Skip to main content

N° 42 - Avril 2021

Page 1

pri n te m p s

© Centre scolaire d’Anniviers

NUMERO 42 | AVRIL ’21 | trimestriel

Mandala réalisé par les élèves du centre scolaire d’Anniviers


L’invitée Christiane Favre

« Jusqu’à mes quatre ans, mes parents habitaient Sierre. Une période de l’année que j’aimais bien quand j’étais enfant, c’était les vacances chez mes grands-parents au mayen au-dessus de St Jean. Je n’avais que trois ans la première fois que j’y suis allée. On restait deux ou trois semaines jusqu’à l’inalpe. Le jour de la Fête-Dieu, il n’y avait bien sûr rien là-haut, mais on entendait les cloches de l’église et les fifres et tambours… et ça me faisait un petit pincement au cœur ! Le dernier dimanche avant de repartir, ma famille montait nous rejoindre, ainsi que mes oncles et tantes et les cousins. C’était vraiment des moments fantastiques : on mangeait les produits que ma grand-mère avait fabriqués là-haut, il y avait la raclette, la tomme, le beurre et la crème au dessert. On jouait avec tout ce qu’il y avait autour de nous, sur le bisse à côté du mayen. On passait de bons moments, on n’allait pas très loin, mais on ne s’ennuyait jamais. L’été, on se revoyait pour faire les foins. Pour les adultes, c’était dur, mais pour nous les gamins, c’était des moments où on se retrouvait entre nous. Ma grand-mère est morte à 93 ans, et j’ai toujours eu avec elle quelque chose en plus. Ce qui a beaucoup changé dans la vallée depuis mon enfance, c’est l’ouverture au tourisme, le développement qui a suivi et qui a permis au val d’Anniviers d’être aujourd’hui ce qu’il est ! Lors de la fusion des communes, on m’a sollicitée pour entrer au comité du PLR. J’ai ensuite été conseillère municipale, jusqu’à fin 2020, par passion de la chose publique et pas par passion de la politique. Mon dicastère comprenait principalement la santé, le domaine social, le journal des 4 Saisons, la culture et la structure d’accueil. Pour accepter cette charge, il faut pouvoir dégager du temps et se consacrer à ça sans avoir trop de charges à côté, et aussi être capable de respecter ses collègues et d’accepter les critiques. Quand tu n’es pas dedans, tu ne te rends pas compte des contraintes qu’il y a, et des raisons pour lesquelles tu ne peux pas toujours dire oui. Quelquefois la commune n’a juste pas les moyens…. Et si la neige n’est pas déblayée au millimètre près, et bien prenons une pelle ! Il faut savoir expliquer les choses aux gens, être calme et positive. Ce qui m’a bien aidée, c’est que je suis de nature à voir le verre à moitié plein et pas à moitié vide. Mon souhait pour la vallée, c’est de pouvoir conserver et attirer une jeune population, qu’Anniviers ne devienne pas « une vallée

de vieux ». Le but de la commune est de se développer de façon à ce que la vie de famille y soit agréable. Et aujourd’hui on voit que le bénévolat se perpétue chez les jeunes, c’est génial ! C’est une richesse que l’on a. Durant la période où j’étais conseillère municipale, un moment difficile et lourd en émotions a été le débordement de la Navizence en 2018. On s’est sentis tellement petits et impuissants. On a été épargnés parce qu’il n’y a pas eu de pertes humaines, mais la destruction du terrain de foot, terminé ce printemps-là, et les

- 2 -


énormes dégâts le long du cours d’eau resteront gravés dans nos mémoires ! C’était un moment glauque.

3961 Vissoie www.kevinepiney.ch

Et pour terminer mon mandat, je suis très satisfaite de la mise en route du dossier de la construction d’un nouveau bâtiment pour la structure d’accueil. C’est un service indispensable pour garder les familles en Anniviers. J’ai aussi beaucoup appris en ayant la responsabilité du magazine des 4 saisons et j’ai surtout apprécié le comité qui m’a entourée, avec une pensée particulière pour Ursula.

Je suis reconnaissante envers tous ceux qui m’ont donné la possibilité de traverser cette étape de vie gratifiée de riches expériences ! » Propos recueillis par Pauline Archambault

Merci Christiane pour ces années passées à coordonner le magazine des 4 saisons, avec ton ouverture d’esprit, ta bonne humeur et tes délicieux petits plats !

ne manquez pas de visiter notre vinothèque

st-luc@13etoilespamvalais.ch www.achelli.ch

- 3 -


Éclairer nos villes à l’énergie 100 % durable.

OIKEN s’engage pour le développement de solutions énergétiques globales et durables. Avenir activé.

3961 St-Luc Tél. 027 475 13 48

sport4000@netplus.ch www.sport4000.ch

- 4 -

100% recyclé


Concours

Sommaire

à la découverte d’Anniviers

2 L’invitée 5

Sommaire / Concours

6

Le Meiden à tout prix

8

Ski-Team Anniviers

10

Anniviers Tourisme

13

Métiers anciens d’Anniviers

17

HC Anniviers

18

Armand aux Jeux olympiques

20

Et si on faisait l’école en forêt ?

23

Anniv’info

27

Etonnant, ce Virgilio !

30 OFXB

De quel film est tirée cette photo ?

A)

Le Président de Niouc

B)

Le Président de St-Luc

C)

Le Président de Viouc

34

Lo tsahelang dé Vichoyè

37

Montagne Club Anniviers

43

Les livres de chez nous !

44 enviedebouger.com 46

Envoyez votre réponse par mail à impa@impa.ch ou votre carte postale (n’oubliez pas de mentionner votre adresse postale complète) avec la mention «Concours-photo d’avril» à l’adresse: Imprimerie d’Anniviers, 4 Saisons d’Anniviers, rue de la Machigeaz 2, 3961 Vissoie Délai de réponse: 14 juin 2021 à gagner un bon de 50.- à la Boutique de l’Imprimerie à Vissoie La gagnante de l’édition no 41 est Angela Paredes à Sierre

La réponse était: B // St-Luc

- 5 -

Notre histoire.ch


portrait

Le Meiden à tout prix

E

n acceptant de remplacer le curé d’Ergisch dans son village du Turtmanntal, juste là de l’autre côté du Meiden, chez nos voisins du HautValais, l’abbé Erasme Zufferey avaitil l’intuition que le chemin du retour vers son village natal Vissoie lui serait fatal ? Sa mission terminée là-bas, il a décidé de rentrer à pied, par le col du Meiden au-dessus de St-Luc. Le guide Karl Jäger à Gruben lui a pourtant proposé de passer la nuit chez lui, mais l’abbé l’a remercié et a souhaité poursuivre son périple au plus vite pour aller rendre visite à sa mère à Vissoie et passer ensuite quelques jours à Zinal comme il en avait l’habitude. On était à fin novembre 1931, il avait déjà neigé là-haut, il ne fallait pas traîner et traverser le col à tout prix avant qu’il ne soit plus accessible.

Un érudit, savant malheureux Erasme Zufferey est né à Vissoie en 1883 où il a passé son enfance, puis a étudié au collège de St-Maurice de 1897 à 1899 remportant chaque année le « 1er prix du progrès », a continué ses études au collège de Sion et là aussi obtenu la meilleure note. Ensuite, il s’est dirigé vers la philosophie et la théologie au séminaire de Sion puis à l’université d’Innsbruck où il a obtenu le grade de docteur en théologie. Ordonné prêtre en 1907, il a exercé les fonctions de vicaire de Conthey jusqu’en 1912 et ensuite à Vissoie. De 1923 à 1929, il a assumé la charge d’aumônier de l’hôpital de Sierre. Dès le début de sa mission en tant que vicaire à Vissoie, il a consacré ses loisirs aux recherches relatives à l’histoire d’Anni-

viers et élaboré une monumentale étude. Membre de la Société d’histoire du Valais romand, il a également publié dans le bulletin Petites annales valaisannes. Une vie difficile à partir de 1929, Erasme Zufferey s’est retiré dans la demeure paternelle où il a vécu deux ans en compagnie de sa mère pour la soutenir au mieux dans sa pauvreté. Il a connu de nombreuses privations matérielles supportées en silence. Un habitant de Chandolin de cette époque, Charles Caloz en gardait un souvenir touchant. Cheminant un jour de Vercorin à Chandolin en passant par les Voualans et Fang, Erasme Zufferey fut invité à la table d’Alexandre Caloz son ami et accepta ce qu’on lui offrit : un verre de vin et un morceau de pain. L’abbé, fatigué et tenaillé par la faim mangeait silencieusement. Puis, s’arrêtant tout à coup, il dit à son hôte : «Il est bon le pain quand on a faim ». Cette phrase a marqué Charles Caloz, enfant à ce moment-là. L’abbé portait une soutane élimée et rapiécée, les semelles de ses chaussures étaient retenues par des morceaux de ficelle, il semblait que tout en lui témoignait de sa pauvreté. Trouver du secours Erasme Zufferey a recherché à de nombreuses reprises un poste de curé, toujours en vain… Pourquoi ? Son tempérament, teinté d’une extrême timidité et d’une certaine nonchalance ne l’a pas aidé, semblet-il. Sur les conseils d’amis, il a frappé à la porte du séminaire à Sion la veille de Noël 1930 pour trouver du secours. Le directeur, l’abbé Victor Beck l’a accueilli avec bienveillance et lui a procuré l’asile. Pendant l’année 1931, Erasme Zufferey seconda les ecclésiastiques qui devaient

- 6 -

s’absenter de leur paroisse. Ainsi, lorsque le curé d’Ergisch dut se faire hospitaliser en novembre de cette année-là, Erasme Zufferey accepta de le remplacer. Ce fut son dernier grand voyage. A Ergisch on le croyait rentré à Vissoie et dans son village natal, on ne savait pas quand il rentrerait. Un responsable du Haut-Valais téléphona alors dans les villages d’Anniviers pour savoir si on l’avait aperçu et vu les réponses négatives, il envoya une colonne de secours depuis Unterems. Finalement, après avoir fouillé toutes les granges et tous les mayens côté Haut-Valais, on devina des traces de pas et de chute sur le col du Meiden, puis son corps fut découvert sous la neige dans la descente côté Anniviers. Un secouriste descendit rapidement à St-Luc pour donner l’alerte et cinq hommes montèrent avec lui pour récupérer la dépouille de l’abbé. Le triste cortège le ramena au village, attaché sur une échelle portée par quatre hommes. De là, un groupe de paroissiens de Vissoie le ramena dans son bourg natal pour y être enterré. Triste fin que m’a racontée mon papa. Une personnalité hors norme Les journaux d’alors ont retracé ce parcours: « doué d’une volonté de fer et d’une vive intelligence, un prêtre pieux malgré des dehors frustres et des travers de caractère qui ont nui à son dévouement et à sa vie pastorale » écrit le Nouvelliste valaisan. La Feuille d’Avis du Valais note « prêtre exemplaire, avec un caractère très personnel », tandis que les Petites annales valaisannes relatent que « sous des dehors un peu frustres, le défunt, dans ses relations faisait preuve de bonté, de bonhomie et d’une grande force de travail ». Le Confédéré, quant à lui, précise que « son


© Gaëtan Salanin de St-Luc

tempérament ne favorisa pas sa carrière ecclésiastique… il avait rédigé un volumineux manuscrit sur l’histoire et surtout celle de sa vallée natale, mais peu versé dans les affaires, il ne sut pas assurer la publication entière de son œuvre… ». Erasme Zufferey a néanmoins accompli un travail de pionnier pour l’histoire locale d’Anniviers et de la région de Sierre.

la prétention d’être historien, il se savait chercheur, il se voulait amasseur de matériaux ». Il a dénombré beaucoup d’utilisateurs de l’œuvre d’Erasme Zufferey, que ce soit par intérêt historique, ou personnel et intellectuel ; il cite le père Alexis Vianin, MM. Grégoire Ghika, Léon Monnier, ou encore Bernard Crettaz, parmi beaucoup d’autres.

Michel Salamin, l’historien passeur de trésor C’est grâce à lui que les résultats des travaux de recherche de l’abbé Erasme Zufferey ont été mis au propre et publiés en 1973. Il a fallu décortiquer 42 cahiers écrits à l’encre et 45 écrits au crayon. Michel Salamin précise qu’Erasme Zufferey « n’avait pas

Ainsi, Michel Salamin avec le concours de la Fédération des sociétés de développement, des communes et bourgeoisies d’Anniviers et de l’archiviste cantonal M. Jean-Marc Biner a réussi à amender et présenter les manuscrits de l’abbé Erasme Zufferey, « dont la consultation n’était pas toujours facile… puissent-ils

- 7 -

permettre aux Anniviards de fait ou de cœur de mieux connaître leur vallée… » précise-t-il en conclusion de son précieux travail. Simone Salamin

Erasme Zufferey. Le passé du Val d’Anniviers. L’époque moderne 1482-1798 et Le passé du Val d’Anniviers II. L’époque contemporaine 1798-1925. Présentés et amendés par Michel Salamin, Sierre, Editions du Manoir, 1973


sport

Ski-Team Anniviers

Du changement, oui, mais surtout de la continuité

A

près 6 ans passés à la présidence du Ski-Team Anniviers, Valentin Crettaz a décidé de passer le relais à Nicolas Droux. Interview avec les deux présidents. Valentin, quels ont été les points forts de ces années au sein du comité du Ski-Team Anniviers (STA) ? Un des points importants a été la création d’une structure professionnelle. Auparavant, le STA fonctionnait un peu comme les ski-clubs. Il regroupait certes les meilleurs skieurs des cinq ski-clubs de la Vallée (Chandolin, St-Luc, Grimentz, Zinal et Vercorin) mais était composé de nombreux entraîneurs différents. La collaboration avec Ski-Valais a permis de créer un centre régional de performance (CRP) avec des entraîneurs professionnels engagés à l’année. Cela permet un meilleur suivi des athlètes et également un travail sur le long terme puisque les jeunes peuvent rester entre 6 et 7 ans dans la structure avant de partir au centre national de performance (NLZ). Un autre point également à ne pas négliger a été de créer une bonne dynamique au sein du comité sans lequel on ne peut rien faire. Je me rappelle, il y a 10 ans, d’une séance avec les différents ski-clubs qui s’était terminée à presque 3h du matin… impossible de se mettre d’accord, à presque en venir aux mains. Actuellement, les séances finissent parfois toujours aussi tard, mais plus pour les mêmes raisons. C’est plutôt un beau moment de partage et de convivialité. Finalement, un événement particulièrement touchant a été le repas de soutien des 25 ans du STA. Les mois de préparation avec un comité surmotivé et une soirée avec plus de 300 personnes m’ont démon-

Valentin Crettaz et Nicolas Droux

tré que les Anniviards sont très attachés à notre structure et je les en remercie. Es-tu satisfait du travail accompli ? Oui, je m’étais fixé trois objectifs en reprenant la présidence du STA. 1er: pouvoir engager des entraîneurs professionnels afin d’assurer un meilleur suivi des athlètes. 2ème: créer un centre régional de performance dans la vallée. 3ème: organiser un grand événement dans

- 8 -

la vallée. Les championnats suisses de ski élite ont eu lieu cette année du 22 au 28 mars 2021, même si malheureusement, à cause de la situation sanitaire, les événements extra-sportifs ont été fortement réduits. Le Ski-Team a été fondé en 1992 pour permettre aux jeunes des différents skiclubs de bénéficier d’une structure plus performante du point de vue de la compétition. Après avoir été athlète au STA, tu


en deviens le chef OJ pendant 8 années, puis président. Le Ski-Team Anniviers fait en quelque sorte partie intégrante de ta vie ? C’est un peu mon bébé (rire) … J’ai grandi dans cette équipe. J’ai repris très jeune la place de chef OJ et j’ai pu énormément progresser grâce à un comité qui me faisait confiance. Cela m’a permis également d’acquérir de l’expérience en tant qu’entraîneur, ce qui m’a conduit à rester dans cette voie et à être engagé au NLZ à Brigue. Après une petite année de pause, le comité du STA est venu me demander de reprendre la présidence ce qui m’a fait un immense plaisir. Cette fois-ci, je n’avais plus les contraintes quotidiennes dans la gestion des entraînements et j’ai pu me concentrer sur les stratégies à mettre en œuvre pour faire évoluer la structure du STA.

Autre chose à ajouter ? Le Ski-Team Anniviers sous sa forme actuelle est un peu mon bébé, c’est vrai, mais je ne l’ai pas créé tout seul. Cela a représenté un travail d’équipe qui a toujours bien fonctionné. J’ai beaucoup été aidé par les membres du comité et je tiens à les remercier.

Pourquoi alors avoir choisi de quitter le comité ? Un peu comme tous les parents, il faut savoir laisser l’enfant voler de ses propres ailes. Il faut laisser la place à d’autres personnes pour amener de nouvelles idées et permettre la continuité, l’évolution.

Cela fait une dizaine d’années que tu es établi en Anniviers et tu fais déjà partie des comités de l’Alpage de Nava, de la fromagerie d’Anniviers, maintenant du STA... Qu’est-ce qui te qualifie le mieux: hyperactif ou hypergénéreux ? (Sans hésitation) Hyperactif ! J’ai besoin d’avoir de la nouveauté et des défis, c’est ce qui me fait avancer, même si parfois cela fatigue un peu mon entourage… Je suis un « touche-à-tout » et lorsque je me plonge dans un nouveau projet, j’ai besoin d’aller au fond des choses, de comprendre et de m’investir.

Comment as-tu choisi le nouveau président ? J’ai en fait laissé les autres membres du comité choisir une personne avec qui ils avaient envie de travailler, je ne voulais pas imposer quelqu’un. J’ai beaucoup amené au niveau technique dans le comité. Mon successeur est quelqu’un d’extrêmement motivé qui a deux jeunes enfants également atteints du virus du ski, ce qui permettra peut-être de le garder dans la durée. Il a une autre approche du management et va amener de nouvelles choses dans la structure. As-tu de nouveaux projets ? Je vais rester actif dans les comités d’organisation des courses de ski dans la vallée (coupes d’Europe, championnats suisses ou autre). Mais les nouveaux projets seront plutôt professionnels, dans le ski de haut niveau. J’ai recommencé une nouvelle formation permettant d’acquérir un diplôme fédéral d’entraîneur de sports d’élite, cela va me demander du temps et de l’énergie.

Finalement, le STA c’est plutôt une grande famille ? OUI …. Et maintenant, le point de vue de Nicolas Droux, marié, 41 ans, père de deux enfants, consultant dans l’entreprise QualitAlp qu’il a créée en 2014 avec sa femme Alexandra. Laborantin en chimie de formation, il a tout quitté en 2010 pour venir s’établir à Pinsec et transformer l’ancienne école du village en maison d’hôtes.

Pourquoi avoir accepté de reprendre la présidence du Ski-team Anniviers ? J’ai toujours baigné dans le monde du sport. Etant jeune, je faisais du hockey sur glace à un bon niveau puis, par la suite, je suis devenu entraîneur pour les enfants. Je suis également un grand passionné de ski, c’est notamment cette passion qui m’a conduit au val d’Anniviers. Pour le STA, ce sont quelques amis qui m’ont d’abord taquiné avec ça, et plus sérieusement, ils pensaient que je pourrais être un bon successeur du président actuel. Le STA est maintenant devenu une structure professionnelle, avec mon expérience en management et conduite d’entreprises, je pense pouvoir apporter beaucoup afin de le pérenniser sur le long terme. Et surtout c’est un joli « challenge » !

- 9 -

Quels sont les objectifs que tu te fixes pour cette future présidence ? Tout d’abord, faire perdurer le travail qui a été fait par Valentin. Continuer à engager des entraîneurs professionnels et compétents afin d’assurer une formation de qualité aux jeunes et poursuivre la bonne collaboration établie avec le comité. Je suis plus pour la continuité que pour la révolution! Mais j’aimerais vraiment pérenniser, voire développer le STA. Tu as joué au hockey sur glace pendant plus de 20 ans (dont plusieurs années au HC Anniviers) et tu t’engages dans le ski. Alors finalement, plutôt hockeyeur ou plutôt skieur ? Plutôt hockeyeur, même si je ne regarde plus les matchs, contrairement aux courses de ski. J’ai moins de connaissances techniques en ski que mon prédécesseur, mais l’approche sportive est là et j’ai aussi de l’expérience au niveau de la motivation chez les jeunes puisque j’ai moi-même été entraîneur. J’adore pouvoir transmettre et former des jeunes, on a une telle fierté de les voir grandir et s’épanouir dans le milieu sportif. Cela permet d’inculquer des valeurs très importantes à mes yeux comme la persévérance, l’esprit d’équipe et la solidarité. Ce nouveau mandat, un cadeau empoisonné ou un honneur ? Un réel plaisir ! Au niveau du comité et des entraîneurs, ça bouge, c’est réactif, cela me plaît. Nous ne sommes pas à l’abri d’influences externes (cf. la crise sanitaire actuelle) qui peuvent parfois mettre à l’épreuve l’organisation, mais dans tous les cas, je ferai ce qu’il faut pour assurer la continuité du STA et motiver les jeunes. Les diverses expériences de vie de Nicolas ainsi que son travail dans le management sont de réels atouts pour le Ski-Team Anniviers et je suis sûre qu’il va relever ce nouveau défi avec brio. Merci à Valentin pour toutes ces années d’engagement au sein du STA et tout le meilleur pour la suite. Muriel Beaud Augier


Hé!

UN BReF ReTOUR SUR CeS DeRNIeRS MOIS. UNE aNNÉE PARTICULIèRe

UN HIVeR COMPLIQUé

De L’OPTIMISMe MaLGRÉ TOUT

A l’heure d’écrire ces quelques lignes, voilà près d’une année que nous jonglons avec les différentes restrictions liées à la crise sanitaire. Tous les prestataires touristiques se souviennent où ils étaient et ce qu’ils faisaient le 13 mars 2020. Depuis là, nous avons connu une fermeture complète durant toute la fin de la dernière saison hivernale. Avec du recul nous pouvons presque nous estimer heureux, car le timing de ce lock down aurait pu être bien pire.

Malheureusement l’hiver 2020/2021 est plus compliqué que nous aurions pu l’imaginer en septembre dernier. La deuxième vague est passée par là et nous oblige à devoir fonctionner avec des restrictions et des contraintes, parfois peu cohérentes et, toujours, très pénalisantes pour l’ensemble des acteurs de la branche touristique.

Du côté d’Anniviers Tourisme SA nous avons d’ores et déjà dû renoncer à plusieurs investissements qui étaient prévus cette année, toutefois cela ne nous empêche pas de proposer de nouvelles animations qui rencontrent un joli succès, telle que la Rando-Fondue présentée ci-après. Il est toujours plus agréable de travailler sur la création d’animations ludiques et originales plutôt que sur le design d’un masque de protection, même si là aussi le succès a été au rendez-vous.

Ensuite nous avons vécu un été particulier que nous pouvons qualifier de bon, en terme de fréquentation, grâce à la présence accrue de la clientèle suisse. Nous les remercions d’avoir joué le jeu en (re)découvrant leur pays et nous sommes convaincus que cela a été une belle opportunité pour nous tous de leur faire apprécier le Val d’Anniviers et de leur donner un goût de « reviens-y. » Ainsi l’exercice 2019/2020 d’Anniviers Tourisme SA a pu être bouclé tant bien que mal et les développements de produits et services touristiques ont pu être mené à leur terme, que ce soit pour le Foxtrail à Zinal, l’Anniviers Indoor Park à Grimentz ou encore la mise en ligne de la place de marché.

Malgré tout le travail de lobbying réalisé par les communes de montagne, les remontées mécaniques et les destinations touristiques, il n’a pas été possible d’assouplir ces mesures jusqu’à maintenant. L’impact est donc conséquent non seulement pour Anniviers Tourisme SA mais surtout pour tous nos partenaires touristiques. Nous tenons à les remercier ici pour tout le travail effectué et l’optimisme affiché, et cela malgré les nombreuses embûches auxquelles ils font face, qui permettent d’offrir des produits et des services de qualité à nos hôtes présents cet hiver.

- 10 -

Dans tous les cas nous maintenons le cap et remercions encore une fois tous nos partenaires qui en font de même. Nous sommes persuadés que des jours meilleurs arriveront rapidement et nous nous réjouissons de pouvoir à nouveau nous rencontrer et partager un verre lors des manifestations estivales qui, nous l’espérons, pourront se dérouler cette fois-ci sans trop de restrictions et de contraintes.


LA NOUVeLLe ANIMATION «RaNDO-FONDUE». Un moment de convivialité partagé autour d’une fondue dans un cadre idyllique, voici la recette du succès de la nouvelle activité mise sur pied cet hiver par Anniviers Tourisme.

du point de collecte sélectionné et reçoit tout le matériel nécessaire à la réalisation d’une fondue en extérieur ainsi qu’un manuel explicatif le guidant dans cette journée hors du temps.

Depuis cet hiver, c’est dans l’ensemble des stations d’Anniviers et à Ayer que les épicuriens goûtent au plaisir de la Rando-Fondue. Le déroulement est très simple: le client procède à la réservation d’un kitfondue en ligne en quelques clics et il est ensuite prêt pour partir à l’aventure. Le Jour-J, ce dernier se rend auprès

UNe ANIMATION QUI MET EN VaLEUR LE TERROIR Cette activité pratiquée de manière autonome permet aux curieux de découvrir aussi bien la richesse du terroir anniviard que la variété d’activités sportives proposées dans notre vallée. Que ce soit à ski, à pied

ou en raquette, rien n’empêche la compatibilité avec un ravitaillement composé de fondue, salaisons et vin de la région.

UNe ANIMATION 100% COVID COMPaTIBLE Nous tenons à remercier chaleureusement les partenaires ayant répondu présent dans le cadre de ce projet. Sans ces derniers, cette alternative bienvenue en ces temps particuliers n’aurait pas pu voir le jour. Informations et réservations sur : www.valdanniviers.ch/rando-fondue

- 11 -


- 12 -


patrimoine

La disparition des anciens métiers d’Anniviers

n arrivant dans le val d’Anniviers, le voyageur est souvent surpris par ces drôles de tuiles en bois qui recouvrent les toits, quelquefois neuves, droites et couleur saumon, d’autres fois grisâtres, vieilles et effilochées : les bardeaux.

Dans les autres vallées latérales, les anciens toits sont souvent en pierre. En plaine, on trouve plutôt des tuiles en terre cuite, en éternit, en ardoise ou en tôle. Le bardeau est rare. Il donne une poésie particulière aux villages de la vallée. L’utilisation des bardeaux est très ancienne. Les humains habitèrent tout d’abord des cavernes, puis construisirent des huttes recouvertes de branches. Rapidement, dès le néolithique, des éléments en bois remplacèrent les branchages : la tuile en bois était née. Le plus ancien bardeau a été découvert à Auvernier, dans le canton de Neuchâtel: partiellement carbonisé, il a été fabriqué au IXème siècle avant Jésus-Christ, il y a 2800 ans ! Au Moyen-Âge, les tuiles en bois étaient très répandues dans toute l’Europe : le toit du château de Chillon en était recouvert jusqu’en 1301. A l’époque, lorsqu’elles n’étaient pas fabriquées en chaume, les toitures étaient couvertes de bardeaux en mélèze, en chêne, en cèdre, en châtaignier ou en épicéa. Les tuiles en bois furent progressivement remplacées par celles en terre cuite, car des incendies ravageaient des villages entiers. Dès le XVIIème siècle, on ne trouvait plus beaucoup de toitures en bardeaux en plaine. En montagne, les bardeaux continuèrent à être largement utilisés jusqu’au XIXème siècle, car le bois était facile à trouver sur place et les transports de tuiles depuis la plaine s’avéraient compliqués à organiser.

Le tavillonnage est à la fois un art et un patrimoine culturel précieux : c’est une tradition intemporelle, un savoirfaire ancestral, des gestes immémoriaux transmis uniquement oralement et par la pratique. Il y a trente ans, ce métier était menacé de disparition par manque d’artisan et de demande. Aujourd’hui les bardeaux reviennent à la mode. On les trouve authentiques, jolis, naturels et typiques; Bernard, le père de Rémy Epiney, cloue des bardeaux sur un toit ils incarnent la préservation du patrimoine et le développe- Comment as-tu appris le métier de tavilment local durable. Quoi de plus beau lonneur ? qu’une toiture fabriquée avec les mélèzes J’ai commencé à découvrir ce métier à l’âge des alentours ? Une toiture qui, une fois ef- de deux ans et demi. Mon papa, Bernard, fondrée, se transformera en humus et ren- travaillait à l’ancienne scierie d’Ayer et je dra à la forêt ce qu’elle lui a pris. En plus, le lui apportais les 9 heures et les 16 heures. bardeau a une longévité supérieure à celle Pour y aller, je prenais un petit chemin. A de la tuile. Il offre l’avantage d’être léger, l’époque, il y avait environ une voiture par ce qui permet de construire des charpentes heure qui passait. J’avais un petit bidon à moins massives. Il nécessite peu d’entre- étages : dessous, le café et en haut, le pain tien, son grisage étant le fait de sels miné- et le fromage. J’ai appris le métier avec les raux qui remontent à la surface du bois et yeux, en regardant faire. J’en ai vu passer forment une couche protectrice naturelle. du bois ! Je regardais, je posais des quesC’est enfin un isolant thermique plus effi- tions et j’essayais. J’étais passionné par le cace que la tuile, l’ardoise ou l’éternit. travail du bois, la scierie, le bûcheronnage. J’ai appris de mon père et j’ai transmis Alors, ce merveilleux savoir-faire est-il ce que je savais à mon frère Nicolas et à menacé par l’oubli ? Rémy Epiney, tavil- Vincent. Ce que j’aimais le plus dans ce lonneur d’Ayer à la retraite, a eu la gen- métier, c’était le bon bois. Ce que j’aimais tillesse de bien vouloir nous raconter les le moins, c’était les mauvais bardeaux. Et secrets de son métier : je détestais poser des bardeaux quand il

- 13 -

E

© photo privée

Le métier de tavillonneur: témoignage de Rémy Epiney


© photo privée

Rémy Epiney monte des bardeaux dans un cacolet

neigeait : tu deviens mouillé et tu n’as plus de sensibilité dans les doigts. On essayait d’éviter ça, mais quelquefois on se faisait surprendre par la neige. Et comme sur les chantiers de construction, le tavillonneur vient après les autres corps de métier, on travaillait souvent tard en automne. Quand j’étais jeune, il y avait quatre tavillonneurs rien que dans le village d’Ayer. D’autres gens faisaient aussi des bardeaux, mais plutôt pour eux-mêmes, pas comme métier. à mon avis, le travail des bardeaux va se maintenir, parce que les communes veulent conserver les vieux villages : on doit poser des bardeaux sur les toits, et en contrepartie on reçoit des subsides. La manière de fabriquer les bardeaux a évolué par rapport à la tradition, mais seulement un petit peu : aujourd’hui, il y a des fendeuses, des cloueuses et des rabots. Si un jeune veut apprendre le métier, je lui conseillerais d’étudier le bois pour le connaître, pour apprendre à voir s’il fend ou ne fend pas et pour savoir d’où il vient. Je lui dirais aussi de trouver des marchands qui lui laissent essayer le bois. C’est très important de pouvoir choisir du bon bois. Quelquefois, les forestiers nous laissaient

l’essayer : on sortait 50 centimètres et on regardait comment il fendait, s’il avait des veines régulières, bien droites, sans nœud.

surtout sur le faîte au sommet du toit. Quand ils devaient refaire tout le toit, la bourgeoisie, qui a beaucoup de forêts, leur donnait du mélèze destiné uniquement aux bardeaux. Il y avait aussi des lots de bois qui étaient mis aux enchères pendant la journée des rogations.

Trouver le bon bois pour fabriquer des bardeaux, c’est la chose la plus difficile. Il faut un bois qui a poussé lentement, donc avec le moins possible de lumière et qui a mûri au cœur des forêts. Pourquoi au cœur des forêts ? Parce que là les arbres ne sont pas tourmentés par les vents. En plus, au cœur des forêts, les arbres sont très serrés et ils s’élancent pour chercher de la lumière : ils sont plus droits, ils ont moins de branches, donc moins de nœuds, c’est du meilleur bois pour les bardeaux.

Les Anniviards avaient tous beaucoup de travail jusqu’au mois de novembre, alors c’est en général à ce moment-là qu’ils coupaient le bois pour les bardeaux. La raison principale pour choisir cette période de l’année, c’est qu’à ce moment-là la sève était descendue. Ils coupaient les arbres, ils les préparaient, ils les sciaient en billes de quatre ou cinq mètres et aux premières neiges, ils les descendaient car les bois glissaient beaucoup mieux sur la neige. S’ils étaient près d’une route, ils les montaient avec le mulet. S’ils en étaient loin, ils les tiraient par en bas le long d’un couloir, puis, quand ils étaient au fond du couloir, ils les ramenaient au village avec le mulet.

Dans l’ancien temps, autour de leurs mayens, les gens possédaient des parchets de forêts. On appelait ça des «devins». Ils allaient couper le bois dans ces «devins» pour faire du bois de feu et s’ils trouvaient un beau mélèze, ils fabriquaient des bardeaux. Presque tout le monde savait travailler le bois et faire des bardeaux, en plus des soins aux vaches et de l’entretien de la campagne. Chaque famille avait une petite réserve de bardeaux. Avant de rentrer les foins dans un mayen, ils contrôlaient tous les trous du toit. L’un d’entre eux se posait dans la grange et regardait s’il voyait le jour depuis dessous et si oui, il glissait un bardeau en plus pour combler le trou. Sur les vieux toits, on finissait quelquefois avec une couche de 20 centimètres de bardeaux au sommet, à force d’en ajouter. J’ai démonté des toits où il n’y avait pas un clou : tout était tenu par des chevilles! Sur les deux chevrons qui montaient, ils faisaient un mi-bois, perçaient à travers et mettaient une cheville et en bas pareil. Les bardeaux n’étaient pas cloués : ils posaient des pierres dessus, beaucoup de pierres,

- 14 -

Ils regardaient aussi la lune. Il faut couper l’arbre au bas de lune, quand elle descend. Si on le coupe en plein clair de lune, le bois sèche plus vite. Mais trop vite, ce n’est pas bon ! C’est pour cela qu’ils le faisaient à la lune descendante. Jusqu’au premier quartier, ça allait bien. Il faut plutôt un bois d’altitude qui a poussé entre 1200 et 2000 mètres. Plus l’arbre est en altitude, plus il grandit lentement, et donc meilleur il est. Le bois de la plaine ne va pas, car il pousse trop vite, les veines sont trop grandes et ça risque plus d’éclater. Plus le bois est fin, plus il est au cœur d’une forêt et plus il a poussé lentement, mieux c’est. Quels sont les secrets pour fabriquer un bon bardeau ? Il vaut mieux fendre le bardeau que le scier. Quand on fend le bardeau, ça fait des petites veines et l’eau suit ces veines, alors le toit est plus étanche. Mais le bardeau scié ou raboté est lisse et l’eau coule n’importe où dans tous les sens. Un autre avantage du bardeau fendu, c’est qu’il risque beaucoup moins de casser ensuite, car il est resté dans son état naturel. Puis il faut juste donner des petits coups de hache dans les bords pour l’égaliser. Il doit faire entre 12 et 15 millimètres d’épaisseur. On peut aussi


© photo privée

Le Siffleur prend une pause

améliorer de cette façon un bardeau un peu bancal ou vissé. Mais seulement sur les coins, on ne doit pas toucher le milieu, sinon il devient lisse. On n’utilise pas le bois du mélèze dans son entier : on enlève le blanc, c’est-à-dire l’aubier sous l’écorce et on garde le rouge, l’intérieur. On peut aussi laisser l’aubier, mais il doit être posé dessous, recouvert par un autre bardeau sans aubier. Après vingt ans, si l’aubier est à la pluie, il pourrit. C’est aussi pour cela qu’on choisit les arbres qui sont au fond des forêts : ils reçoivent moins de lumière, poussent moins vite et ont beaucoup moins d’aubier. Les mélèzes qui grandissent au bord des forêts ou dans les prés ont beaucoup plus de blanc, et il y a donc beaucoup plus de bois perdu quand on fait les bardeaux. Avec du bon bois, il y a très peu de pertes. Avec du mauvais bois, il y a non seulement beaucoup de pertes, mais aussi beaucoup plus de travail à la hache et beaucoup de temps perdu. Le plus difficile dans ce métier, c’est de trouver du bon bois. Du tout bon bois, c’est très rare. Pour poser les bardeaux, on utilise des clous et un marteau, de préférence pas une cloueuse. Lorsqu’un bardeau est voilé, il a plus de chance de casser si on le pose à la cloueuse, car c’est moins doux. Quelquefois, on mouillait les bardeaux au jet avant de les poser. On fabriquait les bardeaux en hiver, donc les premiers qu’on posait au printemps n’étaient pas vraiment secs. Mais c’est fin et ça sèche vite. Si les bardeaux sont verts, ils cassent moins. Le clou entre plus facilement, mais l’inconvénient est qu’il peut aussi ressortir plus facilement. Pour entreposer les bardeaux

et les faire sécher, on faisait des piles assez hautes en croisant les bardeaux, deux couches dans un sens puis une couche en travers, comme ça ceux qui étaient un peu voilés s’aplatissaient. Sur les toits on prenait deux sortes de clous: des normaux et des galvanisés. Le clou galvanisé ne rouille pas, il ne laisse pas de trace sur le toit, il ne coule pas et ne tache pas. Il est aussi plus résistant, moins lisse, il tient mieux, mais il est vraiment plus cher, alors on utilisait les galvanisés seulement pour les clous visibles. D’après toi, pourquoi les habitants d’Anniviers ont à l’origine décidé de couvrir leurs toits de bardeaux alors que ceux des vallées voisines ont préféré les lauzes, la pierre ? Les bardeaux sont beaucoup plus légers que la pierre, ça veut dire qu’il y a moins besoin de renforcer les charpentes. Et les bardeaux, on peut toujours les arranger en ajoutant çà et là quelques bardeaux dans les fentes, sans changer toute la toiture. En plus, le bardeau est un isolant, tandis que la pierre est froide. Les anciennes toitures en pierre, sans sous-couverture, posaient plus de problèmes, car la chaleur montait, ça gelait, de la glace se formait sur la pierre, puis l’eau était refoulée et coulait dans la maison. Le bardeau, lui, ne gèle pas. En plus, avant, ils n’avaient pas d’argent mais ils avaient la matière première pour les bardeaux alors qu’ils n’avaient pas de pierres. Un toit en bardeaux dure entre 40 et 50 ans. Les bardeaux ne pourrissent pas, mais ils peuvent fendre et alors l’eau passe. Aujourd’hui on a des sous-toitures, mais avant il n’y avait rien. Si le bardeau fendait, l’eau pouvait couler à l’intérieur. Est-ce que ce n’est pas dangereux de travailler sur les toits ? Un jour, alors qu’on posait des bardeaux sur un toit, on a tout à coup entendu un bruit : qu’est-ce qui s’était passé ? Puis un autre bruit… C’était l’un d’entre nous qui était tombé sur le premier puis sur le deuxième toit : il a fait des mois d’hôpital. Un

- 15 -

quart d’heure après : les policiers ! Ils sont arrivés en même temps que les médecins : on avait appelé le 144. Ils sont venus vérifier la sécurité du chantier, mais c’était en ordre. Il faut toujours assurer la sécurité. Imagine qu’un ouvrier tombe et qu’il reste en chaise toute sa vie ! On travaille mieux quand on se sent en sécurité. Avant, quand il n’y avait pas de protection et qu’on devait poser les premières rangées de bardeau, on voyait le vide. Et il peut aussi arriver qu’on marche sur un bardeau pas cloué sans s’en apercevoir et qu’on glisse. On parle parfois de tavillons, parfois de bardeaux… quelle est la différence ? Lesquels trouve-t-on en Anniviers ? En Anniviers, il n’y a pas de tavillons en façade, ils sont sur les toits, comme les bardeaux. Par exemple, mon toit est en tavillons et aussi le petit clocher et l’entrée de l’église d’Ayer. Les tavillons sont plus fins, plus solides et plus lisses que les bardeaux: ça demande deux fois plus de travail, il faut avoir du bois tip top, la crème du bois, mais ça dure plus longtemps, et pourtant ils sont beaucoup plus fins. Ils sont aussi plus petits : ils font 40 centimètres de long, et les bardeaux 50 centimètres. On ne pose pas les tavillons de la même manière que les bardeaux. Quand on fait des tavillons, on fend le quartier, on attache ensemble les tavillons au fur et à mesure, et après sur le toit, on les pose quartier par quartier, dans l’ordre où ils ont été fendus. On les dispose en les superposant latéralement et en avançant de 12 centimètres seulement. Il est très difficile de trouver du bois assez bon pour les tavillons et c’est deux fois plus de travail. On l’emploie spécialement pour faire des petites surfaces de 5 ou 6 mètres carrés, comme par exemple l’entrée d’une église ou des clochetons. Pourquoi t’appelle-t-on le Siffleur ? Un jour, je suis allé chercher un blessé en hiver, je l’ai attaché sur une luge avec une corde et j’ai eu froid aux doigts, alors j’ai soufflé sur mes mains à cause de l’onglée…. Les autres ont cru que je sifflais et ils m’ont appelé le Siffleur. J’étais un peu dans la lune, je sifflais souvent… si tu as besoin d’un rêveur, je suis là ! A rèvèrre et bòng zòr (au revoir et bonne journée) Pauline Archambault


078 671 11 51 - Vissoie-Anniviers

Alain Zuber chauffage sanitaire couverture ferblanterie Rue d’Ehala 36 3976 Noës Alain Zuber

José Teixeira

079 220 78 00

078 743 75 99

alain.zuber@bluewin.ch

ze3961@gmail.com

- 16 -


HC Anniviers

sport

saison de pandémie

Comme les années précédentes à la même période, le HC Anniviers a droit à une pleine page de photos pour cette édition, tout comme les autres sociétés sportives faisant partie du journal «Les 4 saisons», chacune à tour de rôle. Malheureusement, la situation sanitaire ne nous a pas permis d’effectuer les traditionnelles photos d’équipes du mouvement junior ainsi que de la première équipe. Nous avons donc pris quelques clichés des entraînements du mouvement junior étant donné que nos jeunes ont pu continuer à se former. Nous avons dû pour cela mettre en place un règlement Covid très strict afin de satisfaire aux exigences de la ligue suisse de hockey. Nous remercions d’ailleurs les entraîneurs pour leur travail ainsi que les parents pour leur soutien. Nous espérons que cette situation s’améliore enfin dans un futur proche afin que toutes et tous recommencent à vivre normalement pour que le sport puisse également reprendre ses droits. Le Président Frédéric Pellat

Didier Massy a tronqué sa tenue d’arbitre contre celle de gardien

- 17 -


portrait

Armand

aux Jeux olympiques

C

ette année, les Mondiaux de ski alpin se sont tenus dans un pays où l’on n’avait alors pas le droit de skier, l’Italie. À Cortina d’Ampezzo, précisément là où eurent lieu, il y a 65 ans, les VIIes Jeux olympiques d’hiver. Il ne doit pas y en avoir beaucoup des habitants de cette vallée qui ont eu la chance, un jour, de participer à des Jeux olympiques. Pourtant, en 1956, un Anniviard, que tout le monde ou presque connaît, participa à ceux de Cortina, en tant que membre de l’équipe suisse de ski de fond. Soixante-cinq ans plus tard, Armand Genoud, puisque c’est bien de lui qu’il s’agit, a eu la gentillesse de se remémorer cette expérience particulière. D’une plume élégante, il a rédigé un condensé de son parcours sportif (cf. encart), qu’il a bien voulu commenter quelque peu. Les premières années d’un skieur C’est vers six ans qu’Armand a commencé la pratique du ski « sauvage », selon ses propres termes. En ce temps-là, les skis servaient essentiellement à se déplacer. Pourtant, depuis quelques années déjà, des compétitions étaient régulièrement organisées en Anniviers et chaque village faisait en sorte d’avoir une équipe pour l’y représenter. Les concours se déroulaient dans les villages mêmes : une piste était tracée simplement par le passage de deux ou trois skieurs. La distance totale parcourue était généralement de 12 à 15 km. Ces concours étaient un moyen d’animer la vie des villages et aussi pour les jeunes de se rencontrer et se connaître. Les spectateurs étaient nombreux au rendez-vous. Armand a commencé à participer aux concours villa-

geois à l’adolescence. Il a pu y faire preuve de ses qualités sportives indéniables. C’est dans ce cadre que son talent a été repéré

- 18 -

et cela l’a amené à rapidement intégrer l’équipe valaisanne. Par la suite, s’étant distingué dans diverses courses des cham-


Armand Genoud, Zinal Je suis né le 06.07.1930 à Mission, je suis le père de cinq enfants. Commerçant, je possède, avec ma famille, un magasin de sport à Zinal. Le ski, la montagne, l’agriculture, les vaches et les combats de reines constituent mes hobbys. Je me suis adonné au ski dès l’âge de six ans. À seize ans, je disputais les premières compétitions avec le ski-club Anniviers. Une année plus tard, je faisais partie de l’équipe valaisanne de ski de fond. Sur l’initiative de feus Messieurs André Martin et Roland Zufferey, de et à Vissoie, la population anniviarde m’a apporté une aide matérielle importante, appréciée avec dignité, respect, et surtout avec le cœur. Dans le Haut-Valais

pionnats suisses, il a été retenu pour faire partie de l’équipe nationale. Membre de la Police cantonale valaisanne, il a dû obtenir l’autorisation de son employeur pour pouvoir accepter cette proposition élogieuse. Amateurisme À cette époque, les sportifs devaient s’équiper eux-mêmes. Tous les frais étaient à leur charge. Quant aux entraînements de l’équipe nationale, ils rassemblaient les athlètes tous les quinze jours pour quelques journées de travail en groupe. Le directeur technique fixait le calendrier et les sportifs se retrouvaient à différents endroits du Jura, de Berne, du Valais… En 1956, Armand a été retenu dans la sélection helvétique pour les JO. Au sein de la délégation, il a assisté à la cérémonie d’ouverture à la patinoire de la ville. Le séjour à Cortina a duré une petite dizaine de jours. Chaque jour, les athlètes se rendaient sur le plateau de Cortina où Heikki Luoma, entraîneur venu de Finlande, leur enseignait la manière de skier. L’équipe comptait neuf fondeurs. Armand estime que ses performances le situaient au milieu du groupe. Il a participé à la course des 30 km et a terminé au quarante et unième rang. Cette participation aux JO a été un plus dans sa vie de tous les jours, mais surtout dans sa vie de policier. En effet, ses supérieurs lui ont porté une plus grande estime grâce à cela. Sans doute que ses excellents

résultats aux championnats suisses des policiers les ont confortés dans cette opinion. Responsabilité Il n’est pas possible de clore ce chapitre sportif sans évoquer l’engagement d’Armand au service du ski de fond valaisan dont il a été le dirigeant de 1967 à 1980. Il se souvient avec joie que durant son mandat, Edy Hauser, le fondeur haut-valaisan, a décroché la médaille de bronze aux Jeux olympiques de Sapporo, en 1972, avec le relais 4 x 10 km. Son amour pour les Jeux, Armand l’a encore, vrillé au cœur et aux tripes. Son plaidoyer pour des joutes en Valais en témoigne ardemment. Cortina d’Ampezzo est une station huppée située dans les Dolomites. Associée à Milan, elle accueillera à nouveau les Jeux olympiques en 2026, ceux-là mêmes que les Valaisans ont refusés. Depuis l’édition 1956, les JO font d’une certaine manière partie de son identité. Souhaitons que septante ans après Armand Genoud, un sportif anniviard puisse y participer à son tour ! Janine Barmaz

- 19 -

De 1954 à 1956, j’ai accédé à l’équipe suisse. Le couronnement de ma carrière intervint cette dernière année, où j’ai participé, en tant qu’athlète, aux Jeux olympiques à Cortina d’Ampezzo, en Italie. Je compte deux titres de champion valaisan des 15km. Dans cette discipline, une troisième et une septième places sont mes meilleurs résultats sur le plan suisse. Policier à Sion, dès 1955, je participais aux courses de la gendarmerie jusqu’en 1966. Je devais prendre part à de nombreuses épreuves internationales. Aux championnats d’Europe à St-Moritz, j’emportais l’or du combiné (fond et géant). Je suis détenteur de quatre titres de champion suisse de ski de fond de police. De 1967 à 1980 je devais diriger les destinées du ski de fond valaisan. J’étais également au départ pendant vingt ans de la course SierreZinal, à l’organisation de laquelle j’ai longtemps participé. J’ai cultivé dans le sport, la santé. Aussi j’ai aujourd’hui atteint nonante ans, avec quelques aléas de la vie. Dieu Merci. Aujourd’hui l’Italie accueille à Cortina d’Ampezzo, les championnats de ski des temps modernes. Les Suisses brillent dans ces compétitions. Bravo ! 9 médailles. Notre pays, la population valaisanne, devait accueillir les Jeux olympiques d’hiver. Le peuple a dit « NON » à 2026. Je regrette cette décision. Pourquoi ? Parce que l’impact publicitaire des Jeux olympiques, en général, est tellement important qu’il est inestimable. Le Valais se veut moderne. Osons prendre la responsabilité d’organiser, dans un avenir proche, les Jeux olympiques Sion/ Valais, dans l’intérêt d’un pays dont nous voulons protéger la noblesse et la beauté.


éducation

Et si on faisait l’école en forêt ?

I

maginez qu’à la rentrée d’automne, alors que vous accompagnez comme chaque année votre enfant à l’école, l’enseignante vous annonce devant la porte du centre scolaire : « à partir de demain, nous ferons l’école dans la forêt. Apportez des habits chauds et imperméables, ainsi qu’un piquenique. » L’école en forêt ? Mais où ? Comment ? S’asseoir sur des troncs, ou par terre ? Ecrire sur ses genoux? Être piqué par des insectes, se faire grimper dessus par des araignées ? Et s’il pleut, s’il neige ? Mais à quoi ça sert ? Quelle idée absurde ! Pendant des centaines de milliers d’années, les enfants ont pourtant appris dehors, dans les forêts et les steppes ou sur les océans, tout ce qui leur était nécessaire pour devenir des adultes efficaces. Jusqu’à l’invention de l’agriculture il y a 10 000 ans, nous étions tous des chasseurs-cueilleurs et les jeunes apprenaient sans école. Ou plutôt disons qu’ils n’apprenaient pas dans un lieu séparé, à l’intérieur, auprès d’adultes spécialisés et selon un horaire et un programme bien définis. L’apprentissage était horizontal, d’enfant à enfant, sans esprit de promotion, de mérite individuel ou de réussite scolaire. Dans ces sociétés le plus souvent animistes, le rythme de la vie était calqué sur celui des éléments, et la culture n’était pas séparée de la nature. L’étude des groupes de chasseurs-cueilleurs existant encore aujourd’hui, comme les Pygmées forestiers, les Badjos marins pêcheurs ou les Mbororo pastoralistes, nous permet d’avoir une idée du système éducatif des sociétés nomades d’avant l’agriculture. Il n’y avait pas d’école, et pourtant les enfants devaient apprendre énormément de choses, des

Le canapé forestier à St-Luc

choses absolument indispensables à leur survie : comment pister le gibier et trouver des indices de son passage, comment fabriquer des arcs, des flèches, des sarbacanes, des collets ou des filets pour piéger les animaux sauvages, ou quelles étaient les habitudes des 200 à 300 espèces différentes de mammifères et d’oiseaux à chasser. Pour la cueillette, il fallait connaître le plus grand nombre possible de variétés comestibles de fruits, de racines, de graines, de tubercules, de noix et de légumes (quand et où les trouver, comment creuser ou les cueillir, comment les transformer, les cuisiner, …). Il fallait aussi savoir se déplacer dans des milieux hostiles, ne pas se perdre dans des jungles exubérantes, circuler sur les eaux, fabriquer des huttes, faire du feu, repousser les prédateurs et lire dans le ciel le temps qu’il va faire. Et aussi soigner les blessures, connaître les gestes et les plantes

- 20 -

qui sauvent des maladies, éviter les baies et les champignons empoisonnés, ou encore aider les femmes qui accouchent. Il était aussi nécessaire d’acquérir des compétences sociales, comme l’art de négocier avec les clans voisins, de raconter des histoires pour amuser ou transmettre, de faire de la musique, de danser ou de pratiquer des rituels. Qui de nos jours sait faire tout ça ? Et pour apprendre, pas d’école. Pas de leçons, d’horaire, d’objectif annuel ou de programme d’apprentissage. Pas d’adulte qui motive ou surveille les progrès. Les enfants apprenaient par eux-mêmes grâce à leurs jeux et leurs explorations. Ils étaient libres de jouer et de découvrir toute la journée, jusqu’à l’âge de 10 ans, et même dans certains groupes (comme les Efé) jusqu’à 17 ans. Les chasseurs-cueilleurs pensaient que pour que l’apprentissage soit efficace, il était indispensable de lais-


ser l’enfant libre, pour qu’il ait le temps d’expérimenter, de regarder, de participer, d’essayer, d’apprendre par ses propres erreurs et de devenir autonome. Il pouvait arriver qu’un adulte montre comment faire quelque chose un peu mieux, mais c’était uniquement sur demande de l’enfant. Les petits n’étaient jamais exclus des activités des adultes : ils apprenaient en observant ceux-ci, en les imitant. Il n’y avait pas de frontière claire entre le jeu et le travail : par exemple, les enfants jouaient à attraper des insectes, puis à chasser des petits mammifères, ils commençaient ensuite à ramener des animaux à la maison pour les déguster, jusqu’à ce qu’ils rejoignent les adultes pour la véritable chasse. Un enfant très jeune jouait à imiter des cris d’animaux ou à creuser la terre pour extraire une racine. Un enfant plus âgé enfumait des porcsépics pour les faire sortir de leur cachette et les manger, ou construisait un radeau utilisable : c’était encore un jeu, mais aussi une activité utile et valorisée par le groupe. Un adolescent pêchait, faisait un grand feu pour le clan ou fabriquait un outil: c’était un jeu, une activité, et même un travail. Ainsi, graduellement, à son rythme, avec plaisir et intérêt, l’enfant apprenait en

Depuis les années cinquante, l’idée de faire sortir l’école de ses murs se répand. Des écoles privées d’un nouveau genre apparaissent un peu partout : l’enseignement y est donné la plupart du temps dans la nature, été comme hiver. Ces écoles à ciel ouvert feront l’objet d’un autre article complémentaire dans la prochaine édition des 4 saisons. Mais qu’en est-il aujourd’hui de l’école publique ? De plus en plus, elle réserve une demi-journée ou un jour entier à des activités en plein air. Par exemple, le centre scolaire de Vissoie développe des canapés forestiers. Ce sont des huttes en bois rondes et sans toit, des sortes de palissades circulaires constituées de branches empilées les unes sur les autres entre des pieux qu’on a plantés. Un fortin rudimentaire et archaïque. On y place quelquefois un foyer au centre, pour se réchauffer. Il n’y a aucune toiture et le ciel est le seul plafond, mais on peut toujours tendre une bâche en cas de neige ou de pluie. Des petits bancs ou des billots de bois sont les tables et les chaises de cette étrange salle de classe. Les murs en branchages sont suffisamment bas

- 21 -

pour que les adultes puissent regarder pardessus, mais assez hauts pour que les enfants ne voient rien au-delà. Cela permet aux élèves de se sentir protégés et de ne pas être trop distraits par ce qui se passe pardelà l’espace du canapé forestier. Celui-ci est à la fois un refuge et le point de départ de toutes les explorations : il peut être tour à tour un salon, un centre de biologie, un vaisseau spatial, une salle de classe, une cabane de nains, un navire de pirates ou un laboratoire de chimie expérimentale. Il se laisse modeler par l’imagination des enfants. Le canapé forestier est souvent réalisé en commun avec les élèves: ils peuvent par exemple commencer la construction en formant un cercle en se tenant tous par la main, puis tracer la limite de leur future salle de classe en grattant le sol de la forêt avec le bout de leurs souliers. La construction du canapé forestier apprend aux enfants à limiter leur impact sur l’environnement : le canapé est démontable et élaboré avec ce que l’on trouve sur place. Quand elles ne seront plus utilisées, on pourra rendre à la forêt les branches mortes qu’on lui a empruntées et elles enrichiront le sol en se décomposant. On évite donc de couper des branches ou des tiges vivantes pour construire : on cherche plutôt du bois mort. Comme le dit Sarah Wauquiez1, « construit le plus souvent avec les élèves, le canapé forestier favorise la collaboration et la débrouillardise. Il démontre qu’on peut facilement construire de quoi nous asseoir avec les éléments de la nature. Il y a des modèles, tailles et formes très variés de canapés forestiers, allant de simples troncs d’arbres par terre au château fort en plusieurs cercles. » En Anniviers, des enseignants du centre scolaire ont eux aussi voulu tenter l’expérience en construisant un canapé forestier à St Luc2. Fabienne Lourenço et Tatiana Dumont, enseignantes, ont eu la gentillesse de bien vouloir répondre à nos questions : Est-ce que les enseignants du centre scolaire de Vissoie ont utilisé le canapé forestier de St-Luc, et si oui, à quelle fréquence et pour des classes de quelle année ? Oui, les enseignants ont été nombreux à utiliser le canapé. Les classes qui s’y sont rendues vont de la 1H à la 8H. Concernant la fréquence, cela dépend des degrés. Certaines classes s’y rendent chaque deux semaines,

On peut même apprendre les mathématiques en forêt !

jouant et en imitant les autres, jusqu’à être capable d’un travail efficace. Tous les âges étaient mélangés et les activités n’étaient pas cloisonnées. L’enfant et l’adulte étaient égaux en droit ; le jeu, l’esprit communautaire et la liberté étaient valorisés. Les activités étaient peu spécialisées, mis à part la chasse réservée aux hommes et la cueillette dédiée aux femmes. Mais ce modèle d’éducation estil transposable à notre société ? Peut-on apprendre ainsi l’écriture ou l’arithmétique ? L’école dans la nature est-elle possible ici et aujourd’hui?


dans le décor créé - raconter l’histoire oralement aux autres groupes - prolongement: les 5H ont pu reprendre l’activité en classe par écrit. Cette activité a de nombreux objectifs : la collaboration, la créativité, les arts visuels, l’expression de l’oral, l’expression de l’écrit (pour les 5H). Les enfants sont conscients que c’est un endroit où l’on vient travailler ! Nous avons de bons retours de la part des enfants, ils ont plaisir à y travailler. Une activité de sciences en forêt :

Quelles difficultés vous avez rencontrées ? Pour l’instant, nous n’avons pas rencontré beaucoup de difficultés. Toutefois, la structure de la journée est différente, il faut s’adapter à ce nouveau cadre !

les enfants représentent comment ils s’imaginent le corps humain

d’autres une fois par mois, d’autres plus occasionnellement. Pouvez-vous raconter un moment passé au canapé forestier avec les élèves et quelles activités vous avez pu mettre en place ? Voici un exemple d’une activité proposée aux élèves en collaboration des classes 1H2H et 5H (en groupes de 3-4 enfants) : choisir un endroit dans la forêt - créer un décor - créer des personnages - inventer une histoire et faire jouer les personnages

Qu’est-ce que l’enseignement en forêt apporte de plus que l’enseignement à l’intérieur du bâtiment scolaire ? Nous découvrons les enfants autrement. Certains enfants sont beaucoup plus à l’aise à l’extérieur qu’à l’intérieur de la classe.

Peut-on imaginer enseigner toutes les matières scolaires en forêt, et si non, lesquelles sont les plus adaptées au canapé forestier ? Oui, nous pouvons enseigner presque toutes les matières à l’extérieur ! Toutefois, certaines branches sont plus faciles à enseigner que d’autres car le cadre s’y prête particulièrement. C’est le cas par exemple des sciences de la nature ou encore des activités en lien avec le «corps et mouvement». Mais cela ne nous empêche bien évidemment pas d’enseigner le français, les mathématiques, l’allemand, les arts visuels.... Selon nous, cela dépend aussi du degré scolaire. Il est certainement plus facile d’adapter les matières dans les plus petits degrés. Avez-vous d’autres rêves ou projets concernant l’école en forêt et le développement du canapé forestier ? Oui, nous souhaiterions pouvoir avoir un foyer pour y faire du feu en hiver (projet en cours...). En conclusion, tous (enseignants, élèves, parents...) sont plutôt très satisfaits de ce nouveau cadre de travail ! Nous pensons que cela apporte un plus à notre centre scolaire et que cela permet de varier l’enseignement traditionnel. Pauline Archambault photos centre scolaire d’Anniviers

Sarah Wauquiez est enseignante, pédagogue et auteure des deux ouvrages « Les enfants des bois » et « L’école à ciel ouvert ». Ses paroles sont extraites du site enseignerdehors.ca 2 voir l’article paru à ce sujet dans Les 4 saisons d’Anniviers édition d’octobre 2020 1

W W W. M E L LY M E U B L E S . C O M

- 22 -


Assemblée primaire du 25 janvier 2021, ce qui a été décidé

L’Assemblée primaire s’est tenue à la salle polyvalente de Zinal et a été reçue dans le respect des mesures sanitaires en vigueur. Bilan de la législature 2017-2020 Le Président a dressé un bref bilan des 4 dernières années où l’exécutif n’a pas été épargné. Il a été fait référence notamment à la crue de 2018 de la Navizence qui impacte encore les finances communales, ainsi qu’à la pandémie COVID-19 dont les conséquences économiques vont être catastrophiques. En 4 ans, près de 57 millions de francs ont été investis dans les infrastructures communales, améliorant ainsi les services à la population et permettant également d’absorber une partie des impacts de la loi sur les résidences secondaires pour les entreprises de la construction. Au niveau de l’évolution au sein de l’administration, afin d’assurer le suivi de tous les dossiers et procédures, ainsi que les prestations publiques, la Commune d’Anniviers a évolué et le nombre de collaborateurs a dû être augmenté depuis 2009. Nous comptons donc actuellement une centaine de collaborateurs, équivalant à 80 emplois à plein temps. Nouvel exécutif Le nouvel exécutif pour la législature 2021-2024 ainsi que la répartition des dicastères ont été présentés à l’assemblée. Planification financière La planification financière 2021-2024 n’a fait l’objet d’aucune remarque de la part des citoyennes et citoyens.

Budget 2021 Les décisions fiscales 2021 sont les suivantes : Le coefficient 1.25 L’indexation 140.00 Le montant de l’impôt personnel 20.Le montant de l’impôt sur les chiens 150.Les principaux résultats sont les suivants : Marge d’autofinancement CHF 3’711’000.Insuffisance de revenus CHF 1’848’000.Investissements nets CHF 9’257’100.Insuffisance financement CHF 5’546’100.L’Assemblée primaire a décidé d’approuver le budget 2021 à l’unanimité. Contrôleurs des comptes L’Assemblée primaire a approuvé l’attribution du mandat à la fiduciaire Fidag SA pour le contrôle des comptes communaux pour la période législative 2021-2024. Divers Dans les divers a été abordé l’aménagement intérieur prévu à l’Hôtel du Cervin à St-Luc. Les 3 conseillers sortants, Mme Christiane Favre et MM Marco Genoud et Augustin Rion, ont été remerciés par de chaleureux applaudissements pour l’engagement dont ils ont fait preuve pendant toutes ces années au sein de l’exécutif communal.

Agrandissement et rénovation de la cantine scolaire L’Assemblée primaire a accepté à l’unanimité le crédit d’engagement de CHF 830’000.-, pour financer l’agrandissement de la cantine scolaire dont l’investissement global est de CHF 1’900’000.-, ainsi que l’emprunt y relatif à hauteur de l’investissement global.

- 23 -


Fusion des autorités

de protection de l’enfant et de l’adulte (APEA) L’Autorité de protection de l’enfant et de l’adulte (APEA) est entrée en fonction au 1er janvier 2013, à la suite de la révision du droit tutélaire, et a remplacé la Chambre pupillaire. L’APEA prend les mesures nécessaires à la sauvegarde des intérêts des enfants et des adultes en difficulté, dans le respect de la dignité des intéressés et en favorisant leur autonomie et leur liberté. Les APEA des communes de Sierre, de la Noble-Contrée (anciennement Miège, Venthône et Veyras) et d’Anniviers ont fusionné le 1er mars 2021 pour devenir l’Autorité de Protection de l’Enfant et de l’Adulte (APEA) de Sierre et Région. La nouvelle APEA est composée de la façon suivante : Présidente

Mme Carole Vymazal (Juriste)

Juges de Commune

Mme Nicole Langenegger Roux (Anniviers) M. Jean-Pierre Zufferey (Sierre) Mme Fabienne Klingele-Bagnoud (Noble-Contrée)

Membres

Mme Laurence Luyet-Zwissig (Psychologue) Mme Nicole Constantin (Assistante sociale)

Greffier

M. Jeremy Vouardoux (Juriste)

Toutes les demandes et/ou requêtes émanant de personnes domiciliées en Anniviers, doivent dorénavant être adressées à cette nouvelle Autorité joignable : Par téléphone au Par courrier à Par e-mail à

027/452.02.19 (de 09h00 à 11h00) APEA de Sierre et Région Rue du Bourg 12B, CP 9, 3960 Sierre apea@sierre.ch

Au nom de la Commune d’Anniviers, nous adressons nos plus sincères remerciements aux membres de la Commission de l’APEA d’Anniviers qui ont oeuvré pendant ces dernières années, à savoir : M. Benoist Germann (président et juge de Commune), Mme Nadine Savioz-Abbé (secrétaire), M. Jeremy Vouardoux (greffier juriste), Mme Christine Torche Mercier (membre), Mmes Simone Salamin et Rachelle Melly (suppléantes), Mmes Christelle Bonnard, Florence Guignard et MM Stéphane Zufferey, Vincent Epiney (assesseurs). Nous souhaitons également féliciter Mmes Rachelle Melly et Nadine Savioz pour leur engagement en tant qu’employées au sein de la nouvelle entité « APEA de Sierre et Région ».

- 24 -


Rappel relatif aux zones de parking en Anniviers tarification, système de paiement et situation

RAPPEL RELATIF AUX ZONES DE PARKING EN ANNIVIERS Tarification, système de paiement et situation

Afin de répondre aux différents besoins de stationnement et faciliter l’accueil des hôtes, que ce soit pour une durée limitée ou un séjour Afin de répondre aux différents besoins de stationnement et faciliter l’accueil des hôtes, que ce soit pour une durée de longue durée, Commune d’Anniviers propose des solutions adaptées aux différents usagers. limitéelaou un séjour de longue durée, la Commune d’Anniviers propose des solutions adaptées aux différents usagers. Il existe, surIlleexiste, territoire communal, plus de 2’800 places de stationnement. sur le territoire communal, plus de 2'800 places de stationnements. La tarification et le système de paiement La tarification et le système de paiement • Vignette annuelle (abonnement de parcage lié au numéro de plaques du véhicule) Vignette annuelle Valable sur tous les parkings communaux payantsde(pas sur les bleues) : CHF 365.-/ année. (abonnement de parcage lié au numéro plaques duzones véhicule)

Valable sur tous les parkings communaux payants (pas sur les zones bleues) : CHF 365.00 par année.

• Stationnement camping-car Stationnement camping-car Emplacement borne Euro-relais uniquement : CHF 30.-/jour

Emplacement borne Euro-relais uniquement : CHF 30.00/jour

Parkings Euro-relais : Parkings Euro-relais : Grimentz - Les Bouesses 2 & Zinal - Montferrier Sud

Grimentz – Les Bouesses 2 & Zinal – Montferrier Sud

Stationnement journalier sur les parkings communaux • Stationnement journalier sur les parkings communaux

"

Système de paiement : SEPP et Paybyphone

Système de paiement : SEPP et Paybyphone

Tous les jours / Täglich / Everyday Attention ! Zone interdite de 24h à 7h

Tarifs Périodes

à partir du 01.11.2020 Hiver du 01.11 au 30.04

à partir du 01.05.2021 Eté du 01.05 au 31.10

Gratuit les deux premières heures 1 - 2 h = CHF 0.- (! Ticket obligatoire !) de 2h à 3h

CHF 4.00

CHF 2.00

de 3h à 4h

CHF 6.00

CHF 3.00

de 4h à 5h

CHF 8.00

CHF 4.00

de 5h à 24h

CHF 10.00

CHF 5.00

De 24h à 5 jours / par jour

CHF 10.00 par jour sup.

CHF 5.00 par jour sup.

Jours 6 et 7 De 7 jours à 12 jours/ par jour Jours 13 et 14

Gratuit CHF 10.00 par jour sup. Gratuit

Gratuit CHF 5.00 par jour sup. Gratuit

L’emplacement des parkings en Anniviers est consultable notre internet liensuivant suivant: : L’emplacement des parkings en Anniviers est consultable sur sur notre sitesite internet viavia le le lien https://www.anniviers.org/fr/zones-parking-anniviers-503.html https://www.anniviers.org/fr/zones-parking-anniviers-503.html

- 25 -


Réseau d’eau potable

De la captation de l’eau jusqu’à vos robinets, voici quelques explications. La gestion de l’eau potable en Anniviers c’est : Plus de 80 sources / 25 réservoirs / Plus de 100 km de conduites / 3 turbinages

Chaque année, 60 analyses bactériologiques et 15 analyses chimiques sont effectuées, garantissant ainsi à la population l’utilisation d’eau potable.

Les appareils électroménagers qui utilisent de l’eau sont particulièrement sensibles à sa dureté : bouilloire, cafetière, fer à repasser, lavevaisselle et lave-linge. Au fil des utilisations, les machines s’entartrent et leur durée de vie s’en retrouve limitée. D’ailleurs, il faut savoir que plus l’eau est chauffée, plus l’entartrage est rapide, et que ce dernier concerne tout autant les canalisations que les appareils tels que les ballons d’eau chaude et les chaudières.

- 26 -


Etonnant

art & culture

ce Virgilio !

L

orsque j’ai reçu « Une hirondelle sur l’épaule » comme cadeau de Noël de la part d’un ami, j’ai pensé, encore un gentil bouquin basé sur une histoire familiale, comme c’est Jeanluc qui l’a écrit, je vais le lire… Quelle ne fut pas ma surprise après seulement quelques pages, de découvrir une très belle écriture pleine de force, imagée, visuelle. Bartolomeo est devenu de plus en plus réel et ne m’a plus quittée! J’ai rencontré son âme, qui est, qui sait … peut-être celle de l’auteur !

Bartolomeo le héros du livre et un compatriote italien bûcherons dans la forêt du Val de Travers

chorégraphie délicieuse, il voulait faire durer encore... Et ça continuait de voler de-ci de-là en d’interminables ballets... – Je te le dis Felice, ça sent la merde ! – Pourquoi tu parles si mal, Bartolomeo ? Regarde comme c’est gracieux ! – Tu te fous de moi ! Tu as marché dans une merde de vache ! – Regarde ! C’est comme le carrousel de Villa, celui des chaises qui volent ! Il voulait poursuivre et se laisser emporter par la danse subtile. Il contrôla sa semelle et constata en effet que le talon de son soulier était salement maculé. – Alors t’as vu toi-même ? Je te l’avais bien dit ! Ça pue ! Je suis tout de même rassuré que ce ne soit que tes chaussures qui sentent mauvais ! » Le grand-père de l’auteur, a « bossé » à la Dubied à Couvet (Neuchâtel). C’est comme si on parle d’Alusuisse aux

- 27 -

Anniviards, mais deux fois et demie plus grand, 3000 ouvriers à l’époque. Ils avaient tellement honte d’être en bleu de travail. Son grand-père lui disait souvent: « Si tu ne veux pas être en bleu, puant l’huile comme moi, alors travaille plus à l’école ! » Son père le lui répétait aussi… il était droguiste en blouse blanche… Dans son esprit, son fils fréquenterait l’université ! Ses ancêtres venaient de la vallée d’Antrona. On y accède depuis Saas Almagell par le Passo di Saas, pour atteindre Domodossola. Jeanluc se sent très proche d’eux et ce n’est pas pour rien qu’il est venu habiter ici : il y a la montagne, la forêt. Il a déménagé douze fois dans sa vie et n’a jamais habité à plus d’un kilomètre de la forêt, consciemment ou non… Il s’est rendu trois fois là-bas, mais n’y est jamais allé à pied. Il a participé en automne à la Fête des châtaignes, qui est à la fois une sorte de Carnaval, de Noël et de Nouvel An…

Extrait : « Le petit sursauta. Un animal peut-être, là tout près ? Ce n’était pourtant que Felice ! C’était rassurant, il avait eu si peur ! Le grand frère apparut à travers les buissons et s’allongea à côté de son cadet. Les foins étaient bien avancés. Comme c’était merveilleux de se coucher sur les andains et de s’amuser à faire éclater un silène d’un coup sec sur le dos de la main ! Souffler sur des pissenlits bien mûrs pour qu’une gerbe d’akènes s’échappe restait simple mais magique ! Se distraire des heures durant à jouer de toutes petites choses : d’une fleur qui claque et d’une autre dont on lèche les pétales sucrés... Au fait, on disait bien des choses qu’il était bien difficile de comprendre... – Pourquoi on disait de ces plantes qu’elles étaient sauvages, alors qu’elles leur étaient si familières ? – Tu pues Felice ! Tu as pété ou quoi ? demanda soudainement Bartolomeo à son aîné. – C’est léger, ça vole, regarde, Bartolomeo comme ça vole ! L’aîné ne voulait pas interrompre cette


Ce n’est pas très loin d’ici, 30 km environ à vol d’oiseau. Une hirondelle sur l’épaule, c’est l’histoire de Bartolomeo et ses compatriotes qui partent du Piémont et s’en vont bûcheronner dans le Val-de-Travers pour subvenir à leurs besoins et ceux de leurs familles, car leur terre natale, le Piémont, ne leur permettait pas de vivre décemment. Une hirondelle sur l’épaule, pourquoi ce titre ? Il y a deux explications : c’est l’histoire de ces gens qui comme les hirondelles viennent au printemps et repartent à l’automne... Sur l’épaule en référence au baluchon qu’ils portaient, trois cents kilomètres de chemin, ce n’était pas rien ! Avec ce bout de tissu juché sur un morceau de bois, ils se faisaient remarquer. Plus tard, en adoptant la musette, ils passèrent plus inaperçus et furent moins stigmatisés. A Fleurier il y avait une maison qu’on appelait « les Hirondelles ». C’est là que logeaient une partie des maçons saisonniers. La notion d’identité est au cœur de ce roman qui pose la question de la communauté, de l’appartenance à la communauté. On vit actuellement un durcissement identitaire, un repli sur soi. En ce sens, il est très moderne ? Ma famille a été naturalisée en 1920. Mon père est né en 1923, il est né suisse, mon grand-père n’a jamais parlé un seul mot d’italien. Mon père et mon grand-père n’ont jamais mangé de polenta à la maison, cela rappelait trop de souvenirs… Les bûcherons italiens vivaient en forêt, mangeaient à midi la « polente » froide et sèche, emballée dans un papier de boucherie, c’était leur « pique-nique ». Mon arrièregrand-père avait une très forte envie de s’intégrer au Val-de-Travers, ça restait difficile comme c’est le cas aussi dans pas mal de vallées valaisannes : «Il est brave mais c’est pas un d’ici ! » Je ressens très fort ce que peuvent vivre les migrants… ne l’est-on pas tous un peu? On a traversé les montagnes d’une vallée à l’autre et tout d’un coup, on est de l’autre côté… et on y reste… Mon père, quand il a ouvert une droguerie à Fleurier, était de Couvet situé à 6 km… les premières semaines après l’ouverture, c’était dur… il n’était pas du village…

On trouve dans ce livre une certaine critique sur l’attitude des différentes confessions catholique et protestante ? Oui c’était vrai là-bas, mais ça l’était aussi ici, je pense… Avec deux grands-pères catholiques, j’ai été baptisé protestant… Quand Bartolomeo (catholique) va trouver le forgeron pour lui demander la main de sa fille Suzanne (protestante), on se met d’accord, elle prendra son nom, mais lui devra se marier protestant comme elle… et les enLettre écrite par le grand-père de Jean-Luc, orphelin et placé en internat fants seront protestants. Mon grand-père maternel a vécu la du pays jusqu’à ce que les épiceries de la région s’adaptent aux habitudes des piémême particularité… montais et des bergamasques. Quelle est la part de fiction et la part de la A l’époque, il fallait deux jours pour qu’une lettre d’Italie parvienne à son dessaga familiale ? J’ai romancé l’histoire de cette migration tinataire suisse. Le facteur trottait d’une en me basant sur les documents conservés forêt à l’autre pour trouver les bûcherons. par ma grand-mère pendant 80 ans. Je ne Maintenant c’est plutôt deux semaines… veux rien dévoiler de ce qui est véridique J’ai changé tous les noms car il y a encore ou de l’ordre de la fiction. Je ne voulais pas des vivants dans les familles alliées. Une simplement raconter leur voyage, leur vie seule personne a gardé son nom original, et leurs travaux, mais raconter une histoire c’est Henri Biolley, artisan essentiel dans le travail de la forêt en Suisse… ingénieur qui devrait intéresser le lecteur. 80% de la correspondance retrouvée est forestier… à Couvet… en italien, j’ai les lettres que mon arrière- « L’amante » de mon arrière-grand-père, la grand-père a reçues, je n’ai pas celles qu’il a forêt du Burcle figure au patrimoine suisse envoyées. Et j’ai des lettres en français qui de la forêt. Elle est jardinée… elle est visisont venues d’ailleurs. J’ai eu une bonne tée très fréquemment comme forêt exempartie de la comptabilité de mon arrière- plaire de cette méthode. J’en suis très fier ! grand-père… datant de 1890-1920… Le Musée du Val-de-Travers m’a d’ailleurs Dans le livre, il y a du texte en italique, demandé ces différents papiers parce que je n’ai pas très bien compris pourquoi. Je cela constitue des documents historiques me suis demandé si c’était des citations intéressants. Il y a aussi les factures du vin, reprises dans les documents retrouvés. Tout ce qui est écrit en italique, c’est du meunier, des fiches de travail… Certaines saisons, jusqu’à 30, 40 per- une convention, c’est du discours indisonnes venues d’Italie, travaillaient avec rect. C’est ce qui se passe dans la tête de mon arrière-grand-père. Il faisait venir le celui qui pense, souvent c’est du non-dit. maïs, le vin, le fromage et les châtaignes Comme j’ai beaucoup marché sur les che-

- 28 -


Certaines saisons, jusqu’à 30, 40 personnes venaient d’Italie. Ils faisaient venir le maïs, le vin, le fromage et les châtaignes du pays jusqu’à ce que les épiceries de la région s’adaptent

Ce gros et vieux carton mal ficelé m’a intrigué, je l’ai ouvert et j’ai découvert des trésors qui valaient la peine d’être mis au jour et je l’ai fait, j’espère, pour le plaisir du lecteur. Le travail n’a pas été facile, j’ai commencé les premières phrases, il y a plus de 10 ans… pour terminer le printemps passé… Grâce aux traductions d’une partie des lettres par Dominique Squaratti de StLuc, j’ai pu mieux avancer et composer. La retraite m’a permis de prendre plus de temps pour réaliser ce roman.

aux habitudes des piémontais

mins de Compostelle, j’ai eu le temps de cogiter. Je pouvais facilement imaginer et me mettre dans les pensées de ces forçats de la marche… Je n’ai pas connu mon arrière-grand-père, on m’en a tant parlé quand j’étais enfant, les documents de tous genres sont si nombreux que j’espère avoir reconstitué assez fidèlement cette vie très dure… ça n’était sûrement pas, comme on le dit souvent, le bon vieux temps… On pense plus qu’on ne parle quand c’est difficile… Fermez les yeux et imaginez, lorsque les italiques se présentent. Je suis un visuel, faites l’exercice, il paraît que cela marche, bien des lecteurs me l’ont dit. D’où a surgi l’envie d’écrire un roman ? Il y a quelques années que j’écris. J’ai commencé par rédiger des textes que je n’ai pas finis... J’ai réalisé trois adaptations théâtrales de romans de Ramuz, dont la Séparations des races, qui a été jouée à Chandolin en 2016. J’ai également créé un grand spectacle théâtral à partir du roman « 1352 » de P. Favre, qui sera joué dans le cadre des fêtes médiévales de Saillon, en 2023.

Est- ce que cela a été facile de trouver un éditeur ? J’avais bien fait lire mon livre à des amis, mais c’est terrible les copains… ils sont toujours trop gen-tils : « Ecoute, j’ai commencé ce livre, je n’ai pas pu m’arrêter, on ne s’ennuie pas, c’est très bien écrit … et bli et bla… » Cela rassure, mais ça m’a tout de même encouragé. Je l’ai envoyé à trois éditeurs. J’ai reçu une réponse positive de Jean-Claude Piguet, éditeur des Editions bien connues Mon village . Quand il m’a communiqué la réponse provisoire du comité de lecture, j’ai eu un choc, mais je devais patienter. Dix jours plus tard… la réponse définitive est arrivée, j’ai dû m’asseoir vraiment, le texte était reçu à l’unanimité… En Anniviers, peu de gens savent que j’ai écrit. Par ailleurs Une hirondelle sur l’épaule paraît en feuilletons hebdomadaires dans le Courrier du Val de Travers. J’ai vendu pas mal d’exemplaires là-bas… Avec la COVID, les lectures et présentations en librairies ont été suspendues. Maintenant, on attendra le mois d’avril...

- 29 -

En écrivant ce livre, qu’as-tu découvert ? Cela m’a aussi appris à bien comprendre comment on peut vivre une situation difficile et supporter. Je me lance des défis tout le temps. Ce livre, c’est un défi. Je vois que je suis capable d’écrire quelque chose qui tient la route et qui semble avoir du succès. 1500 km c’est long sûrement, 10 ans c’est totalement autre chose… J’ai écrit parfois deux heures quotidiennement et puis plus rien pendant deux mois, une année… J’avais envie, parce que j’y crois vraiment, de rendre hommage à tous ces gens qui ont des métiers, physiques ou non, mais qui s’y investissent corps et âme. Mon arrièregrand-père faisait partie de ceux-là… Il y a beaucoup de force dans ton écriture et c’est ta personnalité que je retrouve. C’est sûr, ton écriture est très visuelle, on a l’impression d’y être, on les voit. C’est cela qui m’a vraiment transportée ! Je suis content que tu dises cela parce que c’est exactement ce que j’apprécie chez Ramuz. Alors si ce que tu dis est vrai, si j’ai réussi à faire ça, j’en suis touché. Merci ! Témoignage d’une lectrice : « Suivre Bartolomeo dans ses marches forcées de nuit, c’est souffrir et espérer avec lui jusqu’au bout du chemin de cette vie entre deux, entre son Val Antrona et le Val de Travers, à une époque où les vallées alpines italiennes, comme celles valaisannes, étaient très pauvres. Ce livre lui rend hommage et, avec lui, à tous ceux qui ont dû partir, tout d’abord pour survivre. Il me plaît d’imaginer que l’hirondelle ne quitte plus l’épaule de Jeanluc Virgilio, parce qu’il en est fier. C’est son héritage, ce qui fait de lui aussi ce qu’il est aujourd’hui et au fond, c’est l’héritage de nous tous. » Adriana propos recueillis par Christine Torche Documents conservés par la grand-mère de Jeanluc, sources d’inspiration pour ce livre

Une hirondelle sur l’épaule se trouve dans la plupart des librairies, mais peut être commandé auprès de l’auteur : jeanluc.virgilio@gmail.com ou au 076 372 12 48 au prix de frs 28.- port compris.


culture

Je rêve de skier sur la Lune deuxième partie: mets de l’huile !

a (re)conquête de la Lune s’accélère : les noms et les visages des 13 astronautes américains sélectionnés pour les futures missions lunaires – baptisées Artémis, en l’honneur de la sœur jumelle d’Apollon/Apollo ont été dévoilés par la NASA. Parmi eux, six femmes et parmi elles, LA première qui laissera son empreinte sur un monde extraterrestre... et espérons-le , son nom dans les livres d’Histoire à côté de celui de Neil Armstrong. Les chinois, de leur côté, continuent leur petit bonhomme de chemin en rapportant 2kg d’échantillons du sol et du proche sous-sol lunaire (mission Chang’e 5). Des mesures récentes, principalement américaines, ont permis de mieux quantifier et localiser les réserves d’eau sur la Lune (plus abondantes et dispersées que prévu), indispensables à sa colonisation. Les industriels privés s’organisent pour exploiter ces gisements (eau mais aussi hélium 3 et métaux) et structurer jusqu’au secteur tertiaire lunaire émergeant – dont le tourisme fait partie. Un exemple: DHL propose déjà un service de colis entre la Lune et la Terre... Bref, j’ai déjà une idée du charter que j’utiliserai (américain: plus féminin), de ma destination (les complexes miniers du pôle sud) et de mon budget «carte postale»: au minimum CHF 500.- par envoi ! Mais avant de partir, je vais prendre des renseignements complémentaires auprès de mon astronome lunatique préféré et tenter de répondre à cette question glissante sinon brûlante: le sol lunaire est-il propice au ski ?

© NASA

L

«Vue rasante de la région du pôle sud lunaire. C’est sur la base de photographies très haute résolution comme celle-ci (ici un cliché assez récent pris par la sonde de la NASA Lunar Reconnaissance Orbiter), que les futurs sites d’exploration puis de colonisation et d’exploitation seront choisis. Les cratères simples en forme de bol dont les parois et les fonds sont depuis toute éternité plongés dans l’obscurité la plus totale constituent des gisements potentiels de glace d’eau… et leurs pentes inclinées à plus de 40° de probables spots de glisse dont la taille dépasse celle du Val d’Anniviers»

- Avant de passer au problème des frottements, une dernière précision sur cette notion d’accélération : j’ai compris que pour retrouver sur la Lune les mêmes sensations euphorisantes de prise de vitesse que sur Terre, il me faudra une pente beaucoup plus raide… mais tu pourrais préciser ? - Bien sûr! (marmonnant, absorbé par ses pensées) la pente fait intervenir le sinus de l’inclinaison... et comme la pesanteur lunaire est divisée par 6 environ… cela donne une pente équivalente sur Terre appelons-la Peq - qui doit ressembler à : Peq = arcsin (sinP:6), P étant la pente réelle sur la Lune - (énervé) Eh ! Je crois que nous prenons un très mauvais départ ! Si tu continues comme ça, il va y avoir - comment dire? - des tensions, des frottements dans nos rapports jusque-là cordiaux… - Et ça va chauffer ! Je vois... Pas de formule mathématique en guise d’échauffement… (tout penaud) Ceci dit, l’arcsinus est juste là pour faire joli… ou peur …

- 30 -

- (toujours énervé) Laisse-moi plutôt réfléchir : la pente maximale ne peut pas dépasser 90°. Donc les sensations les plus extrêmes sont celles de la chute libre. Il me suffit finalement de savoir à quelle pente terrestre correspond une chute libre lunaire ! (se radoucissant un peu) C’est là que ta formule pourrait éventuellement nous être utile… - Merci ! et le calcul donne : à peu près 10° … Je résume : effectuer une chute libre sur la Lune, revient en termes d’accélération, c’est-à-dire de prise de vitesse, à glisser sur une piste bleue sur Terre… en négligeant toute forme de frottements ! Clairement, la Lune n’est pas propice aux godilles endiablées… L’intérêt est ailleurs, tu t’en souviens ? - Vaguement… L’absence d’atmosphère lunaire et donc de frottement aérodynamique peut-être ? - Exactement ! dans le cas d’une chute libre lunaire, ta prise de vitesse augmente de manière continue, alors que sur Terre la vi-


poudreuse lunaire (régolithe) est composée de grains minuscules ayant une bonne cohésion entre eux. Si les caractéristiques mécaniques de cette poussière lunaire sont donc assez proches d’une neige fraiche et légère de quelques mm d’épaisseur, elle est en revanche plus noire que du charbon. C’est l’intense réverbération du Soleil qui donne cette fausse impression de blancheur.»

tesse se stabilise autour de 200km/h du fait de la traînée aérodynamique qui s’oppose au poids. Sur la Lune, il s’agit donc plutôt de battre des records de vitesse en faisant preuve de patience, car l’accélération y est divisée par 6... Mais dans le cas du ski, et non pas de la chute libre, tu es censé glisser sur le sol lunaire et c’est là que le bât blesse… - A cause des frottements ? J’y suis ! Pas d’atmosphère DONC pas de traînée MAIS pas d’atmosphère DONC pas de neige ! Pourtant j’ai entendu parler d’eau sur la Lune... Dans les mers peut-être ? D’immenses étendues d’eau pour faire du ski nautique ? - (un brin moqueur) Oui oui, souviens-toi du premier pas d’Armstrong sur une plage de la Mer de la Tranquillité , malheureusement il avait oublié son maillot de bain… -… et sa bicyclette et sa trompette… Bon je crois que nous avons fait le tour des homonymes célèbres de Neil... - Oui, revenons à nos moutons… de poussière lunaire… car les images des missions

Apollo sont éloquentes ; notre satellite est aride et poussiéreux. Ceci est en fait connu depuis longtemps : la Lune et tous les objets célestes dépourvus d’atmosphère sont recouverts d’une sorte de poudre de roche ou de glace, éventuellement d’un mélange des deux, appelée régolithe… - Tu as bien dit poudre ? de la poudreuse ? … de la bonne « peuf » ? - Ne t’emballe pas… ce régolithe était toutefois source d’interrogations - composition ? granulométrie ? comportement mécanique ? - et finalement d’inquiétudes justifiées. Le sol lunaire allait-il se dérober sous le poids d’un vaisseau de plusieurs tonnes ? - (moqueur) Ne fais pas durer ce suspens insupportable, nous savons tous que c’est à cause de ce risque d’enlisement que les américains ne sont jamais allés sur la Lune… Un cas bien connu du syndrome du Vietnam... - (rires) C’est pourquoi les soviétiques, qui n’avaient pas encore ce genre de blocage psychologique, ont pris de vitesse les

- 31 -

© NASA

«L’empreinte laissée par les moonboots des premiers piétons lunaires de la mission Apollo 11 montre clairement que la

américains en réussissant le premier alunissage en douceur, trois ans avant le premier «petit pas pour l’homme mais bond de géant pour l’humanité». Dès 1966, tout risque d’enlisement dans un sol trop meuble était donc définitivement écarté . - Bon et alors ? combien de poudreuse ? - Un léger saupoudrage de quelques mm tout au plus - tiens, regarde la célébrissime photo de l’empreinte du premier pas de l’homme sur la Lune , elle en dit long sur les caractéristiques du régolithe. Pour te donner un autre exemple, le planter de bâton, je veux dire de hampe de drapeau, est fastidieux, car dès 5 cm le sol peut avoir la dureté de la roche. La fine couche de poudreuse a cependant mis à rude épreuve le matériel et les équipages. - Et pour quelles raisons ? - Le régolithe très fin - du genre poudre Caotina plutôt qu’Ovomaltine - est de surcroît chargé d’électricité statique et retombe doucement une fois soulevé faible gravité lunaire oblige ! Juge plutôt : certains scientifiques pensent que la poussière remuée par les missions Apollo n’est pas encore totalement retombée 50 ans plus tard ! Ce régolithe s’insinue partout et se colle à presque toutes les surfaces; très abrasif - il n’a pas été émoussé par de l’air ou de l’eau liquide totalement absents sur la Lune - il risque par exemple de gripper les mécanismes ou de déchirer les combinaisons des astronautes. Sur la Lune, les chutes sont fréquentes même sans faire de ski ! Dois-je continuer ou tu as compris que faire du ski sur la Lune revient à glisser sur du papier de verre, recouvert d’une sorte de sable extrêmement fin ? - Alors c’est pas gagné ! Même avec des skis en Téflon, je risque de rester planté en haut de la pente à cause des frottements statiques, pente qui ne sera jamais mieux qu’une piste bleue terrestre… Au mieux, le ski lunaire ressemble à celui que certains terriens pratiquent sur des dunes ... Mon rêve de ski lunaire s’évapore… comme l’eau liquide dans le vide… - A moins que… Tu viens de me donner une idée : l’eau est peut-être la clé ! Car si la Lune semble aride sans la moindre goutte d’eau liquide, elle en contient en surface une quantité substantielle sous forme solide . La glace d’eau est en effet stable dans le vide, pourvu que la température reste basse. - Et sur la Lune, il fait suffisamment froid


héritier & associés terrassement sa Terrassement Transport Anniviers Case Postale 73 / CH-3961 VISSOIE

Installations sanitaires, chauffage, réparations

Rue du Cougnon 28 3961 St-Jean Anniviers Tél. 027 475 28 06 079 628 63 09

jfepiney@gmail.com

jfepiney@gmail.com

- 32 -

Tél. 027 475 21 70 Fax 027 475 21 79 Mobile 079 738 24 67 hssanitaires@netplus.ch


pour garder longtemps cette eau gelée? - Tu peux oublier tous les endroits ensoleillés : il y fait environ +120°C et l’eau s’y est depuis longtemps sublimée. Mais les endroits à l’ombre affichent une température inférieure à -150°C, ce qui est compatible avec une présence durable de glace… - Alors il faut trouver des pentes nord et skier sur les ubacs, les faces à l’ombre, les Ombrintzes lunaires en quelque sorte… - Oui, mais des ubacs éternellement ombrés… Difficile d’imaginer un tel endroit sur Terre du fait de l’inclinaison de l’axe de rotation de la Terre qui modifie au fil des saisons la hauteur et l’azimut du Soleil: seules de très rares pentes ne sont jamais balayées par ses rayons.... La situation est totalement différente sur la Lune dont l’axe de rotation n’est pas incliné : en un point donné de sa surface, la course du Soleil dans le ciel est toujours la même. Les saisons n’existent pas. Imagine alors ce qui se passe au niveau des pôles... - Un éclairage toujours rasant... Un hiver éternel ! Voilà qui est intéressant : je peux faire du ski quatre saisons sur la Lune aux pôles… ou plutôt zéro saison mais je ne suis pas sûr que cette formule enchante les départements marketing du tourisme lunaire. Mais au fait, comment la glace estelle arrivée là ? - Excellente question ! Qui n’a pas encore de réponse définitive, mais sa présence ne date en tous cas pas d’hier... ni de l’hiver dernier (rires). Autre certitude : au fond des cratères polaires, il règne une nuit éternelle et la température y atteint des records de froid, environ -230°C, depuis des milliards d’années. La glace, dure comme la plus dure des roches, est à l’abri dans ces super-congélateurs éternels… - (provocateur) Et alors, elle est tombée du ciel cette eau ? - Tu ne crois pas si bien dire : les scientifiques s’accordent sur l’existence d’un bombardement météoritique antédiluvien. La glace y aurait été déposée lors des impacts d’astéroïdes - d’immenses cailloux dont on sait désormais qu’ils peuvent contenir de l’eau liée à la roche - ou de comètes - de gigantesques boules de neige sale selon la formule consacrée. L’histoire n’est pas très différente sur Terre... - Bingo ! Je vais aller skier sur les pentes verglacées des cratères polaires. Sur de la neige cométaire quoi ! - C’est aussi en partie le cas lorsque tu

skies sur Terre : probablement la moitié des molécules d’eau viennent des comètes … Mais examinons le cas le plus favorable sur la Lune : les pentes des cratères polaires sont possiblement recouvertes d’un placage de glace vive peu ancienne et très glissante. Tellement glissante qu’il ne faut pas espérer contrôler la direction... ni le freinage. Compte uniquement sur la pente opposée du cratère, située à plusieurs km, pour perdre de la vitesse... et recommencer dans l’autre sens… - Yes ! A moi les records de vitesse sur un half-pipe aux dimensions hors du commun ! - Ne t’emballe pas trop car à l’extrême inverse, il se peut que cette eau soit intimement liée à la roche comme dans le cas du gypse qui, comme tu le sais, se transforme en eau et en plâtre par chauffage… Tous les cas intermédiaires, mélange de roche et de glace plus ou moins liées entre elles, sont envisageables. Quoiqu’il en soit, les propriétés de glisse seront sans doute assez éloignées de celles que procure la neige qui, en fondant sous l’effet des frottements avec les patins, forme un mince film liquide qui agit comme un lubrifiant… - Bon alors je prévois des skis avec injection d’huile sur les semelles . J’ai mieux: des semelles chauffantes pour fabriquer in situ de l’eau - qui restera liquide une fraction de seconde - sous mes planches… - C’est exactement, mais à plus grande échelle, le principe retenu pour alimenter en eau les prochaines missions lunaires longue durée ! Des procédés sont déjà à l’étude pour chauffer la roche lunaire et en extraire la précieuse molécule H2O. Car, comme sa formule chimique l’indique, l’eau permet d’obtenir - en la cassant - de l’oxygène (O) et de l’hydrogène (H) utiles pour fabriquer des ergols (carburant et comburant) et fournir aux humains l’air de leur futur village lunaire. - Reste le problème de l’énergie, pour chauffer la roche et casser les molécules! Est-ce que finalement ce ne serait pas moins coûteux de faire venir l’eau depuis la Terre ? - A plus de CHF 100’000.- le litre d’eau, il est sans doute préférable de la fabriquer sur place ! D’autant plus que les quantités nécessaires au bon fonctionnement d’une base lunaire seront immenses... Il est aussi question que la Lune joue le rôle de station-service pour les missions en partance

- 33 -

pour Mars. Mais rassure-toi. Pour alimenter tous ces processus industriels gourmands en énergie, la Lune bénéficie d’une source inépuisable : « l’énergie de toutes les énergies » comme l’appelait le patron d’un grand groupe pétrolier français en 1973 déjà ! - Le nucléaire ? - Pas exactement celui auquel tu penses: je veux parler de l’énergie solaire, qui provient il est vrai de la fusion nucléaire au cœur de notre étoile. Sur la Lune, le potentiel de cette énergie renouvelable, sans danger et bon marché est infiniment supérieur à celui du Valais pourtant réputé pour son ensoleillement exceptionnel ! - C’est un peu facile sans atmosphère ! Mais la nuit, comment faire ? - Touché ! D’autant plus que la nuit lunaire dure environ 14 jours terrestres… Cela nous ramène aux pôles... Les montagnes qui ceinturent les cratères y sont éternellement baignées de lumière solaire. Tout l’inverse de leur fond perpétuellement plongé dans les ténèbres. Et seulement quelques centaines de mètres séparent la matière première - la glace - de la source d’énergie infinie et gratuite pour l’exploiter - le Soleil. Le rêve de tout industriel qui pourra - cerise sur le gâteau - offrir à bon compte à ses employés un divertissement sur le site même de production : skier sur les pentes des carrières de glace... - Du ski industriel dans la nuit éternelle… Quel programme ! ... Il ne reste plus qu’à négocier l’installation de quelques canons à neige... - Tu es vraiment désespérant avec tes réflexes de terrien ! Je me demande si finalement Desproges n’avait pas trouvé la meilleure définition du mot alunissage… - … (intrigué) Tu peux me la rappeler ? - «Procédé technique qui consiste à poser des imbéciles sur un rêve enfantin !» eric@ofxb.ch


traditions

Lo tsahelang dé Vichoyè Le châtelain de Vissoie

Dou teign di cheignô, oung bé tsahé dressiève ché tôrr chouc una tsoupa dè couhé lo villaso dé Vichoyé ! Ver l’an 1700 dé croyé zenn lann détruic lo tsahé quié d’âtro, plou croé quié lô, l’aveyonn bourla lonnteign dévann. Ora, dê hlic tsahé restê pas mé quié ouna tsapella et quiaqué vio mouc. Du temps des seigneurs, un beau château dressait ses tours sur un monticule à côté du village de Vissoie ! Vers l’an 1700, des gens mauvais ont détruit le château que d’autres, plus mauvais encore, avaient déjà brûlé longtemps avant. Aujourd’hui, de ce château ne restent plus qu’une chapelle et quelques vieux murs. Enn hlic tsahé dou prumiê teign quié lè cheignô exercievonn lo pouvouer en Valli, habitavè oung tsahelang. Liré douc por lê porô et demandavê dè grö jempo i païjang. Ma io conngto vo dirè qu’ienn hlic teign, la campagnié lé rapportavê grô plou quié ora po chenn quié lo mondo lirê mé bong et quié l’amavê mè lo bonn Djou et quié l’allavonn i procesiong. Dans ce château, au temps où les seigneurs exerçaient le pouvoir en Valais, habitait un châtelain dur avec les pauvres et qui demandait beaucoup d’impôts aux paysans. Mais je dois vous dire qu’en ce temps-là, la campagne rapportait beaucoup plus qu’aujourd’hui car les gens étaient meilleurs, qu’ils aimaient plus le bon Dieu et allaient aux processions. Hlic cheignô iré ung to ruzto et désa viô. Enn plu dé chenn liré avar. Volièvé épargné d’arsenn et d’or por maria cha mata avouè oung zovenno cheignô dè Grangsé, bâ lé enn planghna, ou paï di ranoghlè. Ce seigneur était un tout riche et déjà vieux. En plus de ça avare. Il voulait épargner de l’argent et de l’or pour marier sa fille avec un jeune seigneur de Granges, en bas en plaine, au pays des grenouilles. Oung zor quié lirè cholett enn ouna tsambra dou tsahé, oung djiéblô ché mohra pouê li a dutt : « Té rutzo, ma tou charé mé rutzo ; ta mata lié bella, ma lé charé mé bella ; et liaré 500 piècé d’or pô ché maria. Ma po chenn té fâ manquia la mêcha du né a Zalenndè, quié l’arrigvè dè dunn djiè zor. Dévan quié la clossè dou tsahé l’iannoncé l’Elévationg, trova-té chouc lo bor dè la Navujeigntsé et io te duré commenn té procoura dé l’or ». Un jour qu’il était seul dans une chambre du château, un diable s’est montré et lui a dit : « Tu es riche, mais tu seras plus riche ; ta fille est belle, mais elle sera plus belle ; et elle aura 500 pièces d’or pour se marier. Mais pour cela, il te faudra manquer la messe de minuit à Noël qui va arriver d’ici dix jours. Avant que la cloche du château annonce l’Elévation, trouve-toi au bord de la Navizence et je te dirai comment te procurer de l’or ». Lo grann tsahélang, commè la avouic chenn la tsansia et lè vènougn mé générô por lè vâllet et lè domestico dou tsahé. Lâ prépara por la né dè Zalenndè oung bong rêpa et la invuta grô dê mondo. Commè lirè avar, to lo mondo chenn déhonnaré dè vèrè la bonta dou cheignô quiè l’epargnève renn por hlô quié l’avie invuta. Ma lic-même chaveiè bing por quoué lirè mé gué et mé bong : pouièvè proc despeigncha po chenn quiè lo djieblo li donnarè oung tréjor. Le grand châtelain, quand il a entendu ça, a changé et est devenu plus généreux pour les valets et les domestiques du château. Il a préparé pour la nuit de Noël un bon repas et a invité beaucoup de monde. Comme il était avare, tout le monde s’étonnait de voir la bonté du seigneur qui n’épargnait rien pour ses invités. Mais lui-même savait bien pourquoi il était plus joyeux et meilleur : il pouvait bien dépenser car le diable lui donnerait un trésor.

- 34 -


© Gaëtan Salanin de St-Luc

Entrée souterraine de la chapelle du château à Vissoie

Pendann la né dè Tsahlendè lo cheignô lé partic po lè bor de la Navujeigntsé enn pachenn pè lo souterreign dou tsahé allouna d’ouna torchè. Lè harèva chouc lo borr dè l’évoué véhhic d’oung costumé quié consustavè enn oung frac – a pô pré commé lé frac di viô costumé de Vichoyè – et dè pantalong brôda. Lé, dè cauhé oung grô ché, lo djiéblo li échapparouc et li a dutt : « stic ché conntienn oung grann tréjor, lè ha té. A dozé dè la né, ou prumié cau dè la clossé dou tsahé, stic ché chourèh per ouna graucha fenta et ou fonn tou troverré l’or quié tout tsassé. Ma fé bing enntensiong dè chourtic tenndouc apré lo derrié cau dè clossé. Ora dehing tong fond chu tou vou aïrè lo tréjor. » Pendant la nuit de Noël, le seigneur est parti pour le bord de la Navizence en passant par le souterrain du château, éclairé d’une torche. Il est arrivé sur le bord de l’eau vêtu d’un costume qui consistait en un frac – à peu près comme le frac du vieux costume de Vissoie - et d’un pantalon brodé. Là, à côté d’un gros rocher, le diable est apparu et lui a dit : « Ce rocher contient un grand trésor, il est à toi. A minuit, au premier coup de la cloche du château, ce rocher va s’ouvrir par une grosse fente et au fond tu trouveras l’or que tu cherches. Mais fais bien attention de sortir de suite après le dernier coup de cloche. Maintenant éteins ton feu si tu veux avoir le trésor ». Lo tsahelang la attendouc quiaquê munottè pouè, enn mêmo teign què la clossé, lo grô ché, avoué ooung bruic dè toniro, chê houric. Le châtelain a attendu quelques minutes puis, en même temps que la cloche, le gros rocher, avec un bruit de tonnerre, s’est ouvert. Ou fonn tota allounaïè douna mystérioja loumière brillièvè oung mouché dè piècè d’or. Lo viosette commè la iouc tota hlu fortuna la fé qu’ung so por lo prendrè. Enn chidenn di pia et di mang et di zonoghl lè harrèva à grand peighna ou fonn de la fenta tot mollié dè chô. Au fond tout illuminées d’une mystérieuse lumière brillaient un tas de pièces d’or. Le petit vieux, quand il a vu toute cette fortune, n’a fait qu’un saut pour la prendre. En s’aidant des pieds, des mains et des genoux, il est arrivé à grand peine au fond de la fente tout mouillé de sueur. Chouc lè, la clossé clocavé tosor et hli chong fajièv defatchiè lo poro vio. Ma commè la clossé chonavè oungcor, lo cheignô la moujata de férè chenn quiè lo djièblo li aèiè dutt et commenciève à chemplic lè fattè. Apré quiaque munottè la clossè lia cèda dè chonna. Liré lo momang dè chourtic dou ché, chu volièvè pa éhrè pri enntré lè pareic. Ma commè l’avèiè tra dè pachiong dè l’or, u moujatavè pa mè i récommandationg dou diablo et contunouavè dè chemplic lè fattè et lirè jiamé rassasia. Là-haut, la cloche teintait toujours et ce son faisait se dépêcher le pauvre vieux. Mais comme la cloche sonnait encore, le seigneur a pensé à faire ce que lui avait dit le diable et a commencé à se remplir les poches. Après quelques minutes, la cloche a cessé de sonner. C’était le moment de sortir du rocher s’il ne voulait pas être pris entre les parois. Mais comme il avait trop de passion pour l’or, il ne pensait plus aux recommandations du diable et continuait à se remplir les poches n’étant jamais rassasié.

Laiè désa quiaque sucondè quiè lo dérriè chong chirang fé enntendrè enn la Vallé et lo cheignô lirè pa ouncor fourra dou clott. Aprè quiaque sucondè oung formudablo craquiemmenn chè fajièvè entendrè et lè pareic dou ché chè rapprocievonn, lirè lo momang dè partic. A peighna la tu pochouc chourtic lè pia enn chapoyenn di mang quiè désa lo ché chè chiré clô enn retugnienn entrè lè pareic lè quianté dou frac et to l’or quiè lirè dédunn.

- 35 -


Il y avait déjà quelques secondes que le dernier son s’était fait entendre dans la vallée et le seigneur n’était pas encore sorti de la grotte. Un formidable craquement se faisait entendre et les parois du rocher se rapprochaient, c’était le moment de partir. A peine a-t-il pu sortir les pieds en s’appuyant sur les mains que déjà le rocher s’était fermé en retenant entre les parois un morceau du frac et tout l’or qui était dedans. Ourôgeamenn quiè lo viô l’avèiè pa dè ma. Ma li è pa resta ouna santima dè tot hlic or et dè plou chong bé complett l’irè damasia. Heureusement le vieux n’était pas blessé. Mais il n’est pas resté un centime de tout cet or et, de plus, son beau complet était endommagé. Ehhappa pè muraclo à ouna mort certeigna lo viô tourna ou tsahé plou mor quié vic. Ma commè lè jinvuta l’attendjievonn enn dic longteign por lo rêpa et commé l’an viouc vening lo tsahèlang l’ann tuett crouc quiè l’irè oung révènann tann tann l’irè blang. Cheign durè oung moss chè hachetta enn oung couenn et dèvouardave lè jatro avoué dè grô jouess comè por lô rèproziè la prèjeighnsè. La granta émotiong, la pouirè et lo chagring d’aïre perdouc la fortouna espéraïè lo l’ann rendouc fô et fô lè résta por la rêsta de cha via. Cha mata ou dèjespouet lia pa pochouc chè maria avouè lo congto dè Grangsè et lié restaïè por tosor la mata dou fô dè Vichoyè. Echappé par miracle à une mort certaine, le vieux est retourné au château plus mort que vif. Mais les invités l’attendaient depuis longtemps pour le repas et quand ils ont vu venir le châtelain ils ont tous cru que c’était un revenant tant et tant il était blanc. Sans dire un mot, il s’est assis dans un coin et a regardé les autres avec de gros yeux comme pour leur reprocher leur présence. La grande émotion, la peur et le chagrin d’avoir perdu la fortune espérée l’ont rendu fou et il est resté fou pour le reste de sa vie. Sa fille au désespoir n’a pas pu se marier avec le comte de Granges. Elle est restée pour toujours la fille du fou de Vissoie. Et hlô quiè cognuchievonn pa lo tsahèlang demandavonn : « Quouing lè stic noko ? » Adonn quacoung réfondieve : « Lé lo tsahélang dou tsahé, quiè lè resta fô et malhourô tota cha via po chenn quiè la manquia la mécha dou né dè Zalenndè ». Et ceux qui ne connaissaient pas le châtelain demandaient : « Qui est ce nigaud ? » Alors quelqu’un répondait : « C’est le châtelain du château, qui est resté fou et malheureux toute sa vie parce qu’il a manqué la messe de minuit ». Texte patois d’Aloys Theytaz, édité dans l’Almanach du Valais de 1929. Merci à Albert Salamin de Grimentz pour m’avoir transmis cette légende que j’ai traduite avec plaisir. Simone Salamin

Joël Bonnard

conseiller en assurances 079 690 51 34

Grimentz | Zinal

ess-grimentz.ch 027 475 50 60

- 36 -

ess-zinal.ch 027 475 13 73


sport

Montagne Club Anniviers Le groupe Dahu

Le Montagne Club Anniviers (MCA) encadre des jeunes dans toutes les activités de montagne. Le groupe Dahu, qui regroupe les jeunes de 13 à 18 ans, a été créé dernièrement. Une sortie est organisée toutes les deux semaines pour que les alpinistes en herbe puissent acquérir de bonnes compétences en milieu alpin. Pendant l’hiver, les adolescents apprennent les techniques d’escalade sur glace, la randonnée à ski et développent leurs connaissances de la neige et des avalanches. Une haute-route, dans le but de relier des cabanes de montagne à ski, leur est proposée ce mois d’avril. Cela leur permettra de mettre en application les connaissances apprises cet hiver !

4 janvier 2021, sortie cascade de glace à Zinal. Apprentissage de la technique d’escalade sur glace

Voici quelques impressions et images des dernières sorties : « J’ai aimé la journée d’instruction sur les dangers d’avalanche. » Baptiste « J’ai aimé les journées peaux de phoque et poudreuse ! » Noah « Grâce à ce groupe, j’ai pu apprendre à utiliser correctement le matériel, tout en prenant du plaisir en venant aux sorties, qui se font toujours dans la bonne humeur ! » Emilie «On fait plein d’activités différentes et on apprend plein de choses sur la montagne où l’on vit. L’ambiance est toujours cool.» Aymeric « Le groupe Dahu, c’est pour moi : beaucoup de plaisir de pouvoir découvrir des coins de la vallée qui m’étaient inconnus! » Alexis « J’ai beaucoup aimé apprendre les techniques pour mieux grimper. Les sorties sont toujours top. » Elisa

14 février, sur les hauts de St-Luc

- 37 -

17 février 2021, prêt à descendre en freeride !


publicité

Un joyau

Suisse Ski In / Ski Out PARTENAIRE

- 38 -


Images non contractuelles

Ce domaine privé au cœur du Valais vous offre l’alliance d’une destination préservée aux mille attraits naturels, d’une architecture de chalets et d’appartements se fondant dans le paysage et de prestations hôtelières raffinées. Faites le choix d’un art de vivre exceptionnel pour vos vacances et d’un investissement patrimonial d’avenir.

CHALETS, APPARTEMENTS, RESORT ET SPA AVEC SERVICES HÔTELIERS

INFORMATIONS Agence Comptoir Immobilier Route de Moiry 1, 3961 Grimentz, Suisse +41 27 452 23 09

guerneres.com

- 39 -


3961 Grimentz 027 475 18 55

Rte. de Grimentz 3 - 3961 Vissoie - 027 475 12 01

tél. 027 475 26 22 bouchvallee@bluewin.ch 3961 Vissoie

- 40 -


Rte de Grimentz 1, Vissoie

- 41 -


www.sivacolor.ch www.salaisons-anniviers.ch

L

es M

e nu

isie

rs -

nis Ebé

te

ha s-C

r pen

tier

s d’An niv

ier s

vo u

s so

uha

iten

Boisval SA - Mayoux 027 475 12 37 - boisval@bluewin.ch

Melly Sarl - Ayer 079 434 79 73 - mellyc-n@netplus.ch

Construction SA - Vissoie 027 475 11 33 - construction.sa@bluewin.ch

Monnet SA - Mayoux 027 475 18 33 - info@monnet-sa.ch

Créabois SA - Grimentz 027 475 21 54 - creabois@netplus.ch

Revey Jacky Sàrl - Mayoux 027 475 23 74 - jackyrevey@netplus.ch

Massy SA - Grimentz 027 475 15 78 - info@menuiserie-massy.ch

Theytaz Jean-Noël - Grimentz tél 027 475 20 70 - fax 027 475 29 70 menuiserie-theytaz@bluewin.ch

Salamin François SA - St-Luc tél 027 475 23 39 - fax 027 475 30 55 francoissalamin@bluewin.ch

Multibois-Anniviers Sàrl - Mission 079 277 07 68 - info@multibois.ch

Le BOIS met de la chaleur dans votre foyer

- 42 -

t ple

in s

uccè

s


lectures

Les livres de chez nous !

Messages d’autrefois pour aujourd’hui

Comme des Mohicans

C’est à une randonnée aux sources d’une famille, les Theytaz, que je vous convie. Il s’agit de l’ouvrage collectif « Theytaz, gens de la montagne : approche généalogique ». Remarquablement échafaudé, ce livre représente une véritable plongée dans le chemin parcouru par les Anniviards d’autrefois jusqu’à ceux d’aujourd’hui. Cette construction brosse un magnifique portrait de l’évolution d’une région. Nul besoin de compter des ancêtres nommés Theytaz pour se sentir concerné, car l’approche généalogique choisie permet un regard ouvert. Plus qu’une belle balade, une véritable randonnée je vous dis. On peut encore se procurer cette œuvre à l’office du tourisme de Zinal. Simone Salamin

Theytaz, gens de la montagne : approche généalogique. Ayer, éd. Porte-Plumes, 2003. Collectif, sous la direction de Yvonne Jakus; groupe de travail: Yvette CugnyTheytaz, René Theytaz, Roger Theytaz; avec la collaboration de Jean-Claude Pont.

Le premier roman de Philip Taramarcaz, décrit le périple d’un jeune novice qui s’enfuit de l’hospice du Simplon. Au début de l’été 1874, Séraphin attend la nuit pour s’échapper et entamer son retour à Fully, où vit sa famille. Il s’écarte des chemins courus pour ne pas être retrouvé. Près de Loèche, sur les berges du Rhône, il rencontre Guérin, un jeune berger, maltraité par son oncle, qui décide de l’accompagner. Leur traversée du Valais, pleine de rebondissements, les fait passer par les hauteurs du val d’Anniviers, où habite la mère de Guérin. À la fois employée d’hôtel, guérisseuse et herboriste, celle-ci leur ouvre les portes d’un monde onirique, qui enthousiasme Séraphin. Après quelques jours, les deux amis reprennent la route, bien décidés à choisir la vie qu’ils veulent pour eux, même si cela doit passer par la confrontation à l’autorité. Mêlant histoire, philosophie, religion, occultisme, botanique et politique, ce livre d’aventures est traversé par une évocation du Nouveau Monde. En quittant l’hospice, le novice a en effet emporté avec lui un cadeau précieux, le roman de James Fenimore Cooper, que lui a donné son maître. La lecture du Dernier des Mohicans sous-tend toutes les heures importantes de la vie de Séraphin et marque durablement l’esprit de Guérin. L’auteur est d’origine valaisanne, comme son nom l’indique. Médecin, il est établi à Genève depuis son enfance. Il se plaît à introduire des expressions issues du patois dans la bouche de certains de ses protagonistes. Un lexique à la fin du livre en facilite la compréhension. Janine Barmaz

Philip Taramarcaz, Comme des Mohicans, Genève, Slatkine, 2020

- 43 -


évasion

enviedebouger.com Wroclaw, l’art de vivre à la polonaise

C

’est un peu un hasard si je vous parle de Wroclaw dans cet article. Il aurait très bien pu y figurer Venise, Hambourg ou que sais-je, Vladivostok, pourquoi pas ? Il se trouve que dans cette période étrange, qui parfois pourrait servir de toile de fond à un vaudeville, c’est Wroclaw, ou Vratislavie en français (mais c’est tellement fade cette francisation que j’utiliserai le nom polonais pour décrire cette ville surprenante…) sur qui nous allons plonger nos projecteurs aujourd’hui. Cette introduction mérite une petite explication. En effet, la crise sanitaire et son lot de mesures aussi harmonisées au niveau international qu’une pièce de dentelle d’Alençon, ont inventé un nouveau moyen de voyager. Il faut désormais jouer au chat et à la souris avec les différentes restrictions. Tel pays impose une quarantaine, tel autre un test PCR (qui savait ce qu’était un test PCR il y a 9 mois ?), le dernier vous demande de remplir une attestation sur l’honneur que vous ne toussez pas… Bref, je caricature un peu mais la situation est tellement confuse que l’Union Européenne a sorti un site internet, mis à jour en temps réel (reopen.eu) pour essayer de s’y retrouver. Et en tant que voyageur amoureux de la liberté et pensant que la seule raison d’être d’une frontière c’est de la traverser, je vous garantis que la page d’accueil de ce site fait mal aux yeux. Bref, pour faire court, si je vous parle de Wroclaw, c’est parce que la Pologne était un des rares pays européens accessible sans restriction courant octobre. Cela a changé au moment où j’écris ces lignes et nul doute que la situation sera encore différente quand vous les lirez.

L’hôtel de ville, un chef d’oeuvre

Toujours est-il que se rabattre sur la Pologne quand vous rêvez de soleil et de palmiers peut sembler un peu frustrant. Je dois avouer que je n’étais que moyennement emballé. Et puis, la magie du voyage opérant, j’ai été plus qu’agréablement surpris par cette ville de plus de 600 000 habitants située à une centaine de kilomètres de la frontière allemande. Wroclaw est une ville qui sait mettre en valeur ses atouts. Et des atouts, elle n’en manque pas! Le centre-ville s’articule autour du fleuve Oder et de ses affluents. Ceux-ci, ajoutés aux multiples canaux d’évacuation lui ont donné son surnom de « Venise polonaise ». En effet, ce ne sont pas moins de 12 iles, reliées entre elles par plus de 120 ponts qui composent le centre-ville. Le centre historique, piétonnier, est particulièrement remarquable. Au centre de

- 44 -

la place du marché, trône l’hôtel de ville, un bâtiment dont la construction s’est étalée sur 250 ans entre le XIIIème et le XVème siècle. Ce monument, dont la visite mérite un détour, est un assemblage de différents styles et chaque pièce porte les marques du siècle qui l’a vu naitre. Autour de l’ancien hôtel de ville, s’étend une place très agréable, notamment en soirée avec ses nombreuses terrasses et ses bâtiments moyenâgeux remarquablement mis en valeur par un éclairage et des projections qui font de certaines façades des écrans sur lesquels se jouent des scènes de l’histoire de la ville. Cette place et les rues piétonnes alentour sont un excellent point de départ pour partir à la découverte de l’une des attractions majeures de la ville : ses nains ! Plus de 350 nains en bronze sont disséminés partout en


Kolejkowo, un monde miniature

ville. Chaque année de nouveaux nains apparaissent. Devant les commerces, certains vous indiquent la nature de l’activité ou la spécialité de la maison, d’autres portent un message politique. D’autres encore vivent leur vie de gnomes sans se soucier des humains qui les prennent en photo à longueur de journée ! Ce qui est devenu une véritable attraction touristique, débute en 2001. A l’occasion d’une cérémonie commémorative du mouvement dissident anticommuniste l’Alternative orange, une figurine en bronze représentant un nain, symbole du mouvement né à Wroclaw, est placée sur l’Agora, une place sur laquelle se réunissaient souvent les sympathisants et activistes. Puis, d’autres nains ont fait leur apparition grâce à l’initiative d’un artiste de la ville, Tomasz Moczek. Un autre type de mouvement a vu le jour et, depuis, de nouveaux nains sont régulièrement inaugurés. Partir à la recherche de ces statues est une façon très ludique de découvrir Wroclaw et ses richesses. Capitale européenne de la culture en 2016, Wroclaw possède aussi de nombreux musées dont plusieurs valent le détour. Outre le musée d’art moderne, Hydropolis mérite qu’on s’y attarde un moment. Hydropolis, la cité de l’eau est un ovni. L’eau y est célébrée sous tous ses états. Des installations interactives vous emmènent à la découverte de cet élément fondamental. L’exposition se veut exhaustive (parfois un

peu trop) et vous emporte au fond des océans mais aussi dans l’espace ou dans le système de gestion des eaux de la ville. Une visite difficile à décrire mais un voyage très instructif ! Pour finir, j’aimerais partager avec vous un petit bijou logé dans son écrin. Lors de votre visite à Wroclaw, il serait dommage de ne pas prendre le temps de le découvrir. Dans une ancienne gare, un monument qui mérite le détour à lui seul, se trouve un musée du modélisme. L’expression ne rend pas hommage à ce qu’est réellement ce lieu. Des lieux remarquables de différentes régions de Pologne y sont reproduits en miniature et les détails sont fascinants. Les scènes de la vie quotidienne sont bourrées de réalisme avec de nombreuses touches d’humour. La magie du lieu, ce sont ses détails. L’exposition parait de prime abord petite mais il est possible d’y rester des heures. L’alternance entre l’éclairage de jour et la nuit donne encore plus de profondeur aux détails. Avis donc aux grands enfants, une fois entrés dans Kolejkowo, c’est le nom de ce « village » miniature, il est très difficile de s’en échapper. La tentation est grande de se miniaturiser à son tour pour partager, l’espace d’un instant, la vie de ces personnages plus vrais que nature !

- 45 -

Le premier nain de Wroclaw!

Pour profiter pleinement de cette ville qui, vous l’aurez compris, m’a plus que consolé de l’absence de soleil et de palmiers, il faudra 4 ou 5 jours. Lors de votre visite, n’hésitez pas à vous arrêter chez Jolie, un salon de thé à la française situé non loin du centre historique. L’accueil y est chaleureux et les gâteaux du jour sont à tomber ! Do widzenia !

Yanis Chauvel DR Enviedebouger.com


patrimoine

Notre histoire.ch par Michel Savioz de Vissoie

Théâtre à Prarayer 1940 photographe inconnu, album de Mariette Melly, Pierre-Marie Epiney Cette photo a été prise à l’occasion d’un théâtre en plein air à Prarayer en-dessous d’Ayer. L’homme à gauche sur le tabouret est mon grand-père Georges Melly. A sa gauche Rosa Theytaz puis Robert (?) Vianin et Armand Theytaz. Devant, de dos, Lucie Melly. Date approximative.

Impressum

Bienvenue aux non-résidents

Les 4 Saisons d’Anniviers

Abonnez-vous !

Comité de rédaction : Fabrice Ganioz (Conseiller communal) Valentin Crettaz (Président Ski-Team Anniviers) Christian Caloz (Président FC Anniviers) Frédéric Pellat (Président HC Anniviers) Martin Hannart (Président Montagne-Club Anniviers) Paolo Marandola (Imprimerie d’Anniviers sàrl) Rédaction : Janine Barmaz, Simone Salamin, Pauline Archambault Correctrice : Pauline Archambault Impression : Imprimerie d’Anniviers sàrl, Vissoie Remerciements : Commune d’Anniviers et tous les annonceurs Mode de parution : trimestrielle Tirage : 2’100 exemplaires

Pour soutenir la jeunesse sportive du val d’Anniviers

Des journaux sont à disposition dans les différents offices du tourisme d’Anniviers, dans les bureaux communaux d’Anniviers ainsi que dans la caissette située sur le bâtiment de la poste à Vissoie, à côté de l’entrée d’Anniviers Tourisme.

- 46 -

Tarif : 50.-/an (4 éditions) en Suisse et 100.-/an à l’étranger. Adressez votre demande par e-mail à impa@impa.ch ou par courrier à Imprimerie d’Anniviers 4 Saisons d’Anniviers, rue de la Machigeaz 2 3961 Vissoie.


LEHNER

SA

Association des Agences immobilières du val d’Anniviers

SIERRE - ST-LÉONARD Installations sanitaires

Immobilia-Grimentz

+41 27 476 17 60 www.i-g.ch I info@i-g.ch

Grimentz-Location

+41 27 475 31 31 www.grimentz-location.ch I info@grimentz-location.ch

Afim Immobilier Vacances

+41 27 45 45 00 www.immobilier-vacances.ch I st-luc@immobilier-vacances.ch

Etoile de St-Luc

+41 27 475 57 57 www.etoile-immo.ch I info@etoile-immo.ch

Bureau d’Affaires Touristiques

+41 27 45582 82 www.batimmobilier.ch I info@batimmobilier.ch

Zinal-Chalets

+41 27 475 14 82 www.zinalchalets.ch I info@zinalchalets.ch

Zinal Vercorin

+41 (0)27 475 18 22 info@anniviers-immobilier.ch www.anniviers-immobilier.ch

Chandolin

Route de Moiry CH-3961 Grimentz

+41 27 480 18 19 www.immobilier-vacances.ch I chandolin@immobilier-vacances.ch

Grimentz

Avenue du Rothorn 26 CH-3960 Sierre Fax 027 456 53 15

Tél. 027 456 53 14

Afim Immobilier Vacances

St-Luc

Ferblanterie - Couverture

St-Luc

w w w. a n n i v i e r s - l o c a t i o n . c h

- 47 -


E P I N E Y

A R M A N D

M E L L Y

C O N S T R U C T I O N

M

E

L

L Y

S A V I O Z

R

A

P

& H

F I L S Y

A N D R É

S A S

S A

S A A

V I S S O I E Z I N A L A Y

E

R

V I S S O I E

SALAMIN CONSTRUC TION SA GRIMENTZ E P I N E Y

A R M A N D

M E L L Y

C O N S T R U C T I O N

M

E

L

L Y

S A V I O Z

R

A

P

& H

F I L S Y

A N D R É

S A S

S A

S A A

V I S S O I E Z I N A L A Y

E

R

V I S S O I E

SALAMIN CONSTRUC TION SA GRIMENTZ E P I N E Y

A R M A N D

M E L L Y

C O N S T R U C T I O N

M

E

L

L Y

S A V I O Z

R

A

P

& H

F I L S Y

A N D R É

S A S

S A

S A A

V I S S O I E Z I N A L A Y

E

R

V I S S O I E

SALAMIN CONSTRUC TION SA GRIMENTZ E P I N E Y

A R M A N D

M E L L Y

C O N S T R U C T I O N

M

E

L

L Y

S A V I O Z

R

A

P

& H

F I L S Y

A N D R É

S A S

S A

S A A

V I S S O I E Z I N A L A Y

E

R

V I S S O I E

SALAMIN CONSTRUC TION SA GRIMENTZ E P I N E Y

A R M A N D

M E L L Y

C O N S T R U C T I O N

M

E

L

L Y

S A V I O Z

R

A

P

& H

A N D R É

F I L S Y

S A S

S A

S A A

V I S S O I E Z I N A L A Y

E

R

V I S S O I E

SALAMIN CONSTRUC TION SA GRIMENTZ


Turn static files into dynamic content formats.

Create a flipbook
N° 42 - Avril 2021 by Les 4 Saisons d'Anniviers - Issuu