Bureau de dépôt: Charleroi P911984 ISSN 0772/2427 80e année Bimensuel
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JOURNAL D'INFORMATIONS SYNDICALES
Le dossier
N°12
L’Info
24 juin 2022
Métiers scientifiques et techniques: place aux femmes! Alors que les métiers scientifiques et techniques connaissent une pénurie de personnel, les femmes restent très peu représentées dans ces filières. Comment inverser cette tendance?
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Droits humains et football: un but en soi
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Manif du 20 juin: pression maximale pour de meilleurs salaires
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#devoirdevigilance: interpellez vos députés!
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Le nouveau statut du travail associatif est opérationnel
L’essentiel
Mal logement: une intervention rapide des pouvoirs publics est nécessaire Le 27 janvier dernier, nous1 nous étions réjouis d’apprendre que le gouvernement bruxellois planchait sur une limitation de l’indexation des loyers à 2%. Cette mesure nous semblait non seulement amplement justifiée, mais aussi tout à fait réalisable. Et pourtant, la majorité régionale n’a pas pu se mettre d’accord sur la proposition de la secrétaire d’État à la Région de Bruxelles-Capitale, chargée du Logement, le blocage semblant résulter d’un véto du parti Défi et des réticences de l’Open VLD.
Limiter l’indexation: légal et réaliste Contrairement à l’idée répandue par les partis politiques refusant la limitation de l’indexation des loyers, celle-ci n’est ni inconstitutionnelle, ni irréaliste, ni irréalisable. Elle vise à garantir le droit au logement. Elle poursuit donc un intérêt général. Compte tenu de la croissance des loyers – bien supérieure à l’inflation – au cours des vingt dernières années à Bruxelles, ce n’est pas une limitation de l’indexation des loyers à 2% qui va soudainement plonger la plupart des bailleurs dans la précarité. Par contre, elle permettra à de nombreux ménages locataires de garder la tête hors de l’eau.
Une mesure désirable, mais non suffisante Au regard de la détresse grandissante des ménages bruxellois, cette limitation est une mesure simple et ra-
L’urgence sociale touche de plus en plus de locataires à Bruxelles.
pide à mettre en place, mais clairement non suffisante dans un objectif sérieux de lutte contre la pauvreté. Nous sommes à mi-mandat, et nous sommes inquiets et scandalisés. Inquiets, car c’est maintenant que les locataires subissent les conséquences de l’augmentation des coûts du loyer et de l’énergie. Inquiets, car les services de première ligne, déjà saturés, doivent faire face à des situations de détresse de plus en plus critiques. Inquiets et scandalisés, car nous constatons un immobilisme de certains responsables politiques en matière de lutte contre le mal logement. Scandalisés de constater que les drames que vivent une partie grandissante de notre population (expulsions domiciliaires, sans-abrisme...) n’émeut pas suffisamment une partie de la sphère politique pour mettre en place des mesures structurelles, simples et efficaces. Scandalisés de ce blocage politique. Pourtant, il sera toujours socialement plus désirable – et même plus efficace – de prévenir la misère sociale plutôt que de tenter de la soigner. Si des solutions peuvent être recherchées pour la petite minorité de propriétaires bailleurs précaires, il est temps de reconnaître que la majorité à protéger – y compris par une règle sur les montants des loyers – se trouve bien du côté des locataires. Nous continuerons de dénoncer cet immobilisme. Parce que l’urgence sociale le nécessite, parce qu’aucune autre mesure ne permettra de le faire: ni la construction de logements neufs, ni une augmentation de l’aide sociale. Si l’on s’intéresse au bien-être de l’ensemble des habitantes et des habitants de Bruxelles, il faut accepter et soutenir les initiatives visant à réguler le marché locatif privé, en ce compris la limitation de l’indexation des loyers.
TIRAGE MOYEN 200.000 exemplaires RÉDACTION Chaussée de Haecht, 579 B-1030 Bruxelles (Belgique) Tél: 02.244.32.86 Fax: 02.246.30.10 E-mail: presse@acv-csc.be Pour obtenir votre correspondant, faites le 02.244 suivi des quatre chiffres indiqués.
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ABONNEMENTS ET POSTE Danny Assumani (3563) danny.assumani@acv-csc.be CHEFFE DU SERVICE PRESSE Brigitte Jaspard (3291) bjaspard@acv-csc.be SECRÉTAIRE DE RÉDACTION Stéphanie Siegels (3557) stephanie.siegels@acv-csc.be RÉDACTION David Morelli (3289) dmorelli@acv-csc.be
Bruxelles fait partie.
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1. Carte blanche rédigée à l’initiative de la plateforme logement dont la CSC
Dans l’app de L’Info Retrouvez l’intégralité de ce texte et ses signataires.
Donatienne Coppieters (3283) dcoppieters@acv-csc.be MISE EN PAGE Patricia Martin (3297) patriciamartin@skynet.be Marie-Hélène Toussaint m-htoussaint@skynet.be ÉDITEUR Confédération des syndicats chrétiens (CSC) IMPRIMERIE Remy-Roto Beauraing
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Le dossier
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Métiers scientifiques et techniques: place aux femmes! De nos jours, le milieu professionnel est encore divisé en métiers «d’hommes» et «de femmes». Celles-ci sont particulièrement peu représentées, voire absentes, dans les métiers scientifiques et techniques. Pourquoi et comment inverser la tendance dans ces métiers en pénurie? I Vinciane Pigarella I Une première piste de réponse se trouve dans ce qu’on appelle «la division genrée du travail», qui sépare le monde professionnel selon le sexe. Dans cette hiérarchie, les métiers d’hommes sont plus valorisés: ils auraient des dispositions naturelles pour des métiers où prime la réflexion, la construction, le travail manuel. Les femmes, elles, auraient des dispositions naturelles à exercer des métiers liés au soin, à la santé ou encore à l’aide familiale. Cette division du travail est le miroir de notre société où les clichés de genre sont ancrés depuis la petite enfance. Il suffit de jeter un œil aux publicités genrées dans les catalogues de la Saint-Nicolas pour s’en convaincre. «Les images, les représentations sociales et les perceptions culturelles concernant les métiers ne correspondent pas à la réalité, mais sont très persistantes. Y compris chez les parents et les enseignants qui ont un impact important dans la valorisation chez l’enfant de certaines aptitudes, et dans
la dévalorisation d’autres, notamment les aptitudes manuelles. Ces stéréotypes genrés des métiers ont pour effet de lever des murs entre les professions dites pour les filles et celles pour les garçons», appuie Pierre Cuppens, secrétaire général de la CSCBIE.
Pourquoi si peu de femmes dans les STIM? L’Europe fait face à une pénurie sans précédent de professionnels dans les domaines des activités numériques et des STIM, qui regroupe les métiers scientifiques, technologiques, de l’ingéniorat et des mathématiques. Des secteurs où la différenciation entre les sexes commence dès l’enseignement supérieur. Selon l’Unesco, dans le monde, les femmes ne représentent que 35% des étudiants inscrits dans ces filières. Dans l’enseignement supérieur francophone, alors que six étudiants sur dix sont des filles, seulement une sur quatre
est inscrite dans une filière STIM. Les diplômées qui travaillent ensuite dans ces secteurs sont rares. Le principal problème évoqué est la culture machiste, très répandue dans ces milieux. Ces femmes abandonnent la carrière dont elles rêvaient à cause de formes subtiles de discrimination qui envahissent l’industrie. Certains motifs sont récurrents: manque d’engagement réel des entreprises pour l’égalité de genre, manque de transparence et d’équité dans les mécanismes de promotion, micro-agressions subies (devoir justifier ses compétences, son expertise, etc.) ou encore le phénomène des «onlys», ces femmes qui évoluent dans un environnement de travail majoritairement masculin1. La CSC lutte contre la discrimination de genre et veille à promouvoir la présence des femmes dans ces secteurs qui doivent être plus inclusifs, diversifiés et adaptés à un monde qui évolue. «L’importance que les L’Info n°12
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responsables des centrales et fédé- la part des femmes dans les filières rations mettront sur la question de métiers techniques et scientifiques», l’égalité entre femmes et hommes ajoute Pierre Cuppens. va impacter le travail réalisé avec les permanents et les délégués», Tout commence à l’école précise Gaëlle Demez, responsable Femmes CSC. En effet, ils ont un Mais comment attirer les jeunes rôle à jouer pour encourager les filles dans les métiers techniques femmes à se lancer dans des sec- et scientifiques, qu’elles soient enteurs «masculins», convaincre les gagées et puissent évoluer dans le chefs d’entreprise de la secteur des STIM? En valovaleur ajoutée d’équipes risant leurs compétences de travail mixtes, mettre dès leur plus jeune âge, au en place des infrastrucmême titre qu’un garçon le tures adaptées, diffuser et Il faut serait pour ses capacités récompenser les bonnes déconstruire scientifiques ou techniques. pratiques en matière l’image masculine Un tronc commun, avec des d’égalité et d’inclusion au compétences communes de certains travail. «Au niveau euro(scientifiques, techniques…) métiers. péen, les partenaires sotransposables, par la suite, ciaux ont compris l’importance d’in- à ce qu’on appelle les métiers de vestir dans les compétences pour transition, peut être bénéfique. pouvoir répondre aux défis clima- «L’orientation scolaire est genrée, tiques et numériques de demain. Ce explique Gaëlle Demez. Si vous étusera aussi l’opportunité d’atteindre diez la mécanique, vous aurez un une égalité sociale en matière de peu de physique, de maths… Des genre. Les partenaires sociaux eu- compétences absentes des filières ropéens souhaitent voir augmenter plus ‘féminines’, comme la puéricul-
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Les femmes représentent 35% des étudiants inscrits dans les filières STIM.
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ture ou la coiffure, où l’on croit à tort qu’il faut moins de formations car nous aurions des compétences innées. Faux! Naître femme ne veut pas dire qu’on sait, d’instinct, s’occuper d’un nouveau-né ou d’une personne âgée. Cela s’apprend. Quand une femme s’occupe d’un bébé ou d’une personne âgée, elle porte également des charges lourdes, mais aussi précieuses. À ce titre, la pénibilité de certains métiers dits ‘féminins’ n’est pas, ou peu, reconnue.» Ensuite, il faut déconstruire l’image masculine de certains métiers et compétences et sensibiliser opérateurs et employeurs à engager des femmes. «Si une jeune fille n’a pas, autour d’elle, de mentor ou une personne proche qui l’encourage à exercer un métier technique, scientifique, elle n’y pensera pas spontanément. Lors de sa recherche d’emploi, son conseiller va-t-il lui proposer une seule fois une formation en électricité? interroge Isabelle Michel, secrétaire nationale ACV-CSC Metea. Les enseignants, les conseillers d’orientation, doivent pouvoir dire aux jeunes filles que ces métiers et ces formations existent. Et qu’elles y ont leur place.»
Sensibiliser tous les publics Une centrale professionnelle, comme l’ACV-CSC Metea (secteurs du métal et du textile), compte 15% d’affiliées féminines. «C’est bien, mais on peut mieux faire, précise Isabelle Michel. Beaucoup des secteurs suivis par Metea sont réputés masculins. Pourtant, nous avons un nombre élevé de permanentes.» Dans la sidérurgie, les femmes sont les grandes absentes. Pour les trouver, il faut aller du côté des lignes de production de la CP 111 (construction métallique, mécanique, électrique), par exemple, et dans la partie textile. Metea, dans sa communication, veille à s’adresser autant aux femmes qu’aux hommes. «Quand on signe une convention sur le parrainage en entreprise, on parle aussi de ‘marrainage’. Cela remet les choses en perspectives. Notre vision du genre au sein de la centrale a évolué depuis vingt ans. Des ajustements sont toujours possibles.
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Le dossier
257 ans pour parvenir à la parité dans le monde du travail2. L’égalité et l’intégration des femmes dans les métiers techniques et scientifiques (mais pas seulement) commence dès à présent. 1. Source: McKinsey, “Women in the workplace”, 2021. 2. Source: Forum économique de Davos, 2019.
Changer une habitude culturelle, cela prend du temps.» Le parcours d’égalité et de féminisme évolue en effet parfois lentement. Il interroge notre éducation, les choix posés, la question de la charge mentale et de la répartition des tâches au sein du couple, etc. «Tous secteurs confon-
dus, dès qu’on explique que c’est une question d’injustice, on passe plus facilement à l’action», souligne Gaëlle Demez. Le temps est toutefois compté: si nous avançons au même rythme qu’aujourd’hui, il faudra attendre
«Ma passion est devenue mon métier» Marie, 23 ans, a suivi un parcours scolaire classique. Son CESS* en poche, elle poursuit une 7e professionnelle avec l’idée de travailler dans le gardiennage. Mais sa passion pour l’automobile la rattrape. Aujourd’hui, elle vient de signer un CDI en mécanique automobile au garage Schyns de Namur, là où elle a effectué son apprentissage. I Propos recueillis par Vinciane Pigarella I
«Le travail manuel m’a toujours attirée. Depuis toute petite, j’aime beaucoup les voitures, une passion qui me vient de mon papa, mais je ne savais pas si je voulais plutôt travailler dans un garage, ou vendre des voitures…» C’est vers la réception automobile que Marie se dirige d’abord. N’ayant pas de réelles connaissances du milieu, elle doit passer par une année préparatoire en mécanique automobile. C’est le déclic. «Ça m’a plu et j’ai achevé ma formation dans cette branche. J’ai toujours aimé découvrir le fonctionnement, le nom des pièces.» Pourtant, mécanicienne épanouie, Marie a failli passer à côté de son rêve. «Je n’osais pas me lancer. Être une fille
et vouloir aller dans cette direction, c’était un frein. J’ai réussi à balayer mes craintes. Le garage Schyns est le premier endroit où j’ai postulé et ils m’ont engagé.» Lors de sa formation à l’IFAPME de Namur, Marie est l’unique fille de la section. «Je n’ai pas rencontré de problèmes. On était treize en première année, contre trois en troisième. Il y avait une bonne entente, une entraide. Nous avons gardé le contact.» Volontaire et déterminée,
Marie vient de signer un CDI en mécanique automobile.
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Les compétences scientifiques et techniques doivent être valorisées dès le plus jeune âge.
Vous estimez être victime d’une discrimination sur base du genre? Contactez votre permanent Diversité ou le service juridique de votre fédération. Vous pouvez également contacter la ligne anti-discrimination au 0800.12.800.
la jeune femme ne regrette pas son choix de carrière. «Rien ne m’arrête. Pendant mon apprentissage, il y avait des journées consacrées à la permutation de pneus. Certains clients les stockent chez nous. Il faut donc que tout soit prêt. Je me souviens avoir préparé cette journée toute seule: aller chercher les pneus dans des containers, les préparer dans l’atelier, suivant les heures de rendez-vous. Sur une journée, j’ai soulevé 360 pneus.» Marie ne veut pas de traitement de faveur parce que c’est une femme. «Je suis sur le même pied d’égalité que mes collègues masculins. Je dois accepter que j’ai choisi de faire un métier manuel, qui comporte des charges lourdes.» À celles qui veulent suivre la même voie, Marie n’a qu’un conseil: «Ne vous bloquez pas face à des remarques sexistes. Si cette envie est au fond de vous, foncez. Ma passion est devenue mon métier. Je suis certaine que d’autres filles aimeraient suivre le même parcours. Il faut se lancer, ne pas avoir peur. Nous sommes toutes capables. Avec de la volonté et de l’acharnement, on y arrive toujours.» *Certificat d’enseignement secondaire supérieur.
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Les secteurs
CONSTRUCTION Droits humains et football: un but en soi En amont du match BelgiquePays-Bas, les fédérations de football néerlandaise et belge, la KNVB et l’URBSFA, ont organisé, le 3 juin dernier, une conférence de presse qui a abordé le rôle des deux fédérations et d’autres parties prenantes en matière de respect des droits humains et des travailleurs lors de grands événements footballistiques, comme la Coupe du monde au Qatar.
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La CSC Bâtiment - Industrie & Énergie (CSCBIE), qui participait à cette conférence, a partagé son point de vue et son expérience sur les conditions de vie et de travail pénibles des ouvriers (migrants) de la construction au Qatar, conditions qu’elle dénonce depuis de nombreuses années. La CSCBIE, qui s’était rendue au Qatar une première fois en octobre 2013, avait, à l’époque, déjà constaté la tragédie humaine et lancé un cri d’alarme
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loin du travail décent. Les avancées restent fragiles et contournées par des employeurs peu scrupuleux.
Protéger les travailleurs migrants
auprès des autorités locales, de Pour la CSCBIE, la Fifa doit user certaines entreprises de construcde son influence pour garantir la tion actives sur les chantiers et la création d’un centre pour travailcommunauté internationale. «Les leurs migrants légaledroits humains fondament reconnu et protégé. mentaux des travailleurs Pour que ces personnes (migrants), leur sécurité puissent bénéficier pleiet leur bien-être, doivent Les droits nement des réformes être respectés à tout mohumains du travail au Qatar, elles ment, avant et pendant fondamentaux doivent être conscientes des événements tels que des travailleurs de leurs droits. Ce centre la Coupe du monde au devrait faire partie de (migrants), leur Qatar, mais aussi après», l’héritage de la Coupe du insiste Pierre Cuppens, sécurité et leur monde 2022. «Il y a encore secrétaire général de la bien-être, doivent beaucoup de travail à CSCBIE. être respectés à faire car des conventions tout moment. fondamentales de l’OIT Carton rouge sang n’ont toujours pas été ratifiées au Mexique et aux États-Unis, pays orÀ ce jour, il y a déjà eu plus de 6.500 ganisateurs de la Coupe du monde décès dans la construction des in2026. Nous demandons donc à la frastructures nécessaires à l’orgaFifa, qui peut agir comme un monisation de la Coupe du monde de teur de changement, d’inclure des football au Qatar! Si, sous la presclauses sociales dans l’attribution sion des syndicats et des ONG, des de la Coupe du monde» a souligné avancées ont eu lieu, notamment Patrick Vandenberghe, président de en matière de législation sur le trala CSCBIE. vail, dans la pratique, on est encore Au moins 6.500 travailleurs migrants sont décédés lors de la construction des infrastructures pour la Coupe du monde.
Le terrain
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BRUXELLES Pression maximale pour de meilleurs salaires
80.000 personnes ont manifesté pour exiger la révision de la loi de 96.
Quatre-vingt-mille personnes ont manifesté le 20 juin dernier pour clamer haut et fort qu’elles ne s’en sortent plus et pour demander de modifier la loi sur la norme salariale. I David Morelli I Quel est le point commun entre les prix de l’énergie, des courses et du logement et les bénéfices de certaines entreprises? Tous explosent! Mais pendant ce temps, les salaires, eux, restent désespérément bloqués. Résultat des courses: des caddies de moins en moins remplis pour cause de diminution du pouvoir d’achat des travailleuses et des travailleurs. C’est pour dénoncer la
loi sur la norme salariale que, durant tout le printemps, des actions régionales (lire précédents numéros de L’Info) ont mis la pression sur le gouvernement. Le 20 juin dernier, la CSC, la FGTB et la CGSLB l’ont fait grimper au maximum en appelant les travailleurs et travailleuses à venir en nombre pour manifester dans les rues de Bruxelles et exiger la modification de cette loi injuste. Cet appel à l’action a été massivement entendu: quelque 80.000 personnes ont battu le pavé des boulevards de la
Pourquoi ils étaient là «On ne veut pas de saut d’index. Pour les jeunes, cela risque de représenter au final une somme énorme. Ils risquent de perdre 27.000 euros contre un chèque de 500 euros. Franchement, je trouve ça ridicule.» Stéphane, Ceratec
«Quand j’ai commencé en tant que délégué syndical, la norme salariale était indicative. On pouvait aller chercher un peu plus. On sait que la marge pour les prochaines négociations, sera de 0% alors que l’inflation augmente. On doit se rassembler dans le combat syndical pour combattre ce capitalisme à outrance.» Gaetano, GSK «Le salaire moyen d’un ouvrier ou d’un fonctionnaire ne suffit pas pour survivre. Ça devient insupportable.» Lahcen, chauffeur Stib
capitale pour obtenir des salaires équitables et une augmentation de leur pouvoir d’achat.
Trop chère la vie «20 juin… déjà la faim du mois», «De l’argent pour la guerre mais pas pour nos salaires», «Même le PQ augmente de 11%», «Stop au hold-up sur les salaires», «Début du mois = fin du mois»… les slogans, les pancartes et les actions symboliques ont rythmé la manifestation dans un mélange d’humour et de détresse. Comme cette procession funéraire de caddies portés comme des cercueils, ou ces travailleurs déguisés en patrons distribuant généreusement des cacahuètes aux manifestants (lire interview dans l’app). Pour tous les participants, le son de cloche est le même: la vie est trop chère. «Quand on va faire les courses, on n’a plus grand-chose dans le caddie avec 100 euros» déclare ce travailleur de la chimie. «Dans les hôpitaux, des travailleurs ne peuvent plus venir travailler car ils viennent en voiture et ils ne peuvent plus faire face à l’augmentation des prix des carburants. Tout le monde n’a pas l’occasion de venir en train, bus ou en métro» explique cette infirmière. «Nous générons les recettes de l’État et le gouvernement doit voir comment nous soutenir» constate ce travailleur de Bpost qui ajoute: le gouvernement, s’il le souhaite, peut faire quelque chose et dégager des moyens en mettant ses priorités. Et les priorités, ce sont les travailleurs.»
«La solidarité, ça rapporte!» À l’entame de la manifestation, un podium surplombé d’un immense écran a accueilli les discours de représentants du front commun syndical. Marie-Hélène Ska, secrétaire générale de la CSC, a évoqué la question du remboursement des frais de déplacement domicile-travail: «Cessons d’amputer la fiche de paie d’une partie de celle-ci avant-même d’avoir commencé à travailler. Nous disons au gouvernement et aux parL’Info n°12
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Le terrain
Revoir la loi Cette manifestation est une nouvelle étape franchie dans ce combat
BRUXELLES L’espoir au bout de l’accord Pour le personnel de nettoyage, ce 20 juin était particulier puisque la manifestation nationale coïncidait avec la traditionnelle «Journée des pros du nettoyage» qui les remercie et les met à l’honneur. Mais ces remerciements ne suffisent plus. Après deux années de Covid-19 durant lesquelles les travailleurs du secteur ont tout donné, leur besoin de reconnaissance est grand et la flambée des prix met nombre d’entre eux en grande difficulté. Les travailleuses et travailleurs des métiers du nettoyage ont aussi manifesté leur colère et leur désarroi face à leurs salaires de misère. Un stand se trouvait d’ailleurs sur le parcours de la manifestation contre la loi sur la norme salariale pour visibiliser leur situation. Après avoir multiplié les actions de protestation pendant de nombreux
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L’Info n°12 24 juin 2022
L’accord signé la semaine dernière constitue un petit
espoir, une goutte d’eau dans une grande mare.
Ce petit espoir
deviendra, j’espère, plus grand.
Béatrice, nettoyeuse
de longue haleine pour le pouvoir d’achat. Prochaine étape: le 29 juin prochain avec la discussion au parlement sur la loi salariale, rendue possible grâce aux 87.690 citoyens qui ont signé la pétition électronique.
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S’adressant aux entreprises et à leurs syndicats, elle les appelle à «oser la solidarité au sein et entre les entreprises. Oser la solidarité, cela rapporte gros» et leur rappelle que «ce n’est pas aux travailleuses et aux travailleurs de payer la crise.»
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lementaires: trouvons des solutions rapides et récurrentes pour rembourser les frais de déplacement domicile-travail.» Elle leur demande également de «faire la transparence sur la facture d’énergie pour tout le monde» et «de ne plus accepter des dividendes exorbitants, qui traduisent une absence de stratégie d’entreprise». Enfin, s’agissant de la loi de 96, elle leur propose de «revoir ensemble une loi qui a montré ses limites, qui nous bloque et qui est profondément injuste.»
Dans l’app de L’Info La manifestation en images.
mois, les aide-ménagères voient heureusement leur ciel quelque peu s’éclaircir grâce à l’accord qui a finalement pu être conclu pour le secteur des titres-services. Cet accord est «un pas dans la bonne direction», admet Kris Vanautgaerden, secrétaire national de la CSC Alimentation et services (A&S) et responsable du secteur des titresservices. «Mais le travail est loin d’être fini. Nous continuons de chercher des solutions structurelles et durables pour leurs revenus et conditions de travail.»
Le terrain
Les futures négociations salariales pour l’ensemble des métiers du nettoyage risquent d’être tout aussi compliquées, si pas plus. «Si la marge devait être de 0,0% en 2023-
2024, ce serait une catastrophe pour le personnel de nettoyage de ces secteurs. À l’occasion de la Journée des pros du nettoyage, nous le clamons haut et fort: leurs salaires sont
trop bas et ils le resteront tant que le carcan de la loi de 96 continuera d’exister. Le respect passe aussi par de meilleurs salaires», conclut Pia Stalpaert, Présidente de la CSC A&S.
BRUXELLES La première grève des travailleuses de l’ombre
Les travailleuses domestiques sans papiers demandent aux représentants politiques de prendre leurs responsabilités et de leur donner des papiers. I Donatienne Coppieters I
Le 16 juin dernier, à l’occasion de la Journée mondiale des travailleuses et travailleurs domestiques, la place du Luxembourg a accueilli le parlement des travailleuses domestiques. Cette assemblée a voulu interpeller les politiques et le grand public sur les conditions de travail des travailleuses domestiques sans papiers en Belgique. Pour sortir de l’invisibilité, une vingtaine d’entre elles ont décidé de faire grève ce jour-là. Une première pour ces travailleuses de l’ombre. Pourquoi si peu de travailleuses en grève alors que leur nombre est évalué à 70.000 en Belgique? La plupart d’entre elles ne peuvent pas faire grève parce qu’elles s’occupent d’enfants, de soins aux personnes ou qu’elles n’ont pas les capacités financières. Ou parce qu’elles n’osent pas: étant sans papiers, elles prennent des risques en se montrant ou en prenant la parole sur la place publique. Cette grève de la Ligue des travailleuses domestiques de la
Ces travailleuses sont sorties de l’ombre pour interpeller sur leurs conditions de travail.
CSC Bruxelles a été appuyée par le Moc Bruxelles et soutenue par la CSC Alimentation et services ainsi que la CNE.
Exploitation Durant l’assemblée, des travailleuses ont témoigné de leur parcours, comme Madame Gorecha, dont le témoignage a été lu car elle n’a pas pu faire grève. «La Colombie n’est pas un pays sûr pour les femmes qui sont victimes de harcèlement, de viols (…) Je suis arrivée en Belgique en 2019. Après six mois dans la rue, un ami m’a accueillie. J’ai trouvé un emploi chez une Vénézuélienne. Je devais m’occuper de ses deux enfants de 8 et 16 ans. L’ainé est handicapé en fauteuil roulant. Je devais tout faire: les chercher à l’école, aller aux réunions de parents, faire les courses, cuisiner, nettoyer… Je travaillais de 6h30 à 21h et j’étais payée 4 euros de l’heure. En Belgique, je me sens plus en sécurité, plus libre. Mais je suis exploitée au travail. Je suis accablée et épuisée. Si vous perdez votre travail, vous n’avez rien. C’est pourquoi, il faut un permis de travail.»
La plupart des travailleuses domestiques sont des femmes qui ont quitté leur pays et leur famille parce qu’elles étaient menacées, se sentaient en insécurité, ou pour subvenir aux besoins de leurs enfants. En Belgique, elles prennent soin des enfants et des parents des autres ou font le ménage. Elles travaillent parfois non-stop 7/7 jours, pour entre 3 et 10 euros de l’heure, sans accès à la sécurité sociale ni à l’assurance santé. Et quand les familles partent en vacances, elles se retrouvent sans travail ni paye. Elles ne peuvent pas se plaindre et porter plainte quand elles sont victimes de harcèlement sexuel car elles ont peur.
Ce qui peut les soutenir • Que les victimes de violence sans papiers puissent porter plainte et être protégées pendant la durée de la procédure. • La mise en œuvre de la convention d’Istanbul, adoptée en 2017, qui a pour but de protéger les femmes contre toutes les formes de violence. • Que la Belgique applique la convention 189 de l’OIT sur les travailleurs domestiques, qu’elle a ratifié en 2015, qui vise à améliorer les conditions de travail et de vie de dizaines de millions de travailleuses domestiques du monde entier.
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Des papiers!
Dans l’app de L’Info Retrouvez plus de témoignages. L’Info n°12
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Les secteurs
Après 10 mois (!) de lutte, un accord sur les salaires, les frais de déplacement et les conditions de travail des aide-ménagères a pu être conclu. Ce projet d’accord, qu’elles ont approuvé, est une première étape vers l’amélioration de leur statut. Cet accord prévoit: • à partir de juin 2022, une augmentation des salaires (0,4%); • à partir de juin 2022, une augmentation de l’abonnement social (de 75 à 90%) pour les déplacements domicile-travail (transports publics et voiture) et de l’indemnité vélo (de 0,23 à 0,25 euro/km). Doublement des indemnités pour les déplacements
entre deux clients (0,28 euro/km) avec un engagement de les porter le plus rapidement possible au niveau des indemnités des fonctionnaires. Les courses pour le client seront aussi liées à cette indemnité; • une adaptation du nombre de jours travaillés pour avoir droit à une prime de fin d’année (de 65 à 30 jours);
L’amélioration du système des titres-services reste une priorité. • l’introduction d’une ancienneté sectorielle pour déterminer l’échelle barémique, d’un système de permanence téléphonique (en
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Titres-services Les aide-ménagères approuvent l’accord Ces négociations et cet accord prouvent que la lutte paie!
2023) et de primes incitatives pour le crédit-temps prévu pour prendre soin de son enfant de moins de 8 ans. Cet accord n’est pas une fin en soi: un secteur durable, de meilleures conditions d’emploi et de travail et une amélioration du système des titres-services restent une priorité. La rémunération moyenne de ces aide-ménagères étant à la limite du seuil de pauvreté, une adaptation de la loi sur la norme salariale est plus que jamais nécessaire. Ces négociations et cet accord prouvent que la lutte paie!
TRAVAILLEURS SANS EMPLOI Des allocations au-dessus du seuil de pauvreté, c’est le minimum
Une enquête menée par la CSC, auprès de 2.265 demandeurs d’emploi de longue durée, a montré les conséquences pour les allocataires sociaux d’un montant aussi faible. À peine 3% des demandeurs d’emploi (DE) interrogés parviennent à boucler le mois avec leurs allocations. 15% d’entre eux doivent compter sur leur famille pour joindre les deux bouts. 22,5% ont besoin de leurs économies pour s’en sortir. Un tiers d’entre eux n’ont peu, ou pas, d’économies. Dans ce contexte, les DE doivent économiser sur l’énergie (54,04%), une visite chez le médecin (36,42%), la nourriture (34,53%) et la vie son°12 24 juin 2022 I 10 I L’Info
ciale (71,52%). Le risque de pauvreté des DE de longue durée et de leurs enfants est donc très élevé.
Passer des paroles aux actes Les Travailleurs sans emploi (TSE) de la CSC, des deux côtés de la frontière linguistique, ont rendu visite, le 13 juin dernier, au ministre de l’Emploi Pierre-Yves Dermagne pour plaider pour une amélioration des allocations de chômage minimales.
Le ministre a affirmé avoir pour objectif l’augmentation des allocations le plus basses, tout en indiquant devoir composer avec les partenaires du gouvernement. La CSC exige que le ministre et le gouvernement prennent des mesures effectives de lutte contre la pauvreté et mettent en œuvre des solutions adéquates: augmenter les allocations de chômage et d’insertion au-dessus du seuil de pauvreté européen et supprimer la dégressivité.
Les TSE ont plaidé auprès du ministre de l’Emploi pour une amélioration des allocations minimales.
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En Belgique, les allocations de chômage minimales (1.161 euros par mois pour une personne seule) sont toujours inférieures au seuil de pauvreté européen (1.287 euros). I D. Mo. I
L’international
MONDE Droit à un environnement de travail sûr: une nouvelle norme fondamentale
Le 10 juin dernier, l’assemblée plénière de la Conférence internationale du travail (lire L’Info n°11) a entériné l’accord pour reconnaître la sécurité et la santé au travail comme une norme fondamentale du travail. Cet accord est crucial pour tous les travailleurs et toutes les travailleuses, partout dans le monde. Chaque année, dans le monde, 360 millions de personnes sont victimes d’un accident de travail et 1,9 million perdent la vie à cause de leur travail. La catastrophe du Rana Plaza, en 2012, et l’impact du Covid-19 sur de nombreux travailleurs soulignent l’importance d’un environnement de travail sûr et salubre.
Un cinquième principe fondamental Ce droit à un environnement de travail sûr et salubre s’ajoute aux normes fondamentales existantes: la liberté syndicale, et le droit à la
© Marcel Croizet/ILO
À la Conférence internationale du travail (Genève), les syndicats, les employeurs et les pouvoirs publics sont arrivés à un accord pour reconnaître la sécurité et la santé au travail comme une norme fondamentale du travail.
négociation collective, l’abolition effective du travail des enfants, l’élimination du travail forcé et de la discrimination. Étant reconnue comme norme fondamentale du travail, tous les pays qui font partie de l’OIT (Organisation internationale du travail) sont tenus de la res-
360.000.000 de personnes sont victimes d’un accident de travail chaque année.
pecter et devront respecter les deux conventions de base sur la sécurité et la santé au travail (155 et 187), même s’ils ne les ont pas encore ra-
tifiées. Les violations éventuelles de ces droits feront aussi l’objet d’une surveillance renforcée. La Belgique a déjà ratifié les conventions 155 et 187. La CSC appelle toutefois les pouvoirs publics belges à lutter davantage pour la sécurité et la santé au travail, tant dans notre pays qu’ailleurs dans le monde. La Belgique doit œuvrer de concert avec l’OIT, car cette reconnaissance oblige aussi l’OIT à assister ses membres dans la réalisation de davantage de sécurité et de santé au travail.
#devoirdevigilance: interpellez vos députés! Augmentons la pression pour des législations ambitieuses sur le devoir de vigilance des entreprises en matière de droits humains!
et des droits sociaux? Bonne nouvelle: tant en Belgique qu’en Europe, une loi qui oblige toutes les entreprises à respecter ces droits est en cours d’élaboration.
Ne serait-il pas merveilleux si, en tant que militant syndical et consommateur, vous ne deviez plus à vous soucier de savoir si les produits que vous achetez sont fabriqués dans des conditions équitables, le respect des personnes, de l’environnement
La Belgique doit encore déterminer sa position vis-à-vis de la proposition de législation européenne. Vous pouvez contribuer à augmenter la pression sur les décideurs politiques en exigeant qu’ils/elles prennent des mesures urgentes.
Scannez le code QR ci-dessus et envoyez-leur un courriel dès aujourd’hui pour renforcer votre demande via https://lacsc.co/ devoir-de-vigilance L’Info n°12
24 juin 2022
I 11 I
L’édito
I Marie-Hélène Ska, secrétaire générale I
80.000 fois merci!
Mais, il y aussi le deux poids, deux mesures qui génère de la colère: les marges bénéficiaires des entreprises qui passent de 39,9% en 2014, à 42,4% en 2020, des augmentations de salaires de 14% pour les patrons du BEL20. Mais pour les travailleurs et les travailleuses, une marge maximale disponible de 0,4% sur deux ans. Notre message au gouvernement et aux parlementaires était limpide: • trouvez des solutions, rapides, récurrentes, pour rembourser les frais de déplacement domicile-travail. Révisons ensemble la loi qui bloque l’évolution des salaires;
Quant aux employeurs, nous les incitons à: • investir, maintenant, massivement, dans la transition; • oser la solidarité, au sein des entreprises et entre entreprises. Nous porterons ces messages dès le 29 juin au Parlement. Et au-delà s’il le faut. Parce que nos revendications sont légitimes et justes.
N
TR
ES DE S ER VIC
www.lacsc.be/horaires
ES
Pour consulter les heures d’ouverture des centres de services de la CSC, une seule adresse fiable!
• travaillez, avec nous, à imposer des investissement dans l’économie de demain; • n’acceptez plus que les bénéfices ne soient pas réinvestis dans les salaires de celles et ceux qui créent la richesse; • n’acceptez plus des dividendes exorbitants qui traduisent une absence de stratégie d’entreprise; • faites la transparence sur les coûts de l’énergie et travaillez à une sécurité de long terme des contrats qui réduit l’insécurité des ménages.
CE
Nous étions 80.000 à manifester dans les rues de Bruxelles ce 20 juin. Le succès de cette manifestation nationale est incontestable. Le plaisir de se retrouver enfin, après la parenthèse du Covid, se lisait sur le visage des manifestants. L’inquiétude était également perceptible. Une inquiétude teintée de colère face à l’augmentation du coût de la vie et à l’absence de réponse de long terme du gouvernement.