pri nte m p s NUMERO 22 | avril ’16 | trimestriel
Genève-Compostelle
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© Photo Geneviève Marandola
Sainte Barbe a disparu 30 Fête de la Montagne
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L’invité
Un nouveau défi à la cabane du Grand-Mountet
J’ai été nommé gardien du Grand Mountet à partir de décembre 2015. Le choix de cette nouvelle aventure professionnelle ne s’est imposé qu’il y a peu, lorsque mon père Nicolas, arrivé à l’âge de la retraite, a remis sa démission. Il n’est jamais facile d’écrire à la première personne (surtout lorsque l’on est soumis malgré soi à la culture anniviarde de l’humilité !) et après avoir reçu le coup de fil amical de Christiane Favre, je me suis remué les méninges pour savoir ce que j’allais bien pouvoir raconter sur moi qui puisse intéresser un temps soit peu les lecteurs. Je me suis alors décidé à dire en quelques mots la genèse de ce choix, ce genre de choix et les ruptures qu’ils occasionnent étant des moments clé de l’histoire de chacun d’entre nous.
Les premiers pas dans la vie professionnelle se révélèrent bien plus difficiles que je ne l’imaginais. Ayant réussi à trouver quelques débouchés dans le marketing sportif dans une période peu propice à l’embauche, je me suis vite rendu compte que je n’étais pas fait pour les open spaces, les centaines d’e-mails et ce monde un peu superficiel qui file à mille à l’heure et vous empêche de vivre.
Je profitai des temps morts entre mes nombreuses postulations, les différents entretiens et les nombreuses réponses négatives pour voyager: Etats-Unis, Indonésie, Timor, Mexique, Amérique centrale, Hawaii… Dans le même temps, à l’occasion d’une introspection semi-consciente, je me posai de plus en plus la question Trouver sa voie d’un retour possible en Anniviers. Cette Jusqu’il y a peu donc, je pensais mener vallée que j’ai quittée à l’âge de quatre ans une toute autre carrière, en rapport avec mais où je revenais chaque fin de semaine mes études universitaires d’Histoire et de et que je quittais chaque dimanche soir Sciences du sport. non sans tristesse. Cette vallée où j’avais
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tant d’amis avec qui partager des moments mémorables. Le tourisme, qui m’avait toujours attiré et qui m’avait occupé lors de la rédaction de mon mémoire1 de master était une piste que j’envisageais parfois sérieusement, parfois sans oser me l’avouer. Allier passion et profession Ayant passé une bonne partie de mes étés au cœur de la Couronne Impériale, j’apprenais sans m’en rendre compte un métier qui me plaisait, celui de gardien de cabane. Le cadre somptueux de ce Haut Val d’Anniviers pouvait, et je le savais, devenir mon bureau à ciel ouvert. L’alpinisme, le ski de randonnée et le ski étant quelques-unes de mes passions, je pourrais peut-être résoudre l’équation quasi impossible de faire de mes passions mon travail. De plus, l’entre-saison me laisserait du temps pour continuer à découvrir le monde et peut-être à poursuivre mes travaux de recherche sur les
relations entre l’histoire de l’alpinisme et l’histoire du tourisme, qui ont fait l’objet de mon travail de master. Les choses les plus évidentes sont parfois celles dont on met le plus de temps à prendre conscience. Il m’aura donc fallu réaliser que le Grand Mountet allait être géré par quelqu’un d’autre et qu’une partie de mon histoire familiale serait alors rangée dans quelques albums de photos poussiéreux pour savoir ce que je voulais profondément : prendre la suite de mes parents. Le défi est de taille car la fréquentation est à l’étiage depuis quelques années ; mais je
suis persuadé qu’avec une bonne qualité de service et une bonne communication, la courbe repartira dans la bonne direction. Je me réjouis de vous y accueillir, et pour ceux qui ne connaissent pas le lieu, je vous invite à venir découvrir cet amphithéâtre de rocs et de glace qui est certainement l’un des plus beaux panoramas de tout l’Arc Alpin. Un guide célèbre n’a-t-il pas déclaré en arrivant au Grand Mountet : «ce lieu est la preuve de l’existence de Dieu.»
pour moi qui ai pas mal bourlingué, reste la plus belle de toutes. C’est avec la conviction que ce choix est le bon que je m’avance, plein d’enthousiasme, dans cette voie qui devrait satisfaire mon besoin contradictoire d’enracinement profond et d’aventure. De sécurité et de liberté. Adrien Theytaz
THEYTAZ Adrien, Science, Alpinisme, Tourisme: Naissance d’une industrie des étrangers en Anniviers (1830-1914) Neuchâtel: 2010
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J’espère que l’expérience du « métier d’indépendant » développera comme je l’entends mon esprit d’entreprise ; que je pourrai apporter ma contribution au développement touristique de cette région, qui
tél. 027 475 26 22 / bouchvallee@bluewin.ch
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Sommaire 2 L’invité
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HC Anniviers
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Le skate-park de Vissoie
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La séparation des Races
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Genève - Compostelle
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Sainte Barbe a disparu
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Montagne Club Anniviers
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Jeux traditionnels
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Un tourisme en mutation
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FC Anniviers
17
Une tradition qui a la peau dure !
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Fête de la Montagne
18
Emilie, Julie et Frédéric Zufferey
40
Début d’une nouvelle époque glaciaire
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Une Petit(e) Sophie pour un grand Car
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Laurent et ses bonnes ondes
22
Préparez votre saison estivale à Vercorin
44
Centre scolaire d’Anniviers
46
Notre histoire.ch
23 Anniv’info 26
Ils auraient pu exister ...
Concours
Où se trouve ce bâtiment ?
à la découverte de notre vallée
1. Pinsec 2. Cuimey 3. Chandolin
Un bon de 50.à la Boulangerie Alcide Epiney, Sierre Le/la gagnant/e sera tiré/e au sort et son nom publié dans l’édition de juillet du journal «Les 4 Saisons d’Anniviers». Envoyez votre réponse par e-mail à l’adresse 4-saisons@bluewin.ch ou votre carte postale avec la mention « Concours-photo d’avril » à l’adresse: Imprimerie d’Anniviers sàrl, 4 Saisons d’Anniviers, CP 102, 3961 Vissoie. Délai de réponse: 10 juin 2016
© Photo Simone Salamin
La gagnante de l’édition n° 21 est Angélique Studer d’Auvernier La réponse était: 1. Pont de Taramponn
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sport
Le skate-park de Vissoie Un projet public initié et porté par les jeunes
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epuis quelques mois, la vallée est dotée d’un skate-park, qui a été installé près de la piscine de Vissoie, afin que les jeunes puissent s’y rendre aisément après l’école et en profiter régulièrement. Cette réalisation ne s’est pas faite en un jour ! La naissance En septembre 2014, Evelyne Savioz, animatrice socio-culturelle pour la commune d’Anniviers, passe dans les classes du CO de Vissoie pour évaluer les besoins et les desiderata des jeunes. À ceux qui ont un projet commun, elle suggère de constituer un groupe autour de celui-ci. En novembre de la même année, une pétition est lancée par des jeunes pour obtenir la création d’un skate-park. Deux mamans font alors appel à Evelyne. Suite à cela, Evelyne et Charlène Zuber, membre de la société de jeunesse, Ayer pour Demain, rencontrent Christiane Favre, conseillère communale en charge de la jeunesse et des sports, pour discuter de ce qu’il est possible de faire. La fin de l’année est consacrée à mettre sur pied un dossier, qui est présenté aux conseillers communaux concernés à la mijanvier 2015. Un préavis favorable est donné quant à la mise à disposition de la place de la piscine. C’est là un élément essentiel, car sans terrain rien ne peut être fait. Le 21 février 2015, une séance d’information pour les jeunes et les parents se tient à Vissoie. Un professionnel y présente des esquisses de ce qui pourra être réalisé ici. Un groupe porteur du projet est alors créé, dont les jeunes sont partie prenante. Les étapes Un dossier très complet est envoyé à plus de 270 sponsors. La recherche de fonds
est maintenant lancée. Les jeunes s’y impliquent vraiment. En mai, ils vendent différents objets en faveur de Pro Juventute, qui leur reverse la moitié de la somme encaissée. Fin juin, un tout-ménages avec bulletin de versement est envoyé, il rencontre un joli succès. Puis débute la ronde des ventes de gâteaux, dans le cadre des diverses manifestations qui jalonnent l’été anniviard. Presque chaque week-end, jeunes et parents sont mis à contribution
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pour la confection et la tenue du stand. Au début de l’été, le Nouvelliste consacre un article à ce projet, qui met en lumière le fort investissement des jeunes. Ce texte officialise l’entreprise aux yeux de tous et rend les jeunes fiers de leur action. La société de Jeunesse Ayer pour Demain est aussi un acteur important dans l’ensemble de la démarche. Elle réalise un film montrant les jeunes dans la pratique de leur sport et le fait circuler sur le Net,
L’avenir Aujourd’hui le parc existe. À disposition de tous, il n’appartient à personne. Pour le faire vivre et assurer son entretien, une association sera très utile. L’idée d’en créer une, avec un comité et des membres, jeunes et moins jeunes, ainsi que d’établir une charte a fait son chemin. Ces moyens permettront de pérenniser le projet et d’en assurer la bonne gestion. Réaliser la construction d’un skate-park était un grand challenge. Différentes tentatives, amorcées dès le début des années 2000, avaient toujours avorté. Cette fois, tous les critères étaient réunis pour que cela marche enfin. L’implication d’une animatrice et d’une membre d’une société de jeunesse a constitué le noyau autour duquel pouvait se développer ce projet. Bravo à toute l’équipe qui a su s’accrocher à ce rêve jusqu’au bout ! Janine Barmaz
afin d’atteindre un autre public. Et cela marche. De l’argent est récolté par ce biais. Les 11-12-13 septembre, l’action 72 heures a vu l’installation des premiers modules avec la participation des principaux bénéficiaires ainsi que de membres des diverses sociétés de jeunesse de la vallée. Le week-end a aussi été festif, avec l’organisation d’une Disco InLine, d’un spectacle de trottinettes et d’une partie officielle témoignant de la réalisation en cours du projet. Le tout dans le but d’engranger encore d’ô combien nécessaires billets ! Octobre, voilà près d’un an que l’idée du skate-park a commencé à prendre corps.
Le temps est venu de mettre un terme à cette action, qui a débouché sur une belle réalisation. Les comptes sont clos et les derniers modules commandés. Et, le 28 novembre, le skate-park est inauguré officiellement. Le couper de banderole ne met cependant pas un point final à l’aventure. L’heure des remerciements a sonné. Des lettres sont envoyées, des messages adressés publiquement. Comme ici: Merci à tous les sponsors, en particulier à la commune d’Anniviers sans qui rien n’aurait été possible. Merci à tous ceux qui ont contribué de près ou de loin à la réalisation du parc.
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Parole à… Evelyne Savioz « J’ai été frappée par la forte et constante implication de ces jeunes dans une démarche, très formative, qui a tout de même pris plus d’une année. Ce qui est long à cet âge. À la fin de cette expérience, j’aimerais dire à tous les jeunes qu’il faut croire aux rêves, puisqu’avec un peu de volonté et de participation on peut réaliser des choses ! » Charlène Zuber « Il a fallu un gros travail pour mener ce projet à bien. Mais l’expérience a été belle pour tous. Et c’est vraiment sympa que des jeunes encadrent des jeunes ! »
voyage
Genève-Compostelle Un sacré chemin, mais en chemin, peu de place pour le sacré ! Le chemin de Compostelle ne serait-il qu’un mythe ? Un sacré chemin Suis-je une pèlerine ou une randonneuse, cette question a longtemps trotté dans ma tête sans trouver de réponse. Au fait c’est quoi la différence entre une randonneuse et une pèlerine ? … et puis un jour, j’ai lu ceci, sur le mur d’un bar, au fin fond de l’Espagne et cela a permis à ma réflexion d’avancer.
«El turista viaja el senderista anda el pelegrino busca». Le touriste voyage, le randonneur marche, le pèlerin cherche. Soudain j’ai compris que ma vie toute entière c’est cela : voyager, marcher, chercher. Après avoir lu de nombreux récits sur Compostelle, par curiosité, j’ai voulu aller voir par moi-même. Voici ce que j’ai découvert : le Chemin n’est pas un lieu privilégié pour approcher le sacré. J’ai compris que le Chemin de Saint-Jacques est un mythe, dans lequel chacun projette ses attentes. Pour ma part, je me suis souvent trouvée plus près des Dieux dans les montagnes de l’Himalaya ou près de chez moi, dans les Alpes, lorsque je vais crapahuter sur les sentiers. Mais je le conçois, ce fut un sacré chemin. De part sa longueur tout d’abord, 1856 kilomètres. 31 plus 30 plus 4 moins 3. C’est à dire, 31 jours d’août, 30 de septembre et 4 d’octobre, moins 3 jours à me reposer. Cela fait 62 jours de marche. Ma calculatrice me dit, une moyenne de 29.935483871 km par jour. Cela fait combien de pas tout ça ? Je n’ai pas eu le courage de compter mais je sais par contre que cela ne fait que quatre jours de pluie incluant deux jours de vents violents à plus de 90 kilomètres/heure, plus trois jours de canicule entre 35 et
Cruz de Ferro
40 degrés, deux arcs-en-ciel, dont un qui a duré deux heures, deux pleines lunes et une éclipse de lune totale. Et tout le reste sous le soleil exactement comme le chante Gainsbourg. Et pour ceux qui veulent plus de chiffres, pour le retour, deux petites heures d’avion de Saint-Jacques à Genève, mon point de départ. La marche, le corps s’y habitue très vite et en redemande. Je me suis arrêtée trois jours. Au Puy-en-Velay, à Saint-Jean-Pieds de Port et à Burgos, mais plus le temps passait, moins j’ai eu envie de m’arrêter, mon corps avait besoin de mouvement, l’esprit aspirait à de nouveaux horizons, une routine s’installait, une joyeuse addiction m’habitait. La légèreté Chaque matin c’est le même rituel, se lever, s’habiller, boucler son sac, déjeuner et puis marcher. Mettre les mêmes habits pendant plus de deux mois n’est pas tou-
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jours un exercice facile, d’où la nécessité de choisir des vêtements dans lesquels on se sent bien. En plus de l’aspect pratique, cela doit être des vêtements que l’on aime, des formes, des couleurs avec lesquelles on est à l’aise. Avant le départ, faire son sac n’est pas chose aisée pour la plupart des pèlerins. J’ai vu des sacs beaucoup trop gros, beaucoup trop lourds. Je suis partie avec un sac de 30 litres. Je ne l’ai jamais pesé, mais il ne devait pas faire plus de cinq à six kilos. Depuis longtemps, un moment magique précède mes diverses pérégrinations, c’est lorsque je fais mon sac : il doit être le plus léger possible, ne prendre que l’essentiel. Cette métaphore puissante rejoint mon souci de vivre au quotidien dans la légèreté, l’authenticité, en conscience en m’encombrant le moins possible. En Espagne il y a un endroit mythique qui s’appelle Cruz de Ferro. La Cruz de Ferro est constituée d’un poteau de bois de cinq
mètres de haut environ, couronné par une croix monu-mentale en fer. La croix est plantée sur un imposant tas de roches et de cailloux. La tradition, toujours vivante de nos jours, veut que chaque pèlerin dépose au pied de la croix une pierre ou un caillou transporté depuis le lieu de départ. Cette charge supplémentaire dans le sac à dos représente les choses superficielles auxquelles nous accordons souvent une trop grande importance dans la vie… Le pèlerin, arrivé au point culminant du Camino espagnol, peut se libérer de ce qui lui pèse, avant d’entamer la dernière partie de son parcours. J’y ai laissé une petite pierre verte ramassée au pied du glacier de Moiry mais je ne vous parlerai pas du reste… « Homo peregrinus » J’’ai rencontré toutes sortes de pèlerins, j’ai croisé des gros, (américains souvent…) des maigres, des jeunes, des vieux, des individus de toutes nationalités; belges, hollandais, japonais, français, suisses allemands, italiens, coréens, norvégiens, tchèques et j’en oublie certainement. Il y a ceux qui marchent d’un bout à l’autre, d’autres prennent des bus, des taxis, il y ceux qui portent leur sac, ceux qui se le font amener en voiture. Pour les puristes le chemin commence sur le pas de sa porte, mais il y a ceux qui ne font que l’Espagne, ceux qui partent du Puy-en-Velay ou d’ailleurs… il y a de nombreuses voies. Ceux qui sont là pour dix jours, deux ou trois semaines et qui continueront l’an prochain. Ceux qui le font en une fois sont assez rares. Le camino Frances au centre de l’Espagne est le plus fréquenté. Sur le Chemin le contact est facile, les gens se parlent. Certains partagent leurs motivations qui sont diverses. Un couple de grands-parents m’a touchée, ils marchaient dans l’espoir que leur petite fille handicapée, aveugle de naissance et muette, soit capable de parler, d’autres sont là après des ruptures sentimentales, pour faire le point, le passage à la retraite est un motif qui apparaît souvent, j’ai aussi rencontré quelques individus qui avaient des aspirations religieuses. Moi j’étais là par curiosité, après avoir si souvent bourlingué aux quatre coins du monde, j’ai eu envie de découvrir des lieux géographiques proches. Et puis mon corps aime
Créantiale ou crédentiale Initialement la créantiale, remise par l’église, faisait office de lettre d’accréditation pour tous ceux qui se rendaient à Compostelle. Elle attestait de la condition de pèlerin et pouvait permettre de trouver gîte et couvert et d’être exonéré de certaines taxes de passage. De nos jours, généralement, les pèlerins font tamponner leur carnet, dans l’hébergement où ils font étape. La crédentiale est délivrée par les associations jacquaires, la créantiale, elle, est délivrée par l’Eglise catholique. Les deux sont un passeport pour obtenir la « Compostela », attestation remise au pèlerin lors de son arrivée à St-Jacques-de-Compostelle, rédigée en latin et délivrée par le bureau des pèlerinages.
le rythme de la marche et ici tout est facile, le Chemin est extrêmement bien balisé, impossible de se perdre, depuis Genève la coquille trace le chemin, pas besoin de carte ou de GPS. De nombreux guides nous facilitent la tâche pour trouver gîtes et de quoi se sustenter, dont le fameux «Miam miam dodo». La France Le Camino m’a tout d’abord permis de vivre la France de l’intérieur. J’ai approché des paysages magnifiques. Souvent le chemin passe dans les sous-bois, évite les axes routiers, au prix de grands détours parfois. Mais le charme de ces chemins ruraux est inégalable, l’habitat bâti, souvent de pierres et en très bon état, j’ai vu de splendides maisons. J’imaginais un terrain plat jusqu’au Puy mais non, il est vallonné, loin d’être monotone. Par contre il m’a été révélé des campagnes désertes, désertées. Je n’avais jamais imaginé à quel point l’exode rural avait rendu le pays exsangue. Je ne sais si c’était dû à la chaleur caniculaire qui
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régnait en ces jours de début août, mais les villages étaient vides, morts, abandonnés. Les longues listes de disparus inscrits sur les monuments aux morts relatifs à la guerre de 14-18 étaient la preuve qu’en des temps pas vraiment reculés on avait vécu ici. Mais aujourd’hui point de cris d’enfants aux alentours des maisons, pas de magasins, pas de bistrots, une multitude de villages fantômes. J’ai traversé le Rhône au 8ème jour. Ce ne fut pas anodin, imaginer qu’un peu de cette eau provenait de la Navizance qui coule dans ma vallée, a rendu les distances à la fois insignifiantes et impressionnantes. L’Espagne Les premiers jours en Espagne ont mis mon moral a rude épreuve. Si je n’avais pas eu plus de 1000 km derrière moi, j’aurais certainement abandonné. L’esprit du chemin est totalement différent. J’ai eu l’impression de perdre toute la richesse accumulée sur l’itinéraire français. Celui qu’on nomme le « Camino Frances » est victime
St-Luc
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Arc-en-ciel en Espagne
de son succès et surfréquenté en ce mois de septembre. C’est la foire d’empoigne pour avoir un lit, ambiance de « course à l’auberge », à cinq heures du matin branlebas de combat dans les gîtes sans aucun respect pour ceux qui dorment encore, départs à la frontale avant le lever du jour. Et puis je me suis habituée, j’ai développé des stratégies, j’ai réservé ma couche un jour à l’avance et le Chemin m’a à nouveau enivrée. La plupart des pèlerins sont hyper connectés, dans chaque gîte, wi-fi à disposition, à côté de chaque lit une prise pour recharger sa tablette ou son i-phone. Cela nuit à la communication le soir autour de la table, mais il faut bien vivre avec son temps. L’arrivée à Saint-Jacques a été très décevante, c’est une ville très touristique, dans laquelle les marchands du temple et autres bondieuseries se sont joyeusement installés. Je n’ai pas été saisie par l’émotion comme d’autres pèlerins l’on écrit. Pleurer, de tristesse peut-être en voyant ce sacré business !
Du côté du corps « J’ai encore les pieds sensibles ». Un ressenti subtil sous la plante. Jusqu’à hier je disais aux miens, : «J’ai mal aux pieds». Et puis j’ai reçu le message de D., une pèlerine rencontrée en chemin qui me signalait qu’elle avait encore les pieds sensibles après sa longue marche. Mettre ces quelques mots sur ma douleur a changé sa perception dans mon esprit. Elle est devenue bien plus légère. Sur le Chemin mes pieds étaient parfois douloureux, à l’arrière des orteils, sous les coussinets. Une douleur s’accentuant si le chemin était plat et asphalté. En effet, sur les portions de chemin sans denivelé, les points d’appui sont toujours les mêmes. J’éprouvais souvent une douleur violente le matin lorsque je posais mes pieds sur le sol après une nuit réparatrice. Un élancement qui rendait certains jours mes premiers pas incertains et me faisait claudiquer sur quelques mètres. Un bobo qui se faisait timide au fil des heures, des paysages sans cesse renou-
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velés, des rencontres éphémères, joyeuses, intimes ou superficielles. La part du diable, ma seule souffrance au long de ces nombreux kilomètres, au fil des jours d’éternels recommencements. Une broutille comparée aux nombreuses tendinites, aux genoux épuisés lâchant leurs propriétaires. J’en ai vu des blessures, des pieds sanguinolents, des cloques ouvertes, infectées, des petites et des énormes, des chairs à vif, une cheville foulée, un nerf sciatique hurlant. Le corps poussant certains et certaines au repli, à l’abandon. J’ai vu des pieds bandés dès le matin, exigeant de leurs propriétaires de longues minutes de soin avant de se mettre en train, transformant les gîtes aux premières lueurs de l’aube en véritable infirmerie de campagne. C’est pourquoi cette petite phrase, « j’ai encore les pieds sensibles » sonne douce à mes oreilles. C’est un cadeau du chemin parmi d’autres dont la figue, ma nouvelle «madeleine de Proust». Figues que j’ai cueillies si souvent au bord de la route, et aussitôt mangées avec délectation et gourmandise. Figues, que je ne dégusterai plus jamais sans penser à mes dernières pérégrinations. C’est ce qu’il me reste en plus des nombreuses photos, des souvenirs qui envahissent parfois mon esprit et encore souvent mes rêves. Mon quotidien : le Chemin Le chemin en plus de multiples rencontres éphémères m’a aussi offert deux nouveaux amis, un avec lequel j’ai marché quatre jours et une avec laquelle j’ai cheminé deux semaines, liens que je vais continuer à nourrir. Mais le plus précieux c’est que j’ai finalement découvert que mon quotidien est le Chemin. Comme le dit Paolo Coelho « l’extraordinaire se trouve sur le chemin des gens ordinaires ». Pour moi l’extraordinaire, c’est la rencontre. Double rencontre, celle de la nature, et celle de l’humain. Et en Anniviers j’ai la chance de vivre les deux. Mes activités touristiques (prof de ski, gérante d’un B&B) me permettent de côtoyer des individus issus des quatre coins du monde et le merveilleux environnement dans lequel nous vivons me permet de vivre la nature.
Texte et photos Christine Torche
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sport
Montagne Club Ambiance chaleureuse en hiver
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tourisme
Un tourisme en mutation
A
lors que le dernier rapport de l’Organisation Mondiale du Tourisme table sur une croissance de 3.3% du tourisme international entre 2010 et 2030, les stations alpines suisses semblent faire partie des oubliées de cette croissance à priori réjouissante pour les régions touristiques, dont le Val d’Anniviers fait partie. Malgré notre environnement magnifique, notre offre touristique étoffée et notre expérience de plus de 150 ans dans ce domaine, nous nous faisons ravir d’importantes parts de marché par les villes, les destinations exotiques et les destinations émergentes. Nous pouvons nous demander ce que nous avons fait de faux pour avoir passé d’un « état de grâce » à une situation difficile en une décennie. Nous pourrions comme de coutume accuser la qualité de l’accueil et des services, souffre-douleur habituel d’une culture plus habituée à l’autoflagellation qu’à la valorisation de ses nombreuses qualités. Nous pouvons également pester contre ces conditions-cadres difficiles que notre économie centrée sur le bien-être des banques ne cesse de péjorer, alors que le tourisme de nos voisins et concurrents bénéficie apparemment d’une bienveillance étatique pour son développement. Mais le tourisme est loin d’être si simple et si la formule magique était facile à trouver, chacun l’appliquerait sans tarder. Je ne pense pas que nous ayons fait faux jusqu’à présent, mais à l’instar de tout développement, celui de notre tourisme n’est pas linéaire et connaît ses hauts et ses bas, avec des hauts qui ont tendance à nous endormir et des bas qui nous réveillent… une situation somme toute parfaitement hu-
maine. Seulement, de nombreux facteurs externes ont changé depuis une dizaine d’années et le secteur du tourisme s’est emballé, au point de nous imposer des adaptations de plus en plus rapides auxquelles nous Suisses ne sommes pas habitués et la révolution numérique a fortement amplifié ce phénomène. Un exemple peut résumer la situation : alors que nous étions encore en train de chercher des parades à l’avènement des outils de réservation online mondiaux (tels booking.com, Airbnb, …), d’autres destinations, émergentes ou au creux de la vague, ont préféré laisser une partie de leur chiffre d’affaires en commissionnement auprès de plateformes qui ont fini par s’imposer et concentrer leur énergie sur leur offre et la manière de l’adapter à cette évolution rapide qui est devenue la norme. Bien entendu, il serait trop simpliste de limiter l’analyse de nos problèmes actuels à cet exemple, mais il est néanmoins symptomatique de la révolution numérique après laquelle nous sommes condamnés à courir et des écarts entre ceux pour qui le développement est une question de survie à court terme et ceux qui ont plus de marge de manœuvre. Le numérique ne fait pas tout et il ne remplacera jamais l’expérience unique de dévaler de belles pistes bien préparées ou profiter d’une randonnée dans un décor majestueux, mais il est devenu un élément incontournable qui précède de plus en plus ces mêmes expériences. De fait, pour pouvoir continuer à accueillir nos hôtes dans notre « monde réel » extraordinaire, nous n’avons pas d’autre choix que de leur permettre de « goûter » à notre offre de manière virtuelle et surtout de leur permettre de réserver leur logement, leurs activités, leurs animations… directe-
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ment sur le web. Fort heureusement, nous n’avons pas attendu d’être au creux de la vague pour nous adapter au numérique, mais notre rythme n’est pas encore assez élevé en regard de la concurrence, et nous devons mettre les bouchées doubles pour rattraper notre retard. De concert avec les hébergeurs et les prestataires de services, nous nous activons en ce sens pour créer le Val d’Anniviers numérique de demain, mais malgré l’urgence, la complexité de la tâche nous impose d’avancer pas à pas. Cependant, le fait de ne pas être dans le peloton de tête comporte aussi des avantages, notamment celui de pouvoir s’inspirer des expériences réalisées dans d’autres destinations pour mettre en place les meilleures solutions. Du webshop des remontées mécaniques aux outils de réservation online des hôtels et des agences, en passant par des applications telles le jeu ARG en cours de développement par Anniviers Tourisme, la mutation numérique du tourisme anniviard est en route. A nous de nous détacher des visions passéistes pour offrir à nos hôtes les outils et services qu’ils demandent. Du côté de la qualité de l’accueil, de l’offre et des services, il est évidemment toujours possible de mieux faire, mais si on porte un regard objectif sur ces prestations en comparaison de ce que nous pouvons expérimenter ailleurs, nous ne sommes pas aussi mal lotis qu’on le laisse parfois entendre. Au lieu de continuer à ne voir que le positif ailleurs en critiquant ce qui n’est pas optimal chez nous, mieux vaut s’inspirer de ces éléments pour poursuivre cette amélioration continue qui est la norme dans le tourisme. Les lignes directrices générales ont été définies dans la Politique Touristique finalisée en 2015 par la Commune d’Anniviers et Anniviers Tourisme. Elles ne rem-
placeront pas le travail que nous devrons tous accomplir pour construire le Val d’Anniviers touristique de demain, mais elles le faciliteront en donnant une base cohérente à tous ceux qui souhaitent s’investir. Quant aux conditions-cadres générales, cet aspect nous impacte fortement, bien qu’étant plus éloigné de notre champ d’action que l’opérationnel local. Il nous paraît difficile de nous faire entendre face aux puissants lobbies des banques ou de la chimie, mais cela vient plus du manque d’union des acteurs que de la force du tourisme qui représente un secteur économique important, tant en Valais qu’en Suisse. Cependant, conscients de l’impor-
tance de s’unir pour se faire entendre, les acteurs du tourisme voient de plus en plus d’intérêts aux alliances, qu’elles soient au niveau opérationnel, stratégique ou politique. Du renforcement des collaborations entre acteurs locaux à la création de la Chambre Valaisanne du Tourisme, notre branche s’organise de mieux en mieux pour répondre aux défis d’aujourd’hui et de demain. Le chemin est encore long, mais la prise de conscience est réelle. Nous bénéficions d’atouts très importants, tant au niveau de notre environnement que de notre offre ou des structures de loisirs et de tourisme. Ainsi, nous pouvons voir notre futur ensoleillé… à défaut de le voir resplendissant, car avec les mutations mon-
diales du secteur touristique et l’évolution des modes de consommation, nous devrons également accepter d’avancer moins vite et de ne plus avoir autant de facilité à être attractifs. Effectivement, tout n’est pas rose et le développement rapide et constant de nos concurrents ne nous laisse aucun répit, mais la « grinta » des Anniviards et des nombreux amoureux de notre vallée constitue la meilleure des motivations dans ce contexte perturbé et nous permettra, j’en suis persuadé, de relever le défi des mutations touristiques pour assurer notre futur de la meilleure manière qui soit. Simon Wiget, directeur d’Anniviers Tourisme
3961 Grimentz 027 475 18 55
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3961 Chandolin
Alain Zuber
BUREAU D’INGÉNIEURS
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078 671 11 51 - Vissoie-Anniviers
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traditions
Une tradition qui a la peau dure !
I
l est des traditions locales qui résistent au temps. La distribution du Boconnet en fait partie. A Grimentz, tous les ans en janvier, le comité de l’alpage organise une distribution de fromage aux enfants du village. A l’origine, seuls les enfants n’ayant pas encore fait leur première communion avaient droit au Boconnet. Cette tradition perdure depuis le milieu du 14ème siècle. Selon la légende, en 1348, pendant la Grande Peste qui frappa l’Europe, le village de Grimentz fut très durement éprouvé puisque la quasi-totalité de ses habitants moururent. Seules trois jeunes filles, qui vivaient seules avec un bouc en réchappèrent. Pour remercier Dieu, elles décidèrent que tous les ans, cette distribution de fromage aurait lieu. La légende nous dit aussi que les rares années où les Grimentzards ont dérogé à la tradition, de terribles malheurs ont frappé le village. Ces malheurs sont restés dans l’imaginaire collectif et, encore aujourd’hui, la tradition est bien présente. Si les dernières années, très peu d’enfants se sont prêtés au jeu, en janvier dernier, ils
Une tradition qui a attiré du monde cette année !
étaient une petite dizaine. Espérons qu’en janvier prochain, ils soient nombreux à partager ce moment hors du temps. Yanis Chauvel
Accompagné du pain de seigle du village, quel délice !
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portrait
Emilie, Julie et Frédéric Zufferey Itinéraire d’une famille
E
n 2013, à l’occasion de vacances au Québec pour rendre visite à la famille de Julie née là-bas, le projet de quitter St-Jean et nos belles montagnes a germé tout doucement dans les réflexions de la famille de Frédéric. Alors que nous roulions sur la rue StCharles au bord de la rivière des Mille Iles, je demandais à Julie pourquoi on ne viendrait pas s’installer ici ? Et ce n’est que deux ans plus tard que nous avons repris la question. L’envie de changement et d’aventure fait partie de certaines natures humaines dont la mienne, probablement. Mais le plus important était que nous soyons tous les trois d’accord, et nous l’étions… Fin d’itinéraire anniviard… Les derniers mois passés dans la vallée ont été très riches en émotions : la famille, la clientèle du Gîte de St-Jean, toutes nos connaissances, tous à leur façon sont venus nous dire au revoir et nous en gardons de merveilleux souvenirs ! Pour ma part, lors du dernier soir de mon travail au Gîte, quand je me suis retrouvé seul, j’ai eu besoin d’un moment rien qu’à moi, avec un bon verre, pour me repasser le film de ces années passées dans ce lieu magique où je n’ai ressenti que du bonheur. Des rencontres enrichissantes, une occupation motivante partagée avec Julie… si nous avions envie de tenter une nouvelle aventure, c’était le moment, un an plus tard aurait peut-être été trop tard. Bref, après bien des formalités, nous voilà partis. Arrivés à Genève, notre vol a été annulé pour cause de panne technique et nous avons dû patienter jusqu’au lende-
Emilie en compagnie des Gardes-frontières
Fréd et Julie
main. Ce flottement temporaire a été bien apprécié, il nous a permis de faire une coupure entre le départ et l’arrivée.
Pour ma part, je me suis présenté dans un supermarché qui recherchait un pâtissier. Sur place, j’ai dû exécuter un gâteau « 8 pouces » fini, décoré en moins de 7 minutes. Je commençais mon nouvel emploi le lendemain. Lorsqu’on cherche un emploi, il faut calculer le temps que l’on mettra pour s’y rendre selon le trajet à emprunter. Montréal et ses environs compte 4 millions d’habitants, je vous laisse imaginer les encombrements aux heures de pointe… pas tout-à-fait pareil à St-Jean…
... et début du canadien A la douane canadienne, on nous a informés que la résidence permanente m’était accordée, un vrai soulagement car les démarches pour l’obtenir ont été conséquentes. Le passeport du chat aussi en règle, nous avons pris un taxi pour nous rendre à Boisbriand, où les parents de Julie nous ont rejoints pour célébrer notre arrivée et nous prêter le mobilier nécessaire. Le container avec nos affaires est arrivé cinq semaines plus tard. Pas de difficultés particulières pour trouver un emploi. Julie a fait le tour des maisons de retraite et a été engagée à temps partiel dans une petite structure de cinq résidents. Quelques semaines plus tard, elle a trouvé un deuxième job à proximité auprès d’un couple âgé dont le mari a besoin d’aide.
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Après dix-huit ans passés à l’extérieur du pays, le retour de Julie n’a pas été facile. Comme elle le dit, il faut recréer des liens, se faire de nouveaux amis et s’adapter à un environnement différent de celui connu jadis. Notre fille Emilie aussi a eu besoin d’un certain temps pour s’adapter à sa nouvelle école alternative, où l’enseignement se pratique différemment de celui qu’elle a connu. Mais tout est rentré dans l’ordre,
Au-revoir St-Jean, bonjour Saint-Jean
Frédéric et Emilie en ballade
son accent est maintenant québécquois… Elle a de nouvelles amies et partage sa classe avec deux chiens… mais elle s’ennuie parfois de ses copines anniviardes et de sa cousine Nina ; elle dit que ça lui ferait plaisir de les revoir bientôt.
travail ou d’une quelconque activité et il n’existe pas vraiment de bistrot du coin où des liens pourraient se tisser.
beau et grand pays qu’est le Canada et dans lequel beaucoup de nationalités différentes se côtoient.
Sinon, les montagnes sont remplacées par la multitude de lacs et c’est magnifique à la mi-octobre, lorsque les feuillus changent de couleur, c’est l’été indien. La pleine lune revient tous les 28 jours et le soleil se lève tous les jours même si des nuages le cachent, comme partout. Alors, quand on y pense, il n’y a pas vraiment de différences… »
Propos recueillis par Simone Salamin Photos Madeleine Zufferey
Ici ou là-bas, qu’est-ce qui change ? On ne peut pas dire qu’il y ait de grandes différences avec le quotidien anniviard, si ce n’est que nous ne vivons pas au rythme du travail saisonnier. Un avantage reste que toutes les commodités se trouvent à proximité et que nous utilisons souvent nos vélos pour nous y rendre, sauf en hiver bien entendu. La saison froide l’est vraiment, bien plus froide qu’en Anniviers. Les relations se mettent en place par le biais du
Frédéric, Julie et Emilie tiennent à transmettre leurs salutations à tous les Anniviards et ils poursuivent leur chemin là-bas, aussi grâce à la famille de Julie qui leur fait passer de bons moments dans ce
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portraitn
Une Petit(e) Sophie pour un grand Car
R
eportage sur les remuantes routes d’Anniviers en compagnie de Sophie, conductrice de cars postaux Vissoie, mardi 26 janvier 14h30 La montée vers Zinal semble toute calme; les élèves de l’école primaire sont sur les pistes de ski, cette course ne vit donc pas l’animation habituelle de fin de journée scolaire lorsque l’excitation et la fatigue réclament vigilance et attention de la part de Sophie. Parfois, il faut élever la voix pour calmer les tempéraments échauffés. Mais en général, tout se passe au mieux nous dit-elle. En bout de ligne, à l’arrêt Reka, petits moments de détente et d’échanges avec Roger son collègue ; puis Sophie procède à un rapide contrôle technique car un voyant s’allume et interpelle sur un problème éventuel. Heureusement, rien de grave pour cette fois. Parfois des passagers demandent à Sophie comment il faut l’appeler : chauffeuse ? Elle répond que ce terme correspond à un autre métier, nocturne plutôt… Conductrice est bien le mot approprié. Mais il est temps de repartir et dès l’arrêt « Poste » à Zinal, l’animation reprend le dessus. Des voyageurs s’en vont pour Paris, d’autres pour Genève-aéroport, destination pour laquelle Sophie peut imprimer les billets. Des informations sont sollicitées
en anglais, en allemand et il faut pouvoir répondre, ça marche. A Ayer, un groupe d’enfants d’Intersoc attend le bus…. luxembourgeois qui doit les ramener vers Zinal. Fausse alerte donc, le car peut continuer. A Mission, les petits écoliers skieurs anniviards descendus avec le bus spécialement affrété pour eux et qui roule devant nous retrouvent leur maman, sauf un et MarieLaurence, leur maîtresse fait fonctionner ses contacts pour la retrouver. Sophie peut alors entreprendre le dépassement de ce véhicule et poursuivre sa route. Et voici Vissoie, là c’est l’émeute… gentille: les écoliers skieurs et les autres voyageurs empruntent dès lors le même car postal, chacun vers sa destination. «Un peu
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de discipline » réclame Sophie. Et voici qu’elle repart vers Zinal, sa journée se prolongera jusque vers 20 h.
Vissoie, lundi 8 février 8h. Encore un départ pour Zinal, peu de monde en ce lundi matin. Hier soir, Sophie a chaîné son bus pour que tout soit prêt ce matin à la reprise du travail vers 6 h. L’hiver est bien là, mais sur la route, la neige fond tranquillement et au terminus, notre conductrice peut enlever les chaînes. Une dose certaine de force musculaire semble indispensable pour pratiquer ce job: poids des chaînes et des bagages directs qu’il faut manipuler de la poste à la soute du car et de là vers le sas de la gare de Sierre spécialement réservé, sans compter skis, chaussures et autres cartons dont on
se demande ce qu’ils peuvent bien contenir pour peser autant ! En redescendant, on croise une dizaine de bus de diverses provenances qui amènent des groupes pour la semaine : tout se passe normalement en principe, les chauffeurs d’Anniviers se transmettent l’information par radio pour prévenir des croisements difficiles. Les manœuvres de marche arrière sont monnaie courante et tant Sophie que tous ses collègues sont les maîtres en la matière. Souvent, la marge entre véhicules et talus se mesure en tout petits centimètres… Et voici la place de la gare de Sierre, pas toujours accessible facilement car la circulation reste intense en haute période touristique et le respect ne paraît pas prioritaire pour certains... Remettre les bagages dans le sas prévu à cet effet, prendre le temps d’un petit café – sandwich et le moment arrive d’accueillir une nouvelle équipe de passagers pour la vallée. Et c’est reparti ! Depuis le mirador que représente le car postal pour les passagers, on peut admirer le luxe que cet environnement extraordinaire nous offre, comme aujourd’hui ce magnifique troupeau de chamois sur les prairies du Plat de Niouc ! Sophie connaît
bien Anniviers et peut renseigner sans souci les vacanciers, comme le font aussi ses collègues. D’ailleurs, les chauffeurs de cars postaux sont les premiers habitants de la vallée rencontrés par les hôtes arrivés à Sierre en train ; ainsi le car devient le premier guichet d’office du tourisme. Il est même possible de payer les courses postales en Euros, c’est dire. Petit arrêt à Vissoie et poursuite jusqu’à Chandolin. La météo est agréable, les vacanciers sont satisfaits. D’autres passagers arrivent, une nouvelle course démarre et ainsi de suite jusque vers 15h. Voyages incessants, remuages d’aujourd’hui, plus rapides, plus nombreux. Les courses, même si elles se déroulent toujours sur les mêmes itinéraires, sont variées : l’inattendu et l’imprévisible pointent souvent à l’horizon des quelques rares tronçons en ligne droite. Le stress du maintien des horaires exige concentration et prudence. D’ailleurs, peu de chauffeurs de bus choisissent de travailler en montagne, la grande majorité préfère les lignes de plaine, et pour cause. Ils ont bien compris la difficulté du labeur sur les remuantes routes de montagne.
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Sophie ne ressent pas d’effet maléfique dû aux constants changements d’altitude et elle trouve que l’ambiance est bonne dans cette équipe d’hommes bien sympathiques. Après avoir pratiqué plusieurs métiers, serveuse, aide-paysagiste, elle a passé les permis exigés par sa nouvelle profession et la voilà qui illumine nos routes. Née en France, Sophie Petit (c’est son nom) a débarqué à Vercorin en 1997 et depuis, intégrée dans notre région, elle a décidé de s’y enraciner, pour notre bonheur. Texte et photo Simone Salamin
tourisme
Préparez
votre saison estivale à Vercorin La saison d’hiver vient tout juste de se terminer à Vercorin avec l’organisation de la première édition du Défi des 300, le plus long slalom du monde. Le retour du soleil et le réveil de la nature nous invitent à sortir et à envisager de nouvelles activités. Vercorin Tourisme vous propose un aperçu des excursions et manifestations incontournables de la prochaine saison estivale, à vos agendas ! Nature Chalais aux Chalets… : Avec l’arrivée du printemps, marcheurs et coureurs reprennent leurs activités. Les randonneurs ont vu la naissance des sentiers intitulés De Chalais aux Chalets. Au total 13 sentiers didactiques vont être réalisés entre Chalais et le Crêt du Midi. Proposant des temps de marche, des déclivités et des paysages variés, les sentiers sont rythmés par des panneaux didactiques expliquant les caractéristiques des lieux, de la faune et de la flore environnante. Brâme du cerf : En automne, les amateurs de nature pourront écouter le Brâme du cerf en s’enfonçant dans le Vallon de Réchy à l’occasion d’une excursion de deux jours entre fin septembre et début octobre. Un accompagnateur de moyenne montagne guidera les marcheurs afin de vivre une expérience unique.
Sports La commune de Chalais est bien connue pour son relief abrupt qui est régulièrement exploité par les sportifs. Kilomètre Vertical : Le Kilomètre Vertical entre Réchy et l’entrée du Vallon a été imaginé par Florent Zabloz, un ancien stagiaire à Vercorin Tourisme dans le cadre de son travail de diplôme. La course ayant pour but de parcourir un dénivelé de 1000 mètres sur une distance la plus courte possible. La deuxième édition du Kilomètre Vertical aura lieu le 14 mai 2016. Vercofly : Entre ciel et terre, la Vercofly propose aux parapentistes chevronnés et amateurs de haute montagne de relier neuf cabanes d’altitude en parapente et à pied du 31 août au 3 septembre 2016. La Dérupe : Finalement, pour terminer la saison, l’incontournable manifestation pour tous les amateurs de course à pied, la Dérupe, aura lieu le 6 novembre 2016. Marchés d’été Vercorin accueille, comme chaque année, les deux marchés phares de l’été. Le premier est axé sur le bien-être, les produits naturels et bio, diverses thérapies. La Journée Santé Nature invite à la relaxation et à s’occuper de soi grâce à une vingtaine d’exposants et des conférences. Le deuxième, le Marché des Artisans Créateurs, se démarque par la qualité des articles exposés. Labellisé marché propre, c’est-à-dire qu’aucun article de revente n’est autorisé, ce marché se détache donc d’autres manifestations du genre. Une trentaine d’exposants y sont attendus le 7 août 2016. Musique Terrasses Musicales : Tous les jeudis des
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mois de juillet et d’août, Vercorin est animé par des rythmes jazz, rock, folk et classiques. Les Terrasses Musicales ont lieu au Parc à Moutons de 17h à 18h30 au moment de l’apéro, pour profiter du soleil et de la musique. Vercojazz : Du 29 au 31 juillet 2016, la New Orléans s’invite à Vercorin à l’occasion du Vercojazz. Saxophoniste, contrebassistes et fans de Jazz se réunissent et vous invitent à swinger sur ses rythmes entraînants. L’espace de trois jours, des notes de musique jazzy retentiront dans les ruelles et les établissements de Vercorin. Art Comme chaque année, Vercorin est également un lieu de culture où l’exposition R&Art occupe le village de manière à créer un lien entre l’art et la vie quotidienne. La galerie d’art Edouard Vallet proposera également une exposition pendant les mois d’été. Toute l’équipe de Vercorin Tourisme vous souhaite une magnifique saison d’été et se réjouit de vous accueillir à Vercorin !
Stéphanie Chappuis Responsable animations, Vercorin Tourisme
L’étau se resserre
La loi fédérale sur les résidences secondaires (LRS), entrée en vigueur au 1er janvier 2016, suscite de nombreuses interrogations et laisse des zones d’ombre que les Tribunaux devront éclaircir. L’interdiction de construire de nouvelles résidences secondaires prend constitutionnellement effet au 11 mars 2012 (Tribunal Fédéral 1C 614/2012). Il n’existe, dès lors, aucune raison d’approuver après coup des demandes d’autorisations, sauf si une dérogation est expressément prévue. Par ces quelques lignes, nous souhaitons apporter une modeste contribution aux principales questions, sans que nos propos ne puissent constituer un avis de droit. 1- La résidence secondaire 1.1. Selon l’article 2 LRS, est une résidence secondaire tout logement qui n’est : a) ni une résidence principale ; b) ni assimilé à une résidence principale ; c) ni affecté à l’hébergement touristique. 1.2. Est une résidence principale, le logement situé dans la Commune où réside le requérant avec l’intention d’y vivre durablement et d’y avoir le centre de ses intérêts personnels. Une personne ne peut avoir qu’une Commune d’établissement, chaque époux peut avoir exceptionnellement un domicile séparé. 1.3. Sont assimilés à une résidence principale, en particulier les logements : a) qui sont occupés durablement pour les besoins d’une activité lucrative ou d’une formation ; b) qui sont occupés durablement par un
ménage privé qui occupe durablement un autre logement situé dans le même bâtiment ; c) qui sont utilisés pour l’agriculture et ne sont pas accessibles toute l’année à des fins agricoles, en raison de leur altitude ; d) qui sont utilisés par une entreprise pour l’hébergement du personnel pendant de courtes périodes ou comme logement de service du personnel hôtelier ; e) qui sont affectés temporairement et licitement à une autre utilisation que l’habitation ; f ) qui sont vacants depuis deux ans au plus, sont habitables et proposés pour une location durable ou mis en vente (logements inoccupés). 1.4. Sont affectées à l’hébergement touristique, les résidences : - qui comprennent des services et des infrastructures de type hôtelier standard ; - qui sont organisées selon un concept d’exploitation de type hôtelier dans le cadre d’une structure homogène (ex. REKA) avec réception, services de chambre, accès aux équipements… - qui proposent des logements non personnalisés à la location par le biais d’une structure commerciale, aux conditions usuelles du marché, les propriétaires et les membres de la famille ne pouvant pas occuper les locaux plus de 3 semaines pendant une haute saison. 1.5. Un propriétaire peut construire sa résidence principale s’il s’engage à y prendre domicile. Une mention est inscrite au Registre foncier et lie le propriétaire. La réponse n’est pas encore donnée à satisfaction sur ce qu’il adviendra en cas de décès, de divorce, de déplacement du lieu de travail, etc…
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Pourra-t-elle être vendue comme résidence secondaire sans trop de difficultés si le propriétaire fournit la preuve qu’il ne peut la louer ou la vendre au titre de résidence principale ? La pratique des Tribunaux le dira. 1.6. Un propriétaire peut construire un immeuble en PPE et mentionner au Registre foncier les PPE en tant que résidences principales. Le constructeur bénéficie ainsi d’une autorisation de bâtir une résidence principale à ses risques et périls. 1.7. La tentation existe en l’espèce, de contourner la réglementation. La Commune est tenue toutefois de contrôler la conformité. Un abus de droit manifeste ne pourrait être admis que s’il apparaît d’emblée que le projet en cours ne pourra pas être utilisé comme annoncé, notamment à cause de l’insuffisance de la demande pour le type d’objets, à l’endroit prévu qui est éloigné des transports publics, qui ne correspond pas à la zone, dont le coût n’est pas accessible pour un habitant à l’année ou pour d’autres indices concrets (Tribunal Fédéral 1C 349/2015). 2- Le logement Est considéré comme logement, un ensemble de locaux propre à un usage d’habitation, formant une unité de construction disposant d’un accès propre et équipé d’une installation de cuisine avec évier. Ne sont, dès lors, pas considérés comme des logements, et donc pas soumis à la LRS, les locaux commerciaux ou artisanaux, les granges et raccards, les bâtiments désaffectés, les bureaux, les chambres d’hôtels… C’est l’état de l’agencement qui est déterminant.
3-
Les logements créés selon l’ancien droit
ment. Il s’agit des pièces habitables, de la cuisine séjour, de la salle de bains et des 3.1. Ce sont des logements créés de WC... Ne comptent en revanche pas dans manière conforme au droit avant le 11 le calcul, la buanderie, la cave, le garage, le mars 2012 ou au bénéfice d’une autorisa- local technique… tion définitive à cette date (art. 10). 4- Nouveaux logements autorisés 3.2. Le Parlement a décidé, à juste titre, que les droits acquis sont respectés, Sont en résumé autorisés par la LCR : qu’une résidence principale peut devenir secondaire et être à nouveau utilisée comme 1- Les résidences principales et les logerésidence principale. De même, un loge- ments assimilés. ment avec cuisine, utilisé temporairement comme bureau, peut être utilisé comme 2- Les résidences affectées à l’hébergement résidence secondaire. En revanche, s’il n’y touristique (ex. REKA). avait plus de cuisine au 11 mars 2012, il ne peut plus être transformé en résidence 3- Les logements (maximum 4 selon message du Conseil Fédéral p. 2225) situés secondaire. dans le même bâtiment que celui du pro3.3. Les logements créés selon l’ancien priétaire, et qui sont affectés à l’hébergedroit peuvent, dans les limites des sur- ment touristique avec possibilité d’être faces utiles principales préexistantes, être personnalisés. rénovés, transformés et reconstruits (art. 11 4- Les logements affectés à un hôtel. LRS). Ce sont de nouvelles résidences secondaires De plus, ces logements peuvent être modi- faisant partie d’une unité architecturale et fiés, divisés en davantage de logements fonctionnelle, comprenant ces logements pour autant qu’il n’en résulte pas une aug- et l’établissement hôtelier, dont le but est de financer la construction d’un nouvel mentation de la surface totale. hôtel ou la transformation d’un bâtiment Par ailleurs, ces logements peuvent être en hôtel. agrandis de 30 % au maximum des surfaces utiles principales, pour autant qu’il ne soit Le requérant doit fournir la preuve des besoins de ce type de financement et il devra pas créé un logement supplémentaire. affecter le bénéfice résultant de la vente des En d’autres termes, le propriétaire d’un résidences secondaires, dans la construcchalet d’un seul logement de 120 m2, créé tion ou l’exploitation de l’établissement. ou autorisé avant mars 2012, pourra créer deux logements de 60 m2. En revanche, s’il En outre, seule une part de 20 % de la suragrandit la surface totale du chalet de 30 face utile principale pourra être vendue sans %, soit de 36 m2, il ne pourra pas créer un restriction comme résidence secondaire. logement supplémentaire. La part peut être augmentée jusqu’à 33% On entend par surface utile principale si les logements restent durablement la (norme 416 SIA), les surfaces sur un niveau propriété de l’établissement et sont uniquede plancher qui correspondent à l’affecta- ment loués. tion et à l’utilisation principales du bâti-
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5- Les anciens hôtels déficitaires Ce sont des établissements de plus de 25 ans qui ne peuvent plus être exploités de manière rentable sans que cela ne soit imputable à un comportement fautif du propriétaire ou de l’exploitant, ni pouvoir être transformés en logements affectés à l’hébergement touristique. Dans cette hypothèse, les 50 % de la surface utile principale existante peuvent être réaffectés en logements secondaires sans restrictions. 6-
La création de loge- ments dans des bâti- ments protégés
Il s’agit de bâtiments en zone à bâtir, forgeant l’identité de la localité, caractéristiques du site par leur implantation et leur forme (grange écurie, raccard) qui peuvent être transformés en résidences secondaires et dont l’utilisation en tant que résidence principale ou logement affecté à l’hébergement touristique, n’est pas envisageable. La compétence ressort aux autorités locales qui doivent statuer dans le cadre de la procédure d’autorisation de bâtir, en s’appuyant sur l’inventaire, le classement du village (ex. ISOS). Quant aux mayens hors zone à bâtir, qui sont reconnus comme dignes d’être protégés, ils pourront continuer en principe à être transformés et rénovés dans le respect de leur typologie. En revanche, une grange écurie ou un raccard, en zone agricole ne peut pas être transformée en résidence secondaire, sauf si le bâtiment est déclaré particulièrement digne de protection et que le changement d’affectation est nécessaire pour assurer sa conservation à long terme (p. 13 rapport explicatif du 17.08.2012).
7-
Les logements au bé- néfice d’une autori- sation en force avant le 31 décembre 2012
Les logements autorisés après le 11 mars 2012 et dont l’autorisation est en force au 31 décembre 2012, peuvent être acquis comme résidences secondaires. Le permis de construire est valable 3 ans (31.12.2015) et il ne peut, en principe, être prolongé de deux ans. Cet aspect est toutefois controversé et fera probablement l’objet d’une décision administrative. Le requérant doit avoir débuté les travaux avant l’échéance du délai de 3 ans à partir de l’entrée en force de l’autorisation de bâtir. Le Tribunal Fédéral (1C 65/2014) entend par début des travaux, la construction au moins partielle du radier, pour autant que d’autres travaux de construction aient été, avec preuves à l’appui, planifiés à la
date d’échéance du permis de construire (ex. forage, canalisations, programme des travaux…). 8-
Les résidences secon- daires liées à un plan d’affectation spéciale 9- Comme le Conseil Fédéral et le Des résidences secondaires peuvent être Parlement n’ont pas respecté la promesse autorisées sans restriction si le plan d’affec- essentielle faite par les initiants dans leur tation était entré en force avant le 11 mars brochure « 10 raisons pour dire oui », nous 2012 et s’il règle les éléments essentiels de citons « les logements de vacances qui sont la construction tels que l’emplacement, la loués à des fins commerciales (parahôteldisposition, les dimensions et l’aspect des lerie), ne sont pas considérés comme des constructions et des installations, ainsi que résidences secondaires. La construction de leurs mode et indice d’utilisation. nouveaux logements mis en location est autorisée. Elle n’est pas concernée par le Le plan de quartier est un instrument de quota de 20 %. De même, des résidences droit cantonal et le Tribunal Fédéral admet secondaires mises en location ne sont plus qu’en général un plan de quartier doit lais- des résidences secondaires », nous osons ser aux propriétaires une certaine liberté et espérer que les autorités ne seront pas plus leur permettre de projeter des bâtiments royalistes que l’égérie de la Lex Weber. de conceptions différentes (1C 163/2011). Simon Epiney, Président
La Commune étant responsable de la planification locale (art. 3 al. 1 LcAT) et de
CMS DE LA REGION DE SIERRE :
son temps à aider un proche atteint dans sa santé, son autonomie.
Une nouvelle prestation pour les proches aidants
Le soutien obtenu auprès d’un proche est source de réconfort pour le bénéficiaire. L’aidant en retire aussi des satisfactions mais il peut s’exposer à des risques pour sa propre santé, sa vie familiale, sociale et professionnelle. Il est important qu’il puisse identifier ses ressources et ses limites, qu’il prenne conscience de ses besoins et qu’il sache où s’adresser en cas de besoin.
Le CMS de la région de Sierre s’engage depuis 40 ans pour favoriser le maintien à domicile des personnes avec la meilleure qualité de vie pour tous. En cette année de jubilaire, l’accent est porté sur un acteur indispensable au maintien à domicile : il s’agit du proche aidant. Est considérée comme proche aidant une personne qui consacre régulièrement de
la planification de détail (art. 12 LcAT), il lui incombe de fixer la marge de liberté à laisser aux propriétaires, de cas en cas, en exerçant objectivement son pouvoir d’appréciation (1C 163/2011).
Le CMS de la région de Sierre offre une nouvelle prestation destinée aux proches aidants des personnes habitant le district
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de Sierre ou la Commune de Salquenen, qui ne sont pas encore suivies par les services d’aide et de soins à domicile du CMS. Il s’agit de leur donner gratuitement des informations et des conseils individualisés qui devraient leur permettre de continuer à soutenir la personne dans les meilleures conditions possibles. La visite-conseil peut être obtenue gratuitement sur demande du proche aidant au CMS de la région de Sierre. Isabelle Pralong-Voide Directrice adjointe
Ils auraient pu exister... Jacques S. déserteur français en 1798
J
e m’appelle Jacques Durand. Je vis à Ayer depuis plusieurs années déjà. J’étais conscrit dans l’armée française envoyée par le Directoire pour rétablir l’ordre en Valais en 1798. J’ai déserté le 17 mai lorsque mes compatriotes ont mis à sac la ville de Sion. Je ne supportais plus ces horreurs dont cette journée noire fut le point d’orgue… Sans compter toutes les atrocités auxquelles j’avais assisté à Paris, toutes ces exécutions et massacres qui m’avaient coûté toute ma famille et mes amis… J’ai donc pris la décision de disparaître, et je me suis dirigé vers les montagnes en espérant trouver un lieu dans lequel je serai à l’abri et où je pourrais recommencer ma vie. Je ne sais pas exactement si ce lieu, je l’ai trouvé ou si c’est l’inverse… Toujours est-il que cela fait maintenant 8 ans que je suis installé à Ayer, au fin fond d’une vallée que l’on nomme Val d’Anniviers. J’y ai trouvé mon épouse et pour éviter que l’on me retrouve et condamne à mort pour désertion depuis que les autorités du Valais ont signé cette capitulation, c’est la chasse aux déserteurs français réfugiés comme moi en Valais - on m’appelle désormais Jacques S. Car, même si la plupart des habitants du village connaissent mon secret, ils me protègent et m’ont accepté comme l’un des leurs. Il faut dire que je me sens chez moi ici, jamais ma vie ne m’a paru si agréable. Pourtant ce n’est pas facile tous les jours, la vie est rude ici, rien à voir avec ce que je connaissais avant, habitant la ville, avec une aisance financière appréciable. Enfin, ça c’était avant la Révolution bien sûr… Mon épouse Judith est belle, douce et attentionnée. Je l’ai rencontrée fortuitement, quelques jours après ma fuite de Sion.
Napoléon, ma vie peut basculer à cause de son ambition . . .
J’étais affaibli par la faim, j’avais froid et je peinais à avancer. J’étais dans les environs de Sierre. Elle rentrait chez elle après avoir été acheter de la farine en ville. Prise de pitié à la vue de mon état, elle m’offrit de monter sur son mulet, me donna de l’eau et partagea un morceau de fromage avec moi. Mis en confiance, je lui racontais mon histoire et elle me proposa de l’accompagner jusqu’à son village. N’ayant aucun autre endroit où aller, je me laissais tenter. Sa famille me recueillit et m’offrit l’hospitalité dans leur grange. Peu à peu,
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je tombais amoureux de ma sauveteuse et envisageais de m’installer dans ce village si apaisant. Je me construisis, avec l’aide des hommes du village, une petite maison en bois à la sortie du hameau. Habile de mes mains, je devins charpentier et appris les techniques de construction du lieu. J’étais si doué que j’avais beaucoup de travail. Je commençai à courtiser Judith qui, finalement accepta de m’épouser. Cela fait maintenant 5 ans que nous sommes mariés et une bonne nouvelle devrait pointer le bout de son nez dans trois mois.
Au dessus des nuages, je me sens renaître . . .
Néanmoins, cette vie idyllique pour moi est peut-être sur le point de basculer. En effet, le Conseil d’Etat, aux ordres de Napoléon, doit recruter plus de 600 hommes en Valais pour l’armée de Bonaparte… S’il n’y avait pas eu déjà ces 2000 hommes livrés à l’Espagne, cela n’aurait pas posé de problèmes particuliers, mais le Valais a maintenant toutes les peines du monde à trouver des volontaires. La pression sur les dizains est très forte et des recruteurs passent régulièrement dans le village, bien décidés à repartir avec quelques jeunes gens. Ceux-ci
Carte du Valais en 1856
bien sûr, ont déjà vu leurs frères et amis partir pour la guerre et n’ont pas envie de subir le même sort, même pour 15 francs à l’engagement… J’ai même entendu des habitants dire à mi-voix que je devais me sacrifier car je suis Français… Bien sûr, ce n’est pas encore l’opinion de la majorité mais je crains le pire… Le havre de paix que je me suis trouvé va peut-être devenir un enfer que je devrais à nouveau fuir. Et tout cela au moment où ma femme attend notre premier enfant… Le pire serait que Napoléon décide de faire du Valais un dé-
partement français… Mais on n’en est pas encore là… En attendant, je vais revenir au chevet de mon épouse, la grossesse la fatigue énormément. Yanis Chauvel
Grimentz | Zinal
ess-grimentz.ch 027 475 50 60
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ess-zinal.ch 027 475 13 73
sport
HC Anniviers Saison 2015-2016
C
hapeau ! Chapeau aux joueuses et joueurs, chapeau aux entraîneurs, parents et bénévoles ! La saison qui se termine aura été celle des satisfactions et de la flexibilité. La météo capricieuse nous a obligés à modifier passablement notre calendrier, ce qui n’est pas toujours aisé, surtout en fin de saison. Mais ces tracas extérieurs n’ont pas empêché nos jeunes et moins jeunes de participer aux tournois et championnats. Malgré un apprentissage parfois difficile des ligues supérieures, c’est avec une détermination et une volonté intactes que nos équipes ont combattu cet hiver. A l’heure de la rédaction de cet article, notre 1ère équipe va débuter les demi-finales. Croisons les doigts...
Classement saison 2015-2016
Merci encore à toutes et à tous et à l’année Rang Team Matchs But + But - Points prochaine ! 1 HC Sierre 18 132 :53 52 2 HC Anniviers 18 116 :60 41 3 HC Portes du Soleil 18 103 :46 39 4 HC Sion-Nendaz 4 Vallées 18 83 :82 28 5 EHC Raron 17 62 :115 13 Patinoire 6 EHC Visp Lions 18 49 :119 10 Plus de vingt ans que la patinoire artifi- 7 HC RED ICE/Mart.-Verb.-Entr. 17 39 :109 3 cielle de Vissoie transforme l’eau en glace et des cheveux bruns en cheveux gris... Si certaines communes du Canton continuent Top scorer de dépenser peu à peu, d’autres investissent Joueur Team Matchs Buts Assists Pts pour garantir une installation pérenne Alexandre D. Zara HC Sierre 17 31 27 58 et sûre, comme Rarogne, Montana ou Cedric Melly HC Sierre 15 17 32 49 Nendaz. L’installation actuelle est désuète, Pierre Viaccoz HC Anniviers 17 20 26 46 non réglementaire et gourmande en di- Anthony Hug HC Anniviers 16 23 17 40 verses ressources. Avant qu’il ne soit trop Nicolas Droux HC Anniviers 13 10 20 30 tard, nous prônons la réalisation d’une Michael Pont HC Sierre 14 18 11 29 nouvelle surface de glace dès que possible. Loïc Bourban HC Sion-Nendaz 4 Vallées 17 15 13 28 Merci à nos autorités pour le travail actuel Mathieu Salamin HC Anniviers 13 15 9 24 et à venir. Jonathan Viaccoz HC Anniviers 11 14 4 18 Thomas Melly HC Anniviers 16 7 10 17 Yves-Laurent Epiney HC Anniviers 14 6 11 17 Benoît Epiney Guillaume Massy HC Anniviers 16 7 8 15
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culture
La séparation des Races L
es Compagnons de la Navizence préparent une pièce de théâtre tirée du roman de Ch.-F. Ramuz pour la présenter à Chandolin l’été prochain. C’est en 1960 que cette pièce a été jouée pour la première fois par cette même troupe à Vissoie. Beaucoup d’acteurs de cette époque s’en souviennent encore et ils se réjouissent de voir bientôt la nouvelle version 2016 ! Il faut dire que le lieu retenu pour mettre en valeur cette histoire est particulièrement bien choisi puisqu’il s’agit du vieux village de Chandolin : on ne peut rêver mieux pour rendre hommage à Ramuz, lui qui a séjourné dans le chalet d’Edmond Bille près duquel se joueront une partie des scènes. Car la pièce se donnera en itinérance dans le vieux village, elle résonnera dans les cœurs des amoureux de Ramuz, de Chandolin et du théâtre ! Réservons déjà une des nombreuses dates proposées et courons à ce magnifique spectacle sans hésiter, nous en ressortirons sûrement très émus.
La séparation des races, 15.08.1960
15-16, 22-23, 29-30 juillet 5-6, 15, 19-20 août
Simone Salamin Photo ancienne Gaston Savary, Lausanne
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histoire
Sainte Barbe a disparu
En ce jour de Pâques 1944, le village de Chandolin est calme, presque désert, la majorité de ses habitants sont encore en plaine pour les divers travaux printaniers des vignes et des vergers. Le hameau est encore recouvert de neige, mais ce blanc manteau ne devrait pas tarder à disparaître. C’est dans la fraîcheur matinale que la femme de Daniel Caloz s’en va fourrager le bétail. Arrivée devant l’écurie elle est très étonnée de ne pas trouver l’échelle qui mène à la grange. Elle appelle son mari qui, après avoir fait trois fois le tour de la grange-écurie, doit admettre qu’on lui a volé son échelle. Surgit alors Basile Zufferey, son ouvrier, qui vient de découvrir l’échelle de son patron appuyée contre le mur de l’église ; reprenant son souffle, il lui apprend que la statue de sainte Barbe qui se trouvait dans une niche au-dessus de la porte d’entrée de l’église avait disparu. Sainte Barbe est la patronne de la paroisse de Chandolin. Avant la construction de l’église en 1886, existait déjà au village une chapelle dédiée à cette vierge martyre qui est attestée dans un document de 1505. Sainte Barbe est la patronne des mineurs, pompiers et artificiers ; on la prie contre les incendies et les morts brutales. Cette sainte orientale est généralement représentée en jeune fille avec une palme de martyre, portant une couronne, tenant dans sa main un livre. Une tour à trois fenêtres, en référence à son adoration de la Sainte Trinité, un ciboire surmonté d’une hostie, constituent également des attributs de la sainte. Sainte Barbe que l’on vénère depuis le 7ème siècle, est présente dans le diocèse de Sion dès 1435 et surtout dans la deuxième partie du 15ème siècle sous l’évêché de Walter Supersaxo qui mettra son culte en avant. L’histoire de sainte Barbe qui se passe vers
Ancienne chapelle de Chandolin
l’an 235 de notre ère est obscure ! Selon la tradition, son père Dioscore, riche magistrat païen d’origine phénicienne, l’aurait faite enfermer dans une tour à cause de sa beauté. Ayant appris ensuite qu’elle était chrétienne et que celle-ci refusait de s’engager dans le mariage, il l’aurait traînée luimême devant les tribunaux et décapitée de sa main. Crime odieux pour lequel il fut, dit-on, frappé par la foudre. Quand les chrétiens vinrent demander le corps de la jeune martyre, ne voulant utiliser son prénom perse et ne pouvant se dévoiler en utilisant son prénom de baptême chrétien, ils ne purent en parler que comme la « jeune femme barbare », d’où le nom sainte Barbara qui lui fut donné. La statue en bois de sainte Barbe, que les Chandolinards avaient placée dans une
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niche au-dessus de la porte d’entrée principale de l’église, était un des seuls vestiges de l’ancienne chapelle. On a volé sainte Barbe ! C’est Basile Zufferey, l’ouvrier de Daniel Caloz, qui a découvert le vol de la statue de la vierge martyre. Se rendant à son travail, il aperçoit une échelle qui est appuyée sur le versant nord de l’église. La présence de cette échelle l’intrigue. S’approchant de l’édifice, il constate que cette échelle appartient à son patron. Il examine les fenêtres de l’église pour voir si des vitres ont été cassées. Arrivant devant la porte d’entrée, il remarque que la niche qui abrite la statue de sainte Barbe, est vide. Stupéfait de cette découverte, il s’en va immédiatement avertir son patron.
Les suspects sont arrêtés Persuadé que l’objet renfermé dans le sac à dos du touriste devait être la statue de l’église, Daniel Caloz se dépêcha d’aller informer Monsieur Denis Favre, président du Tribunal de Police de la Commune. Celui-ci, après avoir écouté les arguments de Caloz, alerta le poste de gendarmerie de Vissoie, qui communiqua le signalement des trois voyageurs à la gendarmerie de Sierre. Celle-ci n’eut pas de peine à retrouver les 3 suspects, il suffisait de surveiller les routes et chemins d’Anniviers. Les suspicions de Daniel Caloz se révélèrent fondées; Statue de Sainte Barbe qui avait disparu, qui se trouvait dans la niche en fouillant le sac à dos, les au-dessus de la porte d’entrée de l’église de Chandolin gendarmes retrouvèrent la statue. Les trois touristes furent Un quart d’heure plus tard, ils reviennent sur le champ appréhendés et l’objet pieux tous les deux pour constater que la statue séquestré. On les conduisit au poste de avait bel et bien disparu. On avait utilisé gendarmerie de Sierre afin de les interroger l’échelle de grange de Daniel Caloz pour sur les mobiles du vol. atteindre la statue de quatre-vingts cen- Les auteurs du vol qui avaient séjourné au timètres de haut qui se trouvait à quatre Grand Hôtel de Chandolin du 6 au 10 mètres du sol. Faisant le tour de l’église, avril, étaient un étudiant en droit, Jean Daniel Caloz remarque un détail. Il M., né en 1920, Victor P., médecin, né constate sur la neige les traces de l’échelle en 1918 et mademoiselle Yvonne Y. née en en trois endroits différents ; on s’était mis 1921. La gendarmerie dressa sur l’affaire à genoux pour effacer les traces de pas dans un rapport qu’elle transmit au Juge insla neige. tructeur du district de Sierre. Comme il y avait à cette époque peu de Le 2 mai 1944, soit 20 jours après le vol monde au village, il supposa que le vol avait de la statue de sainte Barbe, le juge d’insété commis par des clients du Grand Hôtel truction ordonna une enquête d’office. de Chandolin. Avec son ouvrier, Basile Les autorités de Chandolin, agissant pour Zufferey, il se mit à guetter les départs des le compte des intérêts paroissiaux confirhôtes de l’établissement. Vers 14 heures, ils mèrent la dénonciation et se constituèrent virent sortir trois clients, deux messieurs et partie civile. Les deux accusés Jean M. une dame. L’un des hommes portait un sac et Victor P. furent convoqués pour être de touriste dans lequel se trouvait un objet interrogés. enveloppé d’un tissu qui dépassait de l’orifice. Ces trois personnes prirent le sentier La version des accusés qui conduisait de Chandolin à Fang, au Les deux accusés donnèrent la version des bord de la route d’Anniviers. À l’allure avec faits et leur déposition fut plus ou moins laquelle ces trois personnes descendaient troublante. le chemin en question, Daniel Caloz eut Dans la soirée du 9 avril, vers 20 heures, l’impression que ces gens n’avaient pas la Jean M. et Victor P. se sont rendus au conscience tranquille. village pour le visiter. En passant devant
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l’église ils remarquèrent une jolie statue dans une niche au-dessus du porche de l’église. Arrivés au village ils lièrent conversation avec un paysan, devant une maison portant une plaque « sonnette pour malades ». Ils le questionnèrent pour savoir s’il y avait des antiquités et des étains à vendre. Puis ils lui demandèrent si Monsieur le Curé était au village car ils désiraient acquérir la statue qui se trouvait sur le porche de l’église. Le paysan leur dit que le curé était à Sierre, mais qu’ils pouvaient négocier avec lui, qu’il s’arrangerait plus tard avec lui. Le paysan ajouta que Monsieur le Curé avait auparavant brûlé plusieurs statues et des stations de bois. Ils se dirigèrent ensuite tous les trois vers l’église. Jean M. demanda alors au paysan combien il désirait pour cette statue. Il leur demanda 100.- frs. mais Jean M. lui offrit 50.-frs que l’homme accepta en lui disant qu’il remettrait la somme au curé. Ensuite le paysan alla chercher une échelle qu’il dressa contre l’église. Jean M. monta sur l’échelle et s’empara de la statue qui se trouvait dans la niche. Il passa la sculpture en bois au paysan qui se trouvait au pied de l’échelle à côté de Victor P. mais le Chandolinard laissa tomber la statue. Les deux bras de sainte Barbe se cassèrent. Après avoir salué le paysan, les deux touristes rentrèrent à l’hôtel avec la statue. Le lendemain en partant ils mirent la statue dans le sac de touriste du docteur Victor P. en la recouvrant d’un manteau. Mystérieux paysan Le Juge d’instruction avait des doutes sur l’identité de ce paysan de Chandolin. Les accusés en donnèrent une description assez précise. Le paysan était de corpulence moyenne et d’une taille de 1 m. 60 à 1 m. 70. Il portait des habits de paysan, était coiffé d’un chapeau noir et avait une grande moustache…. Il était âgé d’environ 40 ans et avait l’accent valaisan. Jean M. précisa que s’il est mis en présence de cette personne, il pense pouvoir la reconnaître. Le paysan leur avait dit qu’il connaissait le curé, qu’il s’occupait des affaires de la paroisse et qu’il savait que ce genre de marché se faisait. La police de sûreté, chargée d’enquêter sur l’affaire du vol a rendu de son côté un
rapport négatif. On y trouve les renseignements suivants : « Ce jour de Pâques 1944, il y avait sept hommes dans la localité de Chandolin. Ceux-ci peuvent être facilement identifiés, mais il est d’ores et déjà certain qu’aucun d’eux ne peut avoir conclu le marché…. Messieurs M. et P. se sont rendus eux-mêmes à Chandolin et ont assisté à la sortie de la messe en compagnie du collègue Pannatier du Poste de gendarmerie de Vissoie. Ils n’ont aucunement reconnu le personnage qui leur avait vendu cette statue. Il a été constaté que tous les villageois qui se trouvaient là le jour du délit étaient présents. Le gendarme Pannatier ainsi que les autorités de la commune ont eu la nette impression que l’on ne s’intéressait pas autrement à découvrir le coupable, ceci d’après l’attitude des personnes inculpées. » Monsieur Marc Pont, le propriétaire du Grand Hôtel de Chandolin déclara aux enquêteurs que « ses hôtes ne lui avaient pas fait part de l’achat de la statue et qu’il était absolument ignorant de cette affaire ». Fin de l’instruction et jugement Le représentant de la commune de Chandolin, Monsieur Main, invité à préciser sa prétention, exposa que « de l’avis de différentes personnes cette statue vaudrait environ 1000.- frs, qu’il s’agit d’une statue ancienne qui se trouvait dans l’ancienne chapelle de Chandolin ». Il ajoute « que la réparation des deux bras cassés a couté 55 francs 40 ». Les deux accusés, dont le casier judiciaire était vierge, sont prévenus de s’être appropriés d’une manière frauduleuse de la statue de sainte Barbe se trouvant audessus de la porte d’entrée de l’église de Chandolin. L’instruction close, l’affaire fut remise à jugement devant le Tribunal du 2ème arrondissement du district de Sierre, le 6 juin 1945. Au jour dit, le jugement est rendu au Tribunal du 2ème arrondissement et c’est la consternation. Après l’examen des circonstances, le Tribunal ne peut acquérir la conviction que Jean M. et Victor P. aient tout simple-
Article extrait du journal «Le Rhône» mardi 18 avril 1944
ment volé la statue en question. Il subsiste un doute sérieux en leur faveur. Il reste en effet la thèse soutenue par les deux accusés que c’est un tiers, le paysan du village, qui s’est entremis pour la vente de cette statue. Le Tribunal reconnaît que Jean M. et Victor P. se sont conduits avec une grande légèreté en se fiant aux dires de l’individu en question et qu’ils ont fait preuve d’imprudence. Leur acte ne peut être considéré comme délictueux dans le sens de la loi pénale. En conséquence : Victor. P. et Jean M. sont absous. La demande en indemnité est renvoyée au for civil. Les deux accusés sont condamnés aux frais par moitié et solidairement. La Commune de Chandolin, partie plaignante et civile, et Aloys Theytaz, représentant du Ministère Public, ne l’entendent pas de cette oreille et décident de faire appel à cette décision de justice. Pour eux, l’offense est grave, soulignant que les accusés se sont cantonnés dans leur système de défense si invraisemblable et ont continué à se moquer de tout le monde, à diffamer même les gens de la localité par le pseudo-paysan inventé de toutes pièces. La statue de sainte Barbe, l’objet du vol, était un souvenir, le seul qui reste aux Chandolinards de leur ancienne chapelle; c’est pour eux une relique et ces deux citadins l’ont bafouée, l’ont profanée. En plus la statue a été abîmée, cassée, donc, une sanction s’impose non seulement pour le vol, mais également parce qu’il y a eu profanation d’un objet de culte. Toute l’histoire du prétendu paysan, qui aurait vendu la sainte pour le compte du curé, n’est qu’un grossier roman. Ce paysan n’a jamais existé.
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Devant le Tribunal Cantonal C’est le 24 octobre 1945, que les deux larrons se retrouvent devant le Tribunal Cantonal, continuant à affirmer énergiquement qu’ils ont acheté la statue. Jean M. et Victor P. ont donné le signalement du paysan mystérieux avec lequel ils ont traité ; ce n’est pas de leur faute s’il n’a pas pu être identifié, car ajoutent-ils, on ne les a guère aidés dans cette tâche. Ils continuent leur plaidoirie en affirmant qu’ils ne se sont pas comportés comme des voleurs. La statue n’a pas été emportée en cachette ; ils ont quitté Chandolin en plein jour, ils sont partis d’un bon pas montagnard et par un chemin connu, sans chercher à échapper à la vue de quiconque; l’objet émergeait du sac à dos où il était renfermé, il avait été seulement emballé tout normalement dans une serpillère. S’ils avaient imaginé l’histoire de la vente, ils se seraient contentés évidemment de dire que le paysan leur avait livré la statue et ils n’auraient pas avoué avoir participé à son enlèvement. Jean M. qui se vante d’être un connaisseur en œuvres d’art, soutient que la statue n’avait pas une grande valeur, qu’elle pouvait avoir quatre-vingts ou cent ans, qu’exposée aux intempéries dans sa niche, elle s’abîmait de plus en plus et se trouvait dans un état lamentable. Sur ces faits exposés par les accusés, le Tribunal Cantonal leur répond : Les prévenus sont arrivés le 6 avril déjà à Chandolin. Ils ont remarqué la statue de sainte Barbe sur le porche de l’église avant le 9 avril, car déjà auparavant ils avaient déclaré à leur compagne de voyage, Mlle Yvonne Yersin, qu’ils voulaient l’acquérir si elle était à vendre à un prix pas trop élevé.
Et voilà que pour obtenir cette pièce qui leur plaisait tant, ils ne s’enquièrent d’aucun renseignement, ils n’entreprennent aucune démarche auprès des personnes qui, à première vue, auraient pu traiter, le desservant de la Paroisse, voire les autorités civiles de la Commune. Alors que ces personnes étaient en plaine pour les travaux du printemps, les accusés ne se sont même pas enquis, auprès de l’hôtelier ou du personnel par exemple, de la manière dont ils auraient pu les atteindre et entrer en rapport avec elles ! Ils attendent la veille de leur départ et l’arrivée de la nuit pour réaliser leur dessein. Il est inconcevable que deux intellectuels aient pu conclure marché sur une œuvre religieuse de cette importance et si visiblement affectée à l’ornementation de l’église paroissiale, avec le premier inconnu qu’ils rencontrent de nuit dans le village de Chandolin. Il est encore plus incroyable que les prévenus, alors que cet individu leur aurait prétendu pouvoir agir pour le curé et devoir aisément s’arranger ensuite avec lui, ne lui aient pas demander son nom, ses qualités, son domicile, qu’ils ne lui aient pas fait signer une quittance au nom et pour le compte de la
Paroisse, pour le montant versé. S’ajoutent encore à cela d’autres indices plus ou moins graves de culpabilité. Le fait que l’échelle n’ait pas été remise en place, mais ait été cachée derrière l’église, démontre aussi que les acteurs de la scène voulaient éviter d’être surpris. De tous ces éléments, le Tribunal Cantonal conclut que le paysan brocanteur de Chandolin n’a existé que dans l’imagination de la défense et pour le besoin de la cause, que Messieurs M. et P., juriste et médecin, se sont pour la circonstance mués en « monte en l’air » pour s’approprier frauduleusement cette pièce d’art, qui avait excité leur convoitise, se rendant ainsi coupables du vol. Pour tous ces motifs, le Tribunal Cantonal considère que le jugement en première instance est réformé et que Victor P. et Jean M. sont reconnus coupables du délit de vol et sont condamnés à un mois d’emprisonnement. Ils seront mis au bénéfice du sursis avec un délai d’épreuve de deux ans et à la condition expresse de réparer le dommage dans le terme de trois mois à compter de la
notification du jugement. Ils sont également condamnés à payer à la Paroisse de Chandolin une indemnité de trois cents francs, aux frais de l’enquête et des jugements, solidairement entre eux. Ainsi se termine l’affaire du vol de la statue de sainte Barbe avec toujours cette épineuse question : « Est-ce que le mystérieux paysan de Chandolin a-t-il oui ou non existé ? » C’est à vous d’en juger ! Pour ma part, ayant examiné la statue de sainte Barbe, je trouve qu’elle n’est pas dans un état lamentable comme l’a affirmé Jean M. soit disant expert en œuvres d’art. Elle a eu effectivement les deux bras cassés ce qui corrobore le récit des deux compères, mais est-ce bien le paysan qui aurait mal intercepté la statue lors de son enlèvement de la niche, là encore mystère? En tout cas, la statue de sainte Barbe est l’un des derniers vestiges provenant de l’ancienne chapelle de Chandolin, c’est là sa véritable valeur. Jean-Louis Claude de Zinal
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traditions
Jeux traditionnels L
e jeu est de toujours et de partout. Chaque société a inventé des activités ludiques pour distraire, intégrer et initier les individus qui la forment. Pendant longtemps, les historiens ne se sont guère intéressés à l’étude du jeu, bien que celui-ci occupe une place importante dans de nombreuses civilisations. Peut-être parce qu’étudier le jeu, ça ne fait pas très sérieux. Au cours des dernières décennies, les choses ont changé. Jouer pour apprendre la vie Aujourd’hui, les jeux traditionnels sont souvent considérés comme ayant une fonction analogue à celle des contes dans le développement de l’enfant. Ils lui permettent de dépasser ses peurs en les mettant en scène. Comme les contes, le jeu confronte en effet à des problèmes essentiels. L’avantage est que, par lui, l’enfant peut se tester en ne risquant pas sa vie «pour de vrai». Dans le jeu, il apprend à établir des règles communes et à s’y conformer. De la même manière que l’adulte doit prendre en compte les exigences de la société pour y trouver sa place. Les jeux sont donc l’occasion de vivre et d’exercer des réalités que l’enfant rencontre dans sa vie quotidienne et qu’il rencontrera encore davantage à l’âge adulte : compétition, rivalité, lutte, nécessaire solidarité, être victime, être proie, gagner, perdre, recevoir des coups, respecter les règles, etc. Quelques types de jeux et leurs caractéristiques La diversité des jeux traditionnels est immense. On peut heureusement les sérier en différents groupes : jeux de poursuite, jeux de lancer, jeux de force, jeux d’endu-
Tableau de Pieter Bruegel l’Ancien, intitulé Les Jeux d’enfants, datant de 1560
rance, jeux de saut, jeux d’équilibre, jeux de rythme, etc. Au fil des siècles, le thème de la poursuite a donné naissance à une multiplicité impressionnante de variantes de jeu. À l’heure actuelle c’est la catégorie qui connaît encore le plus grand nombre de pratiquants chez les enfants. En font partie les valeurs sûres que sont les gendarmes et les voleurs, l’homme noir, le loup, chat perché, cache-cache, colin-maillard. Ce type de jeu donne la possibilité aux enfants de vivre, en plein jour, des peurs qui peuvent habiter leur sommeil, comme celles d’être poursuivi, d’être en danger, de devoir fuir. Les jeux de lancer ont la particularité d’intéresser des gens de tous les âges, de la prime enfance à l’âge adulte. Ils existent dans toutes les contrées et à toutes les périodes. Ils offrent beaucoup d’avantages: ils sont simples à imaginer, plaisants à faire, adaptés aux endroits les plus divers, à un
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nombre fluctuant de participants. Lancer, faire rouler, arrêter une balle ou un autre objet donnent lieu à quantité de possibilités de jeux. Beaucoup nécessitent l’usage de la main ou du pied, les autres, celui d’un objet, comme une raquette ou une canne, par exemple. La force et l’endurance ont été longtemps des qualités particulièrement valorisées par la société, puisque c’est d’elles que dépendait souvent la survie. Certains jeux, parmi lesquels on peut citer le bras de fer, les «orties» ou le «frapper sur les doigts», les mettent en valeur. Deux d’entre eux, la lutte suisse et le jet de pierre, font même partie de l’imagerie traditionnelle de notre pays. En voie de disparition ? Les jeux traditionnels, qui ont, pour beaucoup, traversé les siècles, courent aujourd’hui le danger de disparaître, à
tant pour avoir donné naissance, dans certains villages, à une société. À St-Jean, elle était propriétaire d’un terrain, mais elle n’a existé que quelques années. A une certaine époque, des sociétés locales organisaient des matchs aux quilles, à Sierre, afin de renflouer leur caisse, de la même manière qu’aujourd’hui elles organisent des lotos. Les jeux de cartes étaient destinés aux adultes et occupaient le dimanche ou les veillées. Enfin, les farces étaient aussi une occasion de s’amuser, aux dépens d’autrui. Elles étaient courantes dans la vie des villages et des mayens. Elles voulaient avant tout faire rire. Parfois, pourtant, elles mettaient à mal les relations entre les gens.
Jeu de la Chandelle
cause de l’arrivée d’innombrables jeux électroniques, qui séduisent du plus petit au plus grand. Il ne reste guère que la cour de récréation et la gymnastique à l’école, chez les plus jeunes élèves, comme espace de survie pour les rondes, les cerceaux, le jeu de l’élastique, les balles à deux camps, des jeux de poursuite, etc. Bien évidemment, ce risque ne concerne aucunement les jeux de lancer qui, au fil du temps, sont devenus des sports. Eh oui, on aurait tendance à l’oublier, mais le football, le hockey, le tennis sont au départ des jeux. Leur changement de nature a pour origine divers processus : • La codification des règles, • La création des compétitions, avec gagnants et perdants (championnats, coupes, tournois) • L’institutionnalisation, due à l’apparition de fédérations, d’organismes de formation, d’un encadrement spécifique. En Anniviers Jadis, dans nos contrées, les gens jouaient aussi. Le choix du jeu dépendait de la situation (en plein air ou à l’intérieur), des participants (enfants ou adultes), du matériel à disposition, qui n’était bien sûr pas très fourni. En fait, on jouait avec ce qu’on avait. Ainsi, un jeu, assez couru par les jeunes garçons, consistait à faire tomber, en lançant une pierre, des boutons d’habit qui étaient posés sur un bout de bois, haut de 40 à 50 cm, d’un diamètre de 4-5 cm. Si les boutons tombaient du bon côté, ils devenaient la propriété du joueur.
Pour jouer au football, on faisait un ballon en formant une boule avec des bouts de tissu enchevêtrés, liés par une ficelle. Jouer à la chandelle ou à colin-maillard ne nécessitait qu’un mouchoir. Une variante de cache-cache était appelée potètt : une boîte de conserve, qui avait été récupérée dans un hôtel, était placée au milieu d’une place. Un joueur l’envoyait le plus loin possible d’un coup de pied. Tout le monde courait se cacher, tandis que celui qui devait chercher ramenait au plus vite la boîte au centre pour pouvoir commencer sa tâche. Les jeux de billes étaient courants et certains enfants, filles ou garçons, étaient de vrais champions. Ils possédaient ainsi les plus belles agates. Le jeu des osselets est connu dès l’Antiquité. Des céramiques grecques représentent des divinités en train d’y jouer. Chez nous, il est plus connu sous le nom de jeu des pierres. En effet, les cailloux ont remplacé les petits os de mouton qui étaient utilisés dans des temps plus anciens. Mais le principe de ce jeu d’adresse reste le même. Il s’agit de faire des figures en lançant et rattrapant de petits objets. Certains jeux étaient réservés aux hommes. Le jeu de quilles était un de ceux-ci. Il était très en vogue dans la vallée. Chaque village avait un terrain où le pratiquer. Les hommes s’y retrouvaient le dimanche après-midi. Des garçons servaient de «quilleurs» : ils relevaient les quilles et touchaient quelques sous pour cela. Ce jeu était très populaire et suffisamment impor-
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Jeux et plaisir Pour illustrer ce petit tour au pays des jeux, le tableau de Pieter Bruegel l’Ancien, intitulé Les Jeux d’enfants, est particulièrement adapté. Datant de 1560, il représente 200 enfants jouant une huitantaine de jeux différents. Il dresse donc l’inventaire des jeux correspondant à un temps et un lieu donnés. Mais il n’est pas que cela, il témoigne aussi de l’éclatante vitalité qu’ont ces enfants tout entiers consacrés à leur jeu. Une vitalité à laquelle les jeux d’aujourd’hui n’offrent plus guère l’occasion de s’exprimer. Malheureusement, une composante essentielle du jeu traditionnel a quasiment disparu : le rire. Ce rire qui accompagnait tant de situations : maladresse, culbute, chute, bousculade, collision, etc. Ce rire qui ponctuait la plupart des parties et qui permettait de digérer sans trop de mal les ratés et les défaites. Si vous aimez jouer, venez à Mission, les 9 et 10 juillet prochains. À l’occasion de la fête patronale et de la foire aux livres, une plongée dans l’univers des jeux auxquels s’adonnaient vos parents et grandsparents, vous sera proposée. Retour aux sources pour certains, découverte pour d’autres, ce seront, à coup sûr, deux jours de plaisir pour petits et grands. De quoi se faire une pinte de bon sang !
Janine Barmaz
sport
Un nouveau tournant dans l’histoire du FC Anniviers féminin
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réée en 2008 sous l’impulsion de Leslie Melly, l’équipe féminine du FC Anniviers connaît cette année son 3ème grand tournant. Après Didier Antille durant 3 ans, puis Frédéric Salamin durant 4 ans, l’équipe accueille un nouvel entraîneur : Vincent Fauchère. De par son parcours sportif, notamment en tant que préparateur physique au HC Sierre et dans plusieurs clubs de foot, Vincent comprend les besoins d’une équipe et se réjouit de partager son expérience au sein du FC Anniviers féminin. Dès son arrivée, il a pris son rôle très à cœur et s’assure actuellement du bon déroulement du second tour du championnat. Il est soutenu dans ses tâches par deux jeunes Anniviards, présents pour le club depuis plusieurs années. Jérôme Crettaz, arbitre pour le club et étudiant en sports à l’université, est un passionné de course à pied et possède des compétences très utiles de préparateur physique. Il planifie ainsi les parcours de condition physique, mêlant force, endurance et coordination. Gabriel Aase, quant à lui, est joueur au FC Anniviers depuis une dizaine d’années et a beaucoup de plaisir à entraîner. Gardien émérite dans la première équipe de la vallée, il met ainsi ses connaissances au profit de l’entraînement ciblé de la gardienne pour lui faire acquérir agilité, détente et explosivité. Ensemble, les trois compères visent à donner des entraînements variés et ludiques, sans toutefois faire défaut au sérieux. La phase de pré-championnat mêle ainsi condition physique, coordination, gainage, technique de balle et jeux. Via cette approche, ils aspirent à préparer correcte-
ment les joueuses afin d’éviter un maximum de blessures. En encourageant les joueuses à aller au-delà d’elles-mêmes, ils stimulent également leur mental et leur implication au sein de l’équipe. Si les trois coachs trouvent tant de motivation à s’investir, c’est en grande partie grâce au dynamisme et au plaisir de leurs protégées. Equipe soudée depuis plus de 7 ans, elle regroupe des filles âgées de 15 à 38 ans, certaines encore étudiantes et certaines déjà mamans. Malgré cette identité hétérogène, l’équipe a toujours réussi à conserver un esprit positif et une ambiance amicale.
Vincent Fauchère, Gabriel Aase et Jérôme Crettaz
Dominique Pouget et Charlène Naoux occupent leur place sur le terrain depuis la création de l’équipe, sans interruption. Les voici donc dans leur 8ème année de leur carrière footballistique au FC Anniviers, ce
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qui leur permet de décrire objectivement l’évolution et les progrès réalisés. Charlène explique qu’après des débuts difficiles, l’équipe a très vite évolué grâce aux progrès des joueuses, pour la majorité novices dans ce sport. Petit à petit, une stabilité et une constance se sont construites, tant au niveau physique que technique. Chaque joueuse a acquis de l’expérience, se connaît de mieux en mieux sur le terrain et maintient une progression personnelle. Et si les résultats sont actuellement moins stupéfiants, l’enthousiasme et la motivation y sont cependant toujours autant présents. De plus, de vrais liens d’amitié se sont tissés entre les joueuses et se maintiennent tout au long des années. Dominique partage l’avis de Charlène et ajoute que la bonne humeur et les rires font partie intégrante de l’ambiance d’équipe. Fervente fan de la 3ème mi-temps, elle apprécie toujours partager un verre en compagnie de ses coéquipières après s’être données à fond durant le match. Les entraîneurs et les joueuses espèrent vous retrouver nombreux au terrain de Mission lors de ce second tour, et accueillent toujours les nouvelles recrues avec un très grand plaisir. Isabel Emery
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culture
Fête de la Montagne et 55e Fête cantonale des Guides
E
n Anniviers, le week-end des 4 et 5 juin prochains sera entièrement dédié à la Montagne et ses loisirs. En effet, c’est en leur honneur que professionnels et amateurs, résidents et visiteurs se retrouveront à Zinal pour vivre ensemble des moments de plaisir, de découverte et de partage autour des traditions. Originale, la fête de la Montagne En parfait préambule, la fête de la Montagne se déroulera le samedi. La journée sera consacrée à la mise en valeur des différentes activités extérieures que notre région permet de pratiquer. Ces activités seront offertes à un large public, qui aura l’occasion de participer à divers ateliers, gratuits pour la plupart. Certaines activités, payantes, le seront à un tarif préférentiel.
Programme
La fête cantonale des guides
Les guides et encadrants proposeront la traversée du glacier de Moiry, la découverte de l’escalade, de la via ferrata, des vols en parapente, du VTT, des tyroliennes. Les accompagnateurs en moyenne montagne démontreront eux aussi leurs compétences en conduisant des promenades choisies. Le soir, un film et une conférence rassembleront les passionnés à la salle polyvalente de Zinal. Une section de guides d’un autre pays se présentera au public. Des menus à thème seront servis dans différents restaurants de la vallée. Cette fête de la Montagne, organisée pour la première fois en 2016, est appelée à être reconduite. Elle sera l’occasion de faire connaître, au plus grand nombre, des activités qui sont un atout majeur dans l’attractivité et la vie de notre vallée.
Le dimanche, c’est la section d’Anniviers qui aura l’honneur d’organiser la 55ème fête cantonale des guides, suivant le tournus des 9 sections que compte le Valais. Ce rassemblement annuel a pour but principal la rencontre et l’échange entre guides et sections. Il accueille chaque année une section étrangère (en 2016, celle des guides des Pyrénées), choisie et invitée par la section organisatrice. Il suit un programme devenu traditionnel. La journée commence par la messe et la bénédiction des cordes. Suivent un cortège et une partie officielle avec discours et récompenses pour les clients les plus fidèles. Cette fête symbolise le lancement de la nouvelle saison. Elle se déroulera au cœur de Zinal, animant ses rues et la place de l’Europe où se prendront l’apéritif et le repas. Anniviers Tourisme proposera des activités récréatives et ludiques adaptées aux enfants de tous âges durant les deux jours.
Rassemblement 2015 au Gornergrat
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But de l’organisation Le travail d’organisation est important, mais le soutien financier assuré par le carnet de fête et d’autres sponsors est indispensable. L’argent ainsi récolté permet d’assurer un soutien financier au Montagne Club Anniviers, qui se charge de la formation des jeunes. Chaque année, la section d’Anniviers lui verse la somme de Frs 2’000. Ce soutien à la formation est essentiel, car la vallée manque de guides. La section compte actuellement 36 guides, dont 23 actifs. Ceux-ci n’assurent que 30% des courses qui se font dans la région. Il y a donc un joli potentiel de travail. Le bénéfice est aussi utile pour équiper des voies d’escalade, entretenir l’infrastructure, améliorer le site internet. Se renouveler L’organisation de ces fêtes est l’occasion de se motiver encore plus, par exemple pour donner un nouveau dynamisme au bureau des guides. Autrefois ce bureau était davantage destiné au guide qu’au client. Aujourd’hui, la priorité est clairement le service à la clientèle. Un répertoire de 120 guides est à disposition et, grâce aux nouvelles technologies, il est quasiment toujours possible de satisfaire assez rapidement les demandes. Pendant l’été, un programme de courses collectives hebdomadaire est instauré entre le 15 juillet et le début septembre. Les guides d’Anniviers l’assurent à tour de rôle, se répartissant les semaines. Acteurs touristiques Indéniablement, les guides de montagne occupent une place non négligeable dans l’offre touristique de la région. Aussi bien en hiver qu’en été, leurs activités font par-
En pleine action
tie des services mis à disposition de tout un chacun. En cela, ils constituent un solide maillon de la grande chaîne du tourisme en Anniviers. Ces jours de fête sont l’occasion de mettre en valeur et de rappeler leur rôle à l’ensemble de la population.
Guide de montagne, un métier qui n’est pas à la portée de tous, mais qui a de beaux jours devant lui. Particulièrement dans notre région où la montagne est reine, que dis-je, impératrice! Avis aux personnes motivées. Janine Barmaz
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traditions
Début
d’une nouvelle époque glaciaire
S
i les glaciers alpins s’éloignent toujours plus de nous, on ne peut pas dire qu’il en soit de même pour les Glaciers d’Anniviers ! Je veux bien évidemment parler des vins. Un peu avant Noël, les 6 Conseils bourgeoisiaux de la vallée se sont rencontrés pour débattre sur les problématiques communes. Avec les changements intervenus il y a quelques années dans la Loi cantonale sur les Bourgeoisies et la gestion commune du Triage forestier d’Anniviers entre autres, ces rencontres annuelles révèlent toute leur utilité. Mais après l’effort, place au réconfort.
D’après les personnes présentes, c’est en effet la première fois de l’histoire qu’une dégustation comparative des 6 Glaciers bourgeoisiaux allait avoir lieu. Mais alors, pourquoi 7 verres ? On nous a fait savoir dans un premier temps qu’une Bourgeoisie avait emmené dans ses channes le contenu de 2 tonneaux différents… Faire une dégustation «juste comme ça» n’avait pas grand sens ; il paraissait plus intéressant de tenter de faire retrouver à chaque Conseil son Glacier respectif. De mon côté, j’ai souhaité réaliser cette dégustation d’exception de manière un peu plus poussée. C’est vrai que j’ai souvent enten-
Glaciers, puisque il se trouve que le 7ème… Les robes de ces vins de garde ne faillissent pas à cette affirmation, allant du jaune pâle irisé de vert au brun ambré, en passant par le doré. Peu de gras, eh bien… ça nous fait une belle jambe ! Au niveau du nez, et au vu de la complexité des arômes qui peuvent se dégager de ces boissons séculaires, je me suis lancé le défi de ne caractériser chacun d’entre eux que par un seul parfum dominant. Vous me direz qu’il s’agit d’une manière bien simpliste de les comparer, mais cela a pour avantage de créer un référentiel simple à mémoriser. Ceux que je vais citer ci-après ne vont pas vanter leurs mérites…
Vins des Glaciers bourgeoisiaux, de gauche à droite: St-Jean, Vissoie, St-Luc, intrus (Vin Jaune du Jura), Grimentz, Chandolin, Ayer
Pour la partie plus récréative, axée sur la découverte des autres patrimoines bourgeoisiaux, chaque Conseil a emporté avec lui une channe de son précieux nectar, dans le but de procéder à une dégustation un peu particulière…
du dire les gens qu’ils en avaient goûté à tel endroit et clamer qu’il était délicieux ou au contraire imbuvable. Toutes les personnes ayant pris part à la dégustation ce soir-là ne pourront dorénavant plus que vanter l’incroyable diversité qui existe entre ces 6
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Et pourtant ! Arômes hors catégorie pour des « vins » hors catégorie. Vous ne vous essayeriez pas à comparer du Whisky à de l’Abricotine !
Cave de la Bourgeoisie de Chandolin à Muraz
Le nez que j’ai promené sur ces verres m’a permis de faire des liens avec des souvenirs. Vos souvenirs ne sont pas les miens et tout autre dégustateur les aurait probablement qualifiés autrement, à juste titre. Feutre mouillé, vieux bois, livèche, massepain, argent (en effet, il n’avait pas d’odeur), mine de sel ou cuir, telles sont les fragrances que j’ai pu identifier. Une seule d’entre elles évoque la douceur. … Le 7ème verre, avec l’arôme de massepain, n’était pas un Glacier, mais un piège destiné à tromper les amateurs que nous
sommes. Il s’agissait ni plus ni moins d’un Vin Jaune du Jura, que nous avons ensuite dégusté avec « madération ». Quant à l’exercice de retrouver son Glacier parmi les 7, peu ont accompli la tâche avec succès. Voici donc un bref aperçu de ce patrimoine gustatif, qui bénéficie depuis juin 2013 d’une AOC « Vin des Glaciers » que l’on doit pour beaucoup à l’ancien président de la commission du même nom, en la personne de M. Clément Salamin. Avec une
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telle reconnaissance, les Bourgeoisies anniviardes n’ont plus d’excuse pour mettre de côté cette tradition. Certaines ont déjà pris les devants… Une nouvelle époque glaciaire débute ! Texte et photos Lambert Zufferey Cadet des Conseillers bourgeoisiaux d’Anniviers
www.sivacolor.ch www.salaisons-anniviers.ch
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Boisval SA - Mayoux tél 027 475 12 37 - fax 027 475 12 81
Melly Sarl - Ayer tél 079 434 79 73
Construction SA - Vissoie tél 027 475 11 33 - fax 027 475 20 72
Monnet SA - Mayoux tél 027 475 18 33 - fax 027 475 44 57
Créabois Martial Solioz - Grimentz tél. 027 475 21 54 - fax 027 475 61 54
Salamin François - St-Luc tél 027 475 23 39 - fax 027 475 30 55
Massy SA - Grimentz tél 027 475 15 78 - fax 027 475 25 94
Theytaz Jean-Noël - Grimentz tél 027 475 20 70 - fax 027 475 29 70
Salamin Claude-Albert - St-Luc/Niouc tél 027 455 53 86 - tél 079 417 63 86
Viaccoz SA - Ayer/Zinal tél 027 475 17 78 - fax 027 475 37 78
Revey Jacky Sàrl - Mayoux tél 027 475 23 74 - fax 027 565 53 43
Multibois-Anniviers Sàrl - Mission tél 079 277 07 68 - fax 027 475 49 54 Patrice Michlig - St-Luc/Niouc tél & fax 027 455 99 00 - 079 393 37 12
Le BOIS met de la chaleur dans votre foyer
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portrait
Laurent
et ses bonnes ondes
N
otre Laurent Flück arrive au terme de son engagement de directeur d’exploitation de la société « Transports Sierre – Anniviers – Région Sàrl », entrepreneur CarPostal pour notre région. Anciennement, la société s’appelait encore « Hilaire Epiney & Fils SA ». Puis elle a fusionné avec l’entreprise Jules Pfammatter et Fils, qui assurait les lignes de Vercorin, en 2010. Si j’écris « notre » Laurent, c’est bien parce qu’il fait partie intégrante de notre paysage de la mobilité en Anniviers, dans la lignée de l’entreprise familiale mise en place avec les PTT de l’époque dans les années trente. On l’a vu se démener pour améliorer l’offre des cars postaux : horaires nettement améliorés, courses scolaires intégrées à l’horaire, mise en place des premières remorques à vélos du Valais par exemple. Tenter d’innover, revenir à la charge, insister auprès de différents interlocuteurs… C’est là le défi incessant qui a occupé notre homme pendant une décennie. Laurent a pourtant décidé de poursuivre son parcours professionnel autrement, en raison de points de vue divergents avec la politique de CarPostal Suisse SA. Un parcours atypique En hiver 1990/1991, après trois mois d’un voyage à vélo en solitaire à travers le Maroc, Laurent expérimente les saisons d’hiver à la montagne. D’abord comme aide de cuisine à l’auberge La Navizence; ensuite, sa formation de moniteur Jeunesse et Sport et sa patente de professeur de snowboard lui ont permis de travailler à l’Ecole de ski. Et l’été, il a pratiqué son job de base d’électronicien radio.
Par la suite, un engagement comme technicien radio au Soudan pour le CICR pendant 6 mois lui a fait connaître virtuellement Michel Zufferey de St-Luc, par les employés locaux de cette délégation. En effet, Michel est décédé au retour d’une mission là-bas en 1985, mais les personnes qui ont travaillé avec lui en ont encore parlé à Laurent des années plus tard ! En 1996, Laurent part pour une nouvelle mission dans ce qui s’appelait encore le Zaïre. Peu de temps auparavant, il avait rencontré celle qui deviendra sa femme, l’Anniviarde Sandrine. Il s’installe à Pralong où il gère le café-restaurant pendant trois ans, avant de se former à la conduite et d’entrer dans l’entreprise familiale des cars postaux d’Anniviers. Une décennie au service des transports publics anniviards Au cours des années vécues dans ce milieu, Laurent a pu constater l’augmentation des usagers des transports publics, certainement aussi grâce à la mise en place du Pass Anniviers Liberté. Il aura fallu parfois organiser à la minute des transports de remplacement, lors de pannes de téléphériques par exemple. Son grand soulagement
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s’exprime par le constat qu’aucun accident grave n’a entaché cette période. Le bilan de ses années à la tête de cette belle entreprise est positif pour Laurent ; il a le sentiment du devoir accompli. L’ambiance est bonne au sein du groupe des chauffeurs de car et il est convaincu que la transition pour ce qui est du responsable d’exploitation se fera en douceur. Selon Laurent, son grand luxe au cours de ces années aura été de pouvoir arranger son temps de travail comme il le souhaitait. Et de profiter quelquefois d’une magnifique journée de plein air, en restant accessible à tout moment grâce aux moyens de communication modernes, puis d’accomplir le travail administratif le soir, chez lui. Notre souhait : que Laurent continue à diffuser ses bonnes ondes dans sa nouvelle vie professionnelle, comme il l’a fait auprès de « Transports Sierre-Anniviers-Région » mais aussi qu’il en récolte les fruits, comme nous tous, habitants et vacanciers ; merci à toi Laurent et tout de bon dans ton futur ! Simone Salamin
éducation
La poterie
A la découverte de la cuisson Raku Définition du raku : procédé de cuisson d’origine japonaise où les pièces brûlantes sont enfumées, puis trempées dans de l’eau. Elles subissent un choc thermique qui va laisser apparaître des couleurs plus ou moins métallisées et craqueler l’émail. La classe d’AC&M de 3H et 4Hb de Nicole Zuber a pu faire de la poterie avec Yvonne Rouvinet-Solioz et découvrir cette fameuse cuisson Raku. Les élèves ont tous fabriqué un bol en terre cuite et d’autres objets … Etapes à suivre : 1. aplatir la terre 2. couper un rond avec un gobelet 3. préparer des boudins (colombins) 4. dessiner des traits dans la terre à l’endroit où l’on veut assembler les boudins 5. mouiller un peu avec une éponge 6. placer le boudin, lisser et monter le bol 7. laisser sécher environ 10 jours les pièces en terre 8. les cuire dans un four électrique 9. émailler 10. cuire une deuxième fois dans un four à gaz (environ 1000 degrés) 11. sortir les pièces brûlantes du four avec un masque, des gants et une pince 12. souffler sur les pièces pour augmenter les craquelures 13. déposer chaque pièce dans la sciure qui va s’enflammer et provoquer des craquelures dans l’émail 14. mettre un couvercle, pour étouffer le feu et noircir les pièces 15. refroidir les objets dans l’eau et les nettoyer 16. emballer les pièces pour le transport Un grand MERCI à Yvonne pour son aide et sa gentillesse ! Texte écrit par les 4Hb de Vissoie
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Vissoie - 027 475 18 77
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culture
notre histoire.ch par Michel Savioz de Vissoie
Quelques guides d’Anniviers : Devant, de gauche à droite: Joachim Theytaz, Jean Genoud et Félix Abbet. Debout, de gauche à droite: Baptiste Epiney, Pierre Cotter et Jean Epiney.
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Les 4 Saisons d’Anniviers
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Comité de rédaction : Christiane Favre (Conseillère communale) Valentin Crettaz (Président Ski-Team Anniviers) Christian Caloz (Président FC Anniviers) Benoît Epiney (Président HC Anniviers) Franziska Andenmatten Zufferey (Présidente Montagne-Club Anniviers) Paolo Marandola (Imprimerie d’Anniviers sàrl) Rédaction : Janine Barmaz, Simone Salamin, Yanis Chauvel Correctrice : Ursula Surber Impression : Imprimerie d’Anniviers sàrl, Vissoie Remerciements : Commune d’Anniviers et tous les annonceurs Mode de parution : trimestrielle Tirage : 2’100 exemplaires Des journaux sont à disposition dans les différents offices du tourisme d’Anniviers et de Vercorin, dans les bureaux communaux d’Anniviers ainsi que dans la caissette située sur le bâtiment de la poste à Vissoie, à côté de l’entrée d’Anniviers Tourisme.
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Tarif : 50.-/an (4 éditions) en Suisse et 100.-/an à l’étranger. Adressez votre demande par e-mail à 4-saisons@bluewin.ch ou par courrier à Imprimerie d’Anniviers sàrl 4 Saisons d’Anniviers, 3961 Vissoie.
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LES ENTREPRENEURS D’ANNIVIERS
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