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La Sentinelle_2026-03

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La Sentinelle

Mai - Juin 2026 - n° 03

Interview

Votre pension et l'Accord social : Réponses à toutes vos questions

Nos militaires belges sont-ils prêts au combat ?

Comment les militaires et leur entourage perçoivent-ils l’augmentation des menaces et la possibilité d’un conflit de grande ampleur ? Comment y font-ils face ? Le sujet est-il abordé au sein des familles ? Et surtout, cela influence-t-il le pilier moral de la force combattante militaire ?

Notre monde devient toujours plus imprévisible, marqué par de nouvelles menaces et des crises de plus en plus complexes. La Défense se prépare à de nouvelles formes d’engagement. Les missions planifiées et délimitées par exemple en Lituanie, en Roumanie, ainsi que les patrouilles en mer Baltique ou au-dessus des États baltes sont bien connues. Mais face aux tensions géopolitiques actuelles, la Défense pourrait surtout être amenée à défendre son propre territoire ou celui d’un allié. Comme durant la Guerre froide, il s’agit à nouveau de la raison d’être des forces armées. Cela peut signifier : partir dans l’urgence, sans savoir quand et si vous reviendrez, et ne pas savoir si votre famille est en sécurité.

Pour se préparer à une telle guerre, la Défense bénéficie aujourd’hui de milliards d’euros d’investissements, accélère le recrutement et la formation de personnel, passe des commandes d’armement et étend ses infrastructures. Mais accorde-t-on suffisamment d’attention à ce que les doctrines militaires appellent la « composante morale », l’un des trois piliers de la capacité de combat aux côtés des composantes physique (personnel et matériel) et conceptuelle (doctrine et stratégie) ?

Nos militaires sont-ils réellement prêts à combattre ? En parlent-ils à la maison ? Quelles sont leurs préoccupations ? Et que peut faire la Défense pour les soutenir ? Car ce sont précisément ces facteurs qui influencent la solidité de la composante morale et, par conséquent, la capacité de combat des forces armées. La robustesse de cette composante constitue une préoccupation permanente dans les armées d’Europe du Nord. À juste titre, puisqu’elle englobe la volonté de combattre, la qualité du leadership, la résilience individuelle du militaire et le soutien de la société. Pourquoi demeure-t-elle alors un sujet si peu considéré chez nous ?

Les échanges avec les militaires montrent que beaucoup ignorent encore ce que l’on attend concrètement d’eux dans le cadre d’un tel nouveau conflit et à quoi ils doivent se préparer, sans parler de leurs proches qui n’en savent rien. Chaque jour, ils entendent les plus hautes autorités affirmer que les forces armées doivent être prêtes à faire face à un conflit majeur et que des efforts importants sont déployés en ce sens. Pourtant, plus de la moitié d’entre eux ne savent pas quelle mission ils devraient remplir dans un tel contexte. Nombreux sont également ceux qui peinent à comprendre la direction prise par leur organisation et les conséquences que cela implique pour eux. Dans ces conditions, il est difficile d’en parler à la maison.

De nombreux proches indiquent également que les conséquences d’une guerre pour l’entourage sont rarement, voire jamais, abordées au sein des familles. Qui prendra soin, par exemple, de parents malades si le militaire est déployé plus longtemps que prévu en Europe orientale ? Lorsque les deux partenaires sont militaires et doivent annoncer à leurs parents ou beaux-parents : « Si nous sommes mobilisés, vous vous occuperez des enfants pendant plusieurs mois », la perspective peut être déstabilisante. Plus simplement encore : certains ont l’habitude d’échanger des messages avec leur conjoint ou un membre de leur famille toutes les demi-heures ; ce type d’attentes devra lui aussi être revu.

L’aggravation des menaces impose une information plus complète et plus approfondie du personnel. Elle exige aussi une attention accrue à l’égard de l’entourage. Car un militaire qui comprend la finalité de son engagement et qui sait que tout est organisé à la maison est plus motivé et davantage prêt au combat. Voilà donc un chantier de taille pour les plus hautes autorités de la Défense. 

Colophon

La Sentinelle est le bimestriel de la Centrale Générale du Personnel Militaire. La Sentinelle est envoyée à tous les membres.

Tirage : 9.8000 exemplaires

Toutes les données sont traitées dans le respect de la Loi sur la vie privée (Loi du 8/12/1992 & GDPR).

Éditeur responsable : Yves Huwart Coordination : Jesse Arents et Concetto Bandinelli

Informations générales – CGPM : Romboutsstraat 1 – Bus 021 1932 Zaventem srt@acmp-cgpm.be www.acmp-cgpm.be

Tél. : 02 245 72 14

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La Sentinelle

Mai - Juin 2026 - n° 03

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Interview sur la Réforme des pensions et l’Accord social

L’indexation en centimes : des cacahuètes ?

L’allocation d’éloignement : enfin !

Discours d’ouverture de l’antenne de Marche-enFamenne

Def+ : un nouveau nom, des attentes accrues

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Photo couverture : R. Krater
Photo : Adrien Muylaert

Interview sur la Réforme des pensions et l’Accord social

Réforme des pensions, accord social, actions, négociations et procédures judiciaires. Ces derniers mois, ces dossiers ont tenu des milliers de collègues en haleine. Mais à quoi pouvons-nous réellement nous attendre ? Qu'avons-nous obtenu ? Quels enjeux subsistent ? Et surtout : qu'est-ce qui relève de la réalité et qu'est-ce qui relève de la fiction ?

Il est donc temps de soumettre notre président, Yves Huwart, à un véritable feu roulant de questions. Pas de réponses évasives ni de subtilités politiques, mais un langage clair. Même les questions les plus critiques, délicates ou inconfortables ne seront pas éludées.

Après la lecture de cette interview, vous avez encore une question ? N'hésitez pas à nous contacter via nos coordonnées habituelles : 02/245 72 14 ou srt@acmp-cgpm.be.

Réforme des pensions

Y a-t-il encore une chance que la réforme des pensions soit bloquée ou reportée ?

Non. La réforme des pensions a été approuvée le 28 mai 2026 par la Chambre des Représentants et publiée le 1er juin 2026 au Moniteur belge. Elle constitue désormais une réalité juridique.

L'espoir que certains nourrissaient encore de voir cette réforme reportée ou abandonnée à la dernière minute est donc définitivement écarté. Quiconque a suivi attentivement les évolutions politiques de ces dernières années et de ces derniers mois voyait ce scénario se dessiner depuis longtemps.

Cela ne signifie évidemment pas que tous les débats sont clos. Des questions subsistent quant à la mise en œuvre concrète de la réforme et les voies juridiques encore ouvertes font actuellement l'objet d'analyses.

Une chose est toutefois certaine : l'essentiel de la réforme des pensions entrera en vigueur le 1er janvier 2027.

Le temps des spéculations est révolu ; il est désormais temps d'évaluer correctement les conséquences de cette réforme et d'accompagner au mieux nos affiliés.

67 ans?

Tous les militaires devront-ils désormais travailler jusqu'à 67 ans ?

Non. Il s'agit sans doute de l'un des malentendus les plus tenaces concernant cette réforme des pensions. Y aura-t-il des militaires qui devront ou pourront rester en service jusqu'à 67 ans ? Oui. Mais pour l'immense majorité, ce ne sera certainement pas la règle générale. L'âge de la pension et le moment où l'on pourra

Photo : CGPM

effectivement partir à la retraite dépendront de plusieurs facteurs, notamment de la durée de la carrière.

Dans les grandes lignes, il faudra totaliser environ 40 à 41 années de carrière pour pouvoir partir à la pension à la date la plus précoce possible. Pour beaucoup, ce ne sera donc pas tant l'âge de 67 ans qui sera déterminant, mais bien le nombre d'années de carrière effectivement prestées.

Affirmer aujourd'hui que chaque militaire devra automatiquement travailler jusqu'à 67 ans ne correspond pas à la réalité. Comme souvent, la vérité se situe quelque part entre les slogans et les faits.

Et dans le prolongement de la question précédente, les militaires devront-ils à l'avenir travailler plus longtemps pour une pension moins élevée ?

Cela dépend de la catégorie de personnel concernée. Pour les militaires qui sont aujourd'hui proches de la pension (en gros, ceux nés jusqu'en 1980 inclus), cette réforme ne devrait a priori pas entraîner une pension moins élevée que celle des collègues qui partent actuellement à la retraite. Pour les générations plus jeunes, la situation est différente : elles devront généralement travailler plus longtemps et subiront davantage les effets de la réforme.

Harmonisation

Les militaires seront-ils soumis aux mêmes règles de pension que l'ensemble des autres Belges ?

Pas totalement. Cette réforme des pensions vise certes à rapprocher davantage les différents régimes de pension, mais une uniformisation complète n'est pas prévue.

Les militaires conservent en effet certaines spécificités liées au caractère particulier de leur statut. Ainsi, pour les militaires quittant le service après 40 à 41 années effectivement prestées, une bonification de deux ans est maintenue. Cette bonification est prise en compte tant pour déterminer la durée de carrière requise que pour le calcul du montant de la pension. Un régime particulier subsiste également pour le personnel navigant de la Force Aérienne en ce qui concerne le calcul de la durée de la carrière.

Par ailleurs, les pensions des fonctionnaires – et donc aussi celles des militaires – continuent d'être calculées sur un maximum de 75 % du traitement de référence. En contrepartie, les agents statutaires, contrairement aux travailleurs contractuels et aux indépendants, ne bénéficient pas d'un deuxième pilier de pension constitué par un employeur.

Photo : CGPM

L'harmonisation se manifeste en revanche clairement à travers l'introduction de conditions de carrière pour l'accès à la pension anticipée, le relèvement de l'âge légal de la pension à 67 ans, la prise en compte progressive de l'ensemble de la carrière dans le calcul de la pension ainsi que l'adaptation des règles relatives à l'assimilation de certaines périodes telles que la maladie, les congés de soins et d'autres interruptions de carrière.

En résumé, les différences entre les régimes de pension se réduisent, mais les autorités ont reconnu que certaines spécificités du statut militaire continuent de justifier un traitement distinct.

Comment puis-je déterminer concrètement ma future durée de carrière et connaître mon âge de départ à la pension ?

C'est probablement l'une des questions les plus fréquemment posées depuis l'adoption de la réforme des pensions. C'est aussi l'une des plus difficiles à résumer, car plusieurs notions sont souvent confondues.

Il y a tout d'abord l'âge légal de la pension. Celui-ci est actuellement fixé à 66 ans et passera à 67 ans à partir de 2030. Il s'agit de l'âge auquel on part au plus tard à la pension, indépendamment de la carrière accomplie.

Les militaires restent également soumis au régime de la mise à la retraite d'office. Dans ce cas aussi, la durée de carrière n'entre pas en ligne de compte. Lorsqu'un

certain âge est atteint, l'intéressé est mis d'office à la retraite. Cet âge augmentera progressivement au cours des prochaines années. Concrètement, à partir de 2027, une année sera ajoutée chaque année à la limite actuelle de 56 ans. À partir de 2037, ce système disparaîtra toutefois dans les faits, puisque l'âge de la mise à la retraite d'office coïncidera alors avec l'âge légal de la pension. Son évolution figure dans le tableau 1.

Date de naissance

Mise à la pension le 1er jour du mois suivant

1971 votre 57e anniversaire

1972 votre 58e anniversaire

1973 votre 59e anniversaire

1974 votre 60e anniversaire

1975 votre 61e anniversaire

1976 votre 62e anniversaire

1977 votre 63e anniversaire

1978 votre 64e anniversaire

1979 votre 65e anniversaire

1980 votre 66e anniversaire

1981 ou après

Fin de la mise à la pension d’office. Pension anticipée lorsque vous remplissez les conditions générales d’âge et de carrière

Pour de nombreux militaires, c'est toutefois surtout le régime de la pension anticipée qui sera déterminant. Celui-ci permet de partir à la pension avant l'âge légal, à condition de satisfaire à certaines conditions d'âge et de carrière.

Deux régimes de pension anticipée coexistent : la pension anticipée pour carrière longue et la pension anticipée classique.

Pour bénéficier d'une pension pour carrière longue, il faut avoir au moins 60 ans et justifier de 42 années de carrière. Pour qu'une année soit prise en compte, il faut en principe avoir travaillé au moins 234 jours, soit environ 75 % d'un emploi à temps plein. Les périodes de maladie de longue durée peuvent avoir un impact important et entraîner la non-prise en compte complète de certaines années dans le calcul de la carrière.

Tableau 1
Photo : Destercke-Hock Jerusalem

Tableau 2

Type de pension Âge

Pension légale

Pension anticipée

Carrière longue

60 ans 42 années (réelles) Pour compter dans la durée de carrière, chaque année doit compter minimum 234 jours de travail

Classique 60 ans & 44 années Pour compter dans la durée de carrière, chaque année doit compter minimum 156 jours de travail (104 jours dans la 1ère année)

61 ans & 43 anneés

63 ans & 42 années

Pour la majorité des militaires, la pension anticipée classique constituera probablement la voie principale.

Dans ce régime, il est possible de partir à la pension :

• à 60 ans avec 44 années de carrière ;

• à 61 ou 62 ans avec 43 années de carrière ;

• à 63 ans avec 42 années de carrière.

Contrairement au régime de la carrière longue, 156 jours prestés par an suffisent en principe pour qu'une année soit prise en compte. En outre, certaines périodes, telles que la maladie ou les congés de soins, continuent à être assimilées sous certaines conditions pour le calcul de la carrière. Pour la première année de carrière, le seuil est même ramené à 104 jours prestés.

Tout cela peut sembler complexe et c'est effectivement le cas. L'essentiel à retenir est que l'âge ne sera désormais plus le seul critère déterminant : le nombre d'années de carrière admissibles pour la pension jouera également un rôle central. C'est pourquoi nous avons résumé les principales règles dans le tableau 2.

Pour connaître précisément sa situation personnelle, un calcul individuel reste toutefois recommandé. Il est également important de rappeler que les années travaillées en dehors de la Défense sont elles aussi prises en compte dans le calcul de la carrière.

Mais les militaires qui partent en pension anticipée ne risquent-ils pas d'être pénalisés par le fameux malus pension ?

Oui, mais pour la plupart des militaires, ce risque sera plutôt limité dans la pratique.

Le malus pension est une nouvelle mesure qui prévoit une réduction du montant brut de la pension en cas de pension anticipée sans pouvoir justifier d’une carrière effective suffisante. Il ne suffit donc pas de remplir uniquement les conditions d’âge et de carrière pour une pension anticipée.

Pour échapper au malus, il faut remplir simultanément deux conditions supplémentaires : totaliser au moins 35 années de carrière avec au moins 156 jours prestés par an et avoir accumulé au total au moins 7020 jours effectivement prestés sur l’ensemble de la carrière.

Pour la plupart des militaires ayant une carrière normale à temps plein, ces conditions ne poseront généralement pas de problème majeur. La situation peut toutefois être différente pour les collègues ayant connu de longues périodes d’absence, travaillé à temps partiel ou connu des interruptions de carrière particulières. C’est pourquoi il reste important de faire analyser chaque carrière individuelle.

Comme pour de nombreux aspects de cette réforme des pensions, l'impact concret dépendra en fin de compte de la carrière personnelle de chaque militaire.

Spécificité du métier militaire

Le nouveau régime de pension tient-il encore compte de la spécificité du métier militaire ?

Oui, mais plus de la même manière qu'aujourd'hui. L'un des principaux acquis est le maintien par le gouvernement du système de bonification militaire. Après 12 années de service effectif, les militaires continuent

à bénéficier d'une bonification de deux ans. Ces deux années sont prises en compte tant pour le calcul du montant de la pension que pour la détermination de la durée de carrière requise pour partir à la pension en tant que militaire.

Concrètement, cela signifie qu'un militaire ne devra pas nécessairement totaliser autant d'années de service effectif que la condition de carrière prévue sur le papier. La bonification de deux ans permet en effet d'atteindre plus rapidement la durée de carrière requise.

Un exemple illustre bien cette situation. Pour partir en pension anticipée à 60 ans dans le régime classique, il faut en principe justifier de 44 années de carrière. Pour un militaire, les deux années de bonification sont prises en compte. Dès lors, 42 années de service effectif suffisent pour satisfaire à cette condition. Ainsi, une personne qui entame sa carrière à 18 ans peut encore partir à la pension à 60 ans grâce à cette bonification. Sans celle-ci, cela serait quasiment impossible. (Pour une vue d'ensemble complète, je renvoie au tableau 3.)

60 ans 44 années devient & 42 années réelles + 2 ans de bonification

61 ans 43 années devient & 41 années réelles + 2 ans de bonification

63 ans 42 années devient & 40 années réelles + 2 ans de bonification

Cela peut sembler être un détail technique, mais il n'en est rien. Cette mesure permet précisément de reconnaître qu'une carrière militaire n'est pas entièrement comparable à celle des autres travailleurs ou agents de la fonction publique.

Cela n'enlève évidemment rien au fait que la réforme des pensions aura des conséquences importantes pour de nombreux militaires. Il ne faut toutefois pas oublier que plusieurs mesures ont été négociées dans le cadre de

Photo : V. Bordignon
Tableau 3

l'Accord social afin d'en atténuer sensiblement l'impact.

Par ailleurs, une distinction importante est souvent négligée : partir à la pension et cesser de travailler ne sont désormais plus nécessairement synonymes. La plupart des militaires pourront en effet arrêter de travailler avant leur date réelle de prise de pension. Nous reviendrons probablement plus en détail sur cet aspect dans les questions suivantes.

PhEF

Les normes des tests physiques seront-elles adaptées au relèvement des limites d'âge ?

C'est une question qui nous a été régulièrement posée ces derniers mois. La réponse courte est que les tests physiques actuels tiennent déjà compte de l'âge et du sexe.

Au sein de la Défense, il existe en outre différents types d'épreuves. D'une part, les tests fonctionnels (par exemple le nouveau Military Functional Fitness Training - MFFT), liés à certaines fonctions. D'autre part, les tests PhEF, qui évaluent la condition physique générale. Pour ces derniers, différentes échelles d'évaluation existent déjà selon les catégories d'âge. Des normes sont même actuellement prévues pour les militaires de plus de 60 ans.

Il n'est donc pas exact d'affirmer que la Défense serait totalement impréparée au vieillissement de son personnel. Le principe d'une évaluation des performances adaptée à l'âge existe déjà aujourd'hui.

Pour l'avenir, il est encore trop tôt pour savoir quels choix seront opérés par la Défense. La question des conséquences de ces tests et des effets qui seront liés à leurs résultats sera particulièrement importante.

Dans le même temps, il paraît évident qu'un niveau minimal d'aptitude physique peut être attendu de chaque militaire. Personne ne conteste qu'une organisation militaire a besoin d'un personnel physiquement opérationnel. Mais chacun comprend également que les exigences physiques à l'égard d'un militaire de 55 ou 60 ans ne peuvent être identiques à celles d'un collègue de 20 ou 25 ans.

L'enjeu des prochaines années consistera donc à trouver un équilibre entre les exigences de l'engagement opérationnel et la réalité d'une carrière qui s'allonge.

Force Aérienne

Existe-t-il encore des régimes de pension particuliers pour certaines catégories de militaires, par exemple pour le personnel navigant de la Force Aérienne ?

Oui. Même après la réforme, un régime particulier subsiste pour le personnel navigant de la Force Aérienne. Il faut toutefois constater que ce régime sera nettement moins avantageux qu'aujourd'hui.

Comme les autres militaires, ils conservent la bonification générale de deux ans après 12 années de service effectif. À cela s'ajoute le maintien d'une bonification spécifique liée à la carrière aérienne. Concrètement, une période de 12 ans comme membre du personnel navigant continuera à compter pour 24 ans dans le calcul de la durée de carrière.

Cet avantage est cependant moins étendu qu'auparavant. Cette bonification supplémentaire n'intervient plus que pour déterminer la durée de carrière et donc la date à laquelle il est possible de partir à la pension. Elle n'est désormais plus prise en compte dans le calcul du montant de la pension.

Autrement dit, le régime subsiste, mais son impact est fortement réduit. En outre, les mesures transitoires sont relativement strictes et disproportionnées pour certains

Photo : A. Muylaert

membres du personnel, de sorte que la réforme pèsera davantage sur certains que sur d'autres.

Il est dès lors compréhensible que cette catégorie de personnel s'interroge sur l'attractivité future d'une carrière aérienne au sein de la Défense. Ce sera sans aucun doute l'un des points d'attention qui devront être suivis de près dans les années à venir.

Des mesures transitoires

À propos des mesures transitoires : quelles sont celles qui restent ?

Heureusement, il en reste encore quelques-unes, et elles revêtent une grande importance pour de nombreux militaires.

Une première mesure transitoire importante est le système de mise à la retraite d'office dont nous avons parlé précédemment. Dans ce cadre, l'âge limite sera progressivement relevé au cours des prochaines années, ce qui permettra d'éviter une transition brutale vers le nouveau système.

Par ailleurs, le législateur a également tenu compte des droits de carrière déjà acquis par les militaires actuels. En effet, les années de service accomplies avant l'entrée en vigueur de la réforme, le 1er janvier 2027, continueront de bénéficier du mode de calcul de pension plus avantageux prévu par l'actuel système de tantièmes de 1/50e

Concrètement, cela signifie qu'un militaire qui, au moment de la réforme, aura par exemple déjà accumulé dix années de service, verra ces années prises en compte pour le calcul de sa pension selon le régime actuel, plus avantageux. Ces « droits acquis » garantissent que l'impact de la réforme restera limité pour de nombreux collègues qui ont déjà une carrière bien avancée à ce jour.

Pour les militaires qui sont aujourd’hui relativement proches de la retraite, la réforme n’aura donc souvent que peu, voire aucune incidence notable sur le montant final de leur pension. Il en va autrement pour les collègues plus jeunes. Ceux-ci seront davantage soumis aux nouvelles règles et subiront donc plus fortement les conséquences de la réforme.

Un deuxième changement important concerne la manière dont le montant de la pension est calculé. Aujourd’hui, on se base principalement sur le salaire des dix dernières années de carrière. À l’avenir, une part de plus en plus importante de l’ensemble de la carrière sera progressivement prise en compte dans le calcul. Vous trouverez dans le tableau 4 une description précise de cette évolution par année de naissance.

À première vue, cela peut sembler être une adaptation technique, mais les conséquences peuvent être considérables. En effet, la plupart des militaires gagnent davantage à la fin de leur carrière qu’au début de celleci. Si les salaires plus bas des premières années pèsent de plus en plus lourd dans le calcul, cela aura inévitablement un effet à la baisse sur le montant final de la pension.

Pour les grades supérieurs en particulier, cette différence peut atteindre plusieurs centaines d’euros nets par mois.

Il est donc difficile de nier que cette réforme vise non seulement à rapprocher les âges de la retraite, mais aussi à harmoniser davantage les montants des pensions entre les différents régimes. Pour de nombreux militaires, cette évolution sera perçue comme un recul plutôt que comme une amélioration.

C’est précisément pour cette raison qu’il reste essentiel pour le syndicat militaire ACMP-CGPM de continuer à

Photo : M. Moors

œuvrer pour un renforcement accru du statut militaire et pour des mesures qui soutiennent au maximum la constitution future de la pension de nos militaires. La réforme des pensions ne peut en effet être dissociée du débat plus large sur la valorisation et l’attractivité de la carrière militaire.

Tableau 4

Est-il encore possible de prendre un départ anticipé à mi-temps à 51 ans ?

Oui. La possibilité de bénéficier d'un départ anticipé à mi-temps à partir de 51 ans est maintenue.

Cela ne signifie toutefois pas que ce choix n'aura aucune conséquence sur la constitution de la pension à l'avenir. Au contraire. Le fait de ne travailler qu'à mi-temps peut influencer la prise en compte de certaines années de carrière dans le calcul de la pension. De plus, une réduction du temps de travail aura également un impact sur le montant final de la pension.

Pour les militaires qui recourront à ce régime dans les années à venir, cet impact restera généralement limité. En effet, grâce aux mesures transitoires et au système des tantièmes, un certain nombre de droits acquis sont préservés. À plus long terme, une période prolongée de travail à mi-temps peut toutefois avoir une influence notable sur le montant de la pension.

C'est précisément pour cette raison qu'une mesure supplémentaire a été incluse dans l'Accord social.

Photo : Destercke-Hock Jerusalem

Les militaires qui optent pour un départ anticipé à mi-temps auraient désormais la possibilité de revenir volontairement à un emploi à temps plein. Cette possibilité n'existe pas aujourd'hui, mais l'objectif est qu'elle devienne effective à partir de 2027.

Cela peut sembler être une modification technique, mais pour de nombreux collègues, cela peut faire une différence importante. Ceux qui, à un moment donné, souhaitent retravailler à temps plein pour renforcer leur carrière ou leur constitution de pension bénéficieront donc à l'avenir d'une plus grande flexibilité à cet égard.

Les militaires déjà à la retraite

Quelles sont les conséquences de la réforme des pensions pour les militaires déjà à la retraite ?

À première vue, on pourrait penser que ce n'est pas grand-chose. Ceux qui sont déjà à la retraite ne sont pas rappelés pour reprendre du service et conservent le montant de leur pension. Cependant, des mesures telles que le plafonnement de l'indexation des pensions les plus élevées et, par exemple, l'indexation en centime sont de nature à toucher bon nombre de nos collègues retraités. Cependant, la suppression de la "péréquation" constitue jusqu’à présent un inconvénient majeur pour nos collègues retraités. La péréquation est le mécanisme par lequel les pensions des fonctionnaires sont adaptées à l’évolution des salaires des fonctionnaires en activité, afin que les retraités continuent de participer à la progression de la prospérité de leur secteur.

Cela se distingue de l’indexation ordinaire, qui ne fait que compenser la hausse du coût de la vie. L’indexation suit l’inflation ; la péréquation suit l’évolution des salaires. Et cette réforme des pensions met fin à ce système. Selon le gouvernement de l'Arizona, elle devrait être remplacée par un nouveau système dans lequel les pensions seraient ajustées périodiquement en fonction de l'évolution générale de la croissance économique et des possibilités budgétaires, sans lien automatique avec les hausses salariales au sein du Secteur public. Seulement, aucun calendrier n'a été fixé pour cela et les moyens budgétaires de notre pays laissent peu de marge de manœuvre…

L'allocation de carrière

La révision salariale majeure de 2022 a permis la création d'une allocation de carrière. Sera-t-elle intégrée au salaire à l'avenir, de manière à pouvoir être prise en compte dans le calcul du montant de la pension ?

C'est sans aucun doute l'une des mesures sur lesquelles nous devons continuer à nous concentrer.

En effet, si l'allocation de carrière venait un jour à être entièrement intégrée au traitement, cela permettrait d'amortir une partie des conséquences négatives de la réforme des pensions. Étant donné que la pension des fonctionnaires statutaires est calculée sur la base du traitement et non sur la base d'allocations distinctes, une telle intégration pourrait avoir un effet favorable sur le montant final de la pension.

Dans le même temps, il faut être honnête : les chances que cela se concrétise à court terme semblent plutôt

Photo : G. Lanting

limitées. Le ministre des Pensions a déjà indiqué à plusieurs reprises qu’une telle mesure n’aurait pas seulement des conséquences pour la Défense. D’autres services publics pourraient alors demander à intégrer certaines allocations dans le traitement, ce qui ferait rapidement grimper l’impact budgétaire.

De plus, notre pays se trouve aujourd’hui dans un contexte budgétaire difficile et le gouvernement a clairement indiqué qu’il souhaitait maîtriser les dépenses de sécurité sociale, dont les pensions. Cela rend ce genre de dossiers particulièrement délicats.

Cela ne signifie toutefois pas que le débat soit clos. En effet, les conséquences du nouveau calcul des pensions ne se feront sentir que progressivement pour de nombreux militaires. Grâce aux mesures transitoires, les effets les plus importants ne se manifesteront que dans quelques années. Il reste donc encore du temps pour chercher des solutions.

Il est impossible de prédire aujourd’hui si cela se fera finalement par une intégration de l'allocation de carrière, une adaptation des barèmes ou par une autre solution technique. Ce qui est certain, c’est que lors de chaque négociation future, nous continuerons à chercher des moyens de préserver au maximum l’attractivité de la carrière militaire et la constitution de la pension de nos militaires.

Deuxième pilier de retraite

Pensez-vous que les militaires, tout comme les autres salariés, pourront un jour bénéficier d'un deuxième pilier de retraite, c'est-à-dire la retraite complémentaire constituée par l'intermédiaire de l'employeur ?

Cette possibilité n'est en tout cas pas exclue à l'heure actuelle. L'accord de gouvernement de l'Arizona stipule en effet qu'un deuxième pilier de pension sera mis en place pour les fonctionnaires statutaires dès que leur pension légale, selon le nouveau mode de calcul, atteindra le niveau de celle des travailleurs contractuels, compte tenu de leurs droits à pension complémentaires.

En d'autres termes : l'idée est sur la table et est explicitement mentionnée dans l'accord de gouvernement.

Mais restons réalistes. Il s'agit ici d'une évolution à plus long terme. Il semble peu probable aujourd'hui que les militaires bénéficient d'un deuxième pilier de pension dès demain ou après-demain.

La Cour constitutionnelle

L'ACMP-CGPM estime-t-il opportun de saisir la Cour constitutionnelle pour contester la réforme des pensions ?

Cela ne peut certainement pas être exclu. Mais pour l'instant, je refuse de crier au loup. Ce n'est pas parce que l'on clame que cette réforme des pensions peut encore être contestée devant la Cour constitutionnelle que cela aboutira nécessairement au résultat escompté.

Une procédure devant la Cour constitutionnelle est particulièrement complexe. Si l'on veut avoir une chance sérieuse de réussir, il faut que cela soit juridiquement irréprochable et mûrement réfléchi. Bien sûr, comme beaucoup, j'aimerais croire que la Cour constitutionnelle annulera cette réforme des pensions parce qu'un certain nombre de principes constitutionnels ont été violés. Mais l'expérience nous enseigne que cela est loin d'être évident.

Nos avocats examinent actuellement cette piste de manière approfondie et nous ne ménagerons ni nos efforts ni nos moyens. Mais proclamer haut et fort aujourd’hui que nous saisissons la Cour constitutionnelle, uniquement pour faire plaisir à une partie de nos collègues, me semble relever davantage du populisme que de la détermination syndicale.

Certaines organisations syndicales semblent aujourd’hui surtout exceller dans l’art d’annoncer des victoires qui restent à remporter. Nous préférons une autre approche : d’abord travailler, ensuite parler ; d’abord obtenir des résultats, ensuite crier victoire. Après tout, une affaire gagnée est plus utile à nos collègues qu’un communiqué de presse victorieux.

Accord social

Quel est le lien entre l’accord social et le nouveau régime de pension ?

Tout et rien.

Nous avons souligné à plusieurs reprises par le passé qu’il fallait établir une distinction claire entre le dossier des pensions et l’Accord social. Une chose doit être parfaitement claire : à aucun moment le syndicat militaire ACMP-CGPM n’a pu marquer son accord sur la réforme des pensions annoncée.

C’est précisément pour cette raison que des mesures compensatoires sont nécessaires afin de préserver l’attractivité du statut militaire et de continuer à reconnaître la spécificité du métier militaire. Les mesures prévues dans l’Accord social ont donc pour objectif d’atténuer les conséquences de la réforme des pensions et de valoriser le caractère particulier de la carrière militaire.

Le problème est toutefois que bon nombre de ces mesures doivent être ancrées dans la législation. Or, l’élaboration de nouvelles dispositions légales est par nature un processus lent. Outre les négociations avec les organisations syndicales représentatives, il faut obtenir les avis et approbations, notamment de l’Inspection des Finances, des ministres compétents, du gouvernement dans son ensemble et, finalement, du Parlement. Ce n’est qu’ensuite que la nouvelle réglementation peut être publiée au Moniteur belge.

L’ensemble de ce processus prend facilement entre un et deux ans. Je comprends donc que cela suscite de l’impatience et de l’incertitude chez de nombreux collègues. Mais, aussi frustrant que cela puisse parfois paraître, c’est ainsi que ce type de réforme voit le jour dans notre pays.

Signé

Pourquoi l’ACMP-CGPM a-t-elle signé l’accord social ?

En réalité, la réponse est assez simple : parce que l’alternative aurait été bien pire.

Sans accord social, les militaires seraient aujourd’hui confrontés à une réforme profonde des pensions sans les mesures compensatoires actuellement sur la table. Cela aurait constitué une issue particulièrement défavorable.

Par ailleurs, nous n’avons pas été les seuls à signer cet accord. Le Chef de la Défense et le ministre de la Défense y ont également apposé leur signature. Ce n’est pas anodin. Il est même assez exceptionnel que tant l’état-major de la Défense que l’autorité politique s’engagent formellement à améliorer de manière significative les conditions de travail des militaires.

Je suis conscient que certains estiment que nous avons signé cet accord trop tôt. La réalité est toutefois qu’au vu des délais de mise en œuvre particulièrement longs, il n’y avait plus beaucoup de temps à perdre.

Tandis que d’autres organisations ont choisi de poursuivre la consultation de leur base, nous avons réuni nos délégués dans un délai très court afin d’examiner le résultat des négociations.

L’intérêt a été considérable. Avec plus de 95 % des participants, la proposition d’accord social a été approuvée. Cela nous a donné un mandat particulièrement fort pour aborder la dernière phase des négociations.

En outre, le 25 juillet 2025, lors des discussions du projet avec le ministre et l’état-major de la Défense, des améliorations supplémentaires ont encore été obtenues par rapport au texte présenté à nos délégués.

Enfin, je souhaite dissiper un malentendu. Ceux qui affirment aujourd’hui qu’il aurait été possible d’obtenir beaucoup plus sous-estiment, selon moi, la réalité des négociations. Tout comme on observe parfois des jeux stratégiques dans le monde politique, nous en avons également constaté dans le cadre de ce dossier au sein du monde syndical.

Chaque organisation fait ses propres choix. Le nôtre a toujours été le même : assumer nos responsabilités et obtenir des résultats. Pour nous, les améliorations concrètes sont plus importantes que les grandes déclarations.

Crédit-temps

L’Accord social évoque également le ‘crédittemps’. De quoi s’agit-il ?

L’avant-projet de loi et le projet d’arrêté royal qui ont entre-temps été examinés au sein du Comité de Négociation militaire (CONEGO) avec les organisations syndicales représentatives contiennent toute une série de mesures regroupées sous l’appellation de ‘crédit-temps épargné’.

Il s’agit d’un ensemble de mesures destinées à offrir davantage de possibilités aux militaires pour concilier vie professionnelle et vie privée, tout en constituant une reconnaissance de la charge particulière qu’implique une carrière militaire.

Concrètement, cela comprend notamment des jours de congé supplémentaires à partir de l’âge de 56 ans, une augmentation de la célèbre allocation de 5/1850e accordée notamment lors des exercices et des engagements opérationnels, une augmentation des dispenses de service pour éloignement du domicile (UTH), le doublement des indemnités pour le travail de

week-end et les périodes de rappelabilité, la possibilité d’épargner des jours de congé, l’instauration d’une allocation Ops ainsi que l’extension du système existant des allocations de fonction.

La plupart de ces mesures méritent naturellement quelques explications complémentaires, car elles contribuent de différentes manières à une meilleure rémunération, à davantage de flexibilité ou à un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée.

Dans le prolongement de la question précédente : comment ce crédit-temps se traduira-t-il concrètement lors des exercices, manœuvres et engagements à l’étranger ?

Lorsque le gouvernement parle d’une harmonisation des régimes de pension, il est logique que nous insistions également, en tant qu’organisation syndicale, sur une compensation plus équilibrée des prestations fournies par les militaires. Cela vaut particulièrement pour les exercices, les manœuvres et les engagements opérationnels, où la charge de travail est souvent nettement plus élevée qu’en service normal.

Photo : CGPM

Un élément essentiel du crédit-temps consiste dès lors à mieux compenser à l’avenir les prestations effectuées lors d’exercices de longue durée (service intensif) et des opérations. Cette compensation se fera à la fois en argent et en temps.

Concrètement, pour les opérations et exercices de moins de 30 jours consécutifs, 16 heures par jour seront indemnisées financièrement et 4 heures seront converties en dispense de service pour éloignement du domicile (UTH). Pour les opérations et exercices de plus de 30 jours consécutifs, la compensation financière passera à 17,3 heures par jour, tandis que 2,7 heures seront accordées sous forme d’UTH.

Pour les missions effectuées dans la position administrative ‘en service normal’, 4 heures d’UTH par jour seront également accordées.

L’accumulation de ces heures d’UTH permettra aux militaires de constituer un crédit-temps personnel, facilitant ainsi une meilleure conciliation entre vie professionnelle et vie privée. Dans le même temps, l’indemnisation financière des exercices et des engagements opérationnels sera sensiblement plus élevée qu’aujourd’hui.

Pour les militaires proches de la pension et qui n’auront pas pu bénéficier de ce nouveau régime durant leur carrière, une mesure transitoire a également été prévue.

Ils pourront recevoir une réserve forfaitaire de carrière pouvant atteindre 200 jours. Combinée à un éventuel crédit-temps déjà constitué, cette réserve pourrait permettre de cesser effectivement le travail jusqu’à un an et demi avant la date la plus précoce de départ à la pension.

Et ce n’est pas tout. L’allocation Ops fait également partie du paquet ‘crédit-temps’ et mérite donc une explication distincte.

L'allocation Ops

L’allocation Ops constitue effectivement un élément marquant de l’accord social. En quoi consiste-t-elle et quel est son objectif ?

Les militaires doivent être disponibles en permanence et peuvent être engagés dans des délais relativement

courts. De plus, ils passent souvent de longues périodes loin de leur domicile au cours de leur carrière. Cette disponibilité particulière et son impact sur la vie familiale et sociale méritent, selon nous, une reconnaissance spécifique.

C’est dans cette optique qu’a été conçue l’allocation Ops. Cette allocation représente au total l’équivalent de 14 mois de rémunération. Les militaires pourront choisir de la percevoir en une seule fois à partir de l’âge de 45 ans et après au moins 20 années de service. Ceux qui le souhaitent pourront également la recevoir de manière étalée sous la forme d’un salaire mensuel supplémentaire à partir de l’âge de 30 ans et après au moins 12 années de carrière militaire.

Pour les personnes nées en 1971, 1972 et 1973, un régime transitoire spécifique a également été prévu. Elles percevront respectivement 25 %, 50 % ou 75 % de l’allocation Ops, avec la possibilité, si elles le souhaitent, de convertir cette compensation en temps.

L’allocation Ops poursuit toutefois un second objectif. Comme je l’ai expliqué précédemment, toutes les heures prestées lors des exercices et opérations ne sont pas directement compensées. Les quatre heures restantes par jour qui ne sont pas immédiatement indemnisées constituent en réalité la base de cette allocation.

Cette approche repose sur des données statistiques montrant qu’un militaire effectue en moyenne environ sept années de prestations dans des conditions qui ne font actuellement pas l’objet d’une compensation complète. Sept années correspondent à 84 mois. Étant donné que quatre heures représentent un sixième d’une journée, ce temps non compensé sur l’ensemble d’une carrière équivaut à un sixième de ces 84 mois, soit environ 14 mois.

C’est ce qui explique pourquoi l’allocation Ops a été fixée à 14 mois de rémunération. Il ne s’agit donc pas d’un montant choisi arbitrairement, mais d’une tentative de corriger partiellement une inégalité historique dans la compensation des prestations opérationnelles.

Les prestations particulières – telles que le travail de week-end, les permanences, les périodes de

rappelabilité ou l’exercice de fonctions dans un grade supérieur – seront-elles enfin mieux rémunérées ?

C’est effectivement l’un des objectifs de l’Accord social.

Ainsi, les prestations effectuées durant les week-ends seront désormais mieux compensées. Les indemnités forfaitaires de rappelabilité dans un délai de deux ou quatre heures seront doublées, tout comme les indemnités forfaitaires accordées pour les prestations de weekend. Les militaires assurant une permanence au sein du quartier militaire bénéficieront en outre de quatre heures de dispense de service pour éloignement du domicile (UTH) par nuit passée sur place.

Par ailleurs, le système existant des allocations de fonction sera réformé et étendu. Les membres du personnel qui exercent (temporairement) une fonction liée à une catégorie de personnel supérieure, ou qui occupent un poste supérieur au sein de leur propre catégorie de personnel, bénéficieront d’une meilleure rémunération.

Cette allocation n’a évidemment aucune incidence sur le grade du membre du personnel concerné, mais elle constitue une reconnaissance des responsabilités et tâches supplémentaires associées à ce type de fonctions.

En résumé, l’Accord social vise non seulement à rendre les carrières plus longues plus supportables, mais également à mieux reconnaître les prestations réellement fournies par les militaires au cours de leur carrière.

Réservistes

Les réservistes tireront-ils également profit de l’Accord social ?

Absolument. La majorité des mesures prévues dans l’Accord social s’appliqueront également aux réservistes, même si certaines exceptions existent.

Ainsi, certaines mesures, comme l’allocation Ops ou le système de crédit-temps épargné, ne s’appliqueront pas de la même manière qu’au personnel actif. Cela s’explique principalement par la nature spécifique des prestations effectuées par les réservistes.

Lorsque des réservistes participent à des exercices ou à des engagements opérationnels, ils seront généralement indemnisés financièrement pour leurs prestations supplémentaires plutôt que compensés en temps. Contrairement aux militaires du cadre actif, ils ne bénéficieront donc pas d’un système permettant

Photo : J. Destercke-Hock

de récupérer ultérieurement les heures supplémentaires sous la forme de jours de récupération ou de crédit-temps.

Cela n’enlève rien au fait que les réservistes seront bel et bien mieux rémunérés pour les prestations supplémentaires qu’ils accomplissent. Pour eux aussi, l’Accord social constitue donc une avancée significative par rapport au régime actuel.

Les chèques-repas

Qu’en est-il des modifications annoncées pour les chèques-repas ?

L’Accord social prévoit deux modifications importantes du système des chèques-repas.

La première concerne l’extension du nombre de bénéficiaires. Ainsi, les aumôniers, les conseillers moraux et les candidats militaires dans la position administrative ‘en formation’ auront désormais également droit aux chèques-repas. En outre, ceux-ci ne seront plus accordés par journée prestée, mais par tranche de 7,6 heures prestées pour les membres du personnel travaillant selon les régimes particuliers travail en équipe et veilleurs de nuit. Cette adaptation devrait normalement entrer en vigueur à partir d’août 2026.

La seconde modification concerne la valeur des chèques-repas. L’objectif est de porter progressivement leur montant de 6 à 8 euros, puis de 8 à 10 euros.

Dès les négociations, il était toutefois clair que cette augmentation serait liée à une évolution similaire dans la Fonction publique fédérale. En d’autres termes, les militaires ne bénéficieront de cette augmentation que lorsque les chèques-repas des autres fonctionnaires fédéraux auront eux aussi été revalorisés. Les syndicats qui aiment tant critiquer l’ACMP-CGPM ont donc encore du travail à accomplir au sein de la Fonction publique.

Il est dès lors difficile de prévoir aujourd’hui quand cette augmentation interviendra exactement. Ce qui est certain, c’est que cet engagement figure dans l’Accord social. La question n’est donc pas tant de savoir si cette augmentation aura lieu, mais plutôt à quel moment le gouvernement jugera opportun de la financer.

Révision des salaires

Qu’en est-il du lien entre l’évolution des traitements des militaires et celle des policiers ?

À l’heure actuelle, une réflexion est en cours sur la manière d’adapter la structure salariale au sein de la Défense à la nouvelle réalité selon laquelle les militaires devront travailler plus longtemps. Cette réflexion porte notamment sur l’évolution future des échelles de traitement et sur les moyens de préserver l’attractivité de la carrière militaire à long terme.

Dans ce contexte, il est logique que des comparaisons soient également effectuées avec d’autres services de sécurité, notamment la police intégrée. Cette comparaison fait partie des travaux d’étude actuellement en cours.

Il convient toutefois de rester réaliste. Toute adaptation de la structure salariale entraîne un impact budgétaire important et devra donc s’inscrire dans les limites budgétaires fixées par le gouvernement.

Une fois les études préparatoires terminées, le ministre devra décider s’il présente ou non une proposition concrète au gouvernement. Il est cependant encore trop tôt aujourd’hui pour tirer des conclusions définitives ou faire des déclarations catégoriques à ce sujet.

Timing

Où en est la mise en œuvre de l’Accord social et combien de temps faudra-t-il encore avant son déploiement complet ?

C’est probablement la question à 300 millions. Au sens propre du terme, puisqu’il s’agit approximativement du budget prévu pour mettre pleinement en œuvre l’Accord social.

Un accord a été conclu l’an dernier au sein du gouvernement fédéral entre le ministre de la Défense, le Premier ministre et les vice-premiers ministres. L’objectif est que les différentes mesures entrent en vigueur à partir de 2027 et atteignent leur vitesse de croisière budgétaire dans les années suivantes.

Jusqu’à présent, le ministre de la Défense, Theo Francken continue d’affirmer que les principaux volets de l’Accord social seront approuvés par le gouvernement et le Parlement. Mais, comme toujours, c’est à l’arrivée que l’on compte les points. Ce n’est qu’une fois toutes les lois et tous les arrêtés nécessaires adoptés que nous pourrons évaluer définitivement dans quelle mesure l’Accord aura été exécuté dans son intégralité.

Nous constatons d’ailleurs déjà aujourd’hui que les décisions politiques ne se déroulent pas toujours comme prévu initialement. Dans un autre article de cette édition de La Sentinelle, nous abordons par exemple le dossier de l’allocation d’éloignement. Nous y expliquons pourquoi le régime finalement adopté ne correspond pas totalement à ce qui figurait à l’origine dans l’Accord social.

Cela ne signifie toutefois pas que l’ensemble de l’Accord soit menacé. Bien au contraire. Aujourd’hui encore, je considère que les chances d’une mise en œuvre réussie sont particulièrement élevées. Bien entendu, dans une démocratie parlementaire, il faut toujours tenir compte d’événements imprévus. Une crise gouvernementale ou une évolution défavorable du contexte budgétaire peut affecter tout dossier d’envergure. Mais tant que le cap actuel est maintenu, je ne vois aucune raison de penser que l’écrasante majorité des mesures prévues par l’Accord social ne sera pas réalisée.

Certains estiment que l’Accord ne va pas assez loin, d’autres doutent que les mesures soient un jour appliquées dans leur totalité. Ce débat continuera sans aucun doute d’exister. Pour nous, une chose reste essentielle : obtenir, étape par étape, des améliorations concrètes pour les militaires.

Quiconque a derrière lui une carrière militaire sait que les objectifs importants sont rarement atteints en suivant une ligne droite. L’essentiel est de garder le but final en vue et de continuer à avancer. C’est précisément ce que nous essayons de faire avec cet Accord social.

Carrière politique

Une toute dernière question : on entend de plus en plus de rumeurs selon lesquelles vous vous engageriez en politique après votre carrière syndicale. Certains affirment même que vous rejoindriez la N-VA ?

J'ai moi aussi entendu cette rumeur. Apparemment, certaines personnes ont tellement d'imagination qu'elles pourraient sans peine se lancer dans une seconde carrière de scénariste.

Mais je peux rassurer les lecteurs : ma carrière militaire et syndicale prendront fin ensemble un jour. Et cela ne marquera pas le coup d’envoi d’une nouvelle carrière professionnelle. Certainement pas en politique. J’en ai plus qu’assez des tranchées de la Défense et du syndicalisme ; je ne ressens absolument aucun besoin de plonger ensuite dans les tranchées politiques.

Donc non, vous ne retrouverez pas Yves Huwart en politique, ni au sein de la N-VA, ni au sein d’aucun autre parti. Ni aujourd’hui, ni demain, ni même après avoir mis fin à mes activités professionnelles.

Et pour ceux qui, malgré cette réponse, continuent à chercher des ambitions politiques cachées : parfois, un cigare n’est qu’un cigare. Et un syndicaliste à la retraite n’est qu’un syndicaliste à la retraite.

J'espère que cela est suffisamment clair pour mettre fin à ces rumeurs tenaces. Même si je crains que certains colporteurs d'absurdités notoires ne se laissent pas décourager pour autant. Ceux-là seraient même capables de découvrir un complot dans une page blanche. 

L’indexation en centimes : des cacahuètes ?

Avec l'adoption de la loi-programme, le gouvernement fédéral met en place ce qu'on appelle l'« indexation en centimes ». Cette mesure sera appliquée en deux phases : la première en 2026 (selon le planning actuel, à partir de septembre) et la seconde fois en 2028. Par la suite, on reviendra au système classique d'indexation automatique. Cette mesure concerne aussi bien les militaires que les retraités.

Conséquences pour les militaires

Pour la catégorie des volontaires et des jeunes sous-officiers jusqu'au grade de premier sergent, rien ne change – du moins pour cette première phase. L'indexation automatique de 2 % est en effet intégralement maintenue pour les salaires mensuels bruts indexés allant jusqu'à 4.000 euros.

Toutefois, lorsque le salaire indexé dépasse ce seuil, l'augmentation liée à l'indexation est plafonnée à 80 euros bruts par mois. Concrètement, cela signifie que la partie du salaire supérieure à 4.000 euros n'est plus indexée.

Les militaires à partir du grade de Premier sergent-major (peu importe le niveau C ou B) dépassent de

toute façon les 4.000 euros bruts et ressentiront donc, dans une mesure plus ou moins grande, l’impact de l’indexation.

L'impact est particulièrement perceptible pour les personnes percevant un salaire plus élevé. Ainsi, une personne dont le salaire mensuel brut indexé s'élève à 5.000 euros ne percevra pas une augmentation de 100 euros, mais seulement 80 euros au maximum. Pour un salaire de 6.000 euros, la différence s'élève à 40 euros bruts par mois par rapport à une indexation classique.

Il est toutefois important de noter que le gouvernement ne publie pour l'instant pas de nouveaux barèmes salariaux, ce qui signifie que l'indexation par centimes n'a actuellement aucune incidence négative

Augmentation salariale par indexation en centimes

sur l'acquisition des droits à pension. À partir de 2029, cela changera et l'application de l'indexation par centimes apparaîtra donc sous la forme d'une ligne de correction distincte sur la fiche de paie.

Certaines indemnités calculées sur la base du salaire annuel, telles que le pécule de vacances, la prime de fin d'année, le service intensif, la disponibilité et les prestations irrégulières, seront également affectées négativement par l'indexation par centimes.

Une autre mauvaise nouvelle dont on passe sagement sous silence, même dans la communication HR, est l’impact caché sur la carrière qui résulte de l’application « seulement » à deux reprises d’une « l'indexation par centimes ».

Même si l’impact sur la fiche de paie du militaire de 5.000 euros décrit précédemment semble limité, en supposant que ce militaire ait 12 ans de service et doive donc, dans le meilleur des cas, travailler encore 28 ans pour atteindre son minimum de 40 ans (avec bonification), cette mesure se traduit par une perte salariale cumulative de plus de 15.000 euros bruts. Le salaire réel est probablement plus élevé, car les indexations futures, les allocations et les autres composantes salariales partent également d’un salaire durablement inférieur. En bref, une somme perdue ne sera jamais rattrapée.

Les militaires à la retraite n'y échappent pas non plus

Ceux qui pensent que cette mesure ne touche que les militaires en service actif se trompent. Même les militaires à la retraite sont concernés par l'indexation en centimes, et ce de manière encore plus dure, car pour eux, le seuil est fixé à 2.000 euros bruts par mois. Tout montant supérieur à cette somme ne sera plus entièrement indexé lors des indexations prévues par l'indexation en centimes !

À première vue, l'impact semble ici aussi limité. Quelques euros

par mois, mais tout comme pour les militaires en service actif, l’effet réel réside dans le fait qu’une indexation manquée en raison de l'indexation en centimes ne sera jamais rattrapée. Chaque augmentation d’indexation suivante est alors calculée sur un montant de pension durablement inférieur et entraîne également pour eux une diminution structurelle du pouvoir d’achat pendant les jours, mois, et années qui leur restent…

Consultez le tableau ci-dessous pour une pension avec une indexation de 2 %.

Photo : J.A. Creation

Pourquoi l'ACMP-CGPM envisage de saisir la Cour constitutionnelle

Le syndicat militaire ACMP-CGPM envisage, en concertation avec ses experts juridiques, de contester juridiquement l'indexation en centimes devant la Cour constitutionnelle. La loi-programme a entre-temps été publiée, ce qui fait que le délai légal pour introduire un recours en annulation est en cours. Une telle procédure doit être engagée dans les six mois suivant la publication, mais il vaut mieux ne pas s’y lancer tête baissée sans une analyse préalable approfondie.

Plutôt que de clamer haut et fort tout et n'importe quoi, la CGPM préfère rester sincère vis-à-vis de ses membres. Le dépôt d'un recours ne signifie pas automatiquement que la mesure disparaîtra.

Une procédure devant la Cour constitutionnelle n'offre jamais de garantie de succès. La Cour se limite à examiner si le législateur est resté dans les limites de la Constitution et si les principes fondamentaux du droit ont été respectés.

Pourquoi alors intenter une action en justice ?

Parce qu'il est de notre devoir d'examiner d'un œil critique toute mesure qui touche aux intérêts des militaires en service et à la retraite. Lorsqu'un gouvernement intervient dans un mécanisme destiné précisément à lutter contre l'inflation, cela mérite au moins un débat juridique approfondi.

C'est finalement la Cour constitutionnelle qui se prononcera, mais ne pas réagir reviendrait à

accepter sans broncher qu'une mesure budgétaire temporaire ait des conséquences durables sur le pouvoir d'achat de milliers de militaires, tant au cours de leur carrière qu'après leur départ à la retraite.

Des cacahuètes ?

L'indexation en centimes peut sembler anodine, comme s'il ne s'agissait que de quelques « centimes » dont personne ne se souciera. La réalité est plus nuancée. Si, pour certains, l'impact reste effectivement limité, il représente pour d'autres une perte durable qui s'accumule année après année.

L'ACMP-CGPM ne manquera donc pas de dénoncer cette injustice. Une indexation en centimes peut sembler insignifiante… Mais ce n'est assurément pas le cas ! 

Photo : CGPM

L’allocation d’éloignement :

enfin !

L’introduction de l’allocation d’éloignement constitue une première concrétisation de l'Accord social. Il s'agit d'une compensation destinée à alléger la charge liée aux déplacements domicile-travail pour certains militaires, sous la forme d'une allocation forfaitaire.

Il est désormais clair que cette mise en place ne répond pas entièrement aux attentes de tous les militaires. L'accord de gouvernement du 4 février 2025 stipule que la Défense a besoin d'une « aide financière » dans le cadre de l'attractivité de la profession, en particulier pour les militaires confrontés à des trajets domicile-travail particulièrement longs. Au cours des négociations, il a été question d’une compensation plus généreuse pour les nombreuses charges liées aux trajets domicile-travail. En résumé, cela signifie que les militaires ont en moyenne 50 km de trajet domicile-travail, contre 20 km pour un salarié du secteur privé. À cela s’ajoute le fait que le militaire est confronté à une carrière marquée par des mutations, des transferts imposés, une séparation prolongée de sa famille et une accessibilité difficile des casernes.

Dans le projet de texte initial, le seuil minimal était fixé à plus de 20 km. Cependant, à l'issue des négociations au sein du comité de négociation militaire, les décideurs politiques ont choisi de fixer ce seuil à plus de 40 km. Cette modification suscite beaucoup d'incompréhension parmi les militaires.

Il est important de savoir qu’un accord social n’est jamais une fin en soi, mais le point de départ d’un processus de mise en œuvre long et complexe. Ce qui est convenu autour d’une table de négociation doit ensuite passer par les contrôles budgétaires et administratifs prévus, les examens juridiques du Conseil d’État, la prise de décision politique et la transposition administrative.

Le déroulement de toutes ces étapes peut entraîner des ajustements en raison de compromis politiques. Un fait auquel les « syndicalistes d’Internet », qui fulminent comme de féroces agitateurs pour ne pas s’écarter d’un iota des

objectifs initiaux, ne pensent peutêtre pas.

Le syndicat militaire sait que, pour tout accord, le parcours vers la mise en œuvre est rarement rectiligne.

Pourquoi à partir de 41 kilomètres seulement ?

Dans notre Programme général 2024-2028, nous avons fait valoir que le trajet domicile-travail d'un militaire moyen est plus long, tant en durée qu'en distance, que celui d'un salarié moyen en Belgique. La demande d'octroi d'une aide financière ciblée n'était donc pas le fruit du hasard. Le résultat concernant l'allocation d'éloignement, que nous

Photo : J.A. Creation

aurions préféré voir différent, repose toutefois sur une autre logique.

Dans le cadre du processus décisionnel politique, il a été estimé qu’une distance de 40 km entre le domicile et le lieu de travail se rapproche de la distance moyenne parcourue quotidiennement par un Belge pour se rendre au travail. L’argument selon lequel une caserne militaire moyenne est souvent moins facilement accessible en transports en commun que, par exemple, la tour WTC au cœur de Bruxelles ne peut être ignoré. La ministre de la Fonction publique, Mme Matz, ne souhaitait initialement accorder une indemnité qu'à partir d'une distance supérieure à 60 km. Finalement, un compromis à la belge a été trouvé par le gouvernement, consistant à couper la poire en deux, ce qui a abouti à l'octroi d'une indemnité de déplacement à partir de 41 kilomètres.

L'allocation d'éloignement en pratique

L'octroi de l'allocation d'éloignement exige qu'un trajet simple dépasse 40 km selon la distance topographique (à vol d'oiseau). Le calcul de cette distance est conforme à la réglementation en vigueur (BIP-U-022-3). On mesure

ici la distance entre un point géographique donné, situé dans la commune où l'on est domicilié ou où l'on réside de manière permanente, et l'entrée principale de votre lieu de travail habituel. Cette distance est multipliée par un coefficient de 1,25 et arrondie à l'unité supérieure si le nombre de décimales est égal ou supérieur à 5, et à l'unité inférieure si ce nombre est inférieur. Le résultat final en kilomètres est arrondi à un chiffre entier. Le montant final peut être consulté dans ‘My BudFin –Distance allowance’.

Pour y avoir droit, il faut être militaire en service actif et effectuer des trajets réguliers entre le domicile et un lieu de travail fixe situé en Belgique

Le montant annuel sera versé en douxièmes chaque mois, en même temps que votre traitement. À l'heure actuelle, HRM indique que le premier versement coïncidera avec le paiement du salaire de juin 2026. À ceux qui estiment que l'Accord social a été complètement « vidé de sa substance » : sachez que, à l'origine, l’allocation d’éloignement ne devait prendre effet qu'à partir de janvier 2027 !

Mutations

Toute modification de la distance n'a d'effet qu'à partir du mois suivant. Si le changement intervient en cours de mois, il ne sera effectif qu'à partir de la fin du mois suivant.

En cas de travail à temps partiel, l'allocation est ajustée au prorata.

Si un militaire doit effectuer des déplacements de service pour une période prolongée dans le cadre d'une formation ou d'une affectation temporaire, il a également droit à une indemnité forfaitaire de déplacement, pour autant que les conditions préalables soient remplies. La mission doit toutefois durer au moins un mois civil complet

Enfin, le versement sera suspendu en cas d'absence d'un mois civil complet pour cause d'AMS, RTEMS, RTEMD, RTEIC ou de congés spécifiques tels que le congé parental.

Le syndicat militaire ACMP-CGPM continuera sans aucun doute à se battre pour améliorer le statut de tous les militaires. Il n'est donc pas exclu que cette mesure fasse l'objet de modifications à l'avenir.

Allocation d’éloignement forfaitaire :

Photo : J.A. Creation
Photo : CGPM

Discours d’ouverture de l’antenne de Marche-en-Famenne

Cette journée exceptionnelle du mardi 26 mai 2026 restera à jamais associée à l’inauguration de la deuxième antenne du syndicat militaire ACMP-CGPM. L’ouverture de cet édifice unique à Marche-en-Famenne a réuni de nombreuses hautes personnalités. Comment l’inauguration de la Résidence La Sentinelle (De Schildwacht)

s’est également transformée en un magnifique hommage au regretté Jean-Pierre Hulin, vous le découvrirez en lisant le discours prononcé par Yves Huwart, président.

Il y a des bâtiments… et il y a des lieux qui ont une âme. Un bâtiment se construit avec du béton, de l’acier et du verre. Mais un lieu porteur de sens se bâtit grâce à des convictions, à l’engagement et à des personnes qui y croient. Aujourd’hui, nous n’inaugurons pas simplement un nouveau bâtiment. Nous inaugurons un point d’ancrage. Un repère. Un lieu où les militaires sont les bienvenus — non seulement lorsque tout

va bien, mais surtout lorsque les difficultés se présentent. C’est pourquoi ce lieu portera désormais le nom de Résidence La Sentinelle

La Sentinelle

Celle qui veille. Celle qui demeure présente lorsque les autres dorment. Celle qui ne détourne pas le regard lorsque la menace se fait sentir. Au fond, ce nom résume

Photo : CGPM
Photo : E. Lehnertz

parfaitement ce que nous voulons être en tant que syndicat militaire.

Bienvenue

Monsieur Theo Francken, ministre de la Défense, qui a bien voulu accepter, pour cette occasion, la présidence de cette inauguration. Nous vous en remercions vivement, Monsieur le Ministre.

Messieurs Willy Borsus, Président du Parlement de Wallonie, Nicolas Grégoire, Bourgmestre de la Ville de Marche-en-Famenne, Messieurs les Députés,

Le Général Frederik Vansina, Chef de la Défense, le Général Thierry Esser et son épouse, Directeur général Human Resources au sein de la Défense, le Colonel Marc Verbeeren, commandant militaire de la Province de Luxembourg, le Colonel Damien Lathuy, commandant de la 7e Brigade motorisée, les Chefs de Corps, les RSM, les Caporaux de Corps ainsi que les représentants des unités militaires, l’architecte et les collaborateurs du bureau AW Architectes, les représentants de l’entreprise de construction Pierre Collignon et de ses sous-traitants, les représentants de l’Agence Immobilière Sociale Nord Luxembourg, et, sans oublier, le Grand Maître ainsi que ses amis de la Confrérie locale des Disciples de Faustine.

Jean-Pierre Hulin

Permettez-moi également d’adresser une pensée toute particulière aux membres de la famille de notre cher et ancien Secrétaire général du syndicat militaire ACMP-CGPM, mon prédécesseur, Jean-Pierre Hulin, qui nous a quittés le 26 novembre 2025. C’est

pour moi un réel plaisir de pouvoir accueillir aujourd’hui parmi nous Célia, Alexia et Guy, les enfants de Jean-Pierre, ainsi que ses deux sœurs, Christine et Myriam.

Certaines personnes nous quittent… mais ne disparaissent jamais vraiment. Jean-Pierre appartenait à cette catégorie. Il y a celles et ceux qui exercent une fonction. Et il y a celles et ceux qui contribuent à façonner une organisation. Jean-Pierre était de ceux-là. Il a cru en ce projet alors qu’il n’était encore qu’une idée couchée sur le papier. Il arpentait déjà ces lieux lorsqu’il n’y avait ici que de la boue à la place des pavés.

Il voyait des murs là où d’autres ne voyaient encore que des plans. Et, quelque part, j’aime à croire qu’il est aujourd’hui encore un peu parmi nous. Sans doute avec le sourire… et probablement aussi en vérifiant que tout a bien été réalisé dans les règles de l’art. Car, soyons honnêtes : un militaire retraité ne l’est jamais tout à fait.

Marche-en-Famenne

Marche-en-Famenne est une ville chargée d’histoire. Jadis, cette cité était protégée par des remparts, des tours de guet et des portes fortifiées. Celui qui y prête attention peut encore aujourd’hui apercevoir les traces de ce passé.

Photo : R. Krater
Photo : R. Krater

Mais chaque époque érige ses propres murailles. Et chaque génération a besoin de ses propres sentinelles. Aujourd’hui, il n’y a plus ici de tours de guet surmontées de torches et de piques. Aujourd’hui, ce sont des femmes et des hommes en uniforme qui montent la garde. Des personnes qui se tiennent prêtes. Des personnes qui servent. Des personnes qui consentent parfois à des sacrifices bien plus importants que ne l’imagine la société. C’est précisément pour cette raison que nous avons voulu être présents ici. Non pas à distance. Non pas quelque part, derrière un guichet. Mais ici.

Au plus près du terrain, au plus près du militaire, au plus près de la réalité.

Histoire

Lorsque l’ACMP-CGPM a été officiellement reconnu en 1990, son histoire a débuté dans des conditions extrêmement modestes. Un petit bureau. Une équipe très réduite. Des moyens limités. Mais il disposait de quelque chose qui s’est révélé bien plus précieux : la conviction. La conviction que les militaires méritent une voix indépendante. Une organisation sans couleur politique, sans bannière idéologique, sans agenda caché. Une

organisation dont la seule ambition est d’aider les militaires.

Depuis Bruxelles, nous avons poursuivi notre développement. De Schaerbeek à Zaventem. De Bourg-Léopold à Marche-en-Famenne aujourd’hui. Et je l’avoue volontiers : certains nous ont peut-être jugés quelque peu ambitieux. Pourtant, l’ambition n’est finalement rien d’autre que de l’espoir… chaussé de bottes de travail.

Et oui… il y a quelques années, nous avions annoncé que ce bâtiment verrait le jour. Beaucoup en doutaient. Mais aujourd’hui, il est bien là. C’est pourquoi, Monsieur le Ministre, je me permettrai, tout spécialement aujourd’hui, de reprendre une formule que vous utilisez souvent : « Promises made, promises kept. »

Ce projet, qui porte désormais le nom de Résidence La Sentinelle, a vu le jour grâce à l’engagement de nombreuses personnes au sein de notre organisation.

Des collègues qui ont participé aux réunions, assuré le suivi des plans, contrôlé le travail des entrepreneurs… et qui ont sans doute passé plus de temps sur le chantier qu’à leur domicile. N’est-ce pas,

Philippe ? Ce que nous inaugurons aujourd’hui est d’ailleurs bien plus qu’un simple bâtiment syndical. Ce lieu n’abrite pas seulement un bureau. Il est également le cœur d’un projet à vocation sociale. Car, parallèlement à nos activités, nous avons pu y créer des logements destinés à des personnes disposant de revenus modestes, en partenariat avec l’Agence Immobilière Sociale Nord Luxembourg. Cet aspect revêt, à mes yeux, une importance toute particulière. Car la solidarité ne peut être un slogan que l’on brandit lors des congrès ou des campagnes électorales. La solidarité doit se concrétiser. Elle doit prendre forme dans la pierre. Dans des portes qui s’ouvrent. Dans les opportunités que l’on crée pour les autres.

Justice

L’année écoulée a été, pour la Défense comme pour le syndicalisme militaire, l’une des plus intenses de ces dernières années. Les débats ont porté sur les statuts. Sur les pensions. Sur les perspectives d’avenir et l’attractivité du métier. Et soyons honnêtes : les militaires ne demandent pas des applaudissements. Ils demandent la justice. Ils demandent le respect de la spécificité de leur profession. Le respect des risques qu’ils assument, des horaires irréguliers auxquels ils sont soumis et de leur disponibilité permanente. Car celui qui est prêt à tout donner pour son pays est en droit d’attendre, en retour, qu’une autorité publique tienne ses engagements envers ses militaires.

Chaque fois que des discussions s’ouvrent sur les pensions, les statuts ou l’avenir de la Défense, elles donnent lieu à des échanges difficiles. De même, lorsque les militaires ont le sentiment que des équilibres fondamentaux sont remis

Photo : R. Krater

en cause, cela suscite beaucoup d'inquiétude. Et à juste titre.

Une armée ne se construit pas seulement avec du matériel ou uniquement avec des budgets, mais avant tout avec des femmes et des hommes. Des femmes et des hommes motivés. La motivation ne naît pas de belles paroles. Elle naît lorsque chacun ressent que l’engagement est réciproque.

Je tiens également à souligner aujourd’hui que le ministre Francken, aux côtés du Chef de la Défense et de l’état-major, a fait preuve d’une réelle volonté d’écoute et s’est montré disposé à prendre des engagements. Cette attitude a conduit à la conclusion de l’Accord social du 25 juillet 2025. Un accord important. Un accord nécessaire.

Mais, au final, sa véritable valeur ne se mesurera pas à l’encre couchée sur le papier ; elle se mesurera à sa mise en œuvre concrète.

Et comme tout militaire le sait, entre un plan opérationnel et son exécution, il subsiste parfois… quelques défis.

C’est pourquoi, Monsieur le Ministre, nous comptons sur le fait que la suite de cette histoire demeurera fidèle à la philosophie que vous défendez vous-même :

« Promises made, promises kept ». Aucune pression, bien entendu. Seulement la présence de l’ensemble du syndicat militaire ACMP-CGPM.

Monsieur le Ministre, vous avez non seulement accepté d’assurer la présidence de cette inauguration, mais également de vous adresser à nos invités en leur disant quelques mots.

…

Je vous remercie très sincèrement, Monsieur le Ministre, pour votre présence ainsi que pour votre engagement au bénéfice du personnel de la Défense.

Mesdames, Messieurs, si vous me permettez de retenir encore un instant votre attention, je souhaiterais à présent céder la parole au Bourgmestre de Marche-en-Famenne, Monsieur Nicolas Grégoire.

…

Merci beaucoup, Monsieur le Bourgmestre, pour votre intervention et pour vos paroles d’appréciation. Nous nous réjouissons d’ores et déjà de pouvoir, à notre niveau

également, être un partenaire des projets ambitieux que vous portez avec la Ville de Marche-en-Famenne.

Mais aujourd’hui, avant tout, célébrons cet événement. À une époque où les personnes semblent parfois davantage s’opposer que se rassembler, il est précieux de pouvoir vivre des moments où l’on se retrouve.

Des militaires. Des délégués syndicaux. Des représentants des autorités locales. La Défense. Des familles. Des amis. Non pas les uns face aux autres, mais côte à côte.

Photo : R. Krater
Photo : E. Lehnertz

Et peut-être est-ce là, finalement, le plus beau symbole de ce lieu.

Plaque commémorative

Nous souhaiterions à présent dévoiler une plaque commémorative. Une plaque de verre apposée sur un mur. Mais, en réalité, il ne s’agit pas de cette plaque sur le mur. Il s’agit du souvenir. De l’engagement. De femmes et d’hommes qui ont voulu laisser quelque chose de plus grand qu’eux-mêmes.

J’invite Monsieur le Ministre Theo Francken et le Chef de la Défense, le Général Frederik Vansina, à dévoiler ensemble cette plaque commémorative.

Je vous invite maintenant à lever votre verre.

À la Résidence La Sentinelle. À l’avenir de la Défense. À la solidarité. À l’amitié. Et à toutes celles et tous ceux qui, visibles ou invisibles, ont contribué aujourd’hui à construire cette histoire.

Vous pourrez à présent profiter de la réception préparée par la firme Paulus, accompagnée par Los Del Tré — trois excellents guitaristes qui jouent presque aussi bien que les militaires défilent — ainsi que de la présence de la Confrérie locale des Disciples

de Faustine, qui se fera un plaisir de vous faire découvrir sa spécialité régionale et sa liqueur artisanale aux herbes.

Et, bien entendu, vous pourrez également déguster notre bière de circonstance, ‘La Sentinelle’

Vous serez peut-être surpris qu’un syndicat militaire lance sa propre bière... mais après tout, ce n’est qu’une forme de soutien logistique au moral des troupes.

Et si tout se passe bien, nous nous retrouverons peut-être lors d’une prochaine inauguration, quelque part dans le pays.

Vous le constatez : à l’ACMPCGPM, les idées sont parfois dangereuses... parce que nous les réalisons généralement aussi.

Promises made, promises kept.

Je vous remercie sincèrement de votre présence. Profitez de cette fin d’après-midi, de la musique, de la compagnie des personnes qui vous entourent et, surtout, de ce beau sentiment qui naît lorsque des femmes et des hommes construisent ensemble quelque chose qui perdure.

Santé ! 

Photo : R. Krater
Photo : R. Krater
Photo : E. Lehnertz

Def+ : un nouveau nom, des attentes accrues

La Défense se trouve aujourd’hui à un tournant. Après des années d’économies et de réduction des effectifs, elle investit à nouveau dans les ressources humaines, les infrastructures et les capacités opérationnelles. Les ambitions sont grandes. La Défense souhaite recruter des milliers de nouveaux militaires, fidéliser les militaires expérimentés et, parallèlement, devenir un employeur plus moderne, soucieux du bienêtre du militaire et de sa famille. Ainsi, Def+ (anciennement OCASC) a non seulement changé de nom, mais s’est également fixé un objectif plus ambitieux.

Le message est clair : Def+ souhaite être présent et le sera à chaque étape de la vie du personnel de la Défense. De la garde d'enfants au logement, de l'accompagnement social à l'aide après le départ à la retraite. C'est une vision correspondant parfaitement à une Défense qui connaît un regain de croissance et qui souhaite attirer et retenir davantage son personnel. Cette démarche mérite d'être saluée et bénéficie également du soutien moral du syndicat militaire ACMP-CGPM. Car aujourd'hui, la Défense ne vend pas seulement un emploi. Elle vend aussi un projet de vie. La société cherche aujourd'hui à faire travailler tout le monde plus longtemps. Il est moins souvent question du fait que les jeunes militaires et leurs familles ont de plus en plus de mal à trouver des logements abordables. Ou de la façon dont les missions opérationnelles continuent d’avoir un impact sur les familles. Ou des problèmes financiers et sociaux qui ne disparaissent pas lorsqu’on franchit les portes d’une caserne. Autant de thèmes qui resteront d’actualité à l’avenir !

C'est précisément pour cette raison que la CGPM estime que le changement de nom de Def+ est tout à fait opportun. Un nouveau nom met en lumière l'importance de la dimension sociale de la Défense. La réforme des retraites a désormais été définitivement adoptée par le gouvernement. L'accord social signé par la CGPM prévoit la mise en place de mesures d'atténuation. Et c'est désormais à Def+ d'apporter sa contribution. Les avantages sociaux pour le militaire et sa famille sont plus que de simples incitations, ils sont devenus une nécessité absolue. Surtout maintenant que les effectifs doivent considérablement augmenter

pour optimiser l'efficacité opérationnelle de la Défense et de ses engagements.

Sous ce nouveau nom, Def+ s'engage à rester un partenaire de confiance pour l'ensemble de la communauté de la Défense. Personne ne doit être exclu, ni les jeunes ni les plus âgés ! Une communication ouverte, de la visibilité et de la notoriété doivent permettre de relever même les défis les plus difficiles. Un service social efficace aide ainsi les jeunes militaires à mieux se concentrer sur leur mission principale, avec, si possible, une charge sociale allégée. La loyauté et l’expérience ainsi acquises constituent une situation win-win pour les militaires et la Défense.

Le syndicat militaire ACMP-CGPM croit en l’ambition et aux possibilités de Def+. Comme toujours, le syndicat militaire réfléchit de manière proactive aux thèmes sociaux qui concernent nos militaires. Dans son Programme général 2024-2028, la CGPM apporte, en collaboration avec des délégués motivés et par ses canaux habituels, tout le soutien possible pour contribuer à faire honneur à ce nom. Une Défense Plus ! 

Photo : CGPM

MILOU – 17/04/2023

Dans la famille de Indy David (Ostende)

ROSALINE – 16/12/2025

Dans la famille de David VANGYSEL (Namur)

IDRIS – 03/03/2026

Dans la famille de Nasser MOUSSA SEINI MAIGA (Namur)

AMALIA – 07/03/2026

Dans la famille de Gregory OKARMUS (Anderlecht)

ELIA – 12/03/2026

Dans la famille de Arthur CLAES (Charleroi)

ROSALIE – 17/03//2026

Dans la famille de Sébastien BOZARD (Huy)

GUSTAVE – 18/03/2026

Dans la famille de Matthew VERVLOESEM (Bonheiden)

OTIS – 23/03/2026

Dans la famille de Yaron ALLAERT (Roeselare)

SEBASTIAN – 23/03/2026

Dans la famille de Tom VANDOOREN (Ostende)

LEONORE – 26/03/2026

Dans la famille de Pauline VERSWYVEL (Philippeville)

WOUT – 26/03/2026

Dans la famille de Robbe VERVAELE (Torhout)

08/03/2024

VANDERREYDT Nicolas et BUYLE Lisa (Anvers) (Cohabitation légale)

29/03/2025

SAEGERMAN Thibault et COLPAERT Coraline (Pont-à-Celles)

08/06/2025

VANCRAESBEECK Bruno et MURNI Sri (Tangerang – Indonénise)

13/10/2025

VERVLOET Jonas et VANBRABANT Eline (Beringen) (Cohabitation légale)

09/02/2026

OKARMUS Gregory et Cristina CARRUBBA (Silly) (Cohabitation légale)

14/02/2026

VERACHTERT Thierry et MOSSAY Evelyne (Flémalle)

21/02/2026

MESSINA Lorenzo et MONTULET Océane (Marchin)

27/02/2026

CELIS Peter et CASTIGLIONE Letizia (Bilzen-Hoeselt) (Cohabitation légale)

14/03/2026

CARTUYVELS Debbie et BOSMANS Jonas (Beringen)

23/03/2026

LECUT Maël et KÖHLER Fanny (Ciney)

31/03/2026

BRONKART Thomas en ROPPE Louise (Flémalle) (Cohabitation légale)

11/04/2026

PEPERMANS Marcel et DE BIE Murielle (Lint)

15/05/2026

VANDENBULCKE Servaas et DE BOCK Tine (Kruisem)

BOGAERT NORBERT 1939 - … 25/04/2026 (Bruges)

LERMYTE ROLAND 1935 - … 04/05/2026 (Bruges)

TOMBEUR ROBERT 1956 - … 26/05/2026 (Mont-Godinne)

Indice des prix à la consommation

- Mars : 101,84 points

- Avril : 103,34 points

- Mai : 103,26 points

Indice santé

- Mars : 101,63 points

- Avril : 102,77 points

- Mai : 102,69 points

L’indice santé lissé s'établit à 100,19 points en mai. L’indice-pivot pour la Fonction publique et les allocations sociales fixé à 100,28 points n’est donc pas dépassé

Le Bureau Fédéral du Plan fixe l'indice-pivot à 100,28 points qui devrait vraisemblablement être dépassé en juin 2026. En conséquence, les prestations sociales et les salaires des fonctionnaires seraient indexés en septembre 2026. Étant donné que cette indexation sera calculée conformément aux modalités de la mesure « index centime », le taux d'indexation de 2 % ne sera appliqué qu'à la tranche jusqu'à 2 000 euros bruts par mois pour les prestations sociales et à la tranche jusqu'à 4 000 euros bruts par mois pour les salaires des fonctionnaires.

Source : Statbel

PRIME SYNDICALE POUR L’ANNEE DE REFERENCE 2025

Pour tous les (ex-)militaires qui étaient en service actif en 2025 !

La Défense a envoyé les formulaires de prime syndicale pour l’année de référence 2025 par voie électronique via HRM@Defence et par email.

Les militaires qui ont pris leur retraite avant le 1er janvier 2026 et qui n’ont plus accès à leur courrier électronique militaire ont reçu leur formulaire au format papier par courrier postal à partir de la fin avril 2026.

Le formulaire doit être complété et envoyé par la poste avant le 1er juillet 2026 à : ACMP-CGPM, Romboutsstraat 1 – Bus 021, 1932 ZAVENTEM

Vous pouvez aussi remettre le formulaire original complété et signé à un délégué CGPM qui le fera parvenir au Secrétariat permanent, ou bien le déposer à notre antenne située à Chaussée de Liège 104 à 6900 Marche-en-Famenne.

Ne tardez pas à envoyer votre formulaire !

Dans les trois mois qui suivront la date de réception du formulaire de demande au Secrétariat permanent de l’ACMP-CGPM, nous ferons le nécessaire pour exécuter le paiement de la prime.

Pour plus d'infos ou si vous n’avez pas reçu le formulaire à la mi-mai, contactez-nous via srt@acmp-cgpm.be

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La Sentinelle_2026-03 by ACMP-CGPM - Issuu