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immobilier.ch News - Genève : futur pôle d'affaires

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Le journal du site d'annonces n°1 en Suisse romande

10-23 octobre 2022 · N o 1082 · Bimensuel

Genève

FUTUR PÔLE D’AFFAIRES

Notre cahier

Le bâtiment Alto Pont-Rouge sera livré d’ici à l’été 2023. Il constituera l’achèvement du quartier à Lancy. A la clé, près de 5000 places de travail à terme. 12-18

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Famille

AUTOMNE

SOMMAIRE

4-16 Actualité

Les brèves immobilières

Avec le 30 km/h généralisé, Lausanne défie le Canton de Vaud

Les nouvelles dynamiques entre ville et campagne

Vers une identité urbaine de qualité

Pilet & Renaud célèbre ses 150 ans

Rénovations et transformations: éviter le pire

18-21 Dossier

Pont-Rouge: le futur pôle d’affaires de Genève

22-28 Immobilier

Agir ensemble pour économiser l’énergie: interview de Bernard Nicod

Des professionnels de l’immobilier lancent Tera Solar

L’école Moser en quête de révolution à Nyon

L’assainissement du bâti est un «travail de titan»

29 Emploi et formation

Les dernières nominations

30-31

Commerce

La famille Chuard, une insatiable envie d’entreprendre

Editeur: immobilier.ch SA

Directeur de la publication: Claude-Alain Paschoud

Rédacteur en chef: Serge Guertchakoff

Rédactrice en chef adjointe: Chantal de Senger

Journaliste: Julie Müller

Chef d’édition: Francis Haller

Directeur artistique: Pierre Broquet

Tirage: 105'000 exemplaires / 24 fois par an Envoi emails: 80'000 exemplaires

Publicité: info@immobilier.ch Tél +41 22 307 02 20

Toutes les éditions sont disponibles sur immobilier.ch

DE LA RÉDACTION

AUDEMARS PIGUET VA DOUBLER DE TAILLE À MEYRIN

Visiblement déjà à l’étroit dans son bâtiment actuel rue Emma-Kammacher, à Meyrin, inauguré début 2014, la Manufacture d’Horlogerie Audemars Piguet a déposé une demande définitive pour la transformation et l’extension de l’ancien immeuble du grossiste en pharmacie Ulhmann-Eyraud. Sise à l’angle du chemin du Grand-Puits et de la rue du Bois-du-Lan, cette construction a surtout l’avantage d’être très accessible puisqu’elle se trouve à une centaine de mètres de l’arrêt CFF, à Meyrin. A la clé de ce prochain déménagement, un doublement de ses effectifs: d’environ une centaine de collaborateurs, l’ancienne société Centror (un fabricant de boitiers et de bracelets fondé en 1982 à Genève), rebaptisée Manufacture d’Horlogerie Audemars Piguet, devrait ainsi employer environ 200 personnes. Le nouveau site, doté d’une parcelle de plus d’un hectare, avait été racheté par HIAG Immobilien à Ulhlmann-Eyraud le 14 août 2017 pour 13,6 millions de francs. Le bureau d’architectes FDMP est chargé du projet de rénovation, transformation et extension du bâtiment existant en forme de U. Sur le site, deux plus petits bâtiments industriels seront démolis ces prochains mois, l’autorisation ayant été délivrée le 5 avril dernier.

LE PLUS GRAND

PARKING LAUSANNOIS RÉCOMPENSÉ

La nouvelle est passée inaperçue: lors de l’European Parking Association qui se tenait à la miseptembre à Bruxelles, la Suisse a été récompensée pour l’excellence de la rénovation du plus grand parking de Lausanne, soit INOVIL Riponne. Sélectionné parmi les trois finalistes, le parking de la Riponne s’est classé au premier rang, les deux autres places ayant été attribuées à deux sites en France. Le jury avait apprécié la végétalisation de la façade, l’intégration du bois sur les devantures, la signalétique innovante, l’éclairage à basse consommation, l’élargissement des rampes, la reconnaissance de plaques et la réfection de la zone d'accueil.

UN FRANÇAIS INVESTIT DANS

LA PIERRE À GENÈVE

La famille Chesner a cédé son immeuble locatif sis rue Cécile-BiélerButticaz 6 (parallèle à la rue des EauxVives, mais côté lac) pour 22 millions de francs à une société anonyme valaisanne en mains de Robert Chabredier. Ce Français d’origine, installé depuis quelques années sur la commune d’Ollon (VD), n’est autre que le fondateur de la chaîne de magasins Maxi Bazar, un groupe qui a ensuite été développé par son fils et dont le contrôle a été cédé au groupe Naxicap Partners fin 2017. Maxi Bazar, ce sont 56 points de vente en France et 34 en Suisse. En mai dernier, il avait déjà acheté un autre immeuble locatif sur Genève, sis rue Goetz-Monin 9 à Plainpalais, pour 29 millions de francs.

IMMO BRÈVES

DISPOSITIF IMMERSIF POUR DÉCOUVRIR GENÈVE

Le 27 septembre, les autorités de la Ville et du Canton ont inauguré un nouvel emplacement pour présenter un relief high tech de Genève. Au rez de la Maison Tavel, dans une petite pièce dédiée, a été installé un dispositif immersif utilisant un système de double projection sur une maquette en relief et un écran frontal. En douze minutes, le visiteur peut assister à la naissance de cette ville et à son évolution jusqu’à aujourd’hui. Genève est restée emmurée derrière des fortifications pendant trois siècles. La ville s'est développée à la fois sur l’emplacement des anciennes fortifications, mais aussi par avancées successives sur l’eau. S. G.

A voir à la Maison Tavel; 6, rue du Puis-Saint-Pierre

REALSTONE RSF, UN NOUVEAU

QUARTIER AUX PORTES DE ZURICH

Fin septembre, le groupe Realstone a inauguré une étape importante du quartier Horgen Oberdorf, dans le canton de Zurich, pour le compte du fonds immobilier Realstone RSF. Chauffage exempt d’émissions de CO2 et production d’électricité photovoltaïque sont au cœur de ce projet qui comptera à terme (dès 2024) près de 450 appartements ainsi que des surfaces commerciales et administratives où plus de mille personnes se croiseront chaque jour. J. M.

FEU VERT POUR LE BÂTIMENT DE LA HAUTE ÉCOLE DE SANTÉ

Le Grand Conseil genevois a accepté le 23 septembre dernier d’ouvrir un crédit d’investissement en vue de l’extension de la Haute école de santé à Champel. Ce nouveau bâtiment de 6200 m2 constitue une infrastructure indispensable pour répondre à la pénurie de personnel soignant à Genève car il offrira plus de 400 places de formation supplémentaires. Il consolidera en outre le «Campus santé» formé dans le quartier de Champel-CluseRoseraie par les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), la Faculté de médecine et la Haute école de santé (HEdS). J. M.

Système d'information du territoire à Genève (SITG),

LE CENTRE-VILLE LAUSANNOIS

À PIED EN 15 MINUTES

Les rues en pente de Lausanne peuvent parfois être perçues comme une entrave à la mobilité active. Afin de guider les Lausannois, la Municipalité vient de baliser une série de quatre itinéraires piétonniers, appelés «Cœur de ville à 15’», qui permettent d’atteindre facilement le centre-ville. «L’idée est de leur montrer qu’il est parfois plus rapide de se déplacer à pied plutôt que de prendre les transports en commun ou sa voiture», explique Florence Germond, conseillère municipale chargée des Finances et de la Mobilité. Il existerait d’ailleurs un réel potentiel de report modal en faveur de la marche à pied. En effet, 18% des déplacements en voiture se font sur une distance inférieure à 2 km d’après les données extraites de l’Observatoire de la mobilité lausannoise (édition 2022). J. M.

DES DRONES POUR AIDER LORS DES TRAVAUX DE CONSTRUCTION

L’impression 3D prend de plus en plus d’importance dans l’industrie de la construction. C’est pourquoi une nouvelle approche de l’Empa (Laboratoire fédéral d’essai des matériaux et de recherche) tente d’utiliser un essaim de drones afin d’appliquer des méthodes de construction collectives inspirées des bâtisseurs naturels comme les abeilles et les guêpes. «Nous avons démontré que ces robots volants peuvent travailler de manière autonome pour construire et réparer des bâtiments, du moins en laboratoire, explique Mirko Kovac qui a dirigé l’étude. Cette solution évolutive pourrait faciliter la construction et la réparation dans des zones difficiles d’accès comme les gratte-ciel.» La prochaine étape consistera donc pour les spécialistes à collaborer avec des entreprises de construction afin de valider cette solution dans la pratique. J. M.

Nombre estimé de logements en propriété (maisons et appartements) qui deviendront vacants en raison de décès

INFLATION ET HAUSSE DES TAUX:

LE MARCHÉ IMMOBILIER RÉSISTE

Dans son Moniteur immobilier Suisse du troisième trimestre 2022, Credit Suisse décrit l’impact modéré que la ténacité de l’inflation et de la hausse des taux d’intérêt a eu jusqu’à présent sur le marché immobilier suisse. Les prix de l’immobilier ont ainsi poursuivi leur hausse jusqu’à la fin de l’été. En revanche, les revers subis par les marchés boursiers ont eu quant à eux des répercussions sur les investissements immobiliers indirects. Ainsi, on assiste à une forte diminution du nombre de logements locatifs vacants. Autre observation: l’offre de logements en propriété demeure limitée bien que leur transmission par les baby-boomers aux générations suivantes devrait s’accélérer au cours des prochaines années. J. M.

Yusuf Kaya / Imperial College London / Empa

MÉTIERS DE LA MÉCANIQUE: CÉRÉMONIE DU BOUQUET

Le 23 septembre dernier, sous un soleil radieux, a eu lieu la cérémonie du bouquet du chantier d’YMECA, le nouveau Centre de formation des métiers de la mécanique à Yverdonles-Bains. Devant une centaine d’invités, la section vaudoise de l’Union professionnelle suisse de l’automobile (UPSA) et ses partenaires ont brièvement retracé l’histoire du projet qui a débuté en 2014. Après moins d’un an de travaux, la structure du bâtiment est en place pour accueillir la phase du second œuvre. Cette étape devrait être terminée en mai 2023. Elle sera suivie du déménagement des infrastructures et du personnel pour la mise en service de ce nouveau centre de formation courant juin 2023 afin d’assurer dans les meilleures conditions la rentrée scolaire d’août 2023. Précisons qu’il s’agit d’un investissement de plus de 25 millions de francs, terrain compris sans les équipements d’exploitation et ameublement. S. G.

L’ENTREPRISE DE CONSTRUCTION ROCH CÉLÈBRE

Présente sur la Riviera vaudoise depuis 1952, la société Roch, spécialisée dans la construction et la rénovation, fête cette année son 70e anniversaire. Une longévité qui semble encore assurée puisque la troisième génération, représentée par Samuel Roch, détenteur du diplôme fédéral d’entrepreneur-construction, a repris le flambeau familial pendant la pandémie. J. M.

LA RÉGIE RILSA SA FÊTE SES 60 ANS À ST-PREX

Fondée le 10 novembre 1962, Rilsa a célébré son 60e anniversaire avec 300 convives le 15 septembre dernier à St-Prex (VD) au bord du lac. «En tant que Family Office de l’immobilier, Rilsa a toujours privilégié la discrétion et la qualité de son travail. Notre réorganisation a dynamisé nos près de 40 collaborateurs et engendré une croissance», commente Axel Niels. Pour marquer le coup, la régie lance également une campagne de communication décalée jusqu’au mois de décembre sur le bassin lémanique. En 2021 et 2022, après avoir restructuré la société et organisé sa digitalisation, Axel Niels (à droite) en a pris la direction générale et la présidence du groupe alors que son bras droit Adrien Rossi (à gauche) a repris la direction des services de gérance. S. G.

BARNES INAUGURE DEUX BOUTIQUES À GENÈVE ET LAUSANNE

BARNES, spécialiste du courtage immobilier, retrouve les hyper centresvilles de Genève et Lausanne en y ouvrant deux espaces de vie. Plus que des agences, ces boutiques immobilières permettent à la marque de se rapprocher de sa clientèle en lui offrant une atmosphère intimiste. Les services de location et de gérance y sont aussi proposés par Gerofinance I Régie du Rhône, société qui appartient au même groupe. BARNES Suisse SA compte désormais plus de 21 lieux de vente en Suisse. S. G.

LANCEMENT DU CONCOURS LAUSANNE JARDINS 2024

Le concours pour la 7e édition de Lausanne Jardins 2024 «Entre l’eau et nous» a officiellement démarré. Il s’adresse aux paysagistes, spécialistes du jardin, architectes, designers et artistes du monde entier, pour créer une vingtaine de jardins sur le thème de l’eau. Des jardins qui viendront s’installer sur les rives du lac au cours de l’été 2024.

L’appel à candidatures est ouvert jusqu’au 11 novembre 2022. J. M.

UN PROJET PIONNIER EN MATIÈRE D’HABITAT INCLUSIF

Grande première à Chêne-Bougeries, où le projet des Sureaux a été inauguré début octobre, mêlant de façon inédite les domaines de l’habitat et du handicap. Porté depuis 2011 par ses deux maîtres d’ouvrages, la Fondation Ensemble et la Coopérative de l’habitat associatif (CODHA), ce site englobe la maison de maître rénovée de Claire Fontaine, un bâtiment d’appartements ainsi que des espaces et jardins communs. Au total, 19 logements ont été coconçus (choix des matières, des couleurs, des éclairages) par les futurs résidents pour faire cohabiter des personnes en situation de handicap et des coopérateurs. Le bureau carougeois Liengme Mechkat architectes a ainsi dû jongler entre respect du bâti existant, enjeux sécuritaires et volonté du vivre ensemble pour aller au bout du projet à présent opérationnel, qui espère d’ores et déjà se voir dupliqué. J. M.

SICAV ERRES: SUCCÈS DE L’AUGMENTATION DE CAPITAL

L’augmentation de capital proposée aux investisseurs, entre le 29 août et le 9 septembre 2022, d’Edmond de Rothschild Real Estate SICAV (ERRES) a été entièrement souscrite. Elle a permis de lever 289,9 millions de francs. L’objectif est de financer la construction de cinq projets neufs à Thônex, Genève, Bülach (ZH), Nyon et Lausanne pour un montant de 130,6 millions de francs. Cela permettra aussi de payer le solde de l’acquisition d’une société immobilière de 13 immeubles résidentiels sis à Genève, Nyon et Rolle pour 44,8 millions de francs et d’acquérir encore trois immeubles résidentiels sur Genève pour 80,3 millions. S. G.

La majorité de gauche veut réduire encore les nuisances sonores de jour comme de nuit.

30 km/h généralisé

LAUSANNE DÉFIE LE CANTON

Guerre aux voitures? La Municipalité de gauche mijote un Plan directeur communal qui déplaît fortement à la minorité de droite. Le débat fait rage.

«La guerre des transports suit son cours. Lausanne veut rendre la vie impossible aux automobilistes.»

C’est la thèse développée par la conseillère communale (PLR) Anouck Saugy, rapportrice de la minorité opposée au futur Plan directeur communal (PDCom) élaboré par la majorité rose-verte de Lausanne: «Chacun doit rester libre du choix de son moyen de transport. Il en va de l’intérêt des commerçants, des livreurs, des véhicules d’urgence, des familles avec enfants comme des habitants des communes riveraines», plaide la minorité opposée au futur plan qui doit encore être

débattu au Conseil communal. Les deux parties ont développé leurs arguments en conférence de presse le 30 septembre. Concrètement, le 13 septembre 2021, 60 kilomètres de rues lausannoises passaient au régime du 30 km/h nocturne, de 22 h à 6 h du matin, après des essais jugés concluants sur deux avenues du centreville. Mais ce n’est pas fini: après Zurich, Winterthur et Paris, la capitale vaudoise va-t-elle se mettre au 30 km/h généralisé, soit de jour comme de nuit? Avantage: plus besoin de savoir à quelle vitesse on peut rouler. Désavantage notoire: la circulation est plus dense de jour et la limitation touchera l’ensemble des usagers.

Rapporteur de la majorité, le président du PS lausannois Benoît Gaillard y est favorable. Selon lui, il est essentiel de développer un réseau de transports publics ambitieux et de renforcer encore les zones piétonnes. La place du vélo doit être assurée, mais si possible séparément des autres usagers, y compris les piétons, pour des motifs de sécurité. Après l’instauration du 30 km/h nocturne, il convient de réduire encore les nuisances sonores de jour, pour les voitures, comme pour les avions à l’aérodrome de la Blécherette. Les transports publics doivent bénéficier de la priorité aux carrefours et des horaires plus denses doivent encore être

Wikimedia Commons/ Philippe Moret

aménagés. Enfin, les transports individuels à moteur thermique devront être bannis des rues de la ville à l’horizon 2030-2035. «Pas question», contre-attaque la minorité PLR-UDC du Conseil communal, convaincue qu’il doit rester des grands axes affectés à la circulation à 50 km/h. En définitive, Lausanne étant le chef-

Après Zurich, Winterthur

et Paris, la capitale vaudoise va-t-elle

se

mettre au 30 km/h généralisé?

lieu du canton, il revient aux autorités cantonales de décider. Le Château s’est inquiété de certaines modifications apportées par le plan directeur et qui dépassent le stade des «modifications mineures». Ni la Municipalité ni le Conseil communal n’ont la compétence de généraliser une limitation à 30 km/h sur l’ensemble du territoire communal. Comme le Conseil d’Etat affiche une majorité de droite, il n’est pas sûr que la Ville l’emporte au bout du chemin: «L’extension en journée de la limitation nocturne sur tout le territoire lausannois met en péril l’accès multimodal à toutes les parties de la

ville, tout en n’apaisant aucunement les nuits lausannoises, comme semble justifier la Municipalité», assène la minorité de droite, qui recommande de refuser le plan directeur «Lausanne 2030».

Instauration progressive

Pour Benoît Gaillard, il s’agirait de commencer par les zones déjà habituées au 30 km/h nocturne, puis de progressivement toucher les grands axes. Il s’attend à des résistances, mais il n’y aurait plus de différence entre le jour et la nuit. Les sceptiques doutent de l’objectivité des mesures. Le socialiste rétorque que les chauffeurs de poids lourds sont déjà habitués à une cadence horaire. Au début de l’automobile dans les Grisons, il fallait être accompagné d’un homme au pas agitant un drapeau rouge pour éviter les accidents. A l’heure où les trottinettes et les vélos dépassent les voitures et les motos, retourne-t-on aux origines de la circulation automobile? Se cacherait-il un motif financier pour les caisses de la Ville, qui pourrait ainsi multiplier les contrôles radar et les amendes lucratives? Pour la majorité favorable au 30 km/h, il a surtout été question de radar d’avertissement jusqu’à présent, mais il n’existe pas de données statistiques de la police municipale. Ou du moins elles ne sont pas rendues publiques. Au final, le débat ne fait que commencer. Olivier Grivat

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Rencontres

La Foncière

LES NOUVELLES DYNAMIQUES VILLE-CAMPAGNE

Dans un contexte peuplé d’incertitudes, acteurs publics et privés doivent composer sur un territoire suisse en pleine mutation, notamment pour faire cohabiter ruralité et urbanisation.

Tradition oblige, comme chaque année, les acteurs de l’immobilier se sont rendus début octobre à Lausanne, aux rencontres La Foncière, organisées par le fonds de placement immobilier suisse, avec cette foisci un thème précis: la relation entre ville et campagne. Mais avant cela, l’économiste en chef de la banque genevoise BCGE, Valérie Lemaigre, est revenue sur la situation actuelle du marché, se voulant rassurante sur les prévisions économiques.

Ralentissement vs récession

«Certes, si l’on regarde la progression des prix de l’immobilier, en particulier celle des

PPE et des maisons individuelles depuis la pandémie, cela peut faire peur mais il n’y a qu’à revenir aux fondamentaux pour se rendre compte qu’il y a encore un fossé entre l’offre et la demande», décrit la spécialiste. Avant d’ajouter: «On a bien sûr accéléré la production de logements dans la région mais on a encore une demande très élevée qui continue quelque part d’alimenter ce besoin de retour à l’équilibre avec plus de logements à créer.»

Le marché immobilier de l’Arc lémanique serait donc toujours attractif selon Valérie Lemaigre, nul besoin de prévoir le pire selon elle: «Distinguons point d’inflexion de récession, car, oui, nous assistons à

un ralentissement mais vouloir a priori déjà anticiper une forte récession, comme certains le mentionnent, serait faire fi des facteurs de résilience qui sont importants aujourd’hui.»

Une frontière qui s’estompe Une fois le contexte économique posé, l’heure est venue d’entrer en matière sur le rapport changeant entre ville et campagne, avec l’intervention du professeur de sociologie urbaine et d’analyse des mobilités à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), Vincent Kaufmann. Il a d’abord rappelé à quel point l’urbanisation de nos jours n’a plus grand-chose

Le fossé entre la ville et la campagne sur le marché de l’immobilier devrait se réduire peu à peu à l’avenir. DR

à voir avec les villes au sens que nous l’entendions autrefois. «On peut même considérer la Suisse entière comme une grande métropole car son urbanisation y est très bien distribuée dans tout le pays. Nous sommes toujours à trente minutes d’une ville, peu importe le lieu où l’on se trouve, et une grande part de la population habite dans des tissus intermédiaires, des petites ou moyennes villes rurales, ce qui est un atout pour le pays», souligne l’expert.

Un maillage qui marquait jusque-là une distinction nette entre ville et campagne mais qui s’effacerait peu à peu depuis la crise du coronavirus. «Un apaisement des rythmes de vie et une moindre dépendance à la mobilité sont observés depuis cette période. Nous nous déplaçons moins, nous communiquons davantage à distance et ces nouveaux modes de vies entraînent une indifférenciation de plus en plus flagrante entre monde rural et urbain», affirme Vincent Kaufmann.

L’effet déclencheur de l’alimentation

La pandémie comme les crises climatiques et géopolitiques ont d’ailleurs provoqué des effets en cascades. Outre l’éveil des consciences, l’enjeu de sécurité alimentaire a lui aussi été remis sur la table. Eric Dereudre, ingénieur agronome s’est exprimé lors des rencontres La Foncière sur le besoin d’un aménagement du territoire plus adapté. Puisqu’en effet, les chiffres parlent d’eux-mêmes: chaque

jour, 230’000 bouches supplémentaires sont à nourrir dans le monde et nous devrions être 9 milliards sur terre d’ici à 2050, alors qu’en parallèle les surfaces agricoles diminuent drastiquement. Ce à quoi s’ajoute une urbanisation croissante qui rend l’équation difficilement soluble. Certaines villes, comme celle de Lyon, en France, ont dès lors tenté le pari de promettre une cité autosuffisante à leurs habitants, grâce par exemple à la mise à disposition de parcelles agricoles aux producteurs (on extrait du foncier urbain pour le redistribuer à la production maraîchère). Une sorte «d’agrarisation» de la ville, intéressante sur le papier bien que difficilement applicable. D’autres alternatives, moins ambitieuses, ont vu le jour aussi en Suisse. On observe l’émergence de fermes urbaines ou encore du phénomène de land-sharing/land-sparing, consistant à transformer des zones entières des centres-villes pour en faire un seul bloc de nature (destiné à la production ou à la création d’un parc) plutôt que d’en parsemer de part et d’autre. Enfin, les fermes verticales, où l’on met la technologie au service d’une production agricole indoor hyper-intensive, poursuit son ascension et voit les investissements pleuvoir.

«On constate également que des projets de cités végétales sont dessinés. En réalité, ce sera sûrement un mélange de toutes ces tendances qui s’appliquera en Suisse. Une chose est sûre, il y a une volonté d’im-

briquer davantage les milieux urbains et ruraux, de ne plus les opposer constamment. L’idéal serait de ne pas tomber dans le tout urbain ou le tout rural mais d’opter pour une véritable combinaison des deux mondes», insiste Eric Dereudre en guise de conclusion. Une modification du territoire qui aura donc forcément un impact sur le marché immobilier, mais les acteurs concernés par ces futurs changements sont désormais prévenus.

Julie Müller

Une réorganisation de la demande de logements

Dans l’étude Marché immobilier suisse 2022 publiée par Credit Suisse, différents indicateurs du marché immobilier tels que les abonnements de recherche, les logements vacants et les durées de publication confirment le glissement de la demande en faveur des localisations moins centrales et des logements plus grands. Ainsi, les villes perdent de leur attrait en raison du changement des habitudes. Face à cette évolution, «le fossé entre la ville et la campagne sur le marché de l’immobilier devrait se réduire peu à peu à l’avenir», assurent les économistes.

Espace public

VERS UNE IDENTITÉ URBAINE DE QUALITÉ

Fin septembre, la Quinzaine de l’urbanisme a été l’occasion de revenir sur les concepts de ville accessible dans un périmètre de quinze minutes et d’agréables espaces publics.

Carouge et la plage des Eaux-Vives. La «proximité heureuse».

De Milan à Mexico, en passant par Paris, les villes sont aujourd’hui nombreuses à se pencher sur la question de leur aménagement et à adopter le concept devenu planétaire de ville du quart d’heure. Ce dernier, développé par le chercheur franco-colombien Carlos Moreno, a été présenté en détail par son auteur lors de la Quinzaine de l’urbanisme, fin septembre, au Pavillon Sicli de Genève.

Forger une proximité heureuse

«Mes travaux sur le changement climatique dans les villes ont commencé il y a quinze ans. Mais, à l’avant-garde, ils étaient malheureusement passés sous les radars, témoigne Carlos Moreno. Je pensais à l’époque que les villes étaient au cœur des émissions de CO2 et que l’on avait besoin de réflexions plus approfondies sur leur organisation, d’une vision novatrice de l’urbain de demain.» C’est donc à contre-courant que l’expert a cherché

des solutions permettant d’atteindre une qualité de vie, peu importe son lieu d’habitation, tout en relevant le triple défi écologique, économique et social de la ville. Peu à peu, au fil de son travail, une vision polycentrique, multi-servicielle, de voisinage à construire de part et d’autre de la ville, s’est dessinée. La ville du quart d’heure ou de la «proximité heureuse», naît alors autour de six fonctions essentielles: habiter (dignement), travailler (lutter contre la pendularité), s’approvisionner (commerces), se soigner, s’éduquer et s’épanouir (dans des espaces publics de qualité) étant accessibles dans un périmètre de quinze minutes pour tout un chacun. «Ce qui était pris pour une utopie de chercheur il y a une décennie est à présent expérimenté et dupliqué dans le monde entier. Ce sont les mouvements de sensibilisation climatique et la pandémie, lorsque les villes ont été mises sous cloche, que l’on a redécouvert le boulanger, le parc, l’épicier du coin ou tout simple-

Six principes pour concevoir un espace public de qualité

1. Conforter le vivre ensemble

2. Consolider la ville-paysage

3. Développer la multimodalité

4. Répondre aux enjeux environnementaux

5. Des aménagements tout en sobriété

6. Le rôle rassembleur d’une maîtrise d’ouvrage

ment ses voisins, qui ont donné un élan important à mon modèle», souligne le professeur.

Genève veut montrer l’exemple

Un regain d’intérêt pour l’espace public qui a également touché le canton de Genève ces dernières années. En pleine refonte, les quartiers voient tour à tour des «parcs habités», des «morceaux de ville dans la ville» ou encore des «promenades publiques» investir leurs rues. Tant et si bien que l’Office de l’urbanisme (OU) cantonal a décidé de fournir une sorte de guide pratique fin septembre pour aider les acteurs opérationnels à appréhender cette nouvelle notion d’espace public. «Nous avons souhaité donner des outils, être un centre de ressources et d’expertise pour les communes notamment», précise Sylvain Ferretti, directeur général de l’OU de Genève. Ce document finalisé est à retrouver en ligne sur espacepublic.ge.ch (lire encadré). Julie Müller

Propriétaire ?

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Propriétaire de villa, d’appartement, d’immeuble, ou en cours d’acquisition d’un bien immobilier, rejoindre la Chambre genevoise immobilière c’est faire le bon choix pour défendre vos intérêts et disposer de réponses et de conseils avisés.

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PILET & RENAUD

CÉLÈBRE SES 150 ANS

Dirigée par Stéphane Barbier-Mueller, ses filles Diane et Alix, et Pierre-Henri Schild, la régie a organisé une grande fête à Genève pour remercier ses clients et partenaires.

«C’est en 1872 que fut fondée la régie

Pilet-Bouvier & Séchehaye», comme l’a rappelé Stéphane Barbier-Mueller dans son discours le 29 septembre dernier devant de nombreux invités réunis à l’Espace Hippomène. A l’époque, le canton de Genève ne compte qu’environ 94’000 habitants (contre près de 510’000 aujourd’hui).

Les employés, qui travaillaient six jours sur sept, se devaient d’apporter chacun une bûche pour alimenter le poêle de la société durant tout l’hiver. Alors que Genève commence à détruire son «corset», les anciennes fortifications, la Société des régisseurs de Genève voit le jour le 14 novembre 1879. La régie fait partie des dix membres fondateurs. Ce n’est pas un hasard: «Plus les maisons d’une ville sont grandes et hautes, plus elles comptent de logements et moins il est facile à leur propriétaire de les administrer seul.» Etape majeure dans le développement de la régie que nous connaissons aujourd’hui: la fusion entre Louis Braschoss & Cie en 1969, dont l’un des associés n’était autre que feu Jean-Pierre Renaud (1924-2017), qui fut député au Grand Conseil (de 1965

Repas de Noël entre membres de la Société des régisseurs en 1896. DR

à 1977), avec la régie de Claude Pilet, pour former la société que nous connaissons aujourd’hui. En 1978, la régie prend le nom de Pilet & Renaud.

L’association avec Stéphane Barbier-Mueller

En 1991, Claude Pilet et Jean-Pierre Renaud transforment leur maison en société anonyme et s’associent avec Stéphane Barbier-Mueller pour assurer la relève au sein de la régie. A l’époque, celleci comptait 38 collaborateurs, contre 110 aujourd’hui, et encaissait 60 millions de francs de loyers annuels contre près de 280 millions aujourd’hui. Claude Pilet, 89 ans, représente la quatrième génération de Pilet. C’est en effet son arrière-grand-père qui avait fondé la régie en 1872.

En 1997, la maison Pilet & Renaud fête ses 125 ans d’existence en offrant à l’un de ses 9000 locataires tiré au sort 125 jours de loyer gratuit. En 2000,

A gauche, Alix et Diane Barbier-Mueller. DR

la régie quitte la rue Petitot pour s’installer dans un immeuble achevé en 1873. A cette occasion, fruit d’un long travail préparatif, ce bâtiment a été réhaussé de deux niveaux. En 2002, afin de célébrer dignement ses 130 ans, la régie ferme ses bureaux durant deux jours pour permettre à ses collaborateurs d’aller visiter Expo 02. Ce souci de soigner ses équipes se retrouve encore aujourd’hui: depuis le 1er janvier, celles-ci se sont vu offrir trois jours de vacances supplémentaires par année, soit un total de 23 jours, auxquels s’ajoutent neuf jours au minimum de divers ponts. De plus, le congé paternité est passé de deux à trois semaines.

Autre date importante: en janvier 2008, Pierre-Henri Schild apporte à son tour du sang neuf «et un grand sens de l’humour résolument gaulois», comme s’est amusé à le rappeler Stéphane Barbier-Mueller

dans son discours. Ensemble, ils gèrent le pilotage des projets immobiliers de la régie. Depuis 2017, pour développer ses activités de courtage, l’entreprise s’est associée avec Pierre Hagmann pour créer une structure dédiée sous le nom de Pilet & Renaud Transactions (six courtiers). N’oublions pas non plus la direction bicéphale de la régie: Cécile Dupré (arrivée en 2016) et Raphaël Delessert (depuis 2011), lesquels ont été nommés directeurs fin 2019.

Transition énergétique

Lorsque Diane, puis Alix Barbier-Mueller, ont rejoint l’entreprise, deux domaines ont senti un vent nouveau souffler: la numérisation d’une part, et l’écologie et le développement durable d’autre part. Comme l’a exprimé Diane dans son discours jeudi 29 septembre: «Les défis qui s’ouvrent à l’aube de notre carrière professionnelle ne sont pas les mêmes qu’il y a quarante-trois ans – oui, mon père a commencé sa carrière très jeune: l’incontournable transition énergétique. La LDTR (Loi sur les démolitions, transfor-

mations et rénovations) a bien abîmé le parc genevois et contribué à un retard par rapport au reste du pays, qu’il nous faut aujourd’hui, avec la loi sur l’énergie, non seulement rattraper, mais dépasser. Heureusement, notre génération a un coup d’avance. Pilet & Renaud a développé depuis 2018 son service spécialisé dans les rénovations énergétiques d’immeubles.» A ce propos, relevons que Pilet & Renaud a cessé d’illuminer sa façade et son arcade du boulevard GeorgesFavon entre minuit et 7 heures du matin. Outre la soirée du 29 septembre, Pilet & Renaud avait mis sur pied un gros événement pour ses employés le 29 avril au Fairmont Hotel où ils ont eu une formation de trente minutes pour ensuite jouer tous ensemble «Le Canon de Pachelbel». Un troisième événement se tiendra le 2 novembre prochain aux Halles de l’Ile pour les quelques 250 concierges avec lesquels la régie collabore et quelque 50 entreprises de nettoyage. Bref, personne n’a été oublié pour passer ce nouveau cap.

Serge Guertchakoff

Les plus anciennes régies genevoises

1825: Date de fondation de la régie Bouffier par Jean-Marc et Paul Bouffier, devenue P. & J. L’Huillier, reprise par le Comptoir Immobilier en 1991.

1839: Henri-François Boissonnas fonde ce qui deviendra la régie Bordier. Marc Barraud va lui succéder, puis son fils Henri Barraud qui sera le premier président de la Société des régisseurs. Jacques Bordier arrive dans la raison sociale au 1er janvier 1943. Aujourd’hui, les régies Bordier et Schmidhauser ont fusionné.

1869: Création de Carey & Grange, connue sous le nom Grange & Cie SA depuis 2000. La cinquième génération est toujours aux commandes.

1871: La maison de ce qui deviendra Besson Dumont Delaunay (fruit de la fusion intervenue en 2002 entre Besson, Dumont & Cie et Delaunay & Cie) est fondée le 2 août 1871 par Henry de Westerweller et Eugène Rigot.

1872: Messieurs Pilet-Bouvier et Séchehaye fondent ce qui deviendra Pilet & Renaud dès 1978.

1881: Le 26 septembre, Charles Nicole et Ernest Naef s’associent. La régie Naef a récemment célébré son 140e anniversaire.

1885: le 1er janvier, Charles Bory reprend le cabinet d’affaires d’Edouard Olivier et installe son bureau de régie à la Corraterie. Depuis 1997, la famille Bory a fait place à d’autres familles et l’aventure se poursuit sous le nom de Bory Immobilier.

1886: Création de la régie Dunand & Cie, rachetée en 2008 par le groupe Gerofinance.

1896: Léon Daudin fonde la régie éponyme à Genève. Son descendant, Dominique Daudin a cédé les rênes de Daudin & Cie voici six ans à de jeunes associés.

De gauche à droite, Pierre-Henri Schild, Stéphane Barbier-Mueller, Claude Pilet et feu Jean-Pierre Renaud. DR

Conférence

RÉNOVATION: ÉVITER LE PIRE

Lors de son rendez-vous annuel Real Estate Impuls, la société de conseil en immobilier Drees & Sommer a démontré comment appréhender la complexité des projets de transformation sur immeubles existants.

Complexe, la rénovation peut faire peur par bien des aspects. Devenue inévitable pour nombre de propriétaires d’immeubles romands, sa mise en œuvre revêt pourtant du domaine de l’inconnu pour la plupart d’entre eux. Afin d’éclairer le parterre venu assister au Real Estate Impuls à Lausanne, la société de conseil en immobilier Drees & Sommer a invité trois experts confrontés au quotidien à ces problématiques pour faire le point.

Le dilemme du maître d’ouvrage Premier intervenant à prendre la parole, Frederik Dittmann, représentant du maître d’ouvrage chez Pensimo, s’est d’abord attelé à présenter un cas pratique, celui d’une surélévation d’immeuble en cours avenue Wendt, à Genève, et à lister les différentes concessions auxquelles est confronté un chef de projet. «Au niveau économique, cet investissement très coûteux fait certes gagner quelques logements et loyers en plus mais ne sera jamais aussi intéressant qu’une nouvelle construction», souligne-t-il. Côté stratégique, une telle rénovation augmentant la valeur du bien est également à contrebalancer avec la flexibilité réduite qu’elle implique. «Ces travaux partiels bloquent ensuite un projet de reconstruction pour plusieurs années. Dans le cas présent, nous avons hésité à refaire l’enveloppe de l’édifice en même temps mais sa durée de vie étant encore viable, nous avons dû opter pour un étalement des chantiers peu optimal mais plus durable», poursuit Frederik Dittmann.

Ce à quoi s’ajoutent des contraintes légales ou encore sociales qui peuvent longuement freiner un projet. «Même si la rénovation représente une bonne opportunité, il ne faut pas oublier l’impact

qu’elle aura sur les locataires ou le voisinage. A l’avenue Wendt, nous avons été retardé de neuf mois à cause d’un recours d’une PPE jouxtant notre immeuble», témoigne le spécialiste.

Une vision globale et à long terme

La preuve à l’appui que «tout projet de rénovation doit être planifié le plus en amont possible», selon Stefanie Schwab, professeure à la Haute école d’architecture et d’ingénierie de Fribourg (HEIAFR), qui a pris le relais devant l’assemblée. Trop souvent sous-estimée, la complexité d’une rénovation devrait désormais privi-

légier la qualité plutôt que la quantité des projets, d’après elle. «On doit penser une rénovation comme un concept global, qui répond à des exigences en matière de feu et d’aération, phoniques ou encore d’usage et plus seulement énergétiques. Or, aujourd’hui la majorité des projets se font sans planification, en fonction de la vétusté d'éléments indépendants les uns des autres (isolation fenêtres, puis ravalement de façade), ce qui aggrave parfois la situation», déplore l’architecte.

Prendre son temps

Pointant du doigt une omission des détails techniques et un manque de connaissance des corps de métiers, Stefanie Schwab regrette dès lors le nombre de cas de moisissures intérieures ou de vieillissements accélérés des façades observables à la suite de projets réalisés à la hâte, sans réflexion poussée. Elle ajoute: «Malheureusement, les législations actuelles n’ont pas encore compris cela et se dirigent au contraire vers un durcissement normatif pour obliger les propriétaires à passer à l’action au plus vite.»

Fermant la marche, Cosima Trabichet-Castan, avocate associée chez MLL, a à son tour insisté sur la nécessité de prendre son temps avant de se lancer dans une rénovation. «Les systèmes d’autorisation et la législation sont de plus en plus stricts, d’autant plus qu’il y a beaucoup d’éléments à considérer (LDTR ou LPPL, droit du bail, droit du voisinage, règlement PPE), il est donc primordial de planifier soigneusement son projet à l’avance et de faire appel à des mandataires spécialisés qui sauront conseiller sur une approche plus large», conclut-elle.

Un projet de surélévation de deux étages à l’avenue Wendt, à Genève. DR

A QUOI SERT (RÉELLEMENT) UN CONSEILLER EN FINANCEMENT HYPOTHÉCAIRE ?

Courtier en financement, broker, conseiller financier... Dans les domaines liés à l’immobilier, ces termes reviennent régulièrement. Mais quelles sont les missions et les responsabilités d’un conseiller en financement hypothécaire et quels sont les avantages de faire appel à lui?

Le champ de compétences du conseiller financier est bien plus large que ce que son appellation laisse entendre. Il peut intervenir dès le début du projet, bien en amont du prêt hypothécaire, et son conseil porte au-delà de l’achat: il englobe les aspects fiscaux liés à la transaction ainsi que la prévoyance et la planification financière de manière générale. Il s’assure de la pérennité de l'acquisition et pourra continuer à vous épauler en cas de changements tels qu’une nouvelle situation financière, un divorce, l’approche de la retraite ou simplement lors du renouvellement de votre prêt.

La recherche et la valorisation

Face au champ des possibles, le conseiller financier sera votre partenaire idéal dès le début de votre réflexion pour calculer le budget qui vous correspondra. Il vous permettra de connaître les différentes options à votre disposition et d’orienter parfaitement votre recherche. Sur cette base,

il pourra vous remettre une attestation de financement. Ce document prouve que vous êtes en mesure de faire face au financement du bien immobilier désiré et vous donne un avantage face aux autres acquéreurs potentiels. Votre conseiller aura également la responsabilité de se rapprocher de plusieurs établissements afin de valider le prix du bien.

Le financement

Une fois le bien immobilier trouvé, plusieurs questions vont se poser à vous, telles que:

l Quel(s) taux choisir pour mon futur prêt hypothécaire?

l Quels fonds propres utiliser?

l Quelle durée et quel type d’amortissement choisir?

l Quels seront les impacts sur ma fiscalité?

l Que se passera-t-il en cas de revente?

l Que faire en cas de changement de situation de vie?

l Comment fonctionne la succession?

Afin de répondre à ces questions et à toutes celles qui risquent encore de se poser, le conseiller en financement va appréhender la situation dans son ensemble et ne pas s’arrêter à une simple comparaison de taux.

La sécurisation

L’achat d’un bien immobilier est un engagement sur le long terme et il faut donc tenir compte des conséquences de ce projet sur le long terme. Serez-vous en mesure de tenir les charges de votre prêt à la retraite? Envisagez-vous un changement de carrière ? Que se passerait-il si votre conjoint venait à décéder? Le conseiller en financement hypothécaire doit vous alerter sur ces points et vous expliquer les différentes solutions (prévoyance, assurance vie, rachats LPP...), afin que vous puissiez prendre des décisions qui sécurisent votre achat dans l’avenir.

Les conseillers Resolve se tiennent à votre disposition, sans engagement, pour vous accompagner sur ces trois composantes cruciales de votre projet.

resolve.ch 022 566 01 10

PONT-ROUGE: L’ÉMERGENCE DU FUTUR PÔLE D’AFFAIRES DE GENÈVE

La livraison d’ici à l’été 2023 du bâtiment Alto constituera l’achèvement du quartier à Lancy construit entre 2017 et aujourd’hui. A la clé, près de 5000 places de travail. Récit.

Tout a démarré il y a une dizaine d’années, en parallèle à la concrétisation de la nouvelle liaison ferroviaire reliant la gare Cornavin à celle des Eaux-Vives, le Léman Express. Avec la création d’un premier arrêt depuis Cornavin situé face aux actuels Ports-Francs, Pont-Rouge s’est vu attribuer un potentiel de développement dédié à un pôle d’affaires. Comme les terrains appartenaient aux CFF, ces derniers ont alors lancé un concours. Le bureau d’architecture lausannois

Pont 12 a été désigné pour concevoir l’image directrice d’un vaste projet comprenant un îlot de 4 grands bâtiments. Les deux premiers bâtiments ont été livrés fin 2018 (voir plan: Esplanade 1 et Esplanade 2). Déjà quasiment pleins, ils hébergent respectivement Crédit Agricole Next Bank, Regus, Swisscom, KPMG et Cargill (pour le premier) et l’Ecole club Migros, Activ Fitness, Realstone Group et Socofigest (pour le second). Esplanade 3 doit être livré par Halter en tout début d’année 2023. Le groupe m3 a revendu l’opération à la

Caisse de prévoyance de l’Etat de Genève (CPEG). Enfin, Alto Pont-Rouge sera entièrement achevé au 30 juin 2023. Alors que ce dernier bâtiment est réalisé par Swiss Prime Site Immobilien (via un contrat d’entreprise totale avec Implenia), Esplanade 1 est la propriété de Swiss Life et Esplanade 2 de Bâloise Vie.

Label vert Tandis que le gros œuvre du bâtiment Alto est achevé et que l’on entre dans la phase finale, il est temps de revenir sur les

ambitions de Swiss Prime Site Immobilien (SPSI) en matière environnementale. A Genève, Alto Pont-Rouge sera l’un des premiers bâtiments à bénéficier de la certification SNBS 2.0 (Standard Nachhaltiges Bauen Schweiz). «Cette certification est un outil permettant d’avoir une ligne directrice dans le développement d’un projet durable. Cela rassure aussi l’ensemble des parties prenantes. De plus, il s’agit d’un label développé pour le marché suisse, tout en étant reconnu à l’international», nous explique Matthieu Delacrétaz, de SPSI. Ce

Gare de Lancy Pont-Rouge Alto Pont-Rouge

En haut à gauche, le chantier du futur siège de la banque

Pont-Rouge en 3 chiffres

90’000 à 100’000 m2 de surfaces

Entre 5000 et 6000 places de travail

Un investissement global de l’ordre du milliard de francs

Alto Pont-Rouge (à droite).
Pictet. MF-Drone

label SNBS a eu beaucoup d’incidences en amont, lors de la planification du projet. «Mais, dans la phase de réalisation, il y a également beaucoup d’implications pour l’entreprise totale, Implenia: gestion des eaux, des matériaux. Une filière d’évacuation des déchets par le rail a été mise sur pied. Implenia a pu choisir librement ses sous-traitants, mais elle devait trouver des entreprises régionales, principalement dans le Grand Genève», précise Matthieu Delacrétaz. Autre exemple: l’entreprise a l’interdiction de chauffer le bâtiment, pour que les chapes sèchent plus vite, sous peine de faire perdre des points au projet Alto Pont-Rouge, lequel vise le niveau platinium dans cette certification. «Nous avons eu une précertification dès la phase de développement. Il a fallu imaginer le chantier bien en amont, le décrire et aujourd’hui, nous devons veiller à respecter ce qui avait été décidé», ajoute-t-il.

Visites surprises

Contrairement à ce qui se passe souvent, dans le cas présent, il n’y aura pas juste un audit final à la suite de la réception de l’objet. La procédure prévoit une succession de petits audits, ainsi que des visites surprises, avec notamment des contrôles des fiches des produits, pour s’assurer que ce sont bien ceux qui ont été choisis en amont qui sont utilisés lors de la construction. C’est l’association Minergie qui assure le mandat d’évaluer la contribution au développement durable du bâtiment. Cependant, elle s’appuie sur des experts spécialisés pour certains domaines. «Nous avons un monitoring des notes données par l’expert de l’association Minergie. Cela nous permet de nous situer par rapport au label final. Implenia œuvre de son côté en permanence pour tenter de trouver encore de meilleures solutions», précise Matthieu Delacrétaz.

Une grande banque

Alors que la livraison finale est prévue au 30 juin 2023, certains locataires pourront recevoir dès février-mars prochains leurs surfaces brutes. Selon les desiderata des futurs occupants, le degré de finition varie du tout au tout et influence aussi le tarif de la location, dont la base varie entre 490 et 550 francs/m2. En bonne collaboration avec les futurs locataires, les

Dans Alto Pont-Rouge, un grand atrium contribue à baigner les lieux de lumière. DR

surfaces peuvent aussi être entièrement aménagées par le propriétaire, comme pour l’étude d’avocats CMS. Cette dernière va louer dans Alto Pont-Rouge une surface de 1640 m2. Les surfaces de coworking de Westhive représentent environ 4420 m2, dont un espace de restauration au rez-de-chaussée et un café au 6e étage en lien avec une des terrasses, ainsi qu’un centre de conférences d’environ 500 m2. A ces premiers locataires connus s’ajoute une «grande banque de la place» qui a signé pour venir s’installer sur 6680 m2 en occupant notamment les 14e et 15e étages de la grande tour. «Notre outil d’aménagement en ligne a permis à Swiss Prime Site Immobilien de communiquer sur la flexibilité des surfaces à Alto Pont-Rouge et de mieux voir le potentiel de ce bâtiment», relève l’architecte EPFL, Matthieu Delacrétaz.

Potentiel de 2000 places de travail

Combien de personnes vont venir travailler dans Alto Pont-Rouge? «Cela va dépendre de la densité, du nombre de salles de conférence, mais une étude a montré qu’il existe un potentiel de 2000 places de travail. Cela étant, vu les besoins de confidentialité inhérent à certaines activités (avocats, bancaires), je pense qu’il y en aura un peu moins», répond l’architecte. A l’heure actuelle, SPSI a trouvé des locataires pour environ 50% des surfaces. «Pour les deux derniers grands plateaux, nous ciblons les back-offices de sociétés de négoce, par exemple, car elles pourraient mettre jusqu’à 260 personnes sur un plateau de 2800 m2.»

Un dirigeant de SPSI aimait à utiliser «le

«Nous avons imaginé deux généreuses terrasses aménagées en jardins suspendus et des toitures végétalisées»
Jorge Guillen, Brodbeck Roulet Architectes

facteur 4» pour définir l’intérêt de PontRouge par rapport aux surfaces de bureaux situées dans l’hypercentre. «Des surfaces deux fois plus efficaces à PontRouge (en matière de normes architecturales, d’ascenseurs, de domotique, etc.) et deux fois moins chères», assure Matthieu Delacrétaz. Il est vrai que certaines sociétés paient environ 1200 francs le m2 au centre alors qu’à Pont-Rouge, les prix sont plus proches de 500 francs.

Galerie commerciale

Parmi les caractéristiques d’Alto PontRouge, citons-en quatre: le concept des façades, l’atrium, l’aménagement des terrasses et la galerie commerciale. SPSI a choisi avec ses architectes, le bureau Brodbeck Roulet, d’augmenter la luminosité dans les étages en optant pour des

fenêtres deux fois plus larges que celles des autres immeubles du quartier: des ouvertures d’environ 220 cm au lieu de 90 cm. Le bureau d’architecture a conçu un grand atrium qui contribue aussi à baigner les lieux de lumière. Cela permet de dégager un espace d’environ 1800 m2 au rez-de-chaussée pour offrir un maximum de surfaces commerciales. Cet atrium donne accès aux deux tours, de 13 et 15 étages, ainsi qu’à l’ensemble des espaces administratifs du socle de cinq étages. «Pour renforcer le sentiment de convivialité et d’ouverture, nous avons imaginé deux généreuses terrasses aménagées en jardins suspendus et des toitures végétalisées», comme l’a expliqué l’architecte Jorge Guillen du bureau Brodbeck Roulet. Enfin, Alto Pont-Rouge sera doté d’une petite galerie commerciale dont l’entrée sera située à 25 mètres de la gare. De quoi faciliter la recherche de commerces accueillant des services pouvant bénéficier aussi à l’ensemble du quartier. Que cela soit une épicerie, une pharmacie, un coiffeur ou encore un opticien. «Nous avons aussi envie d’avoir un restaurant sur deux niveaux.» Par ailleurs, l’ensemble de l’esplanade de PontRouge est géré par une copropriété regroupant les quatre sociétés: SPSI, Swiss Life, CPEG et Bâloise Vie. C’est elle qui va se charger de la future animation de l’esplanade. Ultime précision: les places visiteurs actuelles seront supprimées prochainement. Désormais, les 600 places souterraines seront attribuées aux différents locataires et les visiteurs devront se rendre au parking de l’Etoile.

Serge Guertchakoff

«AGISSONS TOUS POUR ÉCONOMISER L’ÉNERGIE!»

Le Groupe Bernard Nicod a publié un dépliant, distribué à près de 38’000 locataires et copropriétaires, qui donne des recommandations simples

Un degré en moins, des économies en plus Deux degrés en moins, c’est jusqu’à 20% d’économie de chauffage. En diminuant la température à 18 degrés dans votre chambre et à 20 degrés dans le reste de l’appartement, imaginez le potentiel d’économies! Et pour les moments douillets, mettez votre pull favori!

Il n’y a pas de petites économies

Eteignez les lampes (équipées d’ampoules LED, bien entendu) chaque fois que vous n’en avez pas l’utilité. Et profitez de la lumière naturelle en vous installant près d’une fenêtre pour travailler ou lire. Quant aux appareils électroniques, est-il encore besoin de répéter qu’il faut les débrancher au lieu de les laisser en veille?

Le vide coûte cher

Ne faites tourner vos lave-vaisselle et lave-linge que quand ils sont remplis. Choisissez un programme «Eco», à basse température. Evitez les programmes rapides ou intensifs, qui sont 45% plus gourmands en énergie.

Faites disparaître la banquise de votre congélateur

Comme il tourne à plein régime 365 jours par an, votre congélateur représente un coût énergétique important. En le dégivrant, vous lui redonnerez sa pleine efficacité!

Le sèche-linge, l’ami glouton

Le sèche-linge est l’un des appareils domestiques le plus vorace: avec sa puissance de 2500 W, il consomme l'équivalent de 500 recharges de téléphones portables! Optez donc pour l’étendage, vos vêtements délicats vous en seront reconnaissants.

Seriez-vous devenu un écologiste? Il ne s’agit pas simplement d’écologie mais de bon sens. Il convient de mettre fin au gaspillage actuel.

A qui avez-vous adressé votre dépliant?

Fini de traîner sous la douche!

Prenez une douche rapide, à température modérée et à débit réduit. C’est bien plus vivifiant et par rapport à un bain, c’est beaucoup d’énergie économisée.

Economies sur la facture d'électricité

Jusqu’à -10% en débranchant les appareils

Jusqu’à

5x moins avec des LED’s

Jusqu’à -10% en ajustant la température

De -40% à -70% en lavant à température plus basse

Nous les avons remis dans les 37’300 boîtes aux lettres des locataires et copropriétaires dont nous assurons la gérance et/ou l’administration de copropriété, dans les cantons de Vaud, Valais et Genève.

Quel est votre objectif?

Nous souhaitons contribuer à réduire la consommation énergétique d’au moins 15% au moyen de mesures simples et à la portée de tous. Pour notre part, nous avons déjà réglé de manière optimale les productions de chauffage et eau chaude dans la presque totalité des immeubles que nous gérons. Mais les anciennes installations sont plus difficiles à régler.

Jusqu’à -45% avec les programmes Eco

Eclairage

Lave-vaisselle

Oserais-je vous demander quelle sera la température dans les 11 bureaux de votre Groupe cet hiver?

Ce serait absurde de ne pas pratiquer ce que nous prêchons. La température sera de 19° la journée et de 17° la nuit. D’autre part, j’ai décidé d’éteindre nos enseignes dès 21 heures pour être en adéquation avec nos objectifs d’économie de 15 %.

Propos recueillis par Serge Guertchakoff

Frigo
Lave-linge

«NOUS FACILITONS L'ACCÈS

AU PHOTOVOLTAÏQUE»

Cinq entrepreneurs ont lancé Tera Solar en juillet dernier, une société spécialisée dans les panneaux solaires. Elle propose même des installations gratuites. Explications.

L’aventure Tera Solar est née d’un constat: le secteur du bâtiment doit être décarboné au maximum puisqu’il est responsable d’environ un tiers des émissions de CO2 en Suisse. «Un soir, nous nous sommes rassemblés autour de la table avec mon père David, mon frère Mathieu et Julien Grange pour comprendre comment accélérer cette transition énergétique dans le secteur de la construction et du bâtiment», explique Quentin Amsler.

La famille Amsler est effectivement très sensible aux questions écologiques. Elle a fait installer, il y a presque dix ans déjà, des panneaux solaires sur le toit de sa maison genevoise. Pourquoi, dès lors, ne pas solliciter Julien Destré, alors directeur d’une entreprise de la place, qui s’était chargée des travaux, pour qu’il rejoigne l’aventure?

Cela tombe bien puisque, à ce moment-là, l’expert en énergie solaire désire lui aussi travailler à son compte. La société, comprenant les cinq partenaires, est créée en juillet dernier sous le nom de Tera Solar. Seuls Julien Destré et Quentin Amsler sont dans l’opérationnel.

Façades solaires translucides

L’objectif de la société: démocratiser et faciliter l’accès aux énergies renouvelables pour les propriétaires de bâtiments. «Nous proposons des solutions dans le photovoltaïque, mais également un ensemble de prestations complémentaires telles que pompes à chaleur, batteries de stockage et bornes de recharges pour véhicules électriques», poursuit Quentin Amsler. L’entreprise planche également sur le développement d’abris

de voitures comprenant des panneaux solaires en toiture. «Nous travaillons sur notre propre design», poursuit Julien Destré, qui explique également vouloir offrir des produits plus esthétiques que ses concurrents, tels que des panneaux imitation ardoises ou des panneaux solaires en forme de tuiles, mais également proposer des façades solaires translucides. «Nous souhaitons être à la pointe là-dessus. Nos clients cibles sont les architectes, les particuliers, les communes et les entreprises.»

Afin de proposer des solutions globales innovantes et éco-responsables, la famille Amsler et Julien Grange – membre de la direction de la régie du même nom – ont également lancé l’association Cleantech Construction Lab dont le but est de réduire l’empreinte carbone du

De gauche à droite, David Amsler (Associé AB Ingénieurs), Quentin Amsler, Julien Grange, Julien Destré et Mathieu Amsler. DR

secteur de la construction et du bâtiment. «Nous avons identifié une vingtaine de solutions», explique Quentin Amsler. Ces dernières seront mises en avant dans un «livre blanc» d’une cinquantaine de pages qui sera publié d’ici fin octobre et destiné aux maîtres d’ouvrage. «Nous étudions de près, par exemple, la piste de l’hydrogène comme solution de stockage pour le secteur de l’industrie. Mais cela reste encore de la musique d’avenir.»

Installation gratuite

Les cinq entrepreneurs veulent aussi se démarquer en offrant des solutions clé en main: «Le coût de l’investissement peut être un frein puisqu’il se monte entre 20’000 et 40’000 francs pour une villa individuelle, expliquent nos interlocuteurs. Nous proposons ainsi aux propriétaires un véhicule d’investissement – Tera Invest – qui permet de financer l’installation de leur centrale photovoltaïque. L’idée étant ensuite de revendre l’électricité aux habitants du bâtiment à un prix avantageux.»

Le propriétaire pourra ainsi réduire sa facture d’électricité sans rien dépenser et surtout se protéger des hausses probables du prix de l’électricité ces prochaines années. Les surfaces de toiture doivent toutefois être assez importantes pour que l’opération soit avantageuse pour les deux parties.

Espace de co-working

Installée au chemin de la Mousse à Thônex, la société Tera Solar va partager l’étage avec le Mousse Space, un espace de co-working de 250 m2 dédié au secteur de la cleantech. «Cet espace comprendra des bureaux privatifs, un open space et une grande terrasse, se réjouit Julien Destré. Nous voulons encourager les entrepreneurs qui innovent avec des solutions éco-responsables à venir travailler dans notre espace. Nous souhaitons créer à Genève un véritable écosystème autour de la décarbonisation et de la protection de l’environnement.»

Chantal de Senger

1,3% de l’énergie totale

Selon les statistiques de l’énergie suisse en 2021, 26,3% de l’énergie totale consommée était d’origine électrique, tandis que seulement 4,9% de la consommation finale d’électricité a été couverte par le solaire photovoltaïque en Suisse. En d’autres termes, seul 1,3% de l’énergie consommée en Suisse l’an passé est issu du solaire photovoltaïque. Afin d’atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050, qui est l’objectif de l’Office fédéral de l’énergie, il faudra ainsi multiplier par dix la production photovoltaïque.

E ducation

L’ÉCOLE MOSER EN QUÊTE DE RÉV

Implantée à Nyon depuis 1986, l’école quittera ses locaux du centre-ville pour la verdure de Signy Park, à la jonction autoroutière nyonnaise.

Elle pourra ainsi accueillir les enfants dès la première primaire.

Il se murmurait qu’une grande école internationale, avec internat, s’implanterait là, à Signy Park, à la jonction autoroutière nord de Nyon. C’est finalement l’Ecole Moser, fondée à Genève en 1961 et présente à Nyon depuis 1986, qui s’y installera pour la rentrée des classes 2024. Aubin Chaland, responsable du développement chez Nemaco, entreprise propriétaire des 75’000 m2 de parcelles constructibles à cheval sur les communes de Signy et Grens, explique ce choix: «Nous sommes conscients que certaines grandes écoles internationales se fixent des objectifs de rentabilité, impliquant un nombre minimum d’élèves, trop ambitieux. Avec l’Ecole Moser, au bénéfice d’une très bonne réputation, nous sommes en pleine confiance.»

C’est qu’un précédent fait désormais cas d’école: ouverte à Etoy (VD) en 2013, la GEMS World Academy, qui ambitionnait d’accueillir 900 élèves et qui n’en avait que 340 en 2019, devait fermer ses portes cette

Une maturité cantonale?

L’Ecole Moser propose à ses élèves la maturité fédérale ainsi que le Bac international. Mais pas encore de maturité cantonale vaudoise. «Nous sommes en négociations avec le Canton. Pour nous, c’est assurément une anomalie», assure le directeur Alain Moser. Conséquence de cette décision toute politique visant à préserver les écoles publiques, une inégalité de traitement, selon Baptiste Muller, secrétaire général de l’Association vaudoise des écoles privées (AVDEP): «Les élèves des écoles privées doivent passer leur examen dans des lieux centralisés, en dehors de nos structures et sans bénéficier des notes de l’année. Ce ne sont pas des bonnes conditions.»

OLUTION

Après le centre-ville de Nyon, l’Ecole Moser s’offre un nouveau complexe près des champs. DR

année-là. Pas question de prendre un tel risque. «Le marché est à l’équilibre et cela ne laisse pas beaucoup de possibilités pour un nouvel établissement de s’établir», détaille Baptiste Müller, secrétaire général de l’Association vaudoise des écoles privées (AVDEP). Qui ajoute: «GEMS, qui ne faisait pas partie de notre association, avait des ambitions élevées, comme les infrastructures le montraient. La situation géographique n’était cependant pas idéale. Cela n’explique pas leur mésaventure, mais ça y a certainement contribué.»

En pleine nature

«L’Ecole Moser intégrera un bâtiment de 7500 m2 dans un parc végétalisé. Son activité animera tout le quartier», rajoute Aubin Chaland. Car c’est bien la situation de Signy Park qui a décidé l’Ecole Moser à quitter ses locaux du centre-ville de Nyon. «Nous sommes clairement à l’étroit ici dans le centre commercial de La Combe, explique Alain Moser, directeur de l’école.

D’abord parce que nos effectifs augmentent, mais surtout parce que nous sommes au centre-ville de Nyon et qu’il nous y manque des infrastructures pour développer le sport, les arts, la science. A Signy Park, nous aurons des champs et de la forêt à proximité et pourrons y établir un campus à la hauteur de notre projet pédagogique. Nous serons en nature et proposerons une offre totale.» Totale? Oui car, jusque-là, l’Ecole Moser enclassait des enfants de la 5P (7 ans) à la maturité fédérale et au Bac international. En août 2024, à l’heure de la rentrée des classes à Signy Park, l’école accueillera des élèves dès la 1P (4 ans). Ainsi, des 400 élèves actuels, l’école passera à terme à environ 600. Globalement, hormis l’épisode GEMS, les écoles privées se portent bien, comme le confirme Baptiste Müller: «Les informations qui nous proviennent de nos membres sont globalement positives.» D’autant que le Covid-19 a rehaussé la réputation des instituts privés: «La pandémie a montré qu’un lien fort existait entre les directions

Un bâtiment par an

Propriétaire des parcelles du Signy Park, qu’elle développe, Nemaco construira pour l’Ecole Moser son troisième bâtiment, après celui conçu pour l’entreprise de biotech Cytiva et un bâtiment à construire prochainement, qui fera office de «porte d’entrée» du site. Il restera alors à Nemaco la possibilité de construire 30’000 m2 de surface de plancher supplémentaire, le tout pour 2030, à un rythme prévu «d’un bâtiment par année», selon le responsable du développement Aubin Chaland.

d’écoles privées et les parents d’élèves.» Alain Moser ne dit pas autre chose: «Je peux affirmer que chez nous la pandémie a été bien gérée. Aujourd’hui, les demandes de parents pour inscrire leur enfant n’ont jamais été aussi importantes.»

Rodolphe Haener

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Economies d’énergie

L’ASSAINISSEMENT DU BÂTI: «UN TRAVAIL DE TITAN»

Le parc bâti représente près de 50% de la consommation énergétique du canton de Genève. Béatrice Grange revient sur le rôle de l’USPI Genève pour aider les propriétaires à diminuer ces dépenses.

Il n’y a pas une semaine sans une annonce en lien avec les questions énergétiques. La semaine dernière, c’est un pool de partenaires étatiques et privés, dont l’Union suisse des professionnels de l’immobilier (USPI) Genève, qui se réunissaient au sein d’une task force proposant des recommandations d’économies d’énergie pour les logements. Un rôle qui incombe à l’USPI Genève du fait de sa position d’association professionnelle visant à promouvoir la profession de régisseur et à sensibiliser aux nouveaux enjeux liés au climat. Si le domaine de la rénovation et de la technique des bâtiments a toujours été une préoccupation centrale pour l’USPI Genève, les récents événements que nous connaissons ont accéléré l’importance d’une information claire et incitative. Cela fait des années que l’association sensibilise et agit en faveur d’une meilleure compréhension des enjeux énergétiques à l’instar du Label Vert, développé par l’association en 2011 déjà, qui visait à mettre en place un programme indépendant d’économies d’énergie dans les bâtiments. L’USPI Genève n’a donc pas attendu la crise énergétique pour se positionner et agir sur les questions de l’impact du bâti sur l’environnement. Depuis de nombreuses années, l’association a une priorité: augmenter la qualité énergétique des bâtiments.

Partenariat gagnant

«Nous guidons et conseillons nos membres sur les différentes subventions possibles»

Béatrice Grange, présidente de la commission de valorisation de l’USPI Genève

Les lois sont par essence très restrictives, donc économiquement peu viables. Dans le nouveau règlement d’application de la loi sur l’énergie (REn) mis en application le 1er septembre dernier, l’USPI Genève a joué un rôle majeur en participant activement à la consultation du règlement qui vise principalement deux nouveautés majeures: la substitution des énergies fossiles par des énergies renouvelables et l’abaissement du seuil de l’indice de dépense de chaleur (IDC) des bâtiments. Pour Béatrice Grange, présidente de la commission de valorisation de l’USPI Genève, cet abaissement du seuil de l’IDC

permet «d’enclencher un processus d’optimisation et de rénovations énergétiques de la majorité du parc bâti. Et pour ce faire, il existe des subventions encore possibles pour les propriétaires. Nous guidons et conseillons nos membres sur ces différents soutiens, fédéraux ou cantonaux.»

Certificat énergétique

Si l’anticipation et l’information demeurent les maîtres mots de l’association, son rôle est également de conseiller et d’accompagner ses membres dans les méandres des lois et dans leurs relations avec les divers services de l’Etat. C’est particulièrement le cas pour les bâtiments considérés comme des passoires énergétiques qui demeurent une priorité sociétale. Les réflexions et les choix doivent être mesurés à l’aune des nouveaux paradigmes énergétiques. «Nous avons des outils développés qui sont des indicateurs intéressants comme le certificat énergétique cantonal des bâtiments (CECB), souligne Béatrice Grange. Ce dernier indique la performance énergétique d’un bâtiment, d’abord pour son enveloppe, puis pour son efficacité globale. Ainsi, cet outil permet d’étudier des solutions d’optimisation énergétique sur-mesure et adaptées au bâtiment étudié et de faire des propositions précises et concrètes au propriétaire qui souhaite rénover son bâtiment. On ne compare pas, pour l’instant, les bâtiments entre eux avec cet outil. Les CECB et CECB+ ne sont pas encore publics ou obligatoires en cas de vente ou de mise en location», conclut-elle.

Frédéric Vormus

Nominations

Voici une sélection des principales nominations dont la rédaction a eu connaissance.

JULIA WYSS

CBRE

CBRE Suisse poursuit le développement de son équipe Hotels & Operational Real Estate avec l’arrivée le 1er septembre 2022 de Julia Wyss en tant que Co-Head du département en Suisse. Elle travaille depuis 2015 au sein de l’équipe Hotels de CBRE à Londres. Dans ses nouvelles fonctions, Julia Wyss co-dirige, avec Alessia Breda, le développement du département et accompagne les investisseurs, développeurs et exploitants dans leurs investissements hôteliers et autres investissements immobiliers opérationnels. L'équipe bénéficie également de l’expertise de Mona Walder, dont l'arrivée avait été annoncée en mars.

THIERRY LANDER

EDIFEA

Figure du monde de la construction en Suisse romande, Thierry Lander va intégrer EDIFEA, le 1er décembre 2022, en tant qu’administrateur délégué. Il aura pour mission de faire le lien entre le conseil d’administration et l’opérationnel tout en assumant le développement commercial de l’entreprise. Sa fine connaissance du marché renforcera la croissance commerciale d’EDIFEA. Son arrivée marque l’aboutissement de la stratégie de changement initiée en novembre 2021 et renforce une gouvernance désormais apaisée et établie.

ANGELA DE WOLFF ET JOHNY RODRIGUES

Equitim

La Fondation pour le logement d’utilité publique Equitim est heureuse d’annoncer la nomination d’Angela de Wolff et de Johny Rodrigues au sein de son conseil. Renforcée, Equitim poursuit sa mission qui est de développer, avec et pour les communes, des logements accessibles pour la classe moyenne. Pionnière de la finance durable, Angela de Wolff bénéficie d’une expérience de plus de vingt ans dans l’investissement responsable alors que Johny Rodrigues cumule un riche parcours dans diverses institutions financières et dans la mise en place et la gestion de fonds de placement collectifs, notamment dans le secteur immobilier.

NEIL HADI

Naef Investissement & Commercial Jacques Emery, directeur des ventes chez Naef Investissement & Commercial, a annoncé l’arrivée de Neil Hadi au poste de Head of Capital Markets & Lettings. Neil Hadi bénéficie de plus de quinze ans d’expérience dans l’immobilier et était précédemment Head of Acquisition chez Foxstone. Il reprend la direction de Naef Investissement & Commercial à travers trois pôles de compétences avec la mission de donner ampleur et rayonnement à cette marque dédiée à l’immobilier d’investissement et commercial.

JEAN-CÔME CHARDONNENS

Naef

Jean-Côme Chardonnens est le nouveau directeur de Naef Immobilier Lausanne depuis le 1er juillet dernier. Ce diplômé de HEC Paris et titulaire d’un master en génie civil de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne a passé huit ans dans le groupe Bouygues, dont six ans dans la filiale de construction Colas Suisse, où il a d’abord été directeur de succursale Vaud-Valais-Fribourg avant de prendre la direction des ventes et du développement pour la Suisse. Par ailleurs, Marc-Olivier Buffat devient le nouveau président du conseil d’administration de Naef Immobilier Lausanne.

Vous pouvez nous envoyer celles qui concernent votre structure à l'adresse: serge.guertchakoff@immobilier.ch

Portrait

ENTREPRISES CHUARD, UNE AFFAIRE DE FAMILLE

Portés par une insatiable envie d’entreprendre, c’est ainsi qu’au fil des générations, les Chuard ont su ancrer et diversifier leurs activités, allant de la restauration à l’électricité, en passant par l’immobilier.

Léo et Romain Chuard quand ils étaient joueurs professionnels au Genève-Servette Hockey Club. DR

Faisant taire le fameux dicton «la première génération construit, la deuxième développe, et la troisième détruit», la famille Chuard a su se construire aux quatre coins de Genève un véritable empire, tant diversifié que fort d’une longévité à toute épreuve. Retour sur le parcours atypique et méconnu mais néanmoins remarquable de cette lignée de graines d’entrepreneurs.

Premier passage de témoin...

Tout commence en 1962, lorsque Jean Louis Chuard fonde il y a exactement soixante ans l’entreprise Chuard Electricité aux Eaux-Vives, à Genève. Reprise en 1990 par son fils Laurent, la tradition familiale est alors perpétuée une première fois. L’histoire aurait pu s’arrêter là, comme dans tant d’autres successions, mais Laurent Chuard, accompagné de

son épouse Marie-Laure, en décide autrement. «Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse», disait Alfred de Musset, le couple s’en inspire et installe en 2004 un bar à vin au nom évocateur: le Qu’importe, dans le vieux Carouge, lieu de naissance de Madame. Plus exactement, l’établissement prend racine au sein même de l’ancienne épicerie où officiait à l’époque le grand-père de Marie-Laure (Tamborini de son nom de jeune fille).

Une adresse qui devient très vite incontournable pour les épicuriens carougeois, alternant entre coin cheminée, où le feu crépite chaque hiver, et terrasse ombragée, animée été après été, le Qu’importe se veut un succès. Tant et si bien que Marie-Laure Chuard se lance à nouveau dans l’aventure de la restauration en 2012, à deux pas littéralement de son autre arcade. Ranimant la rue Vautier, Le Flacon, restaurant bistronomique à l’atmosphère chaleureuse (cuisine ouverte et murs en pierre mis à nus), obtient à son tour rapidement un écho au sein de la cité sarde et se voit attribuer une étoile Michelin, conservée encore à ce jour tandis qu’il fête son 10e anniversaire. Mais l’ambition de diversification des Chuard ne s’éteint pas là. Elle les amène même au-delà des frontières genevoises, au cœur de la station de Leysin. Le couple d’entrepreneurs y ouvre dans la foulée deux hôtels, le chalet Les Fleurettes et le Leysin Sport Hôtel accueillant tous deux des groupes dans une ambiance familiale. Un mot qui résonne comme une évidence pour les Chuard qui, au gré des nouvelles activités, s’étendent eux aussi

Léo et Romain Chuard: la vocation de l'entrepreneuriat. DR

avec la naissance de Romain, en 1996, puis de Léo, en 1998. Bercés par leurs parents dans le monde de l’entreprenariat, les deux garçons se tourneront d’abord vers une carrière de hockeyeurs professionnels, l’un étant défenseur, l’autre gardien, et suivront un parcours similaire: d’abord sur la patinoire des Vernets avant de s’envoler pour les Etats-Unis afin de pratiquer leur passion.

...mais la relève n’attend pas Comme liés, les deux frères se blessent tour à tour et prennent finalement leur retraite sportive au début de la vingtaine. Une période de reconversion semée de doutes qu’ils surmonteront grâce à leur famille et un sens inné du commerce. Pas de temps à perdre, Romain, et peu après Léo, font leur entrée au sein des entreprises Chuard et en prennent les manettes dès 2020. Tombés dans cette

nouvelle vocation de l’entrepreneuriat, où ils retrouvent quelque peu l’adrénaline du sport de haut niveau, les journées sont denses. Habitués à ne rien lâcher et épaulés par leurs parents, ils finissent par reproduire le schéma familial et agrandissent une fois de plus le «pôle» Chuard. Outre les différentes sociétés ralliées au fur et à mesure telles que DEM technologies, TechnicAir CVCSE, ou encore l’entreprise générale Orax, les deux frères s’activent à gérer les biens Chuard tout en se lançant dans le développement immobilier et la promotion. Pour ce faire, pas question de naviguer à l’aveugle, ils reprennent le chemin des études à

côté du reste. Romain à la Haute école de gestion (HEG) Genève, en cours du soir, et Léo dans des formations Immobase et Immotechnique dispensées par l’Association professionnelle des gérants et courtiers en immeubles (APGCI), en plus d’un brevet fédéral de sommelier. Infatigables et sur tous les fronts, les jeunes hommes espèrent continuer à développer les entreprises familiales, mais avec rigueur comme en témoigne Léo: «Le but c’est de grandir mais de savoir contenir nos ardeurs pour garder cette structure conviviale et à échelle humaine que nos parents ont déployé avant nous.»

Le groupe Chuard en résumé

l Chuard Electricité

l DEM technologies

l TechnicAir CVCSE

l Entreprise générale Orax

l Bar à vin le Qu’importe et restaurant Le Flacon, à Carouge l Le chalet Les Fleurettes, à Leysin l Le Leysin Sport Hôtel

«Les décisions se prennent à table, autour d’un bon repas, à deux ou à quatre, sans prises de tête, ni de bec»

Léo Chuard

Le Qu’importe tenu par Marie-Laure Chuard, une adresse incontournable à Carouge pour les épicuriens. DR

Le tout dans un esprit familial, à nouveau. «Ce qui est beau dans tout ça, c’est que les décisions se prennent à table, autour d’un bon repas, à deux ou à quatre. Il n’y a ni prises de tête, ni de bec», ajoute Léo. Une relation exempte de toute concurrence qui se ressent lorsque l’on rencontre les deux compères. «Du fait de notre éducation et de notre parcours, je qualifierais notre relation fraternelle de fusionnelle. Au travail, nous sommes plutôt complémentaires dans les tâches mais dans les échanges, nous sommes constamment en symbiose», confirme Romain, non sans fierté.

De la suite dans les idées

Bien loin d’avoir terminé ce qu’ils comptaient tous deux entreprendre, malgré un emploi du temps débordant, Romain et Léo planchent actuellement sur divers projets. Un restaurant situé entre le Qu’importe et Le Flacon ouvrira d’ici peu, le concept étant tenu secret. Egalement dans le domaine de la restauration, un établissement doté d’un laboratoire dans la zone industrielle de Plan-les-Ouates devrait voir le jour prochainement. Enfin, des événements philanthropiques co-organisés avec des associations locales sont en préparation.

En attendant de découvrir ces nouveaux développements (mais de loin pas les derniers), vous retrouverez Léo attablé au Flacon, en train de corriger la dernière carte des vins, ou Romain au détour du Qu’importe qui profite d’un énième contact clientèle dont il ne se lasse pas, puisqu’ils ne cessent de le répéter à qui veut l’entendre: qu’à défaut d’être sur la glace, c’est bel et bien là qu’est leur place.

Julie Müller

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4 villas THPE à l’architecture contemporaine et élégante

4 chambres à coucher

Surface utile dès 273 m2

Surface jardin dès 109 m2

Sous-sol aménageable

Dès CHF 2’190’000.-

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et de gestion de copropriétés

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