

Projet de recherche-action soutenu par :


L’École du feu :
apprendre à vivre avec le risque d’incendie
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Projet de recherche-action soutenu par :


L’École du feu :
apprendre à vivre avec le risque d’incendie

7 février 2026
Montée Pichou & Montée des Iris
Latitude : 43.368197
Longitude : 5.308957
Jordan Szcrupak
paysagiste-concepteur DPLG enseignant vacataire ENSA
Marseille
expert associé au projet de recherche-action “L’école du Feu”






Suite à l’incendie du 8 juillet 2025 qui a parcouru environ 750 hectares sur les hauteurs de l’Estaque et entraîné la destruction de près de 90 habitations, le paysage du vallon Pichou/Montée des Iris, a subi une transformation brutale. Le passage du feu a provoqué ce que de nombreux habitants décrivent comme le choc d’un paysage soudainement ouvert. Les silhouette végétales familières ont disparu, laissant apparaître la structure topographique, les sols minéralisés (cendres et boues) et les interfaces entre les dernières parcelles bâties et les espaces naturels calcinés. Dans les semaines qui ont suivi l’incendie, les premiers travaux démonstrateurs de protection des sols ont été engagés sur la parcelle municipale, notamment par la mise en œuvre de fascines destinées à limiter l’érosion et à ralentir le ruissellement. Ces dispositifs simples ont constitué un premier geste de soin porté au territoire immédiatement après la catastrophe.
Parallèlement, le cycle de balades exploratoires Pyros a permis d’observer in situ les conséquences écologiques et sociales de l’événement. Ces marches collectives ont mis en évidence un ensemble de paramètres socio-écologiques qui ont contribué à aggraver la sévérité des impacts. Les dynamiques climatiques, marquées par des épisodes de sécheresse prolongée et des périodes de vent fort, ont renforcé la vulnérabilité des milieux. À ces facteurs s’ajoutent des transformations territoriales plus lentes, notamment les difficultés relatives aux travaux de débroussaillement, les formes urbaines mélangées à une végétation spontanée et ornementale et la complexité foncière des interfaces habitat-forêt. Les conséquences du feu ne sont pas uniquement environnementales. Elles sont également psychologiques et matérielles pour les habitants qui ont vu leur cadre de vie profondément bouleversé. Dans ce contexte, une volonté d’agir à l’échelle locale s’est progressivement exprimée. Les habitants ont formulé de nombreuses interrogations à court et moyen termes, en particulier autour de la manière d’habiter durablement ces paysages exposés au risque d’incendie. Le jardin, espace domestique mais aussi fragment du territoire forestier périurbain, apparaît comme un premier lieu d’action possible. C’est dans cet esprit qu’une trentaine d’habitantes et d’habitants directement touchés par l’incendie ont participé, le samedi 7 février à l’Estaque, aux travaux pratiques n°1 de l’École du Feu. Ce programme de recherche-action conduit entre 2025 et 2027 bénéficie du soutien de la Fondation de France et vise à expérimenter collectivement de nouvelles manières de vivre avec le feu dans les paysages méditerranéens.
La journée, animée par Le Bureau des guides – GR2013, s’est structurée autour de plusieurs séquences complémentaires mêlant lecture territoriale, échanges d’expériences et actions concrètes. La première étape a consisté à analyser les documents réglementaires qui encadrent la gestion du risque incendie. La lecture sur le terrain du Plan de Prévention du Risque Incendie de Forêt de Marseille (PPRif), approuvé en 2018, a permis de superposer l’empreinte réelle de l’incendie de juillet 2025 avec le zonage réglementaire. Cette correspondance a rappelé la réalité d’un aléa élevé et la difficulté de défendre certains secteurs face au feu. La consultation de la carte du Plan Local d’Urbanisme intercommunal de la Métropole Aix-Marseille-Provence (PLUi), notamment la planche Centre n°11, a également mis en évidence la superposition de zonages et de servitudes parfois difficiles à concilier. Ces documents traduisent les enjeux d’une gestion intégrée du risque incendie dans les espaces périurbains, mais ils révèlent aussi les limites d’une approche fragmentée entre urbanisme, gestion forestière et politiques de l’eau. Les discussions ont notamment souligné l’importance des solidarités amont-aval dans la gestion des eaux pluviales. Après un incendie, la disparition du couvert végétal accentue les phénomènes d’érosion et de ruissellement. Le croisement de la prévention du risque incendie avec les politiques de gestion des milieux aquatiques et de prévention des inondations (GEMAPI) apparaît donc comme un enjeu majeur pour l’équilibre écologique du territoire.
La seconde séquence de la journée a été consacrée au partage d’outils et de connaissances. Lors de la pause déjeuner organisée chez une habitante sinistrée, les participants ont échangé avec Patrick Jeannot autour de son outil de modélisation PyroVigil. Ce dispositif permet de représenter les équidistances parcellaires et de simuler les supperpositions des périmètres d’obligations légales de débroussaillement à partir des limites cadastrales. La carte produite met en évidence une bande périmétrique d’environ quarante hectares, aujourd’hui entièrement incendiée, qui reste juridiquement soumise aux obligations de débroussaillement réglementaire. Cette visualisation a permis d’ouvrir une réflexion sur la mutualisation possible des travaux et sur les formes de gestion collective des interfaces habitat-forêt, à l’aide d’un «troupeau débroussailleur» pour accompagner la repousse de la végétation et la protection des sols contre le ravinement.
La journée s’est achevée par une action concrète dans le vallon avec la préfiguration d’une petite pépinière de quartier sur la parcelle d’un habitant. Ce chantier participatif de plantation a rassemblé des essences ligneuses méditerranéennes sélectionnées pour leur adaptation aux conditions locales. Parmi ces espèces figurent notamment le pistachier lentisque, la filaire à feuilles étroites, le laurier-tin, l’arbousier, l’érable champêtre, la coronille glauque, le genévrier cade. Certaines appartiennent au cortège floristique caractéristique de la série du chêne vert (Quercus ilex), formation forestière typique du domaine méditerranéen. D’autres espèces, comme le micocoulier de Provence, le grenadier, l’arbre de Judée ou l’érable de Montpellier, participent davantage des paysages agricoles traditionnels ou des lisières cultivées. Le choix de ces vingtquatre essences ne relève pas d’une logique de restauration forestière post-incendie. Il s’inscrit plutôt dans une démarche de jardinage du vallon. L’objectif est de travailler en co-responsabilité avec des plantes d’affinité méditerranéenne capables de s’adapter à des sols relativement profonds et à une exposition abritée. Dans ce contexte, la diversité des formes végétales joue un rôle important. Les arbustes persistants structurent des volumes végétaux stables tout au long de l’année, tandis que les espèces caducifoliées introduisent des variations saisonnières et une meilleure pénétration de la lumière en hiver. Les fruitiers rustiques, comme le cormier ou l’amélanchier, contribuent quant à eux à renforcer les continuités écologiques tout en offrant des ressources alimentaires pour la faune, véritable compagnon de cette démarche.
Cette pépinière de quartier constitue à la fois un geste symbolique et un premier dispositif opérationnel de mobilisation collective. Elle permet d’envisager la production locale de plants, de boutures et de graines qui pourront progressivement essaimer dans les jardins voisins et dans les espaces collectifs du vallon. À terme, cette dynamique pourrait favoriser l’émergence de lisières végétales multifonctionnelles situées entre les zones habitées et les massifs forestiers. Elles contribueraient à créer une rupture de combustible plus lisible dans le paysage, à protéger les formations forestières remarquables et à améliorer la qualité du cadre de vie. Elles offriraient également des habitats favorables pour les oiseaux, les insectes pollinisateurs et d’autres espèces caractéristiques des milieux méditerranéens, dont la mosaïque d’habitats sera également un amortisseur climatique (effet Oasis). La réflexion engagée lors de cette première journée ouvre ainsi la possibilité de concevoir les lisières productives, non plus comme de simples zones de débroussaillement imposées par la réglementation, mais comme de véritables espaces communs à réinvestir. Gérés collectivement, ces espaces de nature foncière différente pourraient accueillir des pratiques agro-sylvo-pastorales extensives (pastoralisme), des plantations fruitières rustiques sur les secteurs où d’anciennes restanques se sont découvertes après le passage du feu ou encore des dispositifs favorables à la biodiversité, ou bien des ouvrages pour ralentir, disperser et infiltrer les eaux pluviales. Dans un territoire marqué par la récurrence du risque incendie, cette approche permettrait d’associer les habitants à la réduction des vulnérabilités tout en réinventant de nouvelles relations entre habitat, forêt et les pyropaysages méditerranéens.
Jordan Szcrupak - 10 mars 2026


L’amélanchier est un arbuste caduc atteignant généralement deux à quatre mètres de hauteur pour une largeur de deux à trois mètres. Les feuilles ovales mesurent trois à six centimètres de long. Les fleurs blanches apparaissent au printemps (avril–mai). Les fruits, appelés amélanches, sont de petites baies bleu noir d’environ un centimètre de diamètre.
Sols et climat
L’espèce préfère les sols calcaires bien drainés et se rencontre dans des zones recevant entre 500 et 900 mm de précipitations annuelles. Elle se développe dans les étages mésoméditerranéen et supraméditerranéen (400–1500 m).
Habitats et formations végétales
L’amélanchier pousse dans les éboulis calcaires, les lisières forestières et les fruticées de montagne. Il accompagne souvent les chênaies pubescentes ou certaines formations de pelouses sèches.
Usages vernaculaires et ethnobotaniques
Les fruits comestibles ont été consommés depuis longtemps dans les régions montagneuses d’Europe. Selon Lieutaghi, cette pratique est attestée dans les campagnes alpines et provençales au moins depuis le XVIIIe siècle. Les baies peuvent être consommées fraîches ou séchées.
Rapport au feu et rôle écologique
Amelanchier ovalis se régénère par rejets de souche après perturbation. Les fruits sont très appréciés par les oiseaux, ce qui favorise la dispersion des graines dans les milieux ouverts.
(Planche botanique) Estampe couleur de 1958
(Page suivante) En haut, la floraison printanière blanche de l’amélanchier. En bas, l’amélanche, petit fruit très juteux, devient pourpre entre fin juin et début juillet. Sa petite taille peut s’expliquer par la pauvreté des sols où l’arbuste se développe, souvent dans des rocailles ou sur des escarpements rocheux. ©Wikimedia commons



L’arbre de Judée est un petit arbre caduc de la famille des Fabacées, atteignant généralement six à dix mètres de hauteur (6–10 m, exceptionnellement 12 m) pour une largeur de houppier de cinq à huit mètres. La croissance est modérée et la longévité moyenne se situe entre soixante et cent ans. Le tronc est souvent court et tortueux (diamètre 30–50 cm), avec une écorce gris sombre qui se fissure légèrement avec l’âge. Les branches s’étalent largement et donnent à la couronne un port arrondi et irrégulier. Les feuilles, presque circulaires (5–10 cm de diamètre), apparaissent après la floraison. Les fleurs rose pourpre apparaissent très tôt au printemps (mars–avril) directement sur les rameaux et parfois sur le tronc, phénomène appelé cauliflorie.
Sols et climat
L’espèce préfère des sols calcaires bien drainés (pH entre 7 et 8,5), mais elle tolère aussi des substrats marneux ou caillouteux relativement pauvres. Elle supporte bien la sécheresse estivale une fois installée (précipitations annuelles souvent comprises entre 400 et 800 mm). Dans la région méditerranéenne française, elle se rencontre principalement dans les étages thermoméditerranéen et mésoméditerranéen, généralement entre le niveau de la mer et environ six cents mètres d’altitude.
Habitats et formations végétales
L’arbre de Judée apparaît dans les lisières forestières, les friches arborées et certaines haies rurales. Il accompagne souvent les formations de la série du chêne vert (Quercus ilex) et celles du chêne pubescent (Quercus pubescens). Dans les paysages méditerranéens traditionnels, il peut également apparaître dans des mosaïques agropastorales mêlant vergers anciens, fruticées et clairières. Usages vernaculaires et ethnobotaniques
L’arbre de Judée est cultivé depuis l’Antiquité pour sa floraison. Des sources botaniques mentionnent sa présence dans les jardins méditerranéens dès l’époque romaine (Ier siècle). Les boutons floraux ont parfois été consommés crus ou conservés dans le vinaigre dans certaines régions d’Europe méridionale, pratique attestée dans des recueils culinaires du XVIIIe et du XIXe siècle. L’arbre possède également une dimension symbolique dans la tradition chrétienne médiévale, liée à des récits populaires concernant Judas, qui auraient contribué à diffuser son nom vernaculaire.
Rapport au feu et rôle écologique
Cercis siliquastrum possède une capacité de régénération après perturbation grâce à des rejets de souche. Dans les paysages méditerranéens, cette faculté lui permet de participer à la reconstitution des lisières arborées après incendie. Sa floraison très précoce constitue par ailleurs une ressource nectarifère importante pour les insectes pollinisateurs au début du printemps.
(Planche botanique) Henri-Louis Duhamel du Monceau, Pierre Joseph Redouté, Traité des arbres et arbustre que l’on cultive en France en pleine terre, 1800-1805
(Page suivante) En haut, floraison printanière de l’arbre de Judée. En bas, aperçu des gousses appelées siliques, contenant les graines. ©Pépinières Defontainte



L’argousier est un arbuste épineux caduc atteignant généralement deux à cinq mètres de hauteur pour une largeur de deux à quatre mètres. Le port est irrégulier et buissonnant, formé de nombreuses tiges dressées ou arquées portant des épines rigides (1–3 cm). Les feuilles sont étroites et allongées (3–8 cm de long) avec une face inférieure argentée. Les fruits sont des baies sphériques orange vif (6–8 mm de diamètre) très abondantes, qui persistent souvent en hiver. La longévité d’un individu peut atteindre soixante à quatre-vingts ans.
Sols et climat
L’espèce tolère des sols très pauvres et bien drainés, souvent sableux ou graveleux, avec un pH compris entre 6 et 8,5. Elle supporte des climats relativement secs mais préfère des zones recevant entre 500 et 900 mm de précipitations annuelles. Dans le domaine méditerranéen, elle apparaît surtout dans les étages mésoméditerranéen et supraméditerranéen (300–1500 m).
Habitats et formations végétales
L’argousier se rencontre dans les berges de rivières, les dunes stabilisées et les pentes instables. Il peut participer à des fourrés pionniers associés à des formations de pelouses sèches ou à des fruticées ouvertes.
Usages vernaculaires et ethnobotaniques
Les propriétés médicinales de l’argousier sont connues depuis l’Antiquité. Dans la Grèce antique, le feuillage de l’argousier était donné aux chevaux afin de rendre leur robe plus brillante. Cette pratique pourrait être à l’origine de son nom grec hippophaë : hippo (« cheval ») et phao (« briller »), soit littéralement « celui qui fait briller le pelage des chevaux ». Selon une légende, les feuilles de cet arbuste comptaient également parmi les mets favoris de Pégase. Des textes médicaux grecs mentionnent déjà ses vertus au IVe siècle av. J.-C. Dans plusieurs régions d’Europe et d’Asie, les fruits riches en vitamine C (jusqu’à 300–600 mg pour 100 g) ont été utilisés pour préparer des sirops et des boissons médicinales.Au début des Trente Glorieuses, le jus d’argouses, les baies de l’Hippophae rhamnoides, était réputé pour sa forte valeur énergétique et faisait partie de l’alimentation destinée aux astronautes. Ces baies entraient également dans la composition d’une pommade utilisée pour aider à protéger la peau contre les radiations cosmiques. Les fruits sont aujourd’hui encore transformés en jus, confitures ou huiles cosmétiques
Rapport au feu et rôle écologique
L’argousier est capable de régénérer par rejets à partir des ses organes souterrains. L’espèce est dite bioaccumulatrice car elle possède également une symbiose racinaire avec des bactéries fixatrices d’azote du genre Frankia, ce qui enrichit les sols pauvres. Elle contribue ainsi à la restauration de terrains dégradés et à la stabilisation des sols après perturbation.
(Planche botanique) Amédée Masclef, Atlas des plantes de France. 1891
(Page suivante) En haut, aperçu des feuilles et fruits orange de l’Argousier. En bas, feuillage argenté caractéristique de l’Agousier ©Wikimedia commons



Le chèvrefeuille des bois est une liane ligneuse pouvant atteindre six à dix mètres de longueur. Les feuilles opposées mesurent quatre à huit centimètres. Les fleurs tubulaires très parfumées apparaissent en été (juin–août). Les fruits sont des baies rouges d’environ six millimètres.
Sols et climat
L’espèce préfère des sols relativement frais et riches en humus. Elle se développe dans des régions recevant entre six cents et mille millimètres de précipitations annuelles.
Habitats et formations végétales
Le chèvrefeuille pousse dans les lisières forestières, les haies et les fruticées. Il accompagne souvent les chênaies pubescentes et certaines forêts mixtes.
Usages vernaculaires et ethnobotaniques
Le parfum intense des fleurs attirant les insectes pollinisateurs, est apprécié depuis longtemps dans les jardins européens. Des références horticoles mentionnent sa culture ornementale dès le XVIe siècle. Dans certaines traditions médicinales européennes, l’écorce, les feuilles et les fleurs ont été utilisées en décoction pour leurs propriétés diurétiques, astringentes et antitussives, notamment contre la toux, l’asthme ou les maux de gorge. Les baies rouges, en revanche, sont toxiques et non comestibles.
Rapport au feu et rôle écologique
Lonicera periclymenum régénère par rejets à partir de ses tiges ligneuses et recolonise progressivement les lisières forestières après perturbation.
(Planche botanique) Carl Lindman, Flore du Nord, 1905
(Page suivante) En haut, les feuilles dsont caduques, minces, ovales à lancéolées et aiguës, tandis que ses fruits sont des baies ovoïdes rouges. En bas, sous-arbrisseau grimpant et volubile pouvant atteindre 1 à 3 m ou plus, qui se développe dans les haies et les bois, surtout sur sols siliceux, dans une grande partie de l’Europe et de la France. ©Wikimedia commons



Le cormier est un arbre caduc atteignant généralement quinze à vingt mètres de hauteur (15–20 m) avec un tronc pouvant dépasser soixante centimètres de diamètre. Le houppier est d’abord pyramidal puis devient arrondi avec l’âge. Les feuilles composées mesurent souvent quinze à vingt centimètres de longueur. Les fruits, appelés cormes, ont un diamètre de deux à quatre centimètres et peuvent prendre une forme rappelant une petite pomme ou une petite poire.
Sols et climat
L’espèce préfère des sols calcaires ou neutres bien drainés. Elle supporte des conditions relativement sèches (précipitations annuelles 500–800 mm). Elle se rencontre principalement dans les étages mésoméditerranéen et supraméditerranéen, entre environ quatre cents et mille mètres d’altitude.
Habitats et formations végétales
Le cormier apparaît dans les lisières forestières, les haies rurales anciennes et certaines clairières forestières. Dans la végétation naturelle, il accompagne les chênaies pubescentes et les forêts mixtes du domaine méditerranéen supérieur.
Usages vernaculaires et ethnobotaniques
Le cormier est l’un des arbres fruitiers traditionnels aujourd’hui les plus rares en Europe. Les cormes sont consommées après blettissement, lorsque leur chair devient brune et sucrée. Cette consommation est attestée dès l’Antiquité romaine (Ier siècle). Jusqu’au XIXe siècle, elles ont été utilisées pour préparer des boissons fermentées ou des confitures dans certaines régions rurales. Le bois du cormier est extrêmement dense et durable (densité souvent supérieure à 0,8 g/ cm³). Il était particulièrement recherché aux XVIIIe et XIXe siècles pour la fabrication de pièces mécaniques, de vis de pressoir ou d’outils agricoles.
Rapport au feu et rôle écologique
Le cormier présente une régénération relativement lente après incendie. Ses fruits sont cependant consommés par de nombreux oiseaux et mammifères, ce qui contribue à la dispersion des graines et à la recolonisation progressive des milieux forestiers.
(Planche botanique) Henri-Louis Duhamel du Monceau, Pierre Joseph Redouté, Traité des arbres et arbustre que l’on cultive en France en pleine terre, 1800-1805
(Page suivante) En haut, fruits vert appelés cormes ou sobes. En bas, fleurs du Cormier © Robert-Flogaus-Faust



Le cornouiller mâle est un arbuste ou petit arbre caduc atteignant généralement quatre à huit mètres de hauteur pour une largeur de trois à six mètres. Le tronc peut atteindre trente à quarante centimètres de diamètre. L’écorce brun gris devient écailleuse avec l’âge. Les feuilles ovales mesurent cinq à dix centimètres de longueur. La floraison jaune apparaît très tôt à la fin de l’hiver (février–mars), souvent avant l’apparition des feuilles. Les fruits sont des drupes rouges allongées d’environ deux centimètres de longueur qui ont un goût rappelant celui de la griotte.
Sols et climat
L’espèce préfère les sols calcaires bien drainés mais tolère également des substrats argilo-limoneux. Elle se développe dans des régions recevant entre cinq cents et mille millimètres de précipitations annuelles. Dans la zone méditerranéenne, elle apparaît surtout dans les étages mésoméditerranéen et supraméditerranéen (300–900 m).
Habitats et formations végétales
Le cornouiller mâle se rencontre dans les lisières forestières, les haies rurales et certaines chênaies pubescentes. Il accompagne également des fruticées méditerranéennes et des clairières forestières.
Usages vernaculaires et ethnobotaniques
Les fruits du cornouiller mâle sont consommés depuis l’Antiquité. Des auteurs grecs et romains mentionnent déjà leur utilisation au Ier siècle. Ils ont été transformés en boissons fermentées, confitures ou liqueurs dans plusieurs régions d’Europe jusqu’au XIXe siècle. L’espèce doit son nom latin au mot cornu (« corne »), en référence à la dureté remarquable de son bois, comparable à celle de la corne. L’épithète mas (« mâle ») renvoie également à cette solidité exceptionnelle, qui fit que ce bois fut utilisé dès l’Antiquité pour fabriquer des armes et des outils. Le bois du cornouiller mâle est l’un des plus durs d’Europe (densité supérieure à 0,9 g/cm³) et a été utilisé pour fabriquer des manches d’outils, des arcs, des pièces mécaniques et des objets artisanaux dès le Moyen Âge. Selon la tradition rapportée par les auteurs anciens, les Grecs auraient même construit le cheval de Troie en bois de cornouiller.
Rapport au feu et rôle écologique
Cornus mas présente une capacité de régénération par rejets à partir de la base ligneuse après perturbation. Les fruits constituent une ressource alimentaire importante pour de nombreux oiseaux et petits mammifères.
(Planche botanique) Dr Thomé, La flore d’Allemagne, d’Autriche et de Suisse, pour l’école et la maison ; avec des planches de Walter Müller (Pl. 391) (1988) (Page suivante) En haut, détail des fruits du cornouiller mâle : les cornouilles, rouge écarlates, oblongs et acidulés, sont très appréciées des oiseaux et peuvent être consommés crus ou préparés en compotes, gelées ou jus. En bas, cet arbuste particulièrement robuste joue un rôle écologique important pour les insectes grâce à sa floraison très précoce. Au début du printemps, il constitue l’une des premières ressources alimentaires pour les abeilles mellifères et de nombreuses abeilles sauvages. ©Wikimedia commons



Le cornouiller sanguin est un arbuste caduc atteignant généralement trois à cinq mètres de hauteur pour une largeur similaire. Les tiges sont nombreuses et dressées. Les feuilles mesurent quatre à huit centimètres de longueur. Les fruits sont des drupes sphériques noir bleuâtre d’environ six à huit millimètres de diamètre. Les jeunes rameaux prennent souvent une teinte rougeâtre.
Sols et climat
L’espèce tolère une grande variété de sols, souvent calcaires ou argileux, avec des précipitations annuelles comprises entre cinq cents et mille millimètres. Elle se rencontre dans les étages mésoméditerranéen et supraméditerranéen (300–900 m).
Habitats et formations végétales
Le cornouiller sanguin est fréquent dans les haies rurales, les lisières forestières et les fruticées. Il accompagne souvent les chênaies pubescentes et certaines formations de pelouses sèches.
Usages vernaculaires et ethnobotaniques
Les rameaux du cornouiller sanguin ont été utilisés dans certaines régions rurales pour la vannerie et la fabrication de petits objets jusqu’au XIXe siècle. Les fruits ont parfois servi à produire des colorants végétaux ou des encres artisanales.
Rapport au feu et rôle écologique
Cornus sanguinea possède une forte capacité de rejet après perturbation grâce à ses bourgeons adventifs situés à la base des tiges. Ses fruits sont consommés par de nombreux oiseaux, ce qui favorise la dispersion des graines.
(Planche botanique) Johann Georg Sturm (illustrations : Jacob Sturm), La flore allemande en illustrations. 1796
(Page suivante) En haut, vue du feuillage persistant aux reflets blanc argenté. En bas, le pourpier de mer s’établit facilement sur les cordons littoraux grâce à sa grande résistance aux embruns. ©Wikimedia commons



Morphologie
La coronille glauque est un arbuste persistant atteignant généralement un à deux mètres de hauteur pour une largeur similaire. Les tiges sont fines et souples, portant des feuilles composées gris-vert (imparipennées) à 7-13 folioles obovales, obtuses et mucronées, c’est-à-dire finissant par une petite pointe. Les fleurs jaunes parfumées apparaissent en fin d’hiver et au début du printemps (février–avril).
Sols et climat
L’espèce préfère des sols calcaires bien drainés et supporte des précipitations modérées (400–700 mm par an). Elle se rencontre principalement dans l’étage thermoméditerranéen et parfois dans le bas du mésoméditerranéen (0–500 m).
Habitats et formations végétales
La coronille glauque apparaît dans les garrigues, les fruticées et certaines lisières de pinèdes de pin d’Alep. Elle peut accompagner les formations de la série du chêne vert.
Usages vernaculaires et ethnobotaniques
Cette espèce est surtout connue comme plante ornementale dans les jardins méditerranéens depuis le XIXe siècle. Les sources ethnobotaniques mentionnent peu d’usages alimentaires ou médicinaux.

(Schéma de principe) Nodosités en cours de formation sur les racines de pois (famille des Fabacées) après coloration. Grâce à la symbiose avec des bactéries du genre Rhizobium, les légumineuses peuvent être considérées comme des plantes biofertilisantes, capables de fixer environ 20 à 60 kg d’azote par hectare. ©Laure Boeglin, ESA
Rapport au feu et rôle écologique
Coronilla glauca est une pyrophyte passive capable de régénérer par rejets à partir de la base ligneuse. Appartenant à la famille des Fabacées, elle peut contribuer à l’enrichissement du sol en azote atmosphérique grâce à des symbioses racinaires avec des bactéries fixatrices (Rhizobium) entraîne ensuite une colonisation par des espèces ubiquistes à affinité nitrophile (plante qui pousse sur les sols les plus riches en nitrates).
(Planche botanique) Henri-Louis Duhamel du Monceau, Pierre Joseph Redouté, Traité des arbres et arbustre que l’on cultive en France en pleine terre, 1800-1805.
(Page suivante) En haut, détail des fleurs jaunes, parfumées et nectarifères, disposées en couronne, caractéristiques des coronilles, très visitées par les insectes pollinisateurs, accompagnées des fruits pendants en formation (siliques). En bas, la coronille glauque possède un port arrondi et buissonnant, avec un feuillage vert bleuté et une floraison jaune vif ©Wikimedia commons



L’érable champêtre est un petit arbre caduc atteignant généralement dix à quinze mètres de hauteur (10–15 m) avec un houppier dense et arrondi de huit à douze mètres de largeur. Le tronc peut atteindre cinquante centimètres de diamètre. Les feuilles mesurent souvent cinq à dix centimètres de largeur et possèdent des lobes arrondis. Les fruits sont des samares disposées en ailes largement ouvertes (angle proche de 180°).
Sols et climat
L’espèce tolère une grande variété de sols, souvent calcaires (pH 6,5–8). Elle se développe dans des régions recevant généralement entre cinq cents et mille millimètres de précipitations annuelles. Dans la région méditerranéenne, elle apparaît surtout dans les étages mésoméditerranéen et supraméditerranéen (300–900 m).
Habitats et formations végétales
L’érable champêtre est une espèce typique des haies rurales, des lisières forestières et des forêts mixtes. Dans les paysages méditerranéens, il accompagne les chênaies pubescentes et certaines fruticées arborées. Usages vernaculaires et ethnobotaniques
L’érable champêtre a longtemps été utilisé comme arbre de haie dans les paysages agricoles européens, pratique attestée au moins depuis le Moyen Âge. Son bois, dur et homogène, servait à fabriquer des objets domestiques, des outils ou parfois des instruments de musique. Les rameaux étaient également utilisés dans certaines pratiques de vannerie rurale jusqu’au XIXe siècle.
Rapport au feu et rôle écologique
Acer campestre possède une bonne capacité de régénération après perturbation grâce à des rejets de souche. Cette capacité lui permet de participer à la reconstitution des haies et des lisières forestières après incendie.
(Planche botanique) Krauss, J.C., Illustrations des arbres et arbustes les plus beaux et les plus exotiques (1802) (Page suivante) En haut, les graines ailées (samares) de l’érable champêtre. En bas, le feuillage vire au jaune d’or à l’automne. © Les plantes de Tonio

L’érable de Montpellier est un petit arbre caduc atteignant généralement cinq à dix mètres de hauteur (5–10 m) avec un houppier dense de quatre à huit mètres de largeur. Le tronc peut atteindre trente à quarante centimètres de diamètre. Les feuilles trilobées sont petites et coriaces (3–6 cm de largeur). Les fruits sont des samares formant un angle aigu. Sols et climat
Cette espèce est particulièrement adaptée aux sols calcaires secs et pierreux (pH souvent supérieur à 7). Elle tolère des précipitations relativement faibles (400–700 mm). Elle se rencontre dans les étages thermoméditerranéen et mésoméditerranéen, entre le niveau de la mer et environ 700 m d’altitude.
Habitats et formations végétales
L’érable de Montpellier est fréquent dans les chênaies vertes, les garrigues arborées et certaines pinèdes méditerranéennes. Il appartient souvent aux formations de la série du chêne vert.
Usages vernaculaires et ethnobotaniques
Rapport au feu et rôle écologique
Après incendie, l’érable de Montpellier se régénère principalement par des rejets de souche et à partir de bourgeons adventifs situés sous l’écorce.
Cette capacité lui permet de participer activement à la reconstitution du couvert arbustif dans les milieux incendiés.
Les usages traditionnels de cet arbre sont relativement modestes. Son bois dense a été employé pour fabriquer de petits objets ou des manches d’outils dans les économies rurales, notamment jusqu’au XIXe siècle. L’espèce est surtout remarquable pour sa capacité à se maintenir dans des milieux très secs et pierreux.
(Planche botanique) Krauss, J.C., Illustrations des arbres et arbustes les plus beaux et les plus exotiques (1802)
(Page suivante) En haut, aperçu des feuilles trilobées de l’érable de Montpellier et des disamares rouge en cours de formation. En bas, érable de Montpellier à El Torcal, Andalousie, Espagne. © Wikipédia



Morphologie
La filaire est un arbuste persistant atteignant deux à cinq mètres de hauteur pour une largeur de deux à quatre mètres. Les feuilles étroites et coriaces mesurent deux à six centimètres de longueur. Les fleurs discrètes apparaissent au printemps (avril–mai). Les fruits sont des drupes noires d’environ cinq millimètres.
Sols et climat
L’espèce préfère les sols calcaires secs et bien drainés. Elle supporte des précipitations relativement faibles (400–700 mm annuels) et appartient aux étages thermoméditerranéen et mésoméditerranéen (0–700 m).
Habitats et formations végétales
La filaire est une composante caractéristique du maquis méditerranéen et des chênaies vertes. Elle accompagne fréquemment les formations de la série du chêne vert et certaines garrigues arborées. Usages vernaculaires et ethnobotaniques
Les usages traditionnels sont modestes. Dans certaines régions méditerranéennes, le bois dense a été utilisé pour produire du charbon de bois jusqu’au XIXe siècle.
Rapport au feu et rôle écologique
Phillyrea angustifolia est capable de régénérer vigoureusement par rejets à partir de la souche après incendie. Cette capacité lui permet de participer à la reconstitution rapide des milieux incendiés.
(Planche botanique) Dessins de Mme Hérincq et MM. Cusin et Jobin, Flore coloriée de poche du littoral méditerranéen de Gênes à Barcelone y compris la Corse
(Page suivante) En haut, les feuilles sont étroites, linéaires à lancéolées, entières et atténuées aux extrémités, et les fruits sont des drupe petites, globuleuses et glauques -pruineuses d’environ 3 – 5 mm de diamètre. En bas, un arbrisseau élancé de 1 à 2 m, à rameaux grêles, que l’on rencontre dans les bois et sur les côteaux pierreux des matorrals méditerranéens, notamment en Provence, Languedoc ou Roussillon. © Wikimedia commons

Le genévrier cade est un arbuste ou petit arbre persistant atteignant généralement trois à dix mètres de hauteur. Le port est irrégulier et souvent conique. Les feuilles sont des aiguilles rigides mesurant un à deux centimètres. Les fruits sont des galbules sphériques (8–12 mm) brun rougeâtre à maturité.
Sols et climat
L’espèce se développe sur des sols calcaires secs et pierreux avec des précipitations souvent comprises entre 300 et 700 mm par an. Elle est caractéristique des étages thermoméditerranéen et mésoméditerranéen (0–800 m).
Habitats et formations végétales
Le genévrier cade est fréquent dans les garrigues, les fruticées sèches et certaines pinèdes claires de pin d’Alep. Il appartient souvent aux formations de la série du chêne vert.
Usages vernaculaires et ethnobotaniques
Le bois du genévrier cade est utilisé depuis l’Antiquité pour produire l’huile de cade par distillation sèche. Cette huile était employée en médecine populaire et en médecine vétérinaire dès le Moyen Âge (XIIe–XIIIe siècle). Elle possède des propriétés antiseptiques et antiparasitaires.
Rapport au feu et rôle écologique
Juniperus oxycedrus se régénére par rejets à partir de la base ligneuse (lignotuber). Ses fourrés offrent un refuge important pour de nombreux oiseaux et petits mammifères dans les paysages méditerranéens.
(Planche botanique) Jean LoiseleurDeslongchamps, Nouveau Duhamel, ou Traité des arbres et arbustes que l’on cultive en France, Paris, 1812-1819
(Page suivante) En haut, feuilles persistantes en aiguilles rigides et piquantes, marquées de deux bandes claires, et fruits globuleux brun-rouge à maturité. En bas, arbuste ou petit arbre au port dressé ou étalé, fréquent dans les garrigues et milieux méditerranéens secs et rocailleux ©Wikimedia Commons



Le grenadier est un petit arbre ou un grand arbuste caduc atteignant généralement trois à six mètres de hauteur pour une largeur de trois à cinq mètres. Les branches sont souvent épineuses. Les feuilles étroites et luisantes mesurent deux à six centimètres de longueur. Les fleurs rouges vif ou orangées mesurent 3 cm de diamètre et apparaissent au printemps et en été. Les gros fruits sphériques comestibles, appelés grenades, mesurent généralement huit à douze centimètres de diamètre. Seul un tiers des fleurs produit un fruit, les deux tiers restants étant des fleurs mâles. Il peut vivre jusqu’à 200 ans, mais sa production de fruits est maximale durant les vingt premières années de fructification.
Sols et climat
L’espèce préfère les sols bien drainés, souvent calcaires ou limoneux, et supporte des précipitations relativement faibles (300–700 mm par an). Elle appartient principalement à l’étage thermoméditerranéen (0–400 m).
Habitats et formations végétales
Le grenadier est souvent cultivé dans les vergers et jardins méditerranéens, mais il peut aussi se naturaliser dans des friches et des haies. Dans certains paysages méditerranéens anciens, il est associé aux systèmes agraires traditionnels (Oasis).
Usages vernaculaires et ethnobotaniques
Le grenadier est cultivé depuis l’Antiquité dans tout le bassin méditerranéen. Des textes mésopotamiens et égyptiens mentionnent déjà sa culture vers le IIe millénaire avant notre ère. Les fleurs et l’écorce du fruit, riches en tanins, ont également servi à la teinture des textiles et au tannage des cuirs dans plusieurs régions du Proche-Orient et du bassin méditerranéen. Les fruits sont consommés frais ou transformés en sirops et boissons. Le jus, très acide, est traditionnellement transformé en sirop (grenadine), mélasse de grenade ou boissons fermentées. Dans les pharmacopées anciennes, l’écorce et les racines ont été utilisées comme vermifuges, pratique attestée dans les traités médicaux grecs et arabes entre le Ier et le Xe siècle. Dans de nombreuses cultures méditerranéennes et moyen-orientales, le fruit possède aussi une forte valeur symbolique, associé à la fertilité, à l’abondance et à la prospérité, ce qui explique sa présence dans des rituels, des représentations artistiques et des traditions culinaires.
Rapport au feu et rôle écologique
Punica granatum présente une forte capacité de régénération par rejets de souche après perturbation. Dans les paysages agricoles méditerranéens, il contribue à la diversité structurelle des haies et des vergers.
(Planche botanique) Jean LoiseleurDeslongchamps, Nouveau Duhamel, ou Traité des arbres et arbustes que l’on cultive en France, Paris, 1812-1819
(Page suivante) En haut, les fleurs rouge orangé, épaisses et campanulées (en cloche) apparaissent sur le même arbre sous forme de fleurs fertiles et de fleurs mâles (monoïques) En bas, arbuste ou petit arbre souvent ramifié, atteignant généralement 3 à 6 m de hauteur, cultivé et naturalisé dans les régions chaudes et sèches du bassin méditerranéen, sur des sols bien drainés et en plein soleil. ©Wikimedia Commons



Morphologie
Le laurier-tin est un arbuste persistant atteignant généralement deux à quatre mètres de hauteur pour une largeur comparable. Les feuilles coriaces mesurent cinq à dix centimètres de longueur. Les inflorescences blanches apparaissent en hiver et au début du printemps (décembre–mars). Les fruits sont des drupes bleu métallique d’environ six millimètres.
Sols et climat
L’espèce préfère des sols calcaires ou neutres bien drainés et supporte des précipitations annuelles comprises entre cinq cents et huit cents millimètres. Elle appartient surtout aux étages thermoméditerranéen et mésoméditerranéen (0–700 m).
Habitats et formations végétales
Le laurier-tin est fréquent dans le maquis méditerranéen, les chênaies vertes et les fruticées. Il appartient souvent aux formations de la série du chêne vert.
Usages vernaculaires et ethnobotaniques
L’espèce est cultivée comme plante ornementale dans les jardins méditerranéens depuis au moins le XVIIe siècle.
Rapport au feu et rôle écologique
Viburnum tinus est capable de régénérer par rejets à partir de la base ligneuse. La floraison hivernale constitue une ressource nectarifère importante pour certains insectes pollinisateurs.
(Planche botanique) Henri-Louis Duhamel du Monceau, Pierre Joseph Redouté, Traité des arbres et arbustre que l’on cultive en France en pleine terre, 1800-1805
(Page suivante) En haut, les feuilles sont persistantes, coriaces, ovales à oblongues, d’un vert sombre dessus et généralement plus claires et légèrement velues dessous, et ses fruits sont des baies subglobuleuses, noirâtres à bleu métalisé à maturité.
En bas, arbrisseau touffu de 1 à 3 m de hauteur fréquemment présent en garrigues méditerranéennes et lisières boisées, souvent cultivé dans les haies ou naturalisé dans le sud de l’Europe ©Flores Alpes.com



Le lentisque est un arbuste persistant atteignant deux à quatre mètres de hauteur (2–4 m), parfois davantage dans des conditions favorables. Les feuilles composées mesurent cinq à dix centimètres de longueur. Les fruits sont de petites drupes rouges devenant noires à maturité (4–6 mm).
Sols et climat
L’espèce tolère des sols calcaires ou siliceux secs. Elle supporte des précipitations annuelles relativement faibles (300–600 mm) et appartient principalement à l’étage thermoméditerranéen (0–400 m).
Habitats et formations végétales
Le lentisque est une espèce dominante du maquis méditerranéen et des garrigues littorales. Il accompagne souvent les formations de la série du chêne vert.
Usages vernaculaires et ethnobotaniques
La résine du lentisque, appelée mastic, est utilisée depuis l’Antiquité. Des textes grecs du Ve siècle av. J.-C. mentionnent déjà le Pistacia lentiscus pour sa résine aromatique, le « mastic », traditionnellement récoltée par incision de l’écorce et utilisée depuis l’Antiquité comme gomme à mâcher, comme parfum naturel des gencives et rafraîchisseur d’haleine. En médecine populaire méditerranéenne, cette résine et d’autres parties de la plante (feuilles, écorce) ont été employées pour favoriser la digestion, traiter des troubles gastro-intestinaux, agir comme antiseptique, anti-inflammatoire et diurétique, renforcer les gencives et soulager divers maux respiratoires ou cutanés. Dans certaines régions de Méditerranée orientale, cette résine a également été utilisée en parfumerie et en médecine traditionnelle jusqu’à l’époque moderne. L’huile essentielle extraite des fruits ou des feuilles est utilisée localement pour ses propriétés antiseptiques et antioxydantes
Rapport au feu et rôle écologique
Pistacia lentiscus est une pyrophyte passive possédant une forte capacité de rejet à partir de la souche après incendie. L’espèce joue un rôle important dans la reconstitution rapide des milieux méditerranéens.
(Planche botanique) Amédée Masclef, Atlas des plantes de France. 1891
(Page suivante) En haut, les feuilles sont persistantes et paripennées, composées de plusieurs folioles elliptiques, coriaces et luisantes dessus, tandis que ses fruits sont de drupe subglobuleuse, d’abord rouge puis noir à maturité.
En bas, arbrisseau odorant de 1 à 3 m, typique des lieux arides du bassin méditerranéen (garrigues, maquis, sols secs) et souvent présent dans les paysages littoraux et collinéens du Sud de l’Europe. ©Wikimedia commons



Le micocoulier est un arbre caduc appartenant à la famille des Cannabacées (la famille du chanvre et du houblon) pouvant atteindre quinze à vingt-cinq mètres de hauteur (15–25 m) avec un houppier large de dix à quinze mètres. Le tronc est droit et relativement élancé (diamètre pouvant dépasser 80 cm). L’écorce reste lisse et gris clair même sur les sujets âgés. Les feuilles sont ovales et légèrement asymétriques à la base (longueur 5–12 cm). Les fruits sont de petites drupes sphériques (8–12 mm de diamètre) devenant brun noir à maturité en automne.
Sols et climat
L’espèce apprécie les sols calcaires ou alluviaux relativement profonds mais tolère aussi des substrats secs et pierreux. Elle supporte des précipitations annuelles relativement faibles (400–700 mm) et résiste bien à la chaleur estivale. Dans le domaine méditerranéen français, elle se rencontre principalement dans les étages thermoméditerranéen et mésoméditerranéen (0–700 m d’altitude).
Habitats et formations végétales
Le micocoulier apparaît dans les ripisylves méditerranéennes, les lisières forestières et les haies rurales. Il accompagne souvent les chênaies pubescentes et certaines formations de fruticées méditerranéennes. Dans les paysages culturels de Provence et du Languedoc, il a également été planté près des habitations et des places publiques.
Usages vernaculaires et ethnobotaniques
Ses fruits comestibles, appelés micocoules, étaient consommés occasionnellement par les populations rurales, notamment jusqu’au XIXe siècle. Le bois, à la fois souple et très résistant, était recherché depuis au moins le XVIIe siècle pour la fabrication de manches d’outils, de fouets, de fourches agricoles ou de cannes. Dans certaines régions de Provence, l’arbre était traditionnellement planté sur les places de village pour fournir de l’ombre.
Rapport au feu et rôle écologique
Le micocoulier présente une certaine résistance aux incendies grâce à à sa vigueur végétative lui permettant de rejetter depuis des bourgeons dormants sous l’écorce (adventifs). Les fruits sont consommés par de nombreux oiseaux frugivores, ce qui favorise la dispersion des graines et contribue à la recolonisation progressive des milieux perturbés.
(Planche botanique) Barral, Jean-Augustin, Le règne végétal : divisé en traité de botanique générale, flore médicale et usuelle, horticulture botanique et pratique, plantes potagères, arbres fruitiers, végétaux d’ornement, plantes agricoles et forestières, histoire biographique et bibliographique de la botanique, 1864-1869
(Page suivante) En haut,feuilles et fruits verts, encore immatures, du micocoulier de Provence. En bas, l’ombre produite par les micocoulier de Provence en a fait une essence de choix pour les aménagements urbains. © MNHN - S. Muller



Le noisetier est un arbuste caduc atteignant généralement quatre à six mètres de hauteur (4–6 m) pour une largeur similaire. Il forme souvent des cépées composées de plusieurs tiges. Les feuilles larges mesurent six à douze centimètres. Les fruits sont les noisettes, enfermées dans une cupule foliacée.
Sols et climat
L’espèce préfère des sols profonds et relativement frais. Elle se développe dans des régions recevant entre six cents et mille millimètres de précipitations annuelles. Dans la région méditerranéenne, elle apparaît surtout dans les étages mésoméditerranéen et supraméditerranéen (400–1000 m).
Habitats et formations végétales
Le noisetier se rencontre dans les haies rurales, les lisières forestières et certaines forêts mixtes. Il accompagne les chênaies pubescentes et les forêts de feuillus.
Usages vernaculaires et ethnobotaniques
La noisette est consommée depuis la Préhistoire, comme l’attestent des restes archéologiques datant du Mésolithique (environ 8000 av. J.-C.). Le noisettier était traditionnellement cultivé et récolté pour ses noisettes comestibles, consommées fraîches, grillées ou transformées en pâtes et huiles alimentaires, riches en acides gras mono-insaturés. Les noisettes ont une longue histoire d’utilisation en confiserie, pâtisserie et chocolaterie. Dans les pratiques populaires, l’écorce et les feuilles ont parfois été utilisées en phytothérapie pour leurs propriétés astringentes et toniques, notamment en décoction pour soulager des troubles digestifs ou comme rinçage capillaire. Les rameaux flexibles du noisetier ont aussi servi traditionnellement à fabriquer des nasses, paniers, claies et piquets, et comme bois de vannerie ou de bâtonnage dans les sociétés rurales européennes jusqu’au XXe siècle.
Rapport au feu et rôle écologique
Corylus avellana possède une forte capacité de régénération par rejets de cépée après perturbation. Les fruits constituent une ressource alimentaire importante pour de nombreux mammifères et oiseaux.
(Planche botanique) Professeur Dr. Otto Wilhelm Thomé, Flore d’Allemagne, d’Autriche et de Suisse, 1885.
(Page suivante) En haut, les feuilles sont caduques, alternes, largement ovales à sub - orbiculaires avec des bords doublement dentés et un pétiole court et poilu, et ses fruits sont des noisettes ovoïdes à coque ligneuse, généralement groupées en petits bouquets entourés d’un involucre foliacé. En bas, C’est un arbrisseau buissonnant de 2 à 5 m de hauteur aux rameaux souples et pubescents, répandu dans les bois clairs, les taillis et les haies en Europe tempérée, où il préfère les sols riches et bien drainés. ©Wikimedia commons



Le pin pignon est un conifère pouvant atteindre quinze à vingt-cinq mètres de hauteur (15–25 m) avec un tronc pouvant dépasser un mètre de diamètre. La couronne adopte chez l’arbre adulte une forme caractéristique en parasol pouvant atteindre quinze mètres de largeur. Les aiguilles mesurent généralement dix à vingt centimètres de longueur et sont groupées par deux. Les gros cônes globuleux à écussons grisâtres mesurent huit à quinze centimètres de longueur et contiennent les graines comestibles appelées pignons (1,5–2 cm).
Sols et climat
L’espèce préfère les sols sableux ou légers, bien drainés, et tolère une forte sécheresse estivale. Elle se développe dans des régions recevant généralement entre 400 et 700 mm de précipitations annuelles. Elle appartient principalement à l’étage thermoméditerranéen et se rencontre généralement entre le niveau de la mer et environ 400 m d’altitude.
Habitats et formations végétales
Le pin pignon est présent dans les pinèdes littorales, les dunes fixées et certaines terrasses sableuses de l’arrière-pays méditerranéen. Ces formations peuvent constituer des peuplements relativement ouverts associés à des garrigues ou à des pelouses méditerranéennes.
Usages vernaculaires et ethnobotaniques
Les graines comestibles du pin pignon sont utilisées depuis l’Antiquité. Des textes culinaires romains du Ier siècle mentionnent déjà l’usage des pignons dans certaines préparations alimentaires. Dans l’ensemble du bassin méditerranéen, ces graines ont conservé une importance culinaire jusqu’à aujourd’hui. Le bois du pin pignon a été utilisé pour la charpente légère ou la menuiserie, bien que sa durabilité soit relativement limitée.
Rapport au feu et rôle écologique
Pinus pinea est une pyrophyte active, qui tire avantage du passage du feu. La régénération repose sur la production de graines relativement lourdes (environ 0,5 g chacune) contenues dans les cônes. Les graines sont libérées après ouverture des cônes et colonisent les sols nus créés par les incendies. Les peuplements de pin pignon contribuent ensuite à la stabilisation des sols sableux et à la reconstitution progressive d’un couvert forestier.
(Planche botanique) Jean LoiseleurDeslongchamps, Nouveau Duhamel, ou Traité des arbres et arbustes que l’on cultive en France, Paris, 1812-1819
(Page suivante) En haut, aperçu des cônes ouverts du pin pignon. En bas, pinède de pin pignon dans le Var (Le Muy). © Florealpes.com



Morphologie
Le térébinthe est un arbuste ou petit arbre caduc atteignant généralement trois à sept mètres de hauteur. Les feuilles composées mesurent dix à vingt centimètres de longueur. Les fruits sont de petites drupes rougeâtres devenant noirâtres à maturité (5–6 mm)
Sols et climat
L’espèce se développe sur des sols calcaires secs avec des précipitations annuelles comprises entre trois cents et six cents millimètres. Elle appartient aux étages thermoméditerranéen et mésoméditerranéen (0–600 m).
Habitats et formations végétales
Le térébinthe est fréquent dans les garrigues, les fruticées et les lisières de chênaies vertes.
Usages vernaculaires et ethnobotaniques
Le pistachier térébinthe a une longue histoire d’usage dans les sociétés méditerranéennes. Son exsudat résineux, traditionnellement appelé térébenthine de Chio, était utilisé dès l’Antiquité comme gomme à mâcher, pour l’hygiène bucco-dentaire, la digestion et comme antiseptique dans les pratiques médicinales classiques gréco-romaines ; il servait aussi à fabriquer des vernis et peintures à l’huile, des encens et des friandises aromatiques. Ses fruits et graines sont consommés sur l’île de Crète et de Chypre, parfois torréfiés comment en Turquie sous forme de boisson type « café menengiç ».
Des textes médicaux grecs et romains mentionnent son emploi comme antiseptique et comme baume cicatrisant dès le Ier siècle. Les feuilles et jeunes pousses sont préparées en infusions destinées à soulager les irritations bronchiques ou les rhumes, tandis que les galles riches en tanins ont été utilisées pour tanner le cuir ou teindre les textiles en rouge.
Rapport au feu et rôle écologique
Pistacia terebinthus est capable de régénérer par rejets vigoureux après incendie. L’espèce contribue à la stabilisation des sols dans les milieux secs.
(Planche botanique) Claude Aubriet (16651742) L’œuvre Planches pour un Ouvrage de Botanique, S.l., 17.
(Page suivante) En haut, les feuilles sont caduques, imparipennées avec 5 à 14 folioles ovales ou elliptiques, un peu coriaces et luisantes dessus, et ses fruits sont de petites drupes subglobuleuses, rougeâtres puis brunâtres à maturité. En bas, arbrisseau odorant de 2 à 3 m de hauteur, à odeur résineuse caractéristique, qui pousse sur rochers, côteaux et terrains arides du Midi méditerranéen et peut s’étendre jusque dans certaines régions intérieures calcaires de France et du pourtour méditerranéen. ©Wikimedia commons



Le pourpier de mer est un arbuste persistant atteignant généralement un à trois mètres de hauteur pour une largeur comparable. Le port est dense et arrondi, constitué de nombreuses branches grisâtres. Les feuilles sont épaisses, ovales à triangulaires (2–5 cm de long) et couvertes d’une pruine blanchâtre qui limite la perte d’eau.
Sols et climat
Cette espèce halophyte tolère les embruns, les sols salins ou alcalins (pH souvent supérieur à 7,5). Elle supporte des précipitations faibles (200–500 mm annuels) et des températures estivales élevées. Elle appartient surtout à l’étage thermoméditerranéen (0–300 m).
Habitats et formations végétales
Le pourpier de mer est fréquent dans les garrigues littorales, les friches salines et les talus côtiers. Il peut constituer des formations arbustives basses associées à des pelouses halophiles ou à des steppes méditerranéennes.
Usages vernaculaires et ethnobotaniques
Dans certaines régions méditerranéennes, les feuilles ont été consommées comme légume sauvage depuis
l’Antiquité. Des textes agricoles de l’époque romaine signalent déjà l’usage du pourpier de mer comme plante fourragère, pratique qui s’est maintenue dans les régions arides jusqu’au XXe siècle.
Rapport au feu et rôle écologique
Atriplex halimus est capable de régénérer par rejets à partir de sa base ligneuse après incendie. Sa forte tolérance à la sécheresse et aux sols pauvres lui permet de coloniser rapidement les terrains dégradés et de stabiliser les substrats superficiels.
(Planche botanique) Dessins de Mme Hérincq et MM. Cusin et Jobin, Flore coloriée de poche du littoral méditerranéen de Gênes à Barcelone y compris la Corse (Page suivante) En haut, vue du feuillage persistant aux reflets blanc argenté. En bas, le pourpier de mer s’établit facilement sur les cordons littoraux grâce à sa grande résistance aux embruns. ©Wikimedia commons



Morphologie
Le prunellier est un arbuste caduc très épineux atteignant généralement trois à cinq mètres de hauteur pour une largeur similaire. Les tiges sont nombreuses et forment souvent des fourrés denses. Les feuilles mesurent deux à cinq centimètres de longueur. Les fleurs blanches apparaissent au début du printemps (mars–avril). Les fruits sont des drupes bleu noir appelées prunelles (1–1,5 cm de diamètre).
Sols et climat
L’espèce tolère une grande variété de sols, souvent calcaires ou argileux, et se développe dans des zones recevant entre cinq cents et mille millimètres de précipitations annuelles. Elle apparaît dans les étages mésoméditerranéen et supraméditerranéen (300–900 m).
Habitats et formations végétales
Le prunellier est fréquent dans les haies rurales, les lisières forestières et les fruticées. Il peut former des fourrés denses dans les paysages agropastoraux abandonnés.
Usages vernaculaires et ethnobotaniques
Les prunelles ont été consommées depuis longtemps dans les campagnes européennes. Leur utilisation pour la préparation de boissons fermentées et de liqueurs est attestée dans plusieurs régions d’Europe à partir du XVIIIe siècle. L’écorce, les feuilles et les fruits ont été utilisés traditionnellement en médecine populaire comme astringents, toniques et diurétiques. Les fourrés de prunellier ont également servi de haies défensives autour des parcelles agricoles pour protéger les cultures ou les pâtures.
Rapport au feu et rôle écologique
Prunus spinosa est capable de régénérer par rejets à partir de son système racinaire. Les fourrés denses offrent un refuge important pour les oiseaux nicheurs et les petits mammifères.
(Planche botanique) Kurt Stueber, Flore d’Allemagne, d’Autriche et de Suisse,1885 (Page suivante) En haut, les feuilles sont caduques, petites, oblongues à lancéolées et finement dentées, tandis que ses fruits sont de petites drupes globuleuses appelées prunelles, bleu-noirâtres et astringentes, mûrissant à l’automne. En bas, le prunellier est arbuste épineux très ramifié atteignant environ 3 à 5 m de hauteur, fréquent dans les haies, lisières, coteaux et milieux ouverts d’Europe tempérée. ©Wikimedia commons



Le rosier rugueux est un arbuste caduc atteignant un à deux mètres de hauteur (1–2 m). Les tiges sont très épineuses. Les feuilles composées mesurent huit à quinze centimètres. Les fleurs roses apparaissent de mai à juillet. Les fruits, appelés cynorhodons, mesurent deux à trois centimètres.
Sols et climat
L’espèce tolère des sols sableux ou pauvres et se développe dans des régions recevant environ cinq cents à huit cents millimètres de précipitations annuelles.
Habitats et formations végétales
Le rosier rugueux est souvent cultivé ou naturalisé dans des friches littorales et certaines haies.
Usages vernaculaires et ethnobotaniques
Les cynorhodons riches en vitamine C ont été utilisés pour préparer confitures, gelées, sirops ou tisanes, dans plusieurs régions d’Europe depuis le XIXe siècle. Pendant la Seconde Guerre mondiale, ils ont servi de source importante de vitamine C dans plusieurs pays européens. Le Rosa rugosa est cultivé depuis longtemps comme plante ornementale et de haie pour sa grande résistance au froid, aux maladies et aux embruns marins. Les pétales parfumés servent à réaliser confitures, desserts ou pots-pourris en Asie orientale.
Rapport au feu et rôle écologique
Rosa rugosa régénère par rejets à partir de sa base ligneuse. Les fruits sont consommés par de nombreux oiseaux et petits mammifères.
(Planche botanique) Philipp Franz von Siebold et Joseph Gerhard Zuccarini et Friedrich Miquel, Flore du Japon, Vol 1, 1835 (Page suivante) En haut, les feuilles sont caduques, vert foncé, rugueuses et composées de 5 à 9 folioles, et les fruits sont de gros cynorrhodons charnus, rouge orangé à maturité. En bas, arbuste buissonnant et dense de 1 à 2 mètre de hauteur, aux rameaux épineux, qui pousse naturellement sur les sols sableux et littoraux exposés au soleil, mais est aussi largement cultivé en haies et jardins. ©Wikimedia commons



Le sureau noir est un arbuste caduc atteignant généralement quatre à sept mètres de hauteur. Le port est large et arrondi. Les feuilles composées peuvent mesurer jusqu’à trente centimètres de longueur. Les inflorescences plates apparaissent au début de l’été (mai–juin). Les fruits sont des baies noir violacé d’environ cinq millimètres de diamètre.
Sols et climat
L’espèce préfère les sols riches en matière organique et relativement humides. Elle se développe dans des régions recevant généralement entre six cents et mille millimètres de précipitations annuelles. Elle apparaît dans les étages mésoméditerranéen et supraméditerranéen.
Habitats et formations végétales
Le sureau noir pousse souvent dans les haies, les friches enrichies en azote, les lisières forestières et les zones proches des habitations.
Usages vernaculaires et ethnobotaniques
Le sureau noir est l’une des plantes les plus riches en traditions populaires européennes. Les fleurs ont été utilisées pour préparer des boissons et des beignets ou infusions aux propriétés diurétiques et sudorifiques, au moins depuis le XVIIIe siècle. Les fruits cuits sont riches en antioxydants et en composés phénoliques bénéfiques pour la santé. Ils ont servi à produire des sirops, des confitures , jus ou vins et des colorants alimentaires. Traditionnellement, l’écorce, les feuilles et les fruits ont été employés comme remèdes contre le rhume, la fièvre et les troubles digestifs. Les branches creuses servaient autrefois à fabriquer des flûtes ou des tuyaux d’instruments ( d’où le nom de «hautbois»).
Dans certaines traditions rurales du Moyen Âge, le sureau était considéré comme un arbre protecteur des maisons.
Toutes les parties du Sambucus nigra contiennent des cristaux d’oxalate de calcium, ce qui les rend toxiques si elles sont ingérées crues, qui peuvent provoquer nausées, vomissements ou diarrhée s’ils sont ingérés crus. La cuisson ou la transformation des baies et des fleurs neutralise généralement cette toxicité, ce qui permet leur consommation en confitures, sirops ou boissons.
Rapport au feu et rôle écologique
Sambucus nigra régénère facilement par rejets à partir de la base après perturbation. Les fruits sont consommés par de nombreuses espèces d’oiseaux, ce qui contribue à la dispersion des graines. Des confusions sont possibles avec d’autres espèces comme le sureau yèble (Sambucus ebulus), dont les baies ne sont pas comestibles ; elles sont émétiques et purgatives, rendant essentiel l’identification précise avant toute récolte. Les fleurs en corymbes ne sont pas plates, les baies du sureau yèble pointent vers le ciel.
(Planche botanique) Kurt Stueber, Flore d’Allemagne, d’Autriche et de Suisse,1885
(Page suivante) En haut, les feuilles sont caduques, composées de folioles vertes, opposées et dentées ; les fleurs blanches en larges corymbes ont une saveur douce et sont utilisées en beignets ou sirop, et les fruits sont de petites baies d’abord rouges puis noir-violet à maturité, comestibles une fois cuits mais potentiellement laxatifs crus. En bas, c’est un arbuste ou petit arbre de 2 à 8 m de hauteur, aux rameaux creux et à l’écorce lenticellée, qui pousse le long des haies, dans les jardins, sur sols riches ou humides et en lisière de bois. ©Wikimedia commons



Le troène des bois est un arbuste caduc à semipersistant atteignant généralement trois à cinq mètres de hauteur pour une largeur de deux à quatre mètres. Les tiges sont nombreuses et dressées, formant un buisson dense. Les feuilles ovales mesurent trois à six centimètres de longueur. Les inflorescences blanches apparaissent en début d’été (juin–juillet). Les fruits sont des baies noires sphériques (6–8 mm).
Sols et climat
L’espèce tolère une grande variété de sols, souvent calcaires ou argileux, avec des précipitations annuelles comprises entre cinq cents et neuf cents millimètres. Elle se développe principalement dans les étages mésoméditerranéen et supraméditerranéen (300–900 m).
Habitats et formations végétales
Le troène apparaît dans les haies rurales, les lisières forestières et certaines fruticées. Il accompagne souvent les chênaies pubescentes et les formations arbustives des paysages agricoles traditionnels.
Usages vernaculaires et ethnobotaniques
Le troène des bois a été largement utilisé dans les haies champêtres en Europe depuis le Moyen Âge. Les baies ont servi à produire des colorants noirs ou violacés utilisés dans certaines pratiques artisanales rurales jusqu’au XIXe siècle.
Rapport au feu et rôle écologique
Ligustrum vulgare régénère par rejets à partir de la base ligneuse après perturbation. Les fruits sont consommés par de nombreux oiseaux frugivores, ce qui favorise la dispersion des graines.
(Planche botanique) Amédée Masclef, Atlas des plantes de France. 1891
(Page suivante) En haut, les feuilles du Ligustrum vulgare sont opposées, tardivement caduques, lancéolées à obovales - elliptiques et entières, et ses fruits sont de petites baies globuleuses noires persistantes à maturité. En bas, arbrisseau de 1 à 3 m de hauteur, souvent planté en haies ou présent en lisière de bois et broussailles dans toute la France, tolérant divers sols en exposition ensoleillée ou semi- ombragée.©Wikimedia commons



Feuilles en (conifères)aiguilles
Aiguilles longues de 8-15 cm groupées par 2 + cônes très gros, longs de 8-15 cm sur 8-10 de large, d’un brun-rougeâtre luisant
Pin pignon (Pinus pinea) p.44
Feuilles linéaires piquantes, verticillées par 3, marquées de 2 sillons blanchâtres séparées par la nervure médiane en dessus
Genévrier cade (Juniperus oxycedrus) p.32
Feuilles larges (angiospermes)
Feuilles opposées

Feuilles simples
Feuillage ovale


feuilles ovales, terminant en pointe + fleurs jaunes très précoces, suivies de drupes rouges allongées comestibles.
Cornouiller mâle (Cornus mas L.) p.20
feuilles ovales-elliptiques + rameaux rouge sombre en hiver et fruits noir bleuté en petites grappes.
Cornouiller sanguin (Cornus sanguinea L.) p.22
feuilles ovales persistantes, légèrement velues dessous + panicules de petites fleurs blanc rosé hivernales suivies de baies bleu métallisé.
Laurier-tin (Viburnum tinus L.) p.36
feuilles caduques, souvent molles + fleurs tubulaires très parfumées suivies de baies rouges.
Chèvrefeuille des bois (Lonicera periclymenum L.) p.16
feuilles luisantes, caduques + grandes fleurs rouge orangé et ses fruits globuleux contenant de nombreuses graines charnues.
Grenadier (Punica granatum L.) p.34
Feuillage lancéolé


Feuilles composées
forme très allongée et entière des feuilles étroite et coriaces rappelant celles de l’olivier.
Filaire à feuilles étroites (Phillyrea angustifolia L.) p.30
forme très allongée et entière des feuilles étroite et coriaces rappelant celles de l’olivier.
Troène des bois (Ligustrum vulgare L.) p.56
feuilles petites à trois lobes entiers, coriaces et brillantes et ses fruits (samares) disposés presque à la verticale. feuilles à cinq lobes arrondis et ses fruits (samares) disposés presque à l’horizontale.
Érable champêtre (Acer campestre L.) p.26
Érable de Montpellier (Acer monspessulanum L.) p.28
Nombre impair de follioles


5-7 folioles dentées + grandes inflorescences plates blanches odorantes (corymbes) suivies de baies noires.
Sureau noir (Sambucus nigra L.) p.54


L’École du feu :
apprendre à vivre avec le risque d’incendie
Projet de recherche-action soutenu par :

