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Marquet au Havre

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Flamanville, la mer et les rochers, vers 1920-1940 Photographie. Archives de la Manche / Conseil départemental Fonds Lucien Goubert

n’étais pas content de ta saison est venue me réconcilier avec moi-même. Ainsi dans la vie, le malheur de nos amis nous console des nôtres2. » Une quinzaine d’œuvres réalisées par Marquet durant ce séjour normand sont aujourd’hui identifiées. Il s’agit pour l’essentiel de toiles faites en extérieur, même si au moins une scène d’intérieur est également connue, Intérieur paysan à la Percaillerie3 (cat. 12). Trois de ces œuvres normandes sont présentées au Petit Palais lors du tout premier Salon d’automne cette même année 1903 : Une falaise (nº 381), En Normandie (nº 382), La Barrière (nº 383).

1903 La Percaillerie Albert Marquet passe l’été 1903 en Normandie avec son ami Henri Manguin, rencontré douze ans plus tôt à l’École des arts décoratifs et dans l’atelier parisien duquel il vient régulièrement s’exercer, rue Boursault. Sillonnant la côte, les deux compères peignent ensemble à la Percaillerie. Ce lieu-dit, sur la commune des Pieux à proximité de Flamanville, dans le département de la Manche, émerveille Marquet par sa nature sauvage. Manguin l’a découvert en 1896 et y a rencontré une jeune pianiste, Jeanne Marie Carette, qui est devenue son épouse en 1899 et son modèle d’élection.

L’œuvre du musée des Beaux-Arts de Caen La Cheminée à la Percaillerie (cat. 13) se distingue des autres paysages réalisés lors de ce séjour par l’intérêt porté par Marquet à un site industriel, et ce dès les débuts de sa carrière, en l’occurrence cette mine de fer de Diélette, sur la commune de Flamanville. Reconnaissable à sa haute cheminée de briques qui se détache sur la côte granitique et le ciel nuageux, celle-ci est exploitée depuis 1859 en dépit des difficultés engendrées par le caractère sousmarin des filons. Abandonnée à la fin du XIXe siècle puis rachetée par la Société des mines et carrières de Flamanville, qui appartient à la famille Thyssen, en 19074, elle fermera

Henri Matisse, retenu dans l’Aisne pour cause de maladie, ne peut les rejoindre. Il leur écrit : « Mes Chers amis. Un mot pour vous dire que je pense souvent à vous et vous suis dans mon imagination, sur la côte déambulant la boîte à la main clignant de l’œil pour savoir si le ciel est plus clair que l’eau… Vous devez faire des choses épatantes vous autres1. » Marquet, néanmoins, est mécontent de son été. Matisse lui répond par une ironie qui témoigne de leur proximité : « Ta lettre de ce matin m’annonçant que tu

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