

REVÊTEMENTS
EXTÉRIEURS
: Tendances 2026



Le Groupe Centres de rénovation
Castle ltée est un groupement d’achat de bois d’œuvre et de matériaux de construction sans but lucratif détenu et dirigé par ses membres. Formant un réseau national de commerces et de détaillants du secteur du bois et des matériaux de construction, nos membres sont des piliers pour leur collectivité. Nos relations avec eux, avec nos fournisseurs partenaires et avec notre industrie favorisent la croissance continue de notre groupement. Nous avons résisté à l’épreuve du temps en accordant la priorité à nos membres, en appuyant les communautés qu’ils servent et en tissant des liens solides avec nos partenaires de l’industrie.
Ensemble, nous bâtissons des communautés.
www.castle.ca/fr/
Le magazine numérique Build & Reno est une publication exclusive du Groupe Centres de rénovation Castle ltée. Chaque numéro rassemble des conseils d’experts, des nouvelles de l’industrie, des innovations de produits, des analyses des tendances et des exemples de projets réels pour aider les professionnels et les passionnés à mieux planifier et à gagner en efficacité. Conçue pour l’ère numérique, la publication propose un contenu dynamique, facile d’accès et optimisé pour tous les appareils.
MAGAZINE BUILD & RENO
Direction éditoriale et marketing Groupe Centres de rénovation Castle ltée
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Directrice des communications jmercieca@castle
Rédactrice en chef
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Direction artistique et conception graphique
Sebastian Tan Espress Labs inc.

MAI 2026
Photo : MITTEN BUILDING PRODUCTS
Collaborations


Lawrence (« Law ») Cummer est rédacteur et réviseur à la pige. Depuis près de dix ans, il collabore régulièrement à la production des magazines Avantage entrepreneur, IDEAS et Rough Construction. Cumulant plus de 20 ans d’expérience, il a écrit sur l’entrepreneuriat, la construction, le commerce en général, les technologies de l’information, la santé et la sécurité, les finances personnelles, ainsi qu’une foule d’autres sujets. Law aime profondément raconter des histoires et aider les gens, qu’ils soient entrepreneurs, technologues ou cadres d’entreprise, à travailler mieux, plus facilement et plus « intelligemment ».
Troy Harrison, connu sous le nom de Sales Navigator, est l’auteur de Sell Like You Mean It et The Pocket Sales Manager. Il aide des entreprises à maîtriser les leviers fondamentaux en vente pour avancer vers la réussite. Il offre gratuitement une évaluation des stratégies de vente, d’une durée de 45 minutes. Pour prendre rendez-vous, composez le 913 645-3603 ou écrivez à Troy@TroyHarrison.com.
LAWRENCE CUMMER
TROY HARRISON
DANS CE NUMÉRO


Malgré l’incertitude économique et des budgets serrés, les propriétaires d’aujourd’hui restent exigeants quant au revêtement extérieur de leur résidence. Ils continuent d’investir dans de belles devantures durables qui résisteront à des conditions qui semblent de plus en plus imprévisibles.
Personne n’a vu venir le phénomène : la génération la plus méfiante envers l’IA n’est pas celle qui ne la comprend pas. C’est celle qui la comprend le mieux.
DOSSIER
‡ ‡ tendances 2026
REVÊTEMENTS EXTÉRIEURS :
Par LAWRENCE CUMMER


Photo : MITTEN BUILDING PRODUCTS
Malgré l’incertitude économique et des budgets serrés, les propriétaires d’aujourd’hui restent exigeants quant au revêtement extérieur de leur résidence.
Ils continuent d’investir dans de belles devantures durables qui résisteront à des conditions qui semblent de plus en plus imprévisibles.
L’esthétique demeure une priorité centrale pour les propriétaires et les constructeurs en 2026. En fait, cette exigence s’est accentuée : les propriétaires investissent dans leur résidence actuelle plutôt que de se lancer dans le projet potentiellement risqué de changer de propriété.
« Le marché évolue entre des pressions sur les coûts et des attentes élevées en matière d’esthétique, explique Frank Horvath, chef des produits de revêtement extérieur à Cornerstone Building Brands Canada, société mère de Mitten Produits de bâtiment. Ce qui est intéressant, c’est que ces attentes n’ont pas diminué. Les propriétaires et les constructeurs recherchent toujours un effet haut de gamme, mais font preuve de créativité dans la façon de l’obtenir. »
Ces forces opposées (des budgets serrés et des attentes élevées sur le plan esthétique) ont fragmenté le marché, donnant lieu à une variété d’options, de matériaux, de profilés et de systèmes pour offrir aux propriétaires et aux constructeurs l’effet recherché, dans une gamme de prix élargie.
« À l’heure actuelle, trois grandes forces transforment le marché : la résilience climatique, la pénurie de main-d’œuvre et la nécessité de contrôler les coûts. Les entrepreneurs doivent livrer un produit de qualité de la façon la plus efficiente possible, tandis que les propriétaires se préoccupent davantage de la valeur à long terme », explique Diana Sousa, directrice de la marque et des communications à Saint-Gobain Canada, société mère de Kaycan Ltée.
Photo : KAYCAN LTD



Les installateurs doivent rester plus que jamais à l’affût des tendances et des options offertes sur le marché. « Ils doivent être en mesure de fournir toute l’information dont les propriétaires ont besoin, explique Maurizio Scatozza, directeur régional à Royal – Solutions de Bâtiment. Les propriétaires d’aujourd’hui sont très intelligents et font leurs recherches. Ils savent ce qu’ils aiment. Quand ils contactent un entrepreneur, ils arrivent en disant : “Voici ce que je veux” ».
« Les entrepreneurs cherchent des solutions rentables, notamment parce que les propriétaires continuent de vouloir rénover et souhaitent bien comprendre les options qui s’offrent à eux et les prix des divers choix de revêtements, ajoute M. Scatozza. Dans la plupart des cas, l’entrepreneur et le propriétaire finissent par s’entendre sur l’option qui offre le meilleur équilibre entre la valeur et l’effet recherché. »
Pour les entrepreneurs, cela veut dire être particulièrement bien préparés. Ils doivent avoir une bonne connaissance des produits, mais aussi une vision claire des tendances de design qui ont la cote auprès des propriétaires. Bien sûr, ces préférences stylistiques varient d’une région à l’autre, mais certaines constantes se dégagent.
Photo : ROYAL BUILDING SOLUTIONS
chauds Des tons

Les teintes chaudes d’aspect naturel, les tons de terre et ce que M. Scatozza appelle les « tons inspirés du bois » gagnent en popularité. M. Horvath estime pour sa part que ce virage fait contrepoids aux gris froids et uniformes qui ont dominé la dernière décennie.
Mme Sousa est du même avis : « Les tendances en design s’orientent vers des neutres plus chauds et des tons naturels qui remplacent les gris plus froids, souvent rehaussés par des accents plus foncés pour créer du contraste. »




Les accents noirs ont dominé ces dernières années et demeurent un point d’ancrage pour de nombreux extérieurs, même si les palettes plus chaudes gagnent du terrain. Mais comme le souligne M. Horvath, lorsqu’on marie ces noirs profonds à des finis à l’effet bois chaleureux, le contraste paraît plus travaillé et intentionnel. Plutôt que de basculer dans le minimalisme, on donne alors une impression de luxe discret.

Photos : MITTEN BUILDING PRODUCTS

Le minimalisme n’est pourtant pas exclu du monde du revêtement extérieur. Selon Josh O’Keefe, directeur des ventes pour la Colombie-Britannique chez James Hardie Building Products Inc., de plus en plus de propriétaires recherchent des designs modernes et contemporains misant sur la simplicité pour donner un effet haut de gamme.
« Beaucoup de consommateurs recherchent un extérieur épuré d’inspiration scandinave. Autre avantage de ce type de design : sa simplicité le rend souvent assez économique. »
Photo :
JAMES HARDIE BUILDING PRODUCTS INC.
LE GRAND RETOUR DU BLANC
Peut-être en raison d’un intérêt grandissant pour les palettes neutres, les lignes épurées et les teintes plus claires d’inspiration nordeuropéenne, le blanc semble faire un retour remarqué.
En effet, le blanc revient en force, comme l’affirme Eric Peloquin, directeur national des ventes au détail à Gentek Building Products Co. « Fait intéressant, la couleur blanche représente une part grandissante de nos ventes. Oui, oui, vous avez bien compris! »
« Depuis au moins cinq ans, on se sent presque un peu bête de demander aux clients quelle couleur ils veulent, parce qu’ils demandent toujours du noir. Que ce soit pour le revêtement, la toiture ou les moulures, les gens aiment vraiment le noir », ajoute M. Peloquin.
« Les couleurs foncées restent en vogue, mais dans le revêtement de vinyle en général, on voit le blanc refaire surface », poursuit-il, ajoutant que les teintes plus pâles gagnent du terrain dans cette catégorie, surtout dans le revêtement vertical à baguette.


Photos : GENTEK BUILDING PRODUCTS CO.


Complete Water Management
A full system of gutters, downpipes and accessories designed to control runoff and direct water where it needs to go.
On-Site Fabrication
Formed on-site from Gentek premium gutter coil for a precise fit, fewer seams and efficient installation.
Pre-Formed Accessories
Pre-formed downpipes, elbows, mitres and other accessories also are available.
Durable Aluminum Construction
Heavy-duty aluminum with a baked-on finish will not rot, rust or warp – built for lasting performance.
Configured for the Job
Flexible system components adapt to a wide range of structures and installation requirements.
Colour-Matched Finishes
Designed for compatibility with Gentek siding, trim and accessory colours – delivering a clean, consistent finish.


Photos : WESTMAN STEEL INDUSTRIES
FAÇADES MIXTES : ENTRE CLASSIQUE ET CONTEMPORAIN
Le design vertical à baguette et le style maison de ferme moderne continuent de gagner en popularité chez les propriétaires.
Greg Gardenits, directeur national des ventes et du marketing à Westman Steel Industries, explique que les profilés verticaux demeurent très recherchés, ajoutant que les propriétaires combinent différents profilés et misent sur les bons calibres et revêtements protecteurs pour assurer la performance à long terme. « Chaque année, je suis stupéfait de la vitesse d’adoption du style vertical à baguette. On dirait que c’est tout simplement le look que les gens veulent maintenant pour leur maison. »
« Certains vont mettre en valeur l’entrée principale avec un style vertical à baguette et opter pour un revêtement métallique simple de six pouces pour les murs latéraux. On voit beaucoup de combinaisons où deux profilés différents sont utilisés ensemble », ajoute-t-il.
M. Peloquin observe lui aussi que les propriétaires ne se limitent plus à un seul
matériau de revêtement. « Autrefois, quand on traversait un quartier, on voyait des maisons arborant un style uniforme : le revêtement était entièrement en vinyle ou en bois, ditil. Aujourd’hui, les gens mélangent les styles et mettent certaines sections en valeur. Par exemple, certaines maisons peuvent combiner trois styles entièrement différents pour le contour du garage, le rez-de-chaussée et l’étage supérieur. »
Pour donner du charme à leur extérieur, les propriétaires optent de plus en plus pour des matériaux mixtes et un effet travaillé. Chris McPhail, directeur des comptes nationaux à Vicwest, constate une hausse des profilés multiples, autant dans le secteur résidentiel que du côté commercial.
« On peut varier la largeur des planches de façon presque illimitée, ce qui donne aux propriétaires et aux concepteurs la latitude nécessaire pour jouer avec les motifs et les répétitions, explique-t-il. Ces approches sont souvent jumelées à des finis ultraréalistes et à des effets bois très convaincants. »
Photo : VICWEST

UN RÉALISME À S’Y MÉPRENDRE
Les propriétaires veulent retrouver la chaleur et l’attrait des essences naturelles et des surfaces authentiques, mais souhaitent évidemment éviter d’avoir à entretenir des matériaux naturels qui sont d’ailleurs parfois extrêmement coûteux.
Dans l’ensemble du secteur, les fabricants poussent le réalisme toujours plus loin. À Vicwest, par exemple, les planches d’acier Bellara arborent des finis à imitation de bois conçus numériquement à très haute résolution à partir de bois soigneusement sélectionnés.
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À droite En bas
MITTEN BUILDING PRODUCTS
Résultat : des grains élégants et des patines magnifiquement vieillies, comme les décrit M. McPhail. Du côté du vinyle, M. Horvath souligne que la collection Natural Woodgrain en PVDF de Mitten est utilisée pour les soffites, les plafonds de porche et les pignons, afin d’apporter chaleur et texture à des prix plus abordables. Du côté de James Hardie, on propose des solutions en fibrociment comme les profilés Select Cedarmill et Artisan V-Groove, qui recréent la profondeur et le caractère du bois peint, sans les contraintes d’entretien, comme le note M. O’Keefe.


Photos
VICWEST


Le bois n’est pas le seul matériau naturel dont les propriétaires cherchent à recréer l’effet. M. Peloquin note un regain d’intérêt pour la fausse pierre ainsi que pour les options en aluminium, en acier et en vinyle qui donne le même effet que le bois, l’entretien en moins.
« Nous offrons des revêtements extérieurs qui ont l’apparence du bois mais qui ne requièrent pas le même entretien. Nous avons des options en aluminium, en acier et en vinyle. Et l’autre

grande catégorie est celle de la fausse pierre. Elle ressemble à de la pierre naturelle, mais elle est plus légère, ce qui rend la pose beaucoup plus rapide et facile. »
Pour les propriétaires, ces revêtements d’apparence naturelle se traduisent par une durabilité accrue et moins d’entretien. Pour les entrepreneurs, les systèmes sans mortier sont plus simples à installer et permettent d’en faire plus en moins de temps.
Photos : GENTEK BUILDING PRODUCTS CO.


CHOISIR LA VALEUR À LONG TERME
En matière de revêtement extérieur, performance et durabilité vont de pair. Devant les exigences croissantes des propriétaires sur le plan de la performance environnementale et le resserrement des codes, des exigences de mise à l’essai et des normes de sécurité, la performance des matériaux, dûment vérifiée et documentée, devient tout aussi importante que l’esthétique.
Mme Sousa observe que les propriétaires font des choix très réfléchis. « Ils pensent à long terme et privilégient des matériaux durables, peu exigeants sur le plan de l’entretien et en phase avec leur style personnel. »
« On assiste à un virage net vers des solutions qui offrent non seulement une belle apparence, mais qui procurent aussi une réelle performance et une valeur à long terme. »
Dans ce contexte, elle précise que l’innovation vise actuellement à améliorer la performance tout en maintenant la simplicité et la rapidité d’installation. « On voit également un intérêt accru pour les produits qui contribuent à la performance de l’enveloppe du bâtiment dans son ensemble, ce qui contribue à l’efficacité énergétique et au confort. »
Photos : KAYCAN LTD
« Et du point de vue des matériaux, la recyclabilité et la durabilité à long terme, particulièrement dans le cas de l’aluminium, prennent une place beaucoup plus grande dans le processus décisionnel. »
M. Gardenits souligne que, si l’acier est plus cher que le vinyle, sa durabilité, sa longévité et, point important, sa recyclabilité en font
un choix plus durable. « L’acier est recyclable à 100 %. Il ne finira donc pas dans un site d’enfouissement. » Il ajoute que c’est aussi une question de durabilité financière : des remplacements moins fréquents et une performance stable à long terme réduisent le coût total sur la durée de vie d’une maison.


Selon M. Scatozza, l’efficacité de l’installation fait elle aussi partie intégrante de la discussion sur la performance, surtout du point de vue financier. « Les installateurs sont plus ouverts aux concepts épurés et aux systèmes rapides à mettre en place, explique t il. La main-d’œuvre reste une ressource limitée et, si un produit est difficile à installer ou associé à des délais de livraison importants, le projet peut rapidement dépasser le budget. »
Photo : ROYAL BUILDING SOLUTIONS
Photo : WESTMAN STEEL INDUSTRIES







CONSTRUIRE EN CLIMAT NORDIQUE
Le climat canadien a toujours influé sur le choix des matériaux et la conception de l’enveloppe des bâtiments. Mais ces dernières années, la météo se montre particulièrement difficile, avec ses tempêtes plus violentes, ses épisodes de grêle fréquents et ses feux de forêt. Comme le veut le dicton, la seule chose prévisible, désormais, c’est l’imprévisible.
Pour M. Gardenits, les épisodes de grêle en Alberta qui « arrachent littéralement le revêtement des maisons » et les feux de forêt saisonniers en Colombie-Britannique sont des facteurs qui alimentent l’intérêt pour le revêtement d’acier. Pas parce qu’il serait totalement à l’épreuve du feu – rien ne l’est
vraiment –, mais parce que sa résistance à la chaleur augmente les chances qu’une structure reste debout. Il ajoute que les compagnies d’assurance l’exigent de plus en plus.
Les gouvernements et les consommateurs alimentent aussi cette demande pour des matériaux de revêtement qui réduisent les risques liés au feu, ajoute M. O’Keefe. « Devant l’impact dévastateur des feux de forêt sur les communautés, on constate ce nouveau besoin dans de nombreuses régions du pays. Une des questions qu’on nous pose le plus souvent concerne les revêtements incombustibles et la façon dont les entrepreneurs peuvent atteindre cet objectif sans devoir modifier la composition des murs. »
Photo : WESTMAN STEEL INDUSTRIES
M. O’Keefe souligne que le fibrociment répond à ce besoin, car il est incombustible et ne nécessite pas de réinventer la composition des murs.
Parallèlement au resserrement des codes, les autorités responsables de la réglementation et les inspecteurs en bâtiment se montrent plus stricts, observe M. Horvath. Ils exigent des rapports provenant de laboratoires agréés, des tests réalisés par des tiers et une documentation qui reflète précisément le scénario d’installation. Les entrepreneurs qui ne vérifient pas la conformité des documents de leurs fournisseurs se retrouvent aux prises avec des démarches administratives, ce qui entraîne des retards coûteux.
Et le climat n’est pas le seul à se réchauffer en 2026. Entre les tarifs douaniers et l’incertitude entourant les chaînes d’approvisionnement, les propriétaires, entrepreneurs et constructeurs canadiens se tournent plus que jamais vers les fournisseurs locaux.
Chez les fabricants canadiens, le message est clair : l’intérêt pour les matériaux fabriqués au Canada est en hausse. Que ce soit par souci de fiabilité de la chaîne d’approvisionnement, d’engagement en matière de durabilité ou tout simplement par préférence d’achat, les entrepreneurs et les constructeurs s’appuient plus que jamais sur des fournisseurs d’ici en 2026.
« On voit une nette tendance à acheter canadien », affirme M. McPhail, qui souligne d’ailleurs que plus de 95 % de l’acier que Vicwest achète provient de producteurs canadiens. « Nos produits sont faits par des Canadiens, pour des Canadiens. »
La bonne nouvelle pour les entrepreneurs et les propriétaires, c’est que choisir des produits fabriqués au Canada ne restreint pas la palette d’options. Les matériaux, les profilés et les possibilités esthétiques, loin d’être limités, suffisent amplement pour répondre aux besoins des fabricants canadiens et étrangers.

Photos : VICWEST
JAMES HARDIE BUILDING PRODUCTS INC.




Par TROY HARRISON

Personne n’a vu venir le phénomène : la génération la plus méfiante envers l’IA n’est pas celle qui ne la comprend pas. C’est celle qui la comprend le mieux.
Chaque nouvelle technologie suscite de la résistance. Internet? Une mode passagère. Les téléphones intelligents? On n’en a pas besoin.
Les médias sociaux? Une perte de temps.
Ce scepticisme suit habituellement le même scénario : les travailleurs plus âgés résistent, les plus jeunes adoptent, puis les sceptiques partent à la retraite et l’usage se généralise.
Pas cette fois.
LE SCÉNARIO S’INVERSE
Traditionnellement, la méfiance envers la technologie venait d’un manque de familiarité. Les baby-boomers n’ont pas grandi avec les ordinateurs. Les membres de la génération X ont dû apprendre à utiliser Internet à l’âge adulte. Leur résistance s’expliquait par l’étrangeté de ces outils. Quand les natifs du numérique sont arrivés sur le marché du travail, cette résistance s’est estompée.
Avec l’IA, c’est complètement l’inverse.
Chez les membres de la génération Z, 62 % se disent méfiants envers l’intelligence artificielle – plus que toute autre génération. Ils sont d’ailleurs 16 % à refuser expressément d’avoir l’IA sur leur téléphone, contre seulement 9 % chez les utilisateurs plus âgés. Et 49 % estiment que l’IA nuira à leur esprit critique.
Ce n’est pas de l’ignorance. C’est une prudence éclairée. La génération Z a grandi en voyant les algorithmes des réseaux sociaux manipuler les comportements, exploiter les données personnelles et nuire à la santé mentale. Elle comprend qu’en optimisant l’engagement, ces plateformes ont créé des bulles d’information qui ne font que confirmer les opinions de chacun et ont monétisé l’attention aux dépens du bien-être. Cette génération a vu des entreprises technologiques privilégier le profit au détriment des utilisateurs – et elle s’attend (à juste titre) à ce que cela continue.
En ce qui concerne l’IA, la génération Z ne se demande pas « comment ça marche? », mais plutôt « à qui ça profite, et à quel prix? ». Elle repère aussi instantanément les contenus générés par l’IA. Des années d’exposition aux manipulations algorithmiques lui ont donné un radar très affûté.


CE QUE ÇA CHANGE POUR LA VENTE INTERENTREPRISES
Vous le savez déjà : les dynamiques générationnelles en vente interentreprises sont devenues complexes. Les vendeurs plus âgés peinent à tisser un lien avec les acheteurs plus jeunes, qui communiquent et s’informent autrement. Et les vendeurs plus jeunes, eux, ont du mal à convaincre des dirigeants attachés aux approches relationnelles classiques. L’IA ajoute une couche de complexité à cette situation déjà délicate.
Prenons un cas courant : votre équipe de vente envoie des séries de courriels générés par l’IA, utilise des agents conversationnels pour qualifier les prospects ou soumet des propositions créées par l’IA. L’efficacité est un objectif central : il faut joindre plus de clients potentiels, répondre plus rapidement, déployer le processus à grande échelle. Mais dès que cette IA entre en contact avec un acheteur de la génération Z, elle déclenche immédiatement de la méfiance.
Un courriel écrit par l’IA n’est pas seulement impersonnel : il signale que vous privilégiez l’efficience à l’authenticité. Les agents conversationnels n’apportent pas une aide véritable : ils s’interposent entre l’acheteur et une vraie expertise humaine. Une proposition générée par l’IA indique à l’acheteur que vous ne voulez pas prendre le temps de comprendre sa situation particulière.
Il y a un véritable décalage intergénérationnel : les gestionnaires de vente des générations X et Y voient l’IA comme un outil de productivité (ce qu’elle peut d’ailleurs être, si elle est bien utilisée). Ils n’ont pas compris que leurs démarches amplifiées par l’IA génèrent une vraie répulsion chez leurs prospects les plus jeunes. Là où les plus âgés voient des gains de temps, les acheteurs de la génération Z voient des raccourcis corporatifs qui trahissent un manque d’intérêt pour les relations authentiques.

L’AUTHENTICITÉ AVANT TOUT
Quand un acheteur doute de l’authenticité de vos communications, il doute aussi de celle de votre entreprise.
En ventes interentreprises, l’impact est particulièrement fort, car les relations d’affaires reposent sur la confiance. Les décisions d’achat impliquent des engagements à long terme, des investissements importants et des risques organisationnels. Les acheteurs doivent avoir confiance en votre capacité de livrer la marchandise, d’offrir du soutien et d’assumer la responsabilité de vos produits au fil du temps.
Les contenus générés par l’IA fragilisent cette confiance. Lorsqu’un prospect reçoit un courriel écrit par l’IA, il se dit : « Cette entreprise préfère automatiser plutôt que comprendre nos besoins. » Quand un agent conversationnel gère la qualification initiale, le prospect interprète : « Leur temps vaut plus que le mien. » Quand une proposition est générée par l’IA, le prospect se demande : « S’ils utilisent l’IA pour un document aussi important, où coupent-ils aussi les coins ronds? » Et vous savez quoi? Ces interprétations sont justes.
La génération Z interprète le déploiement de l’IA comme un reflet des valeurs d’une entreprise. Elle a vu des entreprises technologiques affirmer qu’elles priorisaient l’expérience utilisateur tout en optimisant leurs revenus publicitaires. Elle a vu des plateformes promettre de rapprocher les gens tout en accentuant les divisions. Si votre technologie sert d’abord vos intérêts au détriment de ceux du client, la confiance disparaît.
UNE MÉFIANCE APPELÉE À DURER
Entre Internet et l’IA, il y a une différence fondamentale : le scepticisme envers Internet s’est dissipé avec le temps. Celui envers l’IA, lui, va s’ancrer.
Les membres de la génération Z entrent actuellement sur le marché du travail. D’ici dix ans, ils occuperont des postes de direction. Leur compréhension fine des forces et des
limites de l’IA influencera l’utilisation que les organisations en feront. Et leur méfiance ne disparaîtra pas, car elle repose sur une expérience directe des dérives technologiques.
Les choix que vous faites aujourd’hui en matière d’IA détermineront comment les décideurs de demain percevront votre organisation : digne de confiance ou opportuniste. Les entreprises qui utilisent l’IA avec discernement et transparence et pour offrir une vraie valeur au client se démarqueront. Celles qui l’exploitent surtout pour gagner en efficacité à l’interne risquent d’être écartées à mesure que des acheteurs plus méfiants gagneront en pouvoir décisionnel.
CE QUE VOUS DEVRIEZ FAIRE
Ne laissez pas tomber l’intelligence artificielle. Utilisez-la, mais intelligemment. Elle apporte une réelle valeur pour l’analyse de données, la recherche, la génération d’idées et la productivité. Mais son déploiement doit rester stratégique et n’être visible qu’en coulisses.
Faites une distinction claire entre l’usage que vous faites de l’IA à l’interne et son déploiement dans vos contacts avec les clients. Utiliser l’IA pour analyser les données des clients et ainsi repérer des tendances? Excellente idée. Générer des communications client avec l’IA? Risqué. Dans le premier cas, l’IA aide les humains à prendre de bonnes décisions. Dans l’autre, elle remplace la relation humaine.
Lorsque l’IA intervient dans vos échanges avec les clients, jouez cartes sur table. N’essayez pas de faire passer du contenu généré par l’IA pour des communications humaines. Reconnaissez le rôle que joue cet outil tout en montrant qu’un humain garde le contrôle. Dites à vos prospects que vous avez utilisé l’IA pour analyser leur secteur, mais qu’une personne a adapté l’information à leur réalité propre. Rappelezvous : l’IA est un stagiaire, pas un gestionnaire, un vendeur ni un décideur. Comme stagiaire, l’IA est impressionnante : elle a un QI élevé et des diplômes à la tonne… mais elle n’a absolument pas le flair qui vient de l’expérience terrain. Ce flair, c’est à vous de l’apporter.
Surtout, sachez que les différences générationnelles dans la perception de l’IA ne sont pas temporaires. La méfiance de la génération Z reflète un changement durable dans la façon dont les acheteurs évaluent l’authenticité des fournisseurs. Les entreprises qui misent sur des relations humaines authentiques, des processus transparents et une approche centrée sur le client vont prospérer. Celles qui voient l’IA avant tout comme un outil de réduction des coûts ne seront éventuellement tout simplement plus dans la course pour la génération qu’elles cherchent à rejoindre.
La vraie question n’est pas de savoir s’il faut utiliser l’IA. C’est de savoir si l’utilisation que vous en faites bâtit la confiance… ou la mine. La méfiance de la génération Z vous en donne la réponse, et cette réponse n’est pas près de changer.

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