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NUMERO 41 | janvier ’21 | trimestriel
© Gaëtan Salamin de St-Luc
à Ursula, partie pour son dernier voyage. Merci pour ces années d’engagement.
L’invitée Renée des Alpes
T
rente-quatre ans de vie sociale, d’échanges, d’intérêt pour les gens, d’écoute, de rires souvent, de tristesse quelquefois, de coups de gueule et de cascades de joie ! Une grosse tranche de vie, profondément ancrée dans le cœur et les souvenirs de Renée Abbé-Clivaz de Vissoie. Trentequatre ans durant, de 1970 à 2004, Renée a géré le Café des Alpes, seul établissement public du XIXème siècle ayant survécu aux remous historiques et touristiques du village. L’Hôtel et Café des Alpes, construit vers 1885, est devenu propriété de la famille Clivaz depuis 1934. Renée y travaillait déjà durant les saisons d’été au milieu des années soixante pour son oncle Edouard Cotter, elle connaissait donc parfaitement la maison.
Renée (à droite), Théotiste sa maman et Serge son mari, lors des 20 ans d’exploitation des Alpes
Quand un nouveau tenancier fut recherché et que personne dans la famille n’était disponible, Renée et son époux Serge ont disposé de 15 jours pour se décider. Jeunes parents d’un garçon de 6 mois, pour garder l’affaire en mains familiales, ils ont franchi le pas, en terrain connu pour Renée, renonçant toutefois à exploiter la partie hôtelière pour ne conserver que le café-restaurant. L’aventure pouvait commencer. Dès 6h en semaine et 7h le dimanche, l’établissement bruissait de mille sons, machine à café, tasses et verres entrechoqués, chaises remuées, conversations sur tous les tons, jusqu’à 23h. Pendant quinze ans, les Alpes n’ont pas fermé un seul jour ! Puis quand Renée et Serge ont décidé de prendre un peu de repos, le dimanche après-midi d’abord et toute la journée un peu plus tard, on leur a dit: « C’est une atteinte à la vie sociale du village. » Mais la vie de famille, enrichie par l’arrivée de deux filles, a pris le dessus. Il faut dire qu’au début de leur entreprise, l’assemblée primaire de la commune avait donné l’autorisation d’ouvrir même pendant la messe du dimanche ! Et les innombrables heures passées à cuisiner sur le vieux piano à l’étage se sont succédé : Renée préparait les menus pour trente à quarante ouvriers en semaine, en plus des propositions à la carte,
avec le stress inhérent à ce travail. En même temps, les enfants de la famille ainsi que d’autres jeunes ne pouvant pas rentrer chez eux à midi, partageaient le dîner à la cuisine, dans une bonne ambiance qui a laissé des traces indélébiles dans leurs souvenirs. A cette époque, les villageois n’avaient pas encore pris l’habitude d’aller manger au restaurant le soir. Par contre, le café fonctionnait à plein après les diverses répétitions chorales ou théâtrales, réunions, entraînements sportifs, matches de hockey et autres activités pratiquées par les nombreuses sociétés locales. Renée se souvient que le lundi soir, c’était calme, le mercredi soir, une animation normale régnait, mais alors le vendredi soir, on ne s’entendait plus. Quand l’alcool coulait un peu plus que de raison, un plat valaisan venait adoucir ses effets indésirables. Pour interrompre des débuts de bagarre, Serge se chargeait d’expulser les fauteurs de troubles. Si Renée se trouvait seule dans ces situations, elle coupait l’électricité et le calme revenait aussitôt. Mais la majorité de la clientèle locale du Café des Alpes de cette époque se comportait normalement. Serge était présent dès l’ouverture et Renée assurait les fins de soirées. Le personnel demeurait plutôt fidèle, une dizaine de ser-
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veuses ont d’ailleurs rencontré l’âme sœur aux Alpes, et sans le concours d’internet… Le vin du glacier, tiré au tonneau de la cave, ne suffisait pas toujours à calmer les ardentes théories des chauds moments de débats politiques destinés à refaire le monde. Le commerce fonctionnait bien. En plus l’armée prenait pension là pendant trois semaines au printemps et en automne, un bon complément assurément. La soirée de Nouvel-An cartonnait avec le bal animé à l’accordéon par Alain Théler ou Yves-Antoine Revey et le vin chaud. Plus tard, Roméo venu de Bex a joué pendant six mois tous les soirs, comme si le Café des Alpes était devenu sa maison. Carnaval et ses masqués (bien avant le COVID) faisaient monter l’ambiance bien haut. Dans les années 90, les soirées à thème ont connu un joli succès. Puis, le temps passant, les affaires sont devenues plus complexes, comme l’époque, et en 2004, après la mort accidentelle de leur fils, Renée et Serge ont décidé de passer la main, après ces trente-quatre années de vie publique intense. Les occupations n’ont pas manqué avec l’arrivée des petits-enfants et divers engagements. Mais le Café des Alpes demeure dans la lignée familiale et poursuit heureusement son épopée. On peut voir cette publicité des années cinquante : Hôtel des Alpes – Vissoie La maison tout près de votre dernière demeure. Profitez de la visiter pendant qu’il en est encore temps. Aujourd’hui Renée, l’âme du Café des Alpes, ne garde que de bons souvenirs de cette aventure. La vie sociale et les contacts entretenus au long de ces années correspondaient complètement à son style de vie. Souvent remerciée par d’anciens clients pour ces bons moments, Renée se réjouit de partager ses souvenirs, elle s’en nourrit dans son chalet Mon Repos à Zinal. Un chalet qui a
vu passer du beau monde, comme le grand-père de Daniel Koch, celui qui a tenté de nous rassurer lors de la première vague de la pandémie. Ce grand-père était médecin à Vissoie, son lit sert encore au chalet. Quant à Albert Gos, peintre, et Alfred Cérésole, pasteur et poète, ils ont laissé une phrase conservée sur la façade de bois du chalet en hommage à Emile Javelle, alpiniste et écrivain qui séjourna plusieurs fois à Zinal dès 1870. Ce dernier a écrit à un ami en 1872 déjà: « …me voici à Zinal, à huit lieues de Sierre et à mille lieues des soucis du monde ; à Zinal (…) asile de paix comme il en reste bien peu dans les Alpes ». C’est donc dans ce havre de paix que Renée peut chanter: « Les Anglais van lo zatèn nos atro lo fri dou tèn loòu von pochè proména e no po no rèpoja ». Merci Renée pour la veillée passée à partager les anecdotes de cette belle aventure ! Propos recueillis par Simone Salamin // photo album privé
Sources: chanson Èn rota po Zénà, (En route pour Zinal) composée en patois en 1906 par l’abbé Joseph Zufferey, vicaire de Vissoie qui séjournait l’hiver au mayen à Zinal. Traduction: les Anglais vont en été, nous autres quand il fait froid, eux vont pour se promener et nous pour nous reposer. Hôtel et Café des Alpes, collection Paul-André Florey, 1er décembre 2002
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Concours
Sommaire
à la découverte d’Anniviers
2 L’invitée 5
Sommaire / Concours
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êtes-vous solastalgique ?
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Les Gos
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Nouvelle patinoire
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La chasse aux sorcières et sorciers
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FC Anniviers
14
La Revenante des Moyes
16
Ferronnier d’art
Où se trouve ce moulin ?
20
Un Anniviard au service de la Foi
A)
Fang
22
Les Dahus du Montagne Club Anniviers
B)
St-Luc
23
Anniv’info
C)
Ayer
28
Une voiture électrique en Anniviers
29
La croix qui est descendue du Ciel
30
OFXB St-Luc
34
Anniviers Tourisme
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Centre scolaire Anniviers
Envoyez votre réponse par mail à impa@impa.ch ou par carte postale (n’oubliez pas de mentionner votre adresse postale complète) avec la mention «Concours-photo de janvier» à l’adresse: Imprimerie d’Anniviers, 4 Saisons d’Anniviers, rue de la Machigeaz 2, 3961 Vissoie Délai de réponse: 10 mars 2021 à gagner un bon de 50.-, chez Pascal Optique à Sierre
37 Migration
La gagnante de l’édition no 40 parmi les 33 bonnes réponses est Micheline Pouly à Zinal La réponse était: Zinal
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Paroisses d’Anniviers
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Le Ratrac Bar part en piste
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La Société du Village au XXIéme siècle
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Notre histoire.ch
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société
Êtes-vous solastalgique ? C
et été, vous êtes peut-être monté saluer le glacier de Moiry. Votre cœur s’est serré quand vous avez découvert à quel point il avait reculé. Et vous vous êtes dit : « Mon Dieu, j’étais à cet endroit, je me souviens, je touchais presque la glace, et maintenant, à la place de la paroi gelée s’étend un lac d’un vert laiteux. Quand suisje venu pour la dernière fois ? Cela semble être hier, et pourtant… » Ce jour-là, vous avez peut-être ressenti quelque chose de nouveau, de bizarre, plus que de l’étonnement. Comme une sorte de vertige mêlé d’effroi. Vous êtes peut-être solastalgique ? Vos parents vous racontent les hivers de leur enfance, les murs de neige, les skis chaussés juste devant la porte de la maison, le paysage aplati par la poudre blanche jusqu’en plaine, les descentes en luge dans le jardin de novembre à avril. Leurs yeux pétillent en évoquant les Noëls où on se noyait dans la neige. Et vous vous dites : «Il y a quelques années, j’ai aussi connu ça. Maintenant, les sauterelles sautillent encore dans l’herbe sèche à la fin novembre. Les ruisseaux semblent se rétrécir, comme s’ils pouvaient tarir. Est-ce possible? Pouvons-nous nous aussi manquer d’eau? Mes enfants connaîtront-ils encore ces hivers mythiques où les torrents se figent dans la glace ? » Et en pensant à cela, vous avez éprouvé une profonde mélancolie, comme un deuil : la tristesse des choses perdues, la blessure du temps qui passe. Vous êtes peut-être solastalgique ? Vous avez souvent raconté à vos amis de Londres à quel point les glaciers du Val
d’Anniviers sont éblouissants. On risque même de perdre la vue si on oublie ses lunettes de soleil, tant leur blancheur est éclatante ! Vos amis sont venus vous rendre visite ; vous avez décidé de longer le glacier de Zinal jusqu’à la cabane du Grand Mountet. Il y a bien longtemps que vous n’aviez plus fait cette promenade. Face au glacier gris recouvert de pierres et de moraine, vos amis ont seulement dit: «Le glacier est-il ici?» Vous n’avez pas pu le traverser pour rentrer et vous êtes revenu sur vos pas. A ce moment-là, vous avez peut-être senti la peur vous gagner à l’idée que la montagne partout lentement s’effondrait. Le dégel du permafrost. Ici aussi? Pas seulement en Sibérie ? Le matin, la route qui mène à Sierre est depuis quelques temps toujours parsemée de gros cailloux entre lesquels il faut zigzaguer. Serait-ce lié ? Vous vous êtes souvenu de ces images d’avalanches de boue vues à la télévision, les maisons englouties, les routes coupées. Que va-t-il nous arriver ? Vous êtes peut-être solastalgique ? Mais enfin, c’est quoi la solastalgie ? Comme l’explique le sociologue MichelMaxime Egger dans une émission de la RTS du 4 novembre 2020, la solastalgie est
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« un ensemble de ressentis souffrants par rapport à l’état de la planète, par rapport à toutes les dégradations, comme la perte de biodiversité, les changements climatiques, l’épuisement des ressources naturelles, … et qui va générer chez les personnes des troubles, une forme de détresse psychique, et qui va au départ s’exprimer par des émotions comme la peur, la tristesse, l’impuissance, le découragement ou la colère. Il y a un avant et un après, un changement de perception et de vision du monde, une remise en question profonde de son mode de vie, de quel est le sens de mon existence, de mes choix de vie… » Le mot « solastalgie » a été créé par le philosophe
australien Glenn Albrecht en 2007. C’est un néologisme formé par le mot «solace» (réconfort en anglais) et «algie» (douleur). C’est donc le douloureux sentiment d’être en train de perdre notre précieux cocon, le confort de notre environnement, ce qui nous entourait et nous réconfortait. La solastalgie est synonyme d’éco-anxiété, de burn-out environnemental, de dépression verte. C’est une sorte de stress prétraumatique, le stress de quelque chose de traumatisant qui n’est pas encore arrivé et que l’on redoute. C’est un sentiment d’impuissance étouffant face à notre monde qui s’effondre. Glenn Albrecht explique que la solastalgie est l’opposé de la nostalgie, comme dans un miroir : la nostalgie est le regret du passé avec un goût positif et la solastalgie est le regret du futur avec une note amère. Comme le résume Alice Desbiolles, médecin en santé environnementale, « le mal du pays, c’est le pays que l’on quitte. La solastalgie, c’est le pays qui nous quitte. » Nous ne voulons pas quitter notre pays, mais il disparaît. Cela pourrait s’apparenter à la douleur de celui qui regarde sa ville détruite sous les bombes ou à la détresse de quelqu’un qui voit sa maison brûlée par des pillards, à cette différence près que la solastalgie est emplie de culpabilité : on se sent coupable d’avoir participé à la destruction de ce qu’on aimait, même sans le vouloir, par notre ignorance, notre négligence ou notre indifférence. La solastalgie est une conséquence de la collapsologie qui décrit l’effondrement futur de notre civilisation industrielle, la destruction de notre système de société et la disparition de nos ressources (avec pour conséquences les famines, les catastrophes naturelles, le manque d’eau, les inégalités, …). L’éco-anxiété peut avoir de nombreux symptômes et il ne faut pas la minimi-
ser: elle peut provoquer de la tristesse, de l’angoisse, de l’insomnie, de la confusion, un affaiblissement du système immunitaire, de l’anorexie ou même des tendances suicidaires. Face à l’intensité des symptômes du burnout environnemental, certains s’étonneront : ce n’est pas si grave, le climat de la planète a toujours connu de grandes variations, il y a déjà eu de tels réchauffements dans le passé ! Mais le solastalgique sait bien que malheureusement c’est différent cette fois-ci. Nous sommes huit milliards d’humains concentrés dans des mégapoles et non plus quelques chasseurs-cueilleurs sur un vaste territoire. D’autre part, le réchauffement actuel est d’origine humaine ; il est bien trop rapide pour que les plantes et les animaux (dont nous faisons partie) puissent s’adapter sans mal. Et c’est précisément ce mal, la peur de ces souffrances prévisibles, qui rend la solastalgie douloureuse. On a peur de perdre ce qui faisait notre vie. Bien sûr que la planète continuera d’exister. Mais nous, qu’allons-nous devenir ? Nous qui avons pris l’habitude de tout maîtriser, de tout calculer, de tout organiser pour notre bien-être, nous nous sentons étourdis et emplis de détresse face à l’inconnu de notre futur. Nous sommes comme des bateaux en papier lancés par un gamin dans un ruisseau. Alors, comment surmonter ce sentiment d’impuissance ? Par l’action. Chaque progrès que nous ferons, chaque petit geste nous éloignera de la solastalgie. Car, comme l’explique Nikola Sanz, ce qui rend malade l’éco-anxieux, c’est « la dissonance cognitive, à savoir l’écart entre ce que l’on sait que l’on devrait faire et ce que l’on fait vraiment. »1 La peur est une émotion utile
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qui nous signale un danger et nous permet ainsi de l’éviter. C’est pour cela que Greta Thunberg a dit : « J’ai envie que vous ayez peur. » Cette crainte nous pousse à agir pour esquiver ce qui nous menace. Mais si le stress devient constant, il se transforme en angoisse paralysante. La solastalgie est bénéfique pour nous alerter sur des problèmes réels qui exigent de rapides solutions, avant qu’il ne soit trop tard. Mais il ne sert à rien de se laisser engluer dans la colère et le sentiment d’impuissance. Michel-Maxime Egger ouvre ainsi une lueur d’espoir : « Au départ, c’est une espèce de choc, de bouleversement […] mais c’est le point de départ pour ouvrir sur autre chose. C’est très important de pouvoir à un moment donné embrayer sur de l’action, c’est vraiment la bonne réponse à ce sentiment d’impuissance, et ça peut commencer par des choses toutes simples, par des petits pas qu’on peut faire à titre individuel, ou mieux encore, avec d’autres, en s’engageant dans les dynamiques de transition qui existent » Sarah Koller, doctorante en sciences de l’environnement, souligne l’importance d’agir ensemble pour ne pas sombrer dans le burn-out environnemental : « L’éco-anxiété est une réaction normale face à la prise de conscience des menaces qui pèsent sur nos milieux de vie. […] On n’est pas seul à porter les changements requis. En créant des réseaux, on peut s’entraider, ça permet de s’apaiser, de se dire qu’on fait notre part, à notre échelle. » Notre terre est belle, nous surmonterons ensemble les obstacles. Rien ne sert de ressasser sans fin les données de la collapsologie. Le psychologue Nikola Sanz considère que la solastalgie n’est pas une pathologie, mais au contraire un sentiment sain et fonctionnel : « Les émotions d’anxiété, de peur vis-à-vis de l’avenir sont une réponse de notre organisme qui nous informe que quelque chose ne va pas. Cela peut pousser à l’action, à tenter de changer quelque chose. » Et Michel-Maxime Egger ajoute: « Devenir malade d’un système qui dysfonctionne et dont ces catastrophes écologiques sont l’expression est plutôt un signe de santé. » Pauline Archambault
Extrait du journal Psychologie du 29.06.2020
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portrait
Les Gos
© Gaëtan Salamin de St-Luc
une famille accro à la montagne
Le Rothorn de la Bella-Tola et le phare de Griolet
L
a médiathèque Valais à Martigny propose une exposition passionnante sur les œuvres de la famille GOS, des artistes peintres, écrivains, photographes avec la montagne comme sujet prioritaire, des arpenteurs de sommets, dont Albert qui a séjourné à Zinal il y a une centaine d’années. Albert Gos et ses trois fils Durant sa longue vie (1852 – 1942), Albert Gos s’est formé à la peinture à Londres et Paris. Il a exposé ses nombreux
tableaux valorisant la montagne en général, mais surtout le Cervin, en Suisse et à l’étranger. Il a commencé à séjourner à Zinal dès 1875, lui le peintre des beautés alpestres. Albert et ses trois fils, unis par une même passion, l’amour de la montagne. Le résultat de leurs œuvres est exposé à la médiathèque citée ci-dessus, sous le titre « Les Gos, la montagne en héritage » avec, en filigrane, le questionnement sur la transmission d’une passion.
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L’exposition, prévue jusqu’au 16 janvier 2021, pourrait être prolongée, vu la longue période de fermeture des musées de l’automne dernier due à la COVID. Pour connaître les horaires, il faut se renseigner directement auprès de la médiathèque ; nous espérons pouvoir encore nous balader entre les sommets vus par cette incroyable famille d’artistes. Simone Salamin
Nouvelle patinoire
sport
C
omme l’indique le titre ci-dessus, le HC Anniviers patine actuellement sur une nouvelle surface de glace et ceci depuis la mi-novembre. Il a fallu bien entendu créer un concept de protection Covid afin que les joueurs du HC Anniviers, de la première équipe à l’école de hockey, puissent profiter de ce nouveau « bijou » de patinoire. Bijou, le mot n’est en rien exagéré étant donné la vétusté de l’ancienne patinoire. Je ne vais toutefois pas trop accabler cette « antiquité » qui a, depuis les années 1990, permis à notre club d’inscrire quelques belles lignes à son palmarès, accompagné de quelques croustillantes anecdotes. Si je vous dis que le niveau de la surface, d’un côté à l’autre de la patinoire, avait une différence d’environ 25 centimètres, vous me répondrez que le travail des maîtres de glace n’était pas une mince affaire. Qu’à cela ne tienne les saisons se sont succédé malgré tout sans trop de mal avec ce lot d’incertitude à chaque début de championnat. Cette nouvelle surface a été conçue selon les normes canadiennes, à savoir une plus petite largeur, soit 26 mètres de large sur 61 mètres de long. Les dimensions européennes prévoient 30 mètres sur la largeur et également 61 mètres sur la longueur. Tout a été refait, de la dalle en béton jusqu’aux nouvelles bandes, en passant par le système de refroidissement. Cette belle surface de jeu dispose des nouvelles « bandes absorbantes » Pour la sécurité des joueurs ce système novateur est d’ailleurs obligatoire pour tous les clubs de ligue nationale et conseillé fortement dans les ligues inférieures. Selon les statistiques établies par le bureau de prévention des
accidents (BPA) un tiers des dommages est dorénavant évité grâce à ces nouvelles bandes. Nous avons donc la chance de posséder ce qui se fait de mieux au niveau sécurité. Je tiens quand même à relever que ce n’est pas le cas pour tous les clubs des ligues inférieures. J’aimerais vraiment remercier la population anniviarde ainsi que notre ancien conseil communal pour leur soutien à ce projet et cela malgré la situation actuelle. Un grand merci, en particulier, à Marco Genoud qui s’est grandement investi dans ce projet et pour le sport en général. Un merci également aux entreprises qui ont œuvré à l’élaboration et à la construction de cette nouvelle infrastructure. J’aimerais aussi citer les joueurs de la première équipe qui ont redonné un coup de jeune à leur vestiaire. En effet nous avons également été frappé par les intempéries suite au gros
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orage de septembre dernier. Les assurances ont pris à leur charge une partie de ces travaux et nos joueurs ont mis la main à la pâte pour le reste de ce chantier. Ils prolongeront ces activités avec la rénovation complète des bancs des joueurs. J’espère que la situation sanitaire s’améliorera en 2021 afin que notre public puisse profiter de ce nouvel écrin, car c’est vraiment un plaisir pour les yeux. En cas d’allègement des conditions, nous ne manquerons pas de cocher une date sur le calendrier pour inaugurer en bonne et due forme ce « bijou » de patinoire. D’ici là, je vous souhaite d’ores et déjà à toutes et tous, un bon début d’année et PORTEZ-VOUS BIEN !
Le Président, Frédéric Pellat
culture
La chasse
aux sorcières et sorciers dans le val d’Anniviers au Moyen-âge
S
Le mouvement de persécution systématique des prétendus sorciers commence par les procès de sorcellerie valaisans au XVème siècle, puis se répand en Suisse et prend de l’ampleur au XVIème en Europe. La chasse aux sorciers ne prend fin qu’au XVIIème siècle : 200 ans de tortures, de tribunaux truqués et d’innocents brûlés vifs sur d’injustes bûchers, 10’000 procès en Suisse… Et ce terrible épisode de l’histoire humaine a débuté en Valais, ici même en Anniviers et dans la vallée d’à côté, comme l’atteste le rapport de Hans Fründ rédigé en 1430 : « l’an du Seigneur 1428, on découvrit dans le pays du Valais la méchanceté, les meurtres et l’hérésie des sorciers. Ils furent tout d’abord découverts dans deux vallées, dont l’une s’appelle le val d’Anniviers et l’autre le val d’Hérens et plusieurs d’entre eux furent jugés et brûlés. » En 1427, les seigneurs Hildebrand et Petermann d’Anniviers condamnent au bûcher Agnès Escor de Grimentz1 pour sortilège à son mari. Mais c’est à partir de 1428 que débute en Valais une véritable traque des sorciers, une répression à grande échelle qui répand la terreur. Les événements commencent dans le val d’Anniviers et le val d’Hérens, puis se répandent la même année dans le Bas-Valais et ensuite dans le Haut-Valais germanophone. Dès l’été 1428, la chasse s’étend à la totalité du Valais. On organise alors des enquêtes de grande ampleur pour éradiquer de soi-disant groupes dédiés au diable. Les procès sont en fait des séances
© collection Paolo Marandola
avez-vous que cette chasse qui a terrorisé l’Europe pendant le Moyen-âge faisant 60’000 victimes, a commencé dans les vals d’Anniviers et d’Hérens ?
de torture où les aveux arrachés au supplicié tiennent lieu de preuves. Chaque sorcier est torturé jusqu’à ce qu’il craque et accepte de reconnaître sa culpabilité; on exige en plus qu’il dénonce d’autres innocents, qui seront ensuite eux-mêmes pourchassés. Les noms de ces personnes sont souvent suggérés au supplicié par le tribunal lui-même. En plus des aveux, le tribunal arrache ainsi à l’inculpé les noms de ses prétendus complices et d’autres accusations, qui débouchent ensuite sur de nouvelles arrestations. La chasse aux sorciers se déploie alors comme un immense filet, nourri par ses victimes : rien ne semble pouvoir l’arrêter. Les documents conservés attestent d’au moins 200 sorciers et sorcières qui ont été inquiétés, poursuivis ou obligés de fuir au XVème siècle, rien que dans le diocèse de Sion.2 Mais ce nombre est largement sous-estimé car peu de dossiers de procès de sorcellerie ont été conservés. Il est difficile de réunir des informations sur ce qui s’est réellement passé. En Valais, les autorités laïques, c’està-dire les seigneurs locaux, les châtelains
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ou même les communautés rurales, s’occupent eux-mêmes des enquêtes de sorcellerie, des arrestations et des simulacres de procès. Ce n’est donc pas l’Inquisition qui dirige la répression, comme c’est le cas dans la plupart des autres régions. Les femmes ne sont pas les uniques victimes : ainsi en 1428, Martin Bertod, originaire du val d’Hérens, monte sur le bûcher à Sion devant une foule de 1000 spectateurs; il est accusé d’avoir utilisé des sortilèges et donné du poison à plusieurs personnes. Les sorciers sont accusés d’avoir passé un pacte avec le diable pour obtenir richesse, pouvoir ou vengeance. On prétend qu’ils ont promis à Satan de lui donner une partie de leur propre corps après leur mort ou de lui fournir un animal chaque année. On les accuse de se transformer en bête, surtout en loup ou en porc, de se déplacer en volant sur des tabourets, d’empoisonner des gens, de les rendre malades ou infirmes, de se réunir dans des caves pour boire du vin, de détruire les récoltes, ou encore de tuer des enfants puis de les cuire et de les
manger. La vérité est bien différente : en général, la personne accusée de sorcellerie a été victime d’une injustice (par exemple du vol d’un terrain ou d’un objet) et celui qui lui a causé du tort l’accuse pour se protéger. Quelquefois, le « sorcier » menace ou maudit celui qui l’a volé ou diffamé: mal lui en prend. Il est alors accusé par la personne qui s’en est prise à lui, d’être responsable des malheurs qui surviennent ensuite au protagoniste de l’incident, à ses proches ou à ses animaux, étant donné les paroles qui les annonçaient. La malédiction et ses suites sont alors colportées dans le village qui entoure désormais de sa suspicion la «victime». Cette rumeur s’amplifie jusqu’à ce qu’une enquête soit lancée par la justice laïque et que divers individus déposent devant les autorités qu’un tel a la réputation de connaître l’art des sortilèges. Les témoignages concordants et le nombre même de ces témoignages constituent un indice de la culpabilité. Incarcérée après avoir subi la torture, la personne dénoncée reconnaît ses crimes et se voit contrainte de citer des complices. »2 Quelquefois aussi, la personne est accusée de sorcellerie par quelqu’un qui convoite ses possessions: les biens des gens accusés de sorcellerie sont en effet confisqués et revendus, et si la famille veut les récupérer, elle doit les racheter.
Le val d’Anniviers n’est pas seulement un point de départ de la chasse aux sorcières, c’est aussi le théâtre d’une persécution de grande ampleur : au XVème siècle, une cinquantaine de personnes sont poursuivies pour sorcellerie, s’enfuient ou sont brûlées rien que dans la vallée. Les bûchers se multiplient. Quinze sorcières et huit sorciers sont exécutés. Le prétexte déclencheur de cette vague de traque est une chute de neige qui ruine les récoltes et sème la confusion en juillet 1465. On cherche des coupables. Walter Supersaxo, évêque de Sion, part alors en croisade contre l’hérésie, et cela durera plus de 15 ans. En 1481, deux notaires originaires d’Ayer sont brûlés pour sorcellerie, Pierre de Torrenté et son fils Nycollin. Pierre est un notable du val d’Anniviers. Il n’a pas du tout le profil d’une victime de la chasse aux sorciers: il est âgé, riche, instruit, spécialiste de l’écrit, il sait l’allemand et le latin. En tant que clerc et praticien du droit, il jouit de privilèges, connaît les tribunaux et peut s’appuyer sur un solide réseau de relations influentes. Comment un tel homme a-t-il pu finir sur le bûcher sans pouvoir se défendre? A la chute de la famille des de Rarogne, certains Anniviards cherchent à constituer une seigneurie libre, mais échouent. Pierre de Torrenté montre un peu trop de désir d’indépendance. En 1467, l’évêque de Sion, Walter Supersaxo, prend possession de la seigneurie de Vissoie. Douze ans plus tard, il installe son propre fils comme châtelain pour qu’il administre le val d’Anniviers et le représente sur place. La chasse aux sorciers prend une nouvelle ampleur et Georges Supersaxo, le fils de l’évêque de Sion, dirige de nombreux procès de sorcellerie. Plusieurs inculpés dénoncent Pierre de Torrenté, le citant comme complice. Ce dernier est riche et ses biens suscitent la convoitise. Une partie de la population anniviarde soutient les exécutions de sorciers et la guerre des clans fait rage. Certains souhaitent que Pierre disparaisse. Le fils de l’évêque utilise les
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querelles et les rivalités intestines de la vallée pour renforcer sa position. La rumeur poursuivant Pierre enfle. Il s’enfuit. Il est arrêté dans la forêt entre Vissoie et Fang, incarcéré à Vissoie et torturé. Il est difficile de savoir si son incarcération a eu lieu dans la tour de Vissoie, qui a pu, comme la tour des sorciers de Sion, servir de lieu de torture et de cachot (au XIXème siècle, l’Abbé Erasme Zufferey se souvient d’avoir encore vu dans son enfance « en la Tour de Vissoye, le treuil de la question3 et à côté, au rez-de-chaussée, les cachots bas et sans fenêtres. ») En guise de procès et selon la procédure habituelle destinée à faire avouer les sorciers, on attache les mains de Pierre dans son dos et on le soulève par une corde accrochée aux poignets, les bras douloureusement retournés. Il reste ainsi à souffrir horriblement une journée entière. Ensuite, on lui attache une pierre aux pieds, pour accentuer la tension sur les bras, et on le suspend encore deux jours de plus. Puis il subit une autre forme de supplice plus forte, mais n’avoue toujours pas. On finit par lui infliger la torture du tonneau en l’immergeant. Finalement, il avoue et est exécuté. L’accusation de sorcellerie contre Pierre de Torrenté et son fils Nycollin a comme raison réelle et cachée une lutte de pouvoir dans un contexte politique conflictuel. Les exécuter a servi à affaiblir leur clan et à les éliminer en tant qu’adversaires politiques. L’évêque de Sion a utilisé son soi-disant combat contre l’hérésie pour asseoir sa domination dans le val d’Anniviers, une vallée très attachée à son indépendance et difficile à contrôler. Le caractère insoumis des Anniviards et la christianisation tardive peuvent aussi en partie expliquer que la chasse aux sorciers ait pris une telle ampleur et ait fait autant de victimes dans une si petite vallée. Pauline Archambault
Comme l’atteste un acte notarié des archives du chapitre cathédrale de Sion qui rapporte l’inféodation des biens d’Agnès Escor 2 « Les chasses aux sorciers en Valais au Bas Moyen-âge » par Chantal Ammann-Doubliez 3 La question, en usage dès le Moyen-âge, est une forme d’interrogatoire accompagnée de torture 1
HIVeR 20-21
GRIMeNTZ-ZINAL - NOUVeLLeTéLéCABINe 10 PLACeS OUVERTURE À PARTIR DU 12 DÉCEMBRE 2020
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VeRCORIN - NOUVeAUTéS 2020/2021 Early Bird : les mardis et samedis, ayez le privilège de skier avant l’ouverture du domaine et de savourer un petit déjeuner au restaurant de l’Étable. Descente aux flambeaux : les jeudis, savourez la tartiflette du Crêt avant de rejoindre le village de Vercorin à la lumière des flambeaux. Domaine skiable : tapis couvert du Crêt et restaurant de l’Étable + d’info : vercorin.ch
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sport
FC Anniviers saison 2020-21
FC Anniviers - saison 2020/2021 Equipe féminine
Le comité du FC Anniviers tient à remercier chaleureusement tous les entraîneurs et coachs oeuvrant au sein de notre club, de l’école de foot aux équipes fanions féminine et masculine.
Junior E1
Junior E2 de gauche à droite : Schmidt Nolan, Tamble Benno, Zuber Mathis, Oliveira Sven, Ménard Titouan, Misson Antoine, Carvalho Martin, Chevalier Esteban, Tissier Kalvin, Fonseca Rafael (manque Pinto Edgar) Entraîneurs : Jojo et Marco
de gauche à droite : Ducourtil Colin, Savioz Kelyan, Salamin Caryl, Chevalier Luca, Chérifi Mathias, De Oliveira Léandro, Bulöes Léo, Crettaz Anael, Ballestraz Fanny, Melly Joy, Chérifi Nolan (manque Hannart Maxime, Antille Alexis, Dufour Luca) Entraîneurs : Steve et Didier
1ère équipe
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portrait
La Revenante des Moyes
L
e mayen des Moyes est prêté à l’association Ayer pour demain qui y organise le traditionnel camp des enfants début juillet. Les jeunes entretiennent et profitent de ce lieu magique propriété de la commune le reste de l’année. Ce printemps nous est parvenue une demande particulière: une dame souhaitait louer le mayen pour permettre à sa grandmère, de la famille des anciens propriétaires, d’y passer quelques jours pour ses 90 ans. Le comité a décidé, en accord avec la commune, de prêter les Moyes à la famille Mathier contre le récit des souvenirs de sa vénérable aïeule. Manu Zufferey
Récit de Paula Dick Mathier née le 27 janvier 1931, en séjour aux Moyes en août 2020 Traduit de l’allemand Mes parents Monika et Paul Mathier de Salquenen achetèrent le mayen des Moyes en 1944 à deux tantes, j’avais 13 ans à l’époque. Chaque année au printemps, habituellement en mai, une partie de la famille et un domestique venaient y passer trois semaines avec le troupeau, 30 à 40 têtes de bétail, principalement des vaches. Toutes les distances étaient parcourues à pied, le trajet de Salquenen aux Moyes prenait plus de 5 heures. Les animaux étaient ensuite conduits pour l’été sur l’alpage d’Arpitettaz, alors que la famille redescendait en plaine pour travailler les vignes. En juillet, le travail des vignes terminé, nous retournions au mayen pour les vacances d’été : c’étaient les meilleurs moments de ma vie. Une année, nous sommes
De gauche à droite: sa soeur Otilia, le préfet Paul Mathier et sa femme Monika, le cousin Alfred Mathier, Paula et debout derrière, son frère Grégor, dans les années 1950
montés aux Moyes avec les poules, les cochons et notre chat Miggu. Nous avions l’habitude de vivre de nombreuses aventures avec le bétail sur les chemins d’Anniviers. Les cochons n’aiment pas marcher dans l’eau, une truie avait fait un arrêt cardiaque en traversant un ruisseau et j’ai dû courir dans la montagne pour trouver un couteau afin que mon père puisse récupérer la viande pendant qu’elle restait comestible. Quelques années plus tard, un chariot amenait nos biens jusqu’à Ayer d’où un âne nous accompagnait parfois pour porter nos bagages jusqu’au mayen. Je dormais avec mes parents et mes cinq frères et soeurs dans l’unique mais spacieuse pièce à vivre. Les enfants dormaient sur des paillasses alors que mes parents profitaient d’un lit de fer. Ce lit était transporté
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par mon amour d’enfance et partenaire actuel. Sa famille possédait un mayen au Prilet. C’est à mi-chemin entre les Moyes et le Prilet que nous avons échangé notre premier baiser. En été au mayen, les filles devaient coudre et raccommoder les habits pour l’hiver, chaussettes et manches de pulls en particulier. Un jour, alors que je pratiquais cet artisanat avec ma petite soeur Otilia, il ne me resta plus qu’une petite pelote de laine. Otilia s’était endormie la bouche ouverte et je m’étais amusée à essayer de mettre la petite pelote dans sa bouche. La manoeuvre réussit mais ma joie fut malheureusement de courte durée car je reçus une bonne gifle de ma mère. A l’époque, nous n’avions ni dentifrice ni brosse à dents, juste un pot de sel près du
pierre, nos menus comprenaient principalement de la polenta, des pommes de terre et du porridge, toujours accompagnés par du fromage et du beurre faits maison. La confiture n’était disponible que quand nous allions chercher des myrtilles, des fraises des bois ou des bourgeons de sapins avec lesPaula Dick Mathier et sa petite-fille Andréa aux Moyes en août 2020 quels nous faisions de délicieux repas. bassin. Nous trempions brièvement nos Tous les deux jours, nous allions chercher doigts dans le sel avant de frotter nos dents. du lait avec mes frères et soeurs à l’alpage La méthode ne devait pas être si mauvaise, de Nava, car notre bétail se trouvait en car j’ai encore toutes mes dents à près de estivage près des glaciers sur l’alpage 90 ans. A cette époque, nous n’avions que d’Arpitettaz. du pain de seigle, sauf le dimanche où nous partagions du pain blanc. Le pain de seigle Le soir, nous allions souvent visiter nos était apporté de Salquenen en début de sai- voisins, ou ils venaient chez nous, pour son, il devenait si dur que nous devions le partager les dernières nouvelles. C’est ainsi partager à la hache. Nous disions toujours: que le journal fonctionnait à l’époque. mieux vaut du pain dur que pas de pain Tous les mayens de la région appartenaient du tout ! Outre ce pain dur comme de la à des familles originaires de Salquenen.
Chaque année à la fin août, le bétail descendait d’Arpitettaz pour terminer l’été aux Moyes, et la famille retournait en plaine pour les vendanges. Une année, je fus choisie avec mon frère Armand pour rester au mayen avec le troupeau jusqu’aux premières neiges. Quand mes parents ont décidé en ma faveur, ça a été le paradis sur terre pour moi. Malheureusement dans les années 1960, les pâturages de Salquenen ont été transformés en vignes et nous nous sommes séparés du bétail. Mes parents ont vendu mes Moyes bien-aimées à la communauté d’Ayer qui devait construire des digues contre les avalanches. J’aurai 90 ans en janvier 2021, et j’ai eu la permission de rester quelques jours cet été sur l’Alpe des Moyes, de profiter à nouveau des odeurs et du paysage, de dormir dans la pièce à vivre. Pas dans la paille, mais sur un lit de camp, emmitouflée dans un sac de couchage. Ces quelques jours ont été le plus beau cadeau d’anniversaire qu’on pouvait me faire. Je remercie ma petite fille Andréa, Manu et les jeunes d’Ayer qui ont permis ces moments. Paula Dick Mathier
W W W. M E L LY M E U B L E S . C O M
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patrimoine
La disparition des anciens métiers d’Anniviers Partie 1: ferronnier d’art
L
Martial sait tout faire : il est à la fois serrurier, forgeron, soudeur et ferronnier d’art. Il fabrique les portes des fourneaux, les pics et les pioches pour la commune, les coupes du championnat suisse de hockey, les garnitures pour les grilles de fenêtre, les chandeliers, les barrières, les pieds de table à l’ancienne, les escaliers ou les arrêteneige pour les toits. Quand Rémy et Noël d’Ayer fabriquaient encore des bardeaux, Martial réalisait jusqu’à cent arrête-neige par jour, tout à la main. « T’as une minute ? Si tu as envie, je t’en fais un ? » Il prend une barre de métal, la tape, la tord, l’arrondit comme si c’était de la guimauve, l’enroule autour d’un gabarit comme un serpent puis la frappe à l’enclume. Le son aigu du marteau sur le métal vrille les oreilles et résonne longtemps comme un bol chantant tibétain. Le serpent devient plat et parfaitement ajusté. Martial transforme le métal avec tellement d’aisance. Martial a même recréé les clés des vieux moulins de St Luc : « toutes les clés avaient été perdues ! J’ai dû aller ouvrir les portes des moulins… j’ai réussi à démonter les charnières et les serrures. Mais on n’arrive pas à faire de si petites clés à la forge. Alors j’ai été obligé de trafiquer des clés en les limant pour faire des passes. Plus personne ne sait faire ça.
© collection Martial Viaccoz
’atelier de Martial Viaccoz ressemble à un poème dadaïste mélangé à une gravure argentée du XIXème siècle. Au fond, cachés au milieu d’une forêt d’outils et d’indéfinissables trésors, on distingue une forge ancestrale, une enclume polie par des années de labeur et un grand seau de houille. Sur le mur de l’entrée, des blagues sont accrochées au gros scotch jaune.
Avant de venir vers moi, ils ont demandé à ceux qui font des clés à Sierre, mais ceuxci ont refusé. Je pourrais apprendre ça aux jeunes, mais je vais me faire traiter de voleur ! » Martial referme le tiroir des passes et rigole. Mais là où son œil s’illumine le plus, c’est quand il parle du métier de forgeron. Il court chercher des photos de ses créations en fer forgé pour me les montrer. Il y a trente ans, il a fabriqué, juste pour le plaisir, une table basse de salon en forme de char qui peut tourner les roues et pivoter. Pour les soixante ans d’un ami, il a inventé un porte-bouteille en forme de luge Davos miniature. Il a même réalisé des écritures entièrement à la forge pour la vache Frégate reine cantonale. Les lettres en fer sont liées, régulières et harmonieuses: une vraie prouesse d’atteindre ce résultat à coups de marteau sur une enclume ! Il a
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aussi minutieusement assemblé un cadre de fenêtre décoratif représentant deux vaches en train de combattre. Ou inventé une lampe avec un ski et un piolet en fer forgé pour offrir à un ami guide. Martial a du génie. Il invente, il essaie. Parfois il est mécontent, s’arrête, réfléchit toute la nuit, trouve une nouvelle idée, puis reprend sa création. Ce qu’il préfère dans la forge, c’est justement qu’il peut inventer des pièces originales et uniques : « en serrurerie, tu achètes les pièces, tu coupes les plaques, tu perces et tu soudes... c’est souvent de la série…. Pour le fer forgé, tu dois réfléchir, tu prends un morceau de fer et tu dois lui donner une forme, ronde ou pointue.» D’ailleurs, le verbe «forger» signifie aussi à l’origine «créer», «imaginer» et «inventer». La ferronnerie d’art exige de sentir la matière pour la transformer, de comprendre comment le fer va réagir, comment il va se déformer dans l’incandescence, se tordre
ou s’aplatir entre l’enclume et le marteau. Martial a acheté une antique forge portative à pédale, mobile et légère. Il l’actionne: « tu pédales et ça souffle. C’est joli, tu peux l’emmener partout, c’est artisanal. » Au cœur de l’hiver, quand le froid pique, il allume son fourneau et active sa forge. Il furète dans l’atelier et me découvre un à un ses trésors. Il sort d’un tiroir une immense clé, une clé de conte de fée en fer forgé. Les encoches irrégulières témoignent de la difficulté à dompter le métal à la main. « C’est une clé pour un caveau à Noës, je viens de la finir. C’était compliqué, mais elle est belle ! Pour forger une clé comme ça, il faut au moins cinq heures. Il faut forger la boucle de la clé, puis décou-
per pièce par pièce et faire les encoches avec la lime et la meule. Alors ça revient cher. » La création artisanale peine à concurrencer la production industrielle, car le prix de chaque objet fabriqué à la main est très élevé. «Un montant de barrière coûte le double si tu dois le fabriquer plutôt que de l’acheter tout fait : il faut chauffer la barre de métal à la forge, la torsader, la fendre au ciseau…. Et une barrière, c’est une trentaine de montants ! Souvent des gens veulent une barrière en fer forgé et quand on leur dit le prix, ils renoncent, sauf s’ils sont prêts à payer pour de l’artisanat, pour une création originale et unique.» Les artisans sont de plus en plus remplacés par des machines qui produisent plus vite et moins cher. Comme le dit Martial avec un petit sourire: « si tu
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Martial a beaucoup de travail, à tel point qu’il doit en refuser. L’un vient lui demander une petite soudure, l’autre a besoin d’une réparation, un troisième rêve d’une belle barrière en fer forgé. Un jeune qui s’installerait comme serrurier-ferronnier dans la vallée aurait largement de quoi gagner sa vie, même s’il faut beaucoup investir dans les outils pour pouvoir se lancer. Selon Martial, il serait même possible de vivre en faisant uniquement de la création en fer forgé, car, comme il le dit, «ça part comme du sucre !» Il reste quelques travailleurs du métal en Anniviers : à Ayer, Jean-Paul Theytaz est forgeron et serrurier. Daniel Salamin à Mayoux et Martial Crettaz au Rotzec sont aussi serruriers. Mais tous sont à la retraite et aucun jeune n’a pris la relève de la forge. Il y a de jeunes serruriers, mais quasiment plus de forgerons. Les jeunes disent qu’ils n’arrivent pas à forger. Martial est à son compte depuis trente-huit ans, mais personne ne lui a jamais demandé de lui apprendre le métier. Il montre pourtant volontiers ses secrets à ceux qui s’y intéressent. Il se rend bien compte que ce sont des connaissances qui vont se perdre. Il a septante ans et son incroyable savoir-faire risque de ne pas pouvoir être transmis. Qui pourra fabriquer une clé perdue à partir d’une serrure? Qui inventera de beaux objets en fer forgé?
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© photo Pauline Archambault
dois tout faire à la forge, tu dois faire le prix. Sinon, tu travailles comme les guides, dans le vide. Les gens ne veulent plus que de l’inox, c’est propre et joli. » Beaucoup de métiers du métal sont menacés de disparition, et pas seulement les forgerons et les ferronniers d’art. Les fondeurs de cloches, les couteliers, les graveurs, les doreurs, les potiers d’étain, les sculpteurs sur métal, les enlumineurs sont aussi de plus en plus rares. Et c’est la même chose pour les métiers du bois (fabricant de bardeaux, marqueteur, sabotier, encadreur, tonnelier, fabricant de cannes), du cuir (bottier, gantier, sellier, cordonnier), du verre (souffleur de verre, vitrailliste), du textile (brodeur, dentellier, restaurateur de tapis) ou de la pierre (tailleur de pierre, sculpteur, marbrier, fontainier). Tous ces magnifiques métiers n’existent quasiment plus. De quoi donner des idées aux jeunes de la vallée !
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© photo Pauline Archambault
© collection Martial Viaccoz
Qui tordra le métal pour fabriquer les arrête-neige des toits d’Anniviers ? Qui fera souffler la forge en hiver et retentir le bruit du marteau sur l’enclume ? Martial a commencé l’apprentissage de serrurier à seize ans, en 1967. Il a ensuite appris le métier de la forge en travaillant. Un vieux forgeron lui a transmis les secrets de la trempe et l’a initié aux subtilités de la lime, comme lorsqu’il faut trouver le geste juste pour ne pas que la pièce se brise. «Gamin, mon père avait un mulet, alors on allait voir ferrer les mulets. Le maréchal-ferrant qui s’en occupait savait tout souder à la forge, il chauffait les pièces, les tapait et les soudait au feu. C’était magnifique. Il faisait comme ça même les grilles principales
d’entrée des chapelles. A l’époque, les postes à souder n’existaient pas. Cette technique n’existe plus, je ne l’ai pas apprise, j’ai juste vu faire gamin. En serrurerie, la technique a beaucoup changé, mais pas du tout avec la forge.» Les premiers forgerons sont apparus mille ans avant Jésus-Christ. C’est l’un des plus vieux métiers du monde. Le travail du fer est encore plus ancien : on a retrouvé en Egypte des perles fabriquées à partir de fer extrait de météorites et datant de cinq mille ans. La découverte des métaux a fait sortir l’homme de l’âge de pierre, puis la forge a été une révolution. Grâce à elle, les peuples ont pu inventer de nouveaux outils, développer l’agriculture en fabriquant des faux, des haches et des charrues, créer des roues de charrette, des armes, des
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parties mécaniques, des bijoux, ou même frapper de la monnaie. Aujourd’hui encore, dans de nombreux pays, les forgerons travaillent le fer en le chauffant sur des brasiers posés à même le sol, sans autre forge que ces petits feux de bois. Va-t-on oublier comment pratiquer ce métier si précieux, si universel et si ancien ? Pauline Archambault
portrait
Un Anniviard au service de la Foi
D
ans ce monde incertain, un jeune Anniviard au parcours atypique a choisi de consacrer sa vie au service de la Foi, pour témoigner de la lumière et apporter du réconfort et de l’aide à ses contemporains. L’enfance Né en 1994, Michel Rion grandit à Niouc. Comme tous les jeunes Anniviards de son âge, il fait son école obligatoire à Vissoie. Son enfance est bercée par la foi chrétienne reçue de ses parents et la découverte de l’alpinisme dans nos montagnes, qu’il parcourt avec son père Dominique et son frère cadet Dyonis. En parallèle de sa vie d’écolier au centre scolaire, il suit une formation d’accordéoniste au conservatoire. Très jeune, il est intéressé par les cours d’histoire et plus particulièrement par l’histoire du val d’Anniviers. « Je me rappelle avoir énormément apprécié les cours de M. Clément Epiney et notamment l’histoire de nos ancêtres. » Membre du ski-club de St-Luc, où il fréquente beaucoup d’autres jeunes, il passe une bonne partie de ses samedis à slalomer entre les piquets. L’adolescence À la fin de la scolarité obligatoire, Michel continue son développement intellectuel et culturel au Lycée-Collège des Creusets à Sion. Toujours passionné d’histoire, il choisit le cursus latin-grec, qui lui donne les outils pour mieux comprendre comment notre société s’est construite. Conscient que ce cursus ne lui offrira que peu de débouchés, il choisit de former son esprit pour mieux appréhender le monde qui l’entoure. Au collège, il se souvient d’un doux mélange culturel, entre les habitants de la plaine et les habitants des petites vallées latérales. « Lorsque je me présentais
Sommet du Grand-Cornier avec vue sur la Dent-Blanche
et que je nommais mon village, Niouc, mes camarades riaient souvent, ne sachant pas où se situait ce petit village au nom si comique. » Réussissant sa maturité avec brio, Michel se met au service de son pays et suit l’école de recrue dans les chars à Thoune. Il en profite pour apprendre l’allemand et découvre la mentalité suisse allemande, si différente de notre mentalité romande. Il est le seul gradé francophone de sa compagnie et ses supérieurs souhaitent encore le faire grader. Il refuse, arguant qu’il souhaite apprendre l’anglais. La Foi a toujours une grande place dans la vie de Michel qui ne sait toujours pas quelle suite il veut donner à son parcours. Il part donc trois mois dans une famille d’accueil aux USA, en Idaho. Là encore, il s’adapte et découvre une nouvelle culture. La vie de séminariste A son retour à Niouc, il reçoit deux admissions : « Un matin, je me rends à la boîte aux lettres et découvre deux courriers qui
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me sont adressés, l’un de l’EPFZ, où je devais suivre des cours d’architecture, et l’autre de la Fraternité St-Pie X. » Après mûres réflexions, son choix est fait et il se rendra au séminaire, dans le but de devenir prêtre et servir la Foi qui l’anime depuis toujours. Il passe une année à Flavigny en France à former son esprit à la spiritualité et la prière. Dès la deuxième année, il rejoint le Valais, à Ecône, pour y poursuivre sa formation. Toujours passionné de haute montagne, il devient responsable du sport au séminaire. Avec les connaissances d’alpinisme qu’il a acquises de son père en parcourant tous les quatre mille de la vallée, il pourra faire découvrir les hauteurs alpines du Valais à ses confrères tout en les initiant aux dangers de la montagne. La vie au séminaire est très rythmée entre des temps de prière, des cours de philosophie et de théologie, de l’entretien extérieur et du chant, ainsi que des moments de détente et de sport. Grâce à sa formation musicale, il devient directeur de la Schola,
Première messe à Saint-Luc, 12 juillet 2020
Avec sa famille après la première messe à Ecône, 5 juillet 2020
groupe de chant grégorien. « Les quelques années passées au séminaire ont filé en un battement de cil. »
Rion. » L’occasion de rencontrer famille et amis qui s’étaient déplacés pour fêter l’ordination de l’un des leurs.
La prise de fonction Cet été, Michel a été ordonné prêtre à Ecône. « Je me souviendrai toute ma vie de ce jour, l’aboutissement de six ans d’étude et de travail, le début de ma vie de sacerdoce. » C’est un jour très spécial pendant lequel de très nombreux prêtres de la Fraternité se réunissent avec les fidèles pour l’ordination de neuf séminaristes. Une semaine plus tard, Michel dit sa première messe à Ecône, l’occasion de réunir sa famille, ses amis et de partager un repas convivial. « J’ai été très touché d’avoir l’occasion de célébrer une messe dans l’église paroissiale de St-Luc, chose qui n’aurait pas pu avoir lieu sans l’entremise de mon oncle Gilles
Sa mission La vie du prêtre est dépendante des décisions que ses supérieurs prennent. Michel est nommé dans une paroisse et école de la Fraternité St-Pie X au Canada près de Toronto. Malheureusement, la Covid-19 l’empêche de recevoir son visa de travail. Il est donc en attendant à Rikenbach (Soleure) où il exerce son activité de prêtre: il soutient la communauté, dit des messes un peu partout en Suisse allemande et travaille durant la semaine dans l’administration de la Fraternité. Il attend avec impatience de prendre l’avion pour le Canada et poursuivre sa mission. Dès à présent, il apporte sa contribution face à cette société désemparée à la recherche d’idéal. Partout
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où il se rend, il souhaite véhiculer l’amour de Dieu illuminant l’amour des autres, rappeler le sens de la vie, au-delà des souffrances et des différences, inviter au vrai bonheur. « A notre époque, face à la mort, à la solitude et à la souffrance, le prêtre vient dire l’éternité, l’espérance » dit-il en guise de conclusion. Je souhaite remercier Michel qui a pris le temps de répondre à mes questions et de discuter de notre époque. Nous avons suivi notre scolarité obligatoire ensemble, puis nous avons pris tous deux des voies très différentes. C’était une expérience enrichissante de se retrouver une dizaine d’années plus tard et admirer tout le chemin parcouru. Un grand merci Michel et bon vent pour la suite. Texte Benoît Barmaz, photos album privé
sport
Les Dahus
du Montagne Club Anniviers
L
es guides de montagne et moniteurs du MCA vous présentent leur nouveau groupe : les dahus. Âgés de 13 à 20 ans, ils ont tous envie de pratiquer les sports de montagne sous toutes leurs formes. Au programme de cette année, l’équipe leur propose une sortie chaque dernier dimanche du mois et cinq camps pendant les vacances scolaires. Les jeunes y pratiquent l’escalade, l’alpinisme, le ski de randonnée et la cascade de glace. Le premier camp d’alpinisme a eu lieu en juillet 2020 dans la région de Trient. Nous écrivons cet article d’Interlaken où se déroule le second camp. Voici quelques-unes des envies, motivations ou rêves de ces jeunes dahus : « Je me suis inscrite au groupe dahu, car j’avais envie d’en apprendre plus sur l’escalade et de pouvoir améliorer mon niveau. Je m’y suis aussi inscrite, car je voulais en apprendre davantage sur l’alpinisme. » Christina « Avec ce groupe, j’ai envie d’apprendre de nouvelles choses par rapport à l’escalade et de m’améliorer, ce qui a déjà été le cas aux sorties et camps passés. Je m’y suis inscrite parce qu’on est une bonne équipe et que j’ai toujours du plaisir à aller grimper et à découvrir de nouveaux endroits et de nouvelles salles. » Emilie « Si je me suis inscrite au dahu, c’est principalement car j’aime l’escalade et que ça me manquait après être partie au collège et avoir dû quitter le MCA. J’ai envie d’en apprendre plus pour pouvoir m’améliorer et par la suite aller grimper entre amis à
l’extérieur tout en sécurité grâce aux techniques apprises. Et bien sûr l’ambiance pendant les journées de grimpe et pendant les camps est géniale ! » Elisa « Je me suis inscrite au groupe dahu pour retrouver la montagne et l’escalade que je ne faisais plus trop depuis que j’avais dû quitter le MCA. Ce groupe me permet de refaire tous ces trucs trop bien, comme les camps, apprendre de nouvelles choses en montagne ou encore découvrir de nouvelles régions, qui me manquaient. En plus, on est une bonne équipe et l’ambiance est sympa ! » Lucie « C’est trop cool parce qu’on découvre plein d’endroits en montagne et plein de techniques et de choses pour grimper et
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pour la montagne et aussi on est avec les amis et on passe des super moments ! » Noah « Je fais partie de ce groupe, car j’adore la montagne et ses techniques pour y parvenir, de même pour la grimpe en extérieur. En intérieur, la grimpe est moins sensationnelle, car on n’a pas le paysage, la hauteur, la difficulté, mais pour s’entraîner c’est un super endroit. Mais la raison fondamentale, c’est de faire des sommets chez nous et ailleurs dans le monde. » Baptiste « Je fais ce groupe pour mieux apprendre à grimper et pour aller me défouler. Et pour faire de la montagne. » Samuel
Commune d’Anniviers Bilan du Président sur la législature 2017-2020
Une législature mouvementée Les membres de l’exécutif se souviendront longtemps de cette période législative caractérisée par de nombreux imprévus. L’histoire de la vallée sera marquée pour toujours par la crue de la Navizence qui a provoqué, entre le 2 et le 3 juillet 2018, des dégâts évalués à 80 millions de francs entre Zinal et Chippis. Les propriétaires de terrain se rappelleront, quant à eux, de la mise en œuvre de la LAT par l’application de zones réservées, en août 2018. Enfin, tout un chacun se souviendra du 13 mars 2020, ce jour où la population s’est vu restreindre ses libertés dans le but de protéger la santé de tous contre ce fameux coronavirus. 57 millions d’investissements Au niveau économique, les charges de fonctionnement ont été maitrisées et malgré les aléas du prix de l’électricité, la marge d’autofinancement communale est restée dans la moyenne avec un peu plus de 5 millions par an. Après la mise en place de la nouvelle commune fusionnée, 2017 fut le début d’un cycle important de dépenses. En 4 ans, près de 57 millions de francs ont été investis dans les infrastructures communales. Un montant considérable, qui a absorbé une partie des
impacts de la loi sur les résidences secondaires pour les entreprises de la construction et, surtout, qui a permis d’améliorer les services à la population. Évolution de l’administration La Commune n’est pas épargnée par l’augmentation des procédures administratives toujours plus complexes. Les autorités cantonales et fédérales ont des exigences de plus en plus spécifiques, notamment dans le cadre de l’homologation ou de l’autorisation des projets communaux. Nous devons également faire face à des procédures juridiques en constante augmentation. Pour assurer le suivi de tous ces dossiers administratifs, à l’instar de toutes les communes valaisannes, l’administration d’Anniviers a évolué et le nombre de collaborateurs a dû être augmenté. Concernant le personnel en charge des travaux publics, l’effectif reste stable. Par ailleurs, afin de favoriser également un service de qualité et de répondre ainsi aux sollicitations de la population, la Commune a doublé le nombre de collaborateurs depuis 2009, principalement au niveau de l’accueil des enfants et de la gestion des piscines, ainsi que des autres infrastructures de loisirs.
Répartition en 2020 des collaborateurs = 80 équivalents plein temps
Personnel administratif 27% y compris bureau technique
Voirie 36% y compris STEP
Structure d’accueil 15%
Ecole
Sécurité
Conciergerie
Bibliothèque
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Paroisse
Cantine
Piscine
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Autres: 22% répartis dans les différents domaines suivants
Budget 2021
Remerciements
Le Conseil municipal ainsi que la commission des finances ont validé un projet de budget 2021 en octobre dernier. A l’heure d’écrire ces mots, l’Assemblée primaire prévue le 30 novembre 2020 n’a pu avoir lieu en raison de la situation sanitaire actuelle. C’est pourquoi ce budget a ensuite été transmis aux membres du nouvel exécutif et sera soumis au législatif communal le 25 janvier 2021, sous réserve de nouvelles restrictions liées au Covid. Dans cette attente, l’ensemble des documents utiles est à votre disposition sur notre site internet : https://www.anniviers.org/AP
Le renouvellement de l’exécutif constitue l’occasion de remercier les personnes qui ont œuvré pour le bien de la collectivité et en particulier les trois conseillers municipaux qui cessent leurs fonctions :
En résumé, les principaux investissements à réaliser en 2021 portent sur la construction d’un terrain de football à Vissoie en remplacement de celui de Mission, sur la poursuite des travaux de la cantine scolaire, ainsi que sur l’espace Bien-être à St-Luc, tout ceci en complément des traditionnels travaux liés aux infrastructures publiques. Impact de la pandémie et planification 2021-2024 Le modèle touristique est fortement impacté par la crise sanitaire. L’absence des groupes et des colonies de vacances va fortement diminuer le nombre de nuitées et de journées skieurs. A l’inverse, l’occupation des nombreuses résidences secondaires de notre vallée est dynamisée par cette situation. Anniviers fut la seule Commune à offrir un bon d’achat similaire aux citoyens et aux propriétaires de logements de vacances. Cette opération a généré près de CHF 700’000.- de dépenses auprès des prestataires de services ou de fournitures locaux. Bien plus que le montant, il s’agissait de démontrer la valeur et l’importance de nos commerces et services de proximité qui sont le poumon économique de notre région. La planification financière pluriannuelle devra être adaptée en fonction de l’ampleur des travaux de sécurisation à mettre en œuvre dans la Navizence, ainsi qu’en tenant compte de l’impact économique réel sur les prochains exercices. Quoi qu’il advienne, le volume élevé des investissements diminuera à partir de 2023, l’équilibre budgétaire sera respecté et, la fortune nette de la Commune étant suffisante, il n’y aura pas de découvert au bilan.
Marco Genoud Il a été l’un des bâtisseurs de la nouvelle commune depuis 2009. Tout d’abord au service des sociétés de la culture, du sport et du social, il a ensuite œuvré à la gestion des travaux publics et des infrastructures de loisirs. Son expérience de gestionnaire, son souci du détail et son implication ont permis d’uniformiser les services sur l’ensemble du territoire communal. En tant que Vice-Président, il a apporté la sagesse et le discernement nécessaires permettant au Conseil municipal de prendre des décisions utiles et constructives. Christiane Favre Elue en 2012, elle a facilité le développement des manifestations culturelles et musicales. Son implication dans les milieux de la santé et du social a permis de trouver les synergies utiles pour pérenniser un service de santé de qualité et de proximité dans notre vallée. Responsable de la structure d’accueil, elle s’est engagée en vue d’un futur développement visant à accueillir les enfants dans des conditions encore améliorées. Augustin Rion Depuis 2017 en charge des services autofinancés, il a eu la lourde tâche de mettre en œuvre la taxe au sac. Un principe du pollueur-payeur très difficile et délicat à mettre en place au vu de la diversité des utilisateurs. En charge des transports publics, il a permis l’augmentation des horaires quotidiens et surtout du week-end facilitant ainsi les voyages des vacanciers.
A tous les trois, au nom du Conseil municipal et de toute la population, je vous fais part de notre sincère reconnaissance pour votre engagement durant toutes ces années et vous transmets nos meilleurs vœux pour la suite de votre vie professionnelle et privée. David Melly, Président
La Covid 19 en tout temps, informations à jour: www.anniviers.org/corona - www.valdanniviers.ch - 24 -
Retour sur ces années à l’éxécutif
Lorsque l’on met un terme à un mandat politique, on a tendance à tirer un bilan. On pense aux projets réalisés et à d’autres qui resteront inachevés. On se souvient aussi de ces instants de doute et de remise en question.
Quelle belle journée que ce 16 octobre 2012 ! La fusion des communes a été pour moi le début de mon engagement politique, car Les citoyennes et citoyens de la jeune com- c’était un beau projet de société et je crois mune d’Anniviers ont renouvelé ce jour- qu’il a été assez bien réussi. là leur conseil municipal composé de 9 membres dont 3 femmes ! Plusieurs grandes réalisations ont été faites, Et puis, on essaie de se rassurer en se disant Quelle émotion et quelle fierté m’ont enva- l’entretien de nos infrastructures et les serque l’on a fait au mieux, en essayant d’être le hie, mais aussi le souci d’accomplir au mieux vices à la population se sont grandement plus juste et équitable possible et surtout en les tâches confiées ! professionnalisés. préservant les intérêts de la collectivité. Durant ces huit ans j’ai toujours cherché à J’espère que le futur sera fait de la partiEn ce qui me concerne, je garderai de ces travailler dans l’intérêt de la collectivité. cipation de toutes les communautés, afin trois périodes au conseil municipal, plu- La mise en place du poste d’animatrice socio- qu’il soit l’œuvre de tous les habitants de sieurs belles images comme la réalisation culturelle est un des projets réalisés qui me cette vallée. d’aménagements naturels ou encore l’inau- tenait à cœur ! guration de sites sportifs ou culturels. Un grand merci à toutes les personnes qui Mon rôle de représentante de la commune m’ont soutenu dans cette activité qui a été Mais ce qui m’a marqué le plus durant ces an- au sein des institutions sociales et médicales pour moi une très belle expérience de vie. nées, ce sont les différentes personnalités qui régionales a été très enrichissant. Augustin Rion se sont succédé autour de la table du conseil J’ai apprécié la coopération du comité de réet qui ont fait preuve d’esprit de collégialité. daction du magazine « Les 4 Saisons d’Anniviers » qui a eu la tristesse de perdre sa corJe pense évidemment au personnel commu- rectrice, Madame Ursula Surber, lors de la nal, à leur disponibilité sans faille et à leur mise en page de cette édition. Son efficacité compétence. et son amabilité resteront gravées dans nos mémoires! Enfin, je retiendrai ces beaux échanges de respect et d’amitié avec les employés de la voirie. Je tiens à relever la bonne collaboration avec Ils n’ont jamais mis en cause mes exigences et mes collègues du conseil ainsi qu’avec toutes ont toujours répondu à mes attentes. les collaboratrices et collaborateurs de la commune. Ce fut douze ans d’une belle expérience hu- Un grand MERCI à vous tous qui m’avez maine ! accordé votre confiance et donné la possibilité de traverser cette étape de vie gratifiée Merci aux citoyennes et citoyens d’Anniviers de riches expériences nouvelles pour ma … de m’avoir permis de vivre cette expérience et « retraite » ! de m’avoir fait confiance. Je souhaite que le val d’Anniviers reste un Marco Genoud coin de pays où il fera bon vivre dans la convivialité, et que le meilleur vous accompagne durant 2021 ! BONNE ANNÉE ! Christiane Favre
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Les brèves La Commune d’Anniviers est à la recherche de deux apprenti(e)s pour la rentrée scolaire 2021-2022. • Un ou une apprenti(e) employé(e) de commerce En place dans les locaux de St-Luc, l’apprenti(e) découvrira le travail de l’administration générale de notre commune. Au cours de l’apprentissage, des stages au service des finances et au secrétariat du département technique seront organisés. • Un ou une apprenti(e) agent(e) d’exploitation Principalement basé(e) au centre scolaire, l’apprenti(e) y apprendra les techniques de nettoyage et d’entretien des bâtiments, des installations techniques et des espaces verts. L’enseignement de la gestion administrative d’une conciergerie est également au programme. L’apprenti(e) sera en outre amené(e) à intervenir dans d’autres bâtiments de la commune. Vous retrouverez les annonces complètes de ces offres d’apprentissage dans la rubrique « Offres d’emploi » sur www.anniviers.org.
Mérites et distinctions 2020 2020 Année du virus ! De multiples manifestations tant sportives que culturelles ont été annulées au grand regret de chacun. C’est la raison pour laquelle vous ne trouverez pas la « Fiche d’annonce des candidatures pour l’attribution des distinctions et des mérites sportifs et culturels » permettant d’inscrire les compétiteurs ayant obtenu des résultats durant cette année écoulée. La commission « Sports et Culture », qui sera partiellement renouvelée dans le courant du printemps, s’attellera à la révision du règlement concernant l’attribution de ces mérites et distinctions. La nouvelle mouture vous sera communiquée en temps opportun. MERCI pour votre compréhension !
Commune en santé Promotion santé Valais a évalué les actions présentées par la Commune d’Anniviers et lui a attribué sa troisième étoile en date du 26 novembre 2020 ! Quarante-quatre mesures réparties dans divers domaines tels que politique communale, offres de loisirs, famille et solidarité, école, santé au travail et espaces publics ont été validées lors du second renouvellement de cette labellisation. En consultant le site www.labelcommunesante.ch vous trouverez la liste des actions déployées ainsi que la vidéo de présentation du label à l’occasion de ses 10 ans.
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Votre nouvel exécutif pour la législature 2021-2024 Avec trois nouveaux élus et une moyenne d’âge de 43 ans, c’est une équipe dynamique qui constitue l’autorité exécutive de la Commune pour ces quatre prochaines années. Après avoir pris connaissance du budget 2021, les nouveaux élus se sont répartis les dicastères de la manière suivante :
Présidence
Tourisme et formation
Finances et agriculture
Territoire et sécurité
David Melly Administration générale Relations extérieures Energie
Vincent Theytaz Enseignement et formation Infrastructures sportives Tourisme
Danièle Zufferey Finances et impôts Agriculture Justice
David Zufferey Sécurité Dangers naturels Aménagement du territoire Intempéries 2018
Institutions et communication
Mobilité et bâtiments
Environnement et infrastructures publiques
Fabrice Ganioz Institutions Culture, loisirs et culte Social Communication Promotion économique Sylviculture
Vincent Massy Trafic Transports publics Itinéraires de loisirs Bâtiments
Sonia Martin Gestion des eaux Gestion des déchets Infrastructures publiques
Au nom du Conseil municipal, recevez tous nos meilleurs vœux pour cette nouvelle année ! David Melly, Président
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environnement
Une voiture électrique en Anniviers L
a RTS a lancé en septembre dernier une nouvelle série, intitulée Mission possible, qui a pour objectif de relever des défis dans le domaine de l’écologie. Le premier épisode était consacré à la sauvegarde de la forêt de Boncourt. Le deuxième, diffusé pendant les fêtes de fin d’année, a conduit les spectateurs romands dans notre vallée, plus spécialement à Grimentz. Origine Anniviers Tourisme a été contacté au début de l’été par la maison Nous-production qui était à la recherche d’une station valaisanne prête à faire quelque chose en faveur de la transition énergétique. Convaincus par l’idée et conscients de l’immense visibilité qu’offre un passage, en début de soirée, à la Télévision romande, la Commune, Anniviers Tourisme et différents partenaires ont répondu favorablement à cette sollicitation. Ils ont donc accepté d’apporter leur contribution au projet. Processus En août, une première rencontre avec la population a été mise sur pied au couvert de Prarion, afin que les gens puissent exprimer leurs idées sur la question écologique. D’autres rencontres filmées avec l’animateur Marc Müller ont été ensuite organisées. Le principe de l’émission est de relater un projet qui prend corps peu à peu, à partir d’éléments s’agençant au fil du temps. Des discussions il est rapidement ressorti que l’un des grands problèmes qui se posent aux villages et stations de montagne est celui des transports et de la mobilité. Or le Valais est un canton capable de produire beaucoup d’énergie propre
(hydraulique et solaire). La réflexion s’est alors orientée vers l’utilisation de véhicules électriques pour se déplacer entre Grimentz et Sierre. Cinq voitures électriques ont été testées en faisant l’aller-retour entre la station et la plaine, afin de vérifier si ce type de déplacement peut être réalisé au quotidien. Le résultat ayant été positif, il a été décidé d’augmenter l’équipement en bornes de recharge électriques dans la station, ainsi que de couvrir le toit d’un petit dépôt de tuiles solaires photovoltaïques pour produire de l’énergie verte. La production annuelle en électricité de ce toit permet de parcourir 40’000 km. L’animateur Marc Müller venait en Anniviers avec sa voiture électrique, qu’il devait recharger pour pouvoir repartir. À Grimentz, comme dans les autres stations de la vallée, il n’y avait jusqu’alors que deux bornes de recharge. C’était un stress pour lui de se dire qu’il ne pourrait peut-être pas trouver de place où recharger son automobile. L’accroissement de l’infrastructure est donc un avantage pour attirer les personnes, de plus en plus nombreuses, se déplaçant avec ce type de véhicule. D’ailleurs les remontées mécaniques ont aussi décidé d’augmenter le nombre de bornes qu’elles mettent à disposition de leur clientèle. Expérience enrichissante Michael Moret, directeur d’Anniviers Tourisme, a accompagné le projet du début à la fin. Il a apprécié, comme les autres acteurs locaux, la simplicité et la sympathie de l’équipe aux commandes de l’émission, qui ne s’est jamais posée en donneuse de leçons. Le concept de l’émission est de par-
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© Sierre-Anniviers Marketing
C’est possible !
tir d’un constat que l’on pose pour trouver les solutions envisageables et les réaliser. Cette opération avait pour but de susciter la réflexion et de permettre la prise de conscience individuelle qu’il est possible de réduire son empreinte carbone en achetant un véhicule électrique que l’on peut alimenter par une énergie solaire que l’on produit soi-même, par exemple en couvrant son toit de tuiles photovoltaïques. En octobre, la population anniviarde a été invitée à participer à l’installation du toit solaire, puis à son vernissage. Malgré le temps plus que médiocre, le succès a été au rendez-vous. Janine Barmaz
Sur le site du val d’Anniviers une page est consacrée au développement durable. On y trouve des compléments d’information en rapport avec cette réalisation et un lien qui permet de voir la production électrique du toit solaire en temps réel. https://www.valdanniviers.ch/fr/developpement-durable-4434.html
La croix
art & culture
qui est descendue du Ciel !
L
e dimanche 20 octobre 2019, vers 15h00, un coup de vent violent faisait tomber la croix du village de Grimentz haute de 22 mètres. Cette croix était tout un symbole pour le village puisqu’à l’origine deux croix dominaient Grimentz. Elles avaient été construites en 1833 après une mission prêchée par quatre Jésuites. Ces croix devaient protéger le village des incendies, des avalanches et des chutes de pierres. Celle située près du bâtiment de la Bourgeoisie est d’origine et la croix qui est tombée datait du dimanche 20 juillet 1947. Cette dernière était venue remplacer la croix de l’époque encastrée dans l’avanttoit de la chapelle St-Théodule située au milieu du village. Cette chapelle a été démontée lorsque l’église de Grimentz a été agrandie, pour en récupérer les pierres. La Paroisse, la Bourgeoisie et la Société du Village ont travaillé étroitement durant une année avec les artisans et gens du village pour la reconstruire plus belle qu’avant ! Bûcherons, menuisiers, maçons, ferblantiers, électriciens et manœuvres d’un jour ont mis leur savoir-faire à contribution lors de plusieurs journées de corvée. Il était important de faire de ce symbole un projet de village. Tous ensemble, ils ont réussi le pari de la reconstruire puisqu’elle fait partie intégrante du patrimoine religieux, culturel et historique de Grimentz. Le 14 novembre 2020, c’est en hélicoptère que la nouvelle croix a été transportée depuis la forêt de la Chierne. Il aura fallu
12 minutes pour la déplacer et la poser dans son socle. Aujourd’hui il reste à financer ce magnifique projet ; le comité d’organisation fait confiance à la générosité de sa population. Ce projet de village par le village redonne toute sa signification à notre nouvelle croix. En cette période difficile, il démontre une belle solidarité qui met du baume au cœur des habitants de Grimentz tout en léguant un symbole à ses générations futures. La société du Village, la Paroisse et la Bourgeoisie de Grimentz
Votre soutien peut être versé sur le compte de la Paroisse de Grimentz, UBS Switzerland AG, CH78 0026 8268 4503 74J1 Q
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culture
Je rêve de skier sur la Lune première partie: c’est grave, docteur ?
Site d’alunissage Apollo15
A
vec la commémoration en 2019 du 50ème anniversaire du premier pas de l’homme sur la Lune, qui nous a permis de revoir avec émotion des images et des vidéos prises sur un autre monde, et l’annonce fracassante de Donald Trump d’y retourner avant 2024 pour contrer les ambitions chinoises, qui ont réussi la première d’une exploration de sa face cachée, l’astre des nuits hante désormais mes jours. À tel point que je me suis mis en tête d’aller y skier un hiver prochain, dès que la 4G y sera installée. Fantasme ou réalité ? Pour la 4G, le contrat de plus 14 millions de dollars a déjà été décroché par NOKIA, qui peut donc désormais se vanter d’avoir décroché la Lune. Pour le ski, allons poser la question de sa faisabilité à un des animateurs de l’OFXB, sélénographe la nuit et skieur mal luné le jour…
Mettons pour l’instant de côté les aspects purement pratiques (comment y aller, en quelle saison et sur quels bons spots…) et commençons par étudier de plus près les aspects fondamentaux: skier sur la Lune, est-ce tout simplement envisageable du point de vue des lois physiques? - Pour skier, ou faire tout autre sport de glisse, de quoi as-tu besoin ? - Laisse-moi réfléchir : d’une surface de glisse évidemment, si possible fortement inclinée. j’aime la griserie de la descente, une sorte de chute contrôlée… - Tu es sur la bonne pente… espérons qu’elle soit glissante ! Nous étudierons dans un deuxième temps la possibilité de glisser - et non pas marcher ou rouler, ce qui a déjà été fait - sur les faces lunaires. Et regardons dans un premier temps les caractéristiques de cette force, moteur naturel qui te permet de dévaler une pente.
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- Il n’y a pas de grand mystère là-dessous, il me semble ! Cette force s’appelle tout simplement le poids. - Tout juste ! Mais le poids reste malgré tout un grand mystère qui peut nous emporter jusqu’au Boson de Higgs ; mais ça fait un peu loin pour toi et restons modestement sur la Lune ; la notion de poids est source d’incompréhension et de confusion. Par exemple : quelle est la différence pour un physicien entre le poids et la masse ? - Bon, je t’ai posé une question, de surcroît une question plutôt simple : est-ce que je peux skier sur la Lune ?… et voilà que tu me réponds par des questions ! Tu es plutôt lourd ! - Bon, moi je dirai plutôt grave… Mais passons, la masse est une caractéristique intrinsèque, absolue : tu as la même masse sur Terre, sur la Lune ou sur Mars ou même en apesanteur… En revanche…
Comparatif Terre-Lune
- Précisons un peu : si la Lune était simplement une mini-terre, quatre fois plus petite et de composition rigoureusement identique, l’attraction qu’elle exercerait, sa « pesanteur », le poids que l’on ressentirait à sa surface seraient quatre fois plus petits que sur Terre. MAIS comme il se trouve en outre que la Lune est moins dense que la Terre, finalement, tout considéré, la pesanteur lunaire est six fois plus faible que sur Terre. - Un exemple ? - Un athlète comme moi, pesant 60 kg essentiellement du muscle mis à part mon cerveau surdéveloppé dont la masse est loin d’être négligeable - ne pèserait que 60 kg divisés par 6 … soit 10 kg. Même toi,
que la nature a moins généreusement doté, ferait figure de super-héros aux capacités musculaires hors du commun sur la Lune ! - Je vois… La Lune commence à vraiment me plaire. C’est un bon endroit pour pulvériser les records de saut en hauteur et en longueur… - Exactement. Mais ce sera très délicat à gérer, car ta musculature en toutes circonstances inadaptée - excessive sur la Lune mais insuffisante sur Terre - combinée à la faible force de rappel vers le sol - autrement dit ta légèreté - feront qu’une fois lancé à grande vitesse, tu toucheras rarement terre… ou plutôt Lune. - Un instant, laisse-moi m’imaginer… Je suis en haut d’une pente lunaire abrupte, prêt à m’élancer dans un panorama grandiose de cirque lunaire, dopé par le flot d’adrénaline qui me permettra de réagir prestement et efficacement comme à mon habitude. Je m’engage… et là, parce que je
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suis tout léger, même avec mon scaphandre et mes skis de plomb … et bien je… - Et bien, tu peux oublier les accélérations fulgurantes : la prise de vitesse est beaucoup plus lente par rapport à celle que tu connais sur Terre… Pour bien comprendre, prenons le cas de la chute libre. Mettons que tu aies changé d’avis : tu préfères le saut en parachute au ski et tu te jettes du haut de cette pente raide, tellement abrupte qu’il s’agit en réalité d’une falaise verticale… - Quelque chose me dit – le ton narquois de ta voix ? - que l’idée n’est pas très bonne… - Bien entendu ! Un parachute ne te sera d’une aucune utilité car la Lune n’a pas d’atmosphère donc pas de portance aérodynamique… mais d’un autre côté pas de résistance ou trainée aérodynamique non plus… ce qui peut s’avérer intéressant pour la suite. Mais je m’égare : te voilà en chute libre dans le champ de pesanteur lunaire… à quelle vitesse vas-tu t’écraser
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- J’y suis ! En revanche, mon poids n’est pas le même ! Et j’ajouterai que sur la Lune mon poids est plus petit que sur Terre pour une raison logique : la Lune est plus petite que la Terre…
héritier & associés terrassement sa Terrassement Transport Anniviers Case Postale 73 / CH-3961 VISSOIE
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au sol? Tiens je fais un petit tableau comparatif entre la Terre et la Lune pour que tu comprennes bien les choses. - C’est clair comme un clair de lune ! La prise de vitesse est très lente sur la Lune, en fait 6 fois plus lente… Par rapport à la Terre, tout est « ralenti » d’un facteur 6 ! - Effectivement : l’accélération, autrement dit l’augmentation de vitesse, est divisée par 6 sur la Lune. Tu viens de mettre le doigt sur un fait important - mais comme d’habitude sans faire exprès : l’accélération et le poids sont deux choses étroitement liées. Plus précisément, ce que le physicien appelle « poids », c’est la force dont l’intensité est le produit de la masse (masse que nous appelons « poids » dans notre vie de tous les jours, ce qui est source de confusion…) par l’accélération de pesanteur du corps céleste, habituellement notée g dans le cas de la Terre. - C’est le même g dont on parle pour les pilotes de chasse ou de formule 1 ? Là il prend 11 g ! Dans ce looping inversé : -6 ! C’est le voile rouge…. - Oui : 11g veut tout simplement signifier que le pilote pèse 11 fois son poids, -6 g: 6 fois son poids, mais qu’il s’agit d’une décélération. g désigne donc bien une accélération et vaut 10 m/s : chaque seconde de chute libre fait croître ta vitesse de 10 m/s… Mais pour l’instant concentronsnous sur notre falaise qui se transforme en pente skiable, autrement dit dont la pente est inférieure à 90°. - Je comprends : 90°, la falaise verticale est un cas extrême… j’aime le ski extrême mais une pente de 45° me semble déjà… comment dire… intéressante. Et alors ?
Je divise aussi mon accélération sur cette pente par 6 ?
- Mais la plume tombe toujours moins vite que le marteau !
- Oui ! Tiens je te refais vite fait un petit tableau comparatif Terre/Lune pour une pente à 45° et une pente de 30°.
- Non pas que la plume soit plus légère, mais parce que sur Terre sa portance, sa résistance à l’air est plus importante. Sur la Lune, et les astronautes en ont fait une éclatante démonstration lors de la mission Apollo 15, pas d’air, pas de portance : la plume et le marteau - dont la masse est pourtant 1000 fois supérieure - tombent à la même vitesse et touchent le sol exactement au même instant. Saluons l’intuition géniale de Galilée, astronome bricoleur, mais aussi grand théoricien, pour avoir eu dès le début du XVIIème cette idée totalement contre-intuitive sur la chute des corps car démentie par notre expérience de tous les jours… enfin notre expérience de terrien.
- 30° comme la pente du funiculaire ? - Parfaitement ! Et le tableau te montre que si je lâche une voiture du funiculaire sans son câble amont depuis Tignousa (c’est ce qu’on appelle dans notre jargon une expérience de pensée, c’est-à-dire une expérience rigoureusement impossible ou interdite) au bout de 10 s elle aura fait environ 1/5ème du trajet et atteint une vitesse de 180 km/h. Maintenant, transportons tout sur la Lune : le funi, Tignousa et tout le tremblement et transposons. Au bout de 10 s, la voiture folle a atteint la vitesse décoiffante de 30 km/h et parcouru la distance phénoménale de 40 m … à peine 1/30ème de la longueur de voie. Tu peux remplacer le funiculaire par un skieur : le résultat sera à peu près identique. - Décoiffante ? je croyais qu’il n’y avait pas d’air donc pas de vent sur la Lune ? Une autre chose me défrise… C’est qu’un skieur est moins lourd que le funi … donc ils n’auront pas la même prise de vitesse! Mon expérience ou mon intuition me poussent à croire que le funi, bien plus lourd, ira aussi bien plus vite… - Voilà bien un raisonnement de terrien: il se peut cependant que tu aies raison sur une partie de la phase d’accélération à cause de la présence d’air et des frottements aérodynamiques déjà évoqués qui seront défavorables pour le skieur…
- Tu ne fais que parler de «chute de corps» et tu sembles oublier que mon rêve est de faire gracieusement glisser mon corps le long d’une pente lunaire et non pas de m’écraser comme une vulgaire météorite… Or qui dit glisse, dit aussi frottements avec le sol ; ces frottements sont d’ailleurs indispensables pour contrôler la trajectoire, non ? - Oui effectivement… Il va falloir nous frotter au réel en abordant ces aspects plus rugueux, concrets, finalement plus terre à terre - ou devrai-je dire lune à lune ? mais ce sera une prochaine fois. En attendant, profite avec gratitude et respect de l’or blanc que dispense gratuitement et naturellement notre belle planète avant de songer à un utopique eldorado lunaire, car comme le rappelait Mauriac : « Il ne sert à rien à l’homme de gagner la Lune, s’il vient à perdre la Terre. » eric@ofxb.ch
MERCI!
Le comité de rédaction vous adresse ses meilleurs vœux pour l’année 2021 et remercie les annonceurs de leur soutien ! - 33 -
Hé! Hé!
UN NOUVeAU UN NOUVeAU PaRC DE LOISIRS EN aNNIVIERS PaRC DE LOISIRS EN aNNIVIERS La NaISSaNCE DULa PROJeT NaISSaNCE DU PROJeT
UN SOUTIeN COMMUNaL PRÉCIEUX UN SOUTIeN
COMMUNaL PRÉCIEUX
Au départ de l’aventure, 3 personnalités : Si la société a financé entièrement la Dans l’autre partie de la salle, un bar boissons et petite restauration. Joëlle Epiney, Antonier et Will : partie intérieure » du parc, elle a pu la propose Dans l’autre partie de la salle, un bar Au départ deRaphaël l’aventure, 3 personnalités Si la«société a financé entièrement Herrington. Leur idée : transformer compter sur un soutien sans faille de Joëlle Epiney, Raphaël Antonier et Will partie « intérieure » du parc, elle a pu propose boissons et petite restauration. l’ancienne piscine Grimentz en un la compter Commune qui afaille prisde Wifi, musique, TV et autres écrans Herrington. Leurdeidée : transformer sur d’Anniviers, un soutien sans compléterTVl’équipement de parc de loisirs indoor pour enfants et en charge les travaux de l’enveloppe Wifi, musique, et autres écrans l’ancienne piscine de Grimentz en un la Commune d’Anniviers, qui a pris viennent parc qui se veut moderne, varié etde adolescents. Le moyen arriver : et duenbâtiment pourtravaux rendre de possible sa ce viennent compléter l’équipement parc de loisirs indoorpour poury enfants charge les l’enveloppe incontournable. réunir suffisamment de fonds via une réhabilitation en parc de loisirs. adolescents. Le moyen pour y arriver : du bâtiment pour rendre possible sa ce parc qui se veut moderne, varié et vente d’actions et un de crowdfunding incontournable. réunir suffisamment fonds via une réhabilitation en parc de loisirs. (financement participatif). atout : UN PARC MODeRNe, vente d’actions et un Leur crowdfunding L’aIR MODeRNe, DU TEMPS une persévéranceparticipatif). sans limite. Leur atout : DaNS UN PARC (financement
DaNS L’aIR DU TEMPS une persévérance sans limite. Une fois la partie financière solidement L’Anniviers Indoor Park se compose d’une aire de jeux de plus de 250m2 ficelée, la laphase de concrétisation Une fois partie financière solidement L’Anniviers Indoor Park se compose pouvait avecdela concrétisation nomination comprenant d’une aire: de jeux de plus de 250m2 ficelée,débuter, la phase • 3 trampolines d’un conseildébuter, d’administration qui allait comprenant : Big Sizes pouvait avec la nomination • Un3parcours de ninja warrior guider projetd’administration vers sa réalisation. C’est trampolines Big Sizes d’un le conseil qui allait • • • UnUn battle beam ainsi qu’est officiellement née la société parcours de ninja warrior guider le projet vers sa réalisation. C’est • • UnUn parcours aventure « suspendu » « Anniviers Indoor Park ». battle beam ainsi qu’est officiellement née la société • • UnUn coin jeux pour les tout-petits parcours aventure « suspendu » « Anniviers Indoor Park ». • Un coin jeux pour les tout-petits
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HeP!
UN aTOUT TOURISTIQUE POUR Le VAL D’ANNIVIeRS Déjà bien lotie en termes d’activités de plein air, la vallée se dote, grâce à l’Anniviers Indoor Park, d’une nouvelle offre bienvenue. Moderne et dans l’air du temps, ce parc indoor flambant neuf représente une belle alternative en cas de mauvais temps, ou simplement pour s’essayer à de nouvelles activités. De quoi satisfaire les familles qui, après le lancement du parcours FoxTrail à Zinal cet été, disposent d’une offre de plus en plus complète.
LeS OUVeRTUReS
LeS INFORMATIONS ET CONTaCT
Inauguré le 19 décembre 2020, l’Anniviers Indoor Park est ouvert les vendredis, samedis et dimanches après-midi, de 13h à 20h.
Anniviers Indoor Park www.indoor-park.ch 077 269 79 98
Des horaires d’ouverture étendus à tous les jours de la semaine durant les périodes de vacances scolaires (7/7 de 13h à 20h). Un + : la possibilité de privatiser la salle pour un anniversaire, un groupe, etc., avec des offres sur mesure.
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Réservations en ligne : reservation.valdanniviers.ch Prix par personne : • 60 minutes - CHF 12.• 90 minutes - CHF 15.• 120 minutes - CHF 18.-
éducation
Des écoliers
au coeur de la transition énergétique de la commune d’Anniviers
C
et automne, les élèves de 8H du centre scolaire d’Anniviers ont débuté un projet de collaboration avec des étudiants ingénieurs, économistes et des étudiants issus de la filière du tourisme de la HES-SO Valais-Wallis. Ce projet a comme objectif une réflexion sur comment favoriser la transition énergétique dans la commune d’Anniviers. Ils auront la tâche d’identifier tous les potentiels de développement d’énergie renouvelable ou d’économie d’énergie dont dispose la commune. Ces équipes interdisciplinaires et intergénérationnelles formuleront par la suite des recommandations concrètes qui pourront être mises en œuvre. Pour le professeur Dr. Stéphane Genoud, initiateur de ce projet innovant et interdisciplinaire, bâtir un système énergétique sûr et durable demandera certainement du temps et des efforts importants. Mais la clé du succès, il en est persuadé, résidera dans l’implication des citoyens dans le processus de transformation et dans la formation de professionnels capables d’aborder ce défi sous tous ses angles.
Pour Monsieur Genoud, il est primordial d’impliquer la jeune génération dans ce processus afin de les sensibiliser aux enjeux environnementaux et de leur permettre d’apporter leur pierre à l’édifice de la transition énergétique. De plus, les enfants représentent le cœur d’une société. En s’impliquant dans ce projet, ils en deviennent les ambassadeurs et, très vite, les parents se laisseront gagner par leur enthousiasme contagieux. Ce processus participatif mettant en lien des scientifiques, des politiques et des citoyens a déjà séduit plusieurs communes valaisannes, puisque nous en sommes aujourd’hui à la 5ème édition. En effet, des étudiants de la HES-SO et des écoliers des communes de St-Martin (2014), Grône (2015-2016), Miège (2017) et StLéonard (2019-2020) ont collaboré et donné naissance à de magnifiques projets tels que la construction d’un chauffage à distance à bois, l’installation de centrales hydroélectriques et la pose de panneaux photovoltaïques. Cette année, les élèves et les étudiants doivent faire face à la difficulté d’une collaboration rendue compliquée par le
contexte sanitaire actuel. Mais, grâce à leur grand enthousiasme et leur vive ingéniosité, ils sont prêts à relever ce défi afin de favoriser la transformation énergétique de notre commune. N’hésitez pas à leur prêter main forte en répondant à un questionnaire leur permettant de mieux cerner les besoins de la population en matière d’énergie. Vous pouvez y répondre grâce au QR code ci-dessus ou en suivant l’adresse suivante : https://sphinxvipmanager. hevs.ch/SurveyServer/s/im/
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Migration
patrimoine
V
ous en souvenez-vous ? Dans le n° 37 de notre magazine, je vous parlais des Ailes Polychromes d’Ignazio Bettua, œuvre artistique qui a séjourné plus d’une année à la cathédrale de Lausanne et qui devait remuer ensuite pour rejoindre l’église de St-Luc.
Des vitraux d’exception La cérémonie d’accueil de ces ailes a été belle, le curé Marc Donzé a réjoui l’assemblée avec des paroles d’espoir et d’ouverture. À cette occasion, nous avons aussi eu la chance d’écouter Jocelyne Muller, pasteure, nous expliquer le sens des vitraux conçus par les trois maîtres verriers qui ont œuvré dans l’église de St-Luc, au cours du siècle dernier : Georges-Albert Jordin vers 1910, Louis Rivier en 1917 et Pierre Louy en 1968 – 69 et 72. Les styles diffèrent, mais l’ensemble témoigne d’une belle cohérence autour de l’évangile de Luc.
© Christine Caloz
Et voilà que la migration s’est bien déroulée, les ailes se sont déployées et doucement envolées pour prendre leur quartier à la montagne, comme c’était prévu et souhaité par l’artiste. Au cœur de l’automne, les ailes ont migré de la plaine vers les hauteurs. Mais elles ne repartiront plus, m’ont-elles soufflé, cette migration était la dernière, comme un remuage pour l’éternité. Différents soutiens vaudois et valaisans ont permis le transfert, dont la commune d’Anniviers. Des boîtes de crayons aux couleurs des ailes polychromes sont en vente dans les offices du tourisme pour permettre la participation à ce soutien.
L’église de village Dans chacun de nos villages, de belles œuvres d’art, vitraux, peintures, statues sont à admirer dans les églises et chapelles, véritables musées d’art sacré à portée de tous. Des feuillets explicatifs dans les églises elles-mêmes, ou les parcours historiques de chaque village en vente dans les offices du tourisme, nous éclairent sur les artistes et/ou les œuvres et permettent de belles découvertes. Un complément attractif au formidable environnement naturel et patrimonial dans lequel nous avons le privilège de vivre.
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Merci aux artistes d’hier et d’aujourd’hui qui nous suggèrent de laisser notre imagination s’envoler en couleurs pour en faire un bouquet au milieu de l’hiver. Simone Salamin
évasion
Paroisses d’Anniviers et entraide missio Nicaragua
L
e 7 juin 2012, lors de la Fête Dieu à Vissoie dans le val d’Anniviers, je prends connaissance du projet Missio qui assure un service de communion entre nos églises et celles d’Afrique, d’Amérique latine, d’Asie et d’Océanie. Missio propose d’échanger et de partager. Il s’agit d’un fond international de solidarité de l’Eglise universelle. Chacun apporte ce qu’il veut, espoir, dons matériels ou financiers selon ses moyens alors que d’autres reçoivent selon leurs besoins. Les paroisses d’Anniviers participent à cet élan de solidarité qui assure à des diocèses défavorisés un soutien pour la pastorale. Ces évêchés décident alors eux-mêmes de l’utilisation des fonds qu’ils reçoivent car, étant les partenaires sur place, ils savent comment en faire le meilleur usage. Pourquoi le Nicaragua ? A cette époque, je suis sur le point de partir au Nicaragua pour visiter des projets humanitaires reconnus et actifs sur le terrain afin de participer directement à l’un d’entre eux. Lorsque je réalise que ma destination coïncide avec le pays pour lequel l’entraide Missio est destinée, je propose à Chantal Antille, présidente du Conseil de communauté de la paroisse de Vissoie, de visiter le projet Missio au Nicaragua. Comme Chantal est responsable des activités missionnaires et du projet Missio, elle me remet les coordonnées du couvent qui est bénéficiaire cette année de l’entraide Missio et qui accueille des jeunes filles défavorisées et maltraitées. En septembre 2012, les routes qui mènent à Puerto Cabezas au nord du Nicaragua, là où se trouve le couvent, sont impraticables
car la saison des pluies bat son plein. Seuls un petit avion ou un bateau permettent d’y accéder. Normalement, durant la saison sèche, le trajet se fait en +/- 9 heures avec un bon véhicule. Autrement, il faut compter 24 heures en bus selon l’état des pistes. Pour atteindre cette région j’embarque dans l’avionnette de La Costeña au départ de Managua. A bord, un jeune pilote assisté d’une jolie copilote barjaquent joyeusement en grignotant des chips, en buvant du coca-cola, et cela tout en pilotant. Ils sont relax et moi je suis nerveuse car le temps est très mauvais et les turbulences violentes.
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Blottie entre des pins clairsemés et des cocotiers élancés, Puerto Cabezas (ou Bilwi) est une ville très pauvre, encerclée par la nature. Depuis la nuit des temps, ce lieu est tristement célèbre : repère de pirates au XVIIIe siècle, république bananière au XIXe siècle, base d’opérations sandinistes au XXe siècle. C’est de là aussi qu’a lieu, en 1961, la tentative d’invasion militaire dans la baie des Cochons à Cuba. Plus récemment, en 2007, l’ouragan Félix a ravagé presque toute la ville située sur la trajectoire de tempêtes tropicales. Quelque 100’000 personnes vivent dans cette zone, majoritairement des indigènes et des populations d’origine africaine dispersés dans
Au couvent des sœurs carmelites Il n’y a ni véhicule, ni arrêt de bus pour rejoindre la ville depuis l’aéroport. Rien, juste quelques voitures privées qui attendent des passagers. Tout d’un coup, un taxi tout rouillé surgit. Je saute vite à l’intérieur, en même temps qu’un couple très bien habillé. J’explique au chauffeur et à ces gens que je recherche un couvent tenu par des sœurs carmélites. Personne ne connaît ce lieu. Après dix minutes de route, le taxi s’arrête pour déposer le couple. Là, sur ma droite, j’aperçois, comme par miracle, l’église San Pedro, celle dont m’a parlé Chantal. Je paie le taxiste et me dirige vers l’église. Je cogne à la porte et demande à parler au Padre Pedro que je réveille. Il ordonne en grognant à un jeune homme de me conduire au couvent des sœurs carmélites du divin Cœur de Jésus, nommé aussi Niño Jesús de Praga. Après une petite trotte dans la boue gluante et zigzaguant parmi les flaques de couleur rouge-ocre, le jeune homme dépose ma valise devant un grand portail en fer forgé. Au même moment, la responsable du couvent, sœur Rosa arrive dans son camion et me salue avec étonnement. Il y a peu de güerita (femme blanche) dans le coin. Je lui explique qui je suis, d’où je viens. Elle me dit être heureuse de rencontrer en vrai une représentante de donateurs suisses. Elle m’invite aussitôt à m’installer au couvent et m’interdit d’emblée de me balader seule et à pied hors de l’établissement. La sécurité dans la ville et les environs laisse à désirer. La région est truffée de trafiquants, d’ivrognes et de délinquants. Il est vital de ne pas provoquer la population qui est très
pauvre. Elle-même ne sort jamais seule sans véhicule. Elle a déjà été agressée du fait qu’elle reçoit parfois des dons en argent liquide. Par ici, les gens d’église et les humanitaires sont des cibles très convoitées. J’accepte avec plaisir et soulagement son invitation car je ne sais pas où loger. Sœur Rosa me présente à sa communauté et me fait visiter son couvent. Elle m’installe dans une chambrette située dans une aile du bâtiment principal. Une jeune fille au sourire éclatant me sert un repas, composé d’un poisson entier ! Je suis trempée de sueur car l’atmosphère est très humide. La chance continue à me sourire, j’aperçois un ventilateur tordu et rouillé qui tournicote au-dessus de mon lit et il y a une salle de bain à l’étage. Sœur Rosa me conseille de toujours fermer les portes pour empêcher les rats d’entrer. Je passe trois jours au couvent. Je fais connaissance avec tous les pensionnaires et sœur Rosa m’emmène partout avec elle en camionnette. Nous faisons des courses et des livraisons, elle me fait découvrir la ville très étalée et ses environs. Nous prenons du temps sur la Playa Bocanita pour papoter avec les gens. C’est ici que tout se passe. La vie grouille de partout et les rumeurs circulent. Cette femme est extraordinaire, elle sourit toujours et prend le temps d’écouter tout un chacun. Tout le monde la connaît et l’apprécie. Sœur Rosa me décrit précisément l’organisation du couvent afin que je puisse en rendre compte aux donateurs de mon pays. L’intendance et la cuisine sont gérées par toutes les personnes qui vivent ici. Chacun travaille à tour de rôle, selon un planning bien organisé, y compris sœur Rosa. Le couvent est grand et se compose d’édifices répartis sur différents niveaux. Il est entretenu et rénové petit à petit, au gré des moyens financiers disponibles. Surplombant la mer des Caraïbes, la vue est splendide. Un vaste jardin qui regorge d’arbres fruitiers encercle les bâtiments protégés par de hauts murs sur lesquels sont incrustés de gros bouts de verre qui servent de protection contre les intrus. Une meute de chiens agressifs surveillent les lieux. Lorsque des visiteurs doivent pénétrer
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dans l’enceinte du couvent, les animaux doivent être enfermés car ils attaquent tout ce qui bouge. Du coup, j’ai toujours peur de croiser un vilain toutou lorsque je me déplace depuis ma chambre qui est située à l’écart du bâtiment principal. Au fond du jardin il y a des ateliers où de sympathiques ouvriers fabriquent des objets en béton tels des barrières de jardin, cadres de portes, socles et décorations de tous types, parfois teintés de couleurs vives. Les jeunes hommes qui travaillent ici ont tous été repêchés par sœur Rosa qui les a extirpés de la rue et de la misère. Après avoir été soignés, désintoxiqués et formés aux travaux de l’atelier, ils se consacrent désormais corps et âme à cette petite entreprise qui commence à rapporter et constitue la ressource principale du couvent. Rosa est ingénieuse et pragmatique. C’est grâce aux revenus de cette activité qu’elle a pu acheter à crédit une camionnette Toyota 4x4, pimpante neuve pour le prix de 20’000 dollars, sans air conditionné. Ce véhicule est précieux car il permet de livrer les objets fabriqués, partout dans la région. Elle règle le crédit du camion au gré des possibilités financières du moment. Lorsque je remets à sœur Rosa une donation personnelle, je lui dis qu’elle est destinée à payer une mensualité de ce leasing. Elle me prend alors dans ses bras, tape dans ses mains et m’embrasse radieuse. Ici, on vit au jour le jour. Elle me confie que c’est la nourriture qui coûte le plus car tout arrive par avion ou par bateau. Il y a beaucoup de bouches à nourrir, les sœurs, les jeunes filles et leurs enfants, les ouvriers et les chiens. Cette communauté gère également une affaire qui rapporte parfois un peu de sous au couvent. Il s’agit de la location d’une grande salle située sous le toit avec vue imprenable sur la mer des Caraïbes. Des groupes divers s’y réunissent lors de séminaires. Des chambres simples mais propres sont mises à disposition ainsi que de la nourriture.
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de petits villages. L’aéroport de Puerto Cabezas est rudimentaire. Une baraque rafistolée de planches multicolores sert de douane. La piste de décollage et d’atterrissage est en terre battue. Sur la piste et selon les besoins, un jeune homme agite un bâton doté d’un tissu vert ou rouge. Je ne vois aucune tour de contrôle. L’aéroport est situé en rase campagne et géré par les pilotes eux-mêmes lorsqu’ils embarquent ou quittent l’avion.
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Qui sont-elles ? Lors de ma visite, le couvent héberge environ 30 jeunes filles originaires de l’ethnie Miskitos des rives du Rio Coco qui dessine la frontière avec le Honduras. Elles viennent de familles défavorisées. Elles ont entre 16 et 22 ans et certaines ont déjà des enfants suite à des maltraitances ou à des viols. Il y a aussi les cinq sœurs très actives et toujours souriantes. Rosa, la sœur supérieure, Maria Soledad, Anita, Auxiliada et la jeune sœur-étudiante, Johaira. Toutes semblent ravies de m’accueillir et me couvrent d’attentions et de questions. Le soir de mon arrivée, une réunion en mon honneur est organisée. J’en profite pour me présenter et décrire mon pays, le val d’Anniviers et parler des paroisses d’Anniviers. Elles sont curieuses, me posent timidement des tas de questions sur la vie en Suisse. Elles me remercient pour les dons en faveur de leur communauté, sont impressionnées que ma fille soit d’origine mexicaine et que je parle espagnol. Par contre, personne ne se confie, elles restent
très discrètes sur leur vie d’avant. Ce soir, elles chantent pour moi avec un jeune guitariste-chanteur, Abel, issu d’une famille du voisinage qui les dirige et leur enseigne la musique. Cette chorale anime les messes de l’église San Pedro et celles qui ont lieu tous les matins à la chapelle du couvent. Le dimanche matin, j’assiste à une messe chantée. J’en profite pour admirer les familles du quartier vêtues de leurs plus beaux atours. Les femmes sont coiffées de rubans colorés et portent des robes scintillantes. Tout le monde prie et chante avec joie et ardeur. La musique est un remède puissant pour combattre la misère du corps et de l’esprit et fait partie intégrante des projets Missio. Sœur Rosa me présente aussi sa petite protégée de 6 ans, Acheli, originaire de Bonanza. Elle vient de l’adopter suite au décès de sa maman qui s’était réfugiée ici après d’horribles sévices subis dans son village. Elle a décidé qu’Acheli restera avec elle, coûte que coûte. Toutes les personnes
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qui vivent ici doivent obligatoirement suivre l’école si elles n’ont pas eu la chance d’étudier auparavant. Elles sont également formées aux tâches ménagères et à la cuisine par les plus anciennes du couvent. Une fois leur éducation terminée, elles peuvent décider de leur future vie à l’extérieur ou pour celles qui le désirent devenir nonnes et rester au couvent. Le jour de mon départ arrive. Je dois insister afin de pouvoir aller faire des courses pour remplir le garde-manger du couvent. Je dois aussi m’imposer pour payer ma chambre. Puis, sœur Rosa me conduit à l’aéroport avec sa camionnette. Nos au revoir sont touchants car nous avons vécu intensément ces quelques jours passés ensemble. photos & texte : Dominique©Epiney Regolatti
Sources • Chantal Antille, paroisse de Vissoie • © Extrait de la brochure Missio
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Le Ratrac Bar
tourisme
part en piste !
M
algré une fin de saison en tirebouchon, l’après-ski chandolinard sur chenilles n’entend pas ralentir ses projets. Après un premier hiver prometteur, plusieurs améliorations se sont avérées indispensables afin de rendre le bar plus efficace et surtout de pouvoir le déplacer sur les pistes. Rencontre avec Romain Daniel, concepteur du bar. Romain Daniel, expliquez-nous, ce Ratrac Bar comment ça a commencé ? J’avais cette idée en tête depuis quelques années, puis au printemps 2019 j’ai enfin trouvé un Ratrac à vendre, et je me suis lancé. Rapidement, une belle équipe d’amis m’ont donné des coups de main pour la construction du bar. Cet automne, mon cousin m’a rejoint dans l’aventure après avoir acheté une deuxième machine de manière plutôt compulsive, je ne pouvais pas vraiment refuser (rires). Installer un bar sur une vieille chenillette, quelle idée ! Ça peut effectivement sembler un peu farfelu de premier abord, mais disons qu’audelà de l’aspect original, c’est un bon moyen d’animer la station de Chandolin et de (bientôt) pouvoir organiser des événements insolites sur les pistes, voire pourquoi pas plus loin dans le val d’Anniviers. Comment s’est passé le premier hiver ? Un premier hiver c’est forcément pas mal de petits soucis, mais dans l’ensemble, le bilan est très positif. Malgré des résultats un peu en-dessous des attentes en raison de la crise du Covid-19, les retours des clients ont été extrêmement positifs tout au long de la saison, et c’est ça le plus important.
Dans la cabine de gauche à droite : Romain Daniel, Jérôme Caloz, Sven Minder
Le Ratrac Bar va commencer son deuxième hiver. Des nouveautés ? Effectivement, on n’a pas chômé pendant l’été ! Premièrement, des WC en dur ont été construits dans l’ancien départ du téléski de l’Illhorn, afin de se mettre aux standards. Ensuite, ce que tout le monde attendait, l’expertise du Ratrac afin de pouvoir se déplacer sur les pistes ! Ce n’est pas simple de remettre en état une machine vieille de 50 ans mais on a fini par y arriver… Quel programme pour cet hiver ? Si la situation le permet, le but est de proposer des DJ live tous les samedis, et aussi
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de tester notre concept de bar ambulant, avec deux ou trois déplacements sur la saison pour commencer… Et pour la suite ? Il y aura encore quelques travaux pour construire une belle terrasse accueillante à l’emplacement du bar et pour faire les finitions sur la machine. Le but était déjà d’ouvrir le bar cet été mais à cause du Covid ce sera pour l’année prochaine. Un dernier projet serait d’utiliser le Ratrac Bar pour promouvoir le val d’Anniviers à l’extérieur, s’il y a des idées, on est toujours partants !
traditions
La Société du Village au XXIème siècle
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En Anniviers, les Sociétés du Village ont été constituées à trois périodes différentes: les plus anciennes dans le courant du XIXème siècle, quelques-unes dans la deuxième partie du XXème siècle et les dernières au moment de la fusion des communes, en 2008-2009. Leurs créations, étalées dans le temps, n’ont pas les mêmes causes, elles ne répondent pas aux mêmes besoins. Néanmoins elles visent un même but premier, celui de défendre les intérêts du village. Cela explique pourquoi plusieurs de ces sociétés ont traversé les siècles et perduré jusqu’à maintenant : il fallait s’organiser pour avoir son mot à dire dans sa propre commune. Cette motivation permet de saisir les raisons pour lesquelles Grimentz a pu aisément renoncer à sa Société du Village dans les années 1950-60 : village et commune se confondaient. Une fois que les municipalités avaient été clairement établies dans leurs fonctions, il n’y avait plus de raison d’avoir deux entités. Mission, au contraire, voulait continuer à se faire entendre au sein de la commune d’Ayer, parmi les diverses localités. C’est cette même motivation qui a présidé à la constitution des Sociétés du Village les plus récentes. La naissance de la commune d’Anniviers a poussé des villages qui n’avaient pas ou plus de Société du Village
© album privé
n octobre 2020, ce magazine consacrait un article aux origines des Sociétés du Village en Anniviers (n° 40, p. 8-9), qui présentait leur naissance et leur fonctionnement en s’appuyant sur les exemples de Mission et de Grimentz. Ce texte en est la suite ; il s’applique à décrire ces sociétés telles qu’elles fonctionnent aujourd’hui et s’attache à en souligner certains traits.
Corvée pour démonter le toit de la chapelle de Mission
à s’en doter. Pour ne pas se fondre dans la masse, Vissoie, St-Luc, Chandolin et Grimentz ont alors suivi l’exemple de leurs voisins. Ils ont fondé leur propre Société du Village en s’inspirant des modèles existants. L’idée que le chef du Village puisse être le représentant privilégié de ce dernier auprès des autorités politiques a contribué à la conviction que constituer une Société du Village était utile, voire nécessaire. Dans la réalité, il ne semble pas que les chefs du Village aient endossé ce rôle. Cependant les Sociétés plus anciennes, qui avaient déjà l’habitude d’interagir avec leur conseil communal, ont maintenu le contact. Certaines invitent un membre du conseil à participer à leur assemblée générale et profitent de sa présence pour transmettre leurs demandes ou doléances.
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Evolution dans l’organisation Au cours du XXème siècle, la société anniviarde a connu de grandes mutations. Son système économique a changé fondamentalement. Les activités agropastorales qui étaient à la base de la vie d’antan se sont réduites au point que les fonctions principales des Sociétés du Village ont disparu. Pour survivre ces sociétés ont progressivement adapté leur organisation, leur fonctionnement et leurs statuts. Finies la garde commune des bêtes ou la gestion du four banal et de la boucherie. Terminés la gestion de l’école et le prêt d’argent aux villageois. Même les conditions requises pour devenir membre ont dû être modifiées. C’est probablement sur ce dernier point que la transformation a été la plus graduelle. Si la notion d’un membre par foyer s’est généralement maintenue (en tout cas au moment de voter à l’assemblée
© Michel Savioz
vaux de maintenance ou de restauration se réalisent sous forme de corvées, appellation héritée du passé et encore fort usitée dans nos contrées. Cela limite les coûts et rapproche les participants. Une excellente manière de consolider les liens de la communauté villageoise et de conserver ce qui a été reçu des anciens avant de le transmettre à la postérité.
Soirée pizza au four banal de Vissoie
générale), les sociétés se sont ouvertes aux femmes, aux non-domiciliés mais propriétaires, aux personnes très attachées au village bien qu’elles n’y habitent plus ou pas… Chaque société ou presque a ses propres exigences, inscrites dans ses statuts. Ce qui apparaît clairement, c’est que pour maintenir un effectif suffisant, il est nécessaire d’assouplir les critères et d’attirer des personnes motivées, dont l’attachement au village est fort. Les sociétés créées en 2008 ont déterminé qui pouvait en devenir membre en fonction de leur propre contexte. Ainsi, la société de Chandolin, avec une petite population résidant à l’année, a ouvert plus largement ses portes que les trois autres. Nouvelles activités L’article détaillant les buts de la Société du Village de Vissoie est représentatif de l’esprit qui motive aujourd’hui l’ensemble de celles de la vallée : « La Société du Village de Vissoie a pour but de réunir tous ses habitants…autour d’un projet commun, à savoir renforcer les liens sociaux, défendre les intérêts légitimes du village, mettre en valeur et entretenir les édifices et de manière générale promouvoir tout ce qui est de nature à animer, embellir et faire connaître le village. » Il est loin le temps (1925) où la Société de Mission inscrivait dans son article 2 : « (Elle) a pour but de sauvegarder et de favoriser les intérêts
d’ordre moral et économique, elle s’efforcera à faire unir dans une association homogène tous les habitants reconnus villageois ». En 2020, les Sociétés du Village interviennent presque toutes dans l’organisation de fêtes religieuses, généralement la fête patronale (qui dans les petits villages est souvent la grande fête de l’année) et la Fête-Dieu. Elles s’occupent aussi de l’entretien du patrimoine qui est le leur, à savoir four banal, boucherie, moulin, oratoire, raccard ou autres. Certaines d’entre elles décorent les villages pour les fêtes de fin d’année, offrent le vin chaud à Nouvel An, font du pain au four banal, ou des pizzas, mettent sur pied des soirées à thèmes, etc. Heureusement la plupart des Sociétés du Village ont la possibilité et le plaisir de collaborer avec d’autres sociétés dans leur engagement : avec les paroisses, les bourgeoisies, la commune, les sociétés de développement et d’autres sociétés villageoises. À St-Luc et Grimentz pour le moins, une rencontre entre les divers protagonistes est organisée chaque année. Esprit de corps La nécessité d’unir ses forces pour avancer est l’idée qui sous-tend l’existence des Sociétés du Village dès leurs débuts. Cet esprit est demeuré intact, malgré l’évolution, et anime aujourd’hui encore les Sociétés et leurs chefs. Beaucoup de tra-
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Ce bref éclairage jeté sur les Sociétés du Village d’aujourd’hui montre qu’elles ont encore une belle place à tenir en Anniviers. Elles ont su se réinventer malgré les changements incessants de notre monde et peuvent servir de point d’ancrage aux nouvelles générations. Garantes du lien entre passé et présent, elles mériteraient une étude historique approfondie qui permettrait que soit mise en lumière l’histoire des gens d’avant. Janine Barmaz
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Notre histoire.ch par Michel Savioz de Vissoie
Carte postale du Grand Hôtel du Cervin à St Luc 1903 Collection Etienne Gard © Amis du Grand Hôtel du Cervin Envoyée à Londres le 8 juillet 1903 par Madame Ada Atkins . Occupant la chambre 33, elle note sur le registre de l’hôtel: « Most comfortable hotel, very sorry to leave it ». Elle indique aussi qu’elle se rend à Chamonix. La construction blanche sur le devant est une boulangerie. Elle fournissait exclusivement les deux hôtels de St-Luc, Bella Tola et Cervin, qui engageaient ensemble le boulanger et le payaient chaque année à leur tour.
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Comité de rédaction : Christiane Favre et Fabrice Ganiod (Commune d’Anniviers) Valentin Crettaz (Président Ski-Team Anniviers) Christian Caloz (Président FC Anniviers) Frédéric Pellat (Président HC Anniviers) Martin Hannart (Président Montagne-Club Anniviers) Paolo Marandola (Imprimerie d’Anniviers) Rédaction et correction : Janine Barmaz, Simone Salamin, Pauline Archambault Impression : Imprimerie d’Anniviers Vissoie Remerciements : Commune d’Anniviers et tous les annonceurs Mode de parution : trimestriel Tirage : 2’100 exemplaires
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