SOMMAIRE 7 Avant-propos 9 L’apprentissage bordelais 14 Les socles artistiques 31 La NRF un soutien déterminant 40 Un juge mécène, un ami écrivain, un critique sans merci 55 Sur le cubisme, face à Jacques Rivière 61 1912, année lumière 65 1913, fortune et infortune de l’artiste 75 Le temps de la guerre 91 L’entre-deux-guerres 98 Nouvelle direction à La NRF 111 1925, Jean Paulhan succède à Jacques Rivière 118 Le Front populaire 1936-1938 127 La Seconde Guerre mondiale 155 Le temps des voyages, rétrospectives et grands paysages 177 L’académie d’André Lhote 180 Des textes inédits. Les Invariants plastiques 187 203 206
Biographie sommaire Bibliographie Index Toutes les citations des correspondances de Lhote avec Gabriel Frizeau, avec Jacques Rivière et Alain-Fournier et avec Jean Paulhan sont respectivement tirées des ouvrages suivants : Jean-François Moueix, « Un amateur d’art éclairé à Bordeaux : Gabriel Frizeau, 1870-1939 », thèse de troisième cycle, sous la direction de François-Georges Pariset, université de Bordeaux, 1969, avec, entre autres correspondances, celle entre Gabriel Frizeau et André Lhote.
Les Bateaux à voile dans le port, détail, vers 1918. Huile sur toile, 73 × 60 cm. Collection particulière
André Lhote, Alain-Fournier, Jacques Rivière, La Peinture, le cœur et l’esprit. Correspondance inédite (1907-1924), texte établi et présenté par A. Rivière, F. Garcia et J.-G. Morgenthaler, Bordeaux, William Blake & Co Edit. et Musée des Beaux-Arts de Bordeaux, 1986, 2 vol. Paulhan Lhote. Correspondance 1919-1961, édition établie, présentée et annotée par Dominique Bermann Martin et Bénédicte GiustiSavelli, Paris, Gallimard, 2009.
SOMMAIRE 7 Avant-propos 9 L’apprentissage bordelais 14 Les socles artistiques 31 La NRF un soutien déterminant 40 Un juge mécène, un ami écrivain, un critique sans merci 55 Sur le cubisme, face à Jacques Rivière 61 1912, année lumière 65 1913, fortune et infortune de l’artiste 75 Le temps de la guerre 91 L’entre-deux-guerres 98 Nouvelle direction à La NRF 111 1925, Jean Paulhan succède à Jacques Rivière 118 Le Front populaire 1936-1938 127 La Seconde Guerre mondiale 155 Le temps des voyages, rétrospectives et grands paysages 177 L’académie d’André Lhote 180 Des textes inédits. Les Invariants plastiques 187 203 206
Biographie sommaire Bibliographie Index Toutes les citations des correspondances de Lhote avec Gabriel Frizeau, avec Jacques Rivière et Alain-Fournier et avec Jean Paulhan sont respectivement tirées des ouvrages suivants : Jean-François Moueix, « Un amateur d’art éclairé à Bordeaux : Gabriel Frizeau, 1870-1939 », thèse de troisième cycle, sous la direction de François-Georges Pariset, université de Bordeaux, 1969, avec, entre autres correspondances, celle entre Gabriel Frizeau et André Lhote.
Les Bateaux à voile dans le port, détail, vers 1918. Huile sur toile, 73 × 60 cm. Collection particulière
André Lhote, Alain-Fournier, Jacques Rivière, La Peinture, le cœur et l’esprit. Correspondance inédite (1907-1924), texte établi et présenté par A. Rivière, F. Garcia et J.-G. Morgenthaler, Bordeaux, William Blake & Co Edit. et Musée des Beaux-Arts de Bordeaux, 1986, 2 vol. Paulhan Lhote. Correspondance 1919-1961, édition établie, présentée et annotée par Dominique Bermann Martin et Bénédicte GiustiSavelli, Paris, Gallimard, 2009.
AVANT-PROPOS
André Lhote connut une existence tout entière consacrée à l’art de la peinture, à son enseignement et à l’écriture de son histoire, essentiellement sur le plan technique. Considérant le cubisme comme une suite aux mouvements picturaux le précédant et non comme un art de rupture, l’artiste se positionna en marge de ses pairs et de nombre de critiques. À ce titre, il a bénéficié d’une double actualité faisant de lui le paria du cubisme « pur » et le chef de file du cubisme « sensible ». Il fut également toute sa vie tiraillé entre les partisans de son activité de peintre et de théoricien et ceux qui lui enjoignaient de se consacrer uniquement à la peinture. Lhote, critique d’art de La Nouvelle Revue française de 1919 à la fin des années 1950, ne put jamais se résoudre à abandonner ce socle intellectuel et amical où il échangeait avec les directeurs successifs de la revue, Jacques Rivière puis Jean Paulhan. Son attachement à La NRF, dont il partagea la notion de « classicisme moderne », lui valut des mises au ban dont aujourd’hui encore, pour ne pas s’être rangé sous l’étendard de la « peinture pure », il ne sort pas affranchi. L’extension de la controverse qui aiguillonna ses écrits disparut à deux reprises : pendant les années de guerre entre 1916 et 1918, où, réformé, il intégra le groupe auquel il lui avait semblé ne pas pouvoir appartenir, celui qui entourait Picasso, puis, dans les années 1950, lorsqu’à Mirmande ou à La Cadière-d’Azur il peignit de larges paysages, avec, comme jamais, un sentiment de plénitude. La part de mystère, le sens du caché que Jean Paulhan recherchait dans les œuvres d’art, « le grand tremblement qui les parcourt », il les trouva dans l’œuvre décorative de Lhote, comme La Gloire de Bordeaux, et dans les paysages brûlés par « la torture du soleil », moments où l’artiste se jugeait « maître de faire ce que bon [lui] semble ». Dans toute sa légitimité.
Le peintre André Lhote dans son atelier, s. d. Photographie d’André Kertész
AVANT-PROPOS
André Lhote connut une existence tout entière consacrée à l’art de la peinture, à son enseignement et à l’écriture de son histoire, essentiellement sur le plan technique. Considérant le cubisme comme une suite aux mouvements picturaux le précédant et non comme un art de rupture, l’artiste se positionna en marge de ses pairs et de nombre de critiques. À ce titre, il a bénéficié d’une double actualité faisant de lui le paria du cubisme « pur » et le chef de file du cubisme « sensible ». Il fut également toute sa vie tiraillé entre les partisans de son activité de peintre et de théoricien et ceux qui lui enjoignaient de se consacrer uniquement à la peinture. Lhote, critique d’art de La Nouvelle Revue française de 1919 à la fin des années 1950, ne put jamais se résoudre à abandonner ce socle intellectuel et amical où il échangeait avec les directeurs successifs de la revue, Jacques Rivière puis Jean Paulhan. Son attachement à La NRF, dont il partagea la notion de « classicisme moderne », lui valut des mises au ban dont aujourd’hui encore, pour ne pas s’être rangé sous l’étendard de la « peinture pure », il ne sort pas affranchi. L’extension de la controverse qui aiguillonna ses écrits disparut à deux reprises : pendant les années de guerre entre 1916 et 1918, où, réformé, il intégra le groupe auquel il lui avait semblé ne pas pouvoir appartenir, celui qui entourait Picasso, puis, dans les années 1950, lorsqu’à Mirmande ou à La Cadière-d’Azur il peignit de larges paysages, avec, comme jamais, un sentiment de plénitude. La part de mystère, le sens du caché que Jean Paulhan recherchait dans les œuvres d’art, « le grand tremblement qui les parcourt », il les trouva dans l’œuvre décorative de Lhote, comme La Gloire de Bordeaux, et dans les paysages brûlés par « la torture du soleil », moments où l’artiste se jugeait « maître de faire ce que bon [lui] semble ». Dans toute sa légitimité.
Le peintre André Lhote dans son atelier, s. d. Photographie d’André Kertész
28 André Lhote. L’art de la controverse
Les socles artistiques
La Grappe ou Autour de la chanteuse, 1908. Huile sur toile, 70,5 × 155 cm. Izmir, Fondation Arkas
tous les dimanches. Je n’y pourrais tenir autrement, dans cette ville de l’indifférence et de la prostitution », écrit-il à Gabriel Frizeau18. Lhote peine à attendre que les projets d’une exposition se concrétisent, que les soutiens de son mécène portent leurs fruits. Il se démène pourtant, multipliant les visites à Ambroise Vollard, envoie des croquis, des notes et des conseils sur les œuvres de Gauguin que le collectionneur pourrait acheter, commente le Salon d’automne, « s’accroche furieusement » à Charles Morice, va chez Druet voir l’exposition Redon, côtoie Girieud et surtout Rouault, avec lequel il entre en amitié et lui donne des conseils : « C’est vraiment Rembrandt et Goya qui revivent en ce fastueux tortionnaire. » Il choisit des esquisses 18. Lettre du 4 décembre 1908.
pour Gabriel Frizeau, fait découvrir son œuvre à Gustave Fayet19, reçoit par deux fois le substitut Granié qui lui « prend » un carton de La Grappe20. Lhote, pourtant, dit sa désespérance : « une grande résignation est en moi. Je n’ai plus aucun désir d’être vu, d’être connu ». Il rêve d’une vie saine, dans un coin de campagne où, écrit-il à son confident, « j’aurai un établi, contre un chêne, et je travaillerai comme un Imagier Primitif ». 19. Gustave Fayet (1865-1925), viticulteur, collectionneur notamment de Redon et Gauguin, et lui-même artiste, acquiert l’abbaye de Fontfroide en 1908, dont Redon décore la bibliothèque. Voir exposition Gustave Fayet et le Japon, cat. exp., Béziers, musée Fayet, Béziers, Ville de Béziers, 2025. 20. Voir l’exposition « Le Substitut Granié et Guillaume Apollinaire », Centre culturel de la maison Gaugiran, Cordes (Tarn), juillet-août 1980. Cet « exquis et spirituel magistrat », selon Albert Gleizes, défendait les proscrits des Salons et prit en 1911 Guillaume Apollinaire sous son aile lors de l’affaire des vols au musée du Louvre.
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28 André Lhote. L’art de la controverse
Les socles artistiques
La Grappe ou Autour de la chanteuse, 1908. Huile sur toile, 70,5 × 155 cm. Izmir, Fondation Arkas
tous les dimanches. Je n’y pourrais tenir autrement, dans cette ville de l’indifférence et de la prostitution », écrit-il à Gabriel Frizeau18. Lhote peine à attendre que les projets d’une exposition se concrétisent, que les soutiens de son mécène portent leurs fruits. Il se démène pourtant, multipliant les visites à Ambroise Vollard, envoie des croquis, des notes et des conseils sur les œuvres de Gauguin que le collectionneur pourrait acheter, commente le Salon d’automne, « s’accroche furieusement » à Charles Morice, va chez Druet voir l’exposition Redon, côtoie Girieud et surtout Rouault, avec lequel il entre en amitié et lui donne des conseils : « C’est vraiment Rembrandt et Goya qui revivent en ce fastueux tortionnaire. » Il choisit des esquisses 18. Lettre du 4 décembre 1908.
pour Gabriel Frizeau, fait découvrir son œuvre à Gustave Fayet19, reçoit par deux fois le substitut Granié qui lui « prend » un carton de La Grappe20. Lhote, pourtant, dit sa désespérance : « une grande résignation est en moi. Je n’ai plus aucun désir d’être vu, d’être connu ». Il rêve d’une vie saine, dans un coin de campagne où, écrit-il à son confident, « j’aurai un établi, contre un chêne, et je travaillerai comme un Imagier Primitif ». 19. Gustave Fayet (1865-1925), viticulteur, collectionneur notamment de Redon et Gauguin, et lui-même artiste, acquiert l’abbaye de Fontfroide en 1908, dont Redon décore la bibliothèque. Voir exposition Gustave Fayet et le Japon, cat. exp., Béziers, musée Fayet, Béziers, Ville de Béziers, 2025. 20. Voir l’exposition « Le Substitut Granié et Guillaume Apollinaire », Centre culturel de la maison Gaugiran, Cordes (Tarn), juillet-août 1980. Cet « exquis et spirituel magistrat », selon Albert Gleizes, défendait les proscrits des Salons et prit en 1911 Guillaume Apollinaire sous son aile lors de l’affaire des vols au musée du Louvre.
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48 André Lhote. L’art de la controverse
Les gars me regardent, 1910. Huile sur papier, 50,2 × 64,5 cm. Collection particulière
L’article de Jacques Rivière, dans le numéro 24 de La NRF de décembre 1910, est d’une tout autre eau. À partir de l’héritage de Cézanne, il hisse la peinture de Lhote dans le domaine de la construction, dans une analyse formelle des œuvres qui comprend tout ce que Rivière découvre dans le travail de ceux que l’on va bientôt appeler les « cubistes ». « Un équilibre pesant, matériel, succède à l’équilibre tout idéal par l’arabesque. Les beaux corps des Jeux au printemps peuvent déchaîner leur libre danse sans craindre de briser leur union ; car ils l’emportent avec eux – Lhote ne se contente pas de construire des solides. Il perçoit soudain tout un monde nouveau, dont il entreprend de fixer la mobilité. D’une main légère, dans les ombres, il va modeler les feuillages, accuser leurs angles subtils, déduire leurs fines pentes inverses, façonner leur douce habitation d’air. L’air lui-même est susceptible d’être bâti. En y baignant, la figure des objets y dessine de subtils sillages. Quelques branches sur le ciel s’enchevêtrent : aussitôt il semble que leurs intervalles se creusent selon des formes régulières. Lhote tâche de représenter jusqu’aux cintres et aux coquilles de l’air, jusqu’aux suaves architectures de l’atmosphère. » Paysage à la charrette, s. d. Huile sur toile, 80,6 × 61,5 cm. Collection particulière
48 André Lhote. L’art de la controverse
Les gars me regardent, 1910. Huile sur papier, 50,2 × 64,5 cm. Collection particulière
L’article de Jacques Rivière, dans le numéro 24 de La NRF de décembre 1910, est d’une tout autre eau. À partir de l’héritage de Cézanne, il hisse la peinture de Lhote dans le domaine de la construction, dans une analyse formelle des œuvres qui comprend tout ce que Rivière découvre dans le travail de ceux que l’on va bientôt appeler les « cubistes ». « Un équilibre pesant, matériel, succède à l’équilibre tout idéal par l’arabesque. Les beaux corps des Jeux au printemps peuvent déchaîner leur libre danse sans craindre de briser leur union ; car ils l’emportent avec eux – Lhote ne se contente pas de construire des solides. Il perçoit soudain tout un monde nouveau, dont il entreprend de fixer la mobilité. D’une main légère, dans les ombres, il va modeler les feuillages, accuser leurs angles subtils, déduire leurs fines pentes inverses, façonner leur douce habitation d’air. L’air lui-même est susceptible d’être bâti. En y baignant, la figure des objets y dessine de subtils sillages. Quelques branches sur le ciel s’enchevêtrent : aussitôt il semble que leurs intervalles se creusent selon des formes régulières. Lhote tâche de représenter jusqu’aux cintres et aux coquilles de l’air, jusqu’aux suaves architectures de l’atmosphère. » Paysage à la charrette, s. d. Huile sur toile, 80,6 × 61,5 cm. Collection particulière
82 André Lhote. L’art de la controverse
Diego Rivera, Portrait de Jean Cocteau, 1918. Crayon, 46 × 30 cm. Austin, University of Texas
d’art, marchands, collectionneurs, Braque, Juan Gris, Max Jacob, André Salmon, Apollinaire, l’Américain Frank Gelett Burgess, qui dès 1908 fait un article sur le Malaguène – « Picasso est colossal dans son audace. De l’or pur » –, et encore Gertrude Stein, Ambroise Vollard, Daniel-Henry Kahnweiler. Ces artistes, poètes, musiciens et marchands, Lhote se frotte aujourd’hui à eux, il aime ce compagnonnage, ces discussions sur la quatrième dimension qui échauffe les esprits, cet élargissement de l’espace dans un si petit univers où en un clin d’œil était montée une exposition, déplacé un piano, organisé un programme, imprimé un catalogue. Et puis surtout, il y a ce travail en commun dont se souvient Lhote en 1947 : « Il s’agissait de mettre ses connaissances et ses conceptions en commun pour édifier une esthétique nouvelle », et aussi l’Italien Gino Severini, en 1944 : « On allait souvent les uns chez les autres et on se montrait sans mystère et sans jalousie ce qu’on faisait. De là est venue une façon de voir presque collective ; il y avait en tout cas un lien entre nous tous, et c’était le principe constructif du cubisme, que, différemment exprimé, on retrouvait dans l’ensemble des expositions. » Des airs de ressemblance circulent entre Rivera, Picasso, Lhote, les grandes compositions sont allégées par des détails atmosphériques, végétation en boule, passages de nuages, par des plans abstraits avec effets de pointillé ou plages laissées blanches, les fameuses « absences » Jean Cocteau à la chasse, s. d. Huile sur toile, 46 × 38 cm. Paris, musée de la Chasse
82 André Lhote. L’art de la controverse
Diego Rivera, Portrait de Jean Cocteau, 1918. Crayon, 46 × 30 cm. Austin, University of Texas
d’art, marchands, collectionneurs, Braque, Juan Gris, Max Jacob, André Salmon, Apollinaire, l’Américain Frank Gelett Burgess, qui dès 1908 fait un article sur le Malaguène – « Picasso est colossal dans son audace. De l’or pur » –, et encore Gertrude Stein, Ambroise Vollard, Daniel-Henry Kahnweiler. Ces artistes, poètes, musiciens et marchands, Lhote se frotte aujourd’hui à eux, il aime ce compagnonnage, ces discussions sur la quatrième dimension qui échauffe les esprits, cet élargissement de l’espace dans un si petit univers où en un clin d’œil était montée une exposition, déplacé un piano, organisé un programme, imprimé un catalogue. Et puis surtout, il y a ce travail en commun dont se souvient Lhote en 1947 : « Il s’agissait de mettre ses connaissances et ses conceptions en commun pour édifier une esthétique nouvelle », et aussi l’Italien Gino Severini, en 1944 : « On allait souvent les uns chez les autres et on se montrait sans mystère et sans jalousie ce qu’on faisait. De là est venue une façon de voir presque collective ; il y avait en tout cas un lien entre nous tous, et c’était le principe constructif du cubisme, que, différemment exprimé, on retrouvait dans l’ensemble des expositions. » Des airs de ressemblance circulent entre Rivera, Picasso, Lhote, les grandes compositions sont allégées par des détails atmosphériques, végétation en boule, passages de nuages, par des plans abstraits avec effets de pointillé ou plages laissées blanches, les fameuses « absences » Jean Cocteau à la chasse, s. d. Huile sur toile, 46 × 38 cm. Paris, musée de la Chasse
JEAN PAULHAN SUCCÈDE À JACQUES RIVIÈRE Le décès de Jacques Rivière, s’il affecte en profondeur tous ses amis, particulièrement ceux de La NRF, ne met pas en danger la continuité de parution de la revue. Gaston Gallimard en devient le directeur, et Jean Paulhan, alors secrétaire de Jacques Rivière, le rédacteur en chef puis à son tour le directeur le 1er janvier 1935. Lhote reste à son poste, d’autant que son entente avec Jean Paulhan remonte à la direction de Jacques Rivière, comme le confirme la publication récente de leur correspondance, qui débute fin 1919111. Une correspondance sans mâcher ses mots Cette correspondance de plus de six cents lettres entre Paulhan et Lhote qui, rapidement, tissent des liens d’amitié, se tutoient et échangent avec rudesse, avec confiance, souvent avec humour, fait suite à celle de Lhote avec Jacques Rivière. Elle n’est pas du même ton. Le vouvoiement entre Rivière et Lhote marquait une amitié empreinte de révérence112, à côté d’un attachement sensible et d’un langage de vérité qu’ils ont toujours adopté entre eux. Ainsi, Rivière n’hésite-t-il pas en 1923 à émettre une critique à propos d’un article qui ne lui semble pas « très au point ». Dans ce que l’on comprend de leur échange à ce moment-là, Lhote demande à reprendre son article113. Dans son écriture, Lhote a encore à apprendre et la critique lui est difficile à accepter. Elle sera compliquée aussi à admettre venant de Paulhan, mais ce dernier, devant l’extrême susceptibilité de Lhote, rattrape les choses, avec justesse. En 1937, l’allant avec lequel il juge l’une de ses 111. Paulhan Lhote. Correspondance 1919-1961, édition établie, présentée et annotée par Dominique Bermann Martin et Bénédicte Giusti-Savelli, illustrations d’André Lhote, Paris, Gallimard, Les Cahiers de La NRF, 2009. 112. Voir lettre de Lhote à J. Rivière du 4 décembre 1910 : « J’ai pour vous une admiration égale à ma très grande amitié. » 113. La Peinture, le cœur et l’esprit. Correspondance inédite (1907-1924), op. cit., t. II, lettres de Jacques Rivière du 7 et 27 septembre 1923 qu’il commence par : « Entre nous, toute franchise n’est-ce pas ? »
Portrait d’Anne, 1928. Huile sur toile, 81,5 × 66,5 cm. Bordeaux, musée des Beaux-Arts
JEAN PAULHAN SUCCÈDE À JACQUES RIVIÈRE Le décès de Jacques Rivière, s’il affecte en profondeur tous ses amis, particulièrement ceux de La NRF, ne met pas en danger la continuité de parution de la revue. Gaston Gallimard en devient le directeur, et Jean Paulhan, alors secrétaire de Jacques Rivière, le rédacteur en chef puis à son tour le directeur le 1er janvier 1935. Lhote reste à son poste, d’autant que son entente avec Jean Paulhan remonte à la direction de Jacques Rivière, comme le confirme la publication récente de leur correspondance, qui débute fin 1919111. Une correspondance sans mâcher ses mots Cette correspondance de plus de six cents lettres entre Paulhan et Lhote qui, rapidement, tissent des liens d’amitié, se tutoient et échangent avec rudesse, avec confiance, souvent avec humour, fait suite à celle de Lhote avec Jacques Rivière. Elle n’est pas du même ton. Le vouvoiement entre Rivière et Lhote marquait une amitié empreinte de révérence112, à côté d’un attachement sensible et d’un langage de vérité qu’ils ont toujours adopté entre eux. Ainsi, Rivière n’hésite-t-il pas en 1923 à émettre une critique à propos d’un article qui ne lui semble pas « très au point ». Dans ce que l’on comprend de leur échange à ce moment-là, Lhote demande à reprendre son article113. Dans son écriture, Lhote a encore à apprendre et la critique lui est difficile à accepter. Elle sera compliquée aussi à admettre venant de Paulhan, mais ce dernier, devant l’extrême susceptibilité de Lhote, rattrape les choses, avec justesse. En 1937, l’allant avec lequel il juge l’une de ses 111. Paulhan Lhote. Correspondance 1919-1961, édition établie, présentée et annotée par Dominique Bermann Martin et Bénédicte Giusti-Savelli, illustrations d’André Lhote, Paris, Gallimard, Les Cahiers de La NRF, 2009. 112. Voir lettre de Lhote à J. Rivière du 4 décembre 1910 : « J’ai pour vous une admiration égale à ma très grande amitié. » 113. La Peinture, le cœur et l’esprit. Correspondance inédite (1907-1924), op. cit., t. II, lettres de Jacques Rivière du 7 et 27 septembre 1923 qu’il commence par : « Entre nous, toute franchise n’est-ce pas ? »
Portrait d’Anne, 1928. Huile sur toile, 81,5 × 66,5 cm. Bordeaux, musée des Beaux-Arts
128 André Lhote. L’art de la controverse
La seconde guerre mondiale
lenteur136 », permet au critique d’affiner à nouveau toute son admiration pour le maître d’Aix. L’article baigne dans un hymne à la sensualité, celle de la peinture de Cézanne et, en retour, à la délectation qu’en éprouve le spectateur. Dans sa confrontation entre des paysages de Cézanne de 1880 et le Château Noir de 1890, entre, d’un côté, la fougue et l’exaltation, Cézanne « allant directement à son plaisir par le plus court chemin », et de l’autre, cette « conquête de la perfection par la patience et la lenteur », Lhote célèbre ce qu’il pense être le « vrai bonheur », « qui consiste à retarder le plus possible l’instant de la possession parfaite ». Les lois participent elles-mêmes de cette sensualité et, selon Lhote, « le fin du fin, pour qui veut jouir longtemps, est de redécouvrir cette loi à
chaud, chaque jour, de la sentir se dégager peu à peu du tourbillonnement confus des apparences ». Un texte éblouissant dans lequel Lhote, associant la peinture de Cézanne au plaisir érotique, dans une valse de termes choisis, met au grand jour sa propre sensualité, sensualité qu’il revendique très tôt, notamment dans sa correspondance avec Jacques Rivière et Alain-Fournier, où il écrit vouloir arriver avec ses Baigneuses de 1910 « à une fusion de la sensualité et de la pureté ». « Est-ce que vous me croyez sensuel ? », demande-t-il à ses amis, « je le suis épouvantablement et ne peux m’empêcher de l’être137 ». En 1936, prenant ses élèves en exemple, Lhote se rend compte que l’interdépendance des phénomènes plastiques, ces passages, « ces
136. Texte de 1939, repris dans Peinture d’abord, op. cit., p. 129-133.
137. Lettre de Lhote à J. Rivière et A.-Fournier, 21 décembre 1909, p. 218.
Les Baigneuses à Thonon, 1935. Huile sur papier marouflé sur toile, 127,5 × 310,5 cm. Collection particulière
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128 André Lhote. L’art de la controverse
La seconde guerre mondiale
lenteur136 », permet au critique d’affiner à nouveau toute son admiration pour le maître d’Aix. L’article baigne dans un hymne à la sensualité, celle de la peinture de Cézanne et, en retour, à la délectation qu’en éprouve le spectateur. Dans sa confrontation entre des paysages de Cézanne de 1880 et le Château Noir de 1890, entre, d’un côté, la fougue et l’exaltation, Cézanne « allant directement à son plaisir par le plus court chemin », et de l’autre, cette « conquête de la perfection par la patience et la lenteur », Lhote célèbre ce qu’il pense être le « vrai bonheur », « qui consiste à retarder le plus possible l’instant de la possession parfaite ». Les lois participent elles-mêmes de cette sensualité et, selon Lhote, « le fin du fin, pour qui veut jouir longtemps, est de redécouvrir cette loi à
chaud, chaque jour, de la sentir se dégager peu à peu du tourbillonnement confus des apparences ». Un texte éblouissant dans lequel Lhote, associant la peinture de Cézanne au plaisir érotique, dans une valse de termes choisis, met au grand jour sa propre sensualité, sensualité qu’il revendique très tôt, notamment dans sa correspondance avec Jacques Rivière et Alain-Fournier, où il écrit vouloir arriver avec ses Baigneuses de 1910 « à une fusion de la sensualité et de la pureté ». « Est-ce que vous me croyez sensuel ? », demande-t-il à ses amis, « je le suis épouvantablement et ne peux m’empêcher de l’être137 ». En 1936, prenant ses élèves en exemple, Lhote se rend compte que l’interdépendance des phénomènes plastiques, ces passages, « ces
136. Texte de 1939, repris dans Peinture d’abord, op. cit., p. 129-133.
137. Lettre de Lhote à J. Rivière et A.-Fournier, 21 décembre 1909, p. 218.
Les Baigneuses à Thonon, 1935. Huile sur papier marouflé sur toile, 127,5 × 310,5 cm. Collection particulière
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LE TEMPS DES VOYAGES, RÉTROSPECTIVES ET GRANDS PAYSAGES Deux séjours en Égypte et un ouvrage, Les Chefs-d’œuvre de la peinture égyptienne (1954) L’après-Seconde Guerre mondiale est pour Lhote une période faste, celle de l’internationalisation de son enseignement et de sa peinture, des grandes expositions, et des honneurs. Très tôt, Lhote a su bénéficier de ses amitiés pour franchir les frontières et enrichir l’espace de son public, soit en Belgique grâce à l’intérêt que lui portait Jean Delgouffre, ardent collectionneur de son œuvre, soit en Suède, grâce au peintre Georg Pauli, qui favorisa nombre de ses expositions, sans parler de l’ouverture que lui offrira sa relation avec le prince Eugène. Souvent, ses invitations à exposer sont couplées avec des conférences qui lui permettent de diffuser sa vision du cubisme, à Barcelone, Rotterdam, Anvers, à Tunis ou Alger, accompagnées de séances d’études et de corrections pour des groupes de jeunes artistes. Trois voyages importants se succèdent, deux en Égypte de janvier à avril 1951 et de décembre 1951 au 6 mars 1952 et, à partir de juillet 1952 et pendant deux mois, un séjour au Brésil. Grâce à ses relations amicales avec le diplomate et artiste égyptien Mohamed Naghi, que Lhote rencontre en 1927, et à sa sœur Effat
Nu égyptien, vers 1952. Gouache sur papier, 31,8 × 23,5 cm. Collection particulière
LE TEMPS DES VOYAGES, RÉTROSPECTIVES ET GRANDS PAYSAGES Deux séjours en Égypte et un ouvrage, Les Chefs-d’œuvre de la peinture égyptienne (1954) L’après-Seconde Guerre mondiale est pour Lhote une période faste, celle de l’internationalisation de son enseignement et de sa peinture, des grandes expositions, et des honneurs. Très tôt, Lhote a su bénéficier de ses amitiés pour franchir les frontières et enrichir l’espace de son public, soit en Belgique grâce à l’intérêt que lui portait Jean Delgouffre, ardent collectionneur de son œuvre, soit en Suède, grâce au peintre Georg Pauli, qui favorisa nombre de ses expositions, sans parler de l’ouverture que lui offrira sa relation avec le prince Eugène. Souvent, ses invitations à exposer sont couplées avec des conférences qui lui permettent de diffuser sa vision du cubisme, à Barcelone, Rotterdam, Anvers, à Tunis ou Alger, accompagnées de séances d’études et de corrections pour des groupes de jeunes artistes. Trois voyages importants se succèdent, deux en Égypte de janvier à avril 1951 et de décembre 1951 au 6 mars 1952 et, à partir de juillet 1952 et pendant deux mois, un séjour au Brésil. Grâce à ses relations amicales avec le diplomate et artiste égyptien Mohamed Naghi, que Lhote rencontre en 1927, et à sa sœur Effat
Nu égyptien, vers 1952. Gouache sur papier, 31,8 × 23,5 cm. Collection particulière
L’ACADÉMIE D’ANDRÉ LHOTE Se défaire d’André Lhote n’est pas chose aisée, ses élèves ont connu cet attachement intellectuel dont certains sont restés prisonniers. Nombre d’entre eux pourtant ont choisi une voie personnelle, à partir du socle enseigné, telle Aurelie Nemours, dont l’entretien recueilli par Serge Lemoine en 2003 est exemplaire. L’artiste met en avant la liberté absolue, dit-elle, avec laquelle les élèves travaillaient à partir d’un modèle posant tout au long de la semaine, jusqu’au vendredi matin, jour de la correction. Lhote prenait alors la place des élèves tour à tour, chaque correction étant adaptée à un seul élève. De ces corrections, Aurelie Nemours a retenu la découverte de la composition, « parce que jusque-là, il n’y avait que le dessin : on n’allait pas jusqu’à la composition de la peinture. […] Avec Lhote, la composition était le sujet majeur. C’était le sujet qu’on apprenait en arrivant. Il avait donné une pose au modèle et de cette pose, il s’agissait, de n’importe où l’on se plaçait, d’extirper la composition en somme, quitter complètement le sujet lui-même, ce qui faisait faire déjà le saut dans l’abstraction. Il fallait abstraire la composition à partir du réel. C’est cela qu’il enseignait le plus évidemment ». Poussant Aurelie Nemours dans ses retranchements, Serge Lemoine lui pose la question fatidique – « Vous le savez, il était tout à fait contre l’art abstrait, il l’a écrit » –, question qui devrait rayer Lhote de toute approche de l’art contemporain. C’est peu connaître la position de l’artiste qu’Aurelie Nemours explicite : « Oui, mais parce qu’il était contre l’usage que l’on en faisait. C’est-à-dire cette manière d’éviter toute réalité pour ne faire, justement, que de l’abstraction : il était tout à fait contre, parce qu’il disait qu’on faisait une chose artificielle, qui ne tenait pas le raisonnement. » « Il considérait l’abstraction comme étant du “décoratif” ? », lui demande Serge Lemoine. « Ce n’était pas acceptable pour lui, répond Aurelie Nemours, non parce que l’abstraction en soi était mauvaise, ce
Atelier d’André Lhote, vers 1935. Photographie de Jean Moral
L’ACADÉMIE D’ANDRÉ LHOTE Se défaire d’André Lhote n’est pas chose aisée, ses élèves ont connu cet attachement intellectuel dont certains sont restés prisonniers. Nombre d’entre eux pourtant ont choisi une voie personnelle, à partir du socle enseigné, telle Aurelie Nemours, dont l’entretien recueilli par Serge Lemoine en 2003 est exemplaire. L’artiste met en avant la liberté absolue, dit-elle, avec laquelle les élèves travaillaient à partir d’un modèle posant tout au long de la semaine, jusqu’au vendredi matin, jour de la correction. Lhote prenait alors la place des élèves tour à tour, chaque correction étant adaptée à un seul élève. De ces corrections, Aurelie Nemours a retenu la découverte de la composition, « parce que jusque-là, il n’y avait que le dessin : on n’allait pas jusqu’à la composition de la peinture. […] Avec Lhote, la composition était le sujet majeur. C’était le sujet qu’on apprenait en arrivant. Il avait donné une pose au modèle et de cette pose, il s’agissait, de n’importe où l’on se plaçait, d’extirper la composition en somme, quitter complètement le sujet lui-même, ce qui faisait faire déjà le saut dans l’abstraction. Il fallait abstraire la composition à partir du réel. C’est cela qu’il enseignait le plus évidemment ». Poussant Aurelie Nemours dans ses retranchements, Serge Lemoine lui pose la question fatidique – « Vous le savez, il était tout à fait contre l’art abstrait, il l’a écrit » –, question qui devrait rayer Lhote de toute approche de l’art contemporain. C’est peu connaître la position de l’artiste qu’Aurelie Nemours explicite : « Oui, mais parce qu’il était contre l’usage que l’on en faisait. C’est-à-dire cette manière d’éviter toute réalité pour ne faire, justement, que de l’abstraction : il était tout à fait contre, parce qu’il disait qu’on faisait une chose artificielle, qui ne tenait pas le raisonnement. » « Il considérait l’abstraction comme étant du “décoratif” ? », lui demande Serge Lemoine. « Ce n’était pas acceptable pour lui, répond Aurelie Nemours, non parce que l’abstraction en soi était mauvaise, ce
Atelier d’André Lhote, vers 1935. Photographie de Jean Moral
BIOGRAPHIE
1885 André Lhote naît le 5 juillet à Bordeaux, au 8, impasse
Sainte-Ursule, dans le quartier de la rue Mouneyra, riche en ateliers de fabrique de meubles.
1897 Son père, employé au cimetière de la Chartreuse de Bordeaux,
et sa mère, brodeuse, décident de faire entrer leur fils en apprentissage dans l’un de ces ateliers artisanaux, l’atelier Courbaterre, où il s’initie à la sculpture sur bois. Dans le même temps, il suit des cours d’art décoratif à l’école des Beaux-Arts de Bordeaux et peint à ses heures de loisir.
1900
Ses parents lui font découvrir Paris à l’occasion de l’Exposition universelle. Devant les tableaux du Louvre, être peintre devient pour lui une évidence.
1901 Lhote suit des cours de dessin dans l’atelier d’Émile Brunet, ancien élève à Paris de Gustave Moreau.
1905 Il abandonne la sculpture sur bois, quitte le foyer familial
pour se consacrer à la peinture. Il vit de peu, partage un grenier rue du Palais-Gallien, donne des cours particuliers de dessin, peinture et sculpture sur bois.
Autoportrait, 1908. Huile sur bois, 47,5 × 31,5 cm. Collection particulière
BIOGRAPHIE
1885 André Lhote naît le 5 juillet à Bordeaux, au 8, impasse
Sainte-Ursule, dans le quartier de la rue Mouneyra, riche en ateliers de fabrique de meubles.
1897 Son père, employé au cimetière de la Chartreuse de Bordeaux,
et sa mère, brodeuse, décident de faire entrer leur fils en apprentissage dans l’un de ces ateliers artisanaux, l’atelier Courbaterre, où il s’initie à la sculpture sur bois. Dans le même temps, il suit des cours d’art décoratif à l’école des Beaux-Arts de Bordeaux et peint à ses heures de loisir.
1900
Ses parents lui font découvrir Paris à l’occasion de l’Exposition universelle. Devant les tableaux du Louvre, être peintre devient pour lui une évidence.
1901 Lhote suit des cours de dessin dans l’atelier d’Émile Brunet, ancien élève à Paris de Gustave Moreau.
1905 Il abandonne la sculpture sur bois, quitte le foyer familial
pour se consacrer à la peinture. Il vit de peu, partage un grenier rue du Palais-Gallien, donne des cours particuliers de dessin, peinture et sculpture sur bois.
Autoportrait, 1908. Huile sur bois, 47,5 × 31,5 cm. Collection particulière