Bureau de dépôt: Charleroi P911984 ISSN 0772/2427 80e année Bimensuel
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JOURNAL D'INFORMATIONS SYNDICALES
Le dossier
N°10
L’Info
27 mai 2022
Les prix de l’énergie s’envolent Des centaines de milliers de familles ne peuvent plus payer leurs factures d’énergie et leur carburant. Les mesures prises par le gouvernement fédéral pour atténuer les effets de la crise énergétique sont insuffisantes.
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Malades de longue durée: s’attaquer aux causes de l’incapacité de travail
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Réduction du temps de travail: des expériences positives
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Vies privée et professionnelle: la Belgique peu ambitieuse
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Retour sur les actions du 13 mai pour le pouvoir d’achat
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L’essentiel
Malades de longue durée S’attaquer aux causes de l’incapacité de travail, pas au travailleur
Le ministre Vandenbroucke a annoncé qu’il maintenait son intention de sanctionner financièrement les MLD, et ce, contre l’avis des experts, des associations de patients et l’avis unanime des partenaires sociaux. Pour la CSC, c’est une mesure symbolique de harcèlement, ni plus ni moins. Des études et des expériences menées à l’étranger révèlent que les sanctions en matière d’allocations ne fonctionnent pas (que du contraire) pour que les MLD retrouvent un emploi. En effet, ces derniers souhaitent eux-mêmes reprendre le travail et des obstacles tels que la barrière de la langue, des problèmes administratifs ou une situation précaire débouchent habituellement sur un manque apparent de coopération aux processus d’accompagnement. Brandir la menace d’une perte de revenu mine la nécessaire confiance à l’égard du processus d’accompagnement et rejette encore davantage dans la misère des personnes qui se trouvent déjà dans une situation très précaire. La moitié des ménages dont un membre est MLD éprouve déjà des difficultés à nouer les deux bouts et 40% d’entre eux doivent reporter des soins médicaux. «Les sanctions annoncées ne contribueront pas à remettre au travail un plus grand nombre de malades de longue durée, explique Maarten Hermans, expert de la CSC pour les questions liées au bien-être au travail. Par contre, elles sont très efficaces pour détourner le débat des causes réelles de l’augmentation du nombre de MLD: en premier lieu la forte proportion d’emplois qui rendent malade et le vieillissement de la population.»
TIRAGE MOYEN 200.000 exemplaires RÉDACTION Chaussée de Haecht, 579 B-1030 Bruxelles (Belgique) Tél: 02.244.32.86 Fax: 02.246.30.10 E-mail: presse@acv-csc.be Pour obtenir votre correspondant, faites le 02.244 suivi des quatre chiffres indiqués.
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ABONNEMENTS ET POSTE Danny Assumani (3563) danny.assumani@acv-csc.be CHEFFE DU SERVICE PRESSE Brigitte Jaspard (3291) bjaspard@acv-csc.be SECRÉTAIRE DE RÉDACTION Stéphanie Siegels (3557) stephanie.siegels@acv-csc.be RÉDACTION David Morelli (3289) dmorelli@acv-csc.be
Les sanctions annoncées ne contribueront pas à remettre au travail un plus grand nombre de malades de longue durée.
Miser sur la prévention Dans l’avis unanime rendu le mois dernier à propos de la réintégration au travail des MLD, les interlocuteurs sociaux, en plus de désapprouver la démarche de sanction, constatent que les réformes positives proposées ne sont pas suffisantes. Ils invitent donc le gouvernement à s’associer à eux et à miser davantage sur des mesures supplémentaires de prévention. Parmi les réformes positives déjà obtenues, citons par exemple l’arrêt de «la machine à licencier», qui consistait à user et abuser de la procédure de réintégration pour licencier des travailleurs malades. La CSC est heureuse de constater la disparition de cette mesure, après des pressions persistantes et après que la Cour des comptes a partagé son analyse. La CSC continuera de s’opposer aux sanctions à l’encontre des MLD. Une question cynique reste en suspens: pendant combien de temps le monde politique s’obstinera-t-il dans sa politique du bâton?
Donatienne Coppieters (3283) dcoppieters@acv-csc.be MISE EN PAGE Patricia Martin (3297) patriciamartin@skynet.be Marie-Hélène Toussaint m-htoussaint@skynet.be ÉDITEUR Confédération des syndicats chrétiens (CSC) IMPRIMERIE Remy-Roto Beauraing
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I Le contenu de cette publication s'entend aussi bien au féminin qu'au masculin. I
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La CSC manifeste son incompréhension totale face au gouvernement qui s’obstine à imposer des sanctions aux malades de longue durée (MLD). De telles mesures ne sont pas efficaces, plongent les malades encore plus dans les difficultés et font l’impasse sur la cause principale d’un demi-million de MLD: le refus de s’attaquer au travail qui rend malade.
L’essentiel
Réduction du temps de travail Femma: une expérience très positive À l’occasion d’un webinaire consacré à la réduction collective du temps de travail, l’association Femma a présenté l’expérience qu’elle a menée. I David Morelli I
«Nous plaidons pour une RTT, explique Jeroen Lievens, collaborateur chez Femma. Nous voulons une société dans laquelle tout le monde trouve un équilibre entre le travail, les soins et le temps libre. La semaine de travail plus courte est une des stratégies possibles.»
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Femma est une organisation socioculturelle pour les femmes, active en Flandre et à Bruxelles. En 2019, elle a expérimenté, durant un an, une réduction du temps de travail (RTT) collective avec une semaine de 30h.
et ceux qui ne le peuvent pas. La pression accrue au travail et pendant le temps libre est encore plus forte pour les personnes isolées qui n’ont personne pour les aider. Avec cette RTT collective, nous voulons remettre en cause ce temps plein – ce qui est encore un vrai tabou.»
Transformations organisationnelles Plusieurs approches existent pour envisager une RTT: une semaine à 32 ou 30 heures, une semaine de quatre jours ou des journées de travail moins longues. Ces approches dépendent des pratiques qui sont déjà mises en place dans le secteur concerné. Pour Femma, la stratégie d’une semaine de travail plus courte était le modèle idéal, permettant aux travailleurs et aux travailleuses d’avoir plus de temps pour eux-mêmes.
«En 2019, après beaucoup de discussions avec la direction et les travailleurs, nous avons tenté ce projet pilote de RTT collectif. Nous sommes passés de 36 à 30 heures par semaine, avec maintien de salaire.» Un des défis a été de réorganiser le travail pour comAujourd’hui, le modèle dominant est penser les heures perdues. «Pour récelui de ménages avec deux salaires, duire les heures de travail, il est imdans lesquels les femmes et les portant de réfléchir à la manière dont hommes sont censés travailler à temps Jeroen Lievens, collaborateur les heures ‘libérées’ seront occupées. plein. «Au niveau de la famille, nous chez Femma. Cette responsabilité ne doit pas uniconsacrons plus de temps au travail quement être portée par le personnel rémunéré qu’il y a 50 ans. Combiner le en exigeant qu’il devienne plus productif. L’organisation travail à temps plein, les soins et le temps libre devient doit avoir le courage d’adapter son organisation du traplus difficile. Cela aboutit à des inégalités en matière vail, voire d’engager du personnel supplémentaire ou de soins non rémunérés, de temps libre et d’accès à d’externaliser des tâches pour ne pas augmenter la un travail de qualité entre hommes et femmes et aussi pression du travail.» entre ceux qui peuvent se permettre plus de temps libre
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Les travailleurs ayant participé au projet pilote de RTT collective disent pouvoir allouer plus de temps aux enfants et faire moins de choses en même temps.
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L’essentiel
Les travailleurs à temps partiel, travaillant moins de 28 heures et qui n’ont pas réduit leurs heures, ont reçu un salaire plus élevé en compensation. Les travailleurs à temps partiel travaillant plus de 28 heures ont eu la possibilité de passer au nouveau régime à temps plein. La concertation sociale a mené à une nouvelle CCT qui a prévu l’introduction de jours de congés supplémentaires sur une base hebdomadaire.
Un retour positif «Nous avons constaté une diminution effective du temps de travail de 4h55 par semaine ainsi qu’une réduction du temps alloué aux déplacements entre domicile et lieu de travail. La satisfaction des travailleurs a augmenté immédiatement. Dans une enquête sur la nouvelle des travailleurs ont émis organisation du travail, des retours positifs. ils disent profiter davantage de leur temps libre. Ils peuvent réaliser certaines tâches domestiques, allouer plus de temps aux enfants et faire moins de choses en même temps. Leur stress diminue. La qualité du temps libre est améliorée.»
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Au niveau de la qualité du travail, l’évolution est également perçue positivement : 90% des travailleurs ont émis des retours positifs. Une baisse des absences de
courte durée est également constatée. Femma a néanmoins aussi été confrontée à des défis durant l’expérience. «À un moment, la nouvelle organisation du travail s’est avérée mal adaptée à l’une des équipes. Cela a entraîné une baisse de la satisfaction au travail dans cette équipe. Nous avons abordé cette question au cours de l’expérience.»
Revoir notre façon de travailler Ce type d’expérience peut être également intéressante dans d’autres secteurs et organisations, en tenant compte de leurs préoccupations et opportunités spécifiques. «Nous recommandons aux autorités de tirer des leçons des différentes expériences de RTT. Cela permettrait d’élargir le débat en Belgique et d’envisager de revoir notre façon de travailler. Nous pensons que les entreprises qui décident de faire cette transition devraient être soutenues pour passer le cap», conclut Jeroen Lievens. Suite aux négociations entre les travailleurs et les employeurs, Femma, qui a financé elle-même la mise en place du nouveau régime, a décidé de faire la transition permanente à une semaine de 32h. Plus d’infos: www.eigenmix.be (en néerlandais)
«Même avec la RTT, le travail reste lourd»
«À la fin des années 90, l’entreprise travaillait à 40h semaine. Les syndicats ont négocié le passage à une semaine de 36h25 en moyenne, sur une base annuelle, sans perte de salaire. Actuellement, les ouvriers et les employés de production travaillent effectivement 36h50 semaine, ce qui leur octroie trois jours en RTT pour compenser cette perte horaire. Les travailleurs sont attachés à cette RTT: elle leur a permis de récupérer du temps pour leur famille. Mais le travail reste lourd. Le combat pour la fin de carrière des ouvriers de plus de 45 ans continue. Quand les jeunes travailleurs seront plus âgés, ils ressentiront
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plus la pénibilité et trouveront le temps long pour terminer leur carrière correctement. Nous avons donc souhaité aller plus loin en demandant des congés extra-légaux sur base de l’ancienneté. Nous avons obtenu un jour tous les 5 ans et, ensuite, tous les trois ans. Nous avons aussi obtenu un jour supplémentaire à partir de 45 ans. Il faut aussi pouvoir alléger leur temps de travail pour que le corps puisse se reconstruire. Si nous avons obtenu cette RTT, nous continuons à négocier des augmentations salariales, de nouvelles réductions de temps de travail et d’autres avantages.»
Cette RTT a permis aux travailleurs de récupérer du temps pour leur famille.
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Christophe Laplanche, délégué CSCBIE pour le personnel ouvrier au sein de l’entreprise de chimie Avient (Assesse), explique le combat des syndicats pour réduire progressivement et collectivement le temps de travail avec maintien du salaire. I D. Mo. I
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L’essentiel
Ni la directive européenne ni sa transposition belge ne prévoient que la concertation sectorielle ou dans l’entreprise joue un rôle.
Equilibre entre vies privée et professionnelle: la Belgique peu ambitieuse Dans la presse, on a pu lire récemment que les travailleurs s’occupant d’un proche pourraient désormais prétendre à des horaires de travail plus flexibles. Cette annonce est malheureusement prématurée. I Piet Van den Bergh (adapt. D. Mo.) I Le projet de loi doit en effet encore être déposé au Parlement. Toutefois, il risque d’être adopté à la hussarde vu le manque d’ambition du texte.
Directive européenne
vent prisonniers des horaires de travail existants, sans possibilité de commencer à travailler une heure plus tôt ou une heure plus tard. Mais si une équipe est d’accord de commencer à travailler une heure plus tôt ou plus tard certains jours pour que cette personne puisse aller conduire ou rechercher ses enfants à l’école sans que cela ne perturbe l’organisation du travail, pourquoi ne pas le faire? La réponse à une telle demande nécessite une approche globale, pour l’ensemble du secteur ou de l’entreprise. De tels accords sont quasiment impossibles à conclure individuellement. Ce projet de loi pourrait faciliter la concertation et créer un cadre.
Le projet de loi vise à transposer une directive euroCongé parental et congé pour assistance péenne de 2019 relative à l’équilibre entre vies promédicale fessionnelle et privée pour les parents et les aidants proches. Elle stipule effectivement que les travailleurs La directive impose également des obligations aux Etats ont le droit de demander des horaires adaptés, par membres en matière de congé parental. Ils doivent préexemple une diminution de leur nombre d’heures de voir une indemnité suffisamment élevée afin que les travail (et donc de leur salaire). L’employeur peut refudeux parents puissent le prendre. il faut donc majorer ser leur demande sans aucune difles allocations pour inciter aussi le ficulté, pour autant qu’il motive son conjoint dont les revenus sont les la CSC soutient la demande refus. Malheureusement, ni la direcplus élevés à assumer ses tâches d’une flexibilité accrue pour tive européenne, ni sa transposition familiales. les travailleurs qui n’ont pas belge ne prévoient que la concertaaccès au télétravail. tion sectorielle ou dans l’entreprise En matière de congé pour assistanpuissent jouer un rôle. C’est notamce médicale, la directive stipule que ment pour cette raison que la situation ne changera les travailleurs ont droit à cinq jours par an. Ce droit probablement pas sur le terrain. D’une part, il n’est peut aussi être effectivement mis en œuvre en Belgique, aujourd’hui pas interdit de demander quelque chose mais sans rémunération. Un travailleur aurait droit à ce à son employeur, d’autre part, les travailleurs qui ont congé lorsqu’il doit assister un membre de sa famille besoin de solutions structurelles en Belgique peuvent ou un proche pour des raisons médicales impérieuses. utiliser les régimes de congés comme le crédit-temps, Dans ce cas, il vaut mieux prendre un congé pour raison le congé parental, etc. Ceux-ci compensent immédiateimpérieuse, dont l’assimilation pour divers droits est ment la perte de revenus et garantissent la constitution réglée dans une certaine mesure. Même s’il est prévu, de droits dans le cadre de la sécurité sociale. dans le cas du congé pour assistance médicale, qu’une indemnité puisse, à l’avenir, être instaurée. Par ailleurs, la CSC soutient la demande d’une flexibilité accrue pour le travailleur, par exemple pour ceux qui Bref, nous pouvons difficilement dire qu’il s’agit d’une n’ont pas accès au télétravail. Ces travailleurs sont souconversion ambitieuse de la directive. L’Info n°10 27 mai 2022
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Le dossier
La crise énergétique requiert des mesures structurelles Des centaines de milliers de familles ne peuvent plus payer leurs factures d’énergie et le prix élevé de l’essence et du diesel pose également problème, en particulier si elles utilisent leur voiture privée pour se rendre au travail. Pour le secrétaire national de la CSC, Mathieu Verjans, les mesures prises par le gouvernement fédéral sont insuffisantes. I Thomas Vael & Patrick Van Looveren (adapt D. Mo.) I Quelle politique énergétique la CSC souhaite-t-elle?
La CSC attend des solutions à court et à long terme. En mars, le gouvernement fédéral a décidé de l’avenir de la production énergétique belge, mais ces décisions politiques sont insuffisantes. Il doit proposer d’autres politiques énergétiques structurellement, socialement et
fiscalement justes. Nous n’attendons pas seulement des réformes qui stimulent la nécessaire transition climatique dans la production d’énergie, la mobilité, les ménages et l’industrie, mais aussi des investissements publics substantiels. À court terme, il faut réduire de toute urgence et de façon structurelle la facture énergétique et le prix à la pompe afin d’éviter des dérapages et des problèmes majeurs dans la sphère privée et professionnelle.
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Les gens ont de plus en plus de mal à joindre les deux bouts…
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Mathieu Verjans suit le dossier énergie pour la CSC.
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En effet. Non seulement les prix de l’énergie s’envolent, mais les prix d’autres produits de base explosent également. Il est urgent de prendre des mesures visant à accroître le pouvoir d’achat. Le premier et principal levier pour garantir un revenu disponible suffisant aux travailleurs est le droit à la libre négociation collective. Or, les modifications ap-
portées en 2017 à la loi sur la norme salariale ont entravé cette liberté, en violation des normes internationales et européennes. Depuis, seules des augmentations salariales très limitées peuvent être négociées en plus de l’indexation. Par ailleurs, la maigre marge de ces négociations ne permet même pas de compenser la perte de revenu liée à la différence entre l’inflation et l’indice santé (lire L’Info n°4). Les travailleurs s’appauvrissent: il faut modifier la loi sur la norme salariale et restaurer le droit fondamental des travailleurs à négocier.
Le tarif social de l’énergie a été étendu à un groupe plus large de bénéficiaires. Sa prolongation, jusqu’au 30 septembre, est-elle une bonne initiative?
Certainement, bien que cette mesure ne résolve pas le problème. Sa prolongation doit être maintenue, au moins jusqu’à ce que le marché
Une réduction de la TVA sur le gaz, de 21 à 6%, jusqu’à fin septembre, est appliquée en guise de mesure supplémentaire. Êtes-vous satisfait de cette mesure?
La CSC plaide en faveur d’une diminution des prix de l’énergie. Toutefois, réduire ces coûts au travers d’une baisse de la TVA n’est pas le meilleur instrument pour nous, surtout si l’on tient compte de l’impact structurel négatif sur l’index qui est précisément censé maintenir le pouvoir d’achat.
Les entités fédérées doiventelles en faire plus?
Les Régions doivent davantage endosser le rôle de locomotive. La CSC appelle les pouvoirs publics régionaux à intensifier leur action. Il faut aller beaucoup plus loin pour réduire réellement notre dépendance à l’égard des combustibles fossiles et rendre la transition énergétique socialement juste. Les Régions peuvent également atténuer la facture d’électricité en renonçant à une série de taxes. Les pompes à chaleur et les voitures électriques deviendront ainsi plus attractives structurellement. Il faut renforcer et mieux soutenir les objectifs en
+ 49,7%
GAZ NATUREL
+ 139,5%
MAZOUT
+ 57,8%
DIESEL
+ 33,5%
ESSENCE
+ 21%
SALAIRES
+ 0,4%
Chiffres: inflation annuelle avril 2021 versus avril 2022
Il est temps d’agir!
Grande manif nationale lundi 20 juin!
Scannez le QR code pour plus d’infos
Gare de Bruxelles-Nord / 11h
ER: Marie-Hélène Ska • (CSC), chaussée de Haecht 579, 1030 Schaerbeek | Thierry Bodson • (FGTB) , rue Haute 42, 1000 Bruxelles | Olivier Valentin • (CGSLB), boulevard Baudouin 9, 1000 Bruxelles. Ne pas jeter sur la voie publique.
se stabilise. La situation devient à ce point critique pour de nombreux ménages qu’un ancrage structurel du tarif social étendu semble être la seule possibilité de surmonter cette crise. Il faut également être plus attentif aux 15% de bénéficiaires – selon les estimations – qui n’ont pas encore ouvert leur droit au tarif social. Dans l’intervalle, les prix de l’énergie grignotent de mois en mois le revenu disponible d’un nombre croissant de personnes de la classe moyenne, qui ne peuvent pas recourir au tarif social et ont peu de réserves pour supporter elles-mêmes l’énorme augmentation des coûts énergétiques. C’est problématique, parce qu’il ne faut pas s’attendre prochainement à une réduction fondamentale des taux du marché. Par ailleurs, les contrats fixes, qui vous permettent de savoir où vous en êtes financièrement, ne sont pratiquement plus proposés.
ÉLECTRICITÉ
termes de rénovation. Nous devons accélérer la rénovation et la construction de logements sociaux à faible consommation d’énergie.
Faut-il appliquer des mesures aux fournisseurs d’énergie?
Il faut des règles contractuelles plus strictes pour éviter des chocs tarifaires excessifs. Nous pensons à une obligation d’acomptes réalistes, à des informations transparentes sur les améliorations possibles des
contrats, à la promotion de contrats fixes préférentiels – ils sont actuellement inexistants – et enfin à la possibilité pour le consommateur de changer plus facilement de fournisseur.
Faudra-t-il également intervenir au niveau européen pour éviter de telles crises énergétiques à l’avenir?
La décision de maintenir en activité les deux centrales nucléaires belges les plus récentes n’aura aucun impact sur la crise actuelle: elles ne supprimeront pas les pics de prix dans les mécanismes de marchés européens existants. Des accords sont nécessaires au niveau européen pour atténuer la flambée des prix et garantir l’approvisionnement en énergie. Il faut utiliser les connaissances acquises pendant cette crise afin de réussir la nécessaire transition énergétique et de rendre les prix de l’énergie à nouveau accessibles.
Le carburant de la crise Le prix à la pompe a explosé. Prend-on suffisamment de mesures à cet égard? «La réduction des droits d’accises sur l’essence et le diesel n’est qu’une mesure palliative. Elle est insuffisante pour compenser les coûts croissants que subissent les travailleurs qui ne disposent pas d’une voiture de société et d’une carte de carburant. Les travailleurs dont le revenu est faible, et qui dépendent de la voiture, risquent de devoir renoncer à leur emploi parce qu’ils ne peuvent plus faire face à la hausse des prix du carburant. D’autres mesures s’imposent de toute urgence pour lutter contre l’augmentation de la précarité liée au transport et contre le fossé qui se creuse entre les travailleurs en termes de mobilité. L’indemnité kilométrique forfaitaire de 0,37 euro/km n’est plus suffisante, d’autant que les travailleurs
ne peuvent pas tous en bénéficier. Il faut corriger cette intervention plus qu’une fois par an et les frais de carburant doivent peser plus lourd dans l’équation. En raison de la flexibilité croissante – à laquelle nous devons mettre un terme sur le plan syndical – de nombreux travailleurs ne prestent
Des mesures s’imposent de toute urgence pour lutter
contre l’augmentation de la précarité liée au transport.
plus selon des horaires fixes. Par conséquent, les transports publics et collectifs, tels qu’ils existent aujourd’hui, ne constituent souvent pas pour eux une alternative à la L’Info n°10 27 mai 2022
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Le dossier
Bonus
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voiture. Les transports publics doivent donc être plus largement accessibles et gratuits pour tous lors des déplacements entre le domicile et le lieu de travail. La règle des «80/20» que les entreprises peuvent appliquer doit être rendue obligatoire et généralisée à tous les moyens de transports publics. Il faut également contraindre les employeurs à proposer un budget mobilité aux travailleurs qui ont droit à un véhicule de société. Il faut davantage inciter à utiliser le vélo pour se rendre au travail en instaurant légalement un droit à une indemnité vélo pour chaque travailleur. La combinaison du vélo et du train doit être gratuite pour tous les travailleurs. Il faut également multiplier et améliorer les possibilités de télétravail et rendre légalement contraignante une indemnité de télétravail, qui suit l’évolution des prix de l’énergie, de l’eau et des télécommunications.»
Le prix du litre d’essence 95 a dépassé les 2 euros le 17 mai dernier.
Dans l’app de L’Info Lisez la version intégrale de cet entretien.
«Je ne veux pas vendre ma maison pour pouvoir payer mes factures de mazout» Marc, 58 ans, tourneurfraiseur de formation, a eu un grave accident de vélo il y a quelques années. Bénéficiaire d’une intervention majorée, l’exposition des prix du mazout le place dans une situation de précarité particulièrement difficile. I Propos recueillis par D. Mo. I «Du fait de mon handicap, mes biens sont gérés par un administrateur de biens, qui est mon papa. J’ai commandé mon mazout le mois passé. La facture a triplé depuis la dernière commande! Une fois que mon père aura payé la facture, il ne me restera que 300 euros… en début de mois. Avant l’explosion des prix de l’énergie, la situation n’était pas facile, mais elle était tenable. Il me restait quelques centaines d’euros pour finir le mois. Pourtant, je consomme vraiment le minimum possible, mais je n’ai plus de marge de manœuvre pour consommer moins. Je fais donc extrêmement attention quand
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je fais mes courses: je prends ce qui est le moins cher et en plus petites quantités qu’avant. Je suis propriétaire d’une maison humide et froide, surtout le soir. Pour l’instant, il fait beau et je peux limiter ou couper le chauffage. Je viens de refaire l’isolation du toit et un grand vélux a été installé pour avoir plus de lumière. Ces travaux me permettent d’un peu diminuer la facture de mazout et d’économiser un peu d’électricité.
Comme je suis dans une situation financière difficile, le fonds social mazout du CPAS intervient partiellement dans le paiement de mes factures. Ça aide un peu… mais le politique n’en fait pas assez: les mesures sont insuffisantes face à l’explosion des prix. Si mon père ne m’aidait pas, je ne sais pas comment je ferais pour m’en sortir. Ou alors, je devrais vendre ma maison Je consomme vraiment pour pouvoir payer mes factures. J’y le minimum possible, tiens à ma maison.» mais je n’ai plus de
marge de manœuvre
pour consommer moins.
Les secteurs
Il faut de meilleurs salaires! Hausse des prix et libertés syndicales: la lutte continue Face à la continuelle hausse des prix de l’énergie et des produits de consommation, portés par le succès de la pétition contre la norme salariale («loi de 96») et dans la foulée des manifestations régionales des 24 mars et 22 avril (voir L’Info n°8 du 29 avril), les syndicats ont encore organisé le 13 mai une journée d’actions en régions pour faire entendre le ras-le-bol des travailleurs. Objectif: augmenter les salaires et le pouvoir d’achat, baisser les prix de l’énergie et garantir les libertés syndicales. I Donatienne Coppieters I
Les 24 mars et 22 avril, les syndicats dénonçaient une envolée des prix devenue exorbitante pour les travailleuses et travailleurs, avec et sans emploi. À tel point que le fait d’aller travailler engendrait un coût pour nombre d’entre elles et eux. Mais patronat et gouvernement, à l’unisson, sont demeurés sourds à leurs revendications. Quant aux libertés syndicales, socles de l’ensemble des conquêtes sociales, elles sont bafouées toujours plus, dans l’unique but de museler la riposte syndicale. Les condamnations de syndicalistes se multiplient, créant un dangereux précédent pour l’ensemble des luttes sociales. Or, les actions syndicales demeurent le meilleur moyen de porter la voix de celles et ceux qui ne peuvent se faire entendre au quotidien. Pour que se poursuivent les combats, il est indispensable de pouvoir les mener sans entrave!
au front le 13 mai. Pour défendre à la fois l’indispensable pouvoir d’achat des travailleuses et des travailleurs, avec et sans emploi, et les libertés syndicales qui constituent la meilleure arme de défense de leurs intérêts. Face au silence assourdissant des représentants politiques, la CSC a réuni ses militantes et militants boulevard Saucy afin de leur envoyer un message fort. Un lâcher de ballons a eu lieu depuis la passerelle avec des messages destinés au monde politique. Le cortège a ensuite rejoint la place Saint-Lambert pour retrouver le front commun.
TotalEnergies: plus qu’un symbole À Marchienne-au-Pont (Charleroi), plusieurs centaines de travailleurs se sont rassemblés dès 6h30 devant la centrale électrique exploitée par l’entreprise TotalEnergies pour une action coup de poing mise sur pied par le front commun syndical dans le cadre de sa mobilisation contre la hausse des prix. Les syndicats ont bloqué l’entrée du site et ont déployé plusieurs
messages faisant référence à leurs revendications en faveur d’une modification de la loi de 1996 qui encadre l’évolution des salaires, d’une baisse des prix de l’énergie, du remboursement des frais de déplacement, d’une augmentation du pouvoir d’achat et de la liberté d’action collective. «TotalEnergies c’est, pour le premier trimestre 2022, déjà plus de 5 milliards de bénéfices. L’année dernière, ils ont distribué plus de 7 milliards de bénéfices à leurs actionnaires. Alors qu’aujourd’hui, au 13 du mois, des travailleurs n’ont déjà plus d’argent sur leur compte!», témoigne un délégué sur le piquet. En menant une action devant le site de TotalEnergies, les syndicats ont choisi une entreprise symbole de lobbying, de répartition inégale du gâteau entre actionnaires et travailleurs et de hausse des prix de l’énergie. Prochain rendez-vous le 20 juin pour une énorme manifestation nationale à Bruxelles. Infos: www.lacsc.be/20juin Les actions syndicales demeurent le meilleur moyen de porter la voix de celles et ceux qui ne peuvent se faire entendre au quotidien.
La CSC Liège-Verviers-Ostbelgien et la FGTB Liège-Huy-Waremme ont, par conséquent, décidé de repartir
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Lâcher de ballons à Liège
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Les secteurs
Aide-ménagères Servihome ne respecte pas ses engagements
cet abonnement se verraient attribuer un nouveau client, un remplacement ou une formation. Dans le cas contraire, elles recevraient une compensation de l’entreprise. La direction est également revenue sur cet engagement en indiquant que ce serait le cas uniquement pour les demi-journées. La CSC A&S de-
Les aide-ménagères ont droit aussi à un juste retour des
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profits engrangés.
Si la CSC n’est pas entendue, elle prendra d’autres mesures pour que les aide-ménagères soient respectées.
La direction de Servihome (1600 travailleuses) a décidé de mettre en place un nouvel abonnement qui comporte un coût supplémentaire pour les clients. La CSC Alimentation & Service (CSC A&S) est contre ce système qui risque de faire fuir les clients et d’avoir un impact sur les aide-ménagères. Mais la direction ne veut rien entendre. I D. Mo. I
clients à reverser un tiers du montant engrangé par l’abonnement aux aide-ménagères. Elle refuse désormais de discuter concrètement de cette réattribution et déclare que ce montant ne sera probablement pas attribué avant décembre 2022, sans rétroactivité et avec déduction des coûts de mise en place de cet abonnement du montant donné aux aide-ménagères... Cela bafoue les engagements pris envers les travailleuses et les clients
En décembre dernier, la direction s’était engagée en réunion de concertation et auprès de ses
La direction s’était également engagée à ce que les aide-ménagères perdant des clients en raison de
Home Clean Services propose du vent Home Clean Services est une entreprise agréée titres-services qui facture 2 euros supplémentaires à ses clients en raison de l’augmentation des frais de déplacement de ses travailleuses. Les syndicats ont rencontré la direction concernant les modalités de l’augmentation des frais de déplacement des travailleuses. Ils constatent que les augmentations proposées ne modifient que très peu le poun°10 27 mai 2022 I 10 I L’Info
voir d’achat des travailleuses (en moyenne 10,83 euros par mois et par personne) et qu’une discussion est impossible. L’enveloppe de cette «négociation» est fermée et la direction refuse l’octroi d’une enveloppe complémentaire. Au regard d’une mauvaise foi patronale et alors que l’entreprise est bénéficiaire, les syndicats ont dès lors décidé de mettre un terme à cette «négociation».
mande que la direction respecte ses engagements et que les aide-ménagères ne perdent pas de salaire à cause du système d’abonnement que la direction a décidé de mettre en place.
Obtenir un juste retour Enfin, la direction a déclaré dans la presse qu’elle était «dans le rouge» et qu’une concertation avec les déléguées avait commencé. La réalité est toute autre. Nous avons appris que la direction a décidé d’organiser un teambuilding de quatre jours en Turquie dans un hôtel de luxe avec ses 200 employés. Si la CSC A&S salue l’initiative, très appréciée des employés, elle ne peut accepter que les aide-ménagères ne reçoivent pas l’équivalent de ce séjour. C’est une discrimination alors qu’elles participent aussi aux bénéfices de l’entreprise. Elles ont droit elles aussi à un juste retour des profits engrangés. La CSC A&S demande donc que les aide-ménagères reçoivent «l’équivalent» de ce que les employés ont reçu. Servihome engrange des bénéfices. Il est temps que les aide-ménagères soient respectées et reçoivent une part de la richesse qu’elles contribuent à créer. Vu les problèmes rencontrés avec la direction, la CSC A&S a demandé à rencontrer le conseil d’administration. Si elle n’est pas entendue, elle prendra «d’autres mesures pour que les aide-ménagères soient respectées».
L’international
L’établissement de colonies de peuplement dans un territoire occupé constitue un crime de guerre. Pourtant, alors même que l’Union européenne (UE) dénonce la colonisation israélienne, elle contribue à la renforcer: l’UE est le premier marché d’exportation pour Israël, qui y bénéficie des avantages de l’Accord d’association entré en vigueur en 2000. Or, une part considérable des produits israéliens exportés vers l’UE provient en réalité des colonies qui ne font pas partie du territoire israélien tel que reconnu par le droit international. Des produits qui en proviennent se retrouvent encore dans nos supermarchés. Une importante vie économique s’est
Un million de signatures sont nécessaires pour faire bouger l’Union européenne.
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#MadeInIllegality Interdire le commerce avec les colonies israéliennes
Une part considérable des produits israéliens exportés vers l’UE provient en réalité des colonies.
Par ailleurs, le gouvernement belge a annoncé suivre de près cette initiative citoyenne européenne. Si
développée dans les colonies israéliennes au fil des années, constituée d’industries, de production agricole et d’exploitation des ressources naturelles du territoire palestinien. Ces activités contribuent au maintien de la colonisation et à son expansion, tout comme les liens commerciaux avec l’UE.
Signez l’initiative citoyenne européenne sur www.madeinillegality.org Partagez cette information sur les réseaux sociaux avec les hashtags #MadeInIllegality #StopTradeWithSettlements!
Les industries, productions agricoles et exploitations des ressources naturelles du territoire palestinien se sont développées dans les colonies israéliennes au fil des années. Elles contribuent au maintien de la colonisation et à son expansion, tout comme les liens commerciaux avec l’UE.
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Une Initiative citoyenne européenne (ICE) a été lancée pour demander à l’UE de mettre fin au commerce avec les colonies en territoires occupés. Objectif: un million de signatures en un an pour faire bouger l’Union européenne! Une ICE est différente d’une pétition normale: c’est un instrument démocratique officiel qui permet aux citoyens de l’UE de pousser la Commission européenne à ce qu’elle propose un acte législatif. Si l’ICE parvient à rassembler un million de signatures en un an, elle obligera la Commission européenne à discuter de mesures concrètes dans ce sens.
un maximum de citoyens belges la signent, cela l’encouragera à jouer un rôle moteur au niveau européen!
L’Info n°10 27 mai 2022
I 11 I
L’édito
I Marc Becker, secrétaire national en charge des affaires wallonnes I
La Wallonie doit activer ses leviers fiscaux Le gouvernement wallon a annoncé, à la sortie de son conclave budgétaire, que le solde brut à financer s’améliore de 148 millions et s’élève désormais à 3,987 milliards d’euros par rapport au solde brut à financer du budget initial (4,135 milliards d’euros). Une amélioration rendue possible par un effort de 800 millions d’euros. Le gouvernement décline cet effort en trois axes: une augmentation des recettes de plus de 300 millions d’euros, une réduction des dépenses de plus de 400 millions d’euros et la mobilisation de la trésorerie des Unités d’Administration publique (UAP), pour plus de 100 millions d’euros. Apparemment, l’effort sur les dépenses portera essentiellement sur des ajustements des programmes d’investissement, sur des financement alternatifs et des frais de fonctionnement. Bref,
les véritables efforts structurels sont reportés à 2023. On peut donc espérer qu’il n’y ait (pour le moment) pas de coupes budgétaires touchant les travailleurs. Par ailleurs, s’il venait à se confirmer, l’effort de 300 millions en matière de recettes serait avant tour d’ordre technique. Il ne prévoirait pas de recettes nouvelles. Or, la CSC wallonne plaide depuis longtemps pour l’activation de leviers fiscaux régionaux, par exemple en matière d’additionnels régionaux à l’impôt des personnes physiques, de fiscalité immobilière ou environnementale. Aujourd’hui, la contribution de tous et en particulier de «ceux qui ont les épaules les plus larges» est absolument nécessaire pour résorber les effets des crises successives, pour relancer l’économie et pour financer la transition juste.
La vie est chère.
Il faut de meilleurs salaires!
Info: www.lacsc.be/20juin
Il est temps d’agir!
Grande manifestation le 20 juin!