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Soyez matures • Warren W. Wiersbe

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Soyez matures • Jacques


Warren W. Wiersbe

commentaire

biblique

matures

Jacques Texte de Parole vivante inclus


ELB est un département de BLF Europe Rue de Maubeuge • 59164 Marpent • France

Édition originale publiée en langue anglaise sous le titre : Be Mature © 1978 SP Publications, Inc. Cook Communications Ministries • 4050 Lee Vance View • Colorado Springs • Colorado 80918 • USA Traduit et publié avec permission. Tous droits réservés. Édition en langue française : © 2006 BLF Europe • Rue de Maubeuge • 59164 Marpent • France Tous droits de traduction, de reproduction et d’adaptation réservés. Traduction : Translation Ministries Couverture et mise en page : BLF Europe Imprimé dans l’Union européenne Les citations sont tirées de La Nouvelle Version Segond Révisée (Bible à la Colombe) © 1978 Société Biblique Française. ISBN 2-910246-20-5 Dépôt légal 3e trimestre 2006 Index Dewey (CDD) : 227.91 Mots-clés : Bible – N. T. – Jacques – Commentaire


Je dédie ce livre, avec affection et reconnaissance, à quelques amis pasteurs qui m’ont aidé et encouragé : Mark Bubeck Jerome DeJong William Larkin Erwin Lutzer Douglas Stimers


Préface Si nous vieillissons tous, nous ne grandissons pas tous en maturité. Il existe une grande différence entre l’âge et la maturité. Dans l’idéal, nous devrions grandir spirituellement à mesure que nous avançons en âge. Mais trop souvent, la réalité est différente. Les problèmes qui résultent de l’immaturité se retrouvent dans notre vie personnelle, familiale et d’église. Comme pasteur, je constate qu’elle est à l’origine de la majorité des problèmes. Si les chrétiens croissaient normalement, ils pourraient devenir des vainqueurs plutôt que des victimes. L’épître de Jacques a été écrite pour nous aider à comprendre et à atteindre la maturité spirituelle : « Ainsi vous parviendrez au but : vous deviendrez irréprochables et il ne vous manquera rien » (1 : 4). J’aime une traduction qui dit : « Vous saurez comment devenir des hommes au caractère mature, des hommes intègres et sans faiblesse ». Je souhaite que ces études vous aident à atteindre ce but. Warren W. Wiersbe

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1 Jacques 1 : 1

Il est temps de grandir Commencer l’étude d’un livre de la Bible, c’est un peu comme se préparer à partir en voyage : nous aimons savoir où nous allons et ce que nous pouvons espérer voir en chemin. Lorsque mon épouse et moi préparions notre premier voyage en Grande-Bretagne, nous avons passé de nombreuses heures à lire des guides de voyage et à étudier des cartes. Une fois arrivés sur place, nous avons été bien mieux en mesure d’apprécier notre séjour, puisque nous savions ce qu’il fallait voir et comment nous y rendre. Pour bien commencer l’étude de l’épître de Jacques, il me semble judicieux de se poser quatre questions importantes : Qui était Jacques ? À qui Jacques écrit-il ? Pourquoi Jacques écrit-il ? Comment tirer le maximum de cette étude ?

Qui était Jacques ? « Jacques, serviteur de Dieu et du Seigneur JésusChrist » (Jac. 1 : 1a), voilà comment Jacques se présente lui-même. Il s’agissait d’un nom très commun. C’est une variante du nom Jacob, que nous rencontrons dans l’Ancien Testament. Nous retrouvons plusieurs hommes portant ce nom dans l’histoire du Nouveau Testament.

Jacques, fils de Zébédée et frère de Jean Il est l’un des personnages les plus importants à avoir porté ce nom. De pêcheur qu’il était, Christ l’a appelé à le suivre et à devenir l’un de ses disciples 9


Soyez matures (Matt. 4 : 17-22). Christ les avait surnommés, lui et son frère, « fils du tonnerre », en raison de leur impulsivité (Marc 3 : 17, voir également Luc 9 : 51-56). Jacques fut le premier des disciples à donner sa vie pour Christ. Il fut mis à mort par Hérode en l’an 44 après Jésus-Christ (Actes 12 : 1-2).

Jacques, fils d’Alphée Il s’agit d’un autre disciple (Matt. 10 : 3 ; Actes 1 : 13), mais nous savons très peu de chose sur lui. Matthieu (Lévi) est également décrit comme étant « le fils d’Alphée » (Marc 2 : 14), et certains croient que les deux hommes auraient pu être frères. Toutefois, rien n’indique qu’il s’agisse de l’auteur de l’épître que nous nous apprêtons à étudier. Jacques, père de Jude Nous savons encore moins de choses à son sujet (Luc 6 : 16). Ce Jude était appelé « le fils de Jacques » pour le distinguer de Judas l’Iscariot. Jacques, frère de notre Seigneur Il semble qu’il soit l’auteur le plus probable de cette lettre. Il ne se présente pas comme le frère de Jésus, il se présente plutôt humblement comme « serviteur de Dieu et du Seigneur Jésus-Christ ». Nous savons, grâce à Matthieu (Matt. 13 : 55-56) et Marc (Marc 6 : 3) que Jésus avait des frères et que l’un d’eux se nommait Jacques. (Bien sûr, par « frères » j’entends « demi-frères ». Joseph n’était pas le père de notre Seigneur puisque ce dernier a été conçu par le Saint-Esprit.) Jacques et les autres frères de Jésus n’ont pas cru en lui durant son ministère sur la terre (Jean 7 : 1-5 et Marc 3 : 31-35). Nous les retrouvons pourtant dans la chambre haute en train de prier avec les disciples (Actes 1 : 14). Comment sont-ils passés de l’incrédulité à la foi ? La première épître aux Corinthiens, au chapitre 15, verset 7, nous apprend que Jésus est apparu à Jacques après sa résurrection ! Jacques, alors convaincu 10


Jacques 1 : 1 que Jésus était le Sauveur, a ensuite partagé la nouvelle avec ses autres frères. Jacques deviendra plus tard le chef de l’église de Jérusalem. Paul le décrit comme une « colonne de l’Église » dans Galates 2 : 9. C’est Jacques qui a agi comme modérateur lors de la conférence ecclésiastique qui nous est décrite dans Actes 15. Lorsque Paul fut libéré de prison, il écrivit un message spécialement destiné à Jacques (Actes 12 : 17). Quand Paul se rendit à Jérusalem, c’est à Jacques qu’il apporta les salutations de la part des païens. La Bible n’en fait pas mention, mais la tradition veut que Jacques soit décédé en martyr en l’an 62 après JésusChrist. On raconte que les pharisiens étaient tellement en colère contre lui, à cause de son témoignage pour le Christ, qu’ils l’ont jeté du haut du temple pour l’achever à coups de pierres. Jacques serait mort en priant pour ses assassins, à l’image de son Seigneur : « Père, pardonneleur, car ils ne savent pas ce qu’ils font ». Quelle sorte d’homme était donc Jacques ? Il devait être un homme profondément spirituel pour devenir chef de l’église de Jérusalem en si peu de temps. Actes 15 nous donne l’occasion de constater l’importance de son influence. Il arrive à permettre à toutes les factions d’exprimer leur point de vue pour ensuite apaiser les esprits grâce à sa conclusion fondée sur la Parole de Dieu. Dans 1 Corinthiens 9 : 5, Paul suggère qu’il était marié. Encore une fois, la tradition nous le décrit comme un homme de prière, et cela explique l’importance qu’il accorde à la prière dans sa lettre. On raconte qu’il passait tellement de temps à prier que ses genoux étaient aussi durs que ceux des chameaux. Jacques était un Juif, élevé dans la tradition de la Loi de Moïse. Sa lettre témoigne d’une grande connaissance des lois juives. (Voir Actes 21 : 18ss, passage où Jacques demande à Paul de l’aider à calmer les chrétiens légalistes de l’église de Jérusalem.) Jacques a recours à l’impératif plus d’une cinquantaine de fois tout au long de son épître. Il ne fait pas de suggestions, il ordonne ! Il cite l’Ancien 11


Soyez matures Testament seulement cinq fois, mais il y fait allusion à de nombreuses reprises dans sa lettre. Il semble que, même avant de devenir croyant, Jacques portait une grande attention aux paroles de Jésus. En effet, sa lettre fait maintes allusions aux paroles de Jésus, plus particulièrement au sermon sur la montagne. Comparez les passages suivants : • • • • • •

Jacques 1 : 2 – Matthieu 5 : 10-12 Jacques 1 : 4 – Matthieu 5 : 48 Jacques 1 : 5 – Matthieu 7 : 7-12 Jacques 1 : 22 – Matthieu 7 : 21-27 Jacques 4 : 11-12 – Matthieu 7 : 1-5 Jacques 5 : 1-3 – Matthieu 6 : 19-21

Il faut tenir compte du fait que Jacques a été chef de l’église à Jérusalem durant une période très difficile. Les périodes de transition sont toujours déstabilisantes et exigeantes. Bien des Juifs chrétiens obéissaient encore à la Loi de l’Ancien Testament (Actes 21 : 20). Le Temple et ses services étaient encore en activité, et l’Évangile de la grâce de Dieu ne s’était pas encore complètement manifesté. Nous, qui avons en mains les épîtres aux Romains, aux Galates et aux Hébreux, pourrions avoir tendance à juger ces premiers chrétiens un peu sévèrement. Nous ne devrions pas. Ces gens étaient sauvés, mais à cette époque, la lumière de la grâce de Dieu était encore voilée par l’ombre de la Loi. Bien qu’ils eussent probablement un niveau de connaissance et d’expérience spirituelle différent, il n’y avait aucune concurrence entre Paul et ceux qui dirigeaient l’église de Jérusalem (Gal. 2 : 1-10).

À qui Jacques écrit-il ? « Jacques […] aux douze tribus dans la dispersion, salut ! » (Jac. 1 : 1). Jacques écrivait aux Juifs vivant hors de la Palestine. L’expression « douze tribus » ne peut que faire référence au peuple d’Israël, la nation juive 12


Jacques 1 : 1 (Actes 26 : 7). Le fait que bon nombre de Juifs vivaient alors à l’extérieur de la Terre promise témoigne du déclin spirituel de la nation à cette époque. Dieu avait dû les disperser (Deut. 4 : 25ss). Lorsque Pierre s’est adressé à ce vaste auditoire juif, le jour de la Pentecôte, il s’est adressé à des gens de nations différentes (Actes 2 : 9-11). Jacques a envoyé sa lettre aux Juifs chrétiens. À au moins quinze reprises, il les appelle « frères », indiquant qu’ils sont non seulement ses frères dans la chair (Juifs), mais également des « frères en Christ ». Jacques était très explicite quant à la doctrine de la nouvelle naissance (Jac. 1 : 18). À quelques occasions, il s’adresse également aux gens mauvais qui ne font pas partie de la communauté chrétienne, les riches par exemple (Jac. 5 : 1-6) mais il le fait pour enseigner et encourager les Juifs auxquels il écrit cette lettre. L’expression « dans la dispersion », dans Jacques 1 : 1, est très intéressante. Elle décrit la situation des Juifs qui vivaient hors de la Palestine. Mais le mot grec renvoie plutôt à l’idée de « semence qui a été jetée au vent ». Lorsque les croyants juifs ont été dispersés, lors de la première vague de persécutions (Actes 8 : 1, 4), ils ont été semés, comme des graines, dans de nombreux endroits, et beaucoup de ces graines ont porté du fruit (Actes 11 : 19ss). Les Juifs chrétiens dispersés à travers l’Empire romain devaient faire face à de nombreux problèmes. En tant que Juifs, ils étaient rejetés par les païens et en tant que Juifs chrétiens, ils étaient rejetés par leurs propres compatriotes. La lettre de Jacques indique que la plupart d’entre eux étaient pauvres, et que certains étaient opprimés par les riches.

Pourquoi Jacques écrit-il ? Chaque lettre du Nouveau Testament possède son propre thème, son propre but et ses destinataires spécifiques. Paul a écrit la lettre aux Romains afin de préparer les chrétiens de Rome à sa visite. Il a écrit l’épître 13


Soyez matures aux Corinthiens dans le but de corriger certains écarts. L’épître aux Galates est adressée à un groupe d’églises afin de les avertir du danger que représentent le légalisme et les faux enseignements. En lisant l’épître de Jacques, on découvre que ces Juifs chrétiens éprouvaient quelques difficultés dans leur vie personnelle ainsi qu’au sein de leur église. D’une part, ils étaient sérieusement éprouvés, d’autre part ils faisaient également face à d’importantes tentations. Certains croyants travaillaient pour les riches, tandis que d’autres se faisaient voler par eux. Les membres de l’église se faisaient concurrence pour les divers ministères, plus particulièrement pour celui de l’enseignement. Un des principaux problèmes au sein de la communauté tenait au fait que bien des gens ne vivaient pas en accord avec les principes auxquels ils affirmaient croire. De plus, les mauvaises langues allaient bon train, au point de créer des disputes et des divisions dans l’assemblée. Le matérialisme causait également de sérieux problèmes. Certains des membres de l’église désobéissaient à la Parole de Dieu et s’en retrouvaient malades physiquement. Quelques-uns s’éloignaient même de Dieu et de l’église. Ces problèmes vous semblent-ils bien différents de ceux qui touchent la plupart des églises aujourd’hui ? Se trouve-t-il dans nos églises des gens qui souffrent, quelle qu’en soit la raison ? S’y trouve-t-il des gens dont les agissements sont en désaccord avec leurs paroles ? Le matérialisme n’y est-il pas un problème très répandu ? Ne s’y trouve-t-il pas des gens qui ont du mal à tenir leur langue ? Il semble que Jacques traite de sujets très actuels ! Mais Jacques ne parle pas de problèmes choisis au hasard. Tous ceux qu’il mentionne ont une cause commune : l’immaturité spirituelle. Ces chrétiens ne connaissaient aucune croissance spirituelle. Nous pouvons deviner le thème principal de cette lettre : les caractéristiques de la maturité dans la vie du croyant. Jacques utilise plusieurs fois le mot « parfait », un mot 14


Jacques 1 : 1 qui signifie « mature, complet » (voir 1 : 4, 17, 25 ; 2 : 22 ; 3 : 2). Quand il parle d’un homme « parfait », il ne parle pas d’un homme sans péché, mais d’un homme adulte, mature et équilibré. La maturité spirituelle fait cruellement défaut dans les églises aujourd’hui. Trop d’églises sont des salles de jeu pour enfants au lieu d’être des ateliers de formation pour adultes. Les membres ne sont pas suffisamment matures pour consommer la nourriture spirituelle dont ils ont besoin, c’est pourquoi on doit leur donner du lait (Héb. 5 : 11-14). Observez les problèmes que Jacques soulève et vous verrez que chacun de ceux-ci reflète une attitude typique des petits enfants : • • • • •

Impatience face aux difficultés (1 : 1-4) Paroles ne correspondant pas aux actions (2 : 14ss) Incapacité de tenir sa langue (3 : 1ss) Dispute et convoitise (4 : 1ss) Accumulation de jouets matériels (5 : 1ss)

Après plus d’un quart de siècle passé dans le ministère, je crois fermement que l’immaturité spirituelle constitue le plus grand problème dans nos églises. Dieu cherche des hommes et des femmes matures pour accomplir son œuvre mais, parfois, il ne trouve que de petits enfants incapables de s’entendre les uns avec les autres. Les cinq chapitres de cette lettre nous indiquent les cinq caractéristiques par lesquelles on reconnaît le croyant mature. Si Jacques avait écrit le plan de sa lettre en fonction de ce thème de la maturité, voici à quoi il ressemblerait : Thème : La maturité spirituelle Verset-clé : Jacques 1 : 4b

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Soyez matures Les caractéristiques du croyant mature : I. Il est patient dans l’épreuve (chapitre 1) 1. Difficultés extérieures – 1 : 1-12 2. Tentations intérieures – 1 : 13-27 II. Il met en pratique la vérité (chapitre 2) 1. La foi et l’amour – 2 : 1-13 2. La foi et les œuvres – 2 : 14-26 III. Il contrôle sa langue (chapitre 3) 1. Exhortation – 3 : 1-2 2. Illustration – 3 : 3-12 Six métaphores sur la langue 3. Application – 3 : 13-18 IV. Il sème la paix et non la discorde (chapitre 4) 1. Trois guerres – 4 : 1-3 2. Trois ennemis – 4 : 4-7 3. Trois avertissements – 4 : 8-17 V. Il prie dans les difficultés (chapitre 5) 1. Difficultés financières – 5 : 1-9 2. Difficultés physiques – 5 : 10-16 3. Difficultés nationales – 5 : 17-18 4. Difficultés dans l’église – 5 : 19-20 Bien sûr, ceci n’est qu’une des nombreuses façons d’aborder cette lettre. Au cours de notre étude des différents chapitres, nous mettrons surtout l’accent sur la maturité spirituelle et sur la manière de l’atteindre. L’épître de Jacques constitue une suite logique de l’épître aux Hébreux, puisque l’un des principaux thèmes de la lettre aux Hébreux est la perfection spirituelle. Le concept de la perfection apparaît au moins treize fois dans cette épître. Le verset-clé se trouve dans Hébreux 6 : 1 – « […] tendons vers la perfection », c’està-dire la maturité spirituelle. L’auteur de l’épître aux Hébreux explique la nature du salut parfait qui nous 16


Jacques 1 : 1 est offert en Christ. Jacques, pour sa part, exhorte ses lecteurs à s’appuyer sur ce salut parfait et à grandir en maturité. Sans l’œuvre parfaite de Dieu, les croyants ne pourraient espérer tendre vers la perfection.

Comment tirer le maximum de cette étude ? Puisque le thème est la maturité spirituelle, nous devons d’abord examiner notre propre cœur afin de savoir où nous en sommes dans notre vie chrétienne.

Naître de nouveau Tout d’abord, il est essentiel d’être né de nouveau. Sans nouvelle naissance spirituelle, il ne peut y avoir de maturité spirituelle. Jacques fait mention de la nouvelle naissance au début de sa lettre : « Il nous a engendrés selon sa volonté, par la Parole de vérité, afin que nous soyons en quelque sorte les prémices de ses créatures » (Jac. 1 : 18). Nous pouvons faire un parallèle avec 1 Pierre 1 : 23 – « vous qui avez été régénérés, non par une semence corruptible, mais par une semence incorruptible, par la Parole vivante et permanente de Dieu ». Tout comme chez l’humain, le bébé spirituel a deux parents – la Parole de Dieu et l’Esprit de Dieu. Je vous ai déjà cité deux versets faisant mention de la Parole de Dieu. Jean 3 : 5-6 parle de l’Esprit de Dieu. (Je crois personnellement que lorsqu’il parle de « naître d’eau », Jean fait référence à la naissance physique. Tous les bébés naissent « d’eau », et c’est cette naissance physique que Nicodème avait en tête dans ce passage de Jean 3 : 5.) Comment fait-on alors pour « naître de nouveau » ? L’Esprit de Dieu, par la Parole de Dieu, crée une nouvelle vie dans le cœur du pécheur qui croit en Jésus-Christ. C’est un miracle. L’Esprit utilise la Parole pour convaincre le pécheur et pour lui révéler son Sauveur. Nous sommes sauvés par la foi (Éph. 2 : 8-9) et la foi vient de la Parole de Dieu (Rom. 10 : 17). 17


Soyez matures

Se regarder dans le miroir divin Si nous sommes nés de nouveau, il y a autre chose que nous devons faire pour tirer le maximum de ce que Jacques a écrit : nous devons examiner nos vies en toute honnêteté et à la lumière de la Parole de Dieu. Jacques compare la Bible à un miroir (Jac. 1 : 22ss). Lorsque nous étudions la Parole, nous regardons dans le miroir divin qui nous permet de nous voir tels que nous sommes. Mais Jacques nous demande d’être honnêtes face à ce que nous voyons, et de ne pas simplement regarder notre reflet pour ensuite nous éloigner. Peut-être vous a-t-on déjà cité en exemple la réaction d’une personne ayant toujours vécu isolée du reste du monde et à qui on a présenté un miroir pour la première fois. Ce qu’elle a vu lui a fait un choc tel qu’elle a tout de suite brisé le miroir. Bien des croyants agissent de la même manière. Ils critiquent le messager plutôt que de s’examiner eux-mêmes. Obéir à la Parole de Dieu Ceci nous amène à un troisième principe essentiel : nous devons obéir aux enseignements de Dieu, peu importe ce qu’il nous en coûte. Nous devons pratiquer la Parole, pas seulement l’écouter (Jac. 1 : 22). Il est facile d’assister à une étude biblique, d’en tirer une leçon et d’en discuter, mais il est beaucoup plus difficile de mettre en pratique la leçon apprise dans la vie de tous les jours. La bénédiction ne vient pas de l’étude de la Parole de Dieu, mais bien de sa mise en pratique. Rien n’oblige Dieu à nous enseigner, si nous n’avons pas l’intention d’obéir (Jean 7 : 17). Se mettre à l’école de la vie Le quatrième principe essentiel est que nous devons être prêts à affronter les difficultés et les épreuves. Lorsque nous veillons sérieusement à notre croissance spirituelle, l’ennemi s’y oppose tout aussi sérieusement. Peut-être sentez-vous qu’il vous faut plus de patience ? Alors attendez-vous à plus d’épreuves, puisque « la tri18


Jacques 1 : 1 bulation produit la persévérance » (Rom. 5 : 3). Dans le cas des études bibliques, les vrais examens ont lieu à l’école de la vie, non dans la salle de classe. J’ai lu récemment l’histoire d’un homme qui désirait ardemment acquérir la patience. Il était conscient de son manque de maturité dans ce domaine de sa vie et il voulait croître. Il fit donc la prière suivante, en toute sincérité : « Seigneur, aide-moi à apprendre la patience. Je désire acquérir une meilleure maîtrise de moi-même dans ce domaine ». Ce matin-là, il manqua le train qui devait le conduire au travail et passa les 50 minutes qui suivirent à marcher de long en large et à se plaindre de son malheur. Lorsque le train suivant arriva enfin, l’homme réalisa à quel point il avait agi stupidement. « Le Seigneur m’a donné près d’une heure pour accroître ma patience, et je n’ai rien trouvé de mieux à faire que d’exercer mon impatience ! », se dit-il en lui-même.

Persévérer Il se peut qu’à un moment ou à un autre, durant la présente étude, vous décidiez que continuer est trop dangereux. Satan peut vous rendre la vie si pénible que vous voudrez peut-être abandonner. Ne le faites surtout pas ! Quand ce moment viendra, vous serez au seuil d’une toute nouvelle et merveilleuse bénédiction pour votre vie, une nouvelle étape réjouissante vers la maturité. Même si Satan essaie de faire monter la température, c’est votre Père céleste qui garde le contrôle du thermostat ! Même la croissance physique comporte son lot d’expériences difficiles et désagréables. L’adolescent en transition entre l’enfance et l’âge adulte doit faire face à de nombreuses frustrations et à de nombreux échecs. Mais s’il persévère, il parvient finalement à la maturité, et c’est une expérience fantastique. La maturité spirituelle est une chose à laquelle nous devons travailler sans relâche. N’abandonnez pas ! La naissance passe par le travail de l’accouchement, la maturité aussi (voir Gal. 4 : 19). 19


Soyez matures Enfin, nous devons évaluer notre maturité spirituelle en fonction des critères de la Parole de Dieu. Il ne faut pas se comparer aux autres croyants, mais à la Parole et au Fils de Dieu (Éph. 4 : 13). À la fin de ce livre, vous trouverez une série de questions basées sur l’épître de Jacques qui pourront vous aider à effectuer votre évaluation personnelle. N’hésitez pas à les consulter à tout moment parce que des examens périodiques contribuent à la santé spirituelle. On ne grandit pas nécessairement en maturité à mesure qu’on grandit en âge. Le fait qu’un croyant soit sauvé depuis dix ou vingt ans ne garantit en rien sa maturité en Christ. Les croyants matures sont des croyants heureux, des croyants utiles qui encouragent les autres et édifient leur église locale. Au fur et à mesure que nous étudierons l’épître de Jacques, et avec l’aide de Dieu, nous pourrons apprendre ensemble et grandir en maturité ensemble.

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2 Jacques 1 : 2-12

Transformer les épreuves en triomphes Vous avez peut-être déjà lu l’autocollant qui dit : « Si la vie vous donne du citron, faites-en de la limonade ». Il est plus facile de sourire en lisant cette affirmation que de la mettre en pratique, mais ce raisonnement fondamental est très bon. Il est, en réalité, très biblique. La Bible est remplie d’exemples de gens qui ont transformé des défaites en victoires, des épreuves en triomphes, et qui sont passés de l’état de victimes à celui de vainqueurs. Jacques nous dit que nous pouvons vivre la même chose aujourd’hui. Quelles que soient les épreuves qui nous viennent de l’extérieur (1 : 1-12) ou les tentations qui nous viennent de l’intérieur (1 : 13-27), par la foi en Christ, nous pouvons avoir la victoire. De cette victoire naîtra la maturité spirituelle. Si nous voulons transformer les épreuves en triomphes, il nous faut obéir à quatre principes essentiels : considérer (1 : 2), savoir (1 : 3), laisser Dieu agir (1 : 4 ; 9 : 12), et demander (1 : 5-8). En d’autres mots, les quatre attitudes essentielles à adopter pour avoir la victoire dans les épreuves sont : être joyeux, avoir un esprit qui comprend, soumettre notre volonté et croire de tout notre cœur.

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Soyez matures

Considérer – être joyeux (1 : 2) Notre conception des événements détermine leurs conséquences et notre attitude détermine nos actes. Dieu nous dit de nous attendre à connaître des épreuves. « Quand vous passez par toutes sortes d’épreuves, considérez-vous comme heureux » (Semeur). Ce n’est pas « si vous passez par toutes sortes d’épreuves », mais bien « quand vous passez par toutes sortes d’épreuves ».

Ne soyez pas surpris de la fournaise Le croyant qui s’attend à ce que la vie chrétienne soit facile subira un choc ! Jésus a mis en garde ses disciples : « Vous aurez des tribulations dans le monde » (Jean 16 : 33). Paul a dit à ses disciples : « C’est par beaucoup de tribulations qu’il nous faut entrer dans le royaume de Dieu » (Actes 14 : 22). Parce que nous sommes le « peuple dispersé » de Dieu et non le « peuple protégé » de Dieu, nous devons nous attendre à vivre des épreuves. Nous ne pouvons nous attendre à ce que les choses se passent toujours comme nous le souhaitons. Certaines épreuves surviennent simplement parce que nous sommes humains, comme la maladie, les accidents, les déceptions et même parfois les catastrophes. D’autres épreuves surviennent parce que nous sommes croyants. Pierre met l’accent sur cette réalité dans sa première lettre : « Bien-aimés, ne soyez pas surpris de la fournaise qui sévit parmi vous pour vous éprouver, comme s’il vous arrivait quelque chose d’étrange » (1 Pi. 4 : 12). Satan nous attaque, le monde est contre nous, c’est pourquoi notre vie entière est un combat. Lorsque Jacques parle des « diverses épreuves que vous pouvez rencontrer », il ne parle pas d’un malencontreux accident mais bien d’une chose qui est rencontrée. Un croyant ne devrait pas provoquer les épreuves. Le mot grec rendu ici pas « diverses » signifie « variées, de couleurs variées ». Pierre utilise le même mot dans 1 Pierre 1 : 6 – « quoique vous soyez […] affligés par 22


Jacques 1 : 2-12 diverses épreuves ». Les épreuves de la vie ne sont pas toutes les mêmes. Elles sont comme les fils de couleurs variées dont le tisserand se sert pour réaliser un superbe tapis. Dieu dispose et mélange les couleurs et les expériences de la vie de manière à en faire un produit fini magnifique, et ce, pour sa plus grande gloire. Ma femme et moi sommes un jour allés visiter un atelier de tissage de renommée mondiale et nous avons regardé les tisserands et tisserandes travailler sur leurs métiers. J’ai alors remarqué que le revers des tapis n’était pas très joli. Les motifs étaient flous et des fils pendaient un peu partout. « Ne jugez pas l’artisan ou son œuvre en regardant du mauvais côté », nous dit alors notre guide. De la même manière, nous regardons notre vie du mauvais côté. Seul Dieu est en mesure de voir le produit fini. Ne jugeons ni Dieu ni son œuvre en fonction de ce que nous voyons aujourd’hui. Son travail n’est pas encore terminé !

Le mot-clé est « considérez » Dans le présent contexte, cela signifie « regardez, évaluez ». Paul utilise cette expression à plusieurs reprises dans Philippiens 3. Lorsque Paul est devenu croyant, il a évalué sa propre vie et s’est fixé de nouveaux objectifs et de nouvelles priorités. Certaines choses autrefois importantes à ses yeux sont devenues comme des « déchets » à la lumière de son expérience de vie avec Christ. Lorsque nous faisons face aux épreuves de la vie, nous devons évaluer ces épreuves à la lumière de ce que Dieu fait pour nous. Cela explique pourquoi le croyant sincère peut être heureux, même au cœur de l’épreuve, parce que sa vie est centrée sur ce qui compte vraiment. Notre Seigneur lui-même a pu supporter la croix à cause de « la joie qui lui était proposée » (Héb. 12 : 2), la joie de retourner au ciel et de partager sa gloire avec son Église.

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Soyez matures

Regarder avec des yeux remplis de foi Notre évaluation est déterminée par nos valeurs. Si nous accordons plus d’importance à notre confort qu’à notre caractère, les épreuves seront pour nous un sujet de contrariété. Si nous accordons plus de valeur aux choses matérielles et physiques qu’aux choses spirituelles, nous ne serons pas en mesure de « considérer les épreuves comme un sujet de joie complète ». Si nous ne vivons que pour le présent et que nous n’envisageons pas le futur, les épreuves nous rendront amers et non meilleurs. Job avait la bonne perspective lorsqu’il a dit : « Il connaît pourtant la voie où je me tiens ; quand il m’aura mis à l’épreuve, j’en sortirai (pur) comme l’or » (Job 23 : 10). Ainsi, lorsque les épreuves surviennent, remerciez immédiatement Dieu et adoptez une attitude positive. Ne faites pas semblant, ne tentez pas de vous tromper vous-mêmes, regardez simplement les épreuves avec des yeux remplis de foi. Notre conception des événements détermine leurs conséquences. Pour terminer dans la joie, il faut commencer dans la joie. Peut-être vous demandez-vous : Mais comment faiton pour se réjouir dans les épreuves ? L’explication se trouve dans notre deuxième principe essentiel.

Savoir – avoir un esprit qui comprend (1 : 3) Que savent les croyants, qui leur permet de mieux supporter les épreuves et d’en sortir gagnants ?

La foi est toujours mise à l’épreuve Quand Dieu a appelé Abraham à vivre par la foi, il l’a mis à l’épreuve pour affermir sa foi. Dieu nous met toujours à l’épreuve dans le but de faire ressortir le meilleur de nous-mêmes. Satan nous tente dans le but exactement contraire. La mise à l’épreuve de notre foi prouve que nous sommes réellement nés de nouveau. 24


Jacques 1 : 2-12

La mise à l’épreuve sert à nous fortifier Le mot « éprouver » est très étroitement lié au mot « approuver ». Encore une fois, Pierre nous aide à mieux saisir ce concept lorsqu’il déclare : «… afin que votre foi éprouvée – bien plus précieuse que l’or périssable » (1 Pi. 1 : 7). Un prospecteur d’or doit apporter un échantillon de minerai au bureau d’un essayeur (technicien en minéralogie) pour le faire éprouver. L’échantillon en soi ne vaut probablement pas plus de quelques dollars, mais l’approbation officielle de l’essayeur en ce qui a trait au minerai vaut, pour sa part, des millions ! Elle confirme au prospecteur qu’il possède bel et bien une mine aurifère. L’approbation de Dieu est précieuse parce qu’elle nous assure de l’authenticité de notre foi. Les épreuves servent à fortifier le croyant et non à le détruire. Paul a dit : « Nous savons, du reste, que toutes choses coopèrent au bien de ceux qui aiment Dieu » (Rom. 8 : 28) et « Car un moment de légère affliction produit pour nous au-delà de toute mesure un poids éternel de gloire » (2 Cor. 4 : 17). Les épreuves aident à acquérir de la maturité Quelles sont les choses que Dieu veut produire dans notre vie ? La patience, l’endurance et la capacité de continuer à avancer, même dans les moments difficiles. « Bien plus, nous nous glorifions même dans les tribulations, sachant que la tribulation produit la persévérance, la persévérance une fidélité éprouvée, et la fidélité éprouvée l’espérance » (Rom. 5 : 3-4). Dans la Bible, le mot « patience » ne constitue pas une attitude passive de résignation face à une situation. C’est plutôt une attitude de persévérance et de courage devant la souffrance et les difficultés. Les gens immatures sont toujours impatients. Les gens matures sont patients et persévérants. L’impatience et l’incrédulité vont habituellement de pair, tout comme la foi et la patience. « Mais nous désirons […] que vous imitiez ceux qui, par la foi et l’attente patiente, reçoivent l’héritage promis » (Héb. 6 : 12). « Vous avez en effet 25


Soyez matures besoin de persévérance, afin qu’après avoir accompli la volonté de Dieu, vous obteniez ce qui vous est promis » (Héb. 10 : 36). « J’ai mis pour fondement en Sion une pierre éprouvée […]. Celui qui la prendra pour appui n’aura pas hâte de fuir » (Ésaïe 28 : 16).

La clé de toutes les bénédictions Dieu veut nous rendre patients parce que la patience est la clé de toutes les autres bénédictions. Le petit enfant qui n’apprend pas la patience pourra difficilement apprendre quoi que ce soit d’autre. Lorsque le croyant apprend à s’attendre à Dieu, Dieu peut faire de grandes choses pour lui. Abraham a agi sans s’attendre à Dieu, il s’est uni à Agar et a ainsi attiré de grandes souffrances sur sa maison (Gen. 16). Moïse a agi sans s’attendre à Dieu, il a assassiné un homme et a dû passer quarante ans à garder les moutons afin d’apprendre la patience (Exode 2 : 11ss). Pierre a presque tué un homme en raison de son impatience (Jean 18 : 10-11). Le seul moyen pour Dieu de développer notre caractère et notre patience, c’est de nous envoyer des épreuves. L’endurance ne s’apprend pas en lisant un livre (même celui-ci), en écoutant un sermon, ou même en priant. Il faut affronter les difficultés de la vie, faire confiance à Dieu et lui obéir : cela formera à la fois notre patience et notre caractère. En sachant cela, nous pouvons faire face aux épreuves dans la joie. Nous savons ce que les épreuves produiront en nous et pour nous, et nous savons qu’au bout du compte, Dieu sera glorifié. Cela explique pourquoi l’étude de la Bible nous aide à acquérir la patience (Rom. 15 : 4). Lorsque nous lisons l’histoire d’Abraham, de Joseph, de Moïse, de David et même celle de notre Seigneur, nous réalisons que Dieu permet les épreuves dans un but précis. Si donc nous lui faisons confiance, ce but sera atteint. Rien ne peut remplacer un esprit qui comprend. Le croyant ignorant est à la merci de Satan, mais le croyant qui connaît la Bible et comprend ce que Dieu veut accomplir ne sera pas vaincu. 26


Jacques 1 : 2-12

Laisser Dieu agir – soumettre notre volonté (1 : 4, 9-11) Dieu ne peut former notre caractère sans notre collaboration. Si nous lui résistons, il devra nous réprimander et nous forcer à nous soumettre. Mais si nous nous soumettons à lui volontairement, il pourra accomplir son œuvre. Dieu ne se contente pas d’un travail fait à moitié. Dieu veut accomplir une œuvre parfaite : il veut un produit fini qui soit complet et à sa pleine maturité. Le plan de Dieu pour notre vie est de nous faire grandir en maturité. Si nos enfants devaient demeurer des bébés toute leur vie, cela serait une catastrophe. Nous avons du plaisir à les voir grandir en maturité, même si cela nous apporte autant d’inquiétudes que de joies. Bien des croyants se mettent à l’abri des épreuves de la vie et, par conséquent, ne grandissent jamais. Dieu veut que les « petits enfants » deviennent des « jeunes gens » et que les « jeunes gens » deviennent des « pères » (1 Jean 2 : 12-14).

Pour nous, en nous et à travers nous Paul a décrit trois œuvres qui font partie d’une vie chrétienne épanouie (Éph. 2 : 8-10). Premièrement, il y a l’œuvre que Dieu a accomplie pour nous, c’est-àdire le salut. Jésus a terminé cette œuvre à la croix. Si nous croyons en lui, il nous sauvera. Deuxièmement, il y a l’œuvre que Dieu accomplit en nous : « Car nous sommes son ouvrage ». Cette œuvre s’appelle la sanctification. Dieu forme notre caractère pour que nous devenions semblables à Jésus-Christ, « semblables à l’image de son Fils » (Rom. 8 : 29). Sa troisième œuvre est celle du service, qu’il accomplit à travers nous : « Nous avons été créés en Christ-Jésus pour des œuvres bonnes ». Dieu forme notre caractère avant de nous appeler à servir. Il doit travailler en nous avant de pouvoir faire son œuvre à travers nous. Dieu a travaillé dans la vie d’Abraham durant vingt-cinq ans avant de pouvoir lui donner le fils qu’il lui avait promis. Dieu a travaillé 27


Soyez matures dans la vie de Joseph durant treize ans, lui faisant vivre « diverses épreuves », avant de pouvoir lui donner le trône d’Égypte. Dieu a passé quatre-vingts ans à préparer Moïse pour ses quarante ans de service. Notre Seigneur a enseigné ses disciples et formé leur caractère durant trois ans.

Soumettre sa volonté Toutefois, Dieu ne peut travailler en nous sans notre consentement. Nous devons lui soumettre notre volonté. Les personnes matures ne s’opposent pas à la volonté de Dieu mais l’acceptent volontiers et y obéissent avec joie. Elles « font de (toute) leur âme la volonté de Dieu » (Éph. 6 : 6). Si nous tentons de surmonter les épreuves sans soumettre notre volonté, nous serons, au bout du compte, plus semblables à des enfants immatures qu’à des adultes matures. À ce sujet, Jonas est un bon exemple de ce qu’il ne faut pas faire. Dieu a ordonné à Jonas de prêcher la repentance aux païens de Ninive, et il a refusé. Dieu a dû réprimander Jonas pour que le prophète accepte la mission qu’il lui avait confiée. Mais il n’a pas obéi de tout son cœur. Il n’est pas sorti grandi de cette expérience. Comment le savons-nous ? Parce qu’au dernier chapitre du livre de Jonas, le prophète réagit comme un enfant gâté ! Il est assis à l’extérieur de la ville à bouder en espérant que Dieu enverra son jugement. Il est impatient envers le soleil, le vent, le ricin, le ver et même envers Dieu. Le sevrage Le sevrage constitue l’une des étapes difficiles vers la maturité. Un enfant que sa mère est en train de sevrer croit que celle-ci ne l’aime plus et que tout le monde est contre lui. En réalité, le sevrage est une étape vers la maturité et la liberté. C’est bon pour l’enfant ! Parfois Dieu doit sevrer ses enfants de leurs jouets et de leurs attitudes puériles. David décrit ce processus dans le psaume 131 : « Loin de là, j’ai imposé le calme et le silence à mon âme, comme un enfant sevré auprès de 28


Jacques 1 : 2-12 sa mère ; mon âme est en moi comme un enfant sevré » (v. 2). Dieu se sert des épreuves pour nous sevrer des choses puériles mais si nous refusons de nous soumettre à lui, nous deviendrons encore plus immatures.

Le pauvre et le riche Aux versets neuf à onze, Jacques applique ce principe à deux types différents de croyants : le pauvre et le riche. Il semble que l’argent et le statut social constituaient de véritables problèmes chez ces gens (voir 2 : 17, 15-16 ; 4 : 1-3, 13-17 ; 5 : 1-8). D’une certaine manière, les épreuves que Dieu envoie corrigent les inégalités. Quand les épreuves touchent l’homme pauvre, il laisse Dieu agir et se réjouit de ce qu’il possède des richesses spirituelles qui ne peuvent lui être enlevées. Quand les épreuves touchent l’homme riche, il laisse également Dieu agir et se réjouit de ce que ses richesses en Christ ne peuvent s’abîmer ni disparaître. Autrement dit, ce ne sont pas les ressources matérielles qui nous permettent de surmonter les épreuves de la vie, ce sont nos ressources spirituelles. Jusqu’à présent, Jacques nous a livré trois principes essentiels : • Considérer – être joyeux • Savoir – avoir un cœur qui comprend • Laisser Dieu agir – soumettre notre volonté Il nous en donne maintenant un quatrième :

Demander – croire de tout notre cœur (1 : 5-8) Les gens à qui Jacques s’adresse dans sa lettre éprouvaient quelques difficultés en ce qui concerne la prière (4 : 1-3 ; 5 : 13-18). Comment devrions-nous prier lorsque les difficultés auxquelles nous faisons face nous viennent de Dieu ? Jacques nous donne la réponse : demandez à Dieu la sagesse. 29


Soyez matures

Demander la sagesse Jacques en a long à dire au sujet de la sagesse (1 : 5 ; 3 : 13-18). Le peuple juif avait un amour certain pour la sagesse, comme nous le démontre le livre des Proverbes. Quelqu’un a dit que la connaissance est la capacité de décomposer les choses alors que la sagesse est la capacité de les assembler. La sagesse consiste à faire bon usage de la connaissance. Nous connaissons tous des imbéciles instruits : ils ont un parcours académique impressionnant, mais ils sont incapables de prendre la moindre décision dans la vie. Un jour, sur le campus d’un séminaire, j’ai rencontré un talentueux professeur, mais l’homme portait… deux chapeaux sur la tête ! Pourquoi la demander ? Pourquoi avons-nous besoin de sagesse lorsque nous vivons des épreuves ? Pourquoi ne pas demander la force, ou la grâce, ou même la délivrance ? Voici pourquoi : nous avons besoin de sagesse pour ne pas passer à côté de l’occasion que Dieu nous offre de grandir en maturité. La sagesse nous aide à comprendre la manière d’utiliser la situation pour notre bien et pour la gloire de Dieu. Une de mes associées, une secrétaire de talent, traversait une dure épreuve. Elle avait subi un accident vasculaire cérébral, son mari avait perdu la vue et par la suite, il avait dû être admis à l’hôpital où il allait mourir, nous en étions certains. Je l’ai vue à l’église un dimanche et l’ai assurée de mes prières pour elle. – Que demandes-tu à Dieu de faire ? m’a-t-elle demandé. Sa question me fit sursauter. – Je demande à Dieu de t’aider et de te fortifier, lui ai-je répondu. – Merci beaucoup, dit-elle, mais prie également pour que j’aie la sagesse de ne pas gaspiller tout cela ! Elle avait compris le sens de Jacques 1 : 5.

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Jacques 1 : 2-12

Comment la demander ? Jacques ne nous a pas seulement dit quoi demander (la sagesse), mais il nous a également décrit comment la demander. Nous devons la demander avec foi. Nous ne devons pas avoir peur, car Dieu désire vraiment nous répondre et il ne nous grondera jamais ! « Mais il donne une grâce supérieure » (Jac. 4 : 6). Il donne également de plus en plus de sagesse. La plus grande ennemie de la prière exaucée est l’incrédulité. Jacques compare le croyant qui doute aux vagues de la mer qui montent et descendent. Un jour, alors que j’étais en vacances à Hawaï, j’ai appris qu’on ne peut pas faire confiance aux vagues. J’étais assis sur un rocher, au bord de l’océan, et je regardais les vagues en profitant du soleil. J’ai alors entendu du bruit derrière moi. En me retournant pour voir qui venait, je me suis fait, en un instant, complètement arroser par une énorme vague. Ne tournez jamais le dos aux vagues car elles descendent et l’instant d’après, elles remontent. C’est exactement ce qui se passe chez « l’homme irrésolu ». La foi dit « oui ! », mais l’incrédulité dit « non ! ». Vient ensuite le doute qui dit d’abord « oui ! », et puis « non ! » l’instant d’après. C’est le doute qui a fait que Pierre s’est retrouvé emporté par les vagues lorsqu’il marchait à la rencontre de Jésus (Matt. 14 : 22-33). Jésus lui a demandé : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? » Lorsque Pierre a commencé à marcher par la foi, il gardait les yeux fixés sur Christ. Mais lorsqu’il s’est laissé distraire par le vent et les vagues, il a cessé de marcher par la foi et il a commencé à s’enfoncer dans l’eau. Il était irrésolu et pour cette raison, il s’est presque noyé. Bien des croyants vivent comme des bouchons de liège sur les vagues. Ils sont sur le dessus de la vague un moment, puis descendent, avancent, puis reculent. Ce genre d’expérience est une preuve d’immaturité. Paul décrit une situation similaire dans Éphésiens 4 : 14 : « Ainsi nous ne serons plus des enfants, flottants et entraînés à tout vent de doctrine, joués par les hom31


Soyez matures mes avec leur fourberie et leurs manœuvres séductrices ». Si nous croyons de tout notre cœur et si notre cœur est résolu, nous pouvons demander, par la foi, la sagesse dont nous avons besoin. Dieu nous l’accordera. L’instabilité et l’immaturité vont de pair.

Supporter les épreuves avec patience Jacques termine ce passage par une béatitude : « Heureux l’homme qui endure la tentation » (1 : 12). Il a commencé (v. 2) et terminé avec la joie. Notre conception des événements détermine leurs conséquences. Cette béatitude est très encourageante parce qu’elle promet une couronne à ceux qui supportent les épreuves avec patience. Paul utilise souvent des illustrations issues du monde de l’athlétisme dans ses lettres et ici, Jacques fait de même. Il ne dit pas que le pécheur est sauvé parce qu’il a enduré les épreuves, mais qu’il sera récompensé pour l’avoir fait. De quelle manière sera-t-il récompensé ? Premièrement, en devenant toujours plus semblable à Christ. Cela compte plus que tout. Il sera également récompensé en glorifiant Dieu et recevra une couronne de vie lorsque Jésus-Christ reviendra. D’abord la croix, ensuite la couronne. D’abord la souffrance, ensuite la gloire. Dieu ne nous aide pas en nous évitant les épreuves, mais il fait en sorte que ces épreuves servent à quelque chose. Satan veut se servir des épreuves pour nous détruire, mais Dieu les utilise pour nous affermir. La motivation : l’amour Au verset 12, Jacques écrit des mots très importants : « ceux qui l’aiment ». On aurait pu s’attendre à ce qu’il dise : « la couronne de vie, que le Seigneur a promise à ceux qui croient en lui » ou « qui lui obéissent ». Pourquoi Jacques a-t-il écrit : « ceux qui l’aiment » ? Parce que l’amour est la motivation spirituelle derrière chacun des principes essentiels que nous venons de voir dans ce chapitre. 32


Jacques 1 : 2-12 Pourquoi sommes-nous joyeux dans les épreuves ? Parce que nous aimons Dieu et qu’il nous aime et qu’il ne nous fera aucun mal. Pourquoi sommes-nous en mesure de comprendre ? Parce qu’il nous aime et nous a partagé la vérité, et nous l’aimons en retour. Pourquoi sommes-nous capables de soumettre notre volonté ? Parce que nous l’aimons, et l’amour suppose l’abandon et l’obéissance. Pourquoi croyons-nous de tout notre cœur ? Parce que l’amour et la foi vont de pair. Lorsqu’on aime quelqu’un, on lui fait confiance et on n’hésite pas à lui demander de l’aide. L’amour est la puissance spirituelle qui agit derrière les principes essentiels que Jacques nous a donnés. Si nous aimons Dieu, nous n’aurons aucune difficulté à considérer, savoir, laisser Dieu agir et demander. Mais une autre donnée entre en compte : l’amour nous gardera fidèles à Dieu. L’homme irrésolu (1 : 8) est comme un mari ou une femme infidèle : il veut aimer à la fois Dieu et le monde. Jacques nous exhorte ainsi : « Purifiez vos mains, pécheurs, et nettoyez vos cœurs, âmes partagées » (4 : 8). Le mot grec qui est rendu ici par « purifiez » signifie littéralement « rendez chastes ». Cela nous renvoie à l’image d’un amant infidèle. Retournons maintenant au concept du sevrage. L’enfant qui aime sa mère et qui se sait aimé par elle sera en mesure de traverser ce processus et de commencer à grandir. Le croyant qui aime Dieu et qui sait que Dieu l’aime ne perdra pas ses moyens devant les épreuves que Dieu permet dans sa vie. Il est en sécurité, dans l’amour de Dieu. Il n’est pas divisé entre son amour pour Dieu et son amour pour le monde. Loth était divisé. Lorsque les épreuves sont survenues, il a échoué misérablement. Abraham était l’ami de Dieu. Il aimait Dieu et lui faisait confiance. Lorsque les épreuves sont survenues, Abraham a triomphé et grandi en maturité dans la foi. Le but de Dieu dans les épreuves, c’est de nous faire grandir en maturité. « Mais il faut que la patience accomplisse une œuvre parfaite, afin que vous soyez parfaits et accomplis, et qu’il ne vous manque rien ». 33


Soyez matures Une autre version est encore plus concrète : « Mais il faut que votre endurance aille jusqu’au bout de ce qu’elle peut faire pour que vous parveniez à l’état d’adultes et soyez pleins de force, des hommes auxquels il ne manque rien » (Semeur). Si c’est là ce que vous désirez, alors, par amour pour Christ, considérez, sachez, laissez-le agir et demandez.

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3 Jacques 1 : 13-18

Comment faire face à la tentation La personne mature est patiente dans les épreuves. Parfois, les épreuves proviennent de l’extérieur, parfois ce sont des tentations qui viennent de l’intérieur. Il s’agit soit d’épreuves envoyées par Dieu pour tester notre foi, soit de tentations envoyées par Satan et encouragées par notre nature pécheresse. C’est de cette seconde sorte d’épreuves qu’il est question dans le présent passage de la lettre de Jacques. Nous pourrions nous demander : Pourquoi Jacques établit-il un lien entre les deux ? Quel est le rapport entre les épreuves qui viennent de l’extérieur et les tentations qui viennent de l’intérieur ? La réponse est simple : si nous n’y prêtons pas attention, il est possible que les épreuves qui viennent de l’extérieur deviennent des tentations en nous. Lorsque nous nous trouvons dans une situation difficile, il se peut que nous nous mettions à nous plaindre de Dieu, à douter de son amour et à résister à sa volonté. C’est à ce moment-là que Satan nous offre l’occasion de fuir le problème. Cette occasion est une tentation. Cette vérité est illustrée dans la Bible à de nombreuses reprises. Lorsqu’Abraham est arrivé à Canaan, il y avait une famine. Il ne parvenait pas à nourrir ses troupeaux. Cette épreuve était l’occasion pour Dieu de se révéler, mais Abraham a changé cette occasion en tentation et il s’est rendu en Égypte. Dieu a dû punir 35


Soyez matures Abraham pour le ramener sur la voie de l’obéissance et de la bénédiction. Lorsque les Israélites erraient dans le désert, ils ont à maintes reprises changé des épreuves en tentations et tenté l’Éternel. À peine venaient-ils d’être délivrés d’Égypte que leurs réserves d’eau étaient déjà épuisées et ils ont dû marcher trois jours sans eau. Lorsqu’ils ont finalement trouvé de l’eau, elle était si amère qu’ils ne pouvaient la boire. Ils ont immédiatement commencé à murmurer contre Dieu et à le blâmer pour leur malheur. Ils ont changé l’épreuve en tentation et ont connu un échec. Il est clair que Dieu ne veut pas que nous cédions à la tentation, mais il ne peut non plus nous éviter d’être tentés. Nous ne sommes pas le « peuple protégé » de Dieu, mais bien le « peuple dispersé » de Dieu. Si nous voulons grandir en maturité, nous devons faire face aux épreuves et aux tentations. Il y a trois vérités à prendre en considération pour surmonter la tentation : Considérez le jugement de Dieu, Considérez la bonté de Dieu, Considérez la nature divine de Dieu.

Considérez le jugement de Dieu (1 : 13-16) C’est une approche négative, mais elle est importante. Jacques a dit : « Regardez plus loin et voyez où mène le péché : à la mort ! » Ne blâmez pas Dieu pour la tentation. Il est trop saint pour être tenté et trop amour pour tenter qui que ce soit. Dieu nous éprouve, comme il l’a fait pour Abraham (Gen. 22). Cependant, il ne nous tente pas, il ne le peut pas. C’est nous qui changeons les épreuves en tentations. Une tentation est l’occasion d’accomplir une bonne chose par un mauvais moyen, en désaccord avec la volonté de Dieu. Est-ce mal de vouloir réussir un examen ? Bien sûr que non ! Mais si vous devez tricher pour y arriver, vous péchez. La tentation de tricher constitue l’occasion d’accomplir une bonne chose (réussir un 36


Jacques 1 : 13-18 examen) par un mauvais moyen. Il n’est pas mauvais de manger, mais si vous envisagez de voler la nourriture, vous vous exposez vous-mêmes à la tentation. Nous voyons le péché comme une simple action, mais Dieu le voit comme un processus. Adam a commis un péché et pourtant cet acte a amené le péché, la mort et le jugement de Dieu sur toute la race humaine. Jacques décrit ce processus en quatre étapes :

Le désir (1 : 14) Le mot « convoitise » décrit toutes les formes de désir, et pas seulement le désir sexuel. Les désirs que nous éprouvons nous ont été donnés par Dieu et ne sont pas des péchés en eux-mêmes. Sans eux, nous ne pourrions vivre normalement. Si nous ne ressentions pas la faim ni la soif, nous ne mangerions pas et nous ne boirions jamais, et nous finirions par mourir. Si nous ne ressentions pas la fatigue, notre corps n’aurait jamais de repos et nous finirions par nous épuiser. Le sexe est un désir normal, et sans lui, la race humaine s’éteindrait. C’est lorsque nous voulons satisfaire ces désirs d’une manière qui va à l’encontre de la volonté de Dieu que cela pose un problème. Il est normal de manger, mais les excès de table constituent un péché. Il est normal de dormir, mais la paresse est un péché. « Que le mariage soit honoré de tous, et le lit conjugal exempt de souillure. Car Dieu jugera les débauchés et les adultères » (Héb. 13 : 4). Certaines personnes tentent de devenir plus « spirituelles » en niant ces désirs normaux ou en tentant de les réprimer mais cela les fait paraître moins humaines. Ces désirs fondamentaux de l’être humain sont comme la vapeur de la chaudière qui permet à la locomotive d’avancer. Coupez la vapeur et vous n’aurez plus de mouvement. Cessez de la contrôler et ce sera la destruction. Le secret réside dans une maîtrise constante. Ces désirs doivent être nos serviteurs et non nos maîtres, et cela est possible en Jésus-Christ. 37


Soyez matures

La tromperie (1 : 14) Aucune tentation n’apparaît clairement comme une tentation mais semble toujours plus attrayante qu’elle ne l’est en réalité. Jacques utilise deux illustrations tirées du domaine des sports pour étayer son idée. « Attire », qui sous-entend la pose d’un piège, et « séduit » qui, dans le grec original, signifie « mettre l’appât à l’hameçon ». Le chasseur et le pêcheur doivent tous deux avoir recours à un appât pour capturer leur proie. Aucun animal ne se prend volontairement dans un piège, ni aucun poisson ne mord en toute conscience à un hameçon sans appât. Il s’agit de dissimuler le piège ou l’hameçon. La tentation comporte toujours un appât qui stimule nos désirs naturels. Non seulement l’appât nous attire, mais il dissimule également le fait que céder à la tentation nous vaudra en définitive souffrance et punition. C’est l’appât qui nous excite. Loth ne serait jamais allé à Sodome s’il n’avait pas vu « toute la plaine du Jourdain qui était entièrement irriguée » (Gen. 13 : 10ss). Lorsque David a porté ses regards sur la femme d’un autre homme, il n’aurait jamais commis l’adultère s’il avait connu d’avance toutes les conséquences tragiques que cela entraînerait : la mort d’un bébé (le fils de BathSchéba), le meurtre d’un brave soldat (Urie), le viol d’une fille (Tamar), etc. L’appât nous empêche de voir les conséquences du péché. Lorsque Jésus a été tenté par Satan, il a chaque fois fait face à la tentation en s’appuyant sur la Parole de Dieu. À trois reprises, il a dit : « Il est écrit ». D’un point de vue humain, changer des pierres en pain pour satisfaire sa faim paraît une chose sensée, mais pas du point de vue de Dieu. Lorsqu’on connaît la Bible, on est en mesure de discerner l’appât et de prendre une décision éclairée. C’est ce que signifie marcher non par la vue mais par la foi. La désobéissance (1 : 15) Nous sommes passés des émotions (désirs) et de l’intelligence (tromperie) à la volonté. Jacques abandonne 38


Jacques 1 : 13-18 l’illustration de la chasse et de la pêche au profit de celle de la naissance d’un bébé. Le désir conçoit un moyen de prendre l’appât, la volonté l’approuve et agit, et le tout produit le péché. Que nous le réalisions ou non, nous sommes accrochés et piégés. Le bébé est né et attendez de le voir grandir ! La vie chrétienne est une question de volonté et non d’émotions. J’entends souvent des croyants dire : « Je n’ai pas envie de lire la Bible », ou encore : « Je n’éprouve pas l’envie d’aller à la réunion de prière ». Les enfants agissent selon leurs désirs, les adultes en fonction de leur volonté. Ils agissent en fonction de ce qui est bien, peu importe s’ils en ont envie ou non. Cela explique pourquoi les croyants immatures cèdent facilement à la tentation : ils laissent leurs émotions décider pour eux. Plus vous exercerez votre volonté à dire « non » à la tentation, plus Dieu sera au contrôle de votre vie : « Car c’est Dieu qui opère en vous le vouloir et le faire selon son dessein bienveillant » (Phil. 2 : 13).

La mort (1 : 15) La désobéissance donne naissance à la mort, pas à la vie. Il se peut qu’un péché prenne des années pour parvenir à maturité, mais quand c’est le cas, le résultat est inévitablement la mort. Si seulement nous pouvions croire à la Parole de Dieu et voir cette issue tragique, cela nous encouragerait à ne pas céder à la tentation. Dieu a érigé cette barrière parce qu’il nous aime. « Est-ce que je désire avant tout la mort du méchant ? » (Éz. 18 : 23). Ces quatre étapes de la tentation et du péché sont parfaitement décrites dans la Bible, dans le récit du premier péché, au chapitre 3 de la Genèse. Le serpent s’est servi du désir pour attirer Ève : « Mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront, et que vous serez comme des dieux qui connaissent le bien et le mal » (Gen. 3 : 5). Y a-t-il du mal à vouloir acquérir la connaissance ? Y a-t-il du mal à manger de la nourriture ? Ève a vu que « l’arbre était bon à manger » (Gen. 3 : 6), et cela a éveillé son désir. 39


Soyez matures Paul décrit la tromperie dont Ève a été victime dans 2 Corinthiens 11 : 3 : « Toutefois, de même que le serpent séduisit Ève par sa ruse, je crains que vos pensées ne se corrompent et ne s’écartent de la simplicité et de la pureté à l’égard de Christ ». Satan est trompeur et il cherche à tromper notre esprit. L’appât qu’il a utilisé pour tromper Ève était que l’arbre défendu était bon et agréable à regarder, et que manger de son fruit la rendrait sage. Elle a vu l’appât, mais elle a oublié la mise en garde de Dieu : « le jour où tu en mangeras, tu mourras » (Gen. 2 : 17). Ève a désobéi à Dieu en prenant du fruit de l’arbre et en en mangeant. Elle en a ensuite offert à son mari et il a désobéi à Dieu. Parce qu’Adam n’a pas été trompé, mais qu’il a péché en toute connaissance de cause, c’est son péché qui a attiré la catastrophe sur toute l’humanité (voir 1 Tim. 2 : 13-15 ; Rom. 5 : 12-21). Adam et Ève ont tous deux immédiatement connu la mort spirituelle (la séparation d’avec Dieu) et, finalement, la mort physique. Tous les hommes meurent à cause d’Adam (1 Cor. 15 : 21-22). Ceux qui meurent sans connaître Jésus-Christ connaissent la mort éternelle, l’étang de feu (Apoc. 20 : 11-15). Chaque fois que vous faites face à la tentation, cessez de regarder l’appât et regardez un peu plus loin pour voir les conséquences du péché : le jugement de Dieu. « Car le salaire du péché, c’est la mort » (Rom. 6 : 23).

Considérez la bonté de Dieu (1 : 17) Une des ruses de l’ennemi consiste à nous convaincre que notre Père nous cache quelque chose, qu’il ne nous aime pas vraiment et que nous n’avons pas réellement d’importance à ses yeux. Quand Satan s’est adressé à Ève, il lui a fait croire que si Dieu l’aimait vraiment, il lui aurait permis de manger du fruit de l’arbre défendu. Lorsque Satan a tenté Jésus, il a soulevé le problème de la faim : Si ton Père t’aime, comment se fait-il que tu aies faim ? 40


Jacques 1 : 13-18 La bonté de Dieu est une grande barrière qui nous empêche de céder à la tentation. Puisque Dieu est bon, nous n’avons besoin de personne d’autre (pas même de Satan) pour répondre à nos besoins. Il est préférable d’avoir faim en demeurant dans la volonté de Dieu que d’avoir le ventre plein en lui désobéissant. C’est lorsque nous nous mettons à douter de la bonté de Dieu que les offres de Satan paraissent attrayantes. Nos désirs naturels nous poussent alors à mordre à l’hameçon. Lorsque le peuple a commencé à jouir des bénédictions de la Terre promise, Moïse a mis en garde Israël de ne pas oublier la bonté de Dieu (Deut. 6 : 10-15). Cet avertissement est encore pertinent pour nous aujourd’hui. Jacques nous présente quatre vérités concernant la bonté de Dieu :

Les dons de Dieu sont toujours excellents Tout ce qui est bon dans notre monde vient de Dieu. Ce qui ne vient pas de Dieu n’est pas bon. Ce qui vient de Dieu doit être bon, même s’il n’y paraît pas à première vue. L’écharde dans la chair dont souffrait Paul semble un bien étrange cadeau de Dieu, et pourtant elle a été pour lui une immense bénédiction (2 Cor. 12 : 1-10). Dieu donne parfaitement Il peut arriver que quelqu’un nous donne un cadeau, mais sans amour. La valeur d’un cadeau peut être diminuée par la manière dont il nous est offert. Mais lorsque Dieu nous donne une bénédiction, il nous la donne avec grâce et amour. Il nous donne de bonnes choses de la bonne manière. Dieu donne de manière constante L’expression « viennent d’en haut » indique une action continue. Dieu ne donne pas occasionnellement, il donne constamment. Même lorsque nous ne les voyons pas, il nous envoie ses cadeaux. Comment le savons-nous ? Parce qu’il nous le dit et que nous croyons sa Parole. 41


Soyez matures

Dieu ne change pas Il n’y a aucune ombre de variation chez le Père des lumières. Il lui est impossible de changer. Il ne peut changer pour le pire parce qu’il est saint. Il ne peut devenir meilleur puisqu’il est déjà parfait. La lumière du soleil varie en fonction du mouvement de la Terre, mais le soleil continue de briller. Si des ombres viennent se glisser entre le Père et nous, il n’en est pas la cause. Il est le Dieu qui ne change pas. C’est pourquoi nous ne devrions jamais douter de son amour ni de sa bonté lorsque surviennent les difficultés ou les tentations. Si le roi David s’était rappelé la bonté de Dieu, il n’aurait pas pris Bath-Schéba et commis tous ces péchés affreux. Du moins, c’est ce que le prophète Nathan a déclaré au roi : « Ainsi parle l’Éternel, le Dieu d’Israël : « C’est moi qui t’ai donné l’onction comme roi sur Israël, et c’est moi qui t’ai délivré de la main de Saül ; je t’ai donné la maison de ton seigneur, j’ai placé dans ton sein les femmes de ton seigneur et je t’ai donné la maison d’Israël et de Juda. Et si cela était trop peu, j’y ajouterais encore ! » (2 Sam. 12 : 7-8). Remarquez combien de fois le mot « donner » est répété dans cette courte déclaration. Dieu avait été bon envers David, mais malgré cela, David a oublié la bonté de Dieu et a saisi l’appât. La première barrière contre la tentation est une barrière négative : le jugement de Dieu. La seconde est positive : la bonté de Dieu. La crainte de Dieu est une attitude très saine, mais elle doit être équilibrée par l’amour de Dieu. Nous pouvons lui obéir par crainte de réprimande mais nous pouvons aussi lui obéir parce qu’il s’est montré très généreux envers nous et que nous l’aimons. C’est cette attitude positive qui a permis à Joseph de ne pas pécher lorsqu’il a été tenté par la femme de son maître (Gen. 39 : 7ss). « Voici qu’avec moi mon maître ne s’occupe de rien dans la maison et qu’il a remis entre mes mains tout ce qui lui appartient ; il n’y a personne de plus grand que moi dans cette maison, et il ne m’a rien 42


Jacques 1 : 13-18 interdit, sauf toi, parce que tu es sa femme. Comment ferais-je un aussi grand mal et pécherais-je contre Dieu ? » (Gen. 39 : 8-9). Joseph savait que toutes ces bénédictions venaient de Dieu. C’est la bonté de Dieu, par l’intermédiaire de son employeur, qui l’a empêché de céder à la tentation. Les cadeaux de Dieu sont toujours meilleurs que les marchés que nous propose Satan. Satan ne fait jamais de cadeaux, parce qu’au bout du compte, nous nous retrouvons à les payer très cher. « C’est la bénédiction de l’Éternel qui enrichit, et il n’y ajoute aucun chagrin » (Prov. 10 : 22). Acan a oublié la bonté de Dieu et son avertissement. Il a vu les richesses interdites, les a convoitées et les a prises. Il est devenu riche, mais la souffrance que cela lui a coûté a changé sa richesse en pauvreté (Josué 7). La prochaine fois que vous serez tenté, méditez sur la bonté de Dieu dans votre vie. Si vous croyez qu’il vous manque quelque chose, attendez que Dieu pourvoie à votre besoin. Ne jouez jamais avec l’appât du diable. L’un des buts de la tentation est de nous enseigner la patience. David a été tenté à deux reprises de tuer le roi Saül et de hâter son propre couronnement, mais il a résisté à la tentation et attendu que Dieu agisse en son temps.

Considérez la nature divine de Dieu en vous (1 : 18) Concernant la première barrière, Dieu nous dit : « Regarde un peu plus loin et prends garde au jugement ». Pour ce qui est de la deuxième, il dit : « Regarde autour de toi et vois comme j’ai été bon envers toi ». Cependant, par la troisième barrière Dieu nous dit : « Regarde en toi et réalise que tu es né d’en haut et que tu possèdes la nature divine ». Jacques illustre le désir menant au péché et à la mort au moyen de l’image de la naissance (1 : 15). Il se sert également de cette image pour expliquer de quelle 43


Soyez matures manière nous pouvons avoir la victoire sur la tentation et le péché. L’apôtre Jean utilise une approche semblable dans 1 Jean 3 : 9. Dans ce contexte, la « semence de Dieu » illustre la vie et la nature divine dans la vie du croyant. Remarquez les caractéristiques de cette naissance :

Une naissance divine Nicodème croyait qu’il devait retourner dans le ventre de sa mère pour naître de nouveau, mais il se trompait. Cette naissance ne vient pas de la chair, elle vient d’en haut (Jean 3 : 1-7). Elle est l’œuvre de Dieu. Tout comme nous ne sommes pas à l’origine de notre naissance humaine, nous ne pouvons être à l’origine de notre naissance spirituelle. Lorsque nous avons cru en Jésus-Christ, c’est Dieu qui a accompli ce miracle. Une naissance imméritée Nous ne l’avons pas gagnée ou méritée. Dieu nous a accordé la naissance spirituelle dans sa grâce et par sa propre volonté. «… qui sont nés, non du sang [engendrés par l’homme], ni de la volonté de la chair [effort humain] ni de la volonté de l’homme [aide humaine], mais de Dieu » (Jean 1 : 13). Personne ne peut naître de nouveau par l’intermédiaire de ses proches, ou grâce à ses résolutions ou à sa religion. La nouvelle naissance est l’œuvre de Dieu. Une naissance par la Parole de Dieu De même que la naissance humaine requiert l’intervention de deux parents, la naissance divine requiert également deux parents : la Parole de Dieu et l’Esprit de Dieu. « Ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l’Esprit est esprit » (Jean 3 : 6). «… vous qui avez été régénérés, non par une semence corruptible, mais par une semence incorruptible, par la parole vivante et permanente de Dieu » (1 Pi. 1 : 23). L’Esprit de Dieu utilise la Parole de Dieu pour accomplir le miracle de la nouvelle naissance. Étant donné que la Parole de Dieu est « vivante et efficace » (Héb. 4 : 12), elle peut faire naître 44


Jacques 1 : 13-18 la vie dans le cœur du pécheur qui met sa confiance en Christ, et cette vie vient de Dieu.

Une naissance supérieure Jacques a écrit aux croyants juifs que nous sommes « en quelque sorte les prémices de ses créatures ». Le mot « prémices » était significatif pour eux, puisque les Juifs de l’Ancien Testament offraient à Dieu les prémices de leurs récoltes afin de lui exprimer leur dévotion et leur obéissance : « Honore l’Éternel avec tes biens et avec les prémices de tout ton revenu » (Prov. 3 : 9). De toutes les créatures de Dieu que compte l’univers, les croyants sont les plus élevées et les plus merveilleuses. Nous partageons la nature de Dieu. Par conséquent, il est indigne de notre part d’accepter l’appât que nous offre Satan ou de désirer des choses immorales. Une naissance supérieure doit se traduire par une vie supérieure. En nous accordant une nouvelle naissance, Dieu déclare qu’il ne peut accepter l’ancienne. De nombreux passages de la Bible montrent que Dieu rejette le premier-né et accepte le second. Il accepte Abel et non Caïn, Isaac et non Ismaël, Jacob et non Ésaü. Il rejette votre première naissance (aussi noble soit-elle aux yeux des hommes), et vous annonce qu’il vous en faut une deuxième. C’est l’expérience de la nouvelle naissance qui nous aide à résister à la tentation. Si nous laissons notre vieille nature (qui vient de notre première naissance) prendre le dessus, nous échouerons. Nous avons hérité notre vieille nature (la chair) d’Adam, et il a échoué. Par contre, si nous nous abandonnons à notre nouvelle nature, nous réussirons. Car cette nouvelle nature nous vient de Christ et il est vainqueur. Un enfant de l’école du dimanche a expliqué la situation d’une manière toute simple : « Deux hommes vivent dans mon cœur : le vieil Adam et Jésus. Lorsque la tentation frappe à la porte, quelqu’un doit répondre. Si je laisse Adam répondre, je vais pécher. C’est pourquoi j’envoie Jésus répondre, et il gagne toujours ! » 45


Soyez matures Cette nouvelle nature doit, bien entendu, être nourrie par la Parole tous les jours, afin d’être assez forte pour combattre. De même que l’Esprit saint s’est servi de la Parole de Dieu pour vous faire naître spirituellement, il se sert aussi de la Parole pour vous affermir spirituellement : « L’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu » (Matt. 4 : 4). Quelles que soient les excuses que nous trouvons, nous ne pouvons blâmer personne d’autre que nousmêmes pour nos péchés. Ce sont nos désirs qui nous mènent à la tentation et au péché. Il ne faut pas s’en prendre à Dieu. Mais Dieu a érigé ces trois barrières pour nous protéger du péché. Si nous demeurons derrière ces barrières, nous gagnerons une couronne (1 : 12). Mais si nous franchissons ces barrières, c’est un cercueil qui nous attend (1 : 15). Que choisirez-vous ?

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