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4 Saisons janvier 2015

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L’ invité

Remo Pagliarini, photographe sportif

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e suis arrivé en Valais en 1969. Je venais de Rimini, pas dans l’intention de m’installer, mais pour voir où mon papa travaillait. Il était maçon à St-Luc. Les montagnes m’ont tout de suite séduit, moi qui venais de la mer. J’ai rapidement fait la connaissance de ma femme. J’ai donc cherché du travail ici : j’ai été engagé dans un petit restaurant, le Belvédère, à Glarey. J’y suis resté deux ans. Ensuite, grâce à la formation technique industrielle que j’avais suivie en Italie, j’ai eu la chance de pouvoir entrer à l’usine, en 1972. Là, j’ai travaillé comme contremaître au laminoir, pendant 32 ans. Enfin, j’ai tenu un restaurant à Muraz de 2004 à 2009. Avec ma femme, originaire de St-Jean, nous nous sommes installés à Niouc. Nous avons racheté la petite maison de ses grands-parents maternels et nous l’avons aménagée progressivement. Nos deux enfants y sont nés : Alexandre en 1972 et Elisabeth en 1974. Ce fut une belle période de ma vie. Pour m’intégrer plus facilement, j’ai pensé que la photographie était le meilleur moyen: c’est une bonne occasion d’être près des gens. Je me suis mis à la photo sportive, surtout de hockey, et, petit à petit, j’ai été introduit dans les médias locaux. Après 2 ans, j’ai obtenu la carte de presse officielle de l’Association suisse des journalistes sportifs, section Valais. Elle m’a permis de participer à de nombreuses manifestations nationales et internationales. Cela m’a ouvert la porte de plusieurs magazines spécialisés : Slapshot, Top Hockey, Hockey Magazine. En prenant sur mes vacances à l’usine, j’ai couvert une quinzaine de Championnats du monde de hockey sur

glace et les Jeux Olympiques d’Albertville et de Lillehammer. J’ai acquis une grande expérience et je me suis fait de nombreuses amitiés dans ce cadre sportif, au niveau international, même dans les Pays de l’Est, aussi bien parmi les sportifs eux-mêmes que les entraîneurs ou les gens des magazines. Ma collaboration au Journal de Sierre date de 40 ans. J’ai parfois fait des photos sur d’autres domaines que le sport pour le Nouvelliste ou le Bund par exemple. La qualité essentielle pour bien faire ce travail, c’est d’être honnête, d’avoir beaucoup de respect pour ceux qu’on photographie et de ne pas faire n’importe quoi. On est ami, on le reste. Il y a un temps pour tout. Aujourd’hui je fais de la photo pour mon plaisir seulement. Ce n’est plus une activité professionnelle. Mais les amitiés restent et c’est ce qui compte. J’aime surtout faire des photos de

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la nature et des animaux. Cela nécessite beaucoup de patience et un grand respect pour ne pas déranger les bêtes. Il faut sentir le moment, saisir l’instant. Dans le sport c’est un peu plus facile, car, avec l’habitude, on peut plus ou moins prévoir les actions. Aujourd’hui j’ai chez moi environ 1 million de photos. J’en ai donné 30 à 40’000 au HC Sierre, pour qui mon cœur se passionne depuis le premier jour. Propos recueillis par Janine Barmaz


Chili

con nieve

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la ! Que tal ? Dans le salon de des premières réponses est la sécurité. l’Hôtel du Besso à Zinal, l’injonction, chantante et incongrue est déjà Ici les jeunes synonyme de voyages et de vacances, peuvent se promener et j’oublie en un instant la grisaille et le froid de ce mois de janvier… Ces deux librement dans les rues mots, c’est un grand gaillard en suret on sait qu’ils ne vêtement qui les prononce. Christian risquent rien. Montenegro, car c’est bien de lui qu’il s’agit, est l’entraîneur du ski club de la C’est très rassurant station de El-Colorado-Farelloues, une pour les parents des trois stations de ski dans les enviqui nous confient rons de Santiago au Chili.

Cela fait maintenant plusieurs années que les enfants de ce ski club chilien viennent s’entraîner à Zinal. Pendant une vingtaine de jours au mois de janvier, Zinal accueille donc une trentaine de chiliens, jeunes talents et leurs entraîneurs. Pour ces jeunes de 9 à 14 ans, le dépaysement est grand, mais la station anniviarde a quelque chose de rassurant. En effet, lorsque l’on demande à Christian pourquoi avoir choisi Zinal, une

leurs enfants.

Bien sûr, ce n’est pas la seule raison de la présence de ce ski club dans le Val d’Anniviers. Il y de cela plusieurs années, Christian Montenegro emmenait ses jeunes recrues skier dans les stations des alpes françaises, à Megève notamment. Il me confie que les conditions d’enneigement au mois de janvier étaient très aléatoires, et il a entendu

Christian Montenegro, le coach

parler d’une vallée, de l’autre côté de la frontière, où il y a toujours de la neige et où les conditions sont toujours bonnes. Cela sonne comme une légende urbaine, mais Christian se laisse convaincre et décide d’aller voir ça de ses propres yeux. Reçu par Pascal Bourquin à Zinal, le directeur des Remontées Mécaniques de Zinal, Christian est impressionné par la qualité des pistes et tombe sous le charme des habitants qui l’accueillent à bras ouverts. C’est décidé, fini le tournus des stations, le camp d’entraînement aura désormais lieu à Zinal, et cela fait près de 5 ans que cela dure. Quand je lui demande quel est son meilleur souvenir à Zinal, Christian n’hésite pas, il cite son amitié avec Pascal Bourquin qui dure depuis plusieurs années et qui s’est renforcée depuis que ce dernier est venu à son tour au Chili, curieux de visiter la station d’El Colorado. Il me confie aussi, avec tristesse, que le ski n’est pas un sport très populaire au Chili. En effet, c’est un loisir très cher et seuls quelques privilégiés Gabriela, une jeune skieuse prometteuse

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tĂŠl. 027 475 26 22 / bouchvallee@bluewin.ch

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Impressions d’avant-saison

Jean-Michel Zuber, chef technique et Jean-Christophe Genoud responsable de la sécurité

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ue se passe-t-il là-haut, à Sorebois, à la mi-novembre déjà ? Pour répondre à cette question, Jean-Christophe Genoud m’invite à le rejoindre directement sur les hauteurs pour constater l’animation qui règne sur ces montagnes. « Prends la cabine de 11 h. » me dit-il. Je pensais m’y retrouver seule ou avec quelques employés… grave erreur ! La cabine est pleine, il faut attendre la suivante. Eh oui, une flopée de jeunes skieurs issus du centre Sport–étude de Brigue, entre autres, sont venus ici en camp d’entraînement.

Depuis trois jours, l’effervescence bat avant de se rendre sur la piste pour passer son plein. les portes de slalom à un rythme effréné. Le deuxième groupe y est déjà et viendra Et qui est le premier entraîneur que je re- prendre son repas plus tard. connais dans cette foule ? Didier Cuche, très discret, en retrait même. De jeunes Explications de deux responAnniviards, comme Valentin Crettaz ac- sables de ces joutes d’avantsaison complissent ce job, eux aussi. Serrée entre les gros sacs de matériel néces- Je retrouve Jean-Christophe, responsable saire aux entraînements et les jeunes cham- de la sécurité, et Jean-Michel Zuber, chef pions en devenir, je me laisse bercer par le technique; ils prennent le temps de m’exdoux balancement de la cabine. Arrivée à pliquer la situation. Sorebois, je retrouve la même agitation C’est la huitième année que les Remontées au restaurant ; le premier groupe mange Mécaniques de Zinal (aujourd’hui

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Les Féeries Noël en avant-première

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epuis quelques années, les Féeries de Grimentz occupent une place de choix dans le calendrier de la vallée. Ce sont elles, en effet, qui donnent le coup d’envoi de la saison d’hiver. Vous souvenez-vous comment l’aventure a commencé ? Projet Le concept a été créé de toutes pièces, en 2004, par Janique et Alain Blatti, un couple de commerçants vaudois, installés à cette époque à Grimentz, où ils tenaient le maga-

sin Abracadabois. L’idée a germé, puis mûri, dans la tête de Janique. Fan inconditionnelle de Noël, elle désirait organiser une manifestation autour de ce thème pour animer la station avant les Fêtes. Dans son esprit, il fallait qu’autour d’un marché artisanal de qualité, il y eût beaucoup d’animations destinées aux enfants, avec la magistrale présence du Père Noël, et que cela fût gratuit. Le couple Blatti, qui avait un grand réseau de contacts, a invité des représentants de divers pays à venir témoigner de leurs traditions de Noël. Ils ont réussi à convaincre

Qu’y a-t-il pour vous dans mon grand sac?

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des Finlandais, qui ont amené avec eux un véritable costume du Père Noël (dont il existe seulement 3 exemplaires !) et l’ont laissé aux organisateurs. Janique avait le don de parler et savait motiver son monde. Un comité fut constitué, dont son mari et elle firent partie jusqu’à leur départ pour l’Espagne, voici 4 ans. Chaque membre a son dicastère : animations, marketing, artisans et pays invités, montage et démontage de la fête, décoration, sponsoring. Une centaine de bénévoles offrent leurs services, indispensables, et complètent l’équipe.


Aujourd’hui encore

Générosité

Peu de choses ont changé au fil des ans. L’engouement suscité par la première édition ne s’est jamais démenti. Des artisans sont invités à exposer leurs produits, des pays à présenter leurs coutumes. La rue du vieux village est remplie de leurs 30 cabanes. Des parfums alléchants flottent dans l’air : soupe aux légumes, vin chaud, chocolat, délices du boulanger… Un repas roboratif est servi au Rècouek, l’ancienne scierie. Le père Noël se déplace chaque année pour enchanter les petits qui l’attendent impatiemment. Il revêt son grand costume et, pour une fois, comme dirait son ancienne habilleuse, Virginie Salamin Massy, l’habit fait le moine ! Grimages et atelier de bricolages attirent les enfants à la maison de la Bourgeoisie. Des chœurs, choisis, assurent une animation musicale appréciée. Le week-end se termine en beauté, aux couleurs étincelantes d’un feu d’artifice grandiose. L’ambiance est conviviale, enjouée, bel avant-goût des Fêtes à venir.

Le budget n’est pas énorme, mais il devient difficile de trouver des sponsors, car ce sont toujours un peu les mêmes entreprises qui sont sollicitées et jouent le jeu. Une bonne partie des sous que rapporte la manifestation est versée à des œuvres caritatives.

Édition 2014

Les principales innovations de la onzième édition ont été la mise sur pied d’un parcours ludique qui a conduit les enfants «A la découverte de Noël», au travers des ruelles du vieux village, et d’un concours de création de bonshommes de neige, ainsi que la possibilité d’être pris en photo avec Changement le père Noël lui-même ! Après le dixième anniversaire de la mani- Autre nouveauté : le concert du samedi soir, festation, les derniers représentants du co- assuré précédemment par des chœurs, a été mité des débuts ont renoncé à leur charge, pour la première fois un concert de jazz. passant le flambeau à un comité au sein duquel seules quelques personnes avaient Le comité actuel des Féeries est constitué de acquis un peu d’expérience lors des années Christelle Crettaz-Solioz, présidente, Aline précédentes. Florey, Sandra Martin, Laetitia Mioradelli, Ce nouveau comité s’est trouvé confronté Florie Salamin, Gaëlle Salamin, Philippe au grand challenge de maintenir la mani- Dehoul et Maxime Theytaz. festation. En effet, le remplacement d’un bon nombre de membres a nécessité une Merci à eux de nous proposer de quoi rêver nouvelle organisation générale. La part encore et toujours. assumée par l’Office de tourisme a été claTexte de Janine Barmaz Photos de Nicole Salamin rifiée. Un certain flou régnait, car la mise sur pied des Féeries se faisait « de tête ». Il a donc été décidé de noter tout ce qu’il y a à faire, afin de simplifier l’accès aux informations pour la suite.

Ô douce nuit . . .

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En cheminant à travers nos villages

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évrier 2011 marque le début de cette histoire. Avec Dilecta Epiney, nous suivons un cours intitulé «Patrimoine et Tourisme» et informons Simon Wiget, directeur d’Anniviers Tourisme, de notre désir de trouver un moyen de partager la riche histoire du patrimoine de notre vallée avec nos hôtes. Sa mise en valeur est dans l’air du temps, nous en sommes convaincues. Les discussions avancent autour d’un café.

Les parcours historiques de Zinal, Grimentz, Vissoie et Fang existent déjà et répondent à une attente. Décision est prise de former une «commission du patrimoine» à laquelle Simon propose de réaliser des parcours historiques des 14 villages habités à l’année en Anniviers. Etonnement et scepticisme dans l’assemblée, mais l’enjeu mobilise et motive. Des contacts sont pris, l’enthousiasme rencontré fait chaud au cœur… même si parfois, dans les moments de grande solitude lors de la rédaction de ces parcours, quelques coups de froid ont fait vaciller les flammes. Anniviers Tourisme s’est occupé de trouver le financement du projet, Adriana Tenda Claude a fonctionné comme coordinatrice : encourager, relancer, questionner, freiner les élans, accélérer les lenteurs, faire contrôler le tout par des scientifiques, relire et faire corriger; bref, un beau travail d’orfèvre accompli grâce à sa communication tout en finesse. Et les résultats suivent. Trois ans plus tard, les 14 brochures des parcours historiques sont disponibles dans les offices du tourisme et kiosques de la vallée.

Tour de Vissoie, carte postale de 1904

Petit tour de table avec les auteurs et reflets en zigzag ➢• Adriana remercie les collectionneurs de cartes postales et Yves Zufferey, le poseur de plaquettes qui, à la lecture de ces parcours historiques a retrouvé des anecdotes racontées par ses grands-parents. Adriana a ainsi pris conscience de l’importance de la transmission générationnelle. Elle s’est référée entre autres à son livre « Parcours historique de Zinal » pour mener à bien cette brochure. • Georges-Alain Zuber a éprouvé un grand intérêt à parcourir son village d’Ayer avec Norbert Jungsten pour redécouvrir

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la richesse architecturale des greniers, raccards et autres frises du vieux village. Il a apprécié ce projet fédérateur et la relation avec les anciens qu’il a suscitée. Les similitudes et particularités d’Anniviers sont ressorties, ainsi que les différentes manières de vivre le remuage. Quant aux habitants, natifs ou venus d’ailleurs, ils ont contribué à cette connaissance. • Mali Wiget a eu grand plaisir à se reconnecter avec des personnes tout heureuses de parler de St-Jean. Elle a beaucoup appris, ce travail a constitué une redécouverte. Sa difficulté résidait dans le flou sur la façon de s’y prendre, sans schéma préétabli. Et


© Jean-Louis Claude

Devant de gauche à droite: Yvonne Jollien, Simone Salamin, Claudia Savioz, Huguette Epiney, Paul-André Florey, Emilie Salamin-Ducourtil, Elisabeth Crettaz Derrière de gauche à droite: Charly Abbé, Mali Wiget (cachée), Willy Theler, Dominique Rion, Norbert Jungsten, Simon Wiget, Adriana Tenda Claude, Jean-Christophe Lana Absents: Georgine Hubscher, Georges-Alain Zuber. Tous sont membres de la commission du Patrimoine.

comme elle a plutôt tendance à s’étaler, elle a appris à prendre du recul. Les gens lui ont fait confiance pour lui raconter des événements parfois forts, elle ne les a retracés qu’avec leur accord bien sûr. Elle est très reconnaissante et imprégnée d’une grande émotion envers ces personnes. • Charly Abbé s’est essentiellement basé sur son propre vécu pour retracer les parcours historiques de Pinsec et Mayoux. Ses textes ont été approuvés par les deux chefs de village. Il est heureux et se sent riche d’avoir pu élaborer ce travail et souhaite que cela plaise autant aux touristes qu’aux Anniviards à qui les brochures ont été distribuées lors des fêtes patronales. « J’aurais dû demander plus de renseignements à mes parents » regrette-t-il. • Dominique Rion a présenté la brochure fraîchement éditée à l’Amicale et au Consortage de Niouc. Ce travail les a réveillés, lui et la population locale, pour améliorer encore l’accès et la mise en va-

leur de la source et, peut-être, de l’ancien « Vissoie, village médiéval du Val d’Annioratoire ; les discussions sont relancées. Il viers». Pour cette brochure, il a dû parconstate que les plaquettes des postes valo- fois « engraisser le cochon » soit densifier risent les lieux proposés à la découverte. son texte et parfois l’amaigrir ! Au final, • Claudia Savioz, pour Les Morands, La la version correspond bien à ses souhaits. Combaz, Cuimey a été étonnée en bien Quand il croise des visiteurs avec la bropar la bonne collaboration des personnes chure, il joue à l’enquêteur-mystère et leur contactées pour des renseignements et/ou demande ce qu’ils en pensent. des photos. Elles ont volontiers répondu • Jean-Christophe Lana a fait le parà ses demandes et les échos ont été très cours historique de Mission, brochure positifs. Ces trois années lui ont paru un en main, avec les habitants le jour de la peu longues, car Claudia avait mené son Patronale. Il a beaucoup apprécié d’interœuvre à terme depuis un moment. roger les personnes âgées du village ! Mais • Willy Théler a imaginé la proposition ce travail a représenté un vrai défi pour lui. de parcours à St-Luc avec entrain, inspiré • Emilie Salamin Ducourtil a eu la de son livre « Un village en feu, Saint-Luc tâche facilitée grâce au circuit de Grimentz 1845 - 1858 ». Il trouve fantastiques les 14 existant depuis l’an 2000 en plusieurs lanpoints de vue différents sur les raccards par gues. Emilie souhaite que des traductions exemple. Le résultat lui paraît plus chaleu- allemandes et anglaises au moins soient reux effectué par des amateurs : ça parle à rapidement disponibles. Elle a beaucoup chacun. apprécié les rencontres de la commission • Paul-André Florey avait déjà élaboré Patrimoine durant ces trois ans, car elle un parcours historique résumé de son livre n’a pas l’occasion de côtoyer ces personnes,

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vu les professions et les générations différentes. • Huguette Epiney espère que les gens du village et les touristes auront plaisir à déambuler dans Chandolin par euxmêmes, la brochure dans les mains. Elle a puisé dans ses souvenirs et découvert des épisodes inconnus d’elle, comme la construction d’une passerelle depuis la route du Calvaire jusqu’à l’Eglise pour y installer les cloches. Les échanges avec les Anniviards d’aujourd’hui, d’ici et d’ail-

du Valais / Haut-Valais, il a rempli le rôle bénévoles qui se sont impliqués à fond de référent et conseiller pour nos parcours pour une réalisation commune à Anniviers. historiques. Il se déclare enthousiaste : A l’extérieur de la vallée, le livre se vend hôte de la vallée depuis 25 ans, il se disait aussi très bien et ces parcours historiques par exemple qu’à Niouc, il n’y aurait pro- représentent une innovation de grande bablement rien de spécial à signaler. Il est valeur, car il semble assez unique que toute content de s’être lourdement trompé et se une vallée ait marché ensemble pour faire dit époustouflé par ses découvertes. Il a connaître son patrimoine et ainsi rendre ainsi beaucoup appris sur notre vallée. «Il hommage au travail incessant et à la paen faut de la passion pour mener à bien tiente organisation quotidienne construits une telle entreprise, félicitations à tous» par nos anciens. conclut-il ! Il constate également que la

Chapelle de Cuimey autrefois

leurs, pour la réalisation de ces brochures ont été enrichissants. • Georgine Hubscher pour Mottec a reçu les anecdotes et histoires des familles qui ont partagé avec elle leurs tranches de vie comme un cadeau. • Yvonne Jollien-Berclaz a résumé son livre « Fang au Val d’Anniviers ». Elle remercie Anniviers Tourisme et Adriana car les plaquettes de postes ont pu être posées pour la Patronale. Grâce à la réalisation du Bisse des Sarrazins, bien plus de gens passent par Fang et découvrent ainsi ce joyau. Elle pense que le village va vibrer ! • Quant à Norbert Jungsten, ancien responsable des Monuments Historiques

plupart des gens lisent quelques pages d’une brochure scientifique, puis la posent dans leur bibliothèque. Mais des parcours historiques ainsi conçus, tout un chacun peut les lire plus facilement jusqu’au bout et c’est tant mieux. La conclusion de cette épopée revient à Simon Wiget Chaque village aura son jeu historique avec sa mascotte que les enfants pourront suivre à travers la localité. Ainsi la version complémentaire pour les familles sera bientôt concrétisée. Simon relève le côté extrêmement positif de ce projet de groupe accompli par des

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Et voilà, trois ans plus tard, l’aboutissement d’un moment d’échanges autour d’un café ! Simone Salamin

N.B. Toutes les informations sur les références des parcours historiques sont détaillées à la fin de chaque brochure. Les remarques et/ou précisions sont bienvenues auprès d’Adriana par Anniviers Tourisme. Des visites commentées des villages sont organisées régulièrement ou à la demande, s’informer auprès des offices du tourisme.


Incendie 2013

Fanfare Echo des Alpes Vissoie / Anniviers malheureusement pas le cas du mobilier, propriété de la fanfare. De nombreux instruments, en particulier la percussion, les costumes de réserve, les drapeaux, archives et autres petits matériels ont ainsi été détruits par les flammes.

Plus de 125 ans d’histoire perdus

Notre local de musique est la proie des flammes Le 20 décembre 2013, le local de musique de notre fanfare, l’Echo des Alpes de Vissoie/ Anniviers, fondée en 1886, a brûlé. Malgré l’intervention rapide des pompiers, le feu s’est répandu et le local a été entièrement détruit dans sa partie supérieure. Ce monument de l’histoire de notre société, construit dans les années 1936/1937 en même temps que la place des fêtes où il se situait, a été aménagé puis agrandi par des corvées de musiciens, avec le soutien de la Commune.

Des dommages financiers importants Si le bâtiment, propriété de la Commune, était assuré en bonne et due forme, ce n’est

Au contraire des autres objets, les archives sont perdues à jamais. Seuls survivants du sinistre, 2 objets d’importance ont, par chance, pu être récupérés, à savoir nos premiers statuts de 1887, ainsi qu’un drapeau d’Edmond Bille de 1924. Enfin, et c’est là une belle consolation, l’histoire de notre société avait fait l’objet de plusieurs ouvrages et récits, le dernier à l’occasion du 125ème anniversaire.

Avant de lâcher, on ne lâche pas… 10 jours après l’incendie, l’Echo des Alpes donnait son traditionnel concert du Nouvel An. Cette brève échéance a forcé musiciens et comité à retrousser rapidement les manches et à regarder vers l’avant. Dans cet effort, nous remercions au passage la Commune d’Anniviers pour la mise à disposition d’un local de remplacement ainsi que les sociétés amies pour les prêts d’instruments et autres gestes de soutien.

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Tournée vers l’avenir A ce jour, la fanfare doit penser à son avenir et trouver des solutions de financement pour assurer sa pérennité. Le trou financier laissé par la mésaventure doit en particulier être comblé, d’autant plus que notre société n’organisera le prochain festival de notre Fédération, source principale de revenus, qu’en 2029.

Souper de soutien La fanfare organise un souper de soutien le 14 mars 2015 à la salle polyvalente de Zinal. De plus amples informations vous seront communiquées dans le courant de l’hiver.

FANFARE ECHO DES ALPES 3961 VISSOIE/ANNIVIERS ECHODESALPES@NETPLUS.CH ComptE auprès DE La BanQuE CANTONALE DU VALAIS NO E 0866.34.70 IBAN CH30 0076 5000 E086 6347 0

«MERCI DE VOTRE SOUTIEN»


D’ici et d’ailleurs la fête des morts

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’ici et d’ailleurs, la chronique qui décrit des traditions qui touchent notre vallée et qui ailleurs dans le monde existent, mais sont interprétées différemment.

Les journées du souvenir Célébrée le 1er novembre, la Toussaint est une fête catholique dédiée aux Saints, canonisés ou non. Comme il y a de plus en plus de Saints et qu’il n’est pas possible de leur consacrer à chacun un jour, cette fête est désormais dédiée à tous les Trépassés. En 835 après J.-C., le Pape Grégoire IV avait fixé la date de la Toussaint au 1er novembre pour l’Eglise occidentale, fête qu’il ne faut pas confondre avec la Fête des Morts (Féralies chez les Romains) dont le rituel est pratiqué le 2 novembre. Le Val d’Anniviers est profondément attaché à cette tradition qui se fête le 1er novembre dans les paroisses de la vallée. En prévision de cette célébration, les familles se rendent dans les cimetières purifier les tombes, y planter des fleurs aux couleurs chatoyantes, les décorer d’angelots et de bougies ou de statuettes. Lorsque la mort est taboue ou occultée, le jour de la Toussaint est l’occasion d’évoquer et d’espérer. Celui qui a perdu un être cher a besoin d’un lieu de recueil. La tombe et le colombarium déclenchent souvenance et sentiments, ils sont comme un trait-d’union vers un autre monde. Après la messe de la Toussaint, la bénédiction des tombes au cimetière suscite une ambiance douloureuse et funeste car les pensées des vivants s’envolent vers les défunts qui ont partagé notre vie. Près de chez nous, à Loèche-Ville, il existe une église hors du commun dédiée à SaintEtienne. On peut y visiter une crypte insolite qui donne la chair de poule de par la

Cimetière d’Ayer, 2013

splendeur de ses étranges vestiges. Un ossuaire abrite une fresque somptueuse nommée la Danse des Morts et l’un des murs est constitué de crânes empilés. On y voit aussi des statues datant des XIII-XVIe siècles, découvertes lors d’une fouille archéologique, en deçà des squelettes. Ce lieu est troublant et magnifique.

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Dialogue avec les morts Nombreuses sont les civilisations et les religions qui célèbrent ce rituel dans le monde. Plus loin de chez nous, dans la Mer des Caraïbes, les Indiens Kunas ont une très belle tradition pour garder le contact avec l’au-delà et veiller sur leurs morts. Depuis les Iles San Blas au Panama où vivent les


communautés Kunas, on aperçoit sur la côte, au milieu de la végétation, de petits villages qui sont en fait des cimetières. Là, se trouvent des tombes à l’aspect dénudé, en terre pure, immenses et très profondes. Aucune décoration et aucune inscription n’apparaissent sur les tombeaux et seules les familles savent où se diriger pour retrouver les sépultures de leurs parents. Les chers disparus sont enterrés à 5 mètres de profondeur, dans leur hamac, là même où leurs parents les ont engendrés, et ils y reposent en position foetale pour symboliser leur naissance. Les pieux de bois qui servent à suspendre le hamac au fond du trou ressortent du monticule de terre et définissent les limites de la tombe, recouverte d’un toit de palmes pour éviter que la pluie ne détruise le tas de terre. Seuls quelques objets personnels ayant appartenu au défunt sont inhumés avec le corps, et chaque jour un membre de la famille du mort vient passer un peu de temps sur sa tombe pour lui tenir compagnie et partager un repas avec lui. Ce lieu de mémoire est étrange, mais ce rituel est admirable car la vie et la mort se côtoient en parfaite symbiose et perpétuent ainsi la confidence entre infra et supramondes.

Fête des morts au Mexique, rituels joyeux et émouvants Dans ce pays immense, l’âme mexicaine et la religion ne font qu’un. Cette réalité se reflète et se perçoit partout, surtout dans la manière de vivre des gens. Heureux mélange de présence indienne et espagnole, la croyance populaire dit que les âmes des défunts reviennent sur terre la nuit du 1er au 2 novembre. A cette occasion, les cœurs sont tristes mais ce sentiment est surpassé par la frénésie des fêtes populaires endiablées et très colorées qui battent leur plein dans tout le pays. D’étranges pratiques superstitieuses et proches du paganisme sont célébrées, particulièrement dans les régions à prédominance indienne. Dans certaines églises de l’Etat du Chiapas au sud du pays, les étrangers n’ont pas le droit d’entrer dans des lieux saints, même s’ils sont catholiques, et là de curieuses idoles somptueusement affublées sont adorées. A l’opposé des autres civilisations mexicaines, les Indiens obéissent encore au droit coutumier et vivent comme des ombres en marge de la société. Ils partagent une étonnante intimité avec leurs défunts.

J’ai eu le privilège de participer à une Fête des Morts à Las Vigas de Ramirez, la petite ville de ma fille, dans l’Etat de VeraCruz. J’ai été émerveillée et troublée par l’atmosphère bizarre qui régnait tout au long de la journée. Je n’oublierai jamais ce souper dans une famille dont la belle-soeur venait de mourir. Sa place à table était indiquée par sa photo et sur sa chaise se trouvait sa blouse brodée (huipil). Dès la mi-octobre, toutes les boutiques et les marchés du Mexique regorgent d’objets et d’aliments en forme de squelettes fabriqués spécialement pour la Fête des Morts que l’on offre à ses parents ou à ses amis. On y trouve des pâtisseries en massepain, des pains des morts à la farine de maïs parfumés à l’anis et cuits à la maison spécialement pour le défunt, des friandises sucrées en forme d’os, des crânes en chocolat, des anges en papier mâché vêtus d’accoutrements burlesques, et j’en passe. Où que le regard se pose, il y a des illustrations de la Calavera Catrina, personnage traditionnel de la Journée des Morts qui fut créé entre 1910-1913 par l’illustrateur mexicain, José Guadalupe Posada. Tous les recoins de la terre mexicaine sont inondés de décorations macabres multicolores de toutes beautés qui reflètent l’humour et l’esprit artistique de ce peuple hors du commun. Ici la mort n’est que dérision et gaieté. Ce n’est pas pour rien qu’en 2003 cette fête a été proclamée patrimoine de l’humanité par l’Unesco.

on expose le portrait des morts parmi des pétales de fleurs fraîchement coupées, des images pieuses, des statuettes et des objets ayant appartenu au disparu. Nourrir ses défunts est un acte sacré au Mexique. Des plats de fruits et les repas préférés du mort sont cuisinés et déposés sur l’autel pour lui faire plaisir et pour l’honorer, tous les jours, jusqu’au 02 novembre. Dès la nuit tombée, l’odeur du maïs et de la rose rappelle la famille au bon souvenir du mort sous la lueur tremblotante des bougies. C’est aussi l’occasion pour les gens de se réunir et de passer du temps ensemble.

Magie et tradition Durant la nuit de la Toussaint et le jour des Trépassés, les cités et les villages se vident et des cortèges de familles entières, escortées d’animaux domestiques, envahissent les cimetières armées de capions et de pelles afin de désherber, nettoyer et gratifier les tombes d’un air de fête. Les sépultures sont nettoyées ou repeintes et sont parées de fleurs ou de couronnes de chrysanthèmes sauvages (cempazúchitl, les fleurs de la Toussaint). Le chrysanthème jaune est symbole d’immortalité et de longévité, les Indiens du Mexique cultivent une variété aux teintes orangées spécialement pour la Fête des Morts. Les familles s’installent ensuite autour de la tombe du disparu et à la lueur des bougies passent la nuit ou la journée à manger, à causer et à boire avec

Port de VeraCruz 2009

Avant ces célébrations, les ruelles et les maisons de tout le pays sont décorées en cet honneur et les familles dressent au coeur de leur foyer des autels d’offrandes dédiées à leurs défunts. Sur une nappe brodée,

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leurs chers défunts, tout en papotant avec les voisins. Par moment des murmures monotones de litanies se font entendre et des femmes entrent en syntonie avec l’esprit de leur mort. Entre gaieté et nostalgie, beuve-


Montmartre ? Non, Zinal ...

G

énéreuse mais terriblement égoïste parfois. Très exigeante avec ses amis, un égo surdimensionné mais vivant dans une solitude parfois douloureuse. Amoureuse du Val d’Anniviers et de ses habitants, elle y a aussi connu son grand amour, un professeur de ski qu’elle idéalisa d’autant plus qu’il est décédé prématurément, mettant fin à leur idylle d’une manière brutale. Cela influencera d’ailleurs beaucoup sa peinture. Car c’est bien d’une peintre que l’on parle. Et pas de n’importe quelle peintre. Une artiste comme on en fait plus. Une artiste parisienne, qui faisait partie de cette génération dorée pour qui art rimait avec espoir et Montmartre avec Sartre…

Grande skieuse, elle conservait tous ses abonnements

point à qui sait attendre dit-on… Skieuse émérite, elle a fait partie des premiers à

Monique Matet et Marie Vianin

Pour ceux qui n’ont pas encore compris à qui cet article est consacré, nous allons encore faire durer le suspense. Tout vient à

skier à Zinal. Elle était parmi ceux qui, avant la mise en place du téléphérique, étaient transportés en avion du fond

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des Plats de La Lée jusqu’au domaine de Sorebois. Très coquette, elle skiait avec une combinaison toujours à la pointe de la mode et ne sortait jamais sans un petit miroir pour se refaire une beauté même sur les pistes. Arrivée à Zinal par le Club Méditerranée, elle est fascinée par le lieu, y achète un terrain dans les années 70 et y construit un chalet. Pour Geneviève Germann qui a monté une exposition de ses toiles à la Tour de Vissoie, son amie Matet, car oui, c’est bien de Monique Matet qu’il s’agit, « était une vraie artiste ». C’est avec une vive émotion dans la voix qu’elle me parle de la vie de ce personnage hors normes qui a profondément marqué la mémoire des nombreux habitants de Zinal. A son décès, par un testament holographique préparé par ses soins, Matet, comme elle l’appelle, a d’ailleurs légué plusieurs de ses toiles à « ses amis de Zinal ». Une vraie artiste, Monique Matet l’était à coup sûr. Il suffit de regarder une de ses œuvres pour s’en rendre compte. De face, de profil, de dos,


Premiers pas de l’alpinisme en Anniviers (2ème partie)

A

u début du 19ème siècle, le Val d’Anniviers était encore une vallée fermée au monde extérieur. Les Anniviards vivaient en autarcie quasi complète. Leurs pâturages et leurs mayens étaient utilisés au maximum. Les pérégrinations qu’ils entreprenaient pour les cultures de la vigne et du verger autour de la ville de Sierre étaient le seul lien qu’ils avaient avec la plaine. Les glaciers, les rochers, considérés comme des terrains improductifs, étaient pour ces montagnards sans intérêts, sur lesquels circulaient des histoires de revenants et de démons qui n’encourageaient pas le quidam à s’y hasarder. Petit à petit des étrangers s’aventurèrent dans la vallée. Ce furent d’abord des hommes de science, notamment des botanistes et des naturalistes qui, poussés par une soif de connaissance, cherchèrent à pénétrer ces hauts lieux. Le Val d’Anniviers fut englobé dès lors dans la découverte des Alpes. Des auberges se révélèrent nécessaires. Celles de Zinal, avec Jean-Baptiste et Julienne Epiney, et celle de St Luc, avec Pierre Pont sont contemporaines (1859). Des hôtels suivirent bientôt dans ces deux stations, puis celles de Chandolin, de Vissoie et de Grimentz. En ce qui concerne les premiers pas de l’alpinisme en Anniviers, on peut considérer que cette aventure alpine débuta en 1859 avec l’ouverture de la première auberge par la famille Epiney-Antille. Avant, il était impossible de se loger à Zinal, village-mayen d’habitations temporaires. Sans parler du problème pour les alpinistes de se loger dans les villages du Val d’Anniviers, il y a un facteur important qui a fait que Zinal, face à son rival Zermatt, n’a pas été en première ligne lors du dé-

veloppement de l’alpinisme dans les Alpes ; c’est celui de la difficulté des ascensions. Pour atteindre l’une de ces cinq montagnes de plus de 4000 m d’altitude qui forment une ceinture de hauts sommets que l’on appelle la « Couronne Impériale », les versants de Zinal étaient trop abrupts et d’un accès plus compliqué et périlleux. Au début de la conquête alpine, le but était de parvenir au sommet en premier par l’itinéraire offrant les moindres difficultés. Les Touristes au Mountet vers 1890. voies normales du Weisshorn, A droite le guide Joachim Tabin mort au Zinalrothorn en 1899 du Zinalrothorn (qui lui fut vaincu du versant de Zinal), de l’Ober- pas aussi évident que celui de la grande gabelhorn, du Trifthorn, de la Pointe de échancrure du col Durand. Zinal et de la Dent Blanche qui furent les En 1845, John Ball pour la revue illustrée voies des premières ascensions, sont situées «Peaks, Passes and Glaciers», interrogea pour la plupart sur le versant opposé à les gens du pays au sujet de ces anciens Zinal. Cette constatation est aussi valable passages qui reliaient le Val d’Anniviers pour les principaux cols. Lors de l’ouver- à Zermatt. Voici ce qu’il apprit des inditure de la première auberge dans le hameau gènes: «On m’indiqua le Trift Pass, préde Zinal, en 1859, aucun de ces sommets cisément dans la position décrite par M. principaux de la « Couronne Impériale » Hinchliff comme le chemin que l’on prenait n’avait encore été gravi. Mais à partir de jadis pour se rendre à Zermatt, et les cartes déjà publiées en 1845 me montrèrent que cette date tout va aller très vite. cette idée était loin d’être absurde. On ajouta Les cols, premières conquêtes que des bêtes de somme avaient passé par Le col du Trift (Triftjoch 3540 m.) fut là, et, à l’appui de cette assertion, on me dit un des premiers passages, avec celui de qu’un chasseur, maintes années auparavant, Durand, qui attira l’attention des premiers avait trouvé un fer à cheval (mulet) sur les alpinistes. Cet itinéraire était beaucoup rochers qui dominent le glacier du Trift. Tout plus direct que celui du col Durand si l’on ce que l’on peut admettre dans des cas de ce désirait se rendre à Zermatt. Selon certains genre, c’est qu’à une date quelconque on avait témoignages, c’était le chemin traditionnel frayé un passage, mais les détails restent du entre le Val d’Anniviers et Zermatt, chose domaine de la légende.» qui nous paraît aujourd’hui invraisem- L’avancement des glaciers et le fait que la blable. Mais l’accès de ce passage n’était région devenait de plus en plus sauvage

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A l’assaut du Bishorn (4153 m.)

aurait pu rendre ce passage impraticable, puisqu’au commencement de cet âge d’or de l’alpinisme, ce passage semble avoir tout à fait disparu. Lors des premières enquêtes de touristes au sujet de l’existence de ce passage à Zermatt vers les années 1850, on ne put se procurer que le témoignage suivant : «Un chasseur sourd-muet aurait fait savoir par ses gestes qu’une fois il serait monté par le glacier du Trift jusqu’au col qui domine le Val d’Anniviers, et qu’il serait redescendu sur l’autre versant assez pour apercevoir, à une grande profondeur au-dessous de lui, le bétail sur les pâturages du Val d’Anniviers, puis il serait tombé sur les restes d’une échelle qui aurait été utilisée jadis pour franchir un mauvais pas de ce col.» Il est à remarquer que ce garçon sourdmuet était originaire de Zermatt. D’après un manuscrit de Gottlieb Studer, figure marquante de l’alpinisme, un des parrains du Club Alpin Suisse naissant, nous apprenons que le 11 août 1849, il s’entretint du col du Trift avec le curé Ruden de Zermatt. Il est très probable que Studer apprit ce récit de ce chasseur sourd-muet de la bouche du curé Ruden qu’il persuada d’aller vérifier ces dires sur place, ce que fit le curé le 29 août, c’est-à-dire dix-huit jours plus tard. Le curé Ruden de Zermatt, qui s’intéressait beaucoup à cette histoire, monta en 5h30 jusqu’au sommet du col du Trift. Des murailles raides de rochers qui descendent vers le glacier de Zinal l’ont empêché d’aller plus loin, mais il aperçut les restes d’une échelle, ce qui corroborait le récit du sourd-muet. La première description détaillée et authentique d’une course à travers le col du Trift s’est déroulée le 1 septembre 1854.

L’alpiniste anglais Robert Fowler avec les guides Arnold Kehrli, du canton de Berne, et Ignace Biner, de Zermatt, traversa ce passage de Zermatt à Ayer. Fowler décrit l’arrivée à Ayer : «À 6h45 nous arrivions à Ayer, ayant mis 14 heures, y compris les haltes, pour notre course depuis Zermatt ; Nous avions passé près de 8 heures sur la glace et les rochers escarpés qui s’élèvent près du sommet du col. Il n’existe à Ayer ni auberge ni curé ; nous nous adressâmes donc au Président de la Commune, qui nous procura un logement chez sa sœur. Ayer est un village très primitif, et notre nourriture fut assez maigre, à part le vin, dont le Président nous offrit bonne mesure.» Pour en terminer avec ce col, on relèvera qu’en 1859, on enregistra trois traversées du Triftjoch, qui devient alors un passage à la mode. Cette année-là, la caravane des deux frères Fox se rendit de Zermatt à Zinal. Ils furent les premiers voyageurs anglais qui séjournèrent dans la petite auberge de la famille Epiney. Dans l’enquête que John Ball effectuait dans « Peaks, Passes and Glaciers » au sujet des possibilités d’effectuer un passage entre Zermatt et le Val d’Anniviers, on lui fit remarquer qu’un autre passage avait jadis existé entre le Rothorn et le Weisshorn. Un curé de Täsch avait découvert des documents datant de 400 ans en arrière dans lesquels on parlait de ce passage comme ayant été très fréquenté ; mais que vers le commencement du 19ème siècle, ce col était devenu impraticable à cause de l’accroissement de la glace au sommet de la crête qui domine les rochers par lesquels on devait effectuer la descente. Il fallait partir de Randa pour atteindre le Biesjoch et le glacier de Turtmann, d’où, après avoir escaladé une arête rocheuse qui se divise en deux branches, on gagne le plateau inférieur de la branche ouest, qu’il fallait ensuite remonter vers le sud-ouest pour franchir le col de Tracuit, qui mène à Zinal par l’alpe de Tracuit.

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Ce passage de Zermatt à Zinal par le Biesjoch et le col Tracuit fut traversé pour la première fois le 31 juillet 1862 par une caravane française. Les membres de cette expédition française qui séjournèrent dans le petit hôtel de Zinal, gardèrent le silence sur leur beau tour de force qu’ils venaient de réaliser. À l’époque, ils ne surent peutêtre pas qu’ils avaient réalisé une première traversée par les hauts de Tracuit. A l’assaut des 4000 ! La plupart de ces alpinistes anglais qui venaient exercer leurs talents de « conquérants de l’inutile » dans cette région des Alpes, étaient obsédés par deux sommets: le Weisshorn et le Cervin. C’est le cas du jeune Edward Whymper, qui en 1860 viendra pour la première fois dans nos montagnes suisses pour le compte de l’Alpine Club qui l’avait engagé comme illustrateur pour sa revue «Peaks, Passes and Glaciers». Edward Whymper accordera autant d’attention à la vallée d’Anniviers qu’à celle de Zermatt. Dans son jeune âge, Gabriel Pont, qui succédera plus tard à son père Pierre Pont à la tête de l’hôtel Bella Tola de St Luc, fit deux fois le chemin Sierre-St Luc avec Whymper, qu’il qualifia de jeune homme « réfléchi et plutôt taciturne ». L’Anglais séjourna également à Zinal et y engagea des guides grâce à la bienveillance des propriétaires du petit hôtel du village. En parlant d’hôtel, l’hôtelier, écrit Aloys Theytas dans la revue Treize Etoiles : «était guide généralement. Il engageait porteurs et muletiers. C’était une sorte d’entrepreneur qui se livrait à l’ «exploitation des étrangers». En réalité, il était si hospitalier et se liait si facilement à ses hôtes que ce sont ceux-ci qui imposaient leurs conditions. Il n’est pas devenu riche. Il lui fallait d’ailleurs conserver son train de campagne, qui constituait presque son principal revenu. L’hôtel exerçait une sorte de fascination sur l’esprit des habitants. De là venaient quelques ressources en numéraire, et il y avait des « mossieurs », gens considérés du fait qu’ils disposaient de loisirs au moment où l’Anniviard faisait ses foins et ses sulfatages. » Pour en revenir à Whymper, il venait dans le Val d’Anniviers aussi de Zermatt avec l’ « Allemand » (un des Taugwalder), que les premiers guides anniviards n’aimaient pas, les montagnes du fond étant à eux et pas aux autres.


En 1860, Whymper a beaucoup marché mais n’a encore rien gravi. Il a vu les montagnes, beaucoup dessiné les sommets, les cols et les glaciers. À cette époque, ce n’est pas encore le Cervin qui retiendra son attention, mais le Weisshorn qui le fascinera, prétend-il. Lors de sa deuxième campagne en Valais, en été 1861, il changera d’avis. À vingt-et-un ans on a encore l’esprit capricieux, surtout quand on apprend que le Weisshorn vient d’être vaincu par un certain professeur Tyndall, un compatriote. Il admet que : «Le Weisshorn venait d’être conquis, et le Cervin allait être bientôt attaqué. L’intérêt que m’avait inspiré le Weisshorn s’affaiblit, mais, quand j’appris que le professeur Tyndall était au Breuil, dans l’intention de couronner sa première victoire par une autre plus grande encore, je désirai plus vivement que jamais escalader le Cervin.» Le Weisshorn (4505 m.) Longtemps le Weisshorn a été considéré comme un sommet inaccessible. Vers le milieu du 19ème siècle, cette montagne avait mauvaise réputation, les alpinistes l’appelaient «une montagne à avalanches». Depuis cette époque, plusieurs tentatives pour vaincre ce sommet avaient échoué. Malgré tout, dans la tête de ces aventuriers anglais, le Weisshorn continuait à faire rêver. L’origine de son nom, on le doit à sa face nord-est, « corne blanche », bien visible de Randa, face qui est toujours enneigée. Du Val d’Anniviers on peut le voir de l’alpe d’Arpitetta de la base au faîte et de tout près, mais pour les premiers alpinistes, il présentait son revers, il n’était rien qu’une affreuse muraille. De 1835 à 1853, on a attribué cinq noms différents à ce sommet avant que la Carte officielle suisse, dite Carte Dufour, lui consacre définitivement l’appellation unique de « Weisshorn ». En 1835, l’Atlas Wörl le nomme « Mont Viso », en 1836 Keller et 1849 G. Studer lui donnent comme nom « l’Arche », Frödel en 1840 « Shallenhorn », G. Studer en 1849 et Ulrich en 1850 désigneront cette montagne comme étant le « Pigne de Leiss » et pour terminer, sur sa carte de 1853, Gottlieb Studer utilisera l’appellation « Pigne de Vionin », comme étant le nom usité dans le Val d’Anniviers. Cette affirmation il la reproduira dans un ou-

Guide Louis Theytaz d’Ayer, né en 1867, mort accidentellement à ski au Pigne d’Arolla en 1911

vrage datant de 1870, mais cette fois-ci en l’orthographiant « Vianin ». Il est possible que ce nom singulier puisse avoir un rapport quelconque avec la famille Vianin du Val d’Anniviers, dont un membre, Joseph, prit part avec l’alpiniste anglais, W. Mathews, à une tentative de gravir le Weisshorn. Mais cette expédition se déroula en 1859 et non en 1853. Quoi qu’il en soit, en s’appuyant sur l’autorité du chanoine Berchtold, de Sion, le nom de « Weisshorn » est indiqué sur trois cartes datées de 1840, de 1850 et de 1856. Avant que les premiers aventuriers ne parviennent à fouler son sommet, plusieurs cordées ont dû rebrousser chemin. C’est le cas en 1859 de W. Mathews, accompagné du guide Joseph Vianin d’Ayer, et de l’autre frère Mathews qui, le 13 août 1860, a tenté de gravir le Weisshorn, mais n’a pas réussi. Cet échec est dû à la quantité exceptionnelle de neige tombée cette année-là qui a rendu la montée très dangereuse. Le 2 juillet 1860, il écrit dans le « Livre des Visiteurs de l’hôtel du Mont Rose » à Zermatt : «Je dormis dans un chalet au-dessus de Taesch et le quittai à 1 h. du matin. Après avoir marché 10 heures, je réussis seulement à parvenir au pied des rocs à la base du sommet. Mes guides étaient Melchior Anderegg et Jean Kronig. L’ascension n’a pas pu être effectuée à cause de la grande quantité d’avalanche et de l’énorme masse de neige fraîche. Nous essayâmes de monter par la neige et la glace et taillâmes chacun des pas de

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cette ascension pendant 4 heures. En descendant, la neige nous venait presque toujours jusqu’aux genoux et souvent jusqu’à la taille. Melchior dit que cette montagne ne peut être gravie, si ce n’est tard dans la saison et que 4 guides sont indispensables. Il nous fallut 16 heures de marche pénible pour aller du chalet au point mentionné et pour revenir à Zermatt.» Finalement, un professeur d’origine écossaise, âgé de 41 ans, John Tyndall, éminent physicien de l’Institut Royal de Londres, accompagné de deux guides, Johann Joseph Bennen de Lax, et Ulrich Wenger de Grindelwald, est parvenu à faire tomber le mythe de cette montagne inaccessible en gravissant le légendaire Weisshorn par son arête sud-est. Le sommet fut vaincu à 13h30, le 19 août 1861. Cette première a eu un grand retentissement dans le monde de l’alpinisme. S’étant querellé avec certains membres de l’Alpine Club, il refusera de donner à «Peaks, Passes and Glaciers» le récit de sa conquête du Weisshorn, le réservant à son second ouvrage sur les montagnes « Mountaineering in 1861. » Le professeur Tyndall, confiera à ses amis au retour de son exploit : « Cette ascension est parmi les plus éprouvantes, mais aussi parmi les plus belles et impressionnantes qui soient. » à suivre Jean-Louis Claude


Classement 5ème ligue 1. FC Chippis 3 2. FC Termen/Ried-Brig 2 3. FC Crans-Montana 2 4. FC Brig-Glis 3 5. FC Grône 2 6. FC Visp 3 7. FC Anniviers 8. FC Lalden 2 9. FC Agarn 2 10. FC Turtmann 11. FC Varen 2

10 10 10 10 10 10 10 10 10 10 10

7 5 6 5 5 5 4 3 3 1 1

1 3 0 2 2 1 2 3 2 2 2

2 2 4 3 3 4 4 4 5 7 7

22 pts 18 pts 18 pts 17 pts 17 pts 16 pts 14 pts 12 pts 11 pts 5 pts 5 pts

Classement 4ème ligue fém. 1. FC Agarn 10 8 2. FC Salgesch 10 5 3. FC St-Niklaus 10 6 4. FC Vétroz 10 5 5. FC Anniviers 10 5 6. FC Grimisuat 10 4 7. FC Lens 10 3 8. FC Port-Valais 10 3 9. FC Brig-Glis 2 10 2 10. FC Vétroz 2 10 1 11. FC Chamoson 10 1

2 4 1 4 2 3 3 2 2 1 0

0 1 3 1 3 3 4 5 6 8 9

26 pts 19 pts 19 pts 19 pts 17 pts 15 pts 12 pts 11 pts 8 pts 4 pts 3 pts

Questions aux entraîneurs de nos équipes d’actifs, Patrick Genoud pour les garçons et Frédéric Salamin pour les filles 1. Quel bilan tirez-vous de ce 1er tour 2014-2015 ? P.G. : J’ai constaté une bonne évolution ainsi qu’une prise de conscience par rapport à l’année passée. L’équipe est soudée, l’esprit est bon sur et en dehors du terrain. Nous sommes invaincus à domicile. Avec 14 points, nous nous trouvons à 4 points de la 2ème place du classement, avec en outre peu de pénalités concernant le fair-play. F.S. : Je suis très satisfait de ce 1er tour. Après un départ poussif (3 points en 4 matchs), l’équipe a réussi a être régulière et nous sommes invaincus depuis le 20 septembre. Nous terminons à 2 points de la 2ème place et c’est très réjouissant pour la suite de la saison, au printemps 2015. 2. Quel est le meilleur souvenir de ce 1er tour ? P.G. : Je dirais la victoire à domicile contre Brig-Glis 3 qui était 1er du classement à cet instant de la saison. Nous avons bien géré le match, avec un esprit conquérant et solidaire. F.S. : Il est difficile de parler d’un moment précis car je souhaite surtout mettre en avant la constance dont ont fait preuve les joueuses durant ce 1er tour, constance qu’il est toujours difficile d’atteindre, les résultats étant souvent en dents de scie. Je dirais tout de même la 2ème mi-temps du match contre Salquenen durant laquelle nous avons proposé un jeu collectif très abouti. 3. Y’a-t-il un événement qui vous a marqué ? P.G.: La paralysie de Fabio Rodrigues, victime d’un grave accident de moto, nous a profondément affectés. C’est un joueur fidèle et très apprécié au sein de l’équipe. Nous avons souvent pensé à lui durant nos matchs. F.S. : Contre certains adversaires, l’équipe a su faire preuve d’une grande maturité, en restant calme et patiente, convaincue par ses qualités. Avec Jérôme Crettaz, on a apprécié cet état d’esprit et ce sentiment que le FC Anniviers est vraiment une équipe de 17 joueuses. 4. Quelles sont les ambitions pour le printemps 2015 ? P.G. : Je souhaite que l’on continue sur la lancée, en visant un peu plus haut au classement avec 25-30 points au final. F.S. : Elles restent identiques que celles discutées en début de championnat, soit terminer dans les 5 premières places et jouer les trouble-fête. Christian Caloz Président FC Anniviers

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150 000 litres de lait sur toute la saison 2000 litres de lait par jour au maximum 2 productions journalières (40 fromages) au maximum 35-40 kg de sérac par jour Plus de 3000 pièces à entretenir Production de fromages d’alpage, de fromages à raclette du Valais AOP, de sérac, de tommes et de tommes lactiques Vente sur place de 10h00 à 18h00 de l’inalpe jusqu’à fin octobre ainsi qu’à l’extérieur de la vallée

Que retiennent les enfants d’une telle journée ? Thomas : Nous avons vu la traite mobile, il y a de la place pour 8 vaches. Axel S. : Il faut déplacer les parcs quand il n’y a plus d’herbe à manger. Eulalie : Grâce aux vaches nous avons de belles pistes de ski en hiver. Esteban : Les moutons mangent l’herbe plus haut dans la montagne où les vaches ne peuvent pas aller c’est trop dangereux. Ana : A la fin nous avons fait une photo tous ensemble. Yannick : Les vaches montent à l’alpage en été. Laura : Elles ont une bosse sur la tête. Joël : Sur les fromages, il y a des lettres. Tom : Tous les matins il faut nettoyer les fromages. Gwenaëlle : Avec le petit lait il fabrique du sérac. Charlène : Avec le lait il fabrique du fromage. Elsa : Là-haut, le papa de Yuna met le lait dans une chaudière et le chauffe. Cyril : Les vaches de Singline n’ont pas de cornes.

Gabriel : Il faut faire attention aux souris dans la cave. Axel E. : Il ajoute un produit jaune au lait et ça devient d’abord comme du yogourt et après du fromage. Yuna : Tous les matins, le lait est transporté tout en haut à Sorebois avec un tracteur. Malik : Le fromage est plus jaune parce que les vaches mangent de l’herbe et pas du foin. Denis : Nous avons dégusté du fromage, du sérac, de la tomme c’était trop bon. Noa : Avec un bâton qui a des fils il tourne le lait (tranche- caillé). Eva : Les fromages sont portés à la cave. Un grand merci à Isabelle et Yannick pour leur invitation, leur accueil chaleureux et les explications à la portée des enfants. Merci pour la dégustation qui a permis aux enfants d’apprécier toutes les productions « maison » dont la fameuse et délicate tomme lactique. Marie-Laurence Savioz, titulaire de la classe de 2ème enfantine

Leila : Tous les matins, il faut contrôler les parcs

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Le Val d’Anniviers vu par... Jeanne, 17 ans en 1930

J

e m’appelle Jeanne, mais mes amies m’appellent Jeannette. Je suis l’ainée d’une famille de 7 enfants, et ma mère est décédée il y a deux ans en mettant au monde Pierrot, le petit dernier. Depuis, comme mon père part travailler toute la journée, je dois m’occuper de mes frères et sœurs. Moi qui rêvais de partir, me voilà coincée dans la vallée… Comment pourrais-je abandonner ma famille maintenant ? En plus des tâches ménagères, je dois aider mon père à gouverner les vaches quand il doit descendre ou aller vaquer à d’autres occupations.

Val d’Anniviers. Remarquez, c’est peutêtre mieux ainsi. L’autre jour, la Louise est revenue au village, elle avait été engagée comme gouvernante chez une comtesse à Lausanne. Au bout de deux mois, elle a réussi à s’enfuir… Les larmes aux yeux, elle m’a raconté comment les maîtres la traitaient… Elle devait tout faire, la cuisine, le ménage, s’occuper des enfants. Tout ça pour un salaire très bas et un demi-jour de congé par semaine. Mais ce qu’elle n’a pas supporté c’est la solitude, d’être loin de sa famille, de son village et de ses amies. Peut-être que je n’aurais pas supporté non plus…

J’avais même trouvé une place à Montreux, chez une duchesse… J’avais presque réussi à convaincre mes parents quand ma mère est morte. Mais maintenant mon père ne veut même plus en entendre parler… Il dit que ma place est ici pour tenir la maison. Il est dur mon père, mais il est juste, il ne nous a jamais frappés. Piquer des colères terribles ? ah ça oui… mais frapper ? Non, jamais il n’a levé la main sur aucun d’entre nous. N’empêche que maintenant je ne vois pas comment je pourrais sortir du

On est bien ici malgré tout. La vie est dure, surtout l’hiver, mais il y a aussi de bons côtés. On s’amuse bien, les hommes adorent faire des farces. Les meilleures, on se les raconte encore longtemps pendant les veillées d’hiver. Tiens, comme la fois où ils ont peint les chèvres de Fernand. De toutes les couleurs qu’elles étaient les chèvres, il en a fait une tête le Fernand quand il a ouvert la porte de la Partchère ! Il était presque aussi vert que l’une de ses chèvres peinturlurées! Ou quand ils ont caché la vache que le

J’aime regarder le soleil se coucher et rêver que demain sera meilleur…

boucher devait tuer le lendemain matin… Il l’a cherchée partout… Finalement, la vache a vécu un jour de plus ! On en parle encore deux ans après ! C’est bientôt la Sainte Catherine et on va descendre à Sierre pour la foire. Tout le monde s’en réjouit sauf moi. Car ce sera aussi l’occasion de trouver une place pour Marie, ma petite sœur, elle n’a que 9 ans, mais on va devoir la placer. La vie est de plus en plus rude et mon père ne gagne pas assez pour nous nourrir tous. Deux de mes frères et une de mes sœurs sont déjà partis. D’un certain côté je les envie mais je suis triste d’être loin d’eux, ils me manquent… J’ai eu beau dire à mon père que Marie est trop jeune pour travailler, il n’a rien voulu entendre… ça fait longtemps qu’il ne m’écoute plus, de toute façon… Je vais devoir vous laisser maintenant car mes amies m’attendent. On va chanter et peut-être même jouer aux cartes. Ça va me changer les idées, pour une fois que j’ai un petit moment de libre, je ne vais pas laisser passer ça. Heureusement qu’elles sont là. Ici la vie est rude mais on vit ensemble et la solidarité est très forte. J’ai entendu dire qu’en ville les gens ne s’aident plus, ne se connaissent même pas… A quoi doit ressembler un monde où on ne connaît pas son voisin ? On est bien ici finalement… Texte et photo Yanis Chauvel

Un grand merci à Cécile et Aline Melly et Alphonsine Theytaz pour leur aide précieuse.

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4 Saisons janvier 2015 by Les 4 Saisons d'Anniviers - Issuu