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Le daïmon (δαίμων)[modifier] Dans ses dialogues, Platon montre un Socrate qui entend une voix en lui-même, la voix de la conscience morale (cf. l’épisode du refus de s’évader dans le Criton) qui apparaît liée aux crises de paralysie. Le bon génie, ou δαίμων, de Socrate apparaît comme la voix qui lui disait ce qu’il ne devait pas faire, elle n’est donc pas protreptique mais aprotreptique. Le démon de Socrate a donc la même fonction vis-à-vis de Socrate que Socrate lui-même vis-à-vis de ses interlocuteurs. Pour Hegel, l’existence du δαίμων signifie que c’est par son propre discernement que l’homme se décide. Toutefois, si le sujet décide bien par lui-même dans son intériorité, le génie est encore le non-conscient, un extérieur qui se décide, il n’est pas Socrate lui-même : il est son oracle. En tant que Socrate est ce tournant de l’esprit dans son intériorité, le δαίμων occupe précisément le « milieu entre l’extériorité de l’oracle et la pure intériorité de l’esprit » puisqu’il s’agit, à partir de Socrate, pour l’esprit des individus de se substituer aux oracles. Il est, de plus, un état réel, puisque correspondant à des crises de catalepsie où Socrate connaît un dédoublement de la conscience. Le δαίμων excède la conscience de soi tout en la provoquant, il reste atopique car s’il est propre à Socrate, ce dernier ne saurait se l’approprier. Mais la pensée socratique a aussi un caractère religieux, dans la mesure où par l’oracle de Delphes, Socrate se donne la mission de débusquer les faux sages. Socrate est profondément religieux, voire quelque peu mystique ; on peut parler de foi en un dieu, de l’admiration de ses œuvres et de sa providence. Son œuvre est donc d’inspiration divine, mais elle a en outre une dimension politique qui vise à réformer la Cité (cf. Apologie de Socrate).

Alcibiade 103 a, 224 e;Apol. 28e,31d,32b; Phèdre, 242b Timée 90a Phédon,113d


essai