Mobile Money Orange et MTN lancent Mowali pour l’interopérabilité
RÉGULATION
N° 002 de déc. 2018 /Jan. 2019. Mensuel - www.digitalbusiness.africa
Dossier : Comment réguler WhatsApp, Viber et Cie
Papa Gorgui TOURE (Tactikom)]
Par
SÉNÉGAL / 2019
Macky Sall promet trois milliards de F.Cfa aux jeunes du numérique SÉCURITÉ
Dans le secret des technologies qui vont révolutionner l’armée française
NIGER
Le fisc met sous scellé les locaux d’Orange après un redressement fiscal
Achetez ce magazine sur www.digitalbusiness.africa - Zone CFA : 1 500 F.CFA. Zone Euro : 3 euros. Amérique: 3,5 Us Dollars
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editorial
Google Fi, l’autre menace des telcos qui peut être une opportunité Alors que l’industrie de la téléphonie mobile (principalement les telcos) et les organes internationaux de régulation des télécommunications peinent à trouver un modèle de régulation adéquat fonctionnant à merveille pour les OTT (Over The Top. Lire le dossier consacré à ce sujet dans ce numéro) comme Facebook, WhatsApp, Viber, Skype et Cie qui grignotent au fil des jours les parts de marché des opérateurs traditionnels, un autre concurrent frappe à la porte des telcos. Et pas des moindres ! Google. Le géant moteur de recherche vient officiellement de lancer son Réseau mobile virtuel (MVNO) aux Etats-Unis. Il s’appelle Google Fi. La résultante du Projet Fi que le géant américain mûri depuis 2015. Le 28 novembre 2018 donc, Google a indiqué que le projet qui n’était qu’en test à la demande aux Etats-Unis était devenu assez mûr et avantageux pour l’ensemble du public américain. Google se dit fier d’avoir atteint un taux de satisfaction de la clientèle (Customer Satisfaction Score, CSAT) de plus de 90 % durant ces trois années de test. Alors, de quoi s’agissait-il ? Quel est ce service/forfait dont des usagers américains ont si bien aimé ? Google lui-même explique que sa vision en 2015 lors du lancement de projet Fi (MVNO) sur les réseaux Sprint, T-Mobile et US Cellular était de rendre l’expérience des abonnés sans fil rapide, facile et équitable. Résultat : « Au fil des ans, nous nous sommes appuyés sur cette vision en vous offrant sans frais supplémentaires des fonctions telles que la couverture internationale des données dans 170 pays et territoires, la protection anti-spam et les cartes SIM réservées aux données pour vos appareils. Tout cela fait partie de notre plan simple, sans contrat ni frais supplémentaires, avec un service à la clientèle 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, et une protection de facture - ce qui vous donne la flexibilité d’utiliser des données illimitées quand vous en avez besoin, mais ne payez que pour ce que vous utilisez ». Sans commentaires ! L’itinérance des données mobiles dans 170 pays et territoires sans frais supplémentaires. Il faut dire que les voyageurs
en rêvent ! Ils ont là un forfait exceptionnel. Ils ne pouvaient donc qu’être satisfaits même si l’on se limitait uniquement à cet avantage de l’itinérance des données mobiles.
Revenons en Afrique Toutefois, tout n’était pas rose dans le projet Fi. Car c’était disponible uniquement sur certains terminaux mobiles (Pixel, LG et Motorola), d’où la suggestion des utilisateurs d’étendre l’offre du projet Fi à plusieurs types d’appareils mobiles. Doléance prise en compte, car au lancement de Google Fi en novembre 2018, Google a indiqué que le forfait qu’il offre fonctionne à la fois avec les téléphones Android et iPhone. Aujourd’hui, Google Fi propose un forfait unique de 20 dollars par mois pour avoir les appels et les SMS en illimité. L’Internet mobile est en option, avec un tarif de 10 dollars par tranche d’un Go, et cela jusqu’à six Go. Au-delà, la facturation cesse, mais le débit finit par être bridé après la consommation de quinze Go. Au maximum donc, un client paiera 80 dollars par mois, renseigne Google. Il est certain que de nombreux Américains vont abandonner leurs forfaits traditionnels pour adopter celui de Google Fi. Ce qui va davantage réduire les gains des opérateurs traditionnels. Soit ! Le service est uniquement disponible aux Etats-Unis. Le monde étant globalisé, les telcos africains avertis devraient déjà observer avec attention ce projet. Et surtout aller au-delà de l’observation. Car, comme dans le principe des MVNO, il faut toujours s’appuyer sur le réseau d’un opérateur télécoms traditionnel pour offrir ses services. Tout comme il y a bien de choses à gagner à être partenaire d’un géant comme Google en Afrique, il y a bien de choses à perdre que de l’avoir comme concurrent. Et c’est aujourd’hui que cela se prépare ! Google Fi en Afrique sera donc avec quel opérateur télécoms ? Dans combien d’années ? A vos méninges ! Joyeuses fêtes de fin d’années et bonne année 2019 ! Beaugas-Orain DJOYUM Directeur de la publication
digital business africa N° 002 de déc. 2018/jan. 2019 | 3
SOMMAIRE
13
interview du mois
David Nkoto Emane : « Nous allons laisser l’exploitation commerciale du SAIL aux sociétés camerounaises »
25-33
dossier
Viber, WhatsApp, Skype, Facebook : comment réguler les OTT
56-59
international
Dans le secret des technologies qui vont révolutionner l’armée française
21
14-15
Le fisc met sous scellé les locaux d’Orange après un redressement fiscal de 2 milliards de F.Cfa
gestion publique
La BAD accorde un financement de 800 000 dollars à l’Aninf
4 | DIGITAL business africa N° 002 de déc. 2018/jan. 2019
çA CLOCHE
40-43
avis d’expert
Haine dans les réseaux sociaux : en France, qui répond de quoi, pourquoi et comment ? Par Laurent-Fabrice ZENGUE
SOMMAIRE 10 télécoms dans le pib Lire la rubrique Le Graphique.
34 Jean-Jacques massima Lire DIAGNOS’TIC, sa Chronique
Jean-Michel Huet 44 03 Le numérique et le « leapfrog »
52 innovation
WapiCash, la fintech qui veut faciliter les paiements mobiles en Afrique même sans Internet
50 Bolloré Transport Former 1 000 jeunes dans les métiers du numérique
64 TIC SANS HIC Lire la Chronique de Philippe Mingotaud
66 Ramez Shehadi Lire le Portrait du mois
18-19
gestion publique
Macky Sall promet de tripler à 3 milliards de F.Cfa l’enveloppe consacrée aux start-up du numérique
DIGITAL BUSINESS AFRICA Magazine des décideurs consacré aux TIC, aux Télécoms et au Numérique en Afrique. MENSUEL. N0 000. Edition gratuite. Mais, les prochaines éditions seront vendues en ligne. Ce numéro vous est offert pour besoin de sondage et vos feedback sont les bienvenus.
ASSONGMO NECDEM Beaugas-Orain DJOYUM CORRESPONDANT EN EUROPE Philippe MINGOTAUD OPéRATEUR ICT Media STRATEGIES (www.ictmedia.africa )
DIRECTEUR DE LA PUBLICATION Beaugas-Orain DJOYUM
Maquette ICT Media STRATEGIES
REDACTEUR EN CHEF Jephté TCHEMEDIE
Régie PUBLICITAIRE ICT Media Marketing and Communication Agency Mail : contact@ictmedia.agency
CHRONIQUEURS Jean-Jaques MASSIMA Olivier MADIBA Philippe MINGOTAUD ONT CONTRIBUé A CE NUMéRO LAURENT ADJOVI CYRILLE ETOUNDI Dany Clarence Gaëlle MASSANG Jephté TCHEMEDIE
CONTACTS DIGITAL BUSINESS AFRICA Web : www.digitalbusiness.africa Mail : contact@digitalbusiness.africa Digital Business Africa peut être téléchargé sur le site web du Mag et sur le site web de ICT Media STRATEGIES. Copyright © 2018 Digital Business Africa
digital business africa N° 002 de déc. 2018/jan. 2019 | 5
Baromètre
Supa Mandiwanzira, Ex-ministre des télécoms, Zimbabwe
L’ancien ministre zimbabwéen des Technologies de l’Information et de la Communication et de la Cybersécurité, Supa Mandiwanzira, a comparu devant la justice le 07 novembre 2018. Auditionné le 6 novembre 2018 par la division des enquêtes criminelles de la police, l’homme politique qui a eu en charge la gestion du secteur des télécoms jusqu’à septembre 2018, est accusé par les autorités zimbabwéennes « d’abus criminel de fonction ».
Hendrik Kasteel, Dg Mtn Cameroon
Tim Cook, PDG d’Apple
Un décret de l’autorité égyptienne publié lundi 10 décembre 2018 au journal officiel indique que Apple a « isolé géographiquement le marché égyptien » en imposant à ses distributeurs en Egypte des restrictions sur la fourniture de produits Apple à partir de distributeurs étrangers. « Apple a réussi avec sa stratégie de marketing et de contrats à interdire toute forme d’importation parallèle », apprend-on. Ce qui pénalise distributeurs égyptiens et fait grimper les tarifs des terminaux. Apple a 60 jours pour lever ces restrictions.
Octave Klaba, PDG d’OVH
Alors que la croissance sur le marché connaît un net ralentissement, MTN Cameroon avait annoncé des réaménagements dans l’organisation de son personnel. Dans un communiqué rendu public par MTN Cameroon, une opération de réduction de ses effectifs est en cours. Au terme de celle-ci, 10% du personnel sera remercié. Soit environ 100 postes, si on part du principe que l’opérateur employait environ un millier d’emplois directs, tel que revendiqué. Mais, pour d’autres, ils sont plus d’une centaine déjà remerciés depuis un an. Ses revenus issus du segment Voix ont chuté de 11,8%, tout comme le parc client qui se situe désormais à 6,9 millions, contre 10 millions en 2013. 6 | DIGITAL business africa N° 002 de déc. 2018/jan. 2019
Le spécialiste européen de l’hébergement de sites internet et des services en ligne dans le cloud OVH qui avait annoncé le jeudi 11 octobre 2018, dans son blog, son intention de fermer cinq bureaux en Europe et Afrique de l’Ouest a fermé sa filiale à Dakar au mois de novembre dernier. Ce départ sans communiqué officiel de OVH Sénégal n’a pas forcément un gros impact sur l’économie du Sénégal. Car les utilisateurs pourraient toujours accès aux services d’OVH en ligne. Selon Alex Corentin, il n’existe pas encore une offre locale d’hébergement digne de ce nom qui pourrait satisfaire la demande.
Baromètre
Paul Kagame, Président du Rwanda
Flavien Bachabi, Président Arcep Bénin
La vision du président de la République du Rwanda, Paul Kagame, de faire du Rwanda un pays connecté qui pourra s’appuyer pleinement sur les technologies de l’information et de la communication pour booster son développement prend forme de jour en jour. Actuellement, le pays déjà couvert à 95% par l’Internet à très haut débit, investi dans l’e-commerce avec le soutien du groupe télécoms chinois Alibaba. Il est devenu le hub africain de la plateforme mondiale de commerce électronique. La petite nation est également aujourd’hui la destination de choix de grands groupes technologiques comme Andela Software.
L’Autorité de régulation des communications électroniques et de la poste (Arcep), sous la conduite de Flavien Bachabi, le président de son conseil, a fixé les nouvelles règles tarifaires pour faire chuter le coût des services télécoms dans le pays. La décision qui bloque toute tentative d’entente tarifaire entre les concurrents, met fin à l’incohérence entre les coûts de production des services mobiles et les tarifs des services pratiqués.
Abdellatif Jouahri, Gouverneur de la Bank Al-Maghrib
Le chef de l’Etat Ghanéen, Nana Akufo-Addo, a décidé de résoudre définitivement le problème de pollution par déchets électroniques qui prend de l’ampleur à Accra, la capitale. Il annonce dès le mois d’octobre 2018 la construction d’une usine de recyclage par la société SGS. Elle sera basée à Agbogbloshie, le bidonville qui s’est transformé au fil des années en dépotoir pour téléphones, imprimantes, ordinateurs, photocopieuses, etc. C’est également 22 000 emplois qui seront créées pour la jeunesse.
Strive Masiyiwa, PDG d’Econet group
Le grand patron d’Econet Group, Strive Masiyiwa, poursuit sa stratégie de déploiement de la fibre optique à travers le continent via la filiale Liquid Telecom. La société qui revendique déjà plus de 70 000 km d’infrastructures télécoms installés à travers le continent ; renforcés par la liaison Cape Town le Caire; mène actuellement un autre chantier d’extension de son réseau continental de fibre optique à travers la liaison le Caire-Dakar. Le nouveau tronçon traversera le Soudan, le Tchad, le Nigeria. digital business africa N° 002 de déc. 2018/jan. 2019 | 7
Evénement
SENUM 2018 : Le Bénin explore les potentialités qu’offrent le numérique Dans le cadre de la deuxième édition de la semaine du numérique organisée par le ministère de l’Economie numérique et de la Communication (MENC), Aurélie Adam Soulé Zoumarou, a lancé le 27 novembre 2018, le Forum international Afrotech.
L’objectif du forum international AfroTech est de mobiliser la population béninoise et internationale autour des enjeux et défis du numérique et de mettre en connexion les acteurs. Il s’agira de partager les expériences, de discuter de la sécurisation des données, d’envisager les pistes pour l’amélioration des offres. « Le Bénin, à l’instar des autres pays, travaille à laisser son empreinte dans le secteur du numérique sur le continent et je reste convaincue que nous avons les atouts pour y arriver », a indiqué le ministre en charge du numérique, Aurélie Adam Soulé Zoumarou. Madame le ministre évoque entre autres atouts, la population juvénile béninoise et un environnement favorable à la création des start-up.
27 novembre 2018. Cotonou. La ministre Aurélie Adam Soulé Zoumarou lors de son discours à la SENUM 2018.
C’est pourquoi elle précise que le gouvernement entend accompagner la jeunesse à travers le Fonds national pour la promotion de l’emploi des jeunes (Fnpej) et la mise en place sous peu d’un fonds d’appui à l’entrepreneuriat numérique.
l’innovation et du savoir (Sèmè-City), la marche vers la Tnt, le développement du e-commerce, le vote de la loi sur la protection des données et la loi portant Code du numérique au Bénin sont autant d’actions qui soutiennent la vision du gouvernement.
Faut-il le rappeler ? Le numérique est au cœur des ambitions de la plupart des pays de l’Afrique. C’est une synergie d’actions à laquelle tous les pays africains contribuent. Aurélie Adam Soulé Zoumarou, rappelle d’ailleurs que l’économie numérique est l’un des quatre secteurs prioritaires de la relance de l’économie du Bénin. La mise en place de la Cité internationale de
« L’économie numérique est l’avenir. C’est pourquoi j’ambitionne de positionner le Bénin comme la plateforme du numérique en Afrique de l’ouest d’ici 2021 ». Ces propos du chef de l’État justifient le dynamisme et l’engagement du ministre de l’Economie numérique et de la Communication sur les chantiers numériques.
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Evénement Nouvelles opportunités et nouveaux défis La semaine du numérique a également été l’occasion de l’organisation de plusieurs débats. L’économie numérique reste un défi majeur pour les villes africaines, déclare Emmanuel Dusenge, chef de Projet Smart Cities à Inmarsat. Selon lui, les pays africains doivent continuer à numériser leur économie et faire des technologies de l’information et de la communication (Tic), un catalyseur du développement socio-économique. Emmanuel Dusenge a fait cette déclaration le 28 novembre 2018 à Cotonou, à l’occasion de la Semaine du numérique. Pour lui, le paysage technologique mondial est en pleine évolution et offre de ce fait, de nouvelles opportunités et de nouveaux défis. Prenant exemple sur Kigali, il estime que les villes africaines ont un grand intérêt à faire l’option des villes intelligentes, gage de développement durable.
Swyft Group. Pour lui, E-sport permet de se faire des capitaux. Selon ses propos, les chiffres d’affaires sont passés de 66 millions d’euros en 2014 à 4,3 milliards d’euros en 2017. A travers le thème : « Les villes intelligentes, quel modèle pour l’Afrique? », le second panel de communicateurs a permis à l’assistance de comprendre l’intérêt pour les pays africains de développer des villes intelligentes.
de développement de Sèmè-City, a exposé le projet de la Cité de l’innovation et du savoir (Sèmè-City). Selon lui, à travers ce projet, le Bénin ambitionne de créer une cité intelligente. Il explique que « Sèmè-City est un terrain fertile pour la recherche, la formation professionnelle, l’innovation entrepreneuriale dans les secteurs de l’habitat durable, les énergies renouvelables, l’agriculture urbaine, l’agro-industrie… ».
Romarick Atoké, responsable architecture et design urbain à l’Agence
Par Laurent Adjovi
27 novembre 2018. Cotonou. Ouverture du Forum Afrotech dans le cadre de la Semaine du Numérique 2018.
Les débats ont tourné autour de deux thématiques qui ont tenu en haleine, le public ayant effectué le déplacement de la place de la réconciliation. Les participants ont eu droit à un partage d’expériences et à un panel respectivement sur l’importance de l’E-sport et le modèle que constituent les villes intelligentes pour l’Afrique. Les débats conduits par d’éminents communicateurs ont permis à l’assistance d’appréhender les sujets. « Le gaming et l’E-sport, les nouveaux eldorados du numérique en Afrique » a été le premier thème abordé. Il a permis aux jeunes de comprendre la part de marché que constitue le sport électronique de nos jours. Selon Farid Arab, gestionnaire de communauté et Fondateur de Founder Family, cette discipline virtuelle qui fait intervenir les sens de l’homme suscite beaucoup d’engouement dans plusieurs pays. « Le jeu vidéo est une industrie en forte progression », a-t-il martelé. Le marché du Gaming et de l’Esport est en forte croissance à travers le monde, selon Chris Kouassi Cokson, Tech reporter et directeur de
27 novembre 2018. Cotonou, Semaine du numérique
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GESTION PUBLIQUE
Mamoudou FADIL : « Faciliter la collaboration entre les acteurs du numérique ivoiriens et camerounais »
Mamoudou FADIL, le nouveau Consul honoraire de la Côte d’Ivoire à Douala au Cameroun, installé le 21 novembre 2018 à Douala par le Gouverneur de la région du Littoral, Samuel Dieudonné Ivaha Diboua, promet de mettre un accent sur la coopération digitale entre la Côte d’Ivoire et le Cameroun. Digital Business Africa : Parmi vos missions : contribuer de manière efficace au développement des échanges commerciaux entre les deux Etats. Pour vous les acteurs du numérique ne seront pas oubliés. Concrètement, qu’est-ce qui sera fait pour eux ? Mamoudou FADIL : Nous entendons faciliter la collaboration entre les acteurs du numérique de nos deux pays et sou-
tenir l’installation de ceux qui veulent ouvrir des succursales aussi bien au Cameroun qu’en Côte d’Ivoire. Dans le secteur du numérique, la tendance marchande est à l’international et très peu d’entreprises possèdent des succursales. Notre apport sera donc de travailler aux côtés de ces entreprises pour faire connaitre leurs produits et services dans chacun des deux pays.
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Digital Business Africa : En tant que consul de la Côte d’Ivoire à Douala, comment entendez-vous travailler pour qu’il y ait une accélération de la coopération entre les entreprises numériques de Douala et celles d’Abidjan? Mamoudou FADIL : Le Cameroun compte déjà trois entreprises Ivoiriennes de services numériques (SOCITECH, ALINK et AITEK) contre une seule
GESTION PUBLIQUE installée à Abidjan (PANESS) d’où l’intérêt des deux pays. Ainsi, dans le cadre des missions qui sont les nôtres, nous travaillerons d’avantage à accélérer cette coopération en faisant réciproquement connaitre les entreprises. Et pour y parvenir, nous comptons organiser des forums économiques Ivoiro-Camerounais à Douala et à Abidjan et croyons qu’en l’état actuel, la représentation est la meilleure option. Pour les entreprises désireuses d’ouvrir des succursales, nous les accompagnerons pour une installation rapide et facile ; nous ne manquerons pas de mettre en place des facilités pour leur développement commercial. Digital Business Africa : Quelles sont les opportunités qui se présentent pour les entreprises numériques du Cameroun en Côte d’Ivoire ? Mamoudou FADIL : Le marché du numérique a l’avantage de nécessiter peu de logistique pour la commercialisation. De plus, les problèmes résolus par le digital sont communs aux usagers pour peu qu’ils aient des habitudes de consommation identiques, ce qui est le cas pour le Camerounais et l’Ivoirien. Sur cette base, il est évident que nous contribuerons à faire connaître aux marchés ivoiriens les produits et services fournis par des entreprises camerounaises. Bien évidemment, nous pourrons les accompagner pour des représentations, des succursales ou des joint-ventures afin de mieux adresser le marché ivoirien. Il convient aussi de noter que le marché du numérique en Côte d’Ivoire repré-
sentait déjà 1000 milliards de FCFA en 2014. En 2018 le pays totalise 10 000 0000 d’abonnés Mobile Money (http:// www.telecom.gouv.ci/assets/fichier/ magazine/actualit_100316_1213.pdf). D’après les mêmes autorités Ivoiriennes, les TIC contribuent également à 7% du PIB du pays. Enfin, pour leur permettre de bien appréhender le marché Ivoirien et leur installation, nous nous entourons d’expertises avérées que nous mettons déjà à leur disposition. C’est le cas des études telles que celle réalisée par le cabinet Deloitte pour le compte du gouvernement Ivoirien sur l’Etude sur la maturité numérique des entreprises en Côte d’Ivoire Digital Business Africa : Comment le Cameroun et les Camerounais peuvent-ils tirer avantage du secteur du numérique ? Mamoudou FADIL : De prime abord, il me semble utile de rappeler que le Cameroun c’est cinq (5) points d’atterrissage de fibre optique chose rare en Afrique, vingt millions (20 000 000) d’abonnés mobile, trois (3) Datacenters dont deux (2) opérationnels et un (1) en construction, une contribution au PIB de l’ordre de 2,3%. Des chiffres qui montrent à suffisance le potentiel de ce secteur au Cameroun. Pour en tirer partie, les Camerounais devraient d’avantage mutualiser leurs efforts afin d’offrir des services compétitifs. Ils devraient également s’employer à moins faire du copier-coller, mais à digitaliser les problèmes de base des citoyens et des entreprises. Un fait que semble avoir compris certaines entre-
prises du secteur. Nous nourrissons cependant l’espoir de voir cette tendance aller grandissante. Au Cameroun, le ministère des Postes et Télécommunications (PTT) a mis sur pied le plan stratégique Cameroun numérique à l’horizon 2020 qui a pour objectif de porter la contribution annuelle moyenne du secteur à trois cent (300) milliards de FCFA. Un plan ambitieux pour lequel nous encourageons les parties prenantes à tout mettre en œuvre pour la concrétisation de celui-ci. Digital Business Africa : Quel est votre analyse de l’état de l’écosystème des start-up au Cameroun et comment peut-il s’améliorer ? Mamoudou FADIL : Nous remarquons qu’il y a une réelle volonté des Camerounais à créer des start-up et celle du gouvernement de les y encourager. Toutefois et ce pour le déplorer, il existe aussi une course à la prime et à la médiatisation au détriment de la fourniture des services et de la gestion des start-up. Nous proposons pour l’amélioration de cet écosystème, la formation des promoteurs de start up dans la gestion de l’entreprise (Finance, Marketing … etc). Relevons qu’avant l’avènement des start up qui sont en majorité des Petites et Moyennes Entreprises, 90% de celles-ci font faillite au bout de trois (3) ans. Au regard de la jeunesse et des moyens à leur disposition nous préconisons également la mutualisation de leurs moyens. Propos recueillis par B-O.D.
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24 | DIGITAL business africa N° 002 de déc. 2018/jan. 2019
dossier
Viber, WhatsApp, Skype, Facebook : comment réguler les OTT
Le Maroc, l’Afrique du Sud et le Nigéria sont des pays qui ont sérieusement envisagé la possibilité de bloquer les services des Over The Top (OTT), comme Viber, WhatsApp, Skype ou encore Line. Le Maroc a même bloqué ces services durant une période avant de revenir à de meilleurs sentiments. Le régulateur nigérian, la Nigerian Communications Commission (NCC) a publié en 2016 tout un rapport de 23 pages analysant les impacts de ces plateformes sur l’économie numérique du pays. Comme dans les autres pays africains, le régulateur nigérian s’inquiète du manque à gagner créé par les OTT sur les revenus des opérateurs de téléphonie actifs dans le pays. Le sujet est au centre des discussions des organes internationaux de régulation des télécommunications comme l’UIT ou encore le Fratel (Réseau des régulateurs télécoms de l’espace francophone) depuis plusieurs années. Qu’il s’agisse de Viber, WhatsApp, Skype ou Line, toutes ces applications sont adossées à la fourniture des services des opérateurs. Et de plus en plus sur le continent, ces opérateurs se plaignent des pertes considérables qu’ils connaissent à cause des OTT qui vivent à leur
dépends. Contrairement aux opérateurs, ils n’ont réalisé aucun investissement, ils ne payent pas les impôts, taxes et redevances aux Etats et ne doivent en aucun cas répondre de la qualité du service. En Afrique du Sud, Mtn et Vodacom avaient exigé la régulation des OTT. Une logique de régulation contre laquelle s’est opposé Facebook, Google et Microsoft qui ont affirmé au contraire, qu’elles font gagner de l’argent aux opérateurs. Mieux, les trois géants proposaient au gouvernement sud-africain de traiter les opérateurs comme les OTT, et de les débarrasser des lois qu’ils jugent « encombrantes ». Pour Microsoft, s’il fallait arriver à un blocage de ses services, ce sont les entreprises sud-africaines qui paieraient les conséquences. Comme piste de solution, plusieurs régulateurs proposent qu’il serait préférable d’explorer des moyens innovants et rentables de rivaliser avec ces nouveaux fournisseurs de services. Le dossier de Digital Business Africa de ce mois propose également quelques pistes. Par Digital Business Africa
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OPERATEURS
Sénégal
Tigo décroche sa licence 4G à 27 milliards de F Cfa Au Sénégal, c’est une bonne nouvelle pour l’opérateur de télécommunications Tigo, le deuxième du marché du pays (avec une part de marché de 24,8 % à la fin septembre, derrière Sonatel/Orange à 53,1 %). Le 4 décembre 2018, Tigo Sénégal a signé avec l’Autorité sénégalaise de régulation des postes et télécommunications(ARTP) sa convention de concession pour d’exploitation du réseau de télécommunications mobiles 4G. Pour accéder à cette technologie, l’opérateur a dû débourser 27 milliards de F Cfa. L’acquisition de cette licence entre dans le cadre d’un vaste plan de relance et d’investissement adopté par la nouvelle direction du groupe, mené par le trio composé du Sénégalais Yerim Sow, du Français Xavier Niel et du Malgache Hassanein Hiridjee. Au lendemain de son entrée en fonction en mai 2018, le nouveau directeur général Mass Thiam a annoncé l’adoption d’un plan d’investissement de 70 milliards de F Cfa. L’objectif étant de « renforcer la qualité et l’étendue de la couverture du réseau, ainsi que les services qui lui sont associés (data, forfaits sans engagement, mobile banking…)
sur l’ensemble du territoire sénégalais ». Avec l’acquisition de sa licence 4G, c’est un pas important qui est ainsi franchi par le groupe. Bien avant, Tigo Sénégal avait
procédé au renforcement de ses infrastructures par l’extension de son réseau de fibre optique dans le pays.
Bénin
MTN obtient un prêt de 75 milliards de F Cfa pour renforcer son réseau C’est une bonne nouvelle pour la filiale locale du groupe de télécommunications sud-africain MTN. Le 23 novembre 2018, pour la seconde fois, l’opérateur a obtenu un prêt syndiqué de 75 milliards de F Cfa auprès d’un même consortium de huit banques mené par la Société Générale. Parmi celles-ci, Bank of Africa Bénin, Diamond Bank S.A, Orabank Bénin, Ecobank Bénin, Banque africaine pour l’industrie et le commerce (BAIC), Banque populaire pour l’épargne et le crédit (BPEC) et la Banque sahélo-saharienne pour l’investissement et le commerce (BSIC BENIN S.A). Selon MTN Bénin, l’argent issu de cet emprunt qui s’étend sur une période de sept ans« sera utilisé pour l’exécution des investissements de financement et d’exploitation de notre structure afin de rester toujours le numéro un des opérateurs mobiles au Bénin et d’offrir des services et produits innovants à notre clientèle », explique Arouna Alassane, le responsable comptable et financier de MTN Bénin. 38 | DIGITAL business africa N° 002 de déc. 2018/jan. 2019
10 décembre 2018. Cotonou. Stephen Blewett, le DG de MTN Bénin, rencontre les distributeurs des services MTN dans leurs kioques.
OPERATEURS
Sénégal
TerraPay et Wari s’associent pour renforcer leur présence dans 35 pays africains
Le switch de paiements mobiles Terra Pay et la plateforme digitale de services financiers Warri ont annoncé le 6 novembre 2018 la signature d’un accord de partenariat entre leurs deux structures qui devrait leur permettre de renforcer l’écosystème du transfert d’argent dans 35 pays africains. De manière pratique, ce partenariat devrait permettre l’interconnexion des opérateurs internationaux de transfert d’argent aux comptes mobiles et bancaires sur le continent. Selon les deux partenaires, avec la mise en œuvre de l’accord, les partenaires internationaux de TerraPay, présents dans 160 pays, pourront envoyer instantanément de l’argent sur les comptes mobiles et bancaires dans 35 pays africains via le réseau de paiement électronique
de Wari. Aussi, les clients de Wari en Afrique pourront envoyer de l’argent sur les comptes mobiles et bancaires via le réseau de TerraPay en Afrique et en Inde et ce, en temps réel. « Nous sommes ravis de pouvoir travailler avec Wari, un des leaders du paiement digital en Afrique. Notre partenariat aidera à la réalisation d’une vision commune : faciliter l’accès aux transferts d’argent de façon simple et moins cher en Afrique pour accélérer la création d’un écosystème qui offre une réelle valeur ajoutée aux parties prenantes et aux consommateurs. TerraPay s’engage à fournir une infrastructure technologique et un cadre réglementaire de pointe à ses partenaires », explique Ambar Sur, fondateur et CEO de TerraPay, cité dans un communiqué.
Karibou Mbodje, CEO de Wari.
Dans le même sillage, Kabirou Mbodje, le CEO de Wari, estime qu’« en s’associant à TerraPay, Wari confirme son ambition d’offrir une plateforme internationale qui interconnecte ses utilisateurs tout en leur offrant une large gamme de services. Notre objectif est de rendre nos services accessibles à tous, quel que soit le lieu. Le partenariat avec TerraPay ouvre désormais le marché indien aux clients de Wari et permet aux clients de TerraPay d’avoir accès au vaste réseau de Wari à travers toute l’Afrique et dans le monde ». Ecrit par Jephté TCHEMEDIE
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regulatION
Bénin
L’Arcep-Bénin publie les nouveaux tarifs des services de communications électroniques La nouvelle proposition d’encadrement tarifaire de l’Arcep-Bénin s’est faite par décision n°2018-266/ARCEP/PT/SE/DAJRC/DRI/DMP/GU du 19 novembre 2018 et rendue publique le 29 novembre 2018 à Cotonou. ité entre 07 et 30 jours. Les forfaits d’un montant supérieur à 2500 F.Cfa auront une validité d’un mois au moins. Pour Hervé Guèdègbé, secrétaire exécutif de l’Arcep-Bénin, cette décision vise à « mettre en adéquation les modalités de fournitures des services de communications électroniques avec les nouveaux usages et les besoins des consommateurs ; à assurer la pérennisation du marché en vue de son maintien pour la consommation durable des services des communications électroniques, notamment la fourniture des services de qualité aux consommateurs ».
Au Bénin, la seconde de communication (voix) coûtera bientôt entre 0,4 et 1 F.Cfa, soit 24 F Cfa au minimum et 60 F.Cfa au maximum la minute, suivant l’option libre ou le forfait activé au Bénin. Le coût du mégaoctet (Mo) variera entre 1,2 F à 3,1 F.Cfa, suivant les forfaits, soit entre 1200 et 3100 F.Cfa, le gigaoctet (Go). Le prix d’un message SMS est fixé entre 2 F et 5 F.Cfa.
proposition d’encadrement tarifaire fournis par les opérateurs mobiles. Il s’agit des tarifs toutes taxes comprises (Ttc) et ces nouveaux tarifs des services de communications électroniques entreront bientôt en vigueur au Bénin.
Ces informations ont été données par l’Autorité de régulation des communications électroniques et de la poste du Bénin (Arcep-Bénin), qui a rendu public le 29 novembre 2018 à Cotonou, les prix planchers et des prix plafonds, fixés à travers une
La segmentation des offres indique que les forfaits compris entre 0 et 500 F.Cfa auront une validité entre 01 et 07 jours ; ceux de la tranche de 500 à 1000 F.Cfa seront valides entre 02 et 07 jours ; les forfaits de 1000 à 2500 F.Cfa auront une valid-
Hervé Guèdègbé, secrétaire exécutif de l’Arcep-Bénin
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Il fait observer que depuis décembre 2017, deux opérateurs dominent les marchés des communications électroniques mobiles. Cette situation est favorable à la pratique de tarifs d’éviction pouvant entraîner une concurrence déloyale et ne garantissant pas la pérennisation du marché et la sauvegarde des intérêts des consommateurs. « Nous voulons désormais la vérité des prix pour que le consommateur n’ait pas l’impression d’acheter moins cher alors qu’il est grugé », déclare Hervé Guèdègbé qui explique que la segmentation des services de communications électroniques pratiquée jusque-là n’est pas adaptée aux besoins et nouveaux usages des populations et engendre de nombreuses plaintes des consommateurs relatives à la jouissance des avantages commerciaux proposés (forfaits et bonus contraignants et peu fiables). Par Laurent Adjovi
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international
Dans le secret des technologies qui vont révolutionner l’armée française
Paris. 23 novembre 2018. Au Forum Innovation Défense.
Le premier Forum Innovation Défense organisé par le Ministère des armées françaises a ouvert ses portes du 22 au 24 novembre à Paris. Une occasion pour la “grande muette” de s’exprimer et de montrer qu’elle sait innover et qu’elle n’est pas en reste en matière de “nouvelles technologies”. Occasion également pour Digital Business Africa de vous présenter ces innovations inédites dont certaines ne sont pas encore totalement dévoilées au public ou mis en œuvre. 56 | DIGITAL business africa N° 002 de déc. 2018/jan. 2019
international La marine nationale à la pointe de l’impression 3D avec Usine mobile 3D Le capitaine de frégate Jérôme CONTY du centre d’expertise des programmes navals (Intradef) nous présente son projet d’”Usine mobile 3D” embarquée à bord de chaque navire : « Dans le cadre de sa veille technologique, notre centre mène quelques expérimentations dans la dynamique de l’innovation. Elles ont commencé avec une fabrication “additive metal” en 2017, (une pompe ayant déjà accumulé 900 heures de bon fonctionnement), une première dans ce domaine. La phase expérimentale est toujours en cours avant certification ». En 2018, le service a réalisé dans les mêmes conditions une hélice en titane avec une forme assez complexe et qualifié là aussi la résistance des matériaux. « Notre équipage qui a embarqué une imprimante polymère pour sa phase d’acculturation a été capable de faire la numérisation des pièces et de les imprimer en mer. Sous la forme d’un conteneur comprenant à la fois la chaine de CAO et une imprimante polymère qui par la suite pourra être une imprimante métal, notre solution permettra aux équipages d’imprimer des pièces fonctionnelles avec une très bonne résistance mécanique”, explique-t-il. L’impression 3D, compte-tenu de la qualité des pièces fabriquées, notamment celles qui sont indispensables lors des opérations, va contribuer à assurer l’autonomie et la réactivité logistique des navires puisqu’elle a comme avantages : de s’affranchir des contraintes d’approvisionnement; de réduire les stocks de rechanges; de répondre à l’obsolescence des matériels avec le remplacement immédiat des pièces défectueuses; de résoudre les problèmes liés aux avaries en mer.
TacView : Un bel exemple de collaboration entre un civil et l’armée de l’Air Franck FRAIA est un Français habitant au Canada. Il a développé “TacView” pour le monde du Serious Game (personnes qui se servent de la simulation sur jeux vidéos au plus près de la réalité et qui veulent debriefer ensemble une fois leur partie terminée). La possibilité qu’offre TacView d’interconnecter les joueurs entre eux afin qu’ils puissent, de là où ils sont, revoir chaque phase du déroulement de leur partie au même moment, a intéressé l’armée de l’Air. Comme nous l’explique le Capitaine François HANNE : « Dans l’armée de l’Air, nous n’avions pas de soft en mesure
Paris. 23 novembre 2018. Au stand du Centre Excellence Drone
de proposer ce genre de représentation, nous avons contacté M. FRAIA pour lui demander s’il était intéressé pour travailler avec nous et adapter son produit à nos besoins. Ce qu’il a fait et ça marche. La dernière version de TacView sert actuellement comme logiciel de debriefing pour nos exercices de vol. Le logiciel reconstitue le terrain d’opération, la situation tactique ainsi que le mouvement des participants tout au long des opérations. Les trajectoires d’avions sont implémentées directement par les pilotes ou à l’aide des loggueurs GPS intégrés aux fuselages. Avec un fichier de situation tactique et un fichier des trajectoires, on peut reconstituer tout l’exercice et permettre aux contrôleurs, aux pilotes, à tous ceux qui ont besoin de savoir ce qui s’est passé, de debriefer à toutes ses étapes.» En opération, les avions étant le plus souvent sur la même base, l’utilisation de fonctions liées à l’interconnexion de sites n’est pas vraiment nécessaire. L’armée garde pour ses phases opérationnelles, ses propres logiciels qui répondent parfaitement à ses besoins.
Des drones à vocation militaire Le Centre d’Excellence Drone, basé à Salon de Provence, présente une solution entièrement développée par l’armée française; un engin volant, pilotable à distance, équipé d’une intelligence artificielle, de type “Tracking” et “Start Getting” automatiques, c’est à dire capable par
elle-même de reconfigurer la navigation du drone à partir d’une analyse d’image montrant une anomalie. Ce type de drone sait également distinguer et renvoyer les informations sélectionnées sous forme d’une phase d’alerte sur un PC de crise permettant à un escadron de protection de traiter la menace. Pour son directeur, le commandant Daniel-Frédéric GIGAN, « nos drones sont chargés de surveiller à distance les sites comportant des points d’intérêt dits “sensibles”, en renvoyant à un opérateur des images en temps réel, en double flux, en vol et au sol. Le fait qu’ils soient conçus pour être autonomes n’empêche pas un opérateur d’interagir avec son drone. Il pourra modifier l’itinéraire programmé et redéfinir, le plus souvent en fonction des images reçues, de nouveaux points d’intérêt sur une carte, que son drone survolera avec une extrême précision ». Le commandant Daniel-Frédéric GIGAN explique qu’il n’y a pas beaucoup d’algorythmes sur le marché capable de faire du Tracking et du Start Getting automatiques. La portabilité de ces technologies sur un drone n’est pas aussi aisée ni répandue. « IA et autonomie, pour une automatisation globale permettant d’agir indépendamment de l’être humain, reste un défi que l’armée française est en passe de relever », indique-t-il en précisant que la “démonstration technico opérationnelle” est maintenant validée et qu’ils sont à une phase de valorisation dite industrielle afin de continuer à perfectionner leurs systèmes à partir de
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