
Notre cahier
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Notre cahier

Après trois ans de transformation majeure, Confédération Centre vient de rouvrir le rez. On embrasse d’un seul regard l’espace étendu sur trois étages et ses ponts en bois comme ceux d’un bateau. 18-21




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Cela se passe au 2, boulevard Georges-Favon, du 16 décembre au 16 janvier, dès la nuit tombée.
Comment ? 2. 3.

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4-13 Actualité
L’architecture romande remarquée pour la rénovation de la Cité du Lignon
Une crèche s’ouvre dans la Villa Ambrosetti aux Eaux-Vives
Une femme récompensée pour la Nouvelle Comédie
Fin de suspense pour le site de Compesières
14-17 Mobilité
La mobilité durable dessine une autre approche de la construction
18-21 Dossier
Le paquebot Confédération Centre bien amarré
22-23 Emploi formation
JTI, l’entreprise primée pour le bien-être et l’inclusion
26-27 Gastronomie
Sergio Panzarella ravive la magie de l’huile d’olive
28 Culture
Un ouvrage sur la famille Chenevière
Éditeur: IMMOBILIER.CH SA
Rédacteur en chef: Serge Guertchakoff
DA et maquette: Agence EtienneEtienne
Publicité: info@immobilier.ch Tél +41 22 307 02 20
Impression: CH Media Print AG
Edition hebdomadaire
• Genève Région: tirage 143’000 ex. envoi ePaper 40’000 ex. Editions mensuelles
• Vaud: envoi ePaper 40’000 ex.
• Valais: envoi ePaper 10’000 ex. Fribourg-Berne: envoi ePaper 10’000 ex.
• Neuchâtel-Jura: envoi ePaper 6’000 ex. Toutes les éditions sont disponibles sur immobilier.ch
De la rédaction



Yves Cretegny a quitté Realstone à fin novembre pour reprendre la direction générale du pôle immobilier chez m3 dès janvier. Cet ancien d’Arthur Andersen avait dirigé la Fondation pour les terrains industriels (FTI) pendant plus de sept ans, avant de rejoindre le groupe Realstone et plus particulièrement Axess Management SA. Une pointure de choix qui rejoint le groupe développé par Abdallah Chatila à l’origine, entre autres, du bâtiment Stellar à Plan-les-Ouates, ou encore d’Espanade 3 à Lancy/Pont-Rouge.
La famille de Jacques Gautier vient de se défaire de six bâtiments d’affectation mixte, regroupé au sein de la société anonyme Domovoy, pour la somme de 103,75 millions de francs. L’acquéreur n’est autre qu’AXA Fondation de placement. Il s’agit des immeubles suivants: boulevard Georges-Favon 14-16; rue de Savoie 4; rue des Pêcheries 14; boulevard de la Cluse 27; et rue de la Ferme 9. L’assureur a, en outre, acquis encore le 12, rue Henri-Veyrassat pour 16,5 millions auprès d’André Rauss et Richard Marini.
Rectificatifs - Une erreur s’est glissée dans l’article publié le 29 novembre dans la rubrique Gastronomie qui était consacrée au restaurateur Pierre-Alain Brodard. Il y était écrit qu’en 2000, «la mère de ce dernier avait repris le Café des Négociants à Carouge et que, trois ans plus tard, elle avait demandé à son fils de la rejoindre dans l’aventure». Or, en réalité, comme la justice l’a démontré, la Fondation du Vieux-Carouge avait octroyé la gérance du Café des Négociants à deux repreneurs: feu Monique Brodard et Daniel Huber, lequel avait suivi à cette fin les cours de cafetier lors de la session de l’année 1999 et qui vivait alors en concubinage avec Mme Brodard. Dont acte.
Par ailleurs, dans l’article «La ville assoiffée de nature» (édition du 6 décembre), le jubilé évoqué était celui de la formation en Architecture du paysage en Suisse et non de la Haute école du paysage, d’ingénierie et d’architecture de Genève (HEPIA).

Récompense
Pour la première fois, le Lièvre d’Or du prix «Die Besten» est attribué à un bureau de Suisse romande, Jaccaud + Associés, pour sa rénovation de la Cité du Lignon.
Une longueur d’un kilomètre, une hauteur qui varie entre 12 et 18 étages et un total de 84 allées pour 2780 appartements: les chiffres de la Cité du Lignon donnent le tournis. Et pour cause, ce symbole de l’architecture suisse de l’après-guerre ne s’est jamais vu détrôné du titre de plus grand complexe d’habitation du pays depuis cinquante ans.
Réalisée entre 1963 et 1971 dans la commune de Vernier, il faut dire que cette barre monumentale de logements se voulait pionnière pour l’époque. Et ce, tant dans l’originalité du principe d’implantation que dans l’innovation des choix constructifs et techniques, mais aussi pour son indéniable valeur sociale. Bien que cette cité satellite de la ville ait su conserver une certaine homogénéité au fil du temps, une mise en conformité des normes, notamment énergétiques, s’est imposée au début des années 2000.
Une intervention invisible
Au vu de l’ampleur du chantier et des difficultés qui l’accompagnent (celles de ne pas déloger les milliers d’habitants et de jongler avec le statut du Lignon classé
monument historique), une étude sur la rénovation des façades a été commandée en 2008 au laboratoire de Techniques et sauvegarde de l’architecture moderne de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL). Plusieurs options d’interventions localisées «par l’intérieur» sans péjorer l’ensemble caractéristique du bâti ont ainsi pu être étudiées. Puis, l’agence d’architecture Jaccaud + Associés a pu entrer en piste pour effectuer un rafraîchissement de la Cité du Lignon le moins intrusif possible.
Le fruit d’un long processus qui s’est déroulé en plusieurs étapes entre 2012 et 2021, comme l’indique Jean-Paul Jaccaud, fondateur et partenaire du bureau d’architecture genevois: «Outre les nombreuses autorisations nécessaires et la mise en œuvre de stratégies à très grande échelle, la transformation des nombreux espaces privés et communs a pris du temps.» Une rénovation du plus long lotissement de Suisse qui reste presque invisible au regard du visiteur mais pas de celui de l’habitant. Les zones d’entrée ayant été aménagées et remises aux couleurs d’origine, les revêtements en marbre lavés et réparés, les fenêtres


Les revêtements réparés. LDD
assorties d’un double vitrage et toute une multitude d’autres détails qui ont permis une meilleure isolation des tours.
Le début d’une longue série?
Cette rénovation de grande envergure et de longue haleine a d’ailleurs été repérée cette année par le jury du prestigieux Prix «Die Besten», du magazine «Hochparterre» et du Musée du design de Zurich qui récompense les meilleures réalisations architecturales de Suisse. Le jury, qui se rend indépendamment

de la cité le moins intrusif possible, presque invisible au regard du visiteur. LDD
sur les projets, avait sélectionné 25 ouvrages dans la catégorie architecture, mais a remis la plus haute distinction, le Lièvre d’or, à Jaccaud + Associés pour sa réalisation majeure.
«Il a été impressionné par la taille du défi et par la précision avec laquelle nous l’avons relevé», confirme Jean-Paul Jac-
caud. La collaboration avec l’ensemble des partenaires, qui étaient particulièrement nombreux et divers, la stratégie sociale de maintien des locataires dans leur logement, le grand effort écologique, enfin le réemploi et la conservation maximale possible des éléments existants ont eux aussi été salués.
«C’est une réelle reconnaissance de notre savoir-faire pour la réalisation de projets à grande échelle, non seulement au niveau de la planification architecturale mais aussi dans notre philosophie de l’habitat au XXIe siècle», relève le fondateur de Jaccaud + Associés. D’autant plus que ce prix n’avait jamais été attribué à un bureau romand depuis sa création, en 1993. «L’an dernier, le Lièvre d’Argent avait honoré le bâtiment de la plage des Eaux-Vives, à présent le Lièvre d’Or est remis à notre cabinet. Le signe, peut-être, d’une vitalité de la scène architecturale genevoise contemporaine», s’enjoue Jean-Paul Jaccaud. Première récompense d’une longue série ou pas, en attendant, une présentation des projets primés est visible au Musée du Design de Zurich jusqu’au 10 janvier 2022. Julie Müller
19631971
20082012
2009
Construction du Lignon
Etude du TSAM-EPFL
Inscription à la protection patrimoniale
2010 Début de Jaccaud + Associés sur le projet
2017 Début des travaux
2021 Achèvement des travaux

Petite enfance
La Villa Ambrosetti s’est transformée en crèche. Accueil transitoire pour la «Madeleine des Enfants» qui doit être rénovée, elle constitue un nécessaire apport pour ce quartier en manque d’infrastructures pour la petite enfance.

Al’extérieur, une intervention lourde, mais aussi discrète que possible pour respecter la qualité patrimoniale de la Villa Ambrosetti, sise route de Frontenex 54, bâtisse construite en 1868 dont les chaînes d’angle en pierre naturelle ont été minutieusement restaurées. A l’intérieur, tous les espaces ont été remodelés sur les deux premiers niveaux pour accueillir 96 enfants dès janvier 2022. Côté cour, l’accueil et les espaces communs déployés sur une double hauteur occupent le magnifique espace voûté du socle qui abritait autrefois les caves de Jean-François Fert, fabricant de vermouth et maître de l’ouvrage.
Les enfants bénéficient d’un espace de jeux en mezzanine et d’un accès direct au jardin qui se développe à l’arrière. Respectant le noyau central de distribution existant, la réorganisation des lieux optimise l’apport de lumière naturelle et tisse d’habiles liaisons fonctionnelles entre les différents espaces. Une trémie relie les deux niveaux du rez semi-enterré et la salle de jeux est équipée d’un toboggan qui rejoint le niveau d’accueil. La restauration a engendré son lot de défis techniques, comme le percement à travers la voûte, nécessaire à l’insertion d’un grand escalier et d’un ascenseur, la mise en place de cintres stabilisateurs

sur mesure et l’important travail de renforcement structurel à l’étage.
Projet élargi de 54 à 96 places
En intégrant au projet les deux annexes basses en retour d’équerre qui forment la cour, côté route de Frontenex, la capacité de la crèche est passée à 96 places au lieu des 54 demandées dans l’appel d’offre. Totalement reconfigurées, les ailes sont réservées aux plus grands. Les plus petits seront accueillis dans la bâtisse principale. Radier, dalle, isolation intérieure, toitures et ferblanteries sont autant d’interventions qui ont marqué la transformation conséquente des deux ailes.
Rénovée il y a quelques années, la toiture de la villa n’a pas subi d’intervention si ce n’est l’installation de nichoirs à martinets. Les appartements locatifs, raccordés à la nouvelle chaufferie, profitent des nouvelles canalisations et des vitrages isolants. Dans la cour qui servait autrefois de parking, les pavés

Le crédit de rénovation et reconversion de plus de 9 millions de francs voté en 2018 a mis fin à de longs atermoiements.
Acquise par la Ville en 1951, la bâtisse a en effet traversé une série de turbulences
d’origine restaurés intègrent un cheminement pour les poussettes et les chariots de la cuisine.
Conclusion de longues attentes
Conçue par le bureau genevois d’architectes Lacroix Chessex, la réalisation contribue, avec la crèche prévue à terme



sur le site de la gare des Eaux-Vives, à répondre à un fort besoin. Comme l’indiquait, en 2017, le Département de la cohésion sociale et de la solidarité, il manquait encore 180 places dans ce quartier. Le taux de couverture des besoins exprimés par les familles était alors de 69% contre 82% dans le reste de la ville. Le crédit de rénovation et reconversion de 9'142'500 millions de francs voté en 2018 a mis fin à de longs atermoiements.
Acquise par la Ville de Genève en 1951, la Villa Ambrosetti a en effet traversé une série de turbulences. En 2014, après sept ans de discussions, l’exécutif, décidé à déloger les locataires des quatre logements sis aux étages au profit d’appartements-relais pour femmes en détresse, a finalement cédé à l’opposition du Municipal en proposant un plan B. La solution d’accueil dans l’ex-maison d’arrêt de Riant-Parc, rachetée par la Ville à l’Etat, a permis au projet d’aller de l’avant.
L’ouverture de la crèche marque aussi le dénouement pour l’espace de vie «La Madeleine des Enfants», située rue de la Madeleine 16. Le projet de rénovation de ce bâtiment historique a dû faire face à dix ans d’attente avant de trouver une solution de relocation transitoire. Malgré les efforts, il s’était avéré impossible de trouver un site en Vieille-Ville permettant d’implanter des pavillons provisoires suffisamment grands pour abriter une centaine d’enfants. Ces derniers seront accueillis au 54, route de Frontenex dès janvier et jusqu’à 2024, le temps de restaurer le bâtiment dont la dégradation n’a fait que progresser durant cette décennie. Viviane Scaramiglia




























La conceptrice du théâtre de la Nouvelle Comédie, aux Eaux-Vives, a été récompensée lundi dernier par un prix français mettant en valeur les femmes architectes.


Deux salles de spectacles, espaces de répétition et ateliers accessibles au public, la Nouvelle Comédie est une véritable ruche qui invite à découvrir le monde du théâtre. LDD
Pas moins de 150 convives se sont réunis lundi 6 décembre pour la 9e édition du Prix des femmes architectes au Pavillon de l’arsenal à Paris. Créé par l’Association pour la recherche sur la ville et l’habitat (ARVHA), ce prix vise année après année à mettre en lumière les profils féminins de la profession. «Dans les compétitions mixtes, ce sont majoritairement des hommes qui sont primés. Il n’y a qu’à prendre l’exemple international du Prix Prizker qui est l’équivalent du Prix Nobel d’architecture depuis 1979 et dont 93% des lauréats sont masculins», décrit Catherine Guyot, présidente de Women in
Architecture FR et secrétaire générale de l’ARVHA.
Le Prix des femmes architectes, qui ne possède pas d’équivalent en Suisse, contrairement à l'Angleterre, l'Espagne et, dès mars prochain, l'Autriche, a décerné cette année le Prix de l’œuvre originale à la cofondatrice de FRES architectes Genève, Sara Martin Camara, pour sa conception de la Nouvelle Comédie aux Eaux-Vives. Une récompense amplement méritée selon la présidente de Women in Architecture FR: «Cette œuvre a été sélectionnée à l’unanimité parmi les 79 candidatures à ce prix car le jury l’a considérée réellement exem-
plaire.» De son aspect urbain aux formes inhabituelles jusqu’au niveau de détail du béton coulé sur place, tout a été décortiqué par le jury de femmes qui a félicité ce «projet très complet» inauguré en août dernier.
La distinction particulière Une fierté pour cette architecte qui a étudié à Séville et travaillé à Rotterdam, avant de fonder FRES architectes en 2004 avec Laurent Gravier et ensuite de participer au concours de la Nouvelle Comédie en 2009. Egalement enseignante à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), Sara Martin Camara reçoit

«La découpe en skyline donne une identité au bâtiment et représente justement cette multiplicité d’usages»

L’architecte
Sara Martin Camara.
1,55 % à 20 ans
Le taux le plus bas, négocié la semaine du 6 au 10 décembre 2021
Le taux le plus bas, négocié la semaine du 12 au 16 juillet 2021 0,67 % à 10 ans
Le taux le plus bas, négocié la semaine du 13 au 17 septembre 0,41 % à 5 ans
0844 10 10 10

La grande salle de 500 places est composée de maille métallique plissée, comme un origami. Un espace autant technique que poétique. LDD
ce prix avec une très grande satisfaction, car bien que ce ne soit pas le premier, celui-ci représente beaucoup: «La Nouvelle
Comédie c’est une aventure humaine de douze ans et voir que cela suscite de l’intérêt, tant dans le milieu de l’architecture que chez le grand public, est un honneur. C’est aussi encourageant de recevoir le soutien de la profession et cela redonne de la motivation pour persévérer dans notre démarche, car les femmes sont nombreuses dans les écoles d’architectures mais beaucoup moins à la direction des agences.»
Un projet à Renens
Mission accomplie donc pour la Nouvelle
Comédie qui se voulait à la fois un lieu de vie ouvert sur la ville, un lieu de travail fonctionnel, un lieu de création stimulant et enfin un lieu de représentation accueillant. «La découpe en skyline donne une identité au bâtiment et représente justement cette multiplicité d’usages. Ce
caractère d’usine à spectacles a été déterminant lors de sa conception», précise l’architecte qui planche déjà sur un nouveau projet, le Quai-Ouest. Ce dernier qui se découpe en trois phases consiste en la création du pôle de la gare de Renens (VD), comprenant deux immeubles mixtes
(logements, commerces et bureaux) ainsi que la rénovation de l’ancienne gare en bâtiment voyageur. La première étape ayant été livrée cette année, l’architecte pourrait prochainement voir son palmarès s’enrichir une nouvelle fois.
Julie Müller
2013
1582
482
Quatre
Première édition de ce concours basé à Paris.
Projets présentés lors de l’édition 2021.
Candidatures examinées lors de l’édition 2021.
Catégories en compétition, celle de Prix de la femme architecte primée, Prix de l’œuvre originale, Prix de la jeune femme architecte de moins de 40 ans et Prix international.

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Patrimoine
Le fief genevois des chevaliers de l’Ordre de Malte, à Bardonnex, est enfin fixé sur son destin architectural. Les autorités cantonales ont pris leur décision.
Tout arrive à ceux qui savent attendre. Et de la patience, il en a fallu aux habitants de Bardonnex, l’une des 45 communes genevoises aux 2388 âmes, nichées sur une superficie de 500 hectares. Depuis 2009, leur municipalité menait des pourparlers avec les autorités cantonales sur les possibilités de nouveaux aménagements sur le site hautement symbolique de Compesières. Le premier projet de plan verra le jour en 2011 et subira quatre modifications en seulement six ans. Puis, en novembre dernier, soit douze ans après le début des consultations avec la commune de Bardonnex, l’Etat de Genève a fini par approuver le dernier plan, très attendu, relatif à l’avenir de ce petit morceau du patrimoine historique du canton.
Un peu d’histoire
Avant de faire partie de Bardonnex, Compesières fut une commune à part entière. Savoyarde, elle a été cédée à la République de Genève par le Royaume de France en 1816. Sa célèbre bâtisse connue sous le nom «commanderie» serait, selon les sources historiques, d’abord une église catholique romane. Construite
sur une position géographique dominante, elle permettait d’avoir un œil sur Genève. Dédiée à saint Sylvestre et datant du XIIIe siecle, l’édifice sera offert à l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem qui en fera un hospice.
Dans les années 1800, le lieu est investi par les chevaliers de l’Ordre de Malte dont plusieurs seront par la suite enterrés sur place. Après l’annexion, en 1816, de Compesières à la cité de Calvin, la commanderie devient une mairie en 1822, alors que son église catholique est reconstruite en 1834. Le bâtiment de la première école hors de la commanderie viendra s’ajouter au site en 1899. A eux trois, ces constructions composent le cœur historique du site de Compesières et témoignent d’un passé pré-helvétique plutôt agité. C’est donc sur leur destin architectural que l’Etat de Genève vient de statuer.
Conserver et... construire
Les autorités genevoises, qui ont décidé de préserver le centre historique de Compesières, ont également veillé à définir toutes les modalités de ses évolutions territoriales futures. Pierre Alain Girard, directeur général de l’Office du

Le site comprend, outre la «commanderie»,

Béatrice Guex-Crosier, maire de Bardonnex. LDD
patrimoine et des sites (OPS) explique: «Avant 2018, le périmètre du plan de ce site était entièrement en zone agricole. Or, il ne peut y avoir de chantier de construction sur ce type de terrain considéré hors à bâtir. Une modification a été alors apportée par les autorités à la réglementation qui a scindé ce territoire en quatre zones. La première, avec des bâtisses patrimoniales, est la zone protégée où les constructions anciennes doivent être maintenues. Suit la deuxième, dédiée aux activités sportives. La troisième, elle, est affectée à la verdure et le cimetière de la commune en fait partie. Finalement, la quatrième zone a été défi-

l’église et une école.
nie comme étant un périmètre pour des équipements publics, comme l’école.»
Ces définitions poursuivent l’objectif d’identifier clairement les parcelles sur lesquelles il sera possible ou pas de bâtir à l’avenir. Une clarification saluée par Béatrice Guex-Crosier, la maire de Bardonnex, qui confie: «L’adoption de ce plan de site nous permettra d’avoir un équilibre entre la conservation du patrimoine et les besoins de la commune. Parmi nos projets, celui d’une nouvelle école dont la demande de l’autorisation de construire sera déposée début 2022. Nous espérons l’ouverture de ce bâtiment scolaire pour la rentrée 2024.»
Sites patrimoniaux protégés
Une redistribution des affectations fait également partie de ce plan. Ainsi, l’auberge communale actuelle sera déplacée dans le bâtiment de la ferme tandis que la garderie et les locaux parascolaires, eux, seront installés dans les dépendances de la ferme. Contrairement au hangar
communal, les bâtiments provisoires de quatre salles de classe construits dans la zone agricole seront, eux, démolis. Idem pour ce qui est d’autres bâtisses inoccupées et sans intérêt patrimoniaux. Concernant les créations, un jardin potager historique sera recréé au nord de la ferme, entre autres.
A noter que si les plans de sites cantonaux sont généralement salués par les communes, certaines d’entre elles sont parfois moins enthousiastes quant à inscription de ces objets patrimoniaux dans l’inventaire fédéral des sites construits d’importance nationale à protéger (ISOS). Une réticence qui s’explique par la crainte de ne pas avoir les coudées franches lors de nouveaux projets de construction. Pour ce qui concerne Compesières, la commune s’y était opposée et la réduction du périmètre du plan de site demandée par le Grand Conseil fera perdre sa valeur nationale lors de la prochaine révision de l’ISOS.
Anna Aznaour
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DURANT TOUTES LES FÊTES DE FIN D’ANNÉE.
Comment concilier mobilité douce et urbanisation?
Tour d'horizon des pratiques qui dessinent les quartiers de demain.

Giorgio Giovannini, cofondateur et codirecteur du bureau genevois Mobilidée. Luc Frey
Dans la périphérie de Genève, plusieurs grands quartiers sortent de terre. Les premiers habitants du projet BelleTerre, à Thônex, vont emménager d’ici à quelques semaines au sein d’un ensemble qui devrait compter environ 2400 nouveaux logements en 2030. A Plan-les-Ouates, le projet des Cherpines prévoit quant à lui 4000 nouveaux logements, 2500 emplois ainsi que di-
vers aménagements, dont le prolongement de la ligne du tram.
Quatre piliers
Pour accommoder cette urbanisation, promoteurs et autorités publiques misent sur la mobilité durable en s’inspirant de ce qui se pratique depuis une vingtaine d’années dans les pays nordiques. «Il n’existe cependant pas de solution unique

A Belle-Terre, la demande
en la matière. L’enjeu consiste à créer un écosystème qui repose sur un ensemble de réponses mises bout à bout», explique Giorgio Giovannini, cofondateur et codirecteur du bureau genevois Mobilidée, qui a étudié et conceptualisé la mobilité du futur quartier des Cherpines, dont l’un des objectifs consiste à réaliser seulement 0,6 places de stationnement par surface de 100 m2.


Construire un quartier sans voitures, ou presque, repose sur quatre piliers principaux, relève l’expert: l’incitation à utiliser des alternatives à la voiture, une refonte du stationnement, un accompagnement au changement ainsi qu’un suivi au quotidien de ces différents éléments.
Aux Cherpines, les habitants devraient ainsi profiter de vélos ou de trottinettes en libre-service, disposer de vélos-car-
gos pour le transport d’encombrants et de vélos-taxis pour les personnes âgées, mais aussi bénéficier d’équipements adaptés à ces différents deux-roues.
«L’un des points les plus innovants que nous avons proposés, poursuit Giorgio Giovannini, consiste en l’aménagement d’une Vélostation, soit un centre de services qui offre tous les outils et le confort nécessaire pour que les ha-
«Nous observons un véritable changement de paradigme de la part des usagers»

CHF 15.00
Pré-Lavage Carrosserie
Pré-Lavage Jantes
Shampoing Carrosserie
Pré-Lavage Carrosserie
Pré-Lavage Jantes
Shampoing Carrosserie
Shampoing Jantes
Lavage Châssis
bitants aient vraiment envie de se servir de leurs deux-roues.»
La gestion du stationnement est un deuxième défi de taille à relever. «Les places dédiées au vélo ont jusqu’ici le plus souvent été considérées uniquement selon une perspective quantitative, souligne l’expert. C’est pourquoi il est essentiel que ces nouvelles constructions intègrent des équipements facilement

CHF 29.00
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Pré-Lavage Jantes
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Shampoing Jantes
Lavage Châssis
Protection Châssis
Séchage Brillance

De plus en plus, on construit des quartiers sans voitures, ou presque (ici Belle-Terre). Luca
accessibles, en rez-de-chaussée, mais qu’ils soient également dotés des meilleurs conditions en matière d’éclairage ou de sécurité.»
Mutualisation des véhicules
L’autre pan de cette stratégie concerne la mutualisation des véhicules motorisés (sous forme de car sharing et de location de courte ou de longue durée) et des places de stationnement qui leurs sont dédiés. «L’approche que nous préconisons consiste à ne plus lier la location d’un logement à celle d’une place de stationnement. On peut alors partager les places disponibles aussi bien entre les habitants que les professionnels ou les clients des magasins du quartier.»
D’autres éléments complètent le dispositif du quartier idéal de demain: centralisation du parking, équipé de stations de recharge, mais aussi de chariots pour faciliter le dépôt des courses à son logement. L’installation de boîtes à colis per-
met quant à elle de faciliter les retraits ou envois postaux et les livraisons à domicile.
Changement de paradigme
Ces changements d’habitude répondent aussi à des questions de coût: la construction d’une place de parking en sous-sol s’élève à environ 50'000 francs, alors que ce même budget permet de réaliser une dizaine de places pour vélos de grand confort.
«Nous observons un véritable changement de paradigme de la part des usagers», indique pour sa part Yannos Ioannides, membre de la direction générale du Comptoir Immobilier, la régie en charge de la location du quartier de Belle-Terre. Ainsi la demande en parking au sein du nouveau quartier est inférieure de 40% à l’offre, dont la planification a été réalisée en fonction des normes en vigueur il y a une dizaine d’années.» A l’inverse, la régie a triplé le nombre de places dédiées
Une place de parking en sous-sol coûte environ
50'000 francs, ce qui permet de réaliser une dizaine de places pour vélos de grand confort

Les vélos-taxis et vélos-cargos ont la cote. LDD
aux vélos et constate aujourd’hui que la demande se révèle au rendez-vous.
La communication demeure un élément clé pour la réussite de tels projets, selon Giorgio Giovannini: «Il faut que l’identité du quartier sans voitures soit mise en avant dès les premières étapes de la commercialisation, sans tergiversation possible.» Une offre qui peut inclure des kits de mobilité, sous forme de rabais ou de bons pour que les futurs habitants soient conscients dès le dé-

km, 174 g CO2/km, catégorie de rendement énergétique: D (moyenne de toutes les voitures neuves vendues: 137 g CO2/km), émissions de CO2 résultant de la mise à disposition du carburant et/ou du courant électrique: 40 g/km. Prix de vente au comptant: CHF 61’600.- (valeur du véhicule de CHF 72’381,94, moins avantage prix de CHF 11’281,94 calculé comme suit: remise petite flotte 9%, si applicable prix net sous conditions rabais «petite flotte», incluant forfait livraison, Prime star 4,5% + prime de vente 2%). Des conditions particulières s’appliquent aux modèles spéciaux. Exemple de leasing: durée: 48 mois, kilométrage: 10 000 km/an, taux annuel effectif: 1,9%, 1er versement plus élevé: CHF 9’240.-, versement mensuel à partir du 2e mois: CHF 579,55. Offre valable jusqu’au 31.12.21. Immatriculation jusqu’au 31.12.21. Recommandation de prix sans engagement. Sous réserve de modifications. Voir conditions en agence, offre et photo non contractuelles. Offre valable sur une sélection de véhicules de stock, jusqu’au 24.12.2021.
part des enjeux du projet. «Pour qu’un tel projet fonctionne sur la durée, il est par ailleurs indispensable de l’organiser autour d’une unité de mobilité, de manière à lier les différents services et les rendre les plus accessibles et intelligibles possibles.»
Avoir de l’audace
Dernier ingrédient de la recette: l’audace. «Les initiatives innovantes qui émergent reposent encore sur une forme de bravoure, mais j’ai bon espoir qu’à l’avenir ces idées fassent partie intégrante de nouveaux projets», dit le codirecteur de Mobilidée. Un avis partagé par Yannos Ioannides, du Comptoir Immobilier: «Je suis persuadé que les problématiques de développement durable et de mobilité représentent des opportunités fantastiques pour les professionnels de l’immobilier, et qu’il ne faut pas hésiter à sortir de sa zone de confort pour les saisir.»
Erik Freudenreich
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Confédération Centre

: Le long couloir barré d’escaliers, d’escalators et de colonnes de marbre fait définitivement partie du passé.
Après trois ans de transformation majeure, fin des obstructions visuelles. Du rez qui vient de rouvrir, on embrasse désormais d’un seul regard la galerie commerciale étendue sur trois étages et ses ponts en bois comme ceux d’un bateau.

Idéalement situé, on l’a toutefois connu durant trente-cinq ans esthétiquement clinquant, fonctionnellement inadapté, livré de jour comme de nuit aux courants d’air. Fin d’une époque pour Confédération Centre, situé dans les Rues-Basses. Du rez-de-chaussée, qui accueille la clientèle depuis le samedi 4 décembre, s’offre la vue d’ensemble de ce paquebot commercial de quelque 8300 m3 qui sera entièrement opérationnel dans le courant de 2022.
«Faciliter la compréhension du lieu, donner une vue d’ensemble aux différents espaces», tel a été le fil rouge de l’architecte Andreas Ramseier, coauteur du concept de rénovation en association avec le bureau Itten + Brechbühl. Le long couloir barré d’escaliers, d’escalators et de colonnes de marbre fait définitivement partie du passé. La finesse des piliers en métal sombre met en valeur les façades des boutiques. Le sol en terrazzo anthracite reflète chaleureusement l’éclairage à LED et la lumière naturelle dont l’apport est optimisé par
«Faciliter la compréhension du lieu, donner une vue d’ensemble aux différents espaces»

Andreas Ramseier, coauteur du concept de rénovation. ramseier-assoc.com
l’agrandissement des vitrages de la terrasse du dernier étage.
Dans le hall central de 740m2, ascenseur, escalator et escalier composent un ensemble cohérent qui relie les niveaux, dont les formes en contreplaqué de chêne, fluides et galbées, font penser aux ponts en bois d’un bateau. Voué au luxe, devenu rapidement une galerie fourre-tout, le centre sorti de terre en 1986 avait maintenu sa grandiloquence désuète peu propice à capter l’attention du promeneur. Le voici ressurgir dans une veine contemporaine, favorable à la nouvelle stratégie commerciale axée sur une offre de qualité dans la gamme premium abordable, avec un mélange de marques suisses et internationales.
76% des surfaces réservées
Au nombre des premiers occupants du rez, Etam, spécialiste de la lingerie féminine déjà installé à Balexert, a rejoint le centre-ville et les deux marques de déco et de design nordiques, Sostrene Grene et Flying Tiger, ont choisi d’inau-
gurer ici leur premier flagship genevois. Une enseigne de wellness, un opticien, une pharmacie, un spécialiste du thé, la boutique genevoise de vêtements multimarques Hotbox sont parmi les arcades qui animent déjà les lieux.
«75% des surfaces sont déjà réservées et nous sommes en discussions avancées pour une grande partie des surfaces restantes», indique Horace de Saint Pierre, l’un des responsables de la commercialisation et de la location. Consacrés au shopping et au lifestyle, le rez et le premier étage verront d’autres ouvertures dans les mois à venir.
Dès la fin du printemps, la restauration occupera une place de choix au dernier étage. Aux côtés de la Brasserie Lipp, qui, grâce à un arrangement particulier, est restée ouverte durant la réfection, verront notamment le jour un food court d’esprit street food, un bar à vins, des restaurants, dont Capocaccia qui fera son retour dans ses locaux historiques, à l’automne.
Au sous-sol, Pathé Rex, au bénéfice d’un accord de retour après travaux, a jeté l’éponge. C’est sous la houlette d’un nouvel exploitant (ciné REX, qui exploite déjà le Ciné 17 et le Cinérama Empire) que le cinéma passé de quatre à six salles va reprendre vie dès le printemps prochain. D’autres concepts de divertissement devraient également se développer sur ce niveau. Au total, plus d’une trentaine d’enseignes se partageront les surfaces. «Le taux de location et de réservation a représenté un défi, non seulement au vu de la situation sanitaire, mais aussi parce qu’il était difficile pour les visiteurs de se projeter en plein chantier, rappelle Horace de Saint Pierre. Nous voyons à présent vraiment le résultat en termes de fonctionnalité et de l’architecture qui se révèle magnifique.»
La façade, une carte de visite
Assurer une perception claire des lieux a consisté à passer par l’exercice de la continuité entre architecture intérieur et architecture extérieure. En façade, la série de bas auvents et d’éléments métalliques ont été bannis. Surplombant les deux premiers niveaux sur toute la longueur du bâtiment, la marquise qui abrite de larges vitrages fait office de carte de visite qui suscite l’envie de pénétrer dans la galerie.

Plus d’une trentaine d’enseignes se partageront les surfaces.

Printempsété 1977
Démolition du pâté d’immeubles (18-20-22 rue de la Confédération) qui abritait notamment les cinémas Dôme et Rex.
1978 Octroi de l’autorisation de construire
Avril 1980
1er septembre 1986
Début du terrassement, qui ne s’est achevé qu’en juin 1984, du fait des risques d’affaissement de la colline de la Vieille-Ville. Il a fallu stabiliser le terrain par des parois moulées.
Inauguration du centre commercial en présence de 4000 invités, dont les acteurs Jean Yanne, Michel Piccoli et Fanny Ardant qui jouaient ensemble dans «Le Paltoquet», diffusé dès le 3 septembre dans l’une des trois salles du Rex.
Août 1987 Première boutique à tomber en faillite: Pierre Cardin
Décembre 1987 Gabriel Tamman rachète 75% du centre commercial pour 400 millions de francs auprès d’UBS.
Hiver 1995
1996
Juin 2005
2012
2019
A la tête du Département des travaux publics, le conseiller d’Etat Philippe Joye accorde l’autorisation permettant de mettre en hiver un dispositif de portes coulissantes vitrées au dernier étage du centre, ceci afin d’éviter les courants d’air. La première demande datait de 1987…
La Bourse de Genève quitte les locaux qu’elle y occupait.
Gabriel Tamman cède le centre au Credit Suisse Anlagestiftung pour 180 millions.
Un concours d’architecture sur appel est lancé. Il portait sur la rénovation de la galerie marchande. Il a été remporté par le bureau zurichois Ramseier & Associates Ltd en partenariat avec l’antenne genevoise du bureau Itten + Brechbühl SA.
Chantier ouvert en janvier après le départ des derniers magasins locataires.
Source S. G.
D’une surface totale de 6000m2, les bureaux occupant les étages supérieurs sont restés en place durant les travaux et n’ont pas été rénovés. Les considérations environnementales ont joué un rôle important dans la rénovation, avec, par exemple, l’installation d’un chauffage géothermique dans tout le centre. Déjà mandatée lors de la construction, Steiner SA a à nouveau mené les travaux en tant qu’entreprise totale. Les coûts de la rénovation sont estimés à une soixantaine de millions de francs. Moins que sa construction qui avait coûté 400 millions de francs et entravé les Rues-Basses durant dix ans.
Viviane Scaramiglia

Japan Tobacco International est devenue l’une des premières multinationales à recevoir la nouvelle certification «Global Equality Standard» du cabinet d’audit EY. Elle récompense les récentes initiatives mises en place par le groupe afin d’améliorer le bien-être, la diversité et l’inclusion.
La Suisse est mondialement réputée pour sa stabilité politique, son faible taux de chômage et sa qualité de vie élevée. Hélas, en matière d’égalité salariale entre hommes et femmes, elle est à la traine derrière le reste de l’Europe. Jugez plutôt: selon un rapport de la Commission européenne intitulé «Paytransparency in the EU», dix pays européens ont mis en œuvre au moins une des quatre mesures «fondamentales» en faveur de l’égalité salariale (droit des salariés à être informés sur les rémunérations, obligation de rapport concernant les rémunérations de la part de l'employeur, obligation d’audit, négociations collectives prévoyant l’égalité de rémunération).
Aucune mesure contraignante en Suisse
Le Royaume-Uni s’est par exemple doté de mécanismes de notification rigoureux. De son côté, l’Islande a établi une norme d’égalité salariale révolutionnaire.
La France classe les entreprises selon l’indice d’égalité entre les genres. Il y a quelques semaines, l’Espagne a adopté deux lois imposant aux entreprises
l’obligation d’auditer leurs structures salariales.
De son côté, la Suisse n’est dotée d’aucune mesure coercitive, malgré les efforts consentis pour améliorer la situation. Pour rappel, depuis le 1er juillet 2020, les entreprises de plus de 100 employés doivent procéder à l’interne à une analyse de l’égalité des salaires. Si ces nouvelles mesures représentent un pas dans la bonne direction, elles restent toutefois très insuffisantes. D’une part, car elles ne concernent que 0,9% des entreprises, qui emploient 46% des travailleurs. D’autre part, car elles ne sont pas contraignantes. En effet, les employeurs qui ont de bonnes pratiques salariales sont dispensés à vie d’une analyse supplémentaire. Or, l’architecture salariale d’une entreprise change tous les jours... S’agissant des organisations où une inégalité salariale inexpliquée est découverte, elles sont tenues de répéter l’analyse dans un délai de quatre ans, un délai inexplicablement long. Enfin, en cas de non-conformité à la loi, les employeurs n’encourent aucune sanction en dehors d’un dommage en rapport à sa réputation.

Rappelons encore qu’en Suisse, les femmes gagnent en moyenne 20% de moins que les hommes par heure. Contrairement aux idées reçues, l’écart se creuse au premier emploi, dès l’entrée sur le marché du travail. Ainsi, même en tenant compte des caractéristiques objectives (ancienneté, secteur, statut professionnel), les experts trouvent une différence de salaire inexpliquée de 7 à 8%.
Exprimé en termes simples, cela signifie que les femmes, avec ou sans enfant, travaillent gratuitement jusqu’au 22 février pour les mêmes attributs productifs.
Diversité et inclusion: des valeurs-clés pour JTI Cet état des lieux est décourageant. Aussi, c’est avec un enthousiasme non dissimulé que l’on observe les entreprises qui décident, de leur propre initiative, de prendre des résolutions fermes pour promouvoir l’égalité des sexes mais aussi pour lutter contre toutes les formes de discrimination et d’exclusion (handicap, orientation sexuelle, etc.). Parmi celles-ci figure Japan Tobacco International (JTI), l’une des premières multinationales à recevoir, en novembre, la nouvelle certification «Global

Equality Standard» du cabinet d’audit EY. JTI est actif sur plusieurs fronts. «Nos priorités sont l’égalité des chances et des genres, l’inclusivité, l’intégration des LGBT+, ainsi que le bien-être et la santé mentale, détaille Christiane Bisanzio, vice-présidente du département People and Culture. Depuis le 1er janvier 2021, l’ensemble des salariés du groupe, partout dans le monde, bénéficie de 20 semaines de congés entièrement rémunérés au moment d’accueillir leur enfant. «C’est notre plus grand succès, s’en-


Christiane Bisanzio, vice-présidente du département
thousiasme celle qui a été nommée trois années consécutives au top 50 des leaders de la Global Diversity List par l’hebdomadaire «The Economist». Tout parent – père, mère, quelle que soit l’orientation sexuelle et la manière de donner naissance (adoption, mère porteuse) – bénéfice de ce congé. Par la suite, nous disposons d’une crèche d’entreprise, Origami. Nous avons aussi instauré des mesures de travail flexible qui donnent la possibilité de travailler en remote à 50%.»
A titre de comparaison, si l’on s’en tient au droit fédéral, seules les mères qui exercent une activité lucrative ont droit à un congé rémunéré d’au moins 14 semaines, payé à 80%. Les pères actifs, eux, doivent se contenter de deux semaines depuis le 1er janvier 2021 (auparavant, à la naissance de leur enfant, les hommes pouvait demander un jour de «congé usuel», comme lors d’un déménagement).
Féminisation des organes décisionnels
Depuis 2018, le siège de l’entreprise est également certifié «Equal Pay» par la Fondation Equal-Salary pour sa politique d’équité et d’égalité des chances envers les femmes et les hommes. «Le salaire équitable n’est qu’une composante du problème, analyse Christiane Bisanzio. Au-delà de cet aspect, il est fondamental de promouvoir une culture méritocratique, qui offre l’égalité des chances. Si les opportunités sont équitables, si la représentation des femmes aux postes de direction augmente, les salaires suivront et les écarts se réduiront.»
Notons enfin que chez JTI l’égalité des opportunités est soutenue en interne grâce à de nombreux programmes créés par et pour les salariés et dont le but est de veiller au traitement équitable de tous ainsi qu’au respect de la diversité. «A travers toutes ces initiatives, nous espérons vivement établir un nouveau benchmark en matière d’équité et d’inclusivité et motiver d’autres entreprises à mettre en œuvre leurs propres mesures», conclut Christiane Bisanzio. Amanda Castillo
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Anniversaire
Avec son nouveau directeur général, Stéphane Disant, issu du monde de l’hospitalité, l’entreprise genevoise intègre un autre type de management et ne cache pas ses ambitions.


Voici dix ans, la famille Borgstedt (soit les représentants de la cinquième génération) cédait
Pelichet NLC SA (déménagements, transferts de bureaux et sites industriels, archivages physiques et numériques) au groupe familial AGS/ Mobilitas. Puis en 2015 et 2016, le reste des actifs, soit principalement Secur’Archiv était à son tour vendu. Une page d’histoire semblait se tourner. Mais depuis quelques mois, Pelichet revient avec vigueur sur le devant de la scène. D’une part, en augmentant son spon-
L’entreprise est spécialisée dans les déménagements, transferts de bureaux et sites industriels, archivages physiques et numériques. LDD
soring, non seulement en faveur du Genève-Servette Hockey Club, mais aussi désormais en faveur du Servette Rugby Club Genève et du FC Servette. «Le Servette Rugby Club a monté un partenariat avec l’Afrique du Sud et avec les Sharks de Durban pour qu’ils puissent venir s’entraîner ici à Genève. La forte présence du groupe sur le continent africain et nos solutions vers nos clients des différentes ambassades et missions permanentes donnaient du sens à notre collaboration», explique Régis Serriere, directeur international chez Pelichet.
D’autre part, en voulant croître à nouveau. Cela passe par l’ouverture en mai 2021 d’une agence à Orbe (VD), spécialisée dans la manutention lourde pour toutes les industries, mais surtout pour la branche horlogère. Et par l’intention de devenir à nouveau propriétaire et non plus locataire de ses surfaces. «Nous venons de valider une enveloppe de 20 millions de francs pour nous recentrer sur un seul site à Genève et nous avons également décidé de débloquer 5 à 7 millions de francs pour trouver des locaux dans le Nord Vaudois», nous informe Stéphane Disant, le directeur général. Arrivé en plein Covid, ce dernier ne vient pas du sérail du monde du déménagement. Il a notamment travaillé chez Maison Lenôtre et chez Yachts de Paris (150’000 passagers/20 millions d’euros de chiffre d’affaires). «Je suis un homme de marque. Pelichet est aussi une marque forte et nous œuvrons pour de grandes marques horlogères, notamment.»
La Suisse alémanique dans le viseur «Avec l’archivage physique et numérique, nous avons un spectre d’action très large et des relais dans plus de 100 pays. Notre chiffre d’affaires a progressé de plus de 10%. Il devrait atteindre 15 millions de francs l’an prochain, contre 11,5 millions en 2020. Notre volonté est d’atteindre les 50 millions d’ici à 2025-2027 grâce à un développement outre-Sarine. Notre idée est de racheter une structure en Suisse allemande pour croître plus vite», résume Stéphane Disant. C’est à cette fin que Régis Serriere avait été recruté, du fait de son expérience et que cet Alsacien maîtrise aussi parfaitement l’allemand. Aujourd’hui Pelichet, c’est 70 collaboratrices et collaborateurs fixes, «mais nous pouvons monter à 150 selon les périodes. C’est une remise à plat permanente, avec beaucoup d’humilité.» La société possède 700 containers répartis dans deux halles où tout est entièrement automatisé. «Nous avons des clients fidèles depuis un demi-siècle. » L’activité de gardemeuble représente environ 1,5 million de francs de chiffre d’affaires par année. «Nous avons embauché une dizaine de personnes depuis deux ans et allons encore recruter autant en 2022», annonce Stéphane Disant.
Serge Guertchakoff

Les synergies mises en place entre les différents domaines d'expertise permettent une approche pluridisciplinaire. LDD
Depuis la création d’un nouveau département MoneyPark Real Estate dédié à la recherche et à la vente de propriétés, les activités immobilières de la société continuent leur développement. En combinant conseil sur mesure, expertise pointue et technologie pionnière, MoneyPark propose des solutions hypothécaires et immobilières complètes et personnalisées. Toutes les prestations sont désormais réunies sous une seule et même enseigne afin d’accompagner les clients de bout en bout sur tous les aspects relatifs à l’immobilier et d’assurer un suivi de qualité à chaque étape de la vie des propriétaires. Les synergies mises
en place entre les différents domaines d’expertise permettent une approche multidisciplinaire et renforcent les liens entre les différents métiers. Chaque spécialiste apporte sa plus-value afin d’accroître et d’optimiser la collaboration à l’interne.
Les nouvelles activités de l’entreprise dans le secteur immobilier ont permis de créer de nombreuses opportunités de carrière dans toutes les régions de Suisse. Le recrutement de futurs talents spécialisés dans le courtage et l’expertise immobilière se poursuit. Cette fin d’année, des opportunités en qualité d’Assistant-e courtage viennent de s’ouvrir. Par ailleurs, le processus de re -
crutement d’un-e futur-e Responsable coordination du département Real Estate est en cours. Cette création de poste vise à assurer un développement stratégique et opérationnel efficient du nouveau secteur d’affaires.
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Sergio Panzarella
Avec Olixir, Sergio Panzarella ravive la magie de l’huile d’olive et ses vertus nutritionnelles et médicales.
Bien-être spirituel et physique garanti.
Plonger un morceau de pain dans un peu d’huile d’olive revêt un caractère solennel. Ce moment de plaisir réconfortant a rapidement franchi les frontières transalpines pour devenir un véritable rituel en préambule des repas. Sergio Panzarella est un ambassadeur de choix lorsqu’on évoque les partitions gustatives de l’huile d’olive. Ancien directeur marketing au sein d’une multinationale, il s’est reconverti en producteur d’huile d’olive avec sa marque Olixir à travers sa fondation Food for Health. Rencontre avec un personnage discret, qui a rendu ses lettres de noblesse à une décoction trop souvent malmenée par la grande distribution.
Sommelier en huile d’olive
Comme pour la saison de la truffe blanche, Sergio Panzarella souhaite susciter un mouvement populaire en faisant la promotion de la saisonnalité de son produit. «Malgré sa puissance aromatique et gustative unique, mon produit doit rester accessible et ne surtout pas basculer dans une forme d’élitisme.» Ce sont les pasta al forno de sa grand-mère, arrosées d’un filet d’huile d’olive au moment de les servir, qui ont bercé l’enfance du jeune Sergio. Né à Palerme, il se dirige rapidement vers la capitale italienne avant d’atterrir sur les bords du Léman. Issu d’une famille propriétaire d’une oliveraie depuis plusieurs générations, il décide à 30 ans de laisser derrière lui l’univers des marques et de revenir sur sa terre natale. Pour l’élaboration de son trésor, il dispose de plusieurs hectares en

Sicile, qu’il va exploiter sous la supervision de son grand-père dès 1979. «Avant cette étape de vie, je m’étais éloigné de mes origines. Il était grand temps de renouer avec mes racines», se remémore-t-il non sans émotion. L’entrepreneur en devenir ne laisse rien au hasard et passe dans la foulée un diplôme de sommelier en huile d’olive en 2018 à New York. Car il le sait, afin d’être crédible il faut avoir une certaine forme de légitimité. C’est chose faite!
Force nutritionnelle
Et c’est tout logiquement qu’il intègre ses compétences acquises dans le secteur marketing à sa nouvelle activité professionnelle. «Les bienfaits nutritionnels de l’huile n’ont malheureusement jamais été mis en avant jusqu’à maintenant. J’essaie de faire avancer les lignes, à mon humble niveau.» L’huile de Sergio possède une teneur élevée en polyphénol et vitamine E et a des effets positifs sur la fonction cardiovasculaire.
Une fois sur le terrain, il revoit l’ensemble des procédés de production. Il reprend l’entretien de la propriété, laissée à l’abandon depuis une dizaine d’années, et commence par débroussailler le terrain. Il enchaîne avec la taille des arbres,
une étape stratégique qui permet la régularité de la récolte. S’ensuit l’extraction de l’huile par la pression des olives; la mise en bouteille est effectuée durant la même journée. «C’est au cœur de l’automne que les olives sont récoltées.»
Restaurateurs de renom genevois
Une fois embouteillée et étiquetée, l’huile peut être vendue. Sergio commence par les marchés. «A ce stade, le réseau se construit directement sur le terrain et au contact des gens.» L’entrepreneur en restauration Benjamin Luzuy et ses acolytes Beppe dell’Aquila et Jacopo Romagnoli sont les premiers à lui faire confiance et à utiliser Olixir au sein de leurs établissements genevois. D’autres suivent rapidement le mouvement. Pour cette dernière récolte, Sergio s’associe avec des chefs de renom à l’image de Jean-Marc Bessire du restaurant étoilé Le Cigalon, de Jean-Baptiste Caillarec au golf du Domaine Imperial, de Stefano Fanari au Giardino Romano ou du talentueux Jonas Bolle du restaurant Natürlich. Cerise sur l’olive, les établissements accompagnant Sergio dans cette aventure vont prochainement dédier des plats à son huile d’olive fraîche. Une reconnaissance pour un travail de dur labeur.



Le «jus d’olive», comme l’appelle Sergio, révèle des notes prononcées d’olive verte, d’herbes et de feuilles de tomate. E. Amoiel
Avec son aspect vert ultra chargé en chlorophylle, son «jus d’olive», comme l’appelle Sergio, révèle des notes prononcées d’olive verte, d’herbes et de feuilles de tomate. Dégustée comme du vin, l’huile picote légèrement sur la langue. «Bravo! s’exclame immédiatement le producteur. Le picotement est dû à la teneur en polyphénol et garantit une fraîcheur naturelle. C’est donc la preuve que nous avons fait du bon travail.» Avec un merveilleux pain de campagne ou une envoûtante foccacia, l’instant est bel et bien magique.
Edouard Amoiel
«Malgré sa puissance aromatique et gustative unique, mon produit ne doit surtout pas basculer dans une forme d’élitisme»

Livre d’art
Préfacé par Ivan Pictet, un magnifique ouvrage richement illustré permet de découvrir une galerie d’une vingtaine de personnalités parfois méconnues, malgré des parcours assez brillants.

Jean Chenevière (1725) deviendra «roi de l’Arquebuse», une société militaire dominée par les familles patriciennes. LDD
Christophe Vuilleumier, l’auteur de «Les Chenevière, une famille genevoise: 1582-2021», aura consacré près de deux ans de sa vie pour rassembler les documents et l’iconographie de cet ouvrage d’art. Au départ, cette famille catholique était établie à quelque 23 km de Lyon. Le livre débute avec Laurent Chenevière (15821647), dont le père et l’oncle étaient marchands drapiers. Il fut envoyé dans la cité calviniste à la fin du XVIe siècle auprès de la veuve de Montchal, qui avait repris les affaires de son mari dans le drap et le fil d’or utilisé dans la passementerie. Il finit par épouser sa fille, Debora après avoir abjuré sa foi. Une année plus tard, le premier enfant, Jérémie, naissait. Vingt

Auguste Chenevière (fin XIXe siècle), médecin des pauvres et des nécessiteux. LDD
ans plus tard, Laurent était à présent un Genevois bien implanté, socialement reconnu. Car, comme l’indique Ivan Pictet, «la circulation entre les différentes classes n’était pas chose aisée (...) Par un sentiment déplorable mais assez naturel, le Petit Conseil, peu disposé à partager des privilèges, a limité le nombre des réceptions à la bourgeoisie, donnant parfois, ici encore, la préférence à un parent.» En 1631, Laurent, qui avait accumulé une fortune suffisante, acquérait, à l’âge de 49 ans, la bourgeoisie de la cité, pour lui et son fils Jérémie. Rappelons que la bourgeoisie permettait d’accéder au Conseil des Deux-Cents (assemblée législative), notamment. Le jeune frère d’Elisabeth Baulacre dispensera à Jérémie Chene-
vière un apprentissage de tireur d’or. Or, la dame Baulacre représentait tout de même la seconde fortune de la cité à l’époque.
Jean Chenevière (1676-1746)
Jean Chenevière n’était pas l’aîné des fils d’Abel (1634-1699), le fils aîné de Jérémie, pourtant il reçu la charge de présider au destin familial. Comme son père, il deviendra «roi de l’Arquebuse», une société militaire dominée par les familles patriciennes. A ce titre, les syndics Trembley et Lullin allèrent le chercher à son domicile pour le conduire à la Maison de ville où il reçut les princes étrangers, entre autres. On apprend que la veille de son couronnement, alors qu’il s’exerçait au mousquet, Jean avait tué par accident un malheureux quidam. «Prérogative arbitraire d’un patriciat tout puissant, l’affaire avait été étouffée aussi vite qu’efficacement.» En 1738, il sera le premier membre de cette famille à rentrer au Conseil des Deux-Cents.
«Entre la fin du XVIe siècle et la seconde partie du XVIIIe siècle, les Chenevière qui s’étaient installés à Genève plus par opportunité économique que pour des raisons confessionnelles, développèrent leurs activités, leur sphère d’influence et leur renommée.»
Cet ouvrage consacre un chapitre à JeanJacques-Caton Chenevière (1783-1871) qui se fit connaître dans le giron des libres-penseurs genevois en entamant une œuvre littéraire abondante. Ainsi qu’à ses héritiers, à commencer par Auguste (1825-1884) qui devint le médecin des pauvres et des nécessiteux, payant parfois de ses propres deniers le coût de ses ordonnances. D’autres entreront dans le monde des médias, tels Marc Chenevière qui fut le rédacteur en chef de feu «La Suisse» de 1941 à 1975 ou de Guillaume Chenevière, qui devint directeur général de la TSR de 1992 à 2001. A découvrir! Serge Guertchakoff

par Bertrand Ropraz, responsable de succursale, Fribourg & Bulle

Il convient d'anticiper la rupture de son contrat de prêt hypothécaire, pouvant générer des charges importantes. LDD
Ala suite de la mise en place du financement hypothécaire lors de l’achat d’un bien, les acquéreurs sont tenus de respecter certaines obligations envers l’établissement financier choisi. Qu’arrive-t-il, lorsque les propriétaires sont contraints de vendre leur bien immobilier en cours de contrat de prêt et ainsi de résilier leur taux fixe avant l’échéance initialement prévue? La plupart des établissements financiers calculent une pénalité ou une indemnité de sortie (également appelée
dédite) en cas de rupture d'un contrat hypothécaire à taux fixe. Cette pénalité dépend du taux de refinancement, de la marge appliquée au client, du rendement du réinvestissement de l’établissement financier ainsi que des frais administratifs. Quelles possibilités s’offrent à vous afin d’éviter le paiement de cette dernière?
Voici quelques options possibles:
• Transférer votre prêt hypothécaire en cours sur un nouvel objet immobilier,
pour autant que le financement soit au moins de la même valeur et que l’estimation du nouveau bien le permette. Ainsi, vous ne payerez pas de pénalité et poursuivrez vos relations avec le même établissement ;
• Transférer les conditions hypothécaires en vigueur au nouvel acquéreur de votre bien, à condition que sa situation financière le lui permette et que l’établissement financier accepte de lui octroyer ce financement ;
• Conclure une assurance de protection en cas de vente de votre bien immobilier, souvent traduit par une majoration de votre taux fixe. Quelques établissements financiers incluent automatiquement cette assurance dans leur contrat-cadre hypothécaire.
Toutefois, si l’institution financière vous facture quand même cette dédite, il est possible de la diluer dans le taux d’intérêt du jour auprès du même établissement financier, ce qui se traduit par une majoration du taux du jour. Vous pouvez aussi la reporter sur le prix de vente de votre bien immobilier. Ainsi, c’est le nouvel acquéreur qui la financera. À noter que ce montant est déductible de l’impôt sur le gain immobilier. Dans certains cas, il pourrait être possible de résilier le contrat avant la vente. Selon les cantons, notamment à Fribourg, cette pénalité pourra être déduite de votre revenu imposable, seulement si vous restez auprès du même partenaire financier et repartez avec un taux fixe aux conditions du jour.
En résumé, la rupture d’un contrat de prêt hypothécaire à taux fixe peut engendrer des charges importantes. Il est vivement recommandé d’être accompagné par l’un de nos spécialistes en financement afin de réaliser une analyse de votre situation et choisir la solution la plus adaptée à vos besoins.

La mythique station alpine de Verbier, bien connue des skieurs suisses et internationaux, a opéré un lifting pour cette saison 2021-2022. Terminée au printemps dernier, la rénovation de la gare de Médran et l'installation de son téléphérique flambant neuf de 10 places permettent désormais de relier Médran et les Rui-
nettes. Déjà conquis, les sportifs venus en nombre lors de l'ouverture de la station fin novembre. La maison BARNES étant le sponsor exclusif de la ligne, cette nouvelle liaison prend le nom de BARNES Line.
En tout, ce sont 66 cabines entièrement vitrées, dans un style chic et sobre reprenant les codes de la marque, cha-
cune portant le nom de l'une des destinations BARNES à travers le monde. Un aller direct au paradis de la glisse!
Derrière le sponsoring, la volonté d'œuvrer pour la station «Sponsoriser une ligne entière de télécabines n'est pas uniquement offrir une belle visibilité à BARNES. Il y a une réelle

histoire derrière tout ça», annonce d'entrée de jeu Rosario Gallina, Directeur de BARNES Verbier. Pour la comprendre, il faut remonter le fil d'un lien intergénérationnel et solide entre l'une des familles historiques de la station, partenaire de l'agence BARNES, la famille Dorsaz. Établie depuis 1962 à Verbier, Dorsaz Père est devenu une figure iconique et respectée pour avoir contribué de manière substantielle au rayonnement économique et touristique de Verbier au travers de plus de 1'000 projets immobiliers dans la région, dont le célèbre Hameau de Verbier ou le Musée Alpin. Il fut également pendant de très nombreuses années le vice-Président de Téléverbier sous l’ère du très connu Rodolphe Tissières. Aujourd'hui, Père et Fils continuent à œuvrer pour la station via des projets concrets, dont font partie la rénovation de la gare de Médran et la création de la BARNES Line, Dorsaz fils étant en outre le Président de BARNES Verbier. En tout, Téléverbier a investi un total de
20 millions de CHF dans la rénovation de la gare et l'installation de la ligne, les 66 télécabines étant entièrement sponsorisées par BARNES pour une durée de 5 ans. «Nous sommes extrêmement fiers de ce partenariat qui fait totalement sens, lorsque l'on sait le lien que BARNES entretient avec la station, via l'histoire de son Président et en tant qu'acteur numéro 1 aujourd'hui dans le secteur de l'immobilier. Il est très important pour nous de participer de manière active à la visibilité de Verbier, et sponsoriser cette ligne, qui s'ancre dans le territoire, nous a paru être totalement en phase avec notre métier au plus près du terrain... et de terrain!» rajoute Rosario Gallina.
Plus de 3000 personnes par heure attendues sur la BARNES Line ! Miami, Paris, Londres, Genève, Bruxelles, Madrid, New York... quelle sera votre destination? Chaque télécabine est l'occasion de présenter une
agence BARNES à travers le monde, petit clin d'œil au voyage de quelques minutes entre la gare de Medran et les pistes ! Entièrement habillées de noir, dans un style classieux qui surprend autant qu'il séduit, les cabines évoluent en parfaite harmonie dans le ciel de Verbier sur fond de décor de carte postale.
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par Anne Hiltpold, avocate
Je suis copropriétaire d’un appartement dans une propriété par étages. J’ai récemment appris qu’un des copropriétaires d’étage de notre immeuble, qui ne payait plus ses charges depuis de nombreux mois, a vendu son appartement. Que pouvons-nous faire? Pouvons-nous réclamer les charges impayées au nouveau copropriétaire?
(Pauline R., Genève)
La gestion d’un immeuble engendre des frais et des charges relatifs au bâtiment de base. Ces dépenses liées aux parties communes de l’immeuble et à son administration sont usuellement qualifiées de frais et charges communs et sont réparties entre les différents propriétaires d’étage.
Tous les copropriétaires doivent donc contribuer aux charges communes et aux frais d’administration commune de leur immeuble et ce dans la proportion prévue par la loi (soit une répartition proportionnelle à la valeur des parts) ou par le règlement d’administration et d’utilisation de la propriété par étages (RAU), voire par une décision de la Communauté des propriétaires d’étages. Il peut arriver que l’un des copropriétaires cesse de s’acquitter de sa contribution, ce qui peut parfois conduire à des problèmes de trésorerie de la communauté

des propriétaires d’étages et bloquer le bon fonctionnement de la PPE.
C’est pourquoi la loi a prévu essentiellement deux moyens coercitifs à disposition de la communauté des propriétaires pour garantir son droit aux contributions échues des trois dernières années: l’inscription d’une hypothèque légale sur la part du copropriétaire actuel et un droit de rétention sur les meubles qui garnissent les locaux d’un copropriétaire et qui servent soit à leur aménagement soit à leur usage.
L’hypothèque légale est un droit de gage qui peut, de façon ultime, permettre de faire vendre par réalisation forcée la part d’étage concernée. Le droit de rétention permet lui à son titulaire de faire réaliser, en couverture de sa créance, certains meubles se situant dans l’unité d’étage. Il s’agit donc d’une restriction directe à la propriété mobilière du propriétaire d’étages en défaut, qui sera initiée par
une réquisition de prise d’inventaire adressée à l’office des poursuites du lieu de situation de l’immeuble.
Obligation propter rem
L’obligation du propriétaire d’étages envers la communauté des propriétaires est qualifiée de propter rem. Cela signifie que le débiteur est celui qui est inscrit au Registre foncier comme propriétaire d’étages. Le propriétaire actuel d’un lot doit donc s’acquitter de la contribution même s’il n’a pas participé à la prise de décision à l’origine de la dépense. Il est donc important que l’acquéreur d’une part d’étages se renseigne suffisamment sur l’existence de décisions qui auraient déjà été prises et qui pourraient occasionner des dettes importantes à sa charge. Ce caractère propter rem ne s’applique toutefois qu’aux créances qui sont nées après le transfert de propriété. Mais «nées» après le transfert ne signifie pas

«décidées» après le transfert. Autrement dit, des travaux peuvent avoir été décidés avant le transfert mais la créance ne naîtra qu’après le transfert, une fois les travaux réalisés. Cela signifie également que les charges impayées restent dues par le vendeur et elles ne peuvent pas être réclamées au nouvel acquéreur. Une norme du règlement d’administration et d’usage qui imposerait une solidarité entre l’acquéreur et l’aliénateur ne serait pas valable. C’est ainsi qu’en a jugé le Tribunal fédéral en 1997. Certains règlements d’administration et d’usage adoptés avant cette date prévoient d’ailleurs encore une telle clause. En réalité, ce n’est que si l’acquéreur a signé une reprise de dette que les charges impayées de l’ancien copropriétaire peuvent lui être réclamées. Ainsi, il conviendrait de vous renseigner, dans votre cas, si le nouveau propriétaire a accepté de reprendre les dettes, soit les charges impayées, du vendeur. A défaut,
vous ne pourrez pas réclamer à ce nouveau copropriétaire le montant impayé par le vendeur, ni user des deux moyens décrits plus hauts.
Devoir d’information
En principe, les règlements d’administration et d’utilisation prévoient que le copropriétaire qui aliène sa part de copropriété est tenu d'en aviser sans délai l'Administrateur, en indiquant les nom et qualité de l'acquéreur, ainsi que la date du transfert de propriété, et qu’il demeure responsable du paiement des charges s'il omet cette information.
Ceci permet à l’Administrateur d’informer tant l’acquéreur que le notaire du fait que des charges sont impayées, et de faire en sorte que le montant impayé puisse être pris sur le prix de vente avant que le vendeur ne disparaisse éventuellement dans la nature.
Si le copropriétaire n’informe pas l’Administrateur de la vente, il risque alors de se voir imputer les frais et charges communs
en lieu et place du nouveau propriétaire. Il a ainsi tout intérêt à en informer l’Administrateur en cas de vente. En tout état, cela n’empêchera pas la communauté de lui réclamer, par le biais d’une procédure judiciaire si nécessaire, le paiement des charges impayées.
Compte tenu du fait qu’une procédure judiciaire peut s’avérer plus compliquée et plus compromise dans l’hypothèse où le vendeur serait parti sans laisser d’adresse, il apparaît que les deux moyens coercitifs prévus par le droit de la propriété par étages (droit de rétention et hypothèque légale) doivent être mis en œuvre le plus rapidement possible, lorsque que le copropriétaire est encore copropriétaire.
Pour tout complément d’information
Chambre des notaires de Genève Rue Guillaume-Farel 10 1204 Genève
Tél. 022 310 72 70 info@notaires-geneve.ch www.notaires-geneve.ch
Dans un arrêt récent (4A-282/2021), le Tribunal fédéral a rappelé que dans les cas de succession, lorsque les enfants adultes succèdent au locataire décédé, la protection du locataire est réservée à celui qui faisait ménage commun avec le défunt et continue d’habiter ledit logement et refusée à la personne qui ne séjournait pas ou plus dans celui-ci.
Si un congé est donné, celui qui vivait avec le défunt peut agir seul pour contester le congé, qui doit être donné à tous les héritiers, mais il doit assigner aux côtés du bailleur le ou les autres héritiers colocataires qui n’entendent pas s’opposer au congé, sous peine de se voir dénier la qualité pour agir. Il s’agit d’abord d’une question de recevabilité de l’action, puis d’opposabilité d’une décision.
En l’occurrence, le locataire avait contesté seul le congé sans attraire les autres héritiers. Son action a été rejetée faute de légitimation active.

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