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Amour révolutionnaire • Festo Kivengere

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Table des matières

Festo Kivengere Dorothy Smoker

Amour

Révolutionnaire

L’itinéraire d’un homme métamorphosé par l’amour de Dieu

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Amour rĂŠvolutionnaire


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Festo Kivengere Dorothy Smoker

amour

révolutionnaire L’itinéraire d’un homme métamorphosé par l’amour de Dieu

• • • BLF Europe • Rue de Maubeuge 59164 Marpent • France


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Édition originale publiée en langue anglaise sous le titre : Revolutionary Love Première édition © 1983 African Enterprise Deuxième édition © 2001 African Enterprise P. O. Box 727 • Monrovia • CA 91017 • USA Édition en langue française : Amour révolutionnaire • Festo Kivengere, avec Dorothy Smoker © 2007 BLF Europe • Rue de Maubeuge • 59164 Marpent • France Tous droits de traduction, de reproduction et d’adaptation réservés. Traduction : Annie Lisimaque Couverture et mise en page : BLF Europe • Rue de Maubeuge 59164 Marpent • France • www.blfeurope.com Imprimé dans l’Union européenne Les citations bibliques sont tirées de La Nouvelle Version Segond Révisée (Bible à la Colombe) © 1978 Société Biblique Française. Avec permission. 978-2-910246-30-3 978-2-36249-063-7 978-2-36249-064-4 978-2-36249-065-1

ISBN version brochée ISBN version PDF ISBN version Mobipocket ISBN version ePub

Dépôt légal 3e trimestre 2007 Index Dewey (CDD) : 269.2 Mots-clés : 1. Biographie 2. Réveil


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Table des matières Préface à la première édition par Roy Hession............. 9 Préface à la seconde édition par Michael Cassidy...... 12 Un mot sur African Enterprise..................................... 17 Avant-propos de l’auteur............................................. 19 Chapitre 1 L’amour pour ceux qui n’en sont pas dignes............... 23 Chapitre 2 L’amour, source de joie................................................ 37

Chapitre 3 L’amour réconcilie....................................................... 45

Chapitre 4 L’amour, le chemin le plus court.................................. 53 Chapitre 5 L’amour à vivre ensemble............................................ 63 Chapitre 6 L’amour sur le trône..................................................... 71 Chapitre 7 L’amour de retour au foyer.......................................... 85 Chapitre 8 L’amour ouvre des portes............................................. 97 Chapitre 9 L’amour triomphe dans la souffrance........................ 113


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Préface à la première édition par Roy Hession 1

Je suis ravi de recommander ce livre de mon ami et frère Festo Kivengere. Nous avons déjà eu l’occasion de faire équipe dans plusieurs parties du monde pour transmettre le message de la grâce. Je dois beaucoup à la vision transmise par le réveil en Afrique de l’Est – dont Festo provient –, et ne suis que trop heureux de pouvoir lui être associé de cette façon.

Le contenu de cet ouvrage est plus riche qu’il n’y paraît. Festo nous y livre à la fois son témoignage personnel et le message qu’il se plaît tant à transmettre. Il donne également au lecteur une nouvelle et magnifique perspective sur le réveil en Afrique de l’Est, auquel les chrétiens d’Occident s’intéressent de plus en plus. Bien sûr, le peuple de Dieu a toujours montré un vif intérêt pour l’action de Dieu au travers du réveil. Mais ce réveilci a particulièrement attiré l’attention des chrétiens par sa longévité : il dure en effet depuis plus de cinquante ans ! Commencé dans les années 1930, il s’est poursuivi sans faiblir jusqu’à aujourd’hui (1983), malgré les nombreux et sérieux défis qui l’ont accompagné.

Pourtant, peu ont compris et appliqué dans leur vie les leçons inhérentes à ce réveil. Cet ouvrage pourra leur Roy Hession (1908-1992), évangéliste anglais de renom, a écrit cette préface en 1983, du vivant de Festo Kivengere. Son expérience du réveil s’est inscrite dans le puissant mouvement de l’Esprit de Dieu qui a touché l’Afrique de l’Est. Roy Hession était un relais majeur du réveil au xxe siècle, principalement en Angleterre, en Afrique de l’Est et dans l’ouest de la France. Il est l’auteur de plusieurs livres dont Le Chemin du Calvaire, Nous voudrions voir Jésus et Mon chemin du Calvaire (son autobiographie). (N.D.E.)

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Amour révolutionnaire

apporter de l’aide, car il s’agit d’un témoignage personnel venant du « cœur de la mêlée », selon un terme emprunté au rugby. Parler des événements spectaculaires parfois associés au réveil est une chose ; savoir ce que Jésus est en train d’accomplir au sein de cette bousculade en est une autre, combien plus importante ! Et nous n’en saurons rien si personne n’en émerge, encore boueux et ensanglanté, pour nous dire ce qu’il y a vécu. Nous pourrons ensuite nous poser cette question essentielle : « Jésus est-il en train d’agir de la même façon en nous ? »

Eh bien, Festo est issu de cette mêlée du réveil. Il a été convaincu de péché et est entré dans la liberté en Jésus. Il a vécu cette nouveauté de vie dans la communion avec nos frères africains, et ce qu’il a à transmettre, c’est parmi eux qu’il l’a appris. Il est donc à même de raconter ce qui se passe au cœur du réveil. À vous maintenant de vouloir le découvrir !

Combien remarquable est la communauté au sein de laquelle Festo a trouvé le salut ! Tout a commencé par un homme qui a ramené huit vaches à l’oncle de Festo, un chef païen et sans pitié. Après avoir avoué qu’il les avait volées, l’homme lui expliqua pourquoi il les lui restituait : parce que Jésus l’avait sauvé ! « Jésus m’a donné la paix, précisa-t-il, et c’est lui qui m’a dit de ramener les vaches ». Dans nos assemblées, les conversions sont-elles habituellement suivies de ce genre d’effet ? Si seulement c’était le cas !

L’auteur nous fait part de bien d’autres leçons apprises avec ses nouveaux frères. Si nous choisissons d’emprunter ce même chemin fait d’ouverture et de brisement, nous recevrons avec une profondeur nouvelle la grâce de Dieu pour les pécheurs, et il nous arrivera de devoir confesser : « Nous n’étions encore jamais passés par là ».


Préface à la première édition

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Festo ne cherche pas à nous raconter de façon directe le réveil en Afrique de l’Est, ou à nous parler du réveil en général. En fait, ce mot est rarement mentionné. Il s’attache à rendre compte de sa relation avec Jésus et à mettre son message en pratique, en relatant simplement les choses telles qu’elles sont. Mais si vous en comprenez les implications et commencez à obéir au Seigneur, vous découvrirez que Dieu est déjà en train d’amener le réveil dans votre propre vie.

Je suis tellement heureux que les missionnaires et les leaders africains venus en Angleterre vers 1947 pour parler de leur expérience du réveil n’aient pas noyé le sujet sous des récits de signes, prodiges et autres événements spectaculaires ! Si content aussi qu’ils se soient limités à témoigner de la manière dont Dieu agissait dans leur vie ! Ils ont transmis le message si simple de la grâce de Dieu et du pouvoir du sang de Christ, fondement de tout le reste.

À l’époque, j’étais un évangéliste bien occupé, mais dans la défaite. Je faisais du surplace. Lorsque ces Africains ont décrit leur état intérieur d’avant le réveil, je me suis complètement reconnu. Il me fallait faire face à celui qui « est lumière et dans lequel il n’y a point de ténèbres ». J’ai découvert qu’à chaque fois que je répondais positivement à ce que la lumière de Dieu me révélait, et que je persévérais dans cette voie, « le sang de Jésus-Christ, son Fils, » me purifiait « de tout péché » et me rendait libre. Puisse ce livre avoir le même impact sur nombre de ses lecteurs !

Roy Hession, janvier 1983. Hereford, Angleterre


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Préface à la seconde édition

par Michael Cassidy, fondateur et leader de l’équipe internationale de African Enterprise

C’est un immense privilège de rédiger une préface à l’excellent petit volume, si simple et stimulant, de mon collègue et ami, l’évêque anglican 2 Festo Kivengere. Il me semble quelque peu étrange de parler d’un livre écrit par un partenaire dans le ministère, qui est déjà parti rejoindre le Seigneur. Mais Festo est en quelque sorte toujours vivant de maintes façons dans notre travail au sein de African Enterprise, dont il a partagé la direction avec moi pendant tant d’années.

Ma toute première rencontre avec ce grand homme de Dieu remonte au temps où j’étais encore étudiant à l’école biblique. Festo y était venu avec William Nagenda, et ces deux brillants porte-parole du réveil en Afrique de l’Est nous ont lancé un puissant défi en parlant des « petits renards qui ravagent les vignes » (Cantique des cantiques 2 : 15). Ce genre de message était typique de Festo, parce que William et lui s’inquiétaient toujours de ces petits riens qui court-circuitent la puissance de Dieu et la grâce de Christ dans la vie des croyants. Ils y étaient attentifs aussi bien au niveau personnel qu’en tant que partenaires du réveil en Afrique de l’Est.

Festo était un homme prompt à régler les choses avec le Seigneur. Il cherchait à vivre tous les détails de sa propre vie dans une grande intégrité devant son Dieu. J’ai pu en être un proche témoin quand nous voyagions ensemble pour exercer le ministère dans différentes parties du monde s’éti-

L’Église anglicane est une église protestante dans laquelle existe une hiérarchie. (N.D.E.)

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Préface à la seconde édition

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rant de l’Amérique du Nord et du Sud, à l’Afrique, Israël, l’Australie et l’Égypte. J’ai donc souvent entendu la prédication et l’enseignement de ce frère, l’un des plus grands orateurs de l’Évangile que l’Afrique ait jamais engendré.

Alors que je travaillais avec lui toutes ces années, j’ai entendu nombre des messages qu’on retrouve dans ce petit ouvrage. Festo avait pour habitude de partager son témoignage personnel et de raconter les anecdotes de la vie. Il n’était pas un théoricien, et la matière de ses prédications était constamment tirée de sa marche personnelle et quotidienne avec Dieu. C’est ainsi qu’il nous a laissé ces éclairages puissants, simples et parfois bouleversants sur le réveil en Afrique de l’Est. Ce livre en est rempli.

Je me souviens m’être rendu avec Festo au Nigeria à une conférence sur l’évangélisation pendant laquelle il raconta l’histoire du réveil en Afrique de l’Est, et la façon dont celui-ci était né. C’est l’un des messages les plus puissants que j’aie jamais entendu de ma vie. Il a eu un puissant impact sur chaque personne présente. Pourquoi ? Eh bien, tout simplement parce que Festo parlait de cet amour révolutionnaire dont ces pages sont pleines, et qui prend racine au Calvaire. Cet amour coulant de la croix le remplissait alors qu’il fuyait le président Idi Amin Dada 3, après que ce dernier eut assassiné Janani Luwum, l’archevêque de l’église anglicane en Ouganda, et président du Idi Amin Dada Oumee (1924-2003), militaire et chef d’État ougandais de 1971 à 1979. Dictateur paranoïaque, violent et sanguinaire, il dévasta le pays par la terreur et causa la mort de plusieurs centaines de milliers de personnes.. Le tyran éliminait les opposants, les intellectuels et les gens d’église et favorisait les rivalités et les purges ethniques. Se proclamant musulman, il persécutait les chrétiens. Ceux-ci, par la voix de l’archevêque anglican Janani Luwum, protestèrent contre le terrorisme d’État en 1977. Amin Dada assassina Luwum peu de temps après. En 1979, le régime déjà vacillant d’Amin Dada fut renversé. (N.D.E.)

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Amour révolutionnaire

Conseil local de African Enterprise. Festo était alors en tête de la liste noire du dictateur. Après s’être échappé en traversant, avec son épouse Mera, les forêts ougandaises pour rejoindre les collines du Rwanda, Festo se rendit en Angleterre. Ce fut là, un vendredi saint, à l’église de All Souls à Langham Place, que les paroles de Jésus sur la croix résonnèrent de façon particulière en lui : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font ». Il eut l’impression que le Sauveur lui demandait : « Penses-tu que j’aurais refusé de pardonner au dictateur Idi Amin si, comme les soldats, il avait planté les clous dans mes mains ce premier vendredi saint ? » Festo devait accepter l’idée que Jésus aurait accordé son pardon au dictateur, oui, même à lui, tellement son amour est absolu.

À cette période, l’esprit de Festo était en train de s’aigrir contre Amin et ce qui se passait en Ouganda. Mais une fois encore, il accepta le défi lancé de la croix par cet amour qui bouleverse tout, grâce à la puissance du Saint-Esprit et au sang de Christ. Et une fois de plus, il en fut changé, car il se laissait toujours transformer par l’Évangile. Il renonça à l’esclavage du ressentiment et s’adonna à la glorieuse liberté d’annoncer l’amour de Dieu en Jésus-Christ. C’est à ce moment-là qu’il a écrit son petit livre J’aime Idi Amin, ouvrage qui a intrigué un très grand nombre de gens, et particulièrement des journalistes du monde entier. Comment peut-on aimer un homme comme Amin ? Festo se donnait toujours la peine d’expliquer qu’aimer de cette façon ne voulait pas nécessairement dire qu’on appréciait les personnes, ni qu’on approuvait leurs actions. Mais cela signifiait qu’au nom de Jésus-Christ, on désirait le meilleur pour elles. C’est là l’essence de cette révolution d’amour.


Préface à la seconde édition

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À ce moment-là, Festo s’attachait – comme il le fit tout au long de son ministère – à présenter aux gens le véritable message de l’Évangile, celui de la grâce d’un Dieu bon envers des gens mauvais. Il annonçait que le sang de Christ versé pour nous avait un tel pouvoir de purification qu’aucun péché n’était trop grand pour être couvert ni être inclus dans son offre de pardon.

Festo croyait, et cela transparaît puissamment dans ces pages, qu’il ne nous est pas possible d’avoir une réelle communion entre croyants, à moins de venir individuellement et de façon constante devant la croix. Là, nous recevons la grâce, nous nous laissons laver dans le sang de Christ, et nous marchons « dans la lumière » comme en parle Jean dans sa première épître.

Cette lettre est la clé de la véritable communion au sein du Corps de Christ. C’est pourquoi Festo pouvait voir en moi, chrétien blanc d’Afrique du Sud, produit de ce pays où régnait l’affreux apartheid, son « frère miracle ». Il avait l’habitude de dire : « Michael est venu au Christ tout comme moi, alors il faut bien que je le supporte ! » Cela faisait toujours sourire les autres, mais j’en étais chaque fois béni.

Au cours de nos tournées de prédications communes, certains nous appelaient, moi, « le lait », et lui, « le chocolat » de l’Évangile. Nous faisions en effet passer de la part de Jésus un message « chocolat au lait » dans un monde et un continent déchirés par les luttes raciales et tribales.

Nous avons encore tellement besoin aujourd’hui de cette vision et de ce souci d’unité et de communion, nous qui cherchons toujours à recevoir et manifester cet amour révolutionnaire ! Cet amour, présent au cœur de la vie de


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Amour révolutionnaire

Festo, vous allez le découvrir dans ces pages. Alors attachez vos ceintures, et soyez bénis par ce voyage nous menant du Calvaire à la Résurrection et à la Pentecôte. Michael Cassidy, mai 2001. Pietermaritzburg, Afrique du Sud


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Un mot sur African Enterprise African Enterprise est un groupe d’hommes et de femmes issus de nombreuses dénominations, races, tribus et nations différentes. Ce qui les unit dans le ministère, c’est leur profond amour de Jésus-Christ et leur désir de le faire connaître à d’autres.

Ils cherchent en tout premier lieu à servir l’Église en Afrique. Ils disposent de cinq équipes, basées sur ce continent, qui se rendent aux invitations des églises africaines locales ou des groupes d’églises. Ces équipes les assistent dans le domaine de l’évangélisation tout en les aidant aussi à répondre aux besoins humains les plus urgents.

Comme ce ministère passe entièrement par l’église locale, cela permet aux Africains d’agir concrètement pour d’autres Africains, au nom du Seigneur. Ainsi African Enterprise – tout en n’ayant à supporter qu’un minimum de frais d’administration – peut toucher de manière significative la vie de milliers d’hommes, femmes et enfants dans plus de trente pays d’Afrique.

African Enterprise a été fondée en 1962 par Michel Cassidy, natif d’Afrique du Sud, alors qu’il étudiait la théologie dans un collège aux États-Unis. Il dirige aujourd’hui les deux équipes basées en Afrique du Sud et au Zimbabwe.

En 1970, Festo Kivengere, un évangéliste d’Afrique de l’Est dont l’impact spirituel s’étendait déjà à de nombreux pays, fonda les trois équipes d’African Enterprise situées en Ouganda, au Kenya et en Tanzanie.


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Amour révolutionnaire

Aujourd’hui, en 1983, le ministère n’est en rien limité à l’Afrique. Les équipes parcourent le monde entier. Devant un nombre grandissant de publics réceptifs, elles partagent la bonne nouvelle de l’amour de Dieu et annoncent combien Christ accomplit une œuvre passionnante en Afrique de nos jours.

Partout où elles servent le Seigneur, des réconciliations ont lieu. Par la puissance du Saint-Esprit, hommes et femmes font la paix avec Dieu… pour ensuite se réconcilier les uns avec les autres en découvrant ensemble qu’ils sont uns en Jésus-Christ. African Enterprise est administrée par un Conseil international de délégués venant de dix pays de par le monde. African Enterprise. P. O. Box 727 • Monrovia CA 91017 • USA info@aeusa.org www.africanenterprise.org


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Avant-propos de l’auteur Le titre de ce petit ouvrage, Amour révolutionnaire, peut paraître étrange à beaucoup de lecteurs, qu’ils soient chrétiens ou non. La raison en est peut-être la juxtaposition inhabituelle de deux mots qui paraîtraient à la plupart d’entre nous impliquer un point de rupture et indiquer des directions opposées !

La révolution a une connotation négative de violence, de destruction et de bouleversement fanatique de tout ce qui est bon et des valeurs établies dans la vie. Il laisse les gens déchirés, vides et misérables.

L’amour a la connotation positive d’être inoffensif et stabilisant, compagnon d’un esprit de contentement. Il est le gardien et garant de l’héritage du passé, le protecteur de ce qui rend la vie agréable au moment présent. L’amour, dans ce sens-là, s’oppose directement aux facteurs perturbateurs perçus dans le terme de révolution, qui menace ce qui appartient au présent. Un amour de cette sorte va utiliser tous les moyens disponibles pour combattre l’avenir dans cette vision nouvelle de la vie, qu’il s’agisse de renouveau spirituel, de progrès social, de changement politique ou économique. Mais le véritable amour révolutionne nos vies. L’amour existant entre deux personnes va toujours les transformer. L’amour de l’art est source de bouleversement chez l’artiste. L’amour de la nation apporte une transformation chez le citoyen. Et, bien loin au-dessus de toutes ces passions qui changent les gens en profondeur,


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Amour révolutionnaire

il y a l’amour de Christ, qui apporte dans les vies la révolution la plus radicale.

Un certain fanatique religieux bien connu, qui n’hésitait pas à torturer et à exécuter ceux qu’il considérait comme un danger pour les traditions établies et la sécurité qu’elles offraient – un dénommé Saul – a rencontré Jésus sur la route de Damas. Ce fut une rencontre foudroyante entre deux révolutionnaires. Chacun cherchait à transformer : Saul par la haine et Jésus par l’amour.

Ce jour-là, l’amour de Jésus a envahi Saul dans son être entier. Vague après vague, l’amour bouleversant de Jésus l’a inondé, réchauffé, lui a redonné une sensibilité et attendri son cœur dur. Cet amour a transformé de fond en comble ses valeurs et les fondements de son système de pensée. Le résultat final se trouve résumé d’une façon poignante par les propres paroles de Paul en 2 Corinthiens 5 : 14-17 que l’on pourrait paraphraser ainsi : « L’amour de Christ ne me laisse pas le choix (car il a déjà révolutionné la vie de mon esprit, mes pensées, mes paroles et mes actes !) […] Car lorsque quelqu’un est en Christ, il (elle) est une personne totalement nouvelle (ayant vécu une révolution intérieure) ». Il ne s’agit pas de quelqu’un qui a évolué ou été réformé, mais d’une nouvelle créature !

L’Afrique a désespérément besoin de cet amour révolutionnaire provenant de Jésus afin d’établir des relations radicalement nouvelles entre clans, tribus, nations, races, partis et idéologies politiques. C’est la seule chose qui puisse apporter un remède à l’exploitation au niveau économique, à la corruption sans frein, aux lois injustes et à l’hostilité entre dénominations différentes. Quand Christ m’a rencontré il y a quarante ans, j’ai dû échanger tout l’arsenal de mes valeurs personnelles pour d’autres,


Avant-propos de l’auteur

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toutes neuves, et ce transfert continue encore aujourd’hui, à un niveau plus profond.

Sur la croix du Calvaire – à la vue mais aussi pour le bénéfice de tous – Dieu, par le Christ, a déversé son amour. C’était la seule « Opération Espoir » possible pour sauver cette race humaine en morceaux, mais pourtant aimée.

Je prie qu’au travers des messages que je partage dans ce livre, vous puissiez – par la puissance du SaintEsprit – vous ouvrir à cet amour de Jésus qui bouleverse tout, et expérimenter une transformation radicale des fondements de votre vie. Que son œuvre s’accomplisse en vous et à travers vous ! Festo Kivengere


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CHAPITRE 1

L’amour pour ceux qui n’en sont pas dignes

• • • Quel choc quand je suis rentré chez moi ! J’étais tellement impatient d’arriver que je n’avais fait aucun cas de la poussière et des cahots accumulés au cours du long trajet. Je n’étais donc absolument pas préparé à la situation que j’allais rencontrer quand le vieux camion qui m’amenait entra dans Rukungiri, ma ville natale, à l’ouest de l’Ouganda.

C’était en 1939. J’avais dix-neuf ans et j’étais de retour alors que l’encre séchait à peine sur mon diplôme d’enseignant. On m’avait assigné un premier poste ici même, dans cette école de garçons que j’avais moi-même fréquentée. Cela me plaisait. Au moins, ce serait un début et j’aurais de l’argent en poche.

La première mauvaise surprise survint quand notre véhicule atteignit la place du marché. Une foule s’était assemblée autour de quelques personnes qui osaient chanter des cantiques en public ! Imaginez ce refrain flottant au-dessus des fruits et des légumes : « Au pied de la


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Amour révolutionnaire

croix où mon Sauveur est mort… » C’était à mes yeux du fanatisme pur et simple.

Le directeur m’attendait en ville, et j’en étais reconnaissant. Mais certains membres de ma famille étaient là aussi. Ma nièce préférée se jeta à mon cou et s’écria : « Tonton Festo, bienvenue à la maison ! J’aime Jésus maintenant. Toi aussi ? » Je grommelai quelque chose et changeai de sujet. En tant qu’agnostique, j’étais plutôt scandalisé.

Au fil des jours, je découvris que la situation était pire que je ne le pensais. Les gens, jeunes et vieux, se trouvaient pris dans une sorte de frénésie religieuse, et faisaient des choses ridicules. Nombre d’entre eux avaient été pendant des années de bons pratiquants, mais ce qui arrivait était du jamais vu. Ils parlaient de Jésus dans toutes sortes d’endroits, et on ne savait jamais quand ils allaient se mettre à chanter. C’était contagieux, et cette exaltation se répandait comme une maladie. Nous, les « seuls jeunes à y voir clair », éprouvions de la colère. Nous affirmions que les gens des églises devaient se limiter à chanter dans leurs propres bâtiments, et non n’importe où sur les voies publiques et les marchés. Les femmes louaient Jésus en allant puiser de l’eau. Comme c’était déplacé !

Il arrivait qu’en allant chez un ami, on trouvât des voisins, assis en cercle, en train de chanter et de discuter dans la cour. Si on essayait de passer inaperçu, on se faisait héler. Les gens convenables ne savaient plus où se cacher.

Le frère de ma mère, le principal chef de notre district, était heureusement endurci contre ce genre de choses. C’était un bon chef, sélectionné par le gouvernement


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britannique comme le plus grand ami du progrès parmi les fils de l’ancien chef, mon grand-père. Il avait pour politique d’être un ardent supporter à la fois de l’église et des écoles introduites par les missionnaires britanniques. Quand ma mère, alors veuve, m’avait envoyé vers lui, j’avais vécu sur le vaste terrain qui lui appartenait, tout en fréquentant l’école voisine. Il ne tolérait jamais aucun retard à la prière, aucune absence aux offices religieux. Mais cette fois, mon oncle affirma : « Cette nouvelle sorte de religion est dangereuse. Elle envahit la vie privée, et n’en laisse rien ».

Le chef dut prendre en considération d’autres aspects tout aussi troublants. Ces femmes qui étaient « sauvées » ne se couvraient plus le visage devant les hommes, et, de plus, elles parlaient en public comme si elles étaient affranchies des traditions ancestrales. Pire encore, ces extrémistes refusaient la coutume qui établissait une séparation entre notre tribu et celle des Iru. En fait, ils prenaient des repas ensemble, brisant ainsi des tabous datant de centaines d’années ! De bien d’autres manières encore, ils choisissaient d’ignorer les désirs de nos ancêtres vénérés, et risquaient par conséquent d’attirer sur nous une calamité, et de mettre le pays entier en danger. Les gens qui allaient à l’église auparavant n’avaient jamais fait de telles choses. Comme les autres, ils avaient pris soin de ne pas offenser les esprits des ancêtres. Mon oncle, en tant que chef, sentit qu’il lui fallait agir. Il dit à ses hommes qu’ils avaient le droit de rosser ceux qui disaient avoir été « sauvés ». Certains subirent une sévère correction.

Les coups ne les firent pas changer, et les résultats furent parfois à l’opposé de ce à quoi mon oncle vou-


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lait arriver. Un officier de la cour avait roué de coups un homme parce qu’il avait parlé de Jésus en public. Mais une fois rentré chez lui, l’agresseur n’arriva pas à dormir. Au matin, il était en pleurs et partit rejoindre les fanatiques. Exaspéré, mon oncle changea les ordres : « Ne les battez plus. C’est dangereux. Vous risqueriez de devenir comme eux ».

Un jour, il fit arrêter sous un prétexte quelconque vingt des chrétiens les plus engagés et les envoya sous bonne garde à l’état-major anglais pour y être jugés. L’Ouganda était sous protectorat britannique en ce temps-là. Les prisonniers et leurs gardiens durent faire deux jours de marche pour s’y rendre. Tout le long du chemin, les premiers chantaient et racontaient aux officiers ce que Jésus avait fait pour eux.

La première nuit, quand ils campèrent et s’assirent autour du feu, l’un des gardes vint à Jésus. Plus tard, quand le commissaire de district relâcha les prisonniers, ils s’en allèrent en chantant, et suscitèrent toute une troupe de disciples sur le chemin du retour. Le gardien converti vint faire son rapport à notre chef, et y inclut son témoignage. Vous pouvez imaginer combien mon oncle était contrarié. Personne n’était plus à l’abri !

J’avais mes propres ennuis. L’école dans laquelle j’enseignais appartenait à une mission, et on s’attendait à ce que je fréquente l’église locale. Cela ne m’aurait pas posé de problème si les orateurs et prédicateurs invités n’avaient pas tous fait partie de ces fanatiques. Ce qu’ils disaient prenait toujours une tournure dangereusement personnelle. Nous étions constamment bombardés de discours sur la croix. Ils se débrouillaient toujours pour aborder des sujets déroutants, même quand ils débutaient avec une histoire parfaitement innocente comme celle


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d’Adam et Ève. Je souriais à l’idée de ces deux-là sautant par-dessus la barrière de Dieu pour aller élargir leur horizon. Mais on nous parlait ensuite, immanquablement, de « la voix de l’Éternel Dieu qui parcourait le jardin avec la brise du soir » (Gen. 3 : 8). Pourquoi supposait-on que Dieu était attristé et voulait les ramener de l’autre côté de la barrière ? Et pour quelle raison la croix en avait-elle été la conséquence inévitable ? Quel rapport y avait-il ? C’était oppressant.

Ils prêchaient sur Caïn, et j’éprouvais de la sympathie pour lui. Au moins, on avait là un gars indépendant ! Je me disais : « Qui veut être le gardien de son frère, de toute façon ? » Je trouvais injuste l’isolement et le bannissement dont il était victime, et m’irritais de l’analyse que les prédicateurs en faisaient.

Il y avait quelqu’un avec qui je pouvais facilement m’identifier dans le Nouveau Testament. Il s’agissait du fils prodigue, qui avait dit quelque chose comme : « Père, je m’ennuie à mourir ! J’en ai plus qu’assez de cette maison. C’est la même chose tous les jours. Je veux être libre, et me découvrir moi-même. Je veux devenir un vrai homme. Papa, je veux vivre ! Donne-moi juste ce qui m’appartient – ce qui me reviendrait si tu étais mort – et je partirai ». Je pouvais rêver tout éveillé à la joie qu’il avait eue de dépenser l’argent sans frein avec ses amis, dans la ville de tous les plaisirs. Mais j’ai préféré me glisser hors de l’église quand ils ont commencé à parler de la disparition de l’argent et des amis, et du père qui attendait son retour.

En fait, je savais bien ce que pouvait ressentir un jeune homme en colère, un jeune las, souffrant de soli-


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tude, et qui trouvait la vie de plus en plus ingérable et remplie de confusion. Je m’enfuyais le plus loin possible de ce Jésus dont ils parlaient, déterminé que j’étais à ne jamais me soumettre à lui ni à personne, en dehors de moi-même.

J’étais le genre d’agnostique qui n’éprouve pas d’intérêt à essayer de prouver qu’il y a un Dieu. Quand j’étais plus jeune, en pensionnat à Kabale, je m’étais joint à ces gens qui se disaient « sauvés ». J’avais fait certaines professions de foi au moment où les autres en faisaient aussi, et ça m’avait fait du bien pendant un temps. Mais quand ils m’avaient dit que Dieu demandait de moi quelque chose de difficile, je m’étais révolté. Depuis lors, je l’avais ignoré et j’ai fini par dire qu’il n’existait pas. Je désirais être libre. Quand on connaît la vérité et que l’on se rebelle contre elle, on devient étrangement endurci.

Assis aux côtés de mon oncle, le chef, je pouvais totalement compatir à son dilemme. Cependant, ni l’un ni l’autre n’étions à même d’affirmer que ces gens étaient de purs charlatans. Prenons le sujet du bétail, par exemple.

Notre peuple vivait de l’élevage. Dans ma tribu, les vaches étaient notre raison de vivre. Dès l’âge de trois ans, je connaissais le nom de chacune des cent vingt vaches, taureaux et veaux de mon père. Certains hommes de ma connaissance se préoccupaient plus de leur bétail que de leurs enfants. C’est pourquoi beaucoup de ce qui se passa alors était difficile à croire. L’histoire qui suit illustre ce que nous vivions. Un jour, le chef avait réuni sa cour, et les anciens écoutaient avec attention ses paroles de sagesse, quand arriva un homme bien connu pour être païen et posséder


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de grands troupeaux. Ses serviteurs amenaient huit belles vaches que tous les anciens admirèrent. Le riche éleveur salua tout le monde, puis déclara : – Votre honneur, je suis venu pour une affaire.

– Très bien, répondit le chef. Et pourquoi ces vaches sont-elles là ?

– Excellence, ce sont les vôtres. Je vous les ai ramenées. – Les miennes ! Que veux-tu dire ?

– Eh bien, du temps où je surveillais vos bêtes, j’en ai volé quatre tout en vous racontant qu’elles nous avaient été volées. Je viens vous les rendre, avec quatre en plus. – Qui a découvert le vol ?

– C’est Jésus, Excellence. Il m’a donné la paix, et m’a dit de vous les ramener.

Il y eut un silence de mort, et pas un seul rire. Tout le monde était sous le choc. Mon oncle remarquait la joie de cet homme, et tous savaient que son geste était chose impossible à un membre de notre tribu.

– Vous pouvez me mettre en prison, ou me faire battre. Je le mérite. Mais je suis en paix et un homme libre pour la première fois de ma vie.

– Mmm ! dit mon oncle. Si Dieu a fait ça pour toi, qui suis-je pour te mettre en prison ? Laisse le troupeau et rentre chez toi.

Un ou deux jours après, quand je vis mon oncle, je lui dis :

– J’ai appris que tu as reçu huit bonnes vaches gratuitement.


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Amour révolutionnaire

– Oui, c’est vrai.

– Ça doit te faire plaisir.

– Si tu savais ! Depuis que cet homme est venu, je ne peux plus dormir. Si je voulais posséder la même paix que la sienne, je devrais rendre une centaine de vaches !

Mon oncle continuait à résister, et moi aussi. Néanmoins, nous admettions qu’un pouvoir que nous ne connaissions pas était à l’œuvre dans notre tribu, et nous essayions d’imaginer quelques explications plausibles.

J’avais de la haine pour Dieu, car la conscience de sa présence me troublait continuellement. Je fuyais tout ce qui avait trait à l’église, la Bible et le clergé. Je voulais esquiver toute cette histoire d’être « saint ». Je voulais simplement gérer mes propres affaires. Ma vie tournait autour d’elle-même comme une toupie. Cette dernière est pourvue d’une grosse tête et d’une petite base, de façon à ne pouvoir tenir debout que si elle tourne, et tourne encore, sans jamais s’arrêter. Si elle ralentit, elle bascule sur le côté. Pour que ça marche, il faut que ça tourne. Ma spirale à moi était du genre : travail – loisirs – repas – boissons – sommeil – travail – loisirs – repas – boissons, et ainsi de suite. Et ce cycle revenait sans cesse. Plus ma vie devenait monotone, plus j’en accélérais le rythme. Je pensais que mon existence serait ainsi plus animée. Mais je me rendais compte qu’il n’était pas facile de vivre sans objectif.

Malgré mon désir de les repousser, mes péchés venaient assombrir et menacer mon horizon. La culpabilité me poursuivait comme un chien poursuit sa proie. J’étais jeune, mais mal à l’aise, intérieurement en morceaux et victime d’une perpétuelle guerre civile qui faisait rage


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en moi. C’était sûr, je courais tête baissée vers l’autodestruction.

À dix-neuf ans, j’envisageai de mettre fin à mes jours, non à cause de problèmes de santé, de travail ou de manque d’amis avec qui sortir, mais parce que je n’avais aucun but. Je ressentais un vide intérieur, et la vie me semblait faite de solitude et d’insécurité. J’étais continuellement hanté par une impression d’incertitude. Ce qui m’est arrivé à cette époque provenait peutêtre de ce que j’étais au bout du rouleau et proche du suicide. J’avais l’impression d’être en train de me noyer. Mais en réalité, j’étais plutôt en train de faire mes premières tentatives pour apprendre à nager.

À proximité du premier internat où j’ai enseigné coulait une rivière profonde. La plupart des garçons savaient nager, mais moi, je n’avais jamais appris. Je les regardais sauter dans le courant, petits et grands, en criant et s’amusant beaucoup.

Je marmonnai : « Certains de ces gars ne sont même pas aussi grands que moi, et ils peuvent jouer dans la rivière. Ils peuvent garder la tête hors de l’eau, alors pourquoi pas moi ? J’ai les mêmes bras et les mêmes jambes qu’eux, alors pourquoi ne pas essayer ? » J’enlevai donc ma chemise, et sautai dans l’eau.

Nul besoin de vous raconter ce qui s’est passé ensuite. Je coulai comme une pierre ! Mes bras brassaient l’eau, mais mes jambes ne répondaient pas. Je coulai à nouveau, refis surface, et bus plusieurs fois la tasse.

Les garçons étant ce qu’ils sont, ceux qui observaient depuis la berge applaudissaient et riaient, se divertissant beaucoup de voir ce nouveau copain se noyer. Ils n’intervinrent pas tant que je me débattais, ils restèrent specta-


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teurs jusqu’à ce que les forces me manquent. C’est alors qu’un grand gars plongea et nagea vers moi. Au moment où il m’atteignit, j’avais déjà perdu toute capacité de m’en sortir par moi-même. J’étais arrivé au stade où l’on pouvait me sauver. Il étendit la main, m’attrapa, et nagea jusqu’au rivage.

Peut-être que celui auquel j’essayais tant d’échapper avait vu que j’étais maintenant accessible. C’est pourquoi il organisa pour moi un rendez-vous divin, tout en inspirant quelques personnes à prier.

Ma sœur et ma nièce, qui avaient douze et quatorze ans, habitaient avec moi et allaient à l’école des filles. Elles s’inquiétaient de ce que, bien qu’instituteur, j’étais « perdu », et je les entendais parfois prier pour moi. Je ne leur rendais pas la tâche facile, parce que je prenais tout à la légère, et étais imbu de moi-même.

J’allai à l’église un dimanche matin. Le culte était très animé. Après le premier chant, des jeunes donnèrent leur témoignage, et des gens se convertirent avant même que le prédicateur commence à parler. Comme d’habitude, j’étais assis tout derrière, près de la porte, au cas où les choses se mettraient à chauffer un peu trop avant la fin.

Et qui demanda alors la permission de parler ? Ma nièce ! « J’aimerais que vous louiez Dieu. Le diable a essayé de me faire peur pour m’empêcher de raconter ce que le Seigneur a fait pour nous, expliqua-t-elle. Mais vendredi soir, le Père nous a donné l’assurance qu’il avait répondu à nos prières pour Festo. C’est lui qui est assis dans le coin là-bas, et nous savons qu’il va revenir à Dieu aujourd’hui même ! »


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Je me levai et me précipitai dehors, dans une rage folle. Je passai la journée à boire sec chez mon oncle, avec l’intention de créer des ennuis à cette fille assez écervelée pour prendre la liberté de parler de moi en public de cette façon.

Plus tard dans l’après-midi, je pédalais en titubant quelque peu pour rentrer chez moi, quand je vis un de mes amis venir vers moi à bicyclette sur la route poussiéreuse. Il avait l’air de planer. Il était enseignant comme moi, et je savais très bien qu’habituellement son visage n’était pas illuminé comme ça. J’en fus surpris. Il s’arrêta près de moi, et s’écria, hors d’haleine :

– Festo ! Il y a trois heures que Jésus est devenu une réalité dans ma vie ! J’ai reçu le pardon de mes péchés !

Il n’avait jamais manifesté aucun enthousiasme pour Jésus auparavant. Mais il continua, en s’écriant avec sincérité : – S’il te plaît, mon ami, je te demande de me pardonner…

Et il précisa trois points spécifiques liés à des choses un peu douteuses que nous avions faites ensemble.

– Je suis désolé, Festo, je ne veux plus vivre de cette manière. Ce que Jésus m’a donné est tellement mieux ! À plus ! Il s’en alla en sifflant à tue-tête, me laissant là sur la route, bouche bée. Si seulement il était resté pour que j’aie le temps de riposter… Même pas !

La joie qu’il avait me confondait. Ses paroles, la façon dont il les prononçait, me secouaient jusqu’à la moelle. J’avais l’impression de n’être qu’une ombre, car je voyais en mon camarade la réalité que j’avais laissé


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échapper. Je rentrai chez moi, misérable et avec une terrible impression de vide.

Ayant regagné ma chambre, je m’agenouillai près du lit, cherchant désespérément les mots pour parler à celui en qui je ne croyais plus. Finalement, je m’écriai : « Dieu ! Si jamais tu es là, comme le prétend mon ami, vois comme je suis malheureux. Si tu peux faire quoi que ce soit pour moi, fais-le tout de suite. Si je ne suis pas déjà allé trop loin… Aide-moi ! »

Ce qui arriva alors dans cette pièce… ! Les cieux s’ouvrirent : Jésus se tenait devant moi. Il était là, bien réel, et crucifié pour moi. Son corps brisé était pendu sur la croix, et soudain je sus que ma propre méchanceté avait cloué le Prince de la vie sur le bois. J’étais ébranlé. Toute la misère enfouie en moi jusqu’alors me submergea. En pleurs, je me dis que j’irais droit en enfer. S’il m’avait commandé : « Vas-y ! », je n’aurais pas protesté. Je pensais même qu’il aurait été en quelque sorte de son devoir de m’y jeter.

C’est alors que je vis ses yeux, remplis d’un amour infini, regarder droit dans les miens. Était-ce bien lui qui me disait distinctement : « Festo, ceci est la dimension de mon amour pour toi ! » ?

Je secouai la tête, incrédule, et lançai : « Mais non, je suis ton ennemi. Je suis rebelle. J’ai haï ton peuple. Comment pourrais-tu m’aimer à ce point ? »

Même aujourd’hui, je ne connais pas la réponse à cette question. Il n’y a rien en moi qui mérite son amour. Mais ce jour-là, je me retrouvai étroitement serré dans les bras du Père. J’étais en loques et apeuré, tout comme le fils prodigue qui était parti au loin et s’était retrouvé au bout du rouleau. Mais pourquoi le Père, qui est saint,


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courrait-il au-devant de moi pour me presser, moi, contre son cœur ? J’étais souillé et désespéré, et j’avais dit et fait tant de choses contre lui !

Cet amour totalement inattendu remplit ma chambre, et me convainquit. Dieu seul est capable d’aimer et de saisir dans ses bras puissants ceux qui n’en sont pas dignes. Malgré ce que j’étais, je savais que j’étais accepté et devenu fils du Père. Ce que Jésus avait fait à la croix, c’était pour moi !

Depuis ce jour, cette croix a été le centre de mes pensées, et le Seigneur Jésus celui qui m’a rendu capable de rester fidèle à cette décision. Je voudrais partager ciaprès ce qu’il a accompli pour moi et ce qu’il fera pour vous au travers de l’amour du Christ au Calvaire.


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CHAPITRE 2

L’amour, source de joie

• • • Quand j’ai rencontré Jésus cet après-midi-là, j’ai été totalement surpris par ce que je sais maintenant être l’effusion du Saint-Esprit. Il était venu mettre le Roi ressuscité sur le trône de mon cœur. Il m’inondait de l’amour de Dieu et d’une joie qu’il n’était pas possible de réprimer. Je me suis mis à sauter et à crier là, dans ma petite chambre.

Il n’y avait personne sur place, et j’avais besoin d’en parler à quelqu’un, alors je me précipitai dans la rue et hélai la première personne qui passait par là, en m’écriant : « Jésus est venu dans ma vie ! Je suis pardonné ! »

Il s’agissait d’une chrétienne, membre de l’église, mais elle pensa peut-être que je me moquais, comme à mon habitude, car elle continua son chemin en hochant la tête.

Il me fallait trouver quelqu’un d’autre, alors je courus à l’église. Le peuple de Dieu était encore là, en fait depuis le culte du matin, car ils avaient fait les uns après les autres une rencontre avec Jésus ce même jour. Cela arrivait fréquemment en Ouganda à cette époque-là.


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En faisant irruption, tout excité, je leur racontai la nouvelle. Pleins de joie, ils me prirent dans leurs bras en chantant. Certains rirent, d’autres pleurèrent de joie. Avec des paroles d’encouragement, ils vinrent m’embrasser l’un après l’autre. D’autres tournoyaient autour de moi en une sorte de danse joyeuse. Un grand gaillard me mit sur ses épaules et me promena ainsi, sans se rendre compte qu’il agissait comme le berger de la parabole qui avait déclaré : « Réjouissez-vous avec moi, car j’ai trouvé ma brebis qui était perdue » (Luc 15 : 6). Ma petite sœur et ma nièce étaient présentes, et je leur manifestai toute mon affection. Elles s’attendaient d’ailleurs à me voir venir.

C’était magnifique de voir que j’étais accueilli de la même façon par tous ces saints, quelle que fût leur origine. Mes sentiments personnels envers les membres d’autres tribus étaient totalement transformés aussi. Je savais que nous ne faisions qu’un, et c’était merveilleux. La croix qui les avait rachetés avait accompli la même chose pour moi, et les différences tribales avaient disparu.

Quand nous finîmes tous par nous asseoir, mes larmes coulaient à flot, et un des frères lut dans le Nouveau Testament l’histoire de la femme pécheresse pleurant aux pieds de Jésus (Luc 7 : 36-50). Je pouvais m’imaginer cette fille des rues après sa rencontre avec le Sauveur dans la maison du pharisien Simon. Elle avait dû sortir en courant et se mettre à raconter à tous les passants qu’elle était pardonnée. Sans aucun doute, Marie-Madeleine et tous ceux qui avaient reçu le pardon l’avaient aussi serrée dans leurs bras. Je peux m’imaginer ses paroles :

« J’étais malheureuse et esseulée depuis si longtemps, et j’entendais sans arrêt parler de Jésus de Nazareth. Alors, quand je l’ai vu aujourd’hui entrer chez ce


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pharisien, je l’ai suivi, tout simplement. Je sais que Simon est dur, avec un esprit de jugement, mais il fallait que je voie Jésus, et rien n’aurait pu m’en empêcher ». Elle avait peut-être continué ainsi :

« Jésus était allongé à table, et ils n’avaient même pas eu la décence de lui laver les pieds ! Je le sais, parce que je les tenais, quand mes larmes jaillirent comme un fleuve. Je ne pouvais pas m’arrêter de pleurer, car mon fardeau était trop lourd. Je me haïssais, je haïssais la vie que j’avais menée. Jésus était tellement différent de tous les hommes que j’avais connus précédemment !

« Quand il s’est tourné vers moi, j’ai su qu’il me comprenait. Lorsqu’il m’a regardée, ses yeux pleins d’amour et de pardon m’ont inondée de lumière et de chaleur. Mon cœur s’est mis à battre très fort, tellement ce qui se passait était merveilleux ! Personne ne voulait de moi, mais lui m’a acceptée ! Je me suis sentie purifiée, protégée et restaurée.

« Mes larmes continuaient de couler, alors que je lui embrassais les pieds en les essuyant avec mes cheveux. J’ai versé mon huile parfumée dessus. Vous ne pouvez imaginer à quel point le regard de Simon était froid. Il murmurait à ses amis de vilaines choses contre le Maître. Mais Jésus a accepté de prendre ma honte et d’être incompris à cause de moi. Incroyable ! Voilà exactement les mots qu’il a utilisés : “Tes péchés sont pardonnés. Ta foi t’a sauvée, va en paix”. Alors voilà, je suis libre, et il est mon Seigneur pour toujours ! »

Je ressentais les mêmes choses que cette femme, et j’essayais de les exprimer. Rassemblés autour de moi ce fameux dimanche soir, mes nouveaux frères et sœurs m’écoutèrent, m’encouragèrent, et me lurent des passa-


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ges des Écritures. Chaque parole était pleine de fraîcheur et me fascinait comme si je l’entendais pour la toute première fois. Nous n’arrêtions pas de chanter et rechanter ce chœur : Oui, je suis lavé dans le sang,. Dans le sang de l’Agneau qui purifie mon âme !

L’Agneau ! C’était ça ! Tout à coup le récit de l’Ancien Testament que j’avais lu à l’école prenait tout son sens (Lévitique 3 : 6-8). J’imaginais un Israélite, conscient d’avoir transgressé la Loi, cheminer avec accablement vers la tente de la rencontre au désert du Sinaï, un agneau dans les bras. Blancs et sans taches, les agneaux étaient pour moi des images familières, car j’avais joué avec eux quand je gardais les troupeaux de mon père.

Cet homme, condamné par son propre cœur, n’aurait pas osé entrer en présence de Dieu sans cet agneau exigé pour expier sa culpabilité. Je me l’imaginais le donner au sacrificateur, puis poser avec soin ses mains sur la tête de l’animal. Regardant le sang versé, cet Israélite savait que, dans sa grâce, Dieu recevait la mort de l’agneau comme substitut à la sienne. Après cela, le prêtre déclarait que l’homme était pardonné, et ce dernier repartait le cœur en paix.

« Je dépose mes péchés sur Jésus, l’Agneau de Dieu sans tache » chantaient mes nouveaux frères et sœurs. Oui, l’Agneau de Dieu, Jésus ! Quel sacrifice sans prix ! Comment le Père avait-il pu laisser son Fils bien-aimé quitter les cieux pour devenir l’offrande requise pour mon péché ? Il l’avait pourtant fait. Et Jésus, pendu au bois, me regardait dans les yeux et déclarait : « Ma mort remplace la tienne. Maintenant, tu peux être en paix ! » Cette paix nouvelle provenant de lui m’était confirmée


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par le fait que tous autour de moi m’acceptaient comme un racheté.

L’un après l’autre, les membres de la famille de Dieu racontèrent la façon dont Jésus s’était révélé à eux. J’étais étonné de la variété des récits. À chaque fois, l’amour de Jésus avait été à l’œuvre pour venir en aide, remplir un vide, combler une solitude ou laver des souillures.

Plus tard ce même soir, une partie du groupe me raccompagna et remplit ma maison de ses chants. Quelqu’un apporta à manger, mais meilleure encore était la nourriture spirituelle que constituait la conversation : ils me racontaient ce que Jésus était en train d’accomplir pour eux et en eux.

Ils restèrent avec moi. Pendant qu’ils priaient, mes pensées s’envolèrent et le doute m’envahit. J’avais les yeux fermés et il me semblait être dans une salle de tribunal, devant un juge sévère. J’avais peur. De tous côtés s’élevaient des voix qui m’accusaient. Ma propre conscience était représentée par le procureur général qui présentait un tas de dépositions, comme autant de dettes que je devais rembourser. Les témoins, dont je connaissais les visages, me fixaient d’un air plein de reproches.

– Là, tu n’as pas été honnête ! débita le magistrat d’un ton monotone. Je baissai la tête.

– Tu as mal agi. C’est un désastre au niveau moral. Je ne savais plus où regarder. Et ça n’arrêtait pas.

– Quand on achète, on doit payer. Quand on pèche, on doit souffrir, me disait mon cœur.

C’est aussi ce que me disait la loi. J’avais prétendu avoir oublié certaines de ces accusations, mais ce n’était


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pas vrai. Et même ce dont j’étais fier dans ma vie ne m’était d’aucun secours.

Je me tenais devant la Cour, dans une faillite totale. Je savais ce que signifiait ne pas être solvable, sans même un centime sur mon compte en banque moral : la condamnation.

Et puis, oh, merveilleuse surprise ! Dieu lui-même entra dans la salle. Petit à petit, avec fermeté, il ramassa tout : la ruine de ma vie d’homme, l’affreux vécu produit par ma nature pécheresse, la culpabilité accumulée et les accusations portées contre moi. Et il les mit sur les épaules de l’Homme-Dieu. Jésus fit le choix délibéré de prendre sur lui la responsabilité de tout ce dont j’étais débiteur. De mon cœur s’élançaient des mots un peu semblables à ceux de cet hymne : Sans rien dans les mains, je m’approche,. Simplement à ta croix je m’accroche.. Nu, je viens pour être vêtu,. Perdu, pour m’attendre à ta grâce.. Immonde, je m’élance à la source,. Lave-moi, mon Sauveur, ou je meurs !. (Rock of Ages, paroles anglaises d’A. Toplady et musique de T. Hastings.)

Je me sentis immédiatement libéré de nouveau, et la joie revint. Quand je levai les yeux, je vis que ma nouvelle famille était toujours en train de prier et de louer Dieu. Je pus partager avec eux ma vision et mon acquittement. Ils hochèrent la tête, en précisant :

« Oui, nous sommes passés par là aussi. Dieu, dans son amour, t’a révélé la façon dont il te voyait. Il a permis que tu affrontes la juste condamnation d’en haut. Main-


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tenant tu comprends ce que Jésus a volontairement pris sur lui, et tout cela pour toi seul ! Son don pour toi, ajoutèrent-ils, c’est la force de faire ce qu’il demande. Tu as seulement besoin de te repentir et de le croire. Le pardon est déjà total, c’est pour cela que tu l’as ressenti sans attendre ».

« Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ » (Romains 8 : 1 – italique de l’auteur). N’est-ce pas merveilleux ? Savez-vous l’impression que ça donne de n’avoir « aucune condamnation » qui sonne le glas dans votre cœur ? Pouvez-vous recevoir ce pardon avec les deux mains ? Avec les deux pieds ? Laissez-moi vous expliquer.

La première fois que je me trouvai à Londres, je pris le train souterrain appelé « métro ». Quand celui-ci s’arrêta, je descendis sur le quai avec mes bagages. Je découvris alors que le panneau Sortie ne pointait que vers un escalier en mouvement, un escalier roulant. Jamais je n’en avais vu auparavant, et j’eus peur de l’emprunter. Je suis resté un moment à observer les gens qui le prenaient et montaient avec lui. Finalement, mon besoin de sortir de là commença à surpasser ma crainte de cette mécanique. Lentement, accroché à mes valises, j’aventurai un pied sur une des marches mouvantes. Bien évidemment, le système s’enclencha sans attendre que j’aie rassemblé le reste de mon courage. Il emporta avec lui cette première jambe, et je tombai à la renverse ! Deux Anglais juste derrière moi virent que j’étais étranger et que j’avais des ennuis. Ils exercèrent sur moi ce que j’appelle « une pression sympathique ». Avec fermeté, mais sans m’embarrasser, ils hissèrent sur l’escalier à la fois mes deux pieds et mes deux valises.


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Quelle différence ! Tout d’un coup, je compris avec gratitude qu’il n’y avait plus à s’en faire, même pas de charge à porter. L’escalier m’emporta jusqu’en haut, moi et mes affaires. Recevoir le pardon, c’est pareil : il s’agit d’entrer avec les deux pieds dans ce que Dieu a déjà accompli pour vous en Christ. C’est ce que je fis alors, et la famille de Dieu en fut témoin.

Les frères restèrent chez moi toute la nuit, chantant doucement et priant. Je fis alors une chose à laquelle personne ne me poussa ni ne m’en fit la suggestion. Suite à une pulsion intérieure, je pris mes cigarettes et les jetai dehors. Nous chantâmes : « Gloire à son nom ! »

Ils continuèrent à louer le Seigneur, et je sortis de plusieurs boîtes d’autres objets dont je voulais être débarrassé au seuil de cette nouvelle vie. C’était comme un nettoyage de printemps en musique.

Ils insistèrent finalement pour que j’aille me coucher. Je m’endormis comme un bébé, ce qui était très inhabituel pour moi à cette époque-là. Et le lendemain matin, nous nous rendîmes tous au travail. Ils revinrent le soir et me tinrent compagnie une nuit encore, chantant, priant, lisant la Bible, ce livre pour lequel je me découvrais maintenant un immense appétit.

« Pourquoi fais-tu tout cela ? » demandai-je à l’un des frères. « Pourquoi me manifestes-tu tant d’amour ? » « Parce que Jésus m’a aimé le premier ! » répondit-il.

Pendant trois jours, ce fut le ciel dans ma maison. Voilà comment ces chrétiens aidaient à rompre l’isolement de quelqu’un qui revenait de loin. C’est ainsi que l’amour du Calvaire fut déversé sur moi dans la fraîcheur de sa première vague au travers de Jésus-Christ et des frères et sœurs, et m’ouvrit la porte de son Royaume et de sa joie.


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CHAPITRE 3

L’amour réconcilie

• • • Dans notre collectivité, des gens de toutes sortes étaient ébranlés au contact des chrétiens libérés par la puissance du Ressuscité.

C’est ce qui est arrivé à un commerçant musulman. Un jour, un client entra dans sa boutique et lui rendit 200 shillings.

– J’avais triché à mon profit, et vous ne vous en étiez pas aperçu, dit-il avant d’expliquer comment il avait réussi son méfait. – Très bien, mais pourquoi rapportez-vous cet argent aujourd’hui ? interrogea le commerçant.

– Jésus a changé ma vie et m’a dit de payer ma dette envers vous. Je me sentais pauvre avec votre argent dans la poche, mais maintenant qu’il vous est rendu, je suis riche. Veuillez me pardonner.

En ce temps-là, 200 shillings étaient une somme importante. L’homme sortit, laissant le marchand bouche bée.

Certains officiels britanniques étaient excédés. Parfois, il y avait tellement de gens attendant dehors pour


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Amour révolutionnaire

rendre ou payer ce qu’ils avaient pris que le commissaire de district se plaignit qu’il lui devenait difficile d’accomplir son travail.

– Je n’ai pas payé mes impôts depuis dix ans, avouait un nouveau converti. Voici une vache pour couvrir le manque. Un autre déclarait :

– Voilà, Monsieur, veuillez reprendre cette pelle que j’avais volée au gouvernement quand je travaillais aux routes. L’officier demandait :

– Pourquoi l’avez-vous rapportée ? – J’ai été arrêté, Monsieur. – Par qui donc ? – Jésus !

Certains officiers coloniaux britanniques, des agnostiques bien éduqués, apprirent ainsi un peu de théologie pratique grâce au témoignage de ces gens humbles !

Quand Jésus s’est saisi de moi, les croyants de mon assemblée m’ont averti : « Fais bien attention d’obéir au Seigneur. Exécute rapidement tout ce qu’il te dira ».

Petit à petit, je me rendis compte que j’avais beaucoup de choses à remettre en ordre. Le lundi qui suivit ma rencontre avec Jésus, avant de commencer à donner cours dans ma classe à l’école de garçons, je demandai pardon à mes élèves pour les avoir traités comme de simples machines à apprendre. Je leur appris que Jésus m’avait complètement transformé, qu’il m’avait ouvert les yeux et que je les voyais


L’amour réconcilie

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maintenant comme de précieux frères. Les élèves étaient surpris et certains contents.

Après l’école, ainsi que les week-ends, Jésus m’envoyait à la ville et dans les champs vers des gens que j’avais trompés, diffamés ou blessés, pour leur demander pardon. Il devenait facile de payer mes dettes. Quand le Christ ressuscité s’assied sur le trône de notre cœur, la pauvreté n’existe plus, car il est Roi, riche en miséricorde, en grâce et en plénitude. Le Saint-Esprit nous inonde et libère la personne entière.

Mon oncle, le chef, n’était pas content de ce qui m’était arrivé, car j’étais auparavant son allié le plus précieux. Il raya mon nom du livre de la tribu, comme si j’étais mort.

Puis un soir, son épouse se convertit dans leur chambre à coucher. Aucun prédicateur n’était présent. Le Saint-Esprit avait simplement fait irruption dans la pièce. La femme se réveilla en pleurant comme un bébé et se mit à demander pardon à mon oncle pour tout un tas de choses. Il hurla : « Cette chose envahit même ma chambre la nuit. On n’est plus chez soi ! »

Nos femmes avaient l’habitude de se voiler la face pour dissimuler leur beauté. Et voilà que l’épouse du chef ôta son voile et se mit à parler en public. Tout le monde s’attendait à ce qu’elle s’écroule et perde connaissance, mais elle raconta ce que Jésus avait fait pour elle. On parlait d’elle partout, et mon oncle était malade de colère. Qu’allaient devenir la tradition et la culture des anciens ?

Après une bataille qui dura quinze ans, mon oncle capitula devant Jésus-Christ en 1956. Il rendit des milliers de shillings à des gens qu’il avait taxés sans raison.


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Amour révolutionnaire

Il convoqua les personnes qu’il avait opprimées et leur demanda de lui pardonner. Il vida son compte en banque et rendit de nombreuses têtes de bétail. Tous surent que le chef avait changé, et ses ennemis devinrent ses amis.

À son enterrement, il y eut un grand rassemblement et les chrétiens louèrent le Sauveur. Ces funérailles donnèrent lieu à des « résurrections », car plusieurs personnes vinrent au Seigneur. Le propre frère aîné du défunt, un autre de mes oncles qui avait été un païen inébranlable, faisait partie du nombre.

Un jour, peu après ma conversion, je ressentis que Dieu me disait : « Va te réconcilier avec ton beau-père ». Il n’était pas chrétien et nos rapports étaient mauvais depuis des années. Je rentrai donc chez moi avec un sentiment de crainte. Qu’allait-il me faire ?

De l’endroit où il était assis devant chez lui, il me regarda avec froideur. Je bafouillai et avouai maladroitement que la haine que j’avais eue envers lui avait disparu, et que maintenant je l’aimais.

– Je savais que tu me détestais, commenta-t-il tout en m’observant. – Tu ne savais pas tout. Je suis venu te raconter le fond de l’histoire, et te dire que c’est du passé. S’il te plaît, pardonne-moi.

Une heure plus tard, il se leva, me prit dans ses bras et nous restâmes comme ça un moment. Cela me dépassait. Je ne m’étais jamais attendu à une telle réaction ! L’amour est vraiment un langage que tout le monde peut comprendre. La barrière n’existait plus ; nous sommes devenus amis et avons ouvert nos foyers respectifs l’un à l’autre.


L’amour réconcilie

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Il ne fallait pas moins que l’amour de Jésus répandu sur la croix pour arriver à démêler cette brouille. Même la cérémonie tribale de la Karabo (expiation) n’aurait pu le faire.

Dans notre tribu, la Karabo était un rituel supposé mettre fin à la haine et à la vengeance. On le pratiquait après qu’un meurtre, généralement accidentel, avait été commis par un homme ivre. Son rôle était de prévenir une tuerie, car sans cette coutume, la vengeance aurait atteint tous les membres du clan du meurtrier.

Quand la famille du tueur reconnaissait la culpabilité de l’accusé et cherchait la réconciliation, tous les anciens de la tribu étaient convoqués en assemblée solennelle sous le chêne sacré, en présence du roi. Entouré de tous les témoins, le prêtre abattait une vache ou un mouton sans défaut, au croisement de deux pistes principales. À la fois l’offenseur et l’un des offensés déposaient leurs armes, avec lenteur et pleinement conscients de ce que cela signifiait. Ils s’approchaient ensemble du sacrifice et plongeaient leurs mains dans le sang. Puis ils se serraient les deux mains sobrement. Un soupir de soulagement se faisait entendre dans l’assistance. La fête et les danses pouvaient alors commencer.

Grâce à cette cérémonie, il ne pouvait plus être question de venger le mort. Les chefs des clans ayant été témoins que la culpabilité avait été gérée, la haine était censée disparaître. Les lois coutumières d’hospitalité reprenaient leurs droits, ainsi que la loyauté fraternelle habituelle au sein de la tribu. Extérieurement, cela marchait, mais pour guérir les ressentiments au fond du cœur, il fallait un sacrifice d’un bien plus grand prix, l’amour sanglant du Fils de Dieu.


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Amour révolutionnaire

J’ai expérimenté l’efficacité de cette guérison intérieure divine peu après, lors d’un week-end. Le Saint-Esprit m’avait rappelé que j’avais de la haine pour un blanc, un missionnaire. Comme il habitait à Kabale, à quatrevingts kilomètres de chez moi, je pensais que je n’avais rien à faire. Mais l’Esprit me dit :

– Ce week-end, prends ton vélo et va voir cet homme. Maintenant que tu es libéré, il est ton frère. – Mon frère ? Un Anglais ?

J’en tombai presque à la renverse.

– Oui, ton frère. C’est ton propre frère que tu hais.

– Mais que devrai-je faire en le voyant ? Tu le connais, Seigneur. – Oui, je le connais. Dis-lui que tu l’aimes.

Les quatre-vingts kilomètres jusqu’à Kabale ne m’avaient jamais paru aussi pénibles. Les rivières me semblaient plus larges que d’habitude, et les pentes plus rudes que jamais. En atteignant sa maison, j’étais fatigué et effrayé, et espérais bien ne pas le trouver chez lui. Mais il était là, et tout d’un coup je me retrouvai dans son salon anglais à lui raconter ce que Christ avait fait pour moi, qu’il m’avait libéré et que, dorénavant, je le considérais comme mon frère. – Je suis désolé, lui dis-je. Ces cinq dernières années, je vous ai détesté et j’ai dit du mal de vous. J’ai dû vous rendre la vie terriblement difficile. Veuillez me pardonner.

Bien que britannique, il avait les larmes aux yeux, et nous tombâmes dans les bras l’un de l’autre. Quand je partis, je n’étais plus son ennemi mais son frère bienaimé. Quel changement !


L’amour réconcilie

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Sur le chemin du retour, ma bicyclette s’envolait comme si elle était motorisée ! J’avais le cœur qui battait vite, mon univers avait changé, et sous ce toit, là-bas, il n’y avait plus un Européen isolé, mais un frère. Il l’est d’ailleurs resté jusqu’à ce jour. Depuis, j’ai eu maintes fois la preuve que la croix met fin aux plus graves préjugés, et aux murs de séparation de toutes sortes.

Zachée, le publicain de petite taille, après avoir été mis à l’écart par la société, avait goûté à une joie identique (Luc 19 : 1-10). Jésus lui avait tendu la main pour restaurer en lui l’humanité qu’il avait perdue. Le Fils de Dieu et sa chaleureuse présence avaient envahi ce cœur coupable et l’avaient délivré de sa prison.

Je peux l’imaginer se tenant là, les traits détendus, libre de l’égoïsme qui le rongeait. Ses valeurs ayant changé, il ne pouvait s’empêcher de dire : « Maître, si j’ai trompé ou volé quelqu’un, je lui rendrai quatre fois plus ! » Les scribes ont dû s’agiter. Ils n’avaient jamais entendu personne parler comme cela auparavant. J’imagine notre Zachée le jour suivant, au bureau, faisant une mise au point avec un homme au sujet de ses impôts :

– Tu as payé soixante, mais là-dessus j’en avais volé dix. Je te rends quatre fois plus, alors voilà, prends ces quarante. – Quoi ! Que s’est-il passé ?

– Jésus de Nazareth est entré chez moi, et je ne me sens plus pareil. Je me suis découvert moi-même, et j’ai su aussi que je t’avais lésé !

Quand la nouvelle s’est répandue, il a dû se former une queue devant le bureau de Zachée.


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Amour révolutionnaire

C’est ainsi que les inimitiés ont pris fin et que les barrières sont tombées à la lumière de l’amour divin. Dieu, qui nous a créés, sait comment s’y prendre pour restaurer notre humanité.

Pour Zachée, ces premiers jours ont dû être merveilleux, mais ce ne fut pas à mon avis la dernière fois qu’il connut la joie d’être rétabli dans l’amour de Dieu et aussi de ses semblables. Probablement son expérience fut-elle la même que la mienne ou la vôtre. Il lui est certainement arrivé d’entendre encore et encore, même des années après, cette tranquille voix intérieure (voir Jean 16 : 8) lui indiquer des tensions dans les relations. Il aura dû emprunter le plus court chemin pour restaurer la communication : celui de la croix.


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CHAPITRE 4

L’amour, le chemin le plus court

• • • Quand j’étais petit, j’aimais beaucoup faire des glissades sur de gros fagots de feuilles de bananiers, le long de pentes bien raides. Tout en haut, on s’assied sur cette luge improvisée – car ces feuilles glissent à merveille –, on donne une petite poussée… et ça descend. Oh ! La sensation est merveilleuse ! Pas besoin d’effort. Le problème, c’est de remonter. La montée est rude, et les feuilles de bananier lourdes à porter.

J’ai remarqué que dans la vie, il est très facile de descendre la pente, spirituellement. Il suffit que je fasse le choix de suivre ma voie au lieu de celle de Dieu, ou que je réagisse de façon égoïste, et je glisse vers le bas. Mais comment remonter ?

Adolescent, j’ai « glissé » loin de Dieu, et quand j’ai vu qu’il était dur de revenir, j’ai abandonné. Je me suis détourné, j’ai déclaré que ce n’était pas drôle, et j’ai fini par douter de l’existence du sommet de la colline. Dans le passé, on m’avait affirmé qu’il existait des moyens de remonter la pente de relations brisées, mais qu’ils étaient


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Amour révolutionnaire

lents et difficiles. Par contre, les frères qui m’ont instruit m’ont enseigné très tôt que le chemin le plus court était la croix de Christ et la soumission au Saint-Esprit. Ça coûte, ce n’est pas toujours facile, mais c’est instantané.

Après ma rencontre avec le Seigneur, quand j’ai pris conscience pour la première fois qu’une distance s’était installée entre lui et moi, j’ai essayé de l’oublier. Je pensais que si j’ignorais le problème, il partirait de lui-même. Je continuais à chanter et prier, mais l’écart ne diminuait pas.

J’étais mal à l’aise. Mes pensées avaient détrôné le Maître et l’avaient blessé. Mais je me disais que si j’en gardais les apparences, cela suffirait pour conserver mon intimité avec lui. Je perdis tout appétit pour la Bible – devenue pour moi le livre de vie – et je la lisais maintenant par devoir. J’aurais dû savoir que c’était là un signe indéniable de mauvaise santé spirituelle. La prière devint une routine monotone, et le culte ne m’apportait plus rien. J’essayais toujours de faire ce qui était bien, mais une certaine tension se mêlait désormais à ma vie quotidienne. Je n’arrivais pas à comprendre pourquoi je ressentais cette solitude puisqu’extérieurement, rien n’avait changé. J’aspirais vraiment à retrouver la paix que je connaissais autrefois. C’est alors qu’un frère donna un message sur les versets 19 à 22 de Hébreux 10 :

« Ainsi donc, frères, nous avons l’assurance d’un libre accès au sanctuaire par le sang de Jésus, accès que Jésus a inauguré pour nous comme un chemin nouveau et vivant au travers du voile, c’est-à-dire de sa chair ; […] Approchons-nous donc d’un cœur sincère, avec


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une foi pleine et entière, le cœur purifié d’une mauvaise conscience ».

Le prédicateur expliqua que cette route nouvelle et vivante avait été ouverte pour nous qui aimions Jésus, et que nous pouvions l’emprunter quotidiennement. Il parla de l’intimité, nous dit combien elle était précieuse avec le Seigneur et avec les uns et les autres. Il ajouta qu’une distance pouvait facilement s’installer entre nous et Dieu ou les autres, et que c’était un danger. J’étais d’accord. Il déclara que le secret était d’avoir le cœur purifié d’une mauvaise conscience.

Les remords de conscience sont un signe que le Saint-Esprit essaie de nous interpeller sur un certain sujet. Il est possible de ressentir une voix intérieure crier « Impur, impur ! », comme les lépreux devaient le faire autrefois en Israël. Cela nous donne l’impression d’être totalement seul et mis à l’écart. On se retrouve en terrain dangereux, ou dans une zone hors limite, là où l’ennemi peut tirer sur nous à volonté. Je frissonnai. Il continua en disant que la seule chose à faire, c’était d’être d’accord avec le Saint-Esprit et d’amener cette mauvaise conscience à la croix sur laquelle Jésus est mort. Son sang versé y est toujours prêt à pardonner les péchés à l’instant même et à purifier les consciences.

Je revins en pensée à cette vision que j’avais eue de Jésus pendu au bois pour moi. Je me rappelai ses yeux pleins d’amour qui me fixaient. Un cri jaillit en mon cœur : « Oui, Seigneur, j’ai des pensées rebelles ! » Je lui avouai exactement ce qu’il en était. Je n’avais pas fini de lui parler que je sentis qu’il m’entourait de ses bras. J’étais si heureux et libéré que je racontai tout aux frères dès la fin du message. Ils répondirent : « C’est ce


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que nous avons essayé de te faire comprendre depuis un certain temps. L’apôtre Paul nous a enseigné : « Ainsi, comme vous avez reçu le Christ Jésus, le Seigneur, marchez en lui » (Colossiens 2 : 6). Festo, comment l’as-tu reçu ? Tu t’es tourné vers lui, tu as mis ta foi en lui, tu as accepté qu’il te montre tes péchés, et que son sang les efface tout de suite. Ils ont donc été lavés. Alors, que dois-tu faire maintenant que tu es devenu froid et sec ? Exactement pareil ! » De nombreuses années se sont écoulées depuis ce jour, et j’ai souvent décrit ce que le Seigneur Jésus et sa croix signifient pour moi ; ils ont toujours été le chemin le plus court pour retrouver la joie, et ne m’ont jamais fait défaut.

Je ne suis pas constamment rempli d’amour, car je ne vois pas toujours Jésus avec suffisamment de clarté. Mon « moi » trouve sans cesse le moyen de s’immiscer pour se faire écouter. Parfois, je suis complètement vide, et je dois le confesser publiquement. Mais ce que j’ai découvert, c’est combien Jésus aime à remplir les vides. Tout ce qu’il faut faire, c’est rester ouvert devant lui, et admettre en toute franchise ce qui va mal. Il fera le reste.

Ce qui compte, ce n’est pas d’être un chrétien « respectable ». Dieu ne s’intéresse pas à la respectabilité ; il ne s’occupe que de réalité.

Quelques fois, j’ai fait l’erreur de désobéir au Seigneur, comme Moïse dans le désert lorsqu’avec son bâton il a frappé le rocher au lieu de lui parler (Nombres 20 : 713). Dans sa colère contre le peuple, Moïse a désobéi à Dieu. Probablement a-t-il cherché à raisonner ainsi : « Eh bien, je ne m’en suis pas si mal sorti ! L’eau a jailli, et ainsi le problème est résolu. Dieu savait que ma colère


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était justifiée, je suis donc en règle, spirituellement parlant. Le résultat le prouve ».

Moïse avait beau essayer de se justifier, ce miracle d’une source sortant du roc n’avait rien à voir avec sa droiture ou son obéissance. L’eau a coulé parce que Dieu est plein de miséricorde et de compassion pour les siens.

Lorsque je prêche, il arrive que des gens soient touchés par la Parole de Dieu alors que mon cœur n’est pas tout à fait droit. Je n’en suis pas très fier, pas plus que Moïse ne dut l’être. Dieu l’a pris à part en tant qu’ami, est resté en relation avec lui, et lui a montré ce qui n’était pas clair entre eux. C’est ainsi qu’il m’aime, moi aussi.

Quoi que sa grâce ait fait pour moi dans le passé, je dois me laisser purifier chaque jour par la puissance du sang de Jésus, le Fils de Dieu. Pour pouvoir en arriver là, il en a coûté tout ce que Jésus avait en lui, tout ce que les cieux contenaient. Il a fallu Gethsémané et le Calvaire. Un Dieu pur au cœur parfait a dû plonger ses mains bénies dans le gâchis de l’humanité. C’est grâce aux larmes, au sang et à la sueur versés sur la croix que les péchés auxquels nous succombons peuvent être à la fois pardonnés et oubliés. Cela me rappelle ce qu’a vécu le réformateur Martin Luther. Même après que Dieu l’eut délivré, il devait encore lutter contre la tentation. Il se montrait toujours sans pitié avec lui-même à propos de ce qu’il avait fait, ou manqué d’accomplir au niveau spirituel. Un jour qu’il se sentait ainsi misérable, un frère lui fit remarquer : « Martin, Dieu t’a béni, mais tu n’as pas encore découvert “le Dieu de l’encore”. Il te faut apprendre à connaître le Seigneur qui continue en toi son œuvre de salut ! »


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Luther écouta avec attention, puis bondit sur ses pieds. Il expliqua plus tard qu’il a pu déclarer au diable : « Ce dont tu m’as accusé est bien vrai, et tu en as même oublié un peu, mais il te faut maintenant rayer toute la liste de mes péchés d’une croix rouge, car tout est accompli. C’est terminé ! » Il avait découvert « le Dieu de l’encore ».

Martin Luther avait appris qu’on ne peut s’élever qu’en s’abaissant. Il est vrai que selon l’apôtre Paul, Dieu « nous a bénis de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes en Christ » (Éphésiens 1 : 3) et « nous a ressuscités ensemble et fait asseoir ensemble dans les lieux célestes en Jésus-Christ » (Éphésiens 2 : 6). Mais nous ne pouvons partager son trône qu’en étant en bas, à ses pieds. Plus nous nous tiendrons dans l’humilité, plus nous serons bénis.

Dieu, le Très Saint, affirme : « Je demeure dans les lieux saints et élevés, avec celui dont l’esprit est humble et brisé, pour ranimer l’esprit des humbles et le cœur de ceux qui se repentent » (Ésaïe 57 : 15 – traduction du kiswahili).

Se repentir, c’est simplement retourner sur ses pas et se mettre d’accord avec Dieu. « Si nous prétendons que « nous n’avons pas péché », nous ignorons carrément le diagnostic que Dieu a donné de notre état, et nous nous coupons de ce qu’il veut nous dire » (1 Jean 1 : 10 – traduction de la version anglaise Phillips). Les diagnostics du Saint-Esprit sont sans faille. Ceux qui appartiennent à l’assemblée de son peuple doivent apprendre à être de bons patients dans sa divine clinique.


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Le patient a pour responsabilité de coopérer avec le médecin, et de ne pas lui résister. Il doit avoir tout de suite une attitude saine, et accepter son diagnostic.

Dieu pratique des interventions sur les siens pour les rendre semblables à son Fils, pour que son image se reflète continuellement en eux. Pour qu’il puisse arriver à ce but, nous devons nous soumettre au Saint-Esprit. S’il dit qu’il s’agit d’une tumeur et que vous prétendez qu’il ne s’agit que d’un mal de tête, la guérison risque d’être impossible. Qu’il soit attitude ou action, le péché est péché.

Si j’admets : « Oui, Seigneur, tu as raison », mon cas sera facile à traiter. Dieu est fidèle et nous pouvons lui faire confiance pour entamer immédiatement le processus de guérison : « Il pardonne nos péchés et nous lave à fond de tout mal » (1 Jean 1 : 9 – traduction de la version anglaise Phillips).

Quand notre être intérieur s’est endurci et que le Saint-Esprit ne peut plus couler en nous, nous attristons le Consolateur. Que faire alors ? Aller à l’hôpital ! Dieu y a un seul remède en réserve : l’amour de Jésus-Christ. Cet amour me brise, me convainc, me délivre et me guérit tout à la fois. Quiconque en fait l’expérience passe directement de la repentance à la joie.

J’ai rencontré des chrétiens qui, après s’être repentis, pensaient devoir rester misérables et sous la condamnation pendant un certain temps. Nous, les anglicans, avons dans notre liturgie une prière par laquelle nous confessons être de « misérables transgresseurs » et, bien sûr, nous restons misérables aussi longtemps que notre cœur est dur. Mais nous oublions ceci : au moment où nous changeons de cap, l’allégresse survient aussi. La repen-


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tance selon le Nouveau Testament n’impose pas, comme certaines religions, une longue période de contrition ou de mise en quarantaine spirituelle avant l’entrée en grâce. C’est pourquoi il est possible de voir quelqu’un pleurer et se réjouir en même temps.

Lors d’une réunion en Afrique, j’ai vu des gens soudainement touchés par Dieu se lever pour confesser un péché et crier « Alléluia » tout à la fois. Pourquoi ? Parce qu’ils se sont tournés vers celui qui guérit, et qu’ils viennent de recevoir la guérison.

Se détourner du péché qui nous a avilis et se tourner vers le Seigneur se fait en un seul mouvement. Voilà pourquoi une joie instantanée jaillit de cette action unique.

Avoir des remords sans regarder à Jésus est dangereux. Judas était rongé par le remords, et cela l’a poussé dans le vide, à tel point que, déjà mort spirituellement, il s’est suicidé physiquement.

Se repentir, c’est se retourner et voir Jésus. C’est ce qu’a fait Thomas le lendemain de la résurrection (voir Jean 20 : 26-29). Après une semaine amère de dépression et de doutes, il a vu les mains blessées se tendre vers lui, et l’amour du Fils de Dieu se déverser en lui. La repentance, le pardon, la foi et un flot de joie qui l’ont submergé se sont exprimés par ces mots : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Le pardon et la plénitude vont de pair.

C’est aussi merveilleux de savoir que Dieu choisit de façon délibérée d’oublier notre passé. Dans la nouvelle alliance qu’il a établie avec nous, il promet : « Je ne me souviendrai plus de leurs péchés ni de leurs iniquités » (Hébreux 10 : 17). Il ne conserve donc pas d’épais dossiers sur chacun de nous.


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Si vous venez lui dire : « Seigneur, je suis désolé de t’ennuyer encore une fois avec ce problème d’orgueil », il vous répondra : « Oh ? Mais n’es-tu pas déjà venu pour cela ? Dans ce cas, quand je déclare : “Tout est accompli”, sache que c’est réellement accompli, terminé ».

Ceci ne veut pas dire que le Seigneur nous demande une introspection morbide. Pas du tout. Il est l’organiste, et nous, les touches du clavier. Une touche ne doit jouer que lorsque le doigt de l’organiste l’enfonce. Le musicien serait terriblement frustré si les touches de son instrument se mettaient à monter et descendre d’elles-mêmes. Cela produirait une cacophonie discordante.

De plus, si une touche était coincée et ne répondait pas selon la volonté de l’organiste, ou restait enfoncée, il serait obligé d’arrêter en précisant : « Il m’est impossible de jouer avant que cette touche soit réparée ».

Que diriez-vous si cette touche se mettait à protester : « Attends un peu. Ne me touche pas, occupe-toi de l’autre d’abord ! » Une fois de plus, l’organiste serait stoppé et il s’écrierait : « Ce clavier est rebelle ! Je connais le morceau que je désire jouer, je sais comment produire une belle harmonie. S’il vous plaît, laissez-moi faire ! »

L’Esprit de Jésus sait comment tirer de nous sa musique. La main qui a été clouée à la croix est la seule habilitée à jouer sur son clavier. Même si je suis un ministre du culte, cela ne me donne pas le droit de pousser la « touche » que vous représentez. Seules les tendres mains blessées de Jésus peuvent le faire. Voyez-vous, les miennes n’ont pas été percées. Les siennes sont douces et ne briseront jamais une vie. Au contraire, elles en ont réparé beaucoup. C’est pourquoi, laissez-le faire !


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Rappelez-vous que vous êtes un élément indispensable du clavier, sans lequel il ne peut y avoir de musique. Dites-lui : « Oui, Maître, touche-moi où et quand tu le désires. J’ai confiance en tes mains d’amour. Quand tu m’effleures, je comprends combien ma conscience est souillée, mais je m’incline maintenant et me repens. Purifie-moi et lave-moi. Merci, Maître, tu m’as relevé. Est-ce ta main qui joue la merveilleuse musique que je viens d’entendre ? »

Jésus se tient à son orgue, et quand il a la liberté de toucher chacun de nous comme il le souhaite, l’harmonie s’installe, une musique émouvante résonne, et un concert se répand dans le monde entier.


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Quel titre ! Comment peut-on associer amour et révolution ? L’amour prêché par Jésus ne ressemble pas à un vague sentiment de bien-être : il révolutionne les vies. Il transforme chaque jour vers plus d’honnêteté envers Dieu, envers les autres et envers soi. Décrire ce changement au quotidien, c’est le défi captivant que relève l’auteur à l’aide de son indéniable talent de conteur africain. Festo Kivengere (1919-1988) Après avoir dû fuir le régime de terreur d’Idi Amin Dada, Festo Kivengere rentre en Ouganda pour transmettre à son pays déchiré le message de réconciliation en JésusChrist. Son ministère dépassera les frontières de races, de cultures et de dénominations. Il participe au réveil en Afrique de l’Est, l’un des grands mouvements de l’Esprit du vingtième siècle, qui touchera également l’évangéliste Roy Hession en Angleterre.

Avec humour et beaucoup de profondeur, Festo Kivengere replace le rôle de la croix au centre de la vie du chrétien : jalousie, hypocrisie, orgueil… Tout y passe ! « Ce que j’ai découvert, dit-il, c’est combien Jésus aime à remplir les vides. Tout ce qu’il faut faire, c’est de rester ouvert devant lui, et d’admettre en toute franchise ce qui va mal. Il fera le reste ». L’auteur apprendra à mettre en pratique cet « amour révolutionnaire », allant jusqu’à aimer le dictateur paranoïaque et cruel qui règne en Ouganda de 1971 à 1979.

ISBN 978-2-910246-30-3


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Amour révolutionnaire • Festo Kivengere by BLF Éditions - Issuu