Syndicaliste le rendez- vous des milit ant.e.s de la CSC / 25 mai 2022 / n° 967
Interim United Le syndicat des intérimaires 11-14 Manif du 20 juin Tous dans la rue pour de meilleurs salaires
7 Malades de longue durée S’attaquer au travail qui rend malade
24 16 juin Grève de la Ligue des travailleuses domestiques
Bimensuel édité par la Confédération des syndicats chrétiens | chaussée de Haecht, 579 | 1031 Bruxelles | Bureau de dépôt Gand X | P 912043
EN ACTION
Sommaire 2 2 3 11-14 24
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BOÎTE À OUTILS Brochure «Vacances annuelles 2022» EN ACTION 20 juin: le personnel du nettoyage à l’honneur Hausse des prix et libertés syndicales: la lutte continue… Manif du 20 juin: tous dans la rue pour de meilleurs salaires 16 juin: la Ligue des travailleuses domestiques en grève NOUVELLES Concertation sociale: sept dossiers dans le ciel CHU Saint-Pierre de Bruxelles: la direction veut privatiser le service de gardiennage LÉGISLATION SOCIALE Malades de longue durée: s’attaquer au travail qui rend malade Des horaires de travail flexibles… Vous pouvez en demander
INTERIM 9 et 16 Interim United: un soutien syndical dédié aux intérimaires 10 et 15 Affiche: Les intérimaires méritent le respect 17-19
SANS FRONTIÈRES Conférence internationale du travail: sur fond de double crise
SUR LE TERRAIN 20-21 LeasePlan: Faire connaître l’action syndicale 22-23 Berry BPI: «On ne peut pas continuer comme ça»
20 juin: le personnel du nettoyage à l’honneur Ce 20 juin 2022, mettons à l’honneur le personnel de nettoyage: techniciennes de surface dans les entreprises, aide-ménagères, balayeurs de rue, éboueurs, laveurs de vitres… et tant d’autres! Leur travail est essentiel et mérite notre respect et notre reconnaissance. Comme chaque 20 juin, la CSC Alimentation et Services organise la «Journée des Pros du nettoyage» pour, d’une part, remercier le personnel de nettoyage et, d’autre part, demander plus de respect et de reconnaissance pour ces travailleuses et travailleurs. Ce 20 juin sera aussi le jour de la grande manifestation syndicale contre la loi sur la norme salariale (voir pages 11 à 14). Les deux sont liés, car le personnel de nettoyage perçoit de faibles salaires et est très affecté par l’augmentation du coût de la vie, notamment le prix des carburants que les travailleurs doivent supporter pour se rendre d’un client à l’autre. Une présence massive et bien visible de travailleuses et travailleurs du nettoyage est prévue en tout début de manif. Pour remercier le personnel de nettoyage dans votre entreprise, apposez l’affiche de la CSC Alimentation et Services sur le tableau d’affichage de votre syndicat et ailleurs dans votre entreprise (demandez-là à rachel.michel@acv-csc.be). Prévoyez également un cadeau pour remercier les nettoyeuses et agents d’entretien de votre entreprise ou de votre domicile. N’hésitez pas à liker et partager les posts Facebook: www.facebook.com/CSCjourneedesprosdunettoyage.
colophon Photo de couverture: Shutterstock Rédaction: BP 10 - 1031 Bruxelles Secrétariat de rédaction: Donatienne Coppieters - Tél.: 02.244.32.83 Courriel: dcoppieters@acv-csc.be Site Internet: www.lacsc.be Éditrice responsable: Dominique Leyon Traduction: Ilse Cambier, Mylène Demeure, Pascal Drèze, Riccardo Riva, Anne Scieur, Isabelle Tuteleers, Hilde van Lancker. Lay-out: Gevaert Graphics Imprimerie: ‘t Hooft
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Préparez les vacances annuelles La brochure «Vacances annuelles 2022» passe en revue la législation en vigueur en matière de période, durée et jours de vacances, de pécule de vacances des ouvriers, des employés, des agents des services publics, des jeunes diplômés et des chômeurs. Elle vous présente le minimum légal. Existe-t-il éventuellement un régime plus favorable dans votre secteur? Informezvous auprès d’un délégué CSC de votre entreprise ou dans un centre de services CSC (adresses et heures d’ouverture sur www.lacsc.be/contactez-nous) pour le savoir. La brochure peut être téléchargée sur www.lacsc.be/ la-csc/publications/brochures/legislation-sociale | SYNDICALISTE 967 | 25 MAI 2022 |
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EN ACTION
Le 13 mai à Liège.
Hausse des prix et libertés syndicales
La lutte continue…
Face à la continuelle hausse des prix de l’énergie et des produits de consommation, portés par le succès de la pétition contre la norme salariale («loi de 96») et dans la foulée des manifestations régionales des 24 mars et 22 avril, les syndicats ont encore organisé le 13 mai une journée d’actions en régions pour faire entendre le ras-le-bol des travailleurs. Objectif: augmenter les salaires et le pouvoir d’achat, baisser les prix de l’énergie et garantir les libertés syndicales. Prochain rendez-vous, national cette fois: le 20 juin à Bruxelles. Les 24 mars et 22 avril, les syndicats dénonçaient une envolée des prix devenue exorbitante pour les travailleuses et travailleurs, avec et sans emploi. À tel point que le fait d’aller travailler engendrait un coût pour nombre d’entre elles et eux. Mais patronat et gouvernement, à l’unisson, sont demeurés sourds à leurs revendications. Quant aux libertés syndicales, socles de l’ensemble des conquêtes sociales, elles sont bafouées toujours plus, dans l’unique but de museler la riposte syndicale. Les condamnations de syndicalistes se multiplient, créant un dangereux précédent pour l’ensemble des luttes sociales. Or, les actions syndicales demeurent le meilleur moyen de porter la voix de celles et ceux qui ne peuvent se faire entendre au quotidien. Pour que se poursuivent les combats, il est indispensable de pouvoir les mener sans entrave!
Lâcher de ballons à Liège La CSC Liège-Verviers-Ostbelgien et la FGTB Liège-Huy-Waremme ont, par consé-
quent, décidé de repartir au front le 13 mai. Pour défendre à la fois l’indispensable pouvoir d’achat des travailleuses et des travailleurs, avec et sans emploi, et les libertés syndicales qui constituent la meilleure arme de défense de leurs intérêts. Face au silence assourdissant des représentants politiques, la CSC a réuni ses militantes et militants boulevard Saucy afin de leur envoyer un message fort. Un lâcher de ballons a eu lieu depuis la passerelle avec des messages destinés au monde politique. Le cortège a ensuite rejoint la place Saint-Lambert pour retrouver le front commun.
TotalEnergies: plus qu’un symbole À Marchienne-au-Pont (Charleroi), plusieurs centaines de travailleurs se sont rassemblés dès 6h30 devant la centrale électrique exploitée par l’entreprise TotalEnergies pour une action coup de poing mise sur pied par le front commun syndical dans le cadre de leur mobilisation contre la hausse des prix. | SYNDICALISTE 967 | 25 MAI 2022 |
Les syndicats ont bloqué l’entrée du site et ont déployé plusieurs messages faisant référence à leurs revendications en faveur d’une modification de la loi de 1996 qui encadre l’évolution des salaires, d’une baisse des prix de l’énergie, du remboursement des frais de déplacement, d’une augmentation du pouvoir d’achat et de la liberté d’action collective. «TotalEnergies c’est, pour le premier trimestre 2022, déjà plus de 5 milliards de bénéfices. L’année dernière, ils ont distribué plus de 7 milliards de bénéfices à leurs actionnaires. Alors qu’aujourd’hui, au 13 du mois, des travailleurs n’ont déjà plus d’argent sur leur compte!», témoigne un délégué sur le piquet. En menant une action devant le site de TotalEnergies, les syndicats ont choisi une entreprise symbole de lobbying, de répartition inégale du gâteau entre actionnaires et travailleurs et de hausse des prix de l’énergie.
Prochain rendez-vous le 20 juin pour une grande manifestation nationale à Bruxelles. Infos: • voir pages 11 à 14. • www.lacsc.be/20juin • Utilisez l’affiche à l’intérieur de ce numéro (p.12-13).
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NOUVELLES
«Sept chevaux dans le ciel» chantaient autrefois les Pebbles. Par analogie, sept dossiers difficiles sont aujourd’hui soumis pour avis aux représentants des employeurs et des syndicats dans le cadre de la concertation sociale.
Concertation sociale: sept dossiers dans le ciel Le Covid-19 n’a pas complètement disparu. Toutefois, la situation est suffisamment bonne pour que la majorité des mesures sanitaires restantes soient supprimées. L’obligation du port du masque disparait en grande partie, y compris dans les transports publics. De nouveaux assouplissements ont été décidés pour les voyages internationaux. Le baromètre corona a quant à lui été mis de côté. Telles sont les décisions prises par le comité de concertation du 20 mai. Même si ces mesures sont à prendre avec précaution car le danger d’une nouvelle vague d’infection n’est pas écarté. Pour l’instant, on pourrait penser que le gouvernement fédéral, libéré du joug du Covid-19, se pencherait sur d’autres dossiers avec vigueur et dynamisme. Au moment où nous écrivons ces lignes, il n’en est rien. Le fait que la concertation sociale soit en panne n’aide pas non plus. «Seven horses in the sky», chantaient autrefois les Pebbles. Aujourd’hui, il est plutôt question de sept dossiers.
1. Accord sur l’emploi: le CNT entièrement divisé Le Conseil national du travail (CNT) a rendu un avis totalement divisé sur l’avant-projet de loi contenant des dispositions relatives au travail, mettant en œuvre le fameux accord sur l’emploi conclu au sein du gouvernement. La cause? Les employeurs ont soudainement changé d’avis et ne voulaient plus émettre la moindre remarque commune avec les syndicats. Le gouvernement doit donc maintenant procéder à une deuxième lecture du projet de loi. Le ministre du Travail, Pierre-Yves Dermagne, annonce maintenant qu’il va exiger toutes sortes d’améliorations à un texte qu’il avait déjà accepté. Nous n’en attendons pas grand-
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chose. Par ailleurs, l’avis du Conseil d’État n’est apparemment pas encore disponible, alors qu’il aurait dû l’être à la fin du mois d’avril. À suivre…
2. Politique asymétrique du marché du travail: par ouï-dire Lors de cette deuxième lecture en Conseil des ministres, des décisions devraient également être prises sur la «politique asymétrique du marché du travail». En d’autres mots, les Régions devraient recevoir plus de marges de manœuvre pour gérer ellesmêmes l’assurance-chômage. Aujourd’hui, il s’agirait provisoirement de trois dossiers: • l’inscription obligatoire des chômeurs temporaires comme demandeurs d’em| SYNDICALISTE 967 | 25 MAI 2022 |
ploi, afin que les services régionaux puissent les «activer»; • la possibilité, pour les services régionaux, de décider quel travail volontaire les chômeurs peuvent effectuer; • le cumul illimité des allocations de chômage avec les primes régionales de formation. En outre, il existe des projets d’arrêtés au niveau fédéral visant à encourager les chômeurs à travailler dans un métier en pénurie et/ou dans une autre Région, tout en conservant un quart de leurs allocations pendant trois mois au maximum. Toutes ces mesures sont prêtes. En principe, il est prévu de commencer le 1er juillet. Mais on ne sait pas encore quand le gouvernement fédéral va trancher, ni quand les interlocuteurs sociaux fédéraux seront impliqués, alors qu’il s’agit de l’assurance chômage, qu’ils financent en grande partie. À suivre.
3. Chômage temporaire: quid après le 30 juin? La situation est identique pour le chômage corona. En principe, le régime se termine à la fin du mois de juin. Ici aussi, les employeurs ont fait un virage à 180 degrés à un moment donné. Pour eux, le chômage corona peut se poursuivre jusqu’à la fin de
2022. Les interlocuteurs sociaux ont également remis un avis divisé sur cette question. En tant que syndicats, nous ne voulons plus entamer une nouvelle période de chômage corona sans aucune garantie de droits aux vacances à part entière pour 2023, sans aucun frein aux abus des employeurs, sans concertation dans les entreprises, sans aucun contrôle de la nécessité économique ou de l’inévitabilité due à la force majeure. Tout ceci a un coût pour les travailleurs et pour la sécurité sociale. Toutefois, l’avis du CNT contient un certain nombre de propositions communes visant à prendre une série de mesures transitoires et à apporter des corrections en cas de passage aux systèmes traditionnels. L’une d’entre elles est la demande commune de supprimer le durcissement de la condition d’éligibilité au chômage économique, introduit en 2016, de sorte que les personnes qui viennent d’être embauchées ont également droit à des allocations si elles se retrouvent rapidement au chômage économique. Là aussi, nous attendons maintenant une décision du gouvernement. Sauf que cette fois-ci, le temps presse. Le 1er juillet approche à grands pas. Les entreprises, les secrétariats sociaux, les syndicats et la Capac doivent s’y préparer. Peut-être les employeurs spéculent-ils à nouveau sur le fait que le passage aux systèmes traditionnels n’interviendra pas à temps et que le gouvernement sera donc contraint, comme il l’a fait en mars, d’ajouter quelques mois supplémentaires. À suivre.
nuerons à appliquer des sanctions aux employeurs et aux travailleurs. Entretemps, en plus des projets de loi relatifs aux sanctions pour les malades, un projet d’arrêté est également soumis au comité de gestion de l’Inami. À suivre. Le CNT est également saisi d’une proposition visant à supprimer le certificat médical du médecin pour un maximum de trois jours par an. Le gouvernement attend cet avis avant d’aller de l’avant. En attendant, les médecins augmentent la pression pour se débarrasser de cette paperasse. À suivre.
5. Intervention dans les coûts de l’énergie: entre 30 millions et 6,5 milliards
4. Retour au travail: des sanctions sévères
Entretemps, les travailleurs continuent d’être confrontés à une forte augmentation des coûts de l’énergie. Le coût des déplacements en voiture pour se rendre au travail ou entre les lieux de travail constitue un problème majeur. Le gouvernement a dégagé à peine 30 millions, à compléter par les interlocuteurs sociaux. Les syndicats n’en voient pas l’utilité, parce que 30 millions, ce sont des cacahuètes et avec des cacahuètes, on ne fait que des malheureux si on les répartit trop largement, et on crée des tensions entre les travailleurs si on ne les octroie qu’aux personnes les plus touchées. Depuis lors, le gouvernement est resté muet à ce sujet. La situation à l’extérieur du gouvernement est moins calme, le PS ayant désormais un plan de 6,5 milliards d’euros. Nous ignorons ce que le gouvernement va faire de ces 30 millions. À suivre.
Le CNT, mais aussi le Conseil supérieur de la prévention et de la protection au travail, ont travaillé d’arrache-pied pour formuler des conseils sur ce qu’on appelle la responsabilisation des entreprises et des malades pour le retour au travail des malades. Le principal message étant de ne pas brandir la menace de sanctions, mais de développer une approche positive et d’accompagnement. Rien de tout cela, affirme aujourd’hui le gouvernement! Nous conti -
Citons également les 80 millions alloués à la promotion de la pratique du vélo. Les interlocuteurs sociaux sont encore à la manœuvre sur ce point, via le CNT et le Conseil central de l’économie (CEE). Les employeurs préféreraient mettre eux-mêmes la main sur les 80 millions d’euros, par exemple pour des douches au travail pour les cyclistes, qui seraient fiscalement déductibles. Nous voulons généraliser l’indemnité vélo pour les employeurs. À suivre. | SYNDICALISTE 967 | 25 MAI 2022 |
6. Modification de la loi sur les services postaux: la distribution des colis assainie? La ministre Petra De Sutter avait visé haut avec une proposition d’amendement de la loi sur les services postaux afin de contrer les abus dans la distribution de colis. Ceci en réponse aux pratiques abusives de Post NL, auxquelles se sont récemment ajoutés les problèmes de sécurité routière. La consultation publique sur cette proposition est terminée. Le dossier est maintenant soumis au CNT et au CCE pour avis. Il sera difficile de parvenir à un consensus. Surtout quand on voit comment les organisations des Classes moyennes résistent via le Conseil supérieur des classes moyennes. Il en sera de même au sein du gouvernement même si, lors de l’élaboration du budget pour 2022, il a été convenu qu’une initiative serait prise. À suivre.
7. Loi sur la norme salariale: enfin entendus? Entretemps, nous sommes dans la dernière ligne droite vers la grande manifestation du 20 juin à Bruxelles contre la loi sur la norme salariale (voir p. 11-14). Cette action s’inscrit dans le prolongement de la campagne de pétition et des actions régionales. Avec 87.390 signatures, nous avons reçu bien plus que les 25.000 signatures requises et le Parlement est obligé de nous recevoir. Cette audience aura lieu le 29 juin (voir p. 14). Les parlementaires de la majorité ne vont pas pour autant immédiatement se mettre à rédiger une modification de la loi. Mais petit à petit, nous augmentons la pression. À suivre également. | Chris Serroyen |
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NOUVELLES
Le 2 mai, lors d’une réunion du personnel, l’intention de privatisation du service de gardiennage du CHU Saint-Pierre a été annoncée aux agents présents, «un véritable coup de massue pour les travailleurs».
CHU Saint-Pierre de Bruxelles
La direction veut privatiser le service de gardiennage Une nouvelle attaque frontale contre le service public est lancée au CHU SaintPierre. Le service de gardiennage de l’institution hospitalière, composé d’une trentaine d’agents, est menacé par une décision de privatisation par la direction de l’hôpital. «Cette décision est totalement incompréhensible au regard des nombreux services de qualité rendus par le personnel compétent, commente Benoît Lambotte, secrétaire régional CSC Services publics. Alors que la Direction tente d’imposer un nouvel horaire impactant le salaire des agents, elle prépare dans le même temps (période Covid) une liquidation pure et simple dudit service en le confiant à une firme privée bientôt désignée». La CSC Services publics ne peut tolérer une telle attitude alors qu’elle tente dans le même temps d’améliorer les conditions de travail du personnel de gardiennage soumis à un important stress au travail, quand il ne s’agit pas d’actes de violence verbaux ou physiques.
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Le 2 mai, lors d’une réunion du personnel, l’intention de privatisation du service a été annoncée aux agents présents. «Un véritable coup de massue pour les travailleurs, complètement perdus face à cette décision unilatérale et perçue comme une sanction parce qu’ils ont défendu leurs droits via leurs représentants syndicaux», explique Benoît Lambotte. Le 16 mai, la négociation extraordinaire organisée par la direction n’a pas permis de comprendre les raisons de cette décision. Aucune documentation, digne de ce nom et précisant les intentions de l’autorité quant au devenir du personnel, n’a été fournie! «Et pourtant, notre organisation syndicale a réclamé haut et fort cette documentation, ainsi que le prévoit le dispositif fixé par le statut syndical des services publics», souffle le secrétaire régional. La CSC Services publics est farouchement opposée à toute privatisation des services publics. Par ailleurs, cette décision bafoue complètement l’image de qualité des services rendus par le per| SYNDICALISTE 967 | 25 MAI 2022 |
sonnel, qualité largement louée notamment au plus fort de la crise Covid. «Nous ne comprenons pas pourquoi le personnel et les patients du CHU St Pierre ne pourraient pas continuer à bénéficier de cette qualité unanimement reconnue. Nous ne manquerons pas d’interpeller les autorités politiques bruxelloises concernées par ce dossier», prévient Benoît Lambotte. Et de conclure: «Nous réclamons des comptes quant à l’utilisation des deniers publics et nous demandons que la direction retire cette proposition de privatisation, de même qu’elle reprenne un vrai dialogue social afin de trouver d’autres solutions que de se ‘’débarrasser’’ d’un service utile au CHU St Pierre.» Un préavis d’actions syndicales pouvant mener jusqu’à la grève a été déposé le 17 mai pour l’ensemble du personnel du CHU Saint-Pierre. La CSC continuera à défendre le service public bec et ongles!
LÉGISLATION SOCIALE
Malades de longue durée S’attaquer au travail qui rend malade La CSC manifeste son incompréhension totale face au gouvernement qui s’obstine à vouloir imposer des sanctions aux malades de longue durée. De telles mesures de harcèlement ne sont pas efficaces et plongent les malades encore plus dans l’embarras. Elles font aussi l’impasse sur la cause principale d’un demi-million de malades de longue durée: le refus de s’attaquer au travail qui rend malade. Le ministre Vandenbroucke a annoncé le 13 mai que, dans le cadre de la politique de l’emploi, il maintient son intention de sanctionner financièrement les malades de longue durée, contre l’avis des experts, des associations de patients et celui, unanime, des interlocuteurs sociaux.
tourner le débat des causes réelles de l’augmentation du nombre de malades de longue durée».
Pour la CSC, c’est une mesure symbolique de harcèlement, ni plus ni moins. En effet, des études et des expériences menées à l’étranger révèlent que des sanctions en matière d’allocations ne fonctionnent tout simplement pas (que du contraire) pour que les malades de longue durée retrouvent un emploi.
«Il y a plus ou moins cinq ans, les mandataires politiques se contentaient encore de souscrire au moins du bout des lèvres, aux mesures préventives liées au travail faisable, ajoute Maarten Hermans. Aujourd’hui, c’est surtout l’individu qui est au centre des préoccupations. L’essentiel est que le travailleur malade puisse reprendre le travail – avec ou sans sanctions. Naturellement, ce n’est qu’un emplâtre sur une jambe de bois».
Agir sur les causes «Je ne comprends pas qu’un ministre de la Santé publique pense qu’imposer une sanction financière à un groupe qui peine à financer les médicaments nécessaires puisse être une bonne mesure, explique Maarten Hermans, expert CSC des questions liées au bien-être au travail. Les sanctions annoncées ne contribueront pas à remettre au travail un plus grand nombre de malades de longue durée. Par contre, elles sont très efficaces pour dé-
Tout comme elle a combattu cette «machine à licencier», la CSC continuera de s’opposer aux sanctions à l’encontre des malades de longue durée. Une question cynique reste en suspens: pendant combien de temps le monde politique s’obstinera-t-il, cette fois-ci, dans sa politique problématique, avant de renoncer également à cette mesure?
Arrêt de la «machine à licencier» Dans l’avis divisé qu’ils ont rendu le mois dernier à propos de la réintégration au travail des malades de longue durée, les interlocuteurs sociaux ne se contentent pas de désapprouver la démarche de sanction. Ils constatent également que les réformes positives proposées ne sont pas suffisantes pour faire face au défi énorme de l’entrée dans la maladie de longue durée. Les interlocuteurs sociaux invitent donc le gouvernement à s’associer à eux et à miser davantage sur des mesures de prévention supplémentaires. Parmi les réformes positives en discussion, citons par exemple l’arrêt de «la machine à licencier», qui consiste à user et abuser de la procédure de réintégration pour licencier des travailleurs malades. La CSC a insisté sur ce point dès | SYNDICALISTE 967 | 25 MAI 2022 |
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De plus, brandir la menace d’une perte de revenu mine la nécessaire confiance à l’égard du processus d’accompagnement, et risque de rejeter encore davantage dans la misère des personnes qui se trouvent déjà dans une situation très précaire. En effet, la moitié des ménages dont un membre est malade de longue durée éprouve déjà actuellement des difficultés à nouer les deux bouts et 40% d’entre eux doivent reporter des soins médicaux.
Ces causes sont en premier lieu la forte proportion d’emplois qui rendent malade, ainsi que le vieillissement de la population.
que la mesure a été introduite en 2016. Nous sommes heureux de constater que cet abus disparaîtra, après des pressions suffisantes et après que la Cour des comptes ait partagé notre analyse.
La moitié des ménages dont un membre est malade de longue durée éprouve des difficultés à nouer les deux bouts.
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LÉGISLATION SOCIALE
Un projet de loi transposant une directive européenne prévoit que les travailleurs ont le droit de demander des aménagements de travail adaptés, par exemple pour fournir des soins à un membre de leur famille. Mais le projet manque d’ambition.
Des horaires de travail flexibles… Vous pouvez en demander La presse titrait récemment «Des horaires de travail plus flexibles pour les travailleurs qui prennent quelqu’un en charge». Tout cela est en tout cas prématuré, puisque le projet de loi doit encore être déposé au Parlement. Toutefois, nous pouvons partir du principe que le projet de loi sera probablement adopté à la hussarde, puisque le texte manque d’ambition.
Directive européenne Le projet de loi vise à transposer une directive européenne de 2019 relative à l’équilibre entre vies professionnelle et privée pour les parents et les aidants proches. Cette directive stipule effectivement que les travailleurs ont le droit de demander des horaires adaptés, par exemple une diminution de leur nombre d’heures de travail (et donc de leur salaire). L’employeur peut refuser leur demande sans aucune difficulté, pour autant qu’il motive son refus. Malheureusement, ni la directive européenne, ni sa transposition belge ne prévoient que la concertation sectorielle ou dans l’entreprise puissent jouer un rôle. Pour ce motif, entre autres, la situation ne changera probablement guère sur le terrain. D’une part, il n’est aujourd’hui pas interdit de demander quelque chose à l’employeur (tels que des horaires adaptés, une diminution du temps de travail…). D’autre part, les travailleurs qui ont besoin de solutions structurelles en Belgique peuvent utiliser nos régimes de congés (crédit-temps,
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congé parental, etc.) qui compensent immédiatement la perte de revenus et garantissent la constitution de droits dans le cadre de la sécurité sociale. Par ailleurs, nous soutenons certainement la demande d’une flexibilité accrue pour le travailleur, par exemple pour ceux qui n’ont pas accès au télétravail. Ces travailleurs sont souvent prisonniers des horaires de travail existants, sans qu’ils n’aient la moindre possibilité de commencer à travailler une heure plus tôt ou une heure plus tard. Mais si une équipe est d’accord de commencer à travailler une heure plus tôt ou une heure plus tard certains jours, pour que cette personne puisse aller conduire ou rechercher ses enfants à l’école sans que cela ne perturbe l’organisation du travail, pourquoi ne pas le faire? Répondre à une telle demande nécessite une approche globale, pour l’ensemble du secteur ou de l’entreprise. De tels accords sont quasiment impossibles à conclure individuellement entre un travailleur et un employeur. Ce projet de loi pourrait faciliter la concertation et créer un cadre. | SYNDICALISTE 967 | 25 MAI 2022 |
Congé parental et congé pour soins Il est un thème que la presse n’aborde pas: la directive impose également des obligations aux États-membres en matière de congé parental et de congé pour soins. Ainsi, les États membres doivent prévoir une indemnité d’un montant suffisamment élevé pour le congé parental, afin que les deux parents puissent prendre ce congé. Autrement dit: il faut majorer les allocations, pour inciter aussi le conjoint dont les revenus sont les plus élevés, en général l’homme, à assumer ses tâches familiales. En matière de congés pour soins, la directive stipule que les travailleurs ont droit à cinq jours de congés pour soins par an. Ce droit peut aussi être effectivement mis en œuvre dans notre pays, mais sans rémunération. Un travailleur aurait droit à ce congé lorsqu’il doit assister un membre de sa famille ou un proche pour des raisons médicales impérieuses. Dans ce cas, il vaut mieux prendre un congé pour raison impérieuse, dont l’assimilation pour divers droits est réglée dans une certaine mesure. Même s’il est prévu, dans le cas du congé pour soins, qu’une indemnité puisse, à l’avenir, être instaurée. Bref, il ne s’agit malheureusement pas d’une conversion ambitieuse de la directive. | Piet Van den Bergh |
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INTERIM UNITED
42% des intérimaires ont moins de 25 ans.
Interim United Le syndicat des intérimaires Dans un contexte économique propice au recours à l’intérim et à son lot d’insécurités, voire d’abus, la CSC informe et soutient les travailleuses et travailleurs intérimaires. Grâce à vous, grâce à nos efforts collectifs, dans et en dehors des entreprises. L’intérim en Belgique, c’est beaucoup de travailleuses et de travailleurs: plus de 600.000 dont pas mal de jobistes étudiants. «Le secteur de l’intérim se porte bien. Il est très lucratif (et très concurrentiel, souvent au détriment de l’intérimaire) et, de ce fait, il y a de plus en plus d’acteurs sur le marché belge. Il n’y a quasi plus aucun secteur qui lui échappe», explique Eva Van Laere, coordinatrice de l’action Intérim de la CSC. L’intérim s’installe confortablement, comme en témoigne le développement des agences d’intérim «in house», installées au sein même de certaines entreprises. Si désormais le recours à l’intérim constitue pour beaucoup de jeunes – 42% des intérimaires ont moins de 25 ans – un passage presque obligé pour mettre le pied à l’étrier de l’emploi, c’est moins par choix que par nécessité. «L’accès direct au CDI n’existe quasiment plus, constate Jeanne Maillart, responsable des Jeunes CSC. Les premières semaines sont souvent bien vé-
cues, mais l’insécurité les rattrape rapidement: inquiétude de l’appel pour travailler la semaine suivante, impossibilité de se projeter dans le futur et, comme ils n’ont pas accès à la sécurité sociale, impossibilité de lâcher cet emploi. C’est un cercle vicieux qui les met dans une forme de dépendance vis-à-vis de leur contrat de travail intérimaire et qui les empêche d’accéder à l’autonomie.»
Intérimaires sans voix Le provisoire semble être la nouvelle norme. Pourtant, comme l’indique l’enquête réalisée par HIVA (KULeuven) en 2019, 66% des intérimaires souhaitent obtenir un contrat fixe. «Il est courant de voir des intérimaires qui prestent pendant des années avec des contrats hebdomadaires, relève Eva Van Laere. Dans une entreprise qui n’a pas de représentation syndicale, l’intérimaire se retrouve complètement seul sans voix. Et pour l’employeur, il suffit donc à l’agence d’intérim d’intégrer une période d’inactivité de plus de 7 jours calendrier pour remettre les compteurs à
zéro. L’intérimaire perd ainsi ce à quoi il a droit (salaire garanti en cas de maladie, constitution des droits de vacances…), c’est inacceptable. Là où il y a une représentation syndicale, le contrôle se fait par le biais des délégations et un dialogue se met en place.»
Défendre les intérimaires La CSC défend les droits des intérimaires depuis toujours, au niveau individuel et collectif. Parmi tous les travailleurs, ce sont sans doute les intérimaires qui ont le plus besoin de représentation syndicale et de défense, aux niveaux collectif et individuel. Ils sont souvent mal informés et n’osent pas faire valoir leurs droits de peur de ne plus avoir de boulot le lendemain. L’action collective et individuelle se mène à différents niveaux: • par le biais de l’accueil syndical, des contacts individuels et du contrôle syndical dans les organes de concertation des entreprises; • par le biais d’une assistance juridique en cas de conflit, des avis juridiques personnalisés, du suivi des dossiers de chômage, de la défense collective au >> Suite à la p. 16.
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alles is te duur!
Manif du 20 juin
Tijd voor actie!
Tous dans la rue pour de meilleurs salaires! Manifesteer mee op maandag 20 juni!
négociation constitue désormais un plafond qui ne peut être franchi Station Brussel-Noord / 11u sous peine d’amendes encore plus élevées à l’encontre des entreprises qui le feraient.
Vous voulez un salaire qui vous permet de vivre et de faire des projets? Dans ce cas, rendez-vous à la manifestation nationale du 20 juin à Bruxelles et appelez vos collègues et votre entourage à participer à l’action. La loi sur la norme salariale doit être modifiée en profondeur car elle ne laisse quasiment aucune marge pour des augmentations salariales. La CSC, la FGTB et la CGSLB contestent cette loi. Grâce à la pétition qu’ils ont lancée, les syndicats ont obtenu du Parlement qu’il consacre un débat le 29 juin sur cette loi. En organisant une grande manifestation à Bruxelles le 20 juin, nous exercerons une pression supplémentaire pour obtenir des salaires équitables et une augmentation du pouvoir d’achat. Quelques arguments…
>> Suite à la p. 14.
Infos pratiques
• Rendez-vous à 10h (départ à 11h) boulevard Albert II (gare du Nord) à Bruxelles. • Infos sur la manif et les indemnités et les transports vers Bruxelles: www.lacsc.be/20juin Inscrivez-vous dès maintenant à l’événement Facebook: www.facebook.com/events/690905425516798 Vous serez tenu informé des actualités et infos pratiques.
les | Olivier 1000 Bruxel
Il est temps
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d’agir!
Grande manif na967tio|n25aleMAI 2022 | lundi |2SYNDICALISTE 0 juin! Gare de Bruxelles-No
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Chiffres: inflation annuelle avril
jeter sur la voie publique. 1000 Bruxelles. Ne pas boulevard Baudouin 9,
SALAIRES
+ 21% + 0,4%
2021 versus avril 2022
Il est temps d’agir!
Grande manif nationale lundi 20 juin!
Gare de Bruxelles-Nord / 11h
| Thierry Bodson • (FGTB)
us avril 202
ESSENCE
+ 33,5%
Scannez le QR code pour plus d’infos
de Haecht 579, 1030 Schaerbeek
ard Baudo
(CGSLB), boulev
Valentin •
avril 2021 vers
Haute 42,
Chiffres: infla tion annuelle
DIESEL
+ 57,8%
ne Ska • (CSC), chaussée
Ne pas jeter
sur la voie
publique.
MAZOUT
+ 139,5%
| Olivier Valentin • (CGSLB),
GAZ NATUREL
+ 49,7%
, rue Haute 42, 1000 Bruxelles
ÉLECTRICITÉ
uin 9, 1000
CAFÉ + 14% PAIN, SANDW ICH + 10% PAPIER TOIL ETTE + 11% SPAGHETTI + 26% SALAIRES + 0,4%
Bruxelles.
👍
(FGTB) , rue
La loi sur la norme salariale est totalement axée sur la modération salariale. Notre pays ne pourra jamais gagner ce combat face aux pays à bas salaires. Notre avantage doit dès lors venir d’un haut niveau de qualification des travailleurs et de produits innovants. La loi sur la norme
Il y a d’autres points sur lesquels la loi relative à la norme salariale a été rendue plus restrictive en 2017: ainsi, la marge de
Bodson •
Formation et innovation
Un carcan beaucoup trop strict
| Thierry
La loi sur la norme salariale ne tient pas compte des subventions salariales que les pouvoirs publics accordent aux entreprises (8,4 milliards d’euros en 2019), ni du tax shift accordé par le gouvernement précédent. Ce tax shift a permis de ramener le taux officiel des cotisations sociales patronales de 33 % à 25 %, ce qui a rapporté annuellement 2,8 milliards d’euros aux entreprises. Selon le gouvernement Michel, cette mesure devait permettre de créer des «jobs, jobs, jobs». Des études scientifiques ont pourtant démontré qu’au lieu de créer des emplois, cet argent a servi à mieux rémunérer les actionnaires.
L’artifice des chèques consommation nets qui pouvaient en fin de compte venir en sus de la marge salariale n’enlève rien à nos critiques à l’encontre de la loi.
Schaerbeek
Des milliards de subventions salariales dont on ne tient pas compte
salariale inclut bien une amorce pour doper la formation, mais cette amorce reste sans suite faute de sanctions. En ce qui concerne les investissements dans la recherche et le développement, la loi sur la norme salariale se contente de quelques dispositions non contraignantes.
t 579, 1030
La loi sur la norme salariale ne tient pas compte de la productivité qui est plus élevée en Belgique que dans les pays voisins. Une rémunération équitable devrait suivre le rythme de la croissance de la productivité. Depuis 1996, les salaires belges accusent un retard de 12 % sur la croissance de la productivité.
La marge salariale que nous avons dû avaler lors de la concertation salariale interprofessionnelle précédente (pour les années 2021-2022) s’appliquait à tous les secteurs et à toutes les entreprises, y compris à ceux et celles qui se portent bien. Avec la crise du Covid-19, certaines ont continué à engranger des bénéfices plantureux.
ée de Haech
Le Belge est productif et n’est pas estimé à sa juste valeur
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11
VU: Dominique Leyon - ACV - Haachtsesteenweg 579, 1030 Brussel / Thierry Bodson – ABVV - Hoogstraat 42, 1000 Brussel / Mario Coppens – ACLVB – Boudewijnlaan 8, 1000 Brussel.
EN ACTION
Il faut
de meilleurs salaires!
La vie est chère.
ard Baudouin 9, 1000 Bruxelles.
Gare de Bruxelles-Nord / 11h
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Grande manif nationale lundi 20 juin!
Il est temps d’agir!
ER: Marie-Hélène Ska • (CSC), chaussée de Haecht 579, 1030 Schaerbeek | Thierry Bodson • (FGTB) , rue Haute 42, 1000 Bruxelles | Olivier Valentin • (CGSLB), boule
want
alles is te duur!
>> Suite de la p. 11.
En plus d’imposer des contraintes significative aux revenus des salariés, la loi sur la norme salariale prévoit aussi la possibilité de demander un effort équivalent aux autre revenus, dans son fameux article 14. Les revenus des dividendes sont par exemple concernés. Or, depuis l’instauration de la loi en 1996, l’article 14 n’a jamais été invoqué pour soutenir notre économie. Le choix politique est clair: les petits trinquent et on ne demande rien aux nantis. Cette situation est injuste. C’est la raison pour laquelle nous manifesterons le 20 juin. | David Vanbellinghen & Patrick Van Looveren |
Une audition au Parlement grâce à la pétition Les trois syndicats ont, par la voie officielle, organisé une pétition dans laquelle ils lançaient un appel pour modifier la loi sur la norme salariale. Une fois le seuil de 25.000 signatures atteint, le Parlement belge est obligé d’engager le débat sur la norme salariale. La pétition a rencontré un franc succès: 87.390 personnes l’ont signée. Une audition est prévue au Parlement le 29 juin.
De plus en plus dur... D’après les statistiques officielles de 2020: • 5% des Belges qui travaillent vivent dans la pauvreté: leur salaire est insuffisant pour nouer les deux bouts. • 1/4 des Belges (actifs et non actifs) n’est pas en mesure de faire face à une dépense imprévue. • 20% des Belges ne peut pas se permettre de prendre une semaine de vacances. Avec l’augmentation des prix, la situation ne cesse d’empirer.
Indemnité de grèveTijd voor actie!
Manifesteer mee
op maandag 20 juni!
Vous souhaitez participer à la manifestation mais vous devriez en principe travailler ce jour-là et vous n’avez pas d’autre possibilité d’être libéré? Vous subissez de ce fait une perte de salaire? Dans ce cas, vousBrussel-Noord avez droit/à11u une indemStation nité de grève, à condition de respecter certaines conditions.
Quand ai-je droit à une indemnité de grève de la CSC? Pour obtenir une indemnité de grève, vous devez être affilié à la CSC. • À partir de 6 mois d’affiliation, vous recevez l’indemnité complète. • À partir de 3 mois d’affiliation, vous recevez 50 % de l’indemnité. • À partir d’1 mois d’affiliation, vous recevez 25 % de l’indemnité.
À combien s’élève l’indemnité? Une indemnité de 30 euros est payée par jour de grève. Si vous participez à la manifestation du 20 juin, vous pouvez donc demander une indemnité pour un jour de grève. Pour vous rendre à la manifestation, vous pouvez utiliser les transports collectifs qui seront mis en place (voir ci-dessous «Transports collectifs»). Chaque participant a également droit soit à un lunch packet soit à une indemnité repas de maximum 10 euros.
Comment demander l’indemnité de grève? • Dans les entreprises où il y a une délégation syndicale CSC, les délégués CSC règlent l’indemnité de grève pour les travailleurs qui se rendent à la manifestation. • Dans les entreprises où il n’y a pas de délégation syndicale CSC, nous vous invitons à prendre contact avec votre fédération régionale CSC qui veillera à ce que l’indemnité de grève vous soit payée. Une attestation vous sera remise. Veillez à la compléter minutieusement. Vous devrez par exemple mentionner votre numéro de compte en banque et votre numéro d’affiliation à la CSC. Vous trouverez ce numéro sur www.macsc.be, sous «données personnelles» (connectez-vous avec votre e-ID ou via Itsme).
Transports collectifs Le 20 juin, des transports collectifs vers Bruxelles seront organisés dans toutes les provinces (train et/ou autocars). Vous trouverez les horaires par point de rassemblement ainsi que les formulaires d’inscription sur www.lacsc.be/20juin. Voor meer loon,
want
alles is te duur!
Tijd voor actie!
Faites Manifesteer mee entendre
votre voix op maandag juni! à la20manifestation du 20 juin!
Station Brussel-Noord / 11u
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VU: Dominique Leyon - ACV - Haachtsesteenweg 579, 1030 Brussel / Thierry Bodson – ABVV - Hoogstraat 42, 1000 Brussel / Mario Coppens – ACLVB – Boudewijnlaan 8, 1000 Brussel.
Et si on sollicitait les autres revenus?
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| SYNDICALISTE 967 | 25 MAI 2022 |
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VU: Dominique Leyon - ACV - Haachtsesteenweg 579, 1030 Brussel / Thierry Bodson – ABVV - Hoogstraat 42, 1000 Brussel / Mario Coppens – ACLVB – Boudewijnlaan 8, 1000 Brussel.
EN ACTION
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Une question survotre votretravail? travail? Une question sur A question aboutyour yourjob? job? A question about Heb een vraagover overjejewerk? werk? Heb je je een vraag
SPE CT
INTERIM UNITED
Interim United De nouveaux outils
>> Suite de p. 9. niveau sectoriel (CP 322 et Commission des bons offices), au niveau régional (commissions régionales d’octroi d’agréments pour les entreprises intérimaires) et au niveau national CNT (Conseil national du travail). «Les intérimaires qui travaillent dans une entreprise dans laquelle il n’y a pas de délégation syndicale peuvent bien sûr également s’affilier à la CSC au départ du site et s’inscrire en ligne», conclut Eva Van Laere. Face aux réalités du terrain, un service tel qu’Interim United, le nouveau nom donné à l’action Intérim de la CSC, se révèlera particulièrement utile à ses affiliés. | David Morelli |
Interim United, c’est aussi de nouveaux outils et de nouvelles actions en vue de se faire connaître auprès des intérimaires et de les encourager à s’affilier à la CSC. Il n’est pas simple d’être intérimaire. Les intérimaires ont souvent le sentiment qu’ils sont abandonnés à leur sort ou que l’on joue avec leurs pieds. Ils ne sont pas suffisamment informés ou ne parviennent pas à faire respecter leurs droits. Ils passent ainsi à côté de nombreux droits. En outre, le fait de travailler pendant une longue période avec des contrats de courte durée, parfois même de très courte durée (comme dans le cas de contrats journalier successifs) est source de grande insécurité sur le plan financier et social. Afin de mettre en avant l’action menée par la CSC en faveur des intérimaires, nous avons lancé un nouveau nom Interim United - et un nouveau logo et lancerons très bientôt (en juin) de nouveaux outils en ligne, accessibles à tous via www.interimunited.be: l’outil «salaire garanti» et l’outil «jours fériés payés». Par le biais de ces outils en ligne, l’intérimaire saura en quelques clics, si oui ou non, il/elle a droit au salaire garanti en cas de maladie et aux jours fériés payés, deux questions qui reviennent très souvent.
SOS intérimaire 20 questions, 20 réponses • Édition 2022
Apposez l’affiche Nous vous invitons également à utiliser l’affiche encartée dans ce numéro et à y ajouter vos coordonnées (adresse mail/numéro de tél de l’équipe syndicale), l’action Intérim n’étant pas toujours connue des intérimaires en entreprises. | Eva Van Laere |
LES INTÉRIMAIRES méritent le INTERIM WORKERS deserve INTERIMMERS verdienen
RES PEC T
Une question sur votre travail? A question about your job? Heb je een vraag over je werk? ................................................
Plus d’infos?
Plus que jamais, nous continuons à investir collectivement en faveur d’une défense solide des intérêts individuels et collectifs avec, au centre de notre action, toutes celles et tous ceux qui sont occupés avec des contrats d’intérim, souvent durant de trop longues périodes. Vous avez des questions? Vous avez besoin d’informations? Un site de référence: www.interimunited.be Contactez-nous à l’adresse mail: interimunited@acv-csc.be
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| SYNDICALISTE 967 | 25 MAI 2022 |
© Marcel Croizet/ILO
SANS FRONTIÈRES
Cette année, la Conférence internationale du travail se déroulera physiquement. En raison du Corona, la conférence de 2020 avait été annulée et s’est poursuivie virtuellement en 2021.
Conférence internationale du travail Sur fond de double crise Lorsque vous recevrez ce numéro de Syndicaliste dans votre boîte aux lettres, la conférence annuelle de l’Organisation internationale du travail (OIT) aura déjà commencé. Prévue du 27 mai au 11 juin 2022 à Genève, cette 110ème session s’inscrit dans un monde qui a été profondément secoué, d’abord par le Covid-19, puis par la guerre en Ukraine. Une fois encore, la CSC s’engage pleinement. L’objectif principal de cette année consiste à faire du droit à la sécurité et à la santé au travail une norme de travail universelle.
Conférence post-Covid-19 En 2019, nous avons célébré le centenaire de l’Organisation internationale du travail (OIT), fondée en 1919 sur les ruines de la Première Guerre mondiale. Cet anniversaire lui a donné un nouvel élan après une période difficile. Le banc patronal l’avait en effet plongé dans une crise sans précédent en lui refusant le droit de prendre des mesures contre les violations du droit de grève, qui fait partie des normes fondamentales du travail. Et puis est arrivée la crise du Covid-19. Avec toutes les difficultés à rassembler des gens du monde entier, la conférence de 2020 a été annulée. En 2021, étalée sur le printemps et l’automne, la conférence n’a été organisée qu’à distance, à travers des écrans. Les travaux se déroulaient donc entre 11 heures et 16 heures, car vers 11 heures, heure européenne, les Américains se lèvent et vers 16 heures, les Australiens se couchent. Cette année, la présence sur place est à nouveau assurée, mais beaucoup de gens ne sui-
vront la conférence qu’à distance. Et encore une fois, avec des créneaux horaires serrés.
Construire des droits universels du travail La cerise sur le gâteau (d’anniversaire) en 2019 a été la Déclaration du centenaire sur l’avenir du travail, soigneusement préparée par une commission spéciale dont faisait partie Luc Cortebeeck, président honoraire de la CSC. Cette commission a lancé le concept de la garantie universelle du travail: tous ceux qui travaillent, où qu’ils soient dans le monde, devraient avoir droit à un salaire adéquat, à une limitation de la durée du travail et à la sécurité et la santé au travail. L’objectif était d’ajouter ces trois droits à l’ensemble des normes fondamentales du travail de l’OIT. Aujourd’hui, cet ensemble se limite à l’interdiction du travail des enfants, du travail forcé et de la discrimination, ainsi qu’à la liberté syndicale et au droit à la négociation collective (y compris le droit de grève). La va| SYNDICALISTE 967 | 25 MAI 2022 |
leur ajoutée de cette reconnaissance en tant que norme fondamentale du travail est que tous les pays qui adhèrent à l’OIT doivent respecter ces droits, même s’ils n’ont pas ratifié les conventions concernées de l’OIT. De plus, il y aura un contrôle plus strict des éventuelles violations de ces droits. Les syndicats ont adhéré à la proposition de la commission. Les employeurs, également représentés au sein de la commission, ont toutefois estimé que le projet était trop ambitieux. Cependant, dans la Déclaration du centenaire, ils ont fini par ouvrir la porte à l’un des trois droits: la sécurité et la santé au travail. Trois ans plus tard, cette question est à nouveau à l’ordre du jour, afin de franchir officiellement le pas vers la reconnaissance en tant que norme fondamentale du travail. Stijn Gryp, à la tête du service Entreprise, représente la CSC dans ces discussions (voir page 19).
Les pays sur la sellette La CSC a traditionnellement joué un rôle de pionnier dans l’une des commissions permanentes de la conférence: la commission de l’application des normes. Le président de la CSC, Marc Leemans, y est le porte-parole du groupe des travailleurs depuis des années. Il s’agit d’une sorte de tribunal où doivent comparaître les pays qui bafouent les normes internationales du travail. Normalement, la commission traite les cas de 24 pays,
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SANS FRONTIÈRES
mais comme la pandémie complique le travail, ce nombre peut être plus restreint. La liste des pays qui doivent apparaître cette année est encore en cours de négociation au moment où nous rédigeons cet article. La guerre en Ukraine a sérieusement bouleversé l’ordre géopolitique, avec de nouvelles querelles et de nouvelles alliances. Cette évolution aura un impact important sur le choix des dossiers et leur règlement. Il n’y a aucun doute là-dessus. Comme de coutume, cette commission commence par la discussion d’un rapport d’experts sur un sujet particulier. Cette fois, il s’agit d’un rapport sur les (une partie des) héros de la crise du Covid-19: le personnel soignant, sans oublier le groupe souvent sous-exposé des travailleuses et travailleurs domestiques. L’objectif sera d’évaluer le suivi de la convention de l’OIT sur le personnel soignant (n° 149) et de la convention plus récente sur les travailleuses et travailleurs domestiques (n° 189).
Travail après le Covid-19
Économie solidaire Un défi particulier en matière d’emploi est discuté au sein d’une commission
© Shutterstock
Autre commission permanente: celle de la «discussion récurrente». Cette commission a été créée sur la base de la dé-
claration de l’OIT sur la justice sociale de 2008. Cette déclaration définit quatre objectifs stratégiques pour le travail de l’OIT: le travail décent, la protection sociale, le dialogue social et le respect des normes fondamentales du travail. Chaque année, l’un de ces quatre thèmes est abordé, et ce thème est ensuite au centre des travaux ultérieurs de l’OIT. Cette année, c’est au tour de l’emploi, dans un monde où les marchés du travail ont été fortement secoués par la crise du Covid-19 et de la crise ukrainienne. Nous en ressentons aujourd’hui les conséquences énormes pour l’Europe et pour notre pays. Une conférence comme celleci nous oblige cependant à ouvrir nos esprits et à prendre en compte les conséquences désastreuses pour le Sud et l’Est. Dans son rapport pour la conférence, Guy Ryder, le directeur général sortant de l’OIT, a attiré l’attention sur l’impact de ces crises sur les pays les moins développés. Avec la hausse mondiale des prix de l’énergie et des denrées alimentaires, le pire risque encore d’arriver dans ces pays.
distincte: quelle mission l’économie sociale peut-elle remplir? Dans le jargon de l’OIT: l’économie sociale et solidaire (ESS), avec un accent particulier sur le rôle des coopératives. Le rôle des ESS a été explicitement reconnu dans la Déclaration du centenaire. En particulier pour les pays du Sud et de l’Est, elle est souvent considérée comme un moyen de passer de l’économie informelle et non réglementée à une économie formelle, avec des droits complets pour les travailleurs. Une discussion générale lors de la conférence devrait permettre de mieux orienter les travaux de l’OIT dans ce domaine. Ne serait-ce que pour délimiter ce que nous entendons tous par ESS.
Normes pour les apprentissages En Belgique comme dans le monde entier, nous voyons comment les apprentissages et la formation sur le lieu de travail sont mis à profit dans les processus d’apprentissage des jeunes. Mais aussi comment ils sont trop souvent utilisés abusivement comme des emplois bon marché. Lors de la conférence de 2012, dans le cadre d’un débat sur le chômage des jeunes à la suite de la crise financière de 2008, le gouvernement a été invité à mieux garantir qu’il s’agit de parcours d’apprentissage à part entière et non d’un moyen commode de remplacer des travailleurs ordinaires. L’objectif est d’aller plus loin et d’instaurer une nouvelle norme de l’OIT pour ce type de formation sur le lieu de travail. Une proposition de contenu possible nous est présentée. La première lecture est prévue pour cette année. La deuxième lecture, l’année prochaine. Il faut également décider s’il s’agira d’une convention de l’OIT ou d’une simple recommandation. À votre avis, quel sera le choix des employeurs? | Chris Serroyen |
La Conférence internationale du travail veut parvenir à de meilleurs accords pour que les stages pour les jeunes ne soient pas utilisés abusivement comme des emplois bon marché.
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| SYNDICALISTE 967 | 25 MAI 2022 |
La sécurité et la santé au travail, le 5ème principe fondamental de l’OIT? Les syndicats, les employeurs et les gouvernements discuteront à Genève de la question de savoir si et comment la sécurité et la santé au travail doivent être reconnues comme un principe fondamental de l’OIT. La sécurité et la santé au travail deviendraient ainsi le cinquième principe fondamental de la Déclaration relative aux principes et droits fondamentaux au travail de 1998, en plus de (1) la liberté d’association et la reconnaissance effective du droit de négociation collective, (2) l’élimination de toute forme de travail forcé ou obligatoire, (3) l’abolition effective du travail des enfants et (4) l’élimination de la discrimination en matière d’emploi et de profession. La reconnaissance de la sécurité et de la santé au travail comme principe fondamental serait une confirmation importante de l’importance cruciale d’un environnement de travail sûr et sain pour tous les travailleurs, où qu’ils soient dans le monde. Un travailleur ne devrait jamais avoir à craindre pour sa santé, et encore moins pour sa vie, lorsqu’il exerce son métier. Malheureusement, nous savons que la réalité est encore trop sou-
vent différente aujourd’hui. Pensons, par exemple, aux nombreux accidents (mortels) de travail ou aux nombreux travailleurs qui ont contracté (été affectés par) le Covid-19 au travail au cours des deux dernières années. La discussion au sein de l’OIT n’y changera bien sûr rien dans l’immédiat. Pourtant, il importe que les syndicats, les employeurs et les gouvernements du monde entier continuent de souligner l’importance de la sécurité et la santé au travail et l’érigent en principe fondamental. Cette reconnaissance contribuera également à ce que l’OIT soit obligée d’aider ses membres à accroître la sécurité et la santé au travail. La discussion sur la reconnaissance de la sécurité et de la santé au travail ne part pas d’une page blanche. De nombreuses déclarations et conventions de l’OIT soulignent déjà l’importance de la sécurité et de la santé. Le travail à Genève se poursuivra dans cette lignée. La CSC veillera à ce que les accents adéquats soient donnés, par exemple l’importante responsabilité qu’ont les employeurs de créer un environnement de travail sûr et sain pour leurs travailleurs.
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«Un travailleur ne devrait jamais avoir à craindre pour sa santé, et encore moins pour sa vie, lorsqu’il exerce son métier.»
| Stijn Gryp |
Il importe que les syndicats, les employeurs et les gouvernements du monde entier continuent de souligner l’importance de la sécurité et la santé au travail et l’érigent en principe fondamental.
À propos de l’OIT Unique agence tripartite de l’Organisation des Nations unies (ONU), créée en 1919, l’Organisation internationale du travail (OIT) réunit des représentants des gouvernements, des employeurs et des travailleurs (syndicats) de 187 États membres. Ensemble, ils établissent des normes internationales, élaborent des politiques et conçoivent des programmes visant à promouvoir le travail décent pour tous les hommes et les femmes dans le monde. En savoir plus: • À propos de l’OIT: www.ilo.org • Voir la vidéo explicative l’OIT au travail (5 minutes): www.ilo.org/global/about-the-ilo/lang--fr/index.htm
| SYNDICALISTE 967 | 25 MAI 2022 |
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© Guy Puttemans
SUR LE TERRAIN
Horia Boubker, Martine De Troch et Wendy Fiefvez: «Nous avons tapé du poing sur la table, de sorte que nous disposons désormais de deux réunions spécifiques distinctes, pour le CPPT et pour le conseil d’entreprise.»
LeasePlan
Faire connaître l’action syndicale Syndicaliste a rencontré trois battantes qui font partie d’une nouvelle et solide équipe de déléguées chez LeasePlan. Trois caractères différents qui se complètent parfaitement et constituent une équipe soudée. Leur enthousiasme, leur engagement et leur volonté de lutter ensemble pour un meilleur lieu de travail nous ont impressionnés. Et les défis ne manquent pas. L’équipe ne ménage pas sa peine pour parvenir à donner une nouvelle image de la CSC chez LeasePlan. L’action syndicale est de nouveau mise en avant.
Martine De Troch a déjà exercé plusieurs mandats syndicaux chez LeasePlan, mais elle s’était retrouvée seule et avait d’urgence besoin d’être aidée par de nouveaux visages. Elle a reçu l’aide d’Horia, qui avait déjà acquis ailleurs l’expérience syndicale nécessaire, et de Wendy, une nouvelle qui a beaucoup de potentiel. Veerle, qui n’a pu participer à l’entretien, complète l’équipe. Horia Boubker et Wendy Fiefvez ont commencé à travailler chez LeasePlan au même moment et elles se sont bien entendues dès le début. Elles se sont vite rendu compte qu’elles savaient expliquer
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clairement leur façon de penser. Déjà avant de faire acte de candidature, elles défendaient leurs droits et ceux de leurs collègues. Au début, Wendy était encore un peu hésitante mais, grâce à l’aide d’Horia, elles sont devenues un duo de choc. La direction RH a eu un peu peur d’elles. «Bon Dieu, mais qu’est-ce que c’est que ces trois collègues qui défendent la cause du personnel alors qu’elles n’ont même pas de mandat syndical?» Elles ont été rapidement remarquées et Martine leur a demandé de figurer sur la liste de la CSC lors des élections sociales de 2020 qui ont été retardées à cause de la pandémie. | SYNDICALISTE 967 | 25 MAI 2022 |
Une équipe syndicale presque totalement renouvelée. Comment avez-vous procédé? Nous devons vraiment montrer que nous sommes forts. Il faut en quelque sorte ramener la direction à la base de la concertation sociale. La législation était appliquée de façon assez lâche. Les réunions du CPPT constituaient de simples annexes au conseil d’entreprise. Nous avons tapé du poing sur la table, de sorte que nous disposons désormais de deux réunions spécifiques distinctes, pour le CPPT et pour le conseil d’entreprise. Nous avons dû contraindre l’employeur à nous accorder le temps syndical nécessaire pour effectuer correctement notre mandat de délégués. Puisque nous disposons d’une équipe syndicale active, nous pouvons remettre la concertation syndicale dans l’entreprise sur la bonne voie. Nous avons développé de bonnes relations avec la direction, dans le respect mutuel du rôle de chacun. C’est nécessaire, parce que nous avons suffisamment de sujets importants à discuter.
Faites-vous aussi d’autres choses que mener le combat contre la direction? Certainement, oui. Le 8 mars 2022, lors de la Journée internationale des droits des femmes, nous avons distribué des sachets de pièces de monnaie en chocolat. Lors de la Journée internationale de la sécurité et
«Nous avons dû contraindre l’employeur à nous accorder le temps syndical nécessaire pour effectuer correctement notre mandat de délégués.»
du bien-être au travail, le 28 avril, nous avons lancé une semaine d’action. Ainsi, nous avons distribué des fruits et nous avons organisé quatre ateliers de «yoga au bureau». Nous avons également réussi à inscrire «la prévention de l’absentéisme» à l’ordre du jour. Au CPPT, nous avons fait un exposé sur la façon de détecter les signes de burn-out. Suite à notre exposé, nous avons reçu des réactions positives, de sorte que nous avons pu élaborer des propositions avec le
conseiller en prévention, la direction et le service externe Mensura. Nous avons par exemple imaginé une formation pour les managers sur la détection des signes de burn-out. Le recrutement et la fidélisation de membres est une autre priorité majeure. Wendy est notre secrétaire aux affiliations. Elle a accès au fichier des membres de tous les travailleurs de LeasePlan affiliés à la CSC, de sorte que nous pouvons contacter directement nos affiliés. Notre objectif est de leur envoyer un mail amusant une fois par mois, par exemple pour accueillir les nouveaux collaborateurs, mais aussi pour communiquer toutes sortes d’informations à nos affiliés. Nous ne connaissons que trop bien l’importance de ces contacts, surtout après la pandémie, une période durant laquelle les contacts directs avec les collègues ont été plutôt rares. | Kris Van Eyck |
© Guy Puttemans
Pouvez-vous nous en donner quelques exemples? Nous avons calculé qu’il existait un écart salarial entre les collègues qui ont déjà un peu d’ancienneté et les nouveaux collègues. La situation actuelle du marché de l’emploi aide les nouveaux collègues à négocier de meilleures conditions de travail, un luxe que les anciens n’ont pas. Et parce que les femmes restent en général plus longtemps que les hommes, elles sont les principales victimes de cet écart salarial. Cela a été un argument supplémentaire pour nous inciter à travailler sur ce sujet et à l’aborder dans le cadre de la concertation avec la direction. En outre, nous avons significativement amélioré le règlement de travail et fait en sorte que tous les membres du personnel en reçoivent un exemplaire imprimé. Nous avons récemment organisé notre débat concernant les informations économiques et financières. Nous avons accordé une attention toute particulière au chiffre d’affaires réalisé grâce à la mobilisation du personnel pendant la pandémie et les confinements. Nous avons utilisé cet argument pour demander à la direction de prévoir un budget pour favoriser les relations sociales sur le lieu de travail. Les différences de caractère entre les militants sont très utiles dans ce genre de débats. Quelqu’un jette un gros pavé dans la mare et un autre avance des propositions constructives pour résoudre le conflit. Attention, ici ce n’est vraiment pas désespérant. Pendant la pandémie, LeasePlan a organisé beaucoup de très chouettes actions et prévu des petites attentions pour conserver le lien avec et entre les collaborateurs.
LeasePlan est une société internationale d’origine néerlandaise spécialisée dans la gestion du parc automobile pour les véhicules en leasing. En Belgique, LeasePlan occupe environ 260 travailleuses et travailleurs.
| SYNDICALISTE 967 | 25 MAI 2022 |
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© James Arthur
SUR LE TERRAIN
Le permanent de Metea, Carl De Clercq, avec les délégués CSC de Berry BPI: Kris Rogiers, Samer El Ouahabi, Mustafa Palit et Koen Van Ingelgem.
Berry BPI «On ne peut pas continuer comme ça» Lors des dernières élections sociales, l’équipe CSC s’est largement renouvelée, avec toujours la même volonté d’être là pour défendre les collègues. Le principal défi est de lutter contre la charge de travail élevée, nous expliquent les militants Koen Van Ingelgem, Kris Rogiers, Mustafa Palit, Samer El Ouahabi, Mayerling Schaele et Mario Wuytack.
Nous couvrons l’ensemble des départements et, en plus, les équipes de jour, de nuit et de week-end sont toutes représentées au sein de notre équipe. C’est un gros atout. Nous détectons ainsi très rapidement les signaux émanant de nos différents groupes de travailleurs. C’est un critère auquel nous avons été très attentifs dans notre recherche de candidats pour les élections sociales. Nous avons cherché des candidats à des endroits où nous n’étions pas représentés jusque-là. La qualité des candidats est évidemment importante également. Nous préférons éviter les tire-au-flanc qui ne veulent figurer sur la liste que
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pour être protégés. Le résultat des élections sociales a été étonnant. De nombreux nouveaux élus nous ont rejoints. C’est une nouvelle équipe relativement inexpérimentée qui s’est retrouvée à la table de la concertation. Dans l’intervalle, la collaboration s’est nettement améliorée. Nous formons aujourd’hui une vraie équipe. Nous avons d’ailleurs planifié un teambuiding.
«Notre principal défi? Lutter contre la charge de travail élevée!» | SYNDICALISTE 967 | 25 MAI 2022 |
Quelles ont été les principales difficultés rencontrées par la jeune équipe? Suite à un concours de circonstances (beaucoup de nouveaux membres du personnel, une nouvelle direction, de nouveaux délégués), nous avons rencontré pas mal de difficultés au début pour communiquer entre nous, avec les collègues et l’employeur. Notre équipe voulait évidemment concrétiser au plus vite les points de notre programme électoral, mais nous avons vite compris que la nouvelle direction avait du mal à trancher elle-même et devait aller chercher un mandat à un échelon supérieur pour prendre certaines décisions Cette situation a naturellement compliqué les négociations. Certains sujets ont été mis au frigo à plusieurs reprises. La culture de la concertation ouverte et la confiance mutuelle qui régnaient dans le passé ont ainsi été largement mises en cause.
Quels sont vos principaux défis pour les deux prochaines années? Lutter contre la charge de travail trop élevée, sans aucun doute. D’une part, nous sommes confrontés à un manque de personnel. Nous avons peu de réserves. Si quelqu’un est absent ou tombe malade, il ne peut pas être remplacé. Dans les équipes qui sont confrontées à un manque chronique d’effectifs, les absences pour maladie sont beaucoup plus élevées. D’autre part, de nombreux travailleurs expérimentés nous ont quittés. Par conséquent, les collègues expérimentés qui sont restés sont soumis à davantage de pression. Ils doivent assurer la formation des nouveaux collaborateurs, mais aussi le bon fonctionnement de leur ligne de production. Ces deux dernières années, et il en ira de même pour les deux années suivantes, nous avons concentré nos efforts sur la limitation de la charge de travail, le recrutement de nouveaux travailleurs et l’organisation de formations de qualité. La sécurité du travail est une préoccupation majeure dans notre entreprise. C’est une bonne chose, mais il faut aussi que nous disposions d’un nombre suffisant de travailleurs pour que les machines continuent à tourner. Quelles mesures spécifiques prévoyezvous? Au vu de la situation, la frustration augmente dans l’entreprise. Nous canalisons
«Ces deux dernières années, nous avons concentré nos efforts sur la limitation de la charge de travail, le recrutement de nouveaux travailleurs et l’organisation de formations de qualité.» cette frustration au niveau des organes de concertation et nous demandons des solutions. Les employeurs continuent toutefois à prétendre qu’il n’y a pas réellement de problèmes, malgré les nombreux décrochages, y compris de travailleurs en service depuis peu de temps. Pour conscientiser la direction aux difficultés ressenties sur le terrain, nous prévoyons une enquête. Nous serons ainsi renforcés pour les discussions dans les
organes de concertation. Il est trop fréquent aujourd’hui que l’on refuse les demandes de congés de travailleurs parce qu’on ne peut pas se passer d’eux. On peut évidemment inverser le raisonnement: comme nous sommes indispensables, l’employeur doit nous écouter. On ne peut pas continuer comme ça. | Fien Vandamme |
Berry BPI
Berry BPI à Zele, une ancienne entreprise de sacs de jute, est aujourd’hui spécialisée dans la fabrication et l’impression d’emballages en plastique. Des machines impressionnantes participent au processus de production. Le bon fonctionnement de ces machines nécessite beaucoup de personnel, principalement organisé en équipes. Ces dernières décennies, l’automatisation s’est fortement développée. L’ancienne direction a introduit des robots et des manipulateurs, là où le travail était physiquement trop lourd. Cette évolution a porté ses fruits, avec une diminution claire des problèmes de dos pour le personnel.
© James Arthur
Quelles sont vos principales réalisations depuis les élections sociales? Nous avons déjà réalisé de belles avancées en termes de pouvoir d’achat (pour tout le monde). Ainsi, nous avons obtenu une prime Covid, mais aussi des écochèques, une prime d’expérience, etc. Nous avons également élaboré un plan visant à combler progressivement l’écart entre les ouvriers et les employés. L’objectif est d’offrir un plan de pension aux ouvriers et des chèques repas aux employés. Lors des négociations précédentes, nous avions convenu que les mesures entreraient en vigueur le 1er janvier 2023. Le temps presse!
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EN ACTION
En action le 16 juin 1040 Ixelles (ouPlace du Luxembourg, n) tio ver t à tous sans inscrip
16 juin
La Ligue des travailleuses domestiques en grève La Ligue des travailleuses domestiques de la CSC Bruxelles a décidé de faire grève le 16 juin à l’occasion de la Journée internationale du travail domestique. Faire grève lorsqu’on est travailleuse domestique, sans papiers, et de plus isolée dans une maison de son patron ou de sa patronne n’est pas chose simple. Et pourtant, la Ligue a décidé de relever le défi. Nancy travaille entre 13h et 16h par jour alors qu’elle n’est payée que pour 8h de travail. Elle veut signifier à son patron qu’elle a des droits, et les mêmes droits que n’importe quelle autre travailleuse avec des papiers. Faire grève c’est aussi pour les femmes de la Ligue des travailleuses domestiques envoyer un message
au gouvernement en montrant l’utilité de leur travail. Marilou estime que faire grève, c’est rendre visible dans l’espace public le travail invisible et non reconnu. «Nous existons mais ils ne nous voient pas». Les patrons prendront conscience de l’apport de leur travail et du fait qu’ils ont besoin d’elles.
Pourquoi faisons-nous grève?
• Pour protes ter con tre l’exploitation que nous subissons au qu • Pour mettre en lum otidien. ière notre travail indisp ensable et invisible eff sons de nos patronnes ectué dans les maiet patrons. • Pour que notre travai l soit reconnu et nos vies respectées. • Pour exiger un perm is de travail et la rég ula ris ation auprès des res tiques. ponsables poliFaire grève en arrêta nt de travailler, c’est montrer au grand pu politiques: blic et responsables • que des milliers de familles, sans notre tra vail, n’ont pa s de soluti de leurs enfants et pa ons pour s’occuper rents âgés… et donc dé pendent de nous. • que nous avons le po uvoir de changer les cho ses parce que nous som sables . mes indispen-
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sse • 10h: conférence de pre travailleuses des • 12h-14h: parlement domestiques ckx 19, Bruxelles CSC Bruxelles, rue Pletin uise: Florence. 1000 (inscription req 02. 224.32 .24). .: notte@acv-csc.be – Tél femmes»: témoi• 15h-17h: «Debout les dicaux des trasyn gnages de combat s ici et ailleur s es vailleuses domestiqu s cet te journée ron • 17h30-19h30: «Céléb ial viv de grève»: apéro con
Comment soutenir la grève? ments . • En par ticipant à ces mo : éos vid les • En diffusant ube.com/ - en français: ww w.yout Ds Zr1 r-8 watch?v=BZI ube.com/ - en anglais: ww w.yout Q Op fm 1s2 watch?v=o2X outube.com/ - en néerlandais: ww w.y watch?v=PajKL39W9tg FB: • En par tageant l’Event OM8t VoQ /2E e/e https://f b.m de solidarité sse cai la à t • En par ticipan du Moc Bxl : sur le compte bancaire BE17 7995 5001 1321
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