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Le Cameroun face aux défis

Un dossier spécial de 16 pages

Star

SERGE BEYNAUD

Les confessions du nouveau patron du coupé-décalé

Maroc

LA RÉVOLUTION VERTE PREND SON TEMPS

Business

LES TECHNOLOGIES PEUVENT-ELLES

SAUVER L’AFRIQUE ?

Avec des interviews exclusives de Maurice Lévy et de Bertin Nahum

Bienvenue en Tunisie !

Les touristes reviennent après des années de méfiance. Enquête.

LES GRANDES MANŒUVRES CÔTE D’IVOIRE

L’élection présidentielle est prévue pour octobre 2020. Dans deux ans… Mais le monde politique est déjà en mode action. Récit.

PRÉSIDENCES À HAUT RISQUE

Ce n’est pas toujours facile d’être chef d’État en Afrique de l’Ouest. Outre les vicissitudes d’un métier particulièrement complexe, il faut faire avec des processus électoraux vivaces et l’exigence des citoyens électeurs. Les réflexes identitaires, ethniques, certes toujours prégnants, ne sont plus entièrement décisifs. Les opinions se sont émancipées du poids tutélaire, traditionnel du chef. Ce qui compte dorénavant pour les électeurs, c’est la limitation des mandats, l’alternance, le renouvellement et, enfin, des avancées concrètes en termes de développement et de gouvernance. Résultat, le « dégagisme » des sortants est devenu un phénomène politique structurant de la région. Le vieil adage politique africain selon lequel un président sortant – ou son candidat adoubé – ne peut être battu ne tient plus. La défaite est devenue une option, une probabilité. Depuis une décennie, tous les pays d’Afrique de l’Ouest ont ainsi connu l’alternance, à l’exception notable du Togo. Aux origines chronologiques de ce processus, l’arrivée au pouvoir en Guinée d’un opposant historique, Alpha Condé (2008), pour prendre la suite d’une longue lignée de militaires. En 2010, Alassane Ouattara s’imposait face au puissant Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire. On peut revenir à la défaite retentissante d’Abdoulaye Wade face à Macky Sall (25 mars 2012). On peut évoquer la chute de Blaise Compaoré (31 octobre 2014), tenté par un nouveau mandat, démissionné par la rue, malgré une approche légaliste. On peut citer aussi la défaite de Goodluck Jonathan (28 mars 2015) face à Muhammadu Buhari au Nigeria. En 2016, alternance au Ghana avec la victoire de Nana Akufo-Addo. Défaite lourde de symbole aussi pour Lionel Zinsou, candidat du chef de l’État Thomas Boni Yayi (et de la France), face à Patrice Talon au Bénin (mars 2016). Début 2017, Yahya Jammeh, à la tête de la Gambie depuis vingt-deux ans, est balayé

par Adama Barrow, quasi inconnu jusque-là. Récemment, le 26 décembre 2017, au Liberia, Joseph Boakai, héritier apparent d’Ellen Johnson Sirleaf, était battu par George Weah. Et le 31 mars 2018, l’opposant Julius Maada Bio était élu face au candidat du pouvoir en Sierra Leone… La plupart des défaites électorales se sont jouées au second tour, mécanisme favorisant une « alliance des contres ». Celle-ci s’incarne souvent dans un candidat qui n’est pas forcément enthousiasmant. Mais c’est lui qui a le bon timing, il est « the right man at the right time ». À charge pour ce valeureux vainqueur de se construire par la suite une véritable légitimité populaire et de mener un programme qui dépasse les alliances de circonstances, ce qui n’est pas toujours évident. Le sortant battu pourrait être tenté de résister (cf. le cas Jammeh). Mais les temps ont changé, particulièrement en Afrique de l’Ouest. Les résultats des votes sont acceptés, même quand les scores sont serrés (cf. Ghana). Dans la plupart des pays, une vraie culture politique émerge, soutenue par des sociétés civiles et militantes dynamiques, des médias actifs. Le débat est réel. La démocratie s’installe progressivement dans la vie quotidienne, malgré les à-coups toujours possibles. Le peuple existe, comme le montre aussi l’échec fréquent des tentatives de révisions constitutionnelles destinées à faciliter la vie des gouvernants. In fine, personne ne peut réellement tricher avec les urnes. Il vaut mieux une défaite honorable qu’une sortie ignominieuse.

Évidemment, le « dégageur » d’hier devient au terme de son mandat le sortant soumis au vote. Prochaine étape importante du cycle démocratique en Afrique de l’Ouest : l’élection présidentielle au Mali, prévue le 29 juillet 2018. Ibrahim Boubacar Keïta, élu le 15 août 2013 (après deux tentatives en 2002 et 2007), se représente. Il fait face à une candidature forte, un rassemblement des oppositions, incarné par Soumaïla Cissé. Et personne ne peut prédire réellement le verdict électoral dans ce pays fragilisé par une longue crise politique, économique et sécuritaire. ■

SOMMAIRE

3 ÉDITO

Présidences à haut risque par Zyad Limam

ON EN PARLE

6 Livres : Boualem Sansal, métamorphoses du réel par Catherine Faye

TEMPS FORTS

22 Côte d’Ivoire, les grandes manœuvres par Zyad Limam

32 Tourisme : Bienvenue en Tunisie ! par Frida Dahmani

40 La révolution digitale peut-elle sauver l’Afrique ? par Cédric Gouverneur et Zyad Limam

8 Écrans : les jeux de l’amour et du hasard par Jean-Marie Chazeau

10 Musique : Moha La Squale, du rap neuf made in France ! par Sophie Rosemont

12 Agenda : Le meilleur de la culture

14 Événement : Le Marrakech du Rire, pour l’amour de l’humour ! par Fouzia Marouf

21 C’EST COMMENT ?

Macho toujours par Emmanuelle Pontié

18 PARCOURS

Hisham Oumlil par Fouzia Marouf

30 CE QUE J’AI APPRIS

Fatoumata Diawara par Astrid Krivian

62 LE DOCUMENT

Noire n’est pas mon métier présenté par Victor Masson

106 VINGT QUESTIONS À...

Hervé Samb par Astrid Krivian

48 Bertin Nahum : « Dans l’innovation, il n’y a pas de demi-mesure » par Catherine Faye

54 Le Plan Maroc vert : le bonheur sera dans les champs… ! par Julie Chaudier

84 Serge Beynaud, le nouveau patron du coupé-décalé ? par Astrid Chacha

90 Femi Kuti : « Je veux vivre ma vie ! » par Astrid Krivian

p. 48

DÉCOUVERTE

DÉCOUVERTE

Cameroun : face aux défis par François Bambou

68 Aller de l’avant

71 Anglophones et francophones : l’atout d’une double culture

72 Résilience : un modèle dynamique contre la crise

74 Infrastructures: cap sur la modernisation

78 Études, emploi… La jeunesse a de l’élan

80 Sport: renouer avec la victoire

82 Face à la terreur islamiste, la fermeté

MADE IN AFRICA

96 Escapades : Tunis l’été, c’est rock ! par Zyad Limam

98 Design : Myriam Maxo, la papesse du pop par Luisa Nannipieri

100 Fashion : Amna Elshandaweely, l’afroégyptienne par Luisa Nannipieri

VIVRE MIEUX

102 Diabète : agir pour s’en préserver !

103 Du poisson et… des œufs pour un cœur plus fort

104 Transpiration excessive : comment limiter les désagréments

105 Eczéma : le vrai et le faux

AFRIQUE MAGAZINE

FONDÉ EN 1983 (34e ANNÉE)

31, RUE POUSSIN – 75016 PARIS – FRANCE

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Loraine Adam, François Bambou, Jessica Binois, Astrid Chacha, Julie Chaudier, Jean-Marie Chazeau, Frida Dahmani, Catherine Faye, Cédric Gouverneur, Alexis Hache, Dominique Jouenne, Astrid Krivian, Fouzia Marouf, Victor Masson, Luisa Nannipieri, Sophie Rosemont.

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Dépôt légal : juin 2018.

La rédaction n’est pas responsable des textes et des photos reçus. Les indications de marque et les adresses figurant dans les pages rédactionnelles sont données à titre d’information, sans aucun but publicitaire. La reproduction, même partielle, des articles et illustrations pris dans Afrique magazine est strictement interdite, sauf accord de la rédaction. © Afrique magazine 2018.

Boualem Sansal Métamorphoses du réel

Témoin incisif de la société ALGÉRIENNE, il décrit dans son nouveau roman la mainmise de l’extrémisme religieux dans les zones fragiles de nos sociétés.
par Catherine Faye

« PRENDS des jumelles et regarde autour de toi, jusqu’au mur d’enceinte, et pose-toi la question : suis-je libre ? Et agis en conséquence. » On entre dans le nouveau roman de Boualem Sansal par ces mots lourds de sens. Grand prix de la Francophonie de l’Académie française (2013) et lanceur d’alerte contre les faux prophètes qui s’approprient la terre et la culture des peuples, Boualem Sansal est un portraitiste acerbe de l’Algérie et du monde arabo-musulman. Dans un billet écrit dans l’hebdomadaire français Marianne, il conseille à Emmanuel Macron, à l’occasion de sa visite en Algérie le 6 décembre dernier, « d’étudier sérieusement » l’histoire de nos deux pays. « En France, l’Algérie, c’est la France. […] Et pour plus de la moitié des Algériens, la France, c’est l’Algérie… Elle possède un passeport français, accumule du bien partout en France, fréquente les meilleurs restos, les

« LE TRAIN D’ERLINGEN, OU LA MÉTAMORPHOSE DE DIEU », Boualem Sansal, Gallimard, 256 p., 20 €.

meilleures écoles… L’Algérie officielle plutôt que l’Algérie souffrante qui, elle, se contenterait de simples visas. » Et son dernier livre, 2084, la fin du monde (2015), a été censuré dans son pays d’origine à cause de sa position très critique envers le pouvoir en place. Il y confiait ses réflexions sur les vagues migratoires, qui mettent en lumière les tensions dans les pays de l’Union européenne.

Son nouveau roman raconte les derniers jours de la vie d’Elisabeth Potier, professeure d’histoire-géographie à la retraite, habitant la Seine-Saint-Denis, victime collatérale de l’attentat islamiste du 13 novembre 2015 à Paris. Lorsqu’elle émerge de son coma, c’est sous une nouvelle identité. Avant de mourir, elle laisse à sa fille Léa un témoignage écrit, que l’histoire d’Ute Von Ebert, dernière héritière d’un puissant empire financier et industriel, vient éclairer. Celle-ci habite à Erlingen, fief cossu de la haute bourgeoisie allemande, et écrit à sa fille Hannah des lettres au ton très libre, souvent sarcastique, dans lesquelles elle raconte l’histoire incroyable d’Erlingen assiégée par un ennemi dont on ignore à peu près tout, excepté d’avoir fait de la soumission à son dieu la loi unique de l’humanité. Dès lors, la population attend impatiemment un train qui doit l’évacuer. Et qui ne vient pas.

« Quand avons-nous cessé d’être intelligents ou simplement attentifs ? », écrit Boualem Sansal, dont la carrière d’écrivain commence à l’âge de 50 ans. Ingénieur polytechnicien et docteur en économie, né à Theniet-El-Had en 1949, il décide en effet de sauter le pas en 1999. Gallimard publie son premier roman, Le Serment des barbares, qui rate de peu le Goncourt. Lauréat du Grand Prix RTL-Lire pour son roman Le Village de l’Allemand, il reçoit en 2012 le prix du Roman arabe pour son livre Rue Darwin. Il vit toujours en Algérie, à Boumerdès, près d’Alger, où il fait partie des auteurs les plus controversés, par les autorités et par l’opinion publique. C’est un franc-tireur, critique et décidé. Pour qui les mots ne sont pas vains : « Dans cette vie, rien ne nous est donné gratuitement. La lecture, si elle s’accompagne d’une véritable méditation, est un acte initiatique. » ■

nouvelles L’ÉGYPTE

« TOUT filait vers l’arrière. Les saules, les poteaux télégraphiques défilaient à toute vitesse, et les câbles ondulaient sans fin. » Un conducteur de train fou, un journaliste réputé pour avoir longtemps enquêté dans les « quartiers chauds » ou encore un fumeur impénitent de haschich inculpé de terrorisme… toutes les nouvelles rassemblées dans ce recueil ont été publiées par Mahfouz entre 1962 et 1984. Les seize récits frappent par la maîtrise avec laquelle le

récit

RETOUR

AU VIETNAM

« ÉTRANGEMENT, j’avais trouvé la clé de mon existence, l’amour grand et l’amitié inconditionnelle. En temps de guerre. Au milieu de tant de morts, tant de destins brisés. » Vingt ans après Diên Biên Phù, Alexandre, un ancien soldat français, revient au Vietnam sur les traces de la « fille au visage lune » qu’il a follement aimée. Avec ce roman intense, rythmé par les poèmes qu’Alexandre a écrits pendant vingt ans à l’absente, l’auteur camerounais nous embarque dans une histoire d’amour et d’amitié éperdue. Celle aussi d’une quête de vérité. « Dandy de grand chemin »,

« L’ORGANISATION

SECRÈTE ET AUTRES

NOUVELLES », Naguib Mahfouz, Actes Sud, 208 p., 21,80 €.

Prix Nobel de littérature (1988) distille de l’absurde dans la vie quotidienne. Mystères et intrigues, nostalgie et réalisme, cocasserie et extravagance se côtoient dans cette vision d’une Égypte aux multiples facettes. Une galerie de portraits et de situations percutante. ■ C.F.

« DIÊN BIÊN PHÙ », Marc Alexandre Oho Bambe, Plon, Sabine Wespieser, 232 p., 19 €. comme il aime à se définir, Marc Alexandre Oho Bambe, dit Capitaine Alexandre, est l’une des grandes voix du slam contemporain. Avec des mots qui claquent, il raconte les deux rencontres déterminantes de son héros : l’inoubliable Maï Lan et Alassane Diop, camarade de régiment sénégalais qui lui sauva la vie. ■ C.F.

PARLE ON EN

livres

« LE VOYAGE EN AFRIQUE DU NORD. IMAGES ET MIRAGES

D’UN TOURISME (1880-1931) », Christine Peltre, Bleu autour, 232 p., 28 €.

grand format AU TEMPS DES COLONIES

UNE ANTHOLOGIE richement illustrée de l’essor du tourisme pendant la période coloniale française. À l’époque où les « indigènes » d’Afrique du Nord étaient pittoresques et conformes aux stéréotypes… L’historienne Christine Peltre, spécialiste de l’orientalisme, fait dialoguer représentations visuelles et textuelles. D’une part, photographies, cartes postales, affiches, prospectus et dépliants, qui datent de la période coloniale en Afrique du Nord, de la conquête de l’Algérie (1830) à son indépendance (1962), en passant par les protectorats en Tunisie et au Maroc. D’autre part, articles, romans, livres d’histoire et de géographie, mémoires et guides contemporains de ces images. En contrepoint de la rhétorique officielle, elle révèle un tourisme où les imageries se disputent aux mirages. ■ C.F.

roman CASABLANCA CONFIDENTIAL

LA BELLE ICHRAK, impertinente aux courbes sublimes, est retrouvée un matin assassinée dans une rue de Casablanca. L’enquête, racontée par Sese, un jeune Congolais récemment arrivé au Maroc, rend palpitante une réalité contemporaine tout à fait désespérante. Celle des magouilles immobilières, de la précarité des migrants, de la corruption de puissants, de la concupiscence

« LA BELLE DE CASA », In Koli Jean Bofane, Plon, 245 pages, 19 € « D I J P 2

masculine. D’une Afrique en marche, qui ne vaut pas mieux que les autres continents. Avec sa vision acérée et un humour mordant, Bofane revient ici avec son talent de conteur, son art du dialogue et des portraits. ■ C.F.

Marie Monge filme la passion amoureuse d’un couple qui s’enferme dans une spirale sans retour.

Les jeux de l’amour et du hasard

Coup de poker : un TAHAR RAHIM cabossé est plongé dans l’enfer des cercles de jeu d’un Paris éclairé aux néons. Son personnage est sublimé par le regard de deux femmes, l’héroïne, ELLA, et la réalisatrice, qui signe un premier long-métrage fiévreux.

CICATRICES et nez cassé : le visage habituellement juvénile de Tahar Rahim accuse le coup, comme pour mieux y laisser lire un passé chahuté, celui de son personnage. Abel est fauché mais beau parleur, et il va se refaire dans les cercles de jeux parisiens. Dans ces lieux méconnus, mais ô combien cinématographiques, il entraîne Ella (Stacy Martin), une sage jeune femme qui assure le service avec charme et beaucoup d’efficacité dans le restaurant de son père. Bientôt, le couple va être aspiré par la spirale du jeu gagnant. Avant la chute, inévitable, et parsemée de mensonges, de renoncements, et de quelques épisodes violents. Mais ce Bonnie and Clyde des tripots renverse un peu les rôles : si c’est lui, baratineur agile et doué, qui semble d’abord mener l’histoire, c’est elle qui apparaît maîtresse de son destin. Ce n’est pas étranger au

fait que le film est signé d’une jeune réalisatrice, qui donne aussi sa vision d’un authentique Paris multi-ethnique, celui des quartiers de République et Strasbourg-Saint-Denis. On y mange du maïs dans la rue, on y danse le madison sur un tempo afro, on y marche au milieu d’une circulation chaotique à la lueur des lampadaires, car l’action se déroule essentiellement de nuit. L’image, très soignée, joue à fond la stylisation façon thriller intense et nocturne. Auprès de ce couple fusionnel, quelques seconds rôles parviennent à exister, dont le personnage de Nacim, un peu lunaire, qui vit chez son père garagiste et qui est incarné avec justesse par Karim Leklou, vu aux côtés de… Tahar Rahim dans Un Prophète (2009) de Jacques Audiard, et qu’on reverra très bientôt au cinéma en fils dépressif d’Isabelle Adjani ! ■

« JOUEURS » (France) de Marie Monge. Avec Tahar Rahim, Stacy Martin, Karim Leklou.

Huit femmes

VOUS avez aimé Danny Ocean (George Clooney) et ses 10, puis 11, puis 12 comparses ? Vous adorerez sa sœur et ses 7 complices ! Huit ans après le casse du siècle à Vegas, apparaît Debbie Ocean : c’est Sandra Bullock, flanquée d’une Cate Blanchett à frange blanche et d’une Rihanna reine des hackers, très convaincante (un joint à la main et bonnet rasta sur la tête, devant ses écrans). Une équipe de choc se constitue pour dérober une rivière de diamants hors de prix lors d’un dîner de gala de bienfaisance à New York. Cette mouture girly n’a rien à envier au premier épisode de la saga : même précision dans l’exécution du plan, même maîtrise de la technologie. Dommage que l’humour décalé soit moins percutant ici, malgré les clins d’œil à la version masculine. ■ J.-M.C.

« OCEAN’S 8 » (Etats-Unis) de Garry Ross. Avec Sandra Bullock, Cate Blanchett, Rihanna.

drame Lingerie syrienne

DAMAS, 2011. Nahla hésite entre un mariage arrangé qui lui permettrait de partir aux États-Unis, et un désir de liberté et de sensualité que l’arrivée d’une nouvelle voisine pourrait bientôt combler : elle tient secrètement une maison close. Premier film d’une cinéaste syrienne (qui vit à Paris), intimiste et tout en intérieur, ponctué d’images réelles de répression des manifestations de rue syriennes. L’effet de contraste n’est pas totalement convaincant… contrairement à la comédienne franco-libanaise Manal Issa, qui incarne Nahla. Déjà remarquée dans Peur de rien (2015) de Danielle Arbid, elle prouve dans Mon tissu préféré qu’elle a… l’étoffe d’une grande. ■ J.-M.C.

« MON TISSU PRÉFÉRÉ » (France-Turquie) de Gaya Jiji. Avec Manal Issa, Ula Tabari, Saad Lostan.

DVD Le carton d’invitation

Une équipe de choc : Sandra Bullock, Sarah Paulson, Rihanna, Cate Blanchett, Awkwafina…

Nahla (Manal Issa) va se confronter à ses peurs et ses désirs.

UN ARABE israélien fait la tournée des familles de Nazareth invitées au mariage de sa fille, pour leur laisser un carton d’invitation. Accompagné de son fils rentré de Rome pour l’occasion, avec qui il a bien du mal à communiquer. Père et fils à l’écran comme à la ville, les deux comédiens forment un duo taiseux, irréconciliable mais touchant. En bonus, un entretien éclairant avec la réalisatrice palestinienne. ■ J.-M.C.

« WAJIB, L’INVITATION AU MARIAGE » (Palestine) d’Annemarie Jacir. Avec Mohammad Bakri, Saleh Bakri. DVD Pyramide vidéo, 19,90 €.

PROJET Des nouvelles d’Abderrahmane Sissako

CINQ ANS APRÈS Timbuktu, Abderrahmane Sissako va tourner son prochain film en 2019 en Afrique… et en Chine : La Colline parfumée, dont il a imaginé le scénario avec Kessen Tall, qui avait déjà co-écrit Timbuktu. Une « love story », a simplement précisé le cinéaste mauritanien en marge du dernier Festival de Cannes… ■ J.-M.C.

Moha La Squale Du rap neuf made in France !

À 23 ans, il se classe numéro 1 des ventes avec un premier album foisonnant, redorant le blason du hip-hop tricolore.
par Sophie Rosemont

C’EST en 1994 que Mohamed Bellahmed a vu le jour, à Créteil, avant de passer rapidement de l’autre côté du périph. Direction La Banane, ce quartier populaire du XXe arrondissement où il va grandir, au sein d’une fratrie soudée et turbulente, et auprès d’une mère non-voyante – le père ayant quitté le foyer, c’est elle qui élève seule les enfants. Mais la vie de cité pèse. Dès le collège, Mohamed fait des bêtises, à chaque fois pardonnées par des juges sous le charme de son bagout et de sa bonne bouille. À 18 ans, il se retrouve derrière les barreaux. C’est le déclic. À sa libération, Moha intègre le Cours Florent : « Les gens étaient zen, sans jugement. Tout semblait possible. Quand j’ai compris que ce monde existait et que je pouvais l’avoir, je n’ai plus voulu vivre autre chose ! » Il déclame du Shakespeare comme des grands textes contemporains, joue dans un courtmétrage et travaille comme coursier. C’est à cette époque qu’il commence à rapper sur des instrus qu’il se passe en boucle la journée. Naît son premier titre, Midi minuit. Très vite, celui qui se fait désormais appeler Moha La Squale, biberonné aux films de cités des années 90, de Ma 6-T va crack-er à La Haine et, bien sûr, La Squale, impose son nom. Son premier album, Bendero, est la suite logique de multiples freestyles postés en

«

rafale, semaine après semaine. Car Moha est du genre ultra prolifique : d’ailleurs, l’album a plus d’une quarantaine de pistes ! Il y prend la parole en endossant, tout acteur qu’il est, deux rôles, Bendero et Pankani : « Mes deux doubles me donnent le pouvoir de parler de choses impossibles à exprimer au quotidien.

Ces morceaux, c’est moi mais aussi mes proches, mes frères ou mes cousins… c’est toute ma vie. »

Le tout a été bouclé en trois mois. En urgence ?

« Oh non, je m’étais habitué à sortir un son toutes les semaines, mes personnages étaient là, les piliers de l’album. » En résulte des titres qui touchent en plein cœur, comme C’était pas gagné, J’me rappelle Papa, Il le fallait ou encore 5 juillet 1962, qui évoque le jour sanglant de l’indépendance d’Algérie : « Je suis français d’origine algérienne, et il me semblait important de rendre hommage à mes grands-parents. Ici, ils sont là avec moi, sans que je les connaisse. »

Aujourd’hui, fort du succès critique et public de Bendero, Moha La Squale envisage de quitter La Banane pour avoir « des petits moments de tranquillité » avec Luna, sa compagne, qui apparaît à plusieurs reprises sur son album. Il aimerait aussi « trouver l’équilibre entre musique et cinéma ». On ne doute pas qu’il y parvienne : le talent est de son côté. ■

BENDERO », Moha La Squale, Elektra France.

world music

TOURÉ

KUNDA, TOUJOURS LÀ !

Les frères reviennent en forme, accompagnés d’invités prestigieux.

Ismaïla (à g.) et Sixu Tidiane Touré, demi-frères, sont nés en 1950 à 22 jours d’intervalle.

musique

afro-pop

BENIN CITY

EMBRASE LE CLUB

ON A failli attendre, mais voilà enfin que Touré Kunda sort de son silence discographique. Dix ans après Santhiaba, Lambi Golo est fort heureusement un album à la hauteur des espoirs placés en lui. Fidèles à leur savant mélange de musique traditionnelle venue tout droit de leur Casamance natale et de genres aussi divers que le funk, le reggae, le rock ou la salsa, Ismaïla et Sixu Tidiane Touré ont assuré leurs arrières en conviant à la fête quelques noms prestigieux qui viennent se fondre dans le collectif avec l’aisance de vieux briscards : Manu Dibango et son saxophone suave sur Demaro, Carlos Santana et sa guitare virevoltante sur Emma Salsa, leur compatriote sénégalais Seckou Keita et son envoûtante kora ou Paco Séry et ses percussions magiques… Tout sur ce Lambi Golo respire la joie de vivre et l’amour de la musique sans frontières. ■ Alexis Hache « LAMBI GOLO », Touré Kunda, Soulbeats Records.

QUAND la chanteuse Shanaz Dorsett et le poète Joshua Idehen rencontrent le multi-instrumentiste Tom Leaper, ça donne un subtil mélange d’afropop, d’electronica et de dubstep bien senti. Le but : danser, ressentir, oublier le quotidien. Le lieu : Londres, sa grisaille, son rythme fou, sa mixité… et ses clubs ! À la fois engagée et hédoniste, la musique de Benin City offre de nouvelles couleurs au dance-floor. ■ S.R.

« LAST NIGHT », Benin City, Moshi Moshi.

remix

YASMINE HAMDAN, BIS REPETITA

APRÈS le succès de Al Jamilat (2017), Yasmine Hamdan fait durer le plaisir en proposant un album de reprises et de remixes où elle a invité le duo français Acid Arab (Café ), le Chilien et Berlinois d’adoption Matias Aguayo (Al Jamilat), ou encore Shed, maître ès techno allemande (La Ba’den). Autant de relectures qui apportent une autre dimension à des morceaux à la fois mystérieux et poétiques… ■ S.R.

« JAMILAT REPRISE », Yasmine Hamdan, Hamdanistan Records/Crammed Discs.

jazz AU PARADIS AVEC KAMASI

DEPUIS LA SORTIE de son premier album, The Epic (2015), ce saxophoniste originaire d’Inglewood, quartier chaud de Los Angeles, est l’un des nouveaux maîtres du jazz américain. D’abord parce qu’il manie le saxophone comme personne, se jouant de l’improvisation au même titre que la dimension spirituelle de ses compositions. Ensuite parce que toutes les stars l’aiment et ont travaillé avec lui, de Kendrick Lamar à John Legend en passant par Snoop Dogg. Ayant étudié l’ethnomusicologie à l’UCLA, Kamasi Washington publie aujourd’hui le passionnant Heaven & Earth, écrin longue durée de jazz ultra inventif et néanmoins accessible à tous. ■ S.R. « HEAVEN & EARTH », Kamasi Washington, Young Turks.

L’installation

Naming the Money.

art contemporain

Lubaina Himid sort du cadre

Lauréate 2017 du prestigieux

Turner Prize et figure du BLACK ARTS MOVEMENT, la Britannique d’origine tanzanienne

est exposée pour la première fois en France.

AVEC ses personnages à taille humaine comme découpés dans du carton, on entre dans le monde de Lubaina Himid, lauréate en 2017 du prestigieux Turner Prize, comme dans une foule multicolore. À travers son œuvre, l’artiste questionne l’identité de la diaspora africaine et son invisibilité dans le champ social, politique et artistique. Née en 1954 en Tanzanie, d’un père comorien et d’une mère anglaise, installée en Angleterre depuis l’âge de six ans, la plasticienne, commissaire d’exposition et théoricienne, est une figure du Black Arts Movement, particulièrement actif dans les années 1980 en Angleterre. Dans son travail, elle utilise l’art de la réappropriation de la peinture européenne qu’elle combine avec certains aspects de l’histoire de l’Afrique pour questionner le rôle du pouvoir d’évocation de l’image. Telle l’installation Naming the Money : une forêt d’une centaine de figures en contreplaqué peintes représentant les ouvriers, artisans et serviteurs présents dans la peinture occidentale et à qui l’artiste redonne une individualité, une histoire et une dignité. Ce principe de figures peintes dans l’espace, fréquemment utilisé dans les décors de théâtre, permet à Lubaina Himid de sortir la peinture du cadre et d’introduire un rapport physique avec le spectateur. Une expérience insolite. ■ Catherine Faye « LUBAINA HIMID, GIFTS TO KINGS », Musée régional d’art contemporain Languedoc-Roussillon (Sérignan), jusqu’au 16 septembre. mrac.laregion.fr

grands

formats

SUBLIME ET SILENCE

Quarante œuvres du plus chinois des peintres français, Zao Wou-Ki, disparu en 2013, sont à voir à Paris.

SON PRÉNOM signifie « sans limites ». Zao Wou-Ki (1920-2013) est le peintre de l’insondable. Un art tendu entre deux abîmes. Au croisement de plusieurs mondes. Après Picasso, Matisse et Kandinsky, cet artiste informel est peut-être le plus original de tous. L’élégance et le caractère délicat de sa peinture résiste aux plus grands espaces. On la voit orientale alors qu’elle s’appuie sur des formats qui sont parmi les plus imposants de la peinture occidentale. On la veut occidentale alors qu’au fil du temps les références à la peinture chinoise sont de plus en plus explicites. Né en Chine, il travaille en France depuis la fin des années 1940 jusqu’à sa mort, en 2013. Zao Wou-Ki est un artiste à part. Non seulement par sa trajectoire et son exceptionnelle capacité à s’intégrer dans la société et la culture occidentales, mais aussi par les composantes uniques de son art. L’exposition du Musée d’art moderne de la Ville de Paris est la première grande exposition qui lui est consacrée en France depuis quinze ans. Une sélection de quarante œuvres de très grandes dimensions dont certaines n’ont jamais été exposées. Huiles, encres de Chine… Une traversée des nuances et des apparences. ■ C.F. « ZAO WOU-KI, L’ESPACE EST SILENCE », Musée d’art moderne de la Ville de Paris, jusqu’au 6 janvier mam.paris.fr

Zao Wou-Ki, 03.12.74 , 1974, huile sur toile, 250 x 260 cm.

Simone Fattal, au premier plan : Stele (1 - 5) . Au fond : Passers by

exposition

LE MUSÉE YSL CULTIVE SON JARDIN

À Marrakech, « Garden of MEMORY » fait converser trois artistes du XXe siècle.

APRÈS « Le Maroc de Jacques de Majorelle » puis « Les robes sculptures de Noureddine Amir », créateur emblématique basé dans la Cité ocre, le Musée Yves Saint Laurent présente « Garden of Memory », une exposition autour du souvenir et de l’engagement, pensée comme un dialogue entre trois artistes, le poète Etel Adnan (Liban), la peintre Simone Fattal (Syrie) et le dramaturge Robert Wilson (États-Unis). L’accent est mis sur les histoires des uns et des autres, leur art, lié au Maroc comme au Liban, à la France. Etel Adnan et Simone Fattal ont partagé leur vie entre Beyrouth, Sausalito (Californie) et Paris. Ils ont, de plus, participé activement à la vie artistique au Maroc dans les années 1970 et 1980. Au-delà de la valeur symbolique, les traces du passé imbriquées sous la forme de compositions apparaissent comme des associations d’idées. Un événement inédit offrant un spectacle intrigant. ■ Fouzia Marouf « GARDEN OF MEMORY », musée Yves Saint Laurent Marrakech et Fondation Jardin Majorelle, jusqu’au 16 septembre. museeyslmarrakech.com

sport

L’ALGÉRIE FAIT SES JEUX

LES JEUX AFRICAINS DE LA JEUNESSE (JAJ) et la manifestation culturelle Dar Dzaïr tomberont en même temps cette année, en Algérie. La compétition sportive, qui a lieu tous les quatre ans, réunira pour sa 3e édition près de 3 000 athlètes de 14 à 18 ans, venus de 54 pays. Ils s’affronteront dans 31 disciplines, dont 5 seront qualificatives pour les Jeux olympiques de la Jeunesse de Buenos Aires en octobre. La 4e édition de Dar Dzaïr, intitulée « L’Algérie accueille l’Afrique », verra défiler au complexe olympique d’Alger des représentants des pays participant aux JAJ-2018. Samia Benmaghsoula, du Ministère de la Jeunesse et des Sports, explique : « Les Jeux africains de la jeunesse constituent un patrimoine culturel du continent africain et une opportunité également pour les jeunes et les dirigeants du continent de démontrer leur talent et échanger leurs expériences. » Une occasion pour l’Algérie de faire sa place dans le dialogue culturel panafricain, et d’accroître ses liens avec ses voisins du sud. ■ Victor Masson « JEUX AFRICAINS DE LA JEUNESSE », Alger, du 18 au 28 juillet.

photographie CRI DU CAIRE

Laura El-Tantawy montre sa quête identitaire sur fond de RÉVOLUTION égyptienne.

DANS L’OMBRE des pyramides il y a des enfants, des femmes et des hommes.

L’espoir, la peur, la déception, la joie. Il y a une foule survoltée, une histoire trois fois millénaire, une révolution en marche. La série photographique In the Shadow of the Pyramids, pour laquelle Laura El-Tantawy a reçu le Prix Roger Pic 2018, est un récit à la première personne. Prises entre 2005 et 2014 au Caire, notamment au moment de la Révolution égyptienne du 25 janvier 2011, ses images explorent la mémoire et l’identité. Avec passion.

« Le récit parallèle de ma quête d’identité et, plus largement, de ce qui est devenu la lutte d’un pays entier pour son identité, s’est construit de façon fortuite.

J’ai trouvé des reflets de moi-même dans le chaos autour de moi. Je me photographiais autant que je photographiais mon propre pays. » Photographe, écrivaine et cinéaste expérimentale, Laura El-Tantawy est née en Angleterre, de parents égyptiens. Elle a suivi des études en Arabie saoudite, en Égypte et a été diplômée aux États-Unis. Ce travail photographique marque un retour aux sources. Sans concession. ■ C.F.

« LAURA EL-TANTAWY, IN THE SHADOW OF THE PYRAMIDS », Scam (Paris), jusqu’au 26 octobre. intheshadowofthepyramids.com

Pour l’amour de l’humour !

Le 8e Marrakech du Rire a encore créé la surprise dans la Cité ocre fin juin. Retour sur les temps forts de ce festival qui a réuni 4 000 spectateurs et lancé de jeunes poulains avec le Gala Afrika. par Fouzia Marouf, envoyée spéciale

NUIT ÉTOILÉE au Théâtre royal le 20 juin dernier. Les festivaliers ont massivement investi les gradins de ce bel amphithéâtre : Marrakchis, Français, Londoniens, Canadiens, fidèles au Marrakech du Rire (MDR) et très impatients de découvrir le premier one-man-show de cette riche édition. D’Jal fait son entrée sur scène après cinq ans d’absence en annonçant d’emblée la couleur de ce stand-up en darija (dialecte marocain) et en français. Switchant avec aisance d’une langue à l’autre, l’humoriste franco-marocain fait rire aux larmes, tenant en haleine l’auditoire pendant

Jamel entouré de son équipe de choc : Mamane, Amatou, Ronsia… dans le cadre féérique du Palais El Badiî.

près d’une heure et demie. « C’était une première, je devais m’adapter au public local et français qui me suit ici. Je voulais être généreux avec eux et Jamel qui m’a donné ma chance », nous confie-t-il.

Autre temps fort, Abdelkader Secteur, seconde tête d’affiche, qui enflamme le public le 21 juin sur cette scène : « C’est mon humoriste favori, il est très fin. J’avais hâte de le revoir au Maroc », avoue Meryam, cadre casablancaise. Disséquant avec acuité son quotidien d’immigré en France, Secteur garde sa place de chouchou auprès des Marocains.

Lauréat du prix RFI Talents du rire, célèbre pour ses imitations de Jamel, le talentueux Ronsia, surnommé « Ronsia Jamel ».

L’incroyable Jeff Panacloc parrainé par Élie Semoun et Jamel, qui a mené le show face à 4 000 personnes le 24 juin.

Amou Tati, qui brosse avec audace ses portraits de femmes.

Le bel Ahmed Sylla, entre classe, humour et finesse, toujours hilarant.

PARLE ON EN événement

Marcus, humoriste camerounais, a été « séduit par la beauté du palais El Badiî ».

Joël, tchatcheur, qui représente les couleurs de la Côte d’Ivoire.

Joël , tchatcheur, qui lhh présente les couleurs Côte d ’Ivoire .

Le même soir, se tenait au Colisée, l’avantpremière du nouveau Disney, Les Indestructibles 2 projeté le lendemain en darija à des enfants issus d’associations et d’écoles. Propice à l’émergence de nouveaux talents sur le continent, cette édition a consacré une scène dévolue à l’humour made in Africa : onze artistes natifs du Cameroun, de Côte d’Ivoire, du Sénégal et du Gabon, présentés par le célèbre Mamane, originaire du Niger, chroniqueur grinçant sur RFI [voir AM n

e, estructibles , nfants issus émergence a consacré une scène nze ar tistes gal et du Gabon, ginaire M n 381].

STANDING OVATION POUR MALIK BENTALHA

Célèbre pour ses imitations de Jamel, Ronsia a soufflé un vent de fraîcheur lors du Gala Afrika sur la magnifique scène plein air du Palais El Badiî. « J’ai adoré ce public ! Je suis bouleversé d’être là, Jamel est mon idole », nous avoue ce jeune humoriste congolais. Amou Tati, francoivoirienne pêchue, a rendu hommage aux femmes fortes – « mes héroïnes », nous dit-elle.

mel, souff lé un magnifique é on idole

A mou f rancoe aux femmes fortes

D’Jal , impressionna nt avec un show en darija et en français

Le meneur, Malik Ben star du « Jamel e

Le meneur, Malik Bentalha, star du gala « Jamel et ses amis ».

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Gala A fr scène q mettre Élie Se MDR, M pub à la cult

Samedi 24 juin, Ahmed Sylla nous dit son attachement : « C’est un festival généreux renforcé par le Gala Afrika, quelle plus belle scène que celle du MDR pour mettre en lumière ces talents ! » Élie Semoun, autre fer de lance, constate « le succès du MDR, Mecque de l’humour. Le public marocain s’est éduqué à la culture francophone ». Les scènes du gala « Jamel et ses amis » ont été marquées par deux standing ovations pour Malik Bentalha, plus mordant que jamais. Cofondateur du festival, Karim Debbouze, frère de Jamel, rappelle le soutien de Michaëlle Jean, secrétaire générale à la Francophonie, car « le MDR offre une forte teneur francophone.

Les scèn amis » on standi Benta jama festiv f rère soutie secré Fran off re une forte

On a relevé le défi du

On a relevé le défi du 2e Gala Afrika suite au succès de l’an passé ! », conclut-il. ■

Un grand Congo, uni, libre, émergent et puissant

La vision de Francis Mvemba pour la RDC

Construire ensemble une paix durable, tout en s’appuyant sur la charte des Nations unies de 1945 ! Nous voulons être les garants d’une paix oubliée depuis les deux dernières décennies et nous rétablirons les mécanismes et les fonctions régaliennes de l’État. Construisons la paix avec une armée disciplinée, professionnelle et très bien équipée. Nous avons la responsabilité immense de préserver nos concitoyens des pages sombres de notre histoire et les rébellions particulièrement meurtrières. Les enfants-soldats, les femmes violées porteront les stigmates de cette violence pendant des décennies. Il faut mettre fin à ces déplacements de masse qui ressemblent à des épurations ethniques. Mettre fin aux zones de non-droit, et aux pillages organisés. Les Congolais sont réfugiés dans leur propre pays, éparpillés dans divers camps de fortune où l’on dénombre plus de 3 millions de déplacés sans compter bien évidemment ceux qui croupissent dans des camps en Ouganda, au Rwanda et au Burundi, délaissés et vivant dans le désespoir. Tout cela doit cesser… ! Par la volonté et la force des lois, nous allons renverser la vapeur et redorer notre blason. La République démocratique du Congo (RDC) redeviendra ce qu’elle a été, une grande nation au cœur du continent.

Femme, jeunesse, emploi : les clés du changement

L’histoire nous révèle que la femme congolaise à l’époque du Congo avec un « K » occupait déjà une place privilégiée chez les Bakuba. De Kimpa Mvita en 1668 à la reine mère Ngokady. La femme congolaise saura relever le défi du XXIe siècle, un siècle qui donnera sa chance à l’Afrique subsaharienne, plus particulièrement à la RDC, carrefour de tous les enjeux. La femme congolaise écrira une nouvelle page de l’histoire de la RDC, non avec des larmes et du sang, mais avec des lettres de noblesse. Elle porte aujourd’hui l’espoir d’une nation en mutation avec un passé douloureux, mais avec un horizon meilleur. Les femmes constituent 70 % de la force agricole du continent et produisent 90 % de l’ensemble des denrées alimentaires. Elles sont un levier puissant de croissance économique des pays africains. Mais il faut aller plus loin, et notamment encourager l’accession des femmes à tous les leviers de gestion du pouvoir politique dans notre pays. C’est une femme qui occupera une place de choix dans la mise en place de notre programme de redressement national. C’est une femme qui m’accompagnera dans mon action en s’installant à la primature. Chose qui n’a jamais été faite, depuis l’avènement de l’indépendance en 1960. La RDC est constituée d’une jeunesse volontariste et ambitieuse, et c’est une chance. Redonner espoir à la jeunesse congolaise est un vrai challenge, qui mettra mon gouvernement à l’épreuve. La jeunesse est au cœur de la réussite de la nation. Afin d’éviter l’hémorragie, où on voit tant d’entre eux aller mourir dans des eaux internationales, nous avons des propositions et des alternatives, pour lutter contre ces mensonges chimé-

Notre devise : Mupepe Yasika, Maboko pembe et Tobanga Nzambe... « Un nouveau vent, Les mains propres, La crainte de Dieu » Francis Mvemba

Je le dis avec conviction et assurance. Moi, Francis Mvemba, je suis candidat à la prochaine élection présidentielle en République démocratique du Congo pour qu’ensemble nous rebâtissions, pierre par pierre, une nation unie, forte et prospère.

Je construirai la paix, agirai pour les droits des Congolais, et je mettrai la femme congolaise au cœur de l’échiquier national. Et je voudrais que la jeunesse congolaise devienne notre priorité et qu’elle retrouve l’espoir et sa fierté.

Je favoriserai la croissance économique dans une grande transparence en utilisant les meilleurs standards avec des objectifs communs de partage des richesses.

Je contribuerai à ce que chaque Congolais soit fier et heureux de vivre en paix retrouvée dans son pays.

La patrie demeurera notre moteur et que vive la République démocratique du Congo.

riques. Les 100 premiers jours d’exercice à la présidence de la République marqueront la rupture avec le passé. Nous avons les moyens de nos ambitions en tablant sur une politique réaliste et courageuse. Le point central de nos actions, sera l’enseignement. Oui, l’enseignement, avec la mise en place d’un enseignement gratuit, dès la maternelle, jusqu’aux humanités, afin de lutter contre l’analphabétisme. Celui qui excellera dans ses études, aura de facto, une bourse d’études octroyée par l’État. Des centres de formations qualifiantes et diplômantes verront le jour avec un apport important de nos partenaires occidentaux qui sont prêts à nous accompagner dans ce chantier ambitieux. En chef d’entreprise averti, je ferai de l’emploi non seulement, l’une de mes priorités, mais, une obligation de résultat, en mettant en place un revenu minimum moyen, un salaire interprofessionnel garanti. Cette exigence, cette promesse sera inscrite dans le nouveau Code du travail qui mettra le salarié au cœur de l’activité. L’objectif est aussi de créer un climat des affaires qui incitera les amis de la RDC à venir s’installer. Nous avons un immense potentiel et il faut rassurer ces investisseurs. À la clé, plus de 600 000 emplois peuvent être créés dans un court délai. Et à moyen terme, nous tablerons sur des opportunités d’emplois qui dépasseront l’objectif de 1,5 million de nouveaux postes. Et lorsque l’on sait qu’un salaire fait vivre une famille de 7 personnes, on voit le début d’une période de grande croissance pour notre pays.

PARCOURS

Hisham Oumlil
SES COSTUMES SUR-MESURE séduisent acteurs, diplomates et marchands d’art. Installé à New York, ce tailleur pour hommes natif de Casablanca lance aujourd’hui sa griffe féminine, Lot 151.

Veste bleu azur épousant ses moindres mouvements, buste et regard droits, moustache fine, Hisham Oumlil promène sa silhouette élégante tel Rhett Butler, dandy sudiste du film culte Autant en emporte le vent. Natif de Casablanca où il est né en 1972, il débarque aux États-Unis à 21 ans, avec le rêve de se tailler une place sur la scène de la mode. Résultat des courses ? Cet autodidacte qui a fait ses classes au sein de prestigieuses enseignes new-yorkaises, est passé maître dans l’art du costume de star en moins d’une décennie en créant sa marque en 2005, « Oumil », signifiant « lumière blanche » en berbère. Avec un associé de renom, Rocco Ciccarelli, le tailleur et styliste marocain créé d’emblée une ligne qui s’affranchit des codes classiques tout en sublimant le corps de l’homme en phase avec l’époque : « J’ai toujours été sensible à l’esthétique mais ado, je n’aurais jamais imaginé faire carrière dans la mode. À Casablanca, on rêvait beaucoup, coupés des circuits de la création internationale. Ce milieu artistique était uniquement réservé aux élites alors qu’aujourd’hui, les flux d’information se déversent partout dans le monde », confie-t-il. Puriste et architecte, il travaille la silhouette de ses clients au corps : « Après trois essayages, la pièce est parfaite. » Hisham Oumlil est de la lignée de ceux qui inventent la mode. Sa maison, devenue la référence en matière de costume sur-mesure, a depuis conquis une clientèle haut de gamme, qui s’échange l’adresse de son atelier de Brooklyn : Oliver Stone, les acteurs Ed Westwick (Gossip Girl) ou Jon Hamm (Mad Men), des diplomates, marchands d’art… Fin stratège, manager averti et observateur à l’affût de l’air du temps, Hisham Oumlil fait ses premières armes sur le terrain. Après l’obtention de son bac, sportif de haut niveau en natation dont il a conservé une allure d’athlète, il obtient une bourse d’étude qui lui ouvre les portes de l’Amérique. Fortement marqué par la scène rock des eighties, Freddie Mercury, Led Zeppelin, Depeche Mode, toujours passionné de mode, il décroche un stage dans une maison de couture à San Francisco en 1994, enchaîne avec un poste pour la marque californienne St. John Knits en 1996, puis intègre deux ans plus tard la chaîne américaine Saks Fifth Avenue. « Cela m’a permis de me frotter à la réalité du métier et d’étudier l’histoire du textile, la photographie noir et blanc, la peinture et plus largement l’art. Toucheà-tout, j’ai commencé à développer un style particulier. L’éducation est indispensable mais la curiosité et l’ouverture sur le monde le sont tout autant. Je n’ai jamais été un étudiant passif », se souvient-il. Il se réjouit d’ailleurs d’avoir participé récemment à un programme initié à Columbia sur les thèmes de la culture et la société : « La mode ne se réduit pas à une série de vêtements, c’est une expression artistique, politique, sociale. Les créateurs sont des citoyens qui participent activement à un projet commun », souligne-t-il. Sa personnalité séduit les maisons de couture les plus légendaires comme Versace et Hermès, qu’il intègre également à New York, ayant un autre atout : la culture francophone. Il gravit les échelons au fil des saisons et des créations, se tient aux avant-postes. La consécration arrive en 2003, quand il devient directeur du sur-mesure chez l’Italien Loro Piana. Suit une prise de risques avec la création de sa première marque, « Oumlil » : «Je devais relever ce défi, exprimer ma vision. » Défricheur de styles qui racontent une nouvelle histoire tous les six mois, il aime Lanvin sous Alber Elbaz, adore l’art de Rei Kawakubo, fondatrice de la marque Comme des Garçons, et l’esprit indépendant du créateur Rick Owens. Cet été, il lance en ligne « Lot 151 », nouvelle griffe féminine, sportswear et cuir afin d’entamer un dialogue avec les femmes en leur offrant un « ready-made à porter », un service couture autour du confort. Une nouvelle promesse tenue pour le bonheur des dames. ■

En véritable « architecte », il travaille les créations directement sur ses clients : « Au bout de trois essayages, la pièce est parfaite. »

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MACHO TOUJOURS

C’est l’éternel dilemme… Courtoisie et galanterie pour certaines, infantilisation et machisme pour d’autres…

En période de Coupe du monde de foot, le débat, récurrent, s’invite à l’ordre du jour chez mes copines. L’exemple criard : deux hommes discutent du dernier match. Vous l’avez vu aussi, et donnez votre avis. Faites le test : aucun des deux ne vous calcule, ni même ne vous regarde. Vous n’existez pas. Pire, si vous insistez, l’un des deux se retourne avec un sourire gentil, bienveillant, condescendant. Sans commentaire. Les hommes bien élevés sont toujours courtois dans la forme. On ouvre la porte, on vous laisse passer devant, on vous fait un compliment. Pourquoi pas. Aucune n’est vraiment contre. Mais sur le fond, c’est une autre histoire. Pas évident d’imposer une idée, par exemple. D’ailleurs, quand vous en avez une, il n’est pas rare que quelques jours plus tard, le type à qui vous l’avez donnée, et qui n’a pas réagi plus que ça sur le moment, vous interpelle avec un « Tiens, j’ai eu une idée », et vous resserve la vôtre sans aucune vergogne. Insupportable, non ?

Y a rien à faire, quand une femme parle, donne une info, l’homme doute. Il vérifie ailleurs avant de la croire. Et croira plus un mec qui n’y connaît rien, que vous-même qui êtes bien plus spécialisée. C’est comme ça, c’est atavique. Les exemples sont légion, tout le temps, chez le commerçant, chez le médecin, au volant, partout, on vous parle différemment qu’à un homme. Et les filles, la plupart du temps, surentraînées à laisser faire, font mine de n’avoir rien vu. Pour avoir la paix. Car évidemment, si l’une d’entre elles s’insurge, on doit supporter le retour du sourire condescendant du mâle qui signifie : « La pauvre, elle est un peu hystérique. » Sous tous les cieux, chacune d’entre nous connaît ça par cœur. C’est ce que l’on pourrait appeler un gentil petit machisme au quotidien. Toléré, supporté, assimilé. Certaines acceptent

d’être un peu prises pour des débiles, car elles profitent par ailleurs, et justement, de leur position de « débiles » pour obtenir d’autres choses, comme être ménagées, chouchoutées, protégées, cadeautées. Et c’est vrai, être considérées comme plus fragiles, ça peut être bien pratique parfois. Et si, au passage, ça flatte l’ego surdimensionné d’un monsieur, tant mieux pour lui finalement. Une fille m’a dit un jour : « Laisse faire ! Au contraire, plus le type est fier et heureux, plus il sera gentil, attentionné, et tu auras une paix royale. » Futée, la copine. Mais bon, tout ça, c’est bien gentil. Faudrait quand même que ça évolue un peu, non ? Parce qu’à ce rythme, c’est pas gagné. Alors, en ce mois de juillet, où le train-train quotidien change grâce aux jours de vacances que chacun (et surtout chacune) s’apprête à prendre, essayez de faire évoluer les codes ? Au village, sur la plage, dans l’avion… Si, si, ça va marcher ! ■

Y a rien à faire, quand une femme parle, donne une info, l’homme doute. Il vérifie ailleurs avant de la croire.

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