

Représentation des combats dans la région de Saint-Eloi par un artiste.
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Représentation des combats dans la région de Saint-Eloi par un artiste.
Mark Zuehlke
QUAND DES SAPEURS BRITANNIQUES ONT FAIT
EXPLOSER DES MINES DANS LA RÉGION DE SAINT-ELOI, LE CORPS CANADIEN A COMBATTU EN VAIN POUR TENIR LE TERRAIN DÉVASTÉ
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orsque l’armée commet des erreurs, cela peut être catastrophique. Il faut donc davantage d’autorités de contrôle, et non moins », a confié M. Stephen Saideman, professeur de relations internationales à l’Université Carleton d’Ottawa, à La Presse canadienne fin 2025. M. Saideman, avec ses collègues universitaires David P. Auerswald et Philippe Lagassé, signe le nouvel ouvrage Overseen or Overlooked? Legislators, Armed Forces, and Democratic Accountability (Surveillés ou négligés? Les législateurs, les forces armées et la responsabilité démocratique, NDT), qui démontre que le Canada assure un contrôle civil relativement limité sur ses forces armées. En effet, au cours de la décennie de l’étude menée par ces trois spécialistes de la défense, qui constitue la base de leur ouvrage, un membre du Comité permanent de la défense nationale leur a avoué qu’il ne connaissait pas les règles d’engagement de la mission canadienne en Afghanistan de 2007, car il ne détenait pas l’habilitation de sécurité nécessaire.
Il y a là un problème, d’autant plus que le gouvernement actuel prévoit augmenter les fonds de la défense à 150 milliards de dollars d’ici 2035 et qu’un récent scandale d’inconduite sexuelle a entrainé la mise à l’écart ou à la retraite forcée de plus de douze hauts responsables militaires, et que certains ont fait l’objet d’une enquête. Il est clair que le Canada n’a pas suffisamment surveillé ses forces armées.
L’ouvrage compare les mécanismes de contrôle militaire en vigueur dans plusieurs autres pays occidentaux, de la Belgique, la Finlande et l’Allemagne au Japon, à la Suède et aux États-Unis. Il évalue notamment l’engagement du Canada par rapport aux démocraties dotées de systèmes parlementaires similaires. « Nous avons découvert que les Britanniques et les Australiens prennent ce genre de choses beaucoup plus au sérieux que nous », a déclaré M. Saideman à la Presse canadienne. En revanche, le Canada se situe à égalité avec le Japon, le Chili et le Brésil, soit des « démocraties dont les parlements jouent le rôle le plus marginal dans les relations civilo-militaires ».
Cela doit changer.
Les États-Unis et l’Allemagne ont les plus hauts niveaux de surveillance civile de leurs forces armées, indique le livre. Le comité allemand de la défense a le pouvoir d’examiner les documents classifiés, d’approuver les déploiements et d’ouvrir des enquêtes. Le Parlement a les mêmes pouvoirs, mais il ne les utilise que rarement. Et même lorsqu’il le fait, la politique s’y immisce souvent. Un exemple révélateur : pendant la guerre en Afghanistan, le Parlement minoritaire a recueilli des documents classifiés sur le traitement des détenus. « Au final, le débat a porté sur la (divulgation desdits documents) plutôt que de savoir si la
guerre était menée correctement et si les militaires se comportaient bien en Afghanistan », a noté M. Saideman. Ses collègues et lui soulignent également que de nombreux députés évitent d’obtenir une habilitation de sécurité, estimant que celle-ci va à l’encontre de leurs intérêts politiques immédiats. À cet égard, le chef conservateur Pierre Poilievre a refusé le privilège parlementaire, indiquant par l’intermédiaire d’un porte-parole, que cela le rendrait « incapable d’utiliser efficacement toute information pertinente qu’il recevrait ». Cette position semble aller à l’encontre du bon sens. Prenons l’exemple de la Belgique. En 2016, la Russie a accusé l’armée de l’air belge d’avoir tué des civils en Syrie. Le comité des opérations militaires de Belgique a examiné les preuves fournies par l’armée et a déterminé que l’allégation était sans fondement. Aucune lutte politique interne et aucune enquête n’ont été nécessaires, car les membres du comité peuvent consulter des informations classifiées. Indépendamment des considérations partisanes, il est inquiétant de constater que les législateurs canadiens sont, comme l’écrivent les auteurs de l’ouvrage, « distraits, désintéressés ou dépourvus de réels moyens » lorsqu’il s’agit de superviser les forces armées. « La guerre! C’est une chose trop grave pour la confier à des militaires », dixit Georges Clemenceau, l’homme d’État français de la Première Guerre mondiale qui fut l’un des principaux architectes du Traité de Versailles. Plus d’un siècle plus tard, les Canadiens feraient bien de méditer sur ces paroles.


Le brigadier-général Huntly Ketchen (ci - dessous). Un artiste représente des sapeurs au travail près de Saint-Éloi (en regard).


4 avril 1916, la 6e brigade de la 2e Division canadienne, commandée par le brigadiergénéral Huntly Ketchen, remplaça la 76e Brigade de la 3e Division britannique aux premières lignes du champ de bataille de Saint-Eloi. Alors que les Canadiens s’avançaient dans de petites tranchées accrochées aux parois de gigantesques cratères, l’un d’eux adressa aux soldats qu’il relevait une salutation habituelle du front occidental : « Courage! Ne vous laissez pas abattre. »
« Vous allez être découragés, murmura morose un Tommy couvert de boue, quand vous verrez ce qu’il y a là-haut. J’ai perdu mes meilleurs camarades. »
Les Canadiens prirent vite l’avertissement au sérieux. La région de Saint-Eloi, à cinq kilomètres environ au sud de la ville d’Ypres, en grande partie dévastée, devait servir au Corps canadien d’entrée en matière à ce qui serait peut-être, selon Tim Cook, historien de la Première Guerre mondiale, « une année de chaos et de combats ».

Le paysage dans lequel débarquèrent les Canadiens ne semblait guère naturel. Le terrain avait été totalement transformé par les résultats d’un remarquable projet minier mené par des sapeurs britanniques, dont beaucoup étaient mineurs dans la vie civile. Après des mois de travail, ces sapeurs avaient creusé un tunnel sur environ 300 mètres au-delà d’un saillant étroit tenu par les Britanniques, au sud du village de Saint-Eloi, pour traverser le no man’s land et passer sous une légère élévation occupée
par les Allemands, surnommée le Monticule. L’objectif? Conquérir du dessous ce qui s’était avéré impossible à prendre par la surface. Au début de 1915, Le front occidental s’était figé en lignes statiques à partir desquelles ni les forces britanniques ni les forces allemandes ne pouvaient réaliser de percée décisive. Brulant de prendre l’initiative, les deux côtés se mirent à avancer sous terre, creusant sous les lignes opposées et créant de grandes cavernes dans lesquelles des explosifs étaient placés. Les explosions permettaient l’effondrement des systèmes de tranchées au-dessus et créaient de vastes cratères. Immédiatement après une explosion, l’infanterie, soutenue par d’importants barrages d’artillerie, se précipitait pour submerger les survivants hébétés. Au départ, les sapeurs allemands et britanniques travaillaient à des profondeurs de seulement un à trois mètres afin de creuser des tunnels qui, une fois chargés de faibles explosifs et déclenchés, perturbaient les efforts similaires de leurs adversaires. À la fin de 1915,
cependant, les Britanniques intensifièrent la tactique des sapes en creusant des tunnels encore plus profonds. Le sol d’une grande partie du saillant d’Ypres était sablonneux sur 15 à 45 mètres de profondeur. En dessous se trouvaient des strates dures et c’est là que les sapeurs britanniques se mirent à creuser. Cette stratégie enthousiasmait tant le commandement britannique qu’en décembre 1915, on comptait plus d’une vingtaine de compagnies de sapeurs – dont trois unités canadiennes, bien que seule la 3e Compagnie canadienne de sapeurs se trouvât alors en France.
Le Monticule offrait aux Allemands une position idéale au-dessus des lignes britanniques, d’où leur artillerie pouvait tirer. Il fut choisi
par le général Herbert Plumer de la Deuxième armée britannique comme cible de choix pour l’un des projets de sape les plus importants que ses hommes n’aient jamais entrepris.
Début mars, des charges d’ammonal de 270 à 14 000 kilogrammes furent placées dans six tunnels. Une fois les travaux terminés, un plan de relève fut établi, selon lequel le Corps canadien devait remplacer le Ve Corps britannique. Le lieutenant-général britannique Edwin Alderson, qui commandait les Canadiens, proposa de faire lancer l’attaque à venir par sa 2e Division. Plumer fit cependant remarquer que la 3e Division du Ve Corps avait déjà bien avancé sur la préparation de l’attaque, car elle s’était entrainée contre de pseudo lignes allemandes. Ainsi, les Britanniques attaqueraient et, quand ils auraient consolidé une nouvelle ligne audelà des cratères à venir, les Canadiens prendraient le relai.




Le brigadier-général Herbert Plumer (au- dessus) avait identifié la région comme cible parfaite pour une opération de minage. son compatriote, le lieutenant-général Edwin Alderson (ci - dessus) avait le commandement des Canadiens.
Cratères de Saint-Éloi
Vrai ligne canadienne
Ligne canadienne supposée
Vrai ligne allemande
Ligne allemande





Le major-général
Richard Turner (ci - contre). Une photo aérienne prise fin mars 1916, après l'explosion des mines (en regard).













Le 27 mars à 4 h 15, 41 pièces d’artillerie ouvrirent le feu et les six mines explosèrent en quelques secondes. L’explosion « est partie en fumée jaune vers le ciel et la pluie battante de débris pouvait se voir à des kilomètres à la ronde, et elle a fait trembler la terre comme un volcan entrant soudainement en activité, écrivit M. Max Aitken, représentant militaire du Canada au front. Des tranchées des deux côtés se sont effondrées […]. D’anciens points de repère ont été occultés. »
Alors que les dernières mottes de terre tombaient encore, les soldats britanniques se précipitèrent et sécurisèrent cinq des sept cratères creusés par les explosions. Deux des cratères ne furent cependant pris ni par les uns, ni par les autres; les Britanniques, trouvant le paysage si dévasté et changé par rapport à ce qu’ils voyaient sur leurs cartes, se retranchèrent dans de gros trous qu’ils prirent pour les cratères. Cela laissa un grand écart dans la ligne pendant trois jours, au bout desquels les Allemands qui s'étaient regroupés s’emparèrent de l’un d’eux tandis que les Britanniques occupaient l’autre. Après

une semaine de combats rapprochés intenses, les Britanniques évincèrent les Allemands de leur cratère, mais, vu les efforts qu’elle avait déployés, la 3e Division était à bout de forces. Dans la nuit du 3 au 4 avril, le Corps canadien changea de place avec le Ve Corps. Il s’agissait de la première relève à l’échelle d’un corps menée par l’Armée expéditionnaire britannique, et elle respectait l’exigence du gouvernement canadien selon laquelle leur corps devait toujours entrer et quitter la ligne de front ensemble. Des éclaireurs britanniques épuisés essayèrent de guider les Canadiens vers les positions qui leur étaient assignées, mais ils se perdaient souvent sur le champ de bataille ravagé. Deux bataillons de la 6e Brigade, les 27e et 31e, pénétrèrent dans ce qui n’était, comme ils le découvrirent par la suite, qu’un saillant de 600 mètres de largeur, où les seuls ouvrages défensifs étaient des fossés peu profonds plutôt qu’un système de tranchées interconnectées. Le sergent A.H. Bell décrivit la position canadienne comme étant bloquée « sur une pente avancée, à la vue de l’ennemi ». Cela était particulièrement vrai pour les observateurs d’artillerie allemands situés sur la crête voisine de Wytschaete, pour qui toute la zone était « étalée comme une carte ».
Les commandants et les observateurs d’artillerie canadiens, en revanche, ne pouvaient voir au-delà des bords des cratères formant leur horizon que lorsque le soleil était bas et qu’il ne l’éblouissait pas. Il n’y avait pas de ligne de réserve. Cette dernière avait été anéantie sur une distance de 1 000 mètres depuis la première attaque des Britanniques. Les quatre cratères centraux, très près les uns des autres
formaient un obstacle qui empêchait la création d’un système de communication homogène entre le front et les arrières. Alderson, le major-général Richard Turner de la 2e Division et Ketchen ne savaient donc pratiquement rien de ce à quoi ils étaient confrontés. Il régnait toute une série de malentendus quant au terrain que les Canadiens détenaient.
Turner resta optimiste. Avec le temps, croyaitil, « nous pourrions faire une assez bonne ligne à partir de la position sélectionnée, mais il y aurait une grande quantité de travail à faire ».
Le commandant de la 3e Division, qui avait une certaine expérience des combats dans les cratères, offrit à Turner de nombreux conseils sur la façon de renforcer ses défenses et détourner l’artillerie allemande de ses
soldats. Ketchen constata avec gravité que les Britanniques n’avaient mis en œuvre aucune de ces suggestions et estimait que la situation de sa brigade était précaire. Le feu de l’artillerie allemande était incessant, décrit par un officier d’artillerie britannique — qui avait servi dans le saillant d’Ypres pendant près d’un an — comme le plus intense qu’il ait jamais enduré. Au cours d’un certain bombardement, une section de tranchée de 200 mètres que tenait le 27e Bataillon fut démolie. Une section de la tranchée du 31e Bataillon fut exposée aux tirs des mitrailleuses allemandes placées dans une position voisine de son flanc. Les tireurs d’élite établis dans des positions situées à 150 mètres seulement des Canadiens étaient occupés. Les deux bataillons



perdirent le contact dans la soirée du 5 avril. Plus tard, cette même nuit, Ketchen ordonna au 29e Bataillon de relever le 27e qui avait subi 40 morts et 189 blessés en trois jours.
La confusion et la congestion dans les tranchées boueuses retardèrent la relève, et elle était toujours en cours à 3 h 30 lorsqu’ils furent contrattaqués par deux bataillons à la suite d’un bombardement d’artillerie lourde. Les cratères 2, 3, 4 et 5 furent perdus tous les quatre. En moins de trois heures, tout le terrain gagné par les Britanniques entre le 27 mars et le 3 avril était à nouveau aux mains des Allemands.
Les Canadiens contrattaquèrent immédiatement, sur l’ordre de Turner, pour recouvrer ce que l’ennemi venait de leur arracher. Les combats au corps à corps par des soldats désespérés durèrent pendant des heures, sans grande pitié de part et d’autre. Cette situation ne fit qu’aggraver la position canadienne. Les cratères demeurèrent aux mains des Allemands, et les soldats qui parvinrent à les atteindre furent anéantis.
La confusion régnait. Les compagnies de Canadiens déclarèrent à plusieurs reprises avoir gagné un cratère précis, pour s’apercevoir ensuite qu’elles étaient complètement ailleurs.
Dans la nuit du 6 au 7 avril, le 28e Bataillon envoya 75 grenadiers spécialisés protégés par deux compagnies de fantassins pour reprendre le cratère 5. Se déplaçant sous de fortes pluies et une grêle d’obus, la force s’égara et finit par prendre un groupe de cratères au nord du cratère 4. La brigade de Ketchen était sur les rotules, et elle

fut relevée par la 4e Brigade du brigadier-général Ronald Rennie pendant la nuit. En quatre jours de combats, la 6e Brigade avait subi 617 victimes.
Déterminé à reprendre l’initiative, Turner présenta deux options à Alderson. Il pouvait soit « évacuer les cratères et […] bombarder les Allemands pour leur faire quitter la ligne qu’ils tenaient, comme ils ont fait contre nous », soit « attaquer sur un front plus large […] et consolider le terrain gagné; donnant ainsi à l’artillerie allemande un objectif plus large pour ses représailles ».
Alderson écarta l'attaque plus vaste, car il n’y avait aucune chance de surprendre l’ennemi avec une ligne de front aussi exposée. De plus, les Canadiens étaient déjà en train de rassembler des troupes et du matériel pour l'offensive à la Somme. Lorsque Alderson fit part de l’idée à Plumer, le commandant de l’Armée de terre s’indigna. Croyant, à tort, que seuls deux cratères avaient été perdus, il ordonna aux Canadiens de les reprendre tout en maintenant leurs positions.
Pendant la nuit du 8 au 9 avril, le 21e Bataillon attaqua les cratères 2 et 3 par l’ouest, mais il fut repoussé à coups de fusil et de mitrailleuse. Un assaut livré 24 heures après par trois bataillons échoua également. Une contrattaque allemande la nuit suivante fut repoussée à la grenade par les Canadiens. Les 12 et 13 avril, la 5e Brigade releva la 4e et se prépara à attaquer les cratères tenus par les Allemands, mais Alderson et Turner décidèrent à la place de rester sur leurs positions.

Des prisonniers allemands capturés pendant la bataille de Saint-Éloi (ci-contre).
Trois ans après la bataille, la région est encore parsemée de cratères (en regard).

Malgré toutes les preuves contraires, le résumé des renseignements du 15 avril de la 2e Division continua de maintenir la conviction que seuls les Cratères 2 et 3 avaient été perdus.
« À 2 h 30, était-il rapporté dans le résumé, aidé par des tirs d’artillerie, l’ennemi a déclenché un bombardement des cratères 4 et 5 […]. Les cratères étaient tous deux en notre possession, et il n’y a pas eu de victime. »
Toutefois, le major J.A. Ross du 24e Bataillon avait découvert, lors d’une reconnaissance personnelle, que les cratères 2, 3, 4 et 5 étaient aux mains des Allemands. La reconnaissance aérienne – auparavant impossible en raison des intempéries – confirma son rapport le 16 avril. Le personnel de la division, ayant finalement accepté la réalité, annula toute attaque supplémentaire.
« Cela semble extraordinaire, mais si l’on y réfléchit calmement et posément, écrivit Alderson dans une note à Turner, ce n’est pas seulement très probable, c’est presque une conséquence naturelle des conditions dans lesquelles votre division a pris la relève de la ligne […]. Notre commandant d’armée, brave gentleman comme il est, l’a bien accepté, bien
Le paysage dans lequel débarquèrent les Canadiens ne semblait guère naturel.
qu’il soit probablement le plus touché, parce que l’armée est à l’origine de la situation. »
La situation ne fit qu’empirer pendant deux semaines encore. Les préparatifs de l’offensive dans la Somme menèrent à des restrictions d’approvisionnement pour l’artillerie, ce qui permit aux Allemands de se préparer. Le 19, ils nettoyèrent les cratères 6 et 7, mais ils les laissèrent inoccupés. Les Canadiens n’avaient pas les forces nécessaires pour les reprendre. Les deux camps laissèrent la bataille s’épuiser et les lignes, stagner. Les pertes chez les Allemands lors de la reconquête des cratères et lors des combats subséquents s’élèvent à 483, tandis qu’entre le 4 et le 16 avril, celles des Canadiens furent de 1 373.
Le champ de bataille de Saint-Éloi demeura un enfer bien après que les canons se furent largement tus et que la 2e Division y fut restée jusqu’au début du mois de juin. Le 27 avril, une patrouille du 2e Bataillon de pionniers canadiens secourut le soldat Stanley Harcourt Warn du 29e Bataillon dans le terrain neutre où il était resté couché pendant neuf jours au milieu de corps en décomposition. Blessé par des éclats d’obus aux jambes, aux bras et à la tête, Warn avait également attrapé le pied des tranchées. Les jambes et les bras du soldat de 31 ans seraient affectés par un handicap permanent. On chercha un bouc émissaire pour l’ensemble de la débâcle, et Alderson finit par en porter la responsabilité. Le 28 mai 1916, il fut remplacé par le lieutenant-général Julian Byng. La bataille de Saint-Éloi constitua une perte pour les Canadiens, mais elle serait la dernière.

Serge Durflinger

Arsenal fédéral de Québec, où furent produites de grandes quantités d’armes légères et de munitions d’artillerie pour les forces canadiennes ainsi que pour celles des Alliés, compta

parmi les usines les plus importantes du Canada durant les deux guerres mondiales.
Le gouvernement fédéral avait autorisé la création de l’Arsenal fédéral pour assurer un approvisionnement interne en munitions en 1879, puisque l’approvisionnement en cartouches pour les fusils Snider, en provenance de la GrandeBretagne, s’avérait difficile pour le modeste établissement militaire du pays.
L’Arsenal fut créé sous la direction du ministère de la Milice et de la Défense en 1881. Il était situé sur la côte du Palais, à l’intérieur des fortifications du Vieux-Québec, près de la porte Saint-Jean. Les Nouvelles-Casernes adjacentes, construites en 1749 pour abriter les troupes françaises à l’origine, mais rénovées pour leur nouvel usage, lui furent adjointes peu après. En 1882, après l’acquisition du matériel nécessaire en
Grande-Bretagne, l’installation commença à produire des cartouches pour les fusils Snider en service avec l'armée, puis pour les fusils Martini-Henry. Remplir les cartouches de poudre noire présentait un danger d’explosion. Pour réduire les risques, des ateliers furent construits en 1884 à proximité, sur les plaines d’Abraham. La fabrique, du nom de Cove Fields, ferma en 1938.
À partir de 1892, l’arsenal fut réorganisé pour produire principalement des munitions de calibre .303. À ce momentlà, le complexe comprenait une fonderie qui fabriquait des lingots de cuivre-nickel, un laminoir et plusieurs outils créés spécialement pour la fabrication de précision de douilles de cartouches, de balles en plomb et d’amorces à percussion. Entre 1895 et 1904, l’arsenal produisit près de 23 millions de cartouches
de .303, ainsi que 3,6 millions de cartouches à blanc.
La production de la fabrique pendant la Première Guerre mondiale culmina à quelque 8 millions de cartouches de .303 par mois, auxquels s’ajoutaient de nombreux obus d’artillerie, des douilles et divers composants. Au cours de ces années, la maind’œuvre doubla pour atteindre quelque 900 personnes, parmi lesquelles figuraient des centaines de femmes, dont certaines occupaient des postes de vérificatrices de munitions.
La fin de la guerre entraina une réduction importante de la production et du nombre d’employés.
Au milieu des années 1930, Ottawa augmenta de nouveau le budget de la défense. L’Arsenal s’agrandit en 1939, à la veille de la Seconde Guerre mondiale, par l’ajout, à Valcartier – à 35 kilomètres au nord-est – d’une usine de munitions d’une superficie d’un million de pieds carrés. Elle finit par employer plus de 7 000 personnes, qui produisirent environ 80 millions de cartouches par mois.
Une troisième usine fut ajoutée en 1940 pour satisfaire aux besoins urgents en munitions pour armes légères de l’armée. Un ancien atelier de la Compagnie des chemins de fer nationaux du Canada, à SaintMalo, dans la banlieue ouest de Québec, fut agrandi à cette fin. Il employa plus de 4 000 personnes sur son million de pieds carrés. La même année, le ministère de la Défense céda la responsabilité de l’Arsenal au ministère des Munitions et des Approvisionnements nouvellement créé.
L’Arsenal devint le principal employeur de la région de Québec. Il employa jusqu’à 14 000 personnes, dont 2 000 aux installations de la côte du Palais. Environ 57 % des employés étaient des femmes, 95 % étaient canadiensfrançais et 80 % étaient originaires de la région.
« On nous a demandé de travailler aussi fort que
« NOUS
possible, a raconté M. LouisPhilippe Lamontagne, employé à l’Arsenal entre 1930 et 1944. Nous travaillions pour l’effort de guerre, nous devions faire notre part aussi. »
H.E. Clive, ingénieur en chef de la Commission britannique d’achats pendant la guerre, déclara que l’usine était « la plus remarquable et la mieux équipée » qu’il eut jamais visitée.
Après la guerre, le gouvernement créa la Canadian Arsenals Ltd., une société d’État chargée de la gestion de l’ensemble de ces installations à l’échelle du pays. L’usine de Saint-Malo fut fermée et la majeure partie de la production fut concentrée à Valcartier. Les installations originales de la côte du Palais furent fermées en 1964. Aujourd’hui, le parc de l’Artillerie fait partie du lieu historique national du Canada des Fortifications-de-Québec.

L’EFFORT DE GUERRE, NOUS DEVIONS
Un travailleur à l'Arsenal fédéral de Québec lors de la Première Guerre mondiale (en regard, en haut ). D'autres fabriques furent construites lors de la Seconde Guerre mondiale, dont l'arsenal de Saint-Malo (ci - contre). Une affiche de la Seconde Guerre mondiale sur la production de munitions (en regard, en bas).
Un soldat canadien britannique risque tout à la bataille de Kapyong




Alex Bowers
La marée ennemie était implacable. Vague après vague, des soldats chinois, pressés par le son strident d’un clairon, déferlaient sur une ligne de crête en direction de la colline 677 en Corée, leurs silhouettes se découpant à la lumière de la lune jusqu’à ce que les fusées éclairantes, puis les lueurs de coups de canon et les explosions, viennent illuminer leur avancée. Pourtant, le torrent ne faiblissait pas, une force apparemment irrésistible que les défenseurs retranchés de la Compagnie « D » du Princess Patricia’s Canadian Light Infantry (PPCLI) s’efforçaient de retenir.
Trois jours plus tôt, la cinquième phase de l’offensive des communistes avait mis en déroute la 6e Division de la République de Corée au nord
de la vallée de Kapyong, provoquant un flot humain qui menaçait de briser les lignes de front des Nations Unies et d’ouvrir la voie vers Séoul, au sud. Quelques heures auparavant, la défense acharnée sur la colline 504, adjacente au PPCLI de l’autre côté de la vallée, avait cédé lorsque le 3e Bataillon du Royal Australian Regiment (3 RAR) dut abandonner le terrain. Vers 21 h 30 la veille, les soldats du 2e Bataillon canadien avaient failli partager un sort semblable, en fait plus près de la débâcle que nombre d’entre eux dans leurs positions isolées le croyaient, d’abord lors des affrontements de la Compagnie « B » et ensuite de ceux du quartier général du bataillon.
Le 25 avril 1951 à 1 h 30, ce fut le tour de la compagnie « D ».
« Tuez les cochons impérialistes », cria un officier chinois à la tête des hommes qu’il menait à travers les tirs de mitrailleuses Vickers, croyant que leurs assaillants étaient américains. Le cri de guerre dans une langue inconnue ne voulait pas dire grand-chose pour ceux qui se trouvaient au sommet de la colline 677, sauf pour l’un d’eux.
« Nous sommes des soldats canadiens, cria le commandant du peloton no 10, le lieutenant Mike George Levy, en employant le bon dialecte. Nous avons beaucoup de soldats canadiens ici. »
Les demandes ultérieures d’une reddition des Chinois retentirent le long de la ligne de crête, accueillies avec fureur par l’ennemi et un défenseur, étonnamment à l’aise dans leur langue, se vit traiter de « fils de tortue », une insulte culturellement très vulgaire. Dans l’obscurité et dans le vacarme de la bataille, Levy et l’attaquant échangèrent de nouvelles insultes jusqu’à ce qu’un subordonné du premier, fatigué de tout, intervienne : « Dis à ce maudit commandant de peloton de la fermer. »

Cela ne servait à rien, de toute façon, car les vagues d’ennemis continuaient de déferler.
Vers 3 h du matin, une mitrailleuse canadienne avait été neutralisée et ses servants,

les soldats Maurice Carr et Bruce MacDonald, tués. Sans la mitrailleuse pour décimer leurs rangs en tir en enfilade, les Chinois, loin de ralentir, s'avançaient avec une agressivité croissante, menaçant de prendre d’assaut plusieurs positions.
Le peloton de Levy était pratiquement encerclé dans ce qui avait tout l’air d’un trou perdu coréen loin de chez lui. À ce moment critique, le lieutenant britanno-canadien était certain que seules des mesures radicales pouvaient suffire.
Ce n’était pas la première fois qu’il allait faire un pari audacieux.
La dernière fois que Levy avait croisé des forces chinoises, elles n’étaient pas ennemies, mais amies.
Né le 7 novembre 1925 à Bombay (aujourd’hui Mumbai) en Inde sous occupation britannique, et élevé à Shanghai de l’autre côté de la frontière sino-indienne, Levy avait passé sa jeunesse à pratiquer divers sports et à s’impliquer dans
Mike Levy (en regard), élevé à Shanghai, s'évada d'un camp de prisonniers de guerre japonais en 1944. Les évadés prennent une pose avec un commandant de guérilléros chinois (ci - dessous).

Levy fut transféré au Longhua Civil Assembly Center en 1943.
L’adolescent n’avait pas l’intention d’y rester : il s’évada dans la nuit du 22 mai 1944.

les Scouts. Après le déclenchement de la guerre entre le Japon et l’Empire britannique les 7 et 8 décembre 1941, cependant, il s’était retrouvé en territoire contrôlé par l’ennemi et fut incarcéré.
À 16 ans, Levy fut livré au camp d’internement de Pootung à Shanghai. En 1943, il fut transféré au centre de rassemblement civil de Longhua, tout près, où il partagea les installations rudimentaires avec environ 2 000 ressortissants étrangers alignés sur les Alliés.
L’adolescent n’avait pas l’intention d’y rester : dans la nuit du 22 mai 1944, alors que les conditions « se détérioraient rapidement », il s’évada avec quatre autres captifs.
Échapper aux gardes et passer les barbelés à double rangée n’était que le commencement de leur terrible épreuve. Devant eux se trouvait un périlleux voyage de 3 200 kilomètres à travers de vastes étendues de la Chine conquise par les Japonais.
Dans les 24 premières heures, le groupe se heurta à un poste de garde japonais. Tenter

de rebrousser chemin en ignorant les appels à s’arrêter se révéla vain, lorsqu'une jeune sentinelle les rattrapa. Interrogé sur leur identité, l’un des compagnons de Levy déclara qu’ils étaient des randonneurs allemands et russes (que ces deux pays étaient des belligérants n’éveilla apparemment pas les soupçons). Le soldat les laissa continuer leur chemin. Se déplaçant à pied et en jonque pendant une grande partie du voyage, Levy et ses camarades traversèrent jungles et rizières, franchirent lacs et villages innombrables, généralement escortés par des bandes de guérilléros chinois et aidés par des habitants ruraux malgré les risques énormes que représentaient l’accueil et l’aide financière aux fugitifs. Pendant ce temps, les Japonais continuaient de chercher le groupe de Levy. Ils durent également affronter maladies, terrains difficiles – mais spectaculaires – et la volatilité des lignes de front, qui les contraignait parfois à modifier leur itinéraire et à revoir leurs plans.
Vers le 21 juin 1944, le consulat britannique à Chongqing (capitale provisoire nationaliste chinoise) leur envoya un télégramme où il les félicitait de leur « courage et de leur ingéniosité » dans leur évasion. Finalement, après environ deux mois à esquiver les autorités militaires japonaises, guidés par leurs alliés chinois, ils atteignirent un territoire suffisamment sûr pour s’envoler pardessus l’Himalaya en direction de l’Inde. Toutefois, les aventures de Levy étaient loin d’être terminées.





À Calcutta (aujourd’hui Kolkata), le jeune à peine adulte se trouva une nouvelle mission en rejoignant le Special Operations Executive (SOE) britannique, où sa connaissance de la culture et de la langue chinoises, sans parler de ses récentes compétences en matière d’évasion, fut considérée comme un atout. Levy atteignit le grade de capitaine au sein de la Force 136 du SOE, s’entrainant, puis travaillant, aux côtés de quelque 150 Canadiens chinois qui s’y étaient également enrôlés, en grande partie avec l’aspiration d’obtenir l’égalité des droits chez eux.
« La mission des membres de la Force 136 était simple, est-il écrit dans un article publié sur le site Web du Musée militaire sino-canadien. Faites-vous parachuter derrière les lignes japonaises; survivez dans la jungle en petites équipes sans soutien extérieur; recherchez et entrainez des combattants de la résistance locale; travaillez avec ces groupes de guérilléros pour saboter l’équipement et les lignes d’approvisionnement japonais; livrez-vous à l’espionnage. »

Levy était, nul n’en sera surpris, le candidat idéal pour des objectifs aussi ambitieux. En juillet 1945, le capitaine, alors second de l’équipe de liaison surnommée Galvanic Brown Patrol (Équipe de liaison de patrouille brune galvanique, NDT), fut largué dans la jungle malaise au nord de Kuala Lumpur, chargé de créer le désordre au sein des forces japonaises d’occupation. Œuvrant dans une relative solitude aux côtés de groupes de guérilla locaux
Levy déménagea au Canada, où il rencontra son épouse, Marjorie (ci - contre, à gauche) après la Seconde Guerre mondiale (ci - contre). Il avait rencontré des Canadiens lors de son service dans la Force 136 (ci - dessous, à gauche). Il retourna en Asie combattre en Corée pour le Canada (ci - dessous, à droite).
jusqu’au jour de la Victoire sur le Japon et après, Levy excella dans ses nombreuses fonctions, obtenant une citation à l’ordre du jour pour avoir été « plein de cran » lors d’un affrontement aux abords de la ville de Salak South.
Pendant son passage au sein des services de renseignement britanniques, cet officier endurci au combat en apprit beaucoup sur le Canada grâce au lieutenant-colonel vancouvérois Arthur Stewart, son collègue au SOE. Inspiré par lui et par ses camarades sino-canadiens, Levy choisit de s’installer au Canada après la guerre, habitant d’abord avec Stewart lui-même – qui présenterait le nouveau venu à sa future épouse, Marjorie Edith Arthur –, avant de se lancer dans l’entrepreneuriat à la direction d’un restaurant de poisson-frites à Vancouver.
Bien que son entreprise n’ait pas eu autant de succès qu’il l’espérait, Levy resta déterminé à repartir à zéro dans son pays d’adoption, en s’appuyant sur ses liens militaires et en s’engageant dans le régiment de milice des Irish Fusiliers of Canada. Il était donc bien placé pour se porter volontaire à la mission de l’ONU en Corée en réponse à l’invasion du Sud par le Nord, soutenue par les Soviétiques, le 25 juin 1950. Levy, alors lieutenant du PPCLI de la Force spéciale de l’Armée canadienne, arriva dans la péninsule coréenne à un moment où le conflit était, selon l’historien William Johnston, un « champ de bataille en pleine mutation ». L’assaut initial nord-coréen força l’armée sud-coréenne et ses alliés américains à se retirer de Séoul et à se replier dans un périmètre défensif autour de la ville méridionale de Pusan (aujourd’hui Busan), une situation qui ne s’améliora qu’à la suite du débarquement amphibie des Nations Unies près de la ville portuaire d’Inchon, en septembre. Cela, de même que la percée simultanée hors du périmètre de Pusan, mit rapidement en déroute les forces communistes, qui cédèrent la capitale sud-coréenne et se replièrent au-delà du 38e parallèle séparant les deux pays. Les troupes de l’ONU maintinrent la pression en progressant toujours plus au nord jusqu’à ce que les Chinois, entrés en guerre en octobre, lancent une offensive de 300 000 hommes pour les repousser.
Lorsque le 2e Bataillon du PPCLI de Levy débarqua à Pusan en décembre, la coalition multinationale à laquelle il était affecté avait été repoussée hors de la Corée du Nord jusqu’à une ligne de front situé à quelque 80 kilomètres au sud de Séoul. Envoyée en


avant des autres éléments de combat de la 25e Brigade d’infanterie canadienne, la formation fut temporairement intégrée à la 27e Brigade du Commonwealth qui regroupait le 3e du RAR, deux bataillons britanniques, un régiment d’artillerie néozélandais et une unité d’ambulance indienne. Ces forces combinées, sous le commandement du brigadier Brian Burke, participèrent à la controffensive générale visant à repousser, une fois de plus, les envahisseurs communistes chinois et nord-coréens de l’autre côté du 38e parallèle.
Au cours des semaines suivantes, le 2 PPCLI dut endurer une série de combats acharnés pour des sommets coréens sans nom, affrontant un ennemi tenace capable de freiner l’avancée des Nations Unies suffisamment longtemps pour établir une nouvelle position défensive plus au nord. Rien qu’au cours des combats pour la colline 532, le 7 mars 1951, il y eut sept morts et 37 blessés chez les Canadiens.
Pourtant, lentement, surement, les Chinois et les Nord-Coréens se retirèrent et finalement, le 8 avril, la 27e Brigade du Commonwealth franchit le 38e parallèle en progressant à travers une vallée escarpée aux flancs abrupts, entourée de collines s’élevant jusqu’à 1 000 mètres audessus d’une rivière et d’un village avoisinant.
C’était Kapyong.
D’autres combats, plus modestes, mais non moins âpres, attendaient les Canadiens à l’aube de leur plus grande épreuve. À partir du 14 avril, dans une bataille pour arracher le contrôle de
la colline 795 à l’ennemi, la compagnie « D » du PPCLI affronta alors l’une des résistances les plus coriaces rencontrées jusqu'alors.
« À 16 h 55, écrivait le diariste de guerre du bataillon, l’attaque de la compagnie a été lancée [et] a réussi à atteindre [l’objectif principal], mais la position était intenable […]. Le lieutenant M.G. Levy a mené l’attaque avec beaucoup de courage et a réussi à atteindre le bunker chinois solidement défendu […] avec son peloton. »
Mais, malgré leurs courageux efforts, la colline 795 ne tomba qu’au bout de deux jours, au prix de cinq blessés. Une grande partie de la brigade, moins les artilleurs néozélandais, se replia pour passer en réserve.
Ce répit serait toutefois de courte durée – une réalité que Levy allait apprendre à ses dépens.
Le 25 avril 1951, d’anciens amis devenus ennemis déferlèrent comme une marée.
Levy, en communication avec le capitaine Wally Mills, commandant par intérim de la compagnie « D », qui avait établi son poste de commandement tactique sur le versant arrière de la colline 677, avait l’intention de changer la donne.
Le lieutenant canadien britannique demanda que les tirs d’artillerie soient dirigés « pour frapper dans un rayon de 10 à 15 mètres de notre position ». Il s’agissait manifestement d’une manœuvre de dernier recours, avec des risques incommensurables, mais son officier supérieur l’approuva et la transmit au lieutenant-colonel Jim Stone, commandant du PPCLI, qui acquiesça.
Vingt-quatre canons de 25 livres du 16e Régiment de campagne de NouvelleZélande, renforcés par trois unités d’artillerie américaines, lancèrent obus après obus sur une masse concentrée d’attaquants chinois alors que Levy, s’exposant à leur furie, dirigeait le bombardement.
Malgré cela, s’est souvenu par la suite un sergent du PPCLI à propos de la bataille en général, l’ennemi « continuait d’arriver ». La situation était désespérée. Levy fit donc déplacer le feu sur sa propre position.
« Nos tranchées de tir étaient à deux pas, dit un soldat du 10e peloton, quand on nous a avertis, nous nous sommes tous accroupis. » Pendant que lui, Levy et les autres survivants se plaquaient au sol pour sauver leur peau, le barrage initial de 10 minutes produit l’effet désiré de disperser les forces ennemies, ne seraitce que pendant un bref instant. « Ils étaient sur le point de nous submerger, ajouta le soldat, quand un autre barrage de dix minutes est tombé. Plus tard, durement pressés, nous avons demandé un troisième barrage de dix minutes. Nous étions convaincus que l’artillerie allait tous nous tuer […]. » Les deux sections assiégées de Levy eurent de la chance à cet égard, car, depuis le ciel, quelque 4 000 obus s’abattirent avec une violence extrême, frôlant dangereusement leurs positions à moins de cinq ou six mètres. Plus loin, des cris déchirants perçaient l’obscurité alors que des obus explosant à peine sous la cime des arbres, déchiquetaient les rangs chinois, qui furent « arrêtés nets ». Levy, sautant de tranchée en tranchée tout en ajustant le feu des Néozélandais, avait sauvé son peloton.
Un chroniqueur du Toronto Sun ira même jusqu’à affirmer qu’il avait « peut-être sauvé Séoul ».
Ce qui restait indiscutable, c’est que le pari de Levy avait porté ses fruits.
La bataille de Kapyong prit officiellement fin pour les Canadiens le 26 avril, lorsque la 27e Brigade du Commonwealth fut finalement relevée, ce qu’elle mérita vraiment. À ce stade-là, les forces ennemies qui avaient subi 300 morts contre le PPCLI et potentiellement près de 2 000 pertes contre l’ensemble des troupes de l’ONU avaient concédé le combat.
Le combat s’était arrêté moins dans un fracas que dans un souffle au petit matin du 25 avril. Quoi qu’il en soit, les défenseurs, eux aussi, avaient été saignés et meurtris au terme de trois jours de combats féroces, en grande partie au corps à corps. La défense résolue de la colline 504 avait couté au 3 RAR 32 morts et 59 blessés, et même les artilleurs néozélandais enregistrèrent deux pertes. Le fait qu’un tel sacrifice ait eu lieu
à la veille du Jour de l’Anzac, marquant exactement 36 ans depuis le désastreux débarquement de 1915 à Gallipoli, en Turquie, ajoutait sans doute au sentiment de devoir et d’engagement. Il ne fait aucun doute que les Australiens et les Néozélandais, ces derniers ayant tiré environ 14 500 obus au cours de la bataille, ont joué un rôle monumental pour éviter une catastrophe de toute autre ampleur en Corée.
Les Canadiens eux-mêmes, qui avaient mené leur propre défense acharnée au sommet de la colline 677 contre une force numériquement supérieure, déploraient 10 morts et 23 blessés. « Dans leurs zones de défense isolées, fit remarquer le lieutenant-colonel Stone, ils ont gardé leur sang-froid, maintenu le moral de leurs troupes, et fait feu de leurs armes. » Bien sûr, plusieurs hommes méritaient cette description – mais on peut soutenir qu’un seul l’avait véritablement incarnée.
La U.S. Presidential Unit Citation fut décernée au PPCLI, ainsi qu’à d’autres formations : la première des deux seules occasions où une décoration aussi rare a été conférée à un bataillon canadien. Cinq des soldats de l’unité reçurent également des accolades, notamment le détenteur de la Croix militaire Wally Mills qui avait transmis les coordonnées de la frappe d’artillerie fournies par le commandant de son peloton 10.
Levy ne fit pas partie des récipiendaires. Il est vrai que l’histoire moderne regorge de cas où l’infanterie, consciente que sa position pourrait tomber aux mains de l’ennemi, a appelé « le tir à proximité » par radio, une pratique éprouvée de la doctrine militaire où un barrage d’artillerie atterrit à portée de ses propres soldats, risquant ainsi un tir fratricide pour un bien collectif perçu et espéré. Néanmoins, le fait que cette manœuvre figure dans les manuels ne la rendait pas moins courageuse.
Quoi qu’il en soit, on disait que Levy ne nourrissait aucune rancune de n’avoir pas reçu de médaille. Ses efforts ont fini par être reconnus le 4 juin 2007, peu avant son décès, à l’âge de 81 ans. En avril 2004, la gouverneure générale Adrienne Clarkson lui a remis des armoiries personnelles en l’honneur non seulement de ses exploits à Kapyong, mais aussi de ses 25 années de service dans l’armée canadienne qui ont suivi.
Les armoiries se composent des couleurs régimentaires rouge, bleu et or du PPCLI, d’un éclair représentant l’unité radio que Levy utilisa pour demander le tir d’artillerie, et quatre cônes de pin coréens, symbolisant l’arbre du comté de Kapyong et l’espoir d’un nouveau départ.
La devise, quant à elle, dit tout : « I have prevailed » (J’ai triomphé, NDT).




Stephen J. Thorne profite d’une visite de l’Unité canadienne des chiens d’assistance aux anciens combattants à notre siège, en juin 2024.
Aaron Kylie
1959-2025
tephen? »
« Non, moi, c’est Aaron », ai-je répondu à un légionnaire dans un hôtel de Saskatoon en septembre 2025.
J’avais bien compris la raison de sa méprise. Après tout, Stephen J. Thorne, rédacteur principal de la revue Légion, couvrait régulièrement les évènements de la Légion royale canadienne aux quatre coins du pays depuis 2016, lorsqu’il avait rejoint la publication. Si un homme muni d’un appareil photo était dans le coin, il y avait de fortes chances que ce soit lui.
« Oh, toutes mes excuses, » me dit-il. Cette excuse semblait dire deux choses à la fois : désolé pour l’erreur, mais aussi un brin de regret que je ne sois pas réellement Stephen. Ça aussi, je le comprends. Stephen est décédé le 5 décembre 2025, à l’âge de 66 ans, au terme d’une maladie soudaine. Il avait l’esprit grégaire et semblait né pour son poste à la Légion. Les légionnaires et les lecteurs appréciaient vivement son travail, écrit et visuel. Sa passion pour le militaire remontait à ses premiers jours,
et il l’évoque dans le prologue de son livre de 2024, On War: Exploring How and Why We Fight (La guerre : comment et pourquoi on se bat, NDT). Les bandes dessinées, les films, les émissions de télévision et les livres sur les conflits qui ont façonné sa jeunesse dans les années 1960 l’avaient conduit au journalisme, puis à la Presse canadienne où il fut journaliste, rédacteur en chef, photographe, et correspondant militaire et à l’étranger pendant 29 ans.
À ce titre, Stephen a remporté trois prix nationaux de
journalisme, quatre prix nationaux de diffusion de la Radio Television Digital News Association, deux prix de l’article de l’année de la Presse canadienne et le premier prix Ross Munro pour les reportages sur la défense, en 2002. Il a aussi réalisé des reportages sur la fin de l’apartheid en Afrique du Sud et sur les guerres au Kosovo et en Afghanistan.
Quelques années plus tard, Stephen a commencé à proposer des articles pour cette publication, où son intérêt pour la guerre et son expérience professionnelle s’inscrivaient parfaitement dans une revue consacrée à l’histoire militaire du Canada. Et il semblait s’en réjouir, comme si le travail était fait pour lui et viceversa. Après deux ans seulement, il a été engagé à temps plein.
Stephen était prolifique : il rédigeait une chronique hebdomadaire, parfois mordante, pour le site Web de la Légion, en plus de réaliser régulièrement des reportages et d’écrire sur des sujets d’actualité. Il a produit plus de 500 articles sur un large éventail de sujets liés, entre autres, aux conflits dans lesquels le pays s’est impliqué. En plus du livre susmentionné, il est l’auteur de sept éditions spéciales de la publication sœur de la Légion, Canada’s Ultimate Story. Et tout cela en neuf ans seulement.
À la revue Légion, nous avons également grandement bénéficié du talent de photojournaliste de Stephen. Une série de portraits d’anciens combattants canadiens blessés en Afghanistan et les histoires connexes qu’il a produites au début de son association avec nous sont devenues une exposition, Les blessés, présentée pour la première fois au Musée canadien de la guerre, à Ottawa, en 2019, et dont la tournée continue à ce jour. En 2008, les œuvres de Stephen et celles de son collègue photojournaliste Garth Pritchard ont servi à réaliser une autre exposition pour le musée, Afghanistan – chronique de guerre
Les portraits de vétérans de ce conflit réalisés par Stephen, ainsi que de ceux ayant servi pendant
la Seconde Guerre mondiale et la guerre de Corée, comptent parmi ses meilleures œuvres photographiques. Et il aimait les produire presque autant qu’il aimait parler avec d’anciens combattants et relater leurs histoires.
« Quoi de neuf? » me demandait un Stephen jovial tous les matins quand il se présentait à mon bureau pour une discussion ex ante. Nous bavardions sans doute beaucoup trop longtemps la plupart des fois, mais j’ai l’impression que c’est lors de ces conversations que j’ai appris à connaitre Stephen le mieux. Et que nous avons vraiment tissé un lien. Si vous l’avez connu, ou s’il vous a interviewé, il est difficile d’imaginer que vous n’ayez pas éprouvé le même sentiment. Quiconque a tenté de résumer la vie d’une personne en quelques centaines de mots sait que c’est impossible, tant parce que la place manque que parce que chacun de nous ne connait qu’une facette particulière de cette personne. Ce qui précède est le résumé de la carrière de Stephen. Et bien qu’il soit impressionnant, l’homme lui-même, du moins à mes yeux, dépassait largement ce simple portrait. Mais ceci n’est que mon regard de collègue et d’ami, et non celui d’un fils, d’un père ou d’un partenaire — bien que, à en juger par les récits passionnés qu’il partageait sur sa famille, il semblait l’être avec amour et dévouement.
Tout comme Stephen m’écoutait patiemment pendant des heures lors de nos bavardages, à moins qu’il ne sorte exaspéré si j’osais critiquer la CBC, lui aussi partageait des pans de sa vie : sa jeunesse à jouer au basketball en grandissant à Halifax; ses premiers emplois chez des sociétés exploitantes de ressources dans le Grand Nord canadien; ses débuts à la Presse canadienne à St. John’s ou par la suite à Toronto; ses enfants, Kate et John; les longues journées derrière un objectif à une partie de basketball des Cowboys ou des Eagles; le match de baseball ou de hockey de la veille; ses années
de motard et l’accident qui y a mis fin; sa fiancée, Dorothy et son nouveau chat Max. Je dois avouer que, n’étant pas vraiment amateur de chats, c’était probablement les limites de la discussion; à ce moment-là, Stephen filait dans le corridor pour échanger avec l’équipe artistique de la Légion, surement un groupe plus bienveillant à l’égard des félins. À bien y penser, Stephen était pour moi comme le grand frère que je n’ai jamais eu. Il partageait ses connaissances sans la moindre réserve. Il écoutait avec la même attention. Quand j’ai intégré la revue Légion, j’avais déjà plus de vingt ans de journalisme derrière moi, mais je n’étais assurément pas un spécialiste de l’histoire ou du milieu militaire. Stephen était toujours patient et diplomatique en me soulignant les potentielles bévues rédactionnelles. À tort ou à raison, les soldats seront toujours « wounded », jamais « injured » (« blessés » dans les deux cas, mais le premier terme évoque plus souvent le sang versé à dessein, et non un accident comme le deuxième, NDT.) et on ne dira jamais « le démineur NCSM Un tel » (il y a redondance à dire qu’un démineur est un navire, dixit Stephen). Et avec toutes ces années à la Presse canadienne, il maitrisait le guide stylistique : No. 1, pas # one, selon Stephen, et, selon la Presse canadienne aussi, je suppose.
De même, malgré ses décennies d’expérience, Stephen restait toujours ouvert aux nouvelles façons de faire, aux défis et aux remises en question — et il y répondait brillamment.
Son livre On War représentait un projet ambitieux, et je suis reconnaissant d’avoir eu l’occasion de collaborer avec lui. Il en était immensément fier. D’autres projets étaient en préparation, mais, quoi qu’il en soit, ce livre restera le point culminant de sa carrière exceptionnelle : l’accomplissement de ses rêves d’enfance et de l’œuvre de toute sa vie.
Il peut y avoir bien pire que d’être confondu avec Stephen J. Thorne.
Conformément à la Loi sur les pensions, Anciens combattants Canada a augmenté de 2 % les pensions, indemnités et allocations versées en 2026. ACC ajuste le tarif des pensions d’invalidité et des allocations chaque année au 1er janvier. L’augmentation de cette année se base sur l’indice des prix à la consommation, selon la Loi sur les pensions
Pensions d’invalidité selon la Loi sur les pensions
La lourdeur de l’invalidité s’exprime en pourcentage, l’invalidité totale étant évaluée à 100 %. Quand une invalidité donnant droit à une pension est évaluée à moins de 100 %, la pension est proportionnellement moindre. Voici des exemples de pension mensuelle pour 2026.
Le bénéficiaire dont l’invalidité est évaluée à moins de 5 % perçoit un seul versement.
Pensions de survivant selon la Loi sur les pensions
Deux pour cent
Trois pour cent
Quatre pour cent
Allocations mensuelles versées en vertu de la Loi sur les pensions
Indemnité pour douleur et souffrance
Les indemnités d’invalidité en vertu du Règlement sur le bienêtre des vétérans peuvent être versées en un montant forfaitaire, en montants annuels ou en une combinaison des deux.
Allocations aux anciens combattants
Les allocations versées aux anciens combattants à faible revenu sont réajustées tous les 1er janvier, 1er avril, 1er juillet et 1er octobre. Les taux actuels sont les suivants.
Soutien du revenu des Forces canadiennes (maximum par mois)
Si, en lisant ceci, vous pensez avoir droit à une prestation reliée au service militaire, contactez une filiale qui vous mettra en relation avec un agent d’entraide de la Direction nationale ou d’une division.
Aaron Kylie

une des premières grandes commémorations marquant le centenaire de la Légion royale canadienne cette année tombe pile… sur une pièce de monnaie. En effet, mi-janvier, la Monnaie royale du Canada a dévoilé des pièces de collection en or et en argent en édition limitée ornées de motifs célébrant le 100e anniversaire de la LRC.
L’artiste canadienne Laurie McGaw a réalisé la pièce de 100 $ en or pur où figurent deux membres de la Légion face à un collage de symboles de la Grande Guerre.
« C’est un honneur d’avoir été choisie pour créer un motif de
était une infirmière militaire au chevet de mon père, un soldat canadien, dans un hôpital militaire de Toronto. Mon objectif était d’illustrer le profond respect des membres de la Légion à l’égard de toutes celles et de tous ceux qui ont servi le Canada. »
Le dollar à l’épreuve numismatique en argent fin est, quant à lui, une création de l’artiste canadien Steve Hepburn. On y voit deux membres de la Légion, pensifs, au-dessus d’une composition de 14 coquelicots, un pour chaque province ou territoire et un pour les

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À VOTRE SERVICE est une notice rédigée par des officiers d’entraide des directions de la Légion. Pour communiquer avec un officier d’entraide, composez le 1-877-534-4666 ou consultez le site Web d’une direction. Consultez legionmagazine.com pour accéder à des années d’archives.
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avec paiements automatiques 3 lorsque vous apportez votre appareil. Le forfait comprend les données ainsi que les appels et textos illimités au Canada 4
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5G+ exploités par Bell ou Telus. La 5G+ de Rogers s’est classée au premier rang pour sa fiabilité dans le cadre de l’audit de performance mené par umlaut sur les réseaux mobiles en 2025. Consultez le rapport de vérification de 2025 effectué par umlaut. 1. Le forfait de 10 Go est limité à une vitesse maximale de 150 Mbps et celui de 100 Go, à une vitesse maximale de 1 Gbps. Si vous excédez le lot de données à haute vitesse de votre forfait, vous continuerez d’avoir accès aux services de transmission de données à vitesse réduite pouvant atteindre 128 kbps pour le forfait de 10 Go et 512 kbps pour le forfait de 100 Go (téléversement et téléchargement) pour la navigation occasionnelle sur le web, les courriels et la messagerie sans frais d’utilisation excédentaire, et ce, jusqu’à la fin de votre cycle de facturation. L’accès au réseau 5G/5G+ de Rogers, là où le service est offert, nécessite un appareil compatible avec la 5G. Que vous vous connectiez au réseau de Rogers ou à celui d’un autre fournisseur, au Canada ou à l’étranger, la vitesse, la performance et l’utilisation du réseau 5G/5G+ disponible par un appareil compatible avec la 5G dépendent de divers facteurs, notamment votre appareil, la configuration, l’utilisation, la technologie de réseau du fournisseur, le trafic Internet et réseau, la topographie, les conditions environnementales, les pratiques en matière de gestion de réseau applicables ainsi que d’autres facteurs. Consultez la carte de couverture pour en savoir plus. L’utilisation est assujettie aux Modalités de service, à la Politique d’utilisation acceptable et à la Politique de gestion de réseau de Rogers. 2. S’il y a lieu, les frais de service d’urgence 911 provinciaux sont facturés mensuellement. 3. Rabais paiements automatiques de 10 $/mois offert avec les forfaits admissibles (rabais offert tant que le compte est inscrit aux paiements automatiques). Le rabais prendra fin si vous passez à un forfait non admissible ou si vous annulez les paiements automatiques. Si vous désactivez puis réactivez les paiements automatiques dans votre compte, vous obtiendrez le même rabais associé au forfait sans-fil auquel vous vous êtes abonné. 4. Sur le réseau de Rogers au Canada (exclut les appels acheminés par Renvoi d’appel, Appels vidéo ou tout autre service semblable). Comprend les messages texte, photo et vidéo illimités envoyés à partir du Canada vers un numéro