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CACHE CACHE (Ou fées et gestes d'Acajou)

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Cache-cache (ou fées et gestes d’Acajou) Anne Démians Architecte 1


Terti[ère] :

les bureaux du 3e type Après le rodage d’une première décennie, le troisième millénaire s’inscrit dans nos cadres et modes de vies. Les villes se métamorphosent, les grandes entreprises aussi qui entrent, elles, dans l’ère immatérielle. Ce nouveau contexte dégaine ses concepts et les espaces de bureaux vont s’en trouver changés, en témoigne le nouveau campus de la Société Générale imaginé par Anne Démians. Par sa perception du futur, cette architecte vient d’échafauder une partition spatiale à l’opposé de la tour – verticale incontournable dès lors qu’il s’agit d’abriter cinq mille salariés – lui préférant le triptyque d’une composition à l’horizontal qui magnifie le visu. Les nouvelles technologies, corps opaque de découvertes imprévisibles, doivent préserver le dialogue autrement que par écrans interposés. Se voir, c’est aussi se rencontrer, échanger, rechercher des connivences nouvelles dans les langages et les idées, mêler les imaginaires qui nous font travailler ensemble. Pensé avec la même bienveillance qu’un espace public, ce campus en est son prolongement naturel et son complément d’objet direct qui accorde les espaces intérieurs à l’image de la réalité extérieure pour gommer les ruptures. Cette conjugaison en appelle à la matérialité du campus – le bois, valeur dominante – et à sa dimension paysagère, rythmique de pleins et de vides, conçue à la manière d’un kaléidoscope d’atmosphères. Parvis, mail de verdure, espaces de rencontres, respirations visuelles et terrasses ouvertes composent cet uni[vers] autant dédié à la concentration qu’à la réflexion, personnelle et collective. Autrement dit, l’architecture corporate d’hier a vécu et avec elle, la « boîte », si rutilante soit-elle, qui cloisonnait et rompait tous liens avec la cité. Avec ce projet dont elle est lauréate, Anne Démians pose les jalons d’un climax tertiaire dont l’objectif n’est pas tant d’élaborer une conception durable perméable à toutes les mixités – une évidence – que de jeter les fondations d’une maîtrise d’œuvre sensible aux mutations des sphères professionnelles, à l’heure de l’information instantanée, dans un état monde aujourd’hui difficile à appréhender. Michèle Leloup. 3


VAL DE FONTENAY : L’ANTI-DÉFENSE Entretien avec Jean-Marc Castaignon, directeur immobilier de la Société Générale, maître d’ouvrage du projet Campus Quelles sont les vocations respectives de la Société Générale Immobilier et de Sogeprom ? Ce sont deux entités et deux métiers différents. La Société Générale Immobilier, que je dirige, est le maître d’ouvrage privé du groupe. Je travaille sur l’ensemble du patrimoine de la Société Générale et pour ses besoins propres. Il ne s’agit pas d’immobilier de placement, je ne prends pas le risque de promotion : je suis investisseur utilisateur. Cela signifie que j’opère pour la Société Générale, partout dans le monde et sur trois types de programmes dans des bureaux, des data centers et des salles de marché. Nous avons également un véritable savoir-faire en matière de grands projets immobiliers. De son côté, Sogeprom est un promoteur immobilier. Comme toute filiale Sogeprom est une entreprise indépendante qui doit réaliser un chiffre d’affaires et présenter ses résultats. Mais elle n’a pas l’obligation de travailler pour la Société Générale, bien au contraire. Dans l’opération Campus, Sogeprom est le promoteur, nous sommes le maître d’ouvrage. Pourquoi avoir choisi l’appellation campus ? La notion de campus est une image qui fait travailler l’imagination et c’est ce qui m’intéressait. D’abord, parce que je voulais créer une opposition avec la densité verticale de La Défense, ensuite parce que je cherche à susciter la curiosité, l’envie créative de l’architecte. Ce concept de campus en est l’un des moyens. Pourquoi avoir choisi de construire un immeuble plutôt que de réhabiliter un bâtiment existant ? Pour une raison très simple : il n’y avait pas d’immeuble de cette taille dans ce nouveau quartier d’affaires de Val de Fontenay. Nous y avons déjà construit des bureaux en 1995 où travaillent 5 500 personnes. Nous connaissons donc bien ce site, qui est en quelque sorte l’anti-Défense. Nous savons comment nos collaborateurs y vivent, la municipalité 5


(Fontenay-sous-Bois) est très accueillante, disponible et fait tout pour nous faciliter la vie. Quels sont les piliers de votre stratégie immobilière ? Elle est essentiellement fondée sur les transports en commun. Je ne crois absolument pas aux bâtiments, aussi performants soient-ils en matière énergétique, où l’on est obligé de venir en voiture. Mon premier critère, c’est donc l’accessibilité par transports en commun. Avec le RER, Eole et bientôt le tramway, Val de Fontenay est l’un des sites les mieux desservis de la grande ceinture parisienne. En tant que maître d’ouvrage privé, quelle méthodologie appliquez-vous pour ce type d’opérations ? Nous organisons des concours d’architecture en faisant appel à quatre agences. Quatre est un bon chiffre, car nous rémunérons les concours des architectes et notre budget n’est pas extensible. Il s’agissait en l’occurrence d’une équipe internationale, Arquitectonica, d’une agence française reconnue internationalement, Valode et Pistre, de jeunes architectes, Fasso et Viaud, qui nous avaient été conseillés par Icade, et d’un cabinet très connu dirigé par une femme, Anne Démians. Nous leur remettons notre programme qui décline trois lignes directrices. La première consiste à intégrer le marché immobilier du site dans lequel s’inscrit le projet. Cette contrainte a un impact direct sur l’architecture. La deuxième composante attend la réalisation d’un immeuble du xxie siècle, c’est-à-dire qu’il présente de bonnes performances énergétiques et qu’il intègre tous les coûts d’exploitation. Les modes de travail ont beaucoup changé depuis dix ans. En 1995, l’univers de travail était figé : nous construisions à 95 % des bureaux individuels avec une hiérarchie stabilisée. Aujourd’hui, le chiffre plafonne à 5 %. L’entreprise est devenu un corps vivant qui bouge en permanence. Il y a de plus en plus de « nomades », qu’il s’agisse de personnes qui travaillent à l’international, de télétravail, d’heures d’ouverture très larges en fonction des décalages horaires, ou des attentes des nouvelles générations. Pour toutes ces raisons, on ne grave plus dans le marbre les espaces de travail, mais on choisit la réversibilité et la modularité jusque dans le restaurant d’entreprise. Cette dimension humaine nous amène à notre troisième ligne directrice : construire un ensemble immobilier « made for people ». En tant qu’investisseur utilisateur, nous avons la responsabilité de faire des bâtiments comme si nous allions vivre dedans. Cela génère parfois des conflits fort intéressants entre l’architecte qui voit l’immeuble avec l’œil de l’homme

de l’art, le promoteur qui voit le même objet sous l’angle de la marge, et nous qui le voyons en tant qu’utilisateurs. Nous laissons un mois de réflexion aux agences avant d’entamer une phase de dialogue avec chacune d’entre elles pour voir si nous nous sommes bien fait comprendre, si elles ont des questions complémentaires ou si elles ont déjà des propositions à nous montrer… Puis chaque agence soumet son projet (chiffré) devant un jury composé de responsables de la Société Générale et de personnalités extérieures. En quoi le projet d’Anne Démians a-t-il fait la différence ? Sa présentation a repris point par point nos besoins en expliquant à chaque fois sa manière d’envisager les choses. Son discours ne nous imposait pas un objet ou un concept, même si son architecture est très forte. Elle répondait dans le détail et très clairement à nos attentes. Cette stratégie de l’écoute a joué en sa faveur. C’est également la seule qui a pris le soin de faire un film, ce qui a été apprécié. La vérité veut pourtant que je dise que deux équipes ont fini ex aequo. Nous leur avons donc fait passer un deuxième tour, à charge pour eux d’améliorer les points que nous jugions faibles. Et Anne Démians a très clairement fait la différence. Que représente Campus dans le patrimoine de la Société Générale Immobilier ? Le projet est issu d’une stratégie immobilière qui consiste à essayer d’équilibrer nos coûts immobiliers. La vocation de la banque n’est pas d’investir dans la pierre, mais de faire des crédits aux entreprises ou aux particuliers. Notre seule logique consiste donc à coller au marché immobilier du site pour gagner de l’argent le jour où nous vendrons. Mais je voudrais ajouter que la Société Générale a historiquement une forte culture architecturale : en témoignent notre siège du 29 boulevard Haussmann, réaménagé en 1912 par l’architecte Jacques Hermant dans le style Art Nouveau, les tours jumelles de La Défense réalisées par Andrault et Parat, la tour Granite par Christian de Portzamparc, le Val de Fontenay par Oscar Niemeyer. Les salles des marchés Basalte, actuellement en cours de construction, sont signées Jean Mas des Ateliers 234.

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CONSONANCE ET DISSONANCE La méthode consiste à la fabrication d’une composition consonnante bâtie volontairement sur des dissonances : 1. les ondes comme un support géographique et territorial, chargé d’amplitudes au moins équivalentes à la dimension du territoire concerné, dessinant un univers affranchi. 2. les plantes (et les végétaux rares) comme les essences rassemblées sur des pages d’herbiers, rouvertes sur le creux de l’onde d’une feuille déroulée, à l’endroit où l’amplitude de sa surface est la plus faible. 3. le bois comme la matière première étendue de l’ensemble, capable de donner du « style » à tout cela, puis reconsidéré pour la nature particulière de ses composants, tous capables de donner un sens inattendu au projet.

les phénomènes perçus, le temps joue un rôle fondamental pour les sons que nous entendons et pour les sensations que nous éprouvons. Il existe des relations étroites entre l’espace et le temps. Les sonorités et les impressions sont faites d’ondes qui se propagent dans l’espace, au cours du temps. On distingue, dans le projet, trois classes de sensations modulées qui sont périodiques, aléatoires ou pulsionnelles pour « lui donner du temps ». On y a recherché, pour cela, la combinaison des sensations les plus pures : celles formées par les sinusoïdes.

Les plantes

Pensée sauvage, myosotis hérissé, mauve sylvestre, liseron des haies, guimauve, géranium luisant, épiaire des marais, drave printanière, cirse commun, cerfeuil penché, carotte sauvage, bugle rampante, bruyère cendrée, benoîte urbaine, ballotte noire, oseille commune, silène de coco, trèfle blanc, violette blanche, gesse des prés, ficaire, campanule B/Bé gantelée, sont autant de plantes et de fleurs rares couvrant, en bandes parallèles, les jardins, au droit du creux des ondes. Ce sont des milliers d’espèces qui nous ramènent au cœur d’un gigantesque herbier qu’on aurait découvert entre les lignes de force d’un univers sauvegardé.

Le bois Les ondes Une onde est produite par la vibration mécanique d’un support fluide ou solide, propagée grâce à l’élasticité du milieu environnant, sous forme d’ondes longitudinales. Par extension physiologique, cette vibration est susceptible de donner naissance à une sensation. Cette sensation se traduit, sur la parcelle, par une feuille qu’on mettrait en forme, comme se forme une ondulation. Elle prend la forme d’une sinusoïde marquant les variations du temps. Car, comme tous

Le bois de nos forêts deviendrait-il un produit miracle face aux matières fossiles ? La France et les architectes français, plutôt prédisposés à raisonner béton, par tradition latine, ou acier, par curiosité anglo-saxonne, se tiennent toujours à l’écart des libertés constructives, techniques et esthétiques qu’offre le bois. 9


Comment ne pas réagir avec curiosité et saisissement devant les indémodables canots Riva réalisés en bois d’acajou, chromes et sellerie de cuir, symboles de luxe et de perfection ? Devant le Métropol Parasol de Séville de l’architecte Jürgen Mayer, en panneaux de bois reconstitué, tous découpés par un robot à commande numérique ? Ou encore par le Centre Jean-Marie Tjibaou, à Nouméa, de l’architecte Renzo Piano, aux bois imputrescibles d’Iroko ? Le bois n’est-il pas en train de faire sa réapparition dans nos outils de fabrication des projets et de provoquer de nouveaux réflexes dans nos dispositions à construire moderne et renouvelable ? Le bois présente un bilan carbone positif, stockant du CO2 (à condition que coupé, il ne soit pas brûlé). Il est facile à produire, reste peu coûteux dans ses conversions et se présente comme un des matériaux les plus renouvelables qui soient. En France, 29 % du territoire sont plantés de forêts qui sont récoltées à seulement 2/3 de leur capacité. Le bois reste peu utilisé, en décoration, en construction ou comme combustible. Aussi, il serait propice d’en mesurer les dimensions modernes, à l’occasion d’une opération comme celle-ci, où sa seule dimension d’intervention, grande et visible, ferait « acte de provision ». Le bois est la référence mémorielle de tout le site et de sa construction. Il est pris comme matière générique d’habillage des constructions, de protection contre l’ensoleillement des façades, de support de stores, de garde-corps filants, de planchers de terrasses légères et d’auvents. Il serait choisi, plus tard, suivant des critères techniques et esthétiques et fusionnerait avec les jardins, pour en prolonger la présence jusqu’à la ligne de faîte des ouvrages. L’analyse de sa structure moléculaire nourrirait une ligne de pensée qui, forte de ses découvertes, transférerait ses ingrédients dans tout le programme, en structurant le projet autour de ces espaces « incrustants » que seraient les jardins. Il resterait la matière « du lien » entre tous les composés du site.

Le bois liquide Le bois utilisé pourrait, aussi, être « réalisé » à partir de lignine, mélangée à du chanvre ou à du lin, ou à d’autres additifs comme la cire. Ce bois, ou « bois liquide », actuellement utilisé pour fabriquer des jouets et des tableaux de bord de voitures, est recyclable. Il pourrait, dans l’avenir, remplacer toutes les matières plastiques, en jouant sur leurs caractéristiques d’imputrescibilité, et donc de longévité. Autant de qualités qui font toute la valeur du produit, à l’heure où les industriels ont à résoudre la délicate équation économique et écologique. Le bois (ou lignum) constitue l’axe de construction du projet. La lignine est l’un de ses principaux composants, avec la cellulose, l’hémicellulose et quelques matières extractibles. Ses principales fonctions sont d’apporter au bois de la rigidité, une imperméabilité à l’eau et, en même temps, une grande résistance à la dégradation. C’est une matière « incrustante » qui a un lien mécanique avec tous les autres composants. La constitution même du bois est une préfiguration morphologique du projet. Entre les espaces fonctionnels s’incrustent les jardins, liants du tout et supports de plantes rares, qui, sans discontinuité, offrent une vision, ouverte dans toutes les directions, d’un espace intégral dont les masses bâties seraient produites par les vibrations mécaniques d’une feuille en mouvement façonnant des ondes. Anne Démians, juillet 2011.

L’acajou Le bois choisi serait le bois précieux d’acajou, notamment utilisé en ébénisterie ou en marqueterie ou en lutherie pour les manches et les corps. Sa teinte est homogène, son grain est fin et sa dureté moyenne. Sa masse volumique est comprise entre 560 et 1060 kg/m3. Elle laisse le champ à un travail sur sa masse et sur sa flexibilité assez large.

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CACHE-CACHE

(ou fées et gestes d’Acajou) Une géographie Le campus de la Société Générale fonctionne à la manière d’un cluster bancaire, avec ses propres interdépendances et son propre territoire. Il est situé près de la gare RER A et E de Val de Fontenay, près des axes de transport en commun qui relient l’Est parisien (Val de Fontenay) au centre de Paris (Opéra/Saint-Lazare) et à l’Ouest parisien (La Défense). La Défense est construite sur un urbanisme exclusivement minéral. Le centre de Paris sur une urbanité d’immeubles s’épaulant les uns les autres, sur boulevard. Et l’Est présente des paysages urbains résultant d’une topographie. C’est sur cette distanciation que s’est construit le projet.

La Défense - Verre

Haussman - Pierre

Fontenay-sous-Bois - Bois

Dessiné « sur mesure » pour la Société Générale, le projet sort les bâtiments d’une lecture d’objets, comme de celle d’un assemblage d’îlots. Il propose un paysage bâti, fait d’ouvrages constituant des reliefs plissés, amplement lissés et des vallons invariablement ensemencés. Il s’appuie sur un territoire donné (la parcelle) et, ni n’en sort, ni ne s’en met en retrait, pour essayer la figure parfaite. Le campus est un territoire qui s’exprime dans toutes les dimensions possibles de son espace. Il le prend sans économie. Avec sa façon d’orienter ses plis sur un axe nord-sud, c’est l’idée d’une possible contagion urbaine des parcelles voisines qu’il développe. Il libère une succession de jardins bien orientés, particulièrement propices à la plantation de grands végétaux. Il s’arrête là où s’arrêtent les limites du terrain et les plafonds des gabarits permis. Sa structure physique est celle de deux vallons parallèles à la D42, traversée, d’est en ouest et au sol, par deux chemins de traverse, à couvert et à ciel ouvert.

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La notion de campus réinventée Quand on parle de campus, on évoque généralement de vastes terrains accueillant plusieurs bâtiments universitaires ou constructions d’entreprises, éparpillés ou structurés, suivant leur organisation. Mais cette disposition ne permet pas de créer sur ce site la densité attendue. Le projet revisitera donc la notion de campus pour la porter vers un espace peu banal, où le rapport entre l’espace et le parcours signifie véritablement quelque chose. La construction du nouveau siège de la Société Générale va permettre à 5 000 personnes de venir sur le site de Val de Fontenay. D’habitude les constructions pour 5 000 personnes se réfèrent à l’échelle d’une tour, on pense plutôt à la verticale.

L’idée : une surface plane, taillée, comme un patron, sur les limites d’une parcelle, se transforme, par contraction de sa matière, en paysage autonome.

L’occasion, ici, m’est donnée de penser l’horizontale et pour ce faire, j’ai pensé plutôt à une feuille plissée. Ce qui me permettait de créer une alternance entre plein et vide, entre dimension bâtie et dimension paysagère. Le terrain destiné à recevoir un projet de 90 000 m² présente une superficie limitée. Les grands bâtiments, par leur continuité de matière entre verticalité et horizontale, augmentent la surface disponible. Plus qu’un bâtiment, c’est un paysage. Pour avoir une même qualité de lumière de vue pour tous, la disposition du plan masse est prépondérante. Cette articulation des volumes construits permet d’optimiser : - la maîtrise de l’occultation par des orientations est-ouest - les jardins, éclairés naturellement dans une disposition nord-sud. Cette disposition des corps de bâtiments permet de générer un campus ouvert sur son environnement proche, tout en étant facilement « sécurisable ». Cette ouverture, par association, contribue à la qualité de l’image de la Société Générale dans son implantation dans la commune et au-delà.

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Un bâtiment-paysage Le paysage est dense et nerveux. C’est la mise en scène d’un relief de nefs qui forment une pièce urbaine dont l’unité reste compréhensible bien qu’elle ne puisse pas s’appréhender d’un seul regard. C’est une succession de séquences vivantes, de moments de journées de travail, de fragments visibles de bâtiments agissants, de jardins apaisants et de perspectives actives qui s’intensifient avec le jeu des transparences inscrites dans les reliefs des sols et des cathédrales de liaison. Comme un paysage qui se découvre, cime après colline, le campus est un paysage ondoyant, où la vigueur du sol semble faire pousser les arbres. D’ailleurs, l’idée fondatrice du projet est bien d’utiliser le bois comme un élément structurant le projet et construisant son image. Considéré comme une matière générique qui s’étire jusqu’aux contours du campus, le bois tisse les liens, devenus obligés, entre les jardins bas et les jardins hauts, les sols et les façades. Plus de frontière entre les intérieurs et les extérieurs. Moins de verticalités dépersonnalisant les espaces produits et pratiqués. Mais des suites d’horizontales dynamisant le campus et traduisant l’objet final en perspectives glissées où trois édifices, somme toute communs mais appropriés à l’échelle d’un campus, sont enchâssés dans la matière organique des jardins. Les vues sont multiples et croisées. On sait regarder dehors, sur la ville, comme on peut aussi regarder dedans, sur le campus. Val de Fontenay apporte sa contribution à la ville en engageant un face-à-face inédit entre un tissu résidentiel de faible densité et une topographie habitée et vivante. 17


L’accès au campus sur niveaux L’accès au campus se fait par un parvis qui se situe sur la façade ouest. La sortie du RER est située à proximité. L’accès principal aux bâtiments se résout par un ouvrage autonome qui ressemble à un dôme de verre et de bois, dissocié des bâtiments et clairement visible depuis l’accès du RER. C’est l’entrée principale du site. L’espace d’accueil, proprement dit, est regroupé sous le dôme, offrant une banque d’accueil, la délivrance des badges et l’attente visiteurs. Ce dôme met en correspondance les deux niveaux de desserte du site : le niveau du parvis (56.60 NGF) et celui du boulevard De-Lattre-de-Tassigny (52.00 NGF).

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L’accès à la rue intérieure Ce dôme couvre un vide qui ouvre sur la rue principale, située juste un étage en-dessous et qui, après avoir traversé tout le dispositif de service du campus, s’ouvre sur le boulevard De-Lattre-de-Tassigny. Le cheminement est fluide, plongeant et dynamique, dans un premier temps. Ce sont des escalators, des escaliers et des ascenseurs qui plongent directement vers les équipements et les accès différenciés, à couvert des différentes entités.

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Rendre la construction sécable L’ensemble est sécable en cinq entités qui gardent, pour chacune d’entre elles, un accès contrôlé mais direct depuis l’extérieur (56.60 NGF) comme depuis l’intérieur (52.00 NGF). Les répartitions des affectations sont dynamiques. Les regroupements ou les dissociations sont multiples. C’est ce dispositif à plusieurs entrées qui les rend possibles. Niveau du boulevard De-Lattre-de-Tassigny (52.00 NGF) Les espaces partagés fitness, business center, musée et restaurant s’organisent à partir de la rue principale. Cette rue protégée permet de passer d’un bâtiment à l’autre. Cinq halls double hauteur permettent d’accéder aux étages de chacun des bâtiments. La présence du bois et des jardins est partout visible, en contraste avec les espaces blancs et lumineux de l’intérieur. Niveau accès RER (56.60 NGF) De grands porches ajourés se développent sur toute la hauteur des bâtiments, les reliant deux à deux. Seules quelques salles de réunion traversent les grands porches. À gauche et à droite, l’accès aux halls double hauteur permettent d’accéder au choix vers la rue intérieure ou vers les étages supérieurs, les bureaux.

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Des espaces de travail confortables pour tous 5 000 personnes sur le site représentent 5 400 postes de travail. Cette densité importante ne doit pas être incompatible avec la qualité de chaque espace de travail. Le projet est tout à fait nouveau par une innovation maîtrisée, une technicité maîtrisée.

Il s’agit de donner une dimension humaine aux espaces de travail et, pour y arriver, trois points sont particulièrement travaillés : la lumière, la qualité de la vue sur l’extérieur et l’intégration de la technique pour préserver la fluidité des espaces. Les espaces de travail sont clairs, lumineux, éclairés par de larges fenêtres de 4 x 3 m. La lumière naturelle et la vue sur l’extérieur (bois et verdure) sont ainsi des facteurs de pacification de l’espace, de nature à créer une atmosphère propice au calme et à la concentration.

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Ce sont des open spaces qui ont toutes les caractéristiques traditionnelles de bureaux, ils peuvent être cloisonnés tous les 1,35 m. Ces espaces sont évolutifs et flexibles. Des respirations sont données à ces grands plateaux par des terrasses extérieures, dont l’aménagement

intérieur peut se transformer en pôle de rencontre ou autres. Depuis ces terrasses, on peut profiter des bâtiments qui, par leur matérialité, deviennent eux-mêmes paysages.

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Des retiros changeants au fil des saisons Les espaces extérieurs sont des surfaces à plusieurs fonctions. Ils sont évolutifs et associent l’esthétique des jardins de proximité à la richesse d’expériences végétales variées. Ces espaces, imaginés et développés, suggèrent de travailler autrement. Grâce à leur échelle raffinée et à leur simplicité d’accès, les jardins sont la « propriété » des résidents du campus. Les espaces de business ouvrent largement sur le jardin. L’alternance de bandes de bois ou de végétaux bigarrés contribueront à créer des espaces extérieurs de qualité. Ces espaces ont une tonalité changeante au fil des saisons

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Les restaurants s’organisent autour de jardins. Cette configuration contribue à créer une ambiguïté positive entre intérieur et extérieur. Intérieur et extérieur sont liés. Ces espaces sont flexibles et pourront, si besoin, être utilisés par des salles de travail en-dehors des heures de fonctionnement.

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L’alternance bois-jardin Les bâtiments sont reliés entre eux par des jardins-tapis. Tout est strié, uniformément, du sol aux façades, jusqu’au faîtage des bâtiments, sur des alternances de lames de bois et de végétaux (sols) ou d’ouvertures vitrées (façades). Ce sont des jardins imaginaires. Les retiros sont imaginés comme des espaces aériens d’isolement, en rupture avec le jardin principal, destiné davantage aux croisements. Ils vivent à l’abri des nuisances sonores du site, nichés dans le lit des espaces les plus en creux. Comme on reste touché par l’explosion des couleurs automnales des érables du Japon ou des arbres aux quarante écus. Thèmes écrits suivant les patios ou floraisons spectaculaires qui intriguent. Mobilier choisi et saveurs des cafés expresso, à capsules.

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Les grands porches ont des claires-voies plus serrées, ponctuation abritée du soleil, offrant une variation de perception sur la longueur du bâtiment. Au sol, une alternance de bandes en béton, en bois, de myosotis ou de coquelicot viennent enrichir la qualité paysagère. Le même bois se développe au sol et en bardage.

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Sur le boulevard de Tassigny, le projet offre une continuité bâtie fragmentée par de grandes failles et un porche central. Cette disposition est renforcée par des variations volumétriques, des balcons, des transparences sur les bureaux et les jardins.

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Le projet est un campus paysage où l’ambiance homogène est nourrie par des séquences très diversifiées. Le projet s’inscrit dans la tradition architecturale de la Société Générale par une innovation maîtrisée, en rupture douce avec l’architecture qui se fait dans les bureaux depuis quinze à vingt ans. La densité est assumée comme une contrainte positive de nature à nous propulser vers l’avenir. Il s’agit d’allier rationalité, intelligence constructive, stimuler le plaisir d’appartenance à la Société Générale au sein de la commune de Val de Fontenay et créer de l’émotion.

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La flexibilité des espaces L’évolutivité d’un bâtiment désigne sa capacité à intégrer commodément les évolutions et les innovations technologiques ou ergonomiques en cours. Banaliser les supports et les composants des façades et des fluides, issus du gros œuvre, contribue à cette aptitude. L’ergonomie proposée doit se lire davantage comme une capacité de l’immeuble à encaisser toutes les ergonomies particulières, plutôt que cette seule ergonomie, arrêtée au moment de construire. La flexibilité d’un bâtiment se mesure à sa facilité à repenser ou à redistribuer les espaces intérieurs. Elle suppose que le plan soit modulable, que les cloisons soient démontables et que les réseaux restent facilement accessibles. L’ossature principale du bâtiment facilite, en général, la réalisation de cet objectif. Les poteaux sont limités en nombre et les hauteurs d’étages restent constantes sur l’ensemble du projet ; à l’exception du rez-de-chaussée qui se différencie pour mettre en valeur les espaces remarquables. Une attitude climatique passive Comment ne pas aborder le point de vue énergétique à un moment où le sujet de l’environnement est, à ce point, inévitable ? Fallait-il privilégier un dispositif passif nécessitant peu de maintenance à celui qui aurait été davantage bardé de technologies complexes ? Tout le monde le sait, une orientation est-ouest permet un bon ensoleillement des façades et des jardins. Et, ici, la meilleure protection possible aux nuisances routières. La compacité des bâtiments est un facteur essentiel à l’inertie cherchée. C’est avec une profondeur de plateaux qui varie de 15 à 22 m, en partant des étages les plus hauts vers les étages les plus bas, qu’à surface égale, on développe moins de surface de façade et, surtout, moins de bâtiments à construire (trois bandes contre quatre prévisibles). La largeur des jardins s’en trouve agrandie. Elle est gage d’ensoleillement, d’optimisation des prospects et d’éclairage naturel des espaces.

Plan étage courant

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Une façade climatique Le dispositif de façade propose un premier écran de bois avec coursives et balcons. En arrière, des stores. Et derrière encore, de grandes baies vitrées coulissantes qui ouvrent les plateaux à un ensoleillement optimal et à de larges vues sur les jardins. La lumière du jour est favorisée. Les consommations électriques s’en trouvent limitées. Certains ouvrants sont motorisés et permettent une ventilation naturelle contrôlée. Cette ventilation se réalise de nuit, chargeant en frigories les dalles apparentes des planchers. Le béton est apparent en plafond. Grâce à son inertie thermique, il rediffuse les frigories dans tous les planchers, au cours de la matinée, repoussant les effets négatifs des apports thermiques dûs à l’occupation du bâtiment.

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La question que pose ce projet est celle de la confrontation des générations chez les architectes et des circonstances qui produisent les œuvres. Comment Anne Démians s’est-elle trouvée là, au pied d’un exercice qui valait dix fois, d’un coup, ce qu’elle avait l’habitude de produire dans son agence ? « Le hasard », dit-elle. « On m’avait vue et entendue alors que je présentais T0210 – il s’agit du travail qui lui avait été demandé sur la question des hauteurs à Paris, pour le site de Masséna/Brunesseau – et on a pensé que face à de grandes écuries (Arquitectonica, Valode et Pistre), il fallait, peut-être, essayer une voie alternative. Juste essayer ». À l’évidence, la voie alternative a fait la différence. Et, pour une fois, dans le secteur privé. On se souvient des pistes aventureuses ouvertes à Beaubourg, à la Bibliothèque de France ou au MUCEM à Marseille, mais elles ressortaient toutes de concours publics. Les privés restant solidement en-dehors de toute prise de risque. Mais qu’attendaient-ils au fond, ces privés, ces investisseurs, pour rejoindre la voie de l’exploration en architecture ? Peut-être ce que propose cette architecte : une dimension poétique de l’espace de travail, une idée horizontale des déplacements qui produit des effets neufs, une maîtrise technique et économique évidente du projet et une attention simplement « juste » à l’environnement. Rajoutez l’engagement de l’auteure et l’expression du résultat. On peut alors penser, qu’au plus haut niveau d’une grande société, l’intérêt s’est cristallisé autour d’une aventure nouvelle, mais dont un bon nombre de paramètres serait resté maîtrisé (a contrario : voir les déconvenues produites récemment par une grande architecte anglaise à Marseille).

Que faut-il donc à toute une génération pour convaincre les sceptiques et les précautionneux que l’architecture peut être mise entre de nouvelles mains ? Étaler des savoirs et convaincre du professionnalisme de chacun. Laisser penser que les postures nouvelles peuvent être des messagères efficaces, à condition qu’elles aient une réalité. Et, ce projet, intitulé Cache/Cache - comme si son auteure voulait suggérer qu’entre un architecte et son client, rien n’est jamais dit tout de suite - ne semble rien avoir laissé au hasard. L’idée est soutenue par une forme immédiate qui fabrique des espaces extérieurs comme des lignes de force et dessine un univers totalement contenu dans un « paysage », plus que dans un bâtiment traditionnel. À première vue, l’idée est libre, mais se construit sur des références solides, comme ces plans qui rassurent et ces coupes qui modèrent la dimension novatrice du projet. Les bases techniques sont concomitamment posées. Mais ce qui compte et ce qui reste, c’est ce dispositif inattendu avec ses façades, glissantes et en bois, qui ondulent comme de grands toboggans. On évite, ainsi, à la fois, l’îlot évidé au centre qu’on remplit de jardins et la tour plantée sur une dalle. C’est dire qu’on sort de ces images reprises et ressassées qu’on croise sur les opérations de ce genre. Un nouveau style est né. La Société Générale a osé, innovant sur deux points. Le premier celui, très hardi, d’avoir choisi un projet avec une « dimension », le deuxième celui, d’avoir préféré la « confiance » au « convenu », par le choix de son architecte. Georges VALENTIN, à Paris, le 31 octobre 2011 45


Evolution des espaces de travail L’évolution de l’espace du travail est le corollaire de l’évolution de l’espace de l’individu dans nos sociétés en pleine mutation. 1/ De la flexibilité à la disponibilité Dire qu’il doit être « flexible » relève presque de la banalité, tant l’espace de travail moderne ne peut se distinguer de la rapidité avec laquelle il évolue, même dans l’espace d’une journée. L’espace de travail de demain est un espace plus « disponible » que flexible. À la fois par l’instantanéité de sa réaction et d’adaptation face à des situations de plus en plus imprévisibles et exigeantes, et à la fois par ses dispositions à ne jamais laisser un espace figé dans une seule fonctionnalité.

2/ Du déplacement à la technicité La lumière est favorisée et les espaces sont plus sériés. La communication entre les individus se réalise par voie électronique, plus que par le déplacement du corps, même à proximité. L’appartenance au lieu (global) du travail, paradoxalement, s’intensifie. On ne peut, en effet, banaliser et le corps et l’esprit dans le même espace, l’individu ne sachant pas « se dématérialiser » totalement. Il est plus fluide et plus rapide. Les espaces sont plus techniques et plus préhensibles. La technicité de la construction fait la différence pendant que les espaces communs de convivialité sont regardés avec d’autant plus d’exigence que l’affaiblissement du contact immédiat se réalise. Les jardins sont réclamés comme des lieux d’alternance, de repos mental, de pause ou de ralenti. Les espaces, en effet, entre-temps, se sont rendus actifs, « très actifs ». Anne Démians, juillet 2011.

Les espaces sont mieux et moins équipés. Les câblages disparaissent, au profit des connexions par ondes électromagnétiques (Wi-Fi) qui produisent davantage d’espace, par bénéfice de moins de « faux » plafonds et de moins de « faux » planchers. Le renouvellement d’air et la lumière sont plus généreux. L’ouvrage est plus léger et plus économe. Les façades se complexifient et la diffusion de chaud et de froid évolue vite, avec la mise en œuvre de dalles devenues actives et dépouillées. Les espaces s’accompagnent d’une sophistication plus rustique, en dégageant « moins de bâtiment et plus de domotique ». Les espaces, ainsi libérés, deviennent des surfaces ouvertes, où l’on s’assied pour converser en groupes, où l’on s’arrête pour réaliser sa tâche, seul ou à deux. Le bureau perd ses références. Il se dégage de sa forme actuelle et devient déplaçable (ordinateurs portables et téléphones mobiles). Les espaces sont sans affectation précise, autre que celle du moment choisi. Tout se joue sur le mouvement. L’optimisation des surfaces brutes est patente. La confidentialité est assurée. Elle est mobile et attachée à son sujet, dans sa boîte. Moins d’espaces sont nécessaires. Ils basculent leur trop-plein de surfaces « désactivées » vers des lieux, plus définis, d’activités communes (vidéoconférences, cafétérias, laboratoires). « Je vais au bureau » continue à avoir du sens. 47


Cache-cache (ou fées et gestes d’Acajou) Anne Démians Architecte

Auteurs : Anne Démians, Michèle Leloup, Georges Valentin Coordination éditoriale : Sophie Limoges Conception graphique : Chloé Gibert-Sander Relecture : Karine Bénard Fabrication : Maryline Robalo

Archibooks + Sautereau Éditeur 49 boulevard de la Villette 75010 Paris Tél. : + 33 (0)1 42 25 15 58 www.archibooks.com Les livres publiés par Archibooks sont disponibles dans le réseau des librairies. © Archibooks + Sautereau Éditeur, 2011 ISBN : 978-2-35733-176-1 Prix de vente : 12,90 euros Achevé d’imprimer en Italie au 4e trimestre 2011 Diffusion : Geodif Distribution : Sodis


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CACHE CACHE (Ou fées et gestes d'Acajou) by Architectures Anne Démians - Issuu