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MayJune 2026 french

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La Reprise

LA BATAILLE DU MONT SORREL DÉBUTA DANS LA CATASTROPHE POUR LES CANADIENS, MAIS S’ACHEVA PAR UN TRIOMPHE

Mark Zuehlke

Voir l’article à la page 4

Le Princess Patricia’s Canadian Light Infantry défendant farouchement sa position au milieu du carnage de la bataille de 1916, représenté par l’artiste Kenneth F orbes.

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L’HEURE EST À L’ARMÉE

Indépendamment des débats politiques, le gouvernement du premier ministre Mark Carney a apparemment tenu sa promesse électorale formulée il y a un peu plus d’un an concernant l’« accélération sans précédent des investissements » dans les forces armées canadiennes. Les initiatives en faveur de l’armée, qu’il s’agisse de l’importante hausse des dépenses de défense ou de la mise en place de nouvelles alliances de sécurité, sont nombreuses et variées.

En effet, à peine un mois après son élection en avril 2025, M. Carney a annoncé que le Canada atteindrait d’ici la fin de l’année l’objectif de financement de l’OTAN, fixé à 2 % du produit intérieur brut (PIB). Il a ainsi promis plus de 9 milliards de dollars de dépenses de défense supplémentaires pour l’exercice. L’année précédente, le gouvernement libéral prévoyait plutôt de porter les dépenses de défense à 1,37 % du PIB et d’atteindre l’objectif de l’alliance d’ici 2032. Dans son budget d’automne, M. Carney a ensuite précisé les dépenses militaires nécessaires pour atteindre le nouvel objectif de l’OTAN, soit 5 % du PIB d’ici 2035.

Un mois avant, les autorités fédérales avaient lancé la nouvelle Agence de l’investissement pour la défense afin de remplacer le système d’approvisionnement qui, selon elles, était « fragmenté entre plusieurs ministères, lent à consulter l’industrie et trop complexe pour répondre aux besoins militaires en constante évolution, ce qui fait que les

Forces armées canadiennes doivent attendre des années, parfois des décennies, pour obtenir le matériel qui leur est indispensable ». M. Carney a nommé à la tête de l’Agence M. Doug Guzman, ancien cadre du secteur bancaire avec trente ans d’expérience dans l’investissement et la finance, une décision jugée prometteuse pour la révision et la rationalisation de l'approvisionnement. Notamment, le gouvernement a également déclaré que la nouvelle agence « permettra au Canada de mieux harmoniser ses relations avec des partenaires comme le Royaume-Uni, l’Australie et la France, qui comptent déjà des organismes d’approvisionnement spécialisés, ce qui facilitera et optimisera les acquisitions et l’établissement de partenariats communs en matière de défense ».

De nouvelles alliances de sécurité ont également émergé. Au début de 2026, le Canada a rejoint officiellement l’initiative « Agir pour la sécurité de l’Europe », renforçant officiellement la coopération en matière de défense avec l’Union européenne. Cette initiative offre aux fabricants canadiens de nouvelles occasions d’accéder aux marchés européens de la défense et de collaborer avec leurs homologues, alors que les États membres de l’UE augmentent leurs dépenses militaires.

À ce propos, le Canada a annoncé un partenariat stratégique avec la Suède à l'été 2025, illustré notamment par

des discussions de collaboration dans l’industrie aéronautique entre Bombardier et Saab autour du chasseur à réaction Gripen. Le Canada a également annoncé un pacte avec la Finlande et les États-Unis pour « améliorer […] les capacités collectives de production de navires brise-glaces de classe mondiale nécessaires pour affirmer […] la souveraineté polaire et arctique » en novembre et un accord de défense avec la Corée du Sud en février 2026 pour réaffirmer l’« engagement commun à renforcer la coopération à une époque marquée par une concurrence stratégique accrue, une évolution rapide des technologies et une pression croissante sur les sociétés ouvertes et démocratiques ».

Le même mois, M. Carney a dévoilé la première stratégie industrielle de défense du Canada, qui vise à « transformer nos industries de la défense en accordant la priorité aux fournisseurs et aux matériaux canadiens, en investissant dans l’innovation et la commercialisation canadiennes, et en rationalisant le processus d’approvisionnement afin d’assurer une demande constante et prévisible aux entreprises ».

Bien d’autres mesures ont été prises au cours de l’année, dont l’intégration de la Garde côtière à la Défense nationale, de nouveaux investissements dans la sécurité de l’Arctique et du Nord, ainsi que la création de nouveaux centres de recherche consacrés à l’innovation en matière de drones et de défense maritime.

« Défendre le Canada, c’est bâtir le Canada, a déclaré M. Carney en lançant la stratégie industrielle de défense. La sécurité et la prospérité sont les fondements complémentaires d’un Nord authentique, fort et libre. »

À tout le moins, il est encourageant de voir l’armée canadienne revenir une fois de plus au premier plan.

LE

2 juin 1916, le Corps canadien se relevait encore d’une défaite désastreuse survenue en avril aux cratères de Saint-Eloi. Là-bas, au saillant d’Ypres, les sapeurs britanniques avaient fait exploser des charges souterraines près du village de Saint-Eloi, créant ainsi sept gros cratères. L’attaque du 27 mars qui s’ensuivit, menée par la 3e Division britannique, avait commencé de manière prometteuse, avant de s’effondrer sous les contrattaques des Allemands. Lorsque la 2e Division canadienne fut envoyée occuper le terrain gagné pendant la nuit du 3 au 4 avril, elle fut décimée et contrainte de se replier. Cela permit aux Allemands de reprendre tout le territoire qu’ils avaient perdu. À la fin de la bataille, le 16 avril, les Canadiens avaient subi 1 373 pertes et les Allemands, 483.

Le commandant du corps, le lieutenant-général Edwin Alderson fut donc relevé de ses fonctions le 28 mai par un compatriote britannique : le lieutenant-général Julian Byng. De retour de Gallipoli, Byng n’était pas ravi d’être affecté à des coloniaux. Et nouveau dans l’unité, il devait évaluer les forces et les faiblesses des Canadiens, ainsi que celles de leurs commandants de division et de brigade. Heureusement, le saillant semblait relativement calme. Les Britanniques s’attachaient surtout à rassembler des soldats, des pièces d’artillerie et des munitions pour l’offensive qu’ils avaient l’intention de lancer le 1er juillet à la Somme, et les Allemands semblaient se contenter de laisser les lignes telles quelles. Bien entendu, pour les soldats sur le terrain, le silence ne régnait jamais. L’incessant duel d’artillerie avait fait quelque 2 000 victimes canadiennes rien qu’en mai.

Avec un printemps anormalement pluvieux et froid, les tranchées étaient pleines de boue. Les soldats des deux côtés étaient dans un état lamentable. Les Canadiens surveillaient mal les activités des Allemands en face d’eux, peut-être par manque d’expérience ou en raison du moral incertain des commandants du corps à la suite du remaniement chaotique lié à la relève d’Alderson. Ils ne fortifiaient pas non plus leurs défenses, ne préparaient pas de zone de tir d’artillerie, ni ne créaient de réserves d’intervention pouvant servir à repousser les attaques de l’ennemi.

Le front défendu par les Canadiens était à la fois le plus vulnérable et le plus stratégique du saillant. C’était le seul secteur de la crête de l’Observatoire encore aux mains des Alliés, et celui qui s’avançait le plus à l’est en territoire allemand. Il s’étendait sur environ 1 000 mètres à l’est de Zwarteleen, près de la colline 60, et passait par le mont Sorrel et deux points légèrement plus élevés : la colline 61 et la colline 62, cette dernière étant aussi appelée Tor Top. Au nord, le sol s’abaissait jusqu’à la route de Menin, tandis qu’à l’ouest, la crête de l’Observatoire s’étendait sur 1 000 mètres, du bois d’Armagh au bois du Sanctuaire.

Le commandant de la 4e Armée allemande, le Generaloberst Albrecht, était déterminé à prendre ce terrain élevé. S’il parvenait à s’en emparer, en particulier de la crête de l’Observatoire, il pourrait peut-être forcer les Alliés à céder tout le saillant. À défaut, la perte de ces hauteurs pourrait obliger les Alliés à « maintenir une force aussi grande que possible au saillant d’Ypres », comme le déclarèrent les Allemands, réduisant ainsi la capacité des Britanniques à entreprendre une offensive majeure ailleurs.

Le lieutenant-général Julian Byng (ci - contre), commandant du Corps canadiens.

Albrecht, héritier présomptif du trône du royaume de Wurtemberg,  était un soldat professionnel très estimé. Le 13e Corps de la 4e Armée qu’il commandait était de premier ordre, et ses 26e et 27e divisions de fantassins se préparaient à l’attaque depuis six semaines. Les ingénieurs avaient creusé des sapes de chaque côté de Tor Top. Bien que les ingénieurs allemands aient été remarqués par les Alliés et qu’ils soient harcelés par leur artillerie et leurs mitrailleuses, ils poursuivaient leurs travaux. À la fin du mois de mai, les têtes des sapes, qui ne se trouvaient plus qu’à environ 50 mètres des lignes des Canadiens, étaient reliées par une tranchée latérale. Des travaux semblables furent identifiés au sud du mont Sorrel.

Pendant ce temps, les observateurs aériens alliés rapportaient qu’il y avait, près de la route de Menin, des fortifications factices ressemblant beaucoup aux défenses canadiennes de Tor Top, et qu’elles semblaient pouvoir servir à s’exercer à leur assaut. On décelait

également des signes que des mortiers de tranchée de gros calibre et autres pièces d’artillerie normalement employés lors d’opérations offensives étaient en train d’être mis en place en face des Canadiens. Mais, la météo rendait l’observation difficile et aucune concentration importante de fantassins n’avait été signalée. Ces indices furent donc ignorés.

Aux premières heures du 2 juin, les Canadiens entreprirent de remédier à leurs lacunes défensives, sans savoir qu’il était déjà trop tard. À 6 h, le major-général Malcolm Mercer et le brigadiergénéral Victor Williams de la 3e Division se rendirent au mont Sorrel pour observer le front du 4e bataillon canadien de fusiliers à cheval (CMR) de la Division. À 8 h, le journal du bataillon faisait état d’une « belle matinée, tranquille, et visiblement calme ».

« L’entière position de l’ennemi était un nuage de poussière et de terre où les madriers, les troncs d’arbre, les armes et l’équipement étaient lancés dans les airs sans relâche. »

Tout cela changea à 8 h 30, quand un déluge d’obus s’abattit sur un front de 1 000 mètres au milieu duquel se trouvait le 4e CMR. Il s’ensuivit l’un des bombardements les plus intenses de la guerre jusque-là. Le pilonnage d’artillerie fit rage pendant quatre heures et demie. Les artilleurs canadiens essayèrent de répondre, mais ils furent débordés par le feu de l’ennemi. Pris au milieu

Le commandant de la 4 e Armée allemande, le Generaloberst Albrecht (en haut à gauche). Le major-général Malcolm Mercer (ci - dessous à gauche), commandant de la 3e Division, et le brigadier-général Victor Williams (ci - dessous à droite). Les soldats attaquent dans la fumée à la bataille du mont Sorrel (au centre en bas).

de la tourmente, Mercer fut tué, tandis que Williams fut gravement blessé et fait prisonnier. Mercer allait être l’officier canadien le plus haut gradé à mourir pendant la guerre, et Williams, le prisonnier de guerre le plus haut gradé.

Derrière le 4e CMR, le soldat George Yule du 5e CMR se réfugia dans le Maple Copse, un bosquet près de la colline 62. Il fut pris dans le maelström. « Tous ces beaux arbres à Maple Copse; dans l’après-midi, il ne restait pas une seule souche de plus d’un pied et demi. Le barrage avait vraiment été dévastateur. J’ai été envoyé en arrière chercher la compagnie B […] le QG avait été réduit en miettes […] tout avait été détruit. »

Une grande partie de ce secteur du saillant avait été épargnée jusque-là. Le barrage avait mis fin à cela. Les arbres du Maple Copse, du bois d’Armagh et du bois du Sanctuaire avaient été déchiquetés : il ne restait plus que des cratères et des souches en charpie. Des éclats de bois meurtriers avaient tranché les chairs, aggravant le carnage. Peu de soldats pris dans le barrage survécurent. Beaucoup avaient tout simplement disparu, consumés par les flammes ou ensevelis sans espoir d’être dégagés sous les vestiges du bosquet.

Cette carte illustre les positions britanniques et canadiennes (en brun) et les lignes allemandes (en rouge) le 4 juin 1916.

Selon un témoin allemand, « toute la position ennemie était un nuage de poussière et de terre où les madriers, les troncs d’arbre, les armes et l’équipement étaient lancés dans les airs sans relâche, et à l’occasion, des corps humains ».

Le tir de barrage prit fin à 13 h, et la tuerie se poursuivit lorsque les quatre mines mises en place dans des tunnels explosèrent sous le front canadien. Ensuite, six bataillons d’assauts du Wurtemberg, suivis de cinq autres en soutien rapproché et de six autres en réserve, se ruèrent sur les quatre bataillons canadiens qui leur barraient la route.

Des groupes de survivants isolés du 1er et du 4e CMR tentèrent de résister aux Allemands qui envahissaient les tranchées démolies du mont Sorrel et de la colline 62.

Les hommes se battaient au corps à corps, à la baïonnette et à la grenade. Chaque fois qu’une poignée de Canadiens semblait tenir, les soldats du Wurtemberg les éliminaient au lance-flammes. Sur les flancs gauche et droit, le Princess Patricia’s Canadian Light Infantry (PPCLI) et le 5e Bataillon de la 1re Division fauchaient les Allemands à la mitrailleuse. Directement en face des Allemands, sur les lisières du Maple Copse, le 5e CMR freinait quelque peu l’avance de l’ennemi en tirant au fusil avec rapidité et précision à partir de positions isolées. Les Allemands qui déferlaient sur la crête de l’Observatoire étaient des cibles visibles pour les artilleurs de la 5e Batterie de l’Artillerie de campagne canadienne. Malgré les lourdes pertes infligées à l’ennemi, la batterie fut neutralisée.

« Il convient de souligner que, là aussi, les Canadiens ne se sont pas rendus, écrivit un historien du régiment allemand, mais qu’auprès de leurs canons, ils se sont défendus au révolver jusqu’au dernier homme. »

En milieu d’après-midi, une brèche de 1 200 mètres avait été créée entre le mont Sorrel et le bois du Sanctuaire. Les collines 61 et 62 étaient tombées, ainsi que la partie est de la crête de l’Observatoire. Mais le PPCLI, éprouvé au combat – la première unité canadienne à avoir rejoint le Corps expéditionnaire britannique – refusa de céder malgré la mort de son commandant, le lieutenant-colonel Herbert Buller, et la perte de plus de 400 hommes, dont 150 tués.

Ensuite, la route d’Ypres se trouvant ouverte, les membres du Wurtemberg se retranchèrent, conformément aux ordres donnés d’avance, à 600 ou 700 mètres de leur ligne de départ. C’était une pause dont ils allaient se repentir,

rément besoin pour se reformer. Les pertes subies par les bataillons engagés en première ligne de l’attaque avaient été terribles. Les pertes subies par le 4e CMR avaient été de 89 pour cent : 76 seulement des 702 hommes s’en étaient tirés indemnes. Quant au 1er CMR, seuls 135 hommes sur 692 étaient revenus à l’arrière.

Déterminé à inverser la débâcle, peu après 17 h, le lieutenant-général Byng ordonna que « tout le terrain perdu [ce jour-là] soit repris

Des soldats canadiens se reposant dans des tranchées de réserve en juin 1916 ci - contre). Un fantassin sur le ventre met un fusil Ross en joue (ci - dessous).

leur tir pour les faucher un par un. Les Canadiens portaient des masques à gaz primitifs qui gênaient leur respiration, aggravant une situation déjà confuse. La plus grande attaque que le Canada avait menée jusque-là échoua de manière désastreuse.

nouvel assaut qui pourrait menacer

être renforcée par les 7  et 9  bri gades de la 1re Division. Le début, d’abord prévu le 3 juin à 2 heures, fut retardé à 7 heures pour s’assurer que les bataillons atteindraient leurs points de départ. Les six roquettes vertes censées signaler l’avance de quatre bataillons fonctionnèrent mal et durent être tirées à 14 reprises au total. Au moins deux bataillons n’en virent aucune. Les défaillances de tir menèrent à la séparation des attaques des bataillons, ce qui permit aux Allemands de concentrer

Au cours de l’avance, le soldat A.Y. Jackson – qui deviendrait par la suite un artiste reconnu du Groupe des Sept – vit un soldat à côté de lui regarder « avec consternation une grande giclée de sang provenant de son bras, qui ne pendait que par quelques lambeaux de chair ». Blessé à l’épaule, au dos et au cou par des éclats d’obus, Jackson tomba également. La reprise du terrain perdu exigeait évidemment une planification plus réfléchie. Byng confia la tâche à la 1re Division, commandée par le major-général Arthur Currie. Le plan de ce dernier était un premier avant-gout de ce qui allait devenir l’approche caractéristique du Corps canadien : une attention méticuleuse aux détails et une utilisation intensive de l’artillerie à toutes les phases de l’opération.

« Il convient de souligner que, là aussi, les Canadiens ne se sont pas rendus, mais qu’auprès de leurs canons, ils se sont défendus au révolver jusqu’au dernier homme. »

Des tranchées allemandes après un barrage d’artillerie canadien.

Au cours de la contrattaque ratée du 3 juin, les officiers observateurs avancés de l’artillerie avaient été trop en retrait pour pouvoir diriger le tir efficacement. Cette fois-là, Currie les intégra à l’état-major du bataillon de fantassins pour améliorer la coopération. Finalement, il décida de lancer l’attaque par surprise, pendant la nuit.

Entre le 9 et le 12 juin, les lignes allemandes furent pilonnées par quatre bombardements intenses. Chaque fois que les canons se taisaient, les soldats de Wurtemberg se précipitaient vers leurs positions de première ligne parmi les derniers obus pour faire face à une attaque qui n’avait pas lieu, subissant ainsi des pertes. Le dernier barrage, d’une durée de dix heures, pendant la dernière nuit, fut dévastateur. Un lieutenant allemand qui le qualifia de « catastrophe » écrivit : « Les tranchées sont assez détruites […] les trous d’obus se rejoignent les uns les autres […] tout le monde est déprimé par le spectacle épouvantable des nombreux morts  et du nombre de disparus. »

Le 13 juin à 1 h 30, quatre bataillons, les 3e, 16e, 13e et 58e,

de droite à gauche, se lancèrent à l’assaut sous une pluie torrentielle, s’avançant à travers le bourbier et les innombrables cratères. Le barrage rampant qui allait bientôt devenir la norme n’avait pas encore été mis au point, alors les soldats se précipitèrent sur les Allemands désorganisés qui se dirigeaient en titubant vers leurs postes de combat.

« Nous leur sommes tombés dessus par surprise, écrivit le lieutenant H.R. Alley du 3e Bataillon. Il y a eu pas mal de coups de baïonnette. »

Ici et là, le Wurtemberg résista à l’aide de fusils et de mitrailleuses lourdes. Au lieu de s’attaquer à ces positions, les soldats du 16e Bataillon poursuivirent leur avance en les contournant par le flanc. L’attaque se métamorphosa en mêlée où les officiers subalternes et les sous-officiers dirigeaient de petits groupes de soldats qui affrontaient l’ennemi à bout portant ou au corps à corps. À 2 h 30, les Canadiens avaient regagné pratiquement tout le terrain qu’ils avaient perdu le 2 juin. Épuisés, ils attendirent une contrattaque qui ne se produisit jamais.

Au lieu de cela, les Allemands ripostèrent par un violent barrage d’artillerie qui tua de nombreux blessés des deux côtés, gisant, impuissants, dans la fange du champ de bataille. Des contrattaques sporadiques échouèrent au cours des deux journées suivantes. Lorsque les combats prirent fin, le no man’s land n’était qu’un terrain bouleversé de 150 mètres de large.

La bataille de deux semaines s’acheva avec les deux camps aux mêmes positions qu’auparavant. Les Victimes canadiennes s’élevèrent à plus de 8 700, dont environ 1 000 morts et 1 900 disparus. La plupart des disparus étaient présumés morts. Les Allemands déploraient 5 765 morts, blessés ou disparus.

Le Corps canadien sortit de la bataille non seulement victorieux, mais ayant aussi prouvé sa capacité à résister au pire de ce que les Allemands pouvaient lui infliger, et à se ressaisir en planifiant et en exécutant efficacement une contrattaque. Cela témoignait de la maturité des Canadiens en tant que formation de combat et annonçait ce qui allait suivre à la Somme pendant l’été.

Une révolution française

LA CRÉATION D’UNE

ARMÉE BILINGUE :

L’OUVERTURE DU COLLÈGE MILITAIRE

ROYAL EN 1952

Après 1945, les tensions entre l’Occident et l’Union soviétique entraînèrent une augmentation des dépenses militaires et du recrutement d’effectifs au Canada. L’anglais demeura la langue utilisée pour le commandement, la gestion et la formation au sein de l’armée. Le recrutement au Canada français en souffrit, car une bonne maitrise de l’anglais était nécessaire pour progresser dans la hiérarchie.

Le Collège militaire royal de Saint-Jean voit le jour en 1952 (cette image). Son drapeau portait la devise Vérité, Devoir, Vaillance. L'école est située au bord de la rivière Richelieu, où se trouve le site historique du fort Saint-Jean.

Bien que les francophones fussent 28 % de la population canadienne, rares étaient les officiers supérieurs francophones et très peu occupaient des postes de haut rang. En 1947, parmi les 75 officiers de l’armée détenant le grade de colonel ou un grade supérieur, neuf seulement étaient Canadiens français. En 1951, les Canadiens français ne constituaient que 6,9 % de l’ensemble des officiers des forces armées.

« Les deux langues devraient être traitées de la même

manière et les deux groupes ethniques […] devraient avoir des chances égales dans les services canadiens », déclara cette année-là Brooke Claxton, ministre de la Défense. Il devenait donc nécessaire d’établir un équilibre linguistique plus représentatif parmi les officiers, et la création d’un collège militaire offrant une formation d’officier en français apparaissait comme au moins une partie de la solution. Deux institutions militaires de langue anglaise offraient déjà une telle

formation : le Royal Military College of Canada RMC, à Kingston, et le Canadian Services College Royal Roads, à Victoria. Toutefois, certains officiers supérieurs anglophones restaient réticents à la création d’un collège de langue française, s’opposant aux couts liés au bilinguisme. M. Claxton lui-même n’y était pas favorable au départ. Mais, entre 1948 et 1952, seuls 61 francophones furent acceptés au RMC et au Royal Roads, et la majorité ne termina pas ses études.

Le débat sur la création d’un collège militaire de langue française devint public, marqué par des tensions et fortement politisé. Les députés québécois ainsi que la presse francophone se prononcèrent particulièrement en faveur d’une telle institution. Même les conservateurs dans l’opposition et les journaux de langue anglaise de Montréal appuyaient cette idée.

Enfin, le 12 juin 1952, M. Claxton annonça à la Chambre des communes que le Collège militaire royal (CMR) ouvrirait ses portes cet automne-là afin que les militaires puissent enfin compter sur « un plus grand nombre d’officiers pouvant parler les deux langues ».

Il serait situé à Saint-Jean, au Québec, au sud-est de Montréal. L’armée y avait déjà un centre de formation, l’École de formation de l’Armée canadienne (qui déménagea à Valcartier) et une infrastructure pouvant servir à l’établissement de l’institution.

Vingt-deux professeurs furent embauchés à la hâte et le CMR ouvrit ses portes en septembre 1952. Plus de 400 personnes postulèrent et 129 d’entre elles furent sélectionnées. Le gouverneur

« Les deux langues devraient être t raitées de la même manière et les deux groupes ethniques […] devraient avoir des chances égales dans les services canadiens ».

général Vincent Massey présida la grande ouverture en novembre, qualifiée par l’historien Jacques Castonguay d’« évènement important dans les annales militaires canadiennes ».

Le CMR offrait un enseignement en français et en anglais comprenant une composante bilingue pour tous les élèvesofficiers. Environ les deux tiers étaient des Canadiens français, et les principaux administrateurs, tant militaires que civils, étaient tous francophones. En plus de la formation militaire, l’école proposait des cours d’arts et de sciences, et par la suite de génie et de gestion. Au début, le CMR n’offrait que les deux premières années de formation d’officier : les élèves officiers devaient terminer leurs programmes au RMC ou au Royal Roads. Toutefois, le nouveau collège se développa progressivement et, en 1969, il proposait un programme complet de quatre ans comparable à celui qui était offert au RMC.

Le gouvernement du Québec accorda une charte universitaire au CMR en 1985. En 1988, il offrait des diplômes en études supérieures et l’on y comptait 626 élèves officiers. À ce stade, plus de 6 700 s’y étaient inscrits, dont 38,6 % d’anglophones. À la fin de la décennie, 14 % des élèves officiers étaient des femmes. Le CMR et le Royal Roads fermèrent leurs portes en 1995 pour des raisons économiques. Leurs programmes furent regroupés au RMC, où l’on offrait une formation d’officier bilingue. Cette mesure permit toutefois peu d’économies dans le budget de la Défense et suscita de vives critiques au Québec. Le CMR rouvrit ses portes en 2008, mais avec seulement 200 élèves officiers. Dix ans après, il offrait à nouveau des études du niveau du baccalauréat. Le Québec renouvela le statut d’université de l’institution en 2021, et l’on continue d’y former des officiers bilingues pour les Forces armées canadiennes.

ÉCOLE. COURAGE. SERVICE.

De sa fondation il y a 150 ans à nos jours, regard sur le Collège militaire royal du Canada

Ondit que les cadets du Collège militaire royal du Canada à Kingston, en Ontario, ne franchissent l’arche commémorative de l’école que deux fois dans leur carrière : la première en défilant au début de leurs études, la seconde en défilant d’un pas assuré lors de la cérémonie d’obtention de leur commission d’officier, en mai de leur dernière année, en tant que tout nouveaux sous-lieutenants ou enseignes de vaisseau de 2e classe. Le rassemblement vaut le détour : des cadets rayonnants vêtus d’écarlate, tenant leurs casques coloniaux ou leurs calots distinctifs en l’air au bout de leur épée, franchissant en marchant – et non en défilant – la porte, sous les applaudissements de parents, d’amis, d’anciens diplômés. Devant ces uniformes de l’époque victorienne, le monument portant une longue liste de batailles où d’anciens diplômés sont tombés au combat et le vers du poète Rupert Brooke « Blow out, you bugles, over the rich Dead! » (Sonnez, clairons, pour les morts glorieux! NDT) ciselé dans la pierre, on imagine la cérémonie telle qu’elle se déroulait il y a plus d’un siècle. Mais, la légende ne tient pas la route. Jusqu’à la fin des années 1970, l’arche servait d’entrée principale de l’école. Tout élève qui allait au centre-ville chercher une pizza passait dessous en rentrant au dortoir. En fait, il était impossible de la contourner. L’ancienne route qui passait par le portail donnait sur l’autoroute 2, où la visibilité était mauvaise et où la circulation s’était

Des cadets de la première année du Collège militaire royal du Canada posent après l’entrainement à l’artillerie (en regard). L’arche commémorative en construction au début des années 1920 (en haut). Les diplômés du CMR défilent sous l’arche lors de la cérémonie d’obtention de leur commission d’officier en mai 2024 (ci - dessus).

intensifiée au fil du temps. Le risque de collision était évident. Ainsi, l’entrée principale du CMR, comme on l’appelle, fut déplacée vers l’est. La « tradition » est née plus tard. Cette tradition est une belle métaphore du collège : il est tentant de le voir comme immuable, mais depuis sa fondation il y a plus de 150 ans, il a changé au fil des besoins de l’armée et du pays.

Le CMR a ouvert ses portes aux premiers élèves officiers (les « Old Eighteen » [les dix-huit originels, NDT] comme on les appelle aujourd’hui) en 1876. Ces premiers cadets furent logés dans un bâtiment géorgien appelé « Stone

Frigate », toujours situé d’un côté du manège militaire. L’édifice Mackenzie, l’impressionnant bâtiment victorien où ils suivirent leurs premiers cours, fut achevé en 1878. Aujourd’hui, il abrite les bureaux administratifs du collège et une vaste collection d’artefacts et d’objets d’art liés à l’histoire de l’école. Des débuts modestes, mais déjà des premiers pas du Canada sur la voie du statut de nation.

Le pays obtint le statut de dominion en 1867. À peine trois ans plus tard, le gouvernement impérial de Londres retira la plupart des soldats qu’il avait stationnés au Canada (certains restèrent à Halifax jusqu’en 1905).

« Tout le beau monde de la société canadienne a envoyé ses fils ici ». Les Molson de Montréal, par exemple, et des familles du même type des quatre coins du Canada.

« On avait besoin d’une armée », explique Mme Lena Beliveau, conservatrice du musée du collège et gardienne des traditions de l’institution. Il existait une milice à temps partiel, dispersée partout au pays, dont la formation et l’administration reposaient sur des officiers britanniques. Le gouvernement naissant « avait particulièrement besoin d’officiers pour former et diriger des miliciens ».

Cependant, ajoute Mme Beliveau, « les Canadiens n’étaient pas très enthousiastes à l’idée de devoir se doter d’une armée », de sorte que l’école fut présentée au grand public comme une académie d’ingénierie. « L’expansion vers l’Ouest était en cours, rappellet-elle, si bien que le pays avait besoin de routes et de chemins de fer, et on pouvait ainsi y intégrer, en quelque sorte, la dimension militaire. »

Avec le temps et l’évolution des priorités, dit Mme Beliveau, les gouvernements en sont venus à mettre l’accent sur le côté militaire. Mais l’école a de solides liens d’ingénierie encore aujourd’hui : environ 40 pour cent de ses quelque 1 200 cadets s’y spécialisent.

« Tout le beau monde de la société canadienne a envoyé ses fils ici », précise Mme Beliveau. Les Molson de Montréal, par exemple, et des familles du même type des quatre coins du Canada – enfin, du Canada anglais, car l’enseignement était à l’origine offert principalement dans cette langue-là.

Contrairement à aujourd’hui, où la gratuité des études constitue l’un des principaux attraits du collège, les cadets devaient alors payer pour le fréquenter. Généralement, après trois ans (certains effectuaient une quatrième année à l’Université Queen’s voisine pour obtenir leur diplôme d’ingénieur), la plupart poursuivaient une

carrière militaire à temps partiel. Quelques-uns obtenaient une commission dans la minuscule force régulière du Canada et chaque année, cinq cadets méritants se voyaient offrir une commission dans les forces impériales. Avoir un grand bassin d’officiers formés, dépassant les besoins de l’armée en temps de paix, avait des avantages en temps de guerre. Quatre-vingt-six pour cent des diplômés admissibles de l’école servirent pendant la Première Guerre mondiale, et un nombre semblable firent de même pendant la Seconde. Le diplômé Charles Cecil Merritt fut décoré de la Croix de Victoria lors du tragique raid de Dieppe en aout 1942.

Selon les récits sur la vie des élèves officiers de l’époque, le CMR ressemblait à un pensionnat britannique du XIXe siècle, ce qui n’est peut-être pas surprenant, car de nombreux cadets avaient fréquenté des établissements canadiens équivalents. « Le sport passait avant tout, raconte Mme Beliveau. Il n’y avait pas de femme, et les cadets n’avaient pas le droit de sortir du campus. »

À la place, les cadets pratiquaient plutôt la gymnastique, le saut, le football et le hockey. La boxe aussi avait la cote. Les étudiants s’adonnait également au tir et à l’équitation, bien que celle-ci fut, comme Mme Beliveau le souligne, « plus une compétence militaire qu’un sport. »

Le bizutage et la maltraitance entre élèves officiers étaient répandus, bien qu’ils ne soient pas tolérés officiellement. « Pendant l’entre-deux-guerres, explique Mme Beliveau, les recrues étaient souvent traitées comme des domestiques. Si un cadet plus ancien avait besoin de quelque chose dans son dortoir, il lui

Charles Cecil Merritt, diplômé du CMR (ci - dessus) allait être décoré de la Croix de Victoria lors du raid de Dieppe. Les premières femmes diplômées du CMR, 1984, posent pour une photo de groupe (en regard).

suffisait de crier “recrue!” et la première personne qui l’entendait devait accourir pour savoir ce qu’il voulait. Et s’il n’était pas satisfait, le cadet plus ancien pouvait frapper le subalterne avec sa badine. »

Le Collège militaire Royal d’aujourd’hui a pris forme après la Seconde Guerre mondiale. En 1942, il avait pratiquement fermé ses portes. L’armée avait toujours besoin d’officiers, mais elle devait en former plus rapidement que ne le permettait le CMR. Le Collège n’a rouvert qu’en 1948. À ce moment-là, les plus hauts gradés, particulièrement ceux de l’armée, croyaient que « le monde de la guerre [avait] changé », explique Howard G. Coombs, professeur d’histoire du CMR et officier d’infanterie à la retraite.

Compte tenu de la mise au point de la bombe atomique, les « officiers allaient devoir posséder des diplômes adaptés à cet environnement », poursuit M. Coombs.

L’école commença à offrir des cours de lettres, de sciences humaines et de sciences sociales comparables à ceux des universités civiles. En 1952, le comité des chefs d’état-major proposa que les élèves officiers reçoivent une formation subventionnée en

échange d’un service de plusieurs années (trois au début) après l’obtention de leur diplôme. En 1954, c’était devenu la norme pour l’ensemble des élèves officiers.

Et donc, selon l’histoire fondamentale de l’école écrite par M. Richard Arthur Preston, le CMR du Canada et ses institutions sœurs (le Royal Roads Military College, fondé en 1940 et le Collège militaire royal de Saint-Jean, fondé en 1952) « sont devenus plus que jamais une tranche représentative du pays, recrutant dans toutes les classes d’un océan à l’autre, y compris de “nouveaux Canadiens” et de jeunes hommes de diverses origines ethniques ».

Le CMR remit ses premiers diplômes en arts et sciences en 1959, et en génie en 1962.

Ce n’est qu’en 1980 que les premières femmes y furent acceptées, non sans résistance. Ensuite, en 1995, après la fin de la guerre froide, le Royal Roads et le Collège militaire royal de Saint-Jean furent fermés pour des raisons budgétaires. Il ne resta que le CMR comme unique collège militaire (bien que le SaintJean ait rouvert ses portes en 2007).

Au cours des années, le CMR a entrepris plusieurs innovations et a fait l’objet d’examens portant sur ses opérations et ses objectifs. Comme le souligne M. Coombs,

au collège, ainsi qu’aux Forces armées canadiennes et au pays en général, « il existe un désir constant de s’améliorer ».

Un des changements les plus radicaux de l’histoire du CMR a eu lieu à la fin des années 1990. À la suite du scandale militaire de 1993 connu sous le nom de l’affaire de la Somalie, il y eut, explique M. Coombs, la prise de conscience que dans un environnement nouveau et déconcertant qui ne ressemblait pas à un champ de bataille traditionnel, « les officiers n’avaient pas les outils cognitifs nécessaires pour faire face aux réalités du conflit ». En conséquence, une « importante réforme a été imposée à l’armée canadienne, notamment le renforcement de la reddition de comptes et le renouveau du professionnalisme », comme l’écrivit M. Richard Foot dans un article rédigé pour L’encyclopédie du Canada

Au CMR, cela mena au rapport Withers, un examen des programmes de l’école, pour veiller à répondre efficacement à l’évolution de l’environnement dans les Forces armées canadiennes. Menée par le général à la retraite Ramsay Withers, ancien chef de la défense, l’étude a donné lieu à une refonte majeure du programme du CMR axée

sur quatre piliers : les études, le leadeurship militaire, la condition physique et le bilinguisme.

Quelle que soit la façon dont on conçoit l’application des quatre piliers en théorie, en pratique, cela se résume à un véritable défi de gestion du temps.

« La gestion du temps devient un atout dont on a besoin, nous confie l’élève officier Zachary Bowerman, étudiant de quatrième année en génie chimique. Cela devient un atout essentiel. »

L’école a mis M. Bowerman et sa camarade Gina Ge, également étudiante en génie chimique, à notre disposition pour nous donner leur point de vue sur ce que signifie fréquenter le CMR aujourd’hui.

En décembre 2025, M. Bowerman et Mme Ge menaient un projet visant à développer des stratégies pour cultiver des légumes en Arctique : quelque chose de « vraiment applicable dans le climat géopolitique d’aujourd’hui », explique Mme Ge. En plus de ce travail universitaire, Mme Ge est également commandante de l’Escadre des élèves officiers, le poste le plus élevé occupé par un étudiant. Elle joue également au rugby et, les années précédentes, a été membre du club multisport du CMR.

M. Bowerman, quant à lui, est élève officier chef d’escadron (les étudiants sont divisés en divisions, escadrons, escadrilles et sections, chacune de ces unités étant dirigée par des cadets plus expérimentés) et capitaine de l’équipe d’athlétisme.

Mme Ge était en grande partie bilingue à son arrivée, mais M. Bowerman ne parlait pas français du tout. En plus des activités mentionnées plus haut, comme tous les étudiants, ils sont également tenus de suivre une formation à caractère militaire. Cela comprend le temps en classe, les inspections et les activités sportives.

En théorie, la journée scolaire se déroule de 8 h à 16 h 30, mais les cadets commencent souvent avant (M. Bowerman et Mme Ge se lèvent à 6 h) et continuent longtemps après. Et ils s’entraident tous.

En 1959, des cadets du Collège militaire royal de Saint-Jean, près de Montréal, écoutent des enregistrements bilingues en vue de poursuivre leurs études au CMR (ci - dessus). Les élèves de la promotion 2029 posent pour une photo en aout 2025 (en regard).

M. Bowerman, qui est passé par l’Université de Waterloo, en Ontario, a comparé l’attitude qu’il y a constatée à celle qu’il observe au CMR : « Dans une université civile, c’est chacun pour soi, en particulier à Waterloo. C’est très compétitif là-bas, et personne ne vous aiderait, parce que vous êtes un concurrent sur le marché du travail. »

En revanche, au CMR, « chacun de nous a déjà un emploi, souligne M. Bowerman. Nous connaissons déjà nos contrats. Alors personne n’est ici pour poignarder quelqu’un d’autre dans le dos. Nous sommes ici pour nous aider les uns les autres à avancer. »

« Beaucoup de gens forment des groupes d’étude, renchérit Mme Ge. Et il y a beaucoup de soutien ici au collège. » Elle a toutefois noté : « Parfois, j’ai l’impression que notre équilibre travail-vie personnelle chancèle, parce que nous vivons, travaillons et étudions au même endroit. Nous n’avons aucun répit. » « Je ne pense pas que l'on soit censé le faire indéfiniment, ajoute M. Bowerman. Quatre ans, c’est définitivement la limite. »

Les deux étudiants prévoient se joindre à l’Aviation royale canadienne après avoir obtenu leur diplôme : M. Bowerman en tant que

pilote et Mme Ge en tant qu’officière du génie aérospatial. M. Bowerman est originaire de Brantford, en Ontario, et sa famille n’avait pas de lien direct avec l’armée, bien que son père ait été entrepreneur pour les forces armées.

M. Bowerman a participé au programme des cadets durant sa jeunesse et souhaitait depuis longtemps s’enrôler dans l’armée de l’air (il a obtenu un brevet de pilote professionnel avant de s’inscrire au CMR). Quand il y a été accepté, « Toute [sa] famille était folle de joie », se souvient-il. Il aspire à faire une longue carrière dans l’ARC.

Le parcours de Mme Ge vers le collège militaire a été un peu moins simple. Fille d’immigrants chinois, sans aucun lien avec l’armée, elle a grandi à Calgary. À propos de sa fréquentation du CMR, elle déclare : « Je n’étais pas vraiment au courant avant d’être en 12e année. »

Elle avait postulé à des écoles civiles avec l’objectif à long terme de devenir médecin, mais elle s’est aperçue qu’elle voulait autre chose.

« Je voulais relever un défi, partir à l’aventure, faire des choses vraiment cool et avoir un grand impact, dit Mme Ge. Alors le CMR m’a semblé vraiment cool. »

« J’ai regardé beaucoup de films de guerre pendant la COVID », admet-elle. Elle postule désormais à des programmes d’ingénierie de troisième cycle, mais ajoute : « Je veux toujours être médecin. »

Elle espère atteindre cet objectif grâce au Programme militaire d’études de médecine des FAC et « rester le plus longtemps possible parce [qu’elle] se plait dans cet environnement ».

De quoi se souviendront-ils de leur passage au CMR? « Les gens que j’ai rencontrés ici et les liens que j’ai tissés avec eux vont vraiment me manquer », note Mme Ge. M. Bowerman lui fait écho. « Je suis convaincu que je pourrais nommer 75 % des

personnes de ce collège et probablement près de 100 % de notre année, et nous sommes au moins 200. »

Les deux étudiants ont également souligné avoir été mis à l’épreuve et au défi plus qu’ils ne l’avaient jamais été auparavant et être devenus la meilleure version d’eux-mêmes.

« Si vous cherchez un défi et voulez vraiment vous dépasser, a déclaré Mme Ge, c’est l’endroit où il faut être. »

Compte tenu des événements relativement récents, l’enthousiasme de Mme Ge pour le CMR est particulièrement encourageant, car l’établissement a de nouveau dû examiner ses politiques, ses procédures et ses pratiques au cours de la dernière décennie. À la lumière de plusieurs cas de harcèlement sexuel largement relatés au début des années 2020 impliquant des membres supérieurs des Forces armées canadiennes, notamment un chef de la défense en exercice, le gouvernement a mandé la juge de la Cour suprême à la retraite Louise Arbour d’examiner de façon indépendante la culture au sein des forces armées canadiennes.

Dans son rapport de 2022, Mme Arbour a critiqué l’environnement que les collèges militaires canadiens offraient aux femmes et a déclaré que les FAC devraient se demander si les écoles « devraient continuer à décerner des diplômes de premier cycle ». Elle a recommandé un examen détaillé des écoles.

De ce fait, le ministère de la Défense a créé la Commission d’examen des collèges militaires du Canada en 2023. Son rapport, publié en janvier 2025, indiquait que les écoles devraient continuer à exister, qu’elles étaient essentielles, mais qu’elles devaient également continuer d’évoluer.

« La commission estime que les collèges militaires doivent s’affirmer en tant qu’unités militaires et se faire reconnaitre comme tels, indique le rapport. Bien qu’ils délivrent des diplômes universitaires, ils ne sont pas semblables aux universités civiles. »

L’une des principales difficultés identifiées par la commission concernait les quatre piliers du CMR. Le rapport indiquait que leur accent devait être modifié afin de compenser la pression temporelle à laquelle les élèves officiers sont soumis et qui conduit parfois à la minimisation des compétences militaires.

« Je ne dirais pas qu’il y a eu de grandes surprises dans le rapport », confie le brigadiergénéral Pascal Godbout, commandant du CMR depuis 2023.

Les quatre piliers étaient destinés à assurer l’éducation multiforme des cadets. « Alors, comment pouvons-nous atteindre l’objectif du diplôme interdisciplinaire et du concept des quatre piliers? » demande-t-il. À l’heure actuelle, le CMR envisage d’intégrer certaines des activités liées aux piliers qui ne portent pas sur les études à d’autres qui s’y rapportent. « Examiner dans quelle mesure le volet mise

en forme et mieuxêtre peut être accrédité pour donner droit à des crédits universitaires, dit-il, examiner le volet bilinguisme et voir quelle part de celui-ci pourrait être accréditée, et examiner quelles parties du volet militaire pourraient également être accréditées. »

Selon le brigadier-général, cela réduirait la pression temporelle sur les cadets. Il mettrait également plus l’accent sur les trois autres piliers, en particulier le pilier militaire. (Le brigadier-général Godbout est un parangon de ce que les collèges militaires peuvent produire. Diplômé du Collège militaire royal Saint-Jean, il a déclaré que, pour un enfant de la Gaspésie, « se voir offrir une éducation subventionnée, être payé pour aller à l’école, alors que je venais d’une ville où le taux de chômage était de 25 %, pour moi, c’était un cadeau du ciel. »)

Quelle que soit l’évolution à venir, la mission principale du CMR restera la même, ajoute-t-il :

« Le collège devint plus que jamais une tranche représentative du pays, recrutant dans toutes les classes d’un océan à l’autre, y compris de “nouveaux Canadiens”. »

« offrir des chefs de caractère aux Forces canadiennes pour répondre aux besoins d’aujourd’hui et de demain, au service du Canada.

« C’est une responsabilité que toute l’équipe prend très, très au sérieux ici. »

Derrière la charmante maison de calcaire où habite le brigadiergénéral, sur le campus, se trouve le Mur d’honneur du CMR. Construit par la promotion de 1963, ce long mur de pierre est orné de plaques de bronze à la mémoire d’éminents diplômés, sur lesquelles figurent leurs noms, leurs numéros de cadet et une brève description de leurs réalisations.

Ce qui surprend, dans cet hommage, c’est l’inclusion de personnes qui ont connu du succès en dehors du milieu militaire. Des gens comme Larry Stevenson, fondateur de Chapters, et Walter Gordon, dirigeant d’entreprise, ministre et fondateur du Comité pour l’indépendance du Canada. Ils témoignent de l’influence durable du collège sur le pays.

« Ce que nous produisons, ce sont des Canadiens animés par l’esprit de service, conclut le brigadier-général. Peu importe le chemin qu’ils choisissent. »

SERVIR, SOUTENIR,

SE SOUVENIR :

LE BILAN ANNUEL DE LA LÉGION

ROYALE CANADIENNE

L’

Nujma Bond impact de la Légion royale canadienne, le plus important organisme de soutien aux anciens combattants et de service communautaire du Canada, se fait sentir partout au pays, de ses plus de 270 000 membres à sa campagne nationale emblématique du coquelicot.

Plusieurs faits saillants ont marqué la dernière année, notamment une hausse du nombre de membres pour la quatrième année consécutive, l’accueil du premier paraathlète aux Championnats nationaux d’athlétisme jeunesse de la Légion, le renforcement des liens avec le Groupe de transition des Forces armées canadiennes (GT FAC) et une campagne du coquelicot record.

SERVIR LES ANCIENS COMBATTANTS ET LEUR FAMILLE

« Un simple “merci” semble bien insuffisant pour le travail

que vous et la Légion accomplissez pour les anciens combattants. »

Une telle marque de gratitude de la part de ceux que la Légion a aidés est profondément émouvante, et rappelle la nécessité et l’importance de son action.

En 2025, les officiers d’entraide nationaux ou divisionnaires de la Légion ont accompagné des milliers d’anciens combattants dans leurs démarches de prestations et d’appel auprès d’Anciens Combattants Canada, offert des fonds d’urgence pour la nourriture et le logement, et aiguillé des anciens combattants vers des programmes de soutien par les pairs. Ces démarches peuvent être intimidantes lorsqu’on doit les entreprendre seul. Heureusement, les officiers de la Légion offrent leur assistance sans frais, que l’on en soit membre ou pas. L’année dernière, les agents des services nationaux ont aussi traité des dossiers provenant des directions divisionnaires en manque de personnel.

Des couronnes sont déposées au Monument national de guerre le jour du Souvenir.

Autres réalisations importantes du département national des Services aux anciens combattants : la mise en place, avec ACC, d’un nouveau processus permettant de soumettre des documents numériques, éliminant ainsi les frais d’affranchissement et les retards; l’élargissement de l’accès à ses services, y compris aux membres de la GRC et du ministère de la Défense et au grand public; la signature d’un protocole d’entente avec le GT FAC qui permettra aux agents des services de la Légion de travailler dans les centres de soutien à la transition partout au Canada afin d’offrir de l’aide pour les demandes auprès d’ACC et les prestations.

SOUTIEN INTERNATIONAL ET ACCUEIL DE LA LRACC

La Légion, en tant que membre de la Ligue royale des anciens combattants du Commonwealth (LRACC) a de nouveau étendu la portée de son action à l’étranger, notamment en venant en aide à des anciens combattants et à leurs veuves aux Antilles. En 2025, la Légion, par l’intermédiaire de la LRACC, a offert son soutien en finançant deux repas par jour. La Légion a également fourni à des anciens combattants un soutien financier provenant du fonds du coquelicot pour répondre à d’autres besoins, tels que les frais médicaux et les appareils de mobilité. En tant qu’organisation de référence en Amérique du Nord pour les anciens combattants et les veuves du Commonwealth, la Légion a également coordonné le versement de fonds de la LRACC à des anciens combattants et à des veuves britanniques vivant au Canada.

L’été dernier, la Légion a accueilli la 35e conférence de la LRACC et a reçu des délégués de plus de 35 pays du Commonwealth. Elle a également conclu un accord avec la Royal British Legion afin de coordonner le traitement des demandes d’anciens combattants britanniques au Canada ayant besoin d’une aide financière du Royaume-Uni.

La Légion royale canadienne

RECHERCHE, REPRÉSENTATION

ET COLLABORATION

La recherche fondée sur des données probantes aide le Canada à développer de nouveaux outils pour aider les anciens combattants. En collaboration avec l’Institut canadien de recherche sur la santé des militaires et des vétérans, la Légion a décerné sa bourse de recherche doctorale de 50 000 $ à Kim Huynh, étudiante de l’Université Queen’s de Kingston, en Ontario. Mme Huynh étudie les effets des impacts répétés du recul d’une arme à feu, sans traumatisme craniocérébral léger, sur la physiologie cérébrale du personnel militaire. Les résultats « peuvent servir à diagnostiquer les blessures liées aux commotions cérébrales, améliorant ainsi la santé cérébrale à long terme chez les personnes exerçant des fonctions à haut risque ».

Au chapitre de la défense des intérêts, l’administration centrale nationale a fait des recommandations à de nombreux groupes, dont ACC et la GRC, ainsi qu’à l’Assemblée de consultation des vétérans, qu’elle dirige. En 2025, celle-ci a fait part des trois principales recommandations de la Légion au ministre des Anciens Combattants : mettre en œuvre les recommandations du Comité permanent des anciens combattants de 2024 concernant la guerre du Golfe; établir un monument national pour reconnaitre les femmes qui ont servi dans les FAC ou dans la GRC; reconnaitre les membres de la GRC en tant qu’anciens combattants aux fins de commémoration.

LE VISAGE PUBLIC DE LA LÉGION

Les efforts de mercatique et de communication ont servi à mieux faire connaitre la Légion avant son 100e anniversaire, notamment dans le cadre d’une collaboration nationale avec Ford Canada, le partenaire officiel du centenaire de la Légion. En outre, le matériel publicitaire et les plans médiatiques ont permis de mieux présenter les célébrations de cet anniversaire auprès du public.

En 2025, la Légion a été présente dans les médias canadiens sur diverses questions, dont le budget fédéral, la campagne nationale du coquelicot et les produits de la boutique du coquelicot. Durant l’été, de grandes bannières mettant en valeur le travail de la Légion ont été déployées près du Monument commémoratif de guerre du Canada. L’organisation a également lancé une campagne de sensibilisation pour informer le public de l’existence de groupes et de personnes qui demandent une rémunération en échange de leur aide aux anciens combattants dans le cadre de demandes de prestations auprès d’ACC ou du traitement d’appels en leur nom, alors que ces services sont offerts gratuitement par la Légion et ACC.

ACTIVITÉS DE

L’ADMINISTRATION CENTRALE « [Ce fut] pour l’organisation une année marquante de croissance constante, de commémoration et de collaboration mondiale alors que nous nous préparions stratégiquement au lancement et à la célébration de notre centenaire », a déclaré M. Randy Hayley, directeur exécutif national de la LRC en 2025. Cette dynamique devrait se poursuivre en 2026 grâce à l’offre d’adhésion gratuite. Celle-ci a permis d’ajouter près de 50 000 nouveaux membres en mars.

Le service des adhésions a également lancé de nouveaux outils numériques pour les membres, notamment une option de renouvèlement automatique, des vidéos de formation, des cartes de membre numériques, des essais et améliorations du système, ainsi que des agents de service réactifs. Malgré d’importantes grèves postales et l’augmentation des tarifs, la boutique du coquelicot en ligne de la Légion a atteint son chiffre d’affaires annuel le plus élevé en 2025, avec plus de 400 000 colis et 790 produits spéciaux offerts, notamment des articles soulignant le 100e anniversaire.

La planification du Congrès national de 2026 se poursuit à Winnipeg, lieu de naissance

de la Légion. Des centaines de délégués des quatre coins du pays y sont attendus pour voter sur des motions, participer aux discussions et célébrer 100 ans de service.

PROMOTION DU SOUVENIR ET DE LA CAMPAGNE NATIONALE DU COQUELICOT

La Légion continue de jouer un rôle de premier plan dans la commémoration au Canada. À la fin du printemps 2025, une commémoration a eu lieu en l’honneur du 25e anniversaire du Tombeau du Soldat inconnu au Canada, monument qui a vu le jour grâce aux efforts de la Légion, de son ancien secrétaire national, le brigadiergénéral (à la retraite) Duane Daly, et de partenaires gouvernementaux.

« Et donc, aujourd’hui, enfermé dans du granite, et sous la couverture sécurisée de son casque et de son épée, notre soldat repose en paix », a déclaré M. Daly, qui s’est exprimé lors de la cérémonie d’anniversaire organisée par ACC, aux côtés du président national, Berkley Lawrence, du grand président, Larry Murray et de la directrice nationale des communications et maitresse de cérémonie, Nujma Bond. Les échanges ont permis de reconnaitre l’importance du tombeau en tant que symbole de service, de sacrifice et de mémoire.

En novembre 2025, la Légion a une fois de plus organisé et présenté la cérémonie nationale du jour du Souvenir du Canada, qui a attiré plus de 30 000 personnes au Monument commémoratif de guerre du Canada à Ottawa et a rejoint des millions de téléspectateurs.

Dans le cadre de la campagne nationale du coquelicot, la Légion a renouvelé sa collaboration avec Amazon Canada et livré à domicile plus de 50 000 coquelicots – deux fois plus que l’année précédente –ainsi que d’autres articles commémoratifs. Quatre-vingts pour cent des commandes provenaient de lieux où la Légion n’a pas de filiale, et chaque dollar gagné était directement versé au fonds du coquelicot.

La Légion a également distribué plus de 2 300 troncs de don

du coquelicot à écran tactile au Canada, soit une augmentation de près de 20 % par rapport à 2024. La Banque Royale du Canada a assumé le cout des troncs. Au total, cette initiative a permis de recueillir un montant record de 855 000 $ en 2025. D’autres entreprises ont également joué un rôle déterminant dans le succès de la campagne.

Les fonds recueillis ont servi à appuyer des initiatives pour anciens combattants, telles que le centre de retraite pour la santé et le bienêtre des femmes The Pepper Pod et des ateliers en ligne sur la santé mentale de la Société pour les troubles de l’humeur du Canada qui ont reçu 90 000 $ chacun.

APPUI

DES JEUNES ET PROMOTION DE LA CAMARADERIE PAR LE SPORT

Les championnats nationaux d’athlétisme de la Légion de 2025 ont attiré, au McMahon Stadium, à Calgary, le plus grand groupe jamais enregistré : plus de 1 000 athlètes, dont le premier para-athlète de la compétition. Les commentaires des parents ont été positifs. Ils sont nombreux à affirmer que les jeux comblent le fossé entre le secondaire et le niveau de compétition supérieur. Regina accueillera l’édition 2026. Des championnats nationaux de sport de la Légion ont également

eu lieu dans d’autres villes, où des titres ont été décernés au cribbage, aux fléchettes et au jeu de la huit.

REGARD

VERS L’AVENIR

La Légion poursuivra les célébrations du centenaire tout au long de l’année grâce à des évènements spéciaux, des articles commémoratifs dans la boutique du coquelicot et des projets axés sur les jeunes. Le 17 juillet, date du 100e anniversaire officiel de la Légion, l’organisation orchestrera un évènement national à Ottawa, ainsi que des commémorations dans des filiales partout au pays. La boutique du coquelicot lance aussi de nouveaux produits du centenaire estampillés et améliore l’expérience de la clientèle. L’afflux

anticipé de nouveaux membres mobilisera le service des adhésions, tout comme les efforts visant à rendre l’expérience plus fluide. La campagne du coquelicot et le travail de commémoration comprendront des projets axés sur les jeunes, tandis que le département des services aux anciens combattants élabore un nouveau manuel pour les officiers d’entraide.

En 2025, la Légion royale canadienne a aidé des milliers d’anciens combattants et de membres de leur famille, a mis en lumière l’importance du souvenir et s’est préparée pour son centenaire grâce à ses membres, bénévoles, sympathisants et partenaires communautaires ou d’affaires. Aux 100 prochaines années!

A DIX ANS DE STAGNATION POUR LES RÉSERVISTES, SELON LE RAPPORT DE L’OMBUDSMAN MILITAIRE

lors que les Forces armées canadiennes tentent de recruter du personnel pour renforcer la défense du pays, un nouveau rapport du bureau de l’ombudsman du ministère de la Défense et des FAC, Mario Baril, met en lumière les obstacles persistants auxquels

font face les membres malades ou blessés de la Première réserve.

Le rapport Marquer le pas : une décennie de progrès entravé pour la Première réserve, publié en février 2026, révèle que les inégalités déjà relevées il y a dix ans par l’ombudsman persistent.

Les réservistes continuent de faire face à des difficultés d’accès aux prestations, aux soins de santé et au soutien administratif lorsqu’ils tombent malades ou se blessent en service. Selon le rapport, les réservistes malades ou blessés ne bénéficient toujours pas, comme

Des athlètes participent aux Championnats nationaux d’athlétisme pour jeunes de la Légion.

les militaires à temps plein, de prestations permettant de soutenir adéquatement leur rétablissement, leur retour au travail ou leur transition vers la vie civile. Ils ne sont pas pleinement informés de leurs droits aux prestations en raison de lignes directrices ambigües et, pour accéder à la rémunération, ils doivent suivre un processus de demande complexe et semé d’obstacles administratifs. De plus, ils font l’objet d’un suivi très limité.

Selon M. Baril, il est plus important que jamais de s’attaquer à ces enjeux, car le ministère de la Défense prévoit porter les effectifs de la force de réserve de 30 000 à 100 000 et ceux de la réserve supplémentaire à 300 000.

« Alors que l’équipe de la Défense s’efforce de renforcer ses effectifs et de se préparer à la mobilisation, établir des bases solides pour soutenir ces membres n’est pas un choix : c’est une nécessité », a déclaré M. Baril.

Le rapport met en évidence plusieurs exemples de réservistes qui ne parviennent pas à obtenir une indemnisation suffisante. Après plus de cinq mois de traitement pris en charge par les FAC pour une blessure grave subie à l’entrainement, un militaire de classe « C » a été rétrogradé au statut de classe « A », pour lequel les soins ne sont pas couverts par les FAC. Le traitement demeurait nécessaire, mais il n’était plus couvert et le militaire a été invité à rembourser les FAC pour les soins déjà reçus.

« Tout le paradoxe, selon une entrevue avec un ancien directeur général des réserves et des cadets publiée dans le rapport, c’est que si un membre de la Force régulière est blessé en dehors de ses heures de service, il a droit automatiquement, sans interruption, à une rémunération et à des avantages sociaux complets jusqu’à son rétablissement. Sans faute. Sans enquête.

Alors que, lorsqu’un réserviste subit une blessure liée au service, les FAC contraignent les familles des réservistes à quémander pour payer leur hypothèque ou leur carte de crédit. »

Le rapport est l’aboutissement d’un examen des politiques et des pratiques des FAC sur les réservistes malades ou blessés. Lancé en décembre 2024, il a permis d’identifier plusieurs facteurs contribuant à ce retard de dix ans, tels que le manque de clarté des rôles et la fragmentation de l’autorité dans les FAC qui affectent la mise en œuvre des politiques, la persistance des préjugés envers les réservistes, l’insuffisance de personnel et les pressions financières, ainsi que l’obsolescence des directives et des procédures administratives.

Bien que les progrès soient au point mort, l’ombudsman a noté certains éléments potentiellement prometteurs, notamment le

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financement de 81,8 milliards  de $ pour les FAC annoncé dans le dernier budget fédéral et la politique de soutien à la transition de la Réserve des FAC lancée à l’été 2025, qui vise à aider certains réservistes à reprendre du service ou à retourner à la vie civile.

« Marquer le pas » fait suite au rapport annuel de 2024-2025 de l’ombudsman qui détaillait d’autres enquêtes systémiques axées sur les expériences des membres des FAC. Il s’agit notamment du processus de plainte en matière de soins de santé, des griefs militaires,

À VOTRE SERVICE

des mécanismes de plainte civils et du traitement et des soins aux anciens conseillers linguistiques et culturels qui ont servi en Afghanistan. Les recommandations issues de certaines de ces études ont été citées comme éléments de preuve dans les délibérations du comité permanent de la Chambre des communes. Parmi les autres faits saillants, citons l’élaboration du Navigateur des prestations militaires, une plateforme en ligne lancée en 2018 pour aider les militaires et leurs familles à s’y retrouver dans les programmes et services

qui leur sont offerts tout au long de leur carrière, et la nomination de M. Baril en juillet 2025.

« Avec près de deux décennies de leadership au sein de la fonction publique fédérale, j’ai consacré ma carrière à l’avancement de la santé organisationnelle, de la gouvernance stratégique et des milieux de travail respectueux, a écrit M. Baril dans son premier message à titre d’ombudsman. J’apporte à ce rôle un engagement profond envers l’équité et la responsabilité, ainsi qu’une passion pour le soutien à ceux qui servent. »

À VOTRE SERVICE est une notice rédigée par des officiers d’entraide des directions de la Légion. Pour communiquer avec un officier d’entraide, composez le 1-877-534-4666 ou consultez le site Web d’une direction. Consultez legionmagazine.com pour accéder à des années d’archives.

LA LÉGION ROYALE

CANADIENNE S’ASSOCIE

AU GROUPE DE TRANSITION DES FAC

LaLégion royale canadienne et le Groupe de transition des Forces armées canadiennes (GT FAC) se sont officiellement associés pour améliorer l’accès aux services de soutien destinés aux anciens combattants dans les centres de transition à travers le Canada.

Le GT FAC a été créé en 2018 afin de centraliser les ressources pour les membres des FAC qui se préparent à la transition vers la vie civile. Il propose des services de transition personnalisés, un soutien aux militaires blessés et une aide administrative dans le cadre du processus de libération, ainsi que des services-conseils sur l’orientation professionnelle, les avantages sociaux et les liens avec des organisations ayant des objectifs similaires, telles que la Légion.

Membres de la plus grande organisation de soutien aux anciens combattants au Canada, les officiers d’entraide de la LRC s’occupent des demandes de prestations déposées auprès d’ACC, interjettent appel lorsqu’elles sont refusées, et défendent les intérêts des anciens combattants. Les agents des services des directions divisionnaires ou nationale

détiennent une habilitation de sécurité : ils ont accès aux systèmes d’ACC et, avec le consentement des intéressés, à leur dossier.

Le Comité permanent des anciens combattants de la Chambre des communes a souligné l’importance de formaliser la collaboration entre la Légion et le GT FAC dans son rapport d’octobre 2024 sur la transition des militaires à la vie civile. Bien qu’un partenariat informel existe depuis des années, les décisionnaires ont recommandé la signature d’un protocole d’entente (PE) pour officialiser et encadrer l’expertise des entités en matière de soutien aux anciens combattants.

Le protocole d’entente vise à rationaliser l’accès aux avantages sociaux et à réduire les obstacles auxquels sont confrontés les membres des FAC qui quittent le service. Ainsi, les officiers d’entraide de la Légion seront présents dans les centres de transition du GT FAC partout au Canada afin d’offrir un accompagnement sur place pour les demandes de prestations et les prestations d’ACC. Cette approche renforcera la coordination entre les systèmes de soutien militaires et civils et permettra aux militaires qui quittent les Forces armées de recevoir des conseils plus tôt dans leur transition vers la vie civile.

Si vous, un ancien combattant de votre entourage ou un membre de votre famille souhaitez obtenir de l’aide pour les services d’ACC liés à l’invalidité, contactez la Légion à veteransservices @legion.ca ou au 1-877-534-4666 (sans frais).

M. John Dalgarno et le sergent d’armes Robin Pelletier de la filiale Hudson, Qc, remettent 2 000 $ à l’hôpital Sainte-Anne représenté par Eileen McDonagh et Anna Teresa Audi.

La filiale Auclair d’Otterburn Park, au Québec, organise un tournoi de curling en l’honneur du centenaire de la Légion, disputé par des membres des filiales Hudson, Dion, de Belœil, et United, de North Hatley.

Michel Abourousse et Dominique Lecompte, de la filiale Auclair d’Otterburn Park, au Québec, remettent 1 500 $ au Centre d’action bénévole de la Vallée-du-Richelieu représenté par Patrick Thibert.

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