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Financement des PME en Afrique : quoi de neuf ?

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caire, encore faut-il qu’elle en fasse la demande et, quand c’est le cas, qu’elle présente un dossier recevable. Enfin, s’il est recevable, le dossier doit s’avérer « bancable » au regard de la qualité du projet et de la santé financière de l’entreprise.

Au final, l’application de ces différents filtres aboutit à des estimations en besoins de financements moindres que ceux qui découlent de méthodes macroéconomiques3.

La connaissance des impacts

En conclusion, les PME contribuent de façon essentielle à l’emploi, qui est sans conteste le défi majeur des économies africaines. L’accès au financement constitue l’une de leurs principales difficultés. Cependant, les attentes à leur égard comme l’estimation de leurs besoins de financement apparaissent souvent disproportionnées, d’où l’utilité de définir des politiques ou des instruments aux objectifs réalistes.

de politiques visant à améliorer l’accès des PME au financement bancaire demeure assez imprécise et demande encore à être approfondie.

Reste à savoir si les pays ou les partenaires techniques et financiers4 peuvent proposer des instruments financiers (lignes de crédit concessionnelles, dispositifs de partage des risques, capital-risque, etc.) en mesure d’avoir un réel impact sur l’accès au financement et, au-delà, sur les performances et la santé des entreprises. La majorité des études économiques consacrées au lien entre finance et croissance conclut à une influence positive du développement financier sur la croissance, grâce précisément à la diminution des contraintes qui pèsent sur

le financement externe des entreprises. Mais comme les évaluations scientifiques d’impact sont, pour différentes raisons méthodologiques, plus difficiles à réaliser dans le domaine de la mésofinance que dans celui de la microfinance, la connaissance des impacts de politiques visant à améliorer l’accès des PME au financement bancaire demeure assez imprécise et demande encore à être approfondie pour s’assurer que ces appuis ne se limitent pas essentiellement à des effets d’aubaine pour les établissements financiers.

IFC, 2017. « MSME Finance Gap, assessment of the shortfalls and opportunities in financing micro, small and medium enterprises in emerging markets », World Bank Group, Washington. Quartey, P., Turkson, E., Abor, J., Iddrisu, A., 2017. « Financing the growth of SME’s in Africa : what are the constraints to SME financing within ECOWAS ? », Review of Development Finance, Vol. 7, Issue 1, 2017. Savoye, B., 1996. « Analyse comparative des microentreprises dans les pays en développement et dans les pays industrialisés », Revue Tiers Monde, vol. 37, n° 148, Paris.

3 Dans une étude menée par l’AFD sur le secteur industriel à Madagascar, respectivement 40 % des entreprises individuelles et 55 % des sociétés avaient déclaré avoir besoin d’un crédit, respectivement 13 % et 25 % l’avaient demandé et respectivement 3 % et 14 % l’avaient obtenu. Parmi les entreprises qui n’avaient pas vu leur demande satisfaite, un tiers étaient déficitaires. Si on considère que toutes les entreprises bénéficiaires auraient dû voir leur demande satisfaite, on serait passé de 3 % à 7 % des entreprises individuelles et de 14 % à 17 % des sociétés, soit des écarts qui correspondent à un besoin solvable de financement non couvert par le système bancaire relativement faible (cf. http://bit.ly/2JbSn65) 4 Telle l’initiative française Choose Africa, qui va consacrer 2,5 milliards d’euros jusqu’en 2022 pour accompagner la croissance de 10 000 entreprises.

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