Frère André
sans audace, pas de couronne Vous hésitez ? Pas David. Il est venu, il a vu, il a vaincu. Pour la gloire de Dieu. Comme lui, nous sommes appelés à combattre des géants. À bannir le mot « impossible » de notre vocabulaire ! Il n’y a pas de difficultés infranchissables, ni de souffrances insurmontables. Nous sommes en guerre. Il n’est pas question de se relâcher ! Gardons les yeux fixés sur Dieu, et faisons face à l’épreuve avec courage ! Dans un style clair et percutant, Frère André apporte un éclairage contemporain à l’histoire de David et Goliath : comment devenir champion de Dieu en 38 courts chapitres, qui font écho à des situations concrètes de la vie chrétienne.
Frère André est le fondateur de Portes Ouvertes. Ce missionnaire néerlandais est passionnément engagé auprès des chrétiens persécutés, en particulier dans les pays communistes et le monde musulman. Il est l’auteur de plus d’une vingtaine de livres, dont « Le contrebandier », bestseller traduit en 30 langues. Il est marié et père de cinq enfants.
ISBN 978-2-36249-278-5
ISBN 978-2-9513368-4-1
9 782362 492785
9 782951 336841
s a n s a ud a ce , pa s de c o u r on n e
Vous faites face à un ennemi lourdement armé, deux fois plus grand que vous ; et ce colosse menaçant vous toise comme s’il pouvait vous écraser en un clin d’œil.
Frère André
sans audace, pas de couronne terrassez les géants d’aujourd’hui
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Frère André
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Édition originale publiée en langue anglaise sous le titre : No guts, no glory! Slaying today’s giants • Frère André et Al Jansen © 2013 • Open Doors International P.O. Box 27001 • Santa Ana, CA 92799 • USA www.OpenDoors.org Traduit et publié avec permission. Tous droits réservés. Édition en langue française : Sans audace, pas de couronne : Terrassez les géants d’aujourd’hui Frère André et Al Jansen © 2014 • BLF Éditions Rue de Maubeuge • 59164 Marpent • France Tous droits de traduction, de reproduction et d’adaptation réservés. Une coédition BLF Éditions et Portes Ouvertes Traduction : Alain Bouffartigues Couverture : Visu’elle Création • www.visuellecreation.fr Mise en page : Visu’elle Création et BLF Éditions • www.blfeditions.com Impression n° XXXXX • IMEAF • 26160 La Bégude de Mazenc Sauf mention contraire, les citations bibliques sont tirées de la Bible version Segond 21 Copyright © 2007 Société biblique de Genève. Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés. Coédition BLF Éditions ISBN 978-2-36249-278-5 ISBN 978-2-36249-279-2 ISBN 978-2-36249-280-8
broché e-pub mobipocket
Coédition Portes Ouvertes ISBN 978-2-9513368-4-1
broché
Dépôt légal 4e trimestre 2014 Index Dewey (CDD) : 235.4 Mots-clés : 1. Combat spirituel. 2. Ancien Testament. 3. David et Goliath.
Table des matières Introduction. ........................................................................... 9 Première partie Le problème 1. Au mauvais endroit au mauvais moment...........................19 2. Une situation impossible.....................................................23 3. Un adversaire des plus impressionnants............................27 4. Une guerre de mots.............................................................. 33 5. Un véritable matraquage......................................................37 6. Où est l’homme ?..................................................................43 7. Qui a peur du grand méchant géant ?................................ 47
Deuxième partie Faisons connaissance avec l’homme de Dieu 8. D’où venait-il ?....................................................................... 53 9. Une composante indispensable..........................................57 10. Comment prier pour un chef qui ne fait pas l’affaire........61 11. Préparez-vous à être la réponse de Dieu........................... 65
12. L’antidote à la peur.............................................................69 13. La première impression est parfois trompeuse................. 73 14. Quel était l’état d’esprit d’Isaï ?..........................................77 15. Chaque brebis est précieuse...............................................81 16. La révélation du choix de Dieu...........................................85 17. Un coup d’œil sous le capot.............................................. 89 18. Le grand jour pour David.................................................. 93
Troisième partie Comment se préparer au combat ? 19. Comment réagir au mensonge ?.......................................99 20. Une philosophie de la confrontation..............................103 21. De bonnes et de mauvaises motivations.........................107 22. Pourquoi il fallait que David réagisse............................... 111 23. La violente réaction de la famille......................................115 24. Dieu ouvre la porte........................................................... 119 25. Une idée folle.................................................................... 123 26. Un geste ridicule pour tenter de prêter main-forte à Dieu..... 127
Quatrième partie La bataille 27. Cinq pierres pour unique arsenal.....................................133 28. L’ennemi prend la parole................................................. 137 29. La réponse de David......................................................... 141 30. Pourquoi cette confrontation était-elle nécessaire ?....... 145 31. Jusqu’à la mort.................................................................. 149
Cinquième partie Après la bataille 32. Les enseignements à tirer de cette confrontation............155 33. Renvoyés chez eux.............................................................159 34. Ce n’est pas encore fini.....................................................163 35. Gagner la guerre................................................................167 36. Et de trois ! Plus que deux.................................................171 37. Suis-je prêt au combat ?.................................................... 177 38. Retour vers le futur........................................................... 181
Engagez-vous !.................................................................... 185
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Introduction C’est une histoire que nous connaissons tous : celle de David contre Goliath. On nous l’a racontée à l’école du dimanche et nous aimions en écouter le récit tout en feuilletant les pages d’un livre d’histoires coloré. C’est la métaphore stimulante par excellence pour toute équipe donnée perdante face à un adversaire invaincu. C’est le récit qui motivera à coup sûr une jeune entreprise engagée dans une compétition contre un géant de son secteur. Pourquoi donc revisiter une histoire aussi connue ? Parce qu’à y regarder de plus près, elle contient des éléments qui ne sont pas sans rapport avec le combat spirituel que nous sommes amenés à livrer aujourd’hui. Deux armées se sont positionnées pour la bataille (celle d’Israël et celle des Philistins), mais aucune épée n’est brandie, aucune lance n’est jetée, aucun combattant n’est tué. On assiste juste à un flot d’insultes et d’injures ! On dirait un grand match de foot ou un meeting électoral comme on en voit aujourd’hui dans les médias. Voici les forces en présence : d’un côté se dresse un géant, un combattant imposant et bien entraîné. Invaincu, invincible, très sûr de lui, il lance le défi : « Envoyez-moi le meilleur d’entre vous ! Nous nous battrons. Le vaincu sera l’esclave du vainqueur. Cela vous évitera de mourir tous au combat. Ne vaut-il pas mieux qu’un seul homme meure pour tous ? » Tout à fait raisonnable, n’est-ce pas ?
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À présent, voici notre second adversaire. Non, pas David. C’est Saül, le roi Saül, l’homme le plus grand de tout Israël. Soldat de formation, lui aussi est invaincu ! Saül contre Goliath. Le combat que tout le monde avait imaginé – que tout le monde attendait ! On peut dire concernant Saül que toute sa vie l’avait préparé à ce moment de vérité. Où était donc Saül ? Il se cachait dans sa tente. Il n’avait aucune intention de combattre le géant. (Et David non plus, d’ailleurs : il est arrivé dans l’histoire alors qu’il effectuait une course pour Isaï, son père.) Saül savait pertinemment qu’il lui était impossible de gagner. Il priait à n’en pas douter – pour un sauveur ! N’importe qui, mais pas moi, se disait-il. Il offrirait la moitié de sa fortune personnelle à celui qui tuerait le géant. Il donnerait la plus belle de ses filles en mariage au champion. Que pouvait-il proposer d’autre en guise d’encouragement ? D’accord : exonération d’impôts à vie pour toute la famille du vainqueur. À coup sûr il y avait là suffisamment de récompenses pour recruter un champion. Et pourtant, pas un seul homme ne s’est porté volontaire – pendant quarante jours ! Jusqu’au moment où un jeune adolescent s’est présenté. Voilà donc le tableau. Et vous savez comment cela se termine. Cette histoire a été racontée tant de fois qu’il n’y a plus aucune surprise. Il n’empêche que nous devrions être surpris – ébahis même – par ce qui s’est déroulé sur le champ de bataille. Voyons de plus près qui était ce David. Rien à voir avec la statue de plus de quatre mètres de hauteur sculptée dans le marbre par Michel-Ange. N’oublions pas que David était un jeune garçon – donc âgé au maximum de dix-huit ans ! Il n’avait pas d’attrait physique particulier. Il n’était pas riche. Il n’était pas issu d’une famille prestigieuse. Il n’était pas diplômé d’une université renommée. Il n’avait pas de talents exceptionnels, si ce n’est qu’il était doué pour la musique, ce qui n’est pas vraiment un critère pour être admis à la formation d’officier dans la moindre armée.
Introduction
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Bien évidemment, nous admirons David parce qu’il a affronté un adversaire réputé imbattable et qu’il a gagné. Le drame, c’est que David n’aurait pas dû être le seul. Il a simplement fait ce que n’importe quel Israélite aurait pu faire. Enfin, ce que n’importe qui aurait pu faire si il ou elle avait raisonné comme David. En quoi David était-il si exceptionnel ? Il ne se démarquait pas par son ingéniosité ou de son courage, même s’il possédait assurément les deux. Il était unique pour une raison bien particulière : la Bible dit qu’il était un homme selon le cœur de Dieu (1 Samuel 13 : 14). Ça alors ! Comment David était-il parvenu à un tel degré d’approbation divine ? Pouvons-nous y parvenir nous aussi ? Et si l’exemple de David avait un impact sur notre vie aujourd’hui ? Peut-être qu’il pourrait nous montrer comment affronter – et vaincre – les géants qui se dressent devant nous ! En effet : David voyait la même chose que tous les autres ; il entendait la même chose que tous les autres. En revanche, il pensait autrement que tous les autres. Résultat, David a parlé comme personne et il a agi comme personne. Il semblerait que David savait quelque chose qu’il était apparemment le seul à savoir. Peut-être bien… mais vous pouvez vous aussi savoir ce que David savait ! Vous pouvez agir comme il a agi. Dieu veut en effet vous donner tous les moyens qu’il a mis à la disposition de David pour vous permettre de triompher des géants d’aujourd’hui. Voilà pourquoi Al et moi sommes convaincus que la vie de David garde aujourd’hui toute sa pertinence. À travers son exemple, nous pouvons apprendre à affronter les peurs (qu’elles soient culturelles, politiques ou même religieuses) qui intimident tant de chrétiens. Tout comme Israël, nous sommes confrontés à des géants. Vos géants peuvent être d’ordre personnel : une crise dans votre vie de couple, un enfant rebelle, la perte d’un emploi, le cancer. Nous sommes confrontés à des géants d’ordre national et international : la
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crise économique, des troubles politiques ou la propagation du fondamentalisme islamique, sans parler du terrorisme. Allons-nous rester tapis comme Saül, rongés par la crainte ? Ou bien allons-nous faire confiance à Dieu comme le jeune berger et nous lever pour défier les géants d’aujourd’hui ? Le fait est que la plupart d’entre nous préféreraient rester spectateurs plutôt que de s’engager dans le combat. C’est le gros problème des chrétiens d’aujourd’hui. Le temps est venu de se lever et de descendre les marches du stade pour entrer dans l’arène. C’est à nous de choisir. Si David était resté sur la touche, nous n’aurions pas cette histoire formidable. Si nous restons assis dans les tribunes, jamais nous ne saurons à quel point Dieu désire accomplir quelque chose de remarquable – et même de miraculeux – à travers nous. Car cette histoire n’est pas celle d’un jeune garçon qui ne faisait pas le poids et qui est devenu un héros. Cette histoire montre la grandeur de Dieu et le combat spirituel qu’il appelle chacun de nous à livrer.
1 Samuel 17 Les Philistins réunirent leurs troupes pour faire la guerre et ils se rassemblèrent à Soco, ville qui appartient à Juda. Ils installèrent leur camp entre Soco et Azéka, à Éphès-Dammim. Saül et les hommes d’Israël se rassemblèrent aussi. Ils installèrent leur camp dans la vallée d’Éla et ils se rangèrent en ordre de bataille contre les Philistins. Les Philistins se tenaient sur une montagne, et Israël sur celle d’en face : la vallée les séparait. Un homme sortit alors du camp des Philistins et s’avança entre les deux armées. Il s’appelait Goliath, venait de Gath et mesurait environ 3 mètres. Il avait sur la tête un casque en bronze et il portait une cuirasse à écailles en bronze qui pesait près de 60 kg. Il avait des jambières en bronze et tenait un javelot en bronze en bandoulière. Le bois de sa lance avait la grosseur d’un cylindre de métier à tisser, et la lance, en fer, pesait 7 kg. Celui qui portait son
Introduction bouclier marchait devant lui. Le Philistin s’arrêta et s’adressa aux troupes d’Israël rangées en ordre de bataille. Il leur cria : « Pourquoi sortez-vous pour vous ranger en ordre de bataille ? Ne suis-je pas le Philistin et n’êtes-vous pas des esclaves de Saül ? Choisissez un homme qui descende contre moi ! S’il peut me battre et qu’il me tue, nous serons vos esclaves. Mais si je l’emporte sur lui et que je le tue, vous serez nos esclaves et vous nous servirez ». Le Philistin dit encore : « Je jette aujourd’hui un défi à l’armée d’Israël : donnez-moi un homme, pour que nous nous battions ensemble ! » En entendant ces paroles du Philistin, Saül et tout Israël furent effrayés et remplis de peur. Or David était le fils de l’Éphratien de Bethléhem en Juda nommé Isaï qui avait huit fils. À l’époque de Saül, cet homme était vieux, d’un âge avancé. Les trois fils aînés d’Isaï avaient suivi Saül à la guerre. Voici le nom de ses trois fils partis pour la guerre : Éliab, l’aîné, Abinadab le deuxième et Shamma, le troisième. David était le plus jeune, et les trois aînés avaient suivi Saül. Quant à David, il faisait le va-et-vient, quittant Saül pour garder les brebis de son père à Bethléhem. Le Philistin s’avançait matin et soir, et il se présenta ainsi pendant 40 jours. Isaï dit à son fils David : « Prends pour tes frères cette mesure de grain rôti et ces 10 pains, et cours au camp vers tes frères. Porte aussi ces 10 fromages au chef de leur millier. Tu verras si tes frères se portent bien et tu m’en apporteras une preuve de leur part. Ils sont avec Saül et tous les hommes d’Israël dans la vallée d’Éla, et ils font la guerre aux Philistins ». David se leva de bon matin. Il laissa les brebis à un gardien, prit ses affaires et partit, comme Isaï le lui avait ordonné. Lorsqu’il arriva au camp, l’armée était en marche pour se ranger en ordre de bataille et poussait des cris de guerre. Les Israé-
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Sans audace, pas de couronne lites et les Philistins se mirent en ordre de bataille, armée contre armée. David confia les affaires qu’il transportait au gardien du matériel et courut vers les rangs de l’armée. Aussitôt arrivé, il demanda à ses frères comment ils allaient. Il était en train de parler avec eux lorsque le Philistin de Gath appelé Goliath s’avança entre les deux armées, hors des rangs des Philistins. Il tint les mêmes discours que les autres fois et David les entendit. À la vue de cet homme, tous les Israélites prirent la fuite et furent remplis de peur. Chacun disait : « Avez-vous vu s’avancer cet homme ? C’est pour jeter un défi à Israël qu’il s’est avancé ! Si quelqu’un le tue, le roi le comblera de richesses, il lui donnera sa fille et libérera sa famille de tout impôt en Israël ». David demanda aux hommes qui se trouvaient près de lui : « Que fera-t-on pour celui qui tuera ce Philistin et qui écartera la honte d’Israël ? Qui est donc ce Philistin, cet incirconcis, pour insulter l’armée du Dieu vivant ? » Le peuple répéta les mêmes choses en précisant : « Voilà comment l’on agira pour celui qui le tuera ». Éliab, le frère aîné de David, l’avait entendu parler à ces hommes, et il fut enflammé de colère contre lui. Il dit : « Pourquoi es-tu descendu ici et à qui as-tu laissé ton petit troupeau dans le désert ? Je connais ton orgueil et la méchanceté de ton cœur. C’est pour voir la bataille que tu es descendu ». David répondit : « Qu’ai-je donc fait ? N’ai-je pas le droit de m’exprimer ? » Il se détourna de lui pour s’adresser à un autre et posa les mêmes questions. Le peuple lui répondit comme la première fois. Après avoir entendu les paroles prononcées par David, on les répéta à Saül, qui le fit venir. David dit à Saül : « Que personne ne se décourage à cause de ce Philistin ! Moi, ton serviteur, j’irai me battre contre lui ». Saül dit à David : « Tu ne peux pas aller te battre contre ce Philistin. Tu n’es qu’un enfant, alors que lui, il est un homme de guerre depuis sa
Introduction jeunesse ». David dit à Saül : « Ton serviteur gardait les brebis de son père. Quand un lion ou un ours venait pour en enlever une du troupeau, je courais après lui, je le frappais et j’arrachais la brebis de sa gueule. S’il m’attaquait, je l’attrapais par la gorge, je le frappais et je le tuais. C’est ainsi que ton serviteur a frappé le lion et l’ours, et ce sera aussi le sort du Philistin, de cet incirconcis, car il a insulté l’armée du Dieu vivant ». David ajouta : « L’Éternel m’a délivré de la griffe du lion et de la patte de l’ours, et il me délivrera aussi de ce Philistin ». Saül dit à David : « Vas-y donc et que l’Éternel soit avec toi ! » Saül fit enfiler sa tenue à David. Il plaça sur sa tête un casque en bronze et le revêtit d’une cuirasse. David mit l’épée de Saül par-dessus ses habits et voulut marcher, car il n’avait encore jamais essayé, mais il dit à Saül : « Je ne peux pas marcher avec cette armure, je n’y suis pas habitué ». Et il s’en débarrassa. Il prit en main son bâton, puis il choisit dans le torrent cinq pierres lisses et les mit dans sa gibecière de berger et dans sa poche. Enfin, sa fronde à la main, il s’avança contre le Philistin. Le Philistin s’approcha peu à peu de David, et l’homme qui portait son bouclier marchait devant lui. Le Philistin regarda David et, lorsqu’il l’aperçut, il le méprisa, car il ne vit en lui qu’un enfant roux à la belle apparence. Le Philistin dit à David : « Suis-je un chien, pour que tu viennes à moi avec des bâtons ? » Après l’avoir maudit par ses dieux, il ajouta : « Viens vers moi, que je donne ta chair à manger aux oiseaux du ciel et aux bêtes des champs ! » David dit au Philistin : « Tu marches contre moi avec l’épée, la lance et le javelot ; moi, je marche contre toi au nom de l’Éternel, le maître de l’univers, au nom du Dieu de l’armée d’Israël que tu as insultée. Aujourd’hui l’Éternel va te livrer entre mes mains. Je t’abattrai et je te couperai la tête. Aujourd’hui je vais donner les cadavres du camp des Philistins aux oiseaux du ciel et aux bêtes sauvages. Toute la terre saura alors qu’Israël a un Dieu, et toute cette
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Sans audace, pas de couronne assemblée saura que ce n’est ni par l’épée ni par la lance que l’Éternel sauve. En effet, la victoire appartient à l’Éternel et il vous livre entre nos mains ». Dès que le Philistin se mit à marcher vers lui, David courut sur le champ de bataille à sa rencontre. Il porta la main à sa gibecière, y prit une pierre et la lança avec sa fronde. Il frappa le Philistin au front et la pierre s’y enfonça. Le Philistin tomba le visage contre terre. Ainsi, avec une fronde et une pierre, David fut plus fort que le Philistin ; il le frappa et le mit à mort sans avoir d’épée à la main. Il courut, s’arrêta près du Philistin et prit son épée en la tirant du fourreau. Il l’acheva et lui coupa la tête. Voyant que leur héros était mort, les Philistins prirent la fuite. Les hommes d’Israël et de Juda se levèrent, poussèrent des cris et les poursuivirent jusque dans la vallée et jusqu’aux portes d’Ekron. Les Philistins blessés à mort tombèrent sur le chemin de Shaaraïm jusqu’à Gath et Ekron. Les Israélites mirent fin à leur poursuite et revinrent piller le camp. David prit la tête du Philistin et l’amena à Jérusalem, et il déposa dans sa tente les armes du Philistin. Lorsque Saül avait vu David marcher à la rencontre du Philistin, il avait dit à Abner, le chef de l’armée : « De qui ce jeune homme est-il le fils, Abner ? » Abner avait répondu : « Aussi vrai que ton âme est vivante, roi, je l’ignore ». « Informe-toi donc pour savoir de qui ce jeune homme est le fils », avait dit le roi. Quand David fut de retour après avoir tué le Philistin, Abner le prit et le conduisit devant Saül. David tenait à la main la tête du Philistin. Saül lui dit : « De qui es-tu le fils, jeune homme ? » Et David répondit : « Je suis le fils de ton serviteur Isaï, le Bethléhémite ».
Première
partie
Le problème
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Chapitre
un
Au mauvais endroit au mauvais moment « Les Philistins réunirent leurs troupes […] à Soco, ville qui appartient à Juda. » (1 Samuel 17 : 1)
Que faisaient les Philistins à Soco ? Ils n’avaient rien à faire à une quinzaine de kilomètres à peine de Jérusalem. C’était le pays d’Israël. Le pays que Dieu lui avait donné. Pourquoi les Philistins se trouvaient-ils donc sur une terre qui ne leur appartenait pas ? La réponse est toute simple : parce que les Israélites étaient faibles. Et c’était de leur faute ! Dieu leur avait tout donné pour vivre en sécurité à l’intérieur des frontières de leur territoire, mais ils persistaient à tourner le dos à Dieu. Dieu avait promis de les combler de bénédictions s’ils suivaient ses voies : ils auraient des enfants en grand nombre, des récoltes abondantes, du bétail à profusion… Mieux encore : « L’Éternel te donnera la victoire sur les ennemis qui se dresseront contre toi » (Deutéronome 28 : 7). Par contre, s’ils n’observaient pas les commandements de Dieu, les conséquences seraient lourdes, et notamment : « L’Éternel te fera battre par tes ennemis » (Deutéronome 28 : 25). On comprend donc aisément pourquoi Israël était confronté à ce problème majeur : l’invasion et l’occupation d’une armée étrangère.
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En outre, il ne s’agissait pas d’un combat loyal. C’était plutôt un holocauste qui se préparait. L’armée des Philistins était dotée de toutes les armes modernes : épées, lances, chars, armures… Quant à l’armée des Israélites, elle comptait… deux épées ! Pas plus. Si Saül et Jonathan étaient équipés correctement, le reste des troupes combattait avec ce qu’il pouvait bien trouver : bâtons, fourches et autres outils agricoles. Il s’agissait donc ni plus ni moins d’une superpuissance qui défiait avec arrogance un pays du tiers-monde sans défense. Je comprends très bien cette situation. Alors que j’étais un jeune garçon, l’Allemagne a envahi mon pays, les Pays-Bas. Tout comme les Philistins, les troupes allemandes ont pénétré sur notre territoire avec une force écrasante. Les Hollandais ont résisté avec bravoure… sur leurs vélos ! L’offensive allemande a mobilisé des bombardements aériens, des parachutistes et des chars. Il n’y a même pas eu de combat. Pour l’adolescent hollandais que j’étais, c’était une humiliation de voir des soldats allemands à tous les coins de rue. Je me suis défendu avec mes moyens très limités. Mais c’était dangereux : les résistants qui se faisaient prendre étaient soit exécutés, soit envoyés dans des camps de concentration. C’est dire que, depuis le temps, nous autres chrétiens avons assurément retenu la leçon ! Dorénavant, nous sommes bien préparés. Jamais nous ne laisserions nos ennemis occuper nos lieux de culte ou nos maisons. C’est peut-être ce que nous croyons, mais l’Église semble ne pas avoir conscience de toutes les façons dont le diable peut nous attaquer. Nous manquons complètement de clairvoyance et d’énergie. Le monde a envahi nos Églises et la plupart d’entre nous n’en ont même pas conscience. Nos esprits ont été envahis par un tsunami
d’informations et de toutes sortes de divertissements en provenance de la télévision, du cinéma, des jeux, d’Internet et des réseaux sociaux. Sommes-nous capables ne serait-ce que de reconnaître l’état de faiblesse dans lequel nous nous trouvons réellement ?
Au mauvais endroit au mauvais moment
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Quand je considère la situation qui est la nôtre aujourd’hui, je me remémore l’époque moins complexe où la télévision est arrivée aux Pays-Bas. C’était au milieu des années 1950 et mon oncle Hoppy (dont je parle dans mon livre Le Contrebandier) avait commandé un de ces écrans en noir et blanc. La camionnette de livraison est arrivée devant chez lui et deux hommes ont apporté l’imposant colis dans son séjour. Sur l’emballage en carton était imprimée en grosses lettres l’invitation suivante : « Faites entrer le monde chez vous ! » En découvrant cette inscription, Hoppy s’est écrié avec force : « Jamais de la vie ! Remportez-moi ça ! » Oncle Hoppy refusait de laisser le monde envahir sa maison. Par la suite, j’ai pensé au verset de Joël 2 : 9, qui parle d’un ennemi puissant qui surviendra le jour du Seigneur : « ils […] montent dans les maisons, entrent par les fenêtres comme un voleur ». Eh bien, oncle Hoppy n’était pas disposé à laisser entrer l’ennemi chez lui ! Voilà qui semble un peu sévère, n’est-ce pas ? La plupart d’entre nous protesteront en disant : « On ne peut tout de même pas s’isoler complètement ! » Dans notre monde connecté, tout le monde a absolument besoin d’avoir un ordinateur, l’internet, le dernier smartphone et un lecteur Kindle ou une tablette (ou les deux !) Si vous êtes de cet avis, vous courez de gros risques. Je sais que beaucoup de parents s’inquiètent de ce que leurs enfants puissent voir des cochonneries sur l’internet ; ils installent alors toutes sortes de contrôles parentaux. Autrement dit, nous laissons entrer l’ennemi, puis nous essayons de le confiner. Ne vaudrait-il pas mieux reconnaître que l’ennemi n’a rien à faire dans notre salon ? Attendez, ne partez pas ! Je ne suis pas naïf et mon propos n’est pas de recommander que nous nous coupions complètement du monde. (J’ai effectivement la télévision dans mon bureau, mais ni ordinateur ni smartphone !) La situation n’est pas dé-
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sespérée ; nous pouvons organiser un mouvement de résistance. Adolescent, j’ai saboté plusieurs véhicules allemands. Je sais que mes petits forfaits n’ont pas changé grand-chose. Ils n’étaient que de vaines tentatives. À moins que… à moins que d’autres aient eux aussi résisté… des milliers d’autres. Il peut nous sembler impossible de stopper l’invasion. J’aime cette citation de Martin Luther : « Je ne peux pas empêcher les oiseaux de voler au-dessus de ma tête, mais je peux les empêcher d’y faire leur nid ». Voilà pourquoi nous avons besoin de l’exemple de David. Il va nous montrer comment lancer un véritable mouvement de résistance. Même dans une situation qui semble désespérée. Mais gardez bien à l’esprit que la situation actuelle n’est pas désespérée. À condition de comprendre ce que David savait.
P o u r poursui vre la r éflexion Comment les industries de l’information et du spectacle ontelles infiltré nos Églises et nos foyers ? Quel en a été l’impact sur votre Église ? Sur votre famille ?
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Chapitre
deux
Une situation impossible « Saül et les hommes d’Israël se rassemblèrent aussi. Ils […] se rangèrent en ordre de bataille contre les Philistins. » (1 Samuel 17 : 2)
L’« armée » israélite était vraiment une piètre bande hétéroclite et mal organisée. L’auteur du livre de Samuel ne s’attarde pas ici sur les détails car il a bien présenté la situation un peu plus tôt (en 1 Samuel 13 : 5), expliquant à quel point les forces étaient inégales entre les deux camps. Les Philistins disposaient de : – Trente-mille chars ; – Six-mille cavaliers ; – Une armée impressionnante (innombrable) parfaitement équipée et protégée ; – Au moins cinq géants (nous y reviendrons plus tard). Avez-vous déjà observé un chat torturer une souris ? Ce n’est pas très beau à voir. Quand notre chat attrape une souris, il ne la tue pas tout de suite ; il joue avec elle. Il la laisse courir un peu, puis il la coince. Avec sa patte, il la projette en l’air. Il traite la souris comme un jouet et la torture jusqu’à s’en lasser. Alors, d’un coup de dent rapide, il l’achève. Mais il ne la mange pas forcément.
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Certains semblent tirer un grand plaisir de l’usage de leur force aux dépens de ceux qui sont beaucoup plus faibles qu’eux. Dans notre cas, les Philistins peuvent être comparés au chat et Israël à la pauvre souris. On peut même se demander pourquoi Israël a pris la peine de se déplacer. Ce qui est sûr, c’est que personne dans l’entourage de Saül ne s’attendait à une victoire. Chacun pouvait tout au plus espérer sauver sa peau. Cette fois-ci, au moins, ils n’ont pas pris la fuite. Lors d’une confrontation précédente qui avait eu lieu à Micmash, les Israélites avaient complètement paniqué et s’étaient cachés dans des grottes, des trous, des rochers, des caveaux et des citernes. Certains avaient carrément fui le pays. Aujourd’hui, on appelle cela émigrer. Le problème était que les Israélites n’avaient pas correctement analysé la situation. Ils croyaient avoir une réponse à leur faiblesse. « Établis sur nous un roi », demandaient-ils avec insistance, « comme on en trouve dans toutes les nations » (voir 1 Samuel 8 : 5). Leur solution : un bel homme reconnu pour ses compétences à la fois politiques et militaires. Mais les Israélites n’avaient pas besoin d’un politicien. Ils n’avaient pas besoin d’une icône de belle prestance et élégamment vêtue. Ils avaient besoin de renouveler leur consécration à Dieu. Ils avaient besoin de quelqu’un qui leur montre à quoi ressemblait la véritable foi en Dieu. Il n’empêche que Dieu a exaucé leurs prières. (Quand j’y pense, je me dis qu’il ne faudrait peut-être pas que Dieu exauce toutes nos prières !) Dieu leur a donné un roi. Et finalement, après des débuts prometteurs, la situation a empiré ! Le prophète Samuel avait clairement averti le peuple qu’un roi ne résoudrait pas ses problèmes. Les rois enrôlaient les jeunes gens dans l’armée, les forçaient à travailler gratuitement, confisquaient les meilleures de leurs terres et de leurs vignes, et grevaient d’impôts leurs récoltes et leurs troupeaux. Mais le peuple n’en démordait pas : « Donne-nous un roi ! »
Une situation impossible
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Leur prière a été exaucée sous la forme d’un homme de grande taille, de belle figure et au corps d’athlète. Saül avait, certes, le physique de l’emploi, mais son cœur laissait à désirer. Il avait un problème : l’orgueil. Il ne savait pas comment réagir quand on lui donnait des ordres – y compris quand ces ordres venaient de Dieu ! Pris de panique alors que son armée était en pleine déconfiture, il a offert un sacrifice, acte qui ne pouvait être accompli que par un prêtre. Par la suite, Saül a clairement reçu pour consigne d’anéantir les Amalécites. Mais il s’est compromis en épargnant leur roi et le meilleur de leur bétail, puis il a trouvé des excuses à sa désobéissance. Résultat, Dieu s’est détourné de Saül. Voici ce qu’il faut retenir de cette histoire : un jeune garçon
rempli du Saint-Esprit est plus puissant qu’un roi dont Dieu s’est détourné. Les Israélites avaient choisi de placer leur
confiance dans la politique et ils se sont rapidement retrouvés complètement à la dérive. Lorsqu’ils ont dû former les rangs pour affronter une superpuissance, ils n’avaient pas le moindre espoir de l’emporter. La situation est-elle meilleure aujourd’hui ? Ne sommes-nous pas trop nombreux à placer systématiquement notre espoir dans des solutions politiques, qu’il s’agisse de la création d’emplois ou du réchauffement climatique ? Nous nous en remettons à de nouvelles lois, à des décisions de justice et à des leaders charismatiques qui ne font que répéter des promesses simplistes. Nous plaçons notre confiance dans des campagnes d’incitation à voter, du militantisme local et des pétitions. Puis nous sommes déçus de ne pas obtenir les résultats escomptés. Les médias régentent les masses à coups de petites phrases et de solutions hâtives, mais ils n’ont pas analysé correctement le problème. Ne vous donnez pas d’objectif et vous l’atteindrez à coup sûr ! Les chrétiens ne valent pas mieux. Nous nous disputons à propos de théologie, de stratégie, de politique… si bien que, divisés, nous ne parvenons pas à changer la société. Tout simplement parce que les chrétiens ne reconnaissent pas non plus le véritable ennemi.
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Sans audace, pas de couronne
Mon but n’est pas de vous décourager. Il existe bel et bien une réponse. Mais nous ne sommes pas en mesure de la voir si nous n’avons pas compris que nos misérables forces à peine armées n’ont aucune chance contre les forces de ce monde et les légions démoniaques du diable. Ceux qui ont réellement compris le problème peuvent changer les choses. Oui, vous pouvez être l’instrument de Dieu et contribuer à faire pencher la balance dans l’autre sens – à condition de bien comprendre les voies de Dieu.
P o u r poursui v re la r éflexion Qu’est-ce qui vous montre que vous placez votre confiance en Dieu plutôt que dans des leaders ou des systèmes politiques ?
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Chapitre
trois
Un adversaire des plus impressionnants « Un homme sortit alors du camp des Philistins […]. Il s’appelait Goliath, venait de Gath. » (1 Samuel 17 : 4)
Visez un peu ! Verset après verset, nous découvrons le profil du champion des Philistins. Ce guerrier : – Mesure presque 3 m ; – Est revêtu d’une armure de 60 kg ; – Brandit une lance dont le manche a l’épaisseur d’un pieu et la pointe pèse 7 kg ; – Porte une épée de bronze. Il est absolument invincible ! C’est là le problème : l’ennemi cherche toujours à faire croire qu’il ne sert à rien de résister. Autant abandonner tout de suite. Pourquoi se battre quand on sait qu’on ne peut pas gagner ? C’est ainsi que fonctionnent les géants. Ils veulent vous impressionner par leur allure et leur discours. Il veulent vous faire croire que vous n’avez aucune chance. Mais si vous vous fiez à vos sens physiques sans chercher plus loin, vous n’avez qu’une vision partielle de la réalité.
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Sans audace, pas de couronne
L’apôtre Paul avait compris qui était le véritable ennemi. Il a enseigné en 2 Corinthiens que nous n’avons pas à lutter contre les géants que nous voyons, mais contre un géant unique que nous ne voyons pas. Notre véritable ennemi est l’imposteur, celui qui inspire tous les arguments et les raisonnements hautains qui se dressent contre la connaissance de Dieu (2 Corinthiens 10 : 3-5). Pendant ce temps, nous nous empêtrons dans nos batailles théologiques. D’un côté, les calvinistes martèlent qu’il nous faut une saine doctrine. De l’autre, les pentecôtistes affirment que nous avons besoin du baptême du Saint-Esprit. Et les dénominations d’inspiration liturgique mettent en avant leurs traditions. Nous avons tendance à insister sur nos caractéristiques particulières en oubliant que nous formons une seule et même armée appelée à combattre un ennemi spirituel qui retient le monde prisonnier. Les géants que nous voyons ne sont en réalité que de piètres images du véritable ennemi. Vous ne manquerez pas de protester en disant que Goliath était un être de chair et de sang qui représentait une véritable menace pour Israël. Aujourd’hui, les chrétiens victimes de persécution éprouvent une souffrance, un préjudice et un rejet bien tangibles. Ce sont de vraies flammes qui réduisent en cendres leurs églises et leurs maisons. Ils sont enfermés derrière de solides barreaux de métal dans des prisons bien réelles. Certains meurent aujourd’hui encore en martyrs en laissant derrière eux la douleur d’un conjoint, d’un parent ou d’un pasteur plongé dans le deuil. Ce sont là des réalités que l’on ne peut ignorer. Arrêtons-nous un instant pour réfléchir. Si le véritable ennemi est invisible, que se passe-t-il donc au juste dans la vallée d’Éla ? Tant que nous lirons les récits bibliques comme des incidents sans lien entre eux, nous ne comprendrons jamais quel est le véritable combat. Tout ce qui est rapporté dans l’Écriture a pour but de nous montrer la personnalité de Dieu, la nature du combat spirituel et le chemin qui mène au salut.
Un adversaire des plus impressionnants
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Le combat spirituel suprême a commencé au début de la Genèse, lorsque le serpent (notre ennemi, le diable) a tenté Adam et Ève, qui ont alors mangé du fruit défendu. Le diable avait affirmé au premier couple que, dorénavant, ils connaîtraient le bien et le mal. Comme ce discours était séduisant ! Il avait juste oublié de leur expliquer qu’ils n’auraient pas le pouvoir de faire le bien ni de ne pas faire le mal. Dieu a alors maudit le diable : « Je mettrai l’hostilité entre toi et la femme, entre ta descendance et sa descendance : celle-ci t’écrasera la tête et tu lui blesseras le talon » (Genèse 3 : 15).
Nous avons là la clé qui permet de comprendre tout ce qui arrive ensuite dans l’Ancien Testament. L’objectif du diable est d’empêcher la naissance de la descendance promise. S’il y par-
vient, il a la victoire et peut continuer de régner sur la planète Terre. Il fera donc tout ce qui est en son pouvoir pour empêcher la naissance du Rédempteur. Rappelons-nous ce qui s’est passé avant qu’Israël ne prenne possession de la terre promise. Douze espions hébreux étaient revenus en racontant avoir vu des géants (des « Nephilim ») et s’être sentis « comme des sauterelles » à côté d’eux (Nombres 13 : 32-33). Le terme de « Nephilim » fait référence aux géants de l’Antiquité qui seraient le fruit de l’union entre des anges et des femmes (Genèse 6 : 4). J’ignore si et comment ils avaient survécu au déluge, car l’Écriture ne donne pas de précisions sur ce point. La Bible dit simplement qu’« il y avait des géants [des Nephilim] sur la terre à cette époque-là. Ce fut aussi le cas après » (Genèse 6 : 4). Apparemment, il y avait dans le pays de Canaan des géants qui ressemblaient aux « Nephilim » de l’Antiquité. Nous en trouvons de brèves mentions dans le livre de Josué. Les descendants de Joseph s’étaient plaints de ce que le territoire qui leur avait été attribué était trop petit. Josué les avait alors mis au défi de monter dans les collines afin d’en chasser « les Rephaïm », terme qui désignait également les géants philistins (Josué 17 : 15). Caleb avait lui aussi affronté des géants dans la région montagneuse lorsqu’il avait chassé les Anakim
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Sans audace, pas de couronne
avant de réclamer son héritage (Josué 14 : 12). Quelle que soit leur origine, il y avait bel et bien des géants dans le pays et l’un d’eux défiait et se moquait d’Israël. À présent, voyons ce que s’écrie David après avoir entendu les sarcasmes de Goliath : « Qui est donc ce Philistin, cet incirconcis ? » La réponse est sous-entendue par la question : Goliath est un païen ! Il n’a rien à voir avec le royaume de Dieu. C’est un instrument du diable, dont le but est de renverser la race humaine et d’empêcher la naissance du Messie. Si Goliath remporte ce combat, la généalogie de David est rompue et Satan contrecarre le plan de Dieu.
D’ailleurs, Satan a un plan B. Si d’aventure Goliath échouait (ce qui est inconcevable !), il a quatre frères et peut-être deux ou trois cousins qui sont bien décidés à terminer le boulot1. L’enjeu est donc de taille – sauf que personne ne se rend vraiment compte à quel point. Vous pensez peut-être que la situation est différente aujourd’hui. Christ est venu. Il nous a rachetés. Il a établi son royaume. Certes, mais le diable persiste à se rebeller. Il continue de tout faire pour contrecarrer l’avancement du royaume de Dieu partout dans le monde. Il œuvre sans relâche pour empêcher le retour de Jésus, qui doit revenir prendre possession de ce qui lui appartient de plein droit. Avez-vous conscience du combat spirituel qui se joue ? Nous en avons la preuve tout autour de nous. Regardez les actualités et vous le constaterez par vous-même. Le diable a perdu, mais il n’est pas mort et il continue de faire des victimes. Dieu appelle son peuple à résister au diable. Êtes-vous prêt à vous lever ?
Voir 2 Samuel 21 : 16, 18 et 20, et 1 Chroniques 20 : 4-8.
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Un adversaire des plus impressionnants
P o u r poursui v re la r éflexion Quels sont les signes attestant que Satan se rebelle encore aujourd’hui ? Comment s’y prend-il pour tenter de contrecarrer l’avancement du royaume de Dieu ?
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Chapitre
quatre
Une guerre de mots « Le Philistin s’arrêta et s’adressa aux troupes d’Israël […]. Il leur cria : “[…] Je jette aujourd’hui un défi à l’armée d’Israël : donnezmoi un homme, pour que nous nous battions ensemble !” » (1 Samuel 17 : 8, 10)
Le géant ne prend même pas la peine de profiter de la supériorité de son armement. Il préfère crier. Il se sert des mots dans le but d’intimider Israël. Et ça marche : Israël prête l’oreille à ses mensonges – des mensonges mêlés de vérité. Écoutez en quels termes Goliath raille Israël : « Pourquoi sortez-vous pour vous ranger en ordre de bataille ? » (v. 8). C’est un mensonge ! Israël n’est pas sorti pour faire la guerre aux Philistins. Ce sont les Philistins qui ont envahi Israël. Et depuis ils occupent un territoire qui ne leur appartient pas. Goliath propose donc une solution à un problème causé par les Philistins eux-mêmes. En fait, c’est en territoire ennemi que devrait être livrée cette bataille. Pas à Soco. Pas à proximité de Jérusalem. Et certainement pas en terre promise. Quatre-cents ans plus tôt, les Israélites auraient été tout à fait en droit d’envahir Gaza et d’en chasser les occupants. S’ils l’avaient fait sous le commandement de Dieu et sous les ordres de Josué, ils n’auraient pas eu à faire face au problème philistin.
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Sans audace, pas de couronne
Quant à nous, les chrétiens, nous devons prendre conscience que les combats que nous livrons ne sont pas les bons et que nous ne les livrons pas au bon endroit. Trop souvent, nous livrons des combats au sein de nos Églises et de nos familles. Mais ce n’est certainement pas là qu’il faut nous battre. En tant que chrétiens, nous devrions être unis. Nous livrons des combats dans notre cœur contre le péché alors que nous devrions être délivrés du péché. C’est dans la sainteté et l’unité que nous devrions aller livrer bataille à une culture qui résiste farouchement à l’autorité de Dieu – hors de nos Églises, hors de nos familles. Et ce n’est que le début ! Goliath poursuit : « Ne suis-je pas le Philistin et n’êtes-vous pas des esclaves de Saül ? » Il déclare aux Israélites qu’ils ne sont pas vraiment libres. Goliath porte un regard méprisant sur le roi d’Israël, qui est en ce moment tapi dans sa tente. Puisque Saül n’est rien, logiquement les Israélites sont « des serviteurs de rien ». Le géant ne réalise pas du tout la portée de ses paroles. Il est en train d’affirmer en réalité que les Israélites sont spirituellement ineptes. Ils ne sont pas les serviteurs d’un Dieu puissant, mais les esclaves d’un roi idiot et lâche. Eh bien, on peut dire que sur ce point Goliath n’avait pas tort ! Je doute qu’il ait eu connaissance du jugement prononcé par Dieu en Genèse 3 : 15, mais en tout cas le diable s’en est servi comme d’un porte-parole. Et voici ce que le diable est en train de déclarer en réalité : « Vous n’êtes qu’une bande de petits poltrons et jamais il ne sortira de vous quelqu’un qui m’écrasera la tête. Je suis tellement grand que vous ne pouvez même pas me toucher. Choisissez-vous un homme si vous en avez envie – si déjà vous arrivez à en trouver un ! Peu importe, car je le briserai ». Tout est en place pour la « solution finale » du diable. La signification de ce combat a donc été totalement sous-estimée. Le prophète Ésaïe fit ce constat : « Éternel, notre Dieu, d’autres seigneurs que toi ont dominé sur nous » (Ésaïe 26 : 13). Il avait admirablement compris la nature du combat
Une guerre de mots
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spirituel. Avec quelle désinvolture nous chantons parfois des cantiques d’adoration comme Entre tes mains j’abandonne. Puis nous quittons le sanctuaire que représente l’église et, dès le lundi, nous retournons trimer pour gagner notre croûte en nous plaçant au service du « bon » parti politique et en capitulant face aux courants culturels qui exercent leur emprise autour de nous. Pour dire les choses franchement, voici le véritable enjeu de ce conflit. Israël se trouve face à un choix : servir le Dieu tout-
puissant ou servir les agents de son ennemi juré, le diable.
Le drame, c’est qu’à l’exception d’un jeune garçon, personne n’avait compris ce qui était en jeu.
P o u r poursui v re la r Éflexion Dans le combat spirituel qui fait rage aujourd’hui, qu’est-ce qui montre que vous êtes un agent du Dieu tout-puissant plutôt qu’au service de la culture dominante ?
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Chapitre
cinq
Un véritable matraquage « Le Philistin s’avançait matin et soir, et il se présenta ainsi pendant 40 jours. » (1 Samuel 17 : 16)
Les Philistins se sont engagés dans un combat psychologique redoutablement efficace ! Leur porte-parole lance aux Israélites d’un ton sarcastique : « Pourquoi sortez-vous pour vous ranger en ordre de bataille ? » (v. 8). Les propos du géant font mal. Les Israélites n’ont pas d’armes. Et en plus leurs effectifs sont ridiculement faibles. Ils ont certainement dû se dire : Nous ne
sommes pas là pour livrer une bataille. Au mieux, nous sommes là pour la galerie ; au pire, nous allons nous faire massacrer ! Dans un cas comme dans l’autre, ils sont dans une situation désespérée.
Et le manège continue, jour après jour, semaine après semaine. Et à chaque fois Goliath répète le même message. Quatre-vingts fois ! N’hésitons pas à le dire : c’est du matraquage. L’ennemi n’arrête pas de crier : – Vous êtes des esclaves ! – Vous êtes impuissants ! – Essayez de vous battre contre moi et je vous écraserai ! – Vous ne serez jamais libres ! – Vous serez toujours faibles !
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Sans audace, pas de couronne
– Vous n’aurez jamais d’armes ! – Vous êtes des moins que rien ! – Vous vous dites le peuple de Dieu : c’est pitoyable ! Ces mensonges sont répétés jour après jour. Les Philistins n’ont même pas besoin de combattre, ni même de prendre le moindre risque. Ils ont déjà gagné la guerre des mots. Pour Israël, c’est une véritable déroute : 80 à 0. Quand nous regardons dans le monde, nous craignons les armes de destruction massive. Il faut empêcher l’Iran de se constituer un arsenal nucléaire. Il faut empêcher Al-Qaïda de se procurer des armes biologiques. Comment éviter d’autres attentats terroristes comme ceux du 11 septembre aux ÉtatsUnis, du 7 juillet à Londres ou de la gare de Madrid ? Il est indéniable que certains pays et groupes terroristes représentent de graves menaces. Et pourtant, nous devrions redouter quelque chose de beaucoup plus puissant que n’importe quel mouvement djihadiste ou puissance nucléaire émergente. Je veux parler des armes verbales. Jésus a dit : « Ne redoutez pas ceux qui tuent le corps, mais qui ne peuvent pas tuer l’âme » (Matthieu 10 : 28). Les bombes atomiques ne peuvent tuer que le corps. Par contre, les mots détruisent une personne au niveau psychologique. Notre monde est rempli de messages destructeurs. Les idéologies comme le communisme ou le fondamentalisme islamique ont fait des millions de victimes. Diverses philosophies incorporées dans de nombreux cursus universitaires essaient de s’emparer de notre jeunesse. Des mots, des mots, des mots ! Et c’est à peine si le peuple de Dieu ouvre la bouche. Nous sommes intimidés. Combien de chrétiens croient ces mensonges : Tu es impuissant… tu ne te sortiras jamais de tes problèmes… tu ne peux pas changer… tu seras toujours malade… tu n’auras jamais la victoire sur le péché – donc laisse tomber ! Tu ne vivras jamais la vie que Dieu veut pour toi.
Un véritable matraquage
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Quatre-vingts fois et plus, nous entendons ces messages. Avouons-le : c’est du matraquage. Mais il existe une solution. Nous devons lutter contre ces mensonges avec la parole de Dieu. David connaissait les textes sacrés et il s’en servait. Le problème, c’est que nous ne connaissons pas l’Écriture. Lors de mon premier voyage en Tchécoslovaquie, je me suis retrouvé assis à côté d’un membre du parti communiste dans un autocar. Il avait débattu avec de nombreux chrétiens et, se rendant compte rapidement que j’étais un disciple de Jésus, il m’a demandé non sans malice : — Avez-vous lu la Bible en entier ? — Bien sûr, lui ai-je répondu. Plusieurs fois. Le militant communiste n’en revenait pas ! — J’ai posé cette question à de nombreux chrétiens, m’a-t-il raconté, mais vous êtes le premier qui me dise qu’il a lu la Bible en entier ne serait-ce qu’une seule fois. Si nous n’avons jamais lu toute notre Bible, il ne faut pas s’étonner que nous soyons ignorants. Demandez individuellement aux chrétiens quel est leur message pour le monde aujourd’hui et beaucoup reconnaîtront qu’ils n’ont aucun message. Et vous, avez-vous un message ? Tous les chrétiens sans exception devraient avoir un message. L’apôtre Paul a écrit : « Prenez aussi […] l’épée de l’Esprit, qui est la parole de Dieu » (Éphésiens 6 : 16-17 – NBS). Prenez la Parole ! La parole de Dieu est infiniment supérieure à celle du géant ! L’ennemi ne veut pas que vous lisiez la Bible. Mais pourquoi serait-ce à lui de vous dire ce que vous devez faire et ce que vous devez croire ? C’est la puissance de Dieu qui est en jeu ici. Nous lisons dans l’Apocalypse que Jésus remettra le royaume de Dieu à son Père. C’est le point culminant du combat spirituel. Tout
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pouvoir appartiendra à Dieu. Il régnera sur toute la création. C’est précisément ce que le diable est absolument déterminé à empêcher. Les Israélites n’auraient jamais dû se laisser intimider par les règles fixées par les Philistins. Leur ennemi avait décrété qu’aucun Israélite n’avait le droit de posséder une épée. Si un cultivateur avait besoin de faire affûter une pioche ou une hache, il devait payer cher ce service chez un forgeron philistin. Quel scandale ! C’était une situation impossible et ridicule. Les Israélites auraient dû créer des forges pour y fabriquer des armes afin de se protéger contre les envahisseurs. C’était leur droit ! L’ennemi croit pouvoir décider si nous avons ou pas le droit d’avoir notre arme. Quand j’entends des gouvernements déclarer que la Bible est un livre interdit, je me rebelle ! Cela n’est jamais la volonté de Dieu. Par conséquent, lorsque les pays communistes ont décidé de fixer eux-mêmes le nombre de Bibles dont pourraient disposer les chrétiens (quand déjà ils avaient le droit d’en posséder), j’ai refusé de me résigner. Je suis devenu le « contrebandier de Dieu ». J’étais et je reste convaincu que c’est un droit humain fondamental pour tout chrétien de posséder sa propre Bible dans sa langue. C’est la raison pour laquelle je suis membre de l’association Wycliffe pour la traduction de la Bible. Son but est de fournir à chaque tribu du monde l’Écriture dans sa propre langue. Dans de nombreux pays musulmans, la situation est encore pire qu’elle ne l’a jamais été dans les pays communistes. Il est plus difficile de faire rentrer des Bibles en Arabie Saoudite aujourd’hui que dans la Russie des années 1960 ! Allons-nous rester les bras croisés ? Nous ne devons pas laisser la moindre religion ou le moindre gouvernement restreindre ou contrôler l’accès à la parole de Dieu. Voici donc quelques questions. Êtes-vous armé et prêt pour le combat ? Prêtez-vous l’oreille aux mensonges de l’ennemi, êtes-vous victime de son matraquage, ou bien vous nourris-
Un véritable matraquage
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sez-vous de la parole de Dieu ? C’est la réponse à ces questions qui déterminera au final l’issue des conflits d’aujourd’hui.
P o u r poursui v re la r éflexion Qu’est-ce qui montre aujourd’hui que les mots influencent l’esprit des gens comme un véritable matraquage ? En vous servant de l’Écriture, comment pouvez-vous résister à ces messages ?
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Chapitre
six
Où est l’homme ? « Je jette aujourd’hui un défi à l’armée d’Israël : donnez-moi un homme, pour que nous nous battions ensemble ! » (1 Samuel 17 : 10)
Il n’y avait pas le moindre doute sur celui qui devait se battre avec Goliath. Tout le monde savait que c’était Saül. Il était le champion du peuple. C’était tout à fait logique. Mais où était donc le champion d’Israël ? Il se cachait ! Voici ce qui faisait de Saül l’homme de la situation : – Il dépassait d’une tête tous les autres Israélites ; – L’Éternel l’avait choisi pour être le roi d’Israël ; – Apparemment, il avait commencé son règne dans l’humilité ; – Samuel lui avait parfaitement expliqué ce que l’Éternel attendait d’un roi ; – Il était entouré d’hommes courageux dont Dieu avait touché le cœur ; – Son fils Jonathan était loyal et un valeureux guerrier ; – Il était équipé de l’armure et des armes nécessaires.
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Sans audace, pas de couronne
En regardant cette liste (vous pouvez la lire vous-même en 1 Samuel 10 : 23-26), on se demande comment Saül aurait pu ne pas être victorieux. C’était le combat pour lequel Saül était né. Bien qu’ayant l’avantage sur tous les plans, il a échoué lamentablement parce qu’il manquait de caractère. Saül était un homme du peuple et non un homme de Dieu. Le caractère, c’est ce qu’est une personne quand elle se retrouve seule dans le noir, allongée sur son lit. À quoi pense-telle quand le sommeil ne vient pas ? Prie-t-elle ? Ou bien est-ce qu’elle trame des intrigues ? Où son cœur la conduit-il ? Même si l’on n’est pas capable de lire dans les pensées de quelqu’un, son comportement révèle son véritable caractère. Le caractère se forge en secret et se révèle en temps de crise.
Le caractère de Saül et de David s’est manifesté aux yeux de tous sur le champ de bataille. Saül a échoué au test de caractère du fait de sa désobéissance à Dieu. Pendant ce temps, le caractère de David se forgeait alors qu’il assumait la responsabilité qui lui avait été confiée : veiller sur les brebis de son père. Personne ne savait ce que David faisait en secret lorsqu’il était avec les brebis. Ah, mais Dieu, lui, le savait ! Le problème de Saül était qu’il ne suivait pas les instructions claires et précises de Dieu. Un seul exemple suffira. Saül avait reçu pour ordre d’aller exterminer les Amalécites – tous sans exception : hommes, femmes, enfants, nouveau-nés, bœufs, moutons, chameaux et ânes. L’ordre était sans équivoque. Saül a obéi – à sa façon. Il a tué la plupart des Amalécites. Simplement, il a épargné le roi et les meilleurs animaux. Dieu a alors prononcé son jugement sur Saül par l’intermédiaire du prophète Samuel. Saül aurait pu se repentir, mais il s’est plutôt trouvé des excuses : « Mais le peuple a pris sur le butin les meilleures brebis et les meilleurs bœufs […] afin de les offrir en sacrifice à l’Éternel, ton Dieu » (1 Samuel 15 : 21). En réalité, ce n’était pas une excuse, mais un mensonge ! Le cœur de Saül est révélé par ses propres paroles : « l’Éternel ton Dieu ». L’Éternel est le Dieu de Samuel, mais pas celui de Saül.
Où est l’homme ?
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Le jugement de Dieu s’abat aussitôt : « Puisque tu as rejeté la parole de l’Éternel, il te rejette lui aussi comme roi » (1 Samuel 15 : 23). Sur le champ de bataille, Saül restait tapi dans sa tente parce qu’il n’était plus un homme de Dieu et qu’il le savait. « L’Esprit de l’Éternel se retira de Saül, et celui-ci fut tourmenté par un mauvais esprit envoyé par l’Éternel » (1 Samuel 16 : 14). Saül n’était donc pas en état de se battre contre le géant. Il savait au fond de son cœur que cela était vain. Mais la faiblesse de caractère de Saül était à l’image de la faiblesse de la nation. C’était le caractère d’Israël dans son ensemble qui déplaisait à Dieu. Israël avait donc terriblement besoin d’un homme de Dieu, pas d’un homme en froid avec Dieu. Le monde cherche constamment un homme ou une femme qui soit prêt à se lever et à être un vrai leader. Nous appelons de nos vœux un chef qui prenne les problèmes du monde à bras-le-corps et qui les résolve. Dans tant de pays, nous voyons les politiques faire d’audacieuses promesses, proposer des solutions… et inévitablement décevoir les masses. Nous avons toutes sortes de concours (on appelle cela la téléréalité) autour de la quête des survivants, des héros, du vrai homme ou de la vraie femme. Bien évidemment, aucun de ces gagnants, aucun de ces héros athlétiques, aucune de ces stars de cinéma ne procure au monde le salut auquel il aspire. Donnez-moi un homme ! Dieu a exaucé cette prière. Il a donné au monde cet homme, et le monde l’a crucifié. Dieu continue
d’exaucer cette prière en donnant au monde des personnes en qui Jésus habite. Tout chrétien, homme ou femme, peut être la réponse de Dieu au besoin du monde, car cette réponse, c’est Jésus, qui vit en ceux qui l’ont reçu. Si vous le laissez agir, il forgera votre caractère. Vous pourrez alors être un agent de Jésus pour notre monde à la dérive. Vous serez peut-être le seul témoin de Jésus qu’ils verront de toute leur vie.
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La question n’est pas de savoir quel impact cela aura. La vraie question est de savoir si vous êtes prêt à être l’instrument de Dieu. C’est à vous de choisir. En refusant de choisir, vous choisissez en fait de renier le Christ. Si vous choisissez d’être un homme ou une femme de Dieu, vous découvrirez sans doute que vous suivez le même chemin. Le monde a haï Jésus. Il ne faut donc pas s’étonner que le monde haïsse ses disciples. Êtes-vous prêt à relever le défi de suivre Jésus partout où il vous conduira ?
P o u r poursui v re la r éflexion De quelle manière révélez-vous Jésus à votre entourage (votre famille, vos voisins, vos collègues de travail) ?
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Chapitre
sept
Qui a peur du grand méchant géant ? « En entendant ces paroles du Philistin, Saül et tout Israël furent effrayés et remplis de peur. » (1 Samuel 17 : 11)
Saül avait raison d’être effrayé et rempli de peur : l’Esprit de Dieu s’était retiré de lui. Quant aux Israélites, ils avaient tout lieu d’être effrayés et remplis de peur, puisque leur énergie n’était pas canalisée dans la bonne direction. Ils ne prêtaient pas l’oreille aux bonnes paroles. Quand nous nous exposons en permanence au matraquage, il finit par nous paralyser et nous conduire au désespoir. En anglais, on définit parfois la peur (fear) par cet acronyme : « False Evidence Appearing Real », c’est-à-dire « de faux éléments qui paraissent réels ». Eh bien on peut dire que les éléments auxquels était confronté Israël étaient bien réels. Le géant mesure trois mètres ! Difficile de faire plus réel que ça. Cependant, il s’agit seulement d’une réalité physique. Israël ne voit pas ce qui se joue sur le plan spirituel. Il faut des yeux spirituels pour discerner le véritable combat.
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Sans audace, pas de couronne
Je ne me considère pas comme un pacifiste, mais j’observe çà et là combien il est facile de déclarer une guerre sans avoir conscience des conséquences que cela peut avoir. Nous choisissons donc notre camp sans prendre conscience des véritables enjeux. Certains lecteurs n’apprécieront pas cet exemple, mais lorsque les États-Unis ont envahi l’Iraq et renversé Saddam Hussein, quelqu’un a-t-il pensé au prix à payer par l’Église en Iraq ? Le fait est que l’Église a été dévastée et que les chrétiens se sont retrouvés totalement dispersés. Plus de 60 % des croyants d’Iraq ont été déplacés. Et que penser des événements appelés « les printemps arabes » ? En Tunisie, au Yémen, en Égypte et en Syrie, les peuples se sont soulevés contre des dirigeants autocratiques. Nous avons applaudi leur courage, mais que se passait-il derrière ces révolutions ? Quelles étaient les intentions du diable ? De quelle manière Dieu se servait-il de tout cela pour l’avancement de son royaume ? Que signifiaient ces événements pour l’Église de ces pays ? Voilà les questions que nous devrions nous poser. Voilà les enjeux qui devraient nous préoccuper dans nos prières. Alors que j’écris ces lignes, la Russie et la Chine pourraient bientôt former une nouvelle alliance militaire. Il y a eu des émeutes dans au moins une vingtaine de pays du MoyenOrient au sujet du film stupide L’Innocence des musulmans. Les États-Unis sont le théâtre d’une campagne présidentielle particulièrement violente. Les partisans de chaque camp s’inquiètent des conséquences d’une victoire du candidat adverse. Pendant ce temps, l’Union européenne vacille, s’interrogeant sur l’impact d’une défaillance de la Grèce ou de l’incapacité de l’Espagne ou de l’Italie à rembourser leur dette. Lorsque vous me lirez, les gros titres auront probablement changé, mais il y aura sans nul doute toutes sortes de raisons d’être inquiet. Quand on reste fixé sur la surface des problèmes, les actualités quotidiennes nous donnent d’innombrables raisons d’avoir peur.
Qui a peur du grand méchant géant ?
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Or, il faut se garder de toute action inspirée par la peur. Si nous avons recours à des F-16 pour larguer une bombe sur la tête de Goliath, cela résoudra-t-il le problème ? Non, nous aurons désormais un ennemi qui nous méprise. Et il cherchera à se venger. Nous vivrons dans la peur permanente. En fait, nos actions ne font que fortifier l’ennemi. Nous le constatons si souvent, et cela explique en grande partie pourquoi il y a tant de haine et de crises dans le monde. Il doit y avoir moyen de faire mieux. Il faut que quelqu’un se lève et nous ramène à Dieu. C’est le seul moyen de mettre un terme au cycle de la peur. Le problème d’Israël confronté à Goliath est que l’homme de Dieu n’est pas encore apparu. Israël est coincé dans un cycle infernal d’intimidation, de matraquage et de peur. Son roi espère un miracle, mais pas un miracle de Dieu, plutôt une nation plus forte qui vienne à sa rescousse. C’est l’attitude qu’ont les dirigeants du monde aujourd’hui. Ils recherchent un homme fort comme le président russe Vladimir Poutine. Ils essaient de faire alliance avec une puissance militaire comme les ÉtatsUnis ou la Chine. Mais pour pouvoir établir de tels accords, un dirigeant doit offrir quelque chose en retour. Or, Saül n’a rien à offrir. Il n’y a plus de concessions possibles. Saül est déjà vaincu. David n’était pas non plus prêt à faire la moindre concession. Il avait déjà remporté la victoire ! Il est temps de faire la connaissance du héros de notre. histoire.
P o u r poursui v re la r éflexion De quoi avez-vous peur ? Comment gérez-vous vos craintes ?
Frère André
sans audace, pas de couronne Vous hésitez ? Pas David. Il est venu, il a vu, il a vaincu. Pour la gloire de Dieu. Comme lui, nous sommes appelés à combattre des géants. À bannir le mot « impossible » de notre vocabulaire ! Il n’y a pas de difficultés infranchissables, ni de souffrances insurmontables. Nous sommes en guerre. Il n’est pas question de se relâcher ! Gardons les yeux fixés sur Dieu, et faisons face à l’épreuve avec courage ! Dans un style clair et percutant, Frère André apporte un éclairage contemporain à l’histoire de David et Goliath : comment devenir champion de Dieu en 38 courts chapitres, qui font écho à des situations concrètes de la vie chrétienne.
Frère André est le fondateur de Portes Ouvertes. Ce missionnaire néerlandais est passionnément engagé auprès des chrétiens persécutés, en particulier dans les pays communistes et le monde musulman. Il est l’auteur de plus d’une vingtaine de livres, dont « Le contrebandier », bestseller traduit en 30 langues. Il est marié et père de cinq enfants.
ISBN 978-2-36249-278-5
ISBN 978-2-9513368-4-1
9 782362 492785
9 782951 336841
s a n s a ud a ce , pa s de c o u r on n e
Vous faites face à un ennemi lourdement armé, deux fois plus grand que vous ; et ce colosse menaçant vous toise comme s’il pouvait vous écraser en un clin d’œil.
Frère André
sans audace, pas de couronne terrassez les géants d’aujourd’hui
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