Journaliste, réalisatrice, présentatrice de télévision, productrice et conférencière, Stéphanie Brillant est également maman de deux enfants. Installée aux ÉtatsUnis, elle consacre son travail à la libération du potentiel humain et depuis cinq ans aux thématiques liées à l’éducation éclairée. Elle a réalisé le film documentaire Le Cerveau des enfants. Un potentiel infini, sorti en salle en France en mai 2017. Dessin de couverture : © David Dellas, 2011 Photographie : Getty Images, 2019
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STÉPHANIE BRILLANT
Toutes les expériences structurent le cerveau, les bonnes comme les mauvaises. Celles d’avant même la naissance aux premières années sont les plus fondatrices du fait que c’est une période de développement d’une extrême intensité et de grande plasticité. Les comportements répétés s’inscrivent de plus en plus profondément dans le cerveau et, à force de répétition, ce qui n’était qu’un encodage devient un câblage, un petit réseau autonome, qui sera activé au moment voulu. Les aider à réussir cette opération assure à nos enfants un meilleur équilibre psychique et physique et un plus grand épanouissement social et professionnel. Vous êtes-vous déjà interrogé sur ce qui est le plus important pour le bon développement du cerveau de votre enfant ? Vous le nourrissez sans doute bien, le divertissez, le stimulez, et c’est exactement ce qu’il faut faire. Pourtant, l’essentiel réside dans la qualité de la relation que vous entretenez avec lui. Il a besoin pour se développer de la manière la plus positive possible d’être vu, senti, entendu, accueilli, rassuré et aimé, et c’est par le lien qu’on lui offre qu’il expérimente ces sentiments. Riche en informations et offrant des exemples concrets, des exercices pratiques faciles à expérimenter dans la vie de tous les jours, cet ouvrage couvre une multitude de sujets : des émotions aux croyances, en passant par le fonctionnement de la mémoire, l’hygiène de la pensée et l’importance de l’engagement physique et social. Il permet d’appréhender comment tout est imbriqué, et ouvre des pistes de réflexion originales pour comprendre le fonctionnement du cerveau afin d’aider les enfants et les éducateurs à révéler leur plein potentiel.
STÉPHANIE BRILLANT
GUIDE DU CERVEAU POUR PARENTS ÉCLAIRÉS
GUIDE DU CERVEAU POUR PARENTS ÉCLAIRÉS
GUIDE DU CERVEAU POUR PARENTS ÉCLAIRÉS
DOMAINE DU POSSIBLE
ISBN 978-2-330-12386-4
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À mes maîtres : les deux êtres qui m’ont choisie pour maman, M. et M., sagesse et liberté. À leur papa. À celle qui m’a mise au monde. À ma famille et tous ceux qui ont balisé mon chemin. À Eva, pour son amour inconditionnel. À mes inspirateurs : Carl Jung, Maya Angelou, Coco Chanel et Yogananda.
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AVANT-PROPOS 10 1. LA RELATION HUMAINE
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COMMENT L’EXPÉRIENCE STRUCTURE LE CERVEAU
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COMMENT L’EXPÉRIENCE DÉTERMINE L’ANTICIPATION
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L’INSTALLATION DU PILOTE AUTOMATIQUE
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LE FIL INVISIBLE DE LA RELATION
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L’IMPORTANCE DE L’ATTACHEMENT SÉCURE
37
LE CERVEAU EST AVANT TOUT SOCIAL
47
CAHIER D’EXERCICES
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2. L’ERREUR
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L’IMPORTANCE DU RETOUR SUR EXPÉRIENCE
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LA CURIOSITÉ
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CAHIER D’EXERCICES
70
3. LE CORPS
71
LA COGNITION INCARNÉE : APPRENDRE AVANT TOUT PAR LE CORPS
73
L’EXERCICE PHYSIQUE
81
CHANGER LA RÉPONSE DU CERVEAU PAR LE CORPS
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CAHIER D’EXERCICES
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4. L’APPRENTISSAGE
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L’IMITATION 99 CAHIER D’EXERCICES
113
LA MÉMOIRE DE TRAVAIL
115
CAHIER D’EXERCICES
140
L’ATTENTION 143
5. LA FORCE DE L’ESPRIT – LES CROYANCES
149
ÉTAT D’ESPRIT FIXE CONTRE ÉTAT D’ESPRIT DE CROISSANCE
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LES STÉRÉOTYPES
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CAHIER D’EXERCICES
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6. LES ÉMOTIONS
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L’ÉMOTION ET LE CORPS
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QUAND L’ÉCOLE PREND EN COMPTE LE BIEN-ÊTRE SOCIO-ÉMOTIONNEL
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RÉGULATION ÉMOTIONNELLE : APPRENDRE L’AUTONOMIE
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CAHIER D’EXERCICES
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7. LA MOTIVATION
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CAHIER D’EXERCICES
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8. MENS SANA IN CORPORE SANO. PROPOSER UNE BONNE HYGIÈNE MENTALE À NOS ENFANTS
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LE CORPS
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LE SOMMEIL
217
FAIRE LE MÉNAGE DANS LE CERVEAU EST INDISPENSABLE
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UN RÉGIME DE PENSÉES SAIN
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LA PLEINE CONSCIENCE
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LES ÉCRANS ?
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LA VALEUR DE L’ENNUI
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CRÉER DES AWE MOMENTS QUOTIDIENS, DES ORGASMES DU CERVEAU
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CAHIER D’EXERCICES
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9. UN CERVEAU OPTIMAL
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EMPATHIE – BIENVEILLANCE – ALTRUISME – COOPÉRATION, DES COMPÉTENCES QUI SE CULTIVENT
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LES BIENFAITS DE LA MUSIQUE
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TOUS LES CERVEAUX PEUVENT SE DÉVELOPPER. DES PISTES POUR DYS, HYPERACTIFS ET AUTRES PETITS CERVEAUX PARTICULIERS
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CAHIER D’EXERCICES
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10. CHANGER VOTRE CERVEAU DE PARENT
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CAHIER D’EXERCICES
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CONCLUSION 283 NOTES 286 REMERCIEMENTS 294 POUR ALLER PLUS LOIN
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AVANT-PROPOS
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P
rendriez-vous des cours de pilotage avec un instructeur qui ne connaît que le fonctionnement du pilote automatique ? Vraisemblablement pas, car vous êtes doté de bon sens. Toutefois, nous incarnons tous ce piètre instructeur bien installé dans son cockpit. Nous souhaitons tous apprendre à nos enfants à voler, mais nous ne sommes capables que de leur montrer comment enclencher le pilote automatique. C’est parce que j’ai décidé de passer en “mode manuel” que j’ai écrit ce livre. Afin de devenir le véritable maître à bord et surtout d’incarner ce que je veux transmettre à mes enfants. La conscience, l’acceptation, la capacité de changer et la liberté. Être parent, enseignant, ou au contact régulier d’enfants offre l’opportunité de grandir. Le rapport à l’enfant met en lumière ce qui est bloqué chez nous, ce qui dysfonctionne, les blessures que nous n’avons pas refermées, ce que nous n’avons pas réglé. Les enfants, particulièrement ceux que nous élevons, ont cette incroyable faculté de provoquer des réactions sur lesquelles nous n’avons nul contrôle. Ils embrasent l’étincelle, et nous partons dans nos travers. J’observe beaucoup le comportement que j’ai en tant que parent, et je ne suis pas toujours fière de ce que je vois. Néanmoins, j’essaie d’accueillir mes réactions avec bienveillance et de ne pas blâmer mes enfants pour ce qu’ils provoquent chez moi. C’est mon problème, pas le leur. J’ai décidé de changer et de devenir le parent que je souhaitais être. Je refuse désormais d’être à la merci de ma programmation. C’est un travail long et difficile, mais réjouissant, tant le challenge est immense. Cela m’apporte beaucoup de satisfaction, non seulement parce que je vois mes progrès, mais aussi parce que ce travail renforce ma relation avec mes enfants, et que je sais que l’exemple que je leur offre est positif. Leur mère n’est pas parfaite, certes, mais elle s’améliore. – 11 –
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Être un guide pour un enfant, que l’on soit parent ou éducateur, est une prise de responsabilité. Ce qui implique de choisir, et pour choisir il faut avoir conscience de ses possibilités. Ainsi, il y a plusieurs années j’ai plongé dans les limbes du cerveau, de la pensée humaine. Pour comprendre, rassembler des pistes de réflexion originales, émettre des hypothèses et évoluer. L’évolution est indispensable à notre survie. Elle nous demande d’aller sur des territoires inconnus, de développer de nouvelles compétences, de consentir à tout remettre en cause, d’avoir peur, de risquer, de progresser. Je rencontre beaucoup de parents en souffrance. Ce ne sont pas les enfants qui la causent, mais ce que leur arrivée a réveillé en eux. Ils me disent ressentir de la frustration personnelle – avec cette impression qu’une fois devenu parent votre vie ne vous appartient plus, que la famille vous force au sacrifice – ou encore du désarroi face au sentiment d’être débordés en permanence, non respectés, pas écoutés, incapables de gérer les enfants, incompétents dans l’activité de parent. J’entends aussi souvent la crainte de ne pouvoir protéger ses enfants, de ne pouvoir leur offrir la sécurité matérielle, ou la peur de les voir échouer à l’école, de ne pas être suffisamment performant, intelligent, de les voir souffrir socialement, être rejetés, pas acceptés, pas reconnus à leur juste valeur, malheureux, mal aimés. Ce que nous projetons crée notre réalité. Alors comment faire les choses à l’inverse et créer la réalité qui va changer notre projection ? Ce livre vous accompagnera dans votre rôle de parent, d’éducateur, d’être conscient et vous aidera à trouver la ressource intérieure pour surmonter ces peurs. Tel un paquetage pour la route, vous y trouverez ce dont vous pourriez avoir besoin, au fil du voyage : de l’inspiration, des outils et de la compréhension. Je souhaite que vous ressortiez de la lecture de ce livre plus confiant, plus optimiste, plus porté. Mais aussi que vous vous pardonniez de ne pas – 12 –
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être la personne que vous voudriez être, et que vous commenciez à le devenir. Dans la vie, nous ne sommes jamais véritablement coincés, mis à part dans notre cerveau. Je vous remets le trousseau que j’ai constitué au fil des ans, à vous d’essayer les clefs.
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1 LA RELATION HUMAINE
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ous êtes-vous déjà interrogé sur ce qui est le plus important pour le bon développement du cerveau de votre enfant ? Vous le nourrissez sans doute bien, le divertissez, le stimulez, néanmoins l’essentiel réside dans la relation que vous entretenez avec lui et dans sa qualité. La qualité, c’est de l’artisanat, du sur-mesure qui se façonne à la main avec amour, temps, soin et attention. Nos enfants ont besoin d’être vus, sentis, entendus, accueillis, rassurés et aimés, et c’est par le lien que l’on peut leur offrir d’expérimenter ces sentiments. La relation humaine est la clef de voûte de la structuration du cerveau de l’enfant. Cela sonne comme une lapalissade, pourtant en avons-nous suffisamment conscience ? Bien souvent, en effet, nous ne comprenons pas véritablement ce qui se joue dans ces petites boîtes crâniennes. Parce que si la relation a tant d’importance, c’est qu’elle crée les premières et principales structures architecturales du cerveau de l’enfant, les bases de l’édifice. De la relation dépend le reste du chantier de construction.
Comment l’expérience structure le cerveau Toutes les expériences structurent le cerveau, les bonnes comme les mauvaises. Celles vécues avant même la naissance et lors des toutes premières années sont les plus fondatrices du simple fait que c’est une période de développement du cerveau d’une extrême intensité. Dans ce laps de temps, l’usine cerveau fonctionne à plein régime. À la naissance, l’organe pèse 400 grammes pour passer à un kilo à l’âge de un an. C’est une période de grande plasticité, c’est-à-dire que le cerveau est particulièrement sensible et fragile mais qu’il peut aussi être très résilient. Il est plastique, notamment parce qu’en perpétuel mouvement. Du dernier trimestre de grossesse aux deux premières années de vie de l’enfant, – 15 –
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le cerveau connaît une poussée de croissance et crée donc une multitude de circuits. Les comportements répétés sont encodés dans le cerveau, ils s’inscrivent de plus en plus profondément, et à force de répétitions, ce qui n’était qu’un encodage devient un câblage, un petit réseau autonome qui sera activé au moment voulu. Avant d’évoquer les conséquences du câblage, comprenons ses origines et sa constitution. Les encodages cérébraux se réalisent de la façon suivante : si, chaque fois que l’enfant pleure, l’adulte se dirige vers lui pour le serrer dans ses bras, le câblage qui se fait à l’intérieur de son cerveau est celui-ci : pleurer m’apporte de l’affection, c’est pour moi une façon d’obtenir du réconfort, pleurer permet d’envoyer un signal de détresse. Ou encore, lorsque je ne me sens pas bien et que je le manifeste par des pleurs, je sais que mon mal-être va être pris en compte, entendu. À l’inverse, si personne ne prend en considération ses pleurs, il se peut que l’enfant arrête de pleurer, non pas parce qu’il n’en a plus besoin, mais parce qu’il a reçu le message que c’était vain. Pourquoi s’époumoner si personne ne vient ? Le témoignage de Nathan Fox, scientifique américain qui a mené une étude dans un orphelinat de Bucarest après la chute de Nicolae Ceauşescu, illustre parfaitement ce point. La première fois que le chercheur a franchi le seuil de l’établissement, il a été saisi par le silence assourdissant dans la nurserie. Les bébés ne pleuraient jamais. Les nouveau-nés négligés étaient laissés à l’abandon toute la journée dans leur lit, à l’exception du moment du repas, privés de contact humain. Peu à peu, ils avaient tout simplement cessé de se manifester, en quelque sorte d’exister. Notre attitude d’adulte “encadrant” est donc la base de la création d’un programme automatique dont l’enfant n’est pas conscient, et bien souvent, dont nous, adultes, ne le sommes pas non plus. Outre se poser la question de savoir quelle est la réponse à donner aux sollicitations de l’enfant afin de favoriser son bien-être à l’instant T, – 16 –
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il est judicieux de s’interroger sur l’impact de cette réponse à long terme. Une femme désormais âgée de plus de soixante ans, ayant dû lutter toute sa vie avec des problèmes de santé bénins mais toujours assez handicapants, m’a confié qu’elle associait la maladie au réconfort. En effet, lorsqu’elle était enfant, sa mère, qu’elle ne considérait pas comme très aimante par nature, était aux petits soins avec elle quand elle était malade. Être malade devenait donc pour cette enfant une façon d’avoir de l’attention, de la chaleur, d’être considérée. Le câblage l’a suivie à l’âge adulte : “J’ai besoin d’attention, je tombe malade.” Le problème est qu’aujourd’hui sa mère n’est plus là pour lui servir une bonne soupe et la chouchouter, pour autant le programme est encore actif.
Le passé devient le futur de nos enfants Les expériences que nous proposons de façon répétée à nos enfants vont s’inscrire dans leur passé et seront déterminantes pour leur avenir. Peut-être avez-vous entendu parler du test du Chamallow créé à l’université de Stanford, en Californie ? Il est une référence dans le domaine des sciences cognitives. Son objectif était d’évaluer les qualités de contrôle de soi des enfants. En 1972, le psychologue Walter Mischel a eu l’idée de mesurer la capacité des enfants à ne pas céder à la satisfaction immédiate de leur désir, à résister à un besoin prégnant. Pour cela, il a confronté des enfants à un dilemme. Le petit “cobaye” se trouvait en tête à tête avec un chercheur dans une salle vide. Ce dernier le mettait alors face à un choix cornélien. Alors qu’il lui déposait sous le nez un chamallow, il indiquait à l’enfant qu’il pouvait se régaler de cette guimauve sans attendre, ou patienter et, dans ce cas, obtenir deux chamallows. – 17 –
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Majoritairement, les enfants optaient pour la seconde proposition, davantage de bonbons. Évidemment, sans quoi l’expérience n’aurait eu aucun intérêt, l’attente en question était fort longue. Les enfants, plus ou moins stoïques, étaient laissés seuls dans la pièce face à leur guimauve, espérant un retour rapide du chercheur avec la seconde sucrerie. Certains enfants craquaient en quelques minutes, voire au bout de quelques secondes. Quand d’autres, malgré l’envie dévorante, s’accrochaient à l’espoir de mieux assouvir leur désir et tenaient bon jusqu’au retour de l’adulte avec le tant convoité second chamallow. Walter Mischel et son équipe ont ensuite suivi l’évolution des enfants testés au fil des ans et corrélé leur capacité d’attente, lorsqu’ils étaient enfants, à divers indicateurs, comme le poids, le revenu… à l’âge adulte. La conclusion de ce test montra que les enfants disposant de la plus grande capacité d’attente étaient ceux qui “réussissaient” le mieux dans la vie. Ils étaient notamment moins victimes de surpoids et gagnaient mieux leur vie. En 2012, Celeste Kidd, docteur en sciences cognitives à l’université de Rochester, a revisité le test du Chamallow, s’interrogeant sur les raisons qui faisaient que certains enfants étaient capables d’attendre quand d’autres succombaient à la tentation au bout de quelques secondes1. Celeste Kidd a créé, en préalable au test initial, une phase de conditionnement des jeunes cobayes. La chercheuse a divisé les enfants testés en deux groupes. Le premier était confronté à un adulte non fiable, qui ne tenait jamais sa promesse. Le second avait affaire à un adulte digne de confiance, qui faisait toujours ce qu’il avait promis. De façon assez évidente, les enfants du groupe soumis au manque de fiabilité de l’adulte faisaient, lors du test du Chamallow, preuve d’un degré de patience bien moindre comparé au groupe qui avait eu affaire à l’adulte fiable, digne de confiance, qui tient toujours sa parole. Celeste Kidd en conclut que les enfants qui cédaient à la tentation le faisaient non pas parce qu’ils étaient incapables de s’autoréguler, mais parce qu’ils prenaient des décisions en fonction – 18 –
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de leur expérience et des éléments qu’ils pouvaient glaner dans leur environnement. Autrement dit, sachant qu’on leur contait fleurette, ils n’avaient pas la bêtise d’attendre. Habitués à la déception, ils l’anticipaient et choisissaient donc l’attitude qui avait le plus de sens, soit manger le chamallow avant le retour du chercheur. Cela conforta l’intuition de la scientifique qui commença à remettre en question ce test à la notoriété mondiale, alors qu’elle travaillait dans un refuge pour enfants des rues. Au contact de ces jeunes esprits, vivant dans la précarité la plus totale et livrés à eux-mêmes, Celeste Kidd eut la sensation que la plupart auraient mangé le chamallow très rapidement et cela la chagrinait de les voir en quelque sorte prédéterminés. Son expérimentation à l’université de Rochester explique donc que ne pas attendre pour ces enfants est sans doute l’attitude la plus socialement intelligente à avoir. Quand, autour de vous, tous les éléments laissent présager que si vous ne sautez pas sur l’occasion elle ne se représentera pas, attendre irait tout simplement à l’encontre du bon sens. Ainsi, plutôt que de questionner la capacité de ces enfants, il faut questionner leur environnement. Cette étude nous apprend en effet que les enfants sont très perméables à leur environnement. Les expériences déterminent nos comportements. Nous nous ajustons en permanence. Et cet ajustement peut se transformer en façon d’être. Comprendre le fonctionnement du cerveau permet aussi de s’extraire du jugement. Car s’il existe des raisons à un comportement, et qu’il n’est pas inhérent à l’être alors, il devient compréhensible, et surtout modifiable. Si l’on change le contexte on peut modifier le dénouement. Cependant, notre société est basée sur des croyances qui jugent et catégorisent. Le test initial du Chamallow a propagé une double croyance dans la société américaine, qui s’est ensuite répandue à travers le monde et s’est transformée en une vérité : la maîtrise de soi est une composante indispensable à la réussite, l’impatience est un facteur d’échec. Mais c’est la seconde croyance issue de l’étude qui est véritablement – 19 –
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insidieuse, car les résultats insinuent que le comportement enfantin détermine le reste de la vie. C’est un peu comme si on disait d’un enfant de cinq ans ne sachant pas se contrôler qu’il est condamné à être obèse, mal portant et endetté. Point final, à la ligne. Notre système scolaire est basé sur cette croyance à la prédisposition. L’école essaie de prédire dès le plus jeune âge qui sera l’élite des nations. À quoi serviraient les classements et les notes sinon ? Les bons élèves sont promis à de belles perspectives d’avenir, quand les mauvais reçoivent le message qu’ils devraient se faire du souci pour leur futur ! La prédétermination n’a rien à voir avec le résultat scolaire en soi mais avec l’interprétation que l’on en fait. Dans les queues de classe, seuls les cerveaux résilients vont pouvoir s’extraire de la fatalité qu’on leur promet. Ceux qui n’auront pas cette capacité de transformation resteront coincés dans la cage qu’on leur a dessinée. Ensuite, on peut aussi se poser la question de l’utilité de cette adversité pour former l’esprit ? Et si c’était de la catégorisation que naissait la liberté. Dans son livre The Millionaire Mind2, Thomas J. Stanley a interrogé des dizaines de millionnaires américains – uniquement des hommes – et a essayé de comprendre leur choix de vie et les éléments de leur passé qui ont façonné leur présent d’hommes prospères. Ce qui m’a grandement intéressée dans ce livre fut l’expérience scolaire de ces millionnaires qui sont en fait tous des entrepreneurs. En effet, sous cette appellation de millionnaires il ne faut pas voir des personnes qui roulent en voitures de luxe, habitent des villas ostentatoires et exhibent leur fortune. Les millionnaires dont Thomas J. Stanley parle sont plutôt à l’image de ceux qui savent faire de l’argent mais que l’argent ne détermine pas. Ils habitent des maisons modestes, partent en vacances une ou deux fois par an, pas davantage et pas sur des yachts de luxe, roulent dans des voitures on ne peut plus classiques. Ils ont pour point commun d’avoir eu une scolarité tourmentée. Anciens cancres, – 20 –
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dyslexiques, on ne donnait pas cher de leur peau. Et puis ils ont trouvé leur chemin. Ils ont choisi une destinée différente de celle qui leur avait été promise. Ils ont fait des rencontres – des êtres ou des passions – qui ont fait basculer leur monde. Ils ont eu la capacité de croire en eux-mêmes. Pourtant, tous les derniers de la classe ne deviennent pas million naires, ni même entrepreneurs, sans aucun doute car tous n’ont pas cette aptitude à faire la bascule. Ce qui est également très intéres sant dans l’analyse de Thomas J. Stanley est de savoir ce que sont devenus certains premiers de la classe que ces millionnaires ont côtoyés à l’école. Ils ont pour la plupart embrassé des carrières dans des voies royales ouvertes par les grandes écoles, évoluent dans le cercle des hautes fonctions des grandes entreprises, du pouvoir. Alors conditionnement ? Le bon élève est-il condamné à faire partie de l’intelligentsia, alors qu’il aurait peut-être préféré être artisan, sportif, artiste ? Le mauvais, le rebelle, le décrocheur, à demeurer médiocre ou se surpasser ? Le cancre a en effet deux chemins qui s’ouvrent à lui, ou bien il croit ce qui lui est dit et donc qu’il n’est pas à la hauteur, qu’il n’a pas les capacités requises pour réussir et se résigne, ou alors il décide de faire fi des mauvais présages et laisse la chenille devenir papillon et déploie ses ailes. Quoi qu’il en soit, les programmes que nous mettons en place enfant viennent moduler notre rapport à la réalité.
Comment l’expérience détermine l’anticipation Le cerveau est une machine à anticiper. Il collecte en permanence des informations, les analyse et déclenche en réponse le programme qui lui semble approprié. Un programme préenregistré bâti sur l’expérience. On ne réfléchit plus, on réagit. – 21 –
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Si un enfant est au contact permanent d’adultes qui ne tiennent jamais leurs promesses, ne cessent de lui faire miroiter monts et merveilles avec la plus grande inconsistance, le cerveau de ce dernier commence sa programmation : promesses = cela n’arrivera jamais. De fait, lorsque l’enfant sera confronté à une situation où il aura affaire à une promesse, quelle sera son anticipation ? La déception. De cette anticipation va résulter sa réaction. Pour éviter cette déception il va peut-être mettre en place un programme de défense, comme sauter sur toutes les opportunités pour ne jamais risquer de se voir priver de quelque chose, ou ne jamais oser s’enthousiasmer de rien, de crainte que cela ne se produise pas, ou encore avoir une suspicion naturelle pour la parole d’autrui et peiner à accorder sa confiance. Mais cela peut également pousser ce jeune cerveau à être d’une fiabilité à toute épreuve. On ne peut jamais être parfaitement sûr des conséquences du “câblage”, en revanche on peut être sûr que le câblage aura des conséquences. Les expériences répétées à l’origine de ces câblages entraînent l’anticipation, autrement dit les a priori. C’est comme si on installait une paire de lunettes déformantes sur le bout du nez de nos enfants. Ces lunettes peuvent magnifier la réalité ou l’enlaidir. De surcroît, si vous faites croire à vos enfants qu’ils sont aveugles ils vont finir par le devenir. L’expérience a été faite sur des souris. Des chercheurs ont entravé la vision de rongeurs et ont découvert que dans leurs cerveaux les circuits neuronaux dédiés à la vue ne se développaient pas. Pire, disparaissaient. À force d’avoir été plongée dans le noir, la souris devenait aveugle : le cerveau croit l’information lui provenant de l’extérieur et arrête la fonction inutile. Dans le cerveau de nos enfants, c’est la même chose, ce que l’on ne cultive pas se meurt. Et ce que l’on répète, que l’on entraîne, se met à exister et se développe.
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Madame Irma Une fonction primordiale du cerveau est de minimiser la surprise. Pour cela il est prêt à tout. Il est une sorte de voyant qui anticipe ce qui n’est pas là pour le moment mais qui selon lui pourrait advenir. Ses prédictions nous apparaissent tellement vraies que nous les acceptons. Une hypothèse développée par Karl Friston à l’University College London suggère que le cerveau analyse les données qu’il prévoit de recevoir, plutôt que celles qu’il reçoit réellement3. Ces données qu’il prévoit de recevoir étant bien entendu dépendantes des expériences passées. Ainsi, comme face à un médium, libre à nous de croire ou non à ses prédictions. Elles ont une potentialité certes, mais seule ment à un moment donné. D’ailleurs, une étude menée à l’université de Glasgow a corroboré cette idée et illustré que le cerveau pouvait voir l’invisible, ce que l’œil lui ne pouvait voir4. Les chercheurs ont montré à des sujets trois images distinctes dont l’angle droit était couvert par un rectangle blanc, rendant cette partie de l’image inaccessible à la vue. Les scientifiques ont constaté que même si la vision était obstruée, le cerveau voyait encore. En effet, grâce à la technique d’imagerie cérébrale, ils ont pu observer que le cerveau voyait derrière le rectangle blanc quelque chose, basé vraisemblablement sur sa prédiction la plus probable. En résumé, quand nous croyons notre cerveau sur parole, nous acceptons pour vérité une éventualité basée sur un jeu de prédiction.
L’installation du pilote automatique Chez l’humain, la synthèse des expériences répétées est consignée dans la mémoire implicite et se loge dans le cervelet, la partie la plus ancienne de notre cerveau. Cette mémoire n’est pas accessible. – 23 –
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En somme, elle héberge les souvenirs que l’on emmagasine au fil des années, qui forme notre biographie. C’est ainsi que se programme le pilote automatique de chaque être humain. Une fois dans la mémoire implicite, le programme n’est plus conscient. Il se déclenche sans que l’on s’en rende compte. Nous pouvons comparer cela à la conduite. Lorsque vous apprenez à conduire, vous êtes attentif à tout, vigilant, pleinement conscient. Lorsque vous conduisez depuis dix ans, c’est le pilote automatique qui se met en marche, vous avez encodé diverses réactions et votre cerveau fait pleinement son travail d’anticipation. Au loin, il repère les feux de freinage qui s’allument, il envoie le signal à votre pied d’appuyer sur la pédale de frein. Vous pouvez être en train de discuter avec le passager, cette action ne vous a demandé aucune intervention consciente. C’est une réaction mille fois répétée, intégrée, logique et attendue. Le pilote automatique nous rend parfaitement prévisibles, nous sommes dans la réaction, le cerveau joue pleinement son rôle d’anticipateur et réagit comme on lui a appris à le faire : reconnaissance d’une situation suivie de la réaction prévue par le programme inconscient. C’est pourquoi les structures encodées dans la mémoire implicite de nos enfants vont déterminer leur futur, leurs réactions à venir. C’est un fait, un processus naturel, qui s’est également produit pour nous. D’ailleurs, il est intéressant de nous questionner personnellement en tant qu’adultes sur nos propres pilotes automatiques créés pendant l’enfance. L’un de mes inspirateurs, le biologiste américain Bruce Lipton, explique que lorsque l’on devient conscient, on devient imprévisible. En effet, lorsque le programme devient le maître, nous sommes dépourvus de libre arbitre. Si nous étions observateurs de notre existence, nous aurions sans doute de sérieuses courbatures abdominales provoquées par de réguliers fous rires, en nous observant naviguer dans notre vie pensant choisir de façon libre notre route. Nous serions sans doute également capables de présager ce que nous allons, faire, dire, ou même penser. – 24 –
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Journaliste, réalisatrice, présentatrice de télévision, productrice et conférencière, Stéphanie Brillant est également maman de deux enfants. Installée aux ÉtatsUnis, elle consacre son travail à la libération du potentiel humain et depuis cinq ans aux thématiques liées à l’éducation éclairée. Elle a réalisé le film documentaire Le Cerveau des enfants. Un potentiel infini, sorti en salle en France en mai 2017. Dessin de couverture : © David Dellas, 2011 Photographie : Getty Images, 2019
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STÉPHANIE BRILLANT
Toutes les expériences structurent le cerveau, les bonnes comme les mauvaises. Celles d’avant même la naissance aux premières années sont les plus fondatrices du fait que c’est une période de développement d’une extrême intensité et de grande plasticité. Les comportements répétés s’inscrivent de plus en plus profondément dans le cerveau et, à force de répétition, ce qui n’était qu’un encodage devient un câblage, un petit réseau autonome, qui sera activé au moment voulu. Les aider à réussir cette opération assure à nos enfants un meilleur équilibre psychique et physique et un plus grand épanouissement social et professionnel. Vous êtes-vous déjà interrogé sur ce qui est le plus important pour le bon développement du cerveau de votre enfant ? Vous le nourrissez sans doute bien, le divertissez, le stimulez, et c’est exactement ce qu’il faut faire. Pourtant, l’essentiel réside dans la qualité de la relation que vous entretenez avec lui. Il a besoin pour se développer de la manière la plus positive possible d’être vu, senti, entendu, accueilli, rassuré et aimé, et c’est par le lien qu’on lui offre qu’il expérimente ces sentiments. Riche en informations et offrant des exemples concrets, des exercices pratiques faciles à expérimenter dans la vie de tous les jours, cet ouvrage couvre une multitude de sujets : des émotions aux croyances, en passant par le fonctionnement de la mémoire, l’hygiène de la pensée et l’importance de l’engagement physique et social. Il permet d’appréhender comment tout est imbriqué, et ouvre des pistes de réflexion originales pour comprendre le fonctionnement du cerveau afin d’aider les enfants et les éducateurs à révéler leur plein potentiel.
STÉPHANIE BRILLANT
GUIDE DU CERVEAU POUR PARENTS ÉCLAIRÉS
GUIDE DU CERVEAU POUR PARENTS ÉCLAIRÉS
GUIDE DU CERVEAU POUR PARENTS ÉCLAIRÉS
DOMAINE DU POSSIBLE
ISBN 978-2-330-12386-4
9:HSMDNA=VWX][Y: 26/07/2019 15:22