MASTER 2 « Urbanisme et Aménagement » Parcours AUDE Mémoire de fin d’études
Si les défis écologiques, sanitaires et économiques reflétaient la physionomie des villes Mutation du processus d’aménagement des territoires péri-ruraux à l’ère anthropocène
Etudiante : Cécile Achard de Leluardière Directeur de mémoire : Stéphane Mercier
2019-2020
Si les défis écologiques, sanitaires et économiques reflétaient la physionomie des villes Mutation du processus d’aménagement des territoires péri-ruraux à l’ère anthropocène
“ Les logiques sectorielles produisent la ville périphérique. L’analyse et la synthèse sont à l’inverse de cette démarche. [… savoir] substituer à un premier regard largement subjectif une analyse plus politique et économique.” D avid Mangin
figure 1 : St Lubin-des-Joncheret
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Je tiens à remercier toutes les personnes qui ont contribué au succès de mon stage et qui m’ont aidée lors de la rédaction de ce mémoire. Je voudrais dans un premier temps remercier, mon directeur de mémoire Stéphane Mercier, Paysagiste urbaniste chez Les Rondeaux et Professionnel associé à l’École d'Urbanisme de Paris en M2 Environnements urbains, à l’Ecole d’Urbanisme de Paris, pour sa patience, et ses judicieux conseils, qui ont contribué à alimenter ma réflexion. Je remercie également toute l’équipe pédagogique de l’École d'Urbanisme de Paris et les enseignant.e.s référent.e.s du parcours AUDE, notamment Anne Jarrigeon, Franck Dorso et Camille Gardesse pour avoir assuré la partie théorique de celle-ci durant cette année si troublée. Je tiens à témoigner toute ma reconnaissance aux personnes suivantes, pour leur aide dans la réalisation de ce mémoire : Emilie Neveu-Martin, Directrice Adjointe du Pôle Développement Economique, Territorial, Emploi et Numérique de l’Agglo de Dreux. Elle m’a initié au développement territorial, à l'assistance à maîtrise d’ouvrage en m’accordant sa confiance et une large indépendance dans l’exécution de missions valorisantes.
Jean-François Boucher, Paysagiste du Pôle Développement Economique, Territorial, Emploi et Numérique de l’Agglo de Dreux. Grâce à lui, j’ai pu visiter de nombreux chantiers de communes rurales et mieux connaître le territoire du Pays de l’Agglo de Dreux.
Véronique Cebal, pour avoir relu et corrigé mon mémoire. Ses conseils de rédaction ont été très précieux.
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PROBLÈME DE TERMINOLOGIE Territoire n. m. Étendue de terre qu’offre un État, une province, une ville, une juridiction, etc. source : Dictionnaire de l’Académie Française Le territoire comme un système de relations et d’acteurs. : Un territoire se définit non par des limites administratives et politiques mais par une densité des relations qui s’y nouent, dont beaucoup vont du local au mondial. C’est un nœud dans des réseaux de relations ; Loin de se réduire à des collectivités territoriales, le territoire peut être vu comme un système local d’acteurs nouant entre eux des relations plus ou moins intenses. source : citego Ecologie n.f. Étude des conditions nécessaires au développement harmonieux des êtres vivants : mesures propres à assurer la survie des espèces existantes, élimination des facteurs qui menacent l’équilibre biologique, etc. Les tenants de l’écologie estiment que le progrès technique provoquera, s’il est incontrôlé, une rupture dangereuse entre l’homme et son milieu. Dictionnaire de l’Académie Française
Empreinte écologique d’un territoire : C’est l’impact sur la biosphère de la société vivant sur un territoire. Elle se mesure par l’ensemble des consommations d’énergie fossile ou de ressources non ou faiblement renouvelables, que celles-ci soient utilisées directement ou indirectement à travers le processus de production des biens et services consommés par la société. source : citego Transition n.f. : Un processus de changement systémique (concernant la manière de penser, de se gouverner, de produire, de consommer, de se relier aux autres) qui fait passer de la société actuelle, qui met en péril la biosphère et les conditions de vie de l’humanité future, à une société écologiquement et socialement durable. source : citego Oeconomie n.f : Terme en vigueur jusqu’en 1750 pour désigner l’art de produire le bien être de tous dans le respect des limites de l’environnement. C’est le défi du 21ème siècle d’où l’idée de « grand retour en avant » de l’économie à l’oeconomie. source : citego
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Oeconomie territoriale : L’approche de l’oeconomie à l’échelle d’un territoire. Son enjeu est de réduire de façon radicale l’empreinte écologique d’un territoire. Parmi les réponses possibles : l’économie circulaire qui met l’accent sur la fermeture des cycles de production de manière à assurer le bien être tout en prélevant le moins possible de ressources non renouvelables ; l’économie de la fonctionnalité qui vise à remplacer des biens matériels par des services ; l’économie sociale et solidaire qui met l’accent sur la coopération entre acteurs et la participation directe des bénéficiaires à la gestion des biens et services ; l’écologie industrielle et territoriale qui vise à densifier les flux d’échange de matière et d’énergie au sein d’un territoire pour jouer des complémentarités et que le déchet de l’un devient la ressource de l’autre. source : citego Rural, Rurale adj. (plur. Ruraux, rurales) : Relatif à la campagne, souvent par opposition à Urbain, ou relatif au monde agricole. Le monde rural. La vie rurale. Zone, commune rurale. En France, est dite rurale la population vivant dans des communes de moins de deux mille habitants. La part de la population rurale dans le monde est désormais inférieure à celle de la population urbaine. source : Dictionnaire de l’Académie Française Périurbain, Périurbaine adj. : Qui se situe aux abords immédiats d’une ville. L’aménagement des zones périurbaines. source : Dictionnaire de l’Académie Française Rurbanisation n.f., en 1976. Composé à partir de rural et d’urbanisation. GÉOGRAPHIE. Phénomène par lequel des communes rurales situées aux abords d’une ville se développent, généralement par la construction d’ensembles de pavillons, pour devenir principalement le lieu de résidence de personnes travaillant dans cette ville.
source : Dictionnaire de
l’Académie Française Biorégion n.f. : Un espace géographique formant un ensemble naturel homogène, que ce soit pour le sol, l’hydrographie, le climat, la faune ou la flore. La population fait également partie de la biorégion, mais dans la mesure où elle vit en harmonie avec ces données naturelles et où elle en tire sa subsistance à long terme. source : Peter Berg
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Dérive urbaine n.f. : Les difficultés de la dérive sont celles de la liberté" [1]. Tout concourt en effet à diriger les pas urbains. Il ne s’agit pas pour autant de marcher au hasard, mais de suivre le "relief psychogéographique", d’explorer les "unités d’ambiances" ou "plaques tournantes" source G. Debord Psychogéographie n.f. : L’étude des lois exactes et des effets précis du milieu géographique, consciemment aménagé ou non, agissant directement sur le comportement affectif des individus. source G. Debord Artificialisation des sols n.f. : « tout processus impliquant une perte d’espaces naturels, agricoles ou forestiers (ENAF), conduisant à un changement d’usage et de structure des sols ». source : Observatoire national de l’artificialisation des sols (Onas).
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LISTE DES ABRÉVIATIONS ACV : Analyse du cycle de vie ADEME : Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie AEU : Approche environnementale de l’urbanisme AMI : Appel à Manifestation d'Intérêt AMO : Assistance à maîtrise d’ouvrage ANCT : Agence nationale de la cohésion des territoires CC : Communauté de communes DEVECO : Pôle Développement Economique, Territorial, Emploi et Numérique DGALN : Direction générale de l'aménagement, du logement et de la nature ERC : Eviter-réduire-compenser Irstea : Institut national de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture IGN : Institut national de l’information géographique et forestière. MNHN : Muséum national d'histoire naturelle PUCA : Plan Urbanisme Construction Architecture ZA : Zone agricole ZAE : Zones d’activité économique ZAN : Zéro artificialisation nette ZU : Zone urbaine
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AVANT-PROPOS
Diplômée de l’Ecole Nationale d’Architecture de Paris-Val-de-Seine, où très rapidement mes projets architecturaux se sont construits à partir d’une approche ancrée dans un milieu, tant social que matériel, j’ai toujours eu à coeur d’imaginer le bâti comme l’un des engrenages d’un processus plus large d’une stratégie territoriale. A partir du postulat que toute échelle architecturale, celle de l’homme, doit être extraite de l’espace de la ville existante et de l’échelle du territoire auquel elle s'ancre pour être pertinente, il était devenu indispensable de me former à l’urbanisme pour commencer à exercer. L’aménagement et l’organisation des villes est un métier connexe à la conception architecturale sur de nombreux critères : l'influence sociale, culturelle, politique et économique que génèrent ses prises de positions, ses sélections d’outils de conception, le type de développement des futures manières d’habiter un lieu. C’est donc pour mieux me situer dans ces notions quasi sociologiques que je me suis engagée dans le parcours AUDE, Alternatives urbaines et démarches expérimentales Espaces publics, en Master Urbanisme et Aménagement à l’Ecole d’Urbanisme de Paris. Ce stage m’a permis de mettre à profit les pistes qui m’ont été données durant cette année, soit cette ouverture sur la réappropriation de l’espace tant par ses habitant.e.s et le développement de diagnostic d’usage, que la façon de l'intégrer dans une démarche d'aménagement fondée sur la participation… mais aussi la prise en compte de la notion politique de la restructuration de l’espace public et des progrès sociaux qui peuvent en découler. Enfin, la difficulté à se positionner comme technicien objectif face à cette lecture en amont de l'immatériel comme élément précurseur de projet. Ainsi, quelles réactions adopter face à tel ou tel phénomène : l’intensifier ou aller à contre-courant ? Concéder au pilote de projet, ou, porté par des justifications quantitative et qualitative, amorcer une alternative ? Ainsi s’engage l’architecte-urbaniste dans un milieu institutionnalisé.
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En avril 2020, j’ai commencé à travailler à Bagnolet, dans la Bergerie des Malassis, auprès de Gilles Amar. Mais je me suis vite heurtée à mes limites lorsqu’il s’agissait de trouver des financements pour aider l’association à rester hors de tout compromis politique. J’avais besoin d’une expérience en milieu institutionnel, dans une structure publique inscrite dans cette politique de la ville que Gille tendait à combattre avec radicalité, pour avoir des bases méthodologiques. Il me semblait primordial pour être pertinente dans mes choix et décisions, obtenir des subventions territoriales pour sa structure tout en en conservant l’autonomie, de comprendre dans un premier temps les logiques de l’aménagement public, contre lequel il a tant de griefs. J’ai donc recherché un espace cadré où je pourrais à la fois apprendre le langage diplomatique tout en m’investissant dans un engagement social et écologique afin d’être par la suite un support allié de qualité. De plus, j’ai dû quitter l’attractive Ile-de-France pour une région plus délaissée, aux problématiques rurales et industrielles incontournables dans les défis écologiques à venir. Mon intérêt pour ce grand oublié des urbanistes qu’est le territoire rural s’inscrit donc dans la continuité de mon premier mémoire : Néoruralité et communauté marginale : un laboratoire d’expérimentation architecturale résilient pour une urbanité en transition. Et c’est donc avec plaisir que j’ai effectué mon stage au sein de l’Agglo du Pays de Dreux1, avec une mission qui allait me permettre d’établir des relations entre l’actuelle crise de l'industrie et de l’agriculture conventionnelle, la hausse du taux de chômage, le marché immobilier en difficulté, la fermeture d’équipements de proximité, publics ou privés, avec cette crise majeure écologique et sanitaire. Face à ces alarmes qui se combinent, il faut trouver des réponses fortes et efficaces ! C’est donc à travers cette expérience comme référente des suites du concours d’Europan15 Ville productive au sein de l’Agglo du Pays de Dreux que je me suis investie avec les objectifs sous-jacents de :
L’Agglo du Pays-de-Dreux est un EPCI (établissement public de coopération intercommunale ), soit une communautés d'agglomération issue du regroupement de 81 communes de la Région Centre-Val de Loire 1
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➔ travailler au sein d’une EPCI et observer le fonctionnement interne, les procédures, les protocoles et la division des spécialités. Les responsabilités et rôles au sein de l’ AMO des différents agents du pôle (du processus de conception au suivi de chantier), le déroulé d’une réunion et le positionnement emprunté suivant les engagements pris face à nos interlocuteurs, la diversité des missions pouvant être accompagnées au sein des différentes communes.
➔ travailler au sein d’une EPCI et observer son fonctionnement et ses contacts avec les autres acteurs institutionnels et locaux extérieurs (principalement des élus ou des entreprises).
➔ proposer un protocole de relance du concours Europan15 se positionnant sur une base de concertation des usagers concernés par la future opération, à travers deux actions : ○ une exposition comprenant un tableau pour laisser des commentaires et des critiques : conçue pour être itinérante et exposable aux intempéries afin d’être visible par le plus grand nombre dans un espace public “neutre” de chacune des communes concernées par le projet. Le but est d'informer la population locale et d’avoir ses retours et opinions sur nos grandes directives, avant de les approfondir. Concrètement, cette initiative bien qu’innovante au sein de l’Agglo, n' est que le degré 1 information de la concertation, soit un niveau élémentaire avec une relation de caractère descendant, en sens unique. Bien qu’il y ait la possibilité pour l’usager de délivrer un message et une critique de l’information exposée, cette première ouverture à la consultation est encore trop timide pour être considérée comme une volonté sérieuse de passer à un degré supérieur de la concertation qui prendrait en compte l’avis du public. ○ Une journée de concertation avec des acteurs ne se rencontrant habituellement pas, puisque positionnés comme des opposants idéologiques (ex : le PUCA et les
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Chambres d’agriculture, les chef.fe.s d’entreprises industrielles et la coopération d'agroforesterie, le promoteur/aménageur et l’architecte/théoricien). Cette journée devait être précédée d’une visite de site inspirée des dérives situationnistes, pour se réapproprier le réel, dit banal.
Le but de cette démarche est donc ainsi, par anticipation, de faire se marier les enjeux économiques de court terme et les enjeux sociaux et écologiques inscrits au long terme.
“ Ces actions sont menées par le ministère de la Cohésion des territoires qui se heurte de front avec celui « Faire travailler ensemble les territoires “gagnants” avec les territoires “perdants” » de l’Économie et des Finances. Pour ce dernier, tous les choix pouvant freiner une forme de développement économique, tels les centres commerciaux périphériques, sont difficiles à remettre en cause, au nom de la sacro-sainte doctrine du libéralisme économique.“ URBANISME-ARIELLA-M.-Septembre-2020.-Comment agir dans les territoires oubliés.
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SOMMAIRE Problèmes de terminologie pp. 3-5 Liste des abréviations p.6 Avant-propos pp. 7-10 Introduction pp. 14-20 > Dans quelles mesures les défis écologiques deviennent-ils l’opportunité d’établir un modèle de concertation inter-acteurs pour aménager une économie locale soutenable dans des communes rurales?
Partie I - Territoire agricole et d’industriel
I - les défis écologiques, chiffres et données d’alerte pour les actions à venir a- Pourquoi parler d’écologie en milieu rural pp 21-23 b- Retour sur la notion d’anthropocène et celle de transition écologique pp. 23-34 c - Retour sur la notion d’(o)economie et d’(a)ménagement pp. 34-37
II - Chronologie d’une région en mutation a - 50 ans d’évolution des villages périurbains et de l’agriculture pp. 38-39 b- D’une économie de l’aménagement par l’étalement urbain aux urgences climatiques pp. 39-42 c - Prospection périurbaine : Europan, symbole d’une nouvelle étape de ce processus global pp. 42-43
III - Etude de trois communes vitrines : Brezolles, St Lubin des Joncheret et Tremblay-les Villages a - Présentation du concours Europan15, Ville productive pp.43-51 b - Quatres projets sélectionnés pour continuer l'exploration pp.51-55
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c - Les suites du concours et jeu d’acteurs, entretiens informels pp.56-60 Partie II La concertation, une clé de voûte pour la gestion de la transition I- Les degrés de concertation et ses apports et limites a - Des définitions de la concertation pp.61-66 b - Première étape pour la concertation : appropriation des lieux par les invités pp.66-68 c - Etape deux : Restitution de la prise en compte des propositions dans la décision pp.68-77
II- Les profils d’usagers socio-professionnels mobilisés et leurs réactions a - Articulation avec les objectifs des entreprises et agriculteurs pp. 77-79 b - Articulation avec les objectifs de l’agglomération et de ses communes pp.79-84 c - Articulation avec les objectifs des architectes et représentants d’Europan. p.84
III- Système d’acteurs et échelle d’application et d’investissement à redéfinir a - Apports et limites des maîtrises d’ouvrage public (État, régions,départements, Agglo du Pays de Dreux, élus des communes ) pp.85-90 b - Apports et limites du processus de concertation établi pour les suites d’Europan pp. 90-91 c - Retour critique de l’organisation et obstacles : les invariants et les marges de manœuvre pp.91-93
Conclusion pp.94-100
Bibliographie pp.101-103 Tables des Figures pp.104-105 Annexe pp. 106-125
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Introduction Selon le MOOC Gouvernance territoriale par le Centre International d’Etudes pour le Développement Local (CIEDEL) ; CNFPT-INSET, passer du territoire, « support passif des évolutions de l’économie et de la société » à un territoire «acteur collectif » est une stratégie ré-émergeant des maîtrises d’ouvrage publique pour répondre aux directives inscrites au Plan biodiversité2. Son application concrète sur le territoire rural et industriel de la région Centre-Val-de-Loire est en cours d'expérimentation, soutenue et encouragée par des partenaires étatiques, régionaux et départementaux, sur différentes échelles d’actions alternatives. Ainsi, le 15e concours Ville Productive (resources-mobilités-équité sociale) piloté par l’association Europan France et porté par le PUCA -DGALN, le Ministère de la Transition Écologique et Solidaire, Ministère de la Cohésion des Territoires et le Ministère de la Culture en est un exemple, subventionné par l’Etat et les collectivités qui y participent. Ou encore l’appel à manifestation d'intérêt (AMI) pour des Territoires pilotes de sobriété foncière lancé par le ministère de la Cohésion des territoires et des Relations aux collectivités territoriales et le ministère de la Transition écologique, en s’appuyant sur l’Agence Nationale de la Cohésion des Territoires (ANCT)/Action Cœur de Ville, la Direction Générale de l’Aménagement du Logement et de la Nature (DGALN) et le Plan Urbanisme Construction Architecture (PUCA) est une
démarche top-down3 adressée à des collectivités pour les
engager sur ces pistes de réflexion.
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Dévoilé le 4 juillet 2018, le Plan biodiversité vise à renforcer l’action de la France pour la préservation de la biodiversité et à mobiliser des leviers pour la restaurer lorsqu’elle est dégradée. L’objectif est d’améliorer le quotidien des Français à court terme et de garantir celui des générations à venir. source : Ministère de la Transition Écologique 3
approche dite descendante, qui se dit d'une démarche qui se fonde sur une explication ou une modélisation conceptuelle pour aboutir à des données, des observations ou des résultats concrets. source : FranceTerme, Ministère de la Culture
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Né dans un contexte de crise écologique et économique, ce modèle d’urbanisme de transition4 est avant tout promu par des acteurs publics. Tandis que, paradoxalement, la prise de conscience des dérèglements climatiques et de ses conséquences est devenue collective et dominante. Ce contexte place toutes les entreprises en faveur de l’écologie, contrairement aux mouvements pour l'environnement et critiques de la société de consommation du XXe siècle, sur un piédestal de légitimité. Dans sa dimension purement législative avec des recours à des processus expérimentaux et itératifs, les réactions aux défis climatiques sont porteurs de fortes déstabilisations du système d’aménagement des communes. En adoptant comme cadrage théorique celui du point de vue de la référente Europan et AMI ZAN au sein d’une collectivité d'agglomération porteuse de ses actions, il est dès lors intéressant d’interroger la potentielle utilité d’expérimenter de nouveaux paradigmes de rurbanisation. Nous questionnerons donc le sujet de la pertinence du processus de concertation multi-niveaux et inter-acteurs comme outil de réorganisation d’une ville sectorisée5 à une ville passante6, au service des objectifs de transition écologique. Nous partirons de l’exemple cadré par deux communes rurales, Brezolles et Tremblay-les-Villages, sélectionnées pour les suites d’Europan15, car représentatives des
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L’architecture et l’urbanisme sont des domaines incontournables pour apporter des réponses aux enjeux de la transition écologique : baisse des émissions de carbone et des consommations énergétiques, préservation des ressources et de la biodiversité, résilience face aux événements climatiques extrêmes et protection sanitaire. source : Livre Blanc 0.2 du Conseil National de l’Ordre des Architectes 5
Dans le sens du texte ; urbanisme reposant sur le système circulatoire et celui du zoning (par activités) produisant des micropériphéries à tous les échelons des établissements humains (villages, bourgs, petites villes). source : David Mangin, auteur de La ville franchisée financée par le Plan urbanisme construction et architecture. Plus neutre, urbanisme constitué de zones géographiques délimitées au sein d’un ensemble plus vaste ; espace résultant d’une division, notamment administrative, dans un domaine particulier. Sous-ensemble de l’activité économique. source : Dictionnaire de l’Académie Française.
Ville où peuvent s’inscrire des bâtiments et des programmations hétérogènes, acceptant l’hétérogénéité visuelle comme condition sine qua non d’une vitalité économique, sociale et artistique, à différentes échelles et pour différents acteurs . 6
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dérives des villes franchisées7. De plus, situées à proximité d’un futur axe autoroutier, toutes deux vont certainement subir dans les prochaines années une accélération de leur développement, enjeu économique majeur à anticiper et orienter pour qu’il s’inscrive dans une stratégie écologique. Le postulat, basé sur l’étude de la chercheuse Paula Macé8, est que la morphologie prototypique des problématiques des communes rurales pourrait permettre l’identification d’invariants clés, comme des méthodes ou acteurs, pour guider d’autres futures opérations urbaines de transition écologique de contexte similaire. Sur la base méthodologique d’une critique des lauréats Europan, de lecture croisée de recherches et textes existants et de la mise en place d’activités de co-conception et de la critique de leur mode d’organisation, nous traiterons de la concertation inter-acteurs sous le prisme de la transition écologique dans un contexte de territoire rural d’industrie, d’agriculture et de zone pavillonnaire. L’expérience dont ce mémoire est l’objet n’est qu’une trace d’une des premières ouvertures de la maîtrise publique du territoire à ce type de procédé de planification. Bien que la pandémie n'ait pas offert un contexte favorable à l'aboutissement des ateliers et rencontres nécessaires à la concertation pour être concluant, la dynamique semble lancée ! Une fois les mesures de distanciation physique écartées, nous pourrons de nouveau relancer cette journée de travail prévue pour co-concevoir, par des fonds de plan satellite, du calque, des feutres et des graphes de schéma de liaisons, les bases d’un cahier des charges établit lui aussi en collaboration. Adapter cette entreprise à une forme dématérialisée, en visio, ne permettrait pas l'assurance d’une même implication des acteurs. Effectivement, sans la pédagogie et les outils matériels pour servir de traducteur de leurs pensées, la perspective commune d’élaborer un plan urbain novateur risque, selon les retours d'expériences d’ateliers de concertation antécédents, de désorienter les invités 7
Un double sens à cette notion de” franchisée” : celle des enseignes dont l’objectif est d’être reproductible en
réseaux et celle décrivant les grandes emprises privées ou publiques, gardées, accessibles seulement sous conditions. source : David Mangin, auteur de La ville franchisée financée par le Plan urbanisme construction et architecture.
Autrice de la thèse intitulée La transition du système alimentaire urbain au prisme de la fabrique de la ville contemporaine, soumise en janvier 2018 8
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éloignés de ce vocabulaire urbain et des sphères professionnelles éloignées de l'aménagement. Il semble cependant effectivement essentiel, malgré la distanciation physique, d’adopter une approche collective dans la restructuration des communes rurales face aux défis de relocalisation, d'économie circulaire, de sortie de l'agriculture conventionnelle, de changement des modes de vie et d’habiter à la campagne pour que prévale l’intérêt général. Autour de la figure centrale de l'Agglomération du Pays-de-Dreux, cette expérience structurelle territorialisée recèle des potentialités. Elle s’envisage comme un outil d’incitation à la communication des entreprises et agriculteurs privés, des partenaires publics et des usagers entre eux afin d’établir durablement une croissance économique soutenable et ancrée dans les défis et urgences écologiques et sociaux actuels. Ce serait la première expérience réelle de l’Agglo du Pays de Dreux dans ce domaine, avec une littérature et un imaginaire autour de l’extension des ZAE, de l’espace agricole avec des modes d’habiter9 ces bourgs encore trop peu fournis. L’une des hypothèses serait qu’en influant, en amont de tout contrat d’opération d’aménagement, une réflexion bottom-up10, les acteurs de la commune pourraient converger vers un horizon durable par la prise en compte des intérêts de chacun, avec les possibles mutualisations des fonctions et densifications des usages, par exemple.
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Là où l’urbanisme moderne parle d’habitat, l’internationale situationniste met en avant la prééminence de « l’habiter ». Leur contre-modèle d’« urbanisme unitaire » découle de La Déclaration d’Amsterdam rédigée en 1958 par Debord et Constant Nieuwenhuys. Le terme unitaire s’impose car l’urbanisme situationniste veut réunir tous les arts et toutes les techniques pour édifier une ville qui sera unitaire en abolissant la séparation entre artistes et population et en mettant ainsi un terme à la figure de l’urbaniste spécialisé. source : POLITIKON URBAIN Habiter revient à faire corps avec le lieu qui nous reçoit autant que nous l’accueillons et le respectons, à tisser d’innombrables relations avec les autres habitants, humains et non-humains, à ménager tout ce qui participe à nos activités, à nos rêves et à nos désirs. Thierry Paquot A pproche dite ascendante, se dit d'une démarche qui se fonde sur des données, des observations ou des résultats concrets pour aboutir à une explication ou à une modélisation conceptuelle. Méthode de gestion impliquant de consulter le personnel avant de prendre les décisions. source : FranceTerme, Ministère de la Culture 10
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Comme le stipule Fanny Guillet11, la gouvernance d’un nouveau système d’urbanisation pourrait être repensée, par le biais d’une révision du cadre législatif (PLU, SCoTT) et des modalités des programmes et opérations privés pour plus de souplesse et d’agilité. L'Irstea promeut aussi cet effort d’introspection des maîtrises d’ouvrages et des partenaires publics, des maîtrises d'œuvre, des habitants et usagers. Je suppose donc que ces réflexions apparaissent essentielles à la structuration d’un urbanisme de transition écologique, et surtout, grâce à ce travail local en amont, à l’inscription et au maintien dans le temps d’un développement durable12 . Ce mémoire est ainsi l’occasion d’explorer la manière dont les défis écologiques impactent sur les processus de conception des architectes, paysagistes et urbanistes en milieu périurbain, territoire d’industrie et d’agriculture. Et donc, de se demander : Comment les défis écologiques deviennent-ils l’opportunité de projeter un développement économique durable du péri-urbain/rural par des méthodes de planification urbaine (re)définissant une lisière ville-campagne ? Comment joindre les ZAE à la dynamisation des coeurs de ville avec, par exemple, pour fin de maîtriser dans le futur tout risque d’extension de l’urbain sur les sols agricoles ou naturels ? Comment ces menaces climatiques deviennent-elles l'opportunité d’une convergence des attentes et mobiles de chacun en un point d’accord ? Et pourquoi est-il alors pertinent d’injecter une dynamique de développement économique durable dans les villes péri-rurales/urbaines par des méthodes de
concertation?
Comment
encourager
industriels,
artisans,
agriculteurs
et
habitants, habituellement concentrés sur le maintien de leurs secteurs d’activité à communiquer entre eux ? Et auprès de qui ou de quoi, ces différents acteurs souhaitant collaborer en écosystème peuvent-ils s’appuyer ? L’objectif global de la transition est-il suffisamment fédérateur pour créer une relation consensuelle entre des profils possédant
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chercheuse contractuelle au MNHN depuis 2011 dans un projet interdisciplinaire, alliant science écologique et sciences sociales. 12
L’UNESCO a lancé en 1971 le programme intergouvernemental MAB (Man and the Biosphere – L’homme et la biosphère) dont l’objectif est d’établir une base scientifique pour améliorer les relations homme-nature au niveau mondial. Il a ainsi esquissé les bases de ce qu’on appelle désormais le « développement durable » à travers un programme scientifique, puis par la mise en place d’un réseau mondial de réserves de biosphère dont les premières ont vu le jour en 1976. source : Encyclopédie Universalis
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différents niveaux d’influences et de responsabilités, soit une des formes d’hétérotopies réalisables ? Ces questionnements permettent aussi de se demander si le terme de ville péri-rurale serait plus adapté que celui de ville péri-urbaine pour adopter la démarche fondamentale de relocalisation des activités de ces bourgs et d’adopter une vision moins centralisatrice. En effet une de mes hypothèses est que défaire le lien de dépendance aux aménités des villes centrales permettrait aux bourgs, par leur autonomisation, un mode de vie lié cette fois-ci aux caractéristiques de leur ruralité, comme l’autonomie alimentaire, le développement d’un artisanat et d’une production locale, la réappropriation d’une lisière agricole, infrastructurelle ou d'entrepôts. Rendre ainsi superflus les mouvements pendulaires et motorisés de ses populations, aujourd'hui nécessaires à leur survie, me paraît être une démarche indissociable de la transition écologique de leur mode de vie. Ce néologisme révèle aussi l’actuelle difficulté de travailler sur l’amélioration et la prise en compte des ZAE dans la planification urbaine actuelle. Comment la révéler comme véritable lieu, digne, et y inclure des réflexions urbaines, paysagères et architecturales ? Cette notion de transition écologique, de protection des sols de l’artificialisation nous pousse-t-elle à renouveler notre regard sur la définition de la nature, souvent artefact modelé par les activités humaines précédentes ? Comment cette réglementation de Zéro Artificialisation Nette, définie comme l’interdiction de modifier la nature du sol avec le principe « éviter-réduire-compenser », peut-elle être aussi un risque pour la biodiversité en sacralisant ce que nous constituons13 comme nature à un instant T ? De plus, cette vision de la nature, filtrée par une vision anthropologique, varie selon les sensibilités des habitants de la ville ou de la campagne. Il existe donc de nombreuses approches et sensibilités à la transition écologique entre des urbains, issus de grandes centralités denses et de ses couronnes proches, ou des ruraux vivant en milieux pavillonnaires espacés et à la ligne d’horizon dégagée. 13
“Ce qu’on appelle la nature, c’est une construction singulière et récente. Le problème c’est que le système qui a produit la nature permet aussi de l’exploiter, de la malmener et d’en faire une des racines du problème écologique aujourd’hui.” Philippe Vion-Dury, fondateur de Socialter.
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Par conséquent, comment les défis écologiques deviennent-ils une opportunité pour constituer une lisière valorisant un rapport entre l’habiter14 rural et celle d’une campagne non idéalisée, contrairement aux regards citadins.
Et c’est ainsi que de nouvelles méthodes de planification durable du péri-rural sont possibles, grâce à une néo-rurbanité qui questionne ses rapports entre l’habiter, la productivité locale des entreprises industrielles, artisanales et agricoles et son mode de développement économique. Par la suite, un nouveau dialogue avec la notion de nature et celle de transition écologique pourra être accepté et apprivoisé par une population locale qui n’en fait, selon la majorité des habitants de milieu dense, pas encore sa priorité de penser. De ces nombreux questionnements, hypothèses et pistes d'exploration a émergé la problématique centrale de ce document : Dans quelles mesures les défis écologiques deviennent-ils l’opportunité d’établir un modèle de concertation inter-acteurs pour aménager une économie locale soutenable dans des communes rurales?
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cf. note 9
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Partie I - Territoire agricole et d’industrie I - Les défis écologiques, chiffres et données d’alerte pour les actions à venir “L’agriculture vit une révolution urbaine sans précédent traduisant un changement de civilisation profond” Rémi Janin
a- Pourquoi parler d’écologie en milieu rural ➔ Portrait du territoire Le bassin de vie de Dreux compte 118 100 habitants en 2010. Ce territoire est polarisé par l’«unité urbaine » de Dreux (Au sens de l’INSEE, une unité urbaine est un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu, qui compte au moins 2 000 habitants. L’unité urbaine de Dreux est formée par les communes de : Dreux, Vernouillet, Chérisy, Luray, Mézières-en-Drouais, Sainte-Gemme-Moronval) qui accueille sur 6 communes, 41% de la population et 59% des emplois du territoire. La ville centre regroupe 26% de la population et 42% des emplois du bassin. En dehors de l’unité urbaine drouaise, plusieurs pôles structurent le bassin : sur les franges Nord, la commune d’Anet (2 640 hab.), au Sud, les communes de Châteauneuf-en-Thymerais (2 610 hab.)…
➔ Un bassin de vie fortement tourné vers l’Ile-de-France
A l'extrême Nord de la région Centre-Val-de-Loire, voisin de l’Ile-de-France et de la Normandie, le bassin de vie de Dreux est clairement tourné vers la région capitale, et en particulier vers le département limitrophe des Yvelines. Signe révélateur de cette attractivité, 33 % de ses actifs résidents (soit 16 000 personnes) partent chaque jour travailler en région parisienne, une grande partie utilisant la ligne SNCF Paris-Granville, qui
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met la gare Montparnasse à moins d’une heure. La frange Est du bassin, sous l’influence francilienne, a connu une forte urbanisation à partir des années 1980. La frange Ouest, en bordure du Perche, possède des caractéristiques rurales. Globalement, le bassin connaît une croissance démographique, comparable à celle de la région et portée uniquement par un solde naturel élevé. En revanche, le bassin affiche un déficit migratoire depuis les années 1990. Au sein du territoire, les communes situées sur les franges franciliennes et au sud-ouest sont particulièrement dynamiques sur le plan démographique : elles enregistrent à la fois des soldes naturels et migratoires élevés. Le bassin de vie abrite par ailleurs une population plus jeune que la moyenne régionale.
La grande agglomération drouaise, qui a vu le jour début 2014 et qui regroupe 81 communes, compte 114 931 habitants (environ 90% de la population du bassin de vie). C'est la plus vaste intercommunalité de la Région Centre-Val-de-Loire et la quatrième de la Région par sa population. Sur un territoire de 1 047 km2, elle compte 89 habitants/km². La construction et le développement des territoires se sont souvent réalisés sur l’opposition « villes/campagnes » alors même que chacun s’accorde à dire que cette dualité est une hérésie et qu’une communauté de destin se joue à l’échelle des territoires. Être une agglomération XXL de plus de 1 000 km² est donc une chance pour le pays de Dreux, car il permettrait de renforcer cette complémentarité et ce futur commun dans l’ambition d’un territoire résilient, inclusif, et qui défend une certaine circularité. La France est le pays européen avec le plus haut niveau d’artificialisation des sols par an et par habitant. Ainsi l’évolution du mode de planification de son territoire rural paraît être l’enjeu prioritaire de la lutte contre l’artificialisation des sols, car c’est en milieu périurbain que se trouve la majeure partie de ses surfaces construites chaque année. Cette maîtrise du foncier est l’une des étapes indispensables à la transition écologique de notre économie. Effectivement, les dérèglements climatiques et la crise sanitaire actuelle nous rappellent combien opposer la protection de la nature d’un côté à la création d’emplois et au court terme économique de l’autre est une totale aberration.
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figure 2 : © Agreste « Utilisation du territoire – L’artificialisation des terres de 2006 à 2014 : pour deux tiers sur des espaces agricoles »
Deux millions d’hectares de terres agricoles ont été perdus entre 1980 et 2010, ce qui représente la superficie cumulée des Landes et de la Gironde. Les sols artificialisés continuent depuis de s’étendre, avec 490 000 hectares perdus entre 2006 et 2014. Après un pic entre 2006 et 2008, leur progression se stabilise autour de 55 000 hectares par an depuis 2008. Les terrains artificialisés constituent désormais 9,3 % du territoire métropolitain, selon les données officielles.
b- Retour sur la notion de transition écologique ➔ De l’économie linéaire mondialisée… Si au XXe siècle les précurseurs dénonçant le changement climatique et la nécessité imminente d’une révolution dans nos modes de consommation n’ont pas souvent été pris au sérieux par leurs contemporains, le XXIe siècle est conscient de la pertinence de leurs discours et des responsabilités que cela entraîne. « Les 1% les plus riches de la population (environ 63 millions de personnes) étaient responsables à eux seuls de 15% des émissions cumulées », soit « deux fois plus que la moitié la plus pauvre de la population mondiale. » conclut un rapport d’Oxfam pour les plans de relance post-Covid.
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Afin de vous mener vers un cheminement logique du lien existant entre ressources naturelles, agriculture, ville et développement économique, il faut vous conter l’histoire des premières villes et établissements humains, intrinsèquement liés à l’agriculture et à la gestion de la terre. Cette symbiose entre ville et campagne tend à réapparaître dans les discours actuels. L’urbain et le rural tendent à retrouver un équilibre et à s’éloigner de la dualité dans lesquels les avaient cantonnés les époques précédentes. Depuis les années 70, il y a un regain de prise de conscience de la dépendance aux ressources naturelles de notre système de développement économique classique. Voici un schéma dessiné pour illustrer ce système :
Figure 3 : La pyramide de l'économie linéaire, extractive
De façon synthétique et simplifiée, une entreprise a pour mission de générer des richesses, de dégager un profit pour créer des réserves sous forme de masse monétaire, de brevets, de logiciels ou de machines. Ce capital productif dépend des compétences, du savoir-faire et de la persévérance des hommes contribuant à son fonctionnement. Seulement, la présence de ces hommes qualifiés est le produit d’un capital social développé. S’ils sont formés et en bonne santé c’est en grande partie grâce à ce libre accès aux soins, à la sécurité et à l’éducation. C’est pourquoi, avec prévoyance, l’entrepreneur va reverser une partie de la somme dégagée par sa société dans le capital productif de son entreprise (formation continue des collaborateurs, nouvelles recrues de compétences, motivation), et, avec les impôts, contribuer au maintien du capital santé. Ainsi son entreprise pourra croître et générer plus de richesses. ➔ … Au développement de l’économie circulaire globalisée ...
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Mais… inspirez : vous êtes parfaitement adapté à l’air. Et l’entreprise aussi se fonde sur l’énergie extraite des ressources naturelles de la biosphère15. Ainsi, à la base de l’entreprise se trouve l’écosystème dont nos capitaux dépendent, tout comme nous, pour se développer. C’est lors de ce constat que le terme de capital naturel16 apparaît en 1973 dans le recueil d’essais Small is beautiful rédigé par l’économiste britannique Ernst Friedrich Schumacher. Suite à cela, une triple prise de conscience de notre dépendance au pétrole lors des crises de 1973, 1979 et plus récemment de 2008 nous sera imposée. Il est maintenant clairement comptabilisé que les ressources naturelles ne sont pas un revenu inépuisable mais un capital limité à entretenir. Ainsi :
« La biodiversité, nous en faisons partie : la nature, c’est nous. Nous ne sommes pas à côté d’elle. Dès que l’on comprend cela, on comprend que détruire les écosystèmes revient à s’auto-agresser, qu’opposer la protection de la nature d’un côté à la création d’emplois et au court terme économique de l’autre est d’une totale stupidité. » assure le biologiste Gilles Bœuf, ancien directeur du Muséum national d’histoire naturelle, en 1992 dans un article intitulé World Scientist’s Warning to Humanity . Ce capital naturel est composé d’une part des ressources renouvelables, comme les forêts, les poissons, l’air, uniquement contraintes par le temps nécessaire à leur développement ; et d’autre part, des ressources épuisables dont le déséquilibre entre vitesse de régénération et degré d’exploitation ne permet pas le renouvellement, comme le pétrole, les minéraux ou le sable. Le pétrole, comme le gaz, est un déchet produit par la fermentation et sédimentation des premiers végétaux il y a 380 millions d'années, alors que les insectes n’existaient pas encore pour les décomposer. L’écosystème actuel est composé de cycles courts qui ne génèrent plus ce type de dépôt. L’arbre va se transformer en nutriment nourrissant des organismes qui le décomposeront et, en contrepartie, ces organismes optimiseront la croissance de la graine suivante. Les déchets de l’un sont la richesse de l’autre. Notre système économique comme notre système de construction est encore basé sur l’ancien modèle. Nous extrayons à coup d’énergie les ressources primaires dont nous avons besoin : cette exploitation est le secteur primaire. Nous transformons ensuite cette matière brute et fabriquons des matériaux raffinés et adaptés pour leur futur assemblage par le secteur tertiaire. Et enfin viennent leur distribution et leur utilisation jusqu’à ce qu’ils deviennent obsolètes et soient jetés comme rebus. Il y a donc le problème de l’épuisement du capital naturel et de l’accumulation de déchets. C’est pour ces raisons qu’il est nécessaire de comprendre que l’équation de nos 15
Enveloppe du globe terrestre où se trouvent réunies les conditions de la vie. Dictionnaire de l’Académie Française
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comportements n’est pas linéaire, mais forme une boucle connectée à la biosphère, un système. L’action d’un composant de ce système influe directement sur l’autre, positivement ou non. Cette analyse a généré une pensée économique prenant en compte l’empreinte écologique. Des entrepreneurs écologistes comme Paul Hawken, Amory B. Lovins, et Hunter Lovins, proposent un nouveau modèle économique dans Natural Capitalism (1999), ou des économistes et ingénieurs expérimentent, comme John Polk Allen et Margret Augustine, têtes du projet de la Biosphère II, ou la Biosphère 2 (1987-2007) en reproduisant un système écologique artificiel clos. Les philosophes s’emparent ainsi de la question des pensées de l’écologie politique comme Ivan Illich et son essai La convivialité (1973). « (…) pour formuler une théorie sur une société future à la fois très moderne et non dominée par l’industrie » Ivan Illich - penseur de l’écologie politique - à propos de son essai La convivialité. Il s’agit alors de créer et transformer de façon cyclique pour préserver le vivant (schéma). Figure 4 : schéma de l’économie circulaire
Poursuivre un développement vertueux pour ces entreprises créées par et pour l’homme pourrait générer des bienfaits sans effets secondaires disproportionnés et dangereux pour l’humanité. Les solutions pour baisser la consommation de ces énergies fossiles et de ces matériaux primaires est premièrement de RÉDUIRE au minimum leurs usages, ensuite de les RÉUTILISER et, bien sûr, de les RECYCLER. On peut les travailler avec plus d’efficacité et de rationalité, mutualiser leurs usages pour les (ré)utiliser plus longtemps. « A la fin du siècle, redoutent les experts, nous serons peut-être à la veille d’une extinction massive de formes de vie végétales et animales qui pourrait compromettre la survie de notre propre espèce.» Jeremy RIFKIN (1945) La Troisième Révolution industrielle.
Comment le pouvoir latéral va transformer l’énergie, l’économie et le monde, Babel, 2013
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En effet recycler les constituants et composants de base en fin de vie du produit n’est pas la seule procédure pour la mise en place d’un développement durable. Il serait réducteur de confondre économie circulaire et recyclage. Il y a aussi le réassemblage : on démonte l’objet et on revalorise certains de ses composants sans passer par l’étape de refonte complète de la pièce.
La réutilisation telle quelle, après reconditionnement, ou la récupération par consigne des emballages, bouteilles, bocaux etc, gestion encore moins énergivore. Enfin, la mutualisation de la maintenance de l’objet en place pour qu’il dure le plus longtemps possible, et au service d’un maximum d’usagers, reste le moyen le plus rentable, tant du point de vue du profit que pour la préservation de l’environnement. En revanche, ces services demandent de la civilité et un respect propre à l’autogestion.
Figure 6 :Illustration pour l’exposition du pavillon de l’arsenal MATIÈRE GRISE, de 2014.
« Nous voyageons ensemble, passagers d’un petit vaisseau spatial, tributaires de ses réserves d’air et de sol, notre sûreté dépendant de la sécurité et de la paix terrestres, préservés de l’anéantissement uniquement par les soins, le travail et l’amour que nous prodiguons à notre frêle esquif et, dois-je le dire, les uns aux autres.» Adlai Stevenson dans un discours au Conseil économique et social des Nations Unies en 1965
Ces deux illustrations de Bonnefrite rapprochent la mise en place d’une économie circulaire avec les responsabilités des architectes dans ce mouvement. « Tout l’enjeu sera donc de savoir si, pour les uns (Club de Rome), les conditions de croissance sont soutenables dans un monde aux ressources limitées ; ou bien si, pour les autres (Fuller et ses disciples), la révolution par le design permettra longtemps de faire plus avec moins » Nikola Jankovic introduisant le livre co-écrit par Richard Buckminster Fuller, Gene Youngblood et Medard Gabel, E3 – Energy, Earth and Everyone. Une stratégie énergétique globale pour le vaisseau spatial terre ? World game, 1969-1977
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Figure 7 : 1 Logo du Ministère de l’Équipement à partir de 1985, les trois flèches symbolisent l’Urbanisme, le Logement, les Transports; 2 Logo du Ministère de l'Écologie et du Développement Durable dans les années 2000. 3 Logo du Ministère de l'Environnement, de l'Énergie et de la Mer en 2016-2017. 4 Logo du Ministère de la Transition écologique et solidaire depuis mai 2017.
Il y a 50 ans a été créé le ministère de l’Environnement par R. Poujade, mais ce n’est qu’en 2002 que ce ministère devient le ministère du Développement durable. On observe dans l’évolution de ces logos le rapprochement de l’aménagement de l’idée de l’écologie et du bien-être social. L’activité du bâtiment représente quarante pour cent des consommations d’énergie et vingt pour cent des émissions de gaz à effet de serre dans le monde. Il y a déjà eu des évolutions : depuis les années soixante-dix un bâtiment consomme neuf fois moins d’énergie et émet trois fois moins de gaz à effet de serre en France. Jacques Chanut Président de la FFB (Fédération Française du bâtiment) défend lors de la COP21 la mise en place d’un marché de la rénovation énergétique en France nécessitant des incitations gouvernementales auprès des constructeurs. La mise en place de bâtiments dits performants ou à énergie positive sera possible, nous prévient-il, s’il est viable techniquement et économiquement, si nous sommes prêts à changer de matériau de construction et à modifier nos comportements au sein même de l’habitat. Enfin, il souligne que nous devons entrer dans une phase d’essais et d’expérimentations afin d’atteindre cet objectif de transition énergétique, démarches d’innovations que l’État doit appuyer.
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60 milliards de tonnes de matières extraites par an pour les objets et bâtiments… En France 260 millions de tonnes … Consommation de métal dans le monde 20 tours Eiffel par heure… On coule une piscine olympique de béton toutes les 15 secondes… ➔ … pour s’adapter à l’ère anthropocène ou Earth Overshoot
L’Earth Overshoot Day, ou Jour du dépassement global, est tous les ans la date théorique à laquelle l’humanité a consommé la totalité des ressources renouvelables sur une année. En 2018 ce jour de dépassement était le 1er août, selon l’organisation non gouvernementale américaine Global Footprint Network, tandis qu’en 1986, première année où il a été calculé, l’Overshoot était le 1er novembre. Devons-nous encore nous offrir le luxe d’attendre qu’une organisation globale se mette en place? Heureusement, il existe de nombreuses initiatives en place défendant l’usage de la matière grise, de l’utilisation intelligente des matériaux comme stratégie d’économie de l’énergie nécessaire à sa présence et à son usage. Pour le bâtiment, ceci passe par sa rénovation, réhabilitation ou reconversion ou bien par son démontage pour réassembler certains de ses composants et recycler les autres. Ceci n’est pas nouveau, nombre des bâtiments parisiens furent construits à partir de gravats de villas ou d’hôtels particuliers camouflés sous une façade figurant le calepinage de pierre de taille, et plus en amont on retrouve dans les bourgs les corniches ou les meneaux du château en ruine voisin. Il existe déjà des entreprises de tri des matériaux lors de la démolition d’un bâtiment pour permettre la mise en place d’un circuit des réemplois. Il faut donc commencer par organiser et donner de la visibilité aux filières de démontage et reventes de matériaux de construction de seconde main et par diffuser et vulgariser les techniques et mises en œuvre d’utilisation des matériaux revalorisés.
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A une économie circulaire doit s’ajouter, selon Emmanuel Delannoy, directeur de l’Institut INSPIRE (Initiative pour la Promotion d’une Industrie Réconciliée avec l’Ecologie et la société), la relocalisation pour réduire le flux d’énergie engendré par l’économie mondialisée. Celle-ci démultiplie les transports et les infrastructures qui leur sont spécifiques.
De plus, une économie locale plus solidaire et sobre est plus apte à responsabiliser l’investissement de chacun pour gérer les ressources naturelles locales de la planète. Préservé de l’extraction, l’écosystème peut d’autre part être valorisé comme source première de bien-être et d’aménité, air pur, paysages naturels et promenade…
On observe en ce moment de nombreux courants de contestation sociale avec différents types d’inspirations. Par exemple, les zadistes de St-Etienne ou de Dijon défendent la protection d’un environnement en s’attaquant directement à l’expansion urbaine pour protéger l’aménité d’un écosystème à proximité de leur lieu de vie. Tandis que les gilets jaunes s’opposent à la taxe sur le carburant, nous rappellant la dépendance des bourgs aux villes principales, et l’obligation pour eux d’utiliser la voiture. Ils revendiquent, comme à Bordeaux, la reconnaissance de leurs modes de vie en essuie-glace (d’aller-retour) entre domicile et travail, que le coût de l’habitat en ville les a obligés à adopter. Tandis que d’autres acteurs moins révolutionnaires se rebellent contre le consumérisme et la destruction de la planète en s’isolant complètement des réseaux urbains et vivent en ascètes pour avoir le moins possible d’impact dans cette société de consommation dont ils veulent être la contre-culture. Les fermes autogérées en Auvergne ou, en Alsace, le village d’Ungersheim, sont des laboratoires de nouveaux modèles de transition, de production d’énergie et d’autonomie alimentaire 17 .
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Documentaire Qu’est-ce qu’on attend ? Marie-Monique Robin
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Ces vagues de contestation nous amènent à réfléchir à la correspondance originelle ville-agriculture et au rapport de ce duo inséparable avec celui de la nature comprise comme espace libre de l’exploitation humaine où se développe un monde vivant parallèle non maîtrisé. « Mais il existe d’autres solutions : les marées, mues par les lois naturelles de la gravitation, de l’attraction et de la précession des équinoxes ; le vent, produit par le soleil, les capteurs d’énergie solaire ; les processus chimiques qui produisent le méthane, l’hydrogène, l’alcool, etc. ; la vapeur issue des sources d’eau chaude souterraines tout autour du monde ; et l’énergie que l’on peut tirer des différences de températures, puisque la chaleur se déplace naturellement des zones chaudes vers les zones froides. » Richard Buckminster FULLER (1895-1983) In Robert Snyder, Buckminster Fuller : Scénario pour une autobiographie, Paris, éditions images modernes, octobre 2004 (édition originale, 1980), p. 186 3. ➔ avec la réintroduction de la notion d’économie locale et relocalisée De plus, les trois secteurs acteurs principaux du réchauffement climatique sont les industries (manufacturière, énergétique et agricole), le transport et l’habitat.
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Figure 8: Part des secteurs d’activités dans les émissions de gaz à effet de serre (GES) en 2014, source Citepa
Figure 9 : organigramme de la répartition, des source d’émission de CO2, source Citepa
En France, l'habitat (fuel, chauffage) est la deuxième source d’émission de CO2 (22,5%), derrière le transport (33,2%), suivi de près par les industries (18,7%). Pour une transition écologique du mode d’habitat, il faut prendre en compte les usages des habitants pour leur permettre de diminuer par ménage leurs émissions de CO2. Pour cela il est indispensable de leur permettre de limiter l’utilisation de leur voiture puisque le véhicule particulier en France représente la moitié de la production de CO2 du secteur transport, soit 17 pour cent du total national. On comprend donc la pertinence d’associer aux villes constituées d’habitats passifs et résilients (solide face à l’épreuve de la transition) une stratégie globale et territoriale pour diminuer la dépendance à la voiture pour pouvoir travailler, se ravitailler et se divertir.
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Figure 10 : carte des flux pendulaires domicile-travail quotidien en île-de-France, source Devilliers & Associés
Pour illustrer l’iniquité de cette dépendance, Devilliers & Associés, dans le cadre de l’ATELIER INTERNATIONAL DU GRAND PARIS, ont réalisé une carte pour observer les trajets domicile/travail quotidiens.
La forme “d’étoile” qui apparait représente le flux pendulaire des habitants des centralités urbaines. Il se concentre au sein des villes dont il dépendent18. L’origine de cette dépendance est directement liée à l’histoire que l’agriculture a nouée avec la ville. Afin de reconstruire une logique ville/centralité urbaine/habitats agricoles dans le but de réduire l’usage de la voiture, il faut comprendre leur interdépendance et la manière qui leur permettra de s’autonomiser. Nous comprenons par cette démonstration le rapport entre aménagement, ainsi définis par l’ADEME :
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http://www.lesbassinsdeviedugrandparis.fr/
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urbanisme et
“ Appliquées à l’urbanisme et à l’organisation des territoires, les ambitions du développement durable visent à améliorer la qualité de vie, à réduire les émissions de gaz à effet de serre, à stimuler l’économie locale tout en préservant les ressources naturelles et les paysages. De nombreux acteurs sont mobilisés à l’échelle nationale (ministères, fédérations, agences et associations) ainsi qu’au sein des collectivités (maîtres d’ouvrage, élus, aménageurs publics et privés, bureaux d’études…).”
c - Retour sur la notion d’(o)economie et d’(a)ménagement « La forme d'une ville Change plus vite, hélas ! que le cœur d'un mortel » Baudelaire
Les origines du terme aménager sont issues du XIe-XIIe siècle, où pour se pourvoir en bois pour construire son hébergement, une réglementation des coupes des exploitations de forêt avait été mise en place. Encore à présent, il est utilisé en ce sens en sylviculture. "Aménager, XIIe siècle, “amanagier”, au sens d’« héberger ». Dérivé du moyen français mesnagier, « habiter », puis « administrer » sens 2 . Prévoir l’exploitation d’une forêt en coupes successives. ” Dictionnaire de l’Académie Française
Cette origine matérielle nourrit un imaginaire parfois occulté par la notion qu’on en a fait ces dernières décennies. L’aménagement est associé au territoire dans une circulaire de février 1950, Pour un plan national d’aménagement du territoire, par le ministère de la Reconstruction et de l’Urbanisme (depuis 2018, l’actuel ministère de l’Ecologie) sous Eugène Claudius-Petit, qui sera l'écrit fondateur de la politique menée au cours du demi-siècle suivant. Ainsi l'État centralisateur, pyramidal, doit répartir sur l'ensemble de la France les activités agricoles, industrielles et servicielles afin que chacun puisse en profiter au nom de
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la République, produisant ainsi un urbanisme générique19, terme emprunté à l’ouvrage de Rem Koolhaas. A sa suite, les aménagements de la Délégation à l'Aménagement du Territoire et à l'Action régionale (DATAR) en 1963, dans le but de moderniser le pays, poursuivent cet objectif de fonctionnalité suivant les objectifs de la planification centrale souple et nationale de la France. Cette citation de Maurice Le Lannou, géographe, illustre parfaitement la contrepartie de cet aménagement plus basé sur les sciences économiques que géographiques ou urbanistiques, trois domaines liés. “La révolution technique a fait de l’homme un migrant ou un touriste, qui perd le contact et la connaissance de l’environnement naturel. L’Homme habitant disparaît, et avec lui s’affaiblit l’Homme citoyen, car la ville, coupée de la campagne, se déséquilibre.” Le déménagement du territoire, rêveries d'un géographe, 1967 M aurice Le Lannou Bernard
Charbonneau,
premier
théoricien
de
l'écologie
politique
en
France(magnifique ouvrage et cri d'alarme Le jardin de Babylone, 1969) , dénonce de façon moins onirique l’aspect technocrate de l'aménagement, imposé au mépris des populations locales (tracé de train, autoroute), et les actions de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA) imposant une agriculture productiviste saccageant l’ensemble des
territoire
locaux.
Aménagement
du
territoire qui n’est, pour reprendre les termes de Le Lannou, qu’un déménagement, au nom du productivisme, réparti en secteurs : zone touristique, zone protégée. Ces décisions centralisées, ont privé les populations des Figure 11 : photographie du graphe “l’erreur est urbaine” prise à Nantes
19 “Mais à l’échelle à laquelle cela se joue, cela doit avoir une signification. Quels sont les inconvénients de l’identité et, inversement, quels sont les avantages de l’impersonnalité? Et si cette homogénéisation apparemment accidentelle - et généralement déplorée - était un processus intentionnel, un mouvement conscient, de la différence vers la ressemblance? Et si nous étions les témoins d’un mouvement mondial de libération : “A bas le caractère !” Que reste-t-il une fois que l’identité a été abandonnée? le Générique ?” extrait de Junkspace Repenser radicalement l'espace urbain, 2011, de Rem Koolhaas
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différentes communes de leur capacité d'autonomie sur leur propre lieu, métamorphosant le terme d'aménagement (et d’architecture aussi) comme l’un des symboles de l‘autoritarisme de l'État et de ses spécialistes dans les milieux alternatifs actuels . Défiance à laquelle Thierry Paquot20, philosophe, répond par la proposition de Heidegger, à savoir le ménagement21 (dérivé de ménager) des gens, des lieux et des choses plutôt que le terme d’aménagement lourd de sentence. Martin Heidegger définit le ménagement dans son essai Bâtir Habiter Penser22 - 1951, par la capacité à maintenir le Quadriparti, les quatre éléments particuliers du rapport au monde, ciel, terre, divins, humains (mortels), par le bâtir. C’est-à-dire par la mission qui rend possible a relation, par l’habitation, de tout être humain avec son milieu de vie, la terre. Cette définition est tout à fait opportune pour décrire la recherche par les lauréats d’Europan du rétablissement d’un lien en rassemblant ce qui était dispersé. Et cela, par des moyens construits, à considérer comme constitutifs, révélateurs du lieu. Un pont qui relie deux rives, les relève et crée le lieu, tout comme le loisir associé au maraîchage dans Urbanisme Agricole23 relie agriculture et lotissement en dessinant leurs lisières. Ainsi, pour la suite, on peut retenir que RASSEMBLER CE QUI ÉTAIT DISPERSÉ EST CONSTITUTIF DU LIEU. Ces réflexions des philosophes de l’espace et de l’écologie, sont une source d’inspiration pour les outils sociologiques actuels dans l'aménagement participatif. Ainsi, Gilles Deleuze et Félix Guattari, proposent-ils dans l’essai de 1980 Mille Plateaux
une conception de
l’écologie en rupture avec une vision scientifique d'experts et de sachants de cette étude du vivant. L'écologie, plus qu’un programme, qu’un parti politique, est une méthode, au sens grec, de cheminement de la connaissance. Soit un processus pouvant se rapprocher de celui de la concertation, où, en rupture avec le savoir universitaire et commun de leur discipline, 20
Paquot.
Dénonce la suppression de la diversité dans Désastres urbains. Les villes meurent aussi, 2015 de T
21
“Les mortels sont dans le Quadriparti lorsqu'ils habitent. Or, le trait fondamental de l'habitation est le ménagement (das Schonen). Les mortels habitent de telle sorte qu'ils ménagent le Quadriparti, le laissant revenir à son être. Le ménagement qui habite est ainsi quadruple.” BATIR HABITER PENSER Martin Heidegger 22 Titre intentionnellement écrit sans virgule pour éviter la hierarchisation des mots qui le composent et forment l’urbanisme selon Heidegger 23 Projet lauréat d’Europan15 de Jules Gauffeny et Lucas Fontaine
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architectes et urbanistes vont s’appuyer sur l’ensemble des connaissances des candidats participants. Ainsi l'accumulation effervescente d’approches d’un même site apporte-t-elle une forme d’écologie sociale processuelle, transversale et intergénérationnelle. Deleuze illustre ainsi ces deux approches de l’écologie : l’arbre avec son tronc commun universitaire et son arborescence de disciplines, forme hiérarchisée et, face à lui, la racine particulière et novatrice, le rhizome proliférant et non hiérarchisé. Deux façons d’être au monde, deux modes de conceptions antagonistes. Dans le premier cas, les usages et fonctions sont ordonnancées en alcôve imperméable, dans le second cas, pas de priorité, tout doit être traité en même temps. Ces questions d’écologie, de ménagement du territoire sont une réaction à l'aménagement toxique auquel a dû faire face le milieu rural depuis la reconstruction, au nom de l’économie. Les origines grec du terme “économie”, OÏKO (habiter) et NOMOS ( administrer, loi ou encore régler) , sont finalement proches de celle d'aménager "héberger, habiter puis administrer” . Parmi les définitions du Dictionnaire de l’Académie française, l’une plus classique, “À l’origine, art d’administrer les richesses de la Cité, de l’État. - Ensemble des activités humaines et des ressources concourant à la production et à la répartition des richesses” donne le cadre de référence à une seconde, dont l’aspect rejoint la pensée phénoménologique et ontologique Heideggerienne : “Harmonie existant entre les différentes parties d’un corps organisé, tendant à en assurer le bon fonctionnement. Tout excès trouble l’économie du corps humain, du corps social. L’économie animale, végétale.” Écrit jusqu’en 1755 avec un “O” oeconomie se transforme en 1755, avec l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert, en “économie”. Si je propose de retrouver le sens premier du mot, originairement OÏKO et NOMOS le sage et légitime gouvernement de la maison, pour le bien commun de toute la famille, c’est pour être plus en correspondance avec les défis écologiques, nécessitant de retrouver une production élargissant la gestion du foyer pour l'épanouissement familial au
bien être de tous dans le respect des limites de
l’environnement.
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Le sens second (de l'actuelle définition) d’économie, s’inscrit dans la métaphore de l’organisme vivant, parallèle sur lequel s’est d’ailleurs appuyé le projet Europan A(GRI)PUNCTURE24 : “De la même manière que le corps, le territoire évolue, s’adapte et interagit avec son environnement, afin de conserver un état d’équilibre où les organes peuvent fonctionner ensemble en bonne intelligence.” C’est sur ces bases que nous allons pouvoir appréhender les raisons qui justifient de parler de dérive pour qualifier le déroulé des aménagements économiques du territoire rural. II - Chronologie d’une région en mutation a - 50 ans d’évolution des villages périurbains et de l’agriculture Dreux a occupé dans l'histoire une position stratégique lors des conflits entre les rois de France et les ducs de Normandie. La ville, située dans la vallée de la Blaise, a subi de multiples sièges dont celui de Henri IV, mais a su, à chaque fois, regagner une prospérité nouvelle. Cité de tradition industrielle, connue dès le XVIIe siècle pour sa manufacture drapière, Dreux profite d'un remarquable essor au XIXe siècle, puis au XXe siècle. L’industrie métallurgique et l'imprimerie font leur apparition. Le renouveau est particulièrement marqué après la deuxième Guerre mondiale, avec le "desserrement francilien » et l'installation de grandes entreprises du secteur de l'électronique ou de l'automobile. Quelques noms ont marqué la vie locale, comme la Radiotechnique, devenue plus tard Philips, ou encore l'usine Facel Vega. Le Drouais est également le fief du laboratoire pharmaceutique Beaufour, aujourd'hui Ipsen, qui emploie environ 400 salariés sur place. Ce développement s'est traduit par une forte expansion démographique. Mais la crise qui frappe le territoire à partir des années 90 stoppe brutalement le mouvement. L'industrie drouaise perd des milliers d'emplois, surtout dans l'automobile et l'électronique (fermeture de Philips, de Cabléa (ex Renault - Véléo), Perfect Circle, Klarius-Rosi). Le territoire reste encore marqué par un taux de chômage élevé, malgré l’implication forte des acteurs du Drouais sur le terrain économique.
24
ANNEXE
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De nouvelles dynamiques se sont néanmoins enclenchées. Avec une dizaine de laboratoires, Dreux occupe une place de premier ordre dans le cluster Polepharma. Ce dernier s'est allié à la Technopole Chimie Biologie Santé et au Groupement régional des Etablissements Pharmaceutiques Industriels du Centre afin de former Pharma Valley, qui s'étend sur quatre régions (Centre, Ile-de-France, Basse et Haute Normandie). L'objectif de cette alliance est de faire du territoire qu'elle couvre, une zone d'excellence européenne en matière de production pharmaceutique. L’agriculture locale se caractérise par une faible diversification : quelques activités d’élevage et une domination des grandes cultures (céréales de la Beauce) avec des exploitations de taille importante, très nettement au-dessus de la moyenne régionale (119 ha). L’emploi agricole est relativement peu important de par un type de production peu demandeur de main d’œuvre et plus mécanisé. Les circuits courts et le réseau "Bienvenue à la ferme" sont toutefois plus développés que dans le reste de l’Eure-et-Loir bénéficiant ainsi de la proximité de la zone de consommation d'Île-de-France et de Chartres. Il y a, par ailleurs, une progression des circuits courts dans des domaines de productions variés (pain, pâtes, laine Mohair, maraîchage biologique ou agriculture raisonnée, produits issus de l’élevage de canard). Les forêts domaniales de Dreux et de Châteauneuf présentent un potentiel à étudier pour le développement d’une filière bois. Pour ce territoire de grandes cultures, si la proximité de Paris peut se révéler un handicap avec la pression foncière conduisant à une urbanisation croissante, elle est également une réelle opportunité pour la valorisation des productions locales.
b- D’une économie de l’aménagement par l’étalement urbain aux urgences climatiques
Les villes périurbaines de la campagne drouaise sont issues d’une chronologie constructive commune. Fortes d’un centre-ville historique, où certaines maisons portent
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encore les traces de structure médiévale, les villages ruraux se sont soudainement étendus dans les années 50 avec l’essor de l’automobile puis des grandes infrastructures routières dans les années 60. Au croisement de ses axes, alors symbole de modernité et de mobilité, se sont installées en 70’ les entreprises et les groupes de distribution qui commençaient à se globaliser. Le rejet des Grands Ensembles, dans les années 80’, rendu visible par une politique facilitant l’accès à l’habitat privé, a clôturé cette métamorphose des villages par des lotissements périphériques posés en grappe, mitant les terres agraires. Cette urbanisation s’est construite au gré des opportunités foncières, sans réelle vision structurante d’ensemble, sans volonté d’unité puisque l’esprit était à la mobilité, la conscience collective de l’épuisement des réserves terrestres encore peu développées. Effectivement, comme aujourd’hui encore, les communes avaient globalement intérêt à attirer l’activité sur leur territoire, donc à bâtir, et ce d’autant plus que la taxe foncière sur les propriétés bâties reste une ressource importante dans un contexte budgétaire contraint. Une incitation que les politiques de soutien au secteur immobilier et à l’accession à la propriété (prêt à taux zéro, dispositif Pinel) pouvaient dans certains cas renforcer. En parallèle, le paysage agricole les environnant a aussi subi de grandes mutations pour faire face à une concurrence mondialisée. Tandis que l’après-guerre se caractérisait par de grands projets d’infrastructure, le monde rural reconvertissait cette industrie en véritable arsenal agricole. Le paysage de la Beauce avec ses openfields de blé illustre parfaitement cette transition du modèle agraire traditionnel vers celui dit “conventionnel”. De cette chronologie a résulté un urbanisme dit “de secteur” ou “de zoning”, dont les écueils sur les modes de vie des usagers et de leur environnement sont multiples. Pour les habitants, il existe tout premièrement une demande de convivialité. Bien que l’artificialisation des sols réponde à leur désir d’espacement, ils déplorent un manque d’espace de sociabilité, avec des exigences allant au-delà de celle offerte par la cellule familiale. Deuxièmement, les multi-appartenances territoriales, dues aux distances entre leur lieu de travail, de loisirs, d’habitat et de commerces, génèrent une dépendance à l’automobile et une isolation des non-conducteurs. Ce manque d’espace public associé à la séparation des fonctions des modes de vie a donc généré, selon Peter Berg fondateur du
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biorégionalisme, une perte d’identification à une communauté et à un écosystème localisé, pourtant nécessaire à la formation d’une harmonie entre la culture humaine et l'environnement dit naturel.
En réaction, de nombreuses directives ont été proposées par l’AGGLO, axant les PLU ou Scot sur l’amélioration du cadre vie par la création de centralités et d’identification des espaces (flottants) auxquels les usagers pourraient se sentir représentés. Mais aussi des opérations de revitalisation de territoire (ORT) Cœur de Ville ou encore l’aventure Europan15, Ville productive, aux services de ses problématiques. Ces efforts ont fédéré un mouvement important, en Eure-et-Loir, s’orientant vers une économie circulaire, qui met l’accent sur la fermeture des cycles de production de manière à assurer le bien-être tout en prélevant le moins possible de ressources non renouvelables (marché paysan, artisanats locaux) ; vers une économie de la fonctionnalité qui vise à remplacer des biens matériels par des services (le Dôme, tiers-lieux de coworking et incubateur) ; et vers une écologie industrielle et territoriale qui vise à densifier les flux d’échanges de matière et d’énergie au sein d’un territoire pour jouer des complémentarités et à ce que le déchet de l’un devienne la ressource de l’autre production (projet d’extension des Zones d’activités avec les procédures alternatives propres à Europan, développement de production d’énergie solaire). Ainsi ces mesures convergent-elles pour que ces communes puissent, à l’orée 2030, élaborer une économie et un mode de vie local, par la densification de leurs usages et fonctions. Ces évolutions de l’urbanisme de secteur, décrites par l’architecte-urbaniste D Mangin dans La Ville Franchisée, vers un urbanisme de liaisons par la reconnexion des activités entre-elles sont les clefs, adoptées par l’Agglo à travers Europan15, de mise en place et de maintien d’une gestion de l’économie foncièrement non-expansive. Ainsi, les recherches effectuées par les lauréats du concours Europan 15, se sont-elles attachées
au
cas
générique
de
communes
périurbaines de Brezolles et de
Tremblay-les-Village, où s’ignorent un centre-ville, des lotissements, une zone d’activité et des plaines céréalières, pour (re)questionner les stratégies de planification urbaine et rurale
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entre-elles. C’est sur cet axe, fondé sur la transversalité et la concertation interacteurs, que les concurrents parviennent à une évolution du système de croissance de ces villes témoins. Ces objectifs permettent d’anticiper les grands chocs à venir et, en cela, d’être un exemple vers une plus grande résilience territoriale par l’intermédiaire d’une économie durable, sociale et solidaire qui met l’accent sur la coopération entre acteurs et la participation directe des bénéficiaires à la gestion des biens et services. Tout comme l’ORT ACV ce processus est centré sur les caractéristiques et l’intensification des vitalités économiques, sociales et artistiques déjà présentes, et favorise ainsi l’hétérogénéité et la complémentarité à différentes échelles et pour différents acteurs.
c - Prospection périurbaine : Europan symbole d’une nouvelle étape de ce processus global Pour Laurent Théry, ancien président du Club Ville Aménagement, ces territoires oubliés seraient constitués d’un ensemble de communes relevant de l’espace rural, de villes petites ou moyennes, hors du cœur dense des territoires métropolitains, mais pouvant être à leur voisinage immédiat, et qui subissent, ou ont subi, les phénomènes suivants: crise industrielle ou agricole, élévation du taux de chômage, marché immobilier en difficulté, fermeture d’équipements de proximité, publics ou privés. Mais les territoires oubliés ne sont généralement pas « dans » des villes, plutôt “entre”» les villes, comme l’ont analysé très tôt les urbanistes italiens Bernardo Secchi (1934-2014) et Paola Viganò avec leur concept de ville diffuse. Leur message a mis du temps à être pris en compte, surtout en France. L’approche catégorielle générant des politiques spécifiques ne semble pas suffisante pour appréhender l’ensemble des problèmes des territoires oubliés. (source : club ville aménagement) Les communes, par exemple, ont globalement intérêt à attirer l’activité sur leur territoire, donc à bâtir, et ce d’autant plus que la taxe foncière sur les propriétés bâties – 41 milliards d’euros en 2017 – est une ressource importante dans un contexte budgétaire
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contraint. Une incitation que les politiques de soutien au secteur immobilier et à l’accession à la propriété (prêt à taux zéro, dispositif Pinel) peuvent dans certains cas renforcer. (Source: France Stratégie). La sobriété foncière n’est pas une pratique dominante en France et l’augmentation de l’artificialisation est très peu corrélée à la croissance démographique. Enfin, selon le CGEDD, seules 43 % des surfaces nouvellement construites entre 2006 et 2014 l’ont été sur des terrains déjà urbanisés. Pour parvenir à l’objectif ZAN intégral, il faudrait alors multiplier par 2,3 la dynamique du renouvellement urbain et du recyclage !
III - Etude de trois communes vitrines : Brezolles, St Lubin des Joncheret et Tremblay-les Villages a - Présentation du concours Europan15, Ville productive Europan est une compétition biennale à l’échelle européenne, où de jeunes architectes de moins de 40 ans sont invités à présenter des projets urbains et architecturaux innovants sur différents sites. L’Agglomération du Pays de Dreux a décidé en 2018 de proposer à l’organisation d’Europan France, trois sites et une problématique pour le programme Europan 15 ayant pour thématique : « Villes productives ». Europan promeut une Europe de la jeune architecture, de l’urbanisme et du paysage en organisant une fédération de pays européens autour de concours de projets architecturaux et urbains et d’échanges professionnels dans ces domaines de la conception. Europan le fait dans le cadre de la ville durable et des changements qualitatifs qu’elle opère avec la prise en compte de l’économie des ressources, des nouvelles mobilités, et de la valorisation des espaces naturels.
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Figure 12 : Le rétro-planning, schéma personnel
➔ Europan15 en chiffre
Figure 13 : carte de france des différents projets Europan 15
➔ Un thème, Ville productive, une question, 3 sites, un dossier de site zone d’activité Quelle production pour quel territoire ? Le but est de faire coïncider développement de l’offre économique et développement local. Des zones d’activités : intégration des enjeux de la transition écologique. Dynamisation
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de l’arrière-pays contre le risque du village dortoir. Transformation du modèle agricole conventionnel avec une dimension locale diversification circuit court. ➔ Un projet multi-sites des projets connectés à la future A154 : de l’impact local à l’échelle supra-locale. Aux portes de l’Ile-de-France et de la Normandie, l’Agglo du Pays de Dreux est un territoire attractif (arrivée régulière de ménages franciliens principalement au bénéfice des petites communes) et traversé (axe Nord/Sud Rouen/Orléans – RN154 et axe Est/Ouest Paris/Rouen – RN12). Les sites proposés par l’Agglo du Pays de Dreux Figure
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visent la question de l’intégration de zones d’activité
économique dans la partie la plus rurale du territoire (hors noyau urbain formé par les Communes de Dreux-Vernouillet), au regard du futur faisceau autoroutier A154 et des opportunités de développement économique et d’évolution. ➔ Caractéristiques comparées des trois sites
L’agglo du pays de Dreux avec les trois
communes
sélectionnées
pour participer à Europan et le tracé de la future autoroute.
Figure 15 : Le territoire de l’Agglo du Pays de Dreux et les trois communes sélectionnées pour Europan 15
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Figure 16 : Ratio superficie par usages/périmètre de la commune, densité habité, et nombre d’habitants source : schéma personnel
Figure 17 : Légende des schémas comparés de la typo morphologies des villages, source : schéma personnel
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BRÉZOLLES
Figure 18 : Brézolles un bourg concentrique
A l’ouest de la commune de Brezolles, la vallée dans laquelle s’écoule la Meuvette a formé une limite naturelle à l’urbanisation. Le village s’est alors développé vers l’est. Aujourd’hui, la zone d’activités se trouve sur le point le plus haut de la commune et marque une limite urbaine à ce bourg de forme radioconcentrique.
Figure 19 : Photo aérienne de la ZAE de Brezolle
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Figure 20 : Brezolles, le périmètre d’étude SAINT-LUBIN-DES-JONCHERETS
Figure 21 : St Lubin, une urbanisation le long de la vallée
Contenue dans l’unité géographique de la vallée de l’Avre, où des sites d’anciennes industries sont encore présents (site de la Paquetterie notamment), la commune se partage entre la vallée au nord, où s’est développé le noyau urbain historique entre deux bras de l’Avre, et le plateau agricole au sud, dans une logique de bandes urbanisées Est-Ouest.
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Figure 22 : Photo aérienne de la ZAE de St Lubin-des-Joncheret
Figure 23 : Brezolles, le périmètre d’étude
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TREMBLAY-LES-VILLAGES
Figure 24 : Tremblay-les-Villages, archipel de village-rues
A Tremblay-les-Villages, la topographie est quasi inexistante, la commune s’est développée sur une zone plate, autour de la rue. Il semble que les deux corps de ferme à l’est de Tremblay aient verrouillé l’extension de l’urbanisation, fabriquant alors une limite. Par conséquent, le tissu bâti s’est développé sur la partie ouest de la commune.
Figure 25 : Photo aérienne de la ZAE de Tremblay-les-Villages
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Figure 26 : Tremblay-les-Villages, le périmètre d’étude b - Quatres projets sélectionnés pour continuer l'exploration
➔ Concept “Ecological Magnet”
Stimuler du changement par ce concept d’aimants écologiques, pôles économiques et écologiques, qui provoquent des interactions et de la perméabilité entre les usages du site par des interventions, de l’attractivité en échange avec cet environnement. L’idée étant de stimuler par ces points des mouvements vertueux : un développement équilibré de l’agglomération, un enrichissement de l’environnement et de la spécificité des communes, des échanges entre de nouvelles entreprises, les centres-bourgs et les habitants.
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Figure 27​ : extrait du rendu Ecological Magnet
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➔ Concept d’ a(gri)puncture
Un outil ludique de co-urbanisation, jeu de cartes de 5 familles : Adaptation et revitalisation - Lisières productives - Réinventer la ZAE - A(gri)puncture Armature verte - Outils du développement durable Le processus est basé sur une armature verte, bleue, jaune et l’A154 comme colonne vertébrale du territoire associé à un réseau d’interventions agricoles activant des points émergents précis. Les espaces naturels doivent être interconnectés et permettre la circulation et les échanges d’espèces animales et végétales. Les continuités écologiques créent non seulement une identité du territoire mais aussi rendent le territoire plus résilient et productif.
Figure 28 : extrait du rendu A(gri)puncture
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➔ Concept d’urbanisme agricole
Définir l’épaisseur et la composition de la lisière agricole comme espace public d’appropriation et d’échanges. (cf. : Ville poreuse de Paola Vigano et Bernardo Secchi) Reconstruire et renouveler les typologies monofonctionnelles étanches du péri-urbain agricole pour sortir du zoning et de ses écueils, mais rester connecté au caractère rural des constructions existantes sur le territoire (typo-morphologie, matériaux de construction). Durables, les bâtiments sont démontables, sans vocation à se pérenniser dans le temps (bois, isolation de ouate de cellulose) et autonomes énergétiquement. (cf.: la Fabriques des frères Janin, Broadacre City de Frank Lloyd)
Figure 29 : extrait du rendu Urbanisation Agricole
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➔ Concept de la ville à la campagne Un caravansérail à Tremblay-les-Villages face au grand paysage: la ZAE est partie intégrante de l’autoroute, mais ne nécessite pas de passer par le péage pour être atteinte. La ZAE devient un caravansérail qui libère les conducteurs de cette charge et lui permet d'additionner à la fonction déplacement de l’autoroute celle de halte et de rencontre des habitants et des voyageurs. La vie villageoise à Brezolles, renforce et valorise l'identité rurale, avec les petites entreprises dans le village, d’autres dans la zone d’activité et sa ceinture paysagère nourricière et différenciée, le village entier devient de nouveau une zone d’activité.
Figure 31 : extrait du rendu de la Ville à la Campagne
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c - Les suites du concours et jeu d’acteurs, entretiens informels
Pour poursuivre cette dynamique, les options d’un plan de transmission d’informations aux habitants et d’une première journée de relance par la consultation des différents acteurs du territoire nous a paru opportune pour réactualiser la pertinence des propositions des lauréats en y intégrant les enjeux et attentes présentes, ainsi que les caractéristiques des usages et des spécificités des entreprises, souvent représentés de manière trop généraliste dans les rendus. De plus, cette transmission publique des informations élémentaires, puis l’implication des usagers à l'élaboration d’un projet, qui devrait avoir un impact direct sur leurs mode de production et espace de vie, est un moyen de faciliter leur appropriation de ces transformations futures. En élaborant des enjeux communs encadrés par les enjeux écologiques, l’Agglo s’assure ainsi d’un projet pouvant se maintenir dans le temps. La procédure Europan se légitimise par cette implication des usagers, qui verront leurs manières de gérer leurs espaces durablement modifiées. Cette démocratisation des prises de décision joue un rôle éducatif complémentaire à l’exposition25, et sensibilise sur les enjeux d’aborder une économie soutenable. Ceci permet aussi d’une part de créer l'opportunité, pour des profils socio-professionnels dont les intérêts paraissent antagonistes, d'échanger, au sein d’un espace neutre, et de prévenir ainsi des conflits d’usages futurs ou des frustrations et, d’autre part, de constituer de possibles partenariats et mutualisations de convergence d'intérêts. J’ai pu avant, qu’on organise l’exposition et cette journée d’atelier, interroger quelques habitants sur le regard qu’ils portaient sur leur environnement de vie, puis, une fois l'événement amorcé, recueillir les réactions d’une technicienne, d’un agroforestier et de la maire pilote. Ce type d’entretien libre ne comporte pas de questions pré-écrites ou de structure. Au contraire, un thème général est simplement émis et les orientations prises par la personne interrogée sont encouragées pour qu’elle puisse approfondir sa pensée.
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Annexe
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J’étais adaptable, neutre, cordiale et à l’écoute pour savoir comment relancer la conversation au besoin. L’avantage de ce type d’entretien est un retrait maximal de mon influence sur la personne interrogée et donc l’augmentation des possibilités de ressortir de cet échange avec une nouvelle hypothèse. L’inconvénient et le risque majeur sont d’obtenir une réponse hors sujet, ce qui demande de ma part une certaine agilité pour savoir quand recadrer la conversation avec diplomatie. Voici le témoignage d’une jeune photographe et ouvrière à l’usine de 24 ans, le lundi 26 octobre : « Là, à Paris, ils sont en train de ressentir ce que c’est d’être confiné! Nous, nous le sommes quotidiennement ici! » s'exclame-t-elle, décrivant ainsi son sentiment d’être isolée d’espace culturel, social et des services urbains. Habitante de la rue des Fermiers, située à 10 minutes en voiture de la desserte sur la nationale et des Coralines, zone d’activité à la porte nord de Dreux, qui regroupe pourtant de grandes enseignes d‘offres diverses, elle ajoute : «Même l’épicier est parti à la retraite [du bourg], personne ne l’a remplacé, maintenant on est obligé de prendre la voiture, même si c’est juste pour un citron ou du beurre. » E lle finalise sa remarque en me présentant un panneau de projet immobilier face à sa maison construite par son père maçon. Le panonceau est planté sur un terrain agricole et domine une parcelle isocèle prise entre la départementale, la zone commerciale et le lotissement : « Et bientôt je n’aurai plus l’avantage de l’espace dégagé, ils vont dupliquer ici des maisons Monopoly moches et sûrement hors de prix. » Ceci concorde avec les statistiques d'une mobilité de plus en plus contrainte par l’éloignement de l’emploi (selon l’Insee 7 salariés sur 10 se déplacent au travail en voiture), des services, des commerces, des lieux de sociabilité.
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Figure 32 : Observation territoriale Données INSEE 2006
Figure 32 : Observation territoriale Données INSEE 2006
Cet isolement a engendré une dynamique négative des conditions de vie et la perception par leurs habitants, d’un sentiment de déclassement, selon l’étude de l’Insee, portant sur la qualité de vie en région Centre-Val-de-Loire. Effectivement, leurs statistiques relèvent une distance moyenne de 10 min en voiture sur plus de 20 communes (entre le Perche, le Drouais et la Beauce) séparant un habitant des secteurs géographiques où se trouvent les équipements en biens et services de la vie courante. L’Insee a retenu vingt-et-un biens et services comme la santé, écoles, commerces, police ou gendarmerie, garde d’enfants, salles de sport, etc.). Il démontre ainsi des disparités, entre habitats urbain et rural, dans l’accès aux biens et services, tant en termes de distance que de variété. Ce qu’une note du Conseil d’analyse économique, « Territoires, bien-être et politiques publiques », qualifie de manque de bien-être, lié non seulement à un état des lieux, mais à un sentiment de dégradation de leur situation et mode de vie. Une autre réaction a attiré mon attention : “Le problème de l'habitat rural eurélien repose souvent sur la décision d'élus municipaux agriculteurs en refusant les fusions de communes ou d'entrer dans des communautés de commune pour défendre leurs intérêts personnels. La population des habitants des villages passe au second plan. L'isolement n'a jamais été une source de progrès”.
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Ainsi que celle d’une internaute associant ces statistiques aux informations d’un article du journal du territoire valorisant la pérennisation d’une certaine adaptativité des activités de vie en temps de covid : “A la lecture du magazine " Eurelien" , nous apprenons que l'installation de la Fibre va résoudre tous ces problèmes selon A. de Montgolfier : télémédecine , télétravail , accès par internet aux livres numériques .. mais qui a envie de vivre cloitré chez soi derrière un écran?” Leurs réactions a fait écho à deux autres de mes entretiens informels, l’un auprès d’une habitante, aussi Coordinatrice Gestion Locative, Administrative et Financière chez Agglo du Pays de Dreux pour des ZAE semblables à ceux étudié par Europan, un second auprès du directeur de la société TIB, le principale prestataire de la ZAE de Brezolles, un des sites d’études d’Europan, et un dernier auprès d’un agroforestier et éleveur de brebis. La coordinatrice de Gestion Locative, à qui on avait demandé de participer à la journée de concertation pour les apports techniques et ses connaissances des modes de gestion, a tout de suite rejeté l’idée. Elle ne comprenait pas ce qu’elle pouvait y apporter, le projet Europan et ses sujets écologiques ne l'intéressait pas et elle ne voulait pas perdre de temps. Certainement que si cette journée avait été rémunérée et d’aspect plus convivial ( plus courte en plus d’un buffet ou cocktail), elle aurait accepté de partager avec la maîtrise d’ouvrage ses savoirs. Davantage parce qu'elle aurait eu l’impression que la démarche était sérieuse et que son temps ne serait pas perdu que pour la réelle valeur du salaire. Le directeur TIB ne sera présent que parce qu'on a insisté sur l'importance de son rôle pour les décisions à venir, à l'appui de la maire de la commune. Enfin l'agro-forestier s’est en premier lieu agacé du manque d'autres représentants de sa profession dans la réunion et a annoncé son souhait qu’un seul porteur de projet public soit défini pour que le projet puisse aboutir. Il a aussi évoqué sa méfiance de cette “nouvelle” politique du territoire de concertation, la soupçonnant de vouloir camoufler une opération urbaine peu déontologique, telle la A150. Christelle Minard, vice-présidente en charge de l'attractivité du Territoire par les filières Touristiques et Agricole, du Développement Rural, des Contractualisations et de la
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Transition Écologique à quand a elle continué d’appuyer : “Il s’agit d’éviter de concevoir des zones d’activités situées au bord d’un échangeur, sans âmes et peu attractives ».
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Partie II La concertation, une clé de voûte pour la gestion de la transition
“ La crise de l’architecture et de l’urbanisme, comme toutes les crises qui relèvent des activités planificatrices quelles qu’elles soient (économique, organisation, aménagement) est donc provoquée par l’impossibilité, ou tout au moins, l’extrême difficulté de la communication.” Yona Friedman dans le n° de BT2 226, en 1990. Cette seconde partie aurait dû être réalisée par l’analyse des réactions face à l’exposition qui n’a pas pu avoir lieu et grâce à l’analyse des relations d’acteurs et des résultats de la journée de concertation qui n’a non plus pas pu avoir lieu à cause de la Covid.
I- Les degrés de concertation et ses apports et limites a - Définition de la concertation ➔ Concertation : “Le fait de réunir, pour les consulter, toutes les parties intéressées à un problème politique, économique ou diplomatique. Mener une politique de concertation. Pratiquer la concertation.“ Dictionnaire de l’Académie Française. Dans les années 60 à 70, la campagne subit une grande déprise industrielle, qui, associée à la croissance de l’agriculture intensive, provoque un exode rural massif. Les villages sous-densifiés doivent se réorganiser, et des groupes d’habitants se forment autour d’un partage de savoir-faire, s’appuyant sur les connaissances empiriques de leurs cadre de vie, pour stimuler une économie locale et créer des emplois. Ces organisations spontanées seront rapidement alimentées par des méthodes et concepts novateurs, notamment véhiculés par un mouvement marginal d'intellectuels en contre-courant, qui quittent la ville pour s’installer à la campagne, pour y développer une néo-ruralité26 plus en correspondance avec leur militantisme anti-consumériste. A l’image 26 Les réactions “anti-urbain” étaient centrales à leur arrivée. Cependant Hervieu et Léger expliquent aussi comment ces anciens «marginaux» sont devenus, dans les régions désertifiées, les porteurs de la politique d'aménagement de l'espace rural substituant à une politique productiviste, la recherche de l'innovation, du développement territorial et de l'animation locale. Article On ne fuit pas la grande ville en 2020 comme on la fuyait en 1970 par Yankel Fijalkow — 17 novembre 2020
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du vaste programme intergouvernemental initié par l’UNESCO en 1971 sous l’acronyme du MAB (Man and the Biosphere – L’homme et la biosphère), s'expérimente à l’échelle communale, il y a un demi-siècle, un développement endogène27, pour répondre aux besoins de base d’un site donné, autonome, d’une pression externe d’appel à la croissance et au quantitatif, et l'écodéveloppement28, une des composantes du développement soutenable29 contemporain. Parallèlement éclot en ville un autre type de mouvement, davantage fondé sur la contestation de l'autorité et sur la revendication au droit de participer à l'élaboration des décisions publiques. Et c’est durant cette période Fitzgeraldienne des Trente Glorieuses qu'émerge une forme de contre-pouvoir pour un système plus transparent, pour le droit de participer à l’élaboration des règles d’une société décriée trop mondaine; un premier pas vers l’élaboration d’une politique de concertation contemporaine. Cette période sociale tumultueuse a marqué les grandes opérations d’aménagement public de nombreux conflits entre l’expertise d’état et les spécialistes pour un projet, d’une part, et les habitants s’y opposant par leurs usages et connaissances empiriques du lieu, d’autre part : ainsi les locaux défendent leur territoire à Plogoff (centrale nucléaire), au Larzac (campement militaire), à Roubaix (rénovation du quartier de l’Alma-Gare)… De cet autoritarisme des maîtrises publiques envers les usagers est née la défiance de ceux-ci envers ce type de gouvernance Top-down exigeant la reconnaissance de leurs compétences pour diagnostiquer les usages qui doivent faire lieu.
27 Basé sur la valorisation des ressources locales, il prend en compte les aspects sociaux, culturels, techniques, agricoles etc. Il s’agit en quelque sorte de prendre le contrôle local de la vie économique.
Donner au « milieu » le rôle essentiel c’est faire du territoire la source du développement. Appelé également autocentré ou agropolitain, il est pour J. Friedman « l’expression de la foi dans l’aptitude d’un peuple à progresser dans la direction qu’il a choisie ». source : article Le développement endogène d ans Economie et Gestion / avril 15, 2012 2.. 28
Il s’agissait donc d’encourager les habitants à se concerter et à développer des projets écologiques, économiques et sociaux d’avenir de leur territoire en sauvegardant leurs potentiels sur la longue durée avec un appui scientifique et dans le respect de leurs valeurs culturelles. 29
Nous sommes assez avancés dans les notions d’écologie pour comprendre pourquoi “développement soutenable” traduirait plus explicitement les tenants et aboutissants du développement durable (terme compris par une plus grande majorité) , hérité du concept anglais sustainable development,
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Ces tensions constituent l’élément déclencheur d’une évolution croissante de la législation de la Sensibilisation en faveur de l’Information jusqu’à l'arrivée légalisée de la Concertation. Je propose une brève chronologie de parution de ces articles de loi avec une juxtaposition des avant-garde artistiques, autres reflets de la société. Années 60 - 70 : Fluxus (Flux, courant, énergie, mobilité)” inaugure l’art contemporain, abolition de la frontière élitiste entre l’art et la vie et entre les différents champs artistiques. Jouant sur la notion de limite (ce qui serait de l’art face à ce qui n’en serait pas).[..]rejette même la notion d’œuvre d’art et tout ce qui touche de près ou de loin au monde institutionnel[..]L’artiste n’est pas dans l’expression nombriliste de son identité, mais tend à s’effacer au profit du collectif.”30 Happening : “Le happening se distingue de la simple performance par son caractère spontané et le fait qu'il exige la participation active du public.” Land Art : “ Corrélativement, l'attention des artistes se porte sur l'exploration de nouveaux espaces en dehors de ceux qui sont traditionnellement réservés à l'art, ce qui va progressivement les amener à s'interroger sur leur environnement et à s'intéresser aux sites naturels. Cette attitude, qui découle logiquement de recherches plastiques et conceptuelles, va de pair avec une contestation politique du marché de l'art” Arte Povera à l’Art Corporel : “Introduction d'éléments incomposables et d'images perdues venues du quotidien et de la nature. La matière est agitée d'un séisme et les barrières s'écroulent. » Années 70 - 80 : Art Éphémère (Installation, environnement performance) : “Aux larmes de la beauté qui se penche tendrement sur les tombes, nous opposons le profil tranchant, aiguisé, du pilote, du
30
source des défintions des mouvements artistiques : beauxarts.com
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chauffeur et de l'aviateur. À la conception de l'impérissable et de l'immortel, nous opposons, en art, celle du devenir, du périssable, du transitoire et de l'éphémère. » Figuration Libre : Une de ses productions, la revue Bato, représente la volonté de créer une œuvre d'art assemblagiste et collective avec un rejet radical de l'art intellectuel qui avait dominé la décennie précédente. Par la violence des couleurs et sa volonté « figurative » défendant une peinture « rigolote, libre et décontractée ». -
1977, Création des CAUE : politique d’éducation du citoyen.
-
1983, Loi Bouchardeau : 31 Cette loi soumet à l’avis du public les projets pouvant porter atteinte à l'environnement.
-
1992, Loi relative à l’administration territoriale : Information des citoyens obligatoire et autorisation des maires à prendre en compte leurs remarques concernant pour la gestion de la commune 1992, Loi sur l’eau, circulaire Bianco et Convention de Rio : Première utilisation des
-
termes de “concertation” et de “participation” citoyenne. 1995, Loi Barnier32dispositif de participation du public au processus décisionnel pour
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les opérations publiques d’aménagement d'intérêt général. 1996, Charte de Concertation par le Ministère de de l’aménagement du territoire et
-
de l'environnement.
31 “Ces enquêtes publiques ont pour objet d’informer le public et de recueillir ses appréciations, suggestions et contre-propositions, postérieurement à l'étude d'impact lorsque celle-ci est requise, afin de permettre à l'autorité compétente de disposer de tous éléments nécessaires à son information.”Art.2 Loi n°83-630 du 12 juillet 1983 relative à la démocratisation des enquêtes publiques.
32
en parallèle, le code rural “Les espaces, ressources et milieux naturels, les sites et paysages, les espèces animales et végétales, la diversité et les équilibres biologiques auxquels ils participent font partie du patrimoine commun de la nation.”Loi n° 95-101 du 2 février 1995 relative au renforcement de la protection de l'environnement.
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…. et vingt ans plus tard le projet de réforme de la charte de concertation de 1996 par le Ministère de l’Ecologie. Comme le démontre cette brève chronologie et ce retour historique sur les racines de la concertation, nous ne pouvons qu’admettre qu’elle est indissociablement lié à un développement soutenable33. Le C.A.U.E a élaboré une pyramide organisationnelle qui hiérarchise, sous la forme de paliers de gouvernance, les effets de l’implication et la participation citoyenne à différents degrés. Ainsi, au degré 0, on retrouve la situation classique, encore très répandue actuellement, ou la collectivité (territoriale) élabore et met en œuvre un projet urbain en y omettant le citoyen du processus. Le degré 1 n’inclut quant à lui que partiellement le citoyen. La collectivité ou l’organe politique procède à une campagne d’information de celui-ci sans qu’il puisse intervenir et donner son avis. Ce dispositif vertical et unilatéral reste pourtant, s'il est inclus dans un processus plus développé, un préalable indispensable et indissociable à la concertation citoyenne. Le degré 2 fait entrer les différents acteurs dans l’étape de la consultation. Ayant pour thématique un point de principe ou spécifique d’un projet, ce processus s’inscrit dans une temporalité à court terme. La consultation ne demande pourtant que l’énoncé d’un simple avis ponctuel de la part du citoyen. Ainsi, la distanciation physique entre les acteurs (ex: enquête publique) et donc leur non confrontation n’a d’autre finalité, dans la plupart des cas, que de venir conforter une opinion ou de modifier succinctement un projet en cas de refus massif. Avec le degré 3, on arrive au stade de la concertation citoyenne. Elle se différencie de l’étape précédente par une démarche élargie en un processus dit itératif. Cette étape est symbolisée par l’instauration d’un dialogue qui s’inscrit dans une temporalité longue et de réflexion. Indépendamment du travail en amont effectué par l’organe politique (mise en
33
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place d’une méthode dialectique et organisationnelle), cette démarche inclut le citoyen dans le processus de conception et décisionnel du futur projet. Cette temporalité engage le citoyen dans un mécanisme plus ou moins long suivant l’implication qui lui est donnée au sein des différentes étapes. Enfin, cette démarche basée sur la médiation peut être génératrice de conflits qui peuvent avoir pour conséquence la suppression totale ou partielle du projet par la maîtrise d’ouvrage. Le dernier degré reste donc la coproduction. Cette démarche, se caractérisant comme la forme la plus aboutie de participation citoyenne, se définit par le rôle prépondérant que joue le citoyen dans la conception du projet urbain. Encore peu répandue dans l’hexagone, elle fait intervenir le citoyen par des échanges et propositions perpétuelles émises sous la forme de validation/inflexion sur chaque point du projet. Un positionnement central du citoyen qui induit un partage et la formation d’un cadre prédéfinis par la maîtrise d'ouvrage (ex: cas des projets à budget participatif).
Figure 33 : Essai de hiérarchie des notions de la participation, source @L LASLAZ La participation désigne à la fois l’ensemble des différents degrés notionnels inscrits dans la pyramide et l’un d’entre eux. La hiérarchie entre les termes dépend des auteurs et des conceptions
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b - Première étape pour la concertation : appropriation des lieux par les invités
Initier une dynamique de réappropriation et d'investissement par tous sur son environnement est indispensable pour constituer une concertation d’acteurs investis et motivés. Il faut donc au préalable éveiller l'intérêt de chacun pour l’amélioration de son environnement support de vie et provoquer son esprit d’initiative. Pour organiser cette étape, je me suis tournée vers l’ appropriation de la ville par par la cartographie34 psychogéographique 35 (1957-72) et son relevé d'ambiances urbaines au moyen de la dérive36. Cette méthode Debordienne me paraissait donner la possibilité de répertorier les usages et de faire émerger la possibilité d’une subjectivité dans la perception de l’espace urbain. Cette procédure , en réaction au mouvement moderne ayant modelé ces communes, devrait permettre de dépasser une définition des espaces par la simple majoration de leur fonctionnalité pour s'orienter vers une ville plus sensuelle . Le projet urbain à l’initiative du processus concertatif, en utilisant le développement durable comme un moyen de valoriser nos expériences urbaines, peut faire émerger plusieurs principes directeurs qui permettront de guider la journée d’atelier de consultation à venir. Par cette visite, les participants mémorisent et localisent le site pour pouvoir ensuite se repérer avec plus de facilité sur une carte, durant l’étape de tracer des grandes directives à donner à l’aménagement. Le but de cette marche, de cette visite sans guide ni parcours, a pour objectif d’interpeller les sensibilités des marcheurs conviés, et de mettre en avant la question des sens dans cet espace-seuil où leur ville touche la campagne. Ils se positionnent, et donc positionnent le piéton, au centre de toutes les attentions, et peut-être parviendront-ils à détourner l’aspect 34 “La cartographie psychogéographique détourne la carte officielle pour lui faire dire ce qu’elle cache – la fragmentation de l’espace urbain. Il s’agit donc de faire la critique des espaces réels, représentés et vécus, par l’introduction de la subjectivité là où on ne l’attendait pas, là où on n’en voulait pas : dans la ville, dans la carte.” source : Emmanuel Guy, Chargé de Recherches Documentaires, fonds Guy Debord, Bibliothèque Nationale de France (BNF)
“l’étude des lois exactes et des effets précis du milieu géographique, consciemment aménagé ou non, agissant directement sur le comportement affectif des individus” G Debord 35
36
“C’est une invitation à prendre conscience de l’environnement urbain à contre-courant de la rationalité et du productivisme de l’urbanisme d’après-guerre. On peut y voir une critique de l’ultra-modernité et de la rationalisation oppressive de l’aménagement du territoire. À cette époque de dictature urbaine fonctionnaliste, le groupe introduit ainsi la question des usages et la possibilité d’une subjectivité dans la perception de l’espace urbain.” Emmanuel Guy
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technique de leur entrée de ville actuelle. Bien sûr, l’objet de cette enquête du subjectif n’est pas de pouvoir ensuite le transcrire et le figer dans les trajectoires du plan futur de l’opération, car alors ce ne serait que répétition du processus espace vs fonction, mais bien d’aborder la question de la flexibilité et de la duplicité des lieux destinés à durer. À quoi servirait en effet d’explorer ce tronçon de ville, entre désert céréalier, neutralité des maisons Phénix, et pollution d'entrepôts, d’en découvrir les recoins, les raccourcis, les percées et les détours, sinon pour pouvoir, au besoin, y déjouer leur aspect monofonctionnel ? L’objectif n’est donc pas uniquement de projeter sa subjectivité sur ces parcelles ou sur les cartes durant les ateliers à venir, mais d’apprendre à connaître cet espace comme un sujet, de faire de la ville une alliée pour le futur. Le grand détournement de la ville enclavée, un autre nom pour la transition urbaine ? Si l’Internationale lettriste proposait un renouvellement de société : « Nous travaillons à l’établissement conscient et collectif d’une nouvelle civilisation », sa ligne générale visait à « établir une structure passionnante de la vie (…) et provoquer des situations attirantes », c’est dans une démarche similaire que doivent s’inscrire les plans pour l’urbanité de demain. c - Etape deux : Restitution de la prise en compte des propositions dans la décision Le lendemain de cette visite des sites de Brezolles et de Tremblay-les-Village , nous avions organisé une seconde réunion, cette fois-ci durant une journée complète et intense, pour co-remodeler un cahier des charges en s’appuyant sur les projets déjà dessinés par les lauréats pour l’évolution urbaine de ces ZAE. La journée devait se dérouler en deux temps; l’un plus officiel le matin, dans un format unilatéral, de conférence, au sein d’un amphithéâtre, afin de donner à tous les informations et connaissances nécessaires à l’après-midi; et un second plus collégial l'après-midi, autour d’ateliers, en nombre restreint. Ce premier temps, plus officiel, permettait à la fois de mettre en valeur les élus porteurs du projet, et ainsi de s’assurer de leurs implication par la suite, d’expliquer pourquoi le territoire s’était avancé dans une telle démarche, dès 2018, avec le sujet
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Europan, et enfin aux équipes de maîtrise d’oeuvre de présenter leurs propositions à tou.te.s. Ainsi, en une matinée, nous devions parvenir à préciser pour tous l’objet de la concertation. C’est-à-dire, si nous suivions les conseils du manuel de la concertation du CAUE, les échelles spatiales et temporelles du projet, les invariants et les marges de manœuvre, le type d’engagement qu’on prendrait auprès d’eux et comment seraient pris en compte les résultats de la journée. Le discours aurait été de ce type : L’Agglo est à la recherche d’un nouveau système normatif de production de l’urbain. Ce système, au sortir du cadre conventionnel, devra favoriser la fédération des attentes et connaissances de chacun afin de répondre aux défis écologiques. Ainsi, avec ces projets Europan, la gestion future des projets réalisés repose sur la réalisation d’un diagnostic d’usage. Cette analyse est effectuée en amont par l’organisation de cette concertation des différents acteurs investis pour le territoire. Au contraire d’un aménagement conventionnel, dont les procédures entravent la transversalité des différents secteurs, l’Agglo recherche la création d’un cadre alternatif, encore expérimental, pour favoriser cette interdisciplinarité (états, services publics, entreprises, agriculteurs, habitants). Suite à cette transmission d’informations, les participants étaient conviés à un déjeuner, un moment de convivialité et d’informalité où ils pouvaient faire connaissane avec les personnes présentes autour d’eux ou bien continuer une conversation débutée la journée précédente, lors de la dérive commune. L'après-midi devait se dérouler dans l’espace de coworking du centre-ville, un beau bâtiment tout juste rénové, soit un cadre plutôt prestigieux et valorisant. Subdivisés en quatre équipes de 8 personnes de profils professionnels variés, les participants devaient tourner toutes les heures d’atelier, quatre fois d'affilée. Les ateliers étaient chacun répartis dans une pièce dédiée à une équipe lauréate et leur projet. Ainsi il devait y avoir quatre équipes de 8 personnes et 4 ateliers, chacun encadré par une équipe Europan. Sur place, en plus des concepteurs de projets affichés, il devait y avoir comme matériel : -
4 cartes satellite,
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-
deux A0 au 2000e et deux A2 au 5000e -
-
Un rouleau de calque grand format pour dessiner sur les fonds de carte et Tesa. -
-
Set de feutres -
-
Paperboard, post-it. -
-
Panneaux EUROPAN posés contre le mur + banderole mots clés à aborder pour la discussion accrochée au mur pour canaliser l’attention.
La banderole au mur devait permettre de rappeler aux équipes les trois sujets à aborder, d’ordre OPÉRATIONNEL - PROGRAMMATIQUE – MÉTHODOLOGIQUE. et le credo suivant, Urbanisme transitoire pour se préparer au changement : une approche à court terme pour des effets à long terme. Il devait donc y avoir,affichés au mur, deux tableaux et trois affiches de problématiques par sujet. ➔ Premier tableau récapitulatif des temps du projet (phasage) tel celui-ci
Court terme (< 5 ans)
Long terme (orée 2030)
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-
Parcelle à délimiter à partir des projets des
-
Loi biodiversité, révolution agricole que le territoire
entreprises, des agriculteurs, des paysans et des
de Beauce a engagée.
artisans à la recherche d’un environnement
-
ZAN, permettre la croissance économique des
favorable au développement de leur filière.
communes sans l’extension urbaine et l’artificialisation des sols agricoles, actuelle
-
Définir les porteurs du projet et les terrains
rééquilibration financière du territoire ? De quelle
planifiés pour cette extension de la commune. -
manière l’Agglo envisage cette réduction de l’artificialisation en anticipant sur les dernières
Répertorier les demandes d’implantations
expansions de bourg autorisée par le SCoT ?
locales d’entreprises sur le territoire pour préfigurer
Expansion dont la planification fut l’objet du dernier
la ZAE de demain. -
Europan.
Une nouvelle industrie -
-
Une démarche généralisée visant la revitalisation des
centres-bourgs (en lien avec le dispositif Action cœur de ville
Une nouvelle agriculture
dans lequel est engagé le pôle de l’agglomération – ville de -
Un nouveau mode de faire, une nouvelle
Dreux).
méthode de projet, plus « agile » adapté aux usages et besoins du territoire et de ses acteurs,
-
Le projet autoroutier de l’A154 dont le tracé exact n’est
notamment économiques.
pas encore connu.
➔ Avec trois affiches arborant chacune un ensemble de problématiques liées :
Affiche I Opérationnel : Délimitation du projet et définition du statut foncier. Quel périmètre pour quel champ d’action ? Comment permettre en amont un montage d'opérations garantissant la densification des formes et des usages urbagricoles, pour valoriser le foncier et soutenir une économie financière du projet projeté ? Comment anticiper la ZAN sur ces derniers terrains à construire en y établissant les fondations nécessaires à un développement durable de l’économie future ?
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Affiche II Programmatique : Mise en relation du secteur agricole, d’industrie et des milieux urbains Comment s’approprier les espaces flottants et résilients entre les entreprises, les lotissements pour refondre une logique polyfonctionnelle de ces terrains ? Quelles natures d’activité associer pour établir des complémentarités et des intérêts communs entre-elles, avec un impact positif pour l’ensemble de la commune ? (Réservoir d’écologie, renforcement des qualités du bourg et de son économie locale). Comment cette relation des activités agricoles, artisanales, industrielles vont-elles s’intégrer à la lisière du péri-rural et au centre bourg ? Quelles seront les entrepreneu.rs.ses porteu.rs.es du projet et par qui seront ils soutenus pour cet engagement ?
Affiche III Méthodologie : comment organiser cette transition et faire projet. Quels outils et phasages imaginer pour la gestion à court, moyen et long terme d’une telle démarche de modification du mode de faire ? Quelles sont les contraintes à imposer à l’aménageur pour éviter que seule la donnée économique et la pression de l’acquéreur ne dicte l’agencement du foncier (sortir de la sectorisation ZAE, lotissements) ?
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Ainsi, quelles réformes du PLU permettraient d’en faire un document soutien, un outil de planification allié et en adéquation avec ce type de démarches d’urbanisme de transition, en étapes évolutives ? Comment maintenir et structurer cette nouvelle démarche de développement et de planification du territoire pour proposer un nouveau cadre facilitateur aux institutions ?
➔ Ainsi qu’un second tableau avec les mots clefs répartis par famille de problématique afin de résumer les sujets simplement :
Opérationnel
Programmatique
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Méthodologique
Délimitation & localisation du terrain
Identification entreprises / besoins /
Ressources et activités locales /
/ parcellaire
filières ?
Milieu d’acteurs.
Economie foncière.
Alimentation / production /
Projet paysager ? Projet alimentaire ?
distribution Modèle constructif. Investissement public / obligations
Activités locales et production : Centralités : noyau historique /
emplois locaux, chaîne
nouvelles centralités / Tiers-lieux
d’approvisionnement, flux, ...
Usages et échanges :
Activités locales et développement
privées - cahier des charges
humain : activités sociales, ·
Symbiose industrielle
·
Vie citoyenne / interaction avec
éducatives, sanitaires, … Quelles évolutions du PLU ?
le bourg Etapes ? Besoins / production en énergies. Vers l'absorption des chocs et la résilience territoriale : relocalisation industrielle / exode urbain / télétravail / perte d’emplois / pandémie / pollution de terres agricoles
A l’issu de cette journée de concertation, nous devions demandé aux maîtrises d’oeuvre une note de synthèse par équipe, articulant une remise en question des attendus affichés et des réponses au stade concours (relecture des enjeux soulevés dans le dossier de site et relecture des propositions de projet des équipes) à la lumière des ateliers et une ouverture pour les débats du colloque à venir. Le but est d’obtenir une corrélation entre une vision long terme et une reformulation des problématiques et attentes actuelles, pour dessiner les contours du cahier des charges pour une mission opérationnelle souhaitée pour 2021.
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➔ Contenu de la note de synthèse demandé aux équipes encadrantes : Un document .pdf A4 de 6 pages maximum (dont 3 pages de textes à minima) permettra d’exposer pour chaque équipe :
●
La compréhension des attendus et besoins exprimés lors de l’atelier ;
●
La
relecture
enjeux/contexte/propositions
par
rapport
au
stade
concours avec notamment : ○
Identification et argumentation d’une localisation préférentielle pour les projets de préfiguration ;
○
Lecture et analyse de la programmation / fonctionnement des projets de préfiguration dans la perspective du temps long du projet global ;
○
Identification des enjeux de mise en œuvre : paysage, aménagement, construction ;
En plus des textes nécessaires à un exposé clair, la représentation et l’expression sont laissées libres à chaque équipe.
C’est pour ce travail de synthèse que seront rémunérés les architectes, ainsi que pour leur rôle d’encadrant durant la journée de concertation. Par contre, aucun des autres participants ne sera dédommagé du temps octroyé à l’élaboration du projet. Ce serait pourtant une façon de permettre une plus grande inclusivité de ces ateliers, dans le cadre où ils seraient organisés lors d’une journée complète en pleine semaine en garantissant que personne ne s’abstienne de venir pour des questions de perte de chiffre d'affaires. Ces analyses seront les supports pour l’écriture future d’un nouveau cahier des charges, dont les caractéristiques issues de la journée de concertation serviront d'énoncé pour un concours restreint entre les 4 lauréats d’Europan 15.
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Pour résumer, à la suite du concours quatre étapes sont organisées pour relancer le projet en y intégrant un processus concertatif ●
ETAPE 1 : NOVEMBRE Les 4 équipes lauréates vont être réinterrogées après que ce nouvel angle du projet a été exposé. Une journée d’ateliers de concertation à Dreux, avec des échanges et rencontres
d’acteurs de terrain pour aboutir à une note de synthèse par équipe, faisant évoluer leurs propositions initiales.
●
ETAPE 2 : FÉVRIER Un colloque (fin décembre / début 2021) sur le territoire dans un format de 3 heures pour réunir équipes, experts, institutionnels, financeurs (Banque des Territoires) et élus… sur la démarche expérimentale initiée du développement d’un territoire productif vivant sur l’agglomération du Pays de Dreux. L’appropriation du sujet et de la démarche est essentielle localement pour pousser cette nouvelle stratégie de développement et la faire connaître (effet positif pour le territoire, en mal d’image). A ce titre, l’intervention de personnalités expertes sera essentielle, comme le rôle du modérateur, en charge également d’écrire les actes du colloque in fine sur lesquels le territoire entend capitaliser les fondements d’une nouvelle politique de développement.
●
ETAPE 3 : 2021 La formalisation d’un contrat/marché avec une des équipes lauréates du concours EUROPAN pour une mise en œuvre opérationnelle dès le printemps 2020.
●
L’ANCT/Banque des territoires vont être sollicités pour leur appui au titre du pack rebond afin d’accompagner techniquement et financièrement la démarche
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●
Les équipes EUROPAN, via la convention initiale, poursuivent leurs suivi et conseils à la mise en œuvre des projets et présenteront la demande de subvention de l’agglomération auprès du PUCA en 2021 au titre du programme de recherche sur la ville/territoire productif.
●
Les équipes EUROPAN inscriront leur démarche pour répondre à l’AMI 0% artificialisation (ZAN) lancé par l’ANCT et la PUCA.
●
Inscrire ce processus participatif, amorcé par le fonctionnement itératif d’europan, et la démarche d’AMI ZAN, comme modèle de développement urbain
Pour David Mangin, les difficultés à maîtriser l’expansion des bourgs seraient liées notamment à la faiblesse des organisations politiques représentatives à l'échelle de l’agglo et, subséquemment, à celle de finances locales capables de maîtriser le foncier.
Une démarche plus bottom-up que top-down, dans ce cadre, est pertinente pour la durabilité de l’action (dont la finalité est la transition écologique). Cette démarche d’une recherche d’une nouvelle maîtrise du foncier est pour autant dépendante des moyens délégués par l'État. La collectivité vise donc, à travers ces candidatures à Europan ou encore à l'AMI ZAN, une expertise pointue et un accompagnement dans la durée vers une forme d'”exemplarité” sur la question des aménagements lourds de son territoires dans un contexte péri-urbain et rural marqué par une agriculture intensive, et une réflexion globale sur leur capacité à composer la « ville productive » de demain, avec, comme postulats, que ces artefacts desserte routière ; activités économiques ; sols fortement minéralisés ;… - soient compris comme de futurs composants d’un territoire résilient, actifs dans la transition écologique du XXIe siècle.
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On comprend donc que cette question de l’identification par les usagers, puis de la prise en charge de ces espaces dégradés ou obsolescents, soit le socle des projets de développement du territoire intercommunal. Pour mettre en œuvre ce territoire vivant et multifonctionnel, la question des outils, du modèle économique et des moyens de « faire projet » est une attente forte qui appuie cet engagement pour de nouveaux modes de conception. Ainsi cette expérience Europan peut être féconde pour les opérations classiques d’aménagement urbain. “L’autonomisation de la vie d’une communauté locale et de ses capacités de production est pour nous la seule qui puisse surpasser la compétition globale et l’exploitation des ressources du monde.” Alberto Magnaghi, La Biorégion, Edition Eterotopia / Rhizome, 2014, France.
II- les profils d’usagers socioprofessionnels mobilisés et leurs réactions Comme la journée de concertation n’a pu avoir lieu, je propose ici plutôt un posteriori des réactions ou des intérêts que chaque groupe d’acteurs aurait pu émettre. a - Articulation avec les objectifs des entreprises et des agriculteurs
Si l’objectif des élus et maîtres d’ouvrages seraient l’intensification de pratiques sociales, d'activités urbaines et de développement entrepreneuriaux pour répondre au localisme nécessaire à une transition écologique, quel est celui des entreprises et agriculteurs, les premiers usagers concernés par le remodelage des lisières de communes ? J’imagine que leurs réponses seraient : -
la disponibilité foncière, coût peu élevé du sol et du patrimoine bâti
-
Le développement du télétravail
-
Le lien avec l’agriculture bio de localité, dont le non usage des pesticides permet d’associer habitats, loisirs et maraîchages.
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La capacité de trouver des solutions énergétiques in situ
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Sans oublier les difficultés concernant la production de logements et la qualité des déplacements dans les villes et métropoles alentours
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Cet investissement peut entraîner des résultats à court terme — un emploi et un statut social auprès de la commune— ainsi que, pour les voisins, des bénéfices à plus long terme, notamment la décarbonation de leur économie et une résilience accrue.
“Un effet secondaire de la modernité, dont l’impact à long terme se révèle désastreux, en particulier sur l’équilibre de l’écosystème terrestre, mais aussi sur l’équilibre social, est la perte du sens et de l’amour du lieu de vie.” Serge Latouche, dans Demeure terrestre, Décroissance et topophilie, 13 novembre 2019 … A savoir, que pour Charles Fourier, le travail est l’élément décisif de nos vies. Rapprocher les lieux de travail des espaces publics, ce qui aurait certainement été l’une des demandes des salarié.e.s d’entreprise ou de l’agriculture, aurait un impact saisissant sur la rythmique et les particularités de la vie d’une ville. Que pensez-vous d’une perspective promouvant la construction d’un espace public, où, plutôt qu’un grand soleil illuminant une place en plein dimanche, avec des enfants en patinettes, une femme aux pigeons, une maman et son enfant en poussette et un homme élégant bien assis sur le nouveau banc public ; il y a un groupe d’ouvrières en pause café, un vieil homme surveillant de son déambulateur une écolière en pleine chorégraphie TiK-Tok, une dame en fluo ramassant les déchets abandonnés dans les noues, la file d’attente devant le stand de fleurs et légumes de la maraichère et du floriculteur du coin et un carton de pizzas abandonné sur une marche, au coté de mégots et non loin des poubelles... Ainsi, Henri Lefebvre défendait-il que pour pouvoir aménager un territoire affectif, il fallait l'inscrire dans la durée, dans sa temporalité et sa rythmique. Le travail, la vie collective et sociale contrarie nos propres rythmes et temporalités, comme l’a démontré notre remodelage de l'emploi du temps de l’entreprise à celui du confinement. Ainsi notre rythme vécu ou représenté sont conçus et induits par les espaces vécus ou représentés. Alors pourquoi ne pas réintégrer la présence du travail d ans l’espace public ?
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La nécessité de retrouver l’amor loci, l’amour des lieux, préconisé par la décroissance, nécessite de prendre la mesure et les raisons de sa destruction par la société de croissance. Notamment la cimentification du territoire, le mitage du paysage, la destruction de l’environnement au profit d’openfield. Ainsi, apriori, les acteurs privés cherchent-ils à valoriser leur foncier en renouvelant cette image .
b - Articulation avec les objectifs de l’agglomération et de ses communes
L’agglomération et les communes sont déjà investies dans un processus résilient, l’intégration de la participation n’est donc qu’un rouage de ce mouvement. ➔ Une politique d’aménagement du territoire équilibrée et rationnelle Dans le SCOT de l’agglomération, il s’agit non seulement de conforter le pôle urbain de Dreux, mais aussi de renforcer les « pôles d’équilibre » garants de la composition urbaine et rurale du territoire : redynamisation des centres-bourgs, développement d’une offre de déplacements entre les zones d’emplois et les secteurs habités, préservation de l’agriculture céréalière et des activités associées (diversification, production d’énergie, circuits courts et relais de distribution…). Le développement économique, première compétence de l’intercommunalité, politique publique prioritaire depuis près de 10 ans, décline également cette stratégie polycentrique. L’action de l’agglomération en immobilier d’entreprise, en aménagement économique avec une stratégie de parcours résidentiel d’entreprise est une priorité opérationnelle et l'intégration des friches une pratique courante.
➔ La résorption des friches industrielles : une pratique et un savoir-faire vieux de 15 ans à intensifier Depuis de longues années, l’agglomération conduit une politique ambitieuse de résorption de ses friches industrielles, pour autant non achevée à ce jour. Plusieurs
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diagnostics successifs (2004-2010-2014) ont permi d’initier d’importants projets de reconversion (habitat, jardin public, usage économique, équipement public culturel…), dont certains sont toujours en cours (exemple de « La Radio » /ancien site LG Philips : 12 hectares / 55 000 m² d’immobilier d’entreprises). Pour autant, au-delà d’un simple recensement sur le potentiel foncier disponible, il conviendrait aujourd’hui de produire une analyse plus fine, exhaustive et actualisée sur l’intégralité du territoire d’identification des locaux et bâtiments sans usage ou sous-employés, qui peuvent être le support, pour les communes comme pour l’agglomération, de nouveaux projets de développement dans le cadre d’une politique de recyclage urbain qui permet d’aller dans le sens de la transition écologique.
➔ Un programme “Action Cœur de Ville” ambitieux Signée le 13 décembre 2019 à l’initiative de la ville de Dreux, l’opération Action Cœur de Ville a pour objectif de transformer le centre-ville, cœur de l’agglomération, en utilisant le « déjà-là » et en développant de nouvelles activités. Trois attentes ont été identifiées lors de la réalisation du diagnostic et des rencontres avec les habitants ; l’intensification du centre, renforcer une continuité territoriale à l’échelle de l’agglomération et la promotion d’une nouvelle image de la ville. Ces orientations se sont exprimées en cinq axes sectoriels comprenant : -
Les notions de restructuration du centre-ville par la réhabilitation de ses habitats
-
La favorisation d’un développement économique et commercial équilibré par des outils fonciers et la fédération des acteurs locaux sur ces problématiques
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La connexion des réseaux de mobilités (douces notamment) pour plus d’accessibilité
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La requalification d’espace public par la valorisation des formes urbaines et du patrimoine le délimitant
-
La facilitation d’accès aux équipements et services publics. Contractualisée pour une période de cinq années, l’opération intègre pleinement la
nécessité de structuration du cœur d’agglomération et de son effet d'entraînement qu’il doit jouer pour le bassin de vie, considérant que la réduction de l’artificialisation est un des enjeux majeurs de redynamisation pour les villes moyennes.
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Intentions de projets : complémentarités des échelles de réflexion pour un développement économique global du territoire dans une démarche de transition Le territoire porte à ce jour l’ambition d'une mise en lumière de ces espaces « ordinaires » que sont les espaces d’activités économiques dans lesquels l’ingénierie urbaine, paysagère, environnementale, architecturale, n’est pas aussi bien représentée qu’en milieu fortement urbanisé. Concevoir la régénération de ces emprises économiques « périphériques » s’organise à plusieurs échelles : périphérie par rapport au pôle, périphérie par rapport aux noyaux urbanisés et habités des bourgs ou cœur urbain... Il s’agit également de se libérer de la logique de zoning, d’intégrer l’opportunité du nouveau maillage des transports, et de traiter la délicate question de l’interface entre ville et nature. La « zone d’activité » (terminologie urbaine « importée » qu’il convient donc de réinterroger) de demain peut se redéfinir à travers un modèle beaucoup plus ancré dans le territoire : un « espace productif, vivant, sobre, inclusif » exemplaire, pouvant devenir un véritable moteur dans la transition énergétique et dans la résilience de nos territoires. C’est là l’ambition portée par l’agglomération et ses communes. ➔
Campagnes productives : un sujet pour la ruralité (EUROPAN 15) - terrain d’expérimentation privilégié
La participation de l’agglomération à EUROPAN 15 “Villes Productives” a pour but d’éclairer de manière prospective la collectivité sur les modes d’évolution d’un large territoire devant compenser entre perspectives de développement économique et modification de sa physionomie, dans le contexte de sobriété foncière. Il convenait ainsi de guider l’agglomération sur des principes normatifs nouveaux, pouvant accompagner le renouvellement et le devenir de ces “quartiers d’activités”. La mutation des formes et des usages induit une réflexion transversale sur leur évolution : -
inscription paysagère dans le territoire agricole et coexistence avec des aménagements routiers lourds
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inscription urbaine et coexistence avec les noyaux habités
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conception intégrant des logiques de mixité d’usages, de participation à l’animation des territoires péri-urbains ruraux et à la vie citoyenne
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participation au cycle de l’eau et des énergies renouvelables
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gestion des espaces construits dans une perspective d’adaptabilité, d’économie et de résilience
La réflexion urbaine, paysagère et architecturale sur le devenir de trois communes (Tremblay les Villages, Brezolles et St Lubin des Joncherets) se rattachent directement aux questions soulevées par le thème d’Europan 15 : -
impact des aménagements routiers et des emprises industrielles au cœur de terres agricoles aux fonctions nourricières et environnementales (stockage du carbone, habitat faune-flore, etc.) : question des ressources
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relations de proximité/distance, connexion/déconnexion entre secteurs d’habitat et secteurs d’emploi et des logiques d’échanges quotidiens : question des mobilités
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politiques résidentielles pouvant se développer dans ces secteurs en visant des logiques de bassin d’emploi locaux : question de l’équité spatiale et sociale
Figure 34 : Commune de Brezolles – Couverture de la publication Architecture d’Aujourd’hui - Mars 2020
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L’accompagnement de nos réflexions opérationnelles pour concilier développement urbain / rural et réduction de l’artificialisation s’inscrit comme un axe prioritaire. La collectivité vise donc, à travers l’élaboration d’un processus concertatif , une expertise pointue et un accompagnement dans la durée vers une forme « d’exemplarité » sur la question de l’aménagement de son territoire dans un contexte de ville moyenne, de péri-urbain et de rural marqué par une agriculture intensive, et une réflexion globale sur sa capacité à composer la « ville et la campagne productives » de demain. Souvent décriés, ces artefacts (desserte routière, activités économiques, sols fortement minéralisés, friches) doivent être vus et compris comme les futurs composants d’un territoire résilient, actifs dans la transition écologique du XXIe siècle. On comprend donc que cette question de l’identification (diagnostic d’usages) puis de la prise en charge des espaces dégradés ou obsolescents (le projet opérationnel Europan par exemple) soit le socle d'un nouveau projet de développement plus horizontal du territoire intercommunal.
Pour mettre en œuvre ce territoire vivant et multifonctionnel, la question des outils, du modèle économique et des moyens de « faire projet » est une attente forte qui appuie cette démarche concertative, afin de bénéficier d’une expertise qualifiée et innovante ainsi que de subventions de partenaires tel le PUCA, de l’ANCT et de l’ACV . En effet ces organismes sont en coordination scientifique auprès des laboratoires de recherches de l’Etat (Ministère de la Transition Écologique et Solidaire, Ministère de la Cohésion des Territoires et le Ministère de la Culture) et des Groupements d’Intérêt Public GIP-EPAU qui soutiennent
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les territoires-creusets, supports d'expériences de méthode concrète de planification et de programmation urbaine sobre en foncier, tournée vers la transition écologique. c -Articulation avec les objectifs des spécialistes architectes et représentants d’Europan. “Reconfigurer une ville productiviste en une cité digne de ce nom, composite, pédestre, économe en énergie, largement plantée et soucieuse de son environnement nécessite des objectifs précis, des convictions, un soutien de la population et du temps, beaucoup de temps et des débats, des explications, des expositions, des controverses !” Politiques Municipales - Thierry Paquot: “Il faut inventer un ménagement des gens, des lieux et des choses” publié le 19 Mars 2014 Comme le démontre le Palmarès des jeunes urbanistes ou la démarche « La preuve par 7 » menée par Patrick Bouchain, les jeunes professionnels s'intéressent de plus en plus aux espaces entres les villes.37 Ces nombreuses démarches pour concevoir un urbanisme écologique, dans l’intérêt général, permettent à ces jeunes professionnels de donner un aspect engagé à leur métier au sein d’un environnement plutôt pessimiste. Leur savoir au service de la reconstruction d’une société plus autonome car plus apte à absorber les aléas des facteurs économiques et climatiques extérieurs en est l’une des raisons. Bien sûr, ce type de projet très spécialisé permet aussi d'acquérir plus rapidement de l’autonomie et des responsabilités en sortie d’école, car le monde rural reste une des branches encore oubliées des grandes opérations d’urbanisme ou d’architecture et qui reste moins compétitive, et donc médiatisée, que celles en milieu dense. III- Système d’acteurs et échelle d’application et d’investissement à redéfinir a - Apports et limites des maîtrises d’ouvrage public (État, régions,départements, Agglo du Pays de Dreux ,élus des communes ) Qui associer ? Avec qui concerter ?
Je présente dans la page suivante une BD nous proposant une réponse adaptée au cadre du projet Europan.
Cette BD illustre un processus possible pour trouver des solutions permettant de remédier aux problématiques propres à l’urbanisme des bourgs ruraux, sans toutefois transmettre des 37
phénomènes décris par les urbanistes italiens Bernardo Secchi (1934-2014) et Paola Viganò avec leur concept de ville diffuse.
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“recettes”, des solutions préconçues par l’architecte ou les maîtrises d’ouvrage public et privé aux usagers concertés. Mais pour rendre ce processus inclusif, il faut avant tout donner à chacun les connaissances nécessaires à l'appropriation de ces outils d’action, ici centrés, dans l’exemple de la BD, sur les besoins du porteur de projet.
Figure 35 : BD produite par Urbanisme agricole, l’équipe lauréate, représentant le jeu d’acteur.
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Figure 35 : BD produite par Urbanisme agricole, l’équipe lauréate, représentant le jeu d’acteur. Ainsi, le degré 1 de la concertation, l’information, est le préalable qui doit permettre à chacun de comprendre les champs de possibilités et ainsi de pouvoir anticiper les résultats de telle ou telle proposition. L’information est aussi un moyen d’inclure tous les usagers dans les directives prises par le territoire. A condition bien sûr que le sens des mesures leurs soient données en toute transparence38, ils auront alors les outils pour soit les accompagner, soit les détourner ou encore les contrer plus frontalement. 38
Elles doivent être concises, transparentes, compréhensibles et aisément accessibles (article 12, paragraphe 1); • des termes clairs et simples doivent être employés (article 12, paragraphe 1); • l’exigence concernant l’utilisation de termes clairs et simples est particulièrement importante pour les informations destinées à des enfants (article 12, paragraphe 1); • les informations sont fournies «par écrit ou par d’autres moyens y compris, lorsque c’est approprié, par voie électronique» (article 12, paragraphe 1); • lorsque la personne concernée en fait la demande, les informations peuvent être fournies oralement (article 12, paragraphe 1); et • elles sont généralement fournies gratuitement (article 12, paragraphe 5) source : Règlement Général de Protection des Données (RGPD)
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Ainsi, la première mesure que nous avons décidé de prendre était celle de proposer une exposition au plus grand nombre pour vulgariser les propos des rendus des architectes sélectionnés par les jurys Europan. La forme de cette exposition, que nous avons intitulé “Campagne productive” était primordiale pour que tous puissent se sentir accueillis et poussés à la lire. C’est pourquoi nous avons tenu à ce qu’elle soit itinérante pour pouvoir être placée tour à tour dans un espace public (extérieur) des centres-villes des communes concernées par le projet. Imprimée sur bâche et accrochées à des grilles Herras, matériaux low-cost et résistant aux intempéries, les panneaux de 3.5m sur 1.8m auraient dû s’installer de façon éphémère sur les places de marché, les parkings de centres commerciaux ou encore les sorties d’école. Leurs plans tout comme leurs graphismes devaient provoquer l’initiative de chacun, et leur donner le sentiment d’être privilégié, scénographié, en les lisant :
Figure 36 : Plan d’organisation des grilles Herras pour l’exposition Campagne productive
Et pour faciliter la compréhension du contenu; des QR-codes39 pouvaient être scannés avec l’explication audio des projets. Une table basse, en OSB de 60cm par 60cm, permettait la distribution de fanzines pour mieux aborder les problématiques sous-jacentes aux panneaux. Enfin une colonne, repère de 2.2m de haut, présentait les caractéristiques des sites.
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Testable en ANNEXE
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Figure 37 : Perspective d’organisation des grilles Herras pour l’exposition Campagne productive
Exposition sur la place de la mairie, avec les deux faces vierges des panneaux “Graphe ton avis” et le module table basse avec des questionnaires et QCM pour aider à critiquer le projet. La réelle difficulté de mise en place de cette exposition a plus tenu à la simplification des projets urbains pour les rendre acceptables aux non initiés ou experts qu'à sa forme. Il fallait que n’importe qui, étant volontaire pour apprendre de ces informations, puisse rendre compte de son point de vue. Dans le cadre concertatif, et encore plus dans un cadre d'auto planification, Yona Friedman donnait les recommandations suivantes, qu’il a lui-même appliquées lors d’un projet de centre administratif à Ivry. Tout d’abord, poser simplement des questions à tous les usagers, (enfants, femmes et hommes des lotissements, agriculteur.rice.s, salarié.e.s des entreprises) sur la manière de faire n’aboutira qu’a une infaisabilité de répondre aux désirs de chacun, quelles que soient les dispositions prises par le plan dessiné pour leur répondre. La méthode qu’il propose d’appliquer est la suivante : des brochures servant à expliquer les règles fondamentales, qui permettent de concevoir sans l’aide d’un expert, la maîtrise d'œuvre n’agissant qu’en tant que conseiller technique. Ainsi l’aménageur, tout comme le maçon, le plombier ou l'électricien sera chargé de la partie technique, tandis que les utilisateurs concevront leurs plans eux-mêmes. Cette utopie réalisable, comme il l’a lui-même nommée, n’a réussi à être mise en place pour le moment qu'à l’échelle architecturale. D’expérience, il nous conseillera d’établir de prime abord un manuel, dès le début du processus, pour que chacun s’approprie les cadres du projet. Afin d’éviter les conflits potentiels, éviter des assemblées générales en grand nombre pour plutôt subdiviser les participants en petits groupes homogènes. Un nombre restreint qui permettra que chaque équipe élabore un schéma de conception de leur secteur, tandis qu’un groupe particulier sera chargé de leur coordination en un seul plan de masse. A ce moment-là, la maîtrise
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d'œuvre et d’ouvrage ne devrait pas être présente pour éviter d’influencer les délibérations ou de servir d’arbitre. Nous nous sommes donc inspirés de son expérience pour structurer la journée de concertation. Mais plutôt que des groupes homogènes avec un délégué à la coordination, nous avons constitué des équipes de profils hétérogènes au sein desquels un architecte était présent pour expliquer son projet. C’est pourquoi nous aurions été plus au degré de consultation qu’à celui d’auto planification, quand bien même l’enjeu de la journée aurait été de réécrire un cahier des charges. L’influence des directives à prendre était trop fortement induite par les projets déjà formulés… Le choix de l'hétérogénéité des équipes était induit par notre volonté, justement, de rétablir une communication entre les différents usager de cette ville qui souffrait d’être déjà trop enclavée par ces zones d’aplat fonctionnel.
b - Apports et limites du processus de concertation établi pour les suites d’Europan
Un langage à inventer, nécessitant un apprentissage préalable, -
création de conflits entre les divers groupes d’usagers ? Une forme d’écologie résulte-t-elle bien de ce travail pour le local par ses usagers ? La concertation apporte t-elle des innovations ? Des solutions plus ingénieuses ?
Cet ensemble cohérent d’objectifs (écologisme, biorégionalisme, territorialisme, communalisme, localisme, densification ) peuvent concourir à une même politique concertative mais nécessiterait en outre d’employer des outils réglementaires ou fiscaux . Par exemple il pourrait être envisagé de réviser dans les plans locaux d’urbanisme le coefficient d’occupation des sols à la hausse, et la fixation d’une part minimale de nouvelles constructions à réaliser sur des zones déjà artificialisées ainsi que l’exclusion du dispositif Pinel40 et du prêt à taux zéro lors de construction sur des terres non artificialisées. Il faut d’emblée noter que ces interventions, seront sûrement moins rentables que l’équilibre financier de la situation actuelle. Mais elles peuvent alléger les obligations des villes en matière de logement social ou de politiques de transports, selon Club ville aménagement, dans Comment agir dans les « territoires oubliés » .
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« Loi Pinel/Duflot : réduction d'impôt sur le revenu pour investissement locatif. » Vérifié le 25 juin 2020 - Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)
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De plus, cet objectif de transition, à l'appui du territoire, permet de mobiliser les aménageurs publics sur ces espaces de production et n’est pas négligeable, car ils seraient en mesure d’apporter l’ingénierie nécessaire à leur évolution en espace de l'habitat. Par exemple, le projet Europan est un argument de notre réponse à l’AMI pour un territoire pilote de sobriété foncière s’inscrivant dans un des objectifs de l’Etat41. Pourtant, pour la majorité des collectivités, et pour certains citoyens, le pilotage direct de l’Etat en matière environnementale est parfois plus simple et plus efficace. Les élus étant en outre mandatés pour agir, cette verticalité de prise de décisions ne serait pas un délit démocratique... Cette accusation d’un désintérêt de la population locale pour la concertation pourrait être due à trois facteurs : -
-
être induit par un détachement de son environnement de vie pour les raisons que nous avons évoquées42 (disparition d’une identité locale due à la dispersion des lieux de travail, d'habitation,de culture, de loisirs et de commerce ainsi qu'à un urbanisme lisse ). peut-être aussi une manière d’exprimer le déni d’être associé à ces espaces délaissés, constitutif de préconçus pouvant être projetés sur eux. scepticisme quant à la réel mise en place de leurs propositions.
c - Retour critique de l’organisation et obstacles : Les invariants et les marges de manœuvre “ La tendance à la concertation, sans objectif ni contrôle efficace, contribue à renforcer le local au détriment de l’Etat creux » (Léca, 1994). Pour Damon (op. cité, p. 11), elle est le signe des errements de ce dernier et une forme de dédouanement du politique au profit du social. Lionel Laslaz Parcs nationaux de montagne et construction territoriale des processus participatifs. L’un des écueils de la participation est son instrumentalisation, tout comme le greenwashing avec l’écologie, pour mieux manoeuvrer les débats. Comme cherche à l’établir ce mémoire,, la construction de nouveaux référentiels concertatifs pour orienter la question du développement soutenable de la commune, la protection de l'écosystème étant devenu un lieu commun frontalement incontestable, ne camoufle t’elle pas d'autres intérêts ?
41 La gestion économe de l’espace doit s’envisager comme un objectif de convergence et de cohérence de nos politiques publiques en matière d’énergie, de climat, d’écologie,d’urbanisme, de cohésion et d’agriculture, et non comme une politique sectorielle supplémentaire [...] l’accompagnement des collectivités locales face aux défis environnementaux économiques et sociaux et la valorisation des initiatives locales en ce sens sont au cœur des missions de l’Agence nationale de la cohésion des territoires. “ 42 Patie II, chapitre I, paragraphe b
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Le localisme semblerait, en plus de ces retombées écologiques, promettre de revitaliser les espaces publics par l’intensification de mutualisation, d'échanges et de symbiose entre loisir, entreprise, artisanat, agriculture, cultures (matérielle et immatérielle), et habitats. Cependant la concertation, voir la participation des habitants pour son établissement, ne recompose-t-elle pas simplement, dans le cas d’Europan, un nouveau jeu d’acteurs ? Dans ce cas d’étude, la neutralité de la journée de consultation, voir de concertation pour l'établissement d’un nouveau cahier des charges s’inspirant des projets issus du concours expérimental et alternatif d’Europan, ne pouvait être neutre à partir du moment où la liste des invités devait être validée en amont par la maire de Brezolles. Et, quand bien même cette liste aurait été inexistante, et les ateliers de participation ouverts à tou.te.s, l’entité politique de la pilote de projet a trop d’influence sur les prises de positions des invités, maîtrise d'œuvre, ou d’ouvrage délégué (ici l’Agglo). Devant la représentante de la municipalité qui a permis de s’installer à titre gracieux sur son foncier le temps de s’y enraciner et de pouvoir dynamiser le bourg, il est diplomatiquement difficile d’entrer en confrontation ou en divergence. En outre, les personnes rassemblées, agriculteurs et chefs d’entreprise principalement, forment un groupe au final assez homogène d’acteurs d'intérêts proches (majoritairement des hommes de la quarantaine, ayant un emploi stable). Les subalternes peuvent-ils parler… Ainsi, si les orientations prises sont bien ascendantes, émanant des utilisateurs directs pour être appliquées par les autorités publiques en moyen de les effectuer, ne sont-elles pas tout autant verticales que celles imposées par le gouvernement ? C’est pour atteindre un maximum d’inclusivité lors d’une politique concertative que ce mémoire a tant approfondi le sens des mots et des procédés. Le processus doit permettre la pleine expression de chacun et non la transposition d’un modèle avantageux pour un partenariat des groupes d'acteurs dominants, sans intégrer l’ensemble des réalités territoriales. Ainsi, l’association d’Europan, les maîtrises publiques doivent-elles avoir un rôle de coordinateur et de garantie des notions de flexibilité, d’adaptation et d’inclusivité comme point structurant du discours participatif ; cela revient à dire qu’il ne suffit pas de déléguer les responsabilités au local, mais d'y apporter un cadre structurant nécessaire pour éviter les débords d'intérêts personnels au détriment du commun. L’objectif d’une transition écologique, dans le sens scientifique du terme pour éviter de la dévoyer, pourrait être un fil conducteur suffisamment explicite pour éviter de corrompre ce processus concertatif et d’en dégager une forme d’entente et un projet plus ou moins partagé entre des acteurs territoriaux. Pour cela, en plus d’une ouverture publique des ateliers de participation, le débat pour rester horizontal ne doit pas être technicisé. Cette barrière de compréhension des enjeux par les usagers participants doit faire l’objet d’une pédagogie particulière. En dehors du dialecte entre experts, avec des supports de communication clairs, Yona Friedman promouvait la bande dessinée, Bouchain, la retranscription au préalable d’un diagnostic d’usages par des permanences d’observation, etc.
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CONCLUSION Dans quelle mesure les défis écologiques deviennent-ils l’opportunité d’établir un modèle de concertation inter-acteurs pour aménager une économie territoriale dans des communes rurales?
Les défis écologiques actuels, dérèglement climatique, déclin d’une biodiversité continuellement puisée, excavée, pour soutenir notre économie libérale, notre dépendance énergétique et alimentaire, sont les dérives d’une économie mondialisée, soit délocalisée et homogénéisatrice. Dans notre étude, l’impact de celle-ci se lit directement dans les morphologies des communes rurales de Brezolles, Tremblay et St-Lubin, qualifiables de villes franchisées suivant la définition qu’en fait David Mangin. Effectivement, leurs aménagements par secteur, centrés sur le productivisme, et la répartition des fonctions par zones reliées par l’automobile, donne lieu à une dépersonnalisation. Une photo prise en entrée de ville de Brezolles ne permet pas de la distinguer d’une prise à Tremblay, et ce par manque de repères. Manque de repères dû aussi à la globalisation du paysage entourant ces clichés puisque leur environnement proche, pourtant distant de 30 km, est similaire puisque tous deux tracés avec rationalité pour répondre aux attentes productivistes du rendement agricole.
L’état a délégué aux régions, par la loi Defferre (1982) et au EPCI par loi NOTRe (2015) la responsabilité de réformer ces écueils urbains, pourtant directement issus des responsabilités d’une économie inévitablement inscrite dans la structure d’un commerce supranational. L'opportunité peut donc se lire à double, voire triple sens : l'opportunité pour l'Etat de déléguer ces responsabilités climatiques à une autre échelle, et celle du territoire de la détourner auprès des habitants pour renforcer une sentiment d'ancrage au territoire par un communalisme. C'est la tentative d’absorber ce déséquilibre de base entre répartition des compétences décisionnelles au EPCI et leur réel pouvoir de changement des impacts environnementaux qui va permettre l'émergence de solutions fédératrices pouvant
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remettre en question la structure verticale des prises de décision. Ainsi, de façon légitime, la concertation devient-elle un modèle permettant de répartir les risques entrepris et de les assumer plus facilement à l’échelle des CC. Ainsi les décisions, comme celles à donner pour les suites d’Europan, sont réparties sur différents niveaux d’acteurs territoriaux
mais aussi entre différents profils
socio-professionnels de représentant.e.s.
L’une des premières critiques de cette expérience serait qu’elle devrait se définir plus comme une démarche consultative que concertative. En effet, la vision des différents acteurs concernés par l’opération n’est prise qu’en cours de route, plus ou moins pour valider ou non le premier jet des propositions issues du concours Europan. Les invités sont considérés comme une forme de boîte à idées pour réactualiser et rationaliser les projets qui leurs sont soumis. Cette objectivation de leurs présences et avis pour rendre opérationnel et légitime un sujet décidé en interne (entre Europan, les lauréats et l’Agglo) s’approche plus de la consultation43. Pour s'inscrire dans une démarche réellement concertative, il eût fallu intégrer ces différents profils d’usagers dès les premières actions en lien avec ce projet d’aménagement, pour qu'ils deviennent le sujet complet des trajectoires prises par ces documents. Or, dans la démarche effectuée durant ce stage, la journée d’atelier organisée n'avait de visée que la prise en compte des critiques de ces usagers sur les trajectoires déjà amorcées et documentées. Un soin louable pris par l’Agglo, mais fortement encouragé par les responsables Europan qui doivent s’assurer que l’EPCI continue de poursuivre la démarche expérimentale et alternative à laquelle elle s’était engagée en contractualisant avec leur organisation d’échelle européenne. Déjà, à ce degré élémentaire de la participation, nous devons faire face aux mêmes difficultés organisationnelles que celles présentes dans des démarches plus élargies et proches de la co-production.
43
“Dans la plupart des cas, une consultation est réalisée ponctuellement sur un sujet précis. Ce n’est pas une démarche de participation à long terme. Elle a pour finalité d’obtenir l’avis du public sur une information établie. L’enquête publique est une forme reconnue de consultation.” CAUE, La concertation en urbanisme et aménagement.
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Première difficulté, l’obstacle du nécessaire chronotropisme44 du projet urbain concertatif; à savoir, un rythme entre deux étapes d'avancement nécessairement plus lent puisque issu de délibération inter-acteurs intégrant des temps d’appropriation des sujets par toutes et tous usager.e.s présent.e.s. Cet aspect chronophage est bien une fragilité puisque, pris dans une temporalité politique, il le rend dépendant de son renouvellement entre chaque mandat électif. Au lancement d’Europan, les lauréats avaient ainsi répondu en 2018 aux problématiques issues de trois communes distinctes, mais l’une d’entre elles, St-Lubin-des-Joncheret, ayant changé de maire aux élections communales de 2020, a disparu totalement de la démarche.
Seconde difficulté, le choix des invités pour représenter les décisions locales et aboutir à un projet commun. Dans un processus tel celui étudié pour ce mémoire, la journée de concertation était restreinte à un ensemble de personnes, dont les personnalités devaient être validées par la pilote d’opération : la maire élue de Brezolles. Cette liste restreinte, non pas par les mesures de distanciation physique imposées par la pandémie, mais bien par choix politique, oriente donc dès sa structuration l’orientation et les accords sur les points d'attention à venir. Ainsi le GAB, le Groupement des Agriculteurs Biologiques, Terre de lien, CHAUDOT Florent (Responsable Climat, Air et Energies) , ont-ils été rayés de la liste, alors même que les maîtrises d’ouvrage avaient émis le souhait de les rencontrer dans ce cadre. Car, nous explique vivement la maire, “ils nous posent beaucoup de problèmes, et occupent la place, une sacrée pagaille”. La liste des invités était l’un des seuls espaces que celle-ci pouvait maîtriser dans cette relation diplomatique, où la maîtrise d’ouvrage publique, l’un des principaux soutiens financiers pour le développement de sa commune, lui impose ce processus concertatif, particulièrement alternatif et expérimental dans l’historique de ce territoire. Ainsi la liste est-elle essentiellement composée des chefs des entreprises présents sur les ZAE et d’agriculteurs connus du réseau municipal, d’élus et de maîtrise publique.
44 Le chronotropisme est la modification d'un rythme ou de la fréquence d'un phénomène physiologique en fonction de tel ou tel facteur extérieur. Le chronotropisme peut aussi être positif ou négatif.
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Une troisième difficulté est celle de la forme et des préalables à l’organisation d’une journée de concertation. Ainsi, ce module, développé sur une journée dense en pleine semaine, exclut-il déjà un certain profil de participants. Effectivement, la gérante du Potager de Diane, petite exploitation maraîchère bio et locale (AMAP et marché) limitrophe à Brezolles, ou le gérant du motel du Péage, situé sur la bretelle de sortie de la future A159 et directement connecté à la ZAE de Tremblay-les-Villages, n’ont pas un effectif suffisamment élevé pour pouvoir s’absenter de leur environnement de travail une journée complète sans conséquence sur le chiffre d’affaires de la journée. De même,aucun habitant n’a été inclus dans la démarche, le centre des sujets étant la restructuration des zones d’activité et leur possible extension sur des terrains agricoles. Ceci risque de faire perdurer les clivages entre les fonctions des espaces et leurs usages possibles si les lotissements continuent d’être considérés comme des riverains passifs aux reconfigurations de leur environnement. Comment déconstruire l'imaginaire autour de ces ZAE si on n’y inclut pas directement les habitants, profils d’usagers majoritaires dans une commune ? Enfin, quand bien même la réunion aurait eu lieu avec la mixité idéale des profils socio professionnels, garantissant une parfaite représentativité des usages dominants comme minoritaires, qui aurait garanti un climat de confiance suffisant pour permettre à chacun d’oser prendre parti? Comment sortir du sentiment d'illégitimité d'opposer une idée face à un élu, un promoteur ou un architecte ? Les points positifs du mode opératoire de ce jour de concertation, étaient que, partant de l’hypothèse que les maires ne pouvaient pas non plus se rendre disponibles une journée entière, nous avions la garantie de ne pas avoir “leur stature intimidante” l’après-midi lors des ateliers de concertation. Effectivement, la non formation des élus, des décisionnaires et sachants à la concertation aboutit à une difficulté de leur part de se mettre en retrait avec humilité, afin d'éviter d’influencer les participants dans leurs décisions. Ainsi le problème est d’ordre structurel, il faudrait que depuis l’école, toutes et tous soit encouragé.es à prendre la parole et à assumer une idée. Sinon, un temps de formation à la participation devra être inclus dans l'élaboration d’un tel processus. Ce sera au gré de
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réunions délibératives et de leurs répétitions que les participants pourront se former à s’exprimer, suivant une éthique d’attention et de respect d’autrui. Si les élus apprenaient à déléguer davantage et si chacun apprenait à plus se responsabiliser , alors tous pourront se former par une participation aux prises de décisions, grâce à ces processus de délibération continue. C’est alors que la concertation inter-acteurs permet l’association d’un urbanisme social et d’un urbanisme environnemental. Ainsi, pour se défaire des responsabilités face aux défis écologiques, les décisionnaires pourraient choisir d’établir un processus de concertation, organisation horizontale de prise de choix en commun. Ainsi, la crise climatique actuelle pourrait-elle être une opportunité pour ses habitants de commune rurale de se réapproprier leur territoire, dont la société de consommation et de divertissement semble, d’après les théories de Debord, les avoir dépossédés. Que la concertation soit bénéfique pour la mise en place d’une économie territorialisée et durable repose sur l’hypothèse que la conscientisation de masse des dérèglements climatiques actuels aurait, de façon binaire, eu un impact direct sur une révision du mode de vie et des critères de confort de chacun. C’est donc sans surprise que je me suis heurtée à une incompréhension de certains invités de l’objectif d'une telle démarche et de l’apport qu’il pouvait représenter. Outre un problème de valorisation de leurs connaissances précises des lieux et de leurs usages, à résoudre par la constance de la démarche, la sollicitude et la prévenance des organisateurs, l’un des points d’attention était celui de leurs sentiments de non appartenance à ces lieux concernés par l’opération urbaine. L’échelle communale est pourtant la plus apte à provoquer l'investissement spontané de ses usagers dans son évolution, si l'on se réfère aux notions de psychogéographie45 des situationnistes, où lieu, émotions, souvenirs et sens se complètent. 45
“Le cartographe psychogéographique détourne la carte officielle pour lui faire dire ce qu’elle cache – la fragmentation de l’espace urbain. L’objectif n’est donc pas tant de projeter sa subjectivité dans la ville ou sur une carte, mais d’apprendre à connaître la ville comme un sujet, de faire de la ville une alliée. “ Emmanuel Guy.
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L’économie territoriale, donc géolocalisée, nécessite une reconnaissance des spécificités locales. Elle est logiquement associée à cette démarche de concertation inter-acteurs, dont les intérêts des participants convergent pour répondre aux défis écologiques par le biais d’un développement soutenable de leur économie. Ainsi l’écologie serait le point fédérateur, inter-niveau institutionnel, public et privé, pour trouver plus d’autonomie, de flexibilité et d’agilité par un municipalisme ou communalisme. “La commune est la cellule vivante qui forme l’unité de base de la vie politique et de laquelle tout procède : la citoyenneté, l'interdépendance, le fédéralisme et la liberté. [...] une décentralisation des décisions au niveau communal.” Murray Bookchin Pour Une Écologie Sociale Et Radicale AE(Les précurseurs de la décroissance)
Ainsi les défis écologiques semblent-ils être aussi une opportunité d’établir un espace de coordination locale pour l'émergence d’une économie soutenable et ce, grâce au travail préalable de projets de concertation subventionnés à la fois par le national et l'intercommunal, pouvant rétablir un premier lien d'appartenance entre habitants, localité et écologie. La présence, lors de ces concertations de la DDT, des Chambres consulaires agricoles, industrielles et commerciales, face à des agriculteurs, des membres du CAUE etc. devrait permettre, selon la présidente du DEVECO de l’Agglo de Dreux, une évolution directe de la politique de simplification des normes, des structures fiscales encourageantes,
une
modification législative des règles de PLU ou de leur assouplissement sous condition, et une harmonisation des procédures, l’élaboration d’outils pédagogiques partagés d’aide à la décision et à l’innovation. Alors les habitants et les maîtrises d’oeuvre auront la possibilité d’imaginer des solutions hétérogènes, croisant des programmes, densifiant des usages, valorisant des savoir-faire, une culture, une éducation, une alimentation locale, au sein de zones, non dédiées en une fonction homogène, mais dédié à l'expérimentation et à l’expression collective. Bien sûr, ces nouvelles réglementations communes, encadrées par les EPCI, ne doivent pas être un palliatif à un service public limité (transports, soins, répartition fiscale, protection) mais un complément vitaminé pour donner la possibilité d’agir à une population responsable.
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“le territoire résulte de l’acte d’amour entre une population et un site” Alberto Magnaghi, Le projet local
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DOCUMENTAIRES - REPORTAGES AUDIOVISUELS QUILLET, S, MONTFORT, C. 2014. “La guerre des graines”. France, 52min. https://www.youtube.com/watch?v=vGtGSFneI7o&list=LLFFlcLZaMPTZYmSyW_e0a9w&ind ex=1450 POIROT, R. 1983. “Les néo-ruraux sortent de terre” , France, Archive INA, 2min24. https://www.youtube.com/watch?v=YF3l6_ZYqSQ
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TABLES DES FIGURES
Figure 1 : St Lubin-des-Joncheret, p.1
Figure 9 : organigramme de la répartition, des
Figure 2 : © Agreste « Utilisation du territoire
sourced’émission de CO2, source Citepa p.32
– L’artificialisation des terres de 2006 à 2014 :
Figure 10 : carte des flux pendulaires
pour deux tiers sur des espaces agricoles »,
domicile-travail quotidien en île-de-France,
p.23
source Devilliers & Associés p. 33
figure 3 : La pyramide de l'économie linéaire,
Figure 11 : photographie du graphe “l’erreur
extractive p.24
est urbaine” prise à Nantes p.35
Figure 4 : schéma de l’économie circulaire
Figure 12 :Le rétro-planning, schéma
p.26
personnel p.44
Figure 6 :Illustration de Bonnefrite pour
Figure 13 : carte de france des différents
l’exposition du pavillon de l’arsenal MATIÈRE
projets Europan15 p.44
GRISE, Matériaux,réemploi, architecture de Figure 14 : Situation de l’EPCI de l’Agglo du
2014. P.27
Pays de Dreux en France p.45 Figure 7 : 1 Logo du Ministère de l’Équipement à partir de 1985, les trois flèches
Figure 15 : Le territoire de l’Agglo du Pays de Dreux et les trois communes sélectionnées
symbolisent l’Urbanisme, le Logement, les
pour Europan 15 p.45
Transports; 2 Logo du Ministère de l'Écologie et du Développement Durable dans les années
Figure 16 : Ratio superficie par
2000. 3 Logo du Ministère de
usages/périmètre de la commune, densité
l'Environnement, de l'Énergie et de la Mer en
habité, et nombre d’habitants source : schéma
2016-2017. 4 Logo du Ministère de la
personnel p 46
Transition écologique et solidaire depuis mai Figure 17 : Légende des schémas comparés de
2017. P.28 Figure 8: Part des secteurs d’activités dans les
la typomorphologies des villages, source : schéma personnel p.46
émissions de gaz à effet de serre (GES) en 2014, source Citepa p.31
Figure 18 : Brézolles un bourg concentrique p.47
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Figure 19 : Photo aérienne de la ZAE de
Figure 30 : extrait du rendu Urbanisation
Brezolle p.47
Agricole p.54
Figure 20 :Brezolles, le périmètre d’étude
Figure 31 : extrait du rendu de la Ville à la
p.48
Campagne p.55
Figure 21 : St Lubin, une urbanisation le long
Figure 32 : Observation territoriale Données
de la vallée p.48
INSEE 2006 p.58
Figure 22 : Photo aérienne de la ZAE de St
Figure 33 : Essai de hiérarchie des notions de
Lubin-des-Joncheret p.49
la participation, source @L LASLAZ p.66
Figure 23 :Brezolles, le périmètre d’étude
Figure 34 : Commune de Brezolles –
p.49
Couverture de la publication Architecture d’Aujourd’hui- Mars 2020 p.83
Figure 24 : Tremblay-les-Villages, archipel de village-rues p.50
Figure 35 : BD produite par Urbanisme agricole, l’équipe lauréate, représentant le jeu
Figure 25 : Photo aérienne de la ZAE de
d’acteur. Pp.86-87
Tremblay-les-Villages p.50 Figure 26 : Tremblay-les-Villages, le périmètre d’étude p.51
Figure 28 : extrait du rendu A(gri)puncture
Herras pour l’exposition Campagne productive p.88
Figure 27 : extrait du rendu Ecological Magnet p.52
Figure 36 : Plan d’organisation des grilles
Figure 37 : Perspective d’organisation des grilles Herras pour l’exposition Campagne productive p.89
p.53 Figure 29 : extrait du rendu Urbanisation Agricole p.54
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ANNEXES 1 / Point technique préparation de l’exposition itinérante sur grilles de chantier type “herras” 2 / Colonnes (2,2m x 0,6m) et panneaux d’exposition (3,5m x 1,8m) réalisés pour la présentation des trois communes avec QR-code. 3 / Correspondance type réalisée pour l’invitation à la journée de concertation 4 / Mise en place d’une liste d’invités, préparation de visites et de journées de concertation citoyenne et d’informations des projets lauréats.
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Exposition itinérante - information aux habitants, Campagne productive, Dreux, 2020
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A(gri)puncture, entretien du lauréat pour accompagner l’exposition d’un audio et la rendre plus inclusive.
Ecological Magnet, entretien de l’équipe lauréate pour accompagner l’exposition d’un audio et la rendre plus inclusive
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Tremblay
St Lubin
Brezolles
De la ville à la campagne, entretien de l’équipe lauréate pour accompagner l’exposition d’un audio et la rendre plus inclusive.
Urbanisme agricole, un entretien non encore retranscrit du collectif d’architectes paysagistes.
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Organigramme de fonctionnement de l’Agglomération du pays de Dreux, 2020.
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Organigramme de fonctionnement du Bureau Communautaire (organe exécutif de l’Agglo)
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Bonjour, L’Agglo du Pays de Dreux travaille activement sur les suites à donner au concours Europan 15, avec l’ambition de mener à terme ces projets de planification urbaine tout en approfondissant ce mode d’élaboration alternatif et expérimental qui a construit le prestige d’Europan depuis plus de trente ans. En 2018, l’Agglo du Pays de Dreux a proposé trois terrains pour y approfondir la notion de campagne productive et de la manière dont les espaces d’activités économiques peuvent se saisir des défis écologiques, pour se (re)développer et s’intégrer à leurs bourgs respectifs. Les communes de Brezolles, Saint-Lubin-des-Joncherets et Tremblay-les Villages, ont paru être prédisposées à devenir le laboratoire-vitrine de ces enjeux d’aménagement, avec l’arrivée prochaine de l’autoroute A154 et de ses externalités. En 2019, un jury d’experts a sélectionné 3 projets, plus un remarqué, parmi les équipes candidates. A ce jour, la phase de mise en œuvre de ses propositions lauréates est en cours avec pour objectif de retenir, parmi-elles, celle avec qui l’Agglomération pourrait travailler par la suite pour mettre en pratique ses solutions pour le territoire. Pour ce faire, il est prévu de continuer le processus Europan 15 par une journée de concertation et d’ateliers de discussions en novembre prochain à laquelle j’ai le plaisir de vous convier. Elle permettra de renouer avec les projets sélectionnés afin de remettre en question les diagnostics de territoire et le cahier des charges qui les ont générés, et de les ajuster aux besoins actuels des différents secteurs de projets. Cette journée, organisée dans le respect des règles Covid, aura lieu le mardi 3 novembre 2020 (programme ci-dessous) pour que les acteurs du territoire concernés puissent s’approprier et apporter un regard critique mais aussi des propositions constructives aux solutions exposées par les jeunes architectes-urbanistes : -
-
9h30 : accueil des invités autours d’un café à la médiathèque l’Odyssée (1 place Mésirard à Dreux), 10h : présentation des projets par les lauréats et des problématiques Europan et du territoire, 11h30 : départ au Dôme (22-24 place Métézeau à Dreux), déjeuner et répartition des ateliers-pivotant centrés sur les projets lauréats, 13h30 : circulation des équipes aux tables rondes pour définir les projets autours des problématiques d’ordre opérationnel et programmatique afin de concrétiser les solutions émergeantes 18h00 : clôture
En qualité d’expert et de personne ressource, j’espère vivement pouvoir compter sur votre participation à cette journée. Ce séminaire de concertation permettra l’ouverture d’un concours restreint entre les quatre équipes pour sélectionner celle avec qui l’Agglo du Pays de Dreux, en tant que maître d’ouvrage, contractualisera en 2021. Je vous remercie de bien vouloir confirmer votre participation par retour de mail. Dans l’attente, très cordialement. Christelle MINARD
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Vice-présidente en charge de l’Attractivité du Territoire par les filières Touristique et Agricole, du Développement Rural, des Contractualisations et de la Transition Ecologique
En qualité de référente sur cette opération, je reste également, avec Emilie Neveu, à votre disposition pour toute précision. Très cordialement,
Liste des personnes invitées : - Trois représentants de la DDT. · Boris Nauleau / Architecte Conseil de l’État en Eure et Loir / claas.architectes@gmail.com 02.40.48.18.87 · Barbara Monbureau / Paysagiste Conseil de l’État en Eure et Loir / monbureau.barbara@sfr.fr · Caroline Pruriere / Chargée de mission Nouveau Conseil aux Territoires (DDT) / caroline.puriere@eure-et-loir.gouv.fr 02.37.20.40.39 · Agnès HURSAULT Chef du service Economie Agricole SEA 02.37.20.50.01 · Stéphanie DEPOORTER - Directrice départementale adjointe – - Trois représentants des différentes Chambre Consulaire : · Didier Agez, Chambre d’agriculture / d.agez@eure-et-loir.chambagri.fr / 06 31 35 49 62/ 02 37 24 45 92 · Frederic Marceau, Chambre de Commerce et d’Industrie ou eandre@cci28.fr (Emilie Andre, assistante de Fm) 02 37 84 28 29 · Tony André, Chambre de métiers et de l’artisanat tony.andre@cma-28.fr/ 06 20 83 31 22/ 02 37 91 57 02 - Deux chefs d’entreprises : · TIB, TOLERIE INDUSTRIELLE DE BREZOLLES, Philippe Sandrin, le PDG ph.sandrin@tib.fr · Phorterra, cgrimault.dupuis@gmail.com · Le Potager de Diane Maraîcher 06 20 51 72 53 - dianeprieur@hotmail.com · Jérôme Foucault - Directeur Général chez KE France - 7 à 8 lauréats : · Urbanisme agricole /0640606013 /gauffenyfontaine@gmail.com · Ecological Magnets / 0651509072 / chloevaladie@gmail.com · A(gri)puncture / 06 33 09 47 50 / hungtrungmai@gmail.com · De la ville à la campagne / 06 52 12 00 78 / dlp@pacoarchitecture.fr - Un aménageur : · Nicolas Moreau, Directeur SEM SAEDEL -trois paysagiste, architecte extérieur : · Bertrand LEBOUDEC. Maître de conférences. Ville et territoires, architecte
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· Pierre ou Rémi Janin, paysagiste, agriculteur et enseignant à l'École d'Architecture de Clermont-Ferrand Pierre Janin 06.08.77.64.37 pierre.janin(at)fabriques-ap.net. Rémi Janin 06.08.77.64.32 remi.janin@fabriques-ap.net · Françoise Fromonot Françoise.fromonot@paris-belleville.archi.fr Trois collègues du Pôle Aménagement : · DESMOUILLIERES Séverine s.desmouillieres@dreux-agglomeration.fr · COLLIN Isabelle / i.collin@dreux-agglomeration.fr
/
· CHAUDOT Florent / Responsable Climat, Air et Energies f.chaudot@dreux-agglomeration.fr /02 37 38 90 91 / 06 20 12 24 03 - Collègues du Pôle Deveco : · Neveu Emilie, directrice adjointe Responsable du Développement territorial e.neveu@dreux-agglomeration.fr · Bovas Julie / j.bovas@dreux-agglomeration.fr / 02 37 64 84 94 / 1154 · Boucher Jean-François, paysagiste DPLG / j.boucher@dreux-agglomeration.fr · Tarlet Diane, manager territorial / 06 26 14 58 13/d.tarlet@dreux-agglomeration.fr · Achard Cécile / 06 13 39 03 20 / c.achard@dreux-agglomeration.fr - Représentantes d’Europan : · Jubert Suzanne, architecte / jubertsuzanne@gmail.com / 06 60 38 58 57 · Moulin Isabelle, directrice du programme Europan / i.moulin@europanfrance.org - Associations extérieures : · Groupe Coopératif SCAEL (jean Sébastien LOYER) - Elu.e.s · Christelle Minard maire de Tremblay · Loïc Barbier maire de Brezolles · Jean Bartier maire de Garnay, ancien journaliste en chef de l’Echo · Gérard Sourisseau, présidence de l'Agglo · Frédéric Giroux maire de Boullay-Thierry, Membre du Bureau Communautaire délégué à l'Aménagement Opérationnel Manque les contacts : · Les agriculteurs engagés ? · Michel Cohu, BUREAU ET CONSEIL D'ADMINISTRATION D'EURE-ET-LOIR NATURE
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© Alexa Brunet, Favoriser la monoculture, série Dystopia, 2019
© Alexa Brunet, Se plier au grignotage des terres agricoles, série Dystopia, 2019
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© Alexa Brunet, L’impact de la loi de modernisation de l’agriculture, série Dystopia, 2019
© Alexa Brunet, Se plier au grignotage des terres agricoles, série Dystopia, 2019
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© Alexa Brunet, Appauvrissement des réserves d’eau, série Dystopia, 2019
© Alexa Brunet, La fuite en avant technologique, série Dystopia, 2019
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© Alexa Brunet, Exploitation de la main d’oeuvre, série Dystopia, 2019
© Alexa Brunet, Épuiser les ressources, série Dystopia, 2019
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© Alexa Brunet, Favoriser la monoculture, série Dystopia, 2019
© Alexa Brunet, Algues vertes, série Dystopia, 2019
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© Alexa Brunet, Disparition des abeilles, série Dystopia, 2019
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Cartographie de France de départ à la retraite des agriculteurs, Le Monde, 2020
Albert Magnaghi, La Biorégion urbaine : Petit traité sur le territoire comme bien commun
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