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Atelier Ya'Hazi - Edito #1

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01 MAR 19


SUJETS

Pour ce premier édito nous irons nous perdre dans la jungle du Lycée des Métiers du Bâtiment. Il y aura aussi une présentation rapide de notre nouvelle permanence architecturale fraichement installée au coeur du village de Longoni. Nous irons ensuite à la découverte de l’histoire sucrière de Mayotte et des vestiges présents sur le site du lycée. Enfin , comme pour chaque édito «le p’tit plus» sur la culture mahoraise ou les actualités.

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- LE PROJET

LA JUNGLE C’est en se frayant un chemin à travers des touffes épaisses et denses de végétation, en se frayant un chemin à travers un patchwork d’essences plus exotiques les unes que les autres que nous découvrons le beau et vaste site du Lycée des Métiers du Bâtiment. Il était une forêt, il était une jungle. C’est une réelle immersion et déconnexion, plongés dans ce vert intense. Entre ruines et vestiges d’une ancienne usine sucrière, nous découvrons ce lieu. C’est un lieu qui vit, la population

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cultive, les animaux broutent, tout y est vivant. Parsemé d’arbres fruitiers il apparaît comme une vraie nourricière. En cette saison des pluies, plus rien n’arrête les plantes de pousser, et à chaque nouvelle visite, c’est une nouvelle découverte. Jamais la même vision ni le même regard sur ce qui acceuillera bientôt un Lycée de plus de 1800 élèves. N’essayez plus de vous répérer aux photos, ou alors ne repérez que l’arbre sur la photo et anticipez les lianes et fougères qui le camoufleront sûrement.

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MANGUIER - Mangifera indica

BANANIER - Musa

ARBRE A PAIN - Artocarpus altilis

JACQUIER - Artocarpus heterophyllus

ORANGER - Citrus X sinensis

COCOTIER - Cocos nucifera

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CITRONNIER - Citrus X limon

TAMARINIER - Tamarindus indica

BADAMIER - Terminalia catappa

PALMIER - Arecaceae

PAPAYER - Carica papaya

FIGUIER SYCOMORE - Ficus sycomorus

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- LA PERMANENCE

PREMIERS PA S Après quelques semaines de bricolage, d’achats et de confection de listes en tout genre nous voilà presque prêt à l’Atelier Ya Hazi. Notre petite permanence architecturale trouve peu à peu sa place dans la village de Longoni. Les voisins commencent à bien nous connaitre et l’intégration se fait tout doucement. Premiers jours sans évier, une baignoire perçée et une douche cascade, les propriétaires ont vite réagi et nous avons pu les inviter à manger un goûter et cuisiner un plat local pour les remercier. L’emplacement est idéal, nous sommes juste au dessus de l’école primaire du village et visiblement l’attraction des enfants du quartier qui s’amuse à nous appeler depuis la rue. L’espace prend forme, aidé par Axel un stagiaire présent jusqu’en Juin nous nous lançons dans la conception d’une maquette au 200 de quoi nous occuper quelques temps.

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- LES DECOUVERTES

L’histoire industrielle mahoraise est celle de la transformation des produits agricoles en produits semifinis adaptés à l’exportation.

LES VE T Sur 150 ans, se sont succèdés trois cycles productifs avec; le sucre ( 18451900) puis la vanille, le café et les plantes à parfums pour finalement se resserer sur deux produits dits «d’excellence» la vanille et l’ylang (1950-2000). Des industries spécifiques transforment sur place ces productions agricoles destinées aux marchés métropolitains. Les bâtiments usiniers sont construits pour la plus grande partie avec des matériaux importés de métropole; on y retrouve des pierres de taille, de la tôle et des tuiles de toiture mais on y retrouve aussi des ressources locales comme les moellons basaltiques et la chaux corallienne (issue de blocs de corail retirés du lagon).

Quinze usines sont construites entre 1845 et 1890 : - Hajangua (1850) - Combani (1860) - Soulou (1850) - Dembéni (1862) - Kawéni (1850) - Kangani (1882) - Tsoundzou (1852) - Miréréni (1883) - Dzoumogné (1858) - Doujani - Longoni (1860) - Bangouéni - Benjoni - Coconi. - Cavani

Usine sucrière de Dzoumogné LE YA’HAZINE

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LES USINES SUCRIERES «Les premiers colons sont Nantais pour la plupart et adossés à des spéculateurs métropolitains ou réunionnais [...] Une telle prolifération montre les enjeux spéculatifs de la fièvre sucrière, et inspire une cause de son échec à l’échelle d’une île de 354 km2 : le surinvestissement dans les capacités usinières et leur mise en concurrence.»

1883-1885: Crise qui marque le début d’un déclin rapide du secteur. Les plantations mahoraises sont affectées par la concurrence des betteraviers européens et des plantations caribéennes.. Seuls 2 établissements, Combani et Dzoumogné poursuivent durablement leur activité sucrière en complément d’autres productions.

S - TIGES 1846 : L’esclavage est précocement aboli à Mayotte. «Les planteurs recrutent leur main d’œuvre au Mozambique, à Madagascar ou aux Comores via les boutres négriers de Zanzibar, car la population autochtone est quantitativement insuffisante. Il y aura exploitation, abus et violences tragiques, qui alimenteront la mémoire confuse d’un esclavagisme colonial européen.»

1943: Combani arrête de produire du sucre 1955: Dzoumogné arrête à son tour

«l’usure du moulin sans pièces de rechange, l’augmentation par l’exécutif territorial comorien des droits de douanes sur les produits exportés, l’augmentation légale des salaires achèvent alors de ruiner l’activité désormais non-rentable. Entre-temps, les planteurs se sont orientés vers une diversification des productions agricoles ou agroindutrielles, avec le girofle, le café, le cacao, le coprah, le sisal, et surtout la vanille et la distillation des essences à parfums, tandis que leurs installations sucrières sont transformées ou laissées à l’abandon.» 7 cheminées sucrières sont aujourd’hui encore debout : à Dzoumogné, Soulou, Hajangua, Kawéni, Miréréni, et Longoni.

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- LE P’TIT PLUS

LEXIQUE Banga: Habitation à une pièce. Traditionnellement le Banga est occupé par les jeunes hommes, qui quittent le domicile familial dès la puberté pour s’installer dans leur banga sur la parcelle familiale. Le Banga peut-être occupé par une personne agée ou un célibataire Anciennement de terre et bois, aujourd’hui construit en tôle ce mot n’es tplus connoté de la même manière et résonne plus avec bidonville et habitat précaire.

Fundi: Littéralement, l’homme qui sait et qui peut enseigner son savoir. Le maître d’école, l’imam ou le maçon. Le fundi n’est pas forcément un professionnel, c’est sa compétence qui est signifiée. Dans les métiers du bâtiment, les fundis sont les artisans du village.

Cadi: Magistrat musulman. Il remplit ses fonctions tant civiles, judiciaires que religieuses. Ses arbitrages sont reconnus pour l’application du droit coutumier. La «normalisation» en cours sur l’île limitte de plus en plus l’importance du droit coutumier et de ses juges.

Shanza: Le shanza désigne à la fois la parcelle et l’enclos.

Kash kasi: saison humide et chaude de novembre à avril Kusi: Saison sèche, de mai à cotobre

Fuko: chambre Kanya: Grenier Dalao la kuhu: poulailler

Kwassa-kwassa: Littéralement «ça secoue» barques surchargées utilisées par la Anjouanais pour entrer illégalement sur le territoire de l’île. Cette activité risquée mais lucrative s’organise en véritable industrie à Anjouan, et la fortune de passeurs se crée sur les espoirs des candidats au départ. Les pertes en mer s’accumulent, mais restent difficilement chiffrables. Dago: Traduire le terme dago par foyer pourrait paraître déplacé dans un pays où les chaleur tropicales rendent les réunions familiales près du feu de bois relativement rare.mais Dago c’est bien l’endroit ou la famille, les amis se réunissent dans une maison, ou même à l’exterieur.

M’zungu: Métropolitain, blanc, l’occidental. Baraza: la véranda Mraba: clôture Nyumba: la case Chombo: «Un mahorais sans chombo n’est pas un mahorais» Il faut prononcer «t’chombo». C’est l’outil par excellence de tout bon mahorais, servant principalement aux tâches agricoles, il est utilisé pour tout et partout. C’est l’un des rares outils fabriqués encore exclusivement sur l’île.

Kripi: Technique de remplissage utilisant un treillis de bois qui maintient des petites pierres liaisonnées par un mortier ciment LE YA’HAZINE

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« Haraka kaina baraka »

- «La précipitation ne porte pas chance» Proverbe Mahorais LE YA’HAZINE

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