LE MICROMÉCANICIEN
Fonds d’investissement, l’avenir de la micromécanique ? N°1 – Septembre 2022 8.50.– CHF 8.50.– €
Emmanuel Raffner, PDG de Lauener dit tout LE MICROMÉCANICIEN – 1 – SEPTEMBRE 2022
«Le meilleur lubrifiant réfrigérant que je n’ai jamais utilisé.» Titan Gilroy TITANS of CNC: Academy, USA
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ÉDITO
SOMMAIRE
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FACTS & TRENDS
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La saga des Marchand
Les choses de la vie et la vie des choses Le Micromécanicien est un périodique technique et industriel consacré aux microtechniques. Il ne s’agit pas d’un thème restrictif, loin de là ! En effet, comme nous le verrons dans les pages de cette publication, les microtechniques s’appliquent à un domaine qui imprègne pratiquement tout le secteur industriel, notamment en Suisse romande, avec une forte implantation dans l’Arc jurassien. Pourquoi une version papier à l’heure du tout numérique ? L’équipe du Micromécanicien est convaincue que tout ne se trouve pas sur le Net. Lorsqu’il s’agit de parler des défis des entreprises, des acteurs de cette industrie et de leurs découvertes, le papier a encore sa raison d’être. Nous avons comme missions d’assurer une haute qualité des contenus techniques et une distribution parmi les acteurs du secteur. Nos lecteurs ne font pas partie du grand public. Mieux vaut un tirage ultra-ciblé plutôt que se perdre dans tous les sens. Notre cible est composée d’experts et de passionnés de microtechnique ; de chefs d’entreprise et de directeurs techniques provenant de plusieurs secteurs qui font recours aux machines et outillages spécialisés en Suisse Romande et France voisine. Ce tout premier numéro commence avec une grande interview d’Emmanuel Raffner, administrateur délégué et directeur général chez Lauener & Cie SA, qui nous parlera des défis pour reprendre cette société. En outre, nous verrons comment Precitrame Machines SA a élargi son offre de solutions d’usinage avec le micro-centre d’usinage K5 développé par Kummer Frères SA, entreprise qu’elle vient d’acquérir. Entre autre, nous allons expliquer comment la société Cyberis a d’emblée opté pour un parc de machines Tornos avec en l’occurrence des solutions sur mesure qui lui assurent souplesse et efficacité. Actuellement les produits microtechniques, outre l’industrie horlogère, couvrent une multitude d’applications dans des secteurs aussi divers que le génie médical, l’horlogerie, l’instrumentation de précision, l’électronique industrielle, la connectique, les capteurs, les télécommunications, l’aérospatiale, l’automobile, etc. ! Edouard Huguelet Rédacteur
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News des entreprises
MÉTIERS TECHNIQUES
DÉCIDEURS
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Machines-Outils. Micro-centre d’usinage
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09
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Les limites de l’usinage repoussées
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Outillage. Alliage pour des pièces résistantes
36 – 37 Microtaillage IMPRESSUM Le Micromécanicien N° 1 – Septembre 2022 Revue spécialisée suisse Parutions 6 x par année et 3 Hors-Séries Tirage 3’000 exemplaires Editeur Michele Caracciolo di Brienza Agence CRP Sàrl 55, route de Florissant 1206 Genève T. +41 22 347 25 96 mcb@agencecrp.ch Rédacteur Edouard Huguelet Contributeurs Pierre-Yves Kohler, Roland Keller, François Rochat, Michel Lauria, Marco Rossi, Serge Leimgruber. Directeur artistique Gherardo Cantoni Abonnements 50.- CHF par année en Suisse. 70.- euros par année en Europe. mcb@agencecrp.ch Chef de publicité Laurent Champod marketing@agencecrp.ch T. +41 79 760 37 44
MACHINES ROBOTIQUE
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Au départ, un atelier de fabrication de vis
42 – 43 Le Mégaphone
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Salon Micronora
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Medtech en bref
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Revivre après la Covid
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L’AFDT à la manoeuvre
Imprimé en Suisse
LE MICROMÉCANICIEN – 4 – SEPTEMBRE 2022
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LE MICROMÉCANICIEN – 5 – SEPTEMBRE 2022
FACTS & TRENDS
A quelques pas du Nirvana Avec un chiffre d’affaires de près de 420 millions de francs, Acrotec devrait bientôt passer la barre des 500 millions. Avec de pareilles perspectives de croissance, ce sous-traitant repense à l’idée de lancer une IPO, une entrée en bourse qui lui permettrait d’être plus indépendant vis-à-vis des banques et d’ancrer la direction d’Acrotec dans le Jura.
Moins d’une minute Auparavant, il fallait une demi-heure pour contrôler une carrure de montre, la machine de mesure multi-cote baptisée Scanflash le fait en moins d’une minute. Conçues pour fonctionner en bord de ligne de production, les Scanflash du français ESPI sont dix fois plus rapides que les machines à mesurer traditionnelles conventionnelles (MMT). De quoi limiter les goulots d’étranglement provoqués dans le processus de production.
Scanflash plus rapide que les MMT.
Tornos se déploie en Asie.
Expansion internationale Tornos a installé une nouvelle filiale au Brésil et a mis en service un nouveau site de production en Pologne fort d’une quarantaine de collaborateurs, dédié à la modernisation d’anciennes machines. Une usine
Pari gagné pour Affolter Lors de la dernière édition de l’EPHJ, les visiteurs ont noté l’abondance des offres d’emploi visibles dans les stands des exposants, en raison de la pénurie de personnel. Pour autant, certains innovent à l’instar d’Affolter Group, dans le Jura bernois. Au sein de ce groupe, les apprentis ont le choix entre six firmes différentes pour leur formation. De quoi séduire cette jeunesse. Et ça marche ! De trois apprentis dénichés à grand-peine il y a quinze ans, ils sont aujourd’hui dix fois plus dans toutes les entreprises du réseau filière formation polymécanicien.
La taille d’une poussière pour le composant le plus petit.
Tic-Tac grâce à Mimotec Mimotec, sous-traitant sédunois, sert depuis vingt ans les grands noms de l’industrie horlogère. Sa production de microcomposants pour une centaine de clients tutoie les quatre millions de pièces par an. En fait, on les retrouve dans presque toutes les montres. Cette PME produit des roues dentées, ressorts et autres pièces d’une taille généralement inférieure au centimètre carré. Le composant le plus petit fait 0,7 mm de long sur 0,5 mm de haut. Son équipe R&D ne chôme pas. Chaque année, une ou deux inventions sont brevetées.
LE MICROMÉCANICIEN – 6 – SEPTEMBRE 2022
plus moderne est également en cours de construction à Taïwan. Le transfert dans les nouveaux locaux est prévu d’ici fin 2023 pour les soixante employés qui travaillent essentiellement dans l’assemblage.
Lauréate écoresponsable L’usine écoresponsable Carbilly de Saint-Pierre-en-Faucigny, HauteSavoie, qui fabrique des outils coupants dédiés à l’usinage, a remporté le Grand prix de l’usine durable 2022. Cette distinction de l’industrie française récompense une PME familiale pour ses engagements sociétaux et environnementaux.
LE MICROMÉCANICIEN – 7 – SEPTEMBRE 2022
LE DIRIGEANT La finance ne doit pas supplanter la logique industrielle
Emmanuel Raffner, PDG de Lauener & Cie, fait ses premiers pas dans le monde professionnel en intégrant une grande banque de l’Hexagone. Une fabrique française de bracelets de montres Swiss made, lui met le pied à l’étrier dans le monde de l’horlogerie, puis les Montres Pequignet. Le jeune trentenaire est ambitieux, il envisage de racheter l’entreprise pour laquelle il travaille. Peine perdue. Dix ans à la direction de la montre Hermès et toujours ce secret espoir de gérer sa propre entreprise. En 2009, le hasard, le seul Dieu sans temple comme disait Malraux, mettra sur sa route l’entreprise Lauener, qui cherchait un repreneur. Entretien.
LE MICROMÉCANICIEN – 9 – SEPTEMBRE 2022
Pour Emmanuel Raffner, il est vital de soutenir l’apprentissage, la formation et valoriser les métiers de la micromécanique. ©Agence CRP
Lauener & Cie installera prochainement 3000 m2 de panneaux solaires sur ses toits. ©Agence CRP
Les fonds d’investissement ou de private equity sont de plus en plus présents dans le secteur de la micromécanique. Quels en sont les risques sur le long terme ? Emmanuel Raffner : Faire appel à des fonds d’investissements s’explique souvent par la volonté de consolider son entreprise et d’accélérer son développement. Il faut cependant distinguer deux approches. L’approche industrielle qui implique une vision à long terme, une construction pérenne de l’outil et des savoir-faire sans chercher un retour sur investissement massif et rapide. La première a trait à la consolidation industrielle, elle concerne les entreprises qui sont dans des logiques purement industrielles, qui disposent d’une vision de trente ans. Ce qui est primordial aussi, c’est que les centres de décisions restent en Suisse, sinon cela serait la porte ouverte à la délocalisation et à la perte du savoir-faire pour notre pays. La deuxième approche est de nature purement financière, celle des fonds d’investissement qui placent beaucoup d’argent dans des entreprise ou des start-ups en cherchant à maximiser le retour sur investissement dans un délai court. Pour un outil industriel c’est très dangereux. Ce qui intéresse les fonds dans les PME industrielles, c’est leur haut niveau de résilience, leur ancrage dans le terrain. Mais le danger c’est de perdre la vision à long terme et de finir par piloter l’entreprise qu’avec des indicateurs financiers.
mise en un temps si court. Pour décrocher la martingale, ces financiers vont faire leurs emplettes ! Au début une entité dans le décolletage horloger qui fait cent millions de francs, après, ils jettent leur dévolu sur une société dans le médical, puis une autre dans l’automobile, et enfin une dernière à l’étranger. A la fin, ils se retrouvent avec 400 millions de francs de chiffre d’affaires et une dimension industrielle imposante. De 400, l’affaire sera revendue le double sur une échéance très moyenne. En vérité, ce business est une bulle spéculative. J’ai déjà eu l’opportunité de discuter avec des entreprises qui fonctionnent sans être obsédées par leur cash ou Ebidta, et très orientées sur la formation, l’amélioration de leurs prestations et de leur production. Autant de choses qui coûtent. Vous imaginez demain, si une de ces entreprises venait à entrer dans le giron d’une holding obsédée par le profit. Les demandes d’Ebidta passeraient rapidement de 15 à 30% avec des réductions de coûts à la hussarde, rallonge du délai de paiements des fournisseurs. Autant de mauvaises décisions qui pénaliseront à moyen terme sa bonne marche. Autre cas : les délais d’acquisition de machines ne cessent de s’allonger, j’imagine les réticences du directeur financier
Dès lors, comment s’y prennent ces fonds pour multiplier leur mise ? Emmanuel Raffner : Pour multiplier leurs gains, ces fonds procèdent par acquisitions. C’est simple, j’achète une entreprise d’une valeur de cent millions avec l’idée de doubler la mise dans cinq ans. N’oubliez pas que tous ces fonds de private equity ont des dates de sortie déterminées, un délai de cinq ans en moyenne. Il est donc impossible de doubler la
lorsqu’on lui dira qu’il faudra investir pour 2024 sans connaître avec certitude les recettes à venir. Dans ce type d’entreprises, la dimension financière prendra toujours le dessus sur son pendant industriel. Autrement dit, nous sommes confrontés à une logique de croissance exponentielle. En un mot, la stratégie de l’entreprise ne doit pas reposer uniquement sur la croissance. Le secteur de la micromécanique dispose d’une culture industrielle très forte, mais la sous-traitance est mal identifiée. En tant que président de la Chambre de Commerce et d’Industrie du canton de Neuchâtel, que préconisez-vous pour combler cette absence d’identité et de visibilité ? Emmanuel Raffner : Tout d’abord soutenir massivement l’apprentissage et la formation duale, ensuite revaloriser les métiers de la mécanique, auprès des enseignants, auprès des parents et auprès des jeunes, en ouvrant les usines, en montrant la richesse des savoir-faire, la qualité des conditions de travail, les possibilité de développement et enfin en renforçant la formation continue pour adultes comme dans le cadre de la réorientation professionnelle ou pour mettre à jour ses connaissances et suivre l’évolution
Baisse de la durée moyenne des fonds Les fonds de private equity, qui investissent dans le capital de sociétés non cotées en bourse, sont à la hausse. Bien souvent, leur performance s’effectue au détriment de la création de valeur organique. La durée moyenne de détention des actifs est passée de 5,8 ans en 2014 à 4,4 ans en 2021. Grâce à la hausse rapide du prix du marché, ces fonds d’investissement achètent une entreprise pour la revendre quatre ou cinq ans plus tard à un multiple plus élevé.
des technologies. Ainsi par exemple, concernant les jeunes, nous avons à Neuchâtel, la chance d’avoir tous les deux ans un forum des métiers qui s’appelle Cap’Cité durant lequel ils peuvent découvrir plus de 200 métiers et notamment les métiers liés à la micromécanique dans l’horlogerie, mais également dans l’aéronautique, l’automobile etc... Les jeunes peuvent juger de visu l’intérêt de ces métiers et leur modernité. Il faut ajouter que toutes les associations patronales s’investissent énormément en même temps que la Chambre du Commerce. Je tiens aussi à préciser que le métier de décolleteur est l’un des mieux rémunérés dans l’industrie.
Des certifications à l’instar d’ISO 134485 ou 14001 pour l’environnement sont-elles à l’origine de nouveaux métiers ? Emmanuel Raffner : Travailler comme qualiticien ou dans la productique fait partie des nouvelles professions. Ce sont des compétences plutôt analytiques. Ces métiers support existaient déjà, mais ont pris depuis une décennie une plus grande importance. Les exigences se sont même renforcées. Un exemple, la validation des procédés, rien de nouveau ! En revanche, cela s’est étendu à l’homologation des logiciels, et le principe s’étire à chaque fois davantage.
Emmanuel Raffner : Cela fait vingt ans que Lauener est clean au niveau de la protection de l’environnement. Nous allons installer pour 3000 m2 de panneaux solaires sur les toits. Mais le monde change. Auparavant, il fallait faire des efforts pour avoir un site nickel, aujourd’hui, nous devons passer un nouveau cap, en validant toute la chaine d’approvisionnement et donc vérifier que nos fournisseurs sont également engagés dans cette démarche. Un exemple, les banques seront de plus en plus réticentes à financer des entreprises qui ne respecteront pas les critères de développement durable. Cela nous obligera à restreindre le nombre de fournisseurs dans un périmètre plus restreint. Les pièces dans le médical seront de plus en plus produites localement, nous entrons petit à petit dans le zéro carbone. L’industrie de la micromécanique peut-elle rester compétitive avec un franc fort ? Emmanuel Raffner: C’est clair qu’il y a des produits que l’on ne peut plus fabriquer pour des raisons de coûts. Pour autant, le côté positif d’une devise forte, c’est que cela nous pousse à l’innovation en créant des produits à forte valeur ajoutée. Et nous le faisons très bien. ■
Il importe de ne jamais perdre de vue la stratégie industrielle. ©Agence CRP
LELEMICROMÉCANICIEN MICROMÉCANICIEN– 10 –SEPTEMBRE SEPTEMBRE2022 2022
Que fait Lauener & Cie au niveau de la protection de l’environnement ?
LE MICROMÉCANICIEN – 11 – SEPTEMBRE 2022
PATRIMOINE Ultra Décolletage : la saga des Marchand
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En 1906, l’entreprise qui ne s’appelle pas encore Ultra Décolletage SA, prend son envol. Pour cette firme familiale, basée à Court, tout commence avec Alfred Marchand, l’adolescent aux mains d’or.
THE PERFECT 10 We keep you turning LE MICROMÉCANICIEN – 12 – SEPTEMBRE 2022
LE MICROMÉCANICIEN – 13 – SEPTEMBRE 2022
On pose endimanché devant la fabrique. Atelier au rez-de-chaussée, puits de lumière grâce à ses grandes rangées de fenêtres, bureaux et appartements aux étages. Cette industrie a fortement influencé l’architecture de Court. © Mémoires d’Ici, Fonds Jean-Luc Marchand
Faire le 9 pour atteindre Lardon & Marchand, ancêtre de la société actuelle. © Mémoires d’ici, SaintImier
Les pionniers du décolletage « Court n’est pas un village mais une gigantesque usine » disait-on dans les années septante. A cette époque, on dénombrait 35 sites actifs dans le décolletage et la fabrication d’outillage dans cette commune de 1400 habitants. Mille décolleteuses tournaient dans ces fabriques, occupant près de 500 ouvriers. Ce temps est désormais révolu, même si certaines entreprises sont gérées par la quatrième génération. Aujourd’hui, Court est un centre de compétences reconnu dans le monde entier, à telle enseigne que les grands groupes technologiques y sont présents. Ultra Décolletage SA 2738 Court www.ultradec.ch
N
é en 1880, Alfred Marchand quitte l’école à seize ans pour être embauché chez Kocher, Hänni & Künzli à Court, une entreprise aujourd’hui disparue. Il est l’ainé d’une famille de treize enfants. Ses parents, modestes paysans, habitent la localité. Au bout d’un mois de formation, ce surdoué fabrique déjà de façon autonome des vis d’horlogerie. Toujours chez lui, il est embauché en 1903 auprès d’Allimann Frères qui deviendra Henri Girod SA avant de fermer en 2001. Crédit avec caution En 1906, Alfred Marchand s’associe avec Paul Lardon, contrôleur d’horlogerie, pour fonder la fabrique de décolletage Ultra. Afin de pouvoir assurer le financement de l’opération, les deux industriels en herbe, plein d’idées mais sans pécunes, empruntent vingt mille francs de l’époque à la Banque Populaire de Moutier. Pour autant, le crédit devra être remboursable à brève échéance avec en sus une caution à présenter par les deux associés. Finalement, la garantie est fournie par les familles. Cet apport initial leur permet de construire une petite usine et d’acquérir l’outil de production, en particulier quelques tours automatiques Junker à poupée mobile, issues de la faillite récente de la fabrique de machines éponyme. Des arbres de barillets et des tiges de remontoir sont les premiers produits de l’entreprise. L’affaire prospère et les emprunts sont remboursés en temps voulu. En 1910, un étage est ajouté. En dix ans d’existence, la manufacture s’est considérablement agrandie.
LE MICROMÉCANICIEN 14 SEPTEMBRE 2022
Atelier de décolletage, Court. © Ultra Décolletage SA
Composant horloger décolleté : arbre de barillet. © Ultra Décolletage SA
La relève assurée Dès 1932, Alfred Marchand prend seul les rênes de l’entreprise, rejoint cinq ans plus tard par ses fils Roger et Francis. De 1945 à 2007, la société change trois fois d’appellations avec une lignée de Marchand et proches pour pérenniser cette usine qui prendra le nom actuel de Ultra Décolletage SA. En 2014, JeanLuc Marchand passe le relais à ses deux fils Sylvain et Benoît, actuels dirigeants. Avec l’apparition en 1970 des montres à quartz, l’arbre de barillet et le barillet disparaissent, mais le système de mise à l’heure reste identique, avec un pignon coulant, un pignon et une tige à couronne. La montre à quartz nécessite aussi d’autres pièces de décolletage, à l’instar de pignons, chaussées, tenons, pieds, vis, etc. L’entreprise se spécialise également dans le décolletage de composants pour le petit appareillage, la connectique et les microtechniques. Dès 2000, l’outil de production évolue et des machines à commande numérique complètent en nombre croissant le parc de machines à cames. L’expansion des affaires a nécessité l’acquisition d’un immeuble en 2007, entièrement consacré à la terminaison de pièces horlogères. Aujourd’hui, Ultra Décolletage est spécialisée dans les fournitures d’horlogerie et le décolletage de haute précision. ■ Pour en savoir plus : Le décolletage dans l’Arc jurassien par Edouard Huguelet. Editeur : AFDT - www.afdt.ch et Histoire des entreprises de décolletage à Court par Jean-Luc Marchand – Intervalle N°121
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Retour en Allemagne
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Une sacrée originalité que propose VOH SA, à Courtelary, Jura bernois. Depuis douze ans, cette entreprise formatrice propose une formation duale mixte. En tandem avec le ceff – Centre de formation professionnelle Berne francophone, VOH embauche et forme uniquement des apprentis de 3ème et 4ème année dans le dessin technique, la micromécanique et l’électronique. La raison ? L’entreprise ne dispose pas de département de formation. Pour autant, après deux années scolaires à plein temps, ce système est un tremplin pour entrer dans le monde industriel.
Durant la pandémie, Tornos avait mis en mode ralenti le marché allemand, Aujourd’hui, le fabricant de machines-outils remet le pied à l’étrier. Preuve en est sa présence importante au Salon AMB de Stuttgart ce septembre. Tornos lance ainsi une nouvelle offensive en Allemagne, et prouve que la fabrication d’implants dentaires sur des machines multibroches à commande numérique est une alternative plus économique que leurs pendants traditionnels. La MultiSwiss est le fleuron technologique de Tornos. Cette machine multibroche remplace jusqu’à cinq tours traditionnels à poupée mobile sur une surface au sol beaucoup plus petite et augmente la productivité au m2. La machine est si aisée à programmer que les opérateurs les moins expérimentés obtiennent d’excellents résultats. Le système de broche hydrostatique permet d’obtenir des états de surface de première qualité, une condition sine qua non en médecine dentaire.
L'expert
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Nuit des entreprises
CYBERIS SA | 2854 BASSECOURT (JURA-SWITZERLAND) | CYBERIS.CH
LE MICROMÉCANICIEN 16 SEPTEMBRE 2022
Ce 15 septembre, vingt-deux entreprises jurassiennes, ont ouvert leurs portes au public. Les visiteurs avaient le choix entre onze tours, chacun doté de deux entreprises. Chaque firme du binôme a présenté ses ateliers, son savoir-faire et ses produits durant une heure. Plusieurs acteurs de la micromécanique dont Louis Bélet ont joué le jeu. Pari réussi pour l’organisateur, la Chambre de Commerce et d’Industrie du Jura et un public fort impressionné. Et pourquoi pas, inciter certains jeunes à rejoindre par la suite une de ces filières.
LE MICROMÉCANICIEN – 17 – SEPTEMBRE 2022
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MÉTIERS TECHNIQUES Comment susciter la relève dans les métiers techniques ?
Les 6 raisons pour inciter nos enfants à embrasser un métier technique
«L
Contrer les idées reçues « L’image des métiers techniques auprès des publics est frustrante en raison de la méconnaissance du domaine. Ainsi, un polymécanicien qui travaille dans un atelier, passe une bonne partie de son temps sur un ordinateur ou sur une commande numérique… et le sol y est aussi propre que celui d’un hôpital. Nous sommes très éloignés de la vision des ateliers d’antan » ajoute la cheffe de projet. Autre idée reçue, les apprentissages sont destinés aux cancres en panne de débouchés. Un bon élève risquerait de gâcher sa vie en entamant un apprentissage. La cheffe de projet s’insurge : « Un·e jeune qui commence un apprentissage peut décider de rester un·e professionnel·le compétent·e et réussir sa vie. Elle ou Il peut également continuer à se former pour devenir, technicien·ne ou ingénieur·e. Et si elle ou il veut ensuite étudier à l’école polytechnique fédérale ou à l’Université, toutes les portes lui seront ouvertes ».
A une époque, obtenir un CFC menait à une impasse. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. La voie de l’apprentissage permet d’entrer rapidement dans la vie professionnelle tout en trouvant des passerelles pour continuer en permanence à se former. L’industrie compte de nombreux exemples de professionnels et de chefs d’entreprise ayant suivi cette voie. « La formation DUAL mène même jusqu’au Conseil Fédéral » précise la cheffe de projet en souriant.
Les jeunes (et les moins jeunes) sont aujourd’hui hyperconnectés et disposent d’objets technologiques. Le point commun entre penser, créer, designer, digitaliser, industrialiser, produire, automatiser, contrôler et réparer tous ces objets technologiques ? Les métiers techniques ! Sans tous ces spécialistes qui inventent le futur en permanence, il n’y aurait pas d’industrialisation. Les points communs entre piloter une usine automatique, contrôler un robot, programmer l’aspect technique d’une opération médicale, concevoir de nouvelles solutions d’écomobilité et bien d’autres défis ? Ils reposent tous sur des métiers techniques passionnants.
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Aussi pour les filles
Pierre-Yves Kohler, directeur du SIAMS
Un domaine fournisseur d’emplois
a relève dans les métiers techniques n’est pas assurée et nous devons sensibiliser tous les publics à ces métiers intéressants, ouverts sur l’avenir et créateurs de valeur » explique Pierre-Yves Kohler en préambule. Sur le fond, le défi est simple : faire connaître et faire prendre conscience aux jeunes, à leurs parents et aux enseignants que les métiers techniques peuvent être une alternative de choix de carrière et de vie intéressante. « Souvent les jeunes gens n’envisagent même pas une carrière dans les métiers techniques, simplement par méconnaissance » précise Catherine Hahn. Elle ajoute : « Et parfois leurs parents voire leurs enseignants les découragent… simplement parce qu’ils ont une vision de ces métiers qui ne correspond plus à la réalité ».
Des métiers passionnants
Il est courant de dire aujourd’hui qu’un fort pourcentage des métiers de 2030 n’existe pas encore. C’est juste ! Une chose est sûre, un bon nombre d’entre eux seront liés à l’industrie. Les formations s’adaptent en permanence pour permettre aux jeunes d’évoluer.
Le tissu économique suisse repose largement sur le savoir-faire technique des PME. Dans les prochaines années, la relève devra être assurée pour près de 400’000 emplois qualifiés. FAJI SA l’organisateur du salon SIAMS est responsable du projet de valorisation des métiers techniques #bepog. Rencontre avec Catherine Hahn, cheffe de projet et Pierre-Yves Kohler, directeur.
Selon une étude de Swissmem, près de 18’000 personnes manqueront chaque année dans les métiers techniques. Ces chiffres se confirment chaque jour dans l’industrie où le manque de main d’œuvre compétente se fait sentir. L’arrivée à l’âge de la retraite des baby-boomers ne fait que renforcer ce phénomène.
Des métiers modernes
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La perception des métiers techniques auprès de la gent féminine est encore pire. En matière d’apprentissages, selon des statistiques romandes, la moitié des filles se répartissent dans quatre professions différentes, contre douze pour les garçons. En réalité le choix est bien plus vaste et tous les métiers sont ouverts aux femmes comme aux hommes… oui, les métiers techniques également !
Le speed dating de Saint-Imier a permis aux jeunes de découvrir les métiers techniques.
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Un système extraordinaire
Malheureusement le domaine de l’industrie ne fait plus rêver (à tort bien entendu) et souvent dans l’esprit des parents, ces métiers restent des professions pour les élèves moins doués et pour les manuels. S’il est possible de faire une Attestation de Formation Professionnelle (AFP) de praticien en mécanique pour les jeunes ayant un peu plus de difficultés, le spectre des formations est très large et les bons élèves en mathématiques et en physique peuvent choisir, par exemple, un CFC de polymécanicien, de micromécanicien, d’automaticien afin de mettre leurs compétences à l’épreuve.
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Le système de formation DUAL suisse est copié et envié bien à la ronde au point d’oublier son efficacité. La formation est équilibrée entre le savoir, le savoir-faire et le savoir-être pour permettre aux jeunes d’entrer de plain-pied dans le monde du travail sous de bonnes conditions… tout en étant déjà au bénéfice d’un salaire. Une fois le CFC en poche, toutes les alternatives et toutes les carrières sont possibles.
Pour en savoir plus sur les métiers techniques : www.bepog.ch
Aujourd’hui tous ces métiers font la part belle à l’informatique, la robotisation ou encore la numérisation. La réalité passionnante des métiers techniques a évolué plus rapidement que les vieux clichés.
LE MICROMÉCANICIEN – 18 – SEPTEMBRE 2022
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Des métiers ouverts sur l’avenir
Toutes les activités de promotion des métiers techniques et de la formation DUAL : https://bit.ly/3zHk5jO Les métiers techniques ne sont plus l’apanage des hommes.
LE MICROMÉCANICIEN – 19 – SEPTEMBRE 2022
MACHINES-OUTILS
C
onfrontée en permanence aux évolutions des tendances de production, Precitrame Machines à Tramelan optimise régulièrement ses solutions d’usinage transfert de dernière génération, idéales pour la production en grand volume, pour répondre aux besoins de flexibilité de la production. Cependant, face aux nouvelles tendances de production vers des lots plus petits, fractionnés et plus variés, notamment dans le moyen volume médical et horloger, cette entreprise a saisi l’opportunité de diversifier sa gamme de machines. Pour répondre à cette nouvelle orientation forte, où la personnalisation devient un argument de vente primordial, Precitrame a décidé d’offrir à ses clients une alternative complémentaire à ses machines transfert pour la production de moyen volume.
Micro-centre d’usinage Precitrame Machines SA, fabrique de machines-outils basée à Tramelan (JB), a élargi son offre de solutions d’usinage avec le micro-centre d’usinage K5 développé par Kummer Frères SA, entreprise qu’elle vient d’acquérir. par Edouard Huguelet
Un intérêt croissant pour les solutions flexibles L’acquisition l’année dernière de la société Kummer Frères, également basée à Tramelan, lui offre désormais de belles perspectives de diversification et par la même occasion de renforcement de ses activités sur les marchés suisses et mondiaux. L’intérêt pour des solutions flexibles était perceptible depuis un certain temps déjà. La collaboration régulière avec des clients communs aux deux entreprises montrait de la part de ces dernières un souhait de recherche de synergies. Très orientée fraisage, Precitrame Machines acquiert ainsi le savoir-faire largement reconnu en tournage et tournage dur de Kummer Frères. La complémentarité des compétences et des produits des deux sociétés a rendu cette évolution évidente, selon Olivier Voumard, PDG de Precitrame Machines SA, qui précise: « L’ensemble des collaborateurs hautement spécialisés a été repris et la marque Kummer, bien établie, sera pérennisée ».
Séquence d’usinage à sec.
Micro-centre d’usinage K5.
LE MICROMÉCANICIEN – 20 – SEPTEMBRE 2022
Magasin et changeur d’outils.
Un micro-centre d’usinage pour applications microtechniques En 2019, Kummer Frères avait sorti le micro-centre d’usinage K5 qui a bénéficié du développement de la micro5 réalisé au sein de la Haute Ecole Arc Ingénierie. Sur cette base largement revue et optimisée, l’entreprise de Tramelan a ensuite conçu un micro-centre d’usinage K5 que l’on trouve aujourd’hui en version mono-station à une broche, deux stations K5 Duo ou en version à trois stations d’usinage K5 Trio avec changeur d’outils et magasinsd’outils à 54 positions par station. C’est à ce micro-centre d’usinage que Precitrame vient désormais adjoindre ses compétences en automation et en gestion de l’usinage multi-stations pour en faire des micro-cellules MCK5 de production compétitives, d’une précision « sous le micron ». Les micro-usines, la production du futur Precitrame Machines souhaite proposer dans un premier temps des micro-cellules d’usinage MCK5 de deux à huit modules, de fabrication suisse. Ces cellules flexibles peuvent inclure plusieurs modules K5 de fraisage, auxquels peuvent encore s’ajouter d’autres types de modules, par exemple de lavage ou de contrôle dimensionnel ou qualitatif. Les surfaces au sol dédiées aux machines devenant un argument stratégique de plus en plus important, l’objectif est de proposer une véritable « micro-usine » avec une occupation au sol aussi réduite que possible. A titre d’exemple, une cellule avec six modules occupe une surface au sol de moins de 20 m2. Autre impératif actuel, l’économie des ressources et de l’énergie a poussé les concepteurs de cette solution à réduire autant que faire se peut la consommation d’énergie et de liquides de coupe lors de la production. Cette flexibilisation de la production répond en tous points aux critères désormais incontournables de l’Industrie 4.0 et de production à la demande de pièces personnalisées. ■ Precitrame Machines SA 2720 Tramelan www.precitrame.com
LE MICROMÉCANICIEN – 21 – SEPTEMBRE 2022
MACHINES NOS COMPÉTENCES AU SERVICE DE LA PRÉCISION depuis 1983
Ebauches Micromécanique Precitrame SA Combe-Aubert 3, 2720 Tramelan, Switzerland T +41 (0)32 486 96 10 | F +41 (0)32 486 96 11 info@empsa.ch | www.empsa.ch
Expert en filtration industrielle avec un objectif inchangé : fournir des solutions innovantes et un service irréprochable
Purificateurs d’air ELBARON et COBARON
Unités d’aspiration et de filtration ULT
Aspiration et élimination des brouillards d’huiles, d’émulsion et des fumées
Aspiration et filtration de poussières fines, fumées, gaz, odeurs et vapeurs, mais également de virus, bactéries, germes et pollen
Centrales de superfiltration COMAT Superfiltration des huiles de coupe sur les machines-outils
Grégory Gunzinger (responsable « Décolletage/ Percos »), Christian Zanetta (directeur) et Reynald Bourquin (responsable logistique).
Précision et terminaison haut de gamme Entreprise familiale par excellence située à Bassecourt au cœur du Jura suisse, Cyberis SA (ex Varin Décolletage) se positionne depuis plus de 20 ans en leader dans la fabrication de microcomposants pour le secteur de la haute horlogerie. Depuis ses débuts en 1991, Cyberis a d’emblée opté pour un parc de machines Tornos, en l’occurrence des solutions sur mesure qui lui assurent souplesse et efficacité. Source de l’article: decomagazine Tornos www.decomag.ch
Aspirateurs industriels RUWAC Aspiration de poussières, copeaux et liquides
Systèmes de captation ALSIDENT Captation des nuisances à la source
SOLUTIONS DE FILTRATION www.elbaron.ch
LE MICROMÉCANICIEN – 23 – SEPTEMBRE 2022
« Chez Cyberis, le client passe en priorité. Nous avons l’habitude de travailler vite et bien, et de répondre immédiatement à toute sollicitation. En produisant de façon maîtrisée, en parfaite adéquation avec les exigences de notre clientèle renommée, nous arrivons à demeurer concurrentiels avec des prix qui restent stables, même si les coûts d’achat de matière première augmentent sans cesse depuis 15 ans », affirme Christian Zanetta, qui a repris en 2016 les rênes de cette entreprise familiale, qui appartient à Cédric et Jérôme Bourquard, les fils de Jean-Pierre Bourquard. En misant tout sur la carte de la relation privilégiée avec sa clientèle ainsi que celle de la proximité et du 100% Swiss made, Cyberis a également choisi ses partenaires en fonction de ces critères. Ainsi Tornos s’est imposée d’entrée de jeu, notamment par la précision de ses machines et la souplesse de ses solutions.
simple. Comme le 95% de nos machines sont des produits du même constructeur, tout se règle comme du papier à musique et il y a une unité d’action, une coordination aisée ». Une coordination qui s’applique à l’ensemble de l’entreprise, puisque tous les secteurs travaillent en étroite collaboration.
Échantillons de pièces décolletées.
Les réglages peuvent s’effectuer rapidement Ces machines sont aisément programmables et la plupart des décolleteurs de l’Arc jurassien les connaissent. « En misant sur Tornos, nous savons que nous ne rencontrerons pas de difficultés à engager du personnel compétent ou des personnes motivées à apprendre, que nous pourrons former le cas échéant », explique Grégory Gunzinger, responsable Décolletage/Percos chez Cyberis. Lorsqu’on l’interroge sur Tornos, il est littéralement intarissable et apprécie véritablement de pouvoir travailler au quotidien avec des solutions d’une telle qualité, d’une telle efficacité. Et de préciser: « Les machines Tornos sont à la fois malléables et réactives. Cela nous permet de livrer encore plus vite nos produits à nos clients, ce qui figure tout en haut de nos priorités et de notre engagement. Celles que nous possédons se programment aisément et les réglages peuvent se faire rapidement. Grâce à TISIS, le logiciel de programmation de Tornos, tout est nettement plus
« En misant sur Tornos, nous savons que nous ne rencontrerons pas de difficultés à engager du personnel compétent ou des personnes motivées à apprendre, que nous pourrons former le cas échéant »
LE MICROMÉCANICIEN – 24 – SEPTEMBRE 2022
GRÉGORY GUNZINGER
Des pièces complexes et précises Situé au cœur de la Watch Valley, Cyberis SA déploie en effet toute son énergie pour développer des partenariats régionaux et s’imposer dans la fabrication de microcomposants pour le mouvement et l’habillage horlogers. À l’image de l’un de ces nouveaux produits phares, le microcomposant à ressort: un assemblage sans déformation, dont la répétabilité est garantie, dans toutes les matières et les dimensions possibles. Ainsi, leur barrette de bracelet en acier Nickel Free et leur cliquet à bille de haute précision sont des nouveautés qui ont été présentées à la dernière édition de l’EPHJ. Une pièce complexe, produite grâce à l’étonnante précision des machines Tornos, qui se révèlent être les machines idéales pour produire ce genre de microcomposant horloger. La fabrication de ces derniers implique la maîtrise de nombreuses techniques artisanales et industrielles permettant de conférer à chaque pièce une forme et un fonctionnement irréprochables. Pour ce faire, Cyberis dispose d’un ERP complet, regroupant l’ensemble des processus de gestion de l’entreprise. Souple et personnalisable, il lui permet ainsi de répondre aux différentes problématiques de métiers, et également de s’adapter aux besoins internes et externes, afin d’apporter des solutions rapides et efficaces. Un savoir-faire et une expérience confirmée en la matière, qui permettent en outre à Cyberis de répondre de façon irréprochable aux demandes spécifiques nécessaires à l’élaboration d’un produit de qualité suisse. Un atelier 4.0 entièrement connecté À ce jour, 2000 m2 du bâtiment qui abrite Cyberis à Bassecourt sont dédiés à la production. Cyberis SA emploie 30 collaborateurs et dispose de 60 machines CNC, sur lesquelles on ne dénombre pas moins de 55 machines Tornos. Si les premières Micro 7 et Micro 8 ont été peu à peu remplacées par des Swiss GT et des SwissNano, le parc se complète et évolue en fonction des besoins. « Nos employés apprécient tout particulièrement le côté
« Nos employés apprécient tout particulièrement le côté intuitif des solutions Tornos. Ils aiment travailler sur ces machines, notamment à cause de leur interface qui permet une programmation simple et efficace » GRÉGORY GUNZINGER
intuitif des solutions Tornos. Ils aiment travailler sur ces machines, notamment à cause de leur interface qui permet une programmation simple et efficace. », affirme Gregoy Gunzinger. Grâce à ses collaborateurs qualifiés et spécialistes de leur domaine, les machines de l’atelier de décolletage de Cyberis ne s’arrêtent jamais. Elles produisent nuit et jour en automatique. Les plus petits composants sont usinés à la chaîne, dans les règles de l’art et en respectant les critères de qualité élevés de l’horlogerie haut de gamme. ■ Cyberis SA, 2854 Bassecourt – www.cyberis.ch Tornos SA, 2740 Moutier – www.tornos.com
LE MICROMÉCANICIEN – 25 – SEPTEMBRE 2022
PROCÉDÉS, OUTILLAGE ET MATÉRIAUX Affûtage en bout symétrique : limites de l’usinage repoussées
L
es défis du futur sont nombreux. L’augmentation des performances des procédés d’usinage en fait partie, mais beaucoup de facteurs entrent en ligne de compte: L’environnement (machine, porte-outils), la stratégie et les paramètres de coupe, l’outil de coupe et la lubrification. Pour la fabrication d’un outil, il faut considérer tout l’environnement de l’usinage afin de livrer la solution la plus adaptée au besoin de l’utilisateur. La géométrie de l’outil de coupe DIXI Polytool a développé entre 2017 et 2019 trois familles de fraises, dédiées à l’amélioration de la productivité dans les matériaux à usinabilité difficile, à savoir: DIXI 7342 (une fraise à deux dents), DIXI 7343 (une fraise trois dents à hélices différentes) et DIXI 7220 (une fraise d’ébauche avec brise-copeaux). Et plus récemment, deux modèles qui intègrent le système d’arrosage breveté COOL+ ont été lancés. Il s’agit des familles DIXI 7442 (fraise à deux dents) et DIXI 7443 (fraises à trois dents). Les performances de ces derniers développements ont apporté au client un gain de productivité important, surtout dans les matériaux à usinabilité difficile. De plus, grâce à leur géométrie en bout renforcée, ces familles permettent de produire un angle vif entre le fond de la poche et la paroi, sans avoir d’ébrèchement précoce de la dent. Atouts des fraises toriques Mais dans certains cas spécifiques, l’utilisation d’une fraise torique reste
parfois préférable à celle d’une fraise en bout renforcée. D’une part, l’avance maximale admissible en surfaçage d’une fraise torique sera largement supérieure à une fraise en bout à coin renforcé et, d’autre part, il serait relativement complexe de percer avec des fraises à angle vif à trois dents, car il faudrait modifier l’affûtage en bout pour réaliser cette opération. Ceci détériorerait dans la plupart des cas les performances en cycle de contournage. La fraise torique facilite ainsi le perçage avec une fraise à trois dents. Afin que les utilisateurs profitent pleinement des avantages des fraises toriques, DIXI Polytool a étendu la gamme des fraises DIXI 7343 en y ajoutant une version à rayon. Pour une conception optimale, le département R&D a comparé différentes solutions d’affûtage en bout par la méthode des éléments finis lorsque la fraise subit des efforts de plongée axiale. Le résultat théorique a été sans appel: l’affûtage symétrique est nettement plus résistant que l’affûtage classique. Analyses théoriques vérifiées dans la pratique Afin de valider ces analyses, le département R&D a effectué des tests d’usinage en comparant deux géométries (affûtage classique et affûtage symétrique). Ces analyses théoriques
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DIXI Polytool S.A., créateur d’outils de précision en métal dur et diamant, établi depuis 1946 au Locle, peut s’appuyer sur une équipe R&D efficace pour soutenir ses clients et les porter vers de nouveaux niveaux de productivité. se sont confirmées pour des modèles ayant un rapport rayon-diamètre de 25%. En revanche, les modèles ayant un rapport rayon-diamètre de 5% ont montré des résultats totalement opposés. L’affûtage classique présentait de bien meilleures performances à cause d’efforts de coupe. Pour donner suite aux résultats des tests, les modèles de fraises ayant un rapport rayon/diamètre supérieur à 5% bénéficient de l’affûtage symétrique et le reste d’un affûtage en bout classique. Cette combinaison d’astuces d’affûtage et de géométrie optimale de la goujure a déjà pu satisfaire un grand nombre d’utilisateurs ayant des applications et matériaux complètement opposés comme le micro-fraisage d’empreintes de moules en acier trempé à 55 HRC ou l’interpolation 3D de trous dans un alliage de cuivre sans plomb.
Répartition des contraintes pour une fraise à affûtage classique (à gauche) et à affûtage symétrique (à droite).
A gauche: vitesse du fluide (20 bars) sans bague. A droite: avec bague COOL+.
Tensions au niveau de l’arête de coupe. A gauche: coupe traditionnelle (faible conductivité). A droite: avec arrosage dirigé.
Pour satisfaire un maximum d’utilisateurs, DIXI Polytool a sélectionné une grande plage de diamètres (de Ø 0.4 mm à Ø 12 mm) et de rayons pour cette nouvelle gamme d’outils. On retrouve en stock une version non revêtue et une version revêtue C-TOP, particulièrement adaptée aux sollicitations extrêmes d’abrasion, de température et de chocs thermiques. Un paramètre important : la lubrification L’autre aspect primordial à prendre en compte dans la création d’un outil concerne la lubrification, surtout dans les matériaux à faible conductivité thermique, tels que les alliages de titane, l’acier inoxydable austénitique ou les alliages de nickel. Sans une lubrification efficace, la température de l’usinage devient rapidement trop élevée, ce qui provoque une destruction de l’arête de coupe et un collage dans la goujure. Pour cette raison, la lubrification doit non seulement être orientée de manière précise entre l’interface copeaux-face de coupe, mais aussi avoir une certaine pression et vitesse, pour que le lubrifiant puisse
ainsi dissiper l’énergie thermique. Le système COOL+ breveté, améliore les solutions actuelles d’arrosage périphérique à l’aide d’une bague qui vient accélérer le fluide. En effet, avec les systèmes d’arrosage périphériques, la vitesse du fluide diminue très rapidement. Le système de bague COOL+ palie à cette perte de vitesse du fluide. Il en résulte des performances supérieures par rapport aux systèmes actuels. Une version torique Les familles DIXI 7442 et DIXI 7443 bénéficient de ce système. Le marché a d’ailleurs répondu positivement aux performances remarquables de ces fraises. Pour compléter cette palette de solutions « COOL+ », une version torique a été développée. Elle possède la même géométrie que les fraises DIXI 7353, mais avec un diamètre maximal de 5 mm. Ces fraises s’avèrent particulièrement redoutables dans les matériaux à usinabilité très difficile comme l’INCONEL 718. La fraise DIXI 7453 COOL+ permet d’atténuer les principaux problèmes auxquels l’utilisateur est confronté, à savoir :
Fraise DIXI 7343 en version à rayon, avec bague d’arrosage COOL+. LELEMICROMÉCANICIEN MICROMÉCANICIEN– 27 –SEPTEMBRE SEPTEMBRE2022 2022
– Une usure très rapide due à une abrasion extrême et une forte température d’usinage. – Des débits de copeaux très modestes en raison d’efforts de coupe importants. Les systèmes actuels d’arrosage périphériques permettent d’améliorer les procédés, mais le gain reste minime car la vitesse de lubrification n’est pas idéale. Avec les fraises DIXI 7453 COOL+, la vitesse du fluide plus importante améliore le refroidissement ainsi que la lubrification par rapport aux systèmes actuels. L’utilisateur diminue non seulement le temps de cycle avec des paramètres de coupe plus ambitieux, mais réduit également son coût d’outillage grâce à une durée de vie largement supérieure. Avec revêtement C-Top La nouvelle fraise torique DIXI 7453 COOL+ revêtue C-Top , avec de nombreux rayons partiels différents, est disponible de stock du diamètre Ø 0,4 mm à Ø 5 mm. DIXI Polytool fournit des solutions supplémentaires permettant une réduction de coût de production, en particulier pour les fraises à arrosage dirigé. Avec une machine équipée d’un arrosage à travers la broche, l’utilisateur pourra pleinement profiter de ces évolutions car ces nouvelles fraises permettent d’appliquer des paramètres de coupe beaucoup plus importants qu’avec les solutions actuelles. ■ DIXI POLYTOOL S.A. 2400 Le Locle www.dixipolytool.com
OUTILLAGE AGENCE CRP RELATIONS PUBLIQUES
Matériau amagnétique résistant à la corrosion
“ La réputation n’est qu’une chose vaine lorsqu’elle n’est pas étabile sur la vérité. ” Citation de Saint Vincent de Paul ; Maximes spirituelles (posthume, 1576)
AGENCE CRP Sàrl Relations médias en Suisse Bureau de presse externalisé 55, route de Florissant CH 1206 - Genève Tel. : +41 22 347 25 96 mcb@agencecrp.ch www.agencecrp.ch
L’alliage appelé ARCAP AP1D est un maillechort de décolletage permettant de produire des pièces de grande ténacité, résistantes à la corrosion et qui présentent un état de surface de haute finition.
POUR LES MATÉRIAUX DIFFICILES À USINER
par Edouard Huguelet
R
MP9005 & 9015 - nuance revêtue MT9005 & 9015 - nuance de carbure
ésistant à la corrosion, cet alliage métallique de couleur gris-argenté, peut être décolleté avec des vitesses de coupe élevées, jusqu’à 150 m/min, notamment avec des outils PCD. Ce matériau permet en outre d’effectuer des perçages sans bavures. Il s’agit d’un alliage CuNi25Zn12.
TOLÉRANCE NÉGATIVE DU RAYON
Réalisation de pièces particulièrement tenaces Cet alliage métallique est notamment utilisé pour l’usinage de raccords de tubes, de montures de lunettes, entre autres innombrables applications pour l’appareillage fin, la micromécanique et l’horlogerie. Il s’agit d’un alliage de décolletage à structure monophasée durci par écrouissage, étiré à froid, approprié au décolletage, facile à usiner et permettant de réaliser des pièces particulièrement tenaces. En effet sa résistance à la traction peut atteindre 1500 MPa, correspondant à celle des aciers extra-durs. Son usinabilité est bonne. En outre, détail intéressant pour les applications horlogères (visserie de haute qualité), ce matériau est amagnétique et il résiste bien à la corrosion. Il convient aussi au marquage et au soudage laser, au soudage par bombardement d’électrons, ainsi qu’au soudage MIG et MAG.
280º
MICRO-FORETS
Haut Rendement & Précision Disponible jusque 50xD
Du fait de sa conductivité électrique (meilleure que 25 m/Ω.mm2, il est également approprié pour la production d’éléments de connectique. Il est en outre apte au polissage mécanique (tonnelage) ou au polissage électrolytique. Ce matériau existe non seulement en barres étirées à froid (ou meulées pour certaines dimensions), à section ronde, carrée ou hexagonale, mais également en torches pour les petits diamètres, destinées aux décolleteuses système escomatic. ■ Sources: L.Klein SA, 2504 Bienne (www.kleinmetalls.swiss) Robert Laminage, 2400 Le Locle (www.robertlaminage.com)
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Pièces décolletées en Arcap. Aussi à partir de matière en torche (décolletage système escomatic) pour les petits diamètres.
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OUTILLAGE De l’acier au carbone au carbure à structure nanograin
Medtech Horlogerie Industrie Décolletage Tournage revolver
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Au début du siècle passé, les outils de coupe étaient élaborés en acier avec une teneur entre 0,8% et 1,1% de carbone. Les outils en acier rapide (au tungstène) ont été présentés pour la première fois à l’Exposition universelle de Paris en 1900.
Produits TOP-Line et TOP-Watch © Applitec Moutier SA, 2740 Moutier
L
es outils en métal dur (carbure de tungstène) ont apparu en 1928. On appelait à l’origine ce matériau « Widia », de l’allemand « Wie Diamant » – traduction: « semblable au diamant ». De nombreuses nuances de métal dur ont été développées, pour réaliser des plaquettes de coupe ou des outils monoblocs.
C’est en 1955 que sont apparues les premières plaquettes de coupe rapportées en oxyde céramique. Élaborées par compression de poudres et frittage, ces plaquettes ne peuvent pas être brasées sur le corps de l’outil à l’instar des inserts en métal dur: elles doivent y être fixées mécaniquement. Les outils actuels sont la plupart du temps réalisés en carbure, soit des outils « monobloc » ou comportant des plaquettes de coupe revêtues de matériaux extra-durs (par exemple du CBN - nitrure de bore cubique) déposés par PVD (dépôt vapeur physique) ou CVD (dépôt vapeur chimique). Des nuances de carbure à structure très fine dites « nanograin » permettent l’usinage précis de pièces minuscules. Pour l’usinage de l’aluminium LE MICROMÉCANICIEN – 31 – SEPTEMBRE 2022
en particulier, on trouve également des outils au diamant polycristallin (PCD), utilisés principalement pour l’usinage des alliages légers, cuivreux, les métaux précieux et les matériaux composites. Deux gammes pour applications de décolletage Plusieurs sociétés de l’Arc jurassien se sont lancées dans la fabrication d’outils de décolletage. Par exemple, à Moutier, Applitec Moutier SA, fondée en 1987, s’est d’emblée axée sur le développement d’outils de tournage à plaquettes en métal dur. L’entreprise, qui connaît un développement continu, propose une offre sans cesse renouvelée et étendue de produits (actuellement 15 gammes) axés sur la précision et les microtechniques, notamment TOPLine et TOP-Watch, deux gammes qui font référence dans le domaine du décolletage. ■ Applitec Moutier SA 2740 Moutier www.applitec-tools.com Source de l’article : Edouard Huguelet, « Le décolletage dans l’Arc jurassien ». Éditeur : AFDT (www.afdt.ch)
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ROBOTIQUE Le futur s’écrit aujourd’hui Michel Lauria, professeur associé à l’institut des sciences et des technologies industrielles à hepia, ingénieur en microtechnique de l’EPFL et docteur en robotique, dévoile deux de ses projets : le robot rotule à architecture parallèle à très haute dynamique et une visseuse intelligente instrumentée dotée d’un système de vision pour le contrôle qualité des assemblages vissés, star de la dernière édition du salon EPHJ de Genève. Entretien.
P
CONTACTEZ NOTRE ÉQUIPE EN SUISSE SÉBASTIEN WAGNER TECHNICO-COMMERCIAL ROMANDIE SEBASTIEN.WAGNER@SECOTOOLS.COM +41 79 208 29 47 EN FRANCE THIERRY GAYET DIRECTEUR RÉGIONAL THIERRY.GAYET@SECOTOOLS.COM +33 2 48 67 28 16
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arfois, la réalité dépasse la fiction. C’est le cas au Laboratoire de Robotique d’hepia à Genève (Haute École du Paysage, d’Ingénierie et d’Architecture), qui compte une armée de chercheurs s’évertuant à inventer notre futur. Ambiance décontractée dans les couloirs interminables de ce centre de recherche d’excellence à Genève. Dans les nombreux laboratoires, des professeurs et des étudiants travaillent à trouver des solutions aux problèmes techniques auquel est confronté le monde industriel. Ces laboratoires naviguent entre la recherche fondamentale et les applications industrielles. Objectifs : créer de nouvelles machines automatiques et précises aux applications les plus diverses : secteurs automobile, aéronautique, biomédical. Concernant le mécanisme de rotule motorisée, quels sont les applications de ce robot à architecture parallèle ? Michel Lauria : Des applications sont possibles dans l’horlogerie mais pas seulement. Avec cet appareil il est possible d’orienter un objet selon trois degrés de liberté avec une très bonne rapidité de mouvement, une excellente répétitivité et de bonnes accélérations pour pouvoir ensuite par exemple utiliser le robot pour des tâches d’assemblage ou pour
Le mécanisme de rotule motorisée permet entre autres des applications dans l’horlogerie.
réaliser un présentoir dynamique. Lorsque les horlogers contrôlent les montres, ils font ce qu’on appelle du « visitage », Autrement dit, ils inspectent le garde-temps sous plusieurs angles afin de déceler les éventuels défauts de fabrication. La pénibilité de cette tâche très répétitive pourrait être atténuée grâce à une assistance robotisée. Le robot rotule à architecture parallèle se prête parfaitement à ce type d’application. Pour quel type d’application, ce robot a-t-il été conçu à l’origine ? Michel Lauria: Nous avons construit ce robot dans le but de reproduire le mouvement de la nageoire des manchots, que l’on retrouve en Antarctique, capables de nager LE MICROMÉCANICIEN 33 SEPTEMBRE 2022
à 35km/heure alors que le meilleur nageur olympique n’excède pas les 9,5km/h. La cinématique parallèle a été conçue afin de trouver des nouveaux systèmes de propulsions subaquatique. Quel sera l’impact de ce robot dans le milieu scientifique ? Miche Lauria : Du point de vue de la recherche fondamentale, ce type de projet a été utilisé afin de comprendre les turbulences qui se créent lorsqu’on excite une nageoire sous l’eau. Il y a eu plusieurs travaux de doctorat sur ces aspects physiques qui ont pu être réalisés grâce à cette machine à Caltech (Pasadena), l’un des centres de recherche les plus prolifiques aux États-Unis.
La visseuse instrumentée mémorise les opérations manuelles effectuées par l’opérateur.
Quelle est la suite à donner à votre prototype ? Michel Lauria : Notre mission est de développer de nouvelles idées et de les transférer par la suite au monde industriel au travers de startups ou à des entreprises déjà existantes. Ce robot dispose d’autres atouts dans sa manche comme des applications médicales. Pour ce faire, il pourrait servir à la mobilisation des articulations humaines (épaule, hanche) afin de permettre aux chirurgiens d’améliorer leurs techniques d’intervention chirurgicales. Dans un autre registre, quelle est l’utilité de la visseuse instrumentée développée dans le cadre du projet InnoSuisse ? Michel Lauria : Le vissage est l’opération la plus répandue dans les chaines de production industrielles. Dans l’industrie automobile par exemple, il importe de serrer chaque vis selon un schéma d’assemblage pré-établi avec la bonne force de serrage. Par exemple, cette visseuse est capable de mémoriser les opérations manuelles effectuées par l’opérateur. A-t-il mis la bonne vis au bon endroit en respectant le schéma de montage ? A-t-il choisi la bonne vis et a-t-il appliqué le bon couple de serrage.
Le professeur Michel Lauria navigue entre la recherche fondamentale et les applications industrielles.
« Notre mission est de développer de nouvelles idées et de les transférer par la suite au monde industriel au travers de start-ups ou à des entreprises déjà existantes. » Ces applications concernent également le domaine aérospatial, très pointilleux dans les procédures d’assemblage de systèmes complexes. Le but est donc de garantir la qualité de l’assemblage. Ce projet est le fruit d’une collaboration avec deux autres hautes écoles, la HEIG-VD (Haute École d’Ingénierie et de Gestion du Canton de Vaud) et la HE-ARC (Haute Ecole Neuchâtel, Berne, Jura). Il a pu être réalisé grâce au financement apporté par la HES-SO puis des fonds Innosuisse nous ont permis de finaliser un deuxième prototype.
LE MICROMÉCANICIEN – 34 – SEPTEMBRE 2022
Quelles sont vos nouvelles recherches ? Michel Lauria : Nous travaillons également sur de nouvelles structures innovantes, très solides et très légères à base de matériaux innovants, et qui pourraient par exemple servir de châssis de protection pour des drones d’inspection. Des architectes du paysage ont également pris contact avec notre école afin d’utiliser ce type de structures pour réaliser des iles flottantes végétalisées aux bords de nos lacs. ■ Propos recueillis par Michele Caracciolo di Brienza MICROMÉCANICIEN– 35 –SEPTEMBRE LELEMICROMÉCANICIEN SEPTEMBRE2022 2022
ENTREPRISES Taillage de dentures avec deux fraises.
Processus de taillage avec deux fraises.
Fraises-mères Duplex: un seul outil.
Il
existe plusieurs solutions d’ébavurage et d’anglage pour des modules supérieurs à 0,5. En dessous, et ce qui est le cas notamment des dentures pour rouages horlogers, en raison des dimensions des éléments, de leur forme, des encombrements ainsi que des prises de pièces souvent légères, les opérations d’ébavurage ou d’anglage deviennent difficiles.
Fraise Duplex pour montage sur tasseau.
Micro-taillage par génération sans bavures Le taillage par génération des dentures à petits modules comporte de nombreuses difficultés. La précision exigée (avec des tolérances très serrées) et les moyens de contrôle pour respecter ces tolérances, sont primordiaux. L’élimination de la bavure constitue en outre un problème très délicat et difficile à maitriser.
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Taillage avec deux fraises-mères Une solution existe et est appliquée depuis de nombreuses années, c’est le taillage avec deux fraises-mères. Les deux fraises sont montées sur un même tasseau, l’une sens « à droite » la deuxième « à gauche ». Déroulement des opérations : un premier taillage au diamètre fini est réalisé avec la fraise #1. Fraisage en opposition, plongée au-dessus de la face A, puis chariotage jusqu’à la sortie de pièce en face B. Il y a de la bavure sur la face B (côté de sortie de la fraise), alors que la face A (côté d’entrée de la fraise) est exempte de bavure. Les outils doivent être décalés pour travailler avec la fraise #2 et il s’agit d’opérer le changement du sens de rotation des fraises et des pièces. Ensuite, on entre dans la matière jusqu’à ce que l’axe de la fraise dépasse la face B. La bavure de la face B est enlevée par la fraise #2. Taillage avec une seule fraise Pour faciliter le procédé de taillage, Louis Bélet SA a développé des fraises-mères « Duplex »: un seul outil pour deux sens de coupe, à droite et à gauche. Réalisables avec tige ou de forme annulaire pour montage sur tasseau, elles permettent un réglage plus rapide, réalisant le taillage avec un seul outil, plutôt qu’avec deux fraises-
mères. Testées chez plusieurs clients en production, cette technique de taillage permet d’usiner sans bavure des dentures de petits modules, dans de multiples matériaux. Les caractéristiques de ces fraises peuvent être personnalisées. Le parc de machines de ce fabricant d’outils s’est largement développé, avec la possibilité de réaliser des fraises pour le taillage jusqu’au module 1. Piste de contrôle, largeurs différentes pour zone de taillage et zone d’ébavurage, constituent quelques-unes des possibilités d’adaptation. Louis Bélet SA: 75 ans d’existence l’an prochain L’entreprise Louis Bélet SA, implantée à Vendlincourt et Porrentruy, est une référence dans la fabrication de fraises, d’outils de taillage par génération et autres micro-outils (800’000 outils par an). Célébrant l’an prochain ses 75 ans d’existence, elle dispose d’un outil de production comportant quelque 160 machines-outils, réparties sur les sites de Vendlincourt et Porrentruy. Environ 60% des outils produits, qu’ils soient standards ou spécifiques, sont destinés aux domaines de l’horlogerie. L’entreprise ajoulote s’engage également pour ses collaborateurs et la planète. « Nous avons mis en place à l’interne de nombreuses activités, non seulement pour valoriser les places de travail, notamment une autonomisation importante des employés, des formations spécifiques », explique la co-directrice, Roxane Piquerez, petite-fille du fondateur, Louis Bélet. ■ Louis Bélet SA, 2943 Vendlincourt www.louisbelet.ch
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ENTREPRISES
L’
entreprise a été créée en 1846 à Malleray, date à laquelle Samuel Laubscher, ouvrier agricole venant de canton de Neuchâtel, ouvre un atelier où il façonne des vis pour l’horlogerie. En 1851-1852, il construit avec son associé Rudolf Iseli de nouveaux locaux, à Täuffelen (région biennoise). Resté seul propriétaire dès 1869, il aurait, selon une source de la famille Laubscher, réussi à mettre au point en 1870 une machine automatique pour le tournage des vis d’horlogerie. En 1883, il remet l’entreprise, qui devient la société en nom collectif Laubscher Frères & Cie, à ses quatre fils: Alfred, Numa, Samuel-Eduard et Adolf, ainsi qu’à son beau-fils Johann-Jakob.
A l’origine, un atelier pour la fabrication de vis Laubscher Précision SA se définit actuellement comme étant un fabricant de pièces décolletées de précision, proposant un service complet, depuis le stade du développement des pièces jusqu’à leur livraison.
Dans un atelier de décolletage chez Laubscher. © Laubscher Präzision AG, 2575 Täuffelen
Des produits de précision entièrement usinés Actuellement, l’entreprise familiale Laubscher Précision SA est dirigée par Hans-Peter Laubscher (sixième génération). Occupant 240 collaborateurs sur une surface de production de 20’000 m2, elle produit des pièces décolletées et entièrement usinées jusqu’au diamètre 42 mm, réalisées en tous matériaux (aciers divers, alliages légers, alliages cuivreux et spéciaux), y compris les traitements thermiques et de surface. L’usinage est réalisé sur quelque 500 unités de production et la qualité est contrôlée par 20’000 instruments de mesure manuels et automatiques, pour ce qui concerne les dimensions et tolérances des produits, la dureté, la couche des dépôts galvaniques, etc. Les produits usinés chez Laubscher sont destinés à diverses branches industrielles, notamment l’industrie automobile, le secteur médical, l’industrie horlogère, la technique du bâtiment et l’industrie générale, sans oublier les composants électroniques et ceux entrant dans la conception de produits d’utilisation courante. Les machines de production sont essentiellement des tours revolver automatiques ou à poupée mobile à commande numérique, monobroches ou multibroches, réalisant, outre le décolletage proprement dit, de multiples opérations auxiliaires pour la réalisation de pièces de précision complétement usinées. Les tours automatiques à cames, toujours d’actualité Pour la fabrication de pièces simples produites en grandes séries, des tours automatiques à cames sont encore utilisés, typiquement pour la fabrication en très grandes séries de vis d’horlogerie, pitons et autres petits composants, ou
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Pièces décolletées, entièrement usinées. © Laubscher Präzision AG, Täuffelen
alors également des machines CNC à broche fixe et outils tournants pour matière en torches, système Esco. Certaines pièces sont produites sur des unités multi-stations à transfert rotatif. Des opérations de reprise sont réalisées sur des fraiseuses, pour l’usinage de pièces multiformes à partir d’ébauches. D’autres pièces sont terminées par rectification à la meule, rodage ou tournage dur. Un grand nombre de différents traitements thermiques sont disponibles pour des aciers inoxydables, aciers et métaux non ferreux. Ils se déroulent sous atmosphère contrôlée afin d’éviter ou de minimiser des décolorations ou l’oxydation des pièces. Les traitements de surface eux, comprennent le nickelage, le chromage, divers autres types de métallisation, la phosphatation, la passivation et le polissage. Les composants usinés sont finalement nettoyés, contrôlés et conditionnés. ■ Laubscher Précision SA 2575 Täuffelen www.laubscher-praezision.ch Source de l’article : Edouard Huguelet, « Le décolletage dans l’Arc jurassien ». Éditeur : AFDT (www.afdt.ch)
A gauche, petite fraiseuse pour fentes de vis (1850, déménagée de Malleray à Täuffelen). A droite, machine automatique pour le tournage de vis d’horlogerie (1880). © Laubscher Präzision AG, 2575 Täuffelen
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STAY COOL 24/7
JUBILÉ
AUTOMATED FLUID MANAGEMENT FLUID LYNX Le système automatique de mélange et d'entretien pour l'industrie permet de surveiller de manière fiable les lubrifiants réfrigérants miscibles à l'eau.
Jubilé pour la pince de serrage ER
I Réduit les frais d'entretien et la consommation de ressources I Optimise votre processus de sécurité
I Limite le contact avec la peau à un strict minimum
Pendant des décennies, la pince de serrage E était la norme mais avec de gros inconvénients lors de son retrait. En 1972, innovation révolutionnaire avec la pince de serrage ER de REGO-FIX. Explications.
Planification, installation et entretien effectués par un seul et même partenaire: MOTOREX.
C
ette année marque le cinquantième anniversaire de la pince de serrage ER. Retour en arrière, jusqu’en 1972, la pince de serrage E était le standard technique. Après usinage, les pinces de serrage étaient si fermement ancrées dans les porte-outils qu’il était difficile de les retirer. La pince était éjectée à l’aide d’un marteau et d’une tige en bois. Résultat, cette opération endommageait l’arrière des pinces de serrage. Autres impacts négatifs : réduction de la durée de vie des outils et diminution de la précision d’usinage.
motorex.com/fluidlynx
SOLUTIONS FLEXIBLES ET ECORESPONSABLES
KUMMER K5
• Fraisage UGV 5-axes pour pièces inscrites dans un cube de 50 mm
REGO-FIX et Fritz Weber, fondateur de cette entreprise, ont trouvé la parade en créant la pince de serrage ER à partir de la pince de serrage E. L’innovation ? Le côté extérieur de la pince de serrage dispose d’une rainure qui est accrochée à l’anneau excentré du nouvel écrou. La pince est ainsi directement extraite du porte-outil lors du desserrement de l’écrou. En outre, la pince de serrage ER dispose de plus de fentes qui permet une plage de serrage de 0,5 mm à 1 mm. Un « R » a été ajouté au nom pour représenter REGO-FIX dans le système de serrage le plus répandu au monde. Aujourd’hui encore, toutes les pinces REGO-FIX sont produites dans la ville suisse de Tenniken.
REGO-FIX, basée à Tenniken dans la région de Bâle, est une entreprise familiale de plus de 300 employés. Elle produit et vend des systèmes de serrage d‘outils de haute précision depuis plus de 72 ans. L’entreprise dispose de partenaires commerciaux dans cinquante pays et de filiales aux États-Unis, Brésil, en Chine, Japon et Asie du Sud-Est. Les produits sont utilisés dans les industries automobile et aérospatiale, pour la construction de moules, la construction mécanique, la technologie médicale, les télécommunications ainsi que l‘industrie horlogère. ■
• Broche d’usinage HF 60’000 t/min • Répétabilité de positionnement inférieure à 1 μm • Changeur d’outils automatique à 54 positions • Combinaison de plusieurs machines en cellule d’usinage flexible MCK • Usinage de composants en bande
La présence de REGO-FIX sur le marché francophone s’est également consolidée.
REGO-FIX AG Julien Zaugg, Responsable Application / OEM pour la Suisse romande et France Obermattweg 60 4456 Tenniken www.rego-fix.com
• 90% d’énergie économisée et 2 m² suffisent
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LE MICROMÉCANICIEN 41 SEPTEMBRE 2022
LE MÉGAPHONE © Swissmem
Cybercriminalité et entreprises industrielles En collaboration avec l’Institut de droit pénal et de criminologie de l’Université de Berne, Swissmem a mené une enquête auprès de ses 1200 entreprises membres sur les questions de sécurité. 70% des entreprises ayant répondu au sondage ont été victimes d’au moins une attaque. Certaines entreprises
ont été attaquées plus de vingt fois. Avec 50%, la fraude liée au CEO a été le genre d’attaque le plus fréquent. Dans ce contexte, les criminels tentent d’obtenir des transferts d’argent en utilisant une fausse identité. 43% ont indiqué avoir été victimes d’attaques par hameçonnage.
Maillot jaune pour maxon
Projet des lauréats, 3XN | GXN et Itten+Brechbühl en image de synthèse.
EPFL : nouvelle ruche dédiée aux synergies Fêtant ses trente ans cette année, l’EPFL Innovation Park va s’agrandir et créer « Ecotope », un écosystème ouvert pour favoriser l’émergence des startups et permettre aux entreprises de se développer grâce à des collaborations accrues. Le canton de Vaud est son partenaire prioritaire. Ce nouveau
pôle va doubler la surface de l’Innovation Park. La première partie d’Ecotope, dont le concours d’architecture s’est terminé début juin, prévoit une surface de 25’000 m2 de bureaux, laboratoires et espaces de rencontre. Il sera situé à environ à quelques pas de l’Innovation Park actuel.
Usine futée
Malgré la crise Covid, le groupe maxon, basé à Sachseln dans le canton d’Obwlad, a encore augmenté son chiffre d’affaires en 2021, en hausse de près de 13% pour atteindre un niveau record de 626 millions de francs. En soixante ans d’existence, jamais les carnets de commande du groupe n’ont été aussi remplis que cette année. Ce constructeur de petits moteurs électriques, moteurs-réducteurs et leurs commandes électroniques, doit l’augmentation de son CA à la forte croissance des secteurs de l’automatisation industrielle et des solutions de mobilité, ainsi qu’à la demande de produits du secteur médical contre la pandémie de Covid. Les marchés européens et asiatiques ont nettement progressé, tandis que les demandes américaine et suisse ont connu une évolution plutôt modérée.
Smart Factory ou usine intelligente. La mise en réseau intelligente des machines et des produits ainsi que des systèmes cyber-physiques constituent le socle de la Smart Factory. Grâce à ces technologies, on sait à tout moment où se trouvent exactement les ordres de fabrication et leur statut. La production devient autonome, H24 et 7 jours sur 7. Les collaborateurs travaillent uniquement la journée.
Les dirigeants d’Acrotec savourent leur trophée
Acrotec Primé Le jury du programme suisse « Best Managed Companies » a reconnu le 7 juillet dernier les qualités de gestion du Groupe Acrotec, pour sa capacité à associer intelligemment sa croissance externe et sa croissance organique afin d’amplifier son développement suisse et international. Le programme « Best Managed Company » a été lancé par Deloitte il y a plus de 25 ans. Ce label jouit d’une véritable reconnaissance internationale. Le Groupe Acrotec est un groupe indépendant dédié à la micromécanique.
Le nouveau VTT électrique est équipé du système léger maxon BIKEDRIVE AIR E-Bike
LE MICROMÉCANICIEN – 42 – SEPTEMBRE 2022
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EXPOSITIONS
Six catégories sont concernées, à savoir: • les composants microtechniques; • les appareils et sous-ensembles intégrant des composants microtechniques; • les équipements microtechniques de production ou de laboratoire (outillage, instrumentation de mesure, etc.); • des machines de production pour l’usinage, de découpage, l’injection, l’assemblage, l’automatisation, la robotique, l’équipement de mesure et contrôle; • les démonstrateurs de micro- et nanosystèmes réservés aux laboratoires, centres techniques et bureaux d’études; • Les produits intégrant des solutions nanotechniques. Deux cycles de conférences Mercredi 28 septembre durant l’après-midi (de 13h30 à 16h30) se tiendra un cycle de conférences, consacré aux applications du laser. Jeudi 29 septembre durant toute la matinée (de 10h00 à 11h45) se tiendra un autre cycle de conférences, présentant les ressources et possibilités de collaboration entre laboratoires et industrie, sous le thème « Booster la R&D et la compétitivité grâce aux ressources des laboratoires de recherche. »
Micronora,
le Salon des microtechniques Le Salon leader des microtechniques et des nanotechniques se déroulera à Besançon du 27 au 30 septembre 2022, sur 25’000 m² de surface d’exposition, avec 900 exposants, dont 35 % étrangers. 15’000 visiteurs professionnels sont attendus.
L’animation Le « ZOOM » est l’animation phare de Micronora. Il s’agit de panneaux didactiques, de vidéos, des composants, d’un espace de conférences, ainsi que des démonstrations très attractives pour les visiteurs. Ce concept d’animation met en avant des thèmes qui anticipent ou valorisent des évolutions techniques. ■ Stand à Micronora 2018.
L
Micronora en bref
es exposants valoriseront leur savoir-faire à Micronora, Salon qui s’adresse à tous les secteurs de pointe qui exigent toujours du plus petit, plus précis, plus intelligent : médical, luxe, aéronautique, armement, nucléaire, automobile, ferroviaire, télécommunications… Les visiteurs pourront s’informer aussi bien sur les techniques de production (machines, outillages, matériaux), la R&D ou la sous-traitance microtechnique.
Micronora - Salon international des microtechniques, tenue biennale. Besançon - Parc des expositions Micropolis. Tenue: 27 au 30 septembre 2022, le mardi et le jeudi de 9h00 à 18h00, le mercredi de 9h00 à 20h et le vendredi de 9h00 à 16h00. Organisateur: Association Micronora (www.micronora.com)
Succès attendu Sandra Liardon, directrice du Salon, est particulièrement optimiste quant au succès attendu. Elle affirme: « Les signaux sont au vert, avec un Salon complet et une offre internationale de qualité technique exceptionnelle. Après la crise que nous venons de passer et qui nous a obligés d’organiser le Salon en mode virtuel lors de la dernière édition en 2020, nul doute qu’exposants et visiteurs ont envie et besoin de se rencontrer pour initier de nouveaux projets et nouer des relations d’affaires. » Des Prix pour récompenser l’innovation Ouverts aux exposants, les Prix de l’innovation, appelés « Microns d’Or » et « Nanos d’Or » sont attribués pour récompenser des réalisations micro- et nanotechniques particulièrement innovantes, présentées pour la première fois dans le cadre du Salon.
LE MICROMÉCANICIEN – 44 – SEPTEMBRE 2022
Sandra Liardon, directrice du Salon, optimiste quant au succès de Micronora.
Surface d’exposition: 25’000 m2. 800 exposants et marques représentées. S’y rendre: autoroute A36, sorties 3 ou 4 Panneaux « Micropolis ».
Les « Microns d’Or », prix de l’innovation de Micronora.
LE MICROMÉCANICIEN – 45 – SEPTEMBRE 2022
TECH NEWS
Poumon sur puce Métrologie médicale Lauréate du Challenge Watch Medtech 2021, la société Altimet, basée à Thonon-Les-Bains, en France voisine, s’investit dans la métrologie Medtech, dans la prothèse de hanche. Lors du changement de prothèses céramiques, le chirurgien peut constater des marques d’incrustations d’alliages métalliques sur la partie sphérique de la prothèse. Ces dernières peuvent être responsables d’une usure prématurée de la prothèse ou d’un mauvais comportement d’usage. Une information de poids pour les fabricants de prothèses qui peuvent analyser l’usure anticipée ou réelle de leurs dispositifs et améliorer leurs produits en continu.
La société bernoise AlveoliX, lauréate le 14 juin dernier du Swiss Medtech Award, d’un montant de 75’000.- CHF, s’est distinguée par sa technologie « poumon sur puce » qui reproduit à échelle réduite le fonctionnement du poumon humain. Le modèle « lung-on-chip » simule le microenvironnement du poumon, mouvements respiratoires compris. La fine membrane poreuse permet de cultiver des cellules pulmonaires humaines dans des conditions extrêmement proches de celles du milieu physiologique. Dans cet environnement naturel, les cellules réagissent comme elles le feraient dans le corps humain.
Eldorado US Après l’Union européenne, les États-Unis représentent pour les entreprises suisses le marché le plus important. Avec son plan révisé « Build Back Better » (BBB), le président Biden ne lancera pas seulement de nombreux investissements, mais interviendra également dans les soins de santé. Le plan comprend des dépenses fédérales supplémentaires de 1,85 milliard de dollars. Une
Marché prometteur Les Tricolores champions du médical ? Robotique chirurgicale, technologies optiques, e-santé. Environ, 1’500 entreprises travaillent dans ces domaines. Pour faire émerger des champions planétaires, le gouvernement français a lancé en avril 2021 deux programmes d’investissement d’un montant global de plus de 7 milliards d’euros. Le premier « France 2030 » produira vingt biomédicaments contre les cancers et les maladies chroniques et créera les dispositifs médicaux de demain. Le deuxième « Innovation santé 2030 » investira dans la biothérapie et la bioproduction de thérapies innovantes.
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La Suisse compte 1400 entreprises, soit la plus forte concentration en Europe, pour un chiffre d’affaires de 17,9 milliards de francs. Le marché européen des techniques médicales est estimé à 140 milliards de francs. L’Allemagne, la France, le Royaume-Uni, l’Italie et l’Espagne sont en tête du peloton. Et constitue les cinq premiers marchés de DIV en Europe.
partie de cette somme sera également consacrée à l’amélioration des soins de santé. Et ce n’est qu’une estimation provisoire. Les coûts exacts des différents compartiments du plan BBB doivent encore être estimés par le Bureau du budget du Congrès américain. Des perspectives prometteuses pour les fournisseurs suisses.
L’endoscopie à l’avant-pointe PX Precimet SA, basée à la Chaux-de-Fonds, renforce son pôle médical afin de proposer des services élargis aux leaders mondiaux de l’endoscopie, des profils et tubes présentant des géométries très complexes réalisées avec un savoir-faire inégalé. L’endoscope est l’instrument optique médical ou industriel permettant la réalisation d’une endoscopie, soit la visualisation d’opérations chirurgicales intrusives, voire de microchirurgie ou simplement l’observation d’endroits difficilement accessibles dans différents domaines.
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Micromécanique de grande précision à haute valeur ajoutée.
CARRIÈRE
Construction mécanique
Leçons pour revivre dans un monde post-COVID
Industrie médicale Micromécanique et horlogerie
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Que pouvons-nous apprendre en écoutant plus de 50 PDG qui ont dû faire face à l’impact de Covid-19 sans mode d’emploi ? Quelles sont les leçons que nous avons tirées ? Paolo Gallo, coach et auteur, ancien DRH au Forum économique mondial et à la BERD
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a plupart des entreprises traditionnelles sont sur-gérées et sous-dirigées. Ce postulat repose sur l’hypothèse que la réduction des risques et leur complexité, ne peut se faire qu’en gérant les opérations et en définissant les processus. Ces derniers par leur nature, tendent à minimiser la marge d’aléas et à générer des économies d’échelle. En suivant ce raisonnement, le leadership est plutôt lié au changement. Et il est crucial lorsque les étapes évolutives de scénarios d’affaires actuels font naître le besoin d’une nouvelle vision.
Soyez curieux Tous les professionnels interrogés s’accordent à dire que la capacité à embrasser le changement, l’inclination à vivre l’incertitude, doit s’effectuer de manière constructive, avec de la passion pour son travail. Ce sont là des ingrédients essentiels, aujourd’hui plus que jamais. Plus précisément, deux PDG du monde des produits de grande consommation ont souligné que, dans ce cas, le panachage sera essentielle. Un mélange de soft skills et de hard skills. La fusion de l’intuition, de la passion, de l’esprit d’entreprise, de la créativité, des données et de la technologie. Un mot est revenu avec une régularité extraordinaire dans nos conversations : la curiosité. ■
Et même si la mer était déjà houleuse, la transformation numérique a donné lieu à une tempête encore plus grande. Au cours des dernières décennies, nous avons connu des périodes précaires de récession.
Les ETSM sont spécialisés dans la sous-traitance mécanique de haute précision. Ils sont situés à 30 minutes de l'aéroport international de Genève et proches des principaux axes routiers et ferroviaires. S'appuyant sur un parc de machines ultra moderne et renouvelé constamment, nos entreprises sont capables de répondre à toutes les demandes en décolletage, tournage, fraisage et rectifiage ; elles se chargent aussi des opérations extérieures de traitements thermiques ou de surface.
ETSM SA | Rte de Pampigny 62 | CH – 1143 Apples | Telephone: +41 (0)21.800.90.80 | www.etsm.ch | info@etsm.ch
Notre sentiment est que l’ampleur de l’événement que nous avons vécu au cours de l’année écoulée a produit un «changement climatique» permanent. Nous avons examiné cette question, avec des dirigeants à la barre de leur navire, en raison de leurs rôles et responsabilités, pendant cette transition compliquée. Nous avons eu le privilège de nous entretenir avec plus de cinquante cadres supérieurs sur ce sujet précis. Ce qui ressort très clairement, c’est que cette période de crise exige une grande dose de « leadership » davantage que de « gestion ». Au moins deux principes récurrents sont ressortis.
Plaquettes de décolletage et accessoires pour tours automatiques Spécialiste de l’outil réalisé sur mesure
Soyez agile Travailler intelligemment à distance est possible, et ses avantages sont indéniables, mais nous devons élaborer des cas d’utilisation qui permettent de trouver un équilibre entre le travail au bureau et celui à domicile. Il s’agit d’atténuer les inévitables effets secondaires liés au fait évident que les collègues ne peuvent pas interagir en personne à distance. La plupart des responsables nous ont souligné qu’il n’existe pas de manuel d’instruction. Ils ne peuvent ni reproduire les solutions des autres entreprises ni utiliser à nouveau les modèles précédents. Les dirigeants doivent donc adopter une planification agile et flexible. Le PDG d’une multinationale de services nous a précisé qu’il fallait adopter la même approche que pour une startup. Humilité, détermination et persévérance sont les maître-mots. LE MICROMÉCANICIEN – 49 – SEPTEMBRE 2022
w w w. b i m u . c h
EN DIRECT DES ASSOCIATIONS Star Wars bientôt une réalité Une voiture hélicoptère alimentée à l’hydrogène devrait décoller d’ici la fin de l’année. C’est du moins le projet de la start-up Maca, fondée par deux anciens cadres d’Airbus à Aix-en-Provence, France, Son poids sera de 600 kilos pour sept mètres de longueur. Baptisé carcoopter, cet engin possédera une pile à combustible ainsi qu’un réservoir à hydrogène. La pile transformera l’hydrogène en électricité et rejettera l’eau.
Joëlle Schneiter, directrice de l’AFDT ©CIP
Au CIP Technologie à Tramelan ©CIP
Les Associations professionnelles à la manœuvre
Le 30 juin et le 1er juillet derniers, l’Association des Fabricants de Décolletages et de Taillages (AFDT) a organisé deux Journées de la presse auprès de trois entreprises de ce secteur. Forte de près de septante entreprises membres, elle est très active dans la promotion de sa branche et la formation.
Ces Journées de la presse sont régulièrement organisées pour la presse régionale, nationale, internationale, technique et économique, dans le but de promouvoir la branche et de valoriser les métiers du décolletage. Ces événements sont préparés en étroite collaboration avec les dirigeants de CIP Technologie. Les dernières en date concernaient la visite des entreprises Lauener & Cie SA, Gimmel Rouages SA et Dixi Polytool SA. Dominique Lauener, président de l’AFDT a évoqué les points forts et faibles de cette industrie. Entre autres, le savoir-faire d’une main-d’œuvre reconnue mondialement grâce à une formation professionnelle adéquate et à une longue tradition de haute précision, une industrie des machines performante et des fabricants d’outillage de précision compétents. Revers de la médaille ? « Les effets pervers du franc fort qui pénalisent nos exportations, ainsi qu’un manque croissant de main d’œuvre qualifiée », constate Dominique Lauener.
LE MICROMÉCANICIEN – 50 – SEPTEMBRE 2022
Plateforme décolletage Dans le domaine de la formation, citons les Centres d’apprentissage de l’Arc jurassien (CAAJ), le Centre de formation continue (CIP Technologie) et les Salons de la formation professionnelle. Les CAAJ offrent aux jeunes apprentis et aux entreprises formatrices des structures de démarrage ainsi que des supports de cours préparés par des professionnels de l’industrie. CIP Technologie permet aux adultes de se former ou de se perfectionner dans les branches du décolletage, de la mécanique et du taillage. Quant aux Salons de la formation professionnelle, ils ont pour but de présenter et de promouvoir les métiers du décolletage auprès des futurs apprentis et des parents. La direction de l’AFDT est désormais assurée par Joëlle Schneiter, auparavant adjointe au responsable de CIP Technologie. Dans le domaine de la promotion, citons la Plateforme décolletage, les Journées techniques des décolleteurs et les Journées de la presse. La Plateforme décolletage soutient financièrement et logistiquement la présence de petites entreprises de décolletage sur le stand commun éponyme dans le cadre du salon SIAMS.
Centre technique pour la branche Le Centre technique et de formation de l’industrie suisse du décolletage et du taillage CIP Technologie propose de la formation continue dans les domaines du décolletage, de la mécanique et du taillage. Le CIP (Centre Interrégional de Perfectionnement) qui l’héberge est situé à Tramelan. Un vaste programme de cours dans le domaine du décolletage et de son environnement est dispensé par un team de formateurs compétents issus de l’industrie régionale. Les cours peuvent être conçus sur mesure en fonction des besoins des participants. Les ateliers sont équipés, notamment de décolleteuses conventionnelles à cames, de tours automatiques à commande numérique, de tours et centres d’usinage modernes et de machines à tailler les dentures. CIP Technologie 2720 Tramelan www.cip-technologie.ch
Dominique Lauener, président de l’AFDT ©AFDT
www.afdt.ch
LELEMICROMÉCANICIEN MICROMÉCANICIEN– 51 –SEPTEMBRE SEPTEMBRE2022 2022
LE MICROMÉCANICIEN 52 SEPTEMBRE 2022