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LE BRUIT DES VAGUES - CAUE Var

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Témoins Lucile Bordes Jérémy Giuliano Mathieu Leborgne Atelier Géminé


LE MOT DU PRÉSIDENT Le littoral varois et ses 432 kilomètres de côtes forment une mosaïque de paysages habités et visités. Cette ligne de vie se transforme chaque jour, évolue et s’adapte dans un contexte de forte urbanisation, d’élévation du niveau marin et de bouleversements climatiques. Au quotidien, ce sont des centaines de milliers d’habitantes et habitants qui vivent, circulent et travaillent dans l’épaisseur du trait de côte. Vingt-huit communes regroupées en un Syndicat des Communes du Littoral Varois le composent et travaillent à sa mise en valeur et sa sauvegarde. D’un autre coté, l’État a révisé en 2023 la Stratégie nationale pour la mer et le littoral (SNML), adoptée pour la période 2024–2030. Elle fixe quatre grandes priorités : offrir une planification intégrée et globale pour les politiques maritimes et littorales, renforcer la résilience des territoires face aux changements climatiques, préserver la biodiversité marine et côtière, et concilier développement économique et protection de ces espaces. Un décret du 13 février 2026 a mis à jour la liste des communes dont l’action en matière d’urbanisme et la politique d’aménagement doivent être adaptées en priorité, notamment pour faire face aux enjeux d’érosion côtière et de submersion marine. C’est dans ce contexte que le CAUE Var a choisi cette année de porter son regard sur cette partie du territoire, ses évolutions passées et futures. Notre volonté est de sensibiliser et de partager avec l’ensemble de nos publics les enjeux pour l’adaptation de nos littoraux, ainsi que de réfléchir au rôle de chacun dans l’accompagnement d’aménagements résilients. Ainsi, cet automne 2026, avec « Le bruit des vagues, penser l’évolution des rivages varois », le CAUE Var souhaite être un espace d’échange pour tous les acteurs du territoire : élus, agents, habitants, services de l’État, professionnels, architectes, urbanistes, paysagistes, constructeurs, etc. Au printemps 2027, il prolongera la thématique sur les impacts de l’évolution de cette zone littorale sur l’ensemble du territoire. Le croisement des regards nous a paru indispensable et nous sommes ravis de présenter à un public, de plus en plus large, les nombreuses facettes du littoral varois à travers les yeux d’enfants du territoire, d’une artiste, d’un sociologue et d’un géologue. Pensons ensemble l’évolution de nos littoraux ! Marc Lauriol Président du CAUE Var 5


LE MOT DE L’ÉQUIPE Chaque automne, le CAUE Var met en lumière un enjeu de l’époque et des territoires varois à travers une exposition thématique et une saison culturelle. L’objectif est de créer un espace de réflexion et de dialogue auprès de tous les publics : habitants, professionnels, enfants, techniciens, élus et enseignants. Après les expositions qui exploraient la qualité des espaces publics en 2024 et celle des logements collectifs en 2025, cette saison 2026 interroge les paysages littoraux varois, le trait de côte, ses évolutions et nos manières d’habiter cette étroite bande émergée entre terre et mer. Face aux changements climatiques, à l’érosion littorale et à l’élévation du niveau marin, notre volonté est d’appréhender le futur et de s’interroger collectivement. Quelles sensorialités nouvelles la montée des eaux peut faire apparaître ? Quel nouveau rapport au vent, au sel, à la roche, aux hôtes de ces milieux : poissons, oiseaux, pêcheurs, habitants, vacanciers ? Comment cette proximité avec l’eau peut permettre d’imaginer une autre manière de se tenir sur le bord ? Quelles architectures acclimaterons-nous sur un territoire mouvant ? Quel rapport tisserons-nous à des espaces de vie renouvelés dans leurs limites ? Comment se vivront les espaces gagnés et perdus ? Comment abandonner des espaces de souvenirs, de jeux, de plaisir ? Quel récit commun écrire ? Comment réinventer notre relation à la limite, au trait, à la frontière ? Quel droit à l’horizon marin et quelle habitabilité de nos territoires ? Peut-on parler de « risque » et « aléa » pour qualifier une transformation annoncée qui a déjà commencé son chemin ? Il s’agit avant tout d’une posture - globale et individuelle - qui consiste à voir nos vulnérabilités comme des approches créatives pour imaginer de nouvelles relations qui prennent soin du littoral et de nous-mêmes.

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Entre submersion, enjeux stratégiques, fréquentation touristique et mosaïque géologique : la ligne de côte apparaît comme une multiplicité de fils à tirer pour mettre en récit les territoires varois. Pas une ligne franche, mais une interface épaisse, mouvante et changeante entre ce que l’on nomme « la terre » et « la mer ». Pour approcher cette thématique et ces paysages en mouvement, nous proposons une démarche en trois temps pour penser les nouveaux rivages avec enthousiasme : Ressentir, avec le corps et l’esprit Par le dialogue, l’échange, l’arpentage, l’écriture et le dessin : comprendre l’attachement au littoral et comment se compose ce paysage qui se transforme dans nos modes de vie et nos émotions. Raconter, une narration et un récit Avec le croisement des regards, mettre en récit la future sensorialité du littoral avec des témoignages, en envisageant le sujet de l’évolution du niveau de la mer comme directement lié à la question de la mémoire, des histoires que l’on raconte et du futur. Inventer, une posture de conception et des projets Faire de l’aléa, du risque et de l’évolution des paysages littoraux une approche créative en s’appuyant sur les pratiques des professionnels, élus, citoyens et techniciens qui passent à l’action. Il nous a semblé important d’aller capter la parole de jeunes habitants du territoire. Le film « À cause de la pluie ? », réalisé par l’atelier Géminé lors d’une résidence vidéo à l’école Toussaint-Merle de la Seyne-sur-Mer, est la synthèse de cette semaine de rencontres et d’échanges sur nos manières d’habiter le littoral. Pour nourrir notre réflexion, nous avons invité trois témoins à nous accompagner lors d’explorations de terrain. Sur trois portions du littoral varois - un échantillonnage de la typologie côtière entre « plage », « port » et « falaise » - nous avons cheminé avec un sociologue, une artiste et un géologue. Leurs apports, sous forme de récits et de réflexions pluridisciplinaires, rythment l’exposition et ce carnet.

L’équipe du CAUE Var 7


Baie de La Ciotat

Rade de Toulon

Cap Sicié

Rades de Toulon et Ouest Var

Golfe de Giens

Presqu’île de Giens


Golfe de Fréjus

Basse Vallée de l’Argens

Golfe de Saint-Tropez

Presqu’île de Saint-Tropez

Baie de Cavalaire

Cap Taillat Cap Lardier

Cap Bénat Rade d’Hyères Îles d’Or

Rade d’Hyères et Îles d’Or

Les Maures

Corniche de l’Estérel


LE MOT DES RÉALISATEURS Qu’est-ce que ça fait d’habiter près de la mer ? Et, plus encore, qu’est-ce que ça fait de voir ce paysage changer ? Le littoral est un territoire à la fois vécu et projeté, du quotidien et de représentations. Il appelle en chacun.es d’entre nous un imaginaire, collectif ou individuel. Seulement, depuis quelques années, cet imaginaire est mis en mouvement ; le dérèglement climatique et les aléas naturels associés transforment le littoral. Comment, alors, ne pas laisser cette réalité abîmer notre rapport à la mer ? Comment accepter la réalité de la montée des eaux dans notre conception du littoral, afin de protéger ce territoire tout en projetant un paysage désirable ? En questionnant les élèves d’une classe de CM2 de la Seyne-sur-Mer, ce film tente de capter de manière spontanée une pratique du littoral par l’expérience quotidienne, débarrassée de ses constats alarmistes. À travers ces récits ordinaires, il nous invite ainsi à déplacer notre rapport au littoral, à remettre en question notre expertise et à accepter un autre regard, de nouveaux imaginaires. Les enfants nous permettent pour un temps de réfléchir au littoral de demain, en se débarrassant de nos angoisses d’adultes, et en acceptant la réalité d’un paysage en transformation.

Atelier Géminé (Lucille Prouvoyeur & Ulysse Rousselet) 11


PLAGES


← Carte de déambulation dessinée par Clara Séguéla lors de l’arpentage des plages de l’embouchure du fleuve Argens le 28 juillet 2026.


LA PLAGE VAROISE, UN PAYSAGE QUI RESPIRE… Un ruban de sable au bord de l’eau, un parasol planté pour l’été : pour beaucoup, la plage ressemble à un décor immuable. Pourtant, à l’embouchure de nos fleuves côtiers varois, le littoral est tout sauf figé. C’est un système vivant qui « respire », s’épaissit, se rétracte et se métamorphose au gré des saisons. Loin d’être une ligne gravée dans la roche, la plage sableuse est un espace éphémère, le théâtre d’un dialogue constant entre la terre et la mer.

Le grand ballet du sable : entre apport et érosion Pour comprendre cette dynamique, il faut imaginer une balance à deux plateaux. Sur le premier se posent les apports : le fleuve charrie depuis l’arrière-pays varois des sédiments, des graviers et des grains de quartz issus de l’érosion des reliefs. Arrivés à l’embouchure, ces matériaux terrigènes sont étalés le long de la côte par les vagues et les courants. Sur le second plateau s’accumulent les pertes : la houle repart vers le large en emportant du sable, tandis que la dérive littorale le décale le long du rivage. Selon les saisons, la balance penche d’un côté ou de l’autre. En période de calme ou après d’importants apports fluviaux, la plage prend de l’épaisseur et gagne sur la mer. À l’inverse, lors des tempêtes, la mer reprend son dû et rabote le cordon sableux.

Le tempérament météo du Var : des vents de mer aux vents de terre Dans le Var, ce cycle sédimentaire est fortement rythmé par la météorologie locale. Les vents de mer, en particulier la «  Largade » (secteur Est à Sud-Est), sont les grands acteurs du rivage. Lors des coups de mer, leur houle courte et puissante frappe la côte de plein fouet, entaille le pied de dune et emporte d’importants volumes de sable vers le large. Hors tempête, ces mêmes vents marins poussent le sable sec de la plage émergée vers l’intérieur des terres, alimentant ainsi la dune. Les vents de terre, Mistral en tête, jouent un rôle inverse. Ce vent sec et violent plaque la mer, calme la houle côtière et préserve le rivage de l’attaque des vagues. En revanche, en soufflant depuis la terre vers le large, il balaye le sable sec du haut de plage et l’expulse vers la mer ou le déplace le long de la côte.

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Cette dynamique varie également selon l’orientation du trait de côte par rapport au vent et à la houle : par exemple, sur les rares plages exposées plein ouest, le Mistral prend alors le rôle d’un vent marin et façonne le cordon sableux différemment.

L’aménagement du littoral : de la fixation du sable aux équilibres sédimentaires Face à la mobilité du rivage, l’aménagement du littoral a longtemps cherché à stabiliser le trait de côte pour protéger les habitations, sécuriser les infrastructures et accompagner le tourisme. Au xxe siècle, des ouvrages en dur — digues, épis et lidos — ont été déployés le long du littoral varois pour retenir le sable, pérenniser les plages, voire en créer de nouvelles. Si ces structures remplissent leur rôle localement en piégeant les sédiments en amont, elles modifient le fonctionnement d’ensemble de la côte. C’était la réponse d’une époque cherchant à fixer un phénomène mouvant. En interrompant le transit du sable, ces ouvrages réduisent les apports en aval, y accentuant le recul de la plage. Ce constat n’annule pas l’utilité passée de ces travaux, mais illustre la solidarité sédimentaire du littoral : une action ciblée a des répercussions quelques centaines de mètres plus loin, décalant le déséquilibre ou générant aussi des phénomènes d’ensablement ou de désensablement dans les baies.

Accompagner la nature : le génie écologique au secours du cordon sableux Aujourd’hui, la gestion du littoral change de paradigme. La « fixation rigide » cède la place à des solutions fondées sur la nature, accompagnant ses mouvements grâce au génie écologique. Des aménagements doux sont déployés : pose de ganivelles pour piéger le sable éolien, restauration de la végétation dunaire dont les racines fixent le sol, et création de cheminements pour canaliser le piétinement.

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À cela s’ajoute la préservation d’un allié sous-marin capital : l’herbier de posidonie. Souvent méconnue et parfois mal aimée des estivants qui la confondent avec une algue, la posidonie est une plante à fleurs protégée, véritable poumon de la Méditerranée. En profondeur, ses herbiers fixent le sable des fonds et atténuent la houle. Sur le rivage, ses brins morts rejetés forment des « banquettes » naturelles : d’épaisses couches de feuilles qui amortissent la houle et protègent la plage. Accepter leur présence fait partie intégrante de cette nouvelle culture du littoral.

Le dérèglement climatique : un château de sable à préserver Ces milieux fragiles font désormais face au dérèglement climatique. L’élévation du niveau de la mer décale la zone d’impact des vagues vers les terres, tandis que l’intensification des événements extrêmes accentue les tensions : des crues fluviales plus soudaines charrient des sédiments de façon discontinue, et des tempêtes plus violentes attaquent des plages déjà fragilisées. La plage d’embouchure n’est pas une bande de terre immobile, mais un édifice vivant au fragile équilibre. Tel un château de sable façonné par les éléments, la frange littorale exige notre compréhension : pour la préserver, nous devons accepter sa mobilité fondamentale et surtout lui laisser l’espace de respirer.

Jérémy Giuliano 17


LISTE DES PLAGES DU VAR, D’OUEST EN EST Plage des Lecques Crique de Bramadeou Plage de la Madrague Plage de la Rainette Plage de la Baie des Nations Calanque du Port d’Alon Plage de la Galère Plage des Engraviers Plage des Anglais Plage du Capelan Plage du Barry Plage Eden Roc Plage de Renécros Plage pour chiens Dog Beach Plage Centrale Plage du Casino Plage du Grand Vallat Plage du Lido Plage de la Gorguette Plage de Beaucours Plage de la Baie de Cousse Plage de la Cride Plage de Portissol Plage du Levant Plage de l’Esplanade Plage de la Frégate Plage Bonnegrâce Plage Antoine Baptiste Plage Constantin Plage des Roches Brunes Plage de la Coudoulière Plage des Girelles Plages et crique du Rayolet Plage du Cros Plage du Brusc Plage du Grand Gaou Plage du Gaou

Plage d’Abrielle Plage de la Sabine Plage du Kirsty Plage de l’Adrienne Plage de Coraline Plage du Kayou Plage du Petit Gaou Plage du Petit Gueirouard Plage de la Gardiole Plage du Mont Salva Plage Pierredon Plage du Lèque Plage du Trou de l’or Plage de la Fosse Plage de Malpasset Plage du Saint-Selon Plage du Jonquet Plage du Bœuf Plage du Fabrégas Plage de la Sauvageonne Plages de la Verne et de la Vernette Plage de Mar Vivo Plage des Sablette Plage de Saint-Elme Plage de Saint-Asile Plage de la Coudoulière Plage de Grave - Cavalas Plage de Balaguier Plage de l’Éguillette Plage de Pipady Plage de la Pinède Plage de la Mitre Plage de Bellerive Plage de la Vigie Plages du Mourillon Plage du Yacht Club Plage de la Batterie Basse 18


Plage de la Calade Plage du Trelus Plage du Fort Cap-Brun Crique du Fer à Cheval Plage de l’Anse de Méjean Plage de l’Anse de Magaud Plage de l’Anse de San Peyre Plage du Pin de Galle Plage du Monaco Plage des Bonnettes Plage de la Garonne Plage des Oursinières Plage du Bau Rouge Plage du Canebas Plag du Pradon Plage de Péno Plage Frédéric Chopin Plage des Pins Penchés Plage du Port Hélène Plage de l’Almanarre Plage de la Madrague Plage des Sœurs Calanque du Four à Chaux Plage de l’Esquilier Plage de l’Aygade Plage de la Pointe des Chevalier Plage du Pontillon Plage des Darboussières Plage du Niel Plage du Béton - Plage Claude Plage de la Vignette Plage de la Polynésie Plage du Port Auguier Plages de la Terre Rouge Plage du Pradeau Plage du Petit Bouvet Plages de la Tour Fondue

Plage du Bouvet Plage des Cyprès Plage de la Batterie Plages de l’île du Grand Ribaud Plage des Maures Plage Blanche du Grand Langoustier Plage Noire du Grand Langoustier Calanque du Brégançonnet Calanque de l’Oustau Plage de la Galère Plage du Cap des Mèdes Crique de l’Hermite Plage de la Chaussée Calanque de la Treille Anse des Savoyards Plage Notre-Dame Plage de l’Alycastre Plage du Fort du Lequin Plage de la Courtade Plage Maubousquet Crique de Bourbon Plage d’Argent Anse de Bon Renaud Plage de la Chère Patrie Anse de la Fausse Monnaie Plage du Sud Plage de la Baie de Port Man Calanque du Palangrier Calanque Longue Plage de la Palud Calanque de l’Aigue Calanque du Tablier Plage des Grottes Plage de Rioufred Anse du Layet Calanque du Phare Plage de Gabian 19


Plage des Arbanais Plage de la Pointe de la Badine Plage de la Baume Crique des Nouilles Plage du Vieux Chêne Plage Lou Plantié Plage de la Badine Plage de la Bergerie Plage de la Capte Plage des Pesquiers Plage Bona Plage du Ceinturon Plage de la Marquise Plage de l’Aygade Plage des Salins Plage de la Gare Plage du Pentagone Plage des Vieux Salins Plage des Pins Penchés Plage de Pansard Plage Miramar Plage Tamaris Plage de l’Argentière Plage du Pellegrin Plage de la Chapelle Saint-George Plage de Léoube Plage du Patelin Plage du Cap Léoube Plage de l’Estagnol Plage du Grand Jardin Plage de la Mère Dieu Plage de la Vignasse Plage de Cabasson Plage de Brégançon Plage du Luxembourg Plage de la Galère Plage de la Reine Jeanne

Calanque de la Tripe Plage des Fouirades Plage de la Grande Calanque Plage de Portofino Plage du Pinet Plage de l’Esquillette Plage du Cap Plage de la Baie du Gaou Plage du Château Plage du Gaou Plage de la Ris Plage de la Favière Plage du Gouron Plage de l’Anglade - Le Lavandou Plage de Saint-Clair Calanque du Four des Maures Plage de la Fossette Plage d’Aiguebelle Plage de Jean Blanc Plage de l’Éléphant Crique du Layet Plage du Layet Plage de Cavalière Plage du Cap Nègre Plage de Pramousquier Plage du Canadel Plage du Rayol Plage de l’Anse du Figuier Plage de l’Anse Carafure Plage de la Grotte Secrète Plage de Fenouillet Plage de Bonporteau Plage des Amphores Calanque de la Cron Plages de Cavalaire Plage du Débarquement Plage des Glaïeuls 20


Plage de la Bouillabaisse Plage du Vergeron Plage de Sylvabelle Plage d’Héraclée Plage de Gigaro Calanque d’Aiguebonne Plage de Jovat Plage du Brouis Plage du Cap Lardier Plage de Briande Plage Ranc Plage de la Douade Plage de l’Amour Plage de la Pointe du Canadel Plage de l’Escalet Plage du Casabianca Plage de la Quessine Plage de Camarat Plage de Bonne Terrasse Plage de la Caserne Plages de Pampelonne Plage du Cap Tahiti Plage de la Garrigue Plage de Capon Plage des Salins Plage de la Moutte Plage de la Rabiou Plage des Canoubiers Plage de la Crique des Graniers Plage de Saint-Tropez Plage de la Fontanette Plage du Pin Parasol Plage de la Bouillabaisse Plage de Malleribe Plage de la Moune Plage de la Marina de Cogolin Plage de Port-Grimaud

Plage de Grimaud Plage des Prairies de la Mer Plage de Saint-Pons les Mûres Plage du Gros Pin Plage du Vieux Moulin Plage de César Plage de Guerrevieille Plage des Cigales Plage de la Pointe Alègre Plages de la Croisette Plage de Sainte-Maxime Plage Saudan Plage de Champfleuri Plage de la Madrague Plage des Criques de Sainte-Maxime Plage de la Nartelle Plage des Éléphants Plage de la Garonnette Plage des Peiras Plage de San Peïre Plage de l’Arpillon Plage des Girelliers Plage de la Pinède Plage de la Pointe des Issambres Calanque de Tardieu Calanque de Bonne Eau Plage de la Gaillarde Plage de la Corniche d’Azur Plage du Grand Boucharel Plage du Petit Boucharel Plage du Pébrier Calanque du Four à Chaux Calanque des Corailleurs Calanque des Louvans Calanque Balzac Calanque du Pont de Bois Calanque des Romains 21


Plage de la Galiote Plages de Saint-Aygulf Plage du Pacha Plage de la Base nature Plages de Fréjus Plage du Veillat Calanque du Fourmas Plage de le Péguière Plage d’Arène Grosse Plage de l’Homme Mort Plage de la Pesquade Plage de la Boulouris Plage d’Aiguebonne Plage de la Garde Vieille Plage de Pierre Blave Plage Langley Plage du Débarquement Plage de Camp Long Plage de Pointe Longue Plage du Pourrousset Plage d’Agay Plage de la Baumette Plage de la Crique Brieux Plage de la Crique de la Baumette Plage Brieux des Roamy Calanque des Anglais Plage des Lucioles Plage du Peysserin Crique de l’Île des Vieilles Plage du Rocher du Diamant Calanque des Nissards Plage de Moris Plage de Saint-Barthélémy - Anthéor Calanque de l’Estérel Calanque du Petit Caneiret Calanque de Saint-Barthélémy Calanque de la Pointe du Cap Roux

Plage du Cap Roux Calanque de Maubois Calanque d’Aurelle Calanque des Escalles Plage du Trayas Calanques du Trayas Calanque de Maupas Plage Abel Balif Plage de la Pointe Notre-Dame

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- nom féminin 1. Rampe de sables, de graviers ou de galets développée au niveau du rivage (plage littorale) et jusqu’aux profondeurs où les houles sont capables de remaniement (plage sous-marine). 2. Surface, aire, zone : Une plage d’ombre. 3. Écart, intervalle, espace, latitude entre deux éléments, deux possibilités. Synonymes : grève - rivage

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©Photographies : Jean Belvisi

REGARDER LES PAYSAGES BOUGER

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Qu’est-ce que l’Observatoire des paysages ? L’observatoire des paysages vu depuis la mer a été initié en région PACA en 2013 par la DREAL (Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement) et piloté par l’ARBE (Agence Régionale pour la Biodiversité et l’Environnement). Son objectif est d’observer l’évolution des paysages sur le long terme et d’analyser les mécanismes de transformation par des re-photographies prises à des pas de temps réguliers. Innovant, cet observatoire vu depuis la mer inverse le regard habituel de la carte postale vue sur la mer. Il s’étend de la Camargue à l’Italie et inclut l’étang de Berre et les îles. 4 campagnes photographiques ont d’ores et déjà eu lieu en 2014, 2015, 2019 et 2022. 150 vues ont été sélectionnées sur l’ensemble du linéaire côtier de la région.

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PORTS

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← Carte de déambulation dessinée par Clara Séguéla lors de l’arpentage des Sablettes et des ports de la rade de Toulon le 4 juin 2026.


LE

DE CÔTE

La rade un ensemble de traits. Pas de trait, pas de rade. Le trait que fait la côte – son dessin. Le trait qui la retouche – une rature. D’ici le partage est facile entre la terre et la mer. D’ailleurs on voit bien comment faire : un pied dessus, un pied dedans, le tour est joué. Affaire de corps et de mémoire. Le trait de côte passe par moi. En cinquante-cinq ans à peine (soit mon âge à ce jour, à comparer aux cinquante-cinq millions d’années qu’ont les monts toulonnais), le trait de côte a été presque partout urbanisé. Il était mobile et on l’a figé. Il était vivant, on l’a artificialisé. On a fait la guerre à la mer. Des décennies de siège, béton, comblement, remblaiement. Au sud comme au nord de la rade, on a tout bien consolidé. Et pourtant… Veux-tu que je te dise la mer sous la terre comme l’œil sous la paupière ? Ma ville porte un nom de roseau, la sagne, qui en patois désigne aussi bien la plante que la tourbière elle-même. Ma ville a été gagnée sur les marécages, en assignant à l’onde une ligne très nette, un trait à ne pas dépasser, comme au milieu du lit un couple se sépare – ton côté, mon côté. Un trait, pas d’épousailles. Alors le trait de la corniche Le double trait de l’isthme Façonné par les courants marins Submergé encore, certains jours d’enfance et de largade, puis Poldérisé Le trait de la grande digue Mille cinq cents mètres Moins longue certes mais deux fois plus haute que la Muraille de Chine Typologie de l’ouvrage : « protection du littoral » 29


Tu parles Tu parles d’un trait Grande passe petite passe Au pied des monts les ports les plages au cordeau Corps d’eau Corseté Contraint par les murs Les roches les digues les jetées Côte à côte la mer et la route de chaque côté du muret Mais dessous, Veux-tu que je te dise, L’eau comme l’œil sous la paupière, La mer jusque sous les immeubles. On veut tout débrouiller, on sépare mais Dessous Terre et mer à pleines bouches Comme avant Ma ville Ô Lieu des épousailles, de l’humide, du mouvant, du mêlé. Ma ville corps à corps, Rien d’aligné. Alors que les eaux montent, moi je les ai vues reculer. C’est ce qu’on m’a fait croire : regarde comme la mer se soumet, regarde comme on la tient. Rien de plus faux. Vouloir figer le trait de côte, le contour d’un corps, les lignes d’un visage, est une entreprise vouée à l’échec : il n’est pas possible d’arrêter le temps. Et le temps joue pour la mer. Le trait de côte est une hallucination. Là où l’eau était, elle sera.

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On trouve sur internet des cartes permettant de mesurer l’impact de l’élévation du niveau de la mer en 2050. Je clique sur le sud de la France et zoome sur la rade. Je clique sur +1. La carte se tache de rouge. Rouges les zones submergées suite à l’élévation d’un mètre du niveau marin. Drôle de choix, le rouge. Pour dire le danger, bien sûr, alerter sur les risques. Quelle serait la couleur de l’opportunité ? de l’espérance ? Quelle couleur dirait les liens renoués, l’attention nouvelle ? Quelle couleur pour la chance inouïe de remonter le temps, réparer nos erreurs, être moins bêtes, moins présomptueux, imaginer enfin d’autres manières de vivre et la terre et la mer ? Moi je mettrais du jaune lumineux, ou du pâle, vert, rose, bleu, ou bien un joli mauve de pois de senteur (car dans la sagne il montait haut) mais c’est très personnel. Je clique sur +1,5. Un mètre cinquante au-dessus du niveau actuel et Saint-Mandrier redevient à peu près une île, la mer prend la basse ville de Toulon, les rues de La Seyne plongent depuis l’église directement dans l’eau. Sur la corniche de Tamaris, de l’autre côté de la route inondée, le marais ressurgit. Au Mourillon, triomphe des posidonies. Leurs feuilles en longs rubans recolonisent les vingt-deux hectares pris sur la mer et l’herbier marin. Adieu plages artificielles ! C’est le joyeux retourdes mattes, des roches, des cabanons sur pilotis ! Le littoral s’ensauvage, la mer va et revient, n’a rien à casser puisque rien de l’entrave, faune et flore se reconstituent dans un milieu à nouveau favorable, à nouveau riche. Nous ? Nous ne sommes plus malheureux. Établis au-delà des marais, des falaises, au long d’estrans adaptés à la force des vagues, nous jouissons d’un littoral vivant, d’une grève qui régale. Il faut désirer la lagune Aimer les roselières, les récits, les canniers Chérir les stappes salées. Il faut épaissir le trait. Qu’il devienne bande, frange, zone Œil et paupière.

Lucile Bordes 31


LISTE DES PORTS DU VAR, D’OUEST EN EST Vieux-Port de Saint-Cyr Nouveau port des Lecques Port de la Madrague Port d’Athéna Port de Bandol Port de l’Aricot Port de l’île de Bendor Port de Sanary-sur-Mer Port Méditerranée (Sauviou) Port de la Coudoulière Port du Brusc Port de Saint-Pierre des Embiez Port de Sainte-Elme Port de la Pointe du Puits Port de Saint-Louis Port de Saint-Mandrier Port de Pin Rolland Port du Lazaret Ponton de Tamaris Port du Manteau Port de Balaguier Port de la Seyne-sur-Mer Port de commerce de Brégaillon Base militaire de Toulon Port de la Darse Neuve Port de la Vieille Darse Port de commerce de Toulon Port de Saint-Louis du Mourillon Port de l’Anse de San Peyre Port de la Garonne Port des Oursinières Port des Salettes Port des barques Port de la Madrague de Giens Port du Niel Port Auguier Port de la Tour Fondue

Port de la Capte Port Saint-Pierre Port de Hyères Port de l’Ayguade Port du Gapeau Port Pothuau (des Salins) Port de Porquerolles Port de Port-Cros Port de l’Île du Levant Port de l’Avis Port Miramar Port Maravenne Port de la Vignasse Port de la Galère Port du Cap Bénat Port de Bormes-les-Mimosas Port du Lavandou Port Héracléa Port de Cavalaire-sur-Mer Vieux port de Saint-Tropez Nouveau port de Saint-Tropez Port de Cogolin Port-Grimaud Port de Sainte-Maxime Port des Issambres - San Peïre Port Tonic Port Ferréol Port de Saint-Aygulf Port Fréjus Vieux-port de Saint-Raphaël Port de Santa Lucia Port de Boulouris Port du Poussaï Port d’Agay

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- nom masculin 1. Abri naturel ou artificiel pour les bâtiments de navigation, avec les installations pour l’embarquement et le débarquement du fret et des passagers. 2. Ville possédant un port. 3. Connexion située sur un ordinateur et permettant le branchement d’un périphérique (informatique). 4. Abri, refuge qui assure la tranquillité. Synonymes : abri - asile - havre - refuge retraite

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©Photographies : Jean Belvisi

PRENDRE LA MER POUR REGARDER LA TERRE

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Comment ces photographies ont été prises ? La construction de l’outil a consisté à sélectionner au sein d’ateliers citoyens les 150 sites d’un itinéraire capable de rendre compte de la diversité et de la richesse des paysages littoraux, et de la complexité des enjeux de l’aménagement du territoire. Confiée au photographe Jean Belvisi et aux architectes urbanistes Odile Jacquemin et Jean-Louis Pacitto (de la structure d’ingénierie culturelle Mémoire A Lire, Territoire À l’Écoute : MALTAE), la mise en œuvre de l’observatoire s’est faite sur les deux années 2014-2015, en mobilisant plus d’une soixantaine d’acteurs de tous profils. Pour cet observatoire, la navigation en kayak a permis d’atteindre des points parfois difficiles d’accès. Illustrant l’ensemble du littoral de la région, et sous toutes ses facettes (du littoral sauvage au littoral de fer), plus de 800 photographies ont été prises, puis triées en concertation avec les acteurs.

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FALAISES

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← Carte de déambulation dessinée par Clara Séguéla lors de l’arpentage des falaises de la Fossette au Lavandou le 4 mai 2026.


ATTENTION À LA MARCHE Le contexte Cet après-midi-là du 4 mai, rendez-vous est donné au jardin des Méditerranées dans le Domaine du Rayol, sur la commune du même nom. Pierre, paysagiste du CAUE, Marion et Clara, les stagiaires du moment, m’y attendent pour arpenter une portion de la côte varoise, entre la plage de la Fossette et l’anse de Saint-Clair, sûrement parmi les plus beaux sites littoraux du département ; ils font partie de cette catégorie d’espaces qui durent ; comme si le temps ne les atteignait pas, comme d’ailleurs l’ensemble de cette zone de falaises varoises, dite Corniche des Maures.

Durant le trajet sinueux jusqu’à la Fossette, sur la commune voisine du Lavandou, deux réflexions m’effleurent : D’une part, le rappel de la commande qui m’est passée, à la fois claire et ardue : comment penser nos vulnérabilités futures (ou déjà-là ?) tout en prenant soin du littoral ? Quelles nouvelles relations aux milieux instaurer pour penser l’habitabilité littorale ? Comment « faire (mieux) avec » ce qu’on considère comme des tensions qui caractérisent, par une montée des eaux en cours, l’interface entre la mer et la terre ? Que peut donc dire un sociologue sur ces questions ? 39

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L’autre réflexion, me ramène au Domaine du Rayol, présenté dans sa brochure comme « un jardin au rythme des saisons ». Mais précisément, si « y’a plus d’saisons », que va-t-il devenir ?... Ce site-incarnation, symbole d’harmonie avec les éléments, pensé par Gilles Clément au milieu des années 1990, nous éloigne de ces pensées de fin du Monde. Puisque, si la question des saisons se pose, sa situation, telle une sentinelle trônant au-dessus de la mer, devrait lui assurer, vis-à-vis de l’élévation du niveau de celle-ci, une pérennité certaine… « La montée des eaux, c’est pas pour nous. On n’est pas bien là ? » Terrasse de l’Hôtel de la mer, Domaine du Rayol, mai 2026

Mais pour l’heure, la question est ailleurs. Comment, sur ce bout de littoral, calé entre la plage de la Fossette gardée par son restaurant, pieds dans l’eau, le bien-nommé « Coco Beach » (comme une anticipation du réchauffement ?) et l’anse de Saint-Clair, peut-on déceler aujourd’hui les signes de ce qui adviendra dans 20, 30 ou 100 ans ? Comme souvent, se confronter au motif, est le meilleur moyen de mieux comprendre ce qui se joue. 40


Sur le site, en apparence, peu de choses se jouent. Cette côte secrète, bénie des Dieux, ressemble fort à un refuge. C’est la falaise qui joue le premier rôle. Celui d’abord de préserver d’une urbanisation débridée. Peu de gens vivent là. Et pour ceux qui en ont la chance, ils s’inscrivent pour beaucoup dans la tradition séculaire d’une installation résultant d’une migration dite d’agrément qui fait de son lieu de vacances, le nouvel espace du quotidien. Partage des eaux ? Le Lavandou, mai 2026

Le recrutement social s’ancre donc dans une lignée : celle ouverte notamment par la bourgeoisie anglaise dès le milieu du xixe siècle, incarnée par ses « villas d’Hiver ». Pour l’anecdote et localement, l’industrie aéronautique y a quelques représentants : Frederick Henry Royce passa tous ses hivers au Rayol-Canadel de 1912 à 1931, dans sa villa « Mimosa » pour y développer les turbines d’avion Rolls-Royce ; peu après, Henri Potez, industriel de l’aéronautique lui aussi, devient propriétaire du Domaine du Rayol. La mer, la terre, le ciel. 41


Les sociologues Jean-Claude Chamboredon et Annie Méjean, en 1985, ont écrit un texte fondateur pour comprendre la morphogenèse de cette mise en récit et en tourisme du littoral varois : « Styles de voyage, mode de perception du paysage, stéréotypes régionaux dans les récits de voyage et les guides touristiques. L’exemple de la Provence méditerranéenne (fin xviiie-début xixe). Essai de sociologie de la perception touristique » Et aujourd’hui ? L’arpentage par le sentier littoral nous en dit peu sur ses occupants discrets qui semblent abrités de tout risque de montée des eaux. La carte du BRGM nous le confirme : pas de bleu, qu’il soit clair (aléa faible) ou foncé (aléa fort). Serait-ce là le deuxième rôle protecteur joué par la falaise ?

Rien à l’horizon (2100) ? Porter-à-connaissance « Submersion marine » (Préfecture du Var - 2019)

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La visite des lieux s’impose pour nous en assurer. Et très vite, quand on y regarde de plus près, les premiers signes, faibles, émergent. Les signes sont faibles parce que ça bouge doucement, on ne voit pas l’eau monter. Mais ici, un pin déraciné ; plus loin, un escalier bétonné qui commence à se dérober : attention à la marche… L’usure des lieux a bel et bien débuté, ici aussi. Combien de temps encore pourrons-nous en profiter ? On pensait avoir le temps de se poser pour y réfléchir. Mais l’urgence est déjà là. On ne peut s’empêcher de penser au même sentier littoral, plus à l’ouest, dans sa portion entre la Madrague de St-Cyr et Port d’Alon : le secteur de la Pointe Grenier à la pointe Fauconnier est définitivement fermé pour cause d’éboulement et d’instabilité de la falaise. Il appartient au passé. Retenir la falaise à la ganivelle ? La pointe Grenier, Saint-Cyr (avril 2026)

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Réflexions « Appartenir au passé. » L’expression interroge. L’érosion ici nous contraint à faire disparaître de notre pratique, de notre vue (donc de notre imaginaire), cette partie-là du littoral. On ne le décide pas. Et c’est peut-être là le cœur de la question : Peut-on décider de ce qu’on abandonne ? Comment anticiper la contrainte pour rester acteur du changement ? Le retour à la définition-même de « risque » nous donne quelques clefs de compréhension : puisque le risque c’est le croisement (statistique) entre un aléa (ici, la montée des eaux) et les enjeux associés (habitats, équipements, haut lieu…). Sans enjeux, il n’y a pas de risque.

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Dit autrement, un enjeu est ce qui a de la valeur, aux yeux d’une société et à un moment donné. Et le fait d’accorder de la valeur (à une chose, un lieu, une pratique, un collectif…) résulte de la manière dont se sont construites nos valeurs, celles partagées dans une société (locale ou nationale) à une période donnée. Nos valeurs déterminent ce qui a de la valeur : ce à quoi on tient. Et cette attention à la valeur/nos valeurs est le seul moyen de hiérarchiser les enjeux. Toute la question est de savoir comment on construit collectivement cette hiérarchisation. C’est souvent dans les moments de crises, ou de questionnement de fond, que cette question de hiérarchisation se re-pose, que se resserre le noyau du « ce à quoi on tient ». Le sociologue Bruno Latour l’avait testé en 2020 lors de la crise COVID dans une enquête dite « d’aide à l’auto-description » : « Il s’agit de faire la liste des activités dont vous vous sentez privées par la crise actuelle et qui vous donne la sensation d’une atteinte à vos conditions essentielles de subsistance ». Mais quel rapport avec notre trait de côte ? N’est-ce pas là finalement une manière de penser le changement, qui, au-delà des questions techniques (surélever des digues, consolider les falaises, vivre en pilotis…), met en discussion la sphère intime (le vécu, le ressenti) et la sphère collective ? La prise en charge du risque est donc bien une question démocratique d’abord : c’est le champ de l’opportunité (pourquoi) ; une question technique ensuite : c’est le champ de la faisabilité (comment). Et un CAUE a tout à y faire. À la Fossette précisément, juste avant la plage, un paysagiste a planté chez un particulier un jardin vivrier, de la vigne et des arbres fruitiers, à destination des habitants et restaurateurs locaux ; la démarche est portée par un collectif « Mouvements et paysages » : c’est une manière, mains dans la terre, de construire progressivement, par l’action et le mouvement, une hiérarchie dans les enjeux.

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Paysage et actions Dans notre contexte, on pourrait en fait renverser la perspective : il ne s’agit plus de savoir que fait l’action aux paysages (les fameuses atteintes aux paysages) mais bien plutôt que fait le paysage aux actions. N’assiste-t-on pas là un changement radical de fonction du paysage ? À un point de bascule dans nos rapports au paysage ? Le passage de l’héritage d’une préoccupation bourgeoise (le paysage comme l’art des jardins), en passant par la prise en charge des Communs (espaces publics, aménités, sociabilités…) jusqu’aujourd’hui, où il devient un élément constitutif de notre rapport existentiel aux éléments. Quand le paysage rentre dans le dur… Cette préséance du paysage sur le projet prend la forme d’un répertoire d’actions qui nourrit le vocabulaire des positions à prendre : reculer, affronter, s’élever, abdiquer… Parfois depuis longtemps : les Pays-Bas, dont presque un tiers du territoire est sous le niveau moyen de la mer (comme leur nom l’indique), vivent avec la submersion depuis toujours ; récemment, des fermes flottantes pour l’élevage des vaches ont même vu le jour dans certains polders… Dans le Sud-Ouest, face à la montée des eaux, on inaugure le renoncement : l’immeuble « Le Signal » à Soulac-sur-mer, 80 appartements, est démoli en 2023. Plus proche d’ici, et plus progressivement, les restaurants de la plage de Pampelonne à Ramatuelle ont reculé de 200 m dans les terres… On pourrait multiplier les exemples. On retiendra surtout que, dans la longue histoire des rapports sociaux aux paysages, quatre grandes phases se sont succédées qui mettent en lien le paysage et l’action : - la première, celle du « paysage bourgeois » ressortit au registre de la contemplation ; - la deuxième opère un changement d’échelle, inscrit le paysage dans la sphère publique et collective et lui confère un rôle politique (au sens de la gestion des Communs) ; - la troisième, liée à l’avènement des premières alertes, invente le paysage « sentinelle », dans une logique de réflexion et de compréhension du fonctionnement des éco-sociosystèmes ; - nous entrons aujourd’hui dans une quatrième phase qui, loin du paysage bourgeois, met en action des « paysages de combat » qui placent au centre de l’attention, et de manière inédite, la dimension existentielle de nos rapports au Monde.

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Fiction ? On est en 2049, la commune du Rayol-Canadel-sur-Mer, détachement rocheux et en front de mer de celle de la Môle, fête ses 100 ans. C’est l’occasion, comme l’a fait il y a plus de 20 ans maintenant, en 2023, le petit État des îles Tuvalu en Océanie, de présenter l’avatar numérique de la portion littorale de la commune. Vouée à disparaître, cette copie virtuelle du littoral, stockée dans le Métavers, permettra de s’en souvenir ; une manière de poursuivre la mise en récit du littoral varois. La présentation est ponctuée d’une lecture des textes d’Alain Corbin (illustre historien des sensibilités) extraits d’un de ses ouvrages publié en 1988 et au titre de circonstance : « Le territoire du vide : l’Occident et le désir de rivage ». La cérémonie se déroule sur la terrasse de l’Hôtel de la mer, dans le Domaine du Rayol ; à l’entrée, la brochure mentionne qu’on entre dans le « jardin des résistances méditerranéennes ».

Mathieu Leborgne 47


LISTE DES FALAISES DU VAR, D’OUEST EN EST Cap Saint-Louis Pointe Grenier Pointe Fauconnière Falaises de la Nartette Pointe des Trois Fours Pointe du Défens Pointe d’Alon Pointe des Termes Falaises des Engraviers Pointe Encanet Tombants de Bendor Pointe de la Tourette Falaises de la Pointe de la Cride Pointes de Portissol et du Bau Rouge Falaises du Cap Nègre Pointe du Carabinier Pointe de la Vieille Batterie Pointe du Rayolet Pointe du Cros Falaises de l’Île du Grand Roubaud Tombants des Embiez Pointe du Cougoussa Tombants du Grand et du Petit Gaou Pointe du Mourret Falaises de Roumagnan Pointe du Cap Vieux Falaises du Cap Sicié Grande Pointe des Joncquiers Tombants des Rochers des Deux Frères Falaises de la Corniche Varoises Pointe de Mar Vivo Pointe de Saint-Elme Falaises de la Pointe de Marégau Tombants de la Coudoulière Pointe du Rascas Cap Cépet Pointe du Cannier

Pointe du Puits Pointe de Balaguier Falaises de la Base militaire Falaises du Mourillon Pointe de Pipady Tombants du Cap Brun Pointe Sainte-Marguerite Falaises du Pradet Tombants du Collet Redon Cap Carqueiranne Pointe du Bau Rouge Falaises du Coupereau Pointe Péno Pointe de l’Ermitage Falaises de Saint-Mandrier Pointe des Chevaliers Pointe des Salis Pointe d’Escampo-Barriou Pointe du Pignet Pointe des Morts Pointe de la Vignette Pointe Madame Pointe de Terre Rouge Tombants de l’Île du Grand Ribaud Cap Méridional Tombants du Langoustier Pointe du Tamaris Cap d’Arme Falaises sud de Porquerolles Le Gros Mur du Sud Pointe de la Galère Le Gros Mur du Nord Pointe Maoufat Pointe du Lequin Pointe du Bon Renaud Cap Rousset Tombant de l’Île de Bagaud 48


Pointe de la Malalongue Pointe du Cognet Falaises du Pain de Sucre Tombants de l’Îlot de la Gabinière Falaises de la Pointe de Port Man Pointe de la Galère Falaise de la Pointe Rousse Tombants de la Pointe Maupertuis Falaises du Grand Cap Pointe du Titan Pointe de la Calle Rousse Pointe du Bouvet Cap de l’Estérel Pentes du Pellegrin Cap de Léoube Falaises de Brégançon Pointe de la Galère Pointe de la Tripe Pointe du Port-qui-Pisse Falaises du Cap Blanc Falaises du Cap Bénat Pointe de l’Esquillette Pointe de la Ris Tombants du Lavandou Pointe de Saint-Clair Pointe de la Fossette Pointe de la Sèque Pointe du Layet Falaises du Cap Nègre Pointe du Souffre Pointe de l’Ecuelle Pointe du Trésor Pointe du Dattier Pointe du Bonporteau Falaises du Cap Cavalaire ou de la Vigie Pointe de la Bouillabaisse Pointe de Vergeron

Pointe du Brouis Pointe Andati Tombants du Cap Lardier Falaises du Cap Taillat Pointe de la Douane Pointe du Canadel Tombant de la Roche Escudelier Falaise de la Baie des Roches Bleues Pointe Moussure Cap Camarat Pointe de la Bonne Terrasse Cap du Pinet Pointe de Capon Cap des Salins Cap de Saint-Tropez Pointe de l’Ay Pointe de la Rabiou Tombant de la Batterie Saint-Pierre Pointe du Cimetière Pointe de la Pinède Pointe de Guerrevieille Pointe Alègre Grande Point Pointe de la Croisette Pointe des Sardinaux Tombant des Éléphants Pointe de l’Arpillon Pointe des Issambres Falaises de Tardieu Falaise de Bonne Eau Pointe de la Calle Pointe du Corsaire Pointe de la Tourtelle Pointe de la Tête Noire Pointe de la Lauvette Tombant des Corailleurs Pointe des Louvans 49


Falaises du Pont de Bois Pointe de Saint-Aygulf Falaises du Lion de Mer Falaises du Lion de Terre Pointe des Cadéous Pointe de Pierre Blave Tombant de l’Île d’Or Pointe de l’Esquine de l’Ay Pointe du Dramont Cap du Dramont Pointes de Camp Long Les Pointes Longues Pointe de la Baumette Tombant d’Anthéor Pointe des Vieilles Pointe d’Anthéor Pointe du Petit Caneiret Falaises de Saint-Barthélemy Pointe de l’Observatoire Pointe du Cap Roux Pointe de Maubois Tombant d’Aurelle Rocher Morland Pointe du Trayas Pointe Notre-Dame

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- nom féminin Escarpement littoral dû à l’action ou à la présence de la mer, et dont le pied se raccorde ordinairement à une plateforme d’abrasion. Synonymes : à-pic - belvédère - côte escarpement - mur

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©Photographies : Jean Belvisi

ACCOMPAGNER L’ÉVOLUTION DU LITTORAL

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L’observatoire photographique du paysage littoral vu depuis la mer est porté par les acteurs suivants :

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IMAGINER ET HABITER LE LITTORAL DE DEMAIN 1- Île des Embiez et Île du Canoubier 2 - Île de Saint-Mandrier 3 - Calanque Saint-Georges 4 - Île de Giens 5 - Anse des Vieux Salins 6 - Anse de Pampelonne 7- Baie des Canebiers 8 - Golfe de Grimaud 9 - Baie de Sainte-Maxime 10 - Golfe de l’Argens 11- Calanque de l’Agay

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Carte : Pierre David

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À CAUSE DE LA PLUIE ? Synopsis

À travers les mots d’une classe de CM2 face à la Méditerranée, un film qui interroge notre rapport au littoral et à la montée des eaux, loin des discours alarmistes.

Fiche Technique

Écrit et réalisé par Lucille Prouvoyeur & Ulysse Rousselet Produit par Géminé Asso & CAUE Var Durée : 15 min Genre : Documentaire - Langue : Français Lieu de tournage : Var, La Seyne-sur-Mer Date de tournage : Mai 2026 Format : 4k, Couleur 25i/s, Audio 5.1

Affiche La montée des eaux à travers le regard d'une classe de CM2

À cause de la pluie ?

ATELIER GÉMINÉ LUCILLE PROUVOYEUR

ULYSSE ROUSSELET

Scannez le code pour découvrir le film !

une production Géminé Asso & CAUE du Var

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Note d’intention des réalisateurs Depuis plusieurs années, l’Atelier Géminé explore les territoires et leurs matières à travers le documentaire : la terre crue au Maroc, la pierre sèche dans le Luberon, le liège en Provence. Le cinéma y est un outil de recherche autant qu’un langage : il permet d’interroger une pratique de la construction en donnant la parole à celles et ceux qui habitent, façonnent et pensent un lieu, loin des discours d’experts. Ce projet est né d’une commande du CAUE Var, et nous l’avons construit à deux : Ulysse Rousselet, architecte et réalisateur à l’Atelier Géminé, et Lucille Prouvoyeur, dont la thèse porte sur la gestion des populations face au retrait du trait de côte. De cette rencontre est né le désir commun de descendre d’un cran, de quitter le terrain des politiques publiques et des scénarios d’adaptation pour aller écouter ceux qui n’ont pas encore le vocabulaire du problème : les enfants. Avec ce film, nous changeons d’échelle et de regard. Il ne s’agit plus d’un savoir-faire ou d’un matériau, mais d’un territoire dans son ensemble : le littoral varois, et d’un phénomène qui le travaille en profondeur : la montée des eaux. Nous avons choisi de ne pas l’aborder frontalement, par les chiffres ou les scénarios d’experts, mais par le biais d’une classe de CM2 de la Seyne-sur-Mer. Interroger des enfants sur leur mer, c’est accepter de perdre la maîtrise du discours : ils ne répondent pas ce qu’on attend, ils racontent une pratique, une sensation, une inquiétude parfois, sans jamais s’installer dans le catastrophisme qui saisit trop souvent nos représentations d’adultes face au dérèglement climatique. Ce déplacement de regard a guidé nos choix formels. Le film alterne les paysages du littoral, la matière, les corps des enfants et leurs voix en interview, sans hiérarchie entre ces plans. Cette construction cherche à recréer, par le montage, l’expérience sensible et fragmentée que les enfants ont eux-mêmes du littoral : un rapport fait de sensations avant d’être fait de savoirs. En tant qu’architectes, nous sommes habitués concevoir des paysages désirables ; ici, nous avons voulu apprendre à en recevoir un, celui que les enfants portent déjà en germe, avant que le nôtre, chargé d’angoisses et de constats, ne vienne le recouvrir. Lucille Prouvoyeur & Ulysse Rousselet 57


CROISER LES REGARDS

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Élèves d’une classe de CM2 de La Seyne-sur-Mer, ils ont accepté de nous confier leur mer, leurs jeux, leurs peurs, leurs certitudes d’enfants et de nous laisser entrevoir, à travers eux, le littoral de demain.

Alexis, Angelina, Assiya, Clara, Enzo, Faress, Gabriel, Giulia, Hedi, Hugo, Issa, Jasmine, Léana, Lola, Lorenzo, Lou, Louise, Maïly, Mathis , Milan, Nour, Robin, Ruby, Sheriam & Younes.

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DESSINER LE LITTORAL DE DEMAIN

« MOI, TOUT CE QU’IL Y A DANS LA MER, J’AIME PAS. » Angelina

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« COMMENT ON POURRAIT FAIRE POUR ARRÊTER L’EAU ? » Enzo

« LES VAGUES ELLES VONT TOUCHER LE PLAFOND. » Maïly

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L’ATELIER GÉMINÉ Lucille Prouvoyeur, réalisatrice

Ulysse Rousselet, réalisateur

Architecte de formation, elle s’attache à intégrer à sa pratique un regard sensible sur le paysage, le vivant humain et plus qu’humain afin de mener une réflexion sur la nécessaire adaptation des modes d’habiter aux enjeux environnementaux contemporains.

C’est durant ses études d’architecte qu’il découvre la photographie argentique, une révélation qui l’amène à capturer ses premiers clichés et à nourrir un regard sensible sur les espaces et les êtres. Cette démarche le mène à fonder l’Atelier Géminé avec Antoine Basile, après un premier travail de recherche au Maroc. Ensemble, ils explorent les liens entre architecture et culture, en étroite relation avec les contextes qu’ils investissent.

Après une année de formation à la recherche en architecture à l’École d’architecture de Paris-La Villette, elle prépare actuellement un projet de doctorat interrogeant les impacts des politiques de protection environnementale sur les dynamiques sociales liées aux territoires littoraux.

En parallèle, ils cofondent Géminé Asso, une structure à travers laquelle ils produisent plusieurs films documentaires. Ce médium devient un prolongement naturel de sa réflexion architecturale : capturer les histoires humaines au plus près, documenter les gestes, les lieux, les transmissions.

Plus largement, son approche tente de se déplacer de la maitrise d’œuvre vers une pratique de la recherche en architecture, avec un intérêt particulier pour les dynamiques contemporaines d’aménagement du littoral, questionnant un équilibre possible entre la nécessaire préservation du territoire et une habitabilité possible de ces territoires, à la fois prisés et menacés.

Il nourrit son travail d’une obsession technique, toujours curieux de comprendre comment un plan a été conçu, éclairé, cadré. Il se passionne progressivement pour l’art documentaire, dont la puissance d’immersion et de récit vient enrichir sa pratique audiovisuelle. Convaincu que l’architecture et le cinéma peuvent mutuellement se nourrir et se faire avancer, il place ces deux disciplines au cœur d’une même démarche engagée : raconter des lieux, des personnes, des usages.

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LES TÉMOINS Lucile Bordes, autrice

Mathieu Leborgne, sociologue

Originaire de La Seyne-sur-Mer où elle vit toujours, elle est écrivaine et enseigne à l’université de Toulon. Elle a publié aux éditions Liana Levi Je suis la marquise de Carabas, Décorama et 86, année blanche, puis aux Avrils Que faire de la beauté ?. Son cinquième roman, Les biches n’ont plus peur, paraîtra en janvier 2027.

Sociologue et enseignant à l’École nationale supérieure de paysage Versailles-Marseille basée dans les locaux de l’IMVT (Institut méditerranéen de la ville et des territoires) à Marseille, ses enseignements abordent les grandes dynamiques de morphogénèses territoriales à l’échelle régionale, dont les secteurs côtiers.

Après « ArchiLumen » en 2018 et « Eautochtone » en 2021, « Le bruit des vagues » est sa troisième collaboration avec le CAUE Var pour lequel elle anime régulièrement des ateliers d’écriture.

Associé au laboratoire MESOPOLHIS, il participe à des travaux de recherche relatifs aux contextes locaux de transition (les rapports sociaux à la ressource en eau, aux mobilités…) et leur mise en débat dans la société.

Jérémy Giuliano, géologue Enseignant-chercheur et docteur en géologie, il est Maire de la commune Le Val. Sa thèse « Érosion des falaises de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur : évolution et origine de la morphologie côtière en Méditerranée : télédétection, géochronologie, géomorphologie », explorait les paysages mouvants du littoral de la région et le rapport entre la terre et la mer aux échelles des temps géologiques. Partenaire du CAUE Var en tant que scientifique expert du sujet, il travaille avec son équipe municipale à faire du Val un Village d’Avenir.

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REMERCIEMENTS Marc Lauriol Président du CAUE Var Wilfrid Jaubert Directeur Général du CAUE Var et le Conseil d’administration du CAUE Var remercient pour leur soutien, leur accompagnement, leur engagement : Jean-Louis Masson Président du Conseil Départemental du Var Josée Massi Maire de Toulon & Présidente de la Métropole Toulon Provence Méditerranée Ulysse Rousselet & Lucille Prouvoyeur Réalisateurs du film « À cause de la pluie ? » Lucile Bordes, Jérémy Giuliano & Mathieu Leborgne Témoins de l’exposition Alexis, Angelina, Assiya, Clara, Enzo, Faress, Gabriel, Giulia, Hedi, Hugo, Issa, Jasmine, Léana, Lola, Lorenzo, Lou, Louise, Maïly, Mathis, Milan, Nour, Robin, Ruby, Sheriam & Younes La classe de CM2 2025-2026 de Mme Lancellotta de l’école Toussaint-Merle Alexandra, Alice, Bettina, Clara, Clément, Eloïne, Emmanuelle, Eric, Éva, Jade, Jocelyne, Julie, Lucie, Maëlys, Marion, Mathilde, Maxime, Pierre & Pol L’équipe du CAUE Var Alain Freytet, Alexandre Vallée, Anthony Herbin, Architectures en ligne, BRGM, Clara Loze, COFOR ALEC 83, Conservatoire du Littoral, CROA PACA, Delphine Ratier, Direction Départementale des Territoires et de la Mer du Var, DRAC PACA, ESAD-TPM, Fédération Française du Paysage, Fédération Nationale des CAUE, Inspection Académique du Var, Les Marneurs, Marie Carvin, Ministère de la culture, Office de Tourisme de Toulon, Ordre des Architectes, Quentin Evrard, Suzy Gallo, Syndicat des Architectes du Var, Université de Toulon, Valentin Heinrich, Valérie Michel. Et tous les autres acteurs ayant participé à la réalisation de cette exposition et à la programmation de sa saison. Avec LE BRUIT DES VAGUES le CAUE Var participe à la vie culturelle du centre-ville de Toulon et à la politique culturelle à l’échelle de la Métropole TPM et du Département du Var. 65


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Prix : 5€ (TVA non applicable, art. 261.7.1b du CGI) - Cette contribution couvre une partie des coûts liés à l’impression du catalogue. Aucun bénéfice n’est réalisé. N° ISBN : 9 782492 259104 Imprimé en France par Pandora (13) en septembre 2026. Édité par : CAUE Var, 26 place Vincent Raspail, 83000 Toulon SIRET : 330 783 416 000 51 Rédaction, conception graphique et illustrations : équipe du CAUE Var Directeur de publication : Wilfrid Jaubert 66


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