Chemins SolidaritĂŠ de
Mariste AmĂŠriques: dans les
droits des
enfants et des
jeunes 1
Chemins Solidarité de
Mariste Amériques: dans les
droits des
enfants et des
jeunes
Solidarité Mariste dans les Amériques Document de Référence
RÉSEAU INTERAMÉRICAIN DE SOLIDARITÉ MARISTE SOUS-COMMISSION INTERAMÉRICAINE DE SOLIDARITÉ GOUVERNEMENT GÉNÉRAL Supérieur Général: F. Emili Turú Vicaire Général: F. Joseph Mc Kee Conseillers Généraux: F. Antonio Ramalho F. Ernesto Sánchez F. Eugène Kabanguka F. John Klein F. Josep Soteras F. Michael De Waas F. Víctor Preciado SECRÉTARIAT DE LA MISSION
F. João Carlos do Prado – Secrétaire de la commission Mércia Maria Silva Procópio – Brésil F. Valdícer C. Fachi - Brésil Angélica Alegría Formoso – Arco Norte F. Luis Carlos Gutiérrez – Arco Norte F. Michael Flanigan – Arco Norte Ernesto Reyes – Cono Sur F. Juan Ignacio Fuentes – Cono Sur COORDINATION GÉNÉRALE DU PROCESSUS Mércia Maria Silva Procópio SOUS-COMMISSION INTERAMÉRICAINE DE SOLIDARITÉ (2007-2011) Mércia Maria Silva Procópio – Coordonatrice - Brésil Dilma Alves - Brésil F. Juan Carlos Robles - Mexique
F. João Carlos do Prado - Directeur
Mónica Linares - Argentine
F. John Klein – Conseiller délégué
Angélica Alegría Formoso – Mexique
CONSEIL PERMANENT DE LA CIAP
F. Jorge Gaio – soutien – Brésil
Président: F. Horacio J. M. Bustos – Province Croix Du Sud
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COMMISSION INTERAMÉRICAINE DE LA MISSION
F. Vicente Falqueto – soutien – Brésil
SOUS-COMMISSION INTERAMÉRICAINE DE SOLIDARITÉ (2011-2014)
F. Wellington Mousinho Medeiros – Province Du Brésil Centre Nord
Angélica Alegría Formoso – Coordonatrice - Mexique
F. Bernard Beaudin – Province Du Canada
Ma. Del Socorro Álvarez – Mexique
F. Hipólito Pérez – Province De L’amérique Centrale
F. Miguel Orlandi – Brésil Juan Carlos Pellón – Pérou
Présence Mariste en Amérique - 21 pays
Argentine
Bolivie
Brésil
Canada
Chili
Colombie
Costa Rica
Cuba
Équateur
El Salvador
États-Unis
Guatemala
Haïtí
Honduras
Mexique
Nicaragua
Paraguay
Pérou
Puerto Rico
Uruguay
Venezuela
Norandina
Brésil Centre Nord
Canada
Mexique Occidental
Santa Maria de los Andes
Brésil Centre Sud
États-Unis
Mexique Central
Amazônia (Dist.)
Paraguay (Dist.)
Rio Grande do Sul
Croix Du Sud
Amérique Centrale
5
© Institut des Frères Maristes 2012
Texte: Réseau Interaméricain de Solidarité Mariste Conception Graphique: Jackson Willians Technique, logistique et traduction: Assessoria de Comunicação Corporativa da Província Marista do Rio Grande do Sul União Marista do Brasil – UMBRASIL Design: Design de Maria www.designdemaria.com.br
International Data Catalogage (CPI) C183 Chemins de Solidarité Mariste dans les Amériques: droits des enfants et des jeunes / Sous-Commission Interaméricaine de Solidarité. – Porto Alegre: EDIPUCRS, 2013. 204 p. ISBN 978-85-397-0290-9 1. Mariste – Projets sociaux. 2. Solidarité. 3. Enfants – Aspects Sociaux. 4. Jeunes – Aspects Sociaux. I. Sous-Commission Interaméricaine de Solidarité CDD 360
Note Il est important de mentionner que ce document est le fruit du travail de collaboration de plusieurs personnes. C’est pour cela que le style de rédaction et le format des références varient tout au long du texte.
6
Table des matières Présentation
8
I. Situations de l’enfance et de la jeunesse dans les Amériques
16
2. Références institutionnelles, ecclésiales et internationales de Solidarité
60
3. Itinéraires de la Solidarité Mariste dans les Amériques
104
4. Voix et rêves des enfants et des jeunes
142
5. Principes et orientations
186
Considérations finales
198
Remerciements
199
7
Présentation Ce document est le fruit de la réflexion et de l’engagement assumés par les Provinces et Districts des Amériques qui travaillent de façon concertée et articulée en vue des droits des enfants et des jeunes du continent. Il présente la situation de l’enfance et de la jeunesse des Amériques et les références institutionnelles, ecclésiales et internationales de solidarité; il regroupe les chemins de solidarité mariste dans les Amériques; il accueille la voix des enfants, des adolescents et des jeunes; enfin, il offre quelques principes d’orientation pour la défense des droits des enfants et des jeunes des Amériques. La présentation du document a été assurée par la sous-commission interaméricaine de Solidarité (2007-2011) et il a été composé par: Mércia Maria Silva Procópio (Coordonatrice – Brésil), Dilma Alves (Brésil), Mónica Linares (Argentine), Angélica Alegría Formoso (Mexique), F. Juan Carlos Robles (Mexique), F. Vincente Falqueto (collaborateur – Brésil) et F. Jorge Gaio (collaborateur – Brésil); sous-commission de la Commission Interaméricaine de la Mission. La présentation finale et la publication par: Angélica Alegria Formoso (Coordonatrice – Mexique), María del Socorro Álvarez (Mexique), F. Miguel Orlandi (Brésil) et Juan Carlos Pellón (Pérou). Le travail de présentation du document a été possible grâce à la participation des 12 Provinces et Districts des Amériques et à l’information des 15 pays du continent. Il y eut deux rencontres continentales de solidarité qui ont compté sur la participation de dizaines de frères et de laïcs: à Belén (Brésil), en janvier 2009, et dans la ville de Mexico en juin 2011. À la rencontre de Belén, ce furent les frères Emili Turú et Juan M. Anaya qui ont accompagné le groupe. Avec la constitution du Secrétariat de la Mission, le frère Juão Carlos do Prado s’est chargé par la suite du développement du texte jusqu’à sa rédaction finale. Tout au long de son élaboration, le document a reçu l’appui de la Conférence des Provinciaux d’Amérique (CIAP), qui a encouragé le processus d’élaboration et a approuvé ses orientations générales lors de la réunion de septembre 2011, à Luján, Argentine. Cet excellent document a des antécédents: les Rencontres de Cœur Solidaire Mariste dans les Amériques.
8
• En 2004, eut lieu la 1ère Rencontre à Santa Cruz de la Sierra, Bolivie, avec la participation de quelques Provinces d’Amérique, du Bureau International de Solidarité (BIS) et de Solidarité, Éducation et Développement (SED), ayant comme objectif principal le partage des travaux, des défis et des espoirs de chaque organisme participant ainsi que la création d’un réseau de solidarité. • En 2006, à Belo Horizonte, Brésil, s’est réalisée la 2e Rencontre de Cœur Solidaire, ayant comme objectif d’élargir la connaissance de la réalité interaméricaine autour des politiques publiques de l’enfance et de la jeunesse, en réalisant une description des priorités. • La 3e Rencontre de Cœur Solidaire, réalisée dans la Province de Brésil Nord, en janvier 2009, dans la ville de Belén de Pará (ayant comme hôte le frère Claudino Falqueto) rassembla 24 frères, 21 laïques et 12 laïcs provenant de 10 Provinces et 2 Districts maristes d’Amérique, et de 3 conseillers externes. Furent également présents le frère Emili Turú et le frère Juan Anaya pour l’Administration générale; le frère Dominick Puja et la sœur Sara Panciroli pour la FMSI, des représentants de SED, frères et des laïcs des Provinces de l’Hermitage, de Compostelle, d’Ibérica et de Méditerranée. Un total de 62 participants. • La 4e Rencontre de Cœur Solidaire, réalisée dans la ville de Mexico, du 10 au 16 juin 2011 (ayant comme hôte le frère Ricardo Reynozo de la Province du Mexique Central) a travaillé sur le processus de validation du document. 48 personnes (frères, laïcs et laïques) y ont participé comme représentants de la Solidarité des Amériques, avec la présence du frère João Carlos do Prado (secrétaire de la Mission) et des représentants de la Fondation Mariste pour la Solidarité Internationale (FMSI). Il est à souligner que la 3e Rencontre de Cœur Solidaire a représenté un véritable événement historique et une étape inspiratrice dans le cheminement de la Solidarité mariste en Amérique. C’est à cette occasion que l’on a partagé les grandes lignes, les espoirs, les défis, les témoignages et les rêves des enfants, des adolescent(e)s et des jeunes des Amériques, à partir de vidéos issus des Provinces et des Districts. On a entendu les cris et les appels des populations pan-amazoniennes. On a partagé, avec d’autres organismes de l’Église et de la société civile, la foi de ce «qu’un autre monde est possible et nécessaire ». Cette troisième rencontre avait les objectifs suivants: • Identifier les réalités des enfants, des adolescents et des jeunes des Amériques. • Connaître les chemins de Solidarité mariste dans les Amériques. • Définir le but, la structure et le processus de construction du Document Mission Mariste de Solidarité dans les Amériques. 9
• Participer au Forum Social Mondial 2009, avec la présentation des activités maristes des Amériques et le dévoilement de la Mission Mariste dans les Amériques. • Participer à la rencontre organisée par la Fondation Mariste de Solidarité Internationale – FMSI Comme résultat de cette 3e rencontre, on décida des différentes sections du Document de Solidarité Mariste dans les Amériques. I. Le focus du document: les enfants, les jeunes et la solidarité mariste dans les Amériques. II. La structure du document avec ses différents chapitres: 0) Introduction; 1) Situations de l’enfance et de la jeunesse dans les Amériques; 2) Références institutionnelles, ecclésiales et internationales de Solidarité; 3) Chemins de solidarité dans les Amériques; 4) Appels et rêves des enfants et des jeunes; 5) Principes directeurs. III. La méthodologie d’élaboration du document: pour l’élaboration du document, on créa des groupes de rédaction pour chaque chapitre, comprenant des frères, des laïques et des laïcs des Provinces et Districts maristes des Amériques présents à la 3e rencontre, sous la coordination d’un des membres de la Commission organisatrice de la Rencontre de Cœur Solidaire. On présenta différentes méthodes novatrices pour être à l’écoute des enfants et des jeunes appartenant aux contextes les plus variés où il y a une présence mariste. On a reconnu leurs cris, leur rêves, leurs dénonciations, leurs espoirs et les situations de violation de leurs droits. C’est-à-dire, on a essayé de réaliser une vaste étude des réalités et des situations socio-économiques et culturelles de ces enfants et de ces jeunes dans les pays des Amériques, avec la collaboration des Provinces et des Districts. IV. Les étapes d’élaboration du document: on a réalisé les étapes suivantes pour la construction, la validation et la publication du document:
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Phases
Activités
Dates et lieux
Prévisions
Consultation des Supérieurs provinciaux des Amériques sur l’intérêt et la validation du processus d’élaboration du document.
Maison générale (Rome) 2e semestre de 2009
1ère phase
Validation de la structure du document et de l’organisation des chapitres.
Belén (Brésil)
2e phase
Travail de rédaction par les groupes interprovinciaux afin d’élaborer le contenu des chapitres. Écoute de la voix des enfants et des jeunes des Amériques.
À partir de janvier 2009, dans les différentes Provinces des Amériques
3e phase
Consolidation de la première version du document par la sous-commission interaméricaine de Solidarité.
Durant le 1er semestre 2010 (Brasilia, Brésil)
4 phase
Contribution des Provinces et Districts à la première version du document.
Durant le 2e semestre 2010, dans les différentes Provinces et Districts des Amériques
5 phase
Consolidation de la seconde version à partir des contributions reçues et planification de la 4e rencontre de Cœur Solidaire.
Février 2011, dans la ville de Mexico, réunion de la sous-commission et participation d’un représentant de chaque groupe de rédaction
6 phase
Lecture critique par des experts et incorporation des suggestions au document.
2e trimeste de 2011 dans les différentes Provinces et Districts d’Amérique
7e phase
Processus de validation du document. Présentation du document lors de la 4e rencontre de Cœur Solidaire pour l’analyser, le critiquer, l’améliorer et le valider. Construction du chapitre 5: Principes d’orientation et prévisions d’avenir.
Mexico, D.F. du 10 au 16 juin 2011
8e phase
Organigramme, traduction, édition, publication du document
En l’année 2012, au Brésil et au Mexique.
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e
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Il convient de souligner que la 4e Rencontre de Cœur Solidaire dans la ville de Mexico fut une forte expérience marquée par la mystique et la dévotion du peuple mexicain à Notre-Dame de Guadelupe ; le travail de l’élaboration du document fut remis entre ses mains. De plus, la rencontre fut marquée par la participation fraternelle et le dialogue interculturel, par d’intenses et fructueux échanges qui ont contribuer à enrichir la dernière version du document. À la fin de cette rencontre, les participants ont exprimé leur conviction que le document MISSION MARISTE DE SOLIDARITÉ DANS LES AMÉRIQUES constitue une importante contribution dans le sens de la recherche et du discernement dans lequel s’est engagé l’Institut mariste. Cet apport représente une réponse concrète aux lignes directrices du XXIe Chapitre général qui nous convoque à « voir le monde avec les yeux des enfants et des jeunes pauvres » et à « être des experts dans l’évangélisation des enfants et des jeunes, et des experts dans la défense de leurs droits ». À partir des suggestions des participants de la 4e Rencontre de Cœur Solidaire, le document a pris le titre final suivant: « Chemin de Solidarité Mariste dans les Amériques: enfants et jeunes ayant des droits ». En août 2011, on finalisa la version qui fut ensuite présentée à la Conférence Interaméricaine des Provinciaux (CIAP) réunis à Lujan, Argentine. L’ultipe étape du processus de publication, réalisée par la nouvelle sous-commission interaméricaine de solidarité, a été lancée au cours du premier semestre de 2012. Il est à souligner la grande importance qu’a la description des « principes directeurs » qui soustendent l’action, les choix et les voies de la solidarité mariste dans les Amériques. Ce sont sept principes qui, développés dans le document final, se présentent – en cohérence avec les chapitres précédents – comme une boussole qui montre le chemin à suivre, c’est-à-dire qu’ils présentent un progamme de vie qui doit s’incarner dans nos projets personnels et institutionnels si l’on veut être fidèle à l’Esprit de Dieu et à la réalité du monde. Ces principes sont: • Vers une terre nouvelle: principes qui favorisent l’élaboration de nouveaux chemins de solidarité, de nouveaux rêves et de nouvelles présences (ouverture et attention, dialogues avec de nouveaux partenaires, participation à des expériences significatives, présence prophétique avec les marginaux…) • Avec les Montagne d’aujourd’hui: principes qui font référence à l’idée que les enfants et les jeunes ont des droits, à l’écoute de leurs appels et à l’engagement face à leur vulnérabilité (contribution des enfants et des jeunes, renforcement de leur estime de soi, promotion de l’exercice de leurs droits…)
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• Avec les peuples des Amériques: principes qui valorisent la diversité culturelle, la pluratlité des contextes et qui répondent au défi de dépasser les inégalités sociales (valorisation des différentes identités, dialogue avec les cultures d’ajourd’hui, engagement dans la lutte des peuples indigènes et autres exclus, éradication de la pauvreté…) • Promotion de « la vie en abondance » (Jn 10, 10): principes qui présentent Jésus comme centre de la mission, la solidarité comme engagement évangélique, la vie sous toutes ses formes (profonde expérience spirituelle, travail pour le bonheur de tous, dénonciation des structures qui menacent la vie, recherche de nouvelles façons d’éduquer et d’évangéliser…) • Avec Marie, chant du Magnificat: des principes qui mettent en évidence la dimension prophétique et mariale de la solidarité (écoute de la Parole, disponibilité à la volonté de Dieu, foi dans le Dieu de la vie et de la miséricorde, être le visage de Marie…) • Dans le réseau de solidarité: principes qui renvoient à l’action en réseau et à la défense des politiques publiques en vue de la promotion et de la défense des droit des enfants et des jeunes (coopération entre les unités administratives, collaboration réciproque avec le FMSI, participation aux réseaux de l’Église et de la société civile…) • Nous sommes Champagnat dans les Amériques: principes qui invitent à vivre un style de solidarité qui s’harmonise avec celui de saint Marcellin (priorité aux besoins et aux urgences des enfants et des jeunes pauvres, développement de méthodologie adéquates, insertion de la solidarité dans le projet éducatif des unités administratives, défense du droit à une éducation complète et de qualité, harmonisation cohérente de l’idéal mariste et de la gestion administrative…) Une plus grande prise de conscience que « nous sommes Champagnat » pour les enfants et pour les jeunes nous donne la capacité de travailler de façon plus engagée pour la dignité humaine, spécialement en faveur des plus vulnérables au plan social et historique. Notre cœur de mariste bat au rythme du « cœur de Champagnat » pour qui aucun effort ne s’avérait impossible quand il s’agissait des pauvres et des laissés pour compte. Comme lui, nous croyons en notre capacité de dépasser et de changer la réalité, en ayant comme objectif l’effort conscient et constant de nous « engager à regarder le monde avec les yeux des enfants pauvres, afin de changer notre cœur et nos attitudes comme le fit Marie » (XXIe Chapitre général). C’est l’Esprit qui, de façon évidente, a poussé les maristes à approfondir la valeur de la solidarité, particulièrement mise en valeur par les XXe et XXIe Chapitres généraux. Dans l’introduction au
13
document « Choisissons la vie » (XXe C.G. 2001). Quand on réfléchit sur le monde d’aujourd’hui, on devine la figure de Marcellin Champagnat « comme un père qui prend soin de ses frères comme s’ils étaient ses enfants; un homme plein de vigueur et de tendresse qui sait semer la joie et la bonne humeur: un cœur à la fois maternel et paternel » (n° 15). C’est que la vie de Marcellin a été une expression continuelle d’amour et de tendresse envers les frères, envers les pauvres et les laissés pour compte, envers les enfants et les jeunes sans possibilité d’instruction, lésés dans leurs droits. La spiritualité de Marcellin s’exprimait dans sa mission. Comme lui, frères et laïcs « nous nous apprêtons à porter le don de l’éducation et de la présence maristes dans des lieux et des situations qui, peut-être, nous obligent à abandonner toute sécurité et même à risquer notre vie (AR n° 155). L’appel central du XXIe Chapitre général: « Avec Marie, partez en hâte vers une terre nouvelle » nous pousse à une présence « fortement significative » parmi les enfants et les jeunes pauvres. Pour tout dire, on espère que ce document viendra en aide: à la réflexion personnelle et communautaire, au développement de la vocation à la solidarité de ceux qui sentent la joie de faire partie de la grande mission mariste, au discernement face aux options de solidarité; à la capacité de tisser, avec d’autres personnes et institutions, un réseau qui soutient la pleine dignité des plus vulnérables de notre société, à l’engagement effectif face aux rêves qui nous provoquent et, par-dessus tout, l’établissement du Royaume de Dieu qui se réalise parmi nous. Enfin, on espère qu’il viendra en aide à ceux qui veulent rester ouverts et disponibles aux nouveaux chemins, à la « terre nouvelle », aux nouvelles naissances que nous ne distinguons pas encore mais que Dieu nous a préparées. Je vous invite, chers frères, laïques et laïcs maristes des Amériques, à recevoir ce document comme un précieux texte institutionnel, point de rencontre et point de départ, qui propose des voies, des orientations, une direction, une regard partagé sur les pratiques et les points de référence sur lesquels nous voulons tendre, travailler, réfléchir, prier et vivre comme communautés maristes qui évangélisent tout en éduquant. Finalement, au nom de tous les Provinciaux et Supérieurs de District des Amériques, je veux exprimer ma profonde gratitude aux membres de la sous-commission interaméricaine de Solidarité et aux membres des équipes de rédaction pour ce travail à la fois précieux, essentiel, profond et complet; il a été réalisé avec un grand sérieux, du professionalisme et un engagement vocationnel. Un merci spécial au frère João Carlos do Prado (Directeur du Secrétariat de la Mission) pour cette grande entreprise qu’il a mené à bien.
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Le frère Emili Turú, s.g., signale, dans sa Circulaire « Il nous a donné le nom de Marie »: « Nous sommes là où nous sommes comme Institut et comme personnes; nous sommes ce que nous sommes… Qui nous offrira une vision qui nous enthousiasme pour continuer à bâtir l’avenir ? » Ce document a la fraîcheur et la nouveauté qui nous donne la vision de ce dont nous avons besoin pour continuer à travailler à bâtir un monde meilleur. Pour cela, merci à tous ceux qui ont travaillé à son élaboration, parce qu’il nous font le don d’une vision du futur qui nous stimule. Que Marie de la Guadalupe, patronne des Amériques, bénisse ce document et ses créateurs. Et que saint Marcellin Champagnat, homme au cœur sans frontières, nous aide à être toujours des semeurs d’espérance.
F. Horacio Bustos Kessler, Provincial de Cruz del Sur Coordonnateur de la CIAP
Buenos Aires (Argentine), 29 juin 2012 Solennité des Apôtres Pierre et Paul
15
1.
Situations de
l’ Enfance et de la jeunesse dans lesAmériques
Index du Chapitre 1 INTRODUCTION
18
Situation internationale à partir de la convention internationale sur les droits de l’enfant Situations socio-économiques et culturelles des politiques publiques et des violations des droits de l’enfance et des la jeunesse dans les Amériques:
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• Argentine
21
• Bolivie
24
• Brésil
27
• Canada
30
• Chili
32
• Colombie
34
• Costa Rica, Nicaragua, El Salvador et Guatemala
36
• Cuba
41
• Équateur
43
• Mexique
46
• Pérou
49
• Venezuela
52
Vision générale dans les pays des Amériques
53
17
1. SITUATIONS DE L’ENFANCE ET DE LA JEUNESSE DANS LES AMÉRIQUES INTRODUCTION 1. Le présent chapitre a pour objectif de montrer les Situations de l’enfance et de la jeunesse dans les Amériques, à partir du relevé des faits et des informations de 15 des 22 pays qui font parties des unités administratives [UA] maristes du continent. 2. Les faits furent colligés avec la collaboration des UA. Il font référence au contexte socioéconomique, aux politiques publiques et aux violations des droits humains qui existent dans ces pays. Étant donné que l’information reçue n’était pas la même dans tous les cas, il est important de mentionner qu’il représente seulement un échantillon des informations choisies avec soin. 3. Avec l’aide de conseiller spécialisé, on a réalisé une révision des faits, de même qu’une systématisation de l’essentiel. Ensuite, les textes ont été soumis à une analyse critique et à la réaction des membres du groupe de rédaction, ce qui a favorisé l’échange et les réflexions sur le thème. 4. Grâce aux nombreux échanges d’information, il fut possible de compiler des faits qui tiennent compte de la situation des droits humains de l’enfance et de la jeunesse dans les Amériques, en mettant en évidence la persistance des situations de violations inadmissibles, à la lumière de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant. 5. Dans ce cadre, l’information présentée ici se veut une aide à la réflexion et à la définition de stratégies pour une suite et pour l’élaboration d’une politique qui garantisse les droits des enfants et des jeunes. 6. Il faut signaler qu’il s’agit d’un scénario construit collectivement, à la suite de la collection de données provenant de différentes sources d’information; la recherche constante d’autres faits, analyses et ressources devient donc nécessaire pour permettre une meilleure compréhension de la situation réelle de l’enfance et de la jeunesse dans chaque pays.
18
7. Ce chapitre nous éclaire sur l’importance de l’information pour approfondir et situer les actions sociales. Il contribue aussi à renforcer la conviction qu’il faut continuer l’échange des riches expériences vécues dans les pays, en stimulant les processus de coopération et de réalisation collective. 8. Avec ce travail, nous affirmons qu’une société plus juste et plus solidaire est possible quand nous nous efforçons de faire part de nos connaissances et, par-dessus tout, de mettre ensemble nos efforts pour garantir les droits des enfants et des jeunes.
SITUATION INTERNATIONALE À PARTIR DE LA CONVENTION INTERNATIONALE SUR LES DROITS DE L’ENFANT 9. Les principes et les valeurs de la Déclaration Universelle des Droits Humains, du 10 décembre 1948, ont servi de base à l’élaboration de différents traités internationaux et à la formulation de la Doctrine de la Protection Intégrale des Nations Unies pour l’Enfance. Le 20 novembre 1989, l’Assemblé Générale des Nations Unies (ONU), par sa résolution 44/25, approuve la Convention Internationale des Droits de l’enfance, devenant le traité le plus adopté dans le monde et qui représente le premier instrument international qui tienne compte des droits humains comme une dimension plus large, inhérente à la dignité humaine et au développement intégral de tout enfant, sans aucune distinction. Parmi les principes inclus dans la convention on retrouve : le droit à la vie et à la liberté, les devoirs des parents, de la société et de l’État en faveur de l’enfance. La convention fut approuvée par tous les pays, sauf les États-Unis et la Somalie. 10. La Convention Internationale sur les Droits de l’Homme de l’ONU est devenue une référence sur la scène internationale, puisqu’elle augmente les possibilités et les responsabilités des États dans l’élaboration et le soin des droits humains afin de faciliter un travail d’ensemble, privilégiant les espaces de dialogue entre l’État et la société. 11. Le besoin d’offrir une protection intégrale à l’enfance fut reconnue dans le Pacte International des Droits Civils et Politiques, de 1966 (art. 23 et 24), et dans le Pacte International des Drois Économiques,
19
Sociaux et Culturels de la même année (art. 10), tout comme dans les statuts et les moyens appropriés des agences et des organisations internationales destinées au bien-être de l’enfance. 12. La Convention, en reconnaissant l’enfant comme ayant des droits, stipule que l’État, dans ses politiques publiques, doit être celui qui garantit ces droits. Les enfants sont considérés dans leur intégrité, comme personnes en processus de développement physique, psychologique et mental, et en cela, ils deviennent sujets de protection, de promotion et de soins spécifiques. Les intérêts et les droits de l’enfant deviennent donc prioritaires. 13. De ce cheminement naît un important processus de constitutionalisation des droits des enfants dans des pays comme le Brésil, le Venezuela, la Bolivie et l’Équateur; ou encore des cas comme l’Argentine, qui a donné un statut constitutionnel à tous les traités de droits humains sous une forme enchâssée en 1994. Il y a des pays qui ont promulgé des lois de protection intégrale, et d’autres pays qui ont créé des dispositions légales qui donnent aux enfants la responsabilité pénale de leurs actes. 14. La Convention sur les Droits de l’Enfant met en relief un autre principe qu’est celui de la participation; celui-ci consiste dans le droit à la liberté d’expression et dans le droit d’accès à l’information. Ce principe augmente la possibilité que les violations des droits de l’enfant soient effectivement dénoncées et punies, d’où l’importance de développer une meilleure perception et une meilleure attention aux besoins réels de l’enfance, en même temps qu’on lui donne le droit de promouvoir et de défendre ses propres droits. 15. Dans cet ordre d’idée, la lutte politique et idéologique pour une société plus juste demande la création de mécanismes juridiques nationaux et internationaux de protection des Droits Humains, parmi lesquels on retrouve ceux destinés à la protection de l’enfance et de la jeunesse, dans la recherche de meilleures conditions de vie et de dignité, en élargissant les perspectives présentes et futures. 16. Malgré le grand nombre de pays ayant ratifié la Convention et s’étant engagés à réaliser des efforts pour sa mise en œuvre, il y a un manque évident d’une action efficace et de la portée des résultats concrets qui assurent la garantie des droits de l’enfant. Cette situation est la conséquence du manque de politiques publiques qui contribuent à éradiquer les situations de vulnérabilité et de risque social, en refusant la construction d’une société plus juste et plus solidaire. Elle répond aussi au manque d’engagement de la part des autorités publiques pour répandre dans le public les objectifs et les buts de la Convention, ce qui représente une mise en veilleuse évidente d’un instrument qui a été approuvé. 20
Scénarios socio-économiques et culturels des politiques publiques et des violations des droits de l’enfance et de la jeunesse dans les Amériques. Argentine 17. L’Argentine a une superficie de 2.780.400 km², une population de 40.091.359 habitants et une densité démographique de 14.43 habitants par km².
Situation socio-économique et culturelle 18. On espérait que l’économie argentine sortirait de la récession en 2010, renouant avec un taux positif de croissance du Produit Intérieur Brut (PIB) autour de 2.1%. En date de 2010, le PIB nominal du pays a augmenté à 326.867$US. Depuis les 20 dernières années, 10% des plus riches reçoivent 36.4% du revenu total pendant que 10% des plus pauvres reçoivent à pein 1,3%. La différence montre clairement un pourcentage élevé de familles vulnérables, affectées par le manque au niveau de la nourriture, de la santé et du logement1. 19. Selon les données de l’Institut des Statistiques de l’UNESCO, environ 10% des enfants d’âge scolaire en Argentine ne fréquentaient pas l’école. Par ailleurs, la reprise des premières années est élevée. Selon le Ministère de l’Éducation Nationale, 245.000 élèves abandonnent l’école (2/10)2. 1 Source: Propre élaboration avec la base de données de l’Institut national des statistiques et des enquêtes (INDEC) . La Commission technique de l’assemblée interne, Association des travailleurs de l’État. (ATE) 2 En accord avec les données officielles de 2001 compilées par l’Institut national des statistiques et des enquêtes (INDEC) présentées dans son Rapport 2005.
21
20. Actuellement, le chômage est de 2,8% de la Population Économiquement Active (PAE). Dans la situation actuelle, avoir un emploi n’est pas un condition suffisante pour sortir de la pauvreté. 22% des personnes ayant un emploi (3 millions de personnes) appartiennent à une famille pauvre, en incluant 7% qui appartiennent à une famille indigente3. 21. La nouvelle loi de l’Éducation Nationale établit, parmi ses principaux articles, que l’éducation est obligatoire dans tout le pays de l’âge de 5 ans jusqu’à la fin de l’école secondaire. 14,2% de tous les moins de 18 ans (preque 2 millions) ne fréquentent pas ou n’ont pas fréquenté un établissement d’éducation4. 22. La composition ethnique de la population est très influencée par la grande vague d’immigration, principalement des Européens, majoritairement italiens et espagnols, et du métissage de ces derniers avec la population locale. Il y a d’importantes ethnies aborigènes situées dans différentes régions du pays et appartenant minoritairement à des groupes de descendants africains.
Politiques publiques 23. Le droit à l’éducation n’est pas suffisamment garanti à cause du manque d’investissement de l’État. 24. Les dépenses en assurance sociale ont enregistré les plus grands investissements durant les derniers sept ans. Ceci a amené une plus grande attention aux secteurs de l’enfance plus vulnérable en même temps qu’à l’attention aux personnes âgées, en augmentant la couverture et l’amélioration de la prestation des services et de l’ajustement de ses paramètres. 25. On suppose que les politiques de transfert des revenus en faveur des enfants et des jeunes permettent de réduire la pauvreté et l’indigence, en même temps qu’elles favorisent la consommation et contribuent à réactiver le marché intérieur. Parmi les politiques de revenus, on a prévu une allocation universelle pour les enfants de 5 à 18 ans. En ce qui concerne les jeunes, leur situation n’offre pas un avenir prometteur; le fait le plus préoccupant vient de la forte proportion de ceux qui n’étudient pas, ne travaillent pas et ne cherchent pas à s’intégrer au marché du travail. Ce sont 756.000 jeunes, dont 427.000 ont entre 20 et 24 ans5. 3 INDEC, Sur la méthodologie utilisée pour mesurer la pauvreté en Argentine. Document élaboré par la Direction nationale des Statistiques de Hogares de INDEC, mars 2003. 4 Propre élaboration de sa base de données de la Rencontre permanente de Hogares de INDEC en 2007. 5 SOSTO PÉREZ, g. ( éd.) Les Manifestations actuelles de la question sociale, UNESCO-Instituto di Tella, Buenos Aires, 2005
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26. La promulgation de la loi 26061 sur la Protection Intégrale de l’Enfance fut importante, unie à la promulgation d’autres lois, comme celles de la prohibition du travail des enfants, la prohibition et la condamnation de la traite, de l’abus et de l’exploitation sexuelle, la lutte contre la violence envers la femme, l’enfance et la famille. 27. L’insertion sociale et la diminution de la pauvreté demandent l’implantation de politiques publiques nombreuses et complémentaires. La complexité de la tâche n’admet pas des réponses partielles ou des actions isolées, mais des politiques complètes et un travail coordonné entre les ministères, les agences et les secrétariats de l’État national, provincial et local pour la conception, le financement, l’implantation, la formation de ressources humaines et l’évaluation des résultats des politiques. 28. Les politiques publiques mises en œuvre avec l’allocation universelle pour l’enfant (incluant les femmes enceintes), et l’extension de l’obligation de l’éducation au niveau secondaire ces dernières années, ont contribué à améliorer significativement certains indicateurs sociaux. Cependant, la répartition du revenu n’a pratiquement pas été modifiée. Pour changer cette inégalité, il faut de profondes réformes des structures et la mise en œuvre d’un ensemble complet des politiques de distribution et d’universalité : de l’emploi, des impôts, du logement, du revenu et des services publics, entre autres, pour renverser le schéma de concentration du revenu et améliorer les conditions de tous les citoyens, spécialement des plus vulnérables.
Violations des droits 29. Il y a des habitudes culturelles et des croyances qui continuent à justifier le travail des enfants. Les données officielles indiquent que cette problématique affecte 456.000 enfants en Argentine. Ces travaux vont de la coupe de la pelouse à la vente de produits sur la rue6. 30. La présence de jeunes en situation de prostitution dans les rues est un phénomène croissant. Il manque encore des politiques publiques coordonnées; il n’y a que des programmes isolés. 31. Les enfants de la rue sont un reflet de la réalité économique, politique et sociale du pays, et en général, leurs parents sont exclus du marché du travail. C’est ce que confime l’information du 6 Enquête sur les activités des enfants, garçons, filles, et adolescents (EANNA) réalisée dans sept états de l’Argentine par le Ministère du Travail et de la Sécurité sociale ainsi que de l’Institut national des Statistiques et enquêtes (INDEC) EN 2001
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Conseil des Droits des Enfants et des Adolescent(e)s du gouvernement de la ville de Buenos Aires (CDNNyA) sur les enfants en situation de travail des enfants recensés par le Programme pour l’Éradication du travail des enfants (PETI) qui révèle que 25,2% de ces enfants dorment dans la rue, la majorité étant des garçons entre 13 et 15 ans. 32. En Argentine, on pénalise non seulement le trafic, mais également la consommation de drogues. 80% des consommateurs sont adeptes de la marijuana, 47% de la cocaïne. Le total dépasse 100%, ce qui indique que les consommateurs ne se limitent à un seul type de drogue (poli-toxicomanie). Nous pouvons préciser que, parmi les jeunes ayant une faible formation pédagogique, 55% sont adeptes de la cocaïne et 39% de la colle7. 33. Le trafic de bébés et d’enfants provenant de familles en situations d’extrême pauvreté se rencontre dans les provinces du nord du pays, une situation propice pour les réseaux de trafiquants. Ces réseaux s’appuient sur les autorités locales qui contactent dans les quartiers les mères (plusieurs d’entre elles des adolescentes seules ou ayant de faibles liens familiaux).
Bolivie 34. La Bolivie a une superficie de 1.098.571 km², une population de 10.426.160 habitants et une densité démographique de 8,76 habitants par km².
Situation socio-économique et culturelle 35. Le PIB per capita est de 1.683,47$US. En l’an 2000, il fut de 995$US. En 2010, la croissance du de 4,5% (Fondation Jubileo). La population économiquement active (PEA) atteint 64.78% de la population dont 38% occupe un emploi temporaire ou de remplacement. Le taux de chômage dans les zones urbaines est de 10,20%. 63% des travailleurs ne sont pas qualifiés. 71% des Boliviens vivant en ville se trouvent sans emploi, sous-employés ou travaillant de façon informelle. 36. 77,29% de la population sont pauvres et 63,94% se retrouvent en situation d’extrême pauvreté. 61,79% de la population sont propriétaires. 75,46% ont accès à l’eau courante et 33,39% ont l’eau à la maison. 28,38% de la population cuisine au bois. 46,56% de la population rurale sont privés d’électricité8.
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7 Données de une note pastorale LUTZ, R.” La consommation des drogues chez les adolescents et les jeunes adultes”. Magazine Vida, San Pablo. 8 Dates de la propre élaboration prises de Informe de INE en 2010.
37. Le salaire minimum national a augmenté de 20% en 2010, atteignant 117,5$US. 38. Le taux d’alphabétisation de la population de 15 ans ou plus est de 90.74%, en zone urbaine il est de 95,93%, et 79,97% en zone rurale. La moyenne des années d’étude pour les adultes de 19 ans est de 8,61 années, soit 10,28 en zone urbaine et 5,10 en zone rurale. Le taux de fréquentation scolaire de la population de 6 à 18 ans est de 90,24%. Le taux d’abandon en 2005 était de 6%, et en 2010 de 2,1%9. 39. Le pays a l’indice de santé le plus bas en Amérique Latine, étant l’avant-dernier de la liste. La distribution des soins médicaux est assymétrique et inadéquate, les médecins sont trop nombreux dans les villes et il en manque dans les campagnes. Seulement 20% de la population a accès à la sécurité sociale. Plus de 25% des enfants de moins de trois ans souffrent de malnutrition chronique. En 2008, la couverture de vaccination des moins de 3 ans fut : poliomyélite 80,62% et polivaccin 72,22%10. 40. La Bolivie est un pays multiculturel et multilingue avec 36 peuples indigènes. Chacun a sa propre langue, ses coutumes et ses traditions ancestrales qui se confondent avec la vision occidentale apportée par les conquistadors. La Bolivie a une population indigène de 51%. Malgré tous les efforts pour améliorer la situation des peuples indigènes, ceux-ci continuent de souffrir de la marginalité et de la violation explicite de leurs droits11.
Politiques publiques 41. Le gouvernement bolivien a implanté le Plan de développement Sectoriel 2006 – 2010, assumant la responsabilité de l’état face à la santé de la population. Parmi les améliorations, on rencontre la Sécurité Universelle pour la Maternité et l’Enfance (SUMI) à qui il destine 10% des revenus de la participation populaire. Les mères enceintes ou ayant des enfants de moins de deux ans reçoivent une prime de 1.800 pesos bolivarien (250$US) tout au long de cette étape, à la condition de se soumettre, elle et l’enfant, aux contrôles médicaux périodiques. Il s’agit de la « Prime de Juana Azurduy de Padilla ». 9 Dates de la propre élaboration prises de Assemblée de Hogares de INE en 2010 10 Dates de la propre élaboration prises du Rapport de INE en 2010 11 Données prises du Rapport de CEPAL en 2005
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42. En éducation, l’école publique rejoint 91% et l’enseignement privé est de 9%. De la couverture publique, 10% correspond à la responsabilité partagée avec les institutions de l’Église et autres. Le document « Stratégie nationale pour le développement » (2005) signale des chiffres alarmants d’analphabétisation, d’abandon, de marginalité, de bas rendement académique et de mauvraise préparation des enseignants. 43. Cependant, le gouvernement actuel a consacré, depuis 2006, une prime à la persévérance scolaire, appelée « Juancito Pinto » grâce à laquelle chaque enfant qui termine l’étape de l’école primaire reçoit une prime de 200 bolivars. Le programme gouvernemental « Moi aussi je peux » pour l’éradication de l’analphabétisme a investi 36,7 millions de dollars, et a reçu la reconnaissance internationale de l’UNESCO, déclarant la Bolivie libre d’anaphabétisme.
Violation des droits 44. Selon une enquête réalisée par l’OIT (Enquête sur le Travail des Enfants 2008), 27,94% des enfants âgés de 5 à 17 ans, soit autour de 848.000 enfants, font une activité économiquement productive (rémunérée ou non). 64,85% correspond à la zone rurale et 16,96% à la zone urbaine, proportion légèrement supérieure pour les garçons par rapport aux filles. 45. Sur la base de l’Enquête Nationale de la Démographie et de la Santé (ENDSA 2003), 61% des garçons et 38% des filles ont été victimes de maltraitance physique et psychologique et 68% de ces enfants ont reçu d’autres genres de punitions non violentes, comme le retrait d’une aide financière, ou le retrait d’une activité ou d’un objet auquel ils tenaient (UDAPE / UNICEF). 46. En Bolivie, la violence sexuelle contre les enfants augmente dramatiquement. En 2001, on a enregistré 915 cas de détournement de mineur, de viol, d’attentat violent à la pudeur, de harcèlement sexuel, de pornographie et de corruption des mineurs. En 2004, on a enregistré 1.784 cas, y compris le trafic d’enfants. En 2007, les cas ont augmenté, atteignant 2.321 dénonciations (Bolivie OPAS-2009) 47. Il y a environ 2.300 enfants qui vivent dans les rues de Bolivie. Il y a plusieurs causes à cette situation, mais la plus commune vient de l’abus physique ou psychologique à la maison, la négligence des parents, le manque de nourriture, l’abus sexuel. Environ 1.000 mineurs de 12 ans vivent dans des prisons avec leurs parents (UNICEF 2010).
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48. Selon une information du CELIN (Centre Latinoaméricain de Recherche Scientifique, 2008), l’incidence d’usage de drogues parmi les étudiants de 12 à 21 ans est la suivante : la consommation d’alcool arrive en tête de liste, suivie de la consommation d’autres drogues, comme la cigarette, la marijuana, les inhalations, les pâtes à base de cocaïne, la cocaïne et les hallucinogènes.¸
Brésil 49. Le Brésil a une superficie de 8.514.877 km², une population de 190.732.694 habitants et une densité démographique de 22,4 habitants par km ².
Situation socio-économique et culturelle 50. Le Brésil présente un des plus grands indices d’inégalité sociale au monde. Le PIB, en 2009, correspondait à 3.143.014,70 reals. Le pays compte 20.6 millions d’enfants de moins de 6 ans, ce qui équivaut à 11% de la population. Il s’agit de la plus grande population de cet âge d’Amérique. De ce total, plus de la moitié sont de race noire et 11.5 millions vivent dans des familles à revenu mensuel per capita inférieur à la moitié du salaire minimum de 415,00 reals (124$US)12. 51. Selon l’UNICEF, les enfants et les jeunes les plus affectés par l’inégalité sociale, la violence et l’exploitation sont les noirs, les indigènes, les prostituées et ceux ayant des déficiences physiques. 52. Selon l’UNESCO, l’éducation au Brésil, malgré l’amélioration réalisée entre 1999 et 2007, continue de présenter l’indice de reprises au niveau de l’éducation de base le plus haut de l’Amérique Latine (18,7%), très au-dessus de la moyenne mondiale (2,9%). Le haut taux d’abandon scolaire dans les premières années d’enseignement contribue à la fragilité du système d’éducation du Brésil. 13,8% des Brésiliens abandonnent leurs études durant la première année primaire. L’éducation brésilienne rencontre d’autes obstacles, comme la précarité de l’infrastructure scolaire et le peu d’heures d’enseignement en classe. 53. Le Brésil présente une riche diversité sociale, culturelle et historique et renonce à la discrimination des groupes sociaux plus vulnérables, sans accès au plein exercice de leur citoyenneté. De cette reconnaissance surgissent des tentatives d’adoption de mesures compensatoires, cherchant à accélérer le processus d’établissement de l’équité dans le cas des afro-descendants, des indigènes, des femmes et des personnes mésadaptées. 12 Source: Information sur l’état mondial de l’enfance 2008. Source: UNICEF 27
Politiques publiques 54. Le Ministère de la Santé met en œuvre différentes actions et des programmes dans le but d’accroître les services de soin de la santé et pour améliorer la qualification des professionnels dans le milieu. Parmi ces actions, nous pouvons citer : Service d’Attention Mobile d’Urgence (SAMU), augmentation de l’accès aux médicaments essentiels (Pharmacies populaires et accessibilité aux médicaments), prévention des maladies grâce à l’attention aux familles (Santé de la Famille), combat de la dengue, banque de lait humain, humanisation de l’assistance dans le réseau public, entre autres. 55. Le Ministère de l’Éducation a implanté une politique d’évaluation de la qualité de l’enseignement au moyen d’une évaluation à grande échelle. En cherchant à améliorer l’accès au niveau supérieur de l’enseignement, le Ministère de l’Éducation a mis en place, entre autre, le Programme Universitaire pour Tous (ProUni) dans le but d’offrir une bourse d’études intégrales et partielles à des étudiants en vue de l’obtention de diplômes dans des institutions privées d’enseignement supérieur. 56. La Constitution fédérale établit l’Assistance Sociale comme politique de l’État. Il existe différents programmes, parmi lesquels on retrouve celui en faveur des jeunes adolescents (Pro joven Adolescente), le programme pour combattre la violence, l’abus et l’exploitation sexuelle des enfants et des adolescents, le programme d’éradication du travail des enfants (PETI), le programme de de bourse familiale pour l’école et le bénéfice de prestation continue (BPC). 57. Malgré l’implantation de programmes gouvernementaux pour combattre le chômage et améliorer l’accès des jeunes au monde du travail, demeure le défi de promouvoir des politiques intersectorielles qui priorisent le lien entre formation humaine et technique et qui respectent les conditions des acteurs sociaux comme sujets. 58. Le Programme National de Sécurité Publique et de Santé (PRONASCI) représente une initiative inédite à la lutte contre la criminalité dans le pays. Parmi les principaux axes du PRONACI, on retrouve la valorisation des professions de sécurité publique, la restructuration du système pénitentiaire, le combat contre la corruption politique et la participation de la communauté dans la prévention de la violence.
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Violation des droits 59. Selon l’Institut Brésilien de Géographie et de Statistique (IBGE – PNAD 2007), il y a encore au Bésil environ 4,5 millions d’enfants et de jeunes qui travaillent. Dans les régions rurales, le travail des enfants prédomine en régime d’économie familiale, alors que dans les régions urbaines, la main d’œuvre des enfants et des jeunes se retrouve principalement dans le secteur informel. Les enfants participent aussi à des activités illégales à haut risque, comme la prostitution et le trafic de drogues. Le gouvernement a pris l’engagement de freiner le problème et a implanté le Plan National de Prévention et d’Éradication du Travail des Enfants. 60. En 2002, on a identifié 241 réseaux de trafic d’enfants et de jeunes et l’existence de l’exploitation sexuelle dans les rues, selon l’Enquête National sur le Trafic de Femmes, d’Enfants et de Jeunes en vue de l’Exploitation Sexuelle (PESTRAF). Parmi les défis se détache le besoin d’augmenter le nombre de professionnels et de techniciens formés et capables de travailler sur ces situations. Il revient au Comité National de Lutte à l’Exploitation, à l’Abus et à la Violence Sexuelle contre les Enfants et les Adolescents d’élaborer un plan national. 61. La gravité de la pauvreté et de la misère constitue une préoccupation permanente et oblige à réfléchir à son influence dans le cadre social, et surtout dans l’organisation de la famille. La présence des enfants de la rue est associée à la violence domestique. Plusieurs sont impliqués dans le trafic de la drogue et ont passé par des programmes sociaux sans en profiter. Ils présentent un taux élevé d’abandon scolaire. 62. En 2005, selon l’enquête réalisée par le Secrétariat National Antidrogue (SENAD), en collaboration avec le Centre Brésilen d’Information sur les Drogues (CEBRID), sur l’usage des drogues psychotropiques au Brésil, révèle que 12,3% des personnes interrogées à partir de l’âge de 12 ans sont dépendantes de la drogue. Les données indiquent que la consommation de l’alcool commence de plus en plus tôt (dès l’âge de 12 ans), ce qui nécessite la révision des moyens de contrôle et de traitement. 63. Nous pouvons affirmer que la société brésilenne accumule déjà suffisamment de connaissances sur l’adolescence, les précisions de la loi, les moyens socio-éducatifs et la formation de base et professionnelle pour affronter ces défis; cependant, la responsabilité et une attention particulière aux adolescents en conflit avec la loi demeurent un défi. 64. Il est important de souligner le rôle joué par la société civile dans l’élaboration de politiques publiques et la défense des droits de l’enfance. 29
Canada (Québec) 65. Le Canada a une superficie de 9.974.670 km², une population de 34.124.771 habitants et une densité démographique de 3,40 habitants par km².
Situation socio-économique et culturelle 66. L’éducation est gratuite et obligatoire pour toute la tranche des 5 à 16 ans. Il existe différents programmes d’éducation à la disposition des étudiants, selon leurs habiletés et leurs intérêts. 67. Depuis 1970, toute personne établie ou résidente au Québec, qui répond aux exigences de la loi, doit être couverte par la sécurité sociale. 68. En 2009, le Québec a reçu 49.489 immigrants, dont 15.355 avaient 19 ans ou moins13.
Politiques publiques 69. Il existe des prêts et bourses pour les étudiants de niveau supérieur. Il y a, entre autres initiatives, des aides financières disponibles pour les étudiants immigrants grâcre à la politique d’intégration dans les écoles et à la formation interculturelle pour la valorisation du français – la langue commune de la vie publique. On offre des services complémentaires pour la promotion et la persévérance des élèves à l’école. 70. Pour les enfants ayant des besoins d’adaptation ou d’apprentissage spéciaux, les enfants issus de milieux défavorisés et les enfants surdoués et talentueux, il y a des services adéquats. 71. Il existe différents programmes d’aide aux personnes ayant des besoins comme, par exemple : « Jeunesse en Action » qui aide les jeunes de 18 à 24 ans qui font face à des difficultés d’intégration dans le marché du travail; « Ma place sous le soleil » offre de l’aide aux jeunes parents qui reçoivent une aide financière et qui désirent retourner aux études; « Jeunesse 13 www.stat.gouv.quc.ca/donstat/demographie/migrt-poplt-ing/604.htm
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alternative » offre aux jeunes de moins de 25 ans une aide financière pour les aider à développer leur autonomie personnelle; « Programme d’appui social et professionnel pour travailleurs déplacés » prévoit un appui financier aux personnes qui ont perdu leur emploi à cause de licenciement en masse. 72. Pour prévenir la violence faite aux enfants, le gouvernement a adopté les moyens suivants : notification obligatoire aux autorités, création d’un Secrétariat à la Violence contre l’Enfance, promulgation d’un délai pour déposer une plainte d’abus sexuel sur des enfants, entr’autres. 73. Quand un jeune de 12 à 18 ans est condamné pour un crime, il y a des moyens alternatifs d’intervention appropriés pour ces cas. La communauté de référence offre des moyens de développement d’habiletés sociales dans les centres de jeunesse, puis d’une rencontre avec la victime et une évaluation.
Violation des droits 74. La Commission des Normes du Travail impose des règlement qui s’appliquent spécifiquement au travail des enfants. Un employeur ne peut engager un jeune de 16 ans qui n’est pas qualifié pour exercer cette activité ni pour travailler durant les heures de classe. L’employeur qui désire engager un jeune de 14 ans doit demander l’autorisation du parent ou du tuteur. Le travail des enfants et l’esclavage sent pratiquement inexistants au Québec. 75. Tous les ans, entre 4.000 et 5.000 jeunes sont pris en charge par les services destinés aux jeunes de la rue14. Le nombre de jeunes qui vivent dans les rues est en augmentation. Le marché du travail exige des compétences qualifiées, rendant plus difficile l’accès à un travail stable pour les personnes ayant peu de scolarité, ce qui amène un nombre significatif de personnes sans domicile fixe vivant dans la rue. 76. Les drogues sont un problème depuis un bon moment, souvent lié à la situation dans la rue. Cependant, dans d’autres contextes, le recencement d’usage de drogues dures montre une augmentation. L’âge moyen du début de consommation est 11 ans chez les enfants en situation de vulnérabilité15. 14 www.maisondepere.org/ statistiques.html 15 www.rcmp-grc.gc.ca/de-pd/index-fra.thm
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Chili 77. Le Chili a une superficie de 756.096 km², une population de 16.238.450 personnes et une densité démographique de 22,81 habitants par km².
Situation socio-économique et culturelle 78. Le Ministère de Planification du Chili, MIDEPLAN, UNICEF et Coopération pour de Développement Économique (OCDE) présentent les informations sur la situation des enfants sous quatre volets16. 79. Par rapport à la santé, l’indice national est de 0,64617 avec un bas taux de mortalité infantile (7 par 1000 naissances vivent moint d’une année, en 200918). La santé est planifiée au Chili par un service public – premier soin – assuré par les municipalités, et un deuxième système (hôpital) pour la Région Métropolitaine (Santiago). 80. Le Chili offre des conditions d’habitations assez avancées, compte tenu de la condition d’inégalité au niveau de territoire. 98% (en 2008)19 des résidences ont des conditions sanitaires adéquates.
Politiques publiques 81. Pour combattre la pauvreté, il y a une série de programmes sociaux comme Chili Solidaire (pour les familles indigentes); Chili Croître Ensemble (petite enfance) et Plan Auge (assurance santé). 82. Par le Service National de Prévention et de Réhabilitation de l’Usage des Drogues et de l’Alcool (SENDA), le gouvernement met en plance des politiques publiques dans ce secteur, en développant des programmes de prévention à la base, dans tous les milieux. Il y a aussi des actions pour le traitement, la réhabilitation et la réintégration sociale. 16 Indice sur l’enfance et l’adolescence 2008, MIDEPLAN et Observation de l’enfance et de l’adolescence. 17 http://www.unicef.cl/public/noticia/ficha.php?id=464 18 http//www.unicef.cl/unicef/public/noticia/ficha.php?id=464 19 http//datos.bancomundial.org/indicador/SH.STA.ACSN. UR/countries/CL?display=default
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83. Le gouvernement élabore actuellement un nouveau programme de la sécurité des citoyens qui relève à la fois du Premier Ministre et du Ministère de l’Intérieur.
Violation des droits 84. Au Chili, le travail des enfants, qui est une préoccupation majeure au niveau mondial sur cet aspect de l’enfance, a été mesuré avec différents instruments ces dernières années. Une enquête réalisée par le Ministère du Travail en 2003 a révélé qu’il existait environ 238.000 enfants (de 5 à 17 ans) qui travaillaient, ce qui représente 6,6% de cette tranche d’âge. D’autres sources parlent de 196.000 enfants entre 5 et 17 ans qui sont sur le marché du travail au moins une heure par semaine20. 85. Une étude faite par l’Organisation Internationale du Travail (OIT) estime qu’au Chili, au moins 3.719 enfants se retrouvent en situation d’exploitation sexuelle. Parmi les résultats publiés par le Service National des Mineurs (SENAME), il apparait que: « entre juin 2005 et mai 2006, il y a eu un total de 2.936 enfants sous la protection des 53 programmes spécialisés dans les graves situations d’abus des enfants répartis dans tout le pays21 ». 86. Selon les données de SENDA (2009), l’usage de la marijuana dans la population scolaire est de 15,1% et la pâte à base de cocaïne est de 2,6%. Quant à la consommation de l’alcool, celle-ci atteint 35%22. 87. Depuis 2005, il existe une Loi de Respondabilité Pénale de la Jeunesse qui « qui établit une distinction pour les jeunes de 14 ans, rendant possible la peine de cinq ans de prison pour les mineurs entre 14 et 16 ans et de dix ans de prison pour les mineurs de 16 et 17 ans, pour des crimes graves23. 88. Actuellement, la société civile travaille activement à amener les pouvoirs législatifs et exécutifs à promulger une Loi de Protection Intégrale des Droits des Enfants et des Adolescents, outil juridique qui adapte la législation nationale aux principes de la Convention des Droits de l’Enfant, ratifiée par l’État du Chili en 1990. 20 OIT-MIN. du Travail, Travail infantile et adolescent. Diagnostique national, résumé. htp-://www.oitchlile.clpdf/ publicaciones/tra/tra023.pdf. 21 SENAME, Synthèse de “Étude de la situation , enfance et mal traitement”. http:www.sename.cl/wsename/ otros/doc_sen ame/Sintesis_Estudio_Genero_Infancia_Maltrato.pdf 22 http://www.bibliodrogas.cl/biblioteca/digital/ESTUDUIO_ESCOLARES_FINAL.pdf. 23 RED DE ONG INFANCIA Y JUVENTUD CHILE, Infome Altenativo Chile. Réponses aux première recommandations. 33
Colombie 89. La Colombie a une superficie de 1.141.748 km², une population de 45.656.937 personnes et une densité démographie de 38.00 habitants par km².
Situation socio-économique et culturelle 90. À la fin des années quatre-vingt-dix, la Colombie a vécu une de ses plus grandes crises économiques et sociales qui a fait en sorte que, en 1999, le Produit Intérieur Brut (PIB) a chuté de 4,2%, la pauvreté modérée se situant à 58% et la pauvreté extême à 25%24. 91. Selon la prévision du recencement de l’année 2005, on estime qu’en 2010, la Colombie compterait un population totale de 45.508.205 habitants, dont 17.405.226 de moins de 19 ans25. Pour l’année 2005, 49.2% de la population se trouvait sous le seuil de pauvreté déterminé par leurs revenus, et 14.7% sous le seuil de l’indigence, avec une plus grande répartition dans la zone rurale par rapport à la zone urbaine26. 92. Pour les enfants de 12 à 15 ans, la fréquentation scolaire s’est accrue au niveau national, passant de 86,4% à 90,6%. Le taux d’analphabétisme des personnes de plus de 15 ans a atteint 6,9% en 200827. 93. La Colombie est reconnue comme multiculturelle et multilingue, étant donnée l’existence de 87 ethnies indigènes, de la population afro-colombienne et du peupe Rom ou gitan. On y parle 64 langues amérindiennes28. 1.395.623 indigènes résident dans ce pays, ce qui représente 3,43% de la population du pays; il y a 4.311.757 afro-colombiens soit 10.62%; le peuple Rom ou gintan compte 4.858 personnes, ce qui représente 0.01% de la population totale du pays29. 24 http:www.dnp.gov.co/PortalWeb/Portals/O/archivos/documentos/DDS/politica%social%20febrero.pdf. 25 DANE(=Département administratif national des statistiques) (2009) Études post recensement no. 7.Projections nationales et départementales de la population 2006-2020 26 DANE (= Département administratif national des statistiques) (2009), Études post recensement no. 7. Projections nationales et départementales de la population,2006-2020. 27 http://www.dane.gov.co/files/comunicados/cp_calidadvida_0309.pdf_pagina3. 28 DANE, Colombie, “Une nation multiculturelle. Sa diversité ethnique” Direction du recensement et démographie de DANE, Bogota,2007, p.9 29 DANE, Colombie.”Une nation multiculturelle. Sa diversité éthique” Direction du recensement et démographie de DANE, Bogota, 2007, p.35
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94. L’objectif principal de la politique de la santé est d’établir une couverture universelle d’un régime d’assurance pour 24.8 millions de personnes, ce qui correspond à la population la plus pauvre du pays, et d’augmenter de 1.5 million la couverture du régime de contribution30.
Politiques publiques 95. La politique publique face à la petite enfance arrive comme réponse à un processus de mobilisation sociale générée par la nécessité de reprendre et de donner un sens au thème de chances réelles de développement de la petite enfance. En Colombie, les Foyers Communautaires de l’Institut Colombien du Bien-Être Familial cherchent à favoriser le développement psycho-social et physique des enfants issus de familles vulnérables au plan économique, social, nutritionnel et/ou au plan affectif, grâce à des actions de formation et de renforcement de la famille31. 96. Le gouvernement a mis en marche une stratégie destinée à améliorer les conditions de vie des habitants des zones rurales, ce qui a permis l’augmentation de plus de 370.000 herctares pour l’agriculture et les forêts, répartis entre 2002 et 2006, et plus de 1.8 million de paysans furent impliqués dans des projets d’auto-consommation grâce au Réseau de Sécurité Alimentaire et Nutritionnel durant la même période32. 97. La stratégie de réduction de la pauvreté et de l’inégalité progresse grâce au renforcement et à la mise en œuvre du Système de Protection Sociale – assurance, promotion, formation du capital humain, accessibilité aux biens et, particulièrement, actions ponctuelles pour des tranches de population pauvre et vulnérable – en améliorant les processus de focalisation des programmes sociaux et en augmentant la couverture du programme Familles en Action à 1.5 million de familles. 30 http://www.dnp.gov.co/PortalWeb/O/archivos/documentos/DDS/politica%20social%20febrero.pdf. 31 Construction de la politique et mobilisation nationale. Politique pour la première enfance. Colombie pour la première enfance. p. 8 32 http://www.dnp.gov.co/PortalWeb/Portals/O/archivos/documen tos/DDS/politica%20social%20febrero.pdf.
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Violation des droits 98. Le pays s’est proposé de réduire le taux de chômage à un nombre d’un seul chiffre (actuellement 10.9%) et de diminuer le travail des enfants, spécialement sous ses pires formes. Comme stratégie, on souligne le développement d’une politique créatrice de revenu qui favorise l’esprit d’entreprise, la compétition et la formation des capacités des individus. En relation avec la petite et moyenne entreprise, on travaillera à créer des conditions nécessaires pour faciliter l’accès aux marchés financiers et promouvoir les mécanismes d’association33. 99. Sur un total de 23.447 cas enregistrés entre 1983 et 2001 en Colombie, on avait identifié 51 enfants vivant avec le VIH/SIDA entre 10 et 14 ans; 785 entre 15 et 19 ans; 3.434 jeunes entre 20 et 24 ans et 4.985 entre 25 et 29 ans34. 100. Le conflit armé que vit le pays et la lutte entre ses multiples factions sont des causes de la vulnérabilité des droits des enfants et des jeunes. Selon les chiffres de SIPOD de Action Sociale, se référant au 30 juin 2009, il y a 1.124.198 enfants entre 0 et 17 ans inscrits au registres de la population déplacée35.
Costa Rica, Nicaragua, El Salvador et Guatemala 101. Le Costa Rica a une superficie de 51.100 km², un population de 4.579.000 personnes et une densité démographique de 85.00 habitants par km². 102. Le El Salvador a une superficie de 21.041 km², une population de 5.744.103 personnes et une densité démographique de 273 habitants par km². 103. Le Guatemala a une superficie de 187.889 km², une population de 14.700.000 personnes et une densité démographique de 126 habitants par km². 104. Le Nicaragua a une superficie de 129.494 km², une population de 5.465.100 personnes et une densité démographie de 39.00 habitants par km². 33 RENTERIA, c.(éd.),Avancées et défis de la politique sociale. Département de planification nationale DNP, Bogota, 2008, p.9-10 34 http://dp.gov.co/PortalWeb/Portal/O/archivos/documentos/DDS/politica%20social%20febrero.pdf 35 CEPAL, Pauvreté infantile en Amérique Latine et Caraïbes, 2010. VIRZI,N.,Information sur les Droits Humains et les conflits en Amérique Centrale 2008-2009,2010
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Situation socio-économique et culturelle 105. Les sociétés d’Amérique Centrale sont devenues plus violentes, à cause de facteurs comme l’augmentation accentuée du chômage, la concentration élevée de la richesse et l’exclusion, ainsi que les actions que leurs gouvernements ont instaurées basées sur la violence, la militarisation, la répression des revendications sociales et l’adoption de cadres juridiques contraires aux droits humains. Dans ces pays, entre 2004 et 2007, on a enregistré 94.515 enfants (0 à 17 ans) sans aucun niveau de pauvreté36. 106. Au Costa Rica, au Nicaragua, au El Salvador, 60% de la population habitent dans les villes. Au Guatemala, c’est 50%, et 7.5% des bébés naissent sous le poids normal. Seulement 8% de la population vivent avec des installations sanitaires convenables. 107. Au Costa Rica, plus du quart des moins de 18 ans (369.996) vivent dans des conditions de pauvreté. Au El Salvador, plus de la moitié des pauvres vivent dans les villes; on rencontre 75% des jeunes entre 18 et 24 ans dans des situations urbaines précaires (Carte de la Pauvreté et de l’Exclusion Sociale : 2010). Au Guatemala, presque la moitié de la population (6.7 millions) sont des enfants de moins de 18 ans, dont 41% sont considérés comme indigènes. Dans ce pays, 66% de la population totale vivent dans des conditions de pauvreté (dans la population indigène rurale, c’est 72%). Au Nicaragua, 80.5% des enfants habitent dans des foyers. 48% d’entre eux se retrouvent dans des conditions de pauvreté. Le taux de pauvreté pour la population de 0 à 14 ans est de 56.4%. 108. En 2009, le taux d’alphabétisation de la population d’âge égal ou supérieur à 15 ans dans les quatre pays est de 82%, le Costa Rica se détache avec 95.9%37. 109. Au Costa Rica, en 2007, l’accès à l’éducation primaire était de 100% et au secondaire de 60%. Par ailleurs, le taux d’expulsion au niveau secondaire est de 11.4%. Au Guatemala, 96% sont inscrits au primaire et au El Salvador le taux de scolarisation a augment du double durant la période de 1998-2003. Il y a encore bien des défis, comme une éducation de qualité, le haut 36 GARITA. M. Amérique Centrale avec de basses notes, 2010.Rapport sur l’état des enfants et des adolescents en Costa Rica, 2008. 37 GARITA, M. Centroamérica con basses notes, 2010. Information sur l’état des enfants et adolescents au Costa Rica, 2008.
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taux de répétition des classes, l’exclusion des populations indigènes (au Guatemala, les filles indigènes fréquentent l’école en moyenne trois ans). Au Nicaragua, 26,4% des enfants de 7 à 17 ans ont une grave carence d’éducation, 75,8% d’entre eux sont pauvres38. 110. Au Guatémala et au Nicaragua, 15% des enfant travaillent et pour chaque 1000 naissances, 100 sont des mères adolescentes (entre 15 et 19 ans). Au Costa Rica et au El Savador, le pourcentage de travail des enfants est de 5,5%; le taux de naissances parmi les jeunes est de 68%. En 2008, l’Organisation internationale du Travail (OIT) estimait, pour l’Amérique Centrale, que 52% des jeunes (9,9 millions) de 15 à 24 ans étaient économiquement actifs. Il représentait un quart de la main d’œuvre totale, et 62% (4,5 millions) travaillaient dans le secteur informel. Pendant ce temps, l’autre quart de ces jeunes n’étudiaient ni ne travaillaient (2,3 millons)39.
Politiques publiques 111. « … au Guatemala et au El Salvador, ce qui marque le plus les politiques d’attention à l’enfance est la publication et l’application des lois de Protection de l’Enfance et de l’Adolescence, appelées LEPINAS. Le Nicaragua Se détache avec une action législative plus large avec la publication du Code de l’enfance, au cœur de sa politique d’attention40 ». 112. Le Costa Rica a une Politique Nationale pour l’Enfance et l’Adolescence en vue d’une protection intégrale. Elle comprend quatre niveaux : politiques sociales de base (santé, éducation, culture et autres); politique de bien-être social (aide au développement humain); politique de protection spéciale et politique de garanties. Il y a aussi un Code de l’Enfance et de l’Adolescence (1998)41. 38 UNICEF, État mondial de l’enfance,2001 (http://www.unicef.org/guatemala/spanish/panorame_18465. htm)Nicaragua , Bien-être et égalité dans l’enfance, 2005.V1 information de l’état des droits des enfants et des adolescents au Costa Rica, 2008. EDNA V- Statu de l’enfance et de l’adolescence. UNICEF. Université de Costa Rica,” L’attention et l’éducation de la première enfance en Amérique centrale: Défis et perspectives,2006”.ELVIR, A.P. ASENSIO, C.:I., “Évaluation de l’état régional sur l’implémentation de la Convention des Droits des Enfants en Amérique latine et dans les Caraïbes,2006”. Bulletin des droits humains des Nations Unis. Information sur Guatemala du rapport sur le droit à l’éducation, no. 18. 39 UNICEF, Nicaragua, bien-être et égalité dans l’enfance, 2005. État mondiale de l’enfance, 2011. OIT-SUBREGON: Jeunesse et travail décent et les liens entre le travail infantile et le travail des jeunes en Amérique Centrale et Panama, 2008. Information sur les résultats des programmes de services sociaux du Ministère de l’Éducation, 2009. 40 Politiques et pratiques de l’attention à la première enfance au Guatemala, El Salvador et Nicaragua, 2011. 41 UNICEF, Politique nationale pour l’enfance et l’adolescence au Costa Rica, 2009.
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Violation des droits 113. La violence et l’insécurité en Amérique Centrale représentent une situation très complexe. La région a un taux d’homicide supérieur à 36 pour 100.000 haitants et de hauts indices de violence, pour la majorité, ce sont des enfants et des jeunes42. 114. Au Costa Rica, seule la moitié des jeunes, entre 15 et 17 ans qui travaillent (18%) peuvent étudier. 45% d’entre eux travaillent plus de 36 heures par semaine et 29,8% travailent entre 48 et même plus de 60 heures. 22% n’ont pas de contrat de travail et 76% reçoivent un salaire. Seulement 21% des enfants indigènes ont accès au secondaire. Les jeunes entre 15 et 17 ans des zones rurales n’étudient pas, faute d’intérêt (hommes : 34,6% et femmes : 37,4%). Entre 1995 et 2006, le taux de suicide parmi les enfants et les jeunes a été en augmentant. La tranche des garçons entre 15 et 17 ans vivent des situations de violence « de 1 à 3 fois par année. » 11,8% des fillettes sont certaines d’être confrontées à des situations de violence « tous les jours ». « L’assurance-santé intégrale pour les populations qui souffrent d’exclusion sociale (personnes handicapées, indigènes et immigrants spécialement) continue d’être une des princiales ‘carences’ en matière de garantie des droits de la personne mineure. » Une étude de 2010 sur les idées préconçues a montré que 48% des personnes interrogées considèrent que les afro-descendants sont : « délinquants », « adeptes de la drogue », « violents », « paresseux », « itinérants et parfois malfaisants », parmi les réponses43. 115. Au El Salvador en 2007, du total des enfants au travail (172.588), on en rencontrait 50.000 impliqués dans les pires formes de travail des enfants. On n’a toujours pas enquêté sur la disparition de 700 enfants durant le conflit armé (1980-1992). On a sonné l’alarme sur l’augmentation de la violence à l’intérieur de la famille et de la violence sexuelle contre les enfants et les jeunes. Chaque jour, 1 enfant meurt assassiné. Entre 2009 et 2010, 3 enfants ont été agressés sexuellement, en moyenne, chaque jour. En 2010, 45% des dénonciations (938) le furent pour des enfants entre 12 et 18 ans. Des problèmes persistent, comme le haut 42 Rapport sur les droits de l’homme et les conflits en Amérique Centrale 2008-2009 43 V1 information sur l’état des droits des enfants et des adolescents au Costa Rica, 2008. UNICEF, Perceptions des habitants de Costa Rica sur la population africaine, 2010.
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taux de désertion et de renvoi de l’école, la carence du système de santé et l’absence d’une législation pénale adéquate pour les jeunes44. 116. En 2011, le Comité contre la Torture des Nations Unies a estimé que plus de 2.000 enfants, de 7 à 9 ans, étaient exploités sexuellement dans la seule capitale du Guatémala et que l’on trafique entre 1.000 et 1.500 bébés et enfants dans le pays. Il demeure 400 cas de violation des droits des enfants qui ne sont pas résolus. La Police Civile Nationale est l’une des principales organisations qui torturent les enfants, particulièrement ceux qui vivent dans la rue, spécialement, en 2006, par le Comité de surveillance pour la « pureté sociale », et qui assassinent les enfants et ceux qui vivent en marginalité. En 2008, 1.719 enfants émigrants furent renvoyés par le gouvernement du Mexique. Entre 2008 et 2009, 88% des délits commis contre les mineurs de 17 ans (53.764) sont restés impunis. Comme conséquence de l’émigration des parents, on a dénombré 640 filles entre 10 et 14 ans responsables de familles. La malnutrition chronique touche 8 enfants indigènes sur 10, plus du double de ce qui affecte le reste des enfants du pays (43,4%). Les filles indigènes entre 13 et 17 ans sont celles qui étudient le moins (3,5 ans)45. 117. Au Nicaragua, 25% et 23,4% des étudiants rejoints par la politique alimentaire, du préscolaire et du primaires respectivement, souffrent d’anémie. Et le niveau le plus élevé d’anémie se retrouvent chez les enfants de cinq ans (35%). Plus de 40% de la population n’a pas accès aux médicaments et seulement 77% des enfants ont l’éventail complet de vaccination. 59% des enfants vivent dans des milieux inadéquats, dont presque 75% sont pauvres. « Entre 2005 et 2007, les journaux ont dénoncé que 1.247 fillettes avaient été violées ou victimes d’inceste. Parmi elles, 16% s’étaient retrouvées enceintes. La grande majorité des fillettes enceintes suite à un viol (172 des 198) avaient entre 10 et 14 ans ». En 2008, le tiers des femmes avaient subi de la violence physique ou sexuelle durant sa vie. 66% de toutes les victimes de viol durant l’année était des fillettes entre 0 et 17 ans. Et 77% des cas de viol dénoncés ont pour victimes des fillettes de moins de 17 ans (295.379)46. 44 Droits des enfants et adolescents au El Salvador. Un rapport alternatif, 2009. Police nationale civile: Dans les médias, trois cas journaliers d’abus sexuels aux enfants. OREMUSA, Indicateurs de violence sexuelle, 2010. Rencontre nationale de santé familiale, 2008. PDDH, Rapport sur la convention des droits des enfants: Au Salvador, 2009. Contribution au EPU: El Salvador, 2009 45 OMCT Rapport sur l’implantation de la Convention sur les droits des enfants au Guatemala, 2001. http:// www.unicef.org/guatemala/spanish/panorama_18465. Enquête sur Remesas. Protection de l’enfance et de l’adolescence au Guatemala, 2010 46 UNICEF Nicaragua, Bien-être et équité de l’enfance. CEPLAES, Exposition de la situation de la femme et de l’enfance au Nicaragua, 2008. AI, Information sur le Nicaragua au Comité des droits des enfants, 2010. 40
Cuba 118. Cuba a une superficie de 110.860 km², une population de 11.242.621 personnes et une densité démographique de 102,30 habitants par km².
Situation socio-écnomique et culturelle 119. En 2008, Cuba avait une population de 2.506.000 habitants47 de moins de 18 ans. Ces dernières années, Cuba a obtenu des résultats positifs dans les indicateurs de la protection des enfants, étant le pays latino-américain avec la meilleure qualité de vie pour les enfants. 120. L’accès à l’éducation à Cuba est gratuit et obligatoire jusqu’à l’âge de 15 ans, et une fois terminées les études d’enseignement moyen, les jeunes ont une réelle possibilité de continuer à l’école supérieure et à l’université. 121. En octobre 2009, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a souligné, lors de sa visite dans l’île, la grande satisfaction de « voir et d’apprécier les excellents efforts du système de santé cubain, le travail de développement de l’aide primaire et communautaire, l’égalité et l’accessibilité universelle aux soins de santé ». Cuba a terminé l’année avec un taux de mortalité de 4.8 pour mille naissances; sans doute que l’amélioration de l’alimentation des enfants et des mères enceintes a été la cause de la diminution de mortalité infantile.
Politiques publiques 122. Dans le domaine de l’éducation, il y a des améliorations dans les méthodes d’enseignement, comme le mise en place d’un programme pour la diminution du nombre d’enfants par salle de classe pour atteindre une différenciation dans l’apprentissage, de même que l’augmentation du budget afin de permettre l’accessibilité à l’éducation supérieure et à l’enseignement virtuel. De plus, on a amélioré l’éducation dans les écoles spécialisées qui ont aussi bénéficié pour cela des programmes et des actions des agences comme UNICEF. 47 UNICEF, Étude mondiale de l’enfance, 2008
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On a renforcé le programme national « Instruis ton enfant », qui est une innovation pour l’éducation des enfants de la petite enfance (de 0 à 5 ans), reconnu pour son succès comme alternative d’éducation non formelle. 123. On souligne également la décentralisation des services de santé, les soins communautaires et le renforcement et la consolidation de programmes comme les maisons de maternité grâce à l’institutionalisation des initiatives existantes. Les enfants cubains jouissent de la garantie d’une couverture de soins de santé et l’accès à 10 sortes de vaccins pour les protéger contre treize maladies contagieuses. Le soin à la nutrition des enfants et des jeunes est complété par un réseau de cantines scolaires qui fournissent le dîner à tous les étudiants. 124. Cuba est considéré comme un pays qui accorde la priorité à la politique sociale avec un sens d’équité territoriale, générationelle et entre les sexes. Le modèle de développement social cubain ne met pas l’accent sur l’accroissement des recettes mais vise plutôt à donner gratuitement une série de services essentiels et de l’aide, comme le panier de nourriture de base, dans le but de garantir une meilleure qualité de vie. Le gouvernement a mis en place des programmes d’agriculture urbaine, la construction d’aqueducs pour atténuer les sécheresses, le complément alimentaire pour les enfants et les femmes enceintes de faible poids, des suppléments alimentaires pour les étudiants et des activités de coopération internationale pour le développement, des initiatives qui ont amélioré les conditions alimentaires de la population.
Violation des droits 125. La loi de la Protection du Travail et de la Santé affirme que, en aucun cas, on ne pourra travailler avant l’âge de 15 ans. De plus on insiste que, s’il y a des besoins économiques, ceux-ci seront réglés par l’actuel système d’assistance sociale qui existe dans le pays. 126. Il est important de conclure qu’à Cuba, les enfants et les jeunes ne vivent pas dans des situations dramatiques. On s’est efforcé de générer des conditions d’éducation et de nonexposition aux drogues, à la prostitution et à la violence. Bien que l’on sache qu’il existe des abus sur les enfants à l’intérieur des famille, ce type de situation doit être étudié davantage, même si les lois sont strictes contre les personnes qui commettent ces crimes.
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Équateur 127. L’Équateur a une superficie de 283.561 km², une po;ulation de 14.306.876 personnes et une densité démographique de 55,80 habitants par km².
Situation socio-économique et culturelle 128. L’économie de l’Équateur est la huitième plus grande de l’Amérique Latine et elle a connu une croissance d’en moyenne 4,6% entre 2000 et 2006. Le PIB par capita a décuplé entre 1999 et 2007, augmentant de 65.490 millions de dollars américains, selon la Banque Centrale de l’Équateur (BCE). 129. On calcule qu’environ 9 millions d’Équatoriens ont une occupation économique et quelque 1.01 million d’habitants sont sans emploi. 130. Environ 74% de la population résident dans les centres urbains, pendant que le reste se retrouve en milieu rural48. Par rapport à la population enfance-jeunesse, les statistiques sont les suivantes : de 1 à 9 ans : 2.865.681; de 10 à 14 ans : 1.440.171; de 15 à 24 ans : 2.675.182 jeunes gens49. 131. La nouvelle loi de l’Éducation cherche à promouvoir la solidarité, le collectivisme, le respect de la diversité et autre formes de savoir; en même temps on se propose d’enrayer la crise des infrastructures, la basse rémunération des enseignants, le manque de budget, le manque de qualité, le haut indice d’abandon et de répétition et le manque d’accès50. 132. L’Équateur est un des pays de la région avec les plus grandes inégalités en matière de santé. La couverture de la sécurité sociale est relativement basse; selon l’Institut équatorien de la Sécurité Sociale (IESS), elle est de 10% et la Sécurité de la campagne, de 10%; le réseau d’assistance publique est très limité, laissant sans couverture approximativement 30% de la population. Les plus affectées sont les populations qui vivent en zones rurales, en majorité indigènes. 48 http://es.wikipiedia.org/wiki/Eucuador 49 http://www.joveneslac.org/portal/000/publicaciones/pais_mes/2006/may//04%20juventud%20en%)en%20 la%poblacion.htm. 50 Loi organique de éducation interculturelle. Quito, 31 mars de 2011
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133. On estime que plus de 70% des moins de 18 ans sont pauvres; l’indice d’analphabétisme est de 9,4%; plus d’un demi-million d’enfants et de jeunes n’ont pas accès au système scolaire; la malnutrition affecte 48% de la population nationale et 64% de la population des cantons de haute concentration indigène. 134. Il manque 1.400.000 d’unités d’habitation, et chaque année, ce manque augmente de 200.000 unités; 59,4% des logements n’ont pas d’eau potable; 60,5% n’ont pas d’égoût, 22,3% n’ont pas d’électricité; 55% des foyers souffrent de surpopulation; la crise a affecté aussi les secteurs moyens51. 135. La population indigène est significative non seulement en termes quantitatifs mais aussi par la présence sociale et politique qu’elle a réussi à avoir. La plus grande partie se concentre dans la Sierra. La population noire se trouve distribuée dans tout le pays, bien que le nombre a diminué. Aujourd’hui, la population métisse a acquis un rôle clé dans l’organisation de la bureaucratie professionnelle qui soutient l’État et sera la base fondamentale des partis politiques modernes, mais elle représente aussi une bonne partie de la population équatorienne appauvrie. En général, elle représente 75% de la population52. 136. Quant à l’emploi, la situation est critique, étant donnée la lente croissance d’offres d’emplois, parce que la politique néolibérale a mis un terme à l’emploi stable et est passée au système de flexibilité et de précarité la main-d’œuvre.
Politiques publiques. 137. L’État a déployé des efforts considérables pour la promotion des droits des enfants. Dans l’ordre juridique interne, la Constitution incorpore des normes qui visent les enfants et les adolescents comme étant des citoyens ayant des droits. Pour rendre effectif le respect des droits des enfants, on a harmonisé les codes légaux avec le Code de l’Enfance et de l’Adolescence. 138. L’État a augmenté l’investissement dans les programmes à l’intention des enfants et des adolescents comme : le Plan d’Éradication Progressive du Travail des Enfants, la Politique Nationale de Santé et des Droits Sexuels et Reproductifs, le Plan décennal d’Éducation, le 51 VASQUEZ,L.-SALTOS, N. Équateur, sa réalité, éd. 2008-2009. Fondation José Peralta, 2008,p.319 52 ib. p.171-180
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Plan National pour l’Éradication des Délits Sexuels dans le Système Éducatif, le Plan National pour combattre la traite des personnes, le trafic illégal des itinérants, l’exploitation sexuel ou du travail et autres formes d’exploitation et de prostitution des femmes, des enfants et des jeunes, la pornographie juvénile et la corruption des mineurs (2006); le Plan Stratégique Multisectoriel de la Réponse Nationale face au VIH/SIDA 2007 – 2015; le Plan National de Réduction de la Mortalité Néonatale et le Plan National de la Prévention de la Grossesse chez les Adolescentes (2007). De son côté, le Programme du Sauvetage des Enfants (ORI), en 2007, a enregistré une couverture de 49.233 enfants dans 1.465 Centres Communautaires de Développement d’habiletés au niveau national. 139. La société civile, à travers l’Institut de l’Enfance et de l’Adolescence a mis au point des indices qui permettent de mesurer le respect des droits des enfants.
Violation des droits 140. Selon une enquête réalisée au niveau national pour la Défense Internationale des Enfants, des 808.000 enfants au travail qu’il y a approximativement dans le pays, 43% travaillent dans les rues, 14% sont cireurs de souliers, 6% vendent des journaux, 9% sont employés dans des commerces, 3% s’occupent dans des ateliers, un autre 3% dans la mécanique et 5% travaillent dans un service domestique. 2/3 des enfants travaillent dans le secteur rural et s’adonnent majoritairement à l’agriculture, en qualité de membres de la famille, sans salaire. 141. Les problèmes qui affectent les enfants sont la délinquance, l’abus sexuel, le trafic de drogues, la maltraitance et la prostitution. 70% des enfants de moins de 10 ans qui travaillent dans les zones urbaines vont à l’école; à 14 ans, à peine 40% la fréquentent. 142. Une autre situation qui affecte les enfants est le problème de la migration; plus de la moitié des émigrants des derniers dix ans (52%) ont laissé leurs enfants dans le pays.
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Mexique 143. Le Mexique a une superficie de 1.972.550 km², une population de 102.322.756 personnes et une densité démographique de 56.00 habitant par km².
Situation socio-économique et culturelle 144. La conjoncture économique correspond à l’impact de la crise internationale de 2008 qui a commencé aux États-Unis et qui s’est étendue aux autres pays. L’ étroite dépendance du Mexique avec ce pays est un facteur significatif. Les données comparées pour un an montre qu’en mai53, la balance commerciale a enregistré un déficit de 60,24% pendant que le PIB a crû de 4,3% et l’activité économique globale a augmenté de 7,24%. Par ailleurs, le PIB per capita a chuté à 20,2% à la fin de 2008, ce qui a représenté un retard de quatre ans. En bref, 1/10 de la population a accumulé plus du tiers de toutes les entrées générées durant cette année. Cependant, on tente de compenser cette mauvaise répartition par des transferts qui sont arrivés à réduire à 0,016% ce déséquilibre. Les résultats démontrent la permanence et l’accentuation de l’inégalité dans la distribution des revenus54. 145. La population des enfants et des adolescents compte 30.489.619 personnes. On estime qu’un peu plus de la moitié de ces jeunes qui vivent au Mexique ont moins de 29 ans (55,6% au total, 28% d’enfants et 27% de jeunes)55. 146. L’augmentation de la mortalité due à des causes extérieures vient de la violence, des homicides, des accidents et des suicides. Pour chaque tranche de 1000 enfant de 5 ans, 6 garçons et 5 filles mourront de malnutricion. Les accidents et les maladies infectieuses et parasitaires sont les deux principales causes de mortalité chez les garçons (27,3% et 15,4%) et chez les filles (21% et 15,5%) de 1 à 4 ans56. 147. L’Organisation des Nations Unies (ONU) a mentionné le Mexique comme « le deuxième pays le plus inégal de l’Amérique Latine, alors que un dixième de la population la plus riche reçoit 42,2% des recettes et les neuf autres dixièmes plus pauvres ne reçoivent qu 1,3% ». Certaines 53 INEGI (=Institut national de la statistique et de la géographie) 54 http//www.inegi.lrg.mx/inegi/default.aspx?=est=16787 55 INEGI,2009 56 CONAPO, Principales causes de la mortalité au Mexique, 1980-2007, 2010
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estimations signalent que 18,2% de la population vit dans l’extrême pauvreté et qu’un autre 24,7% se trouve dans la pauvreté. Bien que presque le tiers de la population soit jeune, la Commission Économique pour l’Amérique Latine (CEPAL) calcule que 1/3 des jeunes sont pauvres. Pour sa part, la Banque Interaméricaine de Développement (BID) a prévu qu’en 2010, le Mexique aura 6 millions de nouveaux pauvres57. 148. Au Mexique, on considère que les jeunes de 14 ans et plus sont aptes au travail. Le Secrétariat de la Santé (SS) a estimé que la population en âge de travailler (de 15 à 64 ans) en 2010 a atteint 71,5 millions de personnes, ce qui est 66% de toute la population. En mai 2010, 59,4% des personnes en âge de travailler étaient économiquement actives. Plus de la moitié de la population active (62,2%) travaille comme commerçants ou en offrant un service quelconque58.
Politiques publiques 149. Les soins de santé au niveau public sont insuffisants. Les programmes qui composent le Système National de Santé sont : 1) Système Intégral de qualité; 2) Communautés saines; 3) Caravanes de la santé; 4) Assurance médicale pour une nouvelle génération; 5) Financement équitable pour les soins médicaux; 6) Programme de soins pour les familles et la population vulnérable; 7) Programme de soins pour les personnes handicapées; et 8) Programme pour la protection et le développement intégral des enfants. 150. La politique du gouvernement en matière éducative s’insère, comme les autres programmes sectoriels, dans le cadre du Plan National de Développement (PND) 2007-2012 qui mise sur « la construction d’un pays à égalité de chances et de développement humain soutenu ». En résumé, le programme poursuit les objectifs suivants : 1) Améliorer la qualité de l’éducation; 2) Augmenter les possibilités d’éducation; 3) Stimuler le développement et l’utilisation des techniques d’information et de communication; 4) Offrir une éducation complète; 5) Offrir des services éducatifs de qualité; 6) Promouvoir une gestion scolaire et institutionnelle 57 http://www.derechohumanos.org.mx/centinela/marzo-10php?x=2no_edn3 58 Propre élaboration avec base de données de INEGL, Figure 1a Population travaillante selon sa position, mai 2010, indicateurs et occupation d’emploi en temps opportun. Données préliminaires pour mai 2010.
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responsable. L’organisme cental de la politique éducative est l’Alliance pour la Qualité de l’Éducation (ACE) implantée en 2008. La stratégie fédérale « Pour une Vie Meilleure » (héritage des seize années du gouvernement antérieur) cherche à combattre la pauvreté qui génère l’inégalité des chances en éducation, moyennant l’adoption de bourses pour la population d’âge scolaire, afin de l’aider à se procurer le matériel scolaire. 151. Le « Programme Opportunités » a été la principale stratégie entreprise par le gouvernement fédéral pour combattre certains aspects de la pauvreté. Il est important de souligner que le gouvernement a assumé l’engagement de créer des comités de suivi et de vigilance en vue de l’application de la Convention des Droits des Enfants dans les milieux qui relèvent de la fédération. 152. La Banque du Mexique (BM) a affirmé que, dans le pays depuis 2006, il s’est généré moins de la moitié des emplois nécessaires pour occuper la population en âge de travailler. Quelques programmes significatifs sont : Service National de l’Emploi, Programme de Préservation de l’Emploi et le Programme de l’Emploi Temporaire. Le Programme de Premier Emploi consiste à créer du travail permanent et bien rémunéré pour occuper les jeunes nouvellement intégrés au niveau supérieur de l’éducation. Le Programme de Garderies d’Enfants a été créé pour aider les mères qui travaillent.
Violation des droits 153. Le Mexique est le deuxième pays en Amérique Latine qui a reçu le plus d’aide pour combattre le narcotrafic. Les actions entreprises au niveau fédéral pour combattre le crime organisé sont soutenues par l’action politique et une partie du financement vient des États-Unis. 154. On calcule que des 29,2 milions d’enfants, garçons et filles, de 5 à 17 ans, 3,64 millions sont sur le marché du travail. Parmi ceux-ci, 31 de chaque tranche de 100 (69%) sont des mineurs de 14 ans; on estime que 1,11 million d’enfants travaillent illégalement. 155. Il n’existe pas de statistiques officielles concernant la violence, l’exploitation et l’abus sexuels contre les enfants et les jeunes; les estimations se basent sur les cas raportés par la presse
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de 1998 à 2000 qui rapporte entre 16 à 20 mille mineurs de 18 ans victimes d’exploitation sexuelle commercialisée. Le Mexique est considéré comme le deuxième pays du monde ayant la plus grande production de pornographie infantile et où l’on offre les services sexuels aux étrangers. Il y a des comités inter-institutionnels pour réaliser des actions et des programmes contre l’exploitation sexuelle et commerciale qui opère au niveau de l’État. 156. Une Enquête Nationale sur les toxicomanies (ENA 2008) montre une augmentation de l’usage des drogues en général; la marijuana continue d’être la drogue préférée, mais la consommation de la cocaïne et des emphétamines augmente; l’usage du crac et de l’héroïne reste mineur. 157. En 2004, un total de 45.593 enfants furent mis à la disposition des instances gouvernementales de justice. Au Mexique, il y a une discussion autour de l’abaissement de l’âge pénal.
Pérou 158. Le Pérou a une superficie de 1.285.215 km², une population de 29.885.340 personnes et une densité démographique de 21.96 habitants par km².
Situation socio-économique et culturelle 159. Le PIB a varié ces dernières années : en 2008 (9.8%), en 2009 (2.2%) et en 2010 (5.0%)59. 160. En 2009, tel que mesuré par la méthode de la pauvreté monétaire, 34% de la population est touché par la pauvreté; de ce total, 11.5% sont très pauvres. En analysant l’incidence de pauvreté par zone résidentielle, il y a un net contraste selon que l’on réside dans les villes ou à la campagne60. 161. Selon le Recencement National de la Population et du Logement, la population des enfants et des jeunes correspond à 27.412.157 personnes dont 500.000 ayant moins d’un an, 7.856.681 ayant entre 1 et 14 ans et 7.554.204 ayant entre 15 et 29 ans61. 59 http:www.mef.gob.pe/Epec/MM2010_2012_Rev.paf 60 http://www1inei.gob.pe/biblioineipub/bancopub/Est/Lib0906/cap03.pdf 61 Recensements nationaux de population et de résidants en 2007: http://desa.inei.gob.pe/censos2007/tabulados/
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162. Un total de 8.169.236 personnes de 3 à 24 ans fréquentent un centre d’enseignement. De ce total, 861.213, ce qui représente 10,5%, ont entre 3 et 5 ans; 3.143.247, c’est-à-dire 38,5% ont entre 6 et 11 ans; 2.572.208 personnes, ce qui représente 31.5% ont entre 12 et 16 ans, et 1.592.698, soit 19,5% ont entre 17 et 24 ans62. 163. Dans le pays, 42,3% de la population possède un type d’assurance-santé (11.598.698 personnes) alors que 57,7% de la population ne jouit d’aucune sorte de protection. Par lieux de résidence, 8.748.433 personnes qui résident dans des milieux urbains ont une assurancesanté. Dans les zones rurales du pays, 2.850.265 personnes ont une forme d’assurance-santé. 164. Le Pérou est un pays multiculturel et multiethnique, au dire même de l’État et des organismes internationaux. Dans le pays, il n’existe aucune majorité ethnique; ce qui existe, c’est un ensemhle de minorités ethniques : 44% de métis, 31% d’amérindiens, 15% de population blanche, 7% de mulâtres, 2% de population noire et finalement 0.4% d’origine asiatico-orientale63. 165. La population en âge de travailler (PET) de 14 ans et plus est de 19.646.652 personnes 15.379.882 personnes dans les zones urbaines et 4.266.770 personnes dans les zones rurales. 166. L’insécurité est l’un des problèmes majeurs au Pérou. Les enquêtes démontrent le besoin que la sécurité urbaine devienne une politique de l’État, en augmentant la présence de policiers et en améliorant leur équipement, en professionnalisant la division antiterroriste et des prises d’otages et créant un fond de défense pour améliorer les forces armées. Le système judiciaire est caractérisé par un grand manque de ressources, dans un pays qui a le plus bas taux de juges en Amérique du Sud (6 pour chaque 100.000 habitants).
Politiques publiques 167. En 2006, les programmes de santé publique existant au Pérou comprenaient les divisions suivantes : 27,8% public : Sécurité intégrale de la santé, 28,1 ; Ministère de la santé et de la sécurité sociale; prestataires à des services de santé (EPS), 3% forces armées et police. Privé 10.0%; sécurités privées 2%; paiement direct de services et de médecine traditionnelle 8%. Par ailleurs, 42,1% se retrouvent sans couverture d’assurance sociale ou d’assurance-santé privée. 62 Recensements nationaux de population et de résidants en 2007: http://desa.inei.gob.pe/censos2007/tabulados/ 63 http://www.vn.org.pe/forum/forum_posts.asp?TID=29
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168. Les programmes d’investissement social et les organismes du Ministère de la Présidence qui sont chargés de ces investissements visent à assurer une couverture sociale des foyers les plus pauvres en augmentant leurs possibilités d’exercer leur droits fondamentaux en éducation, en santé et en nutrition, de même que l’accessibilité à l’identité de ses membres, en mettant l’accent sur la femme enceinte, les enfants de moins de 14 ans64. 169. Les programmes qui sont mis en relief sont : l’eau et les égouts par FONCODES (Fonds de Coopération et de Développement Social) et SEDAPAL (Service d’Eau Potable et d’Égoûts de Lima); salles de classes et collèges par INFES (Institut de Formation et de d’Apprentissage en Sécurité) et FONCODES; postes et centres de santé par INFES et FONCODES; routes par INADE (Institut National de Développement) et FONCODES; électrification par INADE et FONCODES; logement par ENACE (Compagnie Nationale de Bâtiments) et BANMAT (Banque de Matériaux); Prgramme de logement « Ma Maison », Foyers bénéficiant de Programme de crédit pour Logement selon le milieu géographique 199565, Programme de Cantines Populaires (rations complémentaires pour les familles)66. Le programme du Verre de Lait (assitance alimentaire aux populations vulnérables)67.
Violation des droits 170. 28,6% des enfants entre 6 et 17 ans travaillent (53,9% de garçons et 46,1% de filles), 90% sont dans le secteur informel et travaillent plus de 45 heures par semaine et reçoivent le salaire minimum ou moins68.
64 http://www.in enei.gob.pe/biblioineipub/bancopub/Est/Lib0487/Libro.pdf 65 http://inei.gob.pe/biblioineipub/bancopub/Est/Lib0083/CAPV161.htm; htto://www.inei.gob.pe/biblioineipub/ bancopub/Est/Lib0083/N)).htm. Programmes dirigés à la réduction de la pauvreté et à la dénutrition. Programme national d’appui direct aux plus pauvres, 2006 66 http://www.pronaagob.pe 67 http://peru.nutrine.org/politicas-publicas/programas-sociales 68 http://www.monografias.com/trabajos74/explotacion-infantil-abuso-ninez-peru/explotacion-infantil-abusoninez-peru.shtml ; http://white.oit.org.pe/ipec/boletin/documentos/el_riesgo_ninos_minas.pdf; http://www. mailxmail.com/curso-trabajo-infantil-familia/consecuencias-trabajo-infantil; www.mintra.gob.pe/contenidos/.../ expo_min_10_06_05.ppt
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Vénézuela 171. Le Vénézuela a une superficie de 916.445 km², une population de 30.102.372 personnes et une densité démographique de 32,35 habitants par km².
Situation socio-économique et culturelle 172. Selon les chiffres du Fonds des Nations-Unies pour l’Enfance (UNICEF), environ 40% de la population a moins de 17 ans, représentée surtout par la population d’origine africaine et environ 2,2% de population indigène69. 173. Bien que les enfants de la rue soient les plus affectés, il faut aussi signaler qu’il y a plus de 7 millions d’enfants de moins de 18 ans en situation de pauvreté, dont presque 4 millions vivent en situation de pauvreté extrême, ce qui totalise – selon les informations du l’Institut National des Mineurs (INAM) – 305.000 enfant qui travaillent dans l’économie formelle, plus de un million dans l’économie informelle et 206.000 dans des activités marginales qui vont du vol jusqu’à l’exploitation sexuelle. 174. L’éducation est gratuite entre 6 et 15 ans; l’État garantit aussi l’éducation publique gratuite au niveau moyen et universitaire. L’alphabétisation a crû, le taux d’alphabétisation de la population de plus de 10 ans a augmenté de 51,2% en 1950 pour 91,1% en 199570. 175. La santé est un droit social fondamental et une obligation pour l’État qui doit l’assurer comme faisant partie du droit à la vie. L’État doit promouvoir et développer des politiques fondamentales pour améliorer la qualité de vie, le bien commun et l’accès aux services.
Politiques publiques 176. Le Vénézuela compte des projets d’éducation qui cherchent à poursuivre le processus de construction de salles de classe pour rejoindre la population non scolarisée, donnant la priorité au niveau préscolaire et à la seconde étape de l’éducation secondaire; développer un plan national de formation des professeurs, en mettant l’emphase sur l’éducation aux droits humains, réactiver le Système National de Mesure et d’Évaluation de l’Apprentissage (SINE), et développer et rendre publics les résultats des évaluations de la qualité de l’apprentissage. 69 PNUD ,Rapport régional de développement humain pour l’Amérique latine et les Caraïbes, 2010 70 Id 52
177. En ce qui concerne la sécurité sociale, il y a un effort pour assurer une large participation des parties prenantes à l’approbation définitive des lois régissant les régimes de santé et les prestations de pension et de services, ainsi que la promotion d’implantation et de fonctionnement des institutions du Système de Sécurité Sociale.
Violation des droits 178. Selon le recencement du Centre de Cohabitation de la Fondation pour l’Enfance de Caracas, pour l’année 2006, au moins 300 enfants dormaient dans les rues de la capitale. Jusqu’en 2007, un étude montre que ce chiffre est tombé à 120; cependant, des études montrent aussi que le nombre d’enfants qui font usage de drogues et la présence de filles dans la rue a augmenté en comparaison des autres années.
Vision générale de la situation des pays des Amériques 179. L’aggravation de l’inégalité sociale dans les pays des Amériques nous offre un défi qui devient de plus en plus complexe. Une des difficultés les plus sérieuses est de penser comme immuable l’inégalité sociale, exprimée par le contexte de pauvreté et d’exclusion sociale. Les personnes, en général, vivent cette réalité comme quelque chose de tous les jours, prédéterminée, en perdant l’idée de possibilité de transformation. 180. La contribution d’un document de cette nature, avec l’autorité des UA maristes des Amériques, met l’accent sur la clarification possible des questions qui peuvent mener à des dénonciations, en nous rendant conscients des graves conséquences d’une structure basée sur l’inégalité. Par ailleurs, ce même document nous informe sur les programmes et les projets sociaux à caractère éducatif. 181. Dans le domaine des sciences humaines, l’éducation traite directement avec les personnes et, en particulier, les programmes élaborés par la Solidarité Mariste s’adressent à des êtres humains marqués par l’exclusion sociale ou, selon les paroles de Paulo Freire71 à des êtres 71 Pablo Freire, éducateur et philosophe brésilien. Il s’est fait remarquer par son travail autour de l’éducation populaire, comprise comme moyen d’éduquer et de former la conscience. Il a créé une méthode d’alphabétisation dialectique en privilégiant toujours le dialogue avec les personnes simples , non seulement pour des raisons de méthode mais pour être réellement démocratique. Il est considéré comme étant l’un de ceux qui ont influencé le mouvement appelé “ pédagogie critique”. 53
humains qui vivent le processus d’une « humanité volée, des êtres humains empêchés d’être ». Cela revient, en éducation, à avoir la même perception des opprimés « chercher à dépasser les conditions qui empêchent d’être, de percevoir et de s’opposer aux situations et aux conditions qui se développent et qui transforment en une existence déformée et déshumanisante72 ». 182. En fait, selon Freire, à l’intérieur des contradictions vécues d’être exclus socialement, l’enfance et la jeunesse des secteurs sociaux moins favorisés construisent des stratégies de dépassement de tout un héritage historique qui insiste sur le fait de prolonger sa présence au détriment de la transformation. 183. En cherchant à comprendre le contexte dans lequel nos pratiques éducatives se retrouvent, il y a une importante distinction à faire entre conditionnement et détermination, étant donnée cette question d’héritage dans le débat qui se déroule entre éducateurs populaires, cela est une distinction que l’on retrouve dans l’affirmation suivante de Freire : « (Je suis) conditionné par les structures économiques, mais je ne suis pas déterminé par elles »73. Freire complète ce raisonnement en exprimant sa préoccupation de ne pas être compris comme un volontariste inconséquent, en défendant, dans son positionnement anti fataliste, la possibilité d’une intervention dans le monde : « Refuser la détermination ne signifie pas refuser les conditionnements »74. 184. Les synthèses élaborées par les membres du groupe de rédaction du chapitre Scénarios de l’enfance et de la jeunesse dans les Amériques, du document interaméricain de la Solidarité Mariste abordent la réalité sociale de 15 pays d’Amérique. Cette lecture et cette analyse renforcent notre conviction que, plus que jamais, il est urgent de nourrir nos espoirs et de cultiver nos utopies, étant donné que la réalité révélée par les scénarios des Amériques est très préoccupante. 185. Passons à la vision générale du scénario des pays des Amériques, sur la base des présentations antérieurs mises en relation avec les trois axes proposés au chapitre 1 : Axe 1 – Scénario socioéconomique et culturel des Amérique; Axe 2 – Scénario des politiques publiques dans les pays des Amériques; Axe 3 – Scénario de violation des droits de l’enfance et de la jeunesse dans les pays des Amériques. 72 Miguel Arroyo est docteur PHD en Espagne. Maître en sciences politiques de l’Université fédérale de Minas Gérais. Autour de différents ouvrages. Ex-secrétaire de l’éducation de la ville de Belo Horizonte. Il travaille dans la perspective de la pensée de l’éducateur Paul Freire. Les citations sont tirées de la page 242 de son ouvrage de l’année 2000. 73 FREIRE, P. (2000), pág. 57 74 FREIRE, P. (2000), pág. 59. 54
Axe 1 – Scénario socio-économique et culturel des Amériques 186. Les enfants et les jeunes qui vivent dans des régions marquées par la pauvreté sont en situation de plus grande vulnérabilité. Ce qui différencie les pays est le niveau de gravité, variant d’une réalité d’extrême pauvreté, à celles d’indigence et d’exclusion. Le fait est que tous portent la marque d’une blessure sociale. Il s’agit d’une population encore dépossédée de ses droits. 187. L’éducation est obligatoire dans tous les pays; cependant, la gratuité varie. Il y a des pays où seul le niveau d’éducation de base fondamentale est garanti par les ressources publiques. D’autres assurent l’éducation gratuite jusqu’au niveau supérieur. Cependant, il exite de hauts taux de reprise, d’absentéisme, d’abandon et de manque d’accès à l’école, qui se reflètent dans de hauts indices d’analphabétisme. 188. Le milieu de la santé est aussi préoccupant. Même si la majorité des pays comptent sur un système de santé, celui-ci ne répond toujours pas à la demande existante, déjà que sont élevés les taux de mortalité infantile et de malnutricion chronique, de même que le manque d’équipements sanitaires et d’eau potable. La grossesse précoce est aussi un phénomène très fréquent dans la majorité de ces pays. 189. La diversité culturelle est marquée par la forte présence indigène avec sa variété linguistique et culturelle, réflétant des visions différentes. Quand ces populations n’ont pas la possession de territoires, une grande partie d’entre elles émigrent vers les villes, à la recherche de meilleurs conditions de vie. Habituellement, cet objectif n’est pas atteint, ce qui les conduit à l’occupation des zones périphériques ou dans les rues des centres urbains. 190. Le travail est marqué par la précarité, le chômage, le sous-emploi, le travail occasionnel et par l’instabilité du secteur informel de l’économie.¸
Axe 2 – Scénario des politiques publiques des pays des Amériques 191. Santé – On observe l’existence de systèmes publics de santé dans la majorité des pays, cherchant à développer des politiques dirigées vers l’amélioration de la qualité de vie. Divers plans de santé sont annoncés avec l’objectif de desservir la population, révélant la conscience de l’existence de graves problèmes, comme la malnutrition, la grossesse précoce et la mortalité infantile, liées à l’absence de conditions sanitaires. Cependant, les services existants dans plusieurs pays n’offrent pas l’attention nécessaire. 55
192. Éducation – Les plans nationaux d’éducation se font présents avec l’annonce de la défense de l’égalité des chances grâce à l’augmentation des quotas, des infrastructures, une meilleure qualité de l’éducation, la promotion de la gestion collégiale et les initiatives de formation des professeurs. Malgré les annonces et les promesses, l’analphabétisme demeure avec de hauts indices (surtout dans les régions rurales) de même que l’abandon scolaire, le bas rendement scolaire et la mauvaise préparation des enseignants. 193. Assistance sociale – Dans la majorité des pays existent des sytèmes de Protection Sociale s’adressant aux familles nécessiteuses et qui s’adressent spécialement à l’enfance ; la Constitution Fédérale inclus certains cas comme politique de l’État. Il en est ainsi dans le domaine de la santé (diminution de la mortalité infantile) et de l’éducation (diminution de l’analphabétisme), quelques indices suggèrent la réduction de la pauvreté. Cependant, dépendant de la gravité et de la complexité des problèmes, les plans et les programmes n’atteignent pas l’objectif de diminution du déséquilibre social.
Axe 3 – Scénario de la violation des droits de l’enfance et de la jeunesse 194. Travail précoce/esclavage – Malgré la surveillance et le signalement du travail des enfants réalisés par l’Organisation Internationale du Travail (OIT) et le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF), cette situation continue d’être présente dans beaucoup de pays. Dans certains pays, ce type de travail commence dès l’âge de 6 ans, surtout dans le secteur informel de l’économie. Associée au travail, existe l’exploitation sexuelle des enfants et des jeunes, aggravée par la grossesse précoce. Cette situation est présente dans pratiquement tous les pays et, ce qui est toujours plus sérieux, s’y associe le trafic des bébés et des enfants provenant de familles extrêmement pauvres. De plus, l’absence de registre d’identité est un autre problème remarqué. 195. Violence, exploitation et abus sexuel – En plus de la violence sexuelle, par l’abus et l’exploitation de personnes participant à des réseaux nationaux et internationnaux, il existe toujours, dans la majorité des pays, la violence physique, la violence domestique, la négligence, la violence psychologique et les enlèvements. Ce qui varie, c’est le degré d’incidence. 196. Abandon et situation de rue – Dans bien des endroits, l’abandon d’enfants est alarmant. La gravité du phénomène s’exprime par l’absence de registres d’identité. Ce phénomène fait
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que les enfants et les jeunes deviennent de « êtres invisibles ». Dans la majorité des cas, les parents sont chômeurs, indigents, exclus du marché du travail, et souvent liés au monde de la drogue. Par ailleurs, il existe des enfants qui vivent dans les prisons avec leurs parents. 197. Trafic et usage de drogues – Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), la consommation de l’alcool est en augmentation au fil des ans et commence à un âge de plus en plus précoce. En plus de l’alcool, selon l’OMS, la consommation de drogues va aussi en augement, devenant une menace croissante. 198. Actions illicites – Le nombre de jeunes entre 10 et 17 ans impliqués dans des homicides, des meurtres, des vols, le port illicite d’armes et trafic de drogues est alarmant. 199. À la fin de notre réflexion qui nous donne une vision générale de la situation des pays dans les Amériques, nous citons Jurandi F. Costa dont la pensée nous interroge :
La transformation exige que nous pensions que tout ce que nous faisons chaque jour, que ce soit une activité professionnelle ou culturelle, est important. Ce que chacun de nous fait ou dit, est important et très important ! Le monde est fait de petits gestes quotidiens et des grands idéaux qui les animent75. » 200. Le même auteur nous met au défi :
J’espère que chacun d’entre nous cherche à agir dans le champ d’intérêt ou d’autorité dans lequel il est plus compétent pour expérimenter, chercher, recommencer et, enfin, trouver des solutions plus adaptées pour les questions qui nous préoccupent76 ». 75 JURANDIR FREIRE COSTA (1944), psychanalyste et écrivain brésilien. Il est membre du Cercle Psychoanalytique de Rio de Janeiro et professeur à l’Université d’État de Rio de Janeiro (UERJ), de l’Institut de Médecine Sociale (IMS) où il poursuit ses recherches et est conseiller dans les thèses de maîtrise et de doctorat. Il ne se considère pas comme un Don Quichotte dans une société programmée pour un autre type de réussite («Nous ne sommes pas des enfants de l’économie mais d’un rêve imaginé par Rousseau et Diderot») C’est un des grands penseurs que possède le Brésil. La citation est tirée de la page 88 de l’œuvre de 2004 de Costa. 76 COSTA, 2000, p. 54
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201. Eduardo Galeano nous inspire :
Bien que nous ne pouvons pas deviner comment sera le monde, nous pouvons imaginer ce que nous voulons qu’il soit. Le droit de rêver n’est pas prévu dans les trente droits humains des Nations Unies proclamés en 1948. Mais s’il n’y avait pas cette fontaine qui donne de l’eau à boire, les autres droits mourraient de soif77 ». 202. La vision générale de la situation des pays des Amériques révèle une réalité alarmante qui reflète une omission des droits reconnus dans la Convention Internationale qui établit la doctrine de la protection intégrale, ou une aggravation des inégalités sociales. Ceci en dépit des plans et des projets sociaux dans tous les pays, visant à réduire les situations de violations des droits. Nous percevons l’urgence de mobiliser davantage de recours (humains, physiques, matériels et financiers) pour relever un défi à la dimension continentale. Tout cela s’ajoute à l’engagement éthique et à la volonté politique pour que de justes décisions soient prises et mises en œuvre avec zèle et constance.
77 EDUARDO HUGHES GALEANO (1940) journaliste et écrivain uruguayen. Il est l’auteur de plus de 40 livres traduits dans différentes langues. Ses oeuvres touchent des genres habituels, combinés à la fiction, à l’actualité, à l’analyse politique et à l’histoire. Son oeuvre la plus connue , sans aucun doute, «La veine ouverte de l’Amérique latine» dans laquelle il analyse l’histoire latino-américaine dans son ensemble, à partir de la période coloniale jusqu’à l’époque contemporaine, abordant ce qu’il considère comme étant l’exploitation économique et politique de la population d Amérique latine par l’Europe et les États-Unis d’Amérique. Un livre classique de la gauche latino-américaine. La citation est tirée de son oeuvre de 1998.
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2.
Références
Institutionnelles
ecclésiales et internationales de Solidarité
Index du Chapitre 2 INTRODUCTION RÉFÉRENCES BIBLIQUES, ECCLÉSIALES ET INSTITUTIONNELLES La solidarité dans la tradition biblique Valeur prophétique Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu La solidarité dans la doctrine sociale de l’Église (DES) Une Église inculturée La pratique sociale à la lumière de l’Évangile Les documents à caractère social et leur chronologie Les principes de la DES Les directives de la DES dans le contexte de l’Amérique Latine La solidarité dans la praxis de Champagnat La solidarité dans les documents de l’Institut mariste Du Concile Vatican II (1964) au 200e anniversaire de la naissance de Champagnat (1989) Du 200e anniversaire de la naissance de Champagnat au 200e anniversaire de la fondation de l’Institut mariste
62 63 63 63 64 67 67 70 70 72 75 79 82 83
RÉFÉRENCES INTERNATIONALES DES DROITS Thèmes significatifs Enfance, jeunesse et DROITS HUMAINS Enfance, jeunesse et ÉDUCATION Enfance, jeunesse et PAUVRETÉ Enfance, jeunesse et MILIEU AMBIANT Enfance, jeunesse et TRAVAIL Enfance, jeunesse et SANTÉ Enfance, jeunesse et GENRE Enfance, jeunesse et VIOLENCE Enfance, jeunesse et DIVERSITÉ ETHNICO-RACIALE
98 98 98 99 100 100 101 101 102 103 103
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2. RÉFÉRENCES INSTITUTIONNELLES ECCLÉSIALES ET INTERNATIONALES DE SOLIDARITÉ Introduction 203. Les références présentées ici sont une synthèse du chemin parcouru tout au long de l’histoire par les différents acteurs sociaux et ecclésiaux. Histoire d’un passé qui ne passent pas, présent demandant à être raconté, futur en espoir de réalisation. « Tout est à garder en mémoire, rêve de la vie et de l’histoire… Tout est enfoncé dans la mémoire, épine de la vie et de l’histoire… Tout est chargé dans la mémoire, arme de la vie et de l’histoire… La mémoire réveillée pour blesser les peuples endormis qui ne la laisse pas vivre libre comme le vent ». (La mémoire, Léon Gieco) 204. On a choisi de diviser le présent chapitre en deux blocs : le premier contient les références bibliques, ecclésiales et institutionnelles, et le second les références internationales des droits. 205. Dans la première partie, on présente une synthèse du message prophétique de la manifestation du Dieu de la Bonne Nouvelle du Royaume annoncée par Jésus et par les premières communautés chrétiennes; comment la Doctrine Sociale de l’Église (DES) assure la dignité humaine et le bien commun; les réponses concrètes donnée par Champagnat aux
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enfants et aux jeunes de son époque. En même temps, on présente les multiples documents instutionnels qui apportent de la lumière sur l’option pour les pauvres, la solidarité, la défense et la promotion des droits de l’enfance, repris depuis Vatican II et revendiqués surtout dans la décade de 1990. 206. La seconde partie du chapitre contient une révision des documents qui condensent, à différents niveaux, les concensus atteints par la communauté internationale durant le siècle dernier. Ce sont des efforts pour trouver des points de rencontre afin d’avancer dans le développement intégral et le respect des droits de toute l’humanité. Les enfants et les jeunes étant notre principal objectif, nous passons en revue ce que ces documents indiquent sur leurs droits, leur éducation, les implications qu’il y a pour leur vie, la lutte contre la pauvreté, le soin de l’environnement, le travail, la santé,
Références bibliques, ecclésiales et institutionnelles
207. Approfondir les aspects bibliques, la DES et le large patrimoine historique mariste à partir du focus de la solidarité, de la défense et de la promotions des droits des enfants et des jeunes met en évidence que l’identité mariste a comme mission primordiale l’éducation de l’enfance et de la jeunesse pauvre, à la manière de Marie.
La solidarité dans la tradition biblique Valeur prophétique 208. Les textes de l’Ancien Testament présente Dieu marchant avec son peuple, se manifestant dans les personnes qui prônent les valeurs de justice et de dignité, qui parlent de libération et de transformation, qui luttent contre tout ce qui est caractéristique de l’esclavage, de la souffrance et de l’humiliation.
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209. Pour Abraham et Moïse, patriarches de l’Ancien Testament, Dieu se révèle comme un libérateur, uni à son peuple et qui le conduit à la vie, en maintenant toujours la préoccupation de sauvegarder les droits de la personne humaine. « Je suis résolu à le délivrer de la main des Égyptiens et à le faire monter de ce pays vers une contrée plantureuse et vaste, contrée où ruissellent lait et miel » (Ex 3, 8)78. 210. Dieu se révèle aux prophètes, les envoyant dénoncer les oppresseurs et les injustes, indiquer les chemins de libération, rappeler la fidélité à l’Alliance, parcourir la route. 211. « L’Esprit du Seigneur Yahvé est sur moi, car Yahvé m’a oint. Il m’a envoyé porter la bonne nouvelle aux pauvres, panser les cœurs meurtris; annoncer aux captifs l’amnistie et aux prisonniers la liberté… » (Is 61, 1). « Moi, Yahvé, je t’ai appelé… pour ouvrir les yeux des aveugles, pour faire sortir de prison les captifs et du cachot ceux qui habitent les ténèbres » (Is 42, 6-7). Dans le travail de formation du peuple de Dieu, en devenant la voix des marginaux et des opprimés, le prophète a une mission ardue et difficile, de sorte qu’il est confronté à la persécution, au mépris et au risque de sa propre vie. En étant fidèle à la mission, le prophète provoque l’instabilité, le conflit et les oppositions, mais Dieu se manifeste en lui donnant courage, en réalisant l’espérance et en rappelant le droit des pauvres (Is 49, 10; Jr 17, 7; Jr 31, 25). Grâce aux prophètes, Dieu se montre de préférence comme le défenseur des marginaux. 212. Les pauvres ont trouvé, dans les prophètes, de grands défenseurs. Un exemple est le prophète Amos qui décriait les crimes d’Israël, dénonçant la violence et les pillages dont était victime le pays, les fraudes honteuses dans le commerce, la main mise sur les terres, l’esclavage des petits, l’abus de pouvoir et la perversion même de la justice. Les prophètes, de façon générale, sont ceux qui dénoncent les situations d’oppression de la société de leur époque et ouvrent des horizons d’espérance, annonçant, témoignant et vivant les temps nouveaux.
Bonne Nouvelle du Règne de Dieu 213. On attendait le Fils de Dieu comme un roi puissant, habitant de splendides palais, chef d’une armée invincible. Au contraire, Dieu surprend et Jésus apparaît engagé dans une réalité de pauvreté, dans la communauté des anawims, et après sa naissance, il est visité par les mages (Mt 2, 1-12) et par les bergers (Lc 2, 8-20). 78 Les textes bibliques cités sont tirés de la Bible de Jérusalem, Paris, Éditions du Cerf 1961
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214. Marie et Joseph ont besoin d’être forts pour répondre rapidement aux différentes situations personnelles et celles de la réalité qu’ ils vivent. De façon particulière, Joseph et Marie agissent pour la défense de leur enfant quand, de nuit, ils partent en hâte de Bethléem pour l’Égypte (Mt 2, 13-15), fuyant la fureur d’Hérode. 215. Jésus, dans le Sermon sur la Montagne (Mt 5, 1-12), fait une liste des vertus des anawims: miséricorde, humilité, pureté du cœur, promotion de la paix et soif de justice. De même, les paroles de Marie dans le Magnificat (Lc 1, 46-56) jettent une lumière sur la spiritualité des disciples. Luc décrit Marie comme une jeune femme enthousiaste et vaillante qui annonce la chute des puissants et la dispersion des orgueilleux. 216. Jésus annonce le Règne de Dieu comme la libération de l’esclavage. Il place au centre les marginaux: les pauvres, les pécheurs, les personnes limitées, les femmes et les enfants. En relation avec ces derniers, Jésus interpelle: « Laissez venir à moi les petits enfants, ne les empêchez pas; car c’est à leurs pareils qu’appartient le Royaume de Dieu » (Lc 18, 15-17). À la question des disciples de Jean Baptiste, Jésus répond : « Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et voyez: les aveugles voient, les boîteux marchent, les lépreux sont guéris et les sourds entendent, les morts ressuscitent et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres » (Mt 11, 4-5). 217. La propostion de la Bonne Nouvelle de Jésus consiste dans la pratique de la solidarité fraternelle qui libère les personnes et dans une relation de totale confiance dans le Père. Tout au long de la vie de Jésus, on observe une relation étroite horizontale et progressive avec les personnes et les réalités qui caractérisent son époque, de même qu’une relation étroite verticale avec le Père. Une telle expérience n’est pas dichotomique, mais elle traverse toute sa vie, son option et son engagement. 218. Dans l’enseignement de Jésus, les pauvres sont les protagonistes de l’histoire79, puisqu’en étant dans cette situation, ils restent loin des bien essentiels de la vie, le plus grand don que Dieu offre à chacun de nous et à l’humanité. De fait, il y a humanité quand il y a la justice et le droit. On pourrait souligner que proposer le Royaume se traduit aujourd’hui par une action plus effective en vue de la promotion et de la défense des droits humains. 219. Jésus, de par sa condition humaine et divine, invite toute l’humanité à promouvoir l’intégration et la dignité dans la lutte et la consolidation des droits de la personne, au plan individuel et collectif puisque: 79 FREI BETTO, Gosto de Uva- écrits selectionnés, Sao PULO, Editora Garamond, 2003, P.68
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• il rompt avec les structures d’observance formelle du sabbat afin d’aider le prochain (Mt 12, 1-14); • il agit pour transformer les structures oppressantes (Jn 2, 13-18); • il va à la rencontre de l’aveugle Bartimée, qui mendiait sur le bord de chemin (Mc 10, 46-52); • il loue l’attitude de fraternité du Samaritain, un étranger, et par conséquent, un marginalisé, dont il se sert pour montrer la solidarité quand il s’approche du juif blessé, en prend soin, l’accompagne et et assure son bien-être futur (Lc 10, 29-37); • ils se présente comme oint et consacré par le Seigneur pour « annoncer la libération aux prisonniers, rendre la vue aux aveugles, libérer les opprimés et proclamer une année de grâce de la part du Seigneur » (Lc 4, 18); • il prend l’attitude du serviteur en lavant les pieds de ses apôtres (Jn 13, 1-12); • il invite au partage avec le geste de la multiplication des pains (Mt 14, 13-21); • il affirme que le bonheur éternel est révervé au ceux qui s’engagent à promouvoir la justice en faveur des nécessiteux et des marginalisés par des gestes de charité chrétienne (Mt 25, 31-46). 220. Les textes bibliques sont remplis de fortes critiques envers ceux qui oppriment les victimes et en abusent : les prêtres (Mc 11, 15-18), les scribes (Mc 12, 38-40), les pharisiens (Mt, 23, 23) et les gouvernants (Mt 23, 25). 221. Après la résurrection, Jésus encourage les disciples en promettant sa présence : « Et sachez que je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » (Mt, 28, 20). Les premiers chrétiens, fortifiés par les dons de l’Esprit Saint (Ac 2, 1-13; 33) priaient et témoignaient de la Bonne Nouvelle du Royaume (Ac 2, 42-47; 4, 32-25). Il étaient assidus à la communion fraternelle, à la prière, au partage du pain et des biens; ils n’avaient qu’un seul cœur; ils rompaient avec l’exclusion, la discrimination et la discorde; ils partiquaient l’amour fraternel et le pardon (Col 3, 12 : Ga 5, 22-23; Ep 4, 32). Ils affirmaient que « le Règne de Dieu n’est pas une affaire de nourriture ou de boisson, il est justice, paix et joie dans l’Esprit Saint » (Rm 14, 17), aussi, dans la mesure où nous avons le temps, « faisons le bien à tous, et spécialement aux frères dans la foi » (Ga 6, 10). Jésus propose un nouveau paradigme, un changement de structures qui ne génèrent pas davantage de pauvres et de marginaux. Pour cela, certaines valeurs fondamentales doivent être prioritaires, comme l’amour, la solidarité, la justice et le partage.
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222. Sans cesse, on nous invite et on nous donne la grâce de réaliser le Royaume de Dieu dans notre contexte historique en pratiquant et en annonçant les valeurs de l’évangile, en construisant ensemble des espaces de croissance humaine et spirituelle qui peuvent être partagés avec les enfants, les jeunes, les adultes et les personnes âgées, spécialement avec les pauvres, d’ici et avec tout être humain.
La solidarité dans la doctrine sociale de l’Église Une Église inculturée 223. L’Institut mariste, en tant qu’institution catholique dont la mission est l’éducation intégrale par l’action sociale et la solidarité, a assumé avec conviction la promotion de l’étude, de la discussion, de la diffusion et de la mise en pratique des principes de la DES dans tous ses champs d’action. 224. Ce processus commence avec la formation pastorale de la communauté socio-éducative dans laquelle sont engagés, par l’enseignement et la pratique quotidienne, les enfants et les jeunes accueillis dans nos œuvres, surtout grâce à la formation humaine de qualité que nous leur offrons. En accord avec le Document d’Aparecida80, notre position socio-éducative vise à un véritable vécu chrétien qui promeut une vision du monde attentive à la clameur sociale de solidarité et de libération. À cette fin, nous considérons que : 225. La DES constitue un richesse incalculable qui a soutenu le témoignage et l’action solidaire des laïcs et laïques qui s’intéressent toujours davantage à leur formation théologique, comme de véritables missionnaires de la charité, et qui s’efforcent de transformer de façon effective le monde selon le Christ. Aujourd’hui, d’innombrables initiatives de la part des laïcs dans les milieux social, culturel, économique et politique s’inspirent des principes permanents, des critères d’évaluation et les directives provenant de la DES81. 80 V Conférence générale de l’épiscopat latino-américain et des Caraïbes. Du 13 au 31 mai 2007, dans la ville de Aparecida, de Sao Paulo, au Brésil. Texte de conclusion. 81 V CELAM, Aparecida,no. 99 f
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226. La pensée de l’Église sur les questions sociales est présentée dans une série de documents connus comme Doctrine sociale de l’Église. On peut affirmer que la DES est formée de la compilation des écrits et des messages qui expriment la pensée du magistère catholique par rapport à la question sociale; le but est d’exposer, d’orienter, d’éduquer et d’inspirer les relations sociales selon la praxis chrétienne. Ces réflexions à caractère théologico-social se comprennent comme « l’actualisation de la Parole de Dieu pour aujourd’hui, traduite par la sensibilité et la sollicitude de l’Église devant les situations dans lesquelles la vie se trouve plus menacée »82. Ainsi, il importe pour l’Église, surtout à travers les organisations pastorales, de continuer à promouvoir la vie, comme le Bon Pasteur83. Face à la responsabilité de l’Église pour les questions sociales, le pape Paul VI nous exhortait : Notre premier devoir dans ce champ est d’affirmer les principes, de voir et de signaler les besoins, de définir les valeurs primordiales, d’appuyer les programmes sociaux et les techniques véritablement utiles et marquées du sceau de la justice, dans leur chemin vers un ordre nouveau et vers le bien commun, de former les prêtres et les laïcs à la connaissance des problèmes sociaux, de diriger des laïcs bien préparés à la recherche de solutions aux problèmes, en y travaillant à la lumière chrétienne qui nous fait découvrir l’homme en premier lieu et les autres biens dépendant de son épanouissement total dans le temps et de son salut pour l’éternité84
227. La DES se propose d’analyser les phénomènes sociaux à partir des principes de base, qui équivalent aux « critères fondamentaux de l’action pastorale dans le domaine social : annoncer l’Évangile; confronter le message évangélique aux réalités sociales; projeter des actions dont la finalité soit le renouveau des réalités, les conformant aux exigences de la morale chrétienne85 ». Le service pour la vie est la principale exigence morale des chrétiens. C’est la condition inhérente au vécu de l’Évangile dans le domaine individuel et communautaire. C’est en ce sens que se distingue la proposition socio-environnementale, incluant le soin et l’harmonie de la vie dans sa totalité, puisque la vie humaine s’intègre à toutes les autres manifestations de la vie. 82 CNBB , Thèmes de la Doctrine sociale de l’Église, Cuademo 1, p. 18 83 Jn 10, 10 b 84 Paul Vl , Discours d’ouverture de la lle Conférence épiscopale latino-américaine de Medellin, lll- Orientations sociales. 85 CONSEIL PONTIFICAL JUSTICE ET PAIX, Abrégé de la Doctrine Sociale de l’ Église, no. 526
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228. « Et le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous86 » est la prémisse irréfutable de ce que notre tradition religieuse se trouve intimement liée au contexte social, établissant une relation indissoluble entre la réalité historique et le projet de Dieu. 229. Étant donnée sa vocation de médiatrice, « l’Église chemine avec toute l’humanité par les sentiers de l’histoire87 » cherchant à être, dans ce cheminement, ferment de la vocation humaine orientée à la plénitude dela vie88. 230. L’évangélisation est le cœur de la mission de l’Église. Nous, qui sommes l’Église, nous sommes appelés à nous engager inlassablement à la construction du Royaume de Dieu, rendant significative notre présence au milieu des personnes et des cultures, face à la promotion de la vie et de la dignité humaine. L’évangélisation n’est rien de plus qu’une façon chrétienne d’être dans le monde, qui a plusieurs modes de se rendre présente au moyen de : le témoignage authentique de la foi, de l’espérance et de la charité; le service solidaire; la lutte pour la justice, la paix et le bien commun; le dialogue et l’unité entre les cultures, les religions et le savoir; la prière, l’action liturgique et sacramentelle; l’annonce et la proclamation explicite de l’Évangile et de la résurrection du Christ; la catéchèse et autres formes d’approfondissement de la foi. Il convient d’expliciter que la suite authentique de Jésus Christ se traduit dans la spiritualité et dans l’éthique dont le modèle sont les valeurs qui proviennent de l’Évangile. 231. Chaque homme et chaque femme, comme toutes les institutions chrétiennes, sont invités à cultiver, à vivre et à approfondir les valeurs de l’Égangile dans toutes les relations de la vie sociale, en contribuant à l’édification d’une humanité renouvelée, sans préjuger des différences entre les peuples, les accueillant comme des frères et des membres d’une unique famille humaine89. 232. L’engagement à la promotion de la vie incombe à tous, à la communauté et à chacun, de sorte que la « mission communautaire n’élimine ni ne diminue la responsabilité de chaque personne à qui s’adresse le commandement du Seigneur de “se faire proche” de chaque homme : “Va et fais de même” (Lc 10, 37) »90. 86 Jn 1, 14a 87 CONSEIL PONTIFICAL JUSTICE ET PAIX, Abrégé de la Doctrine Sociale de l’Église, no. 18 88 Jésus a dit: «Je suis venu pour que les brebis aient la vie et l’aient en abondance.»(Jean 10,10b) 89 Dans les documents de l’Église, il est fréquent d’utiliser l’expression famille humaine au lieu du terme humanité. La première expression désigne toute la communauté des peuples et des nations qui, malgré la diversité culturelle est capable de créer des liens fraternels. 90 Cf JEAN PAUL ll, Evangelium Vitae, no. 79 69
233. Dans la décennie de 1960, la constitution pastorale Gaudium et Spes reconnaissait les transformations de la modernité au moyen de la lecture conjecturale de ce que « le genre humain se trouve dans une nouvelle période de son histoire, caractérisée par des changements profonds et rapides et qui, progressivement, s’étendent à l’univers entier. »91. À partir de ce point de vue de la foi, un tel changement de modèle nous interpelait afin de discerner de nouvelles implications de la vie personnelle et de la vie sociale chrétienne dans le monde contemporain, en mettant en relation avec l’Église non seulement une attente de zèle spirituel, mais aussi une position politique – qui ne doit pas se confondre avec un positionnement de parti – mais proactive, engagée et efficace. En réponse aux multiples probématiques des temps nouveaux, on a remarqué l’urgente nécessité de réviser la pratique évangélisatrice tant dans l’organisation formelle de l’Église que dans ses actions pastorales. Comme l’a si bien dit Jean-Paul II, nous avons reconnu que les méthodes et les stratégies d’évangélisation doivent répondre à de nouveaux défis qui se présentent à l’humanité dans notre temps. Nous avons besoin d’une nouvelle évangélisation92, ce qui signifie une évangélisation nouvelle par son ardeur, ses méthodes et ses expressions. « Parler d’une nouvelle évangélisation… ne signifie pas proposer un nouvel Évangile différent du premier : il y a un seul et unique Évangile d’où peuvent surgir des lumières nouvelles pour de nouveaux problèmes… ce qui ne veut pas dire réévangéliser »93. Il faut, avant tout, être attentif aux signes des temps, qu’il faut discerner à la lumière de l’Esprit qui agit dans l’histoire.
Les documents à caractère social 234. Il est coutume d’affirmer que le premier document de la DES est l’encyclique Rerum Novarum, de Léon XIII, publiée à la fin du 19e siècle, au moment de la révolution industrielle en Europe. Le document pontifical se risquait de présenter ensuite les problèmes internes de l’Église pour porter un regard prophétique sur la vie quotidienne, dénonçant la condition des ouvriers, des travailleurs déshumanisés et exploités par les mécanisme de l’économie industrielle moderne. Bien que Rerum Novarum ait représenté un progrès dans la pensée catholique de cette époque, la mise en œuvre de l’action évangélisatrice se produira au siècle suivant, 91 CONCILE VATICAN ll, Gaudium et Spes no. 4 92 À compter de 1992, dans le CELAM de Santo Domingo, la nouvelle évangélisation est devenue un défi assumé par l’Église. Sa principale stratégie se base sur le dialogue, l’inculturation et la créativité catéchétique. 93 lV CELAM, Santo Domingo, Conclusions, n. 24
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grâce aux autres documents pontificaux qui atteignent leur sommet au Concile Vatican II94, début d’une nouvelle étape dans l’Église. Par la suite se sont élaborés d’autres documents qui contenaient cette réflexion et favorisaient la recherche de réponses aux défis du monde d’aujourd’hui. 235. L’encyclique Quadagesimus Annus a été publiée en 1931 par Pie XI, en rappel des 40 ans de Rerum Novarum. L’encyclique traitait de la dignité inaliénable de la personne humaine et la primauté du bien commun sur les intérêts corporatifs. 236. L’encyclique Mater et Magistra écrite par Jean XXIII, en 1961, en hommage au 70 ans de Rerum Novarum, analysait les disparités sociales générées par la formation des blocs de pays développés et sous-développés, en signalant les facteurs générateurs de pauvreté. 237. Le Concile Vatican II, réalisé entre 1962 et 1965, dépasse un modèle ecclésial comme institution hiérarchique et ouvre à une réflexion théologique sur l’Église elle-même comme nouveau peuple de Dieu (LG, 9) : « Ce fut la volonté de Dieu de sauver et de sanctifier les hommes, mais non pas en vase clos, sans lien les uns avec les autres, mais plutôt en en constituant un peuple ». La constitution pastorale Gaudium et Spes insiste : « Les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de notre temps, des pauvres et de ceux qui souffrent, sont à la fois le bonheur et l’espérance, la tristesse et l’angoisse des disciples du Christ… C’est pourquoi l’Église se sent intimement et réellement solidaire du genre humain et de son histoire » (GS, 1). 238. L’encyclique Populorum Progression publiée par Paul VI en 1967 dénonçait la distance croissante entre les pays développés et sous-développés. Cette encyclique donnait une impulsion à la IIe Conférence Générale de l’Épiscopat Latino-Américain de Medellin, en 1968, événement qui, pour nous peuples latino-américains, est devenu l’événement fondateur d’une Église inculturée en Amérique Latine. En 1971, le même pape a publié la lettre apostolique Octogesima Adveniens, commémorant les 80 ans de Rerum Novarum, et réaffirmant que la transformation politique est une mission chrétienne de tous les baptisés, qu’ils soient religieux ou laïcs. 94 Le Concile avait comme thème: L’Église et sa mission.
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239. L’encyclique Laborem Exercens publiée par Jean-Paul II en 1981, centre de nouveau le problème social sur la question du travail. En 1987, il écrivait l’encyclique Sollicitude Rei Socialis pour commémorer les 20 ans de Populorum Progression, affirmant que seul un mouvement global de solidarité serait capable de promouvoir le développement intégral de l’humanité. En 1991, il a publié l’encyclique Centesimus Annus invitant les chrétiens à revoir et à approfondir la DES, projetant ses principes fondamentaux sur les relations sociales du nouveau millénaire. 240. L’encyclique Deus Caritas Est, publiée par Benoît XVI avait l’intention de redonner une nouvelle signification à la gratuité de l’amour de Dieu et du commandement de l’amour du prochain dans le temps actuel dans lequel, souvent, l’amour de Dieu est caricaturé et associé à la vengeance et à l’intolérance entre les peuples. L’ encyclique plus récente, Caritas in Veritate, de 2009, se tourne vers les aspects d’un monde toujours plus globalisé et menacé par un effondrement économique et éthique. L’amour en vérité considère comme urgente la réforme de l’ONU et l’adoption d’un modèle économique et financier international, critiquant les tergiversations causées surtout par le néolibéralisme économique. Il défend l’organisation d’une autorité politique globale représentative de tous les états, régie par les principes de subsidiarité et de solidarité. 241. Pour le pape, il y a deux critères capables d’orienter l’action morale et politique pour la société contemporaine : la justice et le bien commun. « Avant tout, la justice […] Je ne puis regarder l’autre sans lui avoir donné en premier lieu ce qui lui revient en justice »95.
Les principes de la doctrine sociale de l’Église 242. La DES s’appuie sur des principes permanents, comme le sens universel, que l’on rencontre enracinés dans l’éthique de toutes les sociétés humaines. Les enseignements des papes mettent l’accent sur : la primauté du bien commun sur l’intérêt particulier, la volonté de Dieu d’éliminer les inégalités et l’obligation du partage des biens. 243. « Ces principes ont un caractère général et fondamental, puisqu’ils se réfèrent à la réalité sociale dans son contexte : depuis les relations interpersonnelles […] jusqu’à celles engendrées par la politique, l’économie et le droit; à partir des relation entre communautés ou groupes jusqu’aux relations entre peuples et nations »96. 95 BENOÎT XVl,Caritas in Veritate, no. 6 96 Chapitre qui conclue l’encyclique Centesimus Annus. 72
244. Le principe de la dignité inaliénable de la personne humaine est celui dans lequel tous les autres principes et contenus de la DES trouvent leur fondement. Il garantit que le développement économico-social peut être considéré comme un développement authentique à la condition que l’on ait en vue la personne humaine comme centre, dont on ne peut enlever sa dignité puisque « l’homme est le chemin de l’Église »97. Le principe de la dignité exclut toute forme de discrimination raciale, sociale, économique, religieuse ou culturelle. Il affirme que « la dignité de la personne humaine est une valeur transcendante, toujours reconnue comme telle par ceux qui cherchent sincèrement la vérité. En réalité, l’histoire entière de l’humanité doit être interprétée à la lumière de cette conviction. Toute personne, créée à l’image de Dieu98, donc radicalement orientée vers son Créateur, est en relation constante avec ceux qui ont la même dignité »99. 245. Le principe du bien commun, selon Gaudium et Spes (26) est « l’ensemble des conditions de la vie sociale qui rendent possibles aux associations et à chacun de leurs membres d’atteindre leur propre réalisation de la façon la plus complète et la plus facile. » 246. Le bien commun dffère de l’intérêt général et de l’intérêt particulier. L’intérêt général peut parfois impliquer le sacrifice et l’exclusion de certains, généralement des plus faibles, en faveur des autres. Par contre, le bien commun comprend tous les individus, selon les possibilités spécifiques de chacun. La conciliation entre le bien commun et le bien particulier se réalise à travers l’exercice de la charité et de la justice, vertus importantes dans la vie sociale. La première, la charité, enseigne à vaincre l’égoïsme et inspire la conscience sociale comme l’espace qui regroupe les personnes; la seconde, la justice, favorise la reconnaissance et le respect des droits de l’autre. Prendre soin du bien commun doit aussi être la principale responsabilité de l’autorité politique qui se divise en deux plans : le national et le mondial. Le bien commun national est la responsabilité et la raison d’exister de l’État. Le bien commun, dans sa dimension mondiale, selon Benoît XVI, devrait être confié à une organisation supranationale100 dont les membres seraient la communauté de toutes les nations du monde représentées sur un pied d’égalité. L’Église, de plus, signale le régime démocratique comme l’organisation politique la mieux qualifiée pour garantir la dignité de la personne humaine101. 97 98 Cf Gn 1, 26-28 99 JEAN-PAUL ll, Message pour la Journée Mondiale de la Paix 1999 a 2. 100 La création d’une telle organisation supranationale et les conditions de son efficacité restent à peine ébauchées, bien qu’elles appartiennent à la propre nature sociale de l’homme. Pour Benoît XVI, dans Caritas in Veritate, il appartiendrait à l’ONU, dans les circonstances actuelles, de jouer ce rôle, chaque fois qu’elle représente la lutte pour la défense des Droits Humains. 101 CF JEN PAUL ll, Centesimus Annus no. 52 73
247. Le principe de subsidiarité s’appuie sur le principe que Dieu ne veut pas exercer seul le gouvernement de tout ce qu’il a créé. Le Créateur a confié à chaque créature un ensemble différent de dons qui sont utilisés selon sa nature et ses dispositions. En ce sens, le principe de subsidiarité fait en sorte que les citoyens et les organisations politiques doivent être encouragés à développer leurs propres capacités, de sorte qu’ils remplissent leurs responsabilités et fassent valoir leurs droits. Dans Centesimus Annus, Jean-Paul II souligne que le principe de subsidiarité implique d’assurer « les conditions favorables au libre exercice de l’activité économique, dirigées vers une mise en place d’opportunités de travail, et de sources de richesse » (15). 248. En ce sens, une instance supérieure – une force et un pouvoir économiques plus grand – ne doit pa s’immiscer de manière autoritaire dans la vie interne d’une autre société. L’action des instances économiquement favorisées doit être complémentaire et ponctuelle afin d’assurer la vie, la créativité, le bien commun et la solidarité. 249. À partir de ce même principe, l’Église signale aussi le danger d’un autoritarisme de l’État et de la seule initiative privée. Par ailleurs, elle souligne que les responsabilités sociales relèvent principalement de l’État, en collaboration avec l’entreprise privée et les organisations sociales. 250. Le principe de solidarité vise à ce que chacun croisse en valeur et en dignité grâce à l’engagement de ses capacités et de son dynamisme dans la promotion de l’autre. Jean-Paul II indique, dans Sollicitudo Rei Socialis que « la solidarité n’est pas un sentiment de compassion superficiel face aux maux dont souffrent tant de personnes, qu’elles soient proches ou éloignées. Au contraire, c’est la détermination ferme et persévérante de s’engager pour le bien commun, c’est-à-dire pour le bien de tous et de chacun, de sorte que nous soyons tous vraiment responsable des autres » (38); ceci va dans une direction diamétralement opposée à l’avidité du gain et à la soif du pouvoir. Le principe vaut, de façon analogique, pour toutes les relations concrètes. Aussi, actuellement, on découvre une conscience plus lucide de la relation solidaire entre l’être humain et la nature : l’être humain se valorise aussi en préservant et en développant la nature et celle-ci, protégée, lui garantit une meilleur qualité de vie. Le devoir de solidarité vaut aussi pour les personnes comme pour les peuples, de sorte que « l’exercice de la solidarité dans chaque société n’est valable que lorsque ses membres se reconnaissent les uns les autres comme personnes »102. La solidarité nous aide à voir l’autre – personne, nature ou nation – comme participant au banquet de la vie auquel tous les hommes ont été invités également par Dieu. 102 CONSEIL PONTIFICAL JUSTICE ET PAIX, Agenda social no. 131
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251. Dans le processus de restructuration et d’organisation de la société, ces principes nous font percevoir d’autres priorités (ou principes complémentaires). Par exemple : la primauté de la distribution des biens sur l’appropriation individuelle nous fait prendre conscience que les biens, créés par Dieu ou par le travail humain, doivent procurer un bénéfice à toute la famille humaine. L’appropriation individuelle – appelée droit de propriété – est un chemin efficace pour réaliser ce but pourvu qu’elle soit comprise comme un forme de responsabilité sociale et non comme un privilège exclusif puisque « elle [la propriété privée] devient une “hypothèque sociale” »103; la primauté du travail sur le capital assure que le capital « est légitime seulement s’il sert au travail »104. C’est le principe qui marque l’incompatibilité de la DES avec certains fondements du capitalisme libéral, grâce auxquels actuellement le néolibéralisme est défendu par plusieurs comme l’unique doctrine économique pour l’humanité.
Les directives de la Doctrine Sociale de l’Église dans le contexte de l’Amérique Latine 252. Suite à Vatican II, l’épiscopat latino-américain a continué à plublier d’importantes réflexions et orientations pastorales. Ces documents dépassent les Conclusions des Conférences Générales de l’Épicopat Latino-Américain et des Caraïbes (CELAM). Selon les évêques, « toutes [ces conférences] présentent le problème d’une authentique promotion humaine, en relation avec les exigences de la justice et de la paix, de la famille et de la démographie, de l’éducation et de la jeunesse »105, mettant l’Église face à l’option préférentielle pour les pauvres. De toutes ces conférences, celles qui eurent un plus grand impact ecclésial furent celles de Medellin (1968) et Puebla (1979). Ces conférences ont amené un changement radical de la conjoncture ecclésiale et sociale du continent, surtout pour orienter vers une perspective de l’Église peuple de Dieu, autrement dit, moins de verticalité et plus d’engagement face aux causes sociales et à la promotion d’une véritable justice. 103 JEAN-PAUL ll, Sollicitudo Rei Socialis, no. 42 104 JEAN-PAUL ll, Laborem Exercens, no. 14 105 Les évêques AVELAR BRANDO VILELA (Président du CELAM) et EDUARDO PIRONIO ( Secrétaire général du CELAM) dans «Conclusions de la Conférence de Medellin»- 1968 lll- Introduction.
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253. Medellin souligne que nous devons intensifier la conscience de solidarité avec les pauvres, ce vers quoi nous oriente la charité. « Cette solidarité signifie faire nôtres leurs problèmes et leurs luttes, savoir parler pour eux […] en dénonçant l’injustice et l’oppression, en luttant chrétiennement contre l’intolérable situation qu’endure trop souvent le pauvre, en entrant en dialogue avec les groupes responsables de cette situation pour leur faire comprendre leurs obligations »106. 254. C’est ainsi que l’on cherche à contribuer à la libération du pauvre et à lui être uni, en optant pour un modèle d’organisation pastorale plus efficace représentée par la méthode du voir-jugeragir, capable de dépasser les pratiques inappropirées pour promouvoir systématiquement la dignité humaine. 255. La promotion humaine doit être la ligne directice de notre action en faveur des pauvres, de sorte que nous respections leur dignité personnelle et que nous les formions à s’aider euxmêmes. Pour cela, nous reconnaissons la nécessité d’une adaptation rationnelle de notre pastorale et de l’intégration de nos efforts avec les autres entités107. 256. La Conférence de Medellin avait comme thème L’Église dans la transformation actuelle de l’Amérique Latine à la lumière du Concile Vatican II. L’exhortation de Paul VI, Populorun Progressio en 1967, sur la situation des pays pauvres et les exigences chrétiennes qui en découlent, a eu une grande répercussion en Amérique Latine. 257. Le plus grand défi que doit affronter l’annonce de l’Évangile en Amérique Latine est la dure réalité de la faim et de la misère, de l’analphabétisme, de la profonde inégalité des ressources entre les classes, des tensions politiques entre les groupes sociaux, de la violence armée et de l’exploitation du travailleur, de l’extermination systématique des peuples indigènes, de l’absence de participation populaire à la gestion des biens publics et, par-dessus tout, les régimes autoritaires. 258. Les appels de Medellin ont aussi causé un affrontement théologique important qui, bien qu’incommodant, fut salutaire pour la maturation de l’Église. En résumé, deux modèles de l’Église se sont affrontés dans cette Conférence : une, fidèle à l’orthodoxie traditionnelle, l’autre, aux aspirations plus politico-sociales qui fait appel à une organisation de l’Église horizontale, organisée en communautés ecclésiales de base. Le second modèle suscitera une réflexion théologico-sociale connue dans les dix années suivantes comme théologie de la libération. 106 Conclusions de la conférence de Medellin- 1968. Pauvreté de l’Église lll- Orientations pastorales 10 107 Conclusions de la conférence de Medellin-1968. Pauvreté de l’Église lll- Orientations pastorales ll.
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259. Puebla a continué en approfondissant, de manière créative, la perspective amorcée à Medellin en utilisant comme critère de discernement ecclésial une lecture de l’action évagélisatrice qui tenait compte de signes des temps. Puebla offre une vision pastorale de la réalité latinoaméricaine en abordant des éléments historiques, socioculturels, énonomiques et ecclésiaux qui arrivent à dénoncer une situation de grave injustice : « Du cœur de tous les pays du continent monte jusqu’au ciel une clameur toujours plus forte et impressionnante. Le cri d’un peuple qui souffre et qui demande justice, liberté, respect des droits fondamentaux de l’homme et des peuples»108. « La situation d’extrême pauvreté généralisée donne vie à des visages concrets dans lesquels nous devrions reconnaître les souffrances du Christ, le Seigneur, qui nous questionne et nous interpelle ». 260. À partir de ces réflexions, l’épiscopat latino-américain fait deux options pastorales : pour les pauvres et pour les jeunes. « L’option préférentielle pour les pauvres a comme objectif l’annonce du Christ Sauveur qui leur fera prendre conscience de leur dignité, les aidera dans leurs efforts de libération de toutes leurs limites et les conduira à la communion au Père et à leurs frères, grâce à l’expérience de la pauvreté évangélique » (1153). « Cette option, exigée par la réalité scandaleuse du déséquilibre économique en Amérique Latine, doit conduire à l’établissement d’une convivialité humaine digne et fraternelle et à l’édification d’une société juste et libre » (1154). 261. L’option pour les jeunes : « L’Église a confiance dans les jeunes (317). Pour elle, ils sont son espérance… Pour être vraiment dynamisante pour le corps social et spécialement pour le corps ecclésial, l’Église fait une option préférentielle pour les jeunes en raison de sa mission évangélisatrice dans le Continent (1186). Elle se propose de « développer, selon la pastorale organique et préférentielle, une pastorale de la jeunesse qui tienne compte de la réalité sociale des jeunes de notre continent, qui vise l’approfondissement et la croissance de la foi en vue de la communion avec Dieu et avec les hommes… (favorisant) la participation active dans l’Églsie et dans la transformation de la société (1187). 262. La grande majorité des théologiens latino-américains considèrent Medellin comme « un véritable événement historique qui a changé le cap de l’action de l’Église catholique dans tout le continent. Pour l’Église latino-américaine, la Conférence fut une “seconde illumination”, comme le fut le Concile Vatican II pour l’Église universelle »109. 108 Cf Mt 16, 1-4 109 Mgr Candido Padin , OSB , Une éducation libératrice proclamée à Medellin , dans Trente ans depuis Medellin, p. 227
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263. L’option de Puebla pour les pauvres est, encore aujourd’hui, le plus grand défi pour l’Église et ses institutions. En dépit d’être le premier thème de la plus grande partie des institutions catholiques qui s’adonnent à l’enseignement, il faut qu’aujourd’hui nous progressions toujours dans la lutte contre les formes d’exclusion sociale; de plus, il semble que nous soyons toujours faibles pour donner de l’espace à la contestation et à la manifestation de la voix des exclus et des marginaux de la société. 264. Le document de Aparecida souligne que l’Église est appelée à réviser profondément la réalité et à se lancer avec audace et fidélité face aux nouvelles circonstances de son temps, tant dans le contexte de l’Amérique Latine que sur la scène mondiale, de façon à promouvoir une évangélisation avec une ardeur renouvelée. À partir d’un point de vue social : « Une globalisation sans solidarité affecte négativement les secteurs plus pauvres. Il ne s’agit pas de faire référence simplement au phénomène d’exploitation et d’oppression, mais de quelque chose de nouveau : l’exclusion sociale. Avec elle se trouve affectée la racine même de l’appartenance à la société dans laquelle ils vivent, puisqu’ils ne sont pas plus bas, à la périphérie ou sans pouvoir, mais bien exclus. Les exclus sont non seulement “exploités”, mais ils sont “de trop” et rejetés »110. 265. Dans une société globalisée, la solidarité naît de notre foi au Christ « comme une attitude permanente d’accueil, de fraternité et de service qui doit se manifester dans des options et des gestes visibles, principalement dans la défense de la vie et des droits de plus vulnérables et des exclus, en accompagnant constamment leurs efforts pour qu’ils soient les sujets du changement et de la transformation de leur situation » (394). 266. Parmi les diverses formes d’exclusion qui sont mis en évidence à Aparecida : les communautés indigènes et afro-américaines; beaucoup de femmes qui sont exclues à cause de leur sexe, de leur race ou de leur situation socio-économique; les jeunes qui reçoivent une éducation de mauvaise qualité et qui n’ont pas l’occasion de progresser dans leurs études ni d’entrer sur le marché du travail; beaucoup de pauvres, de chômeurs, d’immigrants, de déplacés, de paysans sans terre; d’enfants victimes de prostitution infantile souvent liée au tourisme sexuel; aussi les enfants victimes d’avortement; le trafic d’organes et d’êtres humains. Des millions de personnes et de familles qui vivent dans la misère et qui souffrent de la faim, beaucoup qui vivent en situation de dépendance à la drogue, les personnes aux capacités limitées, ceux qui sont porteurs ou qui souffrent de maladies graves; les otages et les personnes qui sont victimes de violence, de terrorisme, de conflits armés et d’insécurité dans les villes; les personnes âgées; la situation inhumaine que vit la grande majorité des prisonniers (65). 110 Cf V CELAM- Aparecida no. 11 78
267. La DES nous permet d’orienter notre action personnelle et sociale dans un monde en changement. Il faut rappeler que la DES ne prône pas des théories scientifiques, ni des idéologies politiques, ni des prescriptions juridiques. Ce qu’elle cherche à nous offrir est un ensemble d’idées, d’expériences et de valeurs pensées à la lumière de l’Évangile de sorte qu’elle défend la dignité de tous les êtres humains engagés dans leurs contextes historico-culturels. L’Église croit que l’application de ces principes chrétiens dans les réalités économiques, politiques et sociales donnera des fruits de justice et de paix, aidera à promouvoir un véritable développement humain. Ses enseignements touchent les structures de l’ordre social actuel qui génèrent et encouragent les mécanismes générateurs de pauvreté. Les principes de justice, de charité, de solidarité proclament la Bonne Nouvelle de Jésus et génèrent un nouvel ordre social dans lequel il n’y a pas d’exclus ni d’exploités
La solidarité dans la pratique de Champagnat 268. Marcellin a vécu dans un contexte socio-politique bouleversé, marqué par la pauvreté et la violence révolutionnaire. Cette ambiance a eu des effets sur l’éducation, l’école étant un reflet de ce qui se vit dans la société. Les exemples vécus par Marcellin pourraient paraître ordinaires et sans nécessairement beaucoup de gravité, mais ils resteront enregistrés en lui et affecteront son enfance; à travers son expérience, il nous fait découvrir que de telles pratiques ont des effets indésirables sur le développement des enfants et des jeunes. Par la suite, le P. Champagnat rappellera ces situations et les incorporera comme prémisses à son projet éducatif naissant. Il racontait souvent ces expériences pour conscientiser les éducateurs, les Frères à cette époque, des conséquences de l’utilisation inadéquate de pratiques pédagogiques, du désintéressement des professeurs face à leur relation avec les élèves et de l’importance de l’accompagnement pour le développement des enfants et des jeunes. 269. Durant son enfance, Marcellin Champagnat a été témoin d’agression et d’abus de pouvoir de la part d’un catéchiste et d’un professeur : cela a profondément marqué sa vie. Ceci a provoqué chez Marcellin un rejet de l’école et la décision de ne pas retourner dans une ambiance scolaire dans laquelle on retrouve de telles pratiques, parce que « le mauvais traitement qu’il [le maître] inflige sans raison à cet enfant me montre ce que je dois attendre de lui; au premier moment, il pourra m’en faire autant : je ne veux donc ni ses leçons, ni moins
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encore ses mauvais traitements »111. Tout au long de sa vie et chaque fois que c’était possible, il rappelait aux Frères ce fait pour leur faire comprendre combien la brutalité, les punitions et les corrections inopportunes peuvent éloigner les enfants d’un climat éducatif. 270. Dès le début de son activité pastorale comme prêtre, le P. Champagnat a démontré sa préoccupation pour la situation sociale des personnes qui faisaient partie de sa paroisse, étant donné que « les habitants de La Valla étaient bons et pleins de foi, mais très simples et très ignorants. […] Cet état de choses ne l’effraya pas : se confiant à la Providence, il se mit aussitôt à l’œuvre pour défricher le champ qui lui était confié »112. D’une manière spéciale, il l’a démontré par sa façon de se faire proche des enfants. Déjà auparavant, alors qu’il était encore adolescent, il intuitionnait que la marginalisation des régions pauvres de l’intérieur du pays était la conséquence du manque d’accès à l’éducation et à la culture. « … c’est avec d’infinies difficultés que j’ai pu apprendre à lire, faute de maîtres capables : à partir de ce moment, je sentis l’urgente nécessité d’une institution qui pourrait, à peu de frais, faire la même chose dans les milieux ruraux… »113. 271. La fondation de l’Institut des Frères Maristes fut la réponse qu’il a trouvée pour résoudre les lacunes socio-éducatives de son époque. Il a pensé des écoles gratuites pour les milieux pauvres, mais avec une qualité d’enseignement comparable à celle des écoles des villes. Pour pouvoir développer ces services dans des milieux marginaux et à faible possibilité d’accès à l’éducation, il a établi des ententes avec les municipalités et les paroisses pour qu’elles assument les frais de fonctionnement des écoles. « Les écoles seront gratuites, mais les municipalités pourront recevoir une rétribution mensuelle pour couvrir une partie des frais de l’école »114. Quand le contrat établi n’était pas rempli, le fondateur n’hésitait pas à réclamer ce qui était dû. 272. Étant supérieur des Frères, devant la dénonciation de l’abus commis contre un des enfants pensionnaires de la maison de La Valla de la part d’un postulant, il a découvert la vérité du fait et a décidé d’envoyer un signal clair qu’il sera intransigeant sur ce point et, en même temps, que ce sera une référence dans le travail des futurs éducateurs. Il a réuni tous les Frères et fit appeler l’agresseur. Quand il fut arrivé, il le menaça en plaçant un crucifix sur le sol et en le défiant de le piétiner. La faute commise contre l’innocence de cet enfant était un péché plus grave que de profaner une image de Dieu. 111 JEAN-BAPTISTE FURET, Vie de Joseph- Benoît Marcellin Champagnat, éditions du bicentenaire, 1989, p.6 112 id, p.37 113 Au roi Louis-Philippe 28/01/1834. Lettres du P. Champagnat. 114 Au Vicaire Général de Nevers, P. Jean-Marie Frain, août 1834. Lettre du P. Champagnat, doc. 43 80
273. En 1840, année de sa mort, il a exposé avec clarté l’objectif de l’Institut Mariste : « Monseigneur, notre œuvre est entièrement dédiée au besoin des enfants pauvres de la campagne et des petites municipalités. Au moindre coût possible, nous nous efforçons de leur procurer l’instruction religieuse et chrétienne que les Frères des Écoles Chrétiennes offrent, avec beaucoup de succès, aux enfants pauvres des grandes villes »115. 274. Après la mort du Fondateur, les premiers Frères publièrent, en 1853, Le Guide des Écoles, texte pédagogico-éducatif, fruit de l’expérience de l’enseignement des Frères durant les 40 premières années de l’Institut. Il s’agit d’un texte de référence, source d’inspiration et d’unité dans l’action. Le Guide des Écoles a été révisé à diverses reprises à la lumière des besoins suscités par la grande expansion de l’Institut et par l’incorporation de nouveaux objectifs éducatifs116. Le maire de la ville de Peaugres écrivit au P. Champagnat, louangeant la façon mariste d’éduquer : « Depuis l’établissement de vos Frères dans cette commune, nous ne cessons de nous féliciter de leur présence et des nombreux avantages qu’ils ont amenés… Ce changement est le fruit des solides principes qu’ils s’efforcent de leur inculquer et de la méthode appropriée qu’ils emploient pour enseigner… »117. 275. Dans ce même contexte, il est important de souligner quelques éléments de la pratique éducative de Champagnat118 qui, au cours des années, furent consolidés comme caractéristiques du projet éducatif mariste. Par exemple: créer les conditions pour qu’ils soient de bons chrétiens et de bons citoyens; proximité de l’éducateur avec les enfants; les enfants doivent être valorisés et stimulés chaque jour; qu’il y ait de la discipline et des règles claires; emploi de tous les moyens éducatifs pour bien éduquer; favoriser l’implication et la participation des parents et des responsables, de même que la communauté locale; que les professeurs aient les qualifications, l’autorité et des temps de formation; prendre soin de l’ambiance et, par-dessus tout, avoir de l’amour pour les enfants. 276. Champagnat se préoccupait des pauvres, des orphelins, des personnes âgées et rejetées, en un mot, des situations qui dépassent l’éducation formelle. Il y a diverses initiatives qu’il a entreprises avec les premiers Frères pour répondre aux urgences et aux réalités de son temps. Par exemple: 115 Au Cardinal Hygues de Latour d’Auvergne, 11/02/1840, Lettre du P. Champagnat, doc. 319 116 Mission Éducative Mariste, Introduction. 117 Lettre du maire de Peaugres, M Vallas 01/10/1836. Lettres reçues. doc. 165 118 Cf JEAN-BAPTISTE FURET, Vie de Joseph-Benoît-Marcellin Champagnat, pp. 531-560
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• dans la commune de La Valla, en 1820, il est intervenu pour que les Frères accueillent un enfant de la rue, comme Jean-Baptiste Berne119; • sur le terrain de l’Hermitage, en 1833, il bâtit un modeste asile pour recevoir des personnes âgées et des mendiants120; • en 1838, il inscrivit deux Frères à un cours de formation pour travailler avec les sourds-muets121. 277. Champagnat a démontré clairement, tout au long de sa vie, le but de son Institut, comme il l’a exprimé dans la lettre adressée à Mgr Alexandre Raymond Devie, de la ville de Belley, en 1833 : « Cette œuvre bonne m’attire toujours plus puisque, bien dirigée, elle ne porte pas atteinte à notre objectif qui vise principalement l’éducation des pauvres »122. 278. En conséquence, assumer l’objectif de la promotion et de la défense des enfants et des jeunes, c’est assurer la continuité du projet éducatif du P. Champagnat, qui met en évidence l’action chrétienne et civique des personnes capables d’agir activement dans la société. Ceci se concrétise de nos jours par : i) l’attention directe aux enfants et aux jeunes au moyen de divers services et projets développés par l’Institut Mariste répandu dans le monde; ii) les représentations et l’action politique dans les milieux institutionnels et les réseaux intégrés au niveau local, national et international; iii) la systématisation et la codification des connaissances acquises dans la pratique éducative et le dialogue de qualité avec les réseaux qui s’intéressent à la même cause.
La solidarité et les documents institutionnels maristes 279. Champagnat a laissé à l’humanité l’Institut Mariste, qui depuis sa fondation, continue à consolider et à acutaliser sa proposition éducative, et actuellement, elle est présente dans plus de 80 pays, sur les cinq continents, s’adonnant à l’éducation des enfants et des jeunes de toutes les conditions sociales, races, sexe et cultures. Les Maristes s’efforcent, jour après jour, d’éduquer intégralement. De la tradition de Champagnat émerge un ensemble de méthodes qui forment le patrimoine spirituel et philosophique de l’éducation mariste qui résument les efforts constants des frères, laïcs et laïques maristes et les différentes cultures et identités des jeunes. 119 ID, p. 523-525 120 ID , P. 527 121 Cf. Chroniques maristes. Lettre du P. Champagnat doc. 27 et Frère Avit, Annales de l’Institut , p. 126. 122 Lettres du P. Champagnat, doc. 28 82
280. Jeter un regard sur les documents produits par l’Institut mariste durant ces presque deux cents ans est récupérer sa pratique et prendre un position spirituelle, théologique, politique, apostolique et ecclésiale. Ce sont des documents qui cherchent à actualiser la spiritualité et le charisme mariste et à fortifier, en lien avec la société, une proposition novatrice d’éducation pour l’enfance et la jeunesse. Nous nous arrêterons plus spécifiquement aux document institutionnels post-conciliaires de Vatican II, qui cherchent à maintenir vivant et à améliorer l’appel de la vision et de l’option proposées par Champagnat.
Du Concile Vatican II (1964) à l’anniversaire des 200 ans depuis la naissance de Champagnat (1789)123 281. Vatican II a demandé aux congrégations religieuses la refonte de leurs constitutions, de leur style de vie, de leur relation avec la société, de leurs politiques sociales, pastorales, etc. C’est dans ce climat de rénovation qu’est arrivé le XVIe Chapitre général (1967) qui s’est continué au XVIIe, en 1976. Les deux ont tracé des lignes prophétiques d’action. 282. Un thème qui a largement abordé le XVIIe Chapitre général (1976)124 est la pauvreté et la justice, repensées à partir du message de l’Évangile et de l’Église. Bien que nous soyons Frères, nous avons l’obligation d’apporter notre contribution à un monde dans lequel une grande partie de l’humanité est tourmentée par la faim et la pauvreté, et où beaucoup sont victimes d’oppression et de misère. 283. Selon Pauvreté et Justice125, la réalité sociale et l’esprit évangélique a provoqué en nous, comme successeurs de Champagnat, un appel à nous engager avec plus d’effort apostolique, au service des pauvres, des opprimés, des marginalisés, à chercher des chemins évangéliques pour améliorer la promotion et la défense des droits de l’homme et de la femme, que ce soit au niveau local, national ou international. 123 On a voulu présenter les documents institutionnels qui ont une pertinence sociale à compter d Vatican ll, puisque cette période représente une étape importante pour l’Église et, par conséquent, pour les Congrégations. À partir de Vatican ll, l’Institut mariste a progressé pour redécouvrir le charisme, la spiritualité et la mission apostolique du P. Champagnat: une plus grande participation des laïques et laïcs; l’orientation des frères et des activités apostoliques en faveur des pauvres; l’augmentation des activités apostoliques; l’inculturation de l’idéal mariste dans les différentes réalités de l’enfance et de la jeunesse , entre autres. 124 Actes du XVlle Chapitre général, Rome 1976 125 Actes du XVlle Chapitre général, Rome 1976, p. 39-56
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284. Les personnes et les structures doivent exprimer ouvertement la solidarité pour et avec les pauvres, et l’engagement social doit être réalisé par des personnes préparées et qualifiées. Comme éducateurs, nous devons être attentifs aux appels de l’Esprit qui, en ce moment historique, nous invite à être des témoins par notre vie et par notre engagement direct avec les plus défavorisés. De plus, c’est une obligation pour tous les chrétiens, Frères et éducateurs, de construire avec amour une société plus juste, plus humaine, qui soit le point de départ du Royaume de Justice et de Paix. 285. La fidélité au Christ et à son Évangile et la fidélité au charisme de Marcellin nourrissent le désir d’engagement avec Dieu et avec les jeunes. Tout comme le dit le frère Charles Howard dans la circulaire Semeurs d’espérance126 : être Champagnat aujourd’hui, c’est être un signe d’espérance pour les jeunes et être capables de semer la sérénité, la patience, l’audace, la créativité, le courage, la présence de Dieu. 286. L’Institut mariste, en lien avec la Doctrine Sociale de l’Église, souligne les idées principales de l’encyclique du pape, Un appel urgent : Sollicitudo Rei Socialis127 qui met en relief l’engagement de l’Église avec les personnes dans la lutte pour le développement humain. Les chrétiens doivent assumer la lutte pour la justice sociale et combattre les inégalités et la pauvreté qui s’intensifient dans toutes les parties du monde. 287. La solidarité est la détermination ferme et persévérante de s’engager pour le bien commun, c’est-à-dire le bien de tous et de chacun, parce que nous sommes vraiment tous responsables de tous – interdépendants. Le pape souligne aussi que prendre option pour Jésus et l’Évangile est prendre option pour les pauvres. Le frère Charles a reconnu que l’Institut mariste, et par conséquent les Frères, n’ont pas toujours été aussi fidèles qu’ils auraient dû. Il a renforcé l’appel afin que les connaissances et les ressources soient mises au service des pauvres, comme le fit Champagnat. Une telle option peut parfois entrer en conflit avec certaines structures sociales, politiques et culturelles, c’est-à-dire, nous positionner de façon différente, comme les prophètes. L’option pour les pauvres doit se concrétiser dans la structure des Provinces et la vie des Frères. 126 F. CHARLES HOWARD, Semeurs d’espérance, Rome, 1990. On peut consulter sur: www.champgat.org. 127 F. CHARLES HOWARD, Un appel urgent: Sollicitudo Rei Socialis, Rome 1990. On peut le consulter sur www. champagnat.org
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288. Avec les contradictions croissantes qu’offre l’Amérique, où l’on remarque une augmentation des injustices et l’écart entre riches et pauvres, on trouve un espace fécond pour fortifier la présence mariste: Un appel et une espérance pour les Frères maristes en Amérique Latine128. 289. Devant cette réalité, l’Institut mariste doit être un signe d’espérance pour le développement de la mission évangélisatrice et éducative qui se concrétise dans des œuvres en faveur de la justice et de la promotion humaine. Nous sommes appelés à être des témoins de la Résurrection, ce qui devient une invitation à vaincre l’inertie et la crainte, pour changer la tristesse en joie et affronter les moments difficiles avec confiance. 290. Frères et apôtres, éducateurs de l’enfance et de la jeunesse, nous sommes appelés à remplir une tâche à laquelle nous ne pouvons échapper : le défi de promouvoir les valeurs évangéliques. Les projets éducatifs et ecclésiaux doivent manifester notre option préférentielle pour les pauvres. On a assumé un engagement de conversion à la suite du Christ pauvre et frère universel pour que s’incarne, progressivement, à tous les niveaux un véritable engagement face à l’option préférentielle pour les enfants et les jeunes pauvres.
De l’anniversaire des 200 ans de la naissance de Champagnat jusqu’au 200e anniversaire de la fondation de l’Institut Mariste 291. Durant cette période, nous trouvons les documents du XIXe Chapitre général (1993)129. L’Institut était appelé, par une résolution, à établir des liens de solidarité pour faire face à de nouvelles formes d’injustice qui frappent les enfants et les jeunes des temps modernes. Être mariste, c’est être capable de susciter l’indignation et d’immortaliser l’espérance. 128 lll CONFERENCE Latino-Américaine DES PROVINCIAUX P CLAP. Chosica ( Pérou) 1984 et Cali (Colombie), 1987, Un appel et une espérance pour le Frère mariste en Amérique Latine, Rome, Luis Vives, 1987. Le document renforce les principales réflexions élaborées à Chosica et à Cali, à la demande du frère Charles Howard 129 Actes du 19e Chapitre général, Rome, 1993. On peut le consulter sur le site: www.champagnat.org.
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292. Pour percevoir, comme le Fondateur l’a reconnu, l’appel de l’Esprit, nous tous nous sommes appelés à refaire l’expérience Montagne (rencontre qui a renforcé le rêve de Champagnat de fonder les Frères130). Il vit clairement, dans les yeux de cet enfant, le cri de milliers d’enfants et de jeunes, victimes comme lui de l’abandon au plan humain et spirituel. 293. Le XIXe Chapitre général a demandé que l’on ait l’audace d’abandonner certaines sécurités pour s’approcher des petits et des pauvres, de développer un service éducatif de qualité et d’y assurer les ressources humaines et financières. L’option préférentielle pour les nécessiteux doit pousser les frères, les laïques et les laïcs, à aller vers des milieux inexplorés, qui sont exclus de la société, comme signal de la fidélité au charisme et à l’identité de la fondation. 294. La mission évangélisatrice de l’Église, comprise dans la perspective de l’option préférentielle pour les pauvres, aide à comprendre que la foi doit être au service de la promotion, de la justice sociale et de la défense des droits humains. L’Évangile exige que la réalité soit interprétée, toujours davantage, à partir du point de vue des pauvres et dans cette perspective. De là, le défi pour l’Église et l’Institut de les aider à se donner les instruments nécessaires à leur propre transformation sociale. Frères, laïques et laïcs se sentent appelés à une conversion de mentalité et d’attitudes, c’est-à-dire, à offrir des alternatives viables pour collaborer à l’éradication de la pauvreté. 295. L’Institut mariste comprend, dans son projet éducatif, la solidarité, l’engagement dans la transformation de la société, l’intégration de foi et culture, la priorité des actions pastorales, la création d’espaces de fraternité et la participation effective des enfants et des jeunes dans tous les processus éducatifs. 296. Il est arrivé le moment d’assumer collectivement, et de façon décidée et sans équivoque, l’appel évangélique à la solidarité. Marie offre l’exemple parfait de la solidarité vécue avec son Fils et ceux qui sont dans le besoin. Dans son Magnificat, chant de louange et de solidarité, l’audace et l’espérance nécessaires pour continuer la mission évangélisatrice se rencontrent, ce qui cherche à former de véritables disciples de Jésus Christ, à l’exemple de Marie, ellemême disciple. En prenant Marie comme modèle, on emprunte la chemin de la solidarité pour et avec les pauvres. 130 Fin octobre 1816, Marcellin est appelle au chevet du jeune Jean-Baptiste Montagne qui à l’âge de 17 ans , va mourir sans avoir entendu parler de Dieu. Dans les yeux de cet adolescent, il perçoit les appels de détresse de milliers d’autres jeunes, victimes comme lui, d’une , tragique pauvreté humaine et spirituelle. Cet évènement le pousse à l’action. Cf. Mission éducative mariste no 9
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297. On peut souligner que le XIXe Chapitre général a encouragé les frères, les laïques et les laïcs à être audacieux dans la mission afin de : intensifier les programmes de formation à et pour la solidarité; s’engager à ce que les responsables, à tous les niveaux, privilégient de nouveaux projets destinés aux enfants et aux jeunes défavorisés; créer le Secrétariat de Solidarité dans l’Aministration générale; renforcer l’orientation des ressources humaines et financières vers des objectifs de solidarité; prévoir des stratégies qui sensibilisent à l’usage évangélique des biens; insérer le thème de la solidarité dans le projet éducatif et développer des actions correspondantes; promouvoir des réalités institutionnelles qui s’engagent dans des actions d’aide mutuelle, de promotion sociale et de défense des droits humains, en mettant le focus sur les droits des enfants, des adolescents et des jeunes. 298. Enfin, il est à noter que le XIXe Chapitre général est l’initiateur de la restructuration et de la réorganisation des Unités Administratives de l’Institut, afin de favoriser la coopération mutuelle et répondre aux nouvelles exigences du nouveau millénaire. Cette intitiative devient plus évidente lors de la VIe Conférence générale, en insistant sur le fait que l’Institut doit unifier ses priorités dans le développement spirituel, dans la mission éducative et de solidarité, dans la pastorale, dans l’animation vocationnelle et dans l’administration. Par conséquent, il doit travailler de façon plus transparente, par des moyens qui donnent le sentiment de cohésion et, ce, sans retard, sans traîner, mais rapidement131. 299. Le frère Benito Arbués, durant son mandat comme Supérieur général, a contribué à ce que les critères évangéliques soient davantage présents dans l’usage et l’administration des biens grâce au texte À propos de nos biens (2000)132. Par ce texte, il appelle l’Institut et les personnes à un style de vie simple, prophétique et évangélique. Les différences sociales sont davantage mises en relief dans notre société, mais les possibilités sont également visibles. Il faut avancer avec plus d’audace, ce qui permet d’offrir des solutions pratiques et inédites aux différents contexte sociaux, culturels et économiques. 131 Il est important de distinguer entre a) Chapitre général, qui est une assemblée représentative de tout l’Institut où grâce à leur participation, tous les frères s’expriment sur sa vie et sa mission et 2) Conférence générale qui est une assemblée consultative qui a comme objectif de consolider l’unité dans l’Institut et étudier les sujets d’intérêt général et arriver à leur donner une solution. On a pu rencontrer une telle pratique du temps de Marcellin, mais il est devenu évident depuis le Concile Vatican ll, de l’établir comme une rencontre qui est convoquée entre les Chapitres généraux. Extrait du site: htt;://www.champagnat.org/es/2206000000.htm 132 BENITO ARBUES, À propos de nos biens, Rome, 2000
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300. Le contexte latino-américain, grâce à la VIIIe Conférence Latino-américaine des Provinciaux [CLAP]133, les maristes suscitèrent des réponses en faveur des enfants et des jeunes pauvres, étant donné que Champagnat avait fondé l’Institut pour les éduquer et les évangéliser. La situation de la pauvreté et de la violation des droits des enfants et des jeunes dans les Amériques s’est accrue au fil des ans, de sorte que les initiatives et les efforts doivent être immédiats en faveur de l’établissement de la justice, de la paix et des droits humains. De plus, on souligne le renforcement de la spiritualité de l’éducateur mariste, de la formation continue et des projets éducatifs. 301. C’est dans ce même contexte que se déroule la IXe CLAP (Bolivie, 1999)134 qui reprend les éléments apportés par le XIXe Chapitre général, de manière spéciale pour faire de la spiritualité apostolique mariste le cœur de la refondation, chère à la fidélité créative du charisme. Refonder signifie opter aujourd’hui, être prophète, dans le contexte latino-américain, avoir au cœur le dynamisme du charisme, réorienter ce qui existe, reprendre les éléments qui marqueront l’originalité du charisme et réaliser les projets qui peuvent être les plus fidèles aux intuitions des origines. Cette CLAP a aussi mis l’accent sur la disponibilité et l’engagement des frères et des communautés en faveur des pauvres, l’augmentation et la consolidation de la collaboration avec les laïques et laïcs maristes, la spiritualité et la mission, l’évaluation et l’orientation des œuvres pour qu’elles soient évangéliquement fécondes et solidaires. 302. Le document du XXe Chapitre général (2001)135 invite à opter pour la vie. La vie qu’il faut accueillir, reconnaître, partager et célébrer. Il y a la vie des personnes, des éducateurs et des bénéficiaires des œuvres maristes et de la communauté. Les frères, les laïques et les laïcs maristes, et les autres personnes de bonne volonté sont appelés à l’expérimenter et à la proclamer avec joie – « choisis la vie » (Dt 30, 19). La vivre en intensité est preuvre de reconnaissance et d’engagement. 133 Vll CLAP, Mission Mariste en Amérique Latine, à l’aube du 21e siècle, 12 au 21 septembre 1995, Campinas, ( Brésil). 134 lX CLAP, Spiritualité et refondation selon l’intention de Champagnat, 8 au 17 septembre 1999, Cochabamba (Bolivie). 135 Document « Choisissons la vie», dans Actes du 20e Chapitre général, Rome, 2002, p.21-40. On peut le consulter sur le site Champagnat: www.champagnat.org.
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303. Dieu nous a donné les dons nécessaires pour enflammer le monde et ceux qui nous entourent. Nous sommes semeurs d’espérance. Nous nous rapprochons des jeunes et les aidons à former, à partir de leurs existences individuelles, une belle mosaïque et à découvrir le sens de la vie. Pour cela, il est nécessaire d’avancer ensemble, frères, laïques et laïcs maristes, de façon décidés et sans compromis, dans une proximité des enfants et des jeunes plus pauvres et exclus, dans de nouveaux projets d’éducation, d’évangélisation et de solidarité136. 304. L’Institut mariste affirme de nouveau son engagement pour assurer une éducation de qualité. l’Institut se sent fortement appelé à vivre le prophétisme de la fraternité par des gestes concrets d’attention et d’accueil, d’écoute et de dialogue, de participation et de libération. C’est une conviction que l’éducation est un lieu privilégié d’évangélisation et de promotion humaine. Elle est l’expression de la reconnaissance des frères, des laïques et des laïcs maristes qui exercent diverses formes d’éducation. En même temps, elle souhaite que les structrures et les œuvres soient davantage évangélisatrices, solidaires et promotrices de justice et soient toujours plus au service de ceux qui sont marginalisés. 305. Le XXe Chapitre général appelle les frères, les laïques et les laïcs maristes à « élargir l’espace de la tente »137, afin que l’on puisse répondre aux divers besoins et contextes locaux et, en même temps, que l’on invite à un mouvement de présence au milieu des plus pauvres, grâce à une mission qui soit assumée par ses propres moyens et avec les autres institutions civiles et religieuses. Ainsi le Chapitre signale une manière concrète d’élargir la tente (la solidarité), ce qui signifie un engagement pour la vie dans le sens de la défendre, de la promouvoir, de la préserver. Notre expérience et notre engagement peuvent et doivent assurer la présentation du Royaume de Dieu qui se réalise quand l’humanité fait l’expérience de rassasier « la faim de pain et de beauté »138. Cet ouverture est rendue possible grâce à la capacité des frères, des laïques et des laïcs à partager en co-responsabilité le charisme, la mission et la spiritualité de Champagnat. 136 Document « Choisissons la vie», no. 31. 137 Is 54,2 138 FREI BETTO, Gosto de Uva- écrits sélectionnés , Sao Paulo, Éditeur Garamond, 2003, p. 53-105.
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306. Le XXe Chapitre général donne différentes recommandations aux frères, aux laïques et aux laïcs maristes et aux Unités Administratives pour continuer à avancer. Sont mis en relief : répondre aux besoins des jeunes abandonnés; harmoniser foi, culture et vie, établir un dialogue pluriculuturel et interreligieux; s’opposer à toute situation de pauvreté et d’injustice; renforcer l’éducation à la justice, à la paix et à la solidarité; faire un discernement sur l’usage évangélique des biens; accentuer l’évangélisation des enfants et des jeunes; appuyer les projets du Secrétariat International de Solidarité (BIS)139; intensifier la représentation devant les organismes internationaux d’éducation et de solidarité; favoriser l’insertion des frères, des communautés et des œuvres vers les besoins réels des enfants et des jeunes; affermir la communion et la coopération avec l’Église locale; renforcer la formation professionnelle et spirituelle; fortifier l’éveil et l’accompagnement de l’option de la vocation religieuse; convoquer frères, laïques et laïcs maristes à la mission ad gentes140; réaliser la réorganisation administrative; fortifier et developper la spiritualité. 139 Le Secrétariat International de Solidarité (BIS) est un service de l’Institut pour l’éducation , la défense et la promotion des enfants et des jeunes, la coordination de projet , la promotion de la justice , de la paix et de la solidarité. Le BIS a été créé en 1995 à la demande des participants au XlX Chapitre général qui demandait la création de structures d’appui qui assurait la représentation de l’Institut devant les organisations internationales engagées dans l’éducation et la solidarité. En mars 2005, un accord a été signé avec Franciscains International (FI), un ONG franciscain avec le statut de consultant général devant les Nations Unies. Ce protocole avec FI fut possible grâce à l’installation du bureau du BIS pour la défense des droits de l’enfant à Genève. En 2007, le BIS cesse d’exister et on constitue légalement la Fondation Mariste pour la Solidarité Internationale (FMSI), avec son siège en Italie. Le 25 juillet 2011, la Fondation a obtenu le statut de consultant spécial qui l’accrédite pour agir devant le Conseil Économique et Social ( ECOSOC) des Nations Unies, avec siège à Genève. 140 Le projet de mission ad gentes fut lancé lors de Vlle Conférence générale au Sri-Lanka, en 2005, dans le but de choisir de préparer et d’envoyer des frères, des laïques et des laïcs vers des régions missionnaires avec l’objectif d’augmenter la viabilité et la vitalité du charisme mariste, spécialement dans le continent asiatique. La dimension missionnaire de l’Institut a été visible tout au long de ll’histoire de la congrégation; déjà le P. Champagnat affirmait «Tous les diocèses du monde entrent dans nos vues». Pour en savoir davantage sur ce projet, consulter le site www.champagnag.org.
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307. La VIIe Conférence générale (2005)141 réfléchit sur le leadership exercé par les Frères, les laïques et les laïcs maristes, les ressources les plus précieuses de l’Institut mariste. La compétence nécessaire aux leaders est d’aider les autres à rêver et contribuer à rendre réels les rêves, autrement dit, être capables non seulement d’apprécier le passé mais aussi de porter attention au présent et prévoir l’avenir. Pour cela, les leaders doivent dépasser le niveau individuel pour assurer l’identité collective avec des modèles de spiritualité et de mission. Les leaders ont un devoir fondamental d’analyse et de pratique de la solidarité, de sorte qu’il ne suffit pas de protester au nom des marginaux mais de comprendre pourquoi ces groupes de personnes vivent en marge de la société et les aider à faire entendre leurs voix. 308. Déjà la VIIIe Conférence générale (2007)142 assure qu’il ne suffira pas de maintenir le projet de la réorganisation géographique et administrative commencée. Le défi à venir est de construire l’unité, de former une nouvelle identité, de mobiliser les esprits et de sensibiliser les cœurs, en harmonie avec l’esprit de l’Hermitage143, autrement dit, que les frères, les laïques et les laïcs maristes soient des messagers d’espérance, afin d’assurer que le charisme, la spiritualité et la mission issus de Champagnat continuent à être disponibles pour les Montagne d’aujourd’hui et de demain, ceux qui sont exclus de la société sans espoir, sans pouvoir donner sens à leur vie. 309. Les Maristes des Amériques, en lien avec l’Église en marche, lancent un cri prophétique contre la misère, la discrimination, l’exploitation qui marquent notre continent. Cette expression vient de la 1ère Conférence Interaméricaine des Provinciaux (CIAP), en 2007144. D’une telle réalité surgissent des réponses innovatrices et un grand cri de justice sociale en faveur des pauvres et des marginaux de la société. L’identité de la vie religieuse passe par l’approfondissement de notre mission de prophètes et de disciples. Il faut encore progresser dans l’option préférentielle pour les pauvres, en donnant une place pour les frères, les laïques et les laïcs qui travaillent directement avec les plus pauvres et favoriser la participation aux projets, au milieu ecclésial, intercongrégationnel et autres organisations. 141 F. SEAN SAMMON, Lettre de convocation de la Vlle Conférence générale: Un leadership qui génère la vieSusciter la vitalité du charisme et de la mission maristes aujourd’hui Rome 2004; 142 ID Discours de clôture de la Vll Conférence générale, 30 septembre 2005. On peut les consulter sur le site:www. champagnt 143 Pour approfondir ce thème, consulter F. Sean Sammon, Lettre Revendiquons l’esprit de l’Hermitage ! 6 juin 2007. On peut la consulter sur le site: www.champagnat.org. 144 142 lère CONFÈRENCE INTERAMÈRICAINE DES PROVINCIAUX- CLAP, Identité de la vie religieuse mariste en Amérique: défis et perspectives, du 4 au 6 juin 2007, Rome (Italie).
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310. Le Conseil du frère Seán Sammon s’adresse à toutes les personnes et organismes de l’Institut, à partir du Plan sur l’Usage évangélique des biens (2004)145, puisqu’il est nécessaire d’utiliser les biens matériels pour la construction du Royaume de Dieu qui est justice, paix et joie dans l’Esprit. Il faut assumer une responsabilité collective pour l’acquisition, l’administration, l’utilisation et le partage des biens disponibles. Il suggère aux personnes des milieux administratifs d’assurer une gestion professionnelle et transparente, afin que la vie et les structures soient guidées par la simplicité, que les biens soient utilisés d’une façon qui puisse être poursuivie par les générations futures, que les biens soient au service de la mission, particulièrement orientés vers la réduction de la pauvreté des enfants et des jeunes, exigence propre au charisme. Pour cela, la solidarité ne se limite pas à partager le superflu ou ce qui reste, mais elle consiste à partager la vie, le temps, les talents, les dons, les secours matériels, humains et financiers. On a créé un Secrétariat pour dynamiser ces aspects dans le monde mariste, ce qui élargit la conception de l’Usage évangélique des biens (2009)146. 311. Il s’agit de sauvegarder les intuitions fondatrices vécues à l’Hermitage, source du charisme mariste, soit à partir de l’expérience de Champagnat avec les premiers Frères, soit à partir de la tradition qui surgit tout au long de l’histoire. Le charisme s’incarne et s’actualise à travers le temps, compris comme rénovation. Selon la circulaire Faire connaître et aimer Jésus Christ (2006)147, il est nécessaire de revisiter le charisme pour répondre aux trois caractéristiques qui fondent l’Institut : i) les lieux d’apostolat, en plus d’être des centres d’excellence académique, doivent être principalement des lieux où l’on proclame et témoigne de l’Évangile; ii) les efforts doivent être dirigés vers les enfants et les jeunes au moyen de l’éducation formelle et d’autres formes d’éducation; iii) il faut augmenter le temps spécifiquement destiné au travail avec les pauvres et les exclus de la société. Champagnat se référait clairement aux enfants et aux jeunes économiquement défavorisés. On le retrouvait dans ses écrits et dans la façon pour les premiers frères de vivre et les lieux d’insertion. L’appel s’étend aux frères, aux laïques et aux laïcs maristes. Le retour à l’identité fondatrice doit provoquer une révolution du cœur, concrétisée dans des projets créateurs et des capacités de répondre aux problématiques du monde moderne. 145 Plan de discernement sur l’Usage évangélique des biens, Rome, 2004. On peut le consulter sur le site: www. champagnat.org. 146 F. PEDRO OST, Usage évangélique des biens, Porto Alegre, Éditions CMC, 2009 147 F. SEAN SAMMON, Faire connaître et aimer Jésus-Christ. La vie apostolique mariste aujourd’hui, Rome 2006. Voir le site: Champagnat.org.
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312. On comprend que l’identité mariste se compose de la spiritualité et de la mission. Pour cela, il ne suffit pas d’une restructuration administrative, il faut aussi constituer une identité renouvelée et innovatrice, comprise et assumée par les frères, les laïques et les laïcs, afin de raviver les énergies et favoriser le renouveau de l’engagement avec Jésus, Marcellin, les enfants et les jeunes. Centrer passionnément sa vie sur Jésus signifie s’engager dans la communauté ecclésiale, promouvoir la justice en faveur des pauvres, vivre la fraternité et être semeurs d’espérance. Ce sont les appels des documents Une révolution du cœur (2003)148 et L’Eau du Rocher (2007)149. 313. Dans cet itinéraire à travers les principales références de l’Institut mariste en ce qui concerne la recherche et l’option en faveur de la solidarité, il convient de souligner la nouveauté et la poursuite de l’effort afin d’encourager et de rassembler frères, laïques et laïcs lors de l’Assemblée Internationale de la Mission Mariste (Mendes, 2007)150. Cette rencontre représentative du monde et de notre charisme souligne cinq aspects sous la forme de partage, de réflexion et d’écoute des différentes réalités dans la ligne de la tradition mariste et de la Parole de Dieu: i) centrer passionnément la vie sur Jésus; ii) établir une coresponsabilité entre frères, laïques et laïcs maristes; iii) donner la priorité à l’évangélisation dans les activités apostoliques; iv) fortifier le droit à une éducation de qualité; v) intensifier la défense et la promotion des droits des enfants et des jeunes, en soutenant la voix de ceux qui n’ont pas de voix. 314. De façon spéciale, ce dernier aspect signale sept objectifs qui permettent de constater comment s’exprime cette voix forte, engagée et prophétique pour la défense et la promotion des droits des enfants et des jeunes : i) s’assurer que les principes de la DES guident les actions (structures et politiques); ii) promouvoir les Droits Humains grâce à une éducation mariste critique, intégrale, solidaire, inspirée de l’Évangile; iii) avoir le courage de dénoncer les structures sociales, économiques, politiques, culturelles et religieuses qui écrasent les enfants et les jeunes; iv) être des témoins au plan personnel, communautaire et institutionnel dans la 148 F. SEAN SAMMON, Une révolution du cœur. Spiritualité de Marcellin et identité de ses Petits Frères de Marie pour le temps présent, Rome. 2003. Site: champagnat.org. 149 147 L’Eau du Rocher. Spiritualité mariste jaillie dans la tradition de Marcellin Champagnat, Rome, 2007.On peut le consulter: voir site: www.champagnat.org. 150 UMBRASIL, Échos de Mendes. Assemblée Internationale de la Mission Mariste- un coeur une mission, Brésil, Édition Grafica Crinine 2007 et la monographie de la revue FMS MESSAGE intitulée Assemblée Internationale de la Mission Mariste, Mendes, du 3 au 12 septembre 2007. Cette assemblée regroupait environ 100 maristes provenant de plus de 50 ays qui ont partagé sur les réalités qui composent la mission le charisme et la spiritualité maristes dans le monde contemporain.
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défense de leurs droits; v) ouvrir son cœur à la clameur des enfants et des jeunes et promouvoir une plus grande présence mariste dans les régions plus pauvres, en accompagnant les marginaux; vi) offrir aux personnes, aux enfants et aux jeunes des occasions de partager, de participer aux décisions et d’exercer leur leadership; et vii) créer ou fortifier les réseaux maristes de collaboration et de communication avec la société civile, le pouvoir législatif, les gouvernements et les institutions ecclésiales, à la fois au niveau local, national et international, en respectant la diversité culturelle. 315. La circulaire Entre ses bras ou dans son cœur (2009)151 nous dit que s’engager dans la spiritualité, le charisme et l’identité maristes, c’est comprendre que Marie est la première parmi les pauvres de Yahvé, le premier modèle de l’Église, le premier modèle de l’attitude chrétienne, notre Bonne Mère, notre Ressource Ordinaire, notre sœur dans la foi. Analphabète, pauvre et sans pouvoir, appelée à vivre dans un bourg inconnu d’un pays occupé, Marie a reçu le messager de Dieu. Ce fait rend encore plus significatif le message révolutionnaire de son Magnificat quand il annonce à tous ceux qui l’entendent que Dieu, son Sauveur, viendra pour mettre fin à l’oppression en s’engageant en faveur des pauvres de ce monde. Après tant de siècles, c’est là le plus grand scandale du christianisme : au moment propice, la Parole de Dieu ne s’est pas manifestée dans les milieux de richesse et de pouvoir, mais seulement à la périphérie, parmi les pauvres. 316. Si nous accueillions avec sincérité les paroles du cantique de Marie, le Magnificat, nous serions vraiment audacieux pour faire nôtre le message de l’Évangile. Ses paroles nous invitent à un changement fondamental, à une conversion du cœur, capable de faire en sorte que la présence du Seigneur, aujourd’hui et tout au long de l’histoire, a du sens et produit du changement. 317. Champagnat voulait partager avec toutes les personnes qu’il rencontrait, mais principalement avec les enfants et les jeunes pauvres, tout ce qu’il avait vu et entendu : « Faire connaître Jésus Christ, faire aimer Jésus Christ – répétait-il sans cesse – voilà la fin de votre vocation, et le but de l’Institut »152. Et encore, « Pour bien élever les enfants, il faut les aimer et les aimer tous également »153. Avec cet enseignement, il situe la proximité de l’Institut mariste dans les bras et dans le sein de Marie, nous rappelant ainsi notre véritable identité. 318. Marie est la femme qui accueille le messager de Dieu, mais aussi qui interpelle, s’engage et se 151 F. SEAN SAMMON, Entre ses bras ou dans son cœur. Marie notre Bonne Mère-Marie, notre source de renouveau, Rome,2009. Voir site: champagnat.org. 152 Jean-Baptiste Furet, Vie de Joseph-Benoît Champagnat, p. 340 153 ID, p. 550
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déplace. Et plus encore, elle voyage beaucoup. Après l’annonciation, les textes évangéliques nous la présentent toujours loin de la maison, dans quelque geste de solidarité. Marie « se lève immédiatement et se met en route » pour visiter sa cousine Élisabeth, entreprend le dernier voyage à Jérusalem et, à la Pentecôte, participe, avec la communauté des fidèles sur qui l’Esprit de Dieu souffle la vie et qu’il envoie en mission. 319. Cette vision est essentielle pour qui se déclare membre d’un Institut apostolique et qui se dit mariste. Nous sommes essentiellement des personnes en marche, envoyées dans les lieux où l’urgence de l’évangélisation se fait sentir davantage. Il est nécessaire de rompre avec le statu quo, le prévisible, le stable et le conventionnel. Mettre en doute les initiatives que nous entreprenons ainsi que notre but et notre présence. En ce moment de notre histoire, l’engagement est important, mais sont tout autant fondamentaux le zèle apostolique et la passion pour Dieu, comme notre Fondateur et Marie les ont eus. Ainsi nous continuerons à transmettre ce que nous possédons à tous ceux que nous rencontrons, principalement aux enfants et aux jeunes pauvres. 320. On peut apprécier l’effort croissant dans le but d’élargir l’espace de la tente et le fait qu’un plus grand nombre de personnes se retrouvent autour de la même table, afin que le charisme, la spiritualité et la mission apostolique maristes puissent être assumés et partagés à partir du document Autour de la même table (2009)154. Le cœur des laïques et laïcs maristes bat au rythme de la passion de Champagnat qui est d’évangéliser, grâce à l’éducation, les enfants et les jeunes pauvres et exclus de la société. 321. Finalement, ce cheminement a débouché sur la spiritualité, avec le XXIe Chapitre général, où s’est produit une plus grande participation de frères, de laïques et de laïcs maristes lors des réflexions qui ont précédé la rencontre. On a observé cet effort de façon spéciale lors de la préparation du Chapitre, grâce au processus élargi et de qualité d’écoute et de participation155, en y incluant des enfants et des jeunes pour participer à ce moment historique. Par ailleurs, le Gouvernement général a synthétisé le chemin réalisé et a signalé quelques recommandations pour un nouvel horizon, au moyen du Rapport du F. Supérieur général et de son Conseil au XXIe 154 Autour de la même table-La vocation des laïcs maristes de Champagnat. Rome, 2009. 155 Intitulé En marche vers le XXle Chapitre général.
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Chapitre général (2009)156. En préparation, le frère Seán Sammon publia la circulaire Cœurs nouveaux pour un monde nouveau (2008)157 qui présente un résumé des Chapitres célébrés depuis Vatican II, avec les changements générés par cette étape ecclésiale, les grands défis qu’affronte l’Institut aujourd’hui et les processus pour l’élection des délégués. Ce même résumé, écrit de la même façon, se rencontre dans le discours d’ouverture au XXIe Chapitre général, prononcé par le frère Seán Sammon, intitulé À travers les yeux d’un enfant (2009)158. 322. Le message de clôture du XXIe Chapitre général159, le frère Emili Turú rappelle qu’être capable de regarder avec les yeux des enfants, c’est « voir le monde à partir d’en bas ». Il revient à l’Institut mariste, là où il est, « d’être des experts en évangélisation et […] être des experts dans la défense des droits des enfants et des jeunes ». De nos jours, nous devons être des personnes mystiques, en route d’identification à Jésus pour réaliser le Royaume de Dieu. Pour cela, nous avons besoin de considérer les ressources humaines et les processus de participation, la créativité générée par le capital humain, le dialogue comme possibilité de résoudre les conflits et l’internationalité capable de joindre les causes et les personnes. 323. Les laïques et laïcs maristes participants au XXIe Chapitre général160 mettent en évidence la dévouement et l’effort historiques en vue de renforcer le charisme mariste, afin d’améliorer constamment l’action éducative en faveur des enfants et des jeunes pauvres et de faire en sorte que les ressources énonomiques et humaines soient orientées à cette fin. Et cela parce que, aussi longtemps que la voix des enfants et des jeunes pauvres continue de se faire entendre, le charisme de Marcellin aura sa raison d’être. Leur regard émeut nos cœurs et nous appelle afin que, ensemble frères, laïques et laïcs maristes, nous allions à leur rencontre pour approfondir, avec audace, le charisme mariste en construisant une structure prophétique de communion avec l’Église et avec les réseaux de solidarité au niveau de l’Institut et des organismes provinciaux. 156 Rapport du Supérieur général et de son Conseil au XXl Chapitre général, Rome, 2009. 157 F. SEAN SAMMON, Coeurs nouveaux pour un monde nouveau. Convocation au XXle Chapitre général des Petits Frères de Marie, fondés par Marcellin Champagnat, Rome, 2008. 158 L’Institut met l’accent sur les enfants et les jeunes pauvres, mais il faut trouver des moyens plus efficaces pour que l’Evangile rejoigne le monde et pour développer un langage de foi qui touche les coeurs et les mentalités des nouvelles générations. 159 F. EMILI TURÙ, Discours de clôture du XXl Chapitre général La réponse est dans vos mains, dans Actes du XXle Chapitre général. Voir: www.champagnat.org. 160 Message des laïcs maristes invités au XXl Chapitre général «Nous cheminons avec des coeurs nouveaux pour un monde nuveau» dans Actes du XXl Chapitre général, Rome, 2010, pp. 205-209.Voir le site: champagnat.org.
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324. À partir des images de Marie et Champagnat qui, en hâte, se mettent en route pour visiter Élisabeth et le jeune Montagne, le XXIe Chapitre général invite chaque frère, laïque et laïc maristes à faire le chemin: Avec Marie, partez en hâte vers une terre nouvelle! (2009)161. Cette route implique, entre autres choses : i) stimuler une nouvelle vie consacrée, fermement enracinée dans l’Évangile et qui promeuve une nouvelle façon d’être frère; ii) promouvoir une nouvelle relation entre frères, laïques et laïcs maristes, basée sur la communion, en vue d’une meilleure vitalité du charisme mariste dans le contexte global et local, même au plan de l’internationalisation; iii) garantir une présence significative parmi les enfant et les jeunes pauvres, voir le monde avec leurs yeux pour découvrir le visage maternel de Dieu, signe du Royaume en ce monde. À cet égard, il y a une invitation explicite à ce que les structures, les groupes et les personnes soient des artisans de la promotion et de la défense des droits des enfants et des jeunes, de façon engagée et prophétique, unis aux autres réseaux locaux et internationaux et engagés avec eux, sans lésiner sur les efforts afin que cessent les diverses formes d’oppression qui pèsent sur l’enfance et la jeunesse. Enfin, le Chapitre général invite frères, laïques et laïcs maristes à être des ponts qui favorisent la rencontre, le dialogue, la solidarité et la justice sociale grâce au témoignage prophétique de leur présence et de leur action afin de faire diminuer les différences entre riches et pauvres dans tous les contextes et les milieux de la mission. 325. La II CIAP (2011)162 affirme que les frères, les laïques et les laïcs maristes des Amériques sont porteurs du charisme et de la spiritualité de Champagnat, « transformés par l’expérience de Dieu, sensibles aux besoins du peuple de cette terre et fortifiés par la communion fraternelle, unis en vue d’une meilleure éducation que désirent tant d’enfants et de jeunes pauvres : proches d’eux; enrichis de leur rencontre avec Jésus Christ; à travers les chemins de la solidarité; par la promotion et la défense de leurs droits ».
161 Document officiel du XXl Chapitre général Avec Marie, partez en hâte vers une terre nouvelle dans Actes du XXl Chapitre général pp. 43-59. On peut le consulter sur le site: ww.champagnat.org. 162 ll CONFÉRENCE INTERAMÉRICAINE DES PROVINCIAUX- CLAP. Avec Marie la Pèlerine, Accompagnons la vie mariste dans les Amériques du 4 au 9 septembre 2011, Lujan Argentine.
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Références internationales des droits 326. L’impact des grandes guerres mondiales et les plus grandes possibilités d’interaction et d’interdépendance ont encouragé la recherche de consensus entre les groupes humains séparés par la géographie et, souvent, aussi par l’histoire. Différents documents internationaux abordent des thèmes qui permettent de préciser l’engagement social mariste dans le développement intégral de l’enfance et de la jeunesse.
Sujets caractéristiques Enfance, jeunesse et DROITS HUMAINS 327. Les droits de l’enfant sont reconnus dans divers documents du système universel de protection des droits humains. Parmi ces documents, nous pouvons citer le Pacte International sur les Droits Civils et Politiques qui prévoit le droit des enfants à la non discrimination; la Convention pour l’élimination de toutes les formes de discrimination contre la femme clarifie le principe des Intérêts Supérieurs des enfants; la Convention sur les Droits des Enfants qui traite d’une série de droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels, et la Déclaration sur les Droits des Enfants de l’ONU (1959) qui affime: « La maternité et l’enfance ont droit à des soins et à une assistance spéciales » (art. 25); on souligne aussi que « l’enfance, en raison de ses besoins physiques et mentaux, a besoin d’une protection et de soins spéciaux ». Dans la Convention des Droits de l’Enfant (1959), on souligne quatre principes généraux: pas de discrimination; intérêt supérieur; survie et dévloppement; et participation. Ce document est considéré comme une étape importante pour le passage de la conception de l’enfant vu comme mineur (objet de protection) à sujet de plein droit. 328. Le Programme 21 (1992), élaboré par les Nations Unies pour le développement soutenu, insiste sur l’importance de veiller au respect des droits de l’enfance et de la jeunesse. Il est vital d’en tenir compte puisqu’il s’agit de la génération qui continuera à rendre possible le développement dans l’avenir. La Convention Ibéro-américaine des Droits des Jeunes (2005) rappelle que ce groupe a besoin d’une attention spéciale pour affronter cette période de la vie où se forme et se consolide la personnalité, les connaissances, la sécurité personnelle et les projets d’avenir.
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Enfance, jeunesse et ÉDUCATION 329. L’accessibilité universelle à l’éducation et le sentiment de pouvoir s’orienter sont deux éléments qui se détachent des documents internationaux. Selon la Déclaration Universelle (1948) « toute personne a droit à l’éducation… (qui) doit être gratuite, au moins en ce qui concerne l’instruction élémentaire et fondamentale » (art. 26). La Déclaration de 1959 isnsiste sur l’aspect gratuit et obligatoire, favorisant la culture générale et le développement des capacités qui permettent d’être des membres utiles dans la société. La Déclaration Mondiale sur l’Éducation pour Tous (Jomtien – Thaïlande, 1990) affirme que, pour la première fois dans l’histoire, il existe une réelle possibilité d’aspirer à ce but. L’éducation de base est le ciment pour l’éducation permanente et le développement humain sur lequel on peut construire des niveaux plus avancés d’éducation et de compréhension. Réussir l’enseignement primaire universel est le second Objectif de Développement du Millénaire (2000), en mettant un accent spécial sur la protection face aux risques liés à la pauvreté et à la discrimination sexuelle. 330. Successivement, la Déclaration de 1924, la Déclaration Universelle et la Déclaration de 1959 orientent le sens de l’éducation vers la responsabilité sociale, la solidarité et la tolérance entre les différentes couches de la population. La Convention (1989) stipule que l’on doit viser au développement personnel maximum et au respect des droits humains, du milieu de vie, des libertés fondamentales, de la propre identité culturelle et des différentes civilisations. Le Rapport Delors (UNESCO, 1996) montre les difficultés et les tensions qu’entraîne la mondialisation, face à laquelle l’éducation peut aider à « comprendre le monde et comprendre l’autre, pour ainsi mieux se comprendre soi-même » (p. 31). Pour cela, un des quatre piliers de l’éducation tout au long de la vie est Apprendre à VIVRE ENSEMBLE.
Enfance, jeunesse et PAUVRETÉ 331. Les conditions des premières années de vie sont fondamentales pour le développement physique, intellectuel et émotionnel des êtres humains. C’est l’une des raisons pour lesquelles le premier Objectif du Millénaire est Éradiquer la pauvreté extrême et la faim (2000) qui sont des menaces directes aux droits des enfants : ceux qui en sont atteints mettent en péril leur survie, leur santé, leur subsistance, leur éducation et sont exposés à l’exploitation. La lutte contre la pauvreté est un devoir collectif dont les résultats seront à l’avantage de tous les pays, puisque ce sont les plus développés qui ont la principale responsabilité. 99
332. Le Programme 21 (1992) pense aux enfants, garçons et filles, aux jeunes et aux femmes comme un des principaux axes sur lesquels il faut agir pour éliminer la pauvreté. La Lettre de la Terre, déclaration internationale de la société civile formulée en l’an 2000, inclut dans ses principes de justice sociale et d’économie la nécessité d’éradiquer la pauvreté comme un impératif moral, social et environnemental. Il est nécessaire d’offrir à tous l’éducation qui leur permette de devenir autonomes, en faisant en sorte que les plus ignorants et les plus vulnérables développent leurs capacités et réalisent leurs aspirations.
Enfance, jeunesse et MILIEU AMBIANT 333. Cette préoccupation est exprimée dans le septième Objectif du Millénaire : Garantir le maintien du milieu ambiant. Sa mise en œuvre impliquera de meilleures conditions de vie des enfants et des jeunes, par exemple l’accès à l’eau potable et les soins de base. La Convention Ibero-américaine (2005) aborde le droit des jeunes à vivre dans un milieu ambiant sain, en reconnaissant l’importance de protéger et d’utiliser adéquatement les ressources naturelles pour satisfaire les besoins acturels sans compromettre les besoins futurs. De son côté, la Lettre de la Terre (2000) soutient que la protection du milieu ambiant, les droits humains et le développement équitable des peuples et la paix sont interdépendants et indivisibles; les solutions doivent tenir compte de tous ces aspects. 334. Le Programme 21 (1992), dans la section intitulée Conservation et Gestion des ressources pour le développement, énumère les différents milieux où il est nécessaire d’intervenir par la gestion, la conservation, la protection, la promotion et l’organisation en vue d’un usage respectueux des biens de la nature, assurant ainsi un développement durable.
Enfance, jeunesse et TRAVAIL 335. La Déclaration de 1959 et la Convention (1989) reconnaissent aux enfants et aux jeunes le droit au repos et au jeu. Ainsi indiquent-ils le besoin de fixer un âge minimum pour le travail et l’importance d’empêcher qu’ils soient engagés dans des travaux qui nuisent à leur éducation, à leur santé et à leur développement. La Convention 138 – OIT sur l’âge minimum d’accessibilité à l’emploi (1973) l’établit à 14 et 15 ans pour les pays où l’économie et les moyens d’éducation
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sont insuffisamment développés. Il établit que le travail dangereux est celui qui compromet la santé physique, mentale ou morale des moins de 18 ans. Les enfants entre 13 et 15 ans peuvent faire des travaux légers qui ne menacent pas leur santé et leur sécurité ni ne les empêchent d’accéder à l’éducation, à l’orientation ou à la formation. Dans la Convention 182 – OIT sur les pires formes de travail des enfants (1999), on inclut toutes les modalités d’esclavage, de vente et de trafic des enfants, la servitude pour dettes, le travail forcé, l’enrôlement dans des conflits armés, la prostitution, la pornographie et les activités illicites. Ce texte souligne que l’orientation fondamentale est la croissance économique soutenue et l’éducation universelle.
Enfance, jeunesse et SANTÉ 336. Parmi les priorités pour les enfants, la Déclaration de 1924 affirme que : « on doit s’occuper de l’enfant infirme » et que « il doit être le premier à recevoir de l’aide lors de catatrophe ». La Déclaration de 1959 ajoute l’importance pour eux de jouir de l’avantage de la sécurité sociale, étant donné qu’il ont droit de grandir et de se développer avec une bonne santé. En même temps, on insiste sur l’importance de l’accès aux soins médicaux adéquats et à la protection pour ceux qui ont des limites physiques ou mentales. La Convention de 1989 indique : « Les États participants reconnaissent le droit de l’enfant à bénéficier du plus haut niveau possible de santé et de soins pour le traitement des maladies et le recouvrement de la santé. Les États participants s’efforceront de s’assurer qu’aucun enfant ne soit privé de son droit de bénéficier de ces services médicaux ». 337. Différents Objectifs du Millénaire (2000) visent la santé des enfants et des jeunes : la Mortalité Infantile (4e) est étroitement liée à la pauvreté et est parfaitement évitable en prenant les moyens nécessaires. Améliorer la santé de la mère (5e) agit directement sur le bien-être des enfants; on insiste sur la qualité de l’attention durant la grossesse de la mère et les premiers jours de vie. Combattre le VIH, le paludisme et autres maladies (6e) a une implication directe sur la vie des enfants; dans le cas du VIH, il est fondamental de commencer la prévention dès avant l’âge de 15 ans, en tâchant d’éviter les contacts sexuels à risques.
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Enfance, jeunesse et GENRE 338. La Déclaration Universelle (1948) mentionne le sexe comme une des conditions particulières sur lesquelles porte la dignité intrinsèque de l’être humain. La Déclaration de 1959 et la Convention de 1989 reprennent textuellement la même expression. La Convention Ibéroaméricaine (2005) reconnaît ce droit et déclare que les États mettront de l’avant des politiques, des moyens législatifs et des investissements qui assurent l’équité entre jeunes garçons et filles, au niveau de l’égalité des chances et l’exercice de leurs droits. Le même document, parmi les conditions qui doivent être considérées pour éviter toute forme de discrimination, mentionne, entre autres, le sexe et l’orientation sexuelle. 339. Le Programme 21 (1992) incite tous les gouvernements à élaborer une stratégie pour éliminer les obstacles constitutionnels, juridiques, administratifs, culturels, sociaux, économiques, et ce qui empêche la pleine participation de la femme. Le troisième Objectif du Millénaire (2000) a demandé explicitement de promouvoir l’égalité entre les sexes et l’autonomie de la femme. L’égalité entre les sexes, en plus d’être un droit humain, est crucial pour la réalisation des autres objectifs. Cette égalité devrait se refléter dans les milieux d’éducation, de travail, dans la répartition équitable des ressources et dans la représentation dans la vie publique. Actuellement, on réfléchit quant à la différence entre sexe et genre.
Enfance, jeunesse et VIOLENCE 340. La Convention (1989) demande d’adopter tous les moyens pour protéger les enfants contre les abus physiques et psychologiques, les négligences, l’exploitation et l’abus sexuel (art. 19). En même temps, on veillera à ce qu’ils ne soient pas soumis à la torture, à des traitements cruels, inhumains ou dégradants (art. 37). On interdit la peine capitale et la prison à perpétuité pour les moins de 18 ans et, pour ceux qui sont en conflit avec la justice, on utilisera l’emprisonnement seulement en dernier recours et durant la période la plus brève possible. 341. Cependant, le Rapport Pinheiro (2005) constate que la violence contre l’enfance est un phénomène présent dans toutes les cultures, aux niveaux sociaux et éducatifs. Étant un problème multidimentionnel, la réponse doit présenter de multiples facettes. On souligne qu’il n’existe aucune justification pour infliger de mauvais traitements aux enfants et que l’on peut toujours les prévenir. L’acceptation sociale de la violence est déterminante là où elle se
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maintient, spécialement dans les pays moins développés. Les facteurs qui peuvent l’enrayer sont la cohésion sociale, le développement des liens affectifs entre parents et enfants, une discipline positive et non violente, une ambiance de sécurité à l’école et la promotion de comportements non discriminatoires.
Enfance, jeunesse et DIVERSITÉ ETHNICO-RACIALE 342. Dans un continent comme l’Amérique où une grande partie de la popultion est contituée de peuples indigènes, de descendants d’Africains et d’immigrants, la lutte contre le racisme, la xénophobie et l’intolérance, lutte que tous doivent promouvoir, est fondamentale pour la sauvegarde des droits des enfants et des jeunes. La Convention Internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale (1965) vise toute exclusion, restriction ou préférence basée sur des motifs de race, couleur, origine nationale ou ethnique qui portent atteinte aux droits humains et aux libertés fondamentales (art. 1). La Déclaration de Durban (Afrique du Sud, 2001) adhère à cette Convention et affirme que le racisme est un fléau toujours en vigueur sous de nouvelles formes. Il reprend l’engagement d’un totale éradication et réaffirme la valeur de la diversité ethnique, culturelle, linguitique et religieuse. La Déclaration des Nations Unies sur les Droits des Peuples Indigènes (2007) fixe les normes pour la survie, la dignité et le bien-être. Au sujet des enfants et des jeunes, celle-ci affirme clairement la protection contre toute forme de violence, de déplacement forcé, d’exploitation et de travail dangereux et le droit d’être éduqués dans leur propres langues et cultures.
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Itinéraires de la 3.
solidarité
Mariste dans les Amériques
Index du Chapitre 3 INTRODUCTION PREMIÈRE PARTIE Itinéraires dans les conjontures sociales, ecclésiales et maristes Itinéraires sociaux Première période Deuxième période Troisième période Itinéraires ecclésiaux Première période Deuxième période Troisième période Itinéraires maristes Première période Deuxième période Troisième période DEUXIÈME PARTIE Axes thématiques de la solidarité mariste Première période Nouvelles présences Dynamiques de participation et de collaboration solidaire Dynamiques de transformation de la solidarité Deuxième période Nouvelles présences Dynamiques de participation et de collaboration solidaire Dynamique de transformation de la solidarité Troisième période Nouvelles présences Dynamiques de participation et de collaboration solidaire Dynamique de transformation de la solidarité
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3. ITINÉRAIRES DE LA SOLIDARITÉ MARISTE DANS LES AMÉRIQUES Introduction 343. L’Itinéraire, dans la Rome antique, était une carte des routes qui décrivait une route ou un chemin parcouru. On emploie ce mot pour parler d’un trajet que l’on suit pour arriver à un lieu. 344. Nous cherchons à rassembler dans ce chapitre les options prises au long de l’histoire mariste pour cheminer sur la route de la solidarité et, en même temps, anticiper les processus vécus pour faire ces choix et ainsi éclairer les options qui s’ouvrent devant nous dans ce monde en mutation. 345. Nous ne voulons pas faire ce rappel sous forme chronologique pour vivre des gloires du passé ni avec un intérêt d’historiens, mais bien plus comme un midrash biblique qui récupère le vécu dans son contexte et son sens originel, avec les options de vie qu’il a impliquées pour les frères et pour la société, tout cela pour l’actualiser et orienter notre vie d’aujourd’hui. 346. L’origine de la Congrégation des Frères Maristes est un acte de profonde solidarité. La situation dans laquelle a vécu et est mort le jeune Jean-Baptiste Montage, après la Révolution française, a boulevervé Champagnat au plus profond des entrailles, surtout à cause de la façon dont il se sentait aimé de Dieu. Il ne pouvait pas comprendre que ce jeune n’ait jamais eu la possibilité de vivre une relation avec Dieu comme lui-même la vivait. Ceci l’amena à prendre la décision de fonder les Petits Frères de Marie. Champagnat ne peut laisser l’autre manquer de quelque chose qu’il possède lui-même et qui est essentiel dans sa vie, comme la capacité d’établir une profonde relation amoureuse qui donne sens à l’existence. 347. L’origine de notre cheminement comme maristes de chaque pays des Amériques se réalise au moyen de nombreuses options qui, de la même façon que Champagnat l’a réalisé, amèneront les frères maristes européens, et par la suite les autochtones, à se laisser interroger par les circonstances historiques dans lesquelles il vivront, et surtout, par les regards et les cris des enfants et des jeunes qui vivent des situations semblables à celle du jeune Montagne.
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348. Ainsi, les chemins de solidarité maristes reprennent, de façon succinte, les chemins de solidarité mariste dans les Amériques organisés en trois blocs : du début de la présence mariste dans les Amériques jusqu’au Concile Vatican II; du Concile Vatican II jusqu’au XIXe Chapitre général; et finalement, de ce dernier jusqu’à nos jours. Cette répartition, qui cherche uniquement à être une référence, répond à l’intention de comprendre les options que nous, les Frères Maristes, avons fait dans les Amériques au moment où le contexte mariste a eu l’occasion de réorienter ou de rénover les options et une présence solidaire. 349. Les itinéraires sont regroupés en deux parties : la première présente les processus de changement à partir des conjonctures socio-politiques, ecclésiales et maristes qui ont marqué le chemin de solidarité dans les UA. Il s’agit d’un texte narratif où l’on présente la perception du vécu dans les UA des Amériques, à partir des réponses fournies, il ne s’agit pas d’une enquête historique exhaustive mais selon différentes études. 350. La deuxième partie montre les axes thématiques de la solidarité comme processus, en identifiant les nouvelles formes de présence auprès des pauvres, les protagonistes de l’action conjointe dans la dynamique de transformation des UA des Amériques. Dans les faits recueillis et partagés par chaque UA, on découvre les cheminements particuliers à partir desquels on a réalisé la présente synthèse. 351. Nous vous souhaitons une lecture inspirée des messages et des cheminements de foi, de courage et d’audace parcourus par les frères, les laïques et laïcs maristes, en prenant conscience que nos prédécesseurs sur le chemin de la solidarité furent des messagers, dans les Amériques, des idéaux de notre Fondateur. 352. Puissions-nous suivre de nouveaux chemins, et que la résilience face aux défis que nous avons à vivre, la dimension prophétique et les rêves puissent être des éléments qui ne fassent pas en sorte que nous nous éloignions des rêves de Champagnat, de l’engagement pour le Royaume avec les personnes, les hommes et les femmes imbus de foi et d’espérance. Nous voulons croire que tout ce que nous avons vécu jusqu’à maintenant, relevé dans ces cheminements, puisse rénover notre engagement avec vigueur, passion, responsabilité et ethique afin que, dans les printemps à venir, nous soyons proches des préférés de Champagnat.
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PREMIÈRE PARTIE Chemins à partir des conjonctures sociales, ecclésiales et maristes Chemins sociaux Première période De la fondation des Provinces maristes en Amérique jusqu’au Concile Vatican II 353. L’aube du XXe siècle a trouvé les Amériques peu prêtes à assumer les changements qui étaient nés dans le monde occidental à la suite du siècle précédent. En Amérique, les révolutions industrielles, sociales et le passage scientifique qui s’étaient réalisés en Europe durant la deuxième moitié du XIXe siècle, ont eu un impact et une influence inégale dans tout le continent. 354. Durant cette période s’est produite la lutte entre les partis libéral et conservateur, et dans bien des cas, avec des expériences de violence comme les guerres révolutionnaires et les coups d’état. Par exemple, le Chili fut marqué par le massacre caractéristique des mineurs des mines de sel. 355. Les Constitutions qui ont été promulgées (Mexique 1917, Brésil 1934) contenaient des moyens démocratiques dans les domaines du travail et de l’éducation, mais en général, le milieu politique a maintenu l’autoritarisme à travers des dictatures, des démocraties autoritaires ou des partis uniques. Pendant ce temps, au Chili, une nouvelle Constitution (1929) établit un système présidentiel qui définit une séparation définitive entre l’Église et l’État, en contraste avec le Colombie où la Constitution qui avait été promulguée en 1889 a été en vigueur durant plus de cent ans. Depuis ce temps, dans un nouveau pacte social, l’Église est devenue un élément essentiel pour l’État.
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356. Durant la Première Guerre Mondiale (1914-1918), les répercussions et les impacts dans les Amériques furent réduits de manière directe, bien qu’indirectement il s’est produit un renforcement de l’économie, dû au fait que les pays latino-américains avaient développé des industries locales pour remplacer les produits venus de l’extérieur, au point de se libérer du marché européen et faire en sorte que beaucoup de ces pays entrent en compétition avec l’Europe. 357. À partir des années 30, après le passage de la grande crise, grâce aux occasions de commerce résultant de la Première Guerre Mondiale, s’est accélérée la modernisation à partir du pétrole avec l’intervention directe de l’État, par exemple, les expropirations qui ont eu lieu dans différents pays (Mexique 1938, Brésil 1953). Durant ces années, il y a eu des gouvernements socialistes dans différents pays, certains d’entre eux entrant en conflit avec l’Église (c’est le cas des persécutions au Mexique durant la période de 1926 à 1929). 358. Le Seconde Guerre Mondiale marque une profonde crise dans la conscience mondiale, ce qui amène à la création des Nations Unies. Durant le XXe siècle, il s’est développé, dans les Amériques, une interaction entre les différents pays du continent qui amena à la création de l’Organisation des États Américains (OEA) en 1948. Parmi les avantages de cette coopération internationale, on retrouve la création de l’Institut Interaméricain de l’Enfant (1927), la Déclaration Américaine des Drois et Devoirs de l’Homme (1948). De plus, on a créé la Commission Interaméricaine des Droits Humains (1959), et plus tard, la Cour Internaméricaine des Droits humains (1979). 359. Vers 1950, on a connu une période relativement calme au plan politique, ce qui a marqué le début d’un développement industriel qui a aussi entraîné une réduction au minimum des droits civils. On vise la croissance économique qui permet à tous de réaliser le rêve américain grâce au processus d’industrialisation selon le modèle de substitution des importations. Dans la majorité des pays, l’éducation a connu une croissance exponentielle ajoutée à une urbanisation croissante et l’abandon progressif de la campagne. 360. En 1959, c’est le triomphe de la Révolution cubaine, et s’appuyant sur elle, se radicalisent les mouvement syndicaux et paysans, provoquant aussi les mouvements de guerilléros, comme les FARC en Colombie. En 1962, c’est la crise des missiles, comme on appelle le conflit entre les États-Unis, l’Union Soviétique et Cuba, après que les États-Unis eurent découvert des bases de missiles nucléaires soviétiques en territoire cubain. Ce fut la période où Cuba fut le plus près d’une guerre nucléaire. À la même époque apparaît la construction du mur de Berlin (1961), un des plus grands conflits entre les deux grandes puissances durant la Guerre Froide.
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Deuxième période Du Concile Vatican II (1962) jusqu’au XIXe Chapitre général (1993) 361. Les différences idéologiques entre l’Union Soviétique et les États-Unis se manifestent en grande force dans la Guerre Froide entre communisme et capitalisme. Cette situation marque les tendances, les positionnements, les conflits et les changements dans la majorité des pays latino-américains, par exemple dans leurs gouvernements, les mouvements sociaux et en conséquence, religieux et culturels. 362. Dans la lutte contre le socialisme s’est généré un nouveau momento politique. En 1964, on instaure une dictature militaire au Brésil qui durera jusqu’en 1985. En Argentine, il y eut six coups d’état durant le XXe siècle, en 1930, 1943, 1955, 1962, 1966 et 1976. Les quatre premiers ont établit des dictatures temporaires, alors que les deux derniers ont établi des dictatures de type permanent. En 1973, le Chili et l’Uruguay ont vécu leur propre coup d’état. Ces événements ont donné lieu à une sale guerre dans la ligne du terrorisme d’état, avec des violations massives des droits humains et qui provoquèrent des milliers de morts et de disparus. On réalisa un contrôle et une censure totale des moyens de communication. 363. En marge des dictatures ou démocraties autoritaires dans les Amériques, on a vécu aussi, à partir des années 60, le boom pétrolier, avec l’efflorescence des compagnies pétrolières nationales et de l’OPEP, dont sont membres le Venezuela et l’Équateur. 364. Pendant ce temps se sont fortifiés les partis communistes et les mouvements guérilléros qui, principalement en Colombie et en Amérique Centrale, ont eu, comme conséquence, des dizaines de miliers de morts et une profonde fracture du tissu social. Les mouvements étudiants de 1968, par exemple au Mexique, donnent lieu à des mouvement sociaux qui, auparavant, se construisaient à partir d’un schéma de classes sociales vont évoluer vers une prise de conscience citadine. 365. Dans les années 70, la croissance économique s’est généralisée à partir de la modernisation de l’industrie et des services, financés en grande partie avec la dette nationale. Mais durant les années 80, devant la chute des prix du pétrole, s’est déchaînée une profonde crise économique qui a produit une hyperinflation et, dans certains pays, la chute de l’état bienfaiteur. La pauvreté
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générée et les politiques d’ajustement des impôts par le Fonds Monétaire International (FMI), selon le modèle néolibéral, aiguiseront le mécontentement social. Ceci a accentué les luttes de guérilla avec, en parallèle, l’arrivée de groupes paramilitaires et d’autodéfense, ou de ceux que l’on appele Contras163 au Nicaragua pour la défense des privilégiés des pouvoirs. À cette époque aussi on remarque, dans les Amériques, le phénomène migratoire. 366. Les crises et la violence ont déstabilisé les gouvernements démocratiques. En cherchant à fortifier le nationalisme, on a provoqué des conflits diplomatiques, y compris armés, entre les pays voisins, entre le Venezuela et la Colombie ou l’Équateur et le Pérou, y compris également la guerre des Malouines en Argentine. Commence aussi la croissance du narcotrafic omniprésent tant dans les institutions gouvernementales que dans les mouvements guérilléros; au Pérou apparaît le groupe maoïste Sentier Lumineux. 367. Les grands mouvements populaires se fortifient et réussissent des changements politiques importants, comme celui de Campanhas Directas Já164 (1984) et qui, au Brésil, mit fin à la dictature militaire en 1985, ainsi que la promulgation de la Constitution de 1988 dans laquelle sont rétablies les libertés individuelles et les droits sociaux et politiques, essentielles pour l’exercice de la citoyennté. 368. L’évolution et la maturation des mouvements sociaux durant ces trois décades ont aussi entraîné comme conséquence dans les Amériques l’irruption de nouveaux thèmes et affrontements sociaux. À la différence des époques antérieures où les mouvements ouvriers et campagnards recherchaient le pouvoir politique, désormais vont se configurer les mouvements qui ont comme protagonistes les jeunes, les femmes et les peuples indigènes, entre autres, qui font entendre leur voix. Ce sont aussi les mouvements de citoyens qui cherchent à rester en marge des partis politiques en s’organisant autour des Organisations Non Gouvernementales (ONG). C’est le temps des mouvements pour les Droits Humains dénonçant la tortures et les enlèvements. Par exemple, l’ONU fait connaître les premières informations sur les droits humains au Chili au milieu de 1986. 369. En 1989 fut adoptée, par l’Assemblée Générale de l’ONU, la Convention des Droits de l’Enfant. À cette époque naît, au Brésil, le Forum National de Défense des Droits des Enfants et des Adolescents (FNDCA) auquel participle la société civile organisée. Ce forum a été une action décisive dans la garantie des droits de l’enfance. 163 Nom de différents groupes d’insurgés, financés par les États Unis, opposés au gouvernement du front Sandiniste de Libération Nationale (FSLN) qui, en 1979, a renversé le dictateur Anastasio Somoza. 164 Le plus grand mouvement populaire réussi au Brésil et qui revendiquait la réalisation d’élections directes. 111
370. Au Brésil également, en 1990, fut promulguée la Loi Fédérale 8.069/90, Statut de l’Enfance et de l’Adolescence (ECA) qui établit les principes légaux en vue de garantir les droits des enfants et des adolescents. Cette loi assure la création des Conseillers Tuteurs et des Conseillers des Droits des Enfants et des Adolescents, avec une participation paritaire entre le gouvernement et la société civile. De plus, en 1993, on promulgue la Loi Organique de l’Assistance Sociale qui a consolidé la politique nationale de l’aide sociale. 371. Le bloc communiste entre en crise avec les mouvements comme Solidarité en Pologne ou la Perestroika en URSS. À partir de 1989, avec la chute du mur de Berlin, on vit aussi, dans les Amériques, l’éclipse momentané d’horizons alternatifs et la montée du néolibéralisme comme unique chemin économique et politique. On propose des traités internationaux de libre-échange qui favorisent davantage les compagnies transnationales que les pays pauvres. 372. Durant cette époque, différents désastres naturels au Mexique, au El Salvador, au Nicaragua et au Guatemala démontrent la capacité de reconstruction et de la récupération de la force des structures et les liens sociaux fondamentaux, basés sur la subsidiarité et la solidarité qui dépassent les structures gouvernementales et l’appareil politique.
Troisième période Du XIXe Chapitre général (1993) jusqu’à nos jours 373. La fin du deuxième millénaire a connu la maturation et l’impact des nouveaux mouvements sociaux et la croissance des ONG dans les structures politiques, économiques et culturelles en Amérique Latine. 374. Nous avons vécu une contradiction entre les progrès dans la législation qui appuie les droits humains fondamentaux et l’aggravation des indices sociaux avec l’augmentation de la pauvreté, la concentration de la richesse, la destruction de l’environnement, l’augmentation du chômage et le bas niveau de l’éducation qu’encouragent les lois en éducation qui régissent les systèmes d’Éducation Nationale. 375. Les formes de démocratie institutionalisée se sont transformées avec l’unification des réformes structurales et constitutionnelles, pas toujours réalisées selon les attentes. En Bolivie,
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en Équateur et en Argentine, on reconnaît constitutionnellement les droits des peuples autochtones à participer comme nation à l’intérieur de l’État. Ces pays reconnaissent aussi le droit de ne pas exploiter la Terre Mère. Plus tard viendra de l’ONU la Déclaration des Droits des Peuples Indigènes (2007). Cependant, il y a encore beaucoup de défis pour que ces droits deviennent un but commun des peuples des Amériques. 376. En Amérique Latine, on applique les politiques économiques du Consensus de Washington. Les présidents Carlos Menem (Argentine), Fernando Collor de Mello (Brésil), Miguel de la Madrid et Carlos Salinas de Gortari (Mexique), et Alberto Fujimori (Pérou) sont les principaux artisans de ces politiques. Ces gouvernements ont implanté des politiques néo-libérales comme la dolarisation de l’économie, la limitation des droits des travailleurs, la libéralisation des importations et, dans le cas du Pérou, on est allé jusqu’à des réformes comme la nouvelle Constitution de 1993. 377. Bien que l’on ait mis en place le Mercosur (1991), des pays, comme le Mexique et d’autres d’Amérique Centrale, ont établis des traités de libre-échange avec les États-Unis et le Canada. Cependant, tous ces pays se retrouvent en graves crises économiques en 1995, des mouvement régionaux de revendications sont apparus et on commence à développer des réseaux pour unir les forces contre les politiques néo-libérales 378. Au Mexique, les initiatives de l’Action Civique favorisent le processus de transition démocratique en 2000, après 70 ans de gouvernement d’un parti unique. 379. La répression des mouvements sociaux n’est pas adoptée de façon généralisée de la part de l’appareil gouvernemental mais est davantage focalisé, en réponse aux intérêts de collusion entre les compagnies particulières et les gouvernements régionaux. Les États-Unis interviennent à travers le Plan Colombia sous prétexte de’attaquer au narcotrafic. Les cartels s’associent à la guérilla et, après l’échec des dialogues de paix, on opte pour des moyens de répression, rendant la population civile la plus affectée. 380. Nous commençons le nouveau millénaire avec le Forum Social Mondial (FSM) en 2001, à Porto Alegre au Brésil, qui est une initiative qui réunit les mouvements sociaux, les organisations religieuses, les partis politiques, les gouvernements, les ONG, les artistes, les activistes et autres dirigeants autour de l’utopie que un autre monde est possible. Le FSM est un espace en contrepoids au Forum Économique Mondial de Davos, en Suisse, qui discute de l’agenda économique mondial des pays plus pauvres, en définissant les politiques du FMI et de la Banque Mondiale.
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381. Depuis les dix ans de sa formation, le FSM, à l’œuvre tant au niveau mondial qu’au niveau local, a apporté sa contribution à de nouveaux thèmes comme l’écologie, l’économie sociale, l’art, la culture, la sexualité, le genre et la jeunesse, apportant d’autres perspectives pour le développement social, l’engagement à la promotion et à la garantie des droits humains. En 2010 s’est déroulée la quatrième édition continentale du Forum Social des Amériques. 382. Les États-Unis augmentent les actions et les effectifs dans sa guerre contre le terrorisme, et les ont accentuées à la suite des attentats du 11 septembre 2001. Ceci a amené au renforcement de la sécurité à ses frontières et a entraîné, comme conséquence, l’expension du narcotrafic sur une plus grande échelle dans différents pays, affectant la vie sociale, culturelle et politique, comme cela est arrivé au Mexique et en Amérique Centrale. Par conséquent, la violence augmente de façon exponentielle et génère de véritables guerres entre les cartels et les forces publiques, entre lesquelles la population civile compte un grand nombre d’homicides, majoritairement parmi la population juvénile. 383. Le Brésil élit Luis Ignacio Lula da Silva (2002) comme président, avec la participation des mouvements sociaux; il est réélu quatre ans plus tard. Durant cette période, la dette externe est payée, même si c’était le pays où il y avait une grand vulnérabilité sociale. Il y a eu une augmentation du pouvoir d’achat des classes sociales plus pauvres et l’augmentation de la consommation des biens, spécialement les technologies. Paradoxalement, la dette interne a augmenté et le Brésil prend plus de place sur la scène mondiale. Il y a une amélioration de l’indice du développement humain, du nombre d’étudiants et des programmes sociaux qui s’attaquent à la pauvreté, spécialement dans les régions du nord et du nord-est du pays. Malgré tout, les indices ne correspondent pas à ce qui est désiré comme garantie d’une pleine sécurité. 384. Les démocraties populistes entrent en crise en Amérique Latine et surgissent des gouvernements de centre-gauche, non à la suite de révolutions violentes, mais à partir d’élections démocratiques : Argentine (Kirschner 2003), Équateur (Rafael Correa 2007), Bolivie (Evo Morales 2006 et 2010), Paraguay (Fernando Lugo 2008), Uruguay (Pepe Mújica 2009), en plus du Brésil (Luis I. Lula 2003 et 2007, Dilma Rousseff 2011) et Pérou (Ollanta Humala 2011). Hugo Chávez instaure la République Bolivarienne du Venezuela, sous le thème Patrie, Socialisme ou la Mort. 385. Les désastres environnementaux, comme les séïsmes en Haïti et au Chili, les inondations dues aux ouragans et aux pluies en Honduras, au Guatemla, au El Salvador, au Brésil et à la Nouvelle
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Orléans (USA), fortifient la solidarité internationale et la conscience que la population plus marginale est davantage vulnérable à ces événements. Il nous faut aussi voir les changements climatiques produits par l’industrialisation et la consommation effrénées, qui affectent principalement les populations plus pauvres. 386. Les situations d’extrême vulnérabilité sociale dans laquelle vit une grande partie de la population deviennent encore plus évidentes depuis 10 ans dans les 192 pays membres de l’ONU, lesquels ont signé les Objectifs du Développement du Millénaire qui cherchent à : éradiquer la pauvreté extrême et la faim; arriver à l’enseignement primaire pour tous; promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomie de la femme; réduire la mortalité infantile; améliorer la santé de la mère; combattre le VIH/SIDA, la malaria et autres maladies; garantir la protection du milieu ambiant et une alliance mondiale pour le développement.
Itinéraires ecclésiaux Première période Du début de la présence mariste dans les Amériques jusqu’au Concile Vatican II 387. Durant la première moitié du XXe siècle, alors que certains pays n’avaient pas encore une organisation très claire, certains évêques commencent à encourager l’arrivée de congrégations religieuses sur le continent pour aider dans les activités missionnaires et éducatives. 388. En écho à Rerum Novarum (1891) comme toile de fond, l’Église est entrée dans le XXe siècle avec un fort héritage historique et institutionnel. Par aileurs, elle allait perdre sa capacité d’agir sur les décisions des nations européennes. 389. En Amérique, l’Église a maintenu une relation étroite avec plusieurs États durant les deux première décades au moins. Des concordats ont été signés avec les gouvernements afin de mettre sur pied diverses œuvres éducatives. Dans le cas du Brésil, on accorda l’enseignement religieux dans les écoles publiques; ce ne fut pas possible au Mexique parce que le gouvernement libéral l’a vu comme une menace.
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390. Les Conférences Épiscopales Nationales commencent à s’organiser dans les Amériques; cependant, l’Église est, en général, peu connectée au niveau pratique avec les mouvements sociaux et idéologiques de l’époque et avec les réalités qui se vivent dans les autres continents. L’exception fut la pastorale ouvrière qui s’organisa dans divers pays. 391. Autour de la moitié du XXe siècle apparaît une présence significative des œuvres éducatives dans presque tous les pays du continent et, avec elles, un grand réseau d’œuvres sociales au niveau des écoles, des hôpitaux, des orphelinats, des centres d’assistance et des missions indigènes tenues par les Frères Maristes. On fit des efforts innovateurs, comme le Réseau des Écoles Radiophoniques de Colombie. Les fédérations et Associations des Écoles Catholiques se forment et on travaille de concert avec des organisations comme la Jeunesse Ouvrière Catholique, la Jeunesse Étudiante Catholique, la Jeunesse Universitaire Catholique et l’Action Catholique des Jeunes. 392. À Lima au Pérou, vers 1935, se réalise le Congrès Eucharistique qui est à l’origine de l’Action Catholique péruvienne et qui sert de lieu d’engagement, spécialement des classes moyennes. Au Chili, la création de l’Action Catholique oriente et fortifie l’activité des laïcs. 393. À partir de 1950, on a perçu des changements de modèle et une intensification des actions évangélisatrices, qui donne lieu à l’apparition de plusieurs organisations catholiques, mais aussi à un mouvement missionnaire qui commence à s’intéresser au travail avec les communautés indigènes dans un but de développement comme intégration aux réalités de la civilisation, par exemple le Centre Nationale pour les Missions Indigènes au Mexique (CENAMI) créé en 1961. 394. Au milieu du siècle, les tendances libérales et séculières vont diminuer l’influence de l’Église, qui cherche à s’impliquer dans la politique pour reprendre le pouvoir. L’Église fut la principale protagoniste dans les négociations et les médiations des conflits armés dans la première moitié du XXe siècle (Première et Deuxième Guerres Mondiales) et, par la suite, dans les conflits entre l’Orient et l’Occident. Entre temps, l’Église dans les Amériques s’est bien des fois tenue loin, presque indifférente et jusqu’à être permissive, devant les situations de répression et de persécution venant des dictatures latino-américaines et des mouvements armés qui s’y opposaient. 395. La situation de crise institutionnelle face à la culture moderne oblige l’Église à reconnaître le besoin d’un aggiornamento165, d’ajuster ses discours et ses pratiques, ses prises de position et son témoignage, à l’occasion de la tenue du Concile Vatican II qui s’est étendu de 1961 à 1965. Ce processus se continue avec des cycles de progrès et de recul. 165 C’est le mot italien ayant le sens d’actualisation qui a donné lieu à un mouvement de rénovation de l’Église, à partir de Vatican ll. 116
Deuxième pérode Du Concile Vatican II (1962) jusqu’au XIXe Chapitre général (1993) 396. Les trois Conférences de l’Épiscopat Latinoaméricain (CELAM) à Rio de Janeiro, Brésil (1955), Medellín, Colombie (1968) et Puebla, Mexique (1979) sont significatives pour l’Amérique Latine. Elles sont remarquables en soi pour avoir été la première réflexion de l’Église d’avant le Concile Vatican II, bien que la première Conférence a été préparée et réalisée par le Saint Siège dans sa totalité; par contre, à Medellín et Puebla, ce sera la CELAM qui définiera les thèmes, la méthodologie de travail et le choix des conférenciers, avec l’approbation du Saint Siège. 397. Le document de la IIe CELAM, à Medellín, a eu pour but d’adapter les lignes directrices du Concile Vatican II à la réalité de l’Amérique Latine, avec une insistance sur les thèmes sociopolitiques et le rôle des chrétiens dans les domaines séculiers. Cette même réflexion s’est poursuivie dans les rencontre des Conférences Épiscopales. 398. Les antécédents immédiats de ce document se situent ver l’automne de 1965, alors que le Concile Vatican II était sur le point de se terminer. À cette époque, Paul VI a réuni les évêques de CELAM qui participaient au Concile. Le Pape exhorta les évêques présents à se sensibiliser et à prendre une vision critique face aux problèmes qui agitaient l’Amérique Latine comme une condition indispensable pour une action renouvelée de la pastorale de l’Église dans ces régions. 399. Jusqu’à Puebla, suite à l’expérience de la Théologie de la Libération comme réflexion et action de la vitalité chrétienne, on adopta la méthode du « voir-juger-agir » et l’on a fait des choix fondamentaux pour que la pastorale latinoaméricaine apporte des réponses aux besoins réels des populations : l’option préférentielle pour les pauvres et les jeunes. 400. Durant la décade de 1970, certaines Conférences Épiscopales font des choix pastoraux en optant pour une Église plus engagée dans la justice sociale, en écho aux appels de certains documents où le Magistère de l’Église explicitait la relation entre évangélisation et action sociale. 401. Paul VI publia l’Encyclique Octogesima Adveniens (1971), pour souligner le 80e anniversaire de l’Encyclique Rerum Novarum qui est ce qui a marqué le modèle de la DSE à son époque. En cette même année eut lieu le Synode des Évêques ayant comme thème La justice dans le monde, soulignant la concordance entre le christianisme et l’engagement social.
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402. Ces orientations nous permirent de comprendre avec une plus grande clarté les actions sociales à l’intérieur de la mission de l’Église: « La recherche de la justice fait partie intégralement de la mission évangélisatrice de l’Église » (Synode des Évêques 1971, n° 5). En 1975, le Pape Paul VI publia Egangelii Nuntiandi, insistant sur le fait que lieu de l’évangélisation embrasse toute la réalité du monde, incluant les efforts pour promouvoir la dignité humaine. 403. Au Chili, entre 1974 et 1976, différentes communautés religieuses forment le comité Pro Paz afin de protéger la vie et l’intégrité des personnes poursuivies. 404. En 1981, Jean-Paul II a publié l’encyclique Laborem Exercens sur le travail humain, action sociale et contribution au développement de la société. 405. Durant la période de la dictature au Brésil (1964-1985), les mouvements des étudiants, des religieux et des leaders laïcs engagés dans la Théologie de la Libération et autres mouvements pouplaires ont participé à la résistance au militarisme et à la répression politique. L’Église a lancé la Campagne de la Fraternité, durant le carême, comme stratégie pour approfondir la réflexion sur les thèmes sociaux, en approfondissant la réflexion et l’action chrétiennes dans les différentes réalités sociales. 406. Dans la décade de 1979 et 1980, le Brésil et d’autres pays expérimentèrent le developpement des Communautés Ecclésiales de Base (CEB). Accompagnées par des théologiens de la libération, comme Gustavo Gutiérrez, Leonardo Boff et Jon Sobrino entre autres. Ceuxci contribuèrent au renforcement des autres mouvements sociaux aux niveaux social et pastoral. C’est dans cette période également que s’est faite la création du Conseil Indigène Missionnaire et la Commission de la Pastorale de la Terre, deux orgnismes de la Conférence Nationale des Évêques du Brésil (CNBB). 407. Cette période fut marquée par la violence et la persécution contre l’Église engagée avec le peuple : l’Amérique Centrale, la Colombie, l’Équateur et le sud du Mexique furent témoins d’assassinats de plusieurs laïcs, catéchistes, agents de pastorale, prêtres, religieuses et religieux qui s’engageaient à la défense des droits et de la dignité de leurs concitoyens. On souligne, entre autres, le témoignage de Mgr Oscar A. Romero, évêque de San Salvador.
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408. Dans ce contexte de répression se levèrent des pasteurs qui étaient engagés avec leurs fidèles pour résister et ouvrir des chemins d’espérance; parmi eux, on souligne : Dom Hélder Cámara, Enrique Angelelli, Oscar A. Romero, Sergio Méendez Arceo, Samuel Ruíz, Arturo Lona, José Alberto Llagune, Leónidas Proaño et Pedro Casaldáliga. Cette époque est aussi marquée par le silence de l’Église de Cuba. 409. Pour compléter ce tableau, il est aussi nécessaire de rappeler que, dans la décade de 1970, le Conseil Épiscopal Latinoaméricain (CELAM) sous la direction de Alfonso López Trujillo et d’autres évêques, s’est opposé aux secteurs progressistes de l’Église, par exemple à la Conférence Latioaméricaine des Religieux (CLAR) et a essayé de faire taire les principaux théologiens de la libération ainsi que plusieurs initiatives pastorales sociales, en même temps que s’élaboraient des compromis et des accords avec des gouvernements conservateurs. 410. Dans cette période également les visites du pape Jean-Paul II dans différents pays des Amériques et de la Caraïbe furent significatives.
Troisième période Du XIXe Chapitre général (1993) jusqu’à nos jours 411. À compter de 1992, suite à la commémoraison des 500 ans du début de la conquête et les actions d’évangélisation ainsi que des différentes visites du Pape Jean-Paul II dans les Amériques, deux objectifs ont été mis en évidence avec ceux qui vivent le cheminement de foi dans ces pays et l’interprétation des événements. 412. Alors que certains voulaient vivre ces célébrations dans un climat de fête évocateur de l’avance du christianisme, d’autres les ont vues comme une conséquence de l’abus sur la dignité des populations indigènes, processus soutenu par la conception d’un modèle de développement et de conquête spirituelle non inclusive et même oppressive. Malgré cela, on a célébré et commémoré les supposés indépendances et les diverses guerres de libération du Continent.
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413. C’est dans ce contexte qu’a lieu, en 1992, la IVe Conférence de CELAM, à Santo Domingo, sous le thème Nouvelle Évangélisation: Promotion Humaine et Culture Chrétienne, avec beaucoup d’influence de certains secteurs conservateurs des autorités ecclésiales romaines qui ont bloqué les actions pastorales prophétiques. Il en résulta le Synode pour les Amériques convoqué par le Pape en 1997. 414. Pendant ce temps, on a remarqué, dans la majorité des pays latinoaméricains, la croissance du point de vue religieux conservateur. Quelques exemples de ces initiatives plus conservatrices sont l’augmentation du nombre et de la présence des mouvements pentecôtistes; l’augmentation des dirigeants religieux charismatiques; la plus grande présence des prêtres et des laïcs catholiques dans les medias de communication avec des contenus qui montrent une position méfiante devant les problèmes sociaux 415. Graduellement, on a perdu l’influence et la position sociale de la pastorale prophétique. Il y a eu une léthargie dans l’action sociale de l’Église, due à la priorisation des problèmes internes comme le manque de participation au culte, la perte de fidèles qui optent pour d’autres confessions religieuses et la diminution des vocations religieuses. 416. Cependant, dans certains secteurs, apparaissent les ministères sociaux, comme modèle de référence pour le peuple de Dieu à partir des acquis de Vatican II, incluant son action dans l’agenda des préoccupations sociales, politiques et écologiques, la relation avec les populations et leurs cultures, la situation des femmes et de leurs droits, entre autres thèmes. 417. À cet égard, certaines actions sont entreprises dans des pays de l’Amérique du Sud, par exemple: • L’Église au Brésil, spécialement par sa pastorale sociale, commence à agir avec une plus grand efficacité comme agente de la défense de l’éthique en politique, ainsi que dans l’implantation et la poursuite de politiques sociales. • Au Vénézuela se produisent des conflits entre l’Église et l’État, parfois comme des luttes de pouvoir, d’autres fois pour la défense des droits humains. Au Chili, en 1998, on réalise la Rencontre Continentale des Jeunes qui réunit quelque 500.000 participants. • Au Guatémala, la Conférence Épiscopale s’est montrée passablement unie et claire dans ses positions en faveur de la population pauvre. Les évêques ont publié des lettres pastorale très claires, profondes et courageuses; par exemple, le rapport de la Récupération de la Mémoire Historique, de Mgr Juan Girardi, afin d’éclaircir les assassinats commis dans la lutte contre la guérilla.
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• En Colombie, l’Église est demeurée comme une voix prophétique devant le climat de violence et de corruption, y compris avec des actions de médiation avec la guérilla. • Dans le sud-est du Mexique, la pastorale incarnée de l’Église donne lieu au développement de la Théologie indigène et autres efforts d’inculturation de l’Évangile. De plus, la hiérarchie de l’Église semble se laisser interpeller par la réalité en publiant le document de la Conférence de l’Épiscopat mexicain De la Rencontre avec le Christ à la Solidarité avec Tous (2000) et de Pour que dans le Christ notre paix le Mexique ait la vie (2009), sur la situation de violence et la construction de la paix. 418. Durant ces années, la vie religieuse a été très présente auprès des populations pauvres par des communautés d’insertion, accompagnant les CEB (communautés ecclésiales de base) et divers groupes de pastorale populaire, bien des fois affirmant son engagement jusqu’au martyre. 419. À Cuba, il commence à y avoir de petites semences d’espérance pour l’avancement de la liberté religieuse grâce à de timides ouvertures de la part du gouvernement. 420. Au Chili, en 2005, est canonisé Alberto Hurtado, un jésuite promoteur du syndicalisme catholique et de la défense des droits des plus pauvres. 421. En 2006, la Ve réunion de CELAM, à Aparecida, au Brésil, invite à construire une Église unie dans la diversité et insiste sur la formation de disciples comme lieu de rencontre à la suite du Christ pour que nos populations aient la vie. 422. Le document d’Aparecida reprend et approfondit les défis pastoraux de l’éducation, de la communication, les nouveaux forums et les centres de décision, la pastorale des grandes villes, la présence des chrétiens dans la vie publique, spécialement l’engagement politique des laïcs pour une pleine citoyenneté dans une société démocratique. Il en est ainsi de la solidarité avec les populations indigènes et les descendants africains et d’une action évangélisatrice qui indique les chemins de réconciliation, de fraternité et d’intégration parmi nos popuplations afin de former une communauté régionale de nations dans les Amériques. Le document renforcit et ouvre de nouveaux horizons pour les engagements prophétiques avec les CEB, la Théologie indigène, l’inculturation de l’Évangile, etc.
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ITINÉRAIRES MARISTES Première période De la fondation des Provinces maristes dans les Amériques jusqu’au Concile Vatican II. 423. Les fondations maristes dans les Amériques durant cette période Canada
1885
Chili
1903
États-Unis
1886
Venezuela
1911
Colombie
1889
El Salvador
1924
Brésil
1897
Guatemala
1932
Mexique
1899
Uruguay
1934
Argentine
1903
Bolivie
1956
Cuba
1903-1961
Équateur
1957
Pérou
1909
Costa Rica
1962
424. À la fin du XIXe siècle, les premiers Frères provenant de France arrivent au Canada, aux ÉtatsUnis, en Colombie, au Brésil, au Mexique et en Argentine. Plus tard, d’Espagne sont arrivés des Frères pour travailler à Cuba, au Pérou, au Chili et au Venezuela et aussi pour renforcer la présence dans d’autres pays. 425. La fondation d’une bonne partie des œuvres maristes dans les Amériques s’est faite à partir de la persécution dont a souffert l’Église, et par conséquent les Frères en France, durant la période de 1903-1914. Cette période fut marquée par l’intervention de l’État dans la société française. 426. Le contexte dans lequel s’est faite la fondation d’une bonne partie de ces œuvres durant cette période a été déterminé par une série d’événements comme la suppression des congrégations enseignantes en France durant la période de 1903-1914, l’approbation, par le Saint Siège, des Constitutions acceptées par le Chapitre général de la même année 1903 et le
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phénomène de la sécularisation dans l’Institut, étant donnée la situation de persécution. La vision et la gestion des alternatives firent que les maristes provenant de France virent comme une vision de refondation cette chance de créer de nouvelles œuvres sur le continent. En conséquence, certaines Unités Administratives des Amériques bâtirent leur autonomie dès le début et fondèrent de nouvelles présences dans les pays du continent. 427. Avec l’appui et l’aide financière des évêques et de personnes ayant des possibilités économiques et le travail des écoles des centres urbains, on commença à ouvrir différentes œuvres éducatives dans des milieux moyens et des zones rurales de l’intérieur, développant des écoles semi-gratuites avec une orientation technique-rurale. On en arriva à travailler de façon inclusive avec la population indigène en apprenant la langue. 428. Les débuts de l’œuvre Mariste dans les différents pays d’Amérique, en dépit de ces appuis, furent très difficiles, à l’exemple des débuts de l’Institut, à cause des maladies endémiques; plusieurs Frères sont morts dans les premières années de leur présence dans les Amériques, surtout dans les régions tropicales. Cependant, cela n’a pas diminué l’arrivée d’une nouvelle relève. 429. Les Frères eurent aussi à affronter les difficiles conditions politiques de la région au début du XXe siècle. Par exemple, en Colombie, les Frères eurent des problèmes à cause de la Guerre des Mille Jours et se virent obligés de fermer leurs maisons de formation, et eurent beaucoup de difficultés pour les ouvrir à nouveau. Plusieurs Frères qui travaillaient au Mexique durent être accueillis dans des œuvres maristes au sud des États-Unis, dû tant à la Révolution (1910) qu’à la période de persécution Cristera166 (1929). 430. Malgré les difficultés, une grande vitalité s’est développée dans les œuvres, due à l’arrivée de centaines de Frères d’Europe et au vocations autochtones encouragées par les Frères français. 431. Le premier tiers du XXe siècle est une période de fondation et de stabilisation au milieu de crises sociales : on fonde des collèges d’enseignement général jusqu’aux universités, fondations autonomes et autres projets éducatifs en collaboration avec d’autres organismes, maisons de formation et œuvres missionnaires. De manière progressive, le nombre d’œuvres augmenta significativement de même que la présence des Frères au milieu des pauvres (Colombie, Brésil et Mexique). 166 Affrontement armé entre le gouvernement et certains chrétiens qui défendaient la liberté de culte, surtout dans le centre du pays.
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432. Au Brésil, en 1908, on créait trois Unités Administratives (Septentrionale, Centrale et Méridionale) afin de satisfaire aux besoins du moment et à cause des conditions administratives et géographiques. Au Mexique, ceci se produisit aussi en 1959 par les fondation des UA du Mexique Central et Occidental. 433. Dans certains pays, durant le deuxième tiers du siècle, il a fallu travailler de façon clandestine, dû aux situations de guerre interne ou de persécutions d’autorités antireligieuses. Cependant, comme dans l’étape de fondation, ceci ne découragea pas les Frères et nous pouvons parler d’une période durant laquelle ont surgi des initiatives de travail face à ces mêmes gouvernements méfiants de la religion. À Cuba, l’expulsion des Frères (1961) obligea à la création de nouvelles fondations en Amérique Centrale. 434. Passés les moments cruciaux des tensions sociales et des situations d’instabilité politique dans les Amériques, le nombre d’écoles et d’œuvres sociales augmenta de façon significative à partir de la décade des années 1930 jusqu’à celle des années 1970. On arriva à avoir 60 œuvres dans toute la région de l’Amérique Centrale et des Caraïbes, ce qui arriva également dans les pays qui se trouvent au nord du Cono Sur. Cette nouvelle croissance du nombre d’œuvres et de leur renommée au sein de la population eut différentes répercussions. Dans certains milieux, le travail avec les enfants et les jeunes pauvres a diminué progressivement et dans d’autres, on a sensibilisé la population et renforcé les œuvres éducatives de solidarité. 435. Au Brésil, des initiatives d’une action sociale plus spécifique sont aussi apparues à partir de la décade des années 1950, quand les écoles annexes firent partie de la réalité de presque tous les collèges, spécialement dans les UA des régions du pays : Nord, Nord-est et Sud. Il y a aussi eu des initiatives d’action dans le domaine sociale qui se sont réalisées grâce à des accords et des alliances avec le gouvernement.
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Deuxième période Du Concile Vatican II (1965) jusqu’au XIXe Chapitre général, 1993 436. Les fondations maristes dans les Amériques durant cette période Porto Rico
1963
Rép. Dominicaine
1978-1981
Panama
1968-1996
Haïti
1985
Paraguay
1968
Honduras
1992
Nicaragua
1970
437. Les UA des Amériques, de même que celles du monde entier, ont vécu le mouvement généré par le Concile Vatican II, commun à toutes les congrégations dans les années postconciliaires: la diminution du nombre de Frères, les questionnements sur l’identité et la mission, l’augmentation du nombre de professeurs laïques et laïcs maristes dans les œuvres. 438. Dû entre autres facteurs aux orientations du Concile Vatican II, le mouvement missionnaire latinoaméricain et les mouvements culturels et sociaux mondiaux, on vit surgir de nombreuses œuvres dans différents contextes marginaux, motivées par des demandes d’une insertion religieuse. Les maristes se rendirent présents dans des communautés indigènes populaires et des quartiers périphériques urbains. Ces initiatives pastorales et catéchétiques dans les paroisses populaires, avec des CEB et unis à d’autres projets de la vie religieuse plus prêts du peuple et de ses besoins, a mis sur pied une éducation de base selon le projet libérateur de Paulo Freire dans des milieux éducatifs maristes non conventionnels. 439. Les UA du Brésil se sont tournées plus directement vers le champ de la solidarité À partir des appels de l’Institut, on a commencé les missions maristes dans des régions frontalières, créant des communautés maristes parmi les pauvres, qui ont fait coincider l’annonce de l’Évangile avec des actions de solidarité axées sur les enfants et leurs familles. Ces missions ont rejoint, particulièrement, les états de l’Amazonie, de Rondonia, de Roraima, de Goiás et des Mines Gerais. Ils ont pris en charge les projets pleins de défis, comes des Centres Sociaux et l’accompagnement d’adolescents en conflit avec la loi.
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440. Le Mexique s’est donné le défi de la Mission de Guadalupe au Chiapas et celle de Tarahumara à Chihuahua. En Colombie, les Frères ont pris en charge des écoles officielles gratuites, secondaires le jour et collégiales le soir, de sorte que pour le centenaire de la présence mariste dans ce pays, on a doublé les œuvres pour les pauvres en relation avec les œuvres où l’on paie. En Équateur et au Venezuela, on a associé les UA avec des collèges pour les pauvres, en plus des missions et des catéchistes populaires. 441. De 1976 à 1989 se tinrent trois rencontres qui ont marqué la vie des UA latinoaméricaines : • Les réunions de la CLAP de Chosica et de Cali. • Les Mouvement Juvéniles de Rénovation (REMAR, GAMA, Journées, Cité Nouvelle, etc.). • La fondation de diverses communautés d’insertion. 442. À cette époque, dû aux expériences antérieures de persécution religieuse comme celles de l’époque Cristera au Mexique et de l’expulsion des Maristes de Cuba, ainsi que la proximité de certaines œuvres avec les classes moyennes et hautes et d’un sentiment de crainte face à la menace communiste, on en arrive à donner, dans certains pays, une polarisation des visions des Frères qui a pour effet de mettre l’accent sur le travail dans les œuvres populaires, par opposition à celui dans les collèges qui oeuvrent dans des centres urbains. Les prises de position des deux visions, dans bien des cas, s’excluaient l’une l’autre. 443. Même si cette opposition s’est soldée par une deuxième vague de sorties de Frères, de ces deux visions a surgi une ouverture des œuvres pour travailler de concert avec d’autres intervenants et une vision plus large de la mission éducative populaire. Ainsi donc, plusieurs des Frères qui avaient quitté ont continué à collaborer à des actions d’engagement pour l’éducation et/ou d’engagement social. 444. Le XVIIIe Chapitre général de l’Institut (1985) a élu, comme Supérieur général, le frère Charles Howard qui a établi comme priorités : • Le continuation de l’élan créé par le document « Pauvreté et Justice ». • La croissance de la spiritualité apostolique comme moyen d’unification de la vie.
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• La revitalisation de l’identité mariste. • La promotion de l’inculturation. • L’établissement de lignes d’action pour le futur : le développement des idées et des pratiques de discernement (personnel et communautaire), l’expansion de la solidarité (ad intra et ad extra), une plus grande ouverture aux laïcs (mission avec eux et elles). 445. Avec ces objectifs, nous entrons de fait dans une ère de solidarité pour l’Institut. Les UA prennent en charge des projets et des œuvres pour répondre aux appels et agir contre la pauvreté et en faveur de la lutte pour la justice, et même, dans certains cas, on arrive à décider que dans la même ville où il y a une école privée, il doit y avoir aussi une œuvre sociale. 446. Au début de la décade de 1990, nombreuses furent les initiatives sociales implantées en collaboration asvec les gouvernements ou avec les diocèses, par exemple la donation de terrains, la collaboration avec des universités maristes, des programmes de soins pour les enfants de la rue et la présence dans des écoles publiques. 447. On souligne également, durant cette période, la présence des frères, des laïques et de laïcs maristes dans des communautés d’insertion, des paroisses, des mouvements sociaux et politiques, spécialement dans les CEB et la pastorale sociale et la pastorale-jeunesse. 448. À la fin de cette période, certaines UA commencèrent à organiser des comités en référence avec la justice et la solidarité afin de coordonner la présence dans le travail social, de même que dans différentes expériences de volontariat qui s’annoncent de plus en plus fréquentes. Certains frères s’intéressent progressivement au travail de la mission ad gentes.
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Troisième période De 1993 jusqu’à nos jours Fondation mariste dans les Amérique à cette période : 2001
Cuba (retour)
449. Dans la décade de 1990, on a donné un grand élan aux activités sociales de l’Institut. Le XIXe Chapitre général (1993) a élu le frère Benito Arbués comme Supérieur général. Il a travaillé sur les quatre noyaux de réflexion : Mission, Solidarité, Spritualité apostolique et Formation. Le Chapitre a encouragé chaque UA à développer un projet avec les pauvres et que le thème de la solidarité soit inséré dans le projet éducatif des collèges; il a invité à l’audace de renoncer à certaines sécurités pour se rapprocher davantage des petits et des pauvres sans crainte de sortir à la rencontre de tous ceux qui sont en marge de la société. 450. Le Chapitre a aussi donné lieu à la décision d’élaborer le document Mission Éducative Mariste (MEM) qui a défini les cinq champs de la mission: l’École, la Pastorale, l’Éducation non formelle, les Programmes sociaux et les Milieux Ecclésiaux. À partir de cela, l’action sociale s’est institutionalisée comme un volet de la Mission Apostolique Mariste. 451. Cela a été l’occasion de multiplier les nouvelles œuvres de travail populaire et la consolidation des actions pour le renforcement de la méthodologie et la formation en vue de l’éducation populaire, avec des équipes où frères, laïques et laïcs maristes partagent une même mission. On a repris des expériences de travail éducatif dans de nouveaux espaces hors de l’école conventionnelle : travail avec les enfants de la rue, projets agro-écologiques, soit pour des jeunes en conflit avec la loi, des enfants et de jeunes handicapés. On rencontre, entre autres : • Au Chili, en 1997, on a créé Gesta, Fondation mariste pour la solidarité. • Au Pérou, à cette époque, on a créé une nouvelle présence mariste en Amazonie péruvienne pour appuyer la formation des jeunes, en travaillant dans les collèges et les institutions de la zone. On a ouvert également un internat pour les jeunes indigènes et on a commencé les activités dans l’Université Champagnat au Pérou.
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• Au Mexique Occidental, on a commencé l’Université Mariste de Mérida en 1996, en perspective de solidarité, avec les programmes expérimentaux de Aprender Sirviendo167 (Apprendre en servant). • Au Mexique Central, on a consolidé les travaux des Groupes Spéciaux Maristes (GEM) dans lesquels sont incorporés les enfants et les jeunes ayant des handicaps et en les insérant davantage dans différentes œuvres. 452. En plus des services éducatifs, on a fait progresser la production de documents et l’élaboration des principes directeurs pour les activités éducatives, le régistre et la systématisation des pratiques pédagogiques en développement. Ainsi, on mit en place des orientations à partir d’une stratégie et d’un certification pour une éducation de qualité qui visent à ce que les efforts et les moyens éducatifs soient efficacement implantés en vue d’arriver à un niveau convenable d’efficacité. Cependant, cette mise en œuvre, dans certaines occasions, a été mis de côté ou n’a que peu servi comme moyen d’action transformatrice de la société. 453. Ainsi, dans plusieurs cas, l’accent a été mis sur le lien entre les œuvres payantes et les œuvres populaires. Ce fait donne l’impression que dans certaintes UA, on s’engage de nouveau dans des cheminements parallèles. Cependant, beaucoup d’œuvres réussissent à faire en sorte que la systématisation et le travail de gestion arrivent à mettre en évidence le besoin d’unir les efforts pour que les travaux réalisés dans les collèges et les œuvres pouplaires répondent à un sentiment commun et à une vision commune. 454. Ainsi, tout au long de cette période et avec des rythmes différents, on en est venu à apaiser les eaux tumultueuses de la polarisation face à l’orientation des modèles et des espaces éducatifs en portant attention aux enfants et aux jeunes pauvres, en favorisant les espaces de dialogue et s’acceptant mutuellement, ce qui n’a été ni facile ni définitif. Dans certaines UA, comme en Amérique Centrale et dans des pays comme le Venezuela et l’Équateur, on a augmenté les œuvres populaires. Cette réalité a aussi amené la transformation du Mouvement Juvénil de Rénovation Mariste (REMAR)168 et son influence de transformation dans le travail populaire et dans la formation mariste, et qui a vécu des moments d’effervescence dans les années 90. Le travail de REMAR dans différents pays s’est orienté vers une action vocationnelle. D’autres mouvements de pastorale juvénile mariste furent créés et répandus dans différents pays des Amériques. 167 Aussi connus comme «apprentissage-service» (service learning)Il s’agit d’une méthode pédagogique pour développer les apprentissages de base par des expériences de service dans les communautés, en aidant à améliorer la qualité de l’apprentissage académique et la formation aux valeurs. 168 Le mouvement REMAR est un processus de formation et d’accompagnement des jeunes, fondé en Colombie en 1976. 129
455. Au Brésil, on a approuvé la Loi 8.743/1993, connue comme la Loi de la Philanthropie, qui a permis aux groupes d’action sociale de destiner une partie des impôts payés au gouvernement fédéral pour les orienter dans l’action sociale. C’est ainsi que les UA maristes du Brésil ont bénéficié de ressources financières pour les appliquer dans le domaine social. Durant cette période, les UA ont eu à changer leur façon d’agir en prenant des mesures qui tiennent compte des exigences légales et de la mission insitutionnelle en harmonie avec les appels de l’Institut mariste. C’est aussi à cette époque que commence la participation mariste dans les milieux à incidence politique et social au niveau municipal, régional et national. 456. À l’occasion de la canonisation de Marcellin Champagnat (1999), le frère Benito Arbués renforça l’appel à la solidarité mariste avec ces paroles : « Je demande pardon aux enfants et aux jeunes les plus nécessiteux, parce qu’ils n’ont pas toujours eu accès à nos institutions éducatives, étant donné que les écoles qui furent fondées pour eux ont servi à d’autres destinataires, des enfants et des jeunes aussi, mais ayant plus de ressources. Je leur demande pardon parce que, en nombre, ils ne sont pas le plus grand pourcentage à fréqueter les œuvres que l’Institut possède actuellement »169. Il a lancé un appel afin de réorienter nos efforts de solidarité en modifiant les structures et les critères historiques dans les UA. 457. Fruits des XVIIIe et XIXe Chapitres généraux et de nombreux Chapitre provinciaux, de même que des réunions de la CLAP, se sont fait des discernements qui amenèrent plusieurs frères à laisser les œuvres lucratives pour s’engager dans des œuvres d’insertion, de travail avec les indigènes, dans des quartiers marginaux, parmi des enfants abandonnés ou en situation de risque, formation à l’emploi, etc. 458. Depuis le XIXe Chapitre général et jusqu’en l’année 2004, la majorité des UA du continent ont réalisé un travail de restructuration géographie et administrative, dans le but d’une nouvelle vitalité pour la mission et la présence mariste dans le monde. 459. En 2001, l’Institut a vécu l’expérience du XXe Chapitre général, durant lequel le frère Séan Sammon fut élu Supérieur général. Le Chapitre a constitué le Fonds de Solidarité, appuyé par les ressources des UA; il a consolidé le Bureau International de Solidarité (BIS) et un Secrétariat pour l’Usage Évangélique des Biens. 460. En l’année 2001, on a repris le travail à Cuba avec une orientation plus pastorale, étant donné que la loi défend l’organisation d’œuvres éducatives spécifiques. 169 Lettre du Supérieur général , le frère Benito Arbuès. 7 avril 1999.
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461. Le Chapitre a invité les frères, les laïques et les laïques maristes à Opter pour la Vie et avancer ensemble, résolument et sans équivoque, vers les enfants et les jeunes les plus pauvres et exclus, par de nouveaux chemins d’éducation, d’évangélisation et de solidarité. L’appel à la solidarité et à la présence mariste auprès des Montagne d’aujourd’hui furent accentués dans les documents et les circulaires de l’Institut, comme dans la circulaire Faire connaître Jésus Christ et le faire aimer (2005), qui invitait frères, laïques et laïcs maristes à se rappeler que l’évangélisation est le cœur de notre mission et à ne pas oublier que l’Institut fut créé pour être au service des enfants et des jeunes pauvres. 462. Ces thèmes furent renforcés avec la convocation du XXIe Chapitre général (2009), qui a encouragé frères, laïques et laïcs maristes à la lecture des signes des temps afin de comprendre et d’accepter les nouvelles exigences de la mission. 463. Au Brésil, peu après avoir terminé le processus de restructuration des UA, on a créé l’Union Mariste du Brésil (UMBRASIL) en 2005, avec l’objectif d’unifier les actions éducatives, sociales et d’évangélisation, de même que la gestion des UA du pays. 464. Durant cette période se renforcit le réseau d’action et de travail social au Brésil, encouragé par la Commission de la Solidarité, du groupe de travail sur le Statut de la Jeunesse et de l’Adolescence (GTECA) et la participation aux actions du Contrôle Social (monitoring) et de la Défense des Politiques Publiques. 465. Dans certaines UA du continent, on a mis sur pied des départements et des bureaux provinciaux de solidarité et on a créé des fondations et/ou ONG qui appuient le travail de solidarité. 466. C’est dans ce contexte que l’on a commencé à concevoir et à articuler le réseau Cœur Solidaire Mariste d’Amérique Latine, d’abord avec une réunion des Organismes Maristes de Solidarité à Santa Cruz de la Sierrra (Bolivie) en 2004, puis lors d’une rencontre, à Belo Horizonte (Brésil) en 2006, qui prit le nom de Réseau Cœur Solidaire. La troisième rencontre s’est faite à Belén (Brésil), qui a mis en œuvre le Forum Social Mondial en 2009. On a pu réaliser, dans la ville de México, en 2011, la quatrième Rencontre Cœur Solidaire. 467. En septembre 2007, à Mendes, Brésil, le monde mariste, représenté par des frères, des laïques et des laïcs de tous les continents, a participé à la première Assemblée Internationale de la Mission Mariste (AIMM). À cette assemblée, les frères et le collaborateurs maristes « sont
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appelés à travailler ensemble pour proclamer le Royaume de Dieu, radicalement, à tous les enfants et jeunes, spécialement les pauvres, créant des occasions pour une vie partagée, le développement de nouvelles formes de vie de la communauté, le discernement, la gestion et la prise de décisions »170. 468. Dans différents pays des Amériques surgissent et se consolident des actions de volontariat dans des œuvres populaires avec des jeunes et des adultes du pays même ou de l’étranger, à partir des liens tissés durant la prériode antérieure. Dans certaines UA s’insitutionalisent le suivi et l’accompagnement de ces volontaires, avant, pendant et après l’expérience de service d’une année ou davantage. 469. Étant données les différentes réalités socio-économiques et l’étendue territoriale, entre autres, la supervision de ces actions sociales dans les Amériques a intégré une variété de services et d’actions, parmi lesquelles on remarque : • l’octroi de bourses d’études dans les collèges et les universités privées; • l’accompagnement à des activités extra-scolaires dans les centres sociaux; • des centres d’accueil; • des locaux qui, le matin, accueillent une école payante et qui, l’après-midi et le soir, sont utilisés pour diverses activités; • éducation de jeunes et d’adultes et formation professionnelle; • présence à des adolescents en conflit avec la loi; • travail avec des enfants de la rue ou à risques; • présence à des enfants et à des jeunes ayant des aptitudes différentes; • développement de projet d’Économie Solidaire et d’insertion productive; • travail dans la mission Ad Gentes; • formation catéchétique et pastorale; • accompagnement pastoral et appui au développement humain durable de communautés indigènes; 170 Document Échos de Mendes, Rio de Janeiro, Brésil, 2007
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• renforcement pédagogique et formation dans des écoles non maristes; • coordination et accompagnement de Volontaires et d’Expériences de Mission; • conseils et action pour la défense et la garantie des droits, etc. 470. À partir de la réflexion sur la coresponsabilité dans la mission s’est fait un approfondissement de la Spiritualité Apostolique Mariste, ce qui a donné lieu au Document Eau du Rocher. Les réflexions autour de l’identité des laïcs et laïques maristes ont permis la réalisation du Document Autour de la même table. 471. À l’invitation du Conseil général, plusieurs Frères ont demandé de participer à la Mission Ad Gentes, bien que ce soit maintenant de façon sporadique. Ils mirent le cap sur l’Afrique et l’Asie, dans des œuvres d’évangélisation inculturée et également dans des pays où il était nécessaire de redynamiser l’action vocationnelle.
DEUXIÈME PARTIE Axes thématiques de la solidarité mariste Première période Du début de la présence mariste en Amérique jusqu’au Concile Vatican II Nouvelles présences 472. On retrouve la présence la plus importante des Frères parmi les jeunes et les adultes, en particulier les plus pauvres, le plus souvent avec l’ouverture de cours du soir gratuits, en plus du soin et de la présence aux enfants et aux travailleurs urbains, ruraux et au immigrants des quartiers populaires. Il y a des actions missionnaires parmi les communautés marginales et indigènes. Certaines œuvres populaires ont été fermées par des mouvement antireligieux. Plus tard, on a pu rouvrir certaines d’entre elles. Étant donnée la situation d’analphabétisme dominante dans les Amériques, on collabore conjointement avec des instances du gouvernement pour promouvoir l’aphabétisation.
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Dynamiques de participation et de collaboration solidaire 473. Les Frères s’occupent, en grande partie, du travail dans tous les œuvres; il y a des collaborations avec d’autres congrégations religieuses où on participe à des travaux éducatifs, en union avec les activités missionnaires et évangélisatrices de certains diocèses. 474. Durant cette période, on a identifié certaines demandes des milieux et on a commencé des actions de façon individuelle ou par des petits groupes de frères. Cela a pris diverses formes, comme la gestion et l’enseignement dans des écoles qui nous appartiennent, dans des écoles en collaboration avec le gouvernement ou comme professeurs dans des écoles publiques. On mit sur pied des tavaux de conseil et d’appui aux écoles non maristes, mais engagées dans l’éducation populaire.
Dynamiques de transformation de la solidarité 475. Au début, en Colombie, on a pu orienter les œuvres vers des milieux ruraux et pauvres, avec l’appui du gouvernement. Au Mexique, des 32 œuvres créées durant les 10 premières années, la majorité étaient dans des villes de taille moyenne et moins d’un tiers dans de grandes villes. Bien qu’elles aient donné lieu à une éducation systématique et de qualité, elles furent aussi ouvertes à former des écoles d’art et métiers. 476. En général, les frères français ont favorisé floraison de vocations locales en apprenant et en utilisant la langue locale, même indigène dans les régions où c’était nécessaire et en faisant en sorte que les Frères autochtones soient formés à tous les niveaux de responsabilité. À l’opposé, la réalité des autres UA est caractérisée par le développement de collèges universitaires, comptant surtout sur les vocations venues d’Europe. 477. Les premières expériences de solidarité au Brésil furent marquées par des initiatives individuelles de frères maristes, à partir des réalités qu’ils vivaient. Durant cette période, l’action sociale était axée sur l’octroi de bourses dans certains collèges pour des étudiants pauvres. Vers 1904, on a mené à bien la Mission Mariste dans la région centrale du pays pour aider les enfants des indigènes. 478. À partir des années 30, dû au changement de politiques du gouvernement et au besoin de stabiliser les UA, les œuvres ont été orientées vers des collèges privés, bien qu’il y eut plusieurs initiatives d’aide sociale créées en faveur pauvres avec l’aide des élèves.
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479. Au milieu de 1950, on perçoit un début d’orientation vers l’action sociale avec la fondation de quelques écoles gratuites, d’après-midi et de soir, ainsi que le travail dans des centres d’accueil pour mineurs et jeunes exclus. Tenant compte des situations de pauvreté toujours plus marquée, les Frères se sont rapprochés des communautés pauvres.
Deuxième période Du Concile Vatican II (1962) jusqu’au XIXe Chapitre général (1993) Nouvelles présences 480. Durant cette période commencent de nouvelles présences dans des quartiers marginaux, dans des actvités de catéchèse et d’alphabétisation. On travaille dans des centres d’accueil pour enfants de la rue et avec des adolescents en conflit avec la loi, en plus du travail avec des enfants et des jeunes handicapés. On offre aussi l’accompagnement à des communautés paysanes et on crée des projets de développement communautaire. On ouvre des missions en collaboration avec les diocèses qui déservent une population indigène. Les caravelles de REMAR mettent sur pied leur Travail Apostolique Concret (TAC). On fonde, en Colombie, la première communauté d’insertion. 481. Certaines UA en viennent à avoir la majorité des frères dans des œuvres sociales. Dans d’autres, on offre seulement l’ouverture d’une deuxième vocation et des écoles du soir dans les installations des collèges.
Dynamiques de participation et de collaboration à la solidarité 482. Durant cette période, on voit la nécessité d’intégrer les laïques et les laïcs dans les activités éducatives et administratives des collèges, et on commence à participer à des œuvres sociales. Dans certaines UA, on commence à participer à des expériences d’éducation mixte. On commence la mise en place d’accords avec les gouvernements pour le maintien et l’expansion du Travail Social.
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483. Les Frères assument la coordination des projets sociaux et éducatifs. Les laïques et les laïcs maristes, en général des parents des élèves des collèges, s’impliquent dans des projets sociaux par des dons et des activités en faveur des communautés et des quartiers populaires, en établissant des liens entre les collèges et l’action solidaire. 484. Différents mouvements pour jeunes et enfants promeuvent la formation humaine et l’engagement solidaire : REMAR, Nouvelle Cité Mariste, Gama, Amis en Marche, entre autres. 485. La collaboration avec les diocèses s’accentue, conjointement avec d’autres congrégations, dans des œuvres sociales, missionnaires, en aidant à bâtir des Plans de Pastorale (San Critóbal de las Catas, Chiapas et Tarhumara au Mexique; Sucumbíos en Équateur). On commence les communautés mixtes d’insertion, regroupant frères, sœurs et volontaires laïcs. 486. Avec les expériences de volontariat de jeunes dans des missions et dans les œuvres populaires sont générés des aides, des appuis économiques pour permettre d’aller plus avant dans les projets éducatifs ou d’aide sociale, au bénéfice de ces communautés. Dans quelques pays, on commence à organiser le volontariat international. On organise, depuis les années 80, les Missions Juvéniles pour appuyer les travaux d’évangélisation et de promotion dans les zones populaires et les communautés indigènes. 487. On encourage les expériences de la Famille Mariste comme espaces de réflexions pour les laîcs, accompagnés par un frère, à partir du charisme et de la Vie de saint Marcellin Champagnat, avec des engagements apostoliques d’aide et d’appui aux œuvres maristes171.
Dynamiques de transformation de la solidarité 488. L’Action Sociale présente différents profils, guidés par les appels de la Communauté, de l’État, de l’Église et des Organismes sociaux qui demandent de l’aide. 489. La Mission Mariste étend ses frontières et se rend dans d’autres régions et d’autres pays, en s’intégrant dans les communautés. En plus du travail réalisé dans les missions populaires, on augmente, graduellement et à une petite échelle, les écoles gratuites, du soir et de garderies. Dans certains cas, on est retourné aux tâches scolaires pour éviter les divisions avec le reste de l’UA, dans d’autres cas, on est allé de l’avant vers de nouvelles pésences permanentes. 171 Ces expériences prennent différents noms : Fraternités Maristes, Famille Mariste, Mouvement Champagnat.
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490. Les expériences de rapprochement avec la réalité indigène et les quartiers marginaux touchent le cœur des frères, et devant cette réalité, leur positionnement change face à la mission mariste. Dans certaines UA, les frères multiplient, parmi eux, l’expérience de la semaine de la solidarisation qu’ont vécu les frères participants au XIXe Chapitre général. La formation entre en contact avec l’insertion et va de l’avant dans l’orientation de la formation mariste pour le contact et l’action avec les situations limites. 491. Les projets et les œuvres sociales sont assumées par les frères comme une façon de répondre aux appels de lutte contre la pauvreté et pour la justice. Dans les missions indigènes, les frères s’engagent avec les diocèses dans une pastorale éducative plus inculturée et intégrale. 492. À partir des collèges, avec la participation des laïques et laïcs maristes, spécialement de REMAR, on crée des initiatives en faveur des pauvres, en même temps que s’ouvrent de nouvelles œuvres d’éducation populaire et que se constituent les fonds de solidarité. 493. La solidarité commence à entrer dans l’ordre du jour de plusieurs Chapitres provinciaux et dans la gestion des UA d’une façon plus effective. On construit une identité commune dans les œuvres populaires (non seulement les communautés maristes d’insertion) à la lumière des documents de la Congrégation. Ce fait est perçu comme le début d’un processus d’organisation des instances dans les UA pour articuler et coordonner les initiatives de solidarité et l’action sociale, de même que l’augmentation de la présence aux œuvres sociales grâce à de nouvelles présences.
Troisième période Du XIXe Chapitre général jusqu’à nos jours Nouvelles présences 494. Durant cette période s’ouvrent des communautés d’insertion qui découvrent et stimulent de façon créative l’animation de nouvelles formes de présences parmi les jeunes pauvres, par exemple dans le travail avec des enfants et des jeunes nécessiteux, spécialement dans les centres éducatifs spéciaux (Amérique Centrale) ou de façon intégrée dans différentes écoles (Mexique Central et Occidental).
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495. On a aussi fondé dans des milieux vulnérables des centres de services communautaires d’enseignement technique et d’éducation ouverts aux enfants et aux jeunes non scolarisés. 496. On a réalisé, dans les UA, des rencontres de frères, laïques et laïcs des œuvres qui travaillent dans des milieux populaires. 497. On a créé une ONG pour appuyer les travaux de solidarité des UA et on a travaillé à ce que l’objectif des droits et de la solidarité soit l’axe qui oriente tous les centres maristes. On a établi la majorité des maisons de formation dans des milieux d’insertion. 498. Au Brésil, on a donné une grande expansion à l’activité sociale dans le UA. Durant cette période, la présence des frères dans les régions périphériques fut accentuée, avec une attention spéciale à l’enfance et à la jeunesse en situation de vulnérabilité sociale dans diverses réalités et à la promotion du droit à l’éducation et à la citoyenneté. On a assuré de nouvelles actions pour les enfants victimes de la violence et de l’abus, de même que pour les jeunes en conflit avec la loi en union avec les Moyens Socio-éducatifs en Milieu Ouvert (participation aux services à la communauté et de semi-liberté). 499. On a commencé, durant cette période, à ouvrir un nouveau type de présence effective dans des milieux de discussion et de suivi des politiques publiques, comme des forums et des réseaux destinés au contôle social et à l’action politique. On a aussi apporté attention et appui aux initiatives de l’économie solidaire. C’est durant cette pétiode qu’a commencé le travail dans le domaine de l’informatique et l’implication socio-digitale, la remise à neuf des ordinateurs de même que les cours d’éducation et de qualification professionnelle.
Dynamiques de participation et de collaboration solidaire 500. Les laïques et laïcs maristes sont les plus nombreux dans le travail de direction, d’enseignement et de pastorale dans les différentes œuvres apostoliques. Certains d’entre eux se sont engagés dans des milieux de solidarité, au moment où se renforcissait l’engagement social des groupes de REMAR. Dans ce contexte s’amorce la réflexion sur le Charisme Mariste vécu à partir de la vocation des laïcs.
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501. On établit de nouvelles formes d’insertion, parfois dans des expériences de communautés mixtes (frères, prêtres, laïcs, couples et jeunes volontaires). On travaille aussi avec des ONG sur de nouveaux projets. 502. On suit de près l’expérience mariste mise sur pied par les Sœurs Maristes de Champagnat au Guatemala, qui s’impliquent dans des œuvres d’éducation populaires. 503. Dans certaines UA on établit des lignes directrices communes de service social pour toutes les œuvres. Les jeunes volontaires se transforment au contact de la dynamique du travail dans plusieurs œuvres populaires maristes. 504. Au Brésil, les frères assument les différentes œuvres sociales maristes comme directeurs et coordonnateurs. Peu à peu on ouvre à la présence des laïques et laïcs maristes au niveau de la gestion. Dans les UA, par l’intermédiaire de leurs administrations, on engage des spécialistes pour travailler à la gestion et à l’administration du secteur social; ceux-ci peuvent centraliser les actions et les mettre en réseau. 505. Durant cette période se réalise la création d’instituts et de centres de défense qui donnent aux UA brésiliennes un autre point de vue de leur action de leur participation de façon plus marquée. Il s’agit d’établir des milieux avec une orientation politique et sociale, avec une attention spéciale à l’établissement et à la défense des droits de enfants et des adolescents. Enfin, il convient de noter que, dans l’ouverture d’une action dans le domaine de la solidarité, les maristes, au Brésil, n’ont pas été seuls : ils ont établi des liens effectifs avec les gouvernements fédéral, des états et des municipalités, de même qu’avec des ONG et des fondations. Les initiatives dans le domaine de l’économie solidaire et du domaine de l’inclusion sociodigital et de traitement des déchets technologiques sont réalisées en collaboration avec de nombreuses institutions.
Dynamiques de transformation de la solidarité 506. Le chemin de la solidarité avance, parfois un peu désarticulé, selon les intérêts et les engagements de quelques frères et communautés maristes, avec l’appui de laïques et de laïcs maristes. Cependant, peu à peu, la solidarité va attirer l’attention sur l’importance du discernement dans les UA.
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507. Inspirés par les Chapitres généraux, on ouvre de nouvelles œuvres d’insertion et on établit dans les collèges des Fondations et des Fonds pour le développement des actions de service communautaire. Dans certaines UA, on demande à toutes les œuvres un projet concret de solidarité. Ce mouvement concret s’es aussi transmis dans les maisons de formation et dans les milieux populaires. 508. On ouvre des bureaux de solidarité dans les UA qui s’occupent de la sensibilisation et de la formation des professeurs sur les thèmes de la solidarité et des droits humains. On cherche à transformer, dans toutes les œuvres, la conception de la solidarité vers une action promotionnelle et tranformatrice et non seulement dans une aide ponctuelle. 509. On continue la recherche de l’identité des œuvres populaires à partir de la formation, de l’évaluation institutionnelle et des propositions de planification participative. 510. Dans les œuvres en contact avec les populations indigènes ou les communautés rurales, on inaugure du travail agro-écologique alternatif pour fortifier l’économie populaire. Graduellement, ceci va permettre d’élaborer des stratégies de récupération du mode de vie originel des indigènes comme alternative de vie devant l’échec du libéralisme économique qui nous dirige. 511. Pour comprendre les grands progrès et la dynamique de transformation de la solidarité au Brésil durant cette période, il faut mentionner les cadres légaux dans lesquels agissent directement la gestion et la définition des actions et de l’Actualisation Sociale Mariste. Entre autres, on souligne la promulgation de la Constitution Fédérale de 1988, le Statut de l’Enfance et de l’Adolescence, la Loi Organique d’Aide Sociale et la loi des Lignes Directrices et des Bases de l’Éducation. Ajouté à ces promulgations, il y a aussi l’élan des appels fondamentaux lancés par les Chapitres généraux et provinciaux et autres documents de l’Institut Mariste.
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512. Aujourd’hui, de nombreuses Unités Sociales, organisées grâce à des programmes, des services et des projets, comptent sur des équipes de gestion et d’éducateurs sociaux rémunérés et non plus seulement volontaires. Le service prend une forme directe, planifiée et continue. De cette façon, le Brésil compte sur des réseaux, des gérances ou des commissions organisées, tous dotés d’un personnel, au niveau provincial, responsable d’organiser, de dynamiser et de coordonner tout le travail de solidarité développé dans l’UA. 513. Ainsi, les processus de transformation dans le Brésil Mariste passe par le professionnalisme du travail développé dans les Unités Sociales avec un meilleur investissement, une planification, un suivi et une évaluation des travaux réalisés, avec, par la suite, un processus de systématisation des pratiques engagées. De cette façon, il y un changement dans la formtaion des frères, des administrateurs et des éducateurs qui agissent dans le domaine social. On vit des changements de modèles, passant de la perception et du concept de la charité et de l’assistance à l’affirmation des droits.
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4.
Voix et RĂŞves des Enfants et des Jeunes
Index du Chapitre 4 INTRODUCTION
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De qui sont les voix ?
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Comment reconnaissons-nous leurs voix ?
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Le fruit de l’écoute
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Les voix des enfants et des jeunes, garçons et filles
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Autour des droits de l’enfance et de la jeunesse
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Les appels à partir des voix entendues
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4. VOIX ET RÊVES DES ENFANTS ET DES JEUNES, GARÇONS ET FILLES « Nous croyons que Dieu nous appelle à être une voix forte, décidée et prophétique pour la défense des droits des enfants et des jeunes. »
INTRODUCTION 514. L’objectif du présent chapitre est de faire connaître les voix et les rêves des enfants et des jeunes des Unités Administratives Maristes qui vivent dans des contextes très différents et ce, dans les quatre coins des Amériques. L’enfance et la jeunesse du continent américain, à partir de réalités distinctes, crient leurs souffrances et présentent leurs espérances. Leurs voix se traduisent en clameurs pour des droits et pour une vie digne pour eux, leurs familles et leurs communautés. Nous entendons aussi comment leurs voix forment un cantique d’espérance dans des lendemains à venir, en recherche d’un futur meilleur pour tous, sans distinction. 515. Aussi, dans ce chapitre, seront présentées les perceptions qu’ont les enfants et les jeunes des Amériques de leur réalité, comment ils la définissent, mais surtout, quels aspects de leur réalités ils considèrent plus importants pour leur vie. En présentant leur vision du monde, exprimée à partir de différents moules sociaux, ils révèlent avec force les besoins et les rêves qui grandissent dans leur cœur et les nouvelles possibilités qu’ils entrevoient de leurs yeux. 516. Le processus d’écoute cherche à assurer une attitude de dialogue en relation avec les enfants et les jeunes comme un principe fondamental d’entrainement entre eux. Écouter leurs voix courageuses et provocatrices face à nos œuvres, nos programmes, nos projets et nos services engagés dans des pratiques éducatives diverses, constitue une stratégie vitale. Le chemin méthodologique entrepris nous a permis d’établir une synthèse des attitudes, des sentiments, des langages, des rappels, des symboles qui son fondamentaux dans la construction de l’identité collective des enfants et des jeunes, de même que dans la définition de leurs relations avec leur famille, leur communauté et à un niveau plus large.
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517. Il est important de mentionner que les témoignages présentés dans le document ont été respectés dans leur forme littérale. 518. Pour cette raison, on notera le manque d’uniformité dans l’identification des auteurs, en références à la méthodologie de la collecte de l’information, que l’on s’adresse à un groupe d’âge ou à une seule personne. Un autre aspect à souligner est la décision du groupe de rédaction de présenter les considérations de cette écoute uniquement à la fin du chapitre, étant donné que les voix doivent parler d’elles-mêmes. 519. À partir de ces aspects, nous avons une vision proche de ce que ces enfants et ces jeunes pensent du monde dans lequel ils vivent, de la place qu’ils occupent et des projections qu’ils font pour leur présent proche, leur futur, leurs rêves et leurs espérances. 520. La richesse des éléments qui surgissent de ce processus d’écoute nous amène à penser et à repenser notre pratique de solidarité en harmonie avec l’appel du 21e Chapitre général d’être « une présence fortement significative parmi les enfants, les adolescents et les jeunes pauvres et de trouver des formes nouvelles et créatrices pour éduquer, évangéliser et défendre leurs droits, en nous montrant solidaires avec eux ».
De qui sont ces voix? 521. Des enfants et des jeunes appartenant aux différents milieux d’éducation formelle et communautaire qu’animent et accompagnent des frères, des laïques et des laïcs maristes des 13 Unités Administratives des Amériques. Parmi les milieux interrogés, nous pouvons rencontrer : écoles d’éducation de base, primaires, secondaires et supérieures; des écoles de secrétariat; des centres éducatifs communautaires pour des enfants et des jeunes en situation de risque et en conflit avec la loi; des écoles-internats; des communautés d’insertion; des centres sociaux; des maisons d’accueil; des centres de jeunesse, entre autres. 522. Ils appartiennent à des secteurs très divers, tous marqués par la réalité socio-économique et culturelle de leurs pays, du nord de l’Amérique jusqu’au sud, de zones urbaines, rurales et indigènes, de classes sociales hautes, moyennes et basses. 523. Ils ont entre 5 et 26 ans et représentent les voix des enfants et des jeunes (filles et garçons) des Unités Administratives Maristes des Amériques.
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Comment reconnaissons-nous ces voix ? 524. En janvier 2009, la ville de Belem, au Brésil, fut le lieu de la 3e Rencontre Interaméricaine Cœur Solidaire Mariste. Les participants ont décidé d’organiser une enquête pour écouter les voix des enfants et des jeunes de différentes œuvres maristes dans les Amériques. 525. On se donna un outil pour organiser l’écoute et la systématisation des voix pour les rassembler dans un document d’orientation de la Solidarité Mariste dans les Amériques. 526. Dans les différentes Unités Administratives, on a adapté et recréé les outils didactiques selon le temps et les réalités. Parmi celles-ci, on a utilisé : • L’expression graphique (dessins, créations manuelles artistiques); • Des débats en petits groupes et en plénières; • Dramatisations (sketchs); • Questionnaires (fiches) et enquêtes; • Tables rondes et forums; • Musique et poèmes; • Vidéos et photographies.
Le fruit de l’écoute 527. Grâce à la créativité et la disponibilité des éducateurs, des parents et des animateurs juvéniles dans les Unités Administratives, on a pu compter avec les témoignages d’environ 6.500 enfants et jeunes. Nous soulignons que les témoignages que l’on présente à la suite sont autant le mot à mot des enfants et des jeunes eux-mêmes comme les commentaires des éducateurs qui ont fait la lecture du texte des jeunes.
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528. Parmi les thèmes abordés, nous pouvons apprécier : • Quant à la réalité qui les touche : ce qu’ils aiment ou n’aiment pas, ce qu’ils pensent de leur vie personnelle, de leur famille, de leur école, de la société communautaire du quartier, de l’Église. Leurs rêves et leurs espoirs. • Quant au thème des droits des enfants et des jeunes : les droits qu’ils connaissent, ceux qu’ils considèrent comme respectés, ceux qu’ils considèrent comme violés, les personnes qui ne respectent pas leurs droits, les responsabilités des enfants et des jeunes et un message à partager. 529. On tient à signaler que les voix que l’on présente ci-après ne veulent être qu’un échantillon représentatif de la richesse fournie par les Unités Administratives Maristes en lien avec les thèmes abordés par tous. 530. Il convient, dans chacun de nos milieux maristes, de les écouter tous. C’est comme un défi qui doit être élargi, approfondi, expliqué et provoquer des réponses audacieuses dans la ligne des droits et de la solidarité mariste.
Groupe de rédaction du chapitre des Voix
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LES VOIX DES ENFANTS ET DES JEUNES, GARÇONS ET FILLES Ce que je veux et ce que j’aime au niveau personnel 531. Je veux grandir comme une personne et non comme un animal. Je veux un monde meilleur, que les enfants ne manquent pas de pain à chaque jour, que ma famille s’améliore, que les voleurs ne volent plus, que les trafiquants ne trafiquent plus, que l’on s’unisse en équipe pour faire un travail en groupe, que l’on ne s’insulte pas (9 et 11 ans, Quevedo, Équateur)172. 532. Je veux que les enfants pauvres aient à manger, qu’il y ait de la solidarité, du respect, de l’amour, de la collaboration, que tous aient une maison (9 et 11 ans, Quevedo, Équateur). 533. Être une professionnelle et prendre soin de mes parents quand ils seront âgés (Edimar, 12 ans, Quevedo, Équateur). 534. Je veux avoir une famille, des enfants et travailler à ce que j’aime (Rosario, Argentine). 535. Mon rêve, lorsque je serai grand, je veux travailler avec la nature. Parce que l’homme fait le trafic des animaux, maltraite son propre milieu, coupe les arbres. C’est mon rêve que l’on ne fasse pas souffrir les animaux (Tiago, 7 ans, São Luis/MA, Brésil). 536. Mon rêve est de devenir acteur, d’avoir un ordinateur et avoir un bon travail pour aider mes parents. Je veux être applaudi et respecté par les personnes et aussi aider les plus nécessiteux (Daniel, 12 ans, São Luis/MA, Brésil). 537. Le plus grand rêve de ma vie est d’être écrivaine et de publier mes poèmes. Je veux pour ma maman une maison et ne plus vivre à loyer (Alana, 12 ans, Vila Velha/ES, Brésil). 538. Qu’on ne me compare pas aux autres personnes (6 et 9 ans, Chili). 539. Que chaque enfant ait une conscience; si ensuite elle se salit il sera nécessaire une aide psychologique pour recommencer (10 et 13 ans, Chili). 172 Tous les témoignages qui apparaissent sont textuels. Pour des besoins d’éthique, on a décidé de ne pas employer les guillemets qui devraient indiquer ce qui est une citation textuelle du témoignage d’un garçon, d’une fille ou d’un jeune. On a respecté les expressions utilisées, sans les corriger, même quand les témoignages ont été traduits. 148
540. Intimité, amour de ma famille, liberté, amitié, indépendance (17 ans, Puerto Rico, Amérique Centrale). 541. Vivre dans une autre maison et avoir plus d’argent pour pouvoir acheter le nécessaire (Enfant d’Amérique Centrale). 542. Que le gouvernement nous appuie avec ses initiatives (Adolescent, Amérique Centrale). 543. La confiance à notre âge (16 ans, Québec, Canada). 544. J’aimerais voir les hommes se préoccuper des plus nécessiteux et non seulement de leur économie et de leurs bénéfices (Cecilia de la Barra, 17 ans, Bolivie). 545. S’accepter comme chacun est (13 et 16 ans, Québec, Canada). 546. Avoir plus de liberté (Jeune d’école primaire, Québec, Canada). 547. Nous voulons des livres et des revues (Garçons, filles et jeunes de l’ethnie Wichi, Argentine). 548. Que nous apprenions à travailler la terre et nourrir les animaux (Garçons, filles et jeunes de l’ethnie Wichi, Argentine). 549. Je veux voir les personnes plus âgées partager leurs expériences de vie avec les enfants et enseigner combien Jésus Christ nous aime et qu’il est notre plus grand ami et frère (Miguel, 13 ans, Bolivie). 550. Que la police ne nous frappe pas (Jeunes de l’ethnie Wichi, Argentine). 551. Que mes parents m’aiment et me respectent (7 ans, DF, Mexique). 552. Avoir le courage de continuer à lutter (16 ans, Guerrero, Mexique). 553. Avoir une vie réussie (18 ans, Guanajuato, Mexique). 554. Être heureux et que tout soit facile (Adolescent, Ciudad Juárez, Mexique). 555. Cette année, nous aidons avec de la nourriture pour la cantine d’un quartier. Les enfants déjeunent là. C’est une nouvelle chapelle qui sert de salle à manger. On leur apporte aussi du matériel scolaire. Les gens nous ont reçus avec beaucoup de joie. Comme c’est bon de pouvoir aider les autres, nous sommes très heureux avec nos compagnes (Lucia, 15 ans, Bolivie).
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Ce que je veux et ce que j’aime de ma famille 556. J’aimerais vivre avec ma famille. L’internat est bon et nous avons tout, mais j’aimerais être avec mes parents et mes frères. Mais ce n’est pas possible, notre communauté est très loin (Victor, 13 ans, Bolivie). 557. Ce que j’aime de ma famille, c’est l’amour qui existe entre tous et l’appui des uns avec les autres. Il existe aussi le respect de la vie et de tout ce qui est créé par Dieu (Fátima, 15 ans, Bolivie). 558. Samedi prochain, c’est mon anniversaire, oui, déjà 17 ans, imagine ! Ce que j’espère, c’est que cela ne se passe pas comme il y a un an. Personne ne s’en est rappelé (Katerin, 17 ans, Bogotá, Colombie). 559. Je veux continuer d’être heureux comme je le suis actuellement. Je veux la santé pour toute ma famille et mes amis. Et qu’il n’y ait pas tant de problèmes (Andrea, Zulia, Venezuela). 560. J’aime que ma famille soit missionnaire et que, comme famille, nous réalisions des actions au profit des nécessiteux. Nous portons la Parole de Dieu à ceux qui ne l’on pas entendue ou qui ne la connaisse pas. J’aime aussi que nous ayons des rêves et des buts que nous voulons réaliser et cela nous stimule à suivre et à continuer (María Auxiliadora, 12 ans, Bolivie). 561. Ce que j’aime de ma famille est que nous avons des moments de prière et parce que mes parents, depuis que nous sommes toute petites, nous ont inculqué la communication avec Dieu. Et ils nous ont enseigné à remercier pour une nouvelle journée de vie et prier pour les personnes qui ont besoin de lumière pour éclairer leur chemin et leur vie (Libertat, 16 ans, Bolivie). 562. Ce qui me plaît c’est l’amour et je veux que ma famille reste unie (Adolescent, 12 ans, Rio Grande do Sul, Brésil). 563. Dans la majorité des cas, la famille t’oriente et te procure le meilleur pour toi. La famille est aussi une base pour que tu t’intègres aux autres personnes (Leonardo, 10 ans, Rio de Janeiro, Brésil). 564. Que la famille ne se sépare pas. Parents et enfants unis comme une véritable famille. Avoir une famille, mais unie, où on y montre de l’amour et de l’attention (10 et 13 ans, Chili).
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565. Que les parents aiment leurs enfants et le leur montrent. Qu’ils s’aiment tous également (6 et 9 ans, Chili). 566. Un bon esprit de famille, la gentillesse des parents, les bons conseils et le respect mutuel. Une attitude constante et une ferme position contre les erreurs de leurs enfants (Élèves de 7e et 8e années de l’Enseignement Fondamental, Rio Grande do Sul, Brésil). 567. Tous les enfants doivent avoir une famille qui les accueille et qui les désire, indépendamment que ce soit biologique ou légal (10 et 13 ans, Chili). 568. Parfois, il manque de communication et cela provoque des problèmes familiaux (Adolescent, Amérique Centrale). 569. C’est quelque chose d’essentiel dans le développement intégral des jeunes : ils inspirent la sécurité et la confiance (Adolescent, Amérique Centrale). 570. Que l’on ne se batte pas, que l’on se conduise bien (11 et 13 ans, Cuba, Amérique Centrale). 571. Que tombent certains stéréotypes sexistes (16 ans, Québec, Canada). 572. Avoir une bonne famille de la DPJ (Département de Protection de la Jeunesse) (13 et 16 ans, Québec, Canada). 573. Il serait mieux que nous puissions faire des choix et non qu’on te dise : tu dois aller à cette école ou tu dois aller à ce endroit. Et c’est tout. Qu’on nous laisse parler ! (Jeune d’une École Secondaire, Québec, Canada). 574. Qu’il y ait un moment où nous serons unis (8 ans, D.F. Mexique). 575. Qu’il n’existe pas de mauvais traitements dans les familles (16 ans, Guanajuato, Mexique). 576. Que mon père se repose et qu’il ait du temps pour moi (7 ans, Querétaro, Mexique). 577. Je changerais la manière d’être de mes parents pour éviter le divorce (18 ans, Michoacán, Mexique). 578. Je veux qu’il n’y ait pas de luttes dans la famille, que tous se conduisent bien avec tous, que disparaissent les ambitieux, parce s’ils disparaissent, disparaîtront les assassins, les escrocs, les terroristes et les voleurs (Enfant, Ciudad Juárez, Mexique). 579. J’aime me promener et jouer avec mes parents (Fillette du Pérou).
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Ce que je veux et ce que j’aime dans mon école 580. Je veux être libre de venir à l’école, de me laver et de manger seule (5 et 7 ans, Medellín, Colombie). 581. L’école que nous voulons n’a pas besoin d’être la meilleure du monde, elle n’a pas besoin d’avoir des corridors de marbre, ou encore des murs de diamant, encore moins des cadres d’or. Ce que nous voulons, c’est seulement une école avec toutes les ressources auxquelles un élève a droit (Karina, 15 ans, Paraná, Brésil). 582. Je veux une école où il y a du respect en premier lieu, où les professeurs peuvent enseigner et les élèves aient la volonté d’apprendre (Thaïs Cristina, Paraná, Brésil). 583. Mon école est grande et son unique défaut est sa couleur. Il semble que l’école n’a pas de couleur. J’aimerais une école colorée, avec beaucoup de couleurs et de joie. Je parie que tous les élèves de l’École Violeta aussi désirent cela (Karen, 9 ans, São Paulo, Brésil). 584. Ce que j’aime de mon école, c’est le moment où l’on joue, la récréation, et ce que j’aime est qu’elle m’aide à dépasser plus rapidement la difficulté d’apprendre (Enfant, 9 ans, Brésil). 585. Il est nécessaire de créer un climat confortable parmi les élèves et le corps enseignant du Collège (Sergio, 13 ans, Belém/PA, Brésil). 586. L’école, actuellement plus que dans le passé, a un rôle extrêmement important dans l’éducation, puisqu’aujourd’hui, les jeunes doivent passer la plus grande partie de leur temps dans l’école (Priscila, 14 ans, Belém/PA, Brésil). 587. Étudier, faire mes devoirs et être une bonne personne (Mariliz, jeune du Venezuela). 588. Ne pas avoir à travailler et laisser les études (10 et 13 ans, Chili). 589. Une bonne communication entre les élèves et les professeurs (10 et 13 ans, Chili). 590. Que l’on se préoccupe des enfants qui ne vont pas en classe (16 et 17 ans, Chili). 591. Une façon différente d’éducation, qu’elle soit alternative (17 ans, Puerto Rico, Amérique Centrale). 592. Un lieu où on apprend les valeurs (Jeune, Amérique Centrale). 593. Répartir les classes selon les besoins et les attentes (16 ans, Québec, Canada). 594. Que les professeurs soient davantage enthousiastes avec leurs élèves (13 et 16 ans, Québec, Canada).
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595. Que les professeurs cessent de donner des devoirs (Jeune d’une École Secondaire, Québec, Canada). 596. Que nous ayons plus de professeurs wichis aborigènes parce que l’espagnol est difficile (Enfants et jeunes de l’ethnie Wichi, Argentine). 597. Réaliser à l’école des activités récréatives et de connaissance de notre entourage en plus d’avoir des classes plus dynamiques (Commentaire d’un éducateur sur le témoignage d’un adolescent, Amérique Centrale). 598. Que les compagnons plus grands ne nous fassent pas mal (8 ans, Querétaro, Mexique). 599. Que ne se forment pas des groupes en dehors des heures de classe, mais que durant les temps de récréation ou de déplacement puisqu’il y a beaucoup de personnes que nous n’avons pas la chance de rencontrer pour « socialiser » et les groupes font beaucoup de discrimination. Traiter tout le monde également (17 ans, Michoacán, Mexique). 600. Que les idées émises par les jeunes soient respectées et qu’on en tienne compte (17 ans, Oaxaca, Mexique). 601. Qu’on ne mette pas des règlements à l’école (Adolescent, Ciudad Juárez, Mexique). 602. J’aime jouer avec mes amis, ils me conduisent dans ma chaise roulante (Fillette, Pérou).
Ce que je veux et ce que j’aime dans la société, dans la communauté ou le quartier (traditions, coutumes) 603. Je veux faire un métro de vérité (transport), pour que les gens y montent et y soient peints de rouge, de jaune, de bleu, d’orange et de blanc (5 et 6 ans, Medellín, Colombie). 604. Société : que ceux qui m’entourent ne m’humilient pas et ne me manquent pas de respect (13 et 14 ans, Medellín, Colombie). 605. Un monde sans violence est un monde de familles et d’amis réunis, c’est un monde plein de solidarité, sans inégalité. Un monde dans lequel toutes les familles s’aiment, ensemble dans les moments joyeux et aussi dans les moments tristes (Patrick, 7 ans, Belém/PA, Brésil).
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606. Je n’aime pas mon quartier, à cause d’un commerce de drogues très près de chez moi. J’aimerais que, dans mon quartier, nous ayons un terrain de football (Rogério, 9 ans, Vila Velha/ES, Brésil). 607. Mon rêve est que ma communauté change, parce qu’il y a des déchets dans la rue, les enfants ont des parasites, de la grippe avec des maux de tête. Tout ceci parce qu’il y a des gens qui ne s’intéressement pas aux pauvres. Donc, mon rêve est ceci : changer ma communauté pour mieux (Thayla, 12 ans, São Luis/MA, Brésil). 608. Avoir de bons gouvernants (16 et 17 ans, Chili). 609. Que la société maintienne une ambiance de respect et de tolérance envers les autres, que ce soient des enfants ou des adultes (10 et 13 ans, Chili). 610. Une société égalitaire où l’on juge les personnes sur leur intelligence et non sur ce qu’ils ont ou ce qu’ils sont (10 et 13 ans, Chili). 611. Que nous luttions tous pour résoudre les problèmes et non les ignorer (17 ans, Puerto Rico, Amérique Centrale). 612. Que les personnes soient davantage responsables, qu’ils ne parlent pas mal, qu’ils ne cachent pas les problèmes (11 et 13 ans, Cuba, Amérique Centrale). 613. Que tous soient davantage considérés, la coopération pour arriver au bien commun (17 ans, Puerto Rico, Amérique Centrale). 614. Il faudrait appliquer les lois du Québec indépendamment de la race, de la religion (16 ans, Canada). 615. Que l’on nous donne la vérité. Que nous apprenions à nous connaître sans nous juger (13 et 16 ans, Québec, Canada). 616. Présenter moins de scène de sexualité à la télévision ou que l’on coupe les scènes (Jeune d’École Secondaire, Québec, Canada). 617. Je veux terminer l’école et travailler à un bon endroit (Adolescent, Rosario, Argentine). 618. Mon école est dans mon quartier, près de chez moi, et les frères maristes sont très bons (Fillette, Rosario, Argentine).
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619. Nous voulons plus de sécurité dans notre quartier, plus d’activités de loisirs en groupe, plus de santé. Que nous, les jeunes, nous étudiions, que nous n’entrions pas dans le monde de la drogue, du crime et de la prostitution (Élèves de 7e et 8e niveaux de l’Enseignement Fondamental, Rio Grande do Sul, Brésil). 620. Que nous respections les personnes âgées (Enfants et jeunes de l’ethnie Wichi, Argentine). 621. Une vie plus digne pour tous (18 ans, Oaxaca, Mexique). 622. Qu’il existe davantage de sources de travail (18 ans, Guanajuato, Mexique). 623. Que nous prenions soin de la nature (11 ans, Querétaro, Mexique). 624. Je veux aider l’entourage, apprendre sur les animaux. Je veux éviter l’extinction des animaux, pour que la planète ne soit pas détruite (Rodrigo, 7 ans, Belém/PA, Brésil). 625. Les traditions sont bonnes parce qu’elles nous donnent de connaître notre passé, nos ancêtres, nos aïeuls, nos bisaïeuls et plus et qui ont fait de bonnes choses. Et si je fais, dans ma vie, quelque chose d’important, je vais marquer l’histoire de mon pays et je me sentirais fier et on serait fier moi dans les autres générations (Enfant, Ciudad Juárez, Mexique).
Ce que je veux et ce que j’aime de l’Église 626. Le groupe juvénile m’aide à dépasser mes problèmes et mes peurs. Actuellement, je me sens meilleur et j’ai espoir d’avancer. J’ai appris à m’aimer et à aider les autres. Je suis très content de faire partie du groupe juvénile (Esteban, 18 ans, Bolivie). 627. Que l’on m’invite à me confier à la prière (10 et 13 ans, Chili). 628. Certains participent aussi à la communauté catholique; la foi que plusieurs ont; les prêtres sont dans la communauté (Élèves de 7e et de 8e années d’Enseignement Fondamental, Rio Grande do Sul, Brésil). 629. Une église plus joyeuse et plus rayonnante. Qu’il y ait plus d’images de Jésus et de Marie. Que les personnes soient joyeuses et heureuses parce qu’elles ont la foi (10 à 13 ans, Chili). 630. Accueillante, intéressante, plus participative (10 à 13 ans, Chili).
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631. Ce que j’aime, c’est que l’on fait beaucoup d’activités pour les autres, j’aime aussi que les célébrations soient animées par tous et que tous nous soyons importants au moment de faire la célébration (Terma Pérez, 13 ans, Bolivie). 632. Se moderniser. Exemple : l’Église est toujours opposée à l’avortement et au condom (16 ans, Québec, Canada). 633. Expliquer l’importance de Dieu (13 à 16 ans, Québec, Canada). 634. Que l’on accepte les images de Jésus (6 à 9 ans, Chili). 635. Rendre l’Église plus attrayante et plus croyante (13 à 16 ans, Québec, Canada). 636. Tâcher de récupérer la tradition que nous ont enseignée nos ancêtres dans la relation avec Dieu (17 ans, Guerrero, Mexique). 637. Que les explications soient plus simples pour les comprendre (9 ans, Querétaro, Mexique). 638. J’aide mon Église avec l’animation des chants et le groupe d’enfants plus petits. C’est bon de pouvoir aider les autres et se sentir responsable des enfants et avoir une mission dans la communauté. J’aime beaucoup cela et je vais continuer à toujours le faire (Alexi, 19 ans, Bolivie). 639. Avoir plus de foi en chacun des jeunes en écoutant la parole de Dieu (17 ans, Oaxaca, Mexique). 640. J’ai senti la présence de Dieu dans ma vie et dans la vie des autres (Alice, 17 ans, Vila Velha/ ES, Brésil).
Ce que je ne veux pas, ce que je n’aime pas et ce qui m’inquiète au niveau personnel 641. Ma meilleure amie est enceinte et j’ai peur de ce qu’elle peut faire. J’ai peur qu’elle se fâche avec moi si je raconte ce qui se passe. Je suis confuse. Comme puis-je l’aider ? (Joselin, 17 ans, Bolivie). 642. Je ne veux pas voir les personnes boire sur la rue et que chacun ait sa maison pour vivre (Emilley, 12 ans, São Luis/MA, Brésil) 643. Je ne veux pas tomber dans le monde de la criminalité et je ne veux pas rester sans étudier, sans vivre et les droits des adolescents (Jailson, 13 ans, São Luis/MA Brésil).
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644. Mes compagnons m’obligent à prendre de l’alcool et à fumer. Si je ne fais pas ce qu’ils disent, ils ne m’invitent pas aux fêtes. Je veux être comme eux, mais je ne veux pas faire tout ce qu’ils font. Parfois, ils se moquent de moi et je ne sais pas quoi faire (Beto, 15 ans, Bolivie). 645. Je ne veux pas me lancer dans les drogues, je ne veux pas fumer ni être violent (Leanderson, 13 ans, Recife/PE, Brésil). 646. Qu’on ne me donne pas de surnom (6 et 9 ans, Chili). 647. Je ne veux pas que, dans le monde, les gens continuent de mourir sans savoir combien Jésus les aime (Libertad, 16 ans, Bolivie). 648. Le manque de confiance dans notre âge (16 ans, Québec, Canada). 649. Je ne veux pas qu’existent toujours plus d’injustices dans le monde (Soledad Delfín, 13 ans). 650. Le monde qui nous juge très rapidement (13 et 16 ans, Québec, Canada). 651. Il y a parfois des agressions physiques… et aussi des agressions mentales. Il y a des gens qui dise : Ah! tu ne feras jamais rien dans la vie, tu n’es rien de plus qu’un bon à rien… Cela fait que je n’ai pas confiance en moi-même… et que peut-être je me suicide (Jeune d’une École Secondaire, Québec, Canada). 652. Quand on discrimine les gens (17 ans, Guanajuato, Mexique). 653. Quand on se moque des infirmes et des pauvres, quand on leur fait des mauvais coups (16 ans, Michoacán, Mexique). 654. Me battre avec mes frères (7 ans, District Fédéral, Mexique). 655. Je ne veux pas toujours me battre, les « bully » abusent de moi (Fillette, Ciudad Juárez, Mexique). 656. J’ai peur que l’on m’attaque, que l’on me tue. Ma grand-mère est morte parce qu’elle était infirme. J’ai peur que l’on renvoie ma mère parce que nous n’aurons rien à manger (Fillette, Ciudad Juárez, Mexique). 657. L’abus des handicapés qui marchent sur la rue demandant seulement des pièces de monnaie. J’ai peur de ne pas savoir ce qui se passera avec eux s’ils n’ont pas de parents (Jeune, Rosario, Argentine).
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Ce que je ne veux pas, ce que je n’aime pas et ce que je crains pour ma famille 658. Je ne veux pas que l’on me donne à manger, je veux manger seule (5 et 6 ans, Medellín, Colombie). 659. Je ne veux pas que mon papa arrive ivre à la maison et frappe ma maman (Carla, 12 ans). 660. J’aimerais que mon beau-père me donne plus d’attention, parce qu’il donne des choses seulement à sa fille (Vanessa, 13 ans, Ceilandia/DF, Brésil). 661. J’aimerais que ma maman cesse de tant s’endetter (Elen, 13 ans, Samambaia/DF, Brésil). 662. Je rêve que mon papa laisse les drogues (Marcos, 11 ans, Vila Velha/ES, Brésil). 663. Je ne veux pas que ma maman s’en aille et qu’elle me laisse seule avec mon oncle et qu’elle m’envoie seulement de l’argent (Mariana, 11 ans, Bolivie). 664. Personne n’a le droit d’exploiter un enfant, la responsabilité est celle des parents (16 et 17 ans, Chili). 665. On nous frappe, on nous maltraite, les discussions entre papas et mamans. Que ne se séparent pas nos parents et nous laissent seuls (11 et 13 ans, Cuba, Amérique Centrale). 666. Parfois, ils me menacent (13 et 16 ans, Québec, Canada). 667. Les parents décident tout sans demander mon opinion (Jeune du niveau Primaire, Québec, Canada). 668. Que mes parents ne se battent pas (15 ans, Guanajuato, Mexique). 669. Nous ne sommes pas ensemble comme une famille, mais chacun de son côté (16 ans, Oaxaca, Mexique). 670. Qu’ils ne me frappent pas (8 ans, DF, Mexique). 671. Je ne veux pas qu’ils renvoient ma mère, que mon père prenne encore de la bière. Je ne veux pas que ma nièce meure quand elle naîtra. Je ne veux pas avoir de difficultés pour terminer l’université (Jeune, Ciudad Juárez, Mexique). 672. Je ne veux pas qu’existent toujours plus d’injustices dans le monde (Soledad, 13 ans, Bolivie). 673. J’aimerais être plus écoutée par ma famille. Parfois, ils pensent que nous ne savons rien (Gessica, 16 ans, Paraná, Brésil).
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674. Je ne veux pas être beaucoup de temps à la maison parce que je m’ennuie (Fillette, Ciudad Juárez, Mexique). 675. Nos parents ne nous croient pas quand nous essayons de leur expliquer (Enfant, Rosario, Argentine). 676. Que mes parents ne crient pas, qu’ils ne crient pas après moi (Enfant, Pérou).
Ce que je ne veux pas, ce que je n’aime pas et ce qui me fait peur à l’école 677. Mon professeur me dit que je suis pauvre et que je ne dois pas aspirer aller à l’université; moi, j’aimerais être psychologue (Marcela, 17 ans, Bogotá, Colombie). 678. Que les enfants soient grossiers et qu’ils volent certains compagnons… (Johnny, 10 ans, Bogotá, Colombie). 679. Les terrains sont très petits et nous ne pouvons pas jouer (José Alberto, 14 ans, Bogotá, Colombie). 680. L’école n’est pas un lieu que je gagne à fréquenter à cause de ma difficulté de relation avec les autres élèves qui sont plus petits (Marcos Paulo, 12 ans, Vila Velh/ES, Brésil). 681. L’école est un lieu d’apprentissage et doit préparer l’avenir des élèves. Mais ils voient l’école très désorganisée et les professeurs ne sont pas intéressés à enseigner aux élèves (Carla, 12 ans, Sao Luis/MA, Brésil). 682. Certains professeurs maltraitent les enfants : ceci est grand manque de respect (Andressa, 12 ans, Brésil). 683. À l’école, nous n’avons pas une nourriture de qualité, l’aspect physique de l’école est très bon et les grèves des professeurs retardent notre apprentissage (Angelo, 12 ans, Brésil). 684. Qu’il n’y ait pas de disputes ni de batailles, et que personne n’aient le droit de faire mal à l’autre. Protection à tout moment (10 à 13 ans, Chili). 685. Quand quelqu’un veut poser une question, que le professeur ne t’ignore pas parce qu’il est seul à avoir le droit d’interroger (16 à 17 ans, Chili). 686. Liberté d’expression, les professeurs ne cessent pas de parler (6 à 9 ans, Chili). 687. Être une élite. Que tout le monde soit sérieux et soit là pour travailler (16 ans, Québec, Canada).
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688. Nous ne sommes pas motivés (13 à 16 ans, Québec, Canada). 689. Les devoirs (Jeune de niveau Primaire, Québec, Canada). 690. Une chose que je n’aime pas, c’est une école mariste et tous les professeurs ou titulaires n’ont pas cet esprit. Cette école doit être différente des autres, mais il y a encore des gens qui manquent énormément de pédagogie, d’esprit de service et d’amour de leur travail (17 ans, Toluca, Mexique). 691. Les professeurs se mettent en colère très rapidement (16 ans, Guerrero, Mexique). 692. L’institutrice me gronde (6 ans, Querétaro, Mexique). 693. Je n’aime pas quand les professeurs n’acceptent pas ce que nous disons (Garçons et filles de 14 et 15 ans, Pérou). 694. Nous n’aimons pas que l’on ne nous croie pas quand nous avons des problèmes et que l’on ne nous aide pas. Nous n’aimons pas quand les professeurs nous punissent (Adolescents de 14 et 15 ans, Pérou.) 695. Les batailles au football quand les équipes perdent (Adolescent de 15 ans, Pérou). 696. Les professeurs sont presque toujours fatigués, le manque de professionnels pour mieux aider l’école (Heloisa, 14 ans, Vila Velha/ES, Brésil).
Ce que je ne veux pas, ce que je n’aime pas et ce qui me fait peur dans la société, la communauté ou le quartier (traditions, coutumes) 697. Les gens ne veulent pas changer, ils veulent rester dans leur maison en espérant que quelqu’un va ouvrir un marché ou quelque autre aide. Vous n’avez pas vu tous ces gens qui ne font rien, même pour eux-mêmes, sinon attendre et attendre, et qui se contente de dormir et attendre de l’aide. À cause de cela, on ne réussit rien, on reste là pour que les autres les aident (Mateo, 15 ans, Bogotá, Colombie). 698. Je ne veux pas que les petites filles et les petits garçons travaillent pour aider la famille (Tiago, 8 ans, Recife/PE, Brésil).
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699. La société m’aide à être un jeune de bien, mais bien des fois on fait preuve de discrimination, principalement face aux pauvres; cela ne doit pas être puisque tout le monde est égal, peu importe la race ou la couleur (Caíque, 10 ans, São Luis/MA, Brésil). 700. Les gens sont désunis, ils ne se respectent pas et se battent pour n’importe quoi; ceci ne nous mène nulle part (Tarciana, 12 ans, Rio de Janeiro/RJ, Brésil). 701. Sur le travail des enfants, ici on donne des informations aux gens, il se fait des dénonciations, il y a des lois. Mais ce n’est pas suffisant (10 à 13 ans, Chili). 702. Les gens sont cancaniers et cherchent des problèmes (11 à 13 ans, Cuba, Amérique Centrale). 703. Commodités des arrangements (16 ans, Québec, Canada). 704. Le manque de ressources et les gens qui ont une mauvaise image de nous, les jeunes, et qui me jugent mal (13 à 16 ans, Québec, Canada). 705. Il y a trop de sexualité à la télévision (Jeune de niveau primaire, Québec, Canada). 706. Qu’on ne nous maltraite pas dans les bureaux publics, l’enregistrement civil, quand nous ne comprenons pas (Jeunes garçons et filles de l’ethnie Wichi, Argentine). 707. Que nous puissions désormais être en sécurité dans notre maison (17 ans, Guanajuato, Mexique). 708. Qu’on ne dévalorise pas les personnes d’une autre origine (17 ans, Guerrero, Mexique). 709. Je n’aime pas la corruption comme cela existe au gouvernement ni quand la société se laisse manipuler par crainte (15 ans, Toluca, Mexique). 710. Je ne veux pas qu’en 2011 il se passe ce qui s’est passé cette année, qu’il n’y ait plus de menace contre la république. Je ne veux pas qu’il y ait du chômage parce que les parents ne peuvent payer les études de leurs enfants (Fillette, Ciudad Juárez, Mexique). 711. Je ne veux pas qu’il y ait de la violence, des abus sexuels, des vols, des séquestrations et des extorsions (Jeune garçon, Ciudad Juárez, Mexique). 712. Que dans notre ville, nos enfants ne souffrent pas de la faim et de la violence (Adolescent de Ciudad Juárez, Mexique).
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Ce que je ne veux pas, ce que je n’aime pas, ce qui me fait peur dans l’Église 713. Il y a la religion qui souffre de préjugés, de persécution (Diego, 12 ans, Rio de Janeiro/RJ, Brésil). 714. Les cultures ne sont pas prises au sérieux, encore moins les traditions. Et les religions ont beaucoup changé de nos jours (Luana, 13 ans, Belém/PA, Brésil). 715. La messe est parfois très ennuyante et ça ne me donne rien d’y aller. J’aime quand on chante et que le prêtre ne parle pas trop longtemps (Fernando, 17 ans, Bolivie). 716. Presque personne n’aime la culture; les traditions et les religions ne sont pas prise au sérieux (Alana, 12 ans, Belém/PA, Brésil). 717. Que les célébrations ne soient pas si tôt (6 à 9 ans, Chili). 718. Qu’aller à l’église ne soit pas une obligation, mais qu’il y ait un désir naturel de participer et d’écouter la parole de Dieu (10 à 13 ans, Chili). 719. Il n’est pas bon que les parents obligent les enfants au sujet de la religion, surtout s’ils sont adolescents ou jeunes (Commentaire d’un éducateur au dire d’un jeune, Amérique Centrale). 720. Certaines religions ne respectent pas les autres, elles sont intolérantes (Commentaire d’un éducateur au dire d’un jeune, Amérique Centrale). 721. Parfois, on provoque des divisions à l’intérieur des communautés (Jeune, Amérique Centrale). 722. C’est un côté dépassé (16 ans, Québec, Canada). 723. Ça ne m’intéresse pas (13 à 16 ans, Québec, Canada). 724. L’image de l’Église et les fidèles (13 à 16 ans, Québec, Canada). 725. Beaucoup de jeunes ne connaissent pas Dieu (15 ans, Michoacán, Mexique). 726. Je crois que l’Église a de l’idéal pour un monde meilleur, mais qu’elle n’a pas la volonté de le changer (18 ans, Guerrero, Mexique). 727. Qu’il y ait un chœur, que ce soit plus divertissant, que l’on chante, que l’on danse (12 ans, Querétaro, Mexique).
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Mes rêves au niveau personnel 728. Je veux être un professionnel tant dans les études que dans le baseball (Victor, Zulia, Venezuela). 729. Je rêve qu’il n’y ait pas d’enfants dans les rues. Tous les enfants ont droit d’être heureux, à ce qu’on nous aime, à avoir une maison, à étudier et à manger tous les jours. Je veux qu’il n’y ait pas d’enfants dans la rue, cela me donne beaucoup de peine (Patricia, 10 ans Bolivie). 730. Être solidaires pour être loin des problèmes (8 et 10 ans, Medellín, Colombie). 731. Avoir un foyer et devenir un professionnel, bien vivre dans une famille et réaliser un futur. Qu’il y ait une meilleure communication dans ma famille, parce que cela n’existe pas. Que notre seconde demeure qui est l’école s’améliore de jour en jour. Que les gens aient plus d’amour et de respect, je veux un pays où il y a sécurité et liberté (Andrés Pertuz, 15 ans, Venezuela). 732. Être une meilleure personne et avoir en main le nécessaire pour aider ceux qui me demandent. Grâce à Dieu, je vis confortablement, non avec tout ce que je désire, mais avec le nécessaire. Je veux une stabilité émotionnelle et économique pour donner à mes enfants un futur meilleur. Nous devons redonner au pays les traditions et la foi chrétienne qui ont tant aidé dans les moments difficile de nos vies (Mileidys Cabrera, 19 ans, Venezuela). 733. Être une personne équilibrée dans ma vie sociale, personnelle et spirituelle (17 ans, Puerto Rico, Amérique Centrale. 734. Être heureux, être ingénieur, être chanteur, être chrétien, voyager, être un bon étudiant, être quelqu’un dans la vie, être intelligent, être un bon sportif (Enfant, 11 à 13 ans, Cuba, Amérique Centrale). 735. Vivre dans une ambiance agréable (Un adolescent, Amérique Centrale). 736. Je rêve de terminer le collège, d’étudier en travail social et ensuite avoir un centre pour enfants pauvres. Je veux aider les enfants qui souffrent (Angela, 17 ans, Bolivie). 737. Être toujours une meilleure personne, être une grande professionnelle, être très heureuse avec ma famille, avoir une bonne santé, conserver les grandes amitiés que j’ai depuis le primaire. Avoir un époux qui soit beau (Adolescente, 13 ans, Toluca, Mexique). 738. Je rêve d’être un avocat des droits humains (Adolescent, 17 ans, Veracruz, Mexique).
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739. Être footballeur professionnel (Enfant, 10 ans, District Fédéral, Mexique). 740. Je rêve d’un monde tranquille, où il y a la paix, sans violence. Je rêve de pouvoir avoir une vie tranquille, une famille de deux filles et deux garçons. Je veux être scientifique ou médecin, mais je rêve aussi d’avoir des « super pouvoirs » pour me défendre et défendre les gens que j’aime (Josué, 9 ans, Ciudad Juárez, Mexique). 741. Je rêve d’être architecte et aider les gens à avoir une bonne maison (Jeune, Rosario, Argentine).
Mes rêves en relation avec la société, la communauté ou le quartier (traditions, coutumes) 742. Il faut que les jeunes soient entendus, qu’on en tienne compte et qu’il y ait une vraie réconciliation dans le pays (Katiz Arrieta, 21 ans, Venezuela). 743. Nous devons tous prendre soin de la planète et ne pas jeter autant de déchets dans la rue. La ville est laide avec les déchets (Kareli, 11 ans, Bolivie). 744. Actuellement, il y a, dans le quartier, des terrains pour jouer avec de l’éclairage la nuit. Nous pouvons y aller sans danger et jouer durant la semaine. C’est bon (Luis, 13 ans, Bolivie). 745. Dans le groupe de danse du quartier, nous apprenons beaucoup de danses et nous nous préparons à nous produire dans d’autres lieux. Cela me plaît parce que on nous prend en photos et on nous invite à des goûters (Lorena, 11 ans, Bolivie). 746. Un monde dans lequel nous soyons tous égaux devant les autres, où existe toujours la confiance et où nous nous sentions des personnes aimées (Juan, 18 ans, Oaxaca, Mexique). 747. Vivre dans une ville sûre, où personne n’aurait peur de répondre au téléphone, de sortir dans la rue la nuit, de pouvoir visiter quelqu’un quand tu veux (17 ans, Michoacán, Mexique). 748. Un monde où les gens se respectent pour ce qu’ils sont comme personnes, tant pour ellesmêmes que pour les autres. Où les gens peuvent s’exprimer librement, sans crainte de ce que l’on dit. Un monde sans hypocrisie et matérialisme. Un monde basé sur l’amour et la paix (Luz Adriana, 18 ans, Orizaba, Mexique).
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749. Qu’il n’y ait pas de violence dans mon quartier, que les voisins ne nous volent pas, que nous nous respections tous (Enfant, Rosario, Argentine). 750. Je veux une ville très belle, pleine d’arbres et de jeux pour jouer (Collège San José, Pérou). 751. Un monde de respect et d’amour mutuel entre les personnes (10 et 13 ans, Chili). 752. Je fus volontaire à la fin du collège, maintenant, je veux terminer l’université et pouvoir vivre un long temps de volontariat. Nous, les jeunes, nous pouvons faire beaucoup au profit des autres. Nous avons les problèmes que nous résolvons nous-mêmes. Les enfants de la rue me préoccupent beaucoup et cela me peine quand je les vois tristes et seuls (Laura, 20 ans, Bolivie). 753. J’aime que mon quartier soit organisé et soit disposé à réaliser de grandes chose au profit des gens qui y vivent (Alba, 15 ans, Bolivie). 754. Une société égalitaire dans laquelle on juge les gens pour leur intelligence et non pour ce qu’ils ont ou comme ils sont. Une société engagée avec les autres, solidaire, où existent l’appui mutuel et la confiance entre voisin, dans laquelle tous sont comme une grande famille (14 et 17 ans, Chili). 755. Pour l’avenir, j’ai espoir de vivre un mode de vie heureux et riche spirituellement. J’espère vivre une vie avec les valeurs maristes et les valeurs inculquées par mes parents. J’espère apporter la lumière à ceux qui en ont besoin (Adolescent, États-Unis). 756. Ce que j’aime de mon quartier, c’est que nous nous connaissons tous et que nous collaborons quand quelqu’un a un problème (Javier Eduardo, 13 ans, Bolivie).
Ce que je pense, mes suggestions et mes opinions au niveau personnel 757. J’ai senti la responsabilité quand j’ai pris l’engagement de représenter mon groupe, de l’avis qu’il fallait prendre à un moment précis, la place que j’ai dans le rôle quand j’ai été élu lors de la cérémonie publique devant les électeurs. Mon rôle comme représentant est très important pou moi, tant au niveau personnel que professionnel. Représenter 30 élèves peut paraître facile, mais au moment où il faut indiquer les mesures qui facilitent, qui aident et qui solutionnent les problèmes en même temps, vous verrez que c’est plus compliqué que vous
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ne le pensez, prendre des décisions devant des gens qui sont sous ta responsabilité. Pour moi, ce fut une excellente expérience pour savoir réagir devant toutes les situations, y compris celle de représentant (Wansley, 15 ans, Paraná, Brésil). 758. Nous sommes allés travailler dans le jardin d’une école. Ça donne de la joie d’aider les autres, ce fut une très bonne expérience, on nous a donné des outils et nous sommes allés désherber les parcelles. Le soleil nous a fait suer, mais comme c’est bon de pouvoir être utile aux autres (Kevin, 12 ans, Bolivie). 759. L’espace de la radio m’a aidé à comprendre que mon opinion est très importante pour le groupe (Talles Henrique, 12 ans, Paraná, Brésil). 760. J’ai entendu une musique et comme les paroles étaient belles ! J’ai senti que j’ai aussi le potentiel de développer une poésie en montrant ce que je sens d’une façon agréable et différente (Camila, 15 ans, Paraná, Brésil). 761. Ma participation au projet de la radio m’a aidé à exprimer mes opinions sur les sujets du monde et aussi sur la réalité des événements vécus par les personnes au jour le jour. J’ai aussi dépassé ma difficulté de parler en public (Jefferson, 12 ans, Paraná, Brésil). 762. Personne n’a le droit de voter pour moi, c’est quelque chose qui est tout-à-fait personnel (16 et 17 ans, Chili). 763. Il y a des lois qui aident. Elles ne sont pas toujours respectées. Il y a des gens qui les respectent (10 et 13 ans, Chili). 764. La mode est présente dans la vie d’un jeune, cela nous aide à nous différencier et à nous définir (Adolescent, Amérique Centrale). 765. Les jeunes n’ont pas d’amour pour leur propre milieu, ils se laissent mener par les modes de l’étranger (Commentaire d’un éducateur sur l’opinion d’un adolescent, Amérique Centrale).
Ce que je pense, mes suggestions et mes opinions sur ma famille 766. Mon grand-père m’enseigne à multiplier, à diviser, il me dit ce qui est bien, ce qui n’est pas mauvais, comme c’est seulement la seconde fois que je le fais… ce que les anciens savent
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déjà plus que un, les femmes savent plus que un parce j’ai vu dans les nouvelles qu’il y a des femmes qui sont astronautes (Brayan, 9 ans, Bogotá). 767. J’espère être capable d’aider ma famille et être un exemple pour eux. J’espère que mes frères et sœurs auront une solide formation morale et religieuse, et de pouvoir les encourager à être créatifs et innovateurs de façon remarquable. Je sais que la famille sera toujours la partie la plus importante de ma vie, peu importe si c’est ma propre famille ou les personnes avec lesquelles je choisirai d’être proche… (Jeune, États-Unis d’Amérique). 768. Il faut aider les mamans quant elles sont enceintes (6 et 9 ans, Chili). 769. Les enfants pensent qu’ils doivent aider dans les tâches ménagères (Enfant, 10 et 13 ans, Chili). 770. Elle est très surprotectrice. On ne nous laisse pas libre (Adolescent, Amérique Centrale). 771. Ils se préoccupent de ce que ne se perdent pas les coutumes (Commentaire d’un éducateur sur le témoignage d’un adolescent, Amérique Centrale). 772. (Sur la pertinence des conseils des parents). S’ils ne les donnaient pas, nous prendrions de mauvais chemins (Jeunes de 13 et 16 ans, Québec, Canada). 773. C’est bien, mais qu’on nous laisse au moins le temps de décider (13 et 16 ans, Québec, Canada). 774. Je pourrais faire beaucoup de choses pour ma famille, je ferais que ma mère arrête de travailler (15 ans, Veracruz, Mexique). 775. Produire nos propres aliments, ce qui est nécessaire pour nos familles (18 ans, Ciapas, Mexique). 776. C’est la seule chose où nous pouvons être en tranquillité, je me sens en sécurité avec elle (ma famille) car c’est comme une bulle géante qui me protège et je peux vivre parce que je suis accroché à elle (Enfant, Ciudad Juárez, Mexique). 777. Pourquoi y a-t-il des conflits chez certaines personnes ? (Adolescent, Ciudad Juárez, Mexique). 778. C’est très bon quand nous célébrons nos fêtes en famille (Adolescents, 14 et 15 ans, Pérou). 779. Ma famille est très unie, mes parents travaillent beaucoup pour que nous étudiions et ayons un bon avenir. Cela me rend heureux (École Champagnat, Rosario, Argentine).
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Ce que je pense, mes suggestions et opinions sur mon école 780. L’école nous enseigne à être de bons chrétiens, l’école est un temple du savoir. Chaque famille a ses coutumes. La société est gâtée et contaminée par les gens. L’adulte est une personne qui nous enseigne et qui a eu ses déceptions et ses souffrances. Il y a différentes religions et il faut respecter les décisions, la religion parle de Dieu (15 et 16 ans, Quevedo, Équateur). 781. J’espère recevoir une éducation de qualité et employer le meilleur de mes capacités. J’espère non seulement recevoir une éducation académique mais aussi un sentiment plus profond de la spiritualité et de la connaissance des évangiles (Jeune, États-Unis d’Amérique). 782. Mon enseignante a dit en classe que l’avortement est une chose qui est bonne. Je ne suis pas d’accord. Je crois qu’avorter, c’est tuer une personne (Libertad, 16 ans, Bolivie). 783. On m’enseigne et on m’aide beaucoup. C’est magnifique et ça nous donne des chances. Il y a suffisamment d’espace pour cohabiter. Il y a une bonne éducation et on a un lieu pour jouer. On nous enseigne beaucoup. Il y a de bons professeurs qui m’enseignent. Je me sens meilleur en étant là, pour cela, j’aimerais passer là toute la journée (Commentaire d’un éducateur sur le témoignage d’un enfant, Amérique Centrale). 784. L’école est l’école ! Ça peut être amusant, mais c’est long et il faut se lever tôt le matin (Jeune de niveau primaire, Québec, Canada). 785. J’aime que les professeurs nous écoutent et soient avec nous comme des amis plus que comme des maîtres (Raúl, 15 ans, Bolivie). 786. L’école est comme une deuxième maison pour le temps que nous y passons et elle devrait être plus confortable, plus libre, moins commerciale et davantage un service pour nous, les jeunes (Ana, 17 ans, Michoacán, Mexique). 787. Que tout devienne juste et plein de vérité… tout serait pareil, le pays serait meilleur. Il y aurait plus de gens heureux et en santé… Nous serions pleins de culture (17 ans, Querétaro, Mexique). 788. Que les maîtres soient plus compréhensifs (11 ans, Querétaro, Mexique). 789. Notre institutrice actuelle nous aime beaucoup et se préoccupe de nous. L’an passé, l’institutrice était mauvaise. Elle nous disait d’ouvrir le livre et de lire, rien de plus (Juan, 16 ans, Bolivie).
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790. (Au sujet des examens à l’école) C’est juste que quelqu’un ne réussisse pas s’il n’a pas fait les examens, pire s’il les reprend, tu n’auras pas de travail plus tard, tu n’auras pas d’argent (Jeune de niveau primaire, Québec, Canada). 791. L’école est importante parce qu’elle t’éduque (Jeune du primaire, Québec, Canada). 792. Il y a beaucoup de situations que vivent les enfants et les jeunes et dont on ne parle pas à l’école ou dans les centres communautaires avec eux, sinon entre adultes; il faut commencer à parler de ces situations (Jeunes, Argentine). 793. L’école est très bonne parce que nous pouvons aller de l’avant dans le monde. Nous pouvons être tranquilles là, il ne s’y passe rien, quand je sors de l’école, je suis seul dans la maison (Enfant, Ciudad Juárez, Mexique).
Ce que je pense, mes suggestions et opinions de la société, de la communauté ou du quartier (traditions, coutumes) 794. Les traditions et les coutumes sont celles que j’ai, au moins à la maison on fête la neuvaine. La société est toute les personnes de Quevedo. Les adultes pensent qu’ils sont plus grands de cœur ou des personnes bonnes ou mauvaises. Je pense que les religieux sont des personnes qui se tiennent près de Dieu, qui prient, qui chantent, qui louent Dieu (15 et 16 ans, Quevedo, Équateur). 795. Que l’on fasse une campagne pur les adultes afin qu’ils soient conscients des droits des enfants (13 et 14 ans, Medellín, Colombie). 796. Ici, dans l’armée, c’est triste, tout ce que l’on enseigne, c’est de tuer les gens (Jeune de Colombie). 797. Ma communauté est tranquille, mais parfois, il y a des problèmes mais ils ne sont pas trop nuisibles à ma communauté. Je sais vivre avec eux (Jorjana, jeune, Venezuela). 798. Nous avons besoin d’être mieux écoutés à la maison, à l’école jusqu’ici, au centre social. Les éducateurs ici pourraient être élèves pour un jour afin de comprendre les gens (Alexsandro Conçalves Silva, 17 ans, Pananá, Brésil).
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799. Je pense que changer de place pour les éducateurs et les élèves serait très bon. Je crois que cela pourrait faire partie d’un processus de citoyenneté (Juliana Gomes Guerra, 15 ans, Paraná, Brésil). 800. Un monde sans argent, pour qu’il n’y ait pas de différences, de guerres ou de luttes (6 à 8 ans, Chili). 801. Comment j’aimerais que soit notre société ? Qu’il y ait moins de luttes, moins de violence, si tout le monde s’y met, nous pouvons changer, il y a une deuxième chance. Cela s’améliore chaque jour davantage, mais il y a encore beaucoup à améliorer. Les gens doivent s’aider eux-mêmes (Jeune, 16 ans, Rio Grande do Sul, Brésil). 802. Nous sommes un pays bloqué, il n’y a pas de liberté d’expression, il y a beaucoup de racontars, il n’y a pas de centre de récréation, l’Union des Jeunes Communistes ne fait rien, la Fédération des Étudiants d’Enseignement Moyen non plus (16 et 19 ans, Cuba, Amérique Centrale). 803. Le pays a souffert d’injustices, il est en crise et très mauvais (Adolescent, Amérique Centrale). 804. Il n’y a pas de sécurité, il y a beaucoup de violence. Il y a beaucoup de discrimination contre certaines personnes, de la violence et du danger. Nous sommes dans une société très malade. C’est un dépotoir, les gens sont méchants avec les autres. Nous devons être plus amicaux. C’est mal parce que les étudiants du baccalauréat se font assassiner. La société dans laquelle nous vivons est très corrompue et malade (Commentaire d’un éducateur sur le témoignage d’un adolescent, Amérique Centrale). 805. Sur la situation au Québec, il arrive qu’il y a des gens qui ont beaucoup d’argent et des gens qui n’ont presque rien. C’est de la discrimination. Je crois que tout le monde devrait avoir la même chose. Ainsi, personne ne montrerait qu’il a quelque chose et l’autre rien (Jeune de niveau primaire, Québec, Canada). 806. Je dis qu’il faudrait retourner au troc. Autrefois, c’était mieux. Ainsi tout le monde ferait des échanges (Jeune de niveau primaire, Québec, Canada). 807. Les pauvres ont plus de probabilités de mourir ou d’avoir des accidents, ou de se retrouver à la rue (Jeune du niveau primaire, Québec, Canada). 808. Il y a beaucoup de gens qui sont bons, quand on leur demande, on m’aide ainsi que ma famille, nous partageons, nous nous amusons. Les autres sont mauvais parce qu’ils volent et font de mauvaises choses. Je ne me rends pas compte de bien des choses parce que je ne regarde pas les nouvelles. On ne donne pas de bonnes nouvelles et je me sens triste pour ceux qui meurent et leurs familles qui pleurent beaucoup; même si ce sont des assassins, ce sont des êtres humains (Fillette, Ciudad Juárez, Mexique). 170
809. Je ne m’intéresse pas beaucoup à la politique, ils sont corrompus (Adolescent, Ciudad Juárez, Mexique). 810. Nous dépendons beaucoup de ce que nous offre le néolibéralisme, et ce que je veux, c’est que les enfants ne fassent pas cela, que les enfants récupèrent les coutumes de nos grands-parents (22 ans, Chiapas, Mexique). 811. Nous avons besoin d’un président qui aide le peuple, qui nous entende et qui nous écoute (17 ans, Vera Cruz, Mexique).
Ce que je pense, mes suggestions et mes opinions de l’Église 812. C’est ennuyeux et ne m’intéresse pas (13 et 14 ans, Medellín, Colombie). 813. La religion est le meilleur chemin pour parler à Dieu et aider son prochain (Thales, 13 ans, São Luis/MA, Brésil). 814. La religion est une manière de connaître, de créer, de sentir une espérance même si tout paraît perdu, de sentir un salut, même après la mort. C’est aussi une manière d’amener les gens à faire le bien (Maria Clara, 14 ans, Belém/PA, Brésil). 815. L’Église devrait être présente dans la société, appuyer fortement les activités sociales (16 à 17 ans, Chili). 816. Qu’elle soit ouverte à toutes sortes de personnes qui professent une religion, qu’elle soit compréhensive et solidaire (16 à 17 ans, Chili). 817. Qu’elle soit un guide et ne cherche pas à nous réprimander (16 à 17 ans, Chili). 818. Qu’elle nous laisse vivre, bien que nous soyons indisciplinés (16 à 19 ans, Cuba, Amérique Centrale). 819. Certains participent à une religion par intérêt : avoir des amis, de l’argent, de l’aide (Jeune, Amérique Centrale). 820. Qu’elle aide les jeunes à mieux vivre, à être en paix et en harmonie intérieure (Jeune, Amérique Centrale). 821. Il y a beaucoup de gens qui se battent. Ils doivent se respecter. Je ne les connais pas tous (Enfant, Amérique Centrale).
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822. J’appartiens à la religion catholique pas seulement parce que mes parents me l’on dit mais parce, en réalité, je crois et cela me plaît (15 ans, Toluca, Mexique). 823. Que l’on respecte les idées et les goûts des autres. Si nous sommes faits par Dieu, pourquoi faut-il changer ? (18 ans, Guerrero, Mexique). 824. Que les religieux ou catholiques soient cohérents avec la religion qu’ils disent suivre, si non, qu’ils ne disent pas qu’ils sont d’une religion (18 ans, Guanajuato, Mexique). 825. Il n’est pas important de croire en Dieu, à la Vierge, que l’on soit juif, ce qui importe, c’est que nous continuions à être des enfants de Dieu (Fillette, Ciudad Juárez, Mexique). 826. La foi est un sentiment intérieur qui donne sens à l’existence humaine. Sans elle, l’homme sent un vide intérieur (Rubens, 15 ans, Belém/PA, Brésil). 827. J’ai participé deux ans comme missionnaire durant les vacances du collège, dans les communautés Guarani. Je me suis senti utile, les gens nous ont traités avec beaucoup de gentillesse, les enfants nous embrassaient et certains ont pleuré quand s’est terminée la mission. Je crois que ma vie a un sens quand j’aide mes frères du camp, de façon spéciale quand je joue avec les enfants, garçons et filles, des communautés, que je leur enseigne. C’est ce qui m’arrive de mieux. Merci pour leur vie et parce qu’ils nous reçoivent chez eux. L’an prochain, j’y retournerai (Silvia, 17 ans, Bolivie). 828. Sans la foi, l’être humain ne retrouve pas et ne se connait pas dans sa totalité (Silvio, 16 ans, Rio de Janeiro, Brésil).
Autour des droits de l’enfance et de la jeunesse Les droits que je connais 829. Nous devons tous avoir droit à une bonne qualité de vie (16 et 17 ans, Chili). 830. Nous avons droit de manger et, à l’école, on nous donne à manger, et parfois, chez moi, il y a seulement du riz (5 à 6 ans, Medellín, Colombie). 831. J’ai droit à mon nom, n’est-ce pas, professeur ? Je ne suis pas seulement un numéro (5 et 6 ans, Medellín, Colombie).
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832. J’en ai entendu quelques-uns… droit d’étudier, droit à la vie, droit à l’amour. Mais les nouvelles que j’ai vue, on tue des enfants, on volent des enfants, on viole des enfants… (Sabastián, 9 ans, Bogotá, Colombie). 833. Le droit d’avoir un toit, une maison, d’avoir une éducation, un collège, et plus encore… parce qu’il y a des enfants par ici dans la rue, mal organisés et qui savent beaucoup de trucs (David Felipe, 11 ans, Bogotá, Colombie). 834. Indépendamment de la couleur ou de la race, les gens ont au même droit que les autres. Parfois, les gens pensent que les noirs sont nés pour être esclaves. Par exemple, si un noir cherche un emploi, il peut être rejeté à cause de sa couleur ou de sa race (Lillian, 14 ans; Jéssica, 14 ans; Pamela, 12 ans, Paraná, Brésil). 835. Tous les enfants, garçons et filles) ont besoin de jouer, mais tous ne jouent pas. Ceux qui n’obéissent pas ne peuvent pas jouer. Comment les enfants peuvent-ils jouer si les adultes « ennuyeux » ne les laissent pas jouer ? (Luis, 9 ans, Recife, Brésil). 836. Que s’appliquent les lois de passage (16 et 17 ans, Chili). 837. Parfois, ma mère n’a pas l’argent pour acheter les remèdes, il faut donc qu’elle reste avec sa douleur (6 et 9 ans, Chili). 838. Nos parents et grands-parents ne nous laissent pas aller à la plage, aux fêtes parce qu’ils disent que nous sommes des enfants. Il y a des discussions entre eux pour nous donner la permission, le papa dit va voir ta mère, la maman dit va voir ton père ou ta grand-mère (Enfant, 11 et 13 ans, Cuba, Amérique Centrale). 839. C’est un luxe de pouvoir étudier, la majorité des jeunes ne poursuivent pas leurs études à cause de la situation économique (Jeune, Amérique Centrale). 840. Le droit d’être aimé (13 et 16 ans, Québec, Canada). 841. Le droit de conduire à partir de 16 ans (13 à 16 ans, Québec, Canada). 842. Le droit à la sécurité. À l’école, à la maison, contre la violence, les armes à feu… Toutes les formes de violence physique contre les enfants, contre les substances illégales, contre l’alcool (13 ans, Québec, Canada).
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843. Des droits humains, je connais seulement la liberté et la justice (Fillette, Ciudad Juárez, Mexique). 844. Nous avons le droit d’être heureux et d’être bien traités. Le droit que les infirmières nous traitent bien et que les parents n’abusent pas de nous (Jeune, Rosario, Argentine)
Les droits qui sont respectés 845. Mes droits sont respectés parce que l’on m’aime comme je suis et que l’on respecte mes décisions (12 et 14 ans, Équateur). 846. La liberté que j’ai, c’est mon droit, et pour cela mes droits sont respectés (12 et 14 ans, Équateur). 847. Selon mon expérience, les droits des jeunes sont respectés à l’école et à la maison. C’est clair que nous savons qu’il y a des moments où les droits passent inaperçus ou totalement ignorés par la société. Quand les affaires politiques, religieuses, etc., sont impliquées. Pour cela, bien des fois, nous les jeunes, nous nous sentons exclus des grandes décisions (Giuliana, 14 ans, Santa Catarina, Brésil). 848. Tous les garçons et filles ont le droit d’exister, de grandir et de vivre en liberté (Diego, 9 ans, São Luis/MA, Brésil). 849. Sortir et partager avec la famille (6 et 9 ans, Chili). 850. Passer du temps avec mes parents (6 à 9 ans, Chili). 851. Un baiser de nos parents (6 à 9 ans, Chili). 852. L’éducation gratuite. Le sentiment de sécurité, par exemple, si tes parents meurent, que quelqu’un s’occupe de toi. Si tu es maltraité, que la DPJ (Département de Protection de la Jeunesse) intervienne… et ainsi, rien n’est mauvais (16 ans, Québec, Canada). 853. Les armes à feu : qu’il y ait un contrôle à ce niveau (Jeune de 13 à 16 ans, Québec, Canada). 854. La DPJ peut intervenir si un enfant est en danger (Jeune de 13 à 16 ans, Québec, Canada). 855. Que l’on me donne à manger, à jouer, et que j’aille à l’école (8 ans, Querétaro, Mexique). 856. Droit à une nationalité et à un nom (10 ans, D.F. Mexique).
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857. À avoir une éducation, nous avons tous ce droit (16 ans, Oaxaca, Mexique). 858. Oui. Que l’on nous respecte parfois, parce qu’on nous laisse exprimer nos idées (Fillette, Ciudad Juárez, Mexique).
Les droits qui sont violés 859. Le droit à la vie, quand on fait un assassinat ou quand on réalise un avortement sur des femmes malades mentales, on croit avoir le droit de décider pour une autre personne (Silvia, 16 ans, Bolivie). 860. Les enfants pensent qu’il n’y a pas de justice, c’est pour cela qu’il n’y a pas de sécurité sociale (10 et 13 ans, Chili). 861. Le droit à l’alimentation, mais il n’est pas réalisé, parce que j’ai des compagnons qui sont maigres (José Alberto, 14 ans, Bogotá, Colombie). 862. À la télévision, à Bogotá, a raconté qu’une dame était allée à un supermarché et a enlevé un enfant. La dame était en train de faire son marché, elle s’est approchée du petit enfant et de sa maman. La dame l’a enlevé et la police a rencontré la dame avec l’enfant et l’a amenée à la prison (Diego Andrés, 11 ans, Bogotá, Colombie). 863. Notre droit qui est violé actuellement est celui de ne pas avoir la satisfaction de nos besoins élémentaires, comme l’éducation, la santé et le jeu. Ceux qui les violent sont les politiciens qui ne sont pas au service de la société (Emanuelson, 17 ans, São Luis/MA, Brésil). 864. Le droit à l’éducation quand bien des parents décident d’envoyer leurs enfants quêter ou travailler au lieu de les envoyer à une école où ils peuvent se former comme personnes de bien (Paola, 16 ans, Bolivie). 865. Je connais beaucoup d’enfants qui n’ont pas de jouets, qui ne vont pas à l’école et qui n’aiment pas étudier… qui vivent dans la rue… les adultes n’en font pas cas… nous, les enfants, nous sommes petits et nous ne pouvons rien faire (Vítor, 8 ans, Recife/PE, Brésil). 866. Je sens mes droits violés quand je me souviens de mon père (Tiago, 9 ans, Vila Velha/ES, Brésil).
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867. Je sens que socialement, je n’ai pas les mêmes droits qu’ont certaines personnes (bonnes conditions de vie) (Jenifer, 13 ans, Ceilandia/DF, Brésil). 868. Aucun droit n’est respecté, tous ont des éléments de restriction (17 ans, Puerto Rico, Amérique Centrale). 869. La vie, la religion et la liberté juridique (17 ANS, Puerto Rico, Amérique Centrale). 870. On ne respecte pas toujours le droit à la non-violence envers les enfants, on les viole continuellement (10 à 13 ans, Chili). 871. Les enfants pensent que le droit à la vie n’est pas toujours respecté (10 à 13 ans, Chili). 872. La liberté d’expression, le droit à la santé, de bons soins de la part des médecins. Il n’y a pas de médecins, ils sont pour le Venezuela. Ils pensent que la jeunesse est perdue. Parce que nous portons des tatouages, ils disent que nous sommes des travestis ou des transsexuels. Qu’ils ne se fient pas à l’apparence, qu’ils tiennent compte de nos sentiments, parce que nous utilisons des boucles d’oreilles, ils disent que nous sommes gais (16 à 19 ans, Cuba, Amérique Centrale). 873. La liberté. Nous ne pouvons sortir parce qu’il y a beaucoup de délinquance, pour cela, il nous faut aller accompagnés d’un adulte (Commentaire d’un éducateur sur le témoignage des jeunes d’Amérique Centrale). 874. On note que les filles ne sont pas respectées à la maison, sur la rue (Commentaire d’un éducateur à partir de témoignage d’un jeune d’Argentine). 875. Par chance, à l’école on reçoit les filles enceintes. Elles sont nombreuses et ne peuvent en profiter, il faudrait faire quelque chose pour qu’elles en profitent (Jeune d’Argentine). 876. Liberté d’expression. On ne tient pas compte des opinions du peuple (15 ans, Toluca, Mexique). 877. Ne pas être respectés (10 ans, DF, Mexique). 878. Égalité. Nous nous sentons parfois inégaux les uns les autres, soit à cause de la classe sociale, de l’intelligence, ou de niveau de vie (16 ans, Ozxaca, Mexique). 879. Santé, alimentation, qualité de vie, éducation (11 ans, DF, Mexique).
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880. Il y a des droits qui ne sont pas respectés. Les adultes tuent leurs enfants, des gens les volent, les abandonne, leur enlève le droit d’avoir une famille, sous prétexte qu’ils ne peuvent leur donner à manger. À l’école, on leur enlève le droit de jouer quand un enfant fait quelque chose de mal ou ne fait pas son devoir. On leur enlève aussi le droit de parole parce que, dans la classe ils parlent trop et il faut dire qu’ils se taisent, mais eux, en premier, il violent leurs obligations (Fillette, Ciudad Juárez, Mexique). 881. Les droits ne sont pas toujours respectés et cela n’est pas bien, et les violeurs n’ont pas souci des plus pauvres (Harilson, 14 ans, São Luis/MA, Brésil). 882. Les violeurs sont ceux qui ont le pouvoir, les politiciens qui ne se soucient pas de la société (Bruna, 14 ans, São Luis/MA, Brésil). 883. Les jeunes, Mes parents, L’Église et la société. La majorité des personnes. Les autorités. Les professeurs et le gouvernement (17 ans, Puerto Rico, Amérique Centrale). 884. Les adultes et les personnes qui ne possèdent pas de valeurs morales (Enfant, Amérique Centrale). 885. Bien des adultes profitent des enfants et les utilisent pour des actes de violence (Enfant, Amérique Centrale). 886. Les personnes corrompues, le gouvernement, la police et les parents qui abandonnent leurs enfants (Commentaire d’un éducateur sur le témoignage d’un jeune d’Amérique Centrale). 887. Souvent, dans un abandon scolaire, il n’y a pas eu l’attention que les parents auraient dû avoir. C’est pourquoi le jeune n’est pas encouragé à aller à l’école. Pour lui, ça ne sert à rien. Il n’a vraiment pas appris que ce qui peut lui servir plus tard. Il n’a pas encore eu de bons modèles. Quant à la sécurité, selon moi, il y a un manque d’attention, de supervision (16 ans, Québec, Canada). 888. Parfois, ce sont les proches, ceux qui se sentent inférieurs, ceux qui veulent le pouvoir, quelqu’un qui opprime pour se sentir plus fort. (Jeune de 13 à 16 ans, Québec, Canada). 889. Les enfants plus grands et les adultes, parce qu’ils nous voient plus petits et en profitent (8 ans, Querétaro, Mexique).
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Les responsabilités que nous, enfants et jeunes, nous avons 890. Il faut que tu ailles à l’école jusqu’à 16 ans au moins, pour avoir un certain niveau scolaire, et plus tard améliorer la société… respecter le milieu ambiant. Ne pas causer de vandalisme et des choses comme cela. Aussi, respecter l’autre (16 ans, Québec, Canada). 891. Faire tes devoirs, aider à la maison, bien te conduire à l’école. Quand je fais quelque chose, je le fais à 100%. Aider les autres (Jeune de 13 et 16 ans, Québec, Canada). 892. Respecter les règles (Jeune du primaire, Québec, Canada). 893. Tous, nous devons remplir nos obligations pour pouvoir grandir. Il faut être responsables si nous voulons avoir du succès et aller à l’école pour améliorer notre vie. Prendre soin du milieu ambiant et des ressources naturelles (10 ans, Querétaro, Mexique).
Ce que je pense des droits 894. Il faut respecter les autres enfants qui sont handicapés (6 à 9 ans, Chili). 895. Les enfants pensent que la société n’aide pas les handicapés à trouver du travail (10 à 13 ans, Chili). 896. Beaucoup d’enfants n’étudient pas, ils sont obligés de travailler et certains sont abusés (Commentaires d’un éducateur au témoignage de jeunes d’Amérique Centrale). 897. Pour moi, tous les jeunes devraient avoir le droit d’avoir une jeunesse que nous dirions « normale ». Avoir des parents qui leur portent attention, qui les protègent. Les enfants devraient avoir le droit de s’amuser et de faire ce qui leur plaît. Ceci c’est ce que moi je ferais au moins pour les jeunes (16 ans, Québec, Canada). 898. On devrait augmenter la limite d’âge pour laisser les études à 18 ans. À cet âge, il est assez mature, il est davantage en âge de décider ce qu’il veut faire (Jeune de 13 à 16 ans, Québec, Canada). 899. Pour l’obtention du permis de conduire à 16 ans, les jeunes n’ont pas conscience que la vitesse tue (Jeune de 13 à 16 ans, Québec, Canada).
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900. Que l’on respecte la montagne, qu’on ne vole pas l’eau, que nous ayons nos terres, qu’il y ait du travail et de la nourriture, que l’on valorise nos artisans, que l’on paie ce que cela vaut et non le changer pour du linge (Garçons, filles et jeunes de l’ethnie wichi, Argentine). 901. Il est nécessaire de changer tous et toutes la vision que l’on a des enfants et des jeunes comme sujets de droits (Commentaire d’un éducateur sur le témoignage de jeunes d’Argentine). 902. On a besoin d’un projet qui dépasse les diagnostiques, les protestations et les politiques de contention, non seulement au niveau de l’état mais aussi des institutions, les nôtres (Commentaire d’un éducateur sur le témoignage des jeunes d’Argentine). 903. Certains disent que l’argent les rendrait heureux, qu’il faut avoir le droit d’avoir de l’argent, c’est qu’il y a tant de besoins qui passent, ce qu’ils ne peuvent avoir (Jeunes, Argentine). 904. Les droits sont utiles pour maintenir l’ordre et la vie digne dans la société. Sans ces droits, ce serait un bordel et les gens souffriraient parce qu’ils n’auraient pas une vie digne (Élèves de 7e et 8e année d’enseignement fondamental, Rio Grande do Sul, Brésil).
Message au sujet des droits 905. Qu’ils n’abandonnent pas le collège et qu’ils fassent leur possible pour aller de l’avant (Erika, 11 ans, Bogotá, Colombie). 906. Le message que je veux laisser sur les droits est que les adultes aient plus de respect envers les enfants et les jeunes, en leur offrant amour et attention. Que les droits soient réalisés avec beaucoup de respect (Adolescent, 12 ans, Rio Grande do Sul, Brésil). 907. Qu’ils étudient, qu’ils soient heureux et aient leurs droits (Karen Magali, 7 ans, Bogotá, Colombie). 908. Qu’ils continuent avec ce qu’ils font, et s’ils sont « caricaturistes » ou footballeurs, quoi que ce soi, qu’ils continuent et qu’ils arrivent à la carrière qu’ils veulent (Carlos Alberto, 13 ans, Bogotá, Colombie). 909. Que les adultes n’abusent pas parce qu’ils sont plus grands sur des enfants faibles et qui ne savent pas se défendre et ainsi qu’ils arrêtent de maltraiter les enfants. Assez de violence ! (Adolescent, 12 ans, Rio Grande do Sul, Brésil).
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910. Le gouvernement doit aider pour que nous nous ayons les mêmes droits (Aline, 12 ans, Recife/PE, Brésil). 911. Nous devons dénoncer le travail des enfants et la mauvaise éducation que nous recevons à l’école (Caroline, 11 ans, São Luis/MA, Brésil). 912. L’acquisition du civisme est beaucoup plus longue que je ne l’imaginais. Cela implique l’école, la participation, les droits et aussi les devoirs. Le civisme peut être défini de différentes manières, principalement quand on lutte pour ses droits. Je crois que agir de façon correcte, préserver le patrimoine public et aider les défavorisés est une forme d’exercer le civisme (Alexsandro, 17 ans, Paraná, Brésil). 913. Nous, les adolescents, nous apprenons que, unis, nous pouvons lutter pour nos droits avec dignité. J’ai la certitude que si le monde nous donne une chance pour montrer ce dont nous sommes capables, le monde sera surpris (Edineia, 15 ans, Paraná, Brésil). 914. Qu’on nous prenne en considération, étant donné que c’est peu motivant de sentir que l’on est de trop et que l’on n’apporte rien (10 à 13 ans, Chili). 915. Personne n’a le droit de nous maltraiter, si on veut nous apprendre quelque chose, c’est avec des mots et non avec des coups (6 à 9 ans, Chili). 916. J’aimerais que tout le monde puisse vivre heureux, avec le droit pour tous d’avoir une vie bonne (Adolescent, 15 ans, Brésil). 917. Que l’on ne regarde pas seulement nos défauts (Enfant du Venezuela). 918. Au sujet des droits qui sont violés constamment dans notre pays, il est important qu’il y ait une loi plus rigide pour punir les violeurs, principalement quand ils s’en prennent à des garçons, des fillettes et des adolescentes (Tarcila, 15 ans, São Luis/MA, brésil). 919. Qu’on ne nous impose pas les problèmes des adultes (6 à 9 ans, Chili). 920. Moins d’abandon scolaire et avoir plus d’aide, plus d’enseignants formés et un bon budget (Jeune de 13 à 16 ans, Québec, Canada). 921. Rester unis, dans la communauté, vivre l’amour (19 ans, Chiapas, Mexique). 922. Prendre soin du milieu, de la nature qui nous entoure, les bosquets. Que l’on prenne soin de l’eau et des animaux. Que l’on ne pollue pas (12 ans, Chipas, Mexique).
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Appels à partir des cris entendus « (…) Nous voulons mettre l’emphase de manière particulière sur le droit à l’éducation : une éducation évangélisatrice, une éducation engagée dans la solidarité et la transformation sociale, attentive aux cultures et au milieu ambiant, et une éducation sans discrimination qui crée des espaces pour ceux qui s’en approche. » 21e Chapitre général, Rome, 2009
923. Un regard attentif et sensible sur les rapports venus de divers pays des 13 Unités Administratives Maristes, sur les processus d’écoute des enfants et des jeunes du continent américain fait résonner en nos cœurs différents sentiments : indignation et espérance, tristesse et joie, urgence de dénoncer les injustices et en même temps proposer de nouvelles possibilités et de nouveaux horizons pour la présence mariste dans les Amériques. Leurs témoignages nous lancent le défi d’avancer, de façon plus décidée, avec une vision réaliste et une attitude prophétique face à la défense, à la promotion et à la garantie de leurs droits. 924. Avoir de bons gouvernants, avoir un milieu propre. Que l’on puisse tenir compte des droits de l’enfant et de leur importance. Que la société maintienne une ambiance de respect et de tolérance envers les autres, qu’ils soient jeunes ou adultes. Sans problèmes de délinquance et de drogues (Enfant, Chili). 925. Ce petit échantillon de l’enfance et de la jeunesse que l’on a écouté dans différents contextes et milieux divers de notre Amérique encore si dépourvue de droits dans bien des secteurs, a renforcé notre conviction que les enfants et les jeunes ont des opinions éclairées sur les situations qu’ils vivent. 926. Ils veulent dire comment ils vivent, ce dont ils ont besoin pour eux-mêmes et pour leur communauté, ce qu’ils pensent de l’école, de la société, des adultes, de la famille, des lieux de loisir et de récréation, la culture, les traditions, la religion.
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927. Ils revendiquent leurs droits et dénoncent avec courage les situations de violation auxquelles ils sont exposés et arrivent, dans bien des cas, à identifier qui les violent. Ils présentent des suggestions et signalent des solutions pour le changement des situations et des contextes qui les oppriment et leur nuisent. 928. Indépendamment de ta race, de ta religion, de tes croyances, de ton orientation, tu n’es pas différent. Donc, pourquoi agis-tu différemment ? (16 ans, Québec, Canada). 929. L’écoute des cris des enfants et des jeunes révèle des rêves personnels comme la poursuite de l’université, avoir un travail, acheter une maison, voyager. Elle révèle la préoccupation pour le prochain, le rêve de l’établissement de la paix dans le monde, le besoin urgent de sécurité publique, la dénonciation des préjugés et de l’exclusion vécues chaque jour. Ils sont inquiets de la dégradation du milieu ambiant, du manque d’espace pour jouer, de la précarité des services auxquels ils ont droit. Ils revendiquent de meilleures écoles, avec des professeurs qui les respectent, de bonnes salles de classe et de plus grandes et meilleures chances d’apprendre. 930. Certaines questions sont présentées avec plus d’emphase sur les communautés périphériques, rurales, indigènes ou en situation d’accès difficile, de même que le besoin de sécurité publique, de paix, de liberté, de terre, d’éducation et de culture. Il y a une forte préoccupation pour les problèmes collectifs comme la dégradation du milieu ambiant, l’intolérance, le trafic des drogues et les conflits armés. 931. Il y a un cri pour la paix dans diverses manifestions comme la danse, les arts visuels et la poésie dans les témoignages des enfants et de jeunes des différents pays et contextes multiculturels. 932. De plus, il est évident que beaucoup d’entre eux sont immergés dans des cultures machistes, d’où résulte la préoccupation au sujet de la violation des droits des femmes et de l’inégalité entre hommes et femmes. 933. L’enfance et la jeunesse des Amériques réclament des espaces de participation et le droit de « dire leur mot ». On leur refuse l’occasion d’une participation effective aux décisions directement liées à leur vie.
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934. Dans certains témoignages, il est évident qu’ils vivent dans des sociétés dans lesquels prévaut une impossibilité de dialogue avec leurs parents et les adultes de façon générale, avec ceux qui sont en contact avec eux dans d’autres milieux sociaux comme les écoles, l’Église et les autres lieux du quartier où ils vivent. 935. L’action de professeurs et d’éducateurs autoritaires saute aux yeux dans plusieurs témoignages de façon indiscutable. Ce genre de scénario révèle une condition de domination sur l’enfance et la jeunesse qui affecte à la racine la promesse de croissance dans la dimension de l’autonomie que tout être humain porte en lui dans le but du développement de son plein potentiel. 936. La relation des enfants et des jeunes avec l’école est diverse. Ils valorisent l’école et la présence des maîtres et des professeurs; ils considèrent l’éducation comme un moyen d’améliorer leurs conditions de vie pour eux-mêmes et pour leurs parents. Ils y goûtent l’amitié. D’autres soutiennent que l’école ne remplit pas son rôle d’éduquer les élèves en vue du changement de la société. 937. Quand ils parlent de l’Église et de la foi, les enfants et les jeunes expriment des visions fort différentes. Presque tous considèrent la foi comme une donnée importante de la personne, de la vie et de la famille, mais ils désirent des changements de langage, de pratiques et de visions de l’Église envers eux. 938. J’ai le droit d’étudier, le droit de donner mon opinion et d’être écouté, de droit de vivre, le droit de me développer au sein d’une famille, le droit à un niveau de vie adéquat, le droit aux soins de santé, le droit de pratiquer un sport et de me reposer (Mariargy, jeune du Venezuela). 939. Enfin, nous voulons affirmer que les cris des enfants et des jeunes des Unités Administratives Maristes des Amériques allument en nos cœurs le feu de la mission qui nous a été confiée auprès d’eux. Les échos du processus déclenché nous incitent à apprendre davantage à partir de leurs visions, à réfléchir leurs appels, à créer des occasions vitales et à célébrer le chemin à parcourir avec eux. 940. Monde, attend-moi ! (Antonio, 12 ans, Belém/PA, Brésil).
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Principes et orientations 5.
Index du Chapitre 5 Les sources des principes
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Les principes que nous voulons vivre
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Vers une Terre Nouvelle !
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Avec les Montagne d’aujourd’hui
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Avec les peuples des Amériques
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Promotion de la vie en abondance
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Avec Marie, chanter le Magnificat
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Dans les réseaux de solidarité
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Nous sommes Champagnat dans les Amériques
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Horizons d’action pour la Solidarité Mariste dans les Amériques
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Rôle des filles, des garçons et des jeunes
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Articulation avec les autres acteurs, organismes et réseaux
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Structure et dynamique des Provinces et Districts maristes
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Collaboration interprovinciale et internationale
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Notre Cœur Solidaire en route
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5.PRINCIPES ET ORIENTATIONS Les sources des principes 941. La lecture et l’analyse de la réalité des pays des Amériques nous révèlent l’aggravation de l’inégalité sociale et la permanente concentration de la richesse; mais en même temps, elles renforcent notre conviction que, aujourd’hui plus que jamais, il devient urgent de nourrir notre espérance, de cultiver nos rêves et de générer des réponses neuves et efficaces. 942. Dans ces scénarios, nous reconnaissons des lumières qui nous encouragent à cheminer en solidarité avec les Amériques : la recherche de la revalorisation de la diversité ethnico culturelle du continent, la défense des droits, l’action de l’Église et la présence mariste dans de nouveaux milieux, l’action de la vie laïque, les réseaux de solidarité qui cherchent à assurer la vie, les rêves et l’engagement des enfants et des jeunes. 943. Nous avons entendu les cris des enfants et des jeunes. Ils nous ont révélés comment ces situations affectent leur vie, leurs rêves, leurs espérances et leurs projets de vie, et manifestent leurs craintes en dénonçant les violations de leurs droits. Ces mêmes voix nous montrent la direction et les devoirs face à la solidarité mariste dans les Amériques. 944. Aussi, notre engagement solidaire se fonde sur la Bonne Nouvelle de Jésus Christ. La Doctrine Sociale de l’Église, les Documents internationaux et institutionnels maristes au sujet des Droits, éclairent aujourd’hui l’option mariste et nous amènent à être présents auprès des pauvres et dans les régions marginales où la vie est menacée depuis même sa conception. 945. Pour tout cela, nous, les Maristes de Champagnat, nous nous sentons appelés par Dieu à partir en hâte avec Marie du Magnificat vers la terre nouvelle des Montagne d’aujourd’hui, avec les peuples des Amériques en cherchant à promouvoir la vie en abondance. 946. Cette urgence exige de nous ouverture et conversion du cœur, une attitude de discernement, la décision claire d’écouter l’appel que Dieu nous fait aujourd’hui et la disposition à travailler en réseaux de coopération.
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947. Comme base de cet appel, nous présentons les principes d’orientation qui fondent la présence, les options et les chemins de solidarité mariste dans les Amériques.
Les principes que nous devons vivre
Avec les peuples des Amériques
Avec Marie nous chantons le Magnificat
Vers une terre nouvelle
Dans les réseaux de solidarité
Nous produisons la vie en abondance
Evangélisation des filles et de garçons et défense de leurs droits
Nous sommes Champagnat dans les Amériques
Avec les Montagne d’aujourd’hui
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Vers une Terre Nouvelle ! Principes qui président à l’élaboration d’itinéraires novateurs de solidarité, de nouveaux projets et de présence dans de nouveaux milieux 948. Nous encourageons l’ouverture et le développement de nouvelles formes de solidarité où l’Esprit nous invite à donner des réponses qui soient une incarnation de l’Évangile à partir du charisme mariste. 949. Nous favorisons le dialogue avec de nouvelles actions et autres formes de connaissance, expressions culturelles, approches théoriques, qui nous conduisent à intégrer, avec un œil critique, tout ce qui peut enrichir le développement de nos chemins de solidarité. 950. Nous souhaitons et nous encourageons une plus grande participation à des expériences significatives de solidarité, individuelles et communautaires, qui contribuent à combattre la pauvreté et l’inégalité, et à la défense et à la promotion des droits des enfants et des jeunes. 951. Nous nous engageons dans l’implantation de nouvelles présences prophétiques maristes avec les pauvres des Amériques, en dénonçant avec courage et audace les injustices et la violence contre l’enfance et la jeunesse, en mettant l’accent sur l’appel à la paix comme expression de la justice sociale.
Avec les Montagne d’aujourd’hui Principes qui se rapportent à la conception des enfants et des jeunes comme sujets de droit, à l’écoute de leurs voix et à l’engagement avec eux dans toutes les situations de vulnérabilité personnelle et sociale. 952. Nous croyons dans la richesse de l’apport des enfants et des jeunes, fruit de leur légitime perception des contextes dans lesquels ils vivent, en vue de la formulation de nos propositions éducatives, sociales et pastorales. 953. Nous nous engageons avec les enfants et les jeunes à dépasser les situations de vulnérabilité personnelle et sociale qui affectent leur dignité et limitent leur développement intégral.
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954. Nous reconnaissons le droit des enfants et des jeunes à travailler au renforcement de l’estime d’eux-mêmes et de leur unité, à bâtir leurs projets de vie qui leur permettent de croître au niveau personnel et communautaire et qui contribuent à la transformation de leurs réalités locales. 955. Nous croyons dans la capacité et dans le potentiel des projets en reconnaissant que les enfants et les jeunes ne sont pas seulement les bénéficiaires de notre action solidaire mais aussi les participants actifs dans la définition des projets, des méthodologies et des actions qui amènent à l’exercice de leurs droits.
Avec les peuples des Amériques Principes qui reconnaissent comme une richesse la diversité culturelle, la pluralité des contextes dans les Amériques comme un défi pour dépasser les inégalités sociales et l’éradication de la pauvreté. 956. Nous reconnaissons le multiculturalisme du continent et nous valorisons les différentes identités individuelles et collectives des peuples américains. 957. Nous nous engageons à collaborer à dépasser les inégalités sociales qui menacent la dignité et la vie des enfants et des jeunes. 958. Nous affirmons l’importance de comprendre les enfants et les jeunes, et de dialoguer avec la contemporanéité de leurs cultures. 959. Nous renouvelons notre engagement dans la lutte des peuples indigènes, des descendants africains et des groupes sociaux exclus. 960. Nous réaffirmons la valeur de la particularité des cheminements de solidarité mariste avec les peuples des Amériques et nous encourageons des formes distinctes d’assumer la mission avec les pauvres.
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Promotion de « la Vie en abondance » (Jn, 10, 10) Principes relatifs à la place centrale de Jésus dans la mission, à la solidarité comme valeur et engagement évangélique pour la défense de la vie sous toutes ses formes 961. Nous sommes passionnés par la personne de Jésus. Nous croyons, comme disciples, que notre engagement solidaire doit se fonder sur une profonde expérience spirituelle qui se traduit en une recherche incessante de conditions de vie dignes pour les enfants et les jeunes des Amériques. 962. Nous sommes convaincus que ces conditions de vie en abondance sont l’horizon qui stimule notre cheminement mariste et nous encourage à travailler pour la dignité de la personne, l’égalité des chances, la justice dans les relations, le bonheur de tous. 963. Nous nous sentons poussés à agir avec urgence pour défendre la vie sous toutes ses formes, dénonçant les structures sociales, économiques, religieuses et politiques qui les menacent. 964. Nous nous engageons dans la recherche de styles nouveaux et créatifs d’éduquer, d’évangéliser, de défendre les droits des enfants et des jeunes pauvres, en nous montrant solidaires avec eux (XXIe Chapitre général)
Avec Marie, nous chantons le Magnificat Principes qui mettent en évidence la dimension prophétique et mariale de la solidarité 965. Comme Marie à l’Annonciation, nous écoutons la Parole de Dieu et sommes disponibles pour faire sa volonté en proclamant la justice du Royaume (Lc 1, 26-38). 966. Comme Marie de la Visitation, nous partons en hâte au service des petits et des nécessiteux (Lc 1, 39-45). 967. Comme Marie du Magnificat, nous croyons dans le Dieu de la vie, dans sa miséricorde et son action libératrice, et nous reconnaissons la mission avec les défavorisés comme un signe de prophétisme (Lc 1, 46-55).
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968. Comme Marie à Cana, nous sommes des disciples attentifs aux besoins des personnes et disponibles à les aider quand ils le demandent (Jn 1, 1-12). 969. Comme Marie au Cénacle, nous réaffirmons la dimension prophétique de notre charisme et sa participation à la mission de l’Église (Ac 1, 12-14). 970. Nous cherchons à être le visage de Marie par une présence simple et solidaire.
Dans les réseaux de solidarité Principes qui réfèrent à l’action en réseau avec incidence sur les politiques publiques pour la promotion et la défense des droits des enfants et des jeunes 971. Nous réaffirmons l’importance de la coopération entre les Unités Administratives et entre les pays des Amériques pour améliorer l’attention aux enfants et aux jeunes de même que pour la promotion et la défense de leurs droits. 972. Nous nous engageons à renforcer la collaboration réciproque entre les organismes sociaux des Unités Administratives et la Fondation Mariste pour la Solidarité Internationale (FMSI). 973. Nous garantissons la participation mariste aux réseaux de l’Église, de la société civile et des groupes de mobilisation sociale et de propositions de politiques publiques centrées sur la Doctrine de la Protection Intégrale. 974. Nous participons avec d’autres groupes sociaux pour la défense et la promotion des droits humains dans les Amériques. 975. Nous affirmons l’importance de la présence et de la participation des enfants et des jeunes dans les réseaux qui s’adressent à l’enfance et à la jeunesse.
Nous sommes Champagnat dans les Amériques Principes qui réfèrent à un style de solidarité fidèle au rêve de saint Marcellin 976. Comme Champagnat, nous donnons la priorité aux besoins et aux urgences des enfants et des jeunes pauvres pour déterminer nos options institutionnelles et notre présence.
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977. Nous encourageons la participation et le dialogue permanent entre les différents acteurs du processus socioéducatif pour répondre aux besoins des enfants et des jeunes pauvres et développer des méthodologies adéquates. 978. Nous renouvelons l’option que le Projet Éducatif Mariste dans chaque Unité Administrative fasse sien le thème de la solidarité et de la connaissance mise au service de la vie et de la justice sociale. 979. Nous réaffirmons que l’éducation intégrale et de qualité est un droit qui soutient et rend possibles les autres droits humains. 980. Nous cherchons à harmoniser de façon cohérente la vitalité de l’idéal mariste et la gestion administrative des Unités Administratives avec les différents cadres légaux afin de favoriser notre engagement solidaire.
Horizons d’action pour la solidarité mariste dans les Amériques 981. Les personnes de Jésus, Marie et Champagnat sont nos références de solidarité et de service en faveur de la dignité humaine. Aussi, les principes méthodologiques révèlent notre style mariste et caractérisent notre forme d’action pour actualiser la garantie et la défense des droits humains, spécialement ceux des enfants et des jeunes. Pour cette raison, nous visons des buts qui intègrent sensibilité, bonne volonté et actions effectives orientées spécialement vers les groupes socialement et historiquement vulnérables des pays et de régions où nous sommes.
Rôle des filles, des garçons et des jeunes 982. La planification et la mise en œuvre des espaces et des pratiques socioéducatives à caractère coopératif qui permettent aux enfants et aux jeunes le développement de leur capacité de lecture, de reconnaissance et de transformation de leurs réalités. 983. Développement et/ou augmentation des pratiques éducatives et de vécu qui permettent aux enfants et aux jeunes de faire entendre leur voix et de participer aux processus de façon autonome et pratique. 194
984. Développement d’action et création d’instances qui priorisent effectivement l’implication et la promotion des plus pauvres des communautés qu’ils accompagnent, en évitant d’exclure ceux qui ont déjà été exclus.
Articulation avec les autres acteurs, organismes et réseaux 985. Implication des groupes – familles, communautés, école et État – dans l’accompagnement et le développement intégral des enfants et des jeunes. 986. Promotion d’une culture de la solidarité avec un focus sur les droits des enfants et des jeunes. 987. Collaboration et accords avec des organisations de l’Église, de la société civile et de l’État pour la promotion et la défense des droits des enfants et des jeunes assurant le financement des initiatives, le fourniture de ressources et le partage des connaissances. 988. Développement des connaissances et des stratégies pour exiger de l’État la garantie des droits et intervenir dans les milieux de formulation et de suivi des politiques publiques.
Structure et dynamique des Provinces et des Districts Maristes 989. Structuration de l’espace de solidarité des Provinces et Districts, assurant les ressources humaines, physiques et financières pour la promotion et la défense des droits des enfants et des jeunes selon les critères de l’Usage Évangélique des Biens. 990. Garantie de la solidarité comme participation fondamentale et centrale de la Mission Mariste dans nos Provinces et Districts, en l’intégrant aux processus de la gestion administrative, éducative et pastorale. 991. Existence d’équipes qualifiées dans le milieu socioéducatif, capables d’entreprendre des initiatives et des méthodologies qui tiennent compte des contextes, des sujets et des réalités locales, et profitent des possibilités que nous offrent les moyens de communication sociale.
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992. Développement de processus et de projets de formation des frères, des éducateurs et des directeurs à/et pour la solidarité, avec des méthodologies participatives et d’intervention qui prennent comme base la réalité. 993. Promotion du volontariat dans la perspective de la solidarité mariste. 994. Implantation de politiques institutionnelles orientées vers ceux qui travaillent dans les milieux de solidarité pour garantir le respect effectif de leurs droits et une bonne qualité de vie. 995. Dialogue et interaction entre les collèges, les œuvres sociales et autres espaces de mission dans la perspective de la solidarité, de l’apprentissage, du respect mutuel, du renforcement de la foi et du civisme actif dans différentes situations et contextes sociaux. 996. Référence explicite dans nos processus et actions des valeurs de l’Évangile, des principes de la Doctrine Sociale de l’Église (DES) et des documents internationaux maristes. 997. Évaluation permanente de la solidarité et du lieu dans lequel celle-ci se déroule, afin de garantir une présence dans des lieux d’extrême vulnérabilité sociale.
Collaboration interprovinciale et internationale 998. Systématisation et partage des expériences qui se vivent dans les pays, les Provinces et les Districts, favorisant le dialogue entre les cultures et stimulant l’élaboration de travaux collectifs dans la perspective de la garantie des droits humains. 999. Établissement d’accord de coopération avec les organismes nationaux et internationaux – maristes ou non maristes – pour réaliser des projets, trouver des ressources et développer des initiatives de promotion et de défense des droits (au plan juridique), tout en respectant les principes qui fondent la solidarité mariste. 1000. Développement de stratégies d’action politique à partir de la systématisation des processus et des pratiques socioéducatives innovatrices. 1001. Recherche et compréhension des problèmes sociaux des Amériques et leurs dynamiques actuelles pour valider l’intervention solidaire. 1002. Développement de technologies sociales et environnementales comme fondement de nouveaux modèles de société, d’économie et de travail.
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Notre Cœur Solidaire en route 1003. Les principes et horizons d’action présentés jusqu’à maintenant veulent réaffirmer notre certitude qu’un autre monde est possible et nécessaire. À partir de notre réalité particulière, nous devons contribuer à cela en optant pour les pauvres, en vivant proches d’eux, en nous engageant dans le dépassement des inégalités sociales, l’éradication de la pauvreté et la construction de la justice et de la paix. 1004. Nous reconnaissons que les chemins de solidarité mariste dans les Amériques partent de la complexité des réalités du continent. Nous réaffirmons notre certitude dans la capacité humaine de rêver, de dépasser, de se projeter et de transformer la réalité et les contextes sociaux. 1005. Nous acceptons le défi de devenir des experts dans l’évangélisation des enfants et des jeunes pauvres des Amériques et dans la défense de leurs droits et nous nous engageons à voir le monde avec leurs yeux, et ainsi changer nos cœurs et nos attitudes, comme le fit Marie (XXIe Chapitre général). 1006. Dans cet itinéraire, qu’Elle soit notre compagne de route. Que Marie de la Guadalupe, patronne des Amériques, bénisse notre cœur solidaire mariste et anime notre ardent désir d’être des bâtisseurs de rêves et des semeurs d’espérance pour les enfants et les jeunes pauvres. Donné le 16e jour du mois de juin de l’année du Seigneur 2011 en la ville de Mexico, D.F.
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CONSIDÉRATIONS FINALES Inspirés par le charisme mariste, le contenu présenté dans ce Document nous invite à faire quelques réflexions pour comprendre les défis qui se présentent à l’horizon. Nous sommes convoqués à être des experts en évangélisation des filles, des garçons et des jeunes et dans la défense de leurs droits, en concrétisant notre option pour l’enfance et la jeunesse, en rendant possible leur engagement et leur participation personnelle et communautaire dans la construction de leur réalité. Pour cela, nous insistons sur les dimensions suivantes : Les processus de changement personnel et institutionnel demandent l’unité entre la pensée critique et la participation, la prise de décisions, la persévérance, l’espérance et le courage, le tout uni au don de prophétie. Cela exige de vivre et de sentir l’essence de leurs milieux et les différentes réalités; la mobilisation des efforts pour réussir une vraie conversion de nos cœurs. Comme prophètes contemporains, nous réaffirmons notre engagement d’annoncer et de dénoncer, dans le but de transformer les réalités dont souffrent les filles, les garçons et les jeunes des Amériques; ceci est quelque chose qui présente un caractère d’urgence. Elle accentue la responsabilité de la défense et la garantie d’une enfance et d’une jeunesse marquée d’une vie pleine dans tous les sens et dans la promotion de leurs droits. L’action en réseau et avec les réseaux se présente comme un engagement de solidarité et qui s’exprime par la promotion, la protection, la défense et la garantie des droits des filles, des garçons et des jeunes. Le réseau permet la construction du tissu social par les agents sociaux et intensifie les liens d’appartenance en vue de dépasser les défis d’aujourd’hui. Que l’accueil de ce document, selon les réalités des Provinces et des Districts Maristes et des rêves des frères, des laïques et des laïcs, contribue effectivement à notre cheminement afin de défendre les droits des filles, des garçons et des jeunes des Amériques; en même temps, c’est un champ riche et stimulant qui annonce la possibilité de construire un monde nouveau ! Passionnés par le Christ et sa mission et le rêve de notre fondateur, Marcellin Champagnat, nous avançons, fidèles, vers le Bicentenaire de l’Institut Mariste, en marche et « en hâte comme Marie, vers une Terre Nouvelle ». Recevez notre salutation fraternelle ! SOUS-COMMISSION INTERMÉRICAINE DE SOLIDARITÉ 198
Remerciements Chapitre 1:
Groupe de rédaction F. Vicente Falqueto (Coordonnateur 2008/2009) / Brésil Milda Moraes (Coordonnatrice 2010/2011) - PMBCN/ Brésil Angélica Alegría Formoso - PMMO/ Mexique Fernando Acosta - PMCS/ Argentine Luciane Escouto - PMRGS/ Brésil Marco Antonio Barbosa - PMBCS/ Brésil Mónica Yerena – PMMC/ Mexique Assesseures Maria Amélia Giovanetti/ Brésil Liliane dos Santos Jorge – Appui Renata Bergo - Appui Lucas Furiati – Appui
Chapitre 2:
Groupe de rédaction F. Jorge Gaio (Coordonnateur) – PMBCS/ Brésil F. Álvaro Sepúlveda Romero – PMSMA/ Chili Dyogenes Philippsen Araujo – PMBCS/ Brésil
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Assesseure Maria Amélia Giovanetti/ Brésil Analyse critique F. Sebastiao Ferrarini Jorge Freyre Gerardo Sauri Suárez
Chapitre 3:
Groupe de rédaction F. Juan Carlos Robles (Coordonnateur) – PMMC/ Mexique F. Álvaro Barragán – PMMO/ Mexique Claudia Laureth – PMBCN/ Brésil
Chapitre 4:
Groupe de rédaction Mónica Linares – (Coordonnatrice) PMCR/ Argentine Dilma Alves Rodrigues – (Coordonnatrice) PMBCN/ Brésil Ma. del Socorro Álvarez – PMMC/ Mexique Jimena Djauara Grinagni – PMBCS/ Brésil
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Chapitre 5:
Groupe de rédaction Mércia Maria Silva Procópio - (Coordonnatrice) - UMBRASIL Alicia Ramos – PMMC/ Mexique F. Carlos Alberto Rojas Carvajal – PMN/ Colombie Eder D’Artagnan Ferreira Guimarães – PMBCN/ Brésil F. Félix Roldán Rodríguez – PMC/ Canada F. Javier Salcedo Camarena – PMMC/ Mexique
Révision du document en espagnol F. Juan Miguel Anaya
Révision du document en français F. Gilles Hogue
F. Réal Sauvageau
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