible ont accès à Internet à la maison, contre 93 % pour le quartile de revenu le plus élevé4. Le gouvernement en tant que plateforme : L’objectif du gouvernement est que la plateforme Ontario.ca devienne la porte d’entrée unique et le partage des outils pour les services et les renseignements gouvernementaux. Un leadeurship nouveau genre : Les organisations numériques sont ouvertes et collaboratives. En cette ère d’Internet, la littératie numérique est devenue une compétence essentielle du leadeurship. Il faut donc promouvoir et outiller les leadeurs qui possèdent une expertise technique dans les pratiques et approches liées au numérique. Partenariats avec les fournisseurs numériques : À l’ère du numérique, l’approvisionnement se doit d’être plus flexible pour assurer la rapidité et la fluidité des processus, et pour veiller à ce que les produits et services en ligne puissent s’adapter à l’évolution constante des besoins des utilisateurs et des technologies. Faire appel à l’innovation : L’Ontario est un carrefour technologique reconnu à l’échelle internationale, un écosystème d’innovation conçu pour les prochaines générations de jeunes entreprises et les multinationales. La province se classe au deuxième rang en Amérique du Nord pour le nombre d’établissements consacrés aux technologies de l’information et de la communication (TIC).
Sa première équipe du programme Fellowship en Ontario travaille avec le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Formation professionnelle pour concevoir un outil numérique visant à améliorer l’expérience des apprenants adultes et les aider à naviguer facilement dans le système d’éducation des adultes. Compétences spécialisées : En tant qu’organisation diversifiée, le gouvernement doit acquérir de nouvelles compéten ces recherchées dans des domaines de spécialisation sous représentés. La création de nouveaux canaux et partenariats pour acquérir ces compétences à l’échelle du gouvernement accélérera la transition et donnera de nouvelles occasions d’offrir des produits et des services numériques. Conception de service au laboratoire des SNO : En 2017, le gouvernement provincial ouvrait le laboratoire des Services numériques de l’Ontario (SNO) au carrefour Communitech, au cœur de la communauté de l’innovation et de la technologie de la région de Waterloo. Il s’agit d’un espace consacré à la recherche sur la conception de l’expérience et sur les utilisateurs à penser et à travailler davantage en mode numérique.
LES PROGRÈS SE POURSUIVENT5 Le plan numérique de l’Ontario du mois d’avril 2019 comprend la nouvelle Loi de 2019 pour des services simplifiés, accélérés et améliorés6 et des modifications à d'autres mesures législatives. En outre, le gouvernement élimine les obstacles à la prestation de services numériques par la mise à jour de 15 mesures législatives et de 5 règlements qui s'effectuent actuellement par l’entremise de processus et de formats sur support papier. Dans le cadre de cette initiative, le gouvernement entend également améliorer ses plateformes numériques afin de rendre les services gouvernementaux à haut volume déjà offerts en ligne plus conviviaux et d'accroître le nombre de services disponibles en ligne. Il s'attarde en premier lieu à l'amélioration des 10 transactions de ServiceOntario les plus demandées. L’Ontario devient ainsi la première province canadienne à mettre en place une approche gouvernementale axée sur le numérique. t
Code for Canada : En 2017, le gouvernement de l’Ontario a cofondé Code for Canada, une nouvelle organisation sans but lucratif qui réunit des innovateurs du gouvernement avec la communauté de la technologie et du design afin d’offrir des services numériques de meilleure qualité à la population. Enquête canadienne sur l’utilisation d’Internet (tableau 358-0154), Statistique Canada (2012). Gouvernement de l'Ontario. « Avec son nouveau plan numérique, l'Ontario offre des services gouvernementaux simplifiés, accélérés et améliorés à la population ontarienne », Salle de presse [En ligne], le 30 avril 2019. [https://news.ontario.ca/fr/backgrounder/52027/avec-son-nouveau-plan-numerique-lontario-offre-des-services-gouvernementaux-simplifies-acceleres-et#content]. 6 Texte de la Loi : https://www.ontario.ca/fr/lois/loi/19s07 4
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QUAND LE NUMÉRIQUE NOUS DIVISE : L’ACCÈS INÉQUITABLE EST UNE PANDÉMIE Par Matthias Sturm // Doctorant en éducation, Université Simon Fraser e t C h r i s t i n e P i n s e n t - Jo h n s o n / / C o n s u l t a n t e e n d é v e l o p p e m e n t organisationnel, AlphaPlus La pandémie de la COVID-19 et le manque d’interactions en personne avec les établissements communautaires, les fournisseurs d’éducation, les services gouvernementaux et les offres aux consommateurs ont fait craindre que nos conci toyens marginalisés ne soient pas en mesure d’atténuer les effets du fossé numérique sur leurs vies. De plus en plus, nos interactions avec le gouvernement et les services communautaires, les milieux de travail, les institutions financières et les entreprises se font en ligne. Mais les différences de revenu, d’âge, de scolarité, et de statut d’immigration et de migration, ainsi que le lieu de résidence urbain ou rural entrainent des différences dans notre accès à l’Internet1.
LE FAIBLE ACCÈS À L’INTERNET CHEZ LES PER SONNES APPRENANTES Les statistiques nationales ne tiennent pas compte du nombre inconnu de Canadiens qui accèdent à l’Internet en utilisant le paiement à l’utilisation, des forfaits de données limitées et le Wi-Fi public. Une enquête régionale a révélé que 23 % des adultes à Kitchener utilisaient le Wi-Fi public2. Lorsque le Wi-Fi public est le mode de connexion principal ou lorsqu’il est utilisé pour compléter un accès limité, les gens doivent consacrer beaucoup de temps, d’efforts et de planification pour se connecter. Ils sont également plus vulnérables aux atteintes à la sécurité et à la confidentialité. Ils doivent prendre des risques, exposant leurs informations personnelles et leurs transactions en ligne. Les personnes à faible revenu comptent davantage sur leur téléphone cellulaire, et non sur un ordinateur, comme principal moyen d’accès numérique3. Les activités complexes,
telles que remplir un formulaire en ligne, utiliser une plateforme de gestion de la formation ou entreprendre des recherches en ligne, sont difficiles. Depuis le début de la pandémie, les centres d’alphabétisation et de formation de base (AFB) ontariens ont estimé que 55 % des personnes apprenantes n’avaient pas d’Internet à la maison, alors que 27 % avaient un accès limité, s’appuyant sur des cellulaires et des services limités4.
L’ACCÈS LIMITÉ CHEZ LES FORMATEURS En Ontario, une enquête de TrendSpire en 2018 avait déjà révélé des problèmes liés à la connexion en ligne, aux activités et aux avantages. Les expériences des adultes à faible revenu se reflètent dans certains des centres vers lesquels ils se tournent pour obtenir du soutien. Avant la pandémie, 39 % des centres avaient des problèmes de connexion. Plus de la moitié (52 %) des quelques 280 répondants ont déclaré avoir besoin de plus de formation et de soutien pour intégrer la technologie éducative. Ils étaient encore plus nombreux (62 %) à déclarer qu’il y avait un besoin de formation pour intégrer la technologie mobile, les appareils sur lesquels beaucoup de personnes apprenantes comptent. Ils ont également déclaré qu’ils n’étaient pas en mesure de prendre de bonnes décisions concernant les nouveaux appareils et logiciels, car ils n’avaient pas eu la possibilité de les utiliser.
LA SITUATION DANS LES RÉGIONS RURALES En avril 2020, les vitesses de téléchargement en milieu rural étaient près de 12 fois plus lentes et les vitesses ont chuté
Michael Haight, Anabel Quan-Haase et Bradley Corbett. Revisiting the Digital Divide in Canada: The Impact of Demographic Factors on Access to the Internet, Level of Online Activity, and Social Networking Site Usage, Information, Communication & Society, volume 17, no 4 (2014): 503–519. 2 SHARKEY, Jackie. « Wi-Fi hotspot loans from Kitchener, Ont. library a Canadian first », CBC News, [En ligne], le 8 octobre 2015. [https://www.cbc.ca/news/canada/kitchener-waterloo/kitchener-library-lends-portable-wifi-1.3258791] (Disponible en anglais). 3 Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC). « Rapport de surveillance des communications 2018 », [En ligne], le 29 juillet 2019. [https://crtc.gc.ca/fra/publications/reports/policymonitoring/2018/cmr1.htm]. 4 PINSENT-JOHNSON, Christine. « Le passage soudain à la prestation à distance en AFB », AlphaPlus, [En ligne], le 7 octobre 2020. [https://alphaplus.ca/fr/download/le-passage-soudain-ala-prestation-a-distance-en-afb/]. 1
convergence : ontario
DEPUIS LE DÉBUT DE LA PANDÉMIE, LES CENTRES D’ALPHABÉTISATION ET DE FORMATION DE BASE (AFB) ONTARIENS ONT ESTIMÉ QUE 55 % DES PERSONNES APPRENANTES N'AVAIENT PAS D’INTERNET À LA MAISON, ALORS QUE 27 % AVAIENT UN ACCÈS LIMITÉ, S'APPUYANT SUR DES CELLULAIRES ET DES SERVICES LIMITÉS.
pour les utilisateurs ruraux et augmenté pour les utilisateurs urbains5. Jane Wouda, formatrice dans un centre de formation et d’apprentissage en région, commente ainsi : « On a l’impression qu’une grande partie du monde parvient à se mettre en route, mais beaucoup de nos personnes apprenantes se sentent bloquées6. » Selon l’enquête d’AlphaPlus de l’été 2020, les formateurs des centres d’AFB ont dû utiliser des méthodes différentes pour rejoindre les personnes apprenantes, notamment des travaux pratiques imprimés et électroniques, des appels téléphoniques, des courriels et de la formation en ligne7. Par exemple, le Centre de formation pour adultes de Greenstone utilise les outils Zoom et Google Meet pour permettre aux personnes apprenantes de continuer à suivre les cours en mode virtuel. Mais ceux qui n’ont pas d’Internet à la maison ne peuvent plus se connecter à un réseau dans d’autres établissements à cause du confinement. France Martineau, directrice du centre, affirme que « notre centre a travaillé sans relâche même pendant la COVID-19 » et que le formateur à Geraldton, Inoussa Pempeme, a bien réussi à s’ajuster quant à la méthode de livrer des formations. Il souligne que « le plus grand défi a été de passer de la formation en présentiel à une formation exclusive en mode virtuel qui s’imposait face à la situation » et qu’ils ont pu relever ce défi en anticipant les problèmes de connexion, en aidant les personnes apprenantes à se connecter et en leur montrant comment fermer leur caméra pour optimiser la qualité de la connexion. Pour ce qui est de ceux qui ne sont pas à l’aise avec la méthode en mode virtuel, le centre leur
donne des travaux pratiques à faire à la maison et à rapporter pour correction. En plus, le centre appelle les apprenants une fois par semaine pour briser l’isolement8.
L’ACCÈS INÉQUITABLE EST UNE PANDÉMIE La pandémie révèle des inégalités sociales cachées au Canada. « Quand quelque chose comme la COVID-19 se produit, nous voyons vraiment ce qui se passe si nous ne donnons pas la priorité aux [inégalités sociales] », affirme Laura Tribe, directrice d’Open Media9. Les possibilités qui ont permis aux gens de compléter leur accès numérique limité et précaire ont disparu pendant le confinement. Les personnes qui en ont particulièrement besoin doivent fréquemment choisir parmi les besoins de base qu’ils peuvent se permettre. Le CRTC a désigné l’Internet à large bande comme un service de télécommunications de base en 201610. Nous nous joignons à Laura Tribe qui espère qu’« à la fin de tout cela, nous allons voir un très grand changement dans la compréhension des gens de ce à quoi ressemble le fossé numérique11 ». t
L’Autorité canadienne pour les enregistrements Internet (ACEI). « New internet performance data shows the staggering scale of Canada’s urban-rural digital divide », GlobeNewswire News Room, [En ligne], le 8 mai 2020. [http://www.globenewswire.com/news-release/2020/05/08/2030417/0/en/New-internet-performance-data-shows-the-staggering-scale-of-Canada-s-urban-rural-digital-divide.html] (Disponible en anglais). 6 PANICO, Giacomo. « Without internet, rural adult students feeling shut out », CBC News, [En ligne], le 3 juin 2020. [https://www.cbc.ca/news/canada/ottawa/rural-students-training-internet-challenges-renfrew-1.5595519] (Disponible en anglais). 7 Voir note 4. 8 Communications personnelles avec France Martineau et Inoussa Pempeme, 26 janvier et 1 février, 2021 9 JACOBSEN, Adam. « Internet is the only lifeline they have: Canada needs to confront “digital divide” amid COVID-19 crisis », CBC Radio, [En ligne], le 28 mars 2020. [https://www.cbc.ca/radio/ spark/working-from-home-data-surge-a-balancing-act-for-isps-tech-expert-1.5511650/internet-is-the-only-lifeline-they-have-canada-needs-to-confront-digital-divide-amid-covid-19crisis-1.5513206] (Disponible en anglais). 10 KUPFER, Matthew. « CRTC declares broadband internet access a basic service », CBC News, [En ligne], le 22 décembre 2016, [https://www.cbc.ca/news/politics/crtc-internet-essential-service-1.3906664] (Disponible en anglais). 11 Voir note 9. 5
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LITTÉRATIE EN ONTARIO : quelques statistiques
La littératie est une compétence essentielle en Ontario au XXIe siècle. Cependant, beaucoup de gens dans la province ne possèdent pas les compétences en littératie dont ils ont besoin à la maison, au travail et dans la vie.
Littératie en Ontario 15 % des Ontariens âgés entre 16 à 65 ans se classent au niveau 1 ou moins en littératie. Les personnes qui se classent à ce niveau éprouvent de très graves problèmes en littératie et ont de la difficulté à lire même le texte le plus élémentaire1.
Une autre tranche de 32 % d’Ontariens se classe au niveau 2, ce qui signifie qu’ils peuvent lire, mais avec difficulté, et qu’ils éprouveront probablement des problèmes avec les formulaires et les directives de base de la vie quotidienne, comme les contrats de travail ou de location, les modes d’emploi sur les médicaments et plus encore2.
Littératie numérique en Ontario Une enquête internationale a mesuré la « résolution de problèmes dans des environnements technologiques » (RP-ET). Dans notre province, 44 % des Ontariens se classent aux niveaux les plus bas en RP-ET (niveau 1 ou inférieur), tandis que 38 % se classent aux niveaux 2 et 3 (les deux niveaux supérieurs) et 18 % n’ont pas répondu à l’enquête3.
Niveau 1 ou inférieur
Niveau 2 ou 3
N'ont pas répondu
À l’heure actuelle, près de 100 % de la population de moins de 45 ans utilise la technologie et les ordinateurs. Cependant, même avec l’amélioration de la littératie numérique, il faut encore des compétences plus élevées en littératie pour obtenir des résultats positifs dans la vie, comme l’état de santé auto déclaré et l’efficacité politique4.
Extraits de la publication Plus que les mots ne peuvent le dire, Community Literacy of Ontario.
Littératie chez les francophones de l’Ontario Les francophones de l’Ontario affichent un niveau de compétence en littératie similaire à celui des anglophones de l’Ontario. Selon le rapport de Statistique Canada intitulé Les compétences en littératie des francophones de l’Ontario: état des lieux et enjeux émergents (2015) :
Littératie
Numératie
Littératie numérique
13,2 % Niveau 1 34,6 % Niveau 2
18,6 % Niveau 1 37,2 % Niveau 2
46,8 % Niveau 1 31,0 % Niveau 2
Les compétences au Canada : Premiers résultats du Programme pour l’évaluation internationale des compétences des adultes (PEICA). 2013. Statistique Canada. (Page 17). Ibid., p. 21 3 Ibid., p. 91 4 Dimensions sociales et sanitaires des compétences des adultes au Canada : Résultats du Programme pour l’évaluation internationale des compétences des adultes. Conseil des ministres de l’Éducation (Canada). 2018. Linda Jacobsen et Andrea Long. (Page 32). 1
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Le fossé numérique en Ontario Pleins feux sur les différences entre les connexions Internet, les activités en ligne et les avantages tirés d’Internet e plus en plus, nos interactions avec le gouvernement et les services publics, les milieux de travail, les institutions financières et les entreprises se font en ligne. Mais les différences de revenu, d’âge, de scolarité et de statut d’immigration, ainsi que le fait de vivre dans une collectivité urbaine ou rurale entrainent des différences dans notre accès à Internet.1 Le fossé numérique qui en résulte comporte trois couches interreliées : les différences dans la façon dont les gens se connectent à Internet; les différences dans le type d’activités qu’ils effectuent en ligne; et les différences dans les avantages qu’ils tirent de leur interaction avec les services, les ressources et les réseaux qui sont accessibles uniquement en ligne.
Le fossé entre les activités en ligne Le revenu et le niveau de scolarité déterminent les différences entre pourquoi, quand et comment les gens accèdent aux ressources en ligne et les utilisent. En 2012, les Canadiens ayant un faible revenu et un faible niveau de scolarité ont utilisé les services fondamentaux suivants deux fois moins souvent que ceux qui avaient un revenu et un niveau de scolarité plus élevés. Revenu élevé, baccalauréat ou plus OPÉRATIONS BANCAIRES EN LIGNE ACCÈS À DES SITES WEB DU GOUVERNEMENT RECHERCHE D’ACTIVITÉS COMMUNAUTAIRES
Faible revenu, études secondaires ou moins
88 %
48 %
81 %
41 %
74 %
38 %
TÉLÉCHARGEMENT D’APPLIS ET DE LOGICIELS
49 %
25 %
APPELS TÉLÉPHONIQUES
49 %
26 %
Les Canadiens à faible revenu et peu scolarisés sont également moins susceptibles de chercher des renseignements médicaux ou liés à la santé ou d’utiliser Internet pour suivre des études ou de la formation.
Le fossé entre les avantages tirés d’Internet La société se polarise lorsque certains citoyens sont exclus sur le plan numérique. Les gens qui sont exclus ou qui ont un accès limité n’ont pas les moyens numériques de participer aux interactions qui se déroulent de plus en plus uniquement en ligne. Ils ne peuvent pas utiliser pleinement la technologie et tirer parti de cet accès. Par conséquent, nos services publics, nos lieux de travail et nos entreprises fonctionnent sans bien comprendre les citoyens, les employés et les clients de l’Ontario. Comme certains ne peuvent pas participer, les données d’enquête et d’utilisation ne sont peut-être pas représentatives.4 Ainsi, le fossé entre les avantages ne fait pas que nuire aux personnes ayant un faible revenu et un faible niveau de scolarité : les services publics financés par les contribuables se révèlent moins efficaces et les entreprises enregistrent un rendement inférieur.
Le fossé entre les connexions Internet Le cout du service Internet, des forfaits de données cellulaires ou de l’appareil approprié, combiné à d’autres facteurs, signifie qu’un nombre étonnant d’Ontariens n’ont pas de connexion Internet à domicile.2
des adultes de l’Ontario n’ont pas de connexion Internet à la maison, ce qui représente —1,76 million de personnes!3
des Ontariens à faible revenu n’ont pas de connexion Internet à la maison, comparativement à 1 % des personnes à revenu élevé.
Une journée dans la vie d’une Ontarienne ayant un accès continu Eva utilise un téléphone intelligent pour vérifier ses courriels et y répondre pendant son trajet en autobus jusqu’au travail. Son employeur assume le cout d’un forfait d’appels et de textos illimités avec 5 Go de données. Par la suite, elle lit des critiques de voyage en vue de réserver ses vacances.
8H
Au travail, Eva passe la plupart de son temps à l’ordinateur. L’entreprise a récemment mis à niveau le matériel et les logiciels qu’elle utilise et lui a payé une séance de formation d’une semaine. Elle a également accès au soutien technique si des problèmes surviennent avec le nouveau système.
9 H 30
L’adolescent d’Eva participera bientôt à une sortie scolaire et Eva doit signer un formulaire d’autorisation. En quelques minutes au travail, elle télécharge le formulaire, l’imprime, le signe, le numérise et l’envoie par courriel. Elle envoie ensuite un texto à son fils pour lui dire que c’est fait. Elle envoie aussi un texto à sa fille pour lui rappeler son rendez-vous chez le dentiste après l’école.
11 H
EJKL 103
12 H 45
RENOUVELER
14 H 30
AUTOBUS
17 H 30
20 H 45
Sur l’heure du diner, Eva renouvèle sa plaque d’immatriculation en ligne. Pendant qu’elle est sur le site de Service Ontario, elle télécharge aussi le Guide de l’automobiliste pour sa fille, qui vient d’avoir 16 ans.
Pendant de courtes pauses, Eva cherche une application qui aiderait sa fille à se préparer pour son examen théorique de niveau G1. Elle trouve quelques applications bien cotées et les télécharge pour sa fille dans leur compte de partage familial.
Au moment de quitter le bureau, Eva vérifie l’application de transport en commun sur son téléphone et constate que son autobus est en retard. Une fois dans l’autobus, elle vérifie son compte Facebook et remarque une activité à venir à laquelle elle aimerait participer. Elle lit ensuite les nouvelles dans l’application de deux journaux différents auxquels elle est abonnée.
Eva visionne en continu quelques épisodes d’une série qu’elle aime. Elle préfère utiliser sa tablette pendant ses temps libres, que ce soit pour visionner un film en continu, lire un livre électronique emprunté à la bibliothèque publique ou parcourir des blogues sur la photographie.
Un accès continu au quotidien signifie que les gens : passent de
ont plus d’appareils et ont les moyens de se les procurer
sont plus de deux fois plus susceptibles d’utiliser Internet à des fins personnelles au travail
5 à 20 HEURES par semaine en ligne5
peuvent être joignables et efficaces où qu’ils soient, ce qui entraine des avantages personnels, sociaux et économiques
Une journée dans la vie d’une Ontarienne ayant un accès limité Le fils de Sandra doit faire signer un formulaire d’autorisation pour une sortie scolaire. Son école secondaire est récemment passée au sans-papier et utilise Facebook et le courriel pour communiquer avec les parents. Comme Sandra n’a pas d’imprimante ni de connexion Internet à domicile, elle devra aller ailleurs pour accomplir cette tâche.
8H
9H
Une fois que son fils est parti pour l’école, Sandra prend l’autobus pour se rendre à la bibliothèque. Heureusement, c’est son jour de congé. Elle réserve un ordinateur public pour une période de 60 minutes. Elle ouvre rapidement une session dans son compte de courriel, puis imprime et signe le formulaire d’autorisation, mais elle découvre que la bibliothèque n’a pas de scanneur. Elle devra se rendre dans un magasin local de fournitures de bureau. Sandra utilise le temps qu’il lui reste à l’ordinateur pour chercher des vidéos d’exercice sur YouTube. Elle aimerait soulager une poussée récente de ses douleurs au bas du dos. Elle préfèrerait suivre les vidéos à la maison, mais son vieux téléphone intelligent bon marché est lent et ses données limitées sont trop précieuses.
9 H 30
11 H
Après un autre trajet en autobus, Sandra attend 15 minutes pour avoir accès à un ordinateur au magasin de fournitures de bureau. Elle numérise le formulaire signé, mais a de la difficulté à trouver le fichier sur cet ordinateur qu’elle ne connait pas. Elle pourrait demander de l’aide, mais le personnel est occupé et elle sait que le compteur tourne. Elle trouve le fichier, le joint à un courriel et ferme sa session. La tâche lui coute 6 $, somme qui devra venir du budget d’épicerie. Sandra doit communiquer avec le Service d’admission des collèges de l’Ontario au sujet d’un problème avec ses relevés de notes. Lorsqu’elle a téléphoné au numéro 1-800 hier, le temps d’attente était estimé à 10 minutes. Elle a raccroché, de crainte de gaspiller les minutes de son forfait à la carte. Elle pourrait utiliser le téléphone public près du métro, mais c’est trop bruyant et elle ne pourrait pas prendre de notes.
14 H 30
14 H 45
Sandra décide de retourner à la bibliothèque pour faire l’appel en ligne. Elle marche jusqu’à l’arrêt d’autobus et se rend à la bibliothèque pour la deuxième fois aujourd’hui. Elle est nerveuse à l’idée de faire un appel en ligne, car elle ne l’a fait qu’une fois auparavant. Après la bibliothèque, Sandra prévoit aller à l’épicerie, puis préparer des repas que son fils pourra manger pendant qu’elle travaille le soir au cours des prochains jours. Après souper, Sandra laisse son fils à la maison et se rend à un café du coin qui offre une connexion Wi-Fi gratuite. Elle vérifie ses courriels pour voir si elle a reçu le formulaire qu’il lui fallait des Collèges de l’Ontario. Elle vérifie ensuite son compte Facebook pour obtenir des mises à jour sur la sortie scolaire de son fils et télécharge sur son téléphone une nouvelle application de jeu de vocabulaire auquel elle peut jouer hors ligne.
20 H 15
Un accès limité au quotidien signifie que les gens : passent
5 HEURES par semaine MOINS DE
dépendent davantage de l’accès public offert dans les bibliothèques et les espaces publics
en ligne6
utilisent souvent des forfaits de téléphonie cellulaire à la carte, qui coutent moins cher à obtenir, mais plus cher à la minute
consacrent un pourcentage plus élevé de leur budget aux communications et sacrifient d’autres besoins fondamentaux7 pour les payer, en particulier s’ils ont des enfants d’âge scolaire8
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Élimination numérique c o n v e r g e n c e : du o n t afossé rio Le gouvernement de l’Ontario doit aborder les trois couches du fossé numérique – la connexion, les activités et les avantages – s’il veut atteindre son objectif de créer une province inclusive, équitable et accessible au diapason du numérique.9 Nous avons besoin d’efforts soutenus, considérables et coordonnés qui reconnaissent le droit à un accès Internet abordable et universel et à des occasions d’apprentissage numérique pour tous.
uches du fossé num o c s ériq troi ue a t g n s e a s v A Le
Les gouvernements provinciaux et fédéral ont un rôle à jouer pour aider les gens à répondre aux demandes numériques en évolution et en expansion rapides, particulièrement lorsque les gouvernements ajoutent à cette demande en transférant davantage de services essentiels en ligne. Les occasions d’apprentissage et d’accès numériques offertes par les bibliothèques et les programmes d’apprentissage pour adultes de l’Ontario peuvent faire une différence, mais elles manquent de coordination et de soutien constant.
Activités
Connexion
Appui des occasions d’accès et d’apprentissage numériques pour les adultes Le Programme d’alphabétisation et de formation de base (AFB) de l’Ontario travaille directement avec des adultes qui sont exclus sur le plan numérique et ont un accès limité. Chaque année, près de 45 000 participants prennent part à une forme quelconque d’apprentissage numérique dans 274 points de service et grâce à 5 portails d’apprentissage en ligne.10 Le programme est bien placé pour appuyer les efforts d’inclusion numérique, avec quelques ajustements stratégiques visant à accroitre la participation des adultes de plus de 65 ans, à soutenir les occasions de perfectionnement professionnel axées sur l’apprentissage numérique et à soulager les centres d’apprentissage de certaines de leurs exigences de production de rapports fastidieuses et répétitives.11
42 %
des participants au Programme d’AFB reçoivent une certaine forme d’aide au revenu, principalement de la part d’Ontario au travail et du Programme ontarien de soutien aux personnes handicapées, soit un taux près de sept fois supérieur à celui de la population générale. D’autres occupent des emplois peu rémunérés et précaires ou vivent dans des familles à faible revenu.12 Près de la moitié des participants sont âgés de 25 à 44 ans. Environ un quart ont moins de 24 ans et un quart ont de 45 à 64 ans. Seulement 4 % des participants ont plus de 65 ans.
AlphaPlus, un organisme de soutien d’AFB, s’efforce de sensibiliser les gens au fossé numérique, de mobiliser les connaissances sur l’apprentissage numérique, d’organiser des ressources pour les formateurs et formatrices et, surtout, d’offrir du soutien direct aux programmes d’AFB de l’Ontario grâce à ses services d’accompagnement technologique. Contenu élaboré par Christine Pinsent-Johnson et Matthias Sturm. Une revue de la littérature et un webinaire sont également disponibles au sujet du fossé numérique au Canada et en Ontario. Rapport : https://alphaplus.ca/fr/download/possibilites-numeriques-et-obstacles-pour-les-adultes-vulnerables-en-ontario/ Webinaire : https://alphaplus.ca/event/digital-opportunities-barriers-ontarios-disconnected-adults/ (en anglais seulement) NOTES DE FIN DE DOCUMENT : (1) Michael Haight, Anabel Quan-Haase et Bradley Corbett, “Revisiting the Digital Divide in Canada: The Impact of Demographic Factors on Access to the Internet, Level of Online Activity, and Social Networking Site Usage,” Information, Communication & Society, volume 17, no 4 (2014): 503–519. (2) La majorité (61 %) des Canadiens sans connexion Internet à domicile ont déclaré ne pas en avoir besoin ou ne pas être intéressés et 20 % ont indiqué que le cout était un facteur. Statistique Canada, « Le Quotidien : Enquête canadienne sur l’utilisation d’Internet (ECUI), 2012 » https://www150.statcan.gc.ca/n1/daily-quotidien/131126/dq131126d-fra.htm (3) Sauf indication contraire, les données décrivant les connexions Internet et les activités en ligne proviennent d’une analyse des données de l’ECUI de 2012 figurant dans les tableaux 22-10-0007-01 et 27-10-0016-01. Bien que les données de l’ECUI de 2018 soient disponibles, nous avons choisi de nous reporter aux données de 2012 en raison d’un changement de méthodologie. Pour l’enquête de 2012, les gens pouvaient participer par téléphone, tandis que l’enquête de 2018 a été menée en ligne. Il est donc possible que les résultats ne soient pas représentatifs des personnes ayant un accès Internet limité ou nul. Voir aussi la note 4. Statistique Canada, « Enquête canadienne sur l’utilisation d’Internet (ECUI), 2018 » https://www23.statcan.gc.ca/imdb/p2SV_f.pl?Function=getSurvey&SDDS=4432 (4) L’ECUI de 2018 est un exemple du fossé entre les avantages tirés d’Internet. Les Canadiens ayant un accès limité ou nul sont beaucoup moins susceptibles d’y participer, ce qui nous laisse une compréhension incomplète du fossé numérique. (5) Ipsos Affaires publiques, “Public Perspectives: Participation in the Digital Economy 1.0,” (2015). Consulté le 1er novembre 2019, https://www.ipsos.com/sites/default/files/publication/2015-12/7086-ppt.pdf (6) Ibid. (7) Matthew Kupfer, “CRTC declares broadband internet access a basic service,” CBC News, 22 décembre 2016, https://www.cbc.ca/news/politics/crtc-internet-essential-service-1.3906664 (8) ACORN, “Internet for All: Internet Use and Accessibility for Low-income Canadians,” (2016). Consulté le 1er novembre 2019, https://acorncanada.org/sites/default/files/Internet%20for %20All%20report_0.pdf (9) Gouvernement de l’Ontario, « L’émergence d’une vision ». Consulté le 1er novembre 2019, https://www.ontario.ca/fr/document/concretiser-ensemble-la-vision-unutilisateur-la-fois/lemergence-dune-vision (10) Gouvernement de l’Ontario, « Alphabétisation et formation de base », Emploi Ontario. Consulté le 1er novembre 2019, http://www.tcu.gov.on.ca /fre/eopg/programs/lbs.html (11) Cathexis Consulting considère les exigences concernant les rapports comme posant un problème dans « Résumé : Évaluation du Programme AFB de l’Ontario » (2016). Consulté le 1er novembre 2019, http://www.tcu.gov.on.ca/fre/eopg/publications/lbs-exec-summary-report-2016-fr.pdf (12) Données du Programme d’AFB de 2017-2018 tirées du rapport annuel de données agrégées. Disponibles auprès des auteurs. Images et mise en page élaborées par Idea Nest. © 2020 AlphaPlus. Le présent document est protégé par le droit d’auteur. Il peut être reproduit en tout ou en partie à des fins éducatives, sous réserve de l’inclusion d’une mention de la source.
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La technologie numérique et la littératie : LE POINT DE VUE DE CONTACT NORTH | CONTACT NORD Par Sarah Stocker // Coordonnatrice de l'alphabétisation e t d e s c o m p é t e n c e s e s s e n t i e l l e s ( A p p r e n t i s s a g e e n l i g n e ) , C o n t a c t No r d Alors que la population ontarienne espère la fin de la pandémie et un retour au cours normal de ses activités, les expériences de la « nouvelle normalité » depuis mars 2020 mettent en lumière les besoins que nous partageons tous. Aujourd’hui, plus que jamais, nous devons être en mesure de nous initier et de nous adapter aux nouveaux outils technologiques, en plus de développer les compétences de littératie nécessaires pour les utiliser pleinement. La plupart d’entre nous avons en tête des gens que nous connaissons ou dont nous avons entendu parler qui ont dû repousser leurs limites pour intégrer l’univers numérique au cours de la dernière année, et développer une littératie qui leur était jusque-là inconnue! Notre engagement quotidien en tant qu’employés, parents, soignants, consommateurs et citoyens responsables nous pose des défis qui font appel aux habiletés liées à l’apprentissage et à la technologie. Jamais la capacité d’intégrer les technologies numériques à l’aide de solides compétences en littératie n’a été aussi pressante. Qu’il s’agisse de notre besoin de rencontrer virtuellement nos familles, nos amis ou encore les fournisseurs de services, en passant par nos recherches et évaluations des médias d’information pour discerner les renseignements véridiques à propos de la pandémie, notre littératie numérique et nos compétences technologiques sont constamment sollicitées.
Tous les programmes d’AFB aspirent à élaborer des plans d’apprentissage qui permettent aux personnes apprenantes de réaliser avec succès leurs objectifs en matière d’emploi, d’édu cation, de formation ou d’employabilité. Depuis les débuts d’Apprentissage en ligne, les cinq fournisseurs de services, ACE Distance/Online, Deaf Learn Now, le Programme formation à distance, Good Learning Anywhere et le LearningHUB, s’appuient sur les technologies numériques. Qui plus est, chaque programme a formé des praticiens possédant de l’expertise numérique, qui agissent en tant que mentors auprès des personnes apprenantes dans le perfectionnement de leurs compétences en littératie. Les cours relatifs au numérique et à l’informatique du e-Channel Curriculum Map incluent l’introduction aux techno logies pour les ordinateurs ou les appareils mobiles, la sécurité et des conseils relatifs à l‘Internet, des directives sur l’utilisation d’un éventail d’outils visant à réaliser des buts dans le contexte de la vie quotidienne ou de l’emploi, les médias sociaux et des options favorisant le perfectionnement de la littératie numérique.
Contact North | Contact Nord propose des plateformes technologiques pour soutenir les fournisseurs d’Apprentissage en ligne dans leur prestation numérique. L’organisme travaille sans relâche afin que la technologie soit la plus compréhensible et L’American Library Association (ALA) définit la littératie accessible possible pour les personnes apprenantes et leurs numérique comme « la capacité d’utiliser les technologies praticiens et praticiennes. Ceux et celles qui sont familiers avec de l’information et de communication pour trouver, évaluer, le Hype Cycles of technology adoption de Gartner (voir https:// créer et communiquer de l’information, exigeant à la fois des www.gartner.com/smarterwithgartner/gartner-top-stratehabiletés cognitives et techniques ». [Traduction libre] gic-technology-trends-for-2021/) savent que les défis, même https://literacy.ala.org/digital-literacy/ pour ceux qui possèdent de solides compétences en littératie, peuvent dépasser la portée du savoir-faire technique en matière « La littératie numérique va beaucoup plus loin que la simple lit- numérique. Contact North | Contact Nord affiche des ressources tératie technologique. Elle inclut la manière dont une personne et gère un guichet d’aide. Mais, ce qui importe encore davaninteragit dans un environnement saturé de médias et de tech- tage est que l’organisme adopte une approche centrée sur la nologie, ainsi que les contextes sociétaux et sociaux engendrés personne apprenante auprès des usagers d’outils numériques par cette immersion technologique et numérique. » [Traduc- qui font face à des défis. L’appui permettant aux fournisseurs de tion libre] https://blogs.ubc.ca/etec540sept12/2012/11/11/ services d’Apprentissage en ligne de soutenir les progrès des technological-vs-digital-literacy/ personnes apprenantes en littératie dans l’utilisation de techno logies en constante évolution, les recommandations sur la conLe Cadre du curriculum en littératie des adultes de l’Ontario ception du contenu et le perfectionnement professionnel sont (CLAO) oriente le développement des tâches et du contenu autant d’atouts qui contribueront à l’amélioration continue des des programmes d’alphabétisation et de formation de base perspectives qui attendent les personnes apprenantes. (AFB) de l’Ontario, afin de rehausser les compétences en littératie des personnes apprenantes. La compétence du CLAO Conservons une vision optimiste quant à l’utilisation des tech« Utiliser la technologie numérique » le fait directement à cet nologies numériques du futur qui sauront le mieux soutenir les égard. Cependant, toutes les compétences du CLAO, que ce soit personnes apprenantes en voie d’acquérir les compétences « Rechercher et utiliser de l’information » ou encore « S’engager dont elles ont besoin pour s’épanouir en tant que citoyens de avec les autres » emploient une gamme de technologies et fa- l’Ontario maîtrisant la culture numérique, peu importe ce que vorisent la littératie numérique chez les personnes apprenantes. nous réserve la « nouvelle normalité »! t
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convergence : ontario
Ce projet d’Emploi Ontario est financé en partie par le gouvernement du Canada et le gouverneme
Apprentissag
Une éducation en alphabétisatio
« Favoriser un modèle de prestation mixte
5
Organisations ACE Distance Deaf Learn Now Formation à distance Good Learning Anywhere The LearningHUB
7000+
apprenants servis
Services à 7 000+ apprenants à travers l’Ontario tous les ans!
50
Co
500+ cours uniques spécialement conçus pour l’apprentissag en ligne
***Chiffres de 2019-2
acedistancedelivery.ca
Offre des cours d’apprentissage en ligne équivalents à la 12e année pour aider les apprenants à devenir admissibles : • Aux études postsecondaires
• À l’inscription à un métier • À un emploi/une promotion
deaflearnnow.ca
• Le tout premier programme d’alphabétisation complet en ligne pour adultes sourds ou malentendants du monde entier
• Joue un rôle dans l’intégration à la communauté et réduit l’isolement social des personnes en leur permettant d’entrer en contact entre eux • Programme et conception de cours adaptés aux personnes sourdes
sefad.ca
• Micro-co individue à la perso apprentis des mem et d’autre communa
• Lauréat d 2016 de canadien adultes d langue fr
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ent de l’Ontario et dans le cadre de l’Entente Canada-Ontario sur le Fonds canadien pour l’emploi
geenligne.ca
on en ligne GRATUITE pour les adultes qui vivent en Ontario
e avec des programmes en personne ».
00+
ours
t
ge
d’expérience Plus de 700 ans d’expérience de praticien combinée de la concep-tion et de l’exécution de cours en ligne.
2020 approximatifs
ours en ligne els adaptés onne ou par ssage mixte avec mbres de la COFA es partenaires autaires
du Prix d’excellence l’Association nne d’éducation des des universités de rançaise
5
700+ années
Voies d’objectifs 45 % Emploi 4%
Apprenti
5%
Crédit d’études secondaires
30 % Postsecondaire
5%
4%
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45 %
30 %
16 % Autonomie
goodlearninganywhere.com
learninghub.ca
• Offrir un milieu d’apprentissage en ligne souple et adapté à la culture aux personnes, collectivités et organisations autochtones pour améliorer la qualité de vie à la maison, au travail et dans la communauté
• Lauréat du Prix d’innovation en alphabétisation de la Great-West Life et de London Life et de Canada Vie 2013
• Lancé en 2003
• Lauréat du Prix de leadership d’Emploi Ontario 2015 pour la collaboration
• Faisait partie du projet e-Channel Strategy qui a commencé en 2007; établi comme programme en 2010
Colours have been grouped with their equivalent swatch
PMS C 124 yellow PMS C 717 orange PMS C 3248 blue/green
• Lauréat du Prix d’alphabétisation du Conseil de la fédération 2017 pour l’Ontario
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Le réseau communautaire d’éducation et de formation de l’Ontario qui aide les résidentes et résidents mal desservis de
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800
PETITES COMMUNAUTÉS RURALES, ÉLOIGNÉES, AUTOCHTONES ET FRANCOPHONES
À OBTENIR UN EMPLOI
en leur offrant la possibilité d’accéder à l’éducation et la formation en ligne sans quitter leur communauté Il offre : 5 services locaux pour les Ontariennes et Ontariens offerts dans 116 lieux (centres d’apprentissage en ligne) et par le service d’information pour les étudiantes et étudiants 5 services pour les établissements d’éducation et de formation de l’Ontario
SERVICES FOURNIS EN COLLABORATION AVEC 24 22 9 76 200 50 170 188 114 4 282
collèges publics universités publiques établissements autochtones conseils scolaires fournisseurs de littératie et compétences de base fournisseurs de formation en développement de compétences bureaux d’Ontario au travail bureaux d’Emploi Ontario organismes locaux qui hébergent nos centres d’apprentissage en ligne organismes communautaires
RÉSULTATS ANNUELS POUR LES ONTARIENNES ET ONTARIENS
62 000+ 1 000 000 40 295 000+ 92%
inscriptions suscitées et appuyées pour des cours en ligne offerts par les fournisseurs d’éducation et de formation de l’Ontario demandes de services comblées, y compris celles auprès du Service d’information aux étudiantes et étudiants et du Service d’assistance technique
campagnes de recrutement à l’échelle provinciale pour les programmes et cours en ligne des collèges et universités de l’Ontario visiteurs aux sites Web de Contact North | Contact Nord génèrent 920 000 de pages vues de la clientèle se dit satisfaite de son expérience avec Contact North | Contact Nord LES PORTAILS D’APPRENTISSAGE EN LIGNE HÉBERGÉS PAR CONTACT NORTH | CONTACT NORD • • •
contactnord.ca
etudiezenligne.ca pour les renseignements destinés aux Ontariennes et Ontariens sur 1 000 programmes et 18 000 cours en ligne apprentissageenligne.ca pour les renseignements destinés aux Ontariennes et Ontariens sur les cours en ligne de littératie et de compétences de bases teachonline.ca pour les ressources destinées aux cadres professoraux et aux personnels enseignants qui enseignent en ligne
Subventionné par le gouvernement de l’Ontario
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« Notre succès est le leur1 » Par Susanne Bergmann // Rédactrice pigiste Notre façon de percevoir l’apprentissage et le travail pourrait changer, tant en milieu urbain que rural! Grâce à des entrevues tenues avec Peggy Morin, coordonnatrice au Centre d’éducation des adultes de New Liskeard (CEANL) et avec Renaud Saint-Cyr, directeur général d’Alpha-Toronto et trois de ses formateurs, Aziz Nachit, Mario Pierre et Mame Cheikh Ndiaye, l’auteure de cet article a constaté que le télétravail pourrait devenir un atout d’apprentissage et de travail!
Quels avantages du télétravail avez-vous pu constater?
RURALITÉ : PEGGY MORIN, CEANL2, NEW LISKEARD
Quels désavantages du télétravail avez-vous pu constater?
Le CEANL est un Centre d’éducation des adultes à New Liskeard qui offre une gamme variée de services éducatifs gratuits en français. Il englobe également une école alternative destinée aux personnes apprenantes voulant obtenir leur diplôme d’études secondaires. La clientèle est majo ritairement composée de personnes âgées.
Quels avantages du télétravail avez-vous pu constater? Selon Peggy Morin, les gens communiquent habituellement avec elle via leur page Facebook. Par la suite, elle fait le suivi en privé pour garantir la confidentialité aux futurs clients. Auparavant, c’était très informel, les gens se présentant simplement sur place. Sur une note plus personnelle, le télétravail a permis à Mme Morin de travailler plus d’heures car elle passait moins de temps sur la route pour se rendre à son travail. Ainsi, elle a passé plus de temps avec sa famille, dont certains membres étaient également en télétravail. Elle avait accès à un endroit calme et aux outils nécessaires pour travailler, ce qui représente un autre avantage notable.
Quels désavantages du télétravail avez-vous pu constater? Au début, la connexion Internet était son plus grand défi et elle a dû investir dans une meilleure connexion. Par ailleurs, l’aspect humain, c’est-à-dire de ne pas voir quotidiennement les personnes apprenantes, constitue un désavantage.
Croyez-vous à la continuité du télétravail? Le télétravail n’est pas pour tout le monde et ne s’applique pas à toutes les professions. Sa préférence demeure d’être au bureau, entourée de sa formidable équipe et de personnes apprenantes exceptionnelles. Pour Peggy, le contact humain est plus important que le télétravail!
URBANITÉ : RENAUD SAINT-CYR, AZIZ NACHIT, MARIO PIERRE ET MAME CHEIKH NDIAYE, ALPHA-TORONTO Alpha-Toronto est un Centre de formation des adultes qui offre des formations adaptées aux besoins des personnes apprenantes. Sa clientèle est composée d’adultes.
Le plus grand avantage réside dans le fait que des gens aient repris des cours alors qu’ils ne pouvaient être servis auparavant (par exemple à cause du transport). En télétravail, l’obstacle du transport et des couts associés n’existe pas. De plus, on évite la propagation de la COVID-19 puisque les personnes apprenantes ne se déplacent pas. On note également que certains individus sont plus à l’aise d’être à la maison qu’au Centre.
Le télétravail exige beaucoup plus de travail pour les formateurs. En outre, il n’existe plus de limites quant au moment du jour où communiquer avec eux. D’autres défis sont d’ordre technologique : l’accès à l’Internet et son utilisation et le matériel informatique comme des caméras ou des casques d’écoute. L’isolement des personnes apprenantes représente un autre désavantage. Incontestablement, la socialisation est différente car il y a moins d’interaction entre les gens. Même les formateurs travaillent plus d’heures car ils doivent répondre aux questions par écrit au lieu d’expliquer en cinq minutes le même propos en personne. Mais, le plus grand obstacle reste la confidentialité! La divulgation de renseignements personnels aux formateurs demeure un défi. Il faut aussi souligner que les tâches admi nistratives ont augmenté depuis le début de la pandémie en raison des nombreux formulaires à remplir pour garantir le respect de la vie privée. Il mentionne aussi que le Centre reçoit des fonds actuellement pour aider certains clients avec le matériel informatique requis, alors que ces fonds contribuaient jadis aux frais de transport. L’objectif est de sortir les gens de la pauvreté, de leur offrir des alternatives afin d’éviter qu’ils ne retournent à l’aide sociale, en les encourageant plutôt à compléter leur mise à niveau afin de transiter avec succès vers des études postsecondaires.
Croyez-vous à la continuité du télétravail? Après la COVID-19, M. Saint-Cyr prévoit une rotation des horaires des formateurs, car les personnes apprenantes peuvent se présenter virtuellement en tout temps, sans les obstacles habituels. Selon lui, le choix est évident, sinon il risque de perdre des clients. Ses formateurs croient que l’hybride peut être utile pour certains individus, notamment ceux qui travaillent. En tenant compte de tout ça, il faut offrir l’option aux personnes apprenantes. Malgré les obstacles, Renaud Saint-Cyr envisage que le centre offrira des services en mode hybride dans le futur! À la lumière des propos tenus lors des entrevues, parions que le télétravail demeure au cœur des discussions et des transformations entourant l’éducation des adultes francophones, et ce, dans tous les milieux. t Citation de Renaud Saint-Cyr, directeur général d’Alpha-Toronto https://alpha-toronto.ca/ Lien vers le Centre CEANL : https://www.facebook.com/CEANL1/
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FONCE.CA :
UNE NOUVEAUTÉ NUMÉRIQUE POUR LES ADULTES FRANCOPHONES DANS LE CADRE DE LA REPRISE ÉCONOMIQUE EN ONTARIO Pa r G u y L e v e s q u e / / C o o rd o n n a t e u r d e p ro j e t s , C O FA
2017 - À LA CROISÉE DES CHEMINS La Coalition ontarienne de formation des adultes (COFA) est à la croisée des chemins de l’éducation et de la formation des adultes en Ontario français. Se faisant le porte-étendard de la formation des adultes francophones en collaboration avec les collèges, les conseils scolaires et les centres communautaires de formation, la COFA tient le phare du savoir des adultes en répondant à leurs besoins par la mise en place de services de formation pour les adultes de l’Ontario, rejoignant les objectifs du programme d’alphabétisation et de formation de base (AFB) d’Emploi Ontario. En particulier, le programme de formation en ligne F@D, mis en place en 2011, répond à l’appel de la nouveauté numérique pour appuyer la demande de ses membres, les centres communautaires de formation. On verra que par la suite, ce choix fut stratégique et bénéfique car l‘éclosion de la pandémie en mars 2020 et le confinement de la population demandaient l’apport d’une infrastructure numérique pour soutenir les besoins de formation et surtout sa livraison. Octobre 2017 marque l’arrivée d’un autre projet pilote numérique pour l’évaluation et l’aiguillage, par l’avènement d’un portail
offrant l’accessibilité à une clientèle diversifiée de personnes apprenantes adultes de langue française. Ce projet de guichet multiservice est destiné au Nord de l’Ontario. Il est issu d’une recherche sur trois ans (2014-2017) sur le développement d’un modèle de centre d’information, d’évaluation et d’aiguillage. Ce modèle est une réponse à l’idée d’harmoniser les stratégies, priorités et objectifs que toutes les instances gouverne mentales dédiées à l’éducation et à la formation des adultes francophones de l’Ontario recherchent. La COFA mise sur cette approche harmonisée assurant l’efficacité et la pérennité de ses interventions auprès des personnes apprenantes. L’harmonisation et la coordination des services sont nécessaires au développement du continuum de l’éducation et de la formation en langue française. Ainsi, l’accès à l’éducation et à la formation pour tous les adultes francophones de l’Ontario sera accru. De plus, cette harmonisation permettra d’éviter les duplications, d’encourager la complémentarité des services et d’optimiser les ressources.
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Phase 1 — Mise en œuvre Développé depuis novembre 2017 et en opération depuis mai 2019, le CIÉA du Nord transformé en un centre virtuel, FONCE.ca, a pour objectif d’assurer une coordination de l’évaluation et de l’aiguillage des personnes apprenantes adultes auprès de trois réseaux de fournisseurs de programmes et services (centres communautaires-centres collégiaux-centres scolaires). Qu’est-ce que FONCE.ca? Il s’agit d’un projet pilote mené par la COFA. Il vient faciliter l’accès multiservice dans l’orientation des personnes apprenantes vers un ou des programmes de formation appropriés. Le Centre vise la plus grande réussite des personnes apprenantes qui le visitent et où elles peuvent franchir les cinq grandes étapes suivantes : › Accueil : dizaine de questions simples et courtes aux fins d’orientation. › Recherche : accès à des listes de ressources et services. › Contact : appel de suivi à l’intérieur des 24 heures suivant la visite du site. › Évaluation : conversation et tests diagnostiques afin de tracer le profil de la personne. › Aiguillage : orientation neutre et objective vers les formations ou les services appropriés. Depuis octobre 2017, la COFA coordonne le projet. Elle a mis sur pied un comité de gestion formé de représentants des trois niveaux de services (collèges, conseils scolaires et centres communautaires de formation des adultes). Le comité de gestion assume la gouvernance intérimaire du Centre.
L’évaluation de cette phase fut entreprise et réalisée en décembre 2019. Voici un extrait tiré du rapport final d’évaluation évolutive de la mise en œuvre du projet pilote, répondant à la question « À qui cet outil numérique peut servir sur le plan local, régional et provincial? » : « Le CIEA et son site FONCE.ca offrent aux adultes francophones un point d’accès à de l’information fiable et un accompagnement personnalisé pour articuler leurs projets de formation continue. Quant aux fournisseurs de services d’AFB et de formation des adultes, il leur offre un canal alternatif d’identification précoce de clients potentiels et des outils en ligne pour simplifier et accélérer leurs tâches d’évaluation. Quant aux ministères provinciaux, un suivi client au-delà des frontières de programmes spécifiques et un outil relationnel avec la personne apprenante adulte tout au long de son parcours de formation continue1. » Ce nouvel outil qui vient en soutien au Plan numérique du gouvernement provincial se doit d’être à l’avant-garde de la technologie et constamment revu pour améliorer sa structure (plateforme) de fonctionnement d’où une mise à niveau et un entretien régulier. Après un fonctionnement de six mois, un constat majeur est ressorti. L’effet promotionnel du portail demande une attention de tous les jours. Étant donné la nouveauté du projet pilote, le portail ne peut se permettre de reposer sa promotion pour le recrutement d’une nouvelle clientèle sur les médias traditionnels. Ceci représente un enjeu primordial quant à la poursuite et à la reconnaissance du projet lors de la prochaine phase cruciale.
Phase 2 — Analyse des opérations La situation actuelle de la COVID-19, combinée à la transformation d’Emploi Ontario, est en train de transformer les façons de faire d’au moins six réseaux de fournisseurs de services liés à l’éducation et à la formation des adultes: › Centres communautaires de formation › Centres scolaires des conseils scolaires › Centres de services des collèges › Centres de services d’emplois › Centres municipaux du programme Ontario au travail › Centres de services d’établissement et de l’immigration Les services offerts en ligne, dont le projet FONCE.ca, seront de plus en plus en demande et accessibles à un plus grand nombre de personnes apprenantes adultes, ce qui permettra 1
au gouvernement provincial d’atteindre ses objectifs en matière de politiques de services numériques. Pour cette analyse des opérations, la COFA a embauché une firme de consultants dont le mandat sera de définir le déve loppement d’un cadre d’évaluation et d’effectuer l’analyse du fonctionnement du Projet FONCE.ca du nord de l’Ontario sur une période de 12 mois. De cette analyse, le consultant ressortira les leçons apprises et les améliorations à apporter au fonctionnement, et validera, s’il y a lieu, cette initiative dans l’ensemble de ses composantes. Le rapport d’évaluation de la 2e phase doit être déposé à la fin du mois de mars 2022. La COFA saura à ce moment si le projet FONCE.ca du Nord de l’Ontario sera pérennisé pour devenir un fournisseur régional de services reconnu par les instances gouvernementales.
Rapport final d’évaluation évolutive de la phase de mise en œuvre du projet pilote, Le 5 février 2020, Brynaert, Brennan et Associé.e.s, page 52.
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ET L’AVENIR Avec la mise en œuvre et l’ouverture de FONCE.ca du Nord de l’Ontario, la COFA oriente sa vision vers l’ouverture d’un Centre dans l’Est et d’un troisième pour le Centre-Sud-Ouest de l’Ontario. D’ici quelques années, il y aurait en Ontario français, trois Centres régionaux et un site virtuel provincial d’aiguillage FONCE.ca qui pourraient se côtoyer à une Table provinciale de centres régionaux. Ceci pourrait devenir le guichet d’expertise pour répondre aux besoins des personnes apprenantes adultes, un guichet francophone comprenant les six réseaux de fournisseurs de services liés à l’éducation, la formation et l’employabilité, et ce, en étroite collaboration avec les instances gouvernementales. t
Historique Début des activités de trois Partenariats* en éducation et formation des adultes francophones (PEFA) régionaux.
Mars 2011
Mise sur pied d’un PEFA régional constitué de conseils scolaires et collèges de langue française, de centres communautaires de formation d’adultes francophones et de la COFA.
Première rencontre de la Table provinciale de concertation pour regrouper les trois PEFA régionaux afin qu’ils développent leur vision.
Mars 2011
Octobre 2011
Quinze forums régionaux pour sensibiliser les intervenants au concept de l’accès multiservice des PEFA régionaux.
Octobre 2014 à mars 2018
Début de la mise en œuvre du Centre d’information/accueil, d’évaluation et d’aiguillage des adultes apprenants du Nord de l’Ontario (CIEA du Nord).
Octobre 2017
Création
Symposium ontarien de l’éducation et de la formation des adultes francophones.
Mars 2013
Ouverture du centre FONCE.ca le 1er mai 2019 (mars à novembre 2019).
Mai 2019
Décembre 2019
Réponse positive pour démarrer la phase 2.
Début de la pandémie et du confinement.
Octobre 2020
Mars 2020
Fonctionnement minimal du Centre, améliorations du portail, en attente de financement pour la phase 2 du Centre.
Janvier à septembre 2020
Préparation de l’équipe de gestion du Centre FONCE.ca.
Reprise des opérations du Centre FONCE.ca.
Décembre 2020 à février 2021
Avril 2021
Évolution
Mise en œuvre du centre
Dépôt du Rapport final d’évaluation évolutive de la mise en œuvre du CIEA du Nord (structure de gouvernance, gestion, portail, pérennité).
Fonctions et opérations du centre
Dépôt du rapport d’évaluation sur le niveau d’efficience du Centre FONCE.ca du Nord et sa pérennisation.
Mars 2022 *PEFA : Centre Sud-Ouest, Est et Nord
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Plateforme de formation à distance et compétences numériques (PCFAD) : UNE COMBINAISON GAGNANTE POUR LES PERSONNES APPRENANTES DES COMMUNAUTÉS DE LANGUE OFFICIELLE EN SITUATION MINORITAIRE Pa r Mi c h e l R o b i l l a rd / / C o o rd o n n a t e u r d e p ro j e t , C O FA
LA FORMATION À DISTANCE EN ONTARIO Depuis 1998, la Coalition ontarienne de formation des adultes (COFA), par l’entremise de ses 26 membres et 42 points de services, offre des services de formation en développement des compétences, et ce, en présentiel. La formation à distance et sa livraison en format mixte (combinaison de présentiel et à distance) est offerte depuis septembre 2011. En effet, à la suite d’un mandat confié à la COFA par le ministère de la Formation et des Collèges et Universités de développer un service de formation à distance (F@D), cette nouvelle façon de former les personnes apprenantes est apparue comme une occasion unique et stratégique d’offrir un outil de formation supplémentaire aux adultes francophones, notamment pour combler la fracture numérique. La clientèle cible de la COFA est constituée d’adultes francophones dont les niveaux de compétences en littératie, numératie et littératie numérique se situent en-dessous du niveau 3. L’objectif de la COFA et de ses membres est de permettre à ces adultes d’atteindre un niveau supérieur à celui de leur point d’entrée, en lien avec la compétence ciblée, afin de les voir progresser vers le niveau 3 de compétences. Ce niveau est considéré nécessaire pour composer avec les exigences de la vie quotidienne et du travail dans une société complexe et une économie axée sur le savoir et l’information. Forts de leur expérience et expertise dans l’utilisation de plateformes de formation à distance et dans le développement de formations en ligne en format synchrone et asynchrone, la COFA et ses membres ont été en mesure d’élaborer un cursus de formation adapté aux formateurs et formatrices du réseau et une offre de formation en ligne de qualité, ajustée aux besoins des personnes apprenantes. Les approches andragogiques utilisées et les outils conçus au fil des ans se sont avérés efficaces, car centrés sur la personne apprenante et contextualisés à ses expériences de vie. La plateforme de formation à distance et les cours offerts permettent aux personnes apprenantes de perfectionner des compétences transversales. Si par exemple, une personne suit le programme Du français en quelques clics et plus
particulièrement le module portant sur l’accord des participes, elle pourrait la semaine suivante recevoir une formation sur Antidote où on lui demanderait de rédiger un texte avec des participes, puis d’en faire la correction à l’aide d’un logiciel. La formation offerte sur la plateforme permet donc à la personne apprenante d’utiliser un ordinateur pour se connecter, de suivre une formation en ligne et d’utiliser un correcteur pour améliorer la qualité de ses textes. Une expérience riche et diversifiée permettant de développer de nouvelles compéten ces en littératie et en informatique.
L’EXPÉRIENCE DE L’ONTARIO ET LES COMMUNAUTÉS DE LANGUE OFFICIELLE EN SITUATION MINORITAIRE En 2018, dans le rapport commandé par le Bureau d’alphabétisation et des compétences essentielles (BACE) intitulé Développement de l’alphabétisme et des compétences essentielles (DACE) dans les communautés de langue officielle en situation minoritaire (CLOSM) – Analyse des besoins, l’auteur Marc L. Johnson cerne les enjeux des CLOSM en matière de formation en DACE : la dispersion géographique, les disparités économiques, le niveau de scolarité, le vieillis sement de la population, l’importance de l’immigration et le manque d’infrastructures et de capacités de formation. En guise de solutions à ces enjeux, il suggère une asymétrie des politiques, tenant compte des besoins des minorités francophones, un soutien structurant, des modalités de l’offre, une approche andragogique intégrée, un espace de partage pancanadien et la promotion et la valorisation du DACE. C’est dans cette optique et en fonction de sa propre expérience et des enjeux identiques de la communauté francophone en Ontario qu’en 2018, la COFA proposait au BACE la création de la Plateforme canadienne de formation à distance (PCFAD). Ce projet financé par le BACE vise à mettre en place une plateforme canadienne de formation à distance en DACE, dans les CLOSM, avec des partenaires désireux de faire partie du projet. Cette initiative repose sur le principe de l’apprentissage tout au long de la vie, dans toutes les sphères de la vie et pour toutes et tous. Cependant, une attention particulière est placée sur le développement d’un volet portant sur l’amélioration
des compétences essentielles et génériques en lien avec l’employabilité et la demande du marché local, qui aident à préparer les travailleurs aux emplois disponibles. Tout comme en Ontario avec la F@D, cette plateforme et les formations qu’elle offre aux personnes apprenantes des CLOSM sont un des outils susceptibles de diminuer « la fracture numérique, c’est-à-dire les inégalités dans l’accès aux technologies de l’information et de la communication, leur utilisation et leur impact. Sont généralement admis au moins deux niveaux de fracture numérique : l’accès (fracture de premier degré) et l’usage (fracture de second degré1 .» Le projet de la PCFAD offre un certain niveau d’accès aux infrastructures technologiques, mais également l’accès à des formations par l’entremise de l’Internet, diminuant ainsi la fracture numérique pour les personnes apprenantes. Ce projet répond donc en partie aux observations de l’auteur Marc L. Johnson et permet aux adultes francophones de bénéficier d’un service de formation en français, disponible en tout temps et en tout lieu où la connectivité est possible. Néanmoins, il serait présomptueux de penser que ce projet de plateforme est une panacée et qu’il suffit à régler l’enjeu de la fracture numérique dans les CLOSM. D’autres initiatives seront nécessaires pour régler cette question, notamment l’Internet en région éloignée. Le mode de livraison en format mixte qu’utilise la COFA est une pratique que nous transposons dans ce projet afin de rejoindre les personnes faiblement alphabétisées en littératie numérique. Ainsi, les partenaires du projet situés en province sont en mesure d’accueillir et d’accompagner les gens en personne ou à distance, afin de faciliter leurs premiers pas dans l’univers technologique.
OÙ EN EST LE PROJET? Le projet de la PCFAD regroupe des établissements et des organismes d’éducation et de formation des adultes servant des communautés francophones vivant en milieu minoritaire. Ces 1
partenaires sont le Collège de l’Île de l’Île-du-Prince-Édouard, l’Équipe d’alphabétisation-Nouvelle-Écosse, le Collège Mathieu de la Saskatchewan, le Learning Centre Literacy Association de l’Alberta, l’organisme Pluri-elles du Manitoba et la Coalition ontarienne de formation des adultes de l’Ontario, qui gère le projet. Malgré les importants défis imposés par la pandémie et les nombreuses restrictions sanitaires auxquelles font face l’équipe de projet et les partenaires, tous les jalons du projet de la PCFAD sont en place. En résumé : › Les partenaires sont en excellente position dans leur secteur et ont une bonne image dans leur communauté. › Le positionnement et la réputation des partenaires assurent crédibilité et confiance. › Les partenaires soulignent la dynamique positive de collaboration entre eux et la COFA qui est responsable de la gestion du projet dans son ensemble. › Le projet est caractérisé par l’adaptation du modèle et des approches aux diverses réalités provinciales, et par son transfert de connaissances et d’expertises, entre les partenaires du projet. › Trois cohortes sont déjà actives. › D’autres personnes apprenantes sont attendues dans les prochaines semaines. › La période de rodage technique est terminée. Les formateurs et formatrices et l’équipe de la PCFAD se rencontrent hebdomadairement afin de faciliter les prochains apprentissages et les opérations liées aux fonctionnalités de la base de données. › Le matériel de promotion et de campagne a été produit, distribué et déployé. Ainsi, la PCFAD est en voie de devenir une ressource indispensable dans le domaine de la formation à distance destinée à la population francophone du pays. t
Wikipédia. « Fracture numérique », [En ligne], le 13 mars 2021. [https://fr.wikipedia.org/wiki/Fracture_numérique] (Consulté le 3 février 2021).
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LE PÉDAGON
AU CŒUR DES DISPOSITIFS E Pa r R o b e r t G ré g o i re / / D i re c t e u r e x é c u t i f , R E FA D
Le terme quelque peu rébarbatif de « pédagonumérique » est entré dans le vocabulaire courant avec l’avènement, en 2018, du Plan d’action numérique en Éducation et en Enseignement supérieur du Québec. Auparavant, nous parlions plus simplement d’enseignement et d’apprentissage en ligne ou de technologies éducatives. Le Réseau d’enseignement francophone à distance (REFAD) est un organisme pancanadien regroupant des établissements, des entreprises et des professionnels de tous les niveaux de l’éducation et de la formation qui se donne pour mission de faciliter la collaboration entre les acteurs et de susciter l’émergence de pratiques innovantes en matière de formation à distance et d’approches pédagonumériques. L’énoncé de mission du REFAD stipule que celui-ci assure une présence constante auprès de ses membres et des acteurs du milieu par la mise en commun d’expertises, le partage de savoirs et de pratiques, le perfectionnement, le réseautage et les activités de veille. Le REFAD regroupe plus de 30 institu tions canadiennes d’enseignement francophone dans sept provinces et trois ordres d’enseignement. À l’époque de sa fondation, en 1988, les membres du REFAD traitaient des meilleures pratiques de cours par correspondance, c’est-à-dire le service aux apprenants inscrits à distance, dont la principale méthode d’engagement passait par l’échange postal du matériel éducatif, de la rétroaction et parfois aussi des évaluations. C’était il y a à peine trente ans. Que de chemin parcouru depuis cette époque!
LES MODALITÉS DE L’APPRENTISSAGE EN LIGNE Grâce à la pandémie, les termes synchrone/asynchrone, présentiel/en ligne et hybride ont fait leur entrée dans le jargon
populaire, semant au passage un sain scepticisme auprès de certains. Ces expressions réfèrent à la modalité d’enseignement et d’apprentissage d’un cours à distance. Ainsi, l’étudiant inscrit à un cours en ligne se connecte au cours à travers une plateforme de gestion des contenus d’apprentissage, où il s’identifie et progresse dans les rubriques d’apprentissage. Ceci par opposition aux cours traditionnels qui se déroulent en classe et que d’aucuns aiment décrire comme étant en présentiel (d’aucuns préfèrent parler de face à face). En ligne (donc à distance), l’étudiant peut se connecter au moment de son choix pour apprendre. On dit alors que son apprentissage est asynchrone parce qu’il progresse à son rythme, sans égard à l’activité de ses confrères et consœurs qui cheminent à leur convenance dans les contenus d’appren tissage. Pour la majorité des cours en ligne, dans lesquels les rubriques d’apprentissage sont par définition offertes grâce à un système de gestion des contenus d’apprentissage, l’enseignant prévoit aussi des moments de rencontre afin de veiller au bon déroulement de son cours. On dit de ces moments prévus dans le temps, lorsque tous les étudiants se connectent au même moment que l’enseignant, qu’ils sont synchrones. Avant la pandémie, la minorité d’institutions offrant des pro grammes en ligne le faisaient suivant un mode hybride. C’està-dire que les étudiants inscrits à un cours en ligne pouvaient apprendre en tout temps et de n’importe où, mais qu’ils se devaient de faire acte de présence à des moments réguliers avec leur enseignant et condisciples, en mode synchrone. L’hybridité découle alors du fait que ces étudiants progressaient généralement de façon asynchrone, à leur propre rythme, en faisant aussi acte de présence synchrone à des moments établis. Bien qu’il soit encore tôt pour généraliser, le pivot vers les cours en ligne pour cause de pandémie a souvent donné lieu à une solution rapide de cours à distance dits synchrones,
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NUMÉRIQUE
EN RÉPONSE À LA PANDÉMIE contenant peu ou prou de conception pédagogique pour guider la progression de l’étudiant avec des activités en ligne structurées d’une manière plus pédagogique. Pour légitime que soit la modalité d’enseignement synchrone, que la majo rité reconnaîtront sous la forme de réunions Zoom et autres webinaires, il demeure que dans les mains d’un enseignant inexpérimenté en formation à distance, cette approche prête flanc aux plus vives critiques, justement parce que le « pédagogique » est absent du « numérique », ne laissant plus qu’une morne tête parlante à l’écran. Des heures durant. En l’occurrence, tout sauf du « pédagonumérique ».
d’apprentissage, mais plutôt un milieu de vie où l’adulte en devenir apprend à côtoyer ses pairs et à interagir en société. Cet apprentissage essentiel à l’être humain qui est grégaire par définition constitue la principale raison d’être de l’école, permettant entre autres de resserrer les mailles du filet social que les régimes démocratiques, libéraux et progressifs souhaitent propice à un idéal de citoyen compétent et éduqué. Un tel modèle permet de veiller au bien-être de tous, peu importe les circonstances sociales individuelles.
VERS UN RENOUVEAU DE L’ENVIRONNEMENT PIVOT VERS LE PÉDAGONUMÉRIQUE ET CHAN- SCOLAIRE GEMENT DE PARADIGME Peu d’entre nous disposons de la boule de cristal qui permetPlusieurs disent avec raison qu’il n’y aura pas de retour en arrière possible après la pandémie. La nouvelle normale incorporera sans doute beaucoup plus de télétravail, permettant à de nombreux professionnels d’interagir avec leurs collègues et de remplir leurs engagements de l’endroit qui leur convient. À preuve, la hausse marquée un peu partout au pays des couts de résidence en milieu rural. Il en va pourtant différemment à la formation initiale. Ceci s’explique entre autres par deux réalités incontournables. Tout d’abord, l’aptitude de l’étudiant à apprendre en ligne est inversement proportionnel à son degré d’autonomie. En d’autres mots, plus l’élève est jeune, plus il a besoin d’encadrement, d’accompagnement et de contextualisation. À l’opposé, les élèves en fin de secondaire deviennent de meilleurs candidats aux cours en ligne, à mesure qu’ils acquièrent une autonomie de vie accrue. La seconde réalité incontournable à l’apprentissage en ligne découle du fait que l’école n’est pas à prime abord un lieu
trait de prédire vers où se dirige l’école de demain. Pourtant certains indices qui se dessinent très nettement permettent d’envisager un renouveau scolaire important. Tout d’abord, l’ubiquité des dispositifs technologiques, le « numérique », présage une révolution complète de l’apprentissage. En effet, les jeunes d’aujourd’hui baignent dans un monde où les technologies sont omniprésentes. L’une des particularités de cet univers technologique branché réside dans le fait que la connaissance est librement accessible à tous, pour peu qu’on vive dans un régime démocratique connecté. Ensuite, les éducateurs réalisent maintenant qu’il convient de privilégier le développement des compétences dans l’éducation. Dans ce modèle, les élèves confrontent des problèmes authentiques et complexes, s’inscrivant ainsi comme acteur principal de leur cheminement éducatif de citoyens en devenir. L’éducateur change alors de posture pour adopter un rôle d’accompagnement et de facilitation. C’est pourquoi le développement des compétences numériques constitue un enjeu incontournable vers le renouveau éducatif. t
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LA CONFIDENTIALITÉ ET LA SÉCURITÉ DES DONNÉES NUMÉRIQUES dans les organismes communautaires Par Isabelle Coutant // Agente de développement et de liaison en éducation des adultes, CDÉACF Les organismes communautaires recueillent et conservent des données confidentielles, comme les coordonnées de leurs membres et de leurs partenaires, des informations personnelles ou des histoires de vie. Ils doivent également protéger leurs propres données, comme leurs comptes et mots de passe. Or, pour favoriser le travail d’équipe, les collaborations et le télétravail, on utilise de façon quotidienne les possibilités de l’infonuagique : accès à distance des serveurs, échanges, écriture collaborative, etc. Ces outils de travail sont utiles, et même incontournables. En conséquence, le stockage d’informations en ligne et les accès à distance posent la question de la confidentialité et de la sécurité de ces données numériques.
ce qui a toutefois ses limites. En conséquence, il y a très rarement des actions prises par anticipation des problèmes. Le deuxième constat réalisé à la suite des entrevues est le manque d’accessibilité des ressources et de l’information disponibles.
Cependant, l’observation des pratiques en cybersécurité chez les organismes communautaires montre que ces enjeux sont mal connus et peu traités dans les groupes. Ceci s’explique par le développement rapide des outils numériques, le manque d’information, et certaines idées reçues sur les risques : les cyberattaques dont on parle dans les médias concernent de grandes entreprises ou des institutions auxquelles le milieu communautaire ne s’identifie pas. C’est pourtant près de 60 % de ces attaques qui concernent des petites organisations1. De plus, selon le Centre canadien pour la cybersécurité2 , les organisations les plus à risque de cyberattaques sont notamment celles qui conservent des données personnelles et qui favorisent le travail à distance.
Les informations ont été vulgarisées, et la mise en page des fiches et cartes a été pensée pour les rendre accessibles aux personnes qui utiliseraient des logiciels d’assistance à la lecture sur ordinateur lors de la consultation de la boîte à outils en ligne. De plus, les illustrations, la narration et la durée des vidéos ont été adaptées pour rendre le contenu le plus accessible possible. Toutes les vidéos ont été sous-titrées. Les fiches d’information ont également été imprimées et envoyées à tous les groupes qui en faisaient la demande.
En vue de répondre à ces enjeux, le Centre de documentation sur l’éducation des adultes et la condition féminine (CDÉACF) a mené un projet à partir de 2018, pour outiller les groupes communautaires afin de leur permettre de prendre des décisions éclairées quant aux questions de confidentialité et de sécurité des données numériques. Ce projet a été réalisé avec le soutien du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur du Québec. Le CDÉACF a d’abord consulté plusieurs organismes communautaires sur leurs besoins, principalement des organismes en alphabétisation et des groupes de femmes. Un des premiers obstacles qui a été relevé quant à la capacité d’agir pour renforcer la cybersécurité des groupes, est le manque d’information vulgarisée. En effet, la plupart des organismes n’ont pas de personnel dédié à la gestion informatique. Les travailleuses doivent donc souvent s’autoformer dans ce domaine très technique,
Pour outiller les groupes sur la cybersécurité de façon claire et accessible, le CDÉACF a conçu et réalisé une boite à outils qui contient des conseils utiles pour sécuriser les six points d’entrée courants des attaques visant les organismes communautaires : le système d’exploitation des appareils connectés, le réseau informatique, le site internet, le vol d’identité ou le vol de données et les réseaux sociaux.
De plus, les partenaires de ce projet étant des organismes qui livrent des services directs, les travailleuses doivent souvent répondre à des questions de leurs participantes et parti cipants, sur la sécurité numérique individuelle : vol d’identité, protection d’une boite courriel, qualité d’un mot de passe, etc. Le CDÉACF a donc créé des fiches d’information sur ces enjeux, fiches qui peuvent être facilement partagées avec les participantes et participants. La réception et les répercussions de la diffusion de la boite à outils sur la cybersécurité ont été très positives et conti nuent de l’être : les organismes qui ont participé au projet ou à son lancement officiel se sont déclarés prêts à réfléchir à leurs pratiques et à agir pour mieux protéger leurs données numériques. Le premier apprentissage des participantes fut de prendre conscience de la vulnérabilité de leurs systèmes, en comprenant qu’un petit organisme est tout autant à risque qu’une grande entreprise. Pour accéder à la boite à outils : http://cdeacf.ca/boite-outils-cybersecurite t
MASON, John. « Protect Yourself: Preparing Your Nonprofit’s Workplace For Cybersecurity », TechSoup, [En ligne], le 29 mai 2018. [https://www.techsoup.ca/community/blog/protect-yourself-preparing-your-nonprofit%E2%80%99s-workplace-for-cybersecurity?language=fr]. 2 Gouvernement de l'Ontario. « Centre canadien pour la cybersécurité », [En ligne] [https://www.cyber.gc.ca/fr/] (Consulté Février 2021). 1
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RÉFLEXIONS
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réflexions
ÉQUITÉ NUMÉRIQUE ET SOLIDARITÉ COMMUNAUTAIRE PENDANT ET APRÈS LA COVID-19 Par Suzanne Smythe // Professeure agréée en alphabétisation des adultes e t e n é d u c a t i o n d e s a d u l t e s à l a Fa c u l t é d 'é d u c a t i o n d e l ' U n i v e r s i t é S i m o n F ra s e r Reproduit avec la permission de l’auteure Suzanne Smythe, le présent article a été publié en anglais, en avril 2020 dans le blogue Policy Note du Centre canadien de politiques alternatives – Bureau de la Colombie-Britannique1.
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https://www.policynote.ca/digital-equity/
réflexions Comme beaucoup l’ont remarqué, la COVID-19 a le don de mettre en lumière les forces et les faiblesses de notre société; en effet, la maladie progresse plus rapidement là où règnent l’inégalité et l’injustice. Les organismes de santé publique à tous les niveaux sont engagés dans une course visant à fournir des renseignements exacts et opportuns sur la COVID-19, lesquels sont essentiels pour appuyer les politiques de distanciation physique et maintenir les règles de mise en quarantaine et de confinement. Des politiques de lutte contre la pauvreté et des programmes sociaux ambitieux et vitaux ont vu le jour dans le but de rapiécer le filet de sécurité sociale effiloché, de sauver des vies, de protéger les gagne-pain pendant la crise, et de permettre aux gens de se conformer aux si importantes règles de distanciation physique et d’isolement social.
LES PERSONNES LES PLUS À RISQUE DE LA COVID-19… SONT AUSSI LES MOINS SUSCEPTIBLES D’ÊTRE BRANCHÉES OU D’AVOIR LES MOYENS DE PAYER LE COÛT RELATIVEMENT ÉLEVÉ DE CES CANAUX D’INFORMATION GRAND PUBLIC SUR INTERNET. Cependant, des inégalités numériques persistantes menacent l’atteinte de ces objectifs. Pour obtenir de l’information en temps opportun, avoir accès aux prestations et aux programmes, et faire la transition vers le travail ou les études à distance, les Canadiens doivent avoir une connexion Internet haute vitesse, un téléphone ou un appareil numérique fonctionnel, une bonne connaissance numérique et une bonne maîtrise de l’anglais ou du français. Pourtant, les personnes les plus à risque de la COVID-19 sur le plan de la santé, de la sécurité personnelle et des moyens de subsistance sont aussi les moins susceptibles d’être branchées ou d’avoir les moyens de payer le coût relativement élevé de ces canaux d’information grand public sur Internet que nos institutions semblent tenir pour acquis. Il s’agit majoritairement de Noirs, d’Autochtones, de nouveaux immigrants, de réfugiés et d’autres communautés racialisées et à faible revenu.
INÉGALITÉS NUMÉRIQUES Naturellement, l’affirmation selon laquelle 94 % des habitants de la Colombie-Britannique ont accès à Internet à la maison pourrait faire croire à nos institutions qu’elles peuvent compter sur Internet pour communiquer l’information liée à la COVID-19. Mais ce chiffre a été généré dans le cadre de l’Enquête sur l’utilisation d’Internet 2019 de Statistique Canada qui a été menée par voie électronique, ce qui a amené certains groupes à remettre en question la fiabilité de ces données. De plus, ce chiffre ne tient pas compte des différences d’accès
à Internet selon le revenu, des compétences linguistiques et numériques nécessaires pour participer en ligne, ni des sacri fices financiers que doivent faire de nombreuses familles pour maintenir une connexion Internet, sacrifices qu’elles pourraient ne plus pouvoir faire en cette période de pandémie. Comme l’ont expliqué Nisa Malli du Brookfield Institute et Laura Tribe d’OpenMedia, Internet n’est pas aussi accessible qu’on pourrait le croire.
CEUX D’ENTRE NOUS QUI ONT L’HABITUDE D’AVOIR ACCÈS À INTERNET PARTOUT, À LA MAISON ET AU TRAVAIL, SUR DE MULTIPLES APPAREILS, ONT TENDANCE À OUBLIER QUE D’A UTRES PEINENT À MAINTENIR LEUR CONNECTIVITÉ.
Ceux d’entre nous qui ont l’habitude d’avoir accès à Internet partout, à la maison et au travail, sur de multiples appareils, ont tendance à oublier que d’autres peinent à maintenir leur connectivité. Bien que les inégalités numériques entre les élèves ne soient pas un problème nouveau, elles ont pris de l’importance maintenant que le ministère de l’Éducation et les districts scolaires de la Colombie-Britannique font des pieds et des mains pour assurer la transition des 575 000 élèves de la province vers un enseignement à distance en situation de crise. (Nous ne prétendrons pas que cela se rapprochera un tant soit peu d’une version systématique et planifiée de l’apprentissage en ligne.) La présidente de la BC School Trustees Association, Stephanie Higginson, a reconnu les défis que pose l’introduction de l’apprentissage en ligne à l’échelle de la province lors que les familles ont peu d’appareils et que « certains [élèves] n’ont même pas de connexion à la maison » [traduction libre]. L’inégalité numérique est une question de revenu. Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) a constaté que seulement 69 % des Canadiens du 1er quintile de revenu (gagnant moins de 33 000 $ par année) avaient accès à Internet à la maison en 2017 (CRTC, 2019), comparativement à 94,5 % dans le 5e quintile (gagnant plus de 132 909 $ par année). De même, seulement 63 % des Canadiens du 1er quintile de revenu ont accès à un ordinateur fonctionnel à la maison comparativement à 95 % de ceux du 5e quintile. La qualité et la rapidité de la connexion Internet comptent également. Beaucoup d’habitants de la Colombie-Britannique n’ont pas un accès à Internet qui se rapproche le moindrement des vitesses de téléchargement de 50 Mbps et de téléversement de 10 Mbps nécessaires pour la plupart des activités en ligne, en particulier dans les régions rurales et éloignées.
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réflexions qu’ils n’ont pas l’information nécessaire pour se protéger euxmêmes, leur famille et le public.
L’INÉGALITÉ NUMÉRIQUE EST UNE QUESTION DE REVENU.
Seuls 73 % des Canadiens du 1er quintile ont un téléphone mobile et, pour 42 % de ces ménages, il s’agit de leur seule connexion Internet. Les téléphones mobiles peuvent offrir une certaine connectivité, mais ils ne conviennent pas à l’apprentissage en ligne ou à la demande de prestations, car les forfaits de téléphonie cellulaire et les plafonds de données demeurent couteux et restrictifs. Certains fournisseurs de services Internet (FSI), comme Shaw, ont découvert qu’il est possible d’étendre les réseaux Wi-Fi publics gratuits dans les collecti vités, mais que ceux-ci n’offrent pas les connexions sécurisées nécessaires pour communiquer avec le gouvernement et les services en ligne. Il est également injuste de s’attendre à ce que des familles, des personnes handicapées et d’autres se promènent dans les rues à la recherche de points d’accès Wi-Fi, d’autant plus qu’on demande constamment aux gens de rester à la maison. Comme OpenMedia l’a clairement indiqué, les FSI doivent laisser tomber les plafonds de données prohibitifs et, à l’approche du passage à l’ère post-COVID-19, il faut tenir un débat sur les risques de confier l’infrastructure Internet essentielle à des intérêts privés.
ACCÈS À DES RENSEIGNEMENTS EXACTS ET OPPORTUNS Les efforts visant à mobiliser les habitants de la Colombie-Britannique en vue d’« aplatir la courbe » peuvent être encourageants jusqu’à présent, mais ils ont été entravés par un manque de matériel approprié dans les nombreuses langues lues et parlées en Colombie-Britannique, et le manque de capacité des organismes de santé et du gouvernement à rejoindre les citoyens qui vivent en marge du numérique. Le BC Centre for Disease Control a traduit l’information sur la COVID-19 en chinois simplifié, en chinois traditionnel, en pendjabi, en farsi, en anglais et en français. Mais les familles de réfugiés et les travailleurs essentiels de première ligne à faible revenu parlent aussi arabe, amharique, tagalog, vietnamien et espagnol, et ils ne connaissent pas toujours ces langues. L’utile service 811 s’est mobilisé pour offrir de l’information par téléphone dans différentes langues, mais les gens doivent connaître l’existence de ce service pour y accéder. Un travailleur de l’immigration et de l’établissement m’a raconté que, en faisant des appels pour s’informer des familles de réfugiés au cours de la deuxième semaine de l’état d’urgence, ils ont trouvé des familles bouleversées par la fermeture des écoles et des services locaux, et qui en ignoraient en grande partie la cause. Les travailleurs essentiels à faible revenu et les travailleurs étrangers temporaires dont les tâches rendent la distanciation sociale difficile, voire impossible, ont dit aux travailleurs d’approche qu’ils se sentent isolés et anxieux parce
Les réseaux sociaux traditionnels où cette information aurait pu circuler se sont effrités en ces temps de distanciation sociale. Pour compenser, les travailleurs d’approche et d’établissement qui travaillent encore, ainsi que de nombreux bénévoles, passent leur temps à interpréter et à traduire l’information sur les sites du BCCED, de l’OMS et du gouvernement fédéral en information que les gens dont la langue maternelle n’est ni l’anglais ni le français peuvent comprendre.
ACCÈS AUX SERVICES ET AUX PRESTATIONS Heureusement, les demandes en ligne de prestations comme l’assurance-emploi et la Prestation canadienne d’urgence (PCU) sont relativement simples, mais le processus demeure un défi pour ceux qui comptent depuis toujours sur les bibliothécaires, les formateurs en anglais langue seconde et en alphabétisation, les travailleurs d’établissement et les porte-parole pour avoir accès aux services et à l’information du gouvernement. Depuis des années, ces formateurs et ces porte-parole communautaires, dont bon nombre travaillent dans des orga nismes sans but lucratif disposant d’un budget restreint, jouent le rôle de comptoir de services sociaux mandataire, aidant les adultes à s’y retrouver dans l’éducation de leurs enfants, les services d’emploi et les services gouvernementaux. Malheu reusement, bon nombre d’entre eux ont été mis à pied. Le moment ne pourrait pas être plus mal choisi. Ceux qui restent adoptent des méthodes inventives et intensives qui combinent d’anciennes et de nouvelles technologies pour surmonter la distanciation physique.
CES EFFORTS SONT VITAUX, ILS RENDENT LA DISTANCIATION PHYSIQUE ET L’ISOLEMENT SOCIAL POSSIBLES, ET ILS METTENT EN RELIEF LES FAÇONS DONT LES FORMATEURS COMMUNAUTAIRES COMPENSENT LES ÉCARTS D’ÉQUITÉ EN SANTÉ, EN ÉDUCATION ET DANS LES SERVICES GOUVERNEMENTAUX. Les travailleurs des foyers de voisinage, ainsi que les tra vailleurs en établissement et en alphabétisation appellent les apprenants et les familles pour prendre de leurs nouvelles, puis pour les aider à régler une multitude de problèmes et d’inquié tudes, allant de la façon de présenter une demande de PCU sans compte bancaire à l’insécurité alimentaire et en matière de logement, en passant par l’éducation en ligne des enfants. Les artistes comblent le manque d’information grâce à l’art de la rue et aux panneaux d’information. La Downtown Eastside Literacy Roundtable a transformé son application de services LinkVan, accessible aux apprenants en alphabétisation, en un
réflexions centre d’information sur la COVID‑19 pour les résidents et les fournisseurs de services de cette collectivité. Ces efforts sont vitaux, ils rendent la distanciation physique et l’isolement social possibles, et ils mettent en relief les façons dont les formateurs communautaires compensent les écarts d’équité en santé, en éducation et dans les services gouvernementaux.
Toutefois, aussi importante que soit une infrastructure numérique inclusive, elle ne peut pas remplacer les relations en personne, les appels téléphoniques bienveillants et les stratégies d’apprentissage contextualisées qu’offrent les formateurs et les porte-parole communautaires. Ils consti tuent le moteur d’un écosystème d’information local prospère et efficace dont nous avons tant besoin en ce moment.
LEÇONS À TIRER DE LA SITUATION Un écosystème numérique démocratique et inclusif pendant la crise de la COVID‑19 et après exige des services Internet haute vitesse sûrs et abordables, et des données mobiles accessibles et abordables pour tous. Le Canada a besoin d’une stratégie numérique inclusive conçue pour tous ses citoyens plutôt que de programmes compensatoires éparpillés. Il pourrait y avoir une expansion immédiate du programme Familles branchées qui offre Internet et des appareils à faible cout aux familles monoparentales à faible revenu. Ce programme devrait être administré par le secteur public, car on ne peut pas laisser au « marché » et aux FSI à but lucratif les décisions de qui a accès à Internet et à des appareils quand le CRTC a déjà déclaré qu’Internet est un service de base essentiel.
UN ÉCOSYSTÈME NUMÉRIQUE DÉMOCRATIQUE ET INCLUSIF PENDANT LA CRISE DE LA COVID‑19 ET APRÈS EXIGE DES SERVICES À INTERNET HAUTE VITESSE SÛRS ET ABORDABLES, ET DES DONNÉES MOBILES ACCESSIBLES ET ABORDABLES POUR TOUS. Les appareils qui trainent au fond des armoires et des tiroirs de beaucoup d’entre nous doivent être récupérés, nettoyés et remis en service chez les personnes à risque d’infection à la COVID‑19, y compris les sans-abri, les personnes vivant dans un logement précaire, les personnes âgées et les travailleurs essentiels à faible revenu. Nous avons déjà des organisations adaptées à cette tâche, comme Free Geek et Computers for Schools, mais elles ont été immobilisées pendant la COVID‑19. Personne ne devrait être privé d’un appareil fonctionnel pour se connecter à Internet et d’un téléphone cellulaire essentiel au maintien des réseaux sociaux et d’information. L’information sur la COVID‑19 doit être présentée en format Web et papier conçu pour répondre à toute la gamme de besoins en matière de langues et d’alphabétisation dans nos collectivités. Les formateurs en alphabétisation des adultes et les travailleurs en établissement compétents dans la production de textes en langage clair peuvent être des collaborateurs essentiels des services de santé, des services gouvernementaux et des districts scolaires dans cet effort.
ON NE PEUT PAS LAISSER AU « MARCHÉ » ET AUX FSI À BUT LUCRATIF LES DÉCISIONS DE QUI A ACCÈS À INTERNET ET À DES APPAREILS QUAND LE CRTC A DÉJÀ DÉCLARÉ QU’INTERNET EST UN SERVICE DE BASE ESSENTIEL.
La logique derrière un gouvernement numérique est celle de l’efficacité, en supposant que la meilleure façon d’offrir un accès rapide à de l’information à enjeux élevés sur les politiques sociales et de santé soit en ligne. Mais comme nous le montre la situation de la COVID‑19, cet accent sur l’effica cité devient dangereusement inefficace lorsque certaines personnes n’ont pas les moyens d’accéder à cette information ou quand l’information n’est pas adaptée aux besoins et aux réalités de collectivités diverses. Ces problèmes découlent des inégalités numériques persistantes, d’un manque d’information sanitaire et gouvernementale publiée dans un langage clair et dans les multiples langues parlées en Colombie-Britannique, et de l’incapacité de reconnaitre le rôle crucial que jouent les formateurs et les porte-parole communautaires pour combler les lacunes d’un écosystème d’information inégal et effiloché. À mesure que ces groupes interviennent en cette période de crise, l’ampleur de l’inégalité numérique devient évidente, tout comme la valeur des « anciennes technologies » de relations d’apprentissage, de bienveillance et de solidarité. t
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« LES PLATEFORMES DE FORMATION NUMÉRIQUES : la pointe de l’iceberg, un labyrinthe… ou un archipel? » Par Claire Mazuhelli // Rédactrice pigiste
Au fil du temps, de ses réflexions et compte tenu de la diversité et de la quantité innombrable de plateformes de formation numériques, Daniel Baril se demandait s’il ne touchait qu’à la pointe de l’iceberg. Ou était-ce plutôt un labyrinthe, où la personne apprenante devait trouver le fil d’Ariane lui permettant de se diriger vers l’endroit qui lui convient? Au bout du compte, M. Baril en vient à conclure que les plateformes de formation numériques constituent des archipels, composés de milliers d’iles différentes, offrant une myriade de choix. C’est à la personne apprenante de trouver le moyen de naviguer entre ces Iles afin de dénicher celle qui répondra le mieux à ses besoins. Une tâche qui n’est pas si évidente qu’elle le semble.
Nous avons eu la chance de recueillir les propos de Daniel Baril, directeur général de l’Institut de coopération pour l’éducation des adultes (ICÉA), lors d’une entrevue tenue le 8 février 2021. Il partageait ses observations sur la recherche qu’il a menée, à la suite d’une démarche de planification stratégique sur cinq ans qu’initiait l’ICÉA en 2015. Dans le cadre de ses travaux, M. Baril fait la lecture des 70 rapports annuels de l’ICÉA, pour constater que dans les années 1960-1970, l’Institut est à l’avant-garde de l’éducation des adultes, centré sur les enjeux du domaine communautaire naissant et du système d’éducation public. Pendant les années 1970-1980, le centre d’intérêt devient l’informatique, qui prend de plus en plus d’ampleur. La question qui sous-tend cette recher che est de savoir quel est désormais le secteur d’avenir pour l’ICÉA? La recherche tente aussi de déterminer les principaux courants actuels, les éléments qui façonnent l’environnement de l’éducation des adultes et quel rôle peut y jouer l’ICÉA, en cernant les lieux d’intervention stratégique en fonction de son mandat.
M. Baril enquête sur ces nouvelles tendances et une dimension lui est rapidement apparue, soit l’avènement des plateformes de formation numériques. Elles portent la capacité de transformer les approches face à l’éducation des adultes, mais aussi celles de la personne apprenante adulte dans sa façon d’apprendre. Il s’agit d’un tout nouveau secteur, composé d’une multitude de plateformes privées ou publiques, payantes ou non, opérant par abonnement mensuel donnant accès à la totalité des cours du catalogue, par des ententes avec les entreprises où l’on peut choisir des cours, des programmes ou des sujets qui nous intéressent. Ces entreprises conçoivent de nouveaux modèles de pédagogie et d’organisation de la formation. C’est un univers très différent du présentiel et du secteur public, structurés autour de cours et de programmes préétablis. On y perçoit notamment un accent sur les modèles pédagogiques personnalisés, individualisés qui s’intègrent littéralement au quotidien des gens, par la voie d’applications qui expédient des alertes et des suggestions aux utilisateurs. Selon M. Baril, il existe deux univers parallèles : l’univers que nous connaissons,
réflexions celui de l’éducation des adultes établi et l’autre, cet univers en émergence qui n’interagit pas avec le premier.
mais privatise la manière d’y répondre. Bref, on a individualisé la réponse à des besoins d’apprentissage exprimés collectivement.
Il est intéressant de noter que les contrecoups se font peu sentir chez les francophones puisque la presque totalité du contenu est en anglais. Une exception touche les universités, qui sont en quelque sorte des concurrents. Au Québec, il existe maintenant une plateforme appelée ChallengeU1 où un étudiant peut terminer son secondaire sur un téléphone! Cependant, à court ou moyen terme, cette situation changera avec les avancées technologiques à prévoir.
Dans un autre ordre d’idée, cet univers suscite son lot de questions et de réflexion. Historiquement, l’éducation des adultes avait pour mission fondamentale d’atténuer les inégalités scolaires. Or, ces plateformes accentuent les inégalités en étant offertes aux personnes privilégiées, maitrisant déjà la complexité des technologies. On en revient aux grands débats des années passées : comment faire pour que la technologie soit au service de la minorité?
Les exemples de plateformes foisonnent. Des géants tels que Google, Amazon, Microsoft et beaucoup d’autres sont désormais actifs dans la sphère EdTech. Citons par exemple YouTube, un service en ligne d’hébergement et de diffusion de vidéos qui propose des fonctionnalités sociales de par tage et de commentaires des contenus2. À l’échelle planétaire, les dirigeants de YouTube estiment à un milliard le nombre de téléchargements de tutoriels éducatifs par jour. Ainsi, ils ont créé un fonds de financement pour soutenir la production et la création de tutoriels éducatifs3 (par exemple, pour expliquer le fonctionnement de ZOOM).
Et si ces infrastructures bénéficient à des privilégiés, comment en faire un bien public? Comment analyse-t-on la question du bien commun par rapport au bien public et quel est le rôle de l’État, du secteur privé, etc.? Quelles seront les conséquences pour le secteur établi de la formation aux adultes? Selon M. Baril, le marché ne se tournera pas vers le monde de l’alphabétisation car celui-ci n’est pas profitable pour eux.
Récemment, M. Baril découvrait l’existence d’un nouveau partenariat entre edX4, un consortium universitaire offrant de la formation en ligne, et Microsoft Viva5. EdX va intégrer des cours à Microsoft Teams et son contenu sera disponible à tous les employés des entreprises qui l’utilisent. Partout au monde, surtout en Asie, le développement de ces plateformes est phénoménal. M. Baril souligne qu’Amazon est entré sur ce marché pour mettre à l’essai des services de formation en Inde, à la lumière de l’abondance de clientèle éventuelle. Il est évident que dans ce nouvel univers, il existe un énorme marché extrêmement lucratif. Aujourd’hui, apprendre à apprendre ne suffit plus! La personne apprenante doit maintenant gérer son parcours de formation et devenir autonome dans cet univers où éclatent les lieux et les savoirs. Or, l’école ne nous oriente pas à cet égard. Il importe de noter que ces plateformes ciblent fréquemment l’individu et non la collectivité, en fonction de l’employabilité dans des secteurs d’avenir. Et comme nous le constatons depuis le début de la pandémie, l’employabilité n’est pas le seul critère, puisque les compétences en santé, en littératie financière etc. aident également à traverser une crise! M. Baril note que depuis le début de la pandémie, trois groupes de cours sont surtout offerts : la programmation informatique, la gestion et le bien- être. Par ailleurs, face à la pandémie, l’État pose le fardeau des connaissances sur les épaules des adultes, qui doivent respecter les consignes, se débrouiller pour trouver l’information, acquérir de nouvelles compétences, etc. En quelque sorte, l’État nationalise les exigences de connaissances, 3 4 5 6 1
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https://www.challengeu.ca/ https://edshelf.com/tool/youtube-edu/ https://www.futura-sciences.com/tech/definitions/internet-youtube-16495/ https://www.edx.org/school/microsoft https://press.edx.org/edx-microsoft-viva Entrevue Daniel Baril, ICÉA, 8 février 2021
Pourtant, toutes ces technologies peuvent être utilisées pour le bien commun (par exemple Wikipédia qui est gratuit, où des spécialistes partagent leur savoir). Le message central de M. Baril : « On a maintenant tous les moyens à notre disposition… technologiques, pédagogiques, pour répondre aux besoins de tout le monde. La question, ce n’est pas les moyens, mais politiquement qu’est-ce qu’on en fait, comment on les mobilise? Comment harnacher ces moyens au profit de tout le monde?6 ». t
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Le télétravail :
Protégera-t-il NOS FOYERS ET NOS DROITS? Par Matthias Sturm // Doctorant en éducation, Université Simon Fraser
Depuis le début de la pandémie, le télétravail est au centre d’une lutte culturelle d’importance nationale. Mais le télétravail existe depuis un certain temps. Le terme telework a été inventé par Jack Nilles en 1973. On parle de télétravail si on « déplace le travail vers le travailleur au lieu de l’inverse1 ». Il s’agit de tout travail au dehors des lieux des entreprises à cause de la COVID, surtout à la maison. De plus, ce n’est pas la première fois qu’une technologie change nos vies si profondément. Il n’y a pas si longtemps, la télévision est entrée dans nos foyers, a changé la disposition des meubles et est restée pour de bon. Aujourd’hui, le télétravail perturbe nos vies quotidiennes de la même façon et plus encore. Comment nos foyers et nos droits seront-ils affectés par les changements causés par le télé travail? Nous avons déjà créé des espaces de bureau là où il n’y en avait pas. Pour plusieurs, la table de cuisine est devenue un endroit de travail et de formation.
Jack M. Nilles. Managing Telework: Strategies for Managing the Virtual Workforce. Wiley, 1998
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LE TERME TELEWORK A ÉTÉ INVENTÉ PAR JACK NILLES EN 1973. ON PARLE DE TÉLÉTRAVAIL SI ON « DÉPLACE LE TRAVAIL VERS LE TRAVAILLEUR AU LIEU DE L’INVERSE ». ALLER DROIT AU TRAVAIL D’une part, des télétravailleurs et télétravailleuses (74 %) affirment que leur gestionnaire a établi des attentes claires concernant le télétravail. L’un des défis est lié au stress, surtout chez les femmes (38 % ont signalé une hausse de leur niveau de stress, par rapport à 29 % des hommes). Dans le cas des télétravailleurs et télétravailleuses qui ont des enfants à la maison, 16 % affirment trouver difficile d’équilibrer le travail et les responsabilités parentales2. Mais « l’usage des outils de télétravail, bien que menaçant pour l’équilibre vie professionnelle/vie privée est apprécié car il facilite le travail en équipe et la collaboration3 ». D’autre part, l’automatisation est le résultat d’une tentative d’atténuer les taux élevés de la COVID parmi les travailleurs et travailleuses d’usine. « Malgré certains des avantages incontestables de l’automatisation, la simple adoption d’une approche axée sur la technologie visant à remplacer toutes les opérations manuelles par des robots n’est pas une solution viable… Le paradoxe de l’automatisation, également connu sous le nom de paradoxe de la technologie, se produit lorsque l’introduction d’un système automatisé va alourdir, et non réduire, la charge de travail et les responsabilités de l’opérateur humain4 ». Des compétences spécifiques, la supervision et des interventions sont souvent nécessaires.
UN BIAIS SYSTÉMIQUE Ces jours-ci, on lit régulièrement que le virus n’agit pas d’une manière discriminatoire parce qu’il ne fait pas la distinction entre une personne et une autre. Mais le virus se sert du biais systémique qui profite aux plus privilégiés parce que ceux qui sont moins privilégiés sont plus susceptibles de le contracter. Les inégalités sociales peuvent se manifester de plusieurs manières malgré l’augmentation du télétravail pendant la pandémie, en particulier chez les gens des centres d’alphabétisation et de formation de base (AFB) qui peuvent être plus touchés que d’autres.
Par exemple, les travailleurs et travailleuses essentiels et à faible revenu sont plus exposés au risque du virus et plusieurs ont perdu leurs emplois dans des secteurs limités à cause des restrictions du confinement ou d’insolvabilité. De plus, le clivage culturel et racial fait des ravages chez les travailleurs et travailleuses qui exercent un travail précaire. Les travailleurs et travailleuses à faible revenu pourraient être les plus affectés. Ce sont « les gens qui gagnent bien leur vie [comme] des cadres, des professionnels ou encore des gestionnaires, qui peuvent travailler de la maison. Par contre, les plus petits salariés, qui travaillent souvent dans des magasins ou des usines, peuvent difficilement faire du télétravail5 ». Les sondages qui nous renseignent sur les taux d’acceptation élevés du télétravail ne sont peut-être pas fiables à cause de la représentation inégale de ceux qui ont des défis d’accès numérique et ne peuvent remplir les sondages qui se font de plus en plus en ligne.
TOUT DROIT – À LA FORMATION! Selon Statistique Canada, seulement quelque 40 % des Canadiens et Canadiennes occupent des emplois pouvant être exercés à domicile et le fait d’occuper un tel emploi « réduit la probabilité de subir un arrêt de travail et diminue donc l’incertitude du revenu6 ». Les personnes apprenantes des centres d’AFB vivent souvent des situations précaires, dans des espa ces restreints. C’est à dire qu’ils doivent partager l’accès limité aux outils et connexions numériques avec d’autres membres de la famille, quelquefois des familles multigénérationnelles. Si la pandémie est en train de changer nos espaces, moyens, et manières au travail, la formation des adultes devrait aussi se servir davantage de la prestation mixte et à distance. Selon Randstad, entreprise de services en ressources humaines, les 15 emplois les plus recherchés en 2021 au Canada sont : adjoint administratif, infirmier autorisé, développeur de logiciel, représentant du service à la clientèle, journalier, marchan diseur de biens de consommation, associé aux ventes, chargé de projet, comptable, conducteur, soudeur, gestionnaire aux
ADP Canada. « Les Canadiens ont des sentiments mitigés concernant le télétravail durant la crise de la COVID-19 », [En ligne], le 13 mai 2020. [https://www.adp.ca/fr-ca/ressources/articles-et-perspectives/articles/c/les-canadiens-ont-des-sentiments-mitiges-concernant-le-teletravail-durant-la-crise-de-la-covid-19.aspx]. 3 BARTH Isabelle, Daria PLOTKINA et Delphine THEURELLE-STEIN. « Comment le confinement transforme les « soft skills » », La Conversation, [En ligne], le 23 avril 2020. [https://theconversation.com/comment-le-confinement-transforme-les-soft-skills-118495]. 4 BIONDI, Francesco. « COVID-19 has fuelled automation - but human involvement is still essential », La Conversation, [En ligne], le 7 février 2020. [https://theconversation.com/covid-19-hasfuelled-automation-but-human-involvement-is-still-essential-153715]. (Disponible en anglais) 5 BEAUDOIN, Danielle. « Quand le télétravail rime avec désastre et bombe à retardement, 25 octobre 2020 », Radio-Canada INFO, [En ligne], le 25 octobre 2020. [https://ici.radio-canada.ca/ nouvelle/1743199/emploi-pandemie-productivite-hausse-inegalites-nicholas-bloom]. 6 MESSACAR Derek, René MORISSETTE et Zechuan DENG. « Inégalités en matière de faisabilité du travail à domicile pendant et après la COVID-19 », Statistique Canada, [En ligne], le 23 juin 2020. [https://www150.statcan.gc.ca/n1/pub/45-28-0001/2020001/article/00029-fra.htm]. 2
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SELON STATISTIQUE CANADA, SEULEMENT QUELQUE 40 % DES CANADIENS ET CANADIENNES OCCUPENT DES EMPLOIS POUVANT ÊTRE EXERCÉS À DOMICILE ET LE FAIT D’OCCUPER UN TEL EMPLOI « RÉDUIT LA PROBABILITÉ DE SUBIR UN ARRÊT DE TRAVAIL ET DIMINUE DONC L’INCERTITUDE DU REVENU ». ressources humaines, commis aux comptes fournisseurs et aux comptes clients, ingénieur électricien, et conseiller financier7. La plupart des études au Québec démontrent qu’au moins la moitié des entreprises veulent continuer le télétravail à mi-temps après la fin de la pandémie8.
parce qu’ils permettent d’apprendre chez soi. Dans les petites communautés, les personnes apprenantes peuvent se rencontrer virtuellement sans le stigmate d’être identifiées comme des gens qui cherchent l’aide des centres d’AFB. En plus, ils peuvent participer au travail en groupe sans vidéo et en utilisant un pseudonyme10. Quelques formateurs et formatrices ont travaillé à domicile pendant la pandémie. Beaucoup ont travaillé sans relâche à développer de nouvelles approches pour l’enseignement à distance. La prestation de programmes mixtes pourrait non seulement inclure l’apprentissage en ligne, mais aussi le soutien aux personnes apprenantes en dehors du lieu des centres d’AFB après la pandémie, comme le concept de télé travail l’a d’abord postulé. t
Ces développements présentent des occasions aux centres d’AFB de se servir des technologies et de la formation en ligne quand cela est possible. Les approches d’apprentissage mixtes offrent des opportunités d’intégrer la demande de nouvelles compétences, mais peuvent également atténuer les effets du manque d’accès numérique. Pour la prestation de programmes en ligne mixtes, il est conseillé de s’appuyer sur le principe de Trucano selon lequel « la meilleure technologie est celle que vous avez déjà, que vous savez utiliser et que vous pouvez vous permettre9 ». Les outils virtuels ont un autre avantage Randstad. « Les 15 emplois les plus en demande en 2021 au Canada », [En ligne] [https://www.randstad.ca/fr/emplois-en-demande/15-emplois-en-demande/]. (Consulté Février 2021). LEDUC, Denis. « Après la COVID, le télétravail à temps partiel », Ici Bas-Saint-Laurent, [En ligne] le 8 septembre 2020. [https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1731628/teletravail-avenir-telus-rimouski-pme-travail-maison-bureau]. 9 TRUCANO, Michael. « 10 principles to consider when introducing ICTs into remote, low-income educational environments », World Bank Blogs, [En ligne] le 8 juillet 2013. [https://blogs.worldbank.org/edutech/10-principles-consider-when-introducing-icts-remote-low-income-educational-environments]. (Disponible en anglais) 10 PORTER Paul et Matthias STURM. « Combler les grands fossés : L’apprentissage flexible et à distance dans la formation de base des adultes», Rapport de recherche pour le programme d’Alphabétisation et Formation de base (AFB) de l’Ontario, [En ligne] 2006. [http://www.bdaa.ca/biblio/recherche/fosses/fosses.pdf]. 7 8
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PROMOUVOIR L’EMPLOI, c’est une question
DE PROSPÉRITÉ ÉCONOMIQUE ET DE JUSTICE SOCIALE Par Susanne Bergmann // Rédactrice pigiste
Ces propos de la sénatrice et économiste Diane Bellemare illustrent bien que l’emploi est au centre de ses priorités. Sénatrice depuis 2012, elle siège depuis 2016 à titre de séna trice indépendante (affiliée à aucun parti politique). Nous avons eu l’occasion de nous entretenir avec elle lors d’une entrevue réalisée le 2 février 2021, pour connaitre l’origine du sondage1 effectué pour son compte en 2019 et ses observations à la suite de deux tables rondes qu’elle a organisées portant sur l’emploi et les compétences. L’objectif du sondage était de mieux connaitre les perceptions et les besoins des Canadiennes et Canadiens face aux conséquences des changements technologiques sur leur emploi, leur volonté de se former ainsi que sur l’utilité d’un compte personnel de formation. Selon les prévisions de l’OCDE (l'Organisation de coopération et de développement écono miques), en moyenne d’ici les 15 à 20 prochaines années, 14 % des emplois pourraient disparaitre et 32 % des emplois pourraient être complètement transformés par l’automatisation2. Au Canada selon l’OCDE, c’est plus de 40 % des emplois qui pourraient être touchés. Les résultats du sondage de la sénatrice sont cohérents avec les prévisions de l’OCDE. La Table ronde « emploi-compétences », dont elle est l’instigatrice, représente l’événement déclencheur de ce sondage.
Selon la sénatrice, la collaboration, soit le « dialogue social » entre les divers acteurs (les principaux décideurs patronaux, syndicaux, communautaires et institutionnels) est indispensable pour atteindre l’objectif commun : la promotion de l’emploi. Au Canada, il existe un grand écart entre les objectifs, les perspectives et la possibilité de faire les choses. La sénatrice a donc réuni les acteurs clés pour discuter de ces enjeux. Pour vérifier les faits, elle a commandé un sondage pour connaitre les besoins réels par rapport à ceux qu’évoquait l’OCDE. Selon la sénatrice, il ne s’agit pas forcément des compétences apprises à l’école puisque la mise à jour continuelle de nos connaissances est importante. Par conséquent, elle envisage de promouvoir l’élaboration d’une stratégie commune, puisque les besoins de formation sont présents partout au Canada! Cette vision commune devrait être centrée sur l’appren tissage continu tout au long de notre vie. Il est fondamental de posséder un cadre de compétences communes. Son sondage révèle que 17,7 % des répondants ayant un emploi pensent qu’il est probable ou peu probable que des changements technologiques menacent leur emploi. Cela représente environ 3,4 millions de Canadiens. Par ailleurs, 34,8 % des répondants ayant un emploi pensent qu’il est probable ou peu probable que des changements technologiques affecteront leurs tâches de travail et qu’ils auront besoin de formation3.
Voir : https://dianebellemaresen.ca/application/files/8915/8100/7328/Communique_Sondage2020_Francais_Final.pdf OCDE. « Agir maintenant pour bâtir un avenir où chacun aura sa place », [En ligne] le 8 septembre 2020. [http://www.oecd.org/employment-outlook/2019/index-fr.html]. 3 Le sondage a été exécuté par la firme Nanos pour le compte de la Sénatrice Bellemare. Il s’agit d’un sondage hybride (par téléphone et en ligne) dans le cadre d’un sondage omnibus mené de façon aléatoire auprès de 1 010 Canadiens et Canadiennes, âgés de 18 ans et plus, entre le 29 novembre et le 2 décembre 2019. Il se trouve ici : https://dianebellemaresen.ca/application/ files/2615/8100/7394/VF_28-01-2020_-_Francais_-_Presentation_Sondage_Nanos.pdf 1
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« LES COMPÉTENCES SONT LA MONNAIE DU FUTUR » Le besoin de formation est également illustré par un autre résultat du sondage qui révèle que des millions de Canadiens et Canadiennes pensent devoir améliorer certaines compé tences essentielles comme leurs habiletés en lecture (10,5 % ou 2,1 millions), leurs compétences en mathématiques (26,4 % ou 5,4 millions) ainsi que leurs compétences en informatique (48,4 % ou 9,9 millions). En outre, plus de 45 % des répondants estiment qu’ils devraient suivre une formation pour améliorer leurs compétences professionnelles (46,3 % ou 9,4 millions). Les gens réalisent que ces compétences peuvent leur servir à s’adapter aux nouvelles réalités professionnelles. Le défi est de parler le même langage en termes de compétences! Voilà pourquoi Diane Bellemare évoque l’idée d’établir et de promouvoir un cadre de références de compétences national pour offrir des repères aux gens afin qu’ils mettent à jour leurs compéten ces. En dépit de ce qu’en disent les opposants, l’investissement social est rentable! Au contraire, il est primordial de bâtir une stratégie commune, le système canadien étant décentralisé : les provinces s’occupent de l’éducation mais c’est le fédéral qui a les moyens financiers. Ainsi, ce cadre permettrait de parler le même langage et ferait progresser cette cause.
UTILITÉ D'UN COMPTE PERSONNEL DE FORMATION Plus de la moitié des répondants pensent qu’un compte personnel de formation auquel le gouvernement et/ou l’employeur contribuerait serait utile pour accroitre la formation et 40,5 % d’entre eux sont prêts à y cotiser. Par ailleurs, un sondage mené en 2014 par la sénatrice Bellemare révélait qu’une vaste majorité de Canadiens (83 %) serait très ou assez intéressée à suivre une formation pour développer leurs compétences si cette dernière était financée par l’assurance-emploi. Il y a encore beaucoup de réflexion à faire sur ce sujet selon un sondage réalisé par la sénatrice. D’après ce sondage de 2019, 56,4 % des répondants, soit environ 11,4 millions de Canadiens actifs, souhaitent suivre de la formation. Parmi ceux qui sou haitent recevoir une formation, 40,4 %, soit environ 4,6 millions de Canadiens actifs, n’ont pas les moyens ou le temps d’en suivre une. Il est donc essentiel de créer un dialogue social entre les divers partenaires.
définir ensemble les contours d’une stratégie canadienne en matière de formation4 », conclut la sénatrice Bellemare. La deuxième table ronde « Emplois-compétences » a eu lieu le 27 mai 20205, virtuellement cette fois, réunissant presqu’autant de participants. La transformation de l’assurance-emploi est primordiale pour tous les participants, surtout dans le contexte actuel, pour refléter les nouvelles réalités du marché du travail canadien. Selon le communiqué6 et les énoncés de la sénatrice, les participants à cette table ronde demandent aux gouvernements d’investir dans la formation de la main d’œuvre. Il est également important de définir et de mettre en œuvre des politiques d’emploi efficaces. La sénatrice Bellemare se réjouit que tous se soient mis d’accord afin de poursuivre le dialogue social dans le contexte de la Commission de l’assurance- emploi, avec la participation active des Commissaires représentant les travailleurs et les employeurs. L’une des conclusions du sondage établit que des millions de Canadiennes et de Canadiens considèrent avoir besoin de formation et souhaitent parfaire leurs compétences pour s’adapter et profiter des changements technologiques à venir. En terminant, la sénatrice Bellemare souhaite fortement que des consultations et la transformation de l’assurance-emploi se concrétisent. Selon elle, la pandémie a accentué les inégalités, surtout chez les femmes, les jeunes, les Autochtones, les immi grants et les personnes ayant un faible taux d’alphabétisme. « Il est temps d’agir pour mettre en place des stratégies de formation tout au long de la vie qui permettront à tous les Canadiens et Canadiennes de profiter pleinement des technologies nouvelles et de s’adapter aux changements écono miques incessants. Il en va de la prospérité de tous les Canadiens » a affirmé la sénatrice Diane Bellemare7. t
DIALOGUE SOCIAL La première table ronde « emploi-compétences » a eu lieu le 31 janvier 2020, rassemblant une trentaine d’organisations syndicales, d’associations patronales ainsi que des acteurs des milieux de l’éducation et de la formation pour discuter de ces enjeux. « Cette table ronde a été bénéfique et profitable pour toutes les parties. Les participants ont convenu qu’il était impératif d’instaurer un dialogue social en la matière afin de 6 7 4
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Voir note 1. https://dianebellemaresen.ca/application/files/5215/9060/1061/FEC2_-_Communique_-_Final.pdf Ibid. Voir note 1.
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