Bureau de dépôt: Charleroi P911984 ISSN 0772/2427 80e année Bimensuel
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JOURNAL D'INFORMATIONS SYNDICALES
Le dossier
N°13
L’Info
8 juillet 2022
Covid long pour le secteur de l’aéronautique Alors que les effets de la crise sanitaire vont se faire ressentir durant plusieurs années dans le secteur, quels défis devront être relevés pour assurer sa pérennité?
Droit aux vacances annuelles pour les intérimaires
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Supprimer les obstacles à l’emploi pour 4/5 les personnes issues de l’immigration Loi sur la norme salariale: les syndicats se sont exprimés devant le Parlement
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Burnsen-Atlantic: la direction veut imposer son fonctionnement totalitaire
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L’essentiel
Semaine de la mobilité Le vélo dans tous ses états!
L’édition 2022 de la Semaine européenne de la mobilité se déroulera du 16 au 22 septembre. Elle met à l’honneur «Le vélo dans tous ses états!».
16 au 22 septembre 2022
Semaine de la Mobilité
Le vélo dans tous ses états !
Largement plébiscité pendant la crise du Covid, le vélo est de plus en plus utilisé dans les déplacements quotidiens. Même en Wallonie où le vélo électrique vient à bout des reliefs les plus vallonnés! Cette Semaine de la mobilité vise notamment à mieux faire connaître tous les modes de transports durables.
Celles et ceux qui souhaitent participer et développer des actions dans leur entreprise trouveront toutes les informations sur la plateforme en ligne https://lacsc. co/defi_mobilite2022 Vous avez une idée, un projet qui pourrait s’inscrire dans le cadre de ce défi mobilité? Proposez-le à vos délégués syndicaux! Plus d’infos? Contactez maxime.bruggeman@acv-csc.be ou veronique.thirifays@acv-csc.be
Comme chaque année, un défi mobilité des représentants des travailleurs est organisé afin de mettre en évidence, mais aussi de récompenser leurs actions en matière de mobilité alternative et durable.
Editeur responsable Etienne Willame - 8 Boulevard du Nord 5000 Namur • Septembre 2022
semaine.mobilite.wallonie.be
Inscription via www.rise.be
Indexation des cotisations
Vous trouverez ci-après: – un aperçu de toutes nos cotisations sur www.lacsc. be/affiliation/combien-coute-une-affiliation; – tous les avantages de votre affiliation sur www.lacsc. be/affiliation/vos-avantages. TIRAGE MOYEN 200.000 exemplaires RÉDACTION Chaussée de Haecht, 579 B-1030 Bruxelles (Belgique) Tél: 02.244.32.86 Fax: 02.246.30.10 E-mail: presse@acv-csc.be Pour obtenir votre correspondant, faites le 02.244 suivi des quatre chiffres indiqués.
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ABONNEMENTS ET POSTE Danny Assumani (3563) danny.assumani@acv-csc.be CHEFFE DU SERVICE PRESSE Brigitte Jaspard (3291) bjaspard@acv-csc.be SECRÉTAIRE DE RÉDACTION Stéphanie Siegels (3557) stephanie.siegels@acv-csc.be RÉDACTION David Morelli (3289) dmorelli@acv-csc.be
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Les cotisations CSC sont indexées à partir de ce 1er juillet. Grâce à cette adaptation, la CSC peut continuer à défendre pleinement vos intérêts: des conditions de travail, des salaires plus élevés, une bonne combinaison entre vie professionnelle et vie privée, ainsi que de meilleures pensions et allocations. De surcroît, la CSC peut aussi continuer à investir dans les services que nous offrons à nos affiliés: une meilleure accessibilité de nos services, un guichet numérique via www.macsc.be, un accompagnement de carrière individuel, des conseils sur mesure, une assistance juridique, etc.
Donatienne Coppieters (3283) dcoppieters@acv-csc.be MISE EN PAGE Patricia Martin (3297) patriciamartin@skynet.be Marie-Hélène Toussaint m-htoussaint@skynet.be ÉDITEUR Confédération des syndicats chrétiens (CSC) IMPRIMERIE Remy-Roto Beauraing
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I Le contenu de cette publication s'entend aussi bien au féminin qu'au masculin. I
L’essentiel
Droit aux vacances annuelles pour les intérimaires
À l’instar des autres travailleurs, le pécule de vacances des travailleurs intérimaires est calculé sur les prestations de l’année précédente. Nous l’oublions parfois, mais les jours de vacances que nous avons pris l’an dernier nous donnent encore droit à des vacances cette année. Si ce n’était pas le cas, nous perdrions des droits à des jours de vacances l’année suivante chaque fois que nous en prenons.
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Dans un arrêt rendu le 12 mai 2022, la Cour européenne de justice (CEJ) confirme que les travailleurs intérimaires jouissent des mêmes droits que les travailleurs fixes en matière de vacances annuelles.
Les intérimaires ont les mêmes droits que les travailleurs fixes pour les vacances annuelles.
La position de la CSC confirmée
Dans un arrêt rendu le 12 mai 2022, la CEJ a confirmé une thèse que la CSC a toujours défendue: les travailOr, c’est exactement la situation dans laquelle se leurs intérimaires jouissent des mêmes droits que les trouvent les travailleurs intérimaires: ils sont souvent travailleurs fixes en matière de vacances annuelles. obligés de prendre leurs vacances sans contrat, de La CEJ juge que de telles pratiques sont sorte que ces jours n’interviennent pas contraires au droit garanti à des vacances dans le calcul du pécule de vacances de annuelles avec maintien du salaire. Ce l’année suivante. Ils perdent ainsi des Ce droit fait partie droit fait partie des conditions de tradroits en matière de vacances par rapdes conditions vail essentielles de tous les travailleurs, port à un travailleur fixe pour qui les de travail essentielles puisque la directive sur le travail intérijours de vacances annuelles sont pris en de tous les travailleurs. maire garantit les mêmes droits aux incompte. En conséquence, les travailleurs térimaires et aux travailleurs ordinaires. intérimaires perdent également une assimilation pour différents autres avantages lorsqu’ils Plus d’infos sur les droits des travailleurs prennent des vacances. Nombre d’entre eux se sont intérimaires: www.interimunited.be ainsi vu refuser le salaire garanti après qu’ils aient pris des vacances sans contrat.
Suspension du préavis en cas de chômage temporaire force majeure «Ukraine»
Entre-temps, le CTFM a été maintenu en raison de la guerre en Ukraine. Le Parlement a approuvé une nouvelle loi qui suspend le préavis en cas de CTFM «Ukraine». Cette loi s’appliquera à tous les préavis ayant pris cours à partir du lundi 4 avril 2022. La suspension du préavis pour cause de force majeure «corona», qui vaut pour une durée indéterminée, pourrait toujours montrer ses effets lors d’une nouvelle vague de licenciements. Mais que se passera-t-il à la prochaine catastrophe? Le Conseil d’État affirme que le législateur
ne peut procéder n’importe comment pour faire la distinction entre différentes catastrophes. C’est pourquoi la CSC demande instamment que la suspension du préavis soit réglementée pour toutes les formes de force majeure. I Piet Van den Bergh I Le Parlement a adopté une loi qui suspend le préavis en cas de chômage temporaire «corona» et «Ukraine».
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Le chômage temporaire pour cause de force majeure (CTFM) ne suspend pas un préavis. Conséquence: des travailleurs mis en CTFM ont ensuite perdu leur emploi sans prester de préavis ou avoir droit à une indemnité de rupture. Dénonçant cette situation, le Parlement a adopté une loi qui suspend le préavis en cas de CTFM «corona», mais limite cette mesure à la force majeure «corona», cela contre l’avis du Conseil d’État.
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L’essentiel
Conférence pour l’emploi «Supprimer les obstacles à l’emploi pour les personnes issues de l’immigration» La deuxième conférence pour l’emploi, organisée les 14 et 15 juin derniers, s’est focalisée sur la discrimination à l’encontre des personnes issues de l’immigration (hors Union européenne) sur le marché de l’emploi en Belgique. Ce problème n’est pas neuf dans notre pays. Les interlocuteurs sociaux - dont la CSC - ont formulé leurs remarques et leurs propositions. Le ministre de l’Économie et du Travail, Pierre-Yves Dermagne, va à présent les analyser. I Bram Van Vaerenbergh (adapt. D.Mo) I En 2020, le taux d’emploi des personnes issues de l’immigration (pays hors UE) s’élevait à seulement 53,6% dans notre pays contre 70% en moyenne pour l’ensemble de la population en Belgique la même année. À titre de comparaison, au sein de l’UE, ce pourcentage était de 57,6%. La Belgique se situe depuis des années au bas de l’échelle en termes d’occupation des personnes issues de l’immigration.
Seules 12% des personnes qui arrivent chaque année en Belgique en provenance de pays extérieurs à l’Union européenne le font avec pour but de travailler. Le groupe principal se compose de personnes en quête de regroupement familial, de demandeurs d’asile et d’étudiants. Ces personnes sont soit plus difficiles à orienter vers le marché du travail, soit confrontées à des obstacles pour y accéder. Il faut éliminer ces obstacles autant que possible.
La discrimination subsiste Faire en sorte que ce groupe de personnes puisse travailler n’est pas évident. La discrimination sur le lieu de travail subsiste. Par ailleurs, divers leviers sont nécessaires pour activer ce groupe. «Il s’agit d’instaurer des services de garde d’enfants qui soient de qualité et abordables. La langue est également très importante», déclare Stefaan Peirsman, qui a participé à la conférence au nom de la CSC. «La discrimination subsiste: elle est moins présente dans les secteurs de la
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Cette conférence avait pour objectif de trouver des solutions pour éliminer les obstacles à l’emploi pour les personnes issues de l’immigration hors UE.
Éliminer les obstacles
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L’essentiel
construction et de l’alimentation, mais dans les secteurs bien rémunérés comme la chimie, les secteurs des banques et des assurances ou les fonctions d’employés, il y a peu de personnes issues de l’immigration. Les migrants de deuxième ou troisième génération qui ont un diplôme sont également discriminés à cet égard.» Autre difficulté: nombre de ces leviers relèvent actuellement des compétences des Régions et des Communautés. Il faut donc collaborer avec le gouvernement fédéral.
Rôle important pour le syndicat En tant que syndicat, la CSC peut également jouer un rôle important. Bien qu’il ne soit pas toujours facile de faire en sorte que ces personnes, venant d’un pays hors UE, accèdent au syndicat. «Le syndicalisme en Belgique diffère de celui du pays d’origine. Il en découle une forme d’ignorance» affirme Stefaan Peirsman. Les nouveaux venus sont trop tributaires de ce que leur dit leur employeur.
Les sans-papiers Dans les cinq groupes de travail (voir encadré), les interlocuteurs sociaux ont discuté des principaux thèmes. «La discussion était ouverte et, généralement, la plupart des thèmes ont fait l’objet d’un consensus. La discrimination La question des sur le lieu de sans-papiers travail subsiste. est restée délicate, car les employeurs entendent intensifier la lutte contre le travail au noir et les sans-papiers n’ont d’autre choix que de ne pas déclarer leur travail. Dans le même temps, les employeurs n’ont pas proposé de solution pour ce groupe-cible.»
Suivi après les vacances d’été Le ministre de l’Économie et du Travail, Pierre-Yves Dermagne, a clôturé la conférence de deux jours et a partiellement confirmé les décisions des groupes de travail. «La balle est à présent dans le camp des pouvoirs publics. Ils ont amorcé les discussions, nous avons donné notre avis. Les autorités ont indiqué qu’elles soumettraient un plan de suivi après les vacances d’été. Espérons que les propositions de loi suivront rapidement! Sinon, nous devons, en tant que syndicat, les amener à formuler ces propositions», conclut Stefaan Peirsman.
Présentation des groupes de travail (GT) GT 1 - Diversité Les interlocuteurs sociaux demandent le soutien des autorités fédérales pour mettre en place des actions positives dans les entreprises: création d’une page web, soutien aux entreprises et simplification des procédures pour instaurer un plan d’actions positives, c’est-à-dire un plan visant à amener un groupe-cible spécifique vers l’entreprise grâce à des actions bien définies. GT 2 - Accès au marché de l’emploi Les interlocuteurs sociaux demandent de simplifier les procédures pour pourvoir des emplois en pénurie de main-d’œuvre. On pourrait par exemple, demander un permis combiné en Belgique, en l’ouvrant aux sans-papiers qui travaillent ici depuis longtemps. Aucun consensus n’a pu être dégagé sur ce dernier point. Les interlocuteurs sociaux soulignent également l’importance d’une bonne collaboration entre les autorités fédérales et régionales. Ils demandent de mettre davantage l’accent sur les compétences plutôt que sur les diplômes et que des efforts supplémentaires soient consentis pour orienter le groupe cible vers les formations linguistiques et les formations aux métiers en pénurie de main-d’œuvre. GT 3 - Conditions et environnement de travail Ce groupe, concentré sur les initiatives nécessaires en matière de sécurité et de santé au travail, a indiqué l’importance de la langue dans la communication des instructions de sécurité. En outre, il existe une différence dans les compétences effectives des travailleurs. Il faut davantage insister sur le contrôle et la sanction. Les pouvoirs publics doivent montrer l’exemple dans le cadre des marchés publics. Les interlocuteurs sociaux demandent également une définition claire de l’exploitation économique et une meilleure protection des travailleurs – souvent des sans-papiers – qui signalent des abus. GT 4 - Détachement de travailleurs et dumping social Ce groupe a tenté de définir précisément le dumping social et le rôle de l’inspection et des interlocuteurs sociaux, ainsi que les mesures nécessaires pour prévenir et combattre le dumping social. Principaux thèmes d’action: la durée du travail, la sécurité, la rémunération, le statut et les conditions de séjour. GT 5 - Genre Comment contacter les femmes issues de l’immigration, le groupe cible le plus faiblement représenté sur le marché de l’emploi? Telle était la principale question à laquelle a tenté de répondre ce groupe de travail. Droit au travail dans le cadre du regroupement familial, soutien nécessaire, lutte contre les stéréotypes: tous ces sujets ont été abordés. Il faut également des services de garde d’enfants de qualité et abordables pour permettre aux femmes de travailler. L’instrument de l’action positive a également été mis en avant. L’Info n°13 8 juillet 2022
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L’essentiel
Loi sur la norme salariale «Nous avons enfin été entendus» Après le succès de la manifestation, qui a rassemblé 80.000 participants contre la loi sur la norme salariale, les trois syndicats ont enfin pu s’exprimer devant le Parlement le 29 juin dernier. Ils avaient rendu cette audition obligatoire grâce à la pétition signée par plus de 87.000 personnes. Nous ne devons pas attendre de résultat immédiat mais, comme l’a bien résumé Kristof Calvo (Groen), «le génie est sorti de sa bouteille». I Chris Serroyen I Les trois syndicats disposaient d’un temps de parole global de 45 minutes pour mettre en pièces la loi actuelle sur la norme salariale et présenter leurs propositions en vue d’une réforme approfondie. Pour la CSC, notre président, Marc Leemans, et notre secrétaire générale, Marie-Hélène Ska, ont pris la parole. Vous connaissez sans nul doute notre ligne de conduite: «Nous devons revenir à une norme salariale indicative, qui respecte le droit à des négociations collectives libres. C’est d’ailleurs l’une des normes du travail fondamentales de l’Organisation internationale du travail.»
mais ils sont bloqués par l’accord de gouvernement. Le PTB-PVDA met ces partis au défi de constituer une majorité alternative. Le MR et l’Open VLD campent sur leurs positions: ils menacent, en cas de réforme de la loi sur la norme salariale, de remettre en cause l’indexation. La N-VA a suivi la même ligne que les partis libéraux. Il restait à voir comment le Vlaams Belang allait se positionner. «En 1996, nous avons voté contre la loi sur la norme salariale», ont-ils affirmé, en oubliant de dire qu’en 2017, sur les bancs de l’opposition, ils avaient pleinement soutenu le durcissement de cette loi. Pendant l’audition, ils ne se sont pas prononcés en faveur d’une réforme de la loi.
«Nous pouvons tenir compte ici de l’évolution du coût salarial dans les pays voisins mais la comparaison doit être correcte. Elle ne peut pas être basée sur un logiciel truqué. Nous ne pouvons pas partir uniquement du coût salarial. Il faut prendre en compte tous les facteurs importants pour la compétitivité.» Nous avons étayé ce plaidoyer avec des chiffres précis. Ces chiffres montrent Notre principal que l’écart salarial présumé avec les pays voiconstat reste sins a été éliminé depuis longtemps et que, de manière globale, les entreprises continuent à néanmoins que engranger de très bons bénéfices, mais aus- nous n’avons si que la part de l’augmentation du bien-être pas assisté qui revient aux travailleurs continue à rétrécir. à un dialogue
Manœuvres de diversion
Comme prévu, les tentatives de diversion se sont multipliées: «Avec la crise du Covid, la guerre en Ukraine et l’inflation élevée, est-ce le bon moment?», «Ne faut-il pas plutôt augmenter le pouvoir d’achat par le biais d’une réde sourds. forme fiscale, pour avoir plus en net et pas en Un jeu prévisible brut?», «Pourquoi n’essayez-vous pas d’abord de trouver une solution entre interlocuteurs Les politiciens des partis de droite ne s’étaient clairesociaux?», ou encore «Ne devrions-nous pas prendre le ment pas attendus à un tel plaidoyer chiffré et étayé. temps de mener un débat en profondeur, avec des auIls n’ont dès lors pas été en capacité de riposter. La ditions supplémentaires?». Message sous-jacent: grâce N-VA a bien mis en avant le chiffre de la FEB, selon à nos efforts pour rassembler 87.000 signatures, les emlequel notre coût salarial horaire serait 10% plus élevé ployeurs vont aussi obtenir une audition. Nous avions que chez nos voisins, mais nous avons rapidement pu prévu toutes ces réactions. corriger. Ce n’est pas ce que l’on coûte par heure mais bien ce que l’on rapporte par heure qui est déterminant Deux nouveaux accents ont toutefois été mis en avant pour la compétitivité. Sans oublier que l’on peut se delors du débat avec les parlementaires. «Pourquoi ne mander si ce pourcentage a été calculé correctement. pas aller vers une indexation sous la forme d’un montant fixe plutôt que d’un pourcentage? Avec l’indexaPour le reste, le débat était relativement prévisible. Les tion en pourcentage, un travailleur dont le salaire est partis de gauche du gouvernement sont fondamentaleélevé obtient davantage.» Nous avons dû rappeler aux ment d’accord sur le fait que la loi doit être réformée politiques que personne ne s’enrichit avec l’indexation.
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L’essentiel
Le deal pour l’emploi peut être soumis au Parlement Le gouvernement a finalisé le texte définitif du projet de loi relatif au deal pour l’emploi. Il doit maintenant le soumettre au Parlement et espère obtenir son aval avant le 21 juillet.
© Ioanna Gimnopoulou
Bonus
Lire dans l’app de L’Info Les principales nouveautés du projet de loi
Les parlementaires semblent prendre conscience qu’un statut quo n’est plus possible.
Elle protège uniquement contre une perte de pouvoir d’achat. La redistribution est un objectif noble, mais elle passe par la fiscalité et par des augmentations en brut au-delà de l’indexation. Aucun des parlementaires présents n’avait d’ailleurs compris que les seuls gagnants d’une telle indexation sous la forme de montants fixes, ce sont les employeurs. Et, de surcroît, les plus grands gagnants parmi eux sont souvent ceux qui disposent des plus grands marges pour des augmentations salariales. La deuxième nouveauté en termes de manœuvres de diversion était la suivante: «Que pensez-vous d’une indexation plus rapide pour tout le monde, comme nous la connaissons pour les allocations sociales et les fonctionnaires? Les travailleurs ne doivent ainsi plus attendre un an, comme le prévoient les conventions de certains secteurs.» Il s’agit là d’un tournant intéressant,
après trente cinq ans de pression ininterrompue pour ralentir l’indexation. Notre réponse a été identique. L’indexation protège uniquement contre l’appauvrissement et ne permet pas de redistribuer le bien-être. La redistribution doit passer par des augmentations au-delà de l’index.
Prise de conscience Notre principal constat reste néanmoins que nous n’avons pas assisté à un dialogue de sourds. Nous sentons que, sur différents bancs parlementaires, on prend de plus en plus conscience qu’un statu quo n’est plus possible et qu’il faut rouvrir le débat. Nathalie Muylle (CD&V) a d’ailleurs souligné que des mesures devront être prises pour compenser la baisse de la part du bien-être qui revient aux travailleurs. La manière dont le débat sera mené au Parlement n’est toutefois pas encore claire. Dans un premier temps, un rapport du débat va être établi. Le Parlement réfléchira ensuite à la manière d’organiser les travaux. Notre premier objectif sera de maintenir l’attention sur ce débat, même si ce sera probablement pour l’automne. Audition disponible dans son intégralité sur https://lacsc.co/audition-parlement
La loi de 96 se traduit par une répartition inéquitable de la prospérité 125
Productivité par heure
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Salaire par heure
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Source: OCDE, 1919
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Le dossier
Le secteur de l’aéronautique vit une forme de Covid long L’industrie aéronautique civile est le secteur industriel et économique le plus touché par la pandémie. Alors que les effets de la crise vont se faire ressentir durant plusieurs années, quels défis devront être relevés pour assurer la pérennité du secteur? I Antoine Dedry I Confinements, quasi-arrêt des vols civils et commerciaux, annulation des commandes d’avions (Airbus, Boeing…), effet domino dans toutes les entreprises sous-traitantes, puis chez les sous-traitants des sous-traitants… tel un tsunami, l’irruption inattendue du Covid-19 a ravagé à une vitesse stupéfiante le secteur aéronautique mondial, sans épargner les entreprises et les travailleurs du secteur en régions wallonne et bruxelloise.
Secteur en convalescence Avant la crise «sanitaire», le marché de l’aéronautique connaissait une croissance supérieure à la croissance mondiale (entre 4,6% et 6% chaque année). Les spécialistes prévoyaient, entre 2020 et 2030, une production massive de 22.000 (!) nouveaux avions afin, principalement, de remplacer les avions devenus trop anciens et trop polluants. Si, au début du premier confinement, une reprise rapide était envisagée, aujourd’hui tout le secteur
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accuse encore le coup. Le rétablissement (au niveau de 2019) n’arrivera pas, au mieux, avant 2025. Et le conflit russo-ukrainien ne favorise pas la reprise. En Wallonie, depuis près de deux ans maintenant, le chiffre d’affaire a généralement reculé de 50% et les carnets de commandes se sont retrouvés vides. Les prévisions pour les dix prochaines années sont, à tout le moins, difficiles, avec une réduction d’activité estimée de 25 à 50%. Certaines grandes entreprises ont dû mettre 30 à 50%, voire au-delà, de leur personnel au chômage économique/corona. En septembre 2021, les vols européens représentaient 70% des niveaux de 2019. En outre, l’approvisionnement difficile en pièces détachées, les règles sanitaires ralentissant la production et le pourcentage élevé d’absentéisme n’ont pas favorisé les conditions de travail. Des entreprises comme Hexcel Composites à Welkenraedt ou Shur-Lok à Petit-Rechain ont dû procéder à des
restructurations et le recours au chômage économique a été massif dans tout le secteur. D’une certaine façon, le secteur de l’aéronautique vit une forme de Covid long. Dans ces conditions, l’ACV-CSC Metea et les avionneurs réclament la prolongation du chômage temporaire pour raison économique aussi longtemps que nécessaire pour permettre au secteur de traverser au mieux la pire crise de son existence.
Menaces… La crise du Covid-19 menace aussi la compétitivité future des entreprises. Tout d’abord, d’autres régions du monde sont nettement plus sou-
Les perspectives dans le secteur pourraient favoriser un exil des travailleurs.
tenues que les nôtres. Ensuite, les perspectives dans ce secteur pourraient favoriser un exil des travailleurs vers d’autres secteurs, laissant
Le dossier
celui de l’aéronautique en carence de travailleurs hautement qualifiés avec un savoir-faire et une expérience reconnue au niveau international. Pourtant, avec un chiffre d’affaires estimé à 1.350 millions d’euros, plus de 5.500 emplois directs et de 100 sociétés actives, le secteur de l’aéronautique wallon et bruxellois représente plus de 70% de l’activité aéronautique en Belgique, avec un effet multiplicateur fort pour le reste de l’économie.
tout le processus de production d’avions. Tout d’abord, des moteurs d’avions plus efficace et des avions plus légers. Mais pas seulement, car il va de soi que le principal défaut des avions n’est pas tant leur pro-
Les enjeux climatiques
deviennent un enjeu majeur.
duction en tant que telle, mais bien leur utilisation. Cela nécessitera donc des carburant durables ainsi qu’un trafic aérien plus efficace. Le défi est tout simplement colossal. Pour démontrer l’ampleur de l’enjeu, la «Déclaration de Toulouse» a été signée le 4 février dernier. Cette déclaration est la toute première initiative publique-privée visant à soutenir la réalisation de l’objectif
Les enjeux climatiques deviennent un enjeu majeur. La société de demain voyagera autant qu’avant, mais plus exactement comme avant. Cette crise peut aussi être considérée comme un catalyseur vers la mise sur le marché d’avions de nouvelle génération, plus respectueux de l’environnement: les initiatives industrielles se multiplient pour faire voler des avions plus légers avec des carburants novateurs comme l’hydrogène ou… l’huile de friture. Plus localement, Le gouvernement wallon a tout récemment décidé de lancer Wings («Walloon innovations for green skies»), un projet de recherche très ambitieux en termes technologiques et de développement durable, rassemblant notamment trois grandes entreprises: Safran, la Sonaca et Thales. Si l’ACV-CSC Metea se réjouit que des plans de relance et des initiatives innovantes voient le jour, elle reste prudente. Les montants des plans de relance sont-ils suffisants? Il faut éviter les effets d’annonces et concrétiser ces plans au plus vite, tout en finançant la transition du secteur aéronautique.
Un défi syndical titanesque Au niveau européen, les ambitions du paquet «Fit for 55» de la Commission européenne vont considérablement modifier les règles du jeu pour les avionneurs. En effet, ce paquet propose de parvenir à la neutralité climatique à l’horizon 2050. On s’en doute, pour l’industrie aéronautique européenne, cela implique de se pencher dès aujourd’hui sur
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… et opportunités
de l’aviation européenne, à savoir zéro émission de CO2 d’ici 2050. Il s’agit de la première initiative conjointe de ce type dans un monde qui aligne toutes les parties prenantes de l’Union européenne sur les principes et actions nécessaires pour décarboniser et transformer le secteur européen de l’aviation. Fait notable, cette déclaration n’est (fort heureusement) pas qu’économique et ménage également une part au dialogue social1.
Favoriser une transition inclusive et juste Pour IndustriAll Europe, le syndicat européen du secteur, et la centrale ACV-CSC Metea, il est fondamental d’anticiper le monde et le travail de demain pour ne pas devoir subir les coûts des transitions. Comme les syndicats ne le savent que trop
Thales Alenia Space produit du matériel électronique de puissance pour les satellites et les lanceurs spatiaux.
Des acteurs mondialement reconnus Parmi les grands acteurs wallons et bruxellois figurent des leaders mondiaux qui équipent la plupart des avions civils en service. Cette filière regroupe de grandes entreprises mondialement reconnues comme: • La Sonaca (Charleroi): leader mondial pour les bords d’attaque d’ailes - 1.379 travailleurs. • Safran Aero Boosters (Liège): leader mondial en compresseur basse pression - 1.387 travailleurs. • Sabca (Charleroi et Bruxelles-Haren): structures et la maintenance 752 travailleurs. • Thalès Alenia Space (Charleroi): systèmes de communication embarqués - 538 travailleurs. L’Info n°13 8 juillet 2022
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Le dossier
bien, le changement devient prétexte aux licenciements s’il n’est pas pris à temps. Le travailleur doit être, et rester, le centre des préoccupations, surtout dans cette période charnière. En conséquence, syndicalement aussi, les forces se coalisent et le travail a déjà commencé. Chez ACV-CSC Metea, les permanents
sont au four et au moulin pour gérer un quotidien complexe et anticiper les impacts profonds que cette crise, mais aussi les transitions verte et numérique, vont indubitablement avoir sur les travailleurs de l’aéronautique. Ils s’impliquent pleinement dans les initiatives de recherches-actions mises en place
pour coordonner les initiatives syndicales et favoriser une transition inclusive et juste. 1. Les parties prenantes reconnaissent la dimension sociale de la transition vers une aviation durable et l’importance de favoriser la durabilité sociale et une transition juste, notamment par un dialogue social adéquat mené à toutes les étapes, ainsi que par l’amélioration de la qualification et de la compétence des salariés.
«L’aviation restera un secteur incontournable» Paolo Piccicuto est délégué principal ACV-CSC Metea au siège de la Sonaca, à Gosselies. Il revient sur la zone de turbulence «Covid» que traverse, comme l’ensemble du secteur, cet acteur wallon majeur dans la fabrication et l’assemblage de pièces et d’éléments de structures d’avion. I Propos recueillis par David Morelli I
Les effets de la transition écologique se font-ils déjà sentir? On s’oriente vers des matériaux plus verts avec beaucoup de carbone. Le bureau d’étude de la Sonaca travaille actuellement sur de nombreux projets qui permettront de produire des ailes plus légères. On développe, par exemple, de nouveaux volets et bords d’attaque qui permettront de réduire leur impact environnemental grâce à l’utilisation de matériaux composites. Un nouveau système de dégivrage électrique des bords d’attaque est également en développement.
Comment le Covid a-t-il impacté les activités La transition écologique met-elle l’emploi de la Sonaca? en danger? L’arrêt des vols a impacté tout le secteur aéronautique. Un bord d’attaque, c’est beaucoup de travail manuel. Nous avons connu une chute de productivité d’environ Mais le développement de l’utilisation du carbone en 45%, principalement liée à la baisse des activités d’Airune seule pièce pourrait, à long terme, impacter l’actibus, notre commanditaire principal. L’apparition du Covité de rivetage. Mais on prépare l’avenir, entre autres, vid a été très délicat à gérer du fait des frais de retard via des formations. On a, par exemple, investi il y a de livraison très importants que nous risquions de dequelques années avec l’Onem dans une machine où on voir payer. Certains secteurs ont été mis à l’arpeut couler du carbone. L’Onem envoie des rêt. La reprise et la réintégration des opérapersonnes se former chez nous. teurs s’est faite progressivement. Aujourd’hui, on tourne à 20-25% en moins de charge, en Comment voyez-vous le secteur Nous avons fonction des secteurs. dans dix ans? connu une Cette année 2022 est une année très difficile. chute de Quel a été l’impact sur le personnel? La reprise, on peut l’envisager en 2024-2025. productivité Au niveau organisationnel, on est passé Des milliers d’avions vont être produits dans d’environ 45%. de trois à deux pauses que l’on a décalées l’avenir. Airbus, par exemple, compte propour éviter le croisement des équipes. On duire, d’ici 2025, soixante-cinq A320 par mois. a été particulièrement vigilant car on ne pouvait pas C’est un chiffre énorme. Toutes les pièces élémentaires se permettre de ne pas livrer. Un cluster en chaîne de et les grosses pièces sont développées et fabriquées montage aurait été catastrophique. Plus largement, le chez nous. Le secteur change, mais l’aviation restera inchômage temporaire a réussi à limiter la casse. On a contournable. associé ces mesures à un plan de départ – le plan «grenier» - à la retraite anticipée avec des incitants intéresAirbus compte produire 65 sants. Ce plan nous a sauvé de la A320 par mois d’ici 2025. restructuration. Comment le Covid a-t-il impacté LMI Aerospace, la filiale américaine du groupe? Aux USA, il n’y a pas de protection sociale et les travailleurs ne sont pas liés par des contrats comme ici. Il y a eu des licenciements secs et massifs: près de 1.000 personnes.
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Le terrain
Seneffe Burnsen-Atlantic: la direction veut imposer son fonctionnement totalitaire
dernier, a été la goutte de trop, explique le secrétaire ACV-CSC Metea. Nous avons lancé des procédures auprès du tribunal du travail pour les contester et utilisons tous les recours légaux et juridiques pour faire avancer ces dossiers.»
Peur des représailles
© Fabian Laduron
Dans ce climat délétère, DS et suppléants sont tombés en maladie les uns après les autres. La délégation syndicale étant déforcée, les travailleurs craignent des retombées s’ils dénoncent les pressions subies. «L’inspection nous a donné raison quand nous avons contesté le fait que la direction voulait imposer des jours de congés aux travailleurs. Elle continue pourtant à mettre une pression menaçante.»
L’entreprise produit des chaudières et des ballons d’eau chaude.
Autoritarisme, menaces, provocations… les méthodes du management de la société Burnsen mettent la concertation sociale à mal et les travailleurs à bout. I David Morelli I Tout spécialiste des chaudières le sait: mettre trop de pression risque d’arrêter la machine. Il semble que la nouvelle direction du site de production Burnsen (Seneffe), mise en place après le rachat de cette société spécialisée dans le chauffage par le groupe Atlantic, oublie ces règles pour son personnel. Selon le périodique syndical «Faut le Fer!»1, la direction aurait recouru, à l’occasion d’un long conflit social pendant l’été 2021, à des «mensonges, attaques personnelles, menaces…», refusé les propositions de conciliation et «ouvert la chasse à tout travailleur qui n’obéit pas aux ordres ou ne respecte pas à la lettre les avis et circulaires décidés et rédigés unilatéralement». La délégation syndicale CSC, majoritaire dans l’entreprise, n’a pas non plus
été épargnée: «La direction a sorti une note qui fermait les robinets syndicaux, déclare Fabian Laduron, secrétaire régional ACV-CSC Metea. Aujourd’hui, les délégués (DS) ne peuvent plus aller voir un collègue dans l’entreprise pour exposer un problème ou poser des questions en lien avec des matières syndicales. La direction exige qu’une demande formelle lui soit déposée…»
Les travailleurs craignent
des retombées s’ils dénoncent les pressions subies.
Harcèlement et burn-out En novembre, des négociations ont débuté sur la CCT 90 et les jours de fermeture collective dans l’entreprise, pour les employés et les ouvriers. Suite au refus de la CCT par les ouvriers, «la direction s’est attaquée aux DS. En cinq mois, ils ont reçu une quinzaine d’avertissements. Il y a aussi eu des licenciements. Celui d’un DS, en avril
Depuis mars, les demandes de recours à une commission paritaire (CP) pour envisager des solutions sont refusées par la direction ou restent sans réponse. «Dernièrement, la direction a avancé que nous ne respectons pas toutes les procédures de la conciliation alors que, depuis septembre 2021, nous avons régulièrement des réunions avec elle. Mais elle refuse de négocier. Elle veut juste imposer ses visions et son fonctionnement totalitaire. On a aussi l’impression qu’elle traine parce qu’elle sait que, sur certains points, elle va au-delà de ce que la législation permet. On en vient à se demander si elle ne cherche pas à mettre les travailleurs à bout pour provoquer une grève qui leur permettrait, en justifiant cyniquement un mauvais climat social sciemment installé, de transformer le site de production en centre logistique», conclut le secrétaire. 1. Périodique d’informations du comité fabrications métalliques de la CNE Hainaut, avril 2022 – retrouvez cet article dans l’app de L’Info.
Liège-Verviers-Ostbelgien Fermeture des bureaux CSC Tous les bureaux de la CSC de Liège, Verviers et Eupen seront fermés les 21 et 22 juillet et les 15 et 16 août 2022. L’Info n°13 8 juillet 2022
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L’édito
I Marie-Hélène Ska, secrétaire générale I
Le repos des guerriers! Ce dernier numéro de L’Info pour cette année sociale est l’occasion de vous remercier pour le travail accompli à nos côtés. Le travail n’a pas manqué et, une fois de plus, nous pouvons être fiers de ce que nous avons réalisé. La levée des mesures sanitaires nous aura permis de retrouver le chemin d’une vie enfin «normale». Personne ne s’en plaindra. Après la pandémie, il a fallu faire face à l’horreur d’une guerre installée à nos portes et rendant notre monde encore plus fragile. Une pointe d’espoir: une fois de plus, la solidarité des citoyens de notre pays a joué à plein et permis à des milliers de réfugiés ukrainiens de trouver un réconfort nécessaire. Le monde de l’après Covid est aussi marqué par de fortes tensions sociales dans certains secteurs. Pénurie de main d’œuvre, salaires trop bas, conditions de travail pénibles… Le monde du travail se relève difficilement des deux années de pandémie. Pour la CSC, cette colère sociale cache surtout une inquiétude réelle sur le sens du travail.
Doit-on travailler pour vivre ou vivre pour travailler? La course à la productivité, souvent génératrice de mal-être au travail, est-elle une perspective attirante? Signe d’une époque en pleine mutation: des étudiants parisiens, issus des plus prestigieuses écoles supérieures et au destin tout tracé, ont chahuté leur remise de diplôme questionnant les fondements mêmes de leur apprentissage. Le monde du travail va incontestablement se transformer dans les années à venir. Nous l’avons déjà dit, mais il va falloir accompagner les transitions et donner des perspectives aux travailleurs souvent déboussolés face à l’évolution de leur secteur. Les employeurs devront aussi comprendre qu’il n’est plus acceptable de raboter les salaires de leurs travailleurs alors que les marges bénéficiaires de leur entreprise explosent. Il y a donc encore du pain sur la planche, mais c’est avec détermination et conviction que nous entamerons la rentrée sociale. D’ici-là, bonnes vacances et bon repos à tous et à toutes.