P R IN T EM P S
© PM
NUMERO 46 | MARS ’22 | TRIMESTRIEL
L’invité
Joël, le garde-faune
Le plein-air, voilà le lieu de travail principal de Joël, toujours en chemin par monts et par vaux, que le soleil brille de tous ses feux, que la pluie arrose les crêtes ou que la neige recouvre de sa douce bulle les bruits et craquements que nous percevons sans les identifier. A toute heure atteignable, lorsque la course d’un chevreuil heurte notre voiture ou qu’un loup croise notre chemin de promenade. Quel plus beau bureau que celui de la nature, pas besoin de le décorer, il dépasse l’imagination du meilleur artiste. C’est là que Joël observe, compte, admire, protège, explique, se réjouit, constate et parfois s’attriste. Nos comportements évoluent et pas toujours dans la bonne direction. Les mentalités renouent avec un besoin de ressourcement renforcé par la crise sanitaire, besoin positif à la base, mais dont la mise en œuvre pose problème avec ses risques de débordements. Joël souhaite que nous prenions tous conscience qu’en se baladant dans la nature, nous sommes les visiteurs du territoire de la faune et de la flore. C’est donc à nous de respecter ce milieu qui nous donne tant de joies, qui nous relie à l’essentiel. Les saisons du garde-faune Le travail du garde-faune consiste à faire respecter les lois et les règlements sur la chasse, la faune et la flore. Pour assurer au mieux cet objectif, il s’agit d’informer encore et encore, car souvent une partie de la population n’a pas conscience de l’implication de ses activités sur ce beau monde qui nous entoure. Au printemps, le garde-faune doit recenser les différentes espèces pour voir comment elles sortent de la difficile saison d’hiver. Les cerfs, par exemple sont comptés à la lumière des phares, dans des secteurs
déterminés, là où l’herbe repousse en premier. Ce comptage s’exécute à plusieurs, avec les auxiliaires gardesfaune. Les cerfs ont été introduits à la fin des années soixante dans le vallon de Réchy. Leur population a fortement augmenté au début des années 2000. Afin de freiner cette extension, des volets de réserve ont été ouverts. C’est-à-dire que des secteurs sont accessibles dans des districts francs cantonaux pour permettre aux chasseurs de prélever des biches, des faons et des daguets chétifs. Le garde-faune se rend aussi sur les emplacements préférés des lagopèdes et des tétras-lyres entre autres. Tous ces comptages donnent un état des lieux général bien documenté qui permet au service cantonal d’élaborer un plan de chasse au plus proche de la situation réelle, grâce à la bonne collaboration entre collègues gardes-faune et auxiliaires locaux. L’ouverture de la pêche a lieu le premier dimanche de mars en plaine et le premier dimanche de juin en montagne. Là aussi des auxiliaires gardes-pêche aident à la tâche. À la fin du printemps et au début de l’été, ce sont les chamois qui sont observés plus attentivement. Leur population est en légère baisse dans certains secteurs. Plusieurs facteurs en sont la cause : les dérangements dus aux activités humaines, la prédation, le réchauffement climatique, la pression de la chasse et la présence d’autres espèces comme le cerf dans leur biotope. Plus l’été avance, plus les bouquetins sont épiés plus haut sur la montagne. Joël exécute cette mission souvent seul, avec son
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chien. D’ailleurs, il accomplit la plus grande partie de son travail de garde-faune le plus souvent tout seul, mais cette solitude est très habitée, vivante, étonnante, merveilleuse. Et l’automne arrive, avec ses préparatifs en vue de la chasse. « Depuis 2021, la chasse est régie par un arrêté annuel. La base pour établir un bon plan de chasse relève des comptages. Notre service, en collaboration avec différentes commissions, composées des milieux de l’agriculture, des forêts, des chasseurs, des associations de protection de la nature, etc. peut apporter des modifications à cet arrêté » précise Joël. Cette collaboration permet d’aboutir à un consensus le plus harmonieux possible entre toutes les parties. La période de la chasse est la plus « remuante », il faut contrôler chaque bête ramenée par le chasseur ; celui-ci est
tenu de la présenter au garde-faune ou à l’un de ses auxiliaires qui opèrent à tour de rôle, sur place à l’abattoir de Vissoie. Chaque chasseur doit inscrire son gibier abattu dans son carnet de contrôle, afin de répondre aux règlements conformes tant aux bêtes qu’aux hommes. Le garde-faune se doit de garder un esprit lucide et d’éviter toute partialité ou copinage. Puis l’hiver se profile, avec ses horaires plus restreints. L’affût du renard se prolonge jusqu’à fin février, mais peu participent à cette chasse-là en Anniviers. C’est la période du bilan, de la surveillance du territoire, de l’observation toujours, de l’appréciation de l’état du biotope, de la prédation, des bêtes en souffrance. Pour le futur, Joël souhaite que les loisirs en extérieur, en nette augmentation depuis le covid, se réalisent avec plus de respect pour la nature et ses occupants. Il serait dommage que le fossé se creuse entre gens de la montagne et citadins. Il s’agit de s’informer, de prendre conseil avant de se
lancer n’importe comment et n’importe où, à tout moment. Les changements climatiques et la présence du loup posent de nouveaux défis. Les loups se déplacent là où se trouvent les proies, plus près des villages en hiver, plus haut sur les alpages en été. Des solutions doivent être trouvées pour tendre vers le calme et la sérénité. Les zones de tranquillité définies restent très importantes pour l’ensemble de la faune, les amateurs de ski hors-piste, randonneurs et autres cyclistes doivent tolérer et respecter ces décisions prises afin d’harmoniser au mieux la cohabitation entre les différentes espèces. Le quotidien de Joël est riche de la diversité extraordinaire de ce monde qui nous entoure ! Le garde-faune est parfois déçu par des comportements suivis au nom de la liberté, mais de quelle liberté s’agit-t-il ? Pourtant, il ne faut pas se décourager, expliquer encore et toujours, informer, accepter les critiques et les épisodes difficiles, encourager les gens à se renseigner.
Joël accomplit sa mission au plus près de sa conscience depuis 1996, il compte peu de grosses déceptions, les doutes et hésitations de ses débuts ont fait place à la sérénité, les remises en question ont porté leurs fruits, il réussit à travailler en accord avec ses convictions. Ce monde l’a toujours passionné, il avait 15 permis de chasse à son actif avant d’obtenir le job de garde-faune. Son arrière-grand-père Jean Florey a été l’un des membres fondateurs de la Diana d’Anniviers qui, elle, fête ses 100 ans cette année. Beau clin d’œil ! On se réjouit déjà des festivités promises par ce bel anniversaire. Joël Florey voit poindre l’heure de la retraite au loin, il s’octroie encore un peu de temps pour décider du délai. Tant que la passion le guide, il poursuit le chemin. Simone Salamin
événement
GRIMeNTZ-ZINAL - FÊTEZ L’ÉTÉ À 2133M D’ALTITUDE Dimanche 17 juillet, rejoignez-nous à Bendolla pour fêter l’été et découvrez les nouveautés 2022 ! La fête à Bendolla est l’événement phare du début de l’été qui ne manquera pas de satisfaire toute la famille. + d’info : www.valdanniviers.ch
Hey!
ST-LUC/CHANDOLIN - OUVERTURE ESTIVALE LE 26 MAI ! Tsigère des Planètes sera la nouveauté à découvrir cet été au départ du Chemin des Planètes à Tignousa ! Un planétarium numérique et un espace de découverte sur le thème de la conquête de l’espace vous attendent ! + d’info : https://stationdesetoiles.ch/
VeRCORIN - OUVERTURE ESTIVALE 2022
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3961 St-Luc Tél. 027 475 13 48
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Sommaire
Concours
© Paolo Marandola
à la découverte d’Anniviers
Quelle hauteur a la croix de Grimentz ?
A)
25 m.
B)
21 m.
C)
22 m.
Envoyez votre réponse par mail à impa@impa.ch ou votre carte postale (n’oubliez pas de mentionner votre adresse postale complète) avec la mention «Concours-photo de juin» à l’adresse: Imprimerie d’Anniviers, 4 Saisons d’Anniviers, rue de la Machigeaz 2, 3961 Vissoie Délai de réponse: 12 mai 2022 à gagner un bon de 50.- au Forum Supermarché Bonnard - Zinal Le gagnant de l’édition no 45 est Paulon Massy à Grimentz
La réponse était: B / Les Moyes
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L’invité
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Sommaire / Concours
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De Courtrai aux Fioz
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Toit pour toi
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Petite escapade printanière
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Anniviers Tourisme
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Métiers anciens d’Anniviers
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Témoignages sur le séisme de 1946 en Valais
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Anniv’info
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HC Anniviers
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Renaissance
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Vercorin Tourisme
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Ski Team Anniviers
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Notre histoire.ch
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Chant d’antan
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Jouer avec les jeunes enfants
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Cure de jouvence pour le Centenaire
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enviedebouger.com
portrait
De Courtrai aux Fioz
P
our Nelly, ce trajet a représenté un aller définitif. Rencontrer un Anniviard à Courtrai, comme une surprise du chef, passer des chicons à la raclette et apprécier la plongée dans un milieu si différent du sien, voilà le surprenant chemin parcouru par Nelly Kittel.
Une première étape au plat pays Nelly a grandi à Courtrai, dans le milieu de la bourgeoisie belge des années trente et quarante. Le style de vie paraissait contraignant avec ses codes et ses obligations, ses craintes du qu’en-dira-t-on, ses restrictions dues à la guerre. Courtrai est situé tout près de la frontière française, sur les bords de la rivière Leie, dans la partie flamande du pays. C’est d’ailleurs dans cette langue que Nelly a accompli sa scolarité et ses études, ce qui la mettait un peu en marge de ses amis suivant leur formation en français et de sa famille wallonne originaire de Mouscron. Pour équilibrer cette forme de solitude, Nelly s’est engagée très tôt chez les scouts dans une troupe francophone, où elle était l’une des plus jeunes participantes. Elle a gravi les échelons hiérarchiques propres à cette institution et a vraiment adoré toutes les expériences vécues dans ce milieu, grâce à la générosité et à l’empathie ancrées dans son caractère, qualités qui ont donné un sens à sa vie. Les vacances se passaient « avec la mer du Nord pour dernier terrain vague… Avec des cathédrales pour uniques montagnes… Et des chemins de pluie pour unique bonsoir… Avec un ciel si bas qu’il fait l’humilité… Avec un ciel si gris qu’il faut lui pardonner ». Le plat pays chanté par Jacques Brel reflète particulièrement bien l’ambiance de cette région, il n’y avait pas grand-chose pour
égayer le regard, pour distraire des contraintes ordinaires. D’où peut-être l’importance que les habitants donnaient à leurs belles maisons, à leurs familles, aux fêtes et anniversaires. Comme un placement sûr dans une contrée morose. Du calme à l’aventure Nelly travaillait comme secrétaire dans la société de son père, elle se déplaçait à vélo, son quotidien suivait un cours tout tracé, rassurant. Et voilà qu’un jour de neige, ça peut arriver même à Courtrai, Nelly ne pouvait plus avancer avec son vélo pas du tout adapté à cette rare météo. Tiens donc, une petite voiture verte s’arrête à sa hauteur et le conducteur lui propose de l’amener à bon port. Nelly a déjà aperçu ce véhicule et son chauffeur, architecte d’une usine en construction en face du bureau de son père. Le chauffeur ? Eh oui, Urbain Kittel en personne. De là à dire qu’il avait déjà repéré cette belle jeune fille… Les rapprochements qui ont suivi ont d’abord fait peur aux
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Mariage en 1957
parents de Nelly: un étranger, aïe. Mais heureusement, il était catholique, de plus la Suisse avait bonne réputation là-bas et surtout pas eu la guerre ce qui les a un peu rassurés. L’épisode n’a pas été facile à vivre jusqu’au moment où la confiance parentale a fini par s’installer. La majorité étant fixée à 21 ans en Belgique à cette époque, Nelly a été obligée de demander la signature de son père pour se marier, n’ayant pas encore atteint l’âge fatidique. Et l’aventure pouvait commencer.
Mai 1960
De remuages en découvertes Une petite dizaine d’Anniviards se sont déplacés à Courtrai pour le mariage, la maman en costume anniviard, les frères, belle-sœur, amis et marraine du marié. Les remuages professionnels ont amené Nelly et Urbain en France, puis en Italie dans la région de Bergame, durant cinq ans, où la petite famille agrandie de deux enfants a hésité à s’installer durablement. L’Italie si gaie, la nourriture délicieuse avec ses fruits et légumes si colorés, les saisons tellement agréables, sauf l’été quand même un peu trop chaud. Mais l’attrait d’Anniviers a été le plus fort, là où se passaient leurs vacances, avec ces paysages que Nelly a tout de suite trouvés beaux. Elle s’est sentie à l’aise et en harmonie dans cet environnement, les vraies montagnes ont remplacé les cathédrales. Finalement, la décision a été claire, la nouvelle vie se passerait ici. Un troisième enfant adopté est venu agrandir la famille. Nelly a fonctionné comme secrétaire du bureau d’architecture situé dans le chalet construit par son mari. Les débuts ont été laborieux, le téléphone fonctionnait dans le chalet d’un voisin, un peu plus bas sur la route de St-Luc à Vissoie. Il faut se souvenir qu’on était encore à quarante ans de l’intrusion des téléphones portables accessibles à tous. Quand les activités ont pris de l’ampleur, elle a laissé sa place, du personnel a été engagé pour le bureau Kittel. Nelly a alors ouvert le premier office du tourisme de la vallée à Vissoie, d’abord dans un garage, puis dans un local situé
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à côté du Café des Alpes. Petit à petit, Grimentz, Zinal, St-Luc et Chandolin ont offert à leur tour les services d’offices du tourisme. Nelly s’occupait de l’ameublement intérieur des logements nouvellement construits, elle cousait des rideaux, assurait les liens avec la clientèle. Elle se souvient avoir mis une annonce dans le journal Libre Belgique: «chalet à vendre pour Chf 35’000.- …» on croit rêver! Il s’est rapidement vendu, ce qui l’a réjouie. Evidemment que son prix est à replacer dans le contexte des années soixante. Plus tard ses parents ont, eux aussi, fait construire un chalet à Vissoie. Un quotidien simple et généreux Nelly ne s’est jamais mêlée des clans et de la politique locale. Ses qualités renforcées par ses expériences de scoutisme d’autrefois ont repris le dessus. Aider et partager sont devenus ses priorités. Nelly a collaboré aux livraisons de repas à domicile pendant 20 ans. Elle a aussi répondu aux appels d’Edmond Kaiser, le fondateur de Terre des Hommes, lorsqu’il recherchait du matériel comme un métier à tisser ou des outils pour coiffeurs par exemple. Il fallait récupérer ces objets aux quatre coins du Valais et les amener à Lausanne. Elle soutient encore des familles de réfugiés par des cours de français, de l’écoute, de l’accompagnement. Sans oublier les Magasins du Monde auxquels elle a régulièrement participé ainsi que l’Association Sierre Partage qu’elle a contribué à mettre en place dans les commerces d’alimentation de la vallée. D’ailleurs, tous les commerces,
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sauf un, ont répondu présents. Encore aujourd’hui, ces magasins poursuivent leur engagement. Elle a aimé profondément toutes ces activités bénévoles qui lui ont beaucoup apporté humainement. Il en a fallu avaler des kilomètres pour assurer ces services, et pourtant Nelly n’aime pas trop conduire. Un havre de paix Depuis longtemps, Nelly et Urbain ont choisi de s’installer aux Fioz en-dessous de Grimentz. Un petit hameau – mayen tout simple et tranquille. Là, chaque matin, Nelly admire cet environnement qui lui plaît tant, consciente de ce privilège. La perte de sa fille, alors âgée de 35 ans et maman de deux petites filles, a représenté le drame de sa vie. Il a pourtant fallu avancer, accompagner ses petits-enfants, ne pas lâcher. Le temps passe, il aide à colmater un peu les brèches. Dans ce havre de paix, Nelly poursuit sa retraite active aux occupations multiples. Les liens avec la famille belge ont traversé le temps, des petits séjours en Italie égaient toujours l’année, mais c’est bien ici que l’ancrage a pris racine. Il y aurait tant à dire encore, alors pourquoi pas lors d’une veillée, comme autrefois, à partager souvenirs et rires. Merci Nelly pour ces précieux instants ! Simone Salamin ©photos album privé
ESPACE DE LOISIRS
Pourquoi couvrir la patinoire d’Anniviers ?
Offrir aux utilisateurs et spectateurs un espace de loisirs agréable et proche de la nature.
Grâce à un toit, cette infrastructure, en plus de protéger la glace, pourrait devenir un lieu de rencontre ouvert toute l’année pour des manifestations sportives, musicales ou associatives.
ORGANISER D’AUTRES MANIFESTATIONS Organiser d’autres manifestations hors saison d’hiver tels que : festival de fanfare, marché artisanal, pièce de théâtre etc.
Un projet rassembleur. Un lieu multiusage ouvert à tous, au centre du Val d’Anniviers. La patinoire d’Anniviers en plus d’être un lieu d’entraînement pour le club de hockey est aussi, avant tout, un lieu de rencontre intergénérationnel où petits et grands, amateurs et professionnels se réunissent pour partager l’espace de quelques instants leur passion du patin.
Couvrir le toit avec des panneaux solaires.
PROTECTION DU SOL & EFFICACITÉ ÉNERGÉTIQUE Une toiture augmentera sérieusement l’efficacité des compresseurs et facilitera l’entretien du sol en protégeant la surface de glace de la pluie, de la neige, des intempéries et du soleil.
ÉCONOMIE D’ÉNERGIE La toiture contribuera à une meilleure gestion en limitant les variations climatiques.
La révolution solaire est en marche. En Suisse, l’électricité est générée surtout par l’hydroélectricité (env. 55%) et par le nucléaire (env. 35%). À l’évidence, l’énergie solaire offre les meilleures perspectives de développement des énergies renouvelables. D’ici 2050, plus du 1/4 de l’électricité sera solaire. En Valais, le potentiel est énorme si on sait jouer sur la surface des toitures, leur géométrie, leur inclinaison ou leur exposition.
TRANSITION ÉNERGÉTIQUE La production des panneaux solaires équivaudrait en moyenne à la consommation de 140 foyers par an.
POLLUTION LUMINEUSE L’éclairage de la surface de glace se fera de manière plus ciblée et plus efficace.
Nous avons besoin de vous ! Association Toit pour toi 3961 Vissoie toitpourtoi.ch contact@toitpourtoi.ch
RÉDUCTION DE LA NUISANCE SONORE La toiture offrira une absorption du bruit, ce qui diminuera les nuisances pour le voisinage.
@toit.pour.toi
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témoignages
Petite escapade printanière C
e magazine étant celui du printemps, c’est à une virée de saison que vous invitent des personnalités aux origines bariolées, d’Anniviers ou d’ailleurs. Bas trois-quarts et petits souliers Ce sont les premiers souvenirs qui apparaissent : enfin, à la St-Joseph, le 19 mars, on permettait à Louise de laisser tomber les collants pour les bas trois-quarts et de troquer les bottes d’hiver pour les souliers bas. Une vraie libération ! Les vaches commençaient à sortir, elles s’emballaient parfois tout excitées par l’air vivifiant du printemps. Les cabris quant à eux jouaient, sautaient à qui mieux mieux. Les enfants ramassaient des bouquets de chatons, ces soyeux bourgeons de saules, si doux. Puis on montait au mayen où une partie de la famille séjournait avant l’inalpe. Le printemps, pour Louise, dans les années quarante, représentait la légèreté, la renaissance de la nature, mais aussi l’aide aux travaux des champs et à la garde des troupeaux. De bien beaux souvenirs ! Au bord du lac Enfant, Jules vivait sur la côte française du Léman. Le bétail séjournait toujours à l’extérieur, sauf par grand froid. Les ouvriers agricoles aidaient les fermiers, la 2ème guerre mondiale touchait à sa fin. L’occupation allemande se résumait au contrôle d’identité obligatoire de toute la famille chaque matin. Dans sa mémoire, la troupe se composait de braves types qui se languissaient d’être loin de chez eux. Ces deux mondes se côtoyaient tant bien que mal et tous se réjouissaient de voir enfin arriver le printemps, promesse de temps meilleurs.
A Nazareth Pour Georgette, née à Nazareth, Pa l e s t i n i e n n e chrétienne d’Israël, le printemps signifiait la fin de l’humidité, incrustée par l’hiver dans les murs des maisons non chauffées. Tout poussait dès le mois de mars, grâce à la pluie tombée en hiver. La nature s’habillait du vert des oliviers, de celui des feuilles de vigne, d’orangers, de citronniers, de mandariniers. Les dents-de-lion avaient un goût plus doux que celui que nous connaissons ici. Cuites avec des oignons et mangées avec pain et yogourt, elles étaient très appréciées des enfants. Chaque famille apportait son propre « pain plat » à cuire au responsable du four banal chauffé au bois, une à deux fois par semaine. Le printemps ravissait toutes les générations, il représentait le privilège de vivre dans des contrées où quatre saisons rythment l’année. En Anniviers, à l’époque des remuages Pour Clotilde, 89 ans, fin de l’hiver et début du printemps sont liés. En effet, dès la mi-février, la famille se mettait en route pour Muraz. Deux ou trois familles s’organisaient à tour de rôle pour peler la neige sur le chemin entre St-Luc et Fang. Une année, il neigeait si fort, qu’il a fallu faire escale dans la famille du cantonnier Antille à Fang. Elle les a hébergés et a trou-
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vé des solutions de fortune pour nourrir tout le monde, traire le bétail et le mettre à l’abri, sécher souliers et habits trempés. Le temps radieux du lendemain a permis au remuage de se poursuivre normalement. En bas, c’était encore un peu l’hiver, on utilisait les sarments pour chauffer les fourneaux. On préparait les jardins, les vignes, l’école reprenait son cours normal. La fête de Pâques se vivait toujours en bas. Mais quel cafard quand il fallait remonter au village : la fonte des neiges avait rendu les chemins boueux, tout était à nettoyer, autant dehors que dedans ! Et souvent, les souris avaient laissé de bien vilaines traces dans les maisons… Merci à ces retraités d’avoir partagé des bribes de souvenirs pour cette petite escapade printanière ! Simone Salamin
Hé!
UN AIR De MAGIe SOUFFLE SUR ZINaL.
Un air de « magie » flotte depuis le début de l’hiver dans le village de Zinal. La Société de Développement a souhaité proposer aux touristes et habitants une nouvelle activité afin de renouer avec ses émotions : un chemin enchanteur illuminé grâce à des lampes chaleureuses qui plonge la forêt de Mélèzes dans un mode féérique.
de Zinal. Lors des froides nuits d’hiver, les mélèzes se murmurent tous les secrets de l’ancien temps, ces géants refont l’histoire et se souviennent de chaque génération qu’ils ont côtoyée. Selon les anciens du Val d’Anniviers, il paraîtrait même qu’en s’approchant discrètement de leurs pieds, on pourrait entendre leurs rumeurs.
LA NUIT DES MÉLÈZES OU LA NÉ DÈ LÄJÈS
Ce sont ces échanges nocturnes que le village de Zinal a choisi de mettre en lumière pour que la forêt, véritable mémoire vivante, dévoile enfin une partie de ses secrets à ceux qui savent l’écouter.
Le chemin s’appelle « La Nuit des Mélèzes », et tire son nom des majestueux mélèzes
INFORMATIONS PRATIQUES • • • • • •
Parcours gratuit d’environ 30 minutes aller-retour 600m de chemin, ponctué de 50 lampes sur piquets Mélèzes décorés d’ampoules chaleureuses Bonnes chaussures recommandées Illuminé tous les soirs, de décembre à avril Départ du chemin en face des Auberges les Liddes
Informations sur : VALDANNIVIERS.CH/NUIT-DES-MELEZES
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Rouge: Pantone 485C Noir: Pro. Black C Gris clair: Pantone 427 C Gris foncé: Cool Grey 8 C Rouge: Pantone 485C Noir: Pro. Black C Gris clair: Pantone 427 C Gris foncé: Cool Grey 8 C
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patrimoine
La disparition des anciens métiers Rebouteux et rebouteuses en Anniviers: un métier en pleine métamorphose
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ans les campagnes d’ici et d’ailleurs, les rebouteux sont des personnages déconcertants et respectés. Un peu magiciens, un peu médecins, et pourtant ni l’un ni l’autre… Pendant des siècles, le reboutement se transmettait de père en fille, de mère en fils. On ne pouvait l’apprendre ni dans les livres, ni sur les bancs d’école.
Ce savoir se nichait dans le geste : il n’était pas consigné dans des écrits ou livré au public. Pour devenir rebouteux, il fallait avoir le don, c’est-à-dire être doué par naissance de cette sensibilité si particulière qui permet de percevoir l’énergie d’une autre personne, ses blocages : une perception mais surtout un toucher, un doigté, une capacité à être un pont entre le malade et sa guérison. Georges Delaloye, thérapeute en soins énergétiques, faiseur de secret et magnétiseur, parle ainsi de ce mystérieux savoir-faire : « Je ne suis que le fil conducteur dans lequel passe le courant, l’intermédiaire. Je désire ardemment guérir de tout mon cœur, mais je ne puis jamais promettre. Je ne suis ni la puissance ni l’aboutissement. Et je ne détiens aucun pouvoir sur la vie, la guérison ou la mort. »1 Dans le val d’Anniviers aussi, des rebouteux soulagent depuis des générations les maux des habitants. Mais lentement, le reboutement s’est transformé : d’un savoir sans mot, il est devenu une pratique enseignable et transmissible en dehors de la lignée familiale. Des thérapeutes de divers horizons ont commencé à se former au reboutement et à l’intégrer à leur pratique. Les gestes ancestraux se sont alliés à d’autres méthodes pour les compléter et sont ainsi devenus des outils en plus dans
la trousse des ostéopathes et des guérisseurs. En Anniviers, Nadia Florey-Pellat témoigne de cette métamorphose. Dans la famille côté paternel, son grand-oncle Maurice Abbé de Mayoux, rebouteux connu et apprécié de tous les Anniviards était une référence ! Nadia a soulagé les corps et les âmes de la vallée durant de nombreuses années, et avec génie, mais elle ne pratique plus aujourd’hui. Voici son récit. « J’ai été formée d’une manière rigoureuse, dès 2008, pendant quatre ans, en tant que masseuse-rebouteuse par Georges Bergoz, un jeune ostéopathe rebouteux de 35 ans. Il avait recensé dans plusieurs pays les tournemains d’anciens rebouteux, rhabilleurs, renoueurs. Ce sont les paysans qui ont élaboré ces gestes, cette sensibilité, car ils voulaient sauver et soigner dans l’urgence leurs animaux, c’està-dire leur trésor et leur gagne-pain. Dans chaque famille, il y en avait toujours un qui « avait des mains ». Georges Bergoz est donc allé chez des paysans qui n’avaient pas transmis leur savoir, ou seulement oralement, parce qu’ils étaient illettrés ou parce qu’ils avaient peur de noter, car ils n’étaient pas sûrs de leurs mots, de leur vocabulaire, de leur syntaxe. Ils n’avaient pas de formation officielle et avaient peur de l’ordre médical, car beaucoup de rebouteux se sont fait brûler comme sorciers pendant le Moyen Âge. Donc tout se transmettait oralement pour qu’il n’y ait pas de trace. Georges Bergoz a mis par écrit ce savoir oral pour ne pas qu’il se perde et il a créé quatre manuels de formation et une école en France. Il a rassemblé d’incroyables techniques venues de France, de Suisse, … Avec lui, j’ai appris une centaine de tournemains. Chaque rebouteux déve-
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loppe son propre tournemain : le renoueur libère les vertèbres en dégrippant ou en réduisant, le rhabilleur réduit les fractures et les luxations, un autre sera videur de vésicules car la technique viscérale sera sienne. Certains noms de techniques rudimentaires m’ont beaucoup fait rire au début de la formation, comme par exemple délarder avec une pièce de 20 cts, la balade de Gargamel, ou la garbure, du nom d’une ancienne soupe qui se faisait avec plein de légumes : les gens se mettaient autour du chaudron pour tourner la soupe. Dans cette technique, on reste sur un point et on tourne, on dénoue, on crochète, on ponce, on déparasite surtout pour les entorses ou les foulures. Un autre tournemain s’appelle le dépiquage, le délaçage : on appuie sur un point longtemps, on tourne aussi, on agrippe la peau avec les deux mains et on tire vers le haut «d’un coup sec et sûr» afin que les fibres se défassent et que le sang circule. J’ai aussi appris la technique du sang noir, technique maîtresse commune à toutes les traditions de reboutement musculaire. C’est une combinaison de pression glissée et de crochetage, sorte de massage en bandes, qui donne des résultats surprenants pour expulser «le mal de la loge», le déloger de la gaine tendineuse. Dans l’esprit du rebouteux, il faut «expulser le mal au plus vite.» Il n’y a pas de magie, il faut se débrouiller et dékyster les points de tension ; c’est un peu comme faire sauter des punaises sur une nappe en papier. Il y a aussi les cabestans, qui est une technique d’étirement précis des muscles dans la direction opposée, du nom des techniques de levier que connaissaient les marins bretons et normands. Les vieux rebouteux parlaient de «pomper le muscle», «jouer de la harpe», ou de «l’envol des ailes de palombe». Contrairement à ce que l’on
imagine, le rebouteux n’est que rarement un adepte du cracking. Ces manipulations sont efficaces mais rudimentaires en comparaison de la finesse actuelle de l’ostéopathie structurelle. L’écoute du patient prend une part très importante dans le soin, ce qui permet, au-delà de la «manipulation», de donner des conseils d’hygiène de vie efficaces. Georges nous a enseigné les touchers d’équilibre, le toucher de densité : la personne est debout, et si elle part vers l’avant ou vers l’arrière, à la manière d’un fil de plomb, on va repérer la dysharmonie. On décèle tout ce qui perturbe les tensions musculaires. On peut aussi toucher la peau pour savoir si elle est chaude, s’il y a une inflammation, ou sentir si c’est froid, sec, humide, moite, frissonnant. Le rebouteux ne travaille pas avec la tête, c’est «Agatha Christie ou Sherlock Holmes en pleine enquête» (rires) ... Il écoute la description des douleurs, des chocs, des traumas, des habitudes, il ressent, il remet, et il laisse le Maître de la nature opérer. Les mains savent où aller, ça s’appelle le toucher d’attirance. Je n’ai pas besoin de me poser de question, je laisse aller ma main et elle cherche, puis s’arrête juste là où il faut. Au début, c’était incroyable ! J’étais subjuguée par l’intelligence du corps. Par la suite, avec l’expérience dans mes mains (surtout dans le majeur de la main gauche qui reçoit une petite décharge électrique), je savais où se trouvait le blocage à lever. aussi étudié l’anatomie, la musculature et les articulations : presque 1200 heures de théorie et de pratique. On a appris à vider des organes, à vider la bile, à détoxiquer le foie, la rate ou le pancréas, manuellement, par des pressions adéquates et techniques. J’adorais le travail sur la musculature et le viscéral. Ce qui m’intéressait, c’était d’aller à la source : quand quelqu’un venait avec une douleur, ce n’était jamais là où il me montrait. Je pouvais trouver la cause du mal grâce au toucher d’attirance, au toucher d’équilibre, au chaud/froid et surtout grâce à l’écoute du ressenti de la personne: tout ce qu’elle me disait était important. Par exemple, je touchais la zone musculaire lombaire et elle me disait : «ça me pique au bout de l’orteil gauche», alors j’allais tout de suite regarder ce qui se passait au bout de l’orteil gauche en fermant les yeux. Et
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comme dans un jeu de piste, je suivais le ressenti de la personne et nous partagions et débusquions ensemble... Tout est subtil, tout est information. Par contre, un rebouteux connait ses limites et il dirigera volontiers la personne vers un médecin spécialisé ou vers un autre thérapeute plus approprié.» Le parcours de Nadia est un exemple de cette métamorphose du savoir-faire des rebouteux : elle a été formée en dehors de la lignée familiale, avec le support d’écrits, et elle a mélangé le reboutement à d’autres pratiques, comme le massage biodynamique en référence au péristaltisme intestinal, pour avoir en main le plus possible de clés vers la guérison.
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Pendant la formation, Georges nous a enseigné comment «écouter» avec tous nos sens : les organes, les muscles et les os. On a appris à déceler le blocage d’une boite crânienne, ou à écouter manuellement «inspirer un foie». Chaque organe a une respiration, une inspiration et une expiration, qu’on peut sentir avec les mains, car l’organe se déplace de gauche à droite, ou tourne, ou se balance de haut en bas. S’il ne respire pas, ce n’est pas bon signe. Alors on introduit un dialogue non-verbal avec l’organe. On discute directement avec ce dernier, on lui dit par exemple : «Que s’est-il passé ici ? Je t’écoute.» On demande au corps où il a mal. Tout se passe avec l’intention. Pas de prise de pouvoir. Le corps est information et le rebouteux accompagne vers le mieux-être ou vers la relance des capacités d’homéostasie. On a
Si le reboutement est sorti de la tradition exclusivement orale et de la transmission unilatérale dans le cercle des proches, ce n’est pas le cas des faiseurs de secrets. Les coupeurs de feu, les panseurs de plaies ou les coupeurs d’hémorragie continuent à recevoir le secret en héritage. Il y a 25 ans, Nadia a reçu le secret du coupeur de sang et du leveur d’hémorragie par un rebouteux de Savièse. Il lui avait demandé si elle avait le temps d’offrir le secret aux gens sans contrepartie financière et si elle était intéressée. Aujourd’hui, Nadia peut transmettre à son tour le secret à un membre de sa famille proche à condition qu’il soit plus jeune qu’elle. Elle a donné à sa fille aînée, Mathilde, les secrets, mais pas les tournemains. Le secret est une prière qui s’apprend par cœur une seule fois, et qu’on ne regarde plus jamais après. Pour soigner, on la récite en boucle (du moins au début), à distance et en visualisant la personne malade. Si on ne connait pas celle-ci, son prénom et sa date de naissance suffisent. Parfois, l’hôpital de Sion téléphone à Nadia. Ils ont une liste des faiseurs de secrets. Un soir à 22h, elle a reçu un coup de téléphone d’un autre hôpital : ils étaient en salle d’opération et avaient besoin d’aide pour une hémorragie sur la table de travail. Ils ont rappelé plus tard pour dire que le sang ne coulait plus. Nadia précise: «Quand le sang coule et ne s’arrête pas, c’est qu’il doit vraiment sortir. Le secret, pour moi, est entouré de magie, et doit le rester dans mon esprit. Tout rationnaliser serait le dénaturer. Après 25 ans, la prière n’est même plus nécessaire, c’est juste pour me rassurer. Mais au début, je priais toute la journée et toute la soirée, et à la fin j’étais lessivée. Pendant trois mois, je me suis occupée jour et nuit d’un jeune qui avait été gravement brûlé en touchant une ligne de train, j’étais obnubilée et je ne dormais presque plus.» Dans le val d’Anniviers, le reboutement sous sa forme traditionnelle est en train de se perdre. Lorsqu’un rebouteux disparait (comme Maurice Abbé ou Jean-Pierre Salamin, que les Anniviards descendaient voir à Muraz), son savoir sombre dans l’oubli s’il ne le transmet pas à ses enfants. Auparavant, la pratique de reboutement était solide et vivace car elle était ancrée dans la tradition. Les changements de société de la fin du XXème siècle ont nui à
la transmission de ce savoir oral qui menace par endroit de s’éteindre. Mais il y a encore en Suisse des nids gardés vraiment vivants, des réseaux de bouche à oreille sans publicité, surtout à Fribourg et dans le Jura. En France, la tradition de reboutement ne s’éteint pas. Il s’agit d’une phase de transition qui, plutôt que de sonner le glas du métier de rebouteux, est en train de le transformer. La levée du secret et le passage à un savoir écrit et transmis largement dans des formations ouvertes à tous permet de sauver cette pratique. Mais en Anniviers, il y a de la relève : un reboutement qui prend de nouvelles formes et intègre tradition et modernité. Laurie Ganioz en est un exemple parfait : «Ma grand-mère était herboriste: elle faisait des huiles de massage, des «potions» et des crèmes. Mon grand-père Alain est rebouteux depuis plus de trente ans à Grimentz, mais il m’a redonné ses clients car c’est devenu trop fatiguant. Il m’a tout appris, le travail sur les muscles et les nerfs, comment remettre une sciatique, etc... C’est le plus bel héritage qu’il puisse me donner. La reboutologie se transmet de gé-
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nération en génération. Ce sont des massages très anciens, qui datent du Moyen Âge. Pendant longtemps, c’était la guerre entre les rebouteux et la médecine traditionnelle. Mais les deux se complètent. La reboutologie n’est pas en train de disparaitre, mais c’est vrai qu’elle s’est un peu perdue, aussi à cause de la concurrence avec les médecines « bien-être » qui sont nombreuses en Anniviers. Avant, il suffisait de recevoir le don de son père ou de son grand-père, mais de nos jours, il est préférable d’avoir une formation. J’ai fait une formation de massage bien-être et je vais continuer avec une formation de reboutologie dans une école à Sion.» Pauline Archambault illustrations: Gaston Archambault
Notes 1 extrait du site gedelaloye.ch de Georges Delaloye
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Témoignages
témoignages
sur les séismes de 1946 en Valais
e Valais se prépare à un puissant tremblement de terre qui devrait se produire d’ici la fin du siècle.
Un séisme de magnitude 6 ou plus sur l’échelle de Richter secoue notre région tous les cent ans environ : en 1524 à Ardon, en 1584 à Aigle, en 1755 à Brigue, en 1855 à Viège et en 1946 à Sierre. Le dernier violent ébranlement a donc eu lieu il y a 75 ans ; chaque année qui passe augmente par conséquent la probabilité qu’une telle catastrophe se reproduise, puisque la période de retour est estimée à une centaine d’année. Que peuvent nous apprendre les témoignages des victimes du séisme de 1946 pour que nous puissions nous préparer, comprendre comment réagir et éviter de coûteuses erreurs ? Le 25 janvier 1946 à 18h32 débute le plus fort tremblement de terre des Alpes suisses du XXème siècle, d’une magnitude de 5.8. La Terre se rompt, semant la panique parmi les habitants du val d’Anniviers : « On avait l’impression qu’il y avait la montagne qui tombait sur notre maison. La lumière est partie, tout était noir. […] Mon petit frère a eu un choc. Pendant quatre jours, il n’a plus parlé ni dormi, il avait les yeux grands ouverts et quand on lui parlait, il ne répondait pas.»1 Marguerite Epiney est en Anniviers, elle aussi, au moment du séisme : « On a cru que la montagne de Sorebois tombait. On était tous dehors sur la route, et tous comme ça [elle se protège la tête de ses mains], mais on avait beau faire comme ça, les cailloux, on les attrapait quand même! Il y en avait de ceux qui se faisaient plaisir de nous faire peur. Un disait : «dans un moment, ils ont annoncé le double…»2
Les rumeurs se répandent à toute vitesse, nourries par la panique générale. Beaucoup croient à l’annonce d’une secousse encore plus violente soidisant prévue pour le lendemain : «On pouvait voir les employés d’Etat quitter gravement leur bâtiment pour s’en aller mourir en famille.»3 L’épicentre du séisme, c’est-à-dire la région où le tremblement de terre est ressenti le plus fortement, se trouve dans une zone comprise entre Sierre, Ardon, Montana et Veysonnaz. Pierre Gasser raconte qu’à Montana, son « papa a cru que c’était la grange d’à côté qui était tombée et il a sauté par le balcon, en bas dans le jardin ! »4 A l’époque, les informations sont rares, et la plupart des gens ne comprennent pas ce qui est en train de se passer. Les Valaisans n’ont été ni prévenus, ni préparés. La peur se mêle à l’incompréhension et à la surprise : « On entendait des gens crier: c’est la fin du monde ! Et un des plus anciens : c’est la bombe atomique! C’était assez dramatique et particulier comme situation. »5 Les angoisses et les fantômes de la deuxième guerre mondiale, encore très présents dans les esprits, se réveillent. Gérard Morand, alors à Hérémence, ra-
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© Raymond Schmid, Médiathèque Valais - Martigny.
conte : « Je me lève, j’ouvre la fenêtre en criant : les Allemands ! Les Allemands ! J’ai cherché à voir si je voyais les Allemands qui dynamitaient notre maison. »6 D’autres interprètent le tremblement de terre comme l’expression de la colère divine et tentent d’apaiser ce déchaînement de fureur par tous les moyens : les processions se multiplient les mois suivants et le nombre de confessions bat des records en février. Mais certaines personnes comprennent tout de même quelle est la cause de ce phénomène étrange et affolant : «J’avais 6 ans et j’habitais à Vissoie, au-dessus de l’actuelle imprimerie. Mes grands-parents y avaient le magasin. Ce soir-là, on était à l’étage et papa était en train de nous lire une fable de La Fontaine. J’étais à table avec mes
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deux frères, lorsque tout à coup tout s’est mis à bouger : une statue est tombée et l’électricité a été coupée. Soudainement, tout était noir. Papa a sorti des bougies. Il avait tout de suite compris que c’était un tremblement de terre. C’était une surprise, personne ne s’y attendait. Dans le temps, on n’avait pas les informations qu’on a maintenant. Cette nuit-là, on est restés tous ensemble dans une seule pièce, avec mes parents, mes grands-parents et des tantes âgées. Dans la nuit, il y a eu encore quelques tremblements, mais pas aussi forts que le premier. Pendant les secousses, maman tenait le petit lit de mon frère cadet âgé de trois ans. Je n’ai pas eu de crainte, car je ne me rendais pas compte de ce qui se passait, mais les adultes ont certainement eu peur, car cette nuit-là personne n’a dormi. »7 La première secousse est brève mais impressionnante : « C’était un tremblement de terre assez violent, même s’il n’a duré que six ou sept secondes: quand ça tremble, il me semble que c’est long. Deux dames sortaient de la laiterie, affolées, et voulaient aller se réfugier dans l’église. Je les ai retenues et je leur ai dit : restez au milieu de la route, là on ne risque rien. Les Glareyards étaient en partie sortis de leurs appartements, ils avaient allumé des feux pour avoir du chauffage, mais les gens avaient peur. »8 Le premier réflexe de la plupart est de courir hors des maisons. Aujourd’hui, il est recommandé de rester dans le bâtiment, à moins d’être tout près de la sortie. Il est dangereux de courir sans protection dans les escaliers et les couloirs au plus fort de la secousse, car des objets ou des gravas peuvent tomber et nous blesser. Il est préférable de trouver refuge sous une table, un lit, dans un coin de pièce, ou même dans l’encadrement d’une porte. Par contre, lorsque la première secousse s’est calmée, il faut sortir le plus rapidement possible de la maison après avoir coupé l’électricité, le gaz et l’eau, pour trouver un endroit extérieur le plus éloigné possible des bâtiments, des lignes et pylônes électriques, des arbres ou des pentes. Une telle étendue, comme un terrain de foot ou une place dégagée, offre un certain abri loin de ce qui pourrait s’effondrer. A l’époque, aucune prévention contre les séismes n’était faite et les gens ne savaient pas comment réagir. Mais malgré ce manque de préparation, et malgré des réactions pas toujours adaptées, aucune personne n’est décédée
suite à des chutes d’objets ou de morceaux de construction. Les victimes de 1946 ont plutôt succombé sous le choc, comme ces deux femmes à Sierre et à Mollens ou cet enfant malade à Naters. La nuit du séisme, partout les mêmes scènes d’épouvante se reproduisent. L’effroi pousse les gens à courir et à Fissure dans le sol, à Granges, à la suite du tremblement de terre du 25 janvier 1946. fuir: « C’était la © CREALP folie furieuse. Tous les membres de la famille sont vite descen- était un jeune médecin. Il était jeune madus dans la rue. C’était la panique ! Je suis rié aussi. Sa femme était enceinte de cinq le seul à être resté près du grand fourneau ou six mois. Et voilà qu’à neuf heures du en pierre ollaire, en train de moudre le soir, il téléphone à mon papa et lui dit : café. »9 Martin Reynard demeure seul dans «Ecoutez, Monsieur Florey, moi je ne peux la maison. Il n’avait que cinq ans ! Partout plus loger ici, il y a le plafond de la chambre les gens se précipitent dehors : « On a tous à coucher qui est à moitié démoli.» Alors courus dehors, angoissés, et là on a rencon- mon papa a dit : «Pas de problème, venez tré les voisins qui tous sortaient de leurs chez nous, on s’arrange. » Et alors, pendant maisons. »10 Mais où aller ? Il fait nuit et quelques nuits, ils ont dormi chez nous.»1 le froid de l’hiver est piquant : « Mon papa Mais de nombreuses personnes ne savent me prend dans ses bras. Après, il m’ex- pas où aller. Les initiatives individuelles plique qu’on va partir. On a pris des luges, fleurissent. Plusieurs habitants essaient des couvertures, des lampes de poche. On d’organiser rapidement des abris colleca rejoint d’autres familles qui avaient fait tifs de fortune, dans des étables ou même le même chemin que nous, et on est restés des cars postaux : «Monsieur Chevalley, jusqu’au matin, emmitouflés dans nos cou- qui faisait le voyage des cars de Chippis, vertures. »11 Certains errent dehors toute la a sorti le car pour que les gens puissent nuit dans l’air glacial, n’osant pas retour- aller dedans. »4 Gilbert Fellay témoigne ner dans une bâtisse de peur que les trem- de ce qui s’est passé à Sierre cette nuit-là : blements de la terre reprennent de plus «Des personnes sont venues nous chercher. belle. D’autres choisissent de se regrouper Nous sommes descendus et nous les avons dans des maisons : « On s’est rassemblé, rejointes. Dans une grande étable, il y avait tous ceux qu’on était par là autour, chez toute une partie dégagée où ils avaient mis une personne, une célibataire du village, de la paille et des couvertures de laine. Je on s’est rassemblé chez elle parce qu’on a revois encore tout ce fatras, éclairé avec des vraiment eu peur. »12 Pour tous, la nuit est falots-tempêtes. On nous a tous couchés longue et pénible. là, les uns avec les autres.»5 Les jours suivants, la solidarité s’organise. Ceux dont les maisons sont trop détruites pour être habitables sont accueillis par la famille, les amis ou les voisins. L’entraide est partout, même en dehors du cercle des proches, ainsi que le montre cette anecdote anniviarde racontée par Paul-André Florey : « Le docteur Jeanton
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Aucun bâtiment n’est totalement détruit, mais les dégâts sont nombreux : cheminées effondrées, murs lézardés, plafonds démolis, voûtes fissurées … 3485 édifices sont endommagés, surtout au niveau des toits en tuile et des cheminées. Rien qu’à Sierre, 400 cheminées se sont écroulées. Le plafond d’un café à
Outre les dégâts infligés aux constructions, le séisme provoque une série de catastrophes naturelles. Des glissements de terrain sur les rives de la Lienne détruisent plusieurs hectares de forêt. La secousse provoque des éboulements : « Depuis Vercorin, on voit la montagne du Rawyl. Il y a eu pendant toute la journée des éboulements. »1 Le val d’Anniviers est lui aussi le théâtre d’éboulements, et des moutons y meurent tués par des rochers. Plusieurs avalanches se déclenchent dans le Lötschental, le massif des Diablerets, et entre Brigue et Domodossola. A Granges et dans la région du Rawyl, de longues fentes apparaissent dans le sol. A Savièse, un gros rocher roule en bas des pentes : « Un immense rocher est parti et il a traversé un mayen. Il y avait une dame et sa fille, une gamine, qui étaient là. La
Procession d’intercession pour demander la fin des secousses lors du tremblement de terre à Sion en 1946. Raymond Schmid, Bourgeoisie de Sion. Médiathèque Martigny
pierre en question est arrivée sur le chalet et a coupé le chalet en deux. »9 Les semaines suivantes, le premier choc est passé mais la peur tarde à disparaitre. Les nombreuses répliques du séisme entretiennent l’inquiétude. 517 secousses suivent celle du 25 janvier. « Le 4 février de nouveau, à cinq heures et quart du matin, une nouvelle réplique réveille de nouveau tout le monde, et c’est de nouveau tout le monde sur la route, panique générale. »5 La menace plane pendant des mois et semble ne jamais vouloir disparaitre. Beaucoup hésitent à reconstruire tout de suite. Le 30 mai, jour de l’Ascension, une réplique de magnitude 5.5 a lieu, presque aussi forte que la première secousse qui était survenue quatre mois auparavant. Dans la région du Rawyl, un éboulement se produit au Six des Eaux Froides : une masse de cinq millions de mètres cubes de roches se détache de la montagne, dévastant chalets et forêts sur son passage, comblant un lac et provoquant un nuage de poussière qui reste en suspens presque une semaine au-dessus de l’alpage de Serin. Dans les mois qui suivent, les secousses se font plus faibles et plus rares. Chacun s’habitue comme il peut et réapprend à vivre normalement, malgré l’appréhension qui reste au fond du cœur. Laissons le mot de la fin à Jeannette Salamin : « Beaucoup de gens priaient tout fort dans les vignes. Beaucoup de gens se sont remis à vraiment demander de l’aide. On a eu très
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peur. On a appris à s’aimer de nouveau un peu plus. Quand on a vécu un tremblement de terre, on a quand même une peur qui nous suit. »11 Mais pourquoi il y a-t-il des séismes dans notre région ? La croûte terrestre, loin d’être constituée d’une seule pièce, est composée de morceaux qui s’emboitent comme les éléments d’un puzzle et qui bougent très lentement les uns par rapport aux autres, à une échelle de temps géologique, de l’ordre de quelques centimètres seulement par année. Or, le Valais se situe à la frontière entre deux morceaux de ce puzzle terrestre : la plaque africaine et la plaque européenne. Celles-ci convergent l’une vers l’autre, créant par leur poussée d’immenses plissements : les Alpes. Saviez-vous que le Cervin est un petit bout d’Afrique ? Un promeneur qui part des Plats de la Lée à Zinal pour se rendre à la cabane du Grand Mountet traverse ainsi plusieurs continents et même un océan disparu. Sur son chemin se succèdent des roches très différentes les unes des autres, témoins de ce mélange des plaques. Notre terre grince, pousse, tire, glisse, craque, s’étire, se ramasse sur elle-même, s’avale, se déforme, s’ébroue, et nous autres, minuscules humains, sommes secoués comme des miettes par ses violents soubresauts. Surtout si on habite dans une zone frontière entre deux morceaux de croûte terrestre, comme en Valais, qui est la région la plus sismique de Suisse. La puissance des tremblements de terre y est bien moindre
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Sierre, ainsi que celui du cinéma Lux à Sion, sont tombés. Les maisons en bois ont mieux résisté que celles construites en maçonnerie. Les avaries sont visibles en plaine comme dans les vallées latérales. Ainsi à Sion : « Je suis rentrée dans la cuisine, il y avait de la suie partout. C’était la cheminée de la maison qui était tombée. »13 – Et en Anniviers : « J’ai été le lendemain ou le surlendemain à la maison de mon beaupère, et elle était tellement lézardée que depuis une chambre on voyait la lampe publique.»14 Les églises sont particulièrement touchées. A Chalais, une partie du clocher est dévastée, à Montana, la flèche est disloquée, et l’église de Chippis est fortement endommagée. Celle de Vissoie est fissurée: pendant le tremblement de terre, certains Vissoyards ont même entendu les cloches bouger et sonner. Par précaution, l’église n’est plus utilisée pendant toute la durée des réparations et la messe a lieu dans la chapelle du château. Paul-André Florey raconte cet épisode de l’histoire anniviarde: « Vis-à-vis de chez nous, il y avait l’ancien hôtel d’Anniviers, et on voyait les cheminées qui branlaient et qui tombaient. Ce qui m’est resté comme souvenir, c’est que le lendemain il n’y avait plus aucune porte qui fermait. Il y avait des gravas plein l’église, la voûte avait été fissurée. Depuis ce jour-là, pendant un an et demi, on avait les offices à la chapelle du château en hiver, même les enterrements, et pendant l’été on allait sur la place de Fête. »1
qu’au Chili, à San Francisco ou au Japon, mais suffisante pour créer panique et destructions. Les séismes sont le risque naturel le plus important parmi tous les dangers qui guettent le Valais, en terme de fréquence, mais aussi quant à l’ampleur des dégâts occasionnés. Les autres dangers naturels principaux sont les crues du Rhône, les grands incendies de forêt, les dangers glaciaires, les gros éboulements, les avalanches, les vagues de chaleur et les ouragans. Mais parmi toutes ces catastrophes possibles, aucune n’allie, comme les séismes majeurs, une forte probabilité de se produire avec des effets si destructeurs. La plaine du Rhône est aujourd’hui beaucoup plus urbanisée qu’en 1946 : partout se trouvent des habitations, des industries et diverses infrastructures qui sont autant de dommages potentiels en cas de tremblement de terre. De plus, la population du Valais a plus que doublé (de 148 319 habitants en 1941 à 345 525 fin 2019). On comprend donc que les conséquences d’un séisme tel que celui de 1946 seraient beaucoup plus graves aujourd’hui qu’à l’époque. Mais beaucoup d’efforts sont faits pour tenter de minimiser les risques : toutes les constructions postérieures à 2004 doivent être aux normes parasismiques et des campagnes de prévention ont lieu auprès de la population. A Sion, le centre pédagogique de prévention des séismes propose même un simulateur qui peut reproduire des séismes allant jusqu’à une magnitude de 8 sur l’échelle de Richter et qui permet de faire ressentir au public les effets d’une telle secousse.15 Il est essentiel de préparer la population, d’autant plus que la plaine du Rhône est une zone remplie de matériaux meubles sur une épaisseur allant jusqu’à 1000 mètres et que ce type de sous-sol amplifie les effets des vibrations sismiques. Les secousses peuvent être ressenties jusqu’à dix fois plus violemment en plaine que dans les vallées latérales au sol plus dur et rocheux. Pauline Archambault
Dégâts causés par le séisme de 1946 à l’intérieur de l’église de Chippis. Collection Grégoire Favre. Notrehistoire.ch
Le séisme de 1946 a occasionné des dégâts estimés à 26 millions de francs. En raison du développement urbain, le prochain pourrait coûter jusqu’à 10 milliards. ©KEYSTONE
Paul-André Florey était en Anniviers et avait 10 ans au moment du séisme* 2 Marguerite Epiney était en Anniviers et avait 25 ans au moment du séisme* 3 Microséismes, Mélanie Lucie, ECAL, 2011 4 Pierre Gasser était à Montana et avait 15 ans au moment du séisme* 5 Gilbert Fellay était à Sierre et avait 7 ans au moment du séisme* 6 Gérard Morand était à Hérémence et avait 6 ans au moment du séisme* 7 Marie-Thérèse Ménétrey était en Anniviers et avait 6 ans au moment du séisme 8 Jean Chaperon était à Sierre et avait 22 ans au moment du séisme * 9 Martin Reynard était à Savièse et avait 5 ans au moment du séisme * 10 Odile Antille était à Crans-Montana et avait 14 ans au moment du séisme * 1
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Jeannette Salamin était à Sierre et avait 13 ans au moment du séisme * 12 Irène Epiney-Melly était en Anniviers et avait 12 ans au moment du séisme * 13 Madeleine Luyet était à Sion et avait 12 ans au moment du séisme * 14 Denis Zuber était en Anniviers et avait 23 ans au moment du séisme * 15 cpps-vs.ch 11
*Entretiens avec des témoins des tremblements de terre de 1946 réalisés entre novembre 2019 et novembre 2020 par Pierre-Marie Epiney, Camille Follonier et Mélanie Clivaz. Capsules vidéos réalisées à l’occasion des 75 ans des séismes de 1946 par les Archives de l’Etat du Valais (AEV) et le Centre interdisciplinaire de recherche sur la montagne de l’Université de Lausanne (CIRM).
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Sus aux envahissantes ! Certaines plantes exotiques se répandent massivement dans le val d’Anniviers, au détriment de la biodiversité et de l’agriculture. La Commune agit contre leur propagation et demande aux habitants de collaborer. Comment ces plantes exotiques sont arrivées chez nous Leur importation a démarré après la découverte du continent américain en 1492. La plupart d’entre elles disparaissent ou s’intègrent, et environ 10% se développent de façon exponentielle. Des graines d’envahissantes se retrouvent de plus en plus dans le compost ou la terre végétale que l’on utilise pour aménager jardins ou talus. En quoi elles posent problème Elles représentent un danger pour la santé des hommes et des animaux (toxicité), pourrissent ou empoisonnent le fourrage destiné au bétail, déstabilisent les sols et appauvrissent la biodiversité en étouffant les espèces indigènes. En Anniviers, sept plantes sont poin-
tées du doigt. Par exemple, le Bunias d’Orient a été repéré sur des talus du côté de Mission et d’Ayer, les séduisants lupins fleurissent dans beaucoup de jardins, l’arbre à papillons s’est installé dans la partie inférieure de la vallée, la renouée du Japon a élu domicile en bordure de la Navizence. Leur expansion rapide est difficile à contrôler et altère déjà l’écosystème. Ce qu’il faut faire si l’une d’elles pousse sur sa propriété Il existe un manuel en ligne* pour aider les particuliers à reconnaître, éradiquer et remplacer ces plantes. L’arrachage ou la coupe doit toujours se faire avant la montée des graines, et il ne faut surtout pas mettre ces déchets végétaux au compost. Les paysagistes sont éga-
lement informés de ce phénomène et peuvent intervenir contre ces indésirables. De plus, si l’on observe la colonisation d’un espace naturel lors d’une balade, il est important de le signaler sur infoflora.ch. Ce que la Commune met en place pour limiter leur propagation Elle a dressé un état des lieux des foyers existants sur les surfaces publiques et les élimine localement, selon le contexte observé. Des employés de la voirie vont être formés pour reconnaître les plantes problématiques plus facilement. Un groupe de travail a été mis sur pied pour monter un plan d’action et sensibiliser la population à ce problème.
*Manuel de gestion des néophytes envahissantes sur vs.ch
Commune d’Anniviers
Les 7 plantes envahissantes qui posent actuellement problème en Anniviers : - le Bunias d’Orient - le lupin - l’arbre à papillons - le sumac - la berce du Caucase - la renouée du Japon - l’impatiente glanduleuse
Pour signaler vos observations: entrez vos données sur infoflora.ch -> carnet des néophytes
Les lupins qui colonisent les prés menacent l’élevage et la faune sauvage. Ils provoquent des troubles digestifs chez le gros bétail et sont mortels pour les lièvres et les tétras lyre.
Pages communales: Geneviève Hagmann (textes) et krla.ch (graphisme)
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Fermeture Sierre-Vissoie Entre Sierre et Sion, sur l’autoroute et les routes cantonales, une trentaine de panneaux de signalisation dirigeront les automobilistes vers l’itinéraire de déviation par Chalais.
Déviation par Vercorin pour tous les véhicules Durant la fermeture de la route Sierre-Vissoie du 16 mai au 15 juillet 2022, les véhicules devront passer par Pinsec-Vercorin. Les voitures et les cars rejoindront la plaine par Chalais, et les camions par Grône. Les horaires de Carpostal seront modifiés en conséquence. Les différents chantiers prévus pour sécuriser la route d’Anniviers nécessitent la fermeture totale au trafic entre Sierre et Vissoie pendant deux mois. La liaison routière avec la plaine se fera par Pinsec-Vercorin. Environ 3000 véhicules par jour, dont 6% de camions, sillonnent la vallée à cette période. Afin de leur offrir les meilleures conditions de circulation possible, des travaux de réfection pour 4 millions de francs ont été menés en 2021 sur ce tronçon, dont l’élargissement de la chaussée sur 3 km et la sécurisation de certains talus.
DÉVIATION CAMIONS par Grône - Vercorin
De Vercorin, voitures et cars postaux devront rejoindre la plaine par Chalais. Pour éviter les croisements périlleux, les camions passeront par Itravers et Grône. Depuis la plaine, Chalais sera donc la porte d’entrée temporaire de la vallée pendant les deux mois de travaux. Une trentaine de panneaux oranges portant la mention « Anniviers » guideront les touristes vers l’itinéraire de déviation.
Horaires spéciaux des cars postaux 16 mai – 15 juillet 2022 Les 11 paires de courses journalières entre Vissoie et Sierre sont maintenues. Seules les dernières courses de vendredi et de samedi (21h10 depuis Vissoie et 20h45 depuis Sierre) sont supprimées. La durée du trajet s’allongera de 30 minutes. Les horaires des quatre lignes de la vallée ont été adaptés afin qu’ils coïncident avec ceux des trains et des écoles secondaires. Deux paires de courses entre Niouc et Sierre (matin et soir) sont également garanties pendant la période des travaux.
Retrouvez toutes les informations sur anniviers.org
La route de déviation entre Pinsec et Vercorin a été améliorée en 2021, afin de f
HORAIRES CAR POSTAL
Commune d’Anniviers
Communication et aménagements spécifiques Les différentes sociétés et partenaires qui échangent quotidiennement avec la vallée (transporteurs, services de secours, poste, etc.) ont été avertis de la déviation. Des solutions sont prévues pour les 170 habitants de Niouc, des Pontis et de Soussillon, impactés par la fermeture de la route en direction de Sierre (chantier Beauregard). La voie leur sera toutefois ouverte en soirée et le week-end. La Commune a pris en compte les besoins quotidiens de ces villages (transports scolaires, services médicaux et postaux) et elle est en train de mettre en place des moyens adaptés. Elle envoie régulièrement des informations par courrier aux ménages concernés.
Sierre-Vissoie dp Sion arr. Sierre dp Visp arr. Sierre
05:42 05:52 IR 05:32 05:49
06:55 07:04 R 06:44 07:06
07:57 08:06 R 07:44 08:06
09:25 09:34 R 09:10 09:32
Sierre, gare Vissoie, poste
06:00 07:00
07:18 08:18
08:15 09:15
09:40 10:40
10:40 11:40
Vissoie, poste Sierre, gare
06:15 07:15
07:05 08:05
08:20 09:20
09:18 10:18
10:45 11:45
dp Sion dp Visp
07:23 07:24
08:23 08:13
09:23 09:24
10:23 10:24
Pour voir les horaires modifiés des quatre lignes d’Anniviers pendant la période des travaux : consulter le site cff.ch ou l’application CFF.
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10:25 10:34 R 10:10 10:33
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Beauregard
Protection contre les chutes de pierres, avec pose de filets sur poutres et treillis métalliques.
Défilé et creux des Pontis Pose d’un nouveau revêtement sur la route du défilé des Pontis et construction d’un chenal d’évacuation pour les laves torrentielles.
Pont des Petits Pontis
Assainissement de l’ouvrage.
DÉVIATION par Chalais - Vercorin
Pont des Croisettes Réfection des joints.
faciliter les croisements.
INFOS PRATIQUES Dates de fermeture Du 16 mai au 15 juillet 2022.
11:42 11:55 IR 11:35 11:49
12:57 13:07 R 12:44 13:06
15:25 15:34 R 15:10 15:33
16:25 16:34 R 16:35 16:49
17:57 18:07 R 17:44 18:06
19:25 19:34 R 19:10 19:33
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13:15 14:15
15:40 16:40
16:55 17:55
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19:40 20:40
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14:35 15:35
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19:20 20:20
12:50 12:53
14:07 14:08
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19:23 19:35
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Déviation Par la route Vercorin-Pinsec. Temps de trajet Compter environ 15-20 minutes de plus en voiture et 30 minutes supplémentaires en car. Travaux préparatoires en cours Dans la zone du pont des Petits Pontis, gestion du trafic avec feux de circulation. Ouvertures spéciales entre Sierre et les Pontis pour les habitants de Niouc, des Pontis et de Soussillon: - chaque nuit entre 17h30 et 7h30 - le week-end, du vendredi 17h30 au lundi 7h30 Pour les écoliers : le transport scolaire aller-retour jusqu’à Vissoie est assuré. Marche accompagnée pour traverser la zone de travaux du pont des Petits Pontis sur passerelle sécurisée. - 25 -
Sites archéologiques
Le passé d’Anniviers se dévoile peu à peu Des sépultures datant de l’âge du Fer à Grimentz, un habitat d’époque romaine à Saint-Luc, un site militaire romain au Toûno, un hameau médiéval à Fang… Des trésors archéologiques émergent en Anniviers. Jusqu’en 2017, l’Office cantonal d’archéologie (OCA) n’avait jamais été appelé à intervenir dans le val d’Anniviers pour des fouilles de sauvetage ou préventives. Il y avait certes des indices d’occupations anciennes, comme les énigmatiques pierres à cupules et des sépultures datant d’entre l’âge du Bronze et l’époque romaine détruites avant le milieu du 20e siècle. « Des éléments tangibles et bien documentés nous manquaient cependant pour comprendre l’occupation de cette région, mais depuis quatre ans, les découvertes s’enchaînent, attestant d’une présence humaine continue. Par exemple à Grimentz, depuis l’âge du Bronze (vers 1500 av. J.-C.)», explique Romain Andenmatten, archéologue à l’OCA. Suite à ces nouvelles découvertes, la carte archéologique de la commune a pu être révisée. Pour le Canton, il s’agit de documenter ces vestiges avant que des machines de terrassement n’entrent en scène et ne les détruisent. Les sites en milieu naturel hors des zones à bâtir, comme ceux du Toûno et de Fang, sont par contre dédiés à la recherche académique sous contrôle de l’OCA avec des universités et les soutiens d’associations ou de fondations.
Commune d’Anniviers
Grimentz : une tombe aristocratique de l’âge du Fer Le lieu-dit « Les Gères / Tsanplan » a fait l’objet de plusieurs interventions d’urgence et fouilles depuis 2018. On y a trouvé des murs issus de terrasses occupées entre 1500 av. J.-C et 1500 ap. J.-C, soit pour l’agriculture, soit pour l’habitat, mais également une zone
funéraire. Parmi la dizaine de tombes implantées dans le secteur, une sépulture datant de l’âge du Fer (vers 460 - 400 av. J.-C.) sort du lot : elle est couverte d’un tertre de pierres entouré d’un cercle de dalles dressées (tumulus), signe distinctif d’une personnalité de haut rang dans la société celte de l’époque. À l’intérieur de la tombe, un bracelet en fer et un nécessaire de toilette, accompagnaient le défunt dans son cercueil constitué d’un tronc d’arbre évidé. « On peut envisager un lien entre la présence de familles aisées et l’exploitation des gisements de cuivre de la région. À ce jour, cette hypothèse attend cependant une confirmation », commente l’archéologue. Saint-Luc : une maison d’époque romaine très bien conservée Dans le cadre de la rénovation du Grand Hôtel du Cervin, des sondages archéologiques ont mis au jour un trésor inattendu l’an passé : un habitat datant des 2-3e siècles après J.-C. « C’est une chance incroyable de trouver les restes d’un bâtiment entier si bien conservés, surtout dans une zone aussi pentue ! », se réjouit Romain Andenmatten. Les fouilles de sauvetage se poursuivront ce printemps. Il s’agira de dégager les vestiges antérieurs à cette maison, de les photographier, de les numériser en 3D et de les décrire en détails. On en saura alors davantage sur les origines de cette occupation. Les objets recueillis seront soigneusement nettoyés et traités pour étude avant de rejoindre les collections cantonales. Ils pourront ensuite être mis à disposition pour des projets d’expositions.
Grimentz : une tombe aristocratique de l’âge du Fer
Saint-Luc : une maison d’époque romaine très bien conservée
Grimentz, Les Gères / Tsanplan : vue générale du tumulus en cours de fouille, © Archeodunum SA / OCA 2019.
Grand Hôtel du Cervin: vue générale du bâtiment romain, foyer carré aménagé avec des dalles au premier plan, © In Situ SA / OCA 2021.
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Pour devenir membre de l’ARAVA et participer à des activités archéologiques dans la vallée : archeologie-anniviers.ch
Toûno : l’occupation romaine par les sommets C’est le président de l’ARAVA (Association pour la recherche archéologique au val d’Anniviers) Lambert Zufferey qui a repéré et signalé ces vestiges perchés à 2760 mètres d’altitude au Toûno en 2018. « J’ai été intrigué par ces restes de fondations et leur agencement particulier, qui n’avaient rien à voir avec l’agriculture. » Il s’avère que ce site pourrait faire partie d’un vaste dispositif militaire occupé entre 57 av. et 15 av. J.-C. On dénombre 25 positions de ce genre entre le Valais et le val d’Aoste, à proximité de passages alpins, qui pouvaient accueillir plus d’une centaine de personnes pendant la bonne saison. Un projet de recherche italo-suisse a été mis sur pied. Il s’agit de comprendre le rôle de ces sites dans les opérations militaires liées à la mise en place de l’hégémonie romaine sur notre région, les liens et la chronologie entre ces occupations, et leurs relations avec les populations indigènes. Les mystères du Toûno sont actuellement étudiés par Tristan Allegro, étudiant en archéologie à l’Université de Lausanne, avec les soutiens de l’ARAVA et Ramha (Recherches archéologiques du mur (dit) d’Hannibal).
a acquis cette parcelle pour sauvegarder et analyser ces anciens murs du « vieux Fang ». Les investigations menées dès 2014 par l’archéologue Cédric Cramatte, rattaché à l’Université de Lausanne, ont permis d’identifier un village de taille moyenne dont les dernières occupations remontent aux 15-16e siècles. Une douzaine de bâtiments ont pu être reconstitués : petites habitations d’une ou deux pièces, lieux de stockage, greniers et granges. L’état de conservation des murs, des objets et des ossements d’animaux est remarquable. L’ARAVA, association née en 2015 autour de ce projet, a encore du pain sur la planche. « Nous souhaitons réaliser des fouilles plus conséquentes et valoriser le site pour le public, en améliorant les accès et en installant des panneaux d’information sur place », annonce son président Lambert Zufferey.
Fang : un hameau témoin de l’époque médiévale Le site de Fang/Tiébagette présente un grand intérêt dans l’étude de la culture, de l’économie et de la vie quotidienne durant l’époque médiévale et moderne en moyenne montagne. Cela fait déjà plus de 20 ans qu’une habitante éprise d’histoire locale, Yvonne Jollien,
Toûno : l’occupation romaine par les sommets
Fang : un hameau témoin de l’époque médiévale
Au Toûno, vue générale du site par drone © Lambert Zufferey 2020.
A Fang, vue générale d’un bâtiment en cours de fouille, © ARAVA-UNIL / OCA 2014
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Association des parents d’accueil (APAC)
« Maman de jour », une offre complémentaire à la crèche Alexandra Josneau est maman de jour à Grimentz depuis deux ans. Engagée par l’APAC, elle ouvre sa maison aux enfants de 2 mois à 12 ans, aussi le week-end. Une solution de garde précieuse pour les travailleurs du tourisme. Comment êtes-vous devenue « parent d’accueil » ? Je suis arrivée à Grimentz il y a trois ans, suite à l’engagement de mon mari comme cuisinier dans un restaurant. Je suis serveuse de métier, mais j’ai dû renoncer à un emploi dans la branche car il n’y avait aucune solution de garde pour mon fils le week-end. Je me suis alors dit que je pourrais rester à la maison et offrir ce service à d’autres. Qui sont vos clients ? Ce sont principalement des personnes qui travaillent dans le tourisme et la restauration, ou des saisonniers qui me sollicitent seulement l’hiver. Je peux accueillir leurs enfants le weekend et tenir compte de leurs horaires irréguliers. L’APAC autorise jusqu’à 4 enfants par jour, en plus des miens. J’ai aménagé la maison en conséquence et ça se passe très bien. Quels sont les avantages pour vous et votre famille ? Pour moi, c’est idéal. Mon activité au sein de l’APAC est rémunérée et déclarée. Je n’ai pas le stress ni les frais de garde liés à un emploi extérieur. Les journées sont intenses, mais gratifiantes, car j’aime beaucoup les enfants. Pour mon fils de 4 ans et ma fille de 8 mois, c’est le bonheur d’avoir des copains et copines toute la semaine. Ils apprennent à partager leurs jouets et leur espace. Mon mari a congé le jeudi, c’est le jour où nous nous retrouvons en famille.
Alexandra Josneau et ses petits pensionnaires, de sortie à la place de jeux.
Recherche parents d’accueil
Commune d’Anniviers
L’Association des parents d’accueil (APAC) organise le placement d’enfants à domicile pour tout le district de Sierre. C’est elle qui recrute, forme et rémunère ces parents volontaires, après s’être assurée de la qualité des conditions d’accueil. Les personnes engagées bénéficient des assurances sociales et d’une protection juridique. « Nous ne pouvons pas leur garantir un salaire régulier, mais nous observons que dès qu’une maison s’ouvre, elle se remplit très vite grâce au bouche-à-oreille», explique Catherine Valiquer, coordinatrice de l’APAC. En Anniviers, le nombre de parents engagés par l’APAC est passé de 4 à 1 ces dix dernières années. Cette offre est pourtant précieuse pour les travailleurs du tourisme, de la vente et des soins, qui ont des horaires incompatibles avec ceux de la crèche. Elle convient également à certaines familles qui recherchent un accueil plus personnalisé pour leur enfant. Si vous êtes intéressé par le travail de parent d’accueil ou si vous recherchez une solution de garde pour votre enfant, prenez contact avec l’APAC au 079 247 12 18 ou par e-mail catherine.valiquer@cms-smz.ch Informations sur le site de la Fédération valaisanne de l’accueil familial de jour fvafj-vs.ch
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sport
Hockey day en Anniviers
L
e Swiss Ice Hockey Day s’est déroulé le dimanche 7 novembre 2021 sur 80 patinoires, réparties dans tout le pays. Cette manifestation destinée à faire connaître le hockey à la nouvelle génération, a été créée en 2012. L’idée est de permettre aux jeunes de jouer pendant plus d’une heure avec des grands noms du hockey suisse. Pour la première fois, le HC Anniviers a pu organiser cette manifestation dans le Valais central et cela grâce à sa collaboration avec le HC Sierre. En effet, traditionnellement cette manifestation se passait à Graben et le HC Sierre a gentiment proposé de la transférer en Anniviers.
Durant cette journée les enfants ont pu profiter de la présence des membres du
HC Sierre : Eric Castonguay, Anthony Beauregard, Remo Giovannini, Dany Gélinas et Kylian Giuyenet accompagnés par les Viégeois Giacomo Caserini, Stefan Mäder et les Lausannois Fabian Heldner et Andreas Glauser. La journée fut belle et l’ambiance conviviale étant donné le nombre d’enfants et de parents présents ce jour-là. Preuve en est que le hockey sur glace reste toujours autant populaire dans notre district et nous pouvons en être fiers. Le HC Anniviers remercie sincèrement le HC Sierre pour la mise à disposition d’une partie des joueurs de la première équipe et de son staff, qui ont donné de leur personne et de leur temps durant une bonne partie de la journée. Un magnifique souvenir pour nos juniors.
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Les entraîneurs de notre mouvement juniors ont également répondu présents afin de coordonner les différents ateliers sur la glace, merci à eux et à tous les parents présents. Un grand merci également au « Lou » d’Ayer , restaurant Qi-Lin, qui a offert les repas de la journée. Le HC Anniviers vous donne déjà rendezvous pour la prochaine édition.
Le Président Frédéric Pellat
Renaissance L
e 19 décembre dernier, malgré les strictes consignes sanitaires, un concert a rassemblé une foule enthousiaste à l’église de Vissoie. En effet, tous les deux ans, le chœur paroissial, la Cecilia, la fanfare Echo des Alpes, le chœur des chasseurs et Clin d’œil se mettent ensemble pour célébrer Noël. C’est là que le public a pu découvrir le nouveau visage de Clin d’œil.
Il y a quelques années, le chœur avait vu son effectif fondre brutalement, puisque seuls les plus jeunes membres avaient décidé de poursuivre l’aventure1, sous la houlette de Nadine Theytaz-Viaccoz, soutenue par Nadine Savioz-Abbé. À l’automne 2021, il ne restait plus que huit « petits ». L’heure était venue de tenter quelque chose pour donner un second souffle au chœur, plus que quadragénaire. Passer le témoin Les deux Nadine se sont alors mises à la recherche d’une personne nouvelle pour diriger le chœur. Sans succès. Après avoir essuyé divers refus, Nadine Savioz a suggéré à sa fille, Léna, vingt ans, de se lancer dans l’aventure. D’abord réticente, à cause des contraintes liées aux études qu’elle mène à l’université de Lausanne, la jeune femme a finalement été convaincue lors d’une soirée de chants et de partages avec d’anciennes membres de Clin d’œil. L’envie de voir le chœur reprendre vie, exprimée par plusieurs d’entre elles, l’a motivée à accepter cette fonction. Il faut relever que Léna a longtemps fait partie du chœur, pendant son enfance et son adolescence. À cette période, c’était sa tante, Sabine AbbéSavioz, qui le dirigeait. C’est donc naturellement vers elle que Léna s’est tournée
Un comité plein d’entrain
pour recueillir indications et conseils de première main. Si la jeune femme n’a pas suivi de formation à la direction de chœur, elle n’est pourtant pas une néophyte dans le domaine musical. En effet, elle joue de l’euphonium à l’Echo des Alpes depuis 2014 et elle a choisi la musique comme option spécifique durant ses années de collège.
cacité ! Quelle motivation ! Avec un résultat dépassant toutes les espérances.
Une reprise tout en dynamisme Après avoir trouvé une directrice, il fallut recruter des membres. Un message sur l’ancien groupe WhatsApp de Clin d’œil, des appels sur d’autres réseaux sociaux, le bouche à oreille et un flyer distribué aux élèves de l’école de Vissoie : en un rien de temps, le chœur s’est trouvé nettement renforcé. Le 27 octobre vit donc la première répétition et, moins de deux mois plus tard, vingt-sept chanteuses étaient présentes au concert de Noël. Quelle effi-
Clin d’œil repart de zéro, sur de nouvelles bases. Un comité a pris ses fonctions, avec Mélissa Bonnard, comme présidente, Mathilde Pellat, comme secrétaire, et Alison Savioz, comme caissière. Des statuts ont été établis. Le but est de faire les choses dans les règles et que tout soit mis au clair.
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À la mi-janvier, ce sont quarante-cinq membres qui constituent Clin d’œil, dont une dizaine de huit-onze ans et une dizaine d’ados. Certaines sont des anciennes, d’autres n’ont jamais fait partie d’un chœur.
L’avenir Le premier objectif, c’est de donner un concert annuel, le 29 avril. Le programme,
Le nouveau visage de Clin d’oeil
plutôt simple vu le délai assez court, sera cependant entièrement nouveau. Une
douzaine de chants sont prévus. Le choix des morceaux est du ressort de Léna, qui
commence par vérifier leur faisabilité auprès des guitaristes. L’autre critère important, c’est que le chant plaise, indépendamment de sa date de création. Chanter aussi en anglais ouvre la porte à un répertoire beaucoup plus vaste. À long terme, enregistrer un disque serait un projet super motivant. Par le passé deux CD ont été produits, en 1999 et 2010. Mais dans l’immédiat, trouver de nouveaux musiciens est un point crucial. Une batterie accompagne régulièrement le chœur. Les deux Nadine, quant à elles, ont accepté de reprendre leur guitare, mais seulement pour assurer la transition. Il est évident que la guitare est un instrument essentiel pour Clin d’œil, cependant l’intérêt pour d’autres instruments est aussi bien présent. Avis aux amateurs… Dans son désir de changement, Clin d’œil a décidé de renouveler son costume et a opté pour un polo arborant le nouveau logo, moderne, dessiné par Lucien Marandola. La crise de la quarantaine est désormais derrière. Le chœur peut donc envisager l’avenir avec confiance et détermination. Pour la plus grande joie de ses fans d’avant et ceux appelés à le devenir. Janine Barmaz
L’histoire de Clin d’œil est racontée dans le magazine Les 4 Saisons d’Anniviers n°11, juillet 2013, p. 12-13.
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L’ESPACE L’ESPACE Le LeTOUR TOUR DU DU LAVIOZ DU DULAVIOZ MONT MONT
A C E ED ED É D TÉ ET N E N TE E E ET T DDEE LLOOII SS II RR S P O U R T O U TTEE L LAA F FA AMM I LI LL EL E- - U- NU EN S EP S-APC A-EMAÉDM L IÉOL RI O AR T IAOTTN I O ENT ESTÉ C SU É CR U I SRAI S T IAOT N I OU DNRU DTCUOH U CE H MEI M N I -N - AMÉLIORATION ET SÉCURISATION DU CHEMIN -
chacun sese se doit doit d’adopter d’adopter unun un Après Après plus plus dede de 3 33 mois mois desentier sentier thématique thématique vous vouschacun À 5de minutes duvillage, village, l’espace du du Lavioz est l’endroit À 5 minutes du l’espace Lavioz est l’endroit chacun doit d’adopter Après plus mois de sentier thématique vous comportement comportement respectueux respectueux travaux, travaux, la la boucle boucle du du Tour Tour en en apprend apprend plus plus sur sur les les idéal pourvous vousinitier initieraux aux sports sportssur d’hiver comportement respectueux travaux, la boucleidéal du Tour en apprend plus lesgratuitement. pour d’hiver gratuitement. dudu duMont Mont est est à à nouveau nouveau fonctions fonctions jouées jouées par par la forêt, la forêt, envers l’environnement. l’environnement. Mont est à nouveau fonctions jouées par la forêt,envers envers l’environnement. sa valeur, valeur, sasa sa vulnérabilité etProfitons Profitons dede dece ce cadeau cadeau accessible accessible ! neiges permetsaFinalement, Le jardin! des lavulnérabilité piste de et luge Les vendredis auce Lavioz sa valeur, et Profitons cadeau Le accessible jardin des ! neiges permet Finalement, lavulnérabilité piste de luge Les vendredis au Lavioz les les pressions pressions qui qui s’exercent s’exercent naturel naturel et et transmettons transmettons Grâce Grâce à à la la pose pose de de aux enfants et de saura ravir petits et s’exercent grands. Du Terminez semaine de les pressions qui etlala transmettons Grâce la débutants pose dede aux enfantsàet débutants saura ravir petits etpanneau grands. Dule naturel Terminez semaine le intact intact aux aux futures futuresde passerelles, passerelles, dont dont une une sur sur elle. elle. Un Un panneau découvrir les sports de glisse, haut du centre sportif, dévalez manière festive et conviviale, le intact aux futures passerelles, dont une haut sur duelle. Un panneau découvrir les sports de glisse, centre sportif, dévalez manière festive et conviviale, de7/7 de150m 150mdede delong, long, età ààdidactique didactique estest estégalement également générations ! !! la pente avant d’atteindre lagénérations jours, 9h à et16h30. tous les vendredis de la saison générations de 150m de long, et didactique également 7/7 jours, de 9h à 16h30. la pente avant d’atteindre la tous les vendredis de la saison consacré consacré à à la la pâture pâture des des différents différents travaux travaux effectués effectués buvette. Celui-ci est composé d’une hivernale. Au programme différents travaux effectués consacré à la pâture des Celui-ci composé d’une buvette. hivernale.21h: Au Vercorin programme ânes sursur sur lesles les terrasses terrasses dudu duL’équipe L’équipe dede de Vercorin aupiste aupréalable, préalable, le le lesentier sentier àest faible déclivité et d’unânes jusqu’à ski, luge, ânes terrasses L’équipe Vercorin au préalable, sentier piste àréaménagé faible déclivité et d’un jusqu’à 21h: ski, luge, Mont. Mont. Tourisme Tourisme se se réjouit réjouit de de estascenseur est réaménagé et et peut peut de corde raclette. Mont. l’effort, le réconfort! La discoglace Tourisme etse réjouit de est réaménagé et facile peut Après ascenseur de accueillir corde facile l’effort, le réconfort! Lavous discoglace et et raclette. vous recevoir recevoir etdede devous vous dorénavant dorénavant accueillir lesles les Après buvette du Lavioz se réjouit d’utilisation. vous recevoir et vous dorénavant accueillir buvette du Lavioz se réjouit d’utilisation. renseigner renseigner tous tous les les jours, jours, poussettes poussettes et et les les personnes personnes Le Le long long du du chemin, chemin, admirez admirez vousduaccueillir vos renseigner tous les jours, poussettes et les personnes de Le long chemin,pour admirez de 9h9h 9h à 17h. 17h. à Cette à mobilité mobilité réduite. réduite. Youpi Youpi la la belle belle vue vue sur sur Sierre Sierre de vous accueillir pour vosdede pauses ou vos après-ski. Petite année, la patinoire àà 17h. à mobilité réduite. Youpi la belle vue sur Sierre ! Toute Toute la la la famille famille peut peut enen enet et la la la plaine plaine du du Rhône Rhône et et et restauration naturelle s’est transformée en pauses ou vosproposée. après-ski. Petite Cette année, la patinoire !! Toute famille peut et plaine du Rhône observez observez nos nos amis, amis, très très peu peu profiter. profiter. patinoire proposée. naturelle s’estsynthétique transformée pour en restauration observez nos amis, très peu profiter. farouches, farouches, les les chamois. chamois. Au Au départ départ de de la la Place Place une accessibilité améliorée patinoire synthétique Au départ de la pour Place farouches, les chamois. Afin Afin de de conserver conserver nos nos forêts, forêts, Centrale Centrale de de Vercorin, Vercorin, ce ce au longdede la saison. unetout accessibilité amélioréece Afin de conserver nos forêts, Centrale Vercorin,
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sport
Ski Team Anniviers
tout ce que nos jeunes athlètes veulent apprendre des plus grands - interviews croisés Théo Rossi Ski-Valais U18 Comment ressens-tu ton retour de blessure ? Je suis assez satisfait de mon ressenti. Sur les skis j’ai très peu de douleur, j’arrive gentiment à regagner la confiance en mon genou et retrouver de bonnes sensations. Je m’accroche et espère revenir au top le plus rapidement possible. Comment gères-tu les départs et résultats à ski ? J’essaye au maximum de gérer mes émotions et rester calme tout en essayant de laisser le négatif de côté. Ce n’est pas trop dur de concilier ta vie de collégien avec celle de sportif ? Je me débrouille assez bien même si parfois c’est assez compliqué de rattraper tous les jours que je rate car je suis dans un cursus normal et les mesures que mon collège me donne ne sont pas très conséquentes. Epiney Eulalie Ski-Valais U14
Damien Revey NLZ Ouest Quelle est ta discipline préférée ? Ma discipline préférée est le slalom car c’est une discipline où il faut être précis pour perdre le moins de temps possible et où il faut être joueur. Sur quelle marque skies-tu ? J’ai skié durant toute ma jeune carrière sur la marque Volkl et je suis passé sur Dynastar l’été passé. Je suis très satisfait car j’ai su m’adapter rapidement. Quel est ton meilleur résultat ? Mon meilleur résultat, je dirais mes deux victoires à Diavolezza l’année passée en slalom NJR qui m’ont vraiment servi de tremplin pour la suite de ma saison.
Elise
Jules
Hitter Elise NLZ Ouest Combien de jours de ski fais-tu par année ? Une bonne centaine de jour sur toute l’année.
Jules Hitter Ski-Valais U18 A quel âge as-tu commencé le ski ? J’ai commencé très jeune à 1 ½ ans – 2 ans environ.
Comment te sens-tu au départ d’une course ? J’ai toujours une montée d’adrénaline juste avant le départ. Mais il faut être serein, calme et être sûr de ce qu’on veut faire.
Quelle est ta discipline préférée ? Moi c’est le slalom.
Qu’est-ce qui t’a donné l’envie de faire de la compétition ? C’était une course de coupe du monde à Crans-Montana que j’étais allée voir avec le ski-club. J’ai vu Lindsey Vonn faire la course et je suis rentrée à la maison et j’ai dit : « Ouais, c’est ça que je veux faire ! » Moulin Méline Ski-Team Anniviers U14 Droux Marion Ski-Team Anniviers U11
Salamin Naomie Ski-Team Anniviers U11
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Quels sont tes objectifs pour l’avenir ? Intégrer le NLZ puis continuer de gravir les échelons pour arriver à Swiss-Ski As-tu une routine avant les courses ? L’échauffement avant le départ et ce qui est important c’est la manière dont je tape les bâtons. Moulin Méline Ski-Team Anniviers U14 Droux Marion Ski-Team Anniviers U11
patrimoine
Notre histoire.ch par Michel Savioz de Vissoie
V
ariante à la face nord de l’Ai- et sans espoir guille du Midi, 12 septembre d’ améliora1966 tion pour un Par Joseph Savioz, guide, Vissoie (VS) Le téléphérique a du bon : il donne des idées. Celui qui nous hisse, fort agréablement, de Chamonix à l’Aiguille du Midi m’a suggéré à plusieurs reprises de céder un jour ma place à une dame à talons aiguille ou à l’un de ces messieurs à nœud papillon qui prennent couramment les choucas pour des aigles, et m’a inspiré le désir de plus en plus net et irrésistible d’escalader ce sommet par sa face nord. Justement l’occasion se présente... sous les traits d’un client, amateur de ce genre d’ascensions. C’est le 12 septembre, et le temps est à l’orage. La première nuit se passe donc à Chamonix, mais le lendemain ce n’est pas un joyeux rayon qui nous ouvre la paupière : le ciel est toujours noir, comme il le fut si souvent en cet été 1966. Petit déjeuner, balade à travers la ville, passage devant le bureau des guides, fermé vu l’heure matinale. Et, naturellement, consultation du baromètre. Miracle : il est au vert ! Puis tout à coup il vire au rouge ! Encore la radioactivité de mon nez de Valaisan qui le fait changer de couleur ? La petite secrétaire du bureau des guides, arrivant sous son parapluie, ne nous donne pas les prévisions de la météo, mais la constatation de la réalité, et c’est qu’il pleut à ficelles. Si nous retournions vers « le soleil radieux du Valais » ? L’idée nous effleure un moment, mais nous apprenons que Marcel Burnet a renoncé à partir pour Zermatt et le Cervin: il croit le temps décidément gâté
jour ou deux. Et puis, malgré tout, nous nous décidons. A une heure et demie, après le casse-croûte de midi, nous nous dirigeons vers la station du téléphérique. L’employé qui délivre les billets n’est pas du tout optimiste. Cette fois-ci pourtant, notre Joseph Savioz (1928-2012), Eperon des Cosmiques, Chamonix résolution est prise, et il a beau parler de mauvais vent située au-dessus de la cuisine d’où monte à l’Aiguille et ne rien augurer de bon, il ne une douce chaleur, bienvenue par ce temps réussit pas à nous faire changer d’idée. Si humide. nous avons le nez radioactif, nous avons Le mercredi matin, à quatre heures et deaussi la tête de la mule, et nous ne rebrous- mie, nous sortons péniblement du lit avec l’espoir qu’il pleut toujours, car il faut être serons pas chemin. Au chalet du Plan de l’Aiguille, nous trou- franc et reconnaître qu’à cette heure-là vons tout seuls le gardien Joseph Tournier nous continuerions volontiers à dormir. Il et sa femme. Dès qu’il apprend notre in- nous suffit d’un petit coup d’œil au-dehors pour constater que le ciel est plein d’étoiles, tention, l’homme nous répond : - Ah ! vous voulez aller au Frendo. Ce soir, il et que la mer de brouillard ne recouvre pleut, demain vous trouverez bien de la glace. plus que le fond de la vallée. Rapidement C’est à vous refroidir un peu d’entendre nous déjeunons et préparons nos sacs. Ils parler de glace par une soirée pleine de sont, bien sûr, légers : nous n’avons nulle brouillard. Heureusement qu’une bonne envie de bivouaquer. Le matériel superflu bouteille de rouge et le succulent ragoût est laissé à la station intermédiaire du Plan d’un lapin, que les braconniers n’ont pas (2300 m). De là, vers six heures et demie, réussi à tirer, nous sont offerts par Madame nous montons en direction du Glacier des Tournier. Encore un bon café et nous Pèlerins. Sous la pluie, il a fait peau neuve allons nous coucher dans une chambre et nos semelles ont de la peine à y adhérer.
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Vu que la technique alpine nous défend d’aller à genoux, nous devons continuer debout ! Le moment est venu de choisir entre la voie Grütter aux Pèlerins et le Frendo. Ce dernier nous semble, d’ici, en assez bonnes conditions. La neige n’est pas descendue au-dessous de 3400 mètres. Ainsi, ça doit aller. Le début de l’ascension se passe dans des vires assez faciles. Ensuite nous montons tout droit, à gauche de l’arête, par des fissures et des gros blocs avec quelques passages du quatrième degré. Tout à coup la situation se corse : les rochers sont verglacés. Par une erreur d’aiguillage, nous nous trouvons coincés dans un dièdre recouvert d’une pellicule de glace noire. Un rappel de vingt mètres nous ramène sur une petite plate-forme et nous permet de reprendre la progression à un rythme assez rapide jusqu’ à l’arête de neige. Il est près de midi, nous faisons halte pour manger. Presque au-dessus de nos têtes montent et descendent les cabines qui ressemblent à de grosses araignées rouges en train de tisser leur toile. On nous a vus ! Des mains s’agitent pour nous dire bonjour. Nous nous empressons de répondre, croyant apercevoir derrière le plexiglas de la cabine les minois charmants des jeunes filles du stage de l’UNCM. A midi trente, nous repartons et gravissons l’arête de neige sur une centaine de mètres. Un petit arrêt pour scruter le dernier rognon rocheux. Par deux fois, il me faut pousser le casque en arrière pour mieux voir... que la pluie de la veille a coulé dans les fissures et débordé sur les grandes dalles de granit transformées en patinoire. Et cette patinoire nous amuserait bien, si elle ne penchait pas que d’un côté, au risque d’envoyer les joueurs dans les crevasses béantes pareilles à des cages de hockey, mais démunies de gardien pour nous retenir ! Le rognon est impraticable. Les séracs de la droite ne nous semblent pas très sympathiques. Peut-être sommes-nous encore hantés par l’histoire de ce skieur qui, partant pour la Vallée blanche, oublia de tourner à droite et fit un premier saut de deux cents mètres dans le vide pour aller s’écraser finalement sur le glacier. C’est que nous n’avons pas l’envie de recevoir un skieur sur la tête ! Il ne nous reste donc qu’à obliquer vers
la gauche et à franchir une pente de glace d’environ deux cents mètres. Au début, nous sommes à une cinquantaine de mètres de l’arête neigeuse. Par la suite, nous nous tiendrons entre quinze et vingt mètres, à gauche des rochers. Si la première longueur de quarante mètres s’effectue sans tailler, nous sommes bien vite rappelés à I’ordre par une glace friable cédant à chaque pas. Pierre Muller, mon client et ami - que j’ai omis de vous présenter, m’invite à tailler des marches. Je dois dire que je n’en avais pas trop envie, car il fallait le faire avec le bras gauche, et celuici a de temps en temps le caprice de « se dévisser » et de s’éloigner du corps à la suite d’une luxation. La pente devient de plus en plus raide, et une couche de vingt centimètres de glace pourrie m’oblige à tailler des « marches pour éléphants ». Les prises pour les mains cèdent chaque fois que l’on veut s’en servir. Nous ne possédons que deux vis à glace : les autres, Pierre les a soigneusement emballées dans un journal... pour les oublier dans le coffre de la voiture. Je lui dis : - Une autre fois, laisse tes carottes crues aux lapins de Monsieur Tournier, et prends ton matériel de montagne ! Mon bras gauche se fatigue à tailler. Je fais une petite pause à un relais. Pendant ce temps, je promène mon regard au-dessous de moi. Un léger frisson me sillonne le dos, lorsque je n’aperçois que le casque blanc sur la tête de Pierre et les mille mètres de vide qui nous séparent du Glacier des Pèlerins. Pour nous remonter le moral, je lance à mon camarade de cordée: - Il me semble que la descente à ski serait un peu raide par ici ? La réponse est rapide et franche: - Imbécile ! Nous taillons encore deux ou trois longueurs de corde, puis nous gravissons
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la dernière partie en faisant mordre les pointes antérieures des crampons dans une glace plus compacte. Nous arrivons au sommet à dix-sept heures quarante-cinq, juste à temps pour rassurer un collègue guide, Michel Couttet, qui nous attendait avec anxiété à la station du téléphérique. La dernière benne étant partie depuis longtemps, nous prenons notre temps pour admirer un merveilleux coucher de soleil, avant de nous diriger vers le refuge des Cosmiques. C’est là que nous trinquerons un bon verre en compagnie des sympathiques gardiens Jacquod et Roland.
Note technique: variante très intéressante. Pour bons glaciéristes. Peut-être aussi très utile lorsque le dernier rognon du Frendo est en mauvaises conditions. Cotation: TD en glace. Pente de glace d’environ 200 mètres. Extrêmement raide. Itinéraire: suivre la voie de l’Éperon Frendo jusqu’ au pied du rognon terminal. Le contourner par la gauche. Se tenir au début à 50 mètres des rochers, puis à 15 ou 20 mètres. Dans la partie supérieure, la pente est moins raide. Matériel: piolets. Pour le premier de cordée un marteau à glace est conseillé. Crampons avec pointes antérieures. Quatre vis à glace et mousquetons + 2 ou 3 pitons.
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Chant d’antan Elise Genoud aime chanter. Cette passion l’accompagne depuis son plus jeune âge. Durant les soirées au mayen, c’était une habitude que de chanter ensemble. Tant de bons souvenirs lui reviennent en mémoire, quand elle évoque le plaisir de ces moments agréables, souvent partagés avec sa sœur Monique. À deux, elles ont appris et interprété d’innombrables airs. Aujourd’hui encore, Elise possède des carnets remplis de chants, joliment écrits à la main. Lors d’une rencontre entre amateurs du patois, elle nous a interprété la chanson suivante, qu’elle a apprise durant sa jeunesse, au mayen de Lirette, auprès des sœurs Adèle, Lydie et Thérèse Salamin. Le texte patois a été recopié d’un carnet entièrement écrit de la main de cette dernière.
patrimoine
Tot lo mondo…
Tout le monde…
I To lo mondo a chö dèfo Rare lhô quïu lèn dann pas Ma lhô quïu lann lô plou grös Charèn proc lè paressos…
I Tout le monde a ses défauts. Rares sont ceux qui n’en ont pas. Mais ceux qui ont le plus grand, Ce seront sûrement les paresseux.
II Remarquia sto grann foumios Chu chon pas dè duspeingchios. Lhô quïu langmonn tann dansiè Valonn rein por travaillè.
II Regardez ces grands fumeurs, S’ils ne sont pas des dépensiers ! Ceux qui aiment tellement danser Ne valent rien pour travailler.
III Lu mouni lè oung mordatz. Pas plou bravô quiè lo tzat. Donna li moudrè dè bloua Vo j’importè la mitcha.
III Le meunier est un coquin. Pas plus honnête que le chat. Donnez-lui à moudre du blé, Il vous en emporte la moitié.
IV Lu boleingziè, por cheinrutzic, Cha proc commeinn fat azic. Lâchè pas cuirè lô panng Por lo reindrè plou pèjann.
IV Le boulanger, pour s’enrichir, Sait bien comment il faut agir. Il ne laisse pas cuire le pain Pour le rendre plus lourd.
V L’èpuciè cri chonn muhiè Dè no férè tot plou tchier. È por guiagnè ounn cor mè Les chansons qu’Elise a chantées dans sa Fé quiè mèttrè fiblo pi. jeunesse sont le plus souvent caractérisées par une certaine portée morale. Cette pièce VI qui précède est donc plutôt originale, car Lu règiann fourri proc brävo elle se moque gentiment de la société et ose Fouchachè pa tzètra cräno même aborder avec humour le statut du Voudri éhrè saloua, curé, personnage particulièrement impor- Prèsquiè commè l’eincoura . tant et imposant à cette époque. Le fait qu’elle soit écrite en patois est aussi un trait VII notable et en fait un document intéressant Dè l’eincoura n’oujeingn rein durè pour l’étude de cette langue. Ma chein quïu no fé tzè rigrè C’est par conséquent une chance que de Lè quïu no fat lo päyè pouvoir la faire connaître à un large public. Por no férè tzingquiagniè. Janine Barmaz
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V L’épicier croit que son métier C’est de nous faire tout plus cher. Et pour gagner encore davantage, Il triche sur le poids. VI Le régent serait assez honnête homme, S’il n’était pas un peu trop fier. Il voudrait être salué, Presque comme le curé. VII Du curé, nous n’osons rien dire. Mais ce qui nous fait un peu rire. C’est qu’il nous faut le payer, Pour nous faire chicaner.
éducation
Jouer
avec les jeunes enfants
L
a crèche est un lieu où prendre de bonnes habitudes. Dans la Maisonnette (La Mijonèta), structure d’accueil anniviarde pour les enfants de 3 mois à 4 ans, on utilise le concept Youp’là bouge. YLB c’est en quelque sorte «la gym dans les crèches», c’est offrir au quotidien du mouvement.
La structure d’accueil d’Anniviers La Mijonèta Dans le numéro d’automne 2021 du journal des 4 Saisons, je vous avais parlé du concept Signe avec moi mis en place à La Mijonèta. Aujourd’hui je vais vous instruire à propos d’un autre concept pédagogique Youp’là bouge mis en pratique avec les enfants de 3 mois à 4 ans depuis 2012 déjà. Origine de la méthode Le concept qui est à l’origine de Youp’là bouge s’inspire de Burzelbaum, un projet similaire né dans le canton de Bâle-Ville, puis mené avec succès dans de nombreux cantons alémaniques. Depuis mars 2009, il a franchi le Röstigraben. Ce concept vise à répondre au défi de santé publique que représentent aujourd’hui la sédentarité et le surpoids chez les plus jeunes. En Suisse, un enfant sur cinq présente une surcharge pondérale et plusieurs études ont mis en évidence une diminution significative des capacités physiques (agilité, coordination) de cette population depuis une vingtaine d’année (Bös, Tomkinson, 2003). C’est face à ce constat que le projet Youp’là bouge a été lancé. Pour un développement sain Dans leurs recherches les spécialistes de l’enfant ont montré que dès la naissance,
Parcours intérieur
pour leur développement les enfants ont besoin de bouger. Il est important de les soutenir dans leurs activités physiques spontanées, pour cela il est nécessaire de leur offrir des expériences variées et ludiques. Afin d’éviter les périodes d’inactivité prolongées, des jeux interactifs et des espaces libres appropriés à l’âge doivent leur être proposés. Comme les études scientifiques le confirment, en bougeant, les enfants deviennent plus habiles et ont ainsi moins de risques de se blesser. Les tout-petits et les enfants d’âge préscolaire qui sont capables de marcher sans aide doivent être physiquement actifs au minimum 3h par jour, seuls ou à plusieurs. Il est important de leur apporter soutien et accompagnement, de les motiver par des activités diversifiées et un environnement varié. Cela ne favorise pas seulement le développement des compétences motrices, mais également celui des capa-
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cités cognitives et relationnelles. Le corps en bénéficie, la densité osseuse, le coeur et la résistance musculaire sont renforcés par l’exercice. Cela est aussi primordial pour le développement neurologique, en effet le cerveau évolue en fonction des expériences de l’individu. Le mouvement est bon pour l’estime de soi, l’autonomie, la connaissance de ses limites. Cela permet de stimuler la curiosité des petits, leur attention et leur confiance, ce qui leur permettra plus tard de s’investir dans de futurs apprentissages physiques et intellectuels. • •
Le mouvement rend habile Le mouvement favorise la concentration • Le mouvement fait plaisir • Le mouvement aide à rester en bonne santé • Le mouvement chez les petits donne naissance à des adultes actifs
La formation et la labellisation
Exemples d’activités pratiquées à Vissoie Comme je viens de vous l’expliquer, tout
Balade en forêt
le personnel éducatif de La Mijonèta s’investit activement dans le programme d’activités en relation avec le mouvement, sous l’impulsion des deux formatrices. Concrètement, cela se traduit par la mise à disposition du groupe des préscolaires (3-4 ans) d’une grande salle en commun avec le groupe des trotteurs (18 mois-3 ans) et d’un grand espace modulable (avec dînette, legos, maison en tissu que le personnel peut monter) qui est utilisé tous les jours pour des activités en mouvement. Il y a également un grand jardin (c’est le grand atout de La Mijonèta !!!) avec toboggan, talus, installations fixes pour grimper et un grand bac à sable. Les éducateurs (trices) disposent aussi d’une cabane avec passablement de matériel pour mettre en place des parcours. Les enfants peuvent aussi explorer par eux-même les différents objets. Le personnel éducatif a aménagé un jardin potager. Les enfants peuvent ainsi expérimenter, observer et prendre soin du vivant (planter, arroser, cueillir, cuisiner, …) Les enfants sont très demandeurs : ce n’est pas un besoin que l’on a créé mais un besoin réel, ils ont accès librement à l’extérieur quelles que soient les conditions climatiques. Au départ, cela a demandé un temps d’adaptation aux parents qui ont dû fournir des vêtements adéquats, qui parfois récupèrent leurs enfants dans un état de propreté... laissant à désirer,
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mais au final que de joies et d’expériences enrichissantes. Les enfants, accompagnés, partent en balade dans le village et les responsables organisent des sorties aux quatre coins de la vallée (grillades, découvertes des différentes places de jeux, chemin des planètes, visite de l’observatoire, îlot Bosquet, sorties luges dans les stations, découverte d’une dameuse et chien d’avalanche….) Chez les minis (environ 12-18 mois) des aménagements ont été faits dans le jardin de la nurserie et à l’intérieur pour mieux répondre aux besoins de mouvements chez les tout-petits. Dès qu’ils peuvent se déplacer, ramper ou marcher, ils ont un accès extérieur, sous surveillance évidemment. Lorsqu’il fait beau on y met parfois les poussettes. Projet pédagogique de La Mijonèta Le projet pédagogique est tout d’abord une discussion d’équipe qui permet de donner du sens aux actes du quotidien de manière professionnelle. Réflexion théorique sur les sorties Au sein de la structure, les sorties sont un élément important de l’accompagnement des enfants au quotidien. Pour cela, différentes manières d’agir peuvent être mises en œuvre : dans le jardin, dans la forêt, en promenade dans le village et dans la vallée...
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Le label n’est pas une obligation mais un choix pédagogique fait par les crèches. En Anniviers, nous sommes chanceux, La Mijonèta a fait le choix de ce label. Marion Passera et Isabella Blessing Porchet ont été formées en 2012. Elles ont suivi la formation de base, théorique et pratique de 5 demi-journées par an sur 2 ans. Ensuite, elles ont eu pour tâche d’introduire le projet dans l’établissement. Elles ont bénéficié d’un suivi lors de la mise en place du concept au sein de la crèche. Cette labellisation est gratuite, mieux, elle donne même droit à une subvention de Chf 1000.- la première année. Avec cet argent, elles ont acheté du matériel qu’elles avaient en partie pu tester durant la formation ou qui leur paraissait adapté à la structure. Le projet est mis en place par les cantons avec le soutien de Promotion Santé Suisse. Le label a été validé pour la première fois pour les années 2012/2013 et elles l’ont renouvelé chaque deux ans. Le renouvellement se fait dorénavant tous les trois ans. Pour prolonger le label, il faut avoir au sein de la structure au minimum une personne formée qui assure la référence du projet, remplir un dossier et une visite est faite par la déléguée de YLB s’occupant du canton du Valais. Ce label implique encore la condition suivante: les enfants doivent pouvoir pratiquer 3h d’activité physique par jour. Ce label permet aussi au personnel de la crèche de participer : • à des formations d’ancrage, pour initier le personnel au concept • à différentes formations spécifiques, adaptées à la réalité du terrain, avec des thèmes divers : ma crèche, mon matériel, le mouvement bébé, YLB nature, YLB santé psychique... en relation avec l’âge des enfants. Ces formations ont été suivies par de nombreux (ses) collègues d’Isabella et de Marion. Certains (nes) ont aussi participé à une journée intercantonale de mise en réseau et d’échanges organisée chaque année en novembre (hors covid).
Afin d’aiguiller notre réflexion autour des sorties, nous nous référons à diverses études. L’une, réalisée par Pro Juventute en 2016, démontre l’évolution du temps passé dehors par les enfants: «Dans les années 1970, les enfants passaient en moyenne trois à quatre heures par jour dehors pour jouer, bouger ou s’aérer. Mais aujourd’hui, le temps passé dehors sans surveillance est réduit à 32 minutes en Suisse alémanique et seulement 2 minutes en Suisse romande.»1 En 2007, une lettre signée par 270 experts de l’enfance était publiée dans le Daily Telegraph de Londres. Dans son contenu, nous pouvons lire : « Nous pensons qu’un facteur primordial expliquant l’explosion des problèmes de santé diagnostiqués chez les enfants est le déclin marqué du jeu depuis 15 ans. Le jeu, particulièrement à l’extérieur, non structuré et peu surveillé, est vital dans le développement de la santé et du bien-être des enfants. »2 Profiter du plein air permet à l’enfant de se dépenser physiquement, stimule son appétit, son sommeil, sa concentration et canalise son énergie ; en somme, cela lui permet de se développer harmonieusement. S’asseoir avec eux dans l’herbe, admirer les insectes et se questionner sur les saisons lorsqu’un enfant découvre une feuille jaunie sont autant de pistes que l’adulte peut explorer dans son accompagnement quotidien auprès des enfants. Oui, l’exploration de la nature salit et comporte des risques. Mais au fond, n’est-ce pas notre rôle d’amener l’enfant vers l’autonomie en lui faisant confiance ? En lui laissant la chance d’expérimenter par lui-même le fait que la terre devienne de la boue lorsque nous la mélangeons à de l’eau, il acquiert des connaissances. En le laissant essayer de grimper sur un tronc et retomber dans l’herbe, il acquiert des compétences et sa confiance en lui grandit lorsqu’il y parvient. Oublions donc les « Touche pas ça tu vas te salir ! » et les « Attention tu vas tomber !» au profit de phrases encourageantes ! Et attrapons au vol les grandes leçons que l’enfant peut apprendre en exploitant simplement ce qui l’entoure. L’un des aspects que nous devons également prendre en compte est celui de la no-
tion de respect envers la nature. Sensibiliser les enfants au fait que la vie est partout autour d’eux, qu’un arbre souffre si nous l’entaillons ou qu’il a fallu beaucoup de travail aux milliers de fourmis pour construire leur habitat, aidera l’enfant à mieux cohabiter avec la nature et lui permettra d’acquérir la notion de respect des éléments qui nous entourent. Nous avons tous au fond de notre mémoire archaïque un lien profond avec la terre. Le fait de s’immerger dans la nature fait ressurgir ce lien. Le lien avec les parents Pour impliquer les parents deux fêtes ont été organisées en fin d’année scolaire. Une fois dédiée uniquement à YLB (juin 2013) et la deuxième fois YLB était présente comme poste (2015). L’année passée un flyer a été distribué (faute au covid !). Mais les retours sont tous positifs. Parents intéressés, vous pouvez consulter les deux sites suivants, vous y trouverez à télécharger des fascicules pleins de bonnes idées à expérimenter à la maison : https://www.youplabouge.ch https://www.paprica.ch Pour conclure Si les enfants bougent moins, c’est peutêtre la faute des médias, on passe du temps devant les écrans, aux trajets qui ne se font plus à pied, aux parents qui ont peur de laisser jouer leurs enfants dehors.... Parfois, à l’intérieur du domicile l’espace est limité, les voisins sont sensibles au bruit... Parfois les bébés vivent certaines contraintes des adultes, quotidien stressé, transports motorisés... Mais soyons conscients, ici nous vivons dans un environnement privilégié même si le nomadisme ne se fait plus à
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L’équ amen d’acc
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Yo pied, même si on ne pose plus les couffins au pied de l’arbre pendant les foins ... Et grâce à toute l’équipe qui dans l’ombre fait un travail intelligent et investi, nous pouvons dire qu’en Anniviers, le mouvement c’est la vie depuis tout petit. Christine Torche Mercier
Ressources : • Merci à Isabella Blessing Porchet et à Christelle Crettaz • Recommandations d’activités physiques pour les nourrissons, les tout-petits et les enfants d’âge préscolaire : www.paprica.ch • Youp’là bouge, projet de promotion du mouvement au quotidien dans les crèches, garderies et jardins d’enfants www.youplabouge.ch • réflexion théorique sur les sorties, tiré du projet pédagogique de La Mijonèta 1https://www.rts.ch/info/suisse/8181461les-enfants-ne-jouent-presque-plus-a-l-exterieur-s-alarme-pro-juventute.html 2 (Traduction française citée de Cardinal, 2010, p.29) in Sarah Wauquiers p. 72-73
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patrimoine
Cure de jouvence pour Le Centenaire
C
’est presqu’au bout du vieux village de Zinal que se dresse le chalet, appelé aujourd’hui Le Centenaire, qui fut la première auberge du lieu, officiellement datée de 1859. Le bâtiment est maintenant divisé en deux appartements. Le premier étage et la moitié du rezde-chaussée sont la propriété de la famille Bodevin. Jacques et Suzanne Bodevin ont été séduits par la station et, après quelques années, ils y ont cherché un logement. L’appartement, bien que dans un état primitif, les a enthousiasmés et c’est sans hésitation qu’ils l’ont acheté. Ils en ont confié la rénovation à l’architecte Marc Joye, copropriétaire, mari de Christiane Wicki, après avoir vu le résultat du travail que celui-ci avait effectué en haut (1996). En 2020, Le Centenaire méritait un nouveau coup de jeune. Ce fut Victoria Bodevin, fille du propriétaire et architecte EPFL, qui s’est chargée de cette passionnante mission. Elle y a mis le meilleur d’elle-même, trouvant là matière à donner libre cours à ses compétences et à sa vision du travail de l’architecte. De la conception à la réalisation Dans son activité professionnelle, Victoria remplit différents rôles : elle conçoit une structure, choisit les matériaux, propose l’agencement et le mobilier. En vrai elle insuffle ou redonne une âme au lieu dont elle s’occupe. C’est en tout cas dans cet esprit qu’elle exerce son métier. Elle aime assurer le suivi complet du projet. Toute intervention sur un bâtiment existant demande au préalable une recherche approfondie sur l’histoire du lieu. C’est un travail sociologique que l’architecte fait en
amont pour qu’à partir de l’histoire de vie du bâtiment, un fil rouge se déroule, nourri par les souhaits du client, qui le conduise jusqu’au bout du projet. Maintenir vivants les objets du patrimoine est une nécessité. Et ce d’autant plus que la Lex Weber a fortement restreint les surfaces constructibles. Pour ce faire il faut repenser l’espace, en tenant compte des contraintes imposées (comme la surface des pièces ou la hauteur des murs), y amener le confort et ajouter ainsi une réelle plus-value. Le résultat doit être à l’image de celui qui va y vivre, pas de l’architecte qui l’a conçu et réalisé. Chaque projet est vraiment personnel et nécessite une réelle collaboration entre le client et l’architecte : un va-et-vient d’idées s’impose pour que l’aboutissement corresponde à la réalisation espérée. Un cas pratique : Le Centenaire Dans cet exemple, il s’agit de la première auberge de Zinal. La date de sa création marque la naissance de la station d’été. Avec ses fenêtres ouvertes sur les mon-
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Les lits de l’hôtel Bella Tola ont une deuxième vie
tagnes, elle accueillit de nombreux alpinistes, dont Edward Whimper, qui fit la première traversée du col de Moming, l’année même de l’ouverture de l’auberge. Au fil des ans, certaines marques des modes de vie contemporains ont pu être intégrées en gardant la maison presque à l’identique. Les madriers de mélèze sont restés intacts. L’intérieur a conservé ses chambres originales, son pierre ollaire, son plafond, bas, joliment décoré, ses parois de planches, ses portes ouvragées. La poutre transver-
La porte coulissante moderne et le tapis ancien font bon ménage
sale sculptée, portant le nom des premiers constructeurs, traverse le salon de part en part. Le tout a été restauré avec soin par des artisans locaux. Une cuisine et une salle de bains modernes sont venues compléter agréablement les pièces anciennes. Un escalier en colimaçon permet d’accéder au niveau inférieur où un bureau, une chambre à coucher et une salle de bains ont remplacé les anciennes caves. Les parois, d’un mélèze encore clair, rappellent celles, foncées et d’origine, de l’étage.
Un lieu de vie plein de douceur
blement sur mesure dessiné par l’architecte elle-même et la décoration intérieure reflètent le lieu de vie qu’est redevenu le chalet. La rénovation demande sensibilité et curiosité, savoir-faire technique et sens de la communication. Des qualités que Victoria Bodevin peut mettre à profit au quotidien dans sa profession. Une chance pour elle et pour ceux qui lui confient la réalisation de leur rêve. Janine Barmaz
Ameublement Tout s’harmonise parfaitement. Les lits proviennent de l’hôtel Bella Tola ; l’ameu-
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À propos de Victoria D’origine américano-suisse, elle a grandi à l’étranger et à Zinal. Le Centenaire a été le point de repère de la famille Bodevin, qui vivait essentiellement à l’étranger. Aujourd’hui, la jeune entrepreneuse, architecte EPFL, y réside. « J’aime profondément la montagne. Elle m’est essentielle. Elle est mon baromètre. La montagne nous pousse à nous dépasser, à regarder vers le haut, à conduire notre corps et notre mental là où, un jour, nos yeux ont regardé. »
évasion
enviedebouger.com Hurgada, perle de la mer rouge
L
orsqu’on vous parle d’Hurgada, je suis sûr que vos yeux s’éclairent. Hurgada, dans l’imaginaire collectif, transporte une image de soleil, de plages et de plongée sous-marine bien sûr !
Et l’image est bonne ! Hurgada c’est l’Egypte, la douceur de son climat, la chaleur des habitants et la nourriture si caractéristique du Moyen-Orient, sans le stress et la surpopulation des villes du nord ou de la capitale. Si on la compare à ses voisines, Hurgada est une petite ville, moins de 100 000 habitants ! Pour nos standards européens, c’est déjà pas mal ! Mais cette « faible » densité de population, associée au climat et au contexte touristique font d’Hurgada une ville où il fait bon vivre. Cela explique sans doute la variété de population que l’on y observe. Si les touristes, russes pour la plupart, sont largement présents, on y croise des Égyptiens de toutes régions, venus travailler dans l’industrie touristique, mais aussi de nombreux Occidentaux, tombés amoureux du coin et qui ont décidé d’y poser leurs valises. Il faut dire qu’il y a de quoi tomber amoureux ! Que vous soyez de passage pour quelques jours de plongée ou pour un séjour plus long, quelques semaines ou quelques mois, le télétravail étant devenu la norme pour de nombreux secteurs, Hurgada saura vous séduire. Cet endroit est surtout connu, et à juste titre, par les amateurs de plongée. C’est devenu la signature et nombreux sont les clubs. Cette activité représente l’essentiel du tourisme de la ville. Hurgada c’est près de 150 hôtels, plus de 38 000 emplois dans le secteur pour 73 000 lits touristiques. Le
côté sombre de la ville qui a été érigée en égérie du tourisme de masse ces dernières années. Pourtant les choses changent. Les associations de protection de l’environnement sont très actives pour dénoncer les abus de l’architecture anarchique des bords de mer. Et les victoires commencent à se faire sentir dans l’instauration de taxes et la création de zones protégées. Les suites de la révolution puis le covid ont porté un coup majeur au tourisme égyptien. L’occasion de se remettre en question et de se réinventer sans doute. L’industrie devient donc de plus en plus consciente de l’importance de protéger ce qui attire les visiteurs et c’est une bonne nouvelle ! Mais stoppons ici cette brève disgression et revenons au bord de la mer Rouge. Si vous vous rendez à Hurgada, ne vous arrêtez pas à la plongée et à la découverte des récifs et de leur faune aquatique d’une incroyable diversité. Nul besoin d’avoir un brevet de plongée ou même de savoir nager pour en avoir un aperçu. Il suffit de monter dans
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un de ces bateaux à fond plat et vitré pour se rendre compte de la richesse fabuleuse de cet endroit. Pas le pied marin ? Qu’à cela ne tienne ! Hurgada abrite aussi l’un des plus beaux aquariums du monde. De quoi mettre des étoiles dans les yeux de vos enfants (et dans les vôtres aussi par la même occasion !). Vous trouverez aussi sur place de nombreuses occasions de vous
émerveiller. De la vue et des plages d’abord, mais vous n’êtes pas loin non plus de Safaga, Sahl Hasheesh ou El Gouna, autant de lieux paradisiaques aux noms si évocateurs. Hurgada c’est la mer, la plage, la vie nocturne très animée avec de nombreux concerts et évènements, des cafés et des restaurants. Mais Hurgada, c’est aussi et avant tout une ville égyptienne. Ne manquez pas l’ambiance du marché de Dahar, la magnificence de la mosquée El Mina ou le marché aux poissons. Arpentez les avenues, promenez-vous au soleil couchant sur la Marina, bref, laissez-vous porter par une ville vivante. Pour finir, et en détournant - un peu facilement il est vrai - un dicton du Nord de la France, à Hurgada, on ne pleure qu’une fois, quand vient l’heure du départ ! Yanis Chauvel, DR Enviedebouger.com
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Comité de rédaction :
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Fabrice Ganioz (Conseiller communal) Christian Caloz (Président FC Anniviers) Frédéric Pellat (Président HC Anniviers) Martin Hannart (Président Montagne Club Anniviers) Nicolas Droux (Président Ski Team Anniviers) Paolo Marandola (Imprimerie d’Anniviers) Rédaction: Pauline Archambault , Janine Barmaz, Simone Salamin et intervenants Correctrice : Pauline Archambault Impression : Imprimerie d’Anniviers, Vissoie-Anniviers Mise en page: Imprimerie d’Anniviers (sauf les pages communales, Anniviers tourisme et Vercorin tourisme) Remerciements : Commune d’Anniviers et tous les annonceurs Mode de parution : trimestrielle Tirage : 2100 exemplaires
Des journaux sont à disposition dans les différents offices du tourisme d’Anniviers, dans les bureaux communaux d’Anniviers ainsi que dans la caissette située sur le bâtiment de la poste à Vissoie, à côté de l’entrée d’Anniviers Tourisme.
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Tarif : CHF 50.-/an (4 éditions) en Suisse et CHF 100.-/an à l’étranger. Adressez votre demande par e-mail à impa@impa.ch ou par courrier à Imprimerie d’Anniviers 4 Saisons d’Anniviers, rue de la Machigeaz 2
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