HI V E R
© photo Gaëtan Salamin
NUMERO 9 | janvier’13 | trimestriel
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Pèlerinage Varallo vit arriver 5 vaillantes marcheuses
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Les 4000’s, une association qui a vu le jour à Zinal, début 2012
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Du cuir de sonnettes Jean-Blaise Constantin s’adonne à sa passion
Sommaire 3 L’Edito 4 Notre histoire.ch 7 Une semaine au cœur du pouvoir 11 Pèlerinage 15 Chut... on dépouille 15 Anniviers reçoit Montferrier-sur-Lez 16 L’affaire de la fumassière du présbytère 19 Etre bourgeois, c’est quoi? 20 Les consortages en Anniviers 22 C’est officiel ! 22 Télécabine de Vercorin
23 Anniv’info
Concours Photo mystère à la découverte de VOTRE Vallée Vue depuis le cairn d’Orzival. Quel est l’ordre correct des pics surmontés d’un nuage de notre si belle et réputée chaîne de montagnes?
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Vertige aux champs
28 Recette de vie 30 Une trés belle histoire de source 32 Des nouvelles du dicastère 33 Le ski team Anniviers 34 Montagne club Anniviers 36 Les 4000’s 38 Hélène 40 Du cuir de sonnettes 42 HC Anniviers 44 Les liens invisibles 46 Des codes pas si secrets
www.4saisonsanniviers.ch
A. Weisshorn, Schalihorn, Zinalrothorn, Besso, Cervin, Dent Blanche B. Weisshorn, Schalihorn, Zinalrothorn, Besso, Obergabelhorn, Dent Blanche C. Weisshorn, Tête de Milon, Zinalrothorn, Besso, Obergabelhorn, Dent Blanche Gagnez un bon de Fr. 50.au Marché Villageois à Grimentz ! Le/la gagnant/e sera tiré/e au sort et son nom publié dans l’édition d’avril du journal « Les 4 Saisons d’Anniviers ». Envoyez votre réponse par e-mail à l’adresse 4-saisons@bluewin.ch ou votre carte postale avec la mention « Concoursphoto de janvier » à l’adresse:
© photo Nicole Salamin
Imprimerie d’Anniviers sàrl, 4 Saisons d’Anniviers, CP 102, 3961 Vissoie. Délai de réponse: 12 mars 2013
Le gagnant de l’édition n°8 est M.Bernard Suys de Walhain / Belgique La réponse était: C. Zinal
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L’ ÉDITO.
Nos EMS, des lieux de vie, de rencontres et de partage.
M. E. Erikson dans Childhood and Society, définit la personne âgée comme une personne qui subit de nombreuses pertes, qui doit faire face au déclin de ses forces physiques et psychiques, de sa santé et qui est confrontée à une mort prochaine. Elle se trouve donc dans une situation de crise à laquelle elle doit faire face avec les capacités d’adaptation qu’elle aura plus ou moins développées en fonction de son histoire de vie, ses relations au monde et à elle-même. Lorsqu’elle arrive dans nos institutions, elle est en souffrance et est très vulnérable. «Vieille» dans son corps, toujours en évolution dans sa tête et unique avec son vécu, ses valeurs et ses croyances, la personne âgée est digne de respect et de considération. Et pour nous, lorsqu’on franchit le seuil d’un home, la peur nous gagne car nous nous projetons, même sans le vouloir, à la place de la personne âgée qu’on vient visiter. Une crainte fondée peut-être, mais lorsqu’on regarde un peu plus attentivement ce qui se passe à l’intérieur de nos homes on est surpris par les animations et les nombreuses activités qui sont réalisées pour et par nos ainés, par la joie qui se dégage de ces grandmamans et grand-papas,
par les regards pleins de tendresse et de reconnaissance qu’ils nous témoignent, par les complicités qui lient les résidents au personnel soignant, hôtelier et de l’intendance, par la compréhension de ces derniers, qui les entourent et leur prodiguent non seulement des soins, mais surtout une attention à tous instants. Voilà un peu plus de 6 mois que j’ai repris la Direction de l’Association Beaulieu qui comprend le home Beaulieu à Sierre et le home Les Jasmins à Chalais, et je suis très touché par ces échanges, ces petits mots, ces regards, ces gestes attentionnés. J’ai l’impression que le personnel considère chaque résident comme un membre de sa famille et essaie à tout moment de lui faciliter la vie et de diminuer ses angoisses et de répondre à ses attentes. Il est vrai que nos 2 homes de faible dimension (44 et 40 résidents) offrent un côté humain et familial très important et favorisent les échanges. Peu de gens connaissent les prestations de l’Association Beaulieu. En plus de l’accueil de résidents à long terme, il existe à Chalais, une unité d’accueil temporaire de 4 lits permettant aux familles de laisser un
proche pendant au minimum une semaine, de récupérer, de se décharger occasionnellement ou de partir simplement en vacances, une unité de psycho-gériatrie Corail qui permet aux personnes atteintes de démence de vivre dans un cadre calme, serein, sécurisant et chaleureux où les soins relationnels et le climat affectif sont privilégiés. À Sierre, un foyer de jour permet d’accueillir des personnes durant la journée où leur sont proposées des activités sociales telles que rencontres, échanges, balades, repas,.. et où l’on recherche à développer le maintien des capacités et l’autonomie de chacun par la gym douce, la confection de repas, les achats en ville, les ateliers, mémoire et création …etc. Je voudrais aussi profiter de ces quelques lignes pour remercier toutes les familles, proches et amis qui viennent visiter très fréquemment les résidents, qui leur donnent du temps et leur apportent un soutien considérable. Non seulement ces visites sont des rayons de soleil pour les résidents, mais elles leur permettent de sentir qu’ils sont importants pour nous. Claude Crettol
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NOTRE HISTOIRE.CH
Avalanche de Mayoux-Anniviers en 1817 L’Avalanche de Mayoux, Val d’Anniviers- Valais-Suisse, en 1817 Copie du mémoire de l’Avalanche de Mayoux. Malheur arrivé le dix mars mille huit cent dix-sept, “Au nom de Dieu, ainsi soit-il “ Pour laisser à la postérité un souvenir des choses très graves qui ont eu lieu dans le courant des années 1816 et 1817 en cherté et en autres accidents, surtout dans le petit village de Mayoux. Étant composé des pères de famille dont les noms suivent : Georges Savioz, président de la vallée, Christian Rion, président de la commune de St Jean, Benoît Savioz, sautier de la vallée, Georges Vouardoux, Jean Savioz, procureur de l’église, Joseph Bonnard, procureur de l’église, Baptiste Savioz, Antoine Antonier, Augustin Antonier, Baptiste Revey, Christian Revey, Antoine Savioz, Pierre Revey, Pierre Antonier, Jean Revey, Théodule Zufferey, Georges Revey, Jean Revey de Philippe, Georges Abbe, Michel Solioz, Antoine Bonnard, André Bonnard, Antoine Florey, Augustin Solioz et le soussigné, tous pères de famille et demeurant au dit village, qu’ils ont eu de grandes pertes dans le malheur que j’énoncerai ci-après, puisque des particuliers ont eu la perte de cinq cents Ecus, pour donner une idée de la chose telle qu’elle est arrivée en vrai.
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Les années 1814, 1815, 1816 et 1817, il est tombé une très grande quantité de neige et les printemps si rudes que dans les montagnes les plus froides, surtout du côté revers, les neiges ont formé une espèce de glacier, telle fut la situation. Du Roc existant entre la montagne d’Orzival et d’Avoin, où il resta une si grande quantité de neige, qu’il remplit et aplanit tous les creux en haut Dy Soudyre. L’année 1817, les premiers jours du mois de mars, une pluie douce commença et continua pendant dix jours à pleuvoir dans la plaine et dans les montagnes, il neigea tellement qu’il en tomba trois toises. Le huit mars, une avalanche vint jusqu’au sommet du dit village sans faire aucun bruit ni dommage. Le dix mars, à six heures du matin une autre avalanche, partie depuis le sommet du Roc, rasa la forêt Dy Soudyre et la moitié du revers Dy Sampelet et le tiers de la forêt (baptisée) Dy Clausé, renversa au sommet du dit village, deux chambres avec cuisine, c’est-à-dire au même bâtiment contenant trois étages. Donc, le pre-
mier étage resta ferme, le second le déborda seulement de trois pieds et le troisième le renversa. Dans le second étage, il y avait cinq personnes de la famille d’Antoine Florey, qu’ils n’ont reçu aucun mal, sauf qu’ils n’ont pu sortir de la chambre sans secours à cause que la neige avait surmonté le second étage et bouché toutes les fenêtres et la porte. Plus, renversa à huit toises en deçà du pontet en bas du chemin, un bâtiment de trois étages où il y avait au premier étage six personnes de la famille de Baptiste Savioz. Donc, Catherine, fille du Banderet Rion, femme du dit Savioz est restée morte avec son fils âgé de dix-huit ans et une, âgée de deux ans, une autre fille et un fils, ainsi que la mère du dit Savioz sont restés vivants, mais estropiés. Les deux enfants sont guéris, la mère est morte quelque temps après, sans plus pouvoir remuer aucun membre de son corps. Ami lecteur, je te laisse le juge, si dans le moment, il pouvait avoir des yeux qui n’auront pas versé de larmes en envisageant le sort de cet infortuné époux qui dans trois minutes se voit privé de son parti et de deux de ses enfants les plus chéris et son comestible, enlevé ou écrasé. La dite avalanche renversa soixante autres bâtiments, c’est-à-dire granges, raccards et greniers. Donc, des greniers et raccards il en reste que quatre, de manière que du côté des
Fras, tout a été renversé jusqu’à la fontaine du Fy, et du côté de St Jean, environ cinquante toises. Depuis le pontet, c’est la foudre (vougra) qui a fait plus tomber que l’avalanche. Il y avait encore du monde dans quatre autres bâtiments, au dit village, mais ils n’ont point eu de mal, les autres habitants du village étaient à Sierre, aux travaux des vignes. Plus, il a emporté cinq vaches, deux veaux et deux chèvres au Sautier Charles Genoud environ cent toises en dedans du grand pont, au dit lieu, il y avait huit toises de neige de hauteur et au dessus du dit village, il y en avait dix toises, il a roulé des pierres comme des bâtiments, surtout celle qui est au jardin de la Combaz, environ vingt toises en bas du pontet et des poutres tout entières, de quinze toises de long, et une toise et demi, rond (diamètre), il a porté des morceaux de bois jusqu’au cimetière de Vissoie, faisant trois livres la poudre, a répandu comme des nuages épais dans presque toute la paroisse, selon expertise faite, il est tombé un million de plantes.
ment naturelle, il n’y a rien d’extraordinaire. Le trente mai il y avait trente-huit frettes de remontées; le vingt et un juillet au sommet du village, il y avait encore sept pieds1 de neige et le trente septembre, il y avait encore deux pieds. La perte totale de cette avalanche est établie de la somme de dix milles et quatre cents livres. L’année 1817, le froment se vendait bats2 huitante cinq, le seigle soixante-six, les pommes de terre Batz vingt, le fichelin de vin a été totalement gelé qu’à peine l’a-t-on ramassé. A postérité qui vivra après nous, nous vous laissons le juger si vous devez vous construire une barrière au sommet du dit village, pour vous défendre d’un tel malheur ou si vous voulez vous abandonner entièrement au soin de votre Père céleste, pour quant aux conseils que j’ai à vous donner soit que vous viviez dans tant d’abondance ou de disette, soit que vous soyez placé dans un lieu d’assurance hors de danger, aime ton Dieu sur toutes choses et ton prochain comme toi-même et le Père des miséricordes fera le reste.
Pour nous, nous avons souffert et pleuré, plut à Dieu que nos péchés soient pardonnés pour nous, vous vous réjouirez et prierez pour nous. La dite avalanche a arrêté le torrent pendant cinq heures. 1 (Un pied correspond environ à 30 cm et une toise à environ 6 pieds). 2 (Le Batz représentait un dixième du franc de l’époque).
Mayoux, le 8 janvier 1818. Étienne Savioz, vice-président, écrivain de la présente mémoire. Manuscrit du 10 février 1905 par Savioz Jean, fils de Benoît, arrière-neveu du dit Étienne Savioz. Recopié le 14 février 1999 en Anniviers, par Michel Savioz, fils de Joseph. Arrière-petit-neveu du dit, Jean Savioz.
© edition mpa © Michel Savioz
Voici ainsi, lecteurs, le récit de ce funeste et tragique accident, les habitants du dit village s’écrièrent tous avec des larmes aux yeux : “Oh ! Dieu, oh Dieu, sont-ils nos péchés qui ont attiré tous ces fâcheux désastres sur notre village et sur nos biens ? Père de miséricorde nous vous demandons de tout notre cœur pardon et nous promettons de mieux vivre à l’avenir.” Mais non, selon les textes du prophète Isaïe, Dieu ne châtie que ceux qu’il aime et selon la pente du terrain bien examinée, la chose est sûre-
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UNE SEMAINE AU CŒUR DU POUVOIR Percer les arcanes de la politique suisse en se glissant dans le costume de nos conseillers nationaux, voilà l’expérience fascinante que les élèves de 3CO ont vécue durant une semaine. Qu’est-ce que la démocratie ? Qui dirige la Suisse? Quels outils nos politiciens ont-ils à disposition pour conduire les destinées du pays ? Par quelles étapes une loi passe-t-elle avant de voir le jour ? Voici quelques-unes des dizaines de questions auxquelles les élèves ont tenté de répondre durant les cours de civisme qui ont précédé leur semaine à Berne. Afin de se préparer au mieux à cette expérience inhabituelle, ils se sont tout d’abord appropriés les notions de base telles que : démocratie, fédéralisme, loi, constitution, parlement, gouvernement, droits politiques et j’en passe. Puis, forts de ces connaissances théoriques, ils se sont glissés dans la peau de citoyens engagés et déterminés à faire passer une idée qui leur tenait à cœur : « des transports publics gratuits pour les jeunes de moins de 25 ans » en déposant une initiative populaire. Afin de mener à bien ce projet, ils ont fondé un parti nommé « la jeunesse en mouvement », puis ont récolté des signatures auprès de la population afin de pouvoir déposer leur initiative à la chancellerie fédérale. Parallèlement, en classe, ils ont préparé les arguments destinés à convaincre les parle-
mentaires fédéraux, soit les élèves des quatre autres classes participant au projet. Ils ont également scrupuleusement étudié les autres initiatives déposées par leurs camarades, ainsi que les contre-projets du Conseil fédéral. Ce travail conséquent leur a permis de prendre position sur des sujets aussi variés que l’énergie solaire, l’écologie, la protection des animaux et l’aménagement du territoire. Durant cette préparation, les jeunes ont également été initiés aux élections puisque chaque classe était invitée à présenter un candidat à la présidence du Conseil national, ainsi qu’un candidat à la vice-présidence. Si certains élèves ne se sentaient pas prêts à assumer ces rôles plus exposés, d’autres ont manifesté leur intérêt pour ce défi tout en connaissant les risques de ne pas être élus. Soutenus par toute la classe, Camille Progin et Irwin Guérinel se sont donc présentés respectivement à l’élection à la vice-présidence et à la présidence. Et, une fois n’est pas coutume, la minorité francophone, largement soutenue par les alémaniques, a gagné la présidence dans une élection qui a nécessité quatre tours de scrutin. Et c’est en qualité de
« Dionis s’adresse à l’assemblée sous l’œil attentif du Président »
président du Conseil national qu’Irwin a débuté la semaine. Malheureusement, Camille a dû renoncer à l’élection pour la vice-présidence, une même classe ne pouvant occuper les deux postes. Interrogés sur leurs motivations, ils ont tous deux exprimé leur intérêt pour cette fonction particulière : J’avais envie de voir ce que cette tâche représentait et comprendre ce que vivent nos dirigeants, explique Irwin. Cependant, j’ai craint de ne pas être élu pensant que les Suisses allemands allaient tous voter pour un candidat germanophone. Pour ma part, je souhaitais acquérir un maximum d’expérience durant cette semaine et j’étais curieuse de voir si j’étais capable de relever ce défi, ajoute Camille. Irwin est conscient de la chance qu’il a eue de pouvoir endosser ce rôle : J’ai passé une semaine un peu différente de
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« A l’heure du vote, le scrutateurs en action »
celle de mes camarades car il a fallu que je me prépare à cette mission particulière. J’ai été aidé par un coach, M. Hans-Peter Seiler, ancien conseiller national qui m’a beaucoup appris sur le fonctionnement de notre démocratie. Et lorsqu’on lui pose la question sur ce qu’il a ressenti, assis sur le siège du 1er citoyen du pays, Irwin répond sans hésitation : On se sent presque important !... Si les élèves se sentaient prêts à défendre leur initiative envers et contre tout, ils ont rapidement compris que la tâche ne serait pas simple. En effet, être convaincu du bien-fondé d’une idée n’est pas suffisant pour qu’elle se concrétise et devienne loi. De nombreux écueils jalonnent le travail du parlementaire : oppositions des autres partis, intérêts divergents, incompréhensions dues à la langue ou la culture. Bref, il faut savoir s’armer de patience et surtout accepter le
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compromis. Ainsi du lundi au mercredi, les élèves ont éprouvé les rouages de la politique en défendant leur initiative en commissions, puis en la retravaillant en séances de groupe parlementaire afin de donner le plus de chances possible à leur proposition de transports gratuits pour les jeunes. Il a fallu entendre les arguments adverses, admettre qu’ils n’étaient pas tous dénués de sens, accepter de lâcher du lest en revoyant à la baisse ses propres revendications, bref, être tour à tour idéaliste, diplomate ou grand stratège ! En parallèle, les jeunes ont mené les mêmes discussions sur les autres initiatives. Certains se sont laissé convaincre, d’autres ont combattu des idées qu’ils ne jugeaient pas pertinentes. Enfin, ils se sont rendu compte que s’ils étaient partis unis de Vissoie, les opinions de chacun étaient susceptibles de changer et de s’opposer. Quelle belle expérience de la démocratie !
Bien entendu, toutes ces discussions aux allures de batailles parfois, ont été menées dans le calme et le respect quelle que soit la position de chacun. Ces débats ont permis des échanges intéressants et constructifs et ont amené les adolescents à parler et fraterniser au-delà des barrières linguistiques. Mais l’expérience ne s’est pas limitée à la politique. En effet, les élèves ainsi que nous, les accompagnants, avons expérimenté le confort spartiate des abris de protection civile dans lesquels nous avons travaillé, mangé et dormi toute la semaine. Heureusement, chaque matin, une activité extérieure était organisée et nous permettait ainsi de prendre l’air et de profiter de quelques rares rayons de soleil avant de regagner les locaux ventilés et borgnes de la PC. Ainsi, le mardi, nous avons visité la ville en compagnie d’un guide qui nous a non seulement montré les sites et bâtiments intéressants mais également raconté l’histoire de la Berne fédérale. Le mercredi, nous avons rencontré M. Christophe Darbellay, conseiller national valaisan, qui a répondu sans détour aux questions diverses et variées préparées par les élèves. Enfin, le jeudi matin, nous nous sommes rendus à l’ambassade de Turquie où nous avons été reçus par le conseiller personnel de l’ambassadeur qui nous a expliqué le rôle et le fonctionnement d’une ambassade avant de nous régaler de spécialités turques. L’apothéose de cette semaine fut sans conteste la session du Conseil national qui s’est tenue le jeudi après-midi dans la salle même où se réunissent nos parlementaires fédéraux. Après avoir troqué leurs habits
habituels pour une tenue plus habillée, les élèves se sont rendus au Palais fédéral où de nombreux spectateurs, dont certains venus tout spécialement d’Anniviers, les attendaient. Chacun a pris place dans l’hémicycle et Irwin d’un coup de clochette affirmé a ouvert la séance. Durant plus de trois heures les élèves se sont succédé au perchoir pour présenter les avis des commissions et des partis, puis chaque initiative et contre-projet a passé l’épreuve du vote. Le Conseil fédéral
était, pour l’occasion, représenté par notre ancienne Conseillère fédérale et Présidente de la Confédération, Mme Ruth Dreifuss, laquelle a écouté avec intérêt les interventions des parlementaires en herbe et a pris position sur chacune des propositions. C’est fatigués mais fiers d’avoir mené à bien ce jeu de rôle et d’avoir porté haut les couleurs de notre vallée que les Anniviards ont regagné leurs pénates le vendredi après-midi,
la tête pleine de souvenirs et d’anecdotes. Cette expérience restera gravée longtemps dans leur mémoire et fera d’eux des citoyens avisés et engagés. Qui sait, peut-être que des vocations sont nées durant cette semaine et que certains d’entre eux ont été piqués par le virus de la politique…. Patricia Chardon Kaufmann
« Les 3 CO dans la salle du Conseil national »
078 671 11 51 - Vissoie-Anniviers
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Pèlerinage Ayer-Varallo
Le samedi 8 septembre 2012, la petite ville piémontaise de Varallo vit arriver 5 vaillantes marcheuses, parties d’Ayer au matin du lundi 3 septembre. Anne, Elsi, Mali, Monique et Simone venaient d’accomplir le pèlerinage Ayer-Varallo. Sur la colline de Varallo fut édifié dès 1486, un des plus beaux sanctuaires du Nord de l’Italie : un Sacro Monte dédié à la vierge Marie.
Basilique du Sacro Monte de Varallo
Depuis le milieu du 18ième siècle, entre Ayer, Val d’Anniviers, et Varallo, Val Sesia, une amitié italo-suisse a grandi, sur fond de foi chrétienne. Comment les habitants d’Anniviers eurent-ils connaissance de ce lieu saint ? Et pourquoi les gens d’Ayer ? L’interrogation reste ouverte. 2 hypothèses qui se rejoignent peuvent être évoquées : La première est celle de la lente migration des Walser (nom dérivé de walliser,) dès le début du 13ième siècle. Depuis la vallée de Conches, ce peuple alaman n’a pas hésité à coloniser de nombreuses vallées alpines, inhospitalières et inhabitées. Le Val Sesia fut, au sud, une de leurs colonies les plus reculées. Les Walser ont tracé de nombreux chemins d’altitude à travers les Alpes. Ces chemins, parfois spectaculaires, existent encore. Le grandiose Tour du Mont-Rose, aujourd’hui parcouru en 8 jours par des randonneurs expérimentés, reprend les routes des Walser.
Zachéo, les Anniviards choisissent le sanctuaire de Varallo, comme lieu de pèlerinage préférentiel, car plus facilement accessible pour un peuple montagnard. Vers 1750, date supposée des premiers pèlerinages Ayer-Varallo, il est plus aisé de voyager par les montagnes que par les Dès l’entrée de la vallée de Saas, le parcours plaines, souvent marécageuses. de notre pèlerinage va en emprunter les étapes les plus belles. Et puis, les Walser avaient tracé le chemin. Après ces 6 jours de randonnée, La culture Walser reste fortement implan- « J’aime à penser que nous avons été un tée dans nombre de villages traversés. Et des maillons de ce lien symbolique que quand, en Italie, on entend que le « wal- nos ancêtres, Walser, bergers, pèlerins et sertitsch » est un dialecte du coin, nous ne autres contrebandiers, ont entretenu sur sommes pas vraiment dépaysées. des chemins communs. Aucune nécessité Sur le site: économique ne nous a poussées sur le chemin. Nous sommes de modestes ranwww.walser-alps.eu on apprend que chaque 3 ans a lieu une donneurs, pèlerins des temps modernes rencontre internationale des communau- qui nous offrons le superbe décor des tés Walser. En 2013, elle se déroulera au Alpes pour cheminer entre plaisir de marcher et recherche de spiritualité. Chacun Vorarlberg du13 au 15 septembre. de nos pas, chacun de nos rêves, chaque Cependant, me direz-vous, les Walser ont- goutte de notre sueur, se fondent dans le ils colonisé le Val d’Anniviers ? On sait bien creuset de l’humanité que nous aimerions que seul de rares peuplades ont osé se ris- transmettre à nos enfants » quer au Val d’Anniviers ! Alors, supposons Mali que les Walser aient évité le Val d’Anniviers. « Ayer-Varallo, c’est aller au fond de soiMais, le Haut-Valais est tout proche. Et même pour rechercher l’inspiration sur les c’est cette proximité qui nous permet chemins escarpés parcourus par nos aïeux… d’imaginer la 2ième hypothèse. Un souvenir inoubliable ! » En discutant avec le curé Martenet qui, en Elsi 1986, participa avec la commune d’Ayer aux réjouissances du 500ième anniversaire « C’est faire le pèlerinage comme les gens du Sacro Monte de Varallo, nous avons d’Ayer, mon village natal, l’avaient fait évoqué le nomadisme anniviard. Nos ber- avant moi, jusqu’en 1905. Retrouver cet esgers, à l’époque, transhument facilement, prit d’alors. Avoir une pensée pour les peret bien au-delà du col de la Forclettaz, à sonnes qui n’ont pas la chance de pouvoir la recherche d’herbage pour leurs vastes se promener en montagne » troupeaux. Sur les alpages, ils rencontrent Simone leurs homologues italiens qui transhument, avec les leurs, dans l’autre sens. Ils nouent « Un parcours de trek magnifique. Une exdes liens et finalement apprennent l’exis- périence en équipe, pour bons marcheurs. tence du Sacro Monte de Varallo. Fervents A chaque étape, nous avons été accueillies croyants depuis leur spectaculaire conver- avec beaucoup de chaleur et de générosité » sion qui suivit la mission du célèbre nain Monique
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« Ce trek aux paysages et sentiers sublimes, que je n’aurais jamais pu faire sans cette équipe, reste un bon souvenir avec 2 passages plus difficiles pour moi : les cols du Monte Moro et de la Bottiggia. Là, les pieds de face ou de côté, le souffle court, le sac à dos me déséquilibrant sur les bords, ça a passé et j’ai enfin atteint le col en nage, alors que les copines tout anorakées, gantées et encagoulées grelottaient en m’attendant » Anne
Colle della Bottigia sur fond de Mont-Rose
Au 7ième jour, le dimanche 9 septembre, nous nous élançons, légères, sur le sentier verdoyant qui mène à la basilique du Sacro Monte, qu’en 1578, St Charles Borromée baptisa « Petite Jérusalem ». Il fait beau et doux. L’altitude n’est plus que de 450 m et nous serpentons entre les 45 chapelles qui racontent la vie de Jésus dans un style baroque éloquent. Après avoir assisté à la messe où nous faisons provision de nourritures célestes, un regard circulaire sur la belle ville de Varallo nous rappelle combien les nourritures terrestres sont indispensables à notre équilibre. Le petit restaurant qui surplombe la rivière Sesia fait l’unanimité.
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Le retour en Anniviers se fait en transport les orteils de nos 2 marcheuses nous perpublic, moyen qui nous paraît décidément mirent de tester le soutien infaillible des interminable. hommes restés au foyer. Au matin du 4ième jour, 2 paires de chaussures, mieux adapLa boucle que nous avons effectuée s’est dé- tées et fourrées de douceurs énergétiques, roulée, plus ou moins telle que nous l’avi- nous attendaient à Saas Allmagell. Le conseil des 5 sages que nous formions auons imaginée : J1: Ayer (1476 m) - col Forclettaz (2874 m) torisa exceptionnellement le recours au bus postal, entre Saas Allmagell et Mattmark. - Gruben (1825 m) Cette seule entorse à notre « vœu » de faire J2: Gruben – Augsbordpass (2894 m) l’entier du parcours à pied fut doublement Stalden (800 m) - Gspon (1899 m) justifiée par 8 kms de goudron contre-indiJ3: Gspon – Kreuzboden (2400 m) qués par les podologues et un brouillard à Allmagelleralp (2200 m) J4: Allmagelleralp - Saas Almagell (1600 m) couper au couteau. - Mattmark (2224 m) - MonteMoropass Arrivées sur le barrage digue de Mattmark, (2864 m) - Macugnaga (1327 m) nous nous rappelâmes la tragédie qui en J5: Macugnaga - colle della Bottiggia (2607 m) - Carcoforo (1304 m) endeuilla la construction le 30 août 1965. J6: Carcoforo - Varallo (450 m) Tout un pan du glacier de l’Allalin s’effondrait sur les baraquements des ouvriers. Il J7: Sanctuaire du Sacro Monte s’agit d’une des catastrophes les plus graves Retour Anniviers de l’histoire suisse des grands chantiers alpins. Tout au long du chemin qui nous mènera en Italie par le col du Monte Moro nous aurons une pensée pour les quatrevingt huit travailleurs, en majorité Italiens, qui y laissèrent leur vie. La montagne reste imprévisible, mais nous l’aimons, si belle et parfois si cruelle. Nous avons aimé ses habitants qui, de chaque côté de la frontière, ont le tempérament Lever de soleil sur Weisshorn et Bishorn, depuis Gspon bien trempé, caractéristique des montagnards, généreux, accueillant, avec une A l’issue de l’étape J2, particulièrement pointe épicée de jovialité latine dès qu’on longue et pentue, 2 paires de pieds ne résis- bascule dans le val Anzasca. tèrent pas à la dérupe entre l’Augsbordpass et Stalden (plus de 2000 m de dénivelé). Il existe beaucoup de manières de se Les flamboyantes ampoules qui ornaient rendre à Varallo pour se recueillir et …
goûter les spécialités italiennes, l’une étant parfaitement compatible avec l’autre. Par la route, compter environ 3 heures de voiture en passant le Simplon et le lac d’Orta. Par les cols pédestres, des téléphériques et des bus peuvent donner des petits coups de pouce quand la fatigue prend trop la tête. Belle étoile, granges, refuges, hôtels, gîtes, chez l’habitant, chez le curé, on peut toujours dormir quelque part. Pour faire le pèlerinage de Varallo, toutes les variantes peuvent être combinées, l’essentiel étant d’arriver un jour au Sacro Monte qui ne manque jamais d’éblouir et d’impressionner tous les voyageurs. Apprendre que nos ancêtres mettaient 3 jours seulement pour atteindre Varallo m’impressionne tout autant. De sacrés personnages, ces pèlerins d’Ayer ! Madeleine Daly Wiget Commune d’Ayer : documents relatifs au pèlerinage 1986 Cordonnier Marlyse : curé Martenet « Ayer-Varallo, sur les traces d’un ancien pèlerinage » travail de diplôme Accompagnateur en montagne de l’école de St-Jean - 1999 Elsi Briguet, Anne Grillet, Monique Grillet, Simone Zufferey, Mali Wiget Photos : Mali Wiget
fr.wikipedia.org/wiki/Mont Sacré de Varallo fr.wikipedia.org/wiki/Barrage-de-Mattmark www.walser-alps.eu www.walserweg.com Poursuivre la tradition initiée par la commune d’Ayer : un projet pour la commune d’Anniviers ?
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Chut !....
on dépouille Parmi nos devoirs de citoyens, figure en bonne place celui de répondre à une convocation communale pour participer au bureau de dépouillement. Lors des dernières élections communales, le 14 octobre 2012, pas moins de 60 citoyens anniviards ont ainsi répondu à l’appel. D’abord convoquées à une séance d’information au centre scolaire quelques jours avant la date fatidique, ces personnes se sont familiarisées avec le système informatique de dépouillement mis en place en 2008 déjà, à l’occasion des premières élections de la nouvelle commune fusionnée d’Anniviers. Puis, le jour J, dès 12h30 les citoyens concer-
nés arrivent à la salle des maîtres. Une place précise est attribuée à chacun; le travail d’ouverture des enveloppes de vote, le comptage et un premier tri manuel peuvent commencer, par équipes de 3 personnes ; l’exactitude est le maître-mot de chaque étape. Des « facteurs » acheminent le compte-rendu au bureau de saisie informatique tenu essentiellement par du personnel communal. Ce dernier a bénéficié d’un après-midi d’apprentissage par une maison spécialisée pour que la saisie se déroule le plus efficacement possible. Alors commence l’attente, le stress rôde dans une atmosphère un peu tendue : y-at-il des erreurs ? des pannes ? des failles dans le système ?
Les chuchotements entendus jusque-là prennent du volume…chut ! entend-on, encore un peu de concentration est nécessaire dans l’attente du verdict. Et enfin la bonne nouvelle ! Aucune erreur à déplorer, tout s’est parfaitement déroulé. Les observateurs délégués par les différents partis sont satisfaits. Le moment d’une verrée et d’un sandwich partagés clôt ce dimanche après-midi de travail, pour lequel des citoyens en provenance de toute la vallée se sont rencontrés pour remplir leur devoir. Simone Salamin
Anniviers reçoit Montferrier-sur-Lez
Gornergrat, pour mieux admirer son Altesse, Les personnes intéressées à faire partie de l’Associale Cervin, avaient été le point fort de leur tion du Jumelage sont invitées à s’annoncer auprès dernier séjour. Cette année, nos hôtes reste- de Marcel Barmaz, par mail à marcel.barmaz@ ront en Anniviers. Ils auront l’occasion de bluewin.ch ou par tél. au 079 628 97 33. faire la connaissance d’une star locale, l’hôtel L’Assemblée générale de l’Association se tiendra le Weisshorn, et de s’imprégner de nos tradi- lundi 4 février 2013, à 20h. tions, en participant à la confection du pain Janine Barmaz de seigle au four banal et en visitant l’exposiEn mars prochain, nos jumeaux du sud tion de la Tour d’Anniviers. de la France seront, à nouveau, nos hôtes Un programme de choix a ainsi été concocté : pour un week-end d’amitié, de partage et de découverte. Jeudi 7 mars Arrivée en toute fin d’après-midi et accueil dans les familles Pour la première fois, ils seront nos invités en hiver. A plusieurs reprises, des jeunes de Vendredi 8 mars Montée à l’hôtel Weisshorn, à pied, en raquettes ou en dameuses là-bas sont venus pratiquer les sports d’hi- Repas de midi sur place, puis visite de l’hôtel dans l’après-midi ver chez nous. Mais jamais il n’y a eu de Retour et soirée dans les familles rencontre entre les associations de jumelage à cette saison. Samedi 9 mars Fabrication de la pâte et façonnage du pain de seigle au four banal de Vissoie Après avoir connu le charme de la première Visite de l’exposition à la Tour d’Anniviers sous la conduite experte de neige, le 23 octobre 1999, jour du jume- Jean-Louis Claude lage officiel, voici venu le moment de dé- Repas de midi et du soir en commun à Vissoie couvrir l’hiver déclinant. La visite de Zermatt, puis la montée au Dimanche 10 mars Départ de nos hôtes après le petit-déjeuner
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L’AFFAIRE DE LA FUMASSIÈRE DU PRÉSBYTÈRE
En ce printemps de guerre 1945, alors que les vergers de la plaine valaisanne étaient en fleurs et que dans les vallées latérales les dernières plaques de neige éparses fondaient sous le soleil printanier, ailleurs, dans les pays entourant la Suisse, le sort des armes avait basculé. L’Allemagne allait bientôt capituler, mettant un terme à un conflit qui avait mis à feu et à sang toute l’Europe et une partie du monde. L’armée suisse chargée d’assurer la défense de nos frontières, de maintenir la tranquillité et l’ordre à l’intérieur du pays, allait bientôt démobiliser ses hommes qui étaient impatients de rentrer au bercail. Dans le Val d’Anniviers, les femmes, les enfants et les vieillards attendaient avec empressement le retour des soldats dans leurs foyers. Ils allaient pouvoir reprendre une vie normale après la longue absence des hommes de la maison familiale, d’autant plus que les travaux agricoles avaient repris leur cycle annuel. Au village, en ce mois de mai, il fallait ramasser les aiguilles de sapin et de mélèze pour la litière des bêtes, tandis que quelques habitants, descendaient à Sierre pour ébourgeonner la vigne, arroser les prés et nettoyer les jardins.
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Les grands événements nationaux ont toujours une répercussion sur la vie locale. Durant la Seconde Guerre mondiale, un conflit allait éclater dans la cité du Soleil, empestant les relations entre la Municipalité de la ville de Sierre et la cure de Vissoie au sujet de la fumassière du presbytère de Villa. Ce tas de fumier en bordure de route qui causait bien des problèmes aux habitations environnantes du quartier de Villa, n’était pas une affaire qui allait perturber la quiétude du curé Francey de Vissoie et de Paul Genoud, son fermier. Il est vrai que par le passé, les Anniviards ont toujours eu du mal à s’intégrer à la vie sierroise. Cette affaire de la fumassière de la cure de Villa est un bon exemple sur lequel il est intéressant de s’attarder. Travailleurs, économes, les habitants du Val d’Anniviers avaient déjà si bien aménagé leur vallée au Moyen-Âge qu’ils purent songer à garnir leur cave. Ils se mirent à descendre dans la plaine rhodanienne, se réservant petit à petit un espace aux alentours de la ville de Sierre, pour y cultiver un plant de vigne appelé la Rèze. Un texte ancien de 1248 mentionne pour la première fois l’achat d’une terre à Sierre par
un Anniviard. À cette époque, ce n’était pas une contrée d’importants vignobles. Les Anniviards remuèrent le flanc des collines, à Noës, à Villa, à Muraz, à Veyraz, à Glarey, en y propageant la vigne, remontant le fruit de leur labeur dans leurs « barreaux » attachés sur le bât du mulet jusqu’aux plus hauts villages. Ils découvrirent que le vin làhaut mûrissait admirablement : le « vin du glacier » était né ! Pratiquant le nomadisme, les gens du Val d’Anniviers se répandirent autour de Sierre selon les communautés de la vallée : Luc et Chandolin avaient leur quartier à Muraz et à Viouc ; St Jean à Zarvettaz ; Pinsec et Fraz à Noës ; Vissoie, Mission et Grimentz à Villa ; Ayer à Borzuat ; Cuimey à Veyraz. Il n’y avait pas de rigidité dans cette distribution et les communautés de la vallée se retrouvaient dans les différents quartiers de Sierre. Elles avaient aussi leur cave ; elles y auront leur école. Afin que les Anniviards, très croyants, ne manquent pas à leurs devoirs religieux, le curé les accompagnera à Sierre où il avait élu domicile au presbytère de Villa. En ce jour de mai 1945, le curé Francey était perplexe face à la réponse qu’il venait de recevoir de Berne. L’ « Office de guerre pour l’industrie et le travail » lui répondait suite à la demande qu’il avait faite quelques jours auparavant au sujet de la construction d’une bordure de fumassière et fosse à purin à Villa/Sierre. Il tendit la lettre à Paul Genoud son fermier. Celui-ci se gratta la tête, fronça les sourcils et entama la lecture : « L’état de notre approvisionnement s’étant aggravé par suite du ralentissement des importations de charbon, nous sommes obligés de réserver le ciment pour les constructions urgentes ou nécessaires à notre économie nationale. Nous avons le regret de vous communiquer que nous ne pouvons attribuer aucune quantité de ciment et de fer, si minime soit-elle. Nous vous prions de remettre l’exécution des travaux prévus jusqu’au moment où la situation générale se sera améliorée. »
Une année après, le 29 avril 1949, l’agent Paul Genoud releva la tête : - Ne vous en faites pas Monsieur le curé, on de ville Produit dressa un procès verbal pour une contravention contre la cure de verra ça après la guerre ! Villa, soit pour : « Purin se répandant sur la Voilà plusieurs années déjà que le torchon voie publique et pour fausse à purin ouverte. » brûle entre les autorités sierroises et la pa- L’histoire ne dit pas si la paroisse de Vissoie roisse de Vissoie, propriétaire du presbytère paya une amende ou si elle contesta les faits. de Villa. Attenant à la maison paroissiale, Mais une chose est sûre : deux ans après le il y avait une grange-écurie destinée au rapport de l’agent de police Produit l’affaire bétail du curé Francey, qui était entrete- ne semblait pas résolue. nue par son fermier Paul Genoud. Le lieu Le 22 mai 1951, Paul Genoud, le fermier était habité par le révérend curé lorsque les de la cure de Vissoie, recevait une lettre Anniviards descendaient en plaine pour les émanant de l’Etude de Pierre Tabin, avocat différents travaux des vignes. Qui dit bétail, et notaire, comme quoi : « La Commission dit fumier ! On avait aménagé en bordure de d’Hygiène de la Commune de Sierre est saisie route une fumassière pour y déverser le fu- d’une plainte concernant l’état de la fumasmier que les vaches de la cure produisaient. sière de la Cure de Vissoye, à Sierre. » Mais voilà, les jours de pluies, le purin se Dans cette lettre le notaire Tabin tenait à répandait sur la voie publique, envahissant informer personnellement Paul Genoud : la route qui menait au centre de Sierre, et «…afin que vous puissiez, dans les 5 jours au les jours de grandes chaleurs, l’odeur du plus tard, mettre cette fumassière en ordre et fumier empestait le voisinage provoquant vous conformer au règlement de la Commune les plaintes et l’ire du Service d’hygiène de de Sierre afin d’éviter un procès-verbal (…) la Municipalité sierroise. En plus, la route Un nouveau contrôle sera effectué à l’expiraétant très fréquentée par les étrangers visi- tion de ce terme. » tant le musée du château de Villa, les auto- Il semble que le curé Francey n’ait pas pris rités communales ne pouvaient tolérer une conscience de la gravité de la situation pareille situation. Ces dernières exigeront car une année après, la Municipalité de durant plusieurs années que la paroisse de Sierre ordonnait à la paroisse de fermer la Vissoie clôture sa fumassière et construise fumassière. une fosse à purin pour le bien-être public. Le 19 janvier 1952, le Conseil de paroisse C’est la raison pour laquelle, le curé Francey de Vissoie se réunit et décide de répondre à après des années de tergiversation, avait de- cette menace de fermeture. En même temps mandé l’autorisation à l’ « Office de guerre le Conseil comprenait qu’il fallait vraiment pour l’industrie et le travail » d’acheter du entreprendre des démarches pour mettre ciment et du fer pour la construction d’une un terme une fois pour toutes à cette affaire bordure et d’une fosse à purin. Autorisation de fumassière du presbytère de Sierre. C’est pourquoi il envoya une réponse au Service qui lui fut refusée ! d’Hygiène de la ville : Trois ans après la fin de la guerre, apparem- « Le Conseil paroissial de Vissoie estime que ce ment rien n’avait été entrepris, la fumassière serait une dépréciation pour le bâtiment et peu posait toujours problème. La Commission idyllique, maintenant que la route passe très d’Hygiène de la Municipalité de Sierre proche, d’avoir une fumassière sous les fenêtres. envoya le 22 mai 1948 une lettre au curé Il est probable d’ailleurs que la paroisse vendra Francey pour qu’il entame au plus vite des les prés de Sierre, parce qu’on ne voit pas de motifs de les garder. travaux sous peine d’amende : « À plusieurs reprises ces années passées la Vu ces considérants, nous venons vous prier de Municipalité de Sierre vous a rappelé l’obliga- sursoir à vos ordres. Pour éviter l’écoulement du tion de clôturer votre fumassière. Tenant compte purin, nous ferons une petite fosse provisoire et de la pénurie de matériaux et de ciment, aucune l’on couvrira la fumassière de sable fin. » sanction n’a été prise (…) Vous êtes invité à faire Mais le 1er mai 1952 l’agent de police clôturer votre fumassière, travail que nous esti- Produit dresse un procès-verbal à l’intention mons urgent. (…) Ces travaux devront être ter- de la commission de salubrité publique : « L’état de lieux ne répond pas aux exigences de minés dans le délai d’un mois dès ce jour. »
la salubrité publique. La fumassière est recouverte d’une bonne couche de sable mais le lisier coule aux alentours pour terminer sa course dans un trou de peu de profondeur et recouvert de quelques planches. Avec le beau temps qui revient, les mouches commencent à se multiplier et les habitants des alentours ne peuvent plus tenir les fenêtres ouvertes. (…) Les habitants du quartier de Villa espèrent que finira bientôt cet état de chose et demandent que des dispositions soient prises au plus vite. » Vu la gravité du rapport de l’agent Produit, le lendemain 2 mai, la Municipalité de Sierre envoie une lettre au curé Francey pour qu’il exécute les travaux indispensables demandés déjà l’année dernière : « La police a dû constater que le lisier coule abondamment sur les côtés malgré le sable jeté sur le fumier. Comme nous faisons actuellement la lutte contre les mouches celle-ci se révélera stérile si les fumassières ne sont pas mieux entretenues. » L’invasion des sauterelles fut une des 10 plaies d’Egypte, l’invasion des mouches fut une plaie pour la ville de Sierre à cause de cette fumassière qui pendant 10 ans empesta la vie locale avant l’exode définitif du curé Francey à Vissoie suite à la vente du presbytère de Villa. Jean-Louis Claude Sources : Archives de la paroisse de Vissoie
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Être bourgeois,
© photo Simone Salamin
c’est quoi ?
de G à D: Phillipe Chauvie, Sébastien Bonnard, Walti Zuber, René Epiney, Henry-F. Crettaz, Thomas Salamin
Les bourgeois honnis par le grand Jacques Brel (cf. chanson « Les Bourgeois ») appartiennent à une caste argentée et privilégiée. En Anniviers, être bourgeois signifie « être originaire de», c’est reconnaître ses racines. Les bourgeoisies actuelles jouent un rôle important de gardiennes du patrimoine historique, bâti, traditionnel. Cela implique également suivre et s’adapter à la société d’aujourd’hui, soigner le lien entre l’ancien et le nouveau. Dans cet esprit, les membres des conseils des six bourgeoisies d’Anniviers (Ayer, Chandolin, Grimentz, St-Jean, St-Luc et Vissoie) se réunissent une fois par an pour partager soucis et projets. Lors des dernières retrouvailles le 5 décembre 2012 à St-Luc, Jacques Vouardoux président de la bourgeoisie de Grimentz jusqu’au 31.12.2012 a informé ses collègues de l’état d’avancement du processus de reconnaissance AOC de l’appellation « Vin du Glacier ». Ce parcours du combattant a débuté en 2000 à l’initiative de Clément Salamin ancien président de cette même bourgeoisie. Peut-être faudra-t-il patienter encore 12 ans pour que
les instances officielles acceptent enfin cette demande ? Les voies de l’administration sont parfois impénétrables… Un autre sujet préoccupe les conseils bourgeoisiaux : l’entrée en force de la nouvelle loi sur l’état civil dont les médias ont abondamment retransmis les débats parlementaires. Cette nouvelle loi implique une reconnaissance plus précise, détaillée, affinée et diversifiée du statut de bourgeois. Les bourgeoisies d’Anniviers souhaitent s’impliquer plus activement dans la mise en œuvre des énergies renouvelables. Par l’intermédiaire du Triage forestier d’Anniviers, un projet de construction d’un nouveau local de stockage de plaquettes de bois est envisagé. Dans notre vallée, le bois est disponible en abondance et les plaquettes issues de son exploitation pourraient servir au fonctionnement d’une nouvelle centrale de chauffage à bois pour des bâtiments publics par exemple. De même l’encouragement pour de telles installations chez les privés pourrait être envisagé. L’objectif d’une telle étude est que notre région se préoccupe mieux d’auto-approvisionnement
en matière d’énergie, cela relève du développement durable. Voilà, entres autres, les sujets discutés lors de cette assemblée annuelle qui se veut également conviviale et chaleureuse. Chaque conseil bourgeoisial reçoit ses collègues à tour de rôle. Les élections bourgeoisiales qui ont eu lieu aux mêmes dates que les communales ont toutes résulté d’un vote tacite en 2012. Pas de campagne électorale acharnée, juste des personnes de bonne volonté décidées à poursuivre cette noble mission. Le plus jeune conseiller bourgeoisial anniviard pour la période 2013 – 2016 est Thomas Salamin de Grimentz né en 1987. Non décidément, les bourgeois anniviards ne correspondent vraiment pas à ceux décrits par le grand Jacques…autre monde, autres mœurs. Simone Salamin
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Les consortages en Anniviers Dans notre vallée, nombre de groupements sont constitués sous pendant 30 jours, soit 10 au printemps, 10 forme de « consortage ». Qu’est-ce qui se cache derrière ce subsen été, 10 en automne ». Le surplus est évitantif, à quoi tend ce type d’organisation et quelle est sa finalité? demment facturé. Tout comme tout ce qui excède les statuts du consortage, ici de Zinal. Est-il si désuet? - Forêts: bois ou litière, mais interdiction de Un consortage est, en Suisse, précise le dictionnaire, une association de propriétaires ou d’usagers qui gère ses biens de façon collective. Une bourgeoisie? Sa notion fondamentale est l’appartenance, l’enracinement, l’origine malgré un habitat éloigné possible, même si la forme, l’échange d’intérêts, la jouissance des biens et la vie communautaire diffèrent peu avant de devenir symboliques, aujourd’hui. Le consortage réunit avant tout une « corporation paysanne » à titre économique, afin d’en gérer les biens qui ne sont ni publics ni privés dans le but de les exploiter de façon communautaire et à bon escient: un bisse qui s’écoule en se jouant des frontières officielles, une forêt ou un parcours en zone de mayens dont les propriétaires font déjà partie ailleurs d’une communauté et/ ou n’y vivent qu’une portion de l’année, un alpage, une étable. « L’unité naturelle des lieux, l’isolement parfois, les besoins des habitants saisonniers et la nécessité d’une exploitation agricole rationnelle sont les raisons principales de cette coalition. » Ainsi les sociétaires s’acquièrent des droits: d’eau des bisses ou des conduites, d’accès aux
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parcours (prés communs) pour les brebis ou les chèvres, de l’alpage pour les vaches ou des produits qui en découlent, de l’utilisation de bois et de litières, etc. selon la fonction du consortage. Or, les charges du consort (ou anciennement communier) sont parfois strictes. La société de Zinal, l’une des plus complexes, imposait d’être bourgeois d’Anniviers (donc indigène et habitant), de posséder un quota minimum de prés fauchables, de participer aux corvées (entretien des biens, v. 4 Saisons d’avril 2012) et aux assemblées sous peine d’amende. « Ces droits sont inaliénables et ne peuvent s’acquérir que par héritage », tandis qu’ailleurs, « les ayants droit recensés se transmettent leurs droits d’eau, de génération en génération, par héritage, donation ou vente ». Un consortage n’a de sens que dans la stricte exploitation des ressources. « Il s’agissait avant tout d’établir des règles pour l’utilité et le maintien de leur communauté ». On n’y prélevait que ce à quoi on avait droit: - Bisse: irrigation par tournus régulier et rationné en proportion à la taille de son terrain. - Parcours: « celui qui peut hiverner ses bêtes pendant 1 mois peut brouter les parcours
prélever du bois dans les forêts mises à ban (interdites à l’exploitation afin d’assurer une protection contre l’érosion et les avalanches), plus souvent l’apanage des bourgeoisies. Le but est donc la protection contre les abus d’exploitation et oblige les consorts à une attitude correcte et une utilisation parcimonieuse. On devrait s’en rappeler plus souvent… Un consortage trouve en effet sa valeur dans l’exploitation de ressources essentielles à nos existences. Celle des bisses et des parcours en revêt moins de nos jours. Par contre celle des conduites, à l’image du consortage des Ziettes (Giettes) et de la Meya ou de Morasses, qui gèrent l’utilisation de l’eau distribuée dans les mayens, où elle ne coule pas franchement de source. Et la création de routes carrossables pour y accéder d’ailleurs, en association de droit privé comme à l’Iretta et aux Luisannes. Par exemple. Quant aux alpages, leur origine remonte à leur exploitation familiale. La descendance, nombreuse et diverse à travers les époques, imposait une organisation réglementée sous forme de droits ou de location de droits. Les consortages des étables firent leur
© photo Nicole Salamin
apparition après la 2ème guerre. Les grandes constructions, l’évolution de l’économie, l’abandon de l’agriculture, notre vallée s’étiole durant les années 60 et se reprend en main sous cette forme. Notre vallée en est toujours le précurseur incontesté. D’ailleurs, la nouvelle économie dès cette époque institua dans bien des domaines publics des regroupements rationnels et censés: le centre scolaire, la STEP, la gestion des déchets, la sécurité, les services médicaux, etc. Signe des temps? On remarque de façon sibylline qu’on est désormais passé de l’exploitation des ressources à celle des produits. Et donc à la coopérative: « qui participe, se joint à l’effort d’autrui (...) en vue d’un résultat commun ». Cette notion d’assistance mutuelle vise le progrès économique. Elle est en outre l’une des formes les plus abouties de démocratie et est régie par notre code. Elle est « largement ouverte » à tous, se crée un capital social au moyen de parts sociales et accepte quelques biens ou apports en nature. Elle peut même ristourner une partie de son bénéfice d’exploitation. La laiterie « coopérative fromagère » en est l’exemple local. La gestion du produit se différencie de la ressource exploitée. On en déduit que le consortage ne distribue pas de liquide, eau mise à part, et est dans le fond la façon la plus
écologique de gérer notre environnement… La notion de consortage est typiquement helvétique, voir valaisanne, très usitée. Elle traîne même un léger parfum suranné tant elle est ancrée dans notre terroir. Or, sa forme d’organisation est l’une des plus adaptées et concrètes, donc contemporaines, tandis que la gestion des ressources mondiales est toujours plus d’actualité. Il y a donc de bonnes chances pour que ce type d’organisation s’exporte sur la scène internationale! Bourgeoisie, coopérative, consortage, réseautage x ou y, c’est ensemble que nous sommes plus forts. Notre vallée l’a toujours bien compris!
Les consortages d’étables Le meilleur exemple, et unique, du consortage en Anniviers est celui des étables communautaires. L’évolution de la société des années 60 impliquait des changements de méthodes coûteux dans le domaine de l’agriculture. Elle demandait « d’abandonner sa façon de faire » et pour nombre d’Anniviards de se chercher un emploi pour vivre car ils ne pouvaient plus subvenir de leur production individuelle, se rappelle Rémy Epiney. « Une gestion communautaire s’imposait mais fut laborieuse, tant par le changement de mentalité que par les difficultés finan-
cières. Il fallut aussi trouver la taille des terrains nécessaires pour accueillir étables et pâturages. » Elle relance avec une conviction pérenne l’élevage de la race d’Hérens par des passionnés. Urbain Kittel précise que c’est ainsi que se créèrent l’étable de Grimentz en 1969, suivie de celle de Vissoie en 1971, puis celles d’Ayer, de Mission. Anniviers compte donc 70% de son bétail en étables collectives avec une moyenne de 50 bêtes et 5-6 exploitations individuelles. En consortage, chacun reste propriétaire de ses bêtes. La gestion du fourrage diffère. Elle peut être en grange collective, au prorata du bétail (ex. Vissoie) ou individuelle. Le foin est donc fourni selon les besoins (ex. Grimentz). Un vacher est engagé pour les 6 mois d’hiver. Hors de notre vallée, il y eut des essais. 2 frères haut-valaisans ou à Grimisuat sous forme de S.A., mais rien n’a perduré. Il existe d’autres tentatives de gestion commune, mais aucune qui n’aille aussi loin que celles de nos étables. Doit-on conclure, une fois encore, que seul l’esprit de solidarité qui nous, Anniviards, nous anime nous permet de réaliser de grandes choses? Nicole Salamin Sources: publications (Ignace Mariétan, Bernard Crettaz), status/pvs de consortages, CO, articles divers.
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C’EST OFFICIEL !
la Bibliothèque d’Anniviers a été inaugurée le 23 novembre 2012 adultes et enfants en racontant Anniviers autour du Livre de Rozinna. Cette journée a illustré ce que la bibliothèque doit être à l’esprit de chacun : bien plus qu’un lieu de lecture, un espace ouvert aux rencontres et aux échanges pour toutes les générations.
Ces quelques lignes pour prolonger avec vous tous, lecteurs et lectrices assidus ou en devenir, cette journée officielle à laquelle beaucoup d’entre vous nous ont fait le plaisir de participer. Mali Wiget a enchanté
d’Anniviers ainsi que sur la faune et la flore (collection de la Diana). Ce catalogue est enrichi par celui du réseau virtuel des bibliothèques du district de Sierre. L’inscription est gratuite et votre carte Bibliopass vous donnera accès à toutes les bibliothèques du canton. Les mardis et jeudis de 16h00 à 19h00, notre collaboratrice en charge de la documentation et du prêt, Mme Christine Steullet Clivaz se réjouit de vous accueillir, de répondre à vos demandes et de vous orienter dans vos recherches. Vous pouvez également la contacter à l’adresse:
La bibliothèque d’Anniviers comprend plus de 6000 documents dont près de la moitié ont été renouvelés. Le choix est vaste : des livres pour bébés, des BD (jeunes et adultes) des films DVD, des romans pour la jeunesse et les adultes, des collections particulières sur la vie et le patrimoine bibliotheque@ecoleanniviers.ch
Télécabine de Vercorin le renouveau
Le 22 décembre 2012 est une date à retenir. En effet, la nouvelle télécabine 10 places de Vercorin sera finalement mise en service lors de l’ouverture des pistes, pour le plus grand bonheur des usagers qui pourront atteindre le Crêt-du-Midi en 10 minutes dans des cabines uniques en Suisse. Bien entendu, ces travaux ne se sont pas faits sans peine, car ce n’est pas que la télécabine qui refait peau neuve, mais également tout le restaurant du Crêt-du-Midi ainsi que le système d’enneigement artificiel. Ainsi, il a fallu coordonner les activités de plusieurs entreprises différentes et organiser le transport des très nombreux ouvriers sur les différents chantiers. Sans compter la neige qui, ces derniers jours, recouvre entièrement le village et rajoute une difficulté supplémentaire aux personnes se trouvant à l’extérieur à 2300m. De plus, lorsque l’on parle d’un chantier aussi étendu et important que celui de la télécabine, il est normal
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que des difficultés apparaissent, mais rien n’est insurmontable. Néanmoins, le bout du tunnel est en vue. Depuis plusieurs jours déjà, les tests de sécurité sont mis en place et les habitants de Vercorin ont eu la chance de pouvoir déjà admirer les nouvelles télécabines sur le câble, cabines qui sortent de la gare de départ à une vitesse impressionnante. Ainsi, nous osons espérer que la rénovation de cette télécabine va amener un renouveau à la station de Vercorin. En effet, volonté est faite de regrouper tous les acteurs touristiques de la station afin d’améliorer la communication et d’augmenter les synergies entre les différents organes touristiques, afin de redonner un dynamisme à cette région et améliorer la qualité de l’accueil aux touristes. Outre les changements apportés aux installations, c’est également une partie du personnel qui a changé durant l’été. En effet, de nouveaux visages font petit à petit leurs
apparitions dans la station, visages que nous devrions recroiser régulièrement dans les années à venir. Cela a permis la mise en place d’une équipe jeune et dynamique entourant Jean-François Badet, directeur et Josué Emery, chef d’exploitation, qui se donnent corps et âme pour que cette saison hivernale 2012/2013 se déroule au mieux et que les attentes du public soient comblées. Pour plus d’informations : www.12du12.ch www.rma.ch
La gare de Sigeroulaz à la mi-octoble
Bonne Année 2013 Janvier 2013 Numéro 11 Législature 2013 – 2016
2012 tire sa révérence avec une note éminemment positive La neige est tombée en abondance. Le concept « Anniviers en liberté » a amélioré nettement la fréquentation touristique estivale. Les réservations hivernales s’annoncent sous des auspices plus favorables. Mais cette année qui s’achève restera dans l’histoire suisse comme celle de la rupture. Dorénavant, la Suisse opulente et urbaine entend imposer à l’espace rural et alpin sa vision du développement économique. Il n’est plus certain que la montagne pourra encore jouer ses propres atouts touristiques et énergétiques.
En tant que responsable des constructions, il nous a fait bénéficier de ses immenses compétences techniques, de son esprit pragmatique, de sa puissance de travail et de sa remarquable perception des dossiers. Et pour couronner le tout, il a égayé le Conseil municipal par son humour, son ironie décapante et sa bonne humeur, qui vont beaucoup nous manquer.
L’étau se resserre. La coupe est bientôt pleine, mais jamais l’Arc Alpin ne se soumettra à la tutelle du plus fort, qui se traduirait par un génocide alpin. Dans ce contexte, il est de notre devoir de démontrer que nous sommes capables de prendre en main notre destin et d’être les acteurs d’un développement durable que la population appelle de ses vœux. Mais 2012 c’est surtout l’occasion de faire le panégyrique des trois membres du Conseil municipal qui ont décidé de rendre leur tablier.
Georges-Alain Zuber
© photo Geneviève Marandola
anniv’info
Simon Crettaz
a mis en place la réforme du tourisme. Par son engagement, son approche scientifique, son côté cartésien, mais aussi par ses facultés de persuasion, il a su désenchevêtrer les tâches entre la Commune, les Sociétés de développement, les Remontées mécaniques, les Bourgeoisies ou les privés. Sur tous les dossiers, il faisait parler son sens inné de l’intérêt public et ses grandes capacités de gestionnaire et savait, si de besoin, nous rappeler à l’ordre. ‹
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anniv’info
REPARTITON DES DICASTERES pour la legislature 2013 – 2016
Responsable
Suppléant
Simon Epiney
David Melly
Administration générale, personnel de chancellerie, énergie, aménagement du territoire, nouvelles constructions publiques
Responsable
Suppléant
Jeannine Walter
Simon Epiney
Finances, impôts, culte
Responsable
Nicole Salamin
Suppléant
Marc-Antoine Genoud
Tourisme, sentiers pédestres, gîte de St-Jean, bus navettes, manifestations publiques
Responsable
Christiane Favre
Suppléant
Nadine Zufferey
Affaires sociales et assistance, santé, sports, loisirs et culture, jeunesse, artisanat, commerce
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anniv’info Responsable
Nadine Zufferey
Suppléant
Christiane Favre
Enseignement et formation, crèche, UAPE, Autorité de protection de l’enfant et de l’adulte (APEA), Tribunal de police
Responsable
Augustin Rion
Suppléant
Gérard Genoud
Police du feu, protection civile, chargé de sécurité, police communale, gestion des parkings, ouvrages de protection contre les dangers naturels
Responsable
Gérard Genoud
Suppléant
Augustin Rion
Agriculture, bisses, alpages, forêts, gestion des déchetteries et bâtiments publics
Responsable
Marc-Antoine Genoud
Suppléant
David Melly
Gestion des travaux publics et des infrastructures sportives (piscines, patinoires et terrain de football), éclairage public
Responsable
David Melly
Suppléant
Marc-Antoine Genoud
Edilité, domaine des eaux, STEP et ordures, Commission de taxation des immeubles
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anniv’info
‹ Il fut l’homme des finances qu’on décrivait. Il s’est révélé, à juste titre, parcimonieux des dépenses publiques, même si son action fut marquée par un sens poussé vers l’innovation et l’investissement. Louis Salamin En tant que responsable des travaux publics, il s’est dévoué sans défaillir pour la Commune. La présence discrète, mais efficace sur le terrain, lui a permis d’augmenter les prestations communales, de coordonner les différentes activités, d’anticiper les conflits et de corriger les carences. Chers collègues, par votre expérience, votre savoir-faire, votre sérieux, votre persévérance, mais surtout par vos qualités humaines, vous avez contribué de manière décisive à la mise sur rail de la nouvelle Commune. Assurément, vous allez nous manquer. Alors chapeau bas. Vous avez mérité de prendre un peu d’air, d’être plus disponibles vis-à-vis de votre famille. Mais nous savons aussi que nous pourrons encore compter pour des services ponctuels car de l’œuvre publique vous en avez fait un sacerdoce. Simon Epiney, Président
Avec toute notre gratitude.
© photo Geneviève Marandola
Bonne année à toutes et à tous.
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VERTIGE AUX CHAMPS
© photo Gaëtan Salamin
D’ailleurs et d’ici Lucarne sur notre coin de terre et notre citoyenneté du monde
Je reviens de St-Luc. Pris de vertige une fois de plus par ces « sentiers valaisans (…) conduisant vers un ciel toujours plus beau ». La route déjà est d’une acrobatie à couper le souffle, elle force au respect pour ceux qui l’ont construite et pour les chauffeurs de bus qui la pratiquent par tous les temps. A-pics qui n’ont d’égal que ceux des bisses dont les photos de construction suffisent à me donner le tournis. Mais St-Luc, « la station des étoiles », snobe le vide et mise plus haut, « entre ciel et terre », depuis l’observatoire à la mémoire de François-Xavier Bagnoud, le petit prince de l’hélico (mort comme lui dans les sables), en passant par le chemin des planètes, jusqu’aux panneaux qui, dans le bourg et sur l’alpage, font leur clin d’œil aux mystères du cosmos. L’un d’eux liste les données requises pour qu’existe une possibilité de vie semblable à la nôtre quelque part dans l’univers. Il faut pour cela une galaxie suffisamment grande, une distance adéquate entre une planète et son étoile solaire, une masse critique de celle-là, une forme sphéroïde, une orbite elliptique pas trop allongée, une rotation sur elle-même, un satellite et, bien sûr, de l’eau. Conditions énormes, mais non impossibles dans un ailleurs encore inconnu ou virtuel…Or ces données sont réalisées chez nous comme une évidence de tous les jours, avec une apparence d’éternité.
Je reviens de St-Luc avec un vertige qui est bien plus que physique. Et je retrouve nos plissements jurassiens, les champs aux douces lignes fertiles qui relient notre Villars à son Fontenais, la route qui, sur tout ce kilomètre, épouse le méridien à tel point qu’elle se confond avec le pli de la carte. J’y retourne de nuit pour voir l’étoile polaire dans le prolongement vertical de cette artère sud-nord, pour sentir la voûte céleste basculer autour de l’axe reliant le village à son hameau. Sous le croissant de lune, je me demande avec Victor Hugo : « Quel dieu, quel moissonneur de l’éternel été Avait, en s’en allant, négligemment jeté Cette faucille d’or dans le champ d’étoiles. » Je foule un sol où se promenaient, il y a 152 millions d’années, quand il était encore sablonneux et marin, les vertébrés les plus évolués d’alors, ces gros « lézards terribles » qui, suite à une catastrophe climatique, ont fait place au règne des mammifères, le nôtre. Un sol devenu terre cultivable dans un climat tempéré. De cette terre dont un de nos agriculteurs avouait : « Je l’aime tellement que j’en mangerais. » Alors, loin de guérir de mon vertige, je m’y enfonce davantage. Je pense à notre privilège d’exister ici et maintenant, dans ces conditions globales si favorables à la vie ; dans la sécurité, relative bien sûr, mais sans comparaison avec ailleurs;
dans cette qualité de vie et de convivialité sans prix. Mais surtout, je repense à ce paléontologue qui s’exclamait devant les traces de dinosaures : « Ce qu’il y a de plus émouvant, c’est que la biche qui passe ici voit les mêmes choses que nous, mais ne se rend pas compte de leur histoire. » Seuls donc, nous sommes seuls à abriter cette connaissance, cette conscience de notre monde. Seuls avec tous les humains susceptibles de s’émerveiller. Et tout cela se passe dans notre tête, dans l’interconnexion des milliards de neurones qui clignotent comme des étoiles dans la boîte grise de notre crâne, vraie micro-galaxie à l’image de la grande qui nous emporte dans son carrousel cosmique. Seuls avec tout ce big bang de bonheur dans notre cerveau, qu’un astrophysicien admirait comme « le morceau de matière le plus parfait qu’on puisse trouver dans cette partie de l’univers. »… C’est assez pour sombrer en plein jour dans mon vertige extra-terrestre jusqu’à me vider de moi-même. Le soleil me brûle le front, mes méninges bouillonnent. Les tempes me battent, bisses et sillons basculent et se confondent. Quelle tiaffe d’enfer ! C’est qu’il est midi, je ne sais plus très bien ce que je dis. Edouard Philippe Höllmüller 2903 Villars-sur-Fontenais
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Recette de vie Depuis l’essor du tourisme, au fil du temps, un grand nombre de personnes en provenance de différents pays vivent au Val d’Anniviers. Zinal, par exemple, qui comptait 6 habitants à l’année en 1960 et 110 en 1970, s’est métamorphosé de village-mayen, habité de manière périodique par des personnes originaires d’Anniviers, en village-station, habité toute l’année par des personnes de divers horizons. Comment se réalise cette conjugaison d’ici et d’ailleurs ? Quels sont les ingrédients de la recette de chacun ? Je vous invite à découvrir la recette d’Aubrey Diem.
© photo ATC
européenne, changements économiques et problématiques liées à l’environnement, il a publié « Western Europe: A Geographical Analysis », « The New Germany : Land, People, Economy » et « Switzerland : Land, People, Economy» qui décrit la Suisse du point de vue géographique et économique. « With its variety of peoples, places, climates, and landscapes, Switzerland is a rich lode for geographers, travellers, tourists and above all for its inhabitants. » (Avec sa variété de gens, de lieux, de climats et de paysages, la Suisse est un riche filon pour les géographes, les voyageurs, les touristes et en premier lieu pour ses habitants). Un filon qui l’a personnellement marqué. En effet, une fois à la retraite, après 40 ans d’enseignement, Aubrey décide de s’établir à Zinal où il vit depuis 1998. Aubrey Diem
En 1967, Aubrey apprenait par un article du New York Times qu’une nouvelle station de ski était née dans les Alpes suisses. Zinal venait d’inaugurer son domaine skiable doté d’un téléphérique et de trois téléskis. Né en 1931 à Détroit, Etats-Unis, en 1960 Aubrey s’établit au Canada où il sera professeur de géographie à l’Université de Waterloo, Ontario. De fréquents voyages d’exploration surtout en Europe, Moyen-Orient, Union Soviétique, Japon et Mexique, aboutissent à la publication d’une dizaine d’ouvrages et de nombreux articles. Spécialisé en géographie
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Quand es-tu venu à Zinal la première fois ? Je connaissais déjà les Alpes, car j’avais effectué une étude de géographie politique sur la Vallée d’Aoste. Je connaissais aussi un peu la Suisse. L’article lu dans la presse m’avait donné envie de voir Zinal. C’est pourquoi, en 1967, lors d’un voyage en Europe de l’Est avec un groupe de mes étudiants, je m’y rendis et décidai tout de suite d’y louer un appartement pour l’année suivante. J’aurais pu ainsi avoir une base pour mes voyages d’étude en Europe. Cet endroit était idéal aussi pour mes enfants qui allaient profiter des pistes de ski et apprendre le français.
En 1968-69 avec ma famille nous nous y sommes établis pour une année. Mes enfants de 10 et 12 ans allaient à l’école à StJean avec les enfants de la famille Genoud. A cette époque les élèves étaient regroupés dans une seule classe. C’est leur maître Denis Melly qui les conduisait de Zinal à St-Jean. Cette même année j’achetai un studio aux Glaciers. Pourquoi as-tu choisi de vivre ici ? Lors de ma première visite en 1967, j’ai aimé tout de suite le côté sauvage du Val d’Anniviers, comparé à d’autres lieux plus connus. Cette vallée était authentique avec beaucoup de forêts et de villages caractéristiques. Encore aujourd’hui elle n’a pas été trop abîmée par le développement. Zinal a été préservé grâce à sa position. Situé au pied des sommets et de nombreux couloirs d’avalanche, il est entouré de zones rouges défendues à la construction. Ce qui lui a permis de garder son cachet. J’aime ce côté préservé et tout particulièrement l’emplacement de Zinal qui, tout en étant au cœur des montagnes, est doté d’un grand plat. Lorsque je suis venu vivre toute l’année à Zinal, pendant quelques années j’ai travaillé sur les pistes pour les RMZ. J’ai une patente canadienne de moniteur et j’ai pu donner aussi des cours de ski. J’aime les montagnes et l’enseignement, cela m’a permis de vivre encore ces deux passions de manière active. Entre les Etats-Unis, le Canada et l’Europe, où sont tes racines ? Je suis le premier de ma famille qui est né aux Etats-Unis. Mes parents étaient originaires de la Galicie, une région située au nord-est de l’Autriche faisant partie de l’Empire Austro-Hongrois des Habsbourg qui fut partagée entre la Pologne et l’Ukraine à la fin de la 1ère guerre mondiale. Envahie par l’armée russe en 1914, la Galicie vit ses villes et ses villages rasés au sol. Mon grand-père fut tué par les
Italiens sur le front Isonzo-Socia, entre la Slovénie et l’Italie. Sur ce front périrent un million d’Autrichiens et un million d’Italiens. Ayant tout perdu en Galicie, en 1920 ma grand-mère décida de partir avec cinq de ses enfants rejoindre un de ses fils en Amérique. Ma mère, qui devait avoir 12 ans, arriva à Detroit avec un passeport ukrainien. J’ai écrit un livre sur la 1ère guerre mondiale, dédié à mon grand-père, mais aussi sur l’Holocauste à la mémoire de toutes ses victimes. Je suis né aux Etats-Unis, mais comme tous les Américains, j’ai des racines européennes. Je suis venu en Europe pour la première fois en 1954 pour mener des recherches de géographie politique au Val d’Aoste et puis donner des cours de géographie aux soldats américains en Allemagne. Est-ce que tu te rends souvent au Canada ? Plus maintenant. J’ai beaucoup voyagé dans ma vie. Chaque été, je venais en Europe. En 1958 j’ai passé l’été en Sicile où j’ai mené une étude sur la Réforme agraire sicilienne pour mon doctorat. Dans les années 60 j’ai pu me rendre dans les pays communistes de l’Est et aussi au Moyen-Orient. Je n’ai plus envie de prendre l’avion. Ces dernières années, ma fille vient me voir à Zinal. Est-ce que ta vie ici te plaît toujours ? Est-ce que le Canada te manque ? J’aime vivre ici, parce que le village a bougé un peu mais pas trop et aussi parce que j’ai des bonnes relations avec les gens. Je garde d’excellents souvenirs du Canada. Je l’ai parcouru de haut en bas, de la côte pacifique à la côte atlantique en voiture.
J’aime la musique et le théâtre. J’ai vu beaucoup de concerts et de spectacles à Toronto. Cela me manque un peu, mais je regarde les concerts de mes musiciens canadiens préférés, comme Léonard Cohen, Diane Cole et Glen Gold, à la télé sur les chaînes allemandes et aussi des opéras. Ma principale drogue est la lecture. Je passe aussi beaucoup de temps à classer mes photos. Dernièrement j’ai réalisé des livres avec mes meilleures photos : « Family of Man », « Switzerland » et « Materhorn 360° » et rédigé des articles pour « Letters from Switzerland »,
Quels sont les plats que tu aimes le plus ? Quelle est la recette que tu souhaites partager ? J’aime les roestis et la raclette. Je vais toujours aux Bouquetins, dont le patron est un véritable «docteur en fromage». Les filets de saumon sauvage grillés me manquent beaucoup. J’aimerais partager un plat d’origine russe que cuisinait ma mère. Adriana Tenda Claude Des livres d’Aubrey Diem sont en vente à l’Office du tourisme de Zinal.
www.switzerlandinsound.com
Quels sont tes endroits préférés ? Zinal, le fond de vallée et Sorebois qui a l’un des plus beaux panoramas des Alpes. Toutes les cabanes de la vallée où j’allais régulièrement. Le Bishorn, la Pointe de Zinal et Zermatt par le Col Durand font partie de mes meilleurs souvenirs. En Valais, la Fondation Gianadda à Martigny est un vrai régal. Je suis passionné de peinture. Parmi mes peintres préférés, il y a Guttuso, un peintre sicilien, mais aussi Monique Matet, peintre française qui a vécu à Zinal et à Mottec. J’aime aussi me rendre à Moosalp, au-dessus de Visp. A mon avis c’est là qu’on mange le mieux dans tout le canton. Moosalp est situé sur un plateau à 2000 m avec une vue grandiose sur Saas-Fee, la vallée du Rhône et le Bitschorn.
Recette de « Blinis » (petites crêpes) pour 4 personnes Délayez 15 gr de levure fraîche dans 4 cuillères à soupe de lait tiède et mélangez. Versez 150 gr de farine dans un récipient. Séparez les blancs des jaunes de 3 œufs. Conservez les blancs dans un bol. Versez les jaunes sur la farine ainsi que 2 pincées de sel fin, la levure délayée, un 1/2 de lait et mélangez. La pâte qui en résulte est homogène. Couvrez-la et laissez-la reposer pendant 3h. Montez les blancs en neige, puis incorporez-les à la pâte. Chauffez du beurre dans une petite poêle. Versez une louche de pâte et laissez cuire à feu moyen 2 à 3 minutes de chaque côté. Ma mère ajoutait des raisins secs et du sérac ou du fromage blanc, fermait le blini et le servait. Vous pouvez aussi servir les blinis avec du saumon fumé. Enjoy your meal !
Vissoie - 027 475 18 77
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UNE TRES BELLE HISTOIRE DE SOURCE
Une serie d’histoires de sources anniviardes mal connues
© photo Yvonne Jollien Berclaz
La première commence à Niouc
Description Quand nous arrivons aux peupliers sous le village de Niouc, il faut s’arrêter, puis descendre le long des peupliers, là nous apercevons un petit sentier qui descend à l’horizontale sur environ 200m. Ce sentier surplombe la rive droite du haut de la Navizence, il est bien entretenu par les gens du village, l’endroit est une petite merveille, qu’il faut savoir qu’elle existe, je pense que peu d’Anniviards y ont été.
Historique Avant 1920, le village de Niouc n’avait pas d’eau, le seul point, c’était une petite source à quelques 200 m sous le village, l’accès était raide et pentu, droit sur les précipices de la Navizence en face du bisse de Riccard, pas vertigineux, les arbustes sont là pour cacher le danger. Au fond de ce petit chemin vous découvrirez une jolie petite source bien entretenue, cette eau sort sous le rocher, dans l’ancien temps, pour l’exploiter, il a fallu faire des forages, en arrivant sur place, nous apercevons un trou en forme de murette de 3 à 4 m, joli débit.
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Cette eau était calcaire contrairement aux autres sources de la vallée. Messieurs Antille me disent, qu’elle venait probablement de la rive droite du Rhône et elle contenait des traces crémeuses à la surface, peut-être la présence de minerais, sous celle-ci, nous avions les mines de Blesec où l’on exploitait le zinc, l’argent, le cuivre, le plomb déjà au 19e siècle. Les trous sont visibles depuis le bisse de Riccard. Cette source de vie, est un patrimoine riche à conserver. A partir de 1920, l’on s’est approvisionné de l’eau de la canalisation (VissoieBeauregard ). Sur le plan de Niouc pas très loin de la falaise. L’eau arrivait de l’une des fenêtres du canal pour alimenter le village en eau ménagère et pour l’arrosage des prés et champs. Cette eau n’était pas toujours potable, à la fonte des neiges, elle arrivait souvent trouble et limoneuse puisque c’était l’eau de la Navizence. En 1921, l’on a pris l’eau du canal pour l’amener jusqu’à Briey, en construisant le pont suspendu, sur la traversée du pont nous voyons les tuyaux et sa présence est toujours d’actualité. Niouc dans l’ancien temps, était un tout petit village de transhumance, peu de foyers restaient à l’année, il y avait beaucoup de champs de blé, de pommes de terre et d’arbres fruitiers. C’est aux environs de 1956-59 que l’on a pris l’eau potable de Soussillon, en traversant les falaises de la grande Pontis par © photo Yvonne Jollien Berclaz conduit câblé, nous les voyons en regarA l’extérieur, il y a un petit chéneau de bois dant au ciel depuis la route cantonale, ce et un vieux bassin, assez d’eau pour abreu- conduit est suspendu d’une falaise à l’autre ver les animaux sauvages. pour rejoindre Niouc, depuis l’eau potable Avant 1920, l’on descendait abreuver le coule dans chaque ménage. bétail et chercher l’eau pour le besoin des ménages, les anciens se rappellent qu’ils deJollien Berclaz Yvonne vaient prendre cette eau avec des brantes ou charger les mulets pour l’amener au village, A la prochaine saison une nouvelle histoire de source. la montée était rude.
Des nouvelles du dicastère
« accueil et information » d’Anniviers Tourisme
Anniviers Tourisme poursuit son bonhomme de chemin, avec en ligne de mire toujours le même objectif : vendre le Val d’Anniviers dans son intégralité. La richesse de son patrimoine, la complémentarité de son offre et la variété de ses activités sont des chaînons qui, appréhendés dans leur ensemble, font du Val d’Anniviers une destination d’une surprenante diversité. Une fois toute l’offre « Anniviers » déployée, même les plus exigeants s’avoueront vaincus : en Anniviers, il y a de tout, et à volonté. Les canaux d’information ont donc naturellement suivi la tendance, pour devenir petit à petit des guides exhaustifs à la disposition des hôtes de la vallée.
3 différents sites verront le jour :
Démonstration par 3 exemples…
Le feuillet des animations hebdomadaires / activités
L’Anniscope Depuis l’hiver 2011-2012, les 4 brochures d’informations (St-Luc/Chandolin Grimentz - Zinal - Vissoie) ont disparu au profit d’une brochure en commun : l’ « Anniscope ». Editée deux fois par année (été / hiver), elle répertorie toutes les informations utiles dont le touriste doit pouvoir disposer lors de son séjour en Anniviers. Vision « Anniviers » : L’Anniscope est conçue de telle sorte que l’utilisateur sélectionne d’abord la thématique qui l’intéresse (restaurant, musée, piscine, …) avant d’être redirigé vers la station qui propose l’activité souhaitée.
Le nouveau site web Dans le courant de l’hiver 2012-2013, un nouveau site web remplacera les sites actuellement en fonction. Avec un design rafraîchi, de nouvelles fonctionnalités et une ergonomie adaptée aux attentes des internautes, il servira de vitrine pour l’entier de la destination.
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Le site d’information « montagne » : Val d’Anniviers (Anniviers et Vercorin) Le site d’information « plaine » : Sierre, Salgesch et environs Le site de vente : Sierre-Anniviers Marketing et ses offres Vision « Anniviers » : Sur le web, le Val d’Anniviers sera mis en avant dans sa globalité, en tant que destination. Exceptée une page de présentation pour chacune des stations, tout le reste du site sera orienté « Val d’Anniviers » avec une mise en évidence de ses produits, activités, événements.
De manière à densifier l’offre en animations, Anniviers Tourisme édite un petit feuillet qui répertorie toutes les animations hebdomadaires et les activités réalisables sur demande, pour tout le Val d’Anniviers. Les animations sont d’abord triées par jour, puis par lieu. Il est toujours possible, dans chaque office du tourisme, d’obtenir le programme de la semaine de la station en question, pour les touristes qui ne souhaitent pas se déplacer dans la vallée.
Vision « Anniviers » : Le touriste n’est plus seulement limité au programme hebdomadaire de la station dans laquelle il se trouve. C’est la totalité des animations de la vallée qui est listée dans le feuillet, ce qui lui permet d’établir le programme de sa semaine en ayant un aperçu de l’entier de l’offre. Au fil des saisons, Anniviers Tourisme continue de consolider sa stratégie d’information/communication. Continuellement améliorée, adaptée, peaufinée en fonction des retours de la part des hôtes et des partenaires touristiques, elle prend forme et devient petit à petit une solide base de travail qui dicte la manière de véhiculer l’information. Nathalie Studer - responsable accueil et information, Anniviers Tourisme
LE ski team anniviers
souhaite une excellente annÊe 2013 aux lecteurs et remercie tous les annonçeurs.
merci
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Montagne Club Anniviers mettre en position « assise » prévenir qu’on est prêt et puis rien qu’avec les jambes effectuer de petits bonds en arrière. Pas si compliqué !!! L’escalade est un sport qui demande aux enfants beaucoup de concentration, de confiance, et de responsabilité, ce qui n’est pas facile si jeune !
Dans l’équipe du Montagne Club Anniviers Vous ne connaissez pas encore le groupe des plus jeunes : Les Geckos Enfants (de 6 à 10 ans) du Val d’Anniviers, qui présentent au bout de leurs doigts des lamelles adhésives comme des petites ventouses à force de grimper toute l’année !!! Ce groupe de petits escaladeurs se réunit chaque lundi de 17h30 à 19h00 pour se former aux différentes techniques d’escalade. Au total, une vingtaine d’enfants encadrés par Nathalie Guissard.
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C’est pourquoi depuis septembre jusqu’à juin, nous faisons différentes activités : la plupart du temps en salle en ce qui concerne la grimpe, sur rocher dès que c’est possible, et pendant l’hiver nous organisons 4 à 5 sorties en raquette (animées par des accompagnatrices en moyenne montagne) pour que les geckos se préparent à devenir de futurs alpinistes. Pendant l’été un petit camp de 3,4 jours est proposé à tous ces jeunes motivés, qui leur permet de découvrir la vie en refuge et d’autres contrées hors du Val d’Anniviers.
Quelques mots pour expliquer ce qui se passe pendant l’année : Au début, on commence par apprendre quelques nœuds (8, demi-cabestan, double 8) qui vont servir à grimper et à assurer. Ensuite, on grimpe jusqu’où on peut. A chaque séance un peu plus haut, un peu plus vite, avec les yeux bandés, avec les pieds attachés,... tout cela pour être de plus en plus à Si vous êtes intéressé de faire partie de ce groupe, l’aise et commencer à n’utiliser qu’une seule vous pouvez prendre contact avec nous : couleur de prise et monter des voies de cotaGuissard Nathalie tion de plus en plus difficiles: 4a-4b-4c-5... Zufferey Pascal Mais n’oublions pas qu’il faut aussi reZufferey Stéphanie descendre et pour y arriver, il faut avoir confiance en son copain qui est en bas et qui assure en gérant la vitesse !!! D’abord se
Les 4000’s Les 4000’s (prononcez les « quatre mille », tout simplement) est le nom d’une association qui a vu le jour à Zinal, début 2012. Elle a été créée par des jeunes du village qui avaient constaté, avec effroi, que les discothèques de Zinal et de Grimentz ne seraient pas ouvertes, pendant la saison d’hiver 2011-12. Gaëtan Bonnard nous raconte l’histoire de cette association.
soirées durant l’hiver. Leur but était d’animer les nuits anniviardes en donnant la possibilité aux gens d’ici, aux propriétaires de chalets ainsi qu’aux touristes, de se rassembler pour se divertir. Le 28 décembre, une première soirée fut organisée dans les garages de l’entreprise Melly à Zinal. Elle servit de répétition générale à la soirée du 31 et permit de tester un peu l’organisation avant le réveillon lui-même. La réussite fut au rendez-vous. L’association
© photo Janine Barmaz
Rapidement, une association a été créée afin de définir clairement le rôle et les objectifs du groupe. Elle a été présentée aux autorités communales afin d’être reconnue et de pouvoir leur demander un soutien. La commune, intéressée, a accepté de mettre ses salles à disposition gratuitement. Actuellement l’association est constituée de huit membres, tous liés à Zinal. Il s’agit de Boris et Gaëtan Bonnard, Yann Crausaz, Virgile Genoud, Camille Germann, Samuel Melly, Anthony Meyer et David Walther. Le groupe n’est pas un groupe ferLes débuts de la St-Sylvestre à la salle polyvalente. mé. Pour faire partie de l’association, deux Ces jeunes décidèrent de relever le défi. conditions essentielles : être attaché au val Fin 2011, l’Office de Tourisme de Zinal Ils saisirent l’opportunité de faire leurs d’Anniviers « par le sang ou le cœur » et cherchait quelqu’un pour organiser la soirée preuves, dans l’idée d’organiser d’autres être accepté par les autres membres.
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Hiver 2012 Fort de ses premières expériences, le groupe décida de mettre sur pied une soirée à thème par mois, soit à Zinal, soit à Grimentz. Ce rythme permettait aux jeunes organisateurs de ne pas être surchargés par la tâche et de trouver la date qui convenait le mieux en fonction des autres manifestations organisées dans la vallée. Le 28 janvier, les 4000’s occupèrent la salle de gym de Grimentz. Au préalable, par souci des formes, contact avait été pris avec le groupement local du Team Avalanche qui ne vit aucun problème à ce que des gars de Zinal organisent une fête à Grimentz. La soirée remporta un succès dépassant toute espérance. Finalement, en plus du réveillon du Nouvel An, furent organisées trois fêtes à Zinal et deux à Grimentz. L’organisation de chaque soirée était entièrement gérée par les membres eux-mêmes qui se sont répartis les tâches : la décoration, la planification musicale, la caisse, les boissons. Pendant les soirées, ils travaillent seuls, car ils souhaitent garder leur autonomie. Cependant Gaëtan saisit l’opportunité qui lui est offerte ici, pour remercier vivement les copines des membres et les proches qui leur ont donné un coup de main en différentes occasions. Les thèmes suivants ont donné leur couleur aux soirées : « Underground » et « le Grand Bal des Diablons » pour Zinal, « La conquête de l’Ouest » (vous percevez l’audacieuse allusion sociogéographique ?) et les « Pirates » pour Grimentz. La décoration des lieux et les costumes des maîtres de cérémonie créaient l’ambiance ad hoc.
L’argent gagné a été investi dans l’achat de matériel : costumes, tables hautes et lumières. Car les 4000’s ont bien l’intention de poursuivre l’expérience cet hiver-ci. Avec un bilan de 1500 personnes pour les différentes soirées (dont le réveillon), ils considèrent avoir tenu leur pari. D’ailleurs ils ont eu un très grand nombre de retours positifs, venus aussi bien d’individus que des autres associations de la vallée. Au fil des soirées ils ont rodé leur organisation et pris connaissance des choses à améliorer. L’accent est mis sur quelques points essentiels : la décoration qui pose le cadre, la musique à adapter au goût du public et, point capital, la sécurité qu’ils assurent au mieux en prévoyant des lunabus entre les différents villages d’Anniviers. Hiver 2013
A la fin de la conversation, Gaëtan Bonnard qui a eu la gentillesse de répondre à toutes mes questions, souligne deux fois que les 4000’s ne veulent en aucun cas prendre le travail des autres et être en concurrence avec les commerçants. En fait, une excellente collaboration avec eux s’est instaurée l’hiver dernier. L’unique ambition de l’association est d’apporter un plus dans l’animation de la région. Objectif atteint à la satisfaction générale. Un drôle de nom ! Pour ce qui est du nom de l’association, ils ont longtemps cherché. Leur choix s’est fixé sur les 4000’s car ce nom montre bien d’où ils viennent, est simple à retenir et appartient à un créneau différent de ce qui existe déjà.
Cette année, ils vont aussi « coloniser » la Des jeunes originaux, créatifs et entreprerégion de St-Luc-Chandolin. nants, voilà ce qu’il nous faut : avec les Leur calendrier est prêt : 4000’s on vise les sommets ! Janine Barmaz
Vendredi 28 décembre à Zinal, au pub dès 16h Lundi 31 décembre
à la salle polyvalente de Zinal
Samedi 26 janvier
à Grimentz
Samedi 23 février
à Zinal dans les garages Melly
Samedi 9 mars
à St-Luc ou Chandolin, dans le cadre du First-Track Freeride
Samedi 13 avril
à Zinal, fermeture de la saison : animation sur les pistes, la journée, et dans les rues du village, le soir.
3961 St-Luc Tél. 027 475 13 48
sport4000@netplus.ch www.sport4000.ch
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Hélène,
© photo Simone Salamin
l’intrépide
Hélène a couru, beaucoup ; à plus de 50 ans, le coup de foudre pour la course à pied lui est tombé dessus ! Le mot n’est pas trop fort, voyez plutôt ; quinze fois Sierre-Zinal, plusieurs marathons en commençant par celui d’Eindhoven en 1983, onze fois celui de New-York, deux fois à Hawaï et Londres, entre autres. La cinquantaine frappant à sa porte, Hélène a laissé tomber toutes ses autres activités pour courir, et elle s’en est donnée à cœur joie jusqu’à la septantaine bien dépassée. De grands-parents nés dans l’Oberland bernois, d’une maman grandie à Adelboden et partie apprendre l’anglais en GrandeBretagne, mariée à un Hollandais, Hélène a été la première à le voir dans cette nouvelle famille en 1926, aux Pays-Bas. Entre des vacances heureuses à Adelboden et la vie en Hollande, Hélène passe une enfance sereine jusqu’à ce terrible 10 mai 1940 lorsqu’éclate la guerre. Dès 5 h. du matin, des parachutistes envahissent la région, pendant 10 jours tout s’arrête, plus d’école, plus de travail, l’incertitude s’installe. Puis, malgré l’occupation, les habitants décident de reprendre le cours de la vie le plus normalement possible. Dès 1941, la résistance s’organise, d’abord par la génération de ses parents. « On voyait bien que les Juifs étaient arrêtés et emmenés, mais personne n’arrivait à connaître leur destination » dit Hélène, encore remuée à cette idée 60 ans plus tard !
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Quand elle a atteint ses 17 ans, Hélène a pu jouer son rôle dans la résistance : parcourir 20 km à vélo deux fois par nuit de préférence et distribuer un journal illégal appelé « Trouw » (fidèle) à des adresses bien précises. Ce journal existe encore aujourd’hui. En ce temps-là, seules jupes et robes étaient autorisées; une fois, Hélène a été arrêtée par une patrouille chargée de contrôler les personnes et de réquisitionner les vélos. Le ventre arrondi par tous les journaux à distribuer et cachés sous ses habits, Hélène a pu passer pour une femme enceinte et on l’a laissé partir, ouf ! Deux fois par semaine, elle va chercher du lait pour ses petits frères et sœurs avec un arrosoir, faute de bidon, chez un paysan de la région. Gaz, électricité, chauffage, tout cela ne fonctionne plus, le dernier hiver avant la libération est particulièrement rigoureux. Les habitants n’ont que très peu à manger; parfois ils réussissent à se procurer un peu de fromage à la campagne, chez des fermiers. Son père se rend au travail en patins par les canaux, on ne bénéficie ni de service postal, ni de téléphone, juste un poste de radio rescapé permet d’écouter les nouvelles transmises par Radio-Londres. La reine et le gouvernement hollandais sont réfugiés en Grande-Bretagne, la princesse et ses 3 enfants au Canada. Un intense trafic de bateaux se déroule durant la nuit sur la Mer du Nord entre Grande-Bretagne et Hollande, mais les activités demeurent secrètes, il vaut mieux ne pas savoir…
Il faut toujours avoir sur soi une carte d’identité avec un faux nom, en cas d’arrestation, ça fait gagner du temps. Quelques jours avant la libération, des avions ont largué de la nourriture : pain blanc, chocolat, petites saucisses et… cigarettes. Mais durant ces derniers jours de guerre, l’occupant a encore beaucoup tiré, pour rien, par dépit, en désespoir de cause… Hélène a connu beaucoup de gens qui ont disparu pendant la guerre ; elle les voit alors revenir des camps, méconnaissables… encore aujourd’hui, elle ne supporte pas la vision d’une seule image de guerre. Une sœur d’Hélène a publié un livre qui raconte la traversée de cette époque par cette famille somme toute ordinaire ; malheureusement, la traduction française n’existe pas. Puis il a bien fallu reprendre le cours de la vie, Hélène a travaillé comme secrétaire dans un bureau de placement, a rencontré « son » homme, s’est mariée en 1950, a eu 2 garçons et 2 jumelles, est restée aux PaysBas jusqu’en 1959, s’est installée ensuite à Bruxelles pour 25 ans, là où son mari Sjouke a travaillé au Parlement Européen. Cherchant un logement de vacances à la montagne, quelque part entre Adelboden et l’Italie, une petite annonce les conduit en Anniviers ; tout de suite, cette vallée répond à leurs aspirations : climat agréable, environnement calme, paysage fantastique. Venus régulièrement dès 1978, ils se sont installés définitivement à St-Luc, la retraite venue, en 1984. Durant ses premières années de séjour par chez nous, Hélène a appris à skier avec Joseph, puis Augustin avant de trouver son bonheur dans la course à pied. Aujourd’hui Hélène est veuve, son fils Michiels veille sur elle ; lui aussi est un grand sportif, dans sa catégorie il se situe dans le top mondial des triathlètes. Bravo Hélène l’intrépide, à plus de 86 ans tu nous épates toujours ! Simone Salamin
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Du cuir de sonnettes
© photo Nicole Salamin
La nuit tombe sur la vallée. Chacun presse le pas et rentre chez lui. La saison froide est propice aux activités d’intérieur, au coin du foyer ou dans son atelier. C’est celle que privilégie JeanBlaise Constantin pour s’adonner à sa passion, la création de cuirs de sonnettes.
Son petit atelier est empli de matériaux et d’outils. Au coin de la pièce, une stéréo, au mur 2 ou 3 photos-souvenirs de trophées fabriqués pour des combats de reines ou des détails de parure. La pièce se cache au fond du cabanon de jardin, en contre-bas de la maison familiale. On y accède par un dédale d’étagères sur lesquelles on découvre, alignées comme dans une salle d’attente, une série de sonnettes et leurs parures en voie de réparation, ainsi que 4 nouvelles de tailles différentes pour une commande. La fabrication d’un collier nécessite un grand rectangle de base en cuir, de couleur
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naturelle ou teinté noir, de 1 m 24 x 17 cm découpé d’une plaque sur lequel sera appliqué un second morceau, bien plus petit et dénommé « la main », servant à maintenir la cloche tout en étant l’élément décoratif de la courroie. Sans oublier les entailles pour faire passer la cloche, il arrime la main à une quinzaine de centimètres de l’une des extrémités de la base à l’aide de clous dorés et de rondelles ou rosaces selon le motif à réaliser. Fermoir et boulons scellent la plaque pour passer le collier à la bête. Des bandelettes de cuir glissées à l’intérieur, sous l’anse de la sonnette, serviront à la caler car la matière rétrécira avec le temps. Le tannage du cuir à partir de la peau d’une bête nécessite près d’une bonne année avant d’être retourné prêt à la découpe! A l’aide de chablons, d’un crayon et d’un cutter, il découpe les reliefs de la main pour lui donner forme sans jamais s’être coupé la sienne. Il cisèle ensuite les bords de la pièce avec une reinureuse et un compas, se sert d’un abat-carré pour biseauter l’angle vif du cuir afin d’adoucir le port du collier, ce qui est tout de même plus confortable. Il sertit la main de clous en formes d’étoiles ou d’Edelweiss, de lanières à coudre en cuir de couleur (blanc, jaune, rouge, bleu) qu’il nouera en de motifs réguliers après avoir poinçonné le tracé, il la perce encore d’un profil d’écusson pour faire la place à un motif valaisan ou suisse tiré d’un modèle découpé d’une bande préfabriquée (hè…). Le reste de son outillage est « très basic ». Ciseau, marteau, enclume,… quoique. L’enclume lui a été proposée sur mesure et se termine en pointe, afin de faciliter certains travaux d’appoint. Il existe peu de variantes de motifs, remarque
Jean-Blaise. Il est certes possible de se lancer dans des gravures d’Edelweiss ciselées ou des armoiries élaborées, mais il n’a pas encore eu l’occasion de réaliser son rêve, celui de se lancer dans la conception d’une sonnette vraiment spéciale. La passion de Jean-Blaise s’est construite « de fil en aiguille » au début des années 2000. Il s’occupait alors des vaches de sa belle famille et a tenté l’expérience par curiosité. Il rechigne à causer finances ou statistiques dès qu’on lui demande quelques chiffres. Il souligne que l’activité à laquelle il consacre son temps libre relève d’une passion, mais qu’il ne pourrait certes pas en faire vivre sa famille. En 2004, il a été amené à ouvrager 6 sonnettes-trophées pour le match de reines de Mission, catégorie génisses. En 2007 puis en 2011, il eut l’insigne honneur de réaliser la totalité des lots des combats en Anniviers, soit 31 sonnettes avec celle de la tombola. C’est en hiver qu’il consacre l’essentiel de son temps à la création ou à la réparation des cuirs, durant les longues soirées froides ou les dimanche matins enneigés. Il existe 3 tailles de parures: celles des veaux, des génissons et des vaches. Il lui est arrivé une fois de devoir travailler un collier dont les normes excédaient le standard. Une vache en portera plusieurs dans sa vie car les cuirs, lors de combats, sont souvent mis à rude épreuve et même carrément déchirés. Après avoir été recousus par les bons soins de l’artisan ou d’un cordonnier de la place, certains finissent en bien piteux état. Sur ce, il nous dégotte un exemplaire drôlement amoché, à l’incroyable patine et en pièces détachées. Celui-ci, assurément, aura vécu. Au printemps et en été, il dépanne, mais sinon il préfère passer son temps dehors. Ses clients - on sait qu’il goûtera peu à ce terme - sont des propriétaires de vaches de
Un jour d’inalpe, un couple d’Etats-uniens a débarqué sur un coup de tête. Ils ont tout de suite été séduits par ces grosses cloches qui pendaient au cou des vaches, ont saisi un indigène au vol qui les a menés jusqu’à JeanBlaise car ils tenaient coûte que coûte à en ramener une chez eux. Rendez-vous fut pris à Mayoux en fin de journée. C’est accompagné d’un traducteur qu’il retrouva nos touristes et conclut la vente du précieux sésame. Nos Américains poursuivirent leur périple, ravis.
St-Luc
Nicole Salamin Sonnette est le terme usité pour les cloches de vaches. Sonnaille est officiellement celui qui est répertorié à cet effet dans les dictionnaires. Sonnette semble donc être une appellation régionale. Cuir est le collier de la sonnette. On évoque aussi les termes de parure et de courroie.
Galerie-photos sur la page Facebook des 4 Saisons d’Anniviers et sur www.limmoblog.ch, billet du 09 janvier 2013.
© photo Nicole Salamin
la vallée. Il y eut autrefois des Anniviards qui pratiquaient cet art, il en reste un qui met encore ses dons de cordonnier au service de quelques-uns pour de la réparation, mais Jean-Blaise est désormais le seul à assurer la production anniviarde sur place. A moins qu’un lecteur parmi vous ne s’y intéresse… ce qui le ravirait, d’ailleurs. En été, donc, il est plutôt amené à se déplacer à la rencontre des paysans et des troupeaux pour des interventions d’urgence, de monter à l’alpage. Autant il apprécie la quiétude de son petit coin à la nuit, autant il aime les « super contacts » au fil des rencontres à la belle saison. Remarquez, il s’est défilé au moment de nous raconter une anecdote sur le sujet… Il se joint de plus avec plaisir aux manifestations touristiques pour présenter son art et il n’est pas rare de le voir entouré d’une foule de badauds intrigués peut-être non pas par la méthode de fabrication des cuirs, mais par l’objet même, question qu’un Anniviard ne se pose dans le fond même pas, non?
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hc anniviers
Une star de NHL en Anniviers?
Non… Mais cela aura eu le mérite de vous faire débuter la lecture de cet article… Au cœur de l’hiver, la saison du HC Anniviers bat son plein ! Au jeu des pronostics, le début de saison a déjoué certains d’entre eux… Si la concurrence pour les premières places est toujours plus forte, l’ordre des équipes est actuellement chamboulé… Alors que Red Ice et Lens dominaient outrageusement les dernières campagnes, c’est le HC Sion qui file un parfait amour avec la place de leader. Grand bénéficiaire à l’intersaison de la relégation du HC Nendaz, le HC Sion version 2012 présente un tout autre visage… Les Anniviards ? La place dans le top 4 sera une rude bataille, mais à ce jour (13.12.) nous conservons toutes nos chances. Comme à l’accoutumée, notre groupe fait preuve d’une solidarité unique et d’un engagement de tous les instants. A l’aube des playoffs, la clé réside dans la capacité de notre équipe à demeurer concentrée sur notre objectif : une place en demi-finale (minimum !) 1 HC Sion 2 HC Monthey-Chablais 3 HC Anniviers 4 HC RED ICE 5 EHC Visp Lions 6 HC Nendaz Mont-Fort 7 HC Lens 8 EHC Raron
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Mais la saison 2012-2013 marque surtout le retour de notre mouvement junior ! Au côté d’une école de hockey florissante, pas moins de 15 bambinis (6-8 ans) prennent part au championnat pour la 1ère fois. Fruit du travail parfait de Jérémie Melly et de ses bras droits Yann Antille, Mathieu Salamin et Baptiste Solioz, nos jeunes progressent et prennent goût à la pratique d’un sport d’équipe. Face à la relève des « grands » du canton (Visp et Sierre notamment), nos jeunes font déjà honneur à leurs origines.
Le HC Anniviers recrute L’objectif premier de notre organisation est la formation de la jeunesse. Afin d’emboîter le pas à l’équipe actuelle, nous recherchons ACTIVEMENT des jeunes, nés en 2003-2004, intéressés à la pratique du hockey pour rejoindre les rangs du HC Anniviers.
Renc. Vict. Vict.+ Déf.+ Déf. Points 6 5 0 1 0 16 7 3 1 0 3 11 5 3 0 0 2 9 7 2 1 1 3 9 4 2 0 2 0 8 8 2 1 0 5 8 4 2 0 0 2 6 5 0 1 0 4 2
Notre but est de continuer le mouvement commencé cette année et de permettre l’inscription d’une équipe piccolo en 2013. Mais le temps compte… L’inscription auprès de Swiss Ice Hockey est fixée à fin avril… Merci aux parents d’être sensibles à cet appel. Il en va de l’avenir. Contact : Jérémie Melly 079 767 94 19
HC Sierre – Une bataille, mais pas la guerre Notre voisin, et partenaire, a les bras meurtris dans un combat inégal. Certains tiennent le flambeau. Qu’importe les avis des uns et des autres. 80 ans d’histoire, cela compte. Cela compte pour un fan, cela compte pour un club comme le nôtre, cela compte pour une région. Fini le but victorieux en prolongation qui vous fait bondir de votre place? Finis les matchs houleux où même lorsqu’il gèle vous terminez le match la veste grande ouverte ? Finies les analyses d’après match dans la voiture en regagnant notre belle vallée ? J’espère que non, alors merci de soutenir notre HC Sierre. http://www.youtube.com watch?v=wHzKYrVb3_A
www.sivacolor.ch
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Boisval SA - Mayoux tél 027 475 12 37 - fax 027 475 12 81
Melly Sarl - Ayer tél 027 475 17 38
Construction SA - Vissoie tél 027 475 11 33 - fax 027 475 20 72
Monnet SA - Mayoux tél 027 475 18 33 - fax 027 475 44 57
Crettaz Etienne - Vissoie tél 027 475 14 33
Salamin François - St-Luc tél 027 475 23 39 - fax 027 475 30 55
Créabois Martial Solioz - Grimentz tél. 027 475 21 54 - fax 027 475 61 54
Theytaz Jean-Noël - Grimentz tél 027 475 20 70 - fax 027 475 29 70
Massy SA - Grimentz tél 027 475 15 78 - fax 027 475 25 94
Viaccoz SA - Ayer/Zinal tél 027 475 17 78 - fax 027 475 37 78
Pittet Charles - Chandolin tél 078 601 23 18
Multibois-Anniviers Sàrl - Mission tél 079 277 07 68 - fax 027 475 49 54
Salamin Claude-Albert - St-Luc/Niouc tél 027 455 53 86 - tél 079 417 63 86
Patrice Michlig - St-Luc/Niouc tél & fax 027 455 99 00 - 079 393 37 12
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Le BOIS met de la chaleur dans votre foyer
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Les liens invisibles :
à la rencontre d’une autre montagne
royaume des Dieux : chez nous des croix ciment, et ces petites jambes que l’on aperçoit sont érigées sur les sommets, là-bas les dra- juste au-dessous, c’est celles de leurs pères, les porteurs. Tout vient à dos d’homme : sucre, peaux de prières flottent au vent. ciment, tuyaux de canalisation, poules, livres, tissus… Pour visiter les cousins du village voisin, on met donc 10km ou 1 jour. Chacun se balade ainsi avec sa besace, un sac sur le dos, du riz, un enfant en travers des épaules. A la recherche du temps perdu… Les vieux, à qui on ne laisse plus rien porter, avancent encore courbés par l’habitude, couDepuis plus d’une décennie, nous effectuons pables, les mains dans le dos. » 1 régulièrement des trekkings, dans la région de l’Himalaya (Népal, Inde). Nous partons en groupe, pour marcher pendant 10, 12 La place de la femme, dans les montagnes jours ou plus, loin de toutes (ou presque) himalayennes ressemble étrangement à traces de civilisation. Nous traversons des celle de l’Anniviarde du début du siècle pasvillages, des camps de nomades, de grands sé, je n’invente rien, c’est Marie Métrailler, espaces vierges emplis de solitude. Ce qui fille du val d’Hérens qui dans son livre nous plaît dans ces voyages à pied : c’est le dé« Poudre de Sourire » , cite les paroles d’un pouillement, la lenteur, mais aussi le fait que vieux qui lui dit joliment : « de toute façon même si des milliers de kilomètres séparent quand je reviendrai sur terre, dans une autre les Alpes de l’Himalaya, nous rencontrons vie, il y a deux destinées que je ne choisirai une société à la fois semblable à la nôtre mais pas : celle de femme en Anniviers, celle de très différente, quelque chose qui pourrait mule à Savièse. » Il aurait très bien pu ras’apparenter à un voyage dans le temps, semé jouter celle de femme dans l’Himalaya ! d’anachronismes. Nous nous retrouvons en Il y a toujours eu des hommes qui ont su En effet, on la croise le dos courbé sous la quelque sorte dans le monde qui existait ici, il s’adapter au contexte particulier des mon- charge, c’est elle qui va ramasser le bois, qui y a une cinquantaine d’années ou plus. Nous tagnes, qu’ils s’appellent Paul, Gustave ou rentre les récoltes, qui s’occupe du bétail… croisons par exemple un scieur de long utili- Norbu, Mandir, les montagnards ont en Les Amchis, médecins tibétains connaissant une technique plurimillénaire qui inter- commun la rudesse de Ceux d’en Haut, le sent le secret des plantes médicinales, tout rompt son travail pour répondre à un appel sens de l’accueil et de l’hospitalité qui fait comme les anciens chez nous, ils ont mis à que chez eux, l’on se sent chez nous. Un lien jour les vertus de certaines plantes au cours sur son téléphone portable. qui ne se partage pas seulement devant un du temps. Nous allons justement vous faire Il n’est pas rare non plus, de découvrir une verre de blanc et une raclette mais autour découvrir une drôle de plante. télévision trônant dans la pièce principale d’un thé au beurre salé, de tsampa (farine d’une habitation. Dans ces régions, on vit d’orge grillée) ou d’une bière locale dénomsans eau courante, sur un sol de terre battue. mée chang. L’or de l’Himalaya A certaines altitudes lorsque le bois se fait Ceux qui sont partis arpenter les chemins rare, les bouses de yack séchées servent de de l’Himalaya vous le diront unanimement, Cette année, en septembre, nous avons combustible, mais grâce à un petit panneau ce qui frappe là-bas, ce sont les sourires. découvert le Dolpo, région isolée à l’ouest solaire, une parabole, le petit écran fait déjà Souvent les habitants ne possèdent presque du Népal. Nos porteurs et cuisiniers nous rien mais expriment la joie d’être là, vivants. ont parlé d’une drôle de chenille… qu’ils partie de la vie quotidienne de certains. Les rhododendrons qui ressemblent à des Leurs regards sont habités. Nous croi- venaient ramasser, en haute altitude de miarbres, les immenses falaises, les cols que sons souvent des autochtones car nous ne mai à mi juillet. Cette chenille, mi plante l’on franchit le souffle court à 5000 mètres sommes pas les seuls pèlerins. « Sur la route mi animal, dont nous entendions parler et plus, les montagnes de 8000 mètres défilent, comme un train marchandise, deux pour la première fois, nous a intrigués. contribuent au dépaysement. Mais, les caisses de trente poulets, de la farine de maïs, Nous avons voulu en savoir plus … cimes, ici ou ailleurs ont toujours été le septante-deux bouteilles de coca, deux sacs de Le yarsagumbu en tibétain, ou cordyceps
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synensis se récolte sur les hauts plateaux entre 4000 et 5000 mètres. C’est le résultat d’un surprenant cycle biologique naturel. Il est issu de la fusion d’une chenille momifiée et d’un champignon parasite. La chenille appartient à une espèce très particulière, elle se déplace sous terre, creuse des galeries, les spores du champignon rentrent en contact avec elle et la colonisent. De cette subtile alchimie résulte un fin tube noir qui sort de terre alors que l’autre extrémité est formée de la larve momifiée. Séché, exposé dans les pharmacies de Hong Kong, il est encore plus cher que l’or, (25’000 euros le kg). Selon les médecins chinois, il stimule les défenses immunitaires, renforce la résistance physique, est un élixir de jeunesse et possède des vertus aphrodisiaques. On l’appelle aussi le viagra de l’Himalaya. Les scientifiques sont plus prudents, de nombreuses recherches sont en cours. Son commerce représente des centaines de millions de francs par an. Depuis la fin des années 90, la demande n’a cessé d’augmenter, son prix également. Sa cueillette est devenue une véritable chasse au trésor. Les Tibétains utilisent intuitivement le Yarsagumbu depuis des siècles. Une légende, raconte : « C’était il y a fort longtemps, lorsque les tribus des peuples du Tibet et du Népal emmenaient leurs animaux dans les pâtures des hautes montagnes. Là, ils ont vu leurs chèvres et leurs yacks brouter une sorte de petit champignon marron ressemblant à de l’herbe qui poussait sur la tête de chenilles. Après avoir mangé cette étrange chose, les animaux sont devenus joueurs et ont commencé à courser les autres chèvres et yacks avec des intentions concupiscentes. Cette vigueur renforcée a dû sembler une bonne chose aux peuples de ces
tribus et ils ont commencé à ramasser ces petits champignons et à les manger. 2 Deux mois durant, les rues se vident, tous les villages entament une étrange migration, même les écoles ferment. Le Dolpo se transforme en pays de cocagne. Fermiers, nomades ou éleveurs abandonnent leurs activités, laissent tomber le travail des champs et partent gagner en deux mois l’équivalent d’un an de salaire. Depuis 10 ans, pendant cette période, cette région voit sa population multipliée par 6. Pas moins de 60’000 personnes arpentent la montagne à quatre pattes, ou pliées en deux, guettant l’objet de leur rêve. Les enfants sont également de la partie, leur acuité visuelle leur permet de repérer plus facilement une tige qui sort seulement de 2 cm du sol.
Les temps modernes Dans tout l’Himalaya, on assiste à une mutation qui pourrait être comparée à ce qui s’est passé dans les Alpes, avec l’arrivée du tourisme. Le monde paysan perpétuait jusqu’à peu une tradition de gestes faits depuis des générations, mais aujourd’hui les jeunes rêvent d’un autre monde, plus urbain. Dans une société qui était basée sur le troc jusqu’à récemment, l’argent devient incontournable. On peut même en gagner beaucoup en peu de temps, ce qui permet d’accéder à de nouveaux biens de consommation, comme des télévisions, des téléphones portables, des denrées emballées dans du plastique, paquets de chips et autres. Cela engendre de nouveaux défis, écologiques par exemple. Le Népal ne possède aucune structure de gestion des déchets. Dans les villages de montagne, les rues sont souvent jonchées de détritus, plastiques, conserves, déchets organiques et cela ne semble déranger personne. L’écologie serait-elle un luxe d’occidental ? Chaque fois que nous y retournons, c’est un monde en rapide mutation que nous côtoyons, pour le meilleur et pour le pire, mais ce qui nous plaît, dans la vie de trekkeurs, c’est cette existence simple, peuplée de rencontres, d’efforts et de sourires. Le fait d’être en position de touriste nourrit également notre réflexion et nous aide à mieux accueillir le vacancier qui nous visite en Anniviers. Torche Mercier Christine – Mercier Luc 1. http://gaelmetroz.wordpress.com 2. http://www.nutranews.org
tour d’anniviers vissoie Exposition hiver 2012-2013 Anniviers Les chemins de l’identité
Ouvert du jeudi au dimanche de 14h00 à 17h00 20 décembre 2012 au 6 janvier 2013 7 février 2013 au 3 mars 2013 28 mars 2013 au 14 avril 2013
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Toute l’équipe du 4 Saisons d’Anniviers vous
Vos billets CFF ou d’aviation sont similaires, lorsque vous effectuez vos réservations sur internet. Même pas besoin d’imprimer le billet. Ils sont directement scannés sur l’écran du natel par le contrôleur ou les bornes d’accès au quai. A l’époque, je me demandais ce qui apparaissait comme information sur l’écran du porteur de képi sans oser le demander. Stupide excès de discrétion qui retarde la compréhension! En voyage en 2007 au Japon, il était déjà possible d’en voir partout, les premiers tests furent intéressants bien que peu informatifs sans maîtriser les idiomes locaux…. En 2012, tout est enfin clair car chacun y a accès. Ces carrés s’appellent des codes QR, pour « Quick response ». Ils fournissent en effet des informations ciblées, efficaces et immédiates. Pour les décoder, il « suffit » de posséder un « smartphone » qui sert à tout sauf à téléphoner (mon cas…), d’y charger un lecteur de
nos carrés blancs et noirs sur nos édifices, les balises de nos chemins ou les horaires des bus? En industrie, ils sont depuis longtemps utilisés pour le traçage des produits. L’accès à ces informations se fait la plupart du temps par le biais du web, ce qui, à l’étranger, peut encore être un frein suivant l’option d’abonnement choisie. Dans le précédent 4 Saisons, vous en avez vu fleurir plusieurs. Nous les reprenons dans cette édition. En page 17, vous arrivez tout droit à la caissette des 4 Saisons située à... on vous le donne en 1’000! En page 47, vous accédez directement au site web des 4 saisons d’Anniviers (www.4saisonsanniviers.ch). Tout comme vous vous abonnez aux 4 Saisons d’un simple e-mail si vous vivez hors vallée, c’est notre code préféré..., sur cette même page encore, complétez tout simplement la rédaction de votre petite annonce gratuite dans l’e-mail qui s’affiche à votre écran ou rejoignez notre groupe sur Facebook. Qu’avez-vous décodé dans celui que nous vous présentons en tête d’article?
transmet ses meilleurs voeux pour l’an 2013!
Dans la dernière édition du 4 Saisons d’Anniviers, vous avez vu fleurir des carrés blancs aux motifs décousus. Pour certains, ils sont connus et usités. Pour d’autres, moins. Pour les lecteurs du 4 Saisons, ils seront désormais familiers.
Impressum
Les petites annonces gratuites
« Les 4 Saisons d’Anniviers »
Comité de rédaction : Marc Genoud (Conseiller communal) Jérôme Bonvin (Président Ski-Team Anniviers) Christian Caloz (Président FC Anniviers) Benoît Epiney (Président HC Anniviers) Pascal Zufferey (Montagne-Club Anniviers) Paolo Marandola (Imprimerie d’Anniviers sàrl) Rédactrices : Janine Barmaz, Nicole Salamin, Simone Salamin, Adriana Tenda Claude Correctrice : Ursula Surber Impression : Imprimerie d’Anniviers sàrl, Vissoie Remerciements : Commune d’Anniviers et tous les annonceurs Mode de parution : trimestrielle Tirage : 2’100 exemplaires
Des journaux sont à disposition dans les différents offices du tourisme d’Anniviers et de Vercorin, dans les bureaux communaux d’Anniviers ainsi que dans la caissette située sur le bâtiment de la poste à Vissoie, à côté de l’entrée d’Anniviers Tourisme.
Envoyez vos petites annonces à 4-saisons@bluewin.ch Prochaine parution: Avril 2013
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