CARITAS N° 4 / septembre 2026
Actualité
Numéro anniversaire
125 ans d’humanité Hier
Aujourd’hui
Demain
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Comment un prêtre a créé Caritas
Janina et Gelaye : leur vie dans la pauvreté
Ce que souhaitent les jeunes
Lettre ouverte
Chère lectrice, cher lecteur, Je suis très sensible à la souffrance des autres, car je souhaite que chacune et chacun puisse vivre dans la dignité et subvenir à ses besoins. La pauvreté est rarement due à un échec individuel. Elle est plutôt le produit du monde que nous avons construit. Parce que nous tolérons les injustices et que nous ne défendons plus nos valeurs fondamentales : la solidarité, la tolérance, l’entraide. Le fait d’aimer son prochain. Je vois de nombreuses personnes autour de moi qui doivent se débrouiller avec un budget serré. Au quotidien, ici en Suisse, mais aussi en visitant nos projets à l’étranger. Les rencontres que j’ai faites lors d’un voyage en Ouganda m’ont particulièrement émue. C’est là-bas que j’ai pu constater de mes propres yeux à quel point le quotidien est difficile lorsque les besoins fondamentaux ne sont pas satisfaits. Lutter chaque jour pour sa survie est extrêmement éprouvant, là-bas comme ici. Alors que dans le Sud global, c’est la faim qui est au centre des préoccupations, ici, c’est l’isolement social qui est particulièrement oppressant. Je considère la numérisation, l’augmentation du coût de la vie et des soins de santé, ainsi que
« À l’occasion de cet anniversaire, je souhaite que la pauvreté ne soit plus un tabou. »
l’accès au système de santé comme les grands défis à venir. Ce qui m’inquiète, c’est que le fossé entre les riches et les pauvres ne cesse de se creuser. Que la solidarité s’affaiblit, tant au sein de la société qu’entre les pays. En revanche, ce que j’ai pu vivre en Ouganda, par exemple, me redonne espoir : les personnes que j’y ai rencontrées m’ont fait comprendre qu’il y a toujours une lueur d’espoir, même au bout des tunnels les plus sombres. Leur résilience, leur esprit d’initiative et leur joie de vivre m’ont impressionnée. Ce qui est également encourageant, c’est que nous sommes nombreux : citoyens, institutions, organisations sociales. Ensemble, nous resserrons les mailles du tissu social ; les lacunes sont aujourd’hui moins importantes. À Caritas Suisse, nous contribuons à ces améliorations depuis 125 ans. À l’occasion de cet anniversaire, je souhaite que la pauvreté ne soit plus un tabou. Qu’il existe suffisamment de structures d’accueil pour aider à surmonter les moments difficiles de la vie. Et que nous puissions, ensemble, bâtir un monde sans pauvreté. Merci beaucoup de continuer à vous engager à nos côtés en faveur des personnes dans le besoin. Cordiaux messages,
Monika Maire-Hefti Présidente de Caritas Suisse
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Photo : Urban Fischer
Sommaire
De la charité à l’action
8 A ux origines : l’engagement des femmes
La conception de l’aide et de la pauvreté au sein de Caritas a profondément évolué au cours de ses 125 années d’existence. D’une aide d’inspiration confessionnelle destinée aux personnes dans le besoin, elle a évolué vers une coopération avec les populations locales, sur un pied d’égalité, avec une responsabilité locale partagée et la recherche d’un impact durable. Page 14
Avant même la fondation de Caritas en 1901, et après, de nombreuses femmes ont soutenu les personnes en difficulté. Dora Stockmann était l’une d’elles.
19 Commerce équitable : Caritas en pionnière
Le saviez-vous ? Caritas fait partie des fondatrices de Max Havelaar Suisse. Le commerce des produits Fairtrade a longtemps constitué l’une de ses activités principales.
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I nterview : le regard de Joseph Deiss
Dans un monde en crise, l’ancien conseiller fédéral Joseph Deiss fait confiance à la population suisse pour rester solidaire. IMPRESSUM Le magazine de Caritas Suisse paraît 6 fois par an. Adresse de la rédaction : Caritas Suisse, secteur Communication et Fundraising, Adligenswilerstrasse 15, case postale, CH-6002 Lucerne, Courriel : info@caritas.ch, www.caritas.ch, Tél. +41 41 419 24 19 Rédaction : Bettina Schucan-Birkhäuser (bs), Niels Jost (nj), Livia Leykauf (ll), Anna Haselbach (ah), Daria Jenni (dj), Fabrice Boulé (fb), Tamara Bütler (tb), Stefan Gribi (sg), Vérène Morisod Simonazzi (vm). Traduction : Leonor Emery Abonnement : l’abonnement annuel coûte 5 francs. Il est prélevé une seule fois sur les dons sans affectation. Graphisme : Urban Fischer Photo de couverture : Un geste de tendresse qui traverse les générations : une femme et son arrière-petit-fils dans le sud de l’Inde, dans les années 1980. Photo : Karl Gähwyler Imprimerie : Druckerei Kyburz, Dielsdorf Papier : 100 % recyclé Dons : IBAN CH69 0900 0000 6000 7000 4 Produit de manière durable. Nous protégeons vos données. Vous trouvez des informations sur la protection des données de Caritas Suisse ici : www.caritas.ch/confidentialite
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Solidaires
Vers une vie autonome, de fil en aiguille Depuis 125 ans, Caritas Suisse lutte contre la pauvreté dans le monde. Les mesures visant à augmenter les revenus constituent un moyen qui a fait ses preuves. L’histoire de Gelaye Guta en Éthiopie en est témoin. Malgré toutes les difficultés, cette couturière a réussi à monter sa petite entreprise. Dans le CV de Gelaye Guta, on trouverait, sous la rubrique « compétences », des mots tels que résilience, courage et détermination. Pour cette Éthiopienne de 42 ans, ce ne sont pas des mots vides, mais des valeurs qui imprègnent toute sa vie professionnelle. Tout a commencé en 2018 avec une machine à coudre. Gelaye, qui vit à Wonji, au cœur de l’Éthiopie, voulait prendre sa vie en main et gagner un revenu. Elle a emprunté une machine à coudre et a accepté de pe-
tites commandes. Elle était convaincue qu’elle pourrait ainsi subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille. Cette mère de trois adolescents achetait des tissus et des fils pour raccommoder des vêtements usagés, en concevoir de nouveaux, puis les coudre elle-même. Puis le coronavirus est arrivé. Le coronavirus, une opportunité La pandémie de coronavirus a causé la ruine financière de nombreuses per-
sonnes – mais ce n’est pas le cas pour cette femme de 42 ans. Elle s’est mise à coudre des masques plutôt que des vêtements. Ils étaient si bien faits qu’elle a reçu une commande de 5000 masques. Grâce à ces revenus, elle a pu subvenir aux besoins de sa famille, même en cette période économique si difficile. Tout en continuant à coudre des masques, Gelaye développait de nouvelles idées. Elle a pris contact avec Caritas Suisse. Le programme EnJoy en Éthiopie illustre bien comment, dans le cadre de la coopération au développement, il est possible de donner aux jeunes – en particulier aux femmes – les moyens d’agir de manière durable. Chaque année, ce soutien ciblé de Caritas permet à des milliers de personnes de ne pas avoir à vivre dans la pauvreté. Elles reçoivent un coaching professionnel et ont un accès facilité aux microcrédits. L’objectif est de permettre aux participants de s’intégrer durablement sur le marché du travail et de subvenir à leurs besoins. La clientèle s’élargit Gelaye Guta faisait partie des participantes au projet. Avec les collaboratrices de Caritas, elle a peaufiné son projet d’entreprise, suivi des cours et appris les bases de la comptabilité. Elle avait
« L’estime que je porte à ma clientèle est la clé de mon succès. »
Grâce à son petit atelier de couture, Gelaye Guta peut subvenir aux besoins de sa famille et financer les études de ses enfants.
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développé son idée de créer son propre atelier de couture de manière si convaincante qu’elle a même reçu un prix dans le cadre de ce projet. Elle a investi l’argent du prix dans l’achat de sa première machine à coudre, a loué un petit atelier et a embauché une collaboratrice. « J’ai choisi le nom ‹ Gela Fashion › pour que tout le monde sache à qui appartient l’atelier. J’en suis très fière », déclare Gelaye. Les tissus colorés sont accrochés au mur et attirent le regard ; grâce au bouche-à-oreille, la clientèle ne
Photo : Climax Production
Solidaires cesse de s’élargir. Ses revenus suffisent à subvenir aux besoins de toute sa famille. Outre ses trois enfants, sa mère âgée vit également chez elle. Sa fille aînée est sur le point de terminer ses études. Une nouvelle adresse Gelaye était heureuse… jusqu’à ce qu’elle entende parler d’un projet d’infrastructure local. Les petites maisons, dans lesquelles elle tenait elle aussi son atelier de couture, allaient bientôt être démolies. Elle cherche un nouveau local et
continue à servir ses clients presque sans interruption. Pour Gelaye, abandonner n’a de toute façon jamais été une option. Grâce à son savoir-faire, à son travail acharné, à son courage et aux connaissances acquises dans le cadre du projet de Caritas, elle est aujourd’hui autonome. Elle est financièrement indépendante et offre à ses enfants une bonne éducation. Ils pourront ainsi mener leur vie en toute indépendance. Mais Gelaye ne serait pas Gelaye si elle ne voulait pas aller encore plus loin :
elle transmet ses connaissances et son savoir-faire artisanal. Elle enseigne à ses collaboratrices les meilleures astuces de couture et leur explique les bases de la comptabilité. « Mais il est tout aussi important de savoir apprécier la clientèle. L’estime que je lui porte est la clé de mon succès. » (ll)
Pauvreté en Suisse : « Ça peut arriver si vite » En Suisse, près de 1,45 million de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté, ou juste au-dessus. C’est également le cas de Janina Tenner (nom d’emprunt). Cette femme de 63 ans, qui vit en Suisse centrale, raconte son expérience de la pauvreté. « Ma vie s’est déroulée de manière très linéaire : j’ai obtenu ma maturité, j’ai trouvé un poste d’employée de commerce et j’ai gravi les échelons jusqu’à devenir responsable des ressources humaines. Je vivais avec mon mari et mon fils issu d’un premier mariage dans un bel appartement en attique dont j’étais propriétaire. Nous ne manquions de rien.
Quand on a toujours été autonome, on a beaucoup de mal à dépendre des autres. Je me sentais souvent impuissante, frustrée, j’avais peur. Et ça me faisait mal quand quelqu’un disait : « Ne fais pas tant d’histoires ! » De telles crises financières et psychologiques peuvent toucher n’importe qui, de différentes manières. Ça peut arriver si vite. Je n’aurais jamais pensé me retrouver dans cette situation. Sans ma foi inébranlable en Dieu et un accompagnement professionnel, je n’aurais sans doute pas réussi à surmonter ces expériences traumatisantes et à les considérer comme une opportunité de renouveau. Mais ma relation avec mon mari s’est Aujourd’hui, je vis d’une petite retraite détériorée. Il buvait, était infidèle et et je perçois des prestations complémenviolent. Cette dynamique traumatisante taires. Je dispose d’environ 3000 francs a marqué mon parcours. par mois. Je cherche toujours des soDepuis mon divorce, il y a quinze ans, lutions pour me débrouiller avec le peu je ne me suis jamais remise financière- d’argent dont je dispose. J’ai fait de la ment. J’étais une maman solo, j’ai fini pauvreté mon projet : je suis une véritable par faire un burn-out. Je ne pouvais plus pro des économies maintenant. Je suis exercer mon métier exigeant. Comme à l’affût des bonnes affaires, je vais aux j’étais considérée comme surqualifiée brocantes ou j’achète des articles d’ocpour des postes impliquant moins de casion en ligne. responsabilités, j’ai enchaîné le travail J’ai appris à trouver de la joie et de la occasionnel. gratitude dans les petites choses et à ne
« Et ça me faisait mal quand quelqu’un disait : ‹ Ne fais pas tant d’histoires ! › »
pas me considérer comme une victime des circonstances, mais comme l’artisane de ma propre liberté. J’utilise par exemple des bons Caritas pour aller au restaurant ou à des concerts. Ça fait du bien et ça redonne du courage. Je laisse également libre cours à ma créativité en écrivant ou en peignant, et j’apprécie la nature. Ce que j’attends de la société, c’est davantage d’humanité et de compréhension. Il faut s’apprécier mutuellement, peu importe qui on est ou comment on est – il y a toujours une histoire derrière chaque personne. Et j’espère qu’on n’oubliera pas ceux qui ont moins de chance dans la vie. » (nj)
Prenez vous-même des décisions budgétaires en faisant le Parcours de pauvreté : caritas.ch/parcourspauvreté
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Faits et chiffres
Le monde a fait d’immenses progrès, mais pauvreté, exil et inégalités persistent 125 ans : un monde en mutation Évolution du pourcentage de personnes vivant dans l’extrême pauvreté
Évolution de l’espérance de vie en années 73,5
65,4
32
10,2
Évolution de la population mondiale en milliards
Évolution de la mortalité infantile pour 1000 naissances
8,23
41
32 3,7
1900
2025
Il y a 125 ans, presque deux tiers des personnes vivaient dans l’extrême pauvreté. Aujourd’hui, c’est une personne sur dix qui dispose de moins de trois dollars par jour.
1900
2025
En 1900, l’espérance de vie à la naissance s’élevait à 32 ans. Elle a depuis plus que doublé dans le monde, atteignant aujourd’hui plus de 73 ans.
1900
2025
Il y a 125 ans, 41 enfants sur 1000 mouraient avant l’âge de cinq ans. Aujourd’hui, ils sont moins de 4 sur 1000, soit une baisse de plus de 90 %.
1,65 1900
2025
En 1900, la population mondiale s’élevait à 1,65 milliard d’habitants. Aujourd’hui, nous sommes plus de 8 milliards. La population a ainsi été multipliée par 5.
Source : Our World in Data
Caritas dans le monde : un soutien qui fait la différence Venir en aide aux personnes en détresse, renforcer leurs moyens de subsistance, offrir des perspectives : la coopération internationale de Caritas Suisse se manifeste de multiples façons.
256 000
540 279 personnes dans le monde ont bénéficié du soutien de Caritas Suisse en 2025.
40 073 personnes ont pu améliorer leurs revenus en 2025 grâce à Caritas Suisse.
personnes ont reçu une aide d’urgence de Caritas Suisse en 2025.
62 641 personnes ont participé en 2025 à des formations agricoles adaptées au changement climatique.
Source : Caritas Suisse
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Faits et chiffres Dépenses des ménages en Suisse :
100 %
Faibles revenus, charges élevées
19.10 %
16,3 %
Les personnes à faibles revenus doivent consacrer l’intégralité de leurs revenus aux dépenses fixes et à la satisfaction de leurs besoins fondamentaux. Elles ne disposent d’aucune marge de manœuvre pour des dépenses supplémentaires. Bon nombre de ces ménages dépensent plus qu’ils ne gagnent, ce qui peut les conduire à s’endetter.
Habitat et énergie
35,3 %
Montant de l’épargne 17,5 %
19,1 %
Internet, téléphone, loisirs, autres
7,2 % 14,1 %
4,3 %
Transports Dépenses de santé (sans primes)
6,7 % 2,1 % 6,8 % 1,5 % 5,3 %
13,3 %
Aliments et boissons non alcoolisées
2% 8,6 %
Vêtements et chaussures Autres dépenses de consommation
29,2 %
32 %
Impôts, cotisations sociales et assurance-maladie de base
Tous les ménages
20 % les plus modestes
0%
Source : Office fédéral de la statistique (Enquête sur le budget des ménages)
31 %
117,9
3,9
de la fortune totale
milliards de personnes
appartient au 1 % le plus riche de la population suisse. Ce dernier possède en moyenne 800 fois plus de fortune que la moitié la plus pauvre de la population.
(la moitié de la population) sont fortement touchées par la crise climatique. Celle-ci pourrait faire basculer, d’ici 2030, 132 millions de personnes supplémentaires dans l’extrême pauvreté.
millions de personnes
sont aujourd’hui déplacées à l’intérieur de leur pays ou réfugiées. Aujourd’hui, le nombre de personnes réfugiées hors de leur pays est près de 20 fois plus élevé qu’en 1951. Les statistiques sur les personnes déplacées à l’intérieur de leur pays n’existent que depuis 1993. Depuis, leur nombre a été multiplié par plus de 16.
Source : World Inequality Database, GIEC et Banque mondiale, HCR
Caritas en Suisse : un soutien croissant Nombre de CarteCultures
Chiffre d’affaires annuel des Épiceries Caritas
Nombre de cartes
Millions CHF
220 000
18
200 000
16
180 000
14
160 000
12
140 000 120 000
10
100 000
8
80 000
6
60 000
4
40 000
2
20 000 0
2008
2010
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2016
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2020
2022
2024
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2002 2004 2006 2008 2010 2012 2014 2016 2018 2020 2022 2024
Au cours des 20 dernières années, la CarteCulture et les Épiceries Caritas ont considérablement élargi leur offre, ce qui leur a permis d’améliorer sans cesse leur soutien aux personnes en situation de pauvreté. Les Épiceries Caritas ont passé par une « phase de consolidation » (de 24 à 21 magasins) entre 2016 et 2019. Source : Caritas Suisse
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Reportage Dans les années qui ont suivi la Deuxième Guerre mondiale, Caritas distribuait des colis contenant des vivres et des vêtements.
De l’aide catholique à la voix contre la pauvreté Texte : Anna Haselbach Photos : Archives Caritas Suisse, Anette Boutellier
Reportage
Lors d’une action humanitaire après la Deuxième Guerre mondiale à Mayence, des femmes ont distribué 980 000 repas aux enfants et aux personnes âgées.
Depuis sa création, Caritas Suisse répond aux défis sociaux de son époque. Ce qui n’était au départ qu’un souhait d’organiser au mieux la charité chrétienne s’est transformé, en l’espace de 125 ans, en une ONG qui se consacre aux questions socio-politiques et dont l’objectif est d’apporter un soutien efficace aux personnes en situation de pauvreté et réfugiées. Il devait être une personnalité hors du commun : doté d’une « santé de fer, […] d’un esprit vif, alerte et débordant d’énergie, ainsi que d’une âme fougueuse et énergique ». C’est ainsi qu’une notice nécrologique paru dans le journal Vaterland décrivait Rufin Steimer, ce père capucin qui souhaitait créer une Caritas en Suisse sur le modèle allemand. Le 23 septembre 1901, l’Association catholique suisse s’est réunie à Beckenried, dans le canton de Nidwald, et Rufin Steimer a présenté le point sept de l’ordre du jour : la création d’une association visant à « promouvoir de manière structurée la charité chrétienne ». Rufin Steimer, lui-même orphelin de père, connaissait bien les difficultés de ses concitoyens. La question sociale se posait de manière de plus en plus pressante. Il n’existait pratiquement aucune
structure publique de protection sociale. Pendant des années, Rufin Steimer a insisté pour que les milieux catholiques coordonnent mieux leur action caritative. En cette journée d’automne, l’Association catholique donna enfin son accord : l’Union suisse de charité (en allemand « Schweizer Caritasverband ») était née. La solidarité, portée par les femmes Rufin Steimer a sans aucun doute été le moteur de la création de Caritas. Mais tout aussi importantes furent les très nombreuses femmes qui, dès les années 1850, avaient mis en pratique la « charité chrétienne » dans des foyers ou des associations de mères. « Là où se trouvent les femmes, se trouve la victoire ! », pouvait-on d’ailleurs entendre lors d’une réunion de Caritas en 1908.
Le père Rufin Steimer et Dora Stockmann ont été les principaux artisans des débuts de Caritas.
Ce sont des femmes qui ont largement contribué au succès de la première initiative lancée par Caritas. Afin de remédier à la pénurie de personnel soignant dans les zones rurales, Rufin Steimer a proposé, en 1903, la création d’une école d’infirmières à Sarnen. Elle était dirigée par le couple de médecins Julian et Berta Stockmann, puis par leur fille Dora et ses sœurs. Dora Stockmann s’est engagée en faveur de la reconnaissance fédérale de cette école et est devenue une pionnière du secteur social à Obwald. Elle a été la première à mettre en place,
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Reportage sil de populations que l’on appelait alors les « Souabes du Danube ». La sélection des colons n’a pas fait l’objet d’un examen suffisamment approfondi : parmi les 2446 participants figuraient seize anciens membres de la Waffen-SS. De plus, la population locale au Brésil a été expropriée. Aujourd’hui, Caritas reconnaît les manquements de cette époque. Cela montre à quel point la conception de l’aide aux réfugiés a évolué au fil du temps. Depuis les années 70 et l’arrivée de personnes originaires des pays du Sud, Caritas s’engage en faveur de tous les migrants. Aujourd’hui, elle contribue également activement à façonner la pratique suisse en matière d’asile (voir p. 16). L’aide aux personnes âgées et en situation de handicap figurait parmi les priorités de Caritas Suisse. Cela comprenait des excursions et des séjours de vacances.
dans toutes les communes, des points d’accueil pour les personnes en situation de précarité financière. L’histoire de l’école d’infirmières de Sarnen illustre parfaitement l’action de Caritas dans le domaine social jusqu’à la fin des années 60. En collaboration
Les services proposés par Caritas favorisent l’autonomie et la participation à la vie sociale. avec des œuvres caritatives, des particuliers engagés, des paroisses et des antennes – parmi lesquelles aujourd’hui les Caritas régionales –, Caritas s’est mobilisée pour aider et conseiller les familles, les sans emploi, les personnes en situation de handicap et malades, les populations de montagne ou les victimes de catastrophes. Dès le début, les actions de sensibilisation et de formation ont également fait partie de la mission de Caritas. Le
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personnel des institutions bénéficiait d’un accompagnement professionnel et fondé, jusque dans les années 60, sur une vision catholique du monde. Agir pour les personnes réfugiées Dès le milieu des années 30, Caritas a assumé une mission qui reste aujourd’hui encore essentielle. Après l’arrivée d’Hitler au pouvoir, de plus en plus de personnes ont fui en Suisse : Caritas a distribué des colis de denrées alimentaires, a organisé l’hébergement ou a aidé les personnes à poursuivre leur exil. Elle organisait des « séjours de repos » en Suisse pour les enfants et les adolescents victimes de la guerre. En 1945, le nombre de réfugiés pris en charge par Caritas a atteint un premier pic avec 18 000 personnes – toutes catholiques. Comme les associations d’aide aux réfugiés avaient à l’époque une orientation confessionnelle, Caritas ne venait en aide qu’aux « siens ». Dans d’autres domaines également, les actions menées à l’époque n’étaient pas conformes aux principes humanitaires actuels : après la Deuxième Guerre mondiale, Caritas a été l’une des initiatrices d’un projet de réinstallation au Bré-
La lutte moderne contre la pauvreté Les années 70 ont marqué une nouvelle ère pour le travail de Caritas en Suisse. Avec l’essor du néolibéralisme, de la mondialisation et des mouvements d’émancipation, le monde a changé. La forte hausse du chômage à partir de 1991 a mis en évidence la dimension systémique de la pauvreté et les inégalités structurelles en Suisse. Caritas s’est ouverte à ces questions. Plutôt qu’une « aide charitable », ce sont désormais un soutien d’égal à égal et la défense des droits qui s’imposent. Ainsi, Caritas Suisse, en collaboration avec les Caritas régionales, n’a pas seulement proposé une aide individuelle ou des programmes d’occupation. Dans les années 90, elle a également mis en place de nouvelles initiatives visant à lutter contre la pauvreté structurelle, telles que les Épiceries Caritas ou la CarteCulture, qui favorisent l’autonomie et reconnaissent que l’exclusion sociale constitue une dimension importante de la pauvreté. « Caritas ne peut pas contribuer à soulager la détresse sociale sans s’intéresser aux conditions responsables de l’apparition et de la persistance de cette détresse », pouvait-on déjà lire dans le rapport annuel de 1977. Dans les années 90, Caritas s’est définitivement imposée comme une ONG politiquement engagée. L’une des principales réussites de son
Reportage travail réside dans le fait qu’aujourd’hui, en Suisse, la pauvreté est considérée comme un problème structurel et sociétal.
Caritas invitait des enfants de régions touchées par la Deuxième Guerre mondiale à Churwalden (GR) pour des « séjours de repos ».
Solidarité – hier comme aujourd’hui En 2021, Dora Stockmann a été mise à l’honneur lors d’une exposition nationale organisée à l’occasion du 50e anniversaire du droit de vote des femmes, aux côtés de plus de 150 autres femmes remarquables. La classe de maturité qui l’avait sélectionnée pour l’exposition a décrit son engagement en ces termes : « Toute personne confrontée à une situation difficile doit pouvoir compter sur un service qui lui apporte conseils et soutien. » Cette idée guide encore aujourd’hui l’action de Caritas. (ah)
« Deux petites filles ont reçu nos premiers habits » Collecter des vêtements pour les personnes en situation de précarité est l’une des missions principales de Caritas depuis des décennies. Au vestiaire social, une boutique de la Centrale de vêtements d’Emmen, ces personnes peuvent faire leurs achats à des prix abordables. Monica Stocker (64 ans) a marqué de son empreinte ce service pendant 35 ans, dont 18 en tant que responsable et formatrice professionnelle. Elle a pris sa retraite en avril et se remémore des moments émouvants. Monica Stocker, vous êtes infirmière diplômée. Pourquoi avez-vous rejoint le vestiaire social en 1990 ? Le bien-être des personnes en situation difficile m’a toujours tenu à cœur. Mais à l’hôpital, il restait peu de temps à consacrer aux patients. Quand j’ai vu l’offre d’emploi de Caritas, j’ai tout de suite su que c’était ça ma vocation.
Quelle rencontre vous a particulièrement marquée ? J’avais tissé des liens étroits avec un jeune toxicomane. Il était issu d’une famille aisée et est arrivé chez nous pour la première fois à l’âge de 16 ans. Il a aujourd’hui 43 ans. J’ai été témoin de ses sevrages et de ses rechutes. Je prenais toujours le temps de le conseiller. Je me souviens aussi très bien d’une maman qui avait trois filles. Elle faisait ses courses de manière très ciblée. Une fois, elle n’avait pas assez d’argent pour acheter un t-shirt à six francs. La plus jeune des filles a alors sorti une pièce de sa poche. Mais j’ai dit : « Stop, c’est moi qui paie ! » Caritas fournit également des vêtements aux personnes disposant d’un budget limité. On dit que ce service de livraison de colis est votre « bébé ». Pourquoi ?
Autrefois, grâce au secours d’hiver, des personnes en situation de précarité de toute la Suisse venaient chez nous. Mon patron de l’époque, Hugo Fuchs, et moi-même trouvions cela compliqué. J’ai donc proposé d’envoyer les vêtements directement au domicile de ces personnes. Peu après, le premier colis a été expédié à deux petites filles à Bâle. Aujourd’hui, le vestiaire social envoie jusqu’à 30 colis par jour dans toute la Suisse aux périodes de forte activité. (nj)
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Brennpunkt Menschen Chronologie
1901
1983
Début de la Deuxième Guerre mondiale Pendant la Deuxième Guerre mondiale, l’aide aux réfugiés catholiques en Suisse devient l’une des missions principales de Caritas. Au printemps 1945, elle atteint un nombre record de 18 000 personnes prises en charge. Cet engagement d’autrefois est à l’origine de l’action menée aujourd’hui par Caritas dans le domaine de l’asile.
1967
1939
Les grandes étapes depuis la fondation de Caritas Suisse
Famine en Éthiopie
Aide au Biafra Fondation de l’Union suisse de charité
La famine du Biafra a déclenché une opération d’envergure et a transformé l’aide internationale de Caritas.
Le premier bureau
Famine en Inde
Début de Caritas-Montagnards
La situation d’urgence pendant la Première Guerre mondiale exige une meilleure coordination. C’est en 1919 que le premier bureau de Caritas voit le jour à Lucerne. Malgré le manque de moyens financiers et de personnel, Caritas organise des actions d’aide en Suisse et à l’étranger et jette les bases de ses sections régionales.
En 1965/66, Caritas apporte pour la première fois une aide à grande échelle à l’étranger. Le département d’aide d’urgence et d’aide en cas de catastrophe, fondé en 1960, achemine, en collaboration avec l’Action de Carême, vivres et médicaments vers l’Inde. Parallèlement, des projets d’irrigation et d’agriculture voient le jour.
À la suite de violentes intempéries dans le canton d’Uri, Caritas organise en 1977 une opération mobilisant plus de 1000 bénévoles pour venir en aide aux habitants des régions de montagne touchées. C’est ainsi qu’est née l’initiative Caritas-Montagnards, une offre qui s’est pérennisée par la suite. Aujourd’hui, Caritas Suisse place chaque année plusieurs centaines de bénévoles venant en aide aux familles de paysans de montagne dans leur quotidien, qui exige beaucoup de travail.
1977
1965
1919
Ici l’un des premiers logos de 1937.
Pendant la famine qui a frappé l’Éthiopie en 1983–1984, Caritas ne s’est pas contentée de fournir une aide alimentaire. Des projets visant à protéger l’eau et les sols voient le jour en collaboration avec la population. C’est donc un pas important vers une coopération au développement durable. Elle continue d’influencer Caritas Suisse aujourd’hui encore.
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Photos : Karl Gähwyler, Bild :Archives Fabio Medina CaritasRamirez Suisse
Création de la CarteCulture En 1996, la CarteCulture voit le jour à Zurich à l’initiative de l’IG Sozialhilfe : les personnes disposant d’un budget limité bénéficient, grâce à une carte personnelle, de tarifs préférentiels pour des offres dans les domaines de la culture, du sport, de la formation et de la santé. Caritas Zurich soutient le projet depuis sa phase de lancement ; d’autres Caritas régionales lui emboîteront le pas. En 2008, la CarteCulture de Caritas Suisse a été créée. C’est ainsi qu’une idée locale a donné naissance à une offre à l’échelle nationale qui compte aujourd’hui plus de 200 000 utilisateurs pour 4300 offres.
© Post CH Netz AG
2022
2026
1996
Chronologie Am Puls
Timbre anniversaire Guerre en Ukraine La guerre qui fait rage dans toute l’Ukraine suscite en Suisse une immense consternation et une vague de grande solidarité. Au début, Caritas place les réfugiés dans environ 2000 familles d’accueil et les aide à s’intégrer. En Ukraine même, Caritas Suisse met en œuvre des projets dans tout le pays, en collaboration avec des organisations locales.
À l’occasion des 125 ans de Caritas Suisse, la Poste lance un nouveau timbre, conçu par Ursina Roffler. Le timbre peut être commandé sur : postshop.ch/caritas
Tsunami dans l’océan Indien
Dans les années 1990, l’engagement en ex-Yougoslavie revêt une importance majeure pour Caritas. L’organisation apporte une aide d’urgence dans les régions touchées et vient en aide aux réfugiés en Suisse ainsi que dans les camps de réfugiés sur place. Après la fin de la guerre, elle participe à la reconstruction, notamment en construisant de nouvelles maisons.
2004
1991
Guerre en ex-Yougoslavie
Bild : John Photos : Sigi Kalapo Tischler, Caritas Spes, Keystone, Archives Caritas Suisse, DR
Éboulement de Blatten En 2025, un éboulement ensevelit une grande partie du village de Blatten. Caritas Suisse apporte son aide dès le début : tous les habitants reçoivent une aide d’urgence de 2000 francs. Viennent ensuite les aides transitoires et les contributions aux coûts non couverts. Le soutien se poursuit. (tb)
2025
Le 26 décembre 2004, un tsunami dévaste les pays bordant l’océan Indien. Caritas Suisse réagit immédiatement et apporte tout son soutien au Sri Lanka, en Indonésie, en Inde et en Thaïlande. Au total, elle consacre 92,6 millions de francs à cette cause, vient en aide à 422 000 personnes et construit 3914 maisons.
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Coopération internationale
Photo de gauche : la détresse au Biafra était immense. À l’époque, on représentait souvent en groupe les personnes qui avaient besoin d’aide. Photo de droite : une femme en Bolivie est heureuse de ce nouvel accès à l’eau. Aujourd’hui, on veille à adapter l’aide de manière plus personnalisée aux besoins locaux.
Comment la faim a gagné la conscience suisse Ce sont les images des grandes famines qui, il y a plus de 50 ans, ont fait prendre conscience au public suisse des injustices dans le monde. Un regard en arrière montre comment ces crises ont marqué les débuts de l’aide internationale. Elles ont également conduit Caritas à s’engager dans la politique de développement. « Besoin de toute urgence de très grandes quantités de sérum pour prévenir une épidémie de rougeole qui arrive. Prière d’indiquer immédiatement combien d’unités sont actuellement disponibles. » C’est le message lancé par radio d’un secouriste
Pour un monde sans faim, il faut de l’argent, mais aussi un changement de mentalité et des mesures politiques. de Caritas depuis le Biafra, en novembre 1968. Cette séquence tirée de l’émission Rundschau de la télévision suisse illustre comment l’aide humanitaire devait être organisée à l’époque. Le Biafra : une étape importante et une crise pour Caritas Fabian Saner, historien et responsable du service Formation à Caritas Suisse, s’est penché de manière approfondie sur
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l’histoire de l’engagement international de Caritas. « L’opération d’aide au Biafra, au Nigeria, a constitué à la fois un tournant et une crise pour Caritas Suisse », constate-t-il. Entre 1967 et 1970, des organisations religieuses ont acheminé par avion des tonnes de matériel humanitaire vers le Biafra, qui était assiégé par l’armée nigériane. Cela a sauvé la vie de centaines de milliers de personnes. Cette aide complexe et de grande envergure a ouvert une nouvelle dimension de l’action internationale de Caritas. Jusqu’alors, celle-ci se limitait principalement à l’aide à la reconstruction et au soutien aux réfugiés catholiques dans une Europe dévastée par la guerre. Le Biafra a poussé la structure organisationnelle existante à ses limites et a rendu indispensable la professionnalisation de l’engagement international. Les images d’un monde injuste Karl Gähwyler était l’un des rares photographes à avoir pu se rendre au Biafra.
Les images saisissantes qu’il a rapportées à la demande de Caritas Suisse pour les appels aux dons, mais aussi pour les médias suisses, ont contribué à façonner la perception de cette famine. « Le Biafra est littéralement devenu synonyme de ‹ famine › », explique Fabian Saner. Karl Gähwyler a également couvert les grandes crises humanitaires des années 1970 en Éthiopie et au Bangladesh. Le département international de Caritas a alors connu une forte croissance. Il a lancé plus de 100 projets en Amérique latine, en Asie et en Afrique. L’accent s’est déplacé de l’aide d’urgence vers une « aide au développement » à plus long terme, en collaboration avec des organisations locales, notamment dans le cadre de projets visant à soutenir les femmes ou à promouvoir le domaine de la santé. La faim est aussi le résultat des inégalités Dans les années 1970, la population suisse a également pris davantage conscience que les pays riches du Nord portaient une part de responsabilité dans ces inégalités flagrantes. Caritas Suisse s’est ouverte aux questions liées à la politique de développement. « Pour
Photos : Karl Gähwyler
Coopération internationale un monde sans faim, il faut plus que de l’argent et la générosité des donateurs : il faut aussi un changement de mentalité chez nous, et des mesures au niveau politique », peut-on lire dans une publication de Caritas datant de cette époque.
L’accent s’est déplacé de l’aide d’urgence vers l’aide au développement à plus long terme. Par la suite, Caritas s’est fortement engagée en faveur de la pétition « Le désendettement, une question de survie ». Celle-ci a obtenu que le Conseil fédéral crée, à l’occasion du 700e anniversaire de la Confédération en 1991, un fonds de désendettement destiné aux pays du Sud global. La Suisse doit assumer ses responsabilités La guerre des Balkans et la reconstruction à grande échelle qui a suivi, le tsunami qui a frappé l’Asie du Sud en décembre 2004, le séisme en Haïti en 2010 et la guerre en Syrie sont autant
Dans le camp de réfugiés de Kukës, en Albanie, une femme du Kosovo profite d’un moment de calme avec son bébé.
d’exemples de crises et de catastrophes dans lesquelles Caritas s’est engagée en apportant une aide d’urgence, en reconstruisant et en créant de nouveaux moyens de subsistance. En adhérant à Alliance Sud en 1992, Caritas Suisse a renforcé son engagement en matière de politique de développement. Aujourd’hui, la coopération internationale fait face à des vents contraires
sur le plan politique. Caritas est toutefois convaincue que la Suisse a toujours la responsabilité de lutter contre les injustices dans le monde et de remettre son rôle en question. (sg) Plus d’informations sur l’engagement international de Caritas depuis 1945 ainsi que sur sa politique sociale : caritas.ch/anniversaire
Politique sociale : la pauvreté n’est pas un échec individuel « Selon une nouvelle estimation de Caritas, le nombre de personnes touchées par la pauvreté en Suisse s’élève à environ un million. » Bien que formulé avec prudence, ce communiqué de presse publié par Caritas en 2005 a fait grand bruit. Peu après, le Parlement demandait au Conseil fédéral de mettre en œuvre une stratégie nationale de lutte contre la pauvreté ainsi qu’un plan d’action. Caritas avait déjà auparavant largement influencé le débat sur la pauvreté en Suisse. En 1998, sa prise de position « Ils sont pauvres, et pourtant ils tra-
Photo : Sigi Tischler
vaillent » a attiré l’attention du grand public sur le problème des working poor. Peu après, le premier Almanach social a été publié. Cet annuaire consacré à la situation sociale en Suisse alimente le débat public sur les questions de pauvreté et d’inégalités. Un message essentiel est resté : la pauvreté n’est pas un échec personnel des personnes concernées. Elle a des causes sociales et structurelles. Et leurs répercussions vont bien au-delà du simple aspect financier. C aritas Suisse ne s’engage donc pas seulement directement auprès des personnes en situation de
auvreté – par exemple par ses services p de conseil ou les Épiceries Caritas –, mais initie également régulièrement des réformes politiques. La pandémie de coronavirus a mis en évidence, plus que jamais, la vulnérabilité de larges couches de la population. Caritas a réagi en apportant une aide directe aux personnes touchées. Il s’agit de la plus grande opération nationale de son histoire à ce jour. Caritas Suisse continue de militer en faveur d’une politique sociale préventive, résolument axée sur la lutte contre la pauvreté. (sg)
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Suisse
La lutte contre la pauvreté évolue en Suisse L’asile à visage humain Caritas s’engage auprès des réfugiés dans le sillage de la Première Guerre mondiale. Lors de la Deuxième Guerre mondiale, elle envoie des colis dans les pays voisins pour prêter assistance à des réfugiés catholiques. Ce qui apparaît encore plus problématique aujourd’hui est le soutien à une initiative qui a permis l’émigration vers le Brésil de réfugiés allemands des Balkans. Par la suite, Caritas répond aux arrivées des réfugiés des régimes communistes (Hongrie, Tibet, Tchécoslovaquie, Vietnam), puis dans les années 1980 et 1990, des réfugiés kurdes, du Sri Lanka et d’ex-Yougoslavie fuyant des guerres civiles. L’idée est alors que la personne réfugiée doit être intégrée socialement. Les lois sur l’asile sont durcies, la protection juridique est plutôt renforcée. Caritas Suisse défend une approche humaine et veille à l’équité de la procédure. Vers 1990, elle prend en charge un sixième des requérants d’asile. Les années suivantes, des centres s’ouvrent puis se ferment selon les flux migratoires. En 2019, l’asile subit une importante réforme : accélération de la procédure et représentation juridique gratuite. Caritas assure cette dernière en Suisse romande, ainsi qu’au Tessin et en Suisse centrale avec SOS Ticino. Face aux crises, comme avec les réfugiés d’Ukraine, Caritas reste aujourd’hui fidèle à cet engagement : accueillir avec humanité ceux que la vie a contraints à fuir. (vm)
Une Épicerie contre la pauvreté Tout a commencé par une idée aussi simple que convaincante : redistribuer les surplus alimentaires des grands distributeurs aux personnes en situation de précarité. Très vite, les collaborateurs de Caritas ont été autorisés à aller chercher des denrées : du pain chez la boulangère, des légumes chez le grossiste. L’Épicerie de Bâle a rapidement dépassé ses objectifs de chiffre d’affaires, et d’autres Caritas régionales ont ouvert leur Épicerie. Faire ses courses en toute autonomie Au milieu des années 2000, les produits donnés ne suffisaient plus à répondre à la demande. Certaines Caritas régionales et Caritas Suisse ont alors formé la Coopérative des Épiceries Caritas. Celle-ci a commencé à acheter d’autres produits. Dès lors, un assortiment de base équilibré était garanti. Dès le début, les Épiceries Caritas ont délibérément vendu leurs produits à des prix très réduits, mais pas gratuitement. Cela garantit ainsi à la clientèle la dignité humaine et une marge de manœuvre, deux aspects essentiels de la lutte contre la pauvreté dans le contexte actuel. Les 22 Épiceries Caritas désormais présentes dans toute la Suisse proposent, au-delà de la vente de détail, un accompagnement social et une aide à l’insertion professionnelle. (ah)
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Photos : Karl Gähwyler, Archives Caritas Suisse
En images Photo de gauche : au Liban, une religieuse montre les impacts de balles sur les bâtiments. Photo de droite : en Sierra Leone, des femmes présentent des pots en argile qu’elles ont façonnés en 1993 sans tour et qu’elles vendent sur un marché qu’elles ont ellesmêmes créé.
Photo ci-dessus : lors d’une sécheresse, de nombreux riziculteurs du Bangladesh ont perdu leurs animaux de trait – grâce à de petits tracteurs, ils peuvent continuer à cultiver leurs champs. Photo de droite : des enfants kurdes ont fui l’Irak en 1992 avec leurs familles pour échapper au régime de Saddam Hussein.
Photos : Karl Gähwyler
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En images
La promotion des revenus, l’accès à l’eau, la formation et les soins sont aujourd’hui au cœur des activités de Caritas Suisse. Tout comme une politique sociale et de développement solidaire.
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Photos : Fabian Biasio, Hasan Belal, Kenyi Moses, Nicolas Honoré, Bambang Febriandi Wibowo
Coopération internationale
La lutte contre la pauvreté évolue dans le monde Un toit, un nouveau départ Lorsque la guerre a éclaté en Europe dans les années 1990, Caritas Suisse a lancé le plus grand programme de reconstruction de son histoire. Entre 1995 et 2010, Caritas a reconstruit 8600 maisons et appartements, ainsi que des infrastructures d’électricité et d’approvisionnement en eau, dans plus de 200 villages de Bosnie et du Kosovo. Les habitants devaient pouvoir rentrer chez eux en toute sécurité. Le concept « Un toit sur la tête », déjà mis en œuvre en 1991 dans le nord de l’Irak, est devenu la marque de fabrique de l’aide d’urgence de Caritas. L’organisation s’est également mobilisée à la suite du tsunami en Asie du Sud-Est. Collaborer sur un pied d’égalité Des organisations partenaires implantées sur place ont mis en œuvre ces projets avec beaucoup d’engagement et leur savoir-faire local. Les propriétaires des maisons ont participé activement aux travaux de construction. À la fin de la reconstruction, Caritas n’a pas abandonné ces personnes : dans le secteur agricole, elle a créé des sources de revenus et a ainsi redonné des perspectives à la population. Aujourd’hui encore, l’engagement humanitaire de Caritas se caractérise par la durabilité ainsi que par la collaboration, sur un pied d’égalité, avec des partenaires locaux et les participants aux projets. (ah)
Pionnière du Fairtrade « Le fait que nombre de ‹ nos › productrices et producteurs soient toujours actifs aujourd’hui est pour moi la plus belle réussite ! » Voilà le bilan que tire Monica Hagen du commerce équitable de Caritas Suisse. Responsable de ce projet de 1978 à 2013, elle a accompagné une aventure dont les débuts remontent au Guatemala, où un séisme dévastateur s’est produit en 1976. Lors de la reconstruction, Caritas a apporté son soutien aux producteurs de miel. « C’est là que nous avons réalisé qu’ils devaient pouvoir vendre leur miel à un prix équitable. » C’est ainsi que Caritas Suisse a commercialisé du miel, son premier produit issu du commerce équitable, notamment dans des tasses aux couleurs vives. Dans les années 1970, elle a également soutenu la production équitable de sacs en jute au Bangladesh. Plus d’égalité grâce au commerce La gamme du commerce équitable de Caritas s’est enrichie de café, d’objets d’artisanat et de bijoux. Les livraisons étaient effectuées dans des Magasins du monde partout en Suisse. En 1992, Caritas a été l’une des fondatrices de la Fondation Max Havelaar Suisse. Caritas s’est spécialisée dans la mode avec des boutiques sous la marque Unica. Afin d’éviter tout chevauchement, Caritas Suisse a confié le commerce équitable à claro depuis 2013. (bs)
Photos : Archives Caritas Suisse
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Rencontre
Éradiquer détresse et pauvreté Joseph Deiss a fait entrer la Suisse aux Nations Unies en 2002. Fervent partisan d’une Suisse active en faveur du multilatéralisme, il s’est souvent exprimé ces dernières années pour que notre pays défende énergiquement le droit international et le droit humanitaire. Sans complaisance pour les positions de Caritas, il s’exprime sur la solidarité en Suisse et dans le monde.
Joseph Deiss, Caritas Suisse a 125 ans. Quel regard portez-vous sur son action ? La lutte au service de la solidarité de péréquation de Caritas Suisse remonte loin avant le mandat précis et concret confié à l’autorité étatique par l’article constitutionnel 12. De ce fait, Caritas a joué un rôle de précurseur à la fois matériel et politique dans l’édification de notre système social et de la tradition humanitaire de notre pays.
« Je veux croire que la générosité populaire continuera et résistera aux populismes. »
L’ancien ministre des affaires étrangères Joseph Deiss estime que la Suisse ne doit pas se replier sur elle-même, mais qu’elle doit assumer ses responsabilités en tant que force humanitaire et solidaire.
Quiconque est dans une situation de détresse et n’est pas en mesure de subvenir à son entretien a le droit d’être aidé et assisté et de recevoir les moyens indispensables pour mener une existence conforme à la dignité humaine. Constitution fédérale, article 12
« Cette formule est inscrite dans notre Constitution depuis la révision totale entrée en vigueur le 1er janvier 2000. Elle est très forte, car le « quiconque » s’adresse à toute personne, indépendamment de sa nationalité, son sexe, sa couleur ou quelque autre critère discriminatoire. Elle définit à la fois un droit légal d’obtenir de l’aide en cas de détresse et souligne le
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devoir de l’État de protéger les plus faibles de notre société. Avec d’autres principes elle concrétise l’esprit de solidarité et d’ouverture au monde proclamés dans le préambule de notre charte. C’est dans ce contexte que s’inscrit l’action sociale de Caritas. » Joseph Deiss, ancien conseiller fédéral
Quel rôle jouent des organisations telles que Caritas dans un monde en crise ? La décolonisation à l’échelle planétaire, la création de l’aide multilatérale et les progrès économiques mondiaux ont changé de fond en comble le paysage des solidarités. Au sein de l’ONU, on a reconnu le rôle indispensable joué par la société civile. Que ce soit en tant que lanceurs d’alerte ou d’exécutants pour des tâches que les acteurs étatiques ne peuvent pas faire, les réseaux locaux d’ONG sont irremplaçables à condition de préserver leur indépendance et leur caractère non gouvernemental. Comment la politique étrangère suisse pourrait-elle évoluer pour mieux soutenir les acteurs humanitaires et les populations affectées ? La vocation de notre pays est double. Morale, d’abord, par notre attachement au droit international humanitaire. Dépositaire des Conventions de Genève et siège du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, nous endossons une responsabilité capitale. Matérielle, ensuite, à travers le bien-être dont nous jouissons et qui doit nous inciter à la solidarité internationale. Sans donner dans l’autosatisfaction, il est juste et légitime de souligner la générosité manifestée à ces égards par le peuple suisse à maintes reprises. En re-
Photo : DR
Rencontre vanche, il convient tout autant de dénoncer avec fermeté la tiédeur qui s’est installée au cours des récentes années de crises au niveau du Parlement, du gouvernement et même dans la population lorsqu’il s’agit de condamner haut et fort les crimes de guerre ou contre l’humanité ainsi que de voter les budgets nécessaires à nos engagements sur le terrain.
« Caritas a joué un rôle de précurseur. » Vous avez été le maître d’œuvre de l’adhésion de la Suisse à l’ONU acceptée en votation. Ces dernières années, la Suisse a réduit son soutien financier à I’ONU. Se désolidarise-t-elle des pays du Sud global aujourd’hui ? Cette conclusion serait exagérée. Par notre adhésion aux Nations Unies nous avons gagné en souveraineté, en crédibilité et en solidarité. Nous l’avons démontré par notre appartenance au Conseil de sécurité et nous continuons à faire partie des 18 plus gros contributeurs qui, de surcroît, paie ponctuellement son dû. En revanche, il est inquiétant de constater que l’aide publique au développement tend à devenir le clapet de sécurité pour les intraitables de la rigueur budgétaire. Avec 0,46 % du RNB en 2025, nous sommes loin du 0,7 % que nous nous sommes fixés en conformité avec l’ONU. Les inégalités se creusent en Suisse entre hyper riches et personnes vivant dans la pauvreté, la classe
Professeur d’économie, Joseph Deiss a été élu au Conseil fédéral en 1999 sous les couleurs du Parti démocrate-chrétien. En 2002, alors qu’il est à la tête du Département fédéral des affaires étrangères, l’adhésion de la Suisse à l’ONU est acceptée en votation. En 2003, il devient ministre de l’Économie. Il a été président de la Confédération en 2004. Il a présidé l’Assemblée générale des Nations Unies de 2010 à 2011.
Photo : Ayaana Publishing
« Les réseaux locaux d’ONG sont irremplaçables », souligne l’ancien conseiller fédéral Joseph Deiss. Grâce au réseau Caritas, ces jeunes Cambodgiens participent à un projet éducatif.
moyenne se précarise. Est-ce une menace pour le modèle suisse ? Le système de péréquation sociale suisse est solide. En 2022, plus du quart du PIB était affecté à la sécurité sociale, contre seulement un sixième en 1990. On peut constater une réelle amélioration dans de nombreux secteurs, par exemple celui des personnes âgées. Les cas difficiles se comptent aujourd’hui plus fréquemment parmi les personnes en âge d’activité, pour lesquelles les filets de sécurité ne sont pas toujours efficaces. Vous êtes économiste, vous avez été ministre de l’Économie : comment expliquez-vous qu’un pays aussi prospère que la Suisse compte plus de 700 000 personnes pauvres ? Soulignons d’abord, que beaucoup est entrepris pour soulager la situation des plus faibles. Les sommes engagées sont considérables. En 2025, par exemple, 2,5 millions d’assurés-maladie (28 %) touchaient des subsides pour réduire les primes. Ce n’est donc à mon avis pas une question des seuls moyens financiers. Pour aider les plus faibles, les méthodes distributives ne suffisent pas. Elles apportent un soulagement momentané,
amortissant l’appauvrissement, mais accroissent souvent les disparités par l’effet de l’arrosoir. Ce qu’il faut, c’est développer parallèlement aux subsides les capacités d’indépendance économique des personnes assistées. Caritas dénonce le manque de volonté politique dans la lutte contre la pauvreté. Partagez-vous cette analyse ? Les données ci-dessus démontrent l’effort considérable de solidarité consenti par notre population. Il faut le dire. Mais, des difficultés subsistent. Cela signifie que l’article 12 de notre Constitution, cité en exergue, n’est pas appliqué avec rigueur. Dans un pays de la richesse du nôtre, il est inexcusable que des distributions de nourriture opérées par des initiatives privées soient nécessaires. C’est le cas même dans des cantons riches, qui possèderaient les ressources suffisantes pour rendre superflues ces actions d’urgence. Je veux pourtant croire que la générosité populaire dont se targue traditionnellement notre pays et dont Caritas est l’une des expressions concrètes, continuera et résistera aux populismes. (fb)
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Ce que souhaitent les jeunes pour l’avenir it plus ouverts « J’aimerais qu’on so tres. Tout le monde les uns envers les au uité. Pour 2050, doit être traité avec éq s frontières je souhaite la paix, de chacun puisse plus ouvertes et que le monde. » vivre en sécurité dans Bereket (18 ans), Lucern
e
« Je souhaite que
d’ici 2050, nous pa rvenions à créer un monde dans leq uel il ne soit plus nécessaire d’avoir la chance de naître au « bon » en droit pour pouvoir mener un e vie épanouissan te, équitable et avec des pers pectives d’avenir. » Julia (21 ans), Sarne
n
« J’espère un monde meilleur, où la formation sera accessible même dans les régions les plus reculées. Les jeunes pourront alors s’engager pour leur pays, façonner la société, lutter contre la pauvreté et prévenir la migration irrégulière. »
« En 2050, nous vivrons dans un monde plus humain, où l’origine ne déterminera pas l’avenir. Où chacun et chacune bénéficiera des mêmes opportunités. La compassion aura remplacé les préjugés, et l’ouverture d’esprit l’exclusion. »
Bunthoeun (20 ans), Cambodge
Sasha (18 ans), Wikon
, la paix régnera et « J’espère qu’en 2050 ues. faim auront été vainc que la pauvreté et la oluer pour être La technologie doit év humains, améliorer au service des êtres rantir un avenir plus la qualité de vie et ga durable pour tous. »
« Je rêve d’un monde où tout le monde aurait les mêmes droits et les mêmes chances. Quiconque a besoin d’aide doit pouvoir en bénéficier. Si nous restons unis et résolvons les conflits de manière pacifique, la pauvreté n’a pas d’avenir. » Omar (18 ans), Zurich
Reine (19 ans), Liban
« Quand je p
ense à 2050 , j’espère qu e tout le monde aura les mêmes opportunités en matière de formatio n et de santé , quels que so ient ses revenus, qu ’on soit rich e ou pauvre. E t que toutes les couches de la sociét é puissent se sentir bien. » Manue l (27 ans), M
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« J’aimerais que les gens ne demandent pas d’abord d’où l’on vient, mais qui l’on est. Soyez aimables les uns envers les autres et essayez de comprendre ce que les autres ont vécu. Une belle parole est importante pour qui a tout perdu. »
« Le système de formation doit être amélioré. L’enseignement doit être plus axé sur les thèmes d’avenir, par exemple sur la manière dont les jeunes peuvent utiliser à bon escient l’intelligence artificielle ou les réseaux sociaux. » Remberto (19 ans), Bolivie
Hussain (18 ans), Zurich
ännedorf
Photos Bilder: : DR …
En route vers l'avenir Vaincre la pauvreté en Suisse et dans le monde: voilà ce qui nous anime, depuis 125 ans.
Nous pronons la participation.
Nous agissons avec courage. Nous sommes fiables. Nous préconisons l’inclusivité. Nous travaillons de manière approfondie et objective.
Nous sommes solidaires.
Ensemble, nous nous engageons en faveur des personnes dans le besoin et nous construisons un avenir solidaire.
Inégalités – En quoi la pauvreté nous concerne
Exposition interactive de Caritas Suisse à l’occasion de ses 125 ans Jusqu’au 30 septembre 2026, du lundi au samedi, de 10h à 17h. Adligenswilerstrasse 15, Lucerne, informations sur caritas.ch/anniversaire
Affiches de Caritas Suisse des années 1980 : aider, apporter un soutien et de l’espoir, entretenir des relations de partenariat. Au fil des décennies, ce ne sont pas seulement les moyens de lutte contre la pauvreté qui ont évolué, mais aussi le langage et les images utilisés pour les illustrer.