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La Cosmetic Valley étudie ses besoins en compétences

Économie

La région Centre, première dauphine de l’industrie du caoutchouc ■ Le secteur du caoutchouc représente 6.787 salariés dans le Centre. Une activité confrontée aux enjeux liés à la santé de l’industrie automobile. Une étude sur la filière caoutchouc dans la région Centre a été restituée la semaine dernière par les services de l’État (Direccte) et ceux de la Région

(Centréco). Concrètement, dans la région Centre, la filière emploie 6.787 salariés. Sur le palmarès national, elle se hisse ainsi à la seconde place, loin derrière le poids lourd représenté par l’Auvergne et ses 13.788 employés. Une suprématie qui s’explique facilement avec la présence du géant Michelin. Alors que les métiers du caoutchouc sont répartis en deux

Signature de la convention par Patrick Ugarte (président Opcalia Centre) et Jean-Luc Ansel (directeur général Cosmectic Valley).

Connaître avec précision les futurs besoins de compétences pour toute la filière réunie au sein de la Cosmetic Valley. Tel est le but de l’étude actuellement menée au sein des 550 entreprises membres de ce pôle de compétitivité dédié à la production cosmétique. Plus spécifiquement, le département études et recherche de l’Apec (association pour l’emploi des cadres) va concentrer son action sur quatre domaines particuliers : le végétal, le packaging, la formulation et le sensoriel. L’ambition est de comprendre les évolutions de ces quatre secteurs à une échelle de quatre ou cinq ans.

Après ce premier travail ciblé, les enquêteurs vont élargir le champ de leurs investigations en questionnant par Internet toutes les entreprises membres de la Cosmetic Valley. « Notre objectif est d’assurer aujourd’hui la réflexion autour des métiers de demain. Il y a des métiers à inventer pour nous rendre dans le monde entier », analyse Jean-Luc Ansel, directeur général de la Cosmetic Valley. Les résultats de cette étude, menée en partenariat avec Opcalia (organisme collecteur œuvrant dans la formation professionnelle), doivent être connus pour la fin de l’année.

Des étudiants de Polytech planchent sur un vélo électrique Des étudiants de l’école d’ingénieurs Polytech de l’université d’Orléans et des jeunes en démarche d’insertion à l’association Opelia 45 sont engagés dans la création d’un vélo électrique, projet correspondant à un investissement de 2.000 ¤. Dans le cadre de leur cursus, les étudiants sont obligés de développer un projet. Benjamin Glorieux, scolarisé en quatrième année, a voulu entreprendre cette démarche avec des jeunes du quartier d’Orléans La Source : « Ce projet, dit collectif, permet à un futur ingénieur d’acquérir une expérience de travail en équipe et des compétences de management. » Pour faciliter cette ouverture vers l’extérieur de l’école, les étudiants ont donc décidé de créer un vélo électrique avec des jeunes, employés par Opelia 45. Yvon Guillois, responsable de l’équipe des éducateurs spécialisés d’Opelia 45, accueille volontiers les étudiants dans l’atelier de l’associa-

tion : « Nos jeunes ont des compétences plutôt techniques dans la réparation de vélos et la création de tandems. Cet échange est valorisant pour nos garçons. Les étudiants mettront leur savoirfaire théorique en commun ».

Visite de Matra

Déjà, ils sont allés visiter ensemble l’entreprise Matra, qui fabrique des vélos électriques à Romorantin : « Le fait d’être en contact avec le milieu industriel et de voir le monde du travail a cassé certaines représentations, notamment pour les jeunes d’Opelia 45 » assure Yvon Guillois. À ce sujet, l’un des garçons est moins impressionné : « Je m’attendais à une usine bruyante, mais les conditions de travail ne sont pas difficiles. » Matra a mis, gracieusement, un vélo électrique à la disposition de l’équipe pour permettre de l’étudier. Le travail est prévu sur deux années. Une première restitution se fera le 6 avril prochain, lors de la fête du vélo organisée au quartier de La Source.

Les étudiants de Polytech et des jeunes du quartier orléanais de La Source travaillent sur ce projet.

Avec sept établissements dans le Centre, Hutchinson est un poids lourd régional. Une histoire qui a débuté en 1853. (Photo archives).

grandes familles, celle dédiée au pneumatique et celle concernant la réalisation de pièces industrielles, la région Centre est leader national dans cette catégorie. Une activité qui représente 6.400 personnes, travaillant dans 50 des 67 établissements recensés régionalement dans cette branche.

Baisse des effectifs

Avec sept établissements, c’est Hutchinson qui est l’employeur le plus important. Il représente 1.250 salariés présents sur son site de Châlettesur-Loing, 600 à Joué-lesTours et 300 à Amilly. Une implantation historique qui remonte à 1853 avec l’ouverture d’une première manufacture à Montargis. Dans les années 50, la société a employé jusqu’à 4.600 personnes. L’emploi dans le caoutchouc a connu une baisse significative entre 1999 et 2009. En région Centre, le nombre de salariés travaillant dans le secteur des pneumatiques a ainsi été divisé par deux, avec la diminution très importante opérée par Michelin sur ses sites de Joué-lès-Tours (- 800) et de Saint-Doulchard (- 830).

Une chute importante qui s’explique avec la crise mais également avec la relative fragilité de l’activité caoutchouc. Bon nombre d’entreprises dépendent directement de la santé du secteur automobile. Avec, en corollaire, une pression constante imposée sur les prix ou une absence de visibilité sur le carnet de commandes. La reprise est, de ce fait, fragile.

Dépendance importante

Une autre caractéristique majeure de ce secteur est une dépendance importante au prix des matières premières. Le marché a connu des flambées importantes, notamment du fait de la demande asiatique. La production nationale se trouve enfin face à une concurrence importante des pays à bas coût. Un des enjeux à venir, selon l’étude, est de développer la recherche et le développement, notamment au sein des PME de ce secteur. Il s’agit également de pouvoir mettre en place de nouveaux métiers autour du recyclage, une des questions majeures que se posera cette filière dans les années à venir. M. V.

La chimie régionale veut passer au vert ■ L’Union des industries chimiques a lancé la plateforme « Suschem », dans la région, afin de promouvoir une démarche durable. Le 27 janvier, l’union des industries chimiques (UIC) de la région Centre a lancé la plateforme « Suschem », déjà active au niveau national. Plateforme virtuelle mettant en commun les bonnes volontés, et surtout les bonnes idées, pour « verdir » les produits chimiques, utilisés dans de nombreux secteurs. « La chimie, c’est l’industrie de l’industrie », commente Myriam Rouet-Meunier, secrétaire générale de l’UIC Centre. Médicaments, cristaux liquides, plastiques plus légers, vernis protecteurs, peintures respectueuses de l’environnement, textiles ou verres plus performants... autant de défis pour les industriels en tous genres, invités à travailler ensemble. Le lancement a d’ailleurs été officialisé en présence de différents pôles de compétitivité

régionaux : Cosmetic Valley, Élastopole, Polepharma, ainsi que l’Institut de chimie organique et analytique (Icoa) d’Orléans, et les représentants de l’État.

Des matières premières renouvelables

Cette démarche de « chimie durable » consiste à trouver les matières premières renouvelables pouvant se substituer aux produits de synthèse, comme dans le cas des bioplastiques. Et à mettre en place des circuits de recyclage. La démarche n’est donc que balbutiante, bien loin, encore, d’une échelle industrielle, mais nécessaire pour anticiper l’épuisement des ressources en pétrole. Elle est née en 2004 au niveau européen et en 2008 au niveau français. « Nous lançons des projets qui aboutiront dans 8 ou 15 ans », explique Emmanuel Huet, président de l’UIC Centre et directeur de la stratégie industrielle d’Axyntis (Orgapharm à Pithiviers, 80 salariés). Des pistes, notamment de procédés écoefficients, devraient être pré-

Myriam Rouet-Meunier et Emmanuel Huet, de l’UIC Centre.

sentées en septembre prochain à la direction régionale des entreprises, afin d’obtenir des financements de projets collaboratifs. Carole Tribout.

> UIC Centre, 7, route d’Orléans, 45380 La Chapelle-SaintMesmin. Tél. 02 38 22 31 02. www.uic.fr

Les agriculteurs mis à contribution

En chiffre

L’UIC Centre s’est également associée au pôle d’excellence basé en Eure-et-Loir, Valbiom Centre. « Nous avons besoin de matières végétales pour modifier le plastique », souligne Emmanuel Huet. Tout en faisant attention à ne pas entrer en concurrence avec les besoins alimentaires de l’humanité, et en se préoccupant de certains effets indésirables.

L’industrie chimique, dans la région, c’est environ cent entreprises pour 7.500 salariés, de la petite PME au groupe de 1.800 personnes. La région est au premier rang national pour la production de produit cosmétiques. La France est le deuxième producteur européen et le sixième mondiale.

Myriam Rouet-Meunier cite ainsi le cas de l’aspirine, à base d’écorce de saule, aux effets secondaires anticoagulants pas forcément souhaités. Une rencontre à la découverte de Valbiom Centre est justement organisée ce mardi à la chambre d’agriculture d’Eure-et-Loir, de 17 à 19 heures. Valbiom Centre

fédère les entreprises industrielles et agricoles de la région autour de la thématique des produits biosourcés (impliquant des composés végétaux ou animaux). > Valbiom Association pour la valorisation industrielle des bio-ressources, 5 bis, avenue MarcelProust, Chartres. Tél. 02 37 84 28 55.

LA RÉPUBLIQUE DU CENTRE - MARDI 8 FÉVRIER 2011 - MON - 35


La région Centre, première dauphine de l’industrie du caoutchouc