N° 1744
La lettre de l’Economie sociale
JEUDI 26 NOVEMBRE 2020
Banques coopératives, une bonne image bien que méconnues PAGE 3
Roland Berthilier L’ESS répond à des besoins non fictifs Roland Berthilier, président du groupe Mgen, ancien secrétaire général de la Mutualité française, a bien voulu répondre à nos questions autour de l’ouvrage qu’il vient de publier, ESSentiellement humain. L’Économie sociale et solidaire pour un xxie siècle citoyen (voir La Lettre de l’économie sociale n° 1743). Cet enseignant, militant de longue date, a connu la difficile réunion des différentes familles de l’ESS, l'a introduite à l’école et, sans illusion mais avec volontarisme, juge indispensable son rôle face au « néolibéralisme ».
©Hervé Thouroude
Tout d’abord, bien sûr, pourquoi avoir écrit ce livre ? Roland Berthilier : C’est à la fois un témoignage sur l’Éducation nationale et sur l’ESS, ainsi qu’un remerciement pour ce qu’elles m’ont apporté. Étant issu d’une famille modeste, l’école a vraiment joué le rôle d’ascenseur social à mon niveau. L’économie sociale m’a apporté, en parallèle, une réponse à mon désir de m’engager dans la vie de la société. Elle m’a offert une seconde vie en plus de mon parcours dans l’Éducation. Cela aurait pu être sur le plan politique ou sur le plan syndical, je me suis plutôt tourné vers les mondes associatif et mutualiste. J’avais enfin envie de rétablir des vérités sur l’ESS. Lorsqu’on parle de mutuelles, on parle à tort des complémentaires santé, notamment d’assurances. Lorsqu’on parle d’association, on ne pense ni à une entreprise, ni à l’économie. J’ai donc voulu mettre en évidence que nos entreprises, que l’ESS, peuvent être
une réponse à la crise, en particulier à la situation créée par la pandémie. Et pour le faire savoir, il faut le faire savoir dès le plus jeune âge, d’où le rôle de l’école dans cette transmission.
Dans la partie historique de votre livre, vous traitez de la réunion de l’économie sociale et de l’économie solidaire. Ce qui a créé l’ESS. Cela s’est-il fait facilement ? Avant 2014, les entreprises et organisations de l’économie sociale se définissaient par leurs statuts et celles de l’économie solidaire, de façon moins précise, par la finalité de leurs activités. Il y avait, parfois, une opposition, une frontière, entre les deux. Finalement, tout le monde s’est rendu compte que ces organisations faisaient partie de la même famille, avec des principes identiques : pas d’actionnaires à rémunérer, le projet avant l’économique, la démocratie, etc.
Les Belges, des Français comme les autres ? PAGE 4
La question des SDF mobiliserait-elle ? PAGE 7
Orwell/Huxley : le monde d'après vu avant PAGE 8
L A LETTRE DE L'ÉCONOMIE SOCIALE BIMENSUELLE D’INFORMATIONS MUTUALISTES, COOPÉRATIVES ET ASSOCIATIVES COMMISSION PARITAIRE N° 0423 I 83045 – ISSN N° 0248-8957–
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LETTRE DE L'ECONOMIE SOCIALE - N°1744 - 26/11/2020
ON EN PARLE
En fait, malgré tout ce qui pouvait séparer ces différentes composantes, l’union permet de s’exprimer collectivement pour porter plus fort les messages de l’ESS1.
Cependant, dans les fondations, il n’y a pas forcément de démocratie. Dans certaines, c’est l’apporteur de capitaux qui décide. Je parle assez peu dans le livre des fondations. Tout d’abord parce que je les connais moins. Ensuite, parce qu’il y a toujours eu cette discussion sur leur appartenance ou non à l’économie sociale. Il est vrai que l’on peut s’interroger parfois. Mais on peut aussi s’interroger au sujet de certaines banques mutualistes, voire d’autres structures. « Statut n’est pas vertu », dit-on souvent.
Vous opposez le libéralisme, encore plus le « néolibéralisme », à l’ESS. Pourquoi ? Le défaut du libéralisme, c’est qu’il crée un besoin de consommation superflue alors que l’économie sociale va chercher à répondre à des besoins essentiels, sociaux, émanant bien souvent du terrain lui-même. Quand le groupe Mgen répond à des besoins de prises en charge de parcours de santé, de parcours d’accompagnement, d’aides aux personnes en situation de fragilité ou de dépendance, on n’est pas dans la consommation superflue. Nous offrons des réponses à des besoins réels et quotidiens. La vision libérale veut créer des appétences à consommer. Ce n’est pas notre objectif.
Pourquoi certaines entreprises de l’ESS échapperaient-elles à ces travers ? Bien sûr qu’il y a aussi dans l’ESS des travers, y compris parfois dans la mutuelle que je préside. C’est un combat permanent de lutter contre les réponses faciles. C’est aussi toute la qualité de notre organisation démocratique. Il peut être tentant de vendre des gadgets pour une personne en situation de fragilité. Nous essayons plutôt de nous recentrer sur la façon dont on va l’accompagner : par des aides à domicile, des auxiliaires de vie, etc. Je pense que notre modèle risque moins de dériver parce que l’adhérent est présent en permanence dans les prises de décision.
J’assume le rôle d’assureur comme dirigeant effectif mais la justification de ma présence à la Mgen, c’est d’abord d’être le représentant des adhérents. Si je ne suis pas en phase avec ce qu’ils attendent, si leurs cotisations augmentent pour financer des choses qu’ils n’estiment pas utiles, très vite ils vont le faire savoir, et nous pourrons réévaluer nos engagements. La décision revient à l’adhérent. Cela soulève d’ailleurs un autre enjeu important. Comme toute entreprise, nous embauchons des salariés qui viennent d’autres mondes, qui ont d’autres habitudes, et qu’il faut acculturer à l’ESS. Ces nouveaux salariés connaissent, bien entendu, leur métier mais un actuaire, pour prendre un exemple, qui aura acquis une culture mutualiste et solidaire, va prendre en compte des solidarités entre générations, entre les plus bas et les plus hauts revenus, etc. Il verra donc son métier de manière différente.
Vous écrivez, en substance, que l’ESS est la seule économie réellement efficace parce qu’elle répare les dégâts causés par d’autres. En fait, je fais référence au médico-social, au handicap, à l’aide à domicile, à la dépendance… À tout ce qui n’existerait pas, ou de manière insuffisante, sans l’ESS. Je ne parle pas vraiment de réparation mais je ne sais pas comment tout cela se gérerait si l’ESS disparaissait du jour au lendemain. Qui répondrait alors à ces besoins sociaux ? L’ESS porte 80 % de ce secteur. Il y a un petit peu de secteur lucratif dans les Ehpad, pour ceux qui en ont les moyens, mais pour le reste, il n’y en a pas beaucoup.
comprennent que c’est en se tendant la main qu’ils vont créer leur propre réponse. C’est ce que nous expliquons aux enfants, en classe, avec « Mon ESS à l’école2 ». Créer un journal du collège pour revaloriser son image dans le quartier, faire un mur végétal, créer des circuits courts pour les légumes… Tout cela est possible en créant une association ou une coopérative. Propos recueillis par Jacques des Courtils
Est raconté dans le livre un dîner houleux entre toutes ces composantes ; dîner « décisif » qui a permis la création de la Chambre française de l’ESS (ESS France).
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Développée par L’Esper (Économie sociale partenaire de l’école de la République), dont Roland Berthilier fut l’un des fondateurs et président, « Mon ESS à l’école » a pour vocation de responsabiliser les jeunes en faisant d’eux des acteurs à part entière d’un projet entrepreneurial, collectif et d’utilité sociale, dans un cadre éducatif. Voir Lesper.fr
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Pensez-vous que l’ESS puisse supplanter, voire remplacer, le capitalisme au cours du xxie siècle ? Honnêtement, non. En revanche, je pense qu’elle peut tenir une place beaucoup plus importante, voire doubler de taille. Il y a tellement de besoins, dans notre société, qui peuvent trouver des réponses organisées par les citoyens eux-mêmes et non par le libéralisme. Mais il faut, pour cela, que les gens
ESSentiellement humain. L’Économie sociale et solidaire pour un xxie siècle citoyen, Roland Berthilier avec Youness Bousenna, éditions l’Archipel, novembre 2020, 208 p., 18 €.
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EN MOUVEMENT
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Banques coopératives, une bonne image bien que méconnues En partenariat avec la Chaire de recherche sur la valorisation des modèles coopératifs et mutualistes de l’université Lyon 3, la Banque populaire publie la 2e édition de Diffcoop (la différence coopérative), réalisée en mai 2020 dans un contexte de confinement.
Cette seconde édition a permis d’interroger1 les Français sur leur perception de leur banque. Ils ont été invités à exprimer leur ressenti sur huit critères (satisfaction client, influence des clients sur les pratiques de l’entreprise, valeurs de solidarité de l’entreprise, orientations résultant d’une décision démocratique, contribution au développement territorial, qualité des services, tarifs, engagement sur le long terme). Ce baromètre révèle toute la pertinence du métier de banquier de proximité. Il montre, également, le bon positionnement, en termes d’image, des banques coopératives, qui sont mieux
Enseignement « irresponsable » ou responsable ? « L’enseignement de l’économie est-il irresponsable ? » C’est sur ce thème « volontairement provoquant » qu’Olivia Grégoire a échangé, le 13 novembre, avec des étudiants lors de la Semaine de l’ESS à l’école. Ce que la secrétaire d’État à l’économie sociale, solidaire et responsable traduit, aussi, par « Comment faire pour que l’économie ne soit pas qu’une question de chiffres ».
notées par leurs clients que les banques non coopératives. En outre, trois coopératives se placent en tête des banques que leurs clients recommanderaient le plus (hors banques en ligne) : Crédit mutuel, Banque populaire et Crédit agricole. En revanche, il met en évidence le fait que l’identification des banques coopératives ou mutualistes est faible. En notoriété spontanée (mention des banques coopératives ou mutualistes que le répondant connaît), la seule exception est le Crédit mutuel, que 43 % des personnes interrogées citent comme telle. Viennent ensuite le Crédit agricole (24 %), la Banque populaire (9 %), etc. Globalement, les banques coopératives sont spontanément citées comme
coopératives dans, seulement, 17,5 % des cas (contre 19,2 % en 2019). En notoriété assistée (choix des banques coopératives ou mutualistes dans une liste), le Crédit mutuel est identifié comme coopératif par 77 % des Français, le Crédit agricole par 54 %, le Crédit coopératif par 56 %, etc. Mais des banques ni coopératives, ni mutualistes sont considérées comme telles par un certain nombre de personnes. Ainsi 16 % des gens pensent que c’est le cas d’Axa banque, 20 % citent le CIC, etc. Lire l’intégralité de l’enquête sur Diffcoop.fr 1 L’enquête a été réalisée auprès d’un échantillon de 3 616 individus représentatif de la population française.
Agriculture et solidarité Créée en 2013, l’association Solaal (Solidarité des producteurs agricoles et des filières alimentaires) facilite le lien entre les donateurs de ces filières et les associations d’aide alimentaire. Solaal n’intervient pas à la place de ces dernières mais répond à leur appel d’aides en nature en proposant aux donateurs de se charger de la répartition de leurs produits. L’association a été fondée par un ancien président de la FNSEA (le syndicat professionnel majoritaire dans la profession agricole), Jean-Michel Lemétayer, qui disait : « Je ne supporte pas de voir des gens qui ne mangent pas à leur faim dans mon pays. » La présidente actuelle est Angélique Delahaye, pour qui « la lutte contre le gaspillage alimentaire et la générosité font partie de l’ADN des agriculteurs ». Depuis sa création, ce sont 16 500 tonnes de produits frais qui ont été donnés par les agriculteurs donateurs du réseau (fruits, légumes, produits laitiers, œufs, viande…) au bénéfice de 5 millions de personnes démunies via les associations d’aide alimentaire. Aujourd’hui, Solaal lance un nouvel appel aux agriculteurs, aux coopératives et à tous les acteurs de la filière agroalimentaire afin de trouver des débouchés solidaires à leurs invendus alimentaires. Voir Solaal.org
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EN BREF
Mesure de la notoriété de l’économie sociale en Belgique francophone.
Les Belges, des Français comme les autres ? Ou vice versa ?
Juin02020
Dans le premier sondage sur la notoriété de l’économie sociale auprès des Belges francophones1, initié par ConcertES, on apprend que, comme en France, l’ESS souffre de son manque de visibilité. Dedicated Avenue Delleur 18 B-1170 Brussels - Belgium
Mais que, comme en France encore, les sondés aspirent à consommer plus de biens et services issus de structures de l’économie sociale, modèle économique avec lequel ils partagent principes et valeurs (voir La Lettre de l’économie sociale n° 1737). En effet, seulement 35 % des sondés disent reconnaître facilement un bien ou service issu de l’ESS alors même que 80 % affirment qu’ils en consommeraient davantage si cette offre était rendue plus visible.
Transformer l’ESS ? Pour Jérôme Saddier, président d’ESS France, « la crise sanitaire a mis sous tension tous les établissements sanitaires et sociaux », y compris ceux gérés par des associations, des fondations ou des mutuelles. Par ailleurs, « l’économie sociale et solidaire souffre autant que le reste de l’économie. […] Des secteurs où l’ESS est très présente comme la culture, l’éducation populaire ou le tourisme social sont gravement touchés ». La conclusion est que « plusieurs secteurs [de l’ESS] vont devoir se transformer […] par la création d’activités nouvelles ou l’adaptation d’activités anciennes ». Ces citations sont extraites d’une tribune de Jérôme Saddier parue dans Les Échos du 6 novembre.
66 % affirment qu’il est important de sensibiliser les consommateurs à l’économie sociale. Quant au modèle économique (capitaliste) actuel, ils sont 54 % à en être insatisfaits. ConcertES (Concertation des organisations représentatives de l’économie sociale) est une organisation belge wallonne qui « assure la mission de représentation de l’économie sociale, des membres, coopérateurs, travailleurs, investisseurs et autres parties prenantes mobilisées par les entreprises sociales ».
Tel: +32 2 344 00 88
www.dedicated.be info@dedicated.be
Depuis 2009, elle est reconnue par le gouvernement wallon comme organisation représentative de ces entreprises. Selon son site, on compte, en Belgique francophone, « 18 000 entreprises [de l’ES] employeuses, qui emploient 390 000 équivalents temps plein ». Ce qui représente 12 % de l’emploi de la région. Voir l’intégralité du baromètre sur www.ess-europe.eu/fr. Cliquez sur « Belgique » dans la liste des pays. 1 Ce sondage a été réalisé par Internet, par l’institut Dedicated, auprès de 1 000 Belges francophones âgés de 18 ans et plus.
Chiffre d’affaires et ESS « Il est important de montrer que la taille n’est pas un frein et qu’on peut avoir un chiffre d’affaires supérieur à 2 Mds € (c’est le cas du groupe Mgen et d’autres) en continuant à faire vivre la démocratie, à écouter les adhérents, à entretenir la proximité et à réinvestir tous les excédents à leur bénéfice » explique Roland Berthilier, le président du groupe Mgen.
L’internationale du manifeste Le 24 octobre, un « Manifeste international pour l’économie solidaire », signé par 100 chercheurs et enseignants de 30 pays, est paru dans Le Monde et dans Pagina 12 (Argentine). L’objectif en était « d’interpeler les pouvoirs publics sur le soutien qu’ils peuvent apporter à cette économie émergente […], une économie dont nous avons besoin au moment où se manifeste l’épuisement du système dominant ». Pour eux, « la vision du xixe siècle […] a été créatrice de richesses matérielles mais a aussi fait preuve d’une capacité de destruction inédite ». Selon ce manifeste, « des approches demeurées minoritaires ont […] depuis longtemps contesté l’assimilation entre économie et
expansion sans fin ». Sont citées « l’économie populaire », en Afrique et en Amérique du Sud, qui permet « à la majorité de la population de s’en sortir en combinant les activités marchandes informelles avec la réciprocité, l’entraide et le partage domestique », et l’économie sociale, qui a « montré que des entreprises non capitalistes […] existent et perdurent ». Cependant, « ni l’une ni l’autre n’ont réussi à impulser une transformation de grande ampleur » car « trop minuscules » aux yeux de la plupart des responsables privés et publics. Voir la totalité du manifeste sur Blogs.alternatives-economiques.fr/ laville/2020/10/27/manifeste-international-pour-l-economie-solidaire
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VIE MUTUALISTE
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Le pôle mutualiste de Malakoff Humanis Groupe de protection sociale paritaire et mutualiste, Malakoff Humanis structure son pôle mutualiste, constitué de mutuelles interprofessionnelles et affinitaires : Mutuelle Malakoff Humanis, Malakoff Humanis nationale, Radiance mutuelle, Énergie mutuelle, Mobilité mutuelle, Miel mutuelle, Médicis mutuelle, Nymphéa santé. Cette création marque la volonté de Malakoff Humanis « d’asseoir sa dimension mutualiste pour se développer et répondre aux défis de son modèle de protection sociale solidaire, à but non lucratif avec une gouvernance à la fois paritaire et mutualiste ». Cela répond avant tout à des enjeux de coordination des mutuelles du groupe « dans le respect de leur diversité afin de favoriser l’émergence de positions mutualistes communes ». Le pôle se décline en trois structures politiques dont les prérogatives sont définies par un protocole de gouvernance
La MG et l’emploi des travailleurs handicapés La Mutuelle Générale (MG) vient de renouveler son accord triennal sur l’emploi des travailleurs handicapés. En 6 ans, dans le cadre des deux précédents accords triennaux, le nombre de collaborateurs handicapés travaillant au sein de la MG a augmenté de 54 %. D’ici 2022, la mutuelle a pour objectifs concrets d’atteindre, a minima, les 6 % de taux d’emploi ; de réaliser 10 recrutements externes RQTH (reconnus ayant la qualité de travailleur handicapé) par an ; de doubler les collaborations avec le secteur adapté et de renforcer la politique de maintien dans l’emploi de ces personnes.
Privé/public Pour Philippe Mixe, président de la Fnim (Fédération nationale indépendante des mutuelles), le silence des sénateurs lors du débat sur le projet de loi de finance de la Sécurité sociale au sujet de la « taxe Covid », à laquelle l’ensemble des complémentaires s’opposent avec force (voir La Lettre de l’économie sociale n° 1741), montre « que la démarche consistant à faire des complémentaires santé, organismes de droit privé, les instruments d’une politique publique défaillante arrange toutes les composantes de la vie politique ».
validé par l’ensemble des conseils d’administration de ses membres : un comité de coordination qui définit la position mutualiste au sein du groupe ; une union de représentation qui organise et coordonne la représentation de ces mutuelles au sein du mouvement mutualiste ; une union de groupe mutualiste qui traite des questions sociétales et d’influence communes aux mutuelles, en appui et en relais de celles développées par le groupe. En 2019, le pôle mutualiste de Malakoff Humanis protégeait 1,1 million de personnes pour un chiffre d’affaires de 960 millions d’euros.
VYV Vyv : vers un changement de président ? Selon plusieurs médias spécialisés, dont La Lettre de l’assurance, dans un « Flash‑info » du 3 novembre, et L’Argus de l’assurance du lendemain, « Thierry Beaudet a annoncé [aux administrateurs du groupe Vyv] son intention de ne pas se représenter à la présidence du groupe ». Selon La Lettre, « il propose Stéphane Junique [président du Groupe Harmonie et de Vyv3] pour lui succéder ». Toujours selon ce dernier média, « il entend bien rester à la tête de la Mutualité française et annonce être candidat à un second mandat ». L’Argus nous informe qu’il viserait, en outre, la présidence du Conseil économique, social et environnemental (Cese).
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PARTENARIAT
Comment bénéficier d’une complémentaire santé engagée à ses côtés ?
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es adhérents d’uMEn bénéficient de couvertures santé adaptées à leurs besoins et à des tarifs justes. Des garanties de prévoyance leur ont été très récemment proposées. Ils bénéficient également de services en amélioration constante. Très bientôt, un accompagnement spécifique dédié aux adhérents victimes d’un accident causé par un tiers leur sera offert. Le centre de santé mutualiste René-Laborie ainsi que les réalisations sanitaires de la Mutualité française sont mis à leur disposition pour un accès à des soins de qualité.
Mais d’ores et déjà ils bénéficient d’uMEn Solidarités ! uMEn Solidarités regroupe l’ensemble des interventions à caractère social d’uMEn, une matérialisation de l’engagement d’uMEn à leurs côtés.
uMEn Solidarités propose tout d’abord une assistance Quand on pense assistance santé, on pense immédiatement à un accompagnement des assurés en cas de maladie ou d’accident par la mise en place de toute une gamme de services, notamment pour favoriser le retour à domicile. Mais uMEn assistance, c’est bien d’autres avantages. C’est par exemple un accompagnement de la personne qui se trouve dans une situation d’aidant. Une situation que rencontrent malheureusement de plus en plus d’adhérents alors même qu’ils sont souvent encore au travail. uMEn assistance, c’est également l’accompagnement de la personne qui se retrouve en situation de handicap. Si celui-ci est évolutif, des professionnels du handicap l’accompagneront à chaque étape. Une attention toute particulière est apportée aux parents d’enfants qui doivent préparer un dossier à destination de la MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées).
Mais uMEn Solidarités propose bien d’autres services et accompagnements Les adhérents ont la possibilité de faire appel à l’assistante sociale d’uMEn pour les accompagner dans une situation complexe. Ils peuvent également faire appel à la commission d’action sociale pour les aider à financer des soins coûteux, les aider à financer leur couverture et participer à la résolution de situations difficiles.
Un service d’écoute anonyme est également mis à disposition des parents qui rencontreraient des difficultés avec leurs enfants, qui peuvent être aiguillés vers des structures adaptées. Bien entendu, uMEn Solidarités accompagne les proches en cas de décès d’un adhérent.
Et parce qu’il n’y a pas de solidarité sans inclusion dans la vie de tous, uMEn Solidarités a choisi de soutenir trois associations en étant leur partenaire : SPARADRAP, association créée il y a 25 ans, et qui agit chaque jour pour aider les enfants à avoir moins peur et moins mal pendant les soins et à l’hôpital, et qui a pour parrain depuis 2009 Michel Cymes ; LE RIRE MÉDECIN qui, depuis près de 30 ans, redonne aux enfants hospitalisés le pouvoir de jouer et de rire pour mieux faire face à la maladie. Intervenant dans 47 services pédiatriques, plus de 100 clowns professionnels de l’association offrent chaque année près de 83 000 spectacles personnalisés aux enfants, à leur famille et aux soignants. Gérard Jugnot, Sara Giraudeau, Anny Duperey et François-Xavier Demaison parrainent l’association ; l’œuvre Lucienne SARDINA, désormais présidée par Jean VIOLA, qui depuis 1917 vient en aide auprès de personnes âgées démunies en leur apportant une assistance morale et matérielle.
uMEn, plus qu’une complémentaire santé. Une mutuelle engagée auprès de ses adhérents Retrouvez-nous sur www.umen-mutuelles.fr et LinkedIn
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KALÉIDOPRESSE
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La solidarité a plusieurs visages Depuis le 27 août, L’Obs publie, à intervalles irréguliers, une série de « Visages de la solidarité » réalisée avec le soutien d’Harmonie Mutuelle. Il s’agit généralement de portraits de personnes emblématiques d’organisations « de solidarité ». Ainsi, on y trouve décrite l'action de Maud Sarda, « cofondatrice et directrice du site de vente en ligne Label Emmaüs, [qui] a converti l’association à l’e‑com‑ merce sans perdre de vue le projet humaniste et d’insertion de l’abbé Pierre ». Autre portrait, celui d’Anne-Lore
LA QUESTION DES SDF MOBILISERAIT-ELLE ?
Leguicheux, cheffe de projet du programme « Compagnonnage » de l’association Fermes d’Avenir. Laquelle association « donne aux réfugiés du monde entier la possibilité d’œuvrer dans l’agriculture bio ». A été présenté, également, le parcours de Magali Bragard, photographe de plateau, qui « a réalisé que la crise sani‑ taire a jeté de nombreux parents dans la grande précarité, au point parfois de ne plus pouvoir nourrir leur bébé ». Elle a créé, avec trois amies, l’association
Le nombre actuel de SDF en France tourne « autour de 300 000 », un chiffre qui doit servir d’« électrochoc », affirme Christophe Robert, délégué général de la Fondation Abbé-Pierre, dans Le Journal du dimanche du 15 novembre. Selon la Fondation, depuis 2012, le nombre de sans-domicile fixe a doublé. Elle estime, en effet, que l’on peut compter « environ 185 000 personnes en centres d’hébergement, […] 100 000 dans les lieux d’accueil pour demandeurs d’asile [et] 16 000 dans les bidonvilles ». « S’y ajoutent les sans‑abri, plus difficiles à quantifier », précise-t-elle. Si, lors du premier confinement, « tout le monde s’est mobilisé pour [ces] personnes […]. On a même parlé de “parenthèse heureuse” », la situation est aujourd’hui différente, avec « beaucoup d’expulsions de squats et de bidonvilles ces derniers mois » et, même si « plus
MaMaMa (les premières syllabes des prénoms de trois des fondatrices) afin d’aider ces parents. Quant à Marc Binnié, greffier du tribunal de commerce de Saintes, en Charente-Maritime, il « aide les entre‑ preneurs à refaire psychologiquement surface » avec le dispositif de soutien Apesa (Aide psychologique pour les entrepreneurs en souffrance aiguë) qu’il a créé avec un psychologue spécialisé dans la prévention du suicide, Jean-Luc Douillard.
de 9 000 places supplémentaires [d’hébergement] ont déjà été ouvertes, ça reste très tendu ». De plus, « avec la crise économique et le chômage de masse, beaucoup de gens risquent de ne plus pouvoir payer leur logement ». Les expulsions reprenant le 1er avril, il faut « anticiper cette bombe à retardement ». C’est pourquoi Christophe Robert demande notamment « la création d’un fonds d’aide au paiement des loyers et des charges, doté de 200 millions d’euros », ainsi que la construction de 150 000 logements sociaux par an. Notons que cet article du Journal du dimanche a été repris, à partir d’une dépêche de l’AFP, par Le Figaro, Le Monde, Le HuffPost, Sud‑Ouest et d’autres encore, y compris des sites pour certains présentés comme d’extrême gauche ou d’extrême droite. La question mobiliserait-elle l’ensemble des sensibilités de la population ?
Pizzas sur deux roues « Nantes, Lille, Paris, Angers… Depuis quelques années, la plupart des villes françaises voient des livreurs indépen‑ dants se regrouper pour monter leur plate‑forme indépendante de livraisons de repas à domicile. » On pourrait y ajouter Montpellier, Grenoble, Poitiers, et d’autres (voir La Lettre de l’économie sociale n° 1725). Depuis le 14 novembre, Rennes se joint à ce mouvement, selon 20 minutes du même jour. Une association de livreurs
à vélo indépendants s’est unie « pour s’extirper des plates‑formes comme Deliveroo et Uber Eats ». Cependant, « pour l’heure, seuls dix livreurs ont intégré la démarche dans une ville où l’on dénombre environ 500 licences plus ou moins actives ». Baptisé Les Coursiers rennais, ce collectif se lance avec, pour l’instant, un seul fournisseur, les pizzerias Angello, « avant de s’élargir à d’autres restaurants ». Il est vrai que ces restaurants sont diri-
gés par Yann Dayer, élu meilleur pizzaïolo de l’Hexagone en 2014. « Pour rémunérer dignement leurs livreurs », Les Coursiers rennais factureront chaque livraison entre six et dix euros selon la distance, à la charge du client. « Les autres plates‑formes affichent parfois une livraison à 4 euros mais elles prennent en plus 30 % au restaurateur », indique le porte-parole de l’association, pour qui « il faut expliquer le vrai prix des choses ».
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à retourner par courrier à La Lettre ESS, CIEM : 12, rue de L’Eglise, 75015 Paris, ou par e-mail à contact@ciem.fr
C’est l’histoire, parfois croisée, parfois parallèle, de George Orwell et d’Aldous Huxley, que raconte ce documentaire diffusé sur Arte le 11 novembre.
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Nombreux sont ceux qui pensent que ces deux Britanniques ont écrit deux des plus grands romans d’anticipation du xxe siècle. Pour certains, 1984 et Le meilleur des mondes, des dystopies terrifiantes mais très différentes, préfiguraient le monde que l’on peut, aujourd’hui, craindre de voir poindre. Le premier roman décrit un pouvoir dictatorial, bureaucratique, répressif et omniprésent, qui supprime toute liberté de penser et confisque la mémoire. Le second redoute une dictature scientiste qui, en s’appuyant sur les biotechnologies (la fabrication de bébés en éprouvette, de la conception à la naissance, principalement) et un conditionnement constant, fait que personne n’aspire à un sort meilleur que celui auquel il est destiné dès la fécondation (en série pour les « classes » les plus basses). Bizarrement, le film ainsi que les philosophes ou écrivains y intervenant considèrent que le second décrit une civilisation hédoniste, consumériste et eugéniste dans un Londres futuriste, dans l’ordre. Il nous semble, cependant, que la clef du roman est dans la fabrication de bébés-éprouvette, volontairement rendus plus ou moins intelligents (des Alphas-Plus aux Epsilons). De même, traitant de 1984, il est fait très peu allusion au fait que cette dictature a été surtout inspirée à Orwell par la dictature communiste, qu’il connaissait bien puisqu’il en avait souffert lui-même en Espagne durant la guerre civile, alors qu’il combattait dans les rangs républicains. Il n’en reste pas moins que ce film est passionnant à regarder, instructif et plutôt angoissant, comme les mondes décrits par ces deux écrivains. PS : On peut regretter que, parmi les exemples actuels donnés (il y en a peu), l’un d’entre eux soit constitué d’une phrase effectivement prononcée par un homme politique mais sortie de son contexte. Ce qui lui donne plutôt un sens contraire à celui que la personnalité en question voulait donner.
1 AN / 23 NUMÉROS ❑ 270 €TTC (France) ❑ 285 €TTC (International) 2 ANS / 46 NUMÉROS ❑ 495 €TTC (France) ❑ 525 €TTC (International) Nom ------------------------------------------------------------- Prénom --------------------------------------------------------Société ---------------------------------------------------------- Adresse ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------Code postal ---------------------------------------------------- Ville -------------------------------------------------------------Pays -------------------------------------------------------------- Téléphone ------------------------------------------------------ E-Mail -----------------------------------------------------------
George Orwell, Aldous Huxley, 1984 ou Le meilleur des mondes ? Réalisé par Caroline Benarrosh et Philippe Calderon, écrit par Caroline Benarrosh, Philippe Calderon, Hauke Lanz, production Les Films en Vrac, 2019, 54 minutes. Disponible en replay jusqu’au 18 février sur Arte.tv.
Mode de réglement
❏ ❏
Chèque libellé à l’ordre de Ciem Virement : Crédit Coopératif
RIB 42559-1000-08000933448-67 IBAN FR76-4255-9100-0008-0009-3344-867 BIC CCOPFRPPXXX
* Offre valable jusqu’au 31 décembre 2020. Tarifs T TC (TVA : 2.10 % sur l’abonnement). Tarifs réservés à la France métropolitaine et valables jusqu’ 31 décembre 2020. Conformément à la loi Informatique et Libertés du 6 janvier 1978, vous disposez d’un droit d’accès et de rectification des données vous concernant et vous pouvez vous opposer auprès de la CIEM à leur cession.
CIEM - 1744 - LES
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La Lettre de l’Économie sociale, bimensuelle d’informations mutualistes, coopératives et associatives, est éditée par la Coopérative d’information et d’édition mutualistes (Ciem) – Rédaction, administration et abonnements : 12, rue de l'Eglise, 75015 Paris –Tél. : 01 44 49 61 0 0 – E-mail : contact@ciem.fr – Prix de vente au numéro : 12,30 € – Abonnement annuel (23 n os) : 270 € – Commission paritaire n° : 0423 I 83045 – ISSN : 0248-8957 – Fondateur: Jean-Louis Girodot– Présidents d’honneur : Georges Optat, Georges Rino – Directrice de la publication : Laurence Hamon – Directeur délégué : Philippe Marchal – Rédacteur : Jacques des Courtils – Imprimerie : Chateaudun Reprographie – L’autorisation d’effectuer des reproductions, par reprographie ou dans le cadre d’un panorama de presse diffusé sur Intranet, doit être obtenue auprès du Centre français du droit de copie (CFC). www.economiesociale.com.
Papier : Navigator Universal 80 grs. Provenance : Portugal - Setubal. Taux de fibres recyclées : 0 %. Eutrophisation : PTot 0,09 kg/tonne de papier.