
Unité de connaissance et de dialogue politique pour la protection des enfants et des jeunes en mobilité (KAPCYM)
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Unité de connaissance et de dialogue politique pour la protection des enfants et des jeunes en mobilité (KAPCYM)
Lutter contre la violence basée sur le genre dans un contexte migratoire
Mai 2026

1. Reconnaître la violence basée sur le genre comme un risque structurel de la mobilité. 7
2. Intégrer systématiquement la violence basée sur le genre dans toutes les interventions. 9
3. Garantir un accès inclusif aux services, indépendamment de la nationalité, du statut migratoire, des documents ou de l’âge. 11
4. Protéger, maintenir et développer les infrastructures axées sur les survivants. 13
5. Renforcer les intervenants de première ligne et les acteurs communautaires. 14
6. Aborder l’intersectionnalité et les vulnérabilités invisibles. 16
7. Renforcer les mécanismes de coordination. 17
8. Investir dans des systèmes d’information et de données confidentiels, sûrs et éthiques sur la violence basée sur le genre. 18
9. Sensibiliser à la violence basée sur le genre, promouvoir le changement de normes et la prévention. 19
Notes de fin d’ouvrage 21
À propos de l’unité KAPCYM 24
Pourquoi est-ce important ?
La violence basée sur le genre (VBG)1 que subissent les enfants et les jeunes en mobilité (EJM) est un problème de protection critique qui affecte leur sécurité, leur dignité et leur bien-être à long terme. Les déplacements, les voies de migration irrégulières, la séparation des familles et l’accès limité aux services augmentent l’exposition à l’exploitation sexuelle, à la traite des êtres humains, au mariage d’enfants, à la violence entre partenaires intimes et à d’autres formes d’abus. Les filles et les femmes sont touchées de manière disproportionnée, mais les garçons, les hommes et d’autres groupes vulnérables sont également confrontés à des risques importants et sont souvent négligés.
Les violences subies pendant le transit, aux frontières, dans les centres d’accueil ou dans les communautés d’accueil peuvent avoir des conséquences physiques et psychologiques durables, perturber l’éducation et compromettre les perspectives de solutions durables. La peur de la stigmatisation, des représailles, de la détention ou de l’expulsion empêche souvent les survivants de chercher de l’aide. La lutte contre la VBG dans les contextes migratoires est donc une condition préalable à une participation effective, au rétablissement et à une intégration en toute sécurité. En l’absence de prévention ciblée, de services axés sur les survivants et de mécanismes de responsabilisation, les EJM restent exposés à des préjudices répétés à chaque étape de leur parcours.
La question de la VBG pour les enfants et les jeunes en mobilité ( EJM ) est essentielle pour les projets « Enfants et Jeunes sur les Routes Migratoires d’Afrique de l’Ouest et du Nord » (EJM) et « East African Migration Routes » ( EAMR), mis en œuvre dans huit pays : Guinée, Égypte, Éthiopie, Mali, Maroc, Niger, Soudan et Tunisie. 2 Les deux projets mettent en œuvre des interventions ciblées et produisent des résultats concrets visant à renforcer la prévention et la réponse à la VBG. Pour la Suisse, la lutte contre la VBG constitue une priorité de la politique étrangère et de la coopération internationale, notamment dans les contextes humanitaires et migratoires. Les nouvelles lignes directrices du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) sur les droits humains pour 2026–2029 3 identifient la VBG comme un domaine prioritaire, renforçant ainsi la position de la Suisse, qui traite cette question dans le cadre de son engagement international. Reconnaissant que la VBG est une violation des droits humains ancrée dans l’inégalité entre les sexes, la Suisse promeut l’égalité des sexes et l’ODD 5 tout en mettant un accent particulier sur la protection des filles, des garçons et des jeunes en mobilité – en particulier les mineurs déplacés, non accompagnés ou exposés à un risque accru. Grâce à des engagements tels que le Pacte sur les femmes, la paix, la sécurité et l’action humanitaire (FPS-AH), l’Appel à l’action pour la protection contre la violence basée sur le genre dans les situations d’urgence (Call to Action on Protection from
GBV in Emergencies) et la mise en œuvre de la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies par le biais de son plan d’action national, la Suisse soutient les mesures de prévention, de protection et de responsabilisation dans les situations de crise. Lors du Forum mondial sur les réfugiés 2023, elle s’est en outre engagée à renforcer les services de protection de l’enfance et de lutte contre la VBG, à améliorer l’accès aux soins centrés sur les survivants et à soutenir les organisations communautaires et dirigées par des femmes afin de mieux protéger les enfants et les jeunes touchés par les déplacements et les migrations.
La lutte contre la violence basée sur le genre dans un contexte migratoire est l’un des six thèmes prioritaires des travaux de l’Unité de connaissance et de dialogue politique pour la protection des enfants et des jeunes en mobilité (Knowledge and Policy Dialogue Unit for the Protection of Children and Youth on the Move KAPCYM) 4, sur la base de la cartographie des données probantes réalisée par KAPCYM et validée par les principales parties prenantes concernées, notamment les responsables des projets régionaux EJM et EAMR, ainsi que des experts de l’administration fédérale suisse.
Objectif du présent dossier thématique
L’objectif de ce dossier thématique consiste à formuler des messages clés de plaidoyer pour soutenir les activités de plaidoyer et le dialogue politique, en s’appuyant sur les bonnes pratiques et les enseignements tirés des projets EJM et EAMR ainsi que sur les contributions de divers acteurs gouvernementaux, tels que les autorités suisses et d’autres autorités nationales.
Comment utiliser ce document :
Les messages de plaidoyer contenus dans ce dossier peuvent être utilisés comme des éléments autonomes pour différents objectifs de dialogue politique et de plaidoyer. Chaque message est autonome et s’appuie sur des bonnes pratiques pertinentes. Par conséquent, certaines bonnes pratiques peuvent apparaître plusieurs fois. Cela est intentionnel et garantit que chaque message peut être utilisé indépendamment sans se référer à d’autres sections du document.
Les questions de recherche auxquelles répond ce dossier thématique sont les suivantes :
• Comment la VBG affecte-t-elle la sécurité, le bien-être et le développement des EJM en Afrique du Nord, de l’Est et de l’Ouest ?
• Quelles sont les bonnes pratiques et les enseignements tirés en matière de prévention de la VBG, d’atténuation des risques et de réponse centrée sur les survivants pour les EJM, en particulier dans le cadre des projets EJM et EAMR ?
• Existe-t-il d’autres bonnes pratiques d’acteurs suisses whole-of-government (WoGA) ou d’autres parties prenantes suisses (au-delà de l’EJM et de l’EAMR) qui s’attaquent à la VBG parmi les EJM en Afrique du Nord, de l’Est et de l’Ouest ?
• Quels messages de sensibilisation peuvent être formulés pour améliorer la prévention et la réponse à la VBG chez les EJM ?
Cadre conceptuel
La violence basée sur le genre désigne « tout acte préjudiciable commis contre la volonté d’une personne et fondé sur les rôles différents des hommes et des femmes que leur attribue la société, et elle prend racine dans des inégalités de genre et des normes néfastes profondément ancrées ».5 Elle englobe les préjudices physiques, sexuels, psychologiques et économiques, affectant de manière disproportionnée les femmes et les filles, mais pouvant également toucher les hommes, les garçons et les personnes de tous genres. La VBG est reconnue comme une grave violation des droits humains et un enjeu crucial en matière de protection à l’échelle mondiale.6
Dans le contexte des migrations et des déplacements, la VBG peut être à la fois un moteur de la migration – en tant que menace ou expérience concrète – et un facteur de risque tout au long du voyage, du point de départ à la destination, en passant par le transit. Les systèmes de protection peuvent être affaiblis, les réseaux sociaux perturbés et les individus exposés à des environnements dangereux. Les migrants sans papiers, voyageant seuls ou empruntant des itinéraires irréguliers sont particulièrement vulnérables, tout comme ceux qui se trouvent dans des lieux d’accueil surpeuplés ou manquant de ressources.7
Les manifestations de la VBG dans le contexte de la migration sont variées et peuvent comprendre, entre autres, les éléments suivants :
• Violence et exploitation sexuelles : le viol, les agressions sexuelles, la contrainte à des actes sexuels non désirés, les mutilations génitales féminines et l’échange de faveurs sexuelles contre des besoins et des services de base.
• Violence physique : coups, travail forcé et autres actes de violence.
• Traite et exploitation : y compris la traite à des fins sexuelles ou de travail, souvent facilitée par la cœrcition ou la tromperie.
• Mariage d’enfants, précoce et forcé (MEPF) : toute union formelle ou informelle dans laquelle au moins une des parties est âgée de moins de 18 ans ou n’a pas donné son plein et libre consentement. Cela constitue une violation des droits humains et est associée à de graves conséquences négatives pour la santé, l’éducation, la protection et les perspectives d’avenir des filles. Le MEPF est principalement dû à des normes sociales néfastes, à l’inégalité entre les sexes et à des vulnérabilités structurelles. Dans les contextes de crise et de déplacement, il peut également être utilisé comme une stratégie d’adaptation ou de « protection » pour les filles et les jeunes femmes, parfois sous l’impulsion des familles ou des réseaux communautaires, en dépit de ses effets néfastes à long terme.8
• Violence conjugale et violence domestique : la violence au sein des couples et/ou des familles, qui peut être déclenchée ou s’aggraver sous l’effet du stress et des pressions liées au déplacement.
• Abus psychologique et économique : menaces, contrôle des ressources, refus d’accès aux services et contrôle coercitif.9
Ces manifestations ne se produisent pas de manière isolée, mais sont façonnées par des conditions structurelles, telles que la pauvreté, des politiques migratoires restrictives, le manque d’accès aux documents et aux services, et la discrimination, qui peuvent enfermer les individus dans des cycles de vulnérabilité tout au long de leur voyage. Les lois et politiques migratoires peuvent elles-mêmes reproduire ou renforcer les inégalités entre les hommes et les femmes, en particulier dans les contextes de transit et de destination. Les femmes et les filles migrantes, en particulier celles qui sont sans papiers, se heurtent souvent à des obstacles qui les empêchent d’accéder à un emploi décent et à la protection sociale, ce qui pousse nombre d’entre elles vers des emplois informels ou précaires, avec peu ou pas de garanties en matière de travail, les exposant ainsi davantage à la violence sexiste, aux abus et à l’exploitation, y compris au travail du sexe et à la prostitution. La crainte de perdre leur emploi, leur statut juridique ou l’unité familiale empêche souvent les femmes et les filles migrantes de signaler les violences subies. Les personnes dont le statut de résident dépend de celui de leur partenaire, ou celles qui sont victimes de la traite des êtres humains, peuvent se montrer particulièrement réticentes à demander de l’aide en raison de menaces, de représailles, du
risque d’expulsion ou de la crainte d’être considérées comme des délinquantes plutôt que comme des survivantes.10
Les EJM sont exposés à des risques uniques et cumulés. Les enfants non accompagnés et séparés sont particulièrement exposés aux risques de traite, d’exploitation sexuelle, de recrutement dans des activités criminelles, de travail forcé et d’autres formes d’abus, car l’absence de soins parentaux et de réseaux de protection réduit considérablement les mesures de protection.
Les adolescentes sont souvent confrontées à des niveaux disproportionnés de violences sexuelles, de relations sexuelles sous la contrainte, de prostitution de survie et de MEPF, phénomènes qui trouvent leur origine dans les inégalités entre les sexes et peuvent être utilisés par les familles comme stratégie d’adaptation néfaste dans des situations de déplacement, de pauvreté ou d’insécurité. Les garçons, les hommes et les jeunes de tous genres sont également victimes de violences et d’exploitation, tant dans les pays de transit que dans les pays de destination.11 La rupture du cadre de protection offert par la famille et la communauté, l’accès limité à des services adaptés aux enfants et la faiblesse des garanties juridiques ne font qu’aggraver ces risques.
Ces risques sont encore aggravés par des normes sociales néfastes, notamment la stigmatisation et la culpabilisation des victimes, qui les dissuadent de signaler les faits et peuvent renforcer des pratiques telles que le MEPF ou l’exclusion du système éducatif à la suite d’abus. De plus, les conditions qui règnent le long des routes migratoires, telles que la détention, la surpopulation dans les centres d’accueil et le recours à des passeurs, peuvent accroître le risque d’être victime de violences et d’exploitation. Les politiques migratoires cœrcitives, notamment la détention, le refoulement et les contrôles stricts aux frontières, peuvent accroître le risque de VBG et de violations plus larges des droits des EJM. Les obstacles juridiques et administratifs existants, combinés à un accès limité aux services spécialisés en matière de VBG et de santé mentale, aux obstacles linguistiques et à la faiblesse des systèmes d’orientation, empêchent souvent les enfants et les jeunes de chercher ou de recevoir un soutien adéquat, ce qui accroît le risque de revictimisation. Il est essentiel de bien comprendre ces manifestations pour mettre en place, dans les contextes migratoires, des mécanismes de prévention et d’intervention en matière de VBG qui tiennent compte du genre et de l’âge, notamment des filières d’orientation sûres, des services de protection, un soutien juridique et des systèmes de protection communautaires qui répondent aux besoins multiples des EJM. Ces efforts doivent s’appuyer sur un soutien intégré en matière de santé mentale et d’aide psychosociale (SMSPS) et être guidés par les principes de sécurité, de confidentialité et de non-nuisance ( do no harm), en veillant à ce que les interventions soient adaptées à l’âge, prennent en compte la dimension du genre et soient adaptées aux risques spécifiques liés aux contextes migratoires.
Contexte
Dans les huit pays étudiés, les EJM sont exposés à des risques de VBG profondément enracinés et structurellement ancrés à tous les stades de la mobilité. La VBG se produit avant le départ, pendant le transit, aux frontières et aux points de contrôle, dans les situations de déplacement, dans les environnements de détention et au sein des communautés d’accueil.12 Dans les zones touchées par des conflits, telles que le Soudan et l’Éthiopie, l’insécurité généralisée, les déplacements forcés, l’effondrement des structures sociales, ainsi que la dépendance vis-à-vis des passeurs et des trafiquants, ont considérablement accru l’exposition au viol, à l’exploitation sexuelle, à la traite, au MEPF, ainsi qu’à d’autres formes de violence touchant les femmes, les filles, les hommes et les garçons.13 Dans les pays de transit et de destination tels que le Maroc, la Tunisie, le Niger et le Mali14, les pratiques sécurisées de contrôle des migrations, les interceptions, les raids, la peur d’être arrêté et les conditions de vie informelles augmentent les risques de violence physique, d’humiliation, d’exploitation et d’abus sexuels, tout en limitant la capacité des survivants à chercher de l’aide.15 Dans plusieurs contextes, le rétrécissement de l’espace civique et les situations migratoires politiquement sensibles limitent encore davantage l’accès aux populations et réduisent la visibilité de la VBG en tant que priorité en matière de protection.
Les EJM sont confrontés à des vulnérabilités aggravées liées à l’âge, au sexe, au statut juridique, au handicap et à la marginalisation socio-économique. Les filles et les jeunes femmes sont exposées de manière disproportionnée à la violence sexuelle, à la traite des êtres humains, au MEPF, à la servitude domestique et à des stratégies d’adaptation néfastes dans des contextes de précarité économique et de déplacement.16 Parallèlement, les garçons et les jeunes hommes, en particulier en Tunisie et au Maroc, sont victimes de formes de violence sexuelle, d’abus physiques et de traitements dégradants peu documentés, souvent liés à des perceptions sexistes et raciales présentant les hommes migrants comme des menaces pour la sécurité.17 Les enfants non accompagnés et séparés et les enfants handicapés sont confrontés à des obstacles supplémentaires en matière de protection et d’accès aux services.18
Dans tous les pays, les cas de VBG sont largement et systématiquement sous-déclarés en raison de la stigmatisation, de la crainte de représailles, des pressions culturelles, du contrôle de la traite des êtres humains et de la méfiance à l’égard des autorités. Cette situation est encore aggravée chez les personnes en déplacement, qui peuvent craindre d’être identifiées, dénoncées, voire arrêtées lorsqu’elles cherchent de l’aide, ce qui fait que de nombreux survivants restent invisibles au sein des systèmes de protection.19 La détérioration de la situation économique, la promiscuité, les
perturbations scolaires et l’exposition accrue à des contenus préjudiciables sur Internet ont encore accru les risques de violence intrafamiliale, de traite et d’exploitation sexuelle dans divers contextes. 20 Les stratégies d’adaptation négatives, telles que le mariage d’enfants, le sexe transactionnel et le travail informel dangereux, sont de plus en plus souvent signalées parmi les femmes et les adolescents confrontés à des moyens de subsistance et à des services de protection limités. 21
Malgré ces défis systémiques, plusieurs pays ont déployé des efforts pour renforcer les dispositifs de protection tenant compte de la VBG. Ces efforts ont été largement orientés vers la réaction et l’atténuation des risques, l’accent étant relativement moins mis sur les approches préventives qui s’attaquent aux causes profondes. Des approches intégrées et multisectorielles ont été développées, notamment des centres à guichet unique et des centres régionaux multifonctionnels au Mali et au Niger, des espaces sûrs et des centres communautaires au Soudan et au Maroc,22 l’intégration de l’identification de la VBG dans les programmes sanitaires et socio-économiques au Maroc et en Égypte, et le renforcement participatif des capacités dans le Cadre « Genre, inclusion et mobilité » (GIM) en Tunisie. 23 Les modèles communautaires, les partenariats avec des organisations locales et dirigées par des femmes, la numérisation des systèmes de données sur la VBG et le renforcement des voies d’orientation ont contribué à améliorer l’identification et la coordination dans plusieurs contextes. Toutefois, la mise en œuvre reste inégale. Les graves déficits de financement, le rétrécissement de l’espace civique, l’insécurité, le manque de capacités spécialisées, l’insuffisance des services destinés spécifiquement aux adolescents et la fragmentation des mécanismes d’orientation continuent d’entraver l’efficacité des mesures de prévention et des interventions. 24 Cette situation est encore aggravée par la nature des routes migratoires, où la grande mobilité, les courts séjours dans des lieux spécifiques et l’exposition à des systèmes différents d’un pays à l’autre rendent la continuité des soins et la coordination particulièrement difficiles.
Ce dossier thématique a été élaboré selon une approche qualitative multiméthodes, en commençant par un exercice approfondi de cartographie des preuves afin d’identifier et de synthétiser les dernières recherches, les documents politiques et les documents de projet. Ensuite, une étude documentaire complète des cadres régionaux, des instruments juridiques et des rapports institutionnels a permis de contextualiser ces résultats. Pour enrichir notre compréhension avec des perspectives de terrain, en particulier en ce qui concerne les bonnes pratiques, KAPCYM a mené 16 entretiens approfondis avec des informateurs clés et cinq groupes de discussion avec des membres du consortium des projets EJM et EAMR ainsi que des partenaires, sans oublier les points de contact de la Direction du développement et de la coopération (DDC) et des ambassades suisses. Cette combinaison de méthodes garantit que les recommandations de ce dossier sont fondées à la fois sur des données probantes et sur l’expérience des parties prenantes.
Cette section fournit un cadre structuré pour soutenir le développement de messages de plaidoyer visant à renforcer la protection et les droits des EJM. Chaque objectif de plaidoyer est présenté à travers trois éléments concis :
POURQUOI
Une brève explication de la question sous-jacente et de sa pertinence en tant que priorité de plaidoyer.
MESSAGES
Messages-clés pertinents et appels à l’action, adaptables à des contextes politiques et institutionnels spécifiques.
BONNES PRATIQUES
Références à des exemples fondés sur des données probantes des projets EJM et EAMR ou des acteurs whole-of-government (WoGA ; approche pangouvernementale) qui illustrent des approches efficaces.
1. Reconnaître la violence basée sur le genre comme un risque structurel de la mobilité.
POURQUOI La VBG n’est pas un phénomène accessoire de la migration ; elle est ancrée dans les conditions structurelles qui déterminent la mobilité. Les EJM sont davantage exposés à la violence sexuelle, à la traite des êtres humains, au MEPF, à l’exploitation et aux abus psychologiques tout au long de leur parcours migratoire – avant le départ, pendant le transit, aux frontières, en détention et au sein des communautés d’accueil. Ces risques sont exacerbés par l’insécurité, une situation migratoire précaire (c’est-à-dire irrégulière, instable et transitoire), l’instabilité financière et l’exclusion des services.
Fréquemment, et en particulier dans des environnements politiquement polarisés marqués par des réactions négatives à l’égard des femmes et par des politiques migratoires restrictives, la VBG est souvent traitée comme une question secondaire ou sensible plutôt que comme le résultat prévisible d’inégalités structurelles.
Les projets EAMR et EJM montrent que l’intégration de la VBG dans l’évaluation des besoins de protection, les initiatives d’inclusion scolaire, les services de santé des jeunes et de santé sexuelle et reproductive, les formations participatives et le suivi systématique, permettent d’identifier les risques à un stade précoce, de renforcer les voies d’orientation et d’intégrer des approches centrées sur les survivants dans les systèmes de migration et de protection de l’enfance.
MESSAGES Les approches politiques et programmatiques doivent aller au-delà des projets autonomes de lutte contre la VBG et intégrer la prévention et la réponse à ce type de violence dans les systèmes fondamentaux de migration et de protection de l’enfance. Il faut pour cela intégrer les considérations relatives à la VBG dans les politiques migratoires et les plans d’action nationaux, notamment par le biais d’une planification structurée tenant compte des risques, d’une répartition des responsabilités et de mécanismes de responsabilisation dans tous les secteurs concernés. Cela nécessite également des mandats institutionnels clairs et l’attribution d’une expertise spécialisée en matière de VBG au sein des systèmes de gouvernance des migrations.
Traiter la VBG comme structurellement liée à la migration nécessite un financement national prévisible, une coordination interministérielle et des partenariats significatifs avec la société civile locale et les acteurs communautaires, ainsi que des mécanismes de responsabilisation qui garantissent que les EJM peuvent accéder aux services en toute sécurité et de manière équitable. Au niveau multilatéral, la VBG doit être explicitement intégrée dans les cadres de haut niveau relatifs à la migration et à la protection de l’enfance, dans les bilans mondiaux des progrès accomplis et dans les rapports sur les EJM – en la considérant non pas comme une question secondaire, mais comme une dimension fondamentale de la mobilité.
BONNES PRATIQUES
• Égypte : le projet EAMR a procédé à des évaluations des besoins de protection à Assouan, notamment pour les enfants et les nouveaux arrivants du Soudan, complétées par des évaluations axées sur le genre menées par un spécialiste du genre. Ces évaluations ont permis de mieux comprendre les risques de VBG auxquels sont exposés les réfugiés et de mieux cibler l’identification et la réponse à apporter.
• Éthiopie : le projet EAMR a permis de renforcer les capacités des autorités locales (police, fonctionnaires des frontières, travailleurs sociaux) en matière de protection des enfants, de risques de VBG et de mécanismes d’orientation.
• Éthiopie : le projet EAMR a collaboré avec les acteurs du secteur des transports et les acteurs locaux afin d’identifier les mineurs non accompagnés (MNA) et d’orienter vers les services compétents les cas présumés de traite ou de VBG.
• Tunisie : les partenaires du projet EJM ont soutenu une formation participative de plusieurs jours sur le Cadre « Genre, inclusion et mobilité » (GIM), qui aborde systématiquement la VBG comme l’un des principaux risques associés à la mobilité des jeunes, au même titre que les obstacles juridiques, sociaux et économiques. Par le biais d’études de cas et d’analyses collectives, les participants ont examiné comment et où les EJM peuvent être exposés à la violence à différents stades de leur mobilité et de leur parcours d’insertion. Cette approche permet de positionner la VBG comme un risque structurel et prévisible lié à la migration, plutôt que comme un simple problème de protection isolé.
• Tunisie : le projet EJM a donné la priorité au recensement et à la coordination des acteurs de la protection, ce qui a permis de clarifier les filières d’orientation pour les cas de violence, d’abus ou d’exploitation. Dans un contexte d’engagement institutionnel limité, cette intervention a renforcé l’accès à une protection de première ligne et à des services spécialisés pour les femmes et les jeunes confrontés à des risques de protection urgents.
• Tunisie : l’intervention AVER « Éduquer Ensemble », réalisée dans le cadre du projet EJM, a combiné l’éducation positive avec des mécanismes d’inclusion scolaire pour prévenir la violence, l’intimidation, le harcèlement et la discrimination touchant les enfants réfugiés et socialement marginalisés, en particulier les enfants soudanais réfugiés à Medenine. Grâce à la mise en place de clubs d’intégration dans six écoles, le projet a permis de réunir des enfants réfugiés et tunisiens autour d’activités mixtes (par exemple jeux, activités sportives, apprentissage en groupe), créant ainsi des espaces sûrs qui réduisent la stigmatisation, favorisent les interactions entre pairs et atténuent la violence liée à l’exclusion. Les enseignants et les animateurs ont constaté une diminution des comportements agressifs et une amélioration de la dynamique de classe, tandis que les enfants ont développé leur capacité à exprimer leurs émotions, leur empathie et leurs compétences en matière de résolution non violente des conflits, qui constituent des facteurs de protection essentiels contre les premières formes de VBG. En outre, l’intervention AVER a permis d’élaborer un guide de bonnes pratiques à l’intention des éducateurs et de soutenir la reproduction de ces pratiques dans les écoles, une expansion étant en cours en collaboration avec l’UNICEF.
• Mali : le processus de suivi systématique de la protection, qui consiste à recenser les violations des droits humains au-delà des seuls cas de VBG, contribue également à orienter l’ensemble de la réponse humanitaire et le processus de plaidoyer visant à améliorer le système de protection dans son ensemble, y compris en matière de lutte contre la VBG. Cette approche est soutenue par la Suisse à travers le projet Programme de renforcement de l’environnement protecteur au Mali (PROTECT), notamment à travers son partenariat avec l’Association Malienne pour la Survie au Sahel (AMSS).
• Mali : l’approche psychosociale communautaire (APC) est mise en œuvre depuis de nombreuses années par la DDC dans la région des Grands Lacs, avec de nombreux résultats positifs. 25 Cette approche a été reprise par d’autres acteurs et projets de la région, tels que le projet PROTECT, financé par la Suisse, qui implique activement les communautés dans la protection des personnes vulnérables et dans la création ou la revitalisation de centres communautaires destinés à la prise en charge des victimes. De plus, la participation des communautés locales a été intégrée au programme de développement quinquennal du projet.
2. Intégrer systématiquement la violence basée sur le genre dans toutes les interventions.
POURQUOI Les victimes de VBG ont souvent du mal à accéder à des services spécialisés dans ce domaine en raison de la stigmatisation, de la crainte de représailles, d’un manque de sensibilisation et d’un environnement juridique ou social restrictif. Cependant, elles sont plus susceptibles de signaler les cas de violence lorsque les services sont intégrés à des structures de confiance et facilement accessibles, telles que les programmes d’éducation, de protection de l’enfance, de santé, de soutien psychosocial ou d’inclusion socio-économique. Les obstacles à la divulgation sont encore aggravés lorsque les informations ne sont pas disponibles dans des formats adaptés aux enfants et aux jeunes, culturellement appropriés et multilingues.
Les données issues des projets EJM et EAMR montrent que l’intégration d’approches tenant compte de la VBG dans les programmes de protection de l’enfance, d’éducation, d’inclusion socio-économique et de soutien psychosocial – notamment par le biais de guichets uniques, de pôles multifonctionnels, de formations participatives et de cadres structurés tels que « Genre, inclusion et mobilité » (GIM) – améliore l’identification des victimes, réduit la stigmatisation, renforce les filières d’orientation et garantit une prise en charge rapide, globale et coordonnée.
MESSAGES La VBG doit être systématiquement prise en compte en tant que risque transversal dans les domaines de la protection de l’enfance, de la gestion des cas, du soutien psychosocial, des systèmes éducatifs et des programmes d’inclusion socio-économique. Cela implique que tous les points d’accueil des services soient dotés de procédures d’identification et d’orientation sûres, éthiques et centrées sur les survivants, permettant une divulgation discrète, un soutien de première ligne adapté et une orientation rapide vers des services spécialisés, sans exposer les survivants à de nouveaux préjudices. Lorsqu’elle s’accompagne d’une définition claire des rôles, des ressources et des responsabilités, une telle intégration favorise la coordination intersectorielle, réduit la fragmentation et garantit que les survivants bénéficient d’un soutien complet, continu et digne, quel que soit le système concerné.
L’éducation, en particulier celle des adolescentes, devrait être reconnue et financée comme une mesure centrale de prévention et de protection contre la VBG, permettant ainsi de réduire l’exposition aux MEPF, à l’exploitation et à d’autres pratiques néfastes.
Les gouvernements, les bailleurs de fonds et les partenaires d’exécution devraient mettre en place des modèles de protection intégrés, centralisés et multisectoriels afin de garantir un soutien rapide, digne et coordonné aux survivants de VBG.
Cela doit inclure des programmes ciblés destinés aux adolescents et aux jeunes, y compris ceux qui sortent du système de protection de l’enfance, afin d’éviter toute interruption dans la prise en charge à des étapes cruciales de leur vie.
BONNES PRATIQUES
• Afrique du Nord et de l’Ouest : le projet EJM a mis en œuvre un Cadre « Genre, inclusion et mobilité » (GIM) qui a permis d’intégrer systématiquement la question de la VBG dans tous les domaines d’intervention, plutôt que de la traiter comme un secteur à part entière. Cette approche met l’accent sur l’intersectionnalité (c’est-à-dire le genre, l’âge, le statut migratoire), donne la priorité à l’inclusion des groupes fortement marginalisés (tels que les jeunes femmes, les survivants, les employées de maison et les femmes en situation de prostitution) et offre un soutien technique continu aux partenaires chargés de la mise en œuvre.
• Égypte : le projet EAMR a mené des évaluations des besoins en matière de protection à Assouan, notamment pour les enfants et les nouveaux arrivants en provenance du Soudan, complétées par des évaluations axées sur le genre menées par une spécialiste en la matière. Ces évaluations ont permis de mieux comprendre les risques de VBG qui touchent les réfugiés et de mieux cibler l’identification et la réponse à apporter.
• Égypte : le projet EAMR a utilisé plusieurs canaux de signalement confidentiels pour recenser les cas de VBG, notamment des lignes d’assistance téléphonique, des boîtes à plaintes, des permanences, des micro-enquêtes et des mécanismes de responsabilisation Par ailleurs, le suivi individuel assuré par des travailleurs sociaux est considéré comme particulièrement efficace dans le cadre de révélations délicates, notamment pour les enfants qui ne peuvent ou ne veulent pas s’exprimer en groupe.
• Soudan : les centres communautaires fonctionnent comme des structures à guichet unique offrant de multiples services au même endroit. Lorsque des cas de VBG sont identifiés, les survivants peuvent être immédiatement orientés, pris en charge et suivis, ce qui réduit les retards et la fragmentation de la réponse.
• Soudan : le projet EAMR a intégré des messages de prévention et de sensibilisation à la VBG dans d’autres sessions et services, plutôt que de les proposer sous forme d’activités distinctes. Cette approche élargit la portée de l’information, réduit la stigmatisation et permet de diffuser les informations sur la VBG de manière plus sûre et à plus grande échelle.
• Maroc : le projet EJM s’est appuyé sur les services de santé sexuelle et reproductive (SSR) et les services de santé destinés aux jeunes comme points d’entrée non stigmatisants pour identifier les cas de VBG, de violence sexuelle et les besoins de protection non satisfaits chez les adolescents et les jeunes en mobilité. Grâce à des consultations et à une éducation à la santé, les prestataires de services sont en mesure de détecter les risques et d’orienter les survivants vers des services spécialisés sans que ceux-ci aient à se présenter eux-mêmes comme des victimes de VBG, ce qui permet de réduire les obstacles liés à la peur, à la stigmatisation et à la sous-déclaration
• Maroc : les programmes axés sur le développement des compétences et l’innovation dans le cadre du projet EJM ont associé un accompagnement psychosocial continu à une formation technique et au développement des compétences relationnelles. Des travailleurs sociaux ont assisté aux séances afin d’observer les participants au fil du temps, ce qui a permis d’identifier progressivement les signes de détresse, de traumatisme ou les risques liés à la VBG, y compris les traumatismes psychologiques. Ce modèle intégré garantit que les besoins en matière de protection et de lutte contre la VBG sont pris en compte de manière discrète et centrée sur les victimes
• Maroc : les organisations locales de la société civile jouent un rôle central de première ligne dans la prévention de la VBG, le soutien psychosocial et l’accompagnement des EJM. Les partenaires du projet EJM ont souligné que les ONG locales sont mieux placées pour instaurer la confiance, adapter le langage et les approches, et maintenir la continuité des soins dans un environnement sensible.
• Maroc : les partenaires du projet EJM ont souligné l’importance d’une terminologie et de stratégies de communication soigneusement adaptées pour aborder la question de la VBG au Maroc. Le fait d’axer les interventions sur le bien-être, la santé et la protection, plutôt que sur des catégories juridiques explicites ou liées au statut, contribue à préserver l’accès aux services et à réduire les risques pour les usagers. Cela contribue également à faire évoluer le discours en présentant la VBG non seulement comme un enjeu de protection, mais aussi comme un enjeu de santé publique. Cette approche permet de continuer à soutenir la lutte contre la VBG dans le cadre des contraintes socioculturelles et sécuritaires existantes, tout en élargissant l’acceptation et en facilitant l’engagement d’un plus grand nombre de parties prenantes.
• Tunisie : dans le contexte politique et social restrictif de la Tunisie, la DDC utilise la culture, les arts et les médias comme points d’entrée indirects pour aborder la question de la VBG, sans la présenter comme un problème isolé. On peut citer, par exemple, l’utilisation de podcasts destinés aux filles et aux jeunes femmes, qui offrent un espace accessible pour partager leurs expériences, discuter de la violence et réfléchir à leurs droits et à leur bien-être, sans pour autant devoir se mettre en avant ou s’exposer publiquement. On peut également mentionner un film qui dépeint les différentes formes de violence à l’égard des femmes en détention, ainsi que des pièces de théâtre mettant en lumière la violence extrême dont sont victimes les femmes migrantes. En intégrant des récits de VBG dans des formats artistiques, ces initiatives contribuent à réduire la stigmatisation, à humaniser les expériences des survivantes et à toucher un public plus large et plus jeune, au-delà des approches traditionnelles de sensibilisation et de protection.
• Niger : le projet EJM a facilité l’accès des survivants de VBG aux centres régionaux multifonctionnels grâce à des activités de sensibilisation et de renforcement des capacités. Ces centres offrent une prise en charge globale et multisectorielle (c’est-à-dire médicale, psychosociale, juridique, etc.) aux survivants de VBG, quel que soit leur statut, grâce à un système de guichet unique. En outre, les centres d’écoute, qui fonctionnent au niveau local, facilitent l’accès des survivants à certains services essentiels dans les zones reculées où les structures publiques sont rares. Ces mécanismes contribuent à l’identification des survivants, tout en facilitant leur orientation vers les centres multifonctionnels régionaux, les centres de santé communautaires et les hôpitaux.
• Mali : la mise en place d’un guichet unique en tant que mécanisme de protection a permis au projet EJM et à ses partenaires d’offrir une prise en charge globale (notamment médicale, psychosociale et juridique) en un seul et même lieu, garantissant ainsi l’efficacité des interventions en faveur des survivants, y compris leur sécurité et le respect de leur dignité.
• Mali : le processus de suivi systématique de la protection, qui consiste à recenser les violations des droits humains au-delà des seuls cas de VBG, contribue également à orienter l’ensemble de la réponse humanitaire et le processus de plaidoyer visant à améliorer le système de protection dans son ensemble, y compris en matière de lutte contre la VBG. Cette approche est soutenue par la Suisse à travers le projet Programme de renforcement de l’environnement protecteur au Mali (PROTECT), notamment grâce à son partenariat avec l’Association Malienne pour la Survie au Sahel (AMSS).
3. Garantir un accès inclusif aux services, indépendamment de la nationalité, du statut migratoire, des documents ou de l’âge.
POURQUOI La crainte d’être placés en détention, d’être expulsés, de subir des représailles, les réseaux de traite des êtres humains et la stigmatisation sociale réduisent considérablement le nombre de signalements de VBG et le recours aux services d’aide pour les EJM. Les limites d’âge fixées par la loi et les administrations entraînent souvent des ruptures brutales dans la protection des jeunes lorsqu’ils atteignent l’âge de 18 ans, alors que leur vulnérabilité persiste. Lorsque les services de protection sont associés, ou perçus comme étant associés, à l’application de la législation en matière d’immigration, les EJM évitent de solliciter de l’aide. Des cadres juridiques restrictifs et des mandats institutionnels flous créent des obstacles structurels à l’accès et compromettent les normes internationales en matière de protection.
Les données issues des projets EAMR et EJM montrent que les approches inclusives – telles que l’extension des services aux enfants déplacés et migrants, quelle que soit leur nationalité, la mise en place de mécanismes d’inclusion en milieu scolaire et de soutien par les pairs, ainsi que l’utilisation d’une terminologie juridiquement neutre – améliorent l’accès aux services, réduisent la stigmatisation et contribuent à garantir que les enfants et les jeunes en situation de vulnérabilité puissent bénéficier en toute sécurité de services de prévention et d’intervention en matière de VBG.
MESSAGES Tous les EJM, y compris ceux exposés au risque de VBG et les survivants, doivent bénéficier d’un accès sûr, confidentiel et non discriminatoire aux services de santé, de protection et d’aide psychosociale liés à la VBG, indépendamment de leur nationalité, de leur statut migratoire, de leur situation administrative ou de leur âge. Le fait d’atteindre l’âge de 18 ans ne doit pas entraîner la perte soudaine de la protection ou de l’accès aux services essentiels lorsque les vulnérabilités persistent. Cela implique également que les enfants, les jeunes et les communautés soient activement informés des services disponibles, sûrs et confidentiels en matière de VBG, car l’accès à ces services dépend de la connaissance des lieux et des modalités pour obtenir de l’aide.
Les gouvernements doivent établir une distinction claire entre la prestation de services et la gestion des questions migratoires. L’accès aux services essentiels ne devrait jamais donner lieu à des sanctions administratives ou à des conséquences en matière d’immigration. Les acteurs de la protection doivent adopter des approches inclusives, adaptées à l’âge et tenant compte du contexte, qui garantissent la confidentialité et assurent l’accès opérationnel dans des environnements restrictifs.
Les services doivent également respecter des normes minimales en matière de confidentialité et de gestion sécurisée des cas, notamment en ce qui concerne le traitement et le partage sécurisés des informations relatives aux dossiers, ainsi que l’intégration de mécanismes de soutien psychosocial, afin de garantir que les enfants et les jeunes puissent bénéficier d’un soutien sans craindre de subir une victimisation secondaire.
BONNES PRATIQUES
• Soudan : le projet EAMR a adopté une définition inclusive des EJM, englobant à la fois les enfants soudanais déplacés et les enfants migrants d’Afrique de l’Est, afin de garantir que l’accès aux services liés à la VBG ne soit pas limité par la nationalité ou le statut.
• Soudan : les partenaires du projet EAMR ont collaboré avec les autorités et les prestataires de services afin de garantir un accès inclusif et non discriminatoire à la protection et aux services essentiels pour les survivants de violence sexuelle et leurs enfants, y compris dans des contextes juridiques et administratifs complexes.
• Tunisie : l’intervention AVER « Éduquer Ensemble », réalisée dans le cadre du projet EJM, a combiné l’éducation positive avec des mécanismes d’inclusion scolaire pour prévenir la violence, l’intimidation, le harcèlement et la discrimination touchant les enfants réfugiés et socialement marginalisés, en particulier les enfants soudanais réfugiés à Medenine. Grâce à la mise en place de clubs d’intégration dans six écoles, le projet a permis de réunir des enfants réfugiés et tunisiens autour d’activités mixtes (par exemple jeux, activités sportives, apprentissage en groupe), créant ainsi des espaces sûrs qui réduisent la stigmatisation, favorisent les interactions entre pairs et atténuent la violence liée à l’exclusion. Les enseignants et les animateurs ont constaté une diminution des comportements agressifs et une amélioration de la dynamique de classe, tandis que les enfants ont développé leur capacité à exprimer leurs émotions, leur empathie et leurs compétences en matière de résolution non violente des conflits, qui constituent des facteurs de protection essentiels contre les premières formes de VBG. En outre, l’intervention AVER a permis d’élaborer un guide de bonnes pratiques à l’intention des éducateurs et de soutenir la reproduction de ces pratiques dans les écoles, une extension étant en cours en collaboration avec l’UNICEF.
• Tunisie : dans le contexte juridique et politique tunisien actuel, le projet EJM utilise une terminologie inclusive et juridiquement neutre, en parlant par exemple de « personnes en situation de vulnérabilité », au lieu de mentionner explicitement les migrants ou les personnes en déplacement. Il contribue ainsi à faire évoluer le discours sur la migration en présentant l’accès à la protection et aux services liés à la VBG comme une préoccupation universelle qui touche l’ensemble de la population, quel que soit le statut administratif, et comme une nécessité plus large en matière de santé publique. En évitant les étiquettes fondées sur la nationalité ou le statut qui pourraient entraîner des contraintes juridiques ou administratives, les partenaires de mise en œuvre sont en mesure de poursuivre leurs activités de prévention et d’intervention en matière de VBG, notamment les interventions en milieu scolaire, le soutien psychosocial et la coordination avec les mécanismes régionaux de protection mis en place par les autorités locales.
4. Protéger, maintenir et développer les infrastructures axées sur les survivants.
POURQUOI Les espaces sécurisés, les centres multifonctionnels et les modèles de guichet unique constituent des points d’entrée essentiels pour la divulgation, le soutien psychosocial, l’orientation, la gestion des cas et la guérison. Cependant, quel que soit le contexte, ces services sont souvent sous-financés, limités à des projets ponctuels ou exposés aux aléas politiques et financiers. Les coupes budgétaires et le rétrécissement de l’espace civique entraînent la fermeture de services, laissant les victimes sans aide et augmentant les risques de retraumatisation.
Les données issues des projets EJM et EAMR montrent que les espaces sécurisés spécialisés, les centres de protection et les pôles régionaux multifonctionnels, qui offrent une prise en charge globale et multisectorielle, constituent des environnements fiables, confidentiels et accessibles. Ceux-ci favorisent l’engagement des survivants, permettent une orientation rapide vers les services compétents et réduisent le risque d’une nouvelle exposition à la violence, en particulier pour les adolescents et les jeunes qui atteignent l’âge limite des programmes de protection de l’enfance. Les lacunes en matière de services sont particulièrement marquées chez les jeunes qui atteignent l’âge limite pour bénéficier des programmes destinés à l’enfance. Sans investissements durables, les survivants risquent de subir des retards dans la prise en charge, de revivre leur traumatisme et d’être davantage exposés à de nouvelles violences.
MESSAGES Les espaces sécurisés, les centres de protection communautaires, les guichets uniques et les systèmes d’orientation confidentiels doivent être reconnus et financés comme des infrastructures de protection essentielles, et non comme des services facultatifs ou discrétionnaires.
Des investissements soutenus sont nécessaires pour maintenir des mécanismes de soutien axés sur les survivants, accessibles et multisectoriels, en particulier pour les jeunes qui atteignent l’âge limite des programmes de protection de l’enfance. Les infrastructures de protection devraient être intégrées aux systèmes nationaux et bénéficier d’un financement pluriannuel prévisible afin d’assurer la continuité des soins.
Compte tenu des contraintes de mobilité et d’accès auxquelles sont confrontés les EJM, cette infrastructure devrait être complétée par des services mobiles et communautaires, notamment un accès sûr aux services de santé mentale et de soutien psychologique (SMSPS) le long des itinéraires migratoires. Ces approches sont essentielles pour atteindre les personnes qui n’ont pas accès à des installations fixes. Toute prestation de services doit respecter des normes strictes en matière de confidentialité, de neutralité et de gestion sécurisée des données afin de garantir la sécurité et la protection des survivants.
BONNES PRATIQUES
• Soudan : des espaces sécurisés réservés aux filles et aux jeunes femmes sont utilisés pour la sensibilisation à la VBG, le soutien psychosocial et l’information sur la santé reproductive ; ils bénéficient du soutien du projet EAMR. Ces espaces produisent des effets positifs, car ils offrent des environnements fiables et sécurisés où les filles peuvent s’exprimer librement et trouver du soutien.
• Maroc : partout dans le pays, les centres d’accueil soutenus par le projet EJM sont perçus par les participants comme des lieux sûrs, respectueux et sans jugement, particulièrement appréciés par les jeunes femmes qui les considèrent comme des espaces rares où elles peuvent s’exprimer librement sur la violence et leur détresse.
• Tunisie : le projet EJM a donné la priorité au recensement et à la coordination des acteurs de la protection, ce qui a permis de clarifier les filières d’orientation pour les cas de violence, d’abus ou d’exploitation. Dans un contexte d’engagement institutionnel limité, cette intervention a renforcé l’accès à une protection de première ligne et à des services spécialisés pour les femmes et les jeunes confrontés à des risques de protection urgents.
• Niger : le projet EJM a facilité l’accès des survivants de VBG aux centres régionaux multifonctionnels grâce à des activités de sensibilisation et de renforcement des capacités. Ces centres offrent une prise en charge globale et multisectorielle (c’est-à-dire médicale, psychosociale, juridique, etc.) aux victimes de VBG, quel que soit leur statut, grâce à un système de guichet unique. En outre, les centres d’écoute, qui fonctionnent au niveau local, facilitent l’accès des survivants à certains services essentiels dans les zones reculées où les structures publiques sont rares. Ces mécanismes contribuent également à identifier les survivants, tout en facilitant leur orientation vers les centres multifonctionnels régionaux, les centres de santé communautaires et les hôpitaux.
5. Renforcer les intervenants de première ligne et les acteurs communautaires.
POURQUOI les ONG locales, les organisations dirigées par des femmes, les animateurs communautaires, les réseaux de jeunes, ainsi que les établissements d’enseignement et de santé, constituent souvent le point de contact initial et le plus sûr pour les survivants de VBG et les personnes exposées à ce risque, en particulier lorsque les institutions publiques manquent de ressources, sont inaccessibles ou inspirent la crainte. Ils offrent une proximité culturelle et linguistique, des niveaux de confiance plus élevés et une continuité des soins dans des environnements restrictifs.
Les données issues des projets EJM et EAMR montrent que le renforcement des capacités, la formation participative, la mobilisation communautaire et l’utilisation de cadres structurés tels que « Genre, inclusion et mobilité » (GIM) améliorent considérablement la capacité des acteurs de terrain à identifier les enfants et les jeunes en situation de risque, à fournir un soutien centré sur les survivants et à intégrer des pratiques tenant compte de la VBG au sein de programmes plus larges. Pourtant, la localisation reste un principe théorique en l’absence de financement prévisible, de reconnaissance institutionnelle et de soutien technique.
MESSAGES Les acteurs de première ligne et les acteurs communautaires, tels que les ONG, les organisations dirigées par des femmes, les animateurs communautaires, les réseaux de jeunes, les écoles et les établissements de santé, doivent bénéficier d’un financement direct et prévisible, ainsi que d’une reconnaissance institutionnelle en tant qu’acteurs de première ligne dans la lutte contre la VBG dans les contextes migratoires.
Le renforcement de leurs capacités techniques, le respect des normes et l’amélioration de leurs fonctions de coordination contribuent à renforcer la confiance, l’accessibilité et la durabilité des mesures de protection. Les donateurs et les gouvernements devraient aller au-delà des modèles de sous-traitance pour s’orienter vers des partenariats sur un pied d’égalité qui intègrent les acteurs locaux dans les systèmes de protection nationaux et régionaux.
Le renforcement des organisations communautaires doit s’accompagner de mécanismes de contrôle formalisés, d’un soutien psychosocial pour le personnel et de protocoles de protection stricts, afin de garantir que l’aide apportée aux EJM reste sûre, éthique et conforme aux normes en matière de VBG.
BONNES PRATIQUES
• Soudan : dès le début du conflit, les interventions du projet EAMR au Soudan dans le domaine de la VBG ont été fortement limitées, en particulier à Khartoum, où les conditions de sécurité ont entraîné la suspension de la plupart des activités. Le projet a néanmoins continué à apporter un soutien aux survivants grâce à des partenariats locaux, notamment à travers l’organisation partenaire SEEMA, ce qui a permis d’offrir un soutien lié aux VBG là où l’accès reste possible.
• Soudan : les interventions menées dans le cadre du projet EAMR se sont largement appuyées sur des animateurs communautaires solidement ancrés au sein des communautés et sur des organisations dirigées par des femmes, reconnues pour leur efficacité à instaurer la confiance, à diffuser des informations sur les services disponibles et à soutenir les survivants de VBG dans les contextes de déplacement.
• Éthiopie : le projet EAMR a mis en place des mécanismes communautaires de protection de l’enfance et mené des actions de sensibilisation afin d’identifier et de prévenir les migrations dangereuses et la traite des êtres humains.
• Éthiopie : le projet EAMR a permis de renforcer les capacités des autorités locales (police, fonctionnaires des frontières, travailleurs sociaux) en matière de protection des enfants, de risques de VBG et de mécanismes d’orientation.
• Maroc : les organisations locales de la société civile jouent un rôle central de première ligne dans la prévention de la VBG, le soutien psychosocial et l’accompagnement des EJM. Les partenaires du projet EJM ont souligné que les ONG locales sont mieux placées pour instaurer la confiance, adapter le langage et les approches, et maintenir la continuité des soins dans un environnement sensible.
• Tunisie : les partenaires du projet EJM ont soutenu une formation participative de plusieurs jours sur le Cadre « Genre, inclusion et mobilité » (GIM) destinée aux partenaires locaux, qui a introduit et testé des outils pratiques tels que des listes de contrôle inclusives, des grilles d’analyse et des indicateurs de suivi. Ces outils permettent d’identifier rapidement les situations de vulnérabilité et contribuent à ancrer des pratiques tenant compte de la VBG au sein des programmes. Les mécanismes de retour d’information continu (à savoir les pré-tests et post-tests ainsi que les évaluations quotidiennes) favorisent davantage l’apprentissage et l’adaptation au sein de l’établissement.
• Niger : dans le cadre du projet EJM, des sessions de formation ont été organisées pour les travailleurs sociaux sur le thème de la VBG. Ces sessions ont permis d’améliorer les connaissances et les compétences en matière de détection précoce, de prévention et de prise en charge des cas de VBG impliquant des EJM. Cette approche a contribué à améliorer la qualité du soutien psychosocial et de la prise en charge en instaurant un climat de confiance entre les survivants et les travailleurs sociaux, et en favorisant un échange ouvert et une communication sur ce sujet.
• Niger : la mobilisation communautaire est au cœur des initiatives de dialogue social inclusif visant à mettre fin à toutes les formes de VBG au Niger ; elle a été mise en œuvre par divers acteurs (à savoir les structures étatiques, les ONG, les organisations de la société civile et les responsables communautaires). Cette initiative s’appuie sur des consultations menées auprès des autorités traditionnelles, des groupes de jeunes et des femmes et des filles aux niveaux national, régional et local, afin de renforcer leur engagement en faveur de la prévention et de la lutte contre la VBG. Elle prévoit des activités telles que des dialogues, des forums, le renforcement des capacités et la sensibilisation par le biais de groupes de discussion communautaires, de comités de village et de plateformes de dialogue. Le projet EJM a contribué à cette dynamique en apportant son soutien et en renforçant les capacités des associations nationales et des ONG actives dans la mobilisation communautaire, telles que le Mouvement africain des enfants et jeunes travailleurs (MAEJT).
• Mali : le projet EJM a aidé les organisations communautaires à mettre en œuvre des actions de sensibilisation au sein de la communauté, intégrant des messages spécifiques sur la VBG. Trois organisations communautaires ont été soutenues au Mali depuis le début du projet, dont une à Bamako et deux à Sikasso. Cette approche permet d’atteindre facilement les groupes cibles.
• Mali : dans le cadre du projet EJM, des activités de renforcement des capacités ont été organisées sur des thèmes tels que le soutien psychosocial initial, les concepts fondamentaux des droits humains et les systèmes d’orientation, à l’intention des points de contact au sein de la communauté, des services techniques et des autorités locales. Ce soutien a permis d’augmenter le nombre de cas identifiés et orientés vers les services de soins. Il a également contribué à sensibiliser la communauté à la nécessité d’identifier les survivants et de leur fournir une prise en charge rapide.
• Mali : l’approche psychosociale communautaire (APC) est mise en œuvre depuis de nombreuses années par la DDC dans la région des Grands Lacs, avec de nombreux résultats positifs. 26 Cette approche a été reprise par d’autres acteurs et projets de la région, tels que le projet Programme de renforcement de l’environnement protecteur au Mali (PROTECT), financé par la Suisse, qui implique activement les communautés dans la protection des personnes vulnérables et dans la création ou la revitalisation de centres communautaires destinés à la prise en charge des victimes. De plus, la participation des communautés locales a été intégrée au programme de développement quinquennal du projet.
• Guinée : le projet EJM a organisé des sessions de renforcement des capacités à l’intention de différentes parties prenantes sur les thèmes de la vulnérabilité et de l’inclusion, ce qui leur a permis de mieux comprendre les défis liés à l’intégration de ces questions dans leurs projets. Avant la formation, nombre de ces acteurs ne tenaient pas compte des questions de handicap. Ce soutien a contribué à améliorer la qualité des interventions menées par les différentes organisations, notamment en matière d’inclusion.
6. Aborder l’intersectionnalité et les vulnérabilités invisibles.
POURQUOI la VBG qui touche les garçons, les jeunes hommes, les enfants en situation de handicap et d’autres groupes marginalisés reste largement sous-déclarée en raison de la stigmatisation, de la discrimination et des tabous sociaux. Le fait de ne pas reconnaître explicitement ces groupes contribue à perpétuer leur invisibilité, ainsi que le sous-financement et l’insuffisance des services qui leur sont destinés. Les vulnérabilités intersectionnelles – déterminées par le genre, l’âge, le handicap, le statut migratoire et l’exclusion sociale – aggravent l’exposition à la violence et les obstacles à l’accès aux soins.
Les données issues des projets EJM et EAMR montrent que des approches ciblées, telles que la mise en œuvre du Cadre « Genre, inclusion et mobilité » (GIM), la mobilisation des acteurs locaux pour atteindre les enfants et les jeunes marginalisés, ainsi que le renforcement des capacités des parties prenantes en matière d’inclusion, améliorent considérablement l’identification des groupes à risque et la qualité des services fournis.
MESSAGES Les stratégies de lutte contre la VBG doivent explicitement reconnaître et prendre en compte la violence dont sont victimes les garçons, les jeunes hommes, les enfants en situation de handicap et d’autres groupes marginalisés.
L’analyse intersectionnelle des risques devrait éclairer la collecte des données, la conception des services, les voies d’orientation et l’élaboration des politiques. Les programmes inclusifs doivent dépasser les idées reçues fondées sur la binarité des genres et garantir l’accessibilité, la confidentialité ainsi qu’un accompagnement personnalisé et centré sur la personne pour celles et ceux qui sont confrontés à des vulnérabilités multiples.
BONNES PRATIQUES
• Afrique du Nord et de l’Ouest : le projet EJM a mis en œuvre un Cadre « Genre, inclusion et mobilité » (GIM) qui a permis d’intégrer systématiquement la question de la VBG dans tous les domaines d’intervention, plutôt que de la traiter comme un secteur à part entière. Cette approche met l’accent sur l’intersectionnalité (c’est-à-dire le genre, l’âge, le statut migratoire), donne la priorité à l’inclusion des groupes fortement marginalisés (tels que les jeunes femmes, les victimes de violences, les employées de maison et les femmes en situation de prostitution) et offre un soutien technique continu aux partenaires chargés de la mise en œuvre.
• Guinée : dans le cadre de la mise en œuvre de son fonds pour l’égalité des sexes et l’inclusion, et en partenariat avec l’ONG OSH Guinée, le projet EJM s’est adressé aux EJM marginalisés, en particulier ceux présentant un handicap Cette approche permet de réduire la vulnérabilité de ce groupe cible ainsi que les risques d’abus et d’exploitation auxquels il est exposé. Ce soutien comprenait une formation professionnelle, une intégration par le biais d’activités génératrices de revenus, ainsi que des emplois stables tenant compte de leurs besoins spécifiques (par exemple, handicap, genre, etc.).
• Guinée : le projet EJM a organisé des sessions de renforcement des capacités à l’intention de différentes parties prenantes sur les thèmes de la vulnérabilité et de l’inclusion, ce qui leur a permis de mieux comprendre les défis liés à l’intégration de ces questions dans leurs projets. Avant la formation, nombre de ces acteurs ne tenaient pas compte des questions de handicap. Ce soutien a contribué à améliorer la qualité des interventions menées par les différentes organisations, notamment en matière d’inclusion.
• Guinée : des actions d’information et de sensibilisation ont été menées par les partenaires locaux du projet EJM, notamment le Centre d’écoute, de conseils et d’orientation pour jeunes (CECOJE) et les comités locaux de protection. Ces sessions de sensibilisation sont organisées au sein des communautés d’accueil et auprès des EJM par le biais de conférences éducatives et d’émissions télévisées consacrées à la prévention des risques de VBG et aux mécanismes d’aide existants. Cette approche a facilité les échanges avec les groupes cibles sur des sujets parfois considérés comme sensibles.
7. Renforcer les mécanismes de coordination.
POURQUOI La fragmentation des interventions en matière de VBG nuit à la mise en place d’un soutien rapide et centré sur les survivants pour les EJM. Le manque de coordination entre les autorités publiques, les ONG, les acteurs locaux et les services institutionnels entraîne des lacunes dans l’orientation des patients, des doubles emplois, ainsi qu’un manque de cohérence et de continuité dans la prise en charge.
Les données issues des projets EAMR et EJM montrent que des efforts coordonnés, notamment des procédures opérationnelles standard (POS) transfrontalières, des partenariats entre les autorités, les ONG, les organisations dirigées par des femmes et les acteurs communautaires, ainsi qu’une cartographie régulière des services, renforcent les filières d’orientation, permettent une intervention rapide dans les cas à haut risque et garantissent la continuité des soins pour les enfants et les jeunes en situation de risque ainsi que pour les survivants de VBG. Une coordination solide permet de réagir rapidement aux cas à haut risque, d’harmoniser les interventions humanitaires et celles menées par l’État, et d’intégrer les connaissances locales et la confiance dans les systèmes de protection 27
MESSAGES Les stratégies de lutte contre la VBG doivent donner la priorité à la mise en place de mécanismes de coordination efficaces aux niveaux local, national, régional et mondial. Des plateformes multipartites, comprenant les autorités gouvernementales, la société civile, les organisations dirigées par des femmes, les mobilisateurs communautaires et les établissements d’enseignement et de santé concernés, devraient être soutenues afin d’harmoniser les POS, de partager les informations et de coordonner l’orientation. La coordination devrait assurer la continuité des soins, intégrer l’expertise locale et renforcer la protection systémique des enfants et des jeunes à risque, ainsi que des survivants de VBG.
BONNES PRATIQUES
• Afrique du Nord et de l’Est : le projet EAMR contribue à renforcer les cadres de protection tenant compte des VBG grâce à une coordination avec l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) et le Réseau régional de protection de l’enfance, en soutenant l’élaboration de POS transfrontalières pour les EJM, et en renforçant les normes de gestion des cas centrés sur les survivants.
• Soudan : les cas graves de VBG sont orientés vers les centres de traumatologie publics, avec le soutien d’ONG internationales et de l’unité chargée de la lutte contre la violence à l'égard des femmes (Combating Violence Against Women – CVAW). La collaboration entre les centres communautaires, les ONG et les centres de prise en charge des traumatismes permet une orientation rapide et coordonnée des cas à haut risque.
• Soudan : les partenaires du projet EAMR collaborent avec les autorités et les prestataires de services afin de garantir un accès inclusif et non discriminatoire à la protection et aux services essentiels pour les survivants de violence sexuelle et leurs enfants, y compris dans des contextes juridiques et administratifs complexes.
• Éthiopie : le projet EAMR dispose de systèmes de gestion des cas relatifs à la protection de l’enfance et d’un service d’aide à la recherche des familles ; il collabore avec les acteurs du secteur des transports et les acteurs locaux afin d’identifier les mineurs non accompagnés (MNA), de signaler aux services compétents les cas présumés de traite ou de VBG, et d’assurer une prise en charge adaptée.
• Tunisie : le projet EJM a soutenu des interventions directes contre la VBG par le biais de partenariats institutionnels, notamment avec l’organisation EuroMed Rights, en apportant son soutien aux instances de coordination au sein des ministères chargés de la protection des survivantes et de la gestion des foyers d’accueil. Ce soutien a contribué à renforcer les mécanismes de protection, d’aide aux survivants et de coordination, qui constituent les piliers fondamentaux du système national de lutte contre la VBG.
• Niger : le projet EJM a renforcé ses partenariats stratégiques avec des institutions publiques et des organisations spécialisées dans la promotion des droits humains et la lutte contre la VBG. Cela a permis de renforcer la coordination et les synergies dans la prise en charge des survivants de VBG et des EJM à risque, en utilisant une approche systémique. Cette dernière permet d’assurer la continuité et la durabilité de l’accès à la protection, au soutien psychosocial, à l’assistance juridique et à l’orientation vers des services pour les EJM.
• Mali : sur le plan opérationnel, l’équipe du projet EJM a établi un partenariat fructueux avec des ONG spécialisées et des guichets uniques. Cette collaboration renforce la synergie et la complémentarité des actions menées pour prendre en charge les EJM victimes de VBG, grâce à des mécanismes sûrs et adaptés.
• Mali : une structure de coordination nationale et régionale – fonctionnant comme un groupe de travail sur les VBG – a été mise en place. Ce groupe de travail comprend le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) et le Programme national de lutte contre les VBG (PNVBG) et assure une réponse harmonisée entre les acteurs humanitaires et étatiques. Plusieurs organisations bénéficiant d’un financement de la Suisse dans le cadre d’initiatives de protection et d’aide humanitaire qui intègrent la question des VBG sont actives au sein de cette plateforme.
8. Investir dans des systèmes d’information et de données confidentiels, sûrs et éthiques sur la violence basée sur le genre.
POURQUOI Une prévention et une prise en charge efficaces des VBG reposent sur des données précises, recueillies en temps opportun et dans le respect de l’éthique, qui reflètent les risques et les besoins des EJM. Sans garanties solides, la collecte et l’utilisation d’informations sensibles peuvent exposer les survivants à des préjudices, saper la confiance et limiter l’efficacité des systèmes de protection.
Les conclusions des projets EAMR et EJM soulignent l’importance de pratiques éthiques en matière de collecte et de gestion des données, notamment le recours à des collecteurs de données formés, l’utilisation de méthodologies non intrusives et l’application de protocoles de confidentialité stricts afin de minimiser les préjudices et de protéger les survivants. Les systèmes centralisés tels que le Système de gestion de l’information sur les violences basées sur le genre (GBVIMS), soutenus par des partenaires suisses, permettent d’améliorer l’analyse des tendances, la planification et le plaidoyer fondé sur des données factuelles, tout en garantissant la confidentialité.
MESSAGES Les gouvernements et les acteurs de la protection doivent investir dans des systèmes d’identification et de gestion des données éthiques, confidentiels et adaptés aux enfants et aux jeunes, qui permettent de recenser en toute sécurité les risques et les besoins liés à la VBG tout en minimisant les préjudices. Cela implique notamment de mettre en place des normes rigoureuses en matière de protection des données, de garantir le consentement éclairé et de mettre en œuvre des systèmes sécurisés et interopérables qui préservent la vie privée et la confidentialité.
Les données doivent être activement mises à profit pour orienter la conception des programmes, renforcer les filières d’orientation et guider un plaidoyer fondé sur des données probantes en faveur de réponses à la VBG qui soient inclusives et centrées sur les survivants.
BONNES PRATIQUES
• Égypte : les travailleurs sociaux du projet EAMR ont activement utilisé les données relatives à la protection de l’enfance pour effectuer des appels de suivi séparés auprès des enfants et des familles. Cette pratique a permis d’identifier des risques en matière de protection et de VBG qui n’avaient pas été signalés au départ et a contribué à une augmentation du nombre de signalements au fil du temps.
• Soudan : les partenaires du projet EAMR ont mené un suivi de la protection très sensible, comprenant notamment des entretiens avec des informateurs clés sur la VBG et les stratégies d’adaptation, sans faire appel aux autorités. Ces exercices sont coordonnés avec les groupes de travail et précédés d’une formation spécifique destinée aux collecteurs de données, ce qui garantit la confidentialité et le respect des principes éthiques lors de la collecte
• Mali : le projet PROTECT, financé par la Suisse, a contribué au GBVIMS – une initiative inter-agences mondiale pour la collecte, l’analyse et l’utilisation coordonnées des données sur les VBG – en partageant les informations de ses partenaires de mise en œuvre.
9. Sensibiliser à la violence basée sur le genre, promouvoir le changement de normes et la prévention.
POURQUOI La sensibilisation est essentielle pour prévenir les VBG et faire évoluer les normes sociales néfastes qui tolèrent ou dissimulent la violence. Les EJM sont souvent confrontés à la stigmatisation, aux tabous sociaux et à une compréhension limitée de ce qui constitue de la maltraitance, ce qui freine le signalement des cas et l’accès aux services. De plus, la méconnaissance des services et des dispositifs d’aide existants limite l’accès des survivants à ceux-là.
Dans le même temps, la sensibilisation à elle seule ne suffit pas à induire un changement durable des normes sociales. Pour que la prévention soit efficace, il faut compléter la sensibilisation par des approches axées sur l’autonomisation des enfants et des jeunes, et en particulier des adolescentes. Les données issues des programmes montrent que des interventions telles que les espaces sécurisés et les initiatives menées par des pairs contribuent à renforcer la confiance en soi, les compétences en matière de négociation et les réseaux de soutien collectifs, permettant ainsi aux individus de remettre en question les normes néfastes et d’adopter des comportements plus sûrs. Il est essentiel d’intégrer ces approches pour favoriser un changement durable au niveau des individus, des ménages et des communautés.
Les données issues des projets EAMR et EJM montrent que les initiatives de sensibilisation ciblées et adaptées à la culture locale – notamment les réunions communautaires, les activités menées en milieu scolaire et entre pairs, les supports pédagogiques et l’intégration de messages dans d’autres programmes – permettent d’améliorer les connaissances sur la VBG, aident à distinguer les normes liées au genre de celles liées au sexe et facilitent la détection précoce des cas.
MESSAGES Les gouvernements, les bailleurs de fonds et les acteurs de la protection doivent investir dans des initiatives de sensibilisation et d’engagement communautaire adaptées à la culture ainsi qu’aux enfants et aux jeunes, et de les financer de manière durable, permettant ainsi de normaliser les discussions sur la VBG, de remettre en cause les normes de genre néfastes et de promouvoir la prévention. Ces mesures devraient être complétées par des approches de prévention fondées sur des données probantes, notamment des stratégies de mobilisation communautaire qui associent divers acteurs et favorisent la réflexion collective ainsi que le changement de comportement.
Dans les contextes particulièrement sensibles, les interventions doivent être soigneusement adaptées aux conditions locales, afin de protéger les participants, de respecter les normes sociales et de réduire les risques au maximum. Les actions de sensibilisation devraient être menées de manière transversale et s’appuyer sur les réseaux de pairs, les écoles, les organisations locales et les médias afin de garantir un impact durable à l’échelle de la communauté et un meilleur accès à la protection.
BONNES PRATIQUES
• Égypte : au Caire et dans d’autres villes, les partenaires du projet EAMR ont régulièrement organisé des séances de sensibilisation portant sur la distinction entre genre et sexe, ainsi que sur les différentes formes de violence et d’abus dont sont victimes les enfants et les adolescents. Ces sessions font l’objet d’évaluations initiales et finales, qui montrent une meilleure compréhension et contribuent à une meilleure visibilité des cas de VBG au fil du temps. Cette approche contribue à briser les tabous et permet aux communautés de mieux identifier ce qui constitue un acte de violence. Cette dernière était auparavant sous-déclarée en raison de la stigmatisation.
• Soudan : le projet EAMR a intégré des messages de prévention et de sensibilisation à la VBG dans d’autres sessions et services, plutôt que de les proposer sous forme d’activités distinctes. Cette approche élargit la portée de l’information, réduit la stigmatisation et permet de diffuser les informations sur la VBG de manière plus sûre et à plus grande échelle.
• Éthiopie : le projet EAMR a mis en place des mécanismes communautaires de protection de l’enfance ainsi que des actions de sensibilisation visant à identifier et à prévenir les migrations dangereuses et la traite des êtres humains.
• Niger : le Mouvement africain des enfants et jeunes travailleurs (MAEJT), partenaire du projet EJM, a organisé des séances de sensibilisation à l’intention des EJM au sein des communautés de migrants, portant sur les risques et les mécanismes de prévention de la VBG. Cela a permis aux EJM d’approfondir leurs connaissances sur le sujet et de partager leurs expériences et leurs témoignages. Cette approche a également favorisé une prise de conscience entre pairs : les EJM qui ont été sensibilisés à la question se sont chargés de transmettre ces messages aux nouveaux arrivants ou à ceux qui n’avaient pas pu assister aux séances.
• Mali : le projet EJM a aidé les organisations communautaires à mettre en œuvre des actions de sensibilisation au sein de la communauté, qui intègrent des messages spécifiques sur la VBG. Trois organisations communautaires ont été soutenues au Mali depuis le début du projet, dont une à Bamako et deux à Sikasso. Cette approche permet d’atteindre facilement les groupes cibles.
• Guinée : des sessions d’information et de sensibilisation ont été menées par les partenaires locaux du projet EJM, notamment le Centre d’écoute de conseils et d’orientation pour jeunes (CECOJE) et les comités locaux de protection. Ces sessions de sensibilisation sont organisées au sein des communautés d’accueil et auprès des EJM par le biais de conférences éducatives et d’émissions télévisées consacrées à la prévention des risques de VBG et aux mécanismes d’aide existants. Cette approche a facilité les échanges avec les groupes cibles sur des sujets parfois considérés comme sensibles.
• Guinée : l’organisation partenaire du projet EJM, OSH Guinée, propose un coaching pour les EJM, ce qui leur permet de renforcer leurs compétences en matière de leadership et d’autodéfense face aux VBG grâce à une bonne compréhension des risques ainsi que des mécanismes de prévention et de protection. Cela permet également aux EJM de prendre leur destin en main grâce à une bonne compréhension des possibilités existantes et facilite leur accès aux services de protection ainsi qu’aux opportunités d’intégration socio-économique.
Notes de fin d’ouvrage
1 L’unité KAPCYM utilise le terme « violence basée sur le genre » (VBG) conformément à la terminologie actuelle de la DDC. Alors que les cadres précédents faisaient référence à la « violence sexuelle et basée sur le genre (VSBG) », le terme « violence basée sur le genre (VBG) » reflète le continuum de la violence sexospécifique – y compris la violence sexuelle et la violence sexuelle liée aux conflits – et évite de distinguer une forme de violence par rapport à d’autres, en particulier dans les contextes de crise et de déplacement. Voir DDC, Programmation d’actions de lutte contre la violence basée sur le genre. Manuel à l’usage du personnel de la Direction du développement et de la coopération (mai 2023) : https://www.sdc-pge.ch/dam/fr/sd-web/e-UZn2kH8IwR/ PGE-Gender-GBVProgramming-CompleteEdition-SDC-2023_ FR.pdf.
2 L’expression « Afrique du Nord, de l’Est et de l’Ouest » est utilisée ici pour désigner exclusivement ces huit pays.
3 Département fédéral des affaires étrangères, Lignes directrices sur les droits de l’homme 2026-29 (19 mars 2026) : www.eda.admin.ch/fr/publication ?id=BCfOmATVnx5h.
4 Pour plus d’informations sur l’Unité KAPCYM, voir l’encadré à la fin du document.
5 ONU Femmes, De la recherche à l’action : combattre la violence basée sur le genre à l’encontre des femmes et des filles migrantes (2021) : https://www.unwomen.org/sites/ default/files/2021-12/Policy-brief-From-evidence-to-actionTackling-GBV-against-migrant-women-and-girls-fr.pdf.
6 ONU Femmes, De la recherche à l’action : combattre la violence basée sur le genre à l’encontre des femmes et des filles migrantes (2021) : https://www.unwomen.org/sites/ default/files/2021-12/Policy-brief-From-evidence-to-actionTackling-GBV-against-migrant-women-and-girls-fr.pdf ; HCR, Violence sexuelle et sexiste (sans date) : https://www.unhcr. org/fr/nos-activites/proteger-les-droits-humains/protection/ violence-sexuelle-et-sexiste.
7 ONU Femmes, De la recherche à l’action : combattre la violence basée sur le genre à l’encontre des femmes et des filles migrantes (2021) : https://www.unwomen.org/sites/ default/files/2021-12/Policy-brief-From-evidence-to-actionTackling-GBV-against-migrant-women-and-girls-fr.pdf.
8 UNFPA, Mariage d’enfants (pas de date) : www.unfpa.org/fr/ mariage-denfants ; UNICEF, Le mariage d’enfants (pas de date) : www.unicef.org/fr/protection/mariage-enfants.
9 UNHCR, Violence sexuelle et sexiste (pas de date) : www.unhcr.org/fr/nos-activites/proteger-les-droits-humains/ protection/violence-sexuelle-et-sexiste ; ONU Femmes, De la recherche à l’action : combattre la violence basée sur le genre à l’encontre des femmes et des filles migrantes (2021) : https://www.unwomen.org/sites/default/files/2021-12/Policybrief-From-evidence-to-action-Tackling-GBV-against-migrantwomen-and-girls-fr.pdf ; European Institute for Gender Equality, Gender-based violence in migration and conflict (sans date) : https://eige.europa.eu/gender-based-violence/gender-basedviolence-migration-and-conflict.
10 ONU Femmes, De la recherche à l’action : combattre la violence basée sur le genre à l’encontre des femmes et des filles migrantes (2021) : https://www.unwomen.org/sites/ default/files/2021-12/Policy-brief-From-evidence-to-actionTackling-GBV-against-migrant-women-and-girls-fr.pdf.
11 La violence sexuelle à l’égard des hommes et des garçons est également une forme de VBG. Voir DDC, Programmation d’actions de lutte contre la violence basée sur le genre. Manuel à l’usage du personnel de la Direction du développement et de la coopération (mai 2023) : www.sdc-pge.ch/dam/en/ sd-web/e-UZn2kH8IwR/PGE-Gender-GBVProgrammingCompleteEdition-SDC-2023_EN.pdf.
12 EJM, Maroc analyse genre et diversité (2023) ; Mixed Migration Centre (MMC) & ONU Femmes, Women on the move in Ethiopia, (2025) : https://mixedmigration.org/wp-content/ uploads/2025/08/un_women_report_-_women_on_the_move_ in_ethiopia_3065_30jul.pdf ; Chandiru Drama, J., Elizeo Abdalla, B., Lindrio, P.I. et al. This caused our journey : the relationship between sexual and gender-based violence and cross-border Sudan to South Sudan migration (2025).
13 EAMR Context Update, Q1 2024 ; ONU Femmes, Sudan Crisis in-Depth Gender Assessment Report (2024) : https://africa.unwomen.org/sites/default/files/2024-02/sudan_ crisis_-_in_depth_gender_assessment_.pdf ; ONU Femmes, Sudan Gender Alert NO. 2 (décembre 2024) : www.unwomen.org/sites/default/files/2024-12/sudan-genderalert-no_excuse_en_2024.pdf ; OIM, Sudan Crisis ResponseProtection Advocacy Brief (2024) : https://sudan.iom.int/sites/g/ files/tmzbdl1606/files/documents/2024-12/iom-sudan-crisisresponse-protection-advocacy-brief-2024.pdf ; Mixed Migration Centre (MMC) & ONU Femmes, Women on the move in Ethiopia (2025) : https://mixedmigration.org/wp-content/ uploads/2025/08/un_women_report_-_women_on_the_move_ in_ethiopia_3065_30jul.pdf ; The Guardian, Mass rape, forced pregnancy and sexual torture in Tigray amount to crimes against humanity – report (31 juillet 2025) : www.theguardian.com/global-development/2025/jul/31/ mass-rape-forced-pregnancy-sexual-torture-in-tigray-ethiopianeritrean-forces-crimes-against-humanity-report.
14 KII avec Tdh Mali et Helvetas Niger (février 2026).
15 EJM, Annexe 8, Rapport étude VBG et fiches techniques (2025) ; EJM, Annexe 13, Études de cas AVER et FTD Tunisia (2024).
16 UNHCR, Egypt Participatory Assessment (2024) : www.unhcr.org/eg/media/2024-participatory-assessment ; ONU Femmes, Sudan Crisis in-Depth Gender Assessment Report (2024) : https://africa.unwomen.org/sites/default/ files/2024-02/sudan_crisis_-_in_depth_gender_assessment_. pdf ; ONU Femmes, Sudan Gender Alert NO. 2 (décembre 2024) : www.unwomen.org/sites/default/files/2024-12/sudangender-alert-no_excuse_en_2024.pdf.
17 EJM, Annexe 8, Rapport étude VBG et fiches techniques (2025).
18 EJM, Maroc analyse genre et diversité (2023) ; EJM, Rapport annuel (2022) ; Practices International Consultancy, Note conceptuelle « Étude Sur La Migration Des Mineurs Non Accompagnés Tunisiens » (2023) ; KII avec EJM Guinée (Tdh et OSH) (février 2026).
19 EJM, Maroc analyse genre et diversité (2023) ; FGD avec SCI Egypte (janvier 2026) ; ONU Femmes, Sudan Gender Alert NO. 2 (décembre 2024) : www.unwomen.org/sites/default/ files/2024-12/sudan-gender-alert-no_excuse_en_2024.pdf. ; EJM, Note conceptuelle projet étude MNA Tunisie (2023).
20 FGD avec SCI Egypt (janvier 2026) ; ONU Femmes, Sudan Crisis in-Depth Gender Assessment Report (2024) : https://africa.unwomen.org/sites/default/files/2024-02/sudan_ crisis_-_in_depth_gender_assessment_.pdf.
21 Ibid.
22 FGD avec SCI Soudan (janvier 2026) ; EJM, Annexe 6 –Rapports d’auto-évaluation (2025) ; KII avec EJM Mali (TdH), EJM Niger (Helvetas), et RDC Mali (février 2026).
23 FGD avec les partenaires EJM en Tunisie (novembre 2025) ; KII avec EJM Mali (TdH), EJM Niger (Helvetas), et RDC Mali (février 2026).
24 FGD avec les partenaires EJM en Tunisie (novembre 2025).
25 DDC, L’approche psychosociale communautaire (APC) « Guérir ensemble ». L’expérience de la région des Grands Lacs (2023) : www.sdc-pge.ch/dam/fr/sd-web/KbEqn0aW8lqo/PGE-PeaceCPA-HealingTogether-SDC-2023_FR.pdf.
26 Ibid.
27 Voir également la note thématique n° 2 de KAPCYM : Renforcer la coopération régionale des systèmes de gestion des cas (février 2026) : https://cms.caritas.ch/sites/default/ files/2026-03/kapcym_thematic_brief_2_fr_0.pdf.
À propos de l’unité KAPCYM

L’Unité de connaissance et de dialogue politique pour la protection des enfants et des jeunes en mobilité (KAPCYM) soutient deux projets : le programme Enfants et Jeunes sur les Routes Migratoires d’Afrique de l’Ouest et du Nord (EJM), mis en œuvre par un consortium dirigé par Helvetas, et East African Migration Routes (EAMR), mis en œuvre par Save the Children. Les deux projets sont financés par la Direction suisse du développement et de la coopération (DDC).
Cette unité a pour mandat d’améliorer le positionnement de la Suisse en matière de migration et de protection de l’enfance, de favoriser ou de contribuer à une communauté de pratique, à des synergies régionales et à des échanges d’enseignements et de bonnes pratiques fondés sur des données probantes, et ainsi de contribuer à une approche plus stratégique des messages et des méthodes des partenaires suisses en matière de plaidoyer politique.
L’unité KAPCYM remercie chaleureusement tous les contributeurs, en particulier les points focaux nationaux des projets EJM et EAMR, les représentants des ambassades et les autres collaborateurs de la DDC, pour leur précieuse collaboration à la compilation des bonnes pratiques présentées dans cette note.
Caritas Suisse
Adligenswilerstrasse 15