JANVIER 2022 - TRIMESTRIEL 1,88 € - ISSN : 0154-8530
MAGAZINE DE PRÉVENTION SANTÉ - N°352
La contraception aujourd’hui TÉLÉMÉDECINE Un essor récent
ACTUALITÉ DE LA MUTUELLE
MIP
Retour sur l’assemblée générale exceptionnelle
ÉDITO
P
armi les perspectives pour 2022, une nouvelle loi prévention et santé au travail entrera en vigueur et viendra renforcer le suivi médical des salariés, prévenir le risque de désinsertion professionnelle et réorganiser la gouvernance du système (p. 11). Les choix sociétaux et les avancées de la médecine ont permis de gagner, au fil des générations, des dizaines d’années de vie. Parmi les combats à mener, citons celui contre le cancer, dont les scientifiques ne maîtrisent pas encore tous les facteurs de risque, comme le souligne notre article sur le sujet (p. 12). Le paysage contraceptif a lui aussi évolué au gré des découvertes scientifiques et des modifications sociétales. Et, si la charge de la contraception pèse encore majoritairement sur les femmes, les hommes commencent doucement à s’emparer de la question, comme le révèle notre dossier « La contraception aujourd’hui » (p. 14). Autre phénomène de notre temps, la télémédecine, qui a explosé avec la crise sanitaire. En 2020, la téléconsultation a été multipliée par trois pour les patients et par cinq pour les médecins. Pourtant, les premières expérimentations de téléassistance avaient été menées dès les années 1970 par la Nasa (p. 20). Depuis 2018, la télémédecine est enfin remboursée, inscrivant cette pratique comme une réalité quotidienne en France. Parmi les nouvelles habitudes des Français : seuls 40 % des appareils électriques et électroniques en panne sont réparés. L'objectif des pouvoirs publics est de porter, en cinq ans, cette proportion à 60 %. Notre rubrique environnement vous donne quelques pistes pour agir au quotidien pour le bien de la planète : mieux choisir et recycler ses équipements (p. 19) ou valoriser ses biodéchets grâce à des poulaillers urbains tout en créant du lien social (p. 18). Transmettre un savoir-faire, donner de son temps et échanger… Les initiatives se multiplient aussi bien en ville qu’à la campagne pour instaurer de nouvelles solidarités intergénérationnelles (p. 23). La solidarité face à la crise sanitaire et les gestes barrières restent d’actualité. Parfois, les idées reçues perdurent, notamment sur l’immunité. Démêlons le vrai du faux pour mieux comprendre le fonctionnement de notre système immunitaire (p. 13). Bon à savoir également, le cuivre peut être un allié de choix pour nous préserver des maladies hivernales (p. 22) et aborder la nouvelle année en pleine santé. La rédaction
Mutualistes, n° 352, janvier, février, mars 2022. Trimestriel d’informations mutualistes et sociales édité par Ciem, Coopérative d’information et d’édition mutualiste, pour Utema (organisme régi par le Code de la mutualité). 12, rue de l’Église, 75015 Paris. Tél. 01 44 49 61 00. Ciem.fr. • Directeur de la publication : Gérard Quittard, président de la Ciem.• Directeur délégué aux publications : Philippe Marchal, administrateur. • Directrice des rédactions : Laurence Hamon, directrice générale de la Ciem. • Rédactrice en chef : Anne-Sophie Prévost. • Secrétaire de rédaction : Samuel Neal • Rédacteurs : Raphaëlle Bartet, Violaine Chatal, Isabelle Coston, Benoît Saint-Sever et Léa Vandeputte. • Réalisation graphique : Delphine Colas. • Impression : Maury Imprimeur SAS, rue du Général-Patton, ZI, 45330 Malesherbes. • Couverture © Shutterstock. Ce numéro 352 de « Mutualistes, Objectif et Action » de 24 pages comprend : une couverture et cinq pages spéciales (3, 4, 5, 6 et 7) pour la Mutuelle Saint-Aubannaise ; une couverture et deux pages spéciales (3 et 4) pour Memf ; une couverture et dix pages spéciales (3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11 et 12) pour MCA ; une couverture et huit pages spéciales (3, 4, 5, 6, 7, 8, 9 et 10) pour MIP. Commission paritaire : 0723 M. 06 546. Dépôt légal : janvier 2022. © Mutualistes, Objectif et Action, 2021. Reproduction interdite sans autorisation. Origine du papier : Leipzig (Allemagne) • Taux de fibres recyclées : 100 %. Ce magazine est imprimé avec des encres blanches sur un papier porteur de l’écolabel européen et de l’écolabel allemand Ange bleu (der Blaue Engel). « Eutrophisation » ou « Impact de l’eau » : PTot 0,002 kg/tonne de papier. Prix du numéro : 1,88 €. Abonnement annuel : 7,50 € (4 numéros par an) à souscrire auprès de la Ciem, 12, rue de l’Église, 75015 Paris.
2
MUTUALISTES 352
14-17
12
20-21
11
22
Sommaire 4-10 // ACTUALITÉ DE LA MUTUELLE 11 // SYSTÈME DE SOINS
Nouvelle loi santé prévention au travail : ce qu'il faut retenir
12-13 // PRÉVENTION ■ Cinq questions autour de la prévention du cancer ■ Immunité : quel est le vrai du faux ?
20-21 // HISTOIRE
14-17 // DOSSIER
La contraception aujourd'hui
Télémédecine : un essor récent
22 // NUTRITION
Le cuivre, 18-19 // ENVIRONNEMENT ■ Les cocottes débarquent en ville ■ Qu'est-ce que l'indice de réparabilité ?
un allié de l'hiver ? 23 // S'ENGAGER La solidarité intergénérationnelle : apprendre des seniors
Illustrations : ©Shutterstock
3
LE MOT DU PRÉSIDENT Chers adhérents, chers amis, Si je me réfère au nombre de mails et d’appels reçus consécutivement à la réception de votre dernière revue Mutualistes, je vois que celle-ci est bien lue par beaucoup d’entre vous, et j’essaierai d’écrire l’édito, sans faillir, au cours des prochaines parutions. Merci à ceux qui m’ont alerté sur ce besoin et m’ont parfois fourni des idées pour de futurs articles. En août, l’actualité était plutôt et principalement portée sur l’incitation à se faire vacciner. Cet objectif, non atteint, semble pourtant nous conduire vers une nouvelle vague de propagation. Alors, comment comprendre que des salariés peuvent aller jusqu’à « accepter » la suspension de leur contrat de travail et de leur salaire dans des professions qui manquent cruellement de personnel, et qui se plaignent par ailleurs d’effectifs insuffisants ? Mais, malheureusement, dans notre pays, qui fait souvent état de démocratie, si ce n’est d’atteinte à celle-ci, seule l’obligation permet d’atteindre un objectif. À titre personnel, et concerné par le bien-être des autres, je trouve cette situation inconcevable. Lorsque vous lirez ces quelques lignes, le PLFSS1 aura fait ses navettes entre les députés et sénateurs. La décision prise nous apportera ses nouveautés, qui conditionneront peut-être l'avenir de notre santé, ou tout au moins les moyens ou les facilités pour la conserver. Bien sûr, le trimestre qui commence vous apportera de nombreuses propositions électorales visant à améliorer notre système de santé et à en diminuer le coût. Même si, en parallèle, les dépenses de santé, en particulier les soins de ville, s’envolent cette année, durant laquelle a été mis en place le 100 % santé en dentaire et en audiologie. Ces soins atteignent leur période de pleine activité, dépassant largement ceux reportés en raison de la pandémie.
Pendant ce temps, un plan de communication bien organisé vise à promouvoir la mise en œuvre d’une « grande Sécu » dans un futur proche. Souhaitons-nous réellement remettre entre les mains de la Sécurité sociale nos choix de couverture, de médecin, de soins ? Et, bien sûr, à quel coût ? Le contexte électoral amène décidément à présenter d’innombrables beaux projets. Quelle que soit l’origine des commentaires accablant les complémentaires santé, les dépenses sont bien présentes : en dix ans, les remboursements par les complémentaires ont augmenté de 28 %, et les prélèvements fiscaux sur les contrats de 430 %. À l’heure où l’inflation reprend, Mutuelle Mip fera tout son possible pour limiter les impacts sur l’augmentation des cotisations 2022 – comme elle le fait régulièrement – et rester inférieure à ce que pratique le marché. L’assemblée générale exceptionnelle de votre mutuelle qui s’est tenue en septembre a élu la moitié des administrateurs et intégré la parité hommes-femmes à presque 40 %, l’objectif à atteindre. Je remercie les administrateurs qui, à cette occasion, ont dû céder leur place au conseil d’administration, où ils ont apporté leur contribution au fil des années écoulées. Le deuxième thème de cette assemblée générale fut la validation du nouveau nom de votre mutuelle, qui devient la « Mutuelle Mip l’Entreprise Santé » au 1er janvier 2022. Cette évolution est le reflet de notre nouvelle stratégie, qui vise à vous apporter toujours plus de modernité, de qualité de service et de proximité. À cette occasion, nous faisons aussi évoluer notre logo et notre adresse internet, sujets qui sont évoqués dans ce numéro. Je ne peux terminer sans adresser, à vous et à vos familles, mes meilleurs vœux, en particulier de santé pour cette nouvelle année. Georges Renouard, Président
1
4
PLFSS : projet de loi de financement de la Sécurité sociale
MUTUALISTES 352
ACTUALITÉ DE LA MUTUELLE
ASSEMBLÉE GÉNÉRALE EXCEPTIONNELLE MONTPELLIER, 24 SEPTEMBRE 2021 Le Président, Georges Renouard, ouvre l’assemblée générale
« Après deux assemblées générales en visioconférence, nous voici enfin tous physiquement réunis pour aborder l’actualité de Mip et opérer ce grand mouvement qui est d’intégrer dans notre conseil d’administration des femmes en nombre suffisant, si ce n’est minimum. En effet, un des grands sujets de cette assemblée est le renouvellement pour moitié de notre conseil d’administration, qui par ses différentes commissions et réunions assure la gouvernance de notre Mutuelle. »
Laurent Decalf, Président régional Mip
« Au nom de la section régionale Grand Sud Est, j’ai l’honneur et le plaisir de vous souhaiter la bienvenue dans la ville de Montpellier, à l’occasion de cette assemblée générale exceptionnelle. Ma joie de vous accueillir est d’autant plus grande que nous aurions dû nous retrouver ici pour l’assemblée générale de mai 2020. La pandémie de Covid-19 nous a fait renoncer à ce temps de débat dans une même salle et utiliser les visioconférences pour permettre à nos organes de gouvernance d’assurer la continuité de nos décisions concertées et collectives. C’est donc presque deux ans et demi après l’assemblée générale 2019 à Paris que nous pouvons enfin nous retrouver tous ensemble pour mener nos travaux. » Après avoir présenté la région et ses attraits, Laurent Decalf aborde les thèmes d’actualité : la Covid-19 et ses impacts ; le déploiement du 100 % Santé et ses effets sur l’équilibre de nos contrats individuels ou collectifs ; nos ambitieuses perspectives de développement dans la conquête de nouveaux clients entreprises ; les premiers résultats et perspectives pour notre mutuelle à travers le partenariat avec AG2R LA MONDIALE et son pôle AG. MUT. Il félicite les nouveaux délégués élus pour quatre années pour leur première participation en présentiel. Cette élection réalisée conformément aux dernières dispositions du Code de la mutualité fut l’occasion d’intégrer davantage
de diversité, de jeunesse et de féminité. Il se réjouit que les délégués aient aujourd’hui à se prononcer sur le renouvellement de la moitié des administrateurs de la mutuelle, en particulier avec l’évolution du Code de la mutualité qui, pour la première fois, porte l’obligation de rechercher une représentation équilibrée des femmes et des hommes au sein du conseil d’administration : « Je ne résiste pas à vous dire que, si pour moi cette recherche relève de l’évidence, il était quand même temps que cela devienne une obligation. » Il insiste ensuite sur les différences fondamentales entre assureurs et mutuelles : un statut non lucratif, un patrimoine collectif, la primauté du respect de la personne, des activités orientées au service de l’intérêt général et un fonctionnement démocratique. C’est dans cet esprit que les délégués sont invités à mener les échanges et travaux de l’assemblée générale, dans un état d’esprit propice à l’écoute et à la primauté de l’intérêt collectif de tous nos adhérents et de leurs familles, loin des postures polémiques et stériles, mais forts des valeurs mutualistes qui nous rassemblent.
Bernard Dalphinet, Président du GIE Groupe Nation
« S’il y a quatre candidats aux postes d’administrateurs membres honoraires, c’est parce que j’ai souhaité démissionner. Il me reste pourtant encore trois ans dans mon mandat de trésorier de la Mip, mais je pense qu’il est temps de laisser la place à d’autres personnes et à de nouvelles énergies. J’ai passé 14 ans à m’occuper de la trésorerie de notre mutuelle, et je souhaite vous remercier toutes et tous pour la confiance que vous m’avez témoignée, vous, délégués actuels, mais aussi vos prédécesseurs. Cotisant depuis 1973, je suis heureux d’avoir pu être utile à la Mip, en redonnant un peu de ce que ma vie professionnelle m’a apporté d’expériences, de compétences et de capacités de management. Surtout, je souhaite à mon successeur d’avoir autant de plaisir, de satisfaction, d’engagement et de passion que j’ai pu en avoir au fil des années. Je suis certain que vos retours et encouragements, Mesdames et Messieurs les délégués et administrateurs, ainsi que ceux des salariés de la Mutuelle, le soutiendront dans ses futures fonctions. Je vous souhaite une bonne continuation. »
5
ACTUALITÉ DE LA MUTUELLE
ÉLECTION DES ADMINISTRATEURS
Loïc Flichy, Directeur Général de la Mip, donne les règles concernant les élections Nous avons 15 administrateurs représentant les membres participants et 5 administrateurs représentant les membres honoraires. Pour respecter les nouvelles règles sur la parité, nous devons avoir un minimum de 40 % d’hommes et de 40 % de femmes, c’est-à-dire au moins 6 femmes et 6 hommes pour les membres participants, et 2 femmes et 2 hommes pour les membres honoraires. Les autres postes peuvent être occupés indifféremment par des hommes ou des femmes. C’est la raison pour laquelle nous avons organisé le vote en deux séquences. La première est réservée aux candidatures femmes ou aux candidatures hommes, et la seconde détermine les postes restants parmi tous les candidats non élus en première séquence. Ces deux séquences sont des votes à deux tours, comme indiqué ci-dessous : Organisation du scrutin à deux tours : 1er tour = majorité absolue Sont élus les candidats ayant recueilli plus de 50 % des voix (soit, pour 70 votants, les candidats ayant recueilli au moins 36 voix). Sont qualifiés pour le second tour les candidats ayant recueilli un minimum de 12,5 % des voix (soit, pour 70 votants, les candidats ayant recueilli au moins 9 voix). 2e tour = majorité relative Sont élus les candidats ayant recueilli le plus de voix. Les postes ouverts sont de 4 pour les postes de membres honoraires et de 8 pour les postes de membres participants. À la suite des explications de Loïc Flichy, le Président, Georges Renouard, invite les candidats à prendre la parole et à se présenter devant l’assemblée générale. Les délégués passent ensuite aux votes selon les séquences présentées ci-dessus.
6
MUTUALISTES 352
Au terme des votes, sont élus aux postes d’administrateur représentant : Les membres honoraires : Marie-Claire Hillier, 62 ans
Nicolas Couenne, 59 ans
ESSO SAF, administratrice
IFPEN
Mip sortante
91,84 % - Élu
100 % - Élue Nagib Benchecroun, 68 ans
Édouard Filho, 64 ans
IFPEN, administrateur
ESSO SAF
Mip sortant
100 % - Élu
61,4 % - Élu
Les membres participants :
Nathalie Ribeiro, 47 ans
Pauline Lacassy, 36 ans
ESSO SAF
TEREGA
76,67 % - Élue
91,67 % - Élue
Annie Aillet, 67 ans
Alain Delamare, 69 ans
ESSO SAF, administratrice
SHELL, vice-président
Mip sortante
Mip sortant
86,67 % - Élue
86,44 % - Élu
Josette Bruneau, 62 ans
Fabrice Diehl, 54 ans
IFPEN
Administrateur Mip
75 % - Élue
sortant 61,02 % - Élu
Sophie Carré, 59 ans
Jean-Paul Lepileur, 65 ans
ESSO SAF
Secrétaire général Mip
88,33 % - Élue
sortant 55,93 % - Élu
Les actualités de la Mip et du marché, présentées par le Directeur Général, Loïc Flichy Loïc Flichy fait un tour d’horizon rapide de l’actualité, avec tout d’abord un rappel sur la réglementation : le 100 % Santé : dernière mise en place importante en janvier 2021, avec l’audiologie, qui représente un impact important dans nos coûts ; la résiliation infra-annuelle au 1er décembre 2020, dont les impacts se font surtout sentir sur le marché de l’individuel, mais vont s’étendre au marché du collectif.
« C’est une des raisons pour laquelle nous avons relancé des contacts avec le courtage, et le démarrage est assez prometteur. » À cette occasion, Loïc Flichy remercie l’équipe commerciale et l’actuariat pour leur travail. Le virage stratégique entrepris par la Mip vise en 2021 à poser les bases du développement et amorcer la reprise commerciale, comme décrit ci-dessous :
Il précise également que le déficit de la branche maladie, qui s’est fortement dégradé depuis 2020, s’élève à 30,4 Mds d’euros. Le marché cette année est particulièrement tendu : d’une part, le marché du collectif est, de manière pérenne, plutôt déficitaire, en particulier dans le grand collectif, à l’inverse du marché des TPE et des individuels, plutôt excédentaire. Cette tension du marché se traduit, pour 2021, par un faible taux de rotation des affaires : il y aura peu d’affaires sur le marché ; d’autre part, le courtage est devenu incontournable sur les Le virage stratégique de la Mip passe aussi par la rénovation de grands comptes : très bien positionnés, les courtiers sont de son image, comme présenté dans la suite de l’assemblée générale. plus en plus présents sur ce segment.
La modification du nom de notre mutuelle, présentée par le Président, Georges Renouard « Comme vous l’avez entendu, nous avons des objectifs et une stratégie. Vous avez entendu parler de développement, de marchés, et nous avions donc décidé en juin dernier de changer de nom. Une enquête préalable auprès de nos collaborateurs et un groupe de travail avaient permis au conseil d’administration de retenir initialement le nom "Mutuelle Mip l’Énergie Santé".
Ce choix a donc été remis en cause face aux nombreuses difficultés juridiques rencontrées : dépôt de marque, de dénomination sociale, domaine, etc. Aujourd’hui, après une étude sérieuse et complète avec différents intervenants et professionnels, nous vous proposons le nom Mutuelle Mip l’Entreprise Santé.
Plusieurs objectifs guident notre démarche : Ce nom n’a cependant pas pu être conservé, pour plusieurs raisons : incarner l’évolution de notre stratégie auprès de nos clients, de nos partenaires et de nos adhérents ; "MIP l’Énergie Santé" n’a jamais été déposé en tant que marque par la MIP ; mobiliser les collaborateurs autour d’un projet motivant ; nous ne disposons donc plus d’aucune antériorité nous permettant simplifier et mettre en cohérence les marques du GIE et de la de revendiquer cette marque, malgré son usage ; Mip. » dans le même temps, un concurrent a déposé les marques utilisant le terme "énergie" dans le monde de l’assurance santé, nous empêchant de déposer le nom prévu.
7
ACTUALITÉ DE LA MUTUELLE
Nouveau nom, Mutuelle Mip, nouveau logo, nouveau nom de site, www.mutuelle-mip.fr, le Président, Georges Renouard, indique que ces changements vont se déployer sur plusieurs mois à partir du 1er janvier 2022. Après de nombreux échanges avec les délégués, il donne lecture de la 1re résolution : « Dans le cadre de sa stratégie de développement, tout en préservant ses références et valeurs historiques, la Mutuelle changera de nom (dénomination sociale) à effet du 1er janvier 2022. Ce changement permettra d’incarner son objectif de croissance et de renforcer son positionnement interprofessionnel. Au 1er janvier 2022, la MUTUELLE DE L’INDUSTRIE DU PÉTROLE devient la "Mutuelle Mip l’Entreprise Santé" et "Mip" n’est plus un sigle, n’ayant donc plus de signification particulière. » En conséquence, les dispositions actuelles de l’article 1 des statuts de la Mutuelle : Article 1 – Dénomination Il est constitué une mutuelle interprofessionnelle dénommée MUTUELLE DE L’INDUSTRIE DU PÉTROLE dont le sigle est MIP. La Mutuelle est une personne morale de droit privé à but non lucratif, soumise aux dispositions du livre II du Code de la mutualité et immatriculée au répertoire SIRENE sous le numéro SIREN n° 775671902. sont remplacées par les dispositions suivantes : Article 1 – Dénomination La Mutuelle, objet des présents statuts, est dénommée : « Mutuelle Mip l’Entreprise Santé ». La Mutuelle est une personne morale de droit privé à but non lucratif, soumise aux dispositions du livre II du Code de la mutualité et immatriculée au répertoire SIRENE sous le numéro SIREN n° 775671902. L’assemblée générale exceptionnelle approuve le changement de dénomination sociale et la modification des statuts qui en résulte avec 90 % des voix.
8
MUTUALISTES 352
Mip fière de son histoire, ambitieuse pour son avenir Pour toujours mieux vous servir, Mip fait évoluer sa stratégie et son positionnement et devient :
Mutuelle Mip l’Entreprise Santé
Une véritable mutuelle
Modernité
Proximité
Qualité de service
Pour nous contacter 24h/24 et 7j/7, connectez-vous dès à présent sur notre nouvelle adresse www.mutuelle-mip.fr, et bénéficiez de tous les services en ligne.
Ensemble, partageons la même histoire
ACTUALITÉ DE LA MUTUELLE CLINIQUE MUTUALISTE JEAN LÉON, LA GRANDE-MOTTE Présentation de la Clinique mutualiste Jean Léon par Raphaël Détrie, Directeur de la transformation, de l’innovation et de la communication à la Mutualité Française Grand Sud.
Des projets pour demain, dans la lignée de notre projet stratégique : projet d’extension de l’activité LISP de 5 à 10 lits ; déploiement d’une équipe mobile gériatrique en détachant
vers le domicile l’expertise professionnelle de la clinique ; ouverture de la clinique vers l’extérieur (nouvelles cibles de populations, d’activités…).
Après la présentation de la Mutualité Française Grand Sud, de sa raison d’être et de ses œuvres par Gérard Quittard, administrateur Mutualité Française Grand Sud, Raphaël Détrie remercie l’assemblée : « C’est important pour nous de témoigner, car sans le soutien de la Mutuelle Mip l’Entreprise Santé, ce projet, comme d’autres que nous menons dans des modèles économiques très contraints, n’aurait pas pu être mené. » Dans le cadre de la commission sociale, Mip a effectué un don de 23 271 € pour l’acquisition d’un tapis roulant intelligent de rééducation à la marche et une table de Bobath.
Clôture de l’assemblée générale exceptionnelle par le Président, Georges Renouard « D’ordinaire, et c’est encore vrai aujourd’hui, dans l’ordre du jour de nos assemblées générales, il y a le temps des débats. Le temps des débats, c’est l’occasion pour tous les délégués présents dans la salle, et cette fois-ci pourquoi pas aussi les administrateurs, d’évoquer des sujets que vous souhaiteriez voir traiter dans les mois, les années à venir. Plusieurs sujets sont évoqués, comme la dématérialisation de la carte de tiers payant, des décomptes de prestations, les tests PCR ou encore la grande Sécurité sociale… En cette fin d’assemblée générale exceptionnelle, je remercie tous ceux qui ont bien voulu nous accompagner, les candidats aux
10
MUTUALISTES 352
postes d’administrateurs qui ont bien voulu se présenter pendant quelques minutes devant cette assemblée. C’était une première fois, et cet exercice s’est très bien passé. Je souhaite féliciter toutes celles et tous ceux qui ont été élu(e)s ou réélu(e)s, et particulièrement ces dames, qui vont participer au conseil d’administration de notre mutuelle. » Après avoir adressé ses remerciements à l’assemblée et à tous les participants et intervenants, il donne rendez-vous à Dijon, les 19 et 20 mai 2022, pour notre prochaine assemblée générale.
SYSTÈME DE SOINS La mise en place d’un passeport prévention au 1er octobre 2022 doit permettre de faire figurer toutes les attestations, certificats et diplômes obtenus par le salarié ou le demandeur d’emploi en matière de santé et de sécurité au travail. Enfin, la définition du harcèlement sexuel est harmonisée avec celle donnée par le Code pénal.
Nouvelle loi prévention et santé au travail : ce qu’il faut retenir
Étendre et réorganiser les services de santé au travail
La loi du 2 août 2021 s’organise autour de quatre piliers : renforcer la prévention et le suivi médical des salariés, décloisonner santé publique et santé au travail, prévenir le risque de désinsertion professionnelle et réorganiser la gouvernance du système de santé au travail. Son entrée en vigueur est prévue le 31 mars 2022.
« Pour appuyer la prévention, le législateur a modifié la dénomination des services de santé au travail, qui deviennent des services de prévention et de santé au travail (SPST) », explique Géraldine Amargil. De nouvelles missions leur sont confiées, dont une « offre socle » de services. « Une certification est rajoutée pour couvrir l’intégralité des rôles en matière de prévention, de risques professionnels et de suivi individuel des travailleurs ». La loi renforce également le rôle des infirmiers en santé au travail en leur donnant un véritable statut. Pour décloisonner santé publique et santé professionnelle, le texte incite les médecins du travail à participer à des actions de sensibilisation, de prévention et de dépistage, par exemple pour promouvoir la pratique sportive. Cet acteur a désormais accès au dossier médical partagé (DMP), sous réserve du consentement du salarié, afin d’aller vers une meilleure coordination des soins et une adaptation de l’environnement professionnel à l’état de santé.
©Shutterstock
Prévenir la désinsertion professionnelle
Évaluer et prévenir les risques professionnels
La prévention, maître-mot de cette nouvelle loi, passe notamment par le « document unique d’évaluation des risques professionnels » (DUERP). Obligatoire en entreprise lors de l’embauche, ce« répertoire » liste l’ensemble des risques (équipements, produits…) auxquels est exposé le salarié. La loi « demande aux entreprises de plus de 50 salariés d’établir un programme annuel de prévention des risques et d’amélioration des conditions de travail », précise le Dr Géraldine Amargil, médecin du travail et trésorière de la Société de médecine du travail ouest Île-de-France.
La loi instaure une visite médicale de mi-carrière, vers 45 ans, « pour sensibiliser aux effets du vieillissement au travail, vérifier l’adéquation entre le poste de travail et l’état de santé du travailleur, et évaluer le risque de désinsertion professionnelle », rapporte le Dr Amargil. Un meilleur accompagnement des personnes vulnérables ou en situation de handicap doit favoriser le maintien dans la vie active. Pour cela, le texte prévoit le développement d’une cellule pluridisciplinaire chargée d’accompagner chaque travailleur nécessitant des mesures d’aménagement ou de transformation de son poste de travail. Si le retour à l’emploi s’avère compliqué, des « essais peuvent être faits grâce à une convention de rééducation professionnelle conclue entre le salarié, l’employeur et la caisse primaire d’assurance maladie », précise le médecin. Le salarié continuera à percevoir tout ou partie de ses indemnités journalières. De nombreux décrets d’application précisant ces mesures sont en attente de publication. Raphaëlle Bartet
Photos : @Shutterstock
11
Cinq questions autour de la prévention du cancer S’il est possible de maîtriser ou d’éviter certains facteurs de risque de cancer, d’autres n’ont pas d’effets prouvés ou font encore l’objet d’une surveillance de la part des scientifiques. Le point sur les interrogations les plus fréquentes.
On estime qu’un cancer sur quatre pourrait être prévenu en modifiant ou en évitant des facteurs de risque liés à nos comportements ou à notre environnement. Mais encore faut-il savoir comment agir.
1
Les sels d’aluminium dans les déodorants peuvent-ils provoquer un cancer du sein ?
La question reste débattue au sein de la communauté scientifique. Un rapport de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) indiquait en 2011 : « Les données épidémiologiques ne permettent pas d’établir un lien concluant entre l’exposition cutanée à l’aluminium et l’apparition d’un cancer. » L’agence précisait toutefois que ses conclusions pouvaient être amenées à évoluer. Elle recommandait également, « afin de limiter le risque », de restreindre la concentration d’aluminium à 0,6 %, et de ne pas utiliser ces produits après le rasage ou sur une peau lésée. En septembre 2021, une nouvelle étude, publiée dans la revue International Journal of Molecular Sciences, pointe le potentiel effet cancérigène des sels d’aluminium in vitro sur les cellules de hamster. Pour autant, il faudra attendre quelques années avant de savoir si ces résultats sont transposables à l’homme.
2
Les ondes des téléphones portables sont-elles cancérigènes ?
Les mobiles émettent et reçoivent des ondes électromagnétiques et des radiofréquences que le Centre international de recherche sur le cancer (Circ) a classées dans la catégorie des agents possiblement cancérigènes pour l’homme. Pour limiter le niveau d’exposition, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses)
12
MUTUALISTES 352
©Shutterstock
PRÉVENTION
recommande de téléphoner à l’aide d’un kit mains libres, d’acheter un appareil affichant un débit d’absorption spécifique (DAS) faible et de réduire au maximum son usage par les enfants.
3
Certains modes de cuisson augmentent-ils le risque de développer un cancer ?
Les fritures, les grillades ou les barbecues, qui exposent les aliments aux flammes ou à des températures élevées (plus de 200 °C), peuvent entraîner la formation d’acrylamide, une substance reconnue comme cancérigène avérée pour l’animal et possible pour l’homme. Mieux vaut donc ne pas surchauffer sa nourriture, limiter sa consommation de fritures et éviter de manger les zones brunies par la cuisson.
4
Quels sont les effets des lignes à haute tension sur le corps ?
5
Quels sont les effets des pesticides sur l’alimentation ?
Les lignes à haute tension transportent un courant électrique à extrêmement basse fréquence (50-60 Hz) dont les champs magnétiques sont considérés comme cancérigènes possibles pour l’homme par le Circ. Une association statistique entre l’exposition à ces champs magnétiques et la leucémie infantile a été observée, même si « les études qui ont été conduites pour déterminer un mécanisme biologique de cet effet n’ont pas été concluantes », indique l’Anses. L’agence préconise de ne pas installer ou aménager des établissements accueillant des enfants (écoles, crèches…) à proximité immédiate des lignes à très haute tension.
Pour l’heure, il n’existe pas de preuve définitive que la présence de résidus de pesticides dans l’alimentation provoquerait une augmentation du risque de cancer. Mais l’effet simultané de plusieurs pesticides est encore à l’étude. Par ailleurs, des seuils réglementaires, ou limites maximales de résidus (LMR), sont fixés pour protéger la santé des consommateurs. Par mesure de précaution et pour limiter leur ingestion, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) conseille de laver ou de peler les fruits et légumes avant de les consommer. Benoît Saint-Sever
L’âge n’a aucun effet sur l’immunité
L’hiver, c’est la saison des virus. Pour s’en protéger, il faut renforcer les défenses de votre organisme. Beaucoup d’idées reçues circulent concernant l’immunité… Voici notre éclairage.
Le stress fait baisser l’immunité
Vrai. En présence d’un stress physique ou psychologique, des hormones comme l’adrénaline, la noradrénaline ou le cortisol sont libérées en quantité dans l’organisme. Or l’augmentation du taux de ces hormones du stress provoque, d’une part, une altération de la réaction inflammatoire des cellules immunitaires et, d’autre part, une diminution de leur nombre et de leur activité.
Guéri d’une infection, je suis immunisé à vie
Vrai et faux. Certaines de nos cellules immunitaires conservent en mémoire les infections déjà vaincues. Seul problème, ces cellules mémoires ne sont pas immortelles et leur durée de vie ©Shutterstock
Immunité : quel est le vrai du faux ?
Faux. À partir de 40 ans, mais surtout après 65 ans, le système immunitaire se dégrade naturellement : c’est ce qu’on appelle l’immunosénescence. Après avoir atteint sa taille maximale lors de la puberté, la petite glande située à la base du cou (le thymus), où les lymphocytes T terminent leur maturation, s’atrophie, ce qui ralentit la production de ces globules blancs. Or ces derniers sont responsables de l’immunité cellulaire, car ils sont chargés de détruire les cellules reconnues comme infectées. Avec les années, ils sont moins nombreux. Par ailleurs, les globules blancs dans leur ensemble réagissent moins vite, favorisant les inflammations et les infections, deux des principaux facteurs d’affaiblissement du système immunitaire. Les personnes âgées deviennent donc plus fragiles et développent plus souvent des complications lorsqu’elles tombent malades.
est variable. Si elles reconnaissent le virus de la rougeole, de la varicelle ou des oreillons, elles ne peuvent pas toujours identifier le virus de la grippe ou le coronavirus, qui mutent rapidement. C’est la raison pour laquelle les vaccins contre la Covid-19 ou la grippe doivent être administrés régulièrement.
Le manque de sommeil affaiblit les défenses
Vrai. Le sommeil joue un rôle de régulation du système immunitaire. Des nuits de moins de six heures perturbent la fabrication et la circulation des lymphocytes, qui se dirigent vers les points d’entrée des virus et autres bactéries pendant le sommeil. Une nuit hachée provoque aussi une baisse du taux de certaines interleukines, des protéines dotées de propriétés antivirales. Ces deux éléments combinés favorisent une plus grande fragilité face aux maladies.
Les défenses immunitaires sont moins efficaces pendant la grossesse
Vrai. Les défenses immunitaires des femmes enceintes sont moins efficaces en raison d’un phénomène appelé la « tolérance fœto-maternelle ». Pour être accepté par l’organisme de sa mère, qui le considère comme un corps étranger génétiquement différent à 50 % (puisque la moitié de ses gènes est d’origine paternelle), le fœtus produit des molécules HLA-G qui inhibent le système immunitaire maternel. Pendant neuf mois, les futures mamans présentent donc un plus grand risque de développer des maladies bénignes, mais aussi de faire des complications si elles contractent certaines infections, comme la varicelle ou la listériose. Violaine Chatal
13
DOSSIER
La contraception aujourd’hui Depuis 1967 et le vote de la loi Neuwirth sur la régulation des naissances, le paysage contraceptif n’a cessé de s'étendre. Les Français disposent actuellement de plusieurs méthodes, dont la meilleure est celle qu’ils jugent la plus adaptée à leur état de santé et à leur mode de vie. Et, si la charge de la contraception pèse encore majoritairement sur les femmes, les hommes commencent doucement à s’emparer de la question. Dossier réalisé par Léa Vandeputte
À chacune sa méthode La pilule reste le contraceptif le plus utilisé (36,5 % des femmes y ont recours). Il en existe deux types : les « combinées » œstroprogestatives et les microprogestatives. Ces hormones, qui ressemblent à celles que fabrique naturellement le corps, suppriment l’ovulation ou la bloquent et épaississent les sécrétions du col de l’utérus afin de barrer le passage des spermatozoïdes. Le dispositif intra-utérin (DIU), ou stérilet, est quant à lui choisi par un quart des femmes. En forme de T, il est inséré dans l’utérus par un professionnel de santé. Il peut être fait de cuivre, dont les ions rendent les spermatozoïdes inactifs, ou contenir une hormone progestative qui empêche la circulation de ces derniers. Même si ce moyen est le plus souvent employé par des femmes ayant déjà des enfants, il est possible d’en bénéficier
14
MUTUALISTES 352
sans avoir jamais accouché (nulliparité). Parmi les méthodes hormonales, les femmes sont 4,3 % à préférer l’implant. Ce bâtonnet en plastique de la taille d’une allumette est inséré sous la peau du bras et délivre en continu de petites quantités d’un progestatif, l’étonogestrel, permettant de supprimer l’ovulation. Le patch, qui se colle sur la peau et contient un estrogène et un progestatif qui passent progressivement dans la circulation sanguine, et l’anneau vaginal, que l’on insère au fond du vagin et qui diffuse des œstrogènes et progestatifs dans le sang à travers la paroi vaginale, ne représentent que 1 % des utilisations. L’usage du préservatif est privilégié par 15,5 % des femmes. Ce sont les 15-19 ans qui s’en servent le plus (plus de 45 %). Il retient le sperme et empêche le contact entre les muqueuses, ce qui en fait aussi
un outil pour se protéger des infections sexuellement transmissibles (IST). Le préservatif masculin est externe et se déroule sur le pénis en érection. Le préservatif féminin, lui, est interne et se place dans le vagin. Il peut être installé plusieurs heures avant le rapport sexuel. D’autres femmes (4,6 %) font le choix des méthodes traditionnelles. Ce terme regroupe différentes pratiques, dont la symptothermie (observation de la glaire cervicale et mesure de la température au réveil), la méthode des températures (calcul de la fertilité en fonction d’une courbe de températures) et le retrait (l’homme se retire avant l’éjaculation). Enfin, elles sont 4,5 % à avoir recours à la contraception définitive (lire encadré p. 17) et 8 % à n’utiliser aucun moyen de contraception.
PILL’OOPS,
L’APPLI QUI VOUS RAPPELLE DE PRENDRE VOTRE PILULE
Avec ou sans hormones Les Françaises sont de plus en plus nombreuses à privilégier les méthodes sans hormones. En cause, entre autres, la « crise de la pilule » de 2012. Cette année-là, une femme, victime d’un accident veineux alors qu’elle utilisait une pilule de 3e génération, a déposé plainte contre un laboratoire pharmaceutique, suscitant des débats dans l’opinion publique. La situation a abouti à un déremboursement des pilules de 3e et 4e générations en mars 2013, lesquelles présentent un risque thromboembolique (phlébite, embolie pulmonaire) supérieur à celui des pilules des générations précédentes. Le risque de thrombose artérielle (accident vasculaire cérébral, infarctus) augmente aussi avec la prise de la pilule « combinée » ainsi qu’avec le tabagisme, l’obésité, un taux élevé de lipides dans le sang, l’hypertension artérielle, une maladie cardiaque ou vasculaire ou encore des antécédents familiaux. Ces éléments expliquent une baisse du recours à la pilule ou un report vers le DIU. Que l’on souhaite ou non utiliser une contraception hormonale, il convient de faire le point avec un professionnel de santé sur les possibles contre-indications, les risques et les éventuels effets secondaires avant de faire son choix.
LA CONTRACEPTION D’URGENCE COMME RATTRAPAGE Après un rapport sexuel mal ou non protégé, il existe deux méthodes de « rattrapage » pour éviter une grossesse. La première est la contraception d’urgence hormonale, appelée aussi pilule du lendemain. Elle se présente sous la forme d’un comprimé unique à prendre le plus rapidement possible et jusqu’à cinq
jours après le rapport. On peut se la procurer en pharmacie avec ordonnance (remboursée à 65 % par l’Assurance maladie) ou sans. Pour les mineures, elle est gratuite et accessible sans ordonnance en pharmacie, à l’infirmerie scolaire, dans les centres de planification et d’éducation familiale (CPEF) et les centres gratuits d’information, de dépistage et de diagnostic (Cegidd). La seconde méthode consiste à poser un dispositif intra-
Développée par le Planning familial, cette application permet de ne pas oublier de prendre sa pilule grâce à un rappel quotidien à l’heure fixée par l’utilisatrice. Pill’Oops délivre aussi des conseils en cas d’oubli. Téléchargeable gratuitement sur l’App Store et Google Play.
∏
36,5 % DES FEMMES ONT RECOURS À LA PILULE CONTRACEPTIVE
utérin (DIU) au cuivre, ou stérilet, jusqu’à cinq jours après le rapport pour bloquer la fécondation. Pour en bénéficier, il faut consulter un médecin ou une sage-femme en urgence afin d’établir une ordonnance et être remboursée à hauteur de 60 %.
15 Illustrations : ©Shutterstock
DOSSIER
interview
©DR
DR ANTOINE FAIX
LA CONTRACEPTION GRATUITE POUR LES MOINS DE 25 ANS À partir du 1er janvier 2022, l’Assurance maladie prend en charge à 100 % et sans avance de frais le coût de la contraception des femmes jusqu’à l’âge de 25 ans, et non plus seulement des mineures. En pratique, elles peuvent désormais accéder gratuitement à différents types de contraception (pilules hormonales de 1re ou de 2e génération, implant contraceptif hormonal, stérilet, contraception d’urgence hormonale) ainsi qu’à une consultation par an (avec un médecin ou une sage-femme) et aux examens ou actes médicaux potentiellement nécessaires.
Urologue et andrologue, ancien responsable du Comité d’andrologie et de médecine sexuelle de l’Association française d’urologie (AFU).
Et la contraception masculine dans tout ça ? Aujourd’hui, où en est-on de la pilule masculine ?
Dans le monde, il n’y a actuellement aucun moyen de contraception masculine médicamenteuse hormonale ou non hormonale qui a l’autorisation de mise sur le marché. Des études existent sur la contraception hormonale à base de testostérone ou d’une association de testostérone et de progestérone, sur des immuno contraceptifs, sur des vaccins antispermatozoïdes. Mais, à ce jour, aucun n’a prouvé avoir suffisamment d’efficacité et des risques acceptables. En revanche, il existe deux moyens disponibles et validés : le préservatif, qui présente l’avantage d’être un garant contre les infections sexuellement transmissibles, et la vasectomie.
Les slips chauffants et anneaux thermiques sont-ils efficaces ?
Ce sont des moyens de contraception thermiques disponibles, mais qui ne sont pas validés scientifiquement. Le principe de ces méthodes est de chauffer les testicules, éventuellement en les remontant en positon inguinale [entre l'abdomen et le scrotum, NDLR]. Pour 60 à 80 % des hommes qui les utilisent, la qualité du sperme diminue au bout de trois à six mois. Mais ces méthodes sont contraignantes : il faut porter le slip ou l’anneau 15 heures par jour minimum (si possible en évitant la nuit) et attendre 3 à 6 mois pour avoir une baisse du taux de spermatozoïdes. Par ailleurs, le fait de chauffer les testicules peut générer une anomalie des spermato zoïdes, ce qui a pour conséquence, en cas de grossesse en raison de l’échec de la contraception, d’augmenter le risque de malformation fœtale. Et enfin, la réversibilité peut prendre 3 à 6 mois. Il demeure des interrogations et nous manquons encore de recul. Il s’agit donc de méthodes expérimentales.
Quelles sont les évolutions à venir ?
Des mouvements féministes et masculinistes prônent l’égalité de la charge de la contraception dans le couple. C’est une bonne chose, mais nous n’avons pas les mêmes outils chez l’homme et chez la femme. Le sociétal va plus vite que le scientifique. Il faut que des essais avec des volontaires soient menés sur la contraception médicamenteuse et thermique, ce qui prendra quelques années. La vasectomie réversible est aussi une voie de recherche intéressante. Au lieu de couper le canal déférent, on y injecterait un gel qui pourrait se résorber au bout de quelques années ou en instillant un antidote. Ce processus serait peut-être plus rapidement disponible.
16
MUTUALISTES 352
Efficacité théorique, efficacité pratique Entre la théorie et la pratique, il y a parfois un monde. L’efficacité théorique du contraceptif, quand il est parfaitement utilisé et qu’il n’y a ni interaction avec d’autres médicaments ni problème d’utilisation, est le plus souvent supérieure à l’efficacité pratique. Cette dernière se mesure en tenant compte des erreurs du quotidien. C’est un paramètre à garder en tête avant de choisir sa méthode. Efficacité pratique
Efficacité théorique
93 %
99,7 %
• DIU au cuivre
99,2 %
99,4 %
• DIU hormonal
99,8 %
99,8 %
• Implant
99,9 %
99,9 %
• Patch
91 %
99,7 %
• Pilule
91 %
99,7 %
• Préservatif féminin
79 %
95 %
• Préservatif masculin
85 %
98 %
• Retrait
78 %
96 %
• Stérilisation féminine
99,5 %
99,5 %
• Stérilisation masculine
99,8 %
99,9 %
98 %
99,6 %
• Anneau vaginal
• Méthodes symptothermiques (après formation)
Où se renseigner ? Votre médecin traitant, un gynécologue ou une sage-femme peuvent répondre à vos questions sur la contraception. Les associations, comme le Planning familial (Planning-familial.org), les centres de planification et d’éducation familiale (CPEF) ou les centres gratuits d’information, de dépistage et de diagnostic (Cegidd) peuvent également vous renseigner et vous accompagner. En ligne, vous pouvez consulter le site Questionsexualite.fr et sa rubrique « Choisir sa contraception ». Dédié aux ados, Filsantejeunes.com traite de la santé physique et mentale dans son ensemble et dispose d’une partie consacrée à la sexualité et à la contraception.
La contraception définitive encore peu utilisée Les personnes ne désirant pas avoir d’enfants de manière définitive peuvent avoir recours à la stérilisation. Chez les hommes, la vasectomie, intervention chirurgicale lors de laquelle on coupe ou obture les canaux déférents afin d’empêcher le passage des spermatozoïdes vers la verge, peut être pratiquée. Pour les femmes, l’opération consiste à fermer les trompes de Fallope en les
ligaturant, en les coagulant ou en les pinçant à l’aide d’un anneau ou d’un clip, ce qui bloque le trajet des ovules. Aujourd’hui, on estime que seulement 0,8 % des hommes et environ 4,5 % des femmes y ont recours. Pourtant, depuis 2001, toute personne majeure peut demander une intervention chirurgicale à visée contraceptive. Il faut pour cela avoir reçu une information médicale
claire et complète sur les conséquences de cette opération lors d’une première consultation, respecter un délai de réflexion de quatre mois, exprimer sa volonté de manière libre, motivée et délibérée, et enfin donner son consentement par écrit. Un médecin peut refuser de pratiquer l’intervention, il doit alors en informer le patient et l’orienter vers un autre praticien.
17 Illustrations : ©Shutterstock
ENVIRONNEMENT
Les cocottes débarquent en ville
Aujourd’hui, une quinzaine de poulaillers sont implantés en Île-de-France et en Normandie. Le Parc des Princes, la mairie du ixe arrondissement de Paris, les communes de Courbevoie, d’Évry-Courcouronnes mais aussi des écoles primaires à Deauville et à Cabourg ont franchi le pas.
Start-up fondée en 2018, Cocott’arium déploie des poulaillers en milieu urbain afin de valoriser nos biodéchets, tout en créant du lien social. Une initiative ludique et écologique qui séduit écoles, collectivités et entreprises.
©Cocott'arium
Des lieux de rencontre et de partage
Bonne nouvelle pour les citadins : des œufs frais toute l’année en provenance directe du poulailler, c’est désormais possible avec Cocott’arium ! Derrière ce nom se cache une entreprise de l’économie sociale et solidaire au concept vertueux. « L’idée, c’est de sensibiliser les habitants
∏
8 TONNES DE DÉCHETS RECYCLÉS ET 10 000 ŒUFS PRODUITS PAR AN en les impliquant dans le processus de recyclage », explique la fondatrice, Aurélie Deroo, architecte d’intérieur.
18
MUTUALISTES 352
Devançant la loi sur la transition énergétique (qui prévoit la généralisation du tri à la source des biodéchets d’ici à 2025 pour les particuliers), Cocott’arium innove en installant des poulaillers au cœur même des villes, des entreprises, des campus et des Ehpad.
Clics et collecte
Le principe : vous déposez vos déchets ménagers (épluchures de légumes, restes de repas…) dans des collecteurs prévus à cet effet. Les détritus sont récupérés et triés par des personnes en insertion professionnelle, qui se chargent ensuite de nourrir les poules et de récolter les œufs. Grâce à une application mobile, vous réservez vos œufs frais du jour et venez les chercher dans un point relais. La boucle est bouclée !
Le saviez-vous ? À seulement 18 mois et après un an de ponte intensive, les poules d’élevage sont envoyées à l’abattoir. À ces gallinacés promis à une mort certaine appelés « poules de réforme », Cocott’arium offre une seconde vie. L’entreprise a ainsi permis de sauver une cinquantaine de cocottes, qui recyclent chaque année huit tonnes de déchets et produisent 10 000 œufs. « Les poules sont un modèle d’économie circulaire, elles permettent de mobiliser les habitants, les commerces de proximité et les associations locales », précise Aurélie Deroo, cheffe d’entreprise engagée pour un mode de vie écoresponsable. Cocott’arium propose trois modèles de poulaillers, du « studio » à la « villa », au design contemporain et fabriqués en matériaux recyclables et en bois issu de forêts françaises écogérées. S’inspirant des kiosques à musique d’antan, ils ont pour vocation d’être des lieux de rencontre et de partage afin de sensibiliser les habitants au tri des déchets, au développement durable, mais aussi au bien-être animal et à la citoyenneté. Des ateliers pédagogiques clés en main sont également proposés aux écoles et aux entreprises, histoire de devenir incollable sur les poules et le zéro déchet. Et l’entreprise ne compte pas s’arrêter là. Objectif pour 2022 : déployer le concept aux quatre coins du territoire puis, à terme, créer une licence de marque à l’étranger via un réseau d’ambassadeurs. Cocorico ! Céline Durr
Qu’est-ce que l’indice de réparabilité ? En France, seuls 40 % des appareils électriques et électroniques en panne sont réparés. L’objectif des pouvoirs publics est de porter, en cinq ans, cette proportion à 60 % grâce un indice de réparabilité affiché sur les produits concernés. Explications.
’ L
indice de réparabilité avait été notamment proposé par l’Ademe (Agence de la transition écologique) dans sa « Feuille de route économie circulaire » en 2018. « Cela a débouché sur la proposition de loi Agec [loi Anti-gaspillage pour une économie circulaire, NDLR] », indique Erwann Fangeat, expert au sein de la direction Économie circulaire et déchets de l’Ademe. Depuis le 1er janvier 2021, cinq familles de produits doivent afficher cet indice : lave-linge à hublot, smartphones, téléviseurs, ordinateurs portables, tondeuses à gazon électriques.
Comment est-il calculé ?
Cinq critères s’appliquent à l’ensemble des équipements pour déterminer une note sur 10, accompagnée d’un code couleur : documentation technique, disponibilité des pièces détachées, prix de ces dernières, démontabilité (facilité de démontage du produit) et un critère spécifique à chaque catégorie de produit (par exemple, pour les
Donnez une seconde jeunesse à vos appareils Si votre équipement tombe en panne dans les deux ans qui suivent l’achat, la garantie légale de conformité s’applique. Au-delà de cette période, il vous faut faire appel à un réparateur. Vous trouverez des coordonnées de réparateurs sur le site Reparacteurs.artisanat.fr ou sur Longuevieauxobjets.gouv.fr. Ce dernier propose également des conseils d’entretien et de réparation, lorsque cela est possible.
smartphones, l’assistance à distance sans frais et la possibilité de réinitialiser son logiciel). « Cette note donne au consommateur une information simple et lisible sur la réparabilité du produit au moment d’un achat », précise Erwann Fangeat. Plus la note indiquée sur le produit ou sur l’emballage est élevée, plus votre appareil sera facile à réparer. « L’autre objectif de cet indice est que les fabricants puissent améliorer la réparabilité de leurs produits et faire de l’écoconception », ajoute-t-il.
Bientôt un indice de durabilité
L’indice de réparabilité deviendra obligatoire pour de nouveaux équipements d’ici 2023 : lave-linge frontaux, tablettes, aspirateurs, nettoyeurs à haute pression, lave-vaisselle. « La suite de nos travaux, c’est l’indice de durabilité. L’idée est de compléter la partie réparabilité par un critère basé sur la fiabilité, la robustesse et l’évolutivité du produit, notamment sur la partie logicielle », poursuit l’expert de l’Ademe. Il deviendra obligatoire à partir du 1er janvier 2024. Ces deux indices cumulés permettront de faire le choix d’un équipement fiable lors de sa mise en vente, réparable et le plus durable possible. Erwann Fangeat rappelle que la phase de fabrication des équipements est aujourd’hui prépondérante dans leur cycle de vie, entraînant des conséquences écologiques importantes en termes d’utilisation des ressources naturelles et d’émission de gaz à effet de serre. « Plus longtemps nous utiliserons nos produits et moins nous fabriquerons d’équipements neufs, moins il y aura d’impact environnemental », fait-il remarquer. Anne-Sophie Glover-Bondeau
19
HISTOIRE
Télémédecine : un essor récent Il y a à peine vingt ans, qui aurait imaginé pouvoir consulter son généraliste par écrans interposés ? Depuis la crise sanitaire, qui a notamment donné un coup d’accélérateur à la téléconsultation, la télémédecine est bel et bien entrée dans les mœurs. Petit retour en arrière…
siècle La téléconsultation… épistolaire
xviiie
Autres temps, autres mœurs… Il était courant, au xviiie siècle, d’échanger par lettres avec son médecin. Le patient décrivait ses symptômes, le praticien lui envoyait en retour un avis, un diagnostic, des indications et des remèdes. Seuls les patients sachant lire et écrire pouvaient alors avoir recours à ces consultations à distance. Ces dernières ne concernaient pas toutes les pathologies, car il fallait parfois compter plusieurs jours avant de recevoir la réponse du médecin. Les longues maladies, surtout, faisaient l’objet de ce type de demande. Cette pratique tombera petit à petit en désuétude et finira par disparaître vers 1820-1840.
20
MUTUALISTES 352
Années 1960-1970 Les États-Unis pionniers L’histoire de la télémédecine débute dans les années 1960 aux États-Unis, notamment avec la mise en réseau de programmes de téléconsultation et de télééducation autour du Nebraska Psychiatric Institute. En 1965 a lieu la première visioconférence en chirurgie cardiaque entre les États-Unis et la Suisse. En 1973, le premier congrès international sur la télémédecine, dans l’État du Michigan, est à l’origine du lancement de nombreux projets. Dans les années 1970, la Nasa développe des programmes de télémédecine pour ses astronautes, et l’armée américaine des systèmes de téléassistance pour apporter les premiers secours aux blessés sur les champs de bataille lors de la guerre du Vietnam.
1989 Création de l’Institut européen de télémédecine L’Institut européen de télémédecine voit le jour en 1989, à Toulouse, à l’initiative du professeur Louis Lareng, qui consacrera toute sa carrière à la télémédecine. Il fut également le fondateur du Samu, créé le 16 juillet 1968.
∏
EN 2020, TION ONSULTA LA TÉLÉC ULTIPLIÉE A ÉTÉ M OUR PAR 3 P TS N LES PATIE UR PO ET PAR 5 INS* EC LES MÉD
TÉLÉMÉDECINE : DE QUOI PARLE-T-ON ?
La télémédecine englobe toutes les pratiques médicales réalisables à distance par le biais des technologies de l’information et de la communication. Parmi les actes de télémédecine reconnus par la loi figurent :
· la téléconsultation ; · la téléexpertise (le médecin sollicite à distance l’avis d’un spécialiste) ; · la télésurveillance médicale (l’enregistrement et la transmission · ·
des données peuvent être automatisés ou réalisés par le patient lui-même ou un professionnel de santé) ; la téléassistance (un professionnel médical assiste à distance un confrère lors de la réalisation d’un acte) ; la réponse médicale urgente apportée dans le cadre des activités de régulation Samu-Centre 15.
La télémédecine facilite l’accès aux soins, notamment dans certaines régions rurales, où l’hôpital le plus proche se trouve parfois très éloigné. Dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), les soignants assistent le patient, examiné à distance par le spécialiste d’un service hospitalier, leur épargnant l’hospitalisation et des trajets éprouvants.
1994 Naissance de l’Institut européen de téléchirurgie L’Institut européen de téléchirurgie est créé, toujours à Toulouse. Les projets nationaux concernent la formation aux techniques nouvelles en chirurgie, la médecine en milieu carcéral et, surtout, périnatale et d’urgence. Des réseaux interrégionaux multidisciplinaires commencent à se développer.
2009 Un cadre juridique Le 21 juillet 2009, la loi Hôpital, patient, santé et territoire (HPST) donne pour la première fois en France un cadre juridique et une définition à la télémédecine. Elle distingue cinq actes de télémédecine (voir encadré), qui sont aujourd’hui pris en charge par l’Assurance maladie.
2011 Cinq priorités nationales Le 8 juin 2011, le Conseil des ministres fait reposer le développement de la télémédecine en France sur une stratégie définie selon cinq priorités nationales. Elles devront être déclinées sur le plan local par les agences régionales de santé (ARS) dans un programme obligatoire régional de télémédecine. Ces cinq domaines d’intervention prioritaires sont la permanence des soins en imagerie médicale, la prise en charge des accidents vasculaires cérébraux (AVC), la santé des personnes détenues, la prise en charge de maladies chroniques (insuffisance rénale chronique, insuffisance cardiaque, diabète, etc.) et, enfin, les soins en structure médico-sociale ou en hospitalisation à domicile. La stratégie nationale de déploiement de la télémédecine est pilotée par la Direction générale de l’offre de soins (DGOS).
2018 La télémédecine enfin remboursée La dernière avancée date du 15 septembre 2018, avec l’entrée de la téléconsultation dans le droit commun. Désormais, celle-ci devient accessible, après 10 ans d’expérimentations, sur l’ensemble du territoire en France : tout médecin, quelle que soit sa spécialité, peut alors proposer à ses patients de réaliser une consultation à distance au lieu d’une consultation en présentiel pour toute situation médicale qu’il jugera adaptée. Les tarifs et modalités sont identiques à ceux des consultations en cabinet (de 25 à 30 euros dans la majorité des cas). Cet accord signe une avancée majeure, en inscrivant ces nouvelles pratiques comme une réalité quotidienne en France. Dans ce cadre, et dans un second temps, la téléexpertise est déployée à partir de février 2019, permettant à un médecin de solliciter l’avis d’un confrère face à une situation médicale donnée.
Isabelle Coston
* Source : Baromètre Odoxa/Agence du numérique en santé (ANS) ©Shutterstock
21
NUTRITION
Le cuivre, un allié de l’hiver ? Cet oligoélément est indispensable au bon fonctionnement de l'organisme. Et lorsque les températures baissent, le cuivre aide à lutter contre les maladies hivernales.
L
des lipides », explique Mélissa Ankri, nutritionniste. Elle ajoute : « Le cuivre participe aussi au métabolisme des protéines, contribue à la perception du goût et est indispensable à la synthèse des phospholipides (les constituants des membranes cellulaires) ».
Où le trouver ?
e cuivre (comme le fer, le zinc ou le sélénium) Une alimentation ciblée permet de combler les besoins fait partie de la grande famille des oligoéléen cuivre. « On le trouve dans tous les aliments, à l’état de trace, mais principalement dans le foie de veau ments, ces molécules présentes en très faible (20 mg/100 g), le foie d’agneau (8,5 mg/100 g), la quantité dans l’organisme et cependant nélevure de bière (5,3 mg/100 g) et le cacao (2,7 mg/100 g) », cessaires à son bon fonctionnement. En hiver, explique la nutritionniste. Vous trouverez son rôle est capital. Il possède une action aussi du cuivre dans les oléagineux, comme virucide et renforce les défenses naturelles de « Consommé les noix de cajou (2 mg/100 g) et du Brésil l’organisme en stimulant la synthèse de moléen excès, (1,75 mg/100 g). Les fruits de mer et les cules antibactériennes et antivirales. Il inhibe le cuivre peut engendrer crustacés en contiennent aussi à raison de aussi certaines molécules pro-inflammatoires la production 1,5 mg pour 100 g. Enfin, cette substance responsables de la fièvre. Cet oligoélément est du radical se cache dans les légumineuses, telles que utile pour diminuer le nombre de maladies hydroxyle, les pois chiches, les haricots blancs et rouges, hivernales, comme la rhinopharyngite, la grippe l’un des les lentilles (0,25 mg/100 g en moyenne) ou les angines. Il est également antiallerradicaux libres les plus et les céréales complètes. Faut-il envisager gique. Mais il joue bien d’autres rôles. « Il agressifs », une supplémentation sous forme de coms’agit d’un antioxydant qui permet de lutter contre les radicaux libres, et donc contre le pléments alimentaires, en hiver notamment ? Mélissa Ankri, nutritionniste vieillissement prématuré des cellules de notre « La supplémentation n’est indiquée qu’en corps. Le cuivre est également nécessaire à la cas de signes de déficience. Le cuivre peut formation de l’hémoglobine ainsi qu’à la spermatogénèse. être indiqué pendant les infections, en présence d’une Il facilite l’assimilation du fer et est présent dans plusieurs fatigue ou d’une faiblesse générale, ou chez les personnes enzymes qui participent au métabolisme des glucides et qui souffrent d’ostéoporose, d’arthrose, d’alopécie ou de dermatose », explique Mélissa Ankri. « Une carence importante en cuivre entraîne aussi une augmentation du stress oxydatif. Mais avant de supplémenter, il est préférable d’effectuer un dosage sanguin pour s’assurer d’un réel déficit », complète la nutritionniste. En QUELLE DOSE DE CUIVRE PAR JOUR ? dehors de ces périodes de faiblesse, mieux vaut donc Les apports nutritionnels satisfaisants par jour sont de : faire le plein de cuivre grâce à l’alimentation ! • 1,9 mg/jour pour les hommes ; • 1,5 mg/jour pour les femmes ; • 1,7 mg/jour pour les femmes enceintes ou allaitantes. La dose maximale est de 5 mg/jour pour les adultes, selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses).
22
MUTUALISTES 352
Violaine Chatal
S'ENGAGER
La solidarité intergénérationnelle : apprendre des seniors Les retraités peuvent parfois avoir peur de se sentir inutiles, alors qu’ils ont énormément à partager. Transmettre un savoir-faire, donner de son temps, échanger, ne pas rester seul… Les ponts jetés entre les générations enrichissent les relations et font tomber les préjugés.
P
our réduire la fracture entre les générations et dépasser les idées préconçues, des initiatives se multiplient un peu partout en France, aussi bien en ville qu’ à la campagne. Des associations œuvrent au quotidien pour instaurer de nouvelles solidarités intergénérationnelles. Elles permettent aux seniors de rester actifs et de se rendre utiles. Les jeunes, eux, s’épanouissent et s’enrichissent à leur contact. Les personnes âgées ont en effet beaucoup à apporter en termes de relations humaines et de transmission des savoirs.
Le partage d’expérience
Artisanat, bricolage, cuisine ou couture : rien de tel que des ateliers pratiques pour apprendre les bons gestes. Né en 1994, L’Outil en main, qui regroupe 180 associations, dispose de véritables ateliers, dans lesquels des enfants âgés de 9 à 14 ans s’initient aux métiers manuels, chapeautés par des artisans retraités. Ce type d’initiative solidaire, imaginé pour revaloriser tous les métiers manuels artisanaux (bâtiment, patrimoine, restauration…), permet en outre de créer du lien social grâce à la relation qui se noue entre les jeunes et les seniors : « Confiance en soi et meilleure intégration scolaire pour les premiers, valorisation et coup de jeune pour les seconds », constate Alain Lehébel, président de L’Outil en main. L’association ECTI s’est spécialisée, elle aussi, dans ce que l’on appelle le bénévolat senior de compétences. L’association dispose d’un réseau de 2 000 adhérents, anciens cadres du secteur public ou privé, chefs d’entreprises, techniciens, artisans, professions libérales… À travers différentes missions, ces retraités
peuvent faire bénéficier des entreprises, des étudiants ou encore des demandeurs d’emploi de leur expérience professionnelle passée.
Des moments de convivialité
Autre façon de cultiver le lien social : les jardins intergénérationnels. Ces espaces cultivés partagés fleurissent un peu partout dans l’Hexagone et ont pour vocation de rapprocher les générations. Ils permettent ainsi à des bénévoles seniors de contribuer au développement et à
l’entretien de parcelles, tout en transmettant aux plus jeunes, généralement des écoliers, leurs connaissances en jardinage. Et, pour rapprocher les générations, rien de tel que de les faire cohabiter. Avec son dispositif Un toit à partager, l’association Générations & cultures propose à des personnes de plus de 60 ans disposant d’une chambre meublée d’héberger un étudiant, un apprenti ou un jeune salarié, en échange d’un loyer modique, de menus services et de moments de convivialité. Ce concept de logement intergénérationnel est à la fois un excellent moyen de lutter contre la crise du logement dans les grandes villes, mais aussi de combattre la solitude. Les seniors ont besoin de se rendre utiles, de rester en phase avec la société (modes, nouvelles technologies, réseaux sociaux…) et de s’enrichir auprès des plus jeunes. Isabelle Coston
Illustrations : ©Shutterstock
23
Qu’est ce qui a changé ? Vous ou bien votre vue ?
*Evaluation à but non médical. Demandez conseil à votre professionnel de santé. Visaudio SAS - RCS Paris 492 361 597 au capital social variable. Octobre 2021. Crédit Photo : Getty Images.
Venez évaluer votre vue* GRATUITEMENT.
Retrouvez plus d’informations et les coordonnées de nos magasins sur ecoutervoir.fr GESTION DES RETOURS PARIS CPCE
LA POSTE
DISPENSE DE TIMBRAGE
MIP
178 RUE MONTMARTRE
75002 PARIS