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Contribution de L'ESMT aux initiatives de développement du Numérique en Afrique !

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PROPOSITIONS DE L’ECOLE SUPERIEURE MULTINATIONALE DES TELECOMMUNICATIONS (ESMT) AUX PROJETS DE L’ECONOMIE NUMERIQUE DE L’ORGANISATION INTERNATIONALE DE LA FRANCOPHONIE (OIF)

Adamou MOUSSA SALEY Directeur Général - ESMT

Année : Initié en 2020 et actualisé en 2021


Contents Remerciement................................................................................................ 2 Introduction ......................................................................................................... 5 I.

Infrastructure ............................................................................................. 6

II.

Des stratégies nationales et les visions de digitalisation en Afrique...... 8

III. Les stratégies de partenariat avec bailleurs des fonds. .......................... 9 IV. Les visions et de digitalisation en Afrique. ............................................ 11 V.

Propositions .............................................................................................. 12

Bibliographie et Webographie.................................................................... 15

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Remerciement L’Ecole

Supérieure

Multinationale

des

Télécommunications

(ESMT)

remercie

l’Organisation Internationale de La Francophonie (OIF) et particulièrement Monsieur TRAORE Mohamed pour sa disponibilité et son implication.

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Contexte Le mercredi 29 Janvier 2020 , date de nos premières réunions, s’est tenue la première rencontre en visio-conférence entre Monsieur TRAORE Mohamed de l’Organisation Internationale

de

la

Francophonie, conseiller

en

Economie

Numérique

de

Madame Louise MUSHIKIWOKO, Secrétaire Générale de ladite structure et Monsieur Adamou MOUSSA SALEY, Directeur Général de l’ESMT de Dakar. Cette réunion est la suite de la visite effectuée par le Directeur Général de l’ESMT au mois de Novembre 2019 au Siège de la Francophonie à Paris. Pour rappel, l’ESMT est une Ecole Régionale des Télécommunications, créée en 1981 par sept (7) pays membres qui sont : Burkina Fasso, Bénin, Guinée, Mali, Mauritanie, Niger et Sénégal. Le Siège de l’ESMT se trouve à Dakar au Sénégal. A l’ouverture de la réunion, Monsieur TRAORE a présenté les cinq (05) thèmes retenus par le groupe de travail, qui sont :

 La connectivité (Développement des connectivités dans les Etats et l’accès aux informations) et l’accès à l’infrastructure  La Numérique pour l’éducation ;  La Formation dans l’entreprenariat et l’employabilité ;  La Régulation du Numérique (commerce électronique, services financiers digitaux, entre autres). Ces thèmes cadrent avec l’ambition de l’OIF de faire du Numérique, un levier de croissance de développement économique et social dans les pays Francophones. Le directeur Général de l’ESMT a présenté son institution d’enseignement, de formation et de recherche & expertises/Conseil dans les TICs, ainsi que les différents atouts dont elle dispose pour accompagner l’OIF dans sa démarche pour atteindre ses objectifs. Parmi les avantages, on peut citer :  La présence sous régionale de l’ESMT à travers les centres délocalisés dans les Etats membres, ses partenariats et son expérience dans le numérique sur la connectivité.

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 L’ESMT regorge d’innombrables enseignants-chercheurs et laboratoires dans le domaine des Réseaux, d’énergie solaire, pièces motrices de la connectivité des populations notamment en régions rurales.  L’ESMT a contribué activement à l’accompagnement des Etats dans la mise en place de la fibre optique, dans des projets nationaux ou internationaux (Guinée, Niger, Burkina Fasso Etc..).  L’ESMT forme des Opérateurs & Régulateurs des 07 pays membres et des 20 pays utilisateurs dans le domaine de la Gestion & Contrôle du Spectre Radioélectrique, un peu partout en Afrique, selon les besoins exprimés.  L’ESMT demeure depuis 2008 (avec le soutien du PACER 2 (UEMOA) courant 2006 – 2018) l’unique Grande Ecole sous – régionale formée et équipée dans le cadre de la lutte contre la pollution électromagnétique (radioélectrique), causée par les équipements des Opérateurs Télécoms. En cette occasion, l’ESMT a été mandatée par l’UEMOA pour mener des tests & mesures des radiations EM (électromagnétiques) Non Ionisantes sur l’environnement dans l’espace UEMOA & partenaires et d’en établir une cartographie à disposition des Etats à travers leurs Régulateurs. L’ESMT s’inscrit dans cette dynamique aujourd’hui, dans la perspective d’un environnement durable, notamment à l’orée et avec la 5G. Il faut rappeler que chaque Etat via son instance de régulation nationale se donne comme objectif la Réalisation du service Universel. Dans cette démarche l’ESMT y a largement contribué. C’est au regard de cette forte expérience que nous vous proposons ce rapport inclusif qui a vu la participation des équipes de l’ESMT.

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Introduction La part de l’Economie Numérique dans le PIB de nos pays est inégalement réparti, entre 3% et 10%. Ce qui suscite une attention particulière aux services digitaux. Il faut préciser que dans l’écosystème des plateformes de service, le commerce électronique, le Mobile Banking ont joué un rôle prépondérant. Ces réalisations ont été effectives grâce à la connectivité et la disponibilité de l’internet. Ces services sont basés sur des plateformes numériques provenant des OTT’s (Over The Top) et de GAFAM (Google Amazon Facebook Apple et Microsoft). Ces services ont connu leur réussite grâce au développement des réseaux épine dorsale de la connectivité. Il faut noter que deux (2) réseaux assurent cette connectivité. Le cœur de réseau et le réseau d’accès qui fournit le lien avec les utilisateurs. Dans toutes les organisations (Etats, entreprises, etc.), le digital introduit de nouveaux outils et méthodes, et induit des modifications substantielles des processus et des usages. Il s’agit d’une transformation inéluctable et multidimensionnelle, comportant un fort potentiel disruptif, ainsi que son lot de risques à comprendre et à maîtriser. En Afrique plus qu’ailleurs, le digital incarne un potentiel énorme, et offre l’opportunité d’inventer de nouvelles modalités de services pour l’éducation, la formation ou la santé, d’ouvrir les sociétés à de nouveaux savoirs, de rendre l’économie plus inclusive, efficace et innovante. Cela passe à la fois par un développement des capacités techniques des pays, afin d’exploiter le plein potentiel du digital, mais également par un renforcement des compléments analogiques que sont les capacités, institutions, régulations1. Il s’agit du socle sur lequel pourra s’appuyer la transformation digitale. Sans un renforcement des capacités éducatives et sociales, des institutions des pays permettant stabilité et croissance, et de la régulation offrant un cadre législatif propre au développement d’entreprises innovantes, la transformation digitale des pays africains n’atteindra pas son plein potentiel. Il faut préciser qu’en Afrique Occidentale et Centrale, dans les grandes villes sont bien desservies, et c’est pourquoi des mesures idoines doivent être prises pour que l’internet 1

Source : AFD « Un outil puissant mais ambivalent au service du développement durable ».

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profite au plus grand nombre. Nous allons ainsi appesantir notre étude en Afrique Francophone Occidentale. Au regard du temps imparti, seuls les propositions concrètes seront abordées.

I. Infrastructure L’accès à Internet, élément clé de la transformation digitale en Afrique (Avec plus de 435 millions d’internautes2, l’Afrique accélère sa transition numérique et se positionne désormais comme un acteur clé et dynamique dans le domaine du digital). L’accès à Internet (via smartphone ou ordinateur) nécessitent au préalable que les infrastructures locales soient en mesure d’assurer un accès Internet à la population. De nombreux investissements ont été réalisés en Afrique afin d’améliorer les infrastructures de télécommunication du continent : amélioration de l’accès au réseau 4G, installation de câbles sous-marins de fibre optique, etc. Ces avancées technologiques permettent désormais à l’Afrique d’avoir un taux de pénétration d’Internet de 34%3, en constante évolution face aux besoins et usages du continent. Néanmoins des écarts importants subsistent d’une région à l’autre du continent. Ainsi, alors que la région nord-africaine enregistre un taux moyen d’accès à Internet de 49%, cette proportion n’est que de 12% dans le centre de l’Afrique. Le développement d’infrastructures est nécessaire pour réduire ces disparités, ce qui implique d’importants investissements. Plusieurs projets notables d’infrastructures permettant l’accès à Internet sont déjà financés par les bailleurs de fonds : •

L’installation de 3000 km de fibre optique en Afrique4 en 2017, notamment à destination des pays et régions les plus enclavés comme la Dorsale Transsaharienne au Niger (financée par la Banque Africaine de Développement).

•

La construction de parcs de technologies numériques au Sénégal et au Cap Vert (financée par la Banque Africaine Développement)5.

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Source: We Are Social & Hootsuite, Rapport Digital 2018 Source: We Are Social & Hootsuite, Rapport Digital 2018 4 Source : Banque Africaine de Développement, « Transports et TIC au service du développement en Afrique », 2018 3

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•

La conduite de projets d’études et d’accompagnement à la mise en place d’un réseau de fibre optique au Gabon (financée par la Banque Africaine de Développement) en 20186.

•

L’amélioration des infrastructures de télécommunication entre le Cameroun, la Centrafrique, le Tchad, Sao Tomé-et-Principe, le Congo et la RDC en Octobre 2017 (financée par la Banque Mondiale)7

•

Le développement du programme pour la Transparence et les Infrastructures de Télécommunications au Kenya, financé par la Banque Mondiale8, dont l’objectif est entre autres, de contribuer à baisser les prix de l’accès aux nouvelles technologies d’information et de communication, notamment par la mise en place d’infrastructures réseau. Ce projet de plus de 30 millions de dollars a par exemple permis la mise en place de deux câbles de réseau sous-marins jusqu’à la ville portuaire de Mombasa.

•

Le programme de dorsale de télécommunications en Afrique Centrale financé par la Banque Mondiale9 pour améliorer la qualité des infrastructures et promouvoir le libre accès à une connectivité nationale et internationale10.

•

Le programme Umojanet financé par le ITF (Infrastructure Trust Fund), fonds d’infrastructure de l’Union Européenne - Afrique pour le développement, accompagne la structuration des infrastructures d’accès à Internet en Afrique. Entre 2007 et 2010, plus de 208,9 millions d’euros ont été alloués à ce projet pour le développement d’infrastructures de fibre optique dans 29 pays africains11.

•

Le projet de réseau de câbles sous-marins d’Afrique de l’Est (EASSy) financé à hauteur de 170 millions de dollars par la Banque Européenne d’Investissement, la

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Source : Groupe de la Banque Africaine de Développement « La BAD va dégager 70 millions d’euros pour la construction du Parc technologique numérique du Sénégal et Rapport d’évaluation du projet de parc technologique au Cap Vert. 6 Source : La Banque Africaine de Développement « African Development Bank supports Gabon’s Optic Fiber Backbone Project » 2018. 7 Source : La Banque Mondiale, « Le Gabon : premier pays connecté aux TIC en Afrique centrale et de l’Ouest grâce à des investissements judicieux », 2018. 8 Source : La Banque Mondiale, « Kenya Transparency and Infrastructure Projet Additional Financing 2 », 2014 9 Source : Programme de dorsale de télécommunications en Afrique centrale – APL4 – Gabon », 2012 10 Source : Programme de dorsale de télécommunications en Afrique centrale – APL4 – Gabon », 2012 11 Source : « Africa-EU Partnership : Towards a major ICT broadband in Africa » site Internet du partenariat Union Africaine – Union Européenne

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Banque Africaine de Développement, l’Agence Française de Développement et la KFW12. Ces projets prennent part à des chantiers régionaux, ou accompagnent les programmes de stratégie numérique définis par les gouvernements, pour lesquels des investissements en termes d’infrastructures sont nécessaires. L’accès à la connectivité au haut débit constitue un besoin vital de nos pays, nos économies en sont aujourd’hui profondément ancrées. Les opérateurs de télécommunications contribuent au développement des infrastructures telco (cœur réseau, réseau d’accès). Au côté des opérateurs se trouve des projets de l’Etat portée par les agences nationales (ADIE au Sénégal ANSI au Niger. ...). Ces agences nationales, fournissent la connexion internet gratuitement dans les zones urbaines, différentes technologies sont utilisées, (WIFI, Dellon internet) pour adresser le grand public.

II. Des stratégies nationales et les visions de digitalisation en Afrique Un nombre croissant de pays africains ont mis en place des stratégies de développement du numérique. Ainsi, au Maroc, le plan « Numeric Maroc 2020 » a pour ambition de permettre de se positionner comme hub régional numérique. L’Agence de Développement Digitale13 a par ailleurs été créée en 2017 pour favoriser la diffusion des outils numériques dans le Royaume et le développement de leur usage. L’objectif de l’agence est d’exécuter la stratégie de l’Etat en matière de développement de l’économie numérique et d’accélérer la transformation digitale. De nombreux pays africains ont mis en place des plans nationaux de stratégie digitale mettant l’accent sur divers aspects de la digitalisation. C’est le cas des plans Tunisie Digitale 202014, ou encore Sénégal Numérique 2025. L’objectif est de favoriser l’économie numérique et de promouvoir l’utilisation des outils digitaux parmi les citoyens.

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Banque européenne d’investissement « Consensus sur le projet de réseau de câbles sous-marins d’Afrique de l’Est (EASSy. 13 Source : Royaume du Maroc, Secrétariat Général du Gouvernement, « Bulletin Officiel », 2017 14 Source : République Tunisienne, Ministère des Technologies de la Communication et de l’Economie Numérique, « Plan National Stratégique Tunisie Digitale 2020 »

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Certains pays comme le Rwanda, ont misé avant tout sur le développement de l’accès à Internet. C’est ainsi que le président rwandais, SE Mr Paul Kagame déclarait en 2014 « Internet est un bien de première nécessité, au même titre que l’eau et l’électricité »15. Et de fait, le taux de pénétration d’Internet a enregistré une croissance de 8900% entre 2005 et 2010. Ce développement favorable a poussé l’UNESCO16 à citer en 2017 le Rwanda comme un exemple de réussite de la croissance d’Internet dans le monde. On peut également mettre en avant l’Ouganda, qui a développé une stratégie nationale pour le développement du réseau Internet dans le pays17 et qui se positionne à la septième place des pays africains en termes d’utilisation d’Internet18. La transition digitale des pays africains passe donc par les usages des citoyens, mais elle se fait également par une évolution en interne. C’est pourquoi certains pays d’Afrique ont mis en place des stratégies de digitalisation de leurs services publics, opérant une véritable transformation digitale au niveau gouvernemental. Une stratégie notamment mise en place par le Gabon, qui a lancé en 2017 une grande réforme de la fonction publique, par le biais de sa digitalisation, avec l’appui de la Banque Mondiale19.

III.

Les stratégies de partenariat avec bailleurs des fonds.

Dans le rapport Digital Dividends publié en 201620, la Banque Mondiale cite la compétition de marché, la régulation efficace des marchés de TICs et les partenariats publics privés, comme les premières clés de l’investissements dans les TICs, favorisant la réduction du fossé digital dans les pays africains. Selon le bailleur, l’encouragement des financements privés et le développement de ces partenariats est ce qui permettra de rendre accessible la connectivité pour le plus grand nombre. Pour de nombreux bailleurs, l’évolution du digital dans les pays en développement, et particulièrement en Afrique, est désormais une priorité. On comptabilise en 2018 plus de 205 projets de développement du digital et transports au sein de la Banque Mondiale, qui représentent plus de 39 milliards de dollars américains, dont 1,2 milliards alloués à des 15

Source : L’Usine Digitale, « Silicon Africa : Kigali, la volonté politique de faire du digital une priorité », 2015 Source : Agence Ecofin, « l’Unesco présente le Rwanda comme l’un des exemple réussis de développement d’Internet en Afrique », 2017 17 Source: The Republic of Uganda, Ministry of Information and Communications Technology, « The National Broadband Strategy for Uganda (2016 – 2020) » 18 9 Source: It News Africa, « Nigeria leads Africa’s 7 Highest Internet Using Countries », 2017 19 Source : La Banque Mondiale, « eGabon », 2016 20 Source : La Banque Mondiale, « World Development Report 2016, Digital Dividends », 2016 16

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projets spécifiquement digitaux21. En outre, plus des trois quarts des projets financés par la Banque incluent à minima une composante digitale. Pour articuler cette stratégie et assurer la présence d’un pôle d’expertise, les institutions financières ont développé, au cours des années, des pôles digitaux au sein de leur organisation. C’est le cas de la Banque Mondiale où celui-ci inclus la practice Transport and Digital Development. Ce pôle pour le développement du digital de la Banque Mondiale où celui-ci se concentre autour de trois objectifs principaux22 : •

La connectivité pour tous : la première étape pour maximiser les dividendes de la transformation digitale est d’assurer un accès à Internet le plus large possible, et que celui-ci soit abordable pour le plus grand nombre. Actuellement, plus de quatre milliards de personnes n’ont pas accès à une connexion stable. Sans cela, la transition digitale des pays africains ne pourra bénéficier au plus grand nombre.

•

Le développement du e-gouvernement : l’utilisation du digital pour faciliter l’accès des citoyens aux services fournis par leur gouvernement, et renforcer l’efficacité des services publics dans les pays en développement est l’un des piliers du travail de transformation digitale en Afrique. Sur les 193 pays de l’ONU, l’ensemble de ces pays disposent de sites Internet nationaux, dont 101 offraient la possibilité d’ouvrir un compte personnel en ligne. Par ailleurs, 190 pays ont déjà mis en place des systèmes automatisés de gestion financière, permettant par exemple de traiter les formalités douanières ou l’administration des impôts. De fait, les pays africains investissent massivement dans le digital pour moderniser leur administration, et se font accompagner dans cet ouvrage par les bailleurs de fonds, la Banque Mondiale en premier lieu. Néanmoins, comme le rappelle la Banque dans son rapport sur les dividendes digitaux publié en 201623, ces investissements concernent encore principalement l’automatisation de services et l’amélioration de l’efficacité, et ne sont pas encore tournés vers l’optimisation de l’accueil des citoyens.

21

Source : La Banque Mondiale, « The Transport and Digital Development Global Practice » Source : La Banque Mondiale, « Digital Development » 23 20 Source : La Banque Mondiale, « World Development Report 2016, Digital Dividends », 2016 22

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•

Le partenariat pour le développement du digital et de l’innovation : son objectif est d’opérationnaliser le Rapport pour les dividendes digitaux de 2016 qui constitue la ligne stratégique de la Banque Mondiale en termes de développement du Digital.

Ce partenariat vise à faciliter l’accès des pays en développement aux solutions digitales, en mettant l’accent sur les secteurs suivants : •

Le traitement des données et la mise en place d’indicateurs ;

•

L’instauration d’un environnement économique favorisant l’économie digitale ;

•

La cybersécurité ;

•

L’accès à Internet pour tous ;

•

La mise en place d’un gouvernement digital ;

•

Le développement des services digitaux, solutions et plateformes.

De son côté, la stratégie de l’Union Européenne au regard du développement du numérique en Afrique s’appuie sur trois piliers : •

Le développement d’un cadre réglementaire favorable au développement des TICs, et l’harmonisation de ces règles entre les pays africains et l’Union Européenne ;

•

L’interconnexion des réseaux de recherche et d’éducation ;

•

Le soutien au développement d’infrastructures techniques pour le développement des TICs en Afrique et le libre accès à Internet.

IV.

Les visions et de digitalisation en Afrique.

Dans certains cas, la transformation digitale des pays africains s’est faite en grande partie avec le concours d’une ou plusieurs institutions financières internationales. C’est le cas au Gabon où la Banque Mondiale a pris une part active dans la mise en place de la réforme de l’administration gabonaise24 avec par exemple la création d’un système informatisé du personnel de la fonction publique. Par ailleurs, cet accompagnement s’étend aussi au secteur de la santé. C’est ainsi que le projet eGabon25 lancé par la Banque Mondiale vise à créer un véritable système de santé en ligne. L’objectif du projet est double : d’une part améliorer l’accessibilité à l’information de santé, d’autre part de favoriser le

24

République Gabonaise, Ministère de la Fonction Publique, de la Modernisation du Service Public, Chargé de la Réforme de l’Etat, « Réforme Administrative : La Banque Mondiale fait le point », 2018 25 Source : La Banque Mondiale, « Gabon : projet de dématérialisation », 2016

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développement et la mise en place d’applications et de services digitaux dans le secteur de la santé. L’objectif est de répondre au mieux aux besoins des citoyens gabonais en faisant usage des outils numériques, et, de la même manière, d’opérer une réforme en profondeur du système public gabonais. En ce sens, la Banque Mondiale joue un véritable rôle d’impulsion sur la forme que prend la transformation digitale dans le pays et va au-delà du simple accompagnement du Gabon dans l’opérationnalisation de sa stratégie numérique.

V. Propositions Pour réduire la fracture numérique en Afrique, les seules réponses technologiques ne suffisent pas. Il est également nécessaire de mener une étude en amont qui consiste à prendre certains paramètres importants (identifications couches sociales, nature des besoins, …etc). Très souvent, on fait appel aux compléments qui correspondent aux éléments ne relevant pas des nouvelles technologies mais permettent le développement d’une véritable économie numérique, tels que l’accès à l’éducation, la mise en place d’un cadre réglementaire clair et structuré, d’infrastructures adéquates, qui sont autant de prérequis pour l’installation d’une transformation numérique durable. L’OIF a bien compris les enjeux d’où l’implication de l’ESMT pour apporter sa plus – value et sa visibilité dans cet écosystème. La transformation numérique doit s’appuyer sur ces compléments. La mise en place d’un cadre réglementaire propice au numérique permet par exemple d’assurer un environnement favorable à l’innovation, l’entrée de nouveaux acteurs et la concurrence. Dans cette démarche, l’ESMT a mis en place des programmes de formation en régulation de l’économie numérique dans les pays de la zone UEMOA. Ces formations de haut niveau sont organisées avec des partenaires techniques qui sont GSMA et l’UIT. Nous capitaliserons sur ces expériences pour accompagner l’OIF dans ses ambitions sur la régulation. L’accès à des formations nécessaires pour que les utilisateurs comprennent le fonctionnement des infrastructures qui sont mises en place sont nécessaires. En parallèle, la création de structures et de directions influentes assure une véritable possibilité 12 |


d’intégrer les nouvelles techniques et innovations dans leur façon de travailler. Ces compléments analogiques permettront d’utiliser tout le potentiel des infrastructures et créer une vraie dynamique de développement. Dans ce cadre précis, l’ESMT, avec sa capacité de couvrir l’espace francophone en Afrique, pourra aider à mettre en place le dispositif pour cette notion de formation évoquée ci haut. Nos propositions tiennent compte de plusieurs paramètres : 1- La zone géographique (zone urbaine, zone rurale) ; 2- Le niveau de vie (Salaire, rémunération) : couches sociales ; 3- L’âge des potentielles cibles ; 4- Les usages (service administratif, e-commerce, réseaux sociaux).

1ère Proposition : -

Zones Urbaines : Nous proposons une zone verte connectée : le Niger expérimente des zones couvertes par internet où la population se connecte gratuitement. Ce scenario est facile à implémenter car chaque ville dispose d’une couverture Radioélectrique (réseau) assurée par les opérateurs Télécoms du pays.

-

Zones Reculées : ou zones non privilégiées, c’est le cas des villages, des hameaux. Il faut noter que le fossé numérique s’exerce dans ces régions abandonnées par les infrastructures car économiquement ces zones ne sont pas rentables pour les opérateurs. L’OIF doit accentuer ses efforts sur cette niche pour les aider à se connecter. Les propositions sont concrètes ; elles sont issues de notre retour d’expérience dans la région Ouest et Centrale Africaine.

2ème Proposition : Projet Ecole Connectée Ce projet vise à démocratiser l’accès d’internet dans les écoles de zones reculées. Elle consiste à mettre en place de réseaux locaux dans les écoles.

3ème Proposition : Projet une famille- une machine : Tout projet d’internet ne peut aboutir sans disposer de machine /Ordinateur. L’idée est de mettre à la disposition de famille modeste un ordinateur subventionné. L’OIF avec les partenaires financiers trouveront le modèle économique pour la mise en place d’une telle initiative. 13 |


4ème Proposition : Village connecté L’idée consiste à faciliter l’accès à l’internet dans des villages identifiés. Il consiste à la mise en place des bornes internet ou des connexions VSAT.

5ème Proposition : Energie Solaire et Renouvelable Il faut noter que l’Energie fournie par les réseaux d’électricité ne sont drainés dans toutes les zones reculées, certainement parce que non rentables pour les sociétés nationales d’électricité (SENELEC, NIGELEC etc). L’objectif est de garantir la continuité des services en mettant à la disposition des équipements une recharge (borne Solaire) pour alimenter gratuitement en énergie les équipements (ordinateurs...).

Conclusion L’ESMT, de par son expertise pourra apporter sa contribution à trois niveaux : a) L’accompagnement dans la rédaction de cahier de charges techniques pour le choix des fournisseurs, des solutions techniques et fonctionnelles et l’élaboration du SLA (contrat de maintenance), b) La formation : L’ESMT prendra en charge la formation des utilisateurs cibles de la Francophonie, du niveau le plus élémentaires aux niveaux avancés. c) L’ESMT pourra assurer aussi le suivi sur la durée de la qualité des services (QoS) des équipements installés et l’employabilité des personnes formées sur le marché du travail. d) L’ESMT propose, dans les zones reculées des formations de courtes très pointues adaptées aux couches socio-professionnelles (Académie code). Au cas échéant, cette formation pourra donner les compétences pour la création d’entreprises. L’ESMT pourra ainsi proposer un schéma d’accompagnement vers la création d’entreprises par la montée en compétences. Nous tenons à préciser que l’ESMT dispose d’un incubateur dédié à ce métier d’accompagnement de jeunes talents.

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Nous disposons d’un département en Management piloté par un enseignent – chercheurs et plusieurs autres encadreurs de haut niveau dédiés à la matière. L’ESMT est centre d’excellence de l’UEMOA et l’UIT, ce qui donne la légitimité et la capacité de gérer des projets régionaux à haute portée et de valeurs ajoutées dans le domaine du numérique.

Bibliographie et Webographie - Bailleurs et digitalisation en Afrique : livre Blanc, BearingPoint https://www.banquemondiale.org/fr/topic/digitaldevelopment/overview?ci d=ecr_hp_worldbank_fr_ext - CONFEJES:https://confejes.org/actualites/le-secretaire-general-de-laconfejes-participe-a-la-1ere-reunion-du-groupe-de-travail-sur-le-numerique/ - OSIRIS, Observatoire sur les Systèmes d’Information, les Réseaux et les Inforoutes au Sénégal :http://www.osiris.sn/+-Economie-+.html - https://www.socialnetlink.org/2018/12/le-numerique-moteur-decroissance-pour-lafrique/

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