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JulyAugust 2026 french

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AU CŒUR DE LA COMMUNAUTÉ

À l’heure où la Légion royale canadienne célèbre son centenaire, ses filiales restent des pôles communautaires essentiels partout au pays pour le soutien aux anciens combattants et l’engagement bénévole.

Voir l’article à la page 4

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la Légion exploitait des cantines mobiles. Une pièce de collection émise en hommage au centenaire de la Légion (en haut, à droite).

Monnaie royale canadienne; Archives de la revue Légion

Vol. 101, No. 4 | JUILLET / AOUT 2026

Conseil d’administration

PRÉSIDENTE DU CONSEIL Sharon McKeown VICE-PRÉSIDENT DU CONSEIL Berkley Lawrence SECRÉTAIRE DU CONSEIL Bill Chafe DIRECTEURS Steven Clark, Dermod Coombs, Randy Hayley, Trevor Jenvenne, Bruce Julian, Valerie MacGregor, Jack MacIsaac La revue Légion est publiée par Canvet Publications Ltd.

DIRECTEUR GÉNÉRAL Jason Duprau

GESTIONNAIRE DE L’ADMINISTRATION

Stephanie Gorin (en congé)

VENTES/ADJOINTE

ADMINISTRATIVE

Lisa McCoy

ADJOINTES

ADMINISTRATIVES

et de noir, avec des éclats dorés ou argentés, sur un fond de couleurs discrètes, sert à accessoiriser toutes sortes de tenues. 34,5 po x 34,5 po

+

RÉDACTEUR

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RÉDACTRICE PRINCIPALE

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RÉDACTEUR ATTITRÉ

PRINCIPAL

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RÉDACTEUR ATTITRÉ

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Nous reconnaissons que le lieu sur lequel nous sommes réunis se trouve sur le territoire traditionnel non cédé des peuples algonquins, gardiens de ces terres depuis des temps immémoriaux. Nous reconnaissons également que notre travail s’inscrit sur l’ensemble des territoires des Premières Nations, des Métis et de l’Inuit Nunangat.

LA GUERRE, C’EST LA GUERRE.

Cesont de vraies blessures. On estime que quelque 2 000 membres des Forces armées canadiennes ont été blessés durant le conflit en Afghanistan. Et combien d’autres, parmi les plus de 40 000 femmes et hommes qui ont servi pendant ce conflit entre 2001 et 2014, le plus long engagement militaire de l’histoire du pays, sont encore hantés par les souvenirs des fusillades, des explosions de dispositifs explosifs improvisés ou des attentats suicides?

Pourtant, le Canada a désigné leur service comme relevant d’un « service spécial », tandis que les vétérans de la Première ou de la Seconde Guerre mondiale ou de la guerre de Corée sont considérés comme ayant servi « en temps de guerre ». Cette distinction n’a pas d’incidence sur leurs prestations liées au service, mais de nombreux Canadiens qui ont combattu en Afghanistan ou dans d’autres conflits modernes se sentent lésés de ne pas être considérés comme des anciens combattants ayant servi en temps de guerre.

« Cela donne l’impression aux gens qui n’ont pas servi que ce que nous avons fait en Afghanistan est moins important que les combats menés par les soldats des générations précédentes », a expliqué au Globe and Mail Michael Blois, qui a été blessé par l’explosion d’une roquette talibane lors de sa deuxième mission, en 2007. Il est temps que cela change. Pour favoriser une révision de cette reconnaissance, le

sénateur Hassan Yussuff a présenté en avril un projet de loi d’initiative parlementaire intitulé Loi sur la reconnaissance du service en temps de guerre. Celuici établit un cadre d’examen de tous les déploiements depuis la guerre de Corée selon quatre critères principaux :

• le degré des risques encourus pendant le service, y compris l’exposition à des conditions hostiles ou pouvant être mortelles;

• la nature, le rythme, la durée, l’ampleur et l’intensité des opérations;

• l’exposition à des conditions propres à causer des blessures physiques ou psychologiques;

• l’existence d’un conflit armé dans la zone géographique visée, qu’un état de guerre ait été déclaré ou non.

« Nous devons […] être équitables envers les membres qui ont tant contribué à l’histoire de notre pays, a déclaré M. Yussuff à CTV News en avril. Les reconnaitre pour leur service en temps de guerre est fondamental pour notre identité en tant que nation, mais c’est aussi une question de justice et de respect de la dignité des membres des Forces armées. »

Dans sa plateforme de campagne de 2025, le Parti libéral du premier ministre Mark Carney s’engageait à élargir « la reconnaissance du service en réexaminant la désignation de certaines missions militaires, y compris dans le golfe Persique, pour que les sacrifices des anciens combattants en zone de conflit soient correctement reconnus ».

« Compte tenu des antécédents et de ce qui a été dit par les deux partis, j’espère qu’ils vont réellement passer à l’action pour faire ce que l’on attend d’eux […], a souligné M. Yussuff. C’est une reconnaissance symbolique, mais pour l’ancien combattant, c’est absolument, fondamentalement important au regard du sacrifice consenti au service de son pays. »

M. Harold Davis, président de la Persian Gulf Veterans of Canada, a effectivement confié au Globe and Mail que le manque de reconnaissance des combattants ayant servi en temps de guerre était « une insulte ». Quelque 5 100 membres des FAC ont servi pendant la guerre du Golfe en 1991.

« Beaucoup de Canadiens ne savent pas ce qu’un ancien combattant fait pour son pays lorsqu’il part servir. La guerre n’est pas finie pour beaucoup d’anciens combattants, a-t-il déclaré. Nous ne déplorons aucune victime là-bas, alors notre nombre de pertes n’est pas assez marquant pour que le gouvernement […] nous reconnaisse. »

Si le projet de loi de M. Yussuff était adopté, toutes les opérations militaires canadiennes menées depuis la guerre de Corée feraient l’objet d’un examen, et les missions futures devraient être évaluées de la même manière dans un délai d’un an.

« Il devrait y avoir un moyen d’évaluer ces missions et d’accorder une reconnaissance symbolique à ceux qui servent, a conclu M. Yussuff. Il s’agit de témoigner du respect envers les gens qui ont servi leur pays. »

Le17 aout 2024, ma famille et moi sommes revenues à Jasper, en Alberta, après une évacuation d’un mois causée par les incendies de forêt qui avaient ravagé un tiers des entreprises et des résidences de la ville en juillet. Il bruinait et l’odeur des cendres humides remplissait notre voiture alors que nous passions devant les carcasses calcinées de maisons. La scène était sinistre : amas de béton effondré, barres d’armature tordues et revêtements déformés émergeaient des décombres.

Mon mari, mon fils et moi sommes retournés dans notre enclave de maisons en rangée située dans l’ouest de la ville pour constater de nos propres yeux que notre maison avait été épargnée, mais que des amis tout autour de nous avaient perdu la leur. Non loin de là, la majeure partie d’un autre quartier avait disparu. Devant le sol noirci qui bordait ma cour arrière, la destruction me serrait la poitrine à chaque respiration.

L’après-midi touchait à sa fin. Mes parents, eux aussi résidents de Jasper, nous ont proposé d’aller souper à la filiale locale de la Légion, où le personnel et les bénévoles servaient un repas à tous ceux qui le souhaitaient. C’était là un soutien essentiel, car les restaurants et les épiceries s’affairaient aux travaux de nettoyage et aux réparations nécessaires à leur réouverture.

Mais, la filiale offrait bien plus qu’un repas. C’était un endroit où les habitants de Jasper pouvaient se rassembler et reprendre leurs marques. Nous avons fait la queue avec d’autres résidents et des premiers intervenants. L’endroit était bondé.

« J’y ai vu des gens qui venaient de perdre leur maison. Ils n’avaient plus rien, et je les ai vus rire et sourire parce qu’ils étaient avec leur communauté », raconte Keith Henderson, représentant des anciens combattants, trésorier et officier d’entraide à la filiale de Jasper.

Le personnel de la Légion et les bénévoles s’affairaient, débarrassaient les tables,

servaient des boissons, posaient une main réconfortante sur une épaule. La femme de Keith, directrice de la filiale, avait donné ce conseil à l’équipe de service : « Si quelqu’un a besoin d’une étreinte, arrêtez tout. Parlez avec cette personne. »

La Légion a nourri des centaines de bouches par jour pendant près de six semaines. « C’était un honneur de servir notre collectivité et de prendre soin d’elle », constate simplement Mme Henderson. Servir. Pour les Henderson, ce n’est pas qu’un simple mot.

Mme Henderson a grandi dans une famille de soldats : son père et son grand-père ont tous deux servi dans l’armée, à différentes époques. Elle travaillait et elle s’est occupée des enfants pendant que son mari suivait son entrainement puis servait dans les Forces armées canadiennes en Afghanistan. Aujourd’hui, deux de leur fils sont en service actif. Et ils ont contribué à rebâtir la filiale de la Légion de Jasper, qui était au bord de la faillite, pour en faire un centre communautaire dynamique reconnu dans la région – et au-delà – pour son soutien et les services qu’elle offre aux anciens combattants.

Les membres de la communauté dégustent un repas à la filiale albertaine de la Légion royale canadienne de Jasper, en aout 2024 (ci-dessus). Ces jours-ci, l’organisation centenaire accueille un large éventail de membres, anciens combattants (ci- contre) ou civils. À la suite des incendies de 2024 à Jasper, en Alberta, la filiale de la Légion a fourni des repas à des premiers intervenants et à des habitants (page suivante).

Ainsi, la filiale de Jasper, comme beaucoup d’autres partout au pays, prospère dans un contexte moderne tout en préservant l’héritage de la Légion royale canadienne. Cela fait un siècle que plus de 1 350 filiales servent les anciens combattants et leurs collectivités aux quatre coins du Canada. Chacune constitue un pôle d’action communautaire et caritative, joue un rôle essentiel lors des interventions d’urgence et, dans de petites villes comme Jasper, sert aussi de gardienne de l’histoire militaire locale. Depuis quelques dizaines d’années, l’entretien des filiales représente un défi de taille dans un contexte marqué par le vieillissement des membres, le recul du bénévolat, l’instabilité financière et les enjeux d’inclusion – qu’il s’agisse des vétérans de conflits récents, des anciens combattants autochtones ou d’un pays de plus en plus multiculturel. Mais, les filiales persistent; plusieurs continuent même de prospérer.

La Légion canadienne a été constituée en juillet 1926 par une loi spéciale du Parlement. Elle est née de la fusion de plusieurs organisations d’anciens combattants, notamment la Great War Veterans Association. Elle avait également pour raison d’être le soutien aux anciens combattants, la défense de leurs droits et la promotion du souvenir. Ces besoins s’étaient clairement dessinés après la Première Guerre mondiale, au cours de laquelle plus de 650 000 Canadiens et Terre-Neuviens avaient servi, plus de 172 000 avaient été blessés et quelque 66 000 y avaient perdu la vie. L’horreur de la Seconde Guerre mondiale était encore à venir : plus d’un million de Canadiens allaient servir et plus de 44 000, y mourir. Pendant que ce conflit-là faisait rage, les filiales de la Légion du Canada se sont mobilisées pour aider les militaires de retour au pays et offrir un lieu de rassemblement aux anciens combattants et à leurs communautés.

Se retrouver ensemble au lendemain d’un traumatisme peut être vital pour amorcer un processus de guérison. Au cours des décennies et des conflits qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale, les filiales ont connu une intense activité bénévole. Le nombre d’adhérents était élevé.

« Au début des années 1970, Jasper comptait environ 3 000 habitants, et la majorité des adultes étaient membres de la Légion », souligne M. Henderson.

Né à Jasper cette décennie-là, j’ai grandi à la filiale, où je mangeais des Hawkins Cheezies et jouais au palet américain pendant que les adultes se divertissaient. J’ai dessiné des coquelicots pour les concours nationaux du souvenir de la jeunesse. J’ai passé la main sur le nom de mon grand-oncle, Neil Kennedy, pilote et adjudant de 1re classe, gravé sur une plaque de laiton patinée au cénotaphe de Jasper.

La sœur de Neil, ma grand-mère, a été membre de la Légion pendant plus de 50 ans; elle a confectionné des milliers de carrés au citron pour les collectes de fonds de la filiale. Je n’ai pas connu son mari, mon grand-père, Charlie Wilson, qui est mort à l’âge de 50 ans. Il avait survécu à la guerre, mais le stress post-traumatique a joué un rôle dans sa mort prématurée. J’ai ressenti les répercussions de la guerre tout autour de moi. Je me suis également rendu compte que l’un des remèdes à cette tristesse consistait à se retrouver avec des gens qui pouvaient comprendre.

Au fil des ans, les filiales de la Légion sont devenues des centres communautaires où les gens célèbrent les anniversaires de mariage ou de naissance et les départs à la retraite. Elles offrent des lieux abordables, allégeant le fardeau financier associé à ces importants moments de célébration et de rassemblement.

Au-delà de leur rôle de lieux de rassemblement, les filiales sont également devenues des centres névralgiques lors des urgences locales et des campagnes de financement, ainsi que des points de ralliement en temps de crise.

Ainsi, de nombreuses filiales ont aidé des Ukrainiens qui ont fui leur pays en 2022, quand la Russie a envahi leur patrie. Le soutien aux anciens combattants et à leur famille est un des rôles centraux de la Légion. M. Trevor Jenvenne est un vétéran des Forces armées canadiennes et de la GRC. Il est également l’un des trois vice-présidents de l’organisation à l’échelle nationale et membre de la filiale de Lac du Bonnet, au Manitoba. Il a pris une retraite anticipée lorsque le TSPT a mené à sa libération pour raisons médicales de la GRC au plus fort de la pandémie de la COVID-19, en 2020.

« J’avais perdu mon travail, mon gagne-pain, ma carrière », raconte M. Jenvenne en évoquant cette période tumultueuse. Il lui était difficile de savoir où chercher de l’aide ou par où commencer, explique-t-il. Il s’est tourné vers la Légion.

« La Légion s’est occupée de ma demande auprès d’Anciens Combattants, et je n’ai pas eu à m’en préoccuper, ajoute-t-il. Dans l’état où je me trouvais, je n’aurais jamais réussi à m’y retrouver dans ce processus. »

Non seulement l’agent d’entraide de sa direction provinciale l’a aidé à présenter cette demande, mais il a aussi réexaminé une ancienne demande liée à une blessure qui avait été refusée. En découvrant une erreur dans le processus d’évaluation, il a entrepris des démarches pour faire infirmer la décision. Cela a aidé M. Jenvenne à retrouver un certain équilibre pendant cette période d’incertitude.

M. Jenvenne l’affirme : « la Légion ne fait pas suffisamment connaitre le nombre d’anciens combattants qu’elle aide concrètement. »

Aider d’autres anciens combattants peut également faire partie du processus de guérison, explique

M. Henderson, de Jasper lui aussi. À sa retraite, le travail accompli pour renforcer le réseau de soutien aux anciens combattants de sa filiale l’a aidé à « nourrir cette part de lui-même, hypervigilante, qui avait besoin de se consacrer à quelque chose qui comptait ». À titre d’officier d’entraide local, M. Henderson épaule les anciens combattants et leur famille. Il a récemment aidé mon père et moi à faire le point sur les médailles de guerre de mon grand-oncle Neil et de mon grand-père Charlie pour nous aider à comprendre leur signification, à nous assurer que nous avions reçu tous les honneurs qu’ils avaient mérités et à veiller à leur bonne conservation. Keith a également fondé Veterans Adventures Jasper, un programme de la filiale visant à renforcer la santé physique et mentale des anciens combattants, des premiers intervenants et de leur famille grâce à des activités de plein air dans le parc national Jasper. Il a lancé l’initiative après avoir entendu parler d’un jeune ancien

Parmi les programmes de la filiale de Jasper, il y a Veterans Adventures, qui aide les anciens combattants à explorer le parc national local (ci - contre, à gauche). Un évènement de Buddy Check

Coffee à la filiale South Carleton de Manotick, Ont. (ci - dessus). Jason Salo, réserviste et policier militaire à la retraite (en regard), participe à l’opération VetBuild. La balade à moto

The Rolling Barrage (en haut page suivante).

combattant (qu’il a rencontré par la suite) qui dormait dans sa voiture afin de se payer des sorties de pêche dans le parc. « Il cherchait à vivre un moment de paix », relate-t-il. M. Henderson a voulu rendre les activités de plein air plus accessibles aux anciens combattants de la région. « Les gens ne se rendent pas compte que lorsque nous prenons notre retraite, que nous quittons le service, nous devons rendre nos sacs de couchage », ditil. Tout l’équipement de camping et de survie doit être remis. Parfois, certains équipements, comme les canots ou les kayaks, sont trop couteux, ou certains anciens combattants n’ont pas de place pour les ranger dans leur logement. Parfois, un ancien combattant souffre d’un TSPT ou d’un autre problème de santé mentale qui complique l’organisation d’un voyage, explique-t-il. Ou bien, certains travaillent et peuvent simplement avoir besoin d’un moment de répit.

« Eh bien, nous pouvons offrir ce soutien, dit-il. Nous sommes un peu comme un quartier-maitre d’un régiment dans les montagnes. »

La Légion appuie des programmes de soutien entre pairs similaires partout au pays, tel que l’Opération VetBuild. Ce programme permet aux anciens combattants d’entrer en relation

avec d’autres personnes grâce à des passe-temps, comme la construction de maquettes. Et la section spéciale nationale sur les blessures de stress opérationnel de l’organisation offre « des activités de sensibilisation, le soutien par les pairs et des services d’aiguillage pour les anciens combattants et les familles touchées par des blessures de stress opérationnel, telles que l’anxiété, la dépression, le TSPT et d’autres problèmes de santé mentale ». Le programme Buddy Check Coffee, un service de soutien par les pairs généralement dirigé par d’anciens combattants et qui favorise les liens entre participants grâce à des réunions informelles, est populaire.

« La Légion est un élément crucial du bienêtre d’anciens combattants », affirme Scott Casey, qui a servi comme Casque bleu en Croatie et en Bosnie-Herzégovine dans les années 1990. M. Casey est le fondateur de The Rolling Barrage, qui sensibilise les membres actifs ou retraités des FAC, les premiers intervenants et les professionnels de la santé au TSPT, principalement grâce à une randonnée motocycliste annuelle d’un océan à l’autre. L’organisme sans but lucratif entretient des liens avec plusieurs filiales de la Légion partout au pays. J’ai rencontré M. Casey au Jasper Legion Mess Gala le 9 novembre 2025.

J’ai trouvé mon porte-nom sur un couvert, parmi ceux de nombreux participants de la première heure de The Rolling Barrage. J’ai rapidement été chaleureusement accueillie parmi les membres de la GRC actifs ou retraités, les anciens militaires et les familles dévouées à la cause, dans une ambiance faite de plaisanteries et de camaraderie. Je me suis aussi vite aperçue que, lors de ce gala, mieux valait ne pas quitter son porte-nom des yeux si l’on ne voulait pas être forcé d’improviser une prestation. Mon porte-nom a disparu presque immédiatement. Peu après, j’ai été appelée au micro de la table d’honneur pour expliquer

« M. Casey est le fondateur de The Rolling Barrage, qui sensibilise les membres actifs et retraités des FAC, les premiers intervenants et les professionnels de la santé au TSPT. »

pourquoi j’écrivais cet article. Seul bémol : je devais jurer pendant mon intervention. C’était moins difficile que quelqu’un qui venait de me rencontrer aurait pu le croire. Je suis retournée à ma place sous les applaudissements, accueillie par un « tape-m’en-cinq » de M. Casey. On peut aisément comprendre l’importance de tels évènements pour les anciens combattants et les premiers intervenants qui y participent. Il y a des rires, des histoires et un sentiment partagé de compréhension et d’expériences communes. M. Casey espère que ce type de liens continuera à se tisser entre les jeunes anciens combattants et les membres de la Légion. « Un décalage s’est créé au fil des ans entre la Légion et les anciens combattants, dit-il. La plupart des Canadiens n’ont pas le même lien personnel avec les vétérans des conflits modernes qu’avec ceux de la Seconde Guerre mondiale, et certaines filiales, souvent par nécessité, sont gérées avec peu de

participation d’anciens combattants. Les anciens combattants les plus jeunes ne sont pas reconnus dans la société de la même manière que leurs prédécesseurs », souligne M. Casey, ajoutant qu’une partie du problème réside dans la terminologie utilisée par le gouvernement fédéral pour désigner les conflits récents.

« La guerre d’Afghanistan n’est pas considérée comme telle, mais comme une “zone de service spécial”, explique M. Casey. En parlant d’une zone de service spécial, on minimise le sacrifice des vétérans de guerre. »

M. Jenvenne, vice-président national de la Légion, convient qu’il faut en faire davantage pour amener les jeunes anciens combattants à s’impliquer au sein de l’organisation en dehors des cérémonies du jour du Souvenir. Mais, selon lui, l’équilibre est délicat. Bien que les filiales doivent mieux accueillir les vétérans des conflits les plus récents, elles

ont de plus en plus besoin que le grand public se joigne à elles pour continuer à fonctionner. De plus en plus de filiales ferment leurs portes chaque année, comme la filiale Vimy d’Halifax, qui a fait naufrage en janvier dernier, au bout de 99 ans. Pour perdurer, les filiales doivent continuer d’occuper une place importante dans leur communauté, ajoute M. Jenvenne.

« La société elle-même a évolué, et la Légion doit évoluer avec elle. »

À la filiale de la Légion de Maple Ridge, en Colombie-Britannique, le seul moment où l’on peut porter un chapeau, c’est lors d’une danse en ligne sur une chanson country où un salut du Stetson est de mise. Sinon, les chapeaux sont interdits.

« Notre filiale tient à cette tradition », précise Kathy Gallagher, son administratrice. Retirer son chapeau est considéré comme un signe de respect pour les anciens combattants et ceux qui sont encore en service. Mais, qu’en est-il de la danse en ligne?

Eh bien, c’est l’un des nombreux évènements que la filiale de Mme Gallagher offre à ses plus de 2 000 membres. C’est l’un des plus importants effectifs d’une filiale au pays, et ce nombre est en croissance depuis quelques années.

De nombreuses filiales partout au Canada, comme celle de Maple Ridge, prospèrent grâce à des modèles de fonctionnement en évolution qui visent à protéger et à améliorer les services offerts aux anciens combattants et à leurs communautés tout en encourageant l’adhésion et le soutien du public au moyen de nombreux

Les activités pour les jeunes (ci - contre) font partie des nombreuses initiatives communautaires soutenues par les filiales de la Légion au fil des ans. Des dames auxiliaires de la Légion royale canadienne prenaient une pose à côté d'un bus de la mobilité qu'elles parrainaient en 1979 (en regard, en haut page suivante). Keith et Sue Henderson de la filiale albertaine de Jasper (en regard, en bas page suivante).

programmes. De la filiale de Maple Ridge aux autres représentants à qui j’ai parlé, comme ceux de la filiale ontarienne

Edward MacDonald d’Angus et de la filiale St. James de Winnipeg, il y a des évènements pour à peu près tout le monde : des tirages de viande et de 50/50; des soirées de bingo et de cribbage; des groupes de musique, des danses, des leçons de danse et des cours de Zumba; des célébrations d’Halloween, de la Saint-Patrick, de la Coupe Grey, du Super Bowl et de la fête du Canada; des diners Robbie Burns, des soirées ailes de poulet et des activités sociales pour les gens âgés de 55 ans ou plus. La liste est encore plus longue.

À la filiale St. James, on a embauché un coordonnateur d’évènements spéciaux et on organise désormais des marchés aux puces.

« Si vous avez une bonne idée, vous devez la mettre à l’essai », lance Mike Thayer, ancien combattant et président de la filiale St. James. La filiale de M. Thayer a connu une augmentation du nombre de membres lorsqu’elle a associé l’adhésion à des tarifs réduits pour les soirées dansantes du vendredi soir.

Pour sa part, la filiale ontarienne d’Angus, seule grande salle évènementielle de la ville, cible autant que possible une programmation qui attire les jeunes. « Cela les attire et le nombre de nos membres a même augmenté », se félicite Howie Hipwell, président de la filiale.

En diversifiant leurs activités, beaucoup de filiales ont renforcé leurs services aux anciens combattants. Par exemple, la filiale de Maple Ridge, en ColombieBritannique, s’associe à la BC/ Yukon Legion Foundation pour

aider les anciens combattants à trouver un logement. Elle a récemment travaillé avec la ville afin d’aménager un passage pour piétons qui porte les mots Lest We Forget (N’oublions jamais, NDT) en lettres blanches sur fond rouge. C’est un rappel quotidien à la population des sacrifices des anciens combattants et de ceux qui servent actuellement. En plus de soutenir plusieurs organismes de bienfaisance voués aux anciens combattants et d’organiser des initiatives Buddy Check, un programme où l’on prend des nouvelles les uns des autres, elle propose un souper pour anciens combattants ouvert à tous. Elle organise aussi des présentations historiques, comme celle d’octobre 2025 axée sur les 1 975 militaires canadiens envoyés défendre Hong Kong fin 1941. La fille d’un ancien combattant qui avait été fait prisonnier lors de ce combat a présenté une plaque à la filiale en commémoration de son service, raconte Mme Gallagher. « Ce sont des moments très émouvants, quand on voit et qu’on entend ces histoires. »

Ces nouvelles initiatives s’ajoutent à des programmes que les filiales soutiennent depuis longtemps. Les programmes de la Légion pour les jeunes favorisent le sport, l’éducation et le leadeurship. « Nous soutenons le soccer mineur, le hockey mineur et le baseball mineur », explique M. Hipwell en parlant de sa filiale d’Angus. Elle verse des dons financiers pour l’achat d’uniformes et de matériel. Dans les filiales aux quatre coins du pays, le soutien monétaire prend aussi souvent la forme de bourses d’études et autres. Elles soutiennent également d’autres groupes jeunesse qui favorisent le leadeurship et l’apprentissage, tels que dans les programmes de cadets et

« La société elle-même a évolué, et la Légion doit évoluer avec elle. »

les Rangers juniors canadiens. Sheri Gee, ancienne militaire, supervise les Rangers juniors de Valemount, en Colombie-Britannique, à partir de la filiale locale depuis 2012.

« Ces programmes sont déterminants pour de nombreux jeunes qui y participent; ils leur permettent d’acquérir des compétences et les préparent à la prochaine étape de leur vie, souligne Mme Gee. J’ai écrit des lettres pour appuyer leurs demandes d’admission à l’université », précise-t-elle, ajoutant que les enfants de ces groupes peuvent obtenir des bourses d’études et du soutien par l’intermédiaire de Canada Company, un organisme de bienfaisance qui aide les cadets et les familles de militaires.

« C’est incroyable de voir à quel point cela transforme leur vie », se réjouit Mme Gee.

Ses propos m’ont amenée à réfléchir à la manière dont la Légion a façonné ma propre vie. Il y a eu la cérémonie commémorative de ma grand-mère, où beaucoup de gens ont fait la queue pour placer des feuilles d’érable rouge sur sa photo en l’honneur de son service auprès de l’Auxiliaire féminine de la filiale. Il y avait salle comble lors de la célébration du 25e anniversaire

de mariage de mes parents. Il y a eu tant de fois où j’ai amené mon fils à la filiale à l’occasion de soirées en famille et de fêtes de Noël. (Je ris encore en repensant au jour où un sympathique barman au petit côté espiègle a proposé une barre de chocolat géante à mon fils de 11 ans et à deux de ses copains s’ils acceptaient de manger un œuf mariné. La tentation était trop forte pour qu’ils refusent. Et les grimaces sur leurs visages au moment de recevoir leur récompense valaient leur pesant d’or.)

Mais, ma filiale, comme tant d’autres ailleurs au Canada,

a changé elle aussi. Aujourd’hui, je connais des anciens combattants bien réels qui m’aident à mieux comprendre les couts de la guerre et la façon dont les conflits dans lesquels le Canada s’engage jouent sur le traitement de ceux qui ont servi après leur retour. Certains soirs très animés, ces anciens combattants veillent sur la foule de manière informelle, s’assurant que tout le monde est en sécurité. Et quand un groupe joue à la filiale de Jasper ces joursci, le public n’a plus tout à fait le même visage qu’autrefois : on y retrouve maintenant des personnes de tous les âges, de toutes les ethnies et de tous les milieux.

Sue Henderson m’a confié qu’au cours des années à venir, elle voudrait continuer à développer la filiale en tant que lieu de rassemblement ouvert à tous et moteur du bénévolat. À l’heure où la ville continue de se reconstruire après l’incendie de 2024, elle veut que la filiale soit un pilier face à tout ce que l’avenir nous réserve. Plus important encore, elle voudrait qu’elle soit un endroit sûr pour tous ceux qui servent et ont servi ce pays. « Sachant ce que mon grandpère, mon père, mon mari et maintenant, mes deux fils ont fait, confie Mme Henderson, je dois garder cet endroit ouvert. »

Niki Wilson est une journaliste pigiste de Jasper, Alb. et membre de la filiale locale de la Légion.

Un point P

de non-retour

La Nouvelle-France protégée contre les Britanniques par le brouillard du Saint-Laurent en 1711

endant la guerre de Succession d’Espagne (1701-1713), la GrandeBretagne et ses colonies nordaméricaines ambitionnaient de s’emparer de la Nouvelle-France afin de faciliter l’accès au cœur du continent. À l’été 1711, elles envoyèrent une grande force navale attaquer Québec, capitale de la Nouvelle-France. Mais, l’expédition se solda par un échec.

Le contramiral britannique Hovenden Walker avait pris le large en mai à la tête de sept régiments de fantassins, soit plus de 5 300 soldats et des Royal Marines. L’assaut maritime devait coïncider

avec une attaque menée contre Montréal par 2 300 miliciens coloniaux américains et leurs alliés autochtones, basés à Albany, dans l’État de New York, sous les ordres du colonel Francis Nicholson.

La flotte de Walker arriva à Boston le 25 juin. (Jusqu’en 1752, la Grande-Bretagne et ses colonies américaines utilisaient le calendrier julien, décalé de 11 jours; on

était donc le 6 juillet en NouvelleFrance.) Walker peinait à approvisionner son armée; cependant, son principal obstacle, comme on allait le constater, résidait dans l’impossibilité d’obtenir des cartes marines adéquates ou les services d’un pilote connaissant bien le dangereux fleuve Saint-Laurent, ce qui le condamnait à une navigation extrêmement périlleuse.

Gerald S. Graham, historien, a ainsi qualifié l’entreprise de « pari gigantesque […] dont les chances de succès étaient très minces ».

La flotte, renforcée par quelques navires américains, comptait neuf navires de guerre, deux navires de bombardement, 60 navires de transport et de ravitaillement, et quelques navires auxiliaires. Elle quitta Boston le 30 juillet (10 aout). Il y avait environ 7 500 soldats et fusiliers marins à bord, en plus des 4 500 marins, ce qui devait suffire, pensait-on, pour capturer Québec.

La flotte atteignit l’embouchure du Saint-Laurent le 20 (31) aout dans un brouillard très dense qui cachait les rives et parfois même les navires eux-mêmes. Walker se trouvait près de la rive nord du fleuve, là où la terre s’avance presque exactement vers le sud. Cette configuration risquait d’induire la confusion en raison de la faible visibilité. Cet endroit, à 110 kilomètres à l’ouest de Sept-Îles, porte aujourd’hui le nom de Pointe-aux-Anglais. Il est entouré de petites iles, dont l’Ile aux Œufs, ainsi que de nombreux rochers et hautfonds dangereux.

Deux jours plus tard, à 20 h, Walker pensait, à tort, que sa flotte se trouvait au milieu du fleuve alors qu’elle était en fait à environ 32 kilomètres plus au nord. Les vents forts et les puissants courants la poussaient vers le nord-ouest, en direction de l’Ile aux Œufs. La terre fut aperçue à 22 h 30 et, peut-être en raison de la direction inhabituelle du rivage, Walker et ses officiers supposèrent qu’il s’agissait de la rive sud; ils mirent donc le cap encore plus au nord. Quelques minutes s’écoulèrent avant qu’ils aperçussent des brisants de toutes parts : la flotte risquait de s’échouer sur les récifs émergeant du brouillard. Ce fut le sort de certains des navires, qui firent naufrage. Un soldat écrivit qu’il avait entendu « les cris des âmes qui s’enfoncent, se noient et s’en vont ».

Le lendemain matin, le vent s’étant calmé, ce qu’il restait de la flotte s’éloigna du rivage. Il était

Une fresque dans l'église québécoise de Notre-Damedes-Victoires illustre le naufrage de la flotte du contramiral Hovenden Walker (en regard). Un compte-rendu de l'expédition désastreuse de Walker et un artéfact de la même période (ci - contre). Une carte d'alors indiquant l'endroit du naufrage (ci - dessous).

Gerald S. Graham, historien, a qualifié l’entreprise de « pari gigantesque […] dont les chances de succès étaient très minces ».

trop tard pour les sept navires de transport et le navire de ravitaillement qui avaient coulé dans les hautfonds autour de l’Ile aux Œufs. Environ 890 personnes y trouvèrent la mort : 705 soldats, 150 marins et 35 femmes rattachées à certains régiments. Walker convoqua un conseil de guerre le 25 aout (5 septembre). « En raison de l’incompétence des pilotes » qui étaient à bord, conclut-il, l’expédition fut abandonnée. La majeure partie de la flotte était intacte, mais Walker ne voulait pas s’y risquer davantage. (Le 19 (30) septembre, alors

qu’il était au lac George, le colonel Nicholson fut mis au courant de la mésaventure de Walker et abandonna immédiatement son avance vers Montréal. Il ordonna à ses hommes de retourner à Albany.)

Les navires américains de l’armée de Walker retournèrent à Boston, tandis que le reste de la flotte mit le cap sur la GrandeBretagne. Une controverse éclata quant à la responsabilité de Walker et de la météo dans l’échec : tous deux semblent avoir joué un rôle. L’expédition de 1711 de Walker reste l’une des pires catastrophes navales de l’histoire britannique.

Avant la Seconde Guerre mondiale, Jim Higgins et près de 1 700 autres Canadiens se sont portés volontaires pour lutter contre le fascisme pendant la guerre civile espagnole. Ceux qui revenaient au pays étaient considérés comme communistes.

UNE CAUSE DIGNE D’ÊTRE DÉFENDUE

Janette Higgins

Jim Higgins (ci - contre) a servi dans le bataillon Mackenzie-Papineau (en regard), une unité canadienne qui a combattu dans le cadre des brigades internationales pendant la guerre civile espagnole.

M. Jim Higgins et près de 1 700 autres Canadiens étaient parmi les premiers à mener la lutte contre le fascisme. Leur combat s’est joué en Espagne, où la guerre civile avait éclaté en 1936 après que quelques généraux eurent tenté un coup d’État contre le gouvernement républicain démocratiquement élu. La plupart des Canadiens, dont M. Higgins, s’y sont rendus comme volontaires en 1937. Le général Francisco Franco s’était rapidement affirmé comme le chef du camp nationaliste, le mouvement rebelle soutenu par les fascistes. En avril 1939, cinq mois avant le début de la Seconde Guerre mondiale, les nationalistes l’ont emnporté au terme d’une guerre civile brutale.

Dans les années 1950, à Peterborough, en Ontario, je savais peu de choses du passé de mon père; tout juste savais-je qu’il avait fait la guerre. Il m’emmenait aux cérémonies du jour du Souvenir, mais je ne me suis jamais demandé pourquoi il ne défilait pas avec les autres anciens combattants. C’était l’un des nombreux secrets qu’il ne confiait pas à ses cinq enfants.

Après sa mort, en 1982, j’ai à peine jeté un coup d’œil au manuscrit de son livre et aux autres documents qu’il avait laissés derrière lui. Ce n’est qu’en 2017, lorsque j’ai pris ma retraite, que j’ai enfin trouvé le temps de m’y consacrer. Son histoire est aujourd’hui racontée en détail dans Fighting for Democracy : The True Story of Jim Higgins, A Canadian Activist

in Spain's Civil War (Le combat pour la démocratie : l’histoire vraie de Jim Higgins, militant canadien dans la guerre civile espagnole, NDT) publié en 2020, et de nombreux mystères qui entouraient mon père ont été résolus, notamment celui de son absence des défilés du jour du Souvenir.

À la fin des années 1930, c’est le communisme, et non le fascisme, qui inquiétait les dirigeants des démocraties occidentales, dont le premier ministre du Canada Mackenzie King. Ils préféraient détourner le regard devant les agressions de l’Allemand Adolf Hitler et de l’Italien Benito Mussolini, tout en admirant ce qu’ils considéraient comme leurs réussites : le premier avait relancé l’économie de son pays et le second avait, selon une formule largement reprise à l’époque, fait en sorte que les trains arrivent à l’heure.

Certains, toutefois, dont M. Higgins, voyaient clairement le danger que représentait la montée du fascisme en Europe. Les signes étaient évidents, et les Canadiens étaient remarquablement bien informés. Lorsque les généraux nationalistes se sont révoltés contre le gouvernement espagnol en 1936, tout le monde savait que, moins de dix jours plus tard, ils avaient obtenu l’appui de Hitler et de Mussolini. La guerre civile espagnole a fait les manchettes au Canada jusqu’à la fin du conflit, en avril 1939.

Au milieu d’une vague d’indignation internationale, en 1937, M. Higgins et ses camarades se sont engagés dans la lutte contre le fascisme en Espagne. Des milliers de gens du monde entier en ont fait de même. Les Canadiens qui ont formé le bataillon MackenziePapineau, une unité des brigades internationales qui regroupaient environ 35 000 volontaires provenant de quelque soixante pays, se faisaient appeler Mac-Paps.

Les brigades internationales ont été formées en réponse à l’intervention allemande et italienne qui a suivi le déclenchement du conflit en juillet 1936. Les premiers volontaires des brigades internationales sont arrivés en Espagne, pour combattre du côté républicain dans la guerre civile espagnole, en octobre 1936. Leur motivation était évidente. Bien que certains aient été sans emploi et que d’autres aient recherché l’aventure, aucun d’entre eux ne le faisait pour des raisons financières. Comme l’a écrit M. Higgins : « Nous étions tous antifascistes, y compris les Allemands et les Italiens qui avaient vu ce qui se passait dans leur propre pays. » À l’éclatement du conflit, le gouvernement républicain espagnol était dirigé par une coalition quelque peu hétéroclite de partis socialistes et de gauche dont les idéologies variaient. Leurs réformes, notamment la libération des femmes, les droits des travailleurs, la création

d’écoles laïques et l’abolition du féodalisme étaient de trop pour les conservateurs espagnols, l’Église catholique, les grands propriétaires terriens et une poignée de généraux espagnols soutenus par les élites.

Au début de la guerre, les démocraties occidentales, avec l’URSS, ont conclu un accord de non-intervention concernant la guerre en Espagne, mais trois pays l’ont ouvertement bafoué : l’Allemagne et l’Italie soutenaient les nationalistes espagnols dès le début et, en l’absence de soutien d’un Occident méfiant à l’égard de la gauche, l’Union soviétique a appuyé le gouvernement espagnol.

En échange de la plus grande partie des réserves d’or de l’Espagne, les Soviétiques ont principalement fourni du matériel désuet et une expertise militaire problématique.

C’était un pacte avec le diable, mais le gouvernement espagnol n’avait guère d’autre choix que d’accepter de peur d’être renversé. Des soldats volontaires, du personnel médical et d’autres personnes du monde entier sont arrivés sous les auspices du Komintern, appelé aussi l’Internationale communiste, une organisation appuyée par l’URSS qui visait à répandre le communisme dans le monde entier. Cette stratégie du Komintern trouve son origine dans le « front populaire » adopté en 1935. Elle reposait sur la collaboration entre les partis communistes du monde entier, notamment au Canada et aux ÉtatsUnis, et diverses organisations de gauche afin de contrer la montée du fascisme tout en diffusant l’idéologie communiste. Cette stratégie avait contribué à l’élection du gouvernement républicain espagnol en mai 1936. L’objectif du Komintern était de prendre l’ascendant par l’évolution, et non par la révolution.

La Grande Dépression avait été dévastatrice pour les Canadiens. Il est difficile de comprendre le désespoir écrasant de ces « dix années perdues » qui ont commencé en 1929 par un effondrement boursier. Les agriculteurs avaient été ruinés et les emplois se faisaient rares, en particulier pour les militants syndicaux et les hommes célibataires, tels que M. Higgins.

Des hommes quittent un camp de chômeurs (en haut ) sur l’île de Vancouver en signe de protestation en 1935. Des hommes, peut-être des membres du bataillon MackenziePapineau, partageant le même lit pendant la Grande Dépression.

Mis sur liste noire dans son métier de menuisier et privé de toute possibilité de faire de l’organisation syndicale, M. Higgins a mis à profit ses talents et sa débrouillardise pour trouver du travail dans des ranchs et dans des camps de bucherons jusqu’à ce qu’il ne lui reste d’autre choix que de se joindre à des dizaines de milliers d’hommes célibataires sans emploi qui parcouraient le pays en train à la recherche d’un travail introuvable. En 1932, le ministère de la Défense avait établi des camps où les chômeurs étaient censés faire du travail manuel en échange du gîte et du couvert, de soins médicaux et d’un salaire quotidien. Dans son livre, M. Higgins raconte comment ces camps ont permis de faire disparaitre des centres urbains les campements de sans-abri, ces « horreurs » que l’on préférait « balayer sous le tapis ». Le travail y était parfois dénué de sens, mais au moins les hommes avaient de quoi manger et un lit dans un dortoir bondé de 50 personnes.

La Grande Dépression semblait interminable. Comme l’a écrit M. Higgins : « Des centaines de milliers de personnes en ressentaient les effets […], mais 1935 est l’année où même les plus têtus ont été obligés de courber l’échine. »

Après 1935, des groupes de gauche appuyés par le Parti communiste du Canada ont vu le jour partout au pays, et leurs membres n’étaient pas nécessairement obligés d’être communistes. C’était le cas du Relief Camp Workers’ Union (syndicat des travailleurs des camps de chômeurs, NDT), dont M. Higgins était membre, bien qu’il se définisse comme social-démocrate.

Les camps de chômeurs étaient devenus des foyers d’agitation; le gouvernement n’avait pas envisagé, semble-t-il, que réunir autant d’hommes mécontents favoriserait l’émergence d’idées liées à la lutte des classes.

La situation a atteint son paroxysme au printemps 1935, lorsque des hommes de divers

Les Canadiens qui ont formé le bataillon Mackenzie-Papineau se faisaient appeler les Mac-Paps, une unité des brigades internationales.

camps de la Colombie-Britannique ont lancé une grève et se sont rendus à Vancouver pour protester. M. Higgins s'y trouvait déjà, ayant été expulsé comme agitateur d'un camp britanno-colombien par la GRC en décembre 1935. Comme je l'ai découvert par la suite, c'est cela qui lui a valu la réputation d'agitateur.

Ainsi commença la Marche sur Ottawa. Environ 1 500 « détenus » du camp ont tenté de porter leur protestation jusqu’au Parlement, voyageant en train et ralliant des appuis tout au long du parcours. Ils ont été arrêtés à Regina lorsque des agents de la GRC à cheval ont soudainement chargé une foule pacifique de citoyens et de manifestants. La mêlée qui a suivi a été qualifiée d’émeute de Regina, mais M. Higgins et ses compagnons l’appelaient « l’utilisation de la

Une brochure (ci - contre) publiée au Canada en 1937 présente les Mac-Paps (ci - dessus). Elle servait à recueillir des fonds pour l’unité.

force pour arrêter la marche ». Au moment où le Parti communiste du Canada a commencé à recruter des volontaires pour la guerre civile espagnole, ces hommes n’avaient plus rien à perdre, sauf leur vie – un prix que quelque 400 d’entre eux ont payé. La plupart des volontaires n’avaient aucune épargne et avaient besoin d’aide pour se rendre en Espagne.

Dans son livre Renegades de 2008, Michael Petrou indique que 76 pour 100 des volontaires canadiens de la guerre civile espagnole étaient membres du Parti communiste du Canada. « Compte tenu du bond des adhésions [au Parti communiste] en 1936, il est raisonnable de supposer qu’ils y ont adhéré à cause de [la guerre civile espagnole] », a-t-il écrit.

M. Higgins sortait d’une réunion du conseil des métiers et de la maind’œuvre de Saskatoon, en 1937,

lorsqu’il a décidé de s’y joindre. « Je savais que le Parti communiste était impliqué, et on m’avait demandé à plusieurs reprises de devenir membre officiel, mais j’ai résisté parce que je ne voulais pas renoncer à mon indépendance ni devenir un robot. Je voulais être indépendant et décider moi-même si une cause valait la peine d’être défendue, a-t-il écrit. La défense de la démocratie était une cause qui méritait que l’on se batte pour elle, et je pouvais m’y consacrer pleinement. »

En mai 1937, les responsables canadiens étaient de plus en plus inquiets de l’emprise du communisme au Canada et ont promulgué la Loi sur l’enrôlement à l’étranger pour empêcher le recrutement par quiconque autre que les bureaux consulaires reconnus. Les gens comme M. Higgins qui voulaient s’engager comme volontaires après cette date ont dû braver la loi canadienne pour aller en Espagne. Le gouvernement français de gauche, bien que sympathisant, avait cédé à la pression des autres démocraties occidentales et fermé sa frontière avec l’Espagne l’année précédente. Ainsi, fin octobre 1937, M. Higgins et 20 autres personnes se sont trouvés à franchir clandestinement les Pyrénées.

Le dossier de l’armée et les écrits de M. Higgins révèlent un soldat courageux. Il a reçu une mention élogieuse pour acte de bravoure pour avoir transporté sa mitrailleuse à un endroit stratégique sous une grêle de tirs croisés de l’ennemi et avoir, à lui seul, stoppé son avancée. Par la suite, peu avant l’attaque-surprise

des républicains de juillet 1938 à la bataille de l’Èbre, M. Higgins a écrit au sujet de la découverte d’espions ennemis. On lui a également confié des « opérations spéciales », dont il relate certaines dans son livre, et il a été capturé par l’ennemi, avant de réussir une évasion périlleuse. Les brigades internationales se sont retirées en septembre 1938. L’Allemagne et l’Italie, toutefois, ont continué de soutenir les nationalistes, et M. Higgins est lui aussi resté sur place. Il a continué à se battre aux côtés de l’armée espagnole jusqu’à la fin de janvier 1939.

Les années ont été longues, mais des Canadiens appuyaient

Des Mac-Pap de retour (ci - contre et en regard), dont M. Higgins (visage encerclé) à la gare Union de Toronto, accueillis par une foule de 10 000 personnes. La famille Higgins (ci - dessous), dont l'auteure (à gauche), à Peterborough, Ont., en décembre 1948.

leurs efforts. Ils envoyaient des cigarettes et des pains de savon à « leurs gars en Espagne », et lorsque les anciens du Mac-Pap sont revenus au Canada, en février 1939, le Toronto Star a rapporté que 10 000 civils se sont présentés à la gare Union de Toronto pour accueillir ces héros.

Le gouvernement canadien ne voyait pas les choses du même œil. Ces anciens combattants étaient surveillés par la GRC et certains, comme M. Higgins, qui s’est porté volontaire pour la Seconde Guerre mondiale cinq mois plus tard, ont été jugés inadmissibles en raison des risques qu’ils étaient

Je ne me suis jamais demandé pourquoi il ne défilait pas avec les autres anciens combattants. C’était l’un des nombreux secrets qu’il ne confiait pas à ses cinq enfants.

M. Manuel Álvarez (ci - dessous), le garçon sauvé par M. Higgins lors de la bataille de l’Èbre, récupère dans un hôpital de campagne.

censés représenter pour la sécurité. Pourquoi? Les autorités canadiennes les percevaient sans aucun doute comme des « antifascistes prématurés », un terme lourd de sens employé aux États-Unis pour désigner les volontaires partis combattre en Espagne. Ce n’était pas un compliment, c’était une façon de les traiter de rouges.

M. Higgins et ses camarades « radicaux » n’étaient pas, pour la plupart, des risques pour la sécurité, mais ils constituaient une menace pour les intérêts capitalistes. Ils s’étaient battus pour les droits des travailleurs à s’organiser et pour des avancées sociales : des salaires décents, l’assurance-emploi et un régime universel de soins de santé.

Aucun Mac-Pap n’a jamais été inculpé en vertu de la Loi sur l’enrôlement à l’étranger; cela aurait été une mesure impopulaire compte tenu de l’appui dont ils jouissaient auprès de la population. Cependant, ils n’étaient pas non plus réhabilités. En 1980, M. Higgins et d’autres anciens combattants ont demandé à Ottawa de reconnaitre leur contribution. Ils n’ont rien obtenu. Les appels ultérieurs en leur nom sont eux aussi restés lettre morte.

Au cours des dernières décennies, quelques monuments commémoratifs financés par le secteur privé ont été érigés, dont un en Colombie-Britannique et un en Ontario sous des gouvernements néodémocrates, et un à Ottawa, soutenu par Adrienne Clarkson, alors gouverneure générale. Je me suis procuré le dossier de la GRC sur mon père en 2018, et je m’en suis servie pour documenter son histoire. Je n’y ai rien trouvé qui pouvait être considéré comme une menace pour la sécurité du Canada. J’ai cependant appris que mon père avait assisté en 1940 à des fêtes organisées à Toronto par des communistes de renom

et découvert des renseignements concernant son mariage en 1942 avec Reta Palliser, ma mère, de même que les noms et les dates de naissance de mes quatre frères et sœurs et moi. J’ai également trouvé deux lettres de sa petite amie, Lillyan, interceptées en 1940 à New York; et j’ai souri devant la description d’une carte de Noël interceptée qu’il avait envoyée à un ami de Saskatoon. À l’intérieur, il y avait un poing levé, un symbole encore puissant aujourd’hui.

J’ai également appris que mon père faisait l’objet d’une surveillance mensuelle dans les années 1950, à l’époque où nous assistions ensemble aux cérémonies du jour du Souvenir. La surveillance s’est poursuivie sporadiquement par la suite. Le dernier élément de son dossier est un reportage de 1980 sur un garçon nommé Manuel Alvarez qui avait été secouru par un soldat canadien en Espagne en juillet 1937, lors de la bataille de l’Èbre, lorsqu’une bombe ennemie a frappé un réservoir d’eau, déclenchant un déluge à flanc de montagne qui a emporté l’enfant vers ce qui semblait être une mort certaine. Grâce à un incroyable coup de

chance et contre toute attente, M. Alvarez a retrouvé son sauveur à Peterborough en 1978 : M. Jim Higgins. M. Alvarez a publié son célèbre livre en 1980, The Tall Soldier: My Forty Year Search For The Man Who Saved My Life (Le grand soldat : Mes quarante ans à la recherche de l’homme qui m’a sauvé la vie, NDT). Il est ironique que le dernier élément du dossier de la GRC sur mon père raconte l’histoire d’un héros. M. Higgins a souvent été considéré comme un héros. Il a également été qualifié de radical. Quant à son opposition au fascisme, elle n’a jamais faibli. Après la mort de M. Franco et le début de la transition de l’Espagne vers la démocratie, il a déclaré à un journaliste : « Je suis content d’être allé là-bas. J’en suis fier. »

Fighting for Democracy: The True Story of Jim Higgins (1907-1982), A Canadian Activist in Spain’s Civil War de Jim Higgins avec Janette Higgins a été publié en 2020 et peut s’obtenir en format numérique ou en version papier à janettehiggins.com.

LE CEN DE LA LÉGION DISCUTE DE LA HAUSSE DU NOMBRE DE MEMBRES, DE LA SÉCURITÉ NATIONALE ET DE

SON CENTENAIRE

Pour la première fois en 13 ans, la Légion royale canadienne compte plus de 300 000 membres, un jalon qu’elle a atteint fin avril grâce à l’ajout record de 81 600 membres au cours des quatre premiers mois de l’année de son centenaire.

« Faire croitre le nombre de membres dans une organisation bénévole est un défi majeur », a déclaré Larry Murray, grand président national, lors de l’ouverture de la réunion du printemps du Conseil exécutif national (CEN) de la Légion, à Ottawa, le 25 avril. « Et la récente croissance de la Légion après 30 ans de déclin est une réalisation vraiment remarquable ».

Les nouvelles prometteuses sur l’adhésion et d’autres signes de croissance ont retenu une grande part de l’attention du CEN lors de sa réunion à l’Administration centrale nationale, à Ottawa, les 25 et 26 avril.

Vingt-cinq membres du conseil ont pris part aux discussions à la Maison de la Légion, dont M. Murray, le président national, Berkley Lawrence, d’autres membres de l’exécutif national et des dirigeants des divisions des quatre coins du pays. Des cadres supérieurs nationaux et divisionnaires étaient également présents.

Ils ont entendu le récit d’un redressement remarquable de la Légion au cours des dernières années, notamment les faits saillants suivants :

• les nouveaux membres ajoutés au cours des quatre premiers mois de 2026 représentent

une augmentation de plus de 250 % par rapport à la même période l’année dernière (à titre de comparaison, entre 2000 et 2020, la Légion accueillait en moyenne tout au plus 25 000 nouveaux membres par an);

• environ la moitié des nouveaux membres sont âgés de 60 ans ou moins;

• plus de 40 % des nouveaux membres se sont inscrits en ligne grâce à une initiative pluriannuelle de la Légion visant à moderniser ses systèmes;

• plus de 2,5 millions de courriels ont été envoyés aux nouveaux membres dans le cadre d’un effort visant non seulement à recruter de nouveaux membres, mais aussi à les fidéliser;

• les nouveaux membres achètent une quantité record de marchandises de la Légion, les ventes ayant atteint 4,1 millions de dollars en 2025, et devant dépasser les 5 millions de dollars cette année, soit le double de celles des années précédant 2023.

« Nous enregistrons une croissance sans précédent, a affirmé Randy Hayley, directeur exécutif national, devant les membres du CEN. D’ici la fin de 2026, un membre de la Légion sur trois sera nouveau dans l’organisation. Imaginez un peu. À part en 1926, à la création de la Légion, c’est inédit.

« Une organisation centenaire qui attire autant de gens en si peu de temps, a-t-il ajouté, c’est du jamais-vu ».

M. Hayley a indiqué que la croissance découle des efforts

visant à moderniser les pratiques de l’organisation, notamment l’inscription en ligne et les cartes de membre numériques, ainsi que de la campagne promotionnelle du centenaire. Elle s’explique aussi en grande partie par les adhésions gratuites offertes aux nouveaux membres pendant l’année du centenaire. Il a noté que cette initiative devrait faire bondir les revenus dans les années à venir, lorsque des dizaines de milliers de nouveaux membres paieront pour renouveler leur adhésion. Il a déclaré que l’objectif de cette année était de recruter 100 000 personnes, une cible qu’il s’attend à dépasser, et de conserver au moins la moitié d’entre elles dans les années à venir. Si cet objectif est atteint, 50 000 membres supplémentaires ou plus pourraient renouveler leur adhésion à partir de 2027.

M. Hayley a également indiqué que la croissance se faisait sentir partout au pays, chaque division de la Légion ayant déjà battu des records d’adhésion en 2026.

Cependant, la politique d’adhésion gratuite a aussi entrainé certains ratés. Le CEN a appris que certaines filiales, notamment au Québec et en Ontario, exigeaient des frais d’adhésion de nouveaux membres ou leur demandaient des dons afin de financer leurs activités. Le conseil a promis de se pencher sur la question.

En 2025, les revenus tirés des adhésions de la Légion se sont élevés à 6,6 millions de dollars, soit une augmentation de 400 000 $ par rapport à 2024. Dans les années

à venir, la hausse des revenus découlant de l’augmentation du nombre de membres et des ventes de marchandises devrait réduire la dépendance actuelle de l’organisation à ses fonds d’investissement pour couvrir ses couts d’exploitation.

« Nous continuons à puiser dans nos fonds, a indiqué Jill Carleton, trésorière nationale. »

L’excédent d’exploitation net de la Légion, compte tenu des revenus provenant de l’ensemble de ses activités, s’est établi à près de 415 000 $ en 2025, une baisse par rapport aux 897 000 $ de l’année précédente.

Le partenariat conclu entre la Légion et Amazon constitue une importante nouvelle source de revenus. En 2024, le géant du commerce en ligne a commencé à vendre et à distribuer des coquelicots de la Légion.

Le partenariat a généré des revenus de 647 000 $ en 2025.

« Amazon ne prélève aucune part des revenus générés, a souligné M. Hayley. À notre connaissance, nous sommes le seul partenaire d’Amazon au Canada à bénéficier d’une telle entente.

« Il n’est pas seulement question de revenus. L’atout est de distribuer des coquelicots dans des régions où nous ne sommes pas présents. En 2025, plus de 80 % des coquelicots livrés [par Amazon] sont allés dans des endroits où la Légion n’a pas de filiale. Cela nous permet de faire rayonner notre message du Souvenir dans des régions que nous n’arrivions pas à joindre auparavant. »

Les membres du CEN ont également examiné les difficultés causées par la courte durée de la campagne du coquelicot de 2025. La distribution de coquelicots a habituellement lieu du dernier vendredi d’octobre au 11 novembre; ce qui fait que la durée de la campagne varie entre 12 et 18 jours. La campagne de 12 jours de l’année dernière « a peut-être nui à la capacité de collecte de fonds et à l’efficacité opérationnelle »,

pouvait-on lire dans le rapport du comité des Coquelicot et Souvenir de la direction nationale. Le CEN a adopté la recommandation du comité visant à instaurer une campagne annuelle de 19 jours, du 24 octobre au 11 novembre, à partir de cet automne.

Le CEN s’est également tourné vers le contexte difficile entourant la sécurité nationale et internationale. En janvier, M. Murray, grand président (ancien chef de la défense par intérim) et M. Lawrence, le président, ont signé au nom de la Légion une lettre adressée au premier ministre Mark Carney pour le remercier du discours qu’il avait prononcé plus tôt ce mois-là au Forum économique mondial de Davos, en Suisse. Dans son discours, M. Carney avait condamné la guerre commerciale et les agressions verbales du gouvernement Trump contre ses alliés, et défendu l’ordre international fondé sur des règles.

« Nous n’avons pas pour habitude de commenter les discours des dirigeants nationaux; toutefois, la Légion partage les valeurs que vous avez exprimées, et nous pensons qu’il est essentiel pour nous d’afficher clairement notre soutien en ce moment », ont écrit M. Murray et M. Lawrence.

Dans leur lettre, ils se sont également élevés avec vigueur contre les commentaires du président américain, Donald Trump, qui minimisaient la contribution des alliés de l’OTAN, comme le Canada, à la guerre en Afghanistan.

M. Carney a répondu par écrit à la Légion en mars et a remercié l’organisation de son « service à notre nation ».

M. Murray a attiré l’attention du CEN sur cette lettre pendant la réunion et a affirmé que la Légion avait un rôle vital à jouer à ce moment charnière de l’histoire comme porte-voix des enjeux liés à la sécurité nationale et à la défense.

« Nous traversons une période particulièrement difficile », a-t-il souligné.

Dans cet esprit, le CEN a reçu un compte rendu détaillé sur l’environnement de sécurité

actuel présenté par Mme Andrea Siew, présidente du Comité de la défense et de la sécurité de la Direction nationale.

Le CEN a rapidement adopté la recommandation du comité exhortant Ottawa à élaborer une nouvelle stratégie de sécurité nationale accessible au public. Cette démarche prévoit un plan qui, entre autres objectifs : définirait les intérêts du Canada en matière de sécurité nationale et ses priorités concernant les menaces; s’inscrirait dans les futurs investissements en matière de défense; reconnaitrait le bienêtre des militaires et des membres de la GRC comme un élément essentiel de l’état de préparation en matière de sécurité.

« Il n’y a pas eu de stratégie de sécurité nationale depuis 2004, a rappelé Mme Siew », qui a souligné à quel point la dynamique internationale avait changé depuis.

La stratégie de 2004 ne fait mention ni de la Russie, ni de la Chine, ni de l’Arctique. Élaborée au lendemain du 11 septembre, elle se concentre sur la menace terroriste et les opérations de contrinsurrection. « Dans le budget de 2024, le gouvernement s’est engagé à publier une stratégie de sécurité nationale tous les quatre ans, a-t-elle ajouté, mais nous n’avons vu aucune nouvelle version ni avancé en ce sens. »

Mme Siew a indiqué qu’à la suite de la hausse récente des dépenses militaires annoncées par le gouvernement, « il n’existe aucun plan stratégique précisant comment ces fonds seront investis. C’est une source de préoccupation, et je crois qu’une stratégie de sécurité constitue un fondement essentiel ».

La Légion, de son côté, a sa propre stratégie d’envergure pour la suite de l’année de son centenaire. Il s’agit notamment d’une série de commémorations à Ottawa et ailleurs dans le pays le 17 juillet à l’occasion du 100e anniversaire de l’organisation sur le thème de la « Journée nationale de réflexion, de reconnaissance et d’engagement ».

Les filiales du pays sont encouragées à organiser des journées portes ouvertes ce jour-là, où les Canadiens et Canadiennes pourront se rassembler et rédiger sur des feuillets autocollants des messages sur ce que le Souvenir représente pour eux. Les feuillets de chacune des filiales seront rassemblés et disposés en grandes mosaïques. Les œuvres ainsi créées seront affichées dans divers endroits au pays. Parmi les évènements du centenaire figurent également l’émission d’un timbre, le lancement d’une pièce de deux dollars et la semaine du Souvenir en novembre. L’activité la plus

attendue de l’année reste toutefois le congrès national, qui aura lieu du 22 au 26 aout à Winnipeg, où la Légion a été fondée en 1926. Parmi les invités figurent la gouverneure générale, le premier ministre, la cheffe d’état-major de la Défense et le commissaire de la GRC. Et les délégués seront appelés à élire un nouveau conseil exécutif national.

« J’envisageais de briguer à nouveau la présidence et de voir la  réaction [des délégués] au congrès : “Cet imbécile, il n’est pas censé faire ça!” », a plaisanté M. Lawrence, président depuis 2024.

Il a conclu la réunion du CEN en remerciant tous les membres

du personnel et du conseil présents pour leur contribution à la Légion au cours des deux dernières années de son mandat. Il a réservé des éloges particuliers à M. Murray, le grand président. « Mon bras droit ici à mes côtés me remplace lors de nombreuses occasions importantes, a salué M. Lawrence. J’ai perdu l’habitude de l’appeler “monsieur” à tout bout de champ. Maintenant, c’est simplement “Larry”, et nous entretenons une excellente relation. « J’aurai beaucoup plus à dire au congrès national, mais merci pour tout ce que vous avez fait, a ajouté M. Lawrence. On se retrouve à Winnipeg ».

LE FÉDÉRAL SE PENCHE SUR LES DÉCORATIONS MILITAIRES, DONT

LA CROIX DE VICTORIA

«Au

fond, c’est très simple. Nous devons tenir la promesse faite à ceux qui ont servi. Cela fait trop longtemps que le courage et le sacrifice de nombreux anciens combattants ne sont pas pleinement reconnus », a souligné Gord Johns, député néo-démocrate, en appui à une pétition présentée à un comité de la Chambre des communes le 15 avril 2026 afin qu’une Croix de Victoria canadienne soit enfin décernée.

La réponse est venue le 29 mai, lorsque la secrétaire parlementaire du ministre de la Défense nationale, Sherry Romanado, a annoncé à la Chambre des communes la création d'une commission indépendante d'examen des distinctions militaires « chargée d'examiner les cas de vétérans de l'Afghanistan pour lesquels de nouveaux éléments de preuve pourraient indiquer que les

critères d'attribution de la Croix de Victoria ont été remplis ».

L'annonce est une grande victoire résultant des efforts populaires menés sur plusieurs années par Valour in the Presence of the Enemy, une organisation sans but lucratif dirigée par Bruce Moncur, ancien combattant de la guerre en Afghanistan. Celui-ci milite depuis décembre 2020 pour que l’Étoile de la vaillance militaire du vétéran de l’Afghanistan Jess Larochelle soit remplacée par une VC canadienne. La pétition du 15 avril a été présentée au Parlement par Pauline Rochefort, députée libérale de Nipissing-Timiskaming, la circonscription natale de M. Larochelle.

Le 14 octobre 2006, le soldat Larochelle du 1er Bataillon du Royal Canadian Regiment et sa compagnie ont été attaqués par des insurgés talibans alors qu’ils occupaient un poste d’observation

à Pashmul, à l’ouest de Kandahar, en Afghanistan. Gravement blessé par une explosion de roquette, le soldat Larochelle a bravé le feu continu de l’ennemi pour organiser une défense qui a permis de sauver ses camarades. La deuxième distinction militaire du Canada par ordre d’importance lui fut décernée en 2007. M. Larochelle, souffrant de douleurs chroniques et de stress posttraumatique liés à son service, est décédé le 30 aout 2023. La pétition, pour laquelle ont été recueillies plus de 16 000 signatures, visait à ce que M. Larochelle soit le premier d’un groupe de vétérans de conflit moderne – parmi lesquels figurent aussi l’adjudant William MacDonald (voir « The Briefing » à la page 14 de la section anglaise), l’adjudant-maitre Rick Stacey, le sergent Pat Tower et le caporalchef Sean Teal – à recevoir la

Michela Rosano

Croix de Victoria canadienne, qui n’a encore jamais été décernée.

Le Canada n’a pas décerné de VC depuis la Seconde Guerre mondiale, malgré la création de sa propre version au début des années 1990. Une décoration doit actuellement être décernée dans

À VOTRE SERVICE

les cinq ans suivant un acte de bravoure; une règle instaurée par le roi George VI en 1950. « Si nous ne reconnaissons pas qu’une personne est digne de recevoir cette Croix de Victoria », a déclaré le général à la retraite Rick Hillier, ancien

chef de la défense qui a dirigé les Forces armées canadiennes en Afghanistan, « alors les honneurs et les distinctions que nous remettons partout au pays finissent par perdre de leur valeur. Et à mon avis, cela mine aussi la volonté de servir le Canada. »

À VOTRE SERVICE est une notice rédigée par des officiers d’entraide des directions de la Légion. Pour communiquer avec un officier d’entraide, composez le 1-877-534-4666 ou consultez le site Web d’une direction. Consultez legionmagazine.com pour accéder à des années d’archives.

COMMENT S’Y RETROUVER

DANS LE SYSTÈME DE SOINS DE LONGUE DURÉE

Pour les anciens combattants qui ne peuvent plus vivre de façon autonome en raison de problèmes de santé physique ou mentale, l’un des soutiens les plus importants d’Anciens Combattants Canada concerne les soins de longue durée (SLD). ACC contribue aux couts des SLD dans les établissements approuvés afin que l’accès aux soins nécessaires ne soit pas compromis par des obstacles financiers. Le droit aux SLD financés par ACC dépend de plusieurs facteurs, notamment :

• du statut d’ancien combattant admissible (ayant généralement servi dans les FAC ou la GRC ou dans certains postes civils);

• d’une évaluation médicale établissant un besoin de soins infirmiers continus ou de supervision ne pouvant être assurés adéquatement à domicile.

ACC accorde également un accès prioritaire aux SLD aux personnes à faible revenu ou ayant une invalidité liée au service. Ces « anciens combattants ayant un accès prioritaire aux SLD » peuvent avoir droit à une couverture complète des SLD dans les établissements communautaires, les maisons de soins infirmiers règlementées par la province ou les lits sous contrat avec ACC dans d’autres établissements. Ces options peuvent varier selon la région, et l’obtention d’une place dépend souvent des besoins médicaux de la personne et de la disponibilité des lits. Un ancien combattant sans affection liée au service pourrait quand même être admissible aux SLD financés par ACC, mais

recevoir un niveau de soutien financier différent ou être soumis à des délais d’attente plus longs. ACC évalue également le revenu et les actifs de la personne; les anciens combattants à faible revenu sont plus susceptibles de bénéficier d’une couverture complète. Pour présenter une demande de soins de longue durée auprès d’ACC, il faut généralement remplir une demande, faire l’objet d’une évaluation médicale et fonctionnelle et coordonner les démarches avec les autorités sanitaires provinciales. En outre, une attention accrue est portée à l’offre de soins adaptés aux réalités culturelles et aux approches tenant compte des traumatismes, en particulier pour les personnes atteintes d’un trouble de stress post-traumatique.

Bien que les gestionnaires de cas d’ACC aident les anciens combattants et leurs familles à s’orienter dans le processus de SLD, celui-ci peut s’avérer complexe. La demande de SLD continue de croitre à mesure que la population d’anciens combattants vieillit. Les temps d’attente, les disparités régionales quant à la disponibilité des établissements et la coordination entre les systèmes fédéraux et provinciaux peuvent également compliquer l’accès aux soins.

Les programmes de SLD d’ACC sont un élément essentiel de l’engagement du Canada à prendre soin des personnes qui ont servi. Bien que les exigences et les processus d’admissibilité puissent être complexes, l’objectif demeure clair : fournir aux anciens combattants des soins respectueux, accessibles et de grande qualité lorsqu’ils en ont le plus besoin.

Pour plus d’informations, contactez directement ACC au 1-866-522-2122 ou consultez la page https://www.veterans.gc.ca/fr/ sante-mentale-et-physique/sante-physiqueet-bien-etre/soins-de-longue-duree.

LA COLOMBIE-BRITANNIQUE, LA

NOUVELLE-ÉCOSSE ET L’ALBERTA DOMINENT

AUX FLÉCHETTES NATIONALES

S

ous un grand ciel radieux, dans les contreforts des Rocheuses, des joueurs de fléchettes des quatre coins du Canada se sont réunis à la filiale albertaine Men of Vision de Cochrane avec l’espoir de repartir avec un titre aux championnats nationaux de fléchettes. Au terme de la compétition des 2 et 3 mai 2026, ce sont des joueurs des divisions de la Colombie-Britannique–Yukon, de la Nouvelle-Écosse–Nunavut et de l’Alberta–Territoires du Nord-Ouest qui se sont imposés. Il a régné une atmosphère conviviale tout au long de la fin de semaine, et l’enthousiasme est monté d’un cran pendant les épreuves par équipes, le deuxième jour, où de nombreux spectateurs se sont mis debout sur des chaises pour bien voir les cibles, en s’époumonant après chaque lancer lors de la dernière manche entre les équipes de l’Alberta–T. N.-O. et de Terre-Neuve-et-Labrador.

Finalement, les héros locaux Logan Crooks, Keith Sheppard, Shane Rattigan, Moe York et David Beattie (remplaçant), de la filiale albertaine de Strathmore, ont couronné leur excellente performance au tournoi à la ronde en battant l’équipe de la filiale Conception Bay de Kelligrews, à Terre-Neuve-et-Labrador, et en remportant l’épreuve par trois manches sur neuf parties.

La victoire a été particulièrement chargée d’émotion pour l’équipe albertaine et ses partisans.

« C’était l’équipe de mon père », a expliqué M. Crooks, qui participe au niveau national depuis son adolescence. Son père, Jimmy, est mort il y a cinq ans. « C’est pourquoi il y a “Jimmy Crooks” [d’inscrit] sur notre col. Il n’avait jamais atteint les nationaux. »

Les gagnants de l'épreuve des équipes (ci - dessus) venus d'Alberta–T. N.-O. prennent une pose avec le représentant national Bob Underhill (dernier à droite), le premier vice-président Ellison Smith (à côté, deuxième à droite) et Karen Bruens (rangée inférieure, à droite), commander du district 5 et représentante des sports de l'Alberta–T. N.-O.

Initié au sport par ses parents à la Légion dès son enfance, M. Crooks garde de bons souvenirs de l’endroit. « J’ai passé bien des vendredis, des samedis et des dimanches à jouer aux fléchettes à la Légion », s’est-il souvenu entre les poignées de main de ses concurrents qui le félicitaient.

Pour conclure les épreuves de la veille, MM. Coady Burke et Jason Smith de la filiale néoécossaise MacDonald Memorial de Lakeside ont obtenu le titre chez les doubles, remportant de justesse leur deuxième série de trois par seulement deux points lors du dernier match contre Rory Hansen et Chris Lammie de la filiale Prince Edward de Victoria, en ColombieBritannique. M. Burke a avoué s’être appuyé sur son coéquipier tout au long de la compétition.

« C’était un groupe de joueurs coriaces, mais mon partenaire a très bien joué, a-t-il noté. Je n’étais pas au sommet de ma forme, et il a vraiment pris la relève. C’était sacrément dur; tout s’est joué au dernier tour. »

Il s’agit du sixième titre national (aux équipes et aux doubles) pour MM. Burke et Smith, qui avaient remporté l’épreuve par équipes l’an dernier avec William « Willie » MacIsaac et Sheldon Fudge. Mais, les victoires ne sont pas la seule raison pour laquelle ils reviennent année après année.

« C’est une grande famille. [Je me suis fait] beaucoup de bons amis », souligne M. Burke.

Même si M. Hansen a raté de peu la grande victoire chez les doubles, il a décroché l’or à l’épreuve des simples qui a lancé la compétition

ce matin-là. Après avoir remporté un total de 21 séries dans l’épreuve et affronté le finaliste, Scott Tracy de la filiale Blacks Harbour, N.-B., M. Hansen a remporté la dernière partie par deux séries à une.

Bien que la fin de semaine ait marqué sa première compétition nationale, M. Hansen est un joueur chevronné qui compte à son actif des titres de tournoi de la Fédération nationale de fléchettes du Canada. Cependant, c’est à la Légion que tout a commencé pour lui.

« Mes parents étaient militaires, et j’ai rejoint [la Légion] à 19 ans sans être ancien combattant

moi-même. Je suis heureux qu’elle ait ouvert ses portes pour que plus de gens y adhèrent », dit-il. M. Hansen a ajouté en balayant la salle du regard : « c’est un jeu que tout le monde aime ici », même si beaucoup de joueurs du tournoi n’ont pas de passé militaire.

La dernière fois que la filiale Men of Vision a accueilli le tournoi national de fléchettes, c’était en 2009. Depuis lors, la population de l’historique ville d’éleveurs située juste à l’ouest de Calgary a connu un puissant essor, devenant l’une des collectivités à la croissance

Bob Underhill (photo de gauche, à droite) remet un trophée aux gagnants de l'épreuve des doubles, Coady Burke (à gauche) et Jason Smith. Les premier et deuxième de l'épreuve des simples Rory Hansen (à gauche) et Scott Tracy. Des participants lançant leurs fléchettes à l'épreuve des équipes (en dessous).

«J’ai passé bien des vendredis, des samedis et des dimanches à jouer aux fléchettes à la Légion. »

la plus rapide de la province. Le nombre de membres de la filiale, fondée en 1974, est passé d’environ 350 à environ 500 au cours des cinq dernières années. Et beaucoup d’entre eux sont des joueurs de fléchettes, explique Ellison Smith, premier vice-président et coprésident des sports de la filiale. Ce vétéran de l’Aviation royale du Canada organise généralement des tournois le samedi pour les faire coïncider avec d’autres évènements dans la filiale animée, laquelle sert de plaque tournante pour les réunions de cette collectivité en pleine croissance.

Mr Smith, qui lui-même joue aux fléchettes depuis 26 ans, s’est initié au sport à la Légion, comme c’est le cas pour de nombreux joueurs prenant part au tournoi. Il avoue que c’est « la camaraderie, l’amitié et l’esprit sportif » qui le poussent à continuer de pratiquer. « C’est l’un des rares sports où l’on se serre la main au début et à la fin des matchs. »

Michela Rosano/RL

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