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N° 45 - Décembre 2021

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HI V E R

© Philippe Kittel

NUMERO 45 | DÉCEMBRE ’21 | TRIMESTRIEL


L’invité Robin Mercier

Un voyageur qui préfère rester dans nos montagnes Robin a beaucoup voyagé avec ses parents jusqu’à l’âge de 13 ans, mais il ne se souvient pas de la moitié, car il était trop petit. La famille a parcouru le Ladakh à pied : arrivés à Leh à 3500 mètres d’altitude, il leur a fallu s’acclimater avant de franchir des cols à 5000. Un autre été, ils ont exploré le Kirghizistan à cheval et dormi dans des yourtes. Souvent, les habitants tuaient un mouton à leur arrivée. C’était un peu la fête car les touristes étaient rares. Robin garde un mauvais souvenir d’un voyage au Vietnam, lorsqu’il était enfant avec ses longs cheveux blonds et que les Vietnamiens essayaient de le toucher pour voir s’il était un garçon ou une fille. Les parents choisissaient les destinations, sauf pour leurs 14 ans où les enfants ont pu décider : Jimmy a choisi le Canada, et Robin a voulu que toute la famille aille passer ses vacances à … Moiry ! Les parents espéraient bien partir un peu plus loin, mais ils ont respecté son choix et loué donc une tsigière à Moiry pendant deux semaines. Après ses 14 ans, Robin a préféré rester dans la vallée qu’il aimait tant, ou du moins ne plus faire de grands voyages à l’autre bout de la terre chaque année : « J’ai de la chance que ma copine Sandra adore la montagne autant que moi. Cela nous permet de profiter de faire les choses que l’on aime dans les Alpes, à proximité de chez nous, certes avec un peu moins de dépaysement, mais avec des paysages tout aussi beaux, sans trop de déplacement ». Il y a quelques années, il est parti néanmoins en Islande avec Sandra et des amis. Ils ont loué un véhicule et se sont aventuré à l’intérieur des terres sur d’improbables routes même pas dessinées sur les cartes.

Ils ne savaient plus où ils étaient, ni s’ils se trompaient de chemin, craignant de manquer d’essence ou de devoir faire demi-tour pour parcourir en sens inverse tout ce qu’ils venaient de traverser. Il faisait jour tout le temps. Ils dormaient sous tente dans l’interminable lumière du soleil de minuit : « Au début, tu attends la nuit, tu as envie qu’elle arrive, et puis après quelques jours tu t’adaptes, tu vis en étant complètement décalé et tu dors en fonction de la météo.» De l’apprenti au chef d’exploitation Avant 2006, les remontées mécaniques ne proposaient pas d’apprentissage spécifique. Elles engageaient des personnes de différents horizons (des électriciens, des serruriers, des mécaniciens, …) mais aucune formation ne regroupait toutes ces compétences. Les chefs techniques risquaient de manquer à l’avenir et il était difficile d’attirer des jeunes pour assurer la relève dans ce métier. Les remontées mécaniques décidèrent donc au niveau fédéral de créer la formation de mécatronicien, avec deux centres de formation, un en Suisse alémanique et un autre à Sion pour la Suisse romande. Marc Solioz fut le premier apprenti mécatronicien à Grimentz, et Robin le deuxième, l’année suivante, en 2007. Il choisit cet apprentissage car il cherchait un métier qu’il pouvait faire en restant au village. Il n’avait pas envie de descendre en plaine. Il fit deux ou trois stages, ça lui plut, une place était libre et il a commenca aux remontées mécaniques de Grimentz. Et il ne le regretta pas ! Robin a terminé brillamment son apprentissage de mécatronicien

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en 2011, puis fut employé par Garaventa un été au montage sur un télésiège aux Crosets. Il revint ensuite à Grimentz et travailla trois saisons comme dameur sur le domaine skiable. Il aima beaucoup cette période. Le travail de nuit lui laissait du temps pour skier. En 2017, il obtint un brevet de spécialiste de transport à câble qui lui permettait d’être chef technique. Lorsque Jean-Pascal Solioz est parti à la retraite en 2021, Robin est devenu chef d’exploitation pour les remontées mécaniques de Grimentz-Zinal. Il trouve ce métier très varié et pas monotone. Grâce à l’alternance des saisons, ce n’est pas toujours le même travail tout au long de l’année. L’ambiance est clairement différente en été et en hiver: « A la fin de l’hiver, on est content d’être de nouveau seul, et au début, content que les gens reviennent. » C’est parfois un peu difficile au printemps quand la neige traîne


trop longtemps en haut : cette année, les employés circulaient encore en dameuse au mois de juin. Il vaut mieux alors ne pas descendre en plaine, l’été donnerait trop envie ! Robin aime particulièrement s’occuper du téléphérique de liaison : «Tu es plus haut et la vue est splendide. Tu travailles en regardant les chamois en dessous, ou un gypaète qui vole juste à côté de toi. En automne, les cerfs brament et tu vois plein de choses qui passent, c’est tout un univers. » Il faut travailler sur le câble au-dessus du vide, sur un petit chariot, par exemple pour contrôler ou déplacer les cavaliers entre les pylônes. Chaque outil est attaché avec une cordelette pour ne pas le perdre s’il tombe. « On s’habitue. Au bout d’un moment, on travaille comme si on était à terre. Quand on est occupé sur les pylônes, on ne redescend pas forcément à midi et on piquenique sur le toit de la cabine, suspendus au-dessus du vide. » Robin rêverait de relier Grimentz à Vercorin, pour pouvoir créer un joli domaine où le skieur pourrait

partir de la plaine et rejoindre le fond de vallée à Zinal. « En même temps, ce qui fait le charme de notre station, c’est de ne pas être comme certains domaines où la montagne est défoncée au bulldozer et où il y a des remontées mécaniques partout. Les gens viennent aussi ici parce qu’il y a de la nature sauvage et de beaux espaces pour le ski de randonnée. Il faut garder cet esprit-là … mais deux ou trois télésièges en plus, sans démonter les montagnes, ce serait quand même sympa ! » Un chasseur et un skieur passionné Robin ne vient pas d’une famille de chasseur. Pourtant, il a attrapé tout de suite le virus lorsqu’il a pu se joindre à des copains qui chassaient. Il a passé son permis dès qu’il en a eu l’âge et depuis lors, il chasse chaque année avec grand plaisir avec une équipe de copains. « Ce que j’aime le plus, c’est traquer le chamois, faire des approches. Quand tu te poses au poste dans une forêt à attendre, tu vois des choses que tu ne verrais pas autrement : quelquefois

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juste un écureuil qui t’émerveille toute la soirée, ou un cerf qui arrive. J’aime l’ambiance, se retrouver deux semaines entre amis à vivre en cabane, manger ensemble le soir, se raconter les histoires de la journée de chasse, sortir boire une bière dehors et regarder les étoiles. » Robin est aussi un skieur talentueux et passionné. Ses deux parents et son frère sont profs de ski. Il a donné lui-même quelques cours avant son apprentissage et a fait de la compétition. Après ça, il a commencé la peau de phoque et le freeride : « J’ai du plaisir à aller faire deux ou trois couloirs quand j’ai congé. » Il a participé à la petite et à la grande patrouille des glaciers. « J’aime bien aussi aller tout seul dans la nature. Je suis quelquefois un solitaire, par exemple à la pêche. » Mais il est heureux aussi avec sa petite famille, Sandra et leur fille Maya âgée de 10 mois. « Un enfant, ça change la vie ! »

Pauline Archambault


W W W. M E L LY M E U B L E S . C O M

3961 St-Luc Tél. 027 475 13 48

sport4000@netplus.ch www.sport4000.ch

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Concours

Sommaire

à la découverte d’Anniviers

2 L’invité 5

Sommaire / Concours

© Paolo Marandola

6 L’acrophobie

Où se situe ce mayen ?

A)

au Toûno

B)

aux Moyes

C)

à Bendolla

Envoyez votre réponse par mail à impa@impa.ch ou par carte postale (n’oubliez pas de mentionner votre adresse postale complète) avec la mention «Concours-photo de décembre» à l’adresse: Imprimerie d’Anniviers, 4 Saisons d’Anniviers, rue de la Machigeaz 2, 3961 Vissoie Délai de réponse: 15 février 2022 à gagner un bon de 50.- à la Boucherie La Vallée à Vissoie

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HC Anniviers

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Anniviers Tourisme

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Métiers anciens d’Anniviers

15

Et les recherches archéologiques se poursuivent

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Montagne Club Anniviers

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Bernard et le picoulet

23

Anniv’info

29

FC Anniviers

30

Aymon des vipères

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Vercorin Tourisme

33

Magic Pass

34

Des mots vendangés à la plume

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Des débutants jouent pour des festivaliers

42

L’étable de Vissoie a 50 ans

44

enviedebouger.com

45 notrehistoire.ch

Le gagnant de l’édition no 44 est Gilbert GREPPIN de St-Luc La réponse était: C / Alpage de la Lée

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santé

L’acrophobie juste une illusion ...

L

’acrophobie c’est l’appréhension du vide, une peur phobique des lieux élevés. Les Anglo-Saxons l’appellent la peur des hauteurs. Contrairement à ce que l’on peut s’imaginer, ce sentiment peut devenir complètement irrationnel, une sorte de panique qui n’a pas forcément à voir avec le vertige. Le vertige est un mot standard qui désigne une sensation accompagnée de troubles divers (nausée, vomissements, perte d’équilibre, surdité) due à certaines affections du système nerveux central ou à des troubles de l’oreille interne.

L’acrophobie, c’est tout simplement notre cerveau qui nous joue un vilain tour. La lecture du terrain à parcourir se fixe et s’oriente sur le vide et il est dès lors difficile de diriger sa pensée sur le fait que le chemin est sûr, bien assez large et stable pour permettre d’y passer sans problème. Le cerveau des acrophobes se programme pour signaler un danger. La personne touchée focalise sur le vide et reste figée, sans pouvoir continuer à avancer ! Cette émotion relève d’une difficulté à orienter et à maintenir son attention sur les informations factuelles présentes et peut se manifester par une panique incontrôlable. Celle-ci provoque une forte angoisse accompagnée d’un brouillage de l’esprit, d’un blocage du corps. Peuvent s’ensuivre une transpiration intense, des palpitations ou des sensations étranges, tout dépend des cas. Certains acrophobes ont peur de l’altitude ou du vide alors que d’autres restent paralysés face à un petit dévers. Pour quelques-uns, le seul fait de

regarder d’autres randonneurs crapahuter en altitude provoque des pensées angoissantes et des frissons. Dans tous les cas, un besoin impérieux de se réfugier dans un lieu sécurisé se fait sentir. Les acrophobes renoncent à l’obstacle et font demi-tour même si cela peut devenir un handicap. Comment apprivoiser le vide Il existe différentes manières de traiter l’acrophobie mais suivre une approche d’inspiration cognitive et comportementale sur le terrain est la solution la plus enrichissante et la plus efficace. Dans ce cas, l’élève est confronté progressivement à des exercices en hauteur qui par-

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fois surplombent le vide. Les approches sont d’abord théoriques, instructives, puis se déroulent en situations réelles et concrètes avec des pratiques qui évoluent et s’adaptent aux besoins de chacun. Souvenir de mon expérience Dans ma vie, je n’ai jamais eu peur du vide, ni ressenti le vertige. Pourtant, à deux reprises et de manière tout à fait inopinée, sans comprendre pourquoi, j’ai vécu cette sensation de panique. La première fois, c’était en suivant la Nationale, une voie de grimpe au Salève, la montagne-falaise proche de Genève. Une autre fois, le blocage s’est fait en voulant traverser le pont


de l’Araignée à Niouc. Cette peur m’a intriguée et handicapée car je n’osais plus partir me balader partout comme avant. C’est alors que j’ai découvert qu’il existait des stages pour Apprivoiser le Vide proposés par Swiss Alpine Emotion à Saint-Jean et organisés par deux spécialistes chevronnés et qualifiés, Pascale et François. Grâce à leur programme conçu de manière très professionnelle, dispensé au cœur d’une nature grandiose dans le val d’Anniviers et ailleurs en Suisse, j’ai pu rétablir mon équilibre physique et mental et retrouver confiance en moi. J’ai aussi compris pourquoi dans les deux situations j’avais soudainement eu peur et paniqué. Des techniques simples et des expériences sécurisées pratiquées dans une ambiance décontractée et super sympa m’ont permis de retrouver le plaisir de vadrouiller en parfaite liberté partout, quels que soient les lieux : en montagne, le long de bisses vertigineux, sur des passerelles et sur toutes sortes de chemins.

Les guérisseurs du vide Fondatrice de Swiss Alpine Emotion à Saint-Jean dans le val d’Anniviers, Pascale Haegler est accompagnatrice en montagne, secouriste et journaliste. Depuis 23 ans, la montagne est son bureau, à 100 %. Sa passion est de transmettre les petits et grands secrets de la nature mais aussi de permettre à chacun de trouver son équilibre dans un milieu qui peut paraître hostile mais qui pourtant est très générateur d’énergies individuelles insoupçonnées. François Castell, lui, est aussi formateur et accompagnateur en montagne depuis plus de 23 ans. Maître praticien certifié en PNL, sophrologue, il est également titulaire d’un diplôme universitaire de Préparateur Mental appliqué à la performance. Au-delà des compétences, c’est d’abord la dimension humaine qui le passionne. Intervenant auprès de publics variés, il a construit un goût pour l’élaboration de cheminements pédagogiques fondés sur des pratiques dynamiques, participatives et innovantes.

Riches d’expériences multiples dans ce domaine, tous deux travaillent en tandem et se complètent parfaitement pour assurer un encadrement de qualité. Des stages ont lieu plusieurs fois par an pour permettre un suivi régulier à ceux qui désirent progresser à différents degrés, telle une piqûre de rappel. images & texte Dominique©Epiney Regolatti

Sources • Swiss Alpine Emotion 3961 Saint-Jean - Suisse tél. +4179 340 11 45 info@swissalpineemotion.com https://swissalpineemotion.com offres-emotions/acrophobie • TSR - émission Vacarme du 12.11.2018 Le Vide, Vertige des Cimes • RTS - émission d’août 2021

Rte de Grimentz 1, Vissoie 3961 Vissoie www.kevinepiney.ch

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Et si on la couvrait... Simon Epiney Président de l’association Ancien Conseiller aux Etats

Conscients des nombreuses possibilités d’utilisation de la surface en toutes saisons. Soucieux de valoriser au mieux cet espace construit en béton et totalement équipé. Attachés à la sauvegarde d’une riche vie associative dans la vallée. Et comprenant les soucis financiers de la Commune engagée dans d’autres réalisations, des résidents et hôtes de notre Commune se sont mis dans l’idée de lancer un redoutable défi: A cet effet, ils se sont constitués en association - d’entente avec le Conseil municipal - afin de rechercher les fonds nécessaires. Simon Epiney, vous avez accepté la présidence de cette association. Qu’est-ce qui vous a motivé dans ce projet ? En tant qu’ancien président de la Commune, je mesure les soucis de l’exécutif de ne pouvoir réaliser tous les projets. Les privés doivent aussi associer leurs forces pour accompagner l’autorité lorsqu’il s’agit de réalisations d’une certaine envergure. Je crois aux projets qui répondent aux aspirations de la jeunesse, qui sont de nature à rassembler toutes les générations et qui vivifient la vie de la société et des sociétés. Il est du devoir de tout citoyen d’apporter à nos jeunes, à nos hôtes et à tous les résidents des infrastructures attractives qui incitent à séjourner et à habiter en montagne dans notre si belle vallée. L’endroit vous paraît-il approprié pour une telle infrastructure ? Assurément car la patinoire se situe au centre de la vallée, à proximité des écoles, confine au nouveau terrain de football, desservie par un parking, proche de la plaine. Des équipes de plaine seront intéressées par une telle réalisation car les surfaces de glace sont plutôt occupées. Quels sont les principaux avantages d’une telle toiture ? Une patinoire couverte permet de rallonger les saisons pour la pratique du hockey. La toiture permet de protéger la surface de glace des rayons du soleil comme des intempéries. Les petits comme les grands peuvent commencer à patiner plus vite et ter-

miner plus tard, à l’abri des caprices de la météo. La couverture réduit sensiblement le bruit grâce au bois, diminue la pollution lumineuse, contribue à une économie d’énergie grâce à la réduction des variations climatiques, augmente l’efficacité des compresseurs et facilite l’entretien de la surface en toutes saisons. D’autre part, avec la présence d’un toit, la patinoire devient un espace

Couvrir la patinoire artificielle d’Anniviers multifonctionnel, permettant d’organiser toutes sortes de manifestations sportives, culturelles, familiales ou associatives. Elle pourrait être, même hors saison, un lieu de rencontre et un espace de loisirs propices à renforcer les liens intergénérationnels ainsi qu’entre hôtes et résidents. Vous avez imaginé pour ce toit un autre avantage que le Valais a peu mis en valeur jusqu’à présent ? En effet, le Valais est en retard dans la transition énergétique et en particulier dans le développement de l’énergie solaire, alors que le soleil brille plus de 300 jours par an dans notre canton. Les collectivités doivent mettre en avant non pas des taxes mais des incitations. Certes, des aides substantielles existent, mais elles sont insuffisantes sur le plan fédéral et cantonal et les distributeurs doivent augmen-

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ter leur tarif de reprise de l’énergie photovoltaïque. Il est prévu de poser des panneaux sur quelques 2500 m2 pour une production supérieure à 400’000 KW/h par an. En tant que grande consommatrice avec la patinoire, la piscine et l’école, la Commune sera gagnante dans cette opération. Et comment envisagez-vous la recherche de fonds ? L’association « Toit pour Toi » a prévu trois modes de financement : 1. la vente de panneaux solaires à hauteur de Fr. 1’000.—l’unité et une rétribution annuelle de 2% sur 20 ans 2. l’achat de parts sociales à hauteur de Fr. 500.—l’une, payables sur 5 ans, Fr. 100.- par an 3. l’achat de bandes publicitaires autour de la patinoire à hauteur de Fr. 500.— pendant 5 ans 4. la vente du courant produit Il est entendu que si l’association n’arrive pas à récolter les fonds nécessaires, elle restituera l’argent encaissé. C’est un immense défi mais aussi un plaisir de pouvoir contribuer en montagne à la promotion d’une énergie renouvelable qui coûte à son installation puis est quasi gratuite durant la durée de vie des panneaux (25-30 ans). Chacun peut suivre l’avancée du projet. Nous avons un site internet et chacun peut aller sur Facebook ou Instagram (@toit.pour toi)


Un toit pour la patinoire d’Anniviers

420’000 kWh/an

La production des panneaux solaires équivaudrait en moyenne à la consommation de 140 foyers par an. Les panneaux photovoltaïques prévus sur le toit de la patinoire ont été choisis pour leur capacité à produire une puissance plus forte d’énergie même en cas de faible condition lumineuse, telle que la brume ou un temps nuageux.

Payable à raison de 5 annuités de Frs. 100.chacune exigible, la première fois, le mois suivant la signature du bulletin d’engagement, ensuite, chaque année.

Achat de panneaux solaires Représentant l’acquisition de panneau(x) solaire(s) de Frs 1’000.- chacun avec rétribution annuelle de 2% d’intérêt par an sur 20 ans sur la somme investie pour la mise à disposition des KwH fournis. Le versement est exigible à la signature du bulletin d’engagement.

Association Toit pour toi 3961 Vissoie toitpourtoi.ch contact@toitpourtoi.ch

OPTION 3

Achat de part(s) sociale(s)

OPTION 2

OPTION 1

COMMENT SOUTENIR LE PROJET Publicité sur les bandes Représente l’achat de bande(s) publicitaire(s), lors de la saison d’hiver,à hauteur de Frs. 500.-/année, sur 5 ans aux dimensions transmises par le HC Anniviers. (max. 2.8m de long)

@toit.pour toi

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Hé!

PeTIT TOUR D’HORIZON De L’HIVeR !

LA RANDO HIVeRNALe, L’OFFRE « NaTURE » PaR EXCELLENCE

ANNIVIeRS INDOOR PARK, L’INCONTOURNaBLE

10 parcours de Rando Parc balisés au Val d’Anniviers, des parcours raquettes, de la rando hivernale, l’indémodable visite du glacier de Zinal, mais aussi des nouveautés attractives telles que la rando nocturne accompagnée avec fondue dans un restaurant : voilà de quoi ravir ceux pour qui l’hiver rime avec escapades en plein air. > valdanniviers.ch/randonnee-hiver > valdanniviers.ch/randonnee-raquette > valdanniviers.ch/randoparc > valdanniviers.ch/visiteglacier

En fonction depuis une bonne année maintenant, l’Anniviers Indoor Park cartonne ! Trampolines, parcours « aventure » suspendu, Battle bam, Ninja Warrior : toutes ces activités font la joie des enfants/ados qui viennent, et reviennent. Le bar attenant, avec sa vue sur le parc, permet aux parents de passer du bon temps, tout en gardant un œil sur leurs enfants.

RANDO-FONDUe, L’aVENTURE aVEC UN GRaND A Une balade de son choix et une fondue confectionnée en extérieur par ses propres soins : voilà le concept de cette expérience inédite proposée en Anniviers depuis l’hiver dernier. Une expérience reconduite durant l’été, avec un bon succès, qui n’égalait toutefois pas la version hivernale. C’est donc tout naturellement que cette activité s’inscrit à nouveau dans l’agenda de cet hiver. > valdanniviers.ch/rando-fondue

Horaires disponibles sur > valdanniviers.ch/indoor-park

aNNI’QUIZ, Le JeU De SOCIéTé 100% ANNIVIARD Chaque défi ou question passé avec brio permet d’avancer un peu plus vers l’ascension d’un sommet de la couronne impériale. La maîtresse du jeu Jessy sera là pour vous guider dans cette ascension ludique et inédite. Rires garantis pour cette animation qui s’adresse tant aux enfants (dès 8 ans) qu’aux adultes. > valdanniviers.ch/anniquiz

LE TOUR DE ROMaNDIE VA FAIRE SUeR LeS COUReURS eN ANNIVIeRS Samedi 30 avril 2022, les coureurs de la boucle romande rallieront Aigle à Zinal. Le tracé spectaculaire de cette étape comprend des passages dans plusieurs stations du Val d’Anniviers, avant l’arrivée au village de Zinal. Le programme complet sera communiqué dans le courant de l’hiver. > valdanniviers.ch/tour-romandie

HeP!

CONNAISSEZ-VOUS LE WIKI ANNIVIARD ? Il offre une riche variété d’informations non seulement sur l’histoire, mais aussi sur la grande diversité culturelle, sportive et associative de la vallée. Le Wiki Anniviard c’est … - plus de 100 articles dédiés au Val d’Anniviers - un lexique lié à des mots-clés comme raccard, patois, remuage, alpage… et plus encore - un accès facile par son listing alphabétique Bonne découverte du Wiki Anniviard ! >> valdanniviers.ch/wiki-anniviard

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SAM est l’entité marketing des Offices du Tourisme de Sierre, d’Anniviers et de Vercorin ainsi que des Remontées mécaniques d’Anniviers (RMA).

AU VAL D’ANNIVIeRS, Y’A VRAIMeNT De QUOI FAIRe ! Randonnée, trail, VTT, via ferrata, escalade ou encore saut à l’élastique, les activités d’été en plein air ne manquent pas en Anniviers. D’ailleurs, la politique touristique édictée par la commune ne s’y trompe pas : le Val d’Anniviers est un terrain de jeu à ciel ouvert. Pour capitaliser sur cette force, une campagne de communication a été imaginée autour du slogan « Au Val d’Anniviers, y’a vraiment de quoi faire ! ». Basée sur des spots TV diffusés sur les chaînes nationales et des capsules pour les réseaux sociaux, la campagne a su toucher la clientèle touristique des deux côtés de la Sarine. Elle est également un parfait complément à la version hivernale « On a vraiment de la chance avec le temps ! ». Et Laurent, notre acteur fétiche, y est pour beaucoup. valdanniviers.ch/vraimentdequoifaire

BLAISe BeRSINGeR eT YOANN PROVeNZANO eN SéJOUR CHeZ NOUS Vous les avez peut-être aperçus cet été. Blaise Bersinger et Yoann Provenzano ont passé quelques jours dans la vallée. Dans le cadre d’un partenariat, les deux humoristes et animateurs TV ont été invités à partager leur séjour avec leur communauté Instagram respective. Et surtout, un spot décalé de 3 minutes a vu le jour à la suite de leur rencontre « fortuite » avec notre célèbre Laurent. Cette action nous a offert une visibilité inespérée auprès d’une audience romande âgée entre 20 et 40 ans. De plus, elle renforce notre stratégie fondée sur une communication humoristique et décalée. bit.ly/blaiseyoann

UNe COLLABORATION AVeC ReD BULL eN PRéPARATION L’hiver approche à grands pas. Et pour cette saison hivernale, un partenariat avec la marque Red Bull a été signé et boostera notre communication digitale. Le concept ? L’équipe Red Bull suivra notre étoile montante belge Maximilien Drion durant une journée et réalisera du contenu photos/vidéos qui sera ensuite diffusé sur le site redbull.com ainsi que sur les réseaux sociaux de la marque. Espérons que cette action nous donne des ailes…

L’éQUIPe MARKeTING VOUS ReMeRCIe POUR VOTRe CONFIANCe TOUT AU LONG De L’ANNée.

JULIeN PeTIT

JULIe ZUFFeReY

SAMUeL CARRUZZO

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LUCA MORGANeLLA


patrimoine

La disparition des anciens métiers L’étrange et épuisant métier de porteur de glace

L

’activité de porteur de glace est- sistent. Le glacier, appelé glacier elle apparue avec le tourisme en de Meretschi côté Haut-Valais, Anniviers ? se trouve sur le versant nord

Dans la vallée, l’économie fut pendant des siècles très autarcique : la plupart des familles cultivaient leurs légumes, élevaient du bétail et s’occupaient elles-mêmes de la boucherie. Il était donc vital de pouvoir conserver dans les meilleures conditions possibles toute la production pour avoir des réserves durant toute l’année. Les Anniviards avaient développé l’art de la conservation alimentaire sans glace: viande séchée, céréales conservées en grains et moulues au fur et à mesure des besoins, greniers secs ventilés et protégés des rongeurs, production d’aliments qui se conservent longtemps (fromage, seigle, pommes de terre), … Pourtant, à la fin du XIXème siècle, le besoin d’un autre mode de conservation se fit sentir. Le développement du tourisme permit la construction de plusieurs grands hôtels dans la vallée. Il fallait des produits frais pour contenter cette riche clientèle, et le besoin de glace pour conserver la nourriture se fit plus pressant pour les hôteliers. Il semblerait que certains grands hôtels de la vallée embauchèrent alors des porteurs de glace qui allaient extraire des blocs des glaciers et les rapportaient au village. Toutefois, les informations sont lacunaires, par ouï-dire, et aucune trace écrite de cette activité ne subsiste à notre connaissance. Si vous détenez des informations à ce sujet, n’hésitez pas à nous en faire part ! Au Grand Hôtel de Chandolin, la glace était entreposée dans le cabanon derrière l’hôtel, dans la paille. Selon plusieurs sources, cette glace provenait du glacier de la Bella Tola, bien plus étendu à cette époque-là qu’aujourd’hui où seuls de petits vestiges grisâtres sub-

de la montagne Bella Tola, du côté de la vallée de Turtmann. On peut se représenter la difficulté de ce travail : les porteurs de glace devaient gravir la montagne jusqu’au glacier dont la partie haute se situe à plus de 2900 mètres, puis extraire la glace en trouvant la plus dense, pour ensuite transporter les blocs découpés jusqu’à l’arête, et enfin redescendre ces lourdes charges sur 1200 mètres de dénivelé de pente raide, tout en luttant contre la fonte pour ne pas perdre le fruit de leurs efforts. A l’hôtel Bella Tola de St-Luc aussi, de la glace permettait de conserver les aliments ; elle était entreposée à la cave et recouverte de sciure pour limiter les pertes et la faire durer le plus longtemps possible. Mais l’origine de ces morceaux de glace reste incertaine. La glace utilisée par le Grand Hôtel du Cervin, à St-Luc, était fabriquée sur place. Personne ne montait jusqu’au glacier pour l’extraire. Simone Widmer-Gard se souvient des deux glacières utilisées par l’hôtel Bella Tola et le Grand Hôtel du Cervin lorsqu’elle était enfant. C’était deux maisons en bois de deux mètres sur quatre situées au cœur du village. A cette époque-là, les hôtels de St-Luc n’étaient pas ouverts en hiver. Mais l’oncle de Simone, Erasme Antille, montait exprès pour produire de la glace durant les jours les plus froids, en arrosant le tas de glace dans les glacières. L’eau était prise au torrent à proximité et conduite à la glacière

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Porteurs de glace des Pyrénées

par un tuyau. Erasme recouvrait ensuite la glace de paille pour la garder plus longtemps. En été, lorsque l’hôtel était ouvert, le portier allait dans les glacières pour casser des morceaux à la hache et les apporter aux cuisines pour conserver les aliments. On l’utilisait aussi pour confectionner chaque samedi des glaces à déguster le dimanche. Entre 1944 et 1946, le Grand Hôtel du Cervin se dota d’un frigidaire, les glacières cessèrent d’être utilisées et personne n’eut plus besoin d’affronter la neige et le froid pour aller fabriquer de la glace pour l’été.


Wagonnet sur lequel les ouvriers chargeaient les blocs de glace pour les transporter du glacier du Trient jusqu’au col de la Forclaz. Photo Pauline Archambault

L’exploitation des glaciers ressemblait parfois à une petite industrie Dans d’autres régions du Valais, l’histoire de l’extraction de la glace des glaciers est mieux documentée. Ces archives nous éclairent sur le métier de porteur de glace. Ce travail était répandu puisqu’au XIXème siècle de nombreux glaciers des Alpes étaient exploités pour fournir la glace indispensable à la conservation des aliments. Plus qu’un métier, il s’agissait souvent d’une activité annexe car elle était peu rémunérée. Les paysans trouvaient dans ce labeur épuisant un gain accessoire bienvenu à une époque où les possibilités de gagner de l’argent étaient rares. Dans plusieurs régions de montagne en Europe, le métier de porteur de glace se développa avec l’arrivée des touristes, et les paysans furent salariés par les hôtels pour fournir la précieuse glace. Ainsi dans les Pyrénées, les porteurs de glace partaient de nuit jusqu’au glacier, puis redescendaient les énormes blocs de glace sur leur dos en courant, « car celui qui revenait le plus rapidement avait les meilleures chances de vendre sa glace pour rafraîchir les curistes qui fréquentaient les luxueux hôtels de la station. »1 Un article publié dans La Dépêche du Midi nous apporte des détails sur ce métier tel qu’il était pratiqué dans les montagnes des Pyrénées : « Il fallait trouver des hommes connaissant les endroits où la glace était la plus dense, capables, de surcroît, d’acheminer, sur des pentes au dénivelé important, des charges allant parfois, pour les plus rudes, jusqu’à 70 kg. Les hommes partaient de nuit pour être sur place à la pointe du jour, avant que le soleil ne réchauffe la glace, montaient dans les endroits les plus propices. L’ascension se faisait à dos de mule ou d’âne, le plus loin possible mais après il fallait continuer le chemin à pied parce que

la glace qui convenait se trouvait au-delà de 2000 m d’altitude. Bref, trois heures de montée et autant de descente donc pour ramener des blocs généralement de 25 à 30 kg, choisis dans la partie la plus dure pour lutter contre la fonte. On conditionnait la glace dans de grands sacs contenant de la sciure qui servait d’isolant isotherme et était alors descendue à dos d’homme pour rejoindre les bêtes de bât. »2 Il est plus que probable que le travail de porteur de glace en Anniviers présentait de grandes similitudes avec cette description, mais peu d’informations subsistent, ce qui ne nous permet aucune certitude. Des morceaux des glaciers du Valais s’exportaient jusqu’à Paris, Lyon ou Marseille Dans la vallée du Trient en Valais, un vaste glacier prend naissance à plus de 3000 mètres d’altitude sur un vaste plateau de 3km2. Vers 1850, à la fin du Petit Age glaciaire, le glacier était très épais et sa langue atteignait presque l’actuelle buvette. L’exploitation de la glace s’y développa comme une petite industrie entre 1865 et 1893. Une quinzaine d’ouvriers de la région travaillaient à extraire entre 20 et 30 tonnes de glace chaque jour, au plus fort de la production. Ils logeaient et mangeaient sur place, dans un bâtiment construit pour eux à quelques centaines de mètres de l’impressionnant front du glacier. Le métier n’était pas sans danger : « à l’aide d’explosifs et d’outils divers, le glacier était fendu puis débité en blocs de plusieurs centaines de kilos.»3 Ces blocs étaient ensuite glissés jusqu’à l’actuelle buvette puis chargés sur des wagonnets sur rail qui les transportaient jusqu’au col de la Forclaz. De là, de solides chariots les acheminaient par la route jusqu’à la gare de Martigny. On les stockait alors dans la sciure pour en perdre le moins possible en attendant les trains qui chaque semaine partaient pour ravitailler Paris, Lyon et Marseille. Arrivée là-bas, la glace était sciée et vendue aux brasseries. Les chutes étaient livrées aux confiseurs sous le nom de « Petits MontBlanc » pour qu’ils élaborent des glaces.

Photo archives communales de Trient

rêta tout à fait. A partir des années 60 en Anniviers, plusieurs villages disposèrent de congélateurs collectifs, dont Vissoie, Mission et Mayoux. A Vissoie, le congélateur collectif était situé sous l’imprimerie. Il y avait une centaine de casiers de trois grandeurs différentes, en fonction des besoins. Les habitants y conservaient leur viande, leurs légumes, ou le pain de seigle cuit une fois par an. Pour environ 45 francs, on pouvait y louer un casier à l’année. La somme couvrait les dépenses en électricité et les réparations. En cas de panne, l’augmentation de la température dans le congélateur déclenchait une alarme qui retentissait. Il fallait alors être rapide pour que personne ne perde ses précieuses réserves. Une maison spécialisée dans les réparations était alors pressée de se rendre sur les lieux. Le congélateur collectif fut par la suite de moins en moins utilisé, au fur et à mesure que les Anniviards ont pu acquérir leur propre congélateur ; ils tuaient aussi de moins en moins de bêtes et produisaient moins de légumes. Les besoins diminuaient. Serge Clivaz, qui avait hérité du congélateur, le transforma alors pour pouvoir en louer une partie à la boucherie de Vissoie qui avait besoin d’un grand espace pour conserver de grandes quantités de viande. Puis la boucherie eut son propre congélateur. Le congélateur collectif n’était plus ni rentable ni aux normes. Il devenait trop vieux et tombait en panne. Pour ces différentes raisons, le congélateur collectif de Vissoie disparut au tout début des années 90. Pauline Archambault

http://marmotton66.e-monsite.com/ article publié dans le journal La Dépêche du Midi le 03/05/2009 (www.ladepeche.fr) 3 informations extraites des panneaux qui jalonnent le bisse du Trient 1

Le difficile métier de porteur de glace disparut complètement avec l’invention des frigidaires et des congélateurs L’extraction des morceaux de glaciers s’ar-

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patrimoine

Et les recherches archéologiques se poursuivent

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n octobre 2015, le numéro 20 de ce magazine vous informait à propos de l’état des trouvailles archéologiques sur le site de Tiébagette à Fang. L’Association pour la Recherche Archéologique au Val d’Anniviers (ARAVA) s’est constituée cet automne-là car déjà les spécialistes pensaient que l’existence de ce monde ancien laisserait entrevoir des traces ailleurs dans la vallée.

Très haut sur le Toûno Ces espoirs se sont concrétisés cet été, sur les pentes abruptes du Toûno à 2784 m. d’altitude ! Lorsque Lambert Zufferey découvre en 2018 les vestiges d’une trentaine de cabanes sur un replat du flanc sud de la montagne, aucune information ne permettait de caractériser et dater ces témoins d’un passé alors inconnu. Dans le but d’en savoir plus, un projet de recherche interdisciplinaire a été mis en place par Tristan Allegro, étudiant en archéologie à l’Université de Lausanne, avec le soutien des associations ARAVA et Ramha (Recherches archéologiques du mur (dit) d’Hannibal). Deux semaines sur les hauteurs L’été dernier donc, une campagne de fouilles effectuées, en accord et avec le soutien de l’Office cantonal d’Archéologie par des étudiants encadrés d’archéologues avait pour but de récolter des informations sur la datation, la fonction et les occupants du site. Etonnant ! Ces valeureux chercheurs ont œuvré aussi sous la neige, même en juillet. Pour des vacances actives en plein air, c’était réussi ! Ils ont ainsi pu constater les difficultés de séjour à cette altitude: l’eau se trouve en contrebas, au lac du Toûno, le bois doit se transporter de plus

bas encore dans la vallée, sans parler de la subsistance. Aujourd’hui on peut se faire livrer par hélicoptère, mais à l’époque? Deux mille ans avant nous Car les premiers résultats laissent entrevoir une occupation romaine qui date de la seconde moitié du 1er siècle avant J.-C. Ceci conduit à l’hypothèse que le site aurait été occupé par des soldats et/ ou des auxiliaires de l’armée romaine. Pourquoi? Comment? Les études en cours permettront à Tristan Allegro de confirmer ou d’infirmer ces allégations, probablement d’ici au printemps prochain. D’autres sites montagnards, en Valais et ailleurs, montrent de grandes similitudes avec celui du Toûno. De découverts en étonnements Il est passionnant de découvrir des preuves d’occupation de nos régions si anciennes. Et il semble que ce n’est pas fini, car d’autres surprises devraient être mises à jour ces prochaines années. Je me réjouis déjà de pouvoir bientôt faire connais-

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Restes d’une cabane avec le mur effondré

Vue du site

sance avec ces mondes anciens grâce à des nouvelles manières de sonder le passé. Autrefois et aujourd’hui entament une belle conversation ! Merci à Tristan Allegro et à son équipe pour leur motivation à poursuivre cette étonnante aventure. Propos recueillis par Simone Salamin auprès de Tristan Allegro Photos : Tristan Allegro


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sport

Montagne Club Anniviers Dru dans le pentu avec les Dahus

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a première année du groupe Dahu est arrivée à son terme il y a quelques mois. Nous sommes déjà repartis sur les chapeaux de roue durant les premières sorties de cette seconde volée.

Les camps effectués jusqu’à présent nous ont permis de gravir le Lagginhorn qui culmine à 4010 mètres et de découvrir les superbes falaises de calcaire qui se dressent au-dessus du village d’Orpierre, dans le sud de la France. Les sorties à la journée nous ont emmenés sur les secteurs d’escalade de la région. Nos mains ont pu toucher le rocher de Fully et Ardon, ainsi que les prises en résine de la salle de grimpe de Baltschieder. La suite du programme s’annonce magnifique avec deux journées d’escalade sur glace à Zinal, puis des sorties en randonnée à ski dans tout le Valais avec comme objectif de réaliser une Haute Route de 4 jours dans la région d’Andermatt et un camp de trois jours d’escalade dans la vallée d’Aoste. La journée de clôture se fera le 12 juin 2022 en compagnie des parents pour une activité surprise ! Le programme de cette deuxième année d’existence du groupe Dahu est composé de : - 13 journées d’escalade - 6 journées d’alpinisme - 1 journée de formation sur le thème des avalanches - 12 journées de ski de randonnée - 2 journées de cascade de glace - 1 journée surprise avec les parents

Le Montagne Club Anniviers propose des sorties pour tous les jeunes désireux de découvrir les sports alpins. Les groupes des Geckos (6-9 ans), Climb 1 et 2 (10-15 ans) et Dahu (13-20 ans) permettent aux jeunes d’être encadrés par des professionnels et passionnés de la montagne. Pour plus d’informations ou inscriptions: http://montagneclubanniviers.blogspot.com

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portrait

Bernard et le picoulet

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e picoulet fait émerger de ma mémoire les souvenirs d’enfance liés à Bernard Crettaz, le picoulet et les farces. Ah ! Clore les festivités de la Fête-Dieu de Vissoie, après avoir quitté la Place de Fête, se retrouver sur la place du village, nous les enfants en cercle au milieu, les jeunes et adultes formant une ronde tout autour, pour chanter et danser le picoulet entraînés par l’animateur du jour trônant au centre. Une belle façon de se dire au revoir, après avoir participé à la fête religieuse qui prenait des airs un peu païens au fur et à mesure de l’après-midi.

Le picoulet ? Une magnifique ronde chantée populaire du folklore de Suisse romande, qui semble avoir pris racine au Moyen-Age et a résisté au temps qui passe. A Genève, par exemple, le fameux cortège de l’Escalade se termine sur un picoulet d’enfer autour d’un feu de joie. Bernard animait le picoulet de Vissoie bien avant de « remuer » vers Genève, on ne peut donc pas l’accuser d’avoir copié les mœurs citadines. Et c’est ainsi que l’on danse, notre charmant picoulet (refrain). Il faut bien se lancer, alors entrons dans la danse, mais avec Bernard, c’est dans une folle farandole qu’on se jette. Rémy Abbet, animateur-né, porteur de nombreuses vieilles chansons populaires a transmis l’art de diriger le picoulet à Bernard qui lui en est infiniment reconnaissant. Il affirme avoir beaucoup reçu des anciens, d’Henri Florey et de son fils Edouard, des gens hors norme, inventeurs, conteurs, électriciens à

la première centrale électrique au fil de la Navizence entrée en fonction en 1904. Edouard et Alfred Clivaz, électricien lui aussi, roulaient à moto et personnifiaient un aspect novateur pour les jeunes comme lui à cette époque. Bernard a passé des soirées entières à écouter Edouard conter avec passion, transmettre Anniviers. Il a sérieusement prêté l’oreille, a observé, fait une première tentative de percer les mystères des comportements populaires, étudié leurs sources, leur évolution dans le temps. Puis l’heure est venue de prendre le relais, d’être désigné « major de table » de la Fête-Dieu, en alternance avec les anciens. Bernard a quand même chanté l’Internationale un soir de Fête-Dieu, accompagné par d’autres ; Euchariste Massy, major de table cette foislà, ne l’a pas interrompu. Initier les copains à la traversée du cimetière la nuit fait partie de ses moments forts, un peu de rébellion, un peu du désir de transmission concrétisé plus tard. Et si vous preniez le car postal en même temps que Bernard dans ces annéeslà, vous étiez assuré que le trajet serait très animé, voire agité : il passait d’un siège à l’autre, invectivait, débattait déjà ! Et les farces alors ? Cette période riche en changements sociaux se voulait propice aux canulars de toutes sortes. Les Anniviards en ont toujours été friands, pour alléger un peu leur vie si rude. Autant dire que Bernard était largement pourvu de ce goût particulier,

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un des rois de la farce, parfois seul, parfois avec d’autres. Peut-être que Cécile Zufferey se souvient de la première visite officielle d’un responsable scolaire, alors qu’elle était jeune enseignante à Mayoux ? Bernard s’est présenté comme inspecteur, les enfants lui ont montré leur cahier, et l’enseignante son savoir-faire. Mais lorsque Bernard a entendu un bruit à l’extérieur de l’école, il a pris congé vite fait, un peu stressé mais content bien sûr d’avoir joué un bon tour. Une autre fois, après avoir peint des chèvres qui n’ont pas eu leur mot à dire, avec son compère l’autre Bernard, ils ont ameuté le Nouvelliste de l’époque qui leur a envoyé une jeune journaliste, un peu naïve. L’article qui s’en est suivi relatant une épizootie incroyable en Anniviers a fait grand bruit et a failli leur coûter cher. Je me sou-


Une petite dernière pour la route ? Alors séminariste à Sion, avec son camarade JeanClaude ils ont décidé d’aller rendre visite à une amie de Vissoie, interne chez les sœurs pendant sa formation d’infirmière. Les deux amis ont sonné à l’internat, la sœur réceptionniste a refusé de les laisser entrer : non mais pour qui se prenaient-ils ces deux jeunes hommes prétendant entrer dans une maison de filles de bonnes moeurs. Eh bien, Bernard a trouvé LA solution, il a été revêtir son habit de séminariste et, les deux revenus se présenter à l’internat, les portes leur ont été grandes ouvertes, avec offre de thé sur nappes blanches. Qui dit que l’habit ne fait pas le moine ? Les Compagnons de la Navizence La grande aventure du théâtre a débuté plus sérieusement dans ces années 50 à Vissoie. Des pièces étaient jouées depuis fort longtemps à Grimentz, Ayer, Mission et St-Luc, d’après les photos et textes anciens préservés. Bernard montait des spectacles pour les jeunes à la chapelle du château, le vicaire Masserey s’occupait de la mise en scène. Puis le soir, les plus âgés occupaient la scène pour jouer par exemple Les Saints de glace, l’un ou l’autre avait tendance à s’endormir. Les décors étaient placardés de cartons pougnons avec les textes à retenir inscrits pour ranimer la mémoire défaillante de ces braves anciens. Les Compagnons de la Navizence, en tant que société constituée, sont nés avec Bernard, Gabriel Genoud, André Melly, Marcel Epiney, entre autres. Le schéma prévu consistait à jouer un drame, l’ouverture de la cantine prenait le relais, puis une comédie s’en suivait. Le metteur en scène Marcel Bonvin a été recruté par Bernard et les grandes pièces du terroir, écrites au fur et à mesure des répétitions par Aloys Theytaz, ont été jouées sur la Place de Fête. Nous sommes nombreux à nous en souvenir. Une des manières d’annoncer au public les représentations se faisait par Oswald, le crieur public, qui frappait du tambour, puis tirait un papier de sa poche qu’il lisait ou faisait semblant de lire, et après avoir donné les lieux, dates et heures des représentations, il ajoutait « prendre avec soi tasses, sous-tasses, cuillèrettes à

café ». Eh oui, la cantine fonctionnait avec le minimum de matériel et de déchets, tout était réutilisable, sauf lors de la première grande représentation pour laquelle on avait commandé 4000 saucisses à rôtir… Le lendemain, il a fallu faire le tour des villages pour tenter de vendre le surplus. Le bénéfice de la fête avait été déposé dans une banque, mais laquelle ? Une année plus tard, personne ne s’en souvenait. Le comité a été obligé de visiter toutes les banques de la place pour résoudre l’énigme et trouver où déposer Bernard avec Robert Rouvinez à l’alpage de Torrent en 1977 le bénéfice suivant s’il y en avait un. Le souci du rendement et Chandolin empruntaient les raccoursemblait bien secondaire, à ce moment-là. cis plus directs sur Fang, Soussillon et Les pièces comme L’ombre sur la Niouc sur le long chemin du remuage. Ils Fête, La Nuit des Quatre Temps ou Le n’avaient donc pas besoin de passer par Président de Viouc ont été jouées sur la Vissoie. Place de Fête. La véritable histoire des Compagnons de la Navizence reste à La mutation des mariages écrire, n’est-ce-pas Bernard ? L’évolution des cérémonies de mariage prend les traits d’une révolution dans Petit mot sur la société locale la tête de Bernard. Autrefois une messe Les habitants de Vissoie ne remuaient pas d’union des couples à 6h ou 7h du matin autant que ceux des villages de plus haute précédait le déroulement normal de la altitude. Ainsi, la famille de Bernard était journée aux champs. Plus tard, une raclette semi-nomade. Grâce à l’artisanat et à partagée avec la famille proche a agrémenté l’usine de Chippis active dès le début du la journée, puis des filles et garçons d’honXXème siècle, un travail complémentaire neur se sont ajoutés aux mariés. Que de aux activités paysannes permettait de rece- changements avec l’entrée en jeu du major voir un salaire. Le papa de Bernard travail- de table ! On le chargeait du placement des lait à l’usine. Le mayen familial se trouvait nombreux invités, un vrai casse-tête car il à Zinal. Vissoie représentait un lieu de fallait tenir compte de celui qui ne devait passage important, après avoir bénéficié de surtout pas être assis à côté d’un tel. Puis, l’arrivée de la première route à char dès le le grand jour arrivé, après la cérémonie relimilieu du XIXème. Des services d’artisans gieuse qui avait lieu le matin, il fallait orgatels que des cloutiers, magasiniers, guides niser l’apéro et le déplacement des invités muletiers, maréchaux ferrants, charrons, vers le lieu prévu pour la fête. Le repas plus forgerons et beaucoup d’autres se sont élaboré qu’une raclette commençait. Le développés. Seuls les habitants de St-Luc major de table reprenait la main, donnait

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viens que les parents des deux Bernard leur ont quand même sérieusement remonté les bretelles à ces deux lascars.


Et le pull rouge ? Le premier, c’est Yvonne, sa femme décédée, qui l’avait acheté ; ça lui allait bien. Il se sentait moins « patapouf » dans ce pull, la couleur lui convenait. Le pull rouge est devenu « un fétiche sans fétichisme » selon Bernard. Dans un commerce de vêtements, récemment, une vendeuse lui dit: « Je ne comprends pas, j’ai l’impression d’avoir déjà vu ce pull rouge », donnant l’impression à Bernard d’être un cas.

équitablement la parole à des membres des deux familles, certains avaient bien insisté avant les festivités: « Tu ne me passes pas la parole, hein ! ». Interpelés par le major de table, le moment venu, ils sortaient un papier de leur poche, tout contents, leur discours était prêt. Bernard a officié souvent comme major de table. Il préparait des sketches, chantait et faisait chanter, avait préparé des scénarios suivant les petits secrets qu’il avait pu récolter. Emouvoir d’abord, se lâcher ensuite. Pour être sûrs que Bernard accepte leur sollicitation, les futurs mariés contactaient d’abord sa maman, si elle disait oui, c’était gagné. Bernard dit avoir découvert grâce à ces étapes de vie la passion du discours des Anniviards. « Nous sommes héritiers de ça, nous sommes des parleurs, pas ou peu imités, comme le sont les Saviésans par exemple ». Il cite des anciens qui ne parlaient que patois à la maison, ont appris un très bon français à l’école, qu’ils étaient fiers d’utiliser, comme Robert Rouvinez ou Lucien Bonnard pour ne citer qu’eux. Robert Rouvinez a reproché à Bernard d’avoir mal retranscrit ses propos dans le livre sur Grimentz : « Tu me fais passer pour un imbécile ». Relations avec les médias Sollicité par les médias, Bernard a souvent répondu présent, trop peut-être parfois. Il a mis au point sa stratégie : « Il faut les choper, les chauffer pour les faire venir, trouver des mots qui restent et qui marquent, trouver la phrase qui fait choc, pour que les journalistes et cameramen s’en souviennent. C’est un vrai travail, pas si facile. J’ai aimé faire ça, laisser sortir le plaisir de

soi ». Récemment les mots « chalétisation et sur-chalétisation » ont imprégné une émission de Temps Présent sur la RTS. Il y a quelques années, Bernard reconnaît s’être laissé un peu dépasser par le terme « Disneylandisation » qui lui est retombé dessus par une utilisation excessive. Lors d’une interview télévisée après la votation sur la Lex Weber acceptée par la Suisse, Bernard s’est lourdement énervé s’étant déclaré farouchement contre. Il n’a pas été bon, s’en est excusé. Sa réaction n’a pas contribué à la compréhension de ses propos. Les retours ont été forts, souvent injurieux, parfois haineux. Cela a beaucoup remué Bernard, qui savait bien pourtant qu’une prise de parole tranchée peut amener des coups. Sa position forte contre la Lex Weber a fait applaudir les gens dans les gares de Sierre et Sion à son passage, un peu moins dès Martigny, et du mépris a surgi dès Lausanne. Alors pour tenter de répondre aux injures reçues, à la gare de Genève, en haut de l’escalier, sur le quai, Bernard interpelait la foule : « Ohé, vous m’avez reconnu, j’ai voté contre la Lex Weber ». Silence gêné, détournements de regards, pourtant certains sont venus vers lui: « On ne vous a pas compris ». Bernard a reconnu : « J’ai été mauvais ». Finalement, il a choisi de ne plus s’en faire, les gens ont le droit d’aimer ou pas ses propos, de ne pas l’apprécier, voire de le haïr. Tout passe. Des personnes lui demandent de leur donner des pistes pour une intervention publique ou privée importante. Ses conseils ne varient pas : trouver des mots puissants, des phrases qu’on n’oublie pas, s’exercer à haute voix, bien se préparer.

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Picoulet du cœur La folle farandole arrive à son terme. Il y a encore tellement à partager avec Bernard, qu’on y passerait des nuits et des jours à s’émouvoir, à rire, à s’énerver sûrement. Car il est énervant cet homme, il connaît sa vallée par cœur, mais se situe parfois en décalage par rapport aux énormes transformations qui ont profondément métamorphosé notre petit écrin montagnard. Jouer le rôle d’ambassadeur d’Anniviers lui a fait plaisir, écrire sur son propre parcours lui a enfin permis d’être lui-même. Il souhaiterait que des personnes des générations qui le suivent décrivent leur évolution liée à celle de la vallée. Il a beaucoup aimé transmettre ce qu’il a reçu des anciens. Il pensait avoir la vocation religieuse, il le croit toujours, même si son parcours a suivi des méandres surprenants et inattendus. Bernard Crettaz, merci pour tout ! A Fribourg tu sembles avoir trouvé un havre agréable, bien que très animé toujours, entouré de livres et des bruissements de la ville avec tout ce qu’il faut pour savourer la diversité des humains. Sollicité par un ami tenancier d’un kiosque pour le dépanner un moment, qu’as-tu répondu au client qui t’a sèchement déclaré : « Vous êtes bien Bernard Crettaz ? Eh bien, vous êtes tombé bien bas ». Moi je te trouve serein, les yeux pétillants de malice, toujours prêt à débattre et à contredire. Tant mieux, c’est ainsi qu’on te reconnaît, toujours un peu en représentation mais tellement vrai. Quant à moi, c’est avec la dernière strophe de notre ronde populaire que je te revois le mieux « Picoulet du cœur ». Simone Salamin


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Votations

Collez votre étiquette au bon endroit C’est une nouvelle habitude à prendre. Depuis juin dernier, chaque citoyen doit coller son étiquette personnalisée sur la feuille de réexpédition lors des votations. Attention, si elle ne figure pas dans la case rouge à côté de votre signature, votre vote sera considéré comme nul.

Pour que votre vote soit valable, vous devez impérativement :

AFFRANCHIR L’ENVELOPPE *Si vous l’envoyez par la poste

Important Commune d’Anniviers

Si vous avez égaré votre jeu d’éti- Par courrier : quettes autocollantes, vous pouvez Administration communale, en demander un nouveau pour un case postale 46, 3961 Vissoie montant de 15 francs, par écrit, à la Commune. 23

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Par e-mail : info@anniviers.org


Travaux

Route Sierre-Vissoie : fermée pendant deux mois en 2022 D’importants travaux de sécurisation se dérouleront du 16 mai au 15 juillet 2022 entre Sierre et Vissoie. Il s’agit de protéger la route cantonale contre les dangers naturels et d’assainir le pont-arc des Petits Pontis. Les habitants devront passer par Pinsec-Vercorin pour rejoindre la plaine. Exposée aux chutes de pierres et aux laves torrentielles, la route d’Anniviers fait l’objet d’une planification d’entretien et de sécurisation à long terme. Ses ouvrages d’art sont également sous haute surveillance. L’assainissement du pont des Petits Pontis et la protection de certaines zones figurent dans la liste des prochains travaux à réaliser. Le Service de la mobilité a décidé de regrouper ces

chantiers afin de réduire les désagréments pour les habitants. La période de fermeture a été choisie en concertation avec les communes d’Anniviers et de Chippis, et Anniviers Tourisme. Elle coïncide avec la fin de la réfection de la route Vercorin-Pinsec, qui servira de route de déviation pendant la fermeture.

Pour maintenir l’équilibre de l’ouvrage, les travaux sur le pont doivent se faire sur toute la largeur de la chaussée. Ce qui implique la fermeture totale au trafic (ici, travaux similaires réalisés sur le pont de la Lienne).

INFOS PRATIQUES Dates de fermeture Déviation Temps de trajet Travaux préparatoires

: du 16 mai au 15 juillet 2022. : tout le trafic passe par la route Vercorin-Pinsec. : compter environ 15 minutes de plus. : dès le 28 février 2022 dans la zone du pont des Petits Pontis, gestion du trafic avec feux de circulation.

Commune d’Anniviers

Ouvertures spéciales entre Sierre et les Pontis pour les habitants de Niouc, des Pontis et de Soussillon : - chaque nuit entre 18h et 7h - le week-end, du vendredi 18h au lundi 7h Pour les écoliers : le transport scolaire aller-retour jusqu’à Vissoie est assuré. Marche accompagnée pour traverser la zone de travaux du pont des Petits Pontis sur passerelle sécurisée.

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Retrouvez toutes les informations sur anniviers.org

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1 En 20 ans, plus de 4 kilomètres de filets parepierres ont été posés le long de la route SierreVissoie. Il reste un tronçon d’environ 200 mètres à sécuriser, à la hauteur de Beauregard, juste avant les premiers lacets de Niouc. La pente est très abrupte à cet endroit, avec une hauteur de chute importante. Les pierres risquent non seulement de percuter des véhicules, mais aussi de toucher la zone industrielle de Chippis.

SIERRE Beauregard

protection contre les chutes de pierres

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Chippis

Intervention : pose de filets pare-pierres sur poutres et treillis métalliques. Coût : 1,3 million de francs (environ 80% pris en charge par mesures fédérales et cantonales contre les dangers naturels, le solde par les parties locales concernées.)

Niouc

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Dans le lacet des Pontis, le risque de laves torrentielles (coulées de boue avec pierres et morceaux de bois) représente un danger pour les usagers. La mesure de protection consiste à construire un chenal d’évacuation de 40 mètres de long sous la route. Pour ce faire, la chaussée doit être rehaussée de deux mètres. De plus, le revêtement de la route sur le défilé des Pontis sera remis à neuf.

Défilé et creux des Pontis

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sécurisation contre les laves torrentielles et correction de la chaussée

Les Voualans Pont des Petits Pontis

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réfection de l’ouvrage

Interventions : rehaussement de la chaussée dans le creux des Pontis et construction d’un chenal d’évacuation / pose d’un nouveau revêtement sur le défilé des Pontis.

Chandolin Les Barmes

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Coût : 1 million de francs (70% pris en charge par l’Etat du Valais, 30% par les communes de Sierre, Chippis et Anniviers).

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Construit il y a près de 60 ans (1954), le pont des Petits Pontis montre des signes d’usure et son étanchéité n’est plus suffisante. Les bordures et le tablier doivent être assainis. Le Service de la mobilité va profiter de cette réfection pour élargir l’ouvrage (40 centimètres supplémentaires de chaque côté) et améliorer les courbes d’entrée et de sortie. Les contraintes d’équilibre de l’ouvrage nécessitent de réaliser les travaux simultanément sur toute la largeur de la chaussée, raison de sa fermeture totale au trafic.

Fang

Les Giettes

Interventions : renforcement du tablier du pont (armature métallique et couche de béton supplémentaires), réfection des joints et des bordures, nouvelles glissières de sécurité. Coût : 1,4 million de francs (70% pris en charge par l’Etat du Valais, 30% par les communes de Sierre, Chippis et Anniviers).

Soussillon

Pinsec

- 25 Mayoux


Résidences secondaires © Romain Daniel / Sierre-Anniviers Marketing

75% Taux de R2 en Anniviers en 2020. 4384 résidences secondaires pour un nombre total de 5844 logements.

« Nous voulons contribuer au développement de la vallée » Anniviers a obtenu le label TOP DESTINATION R2, qui distingue les destinations les mieux notées par leurs résidents secondaires. Michel Mathys, président de l’association AnniviersR2, explique les raisons de ce succès. De quoi les propriétaires de R2 (résidences secondaires) sont-ils satisfaits et quelles améliorations souhaiteraient-ils ? Ils sont principalement séduits par les paysages, un microclimat particulièrement favorable, les traditions vivantes et les infrastructures de loisirs. Ils apprécient les efforts pour développer les activités familiales (la nouvelle place de jeux à Tignousa, par exemple), ainsi que pour élargir et améliorer l’entretien des sentiers pédestres. Dans les points à améliorer, on peut citer par exemple le manque de buvettes d’altitude ouvertes en automne. Les R2 souhaiteraient également une politique communale encore plus proactive à leur égard. Quelles sont vos relations avec les autorités et la population ? Il fut un temps où les propriétaires de R2 se sentaient peu écoutés, et où les tensions autour du thème des taxes étaient très vives. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Le dialogue avec les autorités est constructif. Avec la population, je sens aussi que le climat se détend. Le cliché du touriste citadin un peu envahissant est moins fort qu’avant. Concrètement, qu’est-ce que les R2 apportent à la vallée ? Une contribution importante à la vie économique locale : c’est grâce à ces habi-

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tants supplémentaires que beaucoup de commerces et restaurants peuvent rester ouverts à l’année et que des emplois sont garantis grâce aux travaux de rénovation et d’entretien. Mais aussi des rentrées financières substantielles sous forme de taxes et d’impôts, indispensables pour les infrastructures communales. Enfin, les R2 participent aux activités proposées dans la vallée et s’engagent dans des associations qui organisent des manifestations culturelles et contribuent à la préservation du patrimoine. En tant que représentant des R2, quel est votre message aux citoyens anniviards ? La présence des résidents secondaires est positive pour cette vallée. Notre objectif est d’entretenir de bonnes relations avec la Commune et de contribuer au développement harmonieux de la vallée. Il ne s’agit pas de nous mêler des décisions communales. Nous sommes principalement des clients et certains d’entre nous sommes prêts à mettre nos compétences à disposition là où elles sont appréciées. Par exemple, nous fonctionnons comme bêta-testeurs pour Anniviers Tourisme en pilotant de nouveaux services comme le nouveau système de réservation. J’espère que cette coopération entre résidents principaux et secondaires va continuer à se développer.


Michel Mathys Genevois de naissance et Anniviard par sa mère, Michel Mathys est propriétaire d’un chalet à St-Luc depuis 18 ans.

du touriste citadin " Leun cliché peu envahissant est moins fort qu’avant.

Commune d’Anniviers

Anniviers fait partie des 5 destinations primées par ce nouveau label, lancé en 2020 par l’Alliance Résidences Secondaires Suisse. L’évaluation se base sur les résultats d’un sondage auprès des associations locales de R2. Pour suivre les activités de l’association des résidents secondaires d’Anniviers, rendez-vous sur anniviersr2.ch

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Pénurie de logements

Appel aux propriétaires : louez votre bien! Le Val d’Anniviers manque cruellement de logements saisonniers et à l’année. A tel point qu’il est actuellement impossible pour des familles ou des travailleurs de s’installer sur la Commune. Or, la demande est là. Cette absence de logements à prix abordables est un frein au développement économique et social de la vallée. Le Conseil communal est conscient de ce problème et a décidé de s’y atteler. En attendant de trouver des solutions durables, il lance un appel urgent aux propriétaires : si vous n’occupez pas votre résidence cet hiver ou pour une plus longue période, si vous possédez un logement vide, mettez votre bien en location ! Toutes les propositions sont les bienvenues pour permettre à des personnes de travailler et de vivre en Anniviers. Une location longue durée vous assure des rentes régulières de loyers et une gestion plus simple de votre logement. Si vous avez besoin d’aide pour franchir le pas, n’hésitez pas à solliciter les agences immobilières d’Anniviers. Ces professionnels peuvent vous épauler dans vos démarches (annonce, contrat de bail, état des lieux, relations avec les locataires).

Commune d’Anniviers

Les collaborateurs des entreprises de la vallée et les familles qui cherchent à s’installer en Anniviers n’ont actuellement aucune possibilité de se loger.

Faire des économies et des bénéfices

Une gestion plus simple Les agences immobilières d’Anniviers peuvent vous épauler pour la gestion de vos locations.

Une location longue durée vous assure une rente régulière de loyers.

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sport

FC Anniviers saison 2021-2022

Félicitations ! aux Juniors E1 qui font partie des 4 équipes, avec Sierre, Sion et

Bravo ! aux Juniors E2 qui, pour la première saison, ont gagné 7 matchs sur 10

Martigny, encore en lice pour la Coupe valaisanne. Demi finale: Martigny - Anniviers le mercredi 13 avril 2022 à 18h00

Juniors D

Ecole de foot

Equipe féminine

1ère équipe

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portrait

Aymon des vipères

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urant une trentaine d’années, les gens de Zinal ont pu côtoyer un passionné de vipères en la personne d’Alfred Aymon. Cet Ayentôt d’origine avait eu un coup de cœur pour Zinal, où il se fit bâtir un chalet en 1952. Lors de ses nombreux séjours à la montagne, il aimait attraper des vipères, dont il prélevait le venin, avant de les relâcher.

Raphy Aymon a accepté d’évoquer la personnalité et la vie de son grand-père, avec qui il a passé tant d’heures heureuses avant que la silicose ne l’en prive, en 1983. Portrait Après avoir travaillé dans les barrages, Alfred Aymon, dit Freddy, devint vigneron-encaveur à Sierre. Marié à Augusta, il était père d’une fille, Gabrielle. Tombé amoureux de Zinal, il y fit reconstruire l’ancienne école démontée à Mission, qui, dans sa seconde vie, devint ainsi sa maison. Il y résidait le plus souvent possible. Pour un véritable amateur de marche et d’alpinisme, le lieu était idéal. Du reste, Alfred a réalisé l’ascension de plusieurs 4000m de la vallée. L’homme était aussi connu comme un défenseur acharné de la cause paysanne, membre fervent du parti socialiste et grand ami de Charles Dellberg, fondateur de la section valaisanne dudit parti. Il aimait à plaisanter et les plus âgés se souviennent bien de lui et de certains de ses tours. Les reptiles, une vraie passion Attiré par les serpents, Freddy ramas-

Alfred s’occupe de ses protégées

sait des vipères aspics. Il les entreposait ensuite dans une cage métallique aérée, près de son chalet. Il les y gardait quelques jours, les nourrissait, puis prélevait leur venin, avant de les remettre

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dans la nature. Le venin récolté était destiné à la fabrication de sérum anti-venin. Freddy avait l’habitude de « chasser » les vipères dans les pierriers des Plats de


la Lée ou ceux derrière le bâtiment de l’actuelle piscine. Il les ramassait par la queue, à mains nues, et les secouait vers le bas pour que leur tête ne puisse pas remonter. Il avait aussi transformé une canne en bois pour en faire une sorte de pince lui permettant de saisir les reptiles en activant un clapet. Il s’est néanmoins fait mordre quelques fois, mais prévoyant et prudent, il avait toujours du sérum avec lui et ses mésaventures ne l’ont nullement dégoûté de sa passion. Il l’a bien évidemment fait découvrir à son petit-fils, qui, malgré son jeune âge, l’a accompagné bien des fois. Il se souvient d’un jour où, montant en vélomoteur dans les vignes sous le château Ravire, son grand-père s’est arrêté brusquement pour saisir une couleuvre dont la queue sortait du mur de pierres. Raphy, installé sur le porte-bagage, a assisté sans étonnement ni effroi à la scène. Facéties et amusements Freddy aimait plaisanter et taquiner un peu les gens. Dans les bistrots, il en a surpris plus d’un en sortant de la poche de sa veste, une vipère fraîchement recueillie, devant des incrédules qui pensaient que ses exploits n’étaient que fanfaronnades. Une fois, il a badigeonné de peintures rouge, jaune et bleue, le dos de quelques vipères avant de les relâcher. Quelle joie d’entendre un copain lui décrire l’incroyable vipère qu’il avait vue ! Dans un registre plus privé, il avait plaisir à offrir aux visiteurs, invités à sa cave, de boire au goulot une gorgée ou deux de vipérine (eau-de-vie dans laquelle baigne une vipère) qu’il préparait lui-même. Le nez à nez avec la vipère n’était pas du goût de tout le monde ! Cette passion pour les reptiles l’a accompagné toute sa vie. Elle est même inscrite sur les étiquettes, dessinées par ses soins, du vin qu’il produisait pour une cuvée plaisamment nommée «venin de vipère». Raphy Aymon en a conservé une bouteille, dont l’intérêt n’est assurément pas gustatif, mais qui, à la manière de la madeleine de Proust, réveille la mémoire et les souvenirs du bonheur passé.

Vipérine maison

Une étiquette de passionné

Janine Barmaz

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TéLéSIèGE Le Le TOUR TOUR TéLéSIèGE TRaCUI-MONT MaJOR DU DU MONT MONT TRaCUI-MONT MaJOR - DÈS DÉCEMBRE 2021 - A-MAÉM L IÉOL RI O AR T IAOT N I O ENT ESTÉ C SU É CR U I SRAI S T IAOT N I O DNU DCUH CE H MEI M N I -N - AMÉLIORATION ET SÉCURISATION DU CHEMIN -

de qualité tout au long de la Le voici, le voilà! 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conséquent, fut remplacé par le téléski des Planards.

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société

Magic Pass

invente le club de fidélité des montagnes

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alable en hiver dans 40 destinations, Magic Pass offre un accès illimité aux remontées mécaniques et au grand air des montagnes pour un prix très avantageux. Depuis le printemps 2017, il fait partie des cartes qu’il faut avoir dans son portefeuille! Depuis le 27 octobre 2020, chaque détenteur de Magic Pass peut devenir membre du club de fidélité BeMagic. De quoi s’agitil? Comment fonctionne ce club et quels en sont les avantages ? Une app et un club Il existe une app gratuite Magic Pass et un club de fidélité qui permet de récolter et de dépenser des points. Être membre du club est toujours gratuit. Téléchargez tout d’abord l’app, puis entrez une ou plusieurs cartes de crédit dans un écran prévu à cet effet (précision: l’app ne prélève jamais d’argent, aucun risque de ce côté-ci). C’est fait, vous êtes BeMagic ! Désormais, à chaque fois que vous utiliserez Magic Pass pour vos loisirs, vous cumulerez des points. «Mais pas que»… L’avantage de plus, c’est que le club vous permet de récolter des points pour chaque achat chez les commerçants listés dans l’app : 1 franc dépensé rapporte au minimum 1 point. En payant vos achats avec une des cartes enregistrées dans l’app, vous cumulez des points sans avoir besoin de présenter Magic Pass ou une autre carte au commerçant. Il vous suffit de régler vos achats avec votre carte de crédit enregistrée, qui devient votre carte de fidélité !

vez consulter dans l’app. Que faire avec ces points? Profitez de vos journées normalement, l’app s’occupera de vous proposer de l’argent en retour après chaque achat: le cash back. Il s’agit d’une somme d’argent reversée sur le compte bancaire de votre choix. Ce montant dépend de votre solde de points et du dernier ticket de caisse payé chez l’un de nos partenaires. Un exemple concret Imaginons que vous ayez cumulé 500 points en skiant. Vous achetez par exemple une paire de gants dans un magasin de sport que vous payez CHF 100.-. L’app ajoutera 100 points à votre compte. Automatiquement. Vous aurez désormais 500 points + 100 points = 600 points. Sans que vous n’ayez rien à faire, l’app vous proposera de vous reverser le montant de CHF 12.- sur votre compte bancaire (l’équivalent de 600 points). À vous de choisir ! Si vous avez Magic Pass, profitez de devenir membre du club, récoltez des points et récupérez de l’argent en retour de vos achats … vous ferez des économies. L’app propose d’autres fonctionnalités et évolue en permanence dans le temps, pour répondre au mieux aux attentes des clients Magic Pass. Pour la découvrir, passez par Google Play Store ou Apple Store, ou bien rendez-vous sur la page www.bemagic.ch ! Martin Hannart, Chef de projet BeMagic by Magic Pass

Des points = de l’argent en retour Participez au club et vos points se cumulent sur votre compte, que vous pou-

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poème

Des mots vendangés à la plume

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n coffret, un muret, un lézard, des feuillets : Catherine Zufferey-Ballestraz nous invite à une douce rêverie avec un recueil de poèmes illustrés dont les « mots ont été vendangés à la plume. » Tous les poèmes ont un seul et même thème: un lézard, et le muret dans lequel il vit. L’histoire de ces poèmes ressemble à un conte chinois. Ecoutez plutôt le récit de Catherine:

« J’adore les lézards, ils me fascinent. Ils ont cette beauté qui surprend et fait fondre irrésistiblement, débusquent le sourire de l’attendrissement, sont curieux et pourtant furtifs, d’une agilité et d’une perfection incroyables même lorsqu’ils sont encore bébés et donc minuscules. Les lézards, c’est la lumière chaude et dorée de la belle saison. J’aime la manière dont ils prennent le soleil, ainsi que, par exemple, cette capacité qu’ils ont de faire repousser leur queue, cette seconde chance que j’évoque dans un des poèmes. Cet amour pour les lézards a connu un jour une sorte d’apogée, grâce à une rencontre à la fois anodine et privilégiée, étrangement intense et pourtant tellement douce… J’étais partie à 7h30 pour travailler à la bibliothèque et à mon arrivée on m’a informée qu’une panne générale du réseau nous empêcherait de travailler sans doute jusqu’au lendemain. Je suis rentrée, me suis assise sur ma terrasse et un moment de panique m’a traversée : qu’allais-je faire de cette journée ? J’ai toujours besoin de me projeter, d’agender, de cadrer un peu mon temps selon un programme, bref d’être, disons, plutôt structurée, efficace. Ce jour-là, j’ai été surprise, déstabilisée par cette vacance, cette disponibilité totalement imprévue. Finalement, ça de-

vrait arriver plus souvent ! Effectivement, quelques minutes plus tard, je me suis dit: mais je suis folle de paniquer pour ça, c’est juste magnifique de me retrouver devant une journée complètement vierge de tout projet ! A ce moment précis, un lézard est passé sur le muret de pierre sèche, à ma gauche. J’ai ressenti une cascade d’émotions et une espèce d’urgence m’a poussée à rentrer et fouiller dans mes tiroirs : il me fallait de quoi écrire ! Le premier mot, la première phrase ont jailli, coulé et ça ne s’est plus arrêté, jusqu’à ce qu’il fasse nuit. Quasiment tous les textes du recueil ont été écrits au cours de cette seule journée, du moins leur premier jet. C’était une abondance presque magique. » Le vide soudain de la journée avait créé une rupture dans l’ordre de Catherine, une fissure dans sa réalité à la mécanique bien huilée. Et cet interstice avait ouvert un espace où se sont engouffrées la liberté et la poésie. Le barrage a cédé et un flot de mots a surgi.

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Les poèmes sur le lézard sont brefs comme des haïkus japonais. Ce sont des poèmes de l’instant. Drôles, légers, surprenants, incisifs. Des mots qui racontent l’incroyable monde du muret et de ses habitants. Ce qui semblait petit et banal (comme un muret) est désormais un vaste pays peuplé d’images et d’aventures : « Dans l’océan de pollens et sédiments / Qu’un tourbillon d’air clément / Amasse / Au fond de la terrasse / Un lézard pagaie / Cap droit sur le muret / Rien ne l’effraie. » Les phrases de Catherine parlent aussi de nos vies. Le lézard devient alors une sorte de maître bouddhiste : « Tel un lézard sur le muret / Trouver son accord avec le monde / Sans quêter plus loin / Sans philosophie / De long chemin. » Ce petit animal, tel un mage, transfigure tout et fait naitre du vide un univers : « Sans le lézard / Le muret n’est que muret / Avec / Il est royaume. » La fille de Catherine lui avait ramené un carnet artisanal d’un voyage et c’est sur


accrocher un ou deux au mur. Rien ne l’oblige à lire de A à Z, il papillonne, se promène, file, revient, pioche, butine à sa guise, laissant les phrases s’envoler ailleurs ou réintégrer la liasse. C’est une forme de lecture légère et libre, des textes sans calibre ni carcan. Un autre aspect de cette création est le coffret, décliné en vert ou en carmin, dans lequel sont réunis ces poèmes. Un coffret illustré original, attirant, agréable à toucher comme à manipuler, fabriqué aux ateliers St-Hubert de Sion : ce sont des ateliers protégés où travaillent des adultes qui ont besoin d’un coaching particulier, soit parce qu’ils ont un handicap mental, psychique ou physique, soit parce qu’ils sont en réinsertion sociale. Salariés, ils effectuent un travail sur mesure, selon demande, et impeccablement soigné. Bien sûr, commander des coffrets chinois sur internet aurait été moins coûteux ! Mais auraient-ils eu cette « âme » qu’ont su leur insuffler ces artisans ? Sur chaque feuillet, de grandes lettres, tracées à la main à l’aide d’une plume trempée dans l’encre. Une écriture unique, créée exclusivement pour ce recueil, sur les conseils avisés d’une sœur calligraphe enseignant les bases de la calligraphie dans un monastère proche du Léman, où Catherine a eu la chance de passer

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ces pages écrues qu’ont été « saisies » pour la première fois les histoires du lézard. Quelques mois après, il a paru logique à la poète de lui offrir en retour ce même carnet, mais cette fois rempli de mots ! « Maman, j’adore, tu ne veux pas les publier ? » L’idée n’a pas fait son chemin tout de suite. C’est le premier confinement qui l’a fait passer de graine dormante à petit germe plus ambitieux ! Passer par un éditeur, un diffuseur, … n’a cependant pas tenté Catherine, qui a préféré rester totalement affranchie des pressions, influences ou dictats du commerce du livre, qui définissent ce qui marchera ou pas, ce qui se vendra ou pas, ce qui plaira ou pas. Elle a choisi de réaliser ce projet elle-même, du début à la fin, de l’écriture jusqu’à l’objet, et même jusqu’à sa vente. Un tout modeste tirage : 200 exemplaires, sur un papier cartonné de qualité et de caractère, par les soins d’un imprimeur de Sion amoureux du beau travail. Le format est original, chaque poème étant couché sur un feuillet non relié aux autres. Il n’y a pas vraiment de classement défini, même si une table des matières en propose un sans pour autant l’imposer. Au fil de la lecture, un poème remplace l’autre sur le dessus de la pile : le recueil est vivant, en transformation permanente, et l’ordre des feuillets indépendants les uns des autres reflète notre humeur du moment. Le lecteur peut, s’il le désire, en offrir un à quelqu’un, ou en

un peu de temps : « Ne t’astreins pas à apprendre pendant des années l’onciale ou la gothique, aussi merveilleuses soientelles, c’est trop exigeant, trop réglementé pour toi, autorise-toi à inventer ta propre écriture, amuse-toi, reste dans la joie sans froncer les sourcils ! » Catherine s’est donc amusée à créer les majuscules et les minuscules de « son » alphabet… « La difficulté au début, explique-t-elle, c’était d’acquérir le réflexe de cette nouvelle écriture, disons un peu plus artistique. « Je galopais parfois trop vite le long des lignes et retombais par mégarde dans mon écriture du quotidien, mais c’est venu progressivement, ça a été un apprentissage de la concentration sereine, de la lenteur, presque une forme de méditation, ou en tous cas de tranquillité intérieure qui se propage dans la main. Ensuite, je me suis laissée aller à quitter les lignes pour oser la voltige fantaisiste des calligrammes ! » En effet, la plupart de ces poèmes sont faits de mots qui dessinent leur parcours propre, cheminent en spirales, en diagonales, en cercles ou demi-lunes, en rayons… Les phrases ondulent, zigzaguent, remuent et s’enroulent comme des bêtes vivantes sur chaque page. Elles refusent les cadres et la docilité codifiée, dansent, expriment leur sauvagerie première. Leurs formes ne sont pourtant pas uniquement fruits du hasard : elles incarnent une image, une idée ou un sens du poème. Par exemple, les phrases d’un poème évoquant un nouveau-né dessinent un hochet : « Nouveau-né prématuré, un lézard en couveuse / Dans la fente chaude du muret. » Celles d’un autre se courbent pour esquisser deux oreilles : « Tu peux bien parler au muret / Aux lobes des feuilles/ Aux coroles-paraboles / Mais… sans le lézard pour / Traduire, t’introduire / Qui t’écouterait, qui te comprendrait ? » Un lien est ainsi instauré entre la forme du texte et son contenu, son sens. On finit par regarder les pages comme autant de cartes au trésor dont le secret est à déchiffrer. Qu’on est loin d’une typographie classique avec des lettres alignées au garde-à-vous comme des soldats ! C’est en cours de route que Catherine a eu l’idée d’inviter sa collègue et amie, l’artiste de Chandolin Irène Duvaud, à mettre sa


touche au coffret. Les illustrations de cette dernière, tout en délicatesse, confèrent une dimension supplémentaire magnifique à certains textes. Catherine, responsable de la bibliothèque d’Anniviers à Vissoie, a déjà publié plusieurs ouvrages pour les enfants ainsi qu’une dizaine de romans pour adultes : « Un roman, c’est généralement un accouchement dans la douleur, ça te prend au fond des tripes et ça dure des mois, voire des années. C’est très envahissant dans ta propre vie. Ces poèmes, par contre, c’était du pur plaisir, une relation très libre et douce à l’écriture. J’ai adoré ces moments de création spontanée. » Pauline Archambault

Les personnes intéressées par le coffret Pour prendre le soleil, auto-édité au Creux d’Eau Douce en été 2021, peuvent contacter Catherine par téléphone au 078 659 31 81 ou par mail à : catherinezufferey@hotmail.com

Galerie du Raccard, St-Luc François Hotz

«Forêt-s / Hiver 21»

Techniques mixtes Du 18 février au 6 mars 2022 Vendredis, samedis et dimanches de 16h00 à 19h00 Musicien de profession, François Hotz a participé activement à la vie musicale de son canton et de sa ville d’origine : Neuchâtel. Violoncelle solo au sein de son orchestre de chambre, professeur au Conservatoire, chargé de mission, il est engagé, de 2007 à 2012, en tant que directeur du nouveau Conservatoire cantonal de musique neuchâtelois. Il s’adonne ensuite à la peinture, dans son atelier de Chandolin où il vit désormais. Une première exposition en Valais lui est consacrée, à l’été 2016, à la Tour d’Anniviers de Vissoie puis une deuxième, en 2019, la galerie du Raccard de St-Luc.

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culture

Des débutants jouent pour des festivaliers

n août dernier, quatre représentations du spectacle La vitesse de la lumière ont été jouées en Anniviers. Elles se déroulaient pour commencer dans des caves de Vissoie, puis sur le plat adjacent à la chapelle de St-Jean. Elles ont attiré des gens de la région ainsi que des spectateurs, venus de plus loin, dans le cadre du far° (festival des arts vivants de Nyon), principal organisateur de la manifestation. La COVID-19 a repoussé d’une année ce spectacle prévu initialement en août 2020. Ce fut peut-être un mal pour un bien. En effet, après plus d’un an de disette et d’enfermement chez eux, les habitants d’Anniviers ont eu plus de motivation à prendre part à un projet, somme toute, pas très clair pour la plupart. La performance proposée à la population anniviarde à la fin 2019 était demeurée assez vague, malgré les explications du metteur en scène, Marco Canale, et des représentantes du far°. Un saut dans l’inconnu, voilà ce qui était demandé. C’est ce qu’ont eu le courage de faire, malgré un délai très court, tous les participants à cette expérience originale. Ils ont eu bien raison, puisque celle-ci s’est révélée particulièrement fructueuse, tant sur le plan personnel et relationnel que sociétal et mémoriel. Le metteur en scène et son projet Pour élaborer la version suisse d’un projet qu’il a déjà mis en scène en Argentine, en Allemagne et au Japon, Marco Canale a résidé par trois fois dans notre région. Il a rencontré ses habitants, avec qui il a parlé origines et traditions locales, liens à la terre et aux animaux, souvenirs et vie quotidienne. De toutes ces rencontres, Marco

La joyeuse troupe !

Canale a tiré de quoi créer un spectacle entremêlant réalité et fiction. Convaincu de l’importance de se pencher sur son passé pour comprendre le monde dans lequel on vit, Marco s’intéresse beaucoup aux témoignages des anciens. En effet, ceux-ci ont souvent un rapport plus fort au sacré, ainsi qu’aux rites qui rapprochaient les gens d’autrefois. Sa pièce, La vitesse de la lumière, est ainsi à chaque fois nouvelle : en lien avec le lieu où elle est créée, elle naît de l’amitié tissée, de l’envie de faire de l’art ensemble et du désir de parler du territoire. La préparation Après une longue recherche quelque peu difficile à mener, un groupe d’acteurs a été constitué, parmi lesquels plusieurs se lançaient dans le théâtre pour la première fois. Un groupe de chanteurs, un de joueurs de cors des Alpes ainsi que des fifres et tambours se sont réunis, chacun de leur côté, pour travailler sous les ordres du metteur en scène. La troupe d’acteurs a passé des heures et des heures à transpirer ensemble, durant des répétitions sans fin, au cours desquelles

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la tension a été souvent très élevée, mettant les nerfs à rude épreuve. Apprendre un texte alors qu’on n’a plus rien appris par cœur depuis des années, cela n’a rien d’aisé. Reprendre dix fois la même scène, parce qu’un geste, une position, un mot ont été modifiés, parce que les consignes du metteur en scène argentin n’ont pas été comprises, cela demande du temps, de la disponibilité, de la patience, de la confiance aussi. Surtout quand on ne voit rien avancer, quand on a l’impression qu’on n’y arrivera pas, qu’on ne sera jamais prêt à temps. Une difficulté supplémentaire venait du fait que Marco ne parle presque pas le français et s’exprimait généralement en anglais. Il fallait donc que quelqu’un servît d’interprète. Cela demandait encore davantage d’énergie et de concentration. Heureusement sont arrivées les répétitions avec tout le monde : le rassemblement des différents groupes, qui, auparavant, œuvraient indépendamment, a permis de découvrir enfin à quoi le spectacle allait ressembler. L’introduction des chants et des différents morceaux de musique a indéniablement enrichi la pièce. Elle lui a donné plus de corps et a élevé le niveau d’émo-

© album privé

E


Au générique Metteur en scène : Marco Canale Production : Marco Canale, far° Nyon ; SMArt Chargée de projet : Carine Antonio Jean : Gérard Revey et Tristan Kaufmann Pauline : Morgane Solioz Thérèse, la femme de Jean : Alexine Guinchard François, le fils de Jean : Isabelle Clivaz Savioz Isabelle, la mère de Pauline : Isabelle Clivaz Savioz Les âmes : Brigitte Antille, Anne-Brigitte Meyer-Genoud, Isabelle Raboud-Genoud, Régis Theytaz Le demandeur d’asile sri-lankais : Thusitha Fidji, la vache de Pierre Abbé Accompagnés d’une trentaine de chanteurs des chœurs d’Anniviers, de joueurs de cors des Alpes, de fifres et tambours ainsi que d’un batteur et d’un musicien professionnel. Les représentations Les heureux spectateurs de cette pièce originale ont été accueillis sur le parvis de l’église de Vissoie, avant d’être séparés en petits groupes et conduits dans diverses caves du village. C’est là en effet que débutait le spec-

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Jean répète les mots patois de son enfance

La suite La vitesse de la lumière a vu se rencontrer des personnes d’origines et de générations différentes, qui, autrement, n’auraient probablement pas eu l’occasion de faire connaissance. Quelques semaines après la fin de cette expérience, j’ai eu l’opportunité d’assister aux retrouvailles d’un certain nombre d’entre eux. Ils ont évoqué avec satisfaction, et peut-être une pointe de nostalgie, le succès rencontré par le spectacle. Ils ont raconté aussi le stress, la nervosité, le découragement qui les avait saisis presque tous à un moment ou à un autre durant la préparation. Mais ils ont surtout témoigné d’une chose évidente à leurs yeux : les liens noués entre eux sont très forts et appelés à durer ! Pourquoi – pour quoi ? J’ai échangé à tour de rôle avec Morgane, Tristan et Gérard. J’étais curieuse de connaître leurs motivations à participer à un tel projet, leur expérience et leur bilan. Voici un condensé de ce qu’ils m’ont dit. Honneur au plus âgé : Gérard Revey, 1934, Mayoux « J’ai rencontré Marco en novembre 2019 avec le groupe des Cafés patois. Il nous a alors expliqué le thème de son spectacle. Il a parlé des vaches et du patois et cela m’a rappelé mon jeune âge. Et puis j’ai toujours été intéressé par l’Argentine depuis qu’un ancien de Mayoux, qui y avait vécu quelques années, m’en avait parlé. J’aime être occupé, sortir de la maison.

L’histoire en quelques lignes Jean vit seul au village avec sa vache. Il est veuf. Son fils, avec qui il est en profond désaccord, est parti il y a longtemps. Sa petite-fille, Pauline, étudie à Genève. Ils n’ont guère de contacts. Cependant, les âmes de ses proches décédés ne sont jamais bien loin de Jean. Ces âmes parlent entre elles, elles évoquent leur vie d’antan et commentent les faits et gestes de Jean. Un matin, celui-ci téléphone à sa petitefille et lui demande de venir le voir avant qu’il ne soit trop tard. Pauline ne va pas bien du tout depuis la mort de sa mère. Elle décide d’aller retrouver son grand-père en Anniviers. Accompagnée de Reinon, la vache, elle fera avec lui un voyage, le dernier pour Jean, qui les conduira aux abords du glacier, lieu de repos des âmes des défunts.

tacle. Des participants avaient écrit chacun un texte personnel, racontant quelque chose de leur vie. Ils demandaient à des gens du public de le lire à haute voix, puis, en remerciement, ils chantaient un air de leur choix. L’intimité du lieu et la force des témoignages lus provoquaient une plongée immédiate dans le monde des émotions. Les gens avaient le temps de reprendre leurs esprits durant le voyage en bus qui les menaient ensuite au village de St-Jean, où un apéro les attendaient. Enfin le théâtre lui-même commençait. Installés sur des bottes de paille ou des bancs, les spectateurs entraient dans un monde où les morts sont au milieu des vivants, où l’évolution de la société se fait aussi dans la souffrance, où on perd parfois plus qu’on ne gagne. Les âmes racontent la dureté de leur existence passée, la disparition d’un mode de vie. Elles donnent leur avis sur les transformations auxquelles elles assistent. L’intérêt du metteur en scène pour la vraie vie entraîne la mise en valeur d’épisodes (auto)biographiques que les acteurs, pour la plupart débutants, racontent au public : des épisodes d’une grande intensité, essentiels, voire fondateurs dans la vie des acteurs. Quelle force dans ces témoignages sans pathos, presque sereins. Même les tortures subies par Thusitha sont évoquées avec une sorte de douceur. De tout cela résultent l’émotion, la larme qui coule sur une joue, les yeux qui brillent davantage, le mouchoir qui permet de respirer plus librement, après usage. Ayant suivi l’évolution du projet depuis ses débuts, je me suis réjouie d’en découvrir le résultat. Je n’ai pas été déçue. Bien au contraire. Ce que je retiens avec le plus d’acuité maintenant encore, c’est l’enthousiasme, la fierté et la joie qui habitaient tous les participants à la fin de la représentation. Cela s’est traduit par un picoulet rondement mené par Danielle Caloz, auquel tout le monde, acteurs et spectateurs, a pris part dans la légèreté sereine qui suit parfois les grands moments d’émotion.

© Arya Dil, far° Nyon 2021

tion. Là sont apparus, clairement et dans leur entièreté, la perception que Marco Canale avait eue d’Anniviers et le message qu’il voulait transmettre au public.


Puis à la demoiselle : Morgane Solioz, 2000, Sierre, originaire de St-Jean et St-Luc « Pendant le confinement l’an dernier, j’ai découvert une annonce sur internet qui demandait une jeune fille d’environ vingt ans pour ce spectacle. J’ai pris contact. On m’a rappelée au printemps dernier. J’étais très intéressée, mais pas sûre de pouvoir participer à cause de la formation que je suis. J’ai donc hésité. Comme ils n’avaient trouvé personne d’autre et que je pouvais m’organiser avec mon travail, j’ai accepté. J’étais vraiment intéressée, car j’ai toujours voulu faire du théâtre, mais je n’avais jamais eu du temps pour ça. Finalement, c’est arrivé au bon moment. En plus, la pièce parle de ma vallée, dont je ne connaissais pas grand-chose ayant grandi à Berne. Je suis aussi intéressée par le patois, que j’ai entendu dans la bouche de mon arrière-grand-mère de St-Luc quand j’étais toute petite. C’était donc l’occasion d’en apprendre un peu plus sur mes racines. J’ai toujours eu une âme d’artiste. J’écris depuis mes onze ans, j’ai fait une formation de graphiste et j’étudie maintenant à la Haute Ecole d’Art du Valais. Vivre cette première expérience dans le théâtre m’a permis de voir que c’était accessible. Cela me fait envisager de faire de la mise en scène plus tard. Créer une œuvre en collaboration m’a nourrie. Il y a eu beaucoup d’échanges avec Marco, qui a très vite

vu que j’étais attirée par ce domaine. Je l’ai secondé en apportant des côtés suisses à son œuvre, par exemple pour le choix de certaines expressions. Cette expérience a été extrêmement prenante, tant au niveau du temps que du stress. Mais j’ai toujours gardé confiance que cela donnerait quelque chose. Ce cheminement m’a fait beaucoup de bien. À l’intérieur de la troupe il n’y a pas eu de conflit, car tous étaient des amateurs bénévoles, bienveillants et pleins de solidarité. Vivre et partager quelque chose de fort a créé un lien incompréhensible avec ces personnes, qui ont accompagné ma propre évolution. Cela m’a donné foi en l’humanité et ça donne du sens au mot communauté. » Enfin au plus « professionnel » : Tristan Kaufmann, 2001, St-Luc « Je suis une formation à l’Ecole de Commerce et de Culture Générale de Martigny, option théâtre. J’ai reçu un appel de la comédienne Anne Salamin, puis Carine Antonio, la coordinatrice du projet m’a donné tous les détails. J’ai accepté de jouer Jean jeune. C’était trois semaines et demie avant la première. Cela m’offrait une opportunité d’accroître mon expérience dans le théâtre. De plus, la pièce parle de personnes de notre vallée, cela m’a plu. Participer à ce projet m’a prouvé une fois de plus que le théâtre est vraiment le chemin que je dois suivre. J’ai beaucoup apprécié les contacts avec les autres membres de la troupe. D’ailleurs ces contacts se poursuivent. J’ai tout de suite créé un lien très fort avec Gérard, qui joue le même personnage que moi. Il représente une génération qui a tant à raconter. Comme j’ai déjà joué plusieurs rôles au théâtre, je n’ai pas été déstabilisé par le projet et le peu de temps à disposition pour me préparer.

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© Arya Dil, far° Nyon 2021

C’est bon pour la santé. Au début, j’étais un peu hésitant, puis cela m’a plu. Cela m’a fait rajeunir. J’avais peur d’apprendre le texte, même si c’est bon pour les neurones, mais la relation avec Tristan m’a beaucoup aidé. Quel plaisir de travailler avec lui ! C’est un jeune homme plein de classe. Le plus difficile pour moi, c’était de parler devant un public, car je n’en ai pas l’habitude. Je me sentais émotionné. Regarder le ciel, ça m’a aidé. J’ai vraiment apprécié Marco, qui est un chic garçon, un type formidable et naturel. Il y avait beaucoup d’émotions quand nous nous sommes dit au revoir. Jean, mon personnage, correspond à la vie d’avant, il est une sorte d’emblème. De cette expérience je tire un bilan très positif. Beaucoup de gens ont apprécié et j’ai reçu un paquet de félicitations, qui m’ont fait vraiment plaisir. »

Morte et vivants, ensemble

Cette expérience est un plus qui vient s’ajouter à ma formation, sans que je puisse réellement l’évaluer. Elle confirme en tout cas mon intérêt pour le jeu, pas pour la mise en scène. Je continue à avancer sur le chemin qui me convient. » Le dernier mot revient à la directrice du far°, Véronique Ferrero Delacoste « Ce projet fut l’une des aventures les plus extrêmes que j’ai lancées. C’était un défi pour une structure installée dans le canton de Vaud de produire un spectacle en Valais, avec un metteur en scène argentin. Il a été difficile de relancer la machine après l’arrêt dû au coronavirus. Mais nous y sommes arrivés et j’ai de la reconnaissance pour l’engagement des gens à une période où ça n’est pas tellement à la mode. Finalement ce projet s’est révélé autant précieux pour les participants, Marco, le far° que pour le public. Après l’isolement, il fait prendre conscience de la valeur des choses simples. Pour chaque être humain, l’essentiel c’est le lien. Il n’a pas besoin de spectaculaire, mais de temps et de rencontres. Suite au spectacle, il y a eu de nombreux retours positifs. Les gens étaient touchés émotionnellement, car le thème est universel. L’expérience fut donc une réussite. » Janine Barmaz

L’émission Nouvo de la TSR a consacré une vidéo au projet : https://www.youtube. com/watch?v=cAMIdz4USkI


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patrimoine

Cinquante ans de passion pour l’étable de Vissoie

C

’est le titre de la brochure éditée pour cette noble occasion. Cinquante ans, un demisiècle, la maturité bien installée, étape où de nouvelles questions surgissent, où des décisions importantes doivent se prendre pour un futur difficilement prévisible. Le retour aux produits de proximité, à l’élevage local, la revalorisation des richesses de la terre devraient favoriser la dynamique en cours à l’étable en consortage de Vissoie. Un panel de personnalités a participé à cet important document, qui constitue une pierre dans l’édifice historique de notre vallée. Des tractations difficiles du début de l’avant-projet à la réalisation de l’étable, que de doutes, de questions, de recherches de solutions, de discussions parfois très animées entre les membres fondateurs et les consorts. Une telle aventure ne peut se conduire sans moments compliqués, sans controverses. Mais le résultat a été à la hauteur des espoirs et l’étable a été inaugurée en octobre 1971. On sait bien que l’agriculture de montagne souffrait beaucoup à cette périodelà, elle était en état de survie. La construction des étables doit son émergence à une réaction forte du futur conseiller d’Etat Guy Genoud qui, en visite dans notre vallée dans les années soixante et constatant l’état désastreux des belles prairies de fauche à l’abandon fit part du constat suivant : si les Anniviards n’étaient pas capables de faucher leurs prés, comment voulaient-ils développer un tourisme de qualité pour leur vallée ? Anecdote fondatrice rapportée par Urbain Kittel.

Cette sentence claqua comme un coup de fouet, les actes concrets se sont alors succédé. L’étable de Grimentz, la première fut inaugurée en automne 1969, deux ans avant celle de Vissoie. En 1972 a vu le jour celle d’Ayer, en 1974 celle de Chandolin, en 1975 celle de St-Jean, celle de Mission en 1976 et enfin, celle de StLuc en 1988. Rémy Epiney, Euchariste Massy et Marc Melly ont constitué le comité d’étude de l’étable de Vissoie, les mêmes ont fonctionné au premier comité de 1971. Cinquante ans plus tard, ce sont Gérard Monnet, Didier de Courten et Justin

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Monnet qui assument cette fonction. Et trois personnes voguent sur ce bateau depuis le début : Rémy Epiney, Urbain Kittel et André Melly. Le rôle des femmes Eh oui, je vous vois venir, mais où sont les femmes ? Comme souvent à cette période, elles étaient bien là, à l’arrière, non pas calfeutrées, mais assurant l’intendance, soutenant bien souvent la passion de leur homme. Solange Melly a toujours accompagné, supporté, aidé son époux. Irma Epiney a baigné dans le milieu paysan et poursuivi ce parcours dans l’étable en consortage, complétant l’implication


Sigfroid Bonnard, Jean-Bernard Epiney, Jean-Claude Massy, Rémy Epiney, Urbain Kittel, André Savioz, Marc Melly, André Melly, Prosper Zufferey, Serge Abbé

de son Rémy. Quant à Lucie Savioz, elle a immortalisé la plupart des mélanges des étables et des alpages avec sa caméra 8mm, puis VHS, documents précieux. L’une des deux conseillères communales d’Anniviers est responsable du dicastère de l’agriculture. Peut-être jouera-t-elle le rôle de coach, de conseil, de soutien pour une future femme responsable d’étables en consortage ? C’est mon souhait. Les vachers Ces personnages, si importants pour la bonne marche de l’étable, ont été particulièrement fidèles. Trois ont rempli ce rôle en cinquante ans, c’est remarquable. Louis Pralong, d’abord, de 1971 à 1978, puis Sylvain Zufferey, qui l’a remplacé jusqu’en 2010 et, depuis lors, c’est Gabriel Venacio qui œuvre à ce poste. Il redoute de prendre un congé, de peur que ses protégées souffrent d’un bobo en son absence, c’est dire l’estime qu’il porte à son travail et à ses protégées. Une belle diversité de thèmes La brochure passe en revue plusieurs aspects : l’évolution du cheptel, les reines de l’étable, les étables privées, les consorts, le regard du sociologue, la diversification de l’agriculture, le futur de l’étable. Les divers auteurs nous font part de leurs considérations de l’intérieur, sans concession. Les côtés négatifs de l’aventure ne sont

pas occultés. Et même si on a surnommé les consorts « paysans du dimanche », le temps leur a donné raison : se mettre ensemble pour s’en sortir, quoiqu’il en coûte. Car la charge financière était lourde, pas à la portée de tous. Les points de vue abordés représentent bien sûr un morceau d’histoire de chez nous, que chacun espère inscrire dans la continuité encore pour longtemps. Pour Didier de Courten, l’élevage permet une transformation artisanale des produits de haute qualité, locaux et vrais, celle-ci répond à l’évolution des demandes des consommateurs d’ici et d’ailleurs. La fromagerie d’Anniviers est fournie exclusivement en lait de notre vallée, provenant de 6 étables et de 6 producteurs indépendants. Le fromage est fabriqué à base de lait cru et entier, travaillé dans des cuves en cuivre et affiné sur des planches d’épicéa. Il est régulièrement noté 19 sur 20 par l’interprofession Raclette du Valais AOP. Quoi de plus normal ? Nos vaches profitent d’un pâturage floral exceptionnel. Concernant la viande, le label Fleurs d’Hérens assure une qualité d’exception. Liens entre les générations A l’occasion de ce bel anniversaire, des échanges chaleureux entre la nouvelle génération de consorts et les anciens sont relatés dans la brochure. Elodie de Courten et Urbain Kittel croisent leurs re-

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gards et leurs ressentis ; Alexandre Crettaz écoute André Melly qui pense qu’on peut « connaître le caractère d’un homme en fonction de sa relation avec son bétail ». Jérôme Savioz retient l’ambiance d’un temps décrit par son grand-père André. Justin Monnet relate sa passion née pour les Hérens depuis ses 11 ans et entend Rémy Epiney qui comprend que les enfants des consorts ne peuvent pas tous assumer la suite à l’étable. Quant à Johan Vianin, il fait connaissance avec Georges Theytaz, responsable pendant 10 ans de la gestion administrative et comptable du consortage. Cette rencontre a été positive pour Johan, quand Georges affirme que l’étable a contribué au maintien de la centrale laitière, de l’abattoir et encouragé les artisans bouchers et traiteurs. Le mot de la fin Il revient à Aimé Bonvin, le rassembleur des participants à la brochure marquant l’alerte cinquantenaire, « une histoire humaine, une histoire de passions ». Mais, affirme-t-il « la flamme est restée pour une cause qui va à l’encontre des valeurs de rentabilité… ». Cinquante ans d’une aventure qu’une équipe de rédaction motivée a contribué à finaliser, grâce aux encouragements indéfectibles d’Urbain Kittel. texte Simone Salamin photos privées de la brochure


évasion

enviedebouger.com Balade à Port-Louis

P

ort-Louis, petite commune bretonne du Morbihan porte en elle l’histoire d’un essor rapide. Sauf que cet essor, ce n’est pas le sien ! En effet, sans Port-Louis, Lorient n’existerait pas.

Une histoire espagnole Et oui, ce petit bourg situé à l’embouchure du Blavet, d’une superficie plus que modeste, environ 1 hectare, possède une histoire des plus rocambolesques ! A la fin du XVIème siècle, le royaume de France est en guerre civile. D’un côté, les partisans du roi Henri IV, protestant. De l’autre, les membres des ligues catholiques, soutenus par le roi Philippe II d’Espagne. C’est dans ce contexte troublé que commence l’histoire moderne de Port-Louis. Le lieu, fort stratégique, possède déjà une forteresse. Occupée par les Espagnols, elle est finalement détruite en 1588 suite à la défaite de la ligue catholique. L’histoire de Blavet (c’est comme cela que se nommait le lieu) aurait alors dû s’arrêter là. Mais c’était sans compter sur la volonté d’un autre souverain. Louis XIII et son ministre Il est une chose que personne ne remet en cause, c’est le sens commercial du cardinal de Richelieu, ministre de Louis XIII. Nous sommes maintenant en 1618, le royaume de France retrouve une certaine stabilité et Richelieu engage Louis XIII à redonner le statut de ville royale à Blavet, cette petite bourgade qui en avait déjà tant vu. Louis XIII lui accorde ce statut privilégié et décide de faire de Blavet un port de commerce. La citadelle est reconstruite, fortifiée et la ville, fraichement renommée Port Louis en hommage au souverain, devient un port

de commerce florissant. La citadelle est terminée en 1642 et protège très efficacement la rade de Port-Louis. Tellement efficacement que la Compagnie Française des Indes Orientales, qui commerce avec l’Asie, décide de s’implanter dans la rade. En face de Port-Louis. C’est ainsi qu’est née la ville de Lorient !

C’est encore dans cette position qu’on la retrouve aujourd’hui, face à la mer et digne dans son rôle de gardienne. Cette citadelle est une merveille, un bijou d’architecture défensive. Elle abrite aujourd’hui, clin d’œil ironique de l’Histoire, plusieurs musées dont un consacré à la Compagnie des Indes !

Victime de son succès Très vite l’arrivée de la Compagnie des Indes dans la rade sonne le glas pour Port-Louis. Le port de Lorient (alors L’Orient) est créé et supplante très rapidement le port de commerce voulu par Louis XIII. Port-Louis se contente d’un rôle de gardien de la rade. La citadelle est de nouveau restaurée par Vauban qui fait quelques ajouts. Parée de ses tourelles, elle regarde l’essor grandissant de sa voisine et rivale de l’autre côté de la rade.

Port Louis est un endroit très agréable, le petit port de Locmiquilic est un écrin et la côte incite à la promenade ou au farniente sur la plage de sable fin.

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Si vous passez du côté de Lorient, ne ratez pas cet endroit à qui l’Histoire a fait tant de clins d’œil ! Texte et photo Yanis Chauvel DR Enviedebouger.com


Notre histoire.ch

patrimoine

par Michel Savioz de Vissoie «Le bus à Chaudet» le 23 mars 1966

VISSOIE - Un jour de janvier 1965, le Conseiller Fédéral Paul Chaudet trouva une curieuse lettre sur son bureau du Palais Fédéral. Laborieusement écrite sur des feuilles de cahier d’école, elle était signée sur quatre pages par tous les garçons de Vissoie, le calme et sympathique village du Val d’Anniviers. Sur un ton respectueusement direct et confiant, les jeunes Valaisans expliquaient au Chef du Département militaire qu’on les avait dotés d’une belle patinoire naturelle, qu’ils se débrouillaient pas mal en hockey sur glace, mais qu’ils éprouvaient de sérieuses difficultés à déplacer leurs équipes de juniors, novices et minimes, à cause des frais élevés de transports. Ils demandaient à M. Chaudet un « coup de main » pour qu’ils puissent acheter à bon compte un petit car VW tel que l’armée en liquide périodiquement. Pas un moment mes Jeunes amis ne doutèrent que M. Chaudet leur répondrait. J’avais joint à leur lettre quelques lignes d’explications. C’est ainsi que je reçus la réponse de M. Chaudet remerciant les garçons de Vissoie pour leur témoignage d’affection et de confiance et les informant que, par le même courrier, il donnait des instructions au Parc Automobile de l’Armée à Thoune, afin qu’une solution satisfaisante soit apportée à leur problème. Quelques Jours plus tard, le Col. Keller, de Thoune, m’annonçait qu’il se faisait un plaisir de mettre à disposition de mes jeunes amis un bus VW au prix exceptionnel de Fr 800. C’est alors, qu’autour de ce petit véhicule se déclencha une véritable réaction en chaîne, de gentillesse, de compréhension, de générosité. Tout d’abord, les porte-monnaie des papas, des oncles, des parrains s’ouvrirent, et, en quelques

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Qui se souvient du «bus à Chaudet»?

jours les garçons réunirent Fr 1’000, un mécano italien conduisit le petit bus par le col du Pillon jusqu’à Vissoie où les garçons l’attendaient depuis des heures. Le garage de M. Michel Melly se chargea gracieusement de la révision. Un Jeune carrossier de Sierre, M. Roland Jossen, sacrifia de nombreuses heures pour remettre la carrosserie en parfait état. MM. Bovier et Revaz, de la Carrosserie de Chippis firent aux garçons un magnifique cadeau en mettant à leur petit car une belle robe aux couleurs de la société sportive, orange et blanc. Puis M. Jean Rouvinet, le peintre décorateur sierrois bien connu y ajouta l’inscription et peignit un hockeyeur sur les portes de devant. Cet hiver on a pu voir le pimpant petit véhicule filer sur les routes du Centre et du Haut Valais avec sa cargaison de bruyante jeunesse. J’ai longtemps hésité à écrire cette histoire, de peur qu’elle ne donne à de jeunes lecteurs l’idée de bombarder M. Chaudet de lettres analogues. Si je le fais quand même, c’est parce que cela me permet de remercier encore publiquement tous ceux qui

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ont ajouté un chaînon à la chaîne d’amitié qui s’est nouée autour de notre petit bus. Et aussi parce que tout cela ressemble à un conte de fées moderne où la bonne fée serait remplacée par un Conseiller Fédéral. Tout cela a commencé le jour où un garçon de Vissoie, laissant échapper un bout de langue soucieux, entouré de graves conseillers aux têtes brunes et blondes, écrivait au sommet d’une page : « Cher Monsieur Chaudet » Le Nouvelliste du Rhône, 23 mars 1966 Derrière, de gauche à droite: Simon Epiney-Michel-André Massy François Massy-Louis Martin Etienne Crettaz-Gaston Epiney Joseph Genoud-Gérard Epiney Dominique Crettaz Charles-Henri Melly Devant à gauche : René Massy-Olivier Florey Charly Bonnard-René Crettaz Henri-François Crettaz-Richard Amnann Bruno Florey-Gilles Rossi-Alain Epiney Bruno Theytaz-Jean-Bernard Epiney Patrice Theytaz.


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Comité de rédaction :

Pour soutenir la jeunesse sportive du val d’Anniviers

Fabrice Ganioz (Conseiller communal) Nicolas Droux (Président Ski Team Anniviers) Christian Caloz (Président FC Anniviers) Frédéric Pellat (Président HC Anniviers) Martin Hannart (Président Montagne Club Anniviers) Paolo Marandola (Imprimerie d’Anniviers sàrl) Rédaction : Pauline Archambault , Janine Barmaz, Simone Salamin Correctrice : Pauline Archambault Impression : Imprimerie d’Anniviers sàrl, Vissoie Remerciements : Commune d’Anniviers et tous les annonceurs Mode de parution : trimestrielle Tirage : 2100 exemplaires

Tarif : CHF 50.-/an (4 éditions) en Suisse et CHF 100.-/an à l’étranger. Adressez votre demande par e-mail à impa@impa.ch ou par courrier à Imprimerie d’Anniviers 4 Saisons d’Anniviers, rue de la Machigeaz 2 3961 Vissoie.

Des journaux sont à disposition dans les différents offices du tourisme d’Anniviers, dans les bureaux communaux d’Anniviers ainsi que dans la caissette située sur le bâtiment de la poste à Vissoie, à côté de l’entrée d’Anniviers Tourisme.

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N° 45 - Décembre 2021 by Les 4 Saisons d'Anniviers - Issuu