Idées fraîches
Comment habiter nos espaces publics lors de la canicule ?
Atlas.t Résidence de recherche à Coco Velten - Marseille Architecture et urbanisme Été - Automne 2023
Atlas.t
est un collectif de 3 architectes et urbanistes : Cécile Foucreau, Marie Ghiringhelli et Yasmine Hrimeche Atlas.t accompagne des structures et collectivités dans la transformation d’espaces à travers l’exploration et l’analyse de diverses thématiques (usages, géographie, écologie, sociologie etc.) et la conception d’aménagements urbains et architecturaux sur-mesure et adaptables.
collectif.atlas.t@gmail.com Marseille 3 rue Paradis, 13001 Marseille Paris 42 rue Avron, 75020 Paris
Merci à l’équipe de Coco Velten, à Yes We Camp pour leur accueil et accompagnement, notamment Annabelle, Isis, Ambre, Marion et Laurie, Merci à Magalie Martin pour sa collaboration à la résidence, Merci à Marseille Solution pour leur partenariat lors de À nous les toits !, Merci à Edouard, Rémi, Hugo et Patrick pour leur coup demain architectural, Merci à Grégoire Saurel pour son partage sur les tuiles et le réemploi, Merci à tous les témoins de Belsunce et des canicules qui ont répondu à nos questions : Karim de chez Fun Funk, les clients de la cantine, les enfants participant à l’atelier du samedi et toutes les personnes rencontrées.
CONTEXTE
Résidence à Coco Velten La résidence d’architecture Idées fraîches a recherché comment habiter nos espaces publics lors de vagues de chaleur, avec comme terrain de recherche Marseille et plus particulièrement le quartier Belsunce Dans ce cadre, le collectif Atlas.t a investit pendant 3 semaines le toit-terrasse de Coco Velten, structure sociale, solidaire et culturelle située à Belsunce. Cette résidence a donné lieu à des ateliers ouverts au public, un chantier de construction, une table ronde et une publication d’un projet urbain et architectural répondant aux enjeux liés à la canicule. Elle s’est déroulée en trois semaine, organisées en trois phases d’actions différentes.
phase 1 - Etat des lieux, recherches Objectifs : Étudier le sujet de la chaleur en ville de manière générale et transversale pour alimenter le projet. Comprendre le site et le quartier de Belsunce à travers les regards des occupants et habitants. Relever à l’échelle du quartier de Belsunce les toits-terrasses qui pourraient faire l’objet d’une appropriation. Produire un état des lieux sensible et collectif du toit-terrasse de Coco Velten.
phase 2 - Conception, fabrication Objectifs : Concevoir un prototype avec des matériaux issus du réemploi qui réponde aux besoins identifiés et permette de rafraîchir le toit-terrasse de Coco Velten. Tester, expérimenter des méthodes de fabrication du prototype. Trouver des astuces pour amplifier l’effet de rafraîchissement de la structure.
phase 3 - Restitution et conception de l’aménagement du toit. Objectifs : Intégrer la création artistique en toile de jute de Magali Martin à la scénographie. Élaborer un fascicule synthèse du déroulé de la résidence. Recueillir la parole et réactions des visiteurs lors de la journée de restitution À nous les toits !. Concevoir une proposition de réaménagement du toit -terrasse de Coco Velten par l’installation d’une répétition de claustras qui respect les usages existants et les amplifient.
GÉNÉRAL
Températures en fonction des espaces
Canicule & espaces publics Dans un premier temps, l’objectif de l’enquête a été de simplifier la notion d’îlot de chaleur, rendant ainsi le concept accessible au plus grand nombre, et de présenter quelques mesures simples engagées par des collectivités en réponse à cette problématique. En 2022, les canicules sont devenues plus fréquentes, longues et intenses, confirmées par un rapport du GIEC sur l’adaptation au changement climatique. Les îlots de chaleur urbains (ICU) et la surchauffe urbaine sont exacerbés par ces vagues de chaleur, mais aussi par l’augmentation de la population et la densification urbaine ce qui pose des problèmes de santé publique en ville. Les îlots de chaleur urbains représentent un phénomène climatique qui correspond à un écart de degrés de température entre le milieu urbain dense et sa périphérie. Il est surtout ressenti la nuit car la ville emmagasine davantage la chaleur que la campagne. Dans ce contexte les mesures de rafraîchissement urbain doivent être diversifiées. Il n’y a pas de solution unique, mais l’intégration de plusieurs solutions, basées sur la nature, les configurations urbaines et les matériaux, est essentielle. Pour lutter contre les épisodes caniculaires certaines collectivités ont d’ores et déjà engagées plusieurs mesures. La mairie de Barcelone a récemment fait ouvrir 197 refuges climatiques dans la ville. Le but : accueillir la population, notamment les plus fragiles, dans des espaces plus frais. Ces espaces sont accessibles à tous, la population y a accès à de l’eau et peut venir s’y reposer. Parmi ces lieux, on trouve des bibliothèques, des centres et équipements de quartier, des centres sportifs, des musées ou encore des écoles, mais aussi des parcs et jardins. Les refuges climatiques sont positionnés
zone rurale
périurbainpavillonaire
centreville
résidentiel périurbain- zone urbain pavillonaire rurale
Diagnostic de surchauffe urbaine
Espace en pleine terre, ombragé
Espace minéral, exposé au soleil
«On comprend vraiment le terme îlot de chaleur dans ce contexte de canicule.» Émilie. dans la ville de sorte que la moitié des Barcelonais disposent de l’un d’eux à moins de 5 minutes à pied de chez eux, et quasiment tous en possèdent un à moins de 10 minutes à pied de chez eux. La Ville de Paris se prépare aussi aux vagues de chaleur en mettant en place une stratégie de rafraîchissement, intitulée Paris s’adapte, qui se déploie en différentes actions : • la débitumisation de 100 hectares et plantation de 170 000 arbres d’ici 2026 • l’ouverture de salles rafraîchies en libre accès dans les mairies d’arrondissement en cas de grosses chaleurs • l’élaboration d’une carte interactive qui identifie les lieux frais dans la ville • la création de zones ombragées, via des solutions alternatives à la plantation d’arbres lorsque celle-ci n’est pas possible
Refuges climatiques à Barcelone pour accueillir la population dans les espaces plus frais
Carte affichée dans les rue de Barcelone qui répertorie les refuges climatiques dans la ville Stratégie de rafraîchissement de la ville de Paris via le plan «Paris s’adapte»
Dispositifs d’ombrière installés dans le 12 ème arrondissement de Paris
sources : Ademe, Cerema, ville de Paris
Carte interactive des lieux frais dans Paris
GÉNÉRAL
Chaleur & matérialité Des références bibliographique ont infusé l’enquête, les textes et représentations graphiques sont entrés en résonance avec les témoignages des Marseillais.
La conduction thermique Elle est le flux de chaleur à travers les solides et les liquides par vibration et collision des molécules et des électrons libres.
sources : ouvrage de Phillipe Rham «Le style anthropocène»
Philippe Rham, dans son ouvrage Le style anthropocène défend une approche de la construction axée sur la durabilité, s’opposant ainsi à une tradition qui consomme beaucoup d’énergie. Dans cet essai, le théoricien et constructeur poursuit sa réflexion sur un modèle architectural qui s’est avéré inefficace face aux défis du changement climatique. Avant le début du XXe siècle, la décoration intérieure en Occident avait une fonction pratique : elle servait à lutter contre le froid en hiver et les fortes chaleurs en été. Par exemple, un tapis était utilisé pour éviter d’avoir froid aux pieds, une tapisserie isolait les murs thermiquement, les cristaux des lustres et les miroirs amplifiaient la faible luminosité des bougies et des fenêtres, tandis que les rideaux bloquaient les courants d’air. Cependant, l’introduction au tournant du XXe siècle de technologies modernes telles que le chauffage central, l’éclairage électrique et la climatisation a rendu obsolète cette utilité première de l’art décoratif intérieur en raison de la puissance des hydrocarbures. Dans cette logique, les entretiens menés dans le cadre de la résidence ont permis d’interroger les Marseillais sur la notion de matérialité et sur les techniques de rafraîchissement utilisées au quotidien quand ils n’ont pas accès à la climatisation.
Plus la valeur k d’un matériau est haute plus la chaleur traverse ce matériau Plus la valeur est basse, plus le matériau est isolant thermique
L’éffusivité thermique Elle mesure la rapidité d’un matériau à échanger de l’énergie thermique avec son environnement.
Le sol à haute effusivité refroidit le corps
Le tapis à faible effusivité réchauffe le corps
L’émissivité thermique Elle représente a capacité d’un matériau à échanger par radiation (sans contact physique) de la chaleur avec un autre matériau.
Les touaregs portent deux couches de vêtement une serrée et une autre ample. Leurs vêtements serrés chauffent l’air entre les deux couches et provoque la transpiration, mais comme c’est ouvert par en dessous, l’air circule et ça fait une climatisation naturelle. Diego.
La valeur de l’émissivité est comprise entre 0 (la plus basse) et 1 (la plus haute). Plus l’émissivité d’un matériau est haute, plus il absorbe les infrarouges et plus il chauffe et inversement
Techniques de rafraîchissement low-tech des espaces
Idées issues des entretiens menés
Installer des paravents de façon à orienter la circulation de l’air
Poser des tissus mouillés dans un courant d’air
Inonder d’eau un sol en tomette
Installer des volets persiennes
Végétaliser les espaces
Humidifier des sacs de jutes sur un sol chaud
Créer de l’ombre et de l’air avec une résille ajourée
CONTEXTE
Marseille, couvert arboré urbain À Marseille, les canicules de ces dernières années ont eu un impact sur la vie quotidienne des habitants. Plusieurs d’entre eux ont signalé que, lors des périodes de canicule, il était courant de chercher des lieux publics climatisés pour se réfugier et échapper à la chaleur étouffante : les bureaux, les cinémas, les musées, les centres commerciaux et les transports en commun tels que le tramway. Ces vagues de chaleur ont non seulement perturbé les modes de vie des Marseillais mais ont également soulevé des préoccupations majeures en matière de santé publique. Une autre problématique qui suscite l’inquiétude parmi les résidents est la rareté des arbres dans l’espace public. Marseille reste une ville très minérale. Les espaces verts urbains représentent seulement 4,6 m² par habitant. C’est moins que Paris (14 m2). Les arbres jouent pourtant un rôle essentiel dans la création d’îlots de fraîcheur en ville. Leurs branches fournissent des zones d’ombres considérables, créent des couloirs de ventilation naturelle et améliorent la qualité de l’air en libérant de l’oxygène et en régulant la température locale grâce à l’évapotranspiration. De plus, l’aspect esthétique de la végétation urbaine est largement apprécié par les habitants. Cependant, ces avantages sont de plus en plus rares à Marseille. La diminution du nombre d’arbres dans la ville est une tendance inquiétante. Au cours des 75 dernières années, le patrimoine arboré du cœur historique de Marseille a été réduit de moitié. Les images historiques de l’espace public de la ville montrent une époque où les arbres étaient abondants et intégrés à la vie urbaine. Cela souligne l’urgence de préserver les quelques espaces en cœur d’îlot encore
arborés au centre-ville, car ils témoignent d’une tradition ancienne visant à contrer les températures élevées dans les quartiers historiques.
En tant qu’urbain, on vit beaucoup le bitume marseillais et l’excès de minéralisation , les parcs brûlés font quand même triste mine, on ressent d’autant plus durement les arbres fripés et le terrain bien brûlé : le parc Longchamp par exemple. Julien. 1-
2-
La plaine vue du ciel en 1970 (1) et aujourd’hui (2)
Vue du square Léon Blum en 1930
Vue de la Plaine avant 2018
CONTEXTE
Marseille, la végétalisation comme enjeu social La métropole marseillaise présente une densité de population relativement faible, atteignant environ 600 habitants par kilomètre carré. Cependant, il est essentiel de noter que ce chiffre masque une série de disparités significatives au sein de la ville.
dense et les surfaces de sols vivants, dénué de bitumes se font rares. À la recherche d’opportunités pour créer des lieux de fraîcheur, le regard se détourne du sol pour se tourner alors vers les toitures plates cotôyant le ciel.
Au nord de la ville, l’on trouve une concentration importante d’activités industrielles, notamment le port industriel de Marseille. Cette zone est caractérisée par une prédominance d’espaces minéralisés, avec une densité de construction élevée et une faible présence de végétation. De plus, la population de ces quartiers a généralement un niveau de revenu moyen relativement bas. En revanche, au sud de Marseille, une image contrastée se dessine. Les quartiers de la colline Périer et du Roucas Blanc se distinguent par leur niveau de revenu moyen élevé. Ces zones résidentielles sont marquées par des espaces verts privés, souvent associés à des résidences fermées, créant ainsi des oasis de verdure au sein de la ville. Ces espaces offrent un contraste frappant avec les quartiers nords. Cette disparité entre le nord et le sud montre qu’une attention particulière doit être accordée aux quartiers du nord pour remédier à la précarité environnementale qui y prévaut, tandis que les quartiers du sud doivent continuer à préserver leurs espaces verts pour garantir un environnement agréable et de qualité aux habitants. Dans le cas de Belsunce, situé au nord-est du vieux port où se situe l’enquête, la végétation se retrouve principalement dans des alignements d’arbre planté dans certaines rues ou dans des cœurs d’îlot privés difficilement accèssibles. Le tissu bâti est
Y’a une complexité à Marseille qui fait que la mer peut être vite assez loin de ton lieu d’habitation et donc qu’il y a un manque d’espace de proximité ou tu peux aller en 10 min. Ça devient complexe d’aller a la mer quand t’as 40 min de transport» Guillaume.
«Dans les quartiers nord tout est goudronné, quand tu vas dans le Roucas ou plus au sud c’est très arboré et tu sens que le soir ça se rafraîchit largement.» Oriane.
Carte niveau de vie / végétalisation à l’échelle de Marseille
sources : Mediapart
Vue de Marseille depuis le sud vers le centre ville et les quartiers nords
CONTEXTE
Toits-terrasses méditerranéens C’est donc au niveau des toitures exposées aux vents que le projet se dessine. Coco Velten a mis à disposition du collectif Atlas.t son toit-terrasse pour tester des dispositifs de lutte contre les fortes chaleurs en ville. Cette opportunité a permis au collectif de se saisir du sujet et de réfléchir à comment concevoir des solutions innovantes de rafraîchissement des espaces sur dalle, en particulier lorsque la désimperméabilisation n’est pas une option. Les toits-terrasses, en raison de leur hauteur offrent des qualités spatiales et d’ussages interessantes. Ils garantissent des points de vue privilégiés sur la ville propices à la détente et à la pause éloignant de l’agitation urbaine, sont sécurisés car mis à distance des flux routiers et favorisent une circultaiton d’air essentielle pour le confort d’été. Par ailleurs, les toits-terrasses revêtent une signification particulière dans l’imaginaire des gens. Ils sont souvent perçus comme des espaces emblématiques de la culture méditerranéene, offrant une évasion vers un environnement extérieur en plein cœur de la ville. L’aspect symbolique des toits-terrasses et leur potentiel pour créer des lieux de rencontre et de détente en font un objet d’étude fascinant. C’est sur cette thématique que Le collectif À nous les toits ! a souhaité mobiliser les étudiants en master 2 Transition des Métropoles et Coopération en Méditerranée pour analyser les dynamiques socio-économiques et culturelles des toits-terrasses de la médina de Tunis. Cette initiative vise notamment à promouvoir l’utilisation des toits à Marseille et à explorer un «droit au ciel» pour tous.
Le travail documentaire effectué par les étudiants est la première étape du projet. Il montre en quoi les toits-terrasses au Maghreb sont envisagés comme des espaces contemporains de partage, offrant une échappatoire à la densité urbaine. Alors que l’occupation des toits est une pratique émergente en Occident, elle a des racines profondes dans la société maghrébine. Dans le monde arabe, les toits, appelés Stah, ont une importance culturelle et sont utilisés pour des activités domestiques, festives et économiques. En journée, il est traditionnellement utilisé comme un espace fonctionnel, souvent dédié aux tâches domestiques des femmes, telles que le ménage et la lessive, le soir il devient un lieu de rassemblement et de discussion pour les familles et les invités. Ces espaces en hauteur deviennent alors des havres d’air frais, offrant un répit bienvenu à la chaleur estivale. A Marseille, l’appropriation de ces espaces semble cependant moins répandue ce qui soulève des questions sur la manière dont les résidents de cette ville interagissent avec ces espaces. Les toits-terrasses marseillais existants sont principalement de nature privés et sont associés à des établissements de consommation tels que des hôtels et des bars. Beaucoup d’autres de ces espaces ne sont pas aménagés, ni utilisés. En croisant les qualités observées de la convivialité et de l’intimité qu’apporte le modèle tunisien du toit-terrasse croisé aux situations urbaines agréables et propice à la rencontre et aux loisirs que démontre le développement des Rooftop bars, nous souhaitons réaliser des propositions hybrides pour les toit-terrasses de Belsunce.
Extrait du travail documentaire sur les toits terrasses de Tunis des étudiants du master Transition des Métropoles et Coopération en Méditerranée à l’école d’urbanisme de Marseille
Toits-terrasses aménagés à Marseille
Le toit de la friche de la belle de mai comme lieu de fête, le Ciel -bar restaurant, le toit de la cité radieuse pour des évènement ponctuels
CONTEXTE
Belsunce, développer les toit-terrasses publics Belsunce subit fortement les conséquences des îlots de chaleur pendant les périodes de canicule. Ce quartier est particulièrement exposé au soleil en raison de sa topographie en pente orientée vers le sud. La végétation dans les espaces publics y est rare, mais certaines organisations associatives très actives dans la gestion des espaces du quartier ont entrepris l’entretien des plantes en pot dans les rues et les ruelles. Lors des vagues de chaleur, de plus en en plus fréquentes, de nombreuses familles du quartier cherchent à profiter de l’air extérieur, en particulier en soirée lorsque la température commence à baisser. Le mode de vie s’adapte à l’augmentation de la chaleur, les personnes occupent leur intérieur lors des piques de températures en milieu de journée et sortent chercher l’air en fin d’après-midi et à la tombée de la nuit. A Belsunce, les lieux pouvant accueillir des familles la nuit sont rares. À ces heures, les aires de jeux destinées aux enfants sont souvent occupées, par certains adultes qui se rassemblent, parfois en consommant de l’alcool ou d’autres substances. Cela engendre des conflits d’usage et progressivement, les familles se voient contraintes de quitter ces espaces publics initialement conçus pour répondre à leurs besoins. Aménager des espaces de proximité susceptibles d’accueillir les familles en extérieur, lors des périodes de canicule est un enjeu qui émerge avec le réchauffement climatique. Les villes se trouve face à nouveau défi, celui de l’évolution des usages nocturne. Les cœurs d’îlot végétalisés Les cœurs d’îlot végétalisés sont des éléments urbains déterminants dans le rafraîchissement de l’air en ville. Plusieurs de ces espaces se cachent à Belsunce. Cependant, nombre d’entre eux sont négligés en raison du découpage cadastral flou et de l’absence d’identification des propriétaires, qui entrave leur transformation en espaces conviviaux.
Les espaces publics végétalisés La désimperméabilisation des sols de l’espace public revêt une importance cruciale dans le contexte urbain en général. Belsunce, en tant que quartier central de Marseille, compte de nombreux parkings en enrobé et des places publiques minérales. Il est impératif d’agir pour réduire cette imperméabilisation. Toutefois, en raison de l’ancienneté du quartier, les réseaux souterrains sont complexes, ce qui peut retarder la mise en œuvre de telles interventions. Les toit-terrasses Pour créer rapidement des espaces de proximité aérés, la résidence propose d’explorer les toits plats de Belsunce et d’envisager leur transformation en toits-terrasses publics. L’analyse révèle que le quartier ancien dispose de peu de toitures plates, seulement une vingtaine qui sont souvent inoccupées en tant qu’espace de vie. La plupart d’entre elles étant utilisées à des fins techniques. Les immeubles dotés de toits plats accueillent principalement un public ou une clientèle par le biais d’activités commerciales ou de service public. Souvent, ces immeubles ont une vocation mixte, accueillent des habitations aux étages supérieurs et des locaux d’activités au rez-de-chaussée. De plus, un certain nombre des toits identifiés appartiennent aux collectivités et sont utilisés à des fins professionnelles conformément aux horaires de bureau classiques. Dès lors, plusieurs questions doivent se poser pour envisager l’ouverture et l’accessibilité des toits terrasses de Belsunce: • Quel aménagement (matérialité et spatialité) pour convertir une toiture plate technique en toit-terrasse public ? • Quel moyen d’accès au toit depuis le sol ? • Quelles possibilités pour collaborer avec les collectivité en vue de l’ouverture des toits au public en dehors des horaires de bureau ?
Toiture plate aménagée en lieu de vie Gare Saint Charles
?
Vieux Port toiture aménagée en espace de vie toiture partiellement aménagée toiture technique
Hauteur de prise d’air, de vue sur le paysage
9 5
5/7
9
Gare Saint Charles
8
5
vue Calanques
7 4 4
5/6
5
3/7 3/7
vue Méditerranée
6
6/7
9 5
6/7
7
5/12 19
7
4/5
4
6 3/11
9
Vieux Port 7
nombre d’étages sous la toiture
Fonctions des bâtiments sous les toitures plates Gare Saint Charles
25 24
25
24
27
23
22
26 27
26
21 22 23 20 19 21
20
19
17 16 15
09
08 01 02
01
08
11
03
03
07
06 04
05
14
14
18
10
11
12
12
07
02
04
18
15
09
10
17
16
06
13
13
05
Vieux Port habitation commerce, restauration & hôtellerie bureaux & service
bâtiment public local associatif
Un système de gardiennage à inventer
La résidence de Coco Velten a mis en lumière la question de la surveillance des toits-terrasses, une problématique à laquelle les acteurs se trouvent fréquemment confrontés. En fonction de la vocation des bâtiments, il est nécessaire de créer un système de gestion spécifique pour les toitures réaménagées, adapté aux usages particuliers de chaque édifice. Dans le cas d’un bâtiment abritant un service public, il est envisageable que certains employés en charge de l’accueil ou de la gestion de l’édifice étendent leurs responsabilités pour assurer une surveillance rémunérée des toits-terrasses en dehors des heures de travail habituelles. > ouverture régulière et sans contrainte Une alternative serait de faire appel à des volontaires, généralement membres d’une
association liée à l’édifice, en échange de la possibilité de privatiser temporairement la terrasse une fois par semaine ou par mois pour leurs activités associatives. > ouverture selon les modalités de l’association Enfin, un réseau de commerçants situés au rez-de-chaussée pourrait être établi et en liaison avec la mairie, agir en tant que gardiens délégués. Les visiteurs de la terrasse pourraient adhérer à un service en ligne ou via les commerçants pour obtenir un code virtuel ou en format papier, ce qui leur donnerait accès aux toits-terrasses. Cette approche permettrait aux commerces de rencontrer de nouveaux clients et de proposer des produits, comme des boissons, à emporter sur la terrasse. > ouverture selon les horaires des commerces sous contrainte de démarche administrative.
Tours Labourdettes
06
07 4/5
9
4
19
13
14
10 9
11 7
12 6
17
18
19
3/11
6/7
20
21
10 rue François Bazin
6
17 Bd Maurice Bourdet
1 r Jean-Baptiste Fortune
51 r des Dominicaines
15
15 Bd Maurice Bourdet
10 r François Bazin
09
5
5-9 Bd Maurice Bourdet
5/12
31 Bd d’Athènes
7
14 r Puvis de Chavannes
16 r Puvis de Chavannes
17 r Henri Barbusse
08
Coco Velten
15 r de la Providence
World Trade Center
6/7
10 Bd Charles Nédelec
05 30 r nationale
04
46 r Longue des Capucins
Centre Bourse
03
73 la Canebière
rue de Bir Hakeim
02
11 Bd d’Athènes
24 Cr Belsunce
01 3/7
16
5/6
5
4
4
7
22
3/7
24
26
27
5/7
23 5
9
25 9
8
5
16 Bd Charles Nédelec
11 r des Convalescents
Bibliothèque Alcazar
19 r Henri Barbusse
ÉTAT DES LIEUX
«Toit de Coco» La mise à disposition du toit de Coco Velten par Yes We Camp a offert l’opportunité d’explorer de près les avantages et les contraintes associés à l’aménagement et à la gestion d’une terrasse accessible au grand public. La première étape de la résidence a été consacrée à l’observation des usages du toit et à la collecte de témoignages des acteurs de Coco Velten afin de mieux comprendre le fonctionnement de la terrasse et de ses usages notamment en période de canicule. Cette période a été essentielle pour concevoir par la suite une structure architecturale appropriée. Porté par l’association Yes We Camp, le processus de reconversion du toit -terrasse en espace de vie a donné naissance à un projet à la fois social et urbain. La réalisation de ce projet a impliqué la tenue de chantiers participatifs visant la construction de la terrasse et sa végétalisation. Pendant plusieurs années, le toit était accessible toute la semaine, toute la journée, alignant ses horaires sur ceux de l’ensemble de Coco Velten. Toutefois, l’ouverture du toit au public a été entravé par des problèmes liés à la sécurité. En l’absence de surveillance, le lieu a été le théâtre d’actes de vandalisme mettant en danger l’ensemble des visiteurs, en particulier en raison de la hauteur de la terrasse qui la rendait propice aux jets de projectiles. Étant donné les contraintes budgétaires, la décision a été prise de restreindre l’accès au toit aux seules soirées de vendredi et samedi, moments où des agents de sécurité étaient présents pour les événements festifs se déroulant au rez-de-chaussée. Cette adaptation de l’accessibilité en fonction de la sécurité souligne l’importance de prendre en compte la responsabilisation des usagers et la sécurisation du lieu, dans
un esprit convivial, lors de la conception de toits plats transformés en toits-terrasses. En ce qui concerne l’utilisation du toit et les variations de température, le toit est principalement fréquenté par le personnel de Coco Velten pendant les saisons intermédiaires. Pendant les périodes de canicule, les retours indiquent que le toit est évité en journée, bien qu’il soit parfois utilisé en soirée par les visiteurs. Une pergola a été installée sur la partie est de la toiture, à proximité de la cage d’escalier, créant un espace abrité des vents venant de la Méditerranée à l’ouest. Cet espace s’avère propice aux pauses pendant les journées de travail et aux réunions d’équipe. Cependant, du côté ouest de la toiture, une vue sur la Méditerranée est dégagée, mais la végétation y est rare, ce qui en fait un espace davantage propice à la contemplation. Ce secteur de la terrasse est principalement fréquenté en soirée, car il ne dispose pas d’une zone ombragée. En observant l’utilisation plus intensive de la partie est de la terrasse, en particulier de la zone sous la pergola, le projet s’est orienté vers la conception d’un prototype de claustra afin de créer de l’ombre et de rafraîchir cet espace.
Vue mer
Toit-terrasse Coco Velten relevé septembre 2023 Atlas.T
assise 1,0
Matériaux
3,4
Membrane bitumineuse fragile, séparée des éléments passerelles et terrasses par des plots de 20cm Terrasse bois avec larges lattes
4,9
Local
2,1
5,9
1,0
1,0
1,0
53°C Passerelle bois avec fine lattes
Extension terrasse en OSB
Mobilier principalement en bois de récupération
4,6 1,1
Mur et muret en béton
Espace exposé au vent
00°C Température prélevée sur les
différents matériaux la 01/09 à 11h30
Les relevés de températures démontrent que la couche bitumineuse absorbe et diffuse la chaleur jusqu’au bois de la terrasse, engendrant ainsi des températures plus élevées au niveau du sol en bois par rapport au béton des murets qui entourent la terrasse.
4,0
assises
1,0
2,1 8,7
3,5
Cage d’escalier
0,7
35°C
4,2
4,5
table à l’ombre de la pergola
27°C 1,9
2,0
1,0
1,0
1,0
3,2
jardinière 1,1
Présence végétale et mobilier importante support jardinières 6,9 1,0
jardinière
45°C
4,7
serre assise présentoir
Vue gare
PROJET
Claustra ludique Le projet vise à repenser les mobiliers vernaculaires pour créer un espace frais et convivial sur un toit-terrasse. L’objectif est de concevoir un dispositif qui génère de l’ombre, similaire à une claustra, en utilisant des matériaux locaux et recyclés. Ce dispositif devra également favoriser la circulation de l’air et offrir un rafraîchissement adapté.
Inspirations
Projet 8b Nave - Arturo Franco - Madrid
L’une des dimensions intéressantes à explorer dans ce projet concerne le développement des sens à travers cette construction. Cela inclut la manière dont le dispositif cadre les vues depuis le toit-terrasse, créant ainsi des perspectives visuelles interessante ainsi que l’exploration des sons produits par les éléments en contact avec l’air. L’usage de la tuile en tant que matériau principal pour cette structure s’est révélé comme un choix évident. Cette inspiration découle en partie du travail en cours de Bellastock Marseille. En premier lieu, l’emploi de la tuile représente un hommage subtil à la tradition des toits en tuile à Marseille. La tuile, sous sa forme «canal», existe dans la région provençale depuis l’Antiquité et est largement répandue en Méditerranée. Au cours de la résidence, la tuile dite «marseillaise», apparue avec l’industrialisation, est devenue le matériau central de l’expérience. De plus, il est aisé de se procurer cette matière, souvent librement accessible en raison du renouvellement fréquent des toitures par les particuliers. Un autre avantage de la tuile en terre cuite est sa capacité à offrir des propriétés de rafraîchissement intéressantes. En contact avec de l’eau, les tuiles peuvent contribuer à abaisser la température de l’air environnant grâce à l’évaporation de l’eau présente à leur surface, créant ainsi un effet de refroidissement naturel.
S E L House - CampoTaller- Mexique
S E L House - CampoTaller- Mexique
Musée de Chengdu - Kengo Kuma-Chine
Construction échelle 1 d’un prototype de claustra en tuile La construction d’un échantillon de claustra a été proposé sur le toit de Coco Velten, pour s’assurer de sa faisabilité et tester différentes méthodes de faire. Des motifs ont été testés en amont afin de crée une ombre esthétiquement géométrique, orientant l’air vers les personnes qui se trouvent en dessous. L’installation d’un système d’arrosage a été installé afin de favoriser le rafraîchissement de l’espace placé de façon à diriger l’eau vers des bacs à plantes positionnés aux étages inférieurs. Au centre de la structure, des tuiles suspendues verticalement ont été agencées de manière à ce qu’on puisse les faire glisser le long de câbles pour créer des cadrages sur le paysage. Dans leur partie basse, où elles peuvent se déplacer librement, elles produisent des sons lors de la circulation de
l’air, rappelant un carillon à vent. Diverses améliorations peuvent être envisagées pour un usage optimal, notamment : - La création de davantage de motifs en utilisant des tuiles découpées pour amplifier l’ombre, - L’amélioration du système de fixation des tuiles et de la structure, L’augmentation de l’écoulement de d’eau sur les tuiles pour rafraîchir davantage, - L’ajout de voilages, tels que des toiles légères, pour créer une ombre plus marquée. Chantier - Temps de construction : 5 jours - Budget : environ 150 euros - Matériaux: 90 % réemploi tuiles et bois (quincaillerie en plus) - Moyens humains: 2 personnes à temps plein, 2 personnes en appui.
Utilisation de tuiles Marseillaises lors de la résidence Idées Fraîches, expérimentation de mobilier rafraîchissant
Matières et chaleur Des tabourets sont fabriqué en différents matériaux. Ils sont à la fois éléments d’assise et de médiation avec le public. Chaque assise permet en effet d’expérimenter la sensation des différentes matières exposées au soleil. Lequel a la conductivité ou l’éffusivité la plus élevée? Ces objets permettent d’aborder simplement ces termes techniques et d’échanger sur la notion de confort thermique lié à la matière.
Ombres et motifs La disposition des tuiles et des matériaux de la claustra crée des ombres variées. La géométrie et l’opacité plus ou moins accentuée de chaque élément qui compose la structure dessinent une ombre projetée sur le sol et la paroi de la terrasse. Le tracé pdevient mouvant, en fonction de la courbe du soleil et des heures de la journée.
PROJET
Proposition architecturale Une conception architecturale plus globale à l’échelle du toit de Coco Velten a ensuite été menée à partir de l’échantillon créé. Différentes dispositions spatiales et combinaisons de la structure ont été testées en réponse aux phénomènes de rafraîchissement ainsi qu’aux usages remarqués. Terrasse est La disposition des modules en enfilade à l’est de la terrasse créée des lignes brisées dans un plan aux accents labyrinthiques. On projette d’installer dans chaque espace créé par cette disposition du mobilier convivial (table de pique-nique, table de café, banquette, transat, etc.) invitant à la pause, aux réunions en petits comités et au jeux de société de plein air, toujours avec vue sur les toits de la ville. Les parois alvéolée donne à deviner ce qui se passe d’un espace à l’autre suggérant ainsi des connexions d’un groupe à l’autre.
conservation des jardinières et de la serre de plantations réalisées par les usagers de Coco Velten
conservation d’un dispositif de cabane sieste réalisé dans le cadre de À nous les toit! de Marseille. Terrasse ouest La disposition en constellation des modules de claustra sur la partie ouest du toit crée des cheminements alternatifs pour l’air et la lumière sur la terrasse. Un jeu de cadrage vers la mer est mis en scène par le décalage volontaire des lignes les unes par rapport aux autres. Cette installation sert de support à d’éventuelles expositions, multipliant les possibilités d’affichages de ce coin de la terrasse.
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COLLABORATION ARTISTIQUE AVEC MAGALIE MARTIN
La Rose des vents de Marseille La plasticienne et chercheuse Magalie Martin, rencontrée lors de la résidence, est engagée dans un projet de thèse traitant de questions similaires. Des échanges est née une collaboration visant à explorer des intentions communes liées à la matérialité, aux propriétés thermiques, à l’architecture dans l’espace public et à la mise en valeur des sources de fraîcheur urbaine. Elle a été invitée à créer une œuvre intégrée à l’ins-
Magalie Martin Rose des vents de Marseille, acrylique sur toile de jute, 2m10x1m, installation in situ sur le toit de Coco Velten, 2023
tallation expérimentale sur le toit-terrasse. Lors de notre collaboration, nous sommes accordées sur le choix d’un matériau issu du réemploi et aux vertues thermiques reconnues : la toile de jute. Aussi, le sujet du vent traité dans l’oeuvre est avec l’ensoleillement l’élément météorologique majeur dans les consciences collectives Marseillaise, représentant souvent une source de fraîcheur salvatrice lors des canicules.
La Rose des vents de Marseille est une carte des vents qui soufflent sur le littoral marseillais, réalisée pour l’événement À nous les toits ! sur invitation des architectes-urbanistes du collectif Atlas.t. Cette œuvre a été conceptualisée d’après leur proposition architecturale autour du claustra comme dispositif anti-chaleur dans le cadre de la résidence Idées Fraîches.
de la sensation de chaleur. La toile, support qui rappelle celui de la peinture traditionnelle, est ici semi-attachée, elle fait donc à la fois office d’écran et de filtre : elle met en abyme la Méditerranée (que l’on peut voir au travers), ondule au gré des courants d’air qui la traversent tout en protégeant le spectateur de la chaleur.
Présentée sur le toit de Coco Velten, cette installation in situ a été pensée comme le prolongement poétique et complémentaire au dispositif réalisé par le collectif Atlas.t. Le toit-terrasse, caractéristique de l’architecture méditerranéenne, est un espace surexposé aux rayons UV mais aussi, du fait de sa hauteur, très balayé par les vents. En écho à la fonction du claustra en architecture, la Rose des vents de Marseille a pour objectif de mettre en lumière la circulation et les directions multiples du vent pour le rafraîchissement du toit-terrasse. Cette carte des vents, dont les noms ont été conservés en provençal, a été inspirée par les cartes de navigation qui guident les marins pour accoster sur le littoral marseillais. À l’échelle de la ville phocéenne et des phénomènes climatiques qui la traversent, la rosace permet de mettre en avant la complexité des dynamiques météorologiques sur un territoire choisi. Le vent, en tant que force invisible et omnisciente, est un des éléments climatiques à prendre en compte pour comprendre les microclimats à l’échelle d’une ville. Avec l’humidité et l’ensoleillement, il est un phénomène qui régule notre thermoception, c’est-à-dire notre ressenti de la chaleur. La carte, pensée comme un dispositif anti-chaleur qui génère de l’ombre dans un espace qui en est dépourvu, a été réalisée sur une toile de jute, matériau naturel et ancestral réputé pour ses propriétés thermiques. La toile de jute permet de laisser passer l’air et la lumière tout en protégeant
Cette œuvre a été réalisée dans le cadre de la thèse « La chaleur comme matériau artistique : exploration sensible de l’urbanisme médinal comme modèle bioclimatique » en préparation au LESA (Laboratoire d’Étude en Sciences des Arts) de l’Université d’Aix-Marseille.
RECHERCHE & DÉVELOPPEMENT
Perspectives pour la fraîcheur en ville Le 19 octobre 2023, une table ronde s’est tenue à Coco Velten pour marquer la fin de la résidence. Cette table ronde portait sur le défi du rafraîchissement des villes méditerranéennes et a réuni les intervenantes Margaux Girerd paysagiste, Magalie Martin plasticienne, Marie Ghiringhelli et Yasmine Hrimeche architectes/urbanistes. Chacune d’entre elles a partagé ses recherches et stratégies dans les domaines de l’architecture, de l’urbanisme, du paysagisme et des arts plastiques. Ces travaux se sont concentrés sur trois centres urbains du sud de l’Europe : le centre historique d’Arles, le quartier d’Alfama à Lisbonne et Belsunce à Marseille. Margaux Girerd, propose des projets d’îlot de fraîcheur à Arles favorisant la résurgence des cours d’eau, des sols vivants et des végétaux dans le centre historique
mais s’est heurtée aux contraintes liées à la protection des monuments historiques ne permettant pas toujours l’évolution des espaces publics. À Alfama, à l’inverse, une transformation rapide du quartier a mis en péril le patrimoine de l’ancienne ville médinale vu pourtant comme une inspiration pour la construction d’un modèle de ville bioclimatique. Tandis qu’à Belsunce, la résidence Idées Fraîches a abordé l’adaptation des espaces urbains aux périodes de canicule, notamment en transformant les toits plats en espaces publics conviviaux. La discussion croisée de leurs expériences a mis en évidence des préoccupations communes en matière d’écologie et de société, en mettant l’accent sur le rôle crucial des espaces publics, qui sont influencés par des réglementations locales et nationales variées.
Aujourd’hui, Atlas.t souhaite poursuivre cette réflexion sur plusieurs axes : - Approfondir la piste des matériaux issus du réemploi et des matériaux bio-sourcés pour transformer les toitures plates en toit terrasse et créer des mobiliers adaptés aux canicules, dans la continuité du prototypage de la claustra ludique - La mise en place de réseaux d’acteurs : l’implication des publics et des collectivités aux chantiers, à l’entretien et au gardiennage des toit-terrasses, dans la continuité de l’expérience menée à Coco Velten qui nous a été témoignée - Dans une recherche d’égalité territoriale et urbaine climatique, l’accès à des lieux de fraîcheurs pour tous.t.e.s et le développement des espaces publics nocturnes inclusifs ouvert lors des vagues de chaleurs.
Atlas.t
collectif.atlas.t@gmail.com Résidence de recherche à Cocovelten - Marseille Architecture et urbanisme Été - Automne 2023